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Corrigé Optimisation Continue ISTIL

Ce document contient le corrigé d'un exercice d'optimisation continue portant sur la convexité et la coercivité d'une fonctionnelle, ainsi que sur l'existence et l'unicité de son minimum. Le document détaille les calculs et démontre les propriétés requises.

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Optimisation continue, Istil 2ème année

Corrigé de la feuille 2 1

Optimisation Continue
ISTIL 2ème année
Corrigé de la feuille 21

Exercice 1

Rappel
On dit qu’une fonctionnelle J de Rn vers R est α-elliptique si J est C 1 , et si

∀u, v ∈ Rn (J′ (u) − J′ (v), u − v) > αku − vk2

On dit que J est elliptique s’il existe α > 0 tel que J est α-elliptique.

1.a Soient u et v dans V. Appliquons la formule de Taylor avec reste intégral à la


fonction ϕ(t) = J(u + t(v − u)), entre t = 0 et t = 1.
Z 1
J(v) = ϕ(1) = ϕ(0) + ϕ′ (t) dt
0
Z 1
= J(u) + (J′ (u + t(v − u)), (v − u)) dt
0
= J(u) + (J′ (u), v − u) − (J′ (u), v − u)
Z 1
+ (J′ (u + t(v − u)), (v − u)) dt
0 Z 1

= J(u) + (J (u), v − u) − (J′ (u), v − u) dt
Z 1 0

+ (J′ (u + t(v − u)), (v − u)) dt


0 Z 1
J(v) = J(u) + (J′ (u), v − u) + (J′ (u + t(v − u)) − J′ (u), (v − u)) dt
0
Minorons le reste intégral à l’aide de la propriété d’ellipticité de J. La propriété
d’ellipticité permet de minorer l’intégrande de la manière suivante
1 ′
(J′ (u + t(v − u)) − J′ (u), (v − u)) = (J (u + t(v − u)) − J′ (u), t(v − u))
t
1
> αkt(v − u)k2
t
> αtkv − uk2
On en déduit la suite d’inégalités suivantes pour le reste intégral
Z 1 Z 1
(J′ (u + t(v − u)) − J′ (u), (v − u)) dt > αkv − uk2 t dt
0 0 2 1
t
> αkv − uk2
2 0
Z 1
α
(J′ (u + t(v − u)) − J′ (u), (v − u)) dt > kv − uk2
0 2
1 généré avec L
AT X 2ε . Tous les commentaires, compléments, insultes et remarques désobligeantes
E
sont les bienvenus à [email protected]
Optimisation continue, Istil 2ème année
2 Corrigé de la feuille 2

α
d’où J(v) > J(u) + (J′ (u), v − u) + kv − uk2
2

1.b À la question précédente, nous avons montré que


α
J(v) > J(u) + (J′ (u), v − u) + kv − uk2
2
On en déduit que si u 6= v

J(v) > J(u) + (J′ (u), v − u)

Ceci prouve que J est strictement convexe

Rappel Soit J une fonctionnelle C 1 alors

1. J est convexe
⇐⇒ ∀u, v J(v) > J(u) + (J′ (u), v − u)
2. J est strictement convexe
⇐⇒ ∀u 6= v J(v) > J(u) + (J′ (u), v − u)

1.c Montrons que J est coercive

Rappel
On dit que J est coercive si J(v) admet une limite lorsque kvk tend vers +∞,
et si cette limite est +∞.

Appliquons l’inégalité trouvée à la question 1.a, entre un point v et un autre point


fixé, par exemple 0. On obtient ainsi
α
J(v) > J(0) + (J′ (0), v) + kvk2
2
Comme J′ (0) est continue, on a

|(J′ (0), v)| 6 Kkvk

ce qui donne −Kkvk 6 (J′ (0), v) 6 Kkvk


α α 
Ainsi J(v) > J(0) − Kkvk + kvk2 = J(0) + kvk kvk − K
2 2
et le membre de droite de cette dernière inégalité tend vers +∞. D’après le théorème
d’encadrement
lim J(v) = +∞
kvk→∞

1.d.i Comme F est un ensemble fermé, non vide, et que J est coercive, J admet un
minimum sur F, qui est atteint.

Rappel : Théorème d’existence d’un minimum


Soit F un fermé non vide de Rn , et J : F → R une fonctionnelle continue, et
Optimisation continue, Istil 2ème année
Corrigé de la feuille 2 3

coercive si l’ensemble F est non vide.


