Polynomes PDF
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7 février 2014
Introduction
Avant de s’attaquer vraiment à l’algèbre linéaire, ce chapître servira d’introduction par l’exemple
aux concepts plus généraux développés ensuite dans toute leur généralité sur les espaces vectoriels.
Les polynômes constituent en effet un excellent exemple d’objet mathématique formel, mais avec
lequel on peut faire des calculs, par le biais d’opérations simples comme la somme, le produit ou la
composition. C’est ce genre de notions (opérations « utiles » sur un ensemble) que nous essaierons de
généraliser ensuite. Ce chapître sera également l’occasion de croiser pour la première fois une formule
d’importance capitale en analyse, et que nous retrouverons sous d’autres formes à plusieurs reprises
ensuite : la formule de Taylor.
Objectifs du chapitre :
• savoir factoriser ou effectuer une division euclidienne sur des polynômes à coefficients réels ou
complexes.
• comprendre ce que signifie la formule de Taylor d’un point de vue analytique.
1 L’ensemble K[X]
Dans toute ce chapître, K désigne soit l’ensemble R des nombres réels ou l’ensemble C des
nombres complexes. Pour les plus curieux, toute la construction effectuée ici peut être généralisée à
un corps K quelconque, c’est-à-dire à un ensemble munis de deux opérations de somme et de produit
« sympathiques » (associatives, commutatives, distributibe l’une par rapport à l’autre, admettant
chacune un élément neutre et telles que tout élément ait un opposé et un inverse, sauf 0 en ce qui
concerne l’inverse).
1
Définition 1. Un polynôme à coefficients dans K est un objet mathématique formel s’écrivant
k=n
X
P = ak Xk , où (a0 , a1 , . . . , an ) ∈ Kn+1 , et X est une indéterminée destinée à être remplacée par
k=0
n’importe quel objet pour lequel le calcul de P peut avoir un sens (donc en gros des éléments qu’on
sait élever à une certaine puissance et multiplier par des éléments de K, par exemple des matrices,
des suites ou des fonctions).
Définition 2. On note K[X] l’ensemble de tous les polynômes à coefficients dans K.
k=n
X
Définition 3. Soit P = ak X k un polynôme, avec an 6= 0. Les nombres ak sont appelés coef-
k=0
ficients du polynôme P , l’entier n degré de P (souvent noté d˚(P )), le coefficient correspondant
an est le coefficient dominant de P . Si ce coefficient est égal à 1, on dit que P est un polynôme
unitaire.
Remarque 1. Par convention, le polynôme nul a pour degré −∞. C’est relativement cohérent avec
les propriétés énoncées ci-dessous.
n
X p
X
k
Définition 4. Soient P = ak X et Q = bp X p deux polynômes dans K[X], leur somme est
k=0 k=0
max(n,p)
X
le polynôme P + Q = (ak + bk )X k .
k=0
Proposition 1. Cette somme de polynômes est associative ((P +Q)+R = P +(Q+R)), commutative
(P + Q = Q + P ), admet pour élément neutre le polynôme nul (noté 0) dont tous les coefficients
n
X Xn
k
sont nuls, et tout polynôme P = ak X admet un opposé noté −P défini par −P = (−ak )X k ,
k=0 k=0
et vérifiant P + (−P ) = 0.
Démonstration. L’associativité découle trivialement de celle de l’addition des réels (ou des complexes)
en regardant ce qui se passe degré par degré. De même, la commutativité est évidente. À vrai dire,
le reste aussi !
n
X p
X
Définition 5. Soient P = ak X k et Q = bp X p deux polynômes dans K[X], leur produit est
k=0 k=0
n+p k
!
X X
le polynôme P Q = ai bk−i Xk.
k=0 i=0
Proposition 2. Ce produit de polynômes est associatif, commutatif, admet pour élément neutre
le polynôme constant 1. De plus, le produit est distributif par rapport à la somme : P (Q + R) =
P Q + P R.
