Logistic Aero
Logistic Aero
le domaine de l'aéronautique
[Link]
2
[Link]
Remerciements
Qui ne serait pas comblé après cette simple rencontre dans un couloir ? En effet, lui ont succédé
un stage chez un sous-traitant dirigé par un laboratoire de recherche, une embauche en fin
d’étude chez un équipementier client du sous-traitant, un projet de recherche industrielle entre le
donneur d’ordres de l’équipementier et le laboratoire. Voilà comment je me retrouve aujourd’hui
a adressé plus que des remerciements, toute ma gratitude :
• à KARINE, pour m’avoir invité à la machine à café,
• à GERARD BEL et CAROLINE THIERRY pour m’avoir dirigé dans mes recherches,
• à NORBERT VOISIN et THIERRY PISTRE pour m’avoir accueilli au sein d’Airbus.
Enfin, avouons-le, durant trois années on rencontre beaucoup de personnes à qui il serait vain de
vouloir adresser un petit mot sans en oublier une grande partie. Je m’attacherai donc seulement à
indiquer que j’ai vraiment apprécié à leur juste valeur l’éthique et l’amitié de Michaël, la
clairvoyance et les discussions d’Etienne et le réconfort de Gérard.
Je conclurai ces quelques lignes en renouvelant mes remerciements à Caroline et Gérard dont la
disponibilité, l’ouverture et la franchise m’ont fait du bien, sur beaucoup de plans.
3
[Link]
4
[Link]
Avant propos
En écrivant ce manuscrit, j'ai voulu donner la possibilité au lecteur non averti de s'imprégner de
l'esprit de mes travaux sans avoir à faire une lecture intégrale du document, avec l'espoir que
l'intérêt suscité le conduira à lire les chapitres écartés par une première lecture..
Dans l'esprit d'une lecture rapide du document, je lui propose de suivre les indications repérées
par le signe suivant : Öp. xxx.
Ces indications le guideront vers :
Le préambule qui reprend très succinctement l'évolution d'Airbus avant de présenter
l'objet de l'étude,
les premiers chapitres, pour appréhender le contexte et la problématique de ce travail
(§1 et §2.1),
le troisième chapitre, pour découvrir l'approche proposée,
la dernière partie pour avoir une présentation des réalisations effectuées.
Le lecteur plus particulièrement intéressé par la description des systèmes industriels étudiés
pourra se reporter au §4.1 et plus particulièrement au §4.4, s'il souhaite une présentation de
l'organisation industrielle de la société Airbus.
Préambule Öp.9
Remarque
Cette organisation place donc l'analyse du système et l'état de l'art académique à deux niveaux :
Dans la première partie, au niveau des chaînes logistiques pour introduire les notions d'aide à la
coopération au sein des relations Donneur d'Ordres/Fournisseur.
Dans la seconde partie, au niveau des systèmes industriels pour introduire les techniques scientifiques
utilisées pour mettre en œuvre nos réalisations.
5
[Link]
6
[Link]
REMERCIEMENTS .................................................................................................... 1
AVANT PROPOS....................................................................................................... 5
PREAMBULE........................................................................................................... 11
PARTIE I : PROBLEMATIQUE................................................................................ 13
7
[Link]
3.2.1 L’outil de simulation .......................................................................................................................... 51
3.2.2 Méthodologie de mise en œuvre de l'outil .......................................................................................... 54
8
[Link]
7.1 Hypothèses et notations............................................................................................................................ 135
7.1.1 Hypothèses ....................................................................................................................................... 135
7.1.2 Notations........................................................................................................................................... 136
7.2 Expression des dates de début de fabrication ........................................................................................... 138
7.2.1 Atelier mono-produit composé d'une ressource élémentaire ............................................................ 138
7.2.2 Atelier multi-produits composé d'une ressource élémentaire ........................................................... 139
7.2.3 Atelier mono-produit composé de ressources élémentaires identiques en parallèle ......................... 140
7.2.4 Atelier multi-produits composé de ressources élémentaires identiques en parallèle ........................ 142
7.3 Calcul des dates de Début de Stockage des produits ............................................................................... 143
7.3.1 Flowshop mono-produit de ressources élémentaires ........................................................................ 143
7.3.2 Flowshop multi-produits d'étages identiques.................................................................................... 148
7.3.3 Flowshop mono-produit d'étages de ressources en parallèle ............................................................ 148
7.4 Spécificité du modèle macroscopique ...................................................................................................... 149
Chapitre 10 Mises en œuvre pour l’aide à la définition de politiques de coopération ................................ 177
10.1 Mises en oeuvre pédagogiques............................................................................................................... 178
10.1.1 Formation avec Logilink ................................................................................................................ 178
10.1.2 Validation de comportements liés à l'utilisation de prévisions ....................................................... 178
10.1.3 Concepts fondamentaux liés à la mise en place d'une production en flux tirés .............................. 190
10.2 Synthèse d'une mise en œuvre industrielle ............................................................................................. 198
CONCLUSION GENERALE....................................................................................201
9
[Link]
PERSPECTIVES .....................................................................................................203
BIBLIOGRAPHIE ....................................................................................................207
10
[Link]
Préambule
La nécessité de l’entrée dans une logique de coopération européenne a été mise en évidence suite
à la coopération entre la France et la Grande-Bretagne lors de l’échec commercial Concorde. Bien
que l’origine d’Airbus ne remonte pas à cette époque, ce projet permit de montrer que la
coopération entre différents constructeurs européens pouvait engendrer des avancées
technologiques suffisamment importantes pour tenter de concurrencer le leader alors incontesté
du secteur aéronautique : Boeing. En effet, aucun constructeur européen à lui tout seul n’avait
alors les ressources suffisantes pour rivaliser avec ce constructeur américain.
En 1969, le projet d’un avion européen fut amorcé à l'initiative de la France (Aérospatiale) et de
l’Allemagne (Deutsche Airbus GmbH). Chacun des partenaires était responsable de la production
spécifique de sous-ensembles de l’avion (ailes, fuselage, etc.). Il fut alors décidé que malgré
l’éclatement de la production, les fonctions commerciales et de coordination devaient être
assurées par une entité unique : Airbus Industrie.
Le travail de réalisation du premier appareil, un A300B, commença en 1971. Par la suite, le
constructeur espagnol CASA (Construccionnes Aeronauticas SA) entra dans le consortium auprès
des deux premiers partenaires. Puis ce fut le tour de BAE (British Aerospace) quelques années
plus tard.
L’alliance de ces quatre entreprises s’est alors faite sur la base d’un groupement d’intérêt
économique (GIE). Ce groupement, définit comme la réunion d’entreprises qui se sont alliés afin
d’accroître leur puissance, élargir leurs zones de compétences, améliorer leur compétitivité, valoriser leurs savoir-faire,
tout en gardant leur autonomie et leur souplesse [Mor 00], fait aujourd'hui place à Airbus S.A., une société
intégrée appartenant aux deux acteurs majeurs de l’aéronautique européenne : la société
aérospatiale européenne EADS (80%) et le groupe aéronautique Bristish Aerospace Systems
(20%).
La réalisation des 14 avions de la gamme Airbus s’effectue donc sur les différents sites européens,
qui emploient environ 40.000 personnes. De manière schématique, la répartition des activités de
ces sites est la suivante :
les ailes sont fabriquées en Angleterre,
le cockpit en France,
l’empennage en Espagne,
certains tronçons du fuselage en Allemagne,
et l’assemblage soit en France, soit en Allemagne.
11
[Link]
Cette configuration peut donner l’impression d’un gigantesque puzzle à l’échelle européenne, et
même mondiale, car plus de 1500 fournisseurs d’origines internationales (Europe, Asie-Océanie,
Amériques, Afrique) participent aux différentes phases industrielles, de la conception à la
fabrication, jusqu'à l’acheminement des composants sur les chaînes d’assemblage des avions.
Ainsi, contrairement à la perspective classique de la gestion de la production qui a tendance à
envisager un regroupement d’activités sur une même zone afin de réaliser des économies
d’échelle (exemple l’industrie automobile), Airbus évolue selon un éclatement de la production
entre entreprises internationales, chacune garante de l’excellence dans leur spécialité.
Dans une première partie, la présentation du contexte de l’étude permettra de faire émerger la
problématique de l’évaluation des performances d’une relation de coopération entre donneurs
d’ordres et fournisseurs. A partir de son expression, une synthèse des thèmes de recherche qu’elle
soulève est proposée. Dans un dernier chapitre, la méthodologie adoptée pour répondre à cette
problématique sera abordée, avec notamment la présentation des principes d’un outil de
simulation et sa méthodologie de mise en œuvre.
Dans une seconde partie, après avoir présenté les systèmes industriels auxquels s’adresse notre
méthodologie, nous définirons les caractéristiques de l’outil de simulation.
Enfin, dans une dernière partie, nous présenterons la maquette informatique d’un prototype
d’outil répondant à nos spécifications, ainsi que quelques exemples de mises en œuvre
Problématique Öp.13
12
[Link]
PARTIE I :
PROBLEMATIQUE
Cette partie présente le contexte industriel de cette étude et la problématique d'Airbus concernant
les activités liées à la logistique. A partir de l’expression initiale du besoin industriel, un état de
l'art des thèmes de recherche induits est réalisé afin de positionner notre approche et ses
spécificités.
Ces thèmes de recherche constitue le second chapitre sur l’état de l’art. Ce dernier traite :
la gestion de chaînes logistiques,
les notions de coopération industrielle,
l'aide à la décision pour le pilotage des flux
Enfin, le troisième chapitre aborde l’analyse du besoin dans le but de définir notre
positionnement permettant d’y répondre. Il peut donc être interprété comme les spécifications du
travail de recherche de cette étude, autant industrielles qu’académiques, issues de nos synthèses
de la problématique industrielle, de l’analyse de l’offre commerciale et de l’état de l’art
académique.
13
[Link]
14
[Link]
Chapitre 1
CONTEXTE ET PROBLEMATIQUE
1.1 AIRBUS
Pour comprendre la logique de fonctionnement du principal donneur d'ordres de l’industrie
aéronautique européenne, il est intéressant de préciser la nature de ses activités. Si l'on devait
décrire de manière très globale le quotidien d'Airbus, il pourrait se résumer en deux points :
Réaliser un produit complexe, l'avion ;
Evoluer dans un environnement complexe.
Réaliser un avion signifie tout d'abord concevoir un produit complexe tant par la multitude de
technologies hétérogènes et sophistiquées (empruntées à la fois aux nouvelles technologies de
l’informatique, de l’électronique, de la physique des matériaux, du transport et de l’espace, etc.),
que par le nombre de composants (un Airbus comprend approximativement 3,5 millions de
pièces élémentaires). La seconde source de complexité se trouve dans l'assemblage de l'avion qui
se doit d'intégrer les contraintes industrielles d’une organisation technique multinationale, tout en
respectant les exigences d'évolution continues des configurations commerciales et des évolutions
techniques.
15
[Link]
concurrentielles engendrent l’apparition de nouveaux modes de relations interentreprises » [Rav
00].
Ainsi il apparaît qu'en fonction de leurs compétences et de leurs caractéristiques, chacun des
acteurs du réseau se positionne dans des domaines spécifiques donnant naissance à différentes
formes de relations entre les entreprises de ce secteur d'activités. Ces relations, qui contribuent à
définir la trame de l'organisation industrielle de la production aéronautique sont fondées sur
l'existence de plusieurs mécanismes de coopération et de partenariat au sein de la chaîne
logistique de cette industrie. Parmi elles, [Rav 00] propose de différencier (Tableau I-1) le travail à
façon, la production sur spécification, la prestation de conception et de production, la prestation
en conception, la production sous licence, la production sous la marque d'un distributeur, la
production autonome et la prestation de service.
Fabrication
Conception Approvisionnement Montage Commercialisation
Finition
Travail à Façon
Production sur
spécifications
Prestation de conception
et de production
Prestation de conception
Production sous la
marque d'un distributeur
Production autonome
Prestation de service
16
[Link]
L'analyse des relations interentreprises caractérisant l'industrie aéronautique témoigne donc de
l'existence d'un système industriel complexe qui ne repose pas sur une structure pyramidale
établie, au sens ou des donneurs d'ordres prendraient en charge l'organisation complète et
hiérarchisée d'un réseau de fournisseurs en cascade qui leur seraient subordonnés. L'industrie
aéronautique offre plutôt l'image d'un système industriel caractérisé par des relations
interentreprises horizontales, où les grandes entreprises peuvent simultanément être donneuse
d'ordres et fournisseurs les unes des autres.
Cependant, cette organisation pyramidale tend à laisser place à une organisation en réseau (Figure
I-1). Les sous-traitants en relation directe avec les donneurs d’ordres sont moins nombreux et
plus impliqués dans le processus de production. "L’association à la conception et à la prise de
risque rapproche la relation de sous-traitance d’une véritable relation de partenariat. La sous-
traitance de capacité tend donc à disparaître au profit de la sous-traitance de spécialité, les
donneurs d’ordres recherchant aujourd’hui des entreprises d’une certaine taille pouvant assumer
la délégation de fonctions complètes" [Rav 00].
1 Source : Les modes de coopération interentreprises dans l'industrie Aéronautique et Spatiale, Ravix, La documentation française,
Paris 2000.
17
[Link]
En conclusion, un projet productif visant à la réalisation d’un produit complexe et une contrainte
industrielle forte sont à l’origine de la constitution d'une telle organisation et par conséquent de la
multiplication des flux entre les entreprises de cette industrie. Une activité transverse et
indépendante des structures fonctionnelles se développe alors : la Logistique.
18
[Link]
Greenloop Industrie (démarche de réduction des cycles et de
tension des flux)
Greenloop Information (Démarches de déploiement de systèmes
de communication et d'information basé sur L'EDI)
Greenloop Finance (Démarche de dématérialisation de la
facturation)
1993 Pilotes Greenloop Etudes et tests avec 10 fournisseurs
Extension à 20 fournisseurs, développement des Solutions Logistiques et
1994 Pilotes Greenloop
création d'un cadre contractuel, les Conditions Générales Logistiques.
Le projet Croissance et Adaptation par les Processus fédère l'ensemble des
Lancement du actions de progrès du constructeur, le déploiement à 200 Fournisseurs
1995
Projet CAP de Greenloop est initié, alors que simultanément une rationalisation du
nombre de fournisseurs suit son cours.
Simplification de la démarche Greenloop et extension complète des
1996 Greenloop et L'EDI
Solutions Logistiques et de L'EDI.
Evolution du Système Implantation de l'ERP SAP, dont le déploiement s'échelonne sur
1997
d'information plusieurs années
Objectif de réduction de délai, la version Greenloop 2001 suppose la
mise en place de flux directs, d'étiquettes colis à code barre pour la
Lancement du
1999 gestion des approvisionnements, d'avis d'expédition fournisseur par
CAP 2001
L'EDI et de projets pilotes e-Business pour améliorer la performance
des relations logistiques avec les fournisseurs.
Dans le cadre du CAP 2001, mise en place de procédure d'aides
spécialisées, de support industriel aux fournisseurs (SLIM, Supplier Lean
2000 Improvement Monitoring), d'analyses de la non-performance (FAST, Failure
Analysis and Supply Tracking), de suivi du développement des
fournisseurs (Supplier Project Management) et du WEB-EDI.
Parmi ces projets, démarre le projet Sup@irWorld, décomposé en 4
parties : E-Fundation (construction d'une base de données unique et
commune avec les fournisseurs), E-BuySide (automatisation des
Lancement de procédures d'achat), E-Sourcing (Simplification des procédures de
2001
7 Projets Majeurs sourcing) et E-Supply Chain (améliorer les flux d'information par
l'utilisation des technologies de l'Internet et initier des démarches
collaborative sur les processus de planification et la gestion des
événements perturbateurs).
L'apport de ces projets orientés logistique mais intégrés à l'ensemble des démarches du
constructeur, s'interprète par l'analyse de l'évolution des délais d'assemblage d'un avion (cas de
l'A320 sur la Figure I-2) ainsi que l'évolution de l'offre commerciale au cours de ces quinze
dernières années.
19
[Link]
Figure I-2 : Evolution de des délais commerciaux et des délais d'assemblage d'un A320
Ces projets successifs chez Airbus révèlent d'autre part les grandes orientations industrielles qui
expliquent aujourd'hui le développement de la Logistique3 [Leb et al 00] :
Une vision de l'organisation en terme de flux qui se focalise autant sur le processus de
réalisation du produit que sur le produit lui-même ;
Un report maximum de la différentiation qui implique de déterminer des flux amonts
(les approvisionnements) en fonction des flux avals (la vente), tout en considérant les
contraintes de temps ;
Les limites des organisations concentrées qui laissent place à des organisations
nécessitant une forte coordination.
Indépendamment du contexte industriel de cette étude, ces trois orientations laissent paraître les
enjeux de l'organisation industrielle future pour lesquels la Logistique semble être l'une des voies
de travail empruntées par les entreprises.
3 Logistique est utilisée dans ce §et dans le suivant au sens général, sans être rattachée à des activités opérationnelles
20
[Link]
Aujourd'hui bon nombre d'entreprises lancent des projets transversaux dans l'objectif de
décloisonner les fonctions et de réaliser de réelles interfaces entre elles. Néanmoins, peu de
fonctions ne présente cette caractéristique qui met l'accent sur la notion d'interface entre acteurs,
entre fonctions, entre entreprises. D'autre part, les rigidités tenant aux institutions et aux
comportements enracinés des acteurs industriels vont à l'encontre des fondements de l'efficacité
industrielle actuelle, la flexibilité et la réactivité.
Dans ce contexte, le double enjeu du développement de la Logistique est exprimé comme suit par
[Leb et al 00] :
se positionner comme la fonction ne se limitant pas aux frontières classiques de
l'entreprise
être l'outil des approches transversales recherchées par la plupart des responsables
industriels.
Cependant, force est de constater que certains déploiements logistiques se révèlent être
aujourd'hui des substitutions technologiques, plus que des renouvellements structurels. La
Logistique est ainsi considérée comme une automatisation de certaines tâches permettant de faire
l'économie de certains coûts de main d'œuvre. Or l'objectif devrait plutôt être la reformulation de
l'organisation afin de déterminer la nouvelle place de l'homme dans l'ensemble des flux et donc
de définir les nouvelles compétences qu'il est nécessaire qu'il possède.
Exprimée en ces termes, [Leb et al 00]s'accordent à considérer la Logistique comme une
discipline complexe nécessitant d'apporter des réponses dans les trois domaines suivants :
scientifique, managérial et pédagogique.
D'un point de vue scientifique, la problématique de la Logistique est en relation directe avec son
objectif et s'exprime de la manière suivante : Comment appréhender la réalité des flux d'une
entreprise dans son ensemble quand on ne connaît pas réellement les limites des flux puisqu'une
entreprise appartient elle-même à un ensemble plus vaste, la chaîne logistique?
La Logistique, qui repose avant tout sur la perception de l'organisation en termes de flux, rend
prépondérante l'interprétation des observations. L'analyse de cas semble alors pouvoir être
privilégiée, sans toutefois être prépondérante. Cette méthode suggère, entre autres, l'utilisation
des techniques de simulation. Il s’agit alors de définir le type d'outil pouvant contribuer à la
l'analyse globale des flux dans un système fortement dépendant de son environnement.
Du point de vue managérial, l'approche de la Logistique a des conséquences sur les stratégies
d'organisation et sur les méthodes d'évaluation de la performance. En effet, passer d'une
organisation fonctionnelle à une organisation tournée vers le client met en avant le rôle
prépondérant des systèmes d'information et de communication qui doivent permettre à
l'ensemble des acteurs de bénéficier des informations utiles à leur décision. "Or dans une
organisation fonctionnelle classique, systèmes d'information et de communication ne demeurent
pas neutre sur le plan du partage du pouvoir" [Leb et al 00]. Ceci prend encore plus de poids dans
une organisation transversale, aux frontières floues.
21
[Link]
D'autre part, la seconde problématique porte sur l'évaluation de la performance de la Logistique
et sur sa fiabilité. En effet, il apparaît relativement difficile de justifier de la performance d'une
organisation transversale conceptuellement valide (par exemple une chaîne logistique) et
matériellement inexistante, alors qu'aucun outil de gestion n'est encore orienté selon ce type
d'approche. Dès lors, comment définir une stratégie logistique sans méthodes fiables d'évaluation
de la performance?
Enfin, l'orientation vers une approche Logistique de l'organisation industrielle nécessite un effort
du point de vue pédagogique. Une première interrogation consiste à juger quelle catégorie
professionnelle doit intervenir dans ce domaine, les consultants, les pédagogues ou les employés
eux mêmes? Dès lors que cette interrogation est levée, "il s'agit alors de trouver la manière de
persuader, sur des problèmes d'une grande technicité, des responsables industriels afin qu'ils
adoptent un choix organisationnel, tout en sachant que si l'ensemble de l'entreprise n'y adhère
pas, la démarche conduira à l'échec" [Leb et al 00].
En conclusion, si la notion de flux n'est pas nouvelle, le management des flux est une activité
beaucoup plus récente pour laquelle un déficit de modèles scientifique, managérial et pédagogique
est patent [Leb et al 00].
C'est dans ce contexte qu'au sein d’Airbus, et plus particulièrement au sein du département
Procurement Quality & Supply Chain, s’est déroulée cette thèse Cifre dont l’objectif est présenté ci-
dessous.
Dans la pratique, toutes ces actions consistent à s'assurer de la performance des processus
productifs autant qu'administratifs des couples Airbus/Fournisseur. Pour y parvenir, des équipes
d'intervenants Airbus (Supplier Development et Supplier Projects), mandatés par les acteurs Airbus de
la relation, ont la responsabilité du diagnostic de chaque situation particulière, puis du lancement
et de la réalisation d'actions d'améliorations réalisées conjointement avec le fournisseur. Ces
actions se matérialisent aussi bien par de simples revues de processus, que par des refontes des
22
[Link]
organisations des ateliers ou des (re)mises à niveaux conceptuelles liées aux objectifs de flexibilité
et de réactivité exigés à chaque fournisseur.
Le besoin ainsi exprimé s'inscrit donc d'une part dans le champ des problématiques managériales
liées aux notions d'évaluation de la performance des actions de coopération au sein des
organisations logistiques émergeantes, les chaînes logistiques. D'autre part, il s'inscrit comme une
contribution aux interrogations scientifiques concernant les outils méthodologiques d'aide à la
décision dans le domaine du pilotage des flux.
5 Ce laboratoire de recherche dont les travaux s'articulent autour des problématiques multi-entreprises a encadré une
thèse intitulée Coordination temporelle de centres gérant de façon autonome des ressources : Application aux chaînes logistiques intégrées
en aéronautique, soutenue en 1998 par Karine Rota-Franz.
23
[Link]
24
[Link]
Chapitre 2
ETAT DE L’ART
Afin de présenter les concepts de notre méthodologie en réponse aux besoins industriels, les
différents thèmes de recherche que la problématique d'Airbus fait émerger, sont abordés dans les
chapitres suivants. Ces thèmes sont :
La gestion des chaînes logistiques ;
Les notions de coopération industrielle ;
L'aide à la décision.
En dépit de cette popularité dans le monde académique et chez les professionnels, la signification
du SCM reste très confuse. Certains auteurs définissent la gestion de la chaîne logistique en termes
opérationnels pour décrire le flux des matières et des produits, d'autres y voient une philosophie
de management et d'autres encore un processus de gestion [Men et al 01].
Christopher 92 La chaîne logistique peut être considérée comme le réseau d'entreprises qui participent, en amont et en aval,
aux différents processus et activités qui créent de la valeur sous forme de produits et de services apportés au
25
[Link]
consommateur final. En d'autres termes, une chaîne logistique est composée de plusieurs entreprises, en
amont (fourniture de matières et composants) et en aval (distribution), et du client final.
Lee et Billington 93 Un réseau d'installations qui assure les fonctions d'approvisionnement en matières premières, de
transformation de ces matières premières en composants puis en produits finis, et de distribution des
produits finis vers le client.
La Londe et Masters Une chaîne logistique est un ensemble d'entreprises qui se transmettent des matières. En règle générale,
94 plusieurs acteurs indépendants participent à la fabrication d'un produit et à son acheminement jusqu'à
l'utilisateur final - producteurs de matières premières et de composants, assembleurs, grossistes,
distributeurs et transporteurs sont tous membres de la chaîne logistique.
Tayur et al 99 Un système de sous-traitants, de producteurs, de distributeurs, de détaillants et de clients entre lesquels
s’échangent les flux matériels dans le sens des fournisseurs vers les clients et des flux d’information dans les
deux sens.
Rota 99 La chaîne logistique d'un produit fini se définit comme l'ensemble des entreprises qui interviennent dans les
processus de fabrication, de distribution et de vente du produit, du premier des fournisseurs au client ultime.
Le produit considéré est dans le domaine aéronautique l’avion qui peut être qualifié de produit-système
étant donné sa complexité.
Mentzer et al 01 Une chaîne logistique est un groupe d'au moins trois entités directement impliquées dans les flux amont et
aval de produits, services, finances et/ou information, qui vont d'une source jusqu'à un client.
Poirier et al 01 Une chaîne logistique est le système grâce auquel les entreprises amènent leurs produits et leurs services
jusqu’à leurs clients.
Bien que ces définitions mettent en évidence une cohérence quant à la finalité de la chaîne
logistique, elles se distinguent par la nature de leur orientation. [Thi et al 01] distingue notamment
les approches définissant les chaînes logistiques pour des produits des approches définissant les
chaînes logistiques des entreprises.
♦ Chaîne logistique d'un produit
Définition orientée Relation Client/Fournisseur
La définition la plus courante et probablement la plus générale de la chaîne logistique est
celle de [Tay et al 99] qui présente la chaîne comme une succession de relations
Client/Fournisseur. La chaîne ainsi présentée peut s'étendre des fournisseurs des
fournisseurs aux clients des clients.
[New et al 95] propose alors de représenter par les activités, les entreprises impliquées
dans cette chaîne qui commence à l’extraction de la matière première en passant par les
entreprises de production, les grossistes, les détaillants jusqu’au client final (Figure I-3)
Distribution
physique et
entreposage
recyclage
26
[Link]
rapprochement naturel entre la chaîne logistique et un réseau d'installations permettant de
schématiser de façon très simple n'importe quelle chaîne logistique. La représentation fait
alors apparaître les fonctions d'approvisionnement (relation entre fournisseur et
producteur), de transformation (par la production des biens) et de distribution (du
produit final vers le ou les clients) (Figure I-4).
Client
Fournisseur
Producteur
Stockage Stockage
Assembleur Client
Stockage
Producteur Distributeur
Stockage Stockage
Client
Fournisseur
Piloter
Clients
Fournisseurs Clients
Entreprise
Concevoir Commercialiser
Acheter Transformer Distribuer
On remarque alors que, lorsque le concept de chaîne logistique est abordé du point de vue
d’une entreprise, on considère l’ensemble des chaînes logistiques qui incluent l’entreprise
considérée en se limitant parfois aux fournisseurs et aux clients de l’entreprise voire aux
fournisseurs des fournisseurs et aux clients des clients.
27
[Link]
Compte tenu de ces définitions, on considère dans ce document la définition orientée produit et
dédiée à l'aéronautique proposée par [Rot 98] et celle proposée par [Men et al 01].
À partir de cette définition, on peut identifier trois niveaux de complexité d'une chaîne logistique,
selon que cette dernière est directe, élargie ou globale :
Le premier niveau (directe) est composé d'une entreprise, d'un fournisseur et d'un
client intervenant dans les flux amont et/ou aval de produits, services, finances et/ou
information entrant dans la fabrication d'un produit.
Le deuxième (élargie) comprend les fournisseurs du fournisseur immédiat et les clients
du client immédiat, tous impliqués dans les flux amont et/ou aval de produits,
services, finances et/ou information entrant dans la fabrication d'un produit.
Le troisième (globale) englobe tous les acteurs impliqués dans l'ensemble des flux
amont et aval de produits, services, finances et/ou information, du dernier
fournisseur au dernier client entrant dans la fabrication d'un produit.
