100% ont trouvé ce document utile (3 votes)
897 vues7 pages

51 Bilharzioses

Le document traite des bilharzioses, des anthropozoonoses parasitaires dues à des trématodes du genre Schistosoma transmises à l'homme par des mollusques d'eau douce. Il décrit les différentes espèces en cause, les signes cliniques selon les localisations, le diagnostic et les formes évolutives.

Transféré par

Serigne Sohibou Gaye
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (3 votes)
897 vues7 pages

51 Bilharzioses

Le document traite des bilharzioses, des anthropozoonoses parasitaires dues à des trématodes du genre Schistosoma transmises à l'homme par des mollusques d'eau douce. Il décrit les différentes espèces en cause, les signes cliniques selon les localisations, le diagnostic et les formes évolutives.

Transféré par

Serigne Sohibou Gaye
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

51- BILHARZIOSES

I- INTRODUCTION

I.1- Définition:
 Anthropozoonoses parasitaires dues à des trématodes hématophages du genre
Schistosoma, transmises à l’homme par voie transcutanée par l’intermédiaire des
mollusques d’eau douce
 5 espèces sont pathogènes pour l’homme
 Schistosoma haematobium → bilharziose uro-génitale
 Schistosoma mansoni → bilharziose intestinale et hépatosplénique
 Schistosoma intercalatum → bilharziose rectale
 Schistosoma japonicum et Schistosoma mekongi → bilharziose hépatosplénique

I.2- Intérêt
 Affections fréquentes, 2ème endémie parasitaire après le paludisme
 Gravité liée aux complications à long terme: séquelles urogénitales et hépatospléniques
 Socio-économique: affections liées à l’eau, favorisée par les projets hydro-agricoles
(barrages et irrigation)
 Thérapeutique: problème de chimiorésistance au praziquantel, programmes de lutte

II- SIGNES

II.1- TDD: bilharziose vésicale à Schistosoma haematobium


II.1.1- Phase initiale ou phase de pénétration cutanée ou primo-infection

 Dermatite cercarienne: quelques macules érythémateuses, prurigineuses, de 1 mm de


diamètre devenant papuleuse vers la 10ème heure
 Souvent discrète voire inapparente
 Apparait 2 heures après le bain infestant et dure 1 à 2 jours

II.1.2- Phase d’invasion ou toxémique ou de dissémination larvaire

 Elle survient au bout de 45 jours à 3 mois après le bain


 Clinique:
 Etat infectieux avec fièvre (fièvre de Safari), sueurs et céphalées
 Phénomènes allergiques: arthralgies, myalgies et urticaire
 Hépatosplénomégalie parfois
 Biologie:
 La recherche d’œufs dans les urines est négative

MEDECINE INTERNAT IBRAHIMA DIALLO


 NFS: hyperleucocytose avec éosinophilie à 80%

II.1.3- Phase d’état ou phase de focalisation viscérale

 Clinique:
 Dysurie avec pollakiurie précoce, diurne et nocturne
 Douleurs sous pubiennes exacerbées par la miction obligeant le patient à se
courber en deux et donnant l’impression d’urines chaudes
 Hématurie constante mais capricieuse typiquement terminale, d’abondance
variable, parfois provoquée par l’effort physique
 Paraclinique
 Biologie
o NFS: hyperéosinophilie à 40-50%
o Compte d’Addis: hématurie (ou BU: hématurie, protéinurie, leucocyturie)
 Parasitologie
o Directe: met en évidence des œufs de S. haematobium dans les urines ou
biopsie rectale
o Indirecte: recherche d’antigènes et d’anticorps: IFI, HA
 Imagerie médicale
o ASP: calcifications vésicales épousant le contour de la vessie ou donnant
l’aspect de « vessie porcelaine »
o Echographie abdomino-pelvienne: supplante la cystoscopie, montre
 Épaississement et irrégularités de la paroi vésicale
 Les bilharziomes
 Retentissement sur le haut appareil urinaire
o Cystoscopie: apprécie les 3 stades évolutifs de la bilharziose vésicale:
 Primaire (I): semis de grains de sucre de semoule fait de fines
granulations réfringentes
 Secondaires (II): grains d’acnés ou nodules ± ulcérés
 Tertiaire (III): tumeur framboisée ou bilharziome
o Tomodensitométrie, UIV: retentissement sur le haut appareil urinaire

II.1.4- Evolution

II.1.4.1- Eléments de surveillance

 Cliniques: hématurie, dysurie, autres signes


 Paracliniques: échographie, parasitologie

II.1.4.2- Modalités évolutives

 En l’absence de traitement ou si traitement tardif


 L’évolution spontanée vers la guérison est possible
 Cependant l’évolution peut se faire vers la chronicité au fur et à mesure des
réinfestations massives et répétées, exposant à des complications:

