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Évaluation des Risques Chimiques

Le document décrit une analyse critique de sept méthodes d'évaluation des risques chimiques. Ces méthodes ont été appliquées à un cas d'essai représentatif d'une entreprise chimique ou de peinture. L'analyse met en évidence les avantages et limites des méthodes, et la nécessité de formation pour leurs utilisateurs.

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Évaluation des Risques Chimiques

Le document décrit une analyse critique de sept méthodes d'évaluation des risques chimiques. Ces méthodes ont été appliquées à un cas d'essai représentatif d'une entreprise chimique ou de peinture. L'analyse met en évidence les avantages et limites des méthodes, et la nécessité de formation pour leurs utilisateurs.

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HST ND 2312 - 216 - 09

LES MÉTHODES 3 Risque chimique

D’ÉVALUATION DES
3 Évaluation des risques
3 Méthodologie

RISQUES CHIMIQUES h Jérôme Triolet,


INRS, département Expertise et conseil technique

Une analyse critique h Michel Héry,


INRS, direction scientifique

Dans le cadre de conventions destinées à améliorer la prise en compte du risque CMR dans les CHEMICAL RISK ASSESSMENT METHODS -
secteurs de la chimie, de la fabrication de peintures et de la mécanique, un inventaire et une analyse A CRITICAL ANALYSIS
critique des méthodes d’évaluation des risques chimiques disponibles ont été réalisés. Sept de ces
méthodes, suffisamment similaires pour pouvoir être comparées, ont ensuite été appliquées à un Within the framework of agreements
cas d’essai conçu pour être représentatif d’une entreprise du secteur de la chimie ou des peintures. intended to improve how CMR risk is
L’analyse des résultats obtenus met en évidence l’intérêt mais aussi les limites inhérentes à ces taken into account in the chemicals, paint
méthodes. Une formation adaptée de leur utilisateur est également apparue nécessaire pour assurer manufacturing and mechanical engineering
la production de résultats pertinents. sectors, an inventory was drawn up and a
critical analysis carried out of the chemical
risk assessment methods that are available.
Seven of these methods, sufficiently similar
so as to be comparable, were then applied
INTRODUCTION services prévention des CRAM, menée to a test case designed to be representative
avec le soutien technique de l’INRS, des of an enterprise of the chemicals and paint
écarts à la réglementation, quelquefois sectors. The analysis of the results obtained
importants furent relevés, notamment : highlighted the interest of, but also the limits
L’été 2006 a eu lieu une campagne inherent to, these methods. Training suited
de contrôle du respect des dispositions 1 l’absence de document unique to their users also appears necessary to
réglementaires relatives à la prévention dans un nombre important d’entrepri- ensure the production of relevant results.
des risques liés à l’utilisation des pro- ses,
duits CMR (Cancérogènes, mutagènes, 1 la non prise en compte des can-
toxiques pour la reproduction). Cette cérogènes dans un nombre non négli-
campagne fut menée, pour des raisons geable (46 %) des documents uniques
pratiques et statistiques, dans des sec- rédigés,
teurs industriels prédéterminés, a priori 1 l’absence de mesure des niveaux
plus susceptibles d’être concernés  : la d’exposition à ces cancérogènes…
mécanique, la fabrication de peintures,
la plasturgie… Cependant, ses résultats L’ensemble traduit ainsi une caren-
incitent à penser qu’ils sont globale- ce dans l’évaluation des risques liés à
ment représentatifs de la situation de l’utilisation des CMR, dont on peut sup-
l’ensemble des secteurs industriels. Le poser qu’elle s’étend plus généralement
lecteur intéressé pourra se référer à la à la prévention des risques chimiques.
publication correspondante [1]. En effet, ces deux types de risques sont
intimement liés, ce qui se traduit par 3 Chemical Risk
À l’occasion de cette campagne des approches pratiquement identiques 3 Risk Assessment
conjointe de l’inspection du travail et des tant sur le plan de l’évaluation que sur 3 Methodology

