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Pertes Et Dettes

Ce document décrit les droits des associés dans une société en nom collectif selon le code de commerce français. Il explique les droits d'information des associés non-gérants, notamment leur droit d'accéder aux documents sociaux deux fois par an au siège social et de demander certains documents dans le cadre de l'assemblée générale annuelle.

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Pertes Et Dettes

Ce document décrit les droits des associés dans une société en nom collectif selon le code de commerce français. Il explique les droits d'information des associés non-gérants, notamment leur droit d'accéder aux documents sociaux deux fois par an au siège social et de demander certains documents dans le cadre de l'assemblée générale annuelle.

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Répertoire des sociétés

T itre 3 - Associés de la société en nom collectif

238. Mutisme des statuts. - La règle selon laquelle, dans la société en nom collectif, tous les
associés personnes physiques ou morales sont gérants (V. supra, n o 124) n'est pas absolue.
Elle ne vaut que dans le silence des statuts. Quand ceux-ci dérogent au droit commun, le
groupement comporte à côté du ou des gérants associés ou non, de simples associés
titulaires de droits et assumant des obligations. Ces derniers ne peuvent alors s'immiscer
dans la gestion sociale. Toute intervention de leur part, même unanime, constituerait une
révocation partielle des pouvoirs du gérant, normalement soumise aux conditions de la
révocation directe et expresse et opposable aux tiers, après seulement leur publication
régulière (C. com., art. L. 210-9 , al. 2).

Chapitre 1er - Droits des associés


239. Droits pécuniaires et extra-pécuniaires. - Les droits des associés relèvent de deux
catégories, selon qu'ils revêtent ou non un caractère pécuniaire.

Section 1 re - Droits extra-pécuniaires

240. Deux hypothèses. - Dès lors que, sauf stipulation contraire des statuts, les associés en
nom collectif sont tous gérants (C. com., art. L. 221-3 , al. 1 er), deux hypothèses doivent
être envisagées : – soit qu'effectivement les associés sont tous gérants, comme le prévoit le
code de commerce et mettent en œuvre leur droit à la gestion sociale conjointement avec les
autres droits que leur confèrent les textes législatifs et réglementaires ; – soit qu'une clause
statutaire confère la gérance à un ou plusieurs d'entre eux, ou à un tiers non associé. Il
s'ensuit que les associés non gérants ont besoin d'être protégés contre les pouvoirs des
gérants associés ou non.
241. Associés non-gérants. - Les associés non gérants ne restent pas étrangers à
l'administration de la société ; ils jouent même un rôle déterminant dans la société en nom
collectif. En effet, contrairement à ce qui se passe dans les sociétés de capitaux où
l'absentéisme a progressivement ôté tout fondement au schéma démocratique initial, les
associés en nom collectif ne peuvent, notamment en raison des risques courus sur leurs biens
personnels, se désintéresser de la marche des affaires sociales. Tandis que les textes
antérieurs ne se prononçaient quasiment pas sur la question et que la jurisprudence avait
élaboré des solutions, la loi du 24 juillet 1966 dont les dispositions ont été insérées dans le
code de commerce, a précisément réglementé entre autres, les droits extra-pécuniaires des
associés. Elle a cependant laissé une part d'initiative aux statuts dans l'aménagement des
relations entre associés. C'est pour assurer le respect de ses droits pécuniaires que le
législateur reconnaît à l'associé des droits tels que celui de participer aux assemblées ou
d'être consulté par écrit. Ces droits sont d'une importance aussi évidente, sinon plus, que
ceux d'accomplir des actes conservatoires du patrimoine et d'exercer certaines actions en
justice. Ils sont d'ordre individuel et collectif.

Art. 1 er - Droits individuels


242. Droit à l'information et droit de contrôle. - Les associés non gérants disposent en tant
que tels, d'un droit à l'information et d'un droit de contrôle.

§ 1 er - Droit à l'information
243. Évolution législative. - Avant 1966, la doctrine admettait que les associés non gérants
disposaient d'un large droit d'information directe de l'activité du gérant grâce à l'accès à
l'ensemble des documents sociaux et à la possibilité de suivre concrètement la marche de la
société (LECOMPTE, Droit de contrôle des associés non gérants dans les sociétés en nom
collectif, Journ. sociétés 1934. 273). En revanche, la loi du 24 juillet 1966, soucieuse d'éviter
une pareille ingérence, a notablement réduit cette prérogative des associés, tout en
accroissant leur faculté de révocation du gérant. Les associés disposent tout de même d'un
droit d'être informés à l'occasion des assemblées générales et à deux moments de l'année
choisis par eux.

A - Droit d'information préalable à l'assemblée annuelle


244. Conditions du droit d'information préalable. - Ce droit d'information ne joue pas
lorsque tous les associés sont gérants, les intéressés étant parfaitement au courant de la
gestion de la société et n'ayant nul besoin de se voir reconnaître par la loi un droit de contrôle
qu'ils tiennent déjà de leur qualité de gérant (C. com., art. R. 221-7 , al. 3). En revanche,
s'ils n'ont pas la qualité de gérant, les associés disposent d'un droit de communication
préalable à l'assemblée annuelle qui doit se tenir dans le délai de six mois à compter de la
clôture de l'exercice, en vue d'approuver les comptes et d'affecter le résultat (C. com.,
art. L. 221-7 , al. 1 er).
245. Documents à communiquer. - L'article L. 221-7, alinéa 2, du code de commerce
complété par l'article R. 221-7, alinéa 1 er, de ce code dresse la liste des documents qui
doivent être communiqués aux associés avant la tenue d'une assemblée. Il s'agit du rapport
de gestion, de l'inventaire et des comptes annuels. Ces trois documents sont d'ailleurs ceux
dont l'établissement est imposé aux commerçants et à certaines sociétés (C. com.,
art. L. 123-12 , al. 3). Ces comptes annuels comprennent le bilan, le compte de résultat et
une annexe, qui forment un tout indivisible. À ces documents, s'ajoutent le texte des
résolutions proposées et, le cas échéant, le rapport des commissaires aux comptes, les
comptes consolidés et le rapport sur la gestion du groupe. La loi n o 84-148 du 1 er mars 1984,
relative à la prévention et au règlement amiable des difficultés des entreprises (abrogée et
recodifiée dans le code de commerce) a complété cette énumération par d'autres documents
annexés au bilan : un état des cautionnements, avals et garanties donnés par la société et
non plus seulement leur montant global, et un état des sûretés consenties par elle (C. com.,
art. L. 232-1 , I, 1 o et 2 o).
246. Délai de communication des documents. - Les documents à communiquer aux associés
doivent leur être adressés au moins quinze jours avant la réunion de l'assemblée qui doit
statuer sur les comptes annuels (C. com., art. R. 221-7 , al. 1 er). Durant ce délai, les
associés peuvent également prendre connaissance et établir copie au siège social, de
l'inventaire (C. com., art. R. 221-7 , al. 2). Il est interdit de déroger dans les statuts à ces
différentes règles dont la violation est civilement sanctionnée par l'annulation de la
délibération des associés (C. com., art. L. 221-7 , al. 2 et 3). Dans les sociétés tenues
d'établir des comptes consolidés, sont punis d'une amende de 9 000 euros, les gérants qui
n'ont pas établi et adressé aux associés dans les délais fixés par la loi, des comptes
consolidés. De plus, l'insertion du jugement peut être ordonnée aux frais du condamné, dans
un ou plusieurs journaux (C. com., art. L. 247-1 , II). Comme préalablement dit, ces règles
ne valent que pour les associés non gérants ; elles sont donc écartées lorsque, conformément
à l'article L. 221-3 du code de commerce, tous les associés sont gérants (C. com., art. R. 221-
7 , al. 3).
247. Demande faite au président du tribunal. - Les associés insatisfaits peuvent demander
au président du tribunal statuant en référé soit d'enjoindre aux gérants, sous astreinte, de
leur communiquer les documents auxquels ils ont droit en vue de la tenue des assemblées,
soit de désigner un mandataire chargé de procéder à cette communication (C. com.,
art. L. 238-1 , al. 1 et 2). La procédure d'injonction de faire vise à obtenir de la part des
dirigeants la communication de certains documents et, le cas échéant, s'il y est fait droit, de
faire peser sur eux la charge de l'astreinte et les frais de procédure (C. com., art. L. 238-1 ,
al. 3). Elle ne permet aux associés d'obtenir communication que des documents énoncés par
l'article L. 238-1 du code de commerce (Com. 23 juin 2009, n o 08-14.117 , RJDA 2009,
n o 863). Cette injonction doit être dirigée contre ces dirigeants en leur nom personnel, mais
non contre la société qu'ils représentent (C. com., art. L. 238-1 – Com. 1 er juill. 2008,
o o
n 07-20.643 , BRDA 14/2008, n 6, à propos d'une SA, mais transposable). La juridiction
compétente est le tribunal de commerce du lieu du siège social.

B - Droit d'information deux fois par an


248. Information sur les affaires sociales. - Outre le droit d'information annuelle en rapport
avec la tenue de l'assemblée chargée d'approuver les comptes, les associés peuvent exiger,
deux fois par an, des informations sur les affaires sociales (C. com., art. L. 221-8 et
art. R. 221-8 ). Ainsi, peuvent-ils consulter au siège social tous les documents établis par la
société ou reçus par elle (livres de commerce, contrats, factures, correspondances…). Le
gérant qui ne respecte pas ce droit engage sa responsabilité et peut être condamné sous
astreinte à le respecter sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile (Paris,
19 sept. 2007, RJDA 2008, n o 163, à propos d'une société civile, mais applicable à la SNC).
Ces dispositions suscitent quelques observations.

249. Déplacement au siège social. - Tout d'abord, les associés doivent se rendre
personnellement au siège social ; ce qui exclut toute possibilité de donner mandat à
quelqu'un, un associé ou un tiers, pour agir à leur place. Ils ne peuvent non plus emporter les
documents sociaux, ni donc contraindre le gérant à adresser à chacun un relevé ou une
photocopie des pièces dont ils veulent avoir communication. Cette règle est particulièrement
gênante pour les associés qui rencontrent quelques difficultés pour se déplacer. En revanche,
ils ont la faculté de prendre copie des documents sociaux.
250. Assistance par un expert. - Ensuite, les associés peuvent, dans l'exercice de ce droit,
se faire assister par un expert choisi sur une des listes établies par les cours et tribunaux.
Cette possibilité n'implique pas pour autant celle de se faire représenter par cet expert.
Admettre le contraire irait à l'encontre du caractère personnel du droit d'accès aux documents
sociaux.
251. Documents communicables. - En outre, la liste des documents communicables énoncés
par l'article R. 221-8 du code de commerce est limitée. Le droit d'accès et de consultation des
documents sociaux ne s'accompagne pas comme autrefois, de celui de prendre directement
connaissance des éléments matériels de l'actif social, comme la caisse, le portefeuille et les
stocks. Cela n'empêche toutefois pas les statuts de permettre cette consultation plus étendue
(HÉMARD, TERRÉ et MABILAT, op. cit. [supra, n o 226], n o 287).

252. Pacte social. - Enfin, le pacte social peut accroître le nombre de consultations annuelles
des documents sociaux instauré par le législateur (HÉMARD, TERRÉ et MABILAT, op. cit.
[supra, n o 226], n o 286).

253. Questions écrites. - Conjointement au droit de consultation des pièces sociales, les
associés non gérants peuvent deux fois par an poser par écrit, à propos de la gestion sociale,
des questions auxquelles il leur est répondu également par écrit. Le nombre de questions
n'étant pas limité par la loi, les intéressés peuvent donc en poser plusieurs. Là encore, les
statuts peuvent ouvrir plus largement ce droit, dans la limite des énonciations légales. Les
textes n'édictent aucune sanction pénale pour le défaut de réponse ; ils ne prévoient pas non
plus de sanction civile spécifique. Le gérant qui néglige ou s'abstient de répondre dans un
délai normal, s'expose à des dommages-intérêts ou à une condamnation sous astreinte. Son
comportement peut également constituer un juste motif de révocation, surtout s'il s'agit d'un
gérant non associé dont la destitution n'exige pas l'unanimité des voix. Ces mesures
menacent par ailleurs le gérant qui ne satisfait pas au droit de communication de l'associé en
nom collectif lequel, se heurtant à un refus, peut notamment saisir le président du tribunal de
commerce et obtenir une ordonnance de référé enjoignant au gérant, sous astreinte, de
communiquer les documents demandés.

§ 2 - Droit de contrôle
254. Nomination d'un commissaire aux comptes. - La loi du 1 er mars 1984 (abrogée et
recodifiée) a grandement innové en instituant la nomination facultative ou obligatoire, selon
certaines circonstances, par les associés des sociétés de personnes, de commissaires aux
comptes chargés de contrôler la gestion et les comptes sociaux (C. com., art. L. 221-9 ,
renvoyant à l'art. L. 221-6 ). La désignation de ce commissaire dans la société en nom
collectif s'impose pour les groupements qui, à la clôture de l'exercice social, dépassent deux
des trois seuils suivants fixés par décret en Conseil d'État (C. com., art. R. 221-5 ) : – total
du bilan (somme des montants nets des éléments d'actif ) : 1,55 million d'euros ; – chiffre
d'affaires hors taxes (ventes de produits et services liés à l'activité courante, diminuées des
réductions sur ventes, de la TVA et des taxes assimilées) : 3,1 millions d'euros ; – nombre
moyen de salariés (moyenne arithmétique des effectifs à la fin de chaque trimestre de
l'exercice comptable liés à l'entreprise par un contrat de travail à durée indéterminée) :
cinquante. L'établissement obligatoire de comptes consolidés par la société n'entraîne pas
l'obligation d'avoir un commissaire aux comptes, si les seuils prévus ne sont pas franchis (à
propos d'une SARL, mais applicable à la SNC, Rép. min. à DUBERNARD, JOAN Q 20 mars 1995,
p. 1544).
255. Nomination facultative d'un commissaire aux comptes. - Lorsque la société ne
dépasse pas ces chiffres, ce qui est le plus courant dans la société en nom collectif, la
nomination d'un commissaire aux comptes est facultative. Elle peut être décidée par les
associés aux conditions de majorité prévues par le pacte social ou à l'unanimité, en l'absence
de stipulations statutaires (C. com., art. L. 221-9 , al. 1 er, et art. L. 221-6 , al. 1 er). Elle
peut également être demandée en justice, c'est-à-dire au président du tribunal de commerce
statuant en référé, par tout associé quelle que soit sa participation au capital social.

256. Durée de nomination et récusation. - Les commissaires aux comptes (un titulaire et un
suppléant) nommés dans une société en nom collectif assument les mêmes fonctions,
subissent les mêmes interdictions et incompatibilités, encourent les mêmes responsabilités,
s'exposent à la récusation ou à la révocation et sont rémunérés de la même manière que les
commissaires des sociétés anonymes (C. com., art. L. 820-1 ). Ils sont nommés pour six
exercices et peuvent être récusés par décision de justice à la demande d'un ou de plusieurs
associés représentant au moins le dixième du capital social, du ministère public ou du comité
d'entreprise.

257. Nullité de délibérations. - Par ailleurs, les délibérations prises à défaut de désignation
régulière des commissaires aux comptes ou sur le rapport de commissaires nommés ou
demeurés en fonction contrairement aux dispositions textuelles, sont nulles. L'action en
nullité est éteinte si ces délibérations sont expressément confirmées par une assemblée, sur
le rapport des commissaires régulièrement nommés.

Art. 2 - Droits collectifs : les assemblées d'associés


258. Participation de tous les associés. - Tous les associés ont le droit prendre part aux
décisions collectives (C. civ., art. 1834 et art. 1844 , al. 1 er). Ce droit relevant de l'ordre
public, aucune disposition statutaire ou conventionnelle ne pourrait l'écarter, ni en
subordonner la mise en œuvre à une condition particulière. De surcroît, comme cela a été
jugé, un associé peut invoquer le défaut de convocation d'un autre associé à une assemblée
pour agir en annulation de cette assemblée (Civ. 3 e, 21 oct. 1998, n o 96-16.537 , RJDA
1998, n o 1371. – Com. 8 févr. 2005, n o 03-19.167 , RJDA 2005, n o 724 ; Dr. sociétés 2005,
n o 139, obs. Monnet). Néanmoins, l'action en nullité n'est pas recevable quand tous les
associés ont été présents ou représentés à l'assemblée (Com. 8 févr. 2005, préc.). Seuls les
associés peuvent participer aux assemblées. N'étant pas associés, les héritiers d'un associé
qui n'ont pas été agréés dans les conditions prévues par les statuts ne peuvent prendre part à
une assemblée et voter la désignation d'un nouveau gérant. Leur participation aboutit à
l'annulation de l'assemblée (Civ. 3 e, 8 juill. 2015, n o 13-27.248 , Bull. civ. III, n o 76 ;
Gaz. Pal. 2015. 13, note Dondero).

259. Assemblées ordinaires et extraordinaires. - Il n'y a pas lieu, comme dans la SARL ou
la société anonyme, de distinguer les assemblées générales ordinaires et les assemblées
générales extraordinaires, puisqu'en toute hypothèse, la règle de l'unanimité s'applique. Cela
n'empêche pas les statuts d'instaurer une pareille différenciation, même si elle n'offre pas un
grand intérêt.

§ 1 er - Règles applicables aux décisions prises par les assemblées


260. Prise des décisions. - La prise des décisions collectives intervient à la suite de la
convocation et de la tenue de l'assemblée. Elle s'effectue selon certaines modalités et obéit à
des conditions précises.

A - Convocation et tenue de l'assemblée


261. T itulaire du droit de convoquer l'assemblée. - Les statuts déterminent qui a le droit de
convoquer l'assemblée. À défaut, ce droit appartient au gérant. Néanmoins, chaque associé
peut obtenir la réunion d'une assemblée (C. com., art. L. 221-6 , al. 2). Les statuts fixent
également les formes de la convocation qui, en pratique, a lieu par une lettre simple ou
recommandée. Il est toutefois concevable de convoquer verbalement les associés, dès lors
qu'en toute certitude ils seront tous présents ou représentés à l'assemblée. La lettre
recommandée avec demande d'avis de réception est cependant préférable et fortement
préconisée pour des raisons probatoires. En effet, en cas de demande d'annulation d'une
assemblée par un associé qui prétend ne pas avoir été convoqué par le gérant, la société doit
pouvoir prouver que le plaignant l'a été réellement (Com. 10 nov. 2009, n o 05-15.809 , RJDA
2010, n o 150, à propos d'une SA mais applicable à la SNC).

262. Prérogatives du comité social et économique. - S'agissant du comité d'entreprise,


jusqu'à la loi n o 2001-420 du 15 mai 2001 sur les nouvelles régulations économiques (loi
NRE), il n'était pas représenté aux assemblées générales. Ses prérogatives se bornaient à des
observations sur la situation économique et sociale de l'entreprise transmises à l'assemblée
en même temps que le rapport du conseil d'administration, du directoire ou des gérants. Avec
l'entrée en vigueur de la loi NRE (art. 99), le comité d'entreprise (rebaptisé comité social et
économique) a dorénavant la faculté de demander en justice la désignation d'un mandataire
chargé de convoquer l'assemblée en cas d'urgence ; ce qui implique la fixation de l'ordre du
jour de ladite assemblée (C. trav., art. L. 2312-77 , al. 1 er. – VIANDIER, Sociétés et loi NRE,
2001, Francis Lefebvre, p. 111, n o 392. – SAINTOURENS, Les prérogatives du comité
d'entreprise après la loi relative aux nouvelles régulations économiques, BJS 2002. 7. –
VATINET, De la loi sur les nouvelles régulations économiques à la loi de modernisation : une
montée en puissance du comité d'entreprise ?, Dr. soc. 2002. 286 ). En outre, deux membres
du comité social et économique, désignés par lui-même, peuvent assister aux assemblées
générales (C. trav., art. L. 2312-77 , al. 3). À leur demande, ils doivent être entendus pour
toutes les délibérations requérant l'unanimité.
263. Applicabilité de la règle à la SNC. - Bien qu'applicable en principe à toutes les sociétés
commerciales, par conséquent à la SNC, la rédaction imparfaite du texte suscite une
incertitude quant à sa portée. En effet, l'emploi des termes « assemblées d'actionnaires » à
propos de la convocation des assemblées inclinerait à limiter l'application de cette mesure aux
sociétés par actions, alors qu'en ce qui concerne la participation de deux membres du comité
d'entreprise aux assemblées, le texte ne parle plus d'actionnaires. Néanmoins, l'insertion de
la disposition légale dans une partie du code du travail (liv. III, titre II, chap. III) consacrée
aux attributions du comité d'entreprise et le sens des premiers mots tout à fait significatifs
(« dans les sociétés… ») conduit à lui conférer une portée générale. Toujours est-il que, saisi
d'une pareille demande, le juge devra en apprécier les mérites au regard de l'intérêt social et
non pas uniquement au regard du seul intérêt des salariés.
264. Délai de convocation de l'assemblée. - Lorsque l'assemblée doit statuer sur les
comptes de l'exercice écoulé, la convocation est adressée au plus tard quinze jours avant la
réunion, afin de permettre l'exercice du droit d'information prévu à l'article L. 221-7, alinéa 2,
du code de commerce (C. com., art. R. 221-7 ). Elle doit en indiquer l'ordre du jour. Cette
assemblée doit se réunir dans les six mois de la clôture dudit exercice (C. com., art. L. 221-7
, al. 1 er). Le commissaire aux comptes, s'il en existe un, est convoqué à toutes les
assemblées des associés (C. com., art. L. 823-17 ). Il doit être avisé au plus tard en même
temps que les associés, des assemblées ou consultations (C. com., art. L. 221-11 renvoyant
à l'art. L. 221-7 ). Seuls les associés peuvent participer à l'assemblée, avec toutefois la
possibilité d'une représentation par mandataire, si les statuts l'ont prévue. Sauf clause
contraire des statuts, le mandat n'est donné qu'à un autre associé. Si les conditions de
représentation aux assemblées devaient constituer une entrave au libre exercice du droit de
vote ou s'il en résultait une utilisation abusive des pouvoirs, les associés qui s'estimeraient
lésés auraient la faculté d'agir en responsabilité contre les auteurs de ces actes illicites.
Lorsque la société est obligée d'avoir un commissaire aux comptes, les délibérations prises à
défaut de nomination régulière de ce commissaire sont nulles (C. com., art. L. 820-3-1 ,
al. 1 er). L'action en nullité est cependant éteinte si ces délibérations sont expressément
confirmées par une assemblée sur le rapport d'un commissaire aux comptes régulièrement
désigné (C. com., art. L. 820-3-1 , al. 2).

B - Modalités de prise des décisions


265. Différentes modalités de prise des décisions. - Compte tenu du caractère conventionnel
de la société, les décisions des associés devraient pouvoir résulter d'un acte signé par tous.
Cependant, l'article 1854 du code civil n'envisage cette possibilité que pour les sociétés
civiles. De son côté, la chancellerie considère qu'une modification législative s'impose pour
l'admettre dans la société en nom collectif (Rép. min. n o 22159, JOAN Q 4 févr. 1980, p. 428).
Aussi, la plupart des décisions sont obligatoirement prises par l'ensemble des associés réunis
en assemblée. C'est le cas de l'approbation des comptes (V. infra, n os 273 s.) et lorsque la
réunion a été demandée par l'un des associés. Dans les autres hypothèses, les statuts
peuvent prévoir une consultation par correspondance (C. com., art. L. 221-6 , al. 2). Cette
solution présente des inconvénients pratiques. En effet, dans l'hypothèse d'une société
comportant deux associés éloignés géographiquement, on a recours à des inscriptions factices
sur les registres du groupement. En vérité, les consultations écrites sont plus courantes que
les assemblées. De plus, malgré l'absence de disposition légale, les décisions sont
fréquemment prises dans un acte sous seing privé ou notarié signé par tous les associés.

266. Procès-verbaux des décisions collectives. - Les décisions collectives font l'objet de
procès-verbaux réglementés par les articles R. 221-2 à R. 221-4 du code de commerce. Ainsi,
notamment, doivent-ils être signés par chacun des associés présents, être établis sur un
registre spécial tenu au siège social, coté et paraphé, soit par un juge du tribunal de
commerce ou du tribunal d'instance, soit par le maire de la commune du siège social ou un
adjoint au maire ; les copies ou extraits des procès-verbaux des délibérations des associés
sont valablement certifiés conformes par un seul gérant. Le registre spécial peut être tenu et
les procès-verbaux établis sous forme électronique ; dans ce cas, les procès-verbaux sont
signés au moyen d'une signature électronique qui respecte au moins les exigences relatives à
une signature électronique avancée prévues par l'article 26 du règlement (UE) n o 910/2014 du
Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 sur l'identification électronique et les
services de confiance pour les transactions électroniques au sein du marché intérieur. Les
procès-verbaux sont datés de façon électronique par un moyen d'horodatage offrant toute
garantie de preuve (C. com., art. R. 221-3 , réd. Décr. n o 2019-1118, art. 1 er du 31 oct.
2019 relatif à la dématérialisation des registres, des procès-verbaux et des décisions des
sociétés et des registres comptables de certains commerçants). En outre, la certification peut
se faire au moyen d'une signature électronique qui respecte au moins les exigences relatives
à une signature électronique avancée prévues par l'article 26 du règlement (UE) n o 910/2014
du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 sur l'identification électronique et les
services de confiance pour les transactions électroniques au sein du marché intérieur (C. com.,
art. R. 221-4 , réd. Décr. n o 2019-1118, art. 2 du 31 oct. 2019 relatif à la dématérialisation
des registres, des procès-verbaux et des décisions des sociétés et des registres comptables
de certains commerçants).

267. Publicité des modifications statutaires. - Les décisions modificatives des statuts
donnent lieu à publicité pour être régulières et opposables aux tiers. Il en va de même des
décisions qui, sans entraîner une rectification des statuts, affectent la composition des
organes sociaux : nomination et cessation des fonctions d'un gérant non statutaire.
C - Conditions de prise des décisions
268. Règle de l'unanimité. - Les décisions adoptées au sein de la société en nom collectif
n'obéissent pas, comme dans les sociétés de capitaux, à la loi de la majorité. Selon
l'article L. 221-6 du code de commerce, elles sont prises à l'unanimité, qu'il s'agisse de
décisions importantes telles que la modification des statuts, la révocation d'un associé
statutaire, la décision de continuer la société malgré cette révocation, en l'absence d'une
clause expresse des statuts, la cession de parts sociales, la transformation de la société en
SAS, l'absorption de la société par une SAS, ou de délibérations plus communes comme celle
concernant l'approbation des comptes annuels. Dans les autres cas, l'unanimité n'est requise
qu'en l'absence de clauses statutaires particulières. Les statuts peuvent alors déterminer à
loisir la règle de majorité applicable à telle ou telle décision (C. com., art. L. 221-6 , al. 1 er).
La majorité varie généralement en fonction de l'importance de la décision à prendre. Pour les
parts d'industrie, les statuts doivent indiquer les conditions dans lesquelles leurs titulaires
vont exercer leur droit de vote.

269. Décisions prises à l'unanimité. - La règle de l'unanimité se justifie par le caractère


indéfini et solidaire de la responsabilité des membres d'une SNC. Ainsi, relève de l'unanimité
une décision d'assemblée d'augmenter les engagements des associés. Il a d'ailleurs été jugé
que l'associé d'une société en nom collectif immobilière qui n'a pas donné son consentement à
des appels de fonds décidés par l'assemblée des associés, destinés à régler les créanciers et
à rembourser un crédit contracté pour la réalisation de l'objet social, n'est pas tenu de verser
les sommes qui lui sont réclamées (Com. 7 mars 1989, BJS 1989. 442 ; JCP E 1989. II. 15562,
n o 12, obs. Viandier et Caussain ; Rev. sociétés 1989. 473, note Chartier ; RTD com. 1989.
476, note Champaud et Le Floch, statuant sur le pourvoi contre Paris, 16 janv. 1987, Defrénois
1987. 612, obs. Honorat).

