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DROITES DU PLAN
I. Vecteur directeur d’une droite
Définition :
D est une droite du plan.
On appelle vecteur directeur de D tout vecteur non nul u⃗ qui possède la même direction
que la droite D.
Méthode : Déterminer graphiquement un vecteur directeur d’une droite
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Soit ( O ; ⃗i , ⃗j ) un repère du plan.
Donner des vecteurs directeurs des
droites d1, d2, d3 et d4.
Pour d1 : a⃗ (12), b⃗ (24 )ou encore c⃗ (−1
−2)
.
6
Pour d : d⃗ ( )
2
0
1
Pour d : u⃗ ( )
3
−1
0 0
Pour d : ⃗v ( ) ou encore ⃗
4 w ( ).
2 −8
II. Équation cartésienne d'une droite
Théorème et définition :
Toute droite D admet une équation de la forme ax +by +c=0 avec ( a ; b ) ≠ ( 0 ; 0 ) .
Un vecteur directeur de D est u⃗ (−b ; a ).
Cette équation est appelée équation cartésienne de la droite D.
Démonstration au programme :
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Soit A ( x 0 ; y 0 ) un point de la droite D et u⃗ ( α ; β ) un vecteur directeur de D.
x−x 0
AM
Un point M(x ; y) appartient à la droite D si et seulement si les vecteurs ⃗ ( )
y− y 0
et
x −x α
u⃗ ( αβ ) sont colinéaires, soit det (⃗
AM ; u⃗ )=0 soit encore |
y−y
0
0 β|=0.
Donc : β ( x−x 0 )−α ( y− y 0 ) =0
βx−β x0 −αy+ α y 0=0
βx−αy +α y 0− β x 0=0
Cette équation peut s'écrire : ax +by +c=0 avec a=β et b=−α et c=α y 0−β x0 .
Les coordonnées de u⃗ sont donc ( α ; β )= (−b ; a ) .
Exemple :
Soit une droite d d'équation cartésienne 4 x−5 y−1=0.
Alors le vecteur u⃗ de coordonnées (5 ; 4) est un vecteur directeur de d.
Théorème réciproque :
L'ensemble des points M(x ; y) tels que ax +by +c=0 avec ( a ; b ) ≠ ( 0 ; 0 ) est une droite D de
vecteur directeur u⃗ (−b ; a ).
- Admis -
Méthode : Déterminer une équation cartésienne de droite à partir d'un point et d'un
vecteur directeur
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On considère un repère ( O ; ⃗i , ⃗j ) du plan.
1) Déterminer une équation cartésienne de la droite d passant par le point A(3 ; 1) et de
vecteur directeur (–1 ; 5).
2) Déterminer une équation cartésienne de la droite d' passant par les points B(5 ; 3) et
C(1 ; –3).
1) Soit un point M(x ; y) de la droite d.
Les vecteurs ⃗ AM x−3 et u⃗ −1 sont colinéaires, soit det (⃗
( ) ( ) AM ; u⃗ )=0 soit encore
y−1 5
x−3 −1
|y −1 5 |
=0.
Donc : 5 ( x−3 )− (−1 )( y−1 )=0.
Ou encore : 5 x+ y−16=0.
Une équation cartésienne de d est : 5 x+ y−16=0.
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Remarque :
Une autre méthode consiste à appliquer directement le premier théorème énoncé plus
haut.
Ainsi, comme u⃗ (–1 ; 5) est un vecteur directeur de d, une équation de d est de la forme :
5 x+ 1 y +c=0.
Pour déterminer c, il suffit de substituer les coordonnées de A dans l'équation.
2) B et C appartiennent à d’ donc ⃗ BC est un vecteur directeur de d'.
BC 1−5 = −4 .
On a : ⃗ ( )( )
−3−3 −6
Une équation cartésienne de d' est de la forme : −6 x +4 y+ c=0.
B(5 ; 3) appartient à d' donc : –6 x 5 + 4 x 3 + c = 0 donc c = 18.
Une équation cartésienne de d' est : −6 x +4 y+18=0 ou encore 3 x−2 y−9=0.
Tracer une droite dans un repère :
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III. Équation réduite d'une droite
1) De l’équation cartésienne à l’équation réduite
Si b ≠ 0, alors l'équation cartésienne ax +by +c=0 de la droite D peut être ramenée à
−a c −a −c
une équation réduite y= x− . Et on note m= et p= .
b b b d
Vocabulaire : - m est appelé la pente ou le coefficient directeur de la droite D.