S'il semble qu'il existe un certain consensus entre les auteurs sur la définition de chaîne logistique, ce
n'est pas le cas pour le SCM qui a donné lieu ces dernières années à de nombreuses définitions
dans la littérature anglo-saxonne ainsi que plus récemment à quelques états de l’art ([Tay et al 99],
[Tan 01], [Cro et al 01]). Bien que les interprétations du Supply Chain Management varient selon
les auteurs, [Men et al 01] les classent dans trois grandes catégories :
♦ Le SCM interprété comme philosophie de management
De la littérature consacrée à ce sujet, [Men et al 01] pensent que le SCM, en tant que
philosophie de management, porte les concepts suivants :
- "Etre une approche systémique de la gestion de la chaîne logistique et du flux des
matières depuis le fournisseur jusqu'au client final".
- "Etre une orientation stratégique et fédératrice de tous les acteurs pour les faire
converger vers la recherche de la performance globale de la chaîne".
- "Etre un élément fédérateur pour la focalisation sur le client, afin de créer à son
intention de la valeur répondant à ses attentes".
28
[Link]
réussite de l'application opérationnelle du concept de SCM. On recense alors toutes les
actions consistant à :
- intégrer les comportements des différents acteurs d'une chaîne logistique ;
- réaliser un partage mutuel d'informations ;
- réaliser un partage mutuel de risques et d'opportunités ;
- favoriser la coopération ;
- favoriser un partage d'objectif et une volonté de servir le client ;
- intégrer des processus ;
- rechercher de partenaires pour établir des relations durables ;
- etc.
♦ Le SCM interprété comme un ensemble de processus de management
Dans cette optique, le SCM est considéré comme le processus permettant de gérer des flux
relationnels, d'informations et de matières entre des entreprises, dans le but d'élever le
niveau du service et de la valeur ajoutée apportée au client par la gestion synchronisée des
flux de produits et d'information depuis le fournisseur jusqu'au consommateur [Lal et al
94].
C'est généralement selon cette interprétation du SCM que l'on peut appréhender
l'abondante offre en produits SCM, lesquels produits du marché sont ciblés sur différentes
étapes des processus décisionnels des entreprises.
L'examen de ces catégories, fondamentalement différentes, amène à penser que le terme SCM est
une source de confusion pour ceux qui étudient le phénomène SCM mais également pour ceux qui
tentent de mettre en place une démarche de SCM. Si ces différentes conceptions du SCM sont
intéressantes, [Men et al 01] montrent que la littérature essaie finalement de définir deux concepts
par un même terme, en l'occurrence le Supply Chain Management, tandis que le marché le
détourne dans certaines situations comme argument de marketing. Les deux concepts sous-
jacents sont :
Le Supply Chain Orientation (SCO)
"C’est l'idée consistant à situer la coordination d'une chaîne logistique dans une
perspective systémique, dans laquelle chaque activité de pilotage d’un flux s'inscrit dans
un contexte stratégique plus large" [Men et al 01]. Cette idée est traduite de manière plus
précise par le terme Supply Chain Orientation ou orientation chaîne logistique.
Le Supply Chain Management (SCM)
Ce concept désigne alors plus exactement la mise en pratique de cette orientation dans les
différentes entreprises membres de la chaîne logistique.
Ainsi, une entreprise possède une orientation chaîne logistique si ses dirigeants perçoivent les
retombées de la gestion des flux amont et aval de produits, services, finances et information entre
leurs fournisseurs et leurs clients.
Ce n'est pas pour autant que l'entreprise qui a l'orientation chaîne logistique peut la concrétiser ;
pour que ce soit possible, cette orientation doit exister chez plusieurs membres de la chaîne
29
[Link]
logistique [Men et al 01]. Une entreprise qui la possède peut mettre en œuvre des démarches
logistiques individuelles et fragmentées (livraison juste à temps, échange de données électroniques
avec les fournisseurs et les clients, etc.), mais ce n'est pas du SCM, si elles ne sont pas coordonnées
(orientation stratégique) dans l'ensemble de la chaîne logistique (orientation systémique).
Dans le cadre des problématiques relatives à la gestion de la chaîne logistique, les différents
travaux de la littérature couvrent les différents horizons de la prise de décision : le court, le
moyen et le long terme.
Sur le long terme, ces travaux traitent des problèmes de configuration conditionnant les
problèmes de circulation des différents flux (information, produits, financiers), tandis que sur les
moyen et court termes ils abordent plutôt les problèmes liés à la gestion (conduite et pilotage) de
ces flux.
Dans la perspective d'une mise en œuvre de la SCO, la gestion de la chaîne logistique peut se
définir comme l'ensemble des décisions permettant d’optimiser les performances des chaînes
logistiques des différents produits finis d'une entreprise.
Une première question peut être posée de la manière suivante :
Qui gère la chaîne logistique ?
Pour répondre à cette interrogation, le SCM peut s'interpréter à deux niveaux différents :
Au niveau d’une entreprise dominante ou de donneur d’ordre principal ;
Au niveau d’un système de partenariats. On parle alors de chaîne logistique collaborative.
La première vision reste à notre avis une vision limitée de la gestion de la chaîne logistique, dans
la mesure où dans la pratique, aucune entreprise ne dispose réellement d’une vision complète des
chaînes qu'elle induit.
Bien que l'on puisse, pour une chaîne logistique donnée, identifier un acteur comme porteur du
projet de gestion, les acteurs d’une chaîne considérée sont souvent impliqués dans plusieurs
autres chaînes logistiques. Dès lors, il existe de multiples interactions entre les acteurs de ces
différentes chaînes.
30
[Link]
De ce deuxième point de vue, l’organisation et l’évolution de la chaîne sont soumises à l’existence
et à la mise au point de processus de coordination et de coopération complexes entre entreprises.
Dans la suite, nous choisissons d’aborder la problématique du SCM selon l’approche de la chaîne
logistique coopérative ainsi caractérisée.
Par ailleurs, la gestion de la chaîne logistique implique une organisation par processus et non plus
par fonctions et l’intégration de ces processus. Une seconde question peut être posée de la
manière suivante :
Quelles sont les différentes approches en gestion de chaînes logistiques ?
31
[Link]
- Celles qui s’intéressent plus spécifiquement à la partie aval de la chaîne logistique de
l’entreprise. Ces approches s’intéressent essentiellement aux transports et aux réseaux de
distribution vers les grossistes et les détaillants.
- Celles qui se positionnent aussi bien en amont (réseau d’approvisionnement) qu’en aval
(réseau de distribution). On parle alors de gestion de la chaîne logistique intégrée [Rot 98].
Parmi ces approches, [Men et al 01] distingue celles qui s’intéressent aux chaînes
logistiques directes et celles qui s’intéressent aux chaînes logistiques élargies.
♦ Une approche globale
Une dernière approche s’intéresse à la chaîne logistique dite globale englobant tous les acteurs
impliqués dans l’ensemble des flux amont et aval de produits, services, finances et/ou
information, du dernier des fournisseurs au dernier des clients.
Approche proposée Öp. Erreur ! Signet non défini.
Par ailleurs, la logistique et la gestion des chaînes logistiques (§2.1.1 ) ont supposé une approche
transversale entre plusieurs acteurs indépendants que ce soit sur un plan juridique, institutionnel
ou stratégique.
Dans ce contexte, différentes notions sont avancées pour justifier ou initier les relations entre
industriels. On parle de coopération, de collaboration, de partenariats, etc.
Dans ce chapitre, on situe ces notions dans le domaine du SCM puis on suggère un référentiel de
ces rapprochements entre entreprises.
6 Ce chapitre est inspiré d'un travail collectif réalisé avec N. Parrod et M. Lauras. Il a été présenté au GRP 02 à
Tarbes, sous le titre Les relations industrielles : Trois approches dans le domaine de la gestion des chaînes logistiques.
32
[Link]
transfert de l’information, la compréhension bilatéral des objectifs des deux entreprises, une planification de
production synchronisée à travers la chaîne d’approvisionnement et un partage des risques reliés au développement
de produit et au maintien d’inventaire [Cre 02]
Toutes ces pratiques affichent une caractéristique collaborative, signifiant en réalité leur capacité à
optimiser les processus de transfert de l’information en utilisant l’Echanges de Données
Informatiques (EDI) et les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication
(NTIC) avec notamment l’utilisation du E-Business.
b ) Interprétation académique des notions de coopération
Dans les articles de recherche, les notions de coopération issues du sens commun sont parfois
proches, parfois contradictoires.
Sans prendre partie, le tableau suivant regroupe certaines interprétation de ces notions afin
d'identifier les écarts qui les séparent :
[Rey 89] La coopération est le processus qui permet la mise au point de règles communes au
(approche SPI) travers d'une activité conjointe de régulation.
[Ers et al 93] La coopération est une (re)négociation de contraintes entre différents centres de décision.
(approche SPI)
[Ers et al 96] La coopération est le support à la mise en œuvre de décisions entre plusieurs centres de
(approche SPI) décisions.
[Hug et al 96] La coopération est entendue comme une action collective orientée vers un même but
(approche SPI)
[Bur et al 01] La coordination d'activités dans une organisation en réseau s'appelle coopération.
33
[Link]
(approche SPI)
[Mon et al 01] La coopération est entendue comme la coordination et la synchronisation d'opérations
(approche SPI) effectuées par différents acteurs qui ne possèdent un pouvoir de décision que sur une
partie seulement du système constitué.
[Sou et al 96] La coopération est une activité coordonnée visant à atteindre un objectif commun aux
(approche SHS) agents coopérants et pour laquelle le coût spécifique de la coordination et inférieur au
bénéfice de celle-ci dans la poursuite de l ’objectif.
[Hat 92] La coopération est la raison d’être des organisations. Coopérer n’est pas un ensemble
(approche SHS) d ’actions tournées vers un objectif commun… Le processus de coopération s ’appuie
sur des apprentissages croisés afin de permettre à chaque acteur de construire ses propres
objectifs tout en interagissant avec son partenaire. Coopérer c’est donc explorer ce qu’il
peut y avoir comme coopération entre les partenaires
[Det 96] La coopération est le moyen de dépasser les limites individuelles.
(approche SHS)
[Mag 96] La coopération peut aussi être définie comme des actions collectives finalisées et
(approche SHS) développées pour dépasser les propres limites individuelles.
[Voi et al 00] La coopération industrielle peut s'analyser comme un dispositif intentionnel de
(approche rapprochement (plus ou moins formel) entre des entreprises, juridiquement
économique) indépendantes, pour mettre en commun des ressources financières, humaines et de
savoir-faire, dans le but de réaliser conjointement des activités créatrices de valeur, telles
que la R&D, la production, la commercialisation.
Elle est en principe déterminée dans le temps, mais pratiquement elle peut cesser, soit
avec la réalisation de l'objet, soit s'interrompre avant ou éventuellement se poursuivre
par d'autres coopérations.
Approche Une coopération implique une division des responsabilités entre agents pour l’exécution
informatique d’une tâche et la volonté d’adhérer aux objectifs de l’autre (une collaboration repose sur
une action conjointe des agents et l’entretien d’une compréhension mutuelle de la tâche à
accomplir mais chacun ayant ses propres objectifs)
Bien que les différentes interprétations laisse paraître de véritables discordances, l'ensemble de
ces définitions concorde sur quelques points majeurs que nous proposons de synthétiser, après
un court exposé de l'étymologie des mots les plus utilisés pour exprimer les notions de
rapprochement.
c ) Analyse étymologique7
Pour chacun des termes Coopérer, Collaborer, Communiquer, Coordonner et Partenariat une description
de l'évolution du mot depuis ses racines latines jusqu'à sa définition contemporaine est proposée :
♦ Coopérer
34
[Link]
Le verbe est emprunté au latin chrétien cooperari « faire quelque chose conjointement avec
quelqu’un » (en parlant de Dieu, de la prière), composé de cum (→co) et de operari forme
déponente de operare (→opérer).
Le mot est passer dans l’usage commun (1525) au sens d’opérer conjointement avec
quelqu’un.
: La définition contemporaine du Larousse est : faire quelque chose conjointement avec quelqu'un
Le nom Coopération est entré dans le langage courant en même temps que le verbe, il a pris
ultérieurement (1828) sa spécialisation économique sur le calque du mot anglais cooperation. Ce
dernier terme est un terme employé pour désigner une méthode de gestion des entreprises
fondée sur la répartition du profit en fonction de la participation de chacun.
♦ Collaborer
Ce verbe est un emprunt tardif au latin colaborarre « travailler avec quelqu’un » de cum (→co) et
de laborare travailler (→labourer).
Repris avec le sens propre de « travailler avec », il a aussi introduit le mot collaboration ayant le
sens de « travailler en commun pour gagner des bénéfices ».
: La définition contemporaine du Larousse est : Travailler ensemble
♦ Communiquer
Le verbe est emprunter au latin communicare (1370) signifiant initialement « avoir part,
partager » (→communiquer), puis « être en relation avec » de cum (→co) et de municus dérivé
de munus (→commun).
Initialement, le sens est « participer à quelque chose » puis il prend une nouvelle forme (1548)
au sens de transmettre, communiquer une nouvelle.
: La définition contemporaine du Larousse est : Transmettre quelque chose à quelqu'un ; être en
relation avec quelqu'un.
♦ Coordonner
Ce verbe résulte de la soudure de co-ordonner (1777) composé de co et ordonner d’après
coordination. Le verbe signifie alors « disposer des élément en vue d’une fin ».
: La définition contemporaine du Larousse est : Agencer des éléments en vue d'obtenir un
ensemble cohérent
♦ Partenariat
Ce mot est un dérivé de partenaire, lui même apparu en France sous la forme de anglaise de
partner (1767), celui avec qui on danse et au sens général de « compagnon, associé ». Le
partner est apparu (1297) au sens général de « personne qui partage une chose avec une ou
plusieurs personne ». Partenaire n’apparaît dans les dictionnaires français qu’en 1923 et
partenariat en 1984.
35
[Link]
: La définition contemporaine du Larousse est : Association en vue d'un positionnement commun
S'il apparaît que le sens des mots Communiquer, Coordonner et Partenariat est non ambigu, la
frontière floue entre les mots Collaborer et Coopérer justifient leur large gamme d'utilisation. Ainsi,
afin de proposer un cadre délimitant ces concepts au niveau industriel, en s'affranchissant de la
polémique sur le choix des mots qui les qualifieront, la notion de relation entre entreprises
industrielles est abordée au §suivant.
36
[Link]
Seules, les motivations précédentes ne suffisent pas à assurer la pérennité d'un processus de
rapprochement industriel. Indépendamment du domaine d'activité, l'initialisation et le
développement d'une relation se bâtissent sur l'acceptation de certains principes comme :
La volonté de réalisation conjointe d’une action créatrice de valeur ;
La création d'un dispositif intentionnel de rapprochement ;
La conscience d'une nécessité de coordination ;
La préférence d'une approche globale à de multiples approches locales.
Cependant, quel que soit le niveau de maturité d’une relation, son existence est inéluctablement
favorisée par différents facteurs, tels que :
Le degré d'interdépendance des acteurs ;
L'équilibre du statut de chaque acteur ;
Le niveau de confiance réciproque de chaque acteur ;
Le niveau de définition explicite de l'objet du rapprochement ;
Le niveau d'appropriation de l'objectif global ;
L'efficacité de la conduite du changement.
D'une manière générale, les différents types de relations ne font que traduire les motivations
stratégiques des acteurs économiques. Ainsi, les multiples formes de rapprochements industriels
auxquelles ont recours les entreprises dans le domaine du SCM, sont le reflet de différents niveaux
de maturité dans les échanges entre entreprises. Ces formes sont les suivantes :
La communication ;
La coordination ;
La collaboration ;
La coopération ;
Le partenariat.
37
[Link]
♦ La Collaboration
Cette forme de relation correspond à l'échange ponctuel et/ou périodique des modes
opératoires des traitements que les acteurs industriels mettent en œuvre individuellement (par
exemple l’échange point à point ou par base de données de procédures).
♦ La Coordination
La coordination correspond à la formalisation des processus d'échanges périodiques et/ou
permanents de données (mis en œuvre par exemple lors d’utilisation d’outils de type workflow)
♦ La Coopération
Cette forme de relation correspond à la formalisation des processus d'échanges périodiques
et/ou permanents, de données et/ou de traitements (par exemple les processus collectifs
d’élaboration et d’intégration de prévisions)
♦ Le Partenariat
Cette forme de relation concrétise la mise en œuvre contractuelle de l'une des quatre
précédentes forme de relation entre deux acteurs industriels.
Caractéristique
temporelle
Echange
permanent
Coordination Coopération
Echange
périodique
Collaboration
Echange
Communication
ponctuel
Objets
Données manipulés
Données & Traitements
Traitements
L’évolution dans le temps des relations entre entreprises ne procède pas forcement d’une
dynamique circulaire ou linéaire permettant de passer d’une forme de rapprochement à une autre.
Toutefois, ces formes de rapprochement peuvent être interprétées comme les différentes étapes
des relations entre entreprises.
Le développement chronologique dépend alors des postures stratégiques de chaque acteur car à
chacune des formes correspondent des prérequis organisationnels particuliers [Dor et al 01].
Ainsi, l’évolution d’une relation d’une étape vers une autre est alors considérée comme une
simple phase d'une séquence plus générale contribuant à la dynamique des organisations et, par ce
biais, à celle de la relation elle-même.
38
[Link]
Lors de l’interprétation du caractère dynamique de ces mécanismes, il peut être intéressant de
considérer deux points :
Le degré de rapprochement
Sans être général, on constate que l’on peut classer les différents types de relation selon une
échelle progressive correspondant à leur degré de rapprochement. Celle-ci débuterait d’une
position minimale, la communication, pour se diriger ensuite vers la collaboration, la
coordination puis la coopération. A chaque étape, une clarification contractuelle peut être
réalisée pour stabiliser le processus de rapprochement, on parle alors de partenariat.
Les acteurs industriels des relations
Si la représentation selon plusieurs étapes successives a pour objectif d'inscrire la multitude
d'actions individuelle et collective dans une perspective dynamique, il apparaît qu’au fur et à
mesure que le degré de rapprochement s’accroît, la nature et la variété des interlocuteurs
s’élargissent pour s’étendre des responsabilités opérationnelles vers des responsabilités
stratégiques.
Cependant, des rapprochements peuvent exister simultanément à différents niveaux au sein
d’une même relation, mettant en relation des responsables de portée différente. On constate
alors que la mise en œuvre de rapprochements entre des responsables stratégiques s’appuie
sur des rapprochements entre opérationnels, d’un degré au moins identique voire supérieur.
Une décision peut donc s'interpréter comme le déclencheur d’un processus ayant pour objectif de
répondre à un problème posé à une organisation. Cependant, la décision ne se résume pas à un
39
[Link]
simple choix à faire entre plusieurs alternatives. Pour la formuler, elle met en œuvre des
mécanismes de prise de décision.
b ) Prendre une décision
[Sim 77] décrit un processus itératif qui découpe la décision en quatre activités fondamentales
(Figure I-8) :
L'identification, c'est à dire surveiller dans l'environnement les informations que l'on
considère nécessaires à la décision.
La conception, qui consiste à organiser et modéliser les informations retenues de façon à
disposer des solutions possibles pour résoudre le problème.
Le choix, c'est à dire effectuer une sélection parmi les solutions établies.
L'évaluation, qui consiste à déterminer à l'issue du choix la qualité de la prise de décision.
Bien que ce modèle ait été critiqué et jugé incomplet, il nous semble suffisant pour montrer que
la qualité des décisions dépend de la pertinence des informations disponibles, de leur qualité, du
nombre d'alternatives et d'options et de l'aptitude à gérer l'incertitude, à prévoir et à évaluer les
conséquences de chaque alternative.
Toutefois, quel que soit le modèle considéré pour prendre une décision souvent difficile, il
semble s'avérer nécessaire de disposer d'une quantité et d'une qualité d'informations adaptées,
ainsi que le soutien d'une aide lors de la prise de décision.
c ) L'aide à la décision
[Roy 92] définit de la manière générale l'aide à la décision comme suit :
« L'aide à la décision est l'activité de celui qui, prenant appui sur des modèles clairement explicités
mais non nécessairement complètement formalisés, aide à obtenir des éléments de réponse aux
40
[Link]
questions que se pose un intervenant dans un processus de décision, éléments concourant à
éclairer la décision et normalement à prescrire, ou simplement à favoriser, un comportement de
nature à accroître la cohérence entre l'évolution du processus d'une part, les objectifs et le
système de valeurs au service desquels cet intervenant se trouve placé d'autre part. »
Rapporté au domaine de la gestion de production, [Tah et al 02] conservent cette définition mais
considèrent que l'aide à la décision est un terme impropre. Ils proposent de le décliner plus
globalement en six fonctions en rapport aux activités élémentaires qu'ils proposent :
L'aide au déclenchement du processus décisionnel ;
L'aide au renseignement ;
L'aide à la conception des alternatives ;
L'aide à la décision ;
L'aide à l'application de la décision ;
L'aide à l'évaluation de la décision.
Néanmoins, ces définitions soulèvent deux aspects primordiaux pour la prise de décisions dans le
domaine de la gestion de production. Le premier concerne la position de l'homme dans processus
de décision, tandis que le second concerne le modèle décisionnel, support de la prise la décision.
d ) La place de l'homme lors de prises de décision
Dans ses travaux sur la conception et la conduite des systèmes de production (considérés comme
une application de l'étude des systèmes dynamiques à événement discrets), [Bel 98] s'attache à
préciser que l'homme peut intervenir à quatre niveaux dans la vie d'un système en tant que :
Concepteur du système de production ;
Utilisateur du système de production ;
Faisant partie du système et agissant comme opérateur ;
Faisant partie du système et réalisant des activités de décision ou de conduite lors du fonctionnement
du système.
Lorsque l'homme doit intervient en conception ou en conduite, il arrive qu’il ait des difficultés à
décider objectivement en raison de son incapacité à considérer la globalité des aspects
combinatoires de certains problèmes. Dans de tel cas, il est souvent amené à utiliser les résultats
d'expériences passées et de raisonnements analogiques avec le risque de prendre une décision
inadaptée au problème.
[Bel 98] considère que l'aide à la décision peut alors lui être proposée comme un support, sans
toutefois le remplacer dans la prise en compte des multiples aspects d'une décision. Cette
approche consiste à mettre à sa disposition des outils qu'il peut utiliser avant chaque prise de
décision et dont la finalité est double :
prendre en compte les aspects objectifs du problème considéré ;
permettre une meilleure exploration des alternatives, compte tenu de ces facteurs
objectifs.
41
[Link]
Dans le domaine de la gestion de production et par extension dans celui de la gestion des chaînes
logistiques, [Bel 98] précise que l'utilisation de ces outils peut se réaliser selon deux approches
relevant de méthodes d'expression des alternatives différentes :
Une approche par recherche de solutions, on parle de méthodes génératives ;
Une approche par évaluation de décisions, on parle de méthodes évaluatives.
Pour répondre à une interrogation, une telle approche reprend les étapes caractérisées par Simon
afin de permettre l’analyse des performances dynamiques des différentes "solutions" envisagées.
A l’issue d’une évaluation, si les performances désirées ne sont pas atteintes, le décideur propose
des modifications de la configuration ou de la conduite du système jusqu’à obtenir un résultat
proche des performances désirées.
42
[Link]
Cette seconde approche se distingue complètement de la précédente par sa finalité: il ne s'agit
plus d'évaluer les performances d'un système mais de déterminer les valeurs de certaines variables
compte tenu de contraintes et de critère(s).
43
[Link]
Dans les années 1990-2000, l'offre [Bap et al 01] a alors évolué d'une part, vers des logiciels plus
intégrés au sens ou le système informatique de gestion apparaissant comme unique et d'autre part,
vers des outils disposant de modules de support à la prise de décision. Ces années ont donc vu
l'apparition de différents types de logiciels tels que :
Les ERP (Entreprise Ressource Planning) : Progiciel de gestion intégrée couvrant
l'ensemble des fonctions de gestion de l'entreprise ;
Les EAI (Entreprise Application Integration) : Progiciel d'interfaçage des applications
de gestion informatique d'une même l'entreprise.
Les MES et SCE (Manufacturing Execution System et Supply Chain Execution) :
Progiciels de gestion au niveau atelier qui assurent la continuité de la gestion de flux
logistiques ;
Les SCM (Supply Chain Management) : Progiciel de gestion des flux de la chaîne
d'approvisionnement ;
44
[Link]
Les APS (Advenced Planning ans Scheduling) : Progiciel de planification et
d'ordonnancement avancés ;
Les CRM ou ECR (Customer Relationship Management) : Progiciel de gestion de la
relation clients.
Lorsqu'ils sont déployés, les progiciels ERP constituent le cœur du système d'information des
entreprises. Ce sont des outils purement transactionnels qui intègrent les différentes fonctions
d’une organisation. En effet, leur caractéristique est de gérer des données issues aussi bien des
ressources humaines, que de la finance, de la production manufacturière, de la comptabilité ou de
la distribution.
Néanmoins, ces systèmes ne sont pas la panacée quant à la prise de décision dans certains des
domaines qu'ils couvrent, notamment en planification. Suite au déploiement des ERP, semblables
aux logiciels de GPAO sur le plan de la gestion de la production, les progiciels APS ont alors été
développés pour combler des besoins de décision que la simple intégration provenant des ERP ne
fournissait pas. Ils ont alors été spécifiés pour permettre aux entreprises d'améliorer leurs
méthodes de prévisions, de planification, d'ordonnancement et de distribution. Leur apport
relève de deux caractéristiques :
L'utilisation d'algorithmes mathématiques d'optimisation
L'élargissement de la gestion interne des entreprises à une gestion globale de la chaîne
logistique globale (concept SCO).
[Bap et al 01] expliquent ce phénomène de substitution de la manière suivante : Pour prendre leur
décision, les décideurs ont pris l'habitude de modéliser simplement leurs problèmes avec un tableur et de chercher à
les résoudre par optimisation ou simplement par simulation. En entreprise, l'outil de décision est souvent Excel.
Les APS vont prendre en charge ces décisions.
Les APS sont donc des outils d'aide à la décision. Pratiquement, ils permettent de modéliser des
problèmes, d'y associer des fonctions coûts et de rechercher les valeurs des variables qui
optimisent le ou les critères [Bap et al 01]. Ces systèmes utilisent des méthodes d'optimisation qui
se basent sur des algorithmes de la programmation linéaire, dont les premiers datent des années
50 et qui aujourd'hui ont suffisamment évolué pour permettre de résoudre rapidement des
problèmes de grande taille.
La véritable innovation des APS tient donc de la technologie logicielle et matérielle qu'ils mettent
en œuvre. Les APS utilisent l’information provenant d’un ou plusieurs ERP pour générer des
scénarios utilisant la puissance logicielle maintenant disponible pour permettre l’optimisation. Ils
complètent ainsi l’offre des modules de planification des ERP.
45
[Link]
Ces systèmes sont généralement composés de cinq modules, englobant de nombreux outils. Ces
modules couvrent les domaines de :
La planification de l’approvisionnement ;
La planification de la production et ordonnancement ;
La planification de la distribution ;
La planification du transport ;
L'intégration des comportements aux interfaces (contraintes d'approvisionnement et
de distribution).
Sur la Figure I-11, APS, ERP ainsi que les autres outils proposés sur le marché, sont positionnés
dans un référentiel comprenant un axe fonction de l’entreprise et un niveau de décision qui
permet de mesurer l’apport de chacun d’eux.
Dans la perspective de leur utilisation comme support d'aide à la décision dans le domaine de la
gestion des chaînes logistiques, nous noterons deux inconvénients des APS :
Leur faible niveau d'intégration des comportements aux interfaces (fournisseurs et
clients);
Leur non prise en compte de la dynamique des processus de coopération aux
interfaces.
Enfin, concernant le marché, [Bap et al 01], distingue trois familles de progiciels APS, ceux qui
viennent de la logistique, du transport ou de la gestion d'entrepôts (I2 Technologies, Manugistics,
Logility, etc.), ceux qui viennent de l'ordonnancement (Ortems, Dynasys, Skep, etc.) et ceux qui
proviennent de l'offre ERP (APO de SAP, Numerix de JDE, RedPepper de PeopleSoft, CAPS+SCS de
Baan).