270. Dérogation à la règle de l'unanimité. - Au principe de l'unanimité, la loi apporte une


dérogation notamment pour la révocation du gérant non associé qui, dans le silence des
statuts, n'exige qu'une décision à la majorité (C. com., art. L. 221-12 ). Par ailleurs, les
statuts peuvent prévoir une disposition différente, par exemple, une majorité des deux tiers
ou de plus de la moitié pour telle ou telle décision, excepté en matière de cession de parts
entre vifs (V. infra, n os 296 s.), de révocation d'un gérant associé statutaire ou d'un gérant
lorsque tous les associés ont cette qualité (V. supra, n os 106 et 211) et de la continuité de la
société, en dépit d'un événement frappant un associé, tel que son décès (V. supra, n o 112),
son incapacité… (V. supra, n os 107 à 111).

271. T itulaire du droit de vote. - À moins d'une énonciation contraire des statuts, chaque
associé dispose d'une voix. La majorité pouvant être en nombre et en capital, ou en nombre
ou en capital, on peut tout à fait admettre que chaque part sociale donne droit à une voix.
Reste à déterminer qui, du nu-propriétaire ou de l'usufruitier, sera le titulaire du droit de vote.
Bien que n'ayant pas la qualité d'associé, l'usufruitier peut prendre part à la vie sociale dans
la mesure utile à la jouissance des parts dont il a l'usufruit (sur la question en général, LE
BAY ON, L'usufruit des parts sociales, Rev. sociétés 1973. 435). Quant au droit de vote, une
clause statutaire peut en régler les conditions d'exercice entre l'usufruitier et le nu-
propriétaire (C. civ., art. 1844 , al. 3, issu de L. du 4 janv. 1978). Mais, dans le silence des
statuts, le droit de vote appartient au nu-propriétaire, sauf pour les décisions se rapportant à
l'affectation des bénéfices pour lesquelles il est octroyé à l'usufruitier, dès lors qu'ils ne
dérogent pas au droit du nu-propriétaire de participer aux décisions collectives (Com. 2 déc.
2008, n o 08-13.185 , RJDA 2009, n o 231). En effet, le nu-propriétaire doit être convoqué et
peut participer à toutes les assemblées, toute clause contraire étant réputée non écrite (Com.
4 janv. 1994, n o 91-20.256 , Rev. sociétés 1994. 278, note Lecène-Marénaud ; RJDA 1994,
n o 526. – Civ. 2 e, 13 juill. 2005, n o 02-15.904 , RJDA 2005, n o 1224). Si, en vertu des
statuts, le droit de vote est confié à l'usufruitier, cela n'empêche pas le nu-propriétaire de
participer à l'assemblée et de s'y exprimer. Cette disposition à caractère général, sauf s'il n'en
est autrement disposé par la loi en raison de la forme ou de l'objet de la société (C. civ.,
art. 1834 ), a bien évidemment vocation à s'appliquer à la société en nom collectif.
V. Usufruit des droits sociaux [Sociétés].

§ 2 - Nature des décisions prises par les assemblées


272. Énonciation des décisions. - La réunion d'une assemblée s'impose dans trois
hypothèses, sans que les statuts puissent y déroger : – pour l'approbation annuelle des
comptes (C. com., art. L. 221-7 , al. 1 er) ; – lorsque la réunion a été demandée par l'un des
associés (C. com., art. L. 221-6 , al. 2), aucune forme particulière n'étant exigée ; – pour
l'approbation d'une modification du capital social prévue par un projet de plan de sauvegarde
ou de redressement judiciaire de la société (C. com., art. L. 626-3 , al. 1 er, art. L. 627-3 ,
al. 3, et art. L. 631-19 , I). Dans tous les autres cas, les statuts peuvent prévoir une
consultation par correspondance (C. com., art. L. 221-6 , al. 2). Néanmoins, les décisions
prises par les associés en assemblée portent essentiellement sur l'approbation de la gestion
et la modification des statuts.

A - Approbation de la gestion
1° - Modalités et conséquences de l'approbation de la gestion

273. Convocation périodique. - Comme dans toute société, les associés en nom collectif ne
participant pas à la gestion quotidienne des affaires sociales, doivent être conviés
périodiquement à se prononcer collectivement sur la conduite des affaires sociales par le ou
les gérants. Ainsi, disposent-ils du pouvoir d'approuver ou non la gestion des organes sociaux.
Dans l'affirmative, ils ratifient la gestion sociale, sans pour autant que le quitus donné à
celle-ci leur fasse perdre, comme dans le passé, la faculté d'agir en responsabilité contre leurs
dirigeants (C. civ., art. 1843-5 , al. 3). Dans l'hypothèse inverse, celle où les associés
désapprouvent un acte du gérant soumis à leur appréciation, celui-ci est privé de tout effet.
Le gérant ne saurait transgresser la volonté collective des associés. Si ces derniers décident
de mettre en réserve les bénéfices, aucune distribution de dividendes ne peut avoir lieu. En
revanche, le gérant ne peut, sans leur accord, prétendre priver les associés de leur droit aux
bénéfices.

274. Préservation des prérogatives du gérant. - Pour autant, les associés ne peuvent faire
obstacle à l'accomplissement par le gérant d'un acte qui relève de ses prérogatives.
Effectivement, une pareille réduction de pouvoirs ne peut intervenir qu'en vertu des règles
applicables aux modifications statutaires ; d'où la nécessité de procéder à une distinction
entre le gérant statutaire et le gérant non statutaire. Seul ce dernier s'expose à subir une
réduction partielle de ses pouvoirs en raison de la désapprobation par les associés d'un acte
qu'il peut accomplir en vertu de ses pouvoirs. Quant au premier, le gérant statutaire, il est
sujet à révocation de la part des associés, s'il ne tient pas compte de leur opinion.
Néanmoins, le fait de ne pas suivre les conseils ou les délibérations des associés ne constitue
pas obligatoirement une faute. Sa responsabilité ne sera engagée que s'il s'est rendu
coupable d'une faute caractérisée, notamment, s'il a agi contrairement à l'intérêt social.

2° - Actes de gestion soumis à l'approbation

275. Délibérations obligatoires. - Les associés non gérants délibèrent obligatoirement sur le
rapport de gestion et les documents comptables établis par le gérant. En contrepartie du fait
qu'ils ne participent pas à la confection du rapport de gestion et des documents comptables,
ces associés vérifient la conformité des comptes et approuvent la situation de l'entreprise
telle qu'elle leur apparaît d'après les comptes. Cette obligation de délibération des associés
est expressément prévue par l'article L. 221-7, alinéa 1 er, toute clause contraire aux
dispositions étant réputée non écrite, aux termes de l'alinéa 3 de ce texte.

276. Conventions passées entre le gérant et la société. - Ces associés doivent également
se prononcer sur les conventions conclues par le gérant avec sa société. Bien que la doctrine
et la jurisprudence envisagent avec réticence ces conventions, aucun principe général du droit
n'empêche le représentant d'une société de contracter ès qualités avec lui-même ou sa propre
société (DEMOGUE, Des rapports pécuniaires entre une société et ses administrateurs ou
gérants pendant la durée de la société, Journ. sociétés 1933. 192). Certes, ces conventions
sont valablement admises dans les sociétés en nom collectif, mais les tribunaux exigent
qu'elles soient conclues au vu et au su de tous les associés (Rouen, 19 janv. 1910, Journ.
sociétés 1910. 411. – Crim. 25 mars 1929, Journ. sociétés 1930. 16). Pour sa part, la doctrine
préconise que les associés donnent leur accord formel ou tacite à la suite d'une demande du
gérant et que le contrat soit exempt de fraude et conclu à des conditions normales (LY ON-
CAEN et RENAULT, Traité de droit commercial, 5 e éd. par AMIAUD, t. 2, 1 re partie, 1926-1929,
LGDJ, n o 263. – THALLER, PIC et KRÉHER, Traité général théorique et pratique de droit
commercial, t. 1, 3 e éd., 1940, n o 472. – HÉMARD, TERRÉ et MABILAT, op. cit. [supra, n o 226],
n o 289).

277. Mutisme de la loi. - Quant à la loi du 24 juillet 1966 dont les dispositions ont été
reprises par le code de commerce, elle n'a rien prévu sur ce point pour la société en nom
collectif ; elle ne l'a envisagé qu'à propos de la SARL et des sociétés par actions. Mais il
semble probable que le cas échéant, le gérant doive faire approuver par les associés, les
conventions qu'il projette de conclure avec la société qu'il dirige.

278. Participation à la vie sociale. - Indépendamment de ces différents actes sur lesquels ils
doivent impérativement se prononcer, les associés non gérants sont d'une manière plus
générale invités à prendre part à la vie sociale et, par conséquent, à exercer une surveillance
sur le fonctionnement de la société. Cette participation est cependant facultative. Ainsi, les
intéressés sont éventuellement appelés à surveiller les actes accomplis par le gérant de sa
propre initiative, mais qui échappent à leur approbation obligatoire. En effet, le gérant peut
effectuer seul et sans contrôle formel tous les actes qui relèvent de ces prérogatives. Cela ne
l'empêche pas de solliciter l'avis et les conseils d'un ou plusieurs associés, auquel cas, il
s'agit davantage d'une collaboration que d'une surveillance (THALLER, PIC et KRÉHER, op. cit.
[supra, n o 276], n o 549). Il peut notamment soumettre à l'accord des associés des projets de
conventions ou d'accords avec d'autres entreprises, l'acquisition de brevets, les conditions de
vente de produits ou de marchandises…

B - Modification des statuts


279. Statuts constitutifs du pacte social. - Les statuts constituent le pacte social qui régit
les relations entre les associés au sein de la société. Il s'impose donc à eux, en vertu de
l'article 1134 du code civil relatif aux conventions légalement formées qui tiennent lieu de loi
à ceux qui les ont faites (futur art. 1103). Les modifications de ces conventions liées à des
circonstances imprévues ne peuvent résulter que du consentement de tous les associés.
Toutefois, la situation varie selon que ces modifications sont occasionnelles ou durables.

280. Actes de gestion conformes à l'intérêt social. - Dans la première hypothèse, les statuts
déterminant librement l'étendue des pouvoirs du gérant dans les rapports entre associés,
faute de disposition statutaire, celui-ci ne peut accomplir que les actes de gestion dans
l'intérêt de la société (C. com., art. L. 221-4 , al. 1 er). Cela signifie que dans certaines
circonstances, le gérant est tenu de demander une habilitation de la part des associés. Si
celle-ci répond aux intérêts des associés, elle sera accordée, sinon elle sera refusée, d'autant
plus que la responsabilité qui pèse sur ces derniers est illimitée. Cette situation demeure
néanmoins exceptionnelle et n'implique pas une modification profonde et définitive des
statuts.

281. Accord unanime des associés. - Dans la seconde hypothèse d'une modification durable
des statuts, il s'agit de mettre les statuts en harmonie avec des situations nouvelles. C'est
une prérogative essentielle des associés qui requiert leur accord unanime, puisqu'elle
constitue une modification statutaire, à moins que les statuts renferment une disposition
permettant de prendre cette décision à la majorité (C. com., art. L. 221-6 , al. 1 er). La règle
de l'unanimité se justifie à la fois par le caractère contractuel de la société et par la gravité
de la mesure relative à la modification des statuts.

282. Opposabilité de la modification statutaire. - Les tiers, en particulier les créanciers, ne


sauraient en ces diverses circonstances, s'immiscer dans les affaires sociales. Ils ne peuvent
par exemple, s'opposer à la transformation de la société en nom collectif en société à
responsabilité limitée. Ils conservent tout de même leurs droits antérieurs et un recours
contre chaque associé pris individuellement. La modification statutaire intervenue dans les
mêmes conditions que la constitution de la société, ne leur est opposable qu'après sa
publication.
Section 2 - Droits pécuniaires

283. Portée des droits pécuniaires. - Les droits pécuniaires dont jouissent les associés en
nom collectif ne présentent pas de particularités. Ils s'analysent en un droit de créance sur
une fraction de l'actif social net résultant de leurs apports. C'est ce droit de créance qui leur
confère un droit au remboursement des apports et à une part du boni de liquidation ; il ne
suscite pas d'observation. Seuls appellent quelques commentaires : le droit aux parts
sociales, la cession entre vifs et la transmission par décès de ces parts.

Art. 1 er - Droit aux parts sociales

§ 1 er - Détermination du droit aux parts sociales


284. Prohibition de titres négociables. - Les parts des SNC ne peuvent être représentées par
des titres négociables, ce qui rend difficile leur cession (C. com., art. L. 221-13 , al. 1 er, réd.
Ord. n o 2019-1067, art. 2, 1 o du 21 oct. 2019 modifiant les dispositions relatives aux offres au
public de titres). La création de ces titres est sanctionnée par la nullité de celles-ci (C. civ.,
art. 1841 , sur renvoi de art. 1834 ). Il est interdit à ce type de société de faire une offre
au public de titres financiers pour le placement des parts sociales. Cette disposition d'ordre
public ne supporte aucune clause contraire.

A - Pleine propriété, nue-propriété et usufruit


285. T itulaire de la qualité d'associé. - C'est le propriétaire des parts qui a la qualité
d'associé, jouit des prérogatives attachées à cette qualité et en assume les obligations. Le
droit aux parts sociales confère à leurs titulaires un certain nombre de prérogatives : hormis le
droit au remboursement de l'apport et au boni de liquidation en cas de dissolution de la
société, celles-ci sont illustrées par le droit aux bénéfices sociaux. Cette répartition des
bénéfices s'effectue conformément aux statuts ou, dans le silence de ceux-ci,
proportionnellement aux apports, les clauses léonines étant réputées non écrites. En cas
d'apport en industrie, sauf clause contraire, la part de celui qui en est l'auteur vaut celle de
l'associé apporteur le plus modique en nature ou en numéraire. L'usufruitier faisant les fruits
siens (C. civ., art. 581 ) a également droit aux revenus des parts sociales. Il a donc droit
aux dividendes ; toute convention qui le priverait de cette prérogative, même en lui laissant
le droit de vote, serait frappée d'une nullité absolue (Paris, 17 nov. 1965, D. 1966. 10 ; JCP
1966. II. 14553, note J. R. ; RTD com. 1966. 611, obs. Rodière).

286. Réserve légale facultative. - Les SNC ne sont pas tenues de constituer une réserve
légale. La raison est que les associés en nom collectif sont indéfiniment et solidairement
responsables et, par conséquent, il importe peu que la totalité des bénéfices réalisés soit
distribuée ou mise en réserve ; les créanciers sociaux peuvent en effet, sous certaines
conditions, poursuivre les associés. Mais les statuts ou les associés délibérant en commun
peuvent décider de constituer des réserves avant de distribuer des bénéfices.

287. Droit aux réserves de l'usufruitier. - L'usufruitier a-t-il droit alors aux réserves ? Tout
va dépendre de la qualification conférée aux réserves. Si elles constituent des bénéfices
accumulés, l'usufruitier peut y prétendre. Dès lors que les réserves constituent des fruits,
notamment lorsque la distribution de réserves vise à pallier l'absence de bénéfices au cours
d'un exercice déterminé, l'usufruitier demeure seul bénéficiaire. En revanche, si elles
constituent non point des fruits, mais un accroissement du capital, la propriété du capital
étant acquise au nu-propriétaire, c'est lui qui perçoit ces réserves. Il bénéficie également des
parts émises lors d'une augmentation du capital, quand celle-ci se réalise par incorporation de
réserves, alors que l'usufruitier va exercer son droit de jouissance sur les nouveaux titres et
les anciens. Outre le droit aux réserves et éventuellement le droit préférentiel de souscription
à la suite d'une augmentation de capital, le nu-propriétaire a droit au remboursement des
apports, ainsi qu'au boni de liquidation lors de la dissolution de la société.

288. Prétentions du nu-propriétaire. - Le nu-propriétaire peut prétendre au remboursement


des apports, aux distributions de réserves et au boni de liquidation. Pareillement, sauf
stipulation statutaire contraire, il exerce le droit de vote pour toutes les décisions collectives
autres que celles relatives à l'affectation des bénéfices (C. civ., art. 1844 , al. 3). Il peut
prendre part à toutes les assemblées, y compris celles où le droit de vote est mis en œuvre
par l'usufruitier. S'il est fait recours à un autre mode de prise de décision, le nu-propriétaire
doit être informé de la consultation et de son objet.

B - Indivision
289. Représentation par un mandataire. - Les copropriétaires indivis sont tenus de se faire
représenter par un mandataire unique choisi parmi eux ou en dehors d'eux, chargé de voter en
leur nom (C. civ., art. 1844 , al. 2 applicable à la SNC en vertu de l'art. 1834 ). Les statuts
peuvent cependant déroger à cette règle (C. civ., art. 1844 , al. 4) et ainsi stipuler que le
mandataire fasse partie des indivisaires ou, s'il n'est pas membre de l'indivision, qu'il soit pris
parmi les associés. En cas de désaccord sur sa désignation, le représentant est nommé par
décision du président du tribunal de commerce à l'initiative du copropriétaire le plus diligent
(C. civ., art. 1844 , al. 2 et 4 ; Décr. n o 78-704 du 3 juill. 1978, art. 17 ). Eu égard au
caractère d'ordre public de cette règle, le juge ne peut refuser de désigner un mandataire en
présence d'un désaccord entre indivisaires, même si l'un d'eux se trouve investi d'un mandat
général d'administration (Civ. 1 re, 15 déc. 2010, n o 09-10.140 , RJDA 2/2011, n o 153). La
désignation d'un mandataire n'empêche pas la participation sans droit de vote des indivisaires
à l'assemblée (Com. 21 janv. 2014, n o 13-10.151 , RJDA 5/2014, n o 443 ; D. 2014. 275, obs.
Lienhard ; BJS 2014. 212, note Barbier et Poracchia ; Dr. sociétés 2014, comm. 59, obs.
Mortier).

C - Communauté entre époux


290. Qualité d'époux associé. - Sous le régime de la communauté légale, celle réduite aux
acquêts, seul a la qualité d'associé l'époux dont les parts ont été souscrites ou achetées à
l'aide de deniers propres. Les parts demeurent personnelles si elles constituent la
rémunération de l'apport d'un bien propre ou ont été achetées ou souscrites en emploi ou en
remploi de biens propres, le remploi n'étant opposable aux tiers que si l'époux intéressé a
procédé à la double déclaration prévue par l'article 1434 du code civil dans l'acte d'acquisition
(Civ. 1 re, 8 oct. 2014, n o 13-21.879 , RJDA 1/2015, n o 16 et n o 13-24.546, RJDA 4/2015,
n o 272).

291. Dualité de situations. - En présence de parts achetées ou souscrites au moyen de biens


communs, il y a lieu de distinguer deux situations. Si les parts ont été achetées ou souscrites
conjointement par les deux époux, chacun d'eux dispose de la qualité d'associé pour la moitié
des parts sociales (Com. 15 mai 2012, n o 11-13.240 , RJDA 12/2012, n o 1071) sur lesquelles
il exerce ses prérogatives personnelles. Au contraire, si ces parts l'ont été par un seul des
époux, la qualité d'associé n'est reconnue qu'à lui (C. civ., art. 1832-2 , al. 2) et lui seul
participe à la vie sociale. Son conjoint peut cependant demander que la moitié des parts lui
soit attribuée afin d'acquérir à son tour la qualité d'associé, encore faut-il qu'il ait été agréé
par les associés. En toute hypothèse, la communauté ne recueille que la valeur de ces parts
(Com. 15 mai 2012, préc. – Civ. 1 re, 12 juin 2014, n o 13-16.309 , RJDA 10/2014, n o 755). Les
parts sociales qui relèvent de la communauté ne peuvent être cédées ou nanties qu'avec
l'accord du conjoint.

292. Décès d'un des époux associés. - En cas de décès de l'un des époux tous deux
associés, la qualité d'associé attachée aux parts sociales appartenant à la communauté
n'entre pas dans l'indivision post-communautaire qui ne recueille que leur valeur. Dès lors, le
conjoint survivant associé peut transmettre ou céder ses titres sans l'accord de ses
coïndivisaires (Civ. 1 re, 12 juin 2014, n o 13-16.309 , préc.). En cas de décès du conjoint de
l'époux seul associé, l'indivision successorale porte seulement sur la valeur des parts sociales,
si bien que les indivisaires ne disposent d'aucun droit de participer à la vie sociale et n'ont
donc pas à être convoqués aux assemblées de la société (Civ. 1 re, 9 juill. 1991, BJS 1991.
1030, à propos d'un GAEC, mais applicable par analogie de texte aux parts d'une SNC).
293. Dissolution de la communauté. - En cas de dissolution de la communauté, le conjoint
non associé peut obtenir l'inclusion dans la masse à partager des revenus des parts sociales
perçus par l'époux associé durant l'indivision post-communautaire (Civ. 1 re, 10 févr. 1998,
n o 96-16.735 , Bull. civ. I, n o 47, à propos de parts d'une SCP, mais extensible). Au moment
du partage, seul l'époux associé peut obtenir les parts sociales (Civ. 1 re, 4 juill. 2012, n o 11-
13.384 , RJDA 10/2012, n o 857).

§ 2 - Limites du droit aux parts sociales


294. Clauses prohibées. - Comme dans les autres sociétés, sont prohibées les clauses
attributives d'un dividende fixe même en l'absence de bénéfices, soit à toute époque de la vie
sociale (clause d'intérêt fixe), soit dans la période de démarrage de l'activité sociale (clause
d'intérêt intercalaire) (C. com., art. L. 232-15 , al. 1 er). La règle de la fixité du capital,
essentielle dans les sociétés où l'obligation aux dettes des membres est limitée aux parts
sociales, reçoit application ici. La distribution de dividendes fictifs peut être rendue possible
par les opérations faisant apparaître au bilan des bénéfices inexistants : majorations de
l'actif, minorations du passif, omission des amortissements… Les sommes ainsi distribuées
sont prélevées sur les valeurs qui constituent le gage des créanciers sociaux et diminuent
d'autant la garantie de leurs droits.

295. Restitution des dividendes fictifs. - Qu'advient-il des dividendes perçus en pareille
circonstance ? Les associés sont-ils tenus de les restituer ? Selon l'article L. 232-17 du code
de commerce, la société ne peut exiger des actionnaires ou porteurs de parts aucune
répétition de dividendes, sauf si la distribution a été effectuée en violation des dispositions
des articles L. 232-11, L. 232-12 et L. 232-15 et si la société établit que les bénéficiaires
avaient connaissance du caractère irrégulier de cette distribution au moment de celle-ci ou ne
pouvaient l'ignorer compte tenu des circonstances. À vrai dire, cette disposition relative aux
actionnaires et porteurs de parts de bonne foi, ne s'applique pas aux associés en nom collectif
(HÉMARD, TERRÉ et MABILAT, op. cit. [supra, n o 226], n o 253), car ne relevant pas du droit
commun, elle doit être strictement interprétée. La perception d'un dividende fictif par un
associé en nom collectif est la perception d'un indu qui l'oblige à le rapporter, sur la demande
de la société. Cette action en répétition de l'indu se prescrit par dix ans, selon certains
auteurs (HAMEL, LAGARDE et JAUFFRET, op. cit. [supra, n o 136], n o 469), trente ans (cinq ans,
dirions-nous aujourd'hui), selon d'autres (J. et E. ESCARRA et J. RAULT, Traité théorique et
pratique de droit commercial, t. 1, 1950, Sirey, n o 253. – AUBRUN, Le paiement des
dividendes des sociétés commerciales, thèse, Paris, 1963, p. 318). L'intérêt des créanciers
sociaux justifie cette règle, car s'ils obtiennent la restitution des dividendes fictifs, ils ne se
trouveront pas en concurrence avec les créanciers personnels des associés. Par ailleurs, les
dividendes, bénéfices « aménagés en revenus périodiques », sont considérés comme des
fruits civils. Ils sont donc acquis au jour le jour, de sorte qu'en cas de cession de parts
sociales, le cessionnaire n'a droit qu'à la part de bénéfices afférente au temps pendant lequel
il a été associé (HAMEL, LAGARDE et JAUFFRET, op. cit. [supra, n o 136], n o 468). Enfin, la
distribution de dividendes fictifs entraîne la responsabilité civile et pénale des gérants.

Art. 2 - Cession entre vifs des parts sociales


296. Acte civil. - La cession de parts sociales est en principe un acte civil dont la preuve doit
être rapportée selon les règles du code civil (Versailles, 19 sept. 1996, RJDA 1997, n o 366. –
Versailles, 17 sept. 1998, RJDA 1999, n o 297). Cette opération revêt toutefois un caractère
commercial dans trois hypothèses : – lorsqu'en raison du nombre de parts cédées, elle
emporte transfert aux acquéreurs du contrôle de la société (Com. 1 er avr. 1997, n o 94-16.083
, Bull. civ. IV, n o 90 ; BJS 1997. 640, note Delebecque. – Paris, 2 mars 1994, BJS 1994. 513,
note Couret. – 22 sept. 1999, RJDA 1999, n o 1339) ; – lorsqu'une des parties, dotée du statut
de commerçant, accomplit cet acte dans le cadre de sa profession ; – lorsqu'elle fait l'objet
d'un litige pour lequel le tribunal de commerce a compétence (COJ, art. L. 411-4 , mod. par
L. n o 2001-420 du 15 mai 2001, art. 127, sur les nouvelles régulations économiques).
297. T ransmission universelle des droits. - La cession de droits sociaux s'entend de la
transmission au cessionnaire dans leur universalité individuelle, des droits dont le cédant est
investi dans la société en qualité d'associé, à l'exclusion de ceux qu'il pourrait avoir à
l'encontre de la société à un titre différent (en général, BUTTET, Cession de parts de société
en nom collectif, BJS 1991. 889). Ainsi, la cession, par un associé, de sa part dans les
bénéfices de la société ne confère pas au cessionnaire la qualité d'associé et ne l'autorise pas
à obtenir communication de documents sociaux, sauf pour les autres associés d'avoir pris, vis-
à-vis du cessionnaire, un engagement relatif à cette communication. L'objet de la cession est
bien la part sociale et non une fraction du patrimoine. Dès lors, la cession, même totale, de
ses parts sociales par un associé à un ou plusieurs autres n'équivaut pas à la vente du fonds
de commerce appartenant à la société. La Cour de cassation, dont la décision est
transposable à une société en nom collectif, a statué en ce sens à propos d'une société
anonyme (Com. 22 janv. 1991, n o 89-12.398 , BJS 1991. 398 ; RJDA 1991, n o 408. – V. aussi
Com. 12 juill. 1993, n o 91-18.712 , BJS 1993. 1146, note Boizard. – Civ. 1 re, 6 déc. 1994,
n o 1642 P, Albiat c/ Le Lardin immobilier, RJDA 1995, n o 158). Cette solution est commandée
par la personnalité morale de la société, celle-ci étant titulaire du patrimoine social. Mais,
s'agissant là simplement d'une intention présumée des associés, les tribunaux peuvent, à
partir d'éléments caractérisés, disqualifier la cession de parts en une vente du fonds.

298. T ransfert du droit de propriété. - La cession résulte d'une autorisation ou d'une


contrainte. Elle entraîne le transfert du droit de propriété sur les parts sociales.

