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Développement de la pisciculture en Guinée

Le document décrit le contexte de la pisciculture en Guinée. Il présente les différentes régions naturelles du pays et leurs caractéristiques hydrologiques et climatiques, qui influencent le développement de la pisciculture. La Guinée Maritime et la Guinée Forestière semblent les plus favorables pour la pisciculture.

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Développement de la pisciculture en Guinée

Le document décrit le contexte de la pisciculture en Guinée. Il présente les différentes régions naturelles du pays et leurs caractéristiques hydrologiques et climatiques, qui influencent le développement de la pisciculture. La Guinée Maritime et la Guinée Forestière semblent les plus favorables pour la pisciculture.

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1.

INTRODUCTION
1.1. Généralités
La pisciculture est une activité qui, jusqu'à présent, a été négligée en Guinée;
pourtant, son faible développement actuel traduit mal le récent intérêt qu'elle suscite et
l'engouement enthousiaste mais désordonné des populations à son égard.
En effet, depuis sa timide introduction en 1954 avec la construction des
premières stations piscicoles ( Kindia, Mamou, Pita, Labé, Macenta et Beyla) très vite
abandonnées (malgré les tentatives avortées de réhabilitation de quelques stations dans
les années 1977-1979), plus aucun programme de recherche ni de développement n'a
été mis en oeuvre jusqu'en 1990 .
A cette date, une mission conjointe d'exploration des potentialités de
l'aquaculture et de la pêche continentale fut réalisée par le gouvernement et la FAO; elle
eut pour résultat principal de classer les potentialités du secteur par région naturelle et
de mettre en exergue la nécessité d'établir un schéma directeur pour le développement
de l'aquaculture et de la pêche continentale qui tienne compte des priorités identifiées,
de façon à mettre en place un programme cohérent d'actions de développement.
C'est dans cette logique que démarre en septembre 1995 le projet
PCT/GUI/4556, qui a pour objectif la définition d'une politique nationale et l'élaboration
d'un plan d'action pour le secteur Pêche et Aquaculture en Guinée.
Une première mission préparatoire a eu lieu en Novembre 1995 pour définir avec
le gouvernement guinéen les orientations stratégiques préliminaires, les modalités de
réalisation pratique et le calendrier d'exécution des différentes étapes d'analyse sous
sectorielle ou thématique réunies dans un programme d'actions coordonnées.
Une seconde mission d'exécution du programme a eu lieu à travers toute la
Guinée du 10 mars au 12 avril 1996 ; elle avait pour objectif de fournir des analyses
techniques thématiques détaillées qui serviront de base à l'élaboration du rapport final
de synthèse du Schéma Directeur.
Ce rapport technique concerne exclusivement les analyses et propositions pour
le sous-secteur pisciculture continentale; il s'appuie sur les visites de terrain détaillées
dans les fiches d'expertises piscicoles présentées en annexe, sur des recherches
bibliographiques et sur le travail de réflexion de l'équipe nationale et internationale en
cours de mission.
Deux scéances de travail d'une matinée sur le thème "pisciculture et
aménagements" organisées en cours de mission à Diecke (22/3/96) et à Conakry
(3/4/96) sous forme d'exposé-débat ont permis de dresser un bilan provisoire des visites
de terrain aux cadres de la Direction Nationale de la Pêche et de l'Aquaculture (DNPA),
de la Société guinéenne de palmier à huile et d'hévéa (SOGUIPAH) et du Centre
National des Sciences Halieutiques de Boussoura (CNSHB).
1.2. Termes de références
- Revue succinte des potentialités et contraintes (bilan-diagnostic)
- Elaboration d'une stratégie nationale de développement à long terme (25 ans)
- Elaboration d'une stratégie à moyen terme (7ans) pour la pisciculture intensive et la
vulgarisation
- Elaboration d'une stratégie à moyen terme pour la pisciculture extensive
- Préparation d'un programme d'action et de fiches de projet pour le moyen terme
- Rédaction d'un rapport technique sur le volet pisciculture
1.3. Remerciements
Le consultant remercie vivement toutes les personnes rencontrées qui ont
contribué, grâce à leurs informations ou leur assistance, au succès de la mission, et en
particulier, les membres de la mission de terrain, nationaux et internationaux, qui ont
tous contribués à entretenir un excellent climat de travail, pendant et après la mission:
- pour la partie nationale:
- Mr Oua Bilivogui, Directeur National Pêche et Aquaculture
- Mr T. Aliou Diallo, Directeur National projet TCP/4556
- Mr F. Mamadou Kaba, Consultant National
- Mr Sidiki Keita, Conseiller DNPA
- pour la partie internationale:
- Mr Dominique Greboval, CTP/TCP/4556
- Mr Christophe Breuil, Consultant Pêche Continentale
- Mr Philippe Cacaud, Consultant Législation
2. CONTEXTE ET BILAN DIAGNOSTIC
2.1. Contexte naturel
La Guinée s'étend sur 245 857 km2, pour une population estimée à 6 347 000
habitants; sa densité moyenne de population représente 26 habitants par km2. (On
trouvera page suivante, les photos 1 et 2 des cartes les plus représentatives).
Elle est limitée:
- à l'ouest, par l'Océan Atlantique et la Guinée Bissau,
- au Nord, par le Mali et le Sénégal,
- à l'Est, par la Côte d'Ivoire,
- au Sud, par la Sierra Leone et le Liberia.
Les deux tiers du pays sont montagneux et bénéficient d'une pluviométrie
abondante et régulière qui lui vaut d'être considéré comme le château d'eau de l'Afrique
Occidentale, marquant profondément le réseau hydrographique de ses quatre régions
naturelles:
- la Guinée Maritime ou Basse Guinée à l'Ouest, qui représente 15% du
territoire national. Climat tropical humide subguinéen (7 à 9 mois de pluies) marqué par
la mousson. Nombreux fleuves courts et puissants. Relief généralement plat.
- la Moyenne Guinée ou Fouta Djallon, qui représente 25% du territoire
national. Climat tropical foutanien tempéré par l'altitude (5 à 7 mois de pluies). Source
d'importants fleuves d'Afrique de l'Ouest. Relief constitué principalement par des hauts
plateaux couverts de savanes et de forêts claires.
- la Haute Guinée au Nord Est, qui représente 40% du territoire national. Climat
de type soudanien (3 à 6 mois de pluies) marqué par l'harmattan. Relief caractérisé par
les grandes plaines inondables de basse altitude du Niger et de ses affluents séparés
par de vastes plateaux.
- La Guinée Forestière au Sud Est, représente les 20% restants du territoire
national. Climat tropical humide (9 à 11 mois de pluies). Traversée par la dorsale
Guinéenne qui culmine à 1752 m au mont Nimba, elle se caractérise par une végétation
très dense et une forte humidité.
PHOTO N°l: GUINEE: Organisation administrative,
densités; transport et communications; agriculture,
élevage, pêche; ressources minières et énergétiques.
(Jean-Pierre Marquet)

PHOTO N°2: GUINEE: agriculture, élevage, pêche. (Jean-Pierre Marquet)


2.1.1 Pluviométrie
La pluviométrie annuelle moyenne et le nombre de jours de pluie par an sont
représentés par Région Naturelle dans les figures 1 et 2 page suivante. Ces figures ont
été obtenues à partir des relevés météorologiques présentés en annexe 1.
Ces relevés ont été effectués de 1988 à 1993 par la Direction Nationale de
Météorologie dans trois localités représentatives par Région Naturelle ; nous les avons
regroupés de façon à mettre en valeur les disparités climatiques régionales.
Les localités représentatives des Régions Naturelles choisies par la Direction
Nationale de la Météorologie sont les suivantes (voir cartes page 4):
- Guinée Maritime: Conakry, Boké, Kindia.
- Moyenne Guinée: Labé, Mamou, Koundara.
- Haute Guinée: Kankan, Faranah, Siguiri.
- Guinée Forestière: N'Zérékoré, Kissidougou, Macenta
Les résultats des calculs de moyennes régionales par critère sont présentés
dans le tableau 1 ci-dessous:
Tableau 1 : Pluviométrie par Région Naturelle

Pluviométrie Nombre de jours de puies par


REGION NATURELLE
(hauteur annuelle) an
Guinée Maritime 2634,40 mm 132, 28 jours
Moyenne Guinée 1253, 86 mm 116, 17 jours
Haute Guinée 1235, 82 mm 102, 17 jours
Guinée Forestière 2012,97 mm 157, 83 jours

Ainsi la Guinée Maritime (ou Basse Guinée) et la Guinée Forestière sont les
régions naturelles les plus favorables aux activités piscicoles pour ces deux critères
(total des précipitations annuelles et nombre de jours de pluie par an).
FIGURE 1: Pluviométrie moyenne annuelle par Région Naturelle (1988-1993)

FIGURE 2: Nombre de jours de pluie par an et par Région Naturelle (1988-1993)


2.1.2 Hydrologie
Le réseau hydrographique est particulièrement dense en Guinée; on distingue
toutefois des disparités régionales quant à la régularité des cours d'eau, plus favorable
en Guinée Forestière et en Guinée Maritime qu'en Moyenne et Haute Guinée; ce constat
de fait est directement lié à la pluviométrie régionale (quantité absolue et répartition des
précipitations sur l'année) et à l'évaporation plus intense dans les régions du Nord.
On observe parallèlement une diminution sensible de la durée de la saison
humide (caractérisée par une pluviométrie mensuelle supérieure au tiers de
l'évapotranspiration) du Sud vers le Nord: cette durée est de 11 mois à Macenta en
Guinée Forestière et diminue progressivement jusqu'à 5 mois à Koundara (situé au Nord
de la Moyenne Guinée) et Siguiri (situé au Nord de la Haute Guinée).
La conséquence directe sur l'hydrologie régionale se marque du Sud vers le
Nord du pays par l'assèchement temporaire des petits affluents et des différences très
marquées de hauteur d'eau entre le débit de crue et celui d'étiage des grosses rivières
et des fleuves (jusqu'à 8 à 10 mètres d'écart).
Ainsi pour les critères de permanence des cours d'eau et de régularité des
débits, la Guinée Forestière possède des avantages comparés évidents par rapport aux
autres régions du pays.
En ce qui concerne la qualité des eaux, les nombreux relevés de pH, de
température et de turbidité effectués en cours de mission dans les fleuves, rivières,
retenues et plans d'eau en général ont démontré l'excellente qualité des eaux
continentales guinéennes: les pH relevés sont partout supérieurs ou égaux à 6 (légère
acidité facile à corriger par fertilisation des eaux), même en Guinée Forestière.
En pleine saison sèche, la température est partout favorable à l'élevage de
poissons tropicaux (supérieure à 25°C) et la turbidité due aux matières organiques en
suspension pratiquement nulle. Il est vraisemblable qu'en saison froide, la température
des eaux descende en dessous du seuil de reproduction de beaucoup d'espèces
piscicoles (20°C) comme l'indiquent les températures moyennes annuelles minimales de
l'air relevées de 1988 à 1993 par la Direction Nationale de la Météorologie présentées
en annexe 2.
Les températures moyennes annuelles les plus basses ont été enregistrées en
Moyenne Guinée, dans le Fouta Djallon, où elles descendent régulièrement en dessous
de 15°C (seuil de croissance pour beaucoup d'espèces piscicoles tropicales); partout
ailleurs, l'inertie thermique de l'eau maintient la température de l'eau au dessus du seuil
critique de croissance.
2.1.3 Espèces
L'inventaire des poissons d'eau douce des bassins Nilo-Soudaniens d'Afrique
comporte 361 espèces répertoriées (dont 91 dans la Gambie, 249 dans le Niger et 119
dans le Sénégal), réparties en 119 genres et 38 familles.
L'inventaire taxonomique des poissons d'eau douce des bassins côtiers n'est pas
encore terminé, la faune ichtyologiques de la Guinée Bissau et de la République de
Guinée n'étant qu'imparfaitement connue.
Quoiqu'il en soit, l'ichtyodiversité des eaux continentales guinéennes est
particulièrement riche et recèle même plusieurs espèces endémiques particulières à la
Guinée (Ichthyoborus quadrilineatus, Papyrocranus afer, etc...).
Ce constat justifie amplement l'usage exclusif d'espèces piscicoles locales en
pisciculture et devrait attirer l'attention du gouvernement sur le danger que représente
l'importation d'espèces allochtones susceptibles de bouleverser les équilibres
écologiques au niveau national et dans les pays voisins irrigués par les mêmes fleuves.
Ainsi toute importation (dans un but d'élevage commercial) de poissons vivants
étrangers à la faune ichtyologiques africaines devrait être rigoureusement interdite; les
carpes chinoises par exemple pourraient vraisemblablement trouver des conditions de
croissance et de reproduction favorables dans les hauts plateaux du Fouta Djallon mais
leur incidence sur le milieu pourrait être désastreuse.
Les importations de poissons allochtones africains d'un bassin à l'autre devraient
idéalement faire l'objet d'une autorisation préalable du Ministère de la Pêche et de
l'Aquaculture pour éviter que des espèces moins appréciées par les consommateurs
n'envahissent de nouveaux milieux (cas d"Heterotis niloticus, qui a tendance à faire
disparaître beaucoup d'espèces et à gagner de l'importance dans les captures au
détriment d'espèces plus intéressantes).
On trouvera dans le tableau 2 ci-dessous la liste (non exhaustive) des poissons
présents en Guinée, ayant déjà fait l'objet d'expérimentations ou de productions
piscicoles dans les pays voisins:
Tableau 2: Liste des espèces présentes en Guinée utilisées en pisciculture africaine

