Audit des Comptes des Partis Politiques en Tunisie
Audit des Comptes des Partis Politiques en Tunisie
Année universitaire
2017-2018
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
REMERCIEMENTS
C’est avec un immense plaisir que j’écris ces quelques lignes en guise de remerciements à
toutes les personnes qui ont contribuées à la concrétisation de ce mémoire.
Mes remerciements vont tout d’abord à Mr Selim FRIAA pour avoir accepté de diriger ce
mémoire, pour les conseils, la confiance et la sympathie qu’il m’a témoignés tout au long de
la période de recherche. Sa disponibilité et ses grandes qualités humaines m’ont permis de
mener à bien ce mémoire.
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à mon père pour les conseils et les encouragements
qu’il m’a donné.
Un grand merci aussi à ma mère pour son affection et son soutien moral tout au long de la
réalisation de ce travail.
SOMMAIRE
INTRODUCTION _________________________________________________________ 2
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
INTRODUCTION
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
« Argent et politique font rarement bon ménage mais ne peuvent pourtant s'ignorer l'un l'autre.
La définition de leurs rapports réciproques est toujours restée marquée du sceau de
l'ambigüité…. » Cette citation de Yves MENY, illustre la relation de plus en plus ambigüe
entre l'agent et la politique.
En Tunisie, la dite relation a connu des développements sérieux à compter de janvier 2011. En
effet, le nombre des partis politiques a augmenté d'une année à une autre pour avoisiner 205
partis politiques à la fin de 2016.
Par ailleurs, les différentes campagnes électorales menées par les partis politiques en 2011 et
2014 et celles qui seront exercées au cours des échéances électorales prochaines, constituent
un « gouffre » d'argent très important. C’est dans ce contexte que s'inscrit le présent mémoire.
Avant la révolution du 14 janvier 2011, les partis politiques en Tunisie étaient peu nombreux,
reconnus par la Constitution et dont la réglementation qui les régissent n’a pas été assez
explicite et claire. Après la révolution, le législateur Tunisien a procédé à la conception des
dispositions légales garantissant la transparence de la vie politique afin d’assurer la confiance
du public vis-à-vis du système politique et ce par la divulgation des lois progressives prenant
en considération les changements géopolitiques et juridiques à l’échelle internationale
régissant le financement des partis politiques.
Le financement des partis joue un rôle primordial dans tout système politique dans la mesure
où ces derniers sont des institutions vitales au bon fonctionnement de la société et ce en
assurant le droit d’expression et la diversité des opinions dans le respect de l’intérêt général de
la société.
Certes, la nature des échanges entre l’élu et le citoyen s’est profondément modifiée. En effet,
l’élu communique son message et son profil politique par des méthodes de communication
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Or les ressources des partis politiques (des cotisations, des aides, des dons, des legs, des
revenus des biens des partis politiques et de ses activités…) tarissent face à maintes dépenses
qui ne cessent d'augmenter. Ce déséquilibre entre les emplois et les ressources pousse les
partis à contourner la législation relative au financement de la vie politique ce qui pourra
mettre en péril le processus démocratique.
Dans le monde, les législations à ce sujet se multiplient depuis la fin des années 2000, et
l’encadrement de la vie politique se justifie par la transparence qu’il offre aux publics.
Afin de garantir une démocratie transparente, la Tunisie s’est conduite de la même façon, en
se dotant d'un ensemble de mesures législatives susceptibles de lui garantir la transparence
nécessaire au processus démocratique.
C’est pourquoi l’Etat tunisien, a engagé, depuis 2011, des réformes visant à préserver la
confiance des citoyens dans leur système politique. Au cœur de ces réformes, existe la mise
1
MARTIN Pierre, « Les systèmes électoraux et les modes de scrutin », Montchrestien, collection clefs politiques.
(1997)
2
KARRAY Bassem, « La régularité du financement de la campagne électorale des élections de l’assemblée
Nationale Constituante » Infos Juridiques N°21/121 (Octobre 2011).
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Ces mesures sont destinées également à assurer la moralisation des activités politiques et la
transparence des mécanismes de financement.
Le décret-loi n°2011-87 du septembre 2011, a créé l’obligation pour les partis politiques
d’établir et de publier des états financiers certifiés par un ou deux commissaires aux comptes.
En raison de ces obligations légales, le commissaire aux comptes est amené à intervenir dans
le processus de certification des comptes des partis politiques.
Le domaine des partis politiques est un domaine nouveau en Tunisie qui se caractérise par
l'absence des expériences et où les contraintes culturelles, organisationnelles et surtout
réglementaires sont de plus en plus importantes.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Compte tenu de ce nouveau contexte, le présent mémoire se propose d'apporter des éclairages
aux aspects particuliers auxquels le commissaire aux comptes est appelé à accorder une
attention particulière (identification des zones des risques) et à fixer ses diligences
professionnelles.
Ainsi, ce travail propose aux commissaires aux comptes des partis politiques une approche et
des outils dans le cadre de leurs missions d'audit légal. Il présentera, dans un premier temps
les modalités pratiques de prise de connaissance des particularités organisationnelles et
réglementaires des comptes du parti à auditer.
- Quelles sont les particularités d’une mission d’audit des comptes d’un parti politique ?
En vue d’atteindre les objectifs fixés et de répondre à notre problématique, le présent mémoire
sera structuré de la manière suivante :
La première partie sera dédiée à la présentation des particularités juridiques, comptables et
fiscales des partis politiques en Tunisie.
Nous présenterons, dans un premier chapitre, le cadre juridique et les règles d'organisation et
de fonctionnement des partis politiques. Ensuite, et en deuxième chapitre, nous nous
attacherons à décrire les spécificités juridiques, comptables et fiscales des partis politiques.
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Aussi, nous proposerons des outils d'aide à l'audit des comptes annuels des partis politiques
dans l'objectif d'apporter des solutions concrètes à l'auditeur intervenant chez les partis
politiques et ce afin d’aboutir à une meilleure adéquation entre l’étendue des travaux et
l’estimation des risques d’anomalies significatives.
En dépit de tous les efforts entrepris, ce travail de recherche ne prétend pas tout recenser, il
essai de contribuer à mettre en relief les aspects particuliers de l’audit des états financiers des
partis politiques en Tunisie.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
PARTIS POLITIQUES
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Depuis l’année 2011, les partis politiques se sont considérablement multipliés. En effet, à la
fin du mois de septembre 2017, environ 208 partis sont présents sur la scène politique
Tunisienne. L'Assemblée des représentants du peuple compte 217 députés.
La vie politique en Tunisie est dominée principalement par deux partis. Il s’agit du
mouvement Ennahdha et NidaaTounes, ces deux partis occupent ensemble environ 63% des
sièges au sein de l’assemblée des représentants du peuple. En second lieu, il vient le bloc Al
Horra et le Front populaire avec respectivement 12% et 7%.
A l’issus des élections de 2014, la répartition des sièges entre les partis se présente comme
suit3 :
Liste Sièges
Nidaa Tounes 86
Ennahdha 69
Union Patriotique Libre 16
Front Populaire 15
AfekTounes 8
Congrès pour la République 4
Autres partis 19
Total 217
A partir de l’année 2016 et suite à la formation des groupes parlementaires, la répartition des
sièges entre les partis est présentée dans le tableau suivant :
3
www.arp.tn
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Dans une conférence de presse le Ministre auprès du chef du gouvernement chargé des
Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les organisations des droits
de l’homme, a annoncé que seules quinze partis sur les deux cents huit recensées ont déposé
leurs comptes et rapports financiers auprès de la Cour des comptes.
Cependant, bien qu’ils existent depuis longtemps au sein de la vie politique en Tunisie, les
partis politiques n’étaient pas régis par une législation claire. Toutefois, après la révolution,
une véritable législation sur la moralisation de la vie politique a été mise en place.
Cette législation a porté sur plusieurs aspects : des dispositions législatives relatives à la
constitution et au fonctionnement des partis politiques, la réglementation de financement des
partis, et la mise en place d’un dispositif de contrôle. (Chapitre 1).
En plus, la transparence des partis se traduit par l’obligation de tenir une comptabilité et de
présenter chaque année des états financiers audités. À cet effet l’étude des particularités
comptables et fiscales applicables aux partis, est primordiale (Chapitre 2).
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Les polémiques qui ont émaillé l’actualité tunisienne, au lendemain de la révolution de janvier
2011 témoignent que des Tunisiens vont, par le biais des partis qui ont émergé sur la scène
politique, augurer des bouleversements irrémédiables dans les règles des choix politiques
ayant chacun un projet de reconfiguration de la pratique politique en Tunisie.
Les observateurs de la scène politique ont déclaré, à travers les médias, les débats et les
ateliers, une méfiance prononcée vis-à-vis de la prolifération de plus de cent cinquante partis
qui ont émergé sur la scène politique ayant chacun un projet de reconfiguration de la pratique
politique en Tunisie. Il est difficile d’envisager, dans la pratique, une commission de contrôle
totalement impartiale et dénuée de tout esprit partisan.
Le financement de la vie politique fait l'objet d'un cadre législatif récent qui s'est
progressivement consolidé dans le cadre d’un consensus autour de certains principes : la
transparence à la fois pour les partis et le financement des dépenses des candidats, et la
limitation de celles-ci, qui sont sources d'inégalités difficilement acceptables par le citoyen,
avec pour contrepartie l'aide financière de l'État, en vue de limiter les sources de financement
illicite.
Ces accusations sont favorisées dans la plupart des cas, par l’absence d’une législation
avancée en matière de prévention du financement (public et/ou privé) de la vie politique
devenu, après la révolution, parfaitement pluraliste ; et par l’absence d’une autorité
administrative indépendante disposant des mécanismes de suivi et assurant le contrôle de
l'Etat quant à la transparence des financements et des dépenses des partis politiques.
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C’est avec l’appui d’un cadre juridique, moralisant les activités politiques et la transparence
des mécanismes des financements des partis, que les législateurs tunisiens ont appréhendé
pour la première fois l’élaboration des textes juridiques relatifs à la transparence financière de
la vie politique. Ce dispositif législatif qui régirait le climat escompté de la vie politique
future est l’objet des lois et décrets suivants :
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
La constitution de 1959 a consacré dans son article 6 la liberté de création des associations.
Toutefois, la promulgation de la loi 59-154 relative aux associations venait vider l’article 6 de
sa substance puisque elle a conditionné la constitution des associations à l’accord du ministre
de l’intérieur.
Aussi, la loi organique n°88-32 du 3 mai 1988, qui dans son article 4 a instauré l’accord du
secrétaire d’Etat à l’intérieur, était en dessous du seuil minimum d’exercice démocratique.
Après la révolution, le décret-loi venait pallier aux lacunes de la loi n°88-32, en consacrant
dans son article premier le principe de la liberté de création des partis politiques. Ce principe a
favorisé l’existence d’un nombre important de partis dans le paysage politique tunisien.
Ce décret-loi qui a abrogé de manière significative la loi organique n° 88-32 du 3 mai 1988,
portant organisation des partis politiques et la loi n° 97-48 du 21 juillet 1997, relative au
financement public des partis politiques, a compté six chapitres et 35 articles répartis comme
suit :
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Compte tenu de ces définitions, il découle que le parti politique est une association
rassemblant des individus ayant un but politique commun et dont son environnement est
constitué de l’ensemble des organes susceptibles d’influencer son activité (Cour des comptes,
ISIE, l’administration publique, société civile, sympathisants, etc...)
Le parti politique est une association. En effet, sous réserves des particularités liées à sa
vocation spécifique, son régime juridique se situe dans la logique du droit des associations.
Les partis politiques peuvent se constituer librement. Ils doivent cependant se déclarer et
déposer leurs orientations et leurs statuts. Ceux-ci jouissent en effet d’une protection
constitutionnelle 4 qui les autorise à se former et exercer librement leur activité dans le respect
des principes de la démocratie.
4
TOLINI Nicolas, « Le financement des partis politiques », thèse pour le doctorat en droit, faculté Jean Monnet,
université Paris XI, Avril 2005, p.4.
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La constitution tunisienne ainsi que le décret-loi 2011-87 ont consacré la liberté de créer des
partis politiques. Selon l’article premier du décret-loi 2011-87 « Ce décret-loi garantit la
liberté de constituer des partis politiques, d'y adhérer et d'y exercer des activités »
Les partis politiques ne jouissent de la capacité juridique que s’ils sont déclarés auprès du
Premier ministre. Ceci permet aux partis politiques d'ester en justice, d'acquérir à titre
onéreux, de posséder et d'administrer leurs ressources et biens. Ils peuvent également accepter
des aides, dons, donations et legs.
Le parti politique est doté donc de la personnalité morale qui a pour objet un but politique. La
constitution des partis politiques est subordonnée par l'envoi, au Premier ministre, d'une lettre
recommandée avec accusé de réception comportant :
5
Article 1er du décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011 portant organisation des partis politiques, (JORT N° 74
du 30 septembre 2011)
6
ROTSCHILD Claude, « le statut des partis politiques » Pouvoirs, revue française d’études constitutionnelles et
politiques, n°22
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reçoit une plus large application »7 .L'importance des partis politiques réside dans le fait que
les démocraties ne peuvent fonctionner sans l'existence des partis politiques.
Les partis sont indispensables à une société politique pluraliste et jouent un rôle actif dans
l’information d’un électorat bien informé et impliqué. Par ailleurs, les partis servent
fréquemment de pont entre les branches exécutives et législatives du gouvernement et peuvent
contribuer à identifier efficacement les priorités dans l’ordre du jour législatif au sein d’un
système de gouvernement8.
Le rôle des partis politiques n'est pas défini par la constitution tunisienne. Le rôle des partis a
fait l'objet d'un article, d'une portée limitée, dans le décret-loi n°2011-87 sur les partis
politiques qui stipule que le parti politique « contribue à l'encadrement politique des citoyens
et à la consécration des valeurs de la citoyenneté. Il a pour objectif la participation aux
élections en vue d'exercer le pouvoir au niveau national, régional ou local » (9)
Pour exercer ses rôles, le parti politique doit avoir une autorisation qui lui donne son existence
légale, à cet effet, il importe donc de mettre l’accent sur les procédures constitutives du parti.
7
KELSEN Hans, « La démocratie », librairie du Recueil, Sirey, 2ème Ed. , Paris, (1932)
8
Commission Européenne pour la démocratie par le droit (commission de Venise) « lignes directrices sur la
réglementation des partis politiques », Strasbourg le 25 octobre 2010
9
Article 2 du décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011
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Les statuts des partis politiques permettent d'organiser leurs modalités de fonctionnement.
Plusieurs organes peuvent être crées afin de gérer le parti au quotidien et mettre en œuvre les
décisions prises par les organes compétents. On peut y retrouver entre autres un bureau
exécutif, un président et un secrétaire général etc...
A contrario de plusieurs législations qui ont réglementé d'une manière très détaillée
l'organisation des partis politiques, la législation tunisienne sur les partis politiques n'a pas
réglementé et n’a pas énoncé d'une manière explicite les règles de fonctionnement interne des
partis politiques.
En effet, le décret-loi 2011-87 est très vague et il n’a pas spécifié des formalités précises. Il
exige seulement que le fonctionnement interne des partis doit s’inspirer des principes
démocratiques. En outre l'article 8 du décret-loi sur les partis énonce que les modes de gestion
du parti sont déterminés par les statuts en respectant les règles de démocratie.
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La législation tunisienne actuelle pose le principe selon lequel il appartient au parti politique
de déterminer ses modes de gestion dans les statuts en observant l'obligation de se conformer
aux principes de la démocratie tout en laissant une large marge d’appréciation dans la mise en
œuvre de cette obligation10.
Par ailleurs, la majorité des partis politiques dispose d'un règlement intérieur qui définit leurs
procédures internes d'organisation et de prise de décision.
- La structure du parti ;
- Conditions d’éligibilité à la Présidence ;
- L’élection du président du parti ;
- La hiérarchie des instances ;
- Les conditions d'adhésion ;
- Les droits et les obligations des adhérents ;
- Les règles d’éthique régissant le comportement des membres et du personnel du parti ;
- Les droits des membres, etc.
D'une manière générale, l'organisation interne d'un parti politique peut comprendre les
structures suivantes :
- Le congrès national.
- Le président du parti.
- Le vice-président.
- Le comité exécutif.
- Le bureau politique.
- Le conseil national.
- Le conseil régional.
10
DOUBLET Yves-Marie, « les failles du système français du financement de la vie politique ». Paris, Presses
universitaires de France, 1990.
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L'ensemble de ces objectifs bien qu'ils ne constituent pas des obligations juridiques
contraignantes leur négligence constitue une menace à l'organisation démocratique. Ainsi, les
décisions sont prises, dans une organisation fiable d’un parti politique, selon des procédures
qui aboutissent à :
2.1.2 L ES MEMBRES
La législation sur les partis politiques n’a pas imposé des conditions particulières ou des
dispositions impératives pour l’admission des membres ni un nombre minimum requis de
membre pour constituer un parti politique.
Un parti a aussi le droit de refuser un adhérent qui ne lui paraît pas correspondre à ses options
ou qui ne partage pas ses valeurs et idéaux11.
En contrepartie les membres d’un parti politique se réservent également le droit de quitter
celui-ci à tout moment. Cette capacité est un élément clé de la nature volontaire de
l’association12.
Les partis doivent aussi respecter le décret-loi 2011-87 qui interdit certaines personnes
d’adhérer aux partis politiques 13(par exemple les militaires en activité et les civiles effectuant
le service militaire ; les magistrats ; les agents des forces de sécurité intérieure en activité, les
11
Commission européenne pour la démocratie par le droit, code de bonne conduite en matière de partis politiques
adopté par la commission de Venise lors de sa 77ème session plénière (Venise 13-14 mars 2009)
12
ROTSCHILD Claude, op. cit. , p. 56
13
Article 7 du décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011.
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Dans la pratique, il est opportun qu’il soit établi dans les statuts du parti les procédures et les
conditions d’adhésion ainsi que les critères à remplir par les membres. C’est ainsi que l’article
8 du décret 2011-87 a consacré ce principe en laissant aux partis la liberté de déterminer leur
mode de gestion toute en respectant les règles de démocratie14
2.2 S TATUTS
Le parti politique est une structure dotée de statuts régit par le décret-loi sur les partis
politiques. Ces statuts permettent d'organiser la vie du parti notamment les règles de
fonctionnement et ses orientations.
A chaque parti, il doit être lié un mandataire financier chargé de l'établissement des états
financiers. Leur désignation est décidée par l'organe habilité par les statuts.
Le parti politique doit mentionner dans les statuts les modalités de suspension provisoire de
son activité, ou sa dissolution ainsi que les règles régissant la liquidation de ses biens et des
actifs lui appartenant.
La constitution des partis politiques, ainsi que leurs programmes et leurs modes de gestion et
de financement doivent garantir le respect du cadre constitutionnel et juridique existant. Dès
14
Article 8 du décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
lors, les partis politiques doivent fonctionner dans le respect de certains principes de base de
la démocratie, de la primauté de la loi et la transparence.
Quels sont, alors, les principes que doit respecter le parti et le contenu de ces principes ?
a. La primauté de la loi
Les partis politiques doivent fonctionner dans le strict respect de la Constitution et la loi. La
création des partis et leur fonctionnement devraient reposer sur la primauté de la loi et la
protection des droits de l’homme.
Les partis politiques doivent s’engager dans leurs statuts et leurs activités au respect des
dispositions de la Constitution et de la loi16.
b. La démocratie
15
Article 3 du décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011
16
Article 35 de la Constitution Tunisienne
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c. La pluralité
L’existence des partis politiques est essentielle à la vie politique pour représenter l’opinion
publique. Le cadre juridique, qui repose sur une conception pluraliste,17 consacre aux partis
politiques le principe de la liberté de création et la liberté d’expression.
La pluralité permet à chaque citoyen de choisir ses représentants parmi les tendances
politiques présentes sur la scène politique du pays.
L'alternance pacifique au pouvoir est le principe le plus fondamental d'un paysage politique
transparent et ouvert. L’alternance du pouvoir présume l'existence d'une scène politique
pluraliste ainsi que des élections libres et démocratiques.
