100% ont trouvé ce document utile (2 votes)
3K vues47 pages

Ecm Tle

Le document traite des relations internationales, en mettant l'accent sur le Cameroun et son histoire précoloniale et coloniale. Il explore les fondements, l'historique, la typologie et les principes des relations internationales, ainsi que les interactions du Cameroun avec le monde extérieur avant et pendant la colonisation. Enfin, il souligne les conséquences positives et négatives de ces relations, tout en posant la question de l'acteur du Cameroun dans les relations internationales entre 1472 et 1960.

Transféré par

Justin Domga Damo
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (2 votes)
3K vues47 pages

Ecm Tle

Le document traite des relations internationales, en mettant l'accent sur le Cameroun et son histoire précoloniale et coloniale. Il explore les fondements, l'historique, la typologie et les principes des relations internationales, ainsi que les interactions du Cameroun avec le monde extérieur avant et pendant la colonisation. Enfin, il souligne les conséquences positives et négatives de ces relations, tout en posant la question de l'acteur du Cameroun dans les relations internationales entre 1472 et 1960.

Transféré par

Justin Domga Damo
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

EDUCATION A LA CITOYENNETE ET A LA MORALE

LE CAMEROUN DANS LES RELATIONS INTERNATIONALES

LEÇON INTRODUCTIVE : LE CONCEPT DE RELATIONS INTERNATIONALES

Les Relations internationales désignent les rapports pacifiques ou conflictuels ou


encore les échanges entre les peuples et les Etats dans le monde.

I- LES FONDEMENTS DES RELATIONS INTERNATIONALES


Plusieurs motifs sous-tendent la nécessité d’une véritable solidarité entre les
nations.
1- Les fondements économiques : aucune nation ne peut produire tout ce dont elle a besoin.
Il y’a donc nécessité d’adopter des mesures communes en matières des transports, de
communication et de divers échanges.
2- Les fondements scientifiques : la science pour évoluer a besoin d’échanges d’expériences
d’origines diverses, d’où la création des revues scientifiques échangées entre les nations,
et l’organisation des congrès des chercheurs à travers le monde.
3- Les fondements culturels : pour qu’une paix durable s’établisse entre les différents
peuples de la terre, ces derniers doivent s’ouvrir sur les cultures des autres à travers les
sports, le théâtre, le cinéma, la littérature.
4- Les fondements stratégiques ou différences de potentialités : il existe entre les Etats des
différences de potentialités : il existe des Etats immenses (le Canada, la Russie, la Chine,
les Etats-Unis …), d’autres minuscules (le Togo, le Vatican, la Guinée Equatoriale …) ou
moyens (Tchad, Nigéria, France, Madagascar, Cameroun …) ; des Etats ayant de larges
ouvertures maritimes (RSA, Japon, Angleterre, USA …), d’autres enclavés (Ethiopie,
Burkina-Faso, RCA, Tchad, Lesotho …) ; des Etats riches (ex : Le G.8) d’autres pauvres
(Cameroun, Tchad, Pérou, Equateur …). Ces différences de potentialités entre les Etats
déterminent en grande partie la nécessité de la solidarité entre eux.
II- Historique des relations internationales

L’historique des relations internationales nous permet de mieux apprécier le parcours


effectué par l’humanité dans la recherche de plus de paix et de solidarité. Leur évolution
permet de les apprécier par rapport au temps et à leur contenu.
1- Dans l’antiquité : avant ou après J.C les relations internationales ont été pendant
longtemps limitées à des manifestations guerrières, par conséquent aucun fondement juridique
ne sous-tendait les rapports entre les Etats. Leur ouverture sur l’extérieur ne s’identifie qu’à
l’annexion des peuples voisins. Cependant dans le même temps la situation se présente
autrement dans les cités grecques entre lesquelles sont établies des relations pacifiques
fondées sur les sports, le commerce, la religion.

2- Au moyen-âge : (5e – 15e siècles après J.C) L’empire romain s’écroule en 476 et on
assiste à une mise en place de petits Etats qui entretiennent entre eux des liens de féodalité.
Ces seigneuries vont s’organiser en une vaste communauté chrétienne appelée « Civitas
Christiania » dirigée par le pape.

3- Les temps modernes (1492-1789) : Cette période se caractérise par la mise sur pied des
Etats modernes et autonomes en Europe : France, Autriche, Angleterre, Espagne, Portugal.
Ces Etats initient le système de traité pour réglementer certaines activités ou les rapports entre
eux. Chaque Etat délègue des représentants pour la signature des traités d’intérêt commun :

- Le traité de Tordesillas (ville d’Espagne) en 1494 dont l’objectif principal est la


réglementation de l’utilisation des mers.

- Les traités de Westphalie (région d’Allemagne) en 1648 (le 30 janvier, le 24 octobre 1648)
signés entre l’Allemagne, la France et la Suède pour mettre fin à la guerre de trente ans. - Les
traités d’Utrecht (ville des Pays-Bas) de 1713 à 1715 qui mirent fin à la guerre de la
succession d’Espagne.

4- Les temps contemporains (de 1789 à nos jours) Au début du 19e siècle les Etats
améliorent leurs stratégies face aux problèmes internationaux grandissants. Ils passent de la
stratégie des traités jusque-là utilisée à celle des conférences ou des congrès :

- Le congrès de Vienne en 1815 dont l’objectif principal était de rétablir l’ordre européen
troublé par les guerres napoléoniennes.

- Le second congrès de Berlin réuni en Allemagne à Berlin du 15 novembre 1884 au 26


février 1885 dans le but d’éviter les affrontements entre les puissances colonisatrices de
l’Afrique et réglementer le partage de celle-ci. Dès le début du 20e siècle de graves
problèmes persistent encore entre Etats. Le système de conférence s’avère caduc, ce qui
suggère qu’il faut créer de nouvelles stratégies à l’issue des conférences. On pense alors à la
création d’une organisation internationale permanente. C’est ainsi que furent créées
successivement la société des Nations le 28 juin 1919 à l’issue de la conférence de Versailles
et l’ONU le 26 juin 1945 après les conférences de Yalta en URSS, de Potsdam à Berlin et de
San-Francisco aux Etats-Unis.

III- Typologie des relations internationales

Pour des raisons à la fois géographique, historique, politique et numérique les relations
internationales peuvent prendre plusieurs formes.

1- La coopération bilatérale : elle désigne les rapports qui existent entre deux Etats
seulement. Ex : La coopération Cameroun-France. C’est une relation
d’interdépendance et de complémentarité.
2- La coopération multilatérale : c’est la coopération entre un Etat et une institution
internationale spécialisée. Ex : Cameroun – FMI, Cameroun – BIRD, Cameroun –
UNESCO…
3- La coopération régionale : elle désigne le type de relation qui lie les Etats d’une
même région géographique c'est-à-dire d’un même continent. Elle facilite une grande
cohésion régionale et une plus grande complémentarité. Ex : Cameroun – U.A, France
– U.E.
4- La coopération sous-régionale : elle désigne les relations entre les Etats d’une partie
d’une région c'est-à-dire d’une partie d’un continent. Ex : Cameroun – CEMAC, Côte
– d’Ivoire – CEDEAO, Zimbabwe – SADC, Maroc – UMA (union du Maghreb arabe)

5- La coopération intercontinentale : elle se fait entre plusieurs pays des continents
différents. Ex : Francophonie, Commonwealth, Ligue Arabe, … ONU… N’oublions
pas d’autres formes de coopération telles les coopérations Nord-Sud, Nord-Nord, Sud-
Sud.
III- Les principes et les institutions des relations internationales

1-Les principes fondamentaux : la coopération entre les Etats n’est pas le fait du hasard.
Elle est menée par des principes codifiés depuis la conférence de Vienne du 18 avril 1961.
Les principaux principes sont :

- La préservation de la souveraineté nationale

- L’attachement aux idéaux de la paix et de sécurité dans le monde

- La résolution des conflits par des voies pacifiques


- Le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales

- Le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres Etats.

2- Les institutions des R.I : Des institutions sont créées pour organiser et faciliter la
coopération entre les Etats :

- L’ONU et ses institutions spécialisées : OMS, UNESCO, FMI, BIRD, FAO, PAM …

- Les institutions régionales et sous-régionales : U.A, UE, Ligue arabe, OEA (organisation des
Etats Américains), CEDEAO, CEMAC, CEEAC, SADC …

- Les multinationales : ELF, Pechiney - Khulmann, Guinness, Mobil-oil, Coca-cola, IBM,


MTN, ALCAN (Aluminium du Canada) Orange, …

- Les organisations non gouvernementales : Croix Rouge Internationale, Médecins sans


frontières, Amnesty international Global Widnes…

- Les représentations diplomatiques : ambassades, consulats.

Conclusion

Les relations internationales ont connu une longue évolution de la haute antiquité à nos
jours. Mais ce n’est qu’à une époque récente que s’est concrétisée l’idée d’organiser
globalement le monde avec la création des organismes tels la S.D.N et l’ONU. De nos jours
des tensions caractérisent encore les rapports entre certains Etats de la terre ( Israël-Palestine,
Inde-Pakistan, Corée du Nord - Corée du Sud…), alors que le Cameroun s’implique
positivement dans les relations internationales à travers une « diplomatie de présence,
d’ouverture et de rayonnement ».

Leçon 1 : Le Cameroun précolonial (1472-1884) avec le monde extérieur

Introduction

La période précoloniale au Cameroun se situe avant l’ère de la colonisation,


officiellement amorcée avec la signature du traité germano-douala le 12 juillet 1884. Depuis
l’antiquité le Cameroun entretenait déjà des relations avec le monde extérieur, mais c’est à
partir de 1472 qu’elles vont s’intensifier avec la découverte dans la baie de biafra de Rio Dos
Camaroes qui va attirer de nombreux étrangers dans l’estuaire du Wouri.
I-LE TERRITOIRE DU CAMEROUN PRECOLONIAL ET LA NATURE DES
RELATIONS DU CAMEROUN PRECOLONIAL ET SES VOISINS.

1-Aperçu sur le territoire précolonial : avant l’arrivée des Européens le Cameroun n’était
pas encore un Etat au sens strict du terme. Autrement dit, il ne remplissait pas encore les
préalables ci-après : territoire bien délimité avec un gouvernement et des lois communs.
C’était plutôt un territoire habité par des groupes humains indépendants les uns des autres et
par conséquent présentant des organisations politiques, économiques, sociales et culturelles
très différentes : dans le Sud forestier vivaient les Bantou constituant des sociétés acéphales ;
dans le Nord et les hauts plateaux de l’Ouest on rencontrait des sociétés étatiques,
monarchiques et hiérarchisées. Cependant quelques éléments permettent de situer le
Cameroun précolonial : le Mont Cameroun point de repère aux navigateurs sur la côte de
l’Afrique occidentale depuis le périple du chef Carthaginois Hannon au 5e siècle avant Jésus-
Christ ; le bassin du Lac Tchad zone de contact entre les différentes civilisations du bassin
nilotique pendant le commerce transsaharien ; la côte porte d’entrée au Cameroun pendant les
temps modernes.

2-Nature des relations du Cameroun précolonial et ses voisins : dans la partie


septentrionale, plusieurs royaumes et empires du Cameroun sont vassaux des royaumes
voisins plus puissants tels le Kanem, le Bornou, le Baguirmi au Tchad et le Gobir au Nigéria.
Au 19e Siècle sous la conduite de Othman Dan Fodio les peuls envahissent le Nord-
Cameroun, soumettent les tribus locales et fondent les lamidats. Les relations entre le
Cameroun septentrional et ses voisins sont beaucoup plus conflictuels, mais aussi
commerciales grâce au commerce transsaharien et culturelles avec l’islamisation des
populations au 19 e Siècle. Dans le Sud les relations entre les différentes chefferies et tribus
sont conflictuelles et en même temps commerciales.

II- Le Cameroun précolonial et l’extérieur

1-Le Cameroun et le monde méditerranéen : la preuve du contact entre le


Cameroun précolonial et le monde méditerranéen est ce tour de l’Afrique entrepris au Ve
Siècle avant JC, par un chef carthaginois HANNON. Au cours de son périple à travers
l’Afrique occidentale, HANNON serait arrivé au fond du golfe de guinée où il a trouvé un
volcan en éruption. La description qu’il donne à ce volcan correspond au Mont-Cameroun à
qui il donne le nom de ‘‘Char des Dieux’’ ou ‘‘Théon OCHEMA’’.
2-Le Cameroun et les premiers Européens : les premiers Européens arrivent au
Cameroun à partir du moyen-âge. Il s’agit des :

- Portugais conduits par Fernando Pô sur la côte du Cameroun en 1492. Sur la côte les
portugais établissent des comptoirs de commerce mais en 1498 ils découvrent la route des
indes par le cap de bonne espérance et abandonnent le Cameroun.

- Hollandais qui s’installent en 1578 sur les côtes camerounaises fondent des
comptoirs notamment à Douala et Kribi. La coopération hollando-camerounaise laisse de
précieux résultats : les écrits sur les villages côtiers et une partie importante de la cartographie
du Cameroun.