§ 1 er - Cession autorisée des parts sociales

A - Nécessité d'un consentement unanime et discrétionnaire


299. Incidence de l'intuitu personae. - La société en nom collectif, comme la société civile,
est constituée intuitu personae. Les associés ont eu confiance, lors de la constitution, les uns
envers les autres. Cette règle a pour contrepartie l'impossibilité pour un associé de se retirer
de la société afin d'y être remplacé par un tiers, après lui avoir cédé ses parts, sans le
consentement unanime des associés. Toute clause contraire est réputée non écrite, tant dans
la stipulation de l'incessibilité, que dans l'autorisation de cession avec l'accord de la majorité
des associés (C. com., art. L. 221-13 , réd. Ord. n o 2019-1067, art. 2, 1 o, du 21 oct. 2019
modifiant les dispositions relatives aux offres au public de titres). Il est par conséquent
incorrect de parler d'incessibilité des parts de société en nom collectif, puisque la cession est
licite dès lors que tous les associés y consentent. En raison de la généralité de cette règle,
l'autorisation des associés se prononçant à l'unanimité est également requise pour les
cessions de parts entre associés, nonobstant toute clause contraire des statuts. Si l'agrément
du cessionnaire est impératif pour que la cession intervienne, en contrepartie, l'associé en
nom qui souhaite se retirer et présente des candidats cessionnaires à son ou ses coassocié(s)
en vue de leur agrément est fondé à demander réparation du préjudice subi en raison du
silence gardé par son ou ses coassocié(s) concernant cet agrément. Selon la Cour de
cassation, un tel silence est considéré comme un abus du droit d'agrément (Com. 6 févr.
2019, n o 17-20.112 , BRDA 7/2019, n o 3 ; RJDA 6/2019, n o 430 ; D. 2019. 568 ; BJS 2019.
31, note de Ravel d'Esclapon).

300. Applicabilité de la règle. - La règle s'applique, quels que soient le mode de cession et la
personne du cessionnaire. Elle vaut non seulement pour les cessions à titre gratuit ou à titre
onéreux, les cessions à un coassocié ou à un tiers étranger à la société, les cessions de la
totalité des parts ou d'une partie d'entre elles, mais également pour les échanges, car ils
modifient la composition de la société et, par conséquent, le pacte social auquel le cédant qui
y est partie ne saurait unilatéralement apporter de modification. Ces cessions proprement
dites se distinguent de celles qui ont lieu en cas de fusion ou de scission où la transmission
de parts s'effectue dans le cadre d'une dévolution du patrimoine de la société absorbante ou
scindée et ne peut s'assimiler à une cession isolée (Com. 19 avr. 1972, D. 1972. 538, note
Schmidt). La nécessité du consentement unanime des associés survit à la dissolution de la
société pour s'étendre à la période de liquidation (Com. 15 nov. 1950, JCP 1951. II. 6146,
note Bastian, pour la nécessité, pendant la liquidation, de l'agrément des associés à la
cession des parts d'une SARL).

301. Caractère d'ordre public du consentement unanime. - L'exigence d'un consentement


unanime est d'ordre public, puisque l'article L. 221-13, alinéa 2 (réd. Ord. n o 2019-1067,
art. 2, 1 o, du 21 oct. 2019 modifiant les dispositions relatives aux offres au public de titres),
dispose expressément que toute clause contraire est réputée non écrite. Aucune convention
ne saurait valablement déroger à la règle de l'unanimité pour la cession des parts sociales. En
d'autres termes, est interdite toute clause statutaire permettant aux associés de consentir à
une cession de parts à la majorité qu'ils fixent. Cette règle est commandée par l'intuitus
personae qui régit les sociétés de personnes, plus particulièrement la société en nom collectif.
Chaque associé bénéficie donc d'un droit purement discrétionnaire de consentir à la cession ou
de la rejeter. S'il refuse son agrément, il n'a pas à se justifier ; toute absence de motif de sa
part ne saurait donc constituer un abus de droit. Réciproquement, en cas de refus de sa part
et dans le silence du pacte social, il ne pourrait imposer à celui qui avait envisagé de céder
ses parts de les lui racheter. La liberté de décider n'autorise pas pour autant le cédant à se
prononcer contre l'agrément de l'acquéreur. S'il s'y oppose, il est possible d'obtenir en justice
que son vote soit réputé favorable à l'admission du cessionnaire (Civ. 3 e, 19 févr. 1970, Bull.
civ. III, n o 123). Par ailleurs, le défaut d'agrément unanime des associés à la cession ne peut
être invoqué que par la société ou les associés, mais non par le cessionnaire (Com. 24 nov.
2009, n o 08-17.708 , BJS 2010. 274, note Harel ; Dr. sociétés 2010, n o 49, obs. Roussille).
302. Interdiction de l'agrément à l'avance. - En outre, les associés ne peuvent valablement
donner leur agrément à l'avance et « en blanc » à la cession que l'un d'eux pourrait faire
ultérieurement à une personne non encore identifiée au moment de l'agrément (Req. 9 oct.
1940, DC 1942. 115, note Pic. – Angers, 9 nov. 1949, D. 1950. 146, note Ripert. – Paris,
4 janv. 1957, Gaz. Pal. 1957. 1. 235, à propos d'une SARL, mais valable pour une SNC), quand
bien même le consentement serait unanime. Ils ont toutefois la faculté d'autoriser par avance
une cession au profit d'une personne déterminée ou aisément déterminable, tout comme est
licite la stipulation du pacte social selon laquelle un associé se réserve le droit de céder ses
parts à une personne déterminée (HÉMARD, TERRÉ et MABILAT, op. cit. [supra, n o 226],
n o 50). En effet, en pareille circonstance, la clause peut être analysée comme une stipulation
pour autrui.
303. Agrément exprès. - L'agrément doit être exprès et ne se déduit donc pas du silence du
ou des associés au reçu de la signification de l'acte de partage de la communauté (lorsqu'il
entraîne un transfert de parts), ni de la correspondance relative à un projet de cession
desdites parts entre les parties (Rouen, 27 nov. 1986, préc. supra, n o 103).

B - Refus d'agrément d'une cession


304. Conséquence de la cession non-approuvée. - Toute cession qui n'est pas approuvée
par l'ensemble des associés ne produit pas son plein effet. Cela signifie-t-il qu'elle est nulle
et donc censée n'avoir jamais existé ou qu'elle existe, mais demeure inopposable aux
associés et aux tiers ? La réponse à cette interrogation est aujourd'hui quelque peu
incertaine. Si à l'origine la doctrine (ESCARRA, Cours de droit commercial, 1952, Sirey, n o 593
et note 1, p. 359) et la jurisprudence (Lyon, 21 juill. 1892, Rev. sociétés 1893. 133. – Req.
9 janv. 1928, Rev. sociétés 1929. 59, Journ. sociétés 1930. 72) traditionnelles considéraient
que seule l'inopposabilité sanctionnait le défaut d'agrément, cette tendance a été par la suite
remise en cause.

305. Défaut d'agrément du cessionnaire. - La jurisprudence est partagée sur la sanction du


défaut d'agrément. Selon la plus ancienne, le défaut d'agrément du cessionnaire de parts
sociales d'une société en nom collectif entraîne la nullité de la cession (Paris, 28 oct. 1982,
BRDA 24/1982, p. 17. – Com. 24 nov. 2009, n o 08-17.708 , préc. supra, n o 301). Selon la
plus récente, le défaut d'agrément unanime des associés à la cession des parts sociales d'une
société en nom collectif n'entraîne pas la nullité de la cession, laquelle est seulement
inopposable à la société et aux associés (Com., 16 mai 2018, n o 16-16.498 , LPA 14 nov.
2018, n o 228, p. 7, note Gibirila ; D. 2018. 1071, obs. Lienhard ; JCP E 2018, n o 28, 1374,
note Dondero). Qu'en est-il de la doctrine actuelle ? Pour une opinion doctrinale récente, il
n'est pas exclu que le cessionnaire ait accepté le risque de ne pas être agréé et, par
conséquent, ait envisagé la cession comme une opération aléatoire ; auquel cas, la cession
reste valable entre les parties, le cessionnaire se trouvant pratiquement dans une situation
identique à celle d'un croupier (CHARVÉRIAT, COURET et ZABALA, Sociétés commerciales,
2016, Francis Lefebvre, n o 24432). Selon une autre, plus ancienne, l'acte conserve sa validité
entre le cédant et le cessionnaire. Toutefois, les statuts peuvent stipuler que l'agrément est
une condition de validité de l'acte de cession dans les rapports entre le cédant et le
cessionnaire. Auquel cas, l'agrément jouera comme une condition suspensive de l'acte de
cession (MOREAU, GUY ÉNOT et COFFY, Traité pratique des sociétés commerciales, t. 1, 1973,
Librairie du Journal des notaires et des avocats, n o 158). Cela revient à admettre
l'inopposabilité de la cession non agréée, sauf disposition contraire expresse qui la rendrait
nulle. Sans nier la pertinence de la première position, la seconde, plus conforme au principe
de l'autonomie de la volonté, mérite d'être approuvée.

306. Rachat des parts de l'associé retiré. - Les statuts énoncent fréquemment qu'à défaut
d'agrément, les parts de l'associé désireux de se retirer seront rachetées par la société ou les
associés. Quelle est la validité d'une telle disposition ? En faveur de cette clause, il est
possible d'invoquer le principe d'autonomie de la volonté en vertu de laquelle, sauf objection
des textes légaux et réglementaires, toute manifestation de volonté conventionnelle est
licite. Elle présente de surcroît l'avantage d'éviter que les associés en nom collectif restent
prisonniers de leurs titres (Aix-en-Provence, 25 mai 2007, RJDA 2008, n o 282 ; Dr. sociétés
déc. 2007, n o 221, obs. Monnet, selon lequel « la clause statutaire de rachat des parts
sociales de l'associé sortant à proportion du capital détenu par les associés restants,
contrepartie nécessaire et équilibrée au refus d'agrément unanime de la cession projetée n'est
pas nulle… »), le législateur n'ayant pas contraint les coassociés à racheter les parts sociales.
On peut toutefois objecter qu'une clause semblable aboutit à une nouvelle répartition non
désirée par certains associés (de RAVEL D'ESCLAPON, La validité des clauses de rachat dans
les sociétés en nom collectif, LPA 7 nov. 2008, n o 224, p. 4). En outre, les cessionnaires ne
sont pas précisément déterminés par avance ; ce qui n'est pas le cas de la société en faveur
de qui une clause de rachat pourrait être stipulée, cette dernière étant une personne juridique
préalablement déterminée. Encore faut-il que cette acquisition ne nuise point aux intérêts du
ou des opposants à la cession. La validité de la clause tient en effet à l'usage qu'en fait la
société. Elle est licite dans trois hypothèses. Ces différentes clauses peuvent contenir des
dispositions relatives à la détermination du prix de rachat. Néanmoins, en cas de
contestation, la valeur des droits est déterminée par un expert désigné soit par les parties,
soit à défaut d'accord entre elles, par ordonnance du président du tribunal statuant en la
forme des référés (Com. 5 mai 2009, n o 08-17.465 , Bull. civ. IV, n o 61 ; D. 2009. 1349, obs.
Lienhard ; Dr. sociétés juin 2009, n o 114, obs. crit. R. Mortier. – Sur cet arrêt, GIBIRILA, La
libre évaluation des droits sociaux par l'expert de l'article 1843-4 du code civil, RLDA 2009/40,
n o 2386. – MESTRE, Quelques éclaircissements récents sur le rôle du juge dans la vie des
sociétés, RLDA 2009/40, n o 2387).
307. Rétrocession des parts acquises par la société. - La société peut tout d'abord tenter
de rétrocéder les parts acquises par elle aux associés ou à des tiers. Cette rétrocession n'est
valable que si elle est unanimement agréée par les associés. Elle peut ensuite appliquer les
dispositions d'une clause statutaire aux termes de laquelle les associés s'engagent
réciproquement à se céder mutuellement à un prix forfaitaire, le nombre de parts nécessaire
pour établir l'égalité de leurs droits dans la société. Si cette dernière, cédant les parts,
respecte strictement les termes de la stipulation statutaire, la nouvelle cession n'a pas lieu
d'être agréée de nouveau. En revanche, l'agrément des associés s'impose lorsque les
propositions de la société diffèrent des modalités inscrites dans la clause. Enfin, faute d'avoir
trouvé un acquéreur agréé, la société cessionnaire va annuler les titres acquis, réduisant ainsi
le montant du capital social.
308. Conclusion d'une convention de croupier. - L'associé désireux de céder ses parts, mais
qui n'obtient pas les consentements requis, peut parvenir à un résultat assez proche, en
concluant une convention de croupier (RICHARD, La convention de croupier, Dr. sociétés déc.
1986, p. 3). Pour cela, il s'accorde avec un tiers à qui il cède les bénéfices générés par ces
parts. En contrepartie, ce dernier lui rembourse leur valeur et s'engage à assumer l'éventuel
passif social. Cette convention, qui opère une dissociation entre le titre appartenant toujours
à l'associé et la rémunération cédée au croupier, ne joue que dans les rapports entre les
parties ; la société n'entretient de relations qu'avec l'associé. Le tiers, le « croupier », ne peut
exercer aucune des prérogatives attachées à la qualité d'associé : en particulier, il ne
participe pas aux assemblées, ne dispose d'aucun pouvoir de contrôle sur la gestion et ne
perçoit aucun bénéfice. À l'inverse, il n'assume à l'égard de la société, aucune des obligations
incombant aux associés (libération des apports, contribution au passif social…). Quant à la
société, la convention de croupier ne lui ayant pas été signifiée, elle n'est pas responsable si
l'associé cède ses parts au mépris des droits du croupier (Com. 3 mai 1971, Bull. civ. IV,
n o 120). La convention de croupier ne doit pas cependant être utilisée pour contourner les
dispositions légales ou statutaires relatives à l'entrée dans la société de nouveaux associés.
Il a été ainsi jugé qu'une telle convention portant sur la majorité des parts d'une société en
nom collectif peut, en raison des droits consentis au croupier, aboutir à une cession déguisée
de ces parts, laquelle serait nulle, faute d'avoir été autorisée par les autres associés (Paris,
19 févr. 1979 et T. com. Paris, 12 mars 1979, Rev. sociétés 1980. 284, note Randoux). Les
dispositions de l'ancien article 1861 du code civil relatives à la convention de croupier n'ont
pas été reprises par la loi du 4 janvier 1978. Est-ce à dire qu'elle a perdu toute licéité ?
Certainement pas. Les travaux préparatoires de la loi de 1978 révèlent que le silence du
législateur traduit davantage un désintérêt à l'égard d'une technique quelque peu désuète,
qu'une volonté de condamnation. Pour la doctrine, la convention de croupier demeure valable
en raison du principe général de l'autonomie de la volonté (GUY ON, Les dispositions générales
de la loi du 4 janvier 1978, Rev. sociétés 1979. 3).

309. Nature juridique de la convention de croupier. - Au-delà de la validité de la convention


de croupier que le mutisme de la loi a pu remettre en cause, on s'interroge sur sa nature
juridique. Constitue-t-elle une société en participation (URBAIN-PARLEANI, Convention de
croupier et société en participation, Rev. sociétés 1999. 753 ), une vente inopposable aux
tiers ou un contrat innommé ? La jurisprudence se prononce dans le sens d'une société en
participation (Paris, 4 avr. 1997, RJDA 1997, n o 907 ; BJS 1997. 670, note Daigre, conf. par
Com. 15 déc. 1998, n o 97-15.897 , Bull. civ. IV, n o 299 ; RJDA 1999, n o 673 ; Rev. sociétés
1999. 350, note Randoux ; Defrénois 1999. 1184, note Honorat ; D. 1999. 516, note Testu
).
310. Recours à la convention de portage. - La pratique préfère toutefois recourir à la
convention de portage par laquelle un établissement de crédit (le porteur) convient avec une
personne physique ou morale (le donneur d'ordre) qu'il souscrira ou achètera des parts ou des
actions pour le compte de celle-ci, à charge pour elle de les lui racheter à l'expiration d'une
période déterminée à un prix convenu à l'avance (JEANTIN, Convention de portage et droit des
sociétés, RDBB 1991, n o 26, p. 122. – BERTREL et JEANTIN, Le portage d'actions, RJDA 1991.
683. – MEDUS, Conventions de portage et information comptable et financière, Rev. sociétés
1993. 509 . – BERTREL, Analyse des conventions de portage, Dr. et patr. 9/1995, n o 30,
p. 38. – SOUMRAMI, Le portage d'actions, 1996, LGDJ. – TREILLE, Les conventions de portage,
Rev. sociétés 1997. 721 . – POLLAUD-DULIAN, L'actionnaire dans les opérations de portage,
Rev. sociétés 1999. 765 . – BAKANG BA BADJANG, Réflexions sur les conventions de
portage, LPA 19 janv. 2001, n o 14, p. 4. – BOIZARD et DELPECH, Portage d'action et de droits
sociaux, in Dalloz Action Ingénierie financière, fiscale et juridique 2009-2010 [sous la dir. de
DE RAIMBOURG et BOIZARD], chap. 81). La convention de portage prend fréquemment la
forme d'une promesse unilatérale d'achat par le donneur d'ordre accompagnée d'une promesse
unilatérale de vente du porteur. Elle est licite dès lors qu'elle ne constitue pas une fraude à la
loi au moyen d'une interposition de personnes. V. Portage de droits sociaux [Sociétés].

C - Formalisme et opposabilité de la cession


1° - Conditions de forme

311. Soumission aux conditions de validité du contrat de vente. - La cession de parts de


SNC est soumise aux conditions de validité du contrat de vente : consentement, capacité,
nombre de parts cédées, prix… Ces parts n'étant pas négociables, elles ne sont cessibles que
dans les formes prescrites pour la cession de créance (C. com., art. L. 221-14 , al. 1 er,
faisant référence à l'article 1690 du code civil. – PINIOT, Publicité et opposabilité des cessions
de parts de SNC : dernières précisions jurisprudentielles, RJDA 1998. 587).
312. Notification de la cession à la société. - Toute cession doit être notifiée à la société,
cette notification pouvant résulter : – soit du dépôt d'un original de l'acte de cession au siège
social contre remise par le gérant d'une attestation de ce dépôt ; – soit d'une signification par
huissier ou d'une acceptation de la société par l'intermédiaire de son gérant dans un acte
authentique. Cette formalité qui rend la cession opposable à la société, est indépendante de
l'agrément du cessionnaire que doivent donner les associés.

313. Nécessité d'un écrit. - La cession de parts doit être constatée par écrit, lequel peut être
un acte sous seing privé ou authentique (C. com., art. L. 221-14 , al. 1 er). Ce formalisme se
justifie d'autant plus que cette opération modifie les statuts, même lorsqu'il s'agit d'une
cession partielle d'un associé à un autre n'entraînant ni sortie d'un associé, ni entrée d'un
tiers dans la société et que les statuts doivent eux-mêmes être établis par écrit. La teneur
des textes incline à exclure toute possibilité d'acceptation tacite déduite de ce que les
associés ont consenti à la cession. De même, la connaissance personnelle de la cession par le
gérant n'exonère pas le cessionnaire d'une signification régulière à la société, personne
morale juridiquement distincte des associés ou de la formalité du dépôt de l'acte (Cass., ass.
plén., 1 er mars 1950, D. 1950. 363 ; JCP 1950. II. 5583, note D. B.). Néanmoins, en vertu de
l'article 1318 du code civil (futur art. 1370 ), l'acte de cession notarié non signé par le
notaire est dépourvu d'authenticité. Il vaut tout de même comme acte sous-seing privé
établissant la cession entre les parties signataires (Civ. 1 re, 28 sept. 2011, n o 10-13.733 ,
RJDA 2/2012, n o 168).
314. Portée de l'écrit. - Reste à savoir si l'écrit est simplement exigé à titre de preuve, alors
même qu'en l'absence d'écrit, celle-ci peut résulter de l'aveu ou du serment. En réalité, le
problème va au-delà de la preuve ; il se situe sur le terrain de la publicité légale, dans la
mesure où tout acte qui modifie les statuts d'une société doit être déposé en annexe au
registre du commerce et des sociétés (C. com., art. R. 123-105 ) et qu'en pratique le défaut
d'écrit empêche l'accomplissement des formalités de publicité, ce qui a pour effet de priver la
cession de toute opposabilité aux tiers (C. com., art. L. 123-9 ). Il a même été jugé qu'en
l'absence d'écrit signé par les parties et constatant la cession des parts sociales, le
cessionnaire ne pouvant procéder à aucune des formalités requises pour rendre la cession
effective, il peut demander la résolution de la cession sur le fondement du manquement du
cédant à son obligation de délivrance (Com. 7 avr. 2009, n o 08-15.593 , D. 2009. 1204, obs.
Lienhard ; Rev. sociétés 2009. 789, note Randoux ).

2° - Conditions d'opposabilité

315. Énoncé des conditions. - Pour que la cession soit opposable aux tiers, outre la formalité
ci-dessus, les statuts modifiés de la société doivent être publiés au registre du commerce et
des sociétés par un dépôt au greffe qui peut intervenir par voie électronique (C. com.,
art. L. 221-14 , al. 2, réd. Ord. n o 2014-863 du 31 juill. 2014. – GALLOIS-COCHET,
Ordonnance du 31 juillet 2014 : dispositions relatives aux SNC et SARL, Dr. sociétés 2014,
n o 145. – SAINTOURENS, Opposabilité aux tiers des cessions de parts sociales de SNC et de
SARL, Rev. sociétés 2014. 613 ).
316. Pas d'exigence de publicité. - En revanche, le consentement des associés à la cession
des parts sociales ne fait l'objet normalement d'aucune publicité. L'acte de cession précise
simplement que les coassociés ont donné ou donnent leur agrément à celle-ci et le plus
souvent, ils apposent leur signature au bas de l'acte. Le simple dépôt de l'acte de cession de
parts au greffe du tribunal de commerce ne constitue pas la publicité prescrite par la loi, faute
d'assurer l'information des tiers (Paris, 22 sept. 1995, RJDA 1995, n o 1375 ; BJS 1995. 1067 ;
JCP E 1996. I. 541, n o 12, obs. Viandier et Caussain ; Dr. sociétés 1996, n o 12, obs. Vidal).
Pareillement, l'enregistrement de la cession de parts à la recette des impôts, leur publicité et
leur dépôt au greffe ne suffisent pas à les rendre opposables à la société, faute de
signification dans les formes prescrites par l'article 1690 du code civil ou de preuve de dépôt
des originaux de l'acte de cession au siège social contre remise par le gérant d'une
attestation de dépôt (Paris, 18 déc. 2008, BJS 2009. 536, note Massart). L'absence de
notification prévue par la loi ou le défaut de formalité du dépôt de l'acte (V. supra, n o 314)
ôte à la cession de parts sociales toute opposabilité à la société, dès lors que le gérant qui a
figuré dans les actes de cession n'est pas intervenu à ces actes en qualité de gérant de la
société (Com. 21 juill. 1981, Rev. sociétés 1981. 771, note Daigre, à propos d'une SARL, mais
transposable).
317. Portée des formalités de publicité. - L'accomplissement des formalités de publicité rend
la cession opposable aux tiers, peu importe que les statuts aient été modifiés ou non (Com.
9 juin 1998, n os 96-12.061 et 96-15.657, Bull. civ. IV, n o 190 ; RJDA 1998, n o 871 ; BJS
1998. 1088, note Le Cannu ; Rev. sociétés 1998. 771, note Lucas ; Dalloz Affaires 1998,
n o 129, p. 1407, obs. M. B. ; RJ com. 1999. 129, note Chartier ; JCP E 1999, n o 1, p. 34, obs.
Viandier et Caussain ; D. 1999. 345, note Voinot , selon lequel l'opposabilité ne résulte pas
de la modification des statuts de la société et de leur publication, statuant sur pourvoi contre
Paris, 20 déc. 1995, BJS 1996. 214, note Le Cannu. – Sur cet arrêt, COURTIER, Validité et
opposabilité des cessions de parts de la société en nom collectif, Dr. sociétés 1998.
Chron. 14, p. 10. – V. aussi PINIOT, Publicité et opposabilité des cessions de parts de SNC :
dernières précisions jurisprudentielles, RJDA 1998. 587). Faute d'accomplissement de ces
formalités, la cession est inopposable aux tiers, quand bien même en auraient-ils eu
parfaitement connaissance. Selon la Cour de cassation, les juges du fond n'ont pas à
rechercher si une société (tiers au sens de l'art. L. 221-14) en a eu autrement connaissance
(Com. 27 janv. 1998, n o 95-18.751 , Bull. civ. IV, n o 49 ; BRDA 6/1998, p. 3 ; RJDA 1998,
n o 608 ; Rev. sociétés 1998. 556, note Didier ; BJS 1998. 546, note Le Cannu ; Dr. sociétés
1998, n o 96, obs. Vidal, à propos d'un créancier qui a manifesté sa bonne information dans les
commandements de payer. – En ce sens, Paris, 4 nov. 2003, RJDA 2004, n o 998. – Paris,
8 mars 2005, RJDA 2005, n o 1231 ; RTD com. 2005. 760, obs. Champaud et Danet ; Rev.
sociétés 2005. 469, obs. Urbain-Parleani ). En l'absence d'opposabilité aux tiers de la
cession des parts sociales, les associés cédants demeurent indéfiniment et solidairement
responsables du passif social et peuvent faire l'objet de mesures de redressement ou de
liquidation judiciaire (Paris, 8 nov. 1989, BJS 1990. 98, note Jeantin. – V. aussi Paris, 12 juill.
1991, BJS 1991. 936, note Le Cannu).
318. Absence de dépôt des statuts par la société. - En l'absence de dépôt des statuts par la
société, le cédant ou l'acquéreur peut mettre en demeure le gérant d'effectuer le dépôt et, si
la mise en demeure reste vaine au terme d'une période de huit jours, il peut déposer lui-
même un exemplaire de l'acte de cession au greffe du tribunal, contre récépissé. Pareil recours
n'est cependant possible que sous réserve de justifier auprès du greffe d'avoir préalablement
demandé au président du tribunal d'ordonner sous astreinte au gérant de compléter les
statuts afin de faire apparaître la nouvelle répartition du capital et de les déposer au greffe
(C. com., art. L. 123-5-1 ou art. L. 210-7 ). À titre conservatoire jusqu'à la décision du
président, le dépôt de l'acte rend la cession opposable aux tiers, à condition qu'aient été
accomplies en respectant les dispositions de l'article L. 221-14, alinéa 1 er (C. com.,
art. R. 221-9 , réd. Décr. n o 2015-545 du 18 mai 2015) les formalités d'opposabilité de cette
cession à la société.

319. Insuffisance des formalités de publicité. - Lorsque la cession entraîne soit le retrait
d'un associé, soit l'entrée d'un tiers comme nouvel associé, l'accomplissement de toutes ces
formalités de publicité ne suffit pas à rendre la cession opposable aux tiers. Trois formalités
supplémentaires doivent être réalisées du fait qu'il y a modification des associés indéfiniment
ou indéfiniment et solidairement tenus des dettes sociales dont la mention est exigée par les
articles R. 123-54, 1 o, et R. 210-4, 7 o, du code de commerce.

320. Inscription modificative au registre du commerce et des sociétés. - Il convient tout


d'abord de procéder à une inscription modificative au registre du commerce et des sociétés.
Cette formalité consiste à rectifier la mention afférente aux associés indéfiniment et
solidairement responsables, afin de supprimer l'ancien et d'indiquer le nouvel associé
(C. com., art. R. 123-66 ). Il a été jugé que la cession de parts de société en nom collectif
entraîne nécessairement la modification des statuts et qu'en conséquence, la publication de
cette cession est inopérante, en l'absence de délibération constatant cette modification (Com.
16 janv. 1990, n o 88-13.003 , BJS 1990. 291, note Le Cannu). La publicité au registre du
commerce et des sociétés prend toute son importance en cas de retrait d'un associé : le
défaut d'accomplissement de cette formalité a une incidence évidente sur l'obligation aux
dettes sociales. En effet, l'associé retiré n'a pas à supporter le passif postérieur à son départ,
dès lors que celui-ci a été régulièrement publié et que son nom ne figure plus dans la
dénomination sociale (V. infra, n o 380). Néanmoins, tant que les formalités de publicité
consécutives n'ont pas été effectuées au registre du commerce et des sociétés, l'associé
cédant reste, à l'égard des tiers, indéfiniment et solidairement tenu du passif social, sans
qu'il y ait lieu de distinguer selon qu'il est apparu avant ou après son départ (V. infra, n os 374
s.). Il y a lieu ensuite d'effectuer une insertion dans un journal d'annonces légales du lieu du
siège social (Décr. n o 78-704 du 3 juill. 1978, art. 24. – C. com., art. R. 210-9 ). Le
changement d'un associé indéfiniment responsable implique cette formalité. Il faut enfin
insérer un avis modificatif au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC),
à la diligence du greffier (C. com., art. R. 123-159 ).

