Évaluation des Risques Chimiques
Évaluation des Risques Chimiques
D’ÉVALUATION DES
3 Évaluation des risques
3 Méthodologie
Dans le cadre de conventions destinées à améliorer la prise en compte du risque CMR dans les CHEMICAL RISK ASSESSMENT METHODS -
secteurs de la chimie, de la fabrication de peintures et de la mécanique, un inventaire et une analyse A CRITICAL ANALYSIS
critique des méthodes d’évaluation des risques chimiques disponibles ont été réalisés. Sept de ces
méthodes, suffisamment similaires pour pouvoir être comparées, ont ensuite été appliquées à un Within the framework of agreements
cas d’essai conçu pour être représentatif d’une entreprise du secteur de la chimie ou des peintures. intended to improve how CMR risk is
L’analyse des résultats obtenus met en évidence l’intérêt mais aussi les limites inhérentes à ces taken into account in the chemicals, paint
méthodes. Une formation adaptée de leur utilisateur est également apparue nécessaire pour assurer manufacturing and mechanical engineering
la production de résultats pertinents. sectors, an inventory was drawn up and a
critical analysis carried out of the chemical
risk assessment methods that are available.
Seven of these methods, sufficiently similar
so as to be comparable, were then applied
INTRODUCTION services prévention des CRAM, menée to a test case designed to be representative
avec le soutien technique de l’INRS, des of an enterprise of the chemicals and paint
écarts à la réglementation, quelquefois sectors. The analysis of the results obtained
importants furent relevés, notamment : highlighted the interest of, but also the limits
L’été 2006 a eu lieu une campagne inherent to, these methods. Training suited
de contrôle du respect des dispositions 1 l’absence de document unique to their users also appears necessary to
réglementaires relatives à la prévention dans un nombre important d’entrepri- ensure the production of relevant results.
des risques liés à l’utilisation des pro- ses,
duits CMR (Cancérogènes, mutagènes, 1 la non prise en compte des can-
toxiques pour la reproduction). Cette cérogènes dans un nombre non négli-
campagne fut menée, pour des raisons geable (46 %) des documents uniques
pratiques et statistiques, dans des sec- rédigés,
teurs industriels prédéterminés, a priori 1 l’absence de mesure des niveaux
plus susceptibles d’être concernés : la d’exposition à ces cancérogènes…
mécanique, la fabrication de peintures,
la plasturgie… Cependant, ses résultats L’ensemble traduit ainsi une caren-
incitent à penser qu’ils sont globale- ce dans l’évaluation des risques liés à
ment représentatifs de la situation de l’utilisation des CMR, dont on peut sup-
l’ensemble des secteurs industriels. Le poser qu’elle s’étend plus généralement
lecteur intéressé pourra se référer à la à la prévention des risques chimiques.
publication correspondante [1]. En effet, ces deux types de risques sont
intimement liés, ce qui se traduit par 3 Chemical Risk
À l’occasion de cette campagne des approches pratiquement identiques 3 Risk Assessment
conjointe de l’inspection du travail et des tant sur le plan de l’évaluation que sur 3 Methodology
Cette méthode d’évaluation quali- 9 1er niveau : hiérarchisation des Application à une situation de
tative du risque s’appuie sur une carac- risques potentiels (à partir des dangers, travail
térisation par niveaux des critères de quantités et fréquences d’utilisation des
danger et des conditions d’utilisations produits) Hiérarchisation des risques poten-
(process, quantité, fréquence, protection tiels (1er niveau)
collective et individuelle…). Ce type de 9 2 e niveau : évaluation des risques
méthode peut intégrer ou non un inven- aux postes de travail (qualification des La compilation des résultats fournis
taire des produits chimiques utilisés. La situations) pour les produits présentant par les différentes personnes chargées
gravité du risque est estimée au regard les risques potentiels les plus élevés de tester les méthodes sur le cas d’essai
des conditions d’utilisation réelles. (sans tenir compte de la présence ou non décrit en @nnexe et selon la procédure
de protections individuelles) décrite est donnée, produit par produit,
C’est sur la base de cette typologie dans les Tableaux IV et V.