INRS - Hygiène et sécurité du travail - 3e trimestre 2009 - 216 / 11


celui de la prévention [2]. Sur la base Inventaire tion des risques peuvent être classées en
de ce constat, la Direction générale du quatre types principaux :
travail a souhaité la mise en place de Dans cette étude, le groupe s’est
conventions destinées à améliorer la intéressé aux méthodes revendiquant Type 1 - Audit de conformité :
prise en compte du risque CMR dans les «  l’évaluation des risques chimiques  »,
trois secteurs industriels importants que terme général employé de façon couran- Cette méthode est basée sur l’éva-
constituent l’industrie chimique (UIC 1), te et sans précaution particulière, même luation des écarts entre la situation
la mécanique (UIMM 2) et la fabrica- s’il s’est avéré, à l’analyse, que certaines observée et les prescriptions d’utilisation
tion des peintures (FIPEC 3), conven- de ces méthodes correspondaient plutôt des produits chimiques. La méthode se
tions auxquelles sont associés l’INRS à des outils et pouvaient ne traiter, pour présente généralement sous la forme
et la CNAMTS. Parmi de nombreuses certaines d’entre-elles, qu’une partie de d’un questionnaire qui, dans le cadre du
actions, souvent menées en partenariat, la problématique. risque chimique, s’appuie sur les phra-
deux de ces conventions prévoient la ses de risque et les conseils de prudence.
réalisation, par l’INRS et la CNAMTS, Les méthodes traitant de l’évalua- Cette méthode peut intégrer ou non un
«  d’un inventaire et d’une évaluation tion des risques professionnels dans inventaire des produits utilisés.
des méthodes d’évaluation des risques leur globalité et comportant un modu-
chimiques disponibles en faisant appa- le d’évaluation des risques chimiques Exemple : pour un produit étiqueté
raître leurs avantages et inconvénients n’ont pas été prises en compte, le groupe R23 – «  Toxique par inhalation  » et
et leur domaine d’application ». ayant considéré qu’elles relevaient d’un S23 – « Ne pas respirer les gaz/vapeurs/
objectif et d’une approche différents. fumées/aérosols  », on contrôlera si,
effectivement, un dispositif de captage/
Objectifs En outre, n’ont été répertoriées que ventilation ou, à défaut, l’utilisation d’ap-
les méthodes les plus connues et dispo- pareils de protection respiratoire sont
Au-delà d’une simple disposition nibles sur le marché français, au début prévus pour limiter le risque. Le risque
conventionnelle, cette demande reflète de l’étude en juin 2008, qu’elles soient résiduel n’est pas évalué.
une réelle préoccupation des indus- en libre accès ou disponibles à la vente.
triels et des spécialistes de la prévention Type 2 - Analyse de type
des risques chimiques. Elle constitue ­ergonomique :
l’opportunité de faire le point sur les Caractéristiques
nombreuses méthodes existantes, leurs Cette méthode est basée sur l’ob-
caractéristiques, leur mode de fonc- Le groupe de travail a établi une servation de la situation réelle de tra-
tionnement, leurs limites et les condi- grille de critères les moins ambigus et vail et le recueil d’informations sur
tions pratiques de leur mise en œuvre, les moins subjectifs possible, suscepti- les produits chimiques pouvant aller
notamment par des personnes n’ayant bles de caractériser de façon objective les au-delà des seules données d’étiquetage.
pas d’expertise dans le domaine. En méthodes et de les différencier. L’évaluateur observe l’opérateur durant
effet, la plupart de ces méthodes sem- un temps limité. Ceci nécessite l’ana-
blent au premier abord faciles d’emploi Les méthodes à caractériser ont lyse du poste de travail et une certaine
et utilisables par tous ; les questions qui ensuite été réparties entre les mem- expertise.
se posent alors sont celles de leur appro- bres du groupe (2 en moyenne par
priation, de leur utilisation correcte et participant), chacun d’entre eux devant Type 3 - Approche systémique :
donc de la pertinence des mesures de présenter au groupe les évaluations qu’il
prévention qui vont en découler. avait réalisées selon la grille de critères Cette démarche est basée sur l’ana-
établie précédemment. Ces propositions lyse fonctionnelle d’un système défi-
ont été discutées par le groupe, ce qui a ni constitué d’éléments. On évalue le
permis une homogénéisation des répon- risque (probabilité d’occurrence d’un
ASPECTS ses, la reformulation voire la suppres-
sion de certains critères ambigus ou
événement redouté et gravité des consé-
quences) à partir des défaillances de
MÉTHODOLOGIQUES sans réelle valeur ajoutée. Quelques chacun des éléments du système.
questions restées en suspens car néces-
sitant une instruction complémentaire
ont été tranchées lors d’une discussion
La conduite et la réalisation de cette ultérieure avec l’animateur du groupe.
1 Union des industries chimiques.
action ont été confiées à un groupe
2 Union des industries et métiers de la
de travail 4 constitué d’ingénieurs de Par ailleurs, lors de cette étape
l’INRS, de la Direction des Risques certaines questions ont été soulevées, métallurgie.
3 Fédération des industriels des peintures, encres,
Professionnels de la CNAMTS et d’ingé- notamment celles relatives à la typolo-
nieurs-conseils des Services Prévention gie des méthodes et examinées lors de couleurs et adhésifs.
4 Participants : Mmes B. Andéol-Aussage
des CRAM, tous spécialistes des risques l’étape ultérieure de discussion.
chimiques et CMR, dont certains dispo- (INRS), M. Burgaud (CNAMTS), F. Callet
(CRAM Languedoc-Roussillon) – MM. H.
saient d’une expertise plus particulière
dans le domaine des méthodes d’éva- Typologie Aussel (INRS), J.F. Certin (CRAM des Pays de
la Loire), L. Grenier (CRAM de Normandie), M.
luation. Héry (INRS), E. Langlois (INRS), P. Nadaud
Le groupe a considéré que, dans (CRAM du Centre), A. Soyez (CRAM de Nord-
leur ensemble, les méthodes d’évalua- Picardie), J. Triolet (INRS), R. Vincent (INRS).

INRS - Hygiène et sécurité du travail - 3e trimestre 2009 - 216 / 12


HST ND 2312 - 216 - 09

À titre d’exemple, on peut citer 1 Evaris T (n°14), sente en complément ou en deuxième


les méthodes suivantes  : AMDEC 5 , 1 Chemhyss (n°17). niveau. Dans le Tableau III, à deux
HAZOP 6 ou MOSAR 7. exceptions près, un type principal et un
Les résultats devaient être comparés type secondaire sont ainsi attribués à
Type 4 - Évaluation par niveaux de à deux niveaux du déroulement de la chaque méthode.
risque (Control Banding) : méthode :