Ce principe doit s’étendre au parti politique lui-même dans le sens où le leader du parti
devrait faire passer le pouvoir d’une manière démocratique aux autres candidats du même
parti.
e. La transparence
La transparence est « une condition de moralité »18. Elle doit être illustrée à plusieurs niveaux
à savoir les déclarations, les programmes, les décisions et la comptabilité. En effet, le parti
politique est tenu d’assurer une parfaite accessibilité à toutes les informations et les
documents, ayant trait à son activité, au grand public.
f. L'égalité
Les partis politiques doivent être garants des principes de l’égalité. L’exigence de l’égalité
suppose un traitement égal des partis politiques sans aucune discrimination. En effet, le parti
au pouvoir ne doit pas profiter de sa position pour créer des conditions discriminatoires envers
les petits partis ou les partis représentant des minorités nationales.19
17
ROTSCHILD Claude, op. cit. , p. 33
18
TOLINI Nicolas, op. cit. , p. 364.
19
Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission de Venise), lignes directrices sur la
réglementation des partis politiques, Adoptées par la Commission de Venise lors de sa 84e session plénière
(Venise, 15-16 octobre 2010)
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
g. La neutralité de l'administration
La neutralité de l’administration est une obligation qui doit être respectée par les partis
politiques. Cette règle fonde notamment la possibilité de contrôler la transparence et la bonne
gestion des affaires publiques et de garantir l’indépendance des services publics.
Ce principe est consacré par la Constitution tunisienne, en effet l’article 14stipule que
« L’administration publique est au service du citoyen et de l’intérêt général. Son organisation
et son fonctionnement sont soumis aux principes de la neutralité, de l’égalité et de la
continuité du service public, et conformément aux règles de la transparence, de l’intégrité, de
l’efficacité, et de la responsabilité».
Le décret-loi de 2011 interdit aux partis politiques toute interférence dans la justice. En effet,
la primauté de la loi ne peut être consacrée qu’à travers une justice indépendante.
20
Article 114 de la constitution Tunisienne
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Outre le fait que la législation a doté les partis politiques de la personnalité morale, l'intérêt
majeur réside essentiellement dans la place qu'elle réserve aux modalités de financement des
partis politiques, en fixant des règles spécifiques.
« Argent et politique ont toujours entretenu des rapports ambigus, souvent sulfureux,
caractérisés par une relation de dépendance réciproque »21 . Cette liaison étroite entre l’argent
et la politique existait depuis que le pouvoir été exercé par la classe aisée. Aujourd’hui, la
politique requiert de grosses dépenses qui ne cessent d’augmenter en contrepartie d’une rareté
des ressources financières. Cette contrainte favorise souvent le recours aux pratiques de
financement occulte et incite les partis politiques à aller chercher des financements occultes.
La nécessité de garantir la probité de la vie politique, justifiait l’ampleur de la mise en place
d’un cadre législatif strict en matière de financement. En effet, l’objectif primordial de décret-
loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011 est de fixer les règles de financement des partis
politiques et la moralisation de la vie politique. Ces dispositions essentielles se résument
comme suit :
- Réglementation des dons effectués par les personnes physiques au profit des partis
politiques.
- Interdiction des dons anonymes et les aides de source étrangère.
- Obligation de dépôt et d'établir des états financiers.
- Certification des états financiers par un ou deux commissaires aux comptes.
- Contrôle par la Cour des comptes.
Cet ensemble de mesures va dans le sens d'une plus grande régularité et d'une plus grande
sincérité des opérations financières réalisées par les partis politiques.
21
TOLINI Nicolas, op. cit. , p. 9.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Chaque parti politique doit désigner un mandataire financier. Le mandataire financier est tenu
de :
La désignation du mandataire financier est effectuée par l'organe dirigeant déterminé par les
statuts du parti. Toutefois, le cadre légal tunisien n’a pas imposé des règles régissant les
compétences requises pour exercer la fonction du mandataire financier.
Les recettes des partis politiques font l'objet d'un contrôle attentif de la part de la Cour des
comptes. Ceci s'explique en partie par la possibilité pour les partis de financer sans limite
légale les comptes des campagnes électorales. Pour limiter au maximum tout financement
occulte, l’analyse des financements (public et privé) est donc primordiale.
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a. Le financement public
Avant 2011, la loi n°97-48 du 21 juillet 1997 relative au financement public des partis
politiques, a attribué une subvention de fonctionnement aux partis tout en précisant les
conditions et les modalités de leur octroi. Ce financement s’adresse aux partis politiques
représentés dans la chambre des députés.
De même la loi 99-27 du 29 mars 1999 complétant la loi n°97-48 du 21 juillet 1997 prévoit
une prime additionnelle aux partis politiques pour la subvention de leurs journaux.
Après la révolution, la loi 97-48 a été abrogée par décret-loi 2011-87. C’est ainsi que l’article
21 de ce décret-loi prévoit un financement public à l’intention des partis politiques, mais, sans
préciser ses conditions et ses modalités.
En effet, il apparaît, que l’intervention du législateur est nécessaire pour remédier à ce vide
juridique soit par la modification du décret-loi n° 2011-87 ou par la promulgation d’une
nouvelle loi relative au financement des partis politiques.
b. Le financement privé
Le financement privé des partis politiques est assuré par les dons qui doivent transiter par le
mandataire financier. Cette obligation a pour finalité d'assurer une séparation entre l'action
politique et son mode de financement.
Un compte bancaire séparé et unique doit donc être ouvert afin de recueillir les dons.
Les dons
Les dons des personnes physiques sont plafonnés à soixante mille (60.000) dinars par
donateur et par an. Il est à noter que la totalité des dons doivent transiter par le compte
bancaire unique.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Les cotisations
Les cotisations des adhérents sont plafonnées à mille deux cents (1200) dinars par an. La
cotisation dont le montant dépasse deux cent quarante (240) dinars est versée par chèque
bancaire ou postal ou par mandat postal.
En cas de non-respect des lois en vigueur, des sanctions, envers les partis politiques, sont
prévues par le décret-loi sur deux niveaux : sanctions administratives et sanctions pécuniaires.
L’article 28 du décret-loi envisage deux sortes de sanctions administratives envers les partis
politiques qui ne respectent pas la loi. Les sanctions d’ordre administrative peuvent être
provisoires, comme la suspension ou définitives comme la dissolution.
Durant cette période de suspension le parti politique a le droit de faire recours contre cette
décision suivant les procédures de référés. Afin d’éliminer toute impression de décision
arbitraire, il est important que des mécanismes de recours existent.22.
22
Commission Européenne pour la démocratie par le droit (commission de Venise) « lignes directrices sur la
réglementation des partis politiques », Strasbourg le 25 octobre 2010.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Les sanctions définitives : Lorsque l’infraction demeure non régularisée par le parti politique
défaillant malgré la mise en demeure, la suspension provisoire de ses activités et après avoir
épuisé tous les moyens de recours contre la décision provisoire de suspension, la dissolution
du parti peut être prononcé par le pouvoir judiciaire suite à une action intentée par le Premier
ministre. La dissolution est la mesure la plus sévère, elle met fin à l’existence juridique du
parti politique.23
L’article 29 prévoit des sanctions pécuniaires à l’encontre des partis politiques qui acceptent
des financements d’origine interdite tel que prévue par l’article 18.
D’autre part, et en vertu de l’article 19, il est interdit aux partis politiques d’octroyer des aides
financières ou matérielles aux citoyens.
23
MBAREK Manel, « La pluralisme politique », DEA, FDS, (2009).
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
a. Le financement public
La mise en place du système de financement public permet à tous les partis politiques de
pouvoir jouer un rôle dans la vie politique. Ceci va dans le sens du respect de la Constitution
et favorise le bon fonctionnement de la Démocratie. En effet, même si le montant alloué aux
petits partis ayant touché les deux fractions de l'aide publique est faible, il est nécessaire à la
survie de ces partis qui disparaîtraient à défaut de l'aide financière.
En plus, ce type de financement est une solution pour être en mesure de contrôler les fonds
reçus. Le financement public est assuré par l'impôt collecté.
C’est ainsi, une subvention publique forfaitaire au titre de remboursement des dépenses
électorales est versée à chaque candidat (la campagne présidentielle) ou liste candidate
(campagne législative), et ce, après la proclamation des résultats définitifs des élections.
L'article 78 (nouveau) de loi organique n° 2017-7 du 14 février 2017, modifiant et complétant
la loi organique n° 2014-16 du 26 mai 2014 relative aux élections et référendums a instauré
un minimum de 3% pour pouvoir prétendre à la première fraction. Cette loi a renforcé les
contrôles pour éviter les candidatures motivées par des raisons financières.
Aussi il est à noter, que le candidat ou la liste candidate ne peuvent prétendre à la subvention
publique s’ils ne produisent pas le justificatif de dépôt des comptes auprès de la Cour des
comptes et après vérification de leur respect des obligations légales relatives à la campagne
électorale et son financement.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
b. Le financement privé
Outre l’aide publique, les candidats aux élections bénéficient d’un financement privé. Le
financement privé peut être en espèce ou sous la forme d’avantage en nature. On distingue
deux types de financement privé :
La loi organique 2014-1624 tel que modifiée et complétée par la loi organique n° 2017-7 du 14
février 2017 a prévu un arsenal25de sanctions financières, électorales et pénales à l’encontre
des partis, candidats ou liste de candidats qui ne respectent pas les dispositions de la loi
électorale. Ces sanctions sont généralement prononcées pour les irrégularités des comptes,
financement illégal, dépassement des plafonds des dépenses ou suite au non-respect des règles
applicables aux campagnes électorales.
24
Articles 98 à 100 et 149 et 162 de la loi organique 2014-16 du 26 mai 2014.
25
JOUAN Barbara, « Évaluation du cadre juridique et des mécanismes de financement de la campagne
électorale », avril 2015.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Les sanctions financières qui peuvent atteindre les partis, les candidats ou la liste de candidats
sont multiples et sont parfois lourdes :
26
Article 57 et 154 de la loi organique 2014-16 du 26 mai 2014.
27
Article 69 et 155 de la loi organique 2014-16 du 26 mai 2014.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Le candidat, le parti ou liste des candidats peuvent faire l’objet des poursuites pénales pour
certaines infractions. La nature de la sanction varie en fonction de la gravité de l’infraction
constatée :
- Un emprisonnement de cinq ans à l’encontre des candidats qui auraient accepté des
financements de l’étranger.
- L’article 159 de la loi 16-2014 punit d’un emprisonnement allant de 6 mois à un an à
ceux qui auraient procéder à l’achat des voix.
- L’utilisation des ressources de l’administration, des établissements et entreprises
publiques comportait une peine d’emprisonnement de six mois à un an.
Les dons des personnes morales sont interdits dans le but de mettre un terme et d'éviter au
maximum les affaires de corruption pouvant être liées à ce type de financement. En effet, il
existe un risque que les entreprises font des contributions élevées en contre partie de leur aide
précieuse et attendaient un avantage du parti ou du candidat dépendant de ce dernier. Cela
passait souvent par l'obtention des marchés publics.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Les dépenses de la campagne électorale sont plafonnées, pour chaque liste, à cinq fois le
montant de la subvention au titre de l’aide publique28.
La limitation des dépenses est en réponse à la hausse des dépenses électorales afin de rétablir
l’égalité des chances entre les partis.
Toutefois il est difficile de distinguer entre les dépenses se rattachant à la campagne électorale
et les dépenses non électorales (régulières) qui restent à la charge des partis. En effet, la Cour
des comptes estime que le cadre légal n’a pas prévu des dispositions claires qui organisent les
activités des partis au cours de la période préélectorale (recommandation n°5)29.
Aujourd’hui les règles juridiques encadrant le financement des partis politiques constituent
une étape législative significative en posant les fondements de l’encadrement du financement
des partis politiques. Les partis politiques de leur part sont astreints à la transparence de leurs
comptes. Les états financiers sont arrêtés chaque année et certifiés par un ou deux
commissaires aux comptes avant d’être déposés à une commission composée de trois
membres qui sont : Le premier président du tribunal administratif, le premier président de la
Cour d'appel de Tunis et le président de l'ordre des experts comptables de Tunisie. Les états
financiers devraient être publiés dans un quotidien et sur le site web du parti et ce dans un
délai d’un mois à partir de leur approbation30.
Pour les campagnes électorales, le parti politique est tenu de tenir une comptabilité simplifiée
pour chaque circonscription électorale ainsi qu’une comptabilité générale retraçant toutes les
opérations réalisées dans toutes les circonscriptions.
28
Article 10 du décret n° 2014-2761 du 1er août 2014, fixant le plafond global des dépenses de la campagne
électorale et le plafond du financement privé ainsi que le plafond du financement public et ses conditions et
procédures, pour les élections législatives de l’année 2014, JORT du 05 août 2014
29
Cour des comptes, « Rapport général sur les résultats des contrôles du financement de la campagne électorale
et législative », Mars 2015
30
Article 26 du décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Les partis politiques et les campagnes électorales sont majoritairement financés par le
subventionnement public et les dons de personnes physiques.
« La dimension financière des campagnes électorales est devenue une donnée fondamentale
des démocraties. Des raisons juridiques, politiques et économiques justifient une
réglementation en la matière, en vue d'assurer une égalité de chance entre les candidats afin
que leurs moyens financiers ne favorisent pas certains aux dépens d’autres31 ». En effet, le
contrôle des partis politiques et des campagnes électorales est primordiale pour consolider la
vie politique et assurer l’égalité des chances entre les partis. Le contrôle de financement des
partis politiques et des campagnes électorales est confié à l’Instance supérieure indépendante
pour les élections (ISIE), et à la Cour des comptes.
Quant à l'intervention du commissaire aux comptes, celle-ci est régie par les normes
professionnelles et la loi ce qui permet d'avoir un autre niveau de contrôle par rapport à celui
de l'ISIE et la Cour des comptes.
31
TOUVET Laurant et DOUBLET Yves-Marie, « Droit aux élections », Economica, Paris, (2007).
32
JOUAN Barbara, « Évaluation du cadre juridique et des mécanismes de financement de la campagne électorale
de l’année 2014 », Avril 2015.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
La mission principale de la Cour des comptes s'articule autour du contrôle des comptes des
partis politiques et des campagnes électorales.
D’une part, l’article 27 du décret-loi relatif à l’organisation des partis politiques oblige les
partis politiques à présenter auprès de la Cour des comptes un rapport annuel comportant une
description sur les ressources et les dépenses du parti. Toutefois, ce décret ne détermine ni le
délai accordé pour les partis pour le dépôt de ce rapport ni l’étendue du contrôle.
D’autre part, la Cour des comptes exerce un contrôle sur les comptes des campagnes
électorales comme l’indique l’article 91 de la loi organique 2014-16 du 26 mai 2014.
La Cour des comptes peut émettre des avis, qu'il juge nécessaire, sur des points qui lui
semblent être problématiques et propose des solutions dans son rapport de contrôle. Elle
apporte de cette façon des éclaircissements quant à l'application de la législation. Ainsi dans
son rapport datant du mois de juin 2015 sur les résultats du contrôle des financements des
campagnes électorales législatives de l'année 2014, elle a mis en avant des problèmes de
procédure et de fond. Ci-après, nous citons quelques constatations et recommandations de la
cours des comptes33 :
33
Cour des comptes, « Rapport général sur les résultats des contrôles du financement de la campagne électorale
et législative », Mars 2015
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
C'est à partir de ces points primordiaux se rattachant à la sécurisation de la vie financière des
partis politiques et des campagnes électorales que des améliorations peuvent être apportées.
La mise en œuvre d'une législation efficace prendra plusieurs années. En Tunisie, le temps
entre la prise de conscience et la législation est très court. Toutes les lois ont été décidées dans
l'urgence sous la pression d'événements, cette situation traduit une certaine fébrilité du
législateur à venir modifier les textes en place. Ces textes nécessitent au fil des années des
améliorations. Pour ce faire, ce sont les organes de contrôle tels que la Cour des comptes et
l'ISIE qui ont posé à travers des rapports, les évolutions souhaitées du cadre législatif. En
effet, à partir de ces contrôles que les failles sont détectées et les solutions sont proposées
régulièrement. C'est à travers ces derniers que la vie financière politique tend à s'assainir.
b. Les contrôles effectués par l’Instance supérieure indépendante pour les élections
(ISIE)
l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) a été créée par la loi organique n°
2012-23 du 20 décembre 2012, telle qu’amendée et complétée par la loi organique n° 2013-44
du 1er novembre 2013 et la loi organique n° 2013-52 du 28 décembre 2013, confie à l’ISIE
une compétence générale en matière de supervision des élections, de contrôle financement des
campagnes électorales et de la garantie de l’égalité entre tous les candidats en matière de
financement public.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Elle contrôle également les moyens de financement et impose la conformité aux règles, en
collaboration avec différentes structures publiques, y compris la Banque centrale, le tribunal
des comptes et le ministère des Finances »
Pour exercer ses contrôles, l'instance, à part les demandes d'information, elle fait appel à ses
représentations territoriales et elle exerce des visites sur le terrain.
Aussi parmi les rôles de l'ISIE est d'aider les partis politiques à comprendre et à respecter la
loi notamment à travers des séminaires.34
Les résultats du contrôle de l’ISIE peuvent aller jusqu'à l’annulation des résultats. En effet
dans l’exercice de sa compétence, l’ISIE a abouti à l’annulation de certaines listes pour la
campagne législative de 2014.35
34
ISIE, « Rencontre avec les partis politiques sur la présentation des candidatures pour les élections législatives
et présidentielle 2014 », 12 Août 2014.
35
ISIE « Rapport sur les élections de l’année 2014 », www.isie.tn.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Un niveau supplémentaire de contrôle a été mis en place. C'est la mission du commissaire aux
comptes de certifier les comptes annuels du parti politique.
La mission de certification a pour objectif d'établir un rapport où ils certifient que les comptes
sont établis en conformité avec les dispositions légales et conformément au système
comptable des entreprises.
La vérification des comptes par un professionnel externe permet au parti politique d'avoir un
avis extérieur sur les problèmes auxquels ils doivent faire face et d'avoir un œil différent sur
ces interrogations. De part ses connaissances de la législation et de son expérience, le
commissaire aux comptes est le mieux disposé pour apporter des informations claires et
objectives.
Le déroulement de la mission du commissaire aux comptes sera traité dans la deuxième partie
de ce mémoire.
RECOMMANDATIONS
Un dispositif juridique efficace et pertinent doit être en évolution continue de par sa nature,
notamment, des déficiences qui auraient pu y être décelées. Le système juridique relatif au
financement de la vie politique ne déroge pas à ce principe, c’est pourquoi les révisions ne
cessent d’être proposées. Des améliorations peuvent être apportées par le législateur, tel que le
renforcement des mécanismes de contrôle et de pouvoir des sanctions.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
La mise en place d’un financement public pour les dépenses de fonctionnement au profit des
partis politiques justifie l’instauration de cette commission pour vérifier l’emploi de ces fonds.
Aujourd’hui, ce financement n’est pas encore clarifié.
Aujourd’hui, les contrôles des commissaires aux comptes se limitent à vérifier la justification
des dépenses sans se prononcer sur l’opportunité des dépenses. Comme le prévoit la norme
sur la certification des états financiers des partis politiques « Le contrôle des commissaires
aux comptes ainsi défini n'a, en aucun cas, pour objectif de vérifier l'opportunité des dépenses
engagées ou des opérations réalisées par le parti politique ».
Le non-respect des règles de financement pendant les campagnes électorales n’est pas
sanctionné par la suspension. En effet, le texte juridique se limite à la perte de la subvention
publique, sanction qui demeure insuffisante.
A ce titre, le législateur peut définir au préalable l’affectation des fonds alloués au titre de
l’aide publique que de laisser aux partis la liberté et le pouvoir discrétionnaire de leur
utilisation.
Le pouvoir de sanction dont dispose la Cour des comptes à l’égard des partis est jugé
relativement insuffisant, c’est la raison pour laquelle le législateur devrait intervenir afin
d’introduire des réformes. De tels manquements à la législation en vigueur ne sont pas
toujours convenablement sanctionnés. Cette problématique a été soulevée à plusieurs reprises
dans le cadre des rapports de la Cour des comptes.
La législation relative au financement des partis politiques malgré ses insuffisances, constitue
aujourd’hui un dispositif juridique important pour la moralisation de la vie politique.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Ces insuffisances peuvent être exploitées par les partis politiques pour la dissimulation des
financements illicites. Pour en remédier des évolutions sont encore nécessaires pour renforcer
les mécanismes de contrôle.
