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La population d’Alger au XIX siècle
La population d’Alger se composait d’habitants d’origine berbère et d’Arabes
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venus de l’Orient avec les grandes tribus de Béni-Hilal au II siècle et Béni-Salem au
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XII siècle. A cela, s’ajoutent les Maures, c'est-à-dire « les réfugiés andalous chassés
d’Espagne après la reconquête chrétienne. Certains propriétaires terriens des vegas et
autres huertas andalouses s’étaient reconvertis dans l’arrière pays algérois, où ils
avaient construit des fermes au milieu des grandes propriétés (haouch) et ils
possédaient, en ville, des demeures cossues, ainsi que des villas en banlieue ; d’autres
exilés des grandes cités : Grenade, Murcie, Alicante, Almeria, etc. s’étaient installés
en ville. On comptait parmi eux quelques éléments mudéjares* provenant de cités
reconquises depuis longtemps : Cordoue, Saragosse, Tolède, mais surtout Valence.
Nombreux étaient, parmi eux, d’habiles artisans qui peuplèrent les souks où ils se
trouvaient en concurrence avec les Juifs, en grande partie issue d’Espagne également.
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Leur population, s’était accrue, au XVIII et XIX siècles avec l’arrivée des
Livournais : bijoutiers, commerçants habiles spécialisés dans l’import-export,
interprètes et, surtout banquiers, autrement dit des prêteurs à gages ». […] Quant aux
« Turcs », il y avait, toujours selon Haedo, « les Turcs de naissance et les Turcs de
profession. Ces derniers, enrichis à la Course* en mer, étaient fort
respectueusement considérés en ville où ils vivaient en grands bourgeois lorsqu’ils ne
parcouraient pas le littoral. La milice des janissaires, d’où sortaient les deys, était
seule composée d’authentiques Turcs ».
Fray Diego de Haedo, Topographia de Argel, 1872,
cité dans Alger, éd.AdDiwan