- Anglais et Français qui se livrent à une sérieuse concurrence avec les hollandais de
1650 à 1675. Les français sont mieux représentés à Kribi et les Anglais à Douala et à Victoria.

- Espagnols qui arrivent vers la fin du 18e Siècle et appelèrent le Wouri « Rio dos
Camarones » (rivière des crevettes).

- Allemands qui arrivent sur la côte du Cameroun en 1868 animés par les mêmes
motifs que ceux d’autres pays occidentaux arrivés plus tôt : commerce, goût de l’aventure,
science… Leurs relations avec les peuples de la côte se limitent essentiellement aux échanges.

IV- Les conséquences des relations du Cameroun avec le monde extérieur

1-Les conséquences positives : les populations camerounaises se sont ouvertes très tôt sur le
monde extérieur malgré le déséquilibre dans les relations au profit des étrangers. Les
conséquences positives pour le Cameroun sont nombreuses :

- de nombreuses plantes d’origine étrangère furent introduites au Cameroun : le manioc, la


papaye, le maïs…

- le nom du Cameroun vient des expressions portugaises et espagnoles « Rio dos Camaroes »
et « Rio dos Camarones »

- une documentation impressionnante sur l’histoire du Cameroun.

- l’évangélisation des populations camerounaises notamment celles des régions côtières par
les Anglais à travers les sociétés religieuses comme la « Baptist Missionary Society ».

2- Les conséquences négatives : elles sont nombreuses. Entre autres l’introduction du


commerce des esclaves dans le pays au début du 16e Siècle.
- le dépeuplement des régions côtières

- le caractère impérialiste et immoral des rapports des Européens avec les chefs locaux …

Bref un déséquilibre notoire a caractérisé pendant des siècles les relations entre le Cameroun
et les pays européens.

Conclusion

Grâce à sa situation centrale sur le continent africain le Cameroun entre dans l’histoire
avant l’ère coloniale. Il a été depuis longtemps une terre de rencontre de populations
diverses : les populations négritiques du bassin du Lac Tchad (Les Fulanis, les peuples
arabes…), les peuples blancs d’Europe : Portugais, espagnols, anglais, français, allemands.
Exercice : Peut-on affirmer que le Cameroun était acteur dans les relations internationales
entre 1472-1960 ?

Leçon 2 : Le Cameroun colonial (1884-1961)

La période coloniale s’ouvre au Cameroun avec la signature du traité germano-douala


du 12 juillet 1884 et s’achève avec la réunification.

I- Evolution du Cameroun de 1884 à 1919 De 1884 à 1919 l’histoire du


Cameroun connaît deux grandes périodes :

1- Le protectorat allemand (1884-1914) : le 12 juillet 1884 l’Allemagne (Edouard


Schmidt et Johannes Voss) signe un traité avec les chefs douala (King Akwa et King Bell) qui
lui abandonnent leurs droits de souveraineté, de législation et d’administration. Le Cameroun
devient un « schutzgebiet » c'est-à-dire un protectorat allemand. Quel bilan se dégage de la
présence allemande au Cameroun ? D’importantes œuvres ont été réalisées dans tous les
domaines (carte définitive du Cameroun, équipement du pays en diverses infrastructures de
transport, sanitaires, scolaires … » mais on déplore le côté sombre du tableau allemand : le
non-respect de certaines clauses du traité germano-douala par exemple le décret allemand du
mois de juin 1896 décide d’exproprier les douala de leurs terres, ce qui est contraire au traité
du 12 juillet 1884…

2- Le condominium franco-britannique (1914-1916) Le condominium désigne le


droit de souveraineté exercé en commun par plusieurs puissances sur un pays. Le 14
septembre 1914, Douala tombe aux mains des forces françaises dirigées par le général
Aymerich et britanniques dirigées par le général Dobell qui prirent des dispositions pour
administrer le Cameroun conjointement. Le Cameroun devient donc un condominium
jusqu’au 4 mars 1916 date à laquelle un accord du partage franco-britannique divise le
territoire en deux parties distinctes (1/5 du territoire à l’Angleterre et 4/5 à la France). Pendant
cette période le Cameroun rétrocède à l’A.E.F les territoires accordés au Cameroun allemand
en 1911 par la France (soit 275 000 km² et une population estimée à un million d’habitants
environ).

II- Le Cameroun du régime de mandat à l’indépendance (1919-1961)

1- La période du mandat (1919-1946) Après la première guerre mondiale le


Cameroun comme les autres anciennes possessions allemandes devient un territoire
international rattaché à la S.D.N qui confie son administration à la France et l’Angleterre le 20
juillet 1922. Les puissances mandataires sont chargées d’administrer le territoire, d’assurer
l’évolution politique, économique et sociale tout en dressant un rapport annuel à la S.D.N. En
outre les camerounais ont le droit d’adresser à la S.D.N des pétitions contre les puissances
mandataires. Malgré ce statut particulier du Cameroun, il fut géré pendant toute la période du
mandat comme une simple possession coloniale confiée à une puissance étrangère chargée de
la conduire à la maturité. Cependant la deuxième guerre mondiale allait entraîner l’adoption
d’un nouveau statut, celui de tutelle.

2- La période de tutelle (1946-1961) Le 13 décembre 1946, l’ONU accorde la


tutelle du Cameroun à la France et l’Angleterre mais garde le droit d’envoyer périodiquement
une commission de contrôle sur le terrain afin de se rendre compte des progrès réalisés.

La période de tutelle eut des conséquences perceptibles sur l’évolution politique du


Cameroun :

- Le Cameroun jouissant du droit de pétition use de la tribune des Nations-Unies pour


revendiquer sa libération.

- Des assemblées locales sont créées pour permettre aux camerounais de s’initier aux
affaires publiques : ARCAM créée en 1946, ATCAM en 1952 et ALCAM en 1957.

- Autorisation de création des associations dans l’empire colonial français en général


et au Cameroun en particulier par les lois de 1946 et de 1956 : des partis politiques et des
syndicats sont créés par des nationalistes comme Ruben UM Nyobé, Ahmadou Ahidjo,
Soppro Priso, André Marie Mbida…
- Des nationaux sont nommés à des postes de responsabilité : André Marie Mbida au
poste de Premier Ministre le 10 mai 1957… Pendant la période de tutelle la voie est mieux
balisée pour l’indépendance du Cameroun mais il n’est toujours pas un Etat souverain.

3- De l’indépendance à la réunification du Cameroun (1960-1961) Le 13 mars


1959 en accord avec la France l’ONU décide de lever la tutelle sur le Cameroun et ce dernier
accède à l’indépendance le 1er janvier 1960. Le Cameroun devient ainsi un acteur à part
entière des relations internationales. La réunification du Cameroun est célébrée le 1er octobre
1961 et c’est la fin de la tutelle britannique sur la partie occidentale du pays.

Conclusion

De 1884 à 1960 le Cameroun était un objet des relations internationales subissant


toutes les décisions malheureuses ou heureuses de ses différents maîtres (Allemagne, France,
Angleterre). Mais depuis le 1er janvier 1960 le Cameroun est partenaire à part entière des
Relations Internationales c'est-à-dire qu’il définit et oriente lui-même et en toute souveraineté
sa politique extérieure.

Leçon 3 : L’organisation de l’unité africaine (OUA)

Introduction

Passé l’enthousiasme de la décolonisation la nécessité de constituer des organismes


supranationaux pour transcender les barrières linguistiques et la diversité des systèmes
politiques, économiques et éducatifs s’imposait. C’est dans ces circonstances et ces
perspectives que sont nées les organisations interafricaines à dominante politique ou
économique.

I- Origine et création de l’OUA

A- Origine (historique) : la question de l’unité africaine date des années d’avant les
indépendances, mais les responsables politiques restent divisés quant à son contenu :
comment réaliser cette unité africaine tant souhaitée ? Par fédération pure et simple de tous les
Etats africains avec un seul gouvernement ou graduellement ? Et ce sont ces différentes
manières de voir qui vont entraîner la formation des « groupes » avant la naissance de
l’organisation de l’unité africaine.
a) Le groupe de Casablanca (Maroc) : réunis en janvier 1961 à Casablanca au
Maroc six pays africains à savoir le Maroc, le Mali, l’Egypte, la Guinée-Conakry, l’Ethiopie
et le Ghana de Kwame Nkrumah soutiennent l’idée de la création des Etats-Unis d’Afrique,
c'est-à-dire un seul Etat continental avec un seul gouvernement, une armée nationale, une
seule monnaie … c’est le groupe des fédéralistes ou des progressistes anticolonialistes.

b) Le groupe de Monrovia (Libéria) : dix-neuf pays africains parmi lesquels le


Nigéria, le Cameroun, la Côte-d’Ivoire, Madagascar … se réunissent à Monrovia au Libéria
en mai 1961 et adoptent une position différente de celle du groupe de Casablanca. Pour eux il
faut procéder par étapes à travers des regroupements sous-régionaux et renforcer les liens
économiques avant toute union politique. C’est le point de vue des gradualistes ou des
modérés.

B- La création de l’OUA : après s’être longuement affronté sur la forme qu’il fallait
donner à la future organisation, les dirigeants et représentants de 32 pays africains
indépendants réunis à Addis-Abeba en Ethiopie du 22 au 25 mai 1963 finissent par signer le
25 mai 1963 la « charte de l’unité africaine » qui donne ainsi naissance à l’OUA. Les idées du
groupe de Monrovia avaient ainsi triomphé.

II- Objectifs, principes et structure de l’OUA

A- Objectifs : l’OUA s’est donné cinq grands objectifs à atteindre

- Renforcer l’unité et la solidarité des Etats africains et malgaches.

- Coordonner et intensifier leur coopération et leurs efforts pour offrir de meilleures


conditions d’existence aux peuples d’Afrique et de Madagascar.

- Défendre leur souveraineté, leur indépendance et leur intégrité territoriale.

- Eliminer sous toutes ses formes le colonialisme de l’Afrique.

- Favoriser la coopération internationale.

B- Principes : les Etats membres (Etats africains continentaux, Madagascar et les îles
voisines de l’Afrique : Comores, Seychelles, SAO Tomé et principes …)

Pour atteindre ces objectifs ci-dessus énumérés se sont fixés un certain nombre de
règles de conduite :

- Le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chaque Etat.


- La non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats.

- Le règlement pacifique des différends par voie de négociations, de médiation ou de


conciliation.

- La condamnation sans réserve de l’assassinat politique.

- Le dévouement sans réserve à la cause de l’émancipation totale des territoires


africains non encore indépendants.

C- Structure de l’OUA : l’organisation poursuit ses objectifs par l’intermédiaire des


institutions ci-après :

- La conférence des chefs d’Etat et de gouvernement (le principal organe de décision).


- Le conseil des ministres des affaires étrangères.

- Le Secrétariat Général

- La commission de médiation, de conciliation et d’arbitrage.

A côté de ces organes majeurs de l’OUA existent des institutions spécialisées : le


conseil supérieur du sport en Afrique (le CSSA dont le siège est à Yaoundé) ; l’Union
Africaine des Télécommunications ; le conseil phytosanitaire panafricain (siège :
Yaoundé) ; la commission africaine des droits de l’homme et des peuples ; la
commission africaine de l’aviation civile.

III- Le bilan de l’OUA

1- Les réalisations : les mutations notables ne sont pas légion, mais quelques actions
significatives sont à mettre l’actif de l’OUA :

- La lutte de libération du continent africain a enregistré des succès éclatants avec


l’accession à l’indépendance des pays encore sous domination européenne :
Mozambique, Angola, Cap-Vert, Guinée-Bissau, Sud-Ouest africain (Namibie),
Djibouti…

- L’OUA par une action diplomatique rigoureuse a largement sensibilisé l’opinion


mondiale sur le caractère inhumain du racisme et de l’apartheid en Afrique du Sud

. - Sur le plan économique : outre les organisations sous-régionales (UDEAC, CBLT,


CEDEAO, CEEAC…) un vaste marché commun est prévu pour l’an 2000 au niveau
continental. - Sur les plans culturel, sportif, technique, scientifique … de nombreuses
institutions spécialisées ont été créées : conseil supérieur du sport en Afrique, l’union
des Radios et Télévisions nationales africaines, la commission africaine pour l’aviation
civile … Malgré ses nombreuses réalisations l’OUA a fait face à une Kyrielle de
difficultés qui ont naturellement freiné son fonctionnement et limité son efficacité.

2- Les problèmes :

- Le non-paiement de leurs cotisations par la majorité des Etats membres.

- Le secrétaire général est confiné rien qu’aux tâches administratives (préparer le


budget de l’OUA, recevoir les demandes d’adhésion ou de retrait des Etats concernés,
recevoir les dons au nom de l’OUA…) sans réel pouvoir de décision.

- L’absence d’une force armée interafricaine pour faire cesser les conflits qui sévissent
partout en Afrique.

- La léthargie aussi bien institutionnelle que fonctionnelle de l’OUA.

- La mésentente entre les Etats membres de l’OUA à cause de la divergence des


idéologies (chaque Etat agit selon les relations diplomatiques de son pays).