46
[Link]
47
[Link]
Chapitre 3
L’APPROCHE PROPOSEE
3.1.1 Analyse
A l’issue des précédents chapitres, le besoin industriel évalué conjointement par AIRBUS et
l’ONERA/DCSD a été présenté et formalisé de la manière suivante :
« Mise au point une méthodologie d’évaluation des gains résultants de l’amélioration des performances industrielles
et logistiques, internes et externes du fournisseur et du donneur d’ordres. »
D’autre part, le développement de la Logistique a fait apparaître que le management des flux est
une activité sujette à un déficit de modèles scientifique, managérial et pédagogique (§I.1). Pour y
répondre, différentes approches autant industrielles qu’académiques qui se sont intéressées aux
systèmes de production ont vu une extension importante du périmètre et de la taille de leurs
domaines d’étude. Ainsi, aux offres de logiciels de gestion de production pour les ateliers de
fabrication multi-produits, succèdent aujourd’hui après diverses évolutions des offres, des outils
d’aide à la décision pour la gestion des chaînes logistiques élargies, voire globales.
Pour pouvoir étudier ces systèmes de réseaux d’entreprises, de plus en plus complexes et reliés
entre eux, il apparaît nécessaire de comprendre les interactions inter-entreprises afin de mieux les
organiser et les gérer.
Parmi les différentes solutions logiciels sont proposées sur le marché, on trouve les progiciels
d’aide à la décision de type APS (§I.2). Ces progiciels, fonctionnant à partir des importantes bases
de données des outils transactionnels de type ERP, sont des outils décisionnels ne permettant pas
réellement la prise en compte la dynamique des relations. En considérant les aspects liés aux
activités inter-entreprises, ce type d’outils de SCM (§ I.2) s’inscrit dans la philosophie orientée
chaîne logistique SCO (§ I.2).
Selon la philosophie SCO, notre approche concerne l’analyse des relations Donneur
d’Ordres/Fournisseur afin de permettre à un Donneur d’Ordres (ici la société Airbus) de réaliser
ses actions de soutien auprès des entreprises de son réseau d’approvisionnement en disposant
d’une méthodologie d’évaluation, puis de diffusion efficace, de l’intérêt des approches orientées
chaîne logistique.
48
[Link]
Nous nous concentrons sur l’étude des systèmes composés d’un maillon d’une chaîne logistique
composé d’un couple DO/F pour traiter la problématique du pilotage de la circulation
d’information et de produits qui s’échangent entre deux entreprises qui ne sont pas amenées de
façon institutionnelle à dialoguer, collaborer ou coopérer. Cette approche permettra d’étudier et
de déterminer quelles sont les informations les plus pertinentes à échanger tant en ce qui
concerne les performances individuelles des entreprises que celles de la chaîne logistique.
Toutefois, la pratique des relations industrielles fait apparaître que relativement peu d'échanges
ouverts concernant les stratégies individuelles de gestion peuvent avoir lieu entre des industriels
impliqués dans une relation Donneur d'Ordres/Fournisseur (DO/F). Les décisions suscitées par
ces échanges sont généralement prises sur la base de réflexions individuelles, puis discutées,
négociées, pour finalement être officialisées au travers d'accords contractuels généralement
proposés par le donneur d'ordre et validé par le fournisseur.
Lors de telles relations, l’évaluation chiffrée des intérêts de la coopération est souvent vouée à
l'échec en raison du besoin de transparence sur des données certes utiles dans ce contexte, mais
confidentielles voire stratégiques dans d’autres.
En effet, quel fournisseur ferait sincèrement état du degré de priorité qu’il affecte à ses clients en périodes de
situation critique ou encore, quel donneur d’ordres diffuserait ses répartitions d’approvisionnement entre
fournisseurs dans des situations de baisses de la demande concernant des produits multi-sources, alors que la
connaissance de ces données constitue indéniablement un critère de gestion pour les parties les
ignorant.
49
[Link]
3.1.2 Synthèse du besoin
Par ailleurs, pour être réellement exploité par des acteurs industriels, Airbus impose que le
prototype de cet outil informatique posséde des caractéristiques permettant de faciliter son
utilisation lors des activités de soutien auprès des fournisseurs. Ces caractéristiques sont les
suivantes :
Simplicité d'utilisation : les utilisateurs seront libérés de toutes considérations
méthodologiques concernant la modélisation, les outils de simulation, etc. en se
présentant sous une forme relativement ergonomique ;
Adaptabilité à différents fournisseurs ;
Simplicité d'analyse des résultats des simulations ;
Rapidité de mise en œuvre : la modélisation de la relation doit pouvoir être effectuée en
quelques heures ;
Portabilité : le prototype de cet outil informatique doit pouvoir être utilisé in situ chez
les fournisseurs indépendamment de leur équipement informatique et ne pas
nécessiter l’acquisition d’une licence (logiciel de simulation par exemple)
Comme cela a été présenté au §3.3, deux approches peuvent être utilisées pour réaliser cet outil,
l'une générative et l'autre évaluative.
Le choix de l'approche évaluative s'explique par la nécessité de reproduire la dynamique des
processus de coopération interentreprises. En effet, les systèmes d'entreprises s'échangeant
continuellement des produits et des informations se comportent comme des systèmes en boucle
fermée avec une forte instabilité, qu'il est difficile de représenter selon l'approche générative.
D'autre part, l'inexistence d'un unique critère d'optimisation des relations entre un donneur
50
[Link]
d'ordres et ses fournisseurs, et la multiplicité des paramètres à prendre en compte contribuent à
sélectionner l'approche évaluative.
Parmi les approches évaluatives, les méthodes de simulation seront préférées aux méthodes
analytiques qui ne facilitent pas la modélisation des états successifs lors du déroulement des
processus de gestion. De plus, les caractéristiques de l'industrie aéronautique et plus
particulièrement de la production aéronautique (petites séries, système discret) nous conduit à
préférer la simulation à événements discrets plutôt que la simulation continue.
L’objet du chapitre suivant est la présentation des principes généraux de l'outil de simulation et de
la méthodologie associée.
Pour répondre aux exigences industrielles, l’outil informatique permet d'étudier différents types
de relation DO/F en donnant la possibilité de construire les modèles spécifiques de chaque
relation à étudier. L’outil tient compte des caractéristiques et des comportements de tous les
acteurs influant sur la circulation des informations et des produits (Figure I-12) :
L'entreprise donneur d’ordre ;
Le fournisseur ;
Les autres acteurs de l’environnement direct de la relation (les fournisseurs du
fournisseur et les autres donneurs d’ordres du fournisseur).
Fournisseurs
D O NN EUR
F O URN ISSE UR D ’ OR DRE S
Fournisseurs
Fournisseurs
Autres
Inform ations donneurs d’ordres
Produits
51
[Link]
Du système de production du fournisseur ;
Du processus d'expression des besoins du donneur d’ordres, représentant la diversité
de ses comportements d'approvisionnement.
Néanmoins, le comportement des autres acteurs sera modélisé de manière plus synthétique.
L'outil permet de modéliser l'interprétation que chaque acteur se forge des agissements de l’autre.
Du coté du fournisseur, cela peut par exemple consister à moduler les prévisions exprimées par le
donneur d’ordres en fonction de sa propre analyse de la situation. Du coté donneur d'ordres, on
peut envisager de considérer les performances de livraison du fournisseur lors de l'expression de
ses besoins.
Enfin, pour appréhender la complexité du système étudié, une modélisation macroscopique de la
relation DO/F a été choisie. L'idée est de considérer que tout système peut être décomposé en
quelques fonctions ou entités majeures, pour lesquelles des données macroscopiques sont
facilement identifiables par interview des responsables industriels.
Une fois que le modèle du système est défini, le fonctionnement d’une simulation représente les
interactions, les prises de décision et les réalisations de fabrication suivantes :
L'envoi périodique de prévisions par le donneur d'ordres au fournisseur ;
La réception, l'interprétation et l'intégration des prévisions par le fournisseur ;
Le calcul périodique de plans d'approvisionnements, de production et de distribution
Les lancements de fabrication du fournisseur.
Les transmissions des ordres d'achat du fournisseur vers ses fournisseurs et les
livraisons au donneur d'ordres.
52
[Link]
La livraison des matières et composants par les fournisseurs du fournisseur.
De plus, l'outil est conçu autour d’une interface graphique s'appuyant sur des trames de
modélisation prédéfinies et séparées en fonction de chaque acteur, afin de garantir le besoin de
confidentialité.
Cet outil d’évaluation de performances permet de mesurer l’influence des politiques logistiques
sur les flux d'information et les flux physiques échangés entre deux entreprises. Les deux types de
performances quantifiées pour analyser les relations, tout en respectant la confidentialité des
performances individuelles, sont les suivants :
Les performances individuelles de chaque acteur : à l'aide d'indicateurs spécifiques au
processus interne de chacun des acteurs.
La performance commune de la relation DO/F. : avec des indicateurs globaux
facilitant le diagnostic et la comparaison des différentes combinaisons de politiques
logistiques.
Sur le même principe que pour la confidentialité des données, l'outil propose des accès séparés et
sécurisés aux indicateurs des performances individuelles, et un accès commun aux indicateurs des
performances de la relation.
53
[Link]
3.2.2 Méthodologie de mise en œuvre de l'outil
Au §précédent, nous avons présenté les spécifications techniques de l'outil, ici, il s'agit de
déterminer la manière de mettre en œuvre ce simulateur dans le contexte d'une rencontre entre
un donneur d'ordres et son fournisseur.
Dans notre optique, l'outil de simulation est considéré comme un vecteur de communication
entre les deux parties. Notre objectif est de faciliter son utilisation simultanée par le fournisseur et
le donneur d'ordres, pour leur permettre de valider ou d'invalider conjointement différentes
configurations du système qu'ils composent. L'outil n'est alors que le moyen de favoriser leur
coopération pour la prise de décision. Pour cela, on leur suggère d'utiliser des trames de
modélisation séparées qui garantissent la confidentialité des données introduites. En effet, chaque
acteur pourra modéliser son outil industriel et sa technique de gestion sans se dévoiler et pourra
évaluer sa pertinence au regard de la performance du système global.
Après avoir assuré les industriels du respect de leur confidentialité, chacun des industriels
effectuera alors individuellement le paramétrage de son modèle de fonctionnement selon un
processus présenté sur la Figure I-13.
n
Déterminer l'objectif
o
Définir le modèle
e p
Paramétrer
q
Exécuter la simulation
g r
Analyser les résultats
sModifier
t Conclure
54
[Link]
Ainsi, après s’être entendu sur le problème à traiter et sur le modèle du système DO/F à
construire, après avoir modéliser le système avec l’outil informatique, une phase de validation du
modèle dynamique de l’outil devra être réalisée.
Cette phase de confrontation des phénomènes simulés avec la réalité est critique pour le projet
dans la mesure où elle doit garantir les limites dans lesquelles l'outil est capable de représenter
correctement un fonctionnement réel.
A l'issue de ces premières étapes, l'utilisation du simulateur en tant qu'outil d'aide à la validation
de politiques logistiques est envisageable. Dans une optique de simulation et évaluation du type
what-if, les participants définissent alors ensemble différentes configurations du système en
correspondance avec leurs objectifs stratégiques propres.
L'outil restitue alors un fonctionnement proche du déroulement de la relation réelle, dans le sens
ou chaque acteur pourra valider individuellement la solution au regard de ses propres objectifs, en
s'appuyant sur ses propres indicateurs. Une analyse commune sur la base des indicateurs globaux
favorisera d'autre part la validation de la configuration testée.
A l'issue de l'utilisation, les conclusions s'exprimeront de différentes manières selon que les
actions à réaliser seront plutôt à la charge de l'un, de l'autre ou des deux acteurs. On peut dès à
présent imaginer certaines d'entre elles :
Modification de mode de gestion, coté fournisseur ;
Affinage du paramétrage d'approvisionnement, coté donneur d'ordre ;
Utilisation en cascade de l'outil par le fournisseur avec ses fournisseurs ;
…
55
[Link]
Résumé de la Partie I
Dans cette partie, nous avons abordé l'organisation des chaînes logistiques dans le secteur
industriel aéronautique. Il est apparu qu'au sein de ces organisations où la multiplication des flux
entre entreprises est importante, une activité transverse se développe : la Logistique
Dans ce contexte, la problématique soulevée par la volonté d'Airbus est la conception d'une
méthodologie d'évaluation des relations Donneur d'Ordres/Fournisseur au sein d'une chaîne
logistique. Cette problématique nous a conduit à considérer trois thèmes de recherche qui nous
permettront de définir le positionnement de notre approche :
La gestion des chaînes logistiques ;
Les notions de coopération interentreprises ;
L'aide à la décision pour la gestion des chaînes logistiques.
Concernant la Supply Chain Management (SCM), nous avons tout d'abord effectué une revue des
définitions du terme Supply Chain, pour en conserver deux :
- celle de [Rot 98] : La chaîne logistique d'un produit fini se définit comme l'ensemble des entreprises
qui interviennent dans le processus de fabrication, de distribution et de vente du produit, du premier
des fournisseurs au client ultime. Le produit considéré est dans le domaine aéronautique l'avion qui
peut être qualifié de produit système étant donné sa complexité.
- celle de [Men et al 01] : Une chaîne logistique est un groupe d'au moins trois entités directement
impliquées dans les flux amont et aval de produits, services, finances et/ou information, qui vont
d'une source jusqu'à un client.
Nous avons ensuite montré l’existence de plusieurs interprétations du SCM, source de confusions
tant pour ceux qui étudient le phénomène que pour ceux qui le mettent en œuvre. En effet, ce
terme exprime selon son utilisation deux concepts : le Supply Chain Orientation (SCO), une
philosophie de management orientée chaînes logistiques et le Supply Chain Management (SCM), la
mise en pratique de cette orientation dans les différentes entreprises membres de la chaîne
logistique. A partir de cet éclaircissement sur la notion de SCM, nous en avons retenu la définition
suivante de [Men et al 01] :
Le Supply Chain Management peut être défini comme la coordination systémique, stratégique des fonctions
opérationnelles classiques et de leurs tactiques respectives à l’intérieur d’une même entreprise et entre partenaires au
sein de la chaîne logistique, dans le but d’améliorer la performance à long terme de chaque entreprise membre et de
l’ensemble de la chaîne
56
[Link]
Cette synthèse des définitions du SCM a permis de distinguer les différents types d’approches
relatives aux relations de coopération interentreprises. Cependant, pour nous situer parmi le
grand nombre d'interprétations académiques et industrielles qui en sont faites, nous avons réalisé
une analyse étymologique des concepts de communication, de coordination, de collaboration, de
coopération et de partenariat. La frontière floue entre les concepts de coopération et de
collaboration nous alors incité à identifier les finalités de relations industrielles : Accroître et
bénéficier d’une création de valeur, Gérer des risques et Partager de compétences. Ceci nous a amené à
présenter un cadre synthétique de représentation des différents types de relations entre
entreprises dans le domaine logistique.
Ensuite, pour comprendre l'apport des outils du marché en terme d'aide à la décision dans le
domaine des chaînes logistiques, nous avons tout d’abord rappelé les deux aspects primordiaux
de la prise de décision pour la gestion des flux : la position de l’homme dans le processus de
décision et le modèle décisionnel, support de l’aide à la décision.
En terme de modèles décisionnels, les deux approches contribuant à leur réalisation ont été
rappelées l'approche générative (approche par recherche de solutions) et l'approche évaluative (approche
par évaluation de décisions).
Une étude de l’offre commerciale nous a montré qu’il existe des outils de planifications avancées
d’une part et des technologies permettant l’échange d’information d’autre part. Par contre aucun
outil ne permet d’évaluer les performances du processus dynamique de coopération entre les
partenaires et l’influence des comportements respectifs des acteurs de la relation sur ce processus.
En effet, nous avons alors pu remarquer que les principaux outils d'aide à la décision du marché,
les APS (Advanced Planning System), disposaient d'un faible niveau d'intégration des comportements
interentreprises et d'une faible capacité à prendre en compte la dynamique des processus de
coopération interentreprises.
Enfin, pour répondre au besoin identifié lors de la phase d’analyse de l’étude, nous avons
présenté notre approche consistant à concevoir un outil informatique permettant d’évaluer les
performances de différents types de politiques de coopération entre deux acteurs d'une relation
au sein de la chaîne logistique.
Il s'agit de réaliser le prototype d'un outil de simulation de la dynamique d'une relation DO/F, à
vocation pédagogique, basé sur une modélisation macroscopique du système étudié. En effet, en raison
de la complexité du système étudié et du type de décision que l'on veut prendre (politiques de
coopération), une modélisation macroscopique des acteurs de la relation a été retenue. L'idée est
de considérer que tout système peut être décomposé en quelques fonctions ou entités clés pour
lesquelles des données macroscopiques sont facilement identifiables par interview de ses
responsables.
57
[Link]
58
[Link]
59
[Link]
PARTIE II :
UN OUTIL DE SIMULATION
La partie précédente a permis de proposer une approche centrée sur un outil de simulation et une
méthodologie de mise en œuvre de cet outil. L’objectif de cette partie est maintenant de détailler
les caractéristiques de cet outil.
Au chapitre 5, nous présentons les principes du modèle de notre outil de simulation utilisant un
niveau de modélisation macroscopique.
60
[Link]
61
[Link]
Chapitre 4
LES SYSTEMES INDUSTRIELS ETUDIES
Ce chapitre, bien qu'il présente l'organisation des systèmes industriels d'un point de vue général,
doit plus être considéré comme une spécification de l'outil, que comme un rappel académique.
On trouvera de nombreuses publications sur le sujet ([Blo 00], [Ers et al 02], [Bag et al 96], par
exemple).
62
[Link]
4.1.1 L'organisation vue à travers les concepts de pilotage8
Concernant le pilotage des systèmes industriels, les concepts majeurs se différencient en fonction
des délais et des coûts associés à la réalisation des produits.
En terme de délai, le paramètre essentiel est le rapport entre le cycle de production des produits
et le cycle commercial, tandis qu'en terme de coût, le paramètre est le degré de personnalisation
des produits finis.
Ces deux paramètres traduisent des stratégies qui se différencient en fonction de l'instant auquel
s'exprime la demande des clients durant le processus de réalisation (Figure II-1). Cet instant se
nomme "point de synchronisation externe", [Kol, 01].
MTS
ATO
MTO
ETO
63
[Link]
variétés de composants. Le point de synchronisation externe se trouve en amont des
phases de conception du produit. Ce mode correspond au degré de personnalisation
le plus élevé.
Dans la suite, seules les entreprises mettant en œuvre des combinaisons des stratégies make-to-
stock, assemble-to-order et make-to-order dans un contexte de production discrète sont étudiées, en
référence à la population industrielle touchée par cette étude.
I A V Y X
Figure II-2: Profils des flux selon la nature des produits : la structure Produit/Processus
64
[Link]
stock. L'aval du processus est généralement piloté selon un mode du type –to-order, tandis que
l'amont est géré par anticipation, selon le concept make-to-stock.
Le problème consiste alors à déterminer la frontière entre ces modes de pilotages (Figure II-3),
appelé point de basculement, [Hol 02].
Dans tous les cas, le "délai visible" par le client correspond au temps d'écoulement des étapes en
aval du point de basculement. Si l'on dispose de commandes prévisionnelles établies sur un
horizon donné, il est possible de conserver un délai au client court, tout en limitant l'incertitude
sur la production amont, [Hol 02]. Ceci correspond à situer le point de synchronisation en amont
du point de basculement sur les structures en Y et en X.
La production amont qui réalisée selon le mode make-to-stock, est alors anticipée à l'aide de
prévisions. Ceci sécurise l'expression des besoins les plus en amont évaluée, quant à elle, de
manière statistique.
ATO MTO
MTO MTS MTS MTO MTS ATO
PS PS PS PS
A V Y X
PB PB PB PB
Point de basculement (PB)
Estimations Commandes
Point de synchronisation externe (PS) Statistiques Prévisionnelles
65
[Link]
4.2 LE SYSTEME PHYSIQUE
La production de biens entraîne automatiquement l'existence de flux de matières, de stocks entre
les différentes ressources utilisées. Ce chapitre présente les concepts de ressource, de stock,
d'organisation physique.
Les ressources consommables sont "consommées" par les opérations durant leur exécution. La
consommation à un instant donné dépend donc des opérations qui ont utilisées la ressource
jusqu'à cet instant, et des conditions initiales de la ressource.
Au contraire, les ressources renouvelables sont restituées après l'exécution des opérations qui les
utilisent. Dans ce cas, la consommation à un instant donné dépend uniquement des tâches qui
sont présentes à cet instant.
Disponibilité de la ressource
Q
Q
Qmax
Consommation
des
opérations
t t
Un cas particulier important de ces ressources est celui des ressources non partageables. Ces
ressources se caractérisent par leur disponibilité qui est de type binaire (soit libre, soit occupé).
On parle alors de ressources disjonctives qui ne peuvent exécuter qu’une opération à la fois.
Dans cette étude nous nous intéressons à la gestion des ressources renouvelables et plus
spécifiquement au cas des ressources disjonctives.
66
[Link]
les spéculations économiques en amont (stock d'approvisionnement) et/ou en aval
(stock de distribution) pour anticiper des variations (de l'offre, de la demande).
Dans les ateliers de type flowshop et job shop, on trouve des cas où les étages de ces ateliers sont
composés :
soit d’une unique ressource élémentaire ;
soit de plusieurs ressources elles-mêmes organisées :
- en parallèle ;
- ou en flowshop.
La Figure II-6 synthétise l'ensemble des types d'ateliers qui sont rencontrés dans le réseau
d'approvisionnements d'Airbus.
Type d’Ateliers
Ateliers de Ateliers de
Ressource unique Ressources multiples
… à étage … à étage
de ressource unique de ressources multiples …
67
[Link]
4.2.4 Les données techniques, lien entre stratégie et système
S'appuyant de l'organisation des systèmes de production, la logistique interne en tant que
fonction de gestion des flux physiques permet d'y structurer la circulation des produits tout au
long de la fabrication.
Approvisionner Produire
Mat 1ère
Distribuer
Approvisionner Assembler
Composants
Quoi qu'il en soit, deux types de données techniques liées et dépendantes des choix stratégiques
retenus dans l'entreprise contribuent à la circulation et au pilotage des flux :
les données techniques qui décrivent la composition des produits : les nomenclatures
les données techniques qui décrivent le mode d'élaboration du produit : les gammes
a ) Les nomenclatures
Les fonctions de la nomenclature sont multiples selon leur type. Les nomenclatures de fabrication
indiquent les liens d'assemblage et intègrent les contraintes liées à la chronologie de fabrication.
Les nomenclatures d'approvisionnements sont les plus simples, car seuls les produits achetés y
figurent. Ils en existent des particulières, les nomenclatures du plan industriel et commercial qui
ne servent que pour établir des prévisions sans que les produits identifiés puissent faire l'objet
d'une vente.
On recense quatre grands types de nomenclature, les nomenclatures droite, convergente,
divergente et à point de regroupement.
Dans la plupart des cas, on rapproche la structure des nomenclatures de celle des structures
Produit/Processus. Les nomenclatures simple et convergente correspondent souvent à des
68
[Link]
stratégies make-to-stock et make-to-order, sur des structures Produit/Processus en A ou en I avec un
atelier d'assemblage.
On trouve dans les industries du processus, structure en I et V, beaucoup de cas de
nomenclatures divergentes.
Enfin, pour une stratégie assemble-to-order, on trouve principalement des nomenclatures à point de
regroupement ou point d'éclatement, cohérentes avec des structures Produit/Processus en Y et
en X.
b ) Les gammes de fabrication
Si la nomenclature fournit une représentation globale des étapes successives d'élaboration d'un
produit fini, elle ne permet pas de définir la suite des opérations de transformation en vue
d'aboutir au produit. Celle-ci est définie dans la gamme de fabrication. La norme AFNOR définit la
gamme comme l'énumération de la succession des actions et autres événements nécessaires à la
réalisation d'un article.
La gamme a deux composantes, l'une technique et l'autre de gestion. En effet, elle réalise d'une
part les liens entre les niveaux successifs de la nomenclature et d'autre part, elle sert à définir le
cycle opératoire et le cycle de fabrication.
Dans certains cas, pour réduire la complexité des structures des produits et du système de
production, les gammes sont exprimées à l'aide de plusieurs niveaux d'abstraction (Figure II-8).
Par exemple, avec le mode de pilotage assemble-to-order, on trouve des macro-gammes de
fabrication et des nomenclatures agrégées permettant de décomposer la prise de décision. Cette
particularité se traduit par de multiples connexions entre nomenclatures et gammes couvrant
chacun des niveaux d'abstraction.
C1 PI1 SS1
M1 C2 SS2 C2
SS2
69
[Link]
La coordination des flux de matières et composants (la fonction Approvisionner) ;
La coordination des livraisons (la fonction Distribuer) ;
La synchronisation complexe des flux en fonction des différentes ressources ;
Etc.
12
70
[Link]
Les décisions de planification : elles constituent l'articulation entre la stratégie de
l'entreprise et la gestion des flux à moyen terme et à court terme. On distingue trois
niveaux de planification : stratégique, tactique et opérationnel.
− Au niveau stratégique, les prévisions de fabrication affinées via des macro-
gammes permettent d'exprimer en unité de capacité les besoins issus des
prévisions de ventes, le plan directeur de production.
− Au niveau tactique, ces décisions visent à établir un programme détaillé de
production et à effectuer les ajustements de ressources nécessaires. Selon la
méthode de gestion retenue, ce programme est à l’origine du déclenchement des
activités ou sert uniquement à la mise en adéquation des charges avec les
capacités.
− Au niveau opérationnel, l’objet est d’ordonnancer les activités de fabrication et
d’expédition.
Les décisions de l’exploitation courante : elles concernent l’exécution effective et le
lancement des opérations en fonction du contexte de la demande, en s’appuyant le
plus possible sur les résultats des décisions de planification.
a ) Méthode de planification
La technique de planification la plus répandue est le MRP. Ses principes de fonctionnement sont
exposés dans de nombreux ouvrages, [Gia 88], [Bag et al 96], [Ers et al 01]. On y retrouvera
notamment le détail des différentes étapes de la logique MRP illustrés Figure II-10 :
L'intégration des prévisions de besoins ;
L'éclatement des besoins ;
Le jalonnement des besoins dans le temps en fonction des cycles de fabrication et
d'approvisionnement ;
La génération des ordres de fabrication et des ordres d'achat.
71
[Link]
Strategic planning
Business Planning
Tactical planning
Materials Capacity
requirements requirements
Execution
Recording
Inventory records Shop-floor data
collection
L'appellation MRP recouvre, dans la pratique, des systèmes informatiques avec plus ou moins de
fonctionnalités. On les distinguera selon trois niveaux :
Niveau 0 : planification des besoins en composants
Niveau 1 : prise en compte des capacités
Niveau 2 : intégration financière et comptable
L'amélioration apportée par les systèmes MRP-II est d'une part, qu'ils intègrent des événements
planifiés ou non pour augmenter la crédibilité du statut des données et, d'autre part, qu'ils
intègrent différents modules facilitant les liaisons bidirectionnelles entre prévisions commerciales
et planification opérationnelle.
b ) Mise en œuvre
L'enjeu de cette méthode est la détermination adéquate des paramètres clés suivants :
les tailles de lot et règles de regroupement de fabrication, dont le niveau et le choix se
déterminent au regard des durées de changements d'outil sur les ressources,
Les niveaux de sécurité pris par l'intermédiaire des stocks de sécurité d'une part, et par
les décalages entre deux niveaux de nomenclature d'autre part, [Hol 02],
La fréquence de planification,
72
[Link]
Bien qu'en théorie la procédure MRP cherche à limiter les stocks, en pratique ce mode de gestion
centralisé rend impossible l'inexistence de stocks intermédiaires. Ceux-ci proviennent
principalement de lancements de lots économiques, de décalages temporels trop importants et de
la qualité des données techniques (gammes et nomenclatures) sur lequel se base le système.
La gestion du système MRP doit donc se faire à deux niveaux, [Col 02]:
au niveau de la validation quasi-permanente des propositions faites par le système : les
acteurs en situations auront à prendre des décisions concernant le lancement des
ordres planifiés, concernant les listes de replanification et concernant la gestion de la
surcharge ;
au niveau de l'entretien du système et principalement de la qualité des informations
qu'il contient.
