Commission Nationale D'Expertise Comptable: Mémoire en Vue de L'obtention Du Diplôme D'expertise Comptable
Commission Nationale D'Expertise Comptable: Mémoire en Vue de L'obtention Du Diplôme D'expertise Comptable
CARTHAGE PRESIDENCE
Janvier 2013
Récemment, le monde connaît une crise financière et économique sans précédent. Des
centaines de sociétés ont déclaré leurs faillites. Force est de constater qu’une crise de
confiance des investisseurs règne désormais : une crise qui a privé de liquidités les
marchés et les institutions financières. La crise de 1929, certes, la crise la plus célèbre
de l’histoire économique a révélé l’existence de problèmes structurels de gouvernance.
La relance de l’économie a nécessité le regain de la confiance aux marchés financiers.
La crise de 1929 était le point de départ solennel de l’ère de l’audit des comptes par des
professionnels indépendants externes à l’entité auditée. La gouvernance d’entreprise est
ainsi considérée comme la pierre angulaire de toute réforme ayant pour objectif de
favoriser la stabilité et la croissance des marchés.
Afin de rétablir la confiance dans les milieux financiers et protéger les intérêts des
investisseurs, l’intervention des autorités des marchés financiers a été jugée
indispensable pour instaurer de nouvelles lois qui visent la protection des actionnaires
de la latitude des dirigeants. C’est ainsi que des réformes importantes ont été engagées
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par les pouvoirs publics au cours des dernières années. Aux Etats-Unis, par exemple, la
loi Sarbanes Oxley (SOX) du 23 janvier 2002 constitue une étape cruciale dans la
réglementation américaine sur la gouvernance. Le parlement Français, de sa part,
a adopté le 17 juillet 2003 la loi sur la sécurité financière pour répondre à la crise de
confiance des investisseurs. En Tunisie, la loi sur la sécurité financière de 2003
constitue la principale avancée en matière de réglementation sur la gouvernance. Aussi,
la loi 2009-16 modifiant et complétant le code des sociétés commerciales, a abrogé
et remplacé plusieurs articles du code tunisien dont notamment les dispositions de
l’article 200 sur les conventions réglementées et a introduit plus de rigueur et de
contrôle et consacré le droit des actionnaires à l’accès aux documents sociétaires.
Toutes ces avancées ont valu à la Tunisie un gain de 70 places dans le classement de
« Doing Business 2010 » en matière de protection des investisseurs (Boubaker, 2009).
Au-delà des obligations légales, des mesures ont été prises dans de nombreux pays
à travers l’établissement de rapports visant à favoriser la convergence vers l’adoption de
principes fondamentaux et de saines pratiques et promouvoir ainsi la bonne
gouvernance. Il s’agit des guides de bonnes pratiques de gouvernance des entreprises
qui ont vu le jour dans différents pays : la Tunisie en fait partie. En effet, la culture de
bonnes pratiques de gouvernance a été récemment instaurée en Tunisie par la
publication en Juin 2009 d’un guide du rapport annuel des entreprises tunisiennes et en
Juin 2008 d’un code de bonnes pratiques par le centre tunisien de gouvernance
d’entreprises actualisé en Janvier 20121. Ce dernier code œuvre pour une prise de
conscience croissante de l’importance de la bonne gouvernance d’entreprises pour
affronter les nouveaux enjeux économiques. Les protagonistes dans ce domaine sont
sans doute les dirigeants des entreprises. Ils doivent montrer une volonté de suivre des
règles plus strictes et de répondre aux nouvelles exigences des bonnes pratiques.
Améliorer la transparence et rétablir la confiance sont les principaux objectifs espérés.
La gouvernance d’entreprise encadrée par des lois et des règles de bonnes pratiques
maintiendrait en théorie les intérêts des investisseurs. En effet, selon Jensen et Meckling
(1976), des conflits d’intérêts peuvent survenir entre les propriétaires et les dirigeants
non propriétaires lorsque les dirigeants sont tentés de poursuivre un comportement
opportuniste préjudiciable aux intérêts des actionnaires. Quatre conflits d’intérêts
1
Tous ces documents sont disponibles sur le site du CTGE : [Link]
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peuvent émerger de la relation actionnaires/dirigeants : la différence de l’horizon
temporel qui les associe à l’entreprise, la différence entre leurs préférences au niveau du
risque, l’aversion à l’effort des gestionnaires et l’utilisation des actifs de la société pour
des fins personnelles. Pour pallier ces différents conflits d’agence, des mécanismes de
gouvernance sont mis en place pour assurer l’alignement des intérêts entre les
actionnaires et les gestionnaires. Ces mécanismes représentent des critères de mesure de
la qualité du système de gouvernance. Celle-ci est d’une impérieuse nécessité pour les
investisseurs désirant investir dans des entreprises protégeant leurs intérêts. Le choix
d’investissement repose désormais sur la conduite des dirigeants et plus généralement
sur la réputation de l’entreprise en matière de gouvernement d’entreprise. Proposer une
mesure de la qualité du système de gouvernement d’entreprise ne peut que satisfaire ce
besoin et leur permettre d’atteindre leur objectif de rentabilité grâce à un classement des
entreprises en fonction de la qualité de leur système de gouvernance.
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- Comment peut-on définir la qualité d’un système de gouvernance ?
- A quoi sert la mesure des pratiques de gouvernance ?
- Dans quelle mesure les entreprises tunisiennes se conforment-elles au code de
bonnes pratiques ?
- Les firmes sont désormais notées et classées par rapport à l’étalon des « meilleures
pratiques ». Ce classement permettra t-il aux investisseurs de réaliser de meilleures
performances ?
- La qualité du système de gouvernance influence-t-elle la performance comptable de
l’entreprise ?
Ce mémoire aborde une thématique d’un grand intérêt sur les plans pratique et
théorique. Sur le plan pratique, l’étude du gouvernement d’entreprise concerne
différentes parties prenantes. En effet, la mesure de la qualité du système de
gouvernance tunisien permettra d’une part aux investisseurs d’évaluer la qualité du
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système de gouvernance d’entreprises et de classer les entreprises tunisiennes en
fonction de leur réputation en matière de gouvernance et de protection des intérêts des
investisseurs. L’objectif ici est de les aider dans leurs choix d’investissement. D’autre
part, il s’agit de fournir la possibilité aux entreprises tunisiennes d’adopter les pratiques
les plus avancées en matière de gouvernance d’entreprise pour améliorer la réputation
de leur système de gouvernance. Aussi, de les sensibiliser à la nécessité et aux
avantages d’un système de gouvernance de qualité. L’étude de l’effet d’un système de
gouvernance de qualité sur la performance permettra aux investisseurs de rentabiliser
leurs investissements et aux chefs d’entreprises tunisiennes d’apporter une valeur
ajoutée à leurs organisations.
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pratiques existant ainsi que l’impact de la qualité du système de gouvernance des
entreprises tunisiennes sur la performance comptable. La conclusion générale permettra
de faire le point sur les principaux résultats, les apports ainsi que sur les limites à partir
desquelles des perspectives de recherches peuvent se profiler. Le plan de la recherche
est repris dans la figure 1 ci-dessous.
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Chapitre 1. Le cadre théorique du gouvernement
d’entreprise
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Chapitre 1
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Introduction
Le gouvernement d’entreprise est au cœur de tous les débats. Il est primordial pour la
pérennité de l’entreprise. C’est l’un des piliers de compétitivité entre les entreprises et
un levier de création de valeur. Il obéit à certains principes qui doivent être respectés
dans la manière de contrôler les dirigeants. Il est ainsi intéressant de comprendre les
origines et l’évolution du gouvernement d’entreprise afin de comprendre l’intérêt
croissant et évolutif pour ce domaine.
Ce chapitre présente dans une première section l’origine du débat sur le gouvernement
d’entreprise en attribuant l’émergence de ce domaine aux auteurs Berle et Means (1932)
dans leur ouvrage sur les conséquences de la séparation des fonctions de propriété et de
décision et à l’apport soutenu par Jensen et Meckling (1976). Nous y abordons
également le cadre théorique de la gouvernance s’illustrant principalement par les
apports de la théorie de l’agence. Dans une deuxième section, nous présentons les deux
principales approches théoriques du gouvernement d’entreprise : l’approche
actionnariale reposant sur la théorie de l’agence et l’approche partenariale se fondant sur
la théorie des parties prenantes. Enfin, la troisième section tente de proposer une
définition au gouvernement d’entreprise et met en exergue les différents mécanismes de
gouvernance externes et internes de contrôle des dirigeants.
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Section 1. Origines et fondement théorique du gouvernement
d’entreprise
Toutefois, avec la croissance des besoins des consommateurs et afin d’améliorer leur
productivité, ces sociétés se trouvaient dans l’obligation de recourir d’abord au
financement extérieur des banques et ensuite des particuliers grâce au développement
parallèle des marchés financiers. Ces sociétés au départ familiales peu à peu se
transformaient en des grandes firmes cotées. C’étaient les années 20, surnommées aux
Etats-Unis les «années folles ». Tout semblait aller vers le mieux avant que la crise de
1929 survint : les banques fermèrent les portes, les porteurs d’actions se trouvèrent
ruinés et les sociétés, qui ont perdu tous leurs moyens financiers, firent faillite.
2
Gérard CHARREAUX et Peter WIRTZ « Gouvernance des Entreprises Nouvelles perspectives », introduction
p.7.
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direction de sa propre firme, occupe désormais la fonction du dirigeant soucieux de ses
propres intérêts ainsi que des intérêts des autres actionnaires. Depuis, la séparation entre
la propriété du capital et la direction de la société, devenue inéluctable, inspire la
plupart des théoriciens de la gouvernance.
L’origine du débat remonte au début des années 1930, lorsque Berle et Means ont attiré
l’attention sur les risques inhérents à la séparation entre la propriété et la direction des
sociétés cotées. Berle et Means, en 1932, ont constaté dans leurs travaux que cette
dissociation entrainerait un conflit d’intérêts entre les actionnaires et les dirigeants. Ils
avaient alors mis en évidence la nécessité de contrôler les dirigeants afin de protéger les
intérêts des petits actionnaires. Une latitude décisionnelle trop importante des dirigeants
due à un contrôle insuffisant des actionnaires était supposée être à l’origine de la sous-
performance. Cette réflexion rejoint, en réalité, l’idée déjà présentée par Adam Smith en
1776 dans son œuvre « la richesse des nations » où il qualifie les dirigeants comme
étant « les régisseurs de l’argent d’autrui » : leur vigilance ne peut égaler celle des
associés qui eux engagent leurs propres fonds.
Le gouvernement d’entreprise trouve donc son origine dans des « pays pour lesquels le
financement des entreprises provient essentiellement des marchés financiers » (Vincent
et Legout, 2009). Le motif disciplinaire ainsi invoqué allait contribuer ultérieurement
à fonder la théorie de l’agence qui tire son nom de la relation d’agence censée lier les
dirigeants aux actionnaires. La théorie de l’agence est considérée comme la pierre
angulaire de la doctrine actuelle de gouvernance. Bien que plusieurs auteurs aient
participé au développement de cette théorie dont Alchian et Demsetz (1972), Ross
(1973), Fama (1980), Sheifer et Vishny (1986), ce sont Jensen et Meckling (1976) qui
ont été les précurseurs du développement et de l’analyse de la théorie de l’agence.
D’après Chatelin et Trébuq (2003), « l’origine de ce courant doit être placée dans son
contexte historique, celui des années 70, une période où la plupart des entreprises
américaines étaient confrontées à de sérieuses difficultés de compétitivité, face à leurs
homologues japonaises ». En cas de sous-performance, le dirigeant (agent) est remplacé
par un autre suite à l’achat de sa société par d’autres investisseurs (principal) lors d’une
offre publique d’achat.
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caractérisées par la montée en puissance des investisseurs institutionnels dont
notamment les pensions de retraite, ont connu en 1992 la publication du rapport
Cadbury intitulé « the Financial aspects of corporate governance » suite aux scandales
financiers qui ont éclaté au Royaume-Uni telle que l’affaire Maxwell. Ce document
définit un code de bonnes pratiques pour répondre aux attentes du marché notamment
quant au rôle et au fonctionnement du conseil d’administration, aux pratiques
financières et comptables et au contrôle des dirigeants. Ce rapport est à l’origine
d’autres écrits publiés dans les années qui suivent : « Principles of Corporate
Governance : Analysis and Recommandations » en 1993 aux Etats Unis, « le rapport
Greenbury » en 1995 au Royaume-Uni, « le rapport Vienot I et II » en 1995 et 1999, et
« le rapport Bouton » en 2002 en France… Ces rapports proposent unanimement de
nouvelles recommandations aux entreprises cotées pour une meilleure gouvernance.
3
Adam Smith était un professeur de philosophie morale et non d’économie à l’université de Glasgow.
4
[Link], secrétaire général de l’OCDE, propos rapportés dans « [Link], secrétaire général de l’OCDE,
lance un appel pour renforcer les standards de gouvernement d’entreprise », 25/09/2008, [Link].
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2. Fondement théorique du gouvernement d’entreprise : La théorie
de l’agence
La définition donnée par ces auteurs est plus large car elle s’applique à toute
coopération entre agents. En effet, dans la théorie de l’agence, la firme est perçue
comme un ensemble de contrats « nœud de contrat » où le dirigeant occupe une position
centrale. Certains auteurs parlent même d’une fiction légale où se réalisent des relations
contractuelles multiples entre les différents partenaires: salariés, créanciers,
actionnaires, concurrents… De toutes ces relations, celle qui lie le dirigeant avec les
actionnaires est considérée comme la plus importante.
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le cas de la séparation totale entre propriété et décision - atténue la motivation du
dirigeant n’assumant plus l’intégralité du risque, et l’incite plutôt à accroitre ses
prélèvements en amont.
Dans la théorie de l’agence, il n’est pas nécessaire d’attendre que le dirigeant agisse
contre les intérêts des actionnaires pour imposer des mécanismes de contrôle ou/et
d’incitation. La probabilité d’un comportement opportuniste de la part du dirigeant
suffit à instaurer le doute chez les actionnaires. Cette approche est fortement critiquée
dans d’autres théories notamment la théorie de l’intendance qui trouve dans l’attitude
des actionnaires un comportement contre-productif pouvant « engendrer un climat de
suspicion globalement négatif »5.
5
Stéphane Trébucq « la gouvernance d’entreprise héritière de conflits idéologiques et philosophiques »,
communication pour les neuvièmes journées d’histoire de la comptabilité et du management, [Link] 2003.
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2.1. Les sources des conflits d’intérêts
La relation d’agence est définie comme étant un contrat impliquant une délégation de
pouvoir décisionnel du principal vers l’agent. Cette situation est source de conflits
d’intérêt. Ces conflits ont pour origines : les problèmes d’observabilité, d’aversion au
risque et d’asymétrie d’informations.
L’entrepreneur qui désire investir plus que ses moyens financiers, se trouve dans
l’obligation d’ouvrir son capital au financement extérieur par l’émission d’actions ou
d’obligations. Plus sa participation dans le capital diminue, plus il a tendance à se
procurer une partie des ressources de la firme sous forme de prélèvements non
pécuniaires (des privilèges) ou de bénéfices privés (des dépenses discrétionnaires). Les
actionnaires sont amenés alors à dépenser davantage pour lutter contre le comportement
opportuniste du manager associé. Par ailleurs, la très grande mobilité des porteurs
d’actions est source de conflits importants. Aux Etats-Unis, « la durée moyenne de
détention des actions est passée de 7 ans en 1960 à 7 mois en 1996 » (Parrat, 1999).
