Bonne Foi en Droit des Contrats Comparé
Bonne Foi en Droit des Contrats Comparé
Commonwealth
Loubna LEKOUISSI
Réalisé par :
BAKKAR Maryam
BIHMANE Laayachi
ESSAFI Asma
Année universitaire
2018-2019
SOMMAIRE
L’INTRODUCTION
Etant la loi des parties, le contrat se définit comme un document qui permet de constater
par écrit les engagements, les obligations et les droits des signataires. Toutefois, ce document
peut porter divers noms : entente, contrat, accord, convention, pour n’en nommer que
quelques-uns. C’est la nature des engagements, des obligations et des droits qui définira dans
tous les cas le type de contrat à signer.1 Le contrat est composé de la substance de l’accord des
parties « Negotium » et du support de cet accord, ayant également valeur de preuve en cas de
litige « Instrumentum ». Mais, en principe seul le « Negotium » est essentiel à la validité du
contrat. Parfois, la loi peut imposer cette sécurité en exigeant un acte authentique ou un acte
sous seing privé.2 Rappelons également que le contrat peut être à titre onéreux, à titre gratuit,
commutatif, aléatoire, synallagmatique, unilatéral, de gré à gré, d’adhésion, consensuel,
solennel, à exécution instantanée, à exécution successive et enfin réel. 3 Ainsi, pour être
officiellement valable, le contrat a besoin de quatre éléments indispensables : la capacité des
parties à contracter, le consentement libre, éclairé et exempt de vices que sont l’erreur, le dol
et la violence, l’objet précis et enfin la cause licite.
1
Aide à la formulation des contrats- JurisPoche.
2
IBID.
3
IBID.
4
utile lorsqu’il s’agira d’en apporter la preuve. Pour certains contrats, la loi déroge à ce
principe et impose un certain formalisme qui est tantôt destiné à protéger une des parties
considérées comme plus faible, tantôt destiné à assurer une publicité du contrat vis-à-vis des
tiers. Quant au principe de la force obligatoire du contrat, appeler aussi le principe de la
convention-loi en France il renvoi au fait que les personnes qui ont conclu le contrat doivent
l’exécuter tel qu’il a été convenu. Le contrat a la même force contraignante qu’une loi. Ni
l’une ni l’autre de ces personnes ne peuvent apporter de modifications à son contenu de
manière unilatérale ; le juge ne peut le faire non plus. Toute modification du contrat ne peut
intervenir que par consentement mutuel ou par l’effet d’une loi. Ici aussi, lorsqu’il intervient,
le législateur le fait souvent mais uniquement pour rétablir un équilibre entre les parties.
4
V. G. Cornu, Regards sur le titre III du livre III du code civil, « Des contrats ou des obligations conventionnelles
en général » (essai de lecture d'un titre du Code), D.E.A. de droit privé, Paris, Les cours de droit, 1977 à la p. 59.
5
C. Arthaud, De la bonne foi etses effets en matière civile, Paris, A. Parent, 1874 ; A. Breton, «Des effets civils
de la bonne foi», [1926] Revue critique 86; R. Desgorces, La bonne foi dans le droit des contrats rôle actuel et
perspectives, th. Paris II, 1992 ; F. Gorphe, Le principe de la bonne foi, Paris, Dalloz, 1928; J. Jaubert, Des effets
civils de la bonne foi, Paris, A. Pédone, 1899; G. Lyon-Caen, «De l'évolution de la notion de bonne foi» (1946)
44 Rev. trim. dr. civ. 75 ; J. J. E. Millet, De l'erreur et de la bonne foi en droit romain et en droit français, Paris,
Lahure, 1871; Y. Picod, Le devoir de loyauté dans l'exécution du contrat, t. 208, Paris, L.G.D.J., 1989; A. A.L.
Volansky, Essai d'une définition expressive du droit basée surl'idée de bonne foi, Paris, Librairie de
jurisprudence ancienne et moderne, 1929; R. Vouin, La bonne foi :Notion etrôle actuels en droit privé français,
Paris, L.G.D.J., 1939.
6
V. Congrès Henri Capitant - Journées Louisianaises 1992, (1992) 37 R. D. McGill 1024; S. Guillemard,
«Tentative de description de l'obligation de bonne foi, en particulier dans le cadre des négociations
précontractuelles» (1993) 24 R.G.D. 369; G. A. Rosenberg, «The notion of good faith in civil law of Quebec»,
(1960) 7 R. D. McGill 2.
5
Il sera question dans le cadre d’une première partie d’exposer les contours du principe
de la bonne foi à travers une étude de sa nature juridique et des obligations qui en découlent.
Tandis que la seconde partie portera sur les sanctions et consécrations en cas de violation
dudit principe.
6
I. LES CONTOURS DE LA BONNE FOI
Le principe de bonne foi s’impose à tout moment de la relation contractuelle, non plus
seulement lors de l’exécution du contrat (ancien article 1134), mais également lors de la
négociation et de la formation (nouvel article 1104). Il s’impose à chaque partie contractante
et implique que celles-ci ne doivent « rien faire qui compromette l’exécution du contrat ».
