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Elevage Apicole

Ce document traite de l'apiculture en Algérie. Il présente l'historique de l'apiculture dans le monde et en Algérie, les différentes races d'abeilles en Algérie, la biologie des abeilles, et les conditions pour mettre en place un rucher.

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Sam Djihad Sã
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Elevage Apicole

Ce document traite de l'apiculture en Algérie. Il présente l'historique de l'apiculture dans le monde et en Algérie, les différentes races d'abeilles en Algérie, la biologie des abeilles, et les conditions pour mettre en place un rucher.

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DIRECTION DE LA FORMATION DE LA RECHERCHE

ET DE LA VULGARISATION

APICULTURE 2

Institut Technique Des Elevages, ITELV. Les zouines Baba Ali- BP 03/A. Birtouta - Alger - Algérie.
Tél: (023) 57 01 78 / (023) 57 01 79 Fax: (023) 57 01 81 Site Web : www.itelv.dz
DIRECTION DE LA FORMATION DE LA RECHERCHE
ET DE LA VULGARISATION

APICULTURE 2

Présenté par:

KHENFER Amar (Ingénieur Pr incipal)

2017
2017

ELEVAGE APICOLE

INTRODUCTION

I / HISTORIQUE ET ÉVOLUTION DE L’APICULTURE


I.1. DANS LE MONDE
I.2. EN ALGÉRIE

II. DIFFÉRENTES RACES D’ABEILLES

II.1. CLASSEMENT ZOOLOGIQUE DE L'ABEILLE

II.2. LES RACES D’ABEILLES D’ALGÉRIE

III. BIOLOGIE DES ABEILLES ET LES DIFFÉRENTES ACTIVITÉS DES ABEILLES

III.1. BIOLOGIE DES ABEILLES


III.1.1 Présentation des habitants de la ruche
III.1.2. Les différents stades du développement des abeilles
III.2 ORGANISATION SOCIALE DE LA COLONIE

IV CONDITIONS DE MISE EN PLACE D’UN RUCHER


IV.1. EMPLACEMENT D’UN RUCHER
IV.1.1 Le choix de l’emplacement
V. MATÉRIEL APICOLE

V.1. LES RUCHES


V.2. GRILLES À REINES
V.3. PARTITIONS
V.4. TRAPPES A POLLEN
2017
ELEVAGE APICOLE

VI. LE MATÉRIEL D’EXPLOITATION


VI.1. EQUIPEMENT DE L’APICULTEUR
VI.1.1. L’enfumoir
VI.1.2. Lève cadres
VI.1.3. Brosses à abeilles
VI.1.4. Vêtements de protection
VI.2. LE MATÉRIEL D’EXTRACTION DU MIEL ET DE CONDITIONNEMENT
VI.2.1. Couteau à désoperculer
VI.2.2. Cuve à désoperculer
VI.2.3. Le chevalet
VI.2.4. L’extracteur
VI.2.5. Le mâturateur
VII TRAVAUX APICOLES
VII.1. LES TRAVAUX DE PRINTEMPS
VII.1. LES TRAVAUX DE PRINTEMPS
VII.1.1. La visite d’un rucher
VII.1.2. Comment effectuer la visite d’une ruche
VIII ESSAIMAGE NATUREL
VIII.1. CAUSES DE L’ESSAIMAGE
VIII.2. RÉCUPÉRATION DE L’ESSAIM

IX. LA TRANSHUMANCE
IX.1. CHOIX DE L’ENDROIT
IX.2. CHOIX DES COLONIES
IX.3. MODE DE TRANSPORT

BIBLIOGRAPHIE
Chapitre I 4

INTRODUCTION

L’apiculture est la science d’élever les abeilles. C’est une science parce
qu’elle fait intervenir un ensemble de connaissances et d’expériences
pour mener à bien un élevage d’abeilles (biologie, microbiologie, méde-
cine, etc…)
L’apiculture demande de l’adresse, de l’habilité, de la patience et du sa-
voir faire. Elle contribue dans la production végétale en pollinisant les
plantes, doublant et même triplant la production de graines et de fruits.
Cependant, pour mener à bien la conduite d’un rucher, il est indispen-
sable de connaitre aussi bien les exigences de l’abeille que certaines
techniques d’élevage.

I / HISTORIQUE ET ÉVOLUTION DE L’APICULTURE

I.1. DANS LE MONDE

L’abeille existe bien avant l’apparition de l’homme au début de l’ère qua-


ternaire.
L’homme a essayé de domestiquer l’abeille depuis la plus haute antiquité
en confectionnant divers abris (paniers, troncs d’arbres creux, poteries …)
dans la perspective de faciliter la récolte de miel et de cire.
5

Néanmoins, dans la plupart des cas, le miel et la cire étaient récol-


tés sauvagement, après étouffement des abeilles.
L’apparition de la ruche moderne date de 1851. La confection de la
ruche Langstroth à 08 cadres mobiles en bois a permis à l’apiculture de
se développer et devenir par la suite une véritable profession. Depuis,
l’élevage apicole n’a pas cessé d’innover en améliorant les techniques
de conduite, le matériel d’exploitation et les performances de l’abeille
par des travaux de sélection.