Cette méthode d’évaluation quali- 9  1er niveau : hiérarchisation des Application à une situation de
tative du risque s’appuie sur une carac- risques potentiels (à partir des dangers, travail
térisation par niveaux des critères de quantités et fréquences d’utilisation des
danger et des conditions d’utilisations produits) Hiérarchisation des risques poten-
(process, quantité, fréquence, protection tiels (1er niveau)
collective et individuelle…). Ce type de 9 2 e niveau : évaluation des risques
méthode peut intégrer ou non un inven- aux postes de travail (qualification des La compilation des résultats fournis
taire des produits chimiques utilisés. La situations) pour les produits présentant par les différentes personnes chargées
gravité du risque est estimée au regard les risques potentiels les plus élevés de tester les méthodes sur le cas d’essai
des conditions d’utilisation réelles. (sans tenir compte de la présence ou non décrit en @nnexe et selon la procédure
de protections individuelles) décrite est donnée, produit par produit,
C’est sur la base de cette typologie dans les Tableaux IV et V.
que le groupe a classé les 17 méthodes Chaque membre du groupe avait en
étudiées, même si, pour la plupart de charge le test d’une des sept méthodes Le Tableau IV traite la question sous
ces méthodes, il s’est avéré nécessaire retenues. La consigne était simple et l’aspect toxicité, le Tableau V en fonction
de faire appel à un type principal et à un basique  : «  appliquez la méthode qui des risques d’incendie et d’explosion.
type secondaire. vous est attribuée au cas d’essai qui vous Certaines des méthodes testées ne per-
est fourni  ». Aucune autre consigne ou mettaient pas cette dernière approche.
recommandation n’avait été donnée. Le
Application à une situation de but était de se placer dans une situa- Si l’on restreint l’analyse de ces
travail tion aussi proche que possible de celle résultats à la hiérarchisation des risques
d’une personne ayant reçu la commande potentiels dus à la toxicité des pro-
Dans une dernière étape, il a paru d’effectuer une évaluation des risques duits manipulés (cf. Tableau IV), cas où
intéressant d’expérimenter l’application chimiques avec une méthode donnée des résultats ont été produits pour les
d’un certain nombre des méthodes étu- dans une situation donnée. 7 méthodes testées, on observe, au-delà
diées au cas classique d’un atelier de d’une homogénéité globale des résul-
fabrication de préparations associé à un tats, des variations d’une méthode à
atelier de conditionnement. L’objectif l’autre, plus particulièrement entre les
était de tester la dispersion des résultats
selon les méthodes et d’évaluer une
RÉSULTATS catégories rouge et orange, c’est-à-dire
entre les produits affichés comme abso-
éventuelle influence de l’opérateur. lument prioritaires et ceux présentés
comme moyennement prioritaires. En
Le cas d’essai, conçu pour être d’autres termes, l’application de ces dif-
représentatif d’une entreprise du sec- Inventaire et caractéristiques des férentes méthodes conduit à des résul-
teur de la chimie ou des peintures, a été méthodes étudiées tats d’autant plus homogènes que les
construit à partir de données industriel- produits sont considérés comme faisant
les réelles. Ces données sont regroupées Les méthodes étudiées, leurs noms, courir un risque potentiel faible, des dis-
en @nnexe. leurs auteurs et les références permet- torsions apparaissant essentiellement à
tant de se les procurer sont regroupés la frontière entre risque potentiel moyen
L’objectif étant de comparer entre dans le Tableau I. Leurs caractéristiques et risque potentiel élevé.
eux les résultats des évaluations, les résultant de l’analyse menée par le grou-
méthodes choisies devaient avoir une pe sont regroupées dans le Tableau II. À l’analyse de ces premiers résultats,
typologie et une architecture similaires il est apparu que ces écarts pouvaient
pour que la comparaison des résultats s’expliquer par le fait que certaines
soit a priori possible et pertinente. Classement des méthodes étudiées personnes avaient appliqué la méthode
selon la typologie proposée qu’elles étaient chargées de tester sur
Parmi les dix-sept méthodes recen- l’établissement dans sa globalité (atelier
sées (cf. Tableau I), sept répondant à ces La plupart des méthodes étudiées
critères ont été sélectionnées : ne peuvent être rattachées à un seul des
types décrits précédemment. L’analyse
1 ND 2233 (n°2), de ces méthodes met plutôt en évidence
1 OSER (n°4), leur appartenance à un «  type princi- 5 Analyse des Modes, Des Effets et de la Criticité
1 CLARICE (n°5), pal  », correspondant en quelque sorte (gravité) des défaillances.
1 Outil d’aide à l’évaluation du à leur orientation principale, complété 6 Hazard Operability study ou analyse de
risque chimique CRAM Pays de par un «  type secondaire  » correspon- fonctionnement.
la Loire (n°9), dant à une démarche complémentaire 7 Méthode Organisée et Systémique d’Analyse des
1 TOXEV (n°10), pratiquement systématiquement pré- Risques.

INRS - Hygiène et sécurité du travail - 3e trimestre 2009 - 216 / 13


Tableau I

Liste des méthodes d’évaluation recensées

N° Nom de la méthode Référence et lien web Origine / Source

Évaluation du risque chimique R 409 [3]


1 CNAMTS
(recommandation) [Link]

Méthodologie d’évaluation simplifiée du ND 2233 [4]


2 INRS
risque chimique  [Link]

Produits dangereux. Guide d’évaluation ED 1476 [5]


3 INRS
des risques [Link]

OSER (Outil Simplifié pour Évaluer


4 [Link]/entreprises/[Link] CRAM de Midi-Pyrénées
votre Risque chimique)

CLARICE - Outil d’aide à l’évaluation du


5 [Link] CRAM d’Alsace-Moselle
risque chimique en entreprise

CRAM de Bourgogne  et Franche-


6 Opér@ [Link]/prevention/[Link]
Comté

GERC (Guide d’Évaluation du Risque


7 [Link]/entreprises/[Link] CRAM de Midi-Pyrénées
Chimique)

Guide de prévention du risque


DTE 175 [6]
8 chimique. De l’évaluation des risques à CRAM d’Ile-de-France
[Link]/pdf/th2/prev/[Link]
la mise en œuvre de la prévention

Outil d’aide à l’évaluation du risque [Link]/risques/


9 CRAM des Pays de la Loire
chimique dossiers/chimique/risque_chimique.htm

10 TOXEV [Link] CRAM d’Aquitaine

Guide d’aide au repérage du risque [Link]


11 CRAM de Nord-Picardie
CMR GestionDesRisques/pdf/Evaluation_CMR_version3.pdf

OPPBTP (Organisme
12 LARA-BTP [Link] Professionnel de Prévention du
Bâtiment et des Travaux Publics)

DIDERO (Déclinaison de l’Identification


CNPP (Centre National de
13 des Dangers, de l’Évaluation des [Link]
Prévention et de Protection)
Risques et des Objectifs)

ASMIS (Association Santé et


Evaris T
14 [Link] Médecine Interentreprises du
Logiciel d’évaluation du risque toxique
département de la Somme)

CISME (Centre Interservices de


15 Ergochim [Link] Santé et de Médecine du travail en
Entreprise) - Éditions doc is

Évaluation des risques dans


Évaluation et prévention des risques
16 DT 80 [7] UIC
professionnels liés aux agents
chimiques

