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THESE
présentée à
DOCTEUR D'UNIVERSITE
Spécialité Productique :
Autuin:-.ti~r~· t:t, luf~>.nnatique Industrielle
•
par
Ahmed RAHMANI
MaîtreEEA
Mr P. BORNE Président
Mr J.M. DION Rapporteur
Mr [Link] Rapporteur
Mme G. DAUPHIN-TANGUY Examinateur, directeur de thèse
Mme M. DELGADO Examinateur
Mr M. STAROSWIECKI Examinateur
Mr [Link] Examinateur, codirecteur de thèse
Thèse préparée au sein du L.A.I.L, U.R.A, CNRS D 1440, Ecole Centrale de Lille.
11
A la mémoire de ma soeur
A mes parents
AVANT PROPOS
Pour sa motivation pour la recherche qu'il a su nous faire partager, nous sommes très
redevable à Monsieur P BORNE, Professeur, Directeur scientifique de l'Ecole Centrale de Lille.
Nous sommes très honoré qu'il ait accepté de présider notre jury de thèse.
Monsieur C. SUEUR Maître de conférences à l'Ecole Centrale de Lille a suivi nos travaux
depuis le début. Son aide et ses conseils nous ont été précieux et utiles, qu'il soit sincèrement
remercié.
Nous tenons enfin à remercier tous les membres du L.A.I.L de l'Ecole de Centrale de Lille
pour leur accueil dont nous avons bénéficié durant notre séjour au sein Laboratoire.
SOMMAIRE 1
ETUDE STRUCTURELLE DES SYSTEMES
LINEAIRES PAR L'APPROCHE
BOND GRAPH
[Link] .. ................................................................. . 2 S
[Link] .................................................................... S7
V .Conclusion ..................................................................... 92
[Link] .................................................................... 99
ANNEXE GENERALE
Introduction générale
L'approche structurelle a été introduite pour des systèmes à paramètres inconnus par
manque de valeurs quantitatives ou incorrects pour des raisons d'erreurs de mesure. Ce dernier
aspect étant inévitable dans la modélisation de processus physiques. n s'agit donc d'exploiter
au maximum sa structure avant tout calcul numérique. Rosenbrock (1970) utilise la matrice
système pour étudier les propriétés de systèmes dynamiques pour presque toutes les valeurs de
s (s étant l'opérateur de Laplace). La structure à l'infini d'un système a aussi été utilisée pour
résoudre les problèmes de commande [Dion, Descusse, Malabre, Lafay, Commault...].
Les méthodes se basant sur la théorie des graphes perdent parfois certaines informations
lors de l'écriture du graphe de structure (ou matrice de structure) représentant la structure du
système. Ceci est dû au fait que la construction se fait en général à partir de l'équation d'état,
qui n'explicite pas totalement toutes les relations constitutives du système étudié.
L'outil bond graph (ou graphe à liens), défini par [Paynter, 1955,1961], formalisé par
[Karnopp et Rosenberg, 1975, 1983], [Thoma, 1975, 1990] et [Breedveld, 1984], est un
langage graphique de type réseau qui permet de représenter graphiquement, avec un langage
unique, de nombreux systèmes physiques. TI se place comme étape intermédiaire entre la
description physique d'un système dynamique et la phase de construction d'un modèle
mathématique, par représentation graphique des échanges de puissances entre les différents
constituants du système. La modélisation d'un système physique par bond graph ne nécessite
pas l'écriture de lois générales de conservation. Elle repose essentiellement sur la caractérisation
des phénomènes d'échanges de puissance au sein du système. Cette approche se prête bien à
l'étude des systèmes à paramètres localisés. Pour la modélisation des systèmes à paramètres
distribués, une discrétisation s'avère nécessaire.
La notion de causalité décrit la relation de cause à effet entre les différents éléments de la
structure de jonction et permet de guider la mise en équation du système dynamique en écrivant
les lois correspondant aux éléments et aux structures. De plus, la nature graphique du modèle
bond graph associée à la causalité peut être utilisée directement pour l'analyse des propriétés du
système physique, en parcourant le modèle bond graph causal suivant des chemins particuliers
appelés chemins causaux. Des recherches essentiellement basées sur les concepts de structure et
de causalité ont été menées ces dernières années pour étudier des propriétés structurelles des
Introduction générale 18
systèmes modélisés par bond graph [Rosenberg, 1987 ; Suda et Hatanaka, 1986 ; Sueur et
Dauphin-Tanguy, 1989, 1991; Rahmani et al, 1992].
Lors de la modélisation des systèmes dynamiques par l'outil bond graph, l'utilisateur a
souvent recours à des logiciels de simulation pour résoudre les problèmes de commande
(ENPORT, CAMAS, CAMP, MS-BOND ... ). Connaissant, d'une part l'importance des
propriétés structurelles utiles avant tout calcul numérique, d'autre part la complexité des calculs
matriciels nécessaires dans l'étude des propriétés de commande, nous nous sommes intéressés
à trouver des méthodes consacrées à la détermination, à partir du modèle bond graph, des
matrices sous forme d'expressions formelles. Ces méthodes sont graphiques et se basent sur la
règle de Mason appliquée aux bond graphs. Elles sont pratiques puisqu'elles se basent
uniquement sur le parcours des chemins causaux dans un modèle bond graph. Elles sont
complètes car tous les cas de figures susceptibles d'exister dans un modèle bond graph
(boucles algébriques, présence d'éléments en causalité dérivée, présence de liens
d'informations ... ) sont traités. Ces règles de èalcul nous permettent de nous passer du calcul
matriciel qui n'est pas toujours facile à réaliser. Ces dernières sont destinées à l'étude de la
commandabilité en état et en sortie, de l'inversibilité, du placement de pôles par retour d'état et
du découplage par retour d'état Une analyse graphique est faite lors de la résolution de chaque
problème ainsi qu'une expertise à chaque étape pour bien choisir le nombre et l'emplacement
des sources d'énergie et des capteurs afin de commander ou de découpler les systèmes.
Tout au long de ce mémoire, nous utiliserons des résultats déjà établis dans la théorie des
graphes pour étudier les propriétés structurelles des systèmes modélisés par bond graph.
Dans le premier chapitre, nous présentons dans un premier temps la notion de propriété
structurelle d'un système. Ensuite, nous proposons une synthèse des différentes terminologies
utilisées pour l'étude du rang d'une matrice (rangs générique, terme et structurel) ainsi que leur
interprétation en termes de théorie des graphes. Enfin, une comparaison entre ces rangs
équivalents et le rang bond graph est proposée.
Dans le deuxième chapitre, dans le cadre de l'étude de la commandabilité en état et de
l'observabilité structurelles des systèmes linéaires par l'approche bond graph, nous proposons
une méthode de calcul formel des matrices de commandabilité et d'observabilité ainsi que des
matrices de changement de base correspondantes. Une règle de détermination formelle des
indices de commandabilité et d'observabilité directement à partir du modèle bond graph est
également proposée.
Des méthodes de calcul formel des coefficients du polynôme caractéristique d'un système
en boucle ouverte et en boucle fermée sont présentées dans la première partie du troisième
chapitre. Ces coefficients sont à la base d'une méthode de placement de pôles formel par retour
d'état statique à partir du modèle bond graph que nous présentons dans la seconde partie. En
Introduction générale 19
effet, nous proposons la mise sous forme canonique des matrices d'état et de commande, ainsi
qu'une relation formelle entre ses coefficients et les composants de la matrice de retour qui nous
permettent de placer formellement les pôles.
Le quatrième chapitre traite, dans un premier temps de l'étude de la commandabilité en
sortie structurelle. Pour cela, nous proposons une méthode de détermination formelle de la
matrice de commandabilité en sortie directement à partir du modèle bond graph, puis nous
présentons des conditions suffisantes de commandabilité en sortie en termes de chemins
causaux dans un modèle bond graph. La deuxième partie de ce chapitre est consacrée à la
résolution du problème de découplage par retour d'état des systèmes linéaires à cet effet nous
présentons les différentes méthodes existantes notamment celles proposée par Linneman ( 1981)
utilisant la notion de couplage dans un digraphe ainsi que celle proposée par Dion et Commault
(1991 ), se basant sur une interprétation de la structure à l'infinie d'un système en termes de
chemins entrées-sorties dans un digraphe. La troisième partie de chapitre a pour objet de
présenter ; tout d'abord une méthode de calcul formel de la matrice de transfert. Une
interprétation du rang de la matrice système est proposée en termes de chemins causaux entrées-
sorties différents, ce qui nous permet de disposer d'une condition nécessaire et suffisante
d'inversibilité d'un système. Ensuite, une condition nécessaire et suffisante de découplage par
retour d'état statique en termes de chemins causaux entrées-sorties dans un modèle bond graph
est présentée. Une détermination formelle de la matrice de découplage nous permet ensuite de
calculer les matrices de retour d'état
CHAPITRE 1 : ETUDE DES PROPRIETES
STRUCTURELLES PAR LES APPROCHES
DES GRAPHES ET DES BOND GRAPHS
1
1
CHAPITRE 1 : ETUDE DES PROPRIETES
STRUCTURELLES PAR LES APPROCHES
DES GRAPHES ET DES BOND GRAPHS
[Link]
Des outils perfonnants pour une analyse rapide et fiable des systèmes dynamiques sont
exigés à plusieurs niveaux. Dans un premier temps, le concepteur doit utiliser une
représentation simple pennettant de valider ou de remettre en cause soit le modèle choisi soit
son concept. Le modèle étant validé, en ce qui concerne les considérations physiques,
l'automaticien a besoin d'une représentation adaptée pour l'analyse et la commande de son
système dynamique.
La représentation structurelle est, à ce niveau, un bon compromis entre la définition
précise du modèle mathématique et une représentation macroscopique des phénomènes étudiés.
La représentation structurelle consiste donc à décrire les phénomènes physiques à l'aide d'un
modèle mathématique ou graphique, où les termes non nuls qui représentent les relations entre
les différentes variables sont décrits sans préciser leur valeur numérique. Les tennes nuls et
non nuls décrivent la structure du modèle et leur connaissance pennet de faire ce que l'on
appelle "une analyse structurelle".
Différentes méthodes, directement liées à la fonne de représentation, ont été utilisées pour
étudier les propriétés structurelles d'un système dynamique.
La première partie de ce chapitre est consacrée à une présentation générale des principes
d'étude des propriétés structurelles des systèmes dynamiques, et des différentes tenninologies
de rangs structurels de matrices. L'intérêt d'utiliser la théorie des graphes dans l'interprétation
du rang d'une matrice structurelle fera l'objet de la deuxième partie. Au cours de la troisième
partie, des manipulations causales opérées sur le modèle bond graph nous pennettent de
trouver le rang bond graph de la matrice d'état structurelle. Nous comparerons dans la dernière
partie les rangs utilisés dans la théorie des graphes et le rang bond graph.
[Link]
Les premières investigations des propriétés structurelles des matrices ont été faites par
Frobenius en 1912, et de manière plus générale par Konïg en 1931. Quelques décennies plus
tard, Lin (1974) propose une condition nécessaire et suffisante de commandabilité structurelle
des systèmes monovariables à l'aide de la théorie des graphes. Il a développé ses travaux pour
les systèmes multivariables en 1977. Entre temps, Shields et Pearson (1976) ont étendu les
travaux de Lin (1974) aux systèmes multivariables. A cet effet, ils établissent une relation entre
le théorème de Konïg et les propriétés structurelles d'une matrice. lls proposent un algorithme
Chap. 1 : Etude des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond graphs 26
11.2.Définitions
[Link]été structurelle
Définitions 1.1
1) Une propriété d'un système est dite "structurelle" si elle ne dépend que du type
d'éléments qui composent ce système et de la façon dont ils sont interconnectés, non pas de la
valeur numérique de ses paramètres.
2) Une propriété est dite "structurelle" si elle est vérifiée pour toutes les valeurs des
paramètres sauf éventuellement pour quelques valeurs particulières.
[Link] structurelle
Définition 1.2
Une matrice structurelle, notée [A], est composée de termes nuls, notés " 0 ", et de
termes de valeurs non nulles mais indéterminées, notés " * ", " L ", ou " X ". Les termes non
nuls sont supposés indépendants les uns des autres.
Définition 1.3
Une matrice structurelle [A] est une matrice constituée de paramètres libres (modifiables
indépendamment les uns des autres) et de zéros fixés.
Cbap. 1 : Etude des propriétés sbllcturelles par les approches des graphes et des bond graphs 27
[Link] booléenne
Les propriétés structurelles de toute matrice [A] peuvent être explicitées en utilisant une
matrice booléenne associée. Dans cette optique, l'analyse combinatoire est employée.