En terme de risques de gestion, on notera celui de la perte de maîtrise du système qui peut
survenir lors de la répétition en boucle du processus suivant :
1. Apparition d'aléas techniques et organisationnels
2. Protections décidées par les gestionnaires (niveaux de sécurité généralement)
3. Augmentation des stocks et des cycles
4. Accroissement de la complexité du système
1. …
Enfin, mentionnons la vision idyllique de l'utilisation d'un tel système qui consisterait à gérer un
système MRP basé sur des prévisions parfaitement fiables et sur un flux flexible à l'extrême
permettant une fabrication en lot unitaire.
73
[Link]
Déterminer la quantité à approvisionner revient à calculer la quantité économique optimale qui
offre le meilleur compromis entre coût de stockage et coût de passation de commande. Lorsque
l'on connaît la quantité de produits à conserver en stock, il s'agit de déterminer la politique
d'approvisionnement.
Deux voies sont généralement utilisées :
la politique de recomplètement qui consiste à commander à date fixe et en quantités
variables pour maintenir le stock à un certain seuil ;
la politique du point de commande qui déclenche les approvisionnements à dates
variables et en quantités fixes.
Comme le MPR-II, cette technique de gestion intervient sur différents horizons, à moyen terme et
à court terme.
En effet, définir la fréquence de commande dans le cas de la politique de recomplètement et définir
la quantité à commander dans le cas de la politique du point de commande sont des décisions de
configuration ayant une portée sur les évolutions à moyen terme du système de production.
Par contre, définir le niveau de recomplètement dans le cas de la politique de recomplètement ou la
date de déclenchement d'un approvisionnement dans le cas de la politique du point de commande
nécessitent un suivi fréquent de l'état du système, une gestion opérationnelle court terme.
b ) Les techniques de gestion en flux tiré : le kanban
Les techniques de gestion en flux tiré cherchent à combiner les avantages de la production en
grande série (flux rapide, gestion simplifiée) et ceux de la petite série (variété de références,
production de petites séries personnalisées). Ce type de gestion est issu de la philosophie Juste-à-
Temps pour laquelle le kanban est la technique plus répandue.
Deux grandes préoccupations sont au centre de ces techniques :
L'augmentation la réactivité du système logistique qui s'effectue par une recherche de
flexibilité quantitative (taille des lots de fabrication minimum) et de flexibilité
qualitative (mise en ligne des ateliers et allégement des interfaces entre atelier par une
meilleure visibilité et plus grande responsabilisation).
La diminution du coût global de production par élimination des gaspillages.
Un système de production qui implante une gestion de type kanban décompose au préalable son
système en mailles kanban (Figure II-11) composées d'un processus de fabrication et d'une zone
de stockage de sortie.
74
[Link]
Le principe de gestion est que chaque entité ne travaille que sur la demande du poste situé en aval
et non plus sur prévisions. Le système devient alors tiré par la demande aval. Le fonctionnement
peut être décrit en trois étapes :
L'entité cliente consomme une certaine quantité de composants (contenance d'un bac
kanban) en provenance de la zone de stockage de son entité fournisseur.
A un certain moment durant cette consommation, l'entité cliente renvoie
l'information (étiquette kanban) de la consommation sur le planning de son entité
fournisseur (tableau kanban à nombre de cartes limité),
En fonction du nombre de cartes présentes sur son tableau, l'entité fournisseur lance
la fabrication nécessaire pour satisfaire le besoin de son entité client (i.e. remplir sa
zone de stockage ou réduire le nombre d'étiquettes dans son tableau kanban)
D'un point de vue pratique, cette technique de pilotage largement décentralisée engendre des
difficultés d'application qui vont à l'encontre des réflexes classiques des acteurs de l'entreprise.
Les acteurs des processus de fabrication passent d'un raisonnement local d'optimisation du
rendement d'une opération, à un raisonnement global d'optimisation de la circulation des flux du
système de production dans son ensemble. Les acteurs gèrent alors des temps d'ouverture plutôt
que des charges de travail, afin de s'adapter à la demande interne et, en définitive, à celle du client
final, [Col 02].
Enfin, le pilotage en flux tiré étant très opérationnel, il ne saurait se passer d'un couplage avec un
système de planification à plus long terme. Lorsque les moyens de production ne sont pas
entièrement dédiés et que des références des deux modes de gestion (poussé pour la planification
MRP et tiré pour la gestion en flux tirés) se côtoient sur les même ressources, il y a nécessité
d'arbitrer entre les deux modes de pilotage selon des règles à établir.
Ce point sera abordé plus en détail lors de la présentation de notre modèle (6.3.2 ).
4.4 AIRBUS
La philosophie de production d'Airbus est le MTO visant à ne produire que le nombre d'avions
vendu dans des cycles optimums en maîtrisant la spéculation d'éléments pré-assemblés. Ce
chapitre a pour objectif de donner un aperçu succinct de l'organisation industrielle du
constructeur aéronautique pour pouvoir situer le processus Approvisionner dans le processus
logistique global.
75
[Link]
Remarque : L'objet de ce chapitre n'est pas de présenter de manière exhaustive le fonctionnement de la société
Airbus, mais plutôt de donner au lecteur les éléments indispensables à la compréhension du contexte complexe de
gestion industrielle du constructeur aéronautique. Ce chapitre donne un aperçu de la situation en JUIN 2001.
En se plaçant du point de vue du système industriel, il apparaît non seulement que le nombre de
références de produits, composants, équipements, etc. est très grand, mais que le choix de
certaines de ces références n'est presque jamais figé jusqu'à quelques jours avant la livraison de
l'avion à son client.
Pour ces raisons, la réalisation d'un avion nécessite le déroulement simultané de deux processus
de gestion distincts et complémentaires :
La planification de la production
La gestion de la configuration du produit fini
Afin d'expliquer comment ces deux processus de gestion s'articulent ensemble, nous présentons
tout d'abord les principes généraux d'assemblage d'un avion, puis la manière de définir le produit
avion.
76
[Link]
Dans une dernière partie, les principes des outils de gestion associés aux caractéristiques des
produits et des processus de réalisation sont décrits.
a) Le processus de fabrication
Dans le monde aéronautique, fabriquer un produit nécessite de synchroniser l'approvisionnement
des composants auprès du réseau de fournisseurs avec l'évolution des opérations sur les
différentes chaînes d'assemblage. L'assemblage final d'un Airbus se réalise alors en quatre phases :
Phase 0 : l'assemblage structural de l'avion
Phase 1 : la préparation pour le premier vol
Phase 2 : l'aménagement de la cabine
Phase 3 : préparation pour la livraison au client
♦ Phase 0
L'assemblage final d'un avion représente environ 5% du travail de production total. Avant
d'arriver en phase d'assemblage, les principaux éléments pré-équipés d'un avion sont
acheminés depuis les différents sites de production d'Airbus en Europe par l'intermédiaire
d'un appareil conçu spécialement pour le transport hors normes, l'Airbus-Super-Transporter
(Figure II-13)
Les chaînes d'assemblage finales sont réparties entre deux sites du groupe. Chaque chaîne est
composée de postes, correspondant à une unité de fabrication sur laquelle est réalisé un
ensemble de tâches (Figure II-14).
77
[Link]
Le principe d'enchaînement des postes est le suivant :
- Poste 45 : Jonction des tronçons du fuselage avant ;
- Poste 40 : Jonction de la voilure et du fuselage avant ;
- Poste 36-37 : Equipement de la dérive et de l'enpennage arrière ;
- Poste 35 : Jonction du fuselage ;
- Poste 25 : Aménagement de l'avion, montage dérive, montage enpennage et cône
arrière ;
- Poste 24 : Finition montage, réglages, étanchéité carburant, montage du radôme ;
- Poste 21 : Montage des moteurs, essais généraux ;
- Poste 17 : Essais finaux de pressurisation, de carburant, d'anémomètre, hydraulique et
radio ;
- Point fixe : Préparation des moteurs, démarrage des moteurs et unité de puissance
auxiliaire ;
♦ Phase 1
L'avion est préparé pour le premier vol vers le site d'aménagement cabine. Durant cette
phase, des essais de roulage sont effectués ainsi que les ajustements nécessaires à la suite des
résultats d'essai.
♦ Phase 2
Les aménagements de la cabine et de la soute sont effectués. Selon les souhaits spécifiques de
chaque client, l'aménagement commercial de la cabine est réalisé. De retour au site
d'assemblage, l'avion passe au poste de peinture.
♦ Phase 3
Lors de cette dernière phase, la pesée contractuelle et la préparation de la livraison au client
sont effectués.
A ce jour, l’assemblage au poste 40, en fonction de la famille et du type d'appareil, débute entre
2.5 et 4,5 mois avant la livraison, pour une commande passée 48 mois avant la livraison d’un
appareil
L'ensemble des tâches réalisées aux différents postes du processus d'assemblage est décrit dans
des gammes primaires de fabrication réalisées par les services de préparation de la société. Ces
gammes représentent la liste des opérations à réaliser, indépendamment des configurations.
Afin de décrire comment les gammes primaires sont rattachées à une fabrication spécifique pour
un client, une présentation du produit avion est proposée.
b ) Le produit avion
La stratégie commerciale et industrielle d’Airbus permet de faire évoluer la configuration d’un
avion au gré des nouveaux développements de l’avionneur mais aussi selon les volontés des
clients.
A partir d'un catalogue de modifications possibles, le client peut configurer l'appareil qu'il
commande. Les modifications demandées doivent être déterminées au plus tard entre 9 et 12
78
[Link]
mois (selon la famille et le type d'appareil) avant la date de livraison de l’appareil. Au-delà de cette
date, si des modifications imprévues sont souhaitées, Airbus statue sur leur faisabilité, autant d’un
point de vue technique que logistique.
Dans ce contexte, en raison de la complexité du produit avion et de la stratégie de configuration
évolutive d'Airbus, le nombre de références qui composent un avion est très grand et n'est jamais
complètement figé.
Un avion est alors considéré, par Airbus, comme un ensemble d'éléments majeurs standards
(tronçons, ailes, moteurs, etc.) et de produits standards ou non (des équipements, des semi-
équipements et de la matière). Pour en avoir une connaissance plus précise, la solution consiste à
décrire l'avion comme un ensemble de lieux géographiques sur lesquels sont affectés des produits
en fonction de la version choisie par le client. Ces lieux géographiques sont appelés FIN
(Functionnal Item Number).
A chaque FIN correspondent plusieurs variantes de produits. La variété de ces produits, appelés
CMS (Code Matière Société), matérialise le potentiel de configuration des clients. Un avion est
alors décrit par l'ensemble des CMS choisis par le client pour chaque FIN.
L'ensemble des CMS choisis est rattaché au numéro de série de son avion, le MSN (Manufacturing
Serial Number), afin de repérer les configurations spécifiques à chaque client.
79
[Link]
Selon des accords contractuels, les clients affinent l’expression de leurs besoins au fur et à mesure
que la date de livraison prévue est proche. Ainsi, une commande d’avion prend successivement
les formes suivantes :
Choix de la famille d’avion (Single Aisle, Wide Body, Long Range) ;
Choix du standard (ex : A318, A319, A320 ou A321 dans la famille Single Aisle) ;
Choix dans la sous-famille (ex : A320-100 ou A320-200)
Choix de la motorisation (ex : Motorisation Roll-Royce );
Confirmation de l’habillage commercial de la cabine ;
Chacune de ces étapes de l’affinage itératif des commandes est régie par un cadre contractuel qui
fixe les périodes de choix pour pouvoir synchroniser les approvisionnements avec les opérations
de montage aux différents postes. La seule date non modifiable est la date de livraison de l’avion.
Ainsi, un croisement répété de la configuration du MSN avec les gammes de fabrication contribue
à déterminer la nomenclature de l’avion, initialement provisoire, puis affinée au cours du temps.
La Figure II-16 présente le principe de ces affinements successifs.
80
[Link]
La mise en œuvre simultanée de ces modes de gestion est supportée industriellement par
différents outils faisant l’objet du §suivant.
d ) Les outils de gestion
En se référant aux principes de planification et de configuration exposés, ce §présente
succinctement les outils Airbus permettant d’assumer quotidiennement cette stratégie de gestion.
La Figure II-17 illustre différents modules abordés ci-dessous :
81
[Link]
82
[Link]
Dès lors qu’elles sont acceptées, la solution retenue pour gérer la multitude d’évolution
consiste à surcharger la configuration standard avec les validités spécifiques (empiler les
modifications).
L’ensemble des modifications est décrit dans une base de données, l’ECDB (Equipment
Central Data Base) dont la fonction est de gérer cet empilage des modifications par FIN et par
MSN.
Cependant, comme une modification de CMS a des répercutions sur les documentations
techniques et sur les câblages électriques, deux bases spécifiques gèrent ces évolutions
induites :
- GILDA (Gestion Intégrée des Liasses Division Avions)
- CIRCE (Conception Informatisée Rationalisée des Câblages Electriques).
En définitive, l’ECDB fournit une table correspondant à l’ensemble des équipements montés
sur avion. Cette table, accompagnée des modifications de câblage, constitue la table Besoins
Intermédiaires.
♦ Réalisation des plannings de production
A partir des Windows Chart et indépendamment de la gestion de la configuration, les services
de production définissent des Plans de Fabrication Echéancés (PFE) pour l’ensemble des
postes d’une chaîne d’assemblage (la période élémentaire est la journée). L'établissement du
PFE est le résultat d'un compromis validé par l'ensemble des lignes d'assemblage et par les
entités Airbus intervenant dans le processus d'approvisionnement des différents ensembles
majeurs. Pour déterminer ces plans, le poste 40 est calé entre 2,5 et 4,5 mois avant la
livraison. Ainsi, en fonction de cette référence l’ensemble des dates d’enclenchement de tous
les postes et de toutes les opérations est alors déterminé.
A partir de ces PFE, des plannings ateliers (la période élémentaire est la minute) sont réalisés
ainsi que des plannings de fin de chaîne pour les phases 1, 2 et 3.
Enfin, le PFE est actualisé à chaque modification du carnet de commandes ou au minimum
chaque trimestre. Il est établi sur un horizon de 5 ans, tandis que les plannings ateliers sont
établis sur des horizons de 6 mois.
A partir de ces plans, Airbus possède l’ensemble des informations nécessaires à la gestion de
ses approvisionnements, de ses rotations de chaînes. Cependant, des aléas
d’approvisionnements peuvent apparaître, qui nécessitent une procédure de gestion.
♦ Gestion des aléas
En cas d’aléas d’approvisionnement, une base de données est tenue à jour par des logisticiens,
GAAEQ (Gestion des Aléas d’Approvisionnement des Equipements).
GAAEQ associé à la table Besoins Intermédiaires génère une table Besoins en Equipements qui
informe sur les CMS indisponibles, sur les CMS de remplacement provisoire et sur les dates
d’arrivée des CMS initiaux.
83
[Link]
En effet, pour ne pas interrompre la rotation des chaînes d’assemblage, la politique consiste à
monter sur avion, dans la mesure du possible, des produits équivalents et à réaliser les
échanges nécessaires dès réception des produits définis par la configuration client. Pour y
parvenir, des gammes de rattrapage sont éditées pour planifier ces échanges.
Cette procédure de gestion des aléas génère alors des écarts entre l’information contenue dans
le système d’information et les bases de gestion des aléas. Pour y remédier une procédure de
gestion des évolutions est utilisée.
♦ Gestion des évolutions de validité
Parallèlement à ces aléas, GAAEQ, l’ECDB et CIRCE génèrent une table Definition Equipement.
Cette table est comparée aux données présentes dans le système d’information. En cas
d’écart, cela signifie que les CMS disponibles ne correspondent pas aux gammes et
nomenclatures préalablement déterminées par les services production.
Cette vérification déclenche alors les procédures de rectification de ces gammes et
nomenclatures en utilisant les FIN comme référentiel. Ainsi, indépendamment des CMS
d’échange, les gammes diffusées en chaînes d'assemblage correspondent à la configuration
réelle de l’avion, au moment de leur mise en œuvre opérationnelle.
♦ Gestion des approvisionnements et de la production
Simultanément à ce processus autocorrectif d'expression des besoins, le système
d'information (SAP) des différents services d'Airbus génèrent les ordres d'approvisionnements
et les ordres d'opération.
Dans le §suivant, les différentes solutions retenues pour organiser les flux d'information et de
produits entre fournisseurs et Service d'Approvisionnements Airbus sont présentées.
84
[Link]
l'organisation de la circulation des informations (expression des besoins) en
adéquation avec les stratégies logistiques.
85
[Link]
produits nécessitant des conditions de transport particulières (réacteurs, trains d'atterrissage,
etc.)
b ) L'expression du besoin
Ultime acteur de la propagation de l’information chez Airbus, la fonction Approvisionnement
réalise la synthèse des besoins en composants et exprime les besoins vers le réseau
d’approvisionnement d’Airbus. Dans ce paragraphe, nous abordons :
Le type d’informations transmises ;
La dynamique du processus d’envoi de ces informations.
Le cadre contractuel liant les fournisseurs et les Services d'Approvisionnements.
L'appel de livraison est un ordre ferme de livraison émanant d'Airbus. Il comporte une
référence, une date d'émission, une date de livraison et une quantité. Les appels, issus des
besoins réels des ateliers, sont émis à cycle court, appelé Cycle de livraison (CL), et sont
déconnectés du cycle de fabrication complet du fournisseur.
Les ordres planifiés sont des informations issues du système d'information. Il existe différents
types d'expression de ces informations prévisionnelles, selon que :
Les produits sont affectés à un avion en fonction du Plan de Fabrication
Echéancé des lignes d'assemblage finales ;
Les besoins calculés sont issus de la descente en cascade du MRP sur la base des
besoins exprimés par le rapprochement des nomenclatures et de la configuration
retenue ;
Les besoins sont des estimations calculées sur la base d'historiques de
consommation, pondérés ou non par les saisonnalités des besoins ;
86
[Link]
En règle générale, si tous les appels émis par les acteurs du système physique résultent de
l’expression de ces prévisions de besoins, tous les ordres planifiés ne sont pas forcement
transformés en appels.
Les quantités mentionnées dans ces horizons (Figure II-20) sont regroupées en périodes, RHF
pour l'horizon HF et RHP pour l'horizon HP. Les plans d'approvisionnements, transmis à
période fixe (PP) aux fournisseurs, remplacent et annulent les précédents.
HF HP
CL
RHF RHP
Plan t0 t
HF HP
PP CL
RHF RHP
Plan t0+PP t
t0 t0 + PP
87
[Link]
A partir de l'ensemble de données concernant les stocks, les encours, les gammes, les
nomenclatures, les achats et la logistique, le module de calcul des besoins (CBN) de SAP
s'exécute quotidiennement sur un horizon de trois mois et hebdomadairement sur un horizon
de deux ans.
Ce CBN crée des ordres planifiés d'achat, des ordres planifiés d'opération de production et des
plans d'approvisionnements.
t0
Ordres planifiés à t0
mois
En complément à l'envoi des plans d'approvisionnements, les ordres planifiés d'achat sont
transformés successivement en demande d'achat puis en appel de livraison.
Ces appels de livraison sont émis en direction du fournisseur. Cependant, en raison de
l'imprévisibilité de l'environnement industriel, la quantité d'appels générés au cours d'une
période peut être différente de celle indiquée par le plan d'approvisionnement. Diverses
causes en sont à l'origine, parmi elles :
Des changements de PFE ;
Des modifications de l'ordonnancement de la production ;
Des affectations et désaffectations d'avion ;
Des modifications de sélection des produits optionnels ;
Des erreurs d'expression dues au paramétrage du système information ;
Des dysfonctionnements internes au niveau de la communication ;
L'inadéquation entre la taille des fenêtres de calcul et le calendrier ;
…
Les variations entre quantités appelées et quantités prévues se manifestent par l'apparition de
différents phénomènes, tels que des décalages de besoin dans le temps et des invalidations de
prévisions d'appel qui engendrent des rectifications des plans d'approvisionnements.
L'exemple illustré Figure II-22 représente ces différentes situations, on y trouvera notamment
:
88
[Link]
Une consommation inférieure à la prévision durant la période [t1 ; t2] conduisant à
un décalage ;
L'ajustement des estimations issues du système d'information en période t1 et t2
conduisant à des ajouts et annulations de besoins sur les périodes t5 et t6 ;
Des rectifications du plan d'approvisionnements à t1 ;
HF HP
Ordres Planifiés à t0
3 2 7 3 6
Plan d'appro à t0
Appel de t0 à t1 ajout
rectification
Ordres Planifiés à t1
3 3 4 6 5
Plan d'appro à t1
Appel de t1 à t2 annulation
décalage
Ordres Planifiés à t2
4 4 2 6 6
Plan d'appro à t2
Appel de t2 à t3
t0 t1 t2 t3 t4 t5 t6 t7 t8 t9
(Un exemple de consolidation progressive des prévisions apparaît Figure II-22; On y remarque que pour un
nombre d'appels égal de 4 en t2, les quantités successivement prévues sont 7, 3 et 4)
Öp.162
89
[Link]
4.5 DYNAMIQUE DES RELATIONS DO/F
La dynamique de la relation entre le constructeur aéronautique et ses fournisseurs est le reflet du
processus qui à partir de données concernant les demandes du donneur d’ordres permet d’aboutir
à la livraison de produits, par le fournisseur. Les étapes d’une itération de ce processus qui se
reproduit de manière ininterrompue au fil du temps sont représentées sur la Figure II-23.
fGestion
Gestion gOrdre au des d Gestion c Demande
fournisseur e Planification des demandes du client
des demandes commandes
Flux de matière
Flux d’information
90
[Link]
cette fois au niveau des approvisionnements. Les ordres qui sont transmis aux fournisseurs
sont :
– les ordres suggérés par le plan d'approvisionnements qui sont traités et transmis au
fournisseur sous forme de commandes (qui peuvent être prévisionnelles ou fermes),
dans le cas où le système de conduite adopterait une planification des
approvisionnements.
– les ordres suggérés par les méthodes de pilotage des stocks (point de commande,
kanban) dans le cas d’une gestion sur stocks.
91
[Link]
Chapitre 5
PRINCIPE DE MODELISATION
Dans ce chapitre, le principe de modélisation de l'outil de simulation est présenté selon trois
aspects. Tout d’abord, la méthode de modélisation retenue pour représenter des systèmes de
production est abordée, ainsi que le type de simulations que l’on réalise. Ensuite, on expose notre
méthode d’utilisation de la modélisation multi-agents pour simuler une relation donneur
d’ordres/fournisseur. Une dernière partie traite du niveau de modélisation choisi pour reproduire
les systèmes étudiés.
5.1.1 L’agent
Pour situer le concept d’agent, il est utile de le positionner par rapport aux concepts d’objets et
d’acteurs qui permettent également de représenter la distribution de connaissance.
La classe d'objets est la notion centrale de la modélisation orientée objets qui propose de mettre sur un
même plan les données et les traitements qui s’y appliquent. Une classe est décrit par deux types
d’information :
Les attributs, qui permettent de décrire son état ;
Les méthodes, qui décrivent la manière dont évolue son état ;
92
[Link]
Un objet est alors une instance d'une classe. La communication entre objets se fait par l’échange
de messages, d’un objet vers un autre, lesquels déclenchent certaines des méthodes sur les objets
appelés.
Le concept d’acteurs est une extension du concept d’objet par ajout de la notion d’activité. Les
acteurs sont actifs, autonomes et communiquent par envoi de message asynchrone avec les autres
acteurs. Ils sont composés d’un ensemble limité de connaissance et peuvent déléguer des
messages à d’autres acteurs quand ils ne peuvent les traiter seuls. On trouvera une présentation
détaillée des principes généraux des langages d’acteurs faite par [Car 92], dans laquelle sont
notamment développés les notions de traitements parallèles, de communication asynchrone,
d’autonomie, de modification de comportement et de localité.
Grâce à leurs caractéristiques, les acteurs ajoutent donc à la notion d’objet la propriété de pouvoir
être concurrents. C’est en ceci que la modélisation orientée objets concurrents, fondée sur la notion
d’acteurs, représente une évolution.
Dans la littérature, on trouve une multitude de définitions de la notion d’agent selon le point de
vue privilégié. L’une des premières, due à [Fer 95], présente l’intérêt de ne faire référence à aucun
concept informatique :
Un agent est une entité réelle ou abstraite qui est capable d’agir sur elle-même et sur son environnement,
qui dispose d’une représentation partielle de cet environnement, qui, dans un univers multi-agents, peut
communiquer avec d’autres agents, et dont le comportement est la conséquence de ses observations, de sa
connaissance, et des interactions avec les autres agents.
Récemment, [Jen et al] ont dédié la définition suivante aux agents mis en œuvre dans les
approches multi-agents informatiques, les systèmes multi-agents :
Un agent est un système informatique, situé dans un environnement, et qui agit de façon autonome et
flexible pour atteindre les objectifs pour lesquels il a été conçu.
Les notions situé, autonomie et flexible sont définies comme suit :
situé : l’agent est capable d’interagir avec son environnement ;
autonomes : l’agent est capable d’agir sans l’intervention d’un tiers (humain ou
agent) et contrôle ses propres actions ainsi que son état interne ;
flexible : l’agent dans ce cas est :
− réactif : l’agent doit être capable de percevoir son environnement et
élaborer une réponse dans les temps requis ;
− proactif : l’agent doit exhiber un comportement proactif et opportuniste,
tout en étant capable de prendre l’initiative au bon moment ;
− social : l’agent doit être capable d’interagir avec les autres agents (logiciels
ou humain) quand la situation l’exige afin de compléter ses tâches ou aider
ces agents à accomplir les leurs.
93
[Link]
En fonctions des applications certaines propriétés sont plus importantes que d’autres, il peut
même s’avérer que pour certains types d’applications des propriétés additionnelles soient
requises.
Sur la base de ces définitions, on peut donc mesurer les différences entre les notions d’agents et
d’objet. Tout d’abord, tout comme les agents, les objets encapsulent leur état interne (leur
données). Ils peuvent également poser des actions sur cet état par le biais de leurs méthodes et ils
communiquent en s’envoyant des messages. A ce niveau, ils diffèrent des agents par leur degré
d’autonomie. En effet, une méthode doit être invoquée par un autre objet pour pouvoir
accomplir ses effets, tandis qu’un agent, s’il reçoit une requête, décide de son propre gré s’il doit
poser ou non une action. Un objet est donc un agent obéissant. De plus, une méthode est un
mécanisme trop primitif pour décrire une interaction.
Une autre différence provient du fait qu’on considère un agent comme étant lui-même une
source de contrôle au sein du système tandis que dans un système orienté objets, on n’a qu’une
seule source de contrôle. Un objet représente donc un niveau d’abstraction trop fin en terme de
modélisation de comportement.
94
[Link]
partage de résultats, forme de coopération dans laquelle les agents s’entraident
en partageant les résultats partiels.
Pour décrire un modèle multi-agents, [Lep 93] propose de suivre deux étapes. Tout d’abord il
suggère de décrire les propriétés de la structure générale. Il s’agit de définir les agents
intervenants dans le modèle ainsi que le processus de communication. Trois éléments sont à
préciser, la structure de communication, la nature de l’interaction entre agents et la nature des
informations échangées.
Dans un deuxième temps, il suggère de décrire la structure interne des agents (Figure II-24). Il
s’agit de définir :
l’objectif de l’agent (qu’il soit propre ou externe, statique ou dynamique) ;
l’état de l’agent (son état interne et sa croyance sur l’état des autres éléments du
système) ;
ses accointances et relations (ses relations avec les autres agents, sa capacité à les
percevoir et le degré de croyance envers ses accointances) ;
son script (comportement propre et comportement dû à ses croyances) ;
ses comportements de négociation (comportement lors d’une prise de décision en
coopération avec d’autres agents)
Accointances
Script
Propre
Comportement
négociation Croyances
Comportement
Accointances négociation
Objectifs
Etat
Propre Accointances
Croyances
L’implémentation informatique d’un modèle conçu sur un tel principe se classe dans ce que [Jen
et al,] qualifient de modélisation orientée agents (Figure II-25) et qui contribue à la réalisation des
systèmes multi-agents. A ce titre, le langage d’acteurs peut être considéré comme une
implémentation informatique d’un type particulier d’agent.