- Manque de volonté politique des dirigeants africains qui croient peu en eux, donnant
ainsi libre cours à la culture de l’afro-pessimisme.

Toutes ces difficultés finiront par faire disparaître l’OUA après de 40 ans d’existence.
3- Le rôle du Cameroun dans l’OUA. Membre fondateur de l’OUA, le Cameroun lui a été
utile tant sur le plan politique, humain que financier.

a) Sur le plan politique :

- Le Cameroun a participé à tous les débats conceptuels de l’OUA et à tous ses


sommets.

- Le Cameroun par deux fois a été président en exercice de l’OUA (1969 et 1996).

- Le Cameroun a apporté son soutien à de nombreux mouvements de libération


nationale : le MPLA en Angola, la SWAPO en Namibie, le FRELIMO au Mozambique…

- Le Cameroun s’est toujours conformé aux idéaux de paix défendus par l’OUA : il a
combattu la politique raciale et l’apartheid pratiqués en Afrique Australe, a milité en faveur
d’un règlement pacifique du différend frontalier l’opposant au Nigéria à propos de la
péninsule de Bakassi.
b) Sur le plan de ressources humaines et financières

- De nombreux cadres camerounais ont servi l’OUA à de niveaux divers : deux


secrétaires Généraux : NZO EKAN NGAKI de 1972 à 1974, Aurélien ETEKI MBOUMOUA
de 1974 à 1978 ; beaucoup de responsables dans les institutions spécialisées comme le conseil
phytosanitaire interafricain (siège à Yaoundé), le conseil supérieur du sport en Afrique (siège
à Yaoundé).

- Sur le plan financier le Cameroun s’acquitte régulièrement de ses cotisations à


l’OUA.

Conclusion :

Longtemps divisés sur le problème du contenu à donner à l’unité africaine les


responsables politiques finiront par créer une organisation à vocation continentale le 25 mai
1963 à Addis-Abeba. Malgré quelques réalisations louables, l’OUA a consacré près de la
moitié de son existence à un combat essentiellement politique (libération du continent, guerres
civiles, problème d’apartheid…) négligeant quelque peu les questions pourtant fondamentales
de développement économique, social et culturel du continent. Des réflexions au sommet vont
être menées dans le but de créer une nouvelle organisation susceptible de s’attaquer aux défis
de l’heure. Exercice : En quoi peut-on dire que le bilan de l’OUA fut mitigé ?

Leçon 4 : L’Union Africaine (UA)

Introduction

Quarante ans après la création de l’OUA tous les Etats membres se sont accordés sur
la nécessité de créer une nouvelle organisation plus moderne mieux outillée pour s’attaquer
aux défis de l’heure : la pauvreté, les grandes pandémies comme le Sida, la mondialisation,
les guerres intestines… c’est dans ces perspectives que fut créée l’union africaine.

I- Historique et naissance. Après plusieurs conférences préparatoires comme celle


de syrte du 06 au 09 septembre 1999 en Libye, l’acte constitutif de l’UA fut adopté à Lomé au
Togo le 12 juillet 2000. Le 09 juillet 2002 a lieu à Durban en République Sud-Africaine le
sommet inaugural de l’UA. Son siège reste fixé à Addis-Abeba en Ethiopie et elle hérite des
53 membres de l’OUA.

II- Objectifs, principes et structure


A- Objectifs (plus ambitieux que ceux de l’OUA)

- réaliser une plus grande unité et solidarité entre pays et peuples africains

- accélérer l’intégration politique, économique et sociale du continent

- Intégrer l’Afrique dans la mondialisation - promouvoir la paix, la sécurité et la


stabilité sur le continent

- promouvoir les principes et les institutions démocratiques et la bonne gouvernance

- promouvoir la recherche dans tous les domaines surtout la science et la technologie.

B- Principes : Certains principes de l’UA sont hérités de l’OUA :

- l’égalité souveraine des Etats

-Le respect des frontières héritées de la colonisation

- le règlement pacifique des différends et la non-ingérence dans les affaires intérieures


des Etats. D’autres sont nouveaux :

* la mise en place d’une politique de défense pour le continent

* le droit de l’union d’intervenir dans un Etat membre sur décision de la conférence


des chefs d’Etat et de gouvernement en cas de crime de guerre, de génocide ou de crimes
contre l’humanité

* enfin l’UA affirme condamner et rejeter l’impunité, les assassinats politiques, les
actes de terrorisme et surtout les changements anticonstitutionnels de gouvernement (cf art 4
de l’acte constitutif de l’UA).

C- Structure de l’UA

Les organes de l’UA sont plus étoffés que ceux de l’OUA :

- la conférence de l’union, organe suprême qui réunit les Chefs d’Etat et de


gouvernement une fois par an en session ordinaire

- le conseil exécutif regroupant les ministres des affaires étrangères des Etats
membres de l’UA

- la commission de l’union africaine dotée de pouvoirs et de moyens renforcés pour


succéder au secrétariat général de l’Ex-OUA. Elle est composée d’un président, du vice-
président et huit commissaires. Actuellement la commission ou « gouvernement de l’union »
est présidée par son Excellence MOUSSA FAKI MAHMAT qui a été le ministre tchadien des
affaires étrangères en remplacement de la sud-africaine KOSSAZANA DLAMINIE ZOUMA.

- le parlement panafricain

- la cour africaine de justice

- le conseil de paix et de sécurité de l’UA

- le comité des représentants permanents

- le conseil économique et social (ECOSOC)

- le NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique : New


paternship for Africa’s development né en octobre 2001 à Abuja).

III- Les défis majeurs de l’UA et la place du Cameroun au sein de l’organisation

A- Les défis majeurs : L’UA est une jeune organisation qui doit faire face à de nombreux
défis à relever :

- La promotion d’une véritable culture de l’intégration (à travers les programmes scolaires et


universitaires, les médias publics et privés…)

- surmonter l’éternelle question des ressources financières qui a longtemps miné l’Ex-OUA

- le défi de la paix condition sine qua none de tout projet de développement

- le défi de l’efficacité institutionnelle : beaucoup d’institutions prévues dans la charte de


l’OUA fonctionnaient à peine ou pas du tout

- les défis d’un développement durable, de la paupérisation et de gestion insalubre des


ressources du continent.

A cet effet l’UA a adopté le NEPAD comme base de développement lequel est axé
sur plusieurs secteurs notamment les infrastructures, la science, la technologie, la réduction de
la pauvreté, l’énergie dont l’Afrique regorge d’énormes potentialités mais mal gérées.

B- La place du Cameroun au sein de l’UA.

La coopération Cameroun-UA se manifeste dans des domaines divers : politique,


économique, social, institutionnel…
- le Cameroun adhère aux idéaux de l’UA comme témoignent la signature et la
ratification de l’acte constitutif de l’union.

- le Cameroun a assisté à tous les sommets préparatoires de l’UA et depuis sa création


participe à tous les sommets.

- le Cameroun contribue énormément au budget ordinaire de l’UA : en 2004 cette


contribution s’est chiffrée à la somme de 1.031.515,3 dollars.

- le Cameroun abrite les sièges de nombreuses institutions de l’UA : le conseil


supérieur du sport en Afrique, le centre phytosanitaire inter-africain

- au plan institutionnel le Cameroun prend une part active au fonctionnement des


divers organes de l’UA : Mme Elisabeth Tankeu une camerounaise est commissaire chargée
du porte-feuille du commerce et de l’industrie à la commission de l’union, de nombreux
avocats camerounais plaident régulièrement devant le tribunal pénal international pour le
Ruanda, Samuel Efoua Mbo Zo’o est secrétaire général adjoint du parlement panafricain Le
Cameroun malgré ses dimensions moyennes et sa modeste population est distingué en Afrique
pour son attachement aux idéaux du panafricanisme.

Exercices I- L’Afrique est aujourd’hui secouée par de nombreuses crises : en RDC,


RCA, au Mali, Cameroun, Nigéria… Pensez-vous que l’union africaine soit capable d’y
trouver des règlements efficaces ?

II- Qu’est-ce qui selon vous est à l’origine de la chute de l’OUA ?

Leçon 5 : Le Cameroun dans sa sous-région d’Afrique centrale

Introduction

Pour des raisons à la fois géographiques, culturelles, historiques, politiques et


économiques il se crée dans la société internationale des groupes de peuples ou d’Etats entre
lesquels des liens de solidarité sont resserrés. Le Cameroun appartient à l’un de ces groupes
en Afrique et y apporte sa contribution pour son fonctionnement tant sur le plan bilatéral que
multilatéral.

I- Les concepts de région et de sous-région


1-Le concept de région : Le concept de région renvoie à un regroupement des peuples et
d’Etats dans le cadre à l’échelle continentale mais aussi à de grandes alliances influencées par
des idéologies. Ex : L’UE, l’UA.

2- concept de sous-région : Les sous-régions sont des regroupements d’Etats et des peuples
qui correspondent aux réalités géographiques et aux données économiques et socioculturelles
d’une partie du continent. Ex : L’Afrique est une aire géographique formant une région qui
compte cinq sous-régions : l’Afrique du Nord, l’Afrique Occidentale, l’Afrique Orientale,
l’Afrique Australe et l’Afrique Centrale dont le Cameroun fait partie.

II- Les organisations de la sous-région d’Afrique Centrale

La CEEAC (siège : Libreville) : La communauté économique des Etats de l’Afrique


Centrale est la plus grande en étendue des organisations sous-régionales d’Afrique Centrale.

Elle est créée le 18 octobre 1983 à Libreville au Gabon et compte actuellement 11


membres : Cameroun, RCA, Congo-Brazzaville, Guinée Equatoriale, Gabon, Tchad (les Etats
membres de la CEMAC), la RDC, le Burundi, le Rwanda (les pays des grands lacs), Sao
Tomé et principes et l’Angola.

1- Les objectifs : La CEEAC vise à atteindre une autonomie collective, à élever les
niveaux de vie des populations locales et à maintenir une stabilité économique grâce à une
coopération harmonieuse, à établir un marché commun des Etats de l’Afrique Centrale.

2- Sa structure : Elle comprend plusieurs organes et quelques protocoles :

- la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement

- le conseil des ministres

- le secrétariat général élu pour 4 ans (un secrétaire général et trois secrétaires
généraux adjoints)

- la cour de justice.

A côté de ces organes il existe des comités techniques et spécialisés et des protocoles
qui viennent renforcer la structure de la CEEAC : le protocole constituant le réseau des
parlementaires de la CEEAC, le protocole relatif au conseil de paix et de sécurité de l’Afrique
Centrale (COPAX dont le protocole a été signé à Malabo en Guinée Equatoriale le 24 avril
2000.
3- Les principaux atouts de la CEEAC

- présenter un marché d’une taille respectable (plus de 150 millions d’habitants)

- appartenance des populations locales à une souche majoritaire, celle des Bantous

- les potentialités hydro-électriques impressionnantes notamment au Cameroun et


dans les pays des grands lacs comme la RDC

- une auto-suffisance alimentaire

- présence de la forêt dense humide source de nombreuses richesses naturelles

B- La CBLT (siège à Ndjamena au Tchad) Née en 1964 la commission du bassin


du lac Tchad regroupe les Etats riverains du lac Tchad notamment le Tchad, le Cameroun, le
Nigéria, le Niger et récemment le Soudan. Elle a pour objectifs majeurs : de protéger le lac
Tchad de la dégradation et des effets de la sécheresse, de gérer de manière durable les
ressources du lac Tchad.

La CBLT est une instance de concertation politique et économique des pays membres
qui présente une structure simple :

- le sommet des Chefs d’Etats et de gouvernement

- un comité technique d’experts

- un secrétariat exécutif

C- La CEMAC (siège à Bangui en RCA) : La communauté économique et


monétaire des Etats de l’Afrique Centrale est créée le 16 mars 1994 à Djamena au Tchad. Elle
regroupe six pays membres : Cameroun, Gabon, Congo, Guinée Equatoriale, RCA, Tchad et
constitue un marché potentiel d’environ 40 millions d’habitants dont près de la moitié est
camerounaise 1- Objectifs : Créée pour remplacer l’inefficace UDEAC la CEMAC a des
objectifs plus étoffés que la précédente organisation :

- la mise sur pied d’un marché commun par l’élimination des barrières douanières

- stabiliser la monnaie commune le FCFA (Franc de la coopération financière


d’Afrique).

- favoriser et encourager la libre circulation des biens et des personnes, des idées, des
services, des capitaux
- harmoniser les politiques sectorielles Bref la CEMAC doit jouer désormais le rôle de
catalyseur de l’intégration économique de la sous-région d’Afrique Centrale.

2- Structure : Les principales institutions de la CEMAC sont :

- la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement

- le Secrétariat exécutif

- le conseil des ministres de l’union économique de l’Afrique Centrale

- les organes spécialisés : la BEAC, la COBAC (commission bancaire de l’Afrique


Centrale), l’IFD (Institut de Finances et de Développement).

III- Les problèmes des organisations de la sous-région d’Afrique Centrale : De


nombreux problèmes entravent le bon fonctionnement des organisations de la sous-région
d’Afrique Centrale :

- l’irrégularité des contributions des Etats membres

- la multiplicité des organisations dans la même sous-région

- le manque de fonds pour financer les projets communautaires

- l’insécurité transfrontalière.