Il est aussi nécessaire d’instaurer des mécanismes de surveillance des conditions de mise à
disposition gracieuse de matériels, locaux et personnels au profit des partis politiques et en
particulier la facturation des prestations de services qui devraient être rendues à la valeur
marchande.
Les relations étroites entre les partis et certaines structures (personnes morales,
associations…) peuvent favoriser les pratiques occultes (fausses factures, prestation gracieuse,
mise à disposition…). Ces relations sont généralement difficiles à détecter notamment lorsque
les services rendus revêtaient le caractère immatériel.
Les derniers rapports de la Cour des comptes attestent les difficultés rencontrées par cette
dernière pour s’assurer de l’absence des financements reçus en provenant des associations
écrans.
- Prévoir une distinction stricte entre les dépenses électorales et non électorales ;
- Définir clairement le rôle des mandataires financiers et fixer les compétences requises
pour leur nomination ;
- Modalité d’attribution de l’aide public ;
- Contrôle par l’ISIE de la campagne à l’étranger ;
- Prévoir des sanctions dissuasives en cas de non publication des états financiers ;
- Revoir le régime des sanctions ;
- Encadrer la valorisation des avantages en nature ;
- Clarifier les modalités et les conditions de financement des partis par les emprunts
bancaires ;
- Le sort des Financements en provenance des sources étrangères ou inconnues ;
- Le contenu du rapport remis par les partis à la Cour des comptes ;
- Le sort des dépassements des limites de financement par les contributeurs.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Le cadre juridique dans lequel les partis évoluèrent jusqu' à l’année 2011 s’est caractérisé par
ses insuffisances notoires qui deviennent inconciliables avec la place prépondérante prise par
ces organisations dans la vie politique nationale.36
Avant la révolution, les partis politiques ne disposaient pas d’un cadre juridique approprié,
permettant de leur assurer les moyens nécessaires à l’accomplissement de leurs activités.
Le décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011 sur les partis politiques qui abroge la loi
antérieure de 1988 ; loi liberticide sur la base de laquelle s’est construit l’autoritarisme
politique. Ce décret a supprimé le régime de l’autorisation préalable du ministre de l’intérieur
et a remplacé par celui de la déclaration auprès du Premier ministre (articles 6 à 16).
Cette loi présente des limites : d'une part, la restriction de l'aide aux seuls partis politiques
représentait au parlement alors même qu'il existait d'autres courants de pensée, et, aussi la
faiblesse des sanctions en cas de non-respect des plafonds de financement.
Il est à noter à cet égard, qu’en vertu des décrets lois n° 2011-87 et n°2011-88 du 24
septembre 2011, portant respectivement organisation des partis politiques et organisation des
associations, l’octroi d’une autorisation préalable pour la constitution d’un parti ou d’une
association n’est plus exigé, une simple déclaration étant suffisante.
36
TOLINI Nicolas, op. cit. , p. 25.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Le décret-loi 2011 a renforcé les obligations de rendre des rapports, en établissant des limites
sur les contributions des candidats.
Les partis politiques ont l'obligation de tenir une comptabilité et de déposer leurs comptes,
audités par un ou deux commissaires aux comptes, au premier responsable du parti et à une
commission présidée par le premier président du tribunal administratif avec la participation du
premier président de la cour d'appel de Tunis et du président de l'ordre des experts comptables
de Tunisie.
La loi organique n°88-32 du 3 Mai 1988 présente des limites : d'une part, la restriction de
l'aide aux seuls partis politiques représentés au Parlement, alors même qu'il existe d'autres
courants de pensée, mais la représentation est absente. D'autre part, le plafonnement des
dépenses est applicable aux campagnes électorales uniquement ; et enfin la faiblesse des
sanctions en cas de dépenses excessives.
Lors de sa constitution, le parti politique est sujette à certaines particularités relatives à son
objet, ses dirigeants, ses adhérents ainsi que certaines formalités de constitution.
La constitution et la législation sur les partis politiques ont expressément consacré la liberté
d'association. Toutefois, cette liberté de créer des partis politiques est conditionnée. Dès lors,
la législation actuelle sur les partis politiques est venue clarifier les conditions à observer pour
la constitution des partis. Ainsi la constitution d'un parti politique doit répondre à des
conditions de fond et de forme.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
La législation Tunisienne sur les partis politiques dispose que les fondateurs et les dirigeants
du parti politique doivent être de nationalité tunisienne.
Aussi, ils doivent jouir entièrement de leurs droits civils et politiques. En effet les fondateurs
ou les dirigeants d'un parti politique ne doivent pas avoir été condamnés par un jugement
définitif ayant l'autorité absolue de la chose jugée, et ce, pour un délit ou crime à plus de trois
mois de prison ferme ou de plus de six mois de prison avec sursis.
La législation actuelle a imposé des conditions d'adhésion aux partis politiques. En outre
l’article 7 du décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011 énonce que l'adhésion soit ouverte
aux personnes de nationalité tunisienne. La condition d'âge est fixée à seize (16) ans au
minimum.
Le même article a prévu certaines interdictions comme l'impossibilité d’appartenir à plus d’un
parti ou l'interdiction touchant les militaires en activité et les civils effectuant le service
militaire, les magistrats, les gouverneurs, les délégués principaux, les secrétaires généraux des
gouvernorats, les délégués et les chefs de secteur, les agents des forces de sécurité intérieure
en activité et le corps des agents des douanes.
La constitution d'un parti politique nécessite le dépôt d'un dossier complet auprès du Premier
ministre. Le dossier doit comporter un ensemble des documents à savoir : une déclaration
indiquant la dénomination du parti, son programme ainsi que son emblème et son siège, une
photocopie de la carte d'identité nationale des fondateurs du parti et les statuts en deux
exemplaires signés par les fondateurs du parti. Ces éléments constitutifs du dossier sont
vérifiés, lors de l'envoi de la lettre, par un huissier de justice moyennant l'établissement et la
remise d'un procès-verbal en deux exemplaires au représentant du parti.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
b. Conditions de fond
Les statuts des partis doivent être en conformité avec les dispositions des articles 3 et 4 du
décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011. Ces articles concernent les principes de la
république et de la démocratie. En effet, les statuts doivent être en conformité avec la
Constitution et à la loi et contenir un engagement général sur la transparence (article 3). De
même, les statuts et les programmes des partis ne doivent pas inciter à la violence, la haine,
l'intolérance ou des discriminations basées sur la religion ou la catégorie, ou le sexe, ou la
région (article 4). L’examen du dossier transmis au Premier ministre s'effectue principalement
sur la base des articles 3 et 4. Il s’agit d’un contrôle préalable à l’activité du parti.
La décision d’autorisation du parti, par le Premier ministre est prononcée dans un délai de
soixante jours à compter de date de réception de la lettre recommandée, faute de quoi, il s’agit
d’une décision tacite de non-objection à la constitution du parti politique.
En Europe, la possibilité de recours a été prévue par le code de bonne conduite en matière des
partis politiques37.
37
Adopté par la commission de Venise lors de sa 78ème session plénière, Venise, 13-14 mars 2009)
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
D'autre part l'article 8 de la loi relative au Tribunal Administratif stipule que les décisions
rendues par ce dernier sur recours pour excès de pouvoir ont l'autorité absolue de la chose
jugée.
Lorsque le recours pour excès de pouvoir est reconnu fondé, le Tribunal Administratif
prononce l'annulation de la décision attaquée.
En effet, selon l'article 8 de ladite loi les décisions rendues par le Tribunal Administratif sur
recours pour excès de pouvoir ont l'autorité absolue de la chose jugée lorsqu'elles prononcent
une annulation totale ou partielle ; elles n'ont en cas de rejet des conclusions présentées à
l'appui du recours que l'autorité relative de la chose jugée.
La notion d’un parti politique ainsi que l’encadrement de sa légalisation étant précisés, il
convient d’énumérer les spécificités comptables et fiscales de cette structure.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
La loi organique N°88-32 du 3 Mai 1988 organisant les partis politiques a énoncé
l’obligation, qui pèse sur les partis politiques, de tenir une comptabilité. Toutefois, la version
Arabe de cette loi et qui fait foi, fait référence à une comptabilité de flux. « Recettes et
Dépenses », alors que le texte français prévoit une comptabilité d’engagement.
Le même décret susvisé prévoit que les normes comptables spécifiques aux partis politiques
sont approuvées par arrêté du ministre des Finances.39
En l’absence d’une norme comptable spécifique, nous pensons que l’obligation de tenir une
comptabilité suscite un nombre de controverses. En effet, le souci de transparence affirmé par
la législation régissant la vie politique impose la promulgation de la norme comptable relative
à l’établissement et la présentation des comptes des partis politiques.
38
Article 23, décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011.
39
Ibid.
Page 46
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Les partis politiques sont tenus de tenir une comptabilité conforme au système comptable des
entreprises. A partir de là, cette tenue doit obéir aux conditions de fonds et de forme prescrites
par la réglementation comptable en vigueur à savoir notamment :
- La tenue des livres comptables et l’élaboration des états financiers : cette tenue doit
être organisée de façon à garantir l’exhaustivité des enregistrements, la conservation
des données de base, leur reconstitution et leur vérification. Les livres comptables
englobant le journal général, le grand livre et le livre d’inventaire.
- Le plan comptable qui définit la nomenclature des comptes et les règles de leur
fonctionnement.
- Les enregistrements comptables appuyés par des pièces justificatives ainsi que leur
conservation pendant une période de dix ans.
- La réalisation d’un inventaire physique des éléments composants les actifs et les
passifs du parti politique.
- La mise en place d’un manuel de procédure comptable.
D’autres prescriptions ont été préconisées par le projet de la norme relative aux OSBL tel que
la mise en place d’une structure d’audit interne et la présentation, par le parti, des budgets au
même titre que les sociétés commerciales.
La présentation des budgets annuels par le parti s’effectuait essentiellement sous forme d’un
budget de fonctionnement, d’un budget d’investissement et un budget de trésorerie.
40
Article 24 du Décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011, portant organisations des partis politiques.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Le contrôle interne au sein des partis politiques doit être conçu conformément aux règles
prévues par le système comptable des entreprises avec des adaptations nécessaires au contexte
particulier. Dès lors, un ensemble des procédures devraient être mis en place pour le bon
fonctionnement du parti et pour garantir l’efficacité de système de contrôle interne. Parmi ces
procédures nous citons celles régissant :
La mise en place d’un système budgétaire au sein du parti permet de mieux optimiser ses
ressources. Le budget permet d’élaborer des situations prévisionnelles et leur confrontation
avec les réalisations et la justification des écarts tout en mettant en œuvre les actions
correctives.
Il va sans dire que l’élaboration du budget est primordiale dans la mesure où sa publication
justifiée les appels aux aides et aux subventions et pourrait inciter les donateurs.
Le projet de la norme comptable relative aux partis politiques recommande que les budgets du
prochain exercice comptable soient annexés aux états financiers de l’exercice clôturé. Il va de
même pour la confrontation des budgets de la saison en cours avec les réalisations.
41
Dispositions du projet de la norme relative aux associations, partis politiques et autres organismes à but non
lucratif.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
La spécificité du processus budgétaire du parti par rapport à une société commerciale réside
dans le fait que le budget directeur du processus est celui des charges. Ainsi, les procédures
budgétaires aboutissent à l’élaboration des budgets suivants :
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
- La continuité d’exploitation :
L’hypothèse de continuité d’exploitation suppose une évaluation des postes de bilan à la date
de clôture dans une perspectiviste de continuité de l’activité. Dans le cas contraire, les états
financiers doivent être préparés sur une base différente42.
- La comptabilité d'engagements
Ce principe est fondamental pour la comptabilisation des opérations réalisées par le parti. En
effet toutes les transactions doivent être comptabilisées dès qu’elles se produisent et non pas
au moment des encaissements ou paiements.
- Convention de l'entité
La comptabilité financière suppose une nette séparation entre le patrimoine du parti et celui de
ses adhérents ou dirigeants.
L'adoption d'une unité de mesure unique pour enregistrer les flux et les transactions d'une
entité. Le système comptable des entreprises retient comme unité de mesure la monnaie
comme unité de mesure (le Dinar) de l'information véhiculée par les états financiers.
En effet les dispositions du système comptable des entreprises dispose que les informations
non quantifiables monétairement et exprimées dans d'autres unités de mesure peuvent être
divulguées principalement dans des notes aux états financiers.
L'analyse de ce principe appelle de notre part la question suivante : il est possible de mettre en
valeur le bénévolat, qui fait la spécificité des partis politiques, dans les états financiers des
partis politiques ?
La réponse à cette question sera développée dans le paragraphe qui traite les aspects
comptables spécifiques des partis politiques.
42
Paragraphe 36 du cadre conceptuel de la comptabilité financière.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
- Convention de la périodicité
Selon cette convention, le coût historique ou la valeur d'origine sert de base adéquate pour la
comptabilisation des postes d'actif et de passif du parti.
L’application de cette convention nous amène à s’interroger sur la méthode d’évaluation des
immobilisations acquises antérieurement à l’entrée en application du décret-loi 2011-87.
Aussi quelle évaluation à retenir en cas d’absence des pièces justificatives ?
Les revenus sont évalués à la juste valeur de la contrepartie reçu ou à encaisser. Les
subventions attribuées pour couvrir les charges spécifiques sont à rapporter aux résultats des
exercices ayant enregistrés ces charges. La prise en compte des revenus par le parti s’effectue
lors de sa réalisation.
Cette convention consiste à établir une correspondance, directe ou indirecte, entre les produits
et les charges du parti. Lorsque des revenus sont comptabilisés au cours d'un exercice, toutes
les charges ayant concouru à la réalisation de ces revenus doivent être déterminées et
rattachées à ce même exercice. Cette convention est le corollaire de l'autonomie des exercices.
Page 51
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Convention de l'objectivité
La convention de la permanence des méthodes exige que les méthodes de prise en compte, de
mesure et de présentation ne doivent pas connaitre des modifications d’une année à une autre.
Cette convention vise l’homogénéité des méthodes comptables.
Selon la Cour des comptes, pour l'exercice 2014, il n'a pas été fait application du décret-loi n°
2011-87 du 24 septembre 2011 par plusieurs partis politiques. En conséquence, les méthodes
d'évaluation, de présentation vont connaitre des modifications sensibles d'un exercice à un
autre. Elles seront difficilement homogènes pendant les premiers exercices.
Cette convention établit que les états financiers doivent fournir toutes les informations
nécessaires pour ne pas induire en erreur les lecteurs.
Elle exige, pour éviter toute ambiguïté dans l'interprétation de l'information financière, que les
états financiers comportent des notes et des tableaux explicatifs révélant toute information
pertinente et attirant l'attention sur les événements ou les traitements de l'information qui ont
un impact significatif sur l'évolution des résultats futurs et la situation du parti.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
- Convention de prudence
Une campagne électorale peut laisser les comptes du parti devant un déficit financier
important qu'il faudra apurer au cours des prochains exercices.
Cet événement pèse de façon sensible sur les budgets des partis politiques. Il est évident qu'un
seul exercice ne suffit pas à assurer le financement de ces évènements dans leur totalité. Quel
traitement comptable pouvant nous donner à cette situation ?
Nous estimons qu'il est nécessaire de constater des dotations régulières de provision de façon
est ce que chaque exercice supporte une proportion du coût globale de la campagne électorale.
A notre avis, les notes aux états financiers devront comprendre une rubrique qui explique
clairement les bases de calcul retenues.
Les états financiers doivent révéler tous les éléments dont l'importance peut affecter les
appréciations ou les décisions. La production de l'information financière doit être guidée par
la convention de l'importance relative pour le classement et la présentation des éléments
traités par la comptabilité financière. Un fait ou un élément est significatif, si en tenant
compte des circonstances, sa nature ou son montant est tels que le fait de le mentionner dans
les états financiers, ou la manière de le traiter dans les comptes est susceptible d'influencer le
jugement ou les décisions prises sur la base des données comptables.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
La substance des opérations et autres événements n'est pas toujours cohérente avec ce qui
ressort du montage juridique apparent. Pour que l'information représente d'une manière fiable
les transactions et autres événements qu'elle vise à représenter, il est nécessaire qu'ils soient
enregistrés et présentés en accord avec leur substance et la réalité économique et non pas
seulement selon leur forme juridique.
Les partis politiques présentent des particularités et des règles de fonctionnement ainsi qu'un
mode de financement qui nécessité une adaptation des traitements comptables.
Ainsi, depuis 2011 les partis politiques sont soumis à l'obligation d'établir des comptes
annuels conforme au système comptable des entreprises avec certaines adaptations.
Ces adaptations portent principalement sur les actifs nets, le résultat comptable et son
affectation, les apports affectés à des immobilisations, les contributions en nature, les
contributions bénévoles, le renouvellement des adhésions et les dépenses de campagne
électorale dans les partis politiques.
La notion des capitaux propres traité par le système comptable des entreprises, n'a pas de
fondement au regard de cette structure ayant un cadre juridique particulier. En effet s'agissant
que le parti politique est un organisme à but non lucratif, il conviendra de définir une
terminologie spécifique aux partis politiques.
Sur ce point, le projet de la norme relative aux OSBL apporte une réponse. D’après le projet
de la norme, le patrimoine du parti appartient uniquement à la personne morale dudit
«organisme» sans possibilité d’appropriation individuelle. En effet la comptabilisation des
apports dans les partis politiques est différent à celui des sociétés où il prend la notion du
« capital » En outre, le concept de « capitaux propres » est remplacé par celui des « Actifs
Nets»43.
43
Projet de la norme comptable relative aux associations, aux partis politiques et autres organismes sans but
lucratif.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Partant du principe que le parti politique n'a pas la vocation de réaliser et de distribuer des
bénéfices, lorsque le solde des opérations concourant au résultat de l'exercice est positif,
celui-ci doit être qualifié d'excédent et non de bénéfice.
Si le solde est négatif, celui-ci doit être qualifié de déficit, bien évidement il est appelé déficit
des produits sur les charges de l'exercice et non pas déficit d'exploitation couramment utilisé
en matière commerciale.
Le résultat de l'exercice (excédent ou déficit) doit être porté en réserve ou en report à nouveau
positif en cas où il est excédentaire, ou en report à nouveau négatif s'il est déficitaire.
En fonction de leur nature, des besoins du parti, destination et des modalités de leur
utilisation, les apports font l'objet d'une affectation d'origine externe. Les apports peuvent être
des :
- Cotisations
- Dotations
- Apports finançant les investissements
- Apports finançant des projets ou des activités bien définis
- Apports finançant les activités courantes (actifs courants et charges courantes)
- Apports affectés au remboursement d'une dette
- Apports non affectés.
44
NCT 32 relative à la présentation des états financiers des associations autorisées à accorder des microcrédits,
paragraphe 5.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Dans le cas où l’apport serait affecté, les dirigeants sont tenus de respecter la volonté des
apporteurs. A ce titre, une information est communiquée dans les notes aux états financiers
précisant les façons avec lesquelles les apports ont été utilisés.
Dans le cas où l'apport ne fait pas l'objet d'une affectation d'origine externe, il sera qualifié
comme un apport finançant les activités courantes et devrait être classé parmi les produits de
l'exercice (élément de résultat).
Les apports doivent être évalués à leur juste valeur, et à défaut, à leur valeur de réalisation Ces
valeurs sont à déterminer en vertu de pièces justificatives, conformément à la convention
d’objectivité.
Pour la valorisation des apports sous forme d'actif non monétaire, il est nécessaire d’établir un
état descriptif des apports effectués. Cet état doit comprendre notamment :
Les apports sont constatés de façon à les rattacher aux charges correspondantes occasionnées
par les activités qu'ils financent, conformément à la convention de rattachement des charges
aux produits. Ils sont constatés comme suit :
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
- les apports sous forme de cotisations sont à comptabiliser parmi les produits de
l'exercice.
- les apports sous forme de dotations n'étant pas liés à aucune charge sont à
comptabiliser en actifs nets.
- les apports finançant les biens amortissables sont constatés en actifs nets et doivent
être rapporté aux résultats des exercices pendant lesquels sont constatées les charges
d'amortissement relatives à ces immobilisations. Ces apports sont rapportés selon le
même rythme que charges d'amortissement.
- les apports affectés à des biens non amortissables assorties de certaines obligations,
sont constatés en actifs nets et sont à rapporter aux résultats du ou des exercices qui
supportent le coût d'exécution de ces obligations.