MEDECINE INTERNAT IBRAHIMA DIALLO


o Cystite suppurée, pyélonéphrite
o Néphrite interstitielle d’origine bactérienne
o Lithiase, rétrécissement urétral, urétérohydronéphrose, insuffisance rénale
o Cancérisation de la vessie: épithélioma épidermoïde spino-cellulaire
 Sous traitement précoce: l’évolution se fait vers la guérison sans séquelle

II.2- Formes cliniques


II.2.1- Formes étiologiques

II.2.1.1- Autres bilharzioses uro-génitales à Schistosoma haematobium (Sh)

 Urétérale: généralement latente; UIV montre


 Sténose urétérale unique ou multiples, dilatation
 Urétéro-hydronéphrose secondaire à une sténose
 Rénale: hydronéphrose en amont de l’obstacle et néphrite interstitielle par infection →
IR terminale
 Urétrale: écoulements riches en œufs, urétrorragies, rétrécissement urétral, fistules
périnéales
 Génitale
 Chez l’homme: épididymite chronique indolente, fistulisation fréquente,
hémospermie
 Chez la femme: vaginite ou cervicite chronique, annexite responsables de stérilité,
grossesses ectopiques, d’accouchements prématurés
 Autres localisations: rectale, appendiculaire, péritonéale (tuberculose), hépatique,
splénique (splénomégalie chronique)

II.2.1.2- Bilharziose intestinale à S. mansoni (Sm)

 Phase de pénétration et phase d’invasion (fièvre de Safari) bruyantes


 Phase d’état 3 mois après le bain: diarrhée faite de selles liquides ou dysentériques
 Paraclinique:
 Recherche d’œufs dans les selles
 Rectosigmoïdoscopie: granulations (images de pastille ou en taches de bougies),
polypes (biopsies)
 Evolution:
 Généralement favorable même sans traitement en quelques mois
 Des complications peuvent survenir:
o Etat sub-occlusif, hémorragies
o Risque majeur: atteinte hépatique → HSMG avec HTP
o Atteintes cardio-pulmonaires et du système nerveux: par embolisation des
œufs

II.2.1.3- Bilharziose rectale à S. intercalatum (Si)

MEDECINE INTERNAT IBRAHIMA DIALLO


 Les deux premières phases sont en général silencieuses
 Phase d’état: Rectite avec diarrhée glairo-sanglante, ténesme et prolapsus

II.2.1.4- Bilharziose hépatosplénique à S. japonicum (Sj) et mekongi (Sk)

 Phase de pénétration et phase toxémique bruyantes (syndrome de Katayama)


 Phase d’état:
 Forme grave: dominée par une atteinte hépato-splénique redoutable; AEG rapide
avec fièvre, amaigrissement et anémie: le pronostic est réservé, la survie ne
dépasse guère quelques années
 Formes bénignes: sans hépatomégalie, pronostic est meilleur sous traitement

II.2.2- Formes topographiques: autres localisations

 Cardio-pulmonaire surtout fréquente avec Sm, Sj et Sk


 Nerveuses: exceptionnel tableau de compression médullaire
 Cutanées: éruptions papulo-nodulaires (région péri-ombilicale, enfants surtout)
 Ano-génitale: tumeurs bilharziennes de l’anus et du col

II.2.3- Formes associées

 Bilharziose + salmonellose: les vers adultes favorisent le portage chronique des


salmonelles
 Bilharziose + autres parasitoses: paludismes, helminthiases…

III- DIAGNOSTIC

III.1- Diagnostic positif


 Arguments épidémiologiques:
 Notion de séjours en zone d’endémie
 Baignade dans les eaux douces
 Arguments cliniques: devant l’existence de signes évocateurs
 Arguments paracliniques
 Présomptifs
o Hyperéosinophilie surtout à la phase d’invasion
o Echographie: fibrose péri-portale, dilatation des voies urinaires supérieures,
calcifications
o Radiographie sans préparation: calcifications vésicales
 Certitude: diagnostic parasitologique
o Diagnostic direct: mise en évidence du parasite
 Examen direct entre lame et lamelle: urines, selles
 Biopsie: étude histologique montre des œufs centrés par un granulome

MEDECINE INTERNAT IBRAHIMA DIALLO


o Diagnostic indirect: réactions immunologiques: réaction péricercarienne de
Vogel et Minning, réaction de fixation de complément, hémagglutination
passive, IFI, ELISA, recherche d’antigènes solubles…