- p est appelé l’ordonnée à l’origine de la droite D.
Remarque : Dans l’équation réduite, on retrouve l’expression d’une fonction affine.
Si b=0, alors l'équation cartésienne ax +by +c=0 de la droite D peut être ramenée à
c
l’équation réduite x=−¿ . Dans ce cas, la droite D est parallèle à l’axe des ordonnées.
a
Exemple : Soit d dont une droite d'équation cartésienne 4 x+ y−6=0.
Son équation réduite est y=−4 x +6.
Propriété :
Soit ( O ; ⃗i , ⃗j ) un repère du [Link] D une droite du plan.
- Si D est parallèle à l’axe des ordonnées :
alors l’équation de D est de la forme x = n,
où n est un nombre réel.
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- Si D n’est pas parallèle à l’axe des ordonnées :
alors l’équation de D est de la forme y = mx + p,
où m et p sont deux nombres réels.
Exercice : Donner le coefficient directeur et l’ordonnée à l’origine de chacune des droites
d’équations : a) y=−2 x +3 b) y=5 c) 4 x+2 y=1
a) Coefficient directeur : –2 b) Coefficient directeur : 0
Ordonnée à l’origine : 3 Ordonnée à l’origine : 5
1
b) L’équation peut s’écrire : y=−2 x +
2
Coefficient directeur : –2
1
Ordonnée à l’origine :
2
Exemples :
La droite D a pour équation x = 3
La droite D’ a pour équation y = 3x + 2.
Son ordonnée à l’origine est 2 et son coefficient directeur
est +3.
Méthode : Représenter graphiquement une droite d’équation réduite donnée
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Soit ( O ; ⃗i , ⃗j )un repère du plan.
Dans ce repère, tracer les droites d1, d2 et d3 d’équations réduites respectives :
y = 2x + 3,
y = 4,
x = 3.
- La droite d1 d’équation y = 2x + 3 a pour ordonnée à l’origine 3. Donc le point A de
0
coordonnée ()
3
appartient à la droite d1.
Soit B le point d’abscisse –2 appartenant à la droite d1. Les coordonnées de B vérifient
l’équation de d1, donc :
yB = 2x(–2) + 3 = –1.
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Le point B de coordonnées (−2
−1 )
appartient à la droite d 1.
On peut ainsi tracer la droite d1 passant par A et B.
- La droite d2 d’équation y = 4 est l’ensemble des points dont l’ordonnée est égale à
4. La droite d2 est donc la droite parallèle à l’axe des abscisses coupant l’axe des
0
ordonnées au point de coordonnées ()
4
.
Pour tracer la droite d2, on aurait également pu remarquer que son coefficient
directeur est nul.
- La droite d3 d’équation x = 3 est l’ensemble des points dont l’abscisse est égale à 3.
La droite d3 est donc la droite parallèle à l’axe des
ordonnées coupant l’axe des abscisses au point de
3
coordonnées ()
0
.
Propriété réciproque :
Soit ( O ; ⃗i , ⃗j ) un repère du plan et m, p, n trois nombres réels, m étant non nul.
x
L’ensemble des points M du plan dont les coordonnées () y
sont tels que :
y = mx + p ou x = n, est une droite.
Méthode : Vérifier si un point appartient à une droite d’équation donnée
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Soit ( O ; ⃗i , ⃗j ) un repère du plan.
6,4 346
Les points A ( ) ( ) 42
et B
2419
appartiennent-ils à la droite d d’équation y=7 x−3 ?
- Dire que le point A (6,442) appartient à la droite d d’équation y=7 x−3 revient à dire que
les coordonnées de A vérifient l’équation de la droite d.
Ce qui n’est pas le cas, puisque 42 ≠ 7 x 6,4 – 3 = 41,8.
Le point A n’appartient donc pas à la droite d.
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346
- Les coordonnées de B (2419 ) vérifient l’équation de la droite d. En effet :
2419 = 7 x 346 – 3 donc le point B appartient à la droite d.
Remarque : Pour démontrer que 3 points A, B et C sont alignés, il suffit de montrer par
exemple que le point A vérifie l’équation de la droite (BC).
2) Pente d’une droite
Propriété :
xA xB
Si A( ) ( )
yA
et B
yB
sont deux points distincts d’une droite D tel que x A ≠ x B alors la droite D
y B− y A
a pour pente (ou coefficient directeur) m =
x B− x A
.