I.2. EN ALGÉRIE

L’apiculture a toujours occupé une place de choix en Algérie. Des


pierres tombales représentant des apiculteurs tenant des rayons de miel
existent à Djemila (Sétif).
Les méthodes d’entretien et de confection de ruches, de récolte de
miel et de cire sont transmises de génération en génération depuis les
temps les plus reculés sans aucune amélioration notable constatée ou

Cependant, l’apiculture pratiquée dans la campagne demeurait essen-


tiellement de type traditionnel jusqu’en 1970 bien qu’ils existaient
quelques ruches modernes.
Chapitre II 6

II. DIFFÉRENTES RACES D’ABEILLES

II.1. CLASSEMENT ZOOLOGIQUE DE L'ABEILLE

 Règne: Animale.
 Embranchement: Arthropodes.
 Classe: Insectes.
 Ordre: Hyménoptères.
 Sous-ordre: Aculéates.
 Famille: Apidae.
 Sous-famille: Apinea.
 Genre: Apis.
 Espèces: Apis mellifica ….

Races:
 Apis méllifica méllifica.
 Apis méllifica ligustica.
 Apis méllifica carnica.
 Apis méllifica caucasia.
 Apis méllifica intermissa.
 Apis méllifica unicolore.
 Apis méllifica major.
7

II.2. LES RACES D’ABEILLES D’ALGÉRIE

 Apis mellifica intermissa ou tellienne

C’est l’abeille dominante, Elle


peuple tout l’Afrique du Nord,
elle est de couleur noire. Elle
est rustique et résistante aux
maladies et prédateurs. Elle est
prolifique et précoce, et produit
beaucoup de miel, de gelée
royale, propolis et pollen mais
elle présente certains inconvé-
nients à savoir l’essaimage na-
turel et l’agressivité.

 Apis mellifIca sahriensis ou la Saharienne


Relativement peu connue et
peu répandue par rapport à
sa consœur du Tel Algérien
(Abeille noire).
Chapitre III 8

Cette race peuple les ruchers des zones sahariennes. Son aire de
répartition s'étend sur l'ensemble du Sud-ouest Algérien, plus particulière-
ment dans les Monts des Ksour jusqu’à Ain Sefra et les montagnes de

III. BIOLOGIE DES ABEILLES ET LES DIFFÉRENTES


ACTIVITÉS DES ABEILLES

III.1. Biologie des abeilles


III.1.1 Présentation des habitants de la ruche :

 La reine: la reine est la seule femelle fertile de la communauté, elle


est la mère de tous les individus de la ruche. Elle peut vivre de 4 à 5
ans, sa capacité maximum de ponte est environ 2000 œufs par jours.
La reine est reconnaissable à sa grande taille, l’alvéole royale étant
plus grand, ses ovaires peuvent se développer normalement. Au mo-
ment du vol nuptial, plusieurs mâles, communément appelés « faux
bourdon », participent à la fécondation de la reine.
9

 l'ouvrière: L’abeille ouvrière est un insecte femelle aux organes repro-


ducteurs atrophiés et mesure de 12 à 14 mm de long. En contrepar-
tie, elle est dotée d'organes spécialisés qui lui permettent d'assumer,
à diverses périodes de sa vie, des fonctions vitales pour la colonie.

 Les mâles : Le mâle est un individu dont la particularité est d'être issu
d'un œuf non fécondé. Cette particularité porte le nom de parthénoge-
nèse. Les mâles possèdent des organes sexuels plus volumineux en
proportion des dimensions de leur corps par rapport à ceux des autres
animaux. Leur nombre peut varier de 50 à 2000 selon les colonies.
11

la reine l’ouvrière le mâle

Les trois individus d’une colonie

III.1.2. Les différents stades du développement des abeilles

 De l’œuf a la naissance

Les abeilles sont des insectes à métamorphose complète. Elles sont


complètement différentes à l’état larvaire et à l’état adulte. Au cours de
son développement, l’abeille passe par une série de phases : l’œuf – larve
– nymphe- adulte.

On appelle couvain l’ensemble des œufs, larves et nymphes de la ruche.


Il s’étend sur un nombre de cadres variables suivant l’intensité de la
ponte.

L’œuf : il est blanc, translucide, ovale, et possède une extrémité plus poin-
tue par laquelle il adhère à la paroi de la cellule.
Il est :
 Dressé verticalement le premier jour.
 Incliné le deuxième jour.
 Couché le troisième jour.

Après une incubation de trois (3) jours, l’œuf donne naissance à une
larve.
11

L’œuf incliné (âgé de 2 jours)

 Evolution de la larve

Dans l’évolution de la larve, on distingue plusieurs stades :

Croissance- operculation

 Croissance de la larve : sa forme est arquée suivant une incli-


naison qui se prononce au fur et à mesure de sa croissance. Durant
les cinq (5) jours qui suivent l’éclosion, la larve est nourrie par les
abeilles et ne cesse de grossir, jusqu’à remplir complètement sa
cellule. Pendant les trois (3) premiers jours, la larve est nourrie de
le gelée royale .les larves royales poursuivent ce régime pendant le
restant de leur vie larvaire. Les autres larves sont quant à elles
nourries avec du miel et du pollen.

 Operculation de la cellule : quand la larve à terminé sa crois-


sance ; les ouvrières operculatrices ferment la cellule par un cou-
verte ou opercule fait d’un mélange de cire et de pollen, perméable
à l’air. On distingue :
- Les opercules de cellules mâles (bombés).
- Les opercules de cellules d’ouvrières (plats).