Ainsi, se pose le problème de la nature juridique de la bonne foi (A) et les devoirs qui en
découlent (B).
La bonne foi s’apprécie comme une norme comportementale. Il s’agit alors pour les
parties d’adopter un comportement permettant d’instaurer une confiance dans la formation du
contrat. Cette analyse n’est cependant pas partagée par un certain nombre d’auteurs qui
considèrent la bonne foi comme une véritable obligation et non comme une simple norme
gouvernant le comportement des parties8. En effet, la doctrine est divisée quant à la nature de la
bonne foi. Les uns la considèrent comme une obligation qui serait donc exclusivement liée à
l’existence d’un contrat, d’autres comme une norme générale de comportement. Le 1èr courant
avance que, compte tenue de l’ancien article 1134 alinéa 3 du code civil, qui statue que les
conventions « doivent être exécutées de bonne foi », alors, celle-ci est attachée exclusivement à
l’existence d’un contrat, et même, à son exécution seulement. Ainsi, le Professeur Philippe Del
becque, qualifie la bonne foi d’obligation inhérente au contrat. Pour lui. L’obligation de bonne foi
s’impose donc dans chaque contrat et ne peut être exclue par la volonté des parties9.
7
B. LEFEBVRE, la bonne foi : notion protéiforme, R.D.U.S. 1996, p. 4.
8
A. BOUVIER, regards sur le contrat de franchise, Th. Montpellier, 2015, p. 245.
9
Ibid. p .246.
7
sur cette base, toute appréciation par la Cour d’appel du comportement du cocontractant par
rapport aux exigences de la bonne foi, lorsque le contrat n’existait plus10.
Les critiques avancées contre cette thèse estiment que, pour différentes raisons, la bonne
foi ne peut pas être assimilée à une obligation classique. D’abord l’obligation naît de l’accord
de volonté des deux parties au contrat, ce qui n’est pas le cas de la bonne foi, qui demeure la
plupart du temps de méconnaissable des contractants, et elle est souvent dégagée par la
jurisprudence. Ensuite, l’obligation répond à un régime particulier. Elle est une créance donc
est susceptible de cession, de circulation, de paiement, et d’exécution forcée. De plus, l’article
1129 du code civil français dispose que l’obligation doit avoir pour objet une chose
déterminée quant à son espèce, et au moins susceptible d’être déterminée dans sa quotité. Or
la bonne foi ne répond du tout à ces critères11.
Un autre courant voit en la bonne foi une conception plus morale, un guide des
comportements C’est d’ailleurs cette dernière conception de la bonne foi comme norme de
comportement qui prévaudra, surtout avec l’ouvrage du Doyen Ripert, La règle morale dans
les obligations civiles. En effet, « la doctrine contemporaine majoritaire considère
effectivement la bonne foi comme ‘‘une notion purement morale’’, devenue une règle
juridique ». La bonne foi dépassera ainsi son sens d’obligation. Elle n’est donc plus une
notion subjective et psychologique reliée à l’intention des parties, mais une notion objective
qui permettra d’apprécier un comportement matérialisé et extériorisé. Avec cette pensée de
moralisation, la bonne foi trouve son sens de l’article 1134 alinéa 3. La bonne foi n’est pas ici
l’ignorance d’une situation réelle mais plutôt entendue comme un comportement honnête dans
les relations contractuelles.
Ainsi, les auteurs Planiol, Ripert et Esmein estiment que la bonne foi ne se limite pas à
la seule sphère contractuelle stricto sensu. Elle constitue « l’obligation de se conduire en
honnête homme et consciencieux non seulement dans la formation, mais dans l’exécution du
contrat, et de ne pas s’en tenir à la lettre de celui-ci12. Cette position va dans le même sens
que la jurisprudence qui a confirmé dans un arrêt de la Cour de cassation que « La bonne foi
largement entendue (loyauté, solidarité, proportionnalité et souci de l’équilibre contractuel)
s’imposant dans toutes les phases de la vie du contrat : négociation, information, conclusion,
10
M. MEHANNA, La prise en compte de l’intérêt du cocontractant, Th. Panthéon Assas, 2014, p. 152.
11
Ibid., p. 153.
12
C. MONTFORT, La loyauté des pratiques commerciales en droit communautaire du marché, Th. Jean
Moulin - Lyon 3, 2004, p. 30.
8
exécution, interprétation, modification, renégociation, inexécution, rupture et ses
conséquences »13.
La bonne foi s’impose donc à chaque partie contractante et tout au long de l’existence
du rapport contractuel. La bonne foi dans la période précontractuelle joue un rôle identique à
celui d’une clause résolutoire exprimée dans un contrat. La Cour de Cassation française
semble adopter cette solution dans un arrêt rendu par la Chambre civile le 28 juin 2006 selon
lequel « une faute commise dans l’exercice du droit de rupture unilatérale des pourparlers
précontractuels n’est pas la cause de préjudice consistant sans la perte d’une chance de
réaliser les gains que permettait d’espérer la conclusion du contrat ».