Méthode : Déterminer une équation réduite de droite dont on connaît deux points
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Soit ( O ; ⃗i , ⃗j ) un repère du plan.
4 3
Soit A ( ) ()
−1
et B
5
deux points d’une droite d.
Déterminer une équation de la droite d.
Les points A et B sont d’abscisses différentes donc la droite d n’est pas parallèle à
l’axe des ordonnées. Elle est donc de la forme y = mx + p, où m et p sont deux
nombres réels.
y B− y A 5−(−1 ) 6
Le coefficient directeur de d est m = = = = –6.
x B− x A 3−4 −1
L’équation de d est donc de la forme : y = –6x + p
4
Comme A ( )
−1
appartient à la droite d, ses coordonnées vérifient l’équation de d soit :
–1 = –6 x 4 + p. D’où p = –1 + 6 x 4 = 23
Une équation de d est donc : y = – 6x + 23.
ALGORITHME
TP avec Python : Déterminer une équation de droite
passant par deux points donnés
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IV. Position relative de deux droites
1) A partir l’aide de l’équation cartésienne
Propriété :
Soit ( O ; ⃗i , ⃗j ) un repère du plan.
Dire que D et D’ sont parallèles entre-elles équivaut à dire qu’elles ont des vecteurs
directeurs colinéaires.
Méthode : Démontrer que deux droites sont parallèles
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Démontrer que les droites d1 et d2 d’équations respectives 6x – 10y – 5 = 0 et
–9x + 15y = 0 sont parallèles.
Le vecteur u⃗ ( 10 ; 6 ) est un vecteur directeur de la droite d1.
Le vecteur ⃗v (−15 ;−9 ) est un vecteur directeur de la droite d2.
Calculons det (u⃗ ; ⃗v ) :
det (u⃗ ; ⃗v )= 10 −15 =10 × (−9 ) −6 × (−15 ) =0
| |
6 −9
Donc u⃗ et ⃗v sont colinéaires et donc les droites d1 et d2 sont parallèles.
2) A partir l’aide de l’équation réduite
Propriété :
Soit ( O ; ⃗i , ⃗j ) un repère du plan.
Soit D et D’ deux droites non parallèles à l’axe des ordonnées.
Dire que D et D’ sont parallèles entre-elles équivaut à dire qu’elles ont le même
coefficient directeur.
Tableau récapitulatif :
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Exemples :
Dans un repère du plan, d1, d2 et d3 admettent pour équations respectives :
y = 3x + 4, y = 3x + 9, x = 8
Les droites d1 et d2 sont parallèles car elles ont un coefficient directeur égal à 3.
Les droites d1 et d3 sont sécantes.
V. Projeté orthogonal d’un point sur une droite
Définition : Soit une droite d et un point M du plan.
Le projeté orthogonal du point M sur la droite d est le point d'intersection H de la droite
d avec la perpendiculaire à d passant par M.
Propriété : Le projeté orthogonal du point M sur la droite d est le point de la droite d le
plus proche du point M.
Démonstration au programme :
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Soit H le projeté orthogonal du point M sur la droite d.
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Supposons qu’il existe un point K de la droite d plus proche de M que l’est le point H.
KM ≤ HM car K est le point de la droite le plus proche de M.
Donc KM 2 ≤ HM 2.
Or, d’après l’égalité de Pythagore, on a : HM 2 + HK 2=KM 2
Donc HM 2 + HK 2 ≤ HM 2.
Donc HK 2 ≤ 0. Ce qui est impossible sauf dans le cas où le point K est le point H.
On en déduit que H est le point de la droite le plus proche du point M.
Méthode : Démontrer (au programme) que ( cos α )2 + ( sin α )2 =1
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Soit une droite d et un point P appartenant à d.
Soit un point M n’appartenant pas à d.
On appelle H le projeté orthogonal du point M sur la droite d.
On note 𝛂 l’angle ^MPH.
Démontrer que ( cos α )2 + ( sin α )2 =1.
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PH
Le triangle PHM est rectangle en H, on a donc : cos α=¿ soit PH =PM × cos α .
PM
HM
De même, on a : sin α =¿ soit HM =PM ×sin α.
PM
D’après le théorème de Pythagore, on a : PH 2+ HM 2=PM 2
Soit en remplaçant : ( PM × cos α )2 + ( PM × sin α )2=PM 2
Soit encore : PM 2 × ( cos α )2 + PM 2 × ( sin α )2=PM 2
Soit enfin, en simplifiant : ( cos α )2 + ( sin α )2 =1.
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