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Politique commerciale du Maroc: enjeux clés

Le document décrit la politique commerciale du Maroc, en soulignant sa double dimension de libéralisation et de modernisation. Il présente brièvement les tendances du commerce extérieur marocain sur le long terme et récemment, montrant une augmentation des exportations et importations. Le document analyse ensuite le processus de libéralisation commerciale au Maroc et la nécessité de moderniser les structures commerciales.

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Politique commerciale du Maroc: enjeux clés

Le document décrit la politique commerciale du Maroc, en soulignant sa double dimension de libéralisation et de modernisation. Il présente brièvement les tendances du commerce extérieur marocain sur le long terme et récemment, montrant une augmentation des exportations et importations. Le document analyse ensuite le processus de libéralisation commerciale au Maroc et la nécessité de moderniser les structures commerciales.

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LA POLITIQUE COMMERCIALE DU MAROC:

ENTRE LIBERALISATION ET MODERNISATION

GONZALO ESCRIBANO
ALEJANDRO LORCA

La littérature classique et néoclassique sur la politique commerciale


et le développement a souligné les lumières de la libéralisation et
les ténèbres du protectionnisme, tel que Schumpeter l’avait dit. Le
propos de ce papier est d’y aller au-delà du débat entre
protectionnisme et libre-échange pour montrer la double dimension
des réformes entreprises au Maroc dans le domaine de la politique
commerciale. A notre avis, les reformes doivent s’inscrire dans la
double logique de la libéralisation et la modernisation. On avancera
déjà que les reformes visant la libéralisation ont avancé rapidement
dans les années 80, mais qu’après elles se sont stagnés. Par contre,
dans les dernières années, on observe une plus grande attention de
la part des autorités marocaines pour la modernisation des
structures commerciales.

Le papier présente, d’abord et d’une façon très brève, quelques


donnés de base pour offrir une perspective panoramique du
commerce extérieur marocain. Une deuxième section est dédiée
aux dimensions multilatérales et sous-régionales de la politique
commerciale marocain. La troisième partie du papier analyse en
détail le processus de libéralisation commerciale suivi par le
Maroc, tandis que la section suivante se concentre sur les
implications de politique commerciale de l’Accord d’Association
Maroc-UE. Une autre épigraphe s’occupe d’une dimension
normalement négligée de la reforme commerciale, celle de la
modernisation des structures commerciales, autant les institutions
que les infrastructures physiques. Finalement, une dernière section
présente les conclusions et les implications de politique du papier.

La performance du commerce extérieur marocain: quelques


donnés de base

Les tendances à long terme du commerce marocain montrent une


augmentation soutenue des exportations et des importations. Dans

279
le tableau 1, nous pouvons voir comment les exportations ont
augmenté de 11,3% entre 1977 et 2002, au-dessus des importations
et du PIB. Cette croissance a été plus élevée dans les années 80,
presque le double en comparaison avec les années 90, où
l’évolution du commerce extérieur marocain a été assez décevant.
Sur le court terme cependant, nous observons un comportement
plus volatile, très dépendant des aléas climatiques et des chocs
exogènes, telles que l’évolution des prix du pétrole et des
phosphates ou la conjoncture économique de ses principaux
partenaires commerciaux.

Tableau 1: Croissance annuelle du PIB, des Importations et des


Exportations, en DH aux prix courants

Périodes 1977-2002 1980-1990 1991-2002


PIB 8,8 11,1 4,9
Importations 9,1 13,0 7,2
Exportations 11,3 13,8 7,8
Source: Euromonitor et élaboration propre

Graphique 1: Evolution des exportations et des importations,


1977-2002 (en million de Dirhams)

140,000
120,000
100,000 Importations
80,000
60,000 Exportations
40,000
20,000
0
77

80

83

86

89

92

95

98

01
19

19

19

19

19

19

19

19

20

Source: Euromonitor et élaboration propre

280
L’ouverture commerciale a progressé, passant de 41% à 52% entre
1977 et 2002 (graphique 2), ce qui indique une plus forte insertion
dans l’économie mondiale. Même si la progression des
exportations a été légèrement supérieure à celle des importations,
avec le taux de couverture des exportations augmentant de 40% en
1977 jusqu’à 66% en 2002, le Maroc enregistre toujours un déficit
commercial structurel qui montre les faiblesses du tissu productif,
mais aussi la sensibilité aux chocs exogènes. Les politiques
d’ajustement structurel adoptées au début de la crise des années 80,
qui tendaient à réduire l’absorption de l’économie marocaine avec
des politiques macroéconomiques restrictives ont réussi à diminuer
les importations, mais dans la deuxième moitié des années 80 il a
fallu aussi augmenter les droits de douane pour minorer les effets
de la politique de dévaluation compensée (dévaluation plus
réduction tarifaire) sur les importations et, surtout, sur les recettes
douanières.

Graphique 2: Evolution de l'ouverture commerciale, des


exportations et des importations, 1977-2002 (en % du PIB)

60
50 Importations
40 Exportations
30 Ouverture
20
10
77

80

83

86

89

92

95

98

01
19

19

19

19

19

19

19

19

20

Source: Euromonitor et élaboration propre

Les tendances récentes peuvent être observées dans le tableau 2. La


faiblesse du Dirham face à l’Euro (une dépréciation nominale de
2,5%) a permis de compenser la délicate situation économique
européenne, et les exportations nominales ont augmenté de 5,3% en

281
2002. Mais les exportations réelles ont eu un comportement plus
modéré (en termes d’Euros, les exportations se sont accrues de
2,2%), avec les volumes exportés ne progressant guère. Les
importations ont progressé de 2,7% en 2002, ce qui a permis de
réduire le déficit commercial et d’améliorer le taux de couverture
des importations de 65% à 66%. Les revenus des exportations ont
diminué de 9,6% lors des deux premiers mois de 2003 en
comparaison avec la même période de 2002, ce qui est dû
pratiquement à la réduction des exportations d’aliments (-34%). Par
contre, sur la même période les importations ont progressé de
4,7%, poussées par les importations d’équipement (21%), produits
intermédiaires (6,7%) et l’augmentation des prix du pétrole qui a
précédé la guerre d’Irak.

Tableau 2: Évolution du commerce extérieur, tendances


récentes et prédictions

2001 2002 2003 a 2004 a


Exportations de biens (fob; US$ bn) 7,1 7,7 8,3 8,9
Importations de biens (fob; US$ bn) 10,2 10,8 11,6 12,7
Contribution du secteur extérieur
à la croissance du PIB 0,3 0,2 -0,2 -0,9
Source: EIU; (a) Prédictions EIU

La structure commerciale marocaine est bien celle d’un pays en


développement. Du côté des importations, le Maroc importe des
biens de capital, des biens de consommation de grande et moyenne
valeur ajoutée, des produits intermédiaires, des aliments et des
produits énergétiques. Parmi les principales importations du pays,
nous trouvons des biens intermédiaires employés dans la
production manufacturière, beaucoup d’entre eux importés en
régime d’importation temporel et après réexportés, tels que les fils
et tissus, les composants électroniques, les produits agricoles non
comestibles et le cuir, biens qui sont destinés en grande partie aux
industries légères intensives en main d’œuvre à faible valeur
ajoutée orientées vers l’exportation.

282
D’autres, par contre, sont plutôt destinés aux industries produisant
pour substituer les importations, comme l’agroalimentaire, et aux
secteurs produisant des biens non commercialisables, comme la
construction. Les importations de céréales, sucre, corps gras,
viandes, aliments pour les animaux et d’autres produits agricoles
reflètent la situation d’insuffisance alimentaire du pays, et sont
fortement dépendants des aléas climatiques. Le pétrole, le gaz
naturel, le charbon et l’électricité sont les importations qui
permettent au Maroc de satisfaire ses besoins énergétiques. Les
importations de produits à grande valeur ajoutée, comme le
matériel de télécommunications et informatique, les machines
spécialisées, les moteurs, l’aéronautique, le matériel de transport ou
l’électronique pour la consommation montrent le retard
technologique du pays.

Du côté des exportations, les principales rubriques sont les


industries légères orientées vers l’exportation, comme les
vêtements, la bonneterie, le cuir et l’électronique, qui bénéficient
des schémas d’importation temporaire. Les exportations de
manufactures signifient plus de la moitié des exportations
marocaines, mais la structure des exportations continue de
reproduire l’orientation vers les exportations primaires développées
par l’ancienne métropole française. Les exportations de phosphates
et de ses dérivés, ainsi que d’autres produits miniers, continuent
d’être très importantes, mais la stratégie presque mono-exportatrice
des phosphates appliquée dans le protectorat et ensuite, dans les
années 70 après le boom des prix des matières primaires, a été
substituée par l’exportation des manufactures, comme il a été
montré plus haut. Finalement, il faut souligner l’importance des
produits agricoles, notamment des fruits et des légumes, ainsi que
des produits de la mer, frais ou en conserve, dont l´ensemble
représente plus de 20% des exportations.