Un système multi-agents (SMA) se définit alors comme un système informatique distribué basé sur
les concepts de l’approche multi-agents. Un SMA est généralement caractérisé par :
La notion de point de vue de chaque agent (des informations ou des capacités
de résolution de problèmes limitées) ;
L’inexistence d’un contrôle global du SMA ;
95
[Link]
Les principales applications des SMA poursuivent deux objectifs majeurs. Le premier concerne
l’analyse théorique et expérimentale des mécanismes qui ont lieu lorsque plusieurs entités
autonomes interagissent. Le second s’intéresse à la réalisation de programmes distribués capables
d’accomplir des tâches complexes via la coopération et l’interaction.
Figure II-25 : Du modèle orienté objets (MOO) au modèle orienté agents (MOA)
Réalité
physique
MOA
Modélisation
POOC
Implémentation
Simulation
Evt. discrets
Exécution
96
[Link]
lors d’une modélisation multi-agents, en simulation, l’utilisation de données fictives peut mener à
des résultats inutilisables dans la pratique.
De plus, [Lep 93] nous rappelle que la simulation ajoute aux problèmes classiques de l’approche
multi-agents les problèmes de dynamique temporelle. En effet, alors que dans un modèle multi-
agents classique il suffit de gérer les problèmes de précédence, il faudra, dans le cas de la
simulation, assurer l’évolution en parallèle des agents et la cohérence temporelle des informations
échangées. En gestion de la production comme dans tous les domaines d'application ou l'on veut
simuler un système modélisé selon une approche multi-agents, différentes manières de mesurer
l’avance du temps se distinguent :
de manière proportionnelle au temps réel (très peu employée);
de manière continue ;
de manière discrète ;
D'autre part, plusieurs alternatives quant au choix du niveau de précision des agents existent,
selon la nature du problème à résoudre (problèmes globaux ou problèmes locaux), selon la
structure du problème et selon la quantité et la qualité des données disponibles pour caractériser
le problème. Les modèles microscopiques, les modèles macroscopiques et les modèles mixtes
constituent ces alternatives.
La spécification de [Lep 93] démontre qu'une approche microscopique est plus générale qu'une
approche macroscopique, puisque les problèmes locaux ne sont solubles que par des agents
microscopiques. Pour les problèmes globaux par contre, le choix dépend du problème. S'il s'agit
d'analyser le résultat d'interactions complexes entre entités du même type, une approche
microscopique est nécessaire. Si par contre il est possible de mettre en évidence plusieurs classes
d'agents interagissant entre elles (mais à l'intérieur desquelles les interactions sont facilement
modélisables), on préférera une approche macroscopique.
Concernant l'approche macroscopique, [Lep 93] déclare qu'elle conduit généralement à un
modèle plus facilement analysable, du fait de la sélection naturelle des éléments à prendre en
compte dans le modèle, et de l'homogénéité des données manipulées dans le modèle et dans la
réalité.
97
[Link]
5.2.2 Les acteurs et la simulation à événements discrets
[Lep 93] a montré qu'un langage d'acteur permet l'implémentation d'un système décrit au moyen
d'agents : Pour obtenir un langage d'acteur, il suffit de transformer les objets, éléments passifs (activés de manière
synchrone par les messages reçus) en éléments actifs (possédant un comportement propre, même si aucun message
n'est reçu), communicant par des messages asynchrones (c'est à dire qu'un message envoyé peut ne pas être traité
immédiatement par le récepteur).
Pour enrichir le modèle d'implémentation objet (basé sur ses variables d'instance et ses
méthodes), on peut définir un acteur comme un objet auquel s'ajoutent différentes variables
d'instance et des méthodes (Figure II-27) qui permettent d’une part de décrire la gestion
asynchrone des événements et d’autre part de faciliter la description du modèle agent.
Acteur
Variables d'instance
+
Objectif Objectif
+
Objet Accointances
Accointances
+
Variables Etat
Etat
d'instance
Comportement
Méthodes Méthodes
+
Politique de gestion
Comportement
de la
Boite aux lettres +
Politique de gestion
de la boite aux lettres
Parmi les variables d’instance, on note l’ajout d’une boite aux lettres. Elle consiste en une liste
ordonnée d'événements prévus pour l'acteur et leurs dates d'occurrence correspondantes. Ces
événements sont soit certains, soit des messages qui peuvent être traités de manière plus ou
moins prioritaire par l'acteur. Les accointances, état et objectif ont été présentés dans le modèle
d’agent (Figure II-24).
Parmi les méthodes, on trouve le comportement de l’acteur et la politique de gestion de la boite
aux lettres qui permet la réception, le traitement et le classement des messages envoyé à l’acteur.
Pour combiner une approche multi-agents avec les modèles de simulation avec avance discrète du
temps, il est nécessaire de suivre les trois étapes de la construction d’un modèle de simulation à
événements discrets (pour plus de détails sur cette technique on pourra consulter [Cer 88], [Kie et
al 02]) :
Tout d’abord construire un modèle conceptuel du système de réel. C’est à dire décrire
le système en présentant les objets qui le constituent, les états qu'ils peuvent prendre.
L'état d'un objet est caractérisé par la valeur de tous ses attributs, fixes et variables et
l’état du système est caractérisé par l’état de l’ensemble des objets qui le composent.
La particularité des modèles à événement discrets tient au fait que la granularité de
modélisation impose aux attributs des objets de ne prendre que des valeurs discrètes
98
[Link]
et, en conséquence, que des changements d'état ne peuvent avoir lieu qu'à des instants
précis que l'on appelle des événements.
Ensuite définir les règles opératoires qui vont faire évoluer cet état et rendre compte
du comportement dynamique du système. Elles sont définies aux niveaux des logiques
de changement d’état. Ces logiques décrivent la façon dont s'effectuent les changements
d'états, lors de l’occurrences des différents événements qui peuvent arriver dans le
système.
Ces événements sont de deux types : exogène, c'est à dire qu'ils sont générés par
l’environnement extérieur, et endogène, c'est à dire qu'ils sont la conséquence de
changements d’état du système.
L’occurrence des événements exogènes est fournie par l’environnement de façon
explicite (liste de dates d’événements extérieurs) ou implicite (loi d’arrivée des
événements extérieurs), tandis que celle des événements endogènes doit être
déterminée en tenant compte de la logique de changement des états des objets du
système, [Bel 98]. Dans ces logiques, on retrouvera donc :
− Les différents changements d'état à réaliser lors de l'occurrence d'un
événement ;
− Les règles de génération d'événements futurs à déclencher lors de l'occurrence
d'un événement ;
Enfin, sélectionner une méthode d’avance du temps pour reproduire progressivement
l’évolution de l’état du système au cours du temps, sur un horizon donné.
Sur un horizon de simulation donné, cela consiste à calculer les dates d’occurrence
des différents événements dans l'ordre croissant de leur occurrence. Ceci peut être fait
selon deux méthodes :
− soit on effectue une avance du temps par sauts d’événements en
événements (Figure II-28). Cette méthode nécessite l'utilisation d’un nouvel objet,
un échéancier. Un échéancier est une liste qui contient tous les événements prévus
du système et de leur date d’occurrence.
Cette liste ordonnée est mise à jour à chaque occurrence d’un événement.
L'échéancier est alors le garant du réveil d’un objet à la date de l’événement qui
l’affecte. L’objet réveillé effectue ses changements d’état et déclare d’éventuels
autres événements qui sont classés chronologiquement dans l’échéancier. Ce
processus se répète jusqu'à ce que l'horizon de simulation soit atteint ou bien que
plus aucun événement ne soit présent dans l'échéancier. Cette méthode d'avance
du temps permet de ne gérer que les dates auxquelles un changement d’état doit
être effectué.
99
[Link]
Evénements
temps
temps
Dans notre démarche, les acteurs précédemment définis seront utilisés en lieu et place des objets.
Lors de l’implémentation la principale difficulté réside dans le choix de la gestion du temps
associée au modèle d’exécution.
Dans le cadre d’une implémentation monoprocesseur, la gestion centralisée est la plus simple à
mettre en œuvre. Cependant, le système d’acteur qui a été proposé s’inscrit pleinement dans une
approche distribuée et les différents types d’informations qui sont susceptibles d’y circuler
possèdent les caractéristiques :
Des messages synchrones, qui correspondent à des échanges d’information entre
acteurs sans nécessité de passer par la boite aux lettres ;
Des messages asynchrones, dont l’action correspondante nécessite du temps et qui
sont marqués de leur dates d’occurrence et qui sont gérés par la boite aux lettres ;
100
[Link]
Des informations concernant l’occurrence d’un événement sur lequel un acteur n’a
aucun pouvoir et qui sont insérés dans la boite aux lettres indépendamment du
système de gestion propre de l’acteur ;
[Lep 93] propose un principe simple de gestion du temps dont l’aspect centralisé, masqué à
l’utilisateur, permet de restituer un modèle d’exécution distribué : l’emploi d’un échéancier,
similaire à ceux utilisés dans les simulations à événements discrets, garant de la cohérence de
l’évolution du système global.
Pour y parvenir, l’échéancier se charge de donner la parole à l’acteur qui possède dans sa boite
aux lettres le message marqué de la plus proche date d’exécution (Figure II-30).
Echéancier
Acteurs Date
du modèle de réveil
Acteur i i3
Acteur j j4
Acteur k k1 Fin de
tâche
Co mportement
Co mportement Boite au x lettres
j4 j2 j1 j3 ...
Acteur k
Acteur i
Co mportement
Acteur j
La structure de cet échéancier est donc composée de la liste de tous les agents avec leur date de
prochain réveil. Le déroulement d’une simulation se fait en trois phases, [Tel et al 01] :
Au cours de la simulation, l’échéancier choisit dans sa liste l’acteur dont la date
correspondante est minimale et lui envoie un message de réveil ;
Une fois réveillée, l’acteur prend dans sa boite aux lettres le premier message à traiter
et l’exécute ;
Cette action terminée, il efface le message de sa boite aux lettres et avertit l’échéancier
de la date correspondante au nouveau premier message le concernant ;
L’échéancier modifie en conséquence la date de réveil de l’acteur, puis donne la parole
au prochain acteur suivant le même processus ;
Lorsque la date traitée est supérieure à l’horizon de simulation, celle ci est terminée.
Du point de vue des acteurs, la gestion des messages consiste à classer ceux ci dans leur boite aux
lettres, suivant leur règle de gestion et d’informer l’échéancier d’un éventuel changement de date
de réveil.
101
[Link]
5.3 LE NIVEAU DE MODELISATION
Le chapitre précédent a présenté les systèmes industriels susceptibles d'être étudiés avec l'outil,
systèmes industriels classés selon différents types d'entreprises lors de la description du réseau
d'approvisionnement d'Airbus :
Les équipementiers, semi-équipementiers et prestataires de services ;
Les sous-traitants ;
Les fournisseurs.
Dans la seconde partie, a été souligné la nécessité de concevoir un outil qui ne soit pas dédié à un
seul type d'entreprises, mais plutôt un outil adaptable à tout le réseau d'approvisionnement.
Il s'agit, pour satisfaire cette exigence, de disposer dans l'outil de simulation d'un cadre de
modélisation suffisamment souple pour permettre de représenter aussi bien un sous-traitant
composé de quelques ressources, qu'un équipementier organisé en lignes composées de multiples
ressources. En raison de ses caractéristiques, la simulation à événements discrets assure de la
possibilité de représenter la dynamique des systèmes industriels d'une taille semblable à ceux
rencontrés chez les petits sous-traitants.
D'autre part, nous avons remarqué qu'en entreprise, l'outil de décision est souvent Excel et que
les décideurs ont pris l'habitude de modéliser simplement leurs problèmes avec ce type de tableur
et de chercher à les résoudre par optimisation ou simplement par simulation [Bap et al 01].
Concernant les systèmes industriels plus complexes, cela signifie que les décideurs ont l'habitude
de manipuler des représentations relativement macroscopiques des systèmes qu'ils gèrent.
Pour s'en convaincre, sur les Figure II-31 et Figure II-32, on présente les fichiers correspondants
au suivi de l'avancement des tâches qui aboutissent à la réalisation d'un équipement, et un fichier
de suivi type des livraisons d'un équipement (fichiers présentés à titre d'exemple).
102
[Link]
103
[Link]
On remarque sur ces deux fichiers, deux des caractéristiques spécifiées pour l'outil, la
décomposition macroscopique en sous-système et son utilisation pour faciliter le suivi de
l'évolution des situations.
En d'autres termes, il s'agit de fichiers représentant des projections de la dynamique du processus
de fabrication, réalisé à un instant précis.
Dans son principe, le cadre de modélisation proposé au sein de l'outil est identique, nous
parlerons dans le reste du document de modélisation macroscopique. Ainsi en utilisant la simulation à
événements discrets pour représenter l'avance du temps, nous satisferons aux besoins d'analyser
la dynamique des processus de ces modèles macroscopiques,
104
[Link]
De même, sur la Figure II-34 une description macroscopique d'un produit complexe, susceptible
d'être réalisé sur un site de production semblable à celui de St-Eloi, est représentée.
105
[Link]
Chapitre 6
MODELISATION D’UNE RELATION DE LA CHAINE
LOGISTIQUE
au niveau de l'entreprise :
106
[Link]
Comme nous l'avons présenté au §4.1 , l'organisation des systèmes industriels s'appuie, pour
des raisons de complexité, sur une décomposition en sous problèmes. Cette décomposition
fait apparaître une structure hiérarchisée s'appuyant sur une organisation en réseau de
différentes fonctions de l'entreprise. Ces fonctions en interaction sont :
La fonction de Planification du système industriel ;
La fonction Approvisionnement
La fonction Production
La fonction Distribution
Dans notre modèle, nous décomposons l'entreprise en sous-agents. Ces sous-agents seront
associés d'une part, aux différentes fonctions de décisions du système de gestion de la
production et d'autre part, aux différents systèmes physiques impliqués par ces fonctions.
En résumé, nous abordons la chaîne logistique avec une approche multi-agents, dont l'agent
élémentaire est l'entreprise. Pour implémenter ce modèle, nous utiliserons des acteurs pour
représenter les sous agents de l'agent Entreprise, dont l'organisation et la combinaison permettent
d'une part, de considérer les interactions interne à l'entreprise au niveau du système multi-agents
global et d'autre part, de représenter les interactions du niveau d'abstraction de la chaîne
logistique.
La caractéristique de notre concept est de permettre la modélisation d’une relation industrielle
composée de plusieurs acteurs, selon différents niveaux de détails simultanément. Ce cadre de
modélisation offre deux axes de décomposition :
selon le système physique (chaîne logistique, entreprise, système physique de
production) ;
selon le système de pilotage (pilotage centralisé et pilotage distribué) ;
107
[Link]
L’originalité de ce modèle consiste dans la cohabitation de ces deux types de décomposition bien
connus séparément, mais dont la coexistence reste un problème mal maîtrisé à ce jour.
108
[Link]
résultats (génération d’ordres de fabrication et d’achat). Ce sous-agent ne possède donc
pas de système physique.
Information
Entreprise Information
Système de
Planification
Système Système de
d’approvisionnement Distribution
Système de
Production
Produits Produits
♦ Accointances
Chaque agent Entreprise est en relation avec un ou plusieurs autres agents du même type.
L'ensemble des agents Entreprises utilisés pour représenter une relation de la chaîne logistique
constitue alors le système multi-agents.
c ) Comportement
♦ Etat de l'agent
L’état d’un agent Entreprise est la résultante de l’état de chacun des sous-agents qui le
composent. Il possède les caractéristiques suivantes :
Situé : sensible aux évolutions de son environnement (la prise en compte des
comportements des autres agents Entreprise du système multi-agents est réalisée par
le sous-agents Système de Planification concernant l'agent Entreprise Fournisseur, par le
sous-agent Système de Distribution concernant l’agent Entreprise Donneur d’Ordres et par
le sous-agent Système d’Approvisionnement concernant les agents Entreprise Fournisseurs
du Fournisseur).
Autonomes : capable de définir et de réaliser les actions qui lui incombent sans
intervention externe, mais selon les stratégies qui lui auront été assignées (selon que
la configuration des modes de gestion de l’agent Entreprise, les décisions sont prises
en central par le sous-agent Système de Planification ou de manières distribué par les
trois autres sous-agents).
Flexible : réactif aux événements pour y élaborer une réponse. Cependant, l'agent
n'est ni social, ni proactif. En effet, l'atteinte de ces caractéristiques constitue
l'objectif principal de l'utilisation l'outil lors du déploiement de la méthodologie.
♦ Comportement
109
[Link]
L'autonomie de l'agent Entreprise s'exprime par sa capacité piloter son système de production
selon différentes méthodes pour réaliser des produits finis. Dans la partie 6.3.1 , on définira
plus en détail comment cet agent assure son propre pilotage à moyen terme (planification) et
à court terme, en mettant en œuvre, simultanément ou non, les méthodes de pilotages de
types flux poussés et flux tirés. L'agent Entreprise est un agent capable d'interpréter le
comportement d’autres agents du système multi-agents. Notamment, en tant que fournisseur
il peut interpréter les informations reçues d'un agent Donneur d'Ordres.
De même, on montrera comment cet agent réalise la fabrication des produits demandés par
son client et la réception des produits livrés par ses fournisseurs (§6.3.2 ). Le comportement
dynamique de cet agent est traité au §6.3.5 .
Four A
Co
SA SD
Fournisseur Donneur d'ordre
Commandes Commandes
[Link] [Link]
SPd
[Link] [Link]
SA SD Produits Produits
SPd
Au sein du modèle global, les agents Entreprise communiquent entre eux par échanges de
messages. Ces messages véhiculent des caractéristiques concernant les produits et les
informations.
Remarque : dans la suite du document, nous parlons d'objets en lieu et place des "messages transportant des
caractéristiques concernant les objets modélisés".
Les agents ne partagent ni les connaissances sur leurs états respectifs, ni leurs tâches respectives.
En ce sens, ce sont des agents à gros grains qui peuvent collaborer sur des tâches de planification,
pourvu qu'ils aient été préalablement paramétrés pour.
110
[Link]
L'évolution du modèle multi-agents au cours du temps donne lieu à des échanges d'objets
correspondants à :
L'envoi périodique de prévisions par le donneur d'ordres au fournisseur ;
L'envoi des ordres d'approvisionnement au fournisseur.
L'envoi des ordres d'achat vers les fournisseurs du fournisseur.
La livraison des matières et composants par les fournisseurs du fournisseur.
Les livraisons des produits finis au donneur d'ordres.
Produit
Centre de Stockage
Centres de Service producteur
- Durée de fabrication
- Taille du lot de
fabrication
- Durée de changement
d'outil
Produits composés
Produits composants
Rapports de nomenclature
∅
b ) Les informations
De manière générique, entre un agent Entreprise Client et un agent Entreprise Fournisseur, deux types
d'informations peuvent être échangés dans le système multi-agents :
Des commandes ;
Des prévisions de commandes.
111
[Link]
Cependant ce système multi-agents étant dédié à l'étude des relations entre Airbus et ses
fournisseurs, les informations fournies par l'agent représentant Airbus sont :
Des appels de livraison ;
Des plans d'approvisionnements.
a ) Objectif du sous-agent
Ce sous-agent a pour objectif :
D’interpréter les besoins de l'agent Donneur d'Ordres, ;
De réaliser des plans de production pour les éléments du système de production gérés
selon un mode planifié ;
De définir les approvisionnements des matières et composants gérés selon ce mode.
b ) Structure du sous-agent
112
[Link]
♦ Système de planification
Le sous-agent modélise le système de gestion centralisée de l’agent Entreprise. Il fonctionne à
partir des informations concernant :
Les ressources : ce sont les types de produits fabriqués, les niveaux des seuils de
sécurité, les tailles de lot de planification ;
Les produits : les informations utiles sont essentiellement celles contenues dans les
nomenclatures ainsi que les délais de planification relatifs à chacun des produits
fabriqués;
Les calendriers : les informations concernant le calendrier spécifique à la planification,
qui sont la période de référence pour la planification, la périodicité de planification, la
taille de l’horizon de planification et la taille de l’horizon gelé.
113
[Link]
114
[Link]
permet de tenir compte de l’écart entre l’évolution du système simulé et
l’évolution planifiée.
Le système physique réalisant ses fabrications avec plus ou moins de contraintes,
il peut en effet apparaître que des besoins planifiés lors de périodes précédentes
soient attendus sous forme de livraison pour la période en cours et ne soient
finalement pas disponibles.
115
[Link]
d ) Représentation du sous-agent
L’ensemble des caractéristiques de ce sous-agent est synthétisé sur la Figure II-40.
Système de
- Plans d'approvisionnement
Planification
Système Pilotage
Interpréter les
prévisions
Comparer des
évolutions prévues /
évolutions réelles
Etat Calculer les Besoins
Actif / Inactif Diffuser les OF & OA
b ) Structure du sous-agent
Le modèle du sous-agent Système de Production représente la structure physique du système de
production de l’agent Entreprise et les systèmes de pilotage distribués de chacune des ressources
qui le composent.
♦ Le système physique
Pour permettre de représenter différentes structures du sous-agent Système de Production, deux
entités sont nécessaires :
Les Centres de Service :
Ils servent à modéliser les activités de production indépendamment des niveaux
d’abstraction avec lesquels on les considère. Pour cela ils s’utilisent selon deux formats,
soit comme ressource élémentaire, soit comme ressource macroscopique. La mise en
pratique de la représentation multi-niveaux des systèmes physiques de production est
donc réalisée et reproduite par l'intermédiaire de ces entités.
116
[Link]
Le chapitre 8 présente le modèle permettant de proposer cette représentation multi-
niveaux des systèmes de production.
Les Centres de Stockage :
Ils modélisent des files d’attentes, qu'elles soient affectées (cas des stocks devant machine)
ou non affectées (cas des stocks intermédiaires).
Techniquement, les entités Centre de Service et Centre de Stockage sont modélisées à l'aide
d'acteurs. Le modèle d'implémentation orienté acteurs (Figure II-41) s'appuie sur une
approche récursive pour représenter différentes structures physiques des systèmes de
production.
Système physique
de Production
1+ 2+ … est composé de …
2+ … est un …
Centre de Service Centre de Stockage
Association multiple
Ressource Ressource
macroscopique microscopique
Produit
Pour associer la structure des produits (§6.2.3 a ) aux processus de fabrication, [Jac 84]
suggère de synthétiser la nomenclature et le processus industriel dans le product network
(Figure II-42). Cette modélisation permet une image simultanée de la structure des flux de
produits entre les acteurs Centre de service et Centre de stockage.
Intégration de la nomenclature et
Nomenclature
du processus industriel
P6
P1
P5 P4
A1 A2 P4
P3 P2 P1
P3
Processus industriel A3 A4 A5 P5
P4 : A1 A2 P2
P5 : A3 A4 A5 P4
A6 P6
P6 : A6
P5
117
[Link]
Au niveau des centres de service, il n’existe pas de gammes de fabrication détaillées, seul le
Product Network représente les macro-gammes de fabrication au niveau du système du
industriel global.
Un acteur Centre de service est donc autonome et/ou dépendant vis-à-vis du sous-agent central
Système de Planification. Ces entités possèdent donc une capacité de décision relative aux
lancements de production en pilotage distribué.
Dans les modélisations classiques, les ressources sont associées à des files d’attente qui leur
sont propres. Pour représenter les décisions de pilotage, des règles sont utilisées par chacun
d'entre eux. Elles consistent à affecter des indices de priorité aux pièces présentes dans les
files d'attente des ressources et à choisir les pièces à fabriquer en fonction de leur occupation
et de ces indices de priorité.
Dans notre cas, pour mixer les modes de gestion centralisé et distribué, les files d'attente (les
Centres de Stockage) sont décorélées des ressources (les Centres de Service). Une méthode
décrivant le comportement propre à l’acteur Centres de Service lui permet d'évaluer
l'opportunité de débuter une fabrication en fonction du type de pilotage considéré.
On retrouve dans le détail de l'acteur Centre de service, Figure II-43, les variables d'instance
utiles pour décrire sa structure, ses accointances et plus particulièrement les modes de gestion
centralisé (la planification MRP) et distribué (la gestion KANBAN).
Figure II-43 : Les acteurs Centre de Service et Centre de Stockage et l'objet Produit
118
[Link]
Pour simuler le fonctionnement d’un système de production géré simultanément en utilisant
plusieurs modes de gestion, la principale difficulté réside dans la modélisation de l’utilisation
commune des ressources. Il s’agit ici de coupler deux modèles, l'un pour le pilotage à court
terme, le KANBAN et l'autre pour le pilotage à moyen terme, la planification MRP. Trois types
d'intégration de ces modes de gestion sont envisageables :
Une intégration par partage de la capacité des centres de service.
Dans ce cas, on réalise arbitrairement des allocations de capacité pour la réalisation des
ordres de fabrication de chacun des types de pilotage, tout en veillant à conserver une
capacité en réserve pour favoriser la souplesse de répartition du travail.
Une intégration par réservation horaire des centres de service.
L'approche consiste à allouer arbitrairement des créneaux temporels pour la réalisation
des ordres de fabrication de chacun des types de pilotage. La limite de cette approche est
son manque évident de souplesse vis-à-vis de la dynamique de la distribution du travail.
Une intégration par confrontation de priorités d'affection.
L'utilisation du centre de service est ici réalisée en fonction de priorités qui modélisent
soit un comportement de service au client (priorité par client), soit un comportement de
production (priorité par type d'ordres par exemple), soit une combinaison de ces deux
cas.
Dans notre approche, nous optons pour une intégration MRP/KANBAN par confrontation de
priorités d'affection. Le principe de fonctionnement, illustré Figure II-44, est le suivant :
A période fixe :
L’acteur Centre de service intègre les ordres de fabrication issus de la planification réalisée
puis transmise par l'agent Système de Planification. A chaque arrivée d’un ordre de
fabrication correspond la création d’un événement dans la boite aux lettres de l’acteur
Centre de service concerné.
Au cours du temps :
Les ordres fabrication déclenchés par le système de gestion KANBAN sont intégrés de la
même manière dans la boite aux lettres de l’acteur.
119
[Link]
Plan k t
Plan k+1
PLANIFICATION t
Plan k+2
t
ARRIVEE
KANBAN kb1 kb2 kb3 kb4
of2 of4
of1 of2 of3
EVOLUTION of1 of2 kb4
DE LA BOITE kb1 kb2 kb3 kb3 of1 of2 kb4
AUX LETTRES
Le chapitre 8 aborde la manière dont les ordres de fabrication présents dans les boites aux lettres
des acteurs Centre de Service sont traités.
♦ Accointances du sous-agent
Le sous-agent Système de Production est en relation avec tous les sous-agents de l’agent
Entreprise. (Figure II-35). En effet, il participe :
Aux flux physiques de matières, composants, produits intermédiaires et finis entre lui et
les sous-agents Système de Approvisionnement et Système de Distribution.
Aux flux d’information faisant intervenir le Système de Planification (réception des ordres de
fabrication et diffusion de l’état du système) et le Système de Distribution (réception des
cartes KANBAN).
c ) Comportement dynamique du sous-agent
♦ Etat du sous-agent
L'état du sous-agent Système de Production est la résultante de l'état de l'ensemble des acteurs qui
le constitue.
Il est déterminé par la connaissance
au niveau du système physique :
des niveaux des stocks de produits intermédiaires
de la disponibilité des acteurs Centre de Service.
au niveau des systèmes de pilotage :
de la quantité d'ordres de fabrication lancés
de la quantité d'ordres de fabrication en attente de lancement
Selon le mode gestion du système de production, centralisé ou distribué, cet agent possède
une certaine autonomie. Il s'agit donc d'un agent réactif avec un potentiel proactif.
♦ Comportement
120
[Link]
Si le mode de gestion est de type flux poussé (centralisé), il s'agit d'un agent réactif, qui
accomplit sa production en parallèle des comportements des autres agents. Son
comportement se décline au niveau du système physique.
Par contre, si le mode de gestion est distribué (flux tiré) ou semi-distribué (mixage flux
poussé/flux tiré), la tâche de cet agent consiste, de surcroît, à proposer des ordres de
fabrication pour assurer un niveau de stock en produits intermédiaires et finis suffisant. Son
comportement d’agent proactif se décline alors au niveau du système physique et du système de
pilotage.
121
[Link]
Les deux figures suivantes représentent les procédures de changement d’état utilisées par les
acteurs Centre de Stockage.