Définition 1.4
Une matrice booléenne, notée Ab, associée à la matrice structurelle [A], est défmie en
remplaçant les zéros fixés par des "zéros" booléens et les termes non nuls par des "uns"
booléens, notés 1.
Définition 1.5
Une matrice numérique An représente une réalisation numérique admissible de la matrice
structurelle [A], si nous pouvons l'obtenir en fixant tous les éléments indéterminés de [A] à des
valeurs particulières.
(1.1)
(1.3)
A, =G ~] (1.4)
Chap. 1 : Etude des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond graphs 28
Définition 1.6
Deux matrices A' et A" sont structurellement équivalentes si elles sont toutes les deux des
réalisations numériques de la même matrice structurelle [A].
Définition 1. 7
Deux matrices A' et A" de mêmes dimensions ont la même structure si elles ont le même
nombre de coefficients fixés à zéro de mêmes indices en ligne et en colonne.
[Link]ème structurel
Soit un système dynamique linéaire invariant (I,) à n états, rn entrées et p sorties, décrit
en continu par l'équation (1.5) :
x=A x+B u
:I: : (1.5)
{ y=Cx+Du
où A e 9tn X 9tn, Be 9tn X 9tm, C e 9tP x 9tn et De 9tP x 9tm sont des matrices à coefficients
constants.
(1.6)
[Link] de rang
Pour l'étude des propriétés structurelles des matrices, plusieurs terminologies ont été
utilisées afin de désigner la notion de rang. Les définitions les plus répandues sont le rang
générique, le rang terme et le rang structurel. Toutes ces notions reposent sur la définition de
termes indépendants proposée par Frobenius (1912) et par Konïg (1936):
Chap. 1 : Eblde des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond grapbs 29
Définition 1.9
Un ensemble de tennes indépendants d'une matrice A est un ensemble de tennes non nuls
dont un seul apparaît par ligne et par colonne.
[Link] générique
Soit [A] une matrice structurelle appartenant à 9tnxn. Si N est le nombre de termes non
nuls dans [A], alors l'espace associé à [A] est 9tN. Chaque ensemble de N paramètres
représente un vecteur p e 9tN.
Une propriété n est une fonction de 9tN vers l'ensemble {0,1 }, avec:
{~
sin fausse
n(p) = en p. (1.7)
si I1 vraie
Une propriété n est générique relativement à la variété propre V si Ker I1 cV, et si une
telle variété V existe.
Nous résumons par deux propositions les conséquences de l'analyse générique détaillée
dans Shields et Pearson (1976).
Si V c 9tN est une variété propre non triviale, alors V est un ensemble fermé. Par
conséquent :
Proposition 1.2
Si une propriété est générique relativement à V, alors elle sera vérifiée pour tout élément
appartenant au complémentaire de V {vc) et dans tout voisinage suffisamment petit de cet
élément
Chap. 1 : Etude des propriétés sbUcturelles par les approches des graphes et des bond graphs 30
Proposition 1.3
Tout élément de V peut être amené à satisfaire la propriété par une perturbation adéquate
mais faible.
Théorème 1.1
La matrice structurelle [A] a un rang générique maximal si et seulement s'il existe une
matrice numérique admissible An avec un rang plein.
Remarque
L'indépendance des paramètres de la matrice structurelle [A] n'implique pas
nécessairement l'indépendance linéaire des vecteurs lignes ou colonnes. C'est ce que nous
pouvons vérifier par l'exemple suivant :
(A]=[~ ** 0*]
* 0
Les termes non nuls de [A] sont indépendants, toutefois rang-g [A] = 2.
Chap. 1 : Etude des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond graphs 31
Le calcul du rang générique d'une matrice structurelle (appliqué à des problèmes d'étude
de la commandabilité) se fait à l'aide de plusieurs types d'algorithmes. Nous pouvons les
classer en deux types, graphiques et algébriques. Nous nous limiterons dans ce paragraphe au
rappel des travaux concernant ces derniers. Les méthodes graphiques seront, quant à elles,
introduites plus tard.
Shields et Pearson (1976) ont présenté un algorithme algébrique connu sous le nom de
Fixed-Zero-Rank-Finder. Ce dernier est fondé sur le réarrangement de la matrice sous une
forme particulière pour détecter la sous-matrice nulle à l'aide d'une séquence d'opérations de
permutations. A l'aide d'un contre-exemple, Morari et Stephanopoulos (1978) ont montré la
non-fiabilité de F.Z.R.F. Davison (1977), par une génération aléatoire de valeurs numériques
attribuées aux divers paramètres, propose de calculer le rang générique d'une matrice
structurelle. Cette méthode s'avère peu satisfaisante dans le cas de matrices de grandes
dimensions. Les algorithmes de Morari et Stephanopoulos (1980), Johnston et Barton (1984),
quant à eux, se basent sur le réarrangement de la matrice A afin de détecter la présence
éventuelle de dilatation (voir annexe 2). Tandis que Burrows et Sahinkaya (1981) ont présenté
un algorithme pour tester l'existence des formes 1 et II de Lin (introduites dans le chapitre 2
§ [Link].) ; Linneman (1982) en a donné un contre-exemple. De ce fait, Burrows et
Sahinkaya (1983) ont présenté un algorithme modifié, basé sur le même principe que le
précédent.
[Link] terme
La notion de rang terme est employée depuis longtemps dans les travaux de
mathématiques combinatoires [Dulmage et Mendelsohn, 1959; Ore, 1962; Ford et Fulkerson,
1962 ; Haber, 1960 ; Ryser, 1958].
11.3.2.l.Définition
Exemple 1.1
Soit la matrice A de la fonne suivante:
A=[~ ~]
ai<I>j<I> = a2I = b
ai<2>j<2> = al2 = a
La détermination du rang terme d'une matrice booléenne Ab peut être obtenue suivant
deux approches fondées sur le théorème de Frobenius (1912) et Konïg (1936):
La première est liée au problème d'assignement, en identifiant la matrice de permutation
maximale associée à la matrice Ab [Ford et Fulkerson, 1962].
La seconde a été déduite de l'analyse générique en établissant le maximum de sous-matrices
nulles dans Ab [Ore, 1962 ; Shields et Pearson, 1976].
L'interprétation booléenne du rang terme d'une matrice A peut se faire à l'aide de la
matrice de permutation AP, associée à la matrice booléenne Ab, que nous définissons ci-
dessous.
Définition 1.14
Une matrice de permutation maximale Ap
-, par rapport à la matrice booléenne Ab, est
une matrice de permutation d'ordre le plus grand que nous puissions extraire de Ab.
Les différentes interprétations booléennes du rang terme sont présentées sous forme de
propositions.
Remarque
Puisque le rang terme d'une matrice A est souvent calculé à partir de la matrice booléenne
Ab associée, l'utilisation de l'appellation "rang terme de Ab" sous-entend le rang terme de A.
-
Un choix possible pour Ap extrait de Ab est donné par (1.9).
(1.8)
1 00 0]1
Ap_ = 0
[0 1 0 (1.9)
Reinschke (1984) utilise la terminologie de rang structurel pour l'étude générale des
systèmes dynamiques par l'approche des graphes orientés. Dion (1991) emploie la même
terminologie pour interpréter graphiquement la notion de structure à l'infini afm d'étudier le
problème du découplage. Tous les deux supposent l'hypothèse d'indépendance entre les
termes d'une matrice structurelle vérifiée.
De la même manière que pour le rang générique, le rang structurel de [A] est égal au rang
maximal de toutes les matrices numériques admissibles An.
Cbap. 1 : Etude des propriétés sbllcturelles par les approches des graphes et des bond graphs 34
Exemple 1.2
Considérons une matrice structurelle [A]. Un choix possible de termes indépendants est donné
par la matrice [A]1•
[A]=[~ L L]
L 0
0 0 L]
L 0 [
[A]1 = L 0 0
0 L 0
Le nombre d'éléments non nuls contenus dans [A]1 est de 3, donc rang-s [A] =3.
[Link]
La détermination du rang d'une matrice peut se faire, soit par une approche booléenne
utilisant le rang terme, soit par une approche structurelle utilisant le rang générique.
La notion de rang structurel est un élément essentiel dans l'étude des propriétés
structurelles des systèmes dynamiques. Cette notion est très liée à la forme de représentation
des matrices structurelles. A ce sujet, de nombreux algorithmes de calcul, dont certains sont
complexes et peu fiables, sont proposés dans la littérature.
Un nouvel essor a été donné à cette approche, notamment grâce à Lin (1974), qui
propose une étude structurelle à l'aide des graphes orientés. L'association graphe orienté-
matrice de structure est présentée dans le paragraphe suivant.
[Link]
Dans de nombreux domaines de la science, l'utilisateur est amené à traduire les problèmes
par des schémas avec des points représentant des individus, des objets, des situations et avec
des lignes ou des flèches reliant certaines paires de ces points et symbolisant une relation entre
eux. Nous connaissons ces schémas sous différentes appellations telles que réseaux de
communication, circuits électriques, etc ... Il semble que la terminologie "graphe" soit apparue
pour la première fois dans Konïg (1936) puis dans Berge (1958) avec les notions de "sommet"
pour désigner les points, et d' "arc" ou "arête" pour les lignes. Depuis les premiers travaux sur
ce type de représentation [Euler, 1736], la théorie des graphes a énormément progressé et a été
utilisée pour représenter les structures d'une grande variété de problèmes pratiques. Les types
de graphes sont multiples : graphe de fluence, graphe linéaire, graphe fonctionnel, grafcet,
Cbap. 1 : Etude des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond graphs 35
réseaux de Piétri, réseaux neuronnaux, bond graph (ou "graphe à liens"), graphe orienté (ou
"digraphe") ...
Notre étude concerne les systèmes dynamiques représentés par un modèle d'état.
La représentation graphique est un élément essentiel pour une étude visuelle. Elle met en
évidence de nombreuses propriétés difficilement obtenues par la représentation matricielle. Par
contre, le traitement "informatique" peut s'avérer délicat L'association matrice - graphe semble
donc être un atout dans l'étude structurelle des systèmes dynamiques. [Link] (1847) a, par
exemple, introduit la notion de matrice d'incidence pour les circuits électriques. Nous
rappelons quelques représentations.
Lorsque le modèle initial se présente sous forme matricielle, le graphe orienté (digraphe)
G(A) associé à une matrice carrée A = {aii ; i,j e (l...n)} est construit en définissant un
ensemble fini Z d'éléments zi. appelés sommets (ou nœuds) de cardinal n, et un ensemble t:
d'arcs orientés ei. dirigés de z, à 2;., de poids aii. Les arcs de poids nul n'apparaissent pas.
AvecZ=X u U u y,
X= {x., ... ,x..,.} est l'ensemble des sommets Xi, représentant les variables d'état xi.
U = { u.., ... ,U.m } est l'ensemble des sommets u.i. représentant les variables d'entrées ui. (a.l)
y = { y.,... ,y,} est l'ensemble des sommets yi. représentant les variables de sorties Yi·
Ainsi, le digraphe G(A) associé à la matrice A, définie par (1.10), se représente par la
figure 1.1 :
al2
r·ll
A= a21
a3I
an
a32
"f] (1.10)
Le digraphe structurel, noté G[A], associé à la matrice structurelle [A] issue de A, ne tient
pas compte des valeurs des aii mais de la seule existence des arcs.
Nous commençons par évoquer une interprétation qui repose sur la mise en évidence de
cycles dans un digraphe. Pour cela, nous rappelons ci-dessous la définition d'un digraphe
cyclique.
Définition 1.16
Un digraphe cyclique est un digraphe dans lequel tous les nœuds sont mutuellement
accessibles par un chemin orienté ; sinon il est dit acyclique.
Figure 1.2
Exemple 1.3
Considérons le digraphe de la figure 1.3 et sa matrice booléenne associée.
Figure 1.3
0 1 0 0 0 0 0 0
1 0 0 0 0 0 0 0
0 1 0 0 0 0 0 0
0 0 1 0 0 0 0 0
Ab=
0 0 1 1 0 1 0 1
0 0 0 0 0 0 1 0
0 0 0 0 1 1 0 1
0 0 0 0 0 0 1 0
Ce digraphe peut être scindé en composantes cycliques (figure 1.4 (a) et en composante
acyclique (figure 1.4 (b).
1
Ab= 1
[0 ~] 0
0 0
1 0
1 0
1
3
Ab=: 1
[0 ~]
A~=
1 1 0 1
0 0 1 0
3
rang - t (Ab ) = L rang - t (A~) =6
i=l
Nous pouvons faire apparaître les blocs diagonaux correspondants aux composantes
cycliques et acycliques, en effectuant les permutations nécessaires. La matrice Ab peut être
ainsi écrite sous forme triangulaire supérieure.