Démonstration. Ces résultats sont nettement moins évidents à prouver que pour la somme. La com-
mutativité s’obtient assez facilement en effectuant le changement d’indice j = k − i dans la somme
intérieure de la définition du produit. La distributivité est également assez facile en découpant sim-
plement la somme définissant P (Q + R) en deux morceaux. Le fait que 1 soit élément neutre est
facile. Par contre, l’associativité est franchement pénible, puisqu’il faut des triples sommes pour dé-
crire le produit P (QR). Contentons-nous d’écrire son coefficient de degré k (en notant ai , bj et cp
p
X k−i
X
les coefficients respectifs des polynômes P , Q et R) : il vaut ai bj ck−i−j . On peut l’écrire plus
i=0 j=0
X
simplement sous la forme ai bj ck . Cette formule est complètement symétrique par rapport
i+j+p=k
2
aux trois polynômes, on obtiendra exactement la même pour (P Q)R, ce qui prouve l’associativité
du produit.
Remarque 2. Les propriétés énoncées pour la somme de polynômes et pour le cas particulier du
produit que sont les produits de polynômes par des constantes font de K[X] ce qu’on appelle un
espace vectoriel sur K. Vous aurez bien sûr droit à une définition complète (et affreuse) dans un
chapître ultérieur, mais l’idée est là : un produit par des constantes et une addition qui vérifient
quelques propriétés élémentaires naturelles.
Démonstration. Cela découle immédiatement des définitions données des deux opérations. L’inagalité
peut être stricte pour le degré de la somme, dans le cas où P et Q sont de même degré mais ont
un coefficient dominant opposé. Par contre, c’est toujours une égalité pour le produit, le coefficient
dominant du produit étant le produit des coefficients dominants de P et Q.
Remarque 3. Les seuls éléments inversibles de K[X] sont les polynômes constants (non nuls).
Définition 6. Pour tout entier n ∈ N, on note Kn [X] l’ensemble des polynômes de degré inférieur
ou égal à n.
Remarque 4. Ces ensembles Kn [X] sont stables par somme (contrairement à l’ensemble des poly-
nômes de degré exactement n), ce qui est une des conditions pour en faire des sous-espaces vectoriels
de K[X].
n
X
Définition 7. Soit P = ak X k et Q deux polynômes, le polynôme composé de P et Q est le
k=0
n
X
polynôme P ◦ Q = a k Qk .
k=0
Remarque 5. Cette relation n’est pas une relation d’ordre sur K[X], elle est réflexive et transitive
mais pas antisymétrique. Deux polynômes qui se divisent l’un l’autre sont simplement égaux à une
constante multiplicative près. Dans ce cas, on dit que les deux polynômes sont associés.
3
Démonstration. La preuve de l’existence de la division peut se faire par récurrence sur le degré
de A, le polynôme B restant fixé. L’existencce est triviale si d˚(A) < d˚(B) puisqu’on peut écrire
A = 0B + A, ce qui sert d’initialisation. Supposons désormais l’existence de la division prouvée pour
tout polynôme de degré n, et choisissons A un polynôme de degré n + 1. Notons an X n+1 son terme
an n+1−p
dominant, et bp X p celui de B, alors C = A − X B est un polynôme de degré n (en effet,
bp
on a soustrait à A un polynôme de même degré et de même coefficient dominant. Par hypothèse de
récurrence, il existe donc des polynômes Q et R tels que C = BQ + R, avec d˚(R) < d˚(B). Mais
an
alors A = Q + X n+1−p B + R, et comme R n’a pas changé de degré, on vient d’écrire une
bp
division euclidienne de A par B.
Pour l’unicité, on suppose évidemment qu’il y a deux couples possibles : BQ + R = BQ0 + R0 ,
alors B(Q − Q0 ) = R − R0 , avec par hypothèse et règles de calculs sur le degré d’une somme
d˚(R − R0 ) < d˚(B). Or, d˚(B(Q − Q0 )) > d˚(B), sauf si Q − Q0 = 0, soit Q = Q0 . On en déduit que
R − R0 = 0, donc les deux couples sont égaux.
Exemple : Pour effectuer en pratique une division euclidienne de polynômes, on procède comme
pour les entiers, par exemple pour diviser X 4 − 3X 3 + 5X 2 + X − 3 par X 2 − 2X + 1 :
X 4 − 3X 3 + 5X 2 + X − 3 X 2 − 2X + 1
− (X 4 − 2X 3 + X 2) X2 − X + 2
− X3 + 4X 2 + X − 3
− (−X 3 + 2X 2 − X)
2X 2 + 2X − 3
− (2X 2 − 4X + 2)
6X − 5
Conclusion : X 4 − 3X 3 + 5X 2 + X − 3 = (X 2 − X + 2)(X 2 − 2X + 1) + 6X − 5. Cette méthode de
calcul est une alternative à l’identification lorsqu’on cherche à factoriser un polynôme, par exemple
après en avoir trouvé une racine évidente.