L’actionnaire cherche à ce que le dirigeant oriente ses efforts vers une maximisation
rapide de la valeur de ses actions alors que ce dernier a plutôt une vision plus large, dont
le but est d’assurer le développement et la pérennité de l’entreprise. Cela risque de créer
un dilemme chez le dirigeant de type accroitre la valeur à court terme de l’entreprise ou
plutôt garantir sa durabilité.
Les managers disposent d’un degré d’aversion au risque qui diverge de celui des
actionnaires. Ces derniers souhaitent investir dans des projets risqués ayant des
rentabilités élevées. En effet, par le biais de la diversification de leurs portefeuilles, ils
peuvent diminuer les risques auxquels ils s’exposent par leur détention de portefeuilles
diversifiés. Toutefois, le dirigeant investit tout son capital humain dans l’entreprise qu’il
dirige et ne dispose pas de la possibilité de diversifier le risque auquel il se trouve
confronté. Dans ce cas, le dirigeant est incité à choisir des investissements peu risqués,
ou même à rejeter un projet rentable en raison des risques personnels. Il cherche ainsi
à marquer sa gestion par la prudence en évitant les projets risqués, contrairement aux
attentes des actionnaires.
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2.1.3. Le problème d’asymétrie d’information
L’asymétrie d’information est un concept qui peut être crédité à Akerlof (1970) dans
son article « The market of Lemons ». Son modèle suppose qu’il y ait asymétrie de
l'information sur le marché, à partir du moment où ceux qui détiennent les informations
privées sur leurs produits décident de ne pas les livrer à leurs partenaires à l'échange.
L’asymétrie d’information peut se présenter sous les deux formes suivantes :
L’asymétrie d’information est aussi considérée comme un moyen pour réaliser des
bénéfices privés et dispenser les actionnaires de la totalité de leurs droits. Les
informations financières présentées sont maquillées de manière à masquer la vraie
valeur de la firme.
Selon Jensen et Meckling (1976), ces coûts se décomposent en trois principaux types :
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Les coûts de surveillance et d’incitation (monitoring costs) : ces dépenses sont
supportées par le principal (l’actionnaire) pour limiter le comportement
opportuniste de l’agent(le dirigeant) .Elles se traduisent par des mécanismes de
contrôle (audit, contrôle budgétaire…) ou d’incitation (système de rémunération,
stock option…).
Les coûts d’obligation ou d’engagement (bonding costs) : ces dépenses sont
encourues par l’agent(le dirigeant) pour mettre en confiance le principal
(l’actionnaire) et signaler la bonne exécution du contrat. Le dirigeant peut, à titre
d’exemple, recourir à des experts extérieurs à la firme pour montrer aux
actionnaires qu’il valorise la valeur boursière de l’action.
Les pertes résiduelles (residual loss) : dénommées aussi « coût d’opportunité »
représentent le coût additionnel à subir malgré les dépenses de contrôle et
d’engagement. Ces pertes s’expliquent par la divergence d’intérêt qui subsiste
toujours entre les décisions de l’agent et celles du principal en cas de gestion directe
(choix d’investissement non optimal, mauvaise allocation des ressources…).
Une autre conséquence pourrait résulter de la relation conflictuelle entre les actionnaires
et les dirigeants. Elle a trait à l’enracinement des dirigeants. D’après Morck, Shleifer et
Vishny (1988), cette stratégie a pour objectif d’augmenter le pouvoir discrétionnaire des
dirigeants en utilisant des moyens afin de paralyser le contrôle du principal et de rendre
couteuse leur révocation en réduisant ainsi le risque de leur remplacement.
L’objectif serait ainsi de bloquer le contrôle du principal et de rendre les fonctions des
dirigeants inévitables au sein de l’entreprise. Les dirigeants peuvent être amenés ainsi
à choisir des investissements spécifiques qui nécessitent leurs compétences et leur
capacité managériale. Dans ce cadre, une définition a été développée par Benoît Pigé
(1998) et selon laquelle « le processus d’enracinement permet au dirigeant de
s’affranchir de la tutelle de son conseil d’administration, voire de ses actionnaires ».
Une des questions primordiales que tout un chacun pouvait se poser se rapporte à la
place que devrait prendre l’actionnaire au cœur de son entreprise. En d’autres termes,
comment contrôler le dirigeant et l’obliger à mener son action dans l’intérêt de
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l’actionnaire ou encore, comment aligner l’intérêt du dirigeant à celui de l’actionnaire.
Ainsi et comme solution à cette divergence d’intérêts entre les actionnaires et dirigeants
et les coûts d’agence qui en émanent, des procédures de contrôle et/ou d’incitation sont
mises en place pour s’assurer que l’agent prenne les décisions optimales du point de vue
du principal. Le gouvernement d’entreprise apparaît ainsi comme étant la solution la
mieux adaptée pour la préservation des intérêts de l’ensemble des actionnaires et une
condition sine qua non pour la réalisation de l’objectif d’alignement d’intérêts.
Ces principes seraient de nature à nous ramener à deux aspects essentiels de base qui
conditionneraient l’efficacité d’un système de gouvernance d’entreprise. Il s’agit en
premier lieu de la transparence qui, elle même, conduirait vers le deuxième aspect
à savoir, la confiance dans le système. Et c’est dans ce cadre que le rôle confié au
système de gouvernance d’entreprise, constitué par une série de mécanismes externes et
internes à l’entreprise, serait de responsabiliser les différents organes de l’entreprise
à l’effet de délimiter les pouvoirs et d’influencer les décisions des dirigeants pour une
meilleure convergence des intérêts.
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Section 2. Les approches théoriques du gouvernement
d’entreprise
En gouvernance, il est habituel d’opposer l’approche actionnariale à l’approche
partenariale. La première favorise la relation entre actionnaires et dirigeants tandis que
la deuxième fait intervenir toutes les parties prenantes de l’entreprise. Ces deux
approches abordent différemment la question de la création et de la répartition de
valeur.
1. L’approche actionnariale
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2. L’approche partenariale
Dans ce modèle, les marchés financiers sont peu développés et le capital des firmes est
souvent contrôlé par des actionnaires puissants à travers des blocs de contrôle. Mais
d’autres parties prenantes exercent également un contrôle sur les dirigeants, comme les
banques, les syndicats, les clients et les pouvoirs publics. Les dirigeants doivent donc en
permanence chercher à ménager les intérêts de ces différentes parties.
Il est important de souligner que quelque soit l’approche suivie, l’existence des conflits
d’intérêts reste le problème primordial, qui ne peut être résolu qu’à travers des
mécanismes de gouvernance placés afin de surveiller le comportement du dirigeant.
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Section 3. Le gouvernement d’entreprise : Concepts et
mécanismes
Les définitions qu’on peut donner à la gouvernance sont multiples et variées. Shleifer et
Vishny (1997), par exemple, la présentent comme étant l’ « ensemble des mécanismes
qui garantissent aux différents bailleurs de fonds un retour sur investissement, en évitant
une appropriation de valeur excessive par le dirigeant et les actionnaires
dominants ». Cette définition dépasse l’étude de la seule relation entre les actionnaires
et les dirigeants pour recouvrir l’ensemble des relations qu’entretient une entreprise
avec ses différentes parties prenantes. Il s’agit de garantir l’équilibre des forces au sein
de la firme. Charreaux (1997) avance une autre définition selon laquelle la gouvernance
est « l’ensemble des mécanismes organisationnels et institutionnels qui ont comme effet
de délimiter les pouvoirs et d’influencer les décisions des dirigeants, autrement dit, qui
« gouvernent » leur conduite et définissent leur espace discrétionnaire ».
La gouvernance est un thème beaucoup plus récent que l’éthique. En effet, cette
dernière trouve ses origines dans des civilisations très anciennes telles que Babylone
avec le code de Hammourabi ou encore la Grèce antique grâce aux œuvres d’Aristote.
Or, si on excepte les travaux de Berle et Means (1932) et de Jensen et Meckling (1976),
la gouvernance a connu son réel essor au début des années 90. Ces deux notions sont
donc historiquement distinctes. Toutefois, gouvernance et éthique se trouvent
aujourd’hui indissociables : il n’y a pas gouvernance sans un fondement éthique.
Force est de constater que le choix d’un dirigeant est un facteur clé pour le succès
d’une affaire ou son échec. Les qualifications et compétences d’un dirigeant sont autant
des critères traditionnels de sa sélection à la tête de la direction. Toutefois, avec les
scandales financiers qui salissent régulièrement le monde économique (rémunérations
exorbitantes, maquillages de comptes, pots de vin …), une autre qualité est désormais
requise pour diriger une entreprise : l’attachement du dirigeant aux valeurs morales et
de là, à l’éthique pour diriger les affaires de son entreprise.
En effet, les révélations récentes et multiples de ces scandales ont accentué le débat sur
la gouvernance mais également sur une notion qui lui est désormais très dépendante
« l’éthique ». Des affaires comme Enron aux Etats-Unis ou l’Oréal en France montrent
la nécessité de rétablir la confiance chez les actionnaires. Cette reconquête de confiance
est tributaire du renforcement des mécanismes de gouvernance et de l’insertion des
valeurs d’éthique au sein de la firme.
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A ce titre, l’éthique, qui « s’exprime au travers d’un système de valeurs partagées par
les dirigeants et les salariés, des méthodes de management et de comportements de
l’ensemble du personnel » (Lepineux 2003), s’ajoute comme un autre critère
d’appréciation. En effet, l’entreprise n’est plus seulement évaluée sur sa rentabilité
mais également sur ses valeurs morales. D’ailleurs, certaines firmes, dans certains
contextes, s’en servent même pour séduire l’opinion publique ou pour réinstaurer une
image perdue. L’indemnisation spontanée de 20 millions de dollars par le géant
pétrolier BP des victimes de la marée noire au golfe du Mexique en est l’exemple.
- Les mécanismes externes qui englobent le rôle disciplinaire des marchés (marché
du travail du dirigeant, marché des biens et services, marché des prises de contrôle)
et celui de la réglementation.
- Les mécanismes internes, issus de l’entreprise, et qui reposent principalement sur le
rôle du conseil d’administration, la structure de propriété, la transparence et la
divulgation d’information, la politique d’endettement et le système incitatif de
rémunération.
Le système législatif d’un pays (la loi Sarbanes-Oxley en 2002 aux Etats-Unis, la loi de
la sécurité financière en 2003 en France, les nouvelles règles comptables IAS/IFRS, la
loi n°2005-96 sur le renforcement de la sécurité des relations financières en Tunisie,
entre autres), est considéré comme étant le premier élément du contrôle externe. Il
souligne le rôle du législateur comme acteur incontournable de la gouvernance
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d’entreprise. L’environnement légal et réglementaire présente de nombreuses
contraintes pour les dirigeants, dans le but de protéger les droits des petits porteurs. Ce
système permet aux dirigeants de bien connaître leurs obligations envers les
actionnaires, et les conséquences qu’ils pourraient subir en cas de non respect de ces
lois. En effet, les scandales survenus de part et d’autres ont remis en cause l’auto-
régulation en faveur d’une législation plus contraignante des actions des dirigeants. Ces
derniers sont disciplinés par le système légal et réglementaire et trouvent leurs espaces
discrétionnaires limités par la conformité aux lois et règlements.
Le marché de travail des dirigeants est le principal mécanisme de contrôle externe des
dirigeants d’après Fama (1980). Ces derniers souhaitent préserver leur réputation et leur
valeur sur le marché de travail en œuvrant pour la bonne gestion de l’entreprise. Etant
donné l’importance du capital humain dans le patrimoine des dirigeants, ces derniers
courent souvent le risque d’être remplacés et de perdre ainsi leurs positions. D’après la
théorie de l’agence, la discipline est exercée par le marché du travail des dirigeants via
deux voies d’actions : la récompense des dirigeants compétents par divers mécanismes
d’incitation et leur remplacement en cas de mauvaise performance de l’entreprise. En
pratique, les dirigeants peuvent contourner ce mécanisme de contrôle de marché et
entreprennent des investissements spécifiques pour s’enraciner davantage dans
l’entreprise et rendre leur révocation de plus en plus difficile.
Jensen (1993) souligne l’importance de ce marché dans la pression qu’il exerce pour
réduire l’opportunisme des dirigeants. En effet, les dirigeants peuvent détériorer la
compétitivité de l’entreprise par le biais de leur comportement opportuniste et des
prélèvements excessifs qu’ils peuvent en bénéficier. La présence de pressions
concurrentielles appellerait à entraver la liberté des dirigeants, à les inciter à gérer d’une
manière transparente et à prendre les décisions optimales afin d’assurer la continuité de
l’entreprise. La concurrence accrue que subit l’entreprise sur le marché constitue dans
ce contexte une importante pression exercée sur le dirigeant le dissuadant dans son
comportement opportuniste. Ainsi, plus cette pression concurrentielle sera forte, plus ce
mécanisme sera déterminant.
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2.1.4. Le marché des prises de contrôle
Le libre fonctionnement du marché financier pourrait être qualifié comme étant le plus
efficace des mécanismes de contrôle (Manne, 1965). L’intervention de ce marché,
comme mécanisme de contrôle, est liée à l’insatisfaction des actionnaires face à une
mauvaise gestion de la part des dirigeants. Ces actionnaires seront amenés à vendre
leurs titres. Ceci entraîne une baisse des cours d’actions et une détérioration de la
performance de l’entreprise. Une telle situation pourrait engendrer une opportunité pour
de nouveaux investisseurs externes qui, à travers une offre publique d’achat (OPA)
prendraient le contrôle de l’entreprise et procèderaient à la révocation de l’équipe
dirigeante non performante. Cette menace incite les dirigeants à agir dans l’intérêt des
actionnaires et à transmettre au marché des informations fiables permettant une
meilleure évaluation de l’entreprise et évinçant ainsi le risque d’une prise de contrôle.
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Pour que le conseil d’administration réalise ses fonctions de contrôle avec efficacité, il
doit être doté de certaines caractéristiques dont les principales sont :
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dirigeants, que les actionnaires minoritaires, afin de protéger leurs investissements et
d’esquiver les pertes de leur richesse.
D’un autre côté, la présence substantielle des investisseurs institutionnels dans le capital
de l’entreprise se présente comme étant une force importante de gouvernement
d’entreprise (Gompers et Metrick, 2001). Ces investisseurs institutionnels peuvent
s’impliquer dans la prise de décision et discipliner les managers. Ils sont capables de
surveiller les actions et les comportements des gestionnaires étant donné qu’ils
disposent de moyens financiers, d’expérience et d’une expertise particulière par rapport
aux actionnaires individuels, leurs permettant d’obtenir facilement les informations
disponibles au sein de la firme (Smith, 1996).
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A la lumière de la théorie de l’agence, Jensen et Meckling (1976) considèrent la
divulgation d’information comme étant un mécanisme de contrôle, visant à limiter les
conflits d’agence qui naissent de la divergence d’intérêts et de l’asymétrie
informationnelle entre les actionnaires et les dirigeants dans une structure caractérisée
par la séparation entre la décision et la propriété. Dans ce sens, la publication
d’information est un moyen particulier et efficace pour protéger les actionnaires contre
la fraude et la latitude managériale et les actionnaires minoritaires contre le risque
d’expropriation des actionnaires majoritaires. Ho et Wong (2001), Healy et Palepu
(2001) et Lakhal (2006) énoncent que la transparence de la firme est un meilleur
indicateur de bon fonctionnement de la gouvernance d’entreprise.