Le Maroc possède des avantages comparatifs importants dans les


produits textiles (vêtements de confection et bonneterie), les cuirs,
les bijoux, les phosphates et ses dérivés (chimie minérale de base,
engrais), les minerais, les produits agricoles méditerranéens, frais
ou en conserve, les poissons et ses préparés, et les produits
céréaliers. Les secteurs où les avantages comparatifs sont les plus

283
faibles sont le ciment, les tapis, les produits raffinés du pétrole et
les composants électroniques. Il est intéressant de comparer cette
structure des avantages comparatifs avec celle de 1990 et de voir
son évolution. Tout d´abord, nous nous rendons compte que les
avantages, dans certains groupes de produits, se sont réduits, tels
que ceux de la confection, des tapis, des produits agricoles
méditerranéens, des poissons, des boissons et des engrais.
L’avantage comparatif dans les composants électroniques, la
chimie minérale, les minerais, le ciment, les bijoux et les produits
dérivés des céréales s’est accru ou alors il est passé d’une situation
de désavantage à celle d´ avantage.

En ce qui concerne les désavantages comparatifs, ceux-ci se


concentrent dans les secteurs plus intensifs en capital et technologie
ou bien dans des secteurs agroalimentaires. Nous trouvons de forts
désavantages dans le verre, le fer et l´acier, les fils et tissus, les
imprimés, les moteurs, le matériel agricole, les machines-outils, le
matériel BTP, les machines spécialisées, les appareils de précision,
l’électroménager, le matériel de télécommunications et
informatique, le matériel de transport et ses composants, la chimie
organique, les peintures et plastiques, les produits de toilette et
pharmaceutiques, les produits énergétiques, et certains aliments. Si
nous faisons une comparaison avec les résultats de 1990, dans
certains secteurs les désavantages se sont réduits, notamment dans
les appareils d’optique et de mesure, le matériel électrique, le verre,
fer et acier, meubles et quincaillerie. Par contre, les désavantages se
sont vus amplifiés pour les transformés du fer, l’horlogerie,
l’électroménager, les éléments de véhicules automobiles, les
produits de toilette et pharmaceutiques, les corps gras et le produits
pour animaux.

284
Graphique 3: Commerce intra-branche UE-Maroc, horizontal
et vertical (faible et grande qualité), 1989-1997

0.35

0.30

0.25 VERTICAL BAJA


CALIDAD
0.20
VERTICAL ALTA
CALIDAD
0.15
HORIZONTAL
0.10

0.05

0.00
1989 1991 1993 1995 1997

Source: Comext database, Eurostat.

Un autre indicateur intéressant est celui du commerce intra-


branche, c’est-à-dire la proportion du commerce qui a lieu au sein
de la même branche industrielle. Le commerce intra-branche peut
s’interpréter comme étant le degré d’intégration productive entre
deux espaces économiques et il est calculé avec l’index de Grübel-
Lloyd. Le graphique 3 présente les niveaux de commerce intra-
branche pour la période 1989-1997 entre le Maroc et l’UE, en
faisant la différence entre le commerce intra-branche horizontal (les
produits échangés sont d’un niveau de qualité similaire, évaluée par
leur prix) et le vertical (des niveaux de qualité différente). En gros,
nous observons l’accroissement du commerce intra-branche, qui
double pratiquement entre 1989-1997, et qui atteignait 30% du total
en 1997. La plupart de ce commerce intra-branche est vertical de
faible qualité, c’est-à-dire, pour le commerce qui a lieu dans la
même branche, l’UE exporte des produits d’un prix plus bas que
ceux qu´elle importe. L’explication est simple: les régimes
d’importation temporaire permettent aux industries légères
d’importer des inputs et de réexporter les produits finis. Cette

285
évolution montre clairement le processus d’intégration productive
des économies marocaine et européenne, mais nous devons
souligner que malheureusement cette intégration est limitée aux
secteurs du textile et de l´électronique.

Au-delà de l’Union Européenne: libéralisation multilatérale et


sub-régional

Les relations avec l’OMC ont commencé par l’adhésion du Maroc


au GATT en 1987. Cette dernière a procuré une plus grande
crédibilité au processus de libéralisation commerciale déjà
entrepris, et les observateurs ont pondéré l’active participation du
Maroc lors des négociations multilatérales. En 1992, une nouvelle
loi du commerce extérieur a été promulguée, compatible avec les
obligations du GATT. Le Maroc est un membre fondateur de
l’OMC, et dans un acte fortement symbolique, la Ronde Uruguay
du GATT qui a donné naissance à l’OMC a été clôturée à
Marrakech en avril 1994. Pour adapter sa législation aux accords de
l’OMC, surtout en ce qui concerne l’agriculture et les clauses de
sauvegarde, le Maroc a modifié sa législation en 1997 pour
protéger l’agriculture avec des équivalents tarifaires et des mesures
de sauvegarde. Ces réformes commerciales ont été accompagnées
en 1993 par la convertibilité du Dirham pour les opérations
courantes, et en 1996 par la création d’un marché de devises.

Dans le cadre de l’OMC, le Maroc a complété le ‘binding’


(limitation) de toutes ses lignes tarifaires, de son prélèvement à
l’importation et la tarification des restrictions quantitatives qui
affectent les produits agricoles. Mais actuellement, plus de 30% des
lignes tarifaires sont soumises à des tarifs plus élevés que les taux
limites accordés à l’OMC. En plus, l’introduction des tarifs
variables pour environ 40 lignes tarifaires semble ne pas respecter
les engagements marocains sur la limitation des tarifs et sur les
procédures d´évaluation douanière. En plus, les contingents
tarifaires sur lesquels s’est engagé le Maroc ne sont pas appliqués,
avec toutes les importations étant soumises à des tarifs hors
contingent. Le Maroc a également établi des limitations pour les
conditions d’accès aux marchés dans certains services: services
professionnels, d´autres services aux entreprises, services de

286
télécommunications, services de l´environnement, financiers et
touristiques.

En ce qui concerne la position du gouvernement marocain lors de


la Conférence Ministérielle de Doha, le Maroc s’est réaffirmé dans
son attachement au système multilatéral et à la libéralisation
commerciale, mais il a averti de la nécessité que ce processus soit
partagé de façon plus équitable, en soulignant l’importance
d’accorder un traitement différentié pour les pays en
développement. Le Maroc a aussi demandé une plus grande
libéralisation du commerce agricole sur les points suivants:
réduction de l’échelle tarifaire (tariff escalation) et de l’appui
domestique à l’agriculture et l’élimination des subventions à
l’exportation. Dans le domaine des services, le Maroc a demandé
une plus grande libéralisation de mouvements des personnes,
l’extension de la protection des dénominations d’origine à d’autres
produits qui ne soient le vin et les boissons alcooliques, et la
soumission des considérations sur la propriété intellectuelle à celles
de la santé publique.

Un des problèmes les plus analysés pour l’ensemble de la rive Sud


de la Méditerranée est celui de l’absence de processus d’intégration
régionale opérationnelle (Escribano et Jordán, 1999; Escribano,
2000). Au-delà des déclarations rhétoriques et des visions
volontaristes, des initiatives telles que l’Union du Maghreb Arabe
(UMA) ou la Grande Zone de Libre Échange Arabe ont échoué
avant même d’être nées. L’Afrique du Nord représente pour le
Maroc un marché plus petit que celui des Pays Bas, le Moyen
Orient non OPEP signifiant un poids plus réduit que celui de la
Finlande. Même les flux avec le Golfe, importants du côté des
importations des produits pétroliers, n’atteignaient pas le niveau du
commerce avec l’Espagne pour la décennie de 1990, bien qu’il
faille souligner l’influence des prix du pétrole dans ces
pourcentages. A l’origine de cet échec se trouvent surtout des
rivalités d’ordre politique, telle que la rivalité Maroc-Algérie, deux
pays poursuivant des politiques de pouvoir (power politics) pour
gagner l’hégémonie sous-régionale, mais aussi des divergences en
matière de politique économique et des stratégies de
développement.

287
L’échec de l’intégration sous-régionale pose des problèmes
importants, autant à niveau économique que politique. D’un point
de vue économique, l’absence d’intégration horizontale Sud-Sud
entrave l’apparition d’un marché sous-régional et l’exploitation des
avantages comparatifs et des complémentarités productives. En
plus, les zones de libre échange bilatéral avec l’UE sans intégration
sous-régionale mettent en place une structure géo-commerciale
nommée hub&spoke system. Ce système fait que l’UE attire
l’investissement des entreprises qui désirent servir les marchés
Méditerranéens, étant donné que depuis la propre UE il existe un
libre accès aux marchés des pays associés, alors que ces derniers
n’ont pas la possibilité de servir les marchés des autres Pays
Partenaires Méditerranéens. D’un point de vue politique, l’absence
de marginalité des flux sous-régionaux diminue les coûts
d’opportunité des conflits, et entrave la dynamique que les
économistes classiques ont assignée à la séquence commerce-paix.