Pratiquement, la boite aux lettres des acteurs est utilisée pour conserver l’ensemble des
actions à réaliser. Dans le cas d’un Centre de Service, une action consiste à lancer une
fabrication. Pour le Centre de Stockage, elle consiste à retourner une étiquette KANBAN
lorsqu’un bac est utilisé.
122
[Link]
minimisation de changement de série, priorité aux ordres planifiés, priorités aux ordres
KANBAN, etc.
Quand la décision de débuter une fabrication est prise, l’acteur Centre de Service positionne un
événement dans sa propre boite aux lettres afin de gérer son réveil à l'instant de sa date de
libération. Sans anticiper sur les dates des événements présents dans la boite aux lettres, cet
événement déclenche le réveil de l'acteur pour lui permettre de prendre une nouvelle décision
quant à un nouveau lancement en fabrication.
123
[Link]
Choisir une politique de gestion de tableau KANBAN.
Dans le cas d’un acteur possédant plusieurs produits gérés en KANBAN, celui-ci
dispose de deux méthodes de décisions concernant le choix du produit à réaliser.
Syst. Pilot
Analyser les
OFKanban et
OFMRP
b ) Structure du sous-agent
♦ Le système physique
124
[Link]
La structure physique de ce sous-agent est essentiellement constituée des Centres de Stockage
des matières premières et/ou composants primaires des produits fabriqués par le sous-agent
système de Production. Ces Centres de stockages sont modélisés par des acteurs passifs ou actifs
selon le mode de pilotage.
♦ Le système de pilotage d’un acteur Centre de Stockage
A l’identique du sous-agent Système de Production, les acteurs de ce sous-agent sont susceptibles
d’être autonomes en définissant eux-mêmes les ordres d’achat permettant de respecter des
stratégies de gestion de type renouvellement de consommation.
Ainsi, les boites aux lettres des centres de stockage peuvent recevoir aussi bien des ordres
d’achat issus du Système de Planification que des ordres d’achat définis de manières autonomes.
♦ Comportement
Dans le cadre d’un pilotage par l’agent de pilotage central, les acteurs sont passifs. Ils ne
réalisent alors que l’exécution des suggestions d’achat proposées par le Système de planification.
125
[Link]
Le système de pilotage consiste alors à définir les paramètres à partir desquels le Système de
planification déterminera les approvisionnements à réaliser.
♦ Evénements et Logiques de changements d’états
Les événements du modèle de la dynamique du sous-agent Système d’Approvisionnement sont
identiques à ceux présentés dans le §concernant le sous-agent Système de Production (6.3.2 c )
auquel on ajoute l’événement Début Approvisionnement.
Cet événement déclenche la procédure APPROVISIONNER, sous-procédure de la
procédure DESTOCKER,. qui modélise le comportement du Fournisseur de l’agent Système
d’Approvisionnement.
Cette sous-procédure est spécifique au cas des matières premières et/ou composants
approvisionnés auprès de l'agent représentant le Fournisseur du Fournisseur. Elle génère des
approvisionnements soit en fonction du niveau du stock, dans le cas d’une gestion par point
de commande, soit en fonction d’une périodicité de commande, dans le cas d’un
renouvellement à date fixe.
126
[Link]
La politique de gestion des stocks choisie par produits (renouvellement
périodique, point de commande, planification)
Le paramétrage correspondant à chacune des politiques de gestion (seuil de
déclenchement, période de recomplètement, stock de sécurité)
d ) Représentation du sous-agent
L'ensemble des caractéristiques décrites est synthétisé sur la Figure II-52.
- Commandes
- Prévisions Système - Ordres Achat
- Plan Production
- Etat d’Approvisionnement
Syst. Pilot.
Interpréter les plans
de production
Définir les
Approvisionnements
(prévision et appels)
- Matières - Matières
- Composants - Composants
b ) Structure du sous-agent
♦ Le système physique
La structure physique de ce sous-agent est essentiellement constituée des Centres de Stockage
des produits finis fabriqués par le sous-agent système de Production. Ces Centres de stockages sont
modélisés par des acteurs passifs ou actifs selon le mode de pilotage.
127
[Link]
♦ Le système de pilotage d’un acteur Centre de Stockage
A l’image du sous-agent Système d’Approvisionnement, les acteurs de ce sous-agent sont
susceptibles de déclencher des ordres de recomplètement aux acteurs du Système de Production,
dans le cadre d’une gestion de type KANBAN.
♦ Accointances du sous-agent
En terme de flux d'information, selon qu’il appartient à un agent Entreprise Fournisseur ou un
agent Entreprise Fournisseur du Fournisseur, il reçoit dans le premier cas des appels de livraison
du sous-agent Système d’Approvisionnement.
En terme de flux physiques, il transmet des produits au Système d’Approvisionnements.
c ) Comportement dynamique du sous-agent
♦ Etat du sous-agent
L'état du sous-agent Système d’Approvisionnement est la résultante de l'état de l'ensemble des
acteurs qui le constitue. Il est essentiellement déterminé par la connaissance des niveaux des
stocks de produits finis au niveau du système physique.
♦ Comportement
Le seul comportement de ce sous-agent est la transmission des ordres de recomplètement
KANBAN, dans le cadre d’un pilotage distribué.
♦ Evénements et Logique de changement d'état
Evénements et procédures de changement d’état sont identiques à ceux et celles des acteurs
Centre de Stockage présentés au niveau du sous-agent Système de Production (6.3.2 c ) .
d ) Représentation du sous-agent
L'ensemble des caractéristiques décrites est synthétisé sur la Figure II-53.
6.3.5 Synthèse
Comme cela a été présenté au début du chapitre (6.2.1 ), l'agent Entreprise est structuré selon
quatre sous-agents représentant les systèmes suivants :
Le système d'Approvisionnement ;
Le système de Production ;
Le système de Distribution ;
Le système de Planification.
128
[Link]
- Ordres de Livraison
- Ordres Livraison Système de - Commandes
- Etat. Distribution
Syst. Pilot
Transmettre les
appels
La Figure II-54 propose une vue d'ensemble de l'agencement de ces différents sous-agent au sein
de l'agent Entreprise.
Entreprise
Plans
d'approvisionnement
[Link]
S. Phy
Etat
Etat SA
- Commandes
- Prévisions - Proposition OF - Ordres de
- Etat S. App Ordres Livraison
Achat - Commandes
[Link]
Syst.
Pilot Etat SP
Sys. Pilot
Ordres
Etat S. Phy Livraison
- Matières Produits
- Composants finis
[Link]
Produits
Sys. Pilot finis
Etat S. Phy
- Matières
- Composants
129
[Link]
les événements déclenchés par les acteurs Centre de Planification, Centre de Service et Centre de
Stockage du modèle et les différentes procédures de changement d’états qu’ils exécutent.
Procédures Evénements
Evénements Procédures
déclenchées déclenchés
Début Production Produire Libération ressource
Produire
Libération Ressource Analyser Début Stockage
Début Stockage Stocker Début Production
Analyser
Fin Stockage Analyser Début déstockage
Déstocker Stocker Fin Stockage
Début déstockage
Approvisionner Fin déstockage
Déstocker
Fin déstockage Analyser Renvoi Etiquette
Renvoi Etiquette Retourner Retourner Fin Renvoi
Fin Renvoi Analyser Planifier Début Planification
Début Planification Planifier Approvisionner Début Stockage
130
[Link]
des modules de vérification de la cohérence des dates prévues selon les référentiels
calendaire des différents acteurs.
La régulation de l’évolution du modèle se déroule alors selon les étapes prédéfinies dans
les logiques de changement d’état.
Concernant le cas particulier de la simulation de la fabrication d’un produit sur un acteur
Centre de Service, l’enchaînement des événements est le suivant (on suppose que les
produits nécessaires à la fabrication sont disponibles et ont été déstockés de leur Centre de
Stockage respectif) :
L’échéancier principal réveille l’acteur Centre de Service concerné (c sur la
Figure II-55) ;
Le système de pilotage de l’acteur élimine l'événement correspondant à l’ordre
de fabrication à effectuer de sa boite aux lettres ;
Conformément à la logique de changement d’état, la ressource se déclare
occupée ;
Le système de pilotage de l'acteur Centre de Service détermine la date de libération
de la ressource et positionne l’événement correspondant dans la boite aux lettres
(d) ;
Un événement indiquant la date de stockage des produits fabriqués est inséré
dans la boite aux lettres de l’acteur Centre de Stockage correspondant (e);
131
[Link]
Les acteurs ayant reçus de nouveaux événements effectuent un tri de leur
boite aux lettres selon les règles de priorité définies dans les heuristiques (f)
(g);
L’échéancier intègre les nouvelles dates de réveil de ces événements et se
charge de réveiller l’acteur correspondant à l’événement suivant.
Selon que l'acteur Centre de Service modélise une ressource macroscopique ou microscopique, la
modélisation de sa disponibilité et la détermination des dates de stockage des produits sont
différentes. Leur calcul fait l’objet du chapitre suivant.
132
[Link]
133
[Link]
Chapitre 7
GESTION DE LA DISPONIBILITE DES RESSOURCES ET DES
PRODUITS
Dans cette partie, le chapitre 5 a introduit les systèmes industriels présents dans le réseau
d'approvisionnement d'Airbus. Les principes de modélisation ont été abordés au chapitre 6, et
notamment le concept de modélisation macroscopique. A l'issue du chapitre 7, la structure multi-
agents permettant de modéliser les systèmes industriels est connue et permet dans ce chapitre de
présenter sa mise en œuvre dynamique. Ce chapitre s'intéresse tout particulièrement aux
mécanismes de calcul des dates d'occurrence des événements.
134
[Link]
Pour définir les dates de ces événements futurs à des instants précis de la simulation, les
mécanismes de détermination utilisent :
La connaissance de l’évolution passée du système :
Il s'agit de l'historique des états du système ainsi que l'historique des événements
déclencheur de changement d'états.
La connaissance d'événements prévus mais non réalisés à l’instant du calcul :
L'idée ici est d'exploiter au cours de la simulation, la connaissance des dates
d'occurrence d'événements qui auront lieu après la date en cours. Ces informations
constituent une connaissance partielle du futur à certain instant, mais s'avèrent être
suffisantes pour permettre de prévoir avec une meilleure précision l'occurrence
d'événements à venir.
7.1.1 Hypothèses
Tout au long de ce chapitre, on suppose que l'agent Système de planification et les Systèmes de Pilotage
des acteurs Centre de Service ont suggéré plusieurs ordres de fabrications (OF) à la ressource k que
l'on analyse (voir §6.3.1 et §6.3.2 ).
On suppose ensuite que ces OF peuvent et doivent débuter à partir d'un même instant appelé trep.
Ceci correspond, par exemple, au cas de OF suggérés par l'agent Système de planification sur une
période donnée, dont le début de la période correspond à la date appelée trep.
A cette date, les événements correspondant à ces OF sont alors positionnés dans la boite aux
lettres de l'acteur modélisant la ressource k (§6.3.2 ). Comme présenté sur la Figure II-57, on
suppose que tous les événements qui sont prévus après trep sont correctement ordonnés dans la
boite aux lettres selon les heuristiques d'affectation de priorité (§6.3.2 ).
135
[Link]
Ressource k
OF à réaliser OF 3 t
trep
à partir de t ≥ trep OF 2
OF 1
Ainsi, à l'instant trep le déclenchement d'une fabrication d'un OF devient possible dès que la
ressource k et les composants sont disponibles.
Tout l'objet de ce chapitre est de déterminer quand les différents OF pourront être lancés en
fabrication (début de fabrication) et quand les produits fabriqués pourront être stockés (disponibilité
des produits), dans le cas d'acteurs Centre de Service modélisant aussi bien des ressources
microscopiques que des ressources macroscopiques.
Dans le §suivant, nous présentons tout d’abord les notations utilisées pour modéliser le système.
Pour exprimer la date de début de fabrication, nous traiterons successivement le cas des acteurs
Centre de Service modélisant :
- Des ateliers composés de ressources élémentaires ;
- Des ateliers composés de ressources élémentaires en parallèle.
Pour déterminer la règle de calcul de la date de Début de Stockage des produits fabriqués, nous
traiterons successivement le cas des acteurs Centre de Service modélisant des Flowshop :
- Des Flowshop composés d'étages de ressources élémentaires ;
- Des Flowshop composés d'étages de ressources multiples en parallèle.
7.1.2 Notations
Dans un atelier, lorsque l'on décide de fabriquer une certaine quantité de produits finis
correspondants à une certaine référence (i) on crée un dossier de fabrication.
Le lot de produits à fabriquer est alors considéré comme une entité physique indivisible et il est
identifié par son numéro du lot de produits.
En fonction de leur sensibilité, les produits qui composent un lot en cours de réalisation
pourront, où non, être identifiables. Ils seront alors caractérisés :
soit par leur appartenance à un lot ;
soit par un numéro de produit indexé sur le numéro de lot.
Par abus de langage, quand un seul produit fini doit être fabriqué, on parle indifféremment de lot
de produits ou de produit.
136
[Link]
Le processus de fabrication à suivre pour réaliser un lot de produits est la gamme fabrication
(Gi)de la référence des produits qui composent le lot. Ce processus est spécifiquement décrit
pour chaque numéro de lot dans un ordre de fabrication particulier (ou travail). Cet ordre de
fabrication, qui est identifié par un numéro d’ordre de fabrication (ou numéro du travail), est le reflet de
la gamme de fabrication de la référence du type de produits considérés.
L’exécution d’un ordre de fabrication consiste à réaliser l’enchaînement d'opérations décrit par la
gamme de fabrication. Chaque opération est réalisée sur une ressource. L'ensemble des
opérations peut être effectué sur une ou plusieurs ressources. Chaque opération est identifiée par
un numéro d’opération qui est relatif au numéro de l’ordre de fabrication du numéro de lot
considéré.
Remarque : Dans toute la suite de ce document, le terme travail sera préféré au terme ordre de fabrication.
Les processus de fabrication peuvent être exprimés en considérant les notations suivantes :
i une référence de produit;
l le numéro de lot de produits ;
Gi la gamme du produit de référence i ;
j le jième travail de la référence i ;
la oième opération du jième travail;
Si représente l'ensemble des composants nécessaires à la réalisation d'un lot de la
référence i ;
Avec ces notations, le jième travail de la référence i correspond donc à une affectation de la gamme
Gi au lième lot. En conséquence parler du jième travail ou du lième lot est identique. Nous choisirons de
conserver par la suite la notion de travail.
En ajoutant aux précédentes notations les suivantes, l'évolution du système pourra être traduite :
ième
ni , j le nombre d'opérations o qui compose le j travail de la référence i ainsi
{
o ∈ 1, ... , ni , j };
ti , j , o , k est la date de début de la oième opération du jième travail de la référence i sur la
ressource k ;
ième ième
ci , j , o, k est la date de fin de fabrication de la o opération du j travail de la référence i
sur la ressource k.
Cette date correspond à la date de libération de la ressource k suite à la réalisation de la
oième opération du jième travail de la référence i ;
ième ième
pi , j , o, k est la durée de fabrication de la o opération du j travail de la référence i sur la
ressource k ;
ième
aS i , j , q est la date de disponibilité dans la q file d'attente des composants nécessaires à la
137
[Link]
ω S i , j , q , k est la durée d'attente dans la qième file d'attente des composants Si nécessaires à la
réalisation du jième travail de la référence i sur la ressource k. Ce qui correspond à la durée
d'indisponibilité de la ressource k spécifiquement pour le jième travail de la référence i.
Ressource k
Sur la Figure II-59 sont représentés les événements permettant de décrire le processus de
réalisation de trois travaux j, j+1 et j+2 d’une référence i, ainsi que l'état de la ressource k au
cours du temps.
138
[Link]
ω S , j + 2,q ,k
i
File d’attente q
aS i , j , q aS i , j +1, q aS i , j + 2, q
t
La ressource k étant disjonctive, sa disponibilité est effective quand une tâche arrive à sa date de
fin de fabrication. Cette dernière s'exprime comme suit :∀ j, c i , j ,1, k
Du point de vue de la simulation, la date de début de fabrication possible pour un j+1ième travail est
fonction de la fin de fabrication du travail précédent (jième) et de la disponibilité des composants.
Cela s'écrit de la manière suivante :
∀ j, t i , j +1,1, k {
= max c i , j ,1, k ; a S i , j +1, q }
7.2.2 Atelier multi-produits composé d'une ressource élémentaire
On considère maintenant que la ressource k est capable de fabriquer plusieurs références
différentes. Les durées de fabrication peuvent être différentes selon la référence fabriquée. Sur la
Figure II-59, on distingue la fabrication des jième et j+1ième travaux de la référence i et le jième travail
de la référence i+1.
ω S i , j +1, q
File d’attente q
aS i , j , q aS i +1 , j , q aS i , j +1, q t
139
[Link]
Du point de vue de la simulation, la date début de fabrication possible pour un j+1ième travail sur la
ressource k s'écrit alors de la manière suivante :
∀ j, t i , j +1,1, k = max{cα , β ,1, k ; a S , j +1, q }
i
Ressource k
Ressource Km
L'objet est d'exprimer la date de disponibilité d'une ressource macroscopique K qui serait
équivalente à un atelier de Km ressources élémentaires, identiques et en parallèles (Figure II-61).
Comme dans le cas précédent, un travail est composé d'une seule opération (o=1). On parle de
ressources identiques pour signifier que la durée de traitement d'une tâche est la même sur toutes
les ressources.
Soit :∀ k∈[1;Km], pi,j,1,K = pi,j,1,k
La Figure II-62 représente la réalisation de plusieurs travaux sur un atelier composé de trois
ressources k, k+1, k+2 élémentaires, identiques et en parallèle. Cet atelier fabrique une unique
référence i (mono-produit).
On distingue trois situations :
La ressource et les composants sont disponibles :
Les réalisations des trois premiers travaux j, j+1 et j+2 débutent au même instant en raison de
la disponibilité des trois ressources et des composants correspondants.
La ressource est disponible et les composants sont indisponibles :
Les réalisations des travaux j+3, j+4 et j+5 débutent successivement en raison de
l'indisponibilité des composants correspondants.
La ressource est indisponible et les composants sont disponibles :
La réalisation du j+6ième travail débute, après une certaine attente, sur la première ressource
disponible, dans ce cas la ressource k+1.
140
[Link]
Ainsi, dans ces cas, les seules contraintes qui peuvent différer les dates de début de fabrication sont
l'indisponibilité des ressources et l'indisponibilité des composants. L'expression des dates de début
de fabrication est donc semblable à celle du cas mono-produit.
ω S i , j + 6, q , k
File d’attente q
a Si , j ,q a Si , j +3,q aS i , j + 6, q
aS i , j +1, q a S i , j + 4, q t
a Si , j + 2 , q a S i , j + 5, q
OF i,j+6
OF i,j+5 pi,j1,K pi,j+3,1,K pi,j+6,1,K
OF i,j+4 Ressource k+1
OF i,j+3 ti,j,1,k+1 ti,j+3,1,k+1 ti,j+6,1,k+1 t
OFi,j+2
trep OFi,j+1 pi,j+1,1,K pi,j+4,1,K
OF i,j Ressource k+2
ti,j+1,1,k+2 ti,j+4,1,k+2 t
Boite aux lettres pi,j+2,1,K pi,j+5,1,K
de la ressource k Ressource k+3
ti,j+2,1,k+3 ti,j+5,1,k+3
Considérons que nous sommes à l'instant a Si , j +5,q sur la file d'attente q et considérons l’atelier
comme une ressource macroscopique K composée de Km ressources élémentaires (ici Km=3).
A cet instant là :
Du point de vue de la simulation à événements discrets, il s'agit de déterminer la date de
début de fabrication possible pour le j+6ième travail. Pour cela, il est nécessaire de connaître la
date à laquelle l'une des ressources qui composent l’atelier sera disponible.
L'état du Centre de Service modélisant la ressource K est telle que présentée sur la Figure II-63:
QMAX Libre a S i , j + 5, q
QMAX
t
trep
occupée ci,j+3,1,k+1
ci,j+4,1,k+2
ci,j+5,1,k+3
Comme toutes les ressources sont identiques, à cet instant, la connaissance de l'évolution de l'état
du Centre de Service permet de déterminer que la ressource la plus rapidement disponible est celle
qui aura réalisé le (j-Km)ième travail. Cette ressource est alors la première ressource libre pour
effectuer le j+6ième travail.
141
[Link]
La figure 4-6 illustre cette problématique. Sur une ressource K composé de Km=3 ressources
élémentaires, on a fabriqué j+3 travaux de la référence i, j+1 travaux de la référence i+5 et j+2
travaux de la référence i+1. Les durées de fabrication de ces travaux ne sont pas égales entre elles.
A la date aSi , j + 4,q les composants Si sont disponibles et un OF est présent la boite aux lettres. Par
contre la ressource K est indisponible car elle réalise trois travaux simultanément. La date à
laquelle la nouvelle fabrication pourra commencer est ci +1, j + 2,1, K qui correspond à la plus petite des
trois derniers travaux lancés sur K.
a Si , j +4,q
File d’attente q
a Si , j +3,q a Si +5 , j +1,q a Si +1 , j +2,q
OF i,j+4
OFi+1,j+2
trep
OFi+5,j+1
OF i,j+3 Ressource K
ti , j +3,1,K ti +5, j +1,1, K ti +1, j + 2,1, K
142
[Link]
Comme nous l'avons précisé en introduction, cette règle de calcul exploite une particularité de la
simulation à événements discrets : la connaissance à un instant donné des dates d'occurrence des
événements futurs.
En résumé, nous utilisons, à un instant donné, des informations concernant des événements
prévus, mais non réalisés à cet instant du calcul, pour déterminer des dates d'occurrence
d'événements qui lui sont postérieurs.
File d’attente q File d’attente q+1 File d’attente q+o File d’attente q+m
Pour déterminer la règle de calcul de la date de fin de fabrication d'un travail sur un tel type d'atelier,
notre démarche se fera en deux étapes. Tout d'abord on étudie le problème de manière détaillée,
puis de manière macroscopique.
143
[Link]
∀ j, ci , j ,1,k +1 = t i , j ,1,k +1 + ω S , j ,q ,k +1 + pi , j ,1,k +1
i
Ce flowshop est composé de trois étages dont les durées de fabrication par étages vérifient les
inégalités suivantes :
∀j, pi , j ,1, k +1 ≤ pi , j ,3, k + 3 ≤ pi , j , 2, k + 2
Sur la Figure II-67, on présente l’exécution de quatre travaux sur ce flowshop. On remarquera
que dans cet exemple les composants nécessaires à la réalisation de la première opération du 2nd
144
[Link]
et du 3ième travail sont disponibles dès la fin du travail qui les précède. Par contre, la disponibilité
en composants pour le 4ième travail n’est pas synchronisée avec la libération de la ressource k+1.
File d'attente q
aSi , j , q aS i , j +1, q aS i , j + 2 , q a S i , j + 3, q
ω S , j +1, q +1, k + 2
i
ω S , j + 2, q +1, k + 2
i
ω S , j + 3, q +1, k + 2
i
Ressource k+3
ti , j , 3, k + 3 ti , j +1,3, k + 3 ti , j + 2,3, k + 3 ti , j + 3,3, k + 3
ci , j ,3, k + 3 ci , j +1,3, k + 3 ci , j + 2,3, k + 3 ci , j + 3,3, k + 3
Dans ce cas simple, la ressource k+2 est la ressource dominante. On note l’obligation pour
chaque travail de stationner dans la file d'attente q+1 en attendant la disponibilité de la ressource
k+2. Les expressions des durées de fabrication des travaux sur le flowshop s’écrivent :
∀α ∈ [1;3] , ci , j +α , 3, k + 3 = aS , j +α , q + pi , j +α ,1, k +1 + ω S , j +α , q +1, k +1 + pi , j +α , 2 , k + 2 + pi , j +α , 3, k + 3
i i
avec ω S , j +α , q +1, k +1 ≥ 0
i
Ce sont ces durées d’attente que nous allons chercher à exprimer dans un cadre plus général.
Pour y parvenir, on cherche à définir la date de début de fabrication d'un travail sur la première
ressource du flowshop telle que la durée d'attente de ce travail dans la file d'attente de la
ressource dominante kg soit nulle. Il s'agit de déterminer une relation permettant d'éviter
l'accumulation de travaux sur la ressource dominante du flowshop.
Considérons que la oième opération du jième travail est réalisée sur la ressource dominante, on a donc
p i , j ,o ,k + o = Maxγ ∈[1;m ] {p i , j ,γ ,k +γ }
145
[Link]
Une attente nulle sur la ressource k+o s'exprime ainsi: ∀j, ω S , j +1, q + o −1, k + o = 0 i
La non accumulation dans la file d'attente de la ressource kg se traduit par une relation entre :
La date de début de fabrication de la 1ère opération du (j+1)ième travail ;
La fin de fabrication du jième travail ;
La durée de réalisation du travail sur le flowshop, hormis l’opération sur la ressource
dominante.
Ce délai ω S , j +1,q +o−1,k +o s’écrit donc : ∀j, ω S , j +1,q + o −1,k + o = Max 0 ; c i , j ,o , k + o − ∑ p i , j ,α ,k +α − t i , j +1,1,k
i i
α ≠o
Par définition, la ressource dominante sépare le flowshop en deux parties (Figure II-68) :
En aval de la ressource dominante principale :
Le flux des lots fabriqués n'y est pas soumis à des temporisations dans des files d'attente
puisque par hypothèse le rythme de fabrication des lots y est plus rapide que celle du
goulet.
En amont de la ressource dominante principale :
Les lots fabriqués y sont susceptibles d'être retenus dans certaines files d'attente.
146
[Link]
kg ' kg kg''
Ressource
Ressource Dominante Dominante
Secondaire Secondaire
Dans le premier cas, le flux de travaux n'est jamais temporisé jusqu'à son arrivée sur la file
d'attente finale de la ressource dominante principale kg.
Dans le second cas, le flux est temporisé sur la ressource dominante secondaire avant de l'être sur
la ressource dominante principale. Cependant, la temporisation sur la ressource dominante
principale est diminuée de la durée de la temporisation subie sur la ressource dominante
secondaire.
Il peut exister une configuration singulière de la partie amont de telle sorte que chaque ressource
soit dominante pour la ressource qui la précède. Dans ce cas, le temps d'attente devant la
ressource dominante principale est diminué de l'ensemble des temps d'attente successifs de
chaque ressource. Les lots de produits arrivent alors plus tard dans la file d’attente de la ressource
dominante principale mais cette ressource demeure celle qui régule la circulation du flux du point
de vue du Flowshop.
Ainsi, considérer que la prise en compte du seul temps d'attente devant la ressource dominante
du flowshop est une hypothèse convenable. La date de fin de fabrication d'un travail sur un
flowshop s'écrit alors :
m
∀j, c i , j +1, m , k + m = t i , j ,1, k +1 + δ 1,o .ω S , j +1, q + o −1, k + o + ∑ p i , j +1,γ , k +γ
i
γ =1
147
[Link]
m
c i , j +1, m , k + m = t i , j ,1, k +1 + δ 1,o . Max 0 ; c i , j ,o , k + m − ∑ p i , j ,α , k +α − t i , j +1,1, k + ∑ p i , j +1,γ , k +γ
α ≠o γ =1
avec δ 1,o = 0 si o = 1 et δ 1,o = 1 si o ≠ 1
En se plaçant du point de vue macroscopique, cela revient à considérer un travail composé d'une
opération réalisée sur une ressource macroscopique K. Le calcul de la date de fin de fabrication
s'exprime alors de la manière suivante :
c i , j +1,1, K = t i , j ,1, K + δ 1,o . Max{0 ; c i , j ,1, K − ( p i , j ,1, K − p i , j , o , k + o ) − t i , j +1,1, K }+ p i , j +1,1, K
avec δ 1,o = 0 si o = 1 et δ 1,o = 1 si o ≠ 1
Pour déterminer la date de disponibilité des produits résultant d'un travail sur une ressource
macroscopique K, il est donc nécessaire et suffisant de connaître :
La date de disponibilité des composants et de la première ressource, t i , j ,1, K ;
La durée de fabrication cumulée sur l'ensemble des ressources du flowshop, pi , j +1,1,K ;
La position de la ressource dominante, δ 1,o ;
La date de fin de fabrication du précédent travail, ci , j ,1,K ;
La durée de fabrication sur la ressource goulot, pi , j ,o ,k +o .