- les apports affectés à des charges reportées sont constatés au passif à titre d'apports
reportés puis transférés en résultat au moment de la constatation des charges
correspondantes.
- les apports non affectés sont constatés en résultat au cours de l'exercice où ils sont
reçus.
Exemples45
Exemple N°1 :
L'apport accordé pour l'acquisition d'un terrain, alloué sous la condition d'y construire un
immeuble, est à rapporter aux produits en fonction de la durée d'utilisation de l'immeuble.
Exemple N°2 :
Les apports grevés d'une affectation d'origine externe au remboursement d'une dette
contractée pour financer les charges d'un ou de plusieurs exercices futurs sont constatés à titre
de produits de l'exercice ou des exercices au cours desquels les charges correspondantes
seront constatées (c'est-à-dire traiter l'apport comme s'il était affecté à la même fin que celle à
laquelle la dette a été utilisée).
45
Exemples fournis par le projet de la norme comptable relative aux OSBL.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Les contributions en nature sont des apports qui se matérialisent par un transfert non
monétaire de ressources matérielles ou immatérielles (biens ou services) à l’usage du parti.
Les apports en nature sont à comptabiliser parmi les produits ou les actifs nets en contrepartie
de comptes de charges où d'actifs. Ils sont comptabilisés sur la base des pièces justifiant leur
juste valeur ou leur valeur de réalisation)
Les apports dont la valeur est difficilement déterminable de façon fiable, doivent être
présentés au niveau des notes aux états financiers sous forme d’informations qualitatives ou
quantitatives non monétaires. Cette position est à justifier obligatoirement dans lesdites notes.
A titre d'exemple la mise à la disposition du parti d'un espace ou la prise en charge du coût de
transport de biens ou de personnes constitue des apports en nature qui doivent être évalués et
comptabilisés.
Le bénévolat est considéré comme un don de temps librement consenti. D’un point de vue
comptable, le bénévolat constitue une contribution volontaire en nature qui est, par principe,
sans contrepartie et en respectant les orientations et les valeurs du parti.
Le projet de la norme comptable relative aux OSBL définit les contributions bénévoles
comme étant « des prestations fournies, par des adhérents ou non-adhérents, aux activités de
l'OSBL sans aucune contrepartie.
Ces contributions proviennent généralement des services en provenance des salariés, des
consultants et des professionnels libéraux ou des techniciens et artisans non rémunérés ».
D’après ce projet de norme, les notes aux états financiers des partis politiques doivent inclure
une note spécifique aux contributions bénévoles.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
La base des recettes des partis politiques est fournie par les cotisations des adhérents.
Conformément à la norme comptable NCT 03 relative aux revenus, les revenus relatifs aux
cotisations sont comptabilisés en compte de résultat.
Pour les revenus liés au renouvellement des adhésions sont pris en compte en résultat de façon
à les rattacher à l'exercice au cours duquel ils sont encourus, sauf si leur encaissement effectif
n'est pas raisonnablement assuré. L’encaissement est considéré comme raisonnablement
assuré lorsqu'il est obligatoire pour les adhérents en vertu du formulaire d'adhésion ou des
textes régissant l'activité du parti politique.
Par application de la convention de rattachement des charges aux produits, les charges d’un
parti politique engagées au cours d’un exercice doivent être imputées à cet exercice.
Toutefois, il arrive que certaines charges, tel que les frais des campagnes électorales, peuvent
avoir un impact sur les prochaines exercices. De point de vue comptable le projet de la norme
préconise l’affectation de ces charges à l’actif de la situation financière en charges reportés et
de les imputer sur les charges de l'exercice au cours duquel elles sont engagées et les charges
des exercices suivants46.
Une note explicative devra être fournie dans les notes sur la situation financières. Cette note
porte sur la nature de ces charges ainsi que leur durée d’étalement.
Quant aux revenus des campagnes électorales, ils peuvent être considérés comme « des
apports affectés » et seront comptabilisés au même titre que les charges à répartir.
Il est à noter que le projet de la norme n’autorise pas compensation au niveau des états
financiers entre les revenus et les charges relatifs à la campagne électorale.
46
La norme comptable Tunisienne N°10 relative aux « charges reportées »
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Par conséquent, l’exposé sondage relatif au projet de la norme comptable pour les
Associations, les Partis Politiques et les autres Organismes Sans But Lucratif (OSBL)non
encore approuvé par le Conseil National de Comptabilité jusqu’à la date de rédaction de notre
travail, n’a pas tenu compte des nouvelles réglementations publiées préconisant la séparation
entre les comptes des campagnes électorales et ceux des partis politiques.
Le projet de la norme comptable pour les associations, les partis politiques et les autres
organismes sans but lucratif précise que les états financiers du parti sont composés d’un état
de la situation financière, d’un état des produits et des charges, d’état de flux de trésorerie et
des notes aux états financiers.
L’état de la situation financière fournit une information sur les passifs et les actifs nets du
parti politique. Contrairement aux sociétés commerciales, et en l’absence d’un cycle
d’exploitation pour le parti politique et compte tenu de l'importance qu'occupe les fonds qu'ils
disposent et les engagements financiers qu'ils gèrent, pour les utilisateurs de leurs états
financiers, les éléments de l'état de la situation financière sont présentés selon leur nature en
privilégiant l'ordre décroissant de liquidité pour les actifs et d’exigibilité pour les passifs48
L’état des produits et des charges récapitule les produits et les charges de l’exercice. La
différence correspond à un excédent ou un déficit.
47
Paru au journal Officiel de la République Tunisienne du 17 février 2017.
48
Dispositions du projet de la norme comptable tunisienne relative aux OSBL
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
L’état des flux de trésorerie retrace l’évolution de la situation financière au cours d’un
exercice comptable. Il fournit des informations sur les activités courantes, de financement et
d’investissement du parti, ainsi que sur les effets de ces activités sur sa trésorerie.
Les états financiers doivent être accompagnés par des notes qui font partie intégrante des états
financiers. Les notes contiennent des informations explicatives et supplémentaires reliées à
l’état de la situation financière, l’état des produits et des charges et l’état de flux de trésorerie.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Les partis politiques se trouvent hors champ d'application de l'impôt sur les sociétés, toutefois
ils demeurent tenus de déposer une déclaration d'existence et d'obtenir un matricule fiscal du
bureau de contrôle compétent pour pouvoir accomplir leurs obligations fiscales telles que les
déclarations mensuelles et la déclaration de l'employeur. Il est à noter qu’à partir de l’octroi
de leur déclaration d’existence, les partis politiques sont tenus de tenir une comptabilité
conformément au système comptable des entreprises prévu par la loi n° 96-112 du 30
décembre 1996 relative au système comptable des entreprises.
En vertu des dispositions de l’article 55 du code de l’IRPP et de l’IS, les partis politiques qui
versent des sommes soumises à la retenue à la source en vertu des dispositions de l’article 52
et 53 du même code sont tenus de déposer au bureau ou au centre de contrôle des impôts dont
ils relèvent une déclaration des sommes versées avec l’identité complète de leurs
bénéficiaires, et ce avant le 28 février de chaque année.
Les partis politiques sont soumis à l’obligation de dépôt des déclarations fiscales mensuelles.
Le régime fiscal du parti sera étudié dans ce qui suit au niveau des impôts directs, indirects,
droit d’enregistrement et de timbre, TCL, TFP et FOPROLOS.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
« Les partis politiques se trouvent hors champ d’application de l’IS tel que défini par l’Article
45 du Code de l’IRPP et de l’IS. De ce fait, leurs revenus y compris ceux provenant de la
publication de journaux demeurent non soumis à l’impôt sur les sociétés »49.
Les sommes revenant aux partis politiques ne sont pas soumises à la retenue à la source sous
réserve de la présentation d’une attestation de non retenue délivrée par le bureau de contrôle
des impôts territorialement compétent.
Néanmoins, les revenus de capitaux mobiliers sont soumis à une retenue à la source
libératoire, définitive et non susceptible de restitution, au taux de 20% de leur montant brut.
Les partis politiques sont, également, tenus d’opérer la retenue à la source sur les sommes
payées qui sont soumises à la retenue à la source conformément aux dispositions des articles
52 et 53 du code de l’IRPP et de l’IS.
Les partis politiques ne sont pas soumis à la TVA au titre des opérations qu’ils réalisent et se
trouvent hors champ d’application de ladite taxe.
« Les concerts organisés par les partis politiques sont, en revanche, soumis à la TVA selon les
taux en vigueur sur la base des sommes encaissées au titre des ventes de tickets d’entrée et des
sommes perçues auprès des sponsors.
49
Prise de position de la Direction Générale des Etudes de la Législation Fiscale (DGELF) n °880 du 11 juin
2011.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Les achats des biens, marchandises, travaux et prestations effectuées par les partis politiques
demeurent sont soumis à la TVA selon les règles du droit commun et ce sous réserve des
exonérations prévues par la loi en vigueur.
D’après l’article 35 du code de la fiscalité locale « la taxe sur les établissements à caractère
industriel, commercial ou professionnel est due notamment par les personnes morales
soumises à l'impôt sur les société ». Dès lors, qu’ils se trouvent hors champ d’application de
l’impôt sur les sociétés, les partis politiques ne sont pas soumis à la TCL. Néanmoins, ils
demeurent soumis à la taxe sur les immeubles bâtis abritant leurs activités, calculée sur la
base de la taxe de référence par mètre carré de la superficie couverte et du nombre des
prestations fournies par les collectivités locales et ce conformément au décret 2007-1185 du
14 mai 2007 relatif à la détermination du minimum et du maximum du prix de référence du
mètre carré couvert pour chacune des catégories d’immeubles assujettis à la taxe sur les
immeubles bâtis. Ladite taxe est à la charge du propriétaire du local.
La TFP a été instituée par les articles 364 et 338 du code de travail tel qu’ils ont été complétés
par l’article 35 de la loi 2002-101 du 17 Décembre 2002.
- les personnes morales soumises à l’impôt sur les sociétés et qui exercent une activité
industrielle, commerciale, agricole ou une profession non commerciale,
50
Ibid.
Page 64
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
- les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu des personnes physiques au
titre des catégories des bénéfices industriels et commerciaux et des bénéfices des
professions non commerciales.
Du fait qu’ils se trouvent hors champ d’application de l’IS les partis politiques ne sont pas
passibles de la taxe de formation professionnelle.
En vertu des dispositions de l’article 1er de la loi 77-54 du 3 août 1977, la contribution au
FOPROLOS est à la charge de tout employeur public ou privé, exerçant en Tunisie,
indépendamment de son régime fiscal eu égard de l’IR ou de l’IS et de son statut juridique.
En vertu des dispositions de l’article 36 de la loi 99-101 du 31 décembre 1999 portant loi de
Finances pour l'année 2000 tel que modifié par les articles 15 et 16 de la loi n° 2010-58 du 17
décembre 2010 portant loi de finances pour l’année 2010 est instituée au profit du fonds de
développement de la compétitivité industrielle une taxe professionnelle due sur les produits
locaux ou importés dont la liste est fixée par le décret. N° 2000-634 du 13 mars 2000 tel que
abrogé par le décret n° 2008-4011 du 30 décembre 2008, au taux de 1% sur le chiffre
d'affaires hors taxe sur la valeur ajoutée réalisé par les fabricants des produits soumis en
régime intérieur et sur la valeur en douane à l'importation.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Les partis politiques légalement autorisés bénéficient des avantages fiscaux suivants :
Hormis les exceptions prévues ci-dessus, les partis politiques restent soumis au droit
d’enregistrement conformément à la législation en vigueur.
Les partis politiques ne sont pas concernés par le droit de timbre au titre des opérations qu’ils
effectuent.
51
Ibid.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Bien que les partis politiques existent depuis longtemps dans la vie politique de notre pays, ils
n’ont jusqu’à la révolution qu’une présence officieuse. C’est à partir de l’année 2011 qu’une
vraie reconnaissance des partis politiques a vu le jour à travers un ensemble des réformes.
Ces réformes ont concerné des divers aspects relatifs aux partis politiques. En effet, le
nouveau cadre juridique les autorise à se former et exercer librement dans le respect des
principes de la République et la démocratie. En contrepartie, des règles en matière du
financement des partis, du financement des campagnes électorales, de la transparence et du
contrôle de la vie politique ont été instaurées.
Ce nouveau cadre légal constitue une première étape vers la moralisation de la vie politique et
vient de combler les lacunes de l’ancienne loi organique n° 88-32 du 3 mai 1988. Toutefois,
malgré ce progrès, la législation de 2011 a fait l’objet de vives critiques par différents acteurs
de la vie politique.
Aujourd’hui, plusieurs lacunes de la législation actuelle ont été identifiées. Ces faiblesses se
traduisent notamment par l’imprécision des textes, l’inefficacité des mécanismes de contrôle,
et l’inadéquation du régime des sanctions.
Dans le même ordre d’idées, l’approbation du projet de la norme comptable relative aux
OSBL, est une nécessité qui s’inscrit dans le contexte de la transparence et l’homogénéisation
dans la présentation des états financiers des partis politiques.
Page 67
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
En conclusion, les lacunes de la législation actuelle nous amène à citer les recommandations
suivantes :
La promulgation d’une législation qui prévoit les modalités de l’octroi de l’aide public
aux partis politiques ;
L’adoption d’un système comptable fixant la nomenclature, la structure et le contenu
des états financiers propres aux partis politiques prenant en considération les
spécificités juridiques et permettant de présenter une information adéquate sur les
conditions d’utilisation des financements publics et privés ;
L’encadrement et l’accompagnement des partis et leur personnel apte à effectuer les
tâches nécessaires en matière de tenue de la comptabilité à travers des actions de
formation en la matière ;
L’énumération des conditions afférentes à la nomination du mandataire financier et
des incompatibilités limitant l’exercice de cette fonction ;
L’éclaircissement du concept du compte bancaire unique du mandataire financier au
niveau des représentations locales pendant les campagnes électorales ;
La publication d’un référentiel comptable relatif à l’élaboration des états financiers
consolidés des comptes des partis politiques rattachés à ses différentes structures
réparties sur le territoire Tunisien ;
L’activation des mesures préconisées au niveau des différents rapports des organes de
contrôle et la prise des sanctions à temps.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Les partis politiques tunisiens sont tenus en vertu de l'article 33 du décret-loi n°2011-87 du 24
septembre 2011 de tenir une comptabilité en respectant les dispositions relatives au système
comptable des entreprises.
Le même décret-loi a rendu obligatoire la certification des comptes des partis politiques par
un commissaire aux comptes. Ces partis présentent des particularités organisationnelles et des
contraintes réglementaires liées à leurs activités. La spécificité de ces entités amène les
commissaires aux comptes à adapter leur démarche d'audit pour atteindre l’assurance
recherchée.
Dans cette partie qui s'articule en deux chapitres, nous présenterons les conditions
particulières d'exercice de la mission d'audit légal d'un parti politique.
Dans le deuxième chapitre, nous proposons un ensemble d'outils d'aide à l'audit des comptes
des partis politiques dans l'objectif d'apporter des solutions concrètes à l'auditeur intervenant
sur ce type de mission. Des diligences à mettre en œuvre, des tests spécifiques et des
questionnaires y sont proposés aux professionnels, et ce, à travers un guide contenant toutes
les étapes de la mission de la phase d'acceptation à l'expression d'une opinion sur les comptes
d’un parti politique.
Page 70
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
La mission du commissariat aux comptes dans les partis politiques devrait comporter52 :
Nous essayons aussi d'y exposer, dans un premier temps, les conditions particulières de la
mission de certification des comptes des partis politiques. Dans un deuxième temps, nous
essayons d'identifier les principaux risques inhérents et leurs incidences sur la démarche
d'audit.
1.1.1 N OMINATION
En effet, lorsque les ressources du parti politique ne dépassent pas un million (1.000.000) de
dinars, un seul commissaire aux comptes doit être désigné soit parmi les experts comptables
inscrits au tableau de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie, soit parmi les spécialistes
en comptabilité inscrits au tableau de la Compagnie des Comptables de Tunisie.
52
Compagnie Nationale des Commissaires aux comptes CNCC, Avis technique « La mission des commissaires
aux comptes dans les partis et groupements politiques entrant dans le champ d’application de la loi n° 88-227 du
11 mars 1988 modifiée », Avril 2012.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Dans le cas contraire, deux commissaires aux comptes devraient être désignés parmi les
experts comptables inscrits au tableau de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie.
Faute de publication des états financiers certifiés par les partis politiques, l'application de cette
disposition n'est pas vérifiée.
Le décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011 n'a pas défini l'organe habilité à nommer le
commissaire aux comptes. Toutefois, nous estimons que cette désignation est décidée par les
organes de délibération du parti politique habilités par les statuts. Il apparaît utile qu’il soit
précisé dans les statuts du parti la personne ou l'organe compétent pour procéder à la
nomination du commissaire aux comptes.
Par analogie avec le Code des Sociétés Commerciales, et dans un souci d'indépendance vis-à-
vis des modifications que pourraient connaître les structures dirigeantes, les commissaires aux
comptes sont nommés pour un mandat de trois (3) exercices.
Le commissaire aux comptes doit s'assurer qu'il est nommé pour un mandat de trois ans. De
même, il doit prendre contact avec son prédécesseur pour prendre connaissance des
particularités du parti politique au cours du mandat antérieur et pour vérifier que les sommes
dues à son prédécesseur sont réglées.
1.1.3 INCOMPATIBILITE
En Tunisie, le décret-loi n° 2011-87 n'a pas prévu des dispositions spécifiques pour renforcer
l'indépendance du commissaire aux comptes intervenant chez les partis politiques. Cependant,
en ce qui concerne les incompatibilités absolues, le commissaire aux comptes applique les
dispositions de l'article 174 du code des sociétés commerciales.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Parmi les diverses situations pouvant affecter l'indépendance du commissaire aux comptes, il
convient de citer celles où le commissaire aux comptes serait :
Lorsque l'audit est effectué par deux commissaires aux comptes, il y a lieu de vérifier le
respect de l’article 13 quater du Code des Sociétés Commerciales et complété par la norme de
l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie relative aux missions de Co-commissariat aux
comptes. La situation du Co-commissaire aux comptes devrait être examinée par le cabinet
afin de vérifier que la structure n’est pas en situation de remise en cause de son indépendance.
De même, la norme de l'OECT relative à « la certification des états financiers des partis
politiques » dispose que les co-commissaires aux comptes, ne doivent pas être liés par des
relations d’association, de partenariat, de réseau ou tout autre lien de nature à affecter leur
indépendance.
1.1.4 INDEPENDENCE
Le commissaire aux comptes doit tirer une conclusion sur le respect des règles
d’indépendance prévues par le code des devoirs professionnels et les règles du code d’éthique
des professionnels comptables de l’IFAC adopté par l'OECT.
Certes, la prise en considération par le commissaire aux comptes des règles d’éthique, y
compris les règles d’indépendance, reste permanente tout au long du déroulement de la
mission d’audit.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Les règles d'éthique professionnelle édictées par l'IFAC et adoptées par l'OECT s'imposent
aux commissaires aux comptes. Leurs principes fondamentaux comprennent :
- L'intégrité ;
- L'objectivité ;
- La compétence et la diligence professionnelle ;
- La confidentialité ;
- Le comportement professionnel.
L'acceptation de la mission est formalisée par le commissaire aux comptes au moyen d'une
lettre de mission adressée au parti. Cette lettre de mission est un document dans lequel sont
consignés les termes et les conditions de la mission d'audit convenus avec le parti. Ce dernier
doit la retourner signée avec la mention « Bon pour accord », mention qui entraine
l'acceptation des termes du contrat par lui.
Il est souhaitable que cette lettre soit communiquée suite à un compte rendu d'entretien
qu'aura le commissaire aux comptes avec les dirigeants du parti. Ce compte rendu devra
traduire un bref rappel du cadre législatif, un programme de travail et un planning
d'intervention, ainsi qu’une description sommaire des normes d’audit applicables.
La lettre de mission doit rappeler au parti les textes réglementaires et les normes
professionnelles relatives aux obligations des organes dirigeants et aux obligations du
commissaire aux comptes.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
L'audit permet d'obtenir l'assurance que les états financiers ne comportent pas d'anomalies
significatives. Afin d'atteindre l'objectif de certification, le commissaire aux comptes doit
mettre en œuvre des diligences lui permettant d’orienter et planifier sa mission.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Cette phase est essentielle pour aborder la mission de certification des comptes du parti
politique. Elle permet au commissaire aux comptes d'identifier les risques qui peuvent avoir
une incidence significative sur les comptes.
