Le « refarming » : réattribution de bandes de fréquences à de nouvelles technologies
Ce serait trop simple si l’histoire s’arrêtait là ! Comme dit précédemment : plus les fréquences sont
basses, mieux on rentre dans les bâtiments et plus on couvre loin. Donc pratique pour couvrir les
zones non urbaines. Et voilà : la 3G est sur une fréquence élevée (2100MHz), or avec le
développement de la 3G la bande des 900MHz attribuée à la 2G devenait moins utile. Vous aurez
peut être remarqué par ailleurs que bien souvent, quand vous étiez en 3G en extérieur, le fait de
rentrer dans un bâtiment vous faisais basculer en 2G: parce que le 2100MHz rentrant moins bien en
intérieur, le téléphone bascule en 900MHz.
L’« UMTS 900 » a donc été lancé : les pouvoirs publics ont donc autorisé les opérateurs à faire de la
3G sur les fréquences 2G. Ils ont donc petit à petit réattribué une partie de leurs fréquences en
900MHz pour faire de la 3G. Les bénéfices :
La possibilité de couvrir plus rapidement le territoire en 3G, le 900MHz permettant de couvrir de plus
grandes zones. Avec en outre des antennes de toute façon déjà installées
Le fait de ne plus basculer en 2G à l’intérieur d’un bâtiment, car le téléphone bascule toujours en
900MHz mais en restant sur une technologie 3G
Remarque: les opérateurs n’ont pas fini de faire un « refarming » optimal sur tout le territoire, mais à
terme (fin 2014 pour certains opérateurs, un peu plus tard pour d’autres) cela signifie que la
couverture 3G sera égale à la couverture 2G
La 2G :
C’est ce qu’on appelle le GSM. La deuxième génération, qui a remplacé Radiocom 2000, donc. Les
nouveautés de la 2G : le fait que ce soit du tout numérique, et un standard européen (qui a conquis
le monde), permettant de faire des économies d’échelle, d’autoriser l’interopérabilité des
équipements, et aussi par la même occasion le roaming entre réseaux différents
Est arrivé ensuite le GPRS : la possibilité d’avoir une connexion de données (« data »),
potentiellement permanente. Avec une faible bande passante dans un premier temps
…et qui fut améliorée avec EDGE, plus efficace pour compresser les données sur un canal GPRS, et
donc offrant plus de débit (mais sans changer le principe de fonctionnement)
En résumé : en 2G, on est en numérique, on passe des appels voix en mode « circuit », et on fait de
l’internet en mode « paquets ». Et on ne fait pas les deux en même temps: un appel voix suspend la
connexion GPRS/EDGE
La 3G :
Evolution qui est arrivée en France vers 2005, la 3G nécessite un nouveau réseau physique, des
terminaux compatibles, le tout sur de nouvelles fréquences. En France, si on vous parle de WCDMA
et d’UMTS : ce sont des technologies 3G
C’est à partir de la 3G qu’on a vu arriver la « visio » (flop à l’époque)
En 3G, on est toujours en mode circuit pour la voix, et en mode paquet pour la data
La nouveauté : on peut faire voix et data en même temps. Et on a une meilleure bande passante,
ainsi qu’une latence plus courte (latence = le temps que ça prend entre le moment où on clique sur
un lien et le moment où on commence à avoir la réponse)
ATTENTION : certains parle de « 3G » pour désigner la connexion data sur le mobile… C’est une
confusion, on fait bien des appels voix en 3G, et on fait aussi des connexions data en 2G
De la 3G+ au H+ :
Toutes les évolutions qui sont arrivées ensuite sont des améliorations de la 3G, offrant plus de bande
passante d’une part, et une meilleure latence d’autre part. Après la 3G, on a donc eu le HSDPA (ou «
H »), puis dernièrement le HSPA (« H+ »).
Dernière évolution en date : le « Dual Carrier », qui permet en fait à un mobile compatible d’utiliser
deux canaux H+ en même temps
Et maintenant : la 4G
Qu’on appelle aussi LTE (Long Term Evolution), là aussi un nouveau réseau sur de nouvelles
fréquences qui requiert un téléphone compatible
Il s’agit cette fois d’un standard mondial : donc encore plus d’économies d’échelle, et à terme des
équipements moins onéreux
Par rapport à la 3G, on est en 100% communication paquets : plus d’appels circuits pour la voix
Ce qui veut dire que pour le moment en France : quand on est en 4G, dès qu’on passe ou reçoit un
appel le mobile bascule temporairement en 3G ou 2G
Pour éviter ça, il faudra que la VoLTE (Voice over LTE) soit mise en service : de la voix 100% voix sur IP
sur le réseau 4G
La 4G apporte concrètement une latence très faible, et un débit beaucoup plus élevé que la H+ en
download (en gros 2x une bonne ligne ADSL) mais aussi en upload (de 10 à 30 x plus rapide qu’une
ligne ADSL !)
Une petite particularité : en 4G le « handover » (passage d’une antenne à l’autre) peut se passer à
plus haute vitesse. Donc si les opérateurs avaient la bonne idée de mettre de la 4G le long des voies
TGV on pourrait enfin faire de l’internet dans le train … A bon entendeur !