 Filage ou cocon : dans la cellule operculée, la larve, grand ver


blanc, file son cocon autour de son propre corps (secrétions).
Quand l’insecte est dans son cocon, et pendant tout le temps qu’il y
reste, on l’appelle nymphe ou chrysalide.
12

Cadre de couvain contenant les œufs et les larves de différents âges

Les alvéoles operculées

Tableau 1 : Durée moyenne des métamorphoses chez (la reine – le mâle – l’ouvrière)

STADES REINE MALE OUVRIERE(J)


(J) (J)
Incubation de l’œuf 3 3 3
Croissance de la larve 5,5 6,5 6
Filage du cocon 1 1,5 2
Période de repos 2 3 2
Transformation de larve en 1 1 1
nymphe
Transformation de nymphe en in- 3,5 9 7
secte parfait
Durée totale du cycle 16 24 21
13

Figure: Développement de l’œuf à la reine (Prost et Le conte, 2005)


14

III.2 ORGANISATION SOCIALE DE LA COLONIE

 Les ouvrières

Les missions de l’ouvrière sont fonctions de son âge. En effet dés sa


naissance, elle exerce des activités à l’intérieur de la ruche puis à l’exté-
rieur :

Tableau 2 : Durée des activités de l’ouvrière.

Nombre de Taches
jours après
émersion
1-2 Nettoie les alvéoles et chauffe le nid
3-5 Nourrice des larves plus âgées avec du miel et du pollen
6-11 Nourrice des larves plus jeunes avec les produits de la
glande de la tête
11-18 Affine le nectar produit la cire et construit les rayons
19-21 Gardienne et ventileuse, vol d’orientation
22 Butineuse de nectar, pollen, eau ou propolis

Abeille nourricière Abeille gardienne

Abeille butineuse Abeille entrepose le miel


15

 Les mâles

Les abeilles élèvent les mâles au moment de la fécondation de la


reine au printemps.
Une fois la récolte terminée les mâles sont chassés de la colonie, ils vi-
vent environ cinquante (50) jours.
Le rôle des mâles est de :

 Féconder la reine.
 Produire de la chaleur.
 Répartir le nectar.

 La reine

Son rôle est de pondre des œufs donnant naissance :


 Aux ouvrières.
 Aux mâles à partir d’œufs non fécondés.
 Aux autres reines.

Elles peuvent vivre de trois (03) à cinq (05) ans. Quand les provisions en
spermatozoïdes s’épuisent, la reine ne peut pondre que des œufs mâles :
on dit qu’elle devient bourdonneuse.
16

La reine d’abeille Les cellules royales

- La reproduction :

Pour pouvoir se reproduire la reine passe par plusieurs étapes à sa-


voir :
 Le vol nuptial.
 L’accouplement.
 La ponte.

a) Le vol nuptial

La fécondation de la reine est effectuée en plein vol, dans les airs,


cinq (05) à six (06) jours après la naissance.

Il se fait par un temps chaud (au moins 20°c), calme et une luminosité
intense en générale entre 10 heures et 17 heures.
La durée de ce vol est de quelques minutes à une heure. Il se poursuit
jusqu’à ce que la spermathéque soit remplie, cette réserve de sperme
accumulée dans la spermathéque ne se renouvellera pas tout au long des
4 à 5 années de la vie de la reine.
17

b) L’accouplement :

Il s’effectue en plein vol à une hauteur de 20 à 60 mètres, les mâles sont


attirés par l’odeur spécifique de la reine (la phéromone).
Après l’éjaculation le mâle ne survit pas longtemps à la perte de ses or-
ganes génitaux. Un nouvel accouplement peut intervenir dans les minutes
qui suivent. Il faut au moins 8 à 10 mâles pour féconder convenablement
une reine.

Vol nuptial (un mâle entrain de


s’accoupler avec une reine en plein vol)

c) La ponte :

La reine commence la ponte de 2 à 5 jours après l’accouplement, elle


est capable de pondre deux catégories d’œufs :
 Œufs fécondés donnant naissance à des ouvrières ou éventuelle-
ment à des reines selon la qualité et la quantité de nourriture reçue
par larve.
 Œufs non fécondés (reproduction par parthénogénèse) donnant
naissance à des males aussi appelés faux-bourdons.
18

La ponte de la reine est influencée par la saison, la fécondité, l’âge, le


manque de nourriture et la race et peut pondre jusqu’à 2000 œufs par
jour, parfois plus.
Lorsque le diamètre des alvéoles excède la dimension habituelle des cel-
lules d’ouvrières, la reine ne reçoit pas de stimuli particuliers et pond un
œuf non fécondé.

Alvéoles contenant les larves et des œufs

Plusieurs œufs dans une alvéole: signe d’une jeunes reines,


de reine ou ouvrières pondeuses (colonie bourdonneuse
Chapitre IV 19

IV CONDITIONS DE MISE EN PLACE D’UN RUCHER


IV.1. EMPLACEMENT D’UN RUCHER
IV.1.1 Le choix de l’emplacement

La valeur d’une exploitation dépend en grande partie du choix de l’empla-


cement. Pour bien y réussir le choix d’un emplacement doit tenir compte
de plusieurs facteurs :

 Eau

La proximité d’une mare, d’une source ou d’une fontaine est indispen-


sable à la vie d’une colonie, Par temps chaud, une colonie forte exige à
peu près 5 litres d’eau par semaine.

