La performance financière
Cette note pédagogique s’inscrit dans le prolongement de celle qui est consacrée
au coût du capital (CMPC) dont la compréhension est nécessaire afin de bien
assimiler le concept de rentabilité.
L’introduction de la note sur le CMPC montrait que la création de valeur avait pour
unique source la rentabilité dégagée par l’exploitation, par le projet
d’investissement :
12 =valeur créée = 100 (investissement) * (20% - 8%)
La valeur créée est égale au montant des capitaux investis (ou engagés) multiplié
par la différence entre rentabilité du capital et coût de financement (CMPC). La
présente note montre comment est calculée la rentabilité des capitaux engagés,
introduit le résultat économique (ou economic profit –EP- ou Economic Value-
Added -EVA) et fait le lien entre, d’une part, l’indicateur financier, d’autre part,
les décisions industrielles.
Nous montrons que le concept est particulièrement séduisant (cohérence avec
l’évaluation des investissements, arbitrages opérationnels appropriés, amélioration
du processus budgétaire), mais que sa traduction en indicateur de performance
présente des risques au niveau même de la création de valeur.
La rentabilité des capitaux engagés (ou ROCE, ROIC)
Intuitivement, le retour sur investissement se calcule comme la division de « ce
que l’on a gagné » par « ce que l’on a investi ». J’ai investi 100 et gagné 15, la
rentabilité s’établit à 15 %.
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Ce que l’entreprise a investi dans son exploitation s’appelle les Capitaux Engagés
(CE, Capital Employed) (ou Capitaux Investis, Invested Capital). Les CE se
calculent en ajoutant aux actifs immobilisés le Besoin en Fonds de Roulement
(BFR) et en retranchant les dettes d’exploitation à long terme (voir note sur les
documents financiers).
Le compte de résultat a pour objectif de décrire ce qui a été « gagné » par
l’entreprise à chaque étape : la marge brute constate le profit « sortie d’usine »,
le résultat d’exploitation le profit « avant rémunération des créanciers
financiers », le résultat net le profit « après avoir rémunéré toutes les parties
prenantes (stakeholders) ». La rémunération du banquier est incluse dans le calcul
du coût du capital et est calculée nette d’impôts. Le gain dégagé par
l’investissement devra, donc, être calculé avant frais financiers et impôts.
Le solde intermédiaire de gestion qui exprime le résultat dégagé par l’entreprise
dans son exploitation avant rémunération des investisseurs s’appelle le résultat
d’exploitation et est bien connu sous son abréviation anglophone EBIT qui signifie
Earnings Before Interest & Taxes. L’indicateur de rentabilité du capital investi
s’appelle le ROCE (Return On Capital Employed) (ou ROIC, essentiellement aux
USA : Return On Invested Capital) dont la formule est :
ROCE = EBIT / CE
Pour pouvoir comparer le ROCE avec le coût du capital, il faut rendre les
deux ratios cohérents du point de vue fiscal. Comme le CMPC se calcule après
impôts (frais financiers déductibles, actionnaires rémunérés sur le résultat
net après impôts), il convient de modifier la rentabilité d’exploitation pour
qu’elle apparaisse « nette d’impôts ».
La transformation s’effectue en multipliant le ROCE par 1 moins le taux
d’imposition des bénéfices (Tis pour taux de l’impôt sur les sociétés).
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La rentabilité d’exploitation s’écrit : ROCE * (1 – Tis), ou
EBIT * (1 – Tis) / CE.
Il convient de noter que certaines entreprises appellent ROCE le chiffre
présenté ci-dessus, donc immédiatement après impôt. Lorsqu’une firme
communique sur son ROCE, il est donc important de vérifier si le chiffre
présenté est « avant » ou « après » impôt.
Calcul du résultat économique
Le résultat économique peut s’exprimer en pourcentage ou en unités
monétaires. En pourcentage, il s’exprime simplement comme la différence
entre la rentabilité d’exploitation et son coût de financement.