Famille Genre espèce Utilisation(*)

Osteoglossidae Heterotis niloticus retenues


Distichodontidae Distichodus rostratus retenues
Citharinidae Citharinus citharinus retenues
Cyprinidae Barbus species retenues
Labeo coubie étangs / retenues
Bagridae Auchenoglanis occidentalis retenues
Clariidae Clarias anguillaris étangs/retenues
Clarias gariepinus étangs/retenues
Heterobranchus longifilis étangs/retenues
Channidae Parachanna obscura étangs / retenues
Centropomidae Lates niloticus retenues
Cichlidae Hemichromis fasciatus étangs / retenues
Oreochromis niloticus étangs / retenues
Oreochromis aureus étangs / retenues
Sarotherodon galilaeus étangs / retenues
Tilapia guinéensis étangs / retenues
Tilapia zillii Déconseillé
(*) Seulement quand l'espèce est déjà présente dans le bassin concerné

On notera la présence de Tilapia zillii (espèce très prolifique à croissance lente)


dans pratiquement tous les cours d'eau de Guinée, ce qui représente un handicap
certain pour le développement d'activités rizi-piscicoles (ce poisson étant phytophage).
Hemichromis bimaculatus, également présent dans de nombreuses rivières de Guinée,
est une espèce prolifique de très petite taille, spécialisée dans la prédation d'oeufs et
d'alevins de plusieurs espèces de poisson (dont les Cichlidae). La présence de ces 2
espèces indésirables de Cichlidae obligera les pisciculteurs à bien protéger leurs étangs
par des grillages et des boîtes de capture aux entrées d'eau.
2.1.4 Relief
Les interactions existantes entre le relief au sens large et la pisciculture sont
liées à l'altitude, au profil en long des cours d'eau, au profil en travers des vallées et à la
nature des sols.
- Les problèmes liés à l'altitude concernent d'une part les fortes pentes des
régions montagneuses qui réduisent les superficies disponibles pour les étangs et
d'autre part la température qui diminue de 0, 7 °C par 100 mètres d'altitude
supplémentaire. Les régions concernées par ces problèmes sont la partie montagneuse
de la Guinée forestière et les hauts plateaux du Fouta Djallon en Moyenne Guinée.
- Les profils en long des fleuves et rivières sont généralement défaforable dans
les régions montagneuses où les fortes déclivités accélèrent les débits des cours d'eau
(sédimentation importante) et provoque l'encaissement des cours d'eau par érosion:
c'est le cas de beaucoup de rivières de Guinée Maritime avant d'atteindre la zone plane
mais saline des mangroves.
- Le profil en travers des vallées est affecté par les fortes déclivités des rivières
(vallées encaissées, de superficies réduites et souvent inondables) en région
montagneuse; à l'inverse, des régions planes soumises à des variations annuelles
importantes du régime hydrique sont difficiles à aménager en étangs piscicoles:
ensablement du lit des rivières en période d'étiage et inondation en période de crue (
cas fréquent en Haute Guinée et dans une partie de la Moyenne Guinée).
- La nature des sols, qui contribue à façonner le relief par sa capacité de
résistance aux agents érosifs, est particulièrement importante en pisciculture car elle
conditionne la résistance des digues et leur étanchéïté. Les meilleures structures de sol
se trouvent en Guinée Forestière et en Guinée Maritime où la terre contient un fort
pourcentage d'argile, alors que la Moyenne et la Haute Guinée sont défavorisée pour ce
critère par la présence de sols sablonneux plus perméables.
2.2. Environnement économique
Le secteur agricole intervient pour 21, 24% du PIB en 1993: 16,33% pour
l'agriculture - 2,93 % pour l'élevage - 0,24% pour la pêche et 1,74 % pour la forêt.
2.2.1. Commercialisation du poisson
Les quantités de poisson disponibles en Guinée proviennent principalement de la
pêche maritime artisanale ( 35 000 tonnes par an selon la Direction Nationale de la
Pêche), de la pêche continentale (estimée à 10 000 tonnes selon Matthès) et des
importations de poisson de mer complémentaire (10 000 tonnes selon les statistiques du
port autonome de Conakry).
On trouvera à la figure 3 suivante les quantités capturées par type de pêche pour
l'année 1993 (annuaire des statistiques agricoles 1988-1993). Les productions de la
pêche industrielle sont pratiquement toutes exportées.
Figure 3: Production de pêche selon type
Type de pêche

Captures en tonnes: année 1993


Une enquête cadre initiée récemment par le CNSHB (de Nov. 1995-Janv. 1996)
a relevé les observations suivantes, confirmée et complètées par les observations de la
mission FAO:
- deux sociétés (COGIP et SONIT-Pêche) exercent un quasi monopole sur
l'approvisionnement du marché intérieur en poisson congelé (chinchard et sardinelle
essentiellement) qui dominent le marché, même en Haute Guinée en saison sèche. La
mission estime à 13 000 tonnes la quantité commercialisée à l'intérieur du pays par ces
deux sociétés dans 46 points de vente refrigérés. Les prix de détail pratiqués varient de
800 FrG le kg aux alentours de Conakry jusqu'à 1 300 FrG le kg en Guinée Forestière.
Toutefois certains marchés sont également approvisionnés en poisson de mer frais et
congelé par des commerçantes indépendantes, sans chaîne de froid (vente immédiate
en cours de transport, invendus fumés en fin de journée).
- le poisson de mer fumé de Guinée (Bonga) ou traité (Kéthiak: braisé-salé-
sêché) en provenance des pays voisins, est commercialisé par camion sur l'ensemble
du pays par des commerçants spécialisés (commerce international ou inter-régional en
gros), relayés par des semi-grossistes dans les centres urbains. Bonga et Kethiak sont
vendus surtout dans le Fouta Djallon, le Sud et l'Est de la Haute Guinée et en Guinée
Forestière. Le produit est surtout vendu décortiqué, accessoirement entier ou en poudre.
Les autres produits de mer disponibles sur les marchés intérieurs sont de qualité
moyenne (dorades, capitaines: de 1 000 à 1 500 FrG le Kg congelés ou 1 500 - 2 000
FrG coupé-fumé) ou représentent le bas de gamme en coupé-fumé (raies, requins: de 1
200 à 1 600 FrG par kg).
- le poisson d'eau douce en provenant du bassin du Niger est commercialisé
sur des circuits très courts (100 à 150 km) en frais ou braisé-fumé; les quantités
commercialisées ne semblent importantes qu'en Haute Guinée où elles occupent la
seconde position en volume de poisson commercialisé. On trouve également sur les
marchés des quantités parfois importantes de poissons d'eau douce fumés en
provenance des pays voisins à des prix élevés (jusqu'à 3 500 FrG le kg pour du Clarias
fumé vendu en Guinée forestière).
2.2.2. Consommation et substituts
En Guinée maritime, le poisson de mer est abondant et bon marché (750 à 800
FrG le kg), comparé à la viande de boeuf et autres substituts qui coûtent entre 1 500 et
2 000 FrG le Kg (plus encore à Conakry pour la viande de chasse qui est une denrée
rare dans la capitale).
En Moyenne Guinée, le poisson de mer domine le marché à des prix abordables
(1 000 FrG le Kg pour le congelé). Dans le Fouta Djallon le poisson d'eau douce est un
produit de luxe, disponible en quantité limitée pour un prix nettement plus élevé (1 500 à
2 000 FrG le kg) comparable à celui de la viande de boeuf. On y trouve également du
poisson de mer fumé à moins de 1 000 FrG le kg et de la viande de chasse au même
prix en saison sèche.
En Haute Guinée, le poisson de mer reste globalement plus important sur les
marchés urbains que le poisson d'eau douce, même en saison sèche. Le poisson
congelé se vend à 1 000 FrG le kg, soit 50% du prix de la viande de boeuf. Le prix du
poisson d'eau douce varie entre 1 200-1 500 FrG le kg frais et 1 500-2 000 FrG le kg
fumé. La viande de chasse, abondante en saison sèche, coûte 1 000 - 1 500 FrG le kg.
En Guinée Forestière, le prix du poisson est particulièrement élevé: le poisson
frais ou fumé de qualité moyenne (quelle que soit l'espèce ou la taille: Cichlidae, Barbus)
est vendu au même prix que le boeuf, soit 2 000 FrG le kg. Le prix du kg de poisson de
qualité inférieure à médiocre (petit fretin fumé importé du Mali, poisson de mer
décongelé puis fumé, poudre de poisson) se vend entre 1 300 et 1 700 FrG le kg. Le
poisson de qualité moyenne à supérieure n'est disponible qu'en quantité limitée. Les
Clariidae (Clarias, Heterobranchus) sont les plus appréciés, comme partout en Guinée:
des petits Clariidae fumés se vendent à 3 500 FrG le kg. Le prix du kg de viande de
chasse se négotie entre 1 500 et 2 000 FrG et celui des volailles à plus de 4 000 FrG.
En 1993, la situation du cheptel se situait à 1 768 038 bovins, 468 612 ovins, 569
871 caprins, 34 842 porcins et 2 999 412 volailles (PNUD/FAO/GUI/92/019). On notera
cependant que l'état de malnutrition par carence protéique des enfants de moins de 5
ans est de 11,5 % (aïgue) et 30,5 % (chronique) sur l'ensemble de la Guinée, ce qui
traduit un approvisionnement difficile en protéines animale.
2.2.3. Principales cultures
Le tableau 3 suivant fournit les superficies, les rendements et les productions des
principales cultures pratiquées en Guinée pour l'année 1993.
Tableau 3: Principales cultures - rendements moyens - productions - Année 1993.
(source: annuaire des statistiques agricoles 1988 -1993; PNUD/FAO-GUI/92/019).
Cultures Superficies, (ha) Rendements (kg/ha) Productions (tonne)
Riz 377 375 1380 520 778
Fonio 135 193 600 81 116
Arachide 132 352 880 116 470
Maïs 80 657 1040 83 883
Manioc 64 699 7 490 484 596
Le taleau 4 suivant compare les rendements obtenus par culture et par région naturelle,
ce qui donne une indication comparative de la fertilité des sols.
Tableau 4: Comparaison des rendements obtenus par région naturelle et par culture en
tonnes /ha , (Année 1993; source: annuaire des statistiques agricoles 1988-1993).