[Link] Société ITGA (filiale du groupe


17 Chemhyss
/[Link] CARSO)

INRS - Hygiène et sécurité du travail - 3e trimestre 2009 - 216 / 14


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Tableau II

Caractéristiques des méthodes recensées

Méthode n°

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17

Gratuite X X X X X X X X X X X
0,06 1
Payante (coût HT en k€) à à 0,797 0,27 0,07 4à9
0,54 2,5
Support papier (nombre de pages) 45 24 6 7 33 10 17

Support informatique X X X X X X X X X X X
d’un mode d’emploi
X X X X X X X X X X X X X X
facilement accessible
Existence d’un service support X1 X1 X X1 X1 X X X X X
d’une formation à
X1 X1 ? X X X X
l’utilisation
Existence d’une méthode “mère” n°2 X2 n°2 n°2 n°3 n°2 n°2 n°2 n°3 ? n°1 n°2

Comprend l’inventaire des produits X X X X X X X X X X X

Prend en compte les émissions d’agents


chimiques dangereux produits lors du X X X X X X X X X X X X X X
procédé

Prend en compte les émissions d’agents


chimiques dangereux en cas de X X X X X
fonctionnement dégradé

Capacité limitée à peu de produits X X X X X X X X X X X

Capacité à gérer beaucoup de produits X 3


X 3
X X X X X X X
Informations disponibles sur étiquettes
X X X X X X X X X X X X X X X X
et FDS suffisent 4
Nécessité d’une expertise complémentaire X X X X X
Donne un score maximal de danger aux
X X X X X X X X ? X
CMR 1 ou 2

Prend en l’inhalation X X X X X X X X X X X X X X X X X
compte l’exposition cutanée X X X X X X X X X X X X X X X X
la présence de dispositifs
Intègre dans X X X X X X X X X X X X X X X
de protection collective
l’évaluation
le port d’EPI X X X X X X X X5

l’identification des risques X X X X X X X X X X X X X X X X X

l’estimation des risques X X X X X X X X X X X X X


la hiérarchisation des
X X X X X X X X X X X X X X
risques
Couvre
la construction d’un plan
X6 X6 X X X6 X X6 X6 X X X X
d’action
la génération d’une fiche
X X X
d’exposition
le risque toxicologique X X X X X X X X X X X X X X X X X
le risque incendie –
X X X X X X X X X
explosion
le risque pour
X X X X X
l’environnement
Adaptée aux PME - TPE X X X X X X X X X X X X X X X

Adaptée aux grandes entreprises X X X7 X X X7 X7 X7 X X X X X

1 5
 Régional.  Lors d’une seconde étape, en second niveau si l’entreprise le souhaite.
2 6
 Méthode SIRIS (Système d’Intégration des Risques par Intégration des Scores).  Succinct.
3 7
 À condition de disposer d’un outil informatique correspondant.  Utilisable par poste ou par atelier, ou dans le cas d’une faible diversité
4
 Hors agents chimiques dangereux émis lors du procédé ou en cas de de produits chimiques.
fonctionnement dégradé.

INRS - Hygiène et sécurité du travail - 3e trimestre 2009 - 216 / 15


Tableau III

Typologie des méthodes recensées

N° Nom de la méthode Type principal Type secondaire

1 Recommandation R409 – Évaluation du risque chimique 4 2

2 Méthodologie d’évaluation simplifiée du risque chimique ND 2233 4 2

3 Guide d’évaluation des risques ED 1476 2 /

4 OSER 4 2

5 CLARICE 4 2

6 Opér@ 2 4

7 GERC 1 2

8 Guide de prévention du risque chimique DTE 175 *

9 Outil d’aide à l’évaluation du risque chimique CRAM Pays de la Loire 4 2

10 TOXEV 4 2

11 Guide d’aide au repérage du risque CMR CRAM de Nord-Picardie 1 2

12 LARA-BTP 1 2

13 DIDERO 2 4

14 Evaris T 4 2

15 Ergochim 2 4

16 DT 80 4 2

17 Chemhyss 4 2

* Combinaison des types 1, 2, 3 et 4 sans qu’un type principal puisse être dégagé.

de fabrication et atelier de conditionne- constitués à partir des résultats de la fournies par l’étiquetage réglementaire
ment), tandis que d’autres l’avaient fait première phase. Les différents experts (symboles de danger et phrases de ris-
séparément sur chaque atelier. En effet, ayant effectué les tests ont donc présenté ques). Ceci constitue un de leurs atouts
selon ces choix, le produit utilisé en les résultats ainsi que les points mar- mais également une faiblesse fonda-
quantité annuelle maximale n’est pas quants propres à chaque méthode, sans mentale, un produit non étiqueté étant,
le même, et la cotation des différents qu’un comparatif plus abouti puisse être sauf avis d’expert, automatiquement
produits à travers leur quantité annuelle élaboré. considéré par la méthode comme non
rapportée à cette quantité maximale dangereux. Ainsi, dans le Tableau V, la
peut s’en ressentir. Les principales observations poudre de nickel est systématiquement
effectuées lors de cette seconde étape classée comme non prioritaire, le risque
Par souci d’homogénéité, les quel- sont regroupées dans le Tableau  VII. d’explosion de poussière n’étant pas mis
ques méthodes qui avaient été appli- Ce tableau ayant comme seul objectif en évidence car ce produit n’est pas
quées atelier par atelier l’ont donc été, de présenter certaines des différentes étiqueté.
dans une seconde étape, sur l’ensem- logiques décisionnelles à l’œuvre dans
ble de l’établissement. Les résultats des méthodes d’évaluation des risques Ce point complique également la
correspondants sont rassemblés dans chimiques, celles-ci ont été anonymi- prise en compte des émanations inhé-
le Tableau  VI pour lequel les diffé- sées. rentes à certains procédés ou techniques
rences observées ne doivent plus être (fumées de soudage, gaz d’échappement,
qu’intrinsèques aux méthodes testées. fumées de pyrolyse des poly­mères,
Cependant, des écarts demeurent, et les nitrosamines…). Toutes les méthodes
commentaires formulés précédemment
à propos du Tableau IV restent valables.
DISCUSSION disponibles sont ainsi prises en défaut
vis-à-vis de produits non étiquetés ou
non étiquetables.
Évaluation des risques aux postes de
travail (2ème niveau) Enfin et plus généralement, il ne
Limites inhérentes au principe faut pas oublier que les priorisations
Dans cette deuxième phase, la varia- même de ces méthodes issues des données toxicologiques ris-
bilité augmente entre les méthodes, tant quent parfois de se télescoper avec celles
sur le plan de la démarche que sur celui Dans un souci d’universalité et de nécessaires pour prévenir les risques
de la présentation des résultats, ce qui facilité d’utilisation, toutes les méthodes d’incendie/explosion et pour protéger
ne permet plus de réaliser un tableau d’évaluation des risques chimiques sont l’environnement. La comparaison des
comparatif synthétique du type de ceux essentiellement fondées sur les données Tableaux V et VI est explicite à ce sujet.