 Critères de choix du terrain

- Protéger des vents dominants.


- Bénéficier du soleil durant une bonne partie de la journée.
- Accès facile avec véhicule pour réduire au minimum le transport ma-
nuel du matériel.

 Distance des voisins et des voies publics

La première recommandation c’est de veiller à respecter les distances


vis à vis des habitations (200 m au minimum) et des voies publics de fa-
çon à empêcher les voisins ou les passants d’être piqués ou incommo-
dés.

 La flore mellifère

Le facteur le plus important à considérer est la présence de fleurs en


abondance dans la région ou on veut installer le rucher.
Le meilleur emplacement, toute fois, serait celui ou deux récoltes peuvent
être faites sans changer ses ruchers de place, une récolte de miel toutes
fleurs et une récolte de miel oranger, cas de la région de la Mitidja
(Algérois) ; deux récoltes sont possibles.
Afin de profiter au maximum de la floraison, il faut tenir compte des quatre
principes suivants :
Chapitre V 21

 Distance de la source de nectar : plus la source de nectar est


proche, plus la récolte est abondante

 Orientation des ruches : Un rucher bien orienté (Sud Est) et pro-


tégé par un brise-vent contre les vents dominants permet aussi à
la colonie de profiter de l’ombre et la fraîcheur en été.

 Distance entre les ruchers : Les distances entre ruchers sont


d’environ 3 à 4 Km. Plus l’air de butinage est étendu, plus la récolte
sera diversifiée et abondante.

 Distance
entre les
colonies :
Plus les colo-
nies sont
rapprochées,
plus la dérive
augmente ;
les colonies
du centre se
dépeuplent
au profit de
celles des
extrémités.
On devrait
laisser un
minimum de
1.5 à 3
mètres entre les ruches et de 2,5 à 4 mètres entre les rangées.

V. MATÉRIEL APICOLE
V.1. LES RUCHES

Au début de 19éme siècle, la ruche moderne de types LAGSTROTH,


à été introduite par les colons mais leur nombre était restreint par rapport
aux ruches traditionnelles.
21

 Ruche Langhstroth

Le corps et la hausse sont de dimensions identiques, ce qui les


rends interchangeables et facilitent ainsi les opérations de divisions de la
ruche (essaimage artificiel) c’est une ruche qui convient parfaitement au
climat de l’Algérie du Nord. C’est une ruche qui s’aère facilement. Con-
duite dans de bonnes conditions, elle donne d’excellents résultats.
 Description : La ruche se compose :

- D’un plateau sur le quel le corps de la ruche repose, il est doté


d’une barrette de bois qui réduit l’entrée.
- D’un corps contenant dix (10) cadres à écartement automa-
tique (écartement Hoffman), Le corps de la ruche doit être
fixé au plateau.
- D’une hausse identique au corps, plusieurs hausses peuvent
être disposées les unes sur les autres suivant les besoins.
- D’un toit pour la protection contre les pluies.
- Un nourrisseur en bois
- D’un couvre cadre, percé au centre d’un trou utilisé pour le
Nourrissement.
22

 La ruche DADANT

Elle se distingue de la ruche LANGSTROTH par son volume plus


important (54 litres). La hausse a un volume correspondant à la moitié
du volume du corps. De ce fait, les
cadres ne sont pas interchangeables,
son volume permet le développement
de la colonie et un stockage de provi-
sions plus important que dans la ruche
LANGSTROTH. Elle apparaît par contre
bien adaptée aux climats froids de mon-
tagne.
 Ruchettes

Ce sont des mini-ruches de 5 cadres, dont la largeur est la moitié de


celle du corps de ruches. Elles servent généralement à abriter momen-
tanément un essaim. Leur toit est pourvu d’un grillage pour en faciliter le
transport. Elles sont également utilisées en élevage des reines pour
abriter des nuclei.

V.2. GRILLES À REINES

Sont utilisées pour : recherche


de la reine, blocage de ponte,
élevage de reine, production de
miel, etc… L’écartement des fils
des grilles à reine est choisi de
manière à empêcher la reine et
faux bourdons de passer tout en
laissant passer les ouvrières.

V.3. PARTITIONS

Les partitions sont utilisées pour resserrer le nid à couvain dans


les ruches trop grandes pour les populations qui les occupent (cas d’un
essaim), cela permet de limiter l’espace de la ruche.
Chapitre VI 23

En hiver, la pose des partitions ayant pour but de favoriser un bon


hivernage pour les colonies relativement faibles. Ils permettent de con-
centrer la chaleur nécessaire autour des couvains. Actuellement, on
utilise soit des cartons ou des contreplaquées (même dimension d’un
cadre).

V.4. TRAPPES A POLLEN

Elles sont utilisées pour


prélever une partie du pollen
ramené à la ruche par les
butineuses, les abeilles ra-
mènent à la ruche 35 à 40
kg de pollen au cours de
l’année et l’on peut sans
inconvénient majeur préle-
ver 2 à 3 kg par an.

VI. LE MATÉRIEL D’EXPLOITATION


VI.1. EQUIPEMENT DE L’APICULTEUR

En plus de la ruche (habitat de la colonie d’abeilles), l’apiculteur a be-


soin de certains instruments outils de travail nécessaires à la récolte du
miel ainsi que pour certaines opérations.

