Modèle de prix des activités régulés
Afin d’encourager des partenaires privés à investir dans les infrastructures publiques comme le
réseau électrique, les tarifs d’utilisation du réseau sont fixés de sorte à garantir un retour sur
investissement.
Calcul du revenu requis
Le revenu requis, noté RR, est le revenu nécessaire par année d’une installation pour couvrir les
couts de fonctionnement de l’infrastructure plus les gains des investisseurs. La formule du RR est la
suivante :
RR = OPEX + CAPEX + WACC*RAB
Avec :
• OPEX : Dépenses d’opération, il s’agit des dépenses de fonctionnement et de maintenance
de l’installation. L’OPEX comprend notamment, les salaires, les dépenses de sous traitance,
les dépenses d’approvisionnement en matériel, etc.
• CAPEX : Dépenses d’investissement du capital, il s’agit des dépenses liées aux investissement
en matériel. Les investissements de développement d’un réseau effectués pendant l’année
sont, par exemple, comptés dans le CAPEX. La dépréciation de la valeur des infrastructures
(perte de valeur des bâtiments, etc) et du matériel est aussi compté comme des dépenses
dans le CAPEX
• CAPEX+OPEX : La somme du CAPEX et de l’OPEX représente les coûts de l’installation.
• RAB : Base d’actifs régulés, cette valeur correspond à la valeur comptable de l’entreprise
gérant l’infrastructure.
• WACC : Coût moyen pondéré du capital, il s’agit du taux de rentabilité moyen (en %) attendu
par les actionnaires (propriétaires de l’entreprise) et les créanciers (qui possèdent la dette de
l’entreprise) de l’entreprise
• RAB*WACC : le produit du RAB et du WACC représente le retour sur investissement noté
ROI, il s’agit des gains que les investisseurs de l’entreprise vont réaliser, il est aussi calculé
par : ROI= Revenus-coûts – (impôts + taxes)
Méthodes d’estimation de la dépréciation du capital
Afin de prévoir la dépréciation du capital (pertes de valeurs des biens de l’entreprise) sur une période
d’utilisation, somme qui est comptée dans les dépenses du capital (CAPEX) on peut utiliser plusieurs
types de modèles.
1. Modèle linéaire
Dans le modèle linéaire la dépréciation D d’un actif (perte de valeur chaque année) est
constante et vaut :
D = (I – R) / n
Avec I la valeur initiale de l’actif, R la valeur de l’actif après les n années de la période
d’utilisation. Ici la dépréciation est constante et la valeur de l’actif au cours du temps est
linéaire. Ce modèle est simple à utiliser mais nécessite de connaitre la valeur de l’actif à la fin
de la période ce qui est difficile à estimer.
2. Modèle à taux de dépréciation constant
Dans ce modèle on suppose que la valeur de l’actif diminue d’un pourcentage d constant
chaque année, D n’est donc plus constant mais change pour chaque année et la courbe de
valeur de l’actif n’est donc plus linéaire.
D1 = I*d, D2 = (I-D1)*d, D3 = (I-D1-D2)*d, etc
Valeur d’un actif au cours du temps avec les deux modèles.
Calcul du WACC (coût moyen pondéré du capital)
Le WACC se calcule en tenant compte de la proportion du capital de l’entreprise ayant été financé
par de la dette ou par l’argent apporté par les investisseurs. Lorsqu’un créancier prête de l’argent à
une entreprise il attend à recevoir des intérêts en retour. Un actionnaire qui investit de l’argent dans
une entreprise attend en retour un certain taux de profit par année. Ainsi on calcule le WACC par la
formule suivante :
WACC = e*E/(E+D) + d*D/(E+D)
E : Capital apporté par les actionnaires
D : Dette contractée
La valeur totale de l’entreprise correspond donc à E+D
d : taux d’intérêt de la dette (coût de la dette)
e : taux de profit attendu par les actionnaires (coût des capitaux propres)
Le cout des capitaux propres e peut être estimé par le CAPM (modèle d’évaluation des actifs
financiers) qui permet d’estimer le taux de profit requis pour attirer les investisseurs par rapport à
l’état du marché.
e=rf + βk*(rm-rf)
rf : taux d’intérêts des actifs sans risques (généralement il s’agit des emprunts d’Etat)
rm : taux de rentabilité moyen espérée sur les marchés financiers (rentabilité moyenne de tous les
investissements possibles sur le marché)
βk : coefficient de risque de l’actif, il rend compte du risque et de la volatilité de l’actif par rapport au
reste du marché. Plus un actif est volatil, donc risqué, plus l’investisseur y plaçant son argent attend
un taux de profit important. Exemple : un coefficient de risque de 1.2 signifie que lorsque le marché à
varié d’en moyenne 1%, alors l’actif étudié à varié d’en moyenne 1.2%.