Financement PME Marocaines: Bourse
Financement PME Marocaines: Bourse
Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales كلية العلوم القانونية واالقتصادية واالجتماعية
Rabat الربـــــــاط
Membres du Jury :
25 Février 2017
1
A mes parents
2
Remerciements
Je tiens tout d’abord à remercier de tout cœur les membres du jury Pr. Mohamed
KHACHANI, Pr. Sanae SOLHI, Pr. Mohammed HASSAINATE, Pr. Mohammed Rachid
SBIHI et Pr. Khaddouj KARIM, qui ont bien voulu me faire l’honneur de consacrer une partie
de leur temps pour évaluer le présent travail. Je leur exprime toute ma gratitude.
Je reste seul responsable des erreurs et omissions qui peuvent subsister dans cette thèse. En
revanche, ses qualités doivent beaucoup aux personnes qui m’ont accompagné dans son
élaboration.
En particulier, je voudrais exprimer ici ma très profonde gratitude à mon Directeur de thèse,
Madame le Professeur Sanae SOLHI et surtout à Monsieur le Professeur Mohammed Rachid
SBIHI, pour toute la confiance qu’il m’a accordée tout au long de ce travail, pour les
nombreux conseils qu’il m’a prodigués, ainsi que pour sa très grande disponibilité. Je mesure
la grande chance que j’ai eu de bénéficier de son expérience et de sa connaissance du travail
de recherche qui m’a permis de développer ma réflexion intellectuelle. Notre travail en
commun, et nos échanges enrichissants durant ces années resteront gravés dans ma mémoire.
Je le remercie infiniment de m’avoir soutenu dans toutes ces épreuves, tant intellectuelles que
morales, que constitue l’exercice d’une thèse. Il a su m’encourager et pousser ma
persévérance pour que je parvienne à la finalisation de ce travail. Son aide a été d’une valeur
inestimable. Cette thèse n’aurait pu s’aboutir sans son aide.
Je remercie également toute ma famille, mes collègues et mes amis pour m’avoir encouragé et
contribuer activement à m’offrir les conditions nécessaires pour arriver finaliser cette thèse.
3
RESUME
L’introduction en bourse constitue une décision stratégique importante dans la vie des PME.
Cette opération décisive est souvent considérée comme une source de financement pour les
PME désirant avoir de nouveaux moyens de financement nécessaires à leur croissance interne
et externe.
Cette introduction aura un effet immédiat et à terme sur la santé financière des PME
marocaines. Néanmoins, ce sujet a fait l’objet d’études importantes qui s’intéressent
spécifiquement au déclin des performances boursières à court terme et celle à moyen à long
terme. En revanche, l’étude des performances économiques des PME introduites en bourse
demeure un sujet peu exploré.
Notre étude commence par un parcours théorique nous permettant de bien situer le
financement des PME par le marché boursier parmi les autres modes de financement en
mettant en évidence ses retombées sur la santé financière. Dans un deuxième temps, et portant
sur un échantillon de huit PME nouvellement introduites à la bourse de Casablanca sur la
période 2003-2015, examine l’évolution de la performance économique des PME mesurée par
des ratios financiers avant et après leurs introductions en bourse. Les résultats obtenus mettent
en évidence une réduction de l’endettement et une amélioration de la liquidité de l’échantillon
retenu ; la question de la rentabilité financière reste sujette à exploration car la plupart des
théories concordent pour conclure qu’elle a tendance à baisser.
Mots clés : Introduction en bourse, performance économique, timing, gestion des résultats,
théorie d’agence, asymétrie de l’information.
4
ABSTRACT
The initial public offering establishes an important strategic decision in the life of the small
and medium-sized enterprise (SMEs). This decisive operation is often considered as a source
of funding for SME wishing to have new means of financing necessary for their organic and
external growth.
This introduction will have an immediate and forward effect on the financial health of the
SME Moroccans. Nevertheless, this subject was the object of importing studies, which are
specifically interested in the decline of the short-term stock-exchange performances and that
in the long-term way. On the other hand, the study of the economic performances of the SME
listed on the Stock Exchange lives a little explored subject.
Our study begins with a theoretical route allowing us to place well the financing of the SME
by the stock market among the other modes of financing by highlighting its fallout on the
financial health. Secondly, and concerning a sample of eight SME recently introduced to the
stock exchange of Casablanca over the period 2003-2015, examine the evolution of the
economic performance of the SME measured by financial ratios before and after their initial
public offerings. The obtained results highlight a reduction of the debts and an improvement
of the liquidity of the reserved sample; the question of the financial profitability remains
subject to exploration because most of the theories match to conclude that it tends to fall.
Keywords: initial public offering, economic performance, timing, management of the results,
the theory of agency, asymmetry of the information
5
SOMMAIRE
Remerciements…………………………………………………………………………………3
Résumé…………………………………………………………………………………………4
Abstract………………………………………………………………………………………...5
Sommaire………………………………………………………………………………………6
Liste des abréviations…………………………………………………………………………..7
Liste des tableaux………………………………………………………………………………8
Liste des graphiques…………………………………………………………………………..12
INTRODUCTION GENARALE…………………………………………………………...13
PREMIERE PARTIE : FONDEMENTS THEORIQUES DU FINANCEMENT DES
PME : QUELLE PLACE AU MARCHE BOURSIER ? ………………………………...25
INTRODUCTION DE LA PREMIERE PARTIE……………………………………………26
Chapitre 1 : Définition et financement de PME au Maroc……………………………………28
Chapitre 2 : Sources de financement et introduction en bourse………………………………82
Chapitre 3 : Cadre théorique du financement des PME : vers l’option du financement
boursier………………………………………………………………………………………148
CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE……………………………………………..198
DEUXIEME PARTIE : SOUBASSEMENTS EMPIRIQUES DU FINANCEMENT DES
PME : QUELS EFFETS DU MARCHE BOURSIER ?…………………………………203
INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE………………………………………….204
Chapitre 4 : Approches théoriques de la performance financière des PME cotées en
bourse………………………………………………………………………………………..207
6
LISTE DES ABREVIATIONS
ANPME Agence Nationale pour la Promotion de la Petite et Moyenne d’Entreprise
AMMC Autorité Marocaine du Marché des Capitaux
BAM Bank AL Maghreb
BCP Banque Centrale Populaire
BNPA Bénéfice Net par Action
BMCE Banque Marocaine du Commerce Extérieur
BMCI Banque Marocaine du Commerce International
BTP Bâtiments et Travaux Publics
BVC Bourse des Valeurs de Casablanca
CA Chiffre d’Affaires
CAF Banque commerciale du Maroc
CDG Caisse de dépôt et de Gestion
CDM Crédit du Maroc
CEA Compte d’Epargne en Action
CGEM Conférence Générale des Entreprises du Maroc
CGI Compagne Générale Immobilière
CIH Crédit Immobilière et Hôtelier
CNCA Caisse Nationale du Crédit Agricole
DEPF Direction des Etudes et des Prévisions Financières
DPEG Direction de la Politique Economique Générale
EBE Excèdent Brut d’Exploitation
EGX Egyptian Exchange
EPS Earnings per Share
FASEP Fond d’Etude et d’Aide au Secteur Privé
GPBM Groupement Professionnel des Banques Marocaines
IFRS International Financial Reporting Standards
MASI Moroccan All Shares Index
MENA Afrique du Nord et Moyen Orient
OCDE Office de Coopération et développement Economique
OMPIC Office Marocain de la Propriété industrielle et Commerciale
PER Price Earnings Ratio
PIB Produit Intérieur Brut
PME Petite et Moyenne Entreprise
PMI Petite et Moyenne Industrie
SBA Small Business Act
SBIR Small Business Innovation Research
SGMB Société Générale Marocaine des Banques
SPPP Société de Participation et de Promotion du Partenariat
ROA Return On Assets
ROE Return On Equity
TPE Très Petite Entreprise
7
LISTE DES TABLEAUX
Tableau n°1.3 : Répartition des PME par branches d'activité en termes de nombre
d'entreprises………………………………………………………………………………......45
Tableau n°1.4 : Répartition des PME par branches d'activité en termes de valeur ajoutée ….46
Tableau n° 1.8 : Répartition des PMI par branches d'activité industrielle en termes du nombre
d'unités……………………………………………………………………………………….49
Tableau n°1.9 : Répartition des PMI par branches d'activité industrielle en termes du nombre
d'unités…....................................................................................................................................49
Tableau n°1.10 : Répartition des PMI par branches d'activité industrielle en termes de valeur
ajoutée………………………………………………………………………………………..50
Tableau n°1.11 : Répartition des PMI par branches d'activité Industrielle en termes
d'exportations…………………………………………………………………………………50
Tableau n°1.12 : Répartition des PMI par branches d'activité industrielle en termes
d'investissements……………………………………………………………………………..51
Tableau n°3.2 : Les études faites sur la structure de financement des entreprises………….176
8
Tableau n° 3.3 : Etudes empiriques sur les performances économiques (PE) des sociétés
faisant l’objet d’une introduction en bourse (IB)…………………………………………...191
Tableau n° 4.5 : Evolution moyenne de la dette financière en % du total passif et des fonds
propres………………………………………………………………………………………247
Tableau n° 4.7 : Le PER des sociétés du secteur des bâtiments durant la période (2005-2010)
………………………………………………………………………………………………249
Tableau n° 4.8 : Le PER des sociétés du secteur d’agroalimentaire durant la période (2005-
2010)………………………………………………………………………………………..250
Tableau n° 4.9 : Evolution du bénéfice net par action durant la période (2004-2010)……...251
10
Tableau n°6.7 : Coefficients angulaires "a" sur la période N-3 à N+6…………………….338
11
LISTE DES GRAPHIQUES
Graphique n° 1.5 : Evolution des crédits à moyen terme accordés aux PME et du total des
crédits à moyen terme distribués par les banques……………………………………………60
12
INTRODUCTION GENERALE
Au Maroc, depuis l’adoption du plan d’ajustement structurel en 1983, l’Etat a entrepris des
efforts importants pour s’adapter aux mutations de l’économie mondiale. C’est ainsi que
plusieurs réformes économiques, juridiques et financières ont été initiées. Il s’agit
essentiellement de la libéralisation progressive du commerce extérieure, de l’adhésion à
l’OMC, de l’accord d’association et de libre échange avec l’Union Européenne.
Parmi ces réformes figurent également, la nouvelle législation comptable, la création des
tribunaux administratifs et commerciaux, la réforme du droit des affaires, la nouvelle loi sur
les sociétés anonymes, la réforme bancaire, la modernisation du marché monétaire et du
marché financier, la création d’un marché hypothécaire, la mise en œuvre d’un nouveau code
des assurances et celui de la concurrence. Autres mesures ont été introduites récemment telles
que la création d’une agence nationale de la promotion des petites et moyennes entreprises
(PME), l’adoption d’une charte de la promotion des PME-PMI, et la mise en application d’un
nouveau code de travail, la création en 2000 du troisième compartiment à la bourse des
valeurs de Casablanca (BVC), notamment marché de croissance, l’adoption en 2014 du projet
de loi instituant l’autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) qui remplace le Dahir
portant loi n°1-93-212 relatif au conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) et la
signature, le 5 juin 2015, d’une convention de partenariat entre l’agence nationale pour la
promotion de la petite et moyenne entreprise (ANPME), l’association professionnelle des
sociétés de bourse (APSB) et la bourse de Casablanca . Ces réformes ont pour objectif
d’allouer aux acteurs économiques et financiers un environnement moderne, libéral,
transparent, et propice.
Dans ce cadre, la réforme monétaire et financière nous parait d’une grande importance. Notre
travail cherche à situer l’entreprise marocaine à savoir PME dans ce nouveau contexte et
essaye à étudier et à expliquer les comportements financiers des entreprises par rapport à ces
nouvelles mutations. Les problèmes financiers constituent une préoccupation majeure des
entreprises marocaines, aussi bien à court qu’à moyen et long terme.
13
Dans un environnement marqué par l’ouverture de l’économie marocaine à la compétition
internationale, l’amélioration des performances des entreprises aussi bien sur les plans
techniques et organisationnels que sur le plan financier est inéluctable.
Cette thèse s’intéresse au second mode de financement externe. Les opérations du marché
boursier peuvent se réaliser sous la forme de financement directe lorsque des investisseurs
achètent, sans intermédiaire, des parts sociales dans des entreprises ou sous la forme de
financement intermédiaire lorsqu’une société de gestion de portefeuille, désignée sous le
terme de "fonds", assure la communication entre ces deux acteurs dans le cadre d’une relation
de gérance déléguée. Ces transactions reposent sur un principe d’association de personnes
physiques ou morales dans une démarche de partage de gains et de risques associés à un
projet.
Les entreprises marocaines sont confrontées à deux grands types de problèmes. Le premier se
situe au niveau du choix entre les différentes sources de financement à savoir :
l'autofinancement, l'endettement et l'augmentation du capital. Le second, se situe au niveau du
choix de la meilleure combinaison entre fonds propres et endettement.
Les modes de financement des entreprises marocaines ont connu une profonde évolution. A
coté des instruments traditionnels permettant de procurer des crédits ou de renforcer les fonds
propres des entreprises, plusieurs nouveaux instruments originaux et complexes ont fait leurs
apparitions dans la plupart des pays en voie de développement. Face à cette situation, les
entreprises cherchent à déterminer la meilleure stratégie de financement. L'entreprise devrait-
14
elle réinvestir la majeure partie de ses bénéfices ou les verser en dividendes; en cas de besoins
de fonds supplémentaires, devrait-elle émettre d'autres actions ou emprunter?
Ces nouveaux modes de financement peuvent procurer aux entreprises de nouvelles sources
de financement et en leur offrant un meilleur financement du fonds de roulement et une
meilleure couverture des risques.
Les réformes économiques, juridiques et financières adoptées par le Maroc ont pour objectif
de doter l'ensemble des acteurs économiques et financiers d'un environnement moderne,
libéral, transparent, opportun et permettant une insertion dans le processus de mondialisation
de l'économie.
La théorie sur le financement des entreprises indique que les entreprises font un arbitrage
entre fonds propres et fonds empruntés et composent différemment leur structure financière.
Les PME marocaines en général et celles cotées au marché boursier ne dérogent pas à cette
règle. Les PME marocaines sont confrontées à un problème de financement depuis leur
création jusqu’à leur exploitation effective. Dans cette perspective, certaines se contentent des
fonds propres alors que d’autres privilégient une structure financière mixte composée à la fois
des fonds empruntés et fonds propres. L’objectif de cette étude est de déterminer les
principaux facteurs qui conduisent les dirigeants de PME à préférer telle ou telle autre forme
de structure financière.
Dans ce cadre, le marché boursier est à même de constituer une source de financement
complémentaire permettant à ces entreprises de répondre à leurs besoins financiers, de
s’insérer dans un processus de développement et de modernisation et partant de faire face à la
concurrence internationale de plus en plus accrue.
S’introduire en bourse est une décision stratégique dans la vie d’une entreprise. C’est la raison
pour laquelle la bourse de Casablanca mène, depuis quelques années une politique de
sensibilisation et d’information des chefs d’entreprises sur l’intérêt d’une cotation en bourse.
Une introduction en bourse permet de trouver des fonds propres, de diversifier ses sources de
financement, d’acquérir une notoriété et une crédibilité au Maroc et à l’étranger, et de rendre
liquide son capital et donc son patrimoine.
Il reste à préciser que les PME de tailles relativement modestes, confrontées aux différents
problèmes de financement classiques n’ont pas jusqu’à maintenant l’opportunité de bénéficier
de ces atouts.
15
Le problème financier dans l’entreprise reste, malgré de nombreuses recherches qui lui ont été
consacrées, une approche difficile et un domaine trop vaste pour être saisi sous tous ces
aspects.
Ainsi, l’objet de notre recherche n’est pas de traiter tous les aspects financiers des entreprises
cotées en bourse, mais de nous intéresser particulièrement au problème de financement des
petites et moyennes entreprises PME par le marché financier.
L’intérêt actuellement porté à ces entreprises n’est pas très récent. Depuis les années 80, les
pouvoirs publics comme les théoriciens avaient accordé la primauté aux grandes entreprises.
L’une des explications de l’intérêt particulier portée à ces entreprises est que celles-ci sont
considérées comme l’un des pôles de création des emplois et l’un des instruments privilégiés
du développement du tissu industriel marocain. De plus, ces entreprises de grande taille
offrent un champ d’investigation beaucoup plus vaste et plus propice à la recherche de
schémas théorique que la petite et moyenne entreprise.
Tout logiquement, cette introduction générale tente de répondre aux questions suivantes:
Pourquoi ce sujet ?
Les sources de financement dont disposent les entreprisses marocaines s’opèrent par trois
canaux distincts : l’autofinancement, l’endettement et enfin le recours aux actionnaires via
l’émission d’actions. Le choix entre ces moyens de financement s’effectue essentiellement en
fonction du coût, des ratios à respecter et des avantages fiscaux. Cependant, et en dehors de
quelques publications journalistique1, rares sont les études qui se sont intéressées aux
problèmes de financement des PME marocaines par le marché financier ou font l’objet de
vérifications statistiques.
1
M.Bokhamy "Recherche fonds propres désespérément" l’économiste, 13fév.1997.
16
Aujourd’hui, le sujet du financement par le marché financier des entreprises et plus
précisément des PME a connu un regain d’intérêt égalant dans son intensité l’absence de
recherches dont il avait fait l’objet jusqu’alors. Notre objectif est justement de pallier ce
manque en apportant une contribution à la connaissance des problèmes de financement par le
marché boursier des PME marocaines car, comme nous le verrons l’enjeu est de taille.
Plus précisément, les fonds collectés constituent l’élément financier d’une PME indépendante
et déterminent son potentiel d’investissement et doivent couvrir les risques courus par les
capitaux empruntés investis dans les PME.
Or, le manque des ressources de financement est un problème récurrent aux entreprises
marocaines, qui se manifeste à tous les stades de leur développement, c’est d’ailleurs l’une
des faiblesses du système de financement marocain, qui a toléré le financement bancaire sous
forme d’emprunt à court terme, comme mode de financement unique et privilégie des PME.
Il ressort de cet état de fait une faiblesse structurelle des fonds collectés de la plus part des
entreprises marocaines en générale. Une telle épargne, dont les composantes sont
l’autofinancement et les capitaux propres d’origines externes, apporte une sécurité
indispensable au développement des PME et permet donc à ces dernières d’accélérer leur
programme d’investissement tout en restant relativement à l’abri d’une crise de liquidité si
leur rentabilité est moindre que prévu ou plus lente à se dessiner.
2
A.Choinel et G.Royer"Le marché financier : structure et acteurs "CFPB. Edition revue de banque, 1990.
17
- L’apparition de nouveaux d’organismes financiers spécialisés dans l’intervention en fonds
propres (notamment les sociétés de capital risque) et;
Ainsi, nous nous proposons de mener une recherche qui nous permettra d’approfondir la
structure ainsi que l’évolution du marché de capitaux marocain afin d’apprécier la place des
fonds collectés dans la politique de financement des PME cotées et d’essayer de contribuer à
expliquer leurs comportements financiers.
Aujourd’hui, le problème qui se pose aux entreprises marocaines est lié au choix d’une
structure financière optimale qui passe par le choix du mode de financement adéquat.
D’une part, cette structure réside dans le choix d’un niveau d’endettement acceptable et une
forte concentration du capital entre les mains d’actionnaires en nombre limité; d’autre part,
elle doit répondre à l’objectif général des PME en tenant compte des contraintes et des
avantages que peut présenter chaque source de financement. Une telle démarche pourrait
contribuer à l’élaboration d’une stratégie de financement dont l’efficacité et la pertinence
dépendantes d’une bonne connaissance des mécanismes qui régissent le choix d’un tel mode
de financement. Cette recherche présente à la fois un intérêt théorique, empirique,
méthodologique et pratique.
En effet, l’intégration des émissions d’actions dans la politique de financement des PME
soulève essentiellement une question théorique qui consiste à savoir si les augmentations de
capital par le marché de capitaux permettent-elles une meilleure optimisation de la structure
financière de l’entreprise ?
L’analyse de la structure optimale du capital est faite dans plusieurs contextes. Elle part du
principe de neutralité des décisions financières formulée par Modigliani et Miller (1958): la
valeur de la firme et le coût de son capital ne sont pas affectés par le mode de financement.
18
Cependant, certains auteurs montrent que ces résultats ne sont valables que dans le contexte
d’un marché pur et parfait. En effet, en présence des coûts de transaction, de faillite,
d’agences ou de fiscalité, le résultat précédent est remis en cause. L’endettement est souvent
préféré du fait de la déductibilité fiscale des intérêts.
Par ailleurs, l’intérêt des émissions d’actions est souvent justifié par les récentes théories
notamment la théorie de l’agence et la théorie des signaux, qui ont permis d’apporter de
nouveaux éléments de réponse aux questions que l’approche traditionnelle avait laissées en
suspens.
Les études empiriques sur la structure financière des sociétés dans le monde sont assez
nombreuses et souvent controversées, c’est la raison pour laquelle il s’est avéré difficile voire
même impossible de procéder à une comparaison de nos résultats avec ceux réalisés dans
d’autres pays.
Notre participation à cette réflexion nous amène à poser le problème au delà de ce qui existe
déjà et à mettre en lumière d’autres centres d’intérêt, à savoir analyser l’effet de l’introduction
en bourse sur la santé financière des PME cotées. Nous tentons donc d’apporter une
contribution en ce domaine pour élaborer une étude référentielle dans notre pays.
Cette thèse vise donc, au plan théorique, à contribuer à l’avancement des connaissances sur la
décision financière qui optimise la structure financière et la politique de dividendes, et de
détecter le sens d’influence de cette décision financière sur la rentabilité financière et
3
R.Belkahia "Les entreprises et la bourse : essai d’analyse du comportement des firmes marocaines" thèse d’Etat,
Casablanca, 1994.
19
managériale chez les PME marocaines. La pertinence de notre recherche sur le plan pratique
consiste en l’apport des éléments de réponse en rapport avec les défis organisationnels
auxquels les dirigeants et entrepreneurs font face pour soutenir la performance et la création
de la valeur pour les investisseurs et pour l’ensemble des partenaires stratégiques de
l’entreprise marocaine.
Pour cela, la méthode adoptée dans cette recherche consistera à faire l’analyse statistique de
l’impact de l’introduction en bourse sur les performances économiques des PME récemment
cotées à la bourse. Cette analyse sera compléter et enrichir par une étude économétrique afin
de valider notre recherche. Néanmoins, cette performance financière des PME cotées sera
mesurée, non pas selon des critères à priori tel le secteur, ni selon une variable comme le taux
de croissance, mais plutôt par une batterie d’indicateurs et de ratios financiers affichant une
image tangible de la structure financière, du niveau de la liquidité et de la rentabilité
économiques et financières de ces PME constituant notre échantillon.
Enfin, l’intérêt pratique de ce travail découle directement des résultats de notre approche
méthodologique.
Cette recherche intéressera à la fois les entreprises, les pouvoirs publics et les chercheurs
universitaires:
- Pour les premiers, elle permet d’expliquer leurs comportements financiers et de les
sensibiliser à utiliser les nouvelles techniques de la micro-finance afin de tirer profit des
avantages de ce marché. En plus, il faut développer l’actionnariat par un effort de formation,
et ce à travers l’amélioration du système enseignement actuel et de l’adapter aux réalités
économiques afin d’instaurer une pédagogie et une culture boursière chez les entreprises
marocaines;
- Pour les pouvoirs publics, elle vise à leur proposer quelques mesures pour dynamiser le
marché par une simplification des procédures d’introduction et d’émission d’actions, et ce à
travers une politique fiscale moins contraignante;
- Pour les universitaires, ce travail sera d’une part, un début de recherches sur les
comportements financiers des sociétés marocaines et le financement par le marché de
capitaux et d’autre part une référence aux étudiants de spécialité finance.
20
3. Problématique de la recherche
Durant ces dernières années, le thème de la performance de l’entreprise cotée en bourse a été
l’objet de plusieurs discussions importantes entre les chercheurs en finance. Les études
effectuées sur ce sujet se préoccupent principalement de l’explication de deux phénomènes
majeurs que provoque l’événement de l’introduction en bourse. Il s’agit selon Loughran et
Ritter (1995) du phénomène de la sous-évaluation des offres initiales conduisant à une
surperformance à court terme de l’entreprise, et du phénomène de la sous-performance à court
terme d’après Ritter (1991).Néanmoins, ces études s’intéressent surtout à l’explication de
l’évolution des performances boursières après la cotation en bourse, négligeant l’effet de cet
événement sur les performances économiques des PME nouvellement introduites en bourse.
En revanche, rares sont les travaux qui se consacrent à l’étude de l’évolution des
performances économique des entreprises marocaines et plus particulièrement les PME
nouvellement introduites en bourse. Ainsi, la présente recherche vise à remédier à cette
situation, en étudiant l’influence de l’introduction en bourse sur l’évolution de la performance
financière des PME mesurée par certains indicateurs financiers.
Aujourd’hui tout comme dans les pays émergents, les PME malgré qu’elles constituent, selon
les statistiques du Haut Commissariat au Plan (HCP), l’essentiel du tissu entrepreneurial
marocain avec plus de 90 %, 20 % de la valeur ajoutée, participent à hauteur de 40 % à la
production et emploient près de 50 % de la population active. Pourtant, ces PME rencontrent
beaucoup de difficultés qui entravent leur développement et leur croissance, parmi lesquelles
l’accès aux sources de financement surtout externe demeure primordial.
21
La problématique du financement de la PME au Maroc est liée à plusieurs facteurs
indissociables dont notamment: l’insuffisance de l’information financière, conjuguée par une
faible maitrise des pratiques financière et des sources alternatives de financement. Cette
situation constitue un obstacle à la prise d’une décision financière optimale suite au manque
de la transparence et la prédominance d’un fonctionnement de PME basé sur des contrats
individuels de court terme, l’augmentation des créances en souffrance et l’absence d’une
planification à moyen terme du marché des PME.
L’hypothèse capitale de notre recherche peut ainsi se résumer comme suit "L’événement de
l’introduction en bourse entraine un effet favorable sur les indicateurs de performances
financières des PME cotées à la bourse?". Pour concrétiser l’effet de la cotation en bourse sur
la performance financière des PME après cet événement, nous utilisons les indicateurs de
performances financières notamment les ratios de la solvabilité, de la liquidité et de la
rentabilité. Cette méthode de ratios financiers va permettre de juger si cet évènement
d’introduction en bourse est bénéfique pour les PME cotées ou non.
La méthodologie utilisée dans le cadre de notre analyse empirique est celle d’un système de
régression linéaire multiple composé de trois modèles de régression multiple. Ce système
permet de traiter conjointement les effets individuels et les effets temporels. Cette double
dimension permet de rendre compte simultanément de la dynamique de comportement et de
leur éventuelle hétérogénéité, ce qui n’est possible avec les séries temporelles ou les coupes
transversales. Cette analyse des données résolue à l’aide d’un logiciel économétrique
notamment EVIEWS.5.
Ainsi, nous développons des hypothèses à partir d’un cadre de référence constitué,
essentiellement, des explications théoriques basées sur les asymétries informationnelles. Il
s’agit principalement de trois hypothèses :
- La première hypothèse : l’effet favorable de la cotation en bourse sur la solvabilité des PME
nouvellement introduites en bourse.
- La deuxième hypothèse : l’effet favorable de la cotation en bourse sur la liquidité des PME
nouvellement introduites en bourse.
- La troisième hypothèse : l’effet favorable de la cotation en bourse sur la rentabilité des PME
nouvellement introduites en bourse.
L’objet de ce travail est d’étudier l’effet de la cotation sur les indicateurs de performance
financière des PME récemment introduites en bourse. Cet effet se traduit par un changement
22
de la structure financière des PME, de leurs sources de financement et par une modification
du système de gouvernance et par conséquent, il a un impact sur la conduite stratégique du
décideur. Notre objectif est d’essayer d’analyser cet impact en s’inspirant des recherches
théoriques et de travaux empiriques élaborés dans ce sens. Ce qui va nous permettre de
vérifier ces hypothèses par une étude statistique enrichie par une étude économétrique sur un
échantillon de sept PME introduites à la bourse des valeurs mobilières de Casablanca sur la
période allant de N-3 à N+6, avec N date d’introduction à la bourse qui se diffère de PME à
l’autre.
Cette étude n’a pas la prétention de traiter au fond tous les aspects du financement par le
marché des capitaux, mais plutôt d’apporter des éléments de réponses à l’hypothèse
primordiale de notre thèse, toute en essayant d’expliquer les incidences de cet événement
d’introduction en bourse sur la performance financière des PME cotées à la BVC.
Au total, l’étude envisagée nécessite une méthodologie appropriée, adaptée aux questions
posées et à la nature des données utilisées. Après des recherches théoriques et des analyses
des travaux empiriques, nous avons procédé à une analyse statistique de l’effet immédiat et à
terme de cette cotation en bourse sur l’échantillon des PME retenu et à la fin, nous réaliserons
une étude économétrique relative à cet impact sur le même échantillon qui a fait l’objet d’une
analyse financière par la méthode des ratios. Il s’agit d’un panel de sept PME marocaines
PME non financières cotées à la bourse de Casablanca sélectionnées étudiées sur une période
de 10 ans (de N-3 à N+6) avec N indique la date d’introduction en bourse.
Le choix de ces PME dépend en fait de plusieurs éléments qualitatifs et quantitatifs. Les
variables explicatives testées ont été déterminées à partir de données comptables, boursières et
relatives à la structure de l’actionnariat.
Ainsi, les informations préconisées dans cette recherche proviennent essentiellement de:
5. Plan de la recherche
A partir de la problématique, notre travail s’organise en deux parties. La première partie
présente les fondements théoriques de notre recherche relative au financement des PME. La
23
deuxième partie portera sur les soubassements empiriques du financement des PME et plus
précisément sur l’analyse pratique de l'impact de l'introduction en bourse sur les performances
économiques des PME marocaines cotées. Ainsi, le plan de notre étude s’articule comme
suit :
24
PREMIERE PARTIE
25
INTRODUCTION DE LA PREMIERE PARTIE
Mondialement, les petites et moyennes entreprises (PME) ont fait l'objet d'une attention
particulière en raison de leur rôle économique et social; elles sont considérées comme l'outil
le plus efficace pour mobiliser la volonté et les capacités créatrices humaines.
Pour favoriser son développement, les pouvoirs publics se sont intéressés à lui assurer un
environnement macro-économique, juridique, fiscal et financier adéquat à travers tout un
arsenal de réformes. En témoigne, notamment, le renforcement du dispositif financier national
par la modernisation du marché financier, l'incitation et la sensibilisation du secteur bancaire
pour améliorer sa position vis-à-vis de cette catégorie d'entreprises.
En partant de ce constat, dans quelle mesure, l'introduction en bourse des PME marocaines a
permis d'atténuer leur vulnérabilité en matière d'accès aux sources externes de financement
notamment bancaires?
Cette question s'inscrit dans une logique selon laquelle les PME cotées en bourse
transparentes sont connues de l’ensemble des partenaires n'éprouvent pas souvent des
difficultés de financement externe.
Avant de trouver les éléments de réponse à cette interrogation, il convient dans un premier
temps de mettre en évidence le concept et la problématique du financement des PME. C’est
l’objet du premier chapitre.
Dans le deuxième chapitre, nous nous tenterons d’analyser les raisons du choix de la source
de financement prise isolement; et nous essayerons de dégager d’une part, les principales
variables qui peuvent expliquer pourquoi certaines sources de financement sont avantageuses
par rapport à d’autres dans le financement global des PME et d’autre part, la structure
financière optimale des entreprises. En fin, nous aborderons les coûts, les avantages et les
contraintes de l’introduction en bourse des PME.
26
Le troisième chapitre de cette première partie sera consacré au cadre théorique relatif au
financement des PME à travers la théorie néoclassique, la théorie de l’agence et les
fondements théories des décisions de financement des PME.
27
CHAPITRE 1: DEFINITION ET FINANCEMENT
DES PME AU MAROC
Introduction
II est évident que la bonne santé d'une économie dépend non seulement des performances des
grandes entreprises, mais surtout et de plus en plus de la dynamique des PME qui représentent
une part importante du tissu productif. Dans l'ensemble des pays développés, les PME
représentent entre 96% et 99% des entreprises industrielles. Les nouvelles créations
confirment ces statistiques puisque ces structures en représentent une part prépondérante. Aux
Etats-Unis d'Amérique 90% des nouvelles créations des années quatre-vingt-dix ont été des
PME. Au Maroc, ces entreprises constituent 95% du tissu productif4.
Aussi bien dans les pays développés que ceux en voie de développement les PME jouent un
rôle important dans le renforcement des performances économiques. Et bien que l'importance
de cette catégorie d'entreprises tant au niveau social qu'au niveau économique soit indéniable,
et vu l'importance qu'elles occupent dans les économies, ce type d'entreprises ne recevait pas
toute l'attention qu'elle mériterait de la part des chercheurs. La plupart des études et
recherches économiques mettent l'accent sur l'importance des PME en tant que facteur de
croissance économique important.
Les PME sont également essentielles au développement des territoires du fait qu'elles y jouent
un rôle très important dans la dynamique économique, et elles sont de véritables facteurs de
promotion de l'emploi et de partage des richesses.
Ainsi, nous présenterons successivement dans ce chapitre les éléments de définition des PME
et leur place dans les économies, l’investissement et le financement des PME.
4
Les PME Marocaines face au défi de la mise à niveau : Ambassade de France au Maroc-Mission Economique de Rabat -
18/08/2004.
28
pour démontrer que derrière toute définition se cachent en fait des réalités et des stratégies
très différentes.
Ainsi, nous essayons de voir dans un premier temps la problématique de la définition des
PME, et dans un deuxième temps, la place des PME dans les économies.
L'identification de la PME pose problème et s'avère être un exercice un peu délicat à résoudre.
Ce terme a donné lieu à de nombreux essais de définitions, de même qu'il a fait l'objet de
plusieurs révisions, mais il n'en demeure pas moins qu'il reste toujours délicat de cerner la
notion de la PME.
Dans l'usage courant, il n'est pas fait de distinction entre PME et PMI. Or, la PME renferme
une notion globale qui intègre la PMI. Celle-ci constitue un ensemble homogène déterminé
sur la base des données techniques particulières, spécifiquement industrielles.
Sous l'apparence d'homogénéité qui laisserait supposer sa définition "la PME recouvre des
entités aux composantes très diversifiées qu'il est ardu d'insérer dans un cadre délimité et
homogène sur la base de critères uniformes"5.
5
Bouchta El fadel "le patrimoine immobilier professionnel d’une PME : Choix juridiques et contraintes fiscales" mémoire
pour obtenir du diplôme national d’expert comptable à l’ISCAE 2005 p.18.
6
J.E.Bolton, Report of the Committee of inquiry on small firms, Cmmd. 4811, Londres, HMSO, 1971 cité dans l’étude de
Pascal FEBER intitulée "La motivation du dirigeant de PME: un processus à gérer pour soi-même et l’organisation"-IAE de
Lille-2002.
29
Le premier est relatif selon le rapport à la direction personnalisée par les propriétaires de
l’entreprise disposant d’un organigramme souvent plat qui manque de hiérarchie et de
structure formalisée. Cela suppose que l’ensemble des décisions qui établissent la gestion de
l’entreprise sont prises par les propriétaires et qu’il y rarement une délégation des pouvoirs.
Le deuxième critère selon le rapport, la PME a une part de marché restreinte et n’est pas
suffisante pour influencer les prix. Cela admet que toute entreprise occupant une position
dominante sur une niche n’est pas considérée comme PME.
Le dernier critère est lié à l’indépendance de la PME. En effet, selon le rapport, pour qu’une
entreprise soit considérée comme PME, elle ne doit appartenir à aucun groupe plus important
même si sa taille est très réduite.
En outre, cette analyse a été plus tard enrichie par plusieurs approches qui essayaient de
trouver les caractéristiques essentielles qui pourraient différencier les PME. Il en ressort que
deux familles approches7 qui sont utilisées pour décrire les PME à savoir les approches
quantitatives et qualitatives.
Les approches quantitatives utilisent des critères permettant de cerner plus rapidement et
facilement la notion de PME, dans le but de lui appliquer des dispositions législatives
spécifiques notamment dans le cadre d'une politique industrielle ou fiscale. Les critères
quantitatifs généralement retenus pour délimiter ou étendre le champ d'application d'une loi
sont au nombre de trois, à savoir, le chiffre d'affaires, le total du bilan et l'effectif. Les
approches quantitatives convergent pour souligner la personnalisation de la gestion de la
PME.
Cependant, il est apparent que cette méthodologie d'analyse ne permet pas d'avoir une
définition unifiée et homogène des PME principalement à cause de la diversité économique et
financière des entreprises entre les pays et entre les différents secteurs d'activités. De plus,
cette typologie de critères ne touche qu'aux éléments les plus apparents de l'entreprise, ce qui
rend son utilisation, d'une manière standard par tous les pays, une tâche impossible voire
même erronée, et les comparaisons internationales entre PME seront très difficiles à établir.
Les approches qualitatives font ainsi émerger de multiples typologies de PME selon le type de
propriété; le type d'objectifs de la direction et la stratégie suivie; l'organisation ; les secteurs et
opportunités de marché; la situation financière… etc.
7
Azouzi.Bouzid, "PME et stratégie du développement au Maroc",2ème édition. Ed.1997.p.21.
30
Pour l’OCDE "une PME est en général une entreprise indépendante non filialisée qui emploie
un effectif limité à un certain plafond qui varie selon le pays".
Au Maroc, l’article premier de la loi N°53-00 formant la charte de la PME, définit celle-ci
comme "Toute entreprise gérée et/ou administrée directement par les personnes physiques qui
en sont les propriétaires, copropriétaires ou actionnaires. Et qui n'est pas détenue à plus de
25% du capital ou des droits de vote par une entreprise ou conjointement par plusieurs
entreprises ne correspondant pas à la définition de la PME"8.
Ce seuil peut être dépassé si l'entreprise est détenue par des fonds collectifs d'investissement;
des sociétés d'investissement en capital; des organismes de capital risque ou par des
organismes financiers dûment habilités à faire appel à l'épargne publique en vue d'effectuer
des placements financiers.
A condition que ceux-ci n'exercent, à titre individuel ou conjointement, aucun contrôle sur
l'entreprise. En outre, les PME doivent répondre aux conditions suivantes :Pour les entreprises
existantes, avoir un effectif permanent ne dépassant pas deux cents personnes et avoir réalisé,
au cours des deux derniers exercices, soit un chiffre d'affaires annuel n'excédant pas soixante
quinze millions de dirhams; soit un total de bilan annuel n'excédant pas cinquante millions de
dirhams.
Lorsqu'il s'agit d'une PME qui détient directement ou indirectement plus de 25% du capital ou
des droits de vote dans une ou plusieurs entreprises, il fait addition des effectifs et des chiffres
d'affaires annuels hors taxes ou des totaux des bilans annuels de ladite PME et des autres
entreprises précitées, sans toutefois que le total de chacun de ces critères dépasse les seuils
fixés ci-dessus.
En définitive, on pourra dire que la multiplicité des définitions reflète la diversité des objectifs
assignés aux PME par les gouvernements et par les pouvoirs publics, compte tenu de leurs
spécificités économiques, financières et sociales.
8
OCDE, "Perspectives de l’OCDE sur les PME et entreprenariat" , Edition OCDE, 2005, cité par Picard C., "Poids et
dynamique des PME : encore beaucoup d’incertitudes" , Le financement des PME en France, horizon bancaires, n°331,
Décembre 2006, p.17.
9
Dahir n°1-02-188 du 12 Joumada I 1423 (23 juillet 2002) B.O du 15/09/2002, Loi N°53-00 formant charte de la PME.
31
III. Différentes Définitions de la PME dans les pays industrialisés
En 2003, et pour résoudre le problème de la diversité des définitions données par les
différents pays européens aux PME, la Commission Européenne est intervenue pour unifier
cette définition. Ainsi, la Commission Européenne a jugé comme PME toute entreprise
ayant10 un effectif de moins de 250 personnes; un chiffre d'affaires annuel n'excédant pas 50
Millions d'euros ou un total bilan n'excédant pas 43 millions d'euros et l'entreprise ne doit pas
être contrôlée à plus de 25% par une autre entreprise.
En effet, selon la Commission Européenne le critère de l’effectif reste l’un des plus
significatifs et le considère comme principal. Toutefois, les critères financiers ont été
introduits dans le but d’appréhender la performance de l’entreprise et sa situation par rapport
à la concurrence. Cependant, le chiffre d’affaires ne pourrait pas être retenu comme le seul
critère financier déterminant de la PME, car il pourrait varier largement selon la nature du
secteur d’activité. C’est la raison pour laquelle la Commission Européenne a combiné ce
critère avec celui du total bilan qui reflète l’ensemble de la richesse de l’entreprise.
Le tableau ci-dessous retrace les seuils quantitatifs fixés par la Commission Européenne pour
définir les PME:
Moyenne Entreprise < 250 UTA < 50 Millions Euro < 43 Millions Euro
Petite Entreprise < 50 UTA < 10 Millions Euro < 10 Millions Euro
Micro Entreprise < 10 UTA < 2 Millions Euro < 2 Millions Euro
Source : Communication de la commission européenne 2003.
UTA : Unité de travail par année.
10
Voir la recommandation de la commission du 6 mai 2003 concernant la définition des micros, petites et moyenne
entreprises (2003/361/CE).
32
B. Aux seins des Etats Unis d’Amériques (USA)
Les Etats-Unis d'Amérique retiennent plusieurs critères à savoir l'emploi, la taille et le chiffre
d'affaires. Les PME représentent plus de 99,5% des entreprises qui exportent directement les
marchandises à l'étranger et contribuent pour une bonne part non seulement à la croissance
économique mais aussi à la création d'emploi (53% d'emploi sont crée par les PME).
Contrairement aux Etats européens, la définition donnée aux PME aux Etats-Unis diffère
selon le secteur d'activité. En effet, la PME est définie selon deux critères complémentaires11.
En effet, l’entreprise ne doit pas être contrôlée par une autre société plus importante même si
sa taille est très petite, tant pour la détention du capital que pour la gestion. De même, la PME
dispose d’une part de marché relativement réduite.
Les autres critères purement qualitatifs varient selon les secteurs d'activité. Selon le Small
Business Act (SRA), le seuil de l'effectif global d'une PME est fixé à 500 salariés mais
pourrait être étendu à 1500 dans l'industrie manufacturière. Le chiffre d'affaires varie
également selon les secteurs : il doit être inférieur à 5 millions de dollars dans les services, à
13,5 millions dans les activités commerciales et ne doit pas excéder 17 millions de dollars
dans le secteur de construction.
Pour toutes les entreprises considérées comme PME, le total des actifs ne doit pas excéder 25
millions de dollars canadiens et, à l'instar de l'Union Européenne, elles ne doivent pas être
détenues de plus de 25% par une entreprise de taille supérieure.
11
http://www.sba.gov/abot-sba-services/the-sba-wabsite.
12
http://www.pme-prf.gc.ca/eic/site/sme_fdi-prf_pme.nsf/fra/h
33
PME13 qui tend à unifier les critères de définition de cette catégorie d'entreprises, à l'instar de
ce qui existe ailleurs.
Enclenché depuis 2010, ce projet de nouvelle définition de la PME est en cours de validation
par le Ministère des Finances, le Ministère de l’Industrie et du Commerce, l’Agence nationale
pour la promotion des PME (ANPME) et la Confédération Générale des Entreprises du
Maroc (CGEM) ont donc examiné en 2011 cette nouvelle définition de la PME. La version
finale de la nouvelle définition de la PME tient compte du seul critère du chiffre d’affaires et
fait abstraction du nombre de ses employés.
La version finale de ce projet tient compte du seul critère du chiffre d’affaires pour définir la
PME et fait abstraction du nombre des employés, le document final définit trois types
d'entreprises:
Toutefois, La CGEM avait proposé une fourchette entre 175 et 200 millions de DH pour se
rapprocher des standards des banques.
L’objectif de la définition de la PME est double d’une part, cette définition permet de définir
les types d’entreprises concernées par les plans de soutiens gouvernementaux (Imtiaz,
Moussanada et autres fonds d’appui et de financement des PME) ; et d’autre part, d’améliorer
et d’harmoniser les études statistiques relatives aux PME.
Par ailleurs, le président de la commission PME/CGEM14 qui a opté pour une définition
simplifiée et modulable, en tenant compte uniquement du chiffre d'affaires. L’intégration du
critère du nombre d'emplois (moins de 200 salariés) n'est pas objective. En effet, selon lui,
une entreprise peut employer, par exemple 300 employés et rester une PME. Le nombre de
salariés ne fait pas forcément d'une société une grande entreprise.
L’objectif était double, il s'agit notamment de disposer d'abord d'une définition unifiée qui
reflète la taille que les entreprises doivent avoir pour affronter le phénomène de la
globalisation et ensuite, de contribuer à la cohérence du fonctionnement du dispositif d'appui
aux PME.
13
L’Economiste "PME : la Nouvelle définition en cours de validation", publié le 03/02/2011.
14
La Vie-éco, Economie et Gestion, Nouvelle définition de la PME au Maroc, publié le 10/02/2011.
34
En d'autres termes, l'adoption du chiffre d'affaires, comme étant le seul critère de définition de
la PME permet d'une part, l'identification des entreprises susceptibles de bénéficier des plans
de soutien du gouvernement, et d'autre part, d'effectuer des études statistiques relatives aux
PME permettant d'abord, une projection plus objective sur le long terme, et ensuite, une
détermination des secteurs devant bénéficiés des programmes de soutien en cas de
conjoncture défavorable.
L'objectif de donner une définition aux PME est de faire bénéficier cette famille d'entreprises
à des avantages fiscaux, des subventions, des taux d'intérêts relativement bas...etc.
Au Maroc, le concept de la PME a évolué au fil des années donnant naissance à une pléthore
de définitions en l'occurrence:
Jusqu’en juillet 2002, il n’existait pas de définition "officielle" de la PME au Maroc. Deux
approches prédominaient la première, qui a été largement répandue, consistait à considérer
comme PME toute entreprise dont le chiffre d’affaires était 75 millions DH et la seconde, qui
a été proposée en septembre 2001 par les auteurs du document "Vision de l’avenir du Maroc :
quelle vision pour les PME/PMI ?" rédigé à l’occasion du projet " Maroc vision 2020" et à
partir de la stratification d’un échantillon composé de prés de 10 000 entreprises, ceux-ci
proposaient de définir les PME/PMI marocaines sur la base des trois critères suivants: un total
d’effectifs inférieur à 200 personnes; un chiffre d’affaire inférieur à 50 millions DH et un total
bilan inférieur à 30 millions DH.
Pourtant, depuis la loi 53-00 formant "Charte de la PME" du 23 juillet 2002, cette catégorie
d’entreprise a une définition "officielle". En effet, l’article premier de cette loi stipule que :"la
PME est une entreprise gérée et ou administrée directement par les personnes physiques qui
sont les propriétaires, copropriétaires ou entreprise, ou conjointement par plusieurs
entreprises, ne correspondant pas à la définition de la PME"15
Toutefois, ce seuil peut être dépassé lorsque l’entreprise est détenue par des fonds collectifs
d’investissements, des sociétés d’investissement en capital, des organisations de capital-
risque, des organismes financiers habilités à faire appel à l’épargne publique à condition que
ceux-ci n’exercent, à titre individuel ou conjointement, aucun contrôle sur l’entreprise.
15
Article 1 de la loi N° 53-00 formant la Charte de la PME, Dahir N° 1-02-188 du 12 joumada 1423 du 23 juillet 2002.
35
Par ailleurs, les PME doivent répondre aux deux conditions suivantes ; la première consiste à
avoir un effectif permanent ne dépassant pas 200 personnes et la deuxième condition est de
réaliser, au cours des deux derniers exercices, soit un chiffre d’affaires hors taxe inférieur de
75 millions de DH, soit avoir réalisé un total bilan inférieur à 50 millions de DH.
Lorsque la PME détient directement ou indirectement plus de 25% du capital ou des droits de
vote dans une ou plusieurs entreprises, il est fait addition des effectifs permanents et des
chiffres d’affaires hors taxe ou des totaux des bilans annuels de ladite PME et des autres
entreprises précitées.
Dans le cadre de la mise en place des approches avancées "Bale II" au titre du risque de
crédit, les seuils de segmentations ont été rectifiés et une nouvelle définition a été dégagée.
Cette dernière a retenu deux critères décisifs à savoir le chiffre d’affaires annuel et le montant
des crédits bancaires octroyés aux PME.
En effet, le circulaire n°8/G/2010 relative aux exigences en fonds propres pour la couverture
des risques de crédit, de marché et opérationnels, a établi les critères de segmentation
prudentiels que les établissements de crédit doivent appliquer pour les besoins de
détermination des exigences en fonds propres au titre de crédit. Il s’agit particulièrement des
critères suivants:
La Grande Entreprise : le chiffre d’affaires hors taxes ou celui du groupe d’intérêt auquel elle
appartient, est supérieur à 175 millions de DH.
La Petite et Moyenne Entreprise : y compris les entrepreneurs individuels est celle qui répond
à l’une des deux conditions suivantes:
- Le chiffre d’affaires hors taxes ou celui du groupe d’intérêt auquel elle appartient, est
supérieur à 10 millions de DH et inférieur ou égal à 175 millions de DH;
- Le chiffre d’affaires hors taxes est inférieur à 10 millions de DH et le montant global des
créances que détient l’établissement de crédit à son égard ou du groupe d’intérêt auquel elle
appartient, est supérieur à 2 millions de DH.
La Très Petite Entreprise : le chiffre d’affaires hors taxes ou celui du groupe d’intérêt auquel
elle appartient, est inférieur à 10 millions de DH et le montant global des créances détenues à
son égard est inférieur à 2 millions de DH.
36
La procédure simplifiée accélérée de 1972 qui stipule concernant l'octroi des crédits : un total
actif après investissement de deux millions de dirhams (2 000 000DH) révisé à cinq millions
de dirhams (5 000 000DH) et un chiffre d'affaires de trois millions de dirhams (3 000 000DH)
augmenté à 7,5 millions de dirhams; le code des investissements industriels de 1983 limitait
l'octroi des avantages fiscaux aux seules PMI, définies comme "toute entreprise dont le
programme d'investissement comporte des équipements de production pour une valeur
minimale de 100 000DH et maximale de 5 millions de DH et dont le coût d'investissement
par emploi stable est inférieur à 70 000 DH".
Il faut souligner que cette définition ne tient pas compte du nombre des emplois créés
puisqu'elle insiste sur le coût par emploi. Au cours de la même période, la Banque Mondiale,
qui octroyait des crédits au Maroc pour la promotion de la PMI (petite et moyenne industrie),
avait aussi retenu comme critère 5 millions de dirhams d'actif net.
La définition de Bank Al Maghreb de 1987 qui relève le total bilan à quinze millions de
dirhams (15 000 000 DH) et le programme d'investissement à sept millions de dirhams
(7 000 000 DH) pour que la PME soit éligible à son concours financier. Depuis 1988, la
Banque Mondiale avait porté ce montant à 8 millions de dirhams, actualisables tous les six
mois.
Le Fonds de Garantie de la Mise à Niveau (FOGAM), géré par la Caisse Centrale de Garantie
(CCG) pour le compte de l'Etat, est destiné d’une part à garantir les crédits octroyés par les
banques pour les projets de mise à niveau et d’autre part à faciliter l'accès des entreprises aux
crédits bancaires, à des conditions avantageuses, afin de permettre le financement
des programmes de mise à niveau pour les entreprises remplissant les conditions suivantes à
savoir:
- Avoir un total bilan (avant investissement) n'excédant pas 50 millions de dirhams (50 000
000 DH);
- Avoir un programme de mise à niveau dans la limite de 25 millions de dirhams (25 000 000
DH);
- Avoir un chiffre d'affaires ne dépassant pas 75 millions de dirhams (75 000 000 DH);
- Etre potentiellement viable et présenter un programme de mise à niveau ayant pour objet
l'amélioration des facteurs de compétitivité.
37
Et tout récemment, la définition, plus élaborée, proposée par la sous-commission PME/PMI à
l'origine du Plan de Développement Economique et Social (P.D.E.S) de 2000-2004. Une
définition qui tenait compte de plusieurs critères tels que:
Par ailleurs, d'autres institutions avaient mis en place leurs propres définitions. Ainsi, pour les
banques, les PME sont les entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires tournant autour de 200
millions de DH.
Outre les critères quantitatifs cités ci-dessus, d'autres critères, dits qualitatifs, furent adoptés
mettant en avant certaines caractéristiques en vue de différencier et d'identifier davantage les
PME des autres entreprises de grande taille. Au regard de ces critères, la PME est l'entreprise
ayant les caractéristiques suivantes:
38
Ce seuil peut être dépassé si l'entreprise est détenue par des fonds collectifs d'investissement;
des sociétés d'investissement en capital ou par des organes de capital risque.
Des organismes financiers dûment habilités à faire appel à l'épargne publique en vue
d'effectuer des placements financiers, à condition que ceux-ci n'exercent, à titre individuel ou
conjointement, aucun contrôle sur l'entreprise. En outre, les PME doivent répondre aux
conditions suivantes:
- Pour les entreprises existantes, avoir un effectif permanent ne dépassant 200 personnes et
avoir réalisé, au cours de deux derniers exercices, soit un chiffre d'affaires annuel hors taxe
n'excédant pas 75 millions de dirhams, soit un total de billon annuel n'excédant pas 50
millions de dirhams; lorsqu'il s'agit d'une PME, qui détient directement ou indirectement plus
de 25% du capital ou des droits de vote dans une ou plusieurs entreprises, il est fait addition
des effectifs permanents et des chiffres d'affaires annuels hors taxe ou des totaux des bilans
annuels de la dite PME et des autres entreprises précitées, sont toutefois que le total de chacun
de ces critères dépasse les seuils fixés ci-dessus;
On entend par entreprise nouvellement créée, toute entreprise ayant moins de deux années
d'existence".
En somme, on peut déduire que le concept de la PME est un concept évolutif et fonction de la
période et de l'espace dans lesquels évolue la PME. En d'autres termes, la définition d'une
PME n'a de sens qu'au regard des éléments suivants : le secteur de l'entreprise en question ;
l’économie dans laquelle elle évolue, le marché dans lequel elle débouche et la période dans
laquelle elle est utilisée.
39
développement de cette catégorie d’entreprises en raison de sa taille réduite et sa fragilité
relative. Ainsi on repère sur le tableau16 ci-dessous les différentes approches de définition de
la PME au Maroc:
16
Abdellah Ait elhaj," Les dispositifs de financement des PME au Maroc", mémoire 2010.p.10.
40
Toute entreprise gérée et/ou administrée directement par les personnes
physiques qui en sont les propriétaires, copropriétaires ou actionnaires et qui
n'est pas détenue à plus de 25% du capital ou des droits de vote par une
entreprise, ou conjointement par plusieurs entreprises ne correspondant pas à
la définition de la PME
En outre, les PME doivent répondre aux conditions suivantes :
a) pour les entreprises existantes :
-avoir un effectif permanent ne dépassant pas 200 personnes;
-avoir réalisé, au cours des deux derniers exercices, soit un chiffre d'affaires
La charte de la PME juillet
annuel hors taxe n'excédant pas 75 millions de dirhams;
2002
-avoir un total de bilan annuel n'excédant pas 50 millions de dirhams;
b) pour les entreprises nouvellement créées :Cette même charte propose
également des critères spécifiques aux entreprises nouvellement créées (c'est-
à-dire celles qui ont moins de deux années d'existence) : sont considérées
comme PME les entreprises ayant engagé un programme d'investissement
initial inférieur à 25 millions de dirhams et respectant un ratio
d'investissement par emploi inférieur à 250000 dirhams.
On peut déduire l'absence d'une définition unifiée et d'une stratégie adaptée à la PME,
inexistence d'une instance gouvernementale de coordination et de suivi de la PME, et la
visibilité sur le comportement de la PME au Maroc demeure très limitée en raison de la
faiblesse du dispositif statistique actuel ; le manque d'information et de bases de données
actualisées sur la PME marocaine.
- Les PME au sein de l'UE représentent 99,8 % des entreprises européennes presque dans les
mêmes proportions qu’aux PME marocaines;
- Ces PME occidentales sont souvent prises pour des modèles de performance.
41
I. Au sein de l’Union Européenne (UE)
Les PME constituent non seulement la vaste majorité des entreprises de l'Union Européenne
(UE), mais également le premier moteur européen de création d'emplois.
Les PME dans l’Union Européenne constituent une importance particulaire et leur nombre
s’élève en 2008 à environ 20.7 millions dont 92% sont des TPE (Très Petites Entreprises)
employant moins de 10 salariés, soit environ 99,8% des entreprises européennes qui
fournissent 65 millions d’emplois.
En effet, les PME engendrent plus de deux tiers (2/3) des emplois au sein de l’Union
Européenne soit 67,4% dont les TPE représentent 20,7%, les petites entreprises 29,7% et les
moyennes entreprises 17%. En général, les PME ont contribué à plus de la moitié du chiffre
d’affaires du secteur privé européen17.
Totalement, les PME au sein de l’UE génèrent environ de 66% des emplois, ce pourcentage
pourrait augmenter grâce aux concurrences auxquelles font face ces PME européennes en
matière de mondialisation, l’e-commerce et l'usage d'internet par les entrepreneurs. Durant la
dernière décennie, ces PME étaient les sources principales de création d'emplois.
Par ailleurs, Aux Etats-Unis où l’économie est basée sur la concurrence. Promulgué en 1953
et largement modifié en 1982, la loi sur le Small Business Act (SBA)19 assure aux PME,
obligatoirement, une part dans tous les marchés publics, soit directement soit via
l’intermédiaire des grandes entreprises. En effet, tous les marchés publics, dont la valeur se
situe entre 2500 dollars sont uniquement réservés aux PME. De même, les appels d’offres
supérieurs à 500.000 US Dollars, remportés par une grande entreprise, doivent comporter un
17
Steve Edward, Magazine en Ligne " Entreprise et Industrie", PME et esprit d’entreprise, évaluer les performances des PME
européennes, publié le 22/09/2010.
18
Bank of England Quarterly Report, Statistics for the UK, on Small Business Statistics, January 2001.
19
Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières "Le Financement des PME au Maroc", Mai 2011.
42
plan de sous-traitance montrant la part à laquelle les PME ont droit. Au total, des centaines de
milliards de dollars de contrats ont dopé la croissance des PME.
Certainement, cette loi accorde un avantage très important aux PME et provoque en même
temps une grande anormalité à la concurrence. Toutefois, les pouvoirs publics américains sont
bien conscients qu’il faut aider ces PME pour qu’elles deviennent les futurs leaders, et ce
pour lutter contre la pauvreté et le chômage.
Depuis 1992 et dans le cadre du SBA, le plus grande programme d’aide publique à la création
à savoir le programme SBIR (Small Business Innovation Research) a été mis en œuvre. Il vise
à soutenir l'innovation des PME/PMI à travers des subventions accordées par les agences
fédérales. Grâce à ce programme et ses subventions annuelles d’environ 2 milliards de
dollars, la création des entreprises a été encouragée, et les PME sont incitées à étendre leur
potentiel technologique et à créer de nouveaux produits.
Le Canada est l’un des pays qui connait un nombre élevé des entreprises créées annuellement
par les entrepreneurs. Ce rôle important des PME a des impacts directs sur la santé
économique du pays.
En effet, l’Etat fédéral a enregistré 2,4 millions entreprises avec une densité plus élevée
70/1000 habitants par km2. La moitié de ces entreprises disposent moins de 4 employés et
98% des PME emploient moins de 100 personnes. Toutefois, ces PME, représentant 45% du
PIB et 60% des emplois, jouent un rôle intéressant dans les approvisionnements du
gouvernement. Elles fournissent environ 43% de la valeur des achats du gouvernement et
66% des marchés publics20.
43
difficultés de financement, d’innovation et de technologies, ainsi que de faire face au défi de
l’e-commerce, à la faiblesse du management et à la mondialisation.
En effet, toutes les nouvelles PME dans les milieux ruraux du Corée du Sud par exemple
profitent de taux d’intérêts inférieurs à la moyenne, et pourraient également bénéficier d’une
exonération fiscale. De même, et selon des statistiques issues d’un rapport du ministère des
finances sud-africain, les PME contribuent aux alentours de 50% du PIB du pays, génèrent
environ 40% de la production et recueillent plus de 60% du total emploi.
La PME tire avantage de la simplicité de son processus de prise de décision, qui lui procure
des avantages économiques considérables liés à sa réactivité et à sa grande capacité
d’adaptation face aux différentes situations de changement et d’évolution de marché. Cette
flexibilité en fait aussi une véritable source d’innovation et de créativité.
Le contexte marocain n'est pas très différent de celui des pays émergents et de la région
MENA (Afrique du Nord et Moyen Orient). Au Maroc, la PME dispose d'une importance
significative dans le tissu économique dans lequel elles représentent 95%21 selon les
statistiques de la confédération de la PME,
En effet, les PME de notre économie emploient 50% de la main-d'œuvre et réalisent 20% de
la valeur ajoutée, 30% des exportations, 40% de la production nationale et 50% du volume
des investissements.
Cependant, la visibilité sur le comportement de la PME au Maroc est aujourd'hui, très limitée
en raison de la faiblesse du dispositif statistique actuel.
21
En l’absence de statistique fiables, ce pourcentage, reconnu par la majorité des rapports officiels demeure approximatif vu
le poids important de l’économie informelle au Maroc.
44
I. Répartition Géographique des PME par régions
L'examen du tableau ci-dessous relatif à la répartition des PME par région montre leur forte
concentration dans les régions du centre atlantique, de même la répartition régionale des
créations des personnes morales immatriculées au registre du commerce confirme la
concentration des sociétés commerciales dans la région du grand Casablanca (avec 41% de
l'ensemble des immatriculations)22, tandis que le reste de l'effectif est reparti entre les régions
de Rabat-Salé-Khémisset (8%), de Tanger-Tétouan (9%), de Meknès-Fès (8%) et les 33%
restante se répartissent sur les autres régions.
En termes de nombre d’entreprises, le tableau ci-dessous montre que le tissu des PME est
constitué essentiellement par les activités de commerce et répartitions avec un taux de 30%,
suivies successivement par les activités de l’immobilier et les services aux entreprises à 22%,
les industries manufacturières à 15%, le secteur du BTP à 11% et la part des autres services
ne dépasse pas 10%.
22
Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale, Rapport annuel 2007.
45
Cependant, en termes de valeur ajoutée et selon le tableau ci-dessous qui exprime la
répartition des PME par branche d’activité économique en termes de valeur ajoutée. En effet,
Malgré leur part de 15% dans la population des PME, Les industries manufacturières génèrent
la plus grande valeur ajoutée avec une contribution qui s'élève à 37%. Elles sont suivies des
activités de commerce et réparations avec un taux de 19%, le secteur de l'immobilier et
services aux entreprises ne représente que13% et celui du BTP qui atteint 12%.
D’après le tableau ci-dessous et selon le nombre d’entreprises, le tissu productif national est
représenté à plus de 98% par les PME. En effet, dans les cinq secteurs suivant : le secteur des
hôtels et restaurations, le secteur immobilier, location et service rendus aux entreprises, le
secteur du bâtiment et travaux publics, le secteur transports et communications et celui du
commerce, les PME constituent plus de 99% contre moins de 1% pour les grandes
entreprises. Toutefois, dans les trois branches d’activités suivantes: la branche de
l’agriculture, de la chasse et de la sylviculture, celle des pêches et de l’aquaculture et celle des
industries manufacturières, les PME forment plus 98% du nombre d’entreprises marocaines.
Alors que le secteur des industries extractives ce taux baisse à plus de 97%. De même, ce
pourcentage tombe à plus de 96% dans le secteur de la production et de distribution.
46
Tableau n° 1.5 : Typologie des entreprises
en termes de nombre d'entreprises
Typologie des entreprises en termes PME Grandes Entreprises
de nombre d'entreprises
Agriculture, chasse et sylviculture 98,86% 1,14%
Pêches et aquaculture 98,86% 1,14%
Industries extractives 97,83% 2,17%
Industries manufacturières 98,18% 1,82%
Production et distribution 96,33% 3,67%
Bâtiments et travaux publics 99,61% 0,39%
Commerce 99,16% 0,84%
Hôtels et restauration 99,69% 0,31%
Transports et Communications 99,33% 0,67%
Immobilier, location et service rendus 99,63% 0,37%
aux entreprises
Total 99,30% 0,70%
Source : Source: Inforisk, mai 2011
En matière de création de la valeur ajoutée, le tableau ci-dessous qui montre les secteurs
d’activité économique où les PME réalisent plus de valeurs ajoutées par rapport aux grandes
entreprises. Ainsi, on constate, dans un premier lieu, que les PME du secteur de l’agriculture,
chasse et sylviculture qui génèrent plus de 78% de valeur ajoutée, suivis par les secteurs
suivants : hôtels et bâtiments à 70,28%; l’immobilier, location et service rendus aux
entreprises à 65,14%; bâtiment et travaux publics à 63,22%; commerce à 54,35% et les
pêches et aquaculture à 51,85%.
47
III. Poids des PME dans le tissu productif national et dans la création de la valeur
ajoutée
D’après les données de la direction des statistiques et du tableau ci-dessous, la PME est étalée
dans tous les secteurs d’activité économique avec un taux de 98% de l’ensemble du tissu
productif national à savoir le secteur de l’agriculture, celui de l’industrie, de l’artisanat, du
bâtiment et travaux publics (BTP), des commerces et des services (tourisme, communications,
transports et services financiers). En effet, selon le tableau ci-dessous, la part des PME est
plus de 90% dans tous les secteurs d’activité à l’exception du secteur de l’électricité, du gaz et
de l’eau où la proportion des PME n’excède pas 50%.
Le taux de participation des PME dans la création de la valeur ajoutée total est de 21%. En
effet, selon le tableau ci-dessous, cette contribution des PME s’élève à 73% pour le secteur de
l’immobilier et les services aux autres entreprises. Toutefois, cette participation des PME
dans la création de la valeur ajoutée ne dépasse pas 20% dans le cas des industries
manufacturières et n’excède pas 0,2% pour la branche de la production et distribution
d’électricité du gaz et de l’eau.
48
Tableau n° 1.8 : Répartition des PMI par branches d'activité industrielle
en termes du nombre d'unités
D’après le tableau ci-dessous, et en terme du nombre d’unités, les PMI sont concentrées dans
les quatre principales branches suivantes: les industries chimiques et para-chimique à 32%,
les industries agro-alimentaires à 26%, les industries textiles et cuir à 24% et les industries
mécaniques et métallurgiques à 15%.
49
Tableau n°1.10 : Répartition des PMI par branches d'activité industrielle
en termes de valeur ajoutée
Branche d'Activité Industrielle Nombre d'Unités
Par contre, en termes d’exportation, on relève, suivant le tableau ci-dessous que le secteur
textile et cuir vient au début avec un taux de 46% suivies, cette fois-ci, par les industries agro-
alimentaires à 39%, les industries chimiques et para-chimique à 10% et les industries
mécaniques et métallurgiques à 4%.
Concernant les investissements, le tableau ci-dessous exprime que les industries chimiques et
para-chimique viennent en tête avec un taux de 34%, suivies par les industries agro-
alimentaires avec un taux de 30%, les industries de textiles et cuir à 21% et les industries
mécaniques et métallurgiques à 12%.
50
Tableau n°1.12 : Répartition des PMI par branches d'activité industrielle
en termes d'investissements
Branche d'Activité Industrielle Nombre d'Unités
La PME est présente dans tous les secteurs de l’activité économique marocaine. On peut citer
à titre d’exemple l’industrie, l’artisanat, le BTP, les commerces et enfin les services qui
englobent le tourisme, les communications, les transports, les services financiers.
Dans le secteur artisanal, la PME dispose d’une présence très importante dans les secteurs de
la pêche, de la sylviculture et de l’élevage, et surtout dans les métiers traditionnels à forte
valeur ajoutée culturelle et sociale (tapis, produits de terre, métaux, cuir, couture
traditionnelle, etc.). Si on exclut la production des matériaux de construction (sidérurgie,
cimenteries, fabrication de conduites), les PME prédominent encore plus dans le secteur du
BTP, établissant ainsi la grande majorité des entreprises marocaines de construction.
Toutefois, ce secteur artisanal qui entraine près de 2 millions d’emplois est constitué dans sa
plus grande majorité de PME. Même remarque est constatée dans le secteur du commerce où
les PME génèrent 888.000 emplois (hors informel).
23
Document de travail N°50 de la Direction de la politique Economique Générale du Ministère de l’Economie et des
Finances Maroc, mars 2000 "les PME au Maroc Eclairage et Propositions".
51
Le secteur du commerce qui compte 888.000 emplois (hors informel) est constitué dans
presque son intégralité de PME.
Dans le secteur des services ou les PME établissent un outil privilégié dans la promotion de
l’hôtellerie, de la restauration et des agences de voyages24. Ainsi, dans le tourisme qui réalise
près de 600.000 emplois.
Par ailleurs, la privatisation du secteur des communications et les grandes mutations liées aux
technologies de l’information ont provoqué la naissance de nouvelle PME dans les services
de l’internet, des publiphones, de la téléphonie sans fil, de l’audio-visuel et de la réception par
satellites.
Le secteur des transports urbains et inter-urbains depuis leur privatisation au milieu des
années 90 est constitué dans presque son intégralité de PME.
Selon les données Inforisk SA25, en se basant sur la définition de la charte des PME, le nombre
des entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieure à 75 millions de dirhams en 2008 et
2009 est aux alentours de 57754 sociétés. Selon la même source, 96% de ces sociétés ont un
chiffre d'affaires au cours des deux derniers exercices inférieur à 3 millions de dirhams. Ceci
montre clairement que le tissu économique marocain est, en effet, essentiellement constitué
de petites, à très petites entreprises, voire même des micros entreprises.
Les PME marocaines disposant d’un chiffre d'affaires entre 3 et 75 millions de dirhams sont
présentées dans presque tous les secteurs économiques. Le tableau et les graphiques suivants
montrent la répartition de 120 PME selon leur secteur d'activité, on remarque, donc, une
prédominance dans les secteurs manufacturiers et commerciaux.
24
Document de travail N°50 de la Direction de la politique Economique Générale du Ministère de l’Economie et des
Finances Maroc, mars 2000 "les PME au Maroc Eclairage et Propositions".
25
Inforisk est une société filiale du groupe Finaccess (premier agence d’information financière au Maroc), fournisseur
d’informations légales sur les entreprises au Maroc.
52
Tableau n°1.13 : Répartition des PME par secteur d'activité
Secteur d'activité économique Répartition des PME
Industries manufacturières 37%
Commerce et réparation 41%
BTP 14%
Divers 8%
Ce graphique montre clairement que les PME quel que soit leur secteur d'activité, souffrent
d'une fragilité de la structure de l'actif. Cet écart pourrait s'expliquer par la nature même de la
PME marocaine qui a souvent des activités intensives en mains d'œuvre contrairement aux
entreprises industrielles. Cette nature pourrait être une conséquence des difficultés de
financements auxquels font face les PME, car cette contrainte pourrait les pousser vers des
activités peu capitalistiques.
Une seconde caractéristique des PME au Maroc est la faiblesse des actifs incorporels. Le
graphique montre clairement que seul le secteur du BTP et celui du commerce qui présentent
des valeurs considérables des immobilisations incorporelles par rapport aux totales des
immobilisations, soit respectivement 23% (contre 20% en 2008) et 19% en 2009.
Une seconde caractéristique des PME au Maroc, est la faiblesse des actifs incorporels. Dans
les pays développés, la source de la compétitivité entre les entreprises réside dans les formes
immatérielles de l’investissement, telles que la recherche et développement, les brevets et
licences.
53
Cependant, et selon le bulletin de la banque de France n°40, avril 1997, on constate que les
PME consacrent une part significative de leur effort aux investissements immatériels, ce qui
reflète l’importance qu’elles accordent à ces derniers comme composantes de la compétitivité.
Lorsqu’il s’agit de décliner les différentes formes de l’investissement immatériel, les experts
sont d’accord sur un minimum de quatre composantes : la recherche et développement, la
formation, les logiciels et l’action commerciale.
Toutefois, l’analyse par branche de la nomenclature économique de synthèse fait ressortir une
forte divergence sectorielle. Dans les industries agro-alimentaires, il y a prépondérance
écrasante des dépenses d’action commerciale, notamment de publicité, alors que l’effort de
recherche apparaît relativement faible. De même, sans surprise, la part de l’action
commerciale est importante dans les industries de biens de consommation26.
À l’inverse, la part des dépenses de recherche et développement est sensiblement plus forte
dans les industries de biens d’équipement, alors que ces dernières ne consacrent qu’une faible
proportion de leurs dépenses immatérielles à leur action commerciale, qui est sans doute par
la nature même de leur activité plus tournée vers d’autres entreprises que vers le grand
public27.
Les PME opérantes dans le secteur commercial et celui de l'industrie manufacturière ont une
moyenne de stock relativement élevée en comparaison avec les autres secteurs, soit
respectivement 43% et 37% en 2008 du total des stocks par rapport au total de l'actif
circulant.
Ces niveaux élevés de stocks pourraient être à l'origine d'une mauvaise gestion de la part de
l'entreprise ou bien la concurrence sur le marché qui pourrait pousser la PME à commander
des quantités plus importantes par rapport à besoins afin de bénéficier de certaines réductions
commerciales auprès fournisseurs tels que les remises, les ristournes,…etc.
26
Bulletin de la banque de France – n° 40 – avril 1997.
27
Idem.
54
Section 2 : Vulnérabilité des PME et leurs modalités de financement
Toute activité entrepreneuriale a besoin d’être financée. Qu’il s’agisse de la création
d’entreprises, des activités opérationnelles pour la production de biens, d’une expansion ou du
rachat d’une entreprise. La nature et l’importance du financement ou de l’investissement jouent
un rôle essentiel dans l’évolution de l’entreprise, quelle que soit sa taille.