Plusieurs études retiennent l’idée selon laquelle l’endettement procure des solutions aux
conflits d’intérêts potentiels entre dirigeants et actionnaires résultant du problème de
Free-Cash Flow (Jensen, 1986). Dans ce cas, l’entreprise dispose de fonds excédentaires
qui peuvent offrir la possibilité d’un comportement opportuniste de la part de l’agent,
par le fait que ce dernier, au lieu de distribuer ces excédents aux actionnaires, peut
s’engager dans des projets inutiles, peu rentables, voir même destructeurs de la valeur
d’entreprise. Le recours à l’endettement s’avère être le moyen le plus efficace des
mécanismes de contrôle interne, réduisant la liquidité disponible entre les mains des
dirigeants et limitant ainsi leurs pouvoirs discrétionnaires.
Aussi, selon la logique de Jensen (1986), la dette constitue une contrainte pour les
gestionnaires puisqu’ils sont soumis à une obligation d’effectuer des paiements des
intérêts et du principal de la dette aux créanciers à des moments précis. Par conséquent,
l’endettement incite les dirigeants à fonctionner efficacement de manière à produire
davantage de Free-Cash Flow.
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intérêts entre ces deux acteurs et de limiter le comportement opportuniste des dirigeants
(Jensen et Meckling, 1976).
Les principales rémunérations accordées aux dirigeants peuvent être classées comme
suit :
L’analyse théorique met en évidence le rôle crucial de l’audit interne à travers les
missions assignées au comité d’audit pour la vérification des comptes de l’entreprise.
Ce comité d’audit devra remplir certaines conditions pour exercer ses fonctions de
façon efficace et pour contribuer à résoudre les problèmes d’agence existant entre
actionnaires et dirigeants et d’asymétrie informationnelle qui existe entre les managers
et l’ensemble des Stakeholders (Moore et Ronen, 1990 et Defond, 1992). Ces conditions
incluent principalement : l’indépendance des membres du comité, et leur expertise.
L’intervention de l’auditeur externe apparaît dans ce contexte comme étant vitale pour
que les autres mécanismes de gouvernance fonctionnent d’une manière efficace
(Carassus et Gardes, 2005). A ce niveau, il est légitime de souligner que l’efficacité de
l’audit externe ne peut être assurée qu’à travers sa bonne qualité. Dans ce cadre, il
faudrait souligner que la majorité des chercheurs en la matière considèrent que la qualité
d’audit externe nécessite deux conditions essentielles: la compétence et l’indépendance
(Adjaoud et al. 2007). D’un point de vue conceptuel, selon De Angelo (1981), la qualité
est définie comme étant: « La probabilité que l’auditeur externe va simultanément
découvrir les anomalies et irrégularités présentes dans les états financiers du client :
qualité de détection (ceci renvoie à la notion de la compétence globale de l’auditeur :
expertise technique et connaissances multidimensionnelles à savoir : comptable,
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gestion, juridique..), et les révéler au marché : qualité de révélation (ceci dépend de son
indépendance vis-à-vis de son client) »
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Conclusion
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Chapitre 2
Qualité du gouvernement d’entreprise
et performance
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Introduction
Il semblerait que les analyses et les recherches s’orientent, en majorité, vers l’étude de
l’impact exercé par chaque mécanisme de contrôle sur la performance de l’entreprise.
Or, une analyse systémique tenant compte de plusieurs mécanismes de contrôle à la
fois, serait la mieux indiquée. Ensuite, l’introduction de la notion de qualité, aussi bien
celle du système de gouvernance dans son ensemble que celle qui touche chacun des
mécanismes de contrôle. Cette nouvelle appréhension du sujet amènerait, sûrement,
à trouver des réponses à certaines questions telles que les méthodes de mesure et
d’évaluation de cette qualité du système de gouvernance.
Dans le présent chapitre, nous nous proposons de développer en premier lieu le système
de gouvernance d’entreprise dans le monde. Nous focalisons notre analyse dans une
deuxième section sur les spécificités du gouvernement d’entreprise en Tunisie. Cette
section est suivie de la définition d’un système de gouvernance, de sa qualité et de sa
mesure. Enfin, nous essayons de présenter une revue de la littérature sur l’impact de la
qualité du système de gouvernance sur la performance. Pour cela, nous avons retenu
quatre axes que nous avons considérés comme étant les mieux indiqués et qui exercent
un effet manifeste sur la performance de l’entreprise. Il s’agit des qualités du conseil
d’administration, des qualités de l’audit, les droits de l’actionnaire et la transparence.
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Section 1. Les systèmes de gouvernance dans le monde
La réponse est que la gouvernance constitue une spécificité aussi bien pour chaque pays
que pour chaque entreprise. En effet, tout système de gouvernance traduit les
caractéristiques propres à chaque entreprise ainsi que la dissemblance dans l’histoire,
culture et législation entre les différentes nations. Mais, malgré ces diversités, les
théoriciens tentent de distinguer les modèles de gouvernance. Si on se réfère, par
exemple, à l’étude menée par Moerland (1995), les systèmes de gouvernance peuvent
être classés en deux catégories : le système orienté marché et le système orienté réseaux.
Toutefois, Charreaux (1997) ajoute une troisième catégorie constituant une forme
hybride. Il s’agit du système français que la Tunisie adopte.
Dans cette section, nous nous attachons à l’étude des caractéristiques et spécificités des
principaux systèmes de gouvernance dans le monde avant de nous intéresser au système
de gouvernement d’entreprise tunisien régi par une réglementation et une codification
des pratiques de bonnes gouvernance.
Dans ce modèle, les entreprises se distinguent par la forte dispersion de leur capital. La
structure du capital empêche les propriétaires d’exercer un contrôle efficace sur les
dirigeants. Ceci explique la richesse des textes réglementaires visant à protéger les
actionnaires contre le comportement opportuniste des dirigeants. On peut citer comme
exemples : the Securities Exchange Act en 1934 et la loi SOX en 2002 aux Etats-Unis.
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Cependant, le cadre légal et économique, notamment aux Etats Unis, visant plutôt à
minimiser au maximum le recours aux faillites anéantit de façon considérable le
pouvoir des créanciers.
Hormis les quelques différences qui existent entre le système allemand et le système
japonais -Yoshimori (1976) fait la séparation totale entre les deux - et qu’on peut
expliquer, soit par les différences culturelles entre ces deux pays, soit par les effets de
l’occupation américaine du Japon qui a influencé son système de gouvernance, le
système orienté réseau se caractérise par :
la structure du capital est très concentrée, les actionnaires peuvent ainsi contrôler
directement les dirigeants et imposer leurs choix.
Outre leur rôle de financement, les banques détiennent des participations
importantes dans le capital des sociétés et sont très présentes dans les conseils de
surveillance et organes de direction. Citons à titre d’exemple l’Allemagne, où la
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domination des banques est remarquable et le Japon, où les banques sont aussi
puissantes que le restant des actionnaires.
Le niveau d’endettement des entreprises est très élevé notamment au Japon.
Les prises de contrôle sont très rares et les offres publics d’achat n’aboutissent pas
dans la plupart des cas.
La faible protection juridique des actionnaires minoritaires.
L’information financière est moins transparente par rapport au système anglo-
saxon.
La structure de direction est dualiste et caractérisée par l’existence d’une
séparation entre les fonctions de contrôle et de direction, comme c’est le cas en
Allemagne où la structure de direction est formée d’un directoire et d’un conseil de
surveillance.
3. Le système hybride
Dans ce système, l’Etat joue un rôle capital dans la protection des diverses parties
prenantes, notamment des salariés et des actionnaires minoritaires. En effet, ces derniers
bénéficient d’un cadre législatif leur permettant à chaque fois d’agir dès qu’on menace
leurs intérêts. De plus que, l’Etat intervient souvent pour empêcher, retarder et d’une
manière plus générale gérer les prises de contrôle qui peuvent nuire à l’intérêt national
selon sa perception.
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Section 2. Le système de gouvernance en Tunisie
Tout au long de cette section, nous allons essayer d’explorer la structure prédominante
du gouvernement d’entreprise tunisien marquée par la présence d’entreprises familiales,
la logique de l’endettement, l’évolution du marché boursier et la privatisation. Ensuite,
nous passerons en revue, un tant soit peu, l’effort déployé, ces dernières années, en
matière de mise en place réelle de nouvelles réglementations et de sensibilisation par le
biais du guide de bonnes pratiques de gouvernance pour une meilleure gouvernance en
Tunisie.
Par surcroit, le souhait de protéger les affaires familiales de toute ouverture de capital
ainsi que la facilité d’obtention des crédits poussent les dirigeants tunisiens à recourir
plutôt à l’endettement bancaire qui se transforme souvent en un surendettement : les
engagements de certaines entreprises tunisiennes vis-à-vis des banques franchissent
50 % du total bilan (Hergli et al. 2006).
Les banques constituent, certes, des partenaires importants qui incarnent un double rôle
dans le financement de nombreuses entreprises tunisiennes : emprunteurs et actionnaires
à la fois. Toutefois, leur présence ne se traduit pas systématiquement par un contrôle
aussi efficace ou une représentation aussi prépondérante dans les conseils
d’administration qu’en Allemagne par exemple. Bien au contraire, le recours quasi
exclusif aux banques, sans pour autant s’assurer de la bonne gestion des crédits se
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trouvant entre les mains des dirigeants, affaiblit dans la plupart des cas, les entreprises
tunisiennes et rend leur survie difficile.
Conscient du manque de contrôle et de suivi des crédits octroyés par les banques et afin
d’affronter les besoins croissants en financement générés principalement par la
croissance économique notamment au début des années 90, l’Etat tunisien a procédé à
plusieurs réformes pour pousser davantage les entreprises tunisiennes vers le marché
financier. On peut citer à titre d’exemples :
- La loi 94-117 portant sur la réorganisation du marché financier qu’a crée le conseil
du marché financier.
- La loi 99-92 relative à la relance du marché financier qui offre des avantages
fiscaux aux entreprises ouvrant leur capital au public.
Ces réformes ont certes, contribué à la dynamisation du marché boursier : le nombre des
sociétés cotées est passé de 15 en 1991 à 54 en 2011. Toutefois, la présence des banques
dans le processus de financement des entreprises tunisiennes reste très prépondérante,
ce qui pourrait s’expliquer par le comportement averse au risque de l’investisseur
tunisien qui s’est amplifié suite aux chutes spectaculaires des cours à la bourse des
valeurs mobilières de Tunis fin 1996. Sans oublier que le chef d’entreprise tunisien est
de nature à refuser toute complexité dans son processus économique et à éviter au
maximum toute divulgation d’information qui toucherait à la transparence, principale
garante de la réussite de chaque entreprise sur le marché boursier.
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moyennes entreprises et de la société tunisienne de garantie. Les SICAR, par exemple,
participent au capital des sociétés et signent en parallèle des conventions de portage.
Ceci leur confère la qualité d’associé temporaire qui leur permet d’accéder aux conseils
d’administration pouvant ainsi contrôler de près le fonctionnement de l’entreprise afin
de garantir le remboursement par le promoteur de leur participation. En effet, bien que
la relation entre les actionnaires et les dirigeants ne soit pas une source de conflits
majeure étant donné que la séparation entre la propriété et la direction dans la majorité
des PME tunisiennes est inexistante, la présence des SICAR dans le capital des sociétés
impose une transparence de l’information : une exigence qui n’est pas toujours
satisfaite en raison de l’attitude du promoteur conspirant toujours à voiler ses
informations.
1.4. La privatisation
Ajoutant à cela, les secteurs anciennement contrôlés par l’Etat qui sont désormais
ouverts au privé tels que la téléphonie, l’aviation, les assurances, l’énergie… Le bilan
est très pertinent sur tous les plans : évolution du chiffre d’affaire, accélération des
investissements et création de l’emploi. Atteindre ces performances oblige un
perfectionnement des structures de gouvernance des entreprises publiques qui passe
nécessairement par un remodelage des mécanismes de contrôle désormais plus
efficaces, imposé par un nouveau contexte de concurrence.
L’Etat tunisien a aussi encouragé les investissements étrangers et ce, soit par la création
de nouveaux projets ou à travers la participation dans le capital des sociétés déjà
existantes. Depuis, des grandes firmes internationales viennent s’installer en Tunisie
telles que Vodafone, Benetton, Orange, Airbus, la Société Générale… Ces dernières ont
importé leur savoir faire managérial et ont développé un contexte de concurrence entre
les dirigeants désormais plus dynamiques et plus disciplinés.
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Toutefois, malgré les efforts déployés par certaines entreprises tunisiennes pour
instaurer les pratiques de gouvernance notamment en matière de contrôle des comptes et
de publication des informations financières, le défaut d’exposition internationale en
raison des difficultés d’accès au financement international justifie globalement la
réticence de la plupart des entreprises tunisiennes face à ces pratiques. Ceci se
manifeste par des faiblesses à plusieurs niveaux tels que ; le processus d’audit,
l’inefficacité des procédures de contrôle interne, l’inexistence d’administrateurs
indépendants dans les conseils, le recours au référentiel comptable local …etc. (Fitch
Ratings 2009).
2. La réglementation en vigueur
Dès sa première version en 2000, le code des sociétés commerciales tunisien apporte
des réformes considérables ayant trait à des aspects majeurs de la gouvernance. En
effet, il offre la possibilité de choisir entre différentes structures de direction. Les
sociétés anonymes peuvent ainsi opter pour le système moniste où le contrôle est assuré
par un conseil d’administration présidé par le président-directeur général ou alors,
adopter le système dualiste où on sépare la fonction de contrôle de la direction, soit en
prévoyant un conseil de surveillance et un directoire ou encore en dissociant la fonction
de président du conseil d’administration de celle de directeur général.
En outre, le législateur tunisien a soumis la relation qui lie la société à ses dirigeants
à un régime assez particulier. En effet, certaines opérations, désignées « les
conventions interdites», sont prohibées. Comme le stipule l’article 252 du code des
sociétés commerciales qui défend toutes sociétés anonymes à directoire et conseil de
surveillance de consentir un prêt ou une avance de fonds à leurs dirigeants et de
cautionner ou avaliser les engagements personnels pris par ces derniers envers les tiers.
D’autres opérations règlementées sont soumises à la procédure d’autorisation préalable
du conseil d’administration, d’information du commissaire aux comptes et
d’approbation par l’assemblée générale des actionnaires comme le mentionne l’article
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200 du même code. L’objectif de cette restriction, est de préserver la société de
l’éventuel opportunisme des dirigeants sociaux. Les dispositions mises en place par
l’article 200 visent également à garantir une information suffisante et utile aux
actionnaires notamment les minoritaires pour la prise des décisions.
Ces mêmes actionnaires minoritaires bénéficient d’une forte protection juridique qui a
été renforcée par la loi 2007-69 relative à l’initiative économique en lui consacrant tout
un chapitre intitulé « Simplification des procédures de direction et de gestion et
protection des actionnaires et des associés ». En modifiant certains articles du code des
sociétés commerciales et en ajoutant d’autres, cette loi a conforté la position des
actionnaires minoritaires dans la société. On peut citer à ce sujet, l’article 14 de cette
même loi qui a modifié l’article 290 du code des sociétés commerciales : « les
actionnaires détenant désormais au moins dix pour cent du capital auront la possibilité
de demander l’annulation des décisions contraires aux statuts ou portant atteinte aux
intérêts de la société, et prises dans l’intérêt d’un ou de quelques actionnaires ou au
profit d’un tiers ». L’article 14 a aussi modifié l’article 284 du même code en portant la
fraction de dix à cinq pour cent pour les sociétés ne faisant pas appel public à l’épargne
et à trois pour cent pour celles qui font appel public à l’épargne et que les actionnaires
doivent au moins détenir pour pouvoir obtenir à tout moment les documents sociaux
relatifs aux trois derniers exercices ainsi qu’une copie des procès-verbaux et des feuilles
de présence des assemblées tenues au cours de la même période. Enfin, l’article 15 de la
même loi a ajouté un article 290 bis dans lequel on autorise à un ou plusieurs
actionnaires détenant au moins dix pour cent du capital social de « demander au juge
des référés la désignation d’un expert ou d’un collège d’experts qui aura pour mission
de présenter un rapport sur une ou plusieurs opérations de gestion ».