que le groupe a classé les 17 méthodes Chaque membre du groupe avait en
étudiées, même si, pour la plupart de charge le test d’une des sept méthodes Le Tableau IV traite la question sous
ces méthodes, il s’est avéré nécessaire retenues. La consigne était simple et l’aspect toxicité, le Tableau V en fonction
de faire appel à un type principal et à un basique : « appliquez la méthode qui des risques d’incendie et d’explosion.
type secondaire. vous est attribuée au cas d’essai qui vous Certaines des méthodes testées ne per-
est fourni ». Aucune autre consigne ou mettaient pas cette dernière approche.
recommandation n’avait été donnée. Le
Application à une situation de but était de se placer dans une situa- Si l’on restreint l’analyse de ces
travail tion aussi proche que possible de celle résultats à la hiérarchisation des risques
d’une personne ayant reçu la commande potentiels dus à la toxicité des pro-
Dans une dernière étape, il a paru d’effectuer une évaluation des risques duits manipulés (cf. Tableau IV), cas où
intéressant d’expérimenter l’application chimiques avec une méthode donnée des résultats ont été produits pour les
d’un certain nombre des méthodes étu- dans une situation donnée. 7 méthodes testées, on observe, au-delà
diées au cas classique d’un atelier de d’une homogénéité globale des résul-
fabrication de préparations associé à un tats, des variations d’une méthode à
atelier de conditionnement. L’objectif l’autre, plus particulièrement entre les
était de tester la dispersion des résultats
selon les méthodes et d’évaluer une
RÉSULTATS catégories rouge et orange, c’est-à-dire
entre les produits affichés comme abso-
éventuelle influence de l’opérateur. lument prioritaires et ceux présentés
comme moyennement prioritaires. En
Le cas d’essai, conçu pour être d’autres termes, l’application de ces dif-
représentatif d’une entreprise du sec- Inventaire et caractéristiques des férentes méthodes conduit à des résul-
teur de la chimie ou des peintures, a été méthodes étudiées tats d’autant plus homogènes que les
construit à partir de données industriel- produits sont considérés comme faisant
les réelles. Ces données sont regroupées Les méthodes étudiées, leurs noms, courir un risque potentiel faible, des dis-
en @nnexe. leurs auteurs et les références permet- torsions apparaissant essentiellement à
tant de se les procurer sont regroupés la frontière entre risque potentiel moyen
L’objectif étant de comparer entre dans le Tableau I. Leurs caractéristiques et risque potentiel élevé.
eux les résultats des évaluations, les résultant de l’analyse menée par le grou-
méthodes choisies devaient avoir une pe sont regroupées dans le Tableau II. À l’analyse de ces premiers résultats,
typologie et une architecture similaires il est apparu que ces écarts pouvaient
pour que la comparaison des résultats s’expliquer par le fait que certaines
soit a priori possible et pertinente. Classement des méthodes étudiées personnes avaient appliqué la méthode
selon la typologie proposée qu’elles étaient chargées de tester sur
Parmi les dix-sept méthodes recen- l’établissement dans sa globalité (atelier
sées (cf. Tableau I), sept répondant à ces La plupart des méthodes étudiées
critères ont été sélectionnées : ne peuvent être rattachées à un seul des
types décrits précédemment. L’analyse
1 ND 2233 (n°2), de ces méthodes met plutôt en évidence
1 OSER (n°4), leur appartenance à un « type princi- 5 Analyse des Modes, Des Effets et de la Criticité
1 CLARICE (n°5), pal », correspondant en quelque sorte (gravité) des défaillances.
1 Outil d’aide à l’évaluation du à leur orientation principale, complété 6 Hazard Operability study ou analyse de
risque chimique CRAM Pays de par un « type secondaire » correspon- fonctionnement.