INRS - Hygiène et sécurité du travail - 3e trimestre 2009 - 216 / 16


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Tableau IV

Hiérarchisation des risques potentiels (toxicité) - Classification des produits selon les méthodes

ND 2233 OSER CLARICE CRAM PL TOXEV Evaris T Chemhyss


Produit
(toxicité) (toxicité) (toxicité) (toxicité) (toxicité) (toxicité) (toxicité)

UR5547

ECSP

ALCMH

Xylènes

Diluant SW

Pentane

Solvant CHL

Bisphénol A

OP9022

DRG01L

DCT

Propanol 2

DGE

NSC400H

SMA

GRG400

ACPHG

PGME

Éthanolamine

NMP

Trioxyde d’antimoine

Ni poudre

Acétone

Toluène

EGBE

GDME

GBP

SWAS

CCL200

WBC05L

GDP400

AFC200

Éthanol

GT1

GDFL

Tramil

Solvant ACB

ETPOL

Absolument prioritaire
Moyennement prioritaire
Non prioritaire

INRS - Hygiène et sécurité du travail - 3e trimestre 2009 - 216 / 17


Tableau V

Hiérarchisation des risques potentiels (incendie/explosion) - Classification des produits selon les méthodes

Produit ND 2233 (inc./exp.) TOXEV (inc./exp.) Evaris T (inc./exp.)

Pentane

Propanol 2

PGME

GRG400

ECSP

NSC400H

GDME

GBP

GDFL

ALCMH

Acétone

Toluène

Éthanol

Xylènes

Diluant SW

Tramil

Solvant ACB

ETPOL

DCT

OP9022

DGE

NMP

SMA

UR5547

DRG01L

CCL200

SWAS

AFC200

Ni poudre

Éthanolamine

Trioxyde d’antimoine

EGBE

ACPHG

Bisphénol A

Solvant CHL

GDP400

WBC05L

GT1

Absolument prioritaire
Moyennement prioritaire
Non prioritaire

INRS - Hygiène et sécurité du travail - 3e trimestre 2009 - 216 / 18


HST ND 2312 - 216 - 09

Tableau VI

Hiérarchisation des risques potentiels (toxicité) - Classification des produits selon les méthodes, suite à l’application de ces
méthodes à l’établissement dans son ensemble

ND 2233 OSER CLARICE CRAM PL TOXEV Evaris T Chemhyss


Produit
(toxicité) (toxicité) (toxicité) (toxicité) (toxicité) (toxicité) (toxicité)

UR5547

ECSP

ALCMH

Xylènes

Diluant SW

Pentane

Solvant CHL

Bisphénol A

OP9022

DRG01L

DCT

Propanol 2

DGE

NSC400H

SMA

GRG400

ACPHG

PGME

Éthanolamine

NMP

Trioxyde d’antimoine

Ni poudre

Acétone

Toluène

EGBE

GDME

GBP

SWAS

CCL200

WBC05L

GDP400

AFC200

Éthanol

GT1

GDFL

Tramil

Solvant ACB

ETPOL

Absolument prioritaire
Moyennement prioritaire
Non prioritaire

INRS - Hygiène et sécurité du travail - 3e trimestre 2009 - 216 / 19


Tableau VII

Évaluation des risques aux postes de travail - Caractéristiques de cetteseconde phase selon les méthodes testées

Méthode Caractéristiques de la phase 2

Le travail d’évaluation est conduit sur les produits apparus en rouge suite à la phase 1.
L’évaluateur doit faire un choix des situations d’utilisation a priori les plus défavorables pour les produits de cette liste.
A Ces situations sont ensuite cotées et on obtient une priorisation des tâches à traiter.
L’articulation entre les phases 1 et 2 implique des choix non effectués par la méthode,
ce qui nécessite une certaine expertise de la part de l’opérateur.

Le logiciel sélectionne les produits apparus en rouge ou en orange suite à la phase 1.


Pour ces produits, le logiciel demande que soient renseignés, à partir de listes de choix assez conviviales, les points suivants :
B aspect, utilisation, protection, surface exposée de l’opérateur, fréquence.
On obtient ensuite des priorités, par produit à travers les tâches, au moyen d’un nouveau classement rouge, orange, vert.
Ceci nécessite une certaine expertise à travers l’analyse du travail.

La méthode ne passe pas automatiquement de la phase 1 à la phase 2. C’est à l’évaluateur de choisir la ou les catégories de produits
C qu’il va traiter. Le logiciel calcule des scores mais la comparaison des scores reste l’affaire de l’évaluateur.
C’est un outil d’aide à la décision pour un évaluateur disposant de connaissances dans le domaine.

Alors que la phase 1 est pratiquement complètement automatisée, la phase 2 est manuelle, les situations d’utilisation étant cotées par
D l’évaluateur. Les situations d’utilisation sont ensuite croisées avec les priorités issues de la phase 1.
Ceci nécessite une expertise forte des situations d’utilisation pour pouvoir les coter.