Représentant 95% du tissu économique28 et occupant plus de 50% des salariés du secteur privé,
la part des PME dans les exportations marocaines et les investissements privés nationaux se
situerait respectivement à 31% et 50%. Alors qu’elles contribuent à près de 40% de la
production nationale, les PME ne participent qu’à hauteur de 20% à la valeur ajoutée. Le
développement de l’économie nationale passe nécessairement par le développement des PME.
Celles-ci contribuent fortement à la création de richesse et de l’emploi.
Pour toutes les PME, la recherche de ressources financières reste une préoccupation principale.
En effet, la grande majorité des PME ne possèdent pas suffisamment de ressources internes
(capacités d’autofinancement) pour couvrir leurs besoins d’investissement.
Dans cette section, nous tenterons de voir dans un premier paragraphe la vulnérabilité des PME
marocaines, dans un second temps la politique financière des PME et le dernier paragraphe
sera consacré aux différents types de financement des PME marocaines.
Les PME sont vitales pour la croissance et le développement économique des pays tant
industrialisés qu'en voie de développement, car elles jouent un rôle essentiel dans la création
28
Source: AMMC, OCDE.
55
d'emplois. De ce fait, des financements sont nécessaires pour les aider à créer et étendre leur
activité, développer de nouveaux produits et investir dans de nouvelles recrues ou de nouveaux
sites de production.
De nombreuses petites entreprises naissent d'une idée formulée par une ou deux personnes qui
investissent leur propre argent et, probablement, font appel à leur famille et à leurs amis pour
qu'ils les aident financièrement en échange d’une part dans l'entreprise.
Mais une fois la création de l’entreprise est faite avec succès, toutes les PME en croissance ont
à un moment ou à un autre besoin d'investir pour se développer ou innover davantage. C'est à
ce moment-là que, souvent, se pose le problème de l'obtention des financements. Elles
s’orientent donc vers des sources de financement à l’extérieur de l’entreprise. A ce niveau,
l’emprunt bancaire demeure de loin le mode de financement privilégié des entreprises en
général et des PME en particulier. En effet, les PME représentent selon Bank Al Maghreb 30%
des crédits accordés aux entreprises non financières29.
Dans cette section il sera donc opportun d'aborder les différents facteurs sources de
vulnérabilité des PME au Maroc et qui constituent des entraves quant à leur accès au
financement.
Le capital social d'une entreprise représente la valeur des apports faits par les associés lors de
la constitution de cette dernière. Au cours de la vie sociale, il peut être augmenté soit par de
nouveaux apports, soit par incorporation de réserves ou de bénéfices non distribués.
Le capital social est le gage exclusif des créanciers de la société, en effet, dans la mesure où les
associés ne sont responsables que de leurs apports, le capital social représente le montant
maximum qu'un associé engage dans l'entreprise. Les banques sont, en général, difficiles à
convaincre pour financer un projet, elles raisonnent en termes de partage de risque avec les
associes. Elles exigent systématiquement des garanties qui dans la plupart des cas dépassent
largement les montants prêtés, de préférence des garanties réelles adossées à la caution
personnelle du chef d’entreprise30.
Les PME, sous-capitalisées, sont les premières à souffrir de cet accès restreint aux
financements et aux facilités bancaires. L'économie marocaine souffre d'un mal chronique
29
Source: CDG Capital research-Bank Al Maghreb.
30
EL FADEL Bouchta, op. cit. p.16.
56
caractérisé par la sous-capitalisation des entreprises. En général, le non remboursement dû et
les frais financiers relatifs au retard du paiement entraine à des difficultés croissantes de
financements au PME.
Le découvert bancaire finance le fonds de roulement permanent, à la place des fonds propres
que les actionnaires répugnent à renforcer. Dans certains cas les entreprises recourent au
découvert pour financer des investissements ou pour lancer des produits ou activités nouvelles.
On a longtemps cru qu'un découvert, c'est facile. Il suffit d'avoir une bonne relation avec son
banquier. Or, l'époque où l'accès au financement était facile est révolue. Bank Al Maghreb est
désormais plus exigeante à l'égard des banques, qui ne peuvent plus financer comme par le
passé des entreprises au bilan déséquilibré ou confectionné.
Et comme c'est le cas en France, les bilans présentés aux banques devront être désormais
certifiés par un expert-comptable. Cette nouvelle condition risque de mettre en difficulté toutes
les entreprises qui ont l'habitude de préparer un bilan détaillé pour la banque, ne serait ce que
durant les premières années d'application de cette disposition. En revanche, cette disposition
aura pour objet de garantir la transparence et la fiabilité de l'information comptable et
financière communiquée par l'entreprise.
Selon le gouverneur de BAM "Le coût élevé du crédit aux PME et le phénomène du
rationnement s’expliquent souvent par l'existence d'imperfection dans le fonctionnement du
marché dit crédit. Ces imperfections sont généralement liées à des problèmes de transparence
au niveau de la comptabilité des entreprises, aux difficultés à réaliser les garanties dont
disposent les créanciers et à l'indisponibilité d'une information fiable sur l'endettement et la
situation financière des emprunteurs"31.
31
A.Jouahri gouverneur de BAM, le rapport, hebdomadaire marocain, 23 novembre 2006.
57
crédits sont accordés à 20% des grandes entreprises au Maroc et 80% des PME n’ont accès
qu'à 20% des crédits accordés. Sur les 20% des crédits accordés aux PME/PMI, il y a le tiers
accordé à des PME adossées à des groupes; le tiers accordés à des PME solvables et le tiers qui
reste c'est le réel risque PME, un chiffre qui tourne autour de 6%"32.
Le financement des entreprises prend la forme de crédit auprès des banques et des sociétés de
financement. Le marché de financement marocain a tendance prendre une forme privilégiée
avec une offre concentrée par un nombre de grandes banques et une demande composée de
grandes entreprises et une large population de TPE et de PME qui favorisent les voies de
financement bancaires, car elles ne peuvent pas recourir aux marchés des capitaux aussi
facilement que les grandes entreprises.
Ainsi, d’après le rapport des Nations Unies élaboré en 2010, le total des crédits accordés par
les banques au secteur privé s’élève à 468 milliards, dont environ 300 milliards destinés aux
entreprises. Toutefois, selon la direction de la supervision bancaire de Bank Al-Maghreb
montre que la quotte part des PME dans ces crédits est située à seulement 18% en 2008, soit un
montant global de 54 milliards de dirhams, le reste a été alloué aux grandes entreprises.
Le graphique suivant retrace la moyenne des dettes bancaires par secteur d’activité. En effet,
on constate que les secteurs de manufacturière, du commerce et de BTP ont enregistré
respectivement durant les années 2008 et 2009 une baisse moyenne de la dette financière de -
23%, -16% et -15%. Par contre les autres secteurs d’activité ont une augmentation de cette
moyenne de +5% entre 2008 et 2009.
32
Hammad Kassal, président de la fédération des PME/PMI, la Gazette du Maroc, numéro 337, 13 octobre 2003.
58
Le graphique ci-dessous trace l'évolution des crédits accordés aux PME, et la contribution de
chaque banque à la distribution de ces crédits; en effet, la BCP constitue la principale banque
accordant des crédits à moyen terme au PME, en offrant 66% des crédits distribués en 2002.
Le reste est principalement distribué par la BMCE, le CDM et la SGMB. Alors que le CIH a
amélioré ses contributions au financement des PME à moyen terme (de 0% en 1996 à 7% en
2002), le CNCA, l'UMB et la CITIBANK n'ont jamais participé à la distribution de ce genre de
crédits aux PME.
Les principales banques qui ont réduit, sur la période 1996-2002, leur offre de crédits à moyen
terme dédiée aux PME sont: BCM (- 52%), Wafabank (- 43%), BMCl (- 41%) et BMCE et
SGMB (- 28%), La baisse enregistrée par la BCP est de-11,3%33.Pour Hammad KASSAL,"Le
financement était un problème grave au niveau des PME-PMI et la responsabilité était partagée
entre le secteur bancaire et les entreprises. Les PME manquaient malheureusement de
transparence et les banques étaient conscientes que les entreprises établissaient trois bilans un
pour les actionnaires, un pour l’administration fiscale, et un pour la banque. En conséquence,
elles exigeaient des garanties personnelles importantes pour octroyer des financements"34.
33
H.louali, document de travail N° 9 de la Direction de la Politique Economique Générale du Ministère de l’Economie et des
Finances, aout 2003 "Evaluation du financement de la Pme au Maroc", p.9.
34
Conjoncture, revue de la chambre française de commerce et d’industrie au Maroc, numéro 878, janvier 2007, p.18.
59
financières des PME, même si plusieurs efforts ont été fournis pour mobiliser les fonds privés
nécessaires au développement de la PME national.
Le recul des crédits à l'équipement en faveur des PME est expliqué principalement par:
- La persistance de la difficulté d'accès des PME aux crédits types moyen et long termes
distribués par les banques à cause du manque de transparence et de la prédominance d'un
fonctionnement de PME basé sur des contrats individuels de court terme;
- L'absence d'une planification à moyen terme du marché des PME ne garantit pas une
demande à moyen terme et contrarie ce type d'entreprises à présenter des contrats et à fournir
des études de projet adéquates pour le développement de leurs marchés.
Généralement, les méthodes d'évaluation mobilisées par les organismes bancaires ne tiennent
pas compte de l'hétérogénéité des entreprises. Une disjonction entre le monde réel et le monde
60
financier engendre une tendance à la surdétermination des risques des PME. II en résulte un
effet d'éviction bancaire dont ces entités sont principalement les victimes.
Du coté des entreprises, certains aspects constituent une préoccupation prédominante pour les
banques. D'abord, le poids des emprunts chez les PME dans les plans de financement apparaît
souvent trop important, ce qui d'une part conduit les banques à durcir une position déjà
naturellement réservée ou à multiplier les demandes de garanties, et d'autre part, freine les
entreprises dans l'atteinte de l'équilibre financier, les faisant ainsi redoubler de fragilité.
Le deuxième obstacle important rencontré par les banques est l'insuffisance d'organisation des
PME, notamment en ce qui concerne les ressources humaines, la comptabilité, la gestion
administrative et les fonctions de contrôle. Le chef d'entreprise, y compris pour des PME de
grande taille, est souvent le seul décideur de la société. La formalisation modeste favorise les
erreurs, les fraudes et nuit à la régularité des processus, ce qui peut particulièrement pénaliser
les entreprises et affaiblis la sérénité des banquiers face aux PME.
Pour exercer son activité, l’entreprise doit d’abord engager des dépenses avant de percevoir
des recettes : réalisation des investissements matériels (terrains, installations, constructions);
achats des matières et fournitures, prévoir la rémunération de la main d’œuvre). Ce n’est
qu’ultérieurement, à l’issue de la production et de la commercialisation, que des recettes seront
encaissées après la réalisation des ventes. Il y a donc un décalage dans le temps entre les
paiements et les encaissements concernant aussi bien les investissements que l’exploitation. Ce
61
décalage crée des besoins de financements que l’entreprise devra couvrir en se procurant des
fonds selon différentes modalités.
En partant du fait que l’entreprise est une entité économique combinant les facteurs de
production (capital, travail, matières premières) dans le but de produire des biens et services
destinés à être vendus sur un marché solvable, le financement peut être défini comme lui
permettant de disposer des ressources qui lui sont nécessaires sur le plan pécuniaire. Ce
financement conditionne la survie de l’entreprise.
A sa création, l’entreprise doit se procurer un ensemble de biens destinés à rester dans la firme
pour plusieurs années. Il en va de même chaque année, l’entreprise devant réalisée des
investissements de nature variée correspondant à des objectifs multiples en vue d’assurer sa
survie (par le renouvellement et l’adaptation de ses matériels) et son développement (par
l’accroissement de ses installations).
Les investissements corporels (terrains, locaux, équipements, installations). Ils répondent à des
objectifs variés:
62
- La réalisation de gain de productivité afin de réduire les coûts, accroître les marges, la
compétitivité : investissement de productivité.
Ils tendent à se développer dans les grandes entreprises (ex. holding mixte) qui a
simultanément des activités d'exploitation industrielles et commerciales, et des activités de
gestion et de contrôle de ses filiales et participations ou la société mère qui abandonne à des
filiales toutes ses activités d'exploitation et devient une société de portefeuille ou holding pur.
Les immobilisations financières constituent alors l'essentiel de son bilan. Ses revenus sont
constitués de produits financiers et ne proviennent plus de ses ventes.
L’entreprise peut financer ses investissements par ses propres ressources (fonds propres) ou
par des ressources extérieures (ressources étrangères). Le financement des investissements par
fonds propres. Il existe trois moyens de financement de fonds propres.
1. L’autofinancement
C’est la forme préférée de financement des entreprises, en effet, c’est la plus facile à mettre en
œuvre, car il n’y a pas à obtenir l’accord des personnes extérieures à l’entreprise et qu’elle
n’entraîne pas de frais. Toutes les entreprises l’utilisent y compris les plus grandes.
63
L’autofinancement est le financement des investissements par les moyens propres de
l’entreprise, c’est la ressource qui provient de l’activité de l’entreprise et conservée par elle.
2. L’augmentation de capital
Ce mode de financement est plus rare, car il est plus difficile de trouver de nouveaux
apporteurs de fonds que de puiser dans ses propres ressources. Le capital risque est un mode de
financement pour les PME en forte croissance grâce à des innovations technologiques.
Le financement des investissements par ressources étrangères. En effet, les fonds propres sont
le plus souvent, insuffisants pour financer la totalité des investissements. L’entreprise doit
donc recourir à des sources de financement externe.
b. Le crédit bail
64
II. Le financement du cycle d’exploitation
Indépendamment des investissements que nous venons d’étudier, l’exploitation engendre des
besoins financiers.
Le besoin en fonds de roulement finance les besoins liés au cycle d’exploitation. Il est issu des
décalages provenant des opérations d’exploitation.
2. La trésorerie
L’exploitation engendre des besoins temporaires de trésorerie. Faire face aux échéances des
règlements exige des liquidités qui ne sont pas toujours disponibles. En cas d’insuffisance,
l’entreprise doit s’en procurer à l’extérieur et des ajustements de court terme sont nécessaires.
Pour faire face aux différents besoins de financement du cycle d’exploitation, l’entreprise
dispose d’un certain moyen de financements qu’on peut retracer de la manière suivante.
1. Le fonds de roulement
Ce financement stable est l’excédent des ressources stables sur les immobilisations, il résulte
de la politique financière de l’entreprise et est destiné à couvrir le besoin de financement
permanent qu’exige l’exploitation.
Il s’agit de l’octroi de délais de paiement. Les délais de règlement accordés par les fournisseurs
constituent une forme de crédit interentreprises qui permet le financement des stocks
immobilisés et d’une partie des délais de paiement accordés aux clients.
3. Mobilisation de créances
Pour se procurer des liquidités l’entreprise qui a accordé des délais de paiement peut mobiliser
ses créances sans attendre leur échéance par l’escompte d’effets de commerce et l’affacturage.
65
4. Crédits de trésorerie
C’est une avance d’argent consentie par la banque pour financer des déficits de trésorerie. Ils
sont destinés à faire face aux difficultés temporaires de trésorerie. Il s’agit principalement du
découvert bancaire et les facilités de caisse.
En conclusion, l'entreprise a besoin de capitaux pour financer d’une part ses dépenses de
fonctionnement (d'exploitation) qui sont couvertes soit par les rentrées de caisse (qui
proviennent des ventes), soit par les prêts bancaires à court terme (découverts) et d’autre part
pour faire face à ses dépenses d'investissements (acquisitions d'immobilisations) financées par
des emprunts à moyen ou long terme.
35
Faouzi Guemmi,"L'impact de la structure financière des entreprises marocaines sur leurs performances", mémoire
2007.P35.
66
MOYENS DE FINANCEMENT AVANTAGES INCONVENIENTS
Autofinancement:
Ce sont les fonds que l'entreprise dégage -L'autofinancement ne
de son exploitation et qu'elle utilise pour suffit pas souvent pour
financer ses investissements. La capacité financer l'ensemble des
d'autofinancement (CAF) correspond au -Indépendance financière;
investissements;
résultat de l'entreprise + dotations aux -Absence d'intérêts bancaires.
-Diminution des revenus
amortissements de la période nettes de versés aux associés
reprises. L'autofinancement est égal à la (découragement).
CAF déduction faite des bénéfices
distribués.
Source : Faouzi Guemmi,"L'impact de la structure financière des entreprises marocaines sur leurs performances", mémoire
2007.p35.
L'handicap des entreprises marocaines est encore bien réel et sa résorption aurait des effets
positifs sur l'économie; la structure financière des entreprises marocaines étant mise en
évidence, il en ressort l'ampleur du financement bancaire et de la relation banques /
entreprises, comme facteur déterminant dans la prospérité des entreprises.
67
Section 3 : Politique financière de la PME
La politique financière de l’entreprise concerne l’ensemble des décisions qui ont un impact sur
le niveau et la structure de l’ensemble de ses actifs et de l’ensemble de ses financements, dans
l’optique de la maximisation de sa rentabilité financière, pour un niveau de risque accepté.
Le couple rentabilité-risque est au cœur de cette politique en effet, l’entreprise qui souhaite
augmenter son profil doit accepter d’en supporter un niveau de risque élevé.
Cette définition résulte des principales composantes de la politique financière qui sont:
- Planification financière.
Cette section va s’articuler autour de trois points essentiels à savoir la gestion financière, la
gestion de la trésorerie et la politique d’investissement.
La finance d’entreprise est l’ensemble des activités à l’origine des décisions, des opérations
financières et d’équilibre financier des entreprises.
Généralement, dans les entreprises, c’est le directeur financier qui est chargé de ces domaines.
Mais d’autres acteurs interviennent en finance d’entreprise, notamment les banques et les
actionnaires.
La finance d’entreprise a pour objet d’optimiser la rentabilité des apports en capitaux et assurer
la solvabilité de l’entreprise et la liquidité de sa trésorerie. Elle est donc amenée à gérer les
68
outils financiers (emprunt, immobilisation financière, et autres outils d’engagement et actifs
financiers).
Pour les PME marocaines, le service financier est souvent intégré au service comptable et
administratif. Cette intégration s’explique en grande partir par le fait que le service financier
s’appuie d’abord sur les informations comptables.
Parmi les grandes missions de la Finance d’entreprise, on peut citer deux types de missions:
Le service financier participe à la stratégie d’entreprise, surtout pour donner un point de vue
relatif au niveau de dépendance en capitaux extérieurs de l’entreprise et de la structure du
financement des investissements retenus, à partir des capitaux propres, des emprunts ou de
l’autofinancement.
Les entreprises doivent vieillir à optimiser la rentabilité de leurs placements à court terme.
Elles doivent vieillir de prés à leur trésorerie, notamment pour faire face aux échéanciers de
paiement et éviter les découverts. Elles doivent gérer leur cycle d’exploitation, c'est-à-dire
surveille le niveau de leurs stocks, de leurs créances clients et de leurs dettes d’exploitation.
Une bonne gestion financière d’entreprise est basée particulièrement sur trois critères. En effet,
la rentabilité pour permettre à l’entreprise d’attirer les capitaux propres dont ils a besoin à son
activité, la solvabilité qui donne à l’entreprise la possibilité de recourir aux emprunts et le
troisième critère la liquidité est nécessaire à l’entreprise pour faire face à leurs engagements de
paiement à court terme lors de l’activité de l’entrepris.
Il est admis que la PME marocaine est sous capitalisée à cause d’un financement en fonds
propres souvent faibles ne permettant pas de réaliser un programme d’investissement équilibré.
69
Dans ces conditions, les problèmes financiers auxquels la PME doit d’abord faire face à court à
terme peuvent résulter de besoins en liquidité en rapport avec l’exploitation et non couverts par
les capitaux permanents.
Ainsi, les PME utilisent abusivement les découverts bancaires et les facilités de caisse et
d’autres prêts à court terme pour financer l’investissement aggravant leur déséquilibre
financier et finissent par subordonner leurs activités aux concours bancaires à court terme qui
provoquent des frais financiers de plus en plus lourds à supporter par l’entreprise.
De telles entreprises deviennent de plus en plus dépendantes vis-à-vis des facilités bancaires et
de plus en plus vulnérables face aux problèmes de débouchés commerciaux ou de
recouvrement de créances par exemple.
S’il n’est pas rare que le dirigeant de la PME fasse appel par sa propre initiative (sans
intervention du banquier) à des formules de financement inadaptées comme le financement des
immobilisations par des crédits à court terme ou le recours systématique sans véritable motif le
justifiant aux découverts bancaires, il est vrai que le recours à l’endettement à court terme est
également encouragé pour des considérations de prudence et de rentabilité par les banquiers.
Les prêts à court terme sont plus rentables et plus sure pour les banques.
Celles-ci expliquent le surendettement à court terme des PME/PMI par le fait que ces
entreprises n’offrent pas suffisamment de garanties et présentent des risques élevés pour un
financement à long terme.
70
De même, la mauvaise gestion financière peut se refléter par l’absence d’une comptabilité
claire traduisant la vraie situation de l’entreprise se répercutent sur la qualité des calculs de la
capacité d’endettement, des cash-flows, des prix de revient, des coûts d’exploitation etc.….
La faible maîtrise des techniques comptables semble caractériser certaines PME qui par
conséquent sont handicapées pour avoir des tableaux de bord reflétant leur santé financière
permettant d’élaborer une stratégie édifiante.
Parmi les caractéristiques financières des PME, nous pouvons évoquer une faible planification
financière, une gestion opérationnelle de financement largement informelle et un contrôle de
gestion quasi inexistant.
Il est observé au niveau des PME une certaine situation paradoxale : si les problèmes financiers
sont au cœur des préoccupations de gestion de l’entrepreneur, la fonction financière est, dans
une large mesure, sous estimée.
Aux yeux du dirigeant de la PME, les conditions de financement représentent une contrainte
sur laquelle il aurait peu de pouvoir aussi bien pour le long que pour le court terme. Autrement
dit, selon son idée, les problèmes financiers ne sont que la résultante, pure et simple, des autres
problèmes de gestion.
Or, une telle perception des problèmes financiers s’avère d’autant plus redoutable lorsque l’on
sait que les partenaires financiers de la PME appuient leur jugement sur la compétitivité de
celle-ci. Cette compétitivité mesurée à partir d’indicateurs financiers, probablement viciée à la
base.
De surcroît, il parait que le dirigeant décide de la structure financière de son entreprise à partir
de sa propre perception du besoin en fonds de roulement.
71
C. Le besoin d’une stratégie financière
En général, la structure telle qu’elle est déterminée par le dirigeant de la PME s’avère le plus
souvent inadéquate avec les besoins financiers de l’affaire. Des études récentes36 montrent une
remarquable constance de leur structure de financement (prédominante du capital familial,
recours au fonds propres en premier, sollicitation limitée des financements externes…).
Il est à noter que la composante financière n’est pas assez déterminante dans l’esprit
managérial de la majorité des dirigeants des PME. Dans ce sens, les erreurs de gestion en
matière de financement sont le plus souvent la conséquence d’erreurs.
Une petite entreprise dont l’activité s’inscrit dans un processus de croissance mal maîtrisé, sera
confrontée à un problème de financement des investissements matériels et immatériels et au
problème du besoin en fonds de roulement sans les avoir préalablement bien évalués dans un
plan stratégique. Le problème sera encore aigu si l’entreprise se fixe comme objectif la
croissance, tout en maintenant sa volonté d’indépendance et d’autonomie financière, et sans
pour autant en avoir les moyens.
Aussi, l’une des limites majeures auxquelles est confrontée la petite entreprise réside dans une
maîtrise insuffisante des problèmes financiers ou des incidences financières des décisions de
gestion. Alors, les erreurs d’appréciation se traduiront rapidement en incidents de paiement
susceptibles de s’accumuler. La petite entreprise doit se doter d’un système de direction
stratégique et de contrôle des performances qui doit être basé essentiellement sur des
indicateurs financiers fiables. Car les projets qui ne sont pas traduits par des concrétisations
financières fiables sont souvent la cause du refus des dossiers de crédit.
36
Rapport d’étude établie par le Cabinet Mc Kinsey en 2005.
72
Ceci dit la décision financière dans la petite entreprise relèverait plutôt de la "gestion par
exception", le dirigeant ne prendra conscience du problème que tardivement ; c'est-à-dire,
seulement une fois l’incident de paiement ayant eu lieu (défection d’un client, refus d’une
demande de crédit, etc.…).
Ceci pourrait évidemment nuire au bon fonctionnement des activités de leur entreprise. Par
exemple, les incidents de paiement sur un client ne seront pas immédiatement portés à la
connaissance des commerciaux qui continueront à recevoir des commandes, ce qui est de
nature à aggraver les états du chiffre d’affaires, de la production et des approvisionnements et à
engendrer, en conséquence, des difficultés de trésorerie importantes.
La trésorerie d’une entreprise est la somme de tous les avoirs et dettes à court terme. Une partie
importante de la trésorerie est le contenu des comptes de banque et des comptes de caisse de
l’entreprise. La gestion de la trésorerie permet, à l’entreprise dans premier, de contrôler les
entrées et sorties de fonds, dans un second lieu d’optimiser la gestion de trésorerie, dans un
sens de sécurité et de rentabilité et dans un troisième lieu de s’assurer de la bonne application
des conditions bancaires (jours de valeur, frais appliqués sur le flux de trésorerie).
La gestion de trésorerie consiste à veiller à maintenir un liquide suffisant pour faire face aux
échéances, tout en optimisant la rentabilité des fonds. En effet, si la trésorerie est positive, dans
ce cas l’entreprise aura la possibilité de placer cet argent pour rapporter des intérêts ou
l’investir, et si elle est négative, il faut alors payer des agios bancaires.
L’entreprise est liquide quand les ressources dégagées par ses opérations courantes lui
fournissent les disponibilités suffisantes pour faire face à ses échéances à court terme. Avec le
capital, la trésorerie est le deuxième aspect de la dimension financière de l’entreprise. C’est
une contrainte dans le sens où si l’entreprise se retrouve en situation d’incapacité de payer à
l’échéance (en état de cessation de paiement), elle risque le dépôt du bilan.
73
La rentabilité (résultat/moyens) est la capacité de l’entreprise à rémunérer des fonds durables
mis a sa disposition la principale contrainte étant la confiance des partenaires (prêteurs,
actionnaires, clients, fournisseurs). En effet, si la confiance baisse le niveau d’engagement s’en
ressent et l’entreprise peut alors être conduite à déposer le bilan.
La solvabilité est la capacité de l’entreprise à faire face à ses engagements à leur échéance.
L’entreprise est contrainte à rester solvable à contrario son image se dégradera et de plus
certains partenaires (banque fournisseurs) risquent de refuser de poursuivre leurs relations.
Cela peut conduire à réduire son activité ou pire à déposer le bilan.
Le trésorier doit prévoit et assurer les échéances au moyen d’un plan de trésorerie, qu’il doit
optimiser de façon à avoir d’une part le moins possible de fonds non rentrés (surveillance des
encaissements) ou dispersés, par exemple dans les agences, filiales et leurs comptes en banque
propres (c’est le concept de la trésorerie centralisée), et d’autre part, le moins possible de fonds
liquides rapportant peu ou pas assez d’intérêts.
Ce pendant, il faut avoir suffisamment d’argent disponible ou de lignes de crédit pour assurer
les paiements à temps pour éviter l’un défaut de paiement.
Pour une gestion réussie de la trésorerie de l’entreprise, le trésorier doit par ailleurs assurer la
relation avec les banques pour bénéficier, dans un premier lieu, des circuits d’encaissement et
de paiement les plus rapides, sûrs et rentables, et dans un second lieu de profiter des taux
d’intérêt les plus favorables.
De même, pour une PME en croissance, le trésorier doit pouvoir d’une part, mesurer et
surveiller la performance de la trésorerie de l’entreprise et d’autre part, créer des stratégies et
des tactiques opérationnelles visant à maximiser la trésorerie de l’entreprise.
74
- Gérer les placements par des ordres de souscriptions ou de rachat en cas de besoin d’OPCVM
monétaire de la filiale AL ISTITMAR CHAABI;
- regrouper les flux des comptes secondaires vers le compte principal centralisateur.
L’investissement, pour l’économiste, est transformation d’un capital, entendu dans le sens de
ressource monétaire, en capital fixe, un bien d’équipement ou de l’immobilier par exemple ;
pour le financier il recouvre la notion de placement à moyen ou long terme dans des actifs
financiers. Pour le comptable, l’investissement est synonyme d’immobilisation qu’elle soit
corporelle, incorporelle ou financière.
Les entreprises cherchent à anticiper la demande avant d’investir pour savoir s’il est nécessaire
d’augmenter leurs capacités de production.
Ainsi des anticipations favorables où l’on prévoit une hausse de la demande, favorisent
l’investissement tandis que les anticipations défavorables qui prévoient une stagnation ou une
baisse de la demande, le freinent.
Les taux d’intérêt déterminent le coût des emprunts contractés pour effectuer un investissement
et peuvent donc freiner l’investissement s’ils sont hauts. Le niveau d’endettement de
l’entreprise joue aussi : une entreprise endettée devra consacrer ses profits à son
désendettement au risque de disparaître.
Tout investissement doit prendre en compte le coût d’opportunité permettant de comparer son
bien fondé par rapport à d’autres utilisations du capital engagé.
I. Caractéristiques
75
- L’investissement de capacité ou d’expansion pour but d’augmenter la capacité de production
de l’entreprise;
- Il peut aussi prendre une forme stratégique, son but est alors d’assurer le développement de
l’entreprise.
L’investissement est considéré comme productif lorsque la valeur cumulée des biens et des
satisfactions obtenus est suffisamment supérieure aux coûts engendrés.
Apres avoir exposé les caractéristiques des investissements qui peuvent être classés selon leur
objectif, il nous semble utile d’étudier les critères de décision d’un investissement à travers
l’analyse macro-économique, l’analyse micro-économique et à la fin l’analyse économie
d’entreprise.
Pour une efficacité marginale donnée, l’investissement apparaît comme une fonction
décroissante du taux d’intérêts. Le niveau du taux d’intérêt est donc la variable incitatrice ou
76
des incitatrices privilégiées du processus d’investissement. Dans l’analyse keynésienne,
l’investissement est considéré comme autonome, c'est-à-dire indépendant du revenu.
Selon l’analyse néoclassique, l’investissement doit être fait jusqu’au point ou son bénéfice
marginal égale son coût marginal. James Tobin a proposé un critère, appelé le Q de Tobin qui
compare la valeur boursière de l’investissement avec son cout de remplacement. Dixit et
Pindyck (1994) proposent de faire l’analogie avec les options : pour la décision
d’investissement, l’entrepreneur a le choix entre ne rien faire et attendre ou investir tout de
suite, choix dont l’irréversibilité joue un rôle important.
Le taux de rentabilité interne (TRI) peut parfois être en contradiction avec le critère de la
Valeur Actuelle Nette (VAN)37. On peut trouver deux investissements A et B tels TRIA >TRIB
et VANB >VANA:
- Temps de retour sur investissement, le délai au bout duquel on récupère capital investi;
- Le capital investi a une durée de vie à la fin de laquelle il peut encore présenter une valeur
résiduelle.
Nous avons montré que le premier recours à l’investissement passe par les banques; cependant,
devant les difficultés d’accéder facilement à ces ressources, nous allons examiner à la lumière
37
La valeur actuelle nette (VAN, en anglais : Net Present Value, NPV) est un flux de trésorerie actilisé représentant
l’enrichissement supplémentaire d’un investissement par rapport au minimum exigé par les apporteurs de capitaux. Elle
mesure à partir d’informations comptables si l’investissement peut réaliser les objectifs des apporteurs de capitaux.
77
de l’expérience du Fonds National de Mise à Niveau (FOMAN), dont les conditions sont
détaillées dans le premier paragraphe de la première section de ce chapitre, le profil du mode
de financement après quatre ans d’exercice (2004-2007):
Nombre de
22 12 11 19
demandes
A fin 2007, le nombre total des dossiers traités a atteint 64 dont 58 ont été validés par le comité
de crédit. Les programmes d’investissement agréent s’élève à 313,5 MDHS, en progression de
28,5% par rapport à 2006. L’engagement correspondant du FOMAN a augmenté de 33,66%
pour atteindre 95,7MDH.
En dépit des conditions intéressantes du FOMAN, les résultats obtenus restent mitigés au
regard du taux d’engagement du fonds (30%). La baisse des taux intérêts appliqués par les
banques, actuellement de 6,67% (soit une réduction de 10% entre 2004 et 2007),
l’assouplissement des conditions de garanties et la situation de sur liquidité des banques
expliqueraient cette reprise. Sur les 19 dossiers traités en 2007, cinq sont issus des plans
d’actions réalisés par l’ANPME.
Les entreprises sont modérément liquides. En moyenne, la différence entre leur passif et leur
actif à long terme (propriété intellectuelle, participations, terrains et bâtiments, et matériel) est
de l’ordre de 2 à 5 millions de dirhams, avec de nombreuses variations selon les années.
Les bénéfices réinvestis sont la première source de financement des entreprises au Maroc. En
moyenne, les bénéfices réinvestis financent 62% des investissements et 71% des besoins en
fonds de roulement des entreprises. Les financements bancaires ou ceux d’autres institutions
financières ne reviennent qu’en second rang. Ceux-ci ne représentent que 20% du financement
des besoins en fonds de roulement (essentiellement sous la forme d’autorisation de découvert)
et 25% des investissements. Le crédit fournisseur et les avances des clients représentent la
troisième source de financement la plus importante, soit 7% des besoins en fonds de
roulement. Le crédit-bail n’est utilisé que dans 7% des investissements. Les autres sources de
financement sont mineures.
78
En ce qui concerne le financement des opérations, le crédit entre entreprises joue un rôle
essentiel. Les ventes à crédit représentent en moyenne 73% des ventes. Seulement 4% des
ventes sont payées à l’avance par les clients. Près de 94% des entreprises reçoivent un crédit
fournisseur d’une durée moyenne de 75 jours. Moins d’un quart des fournisseurs offre une
ristourne pour paiement à la livraison. Quand elle est offerte, cette ristourne est en moyenne de
4%. Une même proportion d’entreprises (95%) offre des facilités de paiement à leurs clients,
pour une durée moyenne identique et des taux d’escompte et des pratiques similaires. En
moyenne, les entreprises ont 30 jours d’inventaire de produits finis. Ceci est considérable par
rapport à d’autres pays comparables.
De fait, l’augmentation des impayés se traduit mécaniquement par un allongement des délais
de paiement, chaque fournisseur impayé se trouvant lui-même dans l’obligation de demander
des délais de règlement plus longs. Ceci est devenu un problème majeur pour les entreprises,
en particulier celles de petite taille.
Tout comme le crédit client, le client fournisseur est une source majeure de financement des
entreprises. Il est, en moyenne, équivalent à 80% du crédit accordé par les entreprises à leurs
clients. 3% du crédit fournisseur et des avances sur ventes sont libellées en devises. Pour
alimenter leur trésorerie, les entreprises font appel aux facilités de découvert consenties par les
banques et pratiquent l’escompte des lettres de change. Les banques préfèrent octroyer des
prêts contre des lettres de change émises par leurs propres clients, car elles peuvent les
réescompter auprès de la banque centrale ou auprès d’établissements spécialisés. Seules les
lettres de change émises par des entreprises de grande taille et de bonne réputation sont
acceptées par les établissements d’escompte.
79
Conclusion du chapitre
Le présent chapitre s’est proposé, dans un premier temps, de définir ce qu’englobe le terme
"Petite et Moyenne Entreprise". Il a été démontré qu’il n’existe pas de définition unique ou
universelle des PME mais que chaque organisme ou gouvernement retenait un certain nombre
de critères lui permettant d’attribuer aux entreprises le qualificatif de PME.
- Soit des critères quantitatifs (total du bilan, chiffre d’affaire, effectif etc.) qui permettent de
cerner plus facilement la notion de PME dans l’objectif de lui appliquer des politiques
économiques ou fiscales mais qui, en même temps, refusent de pénétrer à l’intérieur;
- Soit, des critères qualitatifs qui sont, à notre sens, plus pertinent puisqu’ils mettent en
évidence l’aspect humain lié à l’entreprise. En effet, la culture managériale du dirigeant
demeure l’invariante fondamentale qui permet de différencier la PME de la grande entreprise.
Les PME représentent, selon la confédération générale des petites et moyennes entreprises
(CGPME) 95% du total des entreprises, elles jouent un rôle important surtout dans le domaine
de l’absorption du chômage et de la création de la richesse.
Cependant, ce rôle reste restreint à cause de ces problèmes souvent financiers qui entravent le
financement des ces cycles d’exploitation et d’investissement. Plusieurs obstacles limitent le
développement des PME au Maroc, il s’agit en premier lieu d’un manque de la transparence
et la fiabilité de l'information comptable et financière communiquée, qui souvent lié à la
fragilité de leurs structures et d’une sous-capitalisation. De même, les PME souffrent souvent
d’une carence du capital humain bien encadré et formé. Par conséquent, ces entraves peuvent
entrainer une détérioration de la performance et de la compétitivité des PME.
Ce chapitre, nous a permis de constater que la majorité des PME marocaines est sous-
capitalisées, car dans leurs gestions financières elles se basent sur le financement en fonds
propres souvent faibles ne permettant pas de réaliser un programme d’investissement équilibré.
Ainsi, les PME utilisent trop les découverts bancaires et les facilités de caisse et d’autres prêts
à court terme pour financer l’investissement aggravant leur déséquilibre financier. Dans ce
sens, on peut dégager les caractéristiques financières des PME:
80
Les PME marocaines ne disposent pas encore de véritables alternatives au financement
bancaire, ce qui ne permet pas un véritable arbitrage entre les différentes sources de
financement.
L'handicap des PME marocaines est encore bien réel et sa résorption aurait des effets positifs
sur l'économie; la structure financière des entreprises marocaines étant mise en évidence, il en
ressort l'ampleur du financement bancaire et de la relation banques / entreprises, comme
facteur déterminant dans la prospérité des entreprises.
Comparativement à d'autres pays, les PME marocaines sont moins performantes puisque leur
croissance interne est entravée par des difficultés de financement, plus particulièrement par
l'insuffisance des fonds propres.
L’accès aux moyens de financement classiques est subordonné à la capacité des entreprises à
présenter des garanties réelles, non liées à la fiabilité des projets (caution solidaire du chef
d’entreprise, hypothèques sur des biens non économiques, nantissements etc.). Cette situation
pousse les PME de recourir à d’autres moyens de financement alternatifs tel que le marché
boursier.
81
CHAPITRE 2 : SOURCES DE FINANCEMENT
ET INTRODUCTION EN BOURSE
Introduction
Dans le présent chapitre, nous essayerons d’analyser les raisons du choix de la source de
financement; et nous tenterons de dégager d’une part, les principales variables qui peuvent
expliquer pourquoi certaines sources de financement sont avantageuses par rapport à d’autres
dans le financement global des entreprises et d’autre part, la structure financière optimale des
entreprises.
Ainsi, nous tenterons de voir dans une première section la structure financière et les sources
de financement des PME, dans la deuxième section les coûts et les avantages de l’introduction
en bourse et de noter, dans la dernière section les contraintes de l’introduction en bourse.
Le rôle du gestionnaire est de répondre à la question de proportion idéale des dettes et des
fonds propres qui doit figurer dans le passif du bilan. En faisant ceci, le gestionnaire dote son
entreprise d’un structure pour laquelle le coût est minimal ou bien celle qui maximise la
valeur de l’entreprise. Cette question a fait l’objet de nombreuses discussions théoriques
variées à partir de 1950. Les tenants de l’existence d’une structure financière optimale se
trouvaient confrontés à ceux qui défendaient l’indifférence de la valeur de l’entreprise par
rapport à son degré d’endettement. Les contributions dans ce domaine sont nombreuses et
souvent contradictoires.
Les variables en questions peuvent être relevées au niveau de l’analyse des avantages et des
inconvénients des sources de financement et aussi au niveau de leur coût qui apparait comme
une variable déterminante du choix financier pour les entreprises.
Ainsi, nous essayerons dans cette section de présenter la structure financière des PME, puis
nous mettrons en évidence les disparités des avantages et des inconvénients des sources de
financement des PME.
82
§1. La structure financière des PME
Dans ce paragraphe nous tenterons d’exposer la raison sur laquelle compte beaucoup les
gestionnaires pour arrêter leurs choix des sources de financement tient à leurs coûts, puis nous
mettrons en évidence les apports des nouvelles théories de l’agence et de signal.
Avant d’entamer les aspects théoriques du coût de capital, nous mettons en évidence au
préalable la fixation de l’objectif de l’entreprise.
A. La fixation d’objectif
Le choix du critère en question trouve sa justification dans le fait que les actionnaires sont les
seuls propriétaires de l’entreprise et que se sont eux, par conséquent, qui assument la fonction
de prise de risque.
83
leur raisonnement sans remettre en cause le principe ou l’objectif de la maximisation de la
richesse des actionnaires. Mais elles s’opposent aux néoclassiques en connaissant la
complexité de la relation mentionnée ci-dessus.
La notion de coût du capital revêt une grande importance dans la théorie de l’investissement,
de financement et de la maximisation de richesse des actionnaires. Il est un taux
d’actualisation qui sert au seuil d’acceptation ou de rejet d’un projet d’investissement : un
projet ne peut être retenu que si ton taux interne de rentabilité est supérieur au coût du capital,
il sera rejeté s’il lui est inférieur. Plus le coût du capital est faible, plus l’entreprise a des
possibilités supplémentaires d’investir, est plus sa valeur marchande est grande. Cette
situation consiste le nœud des responsables de l’entreprise puisqu’il est dans leur intérêt
d’amasser les fonds à moindre coût jusqu’au point qu’ils atteignent un minimum de coût de
capital.
La théorie du coût de capital a été fondée par les économistes américains qui se sont
intéressés à la décision d’investissement. Le coût du capital était l’objet de nombreuses
discussions théoriques souvent contradictoires. L’un des accords entre les théoriciens se situe
au niveau de l’identification du concept.
Le coût du capital est un coût d’actualisation qui pourrait être utilisé dans l’investissement.
C’est ainsi un taux qui détermine la valeur de l’entreprise par la capitalisation des bénéfices
d’exploitation.
L’école française aborde le problème du taux d’actualisation dans une optique macro-
économique, alors que l’américaine privilège le couple rentabilité-coût, et ceci, pour
déterminer l’investissement.
Parmi les problèmes posés dans la théorie financière, nous identifions à présent la relation
entre le coût du capital et le risque d’exploitation, ce qui a permis aux auteurs d’aborder plus
qu’une norme du coût du capital.
William et Nilson40 rejoignent Lintner sur le point de dépendance entre le coût du capital et le
risque d’exploitation et suggère qu’il faille au moins deux normes de coût du capital, tout
dépend du risque d’exploitation associé au projet d’investissement considéré. En effet, si la
40
William.G et Nilson, traduit en français par F.Grault et R.Zissiwiller apparu dans "coût du capital et évaluation de
l’entreprise"T2 edition Dunod, 1972, P4.
84
société est engagée dans un seul type d’activité, elle devrait utiliser le coût moyen pondéré du
capital pour l’évaluation de la majorité des projets appartenant à la même classe de risque. Par
contre, si elle est engagée dans plus d’un secteur elle devrait utiliser une norme de coût de
capital pour chaque secteur puisque ces derniers présentent des risques différents.
Les coûts des sources de financement à savoir les coûts implicites, explicites et d’opportunités
se dénotent par leur différence que ce soit au niveau de l’autofinancement ou au niveau des
fonds propres ou encore au niveau d’endettement.
Or, le capital n’est rien d’autre qu’un groupement des ressources provenant des origines
différentes dont le coût global du coût de la ressource qui le compose. Ceci nous a amené à
déterminer avec rigueur le coût des sources de financement prises isolement pur, répondre à la
question de détermination du coût global du capital, ainsi que les difficultés que pose son
évaluation.
Pour financer ses activités, l’entreprise recourt soit au financement interne (Autofinancement)
soit au financement externe. Ce dernier se réalise soit par voie du marché financier (emprunt
obligatoire ou augmentation du capital) soit par voie des intermédiaires bancaires.
Il est à noter que le concept "coût ne revêt pas la même signification pour ces trois modes de
financement. En effet, le coût du capital action est représenté par le taux de rentabilité exigé
par les actionnaires. Celui des dettes se compose d’un coût explicite qui est lié au taux
d’intérêt et d’un coût implicite représenté par le taux d’actualisation. Quant à
l’autofinancement il a un coût en opportunité "42.
41
Voir le deuxième paragraphe de la présente section de ce chapitre.
42
William.G et Nilson, traduit en français par F.Grault et R.Zissiwiller apparu dans "coût du capital et évaluation de
l’entreprise"T2 edition Dunod, 1972.
85
1. Coût des fonds propres ou capital action
Le coût du capital action doit présenter la rémunération exigée par les actionnaires, à savoir
non seulement l’espoir d’encaisser les dividendes dans l’avenir mais aussi celui de percevoir
des actions gratuites et/ou des plus-values que l’accumulation des bénéfices au sein de
l’entreprise aura permis de générer.
Le coût du capital action prélevé sur le marché financier est difficile à déterminer pour les
raisons suivantes:
- les flux relatifs à la détention des actions sont inconnus c’est à dire les bénéfices et la
politique de distribution sont indéterminés;
- La détention de l’action ne s’étale pas sur le long terme, tout dépend au cours boursier;
- Le coût du capital action peut être estimé à travers la méthode dite d’actualisation. Cette
méthode consiste à actualiser les revenus futurs attachés à la détention de l’action. Les
revenus en question peuvent être des bénéfices ou des dividendes.
Le rendement noté KC qu’attend l’actionnaire de son placement et qui représente le coût des
fonds propres externes peut être calculé par référence aux bénéfices qu’attend l’entreprise. Le
court de l’action Po peut être évalué comme suit : P = somme Bt / (1+ KC). Ou :
Les bénéfices au période t1, t2 ……. Tn sont actualisés au taux Kc qui est égale au coût du
capital action.
Le cours de l’action est égale à la même actualisée à l’infini des dividendes futurs Po =
somme Dt / (1+ KC )t
Dans le cas ou les dividendes par action sont constants et ceci quel que soit la période, le coût
86
de l’action peut s’établir ainsi :
Ou Po : Cours de l’action
2. Coût de la dette
Nous nous limitons aux seuls provenant du marché obligatoire et / ou des organismes
prêteurs.
- Dans une optique comptable : le coût des dettes correspond à des charges qui se composent
des intérêts versés, des primes d’émission et des remboursements. Le coût apparait ainsi
comme un flux de charges financières venant aggraver le résultat de l’entreprise ;
- Dans une optique financière: le coût de la dette revêt une signification différente et
fréquemment utilisable. Elle correspond au taux d’actualisation K "qui rend le produit net de
l’emprunt égale à la valeur actuelle du principal et des intérêts"43. Le coût peut être donné par
la formule : Po = ∑ (It + Pt) / (1+ KC) t. Ou
Par un raisonnement progressif, dans lequel nous introduisons les frais liés aux dettes, le coût
prendra plusieurs formulations.
Dans un monde ou il n’y a pas ni impôt ni frais d’émission le coût de la dette à long et moyen
terme est égale au taux d’intérêt nominal Ki = I. Ou
Ki : Coût de l’emprunt.
43
J.C.Horn, op. Cité. P 512.
87
Ki = I (1-t)44.
Le raisonnement en termes d’introduction de l’impôt conduit à affirmer que le coût des dettes
après impôt est légèrement inférieur à celui avant impôt dû à la déductibilité des charges
d’intérêts.
Jusqu’à présent, on a considéré les possibilités qu’ont les entreprises pour se financier et la
manière dont elle calcule le coût de chaque source de financement prise isolement. Il nous
reste maintenant à déterminer le coût global du capital d’une entreprise financée à partir des
deux sources de financement que sont l’endettement (obligation, prêts bancaires …) et les
capitaux propres (autofinancement, action).
Les coûts explicites respectifs étant supposés connus, il suffit, pour obtenir le coût capital de
l’entreprise, de considérer chacune des ressources en fonction de sa part dans le coût du
capital avancé à l’entreprise. Le coût global du capital Ko est alors égal à la moyenne
pondérée du coût des capitaux propres KC et du coût des dettes Kd, les coefficients de
pondération étant les parts respectives des capitaux propres C et de dettes D dans la structure
financière :
La détermination du coût global du capital revêt un intérêt certain pour l’entreprise car il sert
de seuil d’acceptation ou de rejet pour les projets d’investissement. En effet, un projet est
retenu si son taux interne de rentabilité est supérieur au coût moyen pondéré su capital, il sera
rejeté s’il lui est inférieur.
Ces deux théories se contentent d’expliquer les comportements des différents agents qui
interviennent au niveau de l’entreprise à savoir les dirigeants, les actionnaires les obligataires
et les créanciers en général, et de voir l’impact de leur comportement sur la détermination de
la structure financière. Dans ce cadre deux hypothèses fondamentales sont à prendre en
considération:
- Les dirigeants et les actionnaires n’ont pas forcement les mêmes objectifs;
- Tous les agents économiques n’ont pas un égal accès à l’information relative à la firme et à
44
J. Couvreur cité par R. M’rabet, op cité : p.173.
88
son environnement.
Pour ce faire nous nous pencherons en premier lieu sur l’extension de la théorie de l’agence à
la finance d’entreprise puis en deuxième lui nous évoquerons le financement de l’entreprise
en présence d’asymétrie d’information.
Dans ce cadre, il nous semble opportun d’exposer dans un premier lieu l’extension de la
théorie de l’agence à la finance d’entreprise, et dans un second lieu d’étudier les conséquences
de la délégation du pouvoir.
Contrairement aux entreprises familiales ou le pouvoir de décision est détenu entièrement par
le propriétaire et sa famille, les grandes entreprises, en général, font exception ; dans la
mesure où il y a séparation du pouvoir de la propriété. Le pouvoir s’exerce soit par des
organes internes "actionnaires" soit par des organes externes "dirigeants non Propriétaires" en
fonction de leur qualification. Selon A.Levy "Le pouvoir dans la structure de financement
n’est pas neutre, ce pouvoir s’acquière soit par la possession du capital soit par la compétence
du dirigeant"45.
La situation d’un dividende dans une organisation, dépend de l’action d’une autre personne.
Ce que décide de l’action est l’agent, alors que celui affecté par la décision est le principal.
L’apport de Pratt et Zeck hauser46 nous apprend que non seulement la relation existante entre
les acteurs à l’issue de la délégation du pouvoir constitue la relation d’agence, mais aussi la
relation de coopération.
Jensens et Mackling étaient très précis lorsqu’ils ont mentionné que la relation d’agence est
un contrat selon lequel une ou plusieurs personnes, le principal ou mandant, engage une autre
personne, l’agent ou mandataire, pour accomplir des services en leur nom, service qui
implique la délégation du pouvoir de décision au profit de l’agent. Jensen et Mackling sont les
premiers auteurs qui ont introduit le modèle d’organisation du pourvoir de décision dans
l’entreprise pour expliquer le comportement des décideurs et leurs relations avec eux qui l’ont
confié sa délégation. L’entreprise se caractérise donc par des relations d’agence entre les
détenteurs de capitaux les créanciers et les dirigeants.
45
A.Levy "Management financier"Edition Economica, collection D.E.C.F : UV, 1993 p.128.
46
Cité par N.Morgus" Financement et coût du capital de l’entreprise" collection Gestion, Edition Economica, 1993.
89
2. Conséquences de la délégation du pouvoir
La délégation du pouvoir dans l’entreprise génère des relations d’agence caractérisées par des
rapports conflictuels entre les actionnaires et les dirigeants, d’une part, et autre les créanciers
et les dirigeants – actionnaires, d’autre part, et ceci lorsque ces derniers coopèrent entre eux.
Selon Quintard et Zisswiller47, la théorie d’agence est fondée sur "les fonctions d’utilités et sur
les conflits potentiels qui existent entre le mandat et le mandataire". Certainement, les
dirigeants d’entreprise et les actionnaires ont les mêmes objectifs selon le contrat qui les a
unis, mais en termes d’utilité personnelle ils s’opposent car les dirigeants cherchent à
maximiser leurs fonctions d’utilité par des prélèvements pécuniaires et non pécuniaires, et de
ce fait ils n’agissent plus dans l’intérêt des actionnaires, représenté par la maximisation de
leur richesse.
- Coûts de surveillance : ce sont des dépenses engagées par le mandant pour observer les
décisions insensées des mandataires;
- Coûts résiduels : sont généralement des coûts d’opportunités, tels l’abandon par le mandat le
contrôle des actions prises par le mandataire;
Ce qu’on peut tirer de ces analyses d’une manière générale, la délégation du pouvoir crée de
tensions entre les actionnaires et les dirigeants. Ces tensions s’accentuent avec le degré de
conflit entre eux et génèrent des coûts d’agence dont le montant est très élevé. La réduction de
ces coûts est une nécessité impérieuse pour converger les intérêts. La résolution de ce
problème réside dans le recours à l’endettement.
L’analyse de ce type de relation suppose une relation suppose une relation d’entente entre les
dirigeants et les actionnaires. Ces derniers se regroupent pour s’opposer aux créanciers.
En effet, les créanciers misent à la disposition de l’entreprise des fonds dont l’espoir de les
47
M.C.Jensen et W.H.Meckling "Theory of the firm managerial behavior agency cost end ownership structure"journal of
financial économics, vol3, 1976.
90
récupérer à échéance, augmentés de charge d’intérêts. La partie coalisante, quant à leur part
prélève investir dans leurs comportements génère des tensions et des conflits. Jensen et
Meckling stipulent que le contrat de la dette incite les actionnaires à investir de façon
optimale. En effet, les recettes des investissements reviennent principalement aux
actionnaires, mais en cas du non réalisation de ces recettes les créances supportent les
conséquences d’échec dans la mesure où ils ne peuvent être remboursés. Pour les mêmes
auteurs l’arbitrage entre les coûts d’agence de la dette et les avantages qu’ils procurent à
l’entreprise conduit à une structure optimale du capital.
L’élimination ou au moins la réduction des conflits est une solution bénéfique pour les
actionnaires. Cette solution leur permet d’une part, de maximiser leur richesse et d’autre part,
de limiter les prélèvements pécuniaires des dirigeants. La réduction de ces conflits nécessite
l’entreprise "Les conflits entre les objectifs des individus sont résolus par la mise en place
d’un réseau de relation contractuelle"48. Du point de vue financier le réseau se situe dans la
politique financière de l’entreprise.
L’endettement constitue un moyen pour les intérêts entre les dirigeants et les créanciers. Car
toutes politiques du recours à l’endettement entrainent une augmentation du risque de faillite
qui peut conduire au moins à la perte d’emploi des dirigeants, ce qui l’oblige à être plus
performant. Dans le même ordre d’idées A. Levy dit "L’endettement a pour avantage d’inciter
les dirigeants à augmenter leur rentabilité, ce qui va dans l’intérêt des actionnaires"49.
L’endettement constitue un moyen de résolution des conflits contractuels parce qu’il réduit les
coûts d’agence. Selon Jensen et Meckling, plus l’endettement augmente plus les coûts
d’agence associés aux relations entre actionnaire et dirigeants (coûts d’agence des fonds
propres) baissent, en même temps les coûts inhérents à la relation entre actionnaires et
créanciers augmentent (coûts d’agence de l’endettement). L’optimum est atteint lorsque les
coûts d’agence atteignent leur niveau minimal.
48
A. Levy, op.cité p.229.
49
Idem
91
b. Entre actionnaires – dirigeants et créanciers
La résolution des conflits qu’ont pour origine l’accroissement du risque de moyen l’entreprise
et le sous investissement, réside dans l’instauration des moyens qui peuvent empêcher les
actionnaires – dirigeants de s’approprier une partie de la richesse de l’entreprise au
déterminant des créanciers. En d’autre terme, il s’agit d’éviter les décisions qui accroissent le
risque des actifs de l’entreprise et / ou qui conduisent à l’investissement sous optimal. Les
principales solutions susceptibles de converger les intérêts entre les différents partenaires de
l’entreprise sont :
Les garanties ou sûretés réelles : Elles prennent généralement la forme d’hypothèque sur
terrains ou de nantissement sur matériels. Ces derniers assurent le remboursement des fonds
mis à la disposition de l’entreprise par les créanciers ;
Les prescriptions de limites d’endettement : Ces limites peuvent être de deux ordres, d’une
part, l’interdiction d’émettre ultérieurement des dettes obligatoires de rang supérieur à celui
qui existe déjà et, d’autre part le plafonnement de l’endettement à un niveau fixé par un ratio
approprié qui doit être généralement lié au risque de l’entreprise ;
Choix de l’échéance de la dette : dans les pratiques financières, les remboursements des dettes
se font par annuités constantes ou variables. Ces échéances ont pour objectif de réduire les
risques de l’entreprise et des créanciers. En outre le recours à l’endettement à court terme
renouvelable au lieu de celui à long terme favorise la résolution des conflits actionnaires –
créanciers ;
Puisque les différents protagonistes de l’entreprise ont des intérêts divergents, et des
perceptions différentes sur l’entreprise, nous pouvons considérer les théories qui gèrent ces
92
relations sont complémentaires à celles étudiées précédemment.
Il est fondé sur le principe stipulant que les dirigeants de l’entreprise sont mieux informés que
le reste du marché en général sur les performances de l’entreprise et en particulier sur les
bénéfices et les opportunités de l’investissement.
2. La signalisation
Pour rendre la firme plus attrayante, les dirigeants émettent un signal aux investisseurs pour la
différentie des autres entreprises. Mais ce signal peut être imité par les concurrents, ce qui
nécessite en présence d’asymétrie d’information, l’instauration du système d’intéressement
aux dirigeants pour les obliger à communiquer l’information qui reflète le mieux la situation,
ainsi que les pénalités pour les dissuader d’agir différemment des autres. Le signal dont nous
venons de parler peut être émis de deux façons différentes : la première façon consiste à agir
selon les actes des dirigeants, alors que la seconde concerne l’action sur le niveau
d’endettement de la firme.
L’une des modalités de signalisation la plus pertinente a été avancée par Leland et Pyle en
1977. Selon ces autres les dirigeants de l’entreprise détiennent les actions de leurs sociétés en
cas de perspectives favorables. Mais ils les dessaisissent dans le cas contraire. La participation
des dirigeants dans le capital de l’entreprise est un excellent signal pour les investisseurs et le
reste du marché.
Partant de l’évidence "l’endettement accroît le risque de faillite" alors tout chargement dans la
politique financière de l’entreprise induit automatiquement des modifications dans la
perception de la firme par le marché. A la suite de ce changement, les partenaires de
l’entreprise, pour qu’ils répondent à leurs propres intérêts doivent informer le marché sur
leurs anticipations et sur les performances de l’entreprise.
En effet, le lancement d’un nouvel emprunt, exige l’entreprise de signaler au marché ses
véritables perspectives, c'est-à-dire si elle est capable de générer suffisamment de cash pour
faire face aussi bien à ses charges d’intérêts supplémentaires que ses engagements. En cas de
perspectives favorables la firme est attrayante et peut obtenir. Dans le cas contraire elle ne
peut l’obtenir.
93
L’endettement constitue un signal que doivent utiliser les dirigeants pour caractériser la nature
de leur firme. Cependant, aucune entreprise n’a intérêt à émettre un faux signal grâce à
l’existence de pénalité (faillite) que peut entraîner l’endettement s’il est mal transmis (signal).
Avant d’exposer les avantages et les inconvénients des sources de financement externes, il
nous paraît opportun de faire un survol très rapide des avantages et les inconvénients des
sources de financement internes.
Pour bien préciser les avantages et les inconvénients de l’autofinancement, il nous semble
utile d’exposer dans un premier lieu les définitions et les mesures de ce mode de financement,
et dans un second lieu les avantages de l’autofinancement.
50
E.Cohen "Gestion Financière de l’entreprise et développement financier" Edition : EDICEF, 1991, P.194
94
opérations futures. La capacité d’une entreprise à se financier elle - même se décompose en
amortissement et en profit réservé. Le profit réservé est la partie du revenu de l’entreprise qui
n’est pas distribuée aux actionnaires, elle est retenue ou encore mise en réserve.
L’amortissement est la partie du revenu qui est consacrée à remplacer le capital.
La seconde définition du concept, qui est qualifiée de technique, fait appel à son mode de
calcul. L’auteur propose deux méthodes de calculs convergentes:
La seconde méthode dénommée additive, s’oppose à la première par le fait qu’elle consiste à
sommer les dotations aux amortissements et aux provisions avec les bénéfices non distribués
pour obtenir l’autofinancement.
Les deux procédés aboutissent au même résultat. Mais en raison de sa simplicité, la seconde
est fréquemment utilisée en pratique.
Malgré que son utilisation ait été reconnue depuis longtemps, les approches économiques et
même parfois financières ne lui attribuent aucune place privilégiée par rapport aux autres
sources dans le financement global des sociétés. Parmi les principales approches économiques
et financières nous citons : l’approche néoclassique, keynésienne, celle de Walter et celle de
Modigliani et Miller. Ces approches ont été fondées dans des optiques différentes. Les
approches économiques ont été fondées sur la théorie de l’investissement alors les financières
51
E.Cohen op cité P.42.
95
l’ont été sur la théorie de distribution des bénéfices.
Dans ce cadre, il nous parait utile de présenter dans un premier lieu la théorie néoclassique, et
dans un second lieu la théorie keynésienne.
Selon la théorie néoclassique, la société investit tant que la production marginale du capital
est supérieure au coût du capital financier. Le taux d’intérêt qui permet de calculer ce coût est
unique. Il est égal à celui qui serait perçu si les bénéfices non distribués étaient investis à
l’extérieur.
A la lumière de la théorie néoclassique, il n’y a pas lieu de distinguer entre les ressources qui
concourent à l’investissement et, par conséquent, l’autofinancement n’a pas d’importance
particulière par la comparaison avec les autres sources. L’autofinancement et l’investissement
sont donc indépendants.
Le modèle keynésien a été fondé sur la théorie de l’investissement plutôt que de financement.
Ce pendant, certaines traces des questions financières figuraient dans sa littérature, ce qui
nous a permis de l’aborder.
Selon Keynes, l’investissement dépend seulement du taux d’intérêt ; cette relation intime
conduit à inciter les entreprises à investir par une simple action sur les taux d’intérêts. Or ces
investissements peuvent être financés par voie interne ou externe.
Si l’entreprise opte pour l’autofinancement, elle s’attend à ce que le taux de rendement soit
supérieur au taux d’intérêt, sinon, elle devra renoncer car "le revenu qu’elle recevra en prêtant
l’équivalent du bien d’investissement sera supérieur à ce que lui rapportera
l’investissement"52.
En revanche, si elle recourt à l’extérieur, elle investira tant que le rendement qu’elle espère
obtenir lui permet de rembourser le principal et l’intérêt. L’entreprise continue à investir
jusqu’à ce que le taux de rendement égalise le taux d’intérêt.
Quant au choix du mode de financement avantageux, il est à signaler que Keynes n’en parle
pas et n’accorde aucune importante à l’autofinancement sur les autres sources 53. Toutefois,
l’introduction du risque dans l’analyse keynésienne reconnait à l’autofinancement une
52
R.M’rabet, "Les fondements de la décision d’investissement de la grande entreprise : un essai d’explication stratégique"
Thèse d’Etat en science de gestion, université Paris Dauphine, 1982, P.73.
53
Il s’agit essentiellement de l’endettement et des opérations sur le capital.
96
certaine supériorité sur les autres sources, en raison de son coût plus faible. La différence du
coût ainsi constatée provient des exigences des bailleurs de fonds qui cherchent à couvrir le
risque et l’incertitude.
D’après l’approche de James Walter qui fut l’un des premiers théoriciens à élaborer un
modèle théorique sur les dividendes. Il visait par ce dernier à établir une politique de
distribution de dividendes en indiquant les conditions de rétention et de distribution.
Le principe de son modèle repose sur le fait que la politique de dividendes en tant que
décision de financement est déterminée seulement par la rentabilité des opportunités
d’investissement.
En effet, pour Walter il existe un taux de distribution optimal. Cette situation se produit
lorsque la valeur de l’action sur le marché est maximale. Le taux optimal pour lui, est
condamné à être nul. Dans ces conditions, tous les fonds internes sont conservés à des fins de
financement des opportunités. Ainsi, si le rendement des investissements est inférieur à la
capitalisation du marché. Cette situation se caractérise par l’inexistence de l’autofinancement.
Les enseignements qu’on peut tirer du modèle de Walter se résument dans l’idée selon
laquelle l’autofinancement n’a pas de sens que si les occasions d’investissement s’offrent à
l’entreprise. Quant au problème de préférence de l’autofinancement sur les autres ressources,
Walter ne l’évoque pas : Tout se passe comme si toutes les ressources avaient la même
importance.
Par ailleurs, Modigliani et Miller, ont démontré avec beaucoup de rigueur, dans le cadre d’un
97
marché parfait54, que les firmes sont indifférentes à l’égard de la politique de distribution de
dividendes. Elles peuvent donc opter la politique qu’elles souhaitent que ce soit rétention ou
distribution sans qu’il ait effet sur leurs valeurs. La validation de ces conclusions par les
auteurs est basée sur la neutralité de la politique de financement ayant fait d’une publication
dans un article paru en 1958 par ces mêmes autres.
Le modèle élaboré par Modigliani et Miller qui a abouti à ces conclusions peut être présenté
sous une forme simplifiée tel que suit55 :
Nt : le nombre d’action.
Par ailleurs, au cours d’une période t, la relation d’égalité des flux d’emploi et de ressources
est vérifiée pour :
It : l’investissement à la période t.
54
Dans ce marché, il n’y a ni impôt ni coût d’accès au marché financier, l’information est symétrique et sans coût.
55
G. Charreaux "Gestion Financière" Edition Litec, 1986, p.382.
98
CP= (ntPt+1+NtDIVt) / (1+Rt)
Selon cette relation, il apparaît nettement que la valeur des fonds propres ne répond pas de la
politique de dividendes puisque la variable dividende (DIV) disparaît du modèle. Ce qu’on
peut tirer du modèle de Modigliani et Miller c’est que le montant mis en réserve - donc
l’autofinancement - n’a également aucune importance, l’entreprise peut distribuer le montant
qu’elle souhaite et peut recueillir les fonds dont elle a besoin par recours à d’autres moyens
sans aucune limitation puisque selon les mêmes auteurs la politique de financement est
parfaitement neutre.
Le principe de la hiérarchie est basé sur les observations des faits et manque, à l’origine, de
justifications théoriques. Mais à travers l’hypothèse d’existence d’asymétrie d’information,
Myers et Mjluf ont établir un corpus théorique à ce principe. Toutefois Myers a abandonné
l’hypothèse d’asymétrie d’information et a justifié théoriquement le principe de la hiérarchie.
Myers et Mjluf proposaient un modèle de financement hiérarchique basé sur les hypothèses
suivantes:
- Les investisseurs sont moins informés que les dirigeants sur la valeur de la firme;
- Les actionnaires existants sont passifs et ne modifient pas leur portefeuille en fonction des
décisions prises par les dirigeants.
Sur la base de ces hypothèses, les auteurs établissent un ordre hiérarchique56 dans le
financement : l’autofinancement du capital. La théorie de financement hiérarchique a été
remise en cause par un certain nombre de théoriciens. A titre d’exemples G.M. Constantinides
et B.D.Grundy57 soutenaient que les firmes n’ont pas uniquement le choix entre dettes et
56
E.Butel, "Les théories de financement hiérarchique apportent-elles une explication nouvelle de la structure de financement
des entreprises ?" Revue finance 1994, pp. 140-157.
57
S.Boutahlil "La structure financier des entreprises au Maroc" Thèse de 3ème cycle, Université Mohamed V Rabat, 1994,
p.56.
99
actions. Mais elles peuvent recourir à une multitude d’instruments financiers pour racheter
leurs actions et financer leur projet d’investissement. Pour eux, il n’y a aucune raison pour
qu’il y ait un ordre de financement hiérarchique comme dans le cas de Myers et Mjluf.
Bien que les approches théoriques de l’autofinancement soient loin d’être convergentes, les
études empiriques montrent que l’autofinancement est une source de financement
prépondérante dans le financement global des firmes à long et moyen terme.
- L’accès à l’autofinancement
Pour la plupart des entreprises ce type de financement reste le moyen le plus simple comme le
précise Gordon Donalson :"Dépendre des bénéfices réinvestis demeure pour la plupart des
sociétés, la voie la plus facile car elles peuvent ainsi éviter d’être sous les feux de la rampe et
de devenir le point mixe des actionnaires"58.
Il faut ajouter également que l’autofinancement peut se réaliser dans les meilleurs délais et ne
donne lieu à aucune charge de remboursement.
Les institutions de crédit peuvent aussi orienter le comportement des entreprises vers le
recours au financement interne. Cette situation s’explique par la rigidité de leur statut
juridique qui peut limiter les possibilités d’endettement auxquelles nous ajoutons les
conditions sévères de consentement des prêts.
58
G.Donaldon, "Corporate deb capacity: division of resreach" gradwate school administration, Havard University, Boston
1961, cité par S. Bouthahlil, op cite p.171.
100
- Le coût de l’autofinancement
L’erreur commise par les praticiens est de considérer l’autofinancement comme une source de
financement gratuite. Les théoriciens s’opposent aux patriciens par la reconnaissance du coût
de l’autofinancement. Ce dernier a constitué de controverse dans la théorie du capital.
En effet, selon Brochier, il est possible de distinguer entre autofinancement ex-post et ex-ante.
Un autofinancement est dit ex-post lorsque, à la fin de l’exercice comptable, les responsables
de l’entreprise décident d’affecter au moins une partie des profits constatés à l’investissement.
Mais si les responsables cherchent à augmenter le prix de vente de leur produit en agissant sur
le marché du travail pour dégager les fonds nécessaires nous sommes en présence d’un
autofinancement ex-ante. Pour l’auteur, l’autofinancement ex-post est sans coût, alors que le
coût de l’ex-ante dépend du marché où opère l’entreprise.
Dans le marché de monopole, ou les élasticités sont faibles le monopoleur fait supporter les
charges de l’autofinancement au consommateur et par conséquent l’opération est sans coût.
Dans le marché de concurrence pure et parfaite, l’autofinancement ex-ante n’existe pas
puisque l’élasticité de la demande est forte.
- La première tient compte de ce que les actionnaires prévoient comme dividendes "Si la
59
Dobrovolsky, "l’entreprise et l’économie du 20ème siècle" Edition Dunod 1966 ; cité par R.M’rabet op. Cité : p.165.
101
firme n’est pas en mesure de saisir les opportunités d’investissement qui procurent un
rendement de Kc, les actionnaires pourront probablement trouver sur le marché des titres
d’autres sociétés qui, avec le même degré de risque pourront procurer un tel rendement"60.
- La seconde démarche est fondée sur le critère de "rendement externe" selon lequel "le coût
d’opportunité des bénéfices non distribués est déterminé par ce que la firme peut obtenir du
placement de fonds à l’extérieur"61.
Le financement sur fonds propres internes est nécessaire pour l’entreprise, car il constitue,
d’une part, un bon indicateur relatif aux performances dans la mesure ou" un autofinancement
élevé rassure les apporteurs de capitaux externes sur les possibilités de rémunération et de
mise en valeur de fonds qu’ils peuvent fournir "62 et, d’autre part, ajoute E. Cohen "son
importance donne aussi une mesure de risque de non - remboursement que les apporteurs de
capitaux supportent du fait de l’entreprise"63
Malgré que l’autofinancement occupe une place prépondérante dans le financement global des
firmes, il demeure insuffisant. Ce caractère constitue une limite partielle mais considérable de
l’autofinancement. En outre le recours exclusif à ce moyen de financement comporte autres
limites qui affectent à la fois chaque entreprise considérée isolement, et l’économie nationale.
En effet, les besoins et la capacité de financement diffèrent d’une entreprise à l’autre.
Certains ont des besoins qui dépassent largement leur capacité immédiate, il s’agit notamment
des entités de productions appartenant aux domaines d’activité qui requièrent un important
effort d’investissement. Si ces entités se limitaient à l’autofinancement pur, elles devraient
renoncer à des occasions d’investissement ce qui limite leur développement. Pour les entités
ayant des ressources qui excèdent leur besoin de financement immédiat, elles détiennent des
excédents des capitaux inutilisables. Les entreprises ayant ce comportement font partie des
60
J.C.Von Horn,"Gestion et politique financière" T1 Edition Dunod, 1982, p.125
61
J.C.Van Horn, op. cité p.126.
62
E.Cohen op, cité p.194.
63
E.Cohen, IRID.
102
domaines d’activité dans lesquels la technologie est stabilisée ou les possibilités
d’accroissement de production sont limitées. Un tel régime d’autofinancement correspond à
un gâchis de ressource et à une limitation non justifie des possibilités de développement des
entreprises et de l’économie nationale. Cette situation nécessite la mobilisation financière
permettant de déplacer les surplus soit directement soit par intermédiation d’où la nécessité
d’un financement externe.
Comme nous l’avons précisé dans le paragraphe précédent, l’autofinancement occupe une
place prépondérante dans le financement global des firmes. Ce pendant, en général, son
insuffisance dans la couverture des besoins de financement oblige les entreprises de recourir
au financement externe. Ce dernier se réalise soit par la voie de l’emprunt auprès du marché
et / ou auprès des intermédiaires financiers, soit par la voie de fonds propres externes.
Pour ce faire, une présentation séparée de ces deux sources de financement constituera un
moyen de mieux faire apparaître leur profonde différence.
A. Au niveau de l’endettement
Avant de survoler les inconvénients de ce mode de financement externe, il nous semble utile
d’exposer les avantages de l’endettement.