La phase de prise de connaissance permet au commissaire aux comptes d'avoir une vue
d'ensemble sur les travaux à réaliser et ce compte tenu des particularités d'organisation du
parti audité tout en respectant ses obligations en matière d'audit.
Pour ce faire le commissaire aux comptes doit mettre en œuvre les diligences suivantes53 :
53
Ibid.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
L'examen analytique permet au commissaire aux comptes de comprendre les domaines les
plus significatifs et de détecter les tendances inattendues. La mise en œuvre des procédures
analytiques implique l'examen des variations de certains postes du bilan et du compte de
résultat et leur cohérence avec les données antérieures et prévisionnelles du parti.
Etant donné que le budget occupe une place importante dans les partis politiques, il peut
constituer un instrument de base pour le commissaire aux comptes lui permettant de faire des
recoupements avec les postes des états financiers. Si ces derniers s’écartent significativement
des montants attendus le commissaire aux comptes doit demander des explications et analyser
les réponses reçues.
1.2.3 P RISE EN CONSIDERATION DES LIENS ENTRE LE PARTI ET LES CANDIDATS AUX
ELECTIONS
54
Paru au journal Officiel de la République Tunisienne du 17 février 2017.
Page 77
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
pendant les campagnes électorales législatives uniquement. Toutefois, la dite loi prévoit qu’il
est interdit aux partis politiques de financer leurs candidats aux élections présidentielles.
Par ailleurs, l’article 87 de ladite loi prévoit que : « Les listes candidates, les candidats et les
partis publient leurs états financiers dans l’un des journaux quotidiens édités en Tunisie dans
un délai de deux mois à compter de la date de proclamation des résultats définitifs des
élections ou du référendum, et ce, conformément à un modèle sommaire élaboré par la Cour
des comptes qu’elle met à la disposition des listes candidates, des candidats et des partis, sur
son site web »55 .
Ainsi, les partis doivent présenter des états financiers propres conformément au décret-loi
2011-87et un état financier regroupant les transactions de différentes listes de candidats au
cours des campagnes électorales selon les dispositions des articles ci-dessus mentionnés.
En effet, le candidat tête de chaque liste électorale doit dresser un compte de campagne
récapitulant l’ensemble des ressources et des dépenses se rattachant exclusivement à la
campagne électorale.
Cependant, les opérations liées aux campagnes électorales ne sont pas prises en considération
dans les états financiers individuels du parti.
Les partis politiques et les candidats aux campagnes électorales doivent faire face à diverses
dépenses. Il est à noter qu’outre le financement des campagnes électorales, les partis peuvent
procéder à des mises à disposition du personnel, des locaux, des équipements, la prise en
charge des frais de publicité, de communication, de rédaction , d’impression, de diffusion de
diverses publications etc.
Dans le même ordre d’idées, la Cour des comptes a recommandé dans son rapport sur les
élections électorales relatives à l’année 2014 de veiller à ce que les ressources des partis et des
candidats doivent être transparentes et indépendantes en limitant le recours aux financements
occultes vu les pressions financières et en évitant les risques de non-respect de la loi.
S’agissant des opérations spécifiques entre le parti et ses listes de candidats, le commissaire
aux comptes doit s’assurer de :
55
Article 87 de la loi organique n° 2017-7 du 14 février 2017, modifiant et complétant la loi organique n° 2014-
16 du 26 mai 2014 relative aux élections et référendums
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
- L’existence des contrôles mis en place par le parti afin d’assurer une distinction
exhaustive des comptes de l’activité courante et ceux se rattachant aux listes de
candidats de chaque campagne électorale ;
- La correcte préparation des états financiers propres conformément au décret-loi 2011-
87 ;
- L’élaboration par le parti « d’une comptabilité consolidée rassemblant toutes les
opérations réalisées dans les différentes circonscriptions électorales dans lesquelles il
présente des listes candidates »56 à partir des états élaborés par chaque tête de liste ;
- L’exhaustivité et la réalité des flux financiers entre le parti et ses listes en procédant à
des examens analytiques préliminaires entre les états élaborés par les têtes de listes et
la comptabilité consolidée et élaborée par le parti ;
- La publication de l’état financier dans les délais impartis (un délai de deux mois à
compter de la date de proclamation des résultats définitifs des élections ou du
référendum) et ce conformément au modèle élaboré par la Cour des comptes ;
- La réalité, la transparence, l’indépendance et la régularité des financements et des
prestations consentis par le parti à ses listes aux élections ;
- La séparation des transactions entre l’activité courante et les campagnes électorales et
des tâches incompatibles entre les différents intervenants ainsi que la correcte
refacturation ou allocation par l’application des clefs de répartition adéquates et
raisonnables des frais engagés par le parti pour le financement des campagnes
électorales (mises à dispositions des équipements, des bureaux et de personnels et
diverses dépenses etc.) qui doivent être basés sur des hypothèses réelles et ne
présentent pas un degré d’incertitude élevé.
Selon la norme internationale d’audit ISA 240 « Les obligations de l’auditeur en matière de
fraude lors d’un audit d’états financiers » l'exercice du jugement professionnel est déterminant
pour l'auditeur, pour déterminer s'il est en présence d'un facteur de risque de fraude (cf.
annexe 1). Si c'est le cas, il doit identifier ces facteurs de risques de fraude indiquant
l’éventualité d’anomalies significatives dans les états financiers provenant de fraudes.
Au sein des partis politiques, certains aspects organisationnels peuvent constituer des facteurs
d'opportunités de fraude pour les différents acteurs du parti. Le commissaire aux comptes est
56
L’article 86 (nouveau) de loi organique n° 2017-7 du 14 février 2017.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Parmi les causes qui incitent les organes dirigeants du parti politique à faire des fraudes nous
citons :
Pour détecter ces risques éventuels, l’auditeur procède aux contrôles suivants :
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Selon la norme internationale d’audit ISA 20057, le risque d’audit comprend le risque lié à au
parti et son environnement et le risque lié aux conclusions de l’auditeur (risque de non
détection). Le risque propre au parti comprend le risque inhérent et le risque lié au contrôle
(les anomalies non détectées par le système de contrôle interne mis en place au sein du parti).
Dans cette section, nous essayons d'identifier les principaux risques liés au contrôle et les
risques inhérents qui peuvent avoir des conséquences sur les états financiers. L'étendue des
procédures d'audit sera en relation avec ces risques identifiés.
Nous allons exposer dans ce qui suit les principaux risques inhérents lors de l’audit des partis
politiques qui différent selon les spécificités de chacun d’eux et qui vont permettre au
commissaire aux comptes de s’interroger sur les contrôles mis en place ou inexistants du parti
politique audité.
57
Norme internationale d’audit ISA 200 « objectifs et principes généraux en matière d’audit d’états financiers »
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Il est nécessaire que le commissaire aux comptes procède à une appréciation du contrôle
interne. A cet effet, il doit acquérir une compréhension des activités de contrôle pertinentes
pour l’audit, soit celles qu’il juge nécessaire de comprendre pour évaluer les risques
d’anomalies significatives au niveau des assertions et concevoir des procédures d’audit
complémentaires en réponse à son évaluation des risques. Le commissaire aux comptes
portera une attention particulière aux points suivants :
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Peut-on, dès lors, en tout état de cause, imposer une série de contrôles au bénévole sans courir
le risque de découragement ou de refus ?
Le commissaire aux comptes devra prendre en considération cette situation qui n'est pas sans
conséquence sur son approche d’audit. En revanche, les points faibles de contrôle interne qui
peuvent découler de cette situation se traduisent par l’absence de :
- Pièces justificatives ;
- Autorisation d'engagement de dépenses ;
- Inventaire physique des actifs et des fonds ;
- Séparation des fonctions.
- Procédures formelles de contrôle et de suivi des événements, activités ou
manifestations organisées par le parti et des recettes et des dépenses qui en découlent.
- Procédures formelles de collecte des cotisations, dons, subventions et autres aides
reçus.
- Procédures de gestion des archives incluant des règles de classement et de
conservation des documents et des pièces justificatives. Absence d'un organigramme
et une définition des tâches et des responsabilités des personnes intervenantes dans les
décisions stratégiques et opérationnelles du parti.
JEAN-YVES « Etablissement et contrôle légal des comptes des partis politiques » Mémoire d’expertise
58
Page 83
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Cependant, le commissaire aux comptes devra porter une attention particulière au contrôle des
circuits financiers au sein de l'organisation du parti et plus précisément ceux liés aux activités
de financement.
Les risques liés aux règles d'organisation comptable peuvent être répartis en deux catégories :
Le décret-loi n° 2011-87 a mis l'obligation sur les partis politiques de tenir une comptabilité
conformément au système comptable des entreprises prévu par la loi n° 96-112 du 30
décembre 1996, relative au système comptable des entreprises.
Ce vide normatif est de nature à engendrer un risque de manipulation lors de préparation des
états financiers. De ce fait le commissaire aux comptes devra élargir l’étendue de ses travaux
afin d’acquérir l'assurance raisonnable pour fonder son opinion.
L'analyse des rapports de contrôle de la Cour des comptes sur la comptabilité des partis
politiques rend manifeste l'existence de plusieurs irrégularités. En effet, la Cour des comptes
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
affirme que plusieurs partis et listes électorales n'ont pas communiqué leurs comptes dans les
délais et dans les formes requises. En effet, l’organisation des partis politiques en Tunisie se
caractérise par le cumul des tâches entre le financier et le comptable voir même l’absence
d’un service dédié à la comptabilité.
De ce fait l’expert comptable devra vérifier que le parti audité dispose des compétences
nécessaires dans le domaine de la comptabilité et la gestion financière.
Les dons en nature sont composés des avantages consentis au profit du parti politique sans
contrepartie. Le projet de la norme comptable relative aux partis politiques définit les
contributions en nature comme étant « les apports qui se matérialisent par un transfert non
monétaire de ressources matérielles ou immatérielles (biens ou services) à l’usage du parti »
Compte tenu de l’importance des contributions non monétaire (mise à disposition des locaux,
prise en charge d’une réception…etc.), le parti doit mettre en place les procédures adéquates
pour leur valorisation.
Il est difficile de déterminer le montant de ces prestations. Il en est ainsi pour la valorisation
de la mise à disposition de matériel informatique ou l’utilisation d’une voiture personnelle.
Ces avantages devront faire l’objet d’un examen particulièrement attentif par les
commissaires aux comptes.
Aussi, les achats à des tarifs faibles seront considérées comme un financement en provenance
de personne morale, une telle situation est interdite par la loi et devra être contrôlée par le
commissaire aux comptes en se référant au prix du marché et aux tarifs appliqués par d’autres
tiers.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Si, le commissaire aux comptes juge que les prix appliqués paraissent faibles, il peut
demander au parti d’obtenir une confirmation de la part de la société sur les tarifs appliqués et
proposer une écriture d’ajustement en la matière.
d. Risques liés à la comptabilisation des dons reçus par les partis politiques
La limitation des sources de financement et de leurs montants pour les campagnes électorales
ou le fonctionnement même des partis peut se traduire par des comportements en marge du
droit. Le plafonnement des dépenses électorales comme indiqué dans ce qui précède peut
amener les partis politiques à camoufler certains financements.
Dans ce cas le commissaire aux comptes doit s’assurer que les dons sont reçus conformément
à la loi et en conformité avec les plafonnements énumérés par les diverses réglementations.
Par ailleurs, dans le cadre de ses diligences de vérification, il doit s’assurer que l’ensemble
des dons ont transités par le compte bancaire unique et que les dons sont suffisamment
justifiés et documentés et présentent des chemins de révision permettant de détecter le risque
d’existence d’anomalies significatives.
e. Risques liés à la comptabilisation de l'exhaustivité des fonds reçus par les partis
politiques
L’essentiel de la législation relative au financement des partis politiques concerne les fonds
reçus. Dès lors, la comptabilisation exhaustive des fonds reçus est une obligation légale.
Toutefois, il n’est pas facile pour le commissaire aux comptes de vérifier le respect de cette
obligation. Cependant, les partis politiques peuvent recevoir des fonds sans que ceux-ci
transitent par leurs comptes bancaires.
La norme internationale d’audit ISA 200 définit le risque inhérent comme étant « la
possibilité qu’une assertion portant sur une catégorie d’opérations, un solde de compte ou une
information à fournir comporte une anomalie qui pourrait être significative, individuellement
ou cumulée avec d’autres, avant prise en considération des contrôles y afférents ».
Ce risque comprend essentiellement les facteurs caractérisant l’activité de chaque parti audité.
Toutefois, des facteurs externes peuvent également influencer ce risque, tels que le
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Dans ce qui suit, nous avons jugé nécessaire d’énumérer les principaux risques d’anomalies
significatives auxquels le professionnel doit en tenir compte lors de l’élaboration de sa
matrice d’évaluation des risques et la fixation de sa stratégie de révision.
Les partis politiques sont souvent amenés à établir une adéquation entre leurs ressources, qui
sont souvent limitées, et leurs dépenses.
Dès lors, le financement des campagnes électorales ou le fonctionnement même des partis ne
reposent plus sur la seule contribution des adhérents. D’où l'obligation de trouver d'autres
sources de financement qui se traduisent, souvent par des comportements contradictoires à la
loi.
La limitation des sources de financement, amène- t- elle les partis politiques à des pratiques
de corruption et des financements occultes ?
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
La réponse affirmative est confirmée dans le rapport de la Cour des comptes qui a soulevé
certaines pratiques poursuivies par les partis politiques au titre de financement non autorisé
par la loi.
Selon ce rapport, le financement illicite des partis politiques et des campagnes électorales est
pratiqué suivant plusieurs techniques qu'il s'agisse des tierces parties, des mises à dispositions,
des versements directs des fonds à des politiciens ou de financement de source étrangère à
travers des associations satellites.
Ce constat devra bien évidemment être présent à l'esprit du commissaire aux comptes lors de
son intervention qui doit avoir une vision assez éclairée sur les pratiques auxquelles se
rapportent ces financements.
Nous essayons de présenter dans ce qui suit les pratiques les plus connues.
a. Risques de paiement direct en espèce des services rendus aux partis politiques sans
supports justificatifs
L'imposition d'un plafond des dépenses électorales justifie le recours par les partis politiques à
pratiquer des financements en espèce.
La Cour des comptes a relevé l'existence des dépenses payées en espèce et non appuyées par
pièces justificatives telles que des dépenses afférentes au transport, l'acquisition des bannières
et à des appels téléphoniques consignés dans le registre comptable des dépenses et des
recettes.
b. Risques de mise à disposition des partis politiques des actifs appartenant à des
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
c. Risques de prise en charge par des adhérents ou par de tierces personnes des
L'un des procédés de financement les plus classiques consiste à faire prendre en charge
directement par une autre structure (société commerciale par exemple) des frais liés au
fonctionnement du parti politique.
Les contrôles devront donc s'orienter vers la nature de prestations qui découlent de l'activité
de ce parti et dont il n'est pas fait mention dans les comptes.
Toutes ces dépenses doivent normalement être identifiées dans la comptabilité du parti. En
cas pareil, les contrôles devront permettre de s'assurer :
Que les contrats de location de locaux ou matériel ont bien été signés par le parti et
font l'objet de correspondance avec les prestataires de service, de devis et de factures...
Que les taux de facturation des emplacements publicitaires sont justifiables.
Que les déplacements des responsables du parti font l'objet de pièces justificatives.
Les contrôles auront pour objectif de s'assurer que les charges de l’événement organisé par le
parti sont facilement identifiables et qu’elles sont enregistrées d’une manière exhaustive.
Cette pratique consiste à faire financer les campagnes électorales par des personnes
interposées de tel sorte que les dépenses y afférentes soient payées par des tierces personnes
en bon terme avec les partis en question.
e. Financement en espèce des campagnes électorales par des adhérents ou par des
tierces personnes
Il existe une corrélation entre la fixation d'un plafond de dépenses électorales et l'existence
des tierces parties. Imposer, en effet, un plafond de dépenses électorales aux partis pour les
Page 89
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
ou à des tierces personnes des mandats minutes pour des sommes récurrentes
Les financements extérieurs par des individus, des entreprises et voir même des Etats lors des
campagnes électorales pourraient également être une réalité ;
Sur ce point, la Cour des comptes a soulevé dans son rapport de contrôles du financement de
la campagne présidentielle de l'année 2014, le dépôt des fonds en provenance de l'étranger
dans les comptes bancaires de candidats aux élections y afférentes.
Bien que le décret-loi n° 2011-88 du 24 septembre 2011, portant organisation des associations
interdit aux associations toute sorte de collecte des fonds en vue de soutenir des partis
politiques, le recours aux associations constitue chez les partis une pratique courante pour le
contournement de la législation sur le financement.
La Cour des comptes a attiré l'attention sur ce risque, c'est ainsi que le principe de la
transparence peut être affecté par le biais des circuits financiers alimentant les partis
politiques en provenance des associations.
Sur ce point, la Cour des comptes des comptes, qui a contrôlé les mouvements bancaires de
centaines associations soupçonnées d'avoir des liens avec des candidats, relèvent qu'une
association présidée par un candidat a utilisé des fonds en provenance de l'étranger.
Page 90
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
août 2015 ;ayant comme finalité d’empêcher que les fonds soient contournés à des fins
illicites. Par ailleurs, il est à noter qu’après la révolution du 14 Janvier 2011 et selon les
rapports divulgués par la Cour des comptes, plusieurs partis politiques engagent des sommes
anormalement élevées lors de leurs campagnes, congrès et réunions de tout genre dont les
sources de financement sont obscures, douteuses et peuvent être en provenance d’un
quelconque trafic, crime, corruption, évasion fiscale, contrebande etc.
L’auditeur doit, aux termes de la norme internationale d’audit ISA 315, «acquérir la
connaissance du système d‘information et des processus opérationnels afférents qui ont un
rapport avec l‘élaboration de l’information financière et qui consiste à apprécier :
les flux d’opérations dans les activités de l‘entité ayant un caractère significatif pour
les états financiers ;
les procédures du système informatique et des systèmes manuels, pour lesquelles les
opérations sont initiées, enregistrées, traitées et présentées dans les états financiers ;
les enregistrements comptables y afférents, aussi bien électroniques que manuels,
étayant l’information et les postes spécifiques des états financiers, pour ce qui
concerne le lancement, l‘enregistrement, le traitement et la présentation des
opérations ;
La façon dont le système d‘information saisit des événements, autres que des flux
d’opérations, ayant un caractère significatif pour les états financiers ;
le processus d’élaboration de l‘information financière utilisé pour l‘établissement des
états financiers de l’entité, y compris les estimations comptables significatives et les
informations fournies » 59.
Toutefois, dans le cadre de l’audit des partis politiques, le commissaire aux comptes doit
accorder une attention particulière aux opérations pouvant détecter des liaisons formelles et
informelles du comité directeur, des membres, des adhérents, du staff avec l’environnement
externe (sociétés d’impression, d’affichage, de services etc.).
Cependant, il doit s’assurer de la réalité des dépenses engagées par le parti en procédant à des
recoupement et à des revues analytiques pouvant déceler des risques inhérents se rattachant à
Ennouri Imed, « Cours CES Révision Comptable », Institut de Comptabilité et d’Administration des
59
Entreprises, 2006-2007.
Page 91
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
des fausses factures et à des irrégularités relatives à leur présentation et à leur correcte
évaluation.
De même, la Cour des comptes a soulevé dans son rapport sur les résultats du contrôle du
financement des campagnes électorales, l’existence de telles défaillances qui sont de nature à
affecter la crédibilité de documents et à affaiblir leur authenticité comme pièces justificatives
des dépenses afférentes.
Selon les dispositions de l'article 77 de la loi organique n° 2014-16 du 26 Mai 2014 relative
aux élections et aux référendums « La campagne ne peut être financée pour la liste de
candidats ou le candidat ou le parti que par les personnes physiques uniquement ».
Cela implique qu'il est interdit pour le parti, qui est doté de la personnalité morale, de
financier la campagne électorale. Cette disposition a fait l'objet d'une note explicative par
l'ISIE en date du 10 novembre 2014.