RE(%) = ROCE * (1 Tis) – CMPC
Prenons l’exemple d’une firme qui dégage 20 centimes par Euro investi. Elle
doit payer l’impôt, par exemple 40%, soit 8 centimes. Restent 12 centimes. Si
le coût de financement (CMPC) est égal à 7%, il faut retirer des 12 centimes
précédents le minimum qu’il faut attribuer aux investisseurs pour rémunérer
l’immobilisation des capitaux et le risque accepté, soit 7 centimes. Le reste
est 5 centimes, rémunération résiduelle attribuée aux actionnaires et qui
traduit le surplus de rentabilité dégagée par l’entreprise au-delà de ce qui
leur a été promis.
Ce résultat économique s’exprime aussi en unités monétaires. Il est naturel
de multiplier « combien de centimes gagnés par Euro » par « combien
d’Euros investis » pour obtenir « combien d’Euros gagnés ».
RE(€) = RE(%) * CE = CE * (ROCE * (1 – Tis) – CMPC)
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RE(€) = EBIT * (1 – Tis) – CE * CMPC
En anglais, le résultat d’exploitation net d’impôt – EBIT * (1 – Tis) – est
souvent appelé NOPAT, qui signifie Net Operating Profit After Taxes.
Le résultat économique est couramment appelé economic profit en Anglais.
Le cabinet de conseil Stern Stewart l’a popularisé sous l’appellation economic
value-added.
Le résultat économique est « orienté actionnaires »
Cet indicateur montre qu’il faut retirer du résultat d’exploitation net d’impôt
l’intégralité du coût de financement des capitaux engagés pour avoir une
vue exacte de la performance financière d’une entreprise. Observons la
différence entre résultat économique et résultat net comptable.
La formule du RE(€) peut se développer comme suit en remplaçant le coût du
capital par sa formule de calcul :
RE(€) = EBIT * (1 – Tis) – CE (CP(%) * E(Rcp) + D(%) * Id * (1 – Tis))
RE(€) = EBIT * (1 – Tis) – CP * E(Rcp) – D * Id * (1 – Tis)
RE(€) = (EBIT – D * Id) * (1 – Tis) – CP * E(Rcp)
Or, D * Id = frais financiers (le « I » de EBIT) et EBIT – I = résultat avant
impôt. Donc,
RE(€) = Résultat net – CP * E(Rcp)
Ce qui différencie le compte de résultat et le calcul de la performance
financière, c’est tout simplement la prise en compte de l’attente de
rentabilité des actionnaires. Tout se passe comme s’il « manquait » au compte
de résultat un coût partiel de financement égal au montant investi par les
actionnaires multiplié par le taux de rendement qui leur a été promis.
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En fait, le compte de résultat calcule le résultat « attribuable aux
actionnaires » sans statuer sur le fait qu’il soit suffisant ou non pour
répondre à leurs attentes. Le résultat économique apporte cette réponse.
La formule qui mobilise le NOPAT est pertinente pour les entreprises
industrielles et bon nombre d’entreprises de services. Par contre, il est
évident que des concepts tels que le BFR sont difficiles à appliquer à certains
secteurs, notamment la banque. C’est pourquoi, ce secteur utilise des
indicateurs directement liés aux capitaux propres et à leur taux de
rendement (le RAROC, par exemple) et le résultat économique se calcule avec
la formule qui mobilise le résultat net.
Certes, la formule est « robuste » du point de vue scientifique, mais elle
n’est pas très « parlante ». C’est pourquoi, nous proposons la version imagée
ci-dessous.
La partie gauche de l’image décrit la séquence opérationnelle de l’entreprise :
investir pour produire et vendre afin de dégager une marge opérationnelle
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dont on retire l’impôt. La partie droite rappelle qu’il faut convaincre des
investisseurs pour financer l’exploitation en leur faisant une « promesse
moyenne » de rendement, le coût du capital. Le bas de l’image confronte le
retour sur investissement qui permet de rémunérer les investisseurs avec le
minimum qui leur a été promis et le résultat économique constate, quand il
est positif (respectivement négatif) l’excédent (respectivement le déficit)
opérationnel qui constitue la performance financière de la firme.
