Electro
Electro
Cette courbe est appelée caractéristique à vide. Elle correspond à une vitesse de rotation donnée. Pour
un J fixé, une augmentation de la vitesse de rotation entraînera une augmentation de E0.
On a donc : E 0 K . ( J ).
E0 (V)
E0 (V)
J (A) J (A)
Remarque : la caractéristique est linéaire tant que la saturation n’est pas atteinte.
E0v(V)
(V)
IJ=Cst
e = Cte
ž r (rad.s-1)
12
7.4. Caractéristique en charge
Cette fois on ferme l'interrupteur. La machine débite dans la charge (elle fonctionne en génératrice).
On relève à nouveau la tension U à ses bornes en fonction de I. On trouve une courbe située sous la
précédente.
En charge, le système va donc fonctionner sous un flux inférieur à celui créé par l'inducteur (ch(J, I) <
0(J) ), d'où une tension plus faible que celle attendue. La tension de sortie de la machine s'écrit alors :
- Pour annuler la réaction magnétique d'induit, la machine possède sur le stator des enroulements de
compensation parcourus par le courant d’induit : on dit que la machine est compensée.
Nous allons désormais supposer que tension et courant de sortie sont strictement continus et nous
intéresser aux différentes caractéristiques électriques et mécaniques de la structure que nous venons de
décrire.
a- Fonctionnement en Moteur
U E RI
Remarquer la convention générateur du courant.
13
8.2. Modèle équivalent de l’inducteur
J
Le bobinage inducteur alimenté sous tension continue ne présente
que sa résistance de bobinage.
U e re J
On définit :
Pertes constantes
les pertes dites « constantes » ou « collectives ». C’est à dire
PC Pfer Pméca que si le moteur travaille à vitesse et flux constants, les pertes
fer et mécaniques sont approximativement constantes.
Remarque Toute relation entre des puissances peut être ramenée à une
relation entre des couples. Il suffit de diviser cette première
par la vitesse de rotation Ω (en rad.s-1)
Rendement
Du fait de ces différentes pertes, le rendement d’une machine à courant continu varie entre 80 et 95 %.
14
9 METHODES D'EMPLOI DE LA MCC
Nous allons voir qu'il existe plusieurs méthodes pour alimenter l'inducteur de la machine, chacune d'entre
elles conduisant à des caractéristiques de fonctionnement différentes.
a) Excitation séparée: l'alimentation de l'enroulement inducteur est prise sur une source indépendante
de la source principale.
b) Excitation shunt (ou dérivée): l'enroulement d'excitation est connecté en parallèle sur l'alimentation
de l’induit.
c) Excitation série: le circuit d'excitation est placé en série avec l'induit de la machine.
d) Excitation compound (ou composée): c'est une combinaison des excitations shunt et série. On
peut réaliser un compoundage additif (si les flux des deux enroulements s'additionnent) ou
soustractif (dans le cas contraire).
Nous allons étudier les propriétés des montages les plus utilisés, en supposant que l'alimentation est
constituée par une source de tension.
10 FONCTIONNEMENT GENERATRICE
La génératrice est à excitation indépendante car il n’y a aucun lien électrique en l’induit et l’inducteur.
Modèle équivalent
Caractéristiques : E K
E U RI
r
Connaissant R U i R.I
u U i u R.I
Rem : Nous pouvons aussi tenir compte de la chute de tension u=f(I)
ohmique due au contact balais-collecteur :
R.I
I
u RI e AB
15
- Caractéristique de réglage J=f(I) à U et Nr constants J
En charge, pour maintenir U constante il faut augmenter E0 qui est
égale à U u au fur et à mesure que I croît agir sur le courant
d’excitation J (courbe aller).
J0
Si on refait le chemin inverse, c’est à dire diminuer I
la tension U augmente il faut diminuer J (courbe de retour).
I
I J
I1 J0 J1
I1
J
J0 J1
C’est une génératrice auto excitée où le courant d’excitation dérive du courant d’induit.
Rem : Si la machine est neuve Erém=0 l’exciter d’abord séparément pour avoir un champ rémanent.
16
10.2.1 Points de fonctionnement et conditions d’amorçage
Pour obtenir l’amorçage il faut que la charge soit déconnectée et la vitesse de rotation suffisamment
grande.
Elle permet de traduire la variation de la tension aux bornes de la G en fonction du courant de charge à
vitesse et résistance du circuit d’excitation constantes. Elle peut être relevée directement par un essai en
charge.