VI.1.1. L’enfumoir

Il est indispensable de
posséder un bon enfumoir
et de savoir l’utiliser la fu-
mée doit être froide lors de
l’ouverture de la ruche.
24

VI.1.2. Lève cadres

C’est un outil indispensable à l’apiculteur au


même titre que l’enfumoir, c’est une sorte de
levier permettant de soulever le corps de la
ruche, la hausse, de décoller les cadres et de
nettoyer la ruche.

VI.1.3. Brosses à abeilles

Une brosse à abeilles ressemble


un peu à une balayette souple, de
façon à ne pas blesser les abeilles.

VI.1.4. Vêtements de protection

L’apiculteur doit porter une tenue spécifique qui le protège des piqures
d’abeilles, de couleur clair (Blanc),
Le port d’une chaussure (bottes).
Le port des gants n’est pas conseil-
lé, ils rendent les manipulations
plus difficiles, En outre, ils peuvent
irriter les abeilles à cause de
l’odeur du venin, ils sont utiles pour
un débutant ou lorsque les abeilles
sont agressives
La propreté personnelle de l’apicul-
teur influence l’attitude des abeilles.
Ces dernières détestent les odeurs
de transpiration ou de vêtements
sales, Elles réagissent mal aux par-
fums.
25

VI.2. LE MATÉRIEL D’EXTRACTION DU MIEL


ET DE CONDITIONNEMENT

VI.2.1. Couteau à désoperculer

Il est sous forme de truelle dont les deux bords sont tranchants et
qui sert à enlever les opercules des cadres de miel avant leur passage
dans l’extracteur.

VI.2.2. Cuve à désoperculer

Elle est munie d’un robinet


et de même largeur que les
cadres, Elle doit être étanche
et le fond légèrement incliné.
Elle reçoit les opercules pour
égouttage du miel.

VI.2.3. Le
chevalet

C’est un support qui permet de poser le cadre qui doit être désoperculé.

VI.2.4. L’extracteur

C’est un appareil, qui sert à extraire le miel des cadres. Il peut être
manuel ou muni d’un moteur électrique. Le principe de fonction-
nement repose sur la force centrifuge. Cette dernière projette le
miel sur les parois. Il existe plusieurs modèles allant de deux à
plus de 50 cadres.
Il existe deux principaux modèles :
- Un extracteur électrique.
- Un extracteur manuel.
26

Bac à désoperculer

Extracteur Electrique Extracteur Manuel


27

VI.2.5. Le mâturateur

Le miel à la sortie de l’extracteur, renferme encore des impuretés


(morceaux de cire, bulles d’air, etc.). Le Maturateur est un fut cylin-
drique muni d’un tamis, dans lequel le miel se décante pendant une se-
maine .Les bulles d’air et de cire remonte en surface où elles forment
une mousse que l’on enlève. La partie pure du miel est soutirée par le
bas, à l’aide d’un robinet à clapet et l’on procède alors à la mise en pot.
Il est recommandé de procéder à la mise en pot dés la récolte car le
miel, à l’automne, cristallise.

Maturateurs de différentes capacités

La mise en pot nécessiterait alors la refonte du


miel soit au bain marie pour ne pas lui faire perdre ses
qualités soit un Défigeur à miel qui est une résistance
électrique qu’on plonge dans le maturateur, il aide
ainsi à la maturation du miel par évaporation d’eau, la
température ne doit pas dépasser 40° sinon le miel
perd ses qualités biologiques.
28

Pour la mise en pot, le


verre est le meilleur maté-
riel, car il est neutre et
permet au consommateur
de visualiser le produit. Il
existe aussi : des pots en
carton paraffiné, des pots
en plastique alimentaire.
La durée de conservation
du miel dépend de sa ma-
turité et notamment de son
taux d’humidité. Une con-
servation prolongée en-
traîne des risques de fermentation.
Chapitre VII 29

VII TRAVAUX APICOLES

 Principes
La conduite d’un rucher dépend essentiellement des facteurs suivants :
 Situation écologique (zones froides ou chaudes, plaines, mon-
tagnes, flore mellifère).
 La race d’abeilles utilisée.
 Le type d’apiculture pratiquée (familiale, coopérative…).
 Le type de ruche employée.
 Les productions recherchées (miel, cire, essaim, pollen, gelée
royale, venin).

Tenant compte des facteurs énoncés, il est conseillé de pratiquer la


conduite individuelle de chaque ruche quand il s’agit d’un petit élevage
familial. Pour des raisons pratiques, il est nécessaire de faire une con-
duite collective donc homogénéisée dès le début de saison l’ensemble
de ruches quand il s’agit d’un rucher important.

Un rucher au mont de H’mar khadou (Biskra)


31

Tableau 3 : Calendrier des travaux


SAISON TRAVAUX OBSERVATIONS

Visite des ruches (visite La première visite permet d’établir une situation
de fond) des colonies et leur état de santé.

Nourrissement La distribution d’un sirop (mélange de sucre et


(stimulant) d’eau à 50%, incitant la reine à pondre des œufs et
par conséquent la taille de la colonie augmente.

Réunion des colonies De crainte d’un retour du froid dans la région la


faibles) réunion des colonies faible s’avère nécessaire.