III.2- Diagnostic différentiel


 Phase de pénétration: eczéma, gale, autres réactions allergiques (alimentaire…)
 Phase d’invasion: accès palustre, allergie médicamenteuse, autres causes de
bronchopathies dyspnéisantes
 Phase d’état:
 Autres causes d’hématurie: lithiasique, tumorale, tuberculeuse
 Autres causes de dysenterie: amibiase, shigellose, tuberculose intestinale, tumeur
rectale bénigne ou maligne, RCH, Crohn
 Autres causes d’HTP: cancer du foie, cirrhose hépatique

III.3- Diagnostic étiologique

 Agents pathogènes:
 Famille: Schistosomatidae
 Genre: Schistosoma
 Complexes d’espèces: 5 pathogènes pour l’homme
 Réservoir de parasites
 S. haematobium: parasite strictement humain
 Autres espèces sont des zoonoses
o S. mansoni infecte différents mammifères (primates, bétail, rongeurs)
o S. mekongi: chiens, porcs
o S. japonicum: buffles
 Transmission: facteurs favorisants
 Les eaux: contamination due à l’absence d’hygiène fécale et urinaire, contact eaux
mollusques hommes: pêcheurs, riziculteurs, femmes, enfants, adolescents
 Création de point d’eau: mise en valeur des terres (construction de barrages,
développement de l’irrigation permanente)
 Terrain: groupes à risque: enfants d’âge scolaire, les femmes (travaux domestiques), les
travailleurs agricoles

IV- TRAITEMENT

IV.1- Traitement curatif


IV.1.1- Buts

 Eliminer le parasite de l’organisme malade

MEDECINE INTERNAT IBRAHIMA DIALLO


 Eviter ou traiter les complications

IV.1.2- Moyens

 Moyens étiologiques: Antibilharziens actuels


 Praziquantel (Biltricide®) +++ comprimés sécables de 600 mg
o Actif sur les vers adultes de toutes les espèces
o Posologie: 40-60 mg/kg en 1 à 2 prises orales
o Effets secondaires: céphalées, vertiges, douleurs abdominales
 Oxamniquine (Vansil®, Mansil®): actif sur Sm: 50 mg/kg en prise unique
 Métronifonate (Bilarcil®): actif sur Sh: 2 PO de 7,5-10 mg/kg à 15 jours
d’intervalle
 Dérivés de l’artémisinine: artémether et Artésunate: actif sur les schistosomules de
7 à 21 jours
 Adjuvants
 Médicaux: antihistaminiques, antipyrétiques, corticoïdes, antibiotiques,
anticonvulsivants, diurétiques, béta-bloquants, sang et dérivés
 Instrumentaux: traitement endoscopique: ligature, sclérothérapie,
électrocoagulation
 Chirurgicaux: chirurgie plastique, anastomose porto-cave, chirurgie d’exérèse

IV.1.3- Indications

 Bilharziose à S. haematobium
 Praziquantel + contrôle des urines dans 3 mois
 Si échec: association Praziquantel-Artésunate
 Bilharziose à S. mansoni: Oxamniquine ou Praziquantel
 Bilharziose à S. japonicum et mekongi: Praziquantel
 Formes compliquées: Praziquantel + adjuvants

 NB: le contrôle de l’efficacité du traitement individuel (élimination d’œufs) doit


s’effectuer à 3 mois, 6 mois et 12 mois après le traitement

IV.2- Traitement préventif


 Buts: Interrompre la chaine épidémiologique
 Prophylaxie individuelle
 Hygiène fécale et urinaire: éviter de se baigner dans eaux stagnantes, conseiller le
port de bottes et gants dans les rizières
 Des essais vaccinaux contre la bilharziose urinaire sont en cours: vaccin Bilhvax
en phase 3
 Prophylaxie générale
 Lutte contre les mollusques
o Chimiques: dérivés du cuivre, de l’étain, du plomb… (très onéreux et
toxiques pour les poissons)

MEDECINE INTERNAT IBRAHIMA DIALLO


o Biologiques: assèchement périodiques des canaux d’irrigation et des rizières,
destruction des végétaux
 Chimiothérapie de masse: avec Oxamniquine et praziquantel
 IEC

V- CONCLUSION
 Bilharzioses: parasitoses tropicales cosmopolites, posant un problème majeur de santé
 Elles sont faciles à diagnostiquer
 Le retard au traitement est responsable de morbidité grave pouvant engager le PV
 En attendant la venue d’un vaccin, la meilleure prévention est le traitement de masse
dans les zones d’endémie et l’IEC

Bibliographie

 Cours DCEM2 Infectieuse: Pr SA. Diop NYAFOUNA: Schistosomiases 2010


 Cours DCEM4 Thérapeutique: Dr NM DIA Badiane: Traitement bilharziose 2012
 Cours personnels d’internes: Dr D. A. DIOP, Dr F.B SALL/Dr [Link]

MEDECINE INTERNAT IBRAHIMA DIALLO

Vous aimerez peut-être aussi