Actuellement, le Maroc entreprend d’autres initiatives d’intégration


régionale, telle que la zone de libre échange avec la Tunisie,
l’Egypte et la Jordanie (processus d´Agadir). Cette initiative paraît
plus prometteuse d’un point de vue technique, étant donné qu´au
lieu d’établir des listes positives des biens à libéraliser, comme les
autres initiatives pan-arabes, elle se base sur la méthode
communautaire des listes négatives: Ce ne sont pas les produits à
libéraliser qui sont définis, mais bien au contraire, ceux qui ne le
seront pas. En gros, on peut différentier quatre listes de produits:
une liste de produits à libéraliser totalement avec l’entrée en
vigueur de l’Accord; une autre liste de produits à libéraliser
graduellement sur 5-6 ans; une liste négative de manufactures à ne
pas libéraliser; et finalement, ceux qui ne sont pas soumis à
l’Accord, les produits agricoles. Cette méthode est beaucoup plus
engageante et entraîne un élan libérateur plus énergique.

Cette initiative s’appuie aussi sur la zone de libre échange Euro-


Méditerranéenne, en adoptant comme propre l’acquis
communautaire en matière de commerce extérieur. Cela signifie un
pas vers l’intégration profonde (deep integration) qui transcende
les questions tarifaires pour s’introduire dans l’harmonisation des
normes et des standards. Dans une démarche future, cette ZLE

288
s’étendrait aux autres pays arabes signataires de la Grande Zone
Arabe de Libre Échange promue par la Ligue Arabe. Depuis 1996,
le Maroc négocie l’établissement d’un ZLC avec la Turquie, auquel
s’appliquerait aussi le principe de cumul des normes d’origine,
comme il a été accordé pour le processus d’Agadir. Un accord
bilatéral est également en négociation avec la Mauritanie.

Dans le cadre du processus d’Agadir, après plusieurs rencontres


techniques, les ministres du commerce du Maroc, Tunisie, Egypte
et Jordanie se sont réunis à Amman, en Jordanie, en janvier 2003
pour préparer un accord qui serait présenté aux ministres des
Affaires Étrangères à Casablanca durant l´année 2003. Les
parlements devraient le confirmer dans les mois à venir et il est
prévu qu’il entre en vigueur en 2006, mais les observateurs sont
sceptiques à cause des raisons qui ont déjà été signalées plus haut.
En ce qui concerne la paralysie de l´Union du Maghreb Arabe, il
faut ajouter ici, qu´en dépit des rumeurs sur un imminent
rapprochement Maroc-Algérie et des voyages ‘secrets’, il n’y a eu
aucune réunion officielle entre les représentants des deux pays. Les
rumeurs étaient alimentées par les tentatives échouées des groupes
algériens intéressés d’arriver à un compromis sur le Sahara
Occidental avec le Maroc pour des raisons de stabilité régionale et
de développement du commerce bilatéral. Dans tous les cas, le
succès de cette initiative dépendra en grande partie de la volonté
politique des gouvernements impliqués.

En ce qui concerne l’Accord de Libre Échange avec les États Unis


(voir Jaidi, 2003), ce dernier pose également des problèmes
politiques, cette fois-ci d’ordre interne, qui ont obligé les
partenaires marocains à demander un ajournement pour ne pas
soulever l’opposition publique pendant la guerre d’Irak. Le
troisième round des négociations a démarré début juin 2003 et les
observateurs considèrent les négociations très avancées sur
plusieurs dossiers. Il semblerait que la volonté politique des deux
gouvernements serait de signer l'accord avant la fin de l'année, un
accord qui serait le deuxième que les Etats Unis conclurait avec un
pays arabe, après celui signé avec la Jordanie. L’Accord entamera
l’accélération des réformes sur la propriété intellectuelle et
l’amélioration de l'environnement de l'investissement, deux points

289
clés dans les négociations. L'ouverture des négociations a éveillé la
méfiance de certains gouvernements européens, concernant les
incompatibilités entre une ZLE avec les Etats-Unis et l'Accord
d'association signé avec l'UE notamment sur les questions relatives
à l'exception culturelle et la propriété intellectuelle.

Le Maroc a également signé un Accord de Libre Échange avec


l’EFTA, qui est entré en vigueur en 1999. Cet Accord couvre les
produits industriels, les produits de la mer et les produits agricoles
élaborés. L’Accord suit les grandes lignes de l’Accord
d’Association avec l’UE, avec des calendriers et des obligations en
matière de régulations techniques similaires.

La libéralisation de la politique commerciale marocaine

Les tarifs douaniers ont été réduits au cours des dernières années
(une nouvelle réforme est aussi en cours), et cela en deux aspects:
diminution des droits d’importation, et réduction du nombre de
lignes tarifaires à six (2,5%, 10%, 17,5%, 25%, 35% et 50%). Le
tarif le plus élevé pour la plupart des biens est de 35%, mais la
dispersion est assez grande, avec des tarifs allant de 2,5% à plus de
300%. Les biens d’équipement, l’outillage et leurs parties
bénéficient d’un taux soit de 2,5% ou de 10% dans le cadre de la
Charte d’Investissement, parmi d’autres avantages fiscaux qui
seront montrés plus bas. Le tarif moyen non pondéré se situe aux
alentours de 25% (voir tableau 3), ce qui rend la comparaison
favorable avec les pays partenaires méditerranéens: seulement la
Jordanie et le Liban ont des tarifs plus faibles, tandis que l’Egypte,
la Tunisie et la Libye présentent des tarifs de 10 points au-dessus
de ceux du Maroc. Pourtant, la comparaison du Maroc avec les
pays du Golfe, de l’Asie du Sud-est ou de l’Amérique Latine est
beaucoup moins favorable, avec des droits d’importations de 20
points de plus en moyenne. La déviation typique des droits se
situait à 13,1 en 1997, au-dessous de la plupart des pays partenaires
méditerranéens.

290
Tableau 3: Comparaison de la protection en Méditerranée

Moyenne Dispersion Barrières non


simple des tarifaire tarifaires
tarifs douaniers (déviation (ratio de
typique) fréquence
d’usage, %)
Algérie 24,2 (1999) 16,7 (1998) 4,6 (1998)
Egypte 33,8 (1998) 128,6 (1995) nd
Iran 23 (1998) nd nd
Jordanie 16,8 (1997) nd nd
Liban 19 (1998) nd nd
Libye 34,7 (1996) nd nd
Maroc 23,9 (1999) 13,1 (1997) 5,7 (1994)
Tunisie 40,6 (1999) 15,7 (1998) 50,9 (1992)
Asie de l’Est 5,5 nd nd
Golfe 5,3 nd nd
Source: Oliva (2000)

Tableau 4: Protection tarifaire et non tarifaire par secteurs au


Maroc

Tarifs Dispersion Barrières non


douaniers tarifaire tarifaires (ratio
MFN, moyenne (déviation de fréquence
simple (%) typique) d’usage, %)
Année 97 97 94
Animaux vivants et
produits 74 12,5 9,3
Produits végétales 28,9 15,4 4,6
Corps gras 95,6 9,6 6,8
Aliments préparés 33,4 11,9 7,3
Minérales 8,4 7,8 3,7
Produits chimiques 12,9 9,4 0,7
Plastiques et
caoutchouc 22,7 13,5 1,8
Cuirs 24,8 12,4 0,9

291
Bois et articles 20,9 11,4 0
Pulpe, papier, etc. 27,4 12,4 0
Textile et articles 30,9 10,7 20,3
Chaussures,
bonneterie 31,9 3,7 11
Articles de pierre 21,9 10,5 2,1
Pierres précieuses,
etc. 16,5 14,4 0,7
Metals de base et
produits 17,1 13,7 0,4
Machinerie 12,3 10,5 1,1
Eq. Transport 14,4 14,6 14,9
Instr. Précision 10,9 11,1 0,2
Armes et munitions 32,3 6,1 0
Autres
manufactures 28,1 7,1 0,8
Pièces d’art, etc. 10,6 17,3 0
Total 23,9 13,1 5,7
Source: Oliva (2000)

Les tarifs les plus bas s’appliquent à la machinerie, les minéraux,


les produits chimiques, les équipes de transport et les appareils de
précision (tableau 4). Il s’agit dans tous les cas de biens qui ne sont
pas produits au Maroc et qui sont nécessaires pour l’appareil
productif et la mise à niveau des entreprises marocaines. Les
produits ayant un niveau de protection élevée sont pour la plupart
des manufactures qui font concurrence à la production marocaine,
tels que les produits de l’industrie agroalimentaire, les plastiques,
les cuirs, articles en bois, papeterie, textiles, chaussures et
bonneterie, articles en pierre, produits métalliques et autres
manufactures. Les tarifs les plus élevés s’appliquent aux céréales et
à la viande, et sont le résultat de la tarification des restrictions
quantitatives dans le secteur agricole, ce qui implique que les tarifs
douaniers introduits en substitution des licences ont augmenté pour
les produits laitiers, les céréales, les huiles végétales et le sucre.