Pour les plus curieux : LTE-Advanced sera une évolution de la 4G permettant à un terminal d’utiliser
plusieurs bandes de fréquence 4G en même temps
Bandes de fréquence : différences, et petit historique
Toutes ces technologies s’adossent sur des fréquences spécifiques : en effet les opérateurs
acquièrent des licences auprès des pouvoirs publics pour avoir le droit d’exploiter une technologie
sur une bande de fréquences donnée. Avec, d’ailleurs, des obligations de calendrier de déploiement
en matière de couverture du territoire et de la population : le rôle des pouvoirs publics étant
d’assurer le développement des infrastructures dans le pays.
Un propos préliminaire : il faut savoir que plus la fréquence est élevée (nombre de MHZ élevé),
moins le « réseau » porte loin et rentre dans les bâtiments, mais plus cela permet une forte densité
(nombre d’utilisateurs sur un territoire donné).
Si on refait l’historique de départ, voilà comment cela s’est passé :
Orange et SFR en 2G : bande des 900MHz (utilisée largement en Europe). Puis par la suite, un peu de
1800Mhz dans les zones très denses
Bouygues Telecom en 2G : au départ en 1800MHz (moins utilisée en Europe), puis également en
900MHz pour couvrir les zones non urbaines
Lancement de la 3G : bande des 2,1GHz (utilisée largement en Europe) pour les 3 opérateurs, rejoints
par Free par la suite. Petite remarque: à l’époque SFR a choisi de ne pas mettre à jour le réseau 2G en
900MHz vers EDGE sur les zones 3G. Résultat: quand vous rentrez dans un bâtiment, vous êtes en
GPRS et même pas en EDGE…
Lancement de la 4G : bande des 2,6GHz pour les 4 opérateurs, et également bande des 800Mhz pour
couvrir les zones non urbaines pour seulement 3 des opérateurs, Free ayant choisi de délaisser ces
fréquences
Tout paraît assez simple : chaque technologie, par région géographique du monde, a en général une
fréquence attribuée. C’est pour ça que les mobiles sont les mêmes en Europe, et sont légèrement
différents aux Etats Unis, avec des bandes de fréquence pas toujours compatibles. Exemple : le
premier iPhone 5 d’Apple qui ne faisait de la 4G qu’en 18000MHz : bande supportée au départ aux
US et en Allemagne mais pas en France.
Concrètement: à quoi ressemble une antenne
En matière de fréquences et de déploiement, il faut bien comprendre que déployer un réseau mobile
est une tâche complexe :
Chaque fréquence a un comportement propre : reflets sur les bâtiments, couverture, pénétration des
bâtiments, tout est à bien calculer pour choisir l’emplacement de ses antennes
Ensuite il faut négocier le droit d’installer lesdites antennes : de moins en moins facile
Et enfin il faut raccorder les antennes à du très haut débit, car il faut bien assurer en aval la bande
passante que permettent les dernières technologies entre l’antenne et le mobile
Le « refarming » : réattribution de bandes de fréquences à de nouvelles technologies
Ce serait trop simple si l’histoire s’arrêtait là ! Comme dit précédemment : plus les fréquences sont
basses, mieux on rentre dans les bâtiments et plus on couvre loin. Donc pratique pour couvrir les
zones non urbaines. Et voilà : la 3G est sur une fréquence élevée (2100MHz), or avec le
développement de la 3G la bande des 900MHz attribuée à la 2G devenait moins utile. Vous aurez
peut être remarqué par ailleurs que bien souvent, quand vous étiez en 3G en extérieur, le fait de
rentrer dans un bâtiment vous faisais basculer en 2G: parce que le 2100MHz rentrant moins bien en
intérieur, le téléphone bascule en 900MHz.
L’« UMTS 900 » a donc été lancé : les pouvoirs publics ont donc autorisé les opérateurs à faire de la
3G sur les fréquences 2G. Ils ont donc petit à petit réattribué une partie de leurs fréquences en
900MHz pour faire de la 3G. Les bénéfices :
La possibilité de couvrir plus rapidement le territoire en 3G, le 900MHz permettant de couvrir de plus
grandes zones. Avec en outre des antennes de toute façon déjà installées
Le fait de ne plus basculer en 2G à l’intérieur d’un bâtiment, car le téléphone bascule toujours en
900MHz mais en restant sur une technologie 3G
Remarque: les opérateurs n’ont pas fini de faire un « refarming » optimal sur tout le territoire, mais à
terme (fin 2014 pour certains opérateurs, un peu plus tard pour d’autres) cela signifie que la
couverture 3G sera égale à la couverture 2G
Le cas précis de la 4G lancée par Bouygues Telecom: explications
Qu’en est-il de la 4G ? Eh bien il se trouve qu’en France, Bouygues Telecom a justement réussi, au
moment du lancement de l’iPhone 5 en France (compatible 4G mais uniquement en 1800MHz en
France, une bande 2G utilisée seulement par Bouygues Telecom vous vous souvenez ?), à négocier
avec les pouvoirs publics d’avoir le droit de faire du « refarming » 4G sur sa bande 2G des 1800MHz.
Ce qui leur a été accordé : l’opérateur a donc pu, en très peu de temps, basculer une partie de son
spectre 1800MHz en 4G et ainsi offrir quasiment instantanément une couverture de 40%