Le passage de la phase 1 à la phase 2 est assez automatisé. La démarche est très guidée et encadrée par le logiciel.
On entre par produits, qui sont croisés avec les tâches observées sur le terrain.
E
Ce logiciel guide bien et de façon conviviale l’utilisateur, la notion de tâche structurant l’évaluation.
L’observation du travail reste nécessaire.

Dans la deuxième phase, on reprend la totalité des produits examinés dans la phase 1 et on les classe par type de risque (cutané,
respiratoire, oculaire…) à l’aide des phrases de risque. Un questionnaire papier de 10 pages guide ensuite dans l’étude du poste, et
F c’est sur la base des résultats de la phase 1 et de ce questionnaire que l’évaluateur statue sur le risque.
Les phases 1 et 2 sont indépendantes. La phase 2 n’est pas assistée informatiquement.
Une forte expertise est nécessaire pour faire l’évaluation des risques en consolidant les phases 1 et 2.

Le passage entre les phases 1 et 2 est très articulé et encadré par le logiciel.
G
L’ensemble est très informatisé et convivial guidant fortement l’évaluateur dans sa tâche.

Ces limites mettent tout de suite en graves à effet immédiat. En découlent alors qu’une règle de test très simple
évidence l’absolue nécessité de disposer, des priorisations d’actions de prévention leur avait été fixée. Une discussion a
en complément, de l’expertise d’une per- reflétant in fine des choix de préventeur été nécessaire pour faire apparaître l’in-
sonne formée à la prévention. qui peuvent tous se défendre. fluence de la différence de choix en ce
qui concernait le périmètre d’application
(atelier par atelier ou établissement dans
La méthode, reflet de choix de L’évaluation, reflet des choix de sa globalité). Les deux choix pouvaient
prévention de son concepteur l’utilisateur par ailleurs se défendre… tout comme
ceux qui ont conduit les concepteurs des
Les différences de résultats obser- La consigne simple donnée aux per- différentes méthodes à coter différem-
vées dans le Tableau  VI résultent prin- sonnes chargées des tests, ne détaillait ment les produits en fonction de leurs
cipalement de choix effectués par le pas la façon d’appliquer la méthode phrases de risque.
concepteur de la méthode dans la cota- et, de fait, les pratiques n’ont pas été
tion des différentes phrases de risque, homogènes à l’intérieur du groupe, ce
notamment des priorisations effectuées qui explique la différence de résultats Une nécessaire expertise de
entre les risques graves immédiats ou des Tableaux IV et VI (établi après que l’utilisateur
chroniques. Ce phénomène est parti- des consignes plus précises ont été don-
culièrement sensible pour des phrases nées). Il y a donc influence de l’utili- Tous ces éléments montrent la néces-
de risque que l’on pourrait qualifier de sateur sur les résultats produits par la sité d’une certaine expertise de l’utilisa-
frontières, telles les phrases R42 ou R43 méthode. teur pour appliquer une méthode quelle
(sensibilisants), R40 (cancérogène de qu’elle soit. Il doit en effet tenir compte
catégorie 3, non avéré), R65 (atteinte des Dans le cadre de cette étude, il est du contexte, notamment par la définition
poumons en cas d’ingestion). De la même particulièrement intéressant d’observer pertinente du périmètre de l’étude, puis
façon, la question de la cotation des CMR que 7 experts en prévention des risques pour l’exploitation critique des résultats.
par rapport à celle des toxiques ou très chimiques, disposant de 7 méthodes Même avec l’assistance d’un outil logiciel,
toxiques reflète la difficulté qu’il y a à très proches sur leur principe, sont arri- il reste des choix à faire. Il faut ensuite
comparer – et à coter ­– des risques très vés à des résultats différents en termes remettre les résultats dans le contexte, en
graves à effet différé et des risques très de priorisation des risques potentiels, validant, avec les acteurs de la prévention

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dans l’entreprise, les priorités proposées 9  Pour permettre cette première Une formation adaptée apparaît
par la méthode. étape d’inventaire, il est indispensable donc indispensable afin de permettre
de disposer de méthodes informatisées. aux utilisateurs, quels qu’ils soient,
Toutes ces méthodes apparaissent, Dans des unités mettant en œuvre de d’utiliser une méthode en tenant comp-
notamment dans la phase 2 de l’évalua- nombreux produits, de tels logiciels te de ses limites, et de poser un regard
tion, plutôt comme des systèmes experts permettent de réaliser des tris qui ne critique sur les résultats obtenus.
nécessitant une forte appropriation et seraient pas réalisables manuellement.
une expertise dans le domaine de la pré- L’interface informatique doit par ailleurs Sur le plan pratique, le nombre
vention des risques professionnels. Ceci être robuste et conviviale pour faciliter élevé de méthodes disponibles génère
est corroboré par la présence systémati- ce travail fastidieux, éviter d’éventuelles une certaine confusion chez les utili-
que, dans toutes les méthodes étudiées, erreurs ou permettre de les corriger sateurs. La difficulté de choix d’une
d’une approche de type 2 (cf. Typologie facilement. Quelle que soit la méthode, méthode vient s’ajouter aux limites pré-
et Tableau III). Le préventeur doit égale- effectuer l’inventaire des produits ainsi cédemment évoquées sans pour autant
ment garder à l’esprit que certains choix que l’analyse des postes prendra toujours apporter de réelle plus-value, les priori-
de priorisation des dangers ont déjà été un temps significatif à l’évaluateur. sations retenues dans chaque méthode
faits par le concepteur de la méthode ou se défendant du point de vue de la
de l’outil et sont donc imposés, et qu’il 9  Dans une optique de repérage prévention...
n’aurait peut-être pas fait les mêmes. des produits et situations les plus préoc-
cupants, il semble préférable d’appliquer Il pourrait ainsi être de l’intérêt
Par ailleurs, les outils simples uti- tout d’abord la méthode à l’établisse- général de choisir une méthode infor-
lisables par des entreprises ne dispo- ment dans sa globalité, avant de descen- matisée bien conçue et répondant à
sant pas d’expertise dans le domaine dre progressivement jusqu’au niveau de l’essentiel des besoins dans le domaine,
conduisent à des résultats incomplets l’atelier. pour en faire la méthode de référence. Il
qui ne satisfont pas à toutes les exigen- resterait alors à en assurer la diffusion
ces des préventeurs… tandis que les 9  Enfin, il est indispensable que nationale tout en l’accompagnant d’une
outils complexes, donnant des résultats les méthodes prennent en compte les formation dédiée. Dans le cas où les
plus proches de ceux attendus par les évolutions réglementaires, tout parti- différents partenaires impliqués déci-
préventeurs, nécessitent un haut niveau culièrement l’actuelle mise en place deraient de construire et rendre opéra-
d’expertise pour être utilisables par l’en- du règlement CLP (Classification, tionnel un tel dispositif, ils trouveraient
treprise. Le critère déterminant n’est Labelling and Packaging) bouleversant dans l’évaluation réalisée ici une pre-
probablement pas la taille de l’entreprise les règles d’étiquetage des produits mière base de travail.
mais plutôt son niveau de technicité en chimiques [8].
interne dans le domaine de la chimie et
des risques chimiques.
Reçu le : 14/05/2009
Ainsi, l’utilisation d’une méthode
sans expertise, sans regard critique ou
CONCLUSION Accepté le : 26/06/2009