P Transvasement C’est un transfert de la colonie d’une ruche tradi-


R tionnelle à une ruche à cadre ou entre Ruchettes et
I ruche.
N
T Pose des trappes à pollen Pour les apiculteurs qui produisent du pollen , c’est
le moment propice pour poser les trappes à pollen.
E
M
P Elevage de reines L’amorce de l’élevage de reine au début du mois
S de février en régions littorales, fin mars à l’inté-
rieur ou en régions montagneuses.

Essaimage artificiel Fin février jusqu’au mois d’avril, selon les régions.

Surveillance des essaims Obligatoire

Pinçage des cellules Destruction des cellules royale naturelles.

Pose des hausses après avoir pincer les cellules royales et poser la
grille à reines. Les placer tôt peut refroidir le cou-
vain ; les placer tard, la colonie risque d’essaimer.

Récolte L’opération s’effectue tôt le matin afin d’éviter le


pillage.
Transhumance Déplacement des ruches dans un endroit riche en
flore mellifère.
31
../..
Suite de la récolte /
Conservation des ruches /
Prévention de la barbe Par manque d’air, une grappe
d’abeilles se forme devant l’entrée
de la ruche. Pour permettre l’aéra-
tion à l’intérieur, il faut soulever le
corps à l’aide d’une cale.
E
T Réunion des colonies faibles Par crainte de la fausse teigne, , il
E faut procéder à la réunion des co-
lonies ou essaims faibles.
L’installation des abreuvoirs A défaut d’une source d’eau, l’api-
culteur doit installer des abreu-
voirs. Attention aux noyades des
abeilles.
Transhumance /
Nourrissement des essaims /
A Récolte du miel Un rucher sur le néflier
U
T Préparation à l’hivernage
O Réunion des colonies faible. /
M Nourrissement massif.
N Traitement anti-varroa.
E

Nourrissement massif Sirop dont la composition est de


1,5Kg de sucre dans un litre d’eau.
Visites de surveillance. Lester les ruches par des pierres.
H Incliner les ruches légèrement vers
I l’avant. Réduction des trou de vol
V et de la surface à l’intérieur de la
E ruche par une séparation.
R
Entretien du matériel. Préparation des cadres et peinture
des ruches.
Préparation de la compagne Prospection et recherche des lieux
pour emplacement de nouveaux
ruchers et approvisionnement en
sucre.
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** Ce calendrier n’est qu’indicatif parce qu’il peut être sujet des modifications en fonction de :
- La flore mellifère de la région.
- Des conditions du milieu.
- Les techniques traditionnelles utilisées par les apiculteurs, dont il faut tenir compte.
- La politique de développement de l’apiculture entreprise dans chaque région.

La reine n’interrompt pratiquement pas sa ponte et le démarrage des


colonies au printemps peut être fulgurant.
Quoiqu’il en soit et dès les premiers signes du printemps, il faut procé-
der à la visite de printemps qui va permettre d’établir un bilan des colo-
nies : importance de la population, étendue du couvain, état des provi-
sions (miel et pollen), état sanitaire et état du matériel.

VII.1. LES TRAVAUX DE PRINTEMPS


La visite de printemps, se fait le plus souvent à la fin de l ’hiver,
c’est une visite de contrôle, permettant de vérifier l’état des colonies à la
sortie de l’hiver qui leur permettra le bon démarrage printanier.
VII.1.1. La visite d’un rucher
Les observations à faire lors de la visite d’un rucher sont donc de
trois ordres , il faut vérifier le poids des ruches, observer le comporte-
ment des abeilles et voir si des prédateurs rodent.
Le comportement des abeilles fournit un bon renseignement sur
l’état des colonies. Ainsi, dans une colonie saine, les abeilles voltigent
librement et ramènent du pollen à la ruche. Par ailleurs, lorsque les
abeilles ramènent peu de pollen, on peut voir là le signe d’une colonie
qui peut souffrir de l’absence d’une reine (absence de ponte, absence
de couvain).
Lorsque tout va bien, les gardiennes restent portées à l’entrée de la
ruche. Par ailleurs, lorsqu’une colonie est plongée dans une situation
anormale, les gardiennes attaquent promptement.
De temps en temps, on peut voir des abeilles décrivant des cercles
devant l’entrée de la ruche ; ce sont de jeunes abeilles se livrant à de
courts vols d’orientation ; c’est un signe que la colonie se renouvelle.
Lorsque la colonie manque d’espace, les abeilles se rassemblent à
l’entrée sur la façade de la ruche ; elles font la barbe, il convient alors
d’ajouter une hausse et de surveiller la présence de cellules royales, les
abeilles qui se regroupent à l’extérieur de la ruche se préparent presque
toujours à l’essaimage.
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VII.1.2. Comment effectuer la visite d’une ruche