321. Invocation du défaut de publicité par les tiers. - Seuls les tiers peuvent se prévaloir du
défaut de publicité à l'encontre de la société et des associés, notamment du cédant ; en
particulier, les créanciers sociaux peuvent toujours considérer ce dernier comme indéfiniment
et solidairement tenu des engagements même postérieurs à la cession. En effet, les
formalités de publicité visant à informer les tiers de la cession de parts intervenue, le défaut
d'accomplissement de ces formalités ne peut être invoqué par les parties à cet acte dont il ne
constitue pas une cause de nullité (Com. 24 nov. 2009, n o 08-17.708 , préc. supra, n o 301).

§ 2 - Cessions forcées des parts sociales


322. T ransfert de propriété ou d'une partie des prérogatives. - Les cessions forcées de
parts sociales impliquent un transfert de propriété ou d'une partie des prérogatives de celle-ci,
en dehors de la volonté du titulaire de ces parts. C'est le cas de celles qui résultent du régime
matrimonial, de la saisie, et du nantissement.

A - Cession résultant de l'application du régime matrimonial


323. Régime de séparation des biens. - Il convient ici de faire exception des parts sociales
détenues par des époux mariés sous le régime de la séparation de biens dans lequel chacun
d'eux a la pleine propriété de ses biens et, par conséquent, de ses droits sociaux. S'agissant
de parts communes, le partage de la communauté entraîne un transfert du patrimoine d'un
époux dans celui de l'autre. Les règles du droit matrimonial doivent se combiner avec celles
du droit des sociétés, en particulier celle en vertu de laquelle les tiers ne peuvent entrer dans
une société en nom collectif sans l'assentiment unanime des associés (MANSUY, Les relations
familiales et le droit des sociétés, thèse, Nancy, 1985). Se pose alors la question de savoir si
par le jeu des régimes matrimoniaux, les associés peuvent se voir imposer comme nouvel
associé, le conjoint d'un coassocié jugé indésirable par eux. La reconnaissance d'une telle
possibilité constituerait une atteinte au principe de l'intuitus personae qui gouverne les
sociétés de personnes. Les solutions conciliatrices de ces deux régimes ont été pendant
longtemps jurisprudentielles. Elles sont à l'heure actuelle d'ordre législatif, de sorte que la
société en nom collectif ne connaît plus un régime à part, en ce qui concerne le régime des
sociétés entre époux. Les solutions en la matière sont identiques pour les sociétés
comportant des parts sociales, qu'il s'agisse des sociétés de personnes ou des sociétés à
responsabilité limitée.
324. Conjoint associé d'un associé. - Il convient préalablement de rappeler que, depuis la loi
n o 85-1372 du 23 décembre 1985 sur l'égalité des époux dans les régimes matrimoniaux et
des parents dans la gestion des biens des enfants mineurs, le conjoint d'un associé peut être
personnellement associé de la même société en nom collectif que son époux (C. civ.,
art. 1832-2 , al. 3) ; encore faut-il respecter la procédure requise, c'est-à-dire, notifier à la
société son intention de devenir associé, dans la mesure où l'entrée dans le groupement du
conjoint de l'associé ne s'opère pas de plein droit. Si le conjoint ne sollicite pas son entrée
dans la société ou si sa requête est rejetée, un seul des époux est associé. Les parts sociales
n'en demeurent pas moins communes, puisqu'elles ont été acquises à l'aide de biens de la
communauté ; elles le restent, même après la dissolution de la communauté (C. civ.,
art. 1832-2 , al. 4). La présomption de communauté édictée par l'article 1402 du code civil
dispense l'époux revendiquant d'apporter la preuve que l'opération a été réalisée au moyen de
biens communs. Il appartient aux tiers non associés qui contestent la qualité d'associé au
revendiquant de démontrer que la souscription ou l'acquisition a été réalisée à l'aide de biens
propres (Civ. 1 re, 11 juin 1996, n o 94-17.771 , RJDA 1997, n o 55. – Orléans, 3 juill. 2008,
RJDA 2009, n o 340). Si la demande du conjoint est acceptée, les deux époux deviennent
simultanément associés en nom collectif. Au-delà de la communauté des parts, la qualité
d'associé est octroyée à l'un et à l'autre époux, pour la moitié de celles-ci. Les époux peuvent
cependant procéder entre eux à une répartition inégale des parts sociales. Bien que la licéité
d'une semblable convention ne fasse aucun doute, elle n'a d'incidence que dans le cadre des
relations internes de la société.

325. Époux, seul titulaire de la qualité d'associé. - Le cas échéant, l'époux, seul titulaire de
la qualité d'associé, exerce exclusivement les prérogatives attachées aux parts communes et
a seul le statut de commerçant. Seule la valeur pécuniaire des parts tombe en communauté
(Rouen, 27 nov. 1986, préc. supra, n o 103). Il en résulte notamment qu'en cas de décès du
conjoint non associé, l'indivision successorale porte non point sur les parts sociales, mais sur
leur valeur, si bien que les indivisaires ne disposent d'aucun droit de participer à la vie sociale
et n'ont pas à être convoqués aux assemblées de la société (Civ. 1 re, 9 juill. 1991, n o 90-
12.503 , BJS 1991. 1030, à propos d'un GAEC mais applicable à la SNC). En cas de
dissolution de la communauté, le conjoint non associé peut obtenir que les revenus des parts
sociales perçus par l'époux associé durant l'indivision postcommunautaire soient compris dans
la masse à partager (Civ. 1 re, 10 févr. 1998, n o 96-16.735 , Bull. civ. I, n o 47, à propos d'une
SCP, mais transposable à la SNC).

B - Saisie des parts sociales


326. Limite à la saisie des parts sociales. - L'intuitus personae qui anime la société en nom
collectif constitue a priori une limite à la saisie des parts sociales qui, en principe, conduit à
une adjudication de celles-ci. Il apparaît en effet difficile qu'à la suite d'une vente forcée des
parts, les coassociés du saisi se voient imposer l'adjudicataire en tant que nouveau membre
du groupement. Cette opinion est contrecarrée par la disposition selon laquelle « quiconque
s'est obligé personnellement, est tenu de remplir son engagement sur tous ses biens
mobiliers et immobiliers présents et à venir » (C. civ., art. 2284 ). Dès lors, l'associé en nom
collectif ne saurait guère soustraire ses parts sociales à la poursuite de ses créanciers
personnels. Comment combiner ces deux tendances antagoniques ? La conciliation s'appuie
sur la possibilité de saisir des parts sociales et l'adaptation des effets de la saisie aux
exigences de l'intuitus personae.

1° - Possibilité de saisir des parts sociales

327. T extes applicables. - La saisie des parts sociales et des valeurs mobilières est
actuellement régie par la loi n o 91-650 du 9 juillet 1991 entrée en vigueur le 1 er janvier 1993
et le décret d'application n o 92-755 du 31 juillet 1992 réformant les procédures civiles
d'exécution (PUTMAN, Les saisies des droits d'associés et des valeurs mobilières, JCP 1993.
I. 3689. – THÉRY, La saisie des valeurs mobilières et des droits d'associés, JCP E 1993.
I. 239. – LE CANNU, Saisie-vente des valeurs mobilières : les règles nouvelles, BJS 1992.
1169 ; Saisie-vente des droits d'associé et des valeurs mobilières non cotées, BJS 1992.
1275 ; Les mesures conservatoires portant sur des droits d'associé ou des valeurs mobilières,
BJS 1993. 16. – DAIGRE, Qui peut procéder à l'adjudication forcée des valeurs mobilières et
des droits d'associés ayant fait l'objet d'une saisie ?, Rev. huiss. 1993, n o 19, p. 1201. –
BARBIÈRI, Saisie des droits sociaux. À propos de quelques difficultés de mise en œuvre des
nouvelles procédures d'exécution, LPA 30 juin 1993, n o 78, p. 10). Les dispositions de la loi de
1991 figurent dorénavant dans la partie législative du code des procédures civiles d'exécution
entrée en vigueur le 1 er juillet 2012 (DONNIER, Un code en l'état futur d'achèvement. À
propos de la partie législative du code des procédures civiles d'exécution, JCP 2012. 68). Il
s'agit d'une codification à droit constant, tout au moins pour la partie législative, réalisée par
l'ordonnance n o 2011-1895 du 19 décembre 2011 (JO 20 déc.). Les dispositions du décret ont
été reprises avec de légères modifications dans la partie réglementaire du code des
procédures civiles d'exécution issues du décret n o 2012-783 du 30 mai 2012 applicable
également depuis le 1 er juin 2012 (DONNIER, Entre accomplissement et inachèvement. À
propos de la publication de la partie réglementaire du code des procédures civiles d'exécution,
JCP 2012. 754).
328. Importance des textes. - Ces textes ont bouleversé la matière. Ils ont été rendus
nécessaires par la place importante progressivement occupée dans la fortune mobilière par les
droits sociaux et les valeurs mobilières. Certes, la pratique avait auparavant tenté de pallier
le mutisme du législateur et donc d'apporter une réponse à la question de la saisie des parts
sociales et des valeurs mobilières, en généralisant la saisie-arrêt (saisie-attribution). Mais
cette solution ne permettait pas la réalisation du transport cession au profit du créancier,
sans compter qu'était incertaine la détermination de la personne auprès de qui la saisie
devait intervenir. Dans le cas particulier de la saisie-arrêt des valeurs dématérialisées entre
les mains de l'intermédiaire teneur de comptes, il apparaît que le titulaire des valeurs
mobilières n'est pas créancier de l'intermédiaire teneur de compte (LE CANNU, Saisie des
valeurs mobilières : vers des techniques autonomes ?, BJS 1991. 779). Selon les cas, il n'est
que le mandataire de la personne morale émettrice ou du titulaire du compte ; d'où
l'inadaptation du mécanisme de la saisie-arrêt. Cette inadéquation était d'autant plus
flagrante que se multipliaient les occasions de saisir les parts sociales ou les valeurs
mobilières.
329. Nécessité d'une réforme des mesures d'exécution. - L'importance croissante des
portefeuilles de valeurs mobilières traduite par la tendance préalablement évoquée des
valeurs mobilières à constituer une fraction importante du patrimoine des particuliers et des
entreprises, a justifié une réforme des mesures d'exécution. Ce sont donc des motifs
d'efficacité et de plus grande cohérence juridique qui ont participé à l'éclosion des textes de
1991 et 1992. L'intérêt de ceux-ci est d'avoir innové, tout en s'adaptant aux dispositions
essentielles du droit des sociétés (THOMASSET-PIERRE, La « coexistence » réussie du droit
des sociétés et des nouvelles procédures civiles d'exécution, JCP E 1995. I. 467). Ils ont :
d'une part, privilégié autant que possible la technique de la vente amiable ; d'autre part,
assuré la coordination entre le droit de l'exécution et les règles propres aux cessions de droits
sociaux, notamment celles relatives à l'agrément des cessionnaires. V. Saisie de droits
sociaux et de valeurs mobilières [Sociétés].
330. Dualité de procédure. - Toujours est-il que les parts sociales, notamment d'associés en
nom collectif, peuvent désormais faire l'objet de deux types de procédure : la saisie-vente et
les mesures conservatoires. L'article L. 231-1 du code des procédures civiles d'exécution,
permet ainsi à tout créancier d'un associé, s'il est muni d'un titre exécutoire qui constate une
créance liquide et exigible, de saisir les parts sociales détenues par son débiteur et de les
faire vendre. La procédure de saisie vente appliquée aux parts sociales se caractérise par la
signification du tiers saisi et l'information du débiteur lui-même (C. pr. exéc., art. R. 232-5
e t art. R. 232-6 ). Elle a pour effet de rendre indisponibles les parts sociales et d'aboutir à
leur vente. L'article L. 233-1 du code des procédures civiles d'exécution, réserve aux seuls
créanciers saisissants qui se sont manifestés dans la vente, la faculté de faire valoir leurs
droits sur le prix de cette vente. Celle-ci peut intervenir de façon amiable ou forcée, la vente
forcée des parts sociales n'étant poursuivie qu'à défaut de réalisation par le débiteur d'une
vente amiable, dans le mois de la signification de l'acte de saisie.
331. Mesures conservatoires. - En ce qui concerne les mesures conservatoires, elles
regroupent deux institutions qui ont en commun le fait que le créancier ne dispose pas d'un
titre exécutoire, mais a obtenu une autorisation du juge : il s'agit de la saisie conservatoire et
du nantissement judiciaire (C. pr. exéc., art. R. 511-1 et art. R. 531-1 ). Dès lors qu'il
justifie d'une autorisation judiciaire, le créancier peut faire procéder à une saisie conservatoire
sur les parts d'un associé. Il suffit qu'il se prévale d'une créance apparemment fondée en son
principe et de circonstances susceptibles d'en menacer le recouvrement. La demande
d'autorisation est effectuée par voie de requête auprès du juge de l'exécution du domicile du
débiteur ou, pour une créance commerciale, auprès du président du tribunal de commerce du
lieu du domicile du défendeur. Certains créanciers sont toutefois dispensés d'autorisation : les
titulaires de titres exécutoires, les porteurs de lettres de changes acceptées ou de billets à
ordre. Par ailleurs, le créancier qui remplit les conditions pour obtenir l'octroi d'une mesure
conservatoire, a le droit de demander au juge le nantissement à son profit des parts sociales
de son débiteur. Sa mise en œuvre, qui suppose soit un titre, soit une autorisation judiciaire,
repose sur une double publicité : l'une provisoire, et l'autre, définitive.

2° - Adaptation des effets de la saisie aux exigences de l'intuitus personae

332. Ouverture d'une procédure collective. - L'associé en nom collectif étant doté de la
qualité de commerçant, la saisie, dès lors qu'elle constate officiellement sa cessation des
paiements, doit en principe entraîner l'ouverture à son encontre d'une procédure collective. Si
celle-ci se traduit par un jugement de liquidation judiciaire ou arrêtant un plan de cession
totale, elle a pour conséquence la dissolution de la société, sauf clause contraire ou décision
unanime des associés (C. com., art. L. 221-16 , al. 1 er). Les coassociés peuvent également
éviter cette dissolution en agréant l'adjudicataire, mais cela risque d'altérer l'intuitus
personae qui fait obstacle à l'entrée dans la société de personnes qui n'ont pas leur confiance
(BASTIAN, Saisie et vente forcée des parts d'intérêt dans les sociétés de personnes, Journ.
sociétés 1934. 545). Parallèlement, une limitation qui dépasserait cet impératif, serait sans
fondement. Il convient alors d'adapter les effets de la saisie aux exigences de l'intuitus
personae.

333. Indisponibilité des parts saisies. - La réalisation de cet objectif passe d'abord par le
maintien des effets strictement conservatoires de la saisie qui n'aboutissent pas à faire entrer
un tiers dans la société. Les parts saisies deviennent indisponibles ; elles sont donc
incessibles et la société ne peut allouer au saisi les bénéfices attachés à ses parts. Elle
consiste ensuite à limiter les effets exécutoires de la saisie. Le saisissant peut ainsi se faire
attribuer le droit aux bénéfices. Mais cette disposition ne suffit pas toujours à le
désintéresser ; d'où la nécessité de prévoir qu'en cas de vente forcée, l'adjudicataire ne
devienne associé qu'avec l'agrément des coassociés du saisi, peu importe qu'il soit un tiers ou
un associé. Le saisi ne participe pas au vote, car bien évidemment, il s'opposerait à
l'agrément de l'adjudicataire, ce qui altérerait l'obligation de garantie de son fait personnel.
Quelles sont les conséquences d'un refus d'agrément ? Prive-t-il l'adjudication de tout effet ?
La doctrine considère que « la condition suspensive frappant l'adjudication affecte l'existence
de la qualité d'associé et non la validité de l'opération elle-même : l'adjudicataire n'entre pas
dans la société, c'est incontestable, mais la licitation n'est pas pour cela anéantie »
(BASTIAN, article préc.). L'adjudicataire doit alors se contenter de jouir des avantages
pécuniaires des parts sociales.

C - Nantissement des parts sociales


334. Nantissement conventionnel. - Il est ici question du nantissement conventionnel, le
nantissement judiciaire ayant été préalablement évoqué (V. supra, n o 331). Tandis que le
gage sur les valeurs mobilières est réglementé par l'article L. 431-4 du code monétaire et
financier et que le nantissement des valeurs négociables a suscité les dispositions novatrices
de la loi n o 96-597 du 2 juillet 1996 sur la modernisation des activités financières (BILLIAU,
Le nouveau gage des comptes d'instruments financiers : aperçu rapide sur l'article 102 de la
loi du 2 juillet 1996, JCP E 1996. I. 596. – D. R. MARTIN, Du gage d'actifs scripturaux,
D. 1996. Chron. 263 . – MOUY et DE VAUPLANE, La réforme du nantissement des titres
dématérialisés, Banque et Dr. 1996, n o 48, p. 3), il n'existe pas de texte d'ensemble relatif au
nantissement des droits sociaux dans les sociétés à responsabilité limitée, ni d'ailleurs dans
les sociétés commerciales de personnes. Par ailleurs, le décret n o 97-509 du 21 mai 1997 a
précisé les modalités de constitution et de réalisation du gage sur compte d'instruments
financiers (BILLIAU, Aperçu rapide sur le décret n o 97-509 du 21 mai 1997, JCP E 1997.
I. 677. – DAIGRE, Précisions relatives au gage de comptes d'instruments financiers, Dr.
sociétés 1997. Chron. 4).
335. Similitude avec les dispositions de la SARL. - La validité du nantissement des parts
sociales dans la société en nom collectif doit tout de même être reconnue par analogie aux
dispositions relatives à la société à responsabilité limitée (C. com., art. L. 223-15 . –
SIMONNET, Le nantissement des parts sociales dans les sociétés en nom collectif, thèse,
Paris I, 1981) et à la société civile de droit commun (C. civ., art. 1866 et art. 1867 ). Elle
est consacrée par les règles du code civil relatives au nantissement des biens incorporels qui,
depuis l'ordonnance n o 2006-346 du 23 mars 2006, suivent, sauf dispositions spéciales, le
régime du gage sur les biens corporels (C. civ., art. 2355 ) et par les articles L. 521-1 et
suivants du code de commerce, les instruments financiers ne donnant pas lieu à une
inscription en compte. Cette opération vise à procurer du crédit. Elle est cependant
difficilement réalisable, car bien que ne nuisant pas à l'intuitu personae propre à la société en
nom collectif, elle soulève une double difficulté dans la mesure où le titulaire des parts
continue d'exercer les droits liés à la qualité d'associé. Néanmoins, les parts d'industrie ne
peuvent être nanties en raison de leur incessibilité. De plus, le nantissement de parts
sociales qui seraient des biens communs ne peut être valablement effectué qu'avec le
consentement du conjoint (C. civ., art. 1422 , réd. Ord. n o 2006-346 du 23 mars 2006,
art. 50 , II).
1° - Remise au créancier du bien donné en gage

336. Dépossession du constituant. - Les parts des sociétés de personnes en général, des
sociétés en nom collectif en particulier, ne sont pas représentées par des titres matériels et
n'étant pas des valeurs mobilières inscrites en compte, leur nantissement n'obéit pas au
régime de l'article L. 431-4 du code monétaire et financier. Comment donc répondre à la règle
de la remise au créancier du bien donné en gage ? (C. com., art. L. 521-2 , nantissement
commercial). Il convient, pour résoudre cette difficulté, de recourir aux modalités de la cession
de créance qui résident dans la signification du nantissement à la société considérée comme
débitrice du droit de créance appartenant à l'associé. Cette signification ne constitue pas une
simple mesure de publicité. Elle participe à la naissance du droit réel au profit du créancier
gagiste, en le mettant intellectuellement en possession, celle-ci étant impossible
matériellement, compte tenu du caractère incorporel du meuble donné en gage et de l'absence
d'un quelconque titre en constatant l'existence. Aussi longtemps qu'elle n'est pas intervenue,
le créancier n'est pas saisi (Civ. 27 déc. 1906, DP 1906. 1. 145, note Appleton ; S. 1906.
1. 393, note Naquet). Ainsi, la dépossession du constituant, également exigée pour les
meubles incorporels, s'opère lors de la mise en gage des parts d'intérêt dans les sociétés de
personnes, par la signification de l'acte constitutif du gage au débiteur de la créance donnée
en nantissement, à savoir la société, et la remise par le constituant au créancier gagiste de
l'original de l'acte de société, si l'acte a été rédigé sous seing privé ou, d'une expédition, s'il a
été établi en la forme notariée (TGI Seine, 3 nov. 1967, D. 1968. Somm. 54).

337. Inopposabilité aux tiers du contrat de gage. - Le non-respect des formes exigées pour
la mise en gage des créances est sanctionné par l'inopposabilité aux tiers du contrat de gage,
contrat réel dénué d'effet s'il n'y a pas eu « mise en possession du créancier ou d'un tiers
convenu entre les parties » (TGI Seine, 3 nov. 1967, préc. supra, n o 337). À l'opposé, la
remise d'un exemplaire certifié des statuts n'assure pas la mise en gage des parts du fait que
le débiteur peut obtenir autant d'exemplaires des statuts qu'il le désire et que l'acte de
société ne représente pas le droit de l'associé. À cet égard, à propos d'une SARL, une
juridiction d'appel a curieusement décidé que le nantissement de parts sociales, bien que
signifié à la société, n'était pas valable, car le débiteur n'avait pas remis au créancier un
exemplaire certifié des statuts (Rennes, 6 janv. 1965, D. 1965. 457, note Dalsace). Or,
l'article L. 223-15 du code de commerce condamne implicitement cette solution.

2° - Agrément du créancier gagiste ou de l'adjudicataire

338. Agrément du créancier gagiste ou de l'adjudicataire. - En cas de réalisation du gage,


l'entrée dans la société du créancier gagiste ou de l'adjudicataire suppose qu'il a été agréé
par les associés. À défaut, la société pourrait-elle décider ou imposer un rachat des parts ?
Cette solution semble exclue en l'absence d'une clause statutaire le prévoyant expressément.
L'intéressé, créancier gagiste ou adjudicataire, ne profite alors que des avantages pécuniaires
de la part sociale. Cette situation ne présente guère d'intérêt pour lui, dans la mesure où en
contrepartie de la participation aux bénéfices, il en supporte les risques ; il ne va donc pas
requérir l'attribution de son gage. Auquel cas, sans appartenir à la société, par conséquent,
sans contribuer aux pertes sociales, il peut, par l'intermédiaire de l'associé « constituant » qui
accepte de lui communiquer les documents sociaux de nature patrimoniale, en échange d'une
obligation de discrétion, contrôler la consistance de son gage et exercer sur lui un pouvoir
indirect (SIMONNET, thèse préc. [supra, n o 335], p. 470 et 471).

339. Controverse doctrinale. - S'agissant de s'interroger sur l'application à la société en nom


collectif du régime du nantissement des parts sociales de la société civile de droit commun, la
doctrine est partagée sur cette question. Un auteur est enclin à l'admettre (FOY ER, La société
civile immatriculée ressemble comme une sœur à la société en nom collectif, Rev. sociétés
1978. 10). Le nantissement de ces parts serait alors soumis à l'accord préalable des associés,
tout comme une cession de parts (C. civ., art. 1866 ). Le consentement donné au projet de
nantissement emporterait agrément du cessionnaire en cas de réalisation forcée des parts
sociales, sous réserve que celle-ci soit notifiée un mois avant la vente aux associés et à la
société (C. civ., art. 1867 . – RICHARD, Vente forcée de droits sociaux nantis. Substitution
des associés ou de la société au cessionnaire réputé agréé, Dr. sociétés 1993. Chron. 10,
p. 1). Un autre auteur rejette au contraire cette extension de régime (CHARTIER, La société
dans le code civil d'après la loi du 4 janvier 1978, JCP 1978. I. 2917, n os 327 s.). Bien qu'une
unification de régime soit souhaitable, cette dernière opinion paraît plus fondée que la
première. En effet, ce n'est pas le fruit du hasard et certainement pas celui d'un oubli, que la
société en nom collectif ne comporte pas de réglementation relative au nantissement des
parts sociales.

Art. 3 - T ransmission par décès des parts sociales


340. Dissolution ou continuation de la société. - L'article L. 221-15 du code de commerce
dispose que le décès d'un associé met fin à la société, sauf clause contraire des statuts
prévoyant sa continuation soit entre les associés survivants, soit avec les héritiers ou des
tiers. Les associés peuvent, si les statuts les y autorisent, ne se prononcer pour l'une de ses
solutions qu'au moment du décès de l'un d'entre eux. Ces diverses dispositions n'excluent pas
éventuellement la mise en œuvre d'une attribution préférentielle. Avant d'analyser ces
différents points, précisons que l'application de la plupart des clauses de continuation
suppose l'évaluation des droits sociaux de l'associé défunt. Leur valeur est déterminée au jour
du décès, conformément aux dispositions de l'article 1843-4 du code civil (C. com., art. L. 221-
1 5 , al. 6). En cas de contestation, elle est appréciée par un expert désigné, soit par les
parties, soit, à défaut d'accord entre elles, par ordonnance du président du tribunal de
commerce statuant en la forme des référés et sans recours possible (Décr. n o 78-704 du
3 juill. 1978, art. 17).

§ 1 er - Continuation de la société entre les seuls associés survivants


341. T ransmission des parts du défunt aux associés survivants. - Quand les statuts
prévoient qu'à la suite du décès d'un associé, la société n'est pas dissoute mais se poursuit
avec les seuls associés survivants, toute mutation des parts sociales aux héritiers est exclue ;
les parts du défunt sont transmises de plein droit aux associés survivants. Ainsi, les ayants
droit de l'associé décédé n'acquièrent à aucun moment la qualité d'associé et n'ont droit qu'à
la valeur liquidative des parts de leur auteur (C. com., art. L. 221-15 , al. 4). Tout se passe
comme si la société était fictivement dissoute uniquement à l'égard des héritiers qui sont
seulement créanciers de la société de la valeur des droits sociaux de l'associé défunt.

342. Détermination des droits sociaux au jour du décès. - La valeur des droits sociaux est,
conformément aux dispositions de l'article 1843-4 du code civil, déterminée au jour du décès,
d'un commun accord entre les parties. En cas de contestation, elle est fixée par un expert
désigné par les parties ou, à défaut d'accord entre elles, par ordonnance du président du
tribunal de commerce statuant en la forme des référés et sans recours possible (C. com.,
art. L. 221-15 , al. 6). La compétence exclusive du président de cette juridiction empêche
une cour d'appel de procéder à la désignation d'un expert (Com. 30 nov. 2004, 2 e esp., n o 03-
15.278 , RJDA 2005, n o 270). Les intérêts dus par la société courent à compter du jour de la
sommation de payer faite par les associés, sans qu'il soit nécessaire d'attendre le résultat de
la procédure d'expertise (Com. 21 oct. 1997, n o 95-16.231 , RJDA 1998, n o 300 ; Dr. sociétés
1998, n o 33, obs. Vidal ; BJS 1998. 50, note Garçon). En principe, le prix est payable
comptant. Toute clause contraire est réputée non écrite (Décr. n o 78-704 du 3 juill. 1978,
art. 58).