292
Pour les animaux vivants, des tarifs proches de 300% sont
appliqués, et certains encore plus élevés pour la viande. Le
graphique 4 montre la distribution de la protection tarifaire selon le
degré d’élaboration, identifié par le chapitre du Système
Harmonisé. Nous pouvons observer comment il existe une plus
grande protection pour certains produits agricoles et ses dérivés
(chapitres 1-20). Une protection faible est appliquée aux produits
chimiques et minéraux (25-40), tandis que les produits
intermédiaires (41-59) sont assez protégés, avec des tarifs qui
dépassent parfois 40%. Les produits textiles finis (60-67)
enregistrent des tarifs encore plus élevés afin de protéger la
production nationale, tandis que les produits métalliques,
l’outillage, les biens de capital et les biens de consommation ayant
une grande valeur ajoutée et qui ne sont pas produits au Maroc (82
et suivants) sont parmi les moins protégés, avec l’exception des
produits de consommation produits au Maroc, qui enregistrent des
tarifs très élevés.

Graphique 4: Degré d'élaboration et protection tarifaire

160

140

120

100
Tarif

80

60

40

20

0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Chapitre du Système Harmonisé

Source: WTO (2003)

293
Graphique 5: Protection tarifaire (moyenne simple MFN) et
poids dans les importations (2000)

16
mineral pr.
14 textiles&art.
chemical pr.
12
% des importations

vegetable pr.
10
8
machinery
6 metals&pr.
transport eq.
prepared food, etc.
4
precision instr.
wood&art. pulp&paper
2 plastic&rub. footw.&headg. fats&oils
art. stone misc. pr. live animal&pr.
0
0 20 40 60 80 100
tarif douanier (%)

Source: Elaboration propre à partir des données du CHELEM et


Oliva (2000)

Graphique 6: Tarif douanier moyen (MFN) et dispersion


tarifaire (déviation typique), 1997

18
works art
16
trans. equip. vegetable pr.
14 precious st.
plastic&rubber
Dispertion tarifaire

metals
hides&skins pulp&paper live animals
12 prep. food, etc.
precis. Instr.
machinery footw. textile&art.
10 art. stone
chemical pr. fats&oils
8
mineral pr. miscell. manuf.
6
arms
4 mineral pr.
2
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Tarifs douaniers moyens MFN par groupe de produits (%)

Source: Oliva (2000)

294
En général (graphique 5), les produits les plus importés ont des
tarifs plus modérés, avec les exceptions, très importantes, des
produits textiles, des produits végétaux et des produits de
l’industrie agroalimentaire, qui font concurrence à la production
marocaine dans des secteurs sensibles. Dans le cas des corps gras
(huiles végétales) et des produits animaux, les tarifs atteignent un
niveau prohibitif, ce qui empêche de facto l’importation de ces
produits. En fait, la réponse de la demande intérieure face à la
diminution des tarifs a été une augmentation des importations, ce
qui a compensé la perte de revenu unitaire des droits de douane. Le
graphique 6 montre une faible relation entre niveau de protection et
de dispersion. Les secteurs qui combinent haute protection et
dispersion tarifaire sont les animaux vivants, les produits végétaux
et, au moindre degré, la papeterie, les produits agroalimentaires, le
cuir et les plastiques.

Jusqu’au 1er juillet 2000, aux droits de douane s’ajoutait un


Prélèvement Fiscal à l’Importation de 15%, mais il a été fusionné
en 2000 avec les droits de douane pour augmenter la transparence
du régime d’importation. Il existe encore une Taxe Parafiscale à
l’Importation de 0,5% sur les marchandises importées, mais elle ne
s’applique pas aux importations réalisées sous les régimes
économiques douaniers, les importations de bien de capital ou en
général les produits nécessaires à la promotion de l’investissement.
Une TVA à quatre taux de 7%, 10%, 14% et 20% s’applique sur
tous les biens importés, même s´il existe des produits exonérés,
comme les matériels et produits agricoles, les biens de capital, les
produits importés sous des régimes douaniers, les biens ou services
financés par des dons de l’UE et les biens et services nécessaires à
la production de films.

Les barrières non tarifaires comprennent plusieurs mesures. En


premier lieu, le commerce qui se tient sous licence a diminué
fortement et aujourd’hui son incidence s’est réduite à moins de 5%
des importations. Le principe général consiste en la libre
importation de biens, avec des exceptions pour des articles comme
les explosifs ou des parties des voitures. Dans le graphique 7 on
observe qu´en général, les produits les plus protégés par les droits
de douanes montraient une plus grande incidence des barrières non

295
tarifaires. Celles-ci étaient plus répandues dans le textile,
l’équipement de transport, les chaussures et la bonneterie, les
animaux vivants et les aliments préparés.

Graphique 7: Protection tarifaire et non tarifaire

22
textile &
20 articles

18

16
Frequence usage BNT (%)

transport
equipment
14

12
footwear &
live animals
headgear
10

8 prepared
food, etc.
6 vegetable
mineral fats &
products
products oils
4

0
0 20 40 60 80 100
Tarifs douaniers moyens MFN (%)

Source: Oliva (2000)

Mais la plupart des contrôles des importations concernent le


commerce des produits couverts par les Conventions sur le
Commerce International des Espèces en Danger, la Convention de
Vienne sur la couche d’ozone, la Convention de Basilée sur les
Déchets Dangereux ou les London Guidelines sur le commerce de
produits chimiques. Le Ministère de l’Agriculture peut aussi
interdire de façon temporaire l’importation de certains produits
dérivés d´animaux pour des raisons de protection de la santé des
consommateurs, ce qui, en certaines occasions, a été critiqué par

296
des observateurs de part son objectif protectionniste. Les produits
pouvant être importés librement doivent être couverts ou bien par
un Engagement d’Importation (le cas le plus fréquent) ou par une
Déclaration Préalable à l’Importation (cas des importations
menaçant la production nationale). Cette dernière figure a été
évoquée fréquemment sur des produits comme les bananes, les
pommes et le lait en poudre.

En deuxième lieu, les standards et les requêtes techniques se


basent, au Maroc, sur les standards ISO, dont le Maroc est membre,
le Codex Alimentarius de la WHO, la FAO pour les produits
alimentaires, et l’AFNOR (l’Association Française de
normalisation). En ce qui concerne les animaux, les standards
techniques sont sur la même lignée que ceux de l’International
Office of Epizootic. Des certificats sanitaires sont demandés pour
les produits dérivés d´animaux et importés pour leur élaboration,
ainsi que pour les poulets et les oeufs. L’importation des
médicaments doit être précédée de l´enregistrement à la Direction
de la Pharmacie, et être approuvée par le Laboratoire National de
Contrôle des Médicaments. Selon les autorités et les observateurs,
il n´existe pas de différence entre les produits locaux et les
importés, et il semblerait qu’il n’existe pas un composant
protectionniste quant à l’emploi des normes. Les standards
marocains sont obligatoires seulement pour les contrats avec le
gouvernement ou les entreprises publiques. Il y a aussi des
régulations sur les étiquettes, l’empaquetage, la description des
biens, leur composition et leur origine.

En ce qui concerne les arrangements de prix et de


commercialisation, ceux-ci sont assez répandus dans les produits
subventionnés, les marchés monopolisés, les services publics et
certains services et biens considérés de contenu social, tel que
l’eau, l’électricité, les assurances obligatoires pour les voitures, les
livres écoliers, le transport et les produits pharmaceutiques. Dans
certains cas, les prix peuvent être déterminés par les gouverneurs
suivant une consultation avec la Commission Inter-ministérielle en
charge de la régulation des prix.

297
D’autres barrières non tarifaires importantes sont celles qui sont
dérivées des monopoles d’Etat. En dépit du processus de
privatisation, libéralisation et dérégulation entrepris depuis les
années 90, il reste quelques activités monopolisées par des
entreprises publiques. L’ODEP détient le monopole sur la gestion
et l’opération de certains services dans les ports, BURAPRO
importe les semences d’huile et le pétrole et les compagnies comme
COMANAV (transports maritimes), ONT (transports routiers),
ONCF (chemins de fer) et ONDA (aéroports) ont le monopole dans
leurs propres secteurs d’activité. La Compagnie de Tabacs possède
aussi le monopole sur l’achat, la manufacture et la vente du tabac.
Il semblerait qu’une des priorités du nouveau gouvernement serait
de libéraliser et privatiser ces secteurs. Une des contraintes la plus
évoquée par les entrepreneurs est l’obligation de souscrire au
Maroc l’assurance pour les transports de biens, même si le
transport aérien des marchandises et d´un petit nombre de produits
peut être couvert par des assurances étrangères sous certaines
conditions.