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d’expliquer l’étendu de la mission du commissaire aux comptes ainsi que ses
obligations et ses responsabilités en consacrant à ce dernier des parties considérables
dans le code.
Cette dernière a apporté des modifications au code des sociétés commerciales, à la loi
94-117 portant sur la réorganisation du marché financier ainsi qu’à la loi 95-44 relative
au registre de commerce. Ces modifications ont touché principalement les aspects liés
directement à la gouvernance. Le législateur a même prévu un second titre pour la loi
intitulé « renforcement de la politique de divulgation financière des sociétés et de leur
bonne gouvernance ».
La loi renforce, tout d’abord, la présence du commissaire aux comptes dans les sociétés
en l’imposant systématiquement dans certains types de sociétés et en l’exigeant sous
réserves dans d’autres6. Elle prévoit aussi des situations7 où la désignation de deux
professionnels au moins devient obligatoire. En plus, le législateur tunisien fixe des
modalités de rotation du commissaire au comptes afin de garantir au plus son
6
Article 1 de la loi 2005-96
7
Article 5 de la loi 2005-96
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indépendance8 dans l’exécution de sa mission. D’autre part, et dans le but d’accentuer
leur contrôle, les commissaires aux comptes sont obligatoirement invités à assister aux
réunions du conseil d’administration ou du conseil de surveillance et du directoire qui
arrêtent les états financiers annuels ou intermédiaires et à toutes les assemblées
générales9. De surcroit, tout dirigeant qui entrave la mission du commissaire aux
comptes ou qui refuse de lui communiquer à sa demande les documents nécessaires à
l’exercice de sa mission, risque des peines pénales allant de l’amende à
l’emprisonnement10.
La chute du système financier et bancaire dans plusieurs pays dont principalement les
Etats-Unis, ont poussé l’Etat tunisien à modifier encore une fois le code des sociétés
8
Article 3 de la loi 2005-96
9
Article 9 de la loi 2005-96
10
Article 11 de la loi 2005-96
11
Article 12 de la loi 2005-96
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commerciales. En effet, la crise des subprimes éclatée en 2007, confirme d’avantage
l’hypothèse selon laquelle toute crise financière et économique est fondamentalement
liée à des problèmes structurels de gouvernance. C’est dans ce sens que le législateur
tunisien en promulguant la loi n°2009-16 du 16 mars 2009, annonce des nouvelles
formes de communication et impose d’autres règles d’information et de protection des
associés.
L’étude des différents articles modifiés, remplacés ou complétés du code des sociétés
commerciales, permet de déduire que la réforme de 2009 cherche, principalement,
à renforcer le droit d’information et de communication au profit des associés. On cite
à titre d’exemple l’article 11 qui est l’un des articles du code des sociétés commerciales,
stipulant dans sa nouvelle version, la mise à disposition au profit des associés dans un
endroit déterminé dans les statuts, de tous les documents présentés pendant les
assemblées générales tenues au cours des trois derniers exercices, tandis que l’ancienne
version de cet article n’autorisait qu’une simple consultation ou obtention de copie de
ces documents.
Ajoutant à cela, les mesures supplémentaires prévues par le législateur tunisien afin de
responsabiliser d’avantage les dirigeants des sociétés commerciales, en particulier les
sociétés anonymes. On cite notamment celle qui, en premier lieu, élargit la liste des
demandeurs de la mise en œuvre de l’action en comblement du passif aux créanciers et,
en second lieu, permet au tribunal d’exiger le payement de la totalité ou d’une partie des
dettes de la société des dirigeants12.
D’autre part, les actionnaires qui détiennent au moins trois pour cent du capital d’une
société faisant appel public à l’épargne peuvent adresser des questions écrites aux
dirigeants au sujet de tout acte ou fait susceptible de mettre en péril les intérêts de la
société. Ces derniers disposent d’un mois pour répondre et doivent adresser une copie
des questions et réponses aux commissaires aux comptes13.
Toutefois, l’une des plus importantes modifications qui ont touché le code des sociétés
commerciales est celle qui a abrogé et remplacé l’article 200. Ce dernier, dans son
nouveau décor, s’est vu ajouté un premier paragraphe intitulé « évitement des conflits
d’intérêts » où on impose aux dirigeants de « veiller à éviter tout conflit entre leurs
12
Article 214 nouveau et 254 nouveau du code des sociétés commerciales
13
Article 284 bis du code des sociétés commerciales
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intérêts personnels et ceux de la société et à ce que les termes des opérations qu’ils
concluent avec la société qu’ils dirigent soient équitables »14. Il est à souligner que les
articles cités précédemment, ne représentent que quelques exemples parmi tant d’autres
des mesures préventives prises par la loi 2009-16, ne résumant en aucun cas la totalité
de cette dernière.
La réflexion sur l’instauration d’un guide de bonne gouvernance existait bien avant les
années 2000 dans le monde. En effet, ceci pourrait être facilement vérifié à partir de la
publication en 1992 du rapport Cadbury qui constitue l’un des premiers rapports
fondateurs en Europe, ou encore celle des rapports Viénot I, Marini et Viénot II, Bouton
publiés en France respectivement en 1995, 1996, 1999 et en 2002.
14
Article 200 nouveau du code des sociétés commerciales.
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valeur ajoutée à leurs organisations et d’adopter les pratiques les plus avancées en
matière de gouvernance d’entreprise. Ce centre pointe du doigt l’importance de la bonne
gouvernance d’entreprise pour instaurer un environnement de transparence, et par
conséquent, pour promouvoir la confiance et ce, par le biais d’une saine gouvernance
d’entreprise. Ceci s’est traduit concrètement par la mise en place du guide de bonnes
pratiques tunisien publié en 2009.
Nous tenons à rappeler que le guide de bonnes pratiques est élaboré dans l’objectif
d’améliorer la gouvernance des entreprises tunisiennes et à rendre le système tunisien
de gouvernance plus transparent et plus intelligible. Il est ainsi considéré comme le
référentiel en matière de gouvernance d’entreprise en Tunisie. Parmi ses prérogatives,
nous citons, le fait qu’il aide les entreprises à réduire la mauvaise gestion des dirigeants,
à remédier aux éventuelles insuffisances des mécanismes de gouvernance, à prévenir les
abus de pouvoir et à améliorer l’environnement informationnel et la protection des
actionnaires. Tout ceci est réalisé dans le cadre de l’auto-régulation. En Effet,
l’application des principes énoncés dans ce guide est strictement volontaire ayant pour
objet non pas de contraindre les dirigeants mais de les sensibiliser sur la nécessité et les
répercussions d’une bonne gouvernance pour leurs entreprises.
Les recommandations issues du guide de bonnes pratiques s’attèlent ainsi aux principes
de bonne gouvernance. Ces principes reposent sur la protection des droits des
actionnaires, la révision des responsabilités et des caractéristiques du conseil
d’administration, la mise en place d’une fonction d’audit interne et la nécessité d’un
audit externe de qualité, le développement d’une culture organisationnelle orientée vers
des valeurs de loyauté, confidentialité et éthique et la politique de rémunération des
dirigeants.
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Plus précisément, les principales recommandations contenues dans le guide de bonnes
pratiques s’articulent autour des éléments énumérés dans ce qui suit :
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impliquées (en terme de spoliation pour les apporteurs des fonds, les salariés, les
fournisseurs et les clients). C’est pour cela que la pertinence des modes de gouvernance
des firmes est remise en cause. La question qui se pose alors serait la suivante: comment
peut-on définir un bon système de gouvernance ?
Nous allons essayer de répondre à cette question au niveau de cette section en nous
attardant sur les mesures de la qualité du système de gouvernance des entreprises.
En ce qui concerne la qualité, et étant donné l’importance de cette notion en tant que
vecteur essentiel pour le regain d’un climat de confiance, nous avançons quelques
définitions et quelques concepts d’ordre général. Ainsi, la qualité a été définie par la
norme ISO 8402 comme étant un : « ensemble des caractéristiques d’une entité qui lui
confèrent l’aptitude à satisfaire des besoins exprimés et implicites ». La maîtrise de la
qualité, quant à elle, et selon la même norme est définie comme étant un ensemble de
« techniques et activités à caractère opérationnel utilisées pour satisfaire aux exigences
pour la qualité ». Enfin, la norme ISO 8402 définit l’assurance qualité comme étant un
« ensemble des activités préétablies et systématiques mises en œuvre dans le cadre du
système qualité, et démontrée en tant que besoin, pour donner la confiance appropriée
en ce qu’une entité satisfera aux exigences pour la qualité ».
Les remarques associées à ces définitions telles qu’issues de la norme ISO 8402, se
rapportent, entre autres :
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Pour ce qui est de la définition d’un système, nous pouvons proposer celle de Bertalanfy
(1968). D’après ce dernier, un système constitue « un ensemble d’éléments
interdépendants, c’est-à-dire liés entre eux par des relations telles que si l’une est
modifiée, les autres le sont aussi et que, par conséquent, tout l’ensemble est
transformé ».
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notamment, les investisseurs. En effet, ces investisseurs perçoivent l’entreprise de
bonne qualité de gouvernance comme étant la moins risquée ; ce qui est de nature
à contribuer à une meilleure valorisation des titres sur le marché.
Par conséquent, il serait plus judicieux, dans ce contexte, d’adopter une approche
systémique, qui s’appuie sur l’examen en même temps, de plusieurs mécanismes, étant
donné que chacun de ces mécanismes a une incidence sur l’efficacité globale du
contrôle des dirigeants (Agrawal et Knoeber, 1996).
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Afin d’évaluer l’efficacité du système de gouvernance, nous admettons l’hypothèse de
complémentarité des mécanismes. Selon Milgrom et Roberts (1992) deux mécanismes
sont considérés complémentaires lorsque le renforcement de la contrainte exercée par
un des mécanismes entraîne un accroissement de celle associée à un autre mécanisme.
C’est le cas par exemple de la présence d’administrateurs externes au conseil
d’administration qui renforce la réussite d’une prise de contrôle hostile. Le conseil
d’administration et les prises de contrôle représentent ainsi des mécanismes
complémentaires
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3.1. Les agences de notation
L’évaluation de la qualité des systèmes de gouvernance peut se faire sur la base d’une
notation faite par une agence spécialisée et qui aboutit, en définitive, à la détermination
d’un indice de gouvernance. Historiquement, il faudrait signaler que les premières
agences de notation sont les agences de notations financières. C’est dans ce contexte,
que le système de notation remonte à l’année 1909 avec les travaux de John Moody qui
publiait à l’époque le premier recueil de notation financière aux Etats-Unis et qui
s’apparentait à l’analyse de crédit mis au point par l’agence d’informations financières
« Dun and Brad Street ».
Actuellement, deux types d’agence de notation des entreprises sont identifiés : les
agences de notation classiques et les agences spécialistes de la gouvernance.
- Les agences de notation classiques : Elles sont réputées comme étant des agences
de notation vision des créanciers (cas de financement par dettes). Nous distinguons
à ce niveau, l’agence Standard & Poor’s (S & P), l’agence Moody’s et l’agence
Fitch.
- Les agences spécialistes de la gouvernance : Elles sont reconnues comme étant des
agences de notation vision des actionnaires (cas de financement par actions). Nous
distinguons à ce niveau l’Institutional Shareholder Services (ISS) et la Governance
Metrics International (GMI).
Nous devons signaler à ce stade que l’analyse comparative, des différentes méthodes
utilisées par l’ensemble de ces agences, effectuée par Roth et Louizi (2007) a permis de
distinguer les trois groupes suivants :
Un premier groupe, formé par les agences standard & Poor’s et Governance
Metrics International, et qui privilégie le droit des actionnaires extérieurs et le
processus d’audit et de qualité de l’information financière.
Un deuxième groupe, qui comprend uniquement l’Institutional Shareholder
Services, et qui prend comme angle essentiel d’analyse le conseil d’administration.
Un troisième groupe, constitué par les agences Moody’s et Fitch, et qui privilégie la
politique de rémunération et la convergence des intérêts actionnaires-dirigeant.
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important de critères de notation utilisés selon l’angle d’analyse retenu. Tout ceci
témoigne de l’intérêt manifeste accordé à cet aspect de la qualité du système de
gouvernance d’entreprise en tant que vecteur essentiel du regain de la transparence et de
la confiance.
Les récentes recherches et études s’orientent de plus en plus vers l’analyse systémique
et qualitative de la gouvernance d’entreprise et renoncent, par conséquent, à l’analyse
fragmentée qui porte uniquement sur l’impact des mécanismes de contrôle,
généralement considérés un à un, sur la performance de l’entreprise ou encore sur la
gestion des résultats.
Pionniers dans ce domaine Gompers et al. (2003) ont estimé la qualité de gouvernance
par une mesure synthétique, appelée « score de gouvernance ». Ces auteurs ont classé
les entreprises selon leur indice de gouvernance (indice qui mesure le droit des
actionnaires) afin de différencier les entreprises "bien gouvernées" et les entreprises
"mal gouvernées". Or, cet indice Gomper’s, qui se limite à 24 aspects de la gouvernance
d’entreprise, a été critiqué, notamment, par Bebchuk, Cohen et Ferrel (2005) du
moment qu’il omet de prendre en considération des variables qui pourraient constituer
des mesures pertinentes de la gouvernance d’entreprise.
Ceci a entrainé la prolifération des études empiriques qui cherchent à tester l’impact de
l’efficacité des mécanismes de contrôle sur la valeur de la firme et sur sa performance.
C’est ainsi que Brown et Caylor (2006) ont mis au point, dans leur étude, une note de la
gouvernance d’entreprise qu’ils ont désigné par le Govervance Score. Cet indice
constitue à cet égard une mesure large de la gouvernance d’entreprise. Il comprend 51
critères répartis sur 8 thèmes parmi lesquels nous citions, l’audit, le conseil
d’administration, la rémunération des dirigeants et la structure de propriété.
1. Mesures de la performance
Il faudrait dès le départ souligner que cette notion de performance présente plusieurs
difficultés : La première difficulté se situe au niveau de sa définition. En effet, cette
notion n’est que complexe car elle regroupe plusieurs dimensions et aucun accord n’est
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établi autour de sa définition tant au niveau académique qu’empirique. Ce terme est
largement utilisé sans que sa définition fasse l’unanimité. La deuxième difficulté réside
dans l’impossibilité d’avoir un seul référentiel d’outils et de critères d’évaluation étant
donné que chaque entreprise, selon son secteur d’activité, selon ses objectifs et le degré
de disponibilité d’information, aurait à choisir les critères adéquats.
Par ailleurs, il y a lieu de souligner que l’utilisation de ces mesures comptables présente
des limites. En effet, elles ne permettent pas d’incorporer la valeur des éléments
intangibles et ne permettent pas également de faire une comparaison internationale
crédible étant donné que les référentiels comptables divergent encore d’un pays
à l’autre.
Les mesures de ce type sont multiples. Nous pouvons principalement citer le ratio du Q
de Tobin et les mesures récentes de performance.
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Q de Tobin
Formule : Q de Tobin = valeur de marché (capitaux propres + dettes financières) /
coût de remplacement des actifs.
Interprétation : ce ration est une mesure des opportunités de croissance de
l’entreprise, si Q de Tobin >1 => la rentabilité secrétée par l’ensemble des actifs de
la firme et anticipée par le marché, est plus élevée que le coût moyen pondéré du
capital.