343. Existence d'au moins deux associés survivants. - L'efficacité de la clause de


continuation est subordonnée à l'existence d'au moins deux associés survivants. Si un seul
associé survit, la réunion entre ses mains de toutes les parts sociales ne peut être que
temporaire et suppose une régularisation dans le délai d'un an. Si la société est dissoute à
l'expiration de ce délai, l'associé survivant recueille tout l'actif social.
344. Formalités de publicité. - En raison du décès d'un associé, des formalités de publicité
doivent être respectées (insertion dans un journal d'annonces légales, dépôt au greffe du
tribunal de commerce, inscription modificative au RCS). Cette publicité intervient à la suite
d'une décision des associés constatant dans les statuts la nouvelle répartition des parts
sociales, ou d'un jugement en tenant lieu (Com. 16 janv. 1990, n o 88-13.003 , préc., pour la
même affaire, Com. 4 avr. 1995, n o 768 D, Quenehen c/ Aubron, RJDA 1995, n o 1108 ; BJS
1995. 693, note Le Cannu ; Defrénois 1995. 1304, obs. Hovasse).
§ 2 - Continuation de la société avec les héritiers ou le conjoint survivant
345. Continuation de la société. - Les statuts peuvent prévoir que la société se maintiendra
avec tous les héritiers ou l'héritier unique ou encore avec le conjoint survivant ou un ou
plusieurs héritiers de l'associé décédé.

A - Continuation avec tous les héritiers ou avec l'héritier unique


346. Accession des héritiers au statut d'associé. - En pareille hypothèse, la société se
poursuit avec les associés et les héritiers de l'associé décédé qui accèdent de plein droit au
statut d'associé en nom collectif (SAINTOURENS, L'héritier de l'associé, Mélanges Bouloc,
2006, Dalloz, p. 1025). C'est là un régime privilégié de mutation de parts sociales, dans la
mesure où celle-ci s'opère sans que les associés aient besoin de donner un quelconque
consentement ; il suffit qu'ils aient accepté la succession. Certes, les associés ont-ils
acquiescé dans l'acte de société et il s'agit simplement d'exécuter leur volonté préalablement
exprimée dans le pacte social ; toutefois, cet agrément revêt un caractère général et
indéterminé, altérant quelque peu l'intuitus personae, car les qualités d'une personne ne
préjugent nullement celles de ses héritiers. C'est d'ailleurs ce qui justifie que les héritiers
d'un associé gérant ne succèdent pas à la qualité de gérant (Douai, 2 mars 1933, Gaz. Pal.
1933. 1. 961). En outre, la clause de continuation au profit des héritiers vaut en principe par
l'effet du mécanisme légal de la représentation, à l'égard des héritiers de ces héritiers, en cas
de décès de ceux-ci. Le terme héritier exclut les légataires désignés par testament (V. infra,
n o 356) ; il ne vise que les héritiers ab intestat, et non pas un légataire. Ainsi, l'article L. 221-
15 du code de commerce distingue expressément l'héritier de « la personne désignée par
disposition testamentaire ».
347. Renonciation des héritiers à la succession. - Si certains héritiers renoncent à la
succession à cause notamment des risques encourus, ils ne deviennent pas associés et leurs
parts s'ajoutent à celles de leurs cohéritiers, conformément aux règles de la dévolution
successorale. S'ils acceptent sous bénéfice d'inventaire, c'est-à-dire à concurrence de l'actif
net pour les successions ouvertes à dater du 1 er janvier 2007, cette forme d'acceptation met
en présence deux principes difficilement conciliables. D'un côté, l'acceptation sous bénéfice
d'inventaire qui a pour principale conséquence de limiter en nature et en valeur l'obligation
aux dettes de l'héritier aux seuls biens successoraux mentionnés dans l'inventaire. L'héritier
peut alors abandonner aux créanciers successoraux les biens et en conséquence, les parts
sociales, en paiement de leurs créances. De l'autre, la règle de la responsabilité indéfinie et
solidaire des associés en nom collectif. La limitation de responsabilité de l'associé héritier
acceptant sous bénéfice d'inventaire risque d'être inopposable aux créanciers sociaux qui sont
souvent distincts de ceux de l'associé défunt. Elle ne devrait pas permettre à un tel héritier de
devenir associé en nom collectif (en ce sens, MESTRE, VELARDOCCHIO et MESTRE-CHAMI, op.
cit. [supra, n o 216], n o 2882. – Contra : CHARVÉRIAT, COURET et ZABALA, op. cit. [supra,
n o 305], n o 24536), sauf à considérer que la limitation de responsabilité ne concernerait que
le passif antérieur au décès, tandis que l'héritier assumerait personnellement le passif
postérieur.

348. Décharge de tout ou partie de l'obligation de l'héritier. - Signalons à propos des


successions ouvertes depuis le 1 er janvier 2007 que l'héritier qui découvrirait un passif
important après être devenu associé, peut demander en justice à être déchargé de tout ou
partie de son obligation si certaines conditions sont remplies (C. civ., art. 786 , al. 2) : il
avait des motifs légitimes d'ignorer la dette lorsqu'il a accepté la succession ; – le paiement
de cette dette obèrerait gravement son patrimoine personnel. Cette action en décharge de la
dette doit être intentée dans les cinq mois du jour où l'héritier a eu connaissance de
l'existence et de l'importance de ladite dette (C. civ., art. 786 , al. 3).

349. Agrément de l'héritier par la société. - Les statuts peuvent cependant subordonner
l'acquisition de la qualité d'associé par l'héritier, à l'agrément de la société. Cet agrément
résulte d'une stipulation expresse et non, comme en cas de cession de parts (C. com.,
art. L. 221-13 , réd. Ord. n o 2019-1067, art. 2, 1 o, du 21 oct. 2019 modifiant les dispositions
relatives aux offres au public de titres), automatiquement d'un texte. Aussi, dans le silence
de la loi, l'accord unanime des associés n'est pas obligatoire ; sauf clause contraire des
statuts, un vote majoritaire suffit (contra : CHARVÉRIAT, COURET et ZABALA, op. cit. [supra,
n o 305], n o 24533. – HÉMARD, TERRÉ et MABILAT, op. cit. [supra, n o 226], n o 310). De plus,
c'est la société qui détient le droit d'agrément et non les associés en tant que tels (C. com.,
art. L. 221-15 , al. 2). Cet agrément peut fort bien être donné par l'assemblée générale des
associés qui est l'organe social de délibération.

350. Agrément collectif ou individuel ? - Se pose la question de savoir si en présence de


plusieurs héritiers, l'agrément est consenti globalement ou si les associés survivants ont la
faculté d'effectuer un choix parmi les héritiers du défunt. L'article L. 221-15 du code de
commerce qui parle de l'agrément de « l'héritier » n'est pas très explicite. Cette expression
utilisée au singulier est souvent comprise comme significative des héritiers en général d'un
associé et les viserait donc de manière indivisible ; auquel cas, un agrément séparé serait
exclu ; il serait nécessairement global (V. en ce sens, CHARVÉRIAT, COURET et ZABALA, op.
cit. [supra, n o 305], n o 24532). D'autres auteurs estiment toutefois que l'agrément peut être
accordé individuellement au profit des uns, et donc à l'exclusion des autres (MESTRE,
VELARDOCCHIO et MESTRE-CHAMI, op. cit. [supra, n o 216] n o 2882). Une solution médiane
aux deux précédemment émises pourrait consister à admettre un agrément global, tant que
les héritiers sont en indivision successorale, et un agrément individuel lorsque les héritiers
ont perçu leur part de droits sociaux. En attendant l'agrément, les parts de l'associé défunt
restent à son nom.

351. Suspension des droits attachés aux parts. - Durant ce laps de temps, ses héritiers ne
peuvent exercer les droits attachés à ces parts, l'agrément ayant précisément pour objet de
décider si les héritiers deviendront ou non associés. La solution inverse viderait l'agrément de
l'essentiel de sa signification. Il n'est pas non plus possible d'admettre que les héritiers
deviennent associés au décès de leur auteur, sous condition résolutoire du refus d'agrément,
puisque justement cet agrément conditionne l'accession à la qualité d'associé (C. com.,
art. L. 221-15 , al. 2, in fine). Un mandataire doit donc être désigné, afin de prendre les
mesures nécessaires. Si l'agrément est donné, l'héritier acquiert la qualité d'associé avec effet
rétroactif au jour du décès de son auteur. Si cet agrément est refusé, l'intéressé est censé
n'avoir jamais acquis la qualité d'associé. Il est seulement créancier de la société et n'a droit
qu'à une indemnité correspondant à la valeur des droits sociaux de son auteur,
éventuellement déterminée par un expert (Com. 21 oct. 1997, préc. supra, n o 342).
352. Obligation sociale proportionnelle aux forces de la succession. - Les héritiers mineurs
ne répondent des dettes sociales qu'à concurrence des forces de la succession de leur auteur
(C. com., art. L. 221-15 , al. 7). De plus, la société doit dans le délai d'un an, à compter du
décès, être transformée en société en commandite dont le mineur devient commanditaire. Si
celui-ci devait atteindre la majorité durant ce délai d'un an, il ne serait pas indispensable de
procéder à la transformation en société en commandite. À défaut d'une telle transformation
dans le délai imparti, la société est dissoute puis liquidée. Aucun délai de grâce n'est prévu
par la loi et toute régularisation s'avère impossible. La règle concerne également les mineurs
émancipés qui ne peuvent entrer dans la société en nom collectif, s'ils n'ont pas été autorisés
par le juge des tutelles ou le président du tribunal de grande instance à exercer le commerce
(V. supra, n o 27).

B - Continuation avec le conjoint survivant ou avec un ou plusieurs héritiers


353. Droit équivalent à la valeur des parts de l'auteur. - En pareille circonstance, les exclus
de l'entrée dans la société n'ont droit qu'à la valeur des parts de leur auteur. La société n'est
pas partie prenante dans ce règlement financier qui n'intéresse que les héritiers
copartageants. Aussi, l'article L. 221-15, alinéa 5, du code de commerce énonce-t-il que les
bénéficiaires de la stipulation sont redevables à la succession de la valeur des droits sociaux
qui leur sont octroyés. Bien que le texte ne le précise pas, il semble qu'ici la clause de
continuation puisse, comme dans la situation précédente, être assortie d'une clause
d'agrément. En effet, selon les termes de l'article L. 221-15, alinéa 3, du code de commerce
qui énonce qu'il « en sera de même », il s'avère que l'hypothèse d'agrément prescrite par
l'alinéa 2 puisse être envisagée en cas de continuation avec le conjoint survivant ou un ou
plusieurs héritiers. Dans cette éventualité, le droit d'agrément stipulé dans les statuts
s'exerce dans des conditions semblables à celles indiquées pour la continuation de la société
avec tous les héritiers et suscite les mêmes remarques.

354. Refus d'agrément. - Qu'advient-il de la société, en cas de refus d'agrément de la


personne concernée ? Certains auteurs préconisent la dissolution de la société, au motif du
caractère choquant d'un refus d'agrément systématique émis par les associés survivants qui
leur permettrait de poursuivre la société entre eux seuls, après avoir stipulé auparavant la
clause de continuation avec le conjoint survivant ou avec un ou plusieurs héritiers (HÉMARD,
TERRÉ et MABILAT, op. cit. [supra, n o 226], n o 313). Ce raisonnement prend probablement en
considération l'intuitus personae qui régit les relations entre associés en nom collectif. Il
soulève toutefois des réserves dans la mesure où le texte applicable, en l'occurrence l'article
L. 221-15 précité, ne prévoit pas cette solution. Il ne mérite en réalité d'être approuvé que si
les statuts ont expressément désigné l'héritier succédant à l'associé défunt, seule hypothèse
dans laquelle les associés ont réellement tenu compte de la personne de l'héritier. Ce n'est
point le cas lorsque les statuts ont stipulé au profit du conjoint survivant ou des héritiers non
dénommés, d'autant plus si au moment de l'adoption de cette disposition, l'associé décédé
était célibataire ou n'avait pas d'héritier descendant.

355. Imposition sur la part de bénéfice. - Dès lors que la société continue avec un ou
plusieurs héritiers, ceux-ci deviennent associés et sont donc imposés sur la part de bénéfice
correspondant à leurs droits dans la société (Rép. min. n o 53707, JOAN Q 2 avr. 2001,
p. 1963).

§ 3 - Continuation de la société avec une personne désignée ou à désigner


356. Personne étrangère à la succession. - Les statuts peuvent également décider que la
société continuera avec toute personne désignée dans l'acte de société ou, si les statuts
l'autorisent, par disposition testamentaire (C. com., art. L. 221-15 , al. 2 et 3). Quelle que
soit l'hypothèse envisagée, la personne éventuellement appelée à remplacer l'associé décédé
est étrangère à la succession. Les statuts peuvent là encore stipuler que la ou les personnes
déterminées font l'objet d'un agrément conféré dans les conditions auparavant indiquées
( V . supra, n os 349 et 350). Les auteurs précédemment cités estiment que le refus
systématique d'agréer un tiers désigné dans les statuts ou par testament, risque d'entraîner
la dissolution de la société (HÉMARD, TERRÉ et MABILAT, op. cit. [supra, n o 226]) ; auquel
cas, le légataire devient créancier envers la société en liquidation de la valeur des droits
sociaux reçus par lui du défunt. Mais si au contraire, la société continue, « les bénéficiaires de
la stipulation sont redevables à la succession de la valeur des droits sociaux qui leur sont
attribués » (C. com., art. L. 221-15 , al. 5).

§ 4 - Mandat d'administrer la succession


357. Mandataire personne physique ou morale. - De son vivant, toute personne peut
désigner un ou plusieurs mandataires, personnes physiques ou morales, chargés après son
décès d'administrer tout ou partie de ses biens, pour le compte et dans l'intérêt d'un ou de
plusieurs héritiers identifiés (C. civ., art. 812 ). La pratique du mandat à effet posthume
permet à un associé dont les héritiers sont mineurs d'organiser la gestion de ses parts.

A - Condition de validité et durée du mandat


358. Justification par un intérêt sérieux et légitime. - Le mandat à effet posthume
d'administrer les biens du défunt est justifié et motivé par un intérêt sérieux et légitime au
regard de la personne de l'héritier ou du patrimoine successoral (C. civ., art. 812-1-1 ,
al. 1 er). Cet intérêt peut être notamment la présence d'un mineur ou l'exigence de
compétences particulières pour gérer les parts sociales. Un tel mandat doit être donné et
accepté par acte notarié avant le décès du mandant (C. civ., art. 812-1-1 , al. 3 et 4).
Néanmoins, mandant et mandataire peuvent préalablement renoncer au mandat, après avoir
notifié leur décision à l'autre partie (C. civ., art. 812-1-1 , al. 5).
359. Durée maximale de deux ans prorogeable. - Le mandat est en principe conféré pour
une durée maximale de deux ans, prorogeable par le juge une ou plusieurs fois, à l'initiative
du mandataire ou d'un héritier. Il peut l'être également dans les mêmes conditions pour cinq
ans, en raison de l'inaptitude, de l'âge du ou des héritiers, ou encore de la nécessité de gérer
des biens professionnels (C. civ., art. 812-1-1 , al. 2).

B - Pouvoirs du mandataire
360. Administration ou gestion entière ou partielle. - Le mandataire administre ou gère
entièrement ou partiellement la succession de son mandant pour le compte et dans l'intérêt
d'un ou de plusieurs héritiers identifiés (C. civ., art. 812 ). Dans le mutisme de la loi,
s'appliquent les règles du droit commun du mandat (C. civ., art. 812-1-4 , renvoyant aux
art. 1984 s., c. civ.). Pour accomplir sa mission, le mandataire a la faculté de réaliser des
actes conservatoires et d'administration, mais non de disposition sur les biens dont la gestion
lui est confiée. À moins d'une stipulation contraire du mandat réduisant ses prérogatives, il
peut entre autre voter les décisions collectives qui ne constituent pas des actes de
disposition, telles que les décisions de dissolution ou de prorogation de durée de la société,
ou encore de fusion et de scission. Les attributions du mandataire ne lui confèrent pas la
possibilité de s'opposer à l'aliénation par les héritiers des biens mentionnés dans le mandat,
celle-ci constituant une des causes d'extinction du mandat (Civ. 1 re, 12 mai 2010, n o 09-
10.556 , Bull. civ. I, n o 117).

§ 5 - Attribution préférentielle
361. Demande faite par le conjoint ou les héritiers. - L'article 831 du code civil offre au
conjoint ou aux héritiers d'un associé en nom collectif, la possibilité de demander l'attribution
préférentielle des parts sociales du défunt, dès lors que la taille de l'entreprise exploitée
n'exclut pas le caractère familial. Cette attribution ne peut être demandée par le concubin du
défunt (Civ. 1 re, 9 déc. 2003, n o 02-12.884 , RJDA 2004, n o 493), pas plus que par la
personne avec qui le défunt était lié par un Pacs (pacte civil de solidarité). En outre, si
l'attribution préférentielle est demandée par un héritier, la condition de participation effective
à l'exploitation peut être remplie par son conjoint ou ses descendants (C. civ., art. 831 ,
al. 1 er).
362. Justification d'un droit de copropriété des droits. - Le prétendant à l'attribution
préférentielle doit justifier d'un droit de copropriété des droits en cause. Par conséquent, le
conjoint qui ne recueille que des droits en usufruit ne peut y prétendre. Seul bénéficie de
l'attribution préférentielle, le conjoint ou l'héritier qui participe ou a effectivement participé à
la mise en valeur de l'entreprise. S'agissant de droits sociaux, cette dernière exigence ne
paraît pas pouvoir résulter de la seule qualité d'associé ; l'intéressé doit justifier d'une
contribution à la mise en valeur par son apport en industrie ou par l'exercice d'une activité
salariée ou de gestion. En principe, l'attribution préférentielle se fait à l'amiable. Mais, en cas
de désaccord entre plusieurs demandes d'attributions préférentielles, le tribunal appelé à
désigner l'attributaire doit tenir compte de l'aptitude des différents postulants à gérer
l'entreprise et à s'y maintenir, ainsi que de la durée de leur participation personnelle à
l'activité de l'entreprise (C. civ., art. 832-3 ).

363. Agrément par les associés survivants. - La demande ne fait pas obstacle aux
dispositions législatives et statutaires relatives à la continuation de la société avec le
conjoint ou les héritiers de l'associé prédécédé (C. civ., art. 831 , al. 2). En présence d'une
clause statutaire d'agrément du conjoint ou des héritiers, l'attribution préférentielle n'est
possible que si le conjoint ou les héritiers attributaires des parts de l'associé défunt ont été
agréés par les associés survivants.

Chapitre 2 - Obligations des associés


364. Portée des engagements des associés. - À l'instar de tous les associés, ceux de la
société en nom collectif assument des engagements qui, en vertu du principe contractuel de la
société, ne peuvent être augmentés sans leur consentement (C. civ., art. 1836 , al. 2. –
Com. 7 mars 1989, BJS 1989. 442. – V. en général GODON, Les obligations des associés,
1999, Economica). Aucune modification statutaire ayant pour effet d'accroître les
engagements des associés ne saurait donc être adoptée à la majorité, même renforcée, mais
à l'unanimité. Ainsi, une obligation de « respect de clientèle » interdisant à l'associé retiré
d'entrer en relation ou au service d'un client de la société, par l'atteinte qu'elle porte à la
liberté du travail et du commerce, augmente les engagements des associés ; elle ne peut être
introduite dans les statuts en cours de vie sociale, qu'à l'unanimité (Com. 26 mars 1996,
n o 93-21.250 , Bull. civ. IV, n o 94 ; Dr. sociétés 1996, n o 122, obs. Bonneau, à propos d'un
ancien actionnaire SA, mais applicable à la SNC). Constitue également une augmentation des
engagements des associés le fait, pour une société en nom collectif, d'imposer à ses
associés, sans l'accord exprès de chacun, un appel de fonds pour faire face aux exigences d'un
créancier social, alors qu'elle ne peut leur imposer que les appels de fonds qui ont pour objet
de régler la répartition des pertes entre eux, aux dates et dans les conditions mentionnées
dans les statuts (Com. 7 mars 1989, Rev. sociétés 1989. 473, note Chartier).
365. Obligations relatives au statut de commerçant. - En raison de leur statut de
commerçant, les associés en nom collectif assument les obligations qui incombent à cette
catégorie professionnelle. Elles comprennent : d'une part, l'obligation aux dettes sociales qui
intervient dans les relations entre les associés et les tiers ; d'autre part, la contribution aux
pertes sociales qui régit les relations entre les associés et la société. Ces obligations sont
d'ordre financier. Elles se distinguent de la notion d'engagement préalablement évoquée qui
s'entend plus largement et implique une obligation de faire ou de ne pas faire.

Section 1 re - Obligation aux dettes sociales

Art. 1 er - Régime de l'obligation aux dettes sociales


366. Obligations liées à la qualité d'associé. - L'obligation aux dettes sociales s'attache de
plein droit à la qualité d'associé en nom collectif (V. en général FIORINA, Obligations aux
dettes et droit commun des obligations dans les sociétés commerciales, thèse, Toulouse,
1984). En présence donc de parts en usufruit, elle repose uniquement sur le nu-propriétaire,
puisqu'il est traditionnellement admis que l'usufruitier n'a pas la qualité d'associé, car il ne
peut prétendre qu'aux fruits de la part, c'est-à-dire aux dividendes, tandis que le nu-
propriétaire a droit au remboursement des apports, aux distributions des réserves et au boni
de liquidation (CHARVÉRIAT, COURET et ZABALA, op. cit. [supra, n o 305], n os 24311 et
24313. – MERLE, op. cit., n o 151. – VIANDIER, La notion d'associé, 1978, LGDJ, n o 248. –
Contra : DERRUPPÉ, Un associé méconnu : l'usufruitier de parts ou actions, LPA 13 juill. 1994,
n o 83, p. 14 ; De l'ineptie à refuser à l'usufruitier la qualité d'associé, Defrénois 1997. 290. –
REGNAUT-MOUTIER, Vers la reconnaissance de la qualité d'associé à l'usufruitier de droits
sociaux ?, BJS 1994. 1155). En outre, s'il est fait référence au principe de l'incessibilité des
parts qui les empêche de se retirer avant la dissolution de la société, les associés en nom
collectif susceptibles de faire l'objet de poursuites du créancier social sont normalement ceux
inscrits dans les statuts. Ces propos supportent la nuance, car les cessions de parts restent
possibles entre vifs et à cause de mort, quand elles sont autorisées par l'unanimité des
associés (V. supra, n os 296 s. et 340 s.). Aussi, le créancier peut-il trouver en face de lui des
associés autres que ceux avec qui il avait initialement contracté ; certains ont en effet cessé
de faire partie du groupement, tandis que d'autres y sont entrés en cours de vie sociale. Cette
réalité conduit à distinguer du régime général, le régime particulier.

§ 1 er - Régime général
367. Obligation indéfinie et solidaire. - Les associés répondent tous indéfiniment et
solidairement des dettes sociales (C. com., art. L. 221-1 , al. 1 er). Indéfiniment, c'est-à-dire
jusqu'à extinction complète de la dette ; il s'ensuit que les créanciers sociaux peuvent saisir
les biens personnels de l'associé et venir en concours sur ses biens avec ses créanciers
personnels. Si ce dernier est marié sous le régime de la communauté légale, ils peuvent le
poursuivre sur les biens communs, même si son conjoint n'a pas donné son consentement au
contrat de société (Civ. 1 re, 17 janv. 2006, 2 e esp., n o 02-16.595 , RJDA 2006, n o 423 ; JCP E
2006, n o 22, p. 974, note Lucas ; BJS 2006. 816, note Dereu). En effet, ne s'applique pas à
l'associé en nom collectif, l'article 1415 du code civil qui dispose que, sous le régime de la
communauté légale, chacun des époux ne peut engager que ses biens propres et ses revenus,
par un cautionnement ou un emprunt, à moins que ceux-ci aient été contractés avec le
consentement exprès de l'autre conjoint. Solidairement, cela signifie que tout associé peut
être engagé pour la totalité de la dette sociale, sauf son recours contre chacun de ses
coassociés pour sa part contributive à cette dette. Le créancier qui se prévaut de la solidarité
peut choisir son débiteur et n'est absolument pas tenu de diviser ses poursuites (Paris,
9 sept. 2003, RJDA 2004, n o 326 ; BJS 2004. 395, note Lucas). Il peut également renoncer à
toute poursuite individuelle contre les associés et accepter que seul le patrimoine social
réponde des dettes contractées envers lui. Pareille clause n'empêche pas le créancier de
solliciter l'ouverture d'une procédure collective contre la société (Com. 22 mars 2011, n os 09-
72.748 et 09-72.749, 2 esp., BRDA 8/2011, n o 2 ; RJDA 2011, n o 560 ; Dr. sociétés 2011,
o
n 155, obs. Legros).

368. Renonciation du créancier à la solidarité. - En cas de renonciation du créancier à la


solidarité, à défaut d'accord entre eux, les associés sont tenus des dettes par « parts
viriles », c'est-à-dire que, conformément au droit commun, ils contribuent tous au passif par
parts égales. De plus, la renonciation expresse d'un créancier à poursuivre un associé ne vaut
pas décharge au sens de l'article 1285 du code civil et, par conséquent, ne profite pas aux
autres associés (Com. 29 oct. 2003, n o 99-21.358 , RJDA 2004, n o 327, rejetant le pourvoi
contre Paris, 8 oct. 1999, préc., supra, n o 231. – Paris, 13 sept. 2002, Dr. sociétés 2002,
n o 93, obs. Monnet ; RJDA 2003, n o 147). Pour autant, cette renonciation à des poursuites ne
soustrait pas l'associé qui en bénéficie à un éventuel recours de ses coassociés en paiement
de sa part dans la dette (CHARVÉRIAT, COURET et ZABALA, op. cit. [supra, n o 305],
n o 24085). En effet, en vertu de la solidarité légale, les associés sont codébiteurs entre eux
de la dette sociale impayée. Chacun d'eux est tenu d'y prendre part, de sorte que la portion
d'un insolvable soit répartie entre les autres (C. civ., art. 1214 ; futur art. 1317 ). Dès
lors, l'associé bénéficiaire d'une remise de solidarité doit assumer sa part de l'insolvabilité
survenue chez un autre codébiteur (C. civ., art. 1215 ; futur art. 1317 ), l'exposant ainsi
au recours de celui qui a payé. Un associé ne saurait donc se prétendre libéré de son
obligation aux dettes sociales, au motif de la renonciation expresse d'un créancier à le
poursuivre. Il conviendrait qu'il obtint également l'engagement des autres associés
d'abandonner leur recours contre lui ou du créancier de le garantir contre une action récursoire
de ses coassociés.

369. Solidarité parfaite. - L'obligation solidaire est attachée de plein droit à la qualité
d'associé en nom collectif dont la détermination est parfois controversée, notamment lorsque
les parts sont grevées d'usufruit. Il s'agit d'une solidarité parfaite qui entraîne la
représentation des associés, les uns par rapport aux autres. Il en découle les conséquences
suivantes : – la prescription interrompue à l'égard d'un associé l'est également à l'égard des
autres (C. civ., art. 1206 , futur art. 1312 ; art. 2249 ) ; – la demande d'intérêts
moratoires formée contre l'un des associés fait courir les intérêts contre les autres (C. civ.,
art. 1207 ; futur art. 1314 ) ; – l'appel interjeté contre l'un des associés profite aux
autres. Néanmoins, le jugement rendu contre un associé ou en sa faveur ne profite, ni ne nuit
aux autres associés, pas plus qu'à la société. En effet, l'associé, s'il n'a pas la qualité de
gérant, ne représente pas ses coassociés, ni d'ailleurs la société.
370. Obligation légale incontournable. - La responsabilité indéfinie et solidaire des associés
en nom collectif relève de l'essence même du groupement. Il s'agit d'une obligation légale à
laquelle il leur est impossible de se soustraire. Elle existe dès lors que le créancier apporte la
preuve du caractère social de sa créance. En vertu de cette obligation aux dettes édictée par
l'article L. 221-1 du Code de commerce, les associés en nom sont tenus de s'acquitter de
sommes que la SNC a été condamnée à payer par une décision de justice devenue irrévocable
(Com., 6 déc. 2017, n o 15-16.993 , BRDA 1/2018, n o 5 : Dr. sociétés mars 2018, comm. 44,
obs. Heinich). Un associé ne saurait y échapper en faisant valoir que cette qualité est
incompatible avec le statut de salarié dont il bénéficie au sein de la société (Com. 29 sept.
2009, BRDA 21/2009, n o 2 ; RJDA 2010, n o 52 ; Dr. sociétés 2009, n o 225, obs. Gallois-
Cochet). Aucune stipulation statutaire, fût-elle régulièrement publiée, ne pourrait éluder le
caractère indéfini et solidaire de l'obligation. Celle-ci ne se retrouve que dans le GIE (C. com.,
art. L. 251-6 , al. 1 er), alors que dans les sociétés civiles professionnelles (L. n o 66-879 du
29 nov. 1966, art. 15. – V. supra, n o 6), à l'instar de la société civile de droit commun,
l'obligation bien qu'indéfinie est simplement conjointe (C. civ., art. 1857 , al. 1 er. – DEREU,
La responsabilité des associés dans les sociétés civiles, thèse, Nancy II, 1977 ; L'application
aux associés des sociétés civiles des procédures collectives de liquidation, Rev. sociétés
1979. 247). Une partie de la doctrine considère toutefois qu'une dérogation à la solidarité
devrait être admise, dès lors qu'aucun texte ne l'interdit et que cela constituerait un juste
retour au droit commun. Pour autant, depuis l'avènement de la loi de sauvegarde des
entreprises n o 2005-845 du 26 juillet 2005, en dépit de leur obligation indéfinie et solidaire au
passif, les associés en nom collectif sont à l'abri de l'extension à leur égard de la procédure
collective ouverte à l'encontre de la personne morale (V. infra, n o 387).