la Loire (n°9), dant à une démarche complémentaire 7 Méthode Organisée et Systémique d’Analyse des
1 TOXEV (n°10), pratiquement systématiquement pré- Risques.
OPPBTP (Organisme
12 LARA-BTP [Link] Professionnel de Prévention du
Bâtiment et des Travaux Publics)
Tableau II
Méthode n°
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17
Gratuite X X X X X X X X X X X
0,06 1
Payante (coût HT en k€) à à 0,797 0,27 0,07 4à9
0,54 2,5
Support papier (nombre de pages) 45 24 6 7 33 10 17
Support informatique X X X X X X X X X X X
d’un mode d’emploi
X X X X X X X X X X X X X X
facilement accessible
Existence d’un service support X1 X1 X X1 X1 X X X X X
d’une formation à
X1 X1 ? X X X X
l’utilisation
Existence d’une méthode “mère” n°2 X2 n°2 n°2 n°3 n°2 n°2 n°2 n°3 ? n°1 n°2
Prend en l’inhalation X X X X X X X X X X X X X X X X X
compte l’exposition cutanée X X X X X X X X X X X X X X X X
la présence de dispositifs
Intègre dans X X X X X X X X X X X X X X X
de protection collective
l’évaluation
le port d’EPI X X X X X X X X5
1 5
Régional. Lors d’une seconde étape, en second niveau si l’entreprise le souhaite.
2 6
Méthode SIRIS (Système d’Intégration des Risques par Intégration des Scores). Succinct.
3 7
À condition de disposer d’un outil informatique correspondant. Utilisable par poste ou par atelier, ou dans le cas d’une faible diversité
4
Hors agents chimiques dangereux émis lors du procédé ou en cas de de produits chimiques.
fonctionnement dégradé.
4 OSER 4 2
5 CLARICE 4 2
6 Opér@ 2 4
7 GERC 1 2
10 TOXEV 4 2
12 LARA-BTP 1 2
13 DIDERO 2 4
14 Evaris T 4 2
15 Ergochim 2 4
16 DT 80 4 2
17 Chemhyss 4 2
* Combinaison des types 1, 2, 3 et 4 sans qu’un type principal puisse être dégagé.
de fabrication et atelier de conditionne- constitués à partir des résultats de la fournies par l’étiquetage réglementaire
ment), tandis que d’autres l’avaient fait première phase. Les différents experts (symboles de danger et phrases de ris-
séparément sur chaque atelier. En effet, ayant effectué les tests ont donc présenté ques). Ceci constitue un de leurs atouts
selon ces choix, le produit utilisé en les résultats ainsi que les points mar- mais également une faiblesse fonda-
quantité annuelle maximale n’est pas quants propres à chaque méthode, sans mentale, un produit non étiqueté étant,
le même, et la cotation des différents qu’un comparatif plus abouti puisse être sauf avis d’expert, automatiquement
produits à travers leur quantité annuelle élaboré. considéré par la méthode comme non
rapportée à cette quantité maximale dangereux. Ainsi, dans le Tableau V, la
peut s’en ressentir. Les principales observations poudre de nickel est systématiquement
effectuées lors de cette seconde étape classée comme non prioritaire, le risque
Par souci d’homogénéité, les quel- sont regroupées dans le Tableau VII. d’explosion de poussière n’étant pas mis
ques méthodes qui avaient été appli- Ce tableau ayant comme seul objectif en évidence car ce produit n’est pas
quées atelier par atelier l’ont donc été, de présenter certaines des différentes étiqueté.
dans une seconde étape, sur l’ensem- logiques décisionnelles à l’œuvre dans
ble de l’établissement. Les résultats des méthodes d’évaluation des risques Ce point complique également la
correspondants sont rassemblés dans chimiques, celles-ci ont été anonymi- prise en compte des émanations inhé-
le Tableau VI pour lequel les diffé- sées. rentes à certains procédés ou techniques
rences observées ne doivent plus être (fumées de soudage, gaz d’échappement,
qu’intrinsèques aux méthodes testées. fumées de pyrolyse des polymères,
Cependant, des écarts demeurent, et les nitrosamines…). Toutes les méthodes
commentaires formulés précédemment
à propos du Tableau IV restent valables.
DISCUSSION disponibles sont ainsi prises en défaut
vis-à-vis de produits non étiquetés ou
non étiquetables.