En ce qui concerne la politique commerciale agricole marocaine,


celle-ci mérite bien un chapitre spécifique, autant pour la spécificité
des mesures qui la conforment que l´importance de ce secteur pour
le pays. Le secteur agricole contribue de presque 20% au PIB, de
plus de 20% aux exportations marocaines, en absorbant presque
40% de la population active marocaine et 80% de la main d’œuvre
rurale. Avant l’ajustement structurel, l’Etat intervenait dans
l’agriculture marocaine de plusieurs façons: d’abord, il fallait
protéger la production interne, notamment des produits
continentaux traditionnels, comme les céréales ou les produits
animaux, où le Maroc ne pouvait pas exercer de concurrence sur les
marchés internationaux. Il fallait aussi offrir des prix rémunérateurs
aux producteurs locaux, ce qui obligeait à intervenir sur le marché
avec des contrôles de prix et des subventions aux inputs agricoles,
ainsi que d’autres mesures agissant sur le plan des infrastructures
(barrages, irrigation, extension agricole, etc.). Mais en même temps
il fallait conserver les prix des produits de première nécessité sur
des nivaux accessibles pour la population, tels que les céréales et
autres produits agricoles ou des industries alimentaires.
L’ajustement structurel et les négociations lors de la Ronde

298
Uruguay du GATT ont obligé les autorités marocaines à réformer
les politiques agricoles.

Tableau 5: Compromis tarifaires pour les produits tarifiés lors


de la Ronde d´Uruguay

Produit Tarif base (%) (1995) Tarif final limité


(%) (2004)
Blé tendre 190.0 144.0
Blé dur 224.0 170.0
Farine du blé tendre 182.5 139.0
Sucre brut et raffiné 211.0 168.0
Semences d’huile 146.5/192.5 111.0/192.5
Huile végétal brut 283.5 215.0
Huile végétal raffiné 311.0 236.0
Viande bovine 315.0 239.0
Viande de mouton 380.0 289.0
Viande de poulet 132.5 101.0
Lait 115.0 87.0
Lait en poudre 115.0 87.0
Fromage 107.5 82.0
Source: Calendrier du Maroc à l’OMC.

A l’occasion de la Ronde d´Uruguay, le Maroc avait limité tous les


tarifs des produits agricoles. Des équivalents tarifaires ont été
établis pour tous ces produits qui affrontaient des mesures non
tarifaires en douane et dont la plupart faisaient partie des
principales importations agricoles marocaines. La tarification a été
faite sur la base des différences entre les prix, domestique et
externe pour la période 1986-1988, et les équivalents tarifaires
résultants oscillent entre 107,5% pour le fromage et 380% pour le
mouton, tel qu´il est montré dans le tableau 5. Pour le reste des
produits agricoles la tarification n’a pas été adoptée, mais le Maroc
avait offert des tarifs plafond plus bas, la plupart d’entre eux de
45%, la plus haute tranche à l’époque, plus 15% du prélèvement
fiscal à l’importation (PFI), aujourd’hui intégré dans les droits de
douane. Pour les produits tarifiés, les tarifs maximum (plafond)
devraient se réduire de 24%, tandis que pour les produits n’ayant

299
pas été tarifiés, le droit de douane quant à lui devrait passer de 45%
à 34%, plus l5% du PFI.

Les niveaux de protection assurés par la tarification étaient


considérés appropriés, mais le gouvernement marocain avait peur
que le nouveau système, qui permettait la transmission des
variations des prix mondiaux, puisse déstabiliser les prix locaux,
avec des conséquences sociales et politiques similaires à celles des
révoltes de cous-cous dans les années 80. En conséquence, le
gouvernement a donc décidé de mettre en place en 1996 un
système d’importation de céréales qui, tout en respectant les
compromis tarifaires (les droits appliqués restant au-dessous des
tarifs plafonnés), puisse moduler les fluctuations dans les prix des
importations (cette stabilisation des prix se faisait avant les
réformes structurelles des années 80 par le commerce d’État). Ce
système est similaire à celui de l’UE, avec des prix seuil qui
déterminent le tarif à payer à savoir si le prix d’entrée est plus élevé
que le prix seuil (un tarif plus bas) ou plus bas que celui-ci (ce qui
entraîne un tarif plus élevé.

Les droits de douane appliqués aux produits agricoles varient entre


2,5% et 215%. Le tarif de 2,5% s’applique surtout à des produits
tels que le maïs de semence, l’orge, la betterave à sucre, les graines
de tournesol et les légumes. Il s’agit de produits qui ne sont pas une
menace pour les producteurs locaux. Les tarifs intermédiaires
s’appliquent surtout aux viandes bovines (45%), aux bulbes (35%),
aux pommes de terre (25%) et aux préparations alimentaires pour
animaux (35%). Les tarifs les plus élevés pénalisent les produits
qui peuvent concurrencer les producteurs marocains, comme le blé,
le riz, les graisses et les huiles, animales ou végétales. En plus, tous
ces produits sont soumis à un contingent tarifaire, mais plusieurs
d’entre eux ne s’appliquent pas, avec les importations étant
soumises aux tarifs hors quota, tel qu’on peut le voir dans le
tableau 6. Toujours dans le cadre de la Ronde d´Uruguay, le Maroc
avait aussi accordé d’introduire des contingents tarifaires pour
certains produits agricoles représentant moins de 5% de la
consommation nationale. Ces contingents tarifaires ont été
introduits pour la viande, les aliments à base de semences d’huile et
le lait frais, mais ils ne sont pas toujours épuisés à cause du manque

300
de demande locale. Mais en réalité, le problème est que les
autorités appliquent le tarif hors contingent, tel qu’on le voit dans
tableau 6.

Tableau 6: Limites des contingents tarifaires

Tarif Tarif
Tarif appliqué final
Code Quota
Produit limité en 2002a limité
SH (tonnes)
applicable (hors (hors
quota) quota)
Viande 0201 5,000 82.5% 60 et 239%
Bovine et 0202 284%
Viande de 0204 3,300 82.5% 339% 289%
Mouton
Viande de 0207 6,400 62.5% 50% - 34% et
Poulet 128% 101%
Lait 0401.20 38,600 96.0% 112% 87%
Blé 1001 1,555,340 144.0% 2.5% et 34% -
53.5b 170%
Orge 1003 2,770 113.0% 2.5% et 19% et
36.5%b 113%
Maïs 1005 204,400 122.0% 2.5%b 19 % et
122%
Riz 1006 7,200 177.0% 2.5% et 19% -
17.5%b 195%
Sorge 1007 9,230 165.0% 2.5%b 34% et
165%
Soja 1201 17,700 111.0% 2.5%b 19% et
111%

Grains 1205 4,400 146.0% 2.5% et 34% -


tournesol 17.5%b 158%

Sémences 1207 0 127.0% 2.5% - 34% -


cotton 157% 127%

301
Huile 1507-1510 et 196,110 215.0% 2.5% - 8% -
1512 -1518 53.5% 236%
Sucre 1701 274,340 168.0% 25% - 168%
60%b

Source: Trade Policy Review, Kingdom of Morocco, 2003. OMC,


Genève.
a En fait, les tarifs hors contingent s’appliquent à toutes les
importations des produits concernés, tandis que les tarifs
prévus dans les contingents ne sont pas appliqués.
b Incluant des droits variables.

En dépit de la réduction de l’appui à l’agriculture depuis les


réformes structurelles des années 80, et avec l’élimination des
subventions explicites aux inputs et la libéralisation des prix des
produits, le Maroc continue d’appuyer le secteur à travers des
services publics visant à soutenir le développement agricole. Ce
concept s’applique, surtout pour le Maroc, à l’appui aux prix qui
sur le marché supposent le soutien de la production et le stockage
des céréales, notamment du blé. Dans le cadre de la Ronde
d’Uruguay, le Maroc s´était engagé à réduire l’appui à l´agriculture
(AMS, dans le jargon de l’OMC) de 13% entre 1995 et 2004, et
pour les premières années du calendrier la mesure d’appui agricole
est restée en dessous des quantités compromises. Des subventions
aux consommateurs et des politiques de gestion des stocks
subsistent pour la farine de blé, étant la plus grande rubrique (60-
80%)de la ‘boite verte’ (green box) en terminologie de l’OMC, et
un tiers de l’appui agricole. En ce qui concerne les subventions aux
investissements pour le développement de systèmes d’irrigation, ils
concentrent environ 30% du soutien à l’agriculture, et reflètent la
stratégie ‘irrigationniste’ face aux aléas climatiques, mais aussi une
orientation des incitations vers les exportations agricoles de fruits
et légumes et d´autres produits pour lesquels le Maroc possède des
avantages comparatifs grâce à son climat.

302
Libéralisation commerciale et Association avec l’UE

En ce qui concerne les implications tarifaires de l’Accord


d’Association UE-Maroc, entré en vigueur le 1er mars 2000 visant
à une zone de libre échange à l’horizon 2012, les deux parties
s’engagent à supprimer les droits de douane existants, sauf
exceptions, et à ne pas introduire de nouveaux tarifs ou des charges
équivalentes. Des réductions tarifaires sont prévues sur la plupart
de produits, selon des calendriers différents en fonction de la
catégorie des produits, avec la seule exception de certains produits
agricoles et les produits inclus dans l’annexe 6 de l’Accord. Ce
dernier prévoit des mesures de sauvegarde en cas de «perturbation
sérieuse» pour la production des deux parties, qui doivent être
discutées dans le Comité d’Association, avoir une nature
temporaire et, dans le cas des produits industriels, accomplir
d’autres conditions plus précises. Les mesures de sauvegarde
peuvent consister en la révision exceptionnelle du calendrier de
démantèlement pour les industries naissantes, en restructuration ou
qui se trouvent en «difficultés majeures» selon des critères très
précis.