sans accompagnement, peut conduire à


des choix d’action non adéquats au vu de
la réalité du terrain.
Quelles que soient les limites des
Tout ceci renvoie à une indispen- méthodes étudiées, leur utilisation per-
sable formation des utilisateurs, qu’in- met, en milieu industriel et en présence
tègrent déjà certains fournisseurs de de très nombreux produits, d’aider le
logiciels en assistant systématiquement préventeur à effectuer un premier tri,
l’utilisateur par des formations et du en identifiant un certain nombre de pro-
conseil. duits dont il faut se préoccuper en prio-
rité. Au vu des limitations soulignées
précédemment (produits non étiquetés,
Les attentes du préventeur émanations inhérentes à certains procé-
dés…), le préventeur doit cependant gar-
Lors de ses travaux, le groupe a der à l’esprit que cette liste de produits
identifié un certain nombre de critères peut ne pas être exhaustive.
essentiels pour permettre et faciliter la
mise en œuvre d’une méthode d’évalua- Il est également important de sou-
tion des risques chimiques. ligner, qu’avec ou sans logiciel, l’éva-
luation des risques impose la prise en
9  Elle doit intégrer l’inventaire compte du travail réel et l’observation du
exhaustif des produits chimiques utili- terrain, le logiciel ne pouvant qu’assister
sés dans l’atelier ou l’unité. L’information l’évaluateur dans cette démarche. Cette
nécessaire (étiquetage, fiches de don- phase nécessite une certaine expertise
nées de sécurité, tonnages, fréquences pour relever les éléments les plus per-
d’utilisation) doit en effet être facile- tinents.
ment accessible.

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Bibliographie
[1]  CERTIN J.-F., FAYOL M., [3]  CNAMTS – Évaluation du risque [6]  CRAMIF – Guide de prévention
FAUQUET A.-L., HERY M., LANGLOIS E., chimique, Recommandation du CTN de la du risque chimique. De l’évaluation des
VINCENT R. – Résultats de la campagne chimie, du caoutchouc et de la plasturgie, risques chimiques à la mise en œuvre des
de contrôle 2006 «  Inspection du travail R409, Paris, 2004, 48 p. mesures de prévention, DTE 175, Paris,
- Prévention des risques professionnels 2003, 33 p.
des CRAM  » (avec le soutien technique [4]  VINCENT R., BONTHOUX F.,
de l’INRS) sur l’utilisation des agents can- MALLET G., IPARRAGUIRRE J.-F., RIO S. [7]  UIC – Évaluation et prévention
cérogènes, mutagènes et toxiques pour – Méthodologie d’évaluation simplifiée du des risques professionnels liés aux agents
la reproduction dans l’industrie. INRS, risque chimique : un outil d’aide à la déci- chimiques, DT 80, Paris, 2008, 132 p.
Hygiène et sécurité du travail-Cahiers de sion. INRS, Hygiène et sécurité du travail-
notes documentaires, PR 27, N° 207, Paris, Cahiers de notes documentaires, ND 2233, [8]  Institut National de Recherche et
2007, pp. 77-84. N° 200, Paris, 2005. de Sécurité (INRS). Produits chimiques  :
l’étiquetage évolue, l’INRS vous informe.
[2]  TRIOLET J. – Prévention techni- [5]  INRS – Produits dangereux. Guide [Link]
que des risques chimiques, EMC (Elsevier d’évaluation des risques, ED 1476, Paris, html
Masson SAS), Pathologie professionnelle 1998, 6 p.
et de l’environnement, 16-685-C-10, 2009,
Paris, 8 p.

@nnexe : retrouvez l'annexe dans la version électronique (PDF) de cet article sur notre site [Link]

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@nnexe
Exemple pour l’application des Tableau I
méthodes d’évaluation dES risqueS
chimiqueS Matière Première Phrases de risque Quantité t/an État physique Pt Ébullition °C

PGME R10 825 Liquide 120


Description de l’établissement Bisphénol A R36/38, R43 450 Liquide > 250
Propanol 2 R11, R36, R67 330 Liquide 83
L’établissement est spécialisé dans
la fabrication de produits destinés à un Pentane R12, R65, R66, R67, R51/53 325 Liquide 36
usage professionnel. Solvant CHL R40 (C3) 320 Liquide 39