La bonne foi relève de l’ordre public, conformément à l’article 1104 du code civil qui
énonce que « Les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi. Cette
disposition est d'ordre public. ». Les contractants sont présumés savoir qu’une telle exigence
pèse sur eux, la jurisprudence a pu très justement, avant même cette loi, réfuter l’existence
d’un devoir de rappeler au cocontractant le principe de bonne foi qui s’impose en matière
contractuelle.14 Aussi, La Cour Suprême a déclaré que "l'appréciation de la bonne foi du
contractant est une affaire de fait qui échappe au contrôle de la Cour Suprême"15.
En droit comparé, la bonne foi française se situe entre la « bête noire » du droit anglais,
et la « bonne à tout faire » du droit allemand16. Le droit anglais ne reconnait pas le concept de
La bonne foi. Pour la doctrine anglaise, la période précontractuelle oppose les contractants,
comme deux armées préparant une attaque. Or, la bonne foi, en tant qu’obligation de
solidarité ou de fraternité, n’a pas de place sur un champ de bataille. C’est pourquoi, une telle
obligation ne s’est spontanément développée. Le droit anglais n’a pas évolué vers le
solidarisme ou l’altruisme comme le droit français et reste au contraire attaché à la liberté
contractuelle fondée sur l’individualisme17. En droit allemand, La bonne foi occupe une place
prépondérante. La jurisprudence a étendu son domaine à la phase précontractuelle et a érigé la
bonne foi en un principe général du droit des obligations. Son rôle primordial pour l’ordre
13
[Link]
ravail_10699.html , consulté le 10 mars 2019..
14
B. FRELETEAU, Devoir et incombance en matière contractuelle, Th. Bordeaux, 2015, p. 120.
15
Cass. Civ., 16 juin 1978, n°299, inédit.
16
Mustapha Mekki , La bonne foi dans l’avant-projet de réforme du droit des obligations du 23 octobre 2013.
2014, p. 5.
17
A.S. VIGNERON, Le rejet de la bonne foi en droit anglais, in Les échanges entre les droits : l’expérience
communautaire, Déc. 2008, p. 3.
9
juridique allemand est illustré par bon nombre de décisions judiciaires qui appliquent cette
disposition18.
18
M. LEHMANN, La vulnérabilité économique, Rapport national allemand, 10 mai 2018, p. 2.
19
M. Jamal, Le contrat d’adhésion : étude comparée des droits français et koweïtien, Th.
STRASBOURG, 2017, p. 190.
20
Y. PICOD, Le devoir de loyauté dans l’exécution du contrat, LGDJ, p. 163.
21
Cass. com., 6 novembre 2012, n° 11-20582.
22
O. PLOTNIC, Les clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs. Aspects de droit
français, moldave et de l’Union Européenne, Th. Grenoble, 2013, p. 180.
10
obtenir un prêt, ne puisse invoquer un manquement au devoir de mise en garde, surtout
lorsque ledit établissement ne pouvait valablement déceler de tels mensonges23.
Devoir de cohérence ou l’interdiction de se contredire :
Le principe de cohérence, que la jurisprudence consacre désormais de façon positive
comme élément de régulation des comportements contractuels « impose de ne pas changer
trop brusquement d’avis, de ne pas décevoir l’attente que l’on a créée : le comportement doit
être suffisamment constant pour être le fait d’un homme raisonnable »24. Un auteur a pu le
décliner d’une part en un devoir de cohérence avec le contrat, qui revient selon lui « pour une
large part à ne pas contredire son obligation fondamentale », et d’autre part en un devoir de
cohérence avec soi-même, qui plonge ses racines dans l’interdiction de se contredire au
détriment d’autrui25. Le principe de cohérence exige donc « que chaque partenaire fasse
preuve d’une certaine constance dans son comportement, notamment lorsque son attitude a
fait naître une confiance légitime dans l’esprit de son interlocuteur. »26. Le principe de
cohérence est apparu timidement, tout d’abord, avec l’arrêt de l’Assemblée Plénière du 27
février 2009 avant d’être consacré de façon expresse le principe de cohérence dans un arrêt du
20 septembre 2011 rendu par la chambre commerciale27. le principe de cohérence ou le
principe de l’interdiction de se contredire au détriment d’autrui, dans lequel certains auteurs
ne voient qu’un simple corollaire de la force obligatoire du contrat, n’ont été expressément
consacré qu’à partir de 2005, date à laquelle la première Chambre civile de la Cour de
cassation a, pour la première fois, utilisé le terme «estoppel » pour rejeter le pourvoi d’un
demandeur qui, après avoir sollicité l’arbitrage, invoquait l’absence de convention d’arbitrage
valable28.
