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Dérivées et Accroissements en Mathématiques

Ce document présente les notions de base sur la dérivation des fonctions. Il définit la dérivée d'une fonction, les opérations sur les dérivées, les fonctions dérivables et de classe Cn. Il énonce également des propriétés comme le théorème de Rolle.

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Taha Chergui Mouane
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Dérivées et Accroissements en Mathématiques

Ce document présente les notions de base sur la dérivation des fonctions. Il définit la dérivée d'une fonction, les opérations sur les dérivées, les fonctions dérivables et de classe Cn. Il énonce également des propriétés comme le théorème de Rolle.

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Sup Tsi - Cours de mathématiques

XIII. Dérivation

1 Dérivée d’une fonction


Définition 1. On considère une fonction f ∈ F(I, R) et a ∈ I, on appelle taux d’accroissement
f (a + h) − f (a)
de la fonction f en a la fonction ∆f,a : h 7→ .
h

f (a + h)

f (a)

a a+h

∆f,a (h) peut s’interpréter graphiquement comme le coefficient directeur de la droite passant par les
points d’abscisses a et a + h de la courbe représentative de la fonction f .

Définition 2. On considère une fonction f ∈ F(I, R) et a ∈ I :


• si ∆f,a admet une limite à droite en 0, on dit que f est dérivable à droite en a et on appelle
cette limite nombre dérivé à droite de la fonction f en a que l’on note fd′ (a).
• si ∆f,a admet une limite à gauche en 0, on dit que f est dérivable à gauche en a et on appelle
cette limite nombre dérivé à gauche de la fonction f en a que l’on note fg′ (a).
• si ∆f,a admet une limite à droite et une limite à gauche en 0 égales, on dit que f est dérivable
en a et on appelle cette limite nombre dérivé de la fonction f en a que l’on note f ′ (a).

Exercice 1. Montrer que la fonction inverse est dérivable en a ∈ R∗ et calculer son nombre dérivé
en a.

Exercice 2. Montrer que pour tout n ∈ N∗ la fonction x 7→ xn est dérivable en tout point de R.

Exercice 3. Montrer que la fonction valeur absolue est dérivable à droite et à gauche en 0 mais n’est
pas dérivable en 0.

Propriété 1. On considère une fonction f ∈ F(I, R) dérivable en a ∈ I, alors la courbe représentative


de la fonction f admet une tangente au point d’abscisse a d’équation y = f (a) + f ′ (a)(x − a).

Démonstration. Exigible.

Remarque 1. Dans le cas ou la fonction est dérivable à gauche ou à droite en a sa courbe représen-
tative admet une demi-tangente à gauche ou à droite en a.

Remarque 2. Dans le cas ou le taux d’accroissement de la fonction f en a admet une limite infinie
en 0, la courbe représentative de la fonction f admet une tangente verticale au point d’abscisse a.

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Sup Tsi - Cours de mathématiques XIII. Dérivation

Définition 3. Une fonction f ∈ F(I, R) dérivable en tout point de I est dite dérivable sur I et on
appelle dérivée de la fonction f la fonction f ′ : a 7→ f ′ (a). On note D(I, R) l’ensemble des fonctions
à valeurs réelles définies et dérivables sur I.

On suppose connus les intervalles de dérivabilité ainsi que les dérivées des fonctions usuelles.

Propriété 2. On considère une fonction f ∈ F(I, R) dérivable en a ∈ I, alors :

f (x) = f (a) + f ′ (a)(x − a) + o(x − a)


a

Démonstration. Exigible - On utilise ∆f,a (x − a).



Exercice 4. Déterminer un équivalent au voisinage de 0 de sin x, 1 + x − 1, ex − 1 et ln(1 + x).

Exercice 5. On considère une fonction f ∈ F(I, R) et a ∈ I, montrer que s’il existe c, d ∈ R tel que
f (x) = c + d(x − a) + o(x − a) alors f (a) = c et f est dérivable en a avec f ′ (a) = d.
a

Corollaire 1. Une fonction f ∈ F(I, R) dérivable en a ∈ I est continue en a.