Évaluation des risques aux postes de
travail (2ème niveau) Enfin et plus généralement, il ne
Limites inhérentes au principe faut pas oublier que les priorisations
Dans cette deuxième phase, la varia- même de ces méthodes issues des données toxicologiques ris-
bilité augmente entre les méthodes, tant quent parfois de se télescoper avec celles
sur le plan de la démarche que sur celui Dans un souci d’universalité et de nécessaires pour prévenir les risques
de la présentation des résultats, ce qui facilité d’utilisation, toutes les méthodes d’incendie/explosion et pour protéger
ne permet plus de réaliser un tableau d’évaluation des risques chimiques sont l’environnement. La comparaison des
comparatif synthétique du type de ceux essentiellement fondées sur les données Tableaux V et VI est explicite à ce sujet.
Tableau IV
Hiérarchisation des risques potentiels (toxicité) - Classification des produits selon les méthodes
UR5547
ECSP
ALCMH
Xylènes
Diluant SW
Pentane
Solvant CHL
Bisphénol A
OP9022
DRG01L
DCT
Propanol 2
DGE
NSC400H
SMA
GRG400
ACPHG
PGME
Éthanolamine
NMP
Trioxyde d’antimoine
Ni poudre
Acétone
Toluène
EGBE
GDME
GBP
SWAS
CCL200
WBC05L
GDP400
AFC200
Éthanol
GT1
GDFL
Tramil
Solvant ACB
ETPOL
Absolument prioritaire
Moyennement prioritaire
Non prioritaire
Hiérarchisation des risques potentiels (incendie/explosion) - Classification des produits selon les méthodes
Pentane
Propanol 2
PGME
GRG400
ECSP
NSC400H
GDME
GBP
GDFL
ALCMH
Acétone
Toluène
Éthanol
Xylènes
Diluant SW
Tramil
Solvant ACB
ETPOL
DCT
OP9022
DGE
NMP
SMA
UR5547
DRG01L
CCL200
SWAS
AFC200
Ni poudre
Éthanolamine
Trioxyde d’antimoine
EGBE
ACPHG
Bisphénol A
Solvant CHL
GDP400
WBC05L
GT1
Absolument prioritaire
Moyennement prioritaire
Non prioritaire
Tableau VI
Hiérarchisation des risques potentiels (toxicité) - Classification des produits selon les méthodes, suite à l’application de ces
méthodes à l’établissement dans son ensemble
UR5547
ECSP
ALCMH
Xylènes
Diluant SW
Pentane
Solvant CHL
Bisphénol A
OP9022
DRG01L
DCT
Propanol 2
DGE
NSC400H
SMA
GRG400
ACPHG
PGME
Éthanolamine
NMP
Trioxyde d’antimoine
Ni poudre
Acétone
Toluène
EGBE
GDME
GBP
SWAS
CCL200
WBC05L
GDP400
AFC200
Éthanol
GT1
GDFL
Tramil
Solvant ACB
ETPOL
Absolument prioritaire
Moyennement prioritaire
Non prioritaire
Évaluation des risques aux postes de travail - Caractéristiques de cetteseconde phase selon les méthodes testées
Le travail d’évaluation est conduit sur les produits apparus en rouge suite à la phase 1.
L’évaluateur doit faire un choix des situations d’utilisation a priori les plus défavorables pour les produits de cette liste.
A Ces situations sont ensuite cotées et on obtient une priorisation des tâches à traiter.
L’articulation entre les phases 1 et 2 implique des choix non effectués par la méthode,
ce qui nécessite une certaine expertise de la part de l’opérateur.
La méthode ne passe pas automatiquement de la phase 1 à la phase 2. C’est à l’évaluateur de choisir la ou les catégories de produits
C qu’il va traiter. Le logiciel calcule des scores mais la comparaison des scores reste l’affaire de l’évaluateur.
C’est un outil d’aide à la décision pour un évaluateur disposant de connaissances dans le domaine.
Alors que la phase 1 est pratiquement complètement automatisée, la phase 2 est manuelle, les situations d’utilisation étant cotées par
D l’évaluateur. Les situations d’utilisation sont ensuite croisées avec les priorités issues de la phase 1.
Ceci nécessite une expertise forte des situations d’utilisation pour pouvoir les coter.
Le passage de la phase 1 à la phase 2 est assez automatisé. La démarche est très guidée et encadrée par le logiciel.
On entre par produits, qui sont croisés avec les tâches observées sur le terrain.