U=E-R.I- = E-R.(J+Ic)- I
Si Ic augmente U= R.(J+Ic) augmente J Ic
re
Alors E diminue puisque J diminue, donc E E0 Charge
G E U
Eshunt < Eind Rh
Nr
U
U0
Excita° séparée
Excita° shunt
17
b) Caractéristique J=f(I) à Nr et U constantes
Si on a E0(J) et u(I), la construction de Picou permet de tracer U(I) à résistance Re du circuit inducteur
constante.
- Tracer la caractéristique à vide E0(J)
- Tracer la caractéristique u(I)
- Tracer la droite de l’inducteur Re.J ; elle coupe E0(J) en M. Les projections de M donnent J et U
quand u est nulle.
- Pour un courant I1, on porte u correspondant en OA. Par A on mène la parallèle à la droite de
l’inducteur. Cette droite a pour équation E0=Re.J+u(I1) ; elle coupe E0(J) en B.
BF=E0|I1 OF=J|I1 U E0
B M
U(I)
D
Re.J
u(I)
A
I J
I1 I2 I3 O F
On soustrait u de E0. Pour cela il suffit de descendre verticalement de B jusqu’en D sur la droite de
l’inducteur ; on lit en FD la tension U.
On reporte U au droit de I1 dans le quadrant de gauche. A l’aide de quelques points on obtient ainsi U(I).
On construit J=f(I) à partir de E0(J) et u(I) exactement comme pour une génératrice à excitation séparée.
18
a) Caractéristique en charge
Re.I
E = (re+R+Rch)I
I
O
b) Réglage de la tension
Pour modifier U(I), on doit shunter l’inducteur. Plus le rapport du courant I’ dans l’inducteur au courant I
dans l’induit est faible, plus à I donné la tension U créée est faible.
La figure suivante montre la construction de U(I) pour I’=I, puis pour I’=I/2. Il faut dans le second cas une
valeur double de I pour retrouver le même courant dans l’inducteur donc la même f.e.m E0.
E0
I’=I
I U
U
E0
I’ I’=I/2
Rh ’U U
re U
G E
u+R’I
u+R’.I/2
Nr
R’I
R’I/2
I
O U ’U
La génératrice à excitation composée ou compound porte sur ses pôles principaux un enroulement
shunt et un enroulement série avec l’induit. On reconnaît les deux enroulements à la section du fil et au
nombre de spires. Avec une grande résistance, l’enroulement shunt absorbe un faible courant ; alors que
l’enroulement série qui présente une faible résistance provoque une chute de tension réduite.
rS rS
I
J J
I Ic Ic
rp rp
G E U Charge G E U Charge
Rh Rh
Nr Nr
Fig. a Fig. b
19
Selon la position de l’enroulement série, on distingue deux types de montages ; le montage courte
dérivation, fig. a, et le montage longue dérivation, fig. b.
Suivant le branchement, les Ampères-Tours série peuvent s’ajouter aux A.T. shunt ou s’en soustraire.
Dans le premier cas, la génératrice est dite à AT additifs ou concordants (cas du montage précédent). Dans
le second cas, la génératrice est dite à AT soustractifs ou discordants.
L’amorçage s’effectue comme dans la machine à excitation shunt et la tension est réglée par Rh
Les Ampères-Tours série proportionnels au courant débité compensent la chute de tension interne par une
augmentation du flux 0. Si on part de Unom et si on relève U(I) à Nnom et Rh=Cste on obtient, suivant
l’importance des AT séries, les courbes a, b et c (fig. a) :
NB : Re=Rh+rp U c
Unom
b
(Re constant) a
shunt
I
Inom
Fig. a
Pour maintenir U constante, il faut d’autant mois augmenter le courant d’excitation shunt J que la machine
est compoundée.
J shunt
a
b
c
(U=Unom)
I
Inom
Fig. b
20
10.4.2 Prédétermination des caractéristiques en charge
Le courant d’excitation shunt équivalent dû à l’action simultanée des deux enroulements est : J ’=J+k.I
Pour un courant I1, on porte en OA la chute de tension u’ lue pour I1, en AB le courant k.I1. Par B on mène
la parallèle à la droite de l’inducteur ; en FC on lit E0, en OF on lit J’. On en déduit :
u’(I)
A
B
I B’ J
I1 O k.I1 L F
u’-Re.k.I1
Pour chaque valeur de I, on calcule E0=U+u, on lit sur E0 (J) le courant équivalent J’. On en déduit J par
J=J’-kI
Au fur et à mesure que le courant débité croît la réduction de la f.m.m due aux AT série accentue la
diminution de U que présentait déjà la génératrice shunt.