Remarque 6. On identifie ici le polynôme et la fonction polynômiale associée, comme ce sera le cas
dans toute ce paragraphe. Il y a tout de même une certaine ambiguïté sur le terme racine dans le cas
d’un polynôme à coefficients réels, qui peut également être vu comme un cas particulier de polynôme
à coefficients complexes. Si le besoin s’en fait sortir, on explicitera en parlant de racines réelles ou
de racines complexes du polynôme.
Exemple : on a déjà fréquemment utilisé cette propriété pour factoriser des polynômes de degré
3 possédant une récine « évidente ». Soit par exemple P = 2X 3 − 3X 2 + 5X − 4. On constate
que 1 est racine évidente de P : P (1) = 2 − 3 + 5 − 4 = 0, donc P est factorisable par X − 1 :
P = (X − 1)(aX 2 + bX + c) = aX 3 + (b − a)X 2 + (c − b)X − c. Par identification, on obtient a = 2 ;
b − a = −3 ; c − b = 5 et −c = −4, donc a = 2 ; b = −1 et c = 4, soit P = (X − 1)(2X 2 − X + 4).
Ce dernier facteur ayant un discriminant négatif, P n’admet pas d’autre racine réelle que 1.
4
Corollaire 1. Un polynôme admet a1 , a2 , . . ., ak comme racines distinctes si et seulement si il est
k
Y
divisible par (X − ai ).
i=1
Démonstration. On peut procéder par récurrence sur le nombre de racines distinctes. L’initialisation
correspond à la propriété précédente. Si on suppose qu’on polynôme P à k racines distinctes est
toujours factorisable comme décrit, en ajoutant une racine ak+1 , on pourra commencer par écrire
Yk
P = (X − ai ) × Q, et comme P (ai+1 ) = 0, on a nécessairement Q(ai+1 ) = 0 (en effet, les
i=1
facteurs précédents ai+1 − ai ne peuvent s’annuler puisque les racines sont supposées distinctes).
En appliquant à nouveau notre propriété, on peut donc écrire Q = (X − ak+1 )R, ce qui donne la
factorisation souhaitée pour P , et achève la récurrence.
Corollaire 3. Un polynôme admettant une infinité de racines est nécessairement le polynôme nul.
Démonstration. En effet, par contraposée, un polynôme non nul a un certain degré n, et ne peut
donc pas avoir plus de n racines.
Démonstration. Dans ce cas, P −Q est un polynôme admettant tous les réels (ou tous les complexes)
comme racines, ce qui en fait une grosse infinité, donc P − Q = 0. C’est bien ce principe qu’on utilise
pour identifier les coefficients de deux polynômes correspondant à des expressions polynômiales
égales.
Définition 10. Soit P un polynôme et a une racine de P . On dit que a est une racine d’ordre de
multiplicité k ∈ N∗ si (X − a)k divise P , mais (X − a)k+1 ne divise pas P .
k=n
X
Définition 11. Soit P = ak X k ∈ K[X]. Le polynôme dérivé de P est le polynôme P 0 =
k=0
k=n
X
kak X k−1 . On notera également P 00 le polynôme de dérivé de P 0 , et P (n) le polynôme dérivé n
k=1
fois du polynôme P .
Remarque 7. Cette dérivation, bien que définie de façon formelle, coïncide évidemment avec la dé-
rivation usuelle sur les fonctions polynômiales, et de ce fait vérifie toutes les formules de dérivation
usuelle. En particulier celle rappelée ci-dessous :
Proposition 7. Une racine a est d’ordre de multiplicité k pour P si et seulement si P (a) = P 0 (a) =
· · · = P (k−1) (a) = 0 et P (k) (a) 6= 0.
5
Démonstration. Une façon de prouver ce résultat est de prouver le lemme suivant : si a est racine
d’ordre k de P alors a est racine d’ordre k − 1 de P 0 . En effet, si P = (Xa )k Q, avec Q(a) 6= 0 alors
P 0 = k(X−a)k−1 Q+(X−a)k Q0 = (X−a)k−1 (kQ+(X−a)Q0 ), avec kQ(a)+(a−a)Q0 (a) = kQ(a) 6= 0.