371. Solidarité légale profitable aux tiers. - À vrai dire, la liberté contractuelle en droit des
sociétés n'est pas toujours évidente. Le législateur ayant instauré plusieurs types de
sociétés, les associés qui choisissent l'un d'eux ne pourraient, au risque de nuire à la sécurité
des tiers, en éliminer les caractéristiques par une disposition statutaire. La responsabilité
dans les SNC constitue, en effet, un cas de solidarité légale profitable aux tiers. Aussi, ne
saurait-on leur reprocher de n'avoir pas consulté l'extrait soumis à la publication, afin d'y
déceler la clause élusive de leur garantie, une pareille dérogation statutaire étant considérée
comme non avenue à leur égard.

372. Solidarité ne relevant pas de l'ordre public. - Si le législateur avait envisagé la


possibilité d'écarter cette responsabilité, il l'aurait expressément édictée, à l'instar du GIE où
il prescrit la solidarité des membres du groupement, sauf convention contraire avec le tiers
cocontractant (C. com., art. L. 251-6 , al. 1 er). En réalité, les créanciers d'une société en
nom collectif pourraient de leur propre chef renoncer à la solidarité au profit de tous les
associés ou de certains d'entre eux seulement, ce qui reviendrait au même que pour le GIE où
l'éventuelle exclusion de la responsabilité solidaire résulte d'un accord avec le contractant. Il
suffirait que cette renonciation soit expresse et faite à l'occasion de chaque contrat. Auquel
cas, les associés répondraient des dettes sociales par « parts viriles », c'est-à-dire qu'ils
contribueraient au passif social par parts égales. La solidarité prescrite par l'article L. 221-1
du code de commerce ne semble pas en effet relever de l'ordre public, au point de s'imposer à
ceux qui en bénéficient. Cependant, la décharge consentie par un créancier à un associé ne
profite pas aux autres associés (Paris, 8 oct. 1999, préc. supra, n o 231). Les associés en nom
collectif ne peuvent se soustraire à un régime de responsabilité aussi contraignant, qu'en
optant pour un autre type de société.

§ 2 - Régime particulier
373. Obligation des associés sortant et rentrant. - Si l'associé présent lors de la naissance
du passif social et toujours en place au moment des poursuites est indubitablement tenu, il
peut en être de même, sous certaines conditions, des associés sortant et rentrant.

A - Responsabilité de l'associé retrayant


374. Moment d'apparition du passif social. - La situation varie selon le moment d'apparition
du passif social : pendant que l'associé fait partie de la société ou après son retrait de celle-
ci. La date prise en considération pour déterminer si une dette est née avant ou après le
départ de l'associé est celle de son apparition et non de sa constatation judiciaire (Besançon,
25 mars 1952, D. 1952. Somm. 68). Ainsi, l'associé d'une SNC en formation qui cède ses parts
avant l'immatriculation de celle-ci, n'est plus un associé répondant indéfiniment et
solidairement des dettes sociales. Dès lors, la dette litigieuse engage la SNC concernée à
compter du jour où elle a acquis la personnalité morale par l'effet de son immatriculation au
RCS, l'ordonnance du juge-commissaire l'ayant admise au passif de ladite société (Pau,
10 oct. 1996, JCP E 1996. Pan. 471 ; JCP 1997. IV. 997).
375. Dette résultant d'un compte courant. - Qu'en est-il lorsque cette dette résulte d'un
compte courant ? La question s'est posée de savoir si un banquier en compte courant peut
poursuivre les associés qui ont quitté la société avant la clôture d'un tel compte. Un vieil arrêt
d'une juridiction d'appel a répondu négativement à cette interrogation (Chambéry, 20 janv.
1925, DH 1925. 188). Arguant du principe de l'indivisibilité du compte courant, cette décision
de justice a repoussé l'action de la banque, car celle-ci n'avait pu prouver une créance contre
la société à la date du retrait de l'associé. Effectivement, les qualités de créancier et de
débiteur ne se révèlent qu'à la clôture du compte (lors de la liquidation de la société). La Cour
de cassation saisie de ce litige avait statué en ce sens (Req. 10 mars 1926, DH 1926. 193 ;
Sem. jur. 1927. 610). Elle s'était appuyée sur le fait que les constatations et déclarations de
la cour d'appel impliquaient l'appréciation par les juges du fond de la commune intention des
parties (C. civ., art. 1156 ; futur art. 1188 , al. 1 er. – V. aussi T. com. Limoges, 19 janv.
1927, Sem. jur. 1927. 620). Cette jurisprudence a évolué en même temps que la perception
par la Cour de cassation de l'indivisibilité du compte courant qui est devenue moins rigide
(Civ. 1 er oct. 1940, JCP 1941. II. 1633, note Bastian ; DC 1942. 93, note Hamel. – BASTIAN,
L'indivisibilité du compte courant d'après la jurisprudence actuelle, JCP 1940. I. 178. –
HONORAT, note sous Com. 17 oct. 1960, Defrénois 1961, art. 28128) ; elle n'a donc pas
subsisté. Aussi, dans un arrêt plus récent relatif à une société en commandite simple, la
chambre commerciale a censuré un arrêt d'appel qui avait rejeté la demande d'une banque, au
motif que l'associée commanditée était tenue au paiement de la dette sociale en raison de la
position débitrice du compte courant existant à la date de publication de la cession de ses
droits sociaux, sous réserve des remises postérieures ayant eu pour effet d'effacer ou de
réduire ce montant (Com. 4 févr. 1997, n o 94-18.114 , Bull. civ. IV, n o 45 ; Dalloz Affaires
1997, n o 10, p. 321 ; RJDA 1997, n o 656 ; JCP 1997. I. 4058, n o 9, obs. Viandier et Caussain ;
JCP E 1997. II. 1000, note Lhernould ; BJS 1997. 476, note Le Cannu ; Dr. sociétés 1997,
n o 58, obs. Bonneau ; RTD com. 1997. 281, obs. Champaud et Danet ; et p. 297, obs.
Cabrillac , à propos d'un commandité, mais valable pour la SNC).

1° - Dette sociale antérieure au départ de l'associé

376. Ensemble des dettes sociales antérieures au départ. - L'associé qui se retire de la
société demeure tenu à l'égard des tiers, de l'ensemble des dettes sociales antérieures à son
départ, quelles qu'en soient les raisons et circonstances et quand bien même aurait-il quitté
la société et publié son départ avant l'engagement des poursuites par les créanciers (Com.
4 janv. 1994, n o 91-19.680 , RJDA 1994, n o 538 ; JCP E 1994. I. 363, n o 9, obs. Viandier et
Caussain ; BJS 1994. 314, note Le Cannu ; Dr. sociétés 1994, n o 55, obs. Le Nabasque). Une
disposition contraire n'aurait aucune valeur. Ainsi, l'ancien associé est tenu des loyers et des
indemnités de résiliation dus ou encourus après la publication de son retrait, à raison d'un
contrat de crédit-bail antérieurement signé (Com. 1 er oct. 1996, préc. supra, n o 94). De même,
est-il garant du solde débiteur du compte courant bancaire de la société, tel qu'il apparaît au
jour de la publication de son retrait, même si, à cette date, le compte n'est pas clôturé et si
la dette correspondante n'est pas alors exigible (Com. 4 févr. 1997, préc. supra, n o 375). Il
reste débiteur du prêt souscrit par sa société avant qu'il cède ses parts, même si le
remboursement de ce prêt n'a pris fin qu'après son départ (Nancy, 7 juill. 1992, BRDA 2/1993,
p. 9), ou du paiement d'effets de commerce correspondant à une dette antérieure à la
cession, même si leurs échéances sont postérieures à celle-ci (Paris, 2 juill. 1993, Rev.
sociétés 1993. 883, obs. Guyon ; BJS 1993. 1046, note Daigre ; Dr. sociétés 1994, n o 11, obs.
Le Nabasque. – V. aussi, Paris, 29 oct. 1999, RJDA 2000, n o 175). En outre, deux anciens
associés ayant respectivement acquis la qualité d'associé avant et après la date de conclusion
d'un contrat de location par la société ont été condamnés à couvrir les échéances de loyers
impayés et l'indemnité de résiliation mise à la charge de la société, peu important la date de
constatation de cette dette et le fait qu'ils aient ultérieurement perdu la qualité d'associé
(Com. 21 oct. 2008, n o 07-16.654, 2 esp., RJDA 2009, n o 39 ; Dr. sociétés 2009, n o 9, obs.
Gallois-Cochet). De même, dès lors que le prêt consenti à la société est devenu intégralement
exigible par la déchéance du terme intervenue avant la cession des parts, l'ancien associé
demeure tenu envers le créancier (Paris, 4 févr. 2010, BJS 2010. 551, note Harel).

377. Retrait issu d'une cession des droits sociaux à un tiers. - Lorsque le retrait d'un
associé en nom collectif résulte, avec l'accord unanime de ses coassociés, d'une cession de
ses droits sociaux à un tiers qui prend sa place au sein de la société, cet associé reste encore
personnellement et solidairement tenu du passif social. Il ne peut en effet échapper à son
obligation sous prétexte que sa dette est assumée par l'associé rentrant, une cession de
dette n'étant valable que si le créancier a accepté le changement le débiteur. En d'autres
termes, l'intéressé ne saurait se libérer de sa dette qu'avec le consentement des créanciers
sociaux à une novation par changement de débiteur (HÉMARD, TERRÉ et MABILAT, op. cit.
[supra, n o 226], n o 243. – CHARVÉRIAT, COURET et ZABALA, op. cit. [supra, n o 305],
n o 24082). L'associé reste donc garant à l'égard des tiers, des dettes sociales nées avant
l'accomplissement des formalités de publicité rendant son retrait opposable aux tiers.
Cependant, dès lors qu'il a réglé l'intégralité de la dette sociale, l'associé peut exercer un
recours en contribution contre son coassocié, même si celui-ci a acquis ses parts
postérieurement à la naissance de la dette, l'article L. 221-1 du code de commerce
n'établissant aucune distinction selon la date d'entrée des associés dans la société (Paris,
19 févr. 2003, Dr. sociétés 2003, n o 214, obs. Monnet). Il peut également en demander le
remboursement intégral à la société (Com. 29 oct. 2003, préc. supra, n o 368, rejetant le
pourvoi contre Paris, 8 oct. 1999, préc. supra, n o 231). C'est dire que l'associé poursuivi ne
saurait exercer un recours en paiement contre ses coassociés avant d'avoir lui-même payé
(Paris, 9 sept. 2003, BJS 2004. 395, note Lucas). Il convient de préciser que le départ d'un
associé en nom collectif ne peut intervenir que par cession de parts sociales, dans la mesure
où le droit de retrait n'est légalement organisé que dans les sociétés civiles (C. civ.,
art. 1869 ) et dans celles à capital variable et statutairement prévu, dans la société par
action simplifiée.

378. Évolution jurisprudentielle. - À l'époque où les statuts pouvaient prévoir plusieurs


modes de cession de parts, la doctrine faisait une distinction selon que le retrait résultait de
l'agrément de tous les associés ou d'une stipulation statutaire régulièrement publiée. Dans la
première hypothèse, la solution antérieurement exposée devait s'appliquer ; dans la seconde,
la solution inverse devait être retenue. La clause statutaire avait pour conséquence de
subroger activement et passivement le cessionnaire dans les droits et obligations de l'associé
cédant retiré qui se trouvait alors libéré de toute obligation au passif social, même antérieur à
la cession (HOUPIN et BOSVIEUX, Traité général théorique et pratique des sociétés civiles et
commerciales et associations, t. I, 7 e éd., 1935, Sirey, n o 266. – J. et E. ESCARRA et
J. RAULT, op. cit. [supra, n o 295], n o 248). La Cour de cassation a critiqué cette position, au
motif qu'aucune distinction ne devait être faite entre les deux modalités de cession, celle
unanimement consentie par les associés et celle organisée par les statuts, l'effacement des
dettes sociales antérieures à la cession ne pouvant résulter que de la volonté des créanciers
sociaux (Civ. 16 mars 1942, DC 1942. 62 ; Journ. sociétés 1942. 210 ; S. 1942. 1. 105, note
Esmein ; JCP 1942. II. 1854, note Bastian). L'ensemble de la doctrine accueillit favorablement
cette nouvelle orientation jurisprudentielle (ESMEIN, note préc. – BASTIAN, note préc.). Pour
autant, la loi n o 78-9 du 4 janvier 1978 modifiant le titre IX du livre III du code civil relatif au
droit commun des sociétés et de la société civile n'a pas conservé la règle de la survie de
l'obligation aux dettes sociales de l'associé cédant. L'article 1857 du code civil issu de ce
texte et disposant que « les associés sont tenus des dettes sociales à proportion de leur part
dans le capital social à la date d'exigibilité… », il s'ensuit que l'associé entré après l'éclosion
de la dette et avant son exigibilité se trouve tenu. Le cédant est au contraire libéré, sauf si la
cession est inopposable ou s'il a personnellement garanti l'exécution de l'engagement de la
société (Civ. 3 e, 14 nov. 1991, n o 89-15.507 , BJS 1992. 93, note Dereu).

379. Mise en redressement ou en liquidation judiciaire de l'associé retiré. - L'associé en


nom collectif retiré peut être mis en redressement ou en liquidation judiciaire pour le non-
paiement des dettes nées avant son départ, dans l'année suivant la cessation de son activité
professionnelle, si tout ou partie de son passif provient de celle-ci (C. com., art. L. 631-3 ,
al. 1 er, et art. L. 640-3 , al. 1 er). Sous l'ancien régime, celui de la loi du 25 janvier 1985,
était prise en considération la mention de son retrait au registre du commerce et des
sociétés, lorsque la cessation des paiements de la personne morale était antérieure à cette
inscription (C. com., art. L. 621-15, anc. al. 2). C'est ce qui fut d'ailleurs décidé sous l'empire
de la loi du 13 juillet 1967, à propos d'une associée en nom collectif qui avait cédé ses parts
après la date de cessation des paiements de la société. Elle restait indéfiniment et
solidairement obligée aux dettes sociales, si bien que le syndic était fondé à la faire déclarer
personnellement en état de liquidation de biens, sans qu'elle puisse demander au tribunal de
surseoir à statuer jusqu'à la fin de la procédure pénale ouverte contre son coassocié, celle-ci
ne pouvant avoir d'incidence sur la liquidation de biens de la société (Com. 17 déc. 1974, Bull.
civ. IV, n o 332 ; Rev. sociétés 1975. 459, note A.H. ; RTD com. 1976. 111, note Champaud).
En pratique, aussi longtemps que l'associé ne s'était pas fait radier du registre du commerce
et des sociétés, même si son départ avait été publié dans un journal d'annonces légales
(Com. 10 févr. 1970, D. 1970. 441, note A. P. ; RTD com. 1970. 504, n o 13, obs. Houin ; Rev.
sociétés 1970. 458, note Honorat), il s'exposait à une mise en redressement ou en liquidation
judiciaire (Paris, 13 avr. 1967, RTD com. 1967. 857, n o 7, obs. Houin. – Paris, 29 juin 1967,
D. 1968. Somm. 75 ; RTD com. 1968. 1135, n o 10, obs. Houin. – En ce sens, Com. 30 mai
1989, BJS 1989. 724). Au contraire, en cas de radiation, passé le délai d'un an, il se trouvait à
l'abri d'une procédure collective. Il n'en demeure pas moins que, de tout temps, il est
responsable du passif antérieur à la publicité de son départ pendant la durée de prescription
de cinq ans qui court à compter de la publication de la dissolution de la société (C. com.,
art. L. 237-13 ). Ainsi, les créanciers sociaux qui, en raison de l'expiration du délai d'un an,
ne peuvent obtenir l'ouverture d'une procédure collective des associés, ont la possibilité de
poursuivre ceux-ci en paiement du passif antérieur à leur retrait au titre de leur solidarité
statutaire édictée par les articles L. 221-1 et L. 222-1 du code de commerce.

2° - Dette sociale postérieure au départ de l'associé

380. Exonération des dettes sociales postérieures au retrait. - L'associé retiré n'est pas,
en principe, tenu des dettes sociales contractées postérieurement à son départ, plus
précisément à la publicité régulière de ce départ. Décider différemment revient à admettre son
engagement à vie, quand la société est constituée pour une durée illimitée ou pour une durée
qui excède celle de l'espérance de vie normale d'un être humain. Les textes sont bien loin
d'instaurer une solution aussi draconienne. Au contraire, en exigeant la publication du nom
des associés et des modifications relatives à leur situation personnelle, les dispositions sur le
registre du commerce et des sociétés induisent qu'un associé en nom collectif n'est pas
responsable des dettes contractées après son départ du groupement. L'associé sortant peut
cependant répondre du passif social dans deux cas : – lorsqu'il n'a pas fait publier son départ
dans les formes prescrites par la loi, si bien qu'en pratique on tient compte de la date de
publication de son retrait de la société pour déterminer son obligation au passif social. Il a
donc tout intérêt à vérifier que les représentants légaux de la société ont accompli cette
formalité ; – quand, ayant cautionné les dettes de la société sans limitation de durée, il n'a
pas pris soin de dénoncer son engagement au moment de son retrait.

381. Exonération du gérant non-associé. - Les associés en nom collectif étant seuls
solidairement responsables des dettes sociales, le gérant non associé n'y est pas
personnellement tenu, peu importe qu'il quitte ou non la société. Il en va autrement du gérant
associé qui, étant obligé au passif en tant qu'associé et non comme représentant du
groupement, demeure solidairement responsable s'il cesse ses fonctions de gérant sans
quitter la société.

B - Responsabilité de l'associé rentrant


382. Responsabilité de tout le passif social. - Le nouvel associé qui entre dans la SNC en
cours de vie sociale, répond de tout le passif social, même antérieur à son entrée (AMIOT, De
la responsabilité à raison du passif social déjà formé du nouvel associé qui entre dans une
société en cours d'entreprise, Ann. dr. com. 1900. 281). Cette règle fort avantageuse pour les
créanciers se justifie par le fait que l'intéressé a nécessairement connaissance de l'existence
et de la consistance du passif social ; il l'a en effet pris en considération pour évaluer le prix
des parts acquises ou calculer le nombre de parts octroyées en contrepartie de son apport.
Elle résulte d'une stricte application des termes de l'article L. 221-1 du code de commerce
(Req. 12 mars 1928, S. 1928. 1. 226 ; Journ. sociétés 1929. 98, note Cordonnier. – Com.
21 oct. 2008, n o 07-16.654, 2 esp., RJDA 2009, n o 39). Cette situation est comparable à celle
où une SARL ou une société par actions se transforme en société en nom collectif. En pareil
contexte, les associés répondent indéfiniment et solidairement des dettes souscrites par la
société sous sa forme ancienne. La solution est logique. Par son entrée dans la société, le
nouvel associé se voit attribuer toutes les charges sociales qui pèsent sur le groupement. Se
trouve tenu aux dettes sociales, outre le nouvel associé subrogé, en vertu d'une clause
formelle et dûment publiée des statuts, aux droits et obligations du cédant, tout associé
entrant dans une société en exécution d'une délibération des associés. Le créancier social a
ainsi à sa disposition un débiteur solidaire supplémentaire.
383. Redressement ou liquidation judiciaire de la société. - En cas de redressement ou de
liquidation judiciaire de la société, les créanciers sociaux détenteurs d'un titre antérieur à
l'arrivée du nouvel associé peuvent se faire payer sur les apports de ce dernier, dans la
mesure où ces apports se trouvent confondus avec le capital social dans une même masse.

384. Obligation ne relevant pas de l'ordre public. - L'obligation de l'associé en nom collectif
aux dettes sociales antérieures à son entrée ne relève pas de l'ordre public. Une stipulation
statutaire régulièrement publiée peut exonérer le nouvel associé du passif social. Cette clause
impérativement connue des tiers soustrait le cessionnaire à l'action de ceux-ci qui, par
ailleurs, ont la possibilité de poursuivre le cédant. À ce propos, les parties décident souvent
entre elles par une clause de garantie de passif, que le cédant s'engage à faire siennes des
dettes sociales antérieures à l'entrée du cessionnaire dans la société, sans qu'aucune
formalité particulière soit nécessaire (COURET, L'exécution de clauses de garantie de passif,
BJS 1987. 73. – FREY RIA, Réflexions sur la garantie conventionnelle dans les actes de droits
sociaux, JCP E 1992. I. 146. – MOUSSERON, Les conventions de garantie dans les cessions de
droits sociaux, 1992, Nouvelles éditions fiduciaires). Une semblable disposition ne suscite
guère de difficultés, lorsqu'elle ne poursuit pas un autre but que celui de répartir la
contribution au passif social entre le cédant et le cessionnaire. En revanche, son opposabilité
aux tiers est incertaine, même lorsqu'elle a été publiée au registre du commerce et des
sociétés. Il a été notamment jugé que la procédure collective de la société doit être étendue
à un nouvel associé acquéreur de parts, même s'il est stipulé dans les statuts que le
cessionnaire ne répondra pas des dettes postérieures à la cession (Paris, 13 janv. 1995, RJDA
1995, n o 445 ; BJS 1995. 262, 2 arrêts, note Jeantin). Quoi qu'il en soit, la règle
d'engagement indéfini et solidaire des associés en nom collectif, répondant à un objectif de
protection des créanciers sociaux, ne s'oppose pas à l'acceptation par eux, à condition qu'elle
soit expresse, d'un changement de débiteur (Com. 4 janv. 1994, préc. supra, n o 376). Sous
cette même réserve, le créancier pourrait également renoncer à la solidarité pour une
opération déterminée (Civ. 16 mars 1942, JCP 1942. II. 1854, note Bastian).
385. Absence de disposition statutaire ou de clause de garantie du passif. - Reste à savoir
si en l'absence d'une disposition statutaire ou d'une clause de garantie du passif, de simples
réserves formulées par le nouvel associé et expressément publiées suffisent à l'exonérer de
son obligation au passif social antérieur à son arrivée dans le groupement. Il ne le semble
pas, dans la mesure où les créanciers sociaux peuvent toujours arguer d'une méconnaissance
ou d'une connaissance insuffisante de ces réserves. De surcroît, il a été jugé que
l'engagement souscrit par le cessionnaire des parts d'une société en nom collectif de régler
les dettes sociales antérieures à la réalisation de la cession, aux lieu et place du cédant, est
inopposable au créancier de la société ; l'opposabilité au créancier de la substitution du
débiteur suppose l'accord du premier (Grenoble, 6 mars 1990, Dr. sociétés 1990, n o 318).

Art. 2 - Mise en œ uvre de l'obligation aux dettes sociales


386. Évolution législative. - Avant la loi de sauvegarde des entreprises n o 2005-845 du
26 juillet 2005, l'obligation aux dettes des associés en nom collectif marquée par la
responsabilité indéfinie et solidaire de ceux-ci constituait pour eux une très sérieuse menace
de redressement ou de liquidation judiciaire, à la suite de l'ouverture d'une procédure
collective à l'encontre de la société. En effet, les membres et associés indéfiniment et
solidairement responsables du passif social subissaient par ricochet la procédure de
redressement ou de liquidation judiciaire ouverte à l'égard du groupement auquel ils
appartenaient (VINCENTI, Le sort des associés indéfiniment responsables des dettes sociales,
LPA 17 févr. 2006, n o 35, p. 52). Cette règle évidente pour les associés en nom collectif et les
associés commandités puisqu'ils ont la qualité de commerçant, l'était moins pour les associés
des sociétés civiles professionnelles dont l'obligation aux dettes sociales était, à cette
époque, indéfinie et solidaire, et à un moindre degré, pour les membres des groupements
d'intérêt économique.

387. Critique de l'ancien régime. - Cette mise en procédure collective quasi systématique,
difficilement admissible et critiquée pour ne pas prendre en considération la situation propre à
chaque associé, en dehors de l'option entre le redressement et la liquidation judiciaire, a été
supprimée par la loi du 26 juillet 2005 (Com. 16 juin 2009, n o 08-10.232 , Bull. civ. IV,
n o 83 ; Gaz. Pal. 1 er et 3 nov. 2009, p. 18, obs. Lebel). Dorénavant, ces personnes sont
soumises au droit commun des procédures collectives. Cela signifie entre autres, qu'elles
peuvent, en qualité de dirigeant, être poursuivies en responsabilité pour insuffisance d'actif
(C. com., art. L. 651-2 ). Néanmoins, quand elles ne sont pas immatriculées en tant que
commerçants, ce qui est le cas des associés en nom collectif, l'amélioration de leur situation a
pour contrepartie l'impossibilité de solliciter elles-mêmes l'ouverture d'une procédure
collective et de profiter de la suspension des poursuites individuelles des créanciers sociaux.

388. Conditions, procédure et effets. - Dans le cadre d'une société in bonis, l'application aux
associés en nom collectif de leur responsabilité indéfinie et solidaire suppose l'existence de
conditions et l'observation d'une procédure ; elle entraîne des effets.

§ 1 er - Conditions de mise en œ uvre de l'obligation aux dettes sociales


389. Double condition. - L'obligation aux dettes suppose que soit remplie une double
condition. Il convient, en premier lieu, que la dette soit sociale, ce qui signifie qu'elle ait été
contractée par un gérant agissant au nom de la société et dans les limites de l'objet social
(Pau, 26 juin 1962, RTD com. 1963. 371, n o 7, obs. Houin. – C. com., art. L. 221-4 et
art. L. 221-5 . – V. aussi, sur la notion du passif social, CHAMPAUD, obs. sous Grenoble,
11 janv. 1966, RTD com. 1967. 792, n o 5). C'est le cas des honoraires dus à un avocat chargé
de défendre les intérêts d'une SNC dont répondent indéfiniment et solidairement les associés,
fussent-ils supportés par un seul d'entre eux dans les rapports avec son créancier (Civ. 2 e,
21 mai 2015, n o 14-17.771 , BJS 2015. 502, note Sotiropoulou). Ce n'est, en revanche, pas le
cas de dettes personnelles, même garanties par des cautionnements hypothécaires de la SNC
(Com. 14 juin 2000, JCP E 2000, n o 35, p. 1310 ; RJDA 2000, n o 877 ; Dr. sociétés 2000,
n o 127, obs. Vidal et nov. 2000, n o 150, obs. Bonneau ; BJS 2000. 1095, note Dereu). En cas
de contestation, il appartient au créancier qui met en cause les associés, de démontrer le
caractère social de la dette. Cette preuve doit être apportée « avec certitude non pas
nécessairement avant l'exercice des poursuites contre l'associé, mais du moins avant sa
condamnation, ce qui est différent » (HÉMARD, TERRÉ et MABILAT, op. cit. [supra, n o 226],
n o 244). Elle résulte souvent d'un titre (acte notarié ou jugement) produit par le créancier, et
parfois de l'aveu ou de l'acceptation des associés. Elle peut être établie contradictoirement au
cours d'une instance dirigée contre les associés, le gérant étant mis en cause. Les juges du
fond sont souverains pour apprécier le caractère social de la dette.