Démonstration. Exigible.

Contre-exemple 1. La fonction valeur absolue est continue en 0 mais n’est pas dérivable en 0.

2 Opérations sur les dérivées


Propriété 3. On considère deux fonctions u, v ∈ D(I, R), alors :
• u + v est dérivable sur I et (u + v)′ = u′ + v ′ .
• u × v est dérivable sur I et (u × v)′ = u′ × v + u × v ′ .
 ′
1 1 −u′
• si u ne s’annule pas sur I, est dérivable sur I et = 2 .
u u u
u  u ′ u × v − u × v′
 ′
• si v ne s’annule pas sur I, est dérivable sur I et = .
v v v2
Démonstration. Non exigible - On calcule le taux d’accroissement.

Propriété 4. On considère une fonction f : I → J bijective et dérivable sur I telle que f ′ ne s’annule
1
pas sur I, alors son application réciproque g est dérivable sur J et g′ = ′ .
f ◦g

1
Démonstration. Non exigible - On montre que ∆g,b (l) = où a = g(b) et h = g(b + l) − a.
∆f,a (h)
Exercice 6. Montrer que la fonction f : ] − π2 ; + π2 [ → R est bijective, que son application
x 7→ tan x
réciproque arctan est dérivable et calculer arctan′ .

Propriété 5. On considère une fonction u ∈ D(I, R) et une fonction v ∈ D(J, R) avec u(I) ⊂ J,
alors la fonction v ◦ u est dérivable sur I et (v ◦ u)′ = u′ × (v ′ ◦ u) .

Démonstration. Non exigible - On calcule un développement limité d’ordre 1 de v ◦ u(x) en a en


utilisant un développement limité de v(y) en u(a) et un développement limité de u(x) en a.
 x −x 
Exercice 7. Montrer que la fonction f : x 7→ arctan e −e 2 est dérivable sur R et calculer sa
dérivée.

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Sup Tsi - Cours de mathématiques XIII. Dérivation

3 Fonctions de classe C n
On peut définir par récurrence (si elle existe) la dérivée n-ième d’une fonction pour n ∈ N.

Exercice 8. Montrer pour k ∈ N que la fonction f : x 7→ xk est n fois dérivable pour n ∈ J0, kK et
calculer f (n) .

Définition 4. On dit qu’une fonction f ∈ F(I, R) est de classe C n sur I si f est n fois dérivable sur
I et si f (n) est continue sur I. On note C n (I, R) l’ensemble des fonctions de classe C n sur I

Remarque 3. Les fonctions de classe C 0 sur I sont les fonctions continues sur I.

Remarque 4. Si f est de classe C n sur I, ses dérivées d’ordre inférieur ou égal à n sont continues
sur I.

Exercice 9. Déterminer la classe de la fonction f : x 7→ x3 |x| sur R.

Définition 5. On dit qu’une fonction f ∈ F(I, R) est de classe C ∞ sur I si f est de classe C n sur I
pour tout n ∈ N. On note C ∞ (I, R) l’ensemble des fonctions de classe C ∞ sur I

Exercice 10. Montrer que la fonction cosinus est de classe C ∞ sur R et déterminer cos(n) .

Propriété 6. On considère deux fonctions u, v ∈ F(I, R) n fois dérivables sur I alors la fonction
u + v est n fois dérivable sur I et (u + v)(n) = u(n) + v (n) .

Démonstration. Exigible - On montre par récurrence sur k que u + v est k fois dérivable sur I avec
(u + v)(k) = u(k) + v (k) pour tout k ∈ J0; nK.

Corollaire 2. On considère u, v ∈ C n (I, R) alors u + v ∈ C n (I, R).

Démonstration. Exigible.