- devoir de ne pas rompre les pourparlers brutalement
Le principe, énoncé par la jurisprudence, est la libre rupture des négociations. Ainsi, la
Cour de cassation a pu affirmer que le fait de ne pas poursuivre des négociations ne
constituait pas en soi une faute29. L’ordonnance de 2016 consacre cette liberté de rupture des
négociations : « L’initiative, le déroulement et la rupture des négociations précontractuelles
sont libres. Ils doivent impérativement satisfaire aux exigences de bonne foi »30 .
23
F. MAUME, Essai critique sur la protection du consentement de la partie faible en matière contractuelle, Th.
Evry-Val-d’Essonne, 2015, p. 307.
24 M. LUDOVIC, La prévisibilité en droit des contrats, Th. université de Toulouse, 2017, p. 34
25
25 Ibid., p. 234
26 Ibid., p. 235.
27 M. GOUBINAT, Les principes directeurs du droit des contrats, Th. Grenoble alpes, p.109 et 114.
28
Y. AL SURAIHY, La fin du contrat de franchise, Th. Université de Poitiers, 2008, p. 60.
29
Cass. com., 12 janv. 1999, n° 96-14.604, non publié.
30
C. civ., art. 1112, al. 1.
11
Pour caractériser la faute, la jurisprudence a pu se fonder sur la brutalité31, sur
l’intention de nuire ou encore sur un manquement à l’obligation de bonne foi par l’auteur de
la rupture. L’état avancé des pourparlers ou encore le caractère tardif de la rupture ont
également pu justifier l’indemnisation de celui qui en subissait le préjudice. Dans ce contexte,
et dans un arrêt de la chambre commerciale32, la cour de cassation a refusé de sanctionner une
rupture en l’absence de caractère brutal, dans la mesure où cette rupture n’était « ni
imprévisible, ni soudaine, ni violente et que la partie lésée ne pouvait raisonnablement
anticiper une continuité de la relation commerciale pour l’avenir ».
Devoir de coopération :
La façon d’appréhender le contrat fait croire, au détriment de la coopération, que le
contrat est fondamentalement conflictuel, qu’il réalise la rencontre de deux égoïsmes rivaux.
Cette affirmation est assurément exagérée. Avant la formation du contrat, en effet, les intérêts
des parties sont plus ou moins différents. Cependant, la différence entre les intérêts des parties
n’est pas forcement une source de conflit ou d’opposition, elle peut être au contraire facteur
de complémentarité.. Ce conflit ne constitue le plus souvent que le mobile qui justifie le
besoin de rapprochement des parties ou la recherche de protection juridique dont le contrat est
sur le terrain juridique et économique l’un des moyens33. En jurisprudence, même les arrêts de
la Cour d’appel de Paris du 18 juin 1984 et du 26 juin 1985 n’avaient admis le devoir de
coopération que de façon implicite. Ils ne font nulle part allusion au mot « coopération ». La
doctrine affirme néanmoins aujourd’hui que « la règle de l’article 1134 al. 3 implique un
certain devoir de coopération entre les parties » ou encore que « l’éventuel devoir de
collaboration entre les contractants peut-il puiser quelques racines dans cette fameuse
exigence de bonne foi que formule l’article 1134 al. 3 du code civil ».
Devoir de confidentialité
Conformément au principe de bonne foi pendant les négociations, le nouvel article
1112-2 prévoit que « celui qui utilise ou divulgue sans autorisation une information
confidentielle obtenue à l'occasion des négociations engage sa responsabilité dans les
conditions du droit commun ». Ce principe impose aux négociateurs de respecter une
obligation de confidentialité, qui leur interdit d’exploiter ou de divulguer à des tiers les
informations obtenues au cours de négociations.
31
La loi n°96-588 du 1er juillet 1996 portant sur la loyauté et l’équilibre des relations contractuelles prévoyait
déjà une disposition similaire en matière commerciale, où l’article L. 442-6 5e du code de commerce interdit «
de rompre brutalement, même partiellement, une relation commerciale établie, sans préavis écrit tenant compte
des relations commerciales antérieures ou des usages reconnus par des accords interprofessionnels ».
32
Cass. Com., 20 novembre 2012, n°11-22660.
33 F. DIESSE, Le devoir de coopération dans le contrat, Th, Lille II, 1998, p. 342.
12
Appelé encore « clause de secret », « clause de confidentialité », « clause de non-
divulgation », de « savoir-faire », de «know-how », il était déjà admis par les tribunaux en
matière de concurrence déloyale. Il s’applique même en l’absence de clause de confidentialité
liant les parties à la négociation. Ainsi, les parties peuvent s’imposer mutuellement un secret,
de la phase des négociations jusqu’à l’après-contrat. Seuls le savoir-faire de l'entreprise,
protégé ou non par un droit privatif, et le secret de fabrication peuvent faire l'objet de cette
clause. Tout ce qui relève de l'habileté, de l'expérience de son débiteur, lui reste personnel.