390. Allégation préalable du défaut de caractère social de la dette. - Les juges du droit
exigent que le moyen issu du défaut de caractère social de la dette soit allégué
préalablement à l'exception de prescription. En effet, si l'associé se prévaut de celle-ci après
avoir invoqué la prescription de l'action du créancier, c'est qu'il a accepté le débat au fond et
reconnu de ce fait à la dette litigieuse son caractère social (Civ. 27 mai 1914, S. 1914. 1. 425,
note Lyon-Caen ; DP 1921. 1. 121, note Lacour). Dès que celui-ci est établi, les associés sont
tenus sans que leur engagement soit nécessairement prévu dans une convention ou dans un
jugement intervenu contre la société ; la condamnation prononcée contre celle-ci est
exécutoire de plein droit contre eux (Civ. 8 avr. 1903, DP 1903. 1. 208).

391. Régime antérieur à la loi de sauvegarde des entreprises. - Ainsi, sous le régime
antérieur à la loi de sauvegarde des entreprises n o 2005-845 du 26 juillet 2005, l'obligation de
l'associé n'existait que si la dette sociale n'était pas d'ores et déjà éteinte. Celui-ci pouvait
se prévaloir du défaut de déclaration du créancier au passif de la société en procédure
collective et de l'extinction qui s'ensuivait, en vertu de l'ancien article L. 621-46 du code de
commerce (Com. 25 nov. 1997, n o 95-16.202 , Bull. civ. IV, n o 309 ; BRDA 24/1997, p. 3 ;
RJDA 1998, n o 472 ; Dalloz Affaires 1998, n o 99, p. 28, 2 e esp. ; BJS 1998. 156, note Le
Cannu ; Dr. sociétés 1998, n o 48, obs. Chaput). À l'heure actuelle, les créances non
régulièrement déclarées dans les délais requis sont inopposables au débiteur durant
l'exécution du plan et, après cette exécution, lorsque les engagements énoncés dans le plan
ou décidés par le tribunal ont été tenus (C. com., art. L. 622-26 , al. 2).
392. Caractère légal de l'obligation. - Il faut, en second lieu, que l'obligation soit légale, en
ce que serait inopposable aux tiers toute clause statutaire, même régulièrement publiée, qui
permettrait à un associé d'échapper complètement à la poursuite des créanciers, de n'être
tenu que dans la limite de son apport ou de ne répondre que de certaines dettes sociales. Il
reste que cette stipulation des statuts conserve toute sa validité dans les rapports des
associés entre eux, dès lors qu'elle ne revêt pas un caractère léonin.

§ 2 - Procédure de mise en œ uvre de l'obligation aux dettes sociales


393. Obligation des associés et obligation de la société. - La responsabilité personnelle,
indéfinie et solidaire des associés est indissociable de celle qu'assume le groupement. En
effet, les créanciers de la société en nom collectif ne disposent pas seulement d'un droit
d'action contre la personne morale ; ils peuvent également poursuivre en paiement les
associés qui ne sont pas pour autant codébiteurs de la dette, leur obligation n'ayant qu'un
caractère subsidiaire. Il s'ensuit que la remise de dette consentie à la société profite aux
associés qui ne peuvent plus être poursuivis (Com. 14 janv. 2004, n o 01-15.770 , RJDA 2004,
n o 579 ; Dr. sociétés 2004, n o 65, obs. Monnet ; BJS 2004. 717, note Lucas). Les associés
n'étant pas contractuellement liés au créancier de la société peuvent agir
reconventionnellement en responsabilité délictuelle contre le créancier qui les poursuit
(Civ. 3 e, 8 nov. 2000, n o 95-18.331 , RJDA 2001, n o 336. – Com. 2 juin 2015, n o 13-25.337
, RJDA 10/2015, n o 675. – Nîmes, 18 sept. 2003, RJDA 2004, n o 1230. – Versailles, 27 janv.
2011, RJDA 2011, n o 637, relatifs à des sociétés civiles, mais transposables). Ainsi, une
banque ayant consenti un prêt à une société a été condamnée à indemniser un associé pour
avoir tardé à le poursuivre en paiement des dettes sociales, dès lors que ce retard non justifié
a causé à l'associé un préjudice constitué par le cours des intérêts du prêt durant cette
période (Versailles, 27 janv. 2011, préc.). La condamnation prononcée contre la société vaut
contre les associés, alors même que le jugement intervenu n'a pas expressément fait état de
l'engagement de ces derniers. Cette disposition ne concerne pas seulement la société en nom
collectif ; comme préalablement dit, elle s'adresse également aux sociétés civiles de
construction-vente (L. n o 71-579 du 16 juill. 1971, CCH, art. 2, devenu, art. L. 211-2 ) et aux
groupements d'intérêt économique (C. com., art. L. 251-6 ), mais non comme auparavant
aux sociétés civiles professionnelles dont la responsabilité des associés est indéfinie et
conjointe comme dans la société civile de droit commun (L. n o 66-879 du 29 nov. 1966,
art. 15. – V. supra, n o 6).

394. Mise en demeure préalable de la société. - L'obligation aux dettes incombe d'emblée à
la société qui doit en répondre sur son propre patrimoine. Aussi, les créanciers sociaux
doivent-ils, préalablement à l'exercice de l'action contre un associé, mettre la société en
demeure de payer par acte extrajudiciaire. Un tel acte ne peut émaner que d'un huissier de
justice, une lettre recommandée avec avis de réception ne saurait être valable (Com. 1 er juin
1993, n o 91-16.887, RJDA 1993, n o 625 ; BJS 1993. 1044, note Daigre ; Dr. sociétés 1993,
n o 187, obs. Le Nabasque ; JCP E 1994. I. 331, n o 12, obs. Viandier et Caussain. – Com.
14 juin 2000, préc. supra, n o 389). Il a été ainsi jugé que le comptable du Trésor, tenu de
mettre en demeure par courrier recommandé avec demande d'avis de réception une SNC avant
d'engager des poursuites contre elle, n'est pas dispensé, lorsqu'il envisage d'agir contre les
associés en nom collectif, de mettre en demeure cette société conformément à l'article L. 221-
1 du code de commerce (Com. 19 déc. 2006, n o 02-21.333 , Bull. civ. IV, n o 262 ; RJDA 2007,
n o 501 ; BJS 2007. 472, note C. Regnaut-Moutier, D. 2007. AJ 92, obs. Lienhard . – Sur cet
arrêt, CERATI-GAUTHIER, Mise en demeure des associés d'une société en nom collectif en
procédure collective, RLDA mars 2007, n o 796. – V. aussi NURIT-PONTIER, L'obligation aux
dettes sociales des associés de sociétés à risque illimité, BJS 2008. 152. – Sur renvoi, Aix-en-
Provence, 13 nov. 2008, RG n o 07/5333, BRDA 9/2009, n o 2 ; RJDA 2009, n o 657, selon lequel
la mise en demeure n'est pas vaine lorsque le remboursement de la créance est prévu dans le
plan de redressement de la société, sauf inexécution de celui-ci. – Com. 20 févr. 2007, n o 05-
19.608 , Dr. fisc. 2007. 663, mise en demeure préalable de la société, par le comptable
agissant en recouvrement d'une dette fiscale). Il y a vaine mise en demeure, lorsqu'il n'y a ni
paiement, ni constitution de garanties par la société dans les huit jours (Com. 10 févr. 2015,
n o 14-10.612 , F-D). Si la société a été mise en redressement ou en liquidation judiciaire
avant l'engagement des poursuites contre les associés en nom collectif, la déclaration de
créance qui vaut mise en demeure rend inutile la délivrance d'une mise en demeure par acte
extrajudiciaire à cette même société. La mise en demeure est considérée comme vaine si
dans les huit jours, éventuellement prolongés par ordonnance du président du tribunal de
commerce statuant en référé, la société n'a pas payé sa dette ou constitué des garanties
(C. com., art. L. 221-1 et art. R. 221-10 ).
395. Défaillance de la personne morale. - Ce n'est qu'en cas de carence de la personne
morale, que la poursuite des associés peut intervenir (Paris, 8 oct. 1999, préc. supra,
n o 231) ; d'où l'irrecevabilité de l'action dirigée contre un associé poursuivi en même temps
que la société (Civ. 3 e, 5 déc. 2001, n o 00-14.522 , Dr. sociétés 2002, n o 29, obs. Lucas). En
outre, une exécution forcée implique la détention par le créancier d'un titre exécutoire à
l'égard de la personne même qui doit exécuter. Aussi, le titre délivré à l'encontre d'une
société n'emporte pas le droit de saisir les biens des associés, fussent-ils indéfiniment et
solidairement tenus du passif social, faute de titre exécutoire pris contre eux (Civ. 2 e, 19 mai
1998, n os 96-12.944 et 96-13.268, Bull. civ. II, n o 161 ; Dalloz Affaires 1998, n o 122,
o
p. 1089 ; RJDA 1998, n 1289 ; D. 1998. 405, concl. Tatu ; BJS 1998. 1182, note Daigre ;
RTD civ. 1998. 933, obs. Gautier , conf. Paris, 12 déc. 1995, RJDA 1996, n o 358. – V. aussi
Com. 26 oct. 1999, n o 97-17.823 , RJDA 2000, n os 39 et 85. – Civ. 2 e, 15 janv. 2004, n o 34
F-PB, RJDA 2004, n o 750 ; BJS 2004. 711, note Lucas, à propos d'un GIE, mais transposable. –
Com. 3 mai 2006, n o 03-15.462 , Bull. civ. IV, n o 112 ; BRDA 10/2006, n o 5 ; RJDA 2006,
n o 917 ; D. 2006. AJ 1532, obs. Lienhard ; Rev. sociétés 2007. 88, note Moury . –
TRUCHOT, L'exigence d'un titre exécutoire à l'égard des associés pour le recouvrement par les
comptables du Trésor des dettes fiscales de la SNC, RJF 2006. 849).

396. Compétence du juge commercial des référés. - Cette disposition apparemment


anodine, est en réalité pleine d'enseignements. En effet, elle confère au juge commercial des
référés une compétence qui n'est pas celle du droit commun de l'article 1244-1 du code civil
en matière de délais de grâce (futur art. 1343-5). Ce texte intervient à l'occasion du jugement
de condamnation lui-même ou suppose une condamnation antérieure. À l'opposé, l'article
R. 221-10 du code de commerce permet l'octroi de délais avant l'exercice des poursuites ; il
semble indiquer que l'offre par la société d'une constitution de garantie peut arrêter les
poursuites contre l'associé en cause.

397. Concours entre les créanciers sociaux et les créanciers personnels. - Quand les
créanciers sociaux s'en prennent ainsi aux associés, ils le font en tant que créanciers
personnels de ceux-ci ; par conséquent, ils viennent en concours avec les autres créanciers
personnels des associés. L'associé en nom collectif n'a pas un bénéfice de discussion
identique à celui dont profite la caution ou l'associé d'une société civile, car il nuirait au crédit
de la société et provoquerait des lenteurs incompatibles avec l'exigence de rapidité du monde
des affaires. En effet, la poursuite de l'associé n'est pas subordonnée à l'inefficacité de
l'action intentée contre la personne morale, c'est-à-dire à l'insolvabilité de cette dernière. Une
simple mise en demeure suffit, pourvu qu'elle soit infructueuse. Peu importe les motifs de la
société, qu'elle ne puisse ou ne veuille pas payer ; le refus de payer suffit.

398. Associé garant de la société. - Cette situation s'explique par le fait que l'associé en
nom collectif n'est ni la caution, ni le débiteur solidaire de la société, mais son garant. Les
associés étant débiteurs subsidiaires, mais non coobligés de la société débitrice principale, il
incombe au porteur du chèque impayé émis par cette dernière de rapporter la preuve de la
dette sociale dont il leur réclame le paiement, une telle preuve ne pouvant résulter du seul
titre exécutoire obtenu contre la société (Com. 20 mars 2012, n o 10-27.340 , Bull. civ. IV,
n o 61 ; BRDA 7/2012, n o 3 ; D. 2012. 874, obs. Lienhard ; Dr. sociétés 2012, n o 102, obs.
Roussille ; Rev. sociétés 2012. 577, note Dexant de Baillencourt . – Sur cet arrêt, GIBIRILA,
Conditions de l'obligation aux dettes sociales des associés en nom collectif, RJDA 2012.
599. – V. aussi, BRIAND, Retour sur la notion de coobligé, BJS 2012. 676), car un titre
exécutoire est susceptible d'être contesté quant à l'existence et au montant de la créance
dont il ordonne le paiement (Civ. 2 e, 21 mars 2002, n o 00-18.657 , Bull. civ. II, n o 51. –
Civ. 2 e, 11 sept. 2003, n o 01-13.652 , RJDA 2/2004, n o 219). Néanmoins, le titre exécutoire
reconnu par une décision de justice irrévocable ne peut être remis en cause à propos de
l'existence de la créance visée (Civ. 1 re, 4 oct. 2005, n o 03-13.375 , RJDA 2/2006, n o 189).
Cet associé ne peut non plus arguer du bénéfice de division. En vertu de la solidarité, les
créanciers sont fondés à réclamer à l'un quelconque des associés le paiement intégral de la
dette. L'insolvabilité de l'un des membres de la société ne peut porter préjudice à l'ensemble
des créanciers. La division volontaire des poursuites ne fait pas supporter au créancier le
risque d'insolvabilité de l'un des associés. Il s'agit d'une dette sociale et non d'une dette
personnelle que les associés acquittent quand ils désintéressent un créancier de la société sur
le fondement de leur obligation aux dettes (Civ. 3 e, 6 mai 2015, n o 14-15.222 , RJDA
7/2015, n o 506, à propos d'une société civile, mais transposable notamment aux SNC). La
créance de remboursement détenue par un associé en nom collectif, qui a acquitté les dettes
de la société à l'égard d'un autre associé, a pour origine l'engagement solidaire contracté, aux
termes de l'article L. 221-1 du code de commerce, envers la société, et ne naît pas au
moment du paiement. Qu'ayant constaté que la SNC avait été créée entre deux associés en
1991 et que l'un d'eux avait été mis en redressement judiciaire le 13 novembre 1993, la Cour
de cassation a considéré que la cour d'appel a exactement retenu que la créance dont se
prévaut le second à l'égard du premier, antérieure au jugement d'ouverture, devait être
déclarée et que faute de déclaration, elle est éteinte, par application des dispositions légales
antérieures à l'entrée en vigueur de la loi n o 2005-845, du 26 juillet 2005 de sauvegarde des
entreprises (Com., 20 mars 2019, n o 15-26.171, BRDA 8/2019, n o 5 ; JCP E 2019, n o 36, 1407,
note Lebel).

399. Saisine du président du tribunal de commerce. - Toujours est-il qu'afin d'obtenir une
prolongation de délai de la part du président du tribunal de commerce, tout associé doit le
saisir avant toute poursuite du créancier. La prorogation effective du délai rend irrecevable
l'assignation antérieurement lancée par un créancier. Une nouvelle assignation doit être
signifiée pour que le tribunal soit valablement saisi.

400. Acceptation des garanties par le créancier. - Les garanties éventuellement constituées
par la société qui, selon l'article R. 221-10 du code de commerce, permettent à l'associé
d'échapper à l'action du créancier, doivent être acceptées par ce dernier à qui le président de
la juridiction commerciale ne saurait imposer. Toujours est-il que l'affectation hypothécaire
consentie lors de l'ouverture d'un crédit ne s'assimile pas à une constitution de garantie de
paiement d'une dette sociale qui ne devient exigible que par l'effet de la mise en demeure
délivrée par le créancier et qui peut se révéler bien supérieure aux montants des engagements
initialement garantis. Décider du contraire reviendrait à nier le principe de solidarité des
associés en nom collectif et à mettre en échec toute poursuite contre lesdits associés, dès
lors qu'une garantie, si minime soit-elle, aurait été prise par le créancier sur la société, lors
de l'engagement initial (Versailles, 14 janv. 1999, RTD com. 1999. 442, obs. Champaud et
Danet ; RJ com. 1999. 423, obs. Maury ; BJS 1999. 581, note Ginestet. – Paris, 19 nov.
2013, RG n o 11/21510, BRDA 24/2013, n o 2 ; RJDA 3/2014, n o 421).

401. Inobservation de la règle de la mise en demeure préalable de la société. - La


technique de mise en demeure préalable répond au souci d'équité et aux nécessités de
rapidité et d'économie qu'implique le droit des affaires. Elle met les associés à l'abri de
poursuites intempestives, alors que la société est en mesure d'assumer ses engagements.
Elle assure également au groupement un crédit suffisant auprès des tiers. Ce système est
plus souple que celui auquel se trouve confrontée la société civile de droit commun qui
consiste en une poursuite vaine et préalable (C. civ., art. 1858 . – GIBIRILA, L'obligation aux
dettes sociales dans les sociétés civiles, Defrénois 1998. 625). L'inobservation par le créancier
de la règle de la mise en demeure préalable de la société rend irrecevable son action. À
supposer même que l'obligation soit exécutoire sans mise en demeure de la personne morale,
celle-ci n'en reste pas moins indispensable pour que l'action contre les associés soit
recevable, car cette formalité est légale, et qui plus est, destinée à sauvegarder les intérêts
des tiers.

402. Exception à la règle de la mise en demeure préalable de la société. - Cette mise en


demeure ne s'impose pas si l'associé poursuivi s'est personnellement engagé aux côtés de la
société, notamment en avalisant une lettre de change tirée par la société ou contre elle. Elle
n'est pas non plus requise quand l'associé assigné en paiement d'une dette sociale, l'est
conjointement à la société qui se trouve dans l'impossibilité notoire de payer (Paris, 17 avr.
1975, Gaz. Pal. 1975. 2. 442). Elle ne l'est pas davantage lorsque le créancier poursuivant a
produit et été admis au passif de la société mise en liquidation judiciaire, alors même que les
associés n'ont pas fait l'objet d'une procédure collective (Com. 9 janv. 2001, n o 98-10.761 ,
BJS 2001. 365, note Lucas). En d'autres termes, la mise en demeure est inutile, lorsque la
créance a été déclarée, la déclaration se substituant au formalisme de l'acte extrajudiciaire
(Cass., ch. mixte, 18 mai 2007, Defrénois 2007. 1571, obs. Gibirila ; Dr. sociétés 2007,
n o 130, obs. Lucas ; JCP E 2007, n o 27, 2157, note Cérati-Gauthier ; JCP N 2007, n o 43, 1271,
note Guyader, LPA 14 août 2007, n o 162, p. 18, note Vinckel ; RJDA 2007. 766, rapp.
Besançon, à propos d'une SCI mais transposable). L'associé est personnellement débiteur des
intérêts moratoires nés de son retard à désintéresser le créancier social. Celui-ci est donc
fondé à lui réclamer ces intérêts sans les avoir préalablement demandés à la société (Com.
21 janv. 2014, n o 12-26.461 , RJDA 4/2014, 355, à propos d'une société civile, mais
extensible).

403. Mainlevée de la saisie conservatoire. - Le caractère subsidiaire de l'engagement de


l'associé s'oppose à ce que le créancier d'une société en nom collectif poursuive la vente des
meubles d'un membre de celle-ci, saisis à titre conservatoire, sans avoir préalablement
obtenu un titre exécutoire à l'encontre de cet associé (Civ. 2 e, 19 mai 1998, préc. supra,
n o 395). Il convient donc d'ordonner la mainlevée de la saisie conservatoire devenue caduque
(Paris, 12 déc. 1995, RJDA 1996, n o 358. – En ce sens, Com. 26 oct. 1999, préc. supra,
n o 395).
404. Recevabilité de l'action des créanciers sociaux. - L'action des créanciers sociaux contre
un associé en nom collectif n'est recevable que si la société est in bonis. Effectivement, le
jugement d'ouverture d'une procédure collective à son encontre suspend toute poursuite
individuelle contre la société et donc contre ses membres, émanant des créanciers dont la
créance a son origine antérieure audit jugement et tendant au paiement d'une somme
d'argent (C. com., art. L. 622-21 , I, 1 o). Dans ce cas, la sommation de payer doit être
délivrée au représentant des créanciers et à l'administrateur judiciaire de la société en
redressement judiciaire.
405. Liquidation de la société. - Qu'en est-il en cas de liquidation de la société ? La situation
varie selon que cette liquidation est en cours ou complètement achevée. La société qui n'est
pas définitivement liquidée subsiste comme personne morale pour les besoins de la
liquidation (BOUILLOUX, article préc., Rev. sociétés 1994. 393 ) ; elle doit donc être mise en
demeure en la personne de son liquidateur. En revanche, la décision de clôture des opérations
de liquidation prise en assemblée générale des associés ou intervenue judiciairement fait
disparaître la personne morale. Les créanciers sociaux n'ont plus en face d'eux que les
associés solidairement tenus du passif social et devenus débiteurs principaux. Chacun de
ceux-ci répond de l'intégralité de la dette sociale (Com. 16 juin 1969, Bull. civ. IV, n o 226),
une mise en demeure de la société n'étant pas concevable (T. civ. Seine, 7 mars 1913, Journ.
sociétés 1914. 316).
406. Poursuite de l'exploitation sociale. - Mais, si au lieu de procéder à la liquidation de la
société, le liquidateur en poursuit l'exploitation à des fins personnelles, sans que celle-ci se
justifie par les besoins de la liquidation, les actes d'exploitation accomplis par lui n'engagent
ni la société, ni les associés (Com. 27 oct. 1969, Bull. civ. IV, n o 312).

§ 3 - Effets de la mise en œ uvre de l'obligation aux dettes sociales

A - Répartition des dettes entre les associés


407. Obligation proportionnelle à la part dans le capital social. - À l'instar de la contribution
aux pertes sociales (V. infra, n os 412 s.), en l'absence de texte, chaque associé supporte le
passif à proportion de sa part dans le capital social (C. civ., art. 1844-1 ). Une disposition
expresse des statuts peut toutefois aménager différemment la répartition de la dette sociale,
dès lors qu'elle n'est pas léonine. Est ainsi valable entre associés, tandis qu'elle est privée
d'effet vis-à-vis des tiers, même si elle a été publiée, toute clause affranchissant l'un d'eux
de la contribution à la dette excédant l'actif social, son apport ou même une certaine somme.
L'associé qui a payé au créancier plus que sa part contributive se trouve subrogé dans les
droits de ce dernier, afin d'en réclamer le remboursement à ses coassociés. Sauf clause
contraire, l'apporteur en industrie contribue à la dette comme l'apporteur en capital le plus
modique. Cette règle pose quelques problèmes pratiques du fait qu'un apporteur en industrie
étant susceptible de se joindre aux apporteurs en numéraire ou en nature détenteurs de la
totalité du capital, va inévitablement réduire la part contributive de ces derniers. Ainsi, en
présence de trois associés apporteurs d'un tiers du capital social et d'un associé apporteur en
industrie, celui-ci va contribuer comme chacun des autres pour un quart et non un tiers de la
dette.

408. Obligation à la dette sociale du cédant et du cessionnaire. - La participation à la dette


sociale peut engendrer une autre difficulté à l'occasion d'une cession de parts, quand le
cédant et le cessionnaire sont tous deux obligés à cette dette. S'agissant des mêmes droits
sociaux représentant une certaine fraction du capital social, ils ne peuvent l'un et l'autre
contribuer pour cette quote-part. Lequel d'entre eux doit donc contribuer ? La réponse à cette
question est évidente lorsqu'existe une clause de garantie de passif. Dans ce cas, le cédant
qui a tout payé ou sa part contributive ne dispose d'aucun recours contre le cessionnaire.
Réciproquement, le cessionnaire placé dans une situation identique, ne bénéficie pas d'un
recours à l'encontre de l'autre. En l'absence d'une clause de garantie de passif, rien ne permet
de faire supporter la charge de la dette au cédant ou au cessionnaire. La répartition à parité
égale de la charge définitive s'avère la solution la plus équitable. Tout autre est la situation
de l'associé qui, à la suite d'une opération, devient créancier de la société ; il se comporte
alors à son égard comme un tiers.

B - Effets issus de la nature juridique de l'obligation des associés


409. Codébiteurs ou cautions solidaires. - Les relations entre la société en nom collectif et
ses membres sont comparables à celles qui existent soit entre les codébiteurs solidaires, soit
entre les cautions solidaires, la mise en demeure préalable de la personne morale étant
exigée dans les deux cas. Les effets de la solidarité passive étant communs à ces deux
situations, le choix de l'une ou de l'autre solution demeure conditionné par la possibilité ou
non pour les associés, selon qu'ils sont cautions solidaires ou codébiteurs solidaires, de
recourir pour le tout contre la société en cas de paiement intégral de la dette sociale et de
disposer d'un bénéfice de subrogation. Compte tenu du caractère subsidiaire de leur
engagement que le législateur a mis en exergue en instituant la règle de la mise en demeure
préalable, la doctrine et la jurisprudence ont considéré plus logique d'appliquer les effets du
cautionnement solidaire (HÉMARD, TERRÉ et MABILAT, op. cit. [supra, n o 226], n o 243).
Effectivement, les associés ne sont pas codébiteurs de la société, puisqu'ils ne se sont pas
engagés personnellement avec elle. Au regard de cette option, il s'avère que l'associé qui, sur
le fondement de son obligation indéfinie et solidaire, s'est acquitté d'une dette sociale,
dispose d'un recours pour son intégralité contre la société (Paris, 8 oct. 1999, préc. supra,
n o 231). Comme préalablement dit, c'est le groupement, débiteur principal de la dette, qui
doit en assumer la charge définitive, quitte pour l'associé solvens de lui réclamer ce qu'il a
payé en ses lieu et place. Eu égard à la subrogation dont il bénéficie de plein droit (C. civ.,
art. 1251-3 o ; futur art. 1346 ), l'associé qui paie une dette incombant à la société peut user
des sûretés que possédait le créancier à l'égard de cette dernière. Cette subrogation joue
pour le tout contre la personne morale. L'associé dispose également du bénéfice de cession
d'actions. Il en résulte qu'une société en nom collectif n'est pas fondée à se prévaloir des
dispositions de l'article 1285 du code civil (futur art. 1350-1 ) pour soutenir être déchargée
de ses obligations de remboursement de l'ouverture de crédit, qu'une banque lui avait
consentie, en invoquant l'accord de règlement amiable intervenu entre ses créanciers et l'un
des associés. Dès lors que cette société reste obligée par la dette, l'un des associés ne
saurait se prétendre libéré, même partiellement, en invoquant la décharge consentie par le
créancier de la société à un autre associé (Paris, 8 oct. 1999, préc. supra, n o 231).

410. Pluralité de conséquences. - La solidarité passive qui régit les rapports entre les
associés et la société génère plusieurs conséquences. La première conséquence a trait à
l'interruption de prescription à l'encontre de la société : elle est opposable aux associés. Si le
groupement se trouve en liquidation, la dette des associés non liquidateurs se prescrit par
cinq ans à compter de la publication de la dissolution de la société au registre du commerce
(C. com., art. L. 223-9 ). Quant aux actions engagées contre le liquidateur ès qualités, elles
se prescrivent par trois ans à compter du fait dommageable ou, s'il a été dissimulé, de sa
révélation (C. com., art. L. 225-254 , sur renvoi de l'art. L. 237-12 , al. 2). Le liquidateur
poursuivi comme associé en raison des obligations pesant sur tous les associés, est soumis
au même titre qu'eux à la prescription quinquennale. Selon la deuxième conséquence, la mise
en demeure adressée à la société fait courir les intérêts à l'égard des associés. En ce qui
concerne la troisième conséquence, la chose jugée contre la société est opposable de plein
droit aux associés. Le créancier titulaire d'un titre exécutoire contre la société n'est nullement
obligé, pour que celui-ci soit opposable à l'associé, d'obtenir un jugement envers lui. L'associé
ne peut alors contester le caractère social de la dette. Inversement, les associés peuvent
invoquer à l'encontre des tiers, la décision rendue à la requête du gérant agissant ès qualités.
Enfin, pour la dernière conséquence relative à l'intervention et aux voies de recours, la société
peut être assignée en son siège social, sans que les associés le soient personnellement. À
l'inverse, elle peut agir en justice, sans que ses membres aient à intervenir à l'instance. Cela
n'empêche pas un associé en nom collectif, s'il le juge nécessaire, d'intervenir à l'instance.
Cette règle résulte du statut de caution solidaire reconnu à ces associés. Mais cette situation
les prive du droit de former une tierce opposition. Le refus du bénéfice de cette voie de
recours se justifie par le fait que les associés, compte tenu du lien solidaire qui les unit à la
société, sont véritablement représentés au procès engagé contre cette dernière et peuvent
par conséquent faire appel de la décision rendue.