L’erreur commise par les contribuables est de concevoir la fiscalité comme une contrainte
dans les enjeux financiers. Mais en fait, elle constitue un avantage important du
103
essentiellement à la déductibilité des charges d’intérêts et de l’assiette de l’impôt sur les
sociétés.
Pour G.Charreaux66, l’intervention de l’Etat par la fiscalité à une influence importante sur la
structure du portefeuille d’actif et sur la structure de financement des entreprises. A ce titre
d’illustration de l’avantage fiscal nous proposons l’exemple suivant:
Soient deux entreprises dont l’une endettée à hauteur de 5000 DH à un taux d’intérêt de 12%,
l’autre non endettée. Le bénéfice avant intérêt étant le même pour les deux entreprises 2 000
DH. Le taux d’imposition est de 35%.
Le tableau suivant récapitule les calculs de bénéfice net, du revenu des actionnaires et celui
des détenteurs des titres.
Dettes 0 5 000
Les résultats formulés dans ce tableau montrent clairement que les revenus totaux des
64
F.Modigliani et M.H.Miller, "The cost of capital, corporate finance and theory of investement"1958.
65
S.A.Ross,"The détermination of financial structure: The incencive signaling approche" in bell journal of economics, 1977,
pp, 23-40.
66
G.Charreaux, "Gestion financière" Edition litec, 1986, p. 19.
104
actionnaires et des obligations sont plus élevés pour la société endettée que pour celle non
endettée. Ce supplément de valeur s’obtient par la multiplication du taux d’imposition par les
taux d’intérêt et par la dette, il est dû à la déductibilité des charges d’intérêts.
Toutefois, il est à noter que l’avantage fiscal de la dette ne peut jouer favorablement que si la
société imposée réalise des bénéfices. En effet, si la société est déficitaire, elle supporterait la
totalité des charges ce qui aggravait sa situation.
L’avantage fiscal que procure la dette peut justifier pourquoi il est dans l’intérêt des
entreprises de recourir à l’endettement même si elles ont la possibilité de recourir à d’autres
moyens de financement.
Le rôle de l’endettement comme accélérateur peut être démontré par recours à deux modèles,
l’un fondé sur les valeurs de marché des fonds, l’autre sur les valeurs comptables.
Le rôle de l’endettement comme accélérateur peut être démontré par recours à deux modèles,
l’un fondé sur les valeurs de marché des fonds, l’autre sur les valeurs comptables.
Désignons par:
FP : Fonds propres;
DF : Dettes financières;
BN : Bénéfices nets;
FF : Frais financiers;
67
P.Conso, "la gestion financière de l’entreprise" Edition Dunod, 6ème édition 1983, p 237.
68
M.Albouy "Structure financière et coût du capital" Encyclopédie de gestion, Edition Economica. 1989.
105
BAII : Bénéfice avant impôt et frais financiers.
Ka = BAII / AE (1)
Kd = FF / DF (2)
Ks = BN / FD (3)
Soit (t) le taux d’imposition et (L) le levier financier mesuré par le ratio d’endettement L =
DF / FP, il exprime la relation entre la rentabilité des fonds propres et l’endettement.
BN = Ks x FP
FF = Kd x DF
BAII = Ka x AE
D’où Ks = [[(Ka x FP) x (1-t) + (Ka x DF) x (1-t) - (Kd x DF) (1-t) / FP
Cette relation signifie que la rentabilité des capitaux Ks égale à la rentabilité de l’actif
économique après impôt augmentée de l’écart entre l’actif économique et le coût de la dette
après impôt affecté d’un coefficient d’endettement.
Tant que l’entreprise est rentable économiquement, et que cette rentabilité dépasse le coût de
la dette, si l’entreprise recourt davantage à l’endettement (L) augmente et par conséquent la
106
rentabilité des capitaux propres Ks augmente. C’est ce qu’on qualifie d’effet positif de
l’endettement.
Les effets induits de l’endettement sur la rentabilité peuvent expliquer partiellement pourquoi
les entreprises préfèrent le financement sur endettement.
Toutefois, il est à noter que les mécanismes de l’effet de levier ne jouent pas toujours
pleinement, et tout recours exagéré à l’endettement aura des conséquences graves sur les
entreprises.
Les mécanismes de l’effet de levier ne jouent pleinement sur la rentabilité financière des
entreprises si les deux hypothèses suivantes soient vérifiées:
Les divergences constatées au niveau des facteurs qui déterminent le coût d’endettement et la
rentabilité économique d’une part, et la rigidité du système financier d’autre part ne peuvent
garantir toujours la supériorité de la rentabilité économique sur le coût de la dette. Dans ce cas
l’effet de levier de la dette joue inversement c'est-à-dire le recourt à l’endettement détériore la
rentabilité financière des entreprises. Cette situation s’explique par le fait que les entreprises
empruntent à un taux supérieur à la rentabilité qu’elle peut obtenir de l’investissement dans
son actif économique. Il y a dès lors un déficit qui vient s’imputer sur la rentabilité
économique dégagée par les capitaux propres. Le résultat s’amoindrit, et la rentabilité
financière devient inférieure à la rentabilité économique.
Les avantages du financement par endettement que nous avons soulignés précédemment, se
trouvent sérieusement limités dans leurs étendus par ses inconvénients majeurs : le risque de
107
la perte de l’autonomie financière, le risque de non remboursement et le risque de faillite.
Lors du choix des sources de financement, la tendance vers la réalisation d’un certain degré
d’indépendance constitue sans doute le souci des responsables de l’entreprise. Ces derniers
n’ont pas intérêt à s’engager dans des opérations d’endettement lourdes pour éviter de mettre
l’entreprise entre les mais de créanciers. De même, ils évitent généralement les ouvertures du
capital pour garder la structure du contrôle et la stabilité de la répartition des bénéfices par
action.
L’autonomie financière peut être appréciée par le ratio DLMT / CP69 qui donne aux
organismes prêteurs une idée sue le risque. Plus ce rapport est élevé plus le prêteur verra son
risque augmenter ainsi que l’entreprise verra son autonomie financière se dégrader.
Plusieurs ratios peuvent définir le risque du prêteur, nous retiendrons le ratio FF/EBE 70, qui
indique le montant des frais financiers dans le résultat réel de l’entreprise.
La centrale des bilans de la banque américaine utilise le ratio FF/RBE71 pour vérifier si les
résultats des entreprises couvrent les charges d’intérêts versés à ceux qui ont acheté leurs
obligations.
c. Le risque de la faillite
La faillite est un facteur déterminant de la politique d’endettement des firmes. Son impact
réside dans les coûts qu’elle entraine dans son sillage ainsi que la disparition de l’entreprise.
Cela étant, le risque de faillite consiste l’inconvénient majeur du recours à l’endettement et,
par conséquent, il le limite au profit des autres moyens de financement.
Le financement par fonds propres externes est un autre aspect de l’obtention de nouvelle
ressource pour l’entreprise. Cependant, il diffère de l’endettement par le caractère de la
structure de commandement qu’il entraine.
Quant à son origine, il est possible de distinguer entre le cas des entreprises non cotées et
celles cotées à la bourse.
69
DLMT : Dettes à long et moyen terme/ CP : Capitaux propres.
70
EBE : excédant brut d’exploitation.
71
RBE : Résultat brut d’exploitation.
108
Dans les premières, les fonds propres proviennent essentiellement des actionnaires actuels de
l’entreprise. Cependant ces derniers sont incapables de faire face aux besoins de financement
grandissants. Pour pallier ces insuffisances l’entreprise doit faire appel aux établissements
spécialisés, par appel en fonds propre, dont les modalités d’interventions vont de la simple
participation au capital jusqu’à celle de la gestion de l’entreprise.
Par contre dans le cas des entreprises cotées à la bourse, le marché financier constitue la
principale source des apports en capital à travers la participation des anciens et des nouveaux
actionnaires. Actuellement les apports en capital sont beaucoup diversifiés et prennent donc
plusieurs formes:
- Les augmentations du capital par émission d’actions nouvelles en numéraire qui apportent à
l’entreprise;
- Les augmentations du capital en nature représentées par des biens matériels et immatériels
qui apportent à l’entreprise indirectement de liquidité;
Malgré que le financement par capitaux propres ait des effets positifs sur l’entreprise il n’en
demeure pas moins qu’il en a des négatifs qui peuvent réduire son utilisation dans le
financement global.
L’adoption de la politique du renforcement des fonds propres se traduit par une diminution
corrélative de l’endettement. L’entreprise réalise de ce fait des économies de frais financiers,
qui viennent augmenter l’autofinancement. Ce dernier peut également être renforcé du fait
que l’entreprise peut, se dispenser de verser des dividendes mais pas de payer les frais
financiers qui constituent une charge permanente en cas d’endettement. Par ailleurs les
actionnaires vont recevoir des rémunérations sous forme de dividendes plus consistantes et de
plus value de cession.
Les économies ainsi réalisées sont générées par la diminution du volume de l’endettement qui
dégage des ressources pouvant permettre la diminution du coût de l’endettement par la
modification de sa structure.
Le renforcement des fonds propres a un effet positif sur le plan macro – économique. En effet,
la relation entre fonds propres et désinflation s’explique par le fait que les entreprises
109
confrontées à des évolutions des charges d’intérêts issues de la progression de l’endettement,
cherchent à les répercuter sur les prix à la fin de préserver leurs marges Par contre la
restriction du recours à l’endettement au profit des fonds propres ont un effet favorable sur les
prix qui contribuent à la maitrise de l’inflation.
L’augmentation du capital est une opération qui consiste à augmenter le nombre de titres par
la création nouvelle. L’achat de ces dernières confère à son détenteur le droit de vote, du
partage du capital et de répartition du bénéfice. L’emploi du capital action comme mode de
financement présente à notre sens des inconvénients que nous résumons dans la dilution du
pouvoir et du capital.
a. La dilution du pouvoir
Il est bien évident que si cet effet de dilution jouait à plein, tous les actionnaires refuseraient
l’augmentation du capital ce qui conduirait p interrompre la croissance de toutes les
entreprises.
b. La dilution du capital
La deuxième forme de dilution induite par l’augmentation du capital est celle de la dilution du
capital. Elle a pour conséquence de léser les anciens actionnaires et de privilégier fortement
les nouveaux comme le montre l’exemple suivant. Soit une entreprise présentant les éléments
suivants:
72
Guy Van Loye "Organisation du pouvoir et financement des PME "revue de direction et gestion N°132-133 décembre
1991, p. 56.
110
Capital Social : 3 000 000 DH
Sur la base de cet exemple il semble que l’actionnaire achète un titre à 600 DH au lieu de
1 000 en comparaison avec la première situation. Au delà de la différence dans la valeur
intrinsèque il est à noter qu’avant l’opération de l’augmentation du capital, 10 000 titres
partageaient 7 millions de réserves ; alors qu’après l’opération se sont 20 000 qui partagent le
même montant. Cela veut dire que les nouveaux actionnaires ont acquis un droit sur le partage
des réserves.
Le financement direct sur le marché des capitaux ouvre des nouveaux portés aux PME. En
principe, ce type de financement leur permet d’avoir des fonds propres plus importants sans
intérêts ni contraintes de remboursement (financement gratuit), réduit leur dépendance vis-à-
vis des banques et en même temps, diminue leur vulnérabilité aux cycles économiques. Il leur
permet aussi d’acquérir une image saine, transparente et moderne, qu’elles pourraient utiliser
pour se valoriser sur le marché national et international73.
En effet, l’introduction en bourse exige de tout faire, non seulement être éligible mais séduire
le marché, intéresser les investisseurs en leur offrant du papier de bonne qualité avec des
rendements intéressants, chose qui n’est pas aisée.
Toutefois, ce choix de financement par le marché boursier présente des coûts des avantages et
aussi des contraintes.
73
S.M.Rigar "Le nouveau paysage financier au Maroc" Repères et Perspectives, Numéro 5, 2004 page 31.
111
§1. Les coûts de l’introduction en bourse
Ritter (1987) avait démontré qu’il existe deux types de coût liés à l’introduction en bourse :
les coûts explicites et les coûts implicites. Les premiers sont surtout des coûts administratifs et
bancaires qu’on peut appréhender facilement, par contre les seconds plus difficiles à aborder
sont liés à la sous-évaluation des actions lors de l’introduction et à la perte de confidentialité
dans les affaires. Ces coûts directs et indirects affectant le coût de capital de l’entreprise qui
désire s’introduire en bourse.
Les coûts occasionnés par une introduction en bourse peuvent être subdivisés en trois grandes
catégories les coûts préalables à l’introduction en bourse, les coûts liés à l’introduction et les
frais postérieurs à l’introduction.
Il s’agit des coûts qui précédent la présentation du dossier d’introduction, c’est-à- dire
essentiellement ceux qu’impliquait la réorganisation juridique et comptable de la société jugée
nécessaire pour rendre l’entreprise plus transparente aux yeux des actionnaires.
Les coûts préalables sont difficiles à appréhender car les sociétés ont souvent tendance à les
sous-évaluer. Ceci est dû, en partie, au fait qu’il est difficile pour des sociétés, la plupart du
temps en forte croissance, de déterminer clairement la frontière entre les coûts liés
uniquement ou du moins en grande partie à l’introduction en bourse et ceux liés à la
croissance normale de la société.
En particulier, il n’est pas aisé de dire si la mise en ordre juridique à travers une
restructuration est liée à l’introduction en bourse de la société ou, simplement, si cette
dernière est arrivée à un stade de croissance où une telle opération s’impose.
S’il est souvent clair que la perspective de l’introduction en bourse a rendu de telles
opérations quasiment nécessaires, il n’est pas évident que tels coûts soient uniquement liés à
celle-ci, mais plutôt au stade de maturité atteint par la société. Donc la notion de coûts
préalables doit être avec beaucoup de circonspection.
112
Deux postes principaux sont à considérer en ce qui concerne ces coûts : les frais liés aux
opérations préalables74 à l’introduction en bourse et les frais liés au recours à des cabinets
extérieurs (experts comptables, conseillers juridiques et fiscaux, etc.).
Ces coûts sont plus faciles à appréhender dans la mesure où les sociétés disposent, dans
quasiment tous les cas, d’un récapitulatif exact de ces coûts. D’autre part, il n’y a pas de
contestation possible car ces coûts sont strictement imputables à l’introduction.
Seuls manquent les coûts liés au temps passé par les dirigeants et le personnel de la société à
préparer l’introduction. Or, dans la plupart des cas une, voire plusieurs personnes, (souvent les
dirigeants) passent plusieurs mois75, presque à plein temps, à préparer leur introduction.
Les coûts liés à l’introduction peuvent être répartis en trois postes principaux:
- La publicité financière : en dehors des publications dans un journal d’annonces légales, qui
sont souvent prises en charge par les banques introductrices, les sociétés n’ont aucune
obligation de publier des avis dans les autres journaux, financiers ou non, au moment de leur
introduction. Cependant, la société peut signer un contrat de publicité financière qui ne
concerne que l’introduction. Les contrats de publicité financière pour l’introduction sont
coûteux dans la mesure où le coût est supérieur à celui de l’information normale.
Il faut remarquer que même si ces coûts peuvent sembler importants et difficiles à supporter
par la société, elle n’a pas intérêt à les comprimer car cela lui permet de se faire connaître. De
plus, cela peut être une bonne occasion pour la société de réaliser de la publicité.
74
Ces opérations sont de nature très diverse. On peut citer par exemple : la modification du capital social ; la restructuration
du groupe ; la constitution de holding ; la mise en place de formules d’actionnariat des salariés, etc.
75
Le nombre de mois nécessaires varie d’une société à l’autre.
113
De plus, cela peut être une occasion pour la société de réaliser de la publicité. Une campagne
de communication réussie au moment de l’introduction peut remplacer une campagne
publicitaire réussie. Or, cela est souvent plus efficace et, n’est en fait, pas plus coûteux.
Une fois l’introduction réalisée, la société doit faire face à des obligations nouvelles qui
donnent lieu à quelques coûts. Ces coûts sont dus aux publications périodiques, dans un
journal d’annonces légales, des informations requises par les autorités boursières ; ils sont
aussi dus à la publicité financière et aux contrats de publicité financière souscrits avec la
presse.
En fait, bien que seule l’information dans un journal d’annonces légales soit obligatoire, on
recommande souvent aux sociétés de donner de l’information à l’aide d’autres supports
(télévision, radio, affichage…) ; enfin ces coûts peuvent être liés aux obligations
d’informations comptables sous forme de rapports et au contrôle des comptes et aux
exigences de sérieux dans la révision comptable.
En effet, une fois en bourse, la société doit constamment présenter des comptes fiables afin de
donner une image claire aux investisseurs. Pour cela elle fait souvent appel aux experts
comptables pour vérifier ses comptes et les présenter de la manière la plus adéquate, ce qui
engendre des coûts supplémentaires pour l’entreprise.
L’ensemble de ces coûts explicites peut avoir une influence directe ou indirecte sur la
décision d’introduction en bourse d’une société. Mais en plus de ces coûts explicites, il y a
des coûts implicites qu’on associe au phénomène de la sous-évaluation et à la perte de
confidentialité.
Ces coûts implicites peuvent être scindés en deux grandes catégories : les sous-évaluations
des actions et la perte de confidentialité.
Lorsqu’une société désire s’introduire en bourse, son but, devrait être d’obtenir le prix le plus
proche de la valeur réelle des titres offerts. Cependant, son introduction étant un événement
unique dans la vie d’une société, il est important pour celle-ci d’être bien reçue par le
marché ; c’est-à-dire par les nouveaux actionnaires qui espèrent, pour une partie d’entre eux,
114
réaliser une plus-value sur le nouveau titre. Il y a donc conflit d’intérêt entre les actionnaires
d’origine et les nouveaux actionnaires de la société.
De nombreuses études empiriques (voir tableau n°2.2 ci-dessous) menées dans plusieurs
marchés ont montré que les actions des sociétés nouvellement introduites en bourse sont, en
moyenne, sous-évaluées. Cela signifie que l’évaluation du titre par le marché est supérieure à
celle réalisée par la société et ses intermédiaires financiers.
Cette sous-évaluation a été considérée comme un paradoxe par Brealy et Myers (1984) : "En
moyenne, les investisseurs qui achètent au prix d’offre gagnent pendant les semaines qui
suivent l’introduction. On ne sait pas si les intermédiaires financiers veulent transférer ce gain
aux investisseurs ; mais le fait le plus intriguant est que les sociétés laissent faire les
intermédiaires financiers. A chaque fois qu’une société introduit ses titres à un prix inférieur à
leur vraie valeur, les investisseurs y gagnent et les actionnaires d’origine y perdent".
Il nous ensemble inutile de rappeler ici les différentes explications théoriques et empiriques de
ce phénomène de sous-évaluation parce que cela risque de nous éloigner de notre sujet, mais
on peut tout de même signaler que ces explications se sont basées sur les relations entre les
différents intervenants dans une introduction en bourse à savoir : les investisseurs, les
entreprises émettrices et les intermédiaires financiers qui se chargent de son introduction.
Trois modèles d’explication sont à retenir: les théories se basant sur l’asymétrie d’information
entre les différents opérateurs ; les explications institutionnelles ; et les modèles qui se basent
sur la propriété et le contrôle76.
D’après le tableau n°2.2 ci-dessous, on peut dire que le revenu initial réalisé par les
souscripteurs est positif dans chaque pays et se situe à 15% en moyenne dans les pays
développés et à 60% dans les marchés émergents (ce rendement est calculé du premier jour de
souscription au premier jour de vente).
Ces moyennes cachent quelques sous-évaluations énormes : en Malaisie, par exemple, les
nouvelles émissions moyennes, entre 1978 et 1983, ont connu une sous-évaluation de 80%
dans les premiers jours de l’offre.
76
Pour avoir le détail de ces modèles d’explication de la sous-évolution des actions, se référer à l’ouvrage de Tim Jenkinson
et Alexander Ljungqvist intitulé "Going public", Clarendon Press, Oxford 1996.
115
Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer ces différences des niveaux de sous-
évaluations entre les différents pays. Ces différences sont dues essentiellement aux
différences:
116
Tableau n°2.2 : Les différentes études sur la sous-évaluation des actions
117
La sous –évaluation des actions a été une raison principale qui pousse les entreprises à ne pas
aller en bourse dans de nombreux pays (Jenkinson et Ljungqvist, 1996). A coté de la sous-
évaluation des actions, l’introduction en bourse a pour conséquence la perte de confidentialité
pour les propriétaires de l’entreprise.
B. La perte de confidentialité
Les obligations d’information exigées des entreprises cotées forcement ces dernières à
dévoiler des informations dont le secret peut être crucial pour leur avantage compétitif,
comme par exemple des données concernant le plan stratégique de la firme pour le futur.
Elles les exposent aussi à un contrôle rigoureux de la part de l’administration fiscale.
Cambell (1979) était le premier à évoquer la confidentialité en disant qu’il faut la prendre en
considération avant de faire un appel public à l’épargne. Yocha (1995) avait montré que les
firmes bien équilibrées qui font beaucoup de recherche et développement sont réticences à
s’introduire en bourse si les coûts de la divulgation des informations sont très élevés.
Bhattacharya et Chiesa (1994) montrent que dans un contexte de concurrence en matière de
recherche et développement, les entreprises seront forcées à maintenir des relations bilatérales
intéressantes avec des prêteurs en vue d’éviter de divulguer des informations à la concurrence.
Ainsi donc, si la perte de confidentialité constitue un souci permanent, les entreprises utilisant
une technologie de pointe et innovatrice seront motivées à s’introduire en bourse.
L’introduction en bourse génère des coûts directs facilement identifiables mais aussi des coûts
indirects qu’il faudra intégrer dans l’analyse de son opportunité. Ainsi, la direction générale et
toute l’équipe dirigeante vont consacrer du temps non seulement au déroulement de
l’introduction elle même, mais aussi par la suite, à la communication autour de l’entreprise
cotée.
118
A. La sous – évaluation des actions
B. La perte de confidentialité
Le placement des titres d’une PME dans le public entraine pour ses dirigeants des nouvelles
responsabilités en matière d’information. En effet, l’entreprise doit publier des informations
économiques et financières concernant son fonctionnement interne afin de répondre aux
exigences des autorités boursières et satisfaire la curiosité des investisseurs, ce qui pose de
nombreux problèmes à l’entreprise puisque les concurrents, les clients et les fournisseurs
pourront accès à toute sorte d’information concernant le fonctionnement interne de
l’entreprise.
La PME cotée gère des deniers publics et doit par conséquent être obligatoirement
transparente et rende compte de sa gestion pour rassurer ses actionnaires. La perte de
confidentialité résulte de la transparence qui oblige l’entreprise l’annonce d’informations et la
publication régulière et périodique des états financiers. Cette transparence doit toucher les
différents aspects de l’entreprise notamment juridique, comptable, financier et managériale.
Ce qui nécessite d’une part, une tenue rigoureuse du système d’information et donc l’emploi
de personnel hautement qualifié. Mais ces mesures bien qu’elles soient coûteuses, elles
77
Chaouch Syrine, "La sous-évaluation initiale et la liquidité des titres nouvellement introduits sur la BVMT" mémoire de
Maitrise en Finance à la Faculté des Sciences Economiques et gestion de Tunis 2007, p 66.
119
attestent la bonne gouvernance de l’entreprise et lui permet de tisser des liens de confiance
avec ces différents partenaires78.
Et d’autre part, elle conduit l’entreprise à dévoiler des informations confidentielles qui
peuvent être exploitées par les concurrents, et ceci peut éventuellement être préjudiciable à la
PME notamment dans des secteurs très concurrentiels.
L’introduction en bourse n’est pas une fin en soi, mais c’est un acte capital dans la vie d’une
entreprise; elle doit s’inscrire dans une stratégie globale des dirigeants de l’entreprise
(B.Jacquillat, 1989).
Une cotation des actions à la bourse présente indéniablement un certain nombre d’avantages
significatifs pour les sociétés en période de croissance. Elle offre également de nombreux
intérêts pour les actionnaires de la société.
Mais le fait d’être coté entraine également des contraintes qu’il convient de ne pas sous-
estimer et qui paraître lourdes pour les actionnaires dirigeants.
Comme il a déjà été signalé, l’introduction en bourse apporte des avantages aussi bien pour
l’entreprise que pour les actionnaires d’origine.
De multiples études (Pagano, Panetta et Zingales, 1996 ; Roell, 1996) ont déjà été réalisées
pour tenter de mettre en évidence les raisons qui amènent les chefs d’entreprises à envisager
l’introduction en bourse de leur société. Elles distinguent, généralement, trois motivations
principales qu’il est difficile de hiérarchiser :
- La notoriété de l’entreprise;
Les sociétés venant en bourse sont généralement des entreprises en forte croissance
connaissant de ce fait des besoins financiers importants que leurs actionnaires peuvent
78
Fz.alami talbi, Op.cit. p 22.
120
difficilement satisfaire à eux seuls. D’où souvent une stratégie de développement limitée par
la capacité d’autofinancement ou, à l’inverse, un recours massif à l’endettement.
La cotation ouvre la possibilité à l’entreprise soit de faire appel au marché financier pour
trouver des ressources à moindre coût, soit de "Battre Monnaie" (B.Jacquillat, 1989) en
proposant, dans le cadre d’opération de croissance externe, de payer en titres de la société des
sommes importantes qui auraient dû être prélevées normalement sur la trésorerie de
l’entreprise.
L’accès au marché financier permet ainsi de dépasser les possibilités nécessairement limitées
des actionnaires d’origine, apporte une source supplémentaire pour le renforcement des fonds
propres et rend possible une diversification des modes de financement de l’entreprise. Il
accroit de ce fait l’indépendance financière de l’entreprise. Les dirigeants disposeront d’une
plus grande flexibilité de la gestion et de la politique financière et surtout d’une plus grande
liquidité de trésorerie.
121
En plus de ces possibilités de financement qu’offre la bourse aux entreprises, elle leur permet
également de réduire leur coût d’endettement auprès des banques. Cela peut avoir lieu,
comme l’a montré Pagano (1996), pour trois raisons complémentaires:
- Premièrement, en devenant cotées, les entreprises deviennent des emprunteurs sûrs car elles
réduisent leur endettement;
Il faut remarquer, cependant, que les possibilités du marché financier ne se limitent pas aux
opérations classiques auxquelles la société peut recourir dans le cadre d’un développement
interne équilibre.
En effet, la cotation peut aussi favoriser la croissance externe de l’entreprise. Dans ce sens,
plusieurs études empiriques menées en Italie (Marco Pagano, Fabio Panetta et Luigi Zingales,
1996) et en Espagne (Planell, 1995) ont montré que la croissance externe peut être la
motivation principale d’une introduction en bourse.
En effet, l’action facilement négociable pourra être considérée comme une véritable monnaie
d’échange (B.Jacquillat, 1989), et servir au paiement de rachats ou de prises de contrôle
d’autres sociétés. Au lieu d’avoir à prélever des fonds sur ses ressources propres pour financer
l’achat d’actions d’autres sociétés, la société pourra éventuellement émettre de nouvelles
actions, qui seront remises aux anciens propriétaires des sociétés concernées.
Cette faculté comporte cependant une limite qu’il convient de ne pas dépasser. En effet,
chaque fois qu’il y a création d’actions nouvelles, la part des actionnaires anciens diminue, et
peut devenir minoritaire. Ce risque est inéluctable même si certaines mesures permettent d’en
réduire l’importance.
Par ailleurs, une société cotée à la possibilité de lancer une offre publique d’échange (O.P.E)
avec d’autant plus de chance de succès que son comportement boursier sera attrayant. De
même, si la société fait à son tour l’objet d’une offre publique d’achat ou d’échange, ses
actionnaires refuseront d’y participer si l’évolution du titre est favorable. Dans ce type
122
d’opérations, l’intervention d’un intermédiaire, généralement une banque spécialisée, sera
alors très souvent nécessaire.
En plus de tous ces avantages d’ordre financier, l’introduction en bourse permet à l’entreprise
d’améliorer son image de marque auprès de tous ses partenaires.
B. La notoriété
Cette motivation, parfois avancée comme étant largement prépondérante, a toujours été au
premier plan des préoccupations des chefs d’entreprises souhaitant s’introduire en bourse.
Cela a été prouvé par plusieurs travaux empiriques (Ransley, 1984 ; Jaffeux et Le Guen
(1988) ; Belletante et Desroches, 1993 ; Rydqvist et Hogholm, 1995).
Une entreprise performance de nos jours ne peut plus faire l’économie d’une stratégie
d’image de marque et de notoriété. La concurrence croissante impose aux dirigeants
d’apporter un soin tout particulier à la qualité des relations publiques de l’entreprise, vecteur
naturel se son image de marque. Au prix d’un budget de publicité initial (coût de
l’introduction en bourse), relativement modeste par rapport à celui d’une campagne
publicitaire traditionnelle, l’introduction en bourse place en effet la société sous les
projecteurs de la communauté financière et de la presse et lui permet de renforcer son image
de marque.
En fait, comme l’ont souligné Daigne et Joly (1986) "… elle la fait mieux connaître, elle
accroit son renom, elle la fait bénéficier du prestige de l’inscription en bourse. Celle-ci est non
seulement une apothéose, mais également un stimulant et, d’une certaine manière, une
fascination. On peut également la comparer à un tremplin de notoriété".
L’entrée en bourse modifie totalement la physionomie d’une entreprise, que ce soit à l’égard
de sa clientèle, de ses fournisseurs, de ses partenaires financiers, mais également à l’égard des
salariés actuels ou potentiels. La notoriété que lui confère cette introduction est donc un
argument puissant. En fait, sa crédibilité financière s’en trouve augmentée, son assise en sort
fortifiée et la publicité ainsi dégagée renforce l’activité commerciale.
Pour les entreprises exportatrices, le fait d’être cotées permet très souvent d’augmenter les
ventes. Les partenaires étrangers, anglo-saxons notamment, y accordent une très grande
importance et l’entreprise en retire une meilleure crédibilité.
En effet, comme l’a souligné le président d’une société française pour justifier l’introduction
en bourse de sa société en reconnaissant ce qui suit : " … nous avons décidé d’entrer au
123
second marché de la bourse de Lyon parce que nous avions besoin d’une notoriété
internationale notamment aux Etats-Unis.
Depuis l’introduction nous sommes plus que satisfaits des retombées. Non seulement le titre
grimpe, mais de nombreuses personnes nous contactent pour des contrats de licence… cette
introduction nous aura fait gagner des années d’expansion" (in Daigne et Joly, 1986).
Il est donc clair que l’introduction en bourse permet à l’entreprise de voir son image de
marque s’améliorer. En plus de cet avantage, la bourse permet aussi à l’entreprise d’intéresser
ses salariés à ses performances.
Elle renforce donc sensiblement l’intérêt des différentes formules d’actionnariat des salaires
en mettant ainsi à la disposition des dirigeants de nouveaux outils leur permettant de mettre en
œuvre une politique de personnel dynamique c'est-à-dire intéressant plus directement les
salariés à la gestion de leur société.
Bien entendu, l’actionnariat des salariés n’est pas une des motivations déterminantes pour
aller en bourse mais il est généralement pris en compte. La mise en place d’un actionnariat
des salariés à l’occasion d’une introduction en bourse répond habituellement à deux types de
préoccupations:
- Elle permet tout d’abord d’associer directement le personnel (ou une catégorie de salariés
comme les cadres) au développement de son positionnement par rapport à ceux des sociétés
comparables;
La cotation des actions acquises par les salariés peut par ailleurs leur permettre de bénéficier
d’un complément de rémunération en cas de montée des cours. Le marché peut alors se
procurer, sous forme de plus-values sur titres, l’équivalent des " primes" que la société aurait
124
pu verser directement mais avec des charges sociales et une fiscalité moins avantageuse pour
les bénéficiaires.
Selon Couret et Hirigoyen (1992) "l’actionnariat des salariés est de plus en plus utilisé dans le
monde, sa généralisation est trop régulière pour la considérer seulement comme une mode".
En plus de ces avantages dont peut profiter une société cotée, il y en a d’autres qui profitent
cette fois-ci à ses actionnaires.
L’introduction en bourse apporte des avantages aussi bien pour l’entreprise que pour les
actionnaires d’origine. Parmi ces principaux avantages on peut citer : la mobilité du
patrimoine familial, le désengagement de certains actionnaires minoritaires et la transmission
de l’entreprise.
Ainsi une partie importante du patrimoine familial peut être cédée progressivement selon les
souhaits de chacun et dans la limite des engagements qui peuvent être pris par ailleurs pour
assurer la pérennité du contrôle de la société.
La diversification du patrimoine familial est rendue beaucoup plus aisée dans la mesure où
une partie seulement de l’entreprise qui en est généralement la pièce centrale peut être cédée.
125
Ainsi, une gestion patrimoniale totalement dissociée de la société peut être mise en œuvre, et
certains problèmes familiaux trouvent une solution plus aisée, sans influencer la gestion de la
société cotée.
Ainsi, des divergences peuvent-elles apparaitre entre des actionnaires soucieux du rendement
de leurs titres et des dirigeants actionnaires majoritaires souhaitant favoriser le
réinvestissement des bénéfices et limiter la distribution des dividendes.
L’introduction en bourse permet aussi aux partenaires financiers (banques d’affaires, sociétés
de capital-risque…) qui ont accompagné l’entreprise en période de montée en puissance de la
quitter dans de bonnes conditions. Cette sortie est souvent prévue dés leur entrée au capital de
la société concernée dans un protocole d’accord signé avec les dirigeants de ladite société.
Pour les actionnaires majoritaires, l’introduction en bourse peut être l’occasion de tirer le fruit
de leurs efforts et de diversifier leur patrimoine en réinvestissant le produit de la vente (plus-
values) des titres mis sur le marché dans d’autres secteurs d’activités et ainsi de diversifier
leur portefeuille et de minimiser le risque encouru.
C. La transmission de l’entreprise
En matière de succession, la cotation offre le moyen de se procurer tout ou partie des fonds
nécessaires au paiement des droits de mutation. Ainsi, dans le cadre d’une transmission à
caractère purement familial, le fondateur de la société voit-il dans une introduction en bourse
126
le moyen de faciliter la transmission de son entreprise, sans modifier la structure familiale de
la propriété et du pouvoir.
La mobilisation d’une partie du patrimoine facilite également les éventuels partages à réaliser
au niveau de la généralisation suivante, sans remettre en cause la pérennité de l’entreprise. Le
ou les héritiers destinés à assurer la continuité de la gestion de l’entreprise peuvent demeurer
intéressés à son capital tandis que d’autres disposeront de titres aisément cessibles.
Nous avons essayé dans ce paragraphe de passer en revue les principaux qu’une introduction
en bourse peut procurer à l’entreprise et à ses actionnaires fondateurs.
En contre partie des avantages non négligeables qu’elle présente, l’introduction en bourse
engendre pour les dirigeants d’une société un certain nombre de contraintes dont l’importance
ne doit pas être sous estimée et qui peuvent même être considérées comme des obstacles à
l’introduction.
La fiscalité est souvent citée comme une variable déterminante de la politique de financement.
Son influence dépend du contexte considéré, c’est à dire des règles fiscales appliquées.
Celles-ci ont longtemps favorisé le financement des entreprises par endettement au détriment
des fonds propres. En effet, les charges financières liées aux emprunts sont déductibles du
résultat imposable, alors que les dividendes ne le sont pas.
Cependant, l’importance de cet avantage est largement déterminée par d’autres facteurs. Il
s’agit, du taux d’impôt sur les sociétés, des économies fiscales entrainées par l’investissement et
du taux d’impôt sur le revenu des personnes physiques. Ainsi, lorsque le taux d’impôt sur les
sociétés est nul, l’avantage fiscal de la dette disparait, et il augmente avec ce taux.
Par ailleurs, les économies fiscales liées à l’investissement (dotations aux amortissements)
constituent, selon De Angelo et Masulis (1980), un substitut à l’avantage fiscal de
l’endettement. En outre, l’existence d’un impôt sur le revenu des personnes physiques peut
réduire voire même annuler l’avantage fiscal de la dette (Miller (1977)).
Au Maroc, les charges relatives aux différentes modalités de financement par endettement
(crédit bancaire, emprunt obligataire, crédit bail,…) sont considérées comme des charges
financières déductibles du résultat imposables. Il s’agit des charges d’intérêt et des différents
frais et commissions payés aux établissements financiers pour les services rendus au profit de
127
l’entreprise. L’administration fiscale considère comme charge d’intérêt:
- Les intérêts constatés ou facturés par des tiers ou par des organismes agréés en
rémunération d’opérations de crédit ou d’emprunt;
- Les intérêts constatés ou facturés relatifs aux sommes avancées par les associés à la
société pour les besoins de l’exploitation, à condition que le capital soit entièrement libéré;
- "Toutefois, le montant total des sommes portant intérêt déductibles ne peut excéder le
montant du capital social et le taux des intérêts déductibles ne peut être supérieur à un taux
fixé annuellement, par arrêté du ministre chargé des finances, en fonction du taux d’intérêt
moyen des bons du trésor à six mois de l’année précédente"(Code général des impôts
2010);
Par ailleurs, les frais financiers comprennent toutes les autres charges occasionnées par la
conclusion d’un contrat de prêt (assurances,…) et peuvent être soit, déduites du résultat de
l’exercice pendant lequel elles ont été engagées, soit être amorties sur un maximum de cinq
exercices79.
Dans le premier chapitre, nous avons vu que la déductibilité des dotations aux amortissements
offre un avantage fiscal qui peut inciter les entreprises à minimiser leur endettement pour
avoir un résultat imposable positif et pouvoir ainsi utiliser cet avantage. De même, nous avons
montré que l’imposition des revenus de l’endettement réduit voire même annule l’avantage
fiscal de la dette. Ainsi, la réduction de l’impôt sur les sociétés réduit les économies d’impôt
liées à l’endettement. Ces facteurs peuvent inciter les entreprises à se financer par fonds
propres. De plus, la loi marocaine prévoit d’autres mesures fiscales incitatives au financement
par capitaux propres.
Les entreprises marocaines sont autorisées à déduire de leur base imposable les
amortissements qui correspondent à la dépréciation des éléments de l’actif. Ainsi, pour
79
Cependant, certaines charges afférentes aux emprunts ne peuvent pas être déduites du résultat imposable. Il s’agit des
frais de cautionnement produit par une société à l’égard d’une entreprise juridiquement indépendante de la première et
opérant dans un secteur différent et des primes liées aux contrats d’assurance conclus au profit de l’entreprise pour couvrir
certains risque.
128
pouvoir constater des dotations aux amortissements sur les biens qui figurent à leur actif80,
les entreprises doivent, d’une part, inscrire les amortissements en comptabilité81 et d’autre
part, joindre à leur déclaration de résultat un tableau récapitulatif des amortissements
pratiqués en comptabilité.
Au Maroc, les intérêts perçus par les détenteurs des titres de créances sont soumis, selon le
cas, à l’impôt sur le revenu ou à l’impôt sur les sociétés. Dans le premier cas, deux taux sont
appliqués:
- 30% est applicable pour les bénéficiaires personnes physiques qui ne sont pas soumises à
l’IR selon le régime du bénéfice net réel ou du bénéfice net simplifié82;
- 20% imputable sur la cotisation de l’impôt sur le revenu avec droit à restitution pour les
bénéficiaires personnes morales et pour les personnes physiques soumises à l’impôt sur le
revenu selon le régime du bénéfice net réel ou du bénéfice net simplifié.
Dans le deuxième cas, les intérêts perçus sont soumis à une retenue à la source de 20%,
imputable sur l’impôt sur les sociétés. Ainsi, les bénéficières de ces produits de placement
doivent décliner leur siège social et adresse, ainsi que le numéro du registre de commerce et
celui de l’article d’imposition à l’impôt sur les sociétés.
Au Maroc, le taux d’impôt sur les sociétés a subi plusieurs révisions à la baisse, passant de
44% en 1992 à 35% en 1999 puis à 30% actuellement83. Ces réductions avaient pour objectif
d’améliorer les flux nets de trésorerie et inciter, de ce fait, les entreprises à s’autofinancer et
accroitre les dividendes distribués. Dans ce cas, les actionnaires qui verront leur rémunération
augmenter, seront incités à participer aux augmentations de capital prévues par les entreprises.
80
Les biens acquis en crédit bail ne figurent pas à l’actif des entreprises et ne peuvent de ce fait, faire l’objet
d’amortissement.
81
C’est le principe de primauté du fait comptable qui stipule qu’une firme ne peut demander la déductibilité fiscal
d’amortissements qui ne sont pas constatés sur le plan comptable.
82
Pour plus d’explications, se référer au code général des impôts (2010).
83
Notons que les taux de l’impôt général sur le revenu (IGR), devenu impôt sur le revenu ont subi des baisses importantes
depuis l’institution de l’IGR en 1990. En effet, le taux marginal d’imposition est passé d’un maximum de 46% en
1990 à un maximum de 38% en 2010.
129
par fonds propres. Il s’agit, d’une part, de mesures directes qui s’appliquent en cas
d’autofinancement ou d’augmentation de capital, et d’autre part, de mesures indirectes qui
concernent les actionnaires.
Ainsi, les bénéfices mis en réserves sont exonérés de l’impôt de distribution, de même que
les produits de cession des éléments de l’actif immobilisé qui bénéficient d’une
exonération totale, lorsque l’entreprise s’engage à réinvestir les produits de cession, ou
partielle si l’entreprise ne réinvestit pas ces produits.
En outre, les entreprises qui s’introduisent en bourse par augmentation d’au moins 20% de
leur capital avec abandon du droit préférentiel de souscription, bénéficient d’une réduction
de l’impôt sur les sociétés de 50% pendant trois années consécutives, à compter de
l’exercice qui suit celui de leur première inscription à la cote.
Par ailleurs, pour inciter les épargnants à détenir des actions, le législateur marocain a
procédé à une baisse du taux de l’impôt de distribution qui est passé de 15% à 10% pour les
sociétés cotées à la BVC. De même, la législation prévoit des abattements au titre de
l’impôt sur le revenu pour alléger la charge fiscale des épargnants qui détiennent des actions
cotées à la BVC.
L’introduction en bourse est un événement exceptionnel dans la vie d’une société. Franchir
cette étape importante nécessite de la part des sociétés une préparation et une attention
particulières afin de se donner tous les moyens pour réussir cette opération tant sur le plan
financier que sur le plan de la notoriété.
L’introduction en bourse procure aux entreprises de nouvelles ressources pour financer leur
développement, leur assure un surcroit de visibilité et leur permet de se différencier de leurs
concurrents.
L’introduction en bourse est un acte publicitaire qui fait connaître l’entreprise et qui accroit sa
notoriété. S’introduire en bourse est un signe de dynamisme et de développement. Pour les
différents partenaires et même pour le grand public, la PME qui s’introduit en bourse dispose
130
d’une meilleure visibilité de son marché, de même elle lui permet de se hisser au rang des
grandes entreprises du pays84.
Par ailleurs, l’entreprise dispose d’une vision stratégique pour assurer son développement
dans la mesure où cette opération d’introduction renforce la confiance des partenaires de
l’entreprise, ce qui est également un signe de crédibilité pour la société par rapport à ses
clients, fournisseurs et mêmes par rapport aux banquiers. Son introduction signifie
implicitement qu’elle a réalisé sa mise à niveau générale et qu’elle remplit les conditions de
transparence exigées.
Le recours de la PME à la BVC lui permet de financer ses projets dans de meilleures
conditions, et ce grâce à une diversification optimale des ressources. En outre, le financement
via le marché boursier lui permet de renforcer son "haut du bilan", d’entreprendre des
montages financiers sur mesure et d’assurer ainsi une croissance externe.
L’accès des PME à un financement diversifié est une condition essentielle de leur
développement. Les marchés boursiers procurent aux PME de nouvelles ressources pour
financer leur développement et leur assurent un surcroit de visibilité.
En d’autre terme, le recours des PME au marché financier élargie la palette de financement de
l’entreprise et donc son éventail de choix, ce qui lui procure davantage de marge de
manœuvre, et un financement à moindre coût et renforce ainsi l’efficacité de sa gestion.
84
Fz.Alami talbi "Essai d’analyse de l’évaluation des introductions à la bourse de Casablanca " Mémoire pour l’obtention du
master sciences de gestion à la faculté des sciences juridiques économiques et sociales, 2008. P 18.
131
C. Intéressement des salariés aux performances de l’entreprise
L’introduction en bourse peut être également une occasion pour renforcer l’adhésion et la
motivation du personnel en leur proposant l’acquisition d’actions à des conditions
privilégiées.
Une entreprise non cotée peut mener une politique de participation de ses salariés en leur
distribuant une partie du capital social. Cependant, cette politique pose des problèmes lorsque
ceux-ci désirent se désengager. La cotation en bourse favorise la participation des salariés
dans la mesure où les actions qu’ils reçoivent sont beaucoup plus liquides. Cette participation
représente un système d’intéressement des salariés, par exemple, sous la forme de stock-
option. L’introduction en bourse permet, d’une part, aux salariés de se constituer un
patrimoine ; d’une part, elle permet la fidélisation des dirigeants et des cadres à leurs
entreprises.
Ainsi, le double statut d’associé et de salarié pousse le personnel à s’impliquer davantage dans
le travail en améliorant sa qualité, et donc la productivité de l’entreprise et son résultat. La
technique du stock options permet de réduire d’éventuels conflits d’intérêt, et instaure l’esprit
d’équipe et d’appartenance, ce qui renforce davantage la culture d’entreprise.
En effet, les jeunes entreprises et les PME opérant dans des secteurs d’activités à croissance
élevée, peuvent trouver là un moyen d’embaucher à moindre coût les compétences dont ils ont
besoin. Notons que l’opération est particulièrement séduisante pour les salariés dans le cadre
des sociétés cotées en bourse ou pour celles appelées à le devenir dans un futur proche.
Les actionnaires d’une entreprise non cotée se trouvent souvent en difficulté pour liquider
leurs participations et pour trouver le prix exact de leurs actions à moindres coûts. Par contre,
une entreprise cotée offre à ses actionnaires la possibilité d’acheter et de vendre des actions à
132
des actions à des coûts moins élevés. La valeur des actions cotées dépendra donc de leur
degré de liquidité. Cependant, cette liquidité peut s’avérer difficilement mesurable en raison
de l’incertitude due aux mouvements imprévisibles sur le marché financier.
Ainsi, une PME cotée en bourse est plus facile à évaluer compte tenu des mécanismes de
fonctionnement du marché soumis aux lois de l’offre et de la demande. La vente d’une PME
non cotée pose énormément de difficultés dans la détermination des techniques d’évaluation
qui ne peuvent donner qu’une fourchette de valeur indicative.
L’introduction en bourse n’a pas l’unique avantage de conférer une valeur à la PME, elle
permet aux actionnaires de générer des plus values sur leurs participations. Effectivement,
l’introduction en bourse est souvent l’occasion aux actionnaires de revaloriser leurs
participations dans l’entreprise.
Par ailleurs, la cotation en bourse permet également une meilleure liquidité des actions. En
conséquence, les actionnaires sont plus en mesure de procéder à des cessions à tout moment
sans remettre en cause la continuité de l’entreprise.
Il est beaucoup plus simple aux héritiers de disposer de prises de participation dans une
entreprise cotée et de pouvoir les céder, que d’être confrontés à la problématique de partage
des actifs et passifs d’une entreprise dont la valeur reste à déterminer.
85
M. FERERES, G. RIVIERE "L’introduction en bourse : mode d’emploi", Edition d’Organisation, Paris, 1999, p : 20-21.
133
Section 3: Contraintes de l’introduction en bourse
L’introduction en bourse oblige l’entreprise à se soumettre à des contraintes dont les plus
importantes seront traitées ci-dessous.
Dès son introduction en bourse, l’entreprise est tenue de respecter une information périodique
dont le contenu est défini par les instances chargées du bon fonctionnement du marché
boursier86 et qui ont le souci de protéger les intérêts des investisseurs minoritaires notamment.
Une société dont les titres sont cotés est surveillée à la fois par le marché, la concurrence, les
groupes financiers et par les actionnaires. Elle devient une cible permanente dès que ses
résultats ou simplement son comportement en bourse, la rendent vulnérable. C’est pourquoi
elle doit engager aussi bien une politique de résultats qu’une politique de dividendes.
Les investisseurs en bourse apprécient les actions en se fondant essentiellement sur les
estimations de bénéfices des sociétés émettrices, ce que traduit la notion de PER (Price
Earning Ratio), coefficient de capitalisation du résultat par action estimé pour l’exercice en
cours ou à venir.
86
Au Maroc, il s’agit du Conseil Déontologie des Valeurs Mobilières (AMMC).
134
C’est la raison pour laquelle les analystes financiers révisent en permanence leurs prévisions
de résultats pour les sociétés cotées, sur la base des informations financières diffusées par ces
dernières (publications, interview…) et des données économiques globales.
Toute modification significative de leur estimation pour une entreprise donnée entraîne
généralement une correction sur les cours de cette dernière.
Les sociétés qui s’introduisent en bourse ont donc, plus que les autres, intérêt à assurer une
croissance régulière de leurs résultats. Leurs dirigeants doivent adopter une politique de
résultats prenant en considération cette contrainte. Ils doivent par ailleurs, ne diffuser que les
estimations particulièrement prudentes en matière d’évolution attendue de leurs résultats
compte tenu du fait que toute révision ultérieure en baisse peut avoir un effet négatif amplifié
sur le cours de l’action.
Une société cotée, faisant appel à des actionnaires extérieurs ne peut plus avoir le même
comportement qu’une société non cotée dont le capital reste souvent dans les mains d’un
cercle restreint de personnes qui se connaissent. En effet, une société cotée fera l’objet d’un
jugement par le marché.
C’est pourquoi les sociétés cotées qui doivent attirer un public dont elles sont souvent mal
connues doivent changer leur stratégie de communication.
Dans les faits, on note surtout un changement dans la politique de dividendes mise en œuvre
par les sociétés nouvellement cotées.
Toutefois, il y a plusieurs objectifs à la distribution des dividendes. Les plus importantes sont
données ci-dessous:
- Premièrement, une entreprise qui verse régulièrement des dividendes sera contrainte, sur une
longue période, de compenser la perte de fonds propres engendrée par la distribution de
bénéfices par le biais d’une émission en numéraire. Le circuit long est plus couteux pour
l’actionnaire que le circuit court consistant pour la société à investir ses bénéfices
directement;
135
- Deuxièmement, du point de vue fiscal, les plus-values sont moins taxées que les dividendes.
En effet, si le modèle de Modigliani et Miller (1961) montre que la valeur des sociétés n’est
pas affectée par sa politique de dividendes dans un monde sans impôts, les modèles de Ferrar
et Selwyn (1967) et Brennan (1970) montrent qu’il semble optimal de ne pas distribuer de
dividendes du fait de la différence d’imposition entre des plus-values et les dividendes;
En dépit de ces nombreuses objections, les sociétés distribuent des dividendes alors que, par
ailleurs, elles font appel à des sources de financement externes. Ces actions simultanées et
apparemment incohérentes ne sont pas sans explication.
En effet, la distribution de dividendes peut être une décision rationnelle prise dans le but de
respecter la volonté implicite des actionnaires de réduire leur risque.
La diminution du risque de l’action par le dividende est une règle que connaissent tous les
investisseurs en bourse : les actions dont le rendement (Dividende / Cours) est élevé
présentent à leurs yeux moins de risque que celles qui ont un faible rendement et un taux
modeste de distribution des bénéfices. Cette règle est fondée sur plusieurs constations:
- Les cours des actions sont d’autant moins sensibles aux variations des taux d’intérêt que le
dividende est élevé par rapport au cours, et inversement;
- Les investisseurs considèrent les dividendes éloignés comme plus risqués que les versements
immédiats. Ils préfèrent donc être payés immédiatement que dans le futur; et
- Le dividende est un signal de la qualité de la société. Ainsi Ross (1977) montre que le
principe de Modigliani et Miller (1961) selon lequel la distribution de dividendes n’influe pas
sur la valeur de la société sous-entend que le marché connaît le flux de cash-flows de la
société. Il considère que, dans les faits, les managers possèdent de l’information privilégiée
sur ces cash-flows et vont chercher à émettre des signaux sur la valeur future de la société
s’ils ont intérêt à le faire.
136
Une société qui augmente ses dividendes signale que la valeur attendue de ses cash-flows est
suffisamment importante pour financer les remboursements de la dette et les paiements de
dividendes sans augmenter la probabilité de faillite.
En somme, on peut dire que la société doit adopter une politique de dividendes cohérente afin
de satisfaire ses actionnaires potentiels.
Cette politique de dividendes que doit adopter une société cotée résulte d’un ensemble
complexe de considérations:
- Les actionnaires minoritaires sont attachés à recevoir des dividendes pour se procurer des
revenus, pour limiter le risque de leur participation et pour réduire d’éventuelles divergences
d’intérêts entre eux et les dirigeants de la société;
- Bien que les dividendes soient davantage imposés que les plus-values, l’autofinancement
quasi-total n’est jamais pratiqué lorsque le capital est couvert au public;
- Une société en phase de forte croissance a davantage besoin de réinvestir ses bénéfices, ce
qui réduit la possibilité de dividendes élevés.
L’attitude d’une société cotée n’est donc pas la même que celle d’une société non cotée,
comme le prouvent à la fois les nouvelles obligations de la société en matière d’information
du public et du changement à adopter en matière de distribution, ceci dans le but de donner
aux investisseurs potentiels la meilleure image possible de la société et de favoriser sa carrière
boursière.
En effet, l’inscription à la cote d’une entreprise ouvre à tout moment, à n’importe quel
investisseur qui en a les moyens, la possibilité de présenter une offre publique d’achat ou
d’échange sur ses actions, en suivant une procédure strictement définie par la réglementation
boursière.
Si l’initiateur de l’offre est une société cotée, il pourra même proposer ses propres titres
(actions, obligations convertibles…) en paiement des actions de l’entreprise convoitée, évitant
ainsi de débourser les fonds correspondants.
137
L’introduction en bourse présente l’intérêt de permettre à ses dirigeants de bénéficier des
avantages d’une cotation en ne vendant, le plus souvent, qu’une partie du capital. De fait, il
est rarement cédé à l’origine plus que ce pourcentage d’actions, ce qui laisse une marge
appréciable pour la dilution du contrôle et écarte donc en théorie le risque d’O.P.A.
Mais dans les mois qui suivent la mise sur le marché, il est assez fréquent que les actionnaires
non directement intéressés à la gestion de l’entreprise profitent d’une évolution favorable des
cours pour alléger leur participation.
De même si l’entreprise traverse ultérieurement une phase difficile entraînant une chute des
cours, ils pourront souhaiter "sortir" pour rechercher ailleurs des placements à priori plus
rentables.
L’existence d’une procédure d’offres publiques, qui constitue l’un des avantages de
l’introduction en bourse dans la perspective d’une croissance externe, peut donc également se
révéler comme un danger pour les actionnaires majoritaires dans la mesure où leur noyau de
contrôle n’est pas suffisamment important ou encore s’il manque de cohésion (salariés trop
nombreux, groupe familial très étendu à la suite de successions…).
Ce danger est d’autant plus réel que les conditions de liquidité de la bourse ne permettent pas
en période de céder facilement des quantités de titres significatifs.
En plus de ces contraintes, l’introduction en bourse engendre un certain nombre de coûts que
l’entreprise doit supporter. Selon Ritter (1987), ces coûts peuvent être soit explicites (ou
directs), soit implicites (ou indirects).
Gérer l’argent du public exige d’être suivi et contrôlé par les pouvoirs publics. Une PME qui
n’est pas forcément habituée à la transparence, à la communication et à des règles de gestion
claires, peut éprouver des réticences à l’introduction en bourse. Ainsi, les principales
contraintes à l’introduction en bourse sont :
Avant toute introduction en bourse, la société doit prendre des mesures préalables qui
concernent son organisation notamment en matière juridique. Certaines mesures sont d’ordre
138
légal, tel qu’une adaptation statutaire ; il s’agit notamment d’un toilettage des statuts, la
suppression de clauses ayant une incidence sur la cession d’actions, et la mise à jour des
conventions réglementées.
Les marchés auxquels pourra accéder la PME sont le marché action et développement qui vise
essentiellement les entreprises mâtures de taille moyenne, tous secteurs confondus, et le
marché action de croissance destiné aux entreprises jeunes à fort potentiel de croissance et qui
ont besoin de fiancer un projet de développement.
Les PME désireuses de s’introduire en bourse devront remplir les conditions d’admission au
deuxième ou troisième compartiment. Par ailleurs, elles devront revêtir la forme juridique
d’une société par action (Société Anonyme ou Société en Commodité par Action) 87, remplir
les conditions de capital minimum exigé des sociétés faisant appel public à l’épargne (capital
minimum de 3 millions de dirhams pour les S.A) et la nomination d’un second commissaire
aux comptes.
L’exigibilité d’une PME à une introduction en bourse sur l’un des deux marchés actions
(Marché Développement, Marché Croissance) implique répondre aux principaux critères
suivants88 :
87
Apporter aux statuts les modifications nécessaires afin de les mettre en harmonie avec les dispositions légales régissant les
sociétés faisant appel public à l’épargne, notamment la loi n°17-95 relative aux sociétés anonymes et le dahir portant loi n°1-
93-212 relatif à l’AMMC.
88
http://www.casablanca-bourse.com/bourseweb/content.aspx?IdLink=6&Cat=5
139
Par ailleurs, l’Union Européenne, l’Euronext a conçu Alternext pour apporter une réponse aux
PME confrontés aux nouvelles dispositions européennes qui renforcent les conditions de
cotation des sociétés sur un marché réglementé et les obligations d’information des
entreprises cotées.
Afin de pallier le gap entre le marché libre et les marchés réglementés, Euronext a créé
Alternext pour permettre aux PME de trouver des moyens de financement adaptés à leur
structure et à leur stratégie.
Afin de prendre en compte le profil des PME, l’Alternext a allégé les obligations liées à la
cotation. Actuellement, Alternext offre une nouvelle solution d’admission à la cotation,
adaptée aux PME de la zone euro. Toute entreprise, quels que soient son secteur et son pays
d’origine, peut demander à être cotée sur Alternext, sous réserve qu’elle ait un historique de
comptes de deux ans.
1. Une admission par offre au public, via la vente d’actions existantes et / ou nouvelles;
2. Une admission directe sans offre au public.
89
http://www.euronext.com/landing/equitiesOP-21363-EN.htmal.
140
En outre, les sociétés cotées sur Alternext ne sont donc pas tenues de communiquer leurs
résultats selon les normes IFRS, ni de publier de comptes trimestriels ou même de soumettre
les comptes semestriels à un audit.
- Tous les éléments susceptibles d’avoir un impact sur leur cours de bourse;
Ainsi, les PME européenne disposent désormais d’un marché qui, tout en offrant des
conditions d’accès plus souples et des règles de fonctionnement novatrices, garantit la
protection des investisseurs et la transparence, tout en favorisant la liquidité.
II. Les contraintes liées à la situation de l’entreprise en tant que société cotée
Les dirigeants de PME cotées doivent absolument être attentifs à l’état du marché, ce qui les
soumet à une pression externe. Dans ce cadre, la communication externe joue un rôle très
important. Tout événement risque d’avoir un impact non négligeable sur le cours de l’action.
Le cours de l’entreprise est susceptible d’évoluer non seulement en fonction des résultats et
des performances réalisées, mais aussi en fonction des rumeurs et à d’autres informations ne
rapportant pas directement à l’entreprise91.
"La PME cotée devrait établir une politique de distribution des dividendes considérés par les
actionnaires comme un signal de la qualité de l’entreprise. Ainsi qu’elle devrait être en
mesure d’établir un arbitrage entre ses investissements de long terme qui peuvent conduire à
90
http://journaldelintro.com/trois_marches_libre.php.
91
A titre d’exemple, un scandale ou une difficulté qui touche une entreprise ou un groupe d’entreprise nationale ou
international est susceptible d’ébranler la confiance des investisseurs dans les entreprises de secteur, ce qui trouve sa
répercussion au niveau des cours.
141
une politique de rétention des dividendes et les attentes des actionnaires et les objectifs
stratégiques de l’entreprise"92.
Les PME dynamiques ont généralement une politique d’investissement très soutenue, ce qui
fragilise leur assise financière. Pour financer les investissements, l’ouverture du capital est
une solution envisageable. En 1976, Jensen et Meckling93distinguent, alors les actionnaires
insiders des actionnaires outsiders. La théorie de l’agence considère qu’une ouverture du
capital est une source de conflits entre les insiders (actionnaires internes et dirigeants) et les
outsiders (actionnaires externes). L’introduction en bourse incite les parties concernées à
maximiser leurs utilités respectives à travers le choix des investissements.
En effet, les dirigeants-propriétaires préfèrent limiter leurs recours aux outsiders dans le
financement de l’entreprise pour conserver la propriété et le contrôle de leurs entreprises94.
Toute décision de financement externe comporte un risque de dilution des pouvoirs du
dirigeant-propriétaire. C’est donc une contrainte dans le financement qui est associée aux
droits de propriété et de contrôle de l’entreprise.
D’une manière générale, l’actionnaire a pour objectif de réduire son risque et de maximiser la
valeur de revente de ses participations. Le dirigeant est incité, en revanche à augmenter ses
92
M.Moulay Driss EL Khalifa, Op. Cit. page.74.
93
M.C.JENSEN, W.MECKLING (1976), "Theory of the firm managerial Behaviour, agency costs and ownership structure",
Journal of financial Economics, Volume 3, Issue4, October, p 305.
94
Dont on peut citer à titre d’exemple, les PME introduites à la bourse des valeurs de Casablanca, la société MICRODATA
(70,1%), la société TIMAR (61,43%), la société DELATTRE LEVIVIER Maroc (53,1%).
142
dépenses discrétionnaires. Il en résulte la non réalisation éventuelle d’investissement
profitables, d’où un problème de sous investissement.
Le dirigeant peut également lancer des projets à rentabilité nulle ou négative suite à
l’existence d’une liquidité excédentaire et /ou adopter une politique de surinvestissement.
L’ouverture du capital augmente, donc les risques d’une politique d’investissement
inadéquate. La relation de cause à effet est très ambiguë : une politique d’investissement
intensive incite à l’introduction en bourse, qui donne lieu à de nouveaux projets
d’investissement et comporte un risque d’une politique sous optimale.
En définitive, on peut dire qu’un appel à des actionnaires externes ne serait pas bénéfique à
l’entreprise. Il incite le dirigeant à augmenter ses prélèvements et sa consommation des
avantages en nature, d’où la baisse des capitaux à investir ou à distribuer aux actionnaires. De
ces faits, résultent des divergences d’intérêts entre les dirigeants incités à préserver à
préserver leurs avantages et les actionnaires externes ayant souscrits à l’augmentation du
capital. Ce constat est d’autant plus accentué dans les entreprises qui se caractérisent par une
concentration de la propriété. Les dirigeants appréhendent l’ouverture du capital, considérée
comme une menace quant à l’étendue de leurs pouvoirs.
Les PME sont, généralement des entreprises familiales. L’introduction d’actionnaires externes
dans le capital est considérée comme une perte de contrôle par la famille, ce qui augmente les
conflits. Ces conflits d’intérêts donnent naissance à des coûts d’agence élevés entre les
actionnaires et les dirigeants. Les actionnaires externes, sont amenés à contrôler les dirigeants
pour limiter les prélèvements des cash flows et préserver leurs propres intérêts. Les coûts
d’agence des fonds propres sont d’autant plus importants que le capital est fermé.
143
Conclusion du chapitre
Ce chapitre avait pour objectif de présentation de l’environnement financier qui cadre les
décisions de financement des entreprises marocaines. En effet, l’entreprise marocaine dispose
de plusieurs modalités pour financer son activité et sa croissance. Ainsi, elle peut se
financer par fonds propres, quasi fonds propres ou par endettement.
- Ses dépenses de fonctionnement (d'exploitation). Elles sont couvertes soit par les rentrées de
caisse (qui proviennent des ventes), soit par les prêts bancaires à court terme (découverts);
L'handicap des entreprises marocaines est encore bien réel et sa résorption aurait des effets
positifs sur l'économie; la structure financière des entreprises marocaines étant mise en
évidence, il en ressort l'ampleur du financement bancaire et de la relation banques /
entreprises, comme facteur déterminant dans la prospérité des entreprises.
144
En comparaison ave d'autres pays, les entreprises au Maroc manquent de performances, leur
croissance interne est restreinte par les difficultés de financement, notamment par
l'insuffisance des fonds propres.
Sur la base des théories citées, on peut déduire plusieurs éléments qui peuvent expliquer le
choix de la structure financière ou encore le comportement d'endettement des entreprises.
L'endettement procure à l'entreprise des avantages qui sont: la déductibilité des charges
d'intérêts et l'amélioration de la rentabilité des capitaux propres. Par contre, ces incitations
sont limitées par l'existence du risque financier, du risque de faillite et de la perte de
l'autonomie financière. Les fonds propres et externes sont nécessaires pour le financement car
ils ont des effets sur le plan micro-économique, ils renforcent l'autonomie financière,
améliorent la rentabilité et augmentent la capacité d'endettement, donc, ils insistent à
l'investissement.
Le choix de la structure financière est conditionné par le choix entre les sources de
financement prises isolément qui sont les fonds propres internes notamment
l’autofinancement, les fonds propres externes et l’endettement. L’arbitrage central qui
intervient dans le choix de ces derniers réside dans les avantages et inconvénients qu’ils
offrent à l’entreprise. L’analyse théorique par source de financement a montré que chaque
source de financement à ses points forts et ses points faibles. Ce qui exclut la possibilité
d’arrêter un tel choix définitivement d’une manière simple. Ainsi la tache devient de plus en
plus complexe avec les conditions sévères des créanciers qui exigeront des rémunérations du
risque, ce qui se répercute sur le coût des sources et par conséquent sur le coût global du
capital. Toutefois, en pratique, l’autofinancement s’avère avantageux par rapport aux autres
ressources : il est disponible, non remboursable, moins coûteux et constitue un signal pour le
marché sur les performances de l’entreprise.
Dans ce chapitre, nous avons essayé également de passer en revue les principaux avantages
d’une introduction en bourse, aussi bien pour l’entreprise que pour ses actionnaires
fondateurs, ainsi que les contraintes et les coûts explicites et implicites qui en découlent.
145
Quant aux coûts de l’introduction, ils sont de deux types à savoir les coûts directs ou
explicites (frais de publicité, frais administratifs, rémunération des intermédiaires, etc.) et les
coûts indirects ou implicites (sous-évaluation des actions et perte de la confidentialité).
La décision d’introduction en bourse, doit en principe découler d’un arbitrage entre les
avantages et les inconvénients analysés ci-dessus. Mais cette décision est tellement importante
qu’elle doit être considérée comme un choix stratégique et rational qui prend en considération
tous les tenants et les conséquences de ce mode de financement.
Au passage en revue des dispositifs de financements disponibles pour les PME, on est à priori
surpris que la multiplicité et la diversité des lignes de crédit destinées aux PME n’ait pu
résoudre la problématique liée au financement de ce genre d’entreprise.
Mais l’absence d’une information complète sur les possibilités de financement et un manque
de maitrise des modalités et des spécificités de chacun des dispositifs de financement les rend
moins accessibles à un certain nombre d’entrepreneurs. De même les coûts des crédits et les
garanties exigées par les banques sont souvent insupportables pour les PME.
En outre, les lignes de financement étrangères sont jugées peu adaptées aux PME. Les prêts
sont négociés par l’administration et ne touche qu’une faible minorité parmi cette catégorie
d’entreprise. Ces prêts répondent aux besoins de certaines entreprises mais ils sont également
conçus pour réaliser certains objectifs notamment commerciaux des pays qui les mettent en
place sans trop se préoccuper des besoins réels de l’ensemble des PME en tant qu’entité.
De plus, l’accès à ce genre de financement est limité aux PME les plus structurées qui peuvent
prétendre à un volume de prêt assez élevé. Il est également compliqué à cause de son
éparpillement entre différentes institutions. Le capital-risque pourrait atténuer les problèmes
de l’insuffisance des fonds propres, mais il est encore peu développé au Maroc, en particulier
pour les PME.
D’un point de vue légal, les préalables à l’introduction en bourse d’une PME sont difficiles.
Néanmoins, les avantages de ce type d’opération sont à terme bénéfiques, aux motifs que les
PME ont la possibilité de:
146
D’une manière générale, l’introduction en bourse favorise l’émergence d’actionnariat
populaire, elle dynamise le marché financier, elle renforce la transparence des opérations de
véhicule de l’épargne en améliorant la qualité de l’information fournie aux investisseurs qui
sont désormais plus exigeants quant à l’information portant sur les entreprises dans lesquelles
ils investissent. Enfin, elle permet de structurer l’organisation des opérations de l’épargne et
assurer au public de meilleures conditions d’accès à l’épargne et à l’information financière,
notamment en termes de célérité, de fiabilité et d’actualité.
147
CHAPITRE 3 : CADRE THEORIQUE DU FINANCEMENT
DES PME: VERS L’OPTION DU FINANCEMENT BOURSIER
Introduction
L’objectif de ce chapitre est de passer en revue la littérature qui traite du sujet que nous
étudions. La revue de la théorie financière que nous allons développer dans ce chapitre porte
essentiellement sur la théorie néoclassique, la théorie de l’agence et les principales théories
relatives aux décisions de financement des PME.
Le choix de la théorie de l’agence pour analyser les freins et les motivations éventuelles des
dirigeants face à l’introduction de leur entreprise en bourse se justifie par le fait que son
champ d’étude prend en compte les arguments empiriques que nous avons relevés ci-dessus.
En effet, la théorie de l’agence, contrairement à la théorie néoclassique:
- Elle abandonne le paradigme de la "boite noire" et propose de travailler à partir d’une vision
interne de l’organisation définie, contrairement à la théorie néoclassique. Comme un "Nœud
de Contrat" entre diverses parties prenantes que sont les actionnaires, les préteurs, les
managers, les travailleurs ainsi que tous les autres partenaires extérieurs (Jensen et Meckling,
1976);
- Elle se situe dans un environnement à l’intérieur duquel les intervenants ne sont pas une
population homogène;
- Elle propose une analyse des décisions financières en fonction des objectifs d’acteurs
résultant des types de contrats régissant les rapports aussi bien au sein de la firme,
principalement entre actionnaire et dirigeants, qu’entre la firme et son environnement
extérieur;
- Elle prend en compte dans l’analyse de la décision, l’importance du processus qui l’a fait
naitre;
- Ces différents points seront tour à tour développés après qu’auront été rappelées les origines
et la définition de la théorie.
148
pourquoi on va essayer d’étudier dans ce paragraphe les origines de la Théorie de l’Agence
ainsi que sa définition.
Les fondements de la théorie de l’agence remontent, d’après G.Charreaux (1990), aux écrits
d’Adam Smith. L’analyse qu’il mène dans "Wealth of Nations" (1776), fait prendre
conscience des problèmes posés par la séparation des fonctions entre dirigeants chargés de la
gestion et les propriétaires. Elle l’amène à conclure à la moins bonne efficacité économique
dans les grandes sociétés par actions qui viennent de faire leur apparition.
Les développements récents se sont d’abord apparentés aux théories managériales. En 1932
paraît : "The Modern Corporation and Private Property" de Berle et Means qui analyse le
problème en termes d’influence de la séparation propriété-décision (actionnaires-dirigeants)
sur les performances des entreprises. La séparation des fonctions de propriété et de décision et
la présence d’un actionnariat diffus entraînent les conséquences suivantes :
- Une plus grande centralisation et une perte d’efficacité pour l’économie considérée dans son
ensemble.
Les théories managériales restent cependant éloignées de la théorie financière dans la mesure
où elles étudient l’entreprise en tant qu’institution alors que l’approche financière de la théorie
de l’agence s’intéresse aux relations contractuelles entre les agents (Mourgues et Gallais-
Hamono, 1989).
Les travaux de Coase en 1937, puis d’Alchian et Demsetz en 1972, sur la théorie des droits de
propriété95 et des coûts de transactions ont permis d’admettre que les entreprises peuvent
supplanter le marché lorsqu’en procédant à l’allocation des ressources elles permettent de
limiter les coûts de transactions. L’entreprise est perçue comme un lieu de coopération où
l’entrepreneur gère l’ensemble des contrats privés qu’il a conclus avec les autres membres de
l’organisation.
Ceux-ci, en échange d’un salaire, apportent leur travail et acceptent d’obtenir aux instructions
95
L’objectif de la théorie des droits de propriété est d’analyser l’organisation économique sur laquelle repose le régime
de la propriété des moyens de production. Par définition, " les droits de propriétés ne sont pas des relations entre les hommes
et les choses, mais des relations codifiées entre les hommes et qui ont rapport à l’usage des choses"(Pejovich, 1974).
149
de l’entrepreneur qui apporte le capital et en assume le risque. La théorie de l’agence à
proprement parler est définie à partir des travaux de Ross (1973) puis de Jensen et Meckling
(1976).
Selon Ross (1973) une relation d’agence est créée entre plusieurs parties lorsqu’une de ces
parties agit de la part ou pour le compte de l’autre : le premier est alors l’Agent ou Mandataire
et le second est le Principal ou Mandant.
Jensen et Meckling (1976) ont une définition très proche puisqu’ils considèrent la relation
d’agence comme un contrat selon lequel une (ou plusieurs) personne(s), le principal ou
mandant, engage(nt) une autre personne, l’agent ou le mandataire, pour accomplir des
services en son nom, services qui impliquent la délégation d’un pourvoir de décision.
Remarquons que la théorie de l’agence s’est scindée en deux branches : la branche positive et
la branche normative. Ces deux courants possèdent une unité d’analyse commune le contrat
entre le principal et l’agent. De plus elles reposent sur les mêmes hypothèses concernant le
comportement des individus, la structure des organisations ainsi que sur le caractère imparfait
et asymétrique de l’information. Toutefois elles diffèrent au niveau de la rigueur
mathématique, du choix des variables et du niveau d’analyse (Eisenhard, 1989; Charreaux,
1987).