Cette restriction, présente un risque de mobilisation des dépenses des candidats aux élections
vers le parti politique.
Ce risque est accentué de fait que la législation actuelle n'a pas prévu une distinction stricte
entre les dépenses électorales et les dépenses des partis. Il serait donc nécessaire de
déterminer une période proche de l'élection pendant laquelle toutes les dépenses du parti
seront considérées comme des dépenses électorales.
Le commissaire aux comptes doit procéder à des revues analytiques afin de s’assurer de
l’évolution cohérente des dépenses par rapport à l'activité normale du parti politique et à des
sondages appropriés des dépenses présentent des risques d’anomalies significatives qu’elles
soient propres au fonctionnement des partis ou liées aux campagnes électorales.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Compte tenu des contraintes réglementaires en matière de financement des partis politiques et
des particularités de l'environnement économique tunisien, certains adhérents peuvent mettre
une partie de leur patrimoine personnel à la disposition de leurs partis politiques sans que cela
n'apparaisse au niveau des comptes des partis politiques concernés et sans contrepartie
matérielle.
A titre d'illustration, les éléments du patrimoine personnel des adhérents pouvant être mis à la
disposition, on peut citer :
La prise en considération, par le commissaire aux comptes, d’un tel risque passe par
l’exécution de ces travaux :
Par ailleurs, l'environnement économique tunisien est très favorable à cette confusion du
patrimoine personnel de certains adhérents avec celui de leurs partis politiques.
D’ailleurs, cette pratique ne laisse aucune trace écrite de nature à délimiter les dépassements
de financement des adhérents de leurs partis politiques.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Par ailleurs, elle favorise la constatation des charges au sein des structures respectives des
adhérents.
Cette pratique illégale permet en l'apparence aux partis politiques le respect des dispositions
légales concernant les limites relatives au versement de dons de personnes physiques. Le
professionnel doit leur accorder une attention particulière et s’investiguer sur le respect des
lois de financement.
b. Mise à disposition des partis politiques du personnel payé par des adhérents
Ce risque consiste à mettre à la disposition des partis politiques du personnel payé par des
adhérents ou des sympathisants des dits partis politiques. Le personnel se trouve sur l'état des
salaires payés par l'adhérent, mais travaille en réalité au siège du parti politique.
Cette pratique est apparemment très répondue en Tunisie depuis 2011 et ce au vue de
l'incohérence de la masse sociale figurant au niveau des comptes des partis politiques et du
nombre des intervenants au sein des partis politiques surtout en période de campagne
électorale (2011 et 2014).
Le commissaire aux comptes est appelé à ce niveau à faire preuve de beaucoup de vigilance
dans un milieu politique constamment appelé à mobiliser énormément des moyens humains.
Les dirigeants du parti doivent veiller à ce qu’il y ait une séparation de fonctions suffisante et
adéquate entre les fonctions de commande, de paiement et d’enregistrement comptable.
La séparation entre ces différentes fonctions permet l’existence d’un contrôle des paiements
en fonction des bons de commande et de la réception des biens ou services.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Lors de la mise en place de cette séparation de fonctions, il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas de
lien hiérarchique entre ces différentes fonctions, car si celui qui autorise le paiement a autorité
sur celui qui enregistre la dépense, cela peut réduire à néant l’efficacité du double contrôle, vu
qu’il pourrait faire pression pour enregistrer un paiement irrégulier.
Différentes structures font partie intégrante des organismes liés aux partis politique : sociétés
commerciales, associations...
Le professionnel indépendant devra s'assurer que la totalité des dépenses engagées par ces
entités ne concourent pas de manière indirecte à procurer un avantage financier au parti
politique.
Par ailleurs, l’auditeur doit vérifier le respect du règlement du Conseil du Marché Financier
(CMF) relatif aux mesures pratiques pour la répression du blanchiment d’argent et la lutte
contre le financement du terrorisme et de la loi organique n° 2015-26 du 7 août 2015relative à
la lutte contre le terrorisme et la répression du blanchiment d’argent.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Après avoir recenser les risques formulés au niveau du premier chapitre, le commissaire aux
comptes procède après avoir pris en compte les risques liés à l’organisation, aux règles de
fonctionnement et aux sources de financement du parti politique et aux contrôles mis en place
par le parti à la fixation de l’étendue de son intervention compte tenu de son évaluation des
risques inhérents (R.I) identifiés.
Dans une seconde étape, le professionnel évalue le risque résiduel (R.R) pertinent pour son
audit et qui représente, soit le risque inhérent non identifié par le parti (R.I), soit identifié et
n’ayant pas fait l’objet de contrôles adéquats (R.N.C). En tenant compte de ce risque,
l’auditeur planifie et fixe l’étendue de ses travaux pour réduire le risque d’anomalies
significatives au niveau des comptes du parti à un niveau acceptable tout en respectant les
assertions par catégorie des comptes comptables concernés.
A cet effet, nous proposons dans ce chapitre des outils d'aide à l'audit des comptes des partis
politiques à travers un recensement des diligences à mettre en œuvre, une proposition d'un
programme de travail ainsi qu’un ensemble de questionnaires nécessaires à la mission de
certification sous forme d’un guide méthodologique et ceux suite à des réponses apportées
aux risques identifiés dont les principaux ont été mentionnés au niveau du chapitre précédent.
Pour des raisons de commodité de texte, et en annexe de ce travail, nous allons présenter un
aide-mémoire pour les professionnels pour bien mener leur mission dans un contexte
spécifique à l’audit des partis politiques et qui regroupent les modèles suivants à adopter selon
les spécificités de chaque parti politique :
Un guide méthodologique dans l’objectif est de tester les idées développées dans le
présent mémoire et d'établir le lien entre les diligences nécessaires présentées au
niveau de ce travail et la manière actuelle d'opérer par les experts comptables
tunisiens.
Un questionnaire de vérifications spécifiques afin d’orienter les professionnels aux
aspects spécifiques et juridiques des partis politiques.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
- L’organisation comptable propre au parti audité et notamment celui de collecte des fonds
à travers le compte bancaire unique. Le professionnel doit vérifier que ces contrôles mis
en place permettent de s’assurer de la réalité, l'exhaustivité et la régularité des dons ainsi
que leur concordance avec le compte du mandataire ;
- La transparence des procédures mises en place pour l’engagement des dépenses, le
respect de la réglementation (limite de remboursement en espèces, absence d’octroi
d’avantages aux citoyens) et la séparation entre les frais propres à l’activité du parti et
ceux afférents aux campagnes électorales ;
Suite à la prise de connaissance du parti politique et son environnement et après avoir défini
un niveau de risque par assertion, le professionnel doit concevoir et mettre en œuvre les
procédures d'audit qu'il juge nécessaire pour obtenir l'assurance raisonnable permettant la
certification des comptes.
Le commissaire aux comptes devra donc définir le calendrier, la nature et l'étendue de ses
diligences à mettre en œuvre en s'assurant que celles-ci permettent de recenser
exhaustivement les risques identifiés au préalable et en prenant en considération son
évaluation des contrôles de procédures mis en place par les partis politiques.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
La norme internationale d’audit ISA 330 « Réponses de l’auditeur à l’évaluation des risques »
stipule que« lorsque, dans le cadre de son évaluation du risque d’anomalies significatives au
niveau des assertions, l’auditeur présume que les contrôles fonctionnent efficacement, il doit
mettre en œuvre des tests de procédure pour recueillir des éléments probants suffisants et
appropriés montrant que les contrôles fonctionnaient efficacement aux moments pertinents au
cours de la période auditée ».
L’adoption d’une stratégie corroborative pour les partis politiques est plus efficace, et ce, à
cause de l’existence de bénévoles et leur participation aux activités du parti politique qui
constitue une des opérations non récurrentes pour l’auditeur nécessitant un élargissement de
des diligences. Cette situation peut être source de plusieurs risques :
- Un risque de détourner les contrôles par le personnel bénévoles, dans ce cas les tests
de procédures peuvent apparaitre inefficaces ;
- Risque liée à la possibilité d’imposer un ensemble des contrôles au personnel
bénévole ;
- Un risque que la hiérarchie même si elle existe, ne soit pas concrétisé par l’application
de procédures rigoureuses ;
Certes, les spécificités réglementaires des partis politiques imposent au commissaire aux
comptes d’accorder une attention particulière aux sources de financement constituant ainsi des
opérations non récurrentes nécessitant le recours à des procédures d’audit complémentaires et
de tests de détails.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
L’observation qui consiste à examiner un processus ou la façon dont une procédure est
exécutée par d’autres personnes.
La demande d’information consiste à se procurer des informations auprès des personnes
internes ou externes.
La vérification des calculs.
La réexécution des contrôles, qui porte sur les contrôles réalisés à l'origine par le parti.
Les procédures analytiques consistent à apprécier les informations financières à partir de
leurs corrélations avec d'autres informations, et de l'analyse des vérifications significatives
ou des tendances inattendues.
Le commissaire aux comptes doit mettre en place un programme de travail lui permettant de
réaliser des diligences (cf. annexe 3) qu'il estime nécessaires pour fonder son opinion sur les
comptes d’un parti politique.
La norme internationale ISA 300 « Réponses de l’auditeur à l’évaluation des risques », stipule
que « l’auditeur doit établir un programme de travail qui doit inclure une description :
Le commissaire aux comptes met en œuvre les diligences édictées par les normes
internationales d’audit adaptées au contexte particulier de l’audit des comptes des partis afin
de lui permettre de couvrir le risque d’audit et le ramener un niveau acceptable.
Le commissaire aux comptes doit mettre en œuvre les diligences permettant notamment de
vérifier :
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
le respect des dispositions légales et règlementaires régissant la collecte des dons, des
cotisations et des subventions (plafonds d’acceptation, origines, identités des personnes
ayant versé les dons…) et s'assurer de leur correcte comptabilisation ;
la conformité aux obligations juridiques en matière de tenue de registre d'aides, dons,
donations et legs ;
la bonne application des règles en matière d’impression et de gestion des reçus des
dons ;
l’existence des procédures d’identification des recettes et leur correcte imputation
comptable ;
la vérification de la concordance des montants encaissés et la comptabilité ainsi que
leur ventilation comptable.
Les diligences requises sur les dépenses peuvent être énumérées comme suit :
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
b. Diligences mises en œuvre sur les avantages directs et indirects consentis par des
personnes morales
Le commissaire aux comptes doit vérifier que le parti politique n'a pas reçu de bien, service
ou toute autres avantages directs ou indirects des personnes morales, prohibée par le décret-loi
de 2011 sur les partis politiques.
Le commissaire aux comptes doit être attentif à toutes les opérations exceptionnelles réalisées
par le parti politique qui avaient pour conséquence de contrevenir à la loi sur le financement
des partis politiques. Il peut s'agir d'abandon des créances pouvant être assimilées à un don
consenti par une personne morale ou à une négociation d'un contrat faisant apparaître une
politique des prix à des conditions anormales de marché. Le commissaire aux comptes doit
être attentif aux conditions commerciales.
60Article92 de la loi organique n° 2015-26 du 7 août 2015 du 07 Août 2015 relative à la lutte contre le terrorisme et la
répression du blanchiment d’argent.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Par ailleurs, l’article 96 prévoit que les peines citées au niveau de la dite loi « sont étendues,
selon les cas, aux dirigeants des personnes morales, à ses représentants, à ses agents, à ses
associés et aux commissaires aux comptes dont la responsabilité personnelle est établie 61 ».
La loi diffère les peines soit à l’encontre de l’auteur de l’acte de blanchiment d’argent et soit
lorsque l’infraction est commise :
- en cas de récidive ; ou
- par celui qui profite des facilités que lui procure l'exercice de sa fonction ou de son
activité professionnelle ou sociale ; ou
- par un groupe organisé ou une entente.
EMPRISONNEMENT AMENDE
Infraction commise par De cinq milles dinars à
D’un à six ans
l’auteur de l’acte cinquante mille dinars
De dix milles dinars à cent
Autres infractions citées De Cinq à dix ans
mille dinars
Dans le même ordre d’idées, l’article 126 de la même loi met à la charge du commissaire aux
comptes la vérification des résultats communiqués par les partis politiques se rapportent aux
opérations et transactions suspectes de formuler un acte de blanchiment d’argent.
D’autre part, le règlement du Conseil du Marché Financier relatif aux mesures pratiques pour
la répression du blanchiment d’argent et la lutte contre le financement du terrorisme cite que
« parmi les personnes exposées aux risques en raison de leurs fonctions :
61
Article 96 de loi organique n° 2015-26 du 7 août 2015 du 07 Août 2015 relative à la lutte contre le terrorisme
et la répression du blanchiment d’argent.
62
Arrêté de la Ministre des Finances en date du 19 janvier 2017 se rapportant au règlement du Conseil du Marché
Financier relatif aux mesures pratiques pour la répression du blanchiment d’argent et la lutte contre le
financement du terrorisme.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
« Les Professionnels doivent prendre les mesures nécessaires pour vérifier les transactions ou
les opérations occasionnelles que le donateur ne figure pas sur la liste des personnes ou des
organisations dont le lien avec des crimes terroristes est établi par la commission nationale de
lutte contre le terrorisme »63.
Les diligences du commissaire aux comptes face à ces transactions suspectes se résument
principalement comme suit :
- Vérifier que le parti politique s’est doté d’un système d’information fiable (dispositifs
anti-blanchiment, conservation des documents, etc.) le permettant de respecter les
dispositions légales et réglementaires en vigueur relatives à la répression du
blanchiment d’argent et à lutte contre le financement du terrorisme ;
- Investiguer sur l’identité et la moralité des personnes qui dirigent de droit ou de fait le
parti ;
- Analyser les différents rapports communiqués par la Cour des comptes, la commission
nationale de lutte contre le terrorisme et tous autres instances ;
- Vérifier en détails les opérations revêtant un caractère complexe et vérifier qu’elles ont
une justification économique et un objet licite ;
- Suivre de près les transactions ayant des sommes anormalement élevées ;
- S’assurer de la cohérence des actes avec les données d’identification des donateurs ;
- Contrôler l’absence des fonds transférés à partir des pays qui n’appliquent pas ou
appliquent de manière insuffisante les normes internationales en matière de répression
du blanchiment d’argent et de lutte contre le financement du terrorisme ;
- Mettre en place des procédures complémentaires afin déterminer s’il ne s’agit pas de
transactions ou d’opérations suspectes et ce en demandant des informations
supplémentaires des dites opérations ;
- Etablir une cartographie des risques liés au blanchiment d’argent et au financement du
terrorisme et mettre à jour l’étendue de ces travaux afin de fonder son opinion sans
que ses responsabilités civile, pénale et disciplinaire ne soient remises en cause.
63
Article 66 de la loi organique n°2015-26 du 7 août 2015 relative à la lutte contre le terrorisme et à la répression
du blanchiment d'argent.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Un programme de travail est proposé dans le présent mémoire (cf. annexe 3) regroupant les
tests à appliquer par les professionnels selon leur évaluation des risques d'audit des états
financiers des partis politiques. Toutefois, il n'est pas exhaustif et il doit être adapté au
contexte particulier de chaque mission et peut servir de base pour le professionnel pour le bon
déroulement de sa mission de certification des comptes.
Selon la norme ISA 520, « Procédures analytiques » « les procédures de corroboration mises
en œuvre par l’auditeur au niveau des assertions peuvent consister en des tests de détail, des
procédures analytiques de corroboration ou une combinaison des deux. Le choix des
procédures d’audit à mettre en œuvre, y compris la décision d’utiliser ou non des procédures
analytiques de corroboration, repose sur le jugement de l’auditeur quant à l’efficacité et
l’efficience attendues des procédures d’audit dont il dispose en vue de ramener le risque
d’audit au niveau des assertions à un niveau suffisamment faible. »
Le parti politique est un organisme particulier dans la mesure où il n’a pas un but lucratif
(réalisation des bénéfices) ce qui implique une particularité dans la mise en œuvre d’examen
analytique.
Étant donné que le budget est un document essentiel dans la vie des OSBL, il peut servir de
base pour le commissaire aux comptes lui permettant de faire des estimations sur la valeur des
rubriques des charges et des produits. L’examen des écarts permet au professionnel
d’appréhender le processus budgétaire.
Aussi, l’analyse des variations permet au commissaire aux comptes de déceler les
changements importants dans l’activité du parti politique.
D’autre part, l’analyse des évolutions par rapport aux exercices antérieurs permet aussi au
commissaire aux comptes du parti de détecter les zones de risque.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Rapprocher les montants comptabilisés avec les calculs théoriques et ce pour les
cotisations et les dons :
Valeur de la
Nombre des cartes Montant
cotisation fixée Solde
Compte d’adhésion obtenu = Ecart
dans les statuts comptable
(1) (1)*(2)
(2)
Cotisations des
adhérents
Montant
Nombre des carnets Valeur de reçu Solde
Compte obtenu = Ecart
utilisés* Nb des reçus (1) (2) comptable
(1)*(2)
Dons
Procéder au recoupement des charges de loyer et des honoraires avec les contrats
correspondants.
Procéder au rapprochement entre les tarifs des prestations de services par catégorie afin
d’identifier les risques des charges occultes ou des remises inhabituels ;
Revue analytique des taux de charges de personnel (Charges sociales/salaires bruts).
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Que les factures sont datées, libellées au nom du parti et comportent toutes les
mentions obligatoires prévues par la loi ;
L’exactitude des documents justificatifs et que les dépenses font l’objet d’une
documentation appropriée (devis, bons de commande, bons de livraison,
photocopie des pièces de règlements…) ;
Que les pièces justificatives sont exhaustives et complètes prouvant la réalité
des dépenses ;
L’existence des originaux des factures.
S’assurer de l’adéquation entre les dépenses et les recettes ;
S'assurer que les dépenses ne dissimulent pas d’avantages accordés aux citoyens ;
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
S’assurer que les dépenses correspondent à un service fait (les dépenses doivent être
appuyées par des documents internes signés par un responsable du parti à titre
d’attestation du service fait) ;
S’assurer que les prestations sont rendues à leur valeur marchande et ce par le
recoupement des tarifs appliqués par les différents prestataires de services et que les
facturations ne sont pas au dessous des prix habituellement pratiqués ;
Sélectionner les factures relatives à des dépenses engagées pendant la campagne
électorale (notamment les dépenses de publicité et de communication) et s’assurer
qu’elles ont fait l’objet de traitement comptable approprié ;
S’assurer de l’absence des dépenses engagées par des personnes morales publiques ou
privées. (gratuités, prestations avec des prix ou des remises non habituellement
pratiqués…) ;
Vérifier la correcte application des dispositions fiscales lors des règlements des
prestataires de services ;
Obtenir le livre de paie et vérifier leur intégration en comptabilité. S'assurer de
paiement des cotisations sociales ;
S'assurer que les dépenses sont correctement ventilées ;
S'assurer que les dépenses dont le montant dépasse 500 DT sont effectuées par des
virements ou des chèques bancaires ou postaux.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
La revue juridique du parti est particulière et doit être adaptée à ses spécificités. Les
questionnaires de revue juridiques habituels utilisés lors des missions d’audit doivent être
adaptés.
Nous avons essayé, à partir des particularités juridiques du parti développées dans la première
partie de préparer un questionnaire standard pour la revue juridique de cette structure. Ce
questionnaire doit cependant être enrichi en pratique compte tenu du contexte propre à chaque
mission (cf. annexe 4).
Parmi, les vérifications spécifiques qui peuvent ne pas affecter d’une manière significative les
états financiers, on peut citer :
- La tenue des registres obligatoires à savoir le registre des adhésions, le registre des
délibérations des organes de direction du parti et le registre d'aides, dons, donations et
legs.
- Le respect des lois et réglementations régissant la création, l’organisation et le
fonctionnement des partis politiques ;
- Le respect de la réglementation liée au financement des partis politiques ; etc.
Le commissaire aux comptes devra effectuer un recoupement entre les membres du personnel
présent physiquement au sein des différents organes du parti et les dossiers des salariés afin de
constater, si éventuellement, des permanents du parti ne seraient pas absents des journaux de
paie.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Les manifestations des partis politiques font l'objet des dépenses spécifiques (location de
salles, du matériel audiovisuel etc.). A ce titre, il conviendra de s'assurer de la matérialité de
ces dépenses et des valeurs correspondantes, ces dernières pouvant faire l'objet de tarification
extrêmement faible de la part des personnes citées plus haut.