411. Division des recours contre les coassociés. - L'associé peut également agir contre ses
coassociés (Com. 16 juin 1969, Bull. civ. IV, n o 226), mais doit diviser ses recours, à moins
qu'il n'ait joué le rôle de tiers pour l'opération qui a donné lieu à l'action ; auquel cas, il
dispose d'une action pour le tout, sans avoir à déduire sa quote-part. L'associé qui aurait fait
des avances à la société pourrait également poursuivre ses coassociés (Civ. 25 août 1869, DP
1869. 1. 467). En principe, sauf convention contraire, chaque associé supporte le poids
définitif du passif social en proportion de son apport, en application du droit commun de la
solidarité (Com. 12 oct. 1976, Bull. civ. IV, n o 258).

Section 2 - Contribution aux pertes sociales

Art. 1 er - Distinction entre contribution aux pertes et obligation aux dettes


412. Critère de distinction. - Tandis que l'obligation aux dettes détermine la mesure dans
laquelle les créanciers sociaux, à un moment quelconque de la vie sociale, peuvent poursuivre
un associé en paiement des sommes qui leur sont dues par la société à laquelle il appartient,
il en va différemment de la contribution aux pertes (CARCREFF, La notion de pertes sociales et
l'obligation pour les associés d'y contribuer, Gaz. Pal. 1973. 2. Doctr. 569. – KENDÉRIAN, La
contribution aux pertes sociales, Rev. sociétés 2002. 617 . – Sur la différence entre ces deux
notions, Civ. 3 e, 6 juill. 1994, n o 92-12.389, RJDA 1994, n o 1310 ; BJS 1994. 1105, note
Dereu, à propos d'une société civile de construction-vente, mais transposable. – V. aussi
Paris, 1 er déc. 1999, D. 2000. Somm. 473, obs. Hallouin . – Paris, 12 mai 2000, RJDA 2001,
n o 170. – Lyon, 24 nov. 2005, RJDA 2006, n o 778). Cette dernière n'apparaît en principe qu'au
jour de la dissolution de la société (Com. 3 mars 1975, Bull. civ. IV, n o 56 ; BJS 1975. 665 ;
Rev. sociétés 1975. 54, note Randoux ; RTD com. 1976. 112, obs. Champaud. – Com. 29 oct.
2003, n o 00-17.538 , RJDA 2004, n o 309). En cas de liquidation judiciaire, ce jour correspond
pour les procédures en cours au 1 er juillet 2014 (Ord. n o 2014-326 du 12 mars 2014, art. 116),
au jour du jugement ordonnant la liquidation et, pour les procédures ouvertes à dater du
1 er juillet 2014, au jour du jugement de clôture pour insuffisance d'actif (C. civ., art. 1844-7
, 7 o, mod. par Ord. n o 2014-326 du 12 mars 2014). Il est néanmoins possible et même
fréquent de stipuler dans les statuts ou de décider à l'unanimité que, sous réserve des
limitations légales, les associés devront contribuer aux pertes au fur et à mesure qu'elles
seront mentionnées dans le bilan. Si, à la liquidation de la société, les comptes de celle-ci
font apparaître des pertes, les associés ne pourront rien recevoir, tant qu'elles n'auront pas
été supprimées. Alors que l'obligation aux dettes des associés fait naître une créance au
profit des tiers, la contribution aux pertes de la part des associés engendre une créance de la
société aux dépens de ces derniers. Ceci a pour conséquence d'accroître l'actif social et, par
conséquent, d'augmenter le gage des créanciers sociaux dont l'action va porter sur un
patrimoine social plus important. C'est probablement là une des raisons de la confusion faite
entre les deux notions. Bref, si la première concerne les rapports des associés avec les
créanciers sociaux, la seconde intéresse les relations des associés entre eux.

Art. 2 - Détermination de la contribution aux pertes


413. Stipulation statutaire. - La contribution aux pertes sociales n'est pas régie par des
règles impératives comme l'obligation aux dettes sociales. Aussi, les statuts peuvent-ils
prévoir comme ils l'entendent la répartition des pertes entre les associés, pourvu que le mode
de répartition ne soit pas léonin. Dans le silence des statuts, les pertes sociales se
répartissent au prorata des droits de chaque associé dans le capital social (C. civ., art. 1844-
1 , al. 1 er). Auquel cas, l'associé qui a payé au créancier plus que sa part contributive se
trouve subrogé dans les droits de ce dernier afin d'en réclamer le remboursement à ses
coassociés.

414. Pertes à la charge de l'acquéreur des parts sociales. - En cas de cession de parts
sociales en cours d'exercice social, l'ensemble des pertes de cet exercice est supporté par
l'acquéreur si l'acte ne règle pas expressément leur sort (Paris, 12 mai 2000, RJDA 2001,
n o 170 ; RTD com. 2001. 449, obs. Champaud et Danet , et sur pourvoi rejeté par Com.
31 mars 2004, n o 00-17.043, RJDA 2004, n o 833 ; Dr. sociétés 2004, n o 149, obs. Monnet ; BJS
2004. 1421, note Mousseron). En revanche, la clause statutaire qui se contente de rappeler
l'obligation des associés de contribuer aux pertes ne permet pas d'exiger qu'ils comblent les
déficits en cours de vie sociale (Com. 5 mai 2009, n o 08-14.044 , RJDA 2009, n o 645, rendu
au sujet d'une société civile, mais valable pour une SNC). Le cédant est tenu de contribuer
aux pertes qui ont été affectées, par une décision d'assemblée générale, à son compte
courant d'associé dès lors qu'il ne peut se déduire des clauses de l'acte de cession, qui
stipulaient que le cessionnaire serait subrogé dans les droits et obligations du cédant à
l'égard de la société, que l'acquéreur a accepté d'en supporter la charge (Com. 30 nov. 2004,
n o 01-12.063 , RJDA 2005, n o 262 ; BJS 2005. 631, note Lucas). Pour autant, le cédant
n'étant pas tenu de contribuer dès la clôture de l'exercice à la perte figurant au bilan de la
société, la cession de parts sociales ne saurait avoir pour conséquence de transférer cette
obligation au cessionnaire (Com. 13 nov. 2003, n o 01-14.062 , Dr. sociétés 2004, n o 27, obs.
Monnet ; BJS 2004. 110, note Parot ; RTD com. 2004. 109, obs. Champaud et Danet ; Rev.
sociétés 2004. 365, note Randoux ).

415. Pertes annuelles à la charge de la société. - Tant qu'elle est en mesure de les
supporter, les pertes annuelles demeurent à la charge de la société. Il s'ensuit une diminution
du patrimoine social, et par conséquent, de la valeur des parts sociales (T. com. Vannes,
27 avr. 1973, Gaz. Pal. 1973. 2. 610 ; Journ. sociétés 1973. 255). Chaque associé n'est tenu
de contribuer aux pertes lui incombant qu'au jour de la dissolution de la société. Mais les
statuts peuvent prévoir que les pertes devront être apurées par les associés dès leur
constatation. Dans ce cas, dès l'approbation de la perte par l'assemblée générale, la société
dispose d'un recours contre chacun des associés dans la mesure de la contribution aux dettes
à laquelle il est tenu.
416. Régime de la contribution aux pertes sociales. - La Cour de cassation a eu l'occasion
d'apporter des précisions sur le régime de la contribution aux pertes sociales. Elle a décidé
qu'une cour d'appel a déclaré à bon droit irrecevable l'action engagée par une société en
commandite simple issue de la transformation d'une société en nom collectif, contre d'anciens
membres de cette société, tendant au paiement de leur part dans les pertes d'exploitation
subies. En alléguant que, sauf application des dispositions légales et réglementaires ou de
stipulations particulières, c'est seulement en cas de SNC ou de société en commandite, que
celle-ci peut agir contre ses membres en paiement de ses pertes, la cour d'appel n'a
absolument pas méconnu que l'existence de toute société est subordonnée à l'engagement
des associés de contribuer aux pertes. Elle a pu ainsi décider qu'était irrecevable l'action
litigieuse de la société non dissoute, dès lors qu'était en cause la contribution aux pertes et
non l'obligation aux dettes (Com. 3 mars 1975, préc. supra, n o 412). En revanche, un
liquidateur judiciaire est recevable à agir, sur le fondement de l'article 1832 du code civil,
contre les associés d'une société en nom collectif en fixation de leur contribution aux pertes
sociales (Com. 27 sept. 2016, n o 15-13.348 , BRDA 19/2016, n o 5 ; D. 2016. 1998 ; Rev.
sociétés 2016. 362, note Saintourens ; Rev. sociétés 2016. 768, note Henry ).

Section 3 - Autres obligations

417. Énonciation des obligations. - L'associé qui n'a pas entièrement libéré son apport au
moment de la constitution de la société, doit répondre aux appels du gérant qui peut le
contraindre en justice à honorer ses engagements. Il peut être tenu à une répétition de
dividendes fictifs, tout comme des sommes qui lui auraient été allouées en l'absence de
bénéfice, à titre d'intérêt fixe (C. com., art. L. 232-17 ). Par ailleurs, l'associé peut être tenu
d'une obligation de non-concurrence si les statuts l'envisagent, s'il a fait un apport en
industrie, s'il a apporté un fonds de commerce, ou s'il participe effectivement à l'activité
sociale.

Art. 1 er - Clauses de non-concurrence


418. Portée des clauses. - Les incertitudes liées à la reconnaissance d'une obligation
générale de non-concurrence ont conduit la pratique à forger des clauses restrictives de
concurrence. Celles-ci sont incluses dans les statuts dès la constitution de la société ou en
cours de vie sociale. Mais elles peuvent résulter d'une convention hors statuts ou figurer dans
un acte de cession de parts sociales. Ces clauses visent à interdire à l'associé de développer
une activité concurrente soit par la création d'une entreprise concurrente, soit en se mettant
au service d'une entreprise concurrente. Elles concernent le plus souvent la période durant
laquelle l'associé a cette qualité, mais peuvent également s'attacher à une période
postérieure au retrait.
419. Validité des clauses. - La validité des clauses de non-concurrence est appréciée par la
jurisprudence au regard de leur contenu. Dès lors qu'elles dérogent au principe de la liberté du
commerce et de l'industrie, elles font l'objet d'une interprétation stricte et minutieuse de la
part des tribunaux. Elles doivent s'appuyer en effet sur un motif légitime, un objet précis et
être limitées dans le temps. Ainsi, est nulle la stipulation statutaire en vertu de laquelle les
associés s'interdisent, même après la cession de leurs parts et pendant le délai de cinq ans à
compter de cette cession, de participer directement ou indirectement à des activités
susceptibles de concurrencer l'exploitation de la société. En effet, pour la période postérieure
à la cession, la clause limitée dans le temps, mais illimitée dans l'espace, rend impossible
dans quelque pays que ce soit, compte tenu de sa spécialisation professionnelle, l'exercice
d'une activité par l'associé retiré (Paris, 7 févr. 1980, JCP 1981. II. 19669, note Edwards).

Art. 2 - Obligation de non-concurrence en l'absence de clause statutaire


420. Apporteur en industrie. - S'il ne fait aucun doute qu'une clause statutaire de non-
concurrence est valable, sous réserve de ne pas empêcher l'exercice de toute activité, par
ailleurs, la réalisation d'un apport en industrie rend l'associé débiteur à l'égard de la société
de tous les gains procurés par l'industrie qui est l'objet de cette société, à moins que les
statuts l'autorisent à exercer une autre activité (C. civ., art. 1843-3 , al. 6). Tout apporteur
en industrie ne peut donc exercer, pour son compte personnel, une activité commerciale
identique à celle de la société. L'apport d'un fonds de commerce oblige son auteur comme
tout vendeur d'un fonds à ne se rétablir que sous certaines conditions de temps et de lieu. La
participation effective à l'activité sociale lui interdit, dans un même temps, de servir la
société et de lui faire concurrence (Rouen, 19 nov. 2009, RJDA 2010, n o 4, relatif à une SARL,
mais transposable). En dehors de ces hypothèses, l'associé est libre de faire partie d'une
autre société, même en nom collectif ou d'exploiter personnellement un fonds de commerce,
sous réserve tout de même que l'activité extérieure de l'intéressé soit étrangère à l'objet
social, sous peine de concurrencer la société ou tout au moins d'avoir un comportement
contraire à l'affectio societatis.
421. Divergence doctrinale. - La question se pose quand même de savoir si, en l'absence
d'une clause faisant défense aux associés de s'occuper pendant la durée de leur participation
au groupement de toute affaire susceptible de concurrencer celle exploitée par la société ou
de s'y intéresser directement ou indirectement, une obligation de non-concurrence ne pèse
pas implicitement sur ces derniers. La doctrine est divisée à ce propos. Une partie des auteurs
estime que dans les sociétés de personnes, tous les associés assument envers le groupement
une obligation de garantie de leur fait personnel ; aussi, les actes de concurrence, même non
déloyale, engagent leur responsabilité (THALLER, PIC et KRÉHER, op. cit. [supra, n o 276],
n o 375). Une décision de justice aurait d'ailleurs statué en ce sens : « dès lors que le but de
la location d'un terrain, effectuée en son nom par un associé d'une société en nom collectif et
porteur de parts de fondateur, est le même que celui de la personne morale – à savoir
l'exploitation commerciale d'une grotte – le preneur est tenu, à moins de violer gravement le
pacte social, de faire bénéficier la société de cette convention » (Civ. 3 e, 12 oct. 1971, Bull.
civ. III, n o 486).

422. Position doctrinale préférable. - À l'inverse, d'autres auteurs considèrent qu'à défaut de
clause statutaire, l'obligation de non-concurrence ne s'applique qu'aux apporteurs en industrie.
Quant aux autres associés, ils pourraient, sauf stipulation contraire des statuts ou
application, en cas d'apport de fonds de commerce, de la clause de non-rétablissement,
exercer une semblable activité, sous réserve bien évidemment de ne pas effectuer d'actes de
concurrence déloyale (LY ON-CAEN et RENAULT, op. cit. [supra, n o 276], n o 249). Cette
dernière opinion doctrinale paraît préférable à la précédente car, sauf hypothèses
exceptionnelles préalablement signalées, elle seule se trouve en accord avec le principe de la
liberté du commerce et de l'industrie. La Cour de cassation a pourtant mis à la charge d'un
associé une obligation de non-concurrence, en raison de l'affectio societatis propre au contrat
de société. Elle a censuré pour défaut de base légale une décision qui s'était bornée à
constater l'absence de faute susceptible de fonder la concurrence déloyale, sans répondre aux
conclusions qui soutenaient que par sa seule qualité d'associé, ce dernier avait l'obligation de
s'abstenir de tout acte de concurrence envers la société (Com. 6 mai 1991, n o 89-13.780 ,
Bull. civ. IV, n o 151 ; Rev. sociétés 1991. 760, note Guyon ).
423. Incertitude jurisprudentielle. - La jurisprudence n'est cependant pas fermement
attachée à cette solution, si bien que la question de l'obligation légale de non-concurrence
reste discutée. Ainsi, la Cour de cassation a, dans une autre affaire, relevé au contraire qu'à
défaut de faute prouvée dans le comportement d'un actionnaire, la concurrence déloyale ne
peut être établie (Com. 26 nov. 1996, n o 94-15.403 , Bull. civ. IV, n o 284 ; BJS 1997. 134,
note Roca, à propos d'un président de conseil d'administration). Elle a ultérieurement décidé
qu'en l'absence de stipulation statutaire prévoyant une obligation de non-concurrence,
l'associé n'est « en cette qualité, tenu ni de s'abstenir d'exercer une activité concurrente de
celle de la société, ni d'informer celle-ci d'une telle activité et doit seulement s'abstenir
d'actes de concurrence déloyaux » (Com. 15 nov. 2011, n o 10-15.049 , Bull. civ. IV, n o 188 ;
RLDA 2012/67, n o 3810). Il est vrai que ces différentes décisions, rendues à propos d'une
SARL ou d'une société anonyme, ne sont pas nécessairement transposables à la société en
nom collectif au sein de laquelle une obligation de non-concurrence paraît plus aisée à
reconnaître, eu égard au rôle plus actif joué par les associés (Civ. 3 e, 12 oct. 1971, Bull.
civ. III, n o 486), sans compter que les circonstances de fait propres à chaque espèce sont
également déterminantes. En effet, l'exercice commun d'une même activité professionnelle
rend difficilement acceptable qu'un associé exerce concurremment sa profession au sein d'une
société et en dehors de celle-ci. Une pareille situation semble fautive au regard de l'obligation
de bonne foi dans l'exécution du contrat de société (C. civ., art. 1134 , al. 3 ; futur
art. 1104 ) et de la communauté d'intérêt des associés (C. civ., art. 1833 ).

424. Usages commerciaux. - Faute de clause statutaire ou contractuelle de non-concurrence,


les associés sont tenus de se conformer aux usages du commerce. Ils sont personnellement
responsables dans les termes du droit commun (C. civ., art. 1382 ; futur art. 1240 ), des
fautes commises par eux à l'occasion d'actes de concurrence déloyale préjudiciables à la
société : détournement de clientèle, débauche d'employés, dénigrement.
Index alphabétique

■ Abus de biens sociaux et abus de confiance 197


■ Acte authentique ou sous seing privé 58 s.
conjoint 69
publicité 61 s.

■ Action directe du créancier 121


■ Activité sociale 171, 191 s.
■ Affectio societatis 15
■ Agence et bureau de voyage 42
■ Appel de fonds 269
■ Appel de fonds 269
■ Apport 50
■ Assemblée d'associés 258 s.
acte de gestion, approbation 275
approbation des comptes 265, 273 s.
comité d'entreprise 262 s.
consultation écrite 265
convention conclue par le gérant avec la société 276
convocation 262
modification des statuts 279
ordre public 258
unanimité 268 s.

■ Associé 238 s.
apport 50
association ou société civile, non 40
capacité 17 s., 125
commerçant, qualité de 6, 18 s.
débiteur solidaire, caution non 398
décès 112 s., 340 s.
dette sociale, obligation 366 s.
dette sociale, répartition 407 s.
époux 37, 323
étranger 33 s.
EURL 49
garant, oui 398
gérant 123 s., 240
immatriculation au RCS, non 19
incapacité 22 s.
incompatibilité et interdiction 29 s.
indivision 120, 289 s.
interdiction de gérer 107
mésentente 101
nombre 16
obligation aux dettes 93 s., 366 s.
part sociale 51, 284 s.
personne morale 38
procédure collective, ouverture 8
qualité d' 285
redressement ou liquidation judiciaire 96 s., 110
régime fiscal 56 s.
régime social 63 s.
responsabilité indéfinie et solidaire 6
retrait, cession de parts 320
salarié 21
statuts 62
tutelle ou curatelle 22 s., 109

■ Associé (Droits individuels et collectifs) 242 s.


assemblées d'associés 258 s.
de contrôle 254 s.
droits pécuniaires 183 s.
à l'information 243 s.
V. Assemblée d'associés, Part sociale

■ Associé (Obligations) 364 s.


apport, libération 417
associé entrant 382 s.
associé retrayant 374 s.
dette sociale 366 s.
obligation de non-concurrence 418 s.
pertes sociales contributions 412 s.
solidarité légale 367 s.
V. Obligation indéfinie et solidaire de l'associé

■ Assurance-maladie des travailleurs indépendants 65


■ Augmentation des engagements des associés 364
■ Bénéfices et pertes (Répartition) 52 s., 285 s., 412 s.
■ Capital social
montant minimal 9, 49

■ Caractéristiques 1 s.
avantages 9
caractère familial 11
inconvénients 12
intuitus personae 5
PME 11
responsabilité indéfinie et solidaire des associés 6
simplicité 3 s.

■ Caution 71
communauté d'intérêts 168
gérant, dette personnelle 167

■ Clause léonine 52
■ Clause de non-concurrence 418
■ Comité d'entreprise
assemblée, convocation 262

■ Commissaire aux comptes 4, 198


■ Communauté d'intérêts 168
■ Communauté entre époux 290 s., 293
■ Comptes sociaux
approbation 265, 273 s.

■ Constitution 14 s.
■ Continuation de la société
avec le conjoint survivant ou avec un ou plusieurs héritiers 353
avec les héritiers ou le conjoint survivant 345 s.
avec une personne désignée ou à désigner 356
entre les associés survivants 346 s.

■ Contribution aux pertes sociales 412 s.


■ Convention conclue par le gérant avec la société 276
■ Convention de croupier 308 s.
■ Convention de portage 310
■ Coopérative de commerçant détaillant 42
■ Créancier social
action directe 121

■ Débit de tabac 43
■ Décès
dissolution 112
part sociale, transmission 340 s.

■ Dénomination sociale 45 s.
sanction pénale 198

■ Dette sociale 366 s.


définition 386 s.
obligation des associés 366 s.
répartition entre associés 407 s.
V. Obligation indéfinie et solidaire de l'associé

■ Dissolution 98 s.
associé, décès 112
associé, état et capacité 107
causes communes 98 s.
gérant, démission 232
révocation d'un gérant associé statutaire 106

■ EIRL 7
■ Époux
cession de parts, régime matrimonial 323
revendication de la qualité d'associé 37, 69

■ EURL 49
■ Faute de gestion 9
■ Fonctionnement 3
■ Fonds de commerce
vente 170

■ Gérant(Démission) 224 s.
abusive ou déguisée 236
caractère unilatéral et irrévocable 225, 230
d'office 237 s.
effets 229
forcée 233 s.
liberté 227
notification 228

■ Gérant(Désignation) 123 s.
associé ou non 10, 134 s.
capacité 125
interdiction 129 s.
nomination postérieure 137 s.
personne morale 126
publicité légale 140 s.
statutaire 10, 135

■ Gérant(Fonctions et Pouvoirs) 153 s.


acte autorisé 157 s.
acte de gestion 158
acte interdit 162 s.
cautionnement 167 s.
cessation des fonctions 200 s.
dépassement des pouvoirs 171
gestion financière 158
intérêt personnel 161
limitation des pouvoirs 175 s.
modification du pacte social 170
objet social 167 s.
pluralité de gérant 177 s.
pouvoirs externes 165 s.
révocation 203 s.
unique 156 s.

■ Gérant(Responsabilité)
civile 185 s.
pénale 197 s.

■ Gérant(Révocation) 203 s.
dommages et intérêts 219 s.
gérant associé 211 s.
gérant non associé 215 s.
judiciaire 213, 217 s.
juste motif avec faute 204 s.
juste motif sans faute 207
retrait 212
statuts 222

■ Gérant(Statut personnel) 142 s.


contrat de travail, cumul 145
mandataire 142
rémunération 146 s.

■ Hypothèque 400
■ Immatriculation au RCS 61
■ Inconvénients 12 s.
■ Indivision 120, 289
successorale 292, 325

■ Insuffisance d'actif 9
■ Intérêt social 167 s.
définition 173

■ Inventaire 198
■ Laboratoire d'analyses de biologie médicale 42
■ Liquidation 114 s.
associé, partage 119
clôture 119 s.
créancier, action directe 121
personnalité morale, maintien 118

■ Magasins collectifs de commerçants indépendants 42


■ Mandataire ad hoc 144
■ Mise en demeure de la société 394 s.
exceptions 402 s.

■ Nue-propriété 288
■ Objet social 41 s., 167 s.
activité sociale, distinction 174
définition 172
gérant, pouvoirs 167 s.
intérêt social, distinction 173
statuts 44

■ Obligation d'information en matière de filiales et de participations 198


■ Obligation indéfinie et solidaire de l'associé 6, 49, 366 s.
associé entrant 382 s.
associé, gérant 398
associé retrayant 374 s.
en cas de transformation 93 s.
contribution aux pertes, distinction 412 s.
créancier, renonciation 368
dette, répartition entre associés 407 s.
dette sociale, définition 389
effets 409 s.
mise en demeure 394 s.
nu-propriétaire et usufruitier 366
obligation subsidiaire 393
poursuite de l'associé 395
société, mise en demeure préalable 394
solidarité légale 369 s.

■ Officine pharmaceutique 43, 107


■ Offre au public de titres financiers
interdiction 42, 77, 284

■ Part sociale 51, 284 s.


cession 296 s.
clause d'intérêt fixe 294
dividendes 285 s.
nantissement 334 s.
qualité d'associé 285
saisie 327 s.
transmission par décès 340 s.
usufruitier, nu-propriétaire 285 s.

■ Part sociale (Cession) 296 s.


acte sous seing privé ou authentique 313
agrément en blanc 302
associé, consentement 299 s.
caractère civil ou commercial 296
cession forcée 322
conjoint, régime matrimonial 323
convention de croupier 308
définition 297
formalisme 311 s.
notification 312
opposabilité 315
pertes sociales, contribution 414
portage 310
refus d'agrément 304
retrait d'un associé 320 s.
tiers, entrée 320 s.

■ Part sociale (Transmission par décès)


attribution préférentielle 361 s.
continuation de la société 341 s.
V. Continuation de la société

■ Personnalité morale 2
maintien pour les besoins de la liquidation 118

■ Perte sociale 412 s.


annuelle 415

■ Pharmacien
perte de la qualité de 107

■ Pleine propriété 285


■ PME 11
■ Procédure collective de l'associé 8, 386 s.
■ Procédure collective de la société
jugement d'ouverture, effet 404
liquidation, effet 405

■ Protection sociale des employeurs et travailleurs indépendants 63


■ Publicité légale 61 s.
■ Rapport de gestion 198
■ Redressement ou liquidation judiciaire des associés 96 s.
■ Régime fiscal 12, 18, 56 s.
■ Régime social 18, 63 s.
■ Registre du commerce et des sociétés 61 s.
associé, inscription modificative 320 s.
gérant, cessation des fonctions 201
part sociale, cession 315

■ Répartition des dettes entre les associés 407 s.


■ Réserve légale 286
■ Responsabilité indéfinie et solidaire des associés 6, 49
■ SAS 3
■ SASU 3
■ Sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire 1, 8
■ Société commerciale de personnes 1 s., 12
■ Sociétés d'assurance 80
■ Solidarité passive 409 s.
■ Statuts
cession, agrément 306
dénomination sociale 47
gérant, démission 231
gérant, désignation 123 s.
gérant, pouvoirs 175
gérant, révocation 222
majorité 268 s.
mention 60
modification 265, 279
objet social 44
qualité d'associé 62
réserve, constitution 286
signature 59

■ Surendettement des particuliers 8


■ Tiers
cession de parts sociales, opposabilité 315 s.
clauses limitatives, inopposabilité 175
gérant, pouvoirs externes 165 s.
gérant, révocation 201, 223
pluralité de gérants 182 s.
responsabilité du gérant à l'égard des 189

■ Titre négociable
interdiction 42, 284

■ Transformation 71 s.
associé, interdiction, liquidation judiciaire 111
en commandite simple 89
effets 93 s.
forcée 79 s.
en GIE 91
modalités 81 s.
motifs 75
en SA 90
en SARL 84 s.
en SAS 88
en société de capitaux 82 s.
en société civile 87
volontaire 76 s.

■ Transparence 2
■ Usufruit 285, 366

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