Cependant les parties peuvent limiter ou écarter l’obligation de confidentialité34
34
N. GRAS, Essai sur les clauses contractuelles, Th. Université d’auvergne - Clermont Ferrand 1, 2014, p.
75.
13
II. LES MANQUEMENTS À LA BONNE FOI
L’absence de la bonne foi ne veut pas dire forcément mauvaise foi. Il est parfois suggéré
de distinguer les deux. Il ne semble toutefois pas que, en droit positif, il existe une réelle
différence entre absence de bonne foi et mauvaise foi (A). En outre, une étude attentive des
sanctions de leur inobservation dans les relations entre partenaires contractuels s’avère
primordiale (B).
Ainsi, la mauvaise foi est l'exercice d'un droit en vue de nuire à autrui ou d'une manière
excessive et déraisonnable allant à rencontre des exigences de la bonne foi. Cette dernière se
définit donc par l'absence d'intention malveillante chez la personne ayant le sentiment
d'agir avec probité et loyauté. La personne demeure de bonne foi lorsqu'elle croit
erronément qu'elle respecte ses obligations mais qu'en raison d'une mauvaise perception
d'une situation factuelle ou juridique elle y contrevient. Cette conception favorise une
approche active selon laquelle le contractant ne peut se contenter, dans l'exercice de ses
droits contractuels ou dans l'exécution de ses obligations, d'une attitude dépourvue d'une
intention malveillante, mais qu'il doit agir et se comporter conformément aux normes
reconnues par la société. Cette conduite standard nécessite que le comportement du
contractant soit conforme à une intention réelle en vue de l'atteinte non seulement de ses
objectifs personnels, mais aussi des objectifs communs du contrat et du respect des droits
et intérêts légitimes de son contractant. En conséquence, un individu ne peut appliquer
ses propres critères afin de déterminer si oui ou non il y a eu manquement aux exigences de
la bonne foi. Il faut plutôt se baser sur les critères reconnus dans la société démocratique et
civilisée dans laquelle nous vivons.
35
La mauvaise foi n’est mentionnée que dans deux articles du Code civil relatifs au droit des biens, en simple
opposition à la bonne foi (art. 2258 et 2274). Par comparaison, le droit mexicain, notamment, la mentionne à
vingt reprises dans ses dispositions consacrées au droit des biens.
14
A travers les diverses décisions rendues, se dessine le standard comportemental d’un
négociateur loyal, qui ne trompe pas la confiance qu’ont pu susciter ses dires ou ses actes chez
son interlocuteur. La jurisprudence sanctionne en effet toute mauvaise foi dans la conduite ou
la rupture des négociations, dessinant en creux un devoir général de bonne foi, qui relativise
en pratique le sacro-saint principe de liberté contractuelle, et « opère comme une sorte de
garde-fou » , en imposant aux interlocuteurs « de se comporter conformément à ce que l’on
peut attendre d’un partenaire soucieux de ses intérêts sans abuser de ses prérogatives », le
fondement profond de cette norme comportementale étant la protection de la confiance
qu’avait pu susciter le comportement du partenaire avant qu’il décide de mettre fin aux
négociations. Cependant, on constate que ces définitions, dites subjectives, sont insuffisantes
car une personne peut faire preuve d'un comportement négligent ou imprudent qui
contrevienne aux« exigences de la bonne foi » sans avoir pour autant une intention
malveillante, ou si l'on préfère, sans être de mauvaise foi. Les articles 6, 7 et 1375 du Code
civil introduisent un concept plus large que celui de l'intention malveillante. Ce concept de la
bonne foi renvoie à une norme de comportement idéal. «Sous cet angle, l'élément intentionnel
s'estompe pour laisser place à un critère extrinsèque qui s'analyse par rapport aux standards de
la société et non seulement en fonction de l'individu lui-même (...). On parle de bonne foi
objective car on examine le comportement d'un individu par rapport à une norme plutôt que
par rapport à sa véritable intention». En vertu de ce nouveau critère d'appréciation de la
bonne foi, ce n'est plus la croyance ou l'intention de l'individu qui est analysée, si sa bonne foi
est contestée, mais bien le fait qu'il ait agit en toute légalité et « conformément au standard
social que la collectivité reconnaît ». On retrouve ici le critère de la personne raisonnable
ayant un comportement acceptable dans le cadre de notre société, pour juger si une personne
agit selon les exigences de la bonne foi. Dans ce contexte, la mauvaise foi n'est plus le
synonyme de l'inexécution de l'obligation de bonne foi. L'intention malveillante n'est plus
nécessaire pour que l'on puisse conclure à l'absence de bonne foi. Le seul manquement à un
standard de comportement selon les exigences de la bonne foi suffit.
En d’autres termes, une personne qui n’agit pas conformément à ces normes et
standards pourra contrevenir à son obligation de se comporter selon les exigences de la bonne
foi même si elle n’a aucune intention malveillante36. En ce sens, la mauvaise foi n’est pas ici
36
Jean-Louis BAUDOUIN et Pierre-Gabriel JOBIN, Les obligations, 6e éd., Cowansville, Éditions Yvon Blais,
2005, p. 144.