En cas d’existence des irrégularités et des inexactitudes liées aux vérifications ci-dessus
mentionnées, le commissaire aux comptes doit les mentionner au niveau de la deuxième partie
de son rapport intitulée « Rapport sur d’autres obligations légales ou réglementaires ».
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
A la fin de la mission, le commissaire aux comptes établi une note de synthèse (cf. annexe 5).
La note de synthèse doit mentionner les événements majeurs et leur incidence sur les comptes,
les problèmes techniques rencontrés, une synthèse des ajustements proposés, ainsi que les
domaines qui nécessitent une décision finale du commissaire aux comptes.
La norme internationale d’audit ISA 700 « Fondement de l’opinion et rapport d’audit sur des
états financiers » prévoit que : « Pour se former cette opinion, l’auditeur doit déterminer s’il a
acquis l’assurance raisonnable que les états financiers pris dans leur ensemble sont exempts
d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou d’erreurs64». Ainsi, pour
clôturer ses travaux, ce dernier procède aux travaux suivants :
S’assurer l’exhaustivité des contrôles réalisés par l’équipe d’audit y compris les
procédures analytiques, les tests de détails, les confirmations des tiers, etc. ;
Revoir l’évaluation du système de contrôle interne mis en place et les déficiences
remédiés par les organes directeurs du parti ;
Revue les écritures d’ajustement en identifiant ceux qui n’ont pas été pris en compte
par le parti et leur impact sur les états financiers et sur l’opinion ;
Discuter avec l’équipe d’audit du traitement des points significatifs ou inhabituels
concernant l’audit, les aspects comptables ou les conclusions d’audit signalées ;
Evaluer la survenance des évènements postérieurs pouvant donner lieu à des
ajustements sur les états financiers et sur les conclusions d’audit ;
Faire une évaluation finale des estimations comptables faites par le parti, et leur
cohérence avec les autres éléments probants réunis ;
Effectuer une évaluation définitive des éléments d’audit collectés et évaluer le risque
d’anomales significatives au niveau des assertions et au niveau des états financiers du
parti dans leur ensemble en recourant à son jugement professionnel ;
Vérifier que tous les documents importants permettant de fonder l’opinion d’audit ont
été bien recueillis, suffisamment documentés et organisés ;
64
Norme internationale d’audit ISA 700 « Fondement de l’opinion et rapport d’audit sur des états financiers ».
Page 113
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Les événements postérieurs à la clôture pour l’établissement des comptes sont définies par la
norme comptable Tunisienne n°14 «Eventualités et événements postérieurs à la date de
clôture » comme étant « des événements se produisant entre la date de clôture de l'exercice et
la date de publication des états financiers, peuvent rendre nécessaires des modifications de
certains postes de l'actif ou du passif ou entraîner une information complémentaire 65».
Plusieurs faits postérieurs présentant une incertitude significative et pouvant jeter un doute
important sur la capacité du parti politique à poursuivre son activité doivent être mentionnés
au niveau des notes des états financiers du parti, à l’instar de :
« Mettre en œuvre des procédures d’audit en vue de recueillir des éléments probants
suffisants et appropriés montrant que les événements survenus entre la date des états
financiers et la date de son rapport, nécessitant un ajustement des états financiers ou
une information à fournir dans ceux-ci, ont fait l’objet d’un traitement approprié dans
les états financiers conformément au référentiel comptable applicable ; et
65
La norme comptable tunisienne NCT°14 intitulée : « Eventualités et événements postérieurs à la date de
clôture ».
Page 114
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Après l’évaluation des résultats des procédés de vérification et l’accomplissement des divers
travaux de fin de mission, l’auditeur doit notifier au moment opportun les points jugés utiles
aux organes directeurs du parti politique en ce qui concerne l’élaboration des états financiers
et le système de contrôle interne mis en place. Cette communication peut porter sur les
questions suivantes :
L’approche générale de la démarche d’audit et l’étendue des travaux d’audit ;
Les faiblesses procédurales significatives non corrigées, les questions touchant à
l’intégrité des membres et au personnel du parti ainsi que les risques d’existence de
fraudes ;
Le non-respect des dispositions légales en ce qui concerne le financement, le
fonctionnement et l’organisation du parti, les sanctions qui en découlent et son avis au
titre de ces vérifications spécifiques ;
Le non-respect de la réglementation comptable et son impact sur son avis
professionnel ;
Les anomalies et les écritures d’ajustements proposées par l’auditeur et qui n’ayant
pas été corrigées par le parti ainsi que leur éventuelle incidence sur son opinion ;
Les désaccords avec la direction du parti et les limitations de l’étendue des travaux ;
Les incertitudes importantes liées à des événements survenus avant ou après la clôture
de l’exercice ou à des risques éventuels susceptibles de soupçonner la capacité du parti
à poursuivre son activité ainsi que leurs impacts sur l’établissement des états
financiers et sur son opinion ;
Les modifications attendues au niveau de son rapport d’audit ;
Toute autre question convenue dans les termes de la mission d’audit.
66
Norme internationale d’audit ISA 560 « Evénements postérieurs à la clôture ».
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Quelle que soit la forme de communication avec les organes dirigeants du parti, par voie
verbale ou écrite, l’auditeur doit s’assurer que la communication faite a permis à la direction
de pallier aux anomalies relevées ou d’apporter des preuves de leur inexistence. Ainsi, s’il y a
lieu, l’auditeur sera amené à vérifier les preuves communiquées par la direction avant de
donner son opinion argumentée et documentée d’une manière pertinente et de communiquer
son rapport au premier responsable du parti politique, à la commission constituée
conformément aux dispositions de l’article 26 du décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011
qui a été chargée de l’approbation des comptes des partis politiques ainsi qu’au premier
ministre.
Page 116
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Ce questionnaire ne se substitue pas à la revue des feuilles de travail qui doit être effectuée au
cours de la mission.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Selon la norme sur la certification des états financiers des partis politiques publié par l'Ordre
des Experts Comptables de la Tunisie, le commissaire aux comptes obtient une lettre
d'affirmation signée par le premier responsable du parti et par le mandataire financier unique
désigné en application des dispositions de l’article 22 du décret-loi n° 2011-87 du 24
septembre 2011 et ceux au terme de ses travaux soit à une date proche de la date de signature
de son rapport.
Compte tenu des spécificités juridiques et des particularités des partis politiques, la lettre
d’affirmation en la matière devrait contenir les points suivants :
Les livres comptables et les registres exigés par les articles 23 et 24 du décret-loi n°
2011-87 du 24 septembre 2011, la documentation afférente ainsi que tous les contrats
ayant ou pouvant avoir une incidence significative sur les comptes, ont été mis à la
disposition du commissaire aux comptes.
Tous les donateurs ont fait des dons en leur nom propre et non en tant
qu’intermédiaires d’autres personnes ou organismes.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
L’absence des prestations ou des achats à un prix inférieur à celui pratiqué sur le
marché.
Absence de manipulations frauduleuses qui peuvent avoir eu une incidence sur les
états financiers, de même que les résultats de notre évaluation des anomalies
significatives résultant de fraudes.
Tous les événements postérieurs à la date de clôture qui ont une incidence sur
l’information ont été fournies ou ajustées les états financiers ont été comptabilisés.
Cette lettre doit être signée par le premier responsable du parti et par le mandataire financier
unique désigné en application des dispositions de l’article 22 du décret-loi n° 2011-87 du 24
septembre 2011 et adressée au commissaire aux comptes avant la communication de son
rapport.
Nous avons essayé de préparer un modèle de lettre d'affirmation spécifique aux partis
politiques. Ce modèle devra être adapté aux conditions particulières de chaque mission
d’audit (cf. annexe 7).
Page 119
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Le commissaire aux comptes rend compte de l'opinion sur les comptes annuels du parti
politique dans son rapport général (cf. annexe 8).
Conformément à la norme sur la certification des états financiers des partis politiques édictée
par l'Ordre des Experts Comptables de Tunisie, et compte tenu de la nouvelle révision des
normes d’audit visant l’amélioration du rapport d’auditeur sur les états financiers, le rapport
général du commissaire aux comptes du parti politique s'articulera de la façon suivante :
LE DESTINATAIRE DU RAPPORT :
Le premier responsable du parti politique, la commission constituée
conformément aux dispositions de l’article 26 du décret-loi n°
2011-87 du 24 septembre 2011 qui a été chargée de l’approbation
des comptes des partis politiques ainsi qu’au premier ministre.
Page 120
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Fondement de l’opinion
Fondement de l’opinion avec réserve ou Fondement de
l’opinion défavorable. La justification de l’opinion avec réserves ou
du refus de certification relatant les faits qui font l’objet d’une
réserve ou d’un refus de certifier en incluant une description et une
quantification des incidences financières des anomalies relevées.
Incertitude significative liée à la continuité du parti
Question clés de l’audit
Observation
Autres points
Responsabilité de la direction et de la gouvernance pour les
états financiers
PREMIERE PARTIE La mention de l’organe responsable de l’établissement et la
présentation des états financiers du parti politique conformément au
référentiel comptable applicable.
Responsabilité de l’auditeur pour l’audit des états financiers
La référence aux normes professionnelles applicables en Tunisie en
précisant que ces normes requièrent des commissaires aux comptes
qu’ils se soumettent aux règles d’éthique et qu’ils planifient et
effectuent l’audit en vue d’obtenir une assurance raisonnable que
les états financiers ne comportent pas d’anomalies significatives et
en procédant à une description d’un audit des faits qui font l’objet
d’une réserve ou d’un refus de certifier.
RAPPORT SUR LES OBLIGATIONS LEGALES ET
REGLEMENTAIRE
Efficacité du système de contrôle interne.
Régularité des comptes du parti
DEUXIEME PARTIE Le cas échéant, la mention d’irrégularités relevées pouvant porter
notamment sur les sources de financement du parti politique et qui
n’affectent pas la certification des états financiers.
Autres obligations légales et réglementaires.
La date du rapport.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
La première partie du rapport général exprime l'opinion des commissaires aux comptes sur les
comptes annuels qui peut être soit une certification sans réserves, soit une certification avec
réserves, soit un refus de certifier.
Le commissaire aux comptes exprime une opinion sans réserve lorsque l’audit des comptes
qu’il a mis en œuvre lui a permis d’obtenir le degré d’assurance demandé, mais non absolue
du fait des limites de l’audit. Son avis comporte sa déclaration d’octroi d’un niveau
d’assurance raisonnable que les comptes, pris dans leur ensemble, ne comportent pas
d’anomalies significatives.
Opinion :
« A notre avis, les états financiers du parti …, annexés au présent rapport, sont réguliers et
présentent sincèrement, dans tous leurs aspects significatifs, la situation financière du parti
au 31 décembre …, ainsi que sa performance financière et ses flux de trésorerie pour
l’exercice clos à cette date, conformément à la loi en vigueur relative au système comptable
des entreprises et à la norme comptable relative aux partis politiques »
Dans le cadre de leur mission, les commissaires aux comptes peuvent être amenés à formuler
des réserves lors de l'établissement du rapport, dont l'incidence, bien que significative, sera
insuffisante pour rejeter l'ensemble des comptes annuels. Les réserves sont fondées sur les
notions de désaccord ou limitation.
Selon la norme relative à la certification des états financiers des partis politiques, publiée par
l’OECT, les commissaires aux comptes devront mentionner à travers des données chiffrées,
les désaccords se rapportant :
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
- au caractère approprié ou pertinent des informations fournies dans les états financiers,
notamment lorsque ces derniers ne comportent pas toutes les informations requises par
les dispositions comptables applicables ou lorsque ces informations ne sont pas
présentées conformément aux dites dispositions.
Les commissaires aux comptes doivent indiquer l'origine des limitations, en donner une
description sommaire mais chiffrée en précisant les montants dans les comptes annuels qui
pourraient être affectés par ces limitations. Les limitations peuvent résulter :
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Refus de Certification
Des manquements suffisamment graves conduisent les commissaires aux comptes à émettre
un rapport motivé concluant un refus de certification comme :
Opinion défavorable :
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Opinion défavorable :
« Nous avons reçu pour mission d’effectuer d’audit des états financiers du parti….qui
comprennent l’état de la situation au 31 décembre xx, l’état des produits et des charges et
l’état de flux de trésorerie pour l’exercice clos à cette date, ainsi que les notes aux états
financiers, y compris le résumé des principales méthodes comptables »
Nous n’exprimons aucune opinion sur les états financiers ci-joints du parti….
L’article 270 du code des sociétés commerciales met à la charge du commissaire aux comptes
de révéler au procureur de la république les faits délictueux dont ils ont eu connaissance.
L'article 271 du code sanctionne le non révélation.
Le champ d'application des articles 270 et 271 du code des sociétés commerciales s'impose-t-
il aux partis politiques ?
La norme de l'ordre des experts comptables de Tunisie dispose que les commissaires aux
comptes communiquent aux organes dirigeants du parti politique les irrégularités et
inexactitudes, affectant ou non la certification des comptes, dont ils ont eu connaissance au
cours de leur mission. Ils attirent notamment leur attention sur la nature et la portée des
sanctions encourues et demandent, lorsque cela leur semble possible, la régularisation des
faits relevés.
Page 125
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Conformément à la norme internationale de contrôle qualité ISQC 167 le cabinet doit mettre
en place et maintenir un système de contrôle qualité.
- l’audit est conforme aux normes professionnelles et aux exigences des textes légaux
et réglementaires applicables ;
- le rapport délivré par l’auditeur est approprié aux circonstances.
Le système de contrôle qualité devrait être conçu autour des procédures couvrant les
domaines suivants :
A la fin de la mission, le commissaire aux comptes, doit s’assurer que les procédures de revue
indépendante des dossiers de travail ont été effectuées. Selon la norme ISA 220 cette revue
consiste à s’assurer que :
- Les travaux ont été accomplis par les membres de l’équipe intervenante conformément
aux normes professionnelles et aux exigences des textes réglementaires ;
67
ISQC, International Standards on Quality Control
68
Norme internationale d’audit 220 « contrôle qualité d’un audit d’états financiers »
Page 126
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Pour le besoin de la revue indépendante (cf. annexe 9), les documents suivants sont
généralement mis à la disposition du responsable chargé de la revue indépendante :
- La note de planification ;
- La note de synthèse et revue finale des comptes ;
- Le tableau des évaluations des inexactitudes ;
- Le questionnaire de fin de mission ;
- Le questionnaire des vérifications spécifiques ;
- Le questionnaire des évènements postérieurs à la clôture ;
- La lettre d’affirmation ;
- Les supports de réunion ;
- La lettre de mission ;
- Le projet du rapport d’audit.
La revue indépendante doit intervenir dès la clôture de la mission et avant la revue de projet
des états financiers. La revue du dossier doit être bien documentée à l’aide une check-list de
revue indépendante datée et signée par le responsable chargé de la revue indépendante affecté
au dossier. La lecture de cette check-list avant la signature du rapport d’audit est importante.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Dans la deuxième partie de cette étude, nous avons essayé de présenter des outils d’aide à
adopter pour permettre au professionnel de collecter des éléments probants suffisants et
adéquats afin de fonder son opinion. L’étendue des travaux du professionnel porte
essentiellement sur :
Au cours de cette partie, nous avons mis l’accent sur les spécificités (transparence financière
de la vie politique, environnement de la vie politique, restrictions légales liées au
financement, absence de norme comptable spécifique pour l’élaboration des états financiers
des partis politiques, le caractère évolutif des lois régissant le fonctionnement des partis
politiques, la distinction entre les comptes des campagnes électorales et les comptes propres à
l’activité du parti politique) que peuvent faire face le commissaire aux comptes lors de
l’exécution de son plan d’audit.
L’approche présentée dans cette partie ne constitue pas un programme de travail exhaustif
mais plutôt une contribution résultant d’une expérience professionnelle qui peut aider
l’expert-comptable dans la fixation de sa démarche d’audit, l’étendue de ses diligences qui lui
permet de fonder une opinion motivée sur les états financiers arrêtés par les organes dirigeants
des partis politiques.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
CONCLUSION GENERALE
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Le droit tunisien a longtemps négligé les mouvements politiques, et plus encore les règles de
leur financement. Le cadre juridique dans lequel les partis exercent leurs activités jusqu’à
2011 s’est caractérisé par ses insuffisances majeures. La législation de 2011 constitue une
évolution importante. La mise en place de contrôles a permis de freiner le recours aux
financements occultes, d’autant que les subventions de l’Etat ont permis aux partis d’avoir des
recettes substantielles pour leur budget et de respecter les principes de la démocratie
pluraliste.
Ce cadre législatif est articulé autour du contrôle des recettes et des dépenses, de la limitation
des sources de financement, de l’allocation de l’aide publique, de l’établissement et la
publication des états financiers et de la mise en place des mécanismes de contrôle.
En effet, le cadre légal applicable aux partis politiques les oblige à collecter leurs
financements à travers un mandataire financier, à tenir une comptabilité conforme au système
comptable des entreprises et à se doter d’une comptabilité séparée en ce qui concerne les
campagnes électorales. En sus, les fonds qu’ils collectent sont strictement réglementés
(interdictions de certains dons, limite de financement, ….).
Par ailleurs, nous avons essayé de parcourir les travaux de recherches effectués par le
ministère de finances et les professionnels afin de se rapprocher des règles comptables à
suivre par les partis politiques lors de l’établissement de leurs états financiers et ce en
l’absence d’une norme comptable spécifique traitant des différentes particularités régissant le
fonctionnement des comptes des partis politiques. A cet effet, le Conseil National de la
Comptabilité doit approuver le projet de la norme comptable « OSBL » selon les nouvelles
réglementations promulguées par le législateur Tunisien et ce afin de se doter d’un référentiel
comptable garantissant l’image fidèle de l’information financière conforme aux diverses
réglementation en la matière.
Cependant, la création d’une autorité administrative, « ISIE » dotée d’un pouvoir de contrôle
large constitue une étape importante. Celle-ci outre son rôle de contrôle, a assuré le rôle de
conseiller auprès des partis politiques. De même, le contrôle de la Cour de compte sur les
comptes propres du parti reste insuffisant, et la portée de ses d’investigations est limitée aux
campagnes électorales.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Bien que ce dispositif législatif constitue un progrès par rapport à celui de 1988, il demeure
caractérisé par des insuffisances et des ambiguïtés des textes législatives, par l’inefficacité du
contrôle exercé par l’Etat, et l’inexistence de sanctions objectives tenant compte de l’ampleur
et de la gravité de l’infraction.
Ainsi, les lacunes du cadre juridique actuel, soulèvent de nouvelles interrogations bien qu’il
favorise la moralisation et la transparence de la vie politique. Au vu des multiples
insuffisances de la législation actuelle, la réforme du dispositif actuel devrait être rapidement
entamée par le législateur.
En effet, comme exposé précédemment, le cadre légal actuel a mis à la charge des partis
politiques l’obligation de certification de leurs états financiers par un ou deux commissaires
aux comptes. L’intervention du professionnel commissaire aux comptes dans ce type de
mission, présentant des particularités quant à leur fonctionnement et leur environnement,
l’amène à mettre en œuvre une démarche d’audit spécifique.
Nous rappelons que l’identification des zones de risques significatifs, le volume des
diligences, la nature et la conception des tests à accomplir se basent sur le jugement
professionnel qui demeure une évaluation pouvant varier selon les spécificités de chaque
parti audité et d’un auditeur à un autre.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Ce guide, réservé aux partis politiques, permet au commissaire aux comptes d’approfondir et
interviennent. Ce guide doit être complété et modifié autant que le justifient les particularités
qui peuvent être utilisés par le professionnel lors de son intervention au cours de l’audit des
comptes des partis politiques et qui se rattachant aux phases suivantes de sa démarche
d’audit :
Acceptation de la mission ;
Modèles des rapports du commissaire aux comptes après présentation des différentes
opinions possibles ;
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
ANNEXE 1
ACCEPTATION DE LA MISSION
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
La mise en œuvre de la procédure d'identification du client est une étape essentielle dans la phase
d’acceptation de la mission.
Dénomination du parti :
Siège :
Téléphone :
Fax :
Adresse Mail :
Site Web :
Date de création :
Fondateurs :
Dirigeants :
Mandateur financier :
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Profil de risque et évaluation de l’intégrité du client
Commentaire ou réf.