Riz Fonio Arachide Maïs Manioc


Guinée Maritime 1.29 0.34 0.95 1 .04 6.15
Moyenne Guinée 1.16 0.66 0.90 1.33 6.43
Haute Guinée 1.40 0.62 0.78 0.72 7.39
Guinée Forestière 1.52 0.85 1.02 1.47 9.48

On constate à la lecture de ce tableau que les rendements moyens maxima pour


toutes les cultures principales de Guinée sont obtenus en Guinée Forestière, ce qui
traduit la richesse relative des sols de cette région.
2.2.4. Calendrier agricole et emploi
On trouvera au tableau 5 suivant, la répartition de la population agricole sur la
population totale par région, la taille des ménages et la densité de population par région.
Tableau 5: caractéristiques de la population par Région Naturelle: (année 1993) Source:
Service National Statistiques Agricoles /Système Permanent Stat. Agricoles

Objet Superficie Population Population % pop. agri Taille Densité


Région (en km 2) totale (Hab) agricole sur [Link]. ménage Hab/km 2
Guinée Maritime 36 208 1485 993 825 362 55.54% 6.70 41.04
Moyenne Guinée 63 608 1628 122 904 304 55.54% 7.13 25.60
Haute Guinée 96 667 1608 372 893 890 55.58% 9.41 16.64
Guinée Forestière 49 374 1624 513 735 671 45.29% 7.31 32.90
TOTAL GUINEE 245 857 6347 000 3359 227 52.93% 7.54 25.82

D'après les estimations du Service National des Statistiques Agricoles (SNSA),


seuls 2,06% de la population active agricole aurait l'élevage comme activité principale,
1,58% la pêche et 3,13 % d'autres activités que l'agriculture, la pêche et l'élevage. La
majorité de la population active agricole, soit 93, 23 %, aurait l'agriculture comme activité
principale (sur 1 985 465 actifs agricoles recensés en 1993 représentant 59,10% de la
population agricole totale, ou 31,28% de la population totale).
Le calendrier agricole varie d'une Région Naturelle à l'autre en fonction du climat
et surtout des précipitations; à titre d'exemple nous reproduisons ci-dessous le
calendrier agricole des agriculteurs-pêcheurs (paysans producteurs de riz) encadrés par
la Soguipah en Guinée Forestière : Tableau 6: calendrier agricole en Guinée Forestière:
Source: Soguipah (corn. pers.)

Défrichement: 15 mai au 15 juin


Défoncement: 15 juin au 15 juillet
Mise en pépinière: 15 juillet au 30 juillet
Repiquage: 30 juillet au 15 aout
Desherbage: Septembre – Octobre
Récolte: Novembre – Décembre
Pêche: de Janvier à Avril

2.2.5 Aménagements hydrauliques


Il n'existe aucun lac naturel dans le pays; on compte actuellement 4 retenues
hydro-electriques en Guinée (Baneya, Kale, Tinkisso et Donkea) totalisant 30,55 km2 .
Un barrage fluvial en construction sur le Konkouré, permettant l'installation de deux
centrales hydro-électriques à Garafiri (situé à 170 km à l'Est de Conakry) puis à Kaléta
(situé à 60 km en aval de Garafiri), aura une superficie de 90 km2 . On compte
également une cinquantaine de retenues hydro-agricoles de petites superficie réparties
dans tout le pays, principalement en Guinée Forestière où 46 retenues rizicoles d'un
hectare en moyenne ont été construites par la Soguipah.
Les retenues utilisables en pisciculture (élevages en cage, aménagements
piscicoles divers) sont celles inutilisées pour l'approvisionnement en eau potable des
populations, dont le niveau d'eau est le plus stable, situées pour la plupart dans le Sud
du pays (durée de la saison des pluies et intensité de l'évaporation).
Il n'existe actuellement aucun système de passe à poisson permettant les
migrations saisonnières; à l'avenir, pour conserver l'ichtyodiversité, il est indispensable
d'en prévoir sur tous les barrages de superficie moyenne ou importante et il serait
souhaitable d'en envisager la construction sur le Konkouré, avant la fin des travaux.
2.3. Aspects institutionnels
Après cinq changements successifs de tutelle administrative entre 1984 et 1994,
le secteur Pêche est placé maintenant sous la tutelle du Ministère de la Pêche et de
l'Aquaculture créé récemment fin 1994.
2.3.1 Structure administrative
L'organigramme du Ministère comprend le cabinet et des services d'appui, trois
directions nationales et quatre entités publiques spécialisées. L'effectif du personnel du
MPA est de 455 personnes dont 69 temporaires. Cette structure de base a déja fait
l'objet de commentaires lors de la mission préparatoire FAO et semble adéquate.
La structure administrative de la Direction Nationale de la Pêche et de
l'Aquaculture comprend 22 cadres supérieurs basés à Conakry et 10 directeurs
préfectoraux répartis progressivement à l'intérieur du pays en fonction des besoins.
On trouvera au tableau 7 suivant, l'organigramme actuel de la DNPA.
Tableau 7: Organigramme de la DNPA