Alors il existe au moins un élément u tel que

u∈F et J(u) = inf J(v)


v∈F

Montrons maintenant l’unicité. Supposons que le minimum de J est atteint en au


moins deux points distincts u1 et u2 . Alors pour tout λ ∈ ] 0 ; 1 [, λu1 + (1 − λu2 ) est
dans F, car F est convexe. Comme J est strictement convexe, on a l’inégalité
J(λu1 + (1 − λ)u2 ) < λJ(u1 ) + (1 − λ)J(u2 ) = min J(u)
u∈F

Ceci contredit la définition du minimum de J. On en déduit que le minimum de J est


atteint en au plus un point.

Remarque
On retrouve ainsi le résultat du cours qui dit que si J est une fonctionnelle
strictement convexe, sur un ensemble convexe, alors son minimum est atteint
en au plus un point.

1.d.ii La fonctionnelle J admet un minimum sur la partie U, qui est convexe, fermée
et non vide. On en déduit que
∀v ∈ F (J′ (u), v − u) > 0

Rappel (Théorème 3.2 du cours)


Soit J : Ω → R, où Ω est un ouvert de V, et soit K une partie convexe de
Ω. Si J est (Gâteaux) différentiable en un point u ∈ K, et si elle admet un
minimum relatif en u par rapport à K, alors

∀v ∈ K (J′ (u), v − u) > 0 (Inéquation d’Euler)

Soit v un vecteur de V. Alors on peut écrire l’inégalité trouvée pour


v′ = u + v donne 0 > (J′ (u), v)
v′ = u − v donne 0 > −(J′ (u), v)
ce qui veut dire que (J′ (u), v) = 0. Ceci étant vrai pour n’importe quel v, on a en fait
J′ (u) = 0

Remarque
On retrouve ainsi le théorème suivant du cours
Théorème 3.1
Soit Ω un ouvert de V, espace vectoriel normé, et J : Ω → R une fonc-
tionnelle ; Si J admet un extremum relatif en un point u ∈ Ω, et si J est
(Gâteaux)-différentiable en ce point, alors

J′ (u) = 0 (Équation d’Euler)


Optimisation continue, Istil 2ème année
4 Corrigé de la feuille 2

Exercice 2
∂J
2.a Le vecteur J′ (u) admet pour coordonnées . Le calcul donne
∂vi
   
∂J ′ vi − vi−1 ′ vi+1 − vi
=ϕ −ϕ
∂vi h h

∂2J
La matrice Hessienne de J a pour coefficients . Si j 6= i, j 6= i − 1 et j 6= i + 1,
∂vi ∂vj
alors le coefficient (i, j) de la matrice Hessienne est nul. Dans les autres cas, on obtient

∂2J
    
1 ′′ vi − vi−1 ′′ vi+1 − vi−1
= ϕ +ϕ si i = j
∂vi ∂vj h h h
2
 
∂ J 1 vi+1 − vi
= − ϕ′′ si j = i + 1
∂vi ∂vj h h
2
 
∂ J 1 vi − vi−1
= − ϕ′′ si j = i − 1
∂vi ∂vj h h

2.b Notons  
1 ′′ vi+1 − vi
αi = ϕ
h h
Formellement, la matrice Hessienne de J peut se récrire de la manière suivante
α0 + α1 −α1 0 ... ... ... 0
 
..
.
 
 −α1 α1 + α1 −α1 0 
. .
 

 0 −α2 α2 + α3 −α3 . . .
.


.. .. .. .. .. .. .
 

 . . . . . . .. 

.
 

.. . .. . .. . .. . ..

 0 
..
 
 .. 
 . . −αn−2 αn−2 + αn−1 −αn−1 
0 ... ... ... 0 −αn−1 αn−1 + αn
On en déduit que
 
(α0 + α1 )w1 − α1 w2
 −α1 w1 + (α1 + α2 )w2 − α2 w3 
..
 
 
 . 
′′
 
 −αi−1 wi−1 + (αi + αi+1 )wi − αi wi+1
J (u)w =  
..

 

 . 