Propriété 7. Formule de Leibniz


On considère deux fonctions u, v ∈ F(I, R) n fois dérivables sur I alors la fonction u × v est n fois
k=n
X n 
(n)
dérivable sur I et (u × v) = u(k) × v (n−k) .
k
k=0

Démonstration. Non exigible - On montre par récurrence sur i que u × v est i fois dérivable sur I avec
k=i  
(i)
X i
(u + v) = u(k) × v (i−k) pour tout i ∈ J0; nK.
k
k=0

Corollaire 3. On considère u, v ∈ C n (I, R) alors u × v ∈ C n (I, R).

Démonstration. Exigible.

Remarque 5. On peut étendre la propriété au quotient si v ne s’annule pas sur I.

Propriété 8. On considère u ∈ C n (I, J) et v ∈ C n (J, R) alors v ◦ u ∈ C n (I, R).

Démonstration. Non exigible.

Propriété 9. On considère f ∈ C n (I, J) avec n > 1 admettant une application réciproque g et telle
que f ′ ne s’annule pas sur I, alors g ∈ C n (J, I).

Démonstration. Non exigible.

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Sup Tsi - Cours de mathématiques XIII. Dérivation

4 Propriétés des fonctions dérivables


Propriété 10. On considère une fonction f à valeurs réelles définie à gauche et à droite de a et
admettant un extremum local en a, si f est dérivable en a alors f ′ (a) = 0.
Démonstration. Non exigible - On montre en utilisant le taux d’accroissement que fg′ (a)fd′ (a) 6 0.

Contre-exemple 2. La fonction cube possède une dérivée qui s’annule en 0 mais elle n’admet pas
d’extremum local en 0.
Théorème 1. Théorème de Rolle
On considère une fonction f à valeurs réelles continue sur un intervalle [a; b] non réduit à un point
et dérivable sur ]a; b[ telle que f (a) = f (b) alors il existe c ∈]a; b[ tel que f ′ (c) = 0.

f (a) = f (b)

a c b

Démonstration. Non exigible - On remarque que comme f est continue, elle admet un extremum
global en c ∈]a; b[.

Remarque 6. c n’est pas forcément unique.


Remarque 7. Si la fonction f est dérivable sur [a; b] alors elle est a fortiori continue sur [a; b] et
dérivable sur ]a; b[.
Théorème 2. Théorème des accroissements finis
On considère une fonction f à valeurs réelles continue sur un intervalle [a; b] non réduit à un point
f (b) − f (a)
et dérivable sur ]a; b[ alors il existe c ∈]a; b[ tel que = f ′ (c).
b−a

a c b

Démonstration. Non exigible - On applique le théorème de Rolle à la fonction f −g ou g est la fonction


affine telle que g(a) = f (a) et g(b) = f (b).

Corollaire 4. Inégalité des accroissements finis


On considère une fonction f à valeurs réelles continue sur un intervalle [a; b] non réduit à un point et
dérivable sur ]a; b[ telle que m 6 f ′ (x) 6 M pour tout x ∈]a; b[ alors m(b−a) 6 f (b)−f (a) 6 M (b−a).
Démonstration. Exigible.

Remarque 8. Si |f ′ (x)| 6 M pour tout x ∈]a; b[ alors |f (b) − f (a)| 6 M (b − a).


Exercice 11. Montrer en utilisant l’inégalité des accroissements finis que tan x > x pour tout
x ∈ [0; π2 [.

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Sup Tsi - Cours de mathématiques XIII. Dérivation

Propriété 11. On considère une fonction f à valeurs réelles définie et dérivable sur I, alors :
• Si f ′ = 0 sur I alors f est constante sur I.
• Si f ′ > 0 (respectivement f ′ > 0) sur I alors f est croissante (respectivement strictement
croissante) sur I.
• Si f ′ 6 0 (respectivement f ′ < 0) sur I alors f est décroissante (respectivement strictement
décroissante) sur I.
Démonstration. Non exigible - On utilise le théorème des accroissements finis.