Par une récurrence facile, une racine d’ordre k sera donc racine de tous les polynômes dérivés jusqu’au
k − 1-ème, mais pas du k-ème.
Remarque 8. On emploie souvent plus simplement le terme d’ordre ou celui de multiplicité à la place
d’ordre de multiplicité.
Exemple : Considérons le polynôme P = X 4 −2X 3 −19X 2 +68X −60 et constatons ensemble que 2
est une racine double de P . En effet, on a P (2) = 16−2×8−19×4+68×2−60 = 16−16−76+136−60 =
0 ; de plus, P 0 = 4X 3 −6X 2 −38X +68, donc P 0 (2) = 4×8−6×4−38×2+68 = 32−24−76+68 = 0.
on peut en déduire, via la proposition précédente, que P est factorisable par (X − 2)2 . Effectuons
une petite division euclidienne pour obtenir cette factorisation :
X4 − 2X 3 − 19X 2 + 68X − 60 X 2 − 4X + 4
− (X 4 − 4X 3 + 4X 2 ) X 2 + 2X − 15
2X 3 − 23X 2 + 68X − 60
− (2X 3 − 8X 2 + 8X)
− 15X 2 + 60X − 60
− (−15X 2 + 60X − 60)
0
On a donc P (X) = (X −2)2 (X 2 +2X −15). Le deuxième facteur a pour discriminant ∆ = 4+60 = 64,
−2 − 8 −2 + 8
et admet deux racines réelles x1 = = −5 et x2 = = 3. On peut donc factoriser P
2 2
2
sous la forme P (X) = (X − 2) (X − 3)(X + 5). On ne risque pas de factoriser plus puisqu’il ne reste
que des facteurs de degré 1.
Remarque 9. Un polynôme de degré n ne peut admettre plus de n racines comptées avec multiplicité.
Ainsi, un polynôme de degré 5 admettant une racine triple ne peut plus admettre que deux autres
racines.
Définition 12. Un polynôme P est scindé s’il peut s’écrire comme produit de polynômes de degré
1 (autrement s’il a un nombre de racines égal à son degré). Il est scindé à racines simples si de
plus toutes ses racines sont distinctes.
Démonstration. Ce résultat fondamental a déjà été croisé dans le chapître sur les nombres complexes.
Nous n’avons toujours pas les moyens de le démontrer maintenant.
6
n
X n
X
k
racine complexe de P , alors z également. En effet, P (z) = ak z = ak z k = P (z), puisque les
k=1 k=1
coefficients ak sont réels et donc égaux à leur conjugué. Si P (z) = 0, on aura également P (z) =
0, donc P (z) = 0. De plus, la multiplicité de z sera toujours la même que celle de z puisque le
raisonnement précédent peut s’appliquer à l’identique aux polynômes dérivés successifs de P . On
peut donc regrouper tous les termes faisant intervenir des racines complexes sous la forme (quitte
à répéter plusieurs fois chaque racine et chaque conjugué) (X − z1 )(x − z1 ) . . . (X − zp )(X − zp ).
Reste à constater que (X − zi )(X − zi ) = X 2 − (zi + zi )X + zi zi = X 2 − 2Re (zi ) + |zi |2 est un
polynôme de degré 2 à coefficients réels, et à discriminant négatif puisque ses racines sont complexes.
La factorisation annoncée en découle.
Définition 13. Un polynôme P est irréductible s’il ne peut pas se décomposer comme produit
de deux polynômes de degré strictement inférieur au sien. Autrement dit, les seuls diviseurs d’un
polynôme irréductibles sont ses polynômes associés et les polynômes constants.
Remarque 10. Par convention, on décrète que les polynômes constants ne sont pas irréductibles.
Théorème 4. Les polynômes irréductibles de C[X] sont les polynômes de degré 1.
Les polynômes irréductibles de R[X] sont les polynômes de degré 1 et les polynômes de degré 2 à
discriminant strictement négatif.
Théorème 5. Tout polynôme P ∈ K[X] s’écrit comme produit de facteurs irréductibles, et ce
produit est unique à l’ordre des facteurs et au remplacement de certains polynômes par des polynômes
associés près.