 −αn−2 wn−2 + (αn−1 + αn )wn−1 − αn wn 
−αn−1 wn−1 + (αn−1 + αn )wn
 
soit (J′′ (u)w, w) = (α0 + α1 )w1 − α1 w2 w1
n−1
P 
+ − αi−1 wi−1 + (αi + αi+1 )wi − αi wi+1 wi
i=2
 
+ − αn−1 wn−1 + (αn−1 + αn )wn wn
Optimisation continue, Istil 2ème année
Corrigé de la feuille 2 5

Commençons par transformer la somme :


n−1
P 
− αi−1 wi−1 + (αi + αi+1 )wi − αi wi+1 wi
i=2
n−1
P 
= αi−1 (wi − wi−1 ) − αi (wi+1 − wi ) wi
i=2
n−1
P n−1
P
= αi−1 (wi − wi−1 )wi − αi (wi+1 − wi )wi
i=2 i=2
n−2
P n−1
P
= αi (wi+1 − wi )wi+1 − αi (wi+1 − wi )wi
i=1 i=2
n−2
αi (wi+1 − wi )2 + α1 (w2 − w1 )w2
P
=
i=2
−αn−1 (wn − wn−1 )wn−1

On obtient alors
J′′ (u)w, w = α0 w12 + α1 (w1 − w2 )w2 + αn−1 (wn − wn n − 1)wn + αn wn2

n−2
αi (wi+1 − wi )2 + α1 (w2 − w1 )w2 − αn−1 (wn − wn−1 )wn−1
P
+
i=2
n−2
αi (wi+1 − wi )2 + α0 w12 + αn wn2
P
=
i=2

Cette dernière quantité est strictement positive, si w 6= 0. On en déduit que J′′ (u)
est définie positive, donc
J est strictement convexe.

n
2.c Montrons d’abord que v ∈ Rn 7−→ |vi+1 − vi | est une norme.
P
i=0
n
• Si |vi+1 − vi | = 0, alors v1 = vn = 0, et pour tout i dans [[ 1 ; n − 1 ]],
P
i=0
vi = vi+1 , donc v = 0.
• Pour tout v ∈ Rn , et tout λ ∈ R,
n
P
kλvk = |λvi+1 − λvi |
i=0
n
P
= |λ| |vi+1 − vi |
i=0
kλvk = |λ| kvk

• Pour tout u, v ∈ Rn ,
n
P
ku + vk = |vi+1 + ui+1 − vi − ui |
i=0
Pn n
P
6 |vi+1 − vi | + |ui+1 − ui |
i=0 i=0
6 kvk + kuk

On en déduit que
n
On en déduit que v ∈ Rn 7−→ |vi+1 − vi | est une norme
P
i=0
Optimisation continue, Istil 2ème année
6 Corrigé de la feuille 2

Montrons à présent que J1 est coercive. D’une part, on a



t
b v 6 kbk2 kvk2

t
d’où − b v > −kbk2 kvk2
Par ailleurs, d’après la propriété de ϕ

n n v
 
P vi+1 − vi P i+1 − vi
h ϕ > hc
i=0 h i=0 h
ckvk

Comme la norme k · k et la norme k · k2 sont équivalentes, il existe α tel que


n
 
P vi+1 − vi
h ϕ > αckvk2
i=0 h

Il vient alors J1 (v) > (αc − h)kvk2


On en déduit que si h < αc, alors la fonctionnelle J1 est coercive. La fonctionnelle J1
admet donc un minimum sur Rn .
Les fonctionnelles J1 et J diffèrent d’une partie linéaire. On en déduit que J′′1 = J′′ ,
donc J1 est strictement convexe. On en déduit que le minimum de J1 est unique.

Exercice 3
3.a La matrice e est de rang 1. D’après le théorème du rang

n = dim Ker e + dim Im e = dim Ker e + 1

On en déduit que dim Ker e = n − 1, c’est à dire que 0 est valeur propre d’ordre
n − 1. La trace de e est égale à n, donc n est l’autre valeur propre de e. Un vecteur
propre associé à cette valeur propre est (1, 1, . . . , 1). Finalement,
0 est valeur propre d’ordre n − 1. Son espace propre
associé est (1, 1, . . . , 1)⊥ . n est valeur propre d’ordre
1, et son espace propre est dirigé par (1, 1, . . . , 1).