La visite d’une ruche doit se faire lors d’une belle journée par temps
calme (pas avant 10 h) pour que le maximum des butineuses soit occu-
pé à l’extérieur de la ruche, ou en fin d’après midi afin de diminuer les
risques de pillage.
La visite de la ruche doit se faire sans précipitation, avec des
gestes calmes et mesurés. Eviter tout ce qui peut exciter les abeilles :
les parfums, les lainages et tissus synthétiques, le noir, la sueur et
l’odeur de l’alcool.
Après s’être assuré du bon fonctionnement de l’enfumoir, qui doit four-
nir une fumée (blanche) et froide, on enlève le toit puis à l’aide du lève
cadre, on décolle le couvre cadre, souvent scellé par la propolis.
Quelques jets de fumée au niveau du trou de vol préviennent au préa-
lable les abeilles de la visite.
L’enlèvement du couvre cadre doit s’accompagner de jets de fumée
entre les cadres de façon à refouler les abeilles qui alertées, se portent
en masse au devant de l’agresseur.
A l’aide d’un lève cadres, on décroche le cadre situé à l’extrémité de la
ruche, q’on dépose à coté de la ruche ; on obtient ainsi un espace vide
du volume d’un cadre.
Le cadre suivant sera simplement décroché, examiné au dessus de
la ruche (les rayons solaires permettent d’éclairer le fond des cellules)
et replacé dans l’espace vide du cadre enlevé. On examine tous les
cadres de cette manière, ensuite on les remet au même endroit qu’ils
occupaient auparavant dans la ruche.
L’examen d’un cadre se fait de la manière suivante : on le prend par les
extrémités de la barre supérieure et l’examiner sur le premier côté. Pour
retourner, on baisse une des extrémités, faire pivoter verticalement le
rayon et ensuite le ramener à l’horizontale.
Cette façon d’opérer évite d’écraser les abeilles ou la reine durant les
manipulations.
Il est plus pratique de se faire assister par une aide chargée uni-
quement d’actionner l’enfumoir, les visites doivent être courtes.

LES OBSERVATIONS À NOTER LORS DE LA VISITE :

L’apiculteur peut vérifier et compléter les observations qu’il fait à l’exté-


rieur de la ruche par un examen de la colonie elle même.
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a) Le couvain :

La présence des œufs renseigne sur la présence de la reine (œufs


d’un jour), l’étendue du couvain renseigne sur sa santé. La ponte doit
être régulière et comprend du couvain de tout âge (œuf, larve, nymphe,
ou si l’on préfère couvain ouvert et couvain fermé).
L’absence totale de couvain résulte presque toujours d’un orphelinage
en cours d’hiver. Il est souvent trop tard pour intervenir.

b) Les provisions
On peut apprécier l’état des provisions en soupesant la ruche ou en
examinant les cadres. Les réserves de pollen, quand il est bien conser-
vé, constituent une assurance pour le développement du couvain. Il faut
cependant savoir que par temps frais, les abeilles qui forment la grappe,
ne montent pas jusqu’aux réserves de miel ou de sirop. Mieux vaut
s’assurer à l’automne que les provisions sont suffisantes, en procédant
au besoin, à un Nourrissement massif.
c) le matériel
On profite de la visite de printemps pour nettoyer le plateau ou
simplement l’inverser, celui-ci étant réversible. On change également
les cadres en mauvais état et ou les remplace par des cadres de cire
gaufrée, en prenant soin de ne pas bouleverser l’alignement des
cadres.

d) la colonie
Famine et orphelinage sont les causes principales des mortalités
hivernales qui ne doivent pas dépasser normalement 5 à 10 % des ef-
fectifs. Une mortalité d’abeilles importante à la fin de l’hiver peut être
aussi le fait de maladies.
Un examen des cadres s’impose et en cas de doute, des prélève-
ments seront adressés au laboratoire.

INTERVENTIONS APRÈS LA VISITE DE FOND

a) Réunion des colonies faibles:


Les populations des ruches orphelines peuvent être récupérées en opé-
rant des réunions.
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La méthode la plus simple et la plus sûre consiste à placer la ruche


sur une ruche normale, les deux colonies étant séparées l’une de l’autre
par une feuille de papier journal dans laquelle on perce quelques petits
trous. Les deux populations prennent en quelques heures la même
odeur et se regroupent. Dès que la réunion est effective on peut enlever
la ruche vide et récupérer le matériel.

b) Nourrissement stimulant
Le Nourrissement stimulant est indispensable pour rendre plus
dynamique aussi bien les excellentes colonies que les moins bonnes. Il
a pour but d’obtenir de fortes populations pour la grande miellée.
Au printemps, le Nourrissement stimulant fait démarrer l ’élevage
car il incite la reine à pondre et augmente l’élevage du couvain. L’apport
d’un complément protéiné permet une nutrition complète pour un bon
développement de la colonie.

c) Préparation du sirop

La période de Nourrissement en Algérie commence généralement


le 15 janvier sur les régions côtières et début février dans les régions
intérieures ; il doit être poursuivi jusqu’au début de la miellée vers les
mois d’avril et mai.
 Utiliser une eau potable.
 Le matériel doit être propre ; Faire bouil-
lir la quantité d’eau désirée dans une
bassine.
 Une fois l’eau bouillie, déposer la bas-
sine au sol ;
 Préparer un sirop à 50% (1litre d’eau
pour 1 Kg de sucre).
 Remuer le tout jusqu’à obtention d’un
liquide visqueux et homogène.
 Le sirop est distribué de préférence
tiède, et à la fin de l’après midi.
 Ne jamais donner un sirop de plus de
48h
.La quantité à distribuer est de 1 litre de
sirop pour 4 ruches tous les deux jours,
pendant 30 à 40 jours selon les régions, et 1 litre de sirop pour 8
ruches, pendant les 15 derniers jours.
Chapitre VIII 36