Ainsi la DNPA comprend un Directeur et son adjoint, deux chefs de Division, six
chefs de Section et deux cadres complémentaires par section (soit 22 personnes au
total), tous basés à Conakry. Cette organisation est complètée par dix Directeurs
Préfectoraux affectés à l'intérieur du pays, qui dépendent directement de la DNPA; ils
ont le rang administratif de chef de Division.
Cette structure administrative est peu fonctionnelle: il faudrait répartir les cadres
disponibles sur le terrain à travers des Services Régionaux Thématiques (à mettre en
place par Région Naturelle en fonction des besoins) et non pas à travers des Directions
Préfectorales (trop nombreuses et coordonnées de trop loin). Des propositions plus
détaillées en ce sens seront reprises dans le rapport de synthèse.
2.3.2 Formation
La plupart des cadres de la direction sont ingénieurs zootechnitiens ou médecins
vétérinaire à l'exception du chef de division aquaculture (licencié en biologie) et du chef
de section règlementation (qui est juriste de formation).
Beaucoup d'entre eux ont bénéficié d'une bourse de voyage d'étude à l'étranger.
Aucun d'entre eux n'a reçu une formation pratique suffisante en topographie ni en
gestion piscicole pour identifier des sites favorables, les aménager et les gérer. Un
solide programme de formation pratique dans ces domaines essentiels devrait donc
précéder leur redéploiement sur le terrain.
La formation zootechnique de base reçue par la plupart des cadres devrait
permettre une assimilation rapide des notions indipensables d'élevage des poissons et
devrait faciliter les intégrations agro-piscicoles (élevages associés). Les plus grosses
carences de formation constatées concernent principalement la reconnaissance des
espèces, la topographie, l'aménagement de sites et la construction des étangs.
2.3.3 Recherche
En matière de recherche en pisciculture continentale, la Guinée démarre
pratiquement de zéro, avec les premiers essais réalisés cette année en Guinée
forestière. Ce pourrait être un avantage, si seules les méthodes qui ont fait leurs
preuves sont expérimentées en Guinée; encore faut-il avancer par étapes, et non
essayer dès le départ les techniques les plus complexes qui demandent un long
apprentissage et de l'expérience sur plusieurs années.
2.4. Réalisations et propositions à date
Dans le cadre du TCP/GUI/4556, qui a démarré en Septembre 1995, Mr Fodé
Mamadou Kaba (consultant national) a dressé un bilan de synthèse des études et micro-
projets réalisés depuis 1990, dans les domaines de la Pêche continentale et de
l'Aquaculture. Ce bilan, complèté par nos observations sur le terrain et des recherches
bibliographiques complémentaires, permettent de faire le point sur ce sujet.
2.4.1 Sommaire
Depuis la rédaction du rapport de la mission exploratoire FAO de 1990
(Matthès), 3 missions successives et indépendantes ont eu lieu:
- une mission réalisée par Mr H. Saurin (ORSTOM) du 20 Octobre au 8
Novembre 1995, sous contrat de la Communauté Européenne (projet GUI/60), avait
pour objectif d'évaluer les possibilités de développement d'une pisciculture extensive en
Guinée. Le rapport de cette mission est disponible et confirme le choix (Matthès, 1990)
de la Guinée Forestière comme zone d'action prioritaire.
Un protocole d'actions en 3 phases à entreprendre à partir de la station piscicole de Gwi
(SOGUIPAH) de Diécké a été défini : une phase expérimentale suivie, s'il y a lieu, de 2
phases de vulgarisation. Elles seront commentées plus en détail dans les paragraphes
suivants. L'accord de financement de ces actions de recherche est acquis depuis fin
Mars 1996 (financement CE: microprojet 7/GUI/60; contrat CE-ORSTOM-
[Link].26/95).
- une mission réalisée par Mr Naoki Miremoto d'Octobre à Décembre 1995,
financée par l'Agence Japonaise pour le Développement International (JICA) avait pour
but d'identifier des sites favorables aux activités de Pisciculture et de Pêche
Continentale. Le rapport de mission n'était pas disponible en Guinée en avril 1996; les
renseignements pris auprès de la DNPA (qui a accompagné la mission) semble indiquer
l'intention de la JICA d'importer en Guinée des carpes chinoises en vue d'y développer
l'élevage de certaines de ces espèces allochtones (?)...(Voir nos recommandations au
paragraphe 2.1.3. Espèces)
- une mission de 10 jours, réalisée en Janvier 1996 par Mr Marc Oswald et
financée par l'Association Française des Volontaires du Progrès (AFVP) avait pour but
de faire des propositions opérationnelles en matière de Développement de la
Pisciculture Continentale en Guinée. Pas de rapport de mission disponible en avril 1996,
ni de proposition technique, à l'exception d'une note de 2 pages dans laquelle le
consultant livre ses premières impressions. Il souhaite voir confier l'organisation et le
suivi des actions de développement piscicole à l'AFVP pour éviter la multiplicité des
acteurs potentiels qui risque, selon lui, de dé-responsabiliser les paysans et de favoriser
la politique du plus offrant, qui exclut tout réel développement.
2.4.2. Réalisations actuelles
Les réalisations actuelles sont le fait d'agriculteurs privés, qui démarrent des
activités piscicoles complémentaires avec ou sans appui de projets de développement,
de centres de recherche ou de formation (Faranah, ENEA de Macenta...) ou de projets
de développement agricole. Un échantillonnage de 19 réalisations actuelles décrites en
détails dans les fiches d'expertises piscicoles présentées en annexe témoigne de la
diversité des situations et de l'intérêt général manifesté en Guinée pour le
développement de la pisciculture, malgré l'absence d'encadrement.
[Link] Réalisations Soguipah
La Soguipah (Société guinéenne de palmier à huile et d'hévéa) est une société
d'Etat de type agro-industriel basé sur la complémentarité des marchés et les
associations de cultures, dont la gestion est assurée par un opérateur technique (le
groupe belge Socfinco). Le projet a démarré en 1987 sur un domaine réservé de 22 000
ha en Guinée Forestière, en zone à forte densité de population (préfecture de Yomou:
80 Hab/ km2); il emploie 1 500 salariés agricoles.
Ce projet a pour objectifs la plantation de palmiers à huile (réalisations: 1 560 ha
de plantation industrielle et 1100 ha en plantations villageoises) et d'hévéa (réalisations:
4 560 ha de plantation industrielle et 900 ha en plantations villageoises), l'aménagement
de bas-fonds rizicoles (réalisations: 1100 ha à 4 tonnes paddy/ha/an) la construction de
pistes rurales (800 km de routes et pistes ouvertes ou réhabilitées) et diverses
microréalisations destinées aux paysans (pisciculture, pépinières de fruits et légumes). Il
concerne 1 950 familles sur 3 300, sensibilisées aux problèmes de protection de
l'environnement et de l'intégration d'activités rentables en milieu forestier. Son impact en
Guinée Forestière est évident et témoigne de l'effet positif que peut avoir un projet de
développement intégré bien conçu à long terme dans une région enclavée.
En matière de potentiel de développement piscicole (voir fiches d'expertise
piscicole N° 3, 4 et 5), le projet dispose de 46 retenues rizicoles de 1 ha chacune en
moyenne; il a aménagé une petite station d'alevinage de 0,4 ha (construite en aval d'une
des retenues rizicoles) en 9 étangs piscicoles de 4 à 6 ares par étang. Si la mission a
constaté un excès de zèle évident de la part des responsables piscicoles (sur-
fertilisation des étangs, techniques de production trop sophistiquées pour être
vulgarisées à ce stade en milieu rural), les essais en cours démontrent la faisabilité
technique de la pisciculture en milieu forestier (rendements nets supérieurs à 50
kg/are/an).
Par ailleurs, la mission a également identifié des alternatives au mode
d'exploitation actuel des étangs et des retenues rizicoles; ces alternatives ont été
présentées lors d'une scéance de restitution à Diécké et sont reprises dans les fiches
d'expertises piscicoles 3 à 5 présentées en annexe 5 à 7.
Les réalisations de la Soguipah, la confiance dont elle bénéficie en milieu rural et
l'intérêt manifesté pour la pisciculture par les cadres et les paysans de la zone
d'intervention sont autant de conditions favorables à la prise en compte de cette région
pour établir une base solide à l'implantation de la pisciculture en Guinée.
Cette activité complémentaire s'intègre parfaitement dans les objectifs de la
société en valorisant les réalisations (retenues rizicoles) et les sous-produits (son de riz,
tourteaux de palmistes) au bénéfice des paysans.
[Link] Microprojet 7/GUI/60; CE - ORSTOM - FAC
Bien qu'il n'ait pas encore officiellement démarré, ce programme
d'expérimentation technique a débuté dans le cadre des infrastructures Soguipah. Il
comporte en première phase, 3 séries de tests de faisabilité de 12 mois supervisés par
Mr H. Saurin portant sur:
1/- l'aménagement de retenues collinaires (ouvertes) en amont des bas-fonds
rizicoles avec une technique expérimentale d'acadja et un empoissonnement d'O.
niloticus non sexés.
2/- des tests de reproduction et d'alevinage d'O. niloticus en "hapas" en vue
d'obtenir des alevins calibrés d'âge connu, susceptibles d'être sexés manuellement à 15
gr, puis engraissés dans des étangs fertilisés et nourris au son de riz en élevage
monosexe mâle.
3/- des tests de croissance d'O. niloticus sexés (mâles) nourris au son de riz
dans des étangs (fermés) fertilisés par des bambous fourrés aux fientes de volaille.
L'intérêt potentiel des tests 1 et 3 est commenté dans les fiches 4 et 5 en
annexe; il réside principalement dans le maintien des fertilisants (par les bambous) en
retenue "ouverte" (en lagune ou en étang de barrage parcouru par un courant d'eau
continu) et semble à priori limité dans les étangs "fermés" en dérivation (où la gestion de
l'eau et des fertilisants est maîtrisée, avec ou sans bambou).
Celui des tests en hapas n'est justifié que si la demande en poisson est
exigeante sur la taille individuelle des poissons (comme en Côte d'Ivoire). Si la
différence de prix par kg de poisson ne varie pas (ou peu ) en fonction de la taille
individuelle des poissons, il n'est pas justifié d'utiliser des méthodes aussi compliquées,
difficiles à vulgariser, pour une même productivité en biomasse.
En Guinée, à ce stade de développement, il n'est pas nécessaire de compliquer
les méthodes d'alevinage et de production, car il n'y a pratiquement aucune différence
de prix entre un kg de petits poissons et un kg de gros poissons (voir chapitre sur la
commercialisation du poisson).
Pour ne pas compromettre le programme de formation et de vulgarisation futur
de la pisciculture en Guinée Forestière (en limitant son extension à quelques techniciens
spécialisés, par la complexité des méthodes de production piscicole utilisées), nous
recommandons fortement de limiter ces tests en hapas au stade d'expérimentation en
station. Des méthodes plus rustiques (et plus facilement vulgarisables) permettent
d'obtenir les mêmes productions (en biomasse) avec la même quantité d'aliments et de
fertilisants.
[Link]. Réalisations AFVP
Si les réalisations de l'AFVP en matière d'élevage de porcs ont eu un impact
positif sur le développement rural comme constaté en cours de mission, certaines
interventions piscicoles des volontaires n'ont malheureusement pas eu le même succès.
On trouvera dans les fiches N°6 et 9, les expertises piscicoles réalisées par la mission
sur deux sites encadrés par des volontaires:
- la première concerne un site mal aménagé à N'Zérékoré ( le volontaire étant
spécialiste en porciculture et non en pisciculture, a délégué l'aménagement du site à un
bureau local d'exécution et n'est pas directement responsable des erreurs
d'aménagement qu'il a financées à travers l'AFVP).
- la seconde concerne un site aménagé sous les conseils d'un volontaire
inexpérimenté qui a fait construire un étang en terre dans une zone inondable à
Macenta: l'étang et les poissons ont été emportés par l'inondation, décourageant ainsi le
pisciculteur débutant, pourtant très dynamique.
Ces deux interventions malheureuses témoignent que l'amateurisme en matière
d'aménagement piscicole peut avoir un effet inverse à celui du développement
escompté des activités : perte de confiance dans l'encadrement et découragement des
intéressés face à l'activité qu'ils souhaitaient développer au départ.
Outre ces erreurs d'aménagement, la mission a constaté que plusieurs espèces
(Oréochromis niloticus, Clarias gariepinus, Hétérotis niloticus) étaient vulgarisées en
même temps dès la première phase d'introduction des techniques piscicoles, sans
attendre que la première espèce au moins soit maîtrisée par les pisciculteurs débutants.
D'autre part, le système de subvention au transport de tourteaux de palmiste réalisé par
l'AFVP (constaté à Macenta) n'est pas recommandable, car elle crée un système
artificiel et non pérenne d'approvisionnement en intrants pour l'élevage.
[Link]. Autres réalisations
D'autres erreurs flagrantes d'aménagement à partir de retenues rizicoles ont été
constatées en cours de mission :
- les retenues de Tolo et Dounkimagna construites sur le même modèle (fonds
saoudiens) n'utilisent pas du tout l'eau excédentaire de leur déversoir respectif: toute
l'eau du déversoir retourne directement dans le lit de la rivière alors que des canaux
latéraux sur des courbes de niveau pourraient prolonger l'irrigation (dans le temps et
dans l'espace) sans prélèvement inutiles de l'eau des retenues en saison humide.
- à Dounkimagna, les étangs sont construits sans aucune pente dans l'assiette
des étangs dont la profondeur est trop faible pour éviter l'envahissement des étangs par
les plantes aquatiques; chaque étang est équipé de 2 moines : un à l'entrée (?), l'autre à
la sortie. Le site a été abandonné.
- à Faranah, deux étudiants de l'Institut Valéry Giscard D'Estaing tentent
d'évaluer le potentiel de production de poissons d'élevage (plusieurs espèces
mélangées) en cage posée dans une retenue à hauteur d'eau variable: des cages
flottantes seraient plus indiquées (avec une seule espèce en croissance par cage).
2.5. Conclusions
Dans l'ensemble, tous les critères examinés sont favorables au développement
de la pisciculture rurale continentale en Guinée Forestière (la dorsale montagneuse
exclue): contexte naturel et environnement économique.
En Guinée Maritime, les critères liés au contexte naturel sont globalement
favorables au développement piscicole, mais la concurrence avec les produits
halieutiques marins diminue la rentabilité prévisible des investissements consentis dans
ce type d'activité.
En Moyenne et Haute Guinée, certains critères liés au contexte naturel et à
l'environnement économique doivent être examinés au cas par cas, suivant les sites
concernés, le type d'aménagement envisagé, le prix et la disponibilité des intrants et des
produits de substitution, pour évaluer les chances de succès d'une exploitation piscicole
dans des zones traditionnellement vouées à l'élevage bovin, ovin et caprin.
2.5.1. Potentialités et contraintes
Globalement, notre bilan diagnostic confirme les résultats obtenus par la mission
exploratoire de la FAO (Matthès; 1990): la Guinée possède un énorme potentiel de
développement en matière d'aquaculture. Ce potentiel, variable d'une région à l'autre, ne
peut toutefois pas être mis en valeur du jour au lendemain, sans tenir compte des
étapes nécessaires au développement harmonieux du secteur. Un examen plus détaillé
des potentialités valorisables et des contraintes identifiées, devrait permettre de dégager
un ordre de priorité et une stratégie de développement cohérente.
[Link]. Potentialités
La pisciculture en étangs ne se justifie que dans les zones d'approvisionnement
permanent en eau, là où les conditions de marché sont favorables. Les techniques semi-
intensives éprouvées permettent d'obtenir en étang fermé (entrées d'eau contrôlées)
des rendements compris entre 5 et 8 tonnes /ha /an à des températures supérieures à
20°C (voir fiches N° 3 et 8). Dans les étangs ouverts (parcourrus par un courant d'eau
non maîtrisable), les rendements ne seront plus que de 1 à 2 tonnes / ha/ an s'ils sont
bien fertilisés (acadjas ou compostières latérales), et inférieurs à 500 kg/ha/ an sinon.
L'aménagement de certaines retenues (barrage amont et dérivation latérale des
eaux de crues, assiette en pente douce vers le dispositif de vidange; voir fiche N°5) pour
les rendre plus maîtrisables par l'homme, devrait permettre de mieux valoriser 25 à 30%
des retenues existantes, au moins en Guinée Forestière ([Link]. Soguipah). Une
retenue bien maîtrisée (contrôle de l'eau et des espèces piscicoles) et bien fertilisée
peut produire 2 à 5 tonnes /ha/an avec une alimentation complémentaire au son de riz.
L'usage de poissons prédateurs (passe à poissons, restockage) dans les
retenues de barrage non maîtrisables, associé à un programme de pêche à la palangre
appâtée des plus gros prédateurs et pêche au filet dormant des Cichlidae, devrait
permettre de limiter la surpopulation dans les retenues et de mieux valoriser la
productivité naturelle des plans d'eau (40 à 120 kg /ha/ an; voir fiche N°10). Avec un
restockage régulier d'espèces, fertilisation et alimentation complémentaire, il est
possible d'atteindre 1 à 2 tonnes /ha/ an dans les petites retenues permanentes (voir
fiches N° 4-5-7 et 9).
L'élevage en cage dans les retenues permanentes dont la hauteur d'eau est
supérieure à 3 - 4 m (évaporation annuelle + hauteur de la cage flottante + prélèvements
agricoles) est également possible (voir fiche N°2), après une phase d'essai pilote
comprenant plusieurs tests de rentabilité (matériaux et modèles de cage, espèces
piscicoles et densités d'élevage, types d'aliments composés à mettre au point et coûts);
la productivité escomptée est comprise entre 40 et 80 kg/m3/an.
La pratique des élevages associés (volailles-poissons ou porcs- poissons) en
étangs ou en retenues permet également l'obtention de hauts rendements (5 à 10
tonnes /ha/an) quand les normes d'association sont respectées ( 10 volailles ou 1 porc
par are d'étang) et la fertilisation contrôlée régulièrement (disque de Secchi).
Une partie des superficies rizicoles pourrait être exploitée en rizipisciculture
après mise au point progressive de techniques de filtration des eaux contre les espèces
rizophages et expérimentation des techniques classiques de rizipisciculture
(productivité: 200 à 400 kg de poisson par ha de rizière aménagée comprenant 10% de
superficie réservée aux poissons, fertilisée aux déjections animales et son de riz).
L'aménagement de certaines mares d'inondation en zone de capture et
d'élevage (voir fiches N°13 et 14) est techniquement possible dans de nombreux sites et
devrait permettre dans le long terme, d'améliorer la survie des alevins, de fournir à terme
des alevins d'espèces prédatrices issues du milieu naturel aux pisciculteurs (Clarias,
Hétérobranchus) et d'augmenter la productivité naturelle des mares.
[Link]. Contraintes
La principale contrainte actuelle est l'absence totale d'expérience et de formation
piscicole pratique des cadres et des pisciculteurs guinéens qui conditionne la
valorisation de toutes les potentialités identifiées (tant en identification des sites
favorables et aménagement des sites qu'en gestion de sites aménagés).
La seconde contrainte est liée au niveau d'éducation de la population: le taux
d'analphabétisme en Guinée est de 61% pour les Hommes et 83% pour les femmes; le
taux brut de scolarisation est de 50% pour les Garçons et 23% pour les Filles. Il est de
41% en milieu urbain mais tombe à 22% en milieu rural. Dans ces conditions, les
techniques vulgarisées doivent être simples pour être bien comprises et bien
appliquées.
Les contraintes additionnelles en matière de développement de la pisciculture en
étangs concernent principalement les problèmes fonciers: l'attribution des terres
favorables aux pratiques piscicoles à des paysans candidats pisciculteurs qui en
seraient dépourvus doit faire l'objet d'une étude sociologique spécifique.
La présence de Tilapia zillii (phytophage à croissance lente et reproduction
rapide) dans presque toutes les rivières et plans d'eau est un obstacle à surmonter en
élevage en étangs (et en retenues maîtrisées) par des filtres et des boîtes de capture
aux entrées d'eau; elle pourrait toutefois limiter fortement le développement de la
rizipisciculture à quelques sites privilégiés (alimentés exclusivement en eau par une
source dépourvue de poissons ou par la nappe phréatique) si ces moyens de lutte ne
s'avèrent pas efficace à 100%. En retenue ouverte par contre, il est impossible de s'en
débarasser complètement et il faut admettre qu'une partie de la production sera
constituée obligatoirement par cette espèce peu performante.
Concernant l'élevage en cage, la principale contrainte actuelle (en-dehors de la
méconnaissance des techniques usuelles) est l'absence sur le marché d'aliments
granulés composés dosant 30% de protéines à des prix abordables. Tous les
ingredients sont pourtant disponibles (farine de poisson, tourteaux de palmiste, son de
riz et maïs) mais les seuls aliments granulés complets disponibles (à Conakry) sont
vendus 400 FrG et plus. Il faut développer l'élevage en stabulation et les entreprises
artisanales locales de fabrication d'aliments pour créer ce marché.
Concernant l'aménagement et l'augmentation de productivité des mares
d'inondation, certains aspects sociaux pourraient faire obstacle aux améliorations
techniques proposées: ainsi, par exemple, les traditions d'attribution des captures issues
des mares d'inondation faisant l'objet de pêches collectives (quelle que soit la
participation individuelle aux travaux d'aménagement ou d'entretien d'intérêt collectif)
pourraient décourager les meilleures volontés et provoquer des conflits. La prudence
s'impose donc pour éviter ces conflits et seules les nouvelles mares sans tradition,
(issues de nouveaux aménagements ou strictement privées) devraient être
expérimentées dans une première phase.
2.5.2. Critères fondamentaux de succès à prendre en compte
Le premier critère à prendre en compte est le choix du type de produit à
développer en fonction des besoins réels identifiés. En effet, la contrainte majeure
identifiée (manque d'expérience et de formation des cadres et des pisciculteurs), liée à
la proximité de pays à tradition piscicole dont les problèmes de marché sont différents
de ceux de la Guinée (Côte d'Ivoire) fait que la plupart des initiatives de développement
piscicoles sont pilotées de l'extérieur, sans étude de marché préalable, sur des bases
techniques qui ne correspondent pas aux besoins immédiats du pays. La conséquence
directe est l'inadéquation des solutions proposées pour résoudre un problème mal
identifié: ainsi plusieurs intervenants proposent des techniques complexes visant à
produire du gros poisson, alors qu'il suffit au stade actuel de produire du poisson de
toutes tailles (voir para. 2.2.1: commercialisation du poisson) ce qui simplifie les
problèmes de techniques de production et de formation des cadres et des pisciculteurs.
Le second critère est le choix des méthodes de production et des techniques
vulgarisées. Celles-ci doivent être aussi uniformes et simples que possible pour être
vulgarisables en milieu rural faiblement scolarisé. La Guinée, comme beaucoup d'autres
pays en développement, à tendance à rechercher des financements de développement
du secteur sans trop regarder les exigences techniques d'accompagnement. Ainsi, selon
les bailleurs de fonds, leur origine géographique et l'expérience acquise par leurs
techniciens, les espèces piscicoles et les techniques vulgarisées seront très différentes
et pas forcément adaptées au contexte local. Si plusieurs bailleurs de fonds financent
simultanément des projets du secteur, sans coordination technique nationale, on risque
fort de voir la Guinée se transformer en vaste champ expérimental en matière de
pisciculture.
Les deux premiers critères conditionnent le troisième, qui est la population
impliquée dans l'activité proposée: plus le choix du produit sera adapté aux besoins,
facile à produire et rentable, plus le nombre de personnes impliquées dans l'activité sera
élevé. Ce critère de succès sera quantifié par le nombre de pisciculteurs, le nombre
d'étangs et de retenues en production et le nombre de personnes en activité dans le
programme d'action: production,transformation (?), commercialisation, consommation.
La production additionnelle de poisson dans la zone d'action, qui est le quatrième
critère de succès, dépend des trois premiers critères et du niveau de performance
réalisé des techniques de production proposées. Il sera quantifié par la quantité totale
de poisson produite et commercialisée, par les rendements obtenus par type d'élevage
et par la marge bénéficiaire obtenue par producteur et par type d'élevage.
3. STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT
3.1. Introduction (justification)
Les nombreux échecs enregistrés en Afrique en matière de développement
piscicole justifient une approche prudente et critique pour éviter de commettre les
erreurs commises par le passé. Cet argument classique est malheureusement utilisé
systématiquement en Guinée (et ailleurs) par tous les intervenants extérieurs pour
justifier leurs propositions, qu'elles soient ou non en accord avec ce principe.
Il ne suffit donc pas d'énoncer le principe, car il ne constitue pas en lui-même
une garantie de succès: il doit être explicité par une argumentation claire et didactique,
qui précise et justifie à chaque étape la stratégie de développement proposée.
Ainsi, le développement piscicole en Guinée doit démarrer sur des bases saines,
ayant en vue des critères de rentabilité immédiate, et non pas s'appuyer sur de grosses
infrastructures de production subventionnées pendant les quelques années d'assistance
"projet", puis condamnées par l'absence de crédits de fonctionnement et le poids des
structures administratives (stations d'état). Les stations de démonstration, nécessaires
pour toute nouvelle activité à promouvoir, seront conçues dès le départ pour être
exploitées par le secteur privé, ou pour être cédées au secteur privé quand aura cessé
leur raison d'être.
La formation des cadres et des pisciculteurs, et la vulgarisation des techniques
doivent faire l'objet de financements subventionnés, pour autant qu'elles soient adaptées
aux besoins. Autant que possible, les centres de formation seront choisis de telle sorte
qu'ils puissent fonctionner indépendamment de toute intervention extérieure dans
"l'après-projet".
La stratégie de développement proposée repose à la fois sur ces considérations
d'ordre économique et sur un découpage dans l'espace et dans le temps qui tienne
compte des contraintes identifiées:
- une concentration géographique des activités de production et de
vulgarisation dans la région naturelle la plus favorable, complétée par un programme
limité de recherche (sans vulgarisation) hors zone pour tester les possibilités d'extension
géographique. L'opportunité d'une extension géographique de la zone de production -
vulgarisation dans le long terme sera examinée selon les résultats obtenus en fin de
moyen terme.
- une stratégie à moyen terme (5 à 7 ans), justifiée par le bilan diagnostic
réalisé en Guinée en 1996, suivie d'une stratégie à long terme (6 à 15 ans) qui sera
définie sur base de l'analyse des résultats obtenus sur le moyen terme dans la zone
d'intervention et sur les changements éventuels survenus dans le pays (aspects socio-
économiques).