D’une part, la création de valeur peut concerner un seul acteur à savoir l’actionnaire : on
parle alors de valeur actionnariale, qui favorise une logique financière. D’autres part, on
parle de la création de la valeur partenariale, qui dépasse la simple sphère financière et
Page | 55
représente la valeur créée par l’entreprise en relation avec les différents stakeholders et
non les seuls actionnaires.
2. Revue de la littérature
Dans cette logique, et en se basant sur la théorie de l’agence, qui constitue la conception
dominante de la « corporate governance », il semble que le système de gouvernement
d’entreprise assure la protection réelle des investissements des actionnaires, tout en
cherchant une création de valeur à long terme (Shleifer et Vishny (1997) ; Charreaux
(1997). Ceci s’explique par le fait que les mécanismes du gouvernement d’entreprise
visent, d’une part à réduire les abus de pouvoir des dirigeants sur les ressources de
l’entreprise Charreaux (1997) et Lo et al. (2010) et d’autre part à briser l’asymétrie
informationnelle (Kanagaretnamk et al. 2007).
Page | 56
Ainsi, un système de gouvernement de qualité permet à l’entreprise d’accéder plus
facilement aux marchés des capitaux, tout en bénéficiant d’une prime de risque, plus
faible, exigée par les investisseurs (Black et al. 2006). Ceci revient du fait qu’une bonne
gouvernance renforce la confiance des investisseurs, et l’entreprise serait perçue, dans
ce cas comme étant moins risquée et plus profitable en créant des cash flow élevés
(Black et al. 2006).
Par conséquent, et dans le cadre de la théorie de l’agence, nous constatons que les idées
les plus souvent citées retiennent la bonne gouvernance comme l’une des
préoccupations majeurs des entreprises, dans le sens ou elle contribue à résoudre les
conflits d’agence, à aligner les intérêts des dirigeants sur ceux des actionnaires et
à rétablir ainsi la confiance du public dans les marchés.
En règle générale, la bonne gouvernance est prévue comme un axe privilégié pour
faciliter, stimuler la performance et créer de la valeur (Denis et Mcconnell, 2003 ;
Bebchuk et al. 2005 ; Brown et Caylor, 2006 ; Da Silveria et Barros, 2007 ; Chung et al.
2007 ; Bhagat et Bolton, 2008 ; et Chen et al. 2007).
Ainsi, nous émettons l’hypothèse qu’une bonne gouvernance d’entreprise est de nature
à améliorer la performance de l’entreprise. C’est dans ce sens qu’une entreprise se
conformant au guide de bonne conduite a tendance à être plus performante que les
entreprises avec une moins bonne gouvernance.
Page | 57
Conclusion
Pour cela, nous nous sommes intéressés au départ à l’apport théorique et empirique sur
la question en développant certaines notions d’une importance manifeste (la qualité
d’un système de gouvernance, mesure de la qualité…). Ensuite nous nous sommes
focalisés sur les effets d’un système de gouvernance de qualité avec toutes ses
composantes sur la performance de l’entreprise en concluant sur le fait qu’une bonne
gouvernance est un levier de performance.
Le développement que nous avons jusque là effectué nous a permis d’insister sur les
deux aspects suivants : la nécessité d’adopter une approche systémique pour l’analyse et
l’évaluation de tout système de gouvernance et ce, sur la base de la mesure de l’indice
de gouvernance.
L’étude empirique que nous allons mener sur un échantillon d’entreprises tunisiennes
a pour objectif de mettre en pratique l’évaluation de la qualité du système de
gouvernance en Tunisie par la construction d’un indice de gouvernance inspiré du guide
de bonnes pratiques de gouvernance mis en place par le CTGE. Ceci nous permettra
d’analyser dans quelle mesure les entreprises tunisiennes se conforment-elles à ce
nouveau guide et d’étudier l’impact de la qualité sur la performance, aussi bien la
qualité du système de gouvernance dans son ensemble que celle de ses composantes.
Page | 58
Chapitre 3
Page | 59
Introduction
Ceci a constitué, en grande partie, notre motivation pour axer notre étude sur la mesure
de la qualité du système de gouvernance pour les grandes entreprises tunisiennes.
Dans ce chapitre, nous allons développer trois sections ayant trait aux aspects suivants :
En effet, le code des sociétés commerciales autorise les associés à choisir la dissociation
entre les fonctions de président du conseil d’administration et celles de directeur général
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ou encore à opter pour un directoire qui dirige sous le contrôle d’un conseil de
surveillance. A titre d’exemple, Ce dernier peut, selon l’article 235 du code des sociétés
commerciales, examiner à tout moment les travaux du directoire et demander les
documents nécessaires pour bien mener sa mission. Le même article stipule que le
directoire doit présenter chaque trimestre un rapport au conseil de surveillance ainsi
qu’un « rapport relatif à la gestion sur les comptes » dans un délai de trois mois après la
clôture de chaque exercice. Le conseil de surveillance émet ses observations sur le
rapport ainsi que sur les Etats Financiers à l’assemblée générale.
D’autre part, le commissaire aux comptes est considéré comme le garant de la fiabilité
de l’information financière. Sa mission principale est de certifier la régularité et la
sincérité des comptes annuels préparés par le conseil d’administration ou du directoire.
Il a mandat de vérifier les livres, la caisse, le portefeuille et les valeurs de la société, de
contrôler les inventaires et donner son avis sur les rapports de gestion élaborés par
les dirigeants. Il doit en plus s’assurer de l’efficacité du système de contrôle interne
des sociétés auditées. Le commissaire aux comptes, par ses travaux d’audit tels que
édictés par la règlementation tunisienne, est censé fournir une certaine assurance
aux utilisateurs de l’information financière notamment les associés. L’article 271
du code des sociétés commerciales prévoit des sanctions pénales allant jusqu’à
l’emprisonnement à l’encontre de tout commissaire aux comptes qui aura sciemment
donné ou confirmé des informations mensongères sur la situation de la société ou qui
n’aura pas révélé au procureur de la république les faits délictueux dont il aura eu
connaissance.
Cette loi a aussi imposé à certaines sociétés la désignation d’au moins deux
commissaires aux comptes inscrits à l’ordre des experts comptables de Tunisie. On peut
citer à titre d’exemple les sociétés tenues d’établir des états financiers consolidés si le
total de leur bilan consolidé dépasse cent millions de dinars ou encore les sociétés dont
les engagements auprès des établissements de crédit excèdent vingt cinq millions de
dinars. Cette mesure vise principalement les grandes entités et a pour objectif
d’accentuer les contrôles au sein de ces sociétés d’autant plus que l’ordre des experts
Page | 61
comptables a publié une norme professionnelle fixant les règles et diligences en matière
de Co-commissariat aux comptes.
Outre leurs obligations légales, les commissaires aux comptes, sont tenues de
communiquer une copie de chaque rapport adressé à l’assemblée générale des associés
à la banque centrale de Tunisie ainsi qu’ au conseil du marché financier et de divulguer
à ce dernier tout fait de nature à mettre en péril les intérêts de la société ou les porteurs
de ses titres et ce pour certaines sociétés notamment les sociétés faisant appel public
à l’épargne.
L’article 12 de la même loi en ajoutant un article 256 bis au code des sociétés
commerciales oblige certaines sociétés telles que les sociétés faisant appel public à
l’épargne ou les sociétés dont le total bilan dépasse cent millions de dinars ou dont les
engagements auprès des établissements de crédit excèdent vingt cinq millions de dinars
à créer un comité d’audit permanent. Cet organe a pour taches de veiller au respect par
la société à la mise en place d’un système de contrôle interne efficace et efficient et de
suivre les travaux des commissaires aux comptes dont il propose la nomination. Le
comité agrée en plus la désignation des auditeurs internes. Il est à ajouter qu’il est
interdit au président-directeur général, au directeur général ou au directeur général
adjoint de faire partie de ce comité d’audit permanent.
1. Sélection de l’échantillon
L’étude s’est appuyée au départ sur toutes les sociétés cotées à la Bourse des valeurs
mobilières de Tunis. Notre choix de cette population est justifié par le fait que cet
échantillon peut refléter proprement les caractéristiques du marché tunisien surtout en
ce qui a trait à la question de gouvernance qui est mieux adaptée aux grandes sociétés
cotées.
Notre échantillon a subi quelques restrictions : En effet, nous avons éliminé de notre
échantillon toutes les institutions financières compte tenu de leurs comportements
atypiques en matière de gouvernance d’entreprise et de leurs caractéristiques financières
spécifiques. Ceci s’explique également par le fait que les entreprises du secteur
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financier ne disposent pas d’une comptabilité comparable aux autres sociétés (en raison
de leurs spécificités comptables relatives à la présentation et la préparation des états
financiers), et sont soumises par conséquent à une réglementation spécifique.
En plus, nous avons été amené à réduire davantage notre échantillon en raison de
l’absence de réponse de la part de quelques entreprises enquêtées eu égard de leurs
pratiques de gouvernance.
Le tableau 1 montre que ces restrictions ont ainsi ramené notre échantillon final,
constitué au départ de 58 observations, à 12 entreprises.
Nombre d’entreprises
Echantillon initial 58
= Echantillon final 12
Nous présentons dans le tableau 2 une classification des sociétés ayant répondu
favorablement à notre questionnaire sur les pratiques de gouvernance utilisées en
fonction de leurs secteurs d’activité. Par mesure de confidentialité, nous ne pouvons pas
divulguer les noms des sociétés ayant fait l’objet de notre étude. Notre échantillon est
majoritairement composé par des sociétés cotées appartenant aux industries des biens de
consommation, des bâtiments et matériaux de construction ainsi que du secteur des
services aux consommateurs. Sont également présents dans notre échantillon les
industries relatives à la mécanique, aux biens et services industriels, et le transport
aérien. Chacun de ces secteurs est représenté par une seule entreprise étant donné la
taille restreinte de notre échantillon.
Il est à noter que cette classification par secteur d’activité à été puisée dans le site de la
Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis (BVMT).
Page | 63
Secteur d’activité Nombre d’entreprises
Biens de consommation 3
Industrie mécanique 1
Transport aérien 1
Technologie 1
Total 12
Pour la collecte des données, nous avons commencé par consulter les rapports annuels
publiés par les sociétés de notre échantillon. Cependant, très peu d’informations
relatives aux pratiques de gouvernance ont pu être détectées. Nous avons ainsi été
amenés à administrer un questionnaire pour déceler les pratiques de gouvernance des
sociétés tunisiennes cotées. La construction de notre questionnaire s’est faite sur la base
du guide de bonnes pratiques. En effet, la finalité de ce questionnaire est de cerner dans
quelle mesure les sociétés tunisiennes cotées se conforment-elles au guide de bonnes
pratiques qui est considéré comme étant la référence pour une meilleure gouvernance en
Tunisie.
1. La construction du questionnaire
Nous avons administré des questionnaires pour la population ciblée, à savoir les sociétés
tunisiennes cotées à l’exception des institutions financières. Sur les 34 questionnaires
envoyés, nous avons pu collecter 12 questionnaires avec des réponses complètes. Ainsi,
le taux de réponse est de l’ordre de 35%.
Page | 64
Notre questionnaire comprend des questions fermées auxquelles l’interrogé doit par oui
ou par non selon l’occurrence de l’item relatif à la qualité du système de gouvernance.
Ce questionnaire est présenté en annexe 1.
Nous avons élaboré notre questionnaire sur la base des quatre axes du système
de gouvernance, à savoir les caractéristiques du conseil d’administration, les
caractéristiques de l’auditeur interne et externe, les droits de l’actionnaire et la
divulgation d’informations financières. Chaque axe se compose de certains items qui
sont issus du guide de bonnes pratiques Tunisien. Ces items renseignent sur la qualité de
chaque axe et sont présentés sous forme de question.
Par ailleurs, dans la dernière partie du questionnaire, nous avons interrogé les
répondants sur quelques caractéristiques de leurs entreprises que nous avons
confrontées par la suite avec les données issues de leurs rapports annuels. Il s’agit des
informations sur la taille de l’entreprise en termes du total actif, le résultat de l’exercice
et le niveau de l’endettement.
Page | 65
Notre indice, également dénommé « Score » est composé de 60 items non pondérés qui
incorporent à la fois des mécanismes internes et externes de la gouvernance
d’entreprise. Les items présélectionnés sont issus de leur pertinence mise en avant dans
les directives fournies par le guide de bonnes pratiques Tunisien.
La version finale de nos items peut être classée en quatre catégories mesurant la qualité
de la gouvernance et considérées comme étant les dimensions les plus importantes en
matière de création de valeur pour l’entreprise. Ces quatre axes clés de la gouvernance
sont présentés de la manière suivante :
Une liste des items pour chaque mécanisme est présentée dans l’annexe 2.
La démarche adoptée pour construire notre indice ou Score repose essentiellement sur 3
étapes :
- L’élaboration d’une liste des items facultatifs et potentiels par référence aux
recommandations proposées par le guide de bonnes pratiques de gouvernance
tunisien.
- Chaque item correspond à une réponse par « oui » ou par « non », et à laquelle nous
attribuons respectivement la note 1 et la note 0.
- La somme des notes attribuées à chaque item divisée par le nombre total des items
(60 items) a servi pour le calcul de l’indice de la qualité de la gouvernance
d’entreprise pour chaque société ayant fait l’objet d’étude.
Scorej = ∑ Xi / X
Avec :
Ainsi, plus le score est important plus l’entreprise est jugée de meilleur niveau de
gouvernance.
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2.2. Les sous-indices de la qualité du système de gouvernance
Cet indice est centré sur les trois caractéristiques du conseil d’administration. Il s’agit
de sa composition en termes de présence d’administrateurs indépendants, sa structure
d’unité de leadership et de son activité. Cet indice est déterminé sur la base de la somme
de points obtenus pour chaque entreprise sur le nombre total des items du conseil, soit
21 items.
Ce score regroupe une série des critères (17 items) basés essentiellement sur la qualité
d’audit externe (7 items) et la qualité d’audit interne c'est-à-dire les caractéristiques du
comité d’audit, comme l’indépendance, l’expertise et la taille du comité (10 items).
Cet indice est élaboré à partir des critères touchant les droits des actionnaires
notamment en matière d’informations (7 items).
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La performance comptable : Celle-ci est mesurée par le ratio de la rentabilité des actifs
qui a été mesuré sur la base du rapport entre le résultat de l’exercice et le total actif.
La taille de l’entreprise : Celle-ci est approximée par la valeur du total des actifs.
Le ratio d’endettement : Ce ratio est égal au rapport entre le total des dettes et le total
des actifs.
1. Analyse descriptive
L’analyse descriptive menée sur les indices de gouvernance ainsi que les variables de
l’étude, nous permettra de dresser un aperçu sur la pratique des mécanismes de
gouvernance en Tunisie par les sociétés cotées. Cette analyse débutera par une analyse
des fréquences des différents items étudiés se rattachant aussi bien au conseil
d’administration, au comité d’audit, aux droits des actionnaires ainsi qu’aux
mécanismes de transparence de l’information. Nous poursuivons notre analyse par le
calcul des statistiques descriptives relatives à l’ensemble des variables étudiées à savoir
les indices de gouvernance et les caractéristiques de l’entreprise, et en l’occurrence, la
performance, la taille, le ratio de l’endettement et le secteur d’activité.
Les résultats de cette analyse montrent que les items ayant fait l’objet de l’unanimité
des répondants sont : la taille du conseil comprise entre 5 et 12 administrateurs, la
compétence variée de l’ensemble des administrateurs et la présence dans les réunions du
conseil. 80% au moins des membres sont présents dans les réunions ont affirmé
l’ensemble de nos répondants.