E
Ce logiciel guide bien et de façon conviviale l’utilisateur, la notion de tâche structurant l’évaluation.
L’observation du travail reste nécessaire.
Dans la deuxième phase, on reprend la totalité des produits examinés dans la phase 1 et on les classe par type de risque (cutané,
respiratoire, oculaire…) à l’aide des phrases de risque. Un questionnaire papier de 10 pages guide ensuite dans l’étude du poste, et
F c’est sur la base des résultats de la phase 1 et de ce questionnaire que l’évaluateur statue sur le risque.
Les phases 1 et 2 sont indépendantes. La phase 2 n’est pas assistée informatiquement.
Une forte expertise est nécessaire pour faire l’évaluation des risques en consolidant les phases 1 et 2.
Le passage entre les phases 1 et 2 est très articulé et encadré par le logiciel.
G
L’ensemble est très informatisé et convivial guidant fortement l’évaluateur dans sa tâche.
Ces limites mettent tout de suite en graves à effet immédiat. En découlent alors qu’une règle de test très simple
évidence l’absolue nécessité de disposer, des priorisations d’actions de prévention leur avait été fixée. Une discussion a
en complément, de l’expertise d’une per- reflétant in fine des choix de préventeur été nécessaire pour faire apparaître l’in-
sonne formée à la prévention. qui peuvent tous se défendre. fluence de la différence de choix en ce
qui concernait le périmètre d’application
(atelier par atelier ou établissement dans
La méthode, reflet de choix de L’évaluation, reflet des choix de sa globalité). Les deux choix pouvaient
prévention de son concepteur l’utilisateur par ailleurs se défendre… tout comme
ceux qui ont conduit les concepteurs des
Les différences de résultats obser- La consigne simple donnée aux per- différentes méthodes à coter différem-
vées dans le Tableau VI résultent prin- sonnes chargées des tests, ne détaillait ment les produits en fonction de leurs
cipalement de choix effectués par le pas la façon d’appliquer la méthode phrases de risque.
concepteur de la méthode dans la cota- et, de fait, les pratiques n’ont pas été
tion des différentes phrases de risque, homogènes à l’intérieur du groupe, ce
notamment des priorisations effectuées qui explique la différence de résultats Une nécessaire expertise de
entre les risques graves immédiats ou des Tableaux IV et VI (établi après que l’utilisateur
chroniques. Ce phénomène est parti- des consignes plus précises ont été don-
culièrement sensible pour des phrases nées). Il y a donc influence de l’utili- Tous ces éléments montrent la néces-
de risque que l’on pourrait qualifier de sateur sur les résultats produits par la sité d’une certaine expertise de l’utilisa-
frontières, telles les phrases R42 ou R43 méthode. teur pour appliquer une méthode quelle
(sensibilisants), R40 (cancérogène de qu’elle soit. Il doit en effet tenir compte
catégorie 3, non avéré), R65 (atteinte des Dans le cadre de cette étude, il est du contexte, notamment par la définition
poumons en cas d’ingestion). De la même particulièrement intéressant d’observer pertinente du périmètre de l’étude, puis
façon, la question de la cotation des CMR que 7 experts en prévention des risques pour l’exploitation critique des résultats.
par rapport à celle des toxiques ou très chimiques, disposant de 7 méthodes Même avec l’assistance d’un outil logiciel,
toxiques reflète la difficulté qu’il y a à très proches sur leur principe, sont arri- il reste des choix à faire. Il faut ensuite
comparer – et à coter – des risques très vés à des résultats différents en termes remettre les résultats dans le contexte, en
graves à effet différé et des risques très de priorisation des risques potentiels, validant, avec les acteurs de la prévention
dans l’entreprise, les priorités proposées 9 Pour permettre cette première Une formation adaptée apparaît
par la méthode. étape d’inventaire, il est indispensable donc indispensable afin de permettre
de disposer de méthodes informatisées. aux utilisateurs, quels qu’ils soient,
Toutes ces méthodes apparaissent, Dans des unités mettant en œuvre de d’utiliser une méthode en tenant comp-
notamment dans la phase 2 de l’évalua- nombreux produits, de tels logiciels te de ses limites, et de poser un regard
tion, plutôt comme des systèmes experts permettent de réaliser des tris qui ne critique sur les résultats obtenus.