Dans le domaine des importations des produits industriels, les tarifs


marocains sont supprimés dès l’entrée en vigueur de l’Accord, avec
l’exception des produits inclus dans les annexes 3, 4 et 6, pour
lesquels la suppression est graduelle à partir des tarifs
effectivement appliqués le 1er janvier 1995 (voir graphique 8). En
fait, l’exonération de droits de douane immédiate et totale n’a
concerné que les biens d’équipement, ce qui à eu un impact très
réduit, puisque ces biens avaient des tarifs de 2,5% ou pouvaient
être importés avec des exonérations importantes sous la Charte de
l’investissement. Les produits sur l’annexe 3 bénéficient d’une
baisse de 25% par an pendant les trois années suivantes dès l’entrée
en vigueur de l’Accord. L’annexe 3 contient des matières
premières, pièces de rechange et tous les biens non produits
localement. L’impact n’a pas été trop fort non plus, puisque pour
les produits intermédiaires utilisés dans la production à
l’exportation les régimes en douane offraient déjà des conditions
d’exonération.

303
Graphique 8: Calendrier de réduction des tarifs d'après
l'Accord d'Association UE-Maroc

100
90
80
70
60
50
Annexe 6
40 Annexe 4
30 Annexe 3
20
10
0
00
01
02
03
04
05
06
07
08
09
10
11
12
20
20
20
20
20
20
20
20
20
20
20
20
20

Le groupe de produits pour lequel le démantèlement a été le plus


échelonné se trouve être le plus important. Il s´agit des produits de
l’annexe 4 qui sont pratiquement dans leur totalité des produits
fabriqués au Maroc, tels que la maroquinerie, sparterie, vannerie,
bonneterie, produits pharmaceutiques et cosmétiques, vêtements et
voitures. Pour ces produits l’élimination des tarifs s’étale sur 12
ans, avec un délai de grâce de trois ans, à partir desquels la
réduction sera de 10% par an (cette tranche de réduction tarifaire
vient de se mettre en place cette année 2003); pour certaines
gammes de voitures il existe un calendrier spécifique. C’est sur ce
groupe de produits que le Maroc va trouver le plus de difficultés
pour mener à terme une mise à niveau de ses entreprises qui soit
capable de concurrencer la production européenne. L’Accord
prévoit aussi l’élimination sur trois ans des prix de référence en
vigueur en 1995 concernant les produits sensibles inclus dans
l’annexe 5: voitures, pneus, vêtements, fils et tissus, chaussures,
céramique, électroménager, et les pièces détachées de voitures et
motocycles. Finalement, l’annexe 6 contient des biens usagés et

304
friperie pour lesquels le démantèlement sera réexaminé à partir de
2003.

Tableau 7: Protection tarifaire des principales exportations


agro-alimentaires de l’UE

Importations Moyenne Minimum Maximum


2000 MFN MFN MFN
(US$'000) (%) (%) (%)
Lait en poudre,
m.g.>1,5% 5666 104 115 325
Lait en poudre,
m.g.<1,5% 2413 115 115 115
Lait, autres 0 103 115 325
Lait et crème de
lait, concentrés,
sans sucre 0 115 115 115
Lait et crème de
lait, concentrés,
autres 23 115 115 115
Beurre 7016 325 325 325
Pâtes à tartiner
laitières 7 50 50 50
Autres matières
grasses du lait 2640 175 175 175
Pommes de terre de
semence 1909 40 40 40
Autres pommes de
terre 3 50 50 50
Froment du blé dur 3170 26 25 545
Autres froments de
blé 131229 302 25 545
Orge 23304 249 25 37
Farines de froment 18 69 66 73
Huile brute de soja 9941 25 25 25
Huile de soja, autres 0 25 25 25
Sucre brut de canne 14 35 35 35

305
Sucre brut de
betterave 0 35 35 35
Sucres aromatisés 0 49 42 60
Autres sucres 1566 36 25 47
Arachides 115 50 50 50
Autres fruits à
coques 26 50 50 50
Ananas en conserve 5 50 50 50
Agrumes en
conserve 4 50 50 50
Poires en conserve 41 50 50 50
Abricots en
conserve 5 50 50 50
Cerises en conserve 3 50 50 50
Pêches en conserve 0 50 50 50
Fraises en conserve 5 50 50 50
Autres fruits en
conserve 16 50 50 50
Mélanges des fruits
en conserve 43 50 50 50
Autres mélanges
des fruits en
conserve 43 50 50 50
Source: Comext et TRAINS

En ce qui concerne les produits des industries alimentaires, il existe


deux calendriers: un pour les produits dont l’élément industriel
relève de l’annexe 3 de l’Accord (maïs doux, amidon, muesli,
préparés de farine, semoules...), et un autre pour les produits dont
l’élément industriel dérive de l’annexe 4 (chocolat, sucreries, pâtes,
boulangerie, biscuits, yaourts et autres produits dérivés du lait...).
Pour les produits à élément de l’annexe 3 le démantèlement est de
25% par an dès l’entrée en vigueur, tandis que pour ceux qui
dérivent de l’annexe 4, il est de 10% par an à partir de la 4ème
année d’application.

En plus des considérations déjà effectuées sur les produits à


élément agricole, l’Accord prévoit une plus grande libéralisation

306
des échanges agricoles. Les produits agricoles de l’UE sont soumis
au protocole 3 de l’Accord, qui est assez bref. Le protocole 3 établit
des contingents tarifaires préférentiels pour lesquels le Maroc
s’engage à ne pas appliquer un tarif en dessus de celui spécifié dans
les Accords. Les produits couverts sont principalement les animaux
vivants et les viandes, les céréales, le lait et les produits laitiers, les
oléagineux, les huiles végétales et les graisses. Ces produits qu’on
vient de voir sont les plus protégés. De nouvelles négociations ont
été entamées depuis 2001 pour libéraliser d’avantage les échanges
agricoles avec le Maroc en réclamant une plus grande ouverture de
la part de l’UE. Cependant, le dossier agricole de l’Accord reste,
pour le moment, paralysé. Dans le tableau 7, on peut apprécier le
niveau actuel en ce qui concerne la protection tarifaire pour les
produits importés de l’UE, les plus importants au Maroc (la
moyenne peut-être plus élevée que le maximum MFN pour le lait,
les céréales et le sucre, à cause de l’emploi des prix seuil). La
protection la plus élevée se trouve dans les céréales et ses
préparations, le lait, le beurre et les sucres. Pour les produits non
soumis au système de tarification ni de prix seuil, les tarifs oscillent
entre 25%, 35% et 50%, c’est-à-dire, dans la bande la plus haute de
la protection douanière au Maroc.

La modernisation de la politique commerciale marocaine

Le Maroc a adopté depuis des années des mesures tendant à réduire


les coûts de transaction des flux internationaux de biens. Le
premier échelon a été la reforme des douanes, considérée cruciale
pour augmenter la compétitivité des produits marocains. Les
réformes ont été fondées sur les principes de l’Organisation
Mondiale des Douanes, avec l’assistance technique du FMI et
d’autres partenaires bilatéraux. Le programme a identifié quatre
domaines prioritaires à réformer: simplification des procédures et
contrôle sélectif, utilisation intensive des technologies de
l’information, amélioration de la gestion des régimes douaniers
spéciaux et, introduction d’une plus grande transparence. Les
résultats ont été très positifs, surtout du côté de la simplification des
exportations: une enquête menée par la Banque Mondiale au début
de 2001 montrait que 93% des exportateurs et 66% des

307
importateurs avaient peu ou aucun problème avec les procédures
douanières.

Les procédures douanières ont été simplifiées: une déclaration


simplifiée a remplacé la grande quantité de formulaires
préexistants, une déclaration résumée a été établie pour plusieurs
chapitres tarifaires, des ‘clearing centers’ ont été approuvés dans
certains compagnies pour décongestionner les ports et les
aéroports, des contrôles sélectifs et des vérifications post-
dédouanement ont été introduits, et les pénalisations ont été
augmentées. L’informatisation des procédures de routine a été
achevée à la fin de l’année 2000, et a aussi permis l’extension de
certains services aux compagnies ayant été acceptées. Les ‘traders’
peuvent ainsi obtenir des estimations gratuites des tarifs à payer,
surveiller les paiements des tarifs, et obtenir de l’aide. Une des
réformes parmi les plus importantes a été celle de l’amélioration de
la gestion des régimes douaniers spéciaux, qui était très
problématique, notamment pour l’admission temporaire. La
nouvelle procédure assistée par ordinateur est plus flexible, sure et
transparente. D’autres mesures ont permis de rendre ces régimes
plus attractifs, comme l’autorisation de vendre jusqu’à 15% de la
production sur le marché domestique ou la simplification du
système de garanties.

Même si le processus de simplification des procédures


administratives se poursuit, notamment à travers l’informatisation
des opérations douanières, le gouvernement marocain est conscient
du déficit en termes d’infrastructure commercial du pays. Les plans
du gouvernement prévoient d’agir sur des domaines tels que le
renforcement des structures du contrôle de la qualité par
l’établissement d’un Institut Marocain de Standardisation, la
révision des textes régulant la vente au gros des fruits et légumes,
l’amélioration des réseaux de distribution pour la viande et le
poisson, l’encouragement de l’innovation et des technologies de
l’information, la diversification du financement des exportateurs et
le renforcement des structures d’appui aux entreprises (chambres
de commerce, services de consulting et ingénierie, et associations
professionnelles).