Plusieurs algorithmes graphiques se basent sur la recherche d'un couplage maximal dans
un digraphe. La relation entre cette notion et le rang de la matrice associée est définie d'après
cette proposition.
La détection de valeurs propres nulles structurelles dans une matrice structurelle carrée
constitue une autre approche. Harary (1959) a été le premier à établir une relation entre les
valeurs propres structurelles d'une matrice et la décomposition du graphe associé en
Chap. 1 : Ewde des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond graphs 39
Exemple 1.4
Sur l'exemple de la figure 1.2, le sommet x4 est associé à une valeur propre nulle
déterminée structurellement
Schizas et Evans (1981) utilisent ces résultats pour établir une relation entre les valeurs
propres d'une matrice structurelle et son rang terme.
Exemple 1.5
Considérons la matrice booléenne Ab et son graphe associé O(Z;E), figure 1.5 (a):
11 0]
Ab= 1 0
[1 1 0
0
Figure 1.5 (a) :Digraphe G(Z,E) Figure 1.5 (b) : Digraphe biparti associé
La visualisation de la dilataùon est toute naturelle sur le graphe biparù OB= (Z +, Z -, t:)
(figure 1.5 (b), associé à O(Z;E).
A partir de O(Z;E) ou de OB=(Z +,z -,t:), nous déduisons les ensembles Set T(S)
(définition 1.18) :
S = {x~ox 2 ,x 3 } et T(S) = {x~ox2}
Proposition 1.12
Si CardS= k et Card T(S) = k-d, alors d est la déficience en cardinalité du couplage dans
le graphe biparti OB= (Z +, Z -, l:) associé au graphe O(Z;E) donc de manière équivalente, la
dégénérescence du rang terme de la matrice A
Sur l'exemple 1.5, Card S = 3 et Card T(S) =2 donc d = 1. Le rang terme de la matrice
associée à ce graphe est donc égal à 2.
Chap. 1 : Etude des propriétés sbUcturelles par les approches des graphes et des bond graphs 41
[Link] graphiques
Pour calculer le déterminant d'une matrice carrée de dimension n par une procédure
purement graphique, Reinschke (1984) utilise le principe de recherche de familles de cycles
d'ordre n dans un digraphe (voir annexe 4). Il a notamment montré que chaque élément du
déterminant correspond à une famille de cycles d'ordre n, et que s'il n'existe pas de famille de
cycles d'ordre n, ce déterminant est nul. En utilisant ce même principe, nous proposons une
règle heuristique pour le calcul du rang terme d'une matrice carrée d'ordre n à partir de son
digraphe associé.
Proposition 1.13
Le rang terme d'une matrice structurelle de dimension n est égal à la différence entre n et
le nombre minimal d'arcs qu'il est nécessaire d'ajouter pour former une famille de cycles
d'ordre n dans le digraphe associé.
Preuve
Puisque chaque élément du déterminant est représenté par une famille de cycles d'ordre n,
une condition suffisante pour que celui-ci soit structurellement non nul, est qu'il existe au
moins une famille de cycles d'ordre n.
Si cette condition n'est pas remplie, nous pouvons alors, en rajoutant des arcs sur le
digraphe, former une famille de cycles d'ordre n.
Chap. 1 : Etude des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond graphs 42
Sur l'exemple de la figure 1.3, il n'existe pas de famille de cycles d'ordre 8. L'ajout des
deux arcs e(x.4,x.3) et e(x.5,x.8) permet de trouver un cycle d'ordre 8. Donc rang-t (Ab)= 8-2 =
6.
III. 4. Conclusion
Nous avons vu comment calculer les rangs d'une matrice, dans les cas d'une approche
structurelle par la théorie des graphes. Nous présenterons dans le paragraphe suivant cette
approche à partir de l'outil bond graph.
IV .[Link]
Le modèle bond graph peut être considéré comme un graphe, quand on le parcourt en
suivant les chemins causaux. La matrice d'état associée aux modèles bond graphs considérés (
sans signaux) a une forme particulière à cause du choix des variables d'état : deux termes
symétriques par rapport à la diagonale sont simultanément nuls ou non nuls. Aucune hypothèse
sur l'indépendance des termes n'est faite a priori. La méthode de calcul du rang structurel de la
matrice d'état A conduit à la détermination du nombre de valeurs propres structurellement
nulles de la matrice d'état, c'est à dire la valeur de l'exposant q telle que le polynôme
n-q ]
caractéristique de A s'écrive: P(s) = det(sl- A)= sq sn-q +Lai sa-q-i = sq (sa-q + · · ·+aa-q).
[
t=l
Cependant, certaines valeurs propres des paramètres des éléments bond graph peuvent
conduire à l'annulation du coefficient aa-q, ce qui introduirait alors une autre valeur propre
nulle, mais non décelable par les manipulations causales proposées.
Cbap. 1 : Etude des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond graphs 43
Notre démarche s'adresse surtout aux utilisateurs de modèles bond graph, permettant de
mettre en évidence des propriétés structurelles directement à partir du bond graph.
Quelques notions relatives à la théorie des bond graphs sont rappelées dans l'annexe 3.
Hypothèses
- Les bond graphs considérés contiennent des éléments 1-port : une relation scalaire entre
les variables (systèmes électriques monophasés, hydrauliques, mécaniques ( l.D)).
- L' équation d'état associée à un modèle bond graph d'un système dynamique est
supposée linéaire.
- les modèles bond graph considérés contiennent uniquement des liens de puissance
(absence de signaux).
Nous rappelons des résultats présentés par Sueur et Dauphin-Tanguy (1989, 1991) pour
l'étude structurelle du rang de la matrice d'état A directement sur le modèle bond graph. La
méthode proposée repose sur des manipulations causales. Pour éviter toute confusion avec la
définition précédente, nous noterons le rang ainsi défini par rang-hg (A).
Ce résultat a été démontré dans le cas des modèles bond graphs ne contenant ni signal, ni
source commandée, ni lien d'information.
Chap. 1 : Etude des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond graphs 44
Remarque
Les différents vecteurs état entrée et sortie utilisés sont représentés par l'équation (1.11 ).
x= = u= = y= = (1.11)
qc, Sr, Dr,
qcl Srl Drl
XD um Yp
Exemple 1.7
Soit le modèle bond graph de la figure 1. 7, les 3 éléments dynamiques I,C ont une
causalité intégrale, donc n = 3.
se
r I r
7111 ,o
Figure 1. 7 : Bond graph en causalité intégrale
JI 1
se
r 1 I
,.111 7 01
Figure 1.8: Bond graph en causalité dérivée
,1
-1
0 0
cl
1
A= 0 0
cl
1 -1
0
I, 12
Chap. 1 : Etude des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond grapbs 45
Remarques
1) La causalité dérivée affectée sur le modèle bond graph doit éviter les conflits de
causalité et les problèmes qui pourraient apparaître, tels que les boucles de causalités non
solvables.
2) L'équation d'état associée à un bond graph en causalité intégrale, en absence
d'entrée, s'écrit :
x=Ax (1.12)
Imposer la causalité dérivée sur le modèle bond graph équivaut à écrire cette équation
sous la forme (1.13) lorsque celle-ci est possible.
x=A- 1 x (1.13)
L'inversibilité de A est donc liée à la possibilité d'affecter une causalité dérivée à tout le
bond graph.
3) L'affectation préférentielle de la causalité dérivée sur le modèle bond graph laisse
inchangés les éléments lpC 1 en causalité dérivée ainsi obtenus dans une affectation
préférentielle intégrale.
IV .[Link]
L'intérêt de la théorie des bond graphs dans l'étude des systèmes dynamiques n'est plus
à démontrer. Tout au long de ce mémoire, nous l'utiliserons pour l'investigation de divers
problèmes comme la commandabilité, l'observabilité ou le découplage.
V .[Link]
En se basant sur les résultats de Ort et Martens (1974), Bell et Martens (1974) ont fait une
comparaison très détaillée entre les graphes linéaires et les bond graphs. Ils ont exposé des
similarités et des différences entre les deux approches des points de vue modélisation et mise
en équation. Nous présentons en annexe 4 une analogie bond graph- digraphe ainsi qu'une
procédure pour convertir un bond graph en digraphe.
Notre propos consiste à comparer les deux approches du point de vue étude des
propriétés structurelles. Ceci est traduit par une comparaison des rangs.
Chap. 1 : Etude des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond graphs 46
Considérons le système électrique de la figure 1.9 et son modèle bond graph associé
représenté par la figure 1.10.
C:C 1 C:C2
Sr 1
1 r
70 )1 ;A R :R 1
Figure 1.9 : Circuit électrique Figure 1.10 : Bond graph du circuit (figure 1.9) en
causalité intégrale
(1.14)
[A]=[: :] (1.15)
Rang terme
La matrice booléenne Ab associée s'écrit sous la forme (1.16).
(1.16)
C:C 1 C:C2
Sr 1 7
1 r
0 ;1 1 1 7 R:R,
Figure 1.11 : Bond grapb du circuit (figure 1.9) en causalité dérivée
Rang réel
-1 -1 1 1
det A = R C • RC - RC • RC =O . (1.17)
1 2 1 2
{
rang A= 1
V .[Link]étation
Le résultat obtenu par l'approche bond graph correspond au rang numérique réel de A,
contrairement aux résultats obtenus pour le rang terme, le rang structurel et le rang générique.
La raison est que les termes de la matrice A ne sont pas indépendants. Il apparaît donc que la
condition d'indépendance entre les paramètres est nécessaire au niveau structurel pour que les
méthodes énoncées (hors bond graph) soient valides. Cette hypothèse peut ne pas être
vérifiée, d'un point de vue structurel, à cause de la physique du système, comme cela apparaît
dans l'exemple.
A l'inverse, la méthode bond graph tient compte de ces dépendances formelles grâce à la
cohérence des règles d'affectation de la causalité et des relations causales implicites apparaissant
sur le bond graph.
Les méthodes proposées (hors bond graph) sont strictement limitées au cas linéaire.
Le calcul du rang structurel d'une matrice d'état de la forme 1.18, obtenue pour un
modèle bond graph d'un système non linéaire, est présenté en appliquant les mêmes principes
que dans le cas linéaire.
x= A(x,·)x (1.18)
Chap. 1 : Etude des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond graphs 48
Considérons le pendule élastique (figure 1.12) et son modèle bond graph en causalité
intégrale (figure 1.13).
g~
y y
Figure 1.12 : Le pendule élastique en mouvement plan et ses variables géométriques
C: k1
1 l ..
r'_s--tl 1 _ _,J M]F _ _, JO 3
J 1 :rn
MTF
I
MTF
rc"o~e
2
1: rn ~k__;~t~~ --l 0 k...,..___
I
1
{
se: mg R
Les éléments sont linéaires, et la structure de jonction non linéaire. Les différents vecteurs
sont :
Z'=(!}[t Ym 0
(1.19)
u =[et]. (1.20)
Chap. 1 : Etude des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond graphs 49
-co se f3
0 0 -sine 0
e3 r f2
e2 sine es
0 0 -case 1
r (1.21)
fs = sine cose 0 0 0
e4
f4 co se -sine
0 0 0
r r e,
2
. _ . _ R cos e p3 R sine cose p 2 • e k ( L )
P3 - Px - - 2 - + 2 --sm 1 r- o ,
r rn r rn
P2 = Py =~sine case PJ- ~ sin 2 e 12.-cose k, (r- ~o)+ mg, (1.22)
r rn r rn
q5 =r=sineEl+coseh,
rn rn
avec
. _case p 3 sine p 2
e ---------- (1.23)
r rn r rn
x = A (x, e) x+ Bu
(1.24)
é = f(x,e)
Pour ce cas non linéaire, nous allons vérifier si A- 1(r,e) existe en procédant de la même
manière qu'en linéaire.
Lorsque la causalité dérivée est affectée aux éléments I,C comme le montre la
figure 1.14, aucun conflit n'apparaît. Les trois éléments dynamiques 12, 13 et C5 sont affectés
d'une causalité dérivée. Ceci peut donc s'interpréter comme dans le cas linéaire à partir de
l'équation d'état, qui peut être inversée telle que X= A- 1 [(x,e)x- Bu].
Cbap. 1 : Etude des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond grapbs 50
-kR
A{r) =det A{r,e) =---f-r (1.26)
rn r
avec L0 :::;; r:::;; Lmax.