nécessitant une forte appropriation et seraient pas réalisables manuellement.
une expertise dans le domaine de la pré- L’interface informatique doit par ailleurs Sur le plan pratique, le nombre
vention des risques professionnels. Ceci être robuste et conviviale pour faciliter élevé de méthodes disponibles génère
est corroboré par la présence systémati- ce travail fastidieux, éviter d’éventuelles une certaine confusion chez les utili-
que, dans toutes les méthodes étudiées, erreurs ou permettre de les corriger sateurs. La difficulté de choix d’une
d’une approche de type 2 (cf. Typologie facilement. Quelle que soit la méthode, méthode vient s’ajouter aux limites pré-
et Tableau III). Le préventeur doit égale- effectuer l’inventaire des produits ainsi cédemment évoquées sans pour autant
ment garder à l’esprit que certains choix que l’analyse des postes prendra toujours apporter de réelle plus-value, les priori-
de priorisation des dangers ont déjà été un temps significatif à l’évaluateur. sations retenues dans chaque méthode
faits par le concepteur de la méthode ou se défendant du point de vue de la
de l’outil et sont donc imposés, et qu’il 9 Dans une optique de repérage prévention...
n’aurait peut-être pas fait les mêmes. des produits et situations les plus préoc-
cupants, il semble préférable d’appliquer Il pourrait ainsi être de l’intérêt
Par ailleurs, les outils simples uti- tout d’abord la méthode à l’établisse- général de choisir une méthode infor-
lisables par des entreprises ne dispo- ment dans sa globalité, avant de descen- matisée bien conçue et répondant à
sant pas d’expertise dans le domaine dre progressivement jusqu’au niveau de l’essentiel des besoins dans le domaine,
conduisent à des résultats incomplets l’atelier. pour en faire la méthode de référence. Il
qui ne satisfont pas à toutes les exigen- resterait alors à en assurer la diffusion
ces des préventeurs… tandis que les 9 Enfin, il est indispensable que nationale tout en l’accompagnant d’une
outils complexes, donnant des résultats les méthodes prennent en compte les formation dédiée. Dans le cas où les
plus proches de ceux attendus par les évolutions réglementaires, tout parti- différents partenaires impliqués déci-
préventeurs, nécessitent un haut niveau culièrement l’actuelle mise en place deraient de construire et rendre opéra-
d’expertise pour être utilisables par l’en- du règlement CLP (Classification, tionnel un tel dispositif, ils trouveraient
treprise. Le critère déterminant n’est Labelling and Packaging) bouleversant dans l’évaluation réalisée ici une pre-
probablement pas la taille de l’entreprise les règles d’étiquetage des produits mière base de travail.
mais plutôt son niveau de technicité en chimiques [8].
interne dans le domaine de la chimie et
des risques chimiques.
Reçu le : 14/05/2009
Ainsi, l’utilisation d’une méthode
sans expertise, sans regard critique ou
CONCLUSION Accepté le : 26/06/2009
@nnexe : retrouvez l'annexe dans la version électronique (PDF) de cet article sur notre site [Link]
@nnexe
Exemple pour l’application des Tableau I
méthodes d’évaluation dES risqueS
chimiqueS Matière Première Phrases de risque Quantité t/an État physique Pt Ébullition °C
9 Un atelier de fabrication utilisant des DGE R21, R36/38, R43 150 Liquide > 200
matières premières. NMP R36/38 125 Liquide 202
9 Un atelier de conditionnement des ALCMH R11, R23/24/25, R39/23/24/25 80 Liquide 65
produits finis.
Ni Poudre R40, R43 (C3) 25 solide pulvérulent
Les produits sont élaborés dans Acétone R11, R36, R 66, R67 25 Liquide 56
l’atelier de fabrication dans des mélan- Éthanolamine R20, R36/37/38 19 Liquide 171
geurs de tailles diverses. La production
Solvant ACB R10 12,5 Liquide 126
est assurée par lots en fonction des pré-
visions de commande. Trioxyde d’antimoine R40 (C3) 10 solide pulvérulent