- l’insuffisance de la volonté politique des décideurs, les égoïsmes nationaux, freinant


ainsi la mise en œuvre des grands projets communautaires

- absence d’une infrastructure de communication viable

- existence de plusieurs entraves à la libre circulation des biens et des personnes…


Des solutions sont en train d’être trouvées progressivement : l’option prise en faveur de
l’institution d’un passeport CEMAC pour faciliter la libre circulation des personnes ; adoption
du principe du traitement national aux ressortissants des Etats membres des différentes
organisations sous-régionales dans le domaine par exemple des échanges universitaires ; le
renforcement de la coopération policière entre les Etats membres afin d’endiguer le grand
banditisme, la circulation illicite d’armes de guerre et l’insécurité transfrontalière ;
construction et bitumage des routes sous-régionales à l’instar de l’axe Bertoua-Garoua Boulaï
et Garoua-Boulaï-Bouar (en RCA) dont les travaux du bitumage ont déjà eu de financement
de la BIRD…
IV- La contribution du Cameroun au fonctionnement des organisations de la
sous-région de l’Afrique Centrale

Le Cameroun appartient à la sous-région de l’Afrique Centrale et à ce titre il contribue


énormément à la bonne marche de ses nombreuses organisations :

- Participation effective tant pour leur création que pour leur fonctionnement : il abrite
les sièges de certaines institutions sous-régionales telles la BEAC ; il verse régulièrement ses
cotisations volontaires et fournit en quantité et en qualité les ressources humaines (par
exemple le Secrétaire Exécutif de la CEMAC est Camerounais : Antoine Tsimi)

- Sur le plan social le Cameroun accueille les populations des pays de la sous-région
dans ses universités et grandes écoles, participe à toutes les actions de lutte contre les fléaux
comme les grandes endémies (SIDA, maladies du sommeil…), l’insécurité transfrontalière,
accueille les malades de sa sous-région dans ses grands hôpitaux (CHU de Yaoundé,
Hôpitaux généraux de Yaoundé et de Douala…) et au moins 100.000 réfugiés sur son sol…

- Sur le plan économique le Cameroun est le siège de la BEAC qui a pour mission
d’émettre la monnaie de la communauté et en garantir la stabilité, conduire les opérations de
change et de gérer les réserves de change des pays membres ; il joue un rôle de transit pour les
pays enclavés tels le Tchad, la RCA dont la majeure partie des importations et des
exportations s’effectue à partir du port de Douala.

Bref la position géographique, ses principes de la politique étrangère (présence,


ouverture et rayonnement), la stabilité politique et d’énormes acquis sociaux et économiques
font du Cameroun la locomotive dans le processus d’intégration de la sous-région de
l’Afrique Centrale.

V-Le Cameroun et les Etats membres des organisations sous-régionales


d’Afrique Centrale.

Le Cameroun entretient des relations bilatérales avec tous les pays de la zone
couverte par la CEEAC mais surtout avec les pays voisins et limitrophes.

A- Les raisons du rapprochement du Cameroun avec ses voisins d’Afrique


Centrale

1-Raisons géographiques : La nature a beaucoup décidé dans le rapprochement entre


le Cameroun et ses voisins : la situation du Cameroun au cœur de l’Afrique Centrale ; son
accès à la mer qui oblige certains de ses voisins tels le Tchad et la RCA à se rapprocher de lui
pour un accès à l’océan atlantique.

2- Raisons socio-culturelles et historiques : Le Cameroun partage avec ses voisins


d’Afrique Centrale l’usage des mêmes langues officielles héritées du passé colonial : le
français avec le Gabon, la RCA, le Congo et le Tchad. Sur le plan social particulièrement,
plusieurs ethnies se retrouvent à la fois au Cameroun et chez ses voisins : les Fang-Béti au
Cameroun, au Gabon et en Guinée Equatoriale, les Massa au Cameroun, au Tchad et en
RCA…

B- La qualité des relations : elle varie en fonction des pays

2- Les relations calmes : Il s’agit des rapports sans conflits que le Cameroun
entretient avec certains de ses voisins notamment le Tchad, la RCA et le Congo.

2- Les relations houleuses : Les relations sont généralement conflictuelles entre le


Cameroun et d’autres pays de la CEEAC comme le Gabon et de plus en plus la Guinée
Equatoriale.

C- Le Cameroun et les pays de l’Afrique Centrale

1- Le Gabon : Le Cameroun et le Gabon entretiennent des relations de coopération


bilatérale depuis leurs indépendances en 1960 et ce malgré quelques périodes de « querelle ».
Cette coopération se concrétise surtout dans les domaines politique, économique et culturel.

2- Le Tchad et la RCA : L’enclavement de ces deux pays voisins a beaucoup joué


dans le caractère pacifique de leurs relations avec le Cameroun : c’est du port de Douala au
Cameroun que s’effectue la majeure partie des importations et des exportations du Tchad et
de la RCA ; la réalisation du pipe-line Tchad-Cameroun ; le pont sur le Chari (Kousséri-
Djamena) ; plusieurs réfugiés tchadiens et centrafricains sont entrés au Cameroun pendant les
guerres civiles qu’ont connues ces deux pays.

3- La Guinée Equatoriale : Plus de 90% de la population équato-guinéenne sont


Fang, une ethnie largement représentée dans la partie méridionale du Cameroun. Par
conséquent les liens entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale sont séculaires malgré des
soubresauts de tension : en 2004 des centaines de camerounais sont brutalement expulsés de
la Guinée Equatoriale sous prétexte qu’ils sont soupçonnés d’être impliqués dans une
tentative de coup d’Etat visant à renverser OBIANG NGUEMA l’actuel Président de la
République en poste depuis 1979.
Conclusion

Le Cameroun dans sa sous-région d’Afrique Centrale est une locomotive qui participe
au fonctionnement de toutes les organisations sous-régionales et à la réalisation de plusieurs
projets communautaires. Cependant il est freiné dans son élan par toute une Kyrielle de
problèmes dans la sous-région notamment les querelles de leadership, les égoïsmes nationaux,
l’afro-pessimisme et l’irrégularité des cotisations des Etats membres.

Exercices : I- Le Cameroun et la CEMAC. Consigne de travail : Le candidat insistera


sur les atouts dont dispose le Cameroun et son rôle dans la création et le fonctionnement de
cette organisation sous-régionale. II- Dégager les forces et les faiblesses de la CEMAC dans
l’intégration en Afrique Centrale.

Leçon 6 : Le Cameroun et l’ONU

Introduction

Après son indépendance le Cameroun devient le 20 septembre 1960 membre de


l’ONU et entretient dès lors il entretient avec cette dernière des relations multiformes ce à
travers les nombreux services et institutions spécialisés de cette organisation mondiale.

I- Naissance et structure de l’ONU

A-Naissance : L’idée de la création de l’ONU tout comme la SDN est américaine, notamment
du président Franklin Delano Roosevelt. Après les multiples déficiences de la SDN qui a
débouché sur la DGM. Les grandes puissances décident alors de mettre sur pied une nouvelle
organisation à savoir l’ONU.

B- Structure et fonctionnement de l’ONU : Le système des Nations-Unies est structuré


autour de six organes principaux (l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité, le Secrétariat
général, le Conseil économique et social, la Cour internationale de justice et le Conseil de
tutelle), de quinze institutions spécialisées (UNESCO, OMS, OIT, FMI, BIRD, ONUDI,
FAO, OMT…) et de plusieurs services spécialisés ou organes subsidiaires (HCR, PAM,
FNUAP…).

II-Objectifs, principes et moyens de l’ONU


1- Objectifs :

- maintenir la paix et la sécurité dans le monde

- développer entre les nations des relations amicales

- réaliser la coopération internationale aux plans social, culturel, économique et humanitaire

- faire respecter les droits de l’homme et le droit international

2- Les moyens de l’ONU : L’ONU dispose d’importants moyens pour mener à bien ses
activités.

a) Les moyens financiers : Il s’agit principalement du budget biennal de l’ONU alimenté par
les quotes-parts versées par les Etats membres, des dons et des legs des particuliers. Retenons
que nombreux Etats membres ne s’acquittent pas intégralement et régulièrement de leurs
contributions obligatoires ce qui plonge l’ONU dans une situation financière assez précaire.

b) Les moyens humains : Au moins 8 900 fonctionnaires recrutés sur le plan international
travaillent à divers coins du globe pour le compte de l’ONU ; à côté d’eux des militaires, des
policiers et des civils travaillent dans le domaine spécifique des opérations de maintien de la
paix : KOSOVO, R.D.C. RCA Côte-d’Ivoire, Haïti, Liban…

c) Les autres moyens : L’ONU dispose également des moyens institutionnels (des dizaines
d’institutions spécialisées qui forment avec elle ce qu’on appelle le système des nations
unies : UNESCO, FMI, BIRD, PNUD, UNICEF…), des moyens diplomatiques permettant de
rapprocher les Etats ou de résoudre certains différends (conflits) par des actions diplomatiques
telles les conventions, les déclarations.

4- L’action de l’ONU : Son bilan reste mitigé

a) Le côté reluisant de l’ONU : Le prestige de l’ONU tout particulièrement auprès des jeunes
nations est suffisamment élevé : l’ONU a accompli des œuvres remarquables avec les «
casques bleus » ou Congo belge en 1961, au Liban en 1975, dans le golfe persique en 1991
pour libérer le Koweit envahi par l’Irak son voisin…, a exercé une pression sur les puissances
coloniales pour qu’elles décolonisent. En outre l’Assemblée générale sert de tribune aux
revendications des Etats déshérités du Tiers-monde ; l’action des institutions et organismes
spécialisés est incommensurable notamment pour les pays en développement.
b) Le côté sombre du tableau : Le droit de Veto des membres permanents du conseil de
sécurité paralyse ses mécanismes de décision, puisque l’ONU ne peut ainsi vraiment
s’occuper que des régions et problèmes pour lesquels les « Grands » ne font pas d’opposition.
D’autres critiques adressées à l’encontre de l’ONU évoquent sa lourdeur bureaucratique, due
au grand nombre de fonctionnaires du Secrétaire Général.

Face à tous ces problèmes de fonctionnement, l’ONU doit-elle disparaître ? Que non.
Certaines réformes seraient salutaires pour revitaliser cette organisation par exemple élargir le
conseil de sécurité, supprimer le droit de veto jugé anti-démocratique à l’heure de la
mondialisation. C’est dans cette logique que vont les revendications des pays de l’union
africaine, du G4 (Allemagne, Inde, Brésil, Japon).

III- Les relations entre l’ONU et le Cameroun

A- L’action de l’ONU au Cameroun : Cette action est perçue à travers deux


périodes de l’histoire du Cameroun :

1-La période d’accession du Cameroun à la souveraineté internationale : De décembre


1946 à octobre 1961 le Cameroun a été un pays sous tutelle de l’ONU. Cette période est
marquée par plusieurs missions de l’ONU qui venaient au Cameroun pour s’assurer que les
puissances occupantes respectaient effectivement les termes de l’article 76 de la charte de
l’ONU : 1949, 1952, 1956 et 1958. L’ONU s’est également investi dans la décolonisation du
Cameroun en organisant et en supervisant les plébiscites de novembre 1959 et de février
1961, qui ont beaucoup joué sur la nouvelle configuration du Cameroun. En outre l’ONU a
servi de tribune de revendications aux nationalistes camerounais tels UM Nyobé, Ahmadou
Ahidjo… et ses pressions sur les puissances tutélaires (France, Angleterre) vont aboutir à la
levée de tutelle sur le Cameroun en 1959 et l’indépendance le 1er janvier 1960. L’ONU fut un
acteur incontournable du destin politique du Cameroun et depuis lors ses actions n’ont cessé
de se manifester dans le pays

2- L’ONU et le Cameroun indépendant : Membre de l’ONU depuis le 20 septembre 1960,


le Cameroun bénéficie de nombreuses actions des institutions spécialisées, des programmes et
agences spécialisées du système des Nations-Unies : HCR, UNESCO, FMI, BIRD, FAO,
PAM, UNICEF, PNUD, ONUSIDA, FNUAP, PAM… En effet, ces actions couvrent des
domaines aussi divers que la santé (vaccination, lutte contre le VIH/SIDA, construction des
hôpitaux…) l’éducation et la culture, le développement économique et la lutte contre la
pauvreté (aides au développement…). La coordination de ces multiples activités au Cameroun
est assurée par le représentant du système onusien. L’une des principales actions de l’ONU au
Cameroun à ne pas oublier est la résolution du conflit frontalier (Cameroun-Nigéria) à propos
de la presqu’île de Bakassi (en faveur du Cameroun à l’issue du verdict de la cour
internationale de justice de la Haye le 10 octobre 2002).