A{r) est indépendant de e et toujours non nul. Le rang-hg [A] est donc toujours
maximal et égal à 3 quelques soient les valeurs de r et de e.
MlF
~·
3
, ---,1
1 ...
stn9
1-l- - . . 1
, 01 1 1 :rn
l MTF
côSe
I MTF
r;,se
se :mg
·1 R
Discussion
Pour la démonstration de ce résultat dans le cas linéaire, Sueur et Dauphin-Tanguy (1991)
ont utilisé l'égalité rang-hg A= rang [S 11 S13 ] = n-t.
-cose
0 0 sine
r
sine
Det [S 11 s13] = det 0 0 -cose (1.27)
r
sine cose 0 0
Ce déterminant est toujours non nul, même pour les valeurs particulières de e qui
pouvaient poser problème, c'est-à-dire e = 0 ( 21t) et e = 7t ( 21t) pour lesquelles il vaut alors
2
(~~).
Chap. 1 : Etude des propriétés structurelles par les approches des graphes et des bond graphs 51
VII. Conclusion
L'approche structurelle (utilisant la théorie des graphes) pour l'étude des systèmes
dynamiques est très répandue. Les nombreux avantages de cette approche ont été rappelés. Elle
repose sur l'hypothèse à priori d'indépendance des termes de la matrice associée au graphe.
Une discussion rapide a permis de rappeler l'avantage certain du modèle bond graph par
rapport aux autres représentations pour le calcul du rang structurel de la matrice d'état issue du
bond graph. Une simple manipulation causale est nécessaire sur le modèle bond graph, alors
que les autres représentations requièrent des algorithmes parfois peu performants.
Ces notions de rang structurel étant rappelées, l'étape suivante consiste à évoquer et
définir d'autres propriétés structurelles, telles que la commandabilité 1 observabilité
structurelles. Ceci est l'objet du prochain chapitre.
CHAPITRE 2 : COMMANDABILITE EN
ETAT ET OBSERVABILITE
STRUCTURELLES
CHAPITRE 2 : COMMANDABILITE EN
ETAT ET OBSERVABILITE
STRUCTURELLES
V .Conclusion ..................................................................... 92
Chap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 57
!.Introduction
[Link]
Les relations entrées - sorties d'un système sont, en général, défmies par un ensemble de
relations mathématiques (équations différentielles, relations algébriques, ... ). Dans le cas d'un
processus linéaire stationnaire à états continus, les relations peuvent être définies par la
fonction (ou matrice) de transfert [Rosenbrock, 1970]. Mais cette description représente
uniquement le sous-espace à la fois commandable et observable du système. Elle apparaît donc
quelques fois insuffisante pour décrire un système. Par contre, la représentation d'état de
Kalman (1963) permet de mettre en évidence des informations internes d'un système, qui
Cbap. l : Commandabilité en état et observabilité structurelles 58
n'apparaissent pas nécessairement sur la description par fonction (ou matrice) de transfert;
notamment l'existence de sous-espaces non commandables et 1 ou non observables. De plus, la
notion d'état renseigne l'utilisateur sur le nombre maximal (n) de variables indépendantes qu'il
aura à mesurer ou à reconstituer pour générer la meilleure commande possible d'un système.
La représentation d'état semble alors être, en général, un bon outil pour l'analyse des systèmes
dynamiques.
Les entrées sont le moyen que l'on a d'agir sur l'état du système ; les sorties sont les
grandeurs par l'intermédiaire desquelles nous observons ces états. Dans sa définition
fondamentale de la commandabilité et de l'observabilité en état, Kalman (1963) se pose les
deux questions suivantes :
i) Est-il possible de générer une commande qui permette de faire passer le système d'un
état quelconque x( t 1 ) (à l'instant t 1 ) à un autre état quelconque x( t 2 ) (à l'instant t 2 ) ?
ii) En supposant que l'entrée du système est connue, peut-on, par la seule mesure des
sorties du processus sur un intervalle de temps ( t 1 , t 2 ), reconstituer l'état initial x( t 1 ) du
système?
[Link]é
x =Ax+Bu
l: : (2.1)
{ y=Cx+Du
[Link].Définitions
[Link].Méthodes d'étude
Plusieurs formulations équivalentes existent sous forme de théorèmes. Ces derniers sont
démontrés dans plusieurs ouvrages, notamment chez Popov (1973), Kalman et al (1969).
Nous avons choisi de rappeler ceux qui se prêtent le mieux à une interprétation graphique.
Théorème 2.1
Le système I. (A,B) est complètement commandable si l'un des critères équivalents
suivants est vérifié :
Critère 2
Pour touts, le rang de la matrice [sin -A,B] est maximal (donc égal à n), où s est
l'opérateur de Laplace.
Critère 3
D n'existe aucune matrice de sortie C non nulle qui vérifie l'identité C( sIn - At B =0
pour tout s. Ce qui revient à dire que les lignes de {si- A tB sont linéairement
indépendantes, pour tout s tel que cette matrice est défmie.
Remarques
La commandabilité du système l: (A,B) est invariante dans tout changement de base.
Le terme de "gouvemabilité" est parfois utilisé de façon équivalente à "commandabilité",
et celui "d'atteignabilité" au lieu "d'accessibilité".
11.2.2.0bservabili té
[Link].Définition
Définition 2.3
Le système l: (A,C) est complètement observable si pour tout état initial x( t 1), à l'instant
initial t 1 , dans l'espace d'état, il existe un temps t 2 > t 1 fini, tel que la connaissance de la
commande u(t) et de la sortie y(t) sur l'intervalle [ t 1 , t 2 ] suffisent pour déterminer l'état x( t 1 ).
Dualité
Deux systèmes 1:1 et 1: 2, ayant le même nombre d'entrées et de sorties, sont duaux s'ils
sont définis de la manière suivante:
x=Ax+Bu
[Link] { (2.4)
y=Cx+Du
[Link].Méthodes d'étude
Théorème 2.2
Le système l: (A,C) est complètement observable si l'un des critères équivalents suivants
est vérifié :
CAD-1
Cbap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 62
Critère 2
[Link].Formes de commandabilité
Remarques
Le choix de l'ordre des colonnes de la matrice B conditionne fortement les deux formes
C! etc;.
Le choix de la forme C! s'impose, si nous voulons privilégier la commande du système
par un nombre minimal d'entrées q S m.
Le choix de la forme c;
implique l'utilisation d'un nombre maximal d'entrées pour
commander le système, que nous supposons égal à rn ( maximal).
[Link].Formes d'observabilité
cl cl
C 1A c2
C A'tt-1 cp
1
c2 C1A
C 2A C 2A
01-
b-
02-
b-
C A'tz-1 CPA
2
cp C Aet-1 (2.8)
1
CPA C A8 2 -l
2
C A'tp- 1 C AeP-1
p p
Les matrices 0~ et 0~ se calculent d'une manière similaire à celle de C! et c;, avec les
mêmes remarques énoncées précédemment sur le nombre de lignes de la matrice C apparaissant
dans 0~ et 0~.
C! et c; (resp 0~ et o;) sont utilisées comme matrices de passage pour obtenir des
représentations d'état sous forme canonique. De telles formes sont très utiles pour la synthèse
et la commande des systèmes multivariables, comme le placement de pôles ou le découplage
entrée-sortie.
Les indices de commandabilité ont diverses applications lors de l'analyse des systèmes
multivariables. Ils peuvent, par exemple, être une mesure de l'influence des entrées sur les
états ou être employés pour l'étude de commandes découplantes. Nous rappelons leur
expression.
[Link].Indices de commandabilité
Les indices de commandabilité pour un système commandable sont définis lors du calcul
de la matrice de commandabilité c;.
Après réarrangement de l'ordre des vecteurs colonnes de
1' équation (2. 7), nous obtenons :
Cbap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 65
(2.10)
L'index de commandabilité a, défini par (2.11), est aussi le plus petit entier vérifiant
(2.12).
rn
a=MAX Jl·1 (2.11)
i=l
[Link].Indices d'observabilité
Les indices d'observabilité sont définis à partir de la seconde matrice d'observabilité o;.
Le réarrangement de l'ordre des lignes dans l'équation (2.8) permet d'écrire:
cl
Cl A
CIAe1-I
c2
C2A
02-
b-
C2Aez-l
cp (2.13)
CPA
CpAe,-J
Les indices d'observabilité sont donnés par les ai, i E { 1,... , p}, avec :
(2.14)
L' index d'observabilité v, défini par (2.15), est aussi le plus petit entier vérifiant
(2.16).
p
v=MAX
i=l
a.
1
(2.15)
Chap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 66
c
CA
Rang =n (2.16)
CAV
Conclusion
L'analyse de la commandabilité et de l'observabilité sous les différentes formes
présentées précédemment requiert de nombreux calculs numériques. Celle-ci peut être peu
précise pour les modèles mal conditionnés ou pour les modèles faisant apparaître des
paramètres mal connus. Chaque modification numérique exige un nouveau calcul. De plus, le
zéro numérique demande à être défini en fonction de la précision souhaitée. Il paraît donc
intéressant d'introduire des concepts liés à la structure du système, indépendamment des
valeurs numériques. Ces concepts se traduisent par ce que l'on appelle "l'analyse structurelle".
Glover et Silverman (1976) utilisent les formes 1 (équation (2.3) et II (définition 2.8) de
LIN pour établir un critère de commandabilité. Des auteurs, comme Momen (1982) et Raske
( 1982), étendent le critère de Kalman à la commandabilité structurelle.
[Link].Définitions
Définition 2.4
Un système structurel 1:: ([A],[B]) est structurellement commandable si tous les systèmes
complètement commandables, au sens numérique, ont la même structure.
La définition 1.6, relative à une matrice numérique admissible, peut être étendue pour
définir une paire de matrices (A,B) admissible.
Chap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 67
Définition 2.5
La paire de matrices (A,B) représente une réalisation numérique admissible de la paire de
matrices structurelles ([A],[B]) si tous les paramètres non nuls de ([A],[B]) sont fixés à des
valeurs particulières.
[Link].Critères d'étude
Nous montrons sur un exemple que ces deux critères ne sont pas équivalents puisqu'ils
ne conduisent pas forcément aux mêmes conclusions.
Chap. l : Commandabilité en état et observabilité structurelles 68
Exemple 2.1
Considérons un système défini par ses matrices A et B ci-dessous.
B=m
Application du critère 1 :
a 11
rang- g ([A] [B]) = rang- g a 21
a12 13
0
a
0
b]
0 =2
[ a31 0 0 0
Application du critère 2 :
Sur cet exemple, aucune paire admissible (A,B) e ([A],[B]) n'est commandable. D'après
le critère 1, le système n'est pas structurellement commandable, alors qu'il l'est d'après le
critère 2. Ceci montre donc l'importance de définir des critères fiables, conservant le maximum
d'information sur la structure du système.
11.3.2.0bservabilité structurelle
Définition 2.9
Un système structurel caractérisé par ses matrices structurelles [A] et [C] noté :E ([A],[C])
est structurellement observable, s'il existe une réalisation admissible (A 1,C 1 ) e ([A],[C]) qui
soit observable au sens numérique.
Définition 2.10
Un système structurel :E ([A],[C]) est structurellement observable s'il est complètement
observable au sens numérique pour presque toutes les valeurs des paramètres.
Chap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 69
Les principaux critères de commandabilité peuvent être transposés pour donner des
critères d'observabilité.
[Link]
[Link]
d'accessibilité et le test du rang terme, ce qui représente le résultat le plus important dans
l'étude de la commandabilité.
Dès que ce théorème essentiel de commandabilité a été émis, plusieurs auteurs ont tenté
d'en simplifier les preuves. Hosœ et Matsumoto (1979) montrent que la condition
d'irréductibilité dans le théorème de commandabilité structurelle seule implique que tous les
modes non nuls de ([A],[B]) sont génériquement commandables. Ds montrent également que la
forme canonique de Jordan de ([A],[B]) n'est pas affectée dans le sens générique par la
variation des paramètres libres de la paire de matrices ([A],[B]). Morari (1977, 1980) a mis
qualitativement l'accent sur le rôle des modes nuls structurels et a donné une formulation du
critère pour la configuration de type retour d'état.
Mayeda et Yamada (1979) ont défmi la notion de commandabilité structurelle forte pour
les systèmes ayant une seule entrée et en ont donné une interprétation graphique. Andersens et
Hong (1982) ont étudié la commandabilité structurelle pour les systèmes dont les éléments
constants ne sont pas nécessairement nuls, et les éléments libres ne sont pas nécessairement
indépendants les uns des autres. Willems (1986) expose une méthode d'étude de la
commandabilité 1 observabilité structurelle dans le cas où les paramètres non nuls des matrices
structurelles peuvent varier.