15
l’exact opposé de la bonne foi. Comme le résume le professeur POPOVICI, « on peut être de
mauvaise foi ̎ objective ̎ tout en étant subjectivement de bonne foi »37.
La Cour suprême du Canada a reconnu cette conception, plus objective, de la bonne foi
en droit civil québécois, en 1990, dans l’arrêt Houle c. Banque Nationale du Canada38, qui
consacre la théorie de l’abus de droit contractuel fondée sur l’obligation implicite d’exécuter
le contrat de bonne foi en vertu de l’article 1024 C.c.B.C. Dans cette affaire, un contrat
autorisait la Banque à réaliser ses garanties et à vendre les éléments d’actif de la compagnie «
sans avis au client ou à qui que ce soit ». La Cour suprême a néanmoins jugé que le rappel des
prêts ne pouvait avoir lieu que si un délai raisonnable avait d’abord été donné au client, en
vertu de la théorie de l’abus de droit contractuel39. Or, le critère servant à déterminer s’il y
avait eu un tel abus d’un droit contractuel n’était pas seulement la malice ou la mauvaise foi ;
il incluait « le critère moins rigoureux de l’exercice déraisonnable d’un droit contractuel »40.
Depuis cet arrêt, l’absence de mauvaise foi ou d’intention malveillante ne suffit donc plus
pour que le comportement d’une personne soit jugé conforme aux exigences de la bonne foi.
Cette personne doit également exercer ses droits d’une façon raisonnable. Une analyse
purement subjective de la bonne foi n’est plus suffisante puisque, dorénavant, un
comportement exempt de malice pourrait ne pas correspondre aux exigences de celle-ci41.
37
Adrian POPOVICI, « Le sort des honoraires extrajudiciaires », 62 R. du B. 53,2002, p. 99.
38
Marie Annik GRÉGOIRE, Liberté, responsabilité et utilité ; la bonne foi comme instrument de
justice,Cowansville, Éditions Yvon Blais, 2010, p. 178 et 179.
39
Ibid, p. 145 et 146.
40
Ibid, p. 155.
41
Ibid, p. 178-179
16
Burmanet Gaudet42, toute analyse fondée sur une quelconque obligation précontractuelle de
renseignement ou de conseil n'est qu'artifice injustifiable dans le droit. À leur avis, « il suffit
de s'en remettre à une saine analyse des consentements et d'interpréter avec discernement la
notion d'erreur, spontanée ou provoquée, afin de déterminer si ce consentement a été donné ou
non de façon suffisamment éclairée ». En d'autres termes, seuls les vices du consentement,
interprétés de façon classique, devraient faire l'objet de sanction pour un problème survenu
lors de la formation du contrat. Un manquement à l'obligation de bonne foi ne devrait faire
l'objet d'aucune sanction spécifique, ni même être considéré comme un élément pertinent à la
constatation de la présence d'un vice du consentement.
La réalité s'est néanmoins révélée fort différente de ce que souhaitaient ces auteurs. Les
tribunaux, à l'instar de la doctrine, ont effectué un rapprochement entre l'obligation de bonne
foi lors de la formation du contrat et la théorie classique des vices du consentement. La bonne
foi n’étant pas stricto sensu une condition de formation du contrat, ce n’est pas tant sur le
fondement d’un manquement à l’obligation de bonne foi dans la formation du contrat que sur
d’autres fondements, en particulier le dol, que le juge pourra prononcer le cas échéant la
nullité du contrat; c’est dire que, si un contractant est de mauvaise foi lors de la conclusion du
contrat, son attitude ne sera sanctionnée par la nullité de l’acte que si elle heurte en plus l’une
des conditions de formation prévues par l’article 1108 du Code civil, au premier rang
desquelles figure l’atteinte au consentement par l’effet d’une erreur provoquée43.
Depuis la fin des années 1980, la Cour de cassation française rattache ainsi à l’exigence
de bonne foi dans la formation du contrat l’obligation pesant sur le banquier d’informer la
caution sur la situation financière du débiteur principal, et s’en sert pour caractériser le dol par
réticence entraînant la nullité du contrat si cette information n’a pas été délivrée. C’est du
reste cette jurisprudence qui a été l’occasion pour la Cour de cassation d’étendre l’article 1134
al. 344 en dehors de son champ d’application initial45. Cependant la nullité du contrat n’est pas
42
Jean PINEAU, Danielle BURMAN et Serge GAUDET, Théorie des obligations, 3° éd., Montréal, Thémis,
1996, n° 285, p. 342.
43
Civ. 1re, 18 févr. 1997, Bull. civ. I, n° 61 : « Manque à son obligation de contracter de bonne foi et commet
ainsi un dol par réticence la banque qui, sachant que la situation de son débiteur est irrémédiablement
compromise ou à tout le moins lourdement obérée, omet de porter cette information à la connaissance de la
caution l’incitant ainsi à s’engager ».