B- Le rôle du Cameroun dans le fonctionnement du système onusien Malgré ses faibles


moyens le Cameroun a contribué et contribue activement au rayonnement de l’ONU :

- il s’acquitte régulièrement de sa quote-part au budget de l’ONU (0,01% du budget total de


l’ONU contre 25% des USA)

- plusieurs camerounais à divers niveaux ont occupé des postes de responsabilité : Michel
Dooh Kingué a été Secrétaire Général Adjoint ; Claude ONDOBO fut pendant longtemps l’un
des directeurs à l’UNESCO, Gottlieb Lobe Mone Kosso a été Directeur Général de l’OMS
Afrique (siège Brazzaville au Congo)…

- le Cameroun a eu à présider le conseil de sécurité de l’ONU en 1974 et en 2002.

- le Cameroun a participé et participe à de multiples opérations de maintien de la paix


notamment au Cambodge, au Kosovo, en RCA, en RDC, à Haïti.

- le Cameroun a continuellement respecté les principes édictés par la charte de l’ONU


notamment « le règlement pacifique des différends », ce qui l’a amené à porter avec succès le
différend frontalier avec son voisin le Nigéria devant la cour internationale de justice au lieu
de choisir la voie armée. Ce tableau de l’action du Cameroun à l’ONU ne saurait être
exhaustif.

Conclusion

Pendant cinq décennies durant le Cameroun a montré qu’il est un pays souverain qui a
compris la nécessité de cultiver la paix avec les autres nations et de développer la coopération
internationale notamment multilatérale. Toutefois, pour ne pas demeurer avec la main
éternellement tendue, le Cameroun gagnerait à mettre à profit les ressources que lui fournit
l’ONU à travers ses nombreuses institutions spécialisées.

Leçon 7 : Le Cameroun et l’union européenne, Afrique-Caraïbes-Pacifique


(UE/ACP)
Introduction

L’Association Union Européenne/ACP est un cadre de coopération multilatérale né


des concertations entre le Nord riche et le Sud pauvre et sous industrialisé. Ce cadre de
coopération réunissant les anciennes métropoles et leurs anciennes colonies vise un nouvel
ordre économique international et le Cameroun comme d’autres membres y jouent un rôle très
important.

I- Historique, objectifs et structure de l’U.E

A-Historique (Genèse) : L’U.E est une institution dont la mise en place s’est opérée de façon
graduelle inspirée par le Français Jean Monnet et l’Allemand Robert Schuman dont la
principale préoccupation portait sur la réalisation de la paix au moyen de l’économie. L’U.E a
été précédée par la communauté européenne du charbon et de l’acier créé en 1951 (CECA) et
la communauté économique européenne (CEE) fondée à Rome le 25 mars 1957 par six Etats
européens. La CEE va s’élargir pour devenir après le traité de Maastricht signé en janvier
1992 l’union européenne. L’union européenne qui compte actuellement 27 Etats membres
coopère avec le groupe A.C.P né le 06 juin 1975 par l’accord de Georgetown en Guyana.
Aujourd’hui le groupe A.C.P compte 79 pays et est doté d’un secrétariat général siégeant à
Bruxelles en Belgique.

B- Objectifs des relations UE/ACP : Pourquoi les Etats de la CEE ou de l’actuelle U.E ont
tenu à coopérer avec les pays A.C.P ?

1- Raisons historiques : Les pays A.C.P à l’exception de l’Ethiopie et du Libéria ont tous
été à un moment de leur histoire colonisée par l’Europe. Celle-ci se sent donc quelque peu
dans l’obligation morale de leur apporter son concours dans la mise en œuvre de leur politique
de développement.

2- Raisons économiques : Les pays A.C.P constituent des partenaires commerciaux


particulièrement importants : ils assurent l’approvisionnement de la communauté en matières
premières et en sources d’énergie et servent de marchés aux exportations européennes.

C- Structure des relations U.E/A.C. P Elle est basée sur trois principales institutions :

- Le conseil des ministres

- Le comité des ambassadeurs qui organise et suit les progrès et suit les différentes
conventions - L’assemblée consultative
II- La coopération union européenne /A.C.P. Cette coopération revêt plusieurs aspects :

1- La coopération commerciale : Elle vise :

- La promotion du commerce entre les Etats UE/A.C. P d’une part et entre les Etats A.C.P
d’autre part.

- La stabilisation des recettes d’exportations grâce aux systèmes de STABEX et de


SYSMIN. Cependant depuis Lomé IV (1990) le STABEX et le SYSMIN ont été remplacés
par le système de mécanisme d’aide aux réformes sectorielles et structurelles.

2- La coopération industrielle : Elle a pour but de développer et de diversifier les


industries dans les pays A.C.P. A cet effet un certain nombre de mesures sont prises par
l’U.E : formation de cadres, transfert de technologie et adaptation de celle-ci aux besoins des
Etats A.C.P, renforcement de la participation aux petites et moyennes entreprises…

3- La coopération financière : Elle vise à corriger les déséquilibres structurels dans


divers secteurs de l’économie des Etats A-C-P : par exemple l’agriculture trop longtemps
négligée par l’aide internationale au profit de grands projets industriels dont la rentabilité
laisse parfois à désirer sera réhabilitée. Cette coopération est rendue possible grâce au Fonds
Européen de développement et la Banque européenne d’investissement. Toutefois quelle est
la place du Cameroun dans cette coopération ?

III- Le Cameroun dans les relations UE/[Link]

A- Le rôle du Cameroun : Le rôle du Cameroun dans cette coopération remonte à la


décennie 1960. En effet les deux premières conventions de cette coopération ont été signées à
Yaoundé la capitale politique du Cameroun (Yaoundé I en 1963 et Yaoundé II en 1969) et ont
bénéficié du soutien substantiel du Cameroun : non seulement le Cameroun a abrité les assises
ayant donné naissance aux conventions mais il a également mis ses experts à contribution tels
les économistes et les statisticiens.

B- La contribution de l’U.E au développement du Cameroun : Le Cameroun


bénéficie d’une assistance de l’U.E dans plusieurs domaines :

1- Sur le plan commercial : l’U.E reste le principal partenaire commercial du


Cameroun. Celui-ci y effectue 80 % au moins des importations et exportations : banane,
cacao, café, bois, coton… En outre tout comme les autres pays A.C.P le Cameroun a bénéficié
des systèmes STABEX et SYSMIN.
2- Sur le plan industriel : L’UE a accordé des prêts à travers la Banque européenne
d’investissement (la BEI) à plusieurs structures industrielles camerounaises : la SOSUCAM
en 1966, la CDC en 1967, ALUCAM en 1979…

3- Sur le plan infrastructurel : L’UE a financé au Cameroun la réalisation de


nombreuses infrastructures de communications : la construction des ponts sur le fleuve Ntem
et la Dibamba, la route Bertoua – Garoua Boulaï, la route Ngaoundéré – Touboro – Moundou
(ville du Sud du Tchad), la route Bafoussam – Bamenda, la route Ebolowa – Kye-ossi, la
route Douala-Edéa…

4- Sur le plan social : Les projets sociaux financés au Cameroun par l’U.E
concernent les domaines aussi divers que le développement urbain, la santé, l’éducation et
l’environnement. Exemples : la lutte contre le SIDA au Cameroun (2.400.000 euros pour
l’année 2004-2005) ; le financement des extensions des collèges Vogt à Yaoundé, Mazenod à
Ngaoundéré et Libermann à Douala ; la création de la centrale nationale d’approvisionnement
en médicaments essentiels (CENAME)… Les autres contributions de l’U.E au Cameroun
concernent l’aide aux organisations non gouvernementales (ONG) partenaires précieux à la
mise en œuvre de l’aide communautaire.

5- Sur le plan politique : Depuis Lomé IV bis (1995) une attention particulière est
faite au volet politique de coopération UE/A-C-P : elle veille à l’application de la démocratie,
au respect des droits de l’homme, à la résolution des conflits armés, aux conditions de
détention des prisonniers…

La coopération avec l’U.E à bien des égards a permis aux pays A-C-P de réaliser de
nombreux projets de développement. Le Cameroun tout particulièrement y est très impliqué
depuis la création et a bénéficié du financement de multiples projets de développement
socioéconomique sur son sol. Cependant retenons que cette coopération U.E/A-C-P ne
constitue pas un modèle de relations multilatérales. Elle est taxée de néocolonialiste et
présente moult défauts. Les pays du sud doivent apprendre à penser leurs propres stratégies de
développement au lieu de s’attendre à une panacée venant de l’extérieur, et du coup ils
cesseront de fonctionner comme de simples objets des relations internationales. Vocabulaire -
Convention : accord, pacte ou contrat entre Etats ou entre particuliers. Ex : les conventions de
Yaoundé (Ydé I en 1963 et Ydé II en 1969) - A-C-P (Afrique – Caraïbes – pacifique). C’est
un groupe des pays du Tiers-monde en relation avec l’U.E né le 06 juin 1975 par l’accord de
Georges Town en Guyana. Il réunit les anciennes colonies françaises, anglaises, belges et
italiennes. - FED : Fonds européen de développement : c’est l’instrument financier de la
coopération UE/A-C-P alimenté par les contributions des pays membres. - STABEX (système
de stabilisation des recettes d’exportation).

C’est un système de garantie qui permet aux pays A-C-P de bénéficier d’une aide
financière en cas de baisse de leurs recettes d’exportation sur un certain nombre de produits
pour la plupart agricoles (café, thé cacao, banane, coton…).

Ex : Le STABEX a apporté depuis Lomé I (1975) au Cameroun une enveloppe de


près de 550 millions d’écu. - SYSMIN : C’est un mécanisme de garantie qui accorde aux pays
A-C-P une aide financière lorsqu’il y a baisse de leur capacité de production pour un produit
minier (bauxite, fer…).

Cependant le STABEX et le SYSMIN jugés lourds et peu adaptés à l’évolution de


l’économie mondiale ont été abandonnés.

- Euro : Monnaie unique en cours au sein de l’U.E depuis 1995. Elle circule depuis
2002 et remplace les monnaies nationales des pays qui ont choisi d’y adhérer. - Principe de
non-réciprocité : Principe selon lequel si un pays ACP interdit une marchandise de l’U.E sur
son marché en raison des nécessités de son développement il n’en sera pas de même dans les
pays de l’UE. - Système de préférence généralisée : Dans les relations ACP/UE, c’est le
système qui offre aux produits des ACP un accès privilégié (exempts de droits de douanes)
sur les marchés de l’UE sauf pour les produits susceptibles de perturber certaines branches
industrielles (textile, sidérurgie…). - Clause de sauvegarde : Possibilité pour un pays ACP de
refuser un produit ou un investissement qui gênerait son développement ou perturberait son
commerce.

Leçon 8 : LA coopération bilatérale Cameroun – France et Cameroun –


Grande-Bretagne

La coopération bilatérale désigne l’ensemble des relations que deux Etats entretiennent
entre eux. Ainsi le Cameroun entretient des relations bilatérales avec plusieurs nations du
monde parmi lesquelles ses anciennes puissances coloniales plus particulièrement la France et
la Grande-Bretagne.
I- Le Cameroun et la France La France a des liens séculaires avec le
Cameroun

A- Les fondements historiques et le cadre juridique de la coopération

1- Les fondements historiques : Le Cameroun n’a jamais été juridiquement une colonie
française mais dans les faits a fait partie de l’empire colonial français. Après les
indépendances il était de bon ton que la France cherche à maintenir son hégémonie sous la
forme voilée de coopération. Bref le premier fondement sur lequel repose la coopération
bilatérale entre la France et le Cameroun est la pérennisation de l’héritage colonial français.

2- Le cadre juridique : Il repose sur des accords : le premier traité global de coopération
fut signé à Yaoundé le 13 novembre 1960 entre le ministre camerounais des affaires
étrangères, Charles Réné Okala et celui français, Maurice COUVE de MURVILLE. De
nombreux accords touchant à la culture, à la coopération financière et monétaire, à
l’assistance militaire…furent signés par la suite.

B- Les acteurs et les secteurs de coopération Cameroun-France

1- Les acteurs de coopération : Les actions de coopération sont mises en œuvre par des
acteurs étatiques (institutions étatiques) et non étatiques (Ex : les ONG). - Du côté français :
Les principaux acteurs de coopération sont : le président de la République qui se trouve être le
principal décideur en matière de politique étrangère ; le ministre des affaires étrangères et le
ministre de la coopération, l’Assemblée Nationale sont des acteurs institutionnels.

Les autres acteurs de la coopération française s’occupent essentiellement de l’aide et


des finances : le trésor français qui gère le compte d’opérations de la zone franc CFA ;
l’Agence Française de Développement qui accorde des prêts et finance des projets de
développement ; le Fonds d’aide et de Coopération (FAC), le Fonds d’Investissement
Economique et Social (FIDES)… - Du côté camerounais : Nous avons principalement le
président de la République qui dispose d’une division des affaires diplomatiques au secrétariat
général de la présidence, le ministre des relations extérieures chargé de mettre en œuvre la
politique étrangère arrêtée par le président de la république, l’Assemblée nationale,
l’ambassade du Cameroun en France…

2- Les secteurs de coopération Franco-camerounaise (la matérialisation de la


coopération France-Cameroun). Ils sont variés :
- au plan diplomatique et politique : La coopération se traduit dans ce domaine par la
présence des ambassades, des consulats dans les capitales respectives, ainsi que les visites
régulières des hautes personnalités dans ces pays.