Siljak (1977 a, b, 1978) a introduit la notion d'accessibilité en entrée et en sortie en
compensation de la commandabilité structurelle. Il a ensuite proposé une méthode de
décomposition des grands systèmes [Sezer et Siljak, 1981]. Davison (1977) a donné aux
opérations booléennes une interprétation en termes de propriétés d'accessibilité d'un graphe
linéaire dans le cas des systèmes composés. Hosoe (1980) propose deux méthodes simples
pour déterminer génériquement les dimensions des sous-espaces commandables. Ses résultats
sont appliqués à la détermination des types de systèmes multivariables à retour unité.
Vardulakis (1978) a étudié le problème de détermination de la structure des matrices de base de
tous les sous-espaces commandables d'une paire de matrices [A B] sous la forme canonique
commandable de Brunovski (1966) et de Luenberger (1967). Mortazavian (1982) introduit la
notion de k-commandabilité 1 k-observabilité pour prévoir une contrepartie structurelle à la
notion d'indice de commandabilité 1 observabilité classique. Tao et Hsia (1982) appliquent les
graphes de structure à la théorie des systèmes. Corfmat et Morse (1975) ont étudié la
commandabilité et l'observabilité structurelles des systèmes linéaires paramètrés. Johnston et
Barton (1985) ont utilisé les techniques de l'analyse structurelle pour obtenir la réduction de
modèles structurels. Maione et Turchiano (1986) ont élaboré, dans le cadre des matrices
systèmes polynomiales de Rosenbrock (1970), des critères de détection de pertes de
commandabilité. Georgiou et Flaudas ( 1990) étudient les propriétés structurelles des systèmes
de grandes dimensions en vue de la synthèse de commandes.
Plusieurs algorithmes ont été proposés pour tester le critère de commandabilité
structurelle. Reinschke (1981), Trave et Titli (1985), Johnston et al (1984) ont introduit des
méthodes qui reposent sur la décomposition du graphe associé de la matrice d'état en
Chap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 71
composants fortement connexes. Sezer et Siljak (1981), Pichai et al (1983) proposent une
décomposition du graphe G([A],[B]) en composantes structurellement commandables.
Burrows et Sahinkaya (1981, 1983) ont présenté un algorithme qui permet non seulement de
tester le critère, mais également de spécifier le nombre d'entrées requises et leur point
d'application en vue de la commande du système.
[Link]é structurelle
[Link]é
Une pré-condition de la commandabilité en état est que les variables d'entrées soient
capables d'influencer toutes les variables d'état. Ce qui se traduit, en théorie des graphes, par
la notion d'accessibilité.
Définition 2.11
Sur le digraphe G(Z,:E), un sommet état xi.e Z est accessible en entrée s'il existe au
moins un chemin reliant ce sommet état à un sommet entrée u. e Z.
[Link]ères graphiques
Lin (1974) a proposé un critère graphique dans le cas des systèmes à une seule entrée. La
matrice B est réduite au vecteur colonne b.
Les théorèmes suivants (2.4, 2.5 et 2.6) donnent des conditions nécessaires et
suffisantes de commandabilité structurelle.
Théorème 2.4
Les propriétés (a) et (b) sont vérifiées:
(a) Sur le digraphe G(Z,:E), tous les sommets états xie Z sont accessibles en entrée, par au
moins un des rn sommets entrée u.e Z.
Chap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 72
(b) Rang-t [Ab Bb] = n (ou rang-g ([A] [B]) = n ou rang-s ([A] [B]) = n).
Définition 2.12
Une famille de cycles dans un digraphe est dite d'ordre k, si elle touche exactement k
sommets état.
Si le nombre de familles de cycles d'ordre n, dans G([ Q1]), est égal à 1, nous parlerons
alors de commandabilité structurelle forte.
Chap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 73
Exemple 2.2
Considérons un système structurel I,([A],[B]) défini par les deux matrices structurelles
[A] et [B] suivantes.
0 0 0]
[A]= 0 * *
[
* * 0
(B]=[~ ~]
Ce système peut être représenté par la matrice structurelle [Q1] et son digraphe structurel
G([Q1 ]) associé (figure 2.1). Les arcs représentés en pointillé sur G([Q1]) correspondant aux
termes de la matrice de retour d'état E.
0 0 0 * 0
0 * * 0 0
[Ql] = * * 0 0 *
* * * 0 0
* * * 0 0
/
/
/
''
/ '
'
\
\
\
\ 1
\ 1
\ 1
1
La première condition d'accessibilité est assez facile à vérifier sur le digraphe G([ Q1]) de
la figure 2.1.
Plusieurs choix de familles de cycles d'ordre 3 sont possibles, en particulier celui
représenté par la figure 2.2. Donc le système est structurellement commandable en état
Cbap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 74
1
\
1
\
1
'ti
Figure 2.2 : Famille de cycles d'ordre 3
111.3.0bservabilité structurelle
0 [C]] (2.19)
[Q 2 ] =[[E] [A]
Définition 2.13
Sur le graphe G(Z,:E), un sommet état x.i e Z est accessible en sortie s'il existe au moins
un chemin de ce sommet état vers un sommet sortie, y e Z.
Théorème 2. 7
Le système structurel l: ([A],[C]) est structurellement observable si et seulement si le
graphe G{[Q 2 ]) vérifie les deux conditions (a) et (b) suivantes:
(a) Chaque sommet état x.i e Z dans a{[QJ) est accessible en sortie par au moins un des p
sommets sorties y e Z.
(b) n existe au moins une famille de cycles d'ordre n dans a([Q2]).
Si le nombre de famille de cycles d'ordre n dans G{[Q 2 ]) est égal à 1, alors le système
est fortement observable.
Cbap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 75
Définition 2.14
Un système ~ ([A],[B],[C],[D]) est dit structurellement complet s'il est à la fois
structurellement commandable en état et structurellement observable.
[C]
[A] (2.20)
0
Théorème 2.8
Un système ~ ([A],[B],[C],[D]) est structurellement complet si et seulement si le
digraphe a([ Q3]) vérifie les deux conditions (a) et (b) suivantes:
(a) Chaque sommet état xie Z dans G([Q3 ]) est à la fois accessible en entrée par l'un des rn
sommets entrées u. e Z et accessible en sortie par l'un des p sommets sorties y e Z.
(b) TI existe au moins une famille de cycles d'ordre n dans G([Q 3 ]).
S'il existe une seule famille de cycles d'ordre n dans G([Q 3 ]) alors, le système est
fortement complet.
v~v
IV .[Link]
Le bond graph est aussi un graphe, donc pratiquement certaines méthodes d'étude des
systèmes dynamiques par l'approche des graphes peuvent être transposées au bond graph.
De plus, l'analyse des propriétés structurelles d'un système dynamique peut être faite
directement sur le modèle bond graph à l'aide de deux notions importantes que sont la
causalité et les chemins causaux.
A notre connaissance, le premier à avoir étudié les propriétés de commandabilité et
d'observabilité par la théorie des bond graphs fut Rosenberg (1979). Ce dernier a présenté une
méthode graphique qui consiste à remplacer sur le modèle bond graph toutes les sources
d'entrée par des résistances avant d'assigner les causalités suivant la procédure habituelle
[Rosenberg, 1975]. Il suffit qu'un seul élément dynamique reste en causalité dérivée pour que
le système soit non commandable en étal
Suda et Hatanaka (1986) ont établi une correspondance entre la méthode de la théorie des
graphes et l'analyse de la fonction de transfert du modèle bond graph. Sueur et Dauphin-
Tanguy (1989) ont montré que la structure de jonction des bond graphs contient de
nombreuses informations structurelles et proposent des méthodes causales pour l'étude des
propriétés structurelles.
(h) Rang-hg ( ~) = n.
Rang-hg ( ~) = n - t,
avec t, (resp. td), nombre d'éléments dynamiques restant en causalité intégrale quand les
assertions (a) et (b) sont appliquées:
(a) La causalité dérivée est assignée au modèle bond graph.
(b) La dualisation du nombre maximal de sources d'entrées (resp. détecteurs) est effectuée
afm d'éliminer les causalités intégrales restantes, si possible.
Chap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 78
Exemple 2.3
Considérons le modèle bond graph de la figure 2.3.
C:C1 C:C2
se
I I
.,11k 0
l
R:R 1
Figure 2.3 : Modèle bond graph en causalité intégrale
Les vecteurs d'état et de commande sont donnés par:
(a) Les deux sommets états x 1 et x2 sont accessibles en entrée par le sommet entrée u.
Ce critère aboutit à la même conclusion, puisque sur le digraphe structurel G(rQ 1]) donné
par la figure 2.5, nous pouvons extraire au moins une famille de cycles d'ordre 2. Un choix
possible est donné dans la figure 2.6.
\
\
\
\
Figure 2.5 :Digraphe structurel G([Q,]) Figure 2.6 : Famille de cycles d'ordre 2
I cr
C:C 1 C:C 1
I
se
)t' 10 Sel , 1 ~
R:R 1
4) Rang réel de C,
5) Interprétation
Le résultat structurel obtenu par l'approche bond graph est le seul qui correspond à la
propriété réelle du système contrairement au critère classique et aux critères graphiques.
Ces derniers utilisent l'hypothèse a d'indépendance entre les termes des matrices A et B,
alors que dans l'approche bond graph, la dépendance formelle entre ces termes est prise en
compte.
motivé l'introduction d'une méthode qui se base sur la combinaison des concepts de causalité
et de gain d'un chemin causal [Rahmani et al. 1992]. Elle nous permet de nous rendre compte
de la signification de chaque terme qui compose les matrices.
Les défmitions de chemin causal et de gain de chemin causal sont rappelées en annexe 2.
Nous définissons ici la longueur du chemin causal.
Exemple 2.4
Supposons le modèle bond graph de la figure 2.9:
1:1 1 C:C 1
1
2r 4
sl 7
A De
'{
se, ,.1 1 1
1
R:R 1 R:R 2
Figure 2.9 : Bond graph en causalité intégrale
-Le chemin causal entre Se et 11 (de Se vers 11 ), passant par les liens 1 et 2 que nous
notons: (Se, 11) : 1-2, est de longueur O.
IV .3.2.Méthodes de calcul
Dans la théorie des graphes le vecteur (A Jr.B i) peut être interprété comme un chemin de
longueur k reliant un sommet entrée u.i à des sommets états x.. donc pour calculer le gain de ce
vecteur il suffit de calculer le produit des poids des arcs qui composent le chemin.
Dans le même esprit, nous proposons une interprétation graphique des termes des
matrices de commandabilité et d'observabilité.
Dans cette partie, nous limitons notre étude aux cas de bond graphs ayant les propriétés
suivantes:
(a) Tous les éléments dynamiques sont en causalité intégrale.
(b) ll n'y a pas de boucles causales entre des éléments résistifs (R).
Remarque
Par abus de langage, un élement dynamique (I,C) et sa variable dynamique associée Xi
seront confondus.
[Link] de commandabilité
Dans la matrice C,, le ième terme du vecteur (A [Link]) est obtenu par:
Chap. 2: Commandabilité en état et observabilité structurelles 83
où GLt (ui'xi) est le terme constant du gain du chemin causal de longueur Lk entre l'entrée uj
(Se ou Sr) et xi (élément I,C en causalité intégrale).
La sommation s'explique par le fait que l'on tient compte de l'éventuelle existence de
plusieurs chemins causaux entre uj et xi [Rahmani et Dauphin-Tanguy, 1992].
[Link] d'observabilité
(2.22)
avec GLt (xi, y r), le terme constant du gain du chemin causal de longueur Lk entre un élément
I,C en causalité intégrale associé à xi et une sortie (De ou De) associée à Yr [Rahmani et
Dauphin-Tanguy, 1992].
Exemple 2.5
Soit le modèle bond graph représenté par la figure 2.9, avec Dim x = 2,
Dim u = Dim y = 1.
Matrice de commandabilité
1
* (Se,C 1) : 1-2-2-4-5 donc (AB 1)(2)= I,aL.(ul,x2)= I,aL.(se,cl)=
11
.
Chap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 84
1 -RI]
C, = [B AB) = O :.
[
Matrice d'observabilité
De la même façon, en nous fondant sur le principe de dualité, nous recherchons des
chemins causaux liant les éléments dynamiques aux détecteurs.
1 - Calcul de la matrice CA 0
1
* (Cp De): 5-7 donc (C 1A
0
) (2} =[:LaLo (x 2,y 1 )] x g(x 2) = [:LaLJCI'De)] x - = _!_.