A. La théorie normative
B. La théorie positive
C’est dans ce cadre que nous allons développer notre approche. C’est une démarche qui
cherche à expliquer les comportements financiers des entreprises. Elle repose sur un
raisonnement de type "Hypothético-déductif informationniste. A partir d’un modèle
comportemental simple et de la prise en compte de l’environnement contractuel, elle émet des
conjectures qui sont ensuite confrontées à la réalité, afin de les corroborer ou de les infirmer"
(G.Charreaux, 1987).
150
Elle vise à expliquer et justifier l’existence de certaines formes organisationnelles (en
concurrence les unes avec les autres) ainsi que les mécanismes de résolution des conflits qui
peuvent exister du fait des divergences d’intérêt entre le principal et l’agent. Toutefois, les
domaines d’application de la théorie sont très vastes et la notion d’agence peut s’étendre à
toute forme de coopération (G.Charreaux, 1990).
- Que les individus agissent de manière à maximiser leur fonction d’utilité, éventuellement au
détriment des autres et en profitant le mieux possible, des failles existant dans leur
environnement contractuel;
- Que les individus sont capables d’anticiper rationnellement et sans biais, l’incidence des
relations d’agence sur la valeur future de leur patrimoine;
- Que les contrats, établis pour régir le cadre relationnel, comportent des coûts d’établissement
et d’exécution.
Dans le cas où une introduction en bourse est envisagée pour permettre la sortie
d’actionnaires financiers ou industriels, elle peut s’analyser dans le cadre de la théorie de
l’agence en tant que contrat puisqu’elle permet de minimiser les conflits d’intérêts entre le
dirigeant et les actionnaires et permet aussi de minimiser certains coûts d’agence.
Face à ces différents éléments un des objectifs de la théorie de l’agence, d’après Eisenhardt
(1989) est de définir pour le principal et l’agent, des contrats qui permettront d’atténuer les
151
divergences d’intérêts, de minimiser l’asymétrie d’information et de prévenir que les
individus puissent profiter des failles des contrats au détriment des autres. De plus, ces
contrats seront optimaux lorsqu’ils permettront de minimiser les coûts d’agence qu’ils
entraînent.
Dans notre recherche des éléments qui peuvent amener un président directeur général (PDG)
d’une entreprise à mettre , ou à ne pas mettre, une partie de son capital dans le public, il est
intéressant, suivant le cadre de la théorie de l’agence, d’approfondir les raisons qui peuvent
expliquer les divergences d’intérêts, les situations qui peuvent donner lieu à une asymétrie
informationnelle ainsi que de décrire les types de contrats qui seraient adéquats sans la
résolution des conflits entre principal et agent.
Il y aura divergence d’intérêt entre le principal et l’agent lorsqu’il y aura divergence entre leur
fonction d’utilité.
La séparation des fonctions de propriété et de décision à conduit à penser que les dirigeants
(non propriétaires), en souhaitant leurs propres intérêts pouvaient être amenés à poursuivre
d’autres objectifs que la maximisation de la valeur de marché du patrimoine des actionnaires.
L’utilité du dirigeant provient d’autres facteurs (emploi, salaire, prélèvement…) que les
revenus des actions qui sont l’utilité des apporteurs de capitaux. Il est donc possible
d’imaginer que le dirigeant soit tenté de surpayer ou de profiter généreusement d’avantages en
nature tels que les voitures de fonction, les voyages d’affaires, etc. Ce comportement
maximiserait son utilité de prestige et de reconnaissance sociale mais irait à l’encontre des
intérêts primaires des actionnaires.
Notre étude en s’intéressant aux entreprises qui sont dans leur majorité des entreprises
familiales rencontre des situations où le dirigeant est entièrement propriétaire. Comment
s’articule alors, au sein de la théorie de l’agence, cette notion de divergence d’intérêt.
Dans le cas particulier du dirigeant entièrement propriétaire : si les actions d’une entreprise
sont toutes possédées par le dirigeant, ce dernier prend des décisions d’exploitations qui
maximisent son utilité. Il doit établir un compromis entre revenus pécuniaires et avantages en
nature qui représente une situation d’équilibre et qui maximise sa satisfaction. D’après Jensen
et Meckling (1976), lorsque le capital est entièrement détenu par le dirigeant, les
prélèvements devraient être à leur minimum, tel n’est pas le cas lorsque la fiscalité est prise
en compte dans le modèle. D’après Suret et Gagnon (1983), des comportements sous-
152
optimaux existent quel que soit le type de contrôle de l’entreprise parce qu’il existe des
prélèvements pour des raisons fiscales.
Dans ce même contexte de résolution des conflits entre agent et principal, la théorie de
l’agence apporte une contribution à la compréhension des attitudes divergentes des deux
parties vis-à-vis du risque (Eisenhardt, 1989), Hirigoyen et Jobard (1989) expliquent, en se
référant également à la théorie des signaux, que les dirigeants sont enclins à pratiquer une
politique de sous-investissement par rapport aux souhaits des actionnaires. En effet, le
financement total ou partiel de ces investissements par l’endettement, même s’il est compris
comme un signal positif par l’environnement, augmente le risque de faillite.
Or, pour les dirigeants, la faillite signifie généralement la perte de leur emploi, de leurs
rémunérations et de leurs avantages en nature. Le dirigeant aura donc un comportement
adverse au risque tandis que le comportement de l’actionnaire se comprend comme neutre ou
preneur vis-à-vis du risque.
A partir de là, nous pouvons nous demander si le dirigeant, souhaitant introduire sa société à
la bourse, envisage un changement dans son rôle interne et externe à l’entreprise ainsi que
dans son implication dans les différents domaines tels que la production, le management, la
communication, etc.
Il a trait à l’action choisie par l’agent. Le principal peut en effet ne pas être en mesure
d’apprécier la nature de la décision prise par l’agent : sachant que le contrat d’agence ne peut
être exhaustif et que certains de ses objectifs (l’effort de l’agent) ne peuvent être observés
directement (Jensen et Smith, 1985), l’agent est enclin à adopter un comportement "optimiste"
qui vise à maximiser son bien-être au détriment des actionnaires (Alchian et Demsetz, 1972).
Dans de tels cas, le principal a du mal à juger si les efforts fournis par l’agent dans la conduite
de ses travaux correspondent bien à ce qui était prévu dans les contrats.
153
L’exemple de la difficulté que peut rencontrer le principal (L’employeur) à reconnaitre et à
évaluer régulièrement les efforts fournis par l’agent (l’employé) si ce dernier est un chercheur
engagé pour un travail très sophistiqué et de longue haleine, illustre ce phénomène.
L’asymétrie informationnelle telle qu’elle est décrite dans la théorie de l’agence et utilisant les
apports de la théorie des signaux, sert également à la théorie financière pour expliquer la
valorisation des actifs, les mécanismes d’acquisition de l’information et la structure de
financement de l’entreprise.
Nous avons vu que la théorie néoclassique utilisait le MEDAF, sous hypothèse d’information
parfaite pour évaluer les actifs financiers. La levée de cette hypothèse remet en cause le mode
d’évaluation. En situation d’asymétrie d’information, il y a le groupe de personnes qui
détiennent une information privilégiée quant à la rentabilité et au risque des actifs (par
exemple les banques, les sociétés de bourse, les investisseurs institutionnels…) et il y a le
groupe de personnes qui n’ont aucune information particulière. La valorisation de l’actif sera
effectuée par "ceux qui connaissent" et le prix servira d’information, pour le deuxième
groupe. Le comportement de ces derniers ne se déterminera pas en fonction d’informations
supplémentaires mais en fonction de la connaissance du prix.
Diamond (1985) et Merton (1987) ont montré que plus le groupe des actionnaires et
investisseurs informé et capable de formuler une anticipation satisfaisante du risque est
important plus la valeur de marché de la firme est élevée. Ces auteurs concluent donc qu’il y a
une politique de dépenses publicitaires optimale permettant d’augmenter la valeur de
l’entreprise par l’élargissement du nombre d’actionnaires informés.
Les entreprises familiales n’ont pas traditionnellement une culture communication externe
très développée. Les mécanismes que l’on vient de citer concernent les sociétés ouvertes.
De nombreuses études se sont penchées sur la structure financière servir de signal qualitatif
154
pour l’extérieur (Hirigoyen et Jobard, 1989 ; Desbrières et Dumontier, 1989). Ross (1977)
démontre l’importance pour une firme d’utiliser largement son levier financier :"l’existence
de dettes est en effet le gage d’un savoir faire important de l’entreprise, savoir-faire lui
permettant justement de rembourser ses dettes" (Raimbourg, 1989). La conclusion de Ross est
que la valeur de la firme croit avec son niveau d’endettement.
L’autre élément qui peut être utilisé comme signal par l’entreprise en situation d’information
incomplète est sa politique de dividendes. Miller et Rock (1985) exposent leurs travaux sur ce
sujet :"Si les actionnaires sont informés sur les projets des entreprises, la politique de
dividendes risque alors d’être perçue par le marché comme un indicateur du volume des
bénéfices réalisés par l’entreprise ; celle-ci sera dès lors tenté d’accroitre sa distribution de
dividendes, quitte à réduire le montant des investissements. Les plus grands bénéficiaires
seront les actionnaires qui auront revendu leurs actions à un prix artificiellement élevé, et
éventuellement les dirigeants, si leur rémunération est fonction des performances boursières
de leur entreprise"(Raimbourg, 1989).
Pour remédier aux différents conflits latents exposés précédemment, la théorie de l’agence
s’attache à déterminer les contrats qui permettent le mieux de satisfaire l’agent doit supporter
une partie du risque et selon les cas, les contrats doivent être soit "Outcome-Based"soit
"Behavior-Based".
Dans ces contrats, la rémunération de l’agent doit être fonction du résultat dégagé par ses
actions.
En instaurant des structures incitatives optimales, les contrats reposant sur les résultats
permettent de réduire les conflits d’intérêt entre la principale et l’agent; l’agent étant amené à
agir de manière à satisfaire les intérêts du principal. Jensen et Meckling (1976) ont montré
qu’il existait un lien entre la structure de propriété et les performances de l’entreprise. D’après
eux plus le pourcentage du capital détenu par les dirigeants est important, plus l’écart par
rapport à l’objectif traditionnel de maximisation de la valeur de la firme est faible (Charreaux,
1991).
Il est à noter que le concept de convergence auquel ces auteurs arrivent ne fait pas
l’unanimité. La littérature, qui ne se réclame pas forcement de la théorie de l’agence, fait état
de deux concepts:
155
Dans le concept de neutralité (Demsetz, 1983) les structures de détention du capital sont
équivalentes. Le processus de maximisation du profit est fonction des caractéristiques
d’exploitation de la firme et des pressions exercées par l’environnement (marchés externes).
Dans le concept de l’enracinement les dirigeants qui possèdent une majorité solide du capital
échappent à tout contrôle et peuvent ainsi gérer dans une optique contraire à la maximisation
de la valeur. Lorsque le risque moral est perçu comme le plus flagrant, les relations
principal/agent seront gérées de manière plus efficiente par un contrat de nature incitative.
Dans ces contrats, la rémunération de l’agent doit être fonction d’une mesure, même
imparfaite de ses actions. Ces contrats cherchent à contrôler le comportement des agents et
permettent d’assurer le principal que l’agent n’agira pas contre son intérêt.
Ils sont établis dans les cas où la sélection adverse est ressentie comme la plus importante
(Raimbourg, 1989). Ils peuvent être également envisagés comme rémunération de l’agent
lorsque celui-ci occupe une position avec forte "programabilité" (Eisenhardt, 1989).
De même la politique de dividende que nous avons déjà mentionnée, peut s’analyser en
termes de résolution de conflits entre dirigeants et actionnaires. L’obligation de distribution
réduit les prélèvements possibles du dirigeant et le force à être plus performant. Remarquons
également que le versement de dividendes réduit l’autofinancement disponible pour financer
la croissance. La conjonction de ces deux facteurs devrait expliquer que la plupart des
entreprises familiales ne distribuent pas de dividendes.
156
IV. Les coûts d’agence
Quelle que soit la qualité des contrats mis en place entre le principal et l’agent, ils entrainent
obligatoirement des coûts, appelés coûts d’agence.
La définition des coûts d’agence a été pour la première fois donnée par Jensen et Meckling en
1976 et est communément reprise par les différents auteurs. Elle se présente comme la somme
de coûts explicites et implicites suivants:
- Les dépenses d’obligation (Bonding Costs) supportées par l’agent sont des coûts appelés
aussi coûts de dédouanement ou de justification engagés par le mandataire pour justifier la
qualité de ses décisions et se dédouaner aux yeux du mandant. En effet, l’agent aura intérêt,
dans certaines situations, à garantir qu’il n’engagera pas d’actions qui pourraient porter
préjudice au principal et ainsi le mettre en confiance, ou pour s’assurer que le principal et
ainsi le mettre en confiance, ou pour s’assurer que le principal recevra une compensation s’il
entreprend de telles actions. Les coûts d’obligation sont à rapprocher sont à rapprocher des
contrats "Behavior-Based".
Si les deux types de coûts précédents sont explicites (Charreaux, 1990), le troisième est
implicite.
La perte résiduelle (Residual Loss) est un coût d’opportunité. Il s’agit de la perte de valeur de
l’entreprise qui résulte des divergences d’intérêts évoquées plus haut et que les dépenses de
contrôle n’arrivent pas à éliminer complètement. Ce coût d’opportunité s’entend comme
l’équivalent monétaire de la réduction du bien-être due à la divergence d’intérêts entre le
principal et l’agent. C’est par exemple, le coût dû au caractère sous-optimal des
investissements entrepris.
157
B. Une application aux entreprises familiales
Jensen et Meckling (1976) notent que l’ampleur des coûts d’agence varie d’une entreprise à
l’autre. Elle dépend des goûts des dirigeants, de la facilité avec laquelle ils peuvent faire
prévaloir leur propre préférence au détriment de l’objectif de maximisation de la valeur de
l’entreprise, et des coûts de dédouanement.
Les entreprises familiales qui ont déjà ouvert une partie minoritaire de leur capital à des
investissements étrangers, rassemblent les conditions qui permettent d’envisager des coûts
d’agence plus élevés que dans les grandes entreprises. Ceci, avant tout du fait de l’existence
d’un marché financier organisé pour leurs titres. Nous pouvons également mentionner
l’absence des moyens de contrôle "naturels" qui permettent de résoudre les problèmes de
mandat.
Dans une entreprise, il existe, en dehors des mesures de contrôle ou de dédouanement mises
en place par les dirigeants ou les actionnaires externes, des systèmes de contrôle "naturels"
internes ou externes à l’entreprise, qui tendent à diminuer les coûts d’agence. Mais leur rôle
évolue sensiblement d’un type de société à un autre. Alors que ces systèmes sont supposés
efficaces dans les sociétés par actions à actionnariat diffus (dans les sociétés où il y a
séparation complète entre les fonctions d’assomption du risque et de décision), ils sont très
limités dans les entreprises fermées ou ayant ouvert leur capital à des investisseurs externes,
financiers ou industriels.
Dans une entreprise familiale, le poste de dirigeant est directement lié à l’entreprise, que le
dirigeant y ait fait carrière ou qu’il l’ait créée. Plus précisément, le poste de dirigeant est le
plus souvent directement lié à la propriété du capital. Le dirigeant d’une entreprise familiale
n’a donc pas la même notion de carrière que le dirigeant d’une grande entreprise. Il n’y a pas
158
de concurrence entre dirigeants des entreprises familiales et une éviction d’un dirigeant par
des investisseurs externes parait fortement improbable.
L’idée est que la valeur de marché d’une entreprise se trouve liée à la gestion de ses
dirigeants. En effet si les actionnaires ne sont pas satisfaits, ils peuvent vendre leurs actions
sur le marché. S’ils sont suffisamment nombreux à le faire, une baisse du cours du titre en
résulte (et donc une baisse de la valeur de l’entreprise), qui conduit à des effets défavorables
pour les dirigeants : difficultés à émettre de nouveaux titres, baisse de leur rémunération si
elle est indexée sur les cours de l’action, etc.
C’est pourquoi, pour Jensen et Meckling (1976) la divergence, et donc les coûts d’agence sont
aussi limités par le marché des actions de la firme. L’absence d’un marché financier efficient
assurant la liquidité des titres des entreprises fermés est un frein à cette limitation "Naturelle"
de la divergence et les coûts s’en trouvent majorés.
Il faut aussi mentionner le rôle du conseil d’administration en tant que mécanisme de contrôle
des dirigeants. Il représente pour Fama (1980) et Fama et Jensen (1983) l’organe direct des
dirigeants à condition de respecter trois conditions :
- La présence d’administrateurs non dirigeants pour arbitrer les désaccords entre les
dirigeants;
Or dans les entreprises familiales, les membres du conseil d’administration, d’autres que les
dirigeants et les membres de la famille sont peux nombreux et n’ont que peu de pouvoir.
L’absence de cet organe de contrôle est également facteur de coûts d’agence.
Si les systèmes précédemment cités font défaut aux entreprises familiales pour réduire leurs
coûts d’agence et ne sont véritablement efficaces que pour des grandes entreprises cotées, il
existe cependant des systèmes de contrôle valables pour les entreprises familiales.
La théorie contractuelle des organisations, dont nous reparlons dans les prochains
159
paragraphes, considère que seules peuvent survivre les firmes qui sont capables d’offrir
demandés au moindre coût. Le marché concurrentiel des biens et des services représenté donc
la première contrainte qui s’impose au dirigeant d’une entreprise qui gérerait au détriment des
actionnaires. Ainsi que le fait remarquer Demsetz (1973) dans le cas d’un dirigeant-
propriétaire, des prélèvements trop importants qui seraient répercutés dans les prix rendraient
la firme moins compétitive. Cette contrainte est cependant à relativiser.
En effet, dans certains cas, le marché est insuffisamment concurrentiel et ne sanctionne pas la
firme malgré des prélèvements importants, ou bien des barrières à l’entrée sont
particulièrement fortes, ou bien des barrières à l’entrée sont particulièrement fortes, ou bien
encore l’entreprise bénéficie-t-elle d’une situation de rente.
b. Le marché du travail
Le marché du travail où est évalué le capital humain joue également un rôle important. Un
prélèvement trop important des dirigeants qui s’effectuerait aux dépens de salaires des
employés aurait pour conséquence, soit une perte de personnel, soit une perte de qualification.
Le cadre relatif à l’existence d’une relation d’agence qui vient d’être posé, permet d’analyser
ses implications dans la compréhension de la nature et du fonctionnement de la firme.
La théorie de l’agence a introduit une nouvelle vision de la firme dont les fondements sont:
- La rationalité procédurale.
160
systèmes d’allocation de la prise de décision entre les différents membres de l’organisation
(Jensen, Meckling, 1976).
Qµ = F (L, K, M, O, T)
Q : Quantité d’output;
Il y a concurrence des formes organisationnelles. Celles qui survivent, les plus adaptées, sont
celles qui fournissent les produits ou les services demandés par les consommateurs au prix le
plus faible, permettant de couvrir les coûts. Le critère de survie apparait être par conséquent
un critère de minimisation des coûts de production, dont les coûts d’agence constituent une
composante importante.
161
au sein de la théorie de l’agence. Pour ces deux auteurs, la décision finale ne poursuit pas un
objectif unique et univoque mais elle est le résultat d’un processus décisionnel. Ils distinguent
quatre étapes dans ce processus:
Ces quartes phases sont ensuite regroupées en deux blocs à partir des deux grands types de
fonctions que chacune d’elles recouvre, à savoir une fonction de "Gestion des Décisions"
comprenant l’initiative et la mise en œuvre des décisions, et une fonction de "Contrôle de
Décisions" comprenant la ratification des décisions et la surveillance de leur exécution.
La première fonction est assurée par les managers qui peuvent être aussi les apporteurs de
capitaux, par contre la deuxième est réservé aux actionnaires dans la mesure où ils n’ont pas
de garantie quant à la rémunération de leurs apports, contrairement aux salariés et aux
créanciers. A partir de là, les deux auteurs établissent deux propositions fondamentales:
- "La séparation des fonctions de prise de risque et de prise de décision conduit à des
processus de décision où il y a séparation des fonctions de décision et de contrôle;
- La réunion des fonctions de décision et de contrôle entre les mains d’un nombre limité
d’agents conduit à une concentration des titres de propriété chez ces mêmes gens" (Charreaux,
1990).
Ces propositions ont amené Fama et Jensen (1983) à dresser une typologie des entreprises en
fonction de leur degré de complexité et à se demander quels sont les avantages et les
inconvénients de chacune de ces formes. Pour cela, ils distinguent deux grandes catégories de
formes sociétaires qu’ile appellent respectivement "société ouvertes" et "société fermées". Les
caractéristiques de ces deux formes sociétaires selon ces deux auteurs sont présentées dans le
tableau suivant.
162
Tableau n°3.1 : Typologie des entreprises
Les entreprises "ouvertes" où les deux fonctions de prise de risque et de gestion sont exercées
par des groupes différents (apporteurs de capitaux et managers). Elles sont de nature
complexe dans la mesure où l’information nécessaire à la prise de décision doit transiter entre
de nombreux agents. La fonction de contrôle revient aux actionnaires mais ceux-ci ont intérêt
à la déléguer à des agents compétents afin d’en réduire les difficultés et les coûts. Il y a ainsi
une triple séparation entre risques, décision et contrôle.
Leur inconvénient majeur est l’existence de coûts d’agence importants. En contrepartie, les
avantages de cette forme d’organisation sont multiples. La présence d’un actionnariat diffus
permet aux apporteurs de capitaux de diversifier leurs risques et permet à l’organisation de
pouvoir lever des capitaux importants. De plus, la présence de managers autorise une division
du travail favorable à l’emploi de personnes spécialisées et hautement compétentes et est
163
un élément de réduction des coûts d’agence à un regain d’efficacité dans la mesure où les
fonctions de décision et de contrôle sont séparées (Van Loye, 1990).
Les entreprises "fermées" où les fonctions de prise de risque, de gestion et de contrôle sont
regroupées principalement entre les mains d’une personne. Ces organisations se caractérisent
par leur nature "non complexe" dans la mesure où l’information spécifique est détenue, dans
la plupart des cas, par un individu (Charreaux, 1987).
Si le dirigeant n’était pas un "créancier résiduel"96, cette situation entraînerait des coûts
d’agence importants car les actionnaires ne pourraient contrôler efficacement le travail de leur
agent. Par contre, dans la mesure où les dirigeants sont aussi les seuls actionnaires les
problèmes d’agence disparaissent, ce qui est l’avantage principal de cette forme
d’organisation. Les problèmes d’agence entre actionnaires et créanciers sont eux maintenus.
Dans ce type d’entreprise, il est indispensable que celui qui apporte le capital ait aussi la
compétence nécessaire pour gérer l’entreprise. En effet, en renonçant aux avantages
fonctionnels et financiers de l’organisation "ouverte", une telle organisation ne pourra
survivre et se développer que dans des environnements bien précis, où les fonds à réunir sont
relativement réduits et où les domaines d’activité demeurent simples à gérer (Van Loye,
1991).
Les plus petites entreprises dont les structures de pouvoir et de propriété ne sont pas
dissociées, ne connaissent pas les problèmes liés aux délégations de fonctions et économisent
les coûts de gestion correspondants. Ceci constitue un facteur de supériorité pour la petite
taille qui peut être utilisé pour justifier son existence, comme forme d’organisation (Mourgues
et Gallais-hammomo, 1989).
Seule l’économie des coûts d’agence explique la survie de ces organisations. Leurs créances
résiduelles sont caractérisées par des conditions de transfert de propriété rigides, des coûts de
transactions élevés et des acheteurs potentiels peu nombreux.
L’absence d’un marché de titres permettant leur évaluation et leur cession couplée avec
l’importance de l’entrepreneur dans la gestion de l’entreprise rendant difficile leur
valorisation.
96
Dans la théorie des droits de propriété le "créancier résiduel "(residual claimant) est celui qui a un droit exclusif sur le
profit ou flux net dégagé par l’entreprise (différence entre les recettes aléatoires résultant de l’activité et les paiements
certains promis aux autres partenaires de l’entreprise, notamment les salariés), mais qui en contrepartie assume à lui seul le
risque inhérent à l’activité.
164
Les points développés précédemment ainsi que la vision de la firme qui vient d’être donnée
permettent d’intégrer le choix financier dans lac culture de la firme, dans son équilibre
fonctionnel interne et dans l’image et la perspective qu’elle se donne Belletante (1991).
Par ailleurs, les décisions de financement des entreprises continuent de susciter l’attention de
beaucoup d’études récentes mentionnons à titre d’exemple celles de Baker et Wurgler (2002),
Gaud et Elion (2002), Frydenberg (2004), Song (2005), Flannery et Rangan (2006), Huang et
Song (2006), Molay (2006), Jong et al (2008), Fattouh et al (2008) et Frank et Goyal (2009).
En effet, la revue de ces travaux théoriques réalisés pour expliquer les décisions de
financement se focalisent notamment sur trois types théoriques de base à savoir:
- La théorie de Pecking Order (Autore et Kovacs 2003, Benito 2003 et Galpin 2004);
Les travaux de Modigliani et Miller (1958 et 1963) ont été les pionniers à analyser la structure
du capital des entreprises. Leur modèle a été basé sur les hypothèses suivantes :
- Les prêts et les emprunts entre les agents économiques sont à un taux fixe et sans limite; et
- Les entreprises sont gérées par les dirigeants en faveur des actionnaires.
Mais, différentes théories ont rejeté par la suite l’hypothèse du marché parfait. Parmi celles-ci
la théorie du ratio optimal d'endettement.
Cette théorie se base sur deux facteurs contradictoires d’une part les avantages fiscaux de la
dette et d’autre part sur les coûts d’agence (c'est-à-dire les coûts de faillite et des conflits
d’intérêts entre les agents économiques). En effet, l’entreprise cherche à ajuster son niveau
d’endettement actuel vers un ratio optimal d’endettement. Ce dernier est obtenu quand le gain
marginal d’une unité supplémentaire de dette est égal à son coût marginal.
I. L’effet de la fiscalité
Dans leur article de 1963, Modigliani et Miller ont pris en compte l’effet de la fiscalité dans
leurs études, en appliquant une déductibilité des frais financiers de la dette sur le résultat
imposable. Ils ont montré que la valeur d’une entreprise endettée est toujours supérieure à
celle de l’entreprise non endettée : elle est égale à la valeur de l’entreprise sans dette
augmentée de la valeur actuelle des économies d'impôt sur frais financiers sous réserve que
l'entreprise endettée dégage un résultat d'exploitation positif.
Par ailleurs, Miller en 1977, en s'intéressant à l'imposition sur le revenu, a montré que le gain
fiscal généré par l'endettement sera réduit lorsque l'on prend en compte la fiscalité des
personnes physiques. Cette influence de la fiscalité a poussé les entreprises à maximiser la
quantité des dettes au sein de leur structure de financement pour tirer un bénéfice optimal de
l'avantage fiscal associé.
Dans ce sens, les travaux de De Angelo et Masulis en 1980 ont rectifiant dans leur modèle
l'effet des déductions directes d'impôts liées à l'endettement. Ils ont signalé que les déductions
d’impôt non liées à l’endettement (comme les abattements pour amortissement et pour
investissement et les provisions pour risques et charges) peuvent jouer le rôle de "produits de
substitution" vis à vis des avantages fiscaux associés à l'endettement.
166
II. Le coût de la faillite
Selon la théorie de TOT, l’endettement excessif de l’entreprise peut provoquer des difficultés
financières engendrant ainsi un certain nombre de coûts à savoir les coûts de faillite, ce sont
des coûts relatifs à la menace de cessation de paiements.
En effet, selon Malécot (1984), la faillite entraine des coûts directs (frais juridiques
d’administration judiciaire, coûts de liquidation et coûts sociaux) et des coûts indirects (perte
de clientèle et de confiance, coût d’opportunité). Et d’après, Warner (1977), les coûts directs
de la faillite semblent moins importants pour les grandes entreprises que pour les petites.
Mais, les coûts indirects sont importants tant pour les petites entreprises que pour les grandes.
Almeida et Philippon (2007) ont estimé la valeur des coûts de la faillite à 4,5%.
A signaler que les coûts directs sont plus coûteux, car ils dépendant de la situation du marché
et de dédommagement exigé par la loi et par les entreprises aux employés comme indemnité
de licenciement.
Sur un plan empirique, parmi les études opérées sur les coûts de faillite, nous évoquons celle
menée par Baxter en 1967, en s'intéressant qu'aux coûts directs facilement mesurables, il les
évalue à 20% de la valeur de la firme.
D'autres auteurs tels que Warner en 1977 a considéré que les coûts de faillite comme trop
faibles pour compenser l'avantage fiscal résultant des économies d'impôts.
La théorie de trade-off statique, qui introduit l'incidence du coût de faillite, est aboutit à la
détermination d'un taux d'endettement optimal. Dans ce cas, l'augmentation de la dette
entraîne, outre l'effet de levier financier sans impact sur la valeur de l'entreprise, le coût de
faillite à impact négatif. D'où une réduction de la valeur de l'entreprise par rapport au MM.
En effet, la probabilité de faillite est réduite dans les entreprises de taille importante car la
diversification des activités réduit la volatilité des cash-flows et donc la probabilité de faillite.
167
Plusieurs arguments conduisent à supposer une relation positive entre la taille et
l'endettement. (Titman et Wessels 1988, Rajan et Zingales 1995). Cette relation est confirmée
dans un certain nombre d'étude (Carpentier et Suret 1999, Gaud et Elion 2002, Frank et
Murray 2003, Fakhfakh et Ben Attitallah 2004). La relation négative entre endettement et
taille reste spécifique en Allemagne (Kremp et Al 1999). Ainsi, la taille est mesurée soit par le
logarithme népérien des ventes, soit les par les actifs soit par l'âge de la firme.
Toutefois, les entreprises risquées tendent à moins s'endetter, dans le cas contraire il en résulte
une plus forte probabilité de faillite et une plus faible probabilité que l'entreprise puisse
utiliser la totalité de ses charges d'intérêts en déduction de son résultat fiscal. Le risque a
mesuré par la différence en carré entre le profit de l'entreprise donnée (profit net / CA) et le
profit moyen de toutes les firmes disponibles.
En effet, la dernière alternative aide à éviter la faillite et les dégâts sociaux qui en résultent
suite au licenciement des employés. Gilson et Al (1990), ont prévu deux factures qui
permettent à l'entreprise la possibilité de renégocier les dettes et d'échapper de la faillite. Le
premier facteur consiste à ce que les actionnaires et les créanciers bénéficient de la
renégociation des clauses contractuelles à partir du moment où elles génèrent des coûts
inférieurs aux coûts de faillite, et accorder une nouvelle chance à la firme le deuxième facteur
exige des ayant droits (créanciers et actionnaires) à accepter de rembourser à part égale le coût
de renégociation.
La théorie de l’agence a pris en considération l’existence des conflits entre les différents
acteurs de l’entreprise. Elle est basée sur le principe que tout individu cherche à maximiser
son intérêt personnel avant l’intérêt général.
D’après, Jensen et Meckling (1976) et Jensen (1986), les coûts d’agence se divisent en deux:
- les coûts d’agence des fonds propres entre actionnaires et dirigeants, ils sont engendrés par
le contrôle que les actionnaires doivent effectuer sur les dirigeants afin que ces derniers
atténuent leur comportement opportuniste;
- les coûts d’agence liés aux dettes financières entre actionnaires et créanciers, ces coûts sont
168
générés par le contrôle exercé par les créanciers pour discipliner les actionnaires et les
dirigeants.
Pour les actionnaires, l’endettement apparaît comme un outil pour réduire des coûts d’agence
des fonds propres, les actionnaires reportent le contrôle des dirigeants sur le marché de la
dette. Cependant, ce recours à la dette provoque des coûts d’agence des dettes qui diminuent
les effets positifs précédents.
Ces conflits d’intérêts permettent de soulever certains nombre de décisions de la part des
actionnaires et ou des créanciers.
Les créanciers acceptent d'accorder un prêt à une entreprise sur la base d'un niveau de risques
bien déterminés. Selon Jensen et Meckling (1976), les actionnaires et les dirigeants peuvent,
une fois le financement est obtenu, modifient le niveau de risque de leur projet. Les
actionnaires essayent d'accroître leur richesse et diminuent la valeur de l'obligation, il
transfère donc de la richesse de créanciers aux actionnaires.
Myers (1977), met en évidence une deuxième forme de conflit entre les actionnaires et les
créanciers financiers concernant le sous investissement dans des opportunités futures. Il s'est
inspiré de l'idée qu'une firme est la somme de deux actifs : les actifs existants et les options
sur les opportunités d'investissement futur. Myers constate ainsi que les dirigeants d'une firme
endettée peuvent rejeter certains projets profitables rentables lorsque ceux-ci ne profitent
qu'aux créanciers.
Dans son modèle, Myers montre que l'existence de l'endettement peut réduire la valeur du
marché de la firme en réduisant les incitations des dirigeants à entreprendre des projets ayant
une valeur actuelle nette positive et souligne aussi que les firmes ayant des opportunités de
croissance élevées ne devraient avoir aucun endettement et que la valeur de la firme est
maximale lorsque aucune dette n'est émise. Mais, toutefois Myers rappelle les coûts d'agence
169
associés au financement par actions développé par Jensen et Meckling et concluent que le
recours à l'endettement n'est pas aussi mauvais.
3. La substitution de l'actif
Dans le cadre des conflits entre les actionnaires et les créanciers, Jensen et Meckling (1976)
ont démontré que le problème de sous-investissement et moins grave lorsque la firme détient
une part importante d'immobilisations corporelles dans ses actifs, ces derniers représentent
des garanties pour les créanciers.
La substitution de l'actif a été proposée par Diamand (1989). Cette notion se traduit par le fait
que les actifs à forte variance sont substitués par des actifs de plus faible variance. Il est
évident que les créanciers se basent sur un certain niveau de risque pour décider d'octroyer un
crédit ainsi pour déterminer le coût de la dette. Dans la mesure où les dirigeants agissent de la
manière opportuniste, en disposant d'une grande autonomie de gestion, peuvent une fois le
financement obtenu, changer la politique d'investissement et opter pour les projets plus
risqués susceptibles d'accroître d'une façon significative la richesse des actionnaires.
Les créanciers ont besoin d'une garantie pour décider d'octroyer un crédit, la garantie est
approuvée par la somme des immobilisations corporelles et stocks divisés par le total des
actifs. Des études récentes comme celles de Rajan et Zingales 1995, Kremp et al 1999,
Hovakimian et al. 2001, Frank et Goyal, trouvent des relations positives et significatives entre
les garanties et le niveau d'endettement. En revanche, les résultats de Titman et Wessels 1988
ne permettent pas de conclure.
D'après Easterbrook (1984), la distribution des dividendes permet de délimiter les conflits
d'agence entre les actionnaires et les dirigeants, mais elle peut être aussi source des conflits
entre actionnaires et créanciers. Easterbrook (1984), montre que les actionnaires peuvent
transfère la richesse des créanciers par le choix d'une politique qui augmente le risque de
l'entreprise. Un tel transfert se fait par l'émission des dettes et par la suite utiliser les produits
d'émission pour verser les dividendes.
170
B. La résolution des conflits entre les actionnaires et les créanciers
Pour résoudre ces conflits d'intérêts, Smith et Warner (1979), proposent plusieurs solutions.
En effet, l'inclusion des clauses particulière dans les contrats obligataires ou dans les prêts
bancaires limite le degré de liberté des actionnaires et de leurs dirigeants ( clause restrictive;
qu’aux politiques d'investissement des firmes, qu'aux politiques de distribution des dividendes
...), puis l'émission d'actifs financiers particulier tel que les obligations convertibles, les
obligations à bons de souscription qui permettent une certaine convergence d'intérêt entre les
diverses parties.
D'après Myers (1977), le recours au financement à court terme peut constituer une autre
solution. En effet, l'échéance des dettes à court terme intervient avant le choix
d'investissement celle-ci permet une négociation continue qui laisse l'entreprise révises sa
politique d'investissement.
Jensen et Meckling (1976) ont proposé la participation des dirigeants à la dette de l'entreprise,
détenant ainsi un certain nombre d'obligations. Le dirigeant ne sera plus intéressé à transférer
la richesse des créanciers au profit des actionnaires.
L’optimum de la structure du capital résulte alors d’un niveau d’endettement cible qui permet
d’arbitrer entre les avantages des dettes, comme les économies d’impôt sur les charges des
dettes et la diminution des coûts d’agence des fonds propres, et les inconvénients des dettes,
tels que les coûts de faillites et l’accroissement des coûts d’agence des dettes financières.
Cette théorie de POT indique que les entreprises choisissent le financement par
l’autofinancement au détriment d’un financement externe. Et dans le cadre de ce dernier type
de financement, les dirigeants privilégient l’endettement au détriment de l’augmentation de
171
capital.
I. L’asymétrie de l’information
Cette théorie est fondée sur l’existence d’une asymétrie d’information entre les différents
acteurs économiques de l’entreprise. En effet, cette théorie est basée sur l’hypothèse que les
dirigeants d’une entreprise disposent plus d’informations notamment financières que leurs
fournisseurs de fonds.
Selon Ross (1977), étant le premier qui a utilisé cette théorie sur la finance de l’entreprise, la
structure du capital d’une entreprise constitue un fort signal transmis aux créditeurs de
l’entreprise. Il a montré que tout changement de la politique financière de l’entreprise
provoque un fort signal au marché notamment aux investisseurs et donc agit sur la perception
de l’entreprise par les créditeurs.
Ainsi, le dirigeant de l’entreprise ne peut prendre la décision de faire appel à la dette que s’il
assure de dégager des flux futurs à son entreprise, de garantir la capacité de payer l’intérêt et
de rembourser les nouvelles dettes. Au cas contraire, il entraînait l’entreprise à la faillite.
De plus, Leland et Pyle (1977) ont montré que le degré de diversification du portefeuille du
dirigeant constitue un bon signal aux créditeurs, et cela, à cause de la qualité des projets
d’investissement de l’entreprise.
Le facteur de l'asymétrie d'information indique que tous les agents économiques ne disposent
pas de toute l'information nécessaire pour prendre leurs décisions. Les dirigeants des
entreprises ont ainsi, du fait de leur position, une information avantagée sur la situation
financière et sur les perspectives économiques et financières de l’entreprise.
Cette asymétrie montre que, dans certaines circonstances, le recours à des contrats de dette,
conclus entre l’entreprise et ses bailleurs de fonds, sera privilégié. Ainsi, trois catégories
d'asymétries d'information peuvent être distinguées:
- Des asymétries d'information apparaissent avant la signature du contrat de prêt, dans ce cas
les prêteurs peuvent difficilement discriminer de manière efficiente parmi les différentes
demandes de projets de financement. Ces asymétries d'information, que l'on peut qualifier
d'ex-ante, sont à l'origine du phénomène de sélection adverse sur le marché du crédit (Stiglitz,
Weiss, 1981);
172
effectivement présenté au prêteur et sur la base duquel il avait obtenu son crédit. Si le prêteur
observe uniquement le revenu réalisé par l'emprunteur, il ne connaît pas avec exactitude la
nature du projet effectivement réalisé. Il doit déterminer si, par exemple, une réduction des
revenus réalisés résulte de la mauvaise gestion de la firme par le dirigeant ou d'une réaction
normale de l'entreprise aux variations conjoncturelles de son environnement. Ces problèmes
d'agence sont qualifiés d'aléa moral;
- Enfin, des asymétries d'information peuvent se révéler ex-post. Le prêteur ne peut alors
évaluer avec précision le taux de rendement du projet réalisé par l'emprunteur qui peut être
poussé, pour minimiser ses remboursements, à déclarer un revenu inférieur au revenu
effectivement réalisé (Williamson, 1986), ce qui a été qualifié d'opportunisme. Il peut en être
ainsi, par exemple, pour le financement des besoins transitoires. En effet selon de Bandt,
Jacquinot, (1991), "si l'on considère que les dirigeants protègent les intérêts des seuls anciens
actionnaires, une émission d'actions sera mal accueillie. À la limite, pourrait-elle signifier aux
yeux d'éventuels investisseurs que le cours atteint par les actions est jugé trop élevé par les
dirigeants? Les nouveaux actionnaires exigent donc une prime de risque importante, ce qui
favorise les autres formes de financement".
Cette théorie est basée sur la prise en compte des asymétries d’information entre les agents
aussi bien à l’intérieur de la firme qu’à l’extérieur.
Cette hypothèse est introduite par Donald son (1961) et développée par Myers (1984) et
Myers et Majluf (1984). Selon cette théorie, les entreprises disposent de certaines priorités
dans le choix des sources de financement. Ainsi elles privilégieront d’abord
l’autofinancement, ensuite l’endettement (avec une préférence de celui le moins risqué
possible) et l’augmentation de capital en dernier ressort.
173
Plusieurs études empirique entre autre (Titman et Wessels 1988, Harris et Raviv 1991,
Nekhili 1994, Rajan et Zingales 1995, Carpentier et Suret 1999, Kremp et Stoss 2001, Booth
et al 2001, Fattouh et al 2008 et d’autres) ont montré qu’il existe une corrélation négative
entre la rentabilité économique et l’endettement. En effet, les entreprises, qui réalisent un
déficit financier à cause d’une faible rentabilité et donc d’une faible moyen
d’autofinancement, se dirigent vers l’endettement. Cette relation négative peut s’interpréter
comme une vérification empirique de l’hypothèse du financement hiérarchisé des entreprises.
Selon Myers et Majluf (1984) les nouveaux actionnaires interprètent une augmentation de
capital comme un signal d'un état défavorable ce qui engendre la réduction de la valeur de la
firme. Cependant, les anciens actionnaires préfèrent la situation d'investissement car elle
augmente leur richesse (malgré la baisse de la valeur de la firme). Pour éviter la réduction des
prix des actions, le dirigeant a intérêt à utiliser un autre financement. Ainsi, la hiérarchie
choisie est la suivante : autofinancement, dette non risquée, dette risquée et augmentation de
capital.
La première est appelée la théorie de Trade Off Theory (TOT). En effet, la prise en compte de
la fiscalité et des coûts de faillite ont permis de proposer l'existence d'un ratio optimal de dette
(Target Ratio).
174
La deuxième qui a contribué à expliquer le comportement financier des firmes s’exprime dans
la théorie du financement hiérarchique ou "Pecking Order-Theory" (POT).
Les travaux de Becker et Wurgler (2002) ont développé un nouveau cadre théorique désigné
par la théorie "Market Timing Theory" (MTT). Selon cette dernière, les entreprises émettent
des actions lorsque les prix du marché sont élevés et rachètent leurs titres lorsque leur valeur
est faible sur le marché. On entend par "Market timing" ou "opération d'arbitrage sur la valeur
liquidative": l'opération consiste à tirer profit d'un éventuel écart de cours à la bourse
(valorisation).
D’après cette théorie, la structure financière actuelle d'une entreprise résulte, non d'un choix
conscient d'un ratio dettes / capitaux propres cible, mais plutôt de l'accumulation de décisions
prises dans le passé en fonction du contexte financier du moment. En effet, les entreprises
émettent des actions lorsque les cours d’actions sont élevés et /ou le contexte boursier est
favorable, puis elles émettent des dettes et rachètent des actions quand les cours sont en baisse
et /ou la bourse est déprimée.
Baker et Wurgler (2002) ont montré que les entreprises s’endettent moins pendant les
périodes marquées par une bonne valorisation sur le marché, surtout lorsque l’opportunité de
croissance (mesurée par MTB) est élevée. Les résultats de leurs travaux soulignent que la
structure du capital résulte, non pas d’un choix conscient d’un ratio optimal, mais de
l’accumulation des décisions prises dans le passé en fonction du contexte boursier.
Les travaux empiriques effectués par quelques auteurs sur la structure de financement des
entreprises sont présentés dans le tableau suivant:
175
Tableau n°3.2 : Les études faites sur la structure de financement des entreprises
Frank et -Un échantillon des firmes -TDA : DT / actifs. Ils expliquent le ratio
Goyal américaines pour la période -TDM : Dette totale / d'endettement par 39 facteurs
(2003) 1950-2000. Valeur du marché des explicatifs issus des cadres
actifs. théoriques de Trade off, de
-LDA: Dette à LT Pecking Order, de Market Timing
/Actifs. et de la théorie de l'agence.
-LDM : Dette à LT
terme/ Valeur du
marché des actifs
-ICR : taux d'intérêt de
la couverture.
176
Philippe Gaud. L'échantillon couvre les Des entreprises cotées - Leverage est le ratio - Return est le rendement moyen
Mars 2003. comportements de au sein des pays dette / valeur de mesuré sur l'année de l'opération et
financement externes en membres de l'Union marché des actifs en celle le précédent.
Europe sur la période 1989- Européenne ou de début de période. - MTB est le ratio de la valeur de
2000. l'Association - SICLeverage est le marché des actifs sur leur valeur
La base de données : Européenne de Libre niveau moyen comptable mesuré en début de
Thomson Financial Echange d'endettement observé période.
- ROA est le ratio du résultat
avant intérêt, taxe et amortissement
sur le total de l'actif comptable
mesuré en début de période
- FCF est le ratio du cash-flow
après investissement sur le total de
l'actif comptable mesuré en début
de période
Fakhfakh, H et -Un échantillon 41 Les entreprises - Ratio d’endettement -RENT : la rentabilité de la firme
Ben Attitallah entreprises tunisiennes, pour appartenant (valeur comptable) = mesurée par le ratio BAII / Actif
R (2006). la période 1998-2003. notamment (DLT + Concours total.
-La base de données : la aux secteurs bancaires)/ -TANG : la structure de l'actif de
bourse des valeurs industriels, Total Actif la firme mesurée par le ratio actif
mobilières de Tunis, commercial et - Ratio corporel net plus stocks / Actif
service. d'endettement ( total.
valeur marchande) -SIZE : la taille de la firme
(DLT + Concours mesurée par le Log total actif.
bancaires)/ -MTB : le ratio Market To Book
valeur comptable de la mesuré par le rapport
dette (capitalisation boursière +
financière totale + dettes) / Actif total.
capitalisation boursière -EFWMB : la moyenne pondérée
des ratios MTB passés,
commençant par la première
observation disponible dans notre
échantillon, jusqu'a le ratio MTB à
(T-1).
-La pondération pour tous les ans
est le déficit de financement de
l'année (1) jusqu'à (T-1).
-Price : le taux de variation des
cours de l'action de la firme.
-IBVMT : l'indice de la
performance de la bourse des
valeurs mobilières de Tunis
pour l'année t.
177
Section 3 : Impact de la cotation en bourse sur la performance des PME
Ainsi cette section sera organisée de la manière suivante. Le premier paragraphe présentera
les déterminants théoriques de la performance économique des entreprises et le deuxième
paragraphe énoncera les études empiriques sur le déclin des performances économiques après
l’introduction en bourse.
I. La taille
Le lien entre taille et performance a été appréhendé depuis longtemps tant en économie qu’en
stratégie. Deux courants de recherche qui explique la relation entre taille et performance ont
vu le jour:
Le premier courant stipule que la relation est positive. Quatre raisons principales sont
avancées pour expliquer la relation positive entre la taille et la performance: les économies
d’échelle concernant les coûts opérationnels (Marshall, 1920), les coûts de l’innovation
(Hardwick, 1997), le pouvoir de marché par les économistes industriels (Chamberlain, 1933;
Mason, 1939 et Bain, 1951), l’effet d’expérience (Henderson, 1966) et l’effet de la
diversification des activités (Fiegenbaum et Karnani 1991;Winter, 1994; Wyn, 1998 et
Goddard, Tavakoli et Wilson, 2005)97.
97
Tous ces auteurs, à part Goddard et al. (2005), sont cités dans Moatti et Dussauge (2003): "L’impact du mode de croissance
sur la relation taille performance : l’exemple de la grande distribution au niveau mondial". XIIème Conférence de
l’Association Internationale de Management Stratégique, Les Côtes de Carthage – 3, 4, 5 et 6 juin 2003, Tunisie.
178
Les études empiriques attestant un lien positif entre taille et performance, lient la taille de
l’entreprise à l’importance de ses ressources. Du moment où les firmes de grande taille
disposent de beaucoup de ressources organisationnelles, ce qui leur permet de répondre aux
objectifs de performance escomptés (Koh et Venkataraman, 1991).
Le deuxième courant de recherche suggère qu’à partir d’une taille optimale l’effet de la taille
sur la performance s’inverse (Russeeuw, 1997). L’étude de Yoon (2004) montre qu’au-delà
d’une taille optimale, la performance de l’entreprise se détériore. En effet, l’accroissement de
la taille rend difficile le contrôle exercé par les propriétaires sur les dirigeants (Pi et Timme
1993; Goddard et al. 2005)98.
II. L’âge
L’âge de l’entreprise peut agir positivement sur sa performance du fait que les entreprises
dont l’âge est avancé, sont plus expérimentées (Majumdar, 1997). Les entreprises qui ont
plusieurs années d’expérience bénéficient d’une réputation et auront par conséquent un
avantage concurrentiel par rapport aux jeunes sociétés.
Cependant, l’âge avancé peut être une entrave au développement de l’entreprise si l’on
considère les structures bureaucratiques qui deviennent de plus en plus embarrassantes avec
l’âge. Les "vieilles" sociétés sont inertes et réagissent plus lentement aux changements de
l’environnement à cause des routines développées durant plusieurs années d’activité. Marshall
(1920) avance que ce type de sociétés perde leur souplesse à s’adapter aux changements et
sont, par conséquent, moins flexibles que les jeunes sociétés pour faire les ajustements
nécessaires et en temps opportun aux changements de circonstances. D’après le même auteur
les" vieilles" sociétés trouvent plus de difficultés à conserver leur niveau de performance que
les jeunes sociétés.
III. L’endettement
98
Voir aussi Serrasqueiro, Z., Nunes, P.M., (2008), "Performance and size: empirical evidence from Portuguese SMEs ",
Small Business Economics, vol.31 (2), pp. 195-217.
179
destructeurs de valeur en présence de Free Cash Flow99. L’endettement devrait alors les inciter
à s’engager dans des projets rentables pour pouvoir payer les charges d’intérêts qui en
résultent ou éviter la faillite. Le financement par la dette obligerait les dirigeants à être plus
efficients et efficaces. Un autre argument considère que la dette peut réduire le pouvoir
discrétionnaire des dirigeants sur les ressources de l’entreprise et donc leur capacité à faire
face aux pressions concurrentielles (Simerly et Li, 2000). Le niveau d’endettement pourrait
ainsi affecter des projets nouveaux et risqués, tels que recherche et développement, souvent
déterminants pour la survie à long terme de l’entreprise.
Afin de limiter ces risques, les obligataires sont amenés à mettre en place des systèmes de
surveillance et de garantie coûteux pour la firme (clauses restrictives en matière
d’investissement, de dividende, de niveau d’endettement et exigence d’importantes sûretés
réelles (Smith et Warner, 1979)). La détention d’informations incomplètes sur les projets
d’investissement des entreprises, incite les prêteurs à être plus prudents et donc à ajuster les
taux d’intérêt suivant la situation particulière de chaque entreprise.
99
Le Free Cash Flow correspond aux fonds restant à disposition des dirigeants de l’entreprise, une fois que tous les projets
rentables (ayant une valeur actuelle nette positive) ont été financés. La tentation serait ainsi grande pour les dirigeants de ne
pas redistribuer cet argent aux actionnaires et de s’engager dans des projets inutiles, incertains, et peu rentables pour
l’entreprise, les fusions et acquisitions faisant partie des exemples les plus cités.
180
auteurs.
Skinner (1984, p.116) explique que: "l’innovation100 dans les équipements et les processus
technologiques peut être utilisée stratégiquement comme une arme pour être plus
compétitive". D’après Butler (1988), l’entreprise qui innove dans de nouveaux produits peut
cibler de nouvelles niches et générer plus de profit. En effet les entreprises qui innovent
gagnent en termes de coûts opérationnels et fonctionnels (Shaker et Sidhartha, 1993).
Johnson, Hoskisson et Hitt (1993) ont apporté la preuve empirique que plus les dépenses de
recherche et développement sont importantes plus la performance de l’entreprise est
importante.
Geroski et Machin (1992) ont étudié 539 sociétés anglaises sur la période 1972 - 1983, parmi
lesquelles 98 sont qualifiées d’entreprises innovantes (c’est-à-dire celles qui ont produit au
moins un procédé ou un produit et avoir obtenu un brevet). Les auteurs observent que les
entreprises dites innovantes sont plus performantes (en termes de rentabilité financière) et ont
un taux de croissance des ventes plus important que celles dites "non innovantes". Les auteurs
mesurent l’innovation en terme d’output (nombre de brevets obtenus), ou à travers l’input les
dépenses de recherche et développement.
C’est vrai que le nombre de brevets peut être utilisé comme indicateur de nouvelles inventions
ainsi qu’une mesure de l’activité innovatrice, seulement, il présente des limites. Dans certains
cas, surtout pour les petites entreprises, acquérir un brevet peut s’avérer couteux et long à
concrétiser, alors elles préfèrent garder leurs inventions secrètes (Arundel et Kabla, 1998).
L’utilisation des dépenses de recherche et développement parait plus logique du moment où
100
Les entreprises innovantes ont soit développé et mis sur le marché un produit technologiquement nouveau ou nettement
amélioré, soit mis en œuvre un procédé de production nouveau ou nettement amélioré. Telle est la définition de l’innovation
donnée par l’organisme de coopération et de développement économique (OCDE) dans le manuel d’Oslo. Sont également
considérées comme innovantes les entreprises qui ont des projets innovants encore en cours de développement.
181
l’investissement passé en recherche et développement a un impact sur le développement et la
performance futurs de l’entreprise. Hall (2004) précise que l’historique des dépenses de
recherche et développement est un bon indicateur de la position technologique de la firme.
Les éléments incorporels mettent l’entreprise dans une situation d’asymétrie d’information et
de risque car leurs outputs sont incertains et surtout difficiles à contrôler et à en évaluer les
retombés futurs. Dans une étude sur les facteurs d’échec de certains projets d’investissement,
Mansfield et Wagner (1975) montrent que la probabilité d’échec de l’investissement dans des
actifs intangibles est plus grande que celle de l’investissement dans des actifs tangibles. Pour
Williamson (1988), l’absence d’un marché secondaire pour les éléments immatériels implique
qu’il n’existe aucune garantie à les vendre, ce qui augmente le risque d’insolvabilité de
l’entreprise et agit négativement sur ses performances futures.
V. La croissance
101
D’après Christiane Alcouffe et Yassine Louzzani, 2003, "Mesures de l’investissement immatériel: Indicateurs d’évaluation
et de performance ", LIRHE - Unité mixte de recherche CNRS/UT1, Note 381 (03-12), juillet 2003.
182
Dans une analyse portant sur 88 études de la relation croissance-profitabilité, Capon, Farley et
Hoenig (1990) trouvent que cette relation est positive et significative. Plus récemment, Cho et
Pucic (2005) montrent l’existence d’une relation positive mais faiblement significative entre
la croissance des ventes et différentes mesures comptables de la profitabilité. La relation
positive entre la croissance et la performance a été aussi confirmée par Cox, Camp et Ensley
(2002), Kim, Hoskisson et Wan (2004), Peng (2004) et Cowling (2004). Toutes ces études
utilisent le taux de croissance du chiffre d’affaire comme mesure de la croissance de la firme
et différentes mesures de la performance notamment la rentabilité économique, la rentabilité
financière et la rentabilité des capitaux propres).
Contrairement à ces résultats, Reid (1995) trouve que la relation entre la croissance et la
performance est négative. L’augmentation du taux de croissance du chiffre d’affaires
n’implique pas nécessairement l’accroissement de la performance opérationnelle ou
économique. Au contraire, des auteurs tels que Ramezani, Soenen et Jung (2002) ont trouvé
que les entreprises avec un faible taux de croissance du chiffre d’affaires affichent les
meilleures rentabilités économiques. Ces résultats confirment la remarque de Fuller et Jensen
(2002) à propos du "danger de se conformer aux pressions du marché pour la croissance".
L’étude de Roper (1999), portant sur un échantillon d’entreprises irlandaises, montre que la
croissance des ventes n’est pas statistiquement liée à la rentabilité des actifs. L’étude de
Markman et Gartner (2002) portant sur 500 entreprises et celle de Sexton, Pricer et Nenide
(2000) portant sur 75000 entreprises, au Etats-Unis, confirment les résultats de Roper (1999).
Ces deux dernières études sont conformes aux prédictions de Marris (1967)102 qui avance qu’il
y a séparation entre la croissance de l’entreprise et sa performance (theory of a growth
profitability trade off).
Malgré l’existence d’un bon nombre de justifications qui laisse à dire que la croissance cause
la performance, les recherches ne font pas l’unanimité ni sur le signe ni sur le sens de la
relation. Penrose (1959), pense que croitre ne signifie pas seulement pour l’entreprise grandir
et réussir financièrement, il s’agit d’un processus complexe. Dans la littérature sur le stade de
développement de l’entreprise103, la croissance est un processus où l’entreprise aurait à relever
plusieurs défis (restructuration, investissements matériels et immatériels, nouvelle culture
102
Cité par Davidsson, Steffens et Fitzsimmons (2007).
103
Modèle de cycle de vie ou modèle d’étapes d’évolution (stages of development literature). Pour une revue de la littérature
sur la question voir : Churchill et Lewis (1983); Greiner (1972); Hambrick et Crozier (1985); Hanks, Watson, Jansen et
Chandler (1993) et Kazanjian et Drazin (1989).
183
managériale et d’entreprise, etc.). Tous ces challenges peuvent avoir un impact négatif sur la
santé financière de l’entreprise et peuvent même causer sa faillite.
Une autre explication plus formalisée est avancée par Smith et Watts (1992): le problème de
sous-investissement (under-investment) associé à la croissance. D’autres auteurs (Hossain,
Cahan et Adams, 2000) avancent la possibilité pour les dirigeants de bâtir des empires
(empire building) (diversification par voie d’acquisitions)104. Ces deux phénomènes ont été
étudiés par Baber, Janakiraman et Kang (1996) qui concluent à l’existence d’une relation
négative entre les opportunités de croissance future et la performance de l’entreprise.
VI. L’investissement
D’une part, les chercheurs ont annoncé une association positive entre les dépenses
d’investissement et les résultats financiers de l’entreprise. Lev et Thiagaranjan (1993)
indiquent que les dépenses d’investissement sont liées positivement à la valeur comptable de
la firme. De même, Callen et al. (1996) constatent que le ratio (dépenses d’investissement
courantes / moyenne des dépenses d’investissement sur quatre ans) est associé avec des
rendements boursiers positifs. L’investissement dans l’acquisition de nouvelles
immobilisations est vital pour l’entreprise à cause de l’usure et de l’obsolescence de ces
éléments d’actif au cours du temps. Agiomirgianakis, Voulgaris et Papadogonas (2006)
montrent que le ratio investissement net / total actifs est positivement corrélé à la performance
de l’entreprise du moment où les nouveaux investissements augmentent la production et la
capacité de générer plus de liquidité.
D’autre part, des recherches plus récentes montent que l’association entre les dépenses
104
Pour une revue de la littérature exhaustive sur ces deux phénomènes, voir: Marion Hutchinson, (2002), "An Analysis of
the Association between Firms’ Investment Opportunities, Board Composition, and Firm Performance", Asia-Pacific Journal
of Accounting & Economics, Vol. 9, No. 1, pp. 17-38.
184
d’investissements et les revenus futurs n’est pas toujours positive. Echevarria (1997) examine
la performance financière d’un échantillon de sociétés industrielles de la fortune 500 au cours
de la période 1971-1990. Bien que ces sociétés aient investi des millions de dollars pour
améliorer les équipements productifs, seulement 25% de ces sociétés pouvaient obtenir une
augmentation de la rentabilité financière sur la période 1981-1990 uniquement. Kim (2001)
examine la performance financière des entreprises industrielles aux Etats-Unis. Basé sur un
échantillon d’une moyenne de 515 observations par an au cours de la période 1976-1989, Kim
ne rapporte aucune association linéaire entre les dépenses d'investissement et les futurs
revenus pour l’échantillon global. Cependant, quand l’échantillon est divisé en deux groupes:
les gagnants et les perdants, Kim constate que les sociétés du groupe des gagnants montrent
une association positive entre les dépenses d'investissement et les revenus futurs tandis que
les sociétés du groupe des perdants montrent une association négative entre les dépenses
d’investissement et les revenus futurs.
Plusieurs théories sont disponibles pour expliquer les résultats empiriques observés. La
théorie classique de l’investissement, qui puise directement sa source dans la théorie
économique néoclassique, est en connexion directe avec la théorie de la valeur, selon laquelle
la valeur d’un actif dépend des flux de liquidités qu’il contribue à générer105. Les dirigeants,
agissant dans le meilleur intérêt des actionnaires, cherchent à maximiser la richesse de
l’entreprise en entreprenant des projets d’investissement qui ont une valeur actuelle nette
positive. Cependant, la théorie d’agence (Jensen et Meckling, 1976 ; Jensen, 1986) suppose
que la relation entre dirigeants et propriétaire est source de conflit. Les premiers, mandataires
des seconds, cherchent à maximiser leur utilité personnelle au détriment de la richesse des
actionnaires et de l’entreprise en général. Pour servir leur intérêt, les dirigeants peuvent
entreprendre des investissements à valeur actuelle nette négative dans le seul but d’augmenter
les ressources à leur disposition. Les problèmes d’agence s’aggravent de plus en plus en
présence de cash flow libre à la disposition des dirigeants. Ce problème a été soulevé par
Jensen (1986, 1993) qui parle d’investissement destructeur de valeur en présence de cash flow
libre. Ainsi, l’hypothèse d’agence suggère que l’association entre les dépenses
d’investissement et la performance de l’entreprise ne pas peut être positive.
A l’exception de la théorie d’agence, Echevarria (1997) note que plusieurs autres facteurs
105
P. Boisselier (1993, p. 46) cite la définition de P. Massé (1959, p. 1), où celui-ci considère l’investissement comme
"L’échange d’une satisfaction immédiate et certaine à laquelle on renonce, contre une espérance que l’on acquiert et dont le
bien investi est le support".
185
peuvent expliquer la relation négative entre l’investissement et la valeur de la firme. Les
conditions inattendues du marché telles que des changements de goût et de préférence des
consommateurs peuvent affecter les conditions de la demande. De même, les changements
inattendus des concurrents peuvent affecter les conditions d’approvisionnement. Tous ces
facteurs peuvent contribuer à l’échec des projets d’investissement.
VII. L’exportation
Un autre résultat commun à ces études est la prime d’exportation, cette dernière s’accroissant
lorsque les exportations représentent un pourcentage plus grand du chiffre d’affaires de
l’entreprise. Contrairement au résultat précédent, les firmes qui exportent bénéficieraient de
gains d’apprentissage plus importants que les firmes limitées aux marchés domestiques
(Westphal, 1990, Pack et Page, 1994 et Nelson et Pack, 1999). Certains travaux ont
approfondi la question de l’existence de ce lien causal. Il en ressort des résultats moins
consensuels. D’un coté, les effets d’apprentissage sont réfutés dans les travaux de Bernard et
Jensen (1999) sur données d’établissements américains, Bernard et Wagner (1997) sur
données allemandes et Delgado et al. (2002) sur données de firmes espagnoles. D’un autre
coté, Castellani (2002) sur données italiennes et Girma et al (2004) sur données britanniques
trouvent que les firmes exportatrices bénéficient de gains de productivité réguliers à leur
entrée sur les marchés d’exportation. De plus, ces gains de productivité apparaissent d’autant
plus importants que les entreprises font état d’une forte intensité d’exportation.
Tout en étant un thème ancien et déjà largement exploré, la question de l’exportation connaît
un regain d’intérêt. C’est le résultat du mouvement d’ouverture des marchés nationaux depuis
106
Wagner (2006) met en évidence une relation forte entre performance à l’exportation et efficience productive.
107
Bernard, A., Eaton, J., Jensen, B. and Kortum, S. (2003). "Plants and Productivity in International Trade", American
Economic Review, Vol. 93, pp. 1268-1290.
186
les années quatre-vingt avec les nouveaux accords multilatéraux (Organisation mondiale du
commerce) ou régionaux (Union européenne, Association de libre échange nord-américaine).
Dans cette nouvelle logique économique de spécialisation des échanges, la tentation se fait
fort d’inciter les entreprises à exporter. Les grandes entreprises ne sont plus aujourd’hui les
seules concernées. Les petites et moyennes entreprises (PME) sont aussi concernées dans la
mesure où elles disposent des "potentialités à l’exportation". En effet, l’internationalisation est
entrée dans les mœurs et l’ensemble du tissu économique y participe.
D’après Mueller (1986) "il y a une tendance à la persistance de la performance sur plusieurs
années". Ceci est la preuve qu’il existe une relation entre les performances passées et les
performances actuelles de l’entreprise. Schumacher et Boland (2005) expliquent le lien entre
108
Cité par Cœurderoy (1996).
187
performances passées et performances actuelles par la recherche d’un niveau optimal de
performance ajusté aux caractéristiques propres de chaque entreprise ainsi qu’au marché
auquel elle appartient. Une entreprise qui réalise de bonnes performances au cours d’une
année donnée a de fortes chances de garder le même niveau de performance les années qui
suivent.
IX. La profitabilité
La théorie des préférences hiérarchisées de financement affirme qu’en raison des asymétries
d’information, les entreprises préfèrent se financer par fonds propres internes.Il en découle
une relation négative entre la profitabilité et l’endettement (Dubois (1985), Booth et Al
(2001), Harris et Raviv (1991), Rajan et Zingales (1995), Titman et Wessels (1988), Allen et
Mizunot (1989), Huang et Song (2006), Akhtar (2005), Cassar et Holmes (2003), Dessi et
Robertson (2003), Suto (2003)). Récemment, Chakraborty (2010) montre que les entreprises
qui réalisent des profits faibles ont des ratios d’endettement élevés, et que la théorie des
préférences hiérarchisées de financement explique largement la structure du capital en Inde,
notamment après les réformes financières entreprises dans ce pays. De même, Yang et Al
(2009) trouvent une corrélation négative entre la profitabilité des entreprises Taïwanaises et
leur ratio d’endettement mesuré en valeur de marché.
Inversement, la théorie de compromis affirme que les entreprises les plus profitables sont les
plus aptes à s’endetter pour tirer pleinement profit des économies d’impôt liées à
l’endettement (Kremp et Stoss (2001) et Fama et French (2002)).
L’étude de Jain et Kini (1994) est menée sur un échantillon de 682 sociétés introduites en
bourse sur la période 1976-1988. Un échantillon de contrôle est composé de sociétés
appartenant au même secteur d’activité. Les auteurs mettent en évidence que les sociétés
introduites enregistrent des performances économiques supérieures aux sociétés de
188
l’échantillon de contrôle l’année précédant. Mais ces bonnes performances ne sont pas
maintenues sur les trois années suivant l’introduction en dépit de taux de croissance des
ventes et de dépenses d'investissement supérieures à celles de l’échantillon de contrôle.
Sur le marché japonais, Cai et Wei (1997) puis Kutsuna et al. (2002) mesurent une
détérioration des performances économiques sur respectivement 180 sociétés cotées au
JASDAQ sur la période 1971-1992 et 247 sociétés cotées en 1995 et 1996. Le désengagement
des actionnaires dirigeants lors de l’introduction (le taux de rétention est de 60% en
moyenne). Les résultats des deux études diffèrent: les travaux de Cai et Wei (1997) invalident
l’hypothèse d’agence et concluent à un effet timing de l’introduction. Ceux de Kutsuna et
al.(2002) offrent des résultats similaires à ceux de Jain et Kini (1994) : le taux de rétention des
dirigeants ainsi que la présence de sociétés de capital risque après l’introduction influencent
189
significativement le taux de croissance des ventes et du résultat courant. L’âge et la taille
jouent également un rôle.
Les travaux de Kim et al. (2002) tentent d’apporter un éclairage aux résultats divergents
observés dans les études précitées: le lien entre performances économiques et taux de
rétention de l’actionnariat dirigeant est modélisé par une relation non linéaire. Les auteurs
étudient 133 introductions en bourse d’entreprises thaïlandaises sur la période 1987-1993. Ce
marché a pour spécificité un actionnariat très concentré, typique des pays asiatiques
émergents (poids important des familles et des banques dans l’actionnariat). Les performances
économiques déclinent après l’introduction en bourse sans que le niveau des ventes ou celui
des dépenses d’investissement permette de l’expliquer. En revanche, le modèle non linéaire se
révèle explicatif de la variation des performances économiques : pour de faibles et forts taux
de rétention (inférieur à 31% et supérieur à 71%), le déclin du résultat d’exploitation est
d’autant plus faible que le taux de rétention est élevé. Pour des taux intermédiaires (compris
entre 31% et 71%), le déclin du résultat économique augmente avec le taux de rétention. La
taille et l’âge ont également une influence positive sur la variation de performance
économique.
Enfin, sur le marché européen, Sentis (2001) a étudié les performances économiques d’un
échantillon de 61 sociétés introduites en bourse sur le premier et le second marché français sur
la période 1991-1995. Chaque entreprise de l’échantillon est paire avec une entreprise cotée
de même secteur d’activité et de taille similaire (capitalisation boursière). L’auteur met en
évidence que les sociétés introduites enregistrent un déclin de la rentabilité économique qui se
réduit au fil du temps. Les résultats sont globalement moins significatifs que ceux obtenus sur
le marché américain. Pour expliquer ce déclin des performances économiques, l’auteur teste
le lien entre ces dernières et la fraction de capital introduite sur le marché : aucune différence
significative entre les deux groupes de sociétés n’est recensée. La période d’étude n’est pas
marquée par un cycle d’introduction en bourse très important, d’où une taille d’échantillon
relativement réduite. L’étude de Pagano et al. (1998) s’intéresse aux déterminants et aux
conséquences de l’introduction en bourse sur un échantillon composé de 69 entreprises
italiennes: le déclin de performance économique est compris entre 1.5% et 3%.
Il y a lieu de noter qu’aucune des études précédentes n’a effectué de pairage avec des
entreprises non cotées pour d’identifier l’impact réel de l’admission à la cote sur les
performances économiques.
190
Tableau n° 3.3 : Etudes empiriques sur les performances économiques (PE) des sociétés faisant l’objet d’une introduction en bourse (IB)
Etudes Echantillon Echantillon de Variables de Variables de Variables de structure Résultats Déclin Hypothèse
et période contrôle Critères performances contrôle d’actionnariat des PE retenue
d'étude de pairage économiques (PE)
MARCHE AMERICAIN
Jain et Kini 682 IB sur Secteur d’activité Résultat économique/ Taux de rétention des Entre 2.91% et Hypothèse
(1994) 1976-1988 : 2 ou 3 chiffres total actifs. (Résultat Taux de croissance dirigeants et des sociétés 10.53% Hausse des d’'agence
fenêtre (n-1) ; du code SIC économique– dépenses des ventes. Taux de de capital risque post-IB ventes et des
(n+3) d’investissement)/total croissance de (alpha) dépenses
actifs rotation des actifs. d'investissement
Taux de croissance Lien positif entre PE
des dépenses et alpha
d'investissement
Mikkelson, 283 IB sur Secteur d'activité Résultat économique/ Taille de l'entreprise Part détenue par le Entre 8% et 10% Hypothèse
Partch, Shah 1980-1983 (2 à 4 chiffres total actifs. : total actifs post IB. dirigeant, le comité Lien avec positif du
(1997) fenêtre (n-1) ; SIC) Total actifs Résultat économique Age de l'entreprise exécutif et le conseil âge et taille : effet timing
(n+10) post-IB PE en (n- /Ventes Fraction de titres d'administration. "cycle de vie".
1) existants introduite Taux de désengagement
Part détenue par autres
actionnaires : sociétés de
capital-risque,
compagnies
financières et non
financières, actionnaires
détenant + de 5%.
Changement dans la
composition du CA et
turnover
191
MARCHE ASIATIQUE
Kim, 133 IB sur le Secteur Résultat Ventes / total actifs Taux de rétention de 70% en n+3 Hypothèse d’agence
Kitsabunnarat, marché Thaï, d'’activité économique/ total Dépenses l’actionnariat dirigeant Relation non et hypothèse
Nofsinger (2002) 1987-1993 actifs. (Résultat d’investissement (alpha) Modélisation linéaire entre alternative
fenêtre (n-1) ; économique+ non linéaire (cubique) PE et alpha d'enracinement suivant
(n+3) amortissement)/ de lapha la part des dirigeants
total actifs (relation cubique)
Cai et Wei (1997) 180 IB au Taille Secteur Résultat Ventes Dépenses Fraction de titres Entre 1.9% et Hypothèse du timing
JASDAQ sur d’activité courant.total actifs, d’investissement introduite Taux de 4%
1972-1992 Performance Résultat rétention et taux de
économique / total désengagement de
actifs, Cash flow / l'actionnariat dirigeant
total actifs
Kutsuna, 247 IB au Secteur Ventes Résultat Part détenue par les Hypothèse d’agence
Okamura, JASDAQ sur d'activité courant, Bénéfice dirigeants, les banques,
Cowling (2002) 1995-1996 Résultat courant / les sociétés de capital-
fenêtre (n-5) ; ventes risque pre et post IB
(n+3) Taux de
désengagement
MARCHE FRANÇAIS
Sentis (2001) 61 IB sur Taille Résultat Total dettes / total Fraction de titres Entre 0.14% et Validation partielle
1991-1995 (capitalisation économique /total actifs. introduits en bourse 4.8%.Pas de lien des hypothèses
fenêtre (n-1) ; boursière) actifs Disponibilités/total entre fraction de d'agence et du signal
(n+2) Secteur actif titres et PE
d’activité
Source : synthèse effectuée par nos soins des travaux de divers auteurs cités dans ce travail * n : année de l’introduction.