21
11 FONCTIONNEMENT MOTEUR
Le moteur à courant continu (MCC) est plus coûteux que le moteur à courant alternatif usuel, son
entretien est plus exigeant et son usage est restreint car la distribution de l’énergie électrique se fait à
courant alternatif. Son avantage réside dans le contrôle et la variation de sa vitesse de rotation ; c’est donc
pour les entraînements à vitesse variable qu’on l’utilise.
Pe E .I
C ém c
r r
avec E c KΦ c r K (Φ 0 Φ) r
C ém K (Φ 0 Φ).I
Pfer Pméc
- Couple dû aux pertes : C p
r
Bilan énergétique
Paa
P PPémem PuP=C .u.žr
u u=T
=U.I+U
=U.I+Ue.J
=E.I=C
=E.I=T .
émem .ž r
e.Ie
Pméca
Pj = R.I2 Pfer
22 Pc
PPjeje=U
= Uee.I.J=r eJe
e = r.I
22
Remarques :
• Toute l’énergie absorbée à l’inducteur et dissipée par effet joule. On peut omettre l’inducteur dans le
bilan des puissances et alors Pje n’apparaît pas et Pa=U.I.
• Les pertes fer et les pertes mécaniques sont rarement dissociées, la somme étant les pertes constantes Pc.
• Si le moteur est à aimants permanents, Ue, J et Pje n’existent pas.
- Couples
Soient : Cem le couple électromagnétique (N.m) et Cu le couple utile en sortie d’arbre (N.m).
Couple de pertes TP
PC Pem PU Pem PU
CP C em CU
P
C P C C em CU
- Rendement
- Mesure directe :
Pu C u .
Cette méthode consiste à mesurer Pa et Pu.
Pa U .I Pje
E ' U RI
b) Vitesse de rotation : r
K K
Le sens de rotation dépend :
A vide la seule puissance absorbée sert à compenser les pertes. La puissance utile est nulle.
U RI0 U
I0 << In RI0 << U et finalement 0 .
K K
La vitesse à vide se règle en fonction de la tension d’alimentation ou du flux inducteur .
23
Attention : à vide, il ne faut jamais supprimer le courant d’excitation Ie lorsque l’induit est sous tension,
car le moteur peut s’emballer. En effet si Ie 0 alors 0 et Ω0 .
Si tend vers 0, le couple électromagnétique aussi et il arrivera un moment où le couple sera inférieur au
couple résistant et la machine s’arrêtera.
U RI0 U 1
K2 U avec K 2
K K K
U (V)
La vitesse dépend de :
- la tension d’alimentation U ; C
Tu(N.m)
(N.m)
- l’intensité du courant I imposée par le moment du couple résistant. caractéristique
mécaniquedumoteur:
lavitessevarietrèspeu
U reste tout de même grand devant R.I. En conséquence la vitesse de avec la charge
rotation est essentiellement fixée par la tension d’alimentation U et U = cste
varie très peut en fonction du courant, c’est-à-dire de la charge.
ž (rd/s)
(rad.s-1 )
Pfer Pméc
Cp
r
Si on admet que les pertes mécaniques et les pertes fer sont proportionnelles à la vitesse de rotation
alors le couple des pertes est constant.
Pméc=K1. Pfer=K2. C
C u C em K 3
Cu
I
I0
24
Mode de fonctionnement usuel
Conclusion :
U
• La tension d’alimentation impose la vitesse de rotation .
K
Cr
• La charge impose la valeur du courant I .
K
Une charge oppose au moteur un couple résistant Cr. Pour que le moteur puisse entraîner cette charge, le
moteur doit fournir un couple utile Cu de telle sorte que :
Cu C r
C(N.m)
Caractéristique mécanique
Cu du moteur
Cr
Caractéristique mécanique
de la charge
Point d’intersection =
point de fonctionnement
Nr
Le fonctionnement est stable si tout écart accidentel de vitesse crée une différence de couple qui l’annule.