3.2. Stratégie de production à moyen terme (5 -7 ans)


3.2.1. Concentration de la zone d'action
Dans un pays aussi vaste que la Guinée, avec des Régions Naturelles aussi
différentes, il serait peu justifié de démarrer un programme de développement sur tout le
territoire en même temps. Pour éviter la dispersion des efforts d'encadrement et le coût
élevé en déplacement de toute sorte qu'il engendre, la zone d'action doit se limiter en
première phase à la Région Naturelle la plus favorable pour tous les critères étudiés: la
Guinée Forestière. C'est dans cette Région Naturelle que la saison des pluies est la plus
longue et que les sols sont les plus favorables; les intrants piscicoles sont nombreux et
bon marché et le poisson y est rare; son coût est plus élevé qu'ailleurs.
Grâce au travail préparatoire de longue haleine de la Soguipah (plusieurs
retenues rizicoles et bas-fonds aménagés, paysans motivés et entrainés aux activités de
production rentables) et aux nombreux avantages comparés (valeur élevée du poisson
de toute taille, abondance de sous-produits, forte densité de population) la sous-
préfecture de Diécké se présente comme un centre idéal pour être la zone de
démarrage des activités de production et de vulgarisation piscicoles.
En matière de formation, l'ENEA de Macenta est le lieu le plus indiqué pour
dispenser une formation pratique de qualité à tous les élèves qui fréquentent (pendant 3
ans) cette école pendant toute la durée de vie de l'école. Après la réfection du barrage,
la construction d'une série d'étangs conformes aux modèles vulgarisables sera réalisé
dans le périmètre de 18 hectares géré par les élèves de l'école pour former de façon
active et systématique une réserve permanente de cadres et de pisciculteurs privés bien
entraînés aux pratiques agro-piscicoles (voir fiche N°8). On évitera de surdimentionner
cette station pour qu'elle puisse servir de modèle reproductible par des pisciculteurs
privés ou des anciens vulgarisateurs reconvertis.
Entre ces deux zones d'action, la capitale régionale de N'Zérékoré est
idéalement située pour abriter le Service Régional Thématique Pisciculture et
coordonner les activités de développement piscicole en Guinée Forestière.
3.2.2. Choix d'une seule espèce à maitriser
Pour les raisons didactiques et écologiques évoquées plus haut, il est préférable
de démarrer la vulgarisation de la pisciculture avec une seule espèce locale de
[Link] les espèces guinéennes utilisées en pisciculture africaine, les espèces de
la famille des Cichlidae sont les mieux maîtrisées, les plus représentées et les plus
productives.
Si on exclut dans un premier temps les prédateurs (du genre Hémichromis)
situés en bout de chaîne alimentaire, et par conséquent, plus difficile à élever à un coût
acceptable en élevage monospécifique (car plus exigeants en protéines), il reste les
espèces phytophages et les espèces planctonophages. Les espèces phytophages sont
écartées pour trois raisons:
- il faut apporter beaucoup de végétaux dans les étangs pour obtenir une production
motivante: 30 à 40 kg de feuilles par kg de poisson produit. Cela représente 1 500 à 2
000 kg de végétaux par are et par an pour obtenir 50 kg de poisson par are et par an.
- les productivités maximales atteintes avec des espèces planctonophages de
Cichlidae dans des étangs bien fertilisés sont plus élevées que celles atteintes avec des
espèces de Cichlidae phytophages, même avec une alimentation optimale en végétaux
de qualité.
- Il n'est pas justifié de favoriser exclusivement le développement d'une espèce
phytophage dans un pays où l'une des cultures principales est le riz irrigué et où un des
principaux facteurs limitants du développement de la rizipisciculture est la présence de
poissons phytophages dans les canaux d'irrigation.
Il ne reste par conséquent que trois espèces locales de Cichlidae
planctonophages parmi lesquelles choisir le candidat guinéen:
- Oreochromis niloticus, présent dans le Sénégal et le Niger Supérieur
- Oreochromis aureus, présent dans le Sénégal et le Niger Supérieur
- Sarotherodon galilaeus, présent dans toute la zone.
Ces trois espèces ont en commun d'être appréciées par les consommateurs,
d'avoir un taux de croissance élevé (1 à 2 gr par jour) comparé à celui des autres
Cichlidae , une reproduction facile en étang, et une taille individuelle maximum observée
en milieu naturel supérieure à 2 kg.
Parmi ces trois espèces, Oreochromis niloticus est la plus résistante aux
manipulations et aux faibles taux d'oxygène dissous (cette observation est confirmée par
celles des pêcheurs guinéens rencontrés au Nord de Kankan); c'est aussi l'espèce la
plus connue en pisciculture africaine et son patron de coloration (rayé noir et blanc
verticalement) permet de la différencier facilement des autres espèces de Cichlidae (la
traduction de son nom local attribué par les pêcheurs guinéens est: la "carpe écureuil").
Ces caractéristiques lui donnent un avantage comparatif indiscutable; c'est donc
Oreochromis niloticus (plus connu sous le nom de Tilapia nilotica) qui est recommandée
comme espèce unique à vulgariser dans la première phase de développement de la
pisciculture en Guinée.
3.2.3. Choix des modèles d'étangs et de retenues à aménager
Les modèles d'étangs à aménager doivent pouvoir répondre aux aspirations de
ceux qui les aménagent et de ceux qui les gèrent (ce sont souvent les mêmes):
- ne pas être trop grands pour ne pas décourager ceux qui les creusent; le
travail nécessaire pour aménager un étang est le plus gros investissement des
pisciculteurs.
- ne pas trop être trop petits pour ne pas décourager ceux qui les exploitent; la
production par vidange dépend bien entendu de la superficie exploitée.
Il est préférable de construire progressivement plusieurs étangs de taille
raisonnable plutôt qu'un seul grand étang: cela permet de répartir les investissements en
travail sur plusieurs années, de démarrer plus tôt la production, et d'avoir une quantité
maîtrisable de poisson à ventiler (restockage et vente) par vidange, sans déchet
(mortalités et invendus). Plusieurs étangs permettent également de trier et stocker des
poissons dans de bonnes conditions.
La superficie qui a donné les meilleurs résultats de vulgarisation durable en
Afrique est l'étang en dérivation de 4 ares, de forme carrée ou rectangulaire selon la
topographie des lieux (déblais utilisés en remblais pour diminuer la quantité de travail);
pour un rendement de 50 kg/are /an, cette superficie correspond à 200 kg de poisson
par an ou 100 kg de poisson à traiter par vidange.
Cette superficie a l'avantage de convenir pour les étangs de reproduction (étangs
d'alevinage), de pré-grossissement, ou de grossissement. Ainsi lorsqu'un étang de 4
ares est construit, il peut servir aux trois objectifs pré-cités en fonction des besoins du
pisciculteur, de la complexité de son élevage (élevage en 1,2 ou 3 phases) ou même de
sa spécialisation (éleveur "naisseur" ou "engraisseur" ).
Chaque étang sera alimenté en eau par gravité et équipé d'une entrée d'eau
individuelle et maîtrisable (planchette ou vanne), munie d'une boîte de capture pour
éviter les espèces indésirables ([Link], prédateurs divers). L'assiette de l'étang sera
construite en pente douce de l'entrée d'eau (50 cm de profondeur minimum pour éviter
l'envahissement par les plantes aquatiques) jusqu'au point de vidange (1m 20 à lm 50
de profondeur maximum). Un dispositif de vidange sera installé (tuyau, moine ou digue
percée) pour éviter de fragiliser la digue aval en la cassant à chaque vidange.
Plus encore que pour les étangs, la topographie des lieux imposera la forme et la
superficie des retenues à aménager, la production piscicole étant (au départ) considérée
comme accessoire lors de la construction d'une retenue rizicole. Nous recommandons
toutefois de procéder aux aménagements préconisés dans la fiche N°5 pour rendre la
retenue entièrement vidangeable et maîtrisable: les rendements piscicoles seront alors
comparables à ceux obtenus en étang. On procédera à plusieurs vidanges partielles
pour les retenues de grande superficie (lha bien maitrisé peut fournir après 6 mois 2 500
kg de poisson) afin de ne pas dépasser la capacité d'absorption du marché
3.2.4. Choix des techniques d'alevinage
La pisciculture étant très peu développée, il faudra nécessairement prévoir
plusieurs étangs de 4 ares consacrés à l'alevinage en début de première phase,
empoissonnés avec des géniteurs. Par la suite, les éleveurs qui empoissonneront leurs
étangs avec des alevins non sexés produiront en 6 mois suffisamment d'alevins pour
leurs ré-empoissonnements.
La technique d'alevinage en étang préconisée en vulgarisation est proche de
celle pratiquée à la station Gwi de Diécké actuellement Elle est décrite et explicitée en
détail dans la fiche N° 3:
- 70 mâles de 150 à 200 gr et 200 femelles de 150 à 250 gr par étang de 4 ares;
- élevage pendant 3 mois, sans vidange ni pêche intermédiaire;
- alimentation au son de riz: 4 kg par jour et par étang de 4 ares complétés par 0,5 à 1
kg de tourteaux de palmiste par jour, dès l'apparition des premiers alevins au bord
des digues. Contrôle de fertilisation au disque de Secchi (adaptation locale à
vulgariser);
- vidange après 3 mois; production escomptée: 5 000 à 10 000 alevins de 10 gr de
poids moyen individuel par étang de 4 ares et par cycle de 3 mois.
3.2.5. Choix des techniques de production
Le choix des techniques de production va conditionner le succès de la première
phase de développement de la pisciculture en Guinée. En effet, des techniques
complexes ne pourront être vulgarisées qu'à un petit nombre de techniciens avec
beucoup de formations concentrées sur un petit nombre de personnes sélectionnées au
départ sur leur scolarisation et leur intérêt pour l'activité proposée.
Des techniques de production simples par contre sont vulgarisables directement
en milieu paysan, à toute personne qui possède (ou veut construire) un étang bien situé
et bien aménagé.
Actuellement en Guinée, l'usage de techniques complexes n'est pas justifié,
compte tenu du peu d'exigence du marché sur la taille individuelle des poissons
demandés (voir aspects commercialisation). Ce n'est que plus tard, en deuxième phase,
qu'il sera peut-être souhaitable de spécialiser une partie des pisciculteurs "de masse"
vers une production plus spécialisée de poissons "de luxe" (de plus grosse taille
individuelle) avec des techniques plus complexes (vidanges répétées pour un même lot
avec séparation des sexes, alimentation plus complexe, polycultures etc...).
Ce constat a une importance capitale dans le choix des modèles et des
techniques à vulgariser car il permet d'avoir une production (en biomasse) beaucoup
plus importante dès les premières années, pour un même rapport coût d'encadrement
/production (ou coût d'encadrement / nombre de pisciculteurs).
La technique de base choisie pour le début de la pisciculture en Guinée est donc
très simple et facilement vulgarisable: elle consiste à placer 2 alevins (10 gr de poids
moyen individuel) non sexés par mètre carré d'étang, soit 800 alevins par étang de 4
ares (plus 10% pour compenser les mortalités dues au transport et manipulations) et à
les nourrir au son de riz pendant 6 mois.
Le dosage de l'alimentation sera effectué à l'aide d'une boîte calibrée (par
exemple un modèle de boîte de lait vide en vente sur tous les marchés de Guinée) pour
permettre un suivi alimentaire précis des poissons sans avoir à acheter une balance. La
quantité journalière d'aliments distribuée augmente chaque mois en fonction de la
croissance en nombre et en poids des poissons (voir fiche de distribution en annexe), de
telle sorte qu'en 6 mois d'élevage, la quantité totale de son distribué est 8 fois la quantité
de poisson produite (en poids).
Ce rapport de 8 kg de son de riz distribué par kg net de poisson produit
correspond à l'efficacité zootechnique moyenne de la transformation "son de riz -
poisson" à des températures supérieures à 20°C et pour une rythme de distribution qui
permet l'obtention d'un rendement net moyen de 50 kg/are/an (soit 100 kg par vidange
d'un étang de 4 ares tous les 6 mois).
La composition moyenne de la production obtenue à la récolte par cette méthode
en milieu rural dans d'autres pays d'Afrique (Congo, Burundi...) avec la même espèce de
poisson ([Link]) dans des conditions d'élevage similaires (qualité et température de
l'eau) à partir de son de blé ou de son de riz est la suivante (en poids total ):
- 50% de "gros poissons", poids moyen individuel compris entre 90 et 200gr
- 30% de "moyens", poids moyen individuel compris entre 25 et 89 gr
- 20% d'alevins, poids moyen individuel compris entre 5 et 24 gr
Ces poids moyens individuels peu élevés permettent d'attribuer au moins un
poisson par membre de la famille par kg de poisson acheté (critère important dans
certaines familles à faible pouvoir d'achat); ils permettent aussi d'employer le poisson
pour aromatiser les sauces. Ils correspondent bien à la demande actuelle en Guinée.
Le son de riz est disponible partout en Guinée (production annelle de riz en
1993: 520 778 tonnes, dont plus de 50% de son de riz), spécialement en Guinée
Forestière (181 683 tonnes en 1993) qui produit à elle seule, sur 20% du territoire
national, près de 32% de la production nationale annuelle de riz.
Le son de riz est vendu en moyenne 15 Fr G le kg; à Diécké il est partiellement
brûlé, comme le tourteaux de palmiste, faute de demande. Même à 50 Fr G le kg de son
de riz, le coût alimentaire du kg de poisson produit (vendu entre 1 500 et 2 000 Fr G)
serait de 400 Fr G (pour un C.T. de 8), soit 20 à 26% seulement du prix de vente du
poisson. Ainsi, avec un bénéfice brut compris entre 1 100 et 1 600 Fr G par kg de
poisson produit et un rendement net de 50 kg à l'are, la marge bénéficiaire par unité de