- au plan économique et financier : Les engagements français au Cameroun à travers


l’Agence Française de développement sont remarquables et visent entre autres la
restructuration bancaire, les secteurs de communication, des eaux et de l’énergie, des
transports, du monde rural… Il faut ajouter à ce brillant tableau l’envoi au Cameroun des
experts qui participent à la réalisation de nombreux projets de développement, des mesures
prises par la France pour alléger la dette publique au Cameroun, sans oublier le rôle de la
France pour l’admission du Cameroun à l’initiative PPTE - au plan des échanges
commerciaux : La France est l’une des destinations des produits d’exportations du Cameroun.
Le Cameroun vend à la France des produits primaires : bois, cacao, thé, banane, pétrole… et
achète en retour des produits manufacturés : automobiles, produits pharmaceutiques, matériel
de télécommunication… ; Mais la balance commerciale est déficitaire pour le Cameroun. Ex :
En 2001 la valeur des exportations camerounaises vers la France est de 210 milliards de F
CFA par contre celle de la France vers le Cameroun est de 385 milliards de F CFA

- au plan culturel et éducatif : La France a multiplié des centres culturels au Cameroun


(Douala, Yaoundé, Garoua…), accorde chaque année des bourses d’études et de stage aux
Etudiants et travailleurs camerounais, soutient les manifestations artistiques au Cameroun
(peinture, danse, théâtre, musique…).

- au plan de l’assistance technique : C’est un secteur à sens unique. La France apporte


au Cameroun une expertise dans divers domaines comme l’administration, la recherche ou la
formation Ex : la présence du centre pasteur aide énormément dans la recherche médicale au
Cameroun.

3- Les problèmes de la coopération Franco-camerounaise La coopération bilatérale


France-Cameroun présente d’énormes avantages évoqués ci-dessus, mais les inconvénients
existent :

- les difficultés d’obtention des titres de séjour par les Camerounais en France et les
tracasseries liées aux demandes des visas dans les consulats français.

- les difficultés d’admission des étudiants camerounais dans certaines filières en


France (la médecine par exemple).
- la balance commerciale est déficitaire pour le Cameroun

- les accords de coopération signés entre les deux pays font de la France une sorte de
passage obligatoire de tout échange que le Cameroun peut effectuer, avec un autre pays
étranger, cela traduit la dépendance économique du Cameroun vis-à-vis de la France.

II- Le Cameroun et la Grande-Bretagne Comme la France, la Grande-Bretagne a


des liens séculaires avec le Cameroun : elle a participé au commerce des esclaves sur la côte
camerounaise, a obtenu une partie du Cameroun comme territoire sous mandat de la SDN et
territoire sous tutelle de l’ONU. A la veille des indépendances les deux pays ont signé une
série d’accords de coopération et depuis 1961 une multitude d’accords a suivi. Les principaux
acteurs institutionnels de la coopération britannique sont : le Foreign office ou ministère des
affaires étrangères qui coordonne toute la politique étrangère publique et privée en relation
avec le premier ministre et le parlement ; l’OVERSEAS Development Administration, un
organe public qui agit en matière d’aide au développement ; le Commonwealth que la
Grande-Bretagne utilise indirectement pour mettre sa politique étrangère en œuvre. A ces
acteurs institutionnels s’ajoutent les ONG comme Amnesty international, Global Wideness.

Les aspects de la coopération Grande-Bretagne – Cameroun touchent les domaines


aussi divers que le secteur culturel et éducatif (l’octroi des bourses d’étude et de
perfectionnement professionnel aux camerounais), les échanges commerciaux, malgré le
déficit de la balance commerciale du Cameroun, le domaine économique où de nombreuses
entreprises britanniques opèrent au Cameroun : la Guinness Cameroon, la Standard Chartered
Bank, la British American Tobacco… Cependant plusieurs inconvénients interviennent dans
cette coopération bilatérale Cameroun-Grande-Bretagne : les réalisations britanniques sont
généralement tournées vers les régions anglophones du Sud-ouest et du Nord-ouest au
détriment du reste du pays ; malgré l’ancienneté des relations entre les deux pays le Cameroun
ne bénéficie pas d’un traitement de faveur ; les frais de scolarité sont très élevés pour les
étudiants camerounais en Grande-Bretagne ; les aides accordées par le gouvernement
britannique au gouvernement camerounais sont assorties des conditionnalités contraignantes
notamment politiques, ce qui ne dégrade pas moins la souveraineté du Cameroun.

Conclusion

La France et la Grande-Bretagne ont contribué et contribuent aujourd’hui énormément


au développement politique et socio-économique du Cameroun. Mais cette coopération
présente des inconvénients : la détérioration des termes de l’échange qui entraîne
naturellement le déséquilibre de la balance commerciale du Cameroun ; la dépendance et
l’éternel assistanat qui limitent forcément la souveraineté du Cameroun… Le Cameroun doit
non seulement diversifier ses partenaires internationaux mais s’affirmer en faisant bon usage
des aides reçues et ainsi à moyen ou à long terme les conditions d’une plus grande autonomie
interne seront créées.

Leçon 9 : Le Cameroun dans la Francophonie, la conférence des pays islamiques et le


Commonwealth : les organisations à caractère culturel

Introduction

En dehors des regroupements géographiques le Cameroun a adhéré à des organisations


fondées sur l’histoire, la langue et la religion. C’est le cas de la Francophonie, le
Commonwealth et l’organisation de la conférence islamique. Le Cameroun est membre à part
entière de ces organisations qui lui apportent beaucoup pour son développement et auxquelles
il apporte son modeste concours pour leur fonctionnement et évolution.

I- L’organisation de la conférence islamique (OCI)

A- Historique et objectifs

1- Historique : L’OCI a vu le jour le 25 septembre 1969 à Rabat au Maroc lors de la


première réunion des dirigeants du monde islamique convoquée suite à l’incendie de la
mosquée ALAQSA de Jérusalem le 21 août 1969. Son siège est fixé à JEDDAH en Arabie
Saoudite et l’organisation compte aujourd’hui 56 Etats membres d’Afrique, du Moyen-Orient,
d’Asie et d’Europe. Le Cameroun a adhéré à l’OCI lors de la 5e conférence islamique des
ministres des affaires étrangères tenue à KUALA LUMPUR en Malaisie du 21 au 25 juin
1974. 2- Objectifs : Les objectifs de l’OCI sont non seulement religieux mais politiques,
économiques, sociaux et culturels :

- la sauvegarde des lieux saints, la promotion de l’islam et de la culture islamique


(objectifs religieux)
- la lutte pour la sauvegarde de la dignité, de l’indépendance et des droits nationaux
des musulmans, soutien à la cause palestinienne, élimination du racisme, du colonialisme et
de l’apartheid (objectifs politiques)

- le soutien de grands projets de développement dans les pays membres (objectifs


économiques, sociaux et culturels).

B- Organes (structure de l’OCI) : Les principaux organes de l’OCI sont :

- le sommet islamique ou conférence des Rois, des Chefs d’Etat et de gouvernement


qui se réunit tous les trois ans pour définir la politique générale de l’organisation.

- la conférence islamique des ministres des affaires étrangères pour mettre en œuvre
les décisions prises par le sommet

- le secrétariat général, l’organe exécutif de l’OCI chargé d’appliquer les décisions.

A ces organes principaux s’ajoutent des organes annexes comme la banque islamique
de développement, la chambre islamique de commerce et d’industrie et quatre comités.

C- Les relations entre le Cameroun et l’OCI : Le bilan de coopération entre le


Cameroun et l’OCI est dans l’ensemble positif.

1- La participation du Cameroun aux activités de l’OCI

- Le Cameroun participe à tous les sommets islamiques et aux conférences islamiques


des ministres des affaires étrangères. En outre pour traduire dans les faits son attachement à
l’OCI le Cameroun a créée au MINREX le poste de ministre délégué chargé des relations
avec le monde islamique.

- Le Cameroun contribue à hauteur de 1 % au budget du secrétariat général de l’OCI


et de ses organes subsidiaires. En outre il s’illustre par des donations volontaires : 200.000
dollars en 1978 au Fonds de solidarité islamique, 100.000 dollars en 1985 à la Fondation
islamique pour la Science, la Technologie et le Développement. - Quelques camerounais
travaillent au Secrétariat Général de l’OCI à Djeddah

2- Les avantages de la présence camerounaise à l’OCI

Le Cameroun de ses relations avec l’OCI reçoit d’importants bénéfices tant au Niveau
politique, économique, financier, social que culturel.
- L’OCI apparaît comme un véritable cercle de solidarité dans lequel le Cameroun a tissé de
solides liens d’amitié et de coopération et bénéficie de solides appuis indispensables pour la
défense de ses intérêts sur la scène internationale.

- Le financement de nombreux ouvrages au Cameroun par le biais de la BID : barrage


hydroélectrique de Song-loulou sur la Sanaga, la CELLUCAM à Edéa aujourd’hui
inexistante, la route Yaoundé-Douala, l’hôpital de Kousséri, 400 forages et l’adduction d’eau
potable à Mokolo et Mora dans l’extrême-nord… En outre le Cameroun bénéficie de
l’élargissement des débouchés pour ses produits et des sources d’approvisionnement

- L’OCI octroie des bourses de formation, édifie les lieux de culte et des écoles (Ex : le
complexe islamique de Tsinga)…

II- La Francophonie (Organisation Internationale de la Francophonie : OIF)

A- Historique et objectifs : Le mot Francophonie apparaît pour la première fois sous la


plume du géographe français ONESIME RECLUS en 1880 pour désigner les peuples, les
individus parlant habituellement français comme langue maternelle, officielle ou véhiculaire.
En 1970 l’embryon francophone naît avec la création à Niamey au Niger de l’ACCT (Agence
de Coopération Culturelle et Technique) sous l’impulsion de trois présidents africains :
Senghor (Sénégal), Hamani Diori (Niger) et Habib Bourguiba (Tunisie). Mais ce n’est qu’en
1985 que le président français François Mitterrand décide de réunir une quarantaine de pays à
Paris pour fonder la Francophonie. En 1998 l’ACCT prend le nom d’Organisation
Internationale de la Francophonie dont le siège est fixé à Paris, et l’actuel secrétaire général
est Louis Mouchikouwabou ancienne Ministre des affaires étrangères du Rwanda.

L’OIF regroupe 68 Etats et son objectif principal est de défendre la langue française et la
diversité culturelle dans le monde.

B- Structure : Les principales institutions de la Francophonie sont :

- la conférence des Chefs d’Etats et de gouvernement qui se réunit chaque deux ans

- la conférence des ministres

- l’Agence Internationale de la Francophonie (AIF)

- le secrétariat général

- la chaîne de télévision TV5


- l’Association des Universités Partiellement ou Entièrement de Langue Française (AUPELF)
- la conférence de ministres de la jeunesse et des sports créée en 1969 qui est à l’origine du
projet des jeux de la Francophonie adopté en 1987 à Québec au Canada.

- l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF)

- l’assemblée parlementaire de la Francophonie

C- Les Relations Cameroun – Francophonie

Pays associé de l’ACCT en 1975, le Cameroun devient membre à part entière de la


Francophonie en 1991 lors du sommet de Chaillot à Paris. Dès lors il entretient avec l’OIF des
relations de partenariat et de coopération très riches tant au niveau politique, économique,
culturel que technique L’OIF à travers ses observateurs a validé la plupart des élections
pluralistes organisées au Cameroun : 1997, 2002, 2004. En outre grâce aux financements de
l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF) les municipalités de Yaoundé,
Douala, Garoua et Ngaoundéré ont réalisé des infrastructures louables : marché d’Essos à
Yaoundé, la gare routière de Mokolo-Elig-Effa, réfection du stade Akwa à Dla, construction
d’un abattoir à Ngaoundéré…

Le Cameroun à son tour a eu à abriter en janvier 2001 le sommet France Afrique et


depuis son adhésion à la Francophonie il participe à tous les sommets des Chefs d’Etat et de
gouvernement, à toutes les conférences ministérielles (jeunesse et sport, éducation nationale,
enseignement supérieur, recherche, justice, communication…)

- au plan économique, l’Agence intergouvernementale de la Francophonie a financé de


nombreux projets au Cameroun : une palmeraie par un GIC de Batchanga, amélioration de la
production d’élevage à Dschang…

- au plan culturel : l’OIF octroie régulièrement des bourses d’études aux étudiants
camerounais, finance la production des films : « ABAHNA, les amis du dimanche » de Daniel
KAMWA, « Tous les perroquets du Monde » de Gervais MENDOZE…, contribue à la
formation des Etudiants à l’IRIC depuis 1998. En retour des camerounais ont occupé des
postes de responsabilité au sein des institutions francophones : le professeur Jean Tabi Manga
a été Directeur de l’Ecole de la Francophonie de Bordeaux en France ; l’actuel Directeur de
TV5 Afrique Denise Epote DURAND est camerounaise d’origine. En plus le gouvernement
camerounais a créé au ministère des relations extérieures (MINREX) une direction de la
Francophonie, et dans les Lycées et Collèges existent les clubs de francophonie, la journée de
la Francophonie tous les 20 mars est célébrée.