Ces hypothèses imposent un ordre de passage des différents produits sur les ressources qui est
imposé par la règle de priorité de la de la file d'attente qui précède la première ressource de la
ressource macroscopique. Cette règle est, en fait, celle de la boite aux lettres de la ressource
macroscopique, déterminant l'ordre d'exécution de OF sur la ressource.
Considérons un flowshop constitué de m étages, chaque étage étant lui-même constitué de Kpam
ressources identiques en parallèle (Figure II-69).
148
[Link]
Ressource 1
Ressource 1 Ressource 2
File d’attente q File d’attente q+1 File d’attente q+o+1 Ressource 1 File d’attente q+m+1
Ressource 2 Ressource 3
Ressource Kpam
Ressource Kpa1
Ressource Kpao
Dans ce cas, l'attente en amont de l’étage dominant ω S , j +1,q +o−1,k +o est fonction de la disponibilité
i
Pour calculer la date de fin de fabrication d'un travail sur cette ressource macroscopique K, deux
caractéristiques supplémentaires et spécifiques sont utiles :
La capacité de l'étage dominant du flowshop Kpao
La date de fin de fabrication du précédent travail, ci , j − Kpao ,1, K ;
Dans le cas d'une ressource unique, un nouveau travail peut démarrer lorsque la ressource se
libère. La date de disponibilité de la ressource est donc l'événement qui déclenche l'autorisation
d'une nouvelle fabrication. L’occurrence de cet événement correspond alors à celle de la
disponibilité des produits fabriqués.
Dans le cas d’une ressource macroscopique, on désynchronise ces deux événements pour
représenter la notion de flux. Ainsi, sur un flowshop composé de plusieurs étages, le premier
étage détermine la fréquence à laquelle les produits peuvent être mis en fabrication. Dès lors que
149
[Link]
cet étage est libéré, l'événement indiquant sa disponibilité informe de l'autorisation d'un nouveau
début de fabrication.
Cependant, l'occurrence de cette autorisation de fabrication ne coïncide plus avec la disponibilité
des produits fabriqués qui doivent eux subir les transformations de tous les autres étages du
flowshop. Cette date de disponibilité est donc plus tardive, comme cela a été présenté au §7.3 .
L'interprétation graphique proposée sur la Figure II-72 présente la réalisation successive de trois
OF sur un Centre de Service modélisé de manière macroscopique. On note que le premier étage
permet de déterminer la disponibilité de la ressource et de déduire la fréquence maximale avec
laquelle des OF peuvent être lancé sur le modèle macroscopique. On note que la connaissance des
durées de fabrication cumulées sur l’ensemble des étages permet de déterminer la durée de
fabrication des produits (variable selon l’occupation de la ressource macroscopique). De même, la
connaissance des caractéristiques de l’étage dominant permet de déduire la fréquence minimale de
livraison des produits fabriqués.
150
[Link]
Premier Etage Etage dominant
Etage 1 Etage o
Disponibilité de la OF1 t
ressource
macroscopique OF2 t
OF3 t
Néanmoins, pour réaliser des modèles plus proches de la réalité des flowshop multi-produits,
dans lesquels les produits peuvent notamment se doubler, il est nécessaire de réaliser une
décomposition en plusieurs flowshop. Il s'agit alors d'identifier la(les) ressource(s) goulet(s) en
fonction des produits, pour modéliser l'ensemble des ressources en amont de cette(ces)
ressource(s) par des flowshop, et réaliser de même pour la(les) ressource(s) se trouvant en aval.
151
[Link]
Chapitre 8
INSTANCE AIRBUS DE L’AGENT ENTREPRISE
8.1.1 Objectif
L'objectif du sous-agent Système d'Approvisionnement Airbus est double :
Reproduire le processus d'expression des besoins prévisionnels (génération des plans
d'approvisionnements) ;
Reproduire les comportements d'approvisionnement, l'envoi d’appels de livraison
(indépendamment de leur origine voir §4.4.2 b ) .
152
[Link]
8.1.3 Comportement
♦ Etat
Ce sous-agent est du type passif. Son état est déterminé par ses réveils et endormissements
successifs lors des transmissions des informations concernant les prévisions de besoins et les
demandes de livraison.
♦ Comportement
Le comportement du sous-agent consiste à :
Reproduire le phénomène de consolidation progressive des plans
d'approvisionnements successifs;
Générer des appels représentant le comportement d'approvisionnement d'Airbus ;
Enfin, pour définir un principe d'expression des besoins, il est nécessaire de générer
aléatoirement des appels, en quantité variable sur l'horizon de simulation, et de déterminer
des plans d'approvisionnements correspondant aux appels tout en reproduisant le
153
[Link]
phénomène de consolidation progressive. Pour définir cela, on modélise le système réel à
l'aide de plusieurs paramètres :
La stabilité des plans d'approvisionnements :
Ce paramètre modélise l'écart entre la planification de la production et la mise en
œuvre de cette planification. Il indique la proportion d'appels pouvant être décalés
dans le temps, pendant l'intervalle compris entre les envois successifs de deux plans
d'approvisionnements.
Le décalage limite d'un appel :
Lors de chaque écart entre les planifications prévues et les lancements exécutés, des
corrections de certaines dates d'occurrence d'ordres planifiés sont effectuées. Parmi
ces corrections, celles qui consistent à décaler des ordres planifiés, ne les déplacent
généralement pas d'une durée supérieure à une certaine valeur. Ce paramètre modélise
cette valeur limite de décalage.
Les produits optionnels :
Pour modéliser la possibilité de détermination tardive d'un besoin par un client
d'Airbus, on définit cette caractéristique qui permet, en fonction de sa valeur,
d'éliminer des appels. Cette situation correspond à la mise en œuvre de la stratégie
commerciale visant à permettre aux clients un choix tardif entre différents produits. Si
ces choix se répercutent à court terme sur les volumes de produits approvisionnés
chez les fournisseurs, sur le long terme, l'équilibre des choix des différents clients
confortent les engagements pris par Airbus.
♦ Représentation
• Plans d'approvisionnement
• Appels Système
d’Approvisionnement
Syst. Info
Prévision
Commandes
Système pilotage
•Modélisation Comportement
de production
Etat •Détermination des
Hist Perf approvisionnements
Niv Stock
Plan Prod
- Produits finis
154
[Link]
1. Le module de génération d’ordres planifiés modélise le comportement de planification de
la production, en fonction des cadences de production des chaînes d'assemblage. Ce
module détermine des ordres planifiés d'achat. Il représente la dernière étape d'une
procédure classique de calcul des besoins. Pour cela, il utilise la description du niveau de
nomenclature Airbus le plus bas, concernant les produits objet de la relation
Airbus/Fournisseur.
2. Le module de génération des plans d'approvisionnements détermine les plans à partir
des ordres planifiés d'achat générés par le module précédent et en fonction du type de
plan à réaliser (§4.4.2 ).
3. Le module de génération d’appels modifie les dates d'occurrence des ordres planifiés
d'achat. Sur un horizon déterminé, ces nouveaux ordres planifiés d'achat sont transformés
en appels de livraison, modélisant ainsi un écart entre la valeur des informations diffusées
dans les plans d'approvisionnements et les appels de livraison transmis au fournisseur.
Les nouveaux ordres planifiés d'achat deviennent alors la référence à partir de laquelle le
module de génération des plans d'approvisionnements détermine le plan
d'approvisionnements suivant.
Ce scénario est répété autant de fois que le suggère la fréquence d'envoi des plans
d'approvisionnements et l'horizon de simulation (Figure II-73). Ainsi, un certain nombre de plans
d'approvisionnements est déterminé et les appels apparaissant entre ces plans représentent le
comportement plus ou moins perturbé du contexte industriel d'Airbus. C'est ce mécanisme de
calcul qui représente le phénomène de consolidation progressive présenté au §4.4.2 .
155
[Link]
Ordres Planifiés à t0
HF HP
Plan d'appro à t0
Appel de t0 à t1
Ordres Planifiés à t1
HF HP
Plan d'appro à t1
Appel de t1 à t2
Ordres Planifiés à t2
HF HP
Plan d'appro à t2
Appel de t2 à t3
Horizon de
simulation
Bilan des Appels
t0 t1 t2
Le détail de ces différents modules est abordé dans les chapitres suivants. Pour simplifier la
présentation, on suppose que la génération des appels est faite en début de simulation sur tout
l'horizon de simulation.
Dans un dernier chapitre, la mise en œuvre dynamique est abordée
8.2.1 Notations
Les objets traités dans les différents modules seront identifiés de la manière suivante :
OrPi : Ordres d'achat planifiés à ti
PAi : Plan d'approvisionnements transmis à ti
Api : Appels transmis entre ti et ti+1
ti : date de transmission d'un plan d'approvisionnements au sous-agent Système de
planification de l'agent Entreprise
Pour calculer OrPi, on utilise les ordres planifiés précédents OrPi-1 en décalant certains ordres
planifiés prévus après ti. Les ordres planifiés de OrPi-1 et de OrPi sont donc identiques entre les
156
[Link]
dates t0 et ti-1 et peuvent différer en fonction des décalages générés entre ti-1 et l'instant tend, date
limite de l'horizon de simulation.
Le décalage s'effectue en deux étapes :
La sélection aléatoire d'un certain nombre d'ordres planifiés en respectant la
caractéristique de stabilité des plans d'approvisionnements (c sur Figure II-74).
Cette proportion d'ordres sélectionnés est déterminée parmi les ordres de OrPi-1
prévus au-delà de la date ti.
Un tirage aléatoire selon une loi statistique permet de déterminer l'amplitude du
décalage de chacun des ordres d'achat planifiés préalablement déterminés (d sur
Figure II-74).
La loi statistique est calibrée de telle sorte que les valeurs de décalages obtenues ne
soient par supérieures à la valeur du décalage limite.
L'amplitude du décalage déterminée aléatoirement ajoutée à la date de l'ordre planifié
définit la nouvelle date de l'ordre planifiée d'achat.
c Sélection aléatoires
d'ordres d'achat planifiés
OrPi. dans OrPi sur [ti+1;tend]
d Décalages définis
pour OrPi+1
OrPi+1
ti ti+1 ti+2 ti+3 ti+4 ti+5 tend
157
[Link]
Ordres Planifiés à ti
HF HP
3 2 7 3 6
Plan d'appro à ti
HF HP
Plan d'appro à ti+1
3 3 4 6 5
HF HP
Plan d'appro à ti+2
4 4 2 6 6
ti ti+1 ti 2
+
En effet, à la différence des deux modules précédents, celui détermine les appels qui seront
réellement envoyé sur la période comprise entre deux plans d'approvisionnements successifs.
Les appels Api lancés dans la période [ti ; ti+1] correspondent aux ordres d'achat planifiés calculés
pour OrPi+1 entre ces mêmes dates.
Ce processus, répété autant de fois qu'il y a de plans d'approvisionnements, permet de définir des
appels de livraison globalement cohérents avec les prévisions sur l'horizon de simulation, tout en
étant potentiellement en décalage avec le plan d'approvisionnements qui les prévoient de manière
successive.
158
[Link]
HF HP
Ordres Planifiés à ti
3 2 7 3 6
Plan d'appro à ti
3 3 4 6 5
Plan d'appro à t i+1
décalage
Appel de ti+1 à t i+2 annulation
4 4 2 6 6
Plan d'appro à t i+2
159
[Link]
Dans cette partie, nous avons détaillé les caractéristiques de l’outil de simulation.
Pour y parvenir, les différents types de systèmes industriels présents dans le réseau
d’approvisionnements d’Airbus ont été décrits selon trois axes : leur organisation industrielle, leur
système physique et leurs systèmes de pilotage. Ensuite, un exposé de l’organisation industrielle
d’Airbus a permis de juger de la complexité des processus de configuration et des processus de
production de ses produits finis. On y découvre que la gestion simultanée du processus de
planification avec la gestion de la configuration impose au constructeur, d’une part, l’utilisation de
plusieurs couches d’outils de gestion afin d’aboutir notamment à l’expression de ses besoins
d’approvisionnements et, suggère d’autre part, la définition de Solutions Logistiques et de Conditions
Générales Logistiques pour maîtriser la dynamique de son processus d’approvisionnements.
Ce sont l'ensemble de ces particularités des fournisseurs et du système d'approvisionnement
d'Airbus que l'outil doit permettre de modéliser puis de simuler.
Suite à la présentation de la dynamique des relations entre Airbus et ses fournisseurs, notre
principe de modélisation a été expliqué. Notamment, nous avons présenté comment une
utilisation adaptée de la modélisation multi-agents avec la technique de simulation à événements
discrets peut permettre de modéliser une relation DO/F. L’originalité de notre approche tient à
l’utilisation d’une modélisation macroscopique qui consiste à représenter consciemment un
système DO/F avec une perte d’information telle que la taille du problème à étudier soit peu
importante, tout en restant en cohérence avec l’objectif de l’étude.
Notre modélisation multi-agents appliquée à une relation DO/F de la chaîne logistique propose
donc de représenter le système global comme suit :
- un système de production et d’approvisionnement du fournisseur, interprété selon
notre approche macroscopique et tenant compte des techniques de gestion
majoritairement rencontrées dans l'industrie aéronautique ;
- un modèle de processus d'expression des besoins, représentant la diversité des
comportements d'approvisionnement d’un donneur d'ordres du secteur aéronautique ;
- des modules d'interprétations des comportements des autres acteurs influant sur la
relation DO/F.
Nous avons alors décrit comment une utilisation adaptée des connaissances disponibles lors
d’une simulation à événements discrets contribue à réduire la complexité des modèles nécessaires
à notre approche macroscopique.
160
[Link]
161
[Link]
PARTIE III :
MISES EN ŒUVRE INDUSTRIELLES
L'évaluation du besoin industriel a montré que pour faciliter sa mise en œuvre dans un contexte
industriel, les caractéristiques de notre méthodologie devaient être les suivantes :
Pour répondre à ces exigences, nous avons développé une maquette informatique, LogiLink,
permettant de modéliser de manière macroscopique une relation DO/F, tout en conservant la
confidentialité sur les données et les performances de chaque acteurs. Cette maquette, réalisée en
Visual Basic et fonctionnant sur PC sans licence particulière, dispose d'une approche
ergonomique proche des logiciels couramment utilisés dans l'industrie.
162
[Link]
Dans cette partie, le chapitre 11 est consacré à la présentation du prototype informatique,
LogiLink, et son mode d'utilisation pour la simulation (construction des modèles, simulation,
restitution et analyse).
Des exemples d'applications sont ensuite décrits au chapitre 12.
163
[Link]
Chapitre 9
MAQUETTE INFORMATIQUE
164
[Link]
165
[Link]
Fournisseur Donneur d'ordres
n
Déterminer l'objectif
o
Définir le modèle
e p
Paramétrer
q
Exécuter la simulation
g r
Analyser les résultats
sModifier
t Conclure
Lors de l'utilisation simultanée par un donneur d'ordres et un fournisseur, des restrictions d'accès
aux différentes interfaces sont réalisées. Un fournisseur n'a accès qu'aux formulaires lui
permettant de définir sa structure, ses politiques de gestion et son comportement d'interprétation
des événements, tandis que le donneur d'ordres accède seulement au paramétrage du système
qu'il représente. Dans la pratique, la séparation lors de l'utilisation est gérée par une identification
d'accès en début d'utilisation qui se répercute par des sauvegardes séparées des fichiers de
données du modèle (Figure III-3).
166
[Link]
Dans le cas d'un faible degré de confidentialité, la simulation peut s'effectuer sur un
unique micro-ordinateur, l'analyse des résultats étant alors commune ;
Dans le cas d'un fort degré de confidentialité, la simulation peut s'effectuer sur deux
micro-ordinateurs ayant accès aux même fichiers sources. Chacun des utilisateurs
exécute alors la même simulation avec les accès aux vues qui lui incombent. L'analyse
des résultats internes se réalise alors individuellement et l'analyse de la performance de
la relation s'effectue de manière commune à partir des mêmes indicateurs.
Dans le §suivant, les caractéristiques des systèmes qu'il est nécessaire de modéliser pour réaliser
une simulation sont brièvement rappelées. Les paragraphes suivants détaillent ensuite la
chronologie de construction d'un modèle à l'aide du prototype LogiLink.
Pour représenter les comportements des fournisseurs du fournisseur, il s'agit de traduire leur
performance en terme de livraison à l’heure et en terme de performance qualité. Le paramétrage
du modèle du fournisseur du fournisseur consiste à définir les paramètres relatifs :
aux produits fabriqués (délai de livraison)
à ces performances (taux de livraisons à l’heure, taux de rebuts par livraison)
167
[Link]
168
[Link]
Une fois positionnés, les blocs sont reliés entre eux dans l'ordre de réalisation du
processus de fabrication. L'outil définit alors en une seule étape le processus de
fabrication et l'architecture de la nomenclature des produits.
L'utilisateur nomme l'ensemble des entités. Concernant les ressources, il définit les
horaires de disponibilité ainsi que la caractéristique de la ressource. Concernant les stocks,
il précise les caractéristiques des produits qui peuvent y être stockés: matière première,
produit intermédiaire ou produit fini.
L'écran Nomenclature permet de finaliser la nomenclature en affectant les coefficients de
nomenclature entre composés et composants (valeurs entières ou nulles).
Lorsque la structure a été définie, le paramétrage du système de production (Figure III-7) ainsi
que la définition des systèmes de planification et de pilotage associés sont possibles. L'écran
Centre de Service – Etat initial propose une trame de définition qui permet de définir les
caractéristiques de la ressource pour chacun des produits fabriqués :
Capacité ;
Durée de fabrication ;
Taille de lot de fabrication ;
Temps de changement de série ;
Type de politique de gestion (MRP, KANBAN) ;
169
[Link]
Paramètres en relation avec la politique de gestion sélectionnée (délai planification,
nombre de cartes KANBAN, etc.)
D'autre part, le système doit être initialisé (Figure III-7). Pour cela, l'utilisateur définit les
paramètres suivants :
Niveau de stock initial ;
Livraisons attendues initiales ;
Fréquence de livraison des livraisons attendues initiales.
b ) Modélisation du système d’approvisionnement du fournisseur
En ce qui concerne l'approvisionnement des stocks de matières premières ou de composants,
l'utilisateur définit sa politique de gestion (b sur Figure III-5 et Figure III-7). Il a le choix entre :
Politique du point de commande : les paramètres sont le niveau du point de commande,
la quantité ré-approvisionnées et le délai d'approvisionnement du fournisseur ;
Politique de renouvellement de stock : les paramètres sont l'intervalle de passation de
commande à date fixe, le seuil de recomplètement et le délai d'approvisionnement du
fournisseur ;
Politique d'approvisionnement gérée par le système MRP.
170
[Link]
Les deux étapes suivantes (c et d sur Figure III-5) permettent aux fournisseurs de modéliser
l'environnement tel qu'il l'interprète (cadres Comportement Donneur d'ordres et Comportement
Fournisseur sur la Figure III-8).
D'une part, l'utilisateur définit l'image qu'il se fait du comportement de ses fournisseurs en terme
de performance de livraisons.
D'autre part, il définit le niveau de crédibilité qu'il a des informations en provenance du donneur
d'ordres et la manière dont il les intègre dans son processus de gestion.
d ) Modélisation du système pilotage
Cette étape sert à définir le paramétrage des politiques de gestion (cadre Paramétrage sur la Figure
III-8). Concernant le pilotage en flux poussé, cela consiste à définir la fréquence de calcul des
plans d'approvisionnements, les différents horizons (gelé, de planification), la fréquence de calcul
et la période de référence des calculs.
Concernant le pilotage en flux tiré, la maquette permet de définir différentes stratégies de gestion
des tableaux kanban. L'utilisateur peut notamment choisir entre une gestion visant à minimiser les
changements de série et une gestion visant à actualiser les tableaux le plus tôt possible.
Enfin, les paramétrages de la disponibilité et de l'intensité des pannes pouvant survenir lors de la
simulation sont proposés.
171
[Link]
9.1.3 Modélisation du donneur d’ordres
Le comportement d’approvisionnement du donneur d’ordre (Airbus dans les études réalisées) est
la conséquence du processus de production du donneur d'ordres et des politiques de gestion
appliquées par son service approvisionnement. Pour définir ce comportement (p), l'utilisateur
donneur d'ordres remplit l'interface Conditions Générales Logistiques. Il y traduit les engagements
contractuels négociés avec le fournisseur.
Pour modéliser le comportement de son processus d’assemblage des avions qui génère la
demande, l'utilisateur définit la nomenclature d'achat correspondant aux produits commandés au
fournisseur, ainsi que les cadences des différents programme (SingleAisle, Long Range, Wide
Bodies) auxquels ces produits sont rattachés.
D'autre part, sur le cadre Paramétrage (Figure III-8), l'utilisateur peut choisir de perturber le flux
d’information en affectant par exemple un délai de livraison lors de l'envoi des plans
d'approvisionnements.
172
[Link]
Le mode d'initialisation de la génération des perturbations (deux choix sont possibles,
soit une initialisation aléatoire, soit le choix parmi une liste d'initialisation permettant
d'effectuer les mêmes perturbations lors de plusieurs utilisation d'un même modèle) ;
Le type de restitution des résultats.
Ces caractéristiques sont modifiables sur le cadre Paramétrage présenté Figure III-8.
Une fois que le modèle du système est défini, le fonctionnement global d’une simulation (q) est
représenté Figure III-10 avec les interactions, les prises de décision et les fabrications suivantes :
L'envoi périodique de prévisions par le donneur d'ordres au fournisseur ;
La réception, l'interprétation et l'intégration des prévisions par le fournisseur ;
Le calcul périodique des plans d'approvisionnements, de production et de distribution
ainsi que l'envoi des différents ordres d'approvisionnement, de fabrication et de
distribution au système physique.
L'exécution des ordres par le système physique du fournisseur : la production des
produits, les transmissions des ordres d'achat vers les fournisseurs et les livraisons au
donneur d'ordres.
La livraison des matières et composants par les fournisseurs du fournisseur.
Et ainsi de suite au cours du temps…
Pour représenter le déroulement de la relation DO/F, le simulateur s'appuie sur un calendrier réel.
L’ensemble des durées opératoires, délai de planification et les divers horizons sont alors
déterminés en fonction de ce calendrier selon les unités qui leur sont propres (heure, jour
173
[Link]
calendaire, jour ouvré, etc.). Ceci permet de reproduire l’influence des différents paramétrages et
de leur cohérence. D'autre part, cela illustre notamment la pertinence des choix des fréquences
d’envoi des plans d’approvisionnements, des fréquences de calcul des plans
d'approvisionnements et les corrélations entre les envois d’information et leurs dates de prise en
considération par les différents acteurs.
Ces indicateurs, présentés sur la Figure III-11, sont parallèlement synthétisés et disponibles dans
un fichier de type tableur.
174
[Link]
livraisons effectuées à l'heure (zone gris clair), de livraisons effectuées avec une période de retard
(zone gris intermédiaire) et de livraisons en retard de plus d'une période (zone gris foncé).
D'autre part, pour des analyses plus détaillées de la simulation, Logilink propose, sur des fichiers
de type tableur, des représentations des échanges d'information et des décisions prises tout au
long de la simulation.
Le donneur d'ordre peut alors consulter la succession des plans d'approvisionnements envoyés au
fournisseur (Figure III-13).
De son coté, le fournisseur peut visualiser la succession de calculs des besoins et d’ordres de
fabrication créés dans le cadre d'un pilotage MRP de son système de production du fournisseur
(Figure III-14).
175
[Link]
Enfin, une animation graphique permet de visualiser l'évolution des flux physiques lors du
déroulement de la simulation. Celle ci est lancée à l'aide d'une interface Magnéto (Figure III-15)
176
[Link]
Chapitre 10
MISES EN ŒUVRE POUR L’AIDE A LA DEFINITION DE
POLITIQUES DE COOPERATION
Selon le contexte dans lequel on se positionne, plusieurs types d'exploitation de l'outil peuvent
être envisagés.
Dans un contexte pédagogique, les simulations s'attachent à mettre en avant l'influence de
certains comportements dans le contexte dynamique d'une relation DO/F type.
Dans le cas de l'aide à la coopération, l'utilisation prédominante il s'agit de réunir les acteurs d'une
relation DO/F pour leur permettre d'étudier ensemble la cohérence de leurs politiques de gestion
respectives.
Le tableau suivant regroupe, selon les contextes, un panel de problèmes qui peuvent être abordés
par les utilisateurs au cours d'une expérimentation.
Dans les paragraphes suivants, nous présentons des expérimentations mettant en lumière
différentes problématiques et approches suggérées dans ce tableau.
177
[Link]
10.1 MISES EN OEUVRE PEDAGOGIQUES
La présentation des concepts du SCM est inspirée de notre état de l'art et le support utilisé est
inspiré du cours commun de L'EMAC et du DESS ISMAG.
De même la description de la dynamique de la relation est inspirée du chapitre 5.5. C'est cette
dynamique qui est simulée dans Logilink et sa mise en œuvre est représentée sur la figureIV-10.
Le point central de cette formation est bien évidemment la démonstration avec LogiLink de
concepts tels que :
La validité des comportements d'approvisionnements du donneur d'ordres ;
La validité de l'interprétation des plans d'approvisionnements par le fournisseur.
178
[Link]
fonctionnement interne pour ne se consacrer qu'à l'évaluation de l'influence du flux
d'informations prévisionnelles du donneur d'ordres.
L'atelier réalise un produit fini dont la durée de fabrication est de 50h. Il fonctionne en
1x8. La cadence maximum de fabrication de l'atelier est de 32 produits par mois avec une
taille des lots de fabrication de 2. Pour modéliser de manière macroscopique cet atelier,
on utilise le paramétrage suivant :
179
[Link]
Le donneur d'ordre transmet ses plans d'approvisionnements chaque mois. Leur horizon engagé
flexible est de 3 mois et leur horizon de prévisions de 6 mois. Dans l'horizon engagé flexible, il
regroupe mensuellement l'information sur ses engagements.
Son besoin moyen est de 32 produits par mois, que l'on perturbe avec des décalages d'appels tout
au long de la simulation. Le taux de stabilité des appels est de 30% avec une limite de décalage
correspondant à 8 jours ouvrés.
Les plans d'approvisionnements envoyés au fournisseur se corrigent donc en fonction de l'état de
la demande au moment de leur calcul. En fin de simulation, l'analyse de la demande (courbe
rouge sur la Figure III-17) traduit un besoin moyen de 32 produits par mois (courbe jaune sur la
Figure III-17) avec des fluctuations du carnet de commandes selon les aléas générés.
180
[Link]
6 - Analyse des conséquences positives d'une augmentation de la fréquence d'envoi des
plans d'approvisionnements (r, g)
Les résultats des simulations mettent en évidence que pour ce fournisseur, la mise à jour
fréquente des prévisions est source d'amélioration. En effet, cela correspond à une accélération
du phénomène de consolidation progressive des prévisions.
Lorsque le fournisseur intègre des informations plus fréquemment dans les périodes de son outil
de planification, les répercussions sont immédiates. La Figure III-19 correspond aux résultats
d'une simulation pour laquelle la fréquence d'envoi a été doublée, ce qui correspond à un
paramétrage à l'identique de la fréquence d'envoi des plans d'approvisionnements et de la
fréquence de planification du fournisseur.
7 - Synthèse (s)
L'issue de telles expérimentations permet donc d'établir un lien entre la valeur de l'information et
leur fréquence de rafraîchissement.
Toutefois, il est important de remarquer que ces "fréquentes mises à jours" se traduisent dans la
pratique par une intensification du flux d’informations. Or, il est peu fréquent qu'un fournisseur
en situation critique, soit un fournisseur enclin à traiter un plus grand nombre d’informations,
notamment dans ses processus de planification.
181
[Link]
système a alors tendance à générer du stock, pour peu que les demandes suivantes soient
suffisamment élevées pour elles aussi générer d'autres ordres de fabrication.
Si du point de vue de la relation, le taux de service est correct, du point de vue du fournisseur, le
de produit en stock est prohibitif.