La direction générale de la firme, avec le support de la direction financière, a
pour mission de calculer le coût du capital et d’utiliser l’indicateur à bon
escient dans les processus d’allocation des ressources. Les opérationnels sont
principalement actifs dans la transformation des capitaux engagés en
résultat opérationnel net. Mais, il convient de noter que les décisions de
management prises par les opérationnels ne sont pas sans effet sur le ß, donc
sur le coût du capital (gestion et contractualisation de la relation clients et
de la relation fournisseurs, part des coûts fixes vs. variables dans les coûts
de revient). La section consacrée à l’amélioration de la performance
financière reviendra sur ce point fondamental.
Applications du concept aux décisions opérationnelles
Le concept de résultat économique permet d’éclairer toutes les décisions
opérationnelles courantes qui exigent un arbitrage entre bilan et compte de
résultat.
Tout d’abord, le concept est opérationnel dans le cadre de la négociation des
conditions de règlement des clients et des fournisseurs. Prenons un exemple.
Supposons qu’un client demande de régler sa facture avec un délai, en 60
jours au lieu de 30. Il accepte, en échange, une augmentation de prix, une
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prime pour paiement différé. Le résultat économique permet de calculer
l’augmentation du prix qui équilibre la transaction au niveau de la
performance financière. Il convient, tout d’abord, de calculer le coût du
capital approprié. Il serait faux de prendre le coût du capital de l’entreprise,
car celui-ci est pertinent pour le risque global de la firme, alors que le crédit
clients est un actif dont le risque est plus faible. Le financement du crédit
clients par l’entreprise exige, donc, un pourcentage plus faible de capitaux
propres et, partant, conduit à un coût du capital plus faible (voir les
publications dont Jacques Tierny est le co-auteur, notamment dans le
Journal of Applied Corporate Finance).
Prenons l’exemple d’un coût des capitaux propres de 10% et d’un financement
constitué de dettes à hauteur de 80% (coût après impôts de 5%) et de
capitaux propres à hauteur de 20%. Le coût du capital pertinent pour le
crédit clients s’élève à : 20% * 10% + 80% * 5% = 6%.
Reprenons l’exemple du client de l’entreprise qui demande un différé de
paiement de 30 jours, quelle doit être l’augmentation du prix de vente qui
compense l’augmentation du crédit clients correspondante ? Prenons un
montant en base 100 hors taxes. Le montant dû est 120 (taux de TVA égal à
19,6%). Le coût financier lié au différé est, donc, de 6% * 120 / 12 = 0,6.
Soit p l’augmentation de prix demandée par l’entreprise. Elle va accroître le
résultat d’exploitation d’un montant égal à 100 * p, soit 60 * p avec un taux
d’imposition de 40%. A l’équilibre, l’augmentation du NOPAT compense le coût
financier supplémentaire :
60 * p = 0,6 è p = 1%
La formule générale, indépendante du montant, est :
P = CMPCclients * (1 + Ttva) / 12 * (1 – Tis)
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Si l’entreprise réussit à négocier cette augmentation de prix, elle n’aura pas
détérioré son résultat économique.
Le même calcul peut être effectué sur toute opération impliquant un poste
du Besoin en Fonds de Roulement, par exemple pour calculer le prix maximum
que l’entreprise peut payer pour acquérir un logiciel permettant de réduire le
niveau des stocks. Ainsi, le concept de résultat économique permet de faire
le lien entre deux décisions, l’une affectant le bilan, l’autre le compte de
résultat, ce qui en fait un instrument de gestion puissant.
Le concept interpelle le processus budgétaire
Il existe de nombreux processus qui aboutissent à une sorte de
contractualisation budgétaire entre les opérationnels et les financiers.