La taille des conseils n’est ni petite ni trop grande. Ceci peut s’avérer un facteur
essentiel de réussite des fonctions du conseil. En effet, d’une part, les conseils composés
d’un grand nombre d’administrateurs favorisent la domination des dirigeants, qui peut
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faire naître des coalitions et des conflits de groupe. Il en résulte donc des conseils
fragmentés, qui éprouvent des difficultés à trouver un consensus sur les décisions
importantes et échouent à assurer un contrôle efficace. D’autre part, un conseil de très
petite taille, ne peut qu’accroître la marge de manœuvre du dirigeant et augmenter son
pouvoir au sein du conseil.
Enfin, la présence dans les réunions à raison d’au moins 80% des membres, dénote
également que les entreprises tunisiennes cotées se conforment aux dispositions du
guide quant à la volonté du conseil d’assumer convenablement ses fonctions.
Le tableau 3 montre que parmi les items les moins récurrents quant aux caractéristiques
que doit se doter le conseil d’administration, nous citons l’âge des administrateurs avec
des faibles proportions de 8% et 16% de conseils ayant un tiers de leurs membres âgés
moins de 40 ans et plus de 60 ans. À ce titre, la composition du conseil d’administration
des entreprises tunisiennes peut ne pas être équilibrée et diversifiée. En effet, la
présence de membres d’âges et de profils variés est une richesse pour l’entreprise
d’après les dispositions du guide.
Par ailleurs, les comités du conseil et la représentation des salariés dans le conseil sont
également rarement présents dans les conseils des sociétés tunisiennes.
Particulièrement, les comités de nomination et de rémunération sont très peu représentés
dans les conseils des sociétés cotées à raison de 16,66% et 8,33% respectivement. Par
ailleurs, ces comités sont composés minoritairement de membres indépendants. La
dépendance des membres vis-à-vis de l’entreprise et de son équipe dirigeante peut
présenter une entrave au contrôle des dirigeants. De tels mécanismes de gouvernance
peuvent représenter un important moyen de contrôle. On peut supposer que les
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entreprises ne disposant pas de tels comités ne possèdent donc pas les procédures
appropriées pour déterminer si les dirigeants ont entrepris les actions désirées.
Nous notons par ailleurs que la majorité des répondants affirment une structure de
dualité dans le conseil favorable à un contrôle efficace des dirigeants. En effet, dans
75% des cas, il y a séparation des fonctions de président du conseil d’administration et
de directeur général. Aussi, la moitié des entreprises ont au moins un tiers
d’administrateurs indépendants. Cette indépendance signifie la présence
d’administrateurs sans aucune relation avec l’entreprise (dont ils sont membres du
conseil) ou avec ses dirigeants susceptible d’affecter leur jugement sur les décisions des
dirigeants. L’indépendance constitue une directive essentielle à respecter pour aspirer à
une bonne gouvernance interne. Plus le pourcentage des administrateurs indépendants
augmente à l’intérieur du conseil d’administration, plus ces derniers sont capables
d’apporter une meilleure indépendance et impartialité dans la prise de décisions.
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Nombre Fréquence
Les fonctions du président du conseil d'administration
sont-elles séparées de celles du directeur général 9 75,00%
d'entreprise ?
Le conseil d'administration est-il composé au moins d'un
6 50,00%
tiers d'administrateurs indépendants ?
La durée du mandat d'un administrateur n’excède pas 3
1 8,33%
ans renouvelables une fois, soit 6 ans.
Le nombre d'administrateurs du conseil d'administration
12 100,00%
est-il compris entre 5 et 12 administrateurs ?
Au moins le tiers des administrateurs a-t-il moins de 40
1 8,33%
ans ?
Au moins le tiers des administrateurs a-t-il plus de 60 ans? 2 16,67%
Il n’existe pas dans le conseil des situations
7 58,33%
d'administrateurs croisés.
Existe-t-il un comité de nomination dans le conseil ? 2 16,67%
Si c'est le cas, le comité de nomination est-il composé de
2 16,67%
1/3 d'administrateurs indépendants ?
Existe-t-il un comité de rémunération dans le conseil ? 1 8,33%
Si oui, le comité de rémunération est-il composé de 1/3
1 8,33%
d'administrateurs indépendants ?
Existe-t-il un comité de gouvernance ou stratégique ? 5 41,67%
Si c'est le cas, le comité de gouvernance est-il composé de
3 25,00%
1/3 d'administrateurs indépendants ?
Est-il possible de réélire les administrateurs ? 9 75,00%
Page | 71
1.1.2. Les caractéristiques de l’audit interne et externe
La fréquence des caractéristiques de l’audit interne et externe parmi nos répondants est
présentée dans le tableau 4. Il s’agit d’items relatifs aux membres du comité d’audit en
termes de présence, d’indépendance, d’expertise et d’activités ainsi que des
caractéristiques liées au commissaire aux comptes. Le comité d’audit interne est présent
dans 11 sociétés sur 12. Cependant, même si on constate une forte présence du comité
d’audit, la simple présence de ce comité ne garantit pas la fiabilité des rapports
financiers. En effet, pour bien s'acquitter de leurs tâches, les membres du comite d’audit
doivent être indépendants. Il est à noter que dans 50% des cas, au moins un membre du
comité d’audit est indépendant. Ce qui rejoint le résultat présenté ci-dessus eu égard de
l’indépendance des membres du conseil d’administration. L’indépendance du comité
constitue le critère le plus important que chaque firme doit garantir. En effet, pour que
cet organe puisse protéger l’intérêt des actionnaires, il est nécessaire qu’il soit
indépendant de l’organe exécutif. Elle met en avant l’engagement de l’entreprise dans
une pratique saine de gouvernance et une volonté renforcée d’indépendance du conseil
d’administration.
Le tableau 4 fait également état des caractéristiques du commissaire aux comptes. Pour
les sociétés de notre échantillon, nous pouvons avancer qu’il existe une certaine
indépendance du commissaire aux comptes vis-à-vis de l’entreprise et ce, à travers leur
unique rôle de vérificateur externe des comptes de l’entreprise. En effet, près de 84%
des répondants témoignent que le commissaire aux comptes n’aurait pas perçu un
salaire ou une rémunération pour des services autres que le commissariat aux comptes.
Nous notons toutefois que deux répondants avaient confirmés l’existence d’un double
rôle de la part des commissaires aux comptes. Cette pratique surprenante peut avoir des
conséquences très négatives quant à la nécessite d’un contrôle indépendant lors de la
certification des comptes annuels. L’indépendance est l’essence même de la profession,
Page | 72
ainsi, par défaut d’intégrité et d’objectivité de la part des commissaires aux comptes,
l’opinion perd son utilité et la profession sa raison d’être.
Enfin, nous notons que les entreprises affirment de façon unanime que le commissaire
aux comptes se réunit au moins une fois par an avec le conseil d'administration ou le
comité d'audit. Cette communication entre l’auditeur externe et le comité d’audit est très
importante puisqu’elle permet aux administrateurs experts en comptabilité ou en finance
de s’assurer que le commissaire aux comptes a exercé sa mission d’une manière
efficace.
Page | 73
Nombre Fréquence
Existe-t-il un comité d'audit interne ou un seul auditeur au
11 91,67%
moins ?
Au moins un membre du comité d'audit est-il
6 50,00%
indépendant?
Un audit de management ou stratégique est-il mis en
8 66,67%
place?
Le comité d'audit élabore-t-il un rapport annuel sur la
8 66,67%
gestion d'audit ?
L'auditeur interne a-t-il une expérience ? 11 91,67%
La structure d'audit est-elle directement rattachée à la
10 83,33%
direction générale ?
Des formations sont-elles prévues pour les membres du
6 50,00%
comité d'audit ?
Le comité d'audit établit-il un exposé sur ses activités et
ses modalités de fonctionnement qui est approuvé par le 9 75,00%
conseil d'administration ?
Le comité d'audit dispose-t-il des rapports d'audit interne ? 10 83,33%
Le comité d'audit révise-t-il les procédures de contrôle
9 75,00%
annuellement ?
Le comité d'audit vérifie-t-il le rapport de l'audit externe ? 9 75,00%
Le commissaire aux comptes n’a-t-il pas perçu un salaire
ou une rémunération pour des services autres que le 10 83,33%
commissariat aux comptes ?
Le comité d'audit ou le conseil d'administration procède-t-
il à une évaluation de l'indépendance du commissaire aux 10 83,33%
comptes avant de proposer sa désignation ?
Existe-t-il un double commissariat aux comptes ? 7 58,33%
La durée du mandat du commissaire aux comptes avec
5 41,67%
l'entreprise ne dépasse pas 3 mandats.
Le commissaire aux comptes se réunit-il au moins une fois
par an avec le conseil d'administration ou le comité 12 100,00%
d'audit?
L'auditeur externe appartient-il à un réseau international ? 7 58,33%
Page | 74
1.1.3. Les droits des actionnaires
Nous présentons dans le tableau 5, l’analyse des fréquences relatives à notre troisième
axe d’appréciation de la qualité du système de gouvernance en Tunisie, à savoir, le
respect des droits des actionnaires. Nous entamons cette analyse par la conformité au
principe une action - un droit de vote dans presque toutes les sociétés interrogées
(91,67%). Ceci peut être considéré comme l’un des signes de protection des droits des
petits porteurs contre le risque d’expropriation que peuvent présenter les actionnaires
disposant des actions à droit de vote double ou multiple.
Par ailleurs, le rapport de synthèse de l'assemblée générale est mis à la disposition des
actionnaires dans toutes les sociétés de notre échantillon et ce, afin d’avoir une
meilleure connaissance des documents fournis par l’entreprise et une prise de décision
informée. Selon les termes du guide, « ce rapport permettra à l’ensemble des
actionnaires d’être informés des décisions prises lors de l’assemblée, du nombre de
votants présents, représentés et ayant voté par correspondance ainsi que des
pourcentages des résultats du vote ».
Page | 75
Nombre Fréquence
L’item relatif à la publication d’une notice biographique des membres du conseil dans
les rapports annuels représente également un faible pourcentage de 25%. Cette notice
devrait prévoir outre l’âge des administrateurs mais également son parcours
professionnel et ses principales compétences et expertises. Ces informations relèvent du
champ de gouvernance qui devrait être considéré par les sociétés cotées dans les
Page | 76
rapports de gestion. Après dépouillement des rapports annuels des sociétés de notre
échantillon, nous avons constaté l’absence de ce rapport de gestion. En effet, la plus part
des sociétés cotées se contentent des informations financières incluses dans les rapports
financiers. Nos résultats en témoignent puisque la publication des rapports de gestion ne
fait jamais l’unanimité dans les sociétés cotées. A juste titre, nous mentionnons une
proportion de 41,67% de l’occurrence de l’item de la publication de la liste des mandats
et fonctions des membres du conseil et leurs statuts indépendants ou non dans les
rapports annuels, 58% pour la diffusion du nombre et des dates des réunions du conseil
et du nombre d’actions détenus par les membres du conseil.
Les données ressortant du tableau 6 indiquent cependant une bonne volonté de la part
des entreprises tunisiennes eu égard de l’adoption des canaux de communication de
nature à fournir aux actionnaires des informations actuelles et en temps opportun. Il
s’agit de l’utilisation d’Internet comme canal privilégié de diffusion d’informations.
Cette mesure est présente dans la totalité des entreprises de notre échantillon et
renseigne sur la démarche volontaire que les entreprises tunisiennes désirent adopter
pour assurer une bonne transparence dans leurs systèmes d’information, atout
indispensable sur lequel repose toute politique de gouvernance efficace.
Page | 77
Nombre Fréquence
Une notice biographique des membres du CA est-elle
3 25,00%
publiée dans le rapport annuel ?
Le nombre d'actions des membres du CA est-il publié dans
7 58,33%
votre rapport annuel ?
La liste des mandats et fonctions des membres du CA et
leurs statuts indépendants ou non sont-ils publiés dans 5 41,67%
votre rapport annuel ?
Le nombre et les dates des réunions du conseil sont-ils
7 58,33%
rendus publics en les publiant dans vos rapports annuels ?
Aidez-vous le Commissaire aux comptes à vérifier
l'existence éventuelle de risques fiscaux en lui fournissant
12 100,00%
toutes les documentations et informations nécessaires à
cette fin ?
les actionnaires ont-ils la possibilité d'apprécier la
rémunération perçue par chacun des managers, à la lumière 6 50,00%
de la performance globale de l'entreprise ?
Tous les émoluments et avantages, financiers ou autres
8 66,67%
sont-ils rendus public pour chaque manager ?
La rémunération des administrateurs est-elle publiée dans
7 58,33%
les rapports annuels ?
Le montant des honoraires versés par la société aux
commissaires aux comptes est-il publié notamment pour 1 8,33%
les diligences spécifiques ?
La structure d'actionnariat des principaux actionnaires est-
10 83,33%
elle publiée ?
Les accords existants entre les principaux actionnaires
sont-ils publiés dans votre rapport annuel et (ou) votre site 3 25,00%
web ?
Mettez- vous à la disposition des CAC tous les documents
comptables et extra- comptables nécessaires afin qu'ils
12 100,00%
puissent rendre une opinion sur la sincérité et la régularité
des états financiers ?
Adoptez-vous des pratiques transparentes de comptabilité
11 91,67%
générale et fiscales ?
Adoptez-vous des systèmes de contrôle de gestion et un
11 91,67%
audit interne adéquats ?
Disposez-vous d'un site web ? 12 100,00%
Page | 78
1.2. Description de l’échantillon
Pour ce qui est des sous-indices de gouvernance, le score de gouvernance lié au conseil
d’administration présente la moyenne la plus basse comparée à celle des autres
mécanismes qui varie entre 64% et 78% de conformité aux dispositions de divulgation
d’information, de la qualité de l’audit aussi bien interne qu’externe et aux droits des
actionnaires. Le sous-indice représentant la qualité du contrôle exercé par le conseil
d’administration affiche une grande variabilité des scores parmi les entreprises de notre
échantillon allant de 33,3% à 66,6%. Ce résultat montre que les conseils des entreprises
tunisiennes ne sont pas encore parvenus malgré l’intervention du législateur à atteindre
un degré d’indépendance et d’expertise leur permettant de consolider davantage les
structures de gouvernance au sein des entreprises. L’efficacité de cet organe constitue
un atout indéniable et de taille dans la mesure de la qualité des systèmes de
gouvernance. Les insuffisances que les membres du conseil peuvent présenter ont un
effet négatif sur l’appréciation du système global de gouvernance des entreprises. Ainsi,
d’autres efforts de la part du législateur doivent être déployés pour améliorer et
renforcer les rôles du conseil au sein de toutes les entreprises tunisiennes quelques
soient leurs tailles.
Page | 79
Moyenne Ecart-type Minimum Maximum
Les indices de gouvernance globaux et pour chaque axe en fonction des secteurs
d’activité sont présentés dans le tableau 9 ainsi que dans la figure 1. L’analyse de ce
tableau montre que le secteur des biens et services industriels enregistre l’indice global
de gouvernance le plus élevé avec une moyenne de 78%. Ce secteur est suivi de celui de
15
2,51 e+8 signifie 2,51 exposant 8
Page | 80
la technologie à raison de 76,3%. Les entreprises appartenant au secteur des hautes
technologies affichent souvent une volonté accrue pour informer leurs actionnaires étant
donné que le secteur présente une grande volatilité au niveau des cours boursiers. Ainsi,
nous remarquons que pour le cas des entreprises tunisiennes étudiées que l’indice de
transparence de l’information est de l’ordre de 78,6% qui montrent que ces entreprises
se conforment au guide de bonne pratiques pour bénéficier d’une meilleure valorisation
de leur titres sur le marché mais également d’une réputation croissante en matière de
gouvernance de nature à attirer les nouveaux investissements. Les indices les plus
faibles sont enregistrés par les secteurs du transport aérien et des services aux
consommateurs avec respectivement, 40,7% et 42,4%.