. cl cl
2 _ Calcul de la matrice C A
1
* (Il' De): 2-4-5-5-7 donc (C 1A) (1} = [I. GL, (xpy 1 )] x g(x 1) = [LGL, (Il'De)] x.!.= - - ,
II II CI
En combinant les règles de détermination formelle des matrices et les critères d'étude de la
commandabilité, nous proposons le calcul des matrices de passage. Celles ci ne sont calculées
que lorsque le système est commandable 1 observable.
Par souci de simplification, seul le calcul des matrices C! et c; est présenté, sachant que
celui 0~ et o; s'obtient par simple dualité.
Cbap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 85
Avant de présenter les méthodes de calcul, nous rappelons quelques résultats concernant
le calcul de rang de matrices particulières à l'aide de manipulations causales sur le modèle bond
graph.
Remarques
1) La proposition 2.1 nous permet de choisir le nombre et l'emplacement des sources et
des capteurs nécessaires dans le modèle bond graph pour éviter la redondance et de garantir
ainsi le bon fonctionnement du système.
2) Si rang-bg (A) =n-q, alors q sources sont suffisantes pour commander le modèle.
3) Le raisonnement se fera par rapport aux entrées puisque nous assimilerons un vecteur
colonne de c. à l'effet d'une source d'entrée par une longueur de chemin donnée.
IV .[Link] de C!
Le calcul de cette première forme est immédiat pour un modèle bond graph en observant
qu'un sous-espace commandable est associé à chaque entrée.
Hypothèse
Les sources et les détecteurs redondants sont supprimés pour ne garder que le nombre
nécessaire afin d'assurer aux matrices de commande B et de sortie C un rang plein. Nous
supposons que la matrice d'état est de rang n-q. n faut donc trouver les q sources entrées
nécessaires pour avoir rang-hg (A B) =n. En particulier, si rang-hg {A Bi) =n-q+1 pour
je {l...m}, alors: rang [Bi ABi ... An-q BJ =n-q+l. Les (n-q+1) vecteurs colonnes pour
un indice j choisi, forment les (n-q+ 1) premiers vecteurs colonnes indépendants de C!.
(2.23)
Chap. l : Commandabilité en état et observabilité structurelles 86
Remarques
1) Si rang-hg (A Bj) =n-t, alors le sous-espace d'état non commandable associé à uj
est de rang t.
2) L'intersection des sous-espaces d'état non commandables associés à chaque entrée nous
donne le sous-espace d'état non commandable du système tout entier.
[Link] de c;
Dans Rahmani et al (1992), la procédure de construction de la matrice c; s'avère
incomplète dans certains cas particuliers. Des étapes supplémentaires sont nécessaires pour la
compléter, ce qui la rend très lourde à appliquer. Nous avons préféré exposer une nouvelle
procédure avec le même principe mais se basant sur une nouvelle notion appelée "arbre
causal".
Définitions 2.16
Un arbre causal est un chemin causal ayant un seul point de départ et un ou plusieurs
points d'arrivée.
Définitions 2.17
Le ième arbre causal entrée-état est un arbre ayant pour point de départ une entrée ui (Se
ou Sr) et pour point d'arrivée des éléments dynamiques (I,C) en causalité intégrale dans le
modèle bond graph.
Chap.l : Commandabilité en état et observabilité structurelles 87
Définitions 2.18
Le ième arbre causal sortie-état est un arbre ayant pour point de départ une sortie yi (De
ou Dr) et pour point d'arrivée des variables dynamiques en causalité intégrale dans le modèle
bond graph.
Définitions 2.19
4) Un arbre causal est dit simple s'il a un seul point de départ et un seul point d'arrivée
(chemin causal).
Définition 2.20
La longueur d'un arbre causal est égale à la longueur du plus long chemin causal reliant le
point de départ à un des points d'arrivée.
Définition 2.21
Deux arbres causaux sont différents s'ils n'ont aucun élément dy~amique en commun.
Il est bien connu que les indices de commandabilité sont déduits de la matrice c; ( après
réarrangement des vecteurs colonnes). Nous proposons une démarche inverse qui consiste à
déterminer d'abord les indices de commandabilité à partir desquelles la forme finale de la
matrice c;(après réarrangement des vecteurs colonnes) sera obtenue.
(2.24)
où {L~.Ji est la longueur de ième arbre causal entrée-état relatif à l'entrée ui.
Interprétation graphique
En supposant que la matrice B est de rang maximal (égal à rn). Cette hypothèse est
facilement vérifiable par simple dualisation des sources.
Chap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 88
La procédure 2.2, proposée ci-dessous pour construire la forme c;, n'est utilisée que si
le système I,(A,B) est structurellement commandable en état. Nous faisons l'hypothèse que
rang-bg [B] =m.
(2.25)
[Link]
L'emploi simultané des concepts de causalité et de gain de chemin causal sur le modèle
bond graph a permis d'une part de dégager des propriétés structurelles nécessaires à l'étude de
la commandabilité et de l'observabilité, d'autre part de déterminer l'expression formelle des
matrices associées et d'éviter des calculs complexes.
L'utilisation de la notion d'arbres causaux différents dans un modèle bond graph nous a
permis de mettre en évidence le degré d'influence de chaque source d'entrée sur les variables
dynamiques. Ce degré est connu sous le nom usuel d'indice de commandabilité.
Considérons le modèle bond graph d'un bras de robot à articulation flexible simplifié
[Sueur, 1990] (figure 2.10).
C:CI
se,
" 11
2
,~1
3
,o1 5
" 11
6
1 De,
22
~1 i 9 8
1 :It k 0 0 À 1 À 1:12
{ 11
sel
20
;A 1 1
18
1
TF
bi
17
,o ,tl 13
JI TF
••c 12 "1 JI 1 : 13
191
1 :14
lt {
C:C 2 Drl
Figure 2.10 : Bond graph d'un bras de robot flexible simplifié
Ce modèle bond graph contient six éléments dynamiques (I,C) en causalité intégrale,
deux sources d'effort (se, ,seJ et deux détecteurs de flux (Dr, ,DrJ· Donc les différentes
matrices de l'équation d'état (2.1) ont des dimensions égales à 6 x 6 pour A, 2 x 6 pour B et
2 x 6 pour C. La matrice D est nulle.
Chap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 90
et
Calcul de C~
- Quand la causalité dérivée est imposée, deux éléments dynamiques restent en causalité
intégrale ( 11 , 14 ). Nous pouvons alors conclure que rang-bg [A] = 6 - 2 = 4 et que deux
sources d'entrées sont nécessaires pour commander le modèle.
- Quand la dualisation de la source d'entrée se. (resp. sel) est appliquée sur le modèle
bond graph en causalité dérivée, l'élément 11 (resp. 14 ) conserve sa causalité intégrale ; nous
concluons que rang-bg [A B1] =5 (resp. rang-bg [A B2 ] =5).
- Pour faire disparaître ces causalités intégrales, la dualisation simultanée des deux
sources d'entrée est appliquée sur le modèle bond graph. Tous les éléments dynamiques (I,C)
admettent une causalité dérivée. Nous pouvons alors conclure que rang-bg [AB] =6. Le
système est structurellement commandable en état par les deux sources.
abe 2 (a-1)
0 0 0 0 1
13 1. cl cz
-be 2 (a-1)
0 0 0 0 0
13 1. cl cz
2 2 2 2
-be [ e (a -1)
0 0 0 be + e z+---2 b ] -e
1. C 2 13 1. cl C2 13 1. C 2 1. C2
Cl= 2 2
• -b2
1 0 0 b 2( - -e- % +-2-Z b ) 0
1. C 2 13 1. C 2 1. C 2
-be2(a-1)
0 0 0 0 0
13 1. C2
b 2 2
0 0 b( e +- b -) 0 0
1. 13 1. C2 1. c2
Calcul de c2s
Le modèle est commandable en état par les deux sources: les étapes 1) et 2) sont vérifiées
dans la procédure 2.1.
3) Les deux arbres causaux simples suivant, reliant les deux entrées aux variables d'état,
sont différents.
5) Le calcul des différents vecteurs par l'équation (2.21), conduit à l'expression suivante
de c:.
Chap. 2 : Commandabilité en état et observabilité structurelles 92
1
1 0 a-
- [-a
+ c (a -1)] 0 0 0
cl Il I3
1
0 0 -1-
- [-a
+ c (a -1)] 0 0 0
cl Il I3
1
-ac(a-1) c [ac(a-1) 1 1] -be
-c 0 +- +-+- 0 0
Cl=1
Il cl I3 cl cl cl I4 cl
be -bl
0 0 1 0
I3 cl I4 cl
a c1 (a-1)
0 -+ 0 0 0 0
Il I3
-cl b
0 0 0 0
I3 I4
Tous ces résultats sont bien entendu vérifiables en utilisant les matrices A, B, C déduites
formellement du modèle bond graph de la figure 2.10.
-a
0 0 0 0 - 0
cl
1
0 0 0 0 0 1 0
cl
c(l-a) -c 0 0 1 -c
0 0 0 0 - -c 0
0 0
cl c2 12 13
A=
0 0 0 0 0
-b
c2
B=
0 1
0
C=[: 0
c
13
0 0 :]
0
a -1 c(a -1)
- 0 0 0 0 0
Il 12 13
c b
0 0 - 0 0
13 14
[Link]
Nous avons proposé des règles de détermination formelle des différentes matrices de
commandabilité et d'observabilité directement à partir du modèle bond graph et sans aucun
calcul. L'importance de ces méthodes est d'autant plus évidente dans le cas des systèmes de
grandes dimensions, où le calcul matriciel formel est très complexe. Les manipulations
causales effectuées sur le modèle bond graph nous ont permis, par une analyse graphique,
d'expertiser le modèle afin de choisir le nombre et l'emplacement des sources et des capteurs
nécessaires pour assurer la commandabilité et l'observabilité en état du système, et d'éviter
ainsi la redondance. Une règle de détermination formelle des indices de commandabilité et
d'observabilité directement à partir du modèle bond graph a été proposée. Cette règle est à la
base de l'une des deux procédures de construction des matrices de passage. Ces deux matrices
Cbap. l : Commandabilité en état et observabilité structurelles 93
ainsi obtenues sont très utiles dans les problèmes de commande et notamment celui du
placement de pôles par retour d'état qui fera l'objet du chapitre suivant.
CHAPITRE 3 : PLACEMENT DE POLES
PAR RETOUR D'ETAT
CHAPITRE 3 : PLACEMENT DE POLES
PAR RETOUR D'ETAT
[Link] .................................................................... 9 9
[Link] uction
Une méthode importante pour le calcul des lois de commande des systèmes linéaires est
celle du placement de pôles par retour d'état. Celle-ci est intimement liée aux propriétés de
commandabilité en état. Plusieurs auteurs ont étudié ce problème en utilisant pour cela les
différentes approches : algébrique, géométrique et graphique.
Dans ce chapitre, nous consacrons une première partie aux rappels des formes
canoniques de commandabilité ainsi que des méthodes numériques utilisées habituellement
pour le placement de pôles des systèmes multivariables linéaires. Ensuite, nous proposons une
méthode graphique issue de la règle de Mason et basée sur la notion de familles causales pour
calculer les coefficients du polynôme caractéristique d'un système modélisé par bond graph
(en boucle ouverte et en boucle fermée). Ces coefficients sont à la base d'une première
méthode graphique que nous proposons pour placer les pôles des systèmes monovariables.
Cette méthode s'avère être difficile à appliquer dans le cas multivariable. Une seconde méthode
utilisant la matrice de commandabilité monovariable C, sera également proposée. Cette
dernière sera étendue au cas multivariable.
[Link] monovariable
(3.1)
avec (3.2)
Chap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 100
(3.3)
(3.4)
La paire (Ac,Bc) est toujours commandable. Elle est appelée forme canonique de
commandabilité monovariable. En utilisant la matrice de passage de Luenberger monovariable
(présentée au paragraphe 11.2.2 dans le cas multivariable), nous aboutissons à la forme
transposée de Ac.
Notre but est d'étudier ces formes canoniques dans le cas multivariable. Pour cela, nous
sommes amené à partitionner le système multivariable en plusieurs sous-systèmes
monovariables.
[Link] multivariable
[Link].A partir de C!
La première forme de commandabilité est caractérisée par un changement de base P 1 = C!
où C! est une matrice de commandabilité définie par l'équation (2.6). Les nouvelles matrices
d'état Ac 1 et de commande Be1 obtenues sont définies par l'équation (3.5).