III- Le Commonwealth

A- Historique et définition : Originellement le terme « Commonwealth » paru en


1921 dans le traité de Londres est employé pour désigner un regroupement des dominions
anglais : Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, l’Union Sud-Africaine. Avec le temps le
Commonwealth va s’élargir aux anciennes colonies britanniques et en 1949 naît le
Commonwealth moderne. Aujourd’hui il compte 54 Etats membres dont le Cameroun depuis
son adhésion en 1995 lors du sommet d’Auckland en Nouvelle-Zélande du 11 au 13
novembre 1995. Son siège est fixé à Londres. En réalité le Commonwealth est une association
des anciennes colonies anglaises (sauf les Etats-Unis), plus le Mozambique (pays lusophone)
qui ont choisi de se consulter et de collaborer pour le bien-être de leurs peuples et la stabilité
internationale.

B- Objectifs : Les principaux objectifs poursuivis par le Commonwealth sont :

- l’instauration d’un climat de paix, de coopération et d’esprit de tolérance

- la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance

- le respect des droits de l’homme

- la promotion de la langue anglaise

C- Structure : Le Commonwealth s’est doté d’institutions suivantes :

- le secrétariat général du Commonwealth

- le Fonds du Commonwealth pour la coopération technique

- la Commonwealth African Investment Fund (COMAFIN)

- le programme du Commonwealth pour la Jeunesse… Qu’apporte le Commonwealth


concrètement au Cameroun ?

D- Les relations Cameroun- Commonwealth : Suite à l’adhésion du Cameroun au


Commonwealth il bénéficie de nombreux avantages tant au niveau d’assistance technique,
politique, économique que culturel
1- Sur le plan technique : le Commonwealth finance la formation des cadres ainsi
que leur recyclage et la formation des opérateurs du système électoral, le renforcement des
capacités à la commission nationale des droits de l’homme…

2- Sur le plan culturel et éducatif : le Commonwealth octroie des bourses d’études,


des enseignants à l’unité de Buéa, finance la fourniture de matériels scolaires et universitaires

3- Sur le plan économique : le Commonwealth finance la réalisation des projets de


développement par l’entremise de la Commonwealth Development Corporation (CDC) et de
la Commonwealth Africa Investment Fund… A son tour le Cameroun pour manifester son
attachement aux principes du Commonwealth qui cadrent avec les objectifs de la diplomatie
camerounaise a créé un poste de ministre délégué auprès du ministre des relations extérieures
chargé du Commonwealth. En outre, le Cameroun célèbre tous les deuxièmes lundis du mois
de mars la journée de Commonwealth.

Conclusion

L’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), la Francophonie et le


Commonwealth demeurent des structures importantes pour les pays en développement
comme le Cameroun. Mais il s’agit des instruments de la pérennisation de la domination
culturelle des puissances occidentales et arabes dans le monde. Toutefois nous souhaitons que
le Cameroun sache tirer suffisamment profit de ces relations multilatérales sans que ses
valeurs culturelles soient compromises.

Sujets I- Une certaine opinion pense que les organisations internationales à l’instar de
la Francophonie ou du Commonwealth visent à pérenniser la domination des anciennes
métropoles. Partagez-vous ce point de vue ? BAC A-B-C-D-E Juin 2005.

II- a) Citez deux Etats conjointement membres de la Francophonie et du


Commonwealth b) Une ancienne colonie britannique mais qui n’est pas membre du
Commonwealth c) Comment appelle-t-on respectivement les chefs des missions
diplomatiques dans les pays membres de la Francophonie et du Commonwealth.

Leçon 10 Le Cameroun et les autres pays


En dehors de ses alliés traditionnels que sont la France et l’Angleterre le Cameroun entretient
des relations bilatérales avec d’autres pays du monde.

I- La coopération Cameroun - Etats-Unis A travers les missionnaires de la Mission


Presbytérienne Américaine (MPA qui deviendra EPC) les Etats-Unis sont actifs au Cameroun
depuis le 19e siècle. Mais c’est au début des années 1960 que les relations diplomatiques vont
réellement s’établir entre le Cameroun et les Etats-Unis d’Amérique. La coopération
américano-camerounaise est multiforme :

1- au plan politique et diplomatique : L’échange des ambassadeurs est soutenu entre les
deux pays depuis les années 1960, sans oublier les visites régulières de très hautes
personnalités dont le but terminal est de consolider davantage les relations entre le Cameroun
et les Etats-Unis.

2- au plan économique : les réalisations économiques des USA au Cameroun sont énormes :

- développement agricole dans le Grand Nord grâce à l’USAID (United States Agency for
International Development)

- une prolifération ces dernières années au Cameroun des sociétés et investissements


américains : CHEVRON, MOBIL-OIL, TEXACO ou EXXON qui exploitent le pétrole
camerounais et ont fait partie du groupe qui a financé la construction du pipe-line Tchad

- Le Cameroun fait partie des 35 pays africains qui bénéficient de la loi AGOA (African
Growth and Opportunity Act) : c’est une loi votée par le congrès américain en mai 2008 qui
ouvre pour huit ans sans droits de douane et sans restriction quantitative les marchés
américains à 35 pays africains.

- les Hommes d’affaires américains ont ouvert des filières de leurs banques au Cameroun :
Chase Manhatan Bank, Boston Bank…

3- au plan socio-culturel : les USA ont financé la construction du CHU de Yaoundé et des
hôpitaux dans les régions du Nord et Nord-ouest. Le « corps des volontaires de paix »
américains («peace corps ») a beaucoup œuvré pour l’enseignement de l’anglais au Cameroun

et l’amélioration du niveau de vie des populations rurales en les approvisionnant en eau


potable et en médicaments notamment le Nord-Cameroun et le Nord-Ouest. En outre de
nombreux camerounais résident aux Etats-Unis soit pour les études, soit pour le travail.
II- La coopération Cameroun-Chine Elle date officiellement de mars 1971 et touche les
domaines politique, économique et socioculturel

1- Au plan politico-diplomatique : Dans ce domaine la coopération se traduit par les


échanges des ambassadeurs restés soutenus depuis 1971, la signature de nombreux accords à
l’issue des visites des Chefs d’Etats et de gouvernement dans l’un et l’autre pays : Ahmadou
Ahidjo en Chine en 1972, Paul BIYA plusieurs fois en Chine (1987, 1993, 2003, 2008, 2018),
Hu JINTAO le président chinois qui a eu à effectuer une visite au Cameroun en 2005.

2- Au plan économique : La Chine a financé de nombreuses œuvres économiques au


Cameroun : la construction du barrage hydro-électrique de Lagdo sur le fleuve Benoué (18
milliards de F CFA), la création des plantations de riz dans diverses régions du pays et de
champignons à Obala. En retour le Cameroun exporte ses produits primaires vers la Chine
(bois, pétrole, café, cacao…) et importe de ce même pays des textiles, des outils agricoles, des
motos… Toutefois il ne faut pas perdre de vue que l’aide chinoise surtout publique (celle qui
vient de l’Etat) est très « liée » : ce sont les entreprises chinoises qui viennent réaliser les
projets sur place au Cameroun et au détriment des entreprises locales. Et après la réalisation
des projets les chinois restent souvent pour leur gestion.

3- Au plan socio-culturel : Des bourses chinoises sont octroyées aux étudiants camerounais
pour la Chine, d’illustres hôpitaux ont été construits au Cameroun par la Chine : hôpital
chinois de Mbalmayo, hôpital chinois de Guider, hôpital gynécologique obstétrique de
Ngousso à Yaoundé (2002), la Chine a construit un magnifique palais des congrès à Yaoundé
et un palais polyvalent des sports à Yaoundé (carrefour warda).

III- La coopération Cameroun – Japon Elle touche tous les domaines (politique,
économique, culturel.) mais un accent particulier est mis sur l’éducation de base. En effet le
Japon finance et construit plusieurs écoles primaires dans les grandes villes du Cameroun
depuis 1990. Au plan commercial les entreprises japonaises sont très présentes et actives au
Cameroun essentiellement dans le marché de l’automobile (Mitsubishi, Nissan, Honda,
Suzuki, Izuzu…), de l’électronique (Sony, Sharp, Toshiba…). En retour le Cameroun exporte
vers le Japon le pétrole, le caoutchouc et le bois essentiellement.

Conclusion

Fidèle à ses maîtres-mots de politique extérieure « présence, ouverture et rayonnement


», le Cameroun a compris la nécessité de diversifier ses partenaires bilatéraux : bénéficier du
savoir-faire des uns et des autres, attirer le maximum d’investisseurs étrangers nécessaires à
son développement, une opportunité d’augmentation des exportations c’est-à-dire un
élargissement des débouchés, contribuer ainsi à sa manière au maintien de la paix dans le
monde. Cependant ce genre de coopération doit s’effectuer dans le strict respect des principes
de la politique étrangère des parties engagées afin de préserver leur souveraineté respective.

Leçon 11 : Conclusion générale : les problèmes du Cameroun dans les relations


internationales

Introduction

Notre thème d’étude annuel nous a permis d’analyser l’évolution du Cameroun dans
les relations internationales. Cette évolution a traversé globalement trois périodes :

I- La période précoloniale : De la haute antiquité à l’arrivée des premiers Européens


sur la côte camerounaise

1- Dès le premier millénaire avant Jésus-Christ le Cameroun a eu des rapports avec


l’extérieur : c’est la phase embryonnaire des relations internationales handicapées par de
nombreux obstacles liés soit à la nature (forêts denses, cours d’eau…), soit à des guerres, au
problème de monnaie ou à l’absence des traités. L’entente verbale suffisait.

2- A partir du 15e siècle les premiers Européens débarquent sur les côtes
camerounaises et le déséquilibre s’installe dans les relations camerouno-européennes : les
Européens ne cherchent que le profit dès 1472 (pacotilles, vin, alcool, sels, bracelets… contre
or, coquillages, ivoire, peaux de bête, « bois d’ébène » ou esclaves). Une caractéristique
positive de cette période est la signature des traités d’ordre commercial ou culturel.

II- La période coloniale du 12 juillet 1884 à 1961 : Le Cameroun de plus en plus est
« objet » des relations internationales. Les décisions concernant le Cameroun sont prises
ailleurs (Allemagne, France, Angleterre, SND, ONU). La scène internationale est à l’image
d’une jungle dans laquelle on se bat pour la survie. Néanmoins quelques nuances s’imposent :

1- Les relations germano-camerounaises (1884-1916) : Elles furent émaillées de


beaucoup de conflits (coups de fouet, travaux forcés, portage, humiliations de toutes sortes…)
malgré quelques investissements surtout dans les infrastructures des transports et scolaires.

2- La période de condominium de 1914 à 1916 : Le Cameroun est administré


conjointement par la France et l’Angleterre
3- La période du mandat de 1919 à 1946 : Le Cameroun est un territoire sous mandat
de la SDN dont l’administration est confiée à la France et à l’Angleterre le 20 juillet 1922. La
SDN donne aux camerounais le droit de lui adresser des pétitions contre les puissances
mandataires. Malgré toutes ces dispositions de la SDN, le Cameroun jusqu’à la fin de la
deuxième guerre mondiale n’est pas encore un Etat souverain, c’est-à-dire maître de sa vie
interne et externe.

4- La période de tutelle de 1946 à 1961 : Le Cameroun reste un territoire international


rattaché à l’ONU. Durant cette période on observe la naissance d’une multitude de
mouvements nationalistes qui revendiquent l’autonomie et la souveraineté internationale du
Cameroun. L’ONU enfin lève la tutelle en 1959 pour que le Cameroun accède à
l’indépendance le 1er janvier 1960 dans la partie orientale et le 1er octobre 1961 dans la partie
anglophone.

III- Dès 1960 et 1961 : Le Cameroun est indépendant et devient ainsi un acteur à part
entière des relations internationales. Il proclame souverainement ses principes de politique
étrangère. Les faits marquants de cette période c’est-à-dire de 1960 à nos jours sont :

- l’adhésion à l’ONU le 20 septembre 1960

- renforcement des liens avec les grandes puissances notamment la France, la


GrandeBretagne, les Etats-Unis, l’URSS, le Japon, l’Allemagne, la Chine

- adhésion à des organisations internationales : OCI en 1974, Francophonie en 1991,


Commonwealth en 1995

- tenues à Yaoundé des sommets de l’OUA en juillet 1996 et Franco-Africain en


janvier 2001

- la crise frontalière entre le Cameroun et le Nigeria à propos de la péninsule de


Bakassi dans l’océan atlantique. En effet en 1993 le Nigeria occupe la péninsule de Bakassi
pourtant territoire camerounais. Le Cameroun fait appel à la médiation des pays tels le Togo,
la Tunisie, la France… et finalement porte plainte à la cour internationale de justice. Après
Plusieurs années de recherche et d’auditions de deux parties en conflit la CIJ confirme par
l’arrêt du 10 octobre 2002 la souveraineté du Cameroun sur Bakassi

- les catastrophes naturelles qui ont retenu l’attention de la communauté internationale


qui a octroyé au Cameroun une aide multiforme : aide alimentaire et matérielle, prise en
charge des sinistrés, envoi des équipes scientifiques et techniques. Il s’agit entre autres de
l’émission des gaz toxiques du lac Nyos dans la région du Nord-ouest en août 1986 ayant fait
plus de 1700 morts.