44
Selon l'article 1134 du Code civil « Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont
faites. Elles (les conventions, ndlr) ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel, ou pour les
causes que la loi autorise. Elles doivent être exécutées de bonne foi. ». Par cet article, le législateur indique
qu'une convention, accord de volonté, dispose de la même force que la Loi pour les parties engagées. Nous
évoquerons ici le principe de la force obligatoire, puis la nécessité de se pencher sur le principe de bonne foi
énuméré à l'alinéa 3 de cet article.
17
ici la conséquence directe du manquement à la bonne foi, qui ne sert qu’à caractériser la
réticence dolosive justiciable. La Cour de cassation n’est pas allée jusqu’à faire du
manquement à la bonne foi une cause générale de nullité du contrat, qui viendrait en quelque
sorte doubler les trois vices du consentement soumis à des conditions
particuliè[Link], le dol nécessite des actes volontaires, délibérés ou, si l'on préfère,
un élément intentionnel se rapprochant de la mauvaise foi. Comme cette dernière, on ne peut
donc pas parler d'erreur provoquée par le dol en l'absence de cet élément intentionnel de
tromper. Jusqu’à maintenant, même dans ce contexte, la seule sanction directe de la violation
du devoir de bonne foi reste la responsabilité civile qui peut s’ajouter à la nullité du contrat46.
45
La première mention de «l’obligation de contracter de bonne foi » semble se trouver dans l’arrêt suivant : Civ.
1re, 21 janv. 1981, no 79-15443, [Link]. I, n° 25. Le rattachement à l’article 1134 al. 3 apparaît dans : Com. 8
nov. 1983, no 82-10493, Bull civ. IV, n° 298.
46
L’obligation de bonne foi peut cependant être utilisée pour neutraliser une clause par laquelle une caution avait
déclaré être parfaitement informée de la solvabilité du débiteur – clause qui, prise à la lettre, aurait pu empêcher
l’annulation pour dol – alors que le créancier savait parfaitement que cette déclaration
47
On pourrait aussi observer que, dans la plupart des cas, cette jurisprudence concerne un banquier, et que
l’opération s’inscrit dans une relation contractuelle générale (ouverture de compte) avec le client. Mais
l’explication ne vaut pas pour les cautions, qui ne sont pas habituellement en relation préexistante avec le
banquier envers lequel elles s’engagent.
18
responsabilité contractuelle. Même si la question semble rarement y être posée, il est à noter
que la même idée est parfois évoquée dans la doctrine québécoise. Ainsi, Vincent Karim
estime que, dès lors que le contrat est signé à la suite d’un manquement à l’obligation de
bonne foi lors des négociations, la responsabilité ne peut être que contractuelle48.
Dans certains arrêts, la motivation relie cette « obligation de loyauté » à une – plus
générale encore – « obligation d’exécuter le contrat de bonne foi » : ainsi un arrêt remarqué de
la Première chambre civile qui laisse entendre qu’un refus injustifié de renégocier les
modalités d’un contrat « au mépris de l’obligation de loyauté et d’exécution de bonne foi »
pourrait justifier l’allocation de dommages-intérêts. Mais la jurisprudence française admet
même parfois, en cas de manquement à la bonne foi, le jeu de la résolution (ou de la
48
Vincent KARIM « La règle de la bonne foi prévue dans l’article 1375 C.c.Q. : portée et sanction », les cahiers
de droit, Volume 41, n° 3, 2000, p. 458.
49
Marc CASSIÈDE, Les pouvoirs contractuels : étude de droit privé, thèse, Université de Bordeaux, 2018, p.
524.
19
résiliation) de droit commun fondée sur l’article 1184 du Code civil, alors même que, dans la
conception classique, ce mécanisme devrait être réservé à la sanction de l’inexécution d’une
obligation principale constituant pour l’autre partie la cause de son engagement.
La portée précise du principe de bonne foi posé dans le Code reste incertaine. La
jurisprudence, après avoir donné quelques gages aux tenants du solidarisme, semble
aujourd’hui revenue à une conception plus étroite du rôle de la bonne foi. La Cour de
cassation a notamment affirmé, dans un arrêt remarqué de 2007, que la règle de l’article 1134,
alinéa 3, ne permet pas de porter atteinte à la substance même des droits et obligations
légalement convenus entre les parties50. Mais si le principe de bonne foi ne saurait modifier
les droits et obligations nés du contrat, quel est son rôle ? Et, surtout, quelles doivent être les
conséquences de l’absence de bonne foi de l’une des parties dans la conclusion ou l’exécution
du contrat ? Il est largement admis aujourd’hui que le devoir de bonne foi constitue une
déclinaison du devoir général de prudence et de diligence pesant sur tous les sujets de droit, et
dont la violation est susceptible d’engager leur responsabilité51 . En conséquence, la violation
du devoir de bonne foi par l’une des parties au contrat peut l’obliger à réparer, en principe
sous forme de dommages et intérêts, le préjudice ainsi causé à son cocontractant. Dans ce
cadre, une certaine jurisprudence estime que : « la juridiction du second degré a pu en déduire
que l’assureur, tenu d’une obligation de loyauté dans la mise en œuvre du processus
d’indemnisation après la survenance d’un sinistre, avait commis une faute contractuelle dont
il devait réparation »52.