(3.5)
Cbap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 101
0 0 0 x 0 0 x 1 0 x
1 0 0 x 0 0 x 0 0 x
0 1 0 x 0 0 x 0 0 x
0 0 1 x 0 0 x 0 0 x
A cl = Bcl =
0 0 0 0 0 0 x 0 1 x
0 0 0 0 1 0 x 0 0 x
0 0 0 0 0 1 x 0 0 x
Les termes marqués d'une croix "x" dépendent des termes des matrices A et B initiales.
La matrice Ac est sous forme triangulaire supérieure.
l
[Link].A partir de c;
La deuxième présentation dans la nouvelle base est d'abord caractérisée par le
changement de base p2 = où c; c;
est la matrice de commandabilité définie par l'équation
(2.7). Les nouvelles matrices d'état Ac 1 et de commande Bc 1 sont définies par l'équation
(3.6).
(3.6)
(3.7)
Les indices de commandabilité Jl.i (i = 1,2,3) sont J.1 1 = 3, J.1 2 = 2, J.1 3 = 3. Les matrices
Ac l et Be l sont décomposées en trois blocs de dimensions respectives 3, 2 et 3.
Chap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 102
0 0 x 0 x 0 0 x 1 0 0 x
1 0 x 0 x 0 0 x 0 0 0 0
0 1 x 0 x 0 0 x 0 0 0 0
0 0 x 0 x 0 0 x 0 1 0 x
Acz = Bcz =
0 0 x 1 x 0 0 x 0 0 0 0
0 0 x 0 x 0 0 x 0 0 1 x
0 0 x 0 x 1 0 x 0 0 0 0
0 0 x 0 x 0 1 x 0 0 0 0
Remarque
Si la matrice de commande B est de rang plein, la matrice Bez n'est composée que de "0"
et de "1 ". Une nouvelle transformation permet d'obtenir la deuxième forme de commandabilité.
[Link] de Luenberger
PT
3 =[ p, ' AT p, ' ... ' AT(Jl..-1> p, 'p,
1 1 1 2
' AT p, l ' ... 'p, ID ' AT p, • ' ... ' AT(Jl..,-1) p, m ] (3 .9)
(3.10)
0 1 0
0 0 1
x x x x x x x x 1 x x x
0 1
x x x x x x x x 1 x x
(3.11)
0 1 0
0 0 1
x x x x x x x x 0 0 1 x
Cette représentation est la plus utilisée dans des problèmes de synthèse de commande tels
que le placement de pôles ou le découplage par des commandes de type retour d'état. D'autres
formes peuvent être définies à partir de celles citées ci-dessus par simple permutation entre les
colonnes des matrices de commandabilité C! et c;.
[Link] formel des formes de commandabilité/observabilité
Les différentes formes de commandabilité citées ci-dessus font apparaître les coefficients
du polynôme caractéristique de la matrice d'état A. Nous proposons ici une méthode,
permettant de calculer ces coefficients d'une manière formelle.
Le calcul direct du déterminant de la matrice (sl 0 -A) est assez complexe surtout pour
des systèmes de grande dimension. C'est pourquoi, des méthodes graphiques se basant sur la
règle de Mason ont été introduites.
Cbap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 104
[Link].Règle de Mason
Dans cette partie, nous rappelons uniquement l'application de cette règle pour le calcul du
dénominateur D(s). Ce dernier représente le polynôme caractéristique PA (s) du système en
boucle ouverte.
où les Bi(s) représentent les gains des boucles du système intervenant lorsqu'elles sont
disjointes en produit 2 à 2 puis 3 à 3 (etc). T~;(s) est le gain du kième chemin liant la sortie y à
l'entrée u.
D~;(s) se calcule de la même manière que D(s) avec la condition supplémentaire que les
boucles retenues pour le calcul ne doivent pas toucher le kième chemin liant la sortie y à
l'entrée u.
[Link].Règle de Reinschke
Exemple 3.1
Considérons un système représenté par sa matrice d'état A et son digraphe associé
(figure 3.1 ).
(3.15)
Chap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 106
Pour simplifier la présentation des résultats, nous noterons G<a> la valeur de la famille de
cycles représentée par (a) ce qui donne ai = L G<a>.
a
Ainsi dans la première ligne du tableau récapitulatif (fableau 3.1), l'expression de ai se
calcule de la manière suivante :
a. Ex ressions
~au ~a22
\Y-' ~
(a) Famille d'ordre 2 (d =2)
G<b> = -at2a2t
G<c> = -a3tat3
En remplaçant les ai (i =1,2,3) par leurs expressions respectives dans (3.15), nous
obtenons P A(s).
La règle de Mason appliquée aux bond graphs en causalité intégrale conduit à une
expression de P A(s) exprimée en termes d'opérateur 1/s. Ce qui n'est pas pratique pour une
éventuelle utilisation directe. Pour obtenir la forme classique en s, il existe deux possibilités.
La première consiste, à partir du résultat précédent et moyennant quelques transformations
mathématiques, à factoriser suivant les puissances de s. La seconde consiste à utiliser le
modèle bond graph dans lequel tous les éléments dynamiques (I,C) sont en causalité dérivée.
Dans les deux cas, nous sommes amené à effectuer des calculs qui peuvent être
complexes pour des systèmes de grandes dimensions puisqu'il faut effectuer le produit des
gains des différentes boucles disjointes d'une manière formelle, puis réarranger tous les termes
pour déterminer les coefficients du polynôme. Une méthode alternative de calcul des
coefficients du polynôme caractéristique d'un système modélisé par bond graph a donc été
introduite. Cette méthode est déduite à la fois de la règle de Mason appliquée aux bond graphs
et de la méthode proposée par Reinschke (1988) se basant sur la notion de familles de cycles
causaux.
Pour cela et en analogie avec la notion de famille de cycles dans un digraphe, nous
définissons la notion de famille de cycles causaux par une série de définitions relatives aux
bond graphs.
[Link].1.Défini ti ons
La notion de boucle causale a été introduite pour définir un chemin causal fermé entre
deux éléments X - Y de type (I,C,R). Elle contient au maximum deux éléments dynamiques.
Définition 3.1
Un cycle causal est un chemin causal fermé pouvant contenir plusieurs éléments
dynamiques distincts.
Cbap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 109
Définition 3.2
Un cycle causal propre ne contient que des liens de puissance. Un cycle causal impropre
contient au moins un lien d'information.
Définition 3.3
Un cycle causal est d'ordre k s'il contient k éléments dynamiques distincts (I,C) en
causalité intégrale.
Définition 3.4
Le gain d'un cycle causal propre est égal au produit des gains des éléments dynamiques
(I,C) et des gains des chemins causaux qui le composent.
Définition 3.5
Deux cycles causaux sont différents s'ils n'ont aucun élément dynamique en commun.
Définition 3.6
Une famille de cycles causaux est un ensemble de cycles causaux différents.
Définition 3. 7
Une famille de cycles causaux est d'ordre k si elle contient k éléments dynamiques
distincts {I,C) en causalité intégrale.
Définition 3.8
Le gain d'une famille de cycles causaux est égal au produit des gains des différents cycles
causaux qui la composent.
Cbap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 110
Considérons le système représenté par son modèle bond graph (figure 3.2).
Les cycles causaux d'ordre 1 sont formés par chacune des boucles causales entre un
élément dynamique (I ou C) et un élément résistif R. Une boucle causale entre deux éléments
dynamiques I,C forme un cycle causal d'ordre 2.
Les familles de cycles causaux d'ordre 2 contiennent les cycles causaux d'ordre 1
associés deux à deux et les cycles causaux d'ordre 2. Ces cycles sont représentés sur les
figures (figure 3.3) et (figure 3.4 ).
1:1,
R:R 1 \
1 ·1 T'
11 0
5
AR : R3
C:C 2 I:I 2
(a)Cycle (I,.R,) (b) Cycle (C,. R,) (c) Cycle (C 1 ,R.) (d) Cycle (1 1 ,RJ
Figure 3.3 : Famille de cycles d'ordre 1
Chap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 111
R:R 1 ,
1
:r r·
11 0
5
JI R :R 3 C:C2 1:1 2
(b) Cycle (I 2,C2)
1: 11 rk--1
2 12
kr--- 01 10
; C:C2
3
11 ,o
(c) Cycle {I.,C,)
Figure 3.4 : Cycles d'ordre 2
Une famille de cycles causaux d'ordre 3 peut être obtenue soit par l'union de 3 cycles
causaux différents d'ordre 1, soit par l'association de deux cycles causaux différents d'ordre 1
et 2. Elle peut également être formée par un cycle causal d'ordre 3 (dans cet exemple, il n'en
existe pas). Quelques familles d'ordre 3 de l'exemple étudié sont représentées par la
figure 3.5.
:r r· l,. .- 7
--., R: R2
5
R:R 1 ~,----fl1 0 JIR:R3 1:1 2
(a) Famille {(I.,R.},(C.,R3 ),(1 2 ,R 2 ))
3
1 t - - l- - - , , 0
{b) Famille {{I.,C,),(R.,C 2 ))
Figure 3.5 : Familles de cycles d'ordre 3
Une famille de cycles causaux d'ordre 4 peut être obtenue par les différentes
combinaisons de cycles causaux différents ou par un cycle causal d'ordre 4.
Chap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 112
11 7
1:11 R:R4k 0 li 7 R:R 2
R:R 1 ,
1
21
11
T' 0
5
,JR:R 3
101
C:C2
1·
1:12
(a) Famille ({I.,RJ,(RpC 1 ),(R.,C 2 ),{R 2 ,I 2 ))
1:11 C:C1 9
o, 11
21
1 1
3
,o
f 101 r C:C2 1:12
(b) Famille ({I.,CJ,(I 2 ,CJ)
21
11 3
f
,o
101
C:C2 1:1 2
l'
(c) Famille ((I.,C 1 },(R•• C 2 },(R 2 ,I 2 ))
I :I 1 C:CI I: I1 C:CI
~~·
1 1
3
e~r ~~· eiDr
11
~
e
7 0
~~12 '~1 11
"l ~ ·b·
Û'< .. 1 1
~r~· e~~~
9
~l e~~f
1:12 C:C2 I:l2
C:C2
(d) Famille {I.,C.,I 2 ,C 2 ) (e) Famille (I.,C 2 ,I 2 ,C1 }
A priori, les familles de cycles causaux présentées figures 3.6 (d) et (e) sont identiques,
puisqu'elles ont le même ordre et qu'elles contiennent les mêmes éléments dynamiques 11 , 12 ,
Cbap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 113
C 1 et C 2 • En fait, elles sont considérées comme différentes car les liens causaux 3-6-9-12 sont
parcourus suivant deux directions opposées, une fois suivant l'effort et l'autre suivant le flux.
[Link].[Link]ère graphique
Théorème 3.2
La valeur de chaque coefficient ai (1 ~ i ~ n) du polynôme caractéristique P A(s), défini
par l'équation (3.12), est égale au terme constant du gain total des familles de cycles causaux
d'ordre i dans le modèle bond graph. Le gain de chaque famille de cycles causaux intervenant
doit être multiplié par (-1 )d si la famille est constituée de d cycles cau~aux différents.
Démonstration
Le théorème 3.2 est une simple reprise du théorème 3.1 [Reinshke, 1988]. Il est clair
que le théorème 3.2 peut être démontré en reprenant la démonstration du théorème 3.1 et en
utilisant l'analogie entre une famille de cycles dans un digraphe et une famille de cycles causaux
dans un bond graph (annexe 4).
Ainsi calculons le gain d'un élément de la famille de cycles d'ordre 2, composée des deux
cycles d'ordre 1 (figures 3.3 (a) et (b). Le gain de cette famille, noté G, est égal au produit des
gains des deux cycles causaux différents qui la composent
Seul le terme constant du gain G d'une famille de cycles causaux, noté G, intervient dans
le calcul du polynôme caractéristique. Ainsi nous pouvons l'écrire directement comme le
produit des termes constants des gains de chaque cycle.
- -R -1 R
G=--~---= 1
11 R3 C R 3 11 C
A titre d'exemple, considérons le modèle bond graph représenté figure 3.7.
Le tableau suivant (tableau 3.2) met en évidence les différents cycles causaux nécessaires
au calcul du polynôme caractéristique.
1:11
r I'
, 1 2
,o
·1 1
0'
6
11
1 i
R:R 1
Figure 3. 7 : Bond graph
1:12
a2 11
1:1 1
l i
R :RI 1:12
G - -R~
<d>- 1 1 s 2
1 2
:f' ~r
11
2
,o
~r 0 4
r
Jl1
G<e> = 1 C s2
G - 1
1
1
1
<O- 12C 1 s 2
(e) Cycle d'ordre 2 (d =1) (f) Cycle d'ordre 2 (d =1)
Chap. 3 : Plaœment de pôles par retour d'état 115
1 8 7
1 :It k 1k Ol 1 R :RI
~r 0
4
:r
J(1
G - RI
<B>- 11 12C1 s3
:r· ~r 2
G - RI
<h>- 11 12C1 s3
11 ,o
(h) Famille d'ordre 3 (d =2)
c:c.