Page | 81
Indice global de gouvernance
Biens de consommation
Industrie mécanique
65,3% 62,7%
Bâtiments et matériaux de
42,4% construction
76,3%
Biens et services
industriels
57,1
Transport aérien
40,7%
78% Technologie
Services aux
consommateurs
2. Analyse bi-variée
Nous avons effectué des analyses de comparaison des moyennes entre deux groupes
d’entreprises. En effet, nous avons décomposé notre échantillon en deux sous groupes :
Nous comparons les moyennes en indice global et en sous-indices entre ces deux
groupes de sociétés. De surcroît, nous réalisons un test paramétrique de différence des
moyennes (test de Student) pour affirmer si les différences entres les groupes sont
statistiquement significatives ou non aux seuils usuels de 1%, 5% et 10%.
Page | 82
Les résultats présentés dans le tableau 10 ainsi que dans la figure 2 suivant le tableau
montrent que l’indice global est plus élevé dans les entreprises à haute performance
comparé à celui dans les entreprises à faible performance. Cette différence entre les
deux sous groupes est statistiquement significative au seuil de 5%. Cela signifie que les
entreprises disposant d’un système de gouvernance de qualité ont tendance à avoir de
meilleures performances. Ce résultat est justifié par le fait qu’une bonne gouvernance
garantit la qualité des décisions prises par le manager, particulièrement, les décisions
stratégiques. La qualité du système de gouvernement d’entreprise certifie dans ce cas
que les fonds disponibles ne vont pas être gaspillés par les dirigeants aux dépens des
actionnaires externes. En effet, le contrôle efficace des actions des dirigeants mèneraient
l’entreprise vers une meilleure efficacité dans la réalisation de ses objectifs, d’où
l’impact favorable sur sa performance comptable.
Nous observons, enfin, que les entreprises les plus transparentes et qui respectent les
droits des actionnaires sont celles les plus performantes. Ainsi, les meilleures pratiques
de la divulgation d’informations et des droits d’actionnaires sont des outils cruciaux de
gouvernance, puisqu’elles contribuent à réduire l’asymétrie d’information entre les
acteurs internes et les investisseurs externes en assurant la crédibilité de la qualité de
gestion. De même, la divulgation d’informations fiables et bien détaillées ne peut
qu’être favorable aux actionnaires. Il serait ainsi légitime de penser qu’une diffusion
régulière d’informations serait en mesure de créer de la valeur pour l’actionnaire.
Page | 83
Performance Moyenne T-test
Faible 0,584
Faible 0,464
Faible 0,632
Faible 0,743
Faible 0,666
**, * signifient que les différences en moyenne sont statistiquement significatives aux seuils de 5% et
10% respectivement.
67,8 58,4
Page | 84
2.2. Qualité de gouvernance et taille de la firme
Ces résultats prouvent que la taille de l’entreprise est un atout majeur d’instauration des
pratiques de bonne gouvernance. En effet, l’introduction de ces pratiques peut s’avérer
couteuse pour les entreprises de petite taille. A ce titre, nous pouvons citer l’exemple de
la production et de diffusion d’informations financières qui représentent un coût non
négligeable pour les entreprises de tailles modestes qui peut les inhiber à disposer d’une
politique d’information régulière et transparente du marché. Tandis que les entreprises
de grande taille auront plus de facilités à générer des informations financières crédibles.
De plus, étant donné que les entreprises de grande taille sont plus sujettes aux
problèmes d’asymétrie informationnelle du fait qu’elles se trouvent sous certaines
exigences en termes de la révélation d’information et par crainte de perdre leur
réputation sur le marché vont s’adonner à des pratiques de gouvernance saines et
efficaces.
Il reste à souligner que tous les sous-indices de gouvernance sont en moyenne plus
élevés pour les entreprises de grande taille à l’exception du sous-indice mesurant la
qualité du contrôle exercé par le conseil d’administration. Les résultats du tableau 11
montrent en effet que l’indice lié au conseil d’administration est plus faible pour les
entreprises tunisiennes de grande taille.
Page | 85
Taille Moyenne T-test
Petite 0,618
Petite 0,523
Petite 0,691
Petite 0,785
Petite 0,691
64,4 % 61,8 %
Page | 86
2.3. Qualité de gouvernance et niveau d’endettement
L’analyse du tableau 12 montre que les entreprises les plus endettées ont en moyenne
un indice de gouvernance global supérieur aux entreprises peu endettées. Ce résultat est
similaire pour les sous-indices de gouvernance à l’exception de l’indice du conseil
d’administration. Conformément aux dispositions de la théorie de l’agence, le rôle
disciplinaire de l’endettement est complémentaire à une gouvernance de qualité dans le
but de renforcer le contrôle interne des dirigeants et pour réduire par conséquent les
problèmes d’agence. En effet, l’entreprise bénéficie, d’une part, d’une gestion plus
efficace et plus conforme aux intérêts des actionnaires et d’autre part, des économies
d’impôts provenant d’une déduction des frais financiers.
Page | 87
Endettement Moyenne T-test
Faible 0,605
Faible 0,539
Faible 0,691
Faible 0,714
Faible 0,601
63,2 % 60,5 %
Page | 88
3. Synthèse des résultats et recommandations
Le gouvernement d’entreprise suscite de plus en plus les débats. Il est primordial pour la
pérennité de l’entreprise. C’est l’un des piliers de compétitivité entre les entreprises et
un levier de création de valeur pour les actionnaires et l’ensemble des parties prenantes.
A la lumière des résultats de notre enquête, il apparaît clairement que la mise en place
des règles et principes de gouvernement d’entreprise constitue l’enjeu actuel pour les
sociétés tunisiennes.
Notre enquête nous a permis d’établir une mesure de la qualité de gouvernance à travers
une grille d’évaluation englobant un ensemble de recommandations en faveur d’une
bonne gouvernance puisées dans le guide de bonnes pratiques tunisien. Cette grille avait
pour objet primordial d’examiner la conformité des entreprises tunisiennes par rapport
au guide de bonnes pratiques. Elle avait également pour objectif d’identifier les zones
de faiblesse et de développer une stratégie d’amélioration de performance dans le
domaine de la gouvernance d’entreprise.
A l’issue de cette enquête, nous constatons que la bonne gouvernance en Tunisie relève
d’une démarche volontaire. En effet, au-delà des obligations réglementaires imposées
par les lois et règlements en vigueur, les principes de bonne gouvernance sont
volontaristes. A juste titre, l’implication et le rôle du conseil d’administration sont
essentiels pour assurer la pérennité de la démarche, l’engagement des dirigeants et de
tous les collaborateurs.
Les principaux résultats de notre recherche s’articulent autour des éléments suivants :
Page | 89
les conseils des entreprises tunisiennes ne sont pas encore parvenus malgré
l’intervention du législateur à atteindre un degré d’indépendance et d’expertise leur
permettant de consolider davantage leurs structures de gouvernance au sein des
entreprises. L’efficacité de cet organe constitue un atout indéniable et de taille dans
la mesure de la qualité des systèmes de gouvernance. Les insuffisances que les
membres du conseil peuvent présenter ont un effet négatif sur l’appréciation du
système global de gouvernance des entreprises. Ainsi, d’autres efforts de la part du
législateur doivent être déployés pour améliorer et renforcer les rôles du conseil au
sein de toutes les entreprises tunisiennes quelque soit leurs tailles.
- Certains items importants ne sont que très peu présents au sein des entreprises
tunisiennes, nous citons à titre d’exemple la divulgation d’informations sur la
rémunération des dirigeants qui pourrait avoir pour conséquence une expropriation
de la part des dirigeants souvent membres de la famille fondatrice de la société au
détriment des intérêts des actionnaires minoritaires. Aussi, le problème de
dépendance des comités de rémunération et de nomination au sein des conseils. Ces
pratiques peuvent avoir des effets négatifs sur la qualité des missions menées dans
le conseil.
- Les entreprises disposant d’un système de gouvernance de qualité ont tendance
à avoir de meilleures performances. En effet, une bonne gouvernance garantie la
qualité des décisions prises par le manager, particulièrement, les décisions
stratégiques. Elle certifie dans ce cas que les fonds disponibles ne vont pas être
gaspillés par les dirigeants aux dépens des actionnaires externes.
Page | 90
dans leur capacité à anticiper les évolutions futures et adopter les réformes
nécessaires au bon moment.
- Les efforts à déployer en faveur d’une meilleure gouvernance doivent également
concerner les petites et moyennes entreprises (PME) qui constituent 95% du tissu
économique tunisien et dont 5 uniquement sont cotées à ce jour sur le marché
alternatif16. La mise en place des principes de gouvernement d’entreprise relève
ainsi d’une nécessité plus qu’un choix pour toutes les entreprises quelque soit leur
taille.
- La fonction principale du conseil d’administration est la surveillance et la mise en
place de contrôles efficients. Il est donc nécessaire de définir clairement les tâches
que le conseil d’administration délègue à la direction, ainsi que les responsabilités
qui en découlent. Très souvent, les administrateurs méconnaissent et/ou sous-
estiment les responsabilités que la loi leur confère. Il arrive que cette délégation ne
soit pas explicite ni formalisée ou qu’elle ne soit tout simplement pas appliquée par
les acteurs. Pareil pour le contrôle exercé par le commissaire aux comptes qui
devrait témoigner d’une objectivité absolue dans l’expression de son opinion.
- La crédibilité de l’entreprise est améliorée par l’existence d’une communication
interne et externe organisée, connue et appliquée. Il faut à cet effet s’assurer que
l’information nécessaire soit transmise aux administrateurs régulièrement et en
temps opportun, et que l’information diffusée auprès des parties prenantes reflète
l’engagement de l’entreprise en matière de gouvernance.
- Au cœur de la réflexion sur la politique de rémunération, une question principale se
pose : est-ce que la rémunération des administrateurs et des dirigeants peut créer
des biais lors de la prise de décision? Les conditions d’une rémunération des
dirigeants indexée à la performance (sous forme de stock-options ou autres)
doivent être clairement énoncées. Le montant perçu doit être porté à la
connaissance du public pour une meilleure efficacité de ce mécanisme.
- Dans les grandes sociétés du type familial, caractéristique fondamentale des
entreprises tunisiennes, il faudra favoriser l’équilibre des pouvoirs. En effet, le
cumul des fonctions de direction et d’administration est fréquent, par manque de
ressources d’une part, et par besoin de réactivité, de contrôle et de vision globale
émanant des dirigeants (souvent fondateurs) d’autre part. Cette situation peut
exposer l’entreprise à des risques élevés liés à la concentration du pouvoir
16
Selon article de presse du 23-09-2012, « Tunisie : un nouveau cadre législatif pour le marché alternatif, dès
2013 », [Link]
Page | 91
décisionnel. Cela peut aussi mener à la rétention d’informations de la part des
décideurs.
- L’amélioration de la gouvernance d’entreprise est évolutive. En fonction des
changements de son modèle d’affaires ou des relations entre les acteurs, de son
stade de croissance ou de la structure de son capital, sans parler du développement
de nouvelles réglementations, l’entreprise devra être toujours amenée à revoir son
modèle de gouvernance.
En dépit du fait que la gouvernance d’entreprise fait beaucoup débat surtout chez les
professionnels, l'application des principes et règles de bonne gouvernance manque au
sein des entreprises surtout celles financières. En effet, ce sont les banques tunisiennes
qui doivent donner l'exemple en matière de bonne gouvernance17. C’est ainsi que la
circulaire de la banque centrale N° 2011-06 sur le renforcement des règles de bonne
gouvernance dans les établissements de crédit, a été publiée. La circulaire a à juste titre
insisté sur les missions et les prérogatives du conseil d’administration des
établissements de crédit. « Le conseil arrête la stratégie de développement et les
politiques d’intervention de l’établissement, assure la surveillance effective de l’organe
de direction en portant des jugements sur les décisions prises dans le cadre de la gestion
de l’activité de l’établissement ayant trait à sa rentabilité et sa solidité financière et la
mise en œuvre d’un dispositif de gouvernance ». En ce qui concerne le volet de la
gouvernance, le conseil doit « établir un code de gouvernance. Il doit donner l’exemple,
par ses propres pratiques, des principes de bonne gouvernance en créant des comités au
niveau du conseil et en effectuant des évaluations régulières au niveau du conseil dans
son ensemble et de chacun de ses membres ». Plusieurs autres dispositions ont été
émises dans la circulaire et notamment les rôles des différents comités (comité exécutif
des crédits, du comité des risques…). D’autres dispositions concernent les modalités de
nomination, de rémunération, de diffusion de l’information ont également été traitées
dans cette circulaire.
La circulaire de la banque centrale avait pour objectif de pousser les banques à une
meilleure surveillance et à un suivi plus élaboré des risques. L’idée est de garantir la
meilleure transparence possible dans la gestion, la pertinence du pilotage des risques, la
17
Selon article de presse du 24-06-2012, '' La bonne gouvernance est juste un slogan en Tunisie'',
[Link]
Page | 92
fiabilité des systèmes de contrôle par des organes tels que le conseil d’administration,
l’audit, l’inspection, les structures de conformité et de qualité.
Page | 93
Conclusion
L’enquête menée nous a permis de conclure qu’il existe une volonté affichée de la part
des entreprises tunisiennes pour se conformer aux principes et règles de bonne
gouvernance tels qu’énoncés dans le guide de bonnes pratiques. Les résultats de cette
étude montrent également que des insuffisances ont été décelées et qu’il faudra essayer
de combler par une réglementation supplémentaire afin de garantir les intérêts de
l’ensemble des parties prenantes. Le système tunisien de gouvernance gagnerait à être
plus transparent, plus accessible, et plus intelligible grâce à la présence de règles bien
élaborées.
Page | 94
Conclusion Générale
Page | 95
Malgré l’importance donnée pour le gouvernement d’entreprise et ses mécanismes, il
est à constater que les connaissances en matière de gouvernance n’ont pas pu empêcher
certaines tentatives de désinformations à l’égard des actionnaires et n’ont pas non plus
évité la mise en œuvre des stratégies distinctives de valeurs pour toutes les parties
impliquées. C’est pour cela que la pertinence des modes de gouvernance des firmes est
remise en cause. La question qui se pose alors serait la suivante: comment peut-on
définir un bon système de gouvernance ?
Plusieurs auteurs ont essayé de répondre à cette question, ce qui nous place devant une
multitude de définitions d’un système de gouvernance efficace. Dans ce contexte,
Charreaux (1996), le perçoit comme étant une garantie de la création de richesse pour
les différentes parties prenantes. En outre, L’OCDE (2004), de sa part, définit le
système de gouvernance de qualité comme étant le système qui devait « encourager le
conseil d’administration et la direction à poursuivre des objectifs conformes aux intérêts
de la société et des actionnaires et faciliter un suivi étroit des résultats obtenus, afin
d’encourager l’entreprise à mieux employer ses ressources ».
C’est dans cette lancée, que depuis quelques années, nous avons commencé à observer
l’émergence d’une approche totalement différente à des études antérieures. Elle
a apporté attention à une analyse systémique de plusieurs aspects de gouvernance à la
fois, en tenant compte des interdépendances potentielles entre les mécanismes de
gouvernance. A cet effet, la mesure de la qualité du système de gouvernance s’avère une
question cruciale qui nécessite d’être exposée.