Diluant SW R10, R65, R52/53 300 Liquide 130-200


Il comprend deux ateliers :
Xylènes R10, R20/21, R38 260 Liquide 139

9 Un atelier de fabrication utilisant des DGE R21, R36/38, R43 150 Liquide > 200
matières premières. NMP R36/38 125 Liquide 202
9  Un atelier de conditionnement des ALCMH R11, R23/24/25, R39/23/24/25 80 Liquide 65
produits finis.
Ni Poudre R40, R43 (C3) 25 solide pulvérulent
Les produits sont élaborés dans Acétone R11, R36, R 66, R67 25 Liquide 56
l’atelier de fabrication dans des mélan- Éthanolamine R20, R36/37/38 19 Liquide 171
geurs de tailles diverses. La production
Solvant ACB R10 12,5 Liquide 126
est assurée par lots en fonction des pré-
visions de commande. Trioxyde d’antimoine R40 (C3) 10 solide pulvérulent

EGBE R20/21/22, R36/38 6,2 Liquide 171


Chaque mélangeur est relié par une
Toluène R11, R20 5 Liquide 111
tuyauterie à une réserve tampon qui
permet d’alimenter les chaînes de condi- ETPOL R10, R36 5 Liquide 132
tionnement. Le conditionnement est ACPHG R25, R48/24/25, R34 5 solide pulvérulent
effectué en tonneaux, tonnelets et bom- Éthanol R11 2,5 Liquide 79
bes aérosols. Les différents gaz propul-
Tramil R11, R36/37 1 Liquide 89
seurs sont approvisionnés à la demande
dans l’atelier de conditionnement.
Tableau II
Inventaire des agents chimiques
Produits Finis Phrases de risque Quantité t/an État physique Pt Ébullition °C
Dans l’atelier de fabrication
(Cf. Tableau I). GRG400 R12, R36/38 1250 Liquide 85

SMA Xi 750 Liquide > 200


Dans l’atelier de conditionnement
(Cf. Tableaux II). ECSP R12, R65, R66, R67 650 Liquide 36

UR5547 R40 500 Liquide 200


Analyse du travail DRG01L R40, R20/21/22 400 Liquide 40

SWAS Néant 250 Liquide 100


La production dans cet atelier est
assurée à l’aide de deux procédés qui OP9022 R10, R65 250 Liquide > 120
sont employés indifféremment du pro- DCT R10, R20/21 250 Liquide 137-143
duit à élaborer. Le choix d’un procédé est CCL200 Néant 250 Liquide > 55
uniquement lié à la quantité de produit
fini à élaborer. NSC400H R12, R40/20, R36/37/38 125 Liquide 56

AFC200 néant 125 Liquide > 100


De ce fait on distingue les procédés WBC05L Néant 100 Liquide 100
suivants :
GDP400 Néant 100 gaz

9 Mélangeurs 10 m3 . Gaz Propulseurs


9 Mélangeurs 1 m3 .
GT1 Néant 175 gaz - 26

La conduite des mélangeurs 10  m3 GBP R12 131 gaz


est assurée par un groupe de salariés GDME R12 65 gaz
(Groupe  1) alors que la conduite des
GDFL R12 12,5 gaz
mélangeurs 1  m3 est assurée par un

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autre groupe de salariés (Groupe 2). Les Analyse d’activité du Groupe 2
mélanges sont réalisés à température
ambiante (20-25°C). Les salariés de ce groupe utilisent
deux mélangeurs de type ouvert pour
Analyse d’activité du Groupe 1 la fabrication des différents produits.
Les liquides sont introduits directement
Les salariés de ce groupe utilisent dans le mélangeur par le biais d’un
deux mélangeurs de type clos mais réseau de tuyauteries connectées aux
ouverts régulièrement pour la fabrica- cuves de stockage. Le local où sont situés
tion des différents produits. Ces mélan- ces mélangeurs est équipé d’une ventila-
geurs sont munis d’une trappe permet- tion générale mécanique. La pesée des
tant d’introduire les produits à l’état pul- produits pulvérulents est assurée dans
vérulent et de prendre des échantillons. un petit local adjacent dépourvu de ven-
Cette trappe est ouverte pendant les tilation mécanique.
phases de remplissage et de vidange du
mélangeur. Les liquides sont introduits Les différentes phases de travail des
directement dans le mélangeur par le opérateurs sont les suivantes :
biais d’un réseau de tuyauteries connec-
tées aux cuves de stockage. Le local où 9 Réalisation du mélange.
sont situés ces mélangeurs est équipé 9 Contrôle du mélange.
d’une ventilation générale mécanique. 9 Vidange du mélangeur.
La pesée des produits pulvérulents est
assurée dans un petit local adjacent Les différentes tâches pour chaque
dépourvu de ventilation mécanique. phase de travail et leurs durées estimées
pour la durée d’un poste de travail (8 h)
Les différentes phases de travail des sont les suivantes :
opérateurs sont les suivantes :
9 Réalisation du mélange (phase 1) :
9 Réalisation du mélange. •  Remplissage du mélangeur (1  h
9 Contrôle du mélange. 30 min). 
9 Vidange du mélangeur. •  Pesée des produits pulvérulents,
balance sans ventilation (1 h).
Les différentes tâches pour chaque • Introduction des produits pulvérulents
phase de travail et leurs durées estimées dans le mélangeur (1 h).
pour la durée d’un poste de travail (8 h) •  Mélange des agents chimiques (2 h).
sont les suivantes : 9 Contrôle du mélange (phase 2) :
•  Prise d’échantillons dans le mélan-
9 Réalisation du mélange (phase 1) : geur (30 min).
•  Remplissage du mélangeur trappe 9 Vidange du mélangeur (phase 3) :
ouverte (2 heures).  •  Surveillance du mélangeur pendant la
•  Pesée des produits pulvérulents, phase de vidange (1 h 30 min).
balance sans ventilation (30 min). 9 Pause en salle de repos (30 min).
•  Introduction des produits pulvéru-
lents dans le mélangeur (15 min).
•  Mélange des agents chimiques trappe
fermée (2 heures).
9 Contrôle du mélange (phase 2) :
•  Ouverture du mélangeur et prise
d’échantillons dans le mélangeur
(15 min).
9 Vidange du mélangeur (phase 3) :
•  Surveillance du mélangeur trappe
ouverte pendant la phase de vidange
(2 h 30 min).
9 Pause en salle de repos (30 min).

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