~~~ __..,o~t~~
a3 1 :1 1
11
f l~e e 1J
11,o ~ G - -RI
<ï>- 11 12C1 s3
4j ~e ~~~ e JI
~~~:- i~f
...... 11
4~~
G - -RI
O>- 11 12C1 s 3
~tHe
f
Remarque
Nous remarquons que le terme constant a 3 de PA (s) s'annule formellement. Ce résultat
était prévisible puisque le rang de la matrice A est dégénéré.
En règle générale, avant d'entamer le calcul des coefficients du polynôme caractéristique,
il faut exploiter toutes les informations structurelles dont nous disposons, tel que le rang-
bond graph de la matrice d'état A obtenu par une simple manipulation causale.
[Link]
Dans le cas des systèmes monovariables modélisés par bond graph, nous avons montré
que la matrice de changement de base P peut être obtenue formellement ainsi que la forme
canonique de commandabilité Ac puisque les seuls paramètres non nuls qui la composent sont
les coefficients du polynôme caractéristique et les termes égaux à "1 ".
Par contre, dans le cas multivariable, si le calcul des matrices de changement de base P 1
et P 2 se fait sans problèmes d'une manière formelle à partir des formes C! etc;, celui des
matrices inverses P~ 1 et P; 1 est beaucoup plus difficile à réaliser formellement. De plus, les
différentes formes Ac, , Ac 2 , et AL contiennent des termes non nuls supplémentaires qui
interviennent dans le calcul du polynôme caractéristique. Sachant que ces termes sont très
difficiles à calculer directement. Les seules informations que nous pouvons donner
formellement sont les dispositions des "1 ", des "0" et des coefficients du polynôme
caractéristique.
[Link] uction
Davison (1970) a étudié le placement de pôles par retour de sortie. D a montré que, si un
système est à la fois commandable et observable, p pôles du système en boucle fermée peuvent
Chap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 117
être placés par retour de sortie, où p est le nombre de sorties indépendantes. Ce résultat a été
étendu par Davison et Chatteyée (1971) et Sridhar et Lindorff (1973) qui ont montré, que sous
les mêmes conditions que celles imposées par Davison (1970), les valeurs propres assignables
par retour de sortie sont égales au maximum de (m,p), avec rn, le nombre d'entrées
indépendantes. Kimura (1975) a montré que pour un système complet, sin s; m+p-1 alors un
ensemble de pôles distincts est assignable par retour de sortie. Davison et Wang (1975) ont
montré que pour un système rn entrées p sorties, le nombre de pôles à placer par retour de
sortie est égal à min (n,m+p-1).
Sefùc et Sezer (1991) ont étudié l'analyse structurelle du problème de placement de pôles
utilisant la théorie des graphes formulée auparavant par Reinschke (1984). Leur résultat donne
une condition graphique suffisante du placement de pôles générique par un .retour de sortie.
Katayama et Ichikawa (1992) ont proposé une méthode graphique pour le placement de pôles à
l'aide de la représentation d'une matrice par un graphe de transition.
Plusieurs autres auteurs ont contribué aux travaux sur le placement de pôles, nous citons
à titre d'exemple Ahmari et Vacroux (1973), Bayoumi et Duffield (1977), Fahmy et O'Reilly
(1983).
[Link] du problème
[Link]étés
[Link] monovariable
(3.17)
0 1 0 0
0
0 0 1
kn -an kn-1 -an-I ki -al
(3. 19)
Le calcul de K donne
(3.20)
[Link] multivariable
Pour le placement des pôles par retour d'état des systèmes multivariables, deux cas
peuvent se présenter, selon que nous voulons placer les pôles en utilisant un nombre minimum
de commandes ou en utilisant l'ensemble des commandes disponibles.
Chap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 119
1er cas
Si rang (A Bi) = n, le système peut être commandé par la ième entrée ui. Il est alors
possible d'imposer les modes du système en appliquant le retour uniquement sur cette entrée
ui. La méthode utilisée est identique à celle appliquée dans le cas monovariable.
2ème cas
L'ensemble des entrées est utilisé pour commander le système, donc le retour doit être
appliqué à l'ensemble des entrées. Ce cas est le plus intéressant et le plus fréquent.
Le sous-système l:i' i = { l, ... ,r}, est décrit par xie 9tn; donné par la forme (3.21)
r
avec 'I,ni = n.
i=l
Les nouvelles matrices  et B. définies par (3.22), sont exprimées dans une base telle
qu'elles aient la structure présentée en (3.23).
Âu Âl2 Âlr BI 0 0 bl
0 Â22 Â2r 0 B2 b2
A= B= (3.23)
0
0 0 Ârr 0 0 Br br
x 0 0
x 0 0
Chap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 120
0 1 0 0 0
Ce qui donne
ll suffit donc, pour imposer les divers modes de la matrice du régime libre du système
bouclé, d'imposer les modes de chaque sous-système pris isolément.
(3.27)
Pour le système bouclé, une matrice de régime libre À+ BK. de fonne triangulaire
supérieure par blocs dont le ième bloc diagonal est sous forme compagne est obtenu. Celui ci
admet le polynôme caractéristique (3.28).
(3.28)
Pour le système complet, nous obtenons u =Ki avec K. donnée par (3.29).
k1 0 0
0 k2
K= (3.29)
0
0 0 km
Cbap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 121
K=KP- 1 (3.30)
[Link] graphique
Définition 3.9
Un système structurel L([A],[B],[C]) possède des pôles qui peuvent être placés
structurellement par retour d'état K s'il existe un système structurellement équivalent à L, dont
les pôles peuvent être placés par K.
Théorème 3.3
Considérons un système structurel L([A],[B],[C]). Les propriétés suivantes sont
équivalentes.
(a) Le système Lest structurellement commandable.
(b) Il est possible de placer structurellement les pôles du systèmer.
Théorème 3.4
La commandabilité structurelle d'un système structurel L([A],[B]) implique le placement
de pôles par retour d'état statique pour presque tous les systèmes admissibles
L(A,B) E L([A],[B]).
Des méthodes graphiques existent notamment celle de Sefik et Sezer (1991) ainsi que
celle se basant sur les graphes de transition de Katayama et Ichikawa (1992).
Chap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 122
[Link].Cas monovariable
Dans le cas monovariable, nous proposons deux méthodes permettant de placer les pôles
par retour d'état d'une manière formelle. La première se base sur le calcul des coefficients du
polynôme caractéristique en boucle fermée et la seconde sur la mise sous forme canonique de
commandabilité de la matrice d'état, à partir du calcul formel de la matrice de commandabilité
c,.
Considérons les deux exemples de cycles causaux impropres, donnés par les figures
3.8 (a) et (b).
,~[9-
Figure 3.8 (a) : Cycle causal d'ordre 1 Figure 3.8 (b): Cycle causal d'ordre 2
Pour le cycle causal de la figure 3.8 (a), I 1 est parcouru uniquement suivant l'effort, donc
son gain n'est pas pris en compte lors du calcul de celui du cycle qui est égal à k 1•
Pour le cycle causal de la figure 3.8 (b), I 1 est parcouru suivant les deux variables, alors
que cl l'est uniquement par le flux ; donc le terme constant du gain est égal à k 3.
II
Exemple 3.2
Considérons le modèle bond graph de la figure 3.9 lorsque l'on applique un retour d'état
de la forme u = K x avec K =[kpk 2 ,k 3 ].
''
-1
0 0
cl
1
A= 0
1
0
-1
cl B=m
0
II I2
Chap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 124
et en boucle fermée :
1
ki k2 k--
3 c1
1
(A+BK)= 0 0
cl
1 -1
0
It I2
Le polynôme caractéristique en boucle fermée s'écrit dans ce cas
P(A+Bk) =s 3 +ats2 +a2s+a3.
Les arcs de retour de gain ki sont représentés par des trais en pointillés. Nous
rassemblons, dans le Tableau 3.3 suivant, l'ensemble des familles de cycles causaux
permettant de calculer le polynôme caractéristique.
/~ /.if:It
jJ e
se .... }1 1
(a) Cycle d'ordre 1 (d = 1)
I: I1
r 1 t-l----..,, 0
(a) Cycle d'ordre 2 (d =1)
o-----2:11 1
(b) Cycle d'ordre 2 (d =1)
-
G
-
<•>
a(b)=u
1
=-
I 1 c1
2
1
1
- - -k 3
G(c) --I-
l
C:C1
,e
/~/.if' l r -
G
(a)
-k
=--1
I C
0 ;1 1 2 1
se ... " 1
(a) Famille de cycles d'ordre 3 (d = 2)
I : I1 '' - - -k 2
G (b) - - -
~;~
1 I :I2 Il cl
·~f
1
1
se
1
e
... " 1 1
f
....
1 0
·tl e
.... "1
-k -k
=> a3 = __:t_ + _:z_
12 cl Il cl
En remplaçant chaque coefficient ai par son expression, nous obtenons le résultat (3.31 ).
(3.31)
-k -k
Cl = - - 1 + - - 2
3
I2 C 11 C
Il apparaît clairement que même pour un exemple simple, le calcul de la matrice K ne peut
se faire de manière systématique. Nous proposons une nouvelle méthode, présentée ci-
dessous, permettant de contourner cette difficulté.
Par contre, le calcul formel des formes de commandabilité C, est plus facile en
monovariable, puisque les formes C! et c; sont confondues du fait de l'existence d'une seule
entrée.
Théorème 3.5
Considérons un retour d'état de la forme u = Kc x avec
Si on note par Pd (s) =sn+ a 1 sn-l + a 2 sn- 2 + ... + an_ 1s +an le polynôme caractéristique
dont les racines sont les modes en boucle fermée souhaité, alors les coefficients de la matrice de
retour Kc sont calculés par une simple récurrence (3.32).
i-1
kc; =ai -ai- l{kcj aH}• i > 1 et kc, = a 1-a1 (3.32)
j=l
Preuve
La matrice en boucle fermée A~ est donnée par (3.33)
kc 1 kcl .
kc -an
1 0 0 -an-1
0 1 -an-2
A; =(Ac +Be Kc)= (3.33)
0
0 0 1 -al
dont le polynôme caractéristique est noté PA. (s) .
.
.
Il est suffisant d'identifier les termes de même puissance ens dans PA. (s) et Pd (s) pour
obtenir l'équation (3.33).
Le retour d'état dans la nouvelle base u = Kc xconduit à celui du modèle initial paru = Kx .
avec K = Kc (C,)- 1 • (C,f1 ne peut pas être formellement déterminée directement a partir du
modèle bond graph. Le recours à un calculateur sera imposé.
Nous proposons d'appliquer cette méthode sur le modèle bond graph de la figure 3.10.
Les matrices d'état A et de commande B sont calculées.
Cbap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 127
I :11 C:C 1 I :1 2
se
r I r
, 11 ,o ,11
1 1 l
R:R 1 R :R 3
Figure 3.10 : Modèle bond graph
R:R 2
Par une analyse graphique nous obtenons les coefficients du polynôme caractéristique de
A et nous déduisons sans calcul les matrices Ac et B c.
-RI + -R 2 -RIR2
0 0 +
=[~]
Il I2 cl Il I2 cl R3 II I2 CI
-1 -1 -R R -R 2
A=
c 1 0 --+--+ 1 2+ -RI +
IICI I2CI II I2 R3IICI R3 I2 cl B,
0 1 -RI+ -R2 +.....:.!__
II I2 R3CI
Afin de placer les pôles désirés, c'est-à-dire les coefficients ai (i = 1,2,3) du polynôme
caractéristique choisi, nous déterminons les expressions des coefficients kc (i = 1,2,3) de la
'
matrice Kc = [kc, ,kc 2 ,kc 3 ] . en appliquant la relation de récurrence (3.34).
Pour déterminer les coefficients ki (i = 1,2,3) dans l'ancienne base, c'est-à-dire à partir
de l'équation d'état initiale, nous devons calculer l'inverse de la matrice de changement de base
P= c..Ce calcul ne peut se faire à partir du modèle bond graph.
Pour calculer C,, nous appliquons la procédure défmie au chapitre 2 (Procédure 2.1).
-RI R -1
1
II (t J +Il Cl
1
P=C1 = 0 0