surface exploitée est de loin supérieure à toute autre spéculation agricole (fiche N°8).
3.2.6. Formation des cadres et des pisciculteurs
La formation des cadres et des pisciculteurs doit constituer la première des
priorités dans tout programme de développement piscicole à mettre en oeuvre.
A court terme, un programme de formation des cadres de la DNPA doit être
envisagé d'urgence pour les rendre opérationnels. Il comprendra un stage pratique (15
jours) de reconnaissance systématique des genres et des principales espèces locales
de poissons d'eau douce. Il sera suivi d'un stage pratique (1 mois) concernant le choix
des sites à aménager, leur aménagement et la gestion piscicole des étangs et des
retenues suivant les modèles définis ci-dessus.
Ce stage sera complèté par une formation (15 jours) ayant trait à la constitution
de dossiers bancables à l'intention des organismes de crédit et des représentations
locales d'organismes internationaux de développement. Ainsi formés, les cadres de la
DNPA pourront jouer plus efficacement leur rôle d'interface entre les communautés
rurales et les bailleurs de fonds. Ce programme de formation, qui fait l'objet de la fiche
de projet N°1, aura une durée totale de 3 mois pour tenir compte des modalités
pratiques de réalisation des différents stages programmés. Des notes techniques
dactylographiées seront remises à chaque participant par les intervenants (pendant ou
après la formation).
A moyen terme, la formation des cadres moyens sera scindée en deux parties:
une formation spécialisée destinée aux seuls encadreurs aménagistes et une formation
générale en gestion des étangs destinée à tous les encadreurs piscicoles.
La formation spécialisée en topographie, aménagement de sites et construction
d'étangs, ne concernera qu'une partie des encadreurs (environ une dizaine en début de
programme); ces derniers seront les seuls habilités à confirmer la validité d'un choix de
site et à donner des conseils pour leur aménagement (sous la supervision d'une cellule
spécialisée en aménagement, dirigée par le Service Régional Thématique Pisciculture).
Les encadreurs aménagistes seront choisis parmi les jeunes ingénieurs sortant et non
pas parmi les anciens fonctionnaires à reclasser: ce poste nécessite enthousiasme,
mobilité sur le terrain et de bonnes facultés d'apprentissage.
La formation générale en systématique, analyse sommaire de l'eau, fertilisation
des étangs et alimentation des poissons selon les techniques définies, concernera tous
les encadreurs (aménagistes et vulgarisateurs). Les vulgarisateurs seront sélectionnés
préférentiellement parmi les meilleurs élèves de l'ENEA de Macenta (type assistant ou
contrôleur, 3 ans d'études théoriques et pratiques) dont le programme de formation
comportera déjà un solide volet piscicole conçu et exploité selon les normes à vulgariser
(voir 3.2.1. concentration de la zone d'action). Ils seront contractuels pendant la durée
du projet, puis pisciculteur privé dans la zone d'intervention dans l'après projet: des
facilités de crédit et une prime de reconversion leur seront versées à cet effet.
Le nombre de vulgarisateur évoluera progressivement en fonction des besoins
d'encadrement de la zone d'intervention sur base d'un vulgarisateur par 50 pisciculteurs
(norme maximimum d'encadrement efficace ). Les vulgarisateurs pourront effectuer une
pré-selection de sites mais aucun travail d'aménagement ou de construction d'étang ne
pourra être effectué directement sans avoir reçu l'aval, par écrit, de la cellule
aménagement, après vérification par l'un des aménagiste.
Le rôle des vulgarisateurs sera essentiellement lié à la vulgarisation des
techniques de production et au suivi des pisciculteurs sur le terrain: formation sur le tas,
participation aux formation de groupes, suivi des travaux d'aménagement, livraisons
d'alevins, assistance aux vidanges, collecte des données de production.
Aménagistes et vulgarisateurs seront recyclés régulièrement lors de stages de
perfectionnement qui auront lieu au moins une fois par an, sur des thèmes qui seront
définis en cours d'exécution des activités selon les besoins et l'évolution du secteur.
La formation des pisciculteurs sera organisée par localité, lors de stages répétés
et progressifs à cycle court (3 à 5 jours maximum) pour tenir compte des obligations
familiales et agricoles des personnes concernées. Le nombre de pisciculteurs par stage
sera limité à 15 - 20 personnes maximum. Ces stages comprendront des
démonstrations pratiques, des visites de sites et d'étangs et des cours théoriques
illustrés.
3.2.7. Vulgarisation des techniques éprouvées
Seules les techniques éprouvées d'alevinage et de production décrites dans ce
chapitre feront l'objet de vulgarisation. Les techniques éprouvées de fertilisation des
étangs par la pratique des élevages associés (porcs-poissons et volailles-poissons) aux
normes d'association recommandées seront toutefois considérée comme une variante
des techniques vulgarisables.
Les éleveurs de volailles, de porcs et de petit bétail, disposant d'un site favorable
à la pisciculture seront assisté par la cellule aménagement et le SRTP pour la recherche
de financement (investissement de développement des élevages associés).
3.2.8. Recherche d'accompagnement sur le milieu
Les aspects sociaux et fonciers, feront l'objet d'une attention particulière pendant
cette première phase de développement. Ainsi l'attribution des terres piscicultivables et
le droit foncier traditionnel en général pourraient constituer un frein au développement
des activités dans certaines localités. A Diécké par exemple, la Soguipah a eu recours
au bail emphytéotique pour pouvoir procéder aux aménagements rizicoles de certaines
vallées.
Certains interdits traditionnels méritent d'être étudiés pour être mieux compris: le
suffixe vogui attaché à un nom de famille traduit un interdit de consommation pour
certains types d'aliment (Beavogui: interdit de consommer la viande de biche, Bili ... pour
la chèvre etc...). D'autres interdits pourraient concerner le poisson pour certaines
catégories de personne, ou des périodes particulières (à étudier); la consommation de
poisson à peau nue est parfois interdite et pourrait influencer dans la deuxième phase le
choix des prédateurs d'accompagnement (polyculture). Certaines techniques de
fertilisation des eaux pourraient être mal acceptées, ce qui mérite d'être étudié.
Des protocoles d'enquêtes seront mis en place et exécutés par les vulgarisateurs
(lorqu'un rapport de confiance sera établi ) pour répondre à ce type de questions, et à
d'autres qui pourraient se poser au cours de cette première phase.
3.3. Stratégie de recherche à moyen terme (5 -7 ans)
Parallèllement aux actions de formation, vulgarisation et production à
entreprendre exclusivement dans la zone d'action définie (Guinée Forestière), des
recherches d'accompagnement seront menées dans la zone d'action et hors zone
(lorsque des relais d'encadrement seront assurés à travers des centres universitaires ou
des projets). Ces recherches concerneront différents thèmes potentiellement
vulgarisables (après expérimentation) dans la deuxième phase.
3.3.1 Productions extensives
L'augmentation de productivité des mares d'inondation est un sujet qui intéresse
à juste titre beaucoup d'agriculteurs-pêcheurs, le projet Onchocercose de Kankan, la
CFDT et la DNPA, malgré les contraintes mentionnées (voir 2.5.2.) ayant trait au
système traditionnel d'exploitation des mares collectives. Etant donné le nombre élevé
de mares d'inondation et la production additionnelle qui pourrait en résulter, ce thème de
recherche mérite d'être exploité.
On trouvera dans les fiches N° 13,14 et 15, la description de sites rencontrés en
cours de mission qui se prêtent bien à des expérimentations de ce type. Une première
phase d'augmentation de la productivité (sans aménagement, par simple fertilisation des
zones d'inondation en rapport avec les mares concernées) pourrait être testée, suivie
par une deuxième phase (avec aménagement, comme proposé dans les fiches) en cas
de succès dans la première phase.
3.3.2. Essai d'élevages monospécifiques en cage dans les retenues
Des essais d'élevage en cage posée comme ceux entrepris par les étudiants de
l'IVG de Faranah pourraient être améliorés par l'usage de cages flottantes et plus de
rigueur dans les conditions d'expérimentation (voir fiche N°2). Le facteur limitant actuel
semble être la disponibilité en aliments granulés complet à un prix abordable.
Cette méthode de production de poissons d'élevage devrait être adaptée aux
conditions locales qui prévalent en Guinée (choix des matériaux pour la confection des
cages flottantes, mise au point de formules alimentaires artisanales), testée et évaluée
(sur les aspects de rentabilité) avant toute forme de vulgarisation,
3.2.3. Essais d'évaluation des risques en rizipisciculture
La riziculture irriguée étant l'une des principales cultures de Guinée, la tentation
d'y introduire des activités rizipiscicoles est forte et pourrait s'avérer être très rentable
pour les paysans riziculteurs. Toutefois la présence de Tilapia zillii dans pratiquement
tous les cours d'eau de Guinée justifie une approche prudente en rizipisciculture. Il est
nécessaire de procéder à de nombreux essais d'évaluation des dégâts possibles sur le
riz par la pratique de cette activité, avec et sans système de filtration des espèces
phytophages, avant de l'appliquer en deuxième phase en milieu paysan, si les résultats
obtenus sont concluants.
Figure 4: distribution géographique de Tilapia zillii en Afrique de l'Ouest
Source: Faune des poissons d'eaux douces et saumâtres d'Afrique de l'Ouest
Musée de Tervuren - ORSTOM.
Ce type d'expérience pourrait être pratiqué en aval de la station de Gwi
(Soguipah) ou en aval de la retenue de Founkama (Faranah) dans le cadre des travaux
de fin d'étude, ou encore par l'ENEA à Macenta. Un protocole expérimental à mettre en
oeuvre est proposé en annexe 4. Il ne doit en aucun cas être vulgarisé en milieu paysan
tant qu'il n'aura pas été testé en station et évalué positivement pendant plusieurs cycles.
3.2.4. Polycultures, sélection des espèces à tester
L'attrait des consommateurs pour les silures des genres Clarias et
Hétérobranchus a été constaté par la mission sur tous les marchés de Guinée: à poids
égal, c'est le poisson le plus cher, bien qu'il soit présent partout, en frais ou fumé. Ces
poissons ont un avenir évident dans la pisciculture guinéenne.
Grâce à leur organe de respiration accessoire qui leur permet de respirer
directement l'air atmosphérique (ils ont une résistance exceptionnelle qui leur permet
d'être transporté vivant jusqu'aux marchés les plus éloignés) ces poissons sont des
candidats - prédateurs idéaux pour les nombreuses retenues surpeuplées en voie
d'eutrophisation temporaire de saison sèche.
Les techniques d'élevage et les normes d'association Clarias gariepinus -
Oreochromis niloticus pour contrôler les reproductions des Cichlidae sont expérimentées
depuis les années 70 (Bangui, R.C.A) et sont à présent bien connues (1 Clarias pour 2
[Link] par mètre carré d'étang). Il suffit donc de les appliquer en station (Gwi,
ENEA) pour confirmer l'intérêt de cette polyculture en production de poissons calibrés,
avant de la vulgariser en deuxième phase (long terme) auprès des meilleurs
pisciculteurs qui en feront la demande.
Les recherches sur ces espèces concerneront également les possibilités
d'approvisionnement en alevins dans les mares d'inondation aménagées en période de
décrue (voir fiche N°13) pour éviter d'avoir recours systématiquement aux techniques de
reproduction artificielle. Le même type de recherche pourra être expérimenté sur les
espèces du genre Hétérobranchus à croissance plus rapide que celles du genre Clarias.
D'autres candidats (voir 2.1.3.) pourront être testés en retenue et en étang pour
pouvoir faire face à des modifications de la demande au cours du temps, mais sans
vulgarisation en milieu rural pendant cette première phase.
3.2.5. Cas spécifique de la station de Tolo
La station de Tolo, proche de Mamou, située "hors zone", en Moyenne Guinée,
constitue un cas assez particulier. Si elle n'était pas construite récemment, et
pratiquement prête à être exploitée (voir fiche N°17) suite aux recommandations de
missions précédentes, sa construction ne serait pas envisagée dans nos
recommandations immédiates.
Puisqu'elle existe, elle sera utilisée à des fins de démonstration de production
avec un suivi comptable rigoureux permettant d'évaluer en vraie grandeur son potentiel
d'autofinancement avec un personnel permanent restreint (3 personnes maximum: un
chef de production, une sentinelle de nuit, une sentinelle de jour qui sera aussi
manoeuvre responsable de l'alimentation) et des travailleurs temporaires.
Des expérimentations en polyculture pourront y avoir lieu après avoir collecté les
informations techniques et économiques en monoculture d'O. niloticus pendant 2 cycles
complets de 6 mois. Aucune vulgarisation ne sera pratiquée alentour en milieu paysan
pendant la première phase. Elle dépendra directement de la DNPA qui veillera à la
stricte exécution des méthodes de gestion technique et financière recommandées.
3.4 Stratégie à long terme (6 -15 ans)
En fin de moyen terme, les stratégies définies ci-dessus seront évaluées sur
base des résultats obtenus au cours de cette première phase de recherche -
développement; une évaluation systématique de la stratégie de production et de la
stratégie de recherche permettra une réorientation à long terme des moyens mis en
oeuvre, selon les résultats obtenus à moyen terme et les objectifs à atteindre à long
terme.
4. FICHES DE PROJET
Fiche de projet N° 1: Formation complémentaire des cadres de la DNPA
Fiche de projet N°2: Développement de la pisciculture en Guinée - Phase 1.