Exemple : C(N.m)
Les caractéristiques du MCC dépendent de son mode d’excitation et de la nature constante ou variable de
la tension continue qui l’alimente. Il en résulte quatre cas principaux qu’il faut traiter séparément.
25
11.3. Moteur à excitation shunt sous tension constante
I
+
U E RI Re .J J
R
re
E ' U RI Nr
r U
K K E’ M
Rh
–
11.3.1 Caractéristiques de vitesse
A vide I est faible, les effets de la réaction magnétique de l’induit sont alors négligeables.
E0 U
0
K K 0
0
La vitesse à vide est inversement proportionnelle au flux utile
Produit par l’inducteur.
Quand le couple demandé au moteur augment le courant d’induit I augmente et les effets de la RMI aussi.
U E c RI K r c RI
K r ( 0 ) RI
RI
U - RI K r 0 (1 ) U (1 - ) K r 0 (1 ) r
0 U 0
0
U RI RI J1
(1 - ) r (1 ) 0 (1 - )
K 0 U 0 U
J2
RI
(1 -
)
r 0 U J2>J1
I
(1 )
0
26
11.3.2 Caractéristiques de couple
Le couple utile Cu est inférieur à Cém à cause des pertes dans le fer et des pertes mécaniques. A J donné,
ces pertes dépendant de la vitesse et du flux sont à peu près constantes.
Les courbes Cu(I) se déduisent donc des courbes Cém(I) par des translations égales à I0.
On ne peut appliquer directement la tension U à l’induit du moteur à l’arrêt, le courant serait beaucoup
trop fort.
Un E Un
Au démarrage : 0 E 0 et donc I d >> In
R R
Conséquences
La pointe de courant va provoquer la détérioration de l’induit par échauffement excessif par effet joule.
Solution 1 : On utilise des rhéostats de démarrage. Cette solution est peu économique.
Pour limiter le courant de démarrage Id, on met en série avec l’induit un rhéostat de démarrage (rh) :
Un
Id I
R rh + rh
J
R
Le couple de démarrage : C dém K ..I d re
U Nr
Lors du démarrage (en charge), il va falloir avoir un E’ M
couple de démarrage plus important que le couple utile Rh
nominal et cela pour vaincre l’inertie de la charge.
–
27
- On admet Id > In (1,5 à 2,5 In)
- On donne à sa valeur maximum en donnant à la résistance du rhéostat d’excitation (Rh) une
valeur nulle.
Au fur et à mesure que le moteur prend de la vitesse, la f.é.m apparaît et le courant diminue.
U E
U E ( R rh ) I I
R rh
Si I diminue le couple décroît aussi. Il faut diminuer progressivement le rhéostat de démarrage au fur et à
mesure que la vitesse augmente
U d RI d R.1,5.I n
U E Rt I
E kI
C em kI 2
U Rt I
kI
Bilan énergétique
P a PPémem PP
u=C u.
u =T u.ž
r
Pa = U.I =E.I=C ém.
=U.I =E.I=T .žr
em
Pméca
Pfer
Pj = R.I2
Pje = r.I2 Pc
2
Pjt = Rt.I
28
Fonctionnement
ž (rd/s)
(rad.s -1 )
Fonctionnement à vide
C em
La charge impose le courant : I I (A)
k
Si Cém tend vers 0, I tend aussi vers 0 et Ω tend vers l’infini (si l’on ne tient pas compte des frottements).
Alimenté sous tension nominale, le moteur série ne doit jamais fonctionner à vide au risque de s’emballer.
Démarrage
Tension de démarrage :
Comme pour le moteur à excitation indépendante, il est préférable de démarrer sous tension d’induit
réduite.
U
En effet au démarrage : 0 E 0 I
Rt
Couple de démarrage :
C(N.m)
T (N.m)
Caractéristique C=f(I) T
Cem
ém
TCuu saturation,
Saturation, lalarelation
relation
2
C em kI 2 T=kI 2n’estplusvalable
C=kI n’est plus valable
C u C em C p I (A)
Finalement : C u 2 C te ž (rad.s-1)
Sens de rotation
Rappel : pour changer le sens de rotation d’un moteur à courant continu, il faut inverser soit I, soit Ie.
Comme pour le moteur à excitation série I=Ie, pour changer son sens de rotation il faut inverser la
connexion entre l’inducteur et l’induit.
On constate donc que le courant dans un moteur à excitation série peut-être inversé sans que le sens de
rotation le soit.
30