Figure III-20: Indicateurs OTD et niveau de stock pour un système en surcapacité soumis à un envoi bimensuel des
plans d'approvisionnements
Figure III-21: Influence de la taille de l'horizon flexible engagé sur la performance de livraison
L'analyse de résultats, pour ce modèle, fait paraître l’existence d’une taille limite d’horizon de
prévision, au-delà de laquelle l’information n’est plus bénéfique en terme de d'améliorations de la
182
[Link]
performance de la relation et de la performance interne du fournisseur (la valeur constatée est 2
mois dans notre exemple).
10 - Synthèse (s)
Ces expérimentations, sans être exhaustives, présentent des résultats en cohérence avec des
travaux sur l'influence de la visibilité de la demande. [Hol 02] montre notamment l'existence
d'une visibilité optimale au-delà de laquelle la performance ne s'améliore plus. Il s'exprime cette
visibilité optimale comme le délai d'approvisionnement, augmenté de la perturbation maximum
que peut subir une demande. Dans le cas ou cette perturbation s'exprime comme une quantité
demandée supérieure, il est nécessaire de la convertir en une durée.
Ainsi, ce type de résultats traduit l'existence de deux sources d'informations contenues dans les
plans d'approvisionnements Airbus. Une première est constituée par l'ensemble des informations
présentes en deçà d'une taille limite de visibilité et une seconde, constituée des informations
prévisionnelles connues au-delà de cette limite.
Ces deux sources d'information correspondent à des données utiles à différents niveaux de
décisions stratégiques. Les premières sont pertinentes pour les décisions de pilotage à
court/moyen terme du système de production d'un fournisseur. Tandis que les secondes
contribuent aux décisions à plus long terme, décisions concernant la configuration et le
dimensionnement de ces mêmes systèmes de production.
183
[Link]
La configuration du fournisseur définie pour réaliser ces expérimentations est représentée sur
la Figure III-22. Le système de production est composé de deux lignes de fabrication (A et B)
et d'une ligne d'assemblage (C). Il réalise un unique produit fini.
MP1 SE1 PF
Ligne A
PF 3 1
Ligne C SE2 SE1
1 2
MP2 SE2
Ligne B MP2 MP1
Dans ce système, la ressource goulet est la ressource de fabrication des produits finis, la ligne
C. En régime permanent, elle peut réaliser jusqu’à 32 produits par mois.
Pour ces expérimentations, le système du fournisseur dispose d'une capacité lui permettant de
soutenir une cadence de fabrication supérieure à celle demandée par le donneur d'ordres. Ce
choix a été effectué pour faciliter la mise en évidence de l’influence de l’interprétation des
plans d’approvisionnements sur la performance interne du système de production.
184
[Link]
185
[Link]
On distingue sur la Figure III-25 l'intégration mensuelle des valeurs prévisionnelles en besoin de
PF fournies par le plan d'approvisionnement, ainsi que le calcul en cascade pour les produits SE1
et SE2.
Les résultats (Figure III-26) font apparaître une amplitude importante des niveaux des stocks SE1
et PF au cours de la simulation. Dans ce cas, comme dans les suivants, l'indicateur OTD affiche
une performance de livraison à l’heure parfaite.
186
[Link]
Au niveau du produit PF, ceci traduit un éclatement des propositions d’ordres de fabrication faites
par le calcul des besoins (Figure III-28). Le système anticipe moins les fabrications de produits
qui ne seront appelées qu’en fin de période. Dés lors, comme la cadence de fabrication est plus
rapide que la demande moyenne, on constate une moindre constitution de stock (Figure III-27).
187
[Link]
Ces déclenchements, plus proches des besoins en produit PF, se répercutent sur la demande en
produit SE1. La diminution d’amplitude s'explique par une rotation de stock beaucoup plus
importante, laquelle s’accompagne d’une diminution sensible du niveau de stock moyen au cours
de la simulation.
Par contre, concernant le produit SE2 aucun effet sur l’amplitude du niveau de stock n’est
notable. A l’inverse, on note une augmentation du niveau moyen de produits présents en stock.
En effet, les ordres de fabrication du produit PF étant répartis sur le mois, les besoins en
composants nécessaires à leur réalisation le sont de même. Ainsi, le stock du produit SE2 voit son
niveau moyen augmenter en raison de sa plus grande rapidité de constitution et donc de sa
consommation plus tardive.
188
[Link]
Cette situation correspond à une désagrégation des données prévisionnelles envoyées par le
donneur d’ordres plus proche du comportement réel de passation de commande que les
précédentes expérimentations.
Dans ce cas de figure, on note que les trois phénomènes précédents s’accentuent (Figure III-30).
189
[Link]
Figure III-31
La Figure III-31 représente le niveau de stock du produit SE2 dans les trois situations
d'interprétation des prévisions du donneur d'ordres. Dans chacun des cas, l'amplitude des stocks
varie du simple au triple.
Augmenter le délai de planification du produit SE2 contribue à une plus grande anticipation des
déclenchements des ordres de fabrications tandis que la consommation reste identique. Les
produits fabriqués stationnent donc plus longtemps en stock et le niveau atteint des valeurs plus
importantes.
Concernant les produits PF et SE1, pour lesquels aucune modification n'a été effectuée, les
résultats des expérimentations sont identiques.
190
[Link]
Le Jeu du Kanban [Cip 02] est l'un d'entre eux. Il propose une initiation aux concepts
fondamentaux de la production : rôle des stocks et des délais, choix des ordres de fabrication,
distinction entre flux poussé et flux tiré. Le jeu montre la nécessité, pour appliquer le Juste à
Temps, de résoudre des problèmes variés : changements rapides d’outils, diminution des pannes
et des retards des fournisseurs, etc.
Son scénario fait revivre le fonctionnement d’une usine au jour le jour. Il faut servir les clients
tout en minimisant les stocks. Des incidents perturbent la production. Progressivement, les
participants apprennent à tendre le flux tout en servant mieux les clients. Un tableau de bord
permet de suivre l’amélioration de la productivité et du service client ainsi que la réduction des
stocks.
Pour ces raisons, nous avons développé un jeu sur le même principe que le jeu du Kanban, avec
lequel nous proposons aux participants de réalisé manuellement, sur un horizon très court, une
simulation orientée DO/F. Cette simulation présente brièvement le principe de
l'envoi d'appels de livraison et le principe de l'envoi de prévisions (qui permettent de configurer
de manière adéquate le système). A l'issue de cette simulation, l'intérêt suscité pour une étude sur
un plus long terme, pour l'analyse de différents types de configuration, etc. suggère l'utilisation
d'un outil de simulation pour aller plus loin.
Dans le §suivant, nous présentons comment Logilink peut contribuer à développer un tel support
pédagogique.
191
[Link]
b ) Simulation avec Logilink
1 - Objectif (n)
Ce sont donc les conditions d'application de la méthode kanban, les démarches d'implantation et
l'analyse des influences des comportements de pilotage qui sont traitées par les expérimentations
présentées. Notamment, la succession de simulation que nous effectuons traduit la procédure
d'implantation d'un mode de pilotage Kanban sur un système de production. Les
expérimentations s'enchaîneront donc de la manière suivante :
Une première expérimentation servant de référentiel initial ;
Une expérimentation servant d'initialisation du système kanban
Une expérimentation servant à tendre les flux (diminution des temps de changement de
série et diminution du nombre de cartes kanban)
Une dernière expérimentation abordant l'influence des caractéristiques de la demande sur
le fonctionnement du système global.
192
[Link]
et des engrenages bleus). Tous les produits étant gérés en kanban, chacune d'entre elles
dispose d'autant de tableau Kanban que de produits à réaliser. Pour chaque composant, les
temps de changement de série sont pris en considération.
Le tableau suivant indique le paramétrage du système lors de l'expérimentation initiale.
Ligne de Changement
Durée de Fabrication
fabrication de série
Couronne A 1 lot de 200 pièces par heure 2h
Couronne B 1 lot de 200 pièces par heure 4h
Engrenage 1 lot de 100 pièces par heure 3h
Carter 1 lot de 100 pièces par heure 3h
Réducteur 1 lot de 100 pièces par heure 1h
La composition des différents produits finis est illustrée sur la Figure III-33. Pour l'ensemble
des composants, les coefficients de nomenclature sont unitaires.
En terme de pilotage Kanban, plusieurs stratégies de gestion des étiquettes des tableaux sont
possibles. Dans cet exemple, on considère celle consistant à minimiser le nombre de
changements de série. C'est à dire que tant qu'une étiquette de la référence en cours de
fabrication sur la ressource sur le tableau est présente sur le tableau, il n'y aura pas de
changement du type de produits à fabriquer.
Si un changement doit avoir lieu, l'étiquette prise sera celle appartenant au tableau le plus
critique (celui qui a le plus d'étiquettes depuis la plus longue durée).
193
[Link]
Dans le cas d'un système de production géré entièrement en flux tiré, la délivrance de plans
d'approvisionnements n'a pas d'influence sur le pilotage du système. Par contre, leur existence a
un intérêt lors de la configuration du système (ce qui ne peut être réaliser de manière dynamique
dans notre prototype de simulation). Ainsi, seuls les appels constitueront le flux d'information
envoyé au fournisseur.
Les caractéristiques initiales de la demande, modélisées par les cadences avions du donneur
d'ordre, sont semblables à celles du Jeu Kanban. Ces caractéristiques sont :
R1 R2 R3 R4 R5 R6
Cadence mensuelle 30 4 20 40 20 15
194
[Link]
Dans cette configuration, la ligne Engrenage est capable de constituer un niveau de stock en
produits EJ et ER ne les rendant plus pénalisants vis-à-vis du système global. Ceci permet à la ligne
195
[Link]
Réducteur d'assurer une répartition homogène des fabrications des produits finis, bien que certains
composants soient régulièrement en rupture de stock. Sur la Figure III-35 on présente les
indicateurs OTD de deux des produits finis (R4 et R5), ainsi que les indicateurs de suivi du niveau
de stock des composants COURONNE. A partir de ces indicateurs, lorsque l'on juge la
performance du système de production, on constate alors que les lignes COURONNE A et
COURONNE B sont les ressources les plus contraintes. Ainsi, à ce niveau de mise en place du
pilotage Kanban, il apparaît que ce n'est plus l'implantation de la technique de pilotage qui génère
les contre-performances du système mais les caractéristiques de système de production.
Ligne de Changement
Durée de Fabrication
fabrication de série
Couronne A 2 lots de 200 pièces par heure 1h
Couronne B 2 lots de 200 pièces par heure 1h
Engrenage 1 lot de 100 pièces par heure 1h
Carter 1 lot de 100 pièces par heure 1h
Réducteur 1 lot de 100 pièces par heure 0h
L'analyse de l'indicateur de performance global de l'entreprise (Figure III-36), montre que, dans
cette configuration, le système répond correctement à la demande. Toutefois, les indicateurs de
niveau de stocks de la totalité des composants et produits finis (3 d'entre eux sont présenté sur la
Figure III-36) laisse apparaître que la performance n'est pas optimale.
196
[Link]
9 - Réduction du nombre d'étiquettes Kanban par tableau (r,g)
Si l'on considère que le rendement individuel de chaque ligne de fabrication proche est proche de
sa limite avec le paramètrage précédent, les axes d'amélioration possible consistent à chercher un
paramétrage efficace du système de pilotag (le nombre d'étiquettes kanban par tableau).
Une succession d'expérimentations a permis d'aboutir aux paramétrages présentés dans le tableau
suivant. Ces choix ont été réalisés avec l'objectif de conserver le niveau de performance de
livraison à l'heure atteint dans l'expérimentation précédente (OTD=100%) et de posséder les
niveaux de stock en produits finis et intermédiaires les plus faibles possibles.
Taille du NB Cartes
Ligne Produit
tableau Kanban Initiales
Couronne A Toutes Couronnes 7→3 8→6
Couronne B Toutes Couronnes 7→3 8→6
Carter Rouge 7→3 4→3
Carter
Carter Bleu 7→4 4
Réducteur R2 7→5 4
Réducteur R3 7→6 4
Réducteur R4 7→6 4
L'analyse de cette expérimentation confirme l'atteintes des objectifs initiaux. On peut comparer, à
titre d'exemple, les indicateurs de niveaux de stock présentés sur la Figure III-37, avec ceux de
l'expérimentation précédente.
197
[Link]
Sur la Figure III-38, on présente l'indicateur de performances OTD commun à l'ensemble des
produits finis que le fournisseur réalise. Le mode 0 correspond une demande faiblement
perturbée, tandis que le mode 4 correspond à la perturbation la plus intense.
A cet état d'avancement du projet, il est intéressant de remarquer que l'approche proposée
(approche macroscopique pour simuler des comportements, sans nécessité de divulguer des
données confidentielles) est bien acceptée, une fois comprise. Concernant le recueil de données,
quelques difficultés sont apparues en raison du manque de rodage du processus d'interview des
interlocuteurs du fournisseur.
198
[Link]
Résumé de la Partie IV
Dans cette partie, LogiLink, le prototype développé selon les spécifications décrites dans la
seconde partie, a été présenté. Cet outil informatique s'appuie sur un environnement à base
d'interfaces graphiques conjuguant la représentation d'une relation DO/F d'une chaîne logistique,
avec la gestion de la confidentialité des données et des résultats des simulations de chacun des
acteurs.
Dans un second chapitre, des exemples de mises en œuvre orientés vers des applications
pédagogiques et vers des applications d'aide à la mise au point de politiques de coopération, ont
illustré les différentes problématiques abordables avec un tel outil.
Ainsi, des démonstrations concernant l’influence des comportements liés à l'utilisation de plans
d'approvisionnements ont été réalisées, que ce soit du coté donneur d'ordres (paramétrage des
expressions de besoins) ou du coté fournisseur (interprétation des informations reçues du
donneur d’ordres). De même, des démonstrations relatives aux concepts fondamentaux de la
mise en place de production en flux tirés ont montré comment l’outil de simulation pouvait
enrichir des supports de formation disponibles sur le marché.
D’autre part, des expérimentations en contexte industriel ont permis de jauger l'intérêt de notre
approche. Notamment, nous avons remarqué que les participants expriment le besoin de
généraliser les résultats obtenus à partir d’études de cas particulier. De plus, il est fréquent de
constater qu’à l’issue d’une présentation, la valeur des paramètres marque beaucoup plus les
intervenants que la démarche qui a conduit à les déterminer sur le cas particulier étudié.
Enfin, nous conclurons sur le sentiment « d’évidence » des résultats présentés. Bien qu’ils
apparaissent, a posteriori, comme des vérités pour l’ensemble des personnes (participants,
interviewés, concepteurs, etc.), ces résultats n’auraient pas pu être exprimés puis débattus aussi
simplement sans l’outil
199
[Link]
200
[Link]
Conclusion Générale
Dans ce travail nous avons abordé une problématique au centre des préoccupations actuelles des
entreprises : l’amélioration des relations entre donneurs d’ordres et fournisseurs au sein des
chaînes logistiques.
Nous avons vu que pour améliorer la maîtrise de leurs chaînes d’approvisionnements, les grands
Donneurs d’Ordres, notamment dans le secteur aéronautique, effectuent des démarches
préventives et curatives de surveillance et de soutien de leur réseau d’approvisionnement.
L’analyse de leurs projets visant à améliorer leurs relations avec les fournisseurs et l’état de l’art
réalisé ont montré l’existence d’un besoin d’outils quantitatifs permettant d’évaluer l’impact des
politiques de coopération sur les performances de deux acteurs de la chaîne logistique. D’autre
part, une étude de l’offre commerciale ne nous a pas permis d’identifier l’existence d’un outil de
ce type qui puisse être mis en œuvre dans les conditions souhaitées par l’industriel.
Dans ce contexte d’existence d’un besoin industriel faisant l’objet de peu de recherches
académiques et relativement peu couvert par l’offre commerciale, nous avons alors proposé un
outil et une méthodologie de mise en œuvre qui permettent l’analyse conjointe du processus de
coopération, par un donneur d’ordres et un de ses fournisseurs.
L’outil, LogiLink, dédié à la l'analyse de la dynamique des processus de coopération au sein des
relations DO/F a donc été spécialement développé pour favoriser cette démarche. Il peut être
distinguer des outils classiques du Supply Chain Management par les caractéristiques suivantes :
sa conception, permettant d'intégrer simultanément de deux acteurs industriels au sein
d'un unique modèle,
sa mise en œuvre, permettant :
- une utilisation rapide réalisée à partir de représentations macroscopiques des
systèmes étudiés,
- une gestion des notions de confidentialité sur leurs données et sur leurs
performances individuelles de chacun des acteurs,
son orientation pédagogique, permettant de l'intégrer à divers supports de formation,
son orientation aide à la coopération, permettant de l'exploiter à des niveaux de
décision hiérarchiquement différents.
201
[Link]
Toutefois, dans cette thèse, nous avons présenté plus qu'un outil d'aide à l'évaluation des
performances des relations entre un donneur d'ordres et ses fournisseurs :
D’autre part, nous avons conçu et développée une méthodologie et son outil associé permettant
d'aborder concrètement les notions de coopération au sein des chaînes logistiques. Cette
méthodologie, dont la spécificité consiste à faire utiliser conjointement le même outil de
simulation à un donneur d'ordres et à l'un de ses fournisseurs, utilise ce dernier comme
vecteur de communication entre des industriels, acteurs d'une relation Client/Fournisseur.
Mise en forme : Puces et
numéros
202
[Link]
Perspectives
A court et moyen terme, les perspectives majeures de ce travail sont de trois types :
Tout d'abord, la poursuite de la mise en œuvre de cette approche auprès de
fournisseurs du réseau d'approvisionnement d'Airbus, afin d'évaluer l'intérêt et les
résultats suscités par cette démarche, ainsi que les compléments nécessaires à son
développement.
Ensuite, l’extension du modèle des systèmes de production à des systèmes plus
diversifiés ainsi que les caractéristiques des systèmes de pilotages du fournisseur.
Et d’autre part, le déploiement de cette démarche à des relations Client/Fournisseur
en amont de la relation Airbus/Fournisseur, et au delà dans d’autres secteurs
d’activité.
Plus précisément, parmi le grand nombres d’axes de recherche et d’utilisations que suggèrent cet
outil et les modèles sur lesquels il repose, il pourrait être envisagé de traiter les suivants :
203
[Link]
Dans le premier cas, la difficulté consistera à définir un module capable de générer au
moins une solution, indépendamment de sa valeur. En effet, poser le problème du
calcul de plan par un modèle à base de contraintes et de critères à optimiser pourra
mener à une inexistence de solutions, ce qui n’est pas envisageable dans le processus
de simulation tel qu’il a été proposé ici.
Dans le second cas, la difficulté résidera dans le réglage de l’heuristique de lissage afin
qu’elle puisse permettre de déterminer dans un temps acceptable des résultats
satisfaisant au regard de la simulation. Dans cet esprit des travaux ont été initiés au
cours de cette thèse, notamment l’implémentation d’une heuristique de lissage
proposé par Tempelmeir, [Dup 02].
Le paramétrage de l’outil
Force est de constater que si ce travail s’est focalisé sur la notion de dynamique des
processus de coopération, le paramétrage des système de pilotage des différents
agents est constant au cours des simulations. L’une des extensions qui me semble la
plus prometteuse en terme de définition de nouvelles solutions de pilotage serait celle
de l’introduction de la dynamique des paramètres de pilotage au sein du type de
modèle que nous proposons.
Cette extension pourrait être ensuite accompagnée d’une recherche sur les relations
entre paramètres, voir entre groupe de paramètres, afin de définir des règles de
déductions entre paramètres élémentaires permettant de proposer à l’utilisateur un
paramétrage de comportements types.
Bien que de nombreuses autres perspectives puissent être envisagées, il est important de garder à
l’esprit que ce travail s’inscrit dans une problématique encore peu étudiée, celle de l’évaluation de
performance de politiques de coopération, qui sont pourtant l’objet de nombreux projets
industriels. Par exemple, dans le cas de la société Airbus, parmi les projets d’entreprise initiés
depuis la fin de l’année 2000, a débuté la partie E-SupplyChain du projet Sup@irWorld, consistant,
d’une part, à améliorer les flux d’information par l’utilisation des nouvelles technologies et d’autre
part, à initier des démarches collaboratives sur les processus de planification et les processus de
détection et gestion d’événements perturbateurs au sein de la chaîne logistique.
204
[Link]
L’outil est donc destiné à être utilisé pour imaginer et évaluer de nouvelles stratégies de
coopération en relation avec les besoins industriels. Ainsi, les résultats qu’il apportera le feront
évoluer vers des thèmes de recherche que ses utilisations futures suggéreront d’elle-même.
De manière plus générale, l’un des objectifs à terme de cette voie de recherche sera de
remonter le long de la chaîne logistique pour partager la philosophie orientée chaînes logistiques
avec l'ensemble des acteurs industriels. Nous attendons donc le jour ou un outil de ce type sera
utilisé simultanément et (ou) en cascade le long d’une chaîne logistique, connecté à d’autre outils
du SCM ...
205
[Link]
206
[Link]
Bibliographie
[Arn 95] Arntzen B.C., Brown G.G., Harrison T.P. et Trafton L.L, GLOBAL SUPPLY
CHAIN MANAGEMENT AT DIGITAL EQUIPMENT CORPORATION, Interface, vol
25, n°1, p.69-93, 1995.
[Bad 92] Badinelli R.D., A MODEL FOR CONTINUOUS-REVIEW PULL POLICIES IN SERIAL
INVENTORY SYSTEMS, Operations Research, vol. 40, p. 142-156, 1992.
[Ban 86] Banerjee A., A JOINT ECONOMIC-LOT-SIZE MODEL FOR PURCHASER AND
VENDOR, Decision Science, vol. 17, p. 292-311, 1986.
207
[Link]
[Bri 02] Bricout, OUTIL LOGICIEL POUR LA CESTION DE PRODUCTION, Chap n°9 de
l’ouvrage collectif coordonné par Erschler et Grabot Gestion de production, IC2
Productique, Hermes, 2002.
[Cam 02] J.P. Campagne, LA PROBLEMATIQUE DE LA MAITRISE DES FLUX, Chap n°1 de
l’ouvrage collectif coordonné par J.P. Campagne et P. Burlat Maîtrise et organisation
des flux industriel, IC2 Productique, Hermes, 2002.
[Che 94] Chen F. et al., EVALUATING ECHELON STOCK (R,NQ) POLICIES IN SERIAL
PRODUCTION/INVENTORY SYSTEMS WITH STOCHASTIC DEMAND,
Management Science, vol. 40, p. 1262-1275, 1994.
[Chr 92] Christopher, LOGISTICS AND SUPPLY CHAIN MANAGEMENT, Pitman Publishing,
London, 1992
208
[Link]
[Cro 01] S. Croom, P. Romano, [Link], SUPPLY : AN
CHAIN MANAGEMENT
ANLYTICAL FRAMEWORK FOR CRITICAL LITERATURE, European Journal of
Purchasing & Supply Management, n°6, p67-83, 2000
[Dav 93] Davis T., EFFECTIVE SUPPLY CHAIN MANAGEMENT, Sloan Management Review,
vol. 34, p. 35-46, 1993.
[Der 84] J. De Rosnay, LE MACROSCOPE : VERS UNE VISION GLOBALE, Editions du Seuil,
1975.
209
[Link]
[Fed 84] Federgruen A. et al., COMPUTATIONAL ISSUES IN AN INFINITE-HORIZON,
MULTI-ECHELON INVENTORY MODEL, Operations Research, vol. 32, p. 818-837,
1984.
[Jac 84] Jacobs, OPT UNCOVERED : MANY PRODUCTION PLANNING AND SCHEDULING
CONCEPTS CAN BE APPLIED WITH OR WITHOUT SOFTWARE, Industrial
Engineering, 1984.
[Kie et al 01] J.P. Kieffer, G. Bel, PILOTAGE ASSISTE PAR LA SIMULATION DISCRETE, Chap.
n°3 de l’ouvrage collectif coordonné par P. Pujo et J.P Kieffer Méthodes du pilotage
des systèmes de production, IC2 Productique, Hermes, 2001
[Lal 84] Lal R. et al., AN APPROACH FOR DEVELOPING AN OPTIMAL DISCOUNT PRICING
POLICY, Management Science, vol. 30, p. 1524-1539, 1984.
210
[Link]
[Lau 94] Lau H.S. et al., "COORDINATING TWO SUPPLIERS WITH OFFSETTING LEAD
TIME AND PRICE PERFORMANCE", Journal of Operation Management, vol. 11, p. 327-
337, 1994.
[Lee 86] Lee H.L. et al., "A GENERALIZED QUANTITY DISCOUNT PRICING MODEL TO
INCREASE SUPPLIER'S PROFITS", Management Science, vol. 32, p. 1177-1185, 1986.
[Lee et al 93b] Lee H.L. et Billington C. et Carter B., HEWLETT-PACKARD GAINS CONTROL OF
INVENTORY AND SERVICE THROUGH DESIGN FOR LOCALIZATION, Interfaces,
vol 23, n°4, p.1-11, 1993.
[Lee et al 95a] Lee H.L. et Billington C., THE EVOLUTION OF SUPPLY-CHAIN MANAGEMENT
MODELS AND PRACTICE AT HEWLETT-PACKARD, Interfaces, vol 25, n°5, p. 42-
63, 1995.
[Lee et al 95b] Lee H.L. et Sasser M., PRODUCT UNIVERSALITY AND DESIGN FOR SUPPPLY
CHAIN MANAGEMENT, International Journal of Production Planning and Control, vol 6,
n°3, p. 270-277, 1995.
[Lem 74] Lemoigne, LES SYSTEMES DE DECISION DANS LES ORGANISATIONS, PUF, 1974.
211
[Link]
[Mag 96] B. Maggi, AUTONOMIE ET CONCEPTION, Chapitre de l’ouvrage collectif
coordonné par De Terssac et Friedberg Coopération et Conception, Octaves Editions,
1996.
[Men et al 01] J.T Mentzer, W. Dewitt, J.S. Keebler, S. Min, N.W. Nix, C.D. Smith, Z.G.
Zacharia, DEFINING THE SUPPLY CHAIN MANAGEMENT, Journal of Business
logistics, vol 22, n°2, 2001
[New et al 95] New S.J. et P. Payne, RESEARCH FRAMEWORK IN LOGISTICS : THREE MODELS,
SEVEN DINNERS AND A SURVEY, International Journal of Physical Distribution and
logistics management, 25 (10), 1995.
212
[Link]
[Roy 92] B. Roy, SCIENCE DE LA DECISION OU SCIENCE DE L'AIDE A LA DECISION ?
Cahier LAMSADE, Université de Paris Dauphine, Cahier n°97, 3ième version révisée,
1992.
[Set 84] S.P. Sethi, A quantity discount lot-size model with disposals, International
Journal of Production Research, vol. 22, p. 31-39, 1984.
[Sim 77] H.A. Simon, THE NEW SCIENCE OF MANAGEMENT DECISION, Prentice-Hall,
New-Jersey, 1977.
[Sta 00] StadtlerR H. et Kilger C., SUPPLY CHAIN MANAGEMENT AND ADVANCED
PLANNING, Springler Verlag, 2000.
[Tay et al 99] Tayur S., Ganeshan R., M. Magazine, QUANTITATIVE MODELS FOR SUPPLY
CHAIN MANAGEMENT, Kluwer Academic Publishers, 2000
213
[Link]
[Tel 01] O. Telle, C. Thierry, G. Bel, T. Pistre, RELATION CLIENT/FOURNISSEUR AU
SEIN D'UNE CHAINE LOGISTIQUE INTEGREE : UN MODELE DE SIMULATION,
Acte de la conférence Mosim'01,Troyes, 2001.
[Thi et al 93] Thierry C., Bel G. et Esquirol P., A CONSTRAINT BASED MODEL FOR MULTI-
SITE SCHEDULING, 12th IFAC World Congress, Sydney, 1993.
[Thi et al, 01] C. Thierry et G. Bel, GESTION DE CHAINES LOGISTIQUES DANS LE DOMAINE
AERONAUTIQUE : OUTILS D’AIDE A LA DECISION POUR L’AMELIORATION DU
PARTENARIAT, Revue Française de Gestion Industriel, 2002.
[Van 94] Van Eijs M.J.G., MULTI-ITEM INVENTORY SYSTEMS WITH JOINT ORDERING
AND TRANSPORTATION DECISIONS, International Journal of Production Economics,
vol. 35, p. 285-292, 1994.
214