Pionniers dans ce domaine Gompers et al. (2003) ont estimé la qualité de gouvernance
par une mesure synthétique, appelé un « indice ou score de gouvernance ». Ces auteurs
révèlent l’importance des bonnes pratiques de gouvernance et leur effet considérable sur
la réputation de la firme en matière de création de valeur. Ceci a entrainé la prolifération
des études empiriques qui cherchent à tester l’impact de l’efficacité des mécanismes de
contrôle sur la valeur de la firme et sur sa performance.
L’objet de cette recherche a été à cet effet de proposer dans un premier temps une
mesure de la qualité du système de gouvernance pour les entreprises tunisiennes
à travers le calcul des indices de gouvernance. Cet indice s’inspire du guide de bonnes
pratiques tunisien publié par le CTGE en 2008 et réactualisé en janvier 2012. Dans un
second temps, nous nous sommes inspirés des travaux et thèses qui affirment qu’une
Page | 96
meilleure structure de gouvernance se traduit par une meilleure performance, et avons
testé l’effet de la qualité du système de gouvernance sur la performance de l’entreprise.
Pour ce faire, nous avons poursuivi une démarche cohérente articulée autour de trois
chapitres :
Dans un dernier chapitre, nous avons mené une enquête qui avait un double objectif.
D’une part, cette enquête sur un échantillon d’entreprises tunisiennes cotées a permis de
mesurer la qualité du gouvernement pour ces entreprises, et ce par le biais du
questionnaire. D’autre part, nous avons pu déceler les insuffisances des entreprises en
matière de règles de bonne gouvernance énoncées dans le guide et de pouvoir juger de
son effet sur la performance.
Les résultats obtenus montrent que les entreprises tunisiennes se conforment aux
principes et règles de bonne gouvernance tels qu’énoncés dans le guide de bonnes
pratiques en dépit de quelques insuffisances ayant été identifiées et qu’il faudra essayer
de combler par une réglementation supplémentaire ou une sensibilisation accrue afin de
garantir les intérêts de l’ensemble des parties prenantes. Les résultats auxquels nous
avons abouti impliquent également qu’une bonne gouvernance garantit la qualité des
décisions prises par le manager, particulièrement, les décisions stratégiques et qu’un
contrôle efficace des actions des dirigeants mènerait l’entreprise vers une meilleure
performance.
Page | 97
Notre mémoire permet de développer les principales contributions suivantes :
Page | 98
Durant ces dernières années, l’expert comptable tunisien a certes été sollicité pour
donner son avis sur les questions d’actualité se rattachant à la gouvernance soit au sein
des sociétés avec lesquelles il a collaboré ou à travers les recherches et débats dans
lesquels il a participé. Toutefois, les nouveaux enjeux politiques et économiques
auxquels devra, désormais, faire face notre pays, nécessitent, à notre avis, une
intervention plus efficace de la part des professionnels comptables tunisiens. Les
investisseurs étrangers, en particulier, auront besoin d’une assurance plus élevée dans
les mécanismes de contrôle mis en place notamment dans les conseils d’administration.
L’expert comptable tunisien pourrait jouer un rôle déterminant à ce sujet. En effet, il est
primordial aujourd’hui d’élargir l’étendu de ses interventions en lui attribuant d’autres
missions liées au domaine de la gouvernance : l’expert comptable tunisien peut, à titre
d’exemple, exercer le mandat d’administrateur indépendant auprès des entreprises
tunisiennes.
Page | 99
Bibliographie
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Finance, Bordeaux.
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69. Shleifer A., et Vishny R.W., (1997), « A Survey of Corporate Governance », Journal of
Finance, vol. 52, p. 737 - 783
73. Yermack, D. 1996), « Higher Market Valuation of Companies with a Small Board of
Directors », Journal of Financial Economics, Vol. 40, n°2, pp. 185 - 211
Rapports
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8. Rapport Viénot (2002), « Pour un meilleur gouvernement des entreprises cotées »,
MEDEF, [Link]/codes/all_codes.php
Lois et règlementations
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ANNEXES
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Annexe 1
Questionnaire
L’application du guide de bonnes pratiques de gouvernance
par les sociétés Tunisiennes
Je suis expert comptable mémorialiste à l’IHEC Carthage. Je rédige mon mémoire sur la
thématique suivante : « La qualité du système de gouvernement d’entreprise, mesure
et impact sur la performance ». Plus précisément, j’examine dans quelle mesure les
entreprises tunisiennes se conforment-elles au guide de bonnes pratiques de
gouvernance publié par le CTGE en 2009.
Bien cordialement,
Mejed KHADRAOUI
1. Nom de l’entreprise:
Oui Non
Oui Non
2.3. La durée du mandat d'un administrateur n’excède pas 3 ans renouvelables une fois,
soit 6 ans.
Oui Non
Oui Non
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2.5. Au moins le tiers des administrateurs a-t-il moins de 40 ans ?
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
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2.15. Les administrateurs ont-ils des compétences variées ?
Oui Non
2.16. Existe-t-il un représentant salarié dans le conseil d’administration ?
Oui Non
Oui Non
2.18. Les réunions du conseil d’administration sont-elles tenues au moins une fois par
trimestre ?
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
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3.5. L'auditeur interne a-t-il une expérience ?
Oui Non
Oui Non
3.7. Des formations sont-elles prévues pour les membres du comité d'audit ?
Oui Non
3.8. Le comité d’audit établit-il un exposé sur ses activités et ses modalités de
fonctionnement qui est approuvé par le conseil d’administration ?
Oui Non
Oui Non
3.10. Le comité d’audit révise-t-il les procédures de contrôle annuellement ?
Oui Non
Oui Non
3.12. Le commissaire aux comptes ne perçoit pas un salaire ou une rémunération pour
des services autres que le commissariat aux comptes.
Oui Non
Oui Non
Oui Non
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3.15. La durée du mandat du commissaire aux comptes avec l’entreprise ne dépasse pas
3 mandats.
Oui Non
3.16. Le commissaire aux comptes se réunit-il au moins une fois par an avec le conseil
d'administration ou le comité d'audit ?
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
4.3. Disposez-vous d'un espace actionnaires dans le site web pour faciliter l'accès
à l'information ?
Oui Non
4.4. L'identité des actionnaires et leurs droits de propriété et de vote sont-ils publiés ?
Oui Non
Oui Non
Oui Non
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4.7. Y a-t-il une personne ou un service « relations avec les actionnaires » ?
Oui Non
5. La divulgation d’informations
5.1. Une notice biographique des membres du CA est-elle publiée dans le rapport
annuel ?
Oui Non
5.2. Le nombre d'actions des membres du CA est-il publié dans votre rapport annuel ?
Oui Non
5.3. La liste des mandats et fonctions des membres du CA et leur statuts indépendants
ou non sont-ils publiés dans votre rapport annuel ?
Oui Non
5.4. Le nombre et les dates des réunions du conseil sont-ils rendus publics en les
publiant dans vos rapports annuels ?
Oui Non
Oui Non
5.6. Les actionnaires ont-ils la possibilité d’apprécier la rémunération perçue par chacun
des managers, à la lumière de la performance globale de l’entreprise ?
Oui Non
5.7. Tous les émoluments et avantages, financiers ou autres sont-ils rendus public pour
chaque manager ?
Oui Non
5.8. La rémunération des administrateurs est-elle publiée dans les rapports annuels ?
Oui Non
Page | 115
5.9. Le montant des honoraires versés par la société aux commissaires aux comptes
est-il publié notamment pour les diligences spécifiques ?
Oui Non
Oui Non
5.11. Les accords existants entre les principaux actionnaires sont-ils publiés dans votre
rapport annuel et (ou) votre site web ?
Oui Non
5.12. Mettez-vous. à. La. disposition. des .CAC .tous. .les. documents .comptables et
extracomptables .nécessaires. afin. qu’ils. puissent. rendre. une. opinion sur la
sincérité et la régularité des états financiers ?
Oui Non
Oui Non
Oui Non
Oui Non
6. Peut-on avoir une idée sur les quelques chiffres suivants pour le
dernier exercice comptable :
- Résultat
- Total actif
- Secteur d’activité
- Total des dettes
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Annexe 2
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Les caractéristiques de l’audit interne et externe
Existe-t-il un comité d'audit interne ou un seul auditeur au moins ?
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La divulgation d’informations
Une notice biographique des membres du CA est-elle publiée dans le rapport annuel ?
Le nombre d'actions des membres du CA est-il publié dans votre rapport annuel ?
La liste des mandats et fonctions des membres du CA et leurs statuts indépendants ou
non sont-ils publiés dans votre rapport annuel ?
Le nombre et les dates des réunions du conseil sont-ils rendus publics en les publiant
dans vos rapports annuels ?
Aidez-vous le Commissaire aux comptes à vérifier l'existence éventuelle de risque
fiscaux en lui fournissant toutes les documentations et informations nécessaire à cette
fin ?
les actionnaires ont-ils la possibilité d'apprécier la rémunération perçue par chacun des
managers, à la lumière de la performance globale de l'entreprise ?
Tous les émoluments et avantages, financiers ou autres sont-ils rendus public pour
chaque manager ?
La rémunération des administrateurs est-elle publiée dans les rapports annuels ?
Le montant des honoraires versés par la société aux commissaires aux comptes est-il
publié notamment pour les diligences spécifiques ?
La structure d'actionnariat des principaux actionnaires est-elle publiée ?
Les accords existants entre les principaux actionnaires sont-ils publiés dans votre
rapport annuel et (ou) votre site web ?
Mettez- vous à la disposition des CAC tous les documents comptables et extra-
comptables nécessaires afin qu'ils puissent rendre une opinion sur la sincérité et la
régularité des états financiers ?
Adoptez-vous des pratiques transparentes de comptabilité générale et fiscales ?
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Liste des abréviations
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TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION GENERALE 1
CHAPITRE 1 : Le cadre théorique du gouvernement d’entreprise 8
Introduction………………………………………………………………………........ 9
Section 1. Origines et fondement théorique du gouvernement d’entreprise…….... 10
1. Origines et évolution du gouvernement d’entreprise………………………………... 10
2. Fondement théorique du gouvernement d’entreprise : La théorie de l’agence…….... 13
2.1. Les sources des conflits d’intérêts......................................................................... 15
2.1.1. Le problème d’observabilité........................................................................ 15
2.1.2. Le problème d’aversion au risque............................................................... 15
2.1.3. Le problème d’asymétrie d’information...................................................... 16
2.2. Conséquences des conflits d’intérêts..................................................................... 16
2.2.1. Les coûts d’agence…................................................................................... 16
2.2.2. L’enracinement du dirigeant........................................................................ 17
2.3. Les solutions aux conflits : Le gouvernement d’entreprise................................... 17
Section 2. Les approches théoriques du gouvernement d’entreprise........................ 19
1. L’approche actionnariale.............................................................................................. 19
2. L’approche partenariale............................................................................................... 20
Section 3. Le gouvernement d’entreprise : Concepts et mécanismes........................ 21
1. Définition du gouvernement d’entreprise.................................................................... 21
2. Les mécanismes de gouvernance d’entreprise............................................................. 23
2.1. Les mécanismes externes de contrôle................................................................... 23
2.1.1. Le système légal et réglementaire............................................................... 23
2.1.2. Le marché de travail des dirigeants............................................................. 24
2.1.3. Le marché des biens et services................................................................... 24
2.1.4. Le marché des prises de contrôle................................................................. 25
2.2. Les mécanismes internes de contrôle.................................................................... 25
2.2.1. Le conseil d’administration......................................................................... 25
2.2.2. La structure de propriété.............................................................................. 26
2.2.3. Transparence et divulgation d’informations................................................ 27
2.2.4. La politique d’endettement.......................................................................... 28
2.2.5. La rémunération des dirigeants.................................................................... 28
2.2.6. L’audit interne et externe............................................................................. 29
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Conclusion....................................................................................................................... 31
CHAPITRE 2 : Qualité du gouvernement d’entreprise et performance 32
Introduction.................................................................................................................... 33
Section 1. Les systèmes de gouvernance dans le monde............................................. 34
1. Le système orienté marché ou anglo-saxon................................................................. 34
2. Le système orienté réseau ou Germano-nippon........................................................... 35
3. Le système hybride...................................................................................................... 36
Section 2. Le système de gouvernance en Tunisie....................................................... 37
1. Les spécificités du gouvernement d’entreprise Tunisien............................................. 37
1.1. Un actionnariat à dominante familiale.................................................................. 37
1.2. Un financement bancaire....................................................................................... 37
1.3. Une présence accrue des PME.............................................................................. 38
1.4. La privatisation...................................................................................................... 39
2. La réglementation en vigueur...................................................................................... 40
2.1. Le code des sociétés commerciales....................................................................... 40
2.2. La loi sur la sécurité financière............................................................................. 42
2.3. La loi 2009-16 modifiant et complétant le code des sociétés commerciales........ 43
3. Le guide de bonnes pratiques de gouvernance............................................................. 45
3.1. Le centre tunisien de gouvernance d’entreprise.................................................... 45
3.2. Les recommandations contenues dans le guide..................................................... 46
Section 3. La qualité du système de gouvernement d’entreprise............................... 47
1. Définition de la qualité du système de gouvernance.................................................... 48
2. Le passage de l’approche des mécanismes à l’approche systémique.......................... 50
3. Mesure de la qualité du système de gouvernance........................................................ 51
3.1. Les agences de notation......................................................................................... 52
3.2. La mesure par l’indice de gouvernance................................................................. 53
Section 4. Revue de la littérature.................................................................................. 53
1. Mesures de la performance.......................................................................................... 53
1.1. Mesures de la performance comptable.................................................................. 54
1.2. Les mesures de la performance financière............................................................ 54
1.3. La création de valeur actionnariale....................................................................... 55
2. Revue de la littérature.................................................................................................. 56
Conclusion....................................................................................................................... 58
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CHAPITRE 3:Qualité du gouvernement d’entreprise en Tunisie :Etude pratique 59
Introduction………………………………………………………………………........ 60
Section 1. Les mécanismes de gouvernance influents en Tunisie………………….. 60
Section 2. Echantillon et collecte des données………………………………………. 62
1. Sélection de l’échantillon……………………………………………………………. 62
2. Collecte des données………………………………………………………………… 64
Section 3. Méthodologie de l’étude…………………………………………………... 64
1. La construction du questionnaire……………………………………………………. 64
2. Définition et mesure des variables…………………………………………………... 65
2.1. Constitution de l’indice de la qualité du système de gouvernance……………... 65
2.2. Les sous-indices de la qualité du système de gouvernance…………………….. 67
2.3. Les caractéristiques des entreprises…………………………………………….. 67
Section 4. Analyse des résultats de l’enquête………………………………………... 68
1. Analyse descriptive………………………………………………………………….. 68
1.1. Analyse des fréquences des items………………………………………………. 68
1.1.1. Les caractéristiques du conseil d’administration………………………… 68
1.1.2. Les caractéristiques de l’audit interne et externe…………………………. 72
1.1.3. Les droits des actionnaires………………………………………………... 75
1.1.4. La divulgation d’informations……………………………………………. 76
1.2. Description de l’échantillon…………………………………………………….. 79
2. Analyse bi-variée…………………………………………………………………..... 82
2.1. Qualité de gouvernance et performance………………………………………… 82
2.2. Qualité de gouvernance et taille de la firme…………………………………….. 85
2.3. Qualité de gouvernance et niveau d’endettement………………………………. 87
3. Synthèse des résultats et recommandations………………………………….……… 89
Conclusion...................................................................................................................... 94
CONCLUSION GENERALE 95
BIBLIOGRAPHIE 100
ANNEXES 109
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