Une forme couramment rencontrée de budget est se présente sous la forme
suivante : le manager a la responsabilité de maximiser le résultat
opérationnel (EBIT) et dispose, pour ce faire, de ressources en actifs fixes
(investissements industriels, « capex ») et circulants (crédit clients et
stocks). Ceci revient à maximiser le compte de résultat sous contraintes de
bilan.
Prenons l’exemple suivant : le responsable de la division ABC doit maximiser
le chiffre d’affaires et le résultat d’exploitation de son unité, et dispose d’un
budget d’investissements de 20M€, sachant que le niveau des stocks ne doit
pas dépasser un mois de production et que la durée moyenne d’encaissement
(le fameux DSO) ne saurait excéder 60 jours. Le manager va concentrer tous
ces efforts sur les ventes et le résultat, n’a aucune motivation à réduire le
niveau des stocks, car cela pourrait lui faire perdre du chiffre d’affaires, ne
va pas négocier avec ses clients une quelconque réduction du délai de
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règlement, car il serait obligé d’abandonner un escompte pour paiement
anticipé qui amputerait la marge d’exploitation sur laquelle est basée son
bonus et, enfin, tentera de dépenser son reliquat de budget
d’investissements à l’approche de la fin de l’exercice pour ne pas se mettre
en position difficile lors de la prochaine négociation budgétaire.
Un exercice budgétaire qui incorpore l’augmentation du résultat économique
dans les objectifs des managers incitera ces derniers à, naturellement,
combiner maximisation du résultat d’exploitation et consommation limitée de
ressources financières en réalisant les arbitrages opérationnels décrits dans
la section précédente et en introduisant systématiquement l’approche make
or buy dans la décision d’investissement.
Les approches classiques « P&L » sont, donc, grandement améliorées par
l’introduction du résultat économique dans les objectifs budgétaires.
Analogie entre résultat économique et rentabilité d’un
projet d’investissement
Les deux critères principaux d’évaluation des investissements (voir la note
consacrée à l’analyse des investissements) sont la Valeur Actuelle Nette
(VAN) et le Taux Interne de Rentabilité (TIR ou TRI).
Mathématiquement, le TIR est le taux d’actualisation qui annule la VAN.
Cette définition « polynomiale » tend à faire oublier sa définition première,
économique et financière : le TIR est un pourcentage qui traduit la
rentabilité intrinsèque de l’investissement que l’on compare au coût du
financement, à savoir le coût du capital. Si le CMPC est égal à 8% et que le
TIR de l’investissement s’élève à 15%, cela signifie que des fonds levés à un
coût de 8% ont été placés à 15%, générant ainsi un « bénéfice » de 7
centimes par Euro investi. Clairement, l’évaluation des projets relève de
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l’approche « micro » de l’entreprise, mais cette dernière peut être
considérée comme une succession de projets d’investissement réalisés au
cours de son histoire et dont le coût de revient apparaît au bilan (Capitaux
Engagés). Alors, le ROCE net d’impôts apparaît comme l’équivalent « macro »
du TIR des projets. Ceci nous permet de conclure que le résultat économique
est la traduction, pour l’entreprise, de l’ensemble des « TIR – CMPC »
dégagés par les investissements réalisés.
Il convient d’ajouter que la convergence TIR / ROCE après impôts est plus
d’ordre conceptuel que mathématique.
Existe-t-il, pour la VAN, un rapprochement équivalent au couple TIR / ROCE
après impôts ? La réponse est positive et s’appelle la Market Value-Added
dont les aspects théoriques et pratiques sont exposés dans la note consacrée
au lien entre rentabilité, croissance et création de valeur.
Le résultat économique est-il un bon indicateur de
performance ?