Exercice 12. Montrer que si f est une fonction croissante sur I et dérivable sur I alors f ′ > 0 sur I.
Contre-exemple 3. La fonction cube est strictement croissante sur R et sa dérivée s’annule en 0.
Théorème 3. Théorème de la limite de la dérivée
On considère une fonction f à valeurs réelles continue sur [a; b] et dérivable sur ]a; b], si f ′ admet
f (x) − f (a)
une limite à droite en a alors x 7→ admet la même limite à droite en a.
x−a
Démonstration. Non exigible - On utilise le théorème des accroissements finis.

Remarque 9. On peut également formuler ce résultat dans le cas d’une limite à gauche.
Remarque 10. Dans le cas où f ′ admet une limite finie en a, on en déduit que la fonction f est
dérivable en a.

Exercice 13. Montrer que la fonction f : x 7→ x x est dérivable en 0 en étudiant la limite du taux
d’accroissement puis en utilisant la remarque 10.
Exercice 14. Montrer que la fonction f : R → R est de classe C 1 sur R.
0 si x60

x 7→ − x1
e si x>0

5 Calcul approché des zéros d’une fonction


5.1 Méthode de dichotomie
Propriété 12. On considère une fonction f ∈ C([a; b], R) strictement monotone avec f (a)f (b) < 0,
alors l’équation f (x) = 0 admet une unique solution x0 sur l’intervalle [a; b] et pour tout c ∈]a; b[ :
• si f (c) = 0 alors x0 = c.
• si f (a)f (c) < 0 alors x0 ∈]a; c[.
• si f (c)f (b) < 0 alors x0 ∈]c; b[.

a
x0 c b

Démonstration. Exigible.

La méthode de dichotomie consiste à itérer cette discrimination afin d’obtenir un encadrement


de plus en plus précis de la racine de f , on choisit en général pour c le centre de l’intervalle [a; b].

Exercice 15. Déterminer un encadrement d’amplitude 18 par des nombres rationnels de 2 en utili-
sant la méthode de dichotomie appliquée à la fonction f : x 7→ x2 − 2 sur l’intervalle [1; 2].
Exercice 16. Que peut-on dire de l’amplitude d’un encadrement obtenu après n étapes de la méthode
de dichotomie ?

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Sup Tsi - Cours de mathématiques XIII. Dérivation

5.2 Utilisation de suites récurrentes


Propriété 13. On considère une fonction f ∈ C(I, I) et une suite (un )n∈N telle que u0 ∈ I et
un+1 = f (un ) pour tout n ∈ N, alors si (un )n∈N converge vers l ∈ I on a f (l) = l.

Démonstration. Exigible.

 u0 = 0
Exercice 17. On considère la suite (un )n∈N définie par 2un + 2 .
 un+1 =
un + 2
2x + 2
1. Montrer que 0 6 un 6 2 pour tout n ∈ N. (on pourra étudier les variations de la fonction f : x 7→ )
x+2

2. Montrer que la suite (un )n∈N converge vers 2. (on pourra utiliser le théorème de convergence monotone)
√ 1 √
3. Montrer que pour tout n ∈ N on a |un+1 − 2| 6 |un − 2|. (on pourra utiliser l’inégalité des
2
accroissements finis sur l’intervalle [0; 2])

5.3 Méthode de Newton


On considère une fonction f ∈ F(R, R) dérivable sur R avec f ′ ne s’annulant pas sur R, la méthode
f (un )
de Newton consiste en la construction d’une suite récurrente un+1 = un − ′ .
f (un )

u2 u1 u0

Exercice 18. On considère la fonction f : x 7→ x2 − 2.


1. Déterminer la relation de récurrence de la suite (un )n∈N associée à la fonction f par la méthode
de Newton.

2. On pose u0 = 2, montrer que la suite (un )n∈N converge vers l = 2. (on pourra utiliser le théorème
de convergence monotone)
√ u2 − 2 √
3. Montrer que pour tout n ∈ N on a un+1 − 2 6 n 2 (un − 2). (on pourra utiliser l’inégalité des
√ 2un
accroissements finis sur l’intervalle [ 2; un ])

√ 2 √
4. En déduire que pour tout n ∈ N on a |un+1 − 2| 6 |un − 2|2 .
2

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