Questions en rapport avec l’organe de gestion Oui/Non
document de travail
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Prise en considération du risque de fraude
Les facteurs de risque suivants relatifs aux anomalies pouvant Commentaire ou réf.
conduire à l’établissement d’états financiers frauduleux sont-ils Oui/Non
document de travail
d’application ?
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Prise en considération du risque de fraude
Les facteurs de risques suivants sont-ils d’application, dans la mesure Commentaire ou réf.
où ils sont susceptibles de générer des anomalies découlant de Oui/Non
document de travail
détournement d’actifs ?
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Respect des règles déontologiques
Commentaire ou réf.
Oui/Non
document de travail
1- Considérations déontologique
Vérification du respect des principes fondamentaux
d'éthique professionnelle par l'équipe d'audit en place ou
prévue (intégrité, objectivité, indépendance, secret
professionnel, respect des règles professionnelles).
Existence de relations familiales, personnelles ou
financières entre le cabinet, les associés, les
collaborateurs impliqués sur la mission et le parti.
Existence des prestations non directement liées à la
mission du commissaire aux comptes.).
Examen si nécessaire de la situation du Co-commissaire
au regard des prestations et de son indépendance.
2- Concertation du prédécesseur
La concertation du prédécesseur a-t-elle été effectuée ?
Si oui :
Quelle est la raison du changement ?
Le prédécesseur a-t-il des observations professionnelles
à formuler quant au transfert de ce mandat vers notre
cabinet ?
Les sommes dues au prédécesseur sont-ils réglées ?
Est-il demandé au prédécesseur l’accès aux dossiers de
travail ? Si oui, existe-t-il un mémo de réunion ?
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Respect des règles déontologiques
Commentaire ou réf.
Oui/Non
document de travail
3- Capacité du cabinet
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
sont respectées :
Date Visa
Notification de mandat.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
5– P LANIFICATION DE L ’ INTERVENTION
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
ANNEXE 2
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Liste aide-mémoire de prise de connaissance
Fait Fait Réf. feuille de
Par travail
Oui/Non
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Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Liste aide-mémoire de prise de connaissance
Fait Fait Réf. feuille de
Par travail
Oui/Non
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Liste aide-mémoire de prise de connaissance
Fait Fait Réf. feuille de
Par travail
Oui/Non
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
comptable
Secrétaire
Trésorier
générale
Caissier
général
FONCTIONS
Tenue de la caisse
Détention des chèques reçus des adhérents
Détention des carnets de chèques
Préparation des chèques
Approbation des pièces justificatives
Signature des chèques
Annulation des pièces justificatives
Envoi des chèques
Tenue du journal de trésorerie
Liste des chèques reçus au courrier
Dépôts en banque de chèques ou espèces
Tenue des comptes fournisseurs
Réception des relevés bancaires
Préparation des rapprochements bancaires
Comparaison de la liste des chèques reçus au
courrier avec les bordereaux de remise en banque et
avec le journal de trésorerie
Accès à la comptabilité générale
Tenue du registre des adhésions
Tenue d’un registre d'aides, dons, donations et legs
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Prise de connaissance et analyse des risques généraux
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Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Prise de connaissance et analyse des risques généraux
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Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Analyse des risques par cycles significatifs
Produits
Les cotisations.
Charges.
Dépenses de fonctionnement
Charge de personnel
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Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Synthèse de l'évaluation des risques liés à la conception des systèmes
Enregistrem Evaluation
Réalité Imputatio
Caractère Exhaustivité Evaluation ent bonne de la
Domaine (F, M, n correcte
significatif (F, M, E) Correcte période (F, conception
E) (FI, NFI)
M, E) (FI, NFI)
Charges
Produits
Trésorerie
Créances et comptes
rattachés
Stocks de
fournitures et autres
approvisionnements
Immobilisations
Concours bancaires
et autres passifs
financiers
Autres passifs
courants
Fournisseurs et
comptes rattachés
Apports reportés
Emprunts
Apports affectés à
des immobilisations
Conclusion
Risque faible : F Risque Moyen : M Risque élevé : E Fiable : FI Non fiable : NFI
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Risque inhérent
Cycle Assertions
Risque identifié Evaluation
……………………..
Exhaustivité ……………………………. ………
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Existence de
contrôle Risque de contrôle
Cycle Assertions interne
………………
Exhaustivité ……………………………. ………
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Incidence sur l’orientation des contrôles
Risque Nature
Compte Assertions RI Evaluation RLC Evaluation
d'audit des tests
Etendus/
Existence Procédures
analytique
Droit et Etendus
obligation
Exhaustivité Etendus
Evaluation Etendus
Imputation Etendus
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
ANNEXE 3
(Tests de substance)
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures
Les financements
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures
Les financements
Conclusion de la section
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures
Conclusion de la section
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures
Contrôle des dépenses
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures
Contrôle des dépenses
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures
Contrôle des dépenses
Conclusion de la section
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures
Charges de personnel
Conclusion de la section
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
ANNEXE 4
L’ACCOMPLISSEMENT DE VERIFICATIONS
SPECIFIQUES
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Fait Nombre
Questionnaire de vérifications spécifiques REF
par d’heures
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
ANNEXE 5
LA CONCLUSION DE LA MISSION ET
L’ELABORATION DE LA NOTE DE SYNTHESE
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Procéder à la synthèse des conclusions et constat des travaux du commissaire aux comptes,
suite aux conclusions obtenues par la mise en œuvre des contrôles de substance et des tests
des procédures. Cette étape est nécessaire à la formulation de l’opinion. La note de synthèse
peut être structurée de la manière suivante :
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
ANNEXE 6
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Fait Oui/
Phase Questionnaire de fin de mission N/A
par Non
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Fait Oui/
Phase Questionnaire de fin de mission N/A
par Non
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
ANNEXE 7
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
LETTRE D'AFFIRMATION
A l'attention de Mr................................. ou la …
Monsieur,
Cette lettre vous est adressée dans le cadre de vos contrôles relatifs à l’audit des états
financiers du parti « XYZ » arrêtés au 31 décembre N et faisant apparaître à cette date un total
des Passifs et Actifs Nets de xxx xxx DT y compris un excédent (déficit) des produits sur les
charges de l’exercice de xxx xxx DT et en application de vos normes et pratiques
professionnelles.
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
1. Les états financiers ont été établis de manière régulière et sincère, conformément au
système comptable des entreprises et la norme comptable relative aux partis politiques.
Les livres comptables et les registres exigés par les articles 23 et 24 du décret-loi
n° 2011-87 du 24 septembre 2011 ainsi que la documentation y afférente
Tous les contrats ayant ou pouvant avoir une incidence significative sur les
comptes, ont été mis à la disposition du commissaire aux comptes.
3. Nous avons respecté toutes les dispositions légales relatives au financement des partis
politiques édictées par les articles 17, 19, 20 et 21 du décret-loi n° 2011-87 du 24
septembre 2011.
4. Tous les donateurs ont fait des dons en leur nom propre et non en tant qu’intermédiaires
d’autres personnes ou organismes.
10. Communication de tous les faits importants ayant trait à des fraudes avérées ou
suspectées dont nous avons connaissance et qui peuvent avoir eu une incidence sur les
états financiers, de même que les résultats de notre évaluation des anomalies
significatives résultant de fraudes.
Page 175
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
12. A ce jour, nous n’avons connaissance d’aucun événement survenu depuis la date de
clôture de l’exercice et qui nécessiterait un ajustement des états financiers ou une
mention dans les notes aux états financiers.
13. Le parti est effectivement propriétaire de tous les actifs qui figurent au bilan. Tous les
actifs, et en particulier tous les comptes de caisse et banques, sont inclus dans les états
financiers. Les hypothèques, nantissements, gages ou toute autre sûreté sur des actifs du
parti sont explicitement indiqués dans les états financiers.
14. Nous n’avons connaissance d’aucun passif éventuel. Tous les passifs dont nous avons
connaissance sont inclus dans les états financiers.
15. Nous n’avons connaissance d’aucun procès encours, poursuite judiciaire ou affaire
contentieuse dont pourrait résulter des pertes latentes.
Page 176
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
ANNEXE 8
Page 177
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Opinion
En exécution de la mission de commissariat aux comptes qui nous a été confiée par
l’Assemblée Générale du parti …, nous avons l'honneur de vous présenter notre rapport sur le
contrôle des états financiers du dit parti arrêtés au 31 décembre …, tels qu’annexés aux pages
… à … du présent rapport, ainsi que sur les autres obligations légales ou réglementaires
prévues par la loi et les normes professionnelles.
A notre avis, les états financiers du parti …, annexés au présent rapport, sont réguliers et
présentent sincèrement, dans tous leurs aspects significatifs, la situation financière du parti au
31 décembre …, ainsi que sa performance financière et ses flux de trésorerie pour l’exercice
clos à cette date, conformément au système comptable des entreprises et de la norme
comptable relative aux partis politiques.
Fondement de l’opinion
Nous avons effectué notre audit selon les normes d’audit applicables en Tunisie. Les
responsabilités qui nous incombent en vertu de ces normes sont plus amplement décrites dans
la section «Responsabilités de l’auditeur pour l’audit des états financiers» du présent rapport.
Nous sommes indépendants de la société conformément aux règles de déontologie qui
s’appliquent à l’audit des états financiers en Tunisie, et nous nous sommes acquittés des
autres responsabilités déontologiques qui nous incombent selon ces règles.
Nous estimons que les éléments probants que nous avons obtenus sont suffisants et appropriés
pour fonder notre opinion d’audit.
Page 178
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Nos objectifs sont d’obtenir l’assurance raisonnable que les états financiers pris dans leur
ensemble sont exempts d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou
d’erreurs, et de délivrer un rapport de l’auditeur contenant notre opinion. L’assurance
raisonnable correspond à un niveau élevé d’assurance, qui ne garantit toutefois pas qu’un
audit réalisé conformément aux normes de la profession applicables en Tunisie, permettra
toujours de détecter toute anomalie significative qui pourrait exister. Les anomalies peuvent
résulter de fraudes ou d’erreurs et elles sont considérées comme significatives lorsqu’il est
raisonnable de s’attendre à ce que, individuellement ou collectivement, elles puissent influer
sur les décisions économiques que les utilisateurs des états financiers prennent en se fondant
sur ceux-ci. Une description plus détaillée des responsabilités de l’auditeur pour l’audit des
états financiers se trouve sur le site Web de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie, à
www.oect.org.tn. Cette description fait partie du présent rapport de l’auditeur.
Dans le cadre de notre mission de commissariat aux comptes, nous avons également procédé
aux vérifications spécifiques prévues par les normes publiées par l’ordre des experts
comptables de Tunisie et par les textes règlementaires en vigueur en la matière.
Nous avons procédé aux vérifications périodiques portant sur l’efficacité du système de
contrôle interne du parti. A ce sujet, nous vous rappelons que la responsabilité de la
conception et de la mise en place d’un système de contrôle interne ainsi que la surveillance
périodique de son efficacité et de son efficience incombe à l’organe dirigeant du parti.
Page 179
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
[Sur la base de notre examen, nous n’avons pas identifié des déficiences importantes du
contrôle interne. Un rapport traitant des faiblesses et des insuffisances identifiées au cours de
notre audit a été remis à l’organe dirigeant du parti.]
[Comme il est décrit ci-après, nous avons conclu à l’existence des déficiences importantes du
contrôle interne.
Un rapport traitant des faiblesses et des insuffisances identifiées au cours de notre audit a été
remis à l’organe dirigeant du parti.]
Sans remettre en cause l'opinion formulée ci-dessus, nous vous signalons les irrégularités
et/ou inexactitudes suivantes, relevées au cours de notre mission : (exposé des irrégularités
et/ou inexactitudes relevées d’ordre juridique et principalement celles liées aux sources de
financement)
Tunis le,...
Page 180
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Page 181
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
En exécution de la mission de commissariat aux comptes qui nous a été confiée par
l’Assemblée Générale du parti …, nous avons l'honneur de vous présenter notre rapport sur le
contrôle des états financiers du dit parti arrêtés au 31 décembre …, tels qu’annexés aux pages
… à … du présent rapport, ainsi que sur les autres obligations légales ou réglementaires
prévues par la loi et les normes professionnelles.
Nous avons effectué notre audit selon les normes d’audit applicables en Tunisie. Les
responsabilités qui nous incombent en vertu de ces normes sont plus amplement décrites dans
la section «Responsabilités de l’auditeur pour l’audit des états financiers» du présent rapport.
Nous sommes indépendants de la société conformément aux règles de déontologie qui
s’appliquent à l’audit des états financiers en Tunisie, et nous nous sommes acquittés des
autres responsabilités déontologiques qui nous incombent selon ces règles.
Observations
Nous attirons l’attention sur la note X aux états financiers qui décrit (exposé de la question
concernée). Notre opinion ne comporte pas de réserve concernant cette question.
Page 182
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Nos objectifs sont d’obtenir l’assurance raisonnable que les états financiers pris dans leur
ensemble sont exempts d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou
d’erreurs, et de délivrer un rapport de l’auditeur contenant notre opinion. L’assurance
raisonnable correspond à un niveau élevé d’assurance, qui ne garantit toutefois pas qu’un
audit réalisé conformément aux normes de la profession applicables en Tunisie, permettra
toujours de détecter toute anomalie significative qui pourrait exister. Les anomalies peuvent
résulter de fraudes ou d’erreurs et elles sont considérées comme significatives lorsqu’il est
raisonnable de s’attendre à ce que, individuellement ou collectivement, elles puissent influer
sur les décisions économiques que les utilisateurs des états financiers prennent en se fondant
sur ceux-ci. Une description plus détaillée des responsabilités de l’auditeur pour l’audit des
états financiers se trouve sur le site Web de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie, à
www.oect.org.tn. Cette description fait partie du présent rapport de l’auditeur.
Sans remettre en cause l'opinion formulée ci-dessus, nous vous signalons les irrégularités
et/ou inexactitudes suivantes, relevées au cours de notre mission : (exposé des irrégularités
et/ou inexactitudes relevées)
Tunis le,...
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
OPINION DEFAVORABLE
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Opinion défavorable
En exécution de la mission de commissariat aux comptes qui nous a été confiée par
l’Assemblée Générale du parti …, nous avons l'honneur de vous présenter notre rapport sur le
contrôle des états financiers du dit parti arrêtés au 31 décembre …, tels qu’annexés aux pages
… à … du présent rapport, ainsi que sur les autres obligations légales ou réglementaires
prévues par la loi et les normes professionnelles.
Nous avons effectué notre audit selon les normes d’audit applicables en Tunisie. Les
responsabilités qui nous incombent en vertu de ces normes sont plus amplement décrites dans
la section «Responsabilités de l’auditeur pour l’audit des états financiers» du présent rapport.
Nous sommes indépendants de la société conformément aux règles de déontologie qui
s’appliquent à l’audit des états financiers en Tunisie, et nous nous sommes acquittés des
autres responsabilités déontologiques qui nous incombent selon ces règles.
Observations
Nous attirons l’attention sur la note X aux états financiers qui décrit (exposé de la question
concernée). Notre opinion ne comporte pas de réserve concernant cette question.
Page 185
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
Nos objectifs sont d’obtenir l’assurance raisonnable que les états financiers pris dans leur
ensemble sont exempts d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou
d’erreurs, et de délivrer un rapport de l’auditeur contenant notre opinion. L’assurance
raisonnable correspond à un niveau élevé d’assurance, qui ne garantit toutefois pas qu’un
audit réalisé conformément aux normes de la profession applicables en Tunisie, permettra
toujours de détecter toute anomalie significative qui pourrait exister. Les anomalies peuvent
résulter de fraudes ou d’erreurs et elles sont considérées comme significatives lorsqu’il est
raisonnable de s’attendre à ce que, individuellement ou collectivement, elles puissent influer
sur les décisions économiques que les utilisateurs des états financiers prennent en se fondant
sur ceux-ci. Une description plus détaillée des responsabilités de l’auditeur pour l’audit des
états financiers se trouve sur le site Web de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie, à
www.oect.org.tn. Cette description fait partie du présent rapport de l’auditeur.
Sans remettre en cause l'opinion formulée ci-dessus, nous vous signalons les irrégularités
et/ou inexactitudes suivantes, relevées au cours de notre mission : (exposé des irrégularités
et/ou inexactitudes relevées)
Tunis le,...
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
ANNEXE 9
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Associé
Responsable de la revue
indépendante
Si oui, commenter :
La lettre de mission
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Acceptée par
Numéro Points de la revue indépendante Réponses
R.I
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
BIBLIOGRAPHIE
Ouvrages :
Articles et Rapports
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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie
« Rapport général sur les résultats des contrôles du financement de la campagne électorale et
législative », Cour des comptes, 2014.
« Rencontre avec les partis politiques sur la présentation des candidatures pour les élections
législatives et présidentielle 2014 », ISIE, 12 Août 2014.
« Tunisie : les experts comptables auront l'œil sur le financement des partis », Africain Manager,
Mai 2011
« Une loi organique appelée à se substituer au décret-loi n°2011-87 ».
directinfo.webmanagercenter, 30 Août 2017.
Publications professionnelles :
Chartered accountants of Canada, « Audit des dépenses de publicité électorale d'un tiers dans le
cadre d'une élection fédérale », 2014
Compagnie Nationale des Commissaires aux comptes CNCC, « La mission des commissaires aux
comptes dans les partis et groupements politiques entrant dans le champ d’application de la loi n°
88-227 du 11 mars 1988 modifiée », Avril 2012
Commission Nationale des Comptes de Campagnes et de Financement Politique (CNCCFP),
Norme 7-103 « Certification des comptes des formations politiques »
Ordre des Experts Comptables de Tunisie, « Norme sur la certification des états financiers des
partis politiques », Octobre 2011
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Mémoires :
Lois et Décrets
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Prise de position de la Direction Générale des Etudes de la Législation Fiscale (DGELF) n °880 du
11 juin 2011.
Normes d'audit Internationales ISA 200, « objectifs et principes généraux en matière d’audit
d’états financiers »
Normes d'audit Internationales ISA 210, « Accord sur les termes et les conditions d’une mission
d’audit. »
Normes d'audit Internationales ISA 220, « contrôle qualité d’un audit d’états financiers »
Normes d'audit Internationales, ISA 240, « Responsabilité de l’auditeur dans la prise en
considération de fraude dans l’audit des états financiers ».
Normes d'audit Internationales, ISA 250 : « Prise en considération des textes législatifs et
règlementaires dans un audit d’états financiers ».
Normes d'audit Internationales, ISA 300 : « Planification d’un audit d’états financiers ».
Normes d'audit Internationales, ISA 315 : « Identification et évaluation des risques d’anomalies
significatives par la connaissance de l’entité et de son environnement ».
Normes d'audit Internationales, ISA 320 : « Caractère significatif lors de la planification et de la
réalisation d’un audit ».
Normes d'audit Internationales, ISA 330 : « Procédures à mettre en œuvre par l’auditeur en
fonction de son évaluation des risques ».
Normes d'audit Internationales, ISA 450 : « Evaluation des anomalies relevées au cours de l’audit
».
Normes d'audit Internationales, ISA 500 : « Eléments probants ».
Normes d'audit Internationales, ISA 501 : « Eléments probants – considérations supplémentaires
sur des aspects spécifiques ».
Normes d'audit Internationales, ISA 505 : «Confirmations externes ».
Normes d'audit Internationales ISA 560, « Evénements postérieurs à la clôture ».
Normes d'audit Internationales, ISA 580 : «Déclarations écrites ».
Normes d'audit Internationales, ISA 700 : «Fondement de l’opinion et rapport d’audit sur les états
financiers ».
Normes d'audit Internationales, ISA701, « Communication des questions clés de l’audit dans le
rapport de l’auditeur indépendant ».
Normes d'audit Internationales, ISA 706 : « Paragraphes d’observation et paragraphes relatifs à
d’autres points dans le rapport de l’auditeur indépendant ».
ISQC, « International Standards on Quality Control »
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Sites Internet
Normes comptables
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2.6.7 LES DEPENSES DE CAMPAGNE ELECTORALE DANS LES PARTIS POLITIQUES . _____________ 59
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1.2.3 P RISE EN CONSIDERATION DES LIENS ENTRE LE PARTI ET LES CANDIDATS AUX ELECTIONS
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2.1.2 A NALYSE DE CONTROLE INTERNE ET DES REGLES D ' ORGANISATION COMPTAB LE _______ 82
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