FICHE DE PROJET N° 1
Titre: Formation piscicole complémentaire des cadres de la DNPA
Durée: 3 mois
Localisations: Formation générale : Conakry
Formation pratique en systématique: Kankan
Formation pratique en pisciculture: Diécké
1 /Contexte et justification: les 22 cadres de la Direction Nationale de la Pêche et de
l'Aquaculture, récemment créée n'ont pas tous la formation spécialisée
requise pour être complètement opérationnel dans les tâches qui leur
sont assignées. Malgré une formation générale de base de très bon
niveau (A1) complétée par des stages à l'étranger, des carences
évidentes en formation pratique ont été constatées en matière de
reconnaissance des espèces, de connaissance en pisciculture tropicale
et de connaissance des bailleurs de fonds (accès aux financements:
microréalisations et crédit). Pour que la DNPA puisse réellement jouer
son rôle de coordination des activités piscicoles au niveau national, ces
carences doivent être levées.
2/ Objectifs et résultats attendus: fournir aux cadres de la DNPA les connaissances
pratiques nécessaires pour sélectionner les projets de développement
piscicole à mettre en oeuvre, participer activement à leur exécution et
favoriser l'accès au crédit des populations rurales.
3/ Principales activités: des consultants internationaux spécialisés seront invités
àorganiser, préparer et dispenser des cours pratiques et théoriques sur
les sujets identifiés, en collaboration avec des projets ou institutions
installés en Guinée et la DNPA directement intéressée par le projet.
3.1./ En systématique ichtyologique, un consultant international élaborera
un programme de formation pratique à la reconnaissance des genres et
des principales espèces en collaboration avec les responsables du
"programme de lutte contre l'onchocercose en Afrique de l'ouest" et ceux
du projet Pêche Fluviale (PDR) basés à Kankan (Haute Guinée).
La collection d'espèces disponible à Kankan sera complètée par des
exemplaires collectés (ou achetés) en cours de mission (observations,
dissections). Ce programme sera réalisé à Kankan en 15 jours. Un
manuel d'identification des genres et des principales espèces
commerciales et piscicoles de Guinée sera fourni à chaque participant
2 En pisciculture, un consultant international élaborera un programme de
formation pratique en topographie, choix et aménagement de sites et
gestion piscicole des étangs et retenues, en collaboration avec la
Soguipah (Diécké, Guinée Forestière). La formation se déroulera en 3
phases:
- une première phase à Diécké (10 jours), où les
aménagements réalisés par la Soguipah serviront de support didactique
aux formations préliminaires en topographie et gestion piscicole des
étangs et retenues;
- une deuxième phase, itinérante, lors du voyage retour en bus
vers Conakry (4 jours), avec plusieurs arrêts dans différents sites
identifiés pour leur intérêt didactique en matière de choix de site et
aménagement;
- une troisième phase à Conakry (15 jours), pour reprendre et
analyser tous les éléments observés en formation pratique et compléter
la formation théorique en pisciculture.
Un manuel de pisciculture adapté au contexte guinéen
sera fourni à chaque participant en fin de stage.
3/ En matière de connaissance des possibilités de financement locaux
(microprojets internationaux, fonds d'ambassade, crédit bancaire...), des
représentants de chaque institution disposant de fonds à destinés aux
communautés rurales (et au développement en général) seront invités à
présenter leur domaine d'intervention, leurs centres d'intérêt et leurs
formulaires d'accès aux donations ou au crédit (10 jours). Un (ou
plusieurs) microprojet piscicole identifié pendant la formation de type 2
sera mis en forme selon les formulaires d'accès au crédit présentés pour
servir de travaux pratique aux stagiaires.
4/Moyens à mettre en oeuvre: outre les consultants spécialisés (ichtyologie, 1 h/m;
pisciculture, 3 h/m), des intervenants nationaux (spécialistes en crédit
rural) seront invité à participer aux [Link] location d'un bus est
indispensable pour assurer les déplacements des stagiaires à l'intérieur
du pays qui bénéficieront d'une indemnité de stage. Un véhicule et un
chauffeur seront mis à disposition des consultants par la DNPA (frais de
fonctionnement à charge du projet). Un budget complémentaire sera
prévu pour assurer la fourniture du matériel didactique (cours
dactylographiés, photocopies, divers).
5 Aspects organisationnels: le consultant spécialiste en pisciculture sera présent
pendant toute la durée de la formation (3 mois) pour préparer chaque
étape de l'organisation pratique des stages avec la collaboration active de
la DNPA et des projets ou organismes concernés. Les directions
préfectorales seront sollicitées par la DNPA pour assister les stagiaires
en matière de logement à l'intérieur du pays. Le matériel topographique
sera emprunté au service TP par la DNPA pendant la durée du stage.
6 Budget ( estimation en $EU): Projet N°l - Formation piscicole complémentaire de
laDNPA - Durée 3 mois.
Personnel:
- international:
Expert en pisciculture (3 mois) 30 000
Expert en ichtyologie (1 mois) 10 000
TOTAL PARTIEL: 40 000
- national:
Indemnités déplacements (22 st.) 22 000
Indemnités formateurs nationaux 5000
TOTAL PARTIEL: 27 000
Frais de fonctionnement:
Location bus (déplacements) 3000
Supports didactiques (cours dactyl.) 4000
TOTAL PARTIEL: 7 000
TOTAL: 74 000
Imprévus (10%) 7 400
GRAND TOTAL: 81 400
FICHE DE PROJET N° 2
Titre: Développement de la pisciculture continentale en Guinée - Phase 1
Durée: 6 ans
Localisation: Zone d'intervention: Guinée Forestière
Capitale régionale : N'Zérékoré
Centre de Formation : Macenta (ENEA)
1 Contexte et justification: la pisciculture est une activité méconnue en Guinée; son
développement pourrait participer à couvrir les déficits en proteines
observés au niveau des populations, diversifier les productions et
augmenter les revenus en milieu rural et péri-urbain. Pour des raisons
techniques, socio-économiques et stratégiques définies dans cette note,
le développement proposé dans cette première phase repose sur une
concentration géographique des activités dans la région naturelle la plus
favorable (Guinée Forestière) et le choix exclusif d'une seule espèce
piscicole à vulgariser (Oreochromis niloticus) par des techniques de
production simples et quantitativement performantes. Parallèllement aux
actions de formation et de vulgarisation entreprises dans cette zone
d'intervention limitée, un programme de recherche d'accompagnement
sera réalisé sans vulgarisation, pour préparer la deuxième phase en
testant d'autres espèces piscicoles connues et complémentaires, d'autres
techniques de production et d'autres milieux.
2 Objectifs et résultats attendus: l'objectif principal du projet est le développement de la
pisciculture en Guinée Forestière à travers une vulgarisation intense
d'activités piscicoles rentables et bien intégrées au contexte agricole à
partir d'un noyau de cadres et de pisciculteurs bien formés.
Les résultats attendus sont :
R1/- la formation piscicole d'un noyau de cadres et de
pisciculteurs nécessaire au démarrage des activités,
R2/- l'équipement et le fonctionnement d'un centre de formation
permanent en pisciculture qui produira les cadres et pisciculteurs
nécessaires au développement du secteur,
R3/-la vulgarisation effective en Guinée Forestière des techniques
de productions identifiées pour la première phase (nbre croissant de
pisciculteurs, d'étangs et de retenues en production),
R4/- la pratique des activités piscicoles par un nombre croissant
d'agriculteurs qui obtiendront les rendements escomptés (50 kg/are/an) et
produiront une part croissante de poisson d'élevage en Guinée Forestière
(% annuel d'augmentation de production),
R5/- l'identification de méthodes piscicoles complémentaires
potentiellement vulgarisables en deuxième phase, après expérimentation
(polycultures, élevage en cage dans les retenues, essais rizipiscicoles,
aménagement des mares...).
3/ Principales activités par résultat:
A.l.(Rl) / Sélection et formation à Diécké de 10 cadres aménagistes et 10
vulgarisateurs à répartir en Guinée Forestière (y inclus les formateurs
piscicoles de l'ENEA Macenta) pour démarrer la sensibilisation des
agriculteurs, le choix des sites à aménager, la construction des étangs et
la vulgarisation des techniques piscicoles.
A.2.(R1) / Sensibilisation des agriculteurs; inventaire, formation et
encadrement d'un noyau croissant de pisciculteurs à partir des postes
d'affectation des encadreurs répartis en Guinée Forestière selon les
besoins (Diécké,Yomou, N'Zérékoré, Sérédou, Macenta, Beyla,
Guéckédou, Kissidougou...).
A.3.(R2) / Construction d'une douzaine d'étangs piscoles de 4 ares
(démonstration - formation) à l'Ecole Normale d'Enseignement Agricole
de Macenta qui produira progressivement les futurs cadres
complémentaires et une partie des pisciculteurs nécessaires au
développement du secteur en Guinée Forestière.
A.4.(R3) / Equipement des encadreurs en matériel de prospection,
matériel didactique et moyens de déplacement; vulgarisation des
techniques de productions identifiées pour la première phase,
recensement des pisciculteurs, des étangs et des retenues.
A.5.(R4) / Suivi des production, assistance aux vidanges et
empoissonnements par les vulgarisateurs, contrôlé par le SRTP.
A.6.(R5) / Choix des sites expérimentaux; suivi et réalisation des tests de
faisabilité. Enregistrement des données, répétition des tests. Analyse des
résultats. Evaluation.
4 Moyens à mettre en oeuvre: - un expert en pisciculture pendant toute la première
phase, quelques mois de consultants selon les besoins en cours de projet
(matériel didactique, études sociologiques, évaluation, divers...).
- support administratif: secrétaire, chauffeurs
-12 étangs de 4 ares, des bâtiments d'élevage associés
(poulaillers, porcheries...), 4 bacs de stockage de poisson, un
petit bureau-laboratoire et un magasin de stockage d'aliments seront
construits sur le site de 18 ha exploité par 1'ENEA de Macenta, en aval
de la retenue, sous supervision de l'expert en pisciculture.
- achat véhicules: 1 pick-up tout terrain (transport
d'alevins, aliments, matériel), 2 Station - wagon tout terrain, un minibus
(transport de stagiaires) et 20 motos (encadreurs)
- Achat matériel : matériel de bureau, de topographie,
d'analyse d'eau, transporteur d'alevins, matériel didactique.
5 Aspects institutionnels et/ou organisationnels: le projet sera placé sous la tutelle du
Ministère de la Pêche et de l'Aquaculture, rattaché au Service Régional
Thématique Pisciculture, qui dépendra directement de la DNPA.
L'expert en pisciculture sera en place pour 6 ans, comme conseiller
technique du SRTP, chargé de la supervision du projet, de la formation
des formateurs et des recyclages. Assisté par son homologue national,
directeur du SRTP, et de ses adjoints, il organisera, l'encadrement des
pisciculteurs et la collecte des données de production, le choix et la mise
en place du programme de recherche.
Il élaborera des dossiers de financements complémentaires (micro-
projets) en faveur de pisciculteurs (groupements, écoles, divers) et
délèguera progressivement une partie de ses responsabilités à la partie
nationale au fur et à mesure des transferts de connaissances réalisés
pour consacrer davantage de temps au programme de recherche et à la
préparation de la deuxième phase de développement.
- un consultant, spécialiste en sociologie et en droit foncier effectuera les
enquêtes préliminaires sur le milieu et élaborera les formulaires d'enquête
sociologique à fournir aux vulgarisateurs pour leur programme de terrain
(3 h/m en 2 missions).
- deux missions d'évaluation tripartite (gouvernement, bailleur de fond,
agence d'exécution) auront lieu à mi-parcours et en fin de première
phase.
- les 10 encadreurs aménagistes de départ seront intégré à la fonction
publique et bénéficieront d'une prime versée par le projet pour l'entretien -
fonctionnement de leur moyen de déplacement (moto).
- les vulgarisateurs (de 10 en début de projet à 30 en fin de première
phase) seront des contractuels à durée déterminée, qui dans l'après
projet seront des pisciculteurs privés. Pour favoriser leur installation ils
obtiendront des facilités de crédit et une indemnité de reconversion
versée obligatoirement sur un compte bloqué, pour rembourser leur crédit
d'installation ( ferme piscicole privée).
6 Budget ( estimation en $EU): Projet N°2 - Développement de la pisciculture
continentale en Guinée - Phase 1.
Personnel:
- international:
1 Expert en pisciculture (6 ans) 720 000
1 Consultant sociologue (3 mois) 30 000
X Consultants divers (6 mois) 60 000
- support administratif:
secrétaire / chauffeurs (6 ans) 144 000
- national:
- à charge du gouvernement
Personnel SRTP (6 ans) (pm)
10 aménagistes (6 ans) (pm)
secrétaire / chauffeur SRTP (6 ans) (pm)
- à charge du projet
20 vulgarisateurs (moyenne) (6 ans) 144 000
SOUS-TOTAL Personnel: 1 098 000