3.b Calculons chacune des composantes du gradient


1/n
!
n
∂J ∂ ∂uj 1
∂uj
=
∂uj
Π ui
i=1
1/n
= Π ui 1/n
i6=j ∂uj
=
n
Π ui 1/n uj1/n−1 = J(u)
i6=j nuj

n J(u)v
i
d’où J′ (u)v =
P
i=1 nu i

Calculons à présent les coefficients diagonaux de la Hessienne

∂2J
 
1 ∂J 1 J(u) 1 1 1 J(u)
= − J(u) = − J(u) = −
∂uj 2 nuj ∂uj nu2j (nuj )2 nu2j n2 n u2i
Optimisation continue, Istil 2ème année
Corrigé de la feuille 2 7

Calculons enfin les coefficients extra-diagonaux de la Hessienne

∂2J
 
∂ J(u) 1 ∂J 1 1 J(u)
= = = J(u) = 2
∂uj ∂uk ∂uk nuj nuj ∂uk nuj nuk n uj uk
On en déduit l’expression suivante
P J(u)vj wk n (1 − n)J(u) v w
j j
(J′′ (u)v, w) =
P
+
k6=j n2 u j u k j=1 n 2 u2j

3.c Montrons que la Hessienne de J est positive

P J(u)wj wk n (1 − n)J(u) w w
j j
(J′′ (u)w, w) =
P
2u u
+ 2 2
k6=j n j k j=1 n u j
P J(u) n (1 − n)J(u)
2
P
= 2
vj v k + vj
k6=j n j=1 n2
J(u) t
= 2 v (e − n id ) v
n
où v est le vecteur dont la composante i est wi /ui . D’après la question 3.a, la matrice
e peut se réduire sous la forme
 
n 0 ... 0
. 
 0 0 . . . .. 

 . .
.. ... 0 
 
 ..

0 ... 0 0

On en déduit que, dans cette même base, e − n id se réduit sous la forme


 
0 0 ... 0
. .. 
−n . .

 0 . 
 . .. ..
 
 .. . . 0 

0 . . . 0 −n

Cette matrice est positive, mais pas définie positive. Cela veut dire que
J est convexe, mais pas strictement convexe.

3.d Pour montrer que j est strictement convexe sur U, il suffit de montrer que si
deux éléments w1 et w2 de U sont tels que

(J′′ (u)(w1 − w2 ), w) = 0

alors w1 = w2 . Soit w le vecteur w1 − w2 . Ce vecteur admet la décomposition ortho-


gonale suivante :
w = λ(1, 1 . . . , 1) + w′
Où w′ ∈ Ker e. De plus, comme w1 , w2 ∈ U, en sommant les composantes des
vecteurs, on a la relation suivante
n
wi′
P
0 = λn +
i=1
Optimisation continue, Istil 2ème année
8 Corrigé de la feuille 2

1 Pn
d’où λ=− w′
n i=1 i
Il reste à calculer (J′′ (u)w, w).
t
(J′′ (u)w, w) = w (e − n id ) w
t
= w (−nw′ )
t t
= λ (1, . . . , 1) w′ + w′ w′
′ 2
= kw k

On en déduit que w′ = 0, d’où λ = 0. Ainsi, w1 = w2 , donc


j est strictement convexe.

3.e D’après le calcul effectué à la question 3.b, on a


n J(ε)v n
J(ε) P
i
J′ (ε)v =
P
= vi = J(ε)
i=1 nεi n i=1

d’où (J′ (ε), v − ε) = 0


La fonctionnelle J est strictement convexe sur le convexe U. On en déduit que
∀v 6= ε J(v) > J(ε) + J′ (ε)(v − ε) = J(ε)
Donc ε est un minimum global de J sur U. De plus, J étant strictement convexe sur
cet ensemble,
le point en lequel est atteint le minimum est unique.

3.f Soient v1 , . . . , vn des réels positifs. Notons v̄ le réel suivant


1 Pn
v̄ = vi
n i=1
Alors le vecteur u = v/v̄ appartient à U. On en déduit qu’il vérifie
J(u) > J(ε) = 1
avec égalité si et seulement si v est égal à ε. On en déduit que
!1
n
Π ui
i=1
/n > 1

!1 !1
n n
vi 1
d’où Π
i=1 v̄
/n =
(ū)n
Π vi
i=1
/n > 1

!
n n
1 P
soit Π ui
i=1
>
n i=1
ui

Le cas d’égalité se déduit immédiatement de la condition d’optimalité de J sur U


Il y a égalité dans l’inégalité, si et seulement si tous les ui sont égaux

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