308
Tableau 8: Evolution récente des délais de dédouanement

Nombre de
Délai Moyen
déclarations
janvier-2002 28 063 1 H 0 Mn
février-2002 26 029 54 Mn
mars-2002 32 860 1 H 2 Mn
avril-2002 31 040 47 Mn
mai-2002 30 109 54 Mn
juin-2002 31 854 1 H 4 Mn
juillet-2002 30 841 56 Mn
août-2002 23 551 1 H 16 Mn
septembre-2002 26 134 52 Mn
octobre-2002 33 561 54 Mn
novembre-2002 28 461 1H 14 Mn
décembre-2002 32 962 57 Mn
janvier-2003 26 042 42 Mn
février-2003 27 269 34 Mn
mars-2003 28 967 39 Mn
avril-2003 31 251 47 Mn
Source: Office des Changes

Parmi les problèmes qui ont été résolus, on peut nommer la


réduction dans les délais de dédouanement (tableau 8) à presque la
moitié entre octobre 2001 et avril 2003. Il faut ici rappeler qu’au
début des années 90 les délais pouvaient atteindre quelques jours
(5,5 jours en 1997). Les 45 minutes de 2003 situent le Maroc
devant des pays comme la Thaïlande ou la Corée du Sud. Cette
réduction est associée à la campagne qui avait été entreprise il y a
quelques années pour assainir le système douanier: informatisation
d’une grande partie des procédures, mise à niveau des installations
douanières et engagement de la part du gouvernement à éliminer la
corruption dans l’administration douanière. L’Autorité des
Douanes et de l’Imposition Indirecte a implémenté une stratégie
visant à combattre la corruption en limitant le contact entre les
autorités douanières et les opérateurs.

309
L’emploi intensif de l’automatisation et de l’informatisation, de la
simplification des procédures, et du renforcement du système
disciplinaire au sein de l’administration douanière visent à réduire
les délais de dédouanement et, en même temps, à éliminer la
corruption en rendant le système plus transparent. Il faut ajouter
que l’évasion en douane concerne surtout les régimes en douane,
telle que l’admission temporaire, qui a besoin d’un contrôle qui
requiert à la fois des ressources informatiques et humaines
importantes. Même si, selon les opérateurs consultés, l’extension
de la corruption aux douanes semble avoir été réduite
considérablement, on doit rappeler ici que le Maroc est à la 52 ème
place (sur 102 pays) dans l’Index de Perception de la Corruption de
Transparency International, avec un indice de seulement 3,7 sur 10
(10 pour absence totale de corruption), derrière des pays comme la
Pologne (4), la Jordanie (4,5) ou la Tunisie (4,8). Ainsi, des bonus
ont été crées en fonction des performances pour les fonctionnaires
des douanes afin de réduire la corruption et d´augmenter le rythme
de dédouanement.

Il est important de continuer la réforme des douanes, qui joueront


un rôle chaque fois plus important dans l’avenir. La conclusion de
différents accords de libre-échange ou d´autres en phase de
négociation obligeront les douanes marocaines à gérer très
attentivement les règles d’origine pour assurer que les tarifs payés
sont les corrects, surveiller la collecte de la TVA (dont 60% vient
des importations) et faciliter les procédures aux portes. Mais il faut
aussi rappeler que d’autres entraves d’ordre infra structurel
persistent et doivent être corrigées. En premier lieu, ces entraves
concernent les monopoles de transport, qui sont en train d’être
éliminés de façon peut-être trop graduelle, et qui ont déjà été
abordés lors de l’analyse des instruments de la politique
commerciale. En deuxième lieu, un problème généralisé pour
l’ensemble des secteurs et des activités au Maroc et le déficit en
matière d’infrastructures de transport, un domaine où s’ouvrent des
possibilités de coopération pour l’UE au-delà des autoroutes,
comme les ports et aéroports, les chemins de fer et le transport
routier pour les régions les plus éloignées des routes
conventionnelles. La faible qualité des ZI est un exemple du

310
manque d’infrastructures performantes pour rendre les productions
marocaines plus compétitives pour l’exportation.

Un autre élément de la modernisation de la politique commerciale


marocain consiste à la promotion des exportations, le Maroc, qui
fait partie de l’OMC n’emploie pas de subventions à l’exportation
mais, depuis les années 80, il a mis en place des mécanismes pour
promouvoir l’exportation dans le cadre d’une stratégie orientée vers
l’exportation qui à cette époque signifiait une rupture avec les
stratégies précédentes de développement. Avec l’exception de la
production agricole, les instruments les plus utilisés dérivent de la
propre politique commerciale, notamment de la structure de la
protection et de l’ampleur des exportations effectuées sous les
régimes en douane. En premier lieu, la structure des tarifs
douaniers, avec des tarifs plus bas pour les biens d’équipement, les
produits intermédiaires et les inputs et des exonérations dans le
cadre de la charte d’investissement, ne montrent plus des nivaux de
protection effective négative comme dans les années 70, quand les
incitations microéconomiques étaient plus orientées vers la
production interne, pénalisant les exportateurs.

Table 9: Réexportations en suite d’Admission Temporaire,


2000

Groupements DH % des % du
d'utilisation exportations total des
par groupement réexportations

Alimentation,
boisson et tabac 971409667 5,8 2,7
Produits bruts
d’origine animale
et végétale 260525914 14,5 0,7
Produits bruts
d’origine minérale 151968552 2,6 0,4
Demi-produits 12399878857 72,8 34,5

311
Produits finis
d’équipement
agricole 7850739 72,3 0,0
Produits finis
d’équipement
industriel 2964023808 61,8 8,2
Produits finis de
consommation 16414116402 55,2 45,7
Or industriel 33373323 99,9 0,1
Total 35928505303 45,6 100,0
Source: Office des Changes et élaboration propre

L’instrument de promotion des exportations spécifiques le plus


répandu est celui des régimes en douane. Parmi eux le plus
important est celui de l’admission temporaire, qui concentrait plus
de 28% des importations en 2000, tandis que les réexportations en
suite d’admission temporaire signifiaient plus de 45% des
exportations marocaines pour cette année. Ces régimes ont évolué
très rapidement à partir des pourcentages de 8% et 12% en 1980,
respectivement. En 2000, la réexportation en suite d’admission
temporaire signifiait 73% des exportations de demi-produits, 62%
des exportations de produits finis d’équipement et 55% des
produits finis de consommation. Sur le total des réexportations, les
plus importantes étaient celles des demi-produits (34,5% des
réexportations) et celles des produits finis de consommation (46%
des réexportations). La plupart de ces réexportations ont lieu dans
la même branche, s’agissant du commerce intra-branche de haute
qualité pour le Maroc, qui importe les inputs et réexporte les
produits finis ou semi-finis.

La création des Zones Franches d’Exportation a eu lieu en 1995,


mais jusqu’à maintenant, une seule a été créée, celle de Tanger et
concentrent 109 compagnies qui représentent plus de 1,7 milliards
de DH d’investissement et la création de 16.000 emplois Les
opérations de changes pour des transactions avec l’étranger sont
entièrement libres, et les entrées et sorties des biens sont exemptées
de tous les impôts sur les importations, les exportations, la
production ou la consommation, parmi d’autres incitations de

312
nature fiscale. Les Zones Industrielles (ZI) ont été créées suivant le
Programme des Zones Industrielles de 1970 comme un instrument
de la politique de développement régionale. Le nombre actuel de ZI
est de 48 déjà finies et 26 sur le point de l´être. En dépit de la
progression de son nombre, les ZI rencontrent des problèmes au
niveau du manque de terrains avec des services basiques, le
manque d’entretien, l’insuffisance des services offerts et la
spéculation foncière.

La transition d’une stratégie de substitution des importations vers


une autre fondée sur la promotion des exportations a quasiment
éliminé les obstacles à l’exportation, très généralisés avant
l’ajustement structurel des années 80. Des taxes à l’exportation
subsistent pour les phosphates (34 DH/tonne exportée), le maïs
(0,05 DH/quintal) et les fibres végétales (7 DH/tonne). Les
‘marketing boards’ qui contrôlaient les exportations agricoles
n’existent plus, mais l’exportation des phosphates est un monopole
d’Etat exercé par une office de commercialisation publique.
Seulement quelques produits sont soumis aux licences à
l’exportation, tels que la farine de céréales, spécimens, antiquités,
et d’autres produits couverts par des Accords comme le CITES.
Les licences à l’exportation sont données par le Ministère du
Commerce Extérieur et récemment (2001) elles ont été appliquées
à quelques peaux (certains cuirs), certaines d´entre elles ayant été
abolies postérieurement en octobre 2002.