Infrastructures: (ENEA Macenta)


12 étangs (vidangeables) de 4 ares 10000
Ouvrages (canaux, vannes, bacs) 10 000
Bâtiments (labo, magasin, bacs) 50000
Divers (élevages associés, clôture) 20 000
SOUS-TOTAL infrastructures: 90 000
Equipement:
2 véhicules tout terrain 70 000
1 pick-up 4X4 25 000
1 minibus 40000
20 motos 50 000
Ordinateur/Photocop. 10000
Matériel audio-visuel 10000
Matériel topo, [Link] 5000
SOUS-TOTAL Equipement: 210 000
Remplacement Equipement après 3 ans: 210 000
Frais de fonctionnement:
Entretien parc auto (20% /an) 162 000
Carburants véhicules 40 000
Primes motos (entretien- carburant)
(50U$/mois *20motos*6 ans) 72 000
Divers fonctionnement 20 000/an 120 000
SOUS-TOTAL Fonctionnement: 394 000
Formation:
Séminaires, stages de formation recyclages: 50 000U$
300 000
/ an
Prime reconversion vulgarisateurs en pisciculteur privé:
150 000
(5 000 U$/ vulgarisateur )*30
SOUS-TOTAL Formation: 450 000
TOTAL: 2 452 000
Imprévus (+/-10%) 248 000
GRAND TOTAL: 2 700 000

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