- l’admission du Cameroun à l’initiative PPTE. A l’issue de l’atteinte du point


d’achèvement de l’initiative PPTE en 2006 le Cameroun va bénéficier de plusieurs
annulations de dette de la part des pays du Nord et des institutions financières internationales
telles la BIRD et la BAD. En retour le Cameroun ne reste pas observateur et simple
bénéficiaire des relations internationales. Il participe activement à la préservation de la paix et
à la résolution de nombreux problèmes internationaux : le Cameroun a combattu
énergiquement la politique d’apartheid pratiquée en Afrique du Sud par les racistes blancs au
pouvoir en refusant de nouer des relations diplomatiques avec ce pays, en obtenant en 1974
un vote à l’assemblée générale de l’ONU sur l’exclusion de la République Sud-Africaine de
l’ONU, en soutenant l’ANC (African National Congress) parti constitué des Noirs contre les
racistes blancs et a milité pour l’indépendance de la Namibie territoire sous tutelle de la
République SudAfricaine. Egalement le Cameroun s’intéresse aux autres problèmes actuels en
Afrique et dans le monde : le génocide rwandais de 1994 qui jusqu’aujourd’hui a laissé des
réfugiés au Cameroun, la reconnaissance de la souveraineté du Tchad sur la bande d’Aouzou
disputée par la Libye, la participation du Cameroun aux diverses opérations du maintien de
paix de l’ONU dans le monde (Kosovo, Cambodge, Haïti, RDC…)

Conclusion

Plusieurs problèmes du Cameroun ont pu trouver des solutions dans les domaines
politiques, économiques et socio-culturels grâce à l’aide de la communauté internationale. En
outre le Cameroun participe activement à la préservation de la paix et à la résolution de
nombreux problèmes internationaux. Toutefois on observe de nombreuses contradictions
entre la préservation de la paix dans le monde et le diktat des grandes puissances sur les
affaires du monde. Il est donc impératif pour le Cameroun de renforcer sa coopération sud-sud
et repenser ses rapports avec les pays développés.

METHODOLOGIE DES DEVOIRS D’HISTOIRE – GEOGRAPHIE – ECM ET


TYPOLOGIE DES SUJETS AU 2ND CYCLE.

I- Méthodologie des devoirs d’Hist-Géo-ECM


On appelle méthodologie un ensemble des règles, des principes ou des techniques
qu’il faut respecter lors d’une évaluation.

1- La lecture des sujets : Cette opération qui dure 10 à 15 mn permet au candidat de


comprendre ce qui est demandé et ne pas commettre de contresens. Pendant cette opération
lisez calmement et attentivement tous les sujets proposés dans l’épreuve. Une fois un sujet
choisi, relisez-le en soulignant les mots ou groupes de mots jugés importants. Cherchez à les
expliquer afin de mieux comprendre l’intérêt du sujet choisi.

2- Utilisation du temps : Pour un devoir de 02 heures par exemple, il faut prendre


l’habitude de rédiger montre en main en suivant le parcours horaire suivant : - 45 mn : travail
au brouillon surtout l’introduction et la conclusion. - 50 mn : la rédaction du devoir - 05 mn :
relecture du devoir et correction. N.B. : Il ne s’agit là, bien sûr que d’indication mais chaque
candidat doit savoir le jour de l’épreuve combien de temps en moyenne il lui faut pour choisir
son sujet, rédiger son devoir.

3- Présentation des copies : Faire un effort d’écrire très lisiblement et éviter au


maximum les ratures et les fautes qui rendent votre copie désagréable. Proscrire les couleurs
fantaisistes : vert, rouge, violet, orange…utilisez de préférence le bleu.

4- La rédaction des devoirs : N’écrivez pas trop, ni trop moins, soyez moyens (4 à 5
pages). Utilisez de préférence le présent de narration pour contourner les problèmes de la
concordance des temps et de la maîtrise des temps (passé simple, imparfait, passé du
subjonctif…). Il convient en outre de respecter les règles de composition française
(ponctuation, les majuscules, les noms propres, les noms des pays, les orthographes), de
prendre l’habitude de vous relire dès que vous avez rédigé un paragraphe avant de poursuivre
plus avant (de peur d’être désagréablement surpris par le temps). Soyez toujours précis : date,
lieu, définition des mots et expressions, localisation…De plus il faut « aérer » la rédaction
pour que le plan annoncé à l’introduction apparaisse clairement : laisser deux lignes entre
l’introduction et le corps du devoir, une ligne à la fin de chaque partie du corps du devoir et
deux lignes entre le corps du devoir et la conclusion générale. Chaque partie du
développement possède une introduction et une conclusion partielle qui sert en même temps
de transition c’est-à-dire qui résume le développement précédent et qui annonce la partie
suivante. Chaque partie doit être composée de plusieurs paragraphes exposant les différents
aspects de l’idée principale qui constitue le fil directeur de cette partie.
5- Clarification des concepts habituellement utilisés dans les énoncés des sujets ou
dans les consignes de travail : Un sujet d’histoire, Géographie et d’ECM ne peut être bien
compris ni bien traité que si certains concepts sont mieux maîtrisés. Ces concepts sont
habituellement : Expliquez, montrez, dans quelle mesure, en quoi… Ces concepts signifient :
faire comprendre, faire connaître un détail par un développement ou faire voir en quoi une
proposition ou un jugement est justifié. Dans ce cas la réserve c’est-à-dire la critique ou
l’antithèse n’intervient pas. Ex.1 : « Le Tiers-monde est responsable de sa misère » consigne
de travail : Expliquez cette affirmation en vous appuyant sur des arguments précis. Ex.2 :
Montrez par des arguments à la fois physiques et humains que le Cameroun est une « Afrique
en miniature ». - Commentez, discutez, que pensez-vous, êtes-vous de l’avis de ? partagez-
vous ? Ici le candidat aborde le sujet avec un esprit critique. Il n’affirme pas seulement l’idée
avancée dans le sujet mais il l’infirme aussi. Il y a donc intérêt à commencer par une
explication pour terminer par la critique ou l’attaque de la thèse.

Ex.1 : « Il n’y a de richesses que d’hommes ». Commentez cette affirmation.

Ex.2 : « La démocratie est un luxe pour l’Afrique ». Partagez-vous cette opinion ?


Donnez, Enumérez, Relevez, Citez…………….. : Le candidat dans ce cas doit être bref et
précis. (cf. sujet type 2). Ex.1 : Donnez quatre principales manifestations de la vie
démocratique d’un pays.

Ex.2 : Citez 04 avantages de l’informel dans les villes d’Afrique Noire.

Ex.3 : Relevez 04 éléments qui maintiennent la Chine dans le Tiers-monde. -


Présentez : ici le candidat développe beaucoup plus sa réponse. En effet il donne la réponse et
la développe. Ex. : Présentez, les bases de la puissance économique de la R.S.A. - Justifiez :
ce mot signifie : prouver, apporter la preuve à. Ex : L’Afrique a-t-elle été impliquée dans la 2e
guerre mondiale ? Justifiez votre réponse. - Et : conjonction de coordination qui lie deux mots
ou expressions n’ayant pas la même signification. Le candidat doit donc se préparer à deux
réponses distinctes au moins. Ex.1 : Présentez les causes et les conséquences de la seconde
guerre mondiale.

Ex.2 : Montrez l’importance des partis politiques et des syndicats dans le


développement politique et socio-économique des pays du Tiers-monde.

II- Typologie des sujets d’Histoire-Géographie-ECM Au second cycle de


l’enseignement secondaire général il existe deux types de sujet en ECM (Type 1 et type 2) et
trois types en histoire et Géographie (sujet de type 1, sujet de type 2 et sujet de type 3) cf. :
circulaire ministérielle N° 35/D/53/MINEDUC/IGP/ESG du 23 Avril 1993.

A- Sujet de type 1 : La Dissertation C’est un sujet centré sur un seul chapitre du


programme dont les contours sont faciles à définir. Ce type de sujet en histoire est
généralement accompagné d’une chronologie sommaire et indicative et en géographique d’un
travail à faire sur une carte notée sur 04 pts. Un devoir de dissertation en Histoire-Géographie
ou ECM présente trois parties : une introduction notée sur 03 pts, un corps du devoir sur 12
pts et une conclusion sur 03 pts. Cf. détails dans le tableau ci-contre.

B- Sujet de type 2 : Explication de texte ou commentaire des documents 1-


Explication de texte : Lorsqu’il y a un seul document, il s’agit d’une explication de texte.
(Histoire et ECM très souvent). Il s’agit d’un texte accompagne d’un questionnaire de 04 ou
05 questions auxquelles le candidat doit répondre sous la forme d’une dissertation et de la
manière suivante : a- Introduction : Six éléments bien échelonnés : la nature du texte : la date
et le lieu de publication ; L’auteur du texte ; le contexte historique ; l’idée générale et
l’annonce du plan. N.B. : La première question du questionnaire invite le candidat à rédiger
une partie de l’introduction à laquelle il adjoint l’annonce du plan. Pas de problématique ;
l’idée générale remplace cet élément. Retenons qu’en Histoire comme en ECM les documents
à expliquer peuvent être un discours, un extrait du discours, un article de presse ou du journal,
un extrait d’ouvrage, un traité, un décret, un rapport, un passage de « mémoires », un tableau
statistique, un extrait de texte, un poème guerrier, un récit de voyage… Ex. : Le texte qui
intéresse notre analyse est un passage de « mémoires » du Général De Gaulle publié le
……………………..à……………………..au moment où…………………... b- Le corps du
devoir : La première question ayant aidé à rédiger l’introduction, le candidat se servira des
questions restantes à l’exception de la dernière pour bâtir son plan. Il développe juste les
questions sans les numéroter, sans les titrer et en suivant l’ordre c’est-à-dire de la deuxième
question avant de passer à la troisième et ainsi de suite. Remarques : Expliquez un texte c’est
dire en ses propres termes ce que l’auteur a dit dans son texte sans faire des critiques ou des
remarques. Le candidat relève les arguments de l’auteur dans les guillemets et donne les
éléments d’explication en les illustrant avec des exemples précis.

c- La conclusion : Elle comporte trois éléments : le bilan ou bref résumé du corps du


sujet, la réponse à la dernière question et l’ouverture du débat si nécessaire. La dernière
question aide à rédiger une partie de la conclusion.
2- Commentaire des documents : Lorsqu’il y a plusieurs documents, c’est un
commentaire des documents (géographie très souvent). Commenter les documents c’est
expliquer d’abord , puis donner son point de vue après (intérêt, insuffisances, points de vue)
sans trop s’éloigner des documents. En somme commenter les documents revient à répondre à
une question double. Que disent les documents ? Et comment le disent-ils ? En géographie :
Les documents peuvent être : un extrait d’ouvrage, des photographies, une caricature, un
tableau statistique, une carte, un extrait de texte, un graphique, un schéma, un extrait de revue
ou du journal, un planisphère, un histogramme, des diagrammes…comme en explication de
texte un devoir de commentaire des documents passe par trois étapes :

a) L’introduction : ici le candidat présente la nature de chaque document, son centre


d’intérêt, sa source et son auteur. Ensuite, il dégage l’idée générale de tous les documents et
annonce le plan à suivre en s’inspirant des questions intermédiaires (Question N° 2, 3 et 4).
Pas de problématique.

b) Le développement : Les questions intermédiaires servent à bâtir le corps du devoir.


Ces questions sont développées dans l’ordre sans numéro, ni titre, les transitions sont
indispensables à la fin de chaque partie tout comme en explication de texte.

c) La conclusion générale : Elle doit insister sur trois éléments : le bilan ou bref
résumé du corps du devoir, la réponse à la dernière question du questionnaire et l’ouverture
du débat c’est-à-dire une projection vers l’avenir si le sujet vous y conduit.

C- Sujet de type 3 : sujet de synthèse : Il porte généralement sur plusieurs leçons du


programme et fait appel à des connaissances diverses. Néanmoins la rédaction du devoir obéit
toujours à la trilogie : une introduction, un développement et une conclusion. Ex.1 : La
croissance démographique est-elle un frein pour le développement du Tiers monde ? BACC A
2007. Ex.2 : Quelles sont les conséquences de l’insuffisance des transports dans le
développement économique des pays du Tiers-monde ? BACC C-D 2008. Ex.3 : Les Nations-
unies, les puissances alliées et la décolonisation des peuples afroasiatiques. Ex.4 : Les
relations internationales de 1945 à 1975. BAC A-B-C-D-E Epreuve zéro. Ex.5 : Le monde
communiste de 1945 à nos jours : expansion, problèmes, bilan. BAC C-D-E 2003. Ex.6 : « Au
moment où on enterrait la hache de la première guerre mondiale à la conférence de paix de
paris en 1919, on semait en même temps les graines de la deuxième guerre mondiale ».

Vous aimerez peut-être aussi