Certes, dans un certain nombre de cas, cette jurisprudence n’est qu’un trompe-l’œil, les
juges qualifiant fréquemment de manquement à la bonne foi ce qui n’est que l’inexécution
d’une obligation principale du contrat. Mais on peut relever un certain nombre de décisions où
la résolution apparaît bien comme justifiée par le manquement à une « pure obligation de
bonne foi » qui ne peut se rattacher à aucune obligation déterminée du contrat. C’est ainsi –
pour ne citer qu’un exemple – que la résolution a été prononcée, pour manquement à
l’obligation d’exécuter de bonne foi un contrat d’agence commerciale, à l’encontre d’une
entreprise qui avait tenté de convaincre les sous-agents de son agent de contracter directement
avec elle.
50
Cass. com., 10 juillet 2007, n° 06-14768, Bull. civ. IV, n° 188.
51
Jean-Sébastien BORGHETTi, La bonne foi en droit de la responsabilité civile, RDA, n° 12, févr. 2016, p. 71.
52
V. p. ex. Cass. 1re civ., 26 novembre 1996, n° 94-13468, Bull. civ. I, n° 415.
20
Dans le même ordre d’idées, cette approche obligationnelle de la bonne foi, qui
transparaît à travers le jeu des sanctions qui sont appliquées dans la jurisprudence française
(mais aussi marocaine), a été contestée par plusieurs auteurs en France, et ceci dans des
directions assez différentes. D’abord, dans sa thèse sur l’abus dans le contrat, Philippe Stoffel-
Munck estime que ce qu’il nomme l’abus par déloyauté n’est que le manquement à un devoir
social général, et qu’il ne devrait pas être justiciable des sanctions de l’inexécution des
obligations contractuelles – que l’auteur voudrait voir réservées aux obligations ayant pour
objet un avantage déterminé qu’un contractant promet à l’autre. Ensuite, dans sa non moins
remarquable thèse consacrée à l’article 1135 du Code civil, Philippe Jacques, tout en
partageant avec le précédent auteur l’idée qu’un comportement ne peut pas être l’objet d’une
obligation, estime que la jurisprudence française, dans son approche obligationnelle de la
bonne foi, confond l’article 1135 – repris en substance dans l’article 1434 du Code civil du
Québec – qui dit quelles sont les obligations nées du contrat, avec l’article 1134 al. 3, qui dit
comment les obligations (nées de la volonté des parties, de la loi ou du juge) doivent être
exécutées. Pour cet auteur, cette question ne relève pas du contenu obligationnel du contrat,
mais, en quelque sorte directement, de sa force obligatoire.
53
C’est pourquoi on peut trouver peu opportune la solution de l’article 1 :103 du projet de Cadre commun de
référence élaboré par le Study group on a european civil code, qui fait de la bonne foi dans l’exécution des
obligations un simple « devoir » en précisant que sa violation « ne donne pas directement droit aux moyens
sanctionnant l’inexécution d’une obligation mais elle peut interdire à son auteur d’exercer ou de se prévaloir
d’un droit ou d’un moyen en demande ou en défense dont il aurait autrement disposé ».
21
BIBLIOGRAPHIE
Les ouvrages :
22
Florian MAUME, essai critique sur la protection du consentement de la
partie faible en matière contractuelle, Th, Université d’Evry-Val-d
’Essonne, 2015.
Marc CASSIÈDE, Les pouvoirs contractuels : étude de droit privé, Th,
université deBORDEAUX, 2018.
Marignol LUDOVIC, La prévisibilité en droit des contrats, Th, université
de Toulouse, 2017.
Marine GOUBINAT, Les principes directeurs du droit descontrats,
université Grenoble alpes, 2016.
Mona JAMAL, Le contrat d’adhésion : étude comparée des droits
français et koweïtien, université de STRASBOURG, 2017.
Myriam MEHANNA, La prise en compte de l’intérêt du cocontractant,
université Panthéon Assas, 2014.
Olesea PLOTNIC, Les clauses abusives dans les contrats conclus avec les
consommateurs. Aspects de droit français, moldave et de l’Union
Européenne, l’université de Grenoble, 2013.
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TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION ....................................................................................................................................... 4
I. LES CONTOURS DE LA BONNE FOI ...................................................................................................... 7
A. La nature juridique de la bonne foi ................................................................................................. 7
B. Les exigences de la bonne foi ........................................................................................................ 10
II. LES MANQUEMENTS À LA BONNE FOI .............................................................................................. 14
A. La différenciation entre la mauvaise foi et l’absence de la bonne foi .......................................... 14
B. Les sanctions de l’absence de la bonne foi ................................................................................... 16
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