Le résultat économique traduit la capacité de l’entreprise à honorer ses
engagements à l’égard des investisseurs, ce qui confère à l’indicateur un
statut prioritaire. Les ratios de rentabilité commerciale sont incomplets, car
ils négligent l’investissement et la productivité industrielle. Les ratios de
liquidité et de structure financière contribuent à évaluer les niveaux de
risque de liquidité, respectivement, opérationnelle et stratégique, ce qui
constitue un apport important dans la connaissance de la firme, mais
n’apporte aucune information sur sa performance financière. Or, cette
dernière est la seule et unique source de valeur (cf. notes sur l’analyse des
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investissements et sur la relation entre croissance, rentabilité et création de
valeur).
Faisant la synthèse entre compte de résultat et bilan, entre retour sur
investissement et coût de financement, l’indicateur apparaît comme
« englobant », opérationnel, cohérent avec la rationalité financière et
fédérateur. D’où son succès, notamment au travers de la communication
intense réalisée dans les années ‘90s par un cabinet américain, Stern
Stewart, qui a popularisé le concept sous l’appellation « EVA » (Economic
Value-Added) en affirmant qu’il existait une corrélation fortement positive
entre l’EVA et la création de valeur boursière. En clair, plus l’entreprise
améliore sa performance mesurée à l’aune de l’EVA, plus le cours de bourse
augmente. La « prise du pouvoir » des entreprises par les marchés de
capitaux, appelée market for corporate control, date de cette période et la
course à la valeur boursière engagée par les dirigeants a été motivée par
deux objectifs rationnels : éviter l’OPA et maximiser la valeur des stocks
options. Coca-Cola est l’exemple le plus fréquemment cité par Stern Stewart
comme « champion de la création de valeur » : la société utilise l’équivalent
de l’EVA comme indicateur de performance (economic profit chez Coca-Cola)
et construit, en 1993, son système de rémunération des managers sur le
principe de l’augmentation de l’indicateur. Le cours de bourse montre une
parfaite corrélation avec l’EP par action pendant 10 ans (1988 – 1997) ce qui
conduit la firme à fonder ses décisions opérationnelles sur l’ « impact EP » à
court terme plutôt que sur la valeur de l’entreprise à long terme. Pendant 12
ans (1998 – 2009), le retour sur investissement des actionnaires de Coca-
Cola a été nul, car l’entreprise avait simplement oublié qu’elle avait des
clients, des employés, en un mot des parties prenantes, et que l’on ne peut
pas diriger une firme avec un joystick, si rationnel et sophistiqué soit-il.
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Quelle leçon managériale peut-on tirer de cet exemple ?
Les entreprises qui ont adopté le résultat économique comme indicateur de
performance et l’ont introduit dans le système de rémunération des
managers ont toutes été confrontées à des problèmes techniques (comment
allouer les capitaux engagés, comment attribuer aux managers des objectifs
sur lesquels ils ont un contrôle effectif, …), mais, surtout, managériaux : le
comportement des managers accordait une importance démesurée au court
terme et ceux-ci négligeaient le long terme. Parmi ces firmes, certaines ont
choisi d’abandonner l’indicateur, les autres ont décidé de le mobiliser comme
un indicateur parmi d’autres, ces derniers ayant pour « mission » de protéger
le long terme (dépenses de R&D, investissements industriels, …). Le résultat
économique apparaît, alors, comme ce qu’il est, c’est-à-dire un indicateur
financier dont la valeur est la conséquence des bonnes décisions
opérationnelles prises par l’entreprise dans le passé et non pas la cause
première de ces mêmes décisions.
Lorsque nous reprenons la formule elle-même, nous constatons ce décalage
temporel :
RE = EBIT * (1 – Tis) – CE * CMPC
L’EBIT est le résultat dégagé par les investissements réalisés hier et les CE
sont l’outil d’exploitation à partir duquel l’entreprise construit demain.
Maximiser le résultat économique conduit naturellement au sous-
investissement.
Le lien entre performance financière mesurée par le résultat économique et
la création de valeur à long terme fait l’objet d’une note pédagogique
complémentaire et spécifique.
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