192
Conclusion du chapitre
D’après Van Caillie, (1997), la réflexion académique relative au choix d’une structure
financière a connu trois approches : l’approche classique, l’approche néo-classique et
l’approche de la "théorie moderne de la firme":
109
Hirigoyen G., Jobard J.P., (1997), dénombrent, dans le cas français, les instruments traditionnels de financement (fonds
propres, crédits aux entreprises, …), et les nouveaux instruments que sont les actions à dividendes prioritaires sans droit de
vote, les obligations à bon de souscription d’action, les crédits d’exploitation issus de l’application de la loi Daily.
110
L’entreprise en tant que boite noire est celle à acteur unique de l’école classique recherchant, de façon mécanique, le
maximum de profit de l’entrepreneur à partir d’une fonction de production. L’entreprise contractuelle est considérée comme
un nœud de contrats où, dans une relation d’agence généralisée, les divergences d’intérêts, entre principal
(actionnaire/créancier) extérieur et leurs mandataires internes (dirigeants/actionnaires, salariés), détournent ces derniers de
l’objectif fondamental de maximisation de la richesse du premier considéré comme le créancier résiduel. L’entreprise
partenariale considère tous ceux qui apportent des ressources (dirigeant, salariés, clients, actionnaires, créanciers,
fournisseurs, public) comme des créanciers résiduels et par conséquent des ayant-droits au surplus réalisé ; leur rémunération
étant en deçà de leur coût d’opportunité c’est à dire du prix des ressources apportées établi sur un marché concurrentiel.
193
- Le marché parfait demeure la grande invention de la théorie néo-classique, qui a été
formalisée par le fameux article de Modigliani et Miller de 1958;
- La théorie moderne quant à elle s’est fixée comme objectif de dépasser le cadre théorique
néo-classique restrictif en abandonnant les principales hypothèses de base de ce cadre.
- La théorie du Trade -Off fondé sur l’existence d’une structure financière optimale: Elle est
née des travaux de Myers S. (1984) et contient aussi deux phases d’élaboration: la première
phase ou la théorie du Trade –Off statique a inséré au modèle de (M.M) l’incidence du coût
de faillite112 et parvient à la détermination d’un taux d’endettement optimal. Dans ce cas,
111
Selon l’orthodoxie financière, la viabilité d’une structure financière est mesurée par l’équilibre financier selon le principe
que les emplois doivent être financés par les ressources de même échéance. Ce qui garantit un fonds de roulement pour le
financement du besoin en fonds de roulement et pour espérer à une trésorerie.
112
La faillite d’une entreprise est la procédure judiciaire qui suit la défaillance. Elle engendre des coûts directs (frais
d’avocat, d’administration provisoire avant liquidation ou réorganisation…), et indirects (perte de clientèle et des
194
l’augmentation de la dette provoque, outre l’effet de levier financier sans impact sur la valeur
de l’entreprise, un effet négatif du coût de la faillite. D’où une réduction de la valeur par
rapport au modèle (M.M). La deuxième phase qui prend en considération les coûts d’agence
pour riposter aux critiques113 proclamées à la première phase : selon Jensen M.C., Meckling
W.H., 1976, (p.312), la relation d’agence a aboutit à deux catégories de coûts à savoir les
coûts d’agence des fonds propres (c’est à dire les dépenses faites par les actionnaires pour
infléchir à leur cause les déviations opportunistes des dirigeants) et les coûts d’agence des
dettes ou dépenses engagées par les créanciers pour discipliner, à leur cause, les actionnaires
(y compris les dirigeants). En effet d’après ces auteurs, le recours à l’endettement est un
moyen de discipliner par le marché financier les dirigeants, c’est à dire de réduire les coûts
d’agence des fonds propres et d’augmenter la valeur de l’entreprise. Par la même occasion,
cet endettement crée des coûts d’agence de la dette qui diminuent la valeur de l’entreprise. Au
bout du compte, la valeur de l’entreprise dépend du solde de ces deux effets contradictoires
dus à l’endettement.
Dans le modèle de la hiérarchie appelé théorie Pecking-Order, ce modèle est basé sur le
caractère résiduel de la dette. Il est issu des travaux de Myers S., (1984) et de Myers S.,
Majluf N., (1984) (Hyafil A., 1995), ce modèle établit une hiérarchisation décroissante des
modes financement des entreprises qui choisissent de passer par l’autofinancement, les dettes
(y compris les titres hybrides) et enfin les émissions des actions nouvelles114. En effet et selon
ces auteurs, ce modèle aboutit à la conclusion selon laquelle le taux d’endettement cible n’est
pas important car la dette est sollicitée en période d’expansion où l’investissement nécessaire
pour les projets rentables (c’est à dire à valeur actuelle nette positive) est supérieur à
fournisseurs par suite de la perte de confiance, baisse du chiffre d’affaires,…). La défaillance est l’état d’une entreprise
incapable d’honorer son service de la dette.
113
Harris M., Raviv A., (1991), Rajan R.G., Zingales L., (1995), Kester C., (1986), etc. montrent que le caractère plus ou
moins spécifique des actifs est un élément déterminant des coûts de faillite et partant de la structure financière (confirmation
de la thèse de Williamson O.E, 1988) ; les coûts indirects étant plus importants pour les actifs intangibles que pour les
tangibles. Ainsi le modèle ne donne pas une explication des différences d’endettement intrabranche. En outre, la relation
rentabilité- endettement et l’adaptation graduelle vers le taux d’endettement optimal restent ambiguës.
114
Pourquoi ces préférences ? L’autofinancement évite d’affronter le marché, de fournir l’information sur des projets
stratégiques, de se justifier devant les investisseurs, d’augmenter le surplus organisationnel destiné aux salariés par suite
d’une économie sur les dividendes ; l’endettement par rapport à l’émission des actions nouvelles a un contenu informatif
positif (voir Leland H, Pyle D., 1977, et Ross .A. 1977 pour plus de détails sur la théorie des signaux), avec, en outre,
l’enchérissement de ces actions par l’existence des primes d’émission.
195
l’autofinancement; le besoin de financement externe (surplus de l’investissement nécessaire
sur l’autofinancement) étant la limite de l’endettement pour une entreprise qui peut aussi faire
recours aux actions nouvelles.
Les travaux de Becker et Wurgler (2002) conduisent à l'émergence d'un nouveau cadre
théorique connu sous le nom "Market Timing Theory". Dans le cadre de cette théorie, les
firmes émettent des actions lorsque les prix du marché sont élevés et rachètent leurs titres
lorsque leur valeur est faible sur le marché.
Le premier cadre théorique est appelé la théorie de Trade Off Theory (TOT). En effet, la prise
en compte de la fiscalité et des coûts de faillite ont permis de proposer l'existence d'un ratio
optimal de dette (Target Ratio).
Le deuxième cadre théorique qui a contribué à expliquer le comportement financier des firmes
s’exprime dans la théorie du financement hiérarchique ou "Pecking Order-Theory" (POT).
Le troisième cadre théorique a donné lieu à la naissance d’une théorie connue sous le nom "
Market Timing Theory"(MTT). D’après cette dernière, les entreprises émettent des actions
lorsque les cours d’actions sont élevés et /ou le contexte boursier est favorable, puis elles
émettent des dettes et rachètent des actions quand les cours sont en baisse et /ou la bourse est
déprimée.
Ces trois théories, qui ont permis d’analyser les déterminants de la structure du capital des
entreprises et leurs impacts sur l'endettement, restent complémentaires d’après les auteurs de
la finance de l’entreprise.
Dans ce chapitre, nous avons procédé également à la présentation des travaux théoriques et
empiriques relatifs qui ont identifié des déterminants potentiels de la performance
économique des entreprises.
196
l’introduction en bourse les inciterait à entreprendre des projets contraires aux intérêts des
autres actionnaires. Il pourrait s’expliquer, en second lieu, par un timing de l’introduction en
bourse: les dirigeants choisiraient d’introduire l’entreprise au moment où les performances
économiques sont anormalement élevées. Enfin, les dirigeants pourraient être susceptibles à
pratiquer une gestion du résultat visant à surestimer ce dernier avant l’introduction. Les
résultats empiriques des études précitées divergent quant à l’explication de ce déclin.
197
CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE
Pour rappel, cette première partie de notre travail de recherche avait pour principal
objectif d’observer, sur le plan théorique, la place que le marché boursier a réservée au
financement des PME. A cet effet, trois chapitres ont été accomplies.
- Soit des critères quantitatifs (total du bilan, chiffre d’affaire, effectif etc.) qui permettent de
cerner plus facilement la notion de PME dans l’objectif de lui appliquer des politiques
économiques ou fiscales mais qui, en même temps, refusent de pénétrer à l’intérieur;
- Soit, des critères qualitatifs qui sont, à notre sens, plus pertinents puisqu’ils mettent en
évidence l’aspect humain lié à l’entreprise. En effet, la culture managériale du dirigeant
demeure l’invariant fondamental qui permet de différencier la PME de la grande entreprise.
De plus, ce chapitre, nous a permis de remarquer que la majorité des PME marocaines est
sous-capitalisées car dans leurs gestions financières elles se basent sur le financement en
fonds propres souvent faibles ne permettant pas de réaliser un programme d’investissement
équilibré. Ainsi, les PME utilisent trop les découverts bancaires et les facilités de caisse et
d’autres prêts à court terme pour financer l’investissement aggravant leur déséquilibre
financier. Dans ce sens, on peut dégager les caractéristiques financières des PME à savoir une
faible planification financière; une gestion opérationnelle de financement largement
informelle; et un contrôle de gestion quasi inexistant.
L’accès aux moyens de financement classiques est subordonné à la capacité des entreprises à
présenter des garanties réelles, non liées à la fiabilité des projets (caution solidaire du chef
d’entreprise, hypothèques sur des biens non économiques, nantissements etc.). Cette situation
pousse les PME de recourir à d’autres moyens de financement alternatifs tel que le marché
198
boursier.
Le deuxième chapitre a été l’opportunité de montrer que malgré le rôle important que
jouent les PME dans l’économie surtout dans le domaine de l’absorption du chômage et de
la création de richesse. Mais, ce rôle reste limité à cause des difficultés et des problèmes
que connaissent ces petites et moyennes entreprises et notamment celui du financement,
ce qui entraîne un retour en arrière de son efficacité au niveau national et au niveau
international.
De plus, les PME manquent de moyens techniques et financiers et elles ont souvent un
capital humain en manque d'encadrement et de formation. Ceci se traduit le plus souvent
par une dégradation de la performance des PME marocaines, un manque de compétitivité
et un taux d'échec élevé.
Ainsi, la tache devient de plus en plus complexe avec les conditions sévères des créanciers
qui exigeront des rémunérations du risque, ce qui se répercute sur le coût des sources et
par conséquent sur le coût global du capital. Toutefois, en pratique, l’autofinancement
s’avère avantageux par rapport aux autres ressources. En effet, ce type de financement est
disponible, non remboursable, moins coûteux et constitue un signal pour le marché sur les
performances de l’entreprise.
199
et la perte de l’autonomie financière. Les fonds propres externes sont nécessaires pour le
financement et ont des effets aussi bien sur le plan micro-économique que macro-
économique.
Dans ce deuxième chapitre, nous avons essayé également de passer en revue les principaux
avantages d’une introduction en bourse, aussi bien pour l’entreprise que pour ses actionnaires
fondateurs, ainsi que les contraintes et les coûts explicites et implicites qui en découlent.
Quant aux coûts de l’introduction, ils sont de deux types à savoir les coûts directs ou
explicites (frais de publicité, frais administratifs, rémunération des intermédiaires, etc.) et les
coûts indirects ou implicites (sous-évaluation des actions et perte de la confidentialité).
La décision d’introduction en bourse, doit en principe découler d’un arbitrage entre les
avantages et les inconvénients analysés ci-dessus. Mais cette décision est tellement importante
qu’elle doit être considérée comme un choix stratégique et rational qui prend en considération
tous les tenants et les conséquences de ce mode de financement.
Au passage en revue des dispositifs de financements disponibles pour les PME, on est à priori
surpris que la multiplicité et la diversité des lignes de crédit destinées aux PME n’aient pu
résoudre la problématique liée au financement de ce genre d’entreprise.
Mais l’absence d’une information complète sur les possibilités de financement et un manque
de maitrise des modalités et des spécificités de chacun des dispositifs de financement les rend
moins accessibles à un certain nombre d’entrepreneurs. De même les coûts des crédits et les
garanties exigées par les banques sont souvent insupportables pour les PME.
En outre, les lignes de financement étrangères sont jugées peu adapter aux PME. Les prêts
sont négociés par l’administration et ne touchent qu’une faible minorité parmi cette catégorie
d’entreprise. Ces prêts répondent aux besoins de certaines entreprises mais ils sont également
conçus pour réaliser certains objectifs notamment commerciaux des pays qui les mettent en
place sans trop se préoccuper des besoins réels de l’ensemble des PME en tant qu’entité.
200
De plus, l’accès à ce genre de financement est limité aux PME les plus structurées qui peuvent
prétendre à un volume de prêt assez élevé. Il est également compliqué à cause de son
éparpillement entre différentes institutions. Le capital-risque pourrait atténuer les problèmes
de l’insuffisance des fonds propres, mais il est encore peu développé au Maroc, en particulier
pour les PME.
D’un point de vue légal, les préalables à l’introduction en bourse d’une PME sont difficiles.
Néanmoins, les avantages de ce type d’opération sont à terme bénéfiques, aux motifs que les
PME ont la possibilité de :
En fin, le troisième chapitre nous a donné la possibilité de noter que les grandes entreprises
cotées ont été l’objet de plusieurs études théoriques et empiriques relatives aux déterminants
de leurs structures financières. Toutefois, cette littérature abondante reste limitée pour les
PME cotées.
Par ailleurs, le terme financement des entreprises contient deux éléments interdépendants:
Selon Van Caillie, (1997), la réflexion académique relative au choix d’une structure
financière a connu trois approches : l’approche classique, l’approche néo-classique et
l’approche de la "théorie moderne de la firme":
- La théorie moderne, quant à elle, s’est fixée comme objectif de dépasser le cadre théorique
néo-classique restrictif en abandonnant les principales hypothèses de base de ce cadre.
201
De plus, le modèle de Modigliani et Miller (1958) a donné lieu à plusieurs réflexions
théoriques relatives à la valeur de la firme. En effet, la théorie du Trade-Off et la théorie du
Pecking Order, qui en sont issues, traduisent davantage le changement des comportements
financiers des entreprises. Dans ce sens, ce chapitre a permis de différencier deux modèles à
savoir le modèle de compromis de celui de la hiérarchie.
Dans le modèle de la hiérarchie appelé théorie Pecking-Order ce modèle est basé sur le
caractère résiduel de la dette. Il est issu des travaux de Myers S., (1984) et de Myers S.,
Majluf N., (1984) (Hyafil A., 1995), ce modèle établit une hiérarchisation décroissante des
modes financement des entreprises qui choisissent de passer par l’autofinancement, les dettes
(y compris les titres hybrides) et enfin les émissions des actions nouvelles.
Dans ce troisième chapitre, nous avons procédé également à la présentation des travaux
théoriques et empiriques relatifs qui ont identifié des déterminants potentiels de la
performance économique des entreprises.
202
DEUXIEME PARTIE
SOUBASSEMENTS EMPRIQUES
203
INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE
La décision d’introduction en bourse résulte de la confrontation entre les freins apparents
ou réels (nécessité d’une ouverture sur l’extérieur, risque de perte d’indépendance des
actionnaires-dirigeants, contraintes de la procédure d’introduction, coûts de l’opération,
incidences sur la politique de l’entreprise…) et les avantages escomptés par les
actionnaires et les dirigeants pour la société (recours au marché financier pour le
financement des investissements, notoriété, rapprochement avec d’autres sociétés,
intéressement et actionnariat du personnel…) et pour eux-mêmes ( obtention de liquidités,
négociation du titre plus aisée, consécration de leur réussite…).
Avec leur structure managériale qui laisse à désirer et leur importante sous-capitalisation,
les PME trouvent des difficultés à se débarrasser de cette situation. Actuellement, ces
unités productives se caractérisent par une structure financière déséquilibrée, une
organisation centralisée et personnalisée.
Ce n’est pas la réticence ou la prudence des fournisseurs de crédits qui constituent les
obstacles. Mais surtout le manque d’enthousiasme des banques pour le financement de ces
entreprises qui est tributaire du style de management de l’entreprise et du manque de
transparence dans les états financiers. Une situation d’autant plus paradoxale que le
marché financier marocain dispose d’une palette de produits financiers variés, allant des
lignes bancaires aux financements via le capital risque. Et le moins que l’on puisse dire,
c’est que les PME marocaines ne tirent pas suffisamment profit de la diversification de
l’offre disponible.
Le marché boursier marocain est dominé majoritairement par les banques, les assurances,
les sociétés de financement et autres grandes entreprises. L’étroitesse de ce marché et
l’incapacité de ces PME à respecter les conditions exigées en termes de communication,
204
de taille et de règles de bonne gouvernance sont les facteurs principaux qui entravent
l’accès à ce mode de financement.
Etudier la question du financement des PME sur le marché financier marocain revient
dans un premier temps à mettre en évidence les différentes sources et lignes de
financement existences, et analyser en second lieu les contraintes légales et réglementaires
d’introduction en bourse de ces entreprises et contraintes y afférentes.
Une enquête menée par Norton (1991) auprès d’un échantillon de PME américaines en
croissance révèle que les coûts de faillite, d’agence et d’asymétries d’information
n’expliquent pas la structure du capital. Seul le modèle de préférence hiérarchique
explique leurs choix financiers. A l’inverse, Colot et Michel (1996) considèrent que la
théorie de l’agence est la seule théorie financière pouvant s’appliquer aux petites et
moyennes entreprises. Les variables identifiées divergent et ne font pas l’unanimité. Les
résultats empiriques sur la structure du capital dans les PME n’autorisent pas à émettre
des hypothèses claires sur la pertinence des théories mobilisées. Les conclusions quant à
l’applicabilité de la théorie financière aux PME sont, par conséquent ambiguës. La
205
recherche financière sur le sujet s’est souciée de rapprocher les modèles financiers
fondateurs aux spécificités des PME.
Par ailleurs, une nouvelle approche du financement des entreprises a remis en cause l’idée
de l’homogénéité des structures en constatant la diversité des entreprises et son impact sur
les relations de financement (Rivaud Danset, 1992 ; Paranque, Rivaud Danset et Salais,
1994, Paranque et Rivaud Danset, 1998). Cette conception du financement semble tr aduire
mieux la réalité des PME, qui réussissent à se développer malgré un accès difficile aux
marchés financiers et un rationnement par les marchés de crédits.
Dans la première partie, nous avons présenté les soubassements théoriques du financement
des PME et les modèles fondateurs de la littérature financière relative à la structure de
financement par le marché boursier. Cette deuxième partie sera structurée de la manière
suivante. Le quatrième chapitre est consacré à l’étude de l’approche théorique de la
performance financière de l'entreprise et à l’analyse de la performance financière de
certaines PME cotées en bourse. Le cinquième chapitre comportera une analyse financière
comparative des indicateurs de performances d’un échantillon d’entreprises formé par des
PME et de grandes entreprises cotées à la BVC. Et le sixième chapitre est réservé à
l’étude empirique de l’effet de l’introduction en bourse sur les indicateurs de
performances financières des PME marocaines cotées. Cette étude empirique amorcera par
une analyse statistique des ratios financiers retenus sur un échantillon des PME
marocaines nouvellement introduites en bourse durant la période allant de n -3 à n+6 avec
n est la date d’introduction en bourse, et complétée par étude économétrique sur l e même
échantillon considérée.
206
CHAPITRE 4: APPROCHES THEORIQUES DE LA
PERFORMANCE FINANCIERE DES PME COTEES EN
BOURSE
Introduction
Dans ce chapitre, nous allons essayer de percevoir l'incidence de l’introduction en bourse sur
la structure financière des entreprises marocaines et par conséquent sur leurs performances
financières en établissant une étude statistique des PME cotées en bourse. Pour ce faire nous,
la première section présentera l’aspect théorique de la structure financière de l’entreprise, les
critères pour choisir un tel moyen de financement et les sources de financement des
entreprises marocaines. La seconde section abordera la structure financière des entreprises
marocaines, le cadre théorique de la performance des entreprises et leurs modes d’évaluation.
Et la dernière section analysera la performance financière des PME marocaines cotées à la
BVC.
La réflexion sur la structure financière d'une entreprise dans une optique micro-économique
nous amène à rechercher un optimum dans le rapport endettement / capitaux propres qui
minimise le coût moyen pondéré du capital. Plusieurs études sur la structure financière des
entreprises ont été faites depuis Modigliani et Miller (1959), qui considèrent que la structure
n'a pas d'impact sur la valeur de l'entreprise, cette neutralité à été fortement critiquée par les
207
traditionalistes qui soutiennent la thèse de l'existence d'une structure financière optimale c'est-
à-dire que la valeur d'une entreprise dépend de sa structure financière. Pour maximiser la
valeur d'une entreprise, il faudra minimiser le coût moyen des ressources investies. Becker et
Wurgler (de 1968 à 1998) montrent que les entreprises peu endettées ont été celles qui ont
procédé à des augmentations de capital quand leur valorisation relative (mesurée par le
rapport valeur des capitaux propres / montant comptable des capitaux propres) était généreuse
et vice-versa.
I. La position traditionnelle
Cette position soutient la thèse de l'existence d'une structure financière optimale (minimiser le
coût moyen des ressources pour maximiser la valeur d'une entreprise). D. Durant procède à
l'évaluation des entreprises de deux façons, il s'est basé sur quatre hypothèses:
- Le rapport entre les capitaux empruntés et les capitaux propres peut être modifié à tout
instant ;
Il n'existe de structure optimale que si le financement des entreprises est intégralement assuré
par la source la moins onéreuse. Le niveau d'endettement judicieusement choisi qui permet
d'obtenir le plus faible coût moyen du capital, est le seul déterminant de la valeur de
l'entreprise.
115
Net Income.
116
Net operating Income.
208
- Le coût de capitalisation des actions coupons attachés varie selon les variations du risque
financier associé au degré d'endettement de l'entreprise.
Cette approche aboutit à la conclusion que la valeur de la firme et que le coût global du
capital sont indépendants de la structure financière.
La théorie de Modigliani et Miller (M et M) repose sur le fait que la valeur d'une firme est
fondamentalement liée à sa capacité bénéficiaire et donc la structure financière n'a aucune
incidence sur la valeur de la firme. Dans un marché parfait Modigliani et Miller ont montré la
non-pertinence de la structure financière:
- La structure financière choisie par l'entreprise ne peut pas modifier sa valeur. Peu importe la
façon dont cette structure est partagée entre la dette, les capitaux propres et autres titres de
créance, la valeur du placement se maintient;
La valeur d'un actif est conservée intacte indépendamment de la façon dont on subdivise cet
actif. D'où l'utilité de la proposition I : c'est le côté gauche du bilan -les actifs réels- qui
détermine la valeur d'une entreprise et non les proportions des titres d'emprunts et de capitaux
qu'elle a émis. Cette loi a une portée générale, elle s'applique à la décision suivante: doit-on
émettre des actions privilégiées, des actions ordinaires ou une combinaison de ces deux titres?
Une fois la valeur totale est déterminée, les actionnaires n'ont pas à se soucier de la façon dont
la découpe a été faite.
Dans le même ordre d'idées, le choix de l'emprunt (long terme contre court terme, garantie
contre non garantie, prioritaire contre subordonnée et convertible contre non convertible,
n'aura aucun effet sur la valeur de l'entreprise. La réunion des actifs puis leur division
117
La valeur actualisée des actifs A et B est égale à la valeur actualisée de l'actif A plus la valeur actualisée de l'actif B.
118
Mustapha Benmahane, thèse de Doctorat, "Les entreprises marocaines face aux nouveaux modes de financement
"Université Mohamed V juillet 2005.
209
n'affectent pas les valeurs tant que ces deux opérations ne modifieront pas le choix d'un
investisseur.
- L'utilisation de l'endettement se traduit, une fois la fiscalité prise en compte, par une
augmentation de la valeur de l'entreprise. Cet avantage provient du fait que le système fiscal
traite plus favorablement les revenus de la dette que ceux des actions;
- Le coût moyen des ressources est également affecté par cet avantage: réduction du coût du
capital qui provient du fait que l'entreprise économise ses ressources.
L'endettement peut donc augmenter la valeur d'une entreprise et diminuer le coût de ses
ressources à travers la fiscalité. La dette est privilégiée par le fisc, puisque les intérêts sont
déductibles du bénéfice imposable. Selon le principe de l'additivité de la valeur, la valeur
d'une entreprise endettée est supérieure à celle entièrement financée par fonds propres.
Une autre analyse effectuée par (M et M) inclut la présence de l'impôt sur les résultats et nous
permet de déduire que:
- Le financement par emprunts est toujours préféré à celui des capitaux propres;
- La valeur d'une firme est d'autant plus grande qu'elle est endettée;
119
Il s'agit en l'occurrence des théories du bénéfice net et du bénéfice net d'exploitation.
120
Il s'agit des auteurs suivants : Simon, Gyert, March, Liesbenstein et Chandler.
210
- La stratégie optimale consiste à s'endetter le plus possible, tant que les prêteurs acceptent de
lui fournir des fonds à des taux sans risques.
En 1977 ROSS121 affirme que la relation d'agence apparaît entre deux individus ou plus,
lorsque l'un l'agent ou mandataire agit comme représentant pour le compte du second désigné
comme le principal ou mandant.
En 1976 Jensen et Meckling étaient très précis en mentionnant que la relation d'agence est "un
contrat par lequel une ou plusieurs personnes, principal ou mandant, engage une autre
personne, l'agent ou mandataire, pour accomplir des services en son nom, service qui
implique la délégation du pouvoir de décision au profit de l'agent". L'entreprise se caractérise
donc par des relations d'agence entre les détenteurs de capitaux, les créanciers et les
dirigeants.
Les dirigeants d'entreprises et les actionnaires ont les mêmes objectifs selon le contrat qui les
unit, mais en termes d'utilité personnelle ils s'opposent, car les dirigeants cherchent à
maximiser leurs fonctions d'utilité et de ce fait ils n’agissent pas dans l'intérêt des actionnaires
qui aspirent à la maximisation de leur richesse. Nous constatons que les intérêts des différents
acteurs sont divergents, ainsi le principal va devoir mettre en place des systèmes d'incitation
et de surveillance à l'encontre de l'agent, ce qui va générer des coûts d'agences (coûts de
surveillance, de justifications et coûts résiduels qui représentent des coûts d'opportunités, tels
que l'abandon par le mandant du contrôle des actions prises par le mandataire.
Cette divergence dans les comportements génère des tentions et des conflits. L'élimination ou
au moins la réduction de ces conflits est une solution bénéfique pour les actionnaires, elle leur
permet de maximiser leur richesse et de limiter les prélèvements pécuniaires des dirigeants.
Toute politique de recours à l'endettement entraîne une augmentation du risque de faillite qui
peut conduire à la perte d'emploi des dirigeants, ce qui les oblige à être plus performants.
Concernant l'intérêt des dirigeants non actionnaires de l'entreprise, ceux-ci vont tenter d'éviter
de s'endetter pour ne pas accroître les contraintes (paiement des frais financiers,
remboursement de l’emprunt) et donc, leur tendance naturelle serait d'accumuler les liquidités
121
ROSS "The determination of financial structure" the bell journal of economics, 1977.
211
beaucoup plus qu'investir. Les actionnaires pousseront à l'endettement de la société, car celui-
ci a un pouvoir d'incitation à la performance.
"La théorie des signaux se base sur l'hypothèse d'asymétrie d'information qui fait que les
différents acteurs ou agents économiques concernés par l'entreprise ne disposent pas de la
même information, celle-ci est supposée imparfaite et asymétrique de sorte que les agents
bien ou mieux informés vont envoyer des signaux aux agents maux ou moins informés pour
leur indiquer les caractéristiques de l'entreprise"123.
Les dirigeants, considérés comme étant les mieux informés sur la situation de l'entreprise
devraient communiquer leurs anticipations sur le devenir de l'entreprise, ils devraient
également signaler les caractéristiques de leurs politiques financières. L'une des modalités de
signalisation la plus pertinente provient lorsque les dirigeants de l'entreprise détiennent des
actions de leurs sociétés en cas de perspectives favorables mais, ils les dessaisissent dans le
122
J. MARIE PINEL, "Evolution dans l'application des principes du gouvernement d'entreprise", analyse financière
septembre 1997.
123
BREALY et MYERS, "Principes de gestion financière des entreprises", Grain Hill, 1997.
212
cas contraire. La participation des dirigeants dans le capital de l'entreprise est un excellent
signal pour les investisseurs et le reste du marché.
Partant de l'évidence que l'endettement accroît le risque de faillite, tout changement dans la
politique financière de l'entreprise induit automatiquement des modifications dans la
perception de la firme par le marché. En effet, le lancement d'un nouvel emprunt exige de
l'entreprise de signaler au marché ses véritables perspectives c'est-à-dire si elle est capable de
générer suffisamment de cash pour faire face aussi bien à ses charges d'intérêts que ses
engagements. En cas de perspectives favorables la firme est attrayante et peut obtenir
l'emprunt, dans le cas contraire elle ne peut l'obtenir.
D'après G. Van Loye125 "L'analyse par le comportement repose sur le besoin des intervenants
(dirigeants, actionnaires, créanciers) de surveiller leur pouvoir et d'éliminer les atteintes qui
pourraient lui être faite, le choix d'une structure financière est en partie contraint, pour la
PME, la recherche d'un financement bute sur les préférences révélées des décideurs".
124
O.WILLIAMSON,"Corporate finance and corporate gouvernance", journal of finance, 1988, in "Les structures de
financement des entreprises en Europe", Revue économique internationale n° 66, 1996.
125
G. VAN LOYE, "Organisation du pouvoir et financement des PME", Direction et gestion des entreprises, 1991.
213
VIII. L'approche basée sur l'évaluation des options
La théorie des options constitue une innovation financière, c'est un contrat qui procure le droit
à son acquéreur d'acheter ou de ventre pendant une période déterminée, à un prix d'un actif
également déterminé.
Prêter à une entreprise revient pour un créancier à investir dans l'actif sans risques et avoir
vendu une option de vente à l'actionnaire à un prix égal au montant de la dette à rembourser.
Parmi les autres déterminants de la structure financière des entreprises, on peut citer:
A. La taille
Les grandes entreprises ont plus de facilités pour se procurer des ressources financières, le
pouvoir de négociation avec les institutions financières et les conditions d'accès au marché
des capitaux ne sont pas les mêmes pour les petites et les grandes entreprises. Les petites
entreprises sont soumises à des contraintes de financement plus nombreuses que celles
assumées par leurs homologues de grande taille. Le faible pouvoir de négociation avec les
intermédiaires financiers rend le coût de la dette bancaire plus élevé pour les firmes de petite
taille. Les petites firmes ont intérêt à recourir en premier lieu au financement interne
disponible : capacité d'autofinancement et les prêts des associés ensuite, elles se tourneraient
vers leurs fournisseurs pour obtenir des crédits commerciaux, en dernier lieu, elles auraient
126
F. BLACK et M. SCHOLES "the pricing of option and corporate liabilities", journal of economy, 1973. In "endettement,
capitaux propres et théories des options".
214
recours à l'emprunt auprès des banques. Les firmes de tailles moyennes disposent d'un
meilleur pouvoir de négociation vis-à-vis des banques127.
B. La croissance
Meyers128 note que les coûts d'agence liés au sous-investissement sont atténués si les firmes en
croissance convertissent les dettes à long terme en dettes à coût terme. Le coût associé au
sous-investissement apparaît plus élevé pour les entreprises en croissance qui sont plus
flexibles dans leurs choix des investissements.
C. La spécialisation
Titman (1988)129 présente un modèle dans lequel la décision de liquidation est corrélée au
statut de faillite, donc, les coûts supportés par les différents partenaires de la firme dépendent
de sa structure financière, ces coûts seront d'autant plus élevés que ces partenaires produisent
des produits uniques ou spécialisés à l'entreprise en liquidation, ainsi, la spécialisation serait
négativement liée à l'endettement.
D. Le secteur d'activité
Titman suggère que les entreprises dont la production nécessite des services et des pièces de
rechange spécifiques devraient trouver les coûts de liquidation assez élevés, ainsi, on devrait
s'attendre à ce que les firmes de fabrication de machines et d'équipements utilisent moins de
dettes pour financer leurs investissements.
127
BELLEANTE et LEVRATTO, "Finance des PME : quels champs pour quels enjeux ?", revue internationale PME 1995.
128
Op cite p : 15.
129
TITMAN "the effect of capital structure on a firm's liquidation decision", journal of financial, in revue économique
international N° 66. Op. Cite p : 27.
215
Les raisons qui pourraient traduire un niveau d'endettement spécifique aux entreprises d'un
pays sont multiples (différences fiscales, usages bancaires propres à chaque pays et d'une
manière générale l'environnement économique).
En conclusion et sur la base des théories citées, on peut déduire plusieurs éléments qui
peuvent expliquer le choix de la structure financière ou encore le comportement d'endettement
des firmes.
L'endettement procure à l'entreprise des avantages qui sont : la déductibilité des charges
d'intérêts et l'amélioration de la rentabilité des capitaux propres. Par contre, ces incitations
sont limitées par l'existence du risque financier, du risque de faillite et de la perte de
l'autonomie financière. Les fonds propres et externes sont nécessaires pour le financement car
ils ont des effets sur le plan micro-économique, ils renforcent l'autonomie financière,
améliorent la rentabilité et augmentent la capacité d'endettement, donc, ils insistent à
l'investissement.
Toutefois, toute décision rationnelle doit, en principe, intégrer le coût de chacun des modes de
financement. Le coût du capital d'une entreprise dépend en effet de la combinaison les
capitaux propres et la dette, choisie par l’entreprise. Ainsi, la mise en place d’une structure
financière optimale doit être effectuée en tenant compte de toutes les variables précitées.
La règle de l’équilibre financier minimum stipule que les emplois stables doivent être financés
par des ressources durables. Ainsi, le respect de cette règle définit les limites entre le
financement par ressources durables et le financement par crédit à court terme.
La règle de l’autonomie financière ou encore d’endettement maximal, est une règle qui exige
que le montant des dettes financières (hors trésorerie passif) ne doit pas excéder le montant
216
des fonds propres. Le respect de cette règle d’autonomie financière peut être exprimé par les
ratios suivants:
- Capitaux propres / dettes financières (ce ratio doit être supérieur à 1).
- Dettes financières / capitaux propres (ce ratio doit être inférieur à 1).
Si l’entreprise ne respecte pas cette règle, elle ne peut estimer une augmentation de ses dettes
et son choix se limitera alors aux capitaux propres et aux autres techniques de financement
comme le crédit-bail.
Or, cette rentabilité est fonction de la structure financière, c'est-à-dire de la proportion qui
existe entre les dettes financières et les capitaux propres. On appelle effet de levier la
différence entre la rentabilité des capitaux propres et la rentabilité économique (Résultat
d’exploitation/ l’actif économique). En effet, il explique le taux de rentabilité des capitaux
propres en fonction du taux de rentabilité de l'actif économique et du coût de la dette.
217
Ainsi, l’ensemble des emplois, c'est-à-dire l’actif économique, est financé par les capitaux
apportés par les créanciers et les actionnaires. Ces emplois dégagent un résultat d'exploitation
lui-même répartit entre les frais financiers (rémunération des prêteurs) et le résultat net
revenant aux actionnaires.
Le principe de l'effet de levier est le suivant: lorsqu'une entreprise s'endette et investit les
fonds empruntés dans son outil industriel et commercial, elle obtient sur ce montant un certain
résultat d'exploitation normalement supérieur aux frais financiers de l'endettement.
L'entreprise réalise donc un surplus, différence entre la rentabilité économique et le coût de
l'emprunt sur la somme empruntée. Ce surplus revient aux actionnaires et majore la rentabilité
des capitaux propres. L’effet de levier de l'endettement augmente donc la rentabilité des
capitaux propres, mais ceci n’est vérifié que si et seulement si la rentabilité économique est
supérieure au coût de l’endettement. Sinon, l'entreprise emprunte à un taux supérieur à la
rentabilité qu'elle peut obtenir de l'investissement dans son actif économique des fonds
empruntés. Il y a dès lors un déficit qui vient s'imputer sur la rentabilité économique dégagée
par les capitaux propres. Le résultat s'amoindrit et la rentabilité des capitaux propres devient
inférieure à la rentabilité économique.
D
RCP = Re + (Re – i) Où :
CP
D
Le rapport est appelé levier financier.
CP
D
L’effet de levier est égal à : (Re – i)
CP
On pose
C = Fonds Propres
D = Dettes
A = Actif = C + D
218
D
L= (Ratio de levier)
C
i = Coût moyen apparent des dettes
R = Résultat Net
R
r = taux de rentabilité financière soit
C
- impôt T ( K . A D.i)
R K.A D.i 1 T
R K (C D) D.i 1 T
R K.C K.D D.i 1 T
R [K.C ( K i) D 1 T
Le taux de rentabilité financière sera formulé ainsi:
r
R
K .C ( K i ) D (1 T )
C C
D
r K ( K i) (1 T )
C
r K ( K i ) L (1 T )
La rentabilité des capitaux propres est donc égale à la rentabilité économique majorée de
l’effet de levier.
219
levier est établi sur une base comptable, et n’intègre pas le risque; et par conséquent, ne peut
en aucun cas servir, seul, à aboutir à des décisions saines.
N’oublions pas que si l’entreprise est cotée sur un marché financier efficace, les investisseurs
exigeront une prime de risque sur l’entreprise endettée, et donc l’avantage de la dette risque
d’être remis en question. Par ailleurs, il faut raisonner en terme de valeurs de marché et non
pas de valeurs comptables pour prendre des décisions en matière d’investissement tout en
respectant la logique des marchés financiers. En effet, il faut s’interroger plutôt de l’influence
de la structure financière sur la valeur de marché de l’entreprise, et non pas de l’influence de
l’endettement sur la rentabilité financière.
Les dettes financières sont accordées aux entreprises moyennant une rémunération des
créanciers qui est le taux d'intérêt de la dette (Id).
Cependant, pour l’entreprise, le coût réel de la dette financière est inférieur au taux d’intérêt,
car l’entreprise si elle est bénéficiaire réalise des économies fiscales du fait de la déductibilité
des charges financières. Et le coût réel de la dette pour l'entreprise revient à Id*(1- tIS), où le
tIS est le taux d'impôt sur les sociétés.
220
rentabilité économique est inférieure au taux de la dette. Cette situation dégrade la rentabilité
financière et augmente le risque de faillite de l’entreprise si celle-ci ne redresse pas sa
situation dans le court terme.
Nous exposerons alors l’évaluation de ce risque financier qui est essentiellement évalué au
niveau de la rentabilité financière et suite à une variation de la rentabilité économique.
Capitaux propres : CP
Dette : D
D
R.fin = (1- θ) [R.éco + ((R.éco-i) )
CP
D
R.fin = (1- θ) R.éco + (1- θ) (R.éco-i)
CP
D D
Ce qui se peut s’écrire aussi : R.fin = [(1- θ) (1+( )) R.éco] - [(1- θ) ( )*i]
CP CP
221
- Cas de l’entreprise non endettée:
D D
D’après la relation : R.fin = [(1- θ) (1+ ) R.éco] - [(1- θ) ( )*i]
CP CP
D D
R.fin + Δ R.fin = [(1- θ) (1+ ) (R.éco + Δ R.éco)] - [(1- θ) ( )*i]
CP CP
D
D’où Δ R.fin = (1- θ) (1+ ) Δ R.éco
CP
D
Δ R.fin = (1- θ) Δ R.éco + (1- θ) ( ) Δ R.éco
CP
Pour une entreprise endettée, l’endettement a un effet sur les variations du niveau de la
rentabilité financière, ce qui fait référence à la notion de l'effet du levier de l'endettement. Par
ailleurs, une entreprise endettée encourt deux types de risque : le risque d’exploitation et le
risque financier. A l’encontre d’une entreprise non endettée, qui voit son risque d’exploitation
augmente suite aux variations du niveau d’activité.
V. Le risque de faillite
Un niveau excessif du risque de faillite conduira les créanciers à refuser de nouveaux crédits,
à en limiter le montant ou à exiger une rémunération et des garanties plus importantes car
l’entreprise se trouve dans la situation de non remboursement de ses dettes financières. Ce
222
risque lié à la décision du financement augmente proportionnellement avec l'accroissement de
l'endettement de l'entreprise.
En termes de liquidité, la faillite peut être déclenchée lorsque la trésorerie est négative et que
l'entreprise se trouve dans l’incapacité de faire face à ses engagements à court terme, est
déclarée en cessation de paiements.
L'autre critère de la situation nette négative diffère selon que l'entreprise est endettée ou non.
Dans le cas d'une entreprise non-endettée, la faillite est déclenchée quand la valeur des actifs
devient négative. Les actionnaires abandonnent alors leurs titres de propriété qui n'ont plus de
valeur. Par contre si l'entreprise est endettée, les créanciers, et pour éviter de supporter tout le
risque, ont intérêt à déclencher la faillite dès que la valeur liquidative de l'entreprise ne suffit
plus à les rembourser.
Pour évaluer le risque de faillite en se basant sur le bilan comptable retraité, il suffit de
dégager le ratio: Actif net/ passif qui doit être supérieur à 20%. Aussi, il faut respecter les
normes des ratios de liquidité, qui exigent que les ressources dégagées par les opérations
courantes de l’entreprise lui fournissent les disponibilités suffisantes pour faire face à ses
échéances à court terme:
- Ratio de liquidité générale = Actif circulant (à moins d’un an)/ dettes à moins d’un an et qui
doit être supérieur à 1.
- Ratio de liquidité réduite = créances (à moins d’un an) + disponibilités/Dettes (à moins d’un
an) + concours bancaires. L’appréciation de ratio dépend de la qualité des clients et des
échéances des créances.
Ces ratios ne peuvent être de bons indicateurs de liquidité, vu leurs limites. Alors que d’autres
analyses, basées sur les flux de trésorerie, permettent de mieux apprécier la liquidité.
223
§3. Les sources de financement
La diversification des sources de financement permettra aux PME d'accéder à différents types
de services adaptés à ses besoins spécifiques. En effet, Les PME disposent actuellement de
plusieurs sources de financement, chacune de ces sources comporte des exigences
particulières.
I. Le Crédit interentreprises
Au Maroc, le crédit interentreprises est une forme de crédit qui représente une composante
majeure du financement à court terme des PME. Le crédit interentreprises influence
directement l'endettement à court terme, en effet, les PME ont à nourrir des postes clients
souvent très lourds du fait des délais de paiement accordés à leurs clients.
La distribution du crédit clients mobilise une part importante des ressources des entreprises,
toutefois, le crédit fournisseur ne joue pas strictement le même rôle que le crédit bancaire. On
constate que le crédit interentreprises se développe lorsque le coût du crédit bancaire
augmente.
Il faut retenir que ce type de financement ne s'adresse pas à toutes les entreprises. En effet, les
investisseurs en capital risque cherchent à investir dans des entreprises de haute technologie et
des sociétés très prometteuses, de secteurs comme ceux des technologies de l'information, des
communications et de la biotechnologie.
Ces investisseurs prennent également une participation dans les entreprises qu'ils financent
afin de les aider à réaliser un projet prometteur mais comportant un plus grand risque. Cela
signifie que l'entrepreneur doit céder une partie de son entreprise à un tiers. Ils veulent aussi
224
un bon rendement de l'investissement, qui se concrétise, généralement, lorsque l'entreprise
commence à vendre des actions au public.
Les sociétés de capital risque soutiennent des entreprises de pointe qui occupent une position
stratégique sur un marché prometteur. Comme la plupart des autres sociétés de capital risque,
elles investissent dans des entreprises en démarrage qui présentent un grand potentiel mais
préfèrent soutenir les entreprises qui ont besoin d'un financement important pour s'établir sur
leur marché.
Ces organismes s'intéressent de préférence aux moyennes entreprises qu'aux petites, car leur
professionnalisme leur impose toujours de réaliser une étude poussée sur les entreprises dans
lesquelles ils veulent participer.
Les pouvoirs publics devraient susciter une offre de capital risque répondant aux
caractéristiques souhaitées par les entreprises marocaines, créer un véritable partenariat du
financier avec l'industriel, un vrai partage du risque dans le respect des responsabilités de
chacun avec une perspective de profit à long terme et non une recherche de dividendes ou de
plus value à court terme. Les capitaux à risque offriront donc une palette complète
d'instruments de financement des PME. Le secteur industriel marocain sera le bénéficiaire
final de ces fonds, dans la perspective du futur accord de libre échange avec l'UE.
Jusqu'à présent seules les grandes entreprises ont la possibilité d'accéder à ce marché, alors
que les PME sont exclues, cette situation s'explique par deux raisons fondamentales:
- La nature des entreprises marocaines : la majeure partie du tissu économique marocain est
dominée par des PME, généralement familiales, mal structurées, de faible capital, le
propriétaire partage ou non le pouvoir avec les membres de sa famille. Ce pouvoir de
direction et de décision cher aux propriétaires ne leur permet par d'ouvrir leur capital, en outre
les patrons ont généralement un niveau d'instruction moyen ce qui influence la gestion de
leurs entreprises et leurs performances. Ces entreprises ne cherchent que l'opulence et
l'accumulation de l'argent, elles fuient la fiscalité et les flux d'informations sont rarement
généralisés entre les gestionnaires de l'entreprise. Ces anomalies qui découlent de la mentalité
des dirigeants influencent l'environnement interne et externe des entreprises dont les patrons
sont loin de penser au financement à travers la bourse.
- L'introduction en bourse des valeurs: Elle n'est pas accessible à la majorité des entreprises
marocaines, en effet, elle exige deux principales conditions:
225
- L'entreprise doit réaliser des bénéfices, et distribuer des dividendes pour les trois derniers
exercices, or le paiement des impôts et la déclaration des performances internes ne font pas
partie de la mentalité des entrepreneurs marocains ; cette situation est en contradiction avec la
transparence qu'exige la bourse130;
Le rôle du marché boursier est très faible dans le processus de l'épargne investissement, cette
situation s'explique par la réticence des firmes cotées à émettre des actions contre espèces, par
la difficulté d'accès des PME à la cotation officielle en bourse, par la volonté de certaines
entreprises familiales de rester fermée.
Les banques restent la principale source de financement dans le système financier marocain,
et sont les seules institutions capables de réinjecter l'épargne en termes de prêts pour financer
les activités des entreprises.
Les PME entretiennent une relation de nécessité qui se traduit par l'obtention de moyens de
financement. Cette relation est vitale pour l'entreprise et fait l'objet de plusieurs reproches de
part et d'autre.
Un véritable partenariat entre banques et entreprises doit trouver ses fondements dans les
garanties offertes aux banquiers et la solvabilité de l'entreprise. Les fonds propres constituent
cette garantie, leur renforcement permettra aux banquiers de prendre des risques.
La notion de besoin en capitaux est fondamentalement liée à la vie des entreprises, et donc la
réussite d'une création d'entreprise exige au départ des fonds propres importants afin de
pouvoir dépasser le cap des premiers mois durant lesquels les recettes sont rares et les
dépenses d'équipement importantes.
Les banques avancent qu'elles courent des risques très importants car les taux de défaillance et
d'insolvabilités des entreprises sont parfois alarmants. Si on ajoute à cela des garanties
difficiles à obtenir, on comprend mieux pourquoi les banques redoublent de prudence ou
parfois apparaissent réticentes à accorder des crédits.
Le premier contact d'un promoteur avec le banquier lui donne l'impression que celui-ci peut
lui accorder un prêt sur présentation du dossier. Quand il découvre que le centre de prise de
130
La loi de 1973 a abandonné cette disposition en lui substituant la nécessité de certifier les comptes annuels des trois
derniers exercices.
226
décision est imprécis et dilué dans l'engrenage de l'interminable escalade des échelles de la
hiérarchie, il se rend à l'amère évidence et se décourage. Très souvent, l'entreprise perçoit la
banque comme une puissance irrationnelle, ce qui fait dire à de nombreux chefs d'entreprises
que la relation banques / entreprises est vécue de façon traumatisante, cela s'explique par la
conscience de l'entreprise que la banque dispose à son égard d'un pouvoir infini.
L'entreprise a toujours besoin du concours financier des banques, de son coté le banquier,
dépositaire de ressources dont la réputation est la vigilance et le sérieux sont les
caractéristiques, doit fructifier l'argent des déposants et le sien propre. Les risques du banquier
résident dans l'insuffisance, la baisse ou la disparition de la rentabilité de l'entreprise. Ainsi,
un décalage de trésorerie dû à des délais de paiement non respectés devient une préoccupation
majeure aussi bien pour le chef d'entreprise que pour le banquier.
Les entreprises marocaines souffrent d'une fragilité structurelle liée à l'insuffisance de fonds
propres. Le niveau de ceux-ci conditionne le financement des investissements, la résistance à
la mauvaise conjoncture et l'accès aux crédits. L'absence ou l'insuffisance des fonds propres
est synonyme de difficultés financières.
La majeure partie des entreprises qui forment le tissu productif marocain sont sous
capitalisées (les capitaux propres ne représentent qu'une part minime de leurs ressources
227
financières). Le problème des fonds propres se pose pour les entreprises marocaines au niveau
des engagements bancaires. En effet, les banquiers estiment que peu d'entreprises ont un ratio
endettement / fonds propres inférieure à 5 (ratio qui mesure la dépendance financière
extérieure ; plus ce ratio est élevé, plus faible est l'endettement total et donc meilleure est la
possibilité de recours à des crédits extérieurs) ; chose que les banques estiment comme étant
le minimum pour qu'une structure de capital soit saine.
En résumé, on peut retenir d'après les estimations des banquiers, que les PME ont un taux de
capitaux propres plus faible que les grandes entreprises et notamment les sociétés anonymes,
et que leurs ressources propres sont l'objet de fluctuations conjoncturelles.
Sur le plan national, les principaux indicateurs économiques et financiers, au terme des onze
premiers mois, confirment le renforcement de la croissance qui était prévue en 2006 avec un
taux dépassant 7,6%. Derrière cette croissance, une demande interne particulièrement
dynamique131.
L'insuffisance des fonds propres n'est pas spécifique aux entreprises marocaines puisque les
sociétés françaises connaissent le même problème (d'après l'association française des
banques).
Pour remédier à ce phénomène, trois facteurs principaux peuvent jouer un rôle positif dans
l'évolution des entreprises marocaines : l'amélioration de leur rentabilité, de leur autonomie
financière et la poursuite de la baisse du coût des crédits132.
131
Note mensuelle conjoncture novembre 2006.
132
ALAOUI ; T. MARTIGNON, "les nouveaux déterminants du financement des PME françaises "; revue d'économie
financière, 2000.
228
II. Diagnostic de la situation financière des entreprises au Maroc
Ce diagnostic va porter sur une comparaison entre différents types d'entreprises au niveau des
ressources financières disponibles pour les entreprises et au niveau de l’analyse sectorielle de
leurs structures financières.
En moyenne, les entreprises marocaines sont financées par leurs capitaux propres à hauteur de
plus de 60%, les petites entreprises bénéficient d'un montant de crédit beaucoup plus faible
que les grandes et les moyennes. Les apports en comptes courants d'associés constituent 11%
des ressources, les apports en crédits des banques commerciales représentent également près
de 12%. Les grandes entreprises diversifient plus leur financement qui forme environs 50% de
leurs capitaux engagés133. Les crédits des banques produisent 15% du financement des grandes
entreprises. Le taux d'endettement bancaire des PME est nettement plus faible que celui des
grandes entreprises, celles-ci bénéficient en outre de découverts bancaires, de crédits
fournisseurs et de crédits bail, ce qui ressort du tableau suivant:
D'après ce tableau, on constate que les grandes entreprises sont toujours plus avantagées que
les autres catégories d’entreprises.
Les résultats d'une étude de l'évolution des capitaux propres effectués par le CERAB d'après
une enquête sur les facteurs explicatifs du choix de la structure financière des entreprises
marocaines, font ressortir les informations suivantes:
133
Othman JOUMADI, "univers des entreprises privées au Maroc", pour le compte du Centre d'Etude et de Recherche sur le
Développement International (CERDI), 1998.
134
Centre d'Etudes et de Recherches d’Aziz BELLAL.
229
- L'appréciation des capitaux propres peut être saisie à travers le ratio "capitaux propres / total
des ressources "qui donne une idée sur l'importance de ce moyen de financement ainsi que sur
la possibilité de procéder à une comparaison interentreprise;
- Prés de la moitié des entreprises ont le ratio "capitaux propres / total des ressources" en
augmentation continue;
- La proportion des capitaux propres dans le total des ressources dépasse 50% chez la moitié
des entreprises marocaines, cette autonomie financière leur permet d'agir dans une grande
liberté dans leur politique de financement;
- Pour le secteur du commerce, la part des capitaux propres dans le total des ressources s'élève
à 50% en moyenne;
- Les sociétés du secteur des transports, hébergement et restauration semblent avoir une
structure de capitaux propres plus solide que les autres secteurs, la proportion des capitaux
propres est en augmentation grandissante;
- La part des capitaux propres de la plupart des sociétés cotées à la bourse de Casablanca
demeure un moyen de financement privilégié.
En outre, cette enquête a analysé la situation financière des entreprises par l'appréciation des
dettes à long et moyen terme; en fait, la principale caractéristique du passif des sociétés
enquêtées réside dans la faiblesse du ratio "dettes à long et moyen terme / total des
ressources". Pour les dettes à court terme, essentiellement composées des crédits fournisseurs,
des crédits bancaires, elles représentent une bonne partie des ressources totales.
Il apparaît donc que la politique financière des grandes entreprises semble orientée beaucoup
plus vers le financement à court et moyen terme que celui à long terme. La dominance des
dettes à court terme dans la structure financière des grandes entreprises se justifie
principalement par les avances importantes des fournisseurs, les facilités de caisse et les
découverts bancaires.
230
C. La prédominance du crédit bancaire à court terme
Indépendamment de leurs tailles, les entreprises marocaines ont pour principales sources de
financement des emprunts contractés auprès du système bancaire national. Pour les PME, les
ressources bancaires revêtent une signification très importante du fait qu'elles disposent d'une
gamme de possibilités de financement moins large, et que leurs taux de capitaux propres sont
souvent faibles, en conséquence, leurs résultats sont très sensibles aux variations des taux
d'intérêt (leur rentabilité est gravement altérée en période de taux d'intérêts fortement élevés).
La sous capitalisation des PME et l'emploi abusif des dettes à court terme, au détriment
d'emprunts plus longs entraînent une augmentation du coût de financement. En effet le coût
de financement à court terme et plus important que celui à long terme, compte tenu des
garanties sous-jacentes à chacun des deux modes de financement. Ces différents éléments font
ressortir la fragilité de la structure financière des entreprises qui ont recours au crédit à court
terme pour le financement de besoins importants.
Nous allons aborder dans un premier lieu les principales contraintes des entreprises, et dans le
second lieu les conditions de réalisation ou les raisons de non réalisation d'un emprunt.
Une enquête menée par le CERAB sur les contraintes de financement concernant un
échantillon de 370 entreprises (dont 176 micro entreprises, 65 petites, 58 moyennes et 71
grandes) donne un aperçu sur les contraintes globales de financement résumées par le tableau
suivant avec (Par1:obstacle, 3:obstacle modéré, 5:obstacle trop sévère)135. Ainsi par exemple
3,98 indique qu’en moyenne des réponses des 167 entreprises observées, le niveau élevé du
taux d'intérêt est considéré comme un obstacle plus que modéré.
Les entreprises ont cité trois catégories d'obstacles parmi les plus importants. Il s'agit en
premier lieu de la charge du taux d'intérêt trop élevée, des garanties trop importantes
demandées aux entreprises et de la réglementation excessive exigée pour obtenir des crédits.
Malgré la hausse du taux d'intérêt, les entreprises ont recours au financement bancaire par
manque d'alternatives.
135
1, 3, 5 : indiquant les réponses faites par les entreprises dans le questionnaire pour la question des contraintes.
231
Tableau n° 4.2 : Contraintes de financement des entreprises
Type de Contraintes Moyenne Observations
Autres 1,68 25
Source : CERAB.
Il ressort également d'une enquête du CERAB que durant les 15 dernières années:
- 60% ont contracté des emprunts à long terme d'une durée supérieure à 6 ans;
- 19% ont effectué des emprunts à court terme pour une durée moyenne de 20 mois;
- Pour 45% des entreprises, les banques ont exigé des garanties dont les valeurs sont estimées
à deux fois celles des prêts136.
Chaque établissement bancaire adopte une stratégie axée sur la prudence et la recherche de
sécurité; le tableau suivant tiré d'une enquête du CERAB, montre les raisons de refus d'un prêt
par les banques durant les 15 dernières années:
136
Le taux moyen des intérêts bancaires varie de 11,5 à 12%, alors que le taux moyen d'intérêt des autres types d'emprunts et
inférieur à 6%.
232
Tableau n° 4.3 : Facteurs expliquant le refus d'accord d'un prêt
D’après, ce tableau on remarque que quelque soit la taille de l'entreprise hésite de poser leurs
demandes de prêt à cause du manque de garanties, et que l'accès au crédit reste difficile. En
effet, en moyenne 66% des entreprises ne déposent pas leurs demandes de prêts auprès des
banques sous prétexte de manque de garanties qui s’élève à 11% et 10% à cause du plan
insatisfaisant de leurs projets.
On observe que la nouvelle régulation du crédit est encore dans une phase transitoire et ne
donne pas tous les effets attendus du fait qu'elle ne s'est pas accompagnée d'une adaptation
suffisante du système financier en vue de maîtriser le coût de financement des entreprises.
Les problèmes de financement des entreprises marocaines sont assez nombreux : souffrant
d'insuffisance de fonds propres, elles restent à la merci des banques. L'appréciation de la
situation financière s'avère délicate car elle se heurte à des difficultés liées aux sources
d'information, de même les statistiques ne fournissant pas toujours des données récentes et
fiables.
Le tissu productif marocain est caractérisé principalement par des entreprises sous capitalisées
c'est-à-dire que les capitaux propres ne représentent qu'une part minime de leurs ressources
financières. La croissance est de plus en plus financée par des capitaux d'emprunt. Pour
233
remédier à ce phénomène les entreprises marocaines doivent améliorer leur rentabilité, leur
autonomie financière et les coûts des crédits doivent diminuer. L'amélioration de la rentabilité
ne peut se faire qu'avec l'amélioration de la qualité des produits. Les entreprises doivent faire
un grand effort de désendettement auprès du secteur bancaire et donc recourir à
l'autofinancement. Il apparaît d'après le graphique suivant, qui nous donne en pourcentage une
idée sur la structure financière des entreprises marocaines, montre que les grandes entreprises
sont plus avantagées que les autres (moyennes et petites).
Source : CERAB. Légende : 1 : Capitaux propres; 2 : Compte courant d'associés; 3 : Crédit bancaire; 4 : Découvert bancaire ;
5 : Crédit fournisseur ; 6 : Crédit bail ; 7 : Autres emprunts.
Le système financier marocain se caractérise par un rôle marginal de la finance directe, par
rapport à la finance indirecte auprès des établissements de crédit qui occupe une place
prépondérante dans le financement de l'économie formelle. Les causes essentielles de cet état
de fait sont:
- Malgré des revenus modestes, les ménages se sont constitués une épargne non négligeable
placée essentiellement sous forme liquide et peu risquée. (Les 3/4 de cette épargne constituent
des dépôts auprès des banques, le reste réparti entre le trésor public, la caisse d'épargne et les
chèques postaux). Nous remarquons que ces placements ont été préférés aux valeurs
mobilières, cela a fortement contribué à limiter le développement du marché financier;
- Les entreprises marocaines, formées dans leur immense majorité d'unités économique à
dimension modeste, rencontrent des difficultés à générer une épargne (autofinancement)
suffisante pour assurer le financement de leurs activités. Ce problème de rentabilité-
234
productivité est renforcé par un déséquilibre financier lié à une sous-capitalisation, en raison
du caractère traditionnellement fermé et familial des entreprises marocaines;
- Ces observations confirment que le système financier marocain est dominé par le
financement bancaire. En effet, la décision financière est différente suivant que l'entreprise
fait directement appel ou non au marché financier. Or, les entreprises marocaines ne pouvant
pas avoir recours aux crédits bancaires en cas de besoins de liquidités, sont dépendantes du
système bancaire.
Le financement des entreprises sera toujours articulé sur le crédit bancaire tant que les donnés
du financement des entreprises, et notamment leur rentabilité imposeront ce mode de
financement. Ce survol de la situation financière des entreprises marocaines en générale et des
PME en particulier montre qu'elles vivent une économie d'endettement.
Il est souhaitable que le financement des entreprises soit fondé sur des bases plus stables, par
l'accroissement simultané de l'autofinancement et des créances négociables. Or, la plus part
des difficultés financières des entreprises ne peuvent être surmontées uniquement par le
recourt au crédit bancaire. Une politique financière convenable est nécessaire pour assurer la
possible transformation des structures économiques et financières des entreprises marocaines
et plus précisément des PME.
L'une des missions indispensables des dirigeants d'entreprises consiste à soutenir une vision
pour l'entreprise, tant à court terme qu'à long terme. L'évaluation de la performance d'une
organisation devrait s'étendre à trois aspects : efficience, efficacité et capacité d'adaptation.
Ainsi la performance peut se définir comme étant "le degré d'accomplissement des objectifs
que s'est données une organisation. L'évaluation de la performance peut être qualitative, le
plus souvent les indicateurs de performance sont des quantifications se traduisant par des
rapports entres les résultats obtenus et les moyens mis en œuvre"137. La notion de performance
est donc multiple et constitue parfois un paradoxe.
I. La performance stratégique
235
beaucoup plus stratégique même si la mesure en reste difficile. La performance de l'entreprise
dépend ainsi de sa capacité à créer de la valeur pour ses clients (Michael Porter 1986)138. Cette
dernière s'interprète à travers des outils tels que la chaîne de valeur.
Elle est basée sur l'idéologie de performance organisationnelle qui concerne la manière dont
l'entreprise est organisée pour atteindre ses objectifs, ainsi on retient quatre facteurs de
l'efficacité organisationnelle:
- La flexibilité de la structure.
Ces quatre facteurs suscitent des interrogations quant à l'efficacité d'une structure sans pour
autant donner les points saillants de la configuration organisationnelle.
Dans toutes les économies des "pays en voie de développement" particulièrement au Maroc,
les entreprises jouent un rôle capital car elles sont les moteurs de l'activité commerciale
formelle et de la création d'emplois.
Plusieurs critères peuvent être usés pour favoriser l'évaluation de la performance économique
de l'entreprise. Nous pouvons retenir le critère de la productivité qui selon Pierre conso est un
indice de production et de transformation, indice, elle détermine donc l'évolution des coûts et
138
"Generic Business Strategies,Organizational Context and Performance: An Empirical Investigation" Strategic
Management Journal, Vol.7, 1986, p.217.
236
influence de manière direct la rentabilité économique de l'entreprise, ce ci peut être comme
critère de mesure de la performance. On distingue souvent deux notions:
- La rentabilité économique qui se traduit par l'efficacité de l'entreprise dans la mise en œuvre
de son capital économique.
- La rentabilité financière qui traduit la mesure du rendement des placements financiers des
investissements.
Il n'existe pas une valeur de l'entreprise, mais des valeurs, parce qu'il n'y pas une méthode
d'évaluation, mais des méthodes d'évaluation. La valorisation des entreprises introduites en
bourse s'opère dans un contexte d'incertitude et d'asymétrie d'information. Il en résulte
fréquemment une sous-évaluation à l'introduction: les émetteurs diffusent les actions dans le
public à un prix plus faible que le "juste" prix, ainsi la question de la mesure performance de
l'entreprise s'inscrit dans un cadre du référentiel compétitif.
â: c'est le coefficient bêta, qui sert à quantifier le rapport entre le risque d'une catégorie de
titres et le risque du marché dans son ensemble. si le bêta est supérieur à 1 cela indique que la
catégorie des titres comporte un risque plus élevé que le marché, si jamais ce coefficient est
égal à -1 il indiquerait dans ce cas le contraire.
237
A. Les mesures issues de la recherche financière
Une recension des études empiriques qui ont portées sur la performance des entreprises,
révèle une pluralité de critères, qui supposent tous que la valeur boursière représente de
manière fidèle la valeur créée par l'entreprise.
Les principaux critères peuvent être regroupés en deux catégories. La première de mesure
comprend le ratio Q de Tobin et le ratio de Marris, répond à un souci de quantification
prévisionnelle de la performance. La seconde catégorie regroupe les mesures issues de la
théorie du portefeuille, dont l'usage se fait principalement dans l'objectif d'évaluer la
performance réalisée sur une période.
B. Le ratio Q de Tobin139
Le ratio Q, proposé par Tobin, constitue dans son principe une mesure de l'ensemble des
rentes anticipées, sur un horizon infini. Cette mesure se fait en rapportant les sommes des
valeurs de marché des titres détenus par les investisseurs financiers (actionnaires et
créanciers) au montant des capitaux qu'ils ont investis. La valeur des capitaux investis est
mesurée par le coût de remplacement des actifs financés, le plus souvent évalué à partir des
immobilisations. Q de Tobin = valeur de marché (capitaux propres + dettes financières).
Un ratio Q supérieur a l'unité, signifie qu'à un moment donné la rentabilité secrétée par
l'ensemble des actifs de la firme et anticipés par le marché, est plus élevé que le coût moyen
pondéré du capital CMP140. Dans sa formulation, ce ratio est très proche des critères de la
valeur actuelle nette et de l'indice de profitabilité.
C. Le ratio de Marris141
Le ratio de Marris repose sur la même logique que le Q de Tobin, mais ne retient que les
capitaux directement investis par les actionnaires. Il s'évalue en rapportant la capitalisation
boursière à la valeur comptable des capitaux propres.
139
Q de Tobin voir: chung k.et Pruitt S.W 1994 A simple approximation of Tobin's q, financial Management, vol n° 3, page
70-74.
140
CMP : coût : le coût moyen pondéré du capital, MAUGUIERE "évaluation des entreprises non cotées" collection DUNOD
4edition 1993 page 217-220.
141
Voir jacquillat B. et Beaumont D 1996, de la création de richesse à la mesure de la valeur, chronique économique,
SEDEIS, tom XLV,n° 7 juillet 1996 p.287-294.
238
Dans la théorie financière néoclassique les deux critères convergent pour identifier la création
de valeur. Le caractère d'indice relatif a ces deux critères conduits à une appréciation
différenciée de la création de valeur.
a) Elles tiennent compte du risque car, s'appuyant sur les valeurs de marché (si on suppose
l'efficience du marché financier), elles procèdent implicitement d'une actualisation des flux
qui est censée se faire aux taux de rentabilité requis par les différentes catégories
d'investisseurs financiers, en fonction du risque couru.
b) Elles ne mesurent pas dans l'absolu la valeur créée (ou plutôt le potentiel de création de
valeur) mais représente des indices relatifs à la création de valeur;
c) Elles font implicitement référence à une norme identique. Un ratio faisant apparaître une
création de valeur (valeur supérieure à 1) laisse supposer que la rentabilité anticipée est
supérieure à la rentabilité requise à l'équilibre par les différents apporteurs de capitaux,
évaluée par le coût moyen pondéré du capital (CMPC).
Les trois mesures usuelles, issues de la théorie du porte feuille et de ses prolongements,
constituent des mesures de la valeur créée pour les actionnaires qui prennent également la
forme d'indice. Quel que soit l'indice retenu, la mesure de rentabilités réalisées se fait à partir
des cours boursiers; ces mesures ne font intervenir aucune valeur comptable.
Le ratio proposé en (1966) par William Sharpe est mesure fondé sur le risque total d'un porte
feuille. Le ratio de Sharpe n'est que le rapport entre la prime de risque et le niveau de risque
total. Si le marché est efficient et que le portefeuille géré parfaitement et diversifié nous
devrons s'attendre à un ratio de Sharpe constant. Dans la réalité ce n'est pas le cas car les
portefeuilles ne sont toujours pas parfaitement diversifiés, vu que l'investisseur peut changer
son degré d'aversion vis-à-vis du risque. On utilise le ratio de Sharpe comme mesure de la
performance de la gestion des portes feuilles. Le critère de décision est que : le portefeuille
ayant un ratio de Sharpe plus élevé que l'autre a la meilleure performance.
Mathématiquement, l'indice Sharpe s'écrit tel que : Sp=E (Rp) - Rf
142
Cet indice de manière détaillé nous pouvons la consulter dans le manuel "La création de richesse et mesure de la valeur"
jacquillat B et Beaumont D 1996 chronique économique, SEDEIS tome XLV n° 7 page 287-294.
239
Avec:
Durant cour de la même année presque, 1965 Treynor a proposé une mesure alternative de la
performance de la gestion du portefeuille. L'indice de Treynor est très proche de celui de
Sharpe (1966). Rappelons que l'indice de Treynor est fondé directement du model
d'évaluation des actifs financiers (MEDAF) qui se présente sous forme d'une relation linéaire
du type : y= ax + b.
Du medaf l'indice de Treynor s'écrit tel que Tp= E (Rp) - Rf = prime du risque
Le risque spécifique étant éliminé, seul le risque systématique, non éliminable par
diversification, est pour pondérer la rentabilité obtenue. A l'instar de l'indice de Sharpe,
l'indice de Treynor ne constitue pas non plus une mesure directe de la valeur créée. On ne
peut appréhender cette dernière qu'en le comparant à un indice de référence fondé sur la
rentabilité d'équilibre. L'indice Tp devrait être constant si la diversification est parfaitement
effectuée.
La mesure proposée par Jensen (1968) repose sur le model du marché et le MEDAF. Cette
mesure part du principe que si le gestionnaire de portefeuille a correctement anticipé le prix
d'équilibre sur le marché et qu'il entend diversifier son portefeuille de façon efficiente, le
portefeuille retenu doit être alors situé sur la Security Market Line (SML). L'indice de Jensen
(1968) est conçu pour l'évaluation des performances de portefeuilles ayant le même risque
143
Même référence que la note de bas de page n° 6.
240
systématique. L'indice de Treynor est donc la différence la prime de risque du portefeuille et
elle du marché ajusté par l'indicateur de sensibilité â.
L'indice de Treynor mesure l'écart entre la position réel et celle théorique d'un portefeuille
donné par le MEDAF peu être notée comme suit :
L'indice de Sharpe est conçu pour l'évaluation des performances de portefeuilles et non les
actifs individuels puisqu'il mesure le risque total au lieu du risque systématique. Tant disque
les indices de Jensen et Treynor sont formulées, basées dans le cadre de la SML en analysant
à la fois les portefeuilles efficients et non efficients. L'indice de Treynor notée:
âp risque systématique
Cet indice peut être réécrit tel que Tp=áp-E (Rm)- Rf144. Il existe donc une relation linéaire
entre l'indice de Jensen 1968 (áp) et l'indice de Treynor (Tp).
Ces différentes mesures recommandées par un certain nombre de cabinets conseils anglo-
saxons, sont représentées notamment par la market value added (MVA) et l'économique value
added (EVA). Elles s'appuient sur le même référentiel théorique que les mesures présentées
précédemment.
La MVA,"la valeur de marché ajoutée" se définit comme le différentiel entre la valeur des
capitaux investis notée VM (capitaux propres et dettes financières) et la valeur comptable des
ces mêmes capitaux notée VC. De ce qui précède il vient que : MVA = VM - VC
144
L'indice de Treynor noté Tp n'est que le rapport áp du quel on retranche la prime du risque.
145
Une présentation approfondie de ses récentes mesures de la valeur créée peuvent être consulté dans le manuel
"Gouvernement des entreprises et création et création de valeur, finance contrôle stratégie" p.139. Charreaux et Desbrières.
241
En supposant que cette dernière représente une approximation satisfaisante du coût de
remplacement des actifs financés, cette mesure s'apparente au Q de Tobin. Cependant, alors
que ce dernier représente un indice relatif de la création de valeur, la MVA constitue une
mesure monétaire absolue de la valeur créée. La relation entre les deux mesures est triviale :
MVE = VC (Q-1).
L'EVA, la "valeur ajoutée146 économique", est égale à la différence entre le résultat après
impôt et le coût des capitaux investis par les investisseurs financiers (actionnaire et créanciers
financiers) :
Ce sont des ratios qui font le rapport entre un indicateur du résultat et les capitaux propres mis
en œuvre par l'entreprise.
Les ratios constituent un instrument de mesure qui permet à l'analyste financier d'évaluer les
performances financières de l'entreprise à une période donnée. L'analyse des ratios financiers
a lieu généralement à travers deux types de comparaisons: la comparaison des ratios actuels
de l'entreprise avec ceux des exercices précédents; elle nous renseigne sur l'évolution de la
situation financière de l'entreprise dans le temps, et la comparaison des ratios de l'entreprise
avec les moyennes du secteur ou ceux d'autres entreprises similaires; cette comparaison
permet de situer l'entreprise par rapport à des concurrents et d'analyser sa situation financière.
146
Valeur ajoutée = production de l'exercice + marge commercial - consommation de l'exercice en provenance des tiers
(achat de matières premières, variation de stocks...) c'est donc un indicateur de l'efficacité interne de l'entreprise.
147
Le management processus de gestion et fonction de l'entreprise 2eme édition Pr. Youssef Alouane édition clé page 328-
329.
242
B) Le ratio de rendement des actifs = Résultat après impôt / Actif total. Ce ratio traduit la
capacité des actifs à valoriser ses actifs sur l'ensemble de ses activités industrielles,
commerciale et financières. Les praticiens préconisent l'utilisation d'un ratio jugé non
seulement plus représentatif de l'efficience économique des entreprises, mais également plus
conforme aux objets de l'analyse financière moderne. Il s'agit du ratio de rentabilité des
capitaux propres investis qui rapportent le résultat généré par l'activité en tant que telle aux
capitaux propre apportés par les bailleurs de fond, actionnaires et créanciers.