La distribution du nourrissement se fait tard le soir

Le désherbage autour de la ruches

VIII ESSAIMAGE NATUREL


C’est une division naturelle de la colonie qui se produit au printemps.
Les abeilles démarrent un élevage de reine pour remplacer la vieille
reine.
VIII.1. CAUSES DE L’ESSAIMAGE

La cause principale de l’essaimage réside dans la nécessité


qu’éprouve la colonie de se perpétuer et de se propager. L’essaimage
est favorisé par le manque de place, une miellée lente et longue, une
reine de 3 ou plus.
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Le déclenchement de l’élevage royal est provoqué par le manque de


place, l’excès de couvain, l’excès (de gelée royale – de nourrices – de
cirières), pénurie de provision. L’essaimage a lieu au printemps ou en
été quand les conditions atmosphériques sont favorables. Il a lieu entre
10h et 17h selon les régions.
Les ouvrières qui se
préparent à l’essai-
mage ralentissent leur
activité, se gorgent de
miel pour satisfaire
leurs besoins alimen-
taires d’une semaine
environ et parer à la
production de cire des-
tinée à la construction
du nouveau domicile.
La sortie de l’essaim
est toujours accompa-
gnée d’un bruit ty-
pique, un bourdonne-
ment très intense et
différent à celui habi-
tuel. Après quelques
tourbillons dans l’air,
l’essaim se pose, gé-
néralement sur une
branche la plus proche
de la ruche mère, et les abeilles s’empilent les unes sur les autres en
une seule masse compacte qui nous rappelle une grappe.

VIII.2. RÉCUPÉRATION DE L’ESSAIM

Pour récupérer un essaim, on utilise très souvent, une cloche fa-


briquée en paille appelée (sella en langue arabe) ou une ruchette. On
place cette cloche en dessous de l’essaim, ce dernier on le secoue for-
tement à coup de point ; quelques minutes après toutes les abeilles se
précipitent à l’intérieure de la cloche.
Chapitre IX 38

Récupération d’un essaim naturel

IX. LA TRANSHUMANCE
L’emplacement idéal d’un rucher est celui où la végétation envi-
ronnante est caractérisée par une succession dans le temps des florai-
sons qui permettent aux abeilles une alimentation continue et la possibi-
lité d’une ou plusieurs récoltes dans l’année. L’apiculteur amateur se
contente d’une récolte de miel par an dans un rucher sédentaire. L’api-
culteur professionnel cherche à réaliser plusieurs récoltes. Il doit dépla-
cer ses ruches vers les zones en fonction de la succession des florai-
sons, c’est l’apiculture pastorale.

La transhumance est pratiquée à une échelle réduite en Algérie.


On connaît celle des apiculteurs des hauts plateaux sur des agrumes du
Tell en mars-avril ; celle en juin sur la carotte sauvage et celle de juillet
sur l’eucalyptus, sans oublier sur la lavande dans la région de Sebdou
(ouest d’Algérie).
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IX.1. CHOIX DE L’ENDROIT

L’apiculteur doit d’abord choisir la miellée qu’il désire exploiter. Néan-


moins, le choix de l’endroit se fait quelques jours, voir quelques semaines
plus tôt avant la date fixée pour l’installation du rucher pastoral. Le lieu
choisi doit pouvoir être facilement accessible au véhicule dont l’apiculteur
dispose.
Les abeilles ne doivent pas importuner ni les voisins, ni les pas-
sants. Le problème de gardiennage doit être réglé bien d’avance.
Les propriétaires de plantations d’arbres fruitiers n’exigent générale-
ment rien car ils savent que le rendement de leurs cultures ne peut être
qu’augmenté par les abeilles.

IX.2. CHOIX DES COLONIES

Il faut choisir des colonies fortes pour pouvoir profiter de la miellée


en récoltant beaucoup de nectar et donc beaucoup de miel. Pour cela,
plusieurs techniques sont employées telle que la réunion des colonies.
Les colonies faisant l’objet de déplacement doivent être logées dans
des ruches légères et facilement transportables (ruches Langstroth ou
Dadant à 10 cadres).
Elles diffèrent de la ruche sédentaire par la présence de poignées
sur ses côtés favorisant la manutention.

IX.3. MODE DE TRANSPORT

Le transport des ruches fermées nécessite plusieurs opérations suc-


cessives : préparation des ruches, fermeture des trous de vol, charge-
ment, transport, déchargement et ouverture.
Avant la nuit, dès que toutes les abeilles sont entrées, à l ’aide de pa-
pier journal on ferme les trous d’envol.
Pour le chargement, les ruches sont rangées régulièrement les unes
contre les autres en plusieurs étages. Avant le départ, il faut s’assurer que
les ruches sont bien attachées. Le voyage (transport des ruches) se fait
aussitôt en pleine nuit.
41
Cas de transhumance des apiculteurs de Touggourt
41
Cas de transhumance des apiculteurs de Ghardaia

Cas de transhumance à Hmar khadou (Biskra)

Cas de transhumance à Laghouat


42

BIBLIOGRAPHIE

ALPHANDERY . R. Un r ucher nait. Monfavet. 1950.


BERTRAND . E . La conduite d’un rucher. Paris, Payot, 1972.
BIRI. M . L’élevage moderne des abeilles ; ed. DE VECCHI . 1986.
MARCHENAY. P . L’homme et l’abeille.1984.
Revues Françaises d’Apiculture
ITELV 2117

DFRV - 2117-

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