Démonstration. Ces derniers théorèmes ne sont que des façons légèrement différentes d’énoncer la
factorisation des polynômes vue un peu plus haut. L’unicité de la décomposition en produit d’irré-
ductibles est admise.
7
Exemple : Pour un polynôme de degré 4 ayant pour racines a, b, c et d, les formules deviennent
a3 a2 a1 a0
a + b + c + d = − ; ab + ac + ad + bc + bd + cd = ; abc + abd + acd + bcd = − et abcd = .
a4 a4 a4 a4
Exemple : On cherche à factoriser le polynôme 4X 3 − 4X 2 − 15X + 18, sachant qu’un ami nous a
glissé un indice : il possède une racine double. deux méthodes sont possibles pour celà.
Première méthode : Puisqu’il y a une racine
double, celle-ci est également racine de P 0 . Or,
15
P 0 = 12X 2 − 8X − 15 = 4 3X 2 − 2X − . Ce trinôme a pour discriminant ∆ = 4 + 3 × 15 = 49,
4
2+7 3 2−7 5
et admet pour racines X1 = = et X2 = = − . Vérifions si X1 est racine de P :
6 2 6 6
27 9 45 27 45 3
4× −4× − + 18 = − + 9 = 0, donc est la racine double recherchée. Inutile de
8 4 2 2 2 2
5
vérifier si est aussi racine double, un polynôme de degré 3 ne peut pas avoir deux racines doubles.
6
Pour déterminer la dernière racine, on peut effectuer une division euclidienne ou plus simplement
18
utiliser le fait que le produit des trois racines sera égal à − . Comme ce produit vaut, en notant α
4
3 2
3 9
la dernière racine, × α = α, on en déduit que α = −2, et P = 4 X − (X + 2).
2 4 2
Deuxième méthode : On utilise directement les relations coefficients-racines. En notant a la racine
2a + b = 1
2 15
double et b la troisième racine de P , on aura le système a + 2ab = −
4 En substituant
a2 b
9
= −
2
15 15
b = 1 − 2a dans la deuxième équation, on trouve a + 2a(1 − 2a) = − , soit −3a2 + 2a +
2 = 0.
4 4
Tiens, comme c’est curieux, c’est la même équation que plus haut. Pour déterminer si les deux
solutions trouvées sont valables, on vérifie que la troisième équation du système fonctionne avec les
8 25 8 50
valeurs obtenues. Si a = − 56 , on trouive b = 1 − 2a = , d’où a2 b = × = , ce qui assez
3 36 3 27
9 3 9 9
différent de − . Par contre, si a = , b = 1 − 2a = −2, et a2 b = × (−2) = − , là ça marche. La
2 2 4 2
conclusion est la même que ci-dessus.
8
• la troisième méthode que nous allons voir concentre réellement toute l’information au même
endroit, puisque la formule de Taylor reconstitue le polynôme à partir des valeurs de ses
différentes dérivées en un même réel a.
Démonstration. Commençons par prouver la formule dans le cas particulier où P (X) = Pi (X) = X i .
Dans ce cas, les dérivées du polynôme sont données par P 0 (X) = iX i−1 , P 00 (X) = i(i − 1)X i−2 , . . .,
i!
P (k) (X) = i(i − 1) . . . (i − k + 1)X i−k = X i−k (une récurrence est nécessaire pour prouver ce
(i − k)!
i!
résultat tout à fait rigoureusement, on s’en passera). On en déduit que P (k) (a) = ai−k , puis
(i − k)!
n n n
X P ( k)(a) k
X i! i−k k
X i
que (X − a) = a (X − a) = (X − a)k ai−k = (X − a + a)i = X i
k! (i − k)!k! k
k=0 k=0 k=0
en reconnaissant la formule du binôme de Newton. Certains termes de la somme ne sont pas définis
(quand k > i), ce qui ne pose pas de problème en considérant qu’ils sont nuls par convention. Pour
9
n
X
prouver la formule pour un polynôme quelconque, on procède ensuite par linéarité : P = ai Pi
i=0
n n n (
X X X P k)(a)
(où les ai sont les coefficients de P ), donc P (X) = ai Pi (X) = ai i
(X − a)k =
k!
i=0 i=0 k=0
n n n
X 1 k
X (k)
X 1
(X − a) ai Pi (a) = (X − a)k P (k) (a) par linéarité des dérivées k-èmes.
k! k!
k=0 i=0 k=0
10