Sauf exceptions, seulement des mesures indirectes et horizontales,


qui concernent l’ensemble de l’appareil productif marocain, sont
encore en place pour la promotion des exportations. Parmi les
mesures concrètes on peut citer les subventions à l’exportation de
certains produits agricoles par transport aérien (fruits, légumes,
fleurs coupées et plantes ornementales), qui oscillent entre 1 et 4,5
DH par kg. en fonction de la destination et sont payées aux
compagnies aériennes, qui le déduisent des tarifs de transport. On
peut aussi nommer les entraves à l’investissement étranger direct,
en général, et dans certains secteurs particuliers comme la pêche,
l’agriculture et l’artisanat, avec un potentiel exportateur très
important. En deuxième lieu, il faut souligner l’existence des
monopoles dans des secteurs liés au commerce extérieur, tel que le

313
transport ou l’assurance, qui augmentent les coûts des exportateurs.
Un troisième obstacle est l’obligation de rapatrier les revenus des
exportations dans des délais assez courts, avec des exceptions très
restrictives.

Dernièrement, suivant un programme de promotion de la


croissance qui inclut la promotion des exportations, des mesures
plus proactives devraient être adoptées. Ces mesures peuvent être
rassemblées en six domaines: mise en place de nouvelles
incitations à l’exportation, promotion de l’image du Maroc dans le
monde, amélioration des infrastructures relatives au commerce
extérieur, une amélioration de l’environnement de l’investissement
et des incitations à l’investissement. Parmi les nouvelles incitations
qui sont en train d’être considérées, on peut citer l’extension des
bénéfices fiscaux aux ‘exportateurs indirects’, l’élaboration d’un
plan pour la promotion de l’exportation des services, et la réforme
du cadre institutionnel de la promotion de l’exportation. Cette
dernière mesure consisterait dans la création d’une agence
marocaine de promotion des exportations (AMPE).

Du côté institutionnel, nous pouvons citer l’activité de la


Compagnie Marocaine d’Assurance à l’Exportation (SMAEX), qui
offre trois modalités d’assurance: assurance crédit, assurance
d’études de marché et assurance d’assistance au foires. Le Centre
Marocain de Promotion des Exportations (CMPE), supervisé par le
Ministère de l’Industrie et du Commerce, est chargé de promouvoir
et développer les exportations des biens et services. Chaque année,
le CMPE conduit des programmes pour la participation aux foires
et offre une base de données interactive sur Internet des entreprises
exportatrices. Finalement, les exportateurs peuvent bénéficier de
comptes en DH convertibles (CCPEX) avec une banque marocaine
jusqu’à 20% des revenus des exportations rapatriées.

Conclusions et recommandations de politique

L’analyse menée à terme dans les pages précédentes peut aider à


proposer des mesures visant autant à la modernisation qu’à la
libéralisation. A notre avis, la libéralisation doit accompagner la
modernisation, parce que les deux logiques sont complémentaires.

314
Cependant, le Maroc a d’abord donné la priorité à une libéralisation
graduelle (années 80), pour après réduire le rythme de
démantèlement tarifaire et non tarifaire. Dans la deuxième moitié
des années 90, par contre, la modernisation s’est imposée comme
incontournable pour les autorités marocaines. Mais la libéralisation
s’est introduite par l’Accord d’Association avec l’UE qui, à son
tour, n’impose pas des mesures de modernisation. Mais face à
l’Accord d’Association avec l’UE la modernisation s’impose pour
que les entreprises marocaines puissent jouer sur des niveaux
institutionnels semblables à ceux dont disposent les entreprises de
l’UE.

En dépit de la graduelle libéralisation commerciale, il reste encore


des tarifs ayant des niveaux élevés, notamment sur des secteurs où
les importations peuvent concurrencer les productions marocaines.
Cela fait que la marge de réduction en ce qui concerne les tarifs
semble importante, surtout dans les secteurs des produits
intermédiaires, l’agriculture et les produits de consommation. La
dispersion de la structure tarifaire reste assez forte, ce qui introduit
des distorsions importantes sur la structure des incitations, avec des
effets pervers de mauvaise allocation des ressources. Aussi, le
Maroc ne respecte pas toutes les limitations tarifaires (bound
tariffs) qui ont été accordées lors de la Ronde Uruguay; un premier
pas serait de réduire les tarifs sur ces produits jusqu’au niveaux
fixés comme limites à l’UR. En plus, et malgré l’existence de
contingents tarifaires à tarif préférentiel, pour plusieurs produits,
ces contingents ne s’appliquent pas. Il faudrait arrêter cette pratique
qui consiste à appliquer directement les tarifs hors contingent. Le
Maroc applique aussi des droits variables à l’importation,
spécialement pour des produits agricoles, qui empêchent la
concurrence sur des secteurs, comme notamment celui des céréales
où le Maroc ne possède pas d´avantages comparatifs.

En ce qui concerne le rythme de réduction tarifaire vis-à-vis de


l’UE, il laisse à désirer, puisque ce sont les secteurs les plus
sensibles (voire les moins compétitifs) qui sont les derniers à être
libéralisés. Dans la période transitoire la protection effective
augmentera, puisque c’est aux biens de capital et aux produits
intermédiaires que s’appliquent les premières phases du

315
démantèlement tarifaire. Ce calendrier a été justifié par la nécessité
d’avancer dans la mise à niveau des entreprises marocaines, mais
bien peu a été accompli dans ce domaine, et les entrepreneurs
peuvent retarder l’adaptation à la concurrence de l’UE en attendant
que des mesures exceptionnelles, telles que les sauvegardes, soient
activées avant la fin de la période de transition. Pour le moment,
l’impact fiscal du démantèlement tarifaire a été faible, puisque la
réduction appliquée sur les tarifs des biens importés de l’UE vient
de commencer, et parce que l’augmentation des importations a
compensé la réduction des tarifs. Il reste à voir l’évolution dans le
futur, mais vu les exemptions pour certaines importations déjà
accordées, l’impact fiscal pourrait ne pas être si fort dans les
prochaines années, et se concentrer sur les dernières années de la
période de transition. Il faut aussi ajouter que les revenus de la
TVA se concentrent sur les importations, ce qui assouplit le poids
fiscal du démantèlement. De toutes façons, la réduction tarifaire
pousse les autorités à développer un système fiscal plus moderne
fondé sur l’imposition directe.

En matière de régionalisme, les leçons que doit en tirer le Maroc


sont celles de l’intégration profonde (deep integration) fondée sur
l’harmonisation des normes et des standards et l’intégration à
travers le commerce intra-branche. Avec l’UE, il serait important
de préciser les contenus d’une intégration qui soit plus qu’une
association mais moins que l’adhésion: la façon ‘d’attacher’ le
Maroc à l’UE est importante pour l’attractivité du pays face aux
investissements étrangers. Il faudrait aussi essayer de fermer le
dossier agricole pour débloquer un des secteurs le plus prometteur
pour l’intégration et la complémentarité Nord-Sud. En ce qui
concerne l’Accord en négociation avec les Etats Unis, il est encore
tôt pour se prononcer, mais il ne semble pas correct de le
déqualifier à priori. Par ailleurs, il semble difficile, sans connaître
les détails, de trouver des incompatibilités entre la ZLC et l´UE. En
ce qui concerne l’intégration sous-régionale, le Maroc doit
appliquer des critères pragmatiques à ses accords avec d’autres
pays méditerranéens: les processus à haut contenu rhétorique et
suivant des procédures telles que les listes positives ne paraissent
pas très prometteurs.

316
Du point de vue de la modernisation de la politique commerciale
on peut souligner les aspects qui suivent. Le dynamisme des
régimes douaniers montre la capacité de concurrence de l’industrie
marocaine quand elle n’est pas soumise aux lourdeurs fiscales,
tarifaires et administratives. C’est un instrument qui peut être
complété avec des zones franches autres que celle de Tanger. La
Charte de l’investissement continue à octroyer de privilèges fiscaux
et tarifaires assez complexes en dépit de sa simplification. La
variété d’incitations entrave l’allocation efficace des ressources et
rend le système complexe et peu transparent. Les produits
intermédiaires sont parfois pénalisés, ce qui pousse les exportateurs
désirant les importer à le faire sous des régimes douaniers tel que
l’admission temporaire. A son tour, cette omniprésence des
admissions temporaires rend difficile le contrôle du système.

En ce qui concerne la modernisation des infrastructures on aimerait


signaler les points suivants. Tout d’abord, et en dépit des progrès
réalisés dans la modernisation des douanes, il faut continuer à
améliorer les infrastructures de dédouanement et simplifier
d’avantage les procédures. Il faut aussi accélérer la mise en place
d’autres infrastructures, comme des laboratoires, des offices de
standards et de normalisation, ainsi que des institutions visant à
surveiller et promouvoir la qualité des produits. Il se peut que les
entraves qui subsistent le plus à l’exportation sont celles qui
concernent les monopoles sur les transports et les assurances, et les
infrastructures des ports. D’autres déficits en infrastructures
physiques persistent (routes, chemins de fer, ports, etc...) et doivent
être adressés. Malgré les efforts pour éradiquer la corruption, les
niveaux des tarifs rendent les activités de contrebande très
lucratives. Le système d’admission temporaire est la voie la plus
citée par les observateurs pour la contrebande, et celle, bien que
petite, opérant entre le Maroc et Ceuta et Melilla reste aussi très
coûteuse pour le Maroc.

317
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