V. La profitabilité
A) Taux de marge commercial = Marge commerciale / Chiffre d’affaires (HT). Appelé ratio
de marge nette, il traduit la politique de marge adoptée par l'entreprise sur son activité de
distribution.
B) Le ratio de marge nette = Résultat nette / Chiffre d’affaires (HT). Il traduit l'efficacité
globale de l'entreprise sur l'ensemble de ses activités. Le ratio de marge nette est l'indicateur
souvent le plus utilisé pour qualifier la santé financière d'une entreprise, ou encore pour
hiérarchiser plusieurs entreprises d'un même secteur d'activité. Il sert d'étalon pour la mesure
de la performance des passées des entreprises afin de se fixer des objectifs à atteindre pour les
exercices avenir148.
243
Ce ratio, nous donne une autre mesure de la marge d'exploitation, fondé sur un indicateur plus
fiable que le résultat d'exploitation, celui de l'excédent brut d'exploitation (E.B.E). L'excédent
brut d'exploitation (E.B.E)149 mesure la performance économique globale de l'entreprise par le
biais de l'usage de ses moyens humains et matériels. L'excédent brut d'exploitation représente
donc le surplus économique dégagé par les seules opérations d'exploitation.
A travers cette section, On va essayer d’étudier la santé financière des PME marocaines
cotées. Cette étude va aborder dans un premier paragraphe la structure financière des PME
cotées et dans un deuxième paragraphe, on va porter une étude de la performance et la
rentabilité de ces PME cotées en bourse.
Ce sont des entreprises dont les dates d’introduction en bourse appartiennent à la période
choisie150, ce qui permet une agrégation des comptes et donc faire des comparaisons entre
elles, et d’analyser leur structure financière avant et après introduction;
Ce sont des introductions qui ont été faites dans une période où la bourse des valeurs a connu
des réaménagements importants au sein de ses compartiments pour inciter les PME à
s’introduire en bourse.
La sélection de ces entreprises a été opérée selon les critères fournis par l’article premier de la
loi n° 53-00 formant la charte de la PME (voir annexe n°1):
La société CARTIER SAADA (CRS) : Créée en 1947, elle a pour activité la production de
confiture d’abricot qu’elle commercialise dans la région de Marrakech. Aujourd’hui, CRS
opère principalement dans la production de conserves d’olive et d’abricot destiné au marché
international, et dans la commercialisation et la distribution.
149
Il est calculé après l'impact de la rentabilité financière de l'entreprise. Il est déterminé avant l'impact du renouvellement
des équipements, traduit l'efficacité économique avant l'intégration du coût du facteur capital (matériel).
150
BALIMA(1946),SCE(1950),ZELLIDJA(1955),BRANOMA(1974),ACRED(1975),ALM(1999),AUTONEJMA(2000),RE
BAB-COMPANY(2000),IBMC(2001), UNIMER(2001).
244
Les principaux objectifs visés par cette opération d’introduction:
- Financer en partie le programme d’investissement, d’un montant global de 27MDH sur trois
années, en fonds propres;
La société DELATTRE LEVIVIER Maroc (DLM): Créée en 1988 par un groupe d’expatries
français. Elle a pour activité les travaux de métallurgie relevant de la fabrication et le montage
d’ossatures métalliques pour la construction et les équipements industriels et les travaux en
général de chaudronnerie et tuyauterie sur le site industriel. L’objectif visé par la société DLM
à travers la présente opération d’introduction est de:
- Financer son développement sur le marché de l’éolien par la construction d’une ligne de
production dédiée aux mattes d’éoliennes destinées au Maroc qu’à l’export, ainsi que les
marchés de l’off-shore pétrolier;
- Bénéficier des incitations fiscales151 prévues pour les sociétés désirant s’inscrire à la cote.
Le tableau ci-dessous fournis les autres informations relatives aux trois sociétés:
151
La loi de Finance 2008 accord une exonération de 50% sur l’IS en vigueur en 2007 aux sociétés s’introduisant en bourse
par voie d’augmentation de capital dont le taux d’augmentation est > 20% avec abandon du droit préférentiel de souscription.
245
Tableau n° 4.4 : Informations boursière relatives aux PME sélectionnées
CRS DLM DARI
Agroalimentaire et Ingénieries et biens Agroalimentaire et
Secteur d’activité
production d’équipements industriels production
Les dettes financières des PME observées durant la période 2004-2010 représentent en
moyenne (41%) des fonds propres et (14%) du total passif. Ces valeurs témoignent d’une
importance de l’endettement financier dans le financement de ces entreprises, comparé aux
crédits fournisseurs (31,3%) et aux disponibilités (12%).
De même, le poids des charges d’intérêts financiers semble conséquent puisque les ratios
(charges d’intérêts / EBE) et (charges d’intérêts / dettes financière) présentent respectivement
des valeurs moyennes de (9,3%) et (9%). Cet endettement important peut s’expliquer par une
capacité à s’autofinancer limitée.
En effet, le ratio (CAF/ Passif) indique une capacité d’autofinancement moyenne de (8,5%)
du total passif. De même, la trésorerie active ne recouvre que (12%) de l’ensemble des actifs.
Par ailleurs, les ratios (actif immobilisé / total actif) et (actif immobilisé / capitaux propres)
indiquent une moyenne des actifs immobilisés de (23%) du total des actifs et de (81,2%) des
fonds propres. Ces valeurs reflètent l’importance de l’activité d’investissement dans les PME
et la nécessité de faire appel à des ressources externes pour les couvrir.
Cette analyse révèle une importance des investissements dans les PME, des difficultés à se
financer en interne et un impact de la dette sur la croissance. Pour approfondir ces résultats, il
est nécessaire d’analyser les évolutions de l’endettement et de ses déterminants sur l’ensemble
de la période.
246
Tableau n° 4.5: Evolution moyenne de la dette financière en %
du total passif et des fonds propres
Années Dettes Financière /Fonds Propres Dettes Financière /Total Passif
2004 32,32% 11,55%
2005 30,15% 10,59%
2006 34,53% 10,77%
2007 31,52% 10,34%
2008 30,61% 10,12%
2009 28,63% 10,17%
2010 26,23% 9,6%
Source : Tableau élaboré par nos soins à partir des données de la BVC.
Le tableau montre une légère tendance au désendettement des PME cotées. Nous constatons,
en effet, sur le tableau que le ratio (dette financière / total passif) diminue progressivement de
(11,55%) en 2004 à (9,6%) en 2010. Malgré cette légère tendance, la dette financière rapporte
au passif reste dans l’ensemble stable aux alentours de (10,5%) dans ces PME.
L’étude du ratio (dettes financières / valeur ajoutée) met en évidence d’une manière plus
approfondie l’évolution de l’endettement financier des PME. Cette mesure reflète le poids de
la dette dans le total de la richesse procurée par ces entreprises. Elle permet d’éliminer l’effet
lié au renforcement des fonds propres et de tenir compte de l’environnement conjoncturel.
Au final, nous ne constatons qu’une consolidation des fonds propres dans les PME n’a pas été
nécessairement accompagnée d’un mouvement de désendettement conséquent sur la période
247
considérée. Cette observation laisse supposer qu’un besoin en fonds important incite les
entreprises à s’endetter encore plus malgré une augmentation de leurs ressources internes.
§2. Performance et rentabilité des PME cotées
Pour formuler un jugement de valeur sur la santé financière d’une PME, il est nécessaire
d’aborder les deux concepts que sont la liquidité et la rentabilité. Gardant à l’esprit que les
relations entre ces deux concepts participent en grande partie à la bonne réception de la
qualité financière de l’entreprise.
Nous proposons dans les paragraphes qui suivent l’évaluation de la liquidité des titres par la
méthode du PER et ensuite une appréciation de la rentabilité économique et financière.
I. Analyse de la performance
Le choix de l’évaluation des PME faisant l’objet de cette étude par la méthode du PER est
important dans la mesure où il est utilisé fréquemment par les spécialistes dans l’analyse des
valeurs cotées. Cet indicateur financier constitue un outil de comparaison du niveau de prix
d’une action par rapport aux titres du même secteur d’activité ou à un indice de référence
(MASI, MADEX…). Il exprime le nombre d’années pendant lesquelles il faudra détenir
l’action pour qu’elle soit remboursée par les bénéfices de l’entreprise.
Le PER permet essentiellement aux investisseurs, de juger si un titre est surévalué ou sous
évalué par rapport à un échantillon donné constitué généralement par le secteur d’activité de
l’entreprise.
Le PER relatif aux sociétés du secteur des bâtiments ainsi que le PER sectoriel figurent dans
le tableau ci-dessous, suivi d’une analyse intrinsèque afin de tracer l’évolution du ratio
boursier de chaque société.
248
Tableau n° 4.7 : Le PER des sociétés du secteur des bâtiments
durant la période (2005-2010)
PER ∆ PER PER ∆ PER ∆ PER PER
∆ 06/07 ∆ 09/10
2005 05/06 2006 2007 07/08 2008 08/09 2009 2010
Bâtiments 18,5 -15,67% 15,6 24,96% 20,79 -29,77% 14,6 10,95% 16,2 -6,17% 15,2
Holcim
23,8 -10,50% 21,3 -4,41% 20,4 -33,82% 13,5 -8,14% 12,4 4,83% 13
Maroc
DLM NC --- NS --- 32,1 -42,99% 18,3 -27,32% 13,3 -28,51% 9,5
Sonasid 13,6 -9,55% 12,3 15,75% 14,6 -42,46% 8,4 246,40% 29,1 -50,17% 14,5
Source : Tableau élaboré par nos soins à partir des données de la BMCE Capital, la CDG Capital et de la BVC.
NC : Société pas encore cotée ; NS : PER non significatif.
La société HOLCIM a des PER qui oscillent entre 13 enregistré en 2010 et 24 en 2005. Avec
un niveau d’endettement élevé soit un Gearing152 qui atteint 112,3% en 2008, et un BPA en
constante évolution, le ratio PER reste dans des normes significatives. La baisse du PER peut
être expliquée par la baisse du cours des actions Holcim.
La SONASID a réalisé un PER fluctuant entre 13,6 en 2005 et 14,5 en 2010. Les spécialistes
jugent la société comme étant sous-évaluée par rapport au marché, surtout qu’elle présente un
rendement de dividende moyen de 9,5% soit l’un des plus élevés du marché.
Quand à la société DLM, et après avoir réalisé un PER de 32,1 en 2007, le ratio boursier s’est
enregistré dans une tendance baissière pour atteindre 9,5 en début 2010, passant par des
baisses successives de 42,99%, 27,32%, et 28,51% durant les années 2008, 2009 et 2010.
L’orientation de l’activité de DLM vers l’Afrique et notamment, la réalisation de la première
plateforme pétrolière offshore, ainsi qu’une nouvelle cimenterie au Sénégal153, et la
construction d’une plateforme pétrolière au Maroc, ont constitué une révolution en un laps de
temps assez réduit, ce qui procuré à la société une grande marge de progrès par rapport aux
autres sociétés du secteur.
Cependant, la société DLM est encore mieux positionnée par rapport aux autres sociétés et par
rapport à la moyenne du secteur BTP en 2010 (soit un PER de 9,5 contre 13 et 14,5 pour les
autres sociétés, et 15,2 pour le PER du secteur). En d’autres termes, l’acquisition des titres
DLM permet de récupérer l’investissement en une courte durée (9 ans) en comparaison avec
les autres sociétés du secteur (13 et 14 ans).
Globalement le positionnement à long terme des sociétés du secteur des BTP sur le marché et
le PER réalisé indiquent une certaine maturité. Les sociétés du secteur reposent sur des bases
152
Le Gearing est le ratio de la dette financière et bancaire nette sur les capitaux propres de l’entreprise. Il mesure le risque
de la structure financière de l’entreprise.
153
La note d’information de la société DLM.
249
solides. Parallèlement, à l’analyse de la baisse qu’a connue le secteur en 2006 et 2009, on
remarque que ce sont les secteurs les plus chers qui ont subit le plus l’impact de la correction.
Il s’agit essentiellement du secteur immobilier et des BTP qui réalisent depuis trois ans de très
fortes performances entrainant ainsi une dé-corrélation des cours de leurs fondamentaux.
Il est certain que le secteur agroalimentaire occupe une place stratégique dans l’économie
marocaine. Cela se traduit par le chiffre d’affaire ainsi que le nombre d’entreprises
(spécialement des PME/PMI). Les plus importantes d’entres elles, appartenant à de grande
groupes marocains (ONA, DYANA, HOLDING et HOLMARCOM) ou étrangers (CASTEL
et BEL).
Le PER relatif aux sociétés du secteur de l’agroalimentaire, ainsi que le PER sectoriel figurent
dans le tableau ci-dessous:
Agroalimentaire 28 -31,78% 19,1 -60,50% 11,9 5,04% 12,5 19,20% 14,9 -4,69% 14,2
CRS 62,9 -58,34% 26,2 -15,92% 22,6 -46,90% 12 -4,16% 11,5 -5,21% 10,9
DARI NC - NS - 10,1 2,97% 10,4 -14,42% 8,9 -5,61% 8,4
Source : Tableau élaboré par nos soins à partir des données de la BMCE Capital, la CDG Capital et de la BVC.
NC : Société pas encore cotée ; NS : PER non significatif.
Il faut que la société se soit introduite en bourse en 2005 à u prix correct (soit 369 DH) ce qui
a favorisé l’évolution de son cours tout en gardant des ratios boursiers intéressants.
Concernant la société CARTIER SAADA (CRS), celle-ci a réalisé un PER de 62,9 en 2005,
qui montre une nette surévaluation de ses actions, qui n’a cessé de s’améliorer d’année en
année pour atteindre 10,9 en 2010 à la suite de l’expansion des bénéfices due à une meilleure
rationalisation des charges opérationnelles (environ -10% entre 2005 et 2009).
250
Globalement, on peut dire que les deux sociétés sont mieux positionnées en termes de PER
aux yeux des investisseurs. En effet, récupérer l’investissement en 8 ans ou en 10 ans est
beaucoup plus opportun que d’attendre 14 ans comme l’affiche la moyenne du secteur.
Par ailleurs, le bénéfice net par action (BNPA) ou appelé EPS (Earnings Per Share) est un
ratio dont la présentation est obligatoire dans les entreprises cotées selon les normes IFRS. Il
permet aussi de mesurer la performance de l’action d’une entreprise. Le tableau suivant
permet de tracer l’évolution du BNPA des trois sociétés au cours de la période 2004-2010:
Ainsi, les titres de la société DARI et celles du DLM demeurent plus attractives pour les
investisseurs et notamment en matière de bénéfices procurés chaque année par l’acquisition
de chaque titre. Les données du tableau affichent des valeurs considérables et particulièrement
pour la société DARI.
Cette dernière a vu une évolution de son BNPA en forte croissance durant les années qui
suivent son introduction en bourse (82,2DH par action en 2009 contre 17,54 DH en 2005).
A l’aide de la base de données de l’AMMC et de la BVC fournie par les notes d’informations
publiées des entreprises cotées, donnant ainsi les états financiers de chaque exercice, nous
251
avons cherché à mieux cerner l’évolution de la rentabilité de certaines PME sur l’ensemble de
leurs activités.
On va chercher à évaluer, d’une part, la rentabilité économique des PME considérées, c’est à
dire la rentabilité des ressources affectées au cycle d’exploitation, et d’autre part de leur
rentabilité financière, qui résulte de la rentabilité économique et du coût de la dette par le biais
de l’effet de levier.
On a retenue la formule suivante pour le calcul de la rentabilité économique des trois PME
cotées : ROA (Return On Assets) = Résultat Net / Actif Economique, avec :
Par opposition à la rentabilité financière, qui intéresse plus les associés, la rentabilité
économique intéressée plus les investisseurs et les banques. Le tableau nous permet
d’observer l’évolution de la rentabilité économique au cours de la période 2004 – 2010.
Toutefois, la société DLM a connu une baisse plus ou moins brutale au cours de l’année
d’introduction (de 19,26% en 2007 à 9,74% en 2008) résultante de l’augmentation des
252
capitaux propres (soit de 155,66% par rapport à l’année qui précède l’introduction). Au
contrario, le résultat net s’est progressé positivement (+53,57% soit un résultat de 21 796
MDH en 2008 contre 14 193 MDH en 2007.
La rentabilité financière évaluée par le ROE et qui bénéfice aux seuls actionnaires résultat de
deux facteurs essentiels : le niveau de la rentabilité économique d’une part, et le cout de la
dette par le biais de l’effet de levier d’autre part.
Le second facteur est, en revanche, plus complexe, puisque le coût de la dette dépend à la fois
du taux d’intérêt auquel l’entreprise a emprunté et de son taux d’endettement, rapportant ses
dettes financières à ses fonds propres.
En effet, le taux d’intérêt à long terme est généralement inférieur au taux de rendement
économique de l’entreprise, ce qui diminue la part du profit total que celle-ci devra payer sous
forme d’intérêts à ses créanciers, le solde restant dans les mains des actionnaires. Or, cet écart
de rémunération au détriment du créancier et à l’avantage de l’actionnaire sera d’autant plus
élevé que le taux d’endettement de l’entreprise est élevé.
La rentabilité financière de la société DLM enregistre une tendance haussière allant de 6,34%
en 2004 jusqu’à 20,86% en 2007, une évolution due à l’augmentation plus que
proportionnelle du résultat net (313%) par rapport à l’augmentation des capitaux propres
(26%) entre 2004 et 2007. Mais, suite à son introduction, la rentabilité connaitra une légère
baisse (soit 12,53% et 11,67% respectivement en 2008 et 2009) avant d’atteindre son niveau
le plus haut de la période (22,19%) en 2010.
253
Par ailleurs, après enregistré une rentabilité financière de 10,5% par la société CRS en 2005,
cette dernière a connu une dégradation au cours de l’année d’introduction (2006) pour
atteindre 7,30% due essentiellement à l’augmentation des capitaux propres (soit 30 604 MDH
en 2005 contre 56 152 MDH en 2006). Apres l’année d’introduction, le rapport résultat Net /
Capitaux propres commence à s’améliorer progressivement, passant de 9,98% en 2007,
10,71% en 2008, et 15,55% en 2009, pour ensuite chuter à 5,15% en 2010. Une détérioration
remarquable de la rentabilité financière au cours de l’année 2010 (soit à peu pré le 1/3 par
rapport à l’année précédente) due à la baisse brutale du résultat net (11 604 MDH en 2009 et
3 796 MDH en 2010).
La rentabilité financière la plus élevée enregistrée par les trois sociétés durant toute la période
considéré, est celle de la société DARI (26,9% contre 14,89% en 2004) lors de son
introduction en 2005. En revanche, les deux autres sociétés ont connu une baisse de leur
rentabilité au moment d’introduction (de 10,5% à 7,3% en 2006 pour CRS et de 20,86% à
12,53% en 2008 pour DLM). Apres son introduction, la société DARI a connu un
accroissement léger qui attendra 20,64% en 2009 précédé par une baisse en 2006 qui s’élève à
15,68%.
D : Dettes Financières;
CP : Capitaux Propres;
D / CP : le Bras du Levier.
254
La rentabilité financière d’une entreprise est égale à sa rentabilité économique augmentée du
différentiel entre le rendement des actifs et le coût moyen des dettes multiplié par le
coefficient d’endettement.
En fait, l’effet de levier peut être positif ou négatif, selon le signe de la différence entre le taux
de rentabilité économique et le taux d’intérêt des dettes (Re – i), le tableau ci-dessous nous
permet de tracer l’évolution de cet écart:
Le levier financier de la société CRS et DLM affiche des valeurs des valeurs négatives durant
toute la période considérée. L’objectif visé par l’entreprise CRS de cette opération
d’introduction en bourse en 2006 selon sa note d’information, était de financer en partie le
programme d’investissement prévu par l’entreprise en fonds propres et limiter ainsi son
niveau d’endettement (soit un endettement nul en 2009 et en 2010).
Parallèlement, même si l’écart (Re – i) affiche des valeurs positives considérables (14,14%)
suite à son introduction, la société DARI a connu aussi un désendettement progressif après
l’année 2005 pour s’annuler en 2008. En 2009, un nouvel emprunt a était contracté par la
société d’un montant important (soit 30 000 MDH).
255
Conclusion du chapitre
Dans un contexte marqué par l'ouverture de l'économie marocaine sur le marché extérieur, le
marché boursier est censé constituer une source de financement complémentaire, voir une
alternative, permettant aux entreprises un meilleur ancrage dans la mondialisation.
Une enquête effectuée par Mustapha BENMAHANE montre que les entreprises marocaines
sont mal informées des avantages que procure la bourse, tandis que certaines parmi elles ne
connaissent même pas les conditions d'introduction en bourse (47% des entreprises d'un
échantillon constitué de 76 entreprises enquêtées). 43% des entreprises ignorent également
l'existence du nouveau marché créé en septembre 2000154. Ce déficit d'informations, associé
aux conditions d'inscription à la cote, procédures et coûts d'introduction justifient sans doute
le manque de papier qui caractérise la place casablancaise. Mais cette situation n'est pas
imputable uniquement aux autorités. En effet, il s'avère que 60% des entreprises questionnées
restent réticentes à l'ouverture du capital de l'entreprise à des tiers et / ou craignent le partage
du contrôle. L'examen des différents comportements des entreprises en matière de
financement a montré la dépendance des entreprises au système bancaire. Il s'agit donc d'une
spécificité d'une économie d'endettement.
A cet égard, nous constatons que les reformes financières n'ont pas changé les pratiques
financières des entreprises marocaines. Ces dernières ne tirent pas profit des opportunités de
financement rendues possibles par le nouvel environnement financier et demeurent tributaires
de la finance intermédiaire.
154
Ce nouveau marché représente le troisième compartiment du marché boursier, créé pour répondre aux besoins financiers
des entreprises principalement les PME/PMI et vise des entreprises œuvrant dans des nouvelles technologies.
256
- Faible rentabilité des financements aux PME au regard des risques encourus et des coûts de
transaction.
Il existe d'autres éléments internes à l'entreprise qui viennent renforcer cette situation. Il s'agit,
en particulier, des questions d'organisation interne propres aux entreprises marocaines
notamment le manque d'ouverture aux tiers, la résistance à la transparence et l’organisation
très centralisée autour du chef d'entreprise.
En outre on peut observer que la nouvelle régulation du crédit est encore dans une phase
transitoire et ne donne pas tous les effets attendus, cela tient en fait qu'elle ne s'est pas
accompagnée d'une adaptation suffisante du système financier en vue de maîtriser le coût de
financement des entreprises et qu'elle s'applique dans un contexte réel encore déséquilibré.
L’analyse empirique des statistiques comptables des trois PME cotées à la bourse des valeurs
de Casablanca affiche de bonnes performances en matière de rentabilité. Mais encore faut-il
tenir compte des différences qui existent entre les stratégies suivies par chacune des trois
entreprises et les objectifs visés par l’opération d’introduction.
En effet, la société CRS a vu son objectif atteint depuis son introduction en bourse notamment
la réduction de son niveau d’endettement et l’accroissement de son autonomie financière. Ce
qui n’est pas le cas pour les deux autres entreprises qui ont profité pleinement des
augmentations du capital et des emprunts auprès des établissements de crédit155.
En dépit du rôle qu’elles jouent dans le développement économique et social du Maroc, les
PME souffrent des contraintes internes et externes qui pèsent sur leur décision
d’investissement et sur leur stratégie de développement.
La levée de ces contraintes, notamment celles liées au financement externe, dépend du degré
d’efficacité du système financier, jugé à travers sa capacité à fournir des capitaux au moindre
coût possible et à mobiliser suffisamment de ressources en faveur des entreprises.
Pour réduire la vulnérabilité de ces entreprises en matière d’accès au crédit bancaire, les
pourvoir publics ont mis en place un dispositif de mesures susceptibles d’élargir leurs sources
de financement notamment la mise en place de lignes nationales et étrangères de crédits. De
même, les conditions d’introduction à la bourse des valeurs de Casablanca ont été
155
Soit un endettement de 30 000 MDH en 2009 contre 9 715 MDH en 2005 pour la société DARI, et de 48 064 MDH en
2009 contre 5 656 MDH en 2007 pour la société DLM.
257
suffisamment assouplies, à travers la création de nouveaux compartiments réservés à la PME,
et la mise en place de nouveaux produits financiers.
Or, force et de constater, à travers l’échantillon choisi des PME cotées en bourse qu’il reste
beaucoup à faire de la part de l’Etat et des bailleurs des fonds tant que ces entreprisses
éprouvent toujours des besoins de financement et réclament une assistance financière accrue.
L’analyse de la situation financière de ces entreprises après leur introduction en bourse permet
de dégager deux principales remarques:
Ainsi au terme de ce chapitre nous pouvons dire que la performance financière et boursière de
l'entreprise est considérée comme la mesure potentielle de la réussite d'une introduction en
bourse. En effet, toute performance positive est associée à une hausse des prix et vis versa. En
réalité, ce n'est pas le cas du fait qu'une baisse des cours ou une hausse des cours peut être
temporaire et tributaire d'autres facteurs exogènes à l'entreprise.
258
CHAPITRE 5 : ANALYSE FINANCIERE COMPARATIVE DES
PME MAROCAINES COTEES EN BOURSE
Introduction
L’introduction en bourse représente pour certains chefs d’entreprise un outil de succès dans
le monde des affaires. Et pour d’autres, la croissance et le besoin de capitaux
supplémentaires construisent les mécanismes de la décision. Dans certains secteurs, mines et
haute technologie, la cotation est un impératif pour les PME. Ces dernières ont également
besoin d’un apport de capitaux pour réaliser leurs plans d’investissement.
L’objet de ce chapitre est d’étudier l’effet de la cotation sur les indicateurs de performance
économiques, mesurés par des ratios financiers, des PME récemment introduites en bourse.
Dans ce contexte, nous articulerons ce chapitre en quatre sections. La première a pour but de
créer une base de données nécessaire pour effectuer cette analyse financière comparative entre
les PME et les grandes entreprises cotées à la bourse. Ainsi, nous présentons dans un premier
temps la méthodologie adoptée et dans un deuxième temps, nous exposons les PME et les
grandes entreprises cotées constituant l’échantillon et les ratios financiers sélectionnés. La
deuxième section sera consacrée à étudier les résultats des ratios de la solvabilité. La
troisième section présentera l’analyse des résultats des ratios de la liquidité et de la trésorerie
et la dernière section examinera les effets de la cotation sur les ratios de la rentabilité.
259
grandes entreprises sélectionnées et dans le dernier point, nous exposerons les indicateurs
financiers retenus pour l’établissement de cette analyse descriptive et statistique.
L’approche choisie pour analyser l’incidence de la cotation en bourse des PME marocaines sur
leurs santés financières est qualifiée de fonctionnelle et déductive, et cela pour plusieurs causes.
En effet, l’approche fonctionnelle est centrée sur le fonctionnement économique de l’entreprise
du fait qu’elle privilégie l’objet et la nature des ressources mises à la disponibilité de
l’entreprise et les emplois qui ont été fait. C’est ainsi que les éléments de l’actif et de passif sont
classés par nature en fonction du cycle de financement, d’investissement et d’exploitation et non
plus par leurs échéances156; elle examine la contrainte de liquidité d’après la manière dont les
ressources stables assurent la couverture du besoin en fonds de roulement et elle considère
l’entreprise comme un portefeuille d’emplois et de ressource qui sera la traduction des choix de
gestion du chef de l’entreprise.
Par ailleurs, deux grandes méthodes permettent de porter un jugement sur la santé financière de
l’entreprise à savoir les indicateurs de performance financière mesurée par la méthode des ratios
et la méthode des flux. Ces deux méthodes sont complémentaires puisque chacune complète les
insuffisances de l’autre.
Afin de valider notre travail tout en essayant de répondre à notre problématique qui peut se
résumer comme suit "L’événement de l’introduction en bourse entraine un effet favorable sur
les indicateurs de performances financières des PME cotées à la bourse ?". On a jugé opportun
d’appréhender dans ce chapitre une analyse financière comparative, basée sur un certain
nombre de ratios financiers, entre trois PME et trois grandes entreprises qui sont, tous les six,
cotées à la BVC.
156
Hassan Darbane; op.cit ; p.79.
260
Cette analyse comparative des ratios financiers permet de remarquer si la cotation en bourse de
ces entreprises et surtout des PME a été bénéfique sur la situation de leurs indicateurs de
performances financières et donc de leurs santés financières.
Il convient de préciser que les méthodes utilisées pour étudier les caractéristiques financières
des PME de notre échantillon est la statistique descriptive à partir de ratios financiers calculés
sur une période de sept ans pour chaque société.
Le but escompté de notre travail est de contribuer à l’étude des incidences de l’introduction en
bourse des entreprises sur leurs indicateurs de performance financières et pour observer
éventuellement les changements du comportement financier notamment de la structure
financière engendrés par le financement boursier des entreprises marocaines.
La période d’analyse s’étalera sur sept ans allant du 2005 au 2011. Cette période est déterminée
après la création du troisième compartiment marché de croissance, crée en 2000, qui s’adresse
aux entreprises à fort potentiel de croissance et qui besoin de capitaux importants pour financer
leurs plans de développement.
Ce pendant, plusieurs difficultés ont été rencontrées pour constituer la population d’entreprises
sujettes de notre étude:
- Absence d’une base de données complète des différentes entreprises cotées et surtout des
PME;
- Les firmes ayant connu au cours de la période d’études, d’importante restructuration de fusion
et d’absorption biaisant gravement l’homogénéité des données disponibles ont été éliminées de
l’échantillon;
- Nous n’avons pas tenu compte des entreprises radiées ainsi que celle nouvellement introduite à
la cote officielle pendant la période d’analyse;
- Les sociétés dont l’activité principale semblait être se rapprocher d’un holding ont été exclues
du champ de l’étude;
261
- Enfin, nous n’avons pas pris en considération les banques, les sociétés financières et les
sociétés d’assurances et de réassurances dont la composition de la structure financière est
différente de celle des sociétés industrielles et commerciales.
Par ailleurs, les entreprises retenues sont celles qui ont satisfait aux critères de sélections cités
précédemment. Sur la base de ces derniers, l’échantillon se compose de six entreprises réparties
comme suite, et ce à fin de procéder à une approche comparative entre les trois grandes
entreprises du marché principal et les trois PME du marché de développement et celui de la
croissance:
Bâtiment et 02/07/1996
3 SID SONASID Marché Principal
construction
DARI
4 DRI Agroalimentaire Marché Croissance 11/07/2005
COSPATE
CARTIER Marché
5 CRS Agroalimentaire 21/06/2006
SAADA Développement
Delattre Levivier Marché
6 DLM Industrie métallurgique 29/04/2008
Maroc Développement
Source : Tableau élaboré à partir du site la BVC.
262
Informations sur la société LESIEUR CRISTAL
Raison sociale LESIEUR CRISTAL
Ticker LES
1 Rue Caporal Corbi BP: 3095
Siège social
Roches Noir - Casablanca 20300
Secteur d'activité Agroalimentaire / Production
Commissaire aux comptes ERNST & YOUNG / FIDAROC
GRANT THORNTON
Date de constitution 01/01/1940
Compartiment Marché Principal
Date d'introduction en bourse 07/12/1972
Durée de l'Exercice Social 12
Principaux actionnaires
OLEOSUD 41,00
DIVERS ACTIONNAIRES 29,41
CIMR 6,24
Groupe MCMA-MAMDA 6,24
WAFA ASSURANCE 6,24
CAISSE MAROCAINE DE
5,97
RETRAITE (CMR)
CACEIS BANK
4,9
LUXEMBOURG
Total 100
263
Principaux actionnaires
WILMAR SUGAR
27,50
HOLDINGS
DIVERS ACTIONNAIRES 25,32
CIMR 12,81
Groupe MCMA-MAMDA 7,65
WAFA ASSURANCE 7,34
RCAR 6,99
CAISSE MAROCAINE DE
4,42
RETRAITE (CMR)
WILMAR SUGAR PTE 4,00
RMA Cap Dynamique 1,54
SAHAM ASSURANCE 1,29
AXA ASSURANCES
0,97
MAROC
CELACO 0,18
Total 100
264
Principaux actionnaires
Nouvelles Sidérurgies
64,86
Industrielles
DIVERS ACTIONNAIRES 19,62
RCAR 10,02
CMR 3,52
WAFA ASSURANCE 0,82
MCMA 0,67
ATTIJARIWAFA BANK 0,27
MAMDA 0,23
Total 100
Principaux actionnaires
FAMILLE KHALIL 70,58
DIVERS ACTIONNAIRES 29,42
Total 100,00
265
Chiffres clés 2013 2014 2015
Comptes consolidés Non Non Non
Capital social 29 837 500,00 29 837 500,00 29 837 500,00
Capitaux propres 143 964 672,00 154 005 339,00 175 713 792,04
Nombre titres 298 375 298 375 298 375
Chiffre d'Affaires 406 023 000,00 441 373 405,00 524 975 372,91
Résultat d'exploitation 29 748 000,00 34 370 228,00 53 913 221,72
Résultat net 21 073 000,00 24 959 417,00 38 119 077,91
Principaux actionnaires
DIVERS ACTIONNAIRES 19,85
CARTIER Pierre 16,79
DEBBAGH Aicha 11,60
BENIDER OMAR 11,28
DEBBAGH Mounir Moulay
10,96
Youssef
DEBBAGH Hassan 10,12
MAAROUF Aicha 9,70
DELIEUZE Alexandre 9,70
Total 100
266
Informations sur la société DLM
Raison sociale DELATTRE LEVIVIER MAROC
Ticker DLM
Km 9 Route de Rabat 20 250 Aïn
Siège social
Sebaa Casablanca
Ingénieries et Biens d'Equipement
Secteur d'activité
Industriels
Principaux actionnaires
Famille BOUVEUR 50,01
DIVERS ACTIONNAIRES 15,96
HAKAM ABDELLATIF
FINANCE 10,03
SA
SOFTGROUP 10,00
VIAUD Marie Elisabeth 7,20
ERIC CECCONELLO 6,80
Total 100
A partir de la base des comptes annuels des sociétés cotées dont nous disposons, il fallut
constituer une batterie de ratios d’analyse financière, sous contrainte que l’information
disponible permette de les calculer.
267
Un ratio est un rapport caractéristique entre deux grandeurs, il est choisi de telles manières
qu’il ait une signification rationnelle pour étudier une situation ou une évolution.
Nous avons retenu 18 ratios permettant de rendre compte des spécificités économiques et
financières des 6 entreprises composant notre échantillon. Chaque entreprise est caractérisée
par la structure de la moyenne de ces ratios sur la période 2005-2011, ceci afin d’éliminer
d’éventuels effets conjoncturels.
Les ratios financiers que nous avons choisis ont été regroupés en trois groupes avec deux
précautions à prendre en considération. La première précaution est relative à ce que chacune
des grandeurs rapprochées doit être suffisamment bien définie et la deuxième est liée à ce que
les deux grandeurs choisies doivent être homogènes. Cependant l’élimination de certains ratios
financiers peut résulter soit d’un manque d’informations pour pouvoir les déterminer ou bien
d’une complémentarité des ratios non retenus.
A. Endettement total
Pour mesurer la structure interne de l’endettement, nous avons choisi le ratio de l’endettement
total qui rapporte le total des dettes au total du passif, ce ratio traduit le degré d’indépendance
financière de l’entreprise vis-à-vis des tiers, il permet également d’apprécier la probabilité de
remboursement des créanciers en cas de liquidation de l’entreprise. Et il s’apprécie à partir du
ratio: (Total des Dettes / Total du Passif) × 100.
B. Poids d’endettement
Ce ratio mesure la part de l’EBE alloué aux charges financières. Il ne doit pas être trop élevé
(ratio maximum à 40%). Plus ce ratio est élevé plus les charges financiers pèsent lourdement
sur l’entreprise et moins il reste de place pour les investissements actuels (dotations aux
amortissements) et futurs (résultat net de l’exercice)157. Ainsi, il s’apprécie à partir du ratio:
(Charges Financières / E.B.E) × 100.
157
Béatrice Meunier Rocher ; Op.cit ; page : 209.
268
C. Autonomie financière
C’est un ratio à suivre régulièrement afin de mesurer la dépendance financière extérieure. Plus
ce ratio est élevé, plus faible est l’endettement total relatif donc meilleure est la possibilité de
recours à des crédits extérieurs.
En fait, il n’existe pas de règle en la matière. Mais l’orthodoxie financière et les normes
bancaires recommandent un rapport supérieur à 100%. L’observation révèle que le nombre
d’entreprises ont des niveaux d’endettement très supérieurs aux niveaux des capitaux
propres158.
La fiscalité est plus favorable à la dette (la rémunération des emprunts est fiscalement
déductible, alors que celle du capital ne l’a généralement pas);
L’effet levier lié à l’endettement conduit à favoriser le financement par emprunt dans la
mesure où le taux d’intérêt est inférieur au taux rentabilité économique de l’investissement
financé.
D. Taux de solvabilité
Parmi les ratios de répartition de la valeur ajoutée, qui permettent de cerner immédiatement les
acteurs principaux de l’entreprise, on peut citer notamment le ratio suivant: (Charges
Financières / Valeur Ajoutée) × 100.
158
Anne-Marie KEISER, "Gestion Financière", 2ème tirage, Edition ESKA, 2000; page: 176.
269
II. Les ratios de liquidité et de trésorerie
Le souci le plus immédiat des dirigeants d’entreprises est d’assurer la liquidité de leur affaire,
c'est-à-dire de se ménager la possibilité de faire face à leurs obligations dont l’échancre est la
plus proche.
Dans cette optique l’analyse de l’équilibre de l’entreprise financier conduit à se poser trois
questions159 :
- La première question a trait à mesurer la capacité de l’entreprise à rembourser ses dettes les
plus exigibles à partir de la liquidation de ses actifs les plus disponibles;
- La troisième question renvoie à l’étude de la part des dettes à très court terme qui pourraient
être instantanément remboursées par prélèvement sur l’encaisse déjà disponible.
Il mesure la capacité de l’entreprise à rembourser ses dettes les plus exigibles à partir de la
liquidation de ses actifs disponibles.
Ratio de Liquidité Générale = (Actifs à moins d’un an / Passif à moins d’un an) × 100.
Les actifs à moins d’un an comprennent les stocks, les créances clients et les autres créances et
liquidités. Le passif à moins d’un an comprend l’ensemble des dettes dont l’échéance est à
moins d’un an. Ce ratio doit être largement supérieur à 100%, compte tenu des degrés de
liquidités très divers des actifs à moins d’un an, au sens de leur capacité de se transformer
rapidement en moyen de paiement.
Ce ratio rapporte les actifs à moins d’un an les stocks dont la liquidité est incertaine au passif
exigible à court terme. Il corrige le précédent en prenant en compte le caractère peu liquide de
certains stocks.
Ratio de Liquidité Réduite = (Actifs à moins d’un an hors stocks / Passif à moins d’un an) ×
100.
159
Alain MARION ; "Analyse financière : concepts et méthodes"; Op.cit ; p.124.
270
C. Ratio de la liquidité immédiate
Ce ratio indique la part des dettes à très court terme qui pourraient être instantanément
remboursées par prélèvement sur l’encaisse déjà disponible, ce ratio est mesuré par le rapport
suivant:
Une valeur élevée de ce ratio peu être analysée comme le signe d’une utilisation peu
performante des liquidités dont une part élevée de ce ratio ne suffit pas à garantir des
conditions favorables de solvabilités si les autres actifs circulants sont peu liquides. Par contre,
une valeur faible de ce ratio au contraire s’avère parfaitement compatible avec le maintien de
la solvabilité si les autres circulants sont peu liquides.
Le fonds de roulement fonctionnel est égal à la différence entre les financements permanents et
l’actif immobilisé. Il est en effet souhaitable que les besoins structurels d’une entreprise
(investissements) soient couverts par des financements ayant le même caractère de stabilité, on
minimise ainsi le risque d’attente à la survie de l’entreprise par remise en cause de ses
financements à court terme.
En principe, le fonds de roulement fonctionnel doit être positif ; ainsi pour une entreprise
industrielle ayant un cycle de production et de commercialisation d’une durée moyenne et des
contraintes de stockage elles aussi moyennent, le fonds de roulement fonctionnel devrait
atteindre au moins 10% du chiffre d’affaires annuel et 20% de l’actif circulant hors trésorerie.
L’activité d’une entreprise est basée sur les principes simples suivants160:
160
Samira RIFKI ; Abdessadeq SADQI ; op.cit ; p.143.
271
- Tous les moyens permettent d’atteindre un niveau d’activité (Production, Chiffre d’Affaires,
Valeur Ajoutée);
- Ces résultats s’apprécient par rapport à ces moyens à travers la Rentabilité Economique
(Résultat / Moyens Economiques) et la Rentabilité Financière (Résultat / Moyens Financiers).
L'évolution dans le temps de la croissance du chiffre d'affaires est mesurée sous la forme
suivante: [(Chiffre d’Affaires (n) – Chiffre D’affaires (n-1) / Chiffre D’affaires (n-1)] × 100.
Ce ratio mesure la croissance de la valeur ajoutée dans le temps, il est déterminé de la façon
suivante: [(Valeur Ajoutée (n) – Valeur Ajoutée (n-1) / Valeur Ajoutée (n-1)] × 100.
Ce ratio permet de mesurer la croissance de l’excédent brut d’exploitation dans le temps. Il est
calculé de la manière suivante: [(Excèdent Brut d’Exploitation (n) – Excèdent Brut
d’Exploitation (n-1) / Excèdent Brut d’Exploitation (n-1)] × 100.
Ce ratio est l’instrument de mesure du degré d’intégration de l’entreprise. Il est surtout utilisé
dans les entreprises industrielles.
Il permet d’établir une distinction entre le cout des facteurs de production externes et ceux de
l’entreprise à elle-même mis en œuvre (Valeur Ajoutée).
Il est possible de le mesurer par la relation suivante: (Valeur Ajoutée / Chiffre d’Affaires) ×
100.
272
E. Ratio du taux de l’excèdent brut d’exploitation
Il est possible de le calculer par le rapport suivant: (Excèdent Brut d’Exploitation / Chiffre
d’Affaires) × 100.
Il peut être mesuré de la forme suivante: (Résultat Net / Capitaux Propres) × 100.
Les ratios financiers retenus avec leurs mesures de cette analyse, dont la source est établie
d’après l’étude effectuée sur l’échantillon, sera présenté dans le tableau suivant:
273
Tableau n°5.2 : Les ratios retenus avec leurs mesures
LIQG Ratios de Liquidité Générale (Actif à moins d'un an / Dettes à moins d'un an)x100
Taux de la rentabilité
TAURE (Résultat d'Exploitation / Actif Economique)x100
Economique
274
Après avoir défini les ratios susceptibles d’une analyse statistique, nous présentons à présent
ses résultats.
Dans cette section, on va essayer, dans un premier temps, d’analyser les ratios d’endettement
des PME sélectionnées et, dans un second temps, de procéder à une analyse des résultats des
ratios de liquidité et de la trésorerie.
En principe, l’entrée en bourse doit permettre à l’entreprise de réduire son endettement. Dans
ce qui suit, nous vérifierons ce postulat à travers les résultats de sept années de fonctionnement
en bourse de trois PME.
Rémunération des
12,18 10,10 8,42 7,24 5,42 7,12 6,83
Banques
275
enregistrer par la suite une augmentation respectivement de 39,18% en 2010 et 39,34% en
2011.
Par ailleurs, la courbe de tendance linéaire a retracé en général une faible baisse du ratio de
l’endettement total.
L’étude du tableau de l’évolution du ratio du poids d’endettement a montré une très forte
diminution entre les années 2005 et 2009 qui ont enregistré respectivement 22,33 % et 9,45%.
Apres cette chute spectaculaire, ce ratio a connu une faible augmentation qui ne dépasse pas
11% au cours des années 2010 et 2011.
Toutefois, la courbe de tendance linéaire a montré en général une forte diminution du ratio du
poids de l’endettement.
L’examen du tableau de l’évolution du ratio de l’autonomie financière a exposé une plus forte
augmentation de 67,34% en 2008 et une faible diminution durant les années 2009, 2010 et
2011 respectivement de 63,78%, 60,82% et 60,66%.
Toutefois, la courbe de tendance linéaire affiche en général une légère progression du ratio de
l’autonomie financière, ce qui représente une bonne situation financière après son introduction
en bourse.
Par ailleurs, la courbe de tendance linéaire indique en général une légère progression du ratio
du taux de solvabilité ce qui représente une amélioration de la solvabilité de cette PME cotée
en bourse.
L’étude du tableau de l’évolution du ratio de la rémunération des banques a montré une très
forte baisse de 5,42% en 2009. Après cette année, ce ratio a connu une faible augmentation qui
ne dépasse pas 7% au cours des années 2010 et 2011.
276
Toutefois, la courbe de tendance linéaire expose en général une forte diminution du ratio de la
rémunération des banques, ce qui montre la réduction des charges d’endettement bancaires de
la PME.
Globalement, l’évolution des courbes de tendance linéaire de ces cinq ratios d’endettement
montre une amélioration de la situation financière de cette PME par la réduction des ratios
d’endettement. Et cela peut être schématisé par le graphique suivant:
L’approximation par la méthode des moindres carrées a donné les coefficients angulaires et de
corrélations suivant:
Charges
Rémunération des Banques -0,85 -0,89
d'Endettement
277
Le premier constat qui ressort de l’analyse de ce tableau en dessus est celui d’une réduction
très importante des ratios de l’endettement total, des poids de l’endettement et des charges
d’endettement représentés par la rémunération des banques. Par contre, on constate une
progression des ratios de l’autonomie financière et celui du taux de solvabilité. Toutefois, les
coefficients de corrélation, par leur niveau plus proche de 1, confirment nettement ce constat.
Cette comparaison entre CRS et COSUMAR sera réalisée pour les ratios de l’endettement. La
comparaison avec une grande entreprise du même secteur est donnée par le tableau suivant:
Agroalimentaire
Ratios
COSUMAR CRS
R a R a
Charges
Rémunération des Banques -0,36 -0,28 -0,85 -0,89
d'Endettement
278
II. DELATTRE LEVIVIER Maroc : DLM
En principe, l’entrée en bourse doit permettre à l’entreprise de réduire son endettement. Dans
ce qui suit, nous vérifierons ce postulat à travers les résultats de sept années de fonctionnement
en bourse de trois PME.
Les résultats statistiques de ce groupe de ratios peuvent être résumés dans le tableau :
Rémunération des
7,59 10,71 10,96 9,37 8,21 10,86 6,84
Banques
Par ailleurs, la courbe de tendance linéaire a retracé en général une faible baisse du ratio de
l’endettement total.
L’évolution du ratio du poids d’endettement montre une très forte diminution entre les années
2005 et 2009 en passant respectivement 33,58 % et 27,21%. Après cette chute, ce ratio a connu
une forte augmentation pour atteindre 117,54% au cours de l’année 2010, puis une forte baisse
pour atteindre 23,89% en 2011.
En général, la courbe de tendance linéaire a connu une augmentation. Cela peut être expliqué
par l’effet de l’année 2010.
279
3. Ratio de l’autonomie financière
Durant les trois premières années, ce ratio a inscrit une faible diminution en passant de 9,27%
en 2005 à 8,53% en 2006. Pour enregistrer en moyenne, à partir de 2007, un accroissement de
19%.
Toutefois, la courbe de tendance linéaire affiche en général une bonne progression du ratio de
l’autonomie financière, ce qui représente une bonne situation financière après son introduction
en bourse.
L’évolution du taux de solvabilité a gardé même niveau d’évolution que celui du ratio de
l’autonomie financière.
Par ailleurs, la courbe de tendance linéaire indique en général une légère progression du ratio
du taux de solvabilité ce qui représente une amélioration de la solvabilité de cette PME cotée
en bourse.
Toutefois, la courbe de tendance linéaire expose en général une faible diminution du ratio de la
rémunération des banques, ce qui montre la réduction des charges d’endettement bancaires de
la PME.
Globalement, l’évolution des courbes de tendance linéaire de ces cinq ratios d’endettement
montre une amélioration de la situation financière de cette PME par la réduction des ratios
d’endettement. Et cela peut être schématisé par le graphique suivant:
280
Graphique n°5.2 : Evolution des ratios de l’endettement (en %)
L’estimation par la méthode des moindres carrées a donné les coefficients angulaires et de
corrélations suivant:
Poids de l'Endettement
Endettement 0,30 4,65
Autonomie Financière 0,94 3,36
Taux de Solvabilité 0,94 3,36
Charges
Rémunération des Banques
d'Endettement -0,21 -0,17
Source : D’après l’étude effectuée sur l’échantillon.
L’analyse de ce tableau en dessus a permis d’enregistrer une diminution importante des ratios
de l’endettement total et des charges d’endettement représentés par la rémunération des
banques. Par contre, on constate une progression des ratios de l’autonomie financière, du taux
de solvabilité et celui du poids de l’endettement. Toutefois les coefficients de corrélation, par
leur niveau plus proche de 1, confirment nettement ce constat.
Cette comparaison entre DLM et SONASID sera réalisée pour les ratios de l’endettement. La
comparaison avec une grande entreprise du même secteur est donnée par le tableau suivant:
281
Tableau n°5.8 : Comparaison des coefficients d’ajustement
Construction
Ratios SONASID DLM
R a R a
Endettement Total 0,46 1,61 -0,95 -3,35
Poids de l'Endettement 0,56 3,25 0,30 4,65
Endettement
Autonomie Financière -0,79 -2,55 0,94 3,36
Taux de Solvabilité -0,90 -3,34 0,94 3,36
Charges
Rémunération des Banques 0,58 1,78 -0,21 -0,17
d'Endettement
L’analyse de ce tableau comparative des ratios d’endettement entre la PME DLM et la grande
entreprise SONASID indique clairement une amélioration de la situation de l’endettement du
DLM par rapport au SONASID. Concernant les ratios de l’endettement total, du poids de
l’endettement et de la rémunération des banques, la PME DLM a enregistré une diminution
plus importante que la grande entreprise SONASID avec des coefficients de corrélation de
DLM plus proche de 1 surtout pour le ratio de l’endettement total. S’agissant du ratio du taux
de solvabilité et de l’autonomie financière, la PME DLM a évolué d’une façon très positive
que SONASID, cette évolution favorable du PME a été prouvée par les coefficients de
corrélation.
En principe, l’entrée en bourse doit permettre à l’entreprise de réduire son endettement. Dans
ce qui suit, nous vérifierons ce postulat à travers les résultats de sept années de fonctionnement
en bourse de trois PME.
Les résultats de l’étude statistique peuvent être synthétisés dans le tableau suivant:
282
Tableau n°5.9 : Evolution des ratios de l’endettement (en %)
Par ailleurs, la courbe de tendance linéaire a retracé en général une faible augmentation du
ratio de l’endettement total.
L’étude du tableau de l’évolution du ratio du poids d’endettement a montré une très forte
diminution entre les années 2005 et 2009 qui ont enregistré respectivement 22,33 % et 9,45%.
Après cette chute spectaculaire, ce ratio a connu une augmentation qui ne dépasse pas 11% au
cours des années 2010 et 2011.
Toutefois, la courbe de tendance linéaire a montré en général une forte augmentation du ratio
du poids de l’endettement.
L’examen du tableau de l’évolution du ratio de l’autonomie financière a exposé une plus forte
augmentation de 69,64% en 2006 et une forte diminution de 57,08% en 2009.
Toutefois, la courbe de tendance linéaire affiche en général une légère baisse du ratio de
l’autonomie financière, ce qui représente une mauvaise situation financière après son
introduction en bourse.
283
Par ailleurs, la courbe de tendance linéaire indique en général un léger affaiblissement du ratio
du taux de solvabilité ce qui représente une détérioration de la solvabilité de cette PME cotée
en bourse.
L’étude du tableau de l’évolution du ratio de la rémunération des banques a montré une très
forte baisse de 1% en 2009. Après cette année, ce ratio a connu une forte augmentation qui ne
dépasse pas 6% en 2010.
Toutefois, la courbe de tendance linéaire expose en général une forte augmentation du ratio de
la rémunération des banques, ce qui montre l’accroissement des charges d’endettement
bancaires de la PME.
Globalement, l’évolution des courbes de tendance linéaire de ces cinq ratios d’endettement
montre une détérioration de la situation financière de cette PME. Cela peut être expliqué d’une
part, par l’augmentation des ratios de l’endettement total, du poids d’endettement et des
charges d’endettement et d’autre part par la diminution des ratios de l’autonomie financière et
de la solvabilité et cela peut être schématisé par le graphique suivant:
L’approximation par la méthode des moindres carrées a donné les coefficients angulaires et de
corrélations suivant:
284
Tableau n°5.10 : Coefficients d’ajustement
Agroalimentaire
Ratios DARI
R a
Endettement Total 0,70 1,85
Charges
Rémunération des Banques 0,39 0,38
d'Endettement
Le premier constat qui ressort de l’analyse de ce tableau en dessus est celui d’une
augmentation des ratios de l’endettement total, des poids de l’endettement et des charges
d’endettement représentés par la rémunération des banques. Par contre, on constate une
diminution des ratios de l’autonomie financière et celui du taux de solvabilité. Ce constat a été
confirmé par les coefficients de corrélation.
Cette comparaison entre DARI et LESIEUR sera réalisée pour les ratios de l’endettement. La
comparaison avec une grande entreprise du même secteur est donnée par le tableau suivant:
Charges
Rémunération des Banques 0,34 0,27 0,39 0,38
d'Endettement
285
Concernant les ratios de l’endettement total, du poids de l’endettement et de la rémunération
des banques, la PME DARI a enregistré une augmentation plus importante que la grande
entreprise LESIEUR avec des coefficients de corrélation de DARI plus ou moins de 1
confirmant ce constat. S’agissant du ratio du taux de solvabilité et de l’autonomie financière, la
PME DARI a évolué plus négativement que LESIEUR.
Dans ce paragraphe, on va entamer, dans un premier temps, d’analyser les ratios de liquidité et
de trésorerie des PME sélectionnées et, dans un deuxième temps, d’opérer une comparaison
des PME aux grandes entreprises de même secteur.
L’évolution de ce deuxième groupe de ratios peut être résumée dans le tableau suivant:
Ratios de Liquidité
Générale 113,88 178,18 160,44 185,34 173,33 157,93 163,26
Ratios de Liquidité
Réduite 48,37 81,16 75,93 91,76 72,49 59,52 70,57
Ratios Liquidité
Immédiate 0,10 0,31 0,35 1,32 1,10 2,08 0,30
A l’exception de l’année 2005 et en s’établissant à un niveau supérieur à 150% pour les sept
années étudiées, le ratio de liquidité générale traduit l’existence d’un fonds de roulement
positif : cela veut dire que les stocks sont financés en partie par des capitaux permanents. De
286
plus, on constate une augmentation importante pour ce ratio, ceci représente en règle générale
une situation financière beaucoup plus saine de cette PME étudiée.
De même pour le ratio de la liquidité réduite qui enregistre une forte augmentation de 32,79%
entre 2005 et 2006, puis une légère diminution de -5,23% en 2007. Ce ratio garde
approximativement le même rythme pour les années restantes. Ce qui signifie que cette
entreprise détient des actifs à court terme à un niveau suffisant pour être à tous moment en état
d’assurer leurs échéances.
Mais il faut noter que, même avec ce niveau de ratio, cette PME peut rencontrer de difficultés
de trésorerie. C’est le cas des entreprises qui accordent des crédits clients nettement supérieurs
aux crédits fournisseurs. L’idéal est donc que les crédits accordés par les fournisseurs soit
supérieurs aux crédits consentis aux clients.
Pour ce qui est du ratio de liquidité immédiate, son niveau est resté bas et constant, ce qui
représente un mauvais signe de cette PME qui fait appel aux encaisses oisives pour couvrir
leurs dettes.
S’agissant du ratio du fonds du roulement a enregistré en moyenne de 36,98% durant les sept
années d’études, ce qui explique une moyenne amélioration de la trésorerie et la liquidité de
CRS.
Toutefois, l’évolution des courbes de tendance linéaire de ces quatre ratios de liquidité et de
trésorerie montre une amélioration satisfaisante de la situation financière de cette PME. Et cela
peut être schématisé par le graphique suivant:
150,00
100,00
50,00
0,00
2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
287
Les coefficients angulaires et de corrélations de ces cinq ratios de liquidité et de la trésorerie
sont regroupés dans le tableau suivant:
Agroalimentaire
Ratios CRS
R a
Ratios de Liquidité Générale 0,40 4,31
L’analyse de ce tableau en dessus indique une faible amélioration de ces ratios de liquidité et la
trésorerie. Toutefois les coefficients de corrélation, par leur niveau plus ou moins loin de 1,
confirme nettement ce constat.
Cette comparaison entre CRS et COSUMAR sera réalisée pour les ratios de liquidité et de
trésorerie. La comparaison avec une grande entreprise du même secteur est donnée par le
tableau suivant:
288
Par conséquent, il ressort de ce tableau, que la situation de la trésorerie et de la liquidité de la
PME CRS à bien profiter de son cotation à la bourse que la grande entreprise COSUMAR.
Pour les sept années étudiées, le ratio de liquidité générale a enregistré en moyenne un
accroissement de 113% ce qui traduit l’existence d’un fonds de roulement positif qui a
augmenté en moyenne de 55,50%. Cette évolution constitue en générale une situation
financière plus forte du PME étudiée.
Pour ce qui est du ratio de liquidité immédiate, son niveau est resté bas et constant, ce qui
représente un mauvais signe de cette PME qui fait appel aux encaisses oisives pour couvrir
leurs dettes.
S’agissant du ratio du fonds du roulement a enregistré en moyenne de 44,51% durant les sept
années d’étude, ce qui explique une bonne amélioration de la trésorerie et la liquidité de DLM.
Toutefois, l’évolution des courbes de tendance linéaire de ces quatre ratios de liquidité et de
trésorerie montre une amélioration satisfaisante de la situation financière de cette PME. Et cela
peut être schématisé par le graphique suivant:
289
Graphique n°5.5 : Evolution des ratios de liquidité et de trésorerie (en %)
120
100
80
60
40
20
0
2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
L’analyse de ce tableau en dessus indique une forte amélioration de ces ratios de liquidité et la
trésorerie. Toutefois les coefficients de corrélation, par leur niveau plus de 1, confirment
nettement ce constat.
Cette comparaison entre DLM et SONASID sera réalisée pour les ratios de liquidité et de
trésorerie.
290
positive de ces coefficients d’ajustement de façon plus importante dans le DLM que
SONASID qui a enregistré des affaiblissement de ces ratios de liquidité de la trésorerie. Ce
postulat a été certifié par les coefficients de corrélation.
Construction
Ratios SONASID DLM
R a R a
L’évolution de ce deuxième groupe de ratios peut être résumée dans le tableau suivant:
En s’établissant à un niveau supérieur à 200% pour les sept années étudiées, le ratio de
liquidité générale traduit l’existence d’une baisse du fonds de roulement toute en restant
positif. En effet ce ration une forte diminution entre 2005 et 2009 en passant de 386,82% en
291
2005 à 209,66% en 2009. Cette baisse a été suivie par une légère augmentation de 247,72% en
2010 à 240,73 en 2011.
Toutefois, la courbe de tendance linéaire expose en général une forte diminution du ratio de la
liquidité générale, ce qui montre un problème de liquidité de la PME.
L’étude de la courbe de tendance linéaire montre en général une forte diminution du ratio de la
liquidité réduite, ce qui explique un manque de liquidité de la PME.
Pour ce qui est du ratio de liquidité immédiate, son évolution a inscrit une chute de son niveau
en passant de 43,92 en 2005 à 12,80 en 2009, pour il a augmenté de 28,99% en 2010 pour
atteindre 57,32% en 2011.
S’agissant du ratio du fonds du roulement a enregistré une baisse allant de 77,12% en 2005 à
44,38% en 2007 pour atteindre une augmentation 53,17% en 2008. Puis, il s’est affaibli à
41,58% en 2009. Pour renouer avec un accroissement passant de 46,41% en 2010 à 50,69%.
De même, la courbe de tendance linéaire affiche en général une faible augmentation par
rapport aux autres ratios de liquidité à savoir la liquidité générale, réduite et du fonds de
roulement, ce qui représente des difficultés de trésorerie et constitue un mauvais signe de cette
PME après son introduction en bourse.
Toutefois, l’évolution des courbes de tendance linéaire de ces quatre ratios de liquidité et de
trésorerie montre une détérioration de son état de trésorerie et de liquidité de cette PME DARI.
Et cela peut être schématisé par le graphique suivant:
292
Graphique n°5.6 : Evolution des ratios de liquidité et de trésorerie (en %)
L’analyse de ce tableau en dessus indique une faible amélioration des ces ratios de liquidité et
la trésorerie. Toutefois les coefficients de corrélation, par leur niveau plus ou moins loin de 1,
confirment nettement ce constat.
Cette comparaison entre DARI et LESIEUR sera réalisée pour les ratios de liquidité et de
trésorerie. Si on exclut le ratio de liquidité immédiate, l’étude comparative de ce groupe de
ratios de la liquidité et de la trésorerie entre DARI et LESIEUR a permis de constater une
293
diminution négative de ces coefficients d’ajustement de façon plus importante dans le DARI
que LESIEUR. Ce postulat a été certifié par les coefficients de corrélation.
Agroalimentaire
R a R a
Les résultats de l’étude statistique de ce troisième groupe de ratios peuvent être synthétisés
dans le tableau suivant:
294
Tableau n°5.21 : Evolution des ratios de la rentabilité (en %)
Croissance du Chiffre
d'Affaires - 15,71 13,91 11,02 -6,06 9,38 21,68
Taux de Marge
d'Exploitation 11,74 9,86 10,30 11,43 17,35 13,57 12,14
Taux de la rentabilité
Economique 23,62 17,95 19,11 22,84 28,77 21,92 23,87
L’analyse de la rentabilité est conditionnée d’une part, par la croissance de l’activité. Et d’autre
part, par des indicateurs mesurant les performances globales tels que le taux de la valeur
ajoutée qui mesure le poids de la valeur ajoutée dans le chiffre d’affaires, et le taux de marge
brut d’exploitation qui mesure le niveau relatif du résultat, indépendamment de la politique
financière, de la politique d’investissement, de l’incidence de la fiscalité et de l’incidence des
éléments exceptionnels. Ainsi nous avons jugé utile d’analyser les ratios suivants:
- En ce qui concerne le taux de croissance de la valeur ajoutée, la PME étudiée affiche un taux
de valeur ajoutée s’est accrus pour atteindre 24,59% en 2008, puis il s’est affaibli pour
atteindre - 6,42 % en 2010.
De même, le taux de croissance de l’E.B.E a enregistré même évolution que celui du chiffre
d’affaires et de la valeur ajoutée. En effet, ce taux a connu une augmentation en passant de -
7,64% en 2006 à 49,00% en 2008, puis il s’est affaibli pour atteindre -16,77% en 2009. Par
ailleurs, il a commencé son amélioration pour atteindre 19,91% en 2010 et 12,90% en 2011.
295
S’agissant du taux de la valeur ajoutée, la PME affiche en moyenne un taux de 30%, ce qui
signifie que son activité ne génère pas une valeur ajoutée assez importante. Cette situation s’est
répercutée sur les ressources internes dégagées par l’exploitation puisque le taux de l’E.B.E et
le taux de la marge d’exploitation marquent des valeurs faibles se situant en moyenne
respectivement à 17% et à 12% pour les sept années d’études.
Le taux de la rentabilité économique, qui se situe en moyenne à 22% demeure médiocre. Cette
faiblesse peut être due principalement à l’importance de la rotation des actifs économiques et
l’importance des charges du personnel qui ont absorbé plus que la moitié de la valeur ajoutée.
Situant en moyenne à 10% pour les sept années d’études, la rentabilité financière reste faible
vu l’importance de cette PME dans le tissu productif marocain.
296
Les coefficients angulaires et de corrélations de ces huit ratios de la rentabilité sont
schématisés dans le tableau suivant:
Agroalimentaire
Ratios CRS
R a
Croissance du Chiffre
-0,005 -0,025
d'Affaires
Taux de la Rentabilité
0,40 0,66
Economique
L’examen de ce tableau en dessus indique une faible amélioration des ces ratios de la
rentabilité. Toutefois, les coefficients de corrélation, par leur niveau plus ou moins loin de 1,
confirme nettement ce constat.
La comparaison avec une grande entreprise du même secteur est donnée par le tableau suivant:
297
D’après ce tableau ci-dessus, il faut constater au départ que la croissance du chiffre d’affaires
de la PME et la grande entreprise a été négative pour la CRS que pour COSUMAR. Mais cette
évolution a été très négative pour COSUMAR que pour CRS.
Concernant les autres coefficients d’ajustement restant, ils ont été très positifs pour
COSUMAR que pour CRS. Cela ne peut pas être expliqué par l’effet de la bourse mais plutôt
c’est une résultante de la qualité de gestion de CRS.
Les résultats de l’étude statistique de ce troisième groupe de ratios peuvent être synthétisés
dans le tableau suivant:
L’examen de la rentabilité est déterminé par la croissance de l’activité et par des indicateurs
mesurant les performances globales. C’est ainsi nous avons jugé utile d’analyser les ratios
suivants :
Le taux de croissance du chiffre d’affaires a débuté par une forte progressive en passant de
4,03% en 2006 à 43,81% en 2007, cette baisse peut être s’expliquer par une diminution de la
consommation. Puis, il a enregistré une forte baisse pour atteindre 4,49% en 2008, pour
connaitre un accroissement de 11,68% en 2009.Toutefois, ce taux a enregistré une
augmentation de 5,80 % en 2010 et de 17,05% en 2011.
298
En ce qui concerne le taux de croissance de la valeur ajoutée, qui a passé de -7,48% en 2006 à
11,91% en 2007 pour atteindre 30,98% en 2008. Puis il s’est affaibli pour atteindre - 20,97 %
en 2010. Ce taux s’est accru pour atteindre 34,96% en 2011.
De même, le taux de croissance de l’E.B.E a enregistré même évolution que celui de la valeur
ajoutée. En effet, ce taux a baissé en passant de 27,99% en 2006 à 14,35% en 2007, puis il
s’est accru pour atteindre 40,80% en 2008. Par ailleurs, il a commencé sa détérioration pour
atteindre -12,36% en 2009 et -75,79% en 2010 pour atteindre 318,15% en 2011.
Le taux de la rentabilité économique, qui se situe en moyenne à 36,46% demeure faible. Cette
faiblesse peut être due principalement à l’importance de la rotation des actifs économiques et
l’importance des charges du personnel qui ont absorbé plus que la moitié de la valeur ajoutée.
Situant en moyenne à 14,60% pour les sept années d’étude, la rentabilité financière reste faible
vu l’importance de cette PME dans le système productif marocain.
299
Graphique n°5.10 : Evolution des ratios de la rentabilité (en % suite)
Les coefficients angulaires et de corrélations de ces ratios de la rentabilité peuvent être résumés
dans le tableau suivant:
Construction
Ratios DLM
R a
Croissance du Chiffre
-0,15 -1,19
d'Affaires
Croissance de la V.A 0,20 2,35
Croissance E.B.E 0,44 32,21
Taux de la V.A -0,81 -2,10
Rentabilité Taux de l'E.B.E -0,52 -0,74
Taux de la Rentabilité
-0,49 -4,60
Economique
Rentabilité Financière 0,018 0,040
Source : D’après l’étude effectuée sur l’échantillon.
L’analyse de ce tableau en dessus indique, sauf pour la croissance de l’EBE et celui de la TVA,
une faible amélioration de ces ratios de la rentabilité. Toutefois les coefficients de corrélation,
par leur niveau plus ou moins loin de 1, confirment nettement ce constat.
300
II. Comparaison des coefficients d’ajustement entre DLM et SONASID
Concernant les autres coefficients d’ajustement restant, ils ont été positifs pour DLM que pour
SONASID. Cela peut être expliqué par l’effet de la bourse sur l’exploitation et la gestion de
DLM.
Taux de la Rentabilité
-0,72 -10,44 -0,49 -4,60
Economique
Les résultats de l’étude statistique de ce troisième groupe de ratios peuvent être synthétisés
dans le tableau suivant:
301
Tableau n°5.27 : Evolution des ratios de la rentabilité (en %)
L’analyse de la rentabilité est conditionnée d’une part, par la croissance de l’activité. Et d’autre
part, par des indicateurs mesurant les performances globales telles que le taux de la valeur
ajoutée qui mesure le poids de la valeur ajoutée dans le chiffre d’affaires, et le taux de marge
brute d’exploitation qui mesure le niveau relatif du résultat, indépendamment de la politique
financière, de la politique d’investissement, de l’incidence de la fiscalité et de l’incidence des
éléments exceptionnels. Ainsi, nous avons jugé utile d’analyser les ratios suivants :
De même la courbe de tendance linéaire affiche en général une faible diminution qui constitue
une décroissance du taux du chiffre d’affaires pour cette PME DARI.
En ce qui concerne le taux de croissance de la valeur ajoutée, la PME étudiée affiche un taux
de valeur ajoutée s’est accrus pour atteindre 43,33% en 2008, puis il s’est affaibli pour
atteindre - 22,60 % en 2010.
De même, le taux de croissance de l’E.B.E a enregistré même évolution que celui du chiffre
d’affaires et de la valeur ajoutée. En effet, ce taux a connu une augmentation en passant de
5,42% en 2006 à 60,64% en 2008, puis il s’est affaibli pour atteindre 5,96% en 2009. Par
ailleurs, il a rebaissé de - 30,80% en 2010 pour atteindre -3,14 en 2011.
S’agissant du taux de la valeur ajoutée, l’entreprise DARI affiche en moyenne un faible taux
de 16,65%, ce qui signifie que son activité ne génère pas une valeur ajoutée assez importante.
Cette situation s’est répercutée sur les ressources internes dégagées par l’exploitation puisque
302
le taux de l’E.B.E et le taux de la marge d’exploitation marquent des valeurs faibles se situant
en moyenne respectivement à 12,72% et à 10,31% pour les sept années d’études.
Le taux de la rentabilité économique, qui se situe en moyenne à 46,82% demeure assez faible.
Cette faiblesse peut être due principalement à l’importance de la rotation des actifs
économiques et l’importance des charges du personnel qui ont absorbé plus que la moitié de la
valeur ajoutée.
Situant en moyenne à 16,08% pour les sept années d’étude, la rentabilité financière reste faible
vu l’importance de cette PME dans le tissu productif marocain.
30,00
25,00
20,00
15,00
10,00
5,00
0,00
2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
303
Les coefficients angulaires et de corrélations de ces huit ratios de la rentabilité sont
schématisés dans le tableau suivant:
Agroalimentaire
Ratios DARI
R a
Croissance du Chiffre
-0,15 -1,43
d'Affaires
Taux de la Rentabilité
-0,85 -8,59
Economique
L’examen de ce tableau en dessus indique une faible amélioration des ces ratios de la
rentabilité. Toutefois les coefficients de corrélation, par leur niveau plus ou moins loin de 1,
attestent vraiment ce résultat.
D’après ce tableau ci-dessous, il faut constater au départ que les huit ratios de rentabilité de
DARI sont négatifs par rapport à LESIEUR qui enregistré quelque coefficient positif à savoir
le taux de la valeur ajoutée, le taux de l’E.B.E, le taux de marge d’exploitation, le taux de la
rentabilité économique et la rentabilité financière
Cela ne peut pas être expliqué par l’effet de la bourse, mais plutôt c’est une résultante de la
qualité de gestion de DARI.
304
Tableau n°5.29 : Comparaison des coefficients d’ajustement
Agroalimentaire
Ratios LESIEUR DARI
R a R a
Croissance du Chiffre
-0,13 -0,80 -0,15 -1,43
d'Affaires
Taux de la Rentabilité
0,41 2,72 -0,85 -8,59
Economique
305
Conclusion du chapitre
L’analyse pratique, effectuée au niveau des trois dernières sections, des statistiques comptables
des trois PME cotées à la bourse des valeurs de Casablanca affiche de bonnes performances en
matière de rentabilité. Mais encore faut-il tenir compte des différences qui existent entre les
stratégies suivies par chacune des trois entreprises et les objectifs visés par l’opération
d’introduction en bourse.
En effet, après son introduction en bourse, l’évolution des courbes de tendance linéaire de ces
trois groupes de ratios de la PME CRS montre globalement:
- une faible baisse du ratio d’endettement total;
- une légère progression du ratio de l’autonomie financière, ce qui représente une bonne
situation financière après son introduction en bourse;
- une forte diminution du ratio de la rémunération des banques, cela est dû probablement à la
réduction des charges d’endettement bancaires de la PME;
- une faible amélioration de ces ratios de la rentabilité. Ce constat a été confirmé par le niveau
plus ou moins loin de 1.
306
la croissance du chiffre d’affaires, les autres ratios de rentabilités ont été très positifs pour
COSUMAR que pour CRS.
S’agissant du PME DLM, l’évolution des courbes de tendance linéaire de ces trois groupes de
ratios de cette PME indique globalement:
- après une chute du ratio du poids de l’endettement, ce dernier a enregistré une forte
augmentation en 2010;
- une bonne progression du ratio de l’autonomie financière, ce qui représente une bonne
situation financière après son introduction en bourse;
- une faible diminution du ratio de la rémunération des banques, ce qui montre la réduction des
charges d’endettement bancaires de la PME;
Globalement, l’évolution des courbes de tendance linéaire de ces cinq ratios d’endettement
montre une amélioration de la situation financière de cette PME par la réduction des ratios
d’endettement. De plus, les coefficients de corrélation, par leur niveau plus proche de 1,
confirment nettement ce constat.
Cette comparaison de ces cinq ratios d’endettement montre que la situation de l’endettement
du PME s’est améliorée par rapport aux grandes entreprises, cela peut être du à l’effet
engendré par son introduction au marché boursier.
Concernant les ratios de rentabilité, ils ont été positifs pour DLM que pour SONASID. Cela
peut être expliqué par une amélioration de l’exploitation et la gestion de DLM.
307
L’étude des ratios de l’endettement du PME DARI a permis de relever les remarques
suivantes :
- une légère baisse du ratio de l’autonomie financière, ce qui représente une mauvaise situation
financière après son introduction en bourse;
En général, l’évolution des courbes de tendance linéaire de ces cinq ratios d’endettement
dévoile une détérioration de la situation financière de cette PME. Cela peut être expliqué d’une
part, par l’augmentation des ratios de l’endettement total, du poids d’endettement et des
charges d’endettement et d’autre part par la diminution des ratios de l’autonomie financière et
de la solvabilité.
Cependant, l’évolution des ratios de liquidité et de trésorerie a noté une détérioration de son
état de trésorerie et de liquidité de cette PME DARI. En effet, le niveau des coefficients de
corrélation plus ou moins loin de 1, témoigne clairement cette situation.
Pourtant, les ratios de rentabilité ont maqué une évolution positive jusqu’à 2009 suivi d’une
dégradation de cette situation par la suite.
- une augmentation plus importante des ratios de l’endettement du DARI par rapport au
LESIEUR;
- une évolution négative des huit ratios de rentabilité de DARI par rapport à LESIEUR.
En dépit de son rôle dans le développement économique et social du Maroc, les PME subissent
des obstacles internes et externes qui influent sur leur décision d’investissement et sur leur
stratégie de développement.
La levée de ces contraintes, notamment celles liées au financement externe, dépend du degré
d’efficacité du système financier, jugé à travers sa capacité à fournir des capitaux à moindre
coût possible et à mobiliser suffisamment de ressources en faveur de ce type d’entreprise.
308
Pour réduire la faiblesse des PME en matière d’accès au crédit bancaire, les pourvoir publics
ont mis en place un dispositif de mesures susceptibles d’élargir leurs sources de financement
notamment la mise en place de lignes nationales et étrangères de crédits. De même, les
conditions d’introduction à la bourse des valeurs de Casablanca ont été suffisamment
assouplies, à travers la création du troisième compartiment réservé à la PME, et la mise en
place de nouveaux produits financiers.
Or, force et de constater, à travers l’échantillon choisi des PME cotées en bourse qu’il reste
beaucoup à faire de la part de l’Etat et des bailleurs des fonds tant que ces entreprises
éprouvent toujours des besoins de financement et réclament une assistance financière accrue.
L’analyse de la situation financière de ces entreprises après leur introduction en bourse permet
de dégager deux principales remarques:
309
CHAPITRE 6 : ANALYSE DE L’IMPACT DE
L’INTRODUCTION EN BOURSE SUR LES INDICATEURS DE
PERFORMANCE FINANCIERE DES PME MAROCAINES
Introduction
Cette décision stratégique exprime non seulement un renforcement immédiat des fonds, mais
aussi un changement positif et permanent par rapport à l’environnement externe et financier
de l’entreprise. L’accès au financement public semble également constituer une première
étape en vue de la croissance et de la maturité de la PME. C’est en ces termes que Desroches
et Jog (1991) concluaient leur enquête sur la PME et le financement par le grand public. Il
apparaît ainsi que la bourse constitue un moyen propice au développement et à la croissance
des PME.
En effet, l’introduction en bourse fournit une rentrée importante de fonds, accroît la notoriété
et le pouvoir de négociation avec les divers partenaires (Levasseur et Quintart, 1998),
augmente la mobilité du capital (Saada, 1996), contrôle les dirigeants (Daigne et Joly, 1986)
et favorise les stratégies de croissance externe (Levasseur et Quintart, 1998). Toutefois en
contrepartie, la cotation nécessite le temps et l’énergie et représente un coût important pour
une entreprise de dimension moyenne (Desjardin, 1999). En outre, elle limite la distribution
régulièrement des dividendes et cela ne constitue pas la généralité, car rares sont les PME qui
distribuent de dividendes et qui répondent aux exigences de transparence et de la diffusion des
informations financières.
De même, la survie d’une entreprise résulte d’une gestion financière saine et cohérente
accompagnée par la conservation d’un bon équilibre financier. En effet, La gestion financière
est un outil qui permet aux dirigeants de rendre compte de la situation financière de leur PME
et de prendre les décisions utiles et convenable.
En revanche rares sont les travaux qui se consacrent à l’étude de l’évolution des performances
économique et financières des entreprises marocaines et plus particulièrement les PME
nouvellement introduites en bourse. Ainsi, le présent chapitre vise à remédier à cette situation,
310
en étudiant l’influence de l’introduction en bourse sur l’évolution de la performance
financière des PME mesurée par certains indicateurs financiers.
L’objet de ce chapitre est d’étudier l’effet de la cotation sur les indicateurs de performance
financière des PME récemment introduites en bourse. Cet effet se traduit par un changement
de la structure financière des PME, de leurs sources de financement et par une modification
du système de gouvernance et par conséquent il a un impact sur la conduite stratégique du
décideur. Notre objectif est d’essayer d’analyser cet impact en s’inspirant des recherches
théoriques et de travaux empiriques élaborés dans ce sens. Ce qui va nous permettre de
vérifier les hypothèses, constituant notre problématique, formulées dans l’introduction
générale, par une étude statistique et économétrique.
Dans ce contexte, nous articulerons ce chapitre en trois sections. La première a pour but de
créer une base de données nécessaire pour effectuer les études statistiques et économétriques.
Ainsi, nous présentons dans un premier lieu la méthodologie adoptée et dans le deuxième lieu,
nous exposons les PME cotées constituant l’échantillon et les ratios financiers sélectionnés. La
deuxième section sera consacrée à l’étude statistique de l’effet de l’introduction en bourse sur
les ratios de performances financières des PME marocaines en vue de tester les hypothèses
constituant notre problématique. Ainsi, nous serons, en mesure d’étudier les effets immédiats
de l’introduction en bourse de l’échantillon présenté dans la première section, d’analyser les
effets à terme de cette cotation en bourse sur l’échantillon retenu et à la fin d’établir une
analyse comparative des PME sélectionnées. Et dans la dernière section, nous réaliserons une
étude économétrique relative à cet impact sur le même échantillon qui a fait l’objet d’une
analyse financière par la méthode des ratios. Il s’agit d’un panel de 7 PME marocaines PME
non financières cotées à la bourse de Casablanca sélectionnées étudiées sur une période de 10
ans (de N-3 à N+6) avec N indique la date d’introduction en bourse, et nous évoquerons par la
suite d’une présentation des résultats de cette étude ainsi que leurs interprétations.
311
§1. Approche et la méthode adoptées
L’approche choisie pour analyser l’effet de la cotation en bourse des PME marocaines sur leur
santé financière est qualifiée de fonctionnelle et cela, pour plusieurs raisons parmi lesquelles on
peut citer:
- Elle envisage la contrainte de liquidité d’après la manière dont les ressources stables assurent
la couverture du besoin en fonds de roulement.
- Elle correspond mieux aux exigences d’une approche dynamique, car elle part de l’hypothèse
de continuité de l’activité que l’on étudie par cycle161.
- Elle est centrée sur le fonctionnement économique de l’entreprise du fait qu’elle privilégie
l’objet et la nature des ressources mises à la disponibilité de l’entreprise et les emplois qui ont
été fait. C’est ainsi que les éléments de l’actif et de passif sont classés par nature en fonction du
cycle de financement, d’investissement et d’exploitation et non plus par leurs échéances162.
Par ailleurs, deux grandes méthodes permettent de porter un jugement sur la santé financière de
l’entreprise à savoir la méthode des ratios et la méthode des flux. Ces deux méthodes sont
complémentaires puisque chacune comble les insuffisances de l’autre.
Dans cette étude statistique, nous nous limiterons à la seule utilisation de la méthode des ratios
pour deux principales raisons :
La première se manifeste dans les avantages qu’elle offre à l’analyse du fait qu’elle représente
le moyen le plus adéquat qui permet d’éclairer l’analyste sur la structure financière, le niveau de
la liquidité et le degré de la rentabilité d’exploitation, économique ou financière. Elle
représente. De plus c’est un outil simple dans l’application et aussi bien exploitait par les
banquiers et les investisseurs. En outre, ses résultats sont facilement compréhensibles et
comparables.
161
Samira Rifki ; Abdessadeq sadqi ; opt.cit. ; p.63.
162
Hassan Darbane ; op.cit ; p.79.
312
La seconde raison est due aux limites que nous avons rencontrées lors de la collecte des données
statistique. En effet, parmi les 30 PME cotées à la BVC (dont 16 sur le marché développement
et 14 sur le marché de croissance), on a dénombré 14 PME non financières dont une société de
holding qui a été écartée. Sur l’échantillon de 13 PME restantes, on n’a sélectionné seulement 7
PME non financières car elles sont nouvellement introduites en bourse.
En générale, un ratio représente un rapport entre deux grandeurs choisies de façon à être
significatif et pertinent en vue d’éclairer certains aspects de l’entreprise. Il est exprimé sous
forme d’un pourcentage, d’un nombre décimal ou d’une unité de temps.
La population cible est composée des entreprises non financières marocaines inscrites sur les
deux compartiments de cotation de la bourse des valeurs de Casablanca (BVC), à savoir le
marché développement et croissance.
Ainsi, nous avons retenu la période 2004-2013 comme période d’analyse car, d’une part, au
moment de l’extraction des données, à partir du site de l’autorité marocaine des marchés de
capitaux (AMMC) et de la BVC qui fournit les états de synthèse des PME marocaines cotées
en bourse, seules quelques PME avaient publiées les données comptables relatives aux
exercices antérieurs à 2004, alors que pour la majorité des PME non financière sélectionnées
leurs exercices comptables avant 2004 n’étaient pas disponibles sur les site de l’AMMC et
celui de la BVC. Et d’autre part, puisqu’il y avait une différence de la date d’introduction en
bourse de l’échantillon, nous n’avons choisi que les 7 PME pour lesquelles nous disposons
d’au moins 10 exercices comptables (3ans avant la date d’introduction en bourse et 6 ans
après la date d’introduction en bourse) pour pouvoir effectuer une analyse comparative de leur
santé financière avant et après leurs introductions en bourse.
- Ces PME peuvent être qualifiées de nouvelle dans la cotation en bourse. En effet, leur date
d’introduction en bourse était généralement plus proche. Elle a débuté à partir de l’année
2005, ce qui permet de détecter l’effet de leur cotation sur leurs santés financières.
- les cinq autres PME restantes qui ont été écartées de l’échantillon pour la simple raison elles
ont déjà bénéficié de cette décision stratégique. En effet, elles ont commencé leur introduction
313
en bourse à partir des années antérieures (1943, 1946,1974, 1996) à l’année 2005 date à
laquelle elles ont amorcé à publier leurs états financiers.
- Ces 7 PME sélectionnées ont publié leurs trois exercices qui précèdent la date de leur
introduction en bourse, alors que les cinq autres PME n’ont commencé de publier leurs états
financiers qu’à partie de l’exercice 2005.
- Ce sont des entreprises dont les dates d’introduction en bourse appartiennent à la période
choisie, ce qui permet de faire des comparaisons entre elles, et d’analyser leur structure
financière avant et après leur introduction en bourse;
- Ce sont des introductions qui ont été faites dans une période où la bourse des valeurs a
connu des réaménagements importants au sein de ses compartiments par la création du
troisième marché en 2000 et ce, pour inciter les PME à s’introduire en bourse.
Il convient de préciser que les méthodes utilisées pour étudier les caractéristiques financières
des sociétés de notre échantillon est la statistique descriptive à partir de ratios financiers
calculés sur une période de 10 ans pour chaque PME.
Le but escompté de notre travail est de contribuer à l’étude des mécanismes financiers les
mieux adaptés pour expliquer les comportements financiers spécifiques posés par le
financement des entreprises marocaines par le marché financier.
La période d’analyse s’étalera sur dix ans. Cette période est déterminée après la création du
troisième compartiment (nouveau marché), crée en 2000, qui s’adresse aux sociétés à fort
potentiel de croissance et qui besoin de capitaux importants pour financer leurs plans de
développement.
Ce pendant, plusieurs difficultés ont été rencontrées pour constituer la population des PME:
- Absence d’une base de données complète des différentes entreprises cotées et surtout des
PME;
314
- Nous n’avons pas tenu compte des entreprises radiées ainsi que celle nouvellement introduite
à la cote officielle pendant la période d’analyse;
- Les sociétés dont l’activité principale semblait être se rapprocher d’un holding ont été
exclues du champ de l’étude;
- Enfin, nous n’avons pas pris en considération les banques, les sociétés financières et les
sociétés d’assurances et de réassurances dont la composition de la structure financière est
différente de celle des sociétés industrielles et commerciales.
Notre étude a été réalisée sur la base d’un échantillon de 7 PME marocaines. Cette catégorie de
PME se définie selon la définition stipulée par la loi n°53-00 formant la charte des PME du 15
septembre 2002. Cette dernière a identifié le concept de PME "toute entreprise gérée et ou
administré directement par les personnes physiques qui en sont les propriétaires,
copropriétaires ou actionnaires, et qui n’est pas détenue à plus de 25% du capital ou des droits
de vote par une entreprise ou conjointement par plusieurs entreprises ne correspondant pas à la
définition de la PME".
De plus et selon l’article premier de la dite charte, les PME doivent répondre aux conditions
suivantes:
- "Pour les entreprises existantes, avoir un effectif permanant ne dépassant pas deux cents
personnes; et
- Avoir réalisé, au cours des deux derniers exercices, soit un chiffre d’affaires annuel hors
taxes n’excédant pas soixante- quinze millions de dirhams, soit un total de bilan annuel
n’excédant pas cinquante millions de dirhams."
Dans notre cas et par manque de données détaillées concernant sur le nombre des employés,
nous nous contenterons d’adopter le critère du total de bilan pour définir notre échantillon. Il
est vrai que les performances d’une entreprise peuvent être influencées par d’autres facteurs
tels que les spécificités de son secteur d’activité, la qualité de management, l’efficacité de son
organisation, l’efficience de ses procédés de travail, l’environnement dont elle travaille…ect.
315
L’échantillon se compose de 7 PME non financières dont 4 PME du marché développement et
4 du marché de la croissance. Le tableau ci-dessous retrace les informations relatives aux 14
PME non financières publiées sur l’AMMC:
Marché
6 TIM TIMAR Commerce et transport 17/07/2007 301 100
Développement
Delattre Levivier Marché
7 DLM Industrie métallurgique 29/04/2008 1250000
Maroc Développement
Source : Fiche technique élaborée à partir du site l’AMMC.
Brièvement, le tableau suivant expose l’objet social et les objectifs de l’introduction en bourse
des PME sélectionnées.
316
Tableau n°6.2: Objectifs de la cotation en bourses des PME sélectionnées
PME Objet Social Objectifs de l’opération de l’introduction en bourse
- La représentation, l’achat et la vente de tous - Institutionnaliser l’entreprise et son capital en ouvrant
les produits pharmaceutiques, chimiques, l’actionnariat au grand public, aux investisseurs institutionnels ainsi
hygiéniques, biologiques, vétérinaires, qu’aux salariés et partenaires de la société. En effet, l’ouverture du
d’herboristerie, de droguerie, de parfumerie capital permettra de sortir de l’image de la PME traditionnelle,
et en général de tous produits qui en sont refermée sur elle-même, en faisant participer un plus grand nombre
dérivés. d’actionnaires à la rentabilité de la société.
- La préparation, la fabrication, la - Accroître la notoriété de l’entreprise auprès de la communauté
transformation, le conditionnement, le financière et du grand public.
SOTHEMA
façonnage, la distribution, l’importation, et - Renforcer la logique de performance et de transparence dans
l’exportation de tous les produits ci-dessus laquelle s’inscrit l’entreprise en se soumettant au jugement du
mentionnés, des produits médicaux, marché.
paramédicaux, de tout appareil médical, - Permettre une liquidité des titres de capital de la société et par là
paramédical et de tout matériel chirurgical. même pérenniser la société.
- L’étude, l’acquisition sous toutes ses - Faciliter le recours à des financements externes grâce à un accès
formes, l’apport, la cession, l’exploitation de direct aux marchés financiers 21/02/2005.
tous brevets, marques, procédés et licences.
- La fabrication, l’achat, la vente, - Financer partiellement le programme d’investissement prévu par
l’importation, l’exportation, la représentation, l’entreprise en fonds propres et limiter ainsi son niveau
la distribution, le conditionnement de tous d’endettement. Ce programme d’investissement d’un montant global
produits alimentaires et notamment les pâtes de 37 MDh vise à augmenter la capacité de production en couscous
alimentaires, couscous et tous produits et pâtes alimentaires.
préparés industriellement avec de la farine ou - Accélérer et accentuer le programme d’investissement initialement
de la semoule de blé dur : biscuits, pains prévu par DARI COUSPATE par l’aménagement d’un nouveau site
d’épice, gaufrettes, entremets et autres. industriel sur lequel sera installée une ligne de production
DARI
- L’importation ou l’achat de matériel servant additionnelle au courant de l’exercice 2006.
COUSPATE
à l’impression de tous produits et accessoires - Accroître la notoriété de l’entreprise tant auprès de la communauté
d’emballage : papier, carton, polyéthylène, financière que du grand public.
aluminium,…etc. - Pérenniser l’avenir de l’entreprise en institutionnalisant son tour de
- L’achat de matériel, matières premières et table et en permettant une plus grande liquidité de ses actions.
consommables nécessaires à la
transformation de tout ce qui se rapporte à
l’objet ci-dessus défini et pour le compte
exclusif de la société.
- Le commerce, le conditionnement et - Financer en partie le programme d’investissement prévu par
l’exportation des principaux produits et l’entreprise en fonds propres et limiter ainsi son niveau
marchandises du pays. d’endettement. Ce programme d’investissement d’un montant global
- L’importation, la vente des produits ou de 27 MDh sur trois années vise à augmenter la capacité de stockage
marchandises de provenance étrangère. et de production de conserves d’olives.
- L’exploitation des usines de fabrication, - Accélérer et accentuer le programme d’investissement initialement
appartenant à la société, de conserves prévu par CARTIER SAADA par l’aménagement d’une extension
CARTIER alimentaires. de site sur lequel sera installée une capacité additionnelle de
SAADA - Le commerce, l’exportation et l’importation stockage et de traitement à partir de l’exercice 2007.
des conserves alimentaires et éventuellement - Accroître la notoriété de l’entreprise tant auprès de la communauté
la mise en valeur et l’exploitation des financière que du grand public.
propriétés agricoles qui lui appartiennent. - Pérenniser l’avenir de l’entreprise en institutionnalisant son tour de
- Plus généralement, toutes les opérations table.
commerciales, financières, industrielles et
agricoles pouvant se rattacher directement ou
indirectement à ces objets.
317
- les études. - L’introduction en bourse de SRM s’inscrit dans la stratégie
- la réalisation. financière de l’entreprise visant à diversifier et à accroître ses
- l’importation et la vente d’installations ressources permanentes.
mécaniques. - Renforcer les fonds propres et diminuer la dépendance vis-à-vis
- la location de biens d’équipement et la des encours bancaires à court terme.
SRM SA (Société vente de biens de consommation. - Financer le cycle d’exploitation de la société par le renforcement
de Réalisations de la trésorerie.
Mécaniques S.A) - Financer le développement futur de la société en fonds propres.
- Accroître la notoriété de l’entreprise tant auprès de la communauté
financière que des clients.
- Pérenniser l’avenir de l’entreprise en institutionnalisant son tour de
table et en permettant une plus grande liquidité de ses actions.
- La production, la commercialisation, la - Accompagner la libéralisation du capital pharmaceutique en
représentation, l’importation et l’exportation institutionnalisant le capital de la Société.
de toutes spécialités pharmaceutiques, de tous - Accroître la notoriété de la Société auprès de la communauté
produits parapharmaceutiques, de financière et du grand public.
dermopharmacie et de cosmétologie. - Poursuivre et renforcer la logique de performance et de
PROMOPHARM - La création, l’acquisition, la construction, transparence dans laquelle s’inscrit la Société en se soumettant au
l’exploitation directe ou indirecte, la prise à jugement du marché.
bail, la location ou la sous-location de tous - Valoriser le patrimoine des actionnaires.
immeubles, fonds de commerce, usines,
établissements, entrepôts, locaux ou ateliers
nécessaires à l’activité de la Société.
- L’affrètement et le transport routier pour - Renforcer les fonds propres et améliorer la trésorerie.
toutes destinations de toutes marchandises et - Diminuer la dépendance vis-à-vis des établissements de crédit.
matériel lourd. - Financer le cycle d’exploitation de la société par le renforcement
- Commissionnaire de transport. de la trésorerie.
- Toutes opérations de transit, de transport - Accroître la notoriété de l’entreprise tant auprès de la communauté
terrestre, maritime, aérien et de toutes financière que des intervenants dans les secteurs du groupage, du
natures. transit et de la logistique.
TIMAR - Toutes opérations de manutention, - Accroître les exigences de performance et de transparence en se
d’entreposage, de toutes denrées et soumettant au jugement du marché.
marchandises, toutes opérations de
camionnage, douane et emmagasinage.
- L’exploitation de tous services de transport
terrestre de marchandises.
- L’achat, la location, l’exploitation pour tous
moyens de tous appareils et engins.
- L’exploitation de toutes usines mécaniques - Institutionnaliser l’image de la société par l’ouverture de
et métallurgiques, la construction, l’actionnariat au grand public et aux investisseurs institutionnels.
l’installation et le commerce de tout matériel - Développer la notoriété de l’entreprise auprès de la communauté
mécanique plus particulièrement toute financière et du grand public.
entreprise visant les études, la fabrication, - Diversifier ses sources de financement et augmenter son
l’usinage, le montage, l’installation, la mise indépendance financière grâce à un accès direct aux marchés
en œuvre et le commerce de toutes financiers.
constructions métalliques pour industrie - Poursuivre la logique de performance dans laquelle s’inscrit
DLM (Delattre
diverses. l’entreprise et renforcer le gage de transparence en se soumettant
Levivier Maroc)
- La transformation et le commerce de tous aux jugements du marché.
produits et demi-produits se rattachant à - Motiver et fidéliser ses collaborateurs en associant les salariés au
l’objet précité. capital de la société.
- La construction, la location, l’acquisition de - Bénéficier des incitations fiscales1 prévues pour les sociétés
toutes usines nécessaires aux industries de la désirant s’inscrite à la cote.
Société et toutes opérations accessoires,
similaires ou connexes avec celles ci-dessus
énumérées.
Source : Fiche technique élaborée à partir du site l’AMMC.
318
II. Choix des ratios financiers retenus
Vu que la plupart des PME non financières cotées n’ont diffusés leur premier état financier
qu’à partir de l’exercice 2005 et puisque la majorité de ces PME n’ont pas publié ses trois états
financiers avant la date de leur introduction en bourse. On a trouvé opportun de sélectionner
que les PME qui ont publié les trois exercices précédant la date de leur introduction en bourse.
Par conséquent, la période de cette analyse comparative s’étalera sur 10 ans allant de l’année
N-3 jusqu’à l’exercice N+6 avec N la date d’introduction en bourse.
- Une multiplication de ratios financiers qui aurait abouti à une atomisation de l’échantillon;
- Une trop grande agrégation qui aurait affaibli la cohésion des types dégagés et rendue
l’interprétation difficile.
A partir de la base des comptes annuels des sociétés cotées dont nous disposons, il a été
nécessaire de constituer une batterie de ratios d’analyse financière, sous contrainte que
l’information disponible permette de les calculer.
Un ratio est un rapport caractéristique entre deux grandeurs, il est choisi de telles manières
qu’il ait une signification rationnelle pour étudier une situation ou une évolution.
Nous avons retenu neuf ratios permettant de rendre compte des spécificités économiques et
financières des PME composant notre échantillon. Chaque PME est caractérisée par la
structure de la moyenne de ces ratios sur la période de 10 ans, ceci afin d’éliminer d’éventuels
effets conjoncturels.
Les ratios financiers que nous avons choisis ont été regroupés en trois groupes avec deux
précautions à prendre en considération. La première précaution est relative à ce que chacune
des grandeurs rapprochées doit être suffisamment bien définie et la deuxième est liée à ce que
les deux grandeurs choisies doivent être homogènes. Cependant l’élimination de certains ratios
financiers peut résulter soit d’un manque d’informations pour pouvoir les déterminer ou bien
d’une complémentarité des ratios non retenus. Cette batterie de 9 ratios couvre tous les aspects
de la vie de l’entreprise, elle se compose de trois groupes de ratios à savoir les ratios de
l’endettement, de la liquidité et de la rentabilité.
Les ratios financiers retenus pour cette analyse statistique avec leurs formule et leurs
définitions mesures, dont la source est établie le site web de l’AMMC et celui de la BVC,
seront présentés dans le tableau suivant:
319
Tableau n°6.3: Présentation des ratios retenus avec leurs formules
Ratios Formules Définitions
financiers
Ratios de (Actifs à Court Il évalue les actifs à moins d'un an hors stocks dont la
liquidité réduite Terme hors stocks liquidité est incertaine par rapport au passif exigible à
/ Dettes à Court court terme.
Terme) x100
Ratios liquidité (Disponibilités / Indique la part des dettes à très court terme qui
immédiate Dettes à moins pourraient être instantanément remboursées par
d'un an) x100 prélèvement sur l'encaisse déjà disponible.
Groupe N°3 : Ratios de la rentabilité
Ratio de la (Résultat La rentabilité d'exploitation mesure l'efficacité de
rentabilité d'Exploitation / l'outil économique utilisé par l'entreprise pour son
économique Actif Economique) exploitation courante. L'intérêt de la rentabilité
x100 économique est de pouvoir isoler les seules
performances de l'appareil productif indépendamment
des modes de financement retenus par l'entreprise.
320
Section 2 : Etudes statistiques de l’effet de l’introduction en bourse sur les
indicateurs de performances financières des PME marocaines
La méthodologie adoptée pour évaluer l’impact de la cotation sur les indicateurs de
performances financières des PME marocaines consiste à vérifier les hypothèses, formant
notre problématique, à travers des études statistiques. Il s’agit particulièrement de trois
hypothèses :
- La première hypothèse : l’effet favorable de la cotation en bourse sur la solvabilité des PME
nouvellement introduites en bourse.
- La deuxième hypothèse : l’effet favorable de la cotation en bourse sur la liquidité des PME
nouvellement introduites en bourse.
- La troisième hypothèse : l’effet favorable de la cotation en bourse sur la rentabilité des PME
nouvellement introduites en bourse.
La solvabilité d’une entreprise peut être définie comme la capacité de cette dernière à honorer
ses engagements de moyen et long terme. Trois ratios sont couramment utilisés pour apprécier
la solvabilité des entreprises. Il s’agit principalement des ratios de l’endettement total, de
l’autonomie financière et de l’indépendance financière.
321
CARTIER SAADA (N-3;N+1) N=2006
DARI COUSPATE (N-3;N+1) N=2005
100 140
90 120
Endettement
80 Total
100
70
Endettement
60 Autonomie 80 Total
50 Financière Autonomie
60 Financière
40
30 Indépendance 40 Indépendance
financière financière
20
20
10
0 0
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
322
SOTHEMA (N-3;N+1) N=2005 SOCIETE DE REALISATIONS MECANIQUES
80 (N-3; N+1) N=2006
120
70
Endettement
100 Endettement
60 Total
Total
50 80
Autonomie
40 Autonomie
Financière 60
Financière
30
40
20 Indépendance
Financière Indépendance
20 Financière
10
0 0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
323
Afin de soulever cet effet immédiat de la cotation en bourse sur la santé financière de ces 7
PME nouvellement introduite en bourse. On a jugé opportun d’étudier l’évolution de ces trois
ratios de solvabilité reflétant la structure financière à travers ces graphiques en dessus, ce qui
va permettre une analyse comparée de la performance financière des 7 PME avant et après
l’introduction.
D’après ces graphiques, l’introduction en bourse semble avoir une influence positive sur la
solvabilité pour les quatre premières PME et un effet défavorable pour les trois autres. Ainsi,
pour les quatre premières PME, on a constaté une amélioration de ces trois ratios de la
solvabilité. Ainsi, l’évolution du ratio de l’endettement total montre clairement qu’après la date
d’introduction N, on observe une baisse du niveau l’endettement total des quatre premières
PME. De plus, ce mouvement net de désendettement de ces PME va de pair avec une
augmentation du ratio de l’indépendance financière et celui de l’autonomie financière.
Cette baisse du ratio de l’endettement total dans ces quatre premières PME peut être expliquée
par un mouvement de renforcement des fonds propres suite à leur introduction en bourse. En
effet, sur la période de N à N+1, le ratio d’endettement total continue de diminuer pour
atteindre un niveau inférieur à celui enregistré sur la période de N-3 à N.
Pour les quatre dernières PME, on a constaté une légère augmentation du ratio de
l’endettement total notée sur la période de N à N+1. Cette évolution convient de pair avec une
légère diminution des ratios de l’indépendance financière et de l’autonomie financière. Ce
constat reflète le poids de l’endettement dans le total de la richesse procurée par ces quatre
PME et elle permet d’éliminer l’effet favorable lié au renforcement des fonds propres par leur
introduction en bourse et de tenir compte de l’environnement conjoncturel. Cette situation peut
être expliquée par des problèmes de gestion et de leurs activités.
Par conséquent, nous remarquons que les quartes premières PME ont bien bénéficié de leur
introduction en bourse. Ce constat a été justifié par une diminution de l’endettement total
accompagné par une augmentation de leur indépendance financière et de leur autonomie
financière. Par ailleurs, nous constatons qu’une consolidation des fonds propres dans les quatre
dernières PME, du fait de leur introduction en bourse, n’a pas été nécessairement accompagnée
d’un mouvement de désendettement conséquent sur la période de N à N+1. Cette observation
laisse supposer qu’un besoin en fonds important incite ces PME à s’endetter malgré une
augmentation de leurs ressources internes.
324
II. Analyse des résultats des ratios de la liquidité
La liquidité concerne la capacité de l'entreprise de faire face à ses engagements à court terme.
Cet aspect est particulièrement important pour les créanciers à court terme, en premier lieu les
fournisseurs et les établissements de crédit, mais aussi le fisc.
Le ratio de liquidité générale mesure la capacité de l’entreprise à pouvoir faire face à ses
engagements à court terme. Une valeur supérieure à l’unité est signe de liquidités saines, car
elle est capable de rembourser l’entièreté de ses dettes courtes terme. Une valeur supérieure à 2
est très confortable. Une valeur inférieure à l’unité est considérée comme étant problématique
puisque la société n’est plus en mesure de faire face à ses engagements à court terme, donc de
les rembourser. Une valeur très élevée du ratio de liquidité au sens large n'est cependant pas
nécessairement avantageuse car elle pourrait signifier ici que l'entreprise surinvestit en actifs
circulants.
Le ratio de la liquidité réduite ne prend en compte que les actifs vraiment très liquides et
éloigne les stocks, jugés moins liquides. En effet, on peut considérer qu’un stock minimal doit
exister dans l’entreprise et donc, ce stock minimal peut être considéré comme de l’immobiliser.
Ce ratio traduit toute l’importance des stocks dans les actifs circulants.
Une augmentation de la part des stocks dans les actifs circulants entraîne une diminution de la
liquidité, puisque les stocks permettent moins facilement de répondre à des dettes que par
exemple des moyens liquides et des placements de trésorerie.
- une valeur inférieure à 0.5 montre un déséquilibre et un manque de trésorerie flagrant et donc
le recours à des dettes court terme pour honorer certains engagements, l’allongement des délais
de paiement des fournisseurs et/ou clients, etc. Ce ratio est parfois utilisé par les fournisseurs
de crédit pour accepter ou rejeter une commande.
Le ratio la liquidité immédiate permet d'établir la capacité à faire face aux besoins de trésorerie
immédiats. Il est toutefois sujet à de fortes fluctuations journalières.
325
PROMOPHARM (N-3; N+1) N=2007 CARTIER SAADA (N-3;N+1) N=2005
500 200
450 180
Ratios de Ratios de
400 160
Liquidité Liquidité
350 Générale 140
Générale
300 120
Ratios de Ratios de
250 100
Liquidité Liquidité
200 Réduite 80
Réduite
150 60
Ratios
40 Ratios
100 Liquidité Liquidité
Immédiate 20
50 Immédiate
0
0
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 -20
SOTHEMA (N-3; N+1) N=2005 DELLATRE LEVIER MAROC (N-3; N+1) N=2008
200 140
326
DARI COUSPATE (N -3; N+1) N=2005 SOCIETE DE REALISATIONS MECANIQUES
450 (N-3; N+1) N=2006
160
400 Ratios de
Ratios de 140
350 Liquidité Liquidité
120 Générale
Générale
300
100 Ratios de
250 Ratios de 80
Liquidité
Liquidité Réduite
200 60
Réduite
Ratios
150 40 Liquidité
Ratios Immédiate
100 20
Liquidité
50 Immédiate 0
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
0
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
327
En principe, l’entrée en bourse doit permettre à l’entreprise d’accroitre sa liquidité et sa
trésorerie. Dans ce qui suit, nous vérifierons ce postulat à travers l’analyse de ces graphiques
qui dévoile l’état de la liquidité et de la trésorerie de ces PME cotées sur la période N-3 à N+1.
D’après ces graphiques, l’introduction en bourse semble avoir une influence positive pour les
quatre premières PME et un effet défavorable sur la liquidité pour les trois autres PME
constituant l’échantillon des 7 PME cotées. Ainsi, pour les quatre premières PME, on a
constaté une amélioration de ces trois ratios de la liquidité et surtout pour les deux PME
PROMOPHARM et CARTIER SAADA. Ainsi, la croissance du ratio de la liquidité générale a
été observée clairement après la date d’introduction N.
Ce ratio de liquidité générale traduit l’existence d’un fonds de roulement positif : cela veut dire
que les stocks sont financés en partie par des capitaux permanents. De plus, on constate une
augmentation importante pour ce ratio, ceci représente en générale une situation financière
beaucoup plus saine de ces quatre premières PME.
De plus, cette évolution du ratio de la liquidité générale de ces quartes premières PME a été
accompagnée par une augmentation du ratio de la liquidité réduite et celui de la liquidité
immédiat principalement pour ces deux PME PROMOPHARM et CARTIER SAADA.
Mais il faut noter que, même avec ce niveau de ratio, ces quatre premières PME peuvent
rencontrer de difficultés de trésorerie. C’est le cas des PME SOTHEMA et DELATTRE
LEVIVIER qui accordent des crédits clients nettement supérieurs aux crédits fournisseurs.
L’idéal est donc que les crédits accordés par les fournisseurs soit supérieurs aux crédits
consentis aux clients.
Pour ce qui est du ratio de liquidité immédiate, son niveau est resté bas et constant, ce qui
représente une situation pouvant être considérée comme normal eu égard à l’efficacité de la
gestion de la trésorerie immédiate menée par la société en question.
Par contre, les quatre dernières PME elles ont enregistré une diminution de leur liquidité. En
effet, le ratio de la liquidité générale a baissé traduisant l’existence d’une baisse du fonds de
roulement toute en restant positif. Ce qui montre que ces quatre dernières PME n’ont pas la
capacité à rembourser ses dettes les plus exigibles à partir de la liquidation des actifs les plus
disponibles.
328
De même pour le ratio de la liquidité réduite et immédiat qui ont enregistré tous les deux un
important affaiblissement ce qui explique l’existence d’un manque de liquidité de ces PME
malgré son introduction à la bourse.
Par conséquent, il ressort de l’analyse de ces ratios de liquidité, que la situation de la trésorerie
et de la liquidité des quatre premières PME a bien profité de leur cotation en bourse. Cela peut
être expliqué par le fait que la cotation en bourse lui ont permis de renforcer leurs liquidités et
leurs trésoreries. Par ailleurs, les quatre dernières PME ont enregistré une détérioration de leurs
liquidités qui semble être expliquée par une mauvaise gestion de trésorerie.
La rentabilité est un indicateur qui représente la capacité d’une entreprise à réaliser des
bénéfices à partir des moyens mis en œuvre.
L’analyse de la rentabilité est conditionnée d’une part, par la croissance de l’activité. Et d’autre
part, par des indicateurs mesurant les performances globales telles que le taux de la valeur
ajoutée qui mesure le poids de la valeur ajoutée dans le chiffre d’affaires, et le taux de marge
brute d’exploitation qui mesure le niveau relatif du résultat, indépendamment de la politique
financière, de la politique d’investissement, de l’incidence de la fiscalité et de l’incidence des
éléments exceptionnels. Ainsi nous avons jugé utile d’analyser les ratios suivants:
329
PROMOPHARM (N-3; N+1) N=2007 TIMAR (N-3; N+1) N=2007
70 45
Marge Brute
40
60 Marge Brute
35
50
30
Rentabilité
40 Rentabilité 25 Economique
Economique
30 20
15
20 Rentabilité
Rentabilité
10 Financière
Financière
10
5
0 0
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
80
70 Marge Brute
60
50
Rentabilité
40
Economique
30
20 Rentabilité
10 Financière
0
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
330
CARTIER SAADA (N-3; N+1) N=2006 DELATTRE LEVIVIER (N-3; N-1) N=2008
25 80
Marge Brute 70
20
60
Marge Brute
50
15
Rentabilité
40 Rentabilité
Economique
10
Economique
30
Rentabilité
Rentabilité 20
5 Financière
Financière 10
0 0
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
331
L’analyse de la rentabilité est conditionnée d’une part, par la croissance de l’activité. Et d’autre
part, par des indicateurs mesurant les performances globales telles que le taux de la valeur
ajoutée qui mesure le poids de la valeur ajoutée dans le chiffre d’affaires, et le taux de marge
brute d’exploitation qui mesure le niveau relatif du résultat, indépendamment de la politique
financière, de la politique d’investissement, de l’incidence de la fiscalité et de l’incidence des
éléments exceptionnels.
Afin de dégager cet effet immédiat de la cotation en bourse sur l’état de la rentabilité de ces 7
PME nouvellement introduite en bourse. On a jugé utile d’étudier l’évolution de ces trois ratios
de rentabilité à travers les ratios de marge brute, de la rentabilité économique et celui de la
rentabilité financière en utilisant les graphiques en dessus, ce qui va nous aider à faire une
analyse comparée de la performance financière des 7 PME avant et après l’introduction.
D’après ces graphiques, l’introduction en bourse semble avoir une influence positive sur la
rentabilité pour les trois premières PME et un effet défavorable pour les quatre autres PME
restantes. Ainsi, pour les quatre premières PME, on a constaté une amélioration de ces trois
ratios de la rentabilité. A l’exception du ratio de rentabilité du PME DARI COUSPATE qui a
enregistré une baisse de son niveau du ratio de la rentabilité économique après 2005 la date
d’introduction en bourse. Cette diminution peut être expliquée par la chute du résultat
d’exploitation malgré une forte augmentation de son actif immobilisé durant la période N et
N+1.
S’agissant des quatre dernières PME, on a constaté une baisse du niveau de ces trois ratios de
la rentabilité à partir de leurs dates d’introduction à l’exception du PME DELATTRE
LEVIVIER qui a enregistré une augmentation de son ratio de rentabilité économique. De plus,
ces quatre dernières PME viennent de marquer un accroissement de ces trois ratios de la
rentabilité avant la date de leurs introductions en bourse.
Par conséquent, il semble que la cotation en bourse a été bénéfique pour les quatre premières
PME sur la période de N-3 à N+1. Ce constat a été vérifié par la croissance de leurs trois ratios
de la rentabilité. Par ailleurs, les quatre dernières PME qui parviennent à enregistrer une
croissance de ces trois ratios de rentabilité avant leurs dates d’introduction en bourse. Cette
croissance se transforme à une baisse du niveau de ces trois ratios de la rentabilité après la date
de leurs introductions en bourse. Cela ne peut pas être expliqué par l’effet de la bourse mais
plutôt, c’est une résultante de la qualité de gestion de ces quatre dernières PME.
332
§2. Etude des effets à terme de l’introduction en bourse
Apres avoir étudier les effets immédiats (de N-3 à N+1) de l’introduction en bourse de
l’échantillon sélectionné de 7 PME cotées en analysant les graphiques des ratios de la
solvabilité, la liquidité et la rentabilité de ces PME. Dans ce deuxième paragraphe, on a jugé
utile de faire un examen des effets à terme de (N-3 à N+6) de l’introduction en bourse de ces
PME. De plus, nous présentons les résultats de ces effets à terme seront présentés dans des
tableaux de coefficients angulaires des ratios de la solvabilité, de la liquidité et de la rentabilité.
Et sur la base de ces tableaux préparés à partir de la méthode des moindres carrées, nous
effectuerons des interprétations et des comparaisons entre les 7 PME non financières
constituant l’échantillon.
L’approximation par la méthode des moindres carrées a permis de calculer à terme les
coefficients angulaires et de corrélations des 7 PME sélectionnées. Les résultats statistiques de
ce groupe de ratios peuvent être résumés dans le tableau suivant:
333
Tableau n°6.4 : Coefficients d’ajustement des ratios de la solvabilité
PME Ratios a b R2
Endettement Total -0,87 1800,00 0,15
CARTIER SAADA Autonomie Financière 0,63 -1214,22 0,08
Indépendance financière -1,44 2982,38 0,32
Endettement Total -1,91 3880,99 0,34
DARI COUSPATE Autonomie Financière 2,47 -4897,87 0,48
Indépendance financière 3,15 -6235,45 0,63
Endettement Total -0,71 1520,59 0,23
DELATTRE
LEVIVIER Autonomie Financière 0,71 -1411,49 0,22
MAROC
Indépendance financière -1,85 3790,44 0,68
Endettement Total -1,09 2205,47 0,21
PROMOPHARM Autonomie Financière 1,32 -2580,29 0,25
Indépendance financière 1,40 -2724,39 0,59
Endettement Total -1,59 3248,30 0,84
SOTHEMA Autonomie Financière 1,73 -3431,86 0,86
Indépendance financière 1,83 -3605,22 0,62
Endettement Total -2,19 4461,08 0,35
SRM SA Autonomie Financière 1,37 -2729,97 0,39
Indépendance financière 0,38 -658,79 0,73
Endettement Total -1,94 3950,25 0,43
TIMAR Autonomie Financière 1,86 -3687,08 0,40
Indépendance financière 3,64 -7228,42 0,64
Source : D’après l’étude effectuée sur l’échantillon.
Par ailleurs, l’analyse des coefficients angulaires du ratio de l’autonomie financière indique sur
la même période un accroissement du ratio de l’autonomie financière pour la majorité de ces
PME. Ainsi, les coefficients de corrélation, par leur niveau plus proche de 1 surtout pour
SOTHEMA, témoignent nettement cette conclusion.
334
coefficients de corrélation, par leur niveau plus proche de 1 surtout pour SRM SA, affirme
nettement cette situation.
D’après, l’analyse, par la méthode des moindre carrés, de l’effet à terme de l’introduction en
bourse sur les trois ratios de la solvabilité, nous a permis de noter que la majorité des PME ont
bien bénéficié de leur introduction en bourse. A l’exception de quelques PME, ce constat a été
justifié par une diminution de l’endettement total accompagnée par une augmentation de leur
indépendance financière et de leur autonomie financière sur la période de N-3 à N+6.
L’évaluation par la méthode des moindres carrées a permis de calculer à terme les coefficients
angulaires et de corrélations relatifs aux trois ratios de liquidité. Les résultats statistiques de ce
groupe de ratios peuvent être synthétisés dans le tableau suivant:
PME Ratios a b R2
Liquidité Générale 5,46 -10818,92 0,51
CARTIER
Liquidité Réduite 1,14 -2230,79 0,13
SAADA
Liquidité Immédiate 0,08 -163,17 0,24
Liquidité Générale 3,78 -7353,03 0,06
DARI
Liquidité Réduite 3,58 -6959,27 0,06
COUSPATE
Liquidité Immédiate 0,38 -731,13 0,01
Liquidité Générale 0,41 -707,91 0,03
DELATTRE
LEVIVIER Liquidité Réduite 0,02 -1,39 0,00
MAROC
Liquidité Immédiate 0,04 -73,23 0,00
Liquidité Générale 10,72 -21196,53 0,19
PROMOPHARM Liquidité Réduite 12,23 -24357,98 0,47
Liquidité Immédiate 0,93 -1793,34 0,01
Liquidité Générale 2,58 -5018,15 0,38
SOTHEMA Liquidité Réduite 1,98 -3886,90 0,44
Liquidité Immédiate -0,12 242,94 0,24
Liquidité Générale 10,38 -20691,14 0,32
SRM SA Liquidité Réduite 8,65 -17261,41 0,41
Liquidité Immédiate 0,09 -166,58 0,00
Liquidité Générale 2,61 -5106,75 0,17
TIMAR Liquidité Réduite 2,61 -5106,75 0,17
Liquidité Immédiate -0,87 1755,44 0,07
335
D’après ce tableau ci-dessus, l’analyse des coefficients angulaires des ratios de la liquidité
générale et celui de la liquidité immédiate a permis de constater que la plupart des PME ont
enregistré une augmentation du ratio de la liquidité générale sur la période de N-3 à N+6. Cette
évolution du ratio de liquidité générale a été accompagnée par une croissance du ratio de
liquidité réduite. De plus, les coefficients de corrélation, par leur niveau plus proche de 1
surtout pour CARTIER SAADA, confirment nettement ce constat.
Par conséquent, l’analyse, par la méthode des moindres carrés, de l’effet à terme de
l’introduction en bourse sur les trois ratios de la liquidité, nous a permis de constater que la
majorité des PME ont bien profité de leur introduction en bourse. En effet, et à l’exception de
quelques PME, ce constat a été justifié par une croissance du niveau la liquidité générale
conjuguée par une augmentation des ratios de la liquidité réduite et immédiate sur la période de
N-3 à N+6.
Les résultats de l’étude des coefficients angulaires et de corrélations relatifs aux trois ratios de
la rentabilité, élaborés à partir de la méthode des moindres carrées, ont été repris dans le
tableau suivant:
336
Tableau n°6.6 : Coefficients d’ajustement des ratios de la rentabilité
PME Ratios a b R2
Marge Brute 0,12 -227,56 0,01
CARTIER
SAADA Rentabilité Economique 0,17 -315,12 0,01
Rentabilité Financière 0,14 -268,39 0,04
Marge Brute 0,02 -24,34 0,001
DARI
COUSPATE Rentabilité Economique 1,43 -2812,50 0,05
Rentabilité Financière 0,25 -487,09 0,13
D’après ce tableau ci-dessus, l’analyse des coefficients angulaires des ratios de la rentabilité
économique et celui de la marge brute a permis de relever que, à l’exception de certaines PME
notamment DLM, TIMAR, SOTHEMA et SRM SA, les autres PME ont enregistré une
augmentation de leurs ratios de rentabilité économique et de la marge brute durant la période
de N-3 à N+6. Excepté la PME PROMOPHARM dont le niveau de son coefficient de
corrélation a été plus proche de 1, cette évolution de ces deux ratios a été accompagnée par un
niveau des coefficients de corrélation loin de 1.
337
Pour conclure, l’analyse, par la méthode des moindres carrés, de l’effet à terme de
l’introduction en bourse sur les trois ratios de la liquidité, nous a permis de remarquer que
l’introduction en bourse a été profitable à terme pour la majorité des PME. Ce résultat a été
prouvé par l’accroissement des trois ratios de rentabilité.
Pour achever cette section consacrée à l’étude statistique de l’effet de l’introduction en bourse
sur les PME, on a estimé important d’effectuer une analyse comparative des coefficients
angulaires durant la période de N-3 à N+6. Cette analyse se limitera seulement à trois ratios les
plus significatifs. Ainsi, on a sélectionné le ratio de l’endettement représentant les ratios de la
solvabilité, le ratio de la liquidité générale représentant les ratios de la liquidité et le ratio de la
rentabilité financière représentant les ratios de la rentabilité.
Les résultats de cette analyse comparative ont été repris dans le tableau suivant:
- Le coefficient angulaire du ratio de l’endettement total a marqué un signe négatif pour les
sept PME. Ce qui signifie que l’effet de l’introduction en bourse a été bénéfique pour les sept
PME. Ce constat peut être justifié par le mouvement décroissant de l’endettement total
enregistré par ces PME durant la période considérée.
- De même, le signe du coefficient angulaire du ratio de la liquidité générale est resté positif
pour les sept PME durant toute la période de N-3 à N+6. Ce qui confirme que la décision de
l’introduction en bourse a été profitable pour la majorité des PME. Ce résultat a été prouvé par
l’accroissement du ratio de la liquidité générale permettant ainsi de renforcer leurs liquidités.
338
- s’agissant le coefficient angulaire du ratio de la rentabilité économique a noté un signe positif
seulement pour la moitié des PME de l’échantillon. Ce qui montre que l’impact de
l’introduction en bourse a été favorable seulement pour les quatre PME. Cet impact a été
vérifié par l’augmentation du ratio de la rentabilité économique. Par ailleurs, il est intéressant
de noter que les trois PME, dont le coefficient de corrélation était négatif, ont inscrit une faible
baisse de leurs ratios de rentabilité économique.
Pour conclure, on pouvait attester que l’événement de l’introduction en bourse a été bénéfique
pour la majorité des PME cotées, constituant notre échantillon. Ce constat peut être justifié par
le mouvement de désendettement et le renforcement de la liquidité et de la rentabilité
enregistré par ces PME durant la période considérée. Par conséquent, notre étude statistique
adoptée, pour évaluer l’impact de la cotation sur les indicateurs de performances financières
des PME marocaines, a contribué à la vérification de nos hypothèses sur lesquelles est formée
notre problématique.
Nous testons nos hypothèses par un modèle économétrique estimé sur données de panel
construit à partir d’un échantillon de 7 PME nouvellement introduites à la bourse des valeurs
mobilières de Casablanca sur la période de N-3 à N+6.
Cette section est construite de la manière suivante : dans un premier axe, nous exposons une
revue de littérature retraçant les modèles explicatifs de la décision de s’introduire en bourse,
339
avant de proposer une synthèse des principales études empiriques dans un deuxième axe. Pour
finir, le troisième axe étalera les résultats de l’étude de l’impact de la cotation sur la
performance financière des PME marocaines nouvellement introduites à la bourse de
Casablanca.
Dans cette recherche, nous essayons d’expliquer l’impact de la cotation à la bourse sur la
performance financière des PME depuis leurs introductions en bourse. Pour y parvenir, nous se
basons sur un cadre théorique qui a fait l’objet du premier paragraphe de la présente section.
Ainsi, nous interpellons les apports théoriques de carde de référence tout en prenant en compte
les caractéristiques du contexte marocain.
La méthode de recherche adoptée peut être qualifiée de qualitative. En effet, les effectifs d’une
entreprise ou ses valeurs comptables et financières sont des objets visibles et accessibles
directement.
En effet, notre problématique est constituée de deux concepts qui nécessitent un cadrage
théorique spécifique. Il s’agit de l’introduction en bourse d’une entreprise et de sa performance
financière. Le premier concept a fait l’objet de plusieurs recherches depuis le début des années
quatre-vingts qui ont abouti à plusieurs modèles explicatifs de la décision de s’introduire en
bourse. Le second a fait l’objet de recherche des théories de la gouvernance.
Le choix d’une structure financière optimale a été développé par les travaux de Modigliani et
Miller (1958)163, (1963)164 adoptant ainsi la théorie du compromis. Leur objectif était de choisir
un ratio d’endettement optimal à même d’améliorer la valeur de l’entreprise; mais avec
l’intégration des coûts de faillite (Stiglitz, 1969) le financement par fonds propres a repris son
avantage comparatif.
163
Modigliani F., Miller M.H (1958),"The Cost of Capital, Corporate Finance and Theory of Investment", American
Economic Review, vol.68, n°3, p.261-297.
164
Modigliani F., Miller M.H. (1963),"Corporate Income Taxes and the Cost of Capital : a Correction", American Economic
Review, vol.53, n°3, p.433-443.
340
Cette théorie a été remise en question par celle du financement hiérarchique (Pecking Order
Theory) établit par Myers and Majluf (1984)165 dont le fondement est basé sur l’asymétrie
d’information qui existe entre les propriétaires et les dirigeants d’une part, et les bailleurs de
fonds d’autre part. En l’absence de cotation, les premiers disposent de l’information privilégiée
que les seconds ignorent rendant invraisemblable le maintien d’un niveau d’endettement cible.
Les insuffisances de ces deux théories pour expliquer le phénomène des introductions en
bourse ont été améliorées par la théorie du "Market Timing". Dans ce cadre, S.Chaouani166 a
signalé deux modèles explicatifs de la décision de s’introduire en bourse. Le premier se
renferme sur les avantages de la cotation, quant au deuxième, il se préoccupe aux contraintes
de la décision d’introduction en bourse.
Pour le premier modèle, a relevé une revue de littérature selon un ordre chronologique que
nous résumons comme suit :
- Rajan (1992), Jacquillat (1994), Jobard (1996) avancent que les avantages de la cotation se
résument dans la diversification des sources de financement notamment, l’accès au
financement hybride limité aux sociétés cotées.
- Pour Zingales (1995), l’introduction en bourse représente une étape dans le processus de la
vente de l’entreprise et bénéficier de sa valeur marchande sensée être supérieure à sa valeur
comptable.
- Pagano et ali. (1998), se sont focalisés sur le rôle de la diversification des sources de
financement à travers la bourse dans l’amélioration du pouvoir de négociation avec les
banques.
- Maskimovic et Pichler, (2001), ont avancés que l’introduction en bourse est motivée par le
souci des dirigeants d’accroitre la notoriété de l’entreprise et la valeur de ses actifs financiers.
165
Myers S., Majluf N. (1984), "Corporate Financing and Investment Decision when Firms Have Information Investors Do
not Have", Journal of Financial Economics, n°13, p.187-221.
166
SLIM CHAOUANI, La performance des introductions en bourse : une étude des déterminants et des effets de la cotation
sur la place de Paris, Thèse de doctorat, Université des sciences et technologie de Lille, juin 2009.
341
- En 2002, Ritter et Welch ont mis l’accent sur le timing des introductions en bourse (market
timing), notamment lorsque le marché est surévalué. Ainsi, les entreprises émettent des titres
lorsque les cours sont élevés et les rachètent quand les cours baissent bénéficiant de conditions
meilleures de la bourse.
Par ailleurs, les modèles fondés sur les contraintes de l’introduction en bourse ont mis l’accent
plutôt sur les coûts liés à la décision d’introduction en bourse et qui peuvent décourager les
entreprises, notamment les PME, de recourir aux marchés financiers.
De façon général, il y a les coûts liés à l’introduction en bourse : directs relatifs aux frais
légaux, honoraires de l’organisme placeur et la publicité de l’opération ; et indirects liés à la
perte du contrôle de la société suite à la dilution du capital, ainsi que l’effort et le travail de
l’équipe dirigeante pour réaliser l’opération et lancer la communication financière.
En outre, il y a les coûts liés au séjour en bourse : lors de l’introduction à la bourse il y lieu de
payer (ainsi que les souscripteurs) la commission d’admission à la cote, qui est de 0,10%. A
cela s’ajoute l’obligation de produire des rapports d’activités et de la communication financière
périodique conformes à la réglementation en vigueur adoptée par l’AMMC. Cette obligation
suppose un coût lié aux prestations des commissaires aux comptes et la divulgation
d’informations sensibles au grand public notamment, les concurrents.
En fin, il y a lieu de noter la présence d’un coût implicite supporté par les actionnaires lors
d’une introduction en bourse. Il s’agit de l’écart entre le prix d’offre et le premier cours coté
qui est positif selon Ritter (1987).
Par conséquent, ces différents coûts et ces contraintes peuvent décourager les PME de recourir
aux marchés de capitaux et, ainsi se priver de sources financières importantes et de moindre
coût.
La performance est un concept à large spectre : les définitions sont multiples et les indicateurs
de mesure sont divers et nombreux. Ce qui explique la difficulté de trouver une seule définition
comme le note De La Villarmois " tous les modèles proposant une représentation du concept
de performance aboutissent à la même conclusion : c’est un concept (ou un construit) difficile
à appréhender à cause de ses dimensions multiples".
Dans cette perspective, on a trouvé opportun de limiter notre champ de recherche à celui de la
performance financière afin de proposer une définition claire et pertinente. Ce choix ne sous-
342
estime en rien les autres dimensions de la performance. Restreindre le concept de la
performance au seul angle financier revient à se fixer pour objectif stratégique l’amélioration
de la valeur actionnariale. Aborder cette notion nous amène à évoquer son cadre théorique, en
l’occurrence les théories de la gouvernance qui suggèrent que la maximisation de la valeur
actionnariale nécessite l’alignement des intérêts des dirigeants sur ceux des actionnaires.
Toutefois, la théorie d’agence a sollicité un ajustement des intérêts des dirigeants sur ceux des
actionnaires (Jensen et Meckling, 1976)168, (Charreaux et Desbrières 1998)169. En effet, les
conflits qui naissent entre eux peuvent affaiblir le niveau de la performance et poussent les
dirigeants à rechercher la croissance, à diversifier les activités de l’entreprise et à mettre en
place une stratégie pour sauvegarder leurs intérêts au détriment des actionnaires et autres
partenaires.
Afin d’éviter ce conflit, Jensen (1993) propose quatre mécanismes pouvant réguler les
divergences entre actionnaires et dirigeants et ainsi la performance de l’entreprise et ses
propriétaires. Le premier mécanisme concerne le contrôle interne instauré par le conseil
d’administration; le second est relatif aux règles instaurées par les autorités des marchés
financiers ; le troisième est relatif aux règles de fonctionnement du marché financier; le
dernier mécanisme est attaché au marché des biens et services.
Au Maroc, les entreprises cotées en bourse, qui sont de forme sociétale et disposent d’un
capital concentré. La plupart de ces entreprises sont sous le contrôle d’un ou de deux
actionnaires qui sont de nature familiale et qui exercent un pouvoir important sur la prise de
décision via le conseil d’administration.
167
Celine Chatelin et Stephane Trébucq, "Stabilité et évolution du cadre conceptuel en gouvernance d’entreprise : un essai de
synthèse", Neuvièmes journées d’histoire de la comptabilité et du management Jeudi 20 et Vendredi 21 mars 2003
CREFIGE, Université Paris- dauphine.
168
Jensen M.C., Meckling W.H. (1976), "Theory of the Firm : Managerial Behavior, Agency Costs and Ownership
Structure", Journal of Financial Economics, vol.3, p.305-360.
169
Charreaux G., Desbrières P. (1998), "Gouvernance des entreprises: valeur partenriale contre valeur actionnariale",
Finance, comptabilité, stratégie, vol.1, n°2, p.57-88.
343
§2. Synthèse des études empiriques
Les études effectuées sur l’évolution des performances économiques des entreprises
nouvellement introduites en bourse, ont montré le déclin de ces performances après l’opération
d’introduction. Ainsi, Jain et Kini (1994) ont procédé à une étude sur un échantillon de 682
entreprises introduites en bourse sur la période 1976-1988, et ont conclu que les entreprises
introduites en bourse connaissent une augmentation de leurs performances plus que les
entreprises de l’échantillon de contrôle (échantillon composé des entreprises appartenant au
même secteur d’activité) l’année précédant l’introduction. Toutefois, les performances de ces
entreprises se détériorent significativement sur les trois années qui suivent la date
d’introduction comparativement à celles des entreprises de contrôle.
De leur part, Mikkelson, Partch et Shah (1997) ont confirmé les résultats obtenus par Jain et
Kini (1994). Ces auteurs ont observé dans leur étude effectuée sur un échantillon de 283
entreprises introduites en bourse sur la période allant de 1980 à 1983, une dégradation de leurs
performances économiques dans la période post-cotation. Les auteurs ont également marqué
que le déclin des performances économiques est plus remarquable pour les entreprises de petite
taille.
Sur le marché asiatique, Cai et Wei (1997) observent l’évolution des performances
économiques de 180 entreprises cotées au NASDAQ sur la période 1971 à 1992, et ont conclu
à un effet timing de l’introduction en bourse. De leur coté, Kutsuna et al.(2002) ont rejoint Jain
et Kini (1994) dans leurs conclusions et ont conclu, dans leur étude effectuée sur 247
entreprises cotées entre 1995 et 1996, une baisse des performances économiques dans la
période post cotation.
Enfin, sur le marché français, Sentis (2001) a mis en exergue l’évolution des performances
économiques de 61 entreprises introduites en bourse sur la période allant de 1991 à 1995.
L’auteur a emprunté la même démarche de Jain et Kini (1994), en constituant un échantillon de
contrôle composé des entreprises du même secteur d’activité et de taille similaire. Les résultats
obtenus par cet auteur sont similaires à ceux qui lui précédent, bien qu’ils restent
statistiquement non significatifs.
Un choix judicieux de ces variables nécessite de compléter l’étude théorique par une
investigation des travaux empiriques traitant du sujet. Plusieurs études empiriques ont été
effectuées dans ce cadre. Nous nous somme référés à ces études pour se fixer sur le choix
des hypothèses et des variables explicatives de l’événement de l’introduction en bourse des
344
PME. Les résultats des études empiriques mentionnées confirment, également les
particularités des PME entant qu’objet de recherche différent de la grande structure. Le
tableau suivant présente ces études par auteur et détaille leurs méthodologies ainsi que leurs
résultats.
345
Tableau n°6.8: Quelques études empiriques sur le financement des PME
Gellatly et 2775 PME Régressions; V. à expliquer : instruments La nature de l’activité n’a pas d’impact sur la structure du capital. Si l’activité nécessite
Al. (2004) Modèle Probit ; financiers : actions, dettes à de fortes capacités technologiques, les PME se financent par émission d’actions. Les
estimation par court terme, dettes à long entreprises opérant dans des domaines incertains ont plus de contraintes dans l’accès à la
Canada les terme et autres (dettes dette. Plusieurs PME sollicitent la dette pour des objectifs de croissance à court terme. L’âge
MCO convertibles...) de l’entreprise a un impact sur ses pratiques financières. La maturité de la stratégie financière
V. explicatives : taille, âge, se confirme avec l’évolution de l’entreprise. Les préférences des managers ont,
croissance, objectifs des néanmoins un impact direct sur la structure du capital. La mobilisation de la dette tend
managers à diversifier les autres sources de financement. Inversement, l’utilisation des autres sources
de financement ne prédit pas une mobilisation intensive de la dette.
Ziane (2004) 2880 PME Régressions sur V. à expliquer : levier Une relation négative existe entre la rentabilité financière et la dette. Ce résultat infirme la
cotées et non données de financier (dettes financières / théorie du signal mais valide la POT. La croissance et les garanties ont un impact positif sur la
France cotées, de 1993 panel ; total bilan) dette, ce qui valide la théorie de l’agence. Les charges d’intérêts ont un impact négatif sur la
à 2000. estimation par V. explicatives : taille, âge, dette.
les moments rentabilité financière,
généralisés croissance, garanties, intérêts
(GMM) financiers
Reid (2003) 150 entreprises Etude V. à expliquer : relation entre Un coût de dette important dans les PME réduit la mobilisation des ressources bancaires. Si les
entrepreneurial qualitative, dettes et actions dettes ne sont pas relativement coûteuses, elles seraient mobilisées d’une manière rationnelle et
Scotland es; de 1993 à questionnaire, V. explicatives : chiffre croissante tout au long de la vie de l’entreprise. Dans ces entreprises, l’objectif d’une stratégie
1997 Modélisation d’affaires, profits, dettes, d’endettement est d’atteindre un niveau stable et optimum.
actions, taux d’intérêt,
garanties, dettes
commerciales
346
Suto (2003) 375 entreprises V. à expliquer : dettes
non financières Régressions sur financière/ total passif Les entreprises les plus endettées sont les plus aptes à avoir du crédit, ce qui confirme la
Malaisie cotées ; de séries théorie de l’agence. La POT est validée par la relation (-) entre la profitabilité et la dette. Les
1995 à temporelles, V. explicatives : dettes effets de la fiscalité dépendent du contexte économique. La taille est un facteur important
1999 estimation par bancaires, profitabilité, dans l’augmentation des dettes. Néanmoins et après une crise économique, les grandes
MCO dépréciation des actifs, entreprises ont plus de facilités à s’endetter, ce qui confirme le phénomène de Flight to
garanties, taille, risque de Quality. Les garanties ont un effet (+) sur la dette particulièrement dans les PME.
banqueroute, secteurs
d’activité
Holmes et 1555 PME Régressions sur V. à expliquer: (dettes La composition des actifs, la profitabilité et la croissance sont déterminantes dans la
Cassar (2003) (avec données de financières / total bilan), structure de la dette financière. Une distinction est nécessaire entre la dette LT et la dette
moins de 200 panel, (dettes. court. terme / total CT. La DLT est positivement liée à la structure durable des actifs.
Australie Salariés), de modèle bilan), (dettes long. terme / Les banques s’intéressent à la structure des actifs et financent les PME avec moins de risque
1994 statique, total bilan) et plus de croissance.
à 1995 estimation par V. explicatives : taille, Les cinq variables explicatives influencent la maturité et le choix de la dette. Les
MCO et structure du capital, résultats valident la théorie du Trade- Off (les coûts de banqueroute, les coûts d’agence et
analyse profitabilité, risque, de la taxe) et la POT (asymétries d’information).
multivariée croissance.
Watson etWilson 626 Etudequalitativ V. à expliquer: le tauxde La POT explique mieux le comportement financier des PME que la théorie du Trade- Off,
(2002) PMEmanufactu e ;questionnaire croissance del’entrepriseV. principalement pour les PME fermées. Dans ces PME, il existe une préférence nette pour
rièresfermées ;modélisation explicatives : les tauxde l’émission des dettes sur l’émission des actions. Dans le choix de la dette, un ordre
Royaume- Unis etouvertes ; variation desdifférents modes hiérarchique apparaît avec une préférence pour les dettes les moins risquées. Les possibilités
en1994 definancement mobilisés de financement sont plus nombreuses pour les PME ouvertes. Les jeunes PME préfèrent le
(objectif : tester la POT) financement par réserves internes puis par dettes à court terme, ce qui confirme la POT. Il
existe bien un ordre de préférence hiérarchique dans le financement des PME : fonds internes/
dettes/ actions. Il existe aussi une priorité dans la mobilisation des dettes.
Bevan et Toutes les Régressions sur V. à expliquer: Levier Les déterminants de la dette varient entre les DCT et les DLT. Les PME s’endettent plus sur le
Danbolt (2002) entreprises non séries financier : (dettes/ court terme que sur le long terme, ce qui peut être un indicateur de leur rationnement.
financières en temporelles, passifs) et (dettes/ La taille est positivement corrélée à la dette. Les petites entreprises sont également
Royaume- Unis 1991 estimation par capitaux propres) contraintes dans le choix de leur structure de dettes. Les entreprises avec un potentiel de
MCO V. explicatives : croissance élevé se financent avec des crédits interentreprises, afin de conserver leur
opportunités flexibilité financière. Les dettes sont positivement corrélées à la tangibilité et à la taille,
d’investissement négativement liées aux opportunités d’investissement et à la profitabilité. Par ailleurs, la
(market- to- book ratio), dette à court terme est (–) liée à la profitabilité. De même, la taille est (–) liée aux dettes à
taille, profitabilité, court terme et (+) liée à la dette à long terme. Les résultats confirment les difficultés des PME
tangibilité à obtenir des ressources financières durables. Les dettes commerciales sont une
composante principale de l’endettement dans ces entreprises.
347
Kholdy et Petites, Régression ; V. à expliquer: cash flows Dans les petites entreprises, il existe un ordre de financement hiérarchique. La POT est
Sohrabian (2001) Moyenneset modèle à V. explicatives validée pour les petites entreprises qui mobilisent leurs ressources internes avant de s’orienter
Grandesentrepr erreurs :investissements vers la dette ou l’émission d’actions. Les cash flows n’ont pas une incidence particulière sur
Etats isesclassées composés enéquipement ; dettes à long les investissements. Les dépenses de ces entreprises sont plus influencées par leurs niveaux
Unisd’Amérique suivant lavaleur età court terme ; Q Tobin d’endettement. A l’inverse, les moyennes entreprises ne sont pas contraintes par leurs
comptablede accès à la dette dans leurs dépenses en capital. Leurs investissements ne dépendent pas de
leurs actifs ; leurs cash flows et de leurs dettes mais des opportunités qui se présentent. Dans les
64séries moyennes entreprises, il apparaît une séparation entre le financement et l’investissement.
temporellesde
1980 à 1996
VanAuken 500 Etude V. à expliquer: lesdifférentes Les entrepreneurs sollicitent les sources de financement classiques, en priorité les ressources
(2001) petitesentrepris qualitative,ques sources definancement en familiales et les dettes financières. Il existe aussi d’autres sources qui restent minoritaires
estechnologiqu tionnaire ;taux particulier austade du comme les investisseurs privés, le factoring, les fonds d’amorçage et les aides nationales et
Etats-Unis es,1997 de réponsede développement régionales. Un gap financier à l’encontre des PME existe. Il résulte une difficulté à être
d’Amérique 28% informées des différentesalternatives de financement disponibles et de l’impact de ces
;statistiquesuni possibilités de financement sur le couple (Risque/ Rentabilité). La défaillance
variées, informationnelle des PME concerne particulièrement les sources de financement dont
testsd’hypothès elles peuvent disposer. En effet, plusieurs alternatives existent pour promouvoir la
es (T-stat) croissance de ces entreprises telles que les aides gouvernementales.
Nékhili (1999) 84 entreprises Régression à V. à expliquer: dettes La préférence pour les fonds internes est indépendante de la taille. La théorie de l’ordre
cotées classées trois financières / total bilan ; hiérarchique est confirmée pour toutes les classes de taille, y compris pour les PME. Ainsi,
France par taille ; de équations ; dettes. court. terme / total l’autofinancement est lié négativement à la dette bancaire à long terme. Pour les firmes de
1979 à 1987 modèle à bilan ; dettes obligataires / petite taille, la préférence pour la dette bancaire sur la dette obligataire est beaucoup
erreurs total bilan moins prononcée. Ces entreprises sont incitées à se financer en interne avant de s’endetter.
composés V. explicatives : effectif,
secteur, âge, côte, rentabilité,
croissance, garanties, crédits
interentreprises.
348
Hutchinson Analyse de V. à expliquer: Les PME ont recours aux ressources à court terme pour le financement de leur
et Al (1988) 127 PME, de données par Caractéristiques financières croissance parce qu’elles ne sont pas en mesure de lever des fonds à long terme (financial
1980 à 1983 (ACP) et des PME cotées gap). Les PME cotées différent des PME non cotées dans la structure de leur dette, dans
Angleterre (MANOVA) V. explicatives : liquidité, l’importance de leur liquidité et dans leur taux de croissance. Les PME cotées sont plus
sur structure du capital, activité, endettées que les PME non cotées. La tangibilité des actifs facilite l’accès à la dette.
15 ratios profitabilité, croissance La profitabilité est similaire pour les deux types d’entreprises. Elle a un impact négatif sur
financiers l’endettement, ce qui confirme l’ordre de financement hiérarchique.
Source : A.Trabelsi (2006) "les déterminants de la structure du capital et les particularités du financement dans les PME" Doctorat en science de gestion.
349
§3. Hypothèses de recherche et méthodologie de l’étude économétrique
Afin de confirmer les résultats obtenus de l’étude statistique effectuée dans la précédente
section et en vue, de valider notre recherche tout en essayant de répondre à notre
problématique qui peut se résumer comme suit : "L’événement de l’introduction en bourse
entraine un effet favorable sur les indicateurs de performances financières des PME cotées à la
bourse ?"
Par ailleurs, on a jugé utile de choisir trois indicateurs pour mesurer la performance financière
des PME cotées. Il s’agit principalement du ratio de l’endettement représentant les ratios de la
solvabilité, le ratio de la liquidité générale représentant les ratios de la liquidité et le ratio de la
rentabilité financière représentant les ratios de la rentabilité.
I. Hypothèse de recherche
Dans cette recherche, nous essayons d’expliquer l’impact de la cotation à la bourse sur la
performance financière des PME depuis leurs introductions en bourse. Pour y parvenir, nous se
basons sur un cadre théorique qui a fait l’objet du premier paragraphe de la présente section.
Ainsi, nous interpellons les apports théoriques de carde de référence tout en prenant en compte
les caractéristiques du contexte marocain.
Au Maroc, les entreprises cotées en bourse, qui sont de forme sociétale et disposent d’un
capital concentré. La plupart de ces entreprises sont sous le contrôle d’un ou de deux
actionnaires qui sont de nature familiale et qui exercent un pouvoir important sur la prise de
décision via le conseil d’administration.
350
En outre, devant une faiblesse des autorités de contrôle dont le pouvoir de répression
disciplinaire n’ont été renforcé qu’au début de l’année 2014 suite à la réforme de son statut et
la création de l’autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). En effet, pour
s’introduire en bourse, l’AMMC exige de respecter un ensemble de conditions et autorise des
cotations par émission d’un nombre d’actions ne dépassant pas le cinquième du capital. Ces
mesures visent essentiellement à inciter les entreprises familiales à faire appel public à
l’épargne. Soucieux d’ouvrir leur capital et de perdre le contrôle, les principaux actionnaires
des sociétés préparant une introduction en bourse de leurs entreprises cèdent une proportion
des actions qu’ils possèdent tout en conservant l’ensemble des pouvoirs de prise de décision
qu’ils possédaient avant cette cotation.
Par ailleurs, devant un organe de contrôle peu contraignant, et l’absence de toute obligation de
publier les états de synthèse selon les normes comptables internationales sauf pour les sociétés
de holding, il est possible de prévoir l’évolution de la performance financière de la société
autour de la date de son introduction en bourse. Ainsi, en présence de la gestion des résultats,
la performance financière, étant de nature comptable, s’accroit antérieurement à la date
d’introduction en bourse, et plus particulièrement lors de la période de préparation de la note
d’information publicitaire communiquant les indicateurs de performance financière de la
société et les perspectives de sa rentabilité économique et financière. Après l’introduction en
bourse, et supposons l’application de la thèse de la gestion des résultats par les techniques de
gestion des résultats, qui consiste par exemple à utiliser le compte de transfert de charges pour
affecter des frais naturellement circulants vers des comptes immobilisés, la performance
financière se détériore. Cette baisse intervient suite aux aménagements comptables correctifs,
et en raison de la baisse de la valeur marchande des actions de la société cotées.
351
- La première hypothèse : l’effet favorable de la cotation en bourse sur la liquidité des PME
nouvellement introduites en bourse.
- La troisième hypothèse : l’effet favorable de la cotation en bourse sur la rentabilité des PME
nouvellement introduites en bourse.
Afin d’apporter des éléments de réponse aux hypothèses constituant notre problématique et à
la lumière de cet éclairage théorique traité dans le premier paragraphe de la présente section,
nous avons développé une étude économétrique. Dans ce qui suit, nous présenterons
l’échantillon et le modèle convenable à notre problématique.
A. Présentation de l’échantillon
Notre étude porte sur un échantillon de 7 PME marocaines non financières cotées. En effet, la
consultation des sites web de l’AMMC et de la bourse de Casablanca, nous a permis de
recueillir de certaines données nécessaires et complémentaires pour la mise en œuvre de l’
échantillon. Il s’agit principalement des états financiers annuels sur la période de dix ans
allant de N-3 ans à N+6 ans. Il est apparu que le nombre PME sélectionnées est restreint.
En effet, l’échantillon de base était composé de 30 PME cotées dont 16 PME sur le marché
développement et 14 sur le marché croissance. Mais l’élimination de certaines PME
notamment les sociétés radiées, les banques, les établissements de crédit, les sociétés de
financement, les compagnies d’assurances, et les holdings, ainsi que les PME introduites en
bourse avant 2000. Et par conséquent, l’échantillon final de notre étude sera composé de 7
PME avec 70 observations.
Ce travail porte sur un échantillon de 7 PME choisis parmi les 13 PME cotées à la bourse des
valeurs de Casablanca, durant la période 2004-2013. Ce choix s’explique par les principales
raisons suivantes:
- Ces PME peuvent être qualifiées de nouvelle dans la cotation en bourse. En effet, leur date
d’introduction en bourse était généralement plus proche. Elle a débuté à partir de l’année
2005, ce qui permet de détecter l’effet de leur cotation sur leurs santés financières.
- les cinq autres PME restantes qui ont été écartées de l’échantillon pour la simple raison elles
ont déjà bénéficié de cette décision stratégique. En effet, elles ont commencé leur introduction
352
en bourse à partir des années antérieures (1943, 1946, 1974,1996) à l’année 2005 date à
laquelle elles ont amorcé à publier leurs états financiers.
- Ces 7 PME sélectionnées ont publié leurs trois exercices qui précèdent la date de leur
introduction en bourse, alors que les cinq autres PME n’ont commencé de publier leurs états
financiers qu’à partie de l’exercice 2005.
- Ce sont des entreprises dont les dates d’introduction en bourse appartiennent à la période
choisie, ce qui permet de faire des comparaisons entre elles, et d’analyser leur structure
financière avant et après leur introduction en bourse;
- Ce sont des introductions qui ont été faites dans une période où la bourse des valeurs a
connu des réaménagements importants au sein de ses compartiments par la création du
troisième marché en 2000, et ce pour inciter les PME à s’introduire en bourse.
Le tableau ci-dessous retrace les informations relatives aux 14 PME non financières publiées
sur l’AMMC:
Marché
6 TIM TIMAR Commerce et transport 17/07/2007
Développement
Delattre Levivier Marché
7 DLM Agroalimentaire 29/04/2008
Maroc Développement
Source : Fiche technique élaborée à partir du site l’AMMC.
La régression est un des méthodes les plus connues et les plus appliquées en statistique pour
l’analyse de données quantitatives. Elle est utilisée pour établir une liaison entre une variable
quantitative et une ou plusieurs autres variables quantitatives, sous la forme d’un modèle. Si
on s’intéresse à la relation entre deux variables, on parlera de régression simple en exprimant
une variable en fonction de l’autre. Si la relation porte entre une variable et plusieurs autres
353
variables, on parlera de régression multiple. La mise en œuvre d’une régression impose
l’existence d’une relation de cause à effet entre les variables prises en compte dans le modèle.
Le modèle de régression linéaire multiple est l’outil statistique le plus habituellement mis en
œuvre pour l’étude de données multidimensionnelles. Cas particulier de modèle linéaire, il
constitue la généralisation naturelle de la régression simple.
La méthodologie utilisée dans le cadre de notre analyse empirique est celle d’un système de
régression linéaire multiple composé de trois modèles de régression multiple. Ce système
permet de traiter conjointement les effets individuels et les effets temporels. Cette double
dimension permet de rendre compte simultanément de la dynamique de comportement et de
leur éventuelle hétérogénéité, ce qui n’est possible avec les séries temporelles ou les coupes
transversales. Cette analyse des données résolue à l’aide d’un logiciel économétrique
notamment EVIEWS.5.
Le but principal des états de synthèse est de fournir de l’information qui permettra aux
investisseurs, actionnaires et partenaires, d’évaluer la performance de l’entreprise. Le défi serai
ainsi de sélectionner les mesures ou indicateurs les plus appropriés pour se prononcer sur une telle
performance. Le contenu informatif de chaque indicateur est différent selon l’utilisateur et le
destinataire et, par conséquent, nous pousse à constater deux familles d’indicateurs en
l’occurrence, comptables et boursiers. Chaque indicateur renvois à un type de performance
spécifique et donc contient de l’information pertinente sur l’entreprise.
Parmi les indicateurs comptables qui peuvent contenir de l’information révélatrice de performance
nous pouvons citer, à titre indicatif et non exhaustif, le ratio de la liquidité générale, le ratio de
l’endettement total ainsi que le ratio de la rentabilité économique (ROA) et la rentabilité
financière (ROE).
En effet, pour matérialiser l’effet de la cotation en bourse sur la performance financière des
PME, les variables utilisées dans la vérification empirique sont en nombres de quatre. Il s’agit
principalement de :
354
2) Le ratio de l’endettement total = (Dettes totales / Passif total)x100: Le niveau
d’endettement est considéré comme un signal de la qualité de l’entreprise émis par les
dirigeants. En effet, le niveau d’endettement engendre une augmentation du risque mais,
constitue aussi un signal d’une plus grande rentabilité future de l’entreprise. L’augmentation
de dettes est donc considérée par le marché comme un signal positif sur les cash-flows futurs.
Avant de présenter ces trois modèles de régression multiple, qu’on a jugé nécessaire pour
relever les éléments de réponse à notre principale problématique à travers la vérification des
trois hypothèses citées en dessus, nous exposons la matrice de corrélation des ces quatre
indicateurs financiers retenus.
L’analyse de cette matrice de corrélation cité en dessous indique que la variable du ratio de la
rentabilité financière est fortement corrélée positivement au variable du ratio de liquidité et
négativement avec la variable du ratio de l’endettement.
Les variables les plus corrélées au ratio de liquidité générale sont le ratio de la rentabilité
financière et celui de l’endettement total.
En ce qui concerne la variable du ratio de l’endettement, nous constatons que ce ratio est
fortement corrélé négativement au variable du ratio de liquidité générale alors qu’il existe une
relation positive avec celui de rentabilité économique
355
En outre, la variable du ratio de la rentabilité économique est négativement liée au variable du
ratio de la liquidité générale et au ratio de la rentabilité financière mais positivement corrélée
au variable de l’endettement total.
L’objectif recherché de cette matrice de corrélation des variables sélectionnées est de garder
le meilleur modèle composé des variables les plus corrélées entre elles et d’éliminer celles qui
sont moins corrélées entre elles. En revanche, l’étude nous a permis de constater que le ratio
de la rentabilité économique est la seule variable qui a enregistré une très faible corrélation
avec les autres variables c’est pour cette raison elle sera éliminée de notre étude
économétrique. Par ailleurs, nous avons conservé toutes les autres variables pour obtenir,
alors trois modèles de régression multiple avec seulement deux variables explicatives.
356
confirmation de cet évènement à travers ces indicateurs de performances financières consiste
à vérifier les hypothèses suivantes:
- La première hypothèse : l’effet favorable de la cotation en bourse sur la liquidité des PME
nouvellement introduites en bourse.
- La troisième hypothèse : l’effet favorable de la cotation en bourse sur la rentabilité des PME
nouvellement introduites en bourse.
Le premier modèle de régression multiple que nous cherchons à estimer se présente comme
suit :
LIQit : ratio de la liquidité générale i à l’année t = (Actif à moins d'un an / Dettes à moins d'un
an) x100.
ENDit : ratio de l’endettement total i à l’année t = (Dettes totales / Passif total) x100.
RFit : ratio de la rentabilité financière i à l’année t = (Résultat Net / Capitaux Propres) x100.
εit: le terme d’erreur qui explique les facteurs externes de l’entreprise telle que la concurrence,
la conjoncture économique ect…
357
1) Signification globale du premier modèle
Puisque le coefficient de corrélation qui représente le pouvoir explicatif du modèle est de 88%
supérieur à 50% montre qu’on est en présence d’un bon modèle. En effet, nous avons constaté
que les deux variables indépendantes notamment le ratio de l’endettement total et celui de la
rentabilité expliquent 88% du comportement et de l’évolution de la variable dépendant. En
outre, la p-value associée à la statistique de Fischer est inférieure au seuil de 5% ce qui
confirme la significativité du modèle.
Le tableau suivant résume l’ensemble des coefficients des variables du premier modèle:
358
Le tableau suivant retrace la significativité des coefficients des variables du premier modèle:
Après avoir examiné la signification globale du modèle et des coefficients, on a jugé important
d’étudier la qualité du modèle par rapport aux erreurs à travers le tableau en dessus. Ainsi, on
va passer en revue l’étude de l’autocorrélation des erreurs, l’hétéroscédasticité des erreurs et la
normalité des erreurs.
Concernant l’autocorrélation des erreurs, selon le Test de Breusch Godfrey la p-value associée
à la statistique de Breusch Godfrey serial correlation LM test est inférieure au seuil de
signification 0.05 ce qui confirme que les erreurs sont autocorrelées.
S’agissant l’hétéroscédasticité des erreurs, d’après le Test Breusch Pagan Godfrey la p-value
liée à la statistique de Breusch Pagan Godfrey Test est aussi inférieure à 0.05 ce qui témoigne
que les erreurs sont hétéroscédastiques.
A propos de la normalité des erreurs, suivant le Test Jarque Bera la p-value alliée à la
statistique de Jarque Bera est également inférieure à 0.05 ce qui certifie que les erreurs ne sont
pas normalement distribuées.
Le deuxième modèle de régression multiple que nous cherchons à estimer se présente comme
suit :
ENDit : ratio de l’endettement total i à l’année t = (Dettes totales / Passif total) x100.
RFit : ratio de la rentabilité financière i à l’année t = (Résultat Net / Capitaux Propres) x100.
LIQit : ratio de la liquidité générale i à l’année t = (Actif à moins d'un an / Dettes à moins d'un
an) x100.
359
εit: le terme d’erreur qui explique les facteurs externes de l’entreprise telle que la concurrence,
la conjoncture économique ect…
Ratio de la liquidité
Liquidité générale (Actif à moins d'un an / Dettes à moins d'un an) x100.
générale
Puisque le coefficient de corrélation qui représente le pouvoir explicatif du modèle est de 88%
supérieur à 50% montre qu’on est en présence d’un bon modèle. En effet, nous avons constaté
que les deux variables indépendantes notamment le ratio de l’endettement total et celui de la
rentabilité expliquent 71% du comportement et de l’évolution de la variable dépendant. En
outre, la p-value associée à la statistique de Fischer est inférieure au seuil de 5% ce qui
confirme la significativité du modèle.
Le tableau suivant résume l’ensemble des coefficients des variables du deuxième modèle:
De même, le coefficient de la variable de la financière (β1 = 0.16391) est positif et assez non
significatif, ce qui confirme que la décision de l’introduction en bourse a été défavorable pour
la majorité des PME après l’introduction en bourse d’une manière non significative. Ainsi,
360
l’impact positif de la cotation à la bourse sur la liquidité des PME nouvellement introduites en
bourse ne vient pas en confirmation aux attentes de la troisième hypothèse.
Le tableau suivant retrace la significativité des coefficients des variables du premier modèle:
Après avoir examiné la signification globale du modèle et des coefficients, on a jugé important
d’étudier la qualité du modèle par rapport aux erreurs à travers le tableau en dessous. Ainsi, on
va passer en revue l’étude de l’autocorrélation des erreurs, l’hétéroscédasticité des erreurs et la
normalité des erreurs.
Concernant l’autocorrélation des erreurs, selon le Test de Breusch Godfrey la p-value associée
à la statistique de Breusch Godfrey serial correlation LM test est inférieure au seuil de
signification 0.05 ce qui confirme que les erreurs sont autocorrelées.
S’agissant l’hétéroscédasticité des erreurs, d’après le Test Breusch Pagan Godfrey la p-value
liée à la statistique de Breusch Pagan Godfrey Test est supérieure à 0.05 ce qui témoigne que
les erreurs ne sont pas hétéroscédastiques.
A propos de la normalité des erreurs, suivant le Test Jarque Bera la p-value alliée à la
statistique de Jarque Bera est également supérieure à 0.05 ce qui certifie que les erreurs sont
normalement distribuées.
361
c. Troisième modèle de régression multiple
Le troisième modèle de régression multiple que nous cherchons à estimer se présente comme
suit :
RFit : ratio de la rentabilité financière i à l’année t = (Résultat Net / Capitaux Propres) x100.
ENDit : ratio de l’endettement total i à l’année t = (Dettes totales / Passif total) x100.
LIQit : ratio de la liquidité générale i à l’année t = (Actif à moins d'un an / Dettes à moins d'un
an) x100.
εit: le terme d’erreur qui explique les facteurs externes de l’entreprise telle que la concurrence,
la conjoncture économique ect…
Puisque le coefficient de corrélation qui représente le pouvoir explicatif du modèle est de 88%
supérieur à 50% montre qu’on est en présence d’un bon modèle. En effet, nous avons constaté
que les deux variables indépendantes notamment le ratio de l’endettement total et celui de la
rentabilité expliquent 82% du comportement et de l’évolution de la variable dépendant. En
outre, la p-value associée à la statistique de Fischer est inférieure au seuil de 5% ce qui
confirme la significativité du modèle.
Le tableau suivant résume l’ensemble des coefficients des variables du troisième modèle:
362
Tableau n°6.18: Récapitulatif du modèle 3
P-
Coefficient
Variable Variables Value
Equation du Modèle de
dépendante indépendantes Test de
Corrélation
Fischer
Rentabilité Endettement RFit = αit + β1tEND+ β2tLIQit + εit Prob
financière: total: END RF = -13.4134 + 0.0345xEND + 0.1194xLIQ 2 (F-
R =0.8163
RF Liquidité statistic)
générale: LIQ = 0.000
Source : Tableau élaboré par nos soins.
De même, le coefficient de la variable endettement total (β1 = 0.0345) est positif et assez
significatif, ce qui confirme que la décision de l’introduction en bourse a été favorable pour la
majorité des PME après l’introduction en bourse d’une manière significative. Ainsi, l’impact
positif de la cotation à la bourse sur la rentabilité financière des PME nouvellement
introduites en bourse ne vient pas en confirmation aux attentes de la troisième hypothèse.
Le tableau suivant retrace la significativité des coefficients des variables du troisième modèle:
Après avoir examiné la signification globale du modèle et des coefficients, on a jugé important
d’étudier la qualité du modèle par rapport aux erreurs à travers le tableau en dessous. Ainsi, on
va passer en revue l’étude de l’autocorrélation des erreurs, l’hétéroscédasticité des erreurs et la
normalité des erreurs.
363
Concernant l’autocorrélation des erreurs, selon le Test de Breusch Godfrey la p-value associée
à la statistique de Breusch Godfrey serial correlation LM test est inférieure au seuil de
signification 0.05 ce qui confirme que les erreurs sont autocorrelées.
S’agissant l’hétéroscédasticité des erreurs, d’après le Test Breusch Pagan Godfrey la p-value
liée à la statistique de Breusch Pagan Godfrey Test est inférieure à 0.05 ce qui témoigne que
les erreurs sont hétéroscédastiques.
A propos de la normalité des erreurs, suivant le Test Jarque Bera la p-value alliée à la
statistique de Jarque Bera est également inferieure à 0.05 ce qui certifie que les erreurs ne sont
pas normalement distribuées.
Au regard des trois modèles économétriques, une meilleure situation des PME cotées
s’observe pour quatre ratios de structure financière : endettement total, financière, liquidité
générale et rentabilité financière. Les PME cotées se caractérisent ainsi par une meilleure
situation financière en termes de liquidité et de solvabilité.
En outre, l’étude économétrique qui vient d’être présentée corrobore les résultats de l’étude
statistique élaborée dans la seconde section du présent chapitre. Ces résultats affirment l’effet
favorable de l’introduction en bourse des PME sur leurs performances financières mesurés par
des ratios financiers concluant ainsi que les PME cotées retenues se caractérisent par des
meilleurs indicateurs de performances économiques et financières ainsi que par une meilleure
situation financière en termes de liquidité et de désendettement des PME cotées.
Une observation de l'analyse des résultats de notre étude nous montre l'existence d'un
phénomène des performances financières des introductions sur l’échantillon des PME
retenues, en effet nous observons de l'introduction en bourse une amélioration significative de
la performance financière des PME mesurée par la rentabilité financière. Selon notre approche
les PME connaissent sur la période retenue avant et qui suivent l'introduction en bourse une
amélioration de leur performance, ce qui s'alignerait avec notre hypothèse.
Ainsi ces trois modèles, bien qu'ils nous permettent d'aboutir à quelques conclusions proches
de la théorie, demeurent une approximation de la réalité, car les contraintes imposées par le
marché financier. Cette tendance générale est néanmoins modérée par plusieurs facteurs en
relation avec les modalités du contrôle familial et le système de gouvernance des PME qui
affectent la conduite stratégique des dirigeants et donc influent sur la performance.
Pour conclure, on pouvait attester que l’événement de l’introduction en bourse a été bénéfique
pour la majorité des PME cotées, constituant notre échantillon. Ce constat peut être justifié par
364
le mouvement de désendettement et le renforcement de la liquidité et de la rentabilité
enregistré par ces PME durant la période considérée. Par conséquent, notre étude statistique
adoptée, pour évaluer l’impact de la cotation sur les indicateurs de performances financières
des PME marocaines, a contribué à la vérification de nos hypothèses sur lesquelles est formée
notre problématique.
- la théorie de l’agence, qui précise que la présence sur le marché financier réduirait le
pourcentage de capital détenu par les dirigeants et les conduirait à un comportement
opportuniste contraire à la performance globale de l’entreprise ;
- la théorie du timing, qui indique que les dirigeants choisiraient d’introduire leur entreprise
en bourse au moment où les performances économiques sont anormalement élevées.
Si l’effet de la cotation à la bourse des valeurs sur la rentabilité financière des PME
nouvellement introduites en bourse est défavorable conformément aux conclusions des
théories précédemment citées, il n’en demeure pas moins que l’impact de cette cotation sur
leur rentabilité économique reste favorable.
S’agissant du coefficient de corrélation, nous avons simulé une modélisation tenant compte de
l’évolution continue sans fluctuations des variables représentant les quatre ratios retenus. Le
recours à ce modèle de référence théorique a permis de parvenir à un coefficient de
corrélation de 0,99. Ce dernier confirme que nos séries, bien que croissantes notamment pour
la liquidité et la rentabilité économique ou décroissantes surtout pour l’endettement et la
rentabilité financière, restent fluctuantes; d’où les imperfections constatées dans certains
résultats du modèle.
Enfin, notons que ce modèle, qui nous semble approprié, demeure une approximation de la
réalité qui n’est pas exemptée de critiques. En effet, ce modèle nous a permis d’aboutir à des
conclusions confirmant:
365
- d’une part, les résultats de l’étude statistique élaborée dans la seconde section du présent
chapitre. Ces résultats affirment l’effet favorable de l’introduction en bourse des PME sur
leurs performances financières mesurés par des ratios financiers.
- et d’autre part, ce modèle a permis de valider nos hypothèses et par conséquent notre
problématique, tout en certifiant les résultats des études empiriques réalisées sur le déclin de
la performance financière des entreprises après la date de cotation.
366
Conclusion du chapitre
Le but de ce chapitre est d’étudier l’effet de la cotation sur les ratios de performance
financière des PME récemment introduites à la bourse. Cet effet se traduit par un changement
de la structure financière des PME, de leurs sources de financement et par une modification
du système de gouvernance. Par conséquent, il a un impact sur la conduite stratégique du
décideur. Pour cela, nous avons essayé d’évaluer cet impact de la cotation en s’inspirant des
recherches théoriques et de travaux empiriques élaborés dans ce cadre. Ce qui va nous
permettre de vérifier les hypothèses constituant notre problématique, formulées dans
l’introduction générale, via une étude statistique et économétrique.
D’après les études statistiques effectuées dans la deuxième section, on pourrait attester que
l’événement de l’introduction en bourse a été bénéfique pour la majorité des PME cotées,
constituant notre échantillon. Ce constat peut être justifié par le mouvement de désendettement
et le renforcement de la liquidité et de la rentabilité enregistré par ces PME durant la période
considérée. Par conséquent, notre étude statistique adoptée, pour évaluer l’impact de la
cotation sur les indicateurs de performances financières des PME marocaines, a contribué à la
vérification de nos hypothèses sur lesquelles est fondée notre problématique.
Par ailleurs, l’étude économétrique nous a permis de déduire les résultats suivants :
367
asiatique. Ces différentes recherches retiennent comme explication ce déclin de la rentabilité
économique constaté après la cotation.
Au terme de notre étude économétrique, nous pouvons conclure que malgré la non
significativité des variables, ce modèle nous semble adéquat. Il nous permet d’aboutir à des
conclusions plus ou moins proches de l’étude statistique et surtout d’expliquer l’évolution de
désendettement et l’amélioration de la liquidité des PME après la date de cotation. Ainsi, il
serait judicieux de mener une étude élaborée afin de porter une comparaison entre les PME
fermées (non cotées) et celles ouvertes (cotées).
Néanmoins, notons que ce modèle, qui nous semble approprié, demeure une approximation de
la réalité qui n’est pas exemptée de critiques. En effet, ce modèle nous a permis d’aboutir à
des conclusions confirmant:
- d’une part, les résultats de l’étude statistique élaborée dans la seconde section du présent
chapitre. Ces résultats affirment l’effet favorable de l’introduction en bourse des PME sur
leurs performances financières mesurés par des ratios financiers.
- et d’autre part, ce modèle a permis de valider nos hypothèses et par conséquent notre
problématique, tout en certifiant les résultats des études empiriques réalisées sur le déclin de
la performance financière des entreprises après la date de cotation.
Pourtant, nous avons lors de l'élaboration de ce travail été confrontés à plusieurs obstacles:
- Le recours au marché boursier n’est pas encore ancré dans l’esprit des investisseurs,
notamment les particuliers et les petites et moyennes entreprises;
- Le marché boursier marocain reste toujours limité en termes de PME cotées, ce qui a
contraint notre échantillon;
368
- L’absence des états financiers avant la date d’introduction en bourse de ces 7 PME objet de
notre recherche pour pouvoir effectuer une comparaison de leur performance avant et après
ladite date.
369
CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE
Afin de comprendre l’impact de la cotation en bourse sur les indicateurs de performances
financières des PME marocaines cotées en bourse et par conséquent sur la santé financière de
ces PME. Nous avons suivi tout au long de cette deuxième partie une démarche constructive
et pratique. Ainsi, nous avons commencé par un quatrième chapitre qui a permis de constater
que l'analyse théorique et empirique montre que le problème de financement des entreprises
marocaines est extrêmement complexe et qu'il est difficile d'édicter des règles générales de la
dette. Le choix d'un mode de financement particulier dépend d'un grand nombre de facteurs
qui doivent être pris en considération au moment de la décision d’introduction en bourse. En
effet, dans un contexte marqué par l'ouverture de l'économie marocaine sur le marché
extérieur, le marché boursier est censé constituer une source de financement complémentaire,
voir une alternative, permettant aux entreprises un meilleur ancrage dans la mondialisation.
Par ailleurs, ce chapitre a été l’occasion d’établir une analyse statistique sur trois PME cotées
à la bourse des valeurs de Casablanca, qui ont affiché de bonnes performances en matière de
rentabilité. Mais encore faut-il tenir compte des différences qui existent entre les stratégies
suivies par chacune des trois entreprises et les objectifs visés par l’opération d’introduction.
En effet, la société CRS a vu son objectif atteint depuis son introduction en bourse notamment
la réduction de son niveau d’endettement et l’accroissement de son autonomie financière. Ce
qui n’est pas le cas pour les deux autres entreprises qui ont profité pleinement des
augmentations du capital et des emprunts auprès des établissements de crédit.
En dépit du rôle qu’elles jouent dans le développement économique et social du Maroc, les
PME souffrent des contraintes internes et externes qui pèsent sur leur décision
d’investissement et sur leur stratégie de développement.
La levée de ces contraintes, notamment celles liées au financement externe, dépend du degré
d’efficacité du système financier, jugé à travers sa capacité à fournir des capitaux au moindre
coût possible et à mobiliser suffisamment de ressources en faveur de ces entreprises.
Pour réduire la vulnérabilité de ces entreprises en matière d’accès au crédit bancaire, les
pourvoir publics ont mis en place un dispositif de mesures susceptibles d’élargir leurs sources
de financement notamment la mise en place de lignes nationales et étrangères de crédits. De
même, les conditions d’introduction à la bourse des valeurs de Casablanca ont été
suffisamment assouplies, à travers la création de nouveaux compartiments réservés à la PME,
et la mise en place de nouveaux produits financiers.
370
Toutefois, le cinquième chapitre a donné la possibilité d’analyser la situation financière des
entreprises marocaines et cela à travers une étude statistique comparative de trois PME (DARI,
CRS et DLM) cotées sur le deuxième et troisième compartiment en comparaison avec trois
grandes entreprises cotées sur le marché principal (LES, CSR et SID). Il a été important, dans
une première section, de faire un rappel de l’objectif de notre recherche et de la méthodologie
statistique adoptée d'analyse et également de présenter les entreprises sélectionnées ainsi que
les ratios financiers retenus pour analyser la situation financière des ces entreprises et surtout
les trois PME cotées en bourse.
L’analyse pratique, effectuée au niveau des trois dernières sections, des statistiques comptables
des trois PME cotées à la bourse des valeurs de Casablanca affiche de bonnes performances en
matière de rentabilité. Mais encore faut-il tenir compte des différences qui existent entre les
stratégies suivies par chacune des trois entreprises et les objectifs visés par l’opération
d’introduction en bourse.
Le sixième chapitre quant à lui a été l’opportunité d’évaluer cet impact de la cotation en
s’inspirant des recherches théoriques et de travaux empiriques élaborés dans ce cadre. Ce qui
nous a permis de vérifier les hypothèses constituant notre problématique, formulées dans
l’introduction générale, via une étude statistique enrichie par modélisation économétrique. En
effet, d’après les études statistiques effectuées dans la deuxième section, on pourrait attester
que l’événement de l’introduction en bourse a été bénéfique pour la majorité des PME cotées,
constituant notre échantillon. Ce constat peut être justifié par le mouvement de désendettement
et le renforcement de la liquidité et de la rentabilité enregistré par ces PME durant la période
considérée. Par conséquent, notre étude statistique adoptée, pour évaluer l’impact de la
cotation sur les indicateurs de performances financières des PME marocaines, a contribué à la
vérification de nos hypothèses sur lesquelles est fondée notre problématique.
Néanmoins, l’étude économétrique nous a donné l’occasion de déduire les résultats suivants :
371
Ainsi, l’impact positif de la cotation à la bourse sur l’endettement des PME nouvellement
introduites en bourse vient en confirmation aux attentes de la deuxième hypothèse.
Néanmoins, il s’est avéré que le résultat de la dégradation de la rentabilité financière des PME
après la date de cotation se rapproche et confirme les résultats des études empiriques
réalisées sur le marché américain (Jain et Kini (1994); Mikkelson, Partch et Shah (1997) et
sur le marché asiatique (Cai et Wei (1997), Kim et al. (2002) et Kutsuna et al. (2002)). Ces
différentes recherches retiennent comme explication ce déclin de la rentabilité économique
constaté après la cotation soit par:
- la théorie de l’agence, qui précise que la présence sur le marché financier réduirait le
pourcentage de capital détenu par les dirigeants et les conduirait à un comportement
opportuniste contraire à la performance globale de l’entreprise ;
- la théorie du timing, qui indique que les dirigeants choisiraient d’introduire leur entreprise
en bourse au moment où les performances économiques sont anormalement élevées.
S’agissant du coefficient de corrélation, nous avons simulé une modélisation tenant compte de
l’évolution continue sans fluctuations des variables représentant les quatre ratios retenus. Le
recours à ce modèle de référence théorique a permis de parvenir à un coefficient de
corrélation de 0,99. Ce qui confirme que nos séries, bien que croissantes notamment pour la
liquidité et la rentabilité économique ou décroissantes surtout pour l’endettement et la
rentabilité financière, restent fluctuantes; d’où les imperfections constatées dans certains
résultats du modèle.
Enfin, notons que ce modèle, qui nous semble approprié, demeure une approximation de la
réalité qui n’est pas exemptée de critiques. En effet, ce modèle nous a permis d’aboutir à des
conclusions confirmant:
372
- d’une part, les résultats de l’étude statistique élaborée dans la seconde section du présent
chapitre. Ces résultats affirment l’effet favorable de l’introduction en bourse des PME sur
leurs performances financières mesurés par des ratios financiers.
- et d’autre part, ce modèle a permis de valider nos hypothèses et par conséquent notre
problématique, tout en certifiant les résultats des études empiriques réalisées sur le déclin de
la performance financière des entreprises après la date de cotation.
373
CONCLUSION GENERALE
L’objectif de notre thèse était de comprendre le comportement de financement des
entreprises en général et plus particulièrement des PME marocaines cotées en bourse et
d’évaluer l’impact de l’introduction en bourse des PME marocaines sur leurs performances
financières mesurées par un certain nombre d’indicateurs financiers. Pour atteindre cet
objectif et contribuer au débat sur la place du marché boursier dans le financement des
PME, nous avons tenté de présenter dans une première partie le cadre théorique du
financement des PME et dans une deuxième partie les soubassements empiriques de ces
théories de financement des PME.
Pour rappel, cette première partie de notre travail de recherche avait pour principal
objectif d’observer, sur le plan théorique, la place que le marché boursier a réservé e au
financement des PME. A cet effet, trois chapitres ont été accomplies.
- Soit des critères quantitatifs (total du bilan, chiffre d’affaire, effectif etc.) qui permettent de
cerner plus facilement la notion de PME dans l’objectif de lui appliquer des politiques
économiques ou fiscales mais qui, en même temps, refusent de pénétrer à l’intérieur;
- Soit, des critères qualitatifs qui sont, à notre sens, plus pertinent puisqu’ils mettent en
évidence l’aspect humain lié à l’entreprise. En effet, la culture managériale du dirigeant
demeure l’invariant fondamental qui permet de différencier la PME de la grande entreprise.
De plus, ce chapitre, nous a permis de remarquer que la majorité des PME marocaines est
sous-capitalisée, car dans leurs gestions financières elles se basent sur le financement en fonds
propres souvent faibles ne permettant pas de réaliser un programme d’investissement équilibré.
Ainsi, les PME utilisent trop les découverts bancaires et les facilités de caisse et d’autres prêts
à court terme pour financer l’investissement aggravant leur déséquilibre financier. Dans ce
sens, on peut dégager les caractéristiques financières des PME à savoir une faible planification
financière; une gestion opérationnelle de financement largement informelle; et un contrôle de
gestion quasi-inexistant.
374
En outre, ce chapitre a mis en évidence la problématique du financement et de la mise à niveau
des PME. Ces dernières, quoique constituant l’essentiel du tissu économique, n’ont pas accès
aux ressources nécessaires pour financer leurs projets de développement; et n’ont pas saisi
l’opportunité du programme national de mise à niveau pour se restructurer, et ainsi résister au
choc de l’ouverture des marchés.
L’accès aux moyens de financement classiques est subordonné à la capacité des entreprises à
présenter des garanties réelles, non liées à la fiabilité des projets (caution solidaire du chef
d’entreprise, hypothèques sur des biens non économiques, nantissements etc.). Cette situation
pousse les PME de recourir à d’autres moyens de financement alternatifs tel que le marché
boursier.
Le deuxième chapitre a été l’opportunité de montrer que malgré le rôle important que
jouent les PME dans l’économie surtout dans le domaine de l’absorption du chômage et de
la création de richesse. Mais, ce rôle reste limité à cause des difficultés et des problèmes
que connaissent ces petites et moyennes entreprises et notamment celui du financement,
ce qui entraîne un retour en arrière de son efficacité au niveau national et au niveau
international.
De plus, les PME manquent de moyens techniques et financiers et elles ont souvent un
capital humain qui manque d'encadrement et de formation. Ceci se traduit le plus souvent
par une dégradation de la performance des PME marocaines, un manque de compétitivité
et un taux d'échec élevé.
375
Ainsi la tache devient de plus en plus complexe avec les conditions sévères des créanciers
qui exigeront des rémunérations du risque, ce qui se répercute sur le coût des sources et
par conséquent sur le coût global du capital. Toutefois, en pratique, l’autofinancement
s’avère avantageux par rapport aux autres ressources. En effet, ce type de financement est
disponible, non remboursable, moins coûteux et constitue un signal pour le marché sur les
performances de l’entreprise.
Dans ce deuxième chapitre, nous avons essayé également de passer en revue les principaux
avantages d’une introduction en bourse, aussi bien pour l’entreprise que pour ses actionnaires
fondateurs, ainsi que les contraintes et les coûts explicites et implicites qui en découlent.
Quant aux coûts de l’introduction, ils sont de deux types à savoir les coûts directs ou
explicites (frais de publicité, frais administratifs, rémunération des intermédiaires, etc.) et les
coûts indirects ou implicites (sous-évaluation des actions et perte de la confidentialité).
La décision d’introduction en bourse, doit en principe découler d’un arbitrage entre les
avantages et les inconvénients analysés ci-dessus. Mais cette décision est tellement importante
qu’elle doit être considérée comme un choix stratégique et rational qui prend en considération
tous les tenants et les conséquences de ce mode de financement.
Au passage en revue des dispositifs de financements disponibles pour les PME, on est, à
priori, surpris que la multiplicité et la diversité des lignes de crédit destinées aux PME n’aient
pu résoudre la problématique liée au financement de ce genre d’entreprise.
376
Mais l’absence d’une information complète sur les possibilités de financement et un manque
de maitrise des modalités et des spécificités de chacun des dispositifs de financement les rend
moins accessibles à un certain nombre d’entrepreneurs. De même les coûts des crédits et les
garanties exigées par les banques sont souvent insupportables pour les PME.
En outre, les lignes de financement étrangères sont jugées peu adapter aux PME. Les prêts
sont négociés par l’administration et ne touchent qu’une faible minorité parmi cette catégorie
d’entreprise. Ces prêts répondent aux besoins de certaines entreprises mais ils sont également
conçus pour réaliser certains objectifs notamment commerciaux des pays qui les mettent en
place sans trop se préoccuper des besoins réels de l’ensemble des PME en tant qu’entité.
De plus, l’accès à ce genre de financement est limité aux PME les plus structurées qui peuvent
prétendre à un volume de prêt assez élevé. Il est également compliqué à cause de son
éparpillement entre différentes institutions. Le capital-risque pourrait atténuer les problèmes
de l’insuffisance des fonds propres, mais il est encore peu développé au Maroc, en particulier
pour les PME.
D’un point de vue légal, les préalables à l’introduction en bourse d’une PME sont difficiles.
Néanmoins, les avantages de ce type d’opération sont à terme bénéfique, aux motifs que les
PME ont la possibilité de :
Le troisième chapitre nous a donné la possibilité de noter que les grandes entreprises cotées
ont été l’objet de plusieurs études théoriques et empiriques relatives aux déterminants de leurs
structures financières. Toutefois, cette littérature abondante reste limitée pour les PME cotées.
Par ailleurs, le terme financement des entreprises contient deux éléments interdépendants:
Selon Van Caillie, (1997), la réflexion académique relative au choix d’une structure
financière a connu trois approches : l’approche classique, l’approche néo-classique et
377
l’approche de la "théorie moderne de la firme":
- La théorie moderne quant à elle s’est fixée comme objectif de dépasser le cadre théorique
néo-classique restrictif en abandonnant les principales hypothèses de base de ce cadre.
Dans le modèle de la hiérarchie appelé théorie Pecking-Order ce modèle est basé sur le
caractère résiduel de la dette. Il est issu des travaux de Myers S., (1984) et de Myers S.,
Majluf N., (1984) (Hyafil A., 1995), ce modèle établit une hiérarchisation décroissante des
modes financement des entreprises qui choisissent de passer par l’autofinancement, les dettes
(y compris les titres hybrides) et enfin les émissions des actions nouvelles.
Dans ce troisième chapitre, nous avons procédé également à la présentation des travaux
théoriques et empiriques relatifs qui ont identifié des déterminants potentiels de la
performance économique des entreprises.
378
bourse: les dirigeants choisiraient d’introduire l’entreprise au moment où les performances
économiques sont anormalement élevées. Enfin, les dirigeants pourraient être susceptibles à
pratiquer une gestion du résultat visant à surestimer ce dernier avant l’introduction. Les
résultats empiriques des études précitées divergent quant à l’explication de ce déclin.
Par ailleurs, ce chapitre a été l’occasion d’établir une analyse statistique sur trois PME cotées
à la bourse des valeurs de Casablanca, qui ont affiché de bonnes performances en matière de
rentabilité. Mais encore faut-il tenir compte des différences qui existent entre les stratégies
suivies par chacune des trois entreprises et les objectifs visés par l’opération d’introduction.
En effet, la société CRS a vu son objectif atteint depuis son introduction en bourse notamment
la réduction de son niveau d’endettement et l’accroissement de son autonomie financière. Ce
qui n’est pas le cas pour les deux autres entreprises qui ont profité pleinement des
augmentations du capital et des emprunts auprès des établissements de crédit.
En dépit du rôle qu’elles jouent dans le développement économique et social du Maroc, les
PME souffrent des contraintes internes et externes qui pèsent sur leur décision
d’investissement et sur leur stratégie de développement.
La levée de ces contraintes, notamment celles liées au financement externe, dépend du degré
d’efficacité du système financier, jugé à travers sa capacité à fournir des capitaux au moindre
coût possible et à mobiliser suffisamment de ressources en faveur de ces entreprises.
Pour réduire la vulnérabilité de ces entreprises en matière d’accès au crédit bancaire, les
pourvoir publics ont mis en place un dispositif de mesures susceptibles d’élargir leurs sources
de financement notamment la mise en place de lignes nationales et étrangères de crédits. De
379
même, les conditions d’introduction à la bourse des valeurs de Casablanca ont été
suffisamment assouplies, à travers la création de nouveaux compartiments réservés à la PME,
et la mise en place de nouveaux produits financiers.
L’analyse pratique, effectuée au niveau des trois dernières sections, des statistiques comptables
des trois PME cotées à la bourse des valeurs de Casablanca affiche de bonnes performances en
matière de rentabilité. Mais encore faut-il tenir compte des différences qui existent entre les
stratégies suivies par chacune des trois entreprises et les objectifs visés par l’opération
d’introduction en bourse.
Le sixième chapitre quant à lui a été l’opportunité d’évaluer cet impact de la cotation en
s’inspirant des recherches théoriques et de travaux empiriques élaborés dans ce cadre. Ce qui
nous a permis de vérifier les hypothèses constituant notre problématique, formulées dans
l’introduction générale, via une étude statistique enrichie par modélisation économétrique. En
effet, d’après les études statistiques effectuées dans la deuxième section, on pourrait attester
que l’événement de l’introduction en bourse a été bénéfique pour la majorité des PME cotées,
constituant notre échantillon. Ce constat peut être justifié par le mouvement de désendettement
et le renforcement de la liquidité et de la rentabilité enregistré par ces PME durant la période
considérée. Par conséquent, notre étude statistique adoptée, pour évaluer l’impact de la
cotation sur les indicateurs de performances financières des PME marocaines, a contribué à la
vérification de nos hypothèses sur lesquelles est fondée notre problématique.
Néanmoins, l’étude économétrique nous a donné l’occasion de déduire les résultats suivants :
380
- au sujet de la variable de la liquidité, la décision de l’introduction en bourse a été profitable
pour la majorité des PME après l’introduction en bourse. Ce résultat a été prouvé par
l’accroissement du ratio de la liquidité générale permettant ainsi de renforcer sa liquidité.
Ainsi, l’impact positif de la cotation à la bourse sur l’endettement des PME nouvellement
introduites en bourse vient en confirmation aux attentes de la deuxième hypothèse.
Néanmoins, il s’est avéré que le résultat de la dégradation de la rentabilité financière des PME
après la date de cotation se rapproche et confirme les résultats des études empiriques
réalisées sur le marché américain (Jain et Kini (1994); Mikkelson, Partch et Shah (1997) et
sur le marché asiatique (Cai et Wei (1997), Kim et al. (2002) et Kutsuna et al. (2002)). Ces
différentes recherches retiennent comme explication ce déclin de la rentabilité économique
constaté après la cotation soit par:
- la théorie de l’agence, qui précise que la présence sur le marché financier réduirait le
pourcentage de capital détenu par les dirigeants et les conduirait à un comportement
opportuniste contraire à la performance globale de l’entreprise ;
- la théorie du timing, qui indique que les dirigeants choisiraient d’introduire leur entreprise
en bourse au moment où les performances économiques sont anormalement élevées.
S’agissant du coefficient de corrélation, nous avons simulé une modélisation tenant compte de
l’évolution continue sans fluctuations des variables représentant les quatre ratios retenus. Le
recours à ce modèle de référence théorique a permis de parvenir à un coefficient de
corrélation de 0,99. Ce qui confirme que nos séries, bien que croissantes notamment pour la
liquidité et la rentabilité économique ou décroissantes surtout pour l’endettement et la
rentabilité financière, restent fluctuantes; d’où les imperfections constatées dans certains
résultats du modèle.
381
Enfin, notons que ce modèle, qui nous semble approprié, demeure une approximation de la
réalité qui n’est pas exemptée de critiques. En effet, ce modèle nous a permis d’aboutir à des
conclusions confirmant:
- d’une part, les résultats de l’étude statistique élaborée dans la seconde section du présent
chapitre. Ces résultats affirment l’effet favorable de l’introduction en bourse des PME sur
leurs performances financières mesurés par des ratios financiers.
- et d’autre part, ce modèle a permis de valider nos hypothèses et par conséquent notre
problématique, tout en certifiant les résultats des études empiriques réalisées sur le déclin de
la performance financière des entreprises après la date de cotation.
Les PME souffrent du manque de capitaux propres, ce qui contribue à croître leur endettement
et donc, leurs frais financiers. Pour relever ce défi à savoir, le renforcement de leurs fonds
propres, nous proposons les points suivants:
- encourager les réinvestissements des bénéfices et l'auto- financement par la mise en œuvre
d'une fiscalité adapté aux résultats et à la réévaluation des bilans;
- exonérer les droits d'enregistrement sur augmentation de capital par capitalisation de compte
courant d'associés et de dettes dans une approche de restructuration de bilans.
La création d'une banque des PME ne doit pas être perçue comme un élément de concurrence
abusive vis à vis du système bancaire marocain. La banque spécialiste des PME doit coexister
382
de façon parfaitement harmonieuse avec des banques traditionnelles. Les formes de crédit
octroyées par les banques des PME doivent être adaptées sur le plan du montage juridique (en
matière des garanties notamment) et aussi sur le plan des procédures l'octroi, mais une banque
des PME ne doit pas se contenter de l'octroi de crédits, elle construit son avantage compétitif
par rapport aux autres banques sur la fourniture de services financières adaptés aux PME.
Il y a deux domaines d'intervention de la banque des PME auxquels il faut donner une absolue
priorité, ce sont d'une part, l'intervention en fonds propres et d'autre part, l'octroi de garanties.
Alors, le Maroc doit structurer une véritable culture de l'entreprise et rattraper son retard en
matière de financement des PME en instaurant une banque des PME.
- expliquer les bienfaits d'une introduction en bourse à travers les moyens de communication
(tv-radio-les journaux);
- convaincre les dirigeants des PME que l'ouverture du capital ne leur fait pas perdre le
contrôle de la société;
- revoir les conditions d'introduction en bourse jugées sévères et les rendre plus adaptées aux
PME marocaines.
Pour encourager la création de nouvelles sociétés du capital risque nous suggérons les points
suivants:
- mise en place d'un cadre juridique pour engendrer une confiance entre les acteurs du capital
risque et résoudre certains problèmes tels que le problème lié à la législation fiscale;
- établir des compagnes de promotion du capital risque en faveur des dirigeants des PME à
383
travers des visites de salons professionnels et des mailings personnalisés;
- élargir l'offre à toutes les PME et ne se limiter pas aux seules PME innovantes.
- la mise en place de zones industrielles aux jeunes entrepreneurs par les collectivités locales
tout en réservant une part de ces zones à cette catégorie d'entrepreneurs;
- réserver une part des marchés publics aux jeunes promoteurs par l'intermédiaire d'une
sensibilisation de certains établissements publics;
- la création d'un guichet unique qui remplace les centres régionaux d'investissement qui n'ont
pas réussi à répondre à leurs besoins pour que le financement de leurs projets d'investissement
ne traîne pas;
- traiter les jeunes promoteurs dans le même pied d'égalité et leur offrir l’assistance et
l’encadrement nécessaires;
- Interdire aux spéculateurs tant nationaux qu'étrangers de s'approprier des actions de ces
entreprises bénéficiant d'un arsenal d'avantages;
6. Encourager la transparence
Accroître la transparence comptable et financière des PME marocaines, car sans comptes
lisibles, il n'y a pas de financement sain. Les PME marocaines ont, dans ce domaine, un gros
progrès à faire en contre partie le cadre réglementaire qui régit le fonctionnement des
entreprises marocaines doit être modernisé.
384
BIBLIOGRAPHIE
I- Ouvrages :
AGLIETTA, Michel ; RIGOT, Sandra. (2009) Crise et rénovation de la finance. Paris :
Odile Jacob,. (Economie)
ALBOUY, M., (2000)"Décisions financières et création de valeur", Economica 2ème édition.
BODIE, Zvi ; KANE, Alex ; MARCUS, Alan J. (2011) Investments and portfolio
management. 9ème éd. Boston : Mc Graw-Hill,
CAHUC, P (2000)"La nouvelle microéconomie", Collection Repères.
CLEARY, S., POVEL, P., RAITH, M., (2007) "The u-shaped investment curve: theory and
evidence", Journal of Financial and Quantitative Analysis 42, 1-40.
CORINE EYRAUD (novembre 2008): L'analyse des données chiffrées en sciences sociales
Armand Colin
385
FLEURIET, Michel ; SIMON, Yves. (2003) Bourse et marchés financiers. 2ème éd. Paris :
Economica,
LIQUET, J-C. (2005), La création de valeur en gestion. Edition TEC &DOC, LAVOISIER.
386
SOLNIK, BRUNO (2001). Gestion financière. 6e éd. Paris : Dunod,
YAHCHOUCHI, G. (2006), Valeur ajoutée par les parties prenantes et création de valeur de
l’entreprise, the certified accountant magazine- 1st quarter- issuse 25 pages 63-66.
DUBOIS, M., (1984) "Les déterminants de la structure financière: une étude empirique",
Thèse de doctorat en sciences de gestion, UPMF, Grenoble.
387
MILOUD, T. (2010) Les introductions en bourse, la structure de propriété et la création de
valeur : Étude comparative entre l’Euro.NM et le NASDAQ, thèse de doctorat à l’université
catholique de Louvain, Faculté des Sciences Économiques, Sociales et Politiques, Institut
d’Administration et de Gestion.
RIGAR, S.M. (2003), Contribution à L’Etude des Pratique de financement des entreprises
marocaines, Thèse de Doctorat en sciences de gestion, FSJES, Marrakech, Morocco.
TRABELSI, M., (2009) « Le choix de la source de dettes par les grandes firmes : le cas
français », Thèse de doctorat en sciences de gestion, Université d’Orléans.
Articles et revues :
ADAMI, R., GOUGH, O., MURADOGLU, G., SIVAPRASAD, S., (2010) "The
leverageeffect on stock returns", European Financial Management, Portugal.
ADEYEMI, S., OBOH, C., (2011) "Perceived Relationship between Corporate Capital
Structure and Firm Value in Nigeria", International Journal of Business and Social Science 2
(19) pp. 131-143.
AGCA, S., MOZUMDAR, A., (2004) "Firm size, debt capacity and the pecking order theory
of financing choices", FMA Annual Meeting, New Orleans, pp. 1-56.
AGGARWAL, R., KYAW, N., (2006) "Leverage, Investment Opportunities, and Firm
Value: A Global Perspective on the Influence of Financial Development", JEL classification:
G32
AKHTAR, S., (2005) "The Determinants of Capital Structure for Australian Multinational
and Domestic Corporations", Australian Journal of Management 30 (2), pp. 321-341.
ALLEN, D E., MIZUNO, H., (1989) "The determinants of corporate capital structure:
Japanese evidence", Applied Economics 19, pp. 711-728.
ALLEN, F., GALE, D., (1995) "A Welfare Comparison of the German and U.S. Financial
Systems", European Economic Review 39, pp. 179-209.
388
ALLEN, F., GALE, D., (1997) "Financial Markets, Intermediaries, and Intertemporal
Smoothing", Journal of Political Economy 105 (3), pp. 523-546.
ALLEN, F., GALE, D., (1998) "Optimal Financial Crises", Journal of Finance 53, pp.1245-
1284.
AL-QUDAH, A., (2011) "The Determinants of Capital Structure of Jordanian Mining and
Extraction Industries: Empirical Evidence", European Journal of Economics, Finance and
Administrative Sciences, pp 156-164.
ALTAN, M., ARKAN, F., (2011) "Relationship between Firm Value and Financial
Structure: A Study on Firms in ISE Industrial Index”, Journal of Business & Economics
Research 9 (9), pp. 61-66.
ALTI, A., (2006) "How persistent is the impact of market timing on capital structure?",
Journal of Finance 61 (4), pp. 1681-1710.
ALTI, A., SULAEMAN, J., (2008) "When do High Stock Returns Trigger Equity Issues?”,
working paper.
ALVES, P., FERREIRA, M., (2011) "Capital structure and law around the world",
ANTONIOU, A., GUNEY, Y., PAUDYAL, K., (2002) "Determinants of corporate capital
structure: evidence from European countries", Working Paper.
ANTONIOU, A., GUNEY, Y., PAUDYAL, K., (2008) "The determinants of capital
structure: capital market–oriented versus bank-oriented institutions", Journal of Financial and
Quantitative Analysis 43, pp. 59-92.
ANTONIOU, A., ZHAO, H., ZHOU, B., (2009) "Corporate debt issues and interest rate risk
management: hedging or market timing?" Journal of Financial Markets 12, pp. 500-520.
ASQUITH, P., MULLINS, D W., (1986) "Equity issues and offering dilution", Journal of
Financial Economics 15, pp. 61-89.
AUTORE, D., KOVACS, T., (2004) "The Pecking Order Theory and Time-Varying Adverse
Selection Costs", Working paper.
389
AYERS, B C., CLOYD, B C., ROBINSON, J R., (2001) "The influence of income taxes on
the use of inside and outside debt by small businesses", National Tax Journal 54 (1), pp. 27-
55.
BAKER, M., WURGLER, J., (2002) "Market timing and capital structure", Journal of
Finance 57, pp. 1-32.
BANERJEE, A., MARCELLINO, M., OSBAT, C., (2004) "Some Cautions on the Use of
BANJEREE, S., HESHMATI, A., WIHLBORG, C., (2004) "The dynamics of capital
structure", Research in Banking and Finance 4, pp. 275-297.
BARRY, C B., MANN, S C., MIHOV, V., RODRIGUEZ, M., (2009) "Interest rate
changes and the timing of debt issues", Journal of Banking and Finance 33, pp. 600-608.
BENITO, A., (2003) "The capital structure decisions of firms: is there a pecking order?",
Working paper.
BEVAN, A A., DANBOLT, J., (2002) "Capital structure and its determinants in the UK:
adecompositional analysis", Applied Financial Economics 12 (3), pp. 159-170.
BHARATH, S., PASQUARIELLO, P., WU, G., (2009) "Does asymmetric information
drive capital structure decisions?", Review of Financial Studies 22, pp. 3211-3243.
BHATTACHARYA, U., DAOUK, H., (2002) "The world price of insider trading",
BIAIS, B., HILLION, P., MALÉCOT, J F., (1995)"La structure financière des entreprises:
une investigation empirique sur données françaises", Economie et Prévision 120, pp.15-28.
390
BLACK, F., SCHOLES, M., (1973) "The pricing of option and corporate liabilities", Journal
of political Economy 81 (3), pp. 637-654.
BLUNDELL, R., BOND, S., (1998) "Initial conditions and moment restrictions in dynamic
panel data models", Journal of Econometrics 87, pp. 115-143.
BOUGATEF, K., CHICHTI, J., (2010) "Equity Market Timing and Capital Structure:
Evidence from Tunisia and France", Intemational Joumal of Business and Management, 5
(10), pp. 167-177.
BOUGATEF, K., CHICHTI, J., (2010) "Debt market timing: evidence from bank based
systems", Journal of Advanced Studies in Finance 1 (2), pp. 144-151.
BRAILSFORD,TJ., OLIVER, B R., PUA, SLH., (2002) "On the relation between
ownership structure and capital structure", Accounting and Finance 42 (1), pp. 1-26.
BRAU, J., FAWCETT, S E., (2006) "Initial Public Offerings: An Analysis of Theory and
Practice", Journal of Finance 61, pp. 399-436.
BRAV, O., (2009) “Access to capital, capital structure, and the funding of the firm", Journal
of Finance 64, pp. 263–308.
BROUNEN, D., DE JONG, A., KOEDIJK, K., (2006) "Capital structure policies in
Europe: Survey evidence", Journal of Banking and Finance 30, pp 1409-1442.
BUETTNER, T., OVERESCH, M., SCHREIBER, U., WAMSER, G., (2009) "Taxation
and capital structure choice-Evidence from a panel of German multinationals",
Economics Letters 105 pp. 309-311.
CAI, J., ZHANG, Z., (2011) "Leverage change, debt overhang, and stock prices",
Journal of Corporate Finance 17, pp. 391-402.
391
CASSAR, G., HOLMES, S., (2003) "Capital structure and financing of SMEs", Accounting
and Finance 43 (2), pp. 123-147.
CHAKRABORTY, I., (2010) Capital structure in an emerging stock market: The case of
India. Research in International Business and Finance 24, pp. 295-314.
CHANG, X., DASGUPTA, S., (2009) "Target behavior and financing: how conclusive is the
evidence?", Journal of Finance 64, pp. 1767-1796.
CHARREAUX, G., (1985) "Le dilemme des PME : ouvrir son capital ou s'endetter ?",Revue
Française de Gestion, n° 50, p. 59-72.
CHEN, L., ZHAO, X., (2007) "Firm Financing Decisions", Working Paper. Michigan State
University, East Lansing, MI.
CHENG, Y S., LIU, Y P., CHIEN, C Y., (2010) "Capital structure and firm value in China:
A panel threshold regression analysis", African Journal of Business Management 4 (12), pp.
2500-2507.
CHIRINKO, R., SINGHA, A., (2000) "Testing static tradeoff against pecking order models
of capital structure: a critical comment", Journal of Financial Economics 58, pp. 417-425
CLEARY, S., POVEL, P., RAITH, M., (2007) "The u-shaped investment curve: theory and
evidence", Journal of Financial and Quantitative Analysis 42, 1- 40.
COAKLEY, J., FLOOD, R., FUERTES, A., TAYLOR, M., (2005) "Purchasing power
parity and the theory of general relativity: the first tests", Journal of International Money and
Finance 24, pp. 293-316.
392
COAKLEY, J., FUERTES, A M., SPAGNOLO, F., (2004) "Is the Feldstein–Horioka
Puzzle History?" The Manchester School 72 (5), pp. 569-590.
COENELL, B., SHAPIRO, A., (1987) “Corporate Stakeholders and corporate Finance",
Financial Management, pp 5-14.
COLOT, O., CROQUET, M., (2007) "Les déterminants de la structure financière des
entreprises belges. Étude exploratoire basée sur la confrontation entre la théorie des
préférences de financement hiérarchisées et la détermination d’un ratio optimal d’endettement
", Reflets et perspectives de la vie économique, p. 177-198.
COOK, D., TANG, T., (2010) "Macroeconomic conditions and capital structure
adjustment speed", Journal of Corporate Finance 16, pp. 73-87.
CLEARY, S., POVEL, P., RAITH, M., (2007) "The u-shaped investment curve: theory and
evidence", Journal of Financial and Quantitative Analysis 42, 1-40.
COAKLEY, J., FLOOD, R., FUERTES, A., TAYLOR, M., (2005) "Purchasing power
parity and the theory of general relativity: the first tests", Journal of International Money and
Finance 24, pp. 293-316.
D’MELLO, R., MIRANDA, M., (2010) "Long-term debt and overinvestment agency
problem", Journal of Banking and Finance 34, 324-335.
DE JONG, A., KABIR, R., NGUYEN, T., (2006) "Capital structure around the world: the
roles of firm- and country-specific determinants", EFA Zurich Meetings Paper.
DE JONG, A., KABIR, R., NGUYEN, T., (2008) "Capital structure around the world: The
roles of firm- and country-specific determinants", Journal of Banking and Finance 32, pp.
1954-1969.
DE JONG, A., VAN DIJK, R., (1998) "Determinants of Leverage And Agency Problems"
Working Paper, Tilburg University, Center for Economie Research.
393
DEANGELO, H., DEANGELO, L., STULZ, R., (2010) "Seasoned equity offerings, market
timing, and the corporate lifecycle", Journal of Financial Economics 95, pp. 275-295.
DEESOMSAK, R., PAUDYAL, K., PESCETTO, G., (2004) "The determinants of capital
structure: evidence from the Asia Pacific region, Journal of Multinational Financial
Management 14 (4/5), pp. 3 87-405.
DEFFAINS, B., GUIGOU, J D., (1997) "Relations de crédit de long terme et barrières à
l'entrée dans l'industrie bancaire", Revue d’EconomiePolitique n°3, p.366-393.
DELCOURE,N., (2007) "The determinantsof capital structure in transitional
economies", International Review of Economics and Finance 16, pp. 400-415.
DESSI, R., ROBERTSON, D., (2003) "Debt, incentives and performance: evidence from
UK panel data", Economic Journal 113(490), pp. 903-919.
DHALIWAL, D S., KHURANA, I K., PEREIRA, R., (2003) "Costly Public Disclosure and
the Choice between Private and Public Debt", working paper, University of
Arizona/University of Missouri-Colombia.
DIMITROV, V., JAIN, P C., (2008) "The value relevance of changes in financial leverage
beyond growth in assets and GAAP earnings", Journal of Accounting, Auditing and Finance,
pp. 191-222.
DOUKAS, J., GUO, J., ZHOU, B., (2011) "Hot’ Debt Markets and Capital Structure",
European Financial Management 17 (1), pp. 46-99.
DOUKAS, J., GUO, J., ZHOU, B., (2011) "Hot’ Debt Markets and Capital Structure",
European Financial Management 17 (1), pp. 46-99.
DROBETZ, W., WANZENRIED, G., (2006) "What determines the speed of adjustment to
the target capital structure?" Applied Financial Economics 16, pp. 941-958.
DUBOIS, M., (1985) "Les déterminants de la structure financière : le cas des grandes
entreprises françaises", cahier de recherche, Grenoble II.
394
DUBOIS, M., (1988) "La sous-évaluation des actions lors de leur introduction en
boursemotifs et conséquences", Economie et Société n°12.
DURAN, J J., UBEDA, F., (2005) "The capital structure of the Spanish multinationals firms.
A pecking order strategy", AIB Annual Meeting, Academy of International Business, Québec,
pp. 1-21.
EBER, N., (2001)"Les relations bancaires de long terme : Une revue de la littérature",Revue
d’Economie Politique 111, p. 195-246.
ELLIOTT, W B., KOËTER-KANT, J., WARR, R S., (2006) "Market timing and the debt
equity choice", Working Paper, Oklahoma State University.
ELLIOTT, W B., KOÊTER-KANT, J., WARR, R S., (2008) "Market timing and the debt-
equify choice", Journal of Financial Intermediation 17, pp. 974-1000.
FAMA, E F., FRENCH, K R., (2004) "The Capital Asset Pricing Model: Theory and
Evidence". Journal of Economic Perspectives 18, pp. 25-40.
FAMA, E F., KENNETH, R F., (1997) "Industry costs of equity", Journal of Financial
Economics 43, pp. 153-193.
FAMA, E., FRENCH, K F., (2000) "Testing Tradeoff and Pecking order predictions about
dividends and debt", Working Paper, University of Chicago.
FAMA, E., FRENCH, K F., (2002) "Testing trade-off and pecking order predictions about
dividends and debt", Review of Financial Studies 15, pp. 1-33.
FAMA, E., FRENCH, K., (1998) "Taxes, financing costs, and firm value", Journal of
Finance 53, pp. 819-843.
FAMA, E., FRENCH, K., (2005) "Financing decisions: Who issues stock?" , Journal of
Financial Economics 76, pp. 549-582.
395
FAMA, F., FRENCH, K., (1999) "The Corporate Cost of Capital and the Return
onCorporate Investment", Journal of Finance, American Finance Association 54(6), pp.1939-
1967.
FAN, J., TITMAN, S., TWITE, G., (2006) "An international comparison of capital structure
and debt maturity choices", AFA Philadelphia Meetings.
FAN, J., TITMAN, S., TWITE, G., (2011) "An International Comparison of Capital
Structure and Debt Maturity Choices", Journal of Financial and quantitative Analysis,
forthcoming.
FLANNERY, M J., RANGAN, K., (2006) "Partial adjustment towards target capital
structure", Journal of Financial Economics 79, pp. 469-506.
FOSBERG, R., (2010) "A Test Of The M&M Capital Structure Theories", Journal of
Business & Economics Research 8 (4), pp. 23-28.
FRANK, MZ., GOYAL, VK., (2009) "Capital structure decisions: which factors are reliably
important?" Financial Management 38, pp. 1-37.
FRANK, M., GOYAL, V., (2003) "Testing the pecking order theory of capital structure",
Journal of Financial Economics 67, pp. 217-248.
FRANK, M., GOYAL, V., (2004) "The effect of market conditions on capital structure
adjustment", Finance Research Letters 1, pp. 47-55.
FRIEND, I., LANG, H., (1988) "An empirical test of the impact of managerial selt- interest
on corporate structure", Journal of Finance 43 (2), pp. 271-281.
GAFFARD,I., POLLIN, JP., (1988) "Réflexion sur l’instabilité des économies monétaires"
Revue d'Economie Politique 5 (98), p. 599-614.
GALPIN, N., (2004) "Can the pecking order explain the costs of raising capital", EFA
Maastricht Meetings n° 3404, pp. 1-46.
GAUD, P., ELION, J., (2002) "Déterminants et dynamique de la structure du capital des
entreprises suisses : une étude empirique", Cahiers de recherche –HEC Genève n°12.
GENTRY, W M., (1994) "Taxes, financial decisions and organizational form: evidence from
publicly traded partnerships", Journal of Public Economics 53, pp.223-244.
396
GHERTMAN, M., (2006)"Oliver Williamson et la théorie des coûts de transaction", Revue
Française de Gestion 160 (32), p. 191-213.
HURLIN, CH. (2011) L’Econométrie des Données de Panel, Modèles Linéaires Simples,
Ecole Doctorale Edocif Séminaire Méthodologique [article en ligne].
MODIGLIANI, F. ET MILLER, M. (1963), Corporate income taxes and the costs of capital
: a correction. Americain Economic Review, vol 53, n° 3.
POULAIN-REHM, TH. (2005), L’impact de l’affectation du free cash Flow sur la création
de valeur actionnariale : le cas de la politique d’endettement et de dividendes des entreprises
françaises cotées, Finance Contrôle Stratégie – Volume 8, n° 4, décembre, p. 205 – 238.
RIGAR, S.M. (2002), Analyse du risque de défaillance des entreprises à travers leurs
pratiques de financement, Al-Montada Review N° 3, June.
RIGAR, S.M. & ELABJANI, A.( 2001), Risque et décision de financement dans le cadre
d’une gestion fiscale de l’entreprise, Revue Marocaine d’Economie et de Droit Comparé, N°
36, FSJES, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
RIGAR, M. (2004), Le nouveau paysage financier au Maroc et son impact sur les conditions
de financement des entreprises, Repères et Perspectives, N° 5.
DRUKKER, D. M. (2003), Testing for serial correlation in linear panel-data models, Stata
Journal 2, pages 168-177.
397
L’HEBDO MAROCAIN DES DECIDEURS (2010), Spécial bourse : Valeurs,
recommandations et astuces, Challenge n° 303 du 29 Octobre au 4 Novembre
B- Organismes nationaux :
Bank Al-Maghrib: Rapports annuels 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010.
Banque mondiale (2010) "Analyses économiques", www.worldbank.org.
Bourse des Valeurs de Casablanca : Rapports annuels 2003, 2004, 2005, 2006, 2007,2008,
2009, 2010.
CDG Capital (2011) "Etat des lieux du marché marocain de la dette privée"
Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières : Rapports annuels 2003, 2004, 2005, 2006,
2007, 2008, 2009, 2010.
Dahir n° 1-95-3 du 24 Chaabane 1415 (26 janvier 1995) portant promulgation de la loi
n°35-94 relative à certains Titres de Créances Négociables (Modifié et complété par les lois
35-96 et 33-06).
Direction des études et des prévisions financières (2011) : "Tableau de bord des
indicateurs macro-économiques".
399
ANNEXES
400
Résultats du modèle 1
1- Dependent Variable: LIQ
Method: Least Squares
Date: 05/19/17 Time: 15:42
Sample: 2001 2070
Included observations: 70
2- Estimation Command:
=====================
LS LIQ C END RF RE
Estimation Equation:
=====================
LIQ = C(1) + C(2)*END + C(3)*RF + C(4)*RE
Substituted Coefficients:
=====================
LIQ = 226.163674 - 1.75795123*END + 4.933632833*RF + 0.0140415717*RE
Test Equation:
Dependent Variable: RESID
Method: Least Squares
Date: 05/19/17 Time: 15:49
Presample missing value lagged residuals set to zero.
401
RESID(-1) 0.455064 0.125047 3.639149 0.0005
RESID(-2) -0.038323 0.126358 -0.303291 0.7627
Test Equation:
Dependent Variable: RESID^2
Method: Least Squares
Date: 05/19/17 Time: 15:50
Sample: 2001 2070
Included observations: 70
Jarque-Bera 271.0024
Probability 0.000000
402
Résultats du modèle 2
1-Dependent Variable: END
Method: Least Squares
Date: 05/19/17 Time: 15:18
Sample: 2001 2070
Included observations: 70
2- Estimation Command:
=====================
LS END C RF LIQ RE
Estimation Equation:
=====================
END = C(1) + C(2)*RF + C(3)*LIQ + C(4)*RE
Substituted Coefficients:
=====================
END = 88.37220303 + 0.1639088282*RF - 0.2019690508*LIQ
+ 0.005276789189*RE
Test Equation:
Dependent Variable: RESID
Method: Least Squares
Date: 05/19/17 Time: 15:20
Presample missing value lagged residuals set to zero.
403
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
Test Equation:
Dependent Variable: RESID^2
Method: Least Squares
Date: 05/19/17 Time: 15:21
Sample: 2001 2070
Included observations: 70
Jarque-Bera 1.743118
Probability 0.418299
404
Résultats du modèle3
1-Dependent Variable: RF
Method: Least Squares
Date: 05/17/17 Time: 15:38
Sample: 2001 2070
Included observations: 70
2-Estimation Command:
=====================
LS RF C END LIQ RE
Estimation Equation:
=====================
RF = C(1) + C(2)*END + C(3)*LIQ + C(4)*RE
Substituted Coefficients:
=====================
RF = -13.41347008 + 0.03451585495*END + 0.1193606341*LIQ - 0.001580085717*RE
Test Equation:
Dependent Variable: RESID
Method: Least Squares
Date: 05/18/17 Time: 16:33
Presample missing value lagged residuals set to zero.
405
RESID(-2) 0.088941 0.125962 0.706098 0.4827
Test Equation:
Dependent Variable: RESID^2
Method: Least Squares
Date: 05/18/17 Time: 16:38
Sample: 2001 2070
Included observations: 70
Jarque-Bera 249.2063
Probability 0.000000
406
TABLE DES MATIERES
Remerciements…………………………………………………………………………………3
Résumé…………………………………………………………………………………………4
Abstract………………………………………………………………………………………...5
Sommaire………………………………………………………………………………………6
Liste des abréviations…………………………………………………………………………..7
Liste des tableaux………………………………………………………………………………8
Liste des graphiques…………………………………………………………………………..12
INTRODUCTION GENERALE……………………………………………………………..13
407
III. Au sein du Canada……………………………………………………………………….43
III. Poids des PME dans le tissu productif national et dans la création de la valeur
ajoutée…....................................................................................................................................48
1. L’autofinancement…...............................................................................................................63
2. L’augmentation de capital…………………………………………………………………..64
b. Le crédit bail…........................................................................................................................64
408
1. Le besoin en fonds de roulement…........................................................................................65
2. La trésorerie….........................................................................................................................65
1. Le fonds de roulement….........................................................................................................65
3. Mobilisation de créances……………………………………………………………………65
4. Crédits de trésorerie….............................................................................................................66
I. Caractéristiques…....................................................................................................................75
409
D. Les formes d’investissement……………………………………………………………….77
Conclusion du chapitre…..........................................................................................................80
Introduction…………………………………………………………………………………...82
A. La fixation d’objectif………………………………………………………………………83
2. Coût de la dette…………………………………………………………………………….87
410
b. Entre actionnaires – dirigeants et créanciers……………………………………………….92
2. La signalisation…………………………………………………………………………….93
- L’accès à l’autofinancement……………………………………………………………….100
- Le coût de l’autofinancement……………………………………………………………...101
A. Au niveau de l’endettement……………………………………………………………...103
411
i. Preuve de l’effet de levier à travers le modèle comptable………………………………...105
c. Le risque de la faillite……………………………………………………………………..108
a. La dilution du pouvoir…………………………………………………………………….110
b. La dilution du capital……………………………………………………………………..110
B. La perte de confidentialité……………………………………………………………….118
B. La perte de confidentialité……………………………………………………………….119
412
1. L’appel au marché financier………………………………………………………………121
B. La notoriété………………………………………………………………………………123
413
II. Nécessité d’une politique de dividendes…………………………………………………135
Conclusion du chapitre………………………………………………………………………144
Introduction………………………………………………………………………………….148
A. La théorie normative…………………………………………………………………….150
B. La théorie positive………………………………………………………………………..150
414
E. La structure financière de l’entreprise……………………………………………………154
b. Le marché du travail……………………………………………………………………...160
I. L’effet de la fiscalité………………………………………………………………………166
415
3. La substitution de l'actif ………………………………………………………………….170
I. L’asymétrie de l’information……………………………………………………………...172
I. La taille……………………………………………………………………………………178
II. L’âge……………………………………………………………………………………..179
III. L’endettement…………………………………………………………………………..179
V. La croissance……………………………………………………………………………..182
VI. L’investissement………………………………………………………………………...184
VII. L’exportation…………………………………………………………………………...186
IX. La profitabilité…………………………………………………………………………..188
§2. Les études empiriques sur le déclin des performances économiques après l’introduction en
bourse………………………………………………………………………………………..188
Conclusion du chapitre………………………………………………………………………193
416
CHAPITRE 4 : APPROCHES THEORIQUES DE LA PERFORMANCE FINANCIERE
DES PME COTEES EN BOURSE…………………………………………………………207
Introduction…………………………………………………………………………………207
I. La position traditionnelle…………………………………………………………………208
A. La taille…………………………………………………………………………………..214
B. La croissance…………………………………………………………………………….215
C. La spécialisation…………………………………………………………………………215
D. Le secteur d'activité………………………………………………………………………215
417
V. Le risque de faillite……………………………………………………………………….222
I. Le Crédit interentreprises…………………………………………………………………224
I. La performance stratégique……………………………………………………………….235
418
I. L'approche traditionnelle de la mesure de la performance ……………………………….237
C. Le ratio de Marris………………………………………………………………………...238
V. La profitabilité …………………………………………………………………………...243
I. Analyse de la performance………………………………………………………………..248
419
Conclusion du chapitre………………………………………………………………………256
Introduction………………………………………………………………………………….259
A. Endettement total………………………………………………………………………...268
B. Poids d’endettement………………………………………………………………………268
C. Autonomie financière……………………………………………………………………..269
420
G. Ratio du taux de la rentabilité économique……………………………………………….273
421
5. Ratio de la rémunération des banques……………………………………………………..284
Conclusion du chapitre………………………………………………………………………306
Introduction………………………………………………………………………………….310
422
Section 1 : Présentation de l’analyse statistique……………………………………………...311
I. Hypothèse de recherche…………………………………………………………………...350
A. Présentation de l’échantillon……………………………………………………………...352
B. Présentation du modèle…………………………………………………………………...353
423
1. Matrice de corrélation des variables……………………………………………………...355
Conclusion du chapitre………………………………………………………………………367
CONCLUSION GENERALE………………………………………………………………..374
BIBLIOGRAPHIE…………………………………………………………………………..385
ANNEXES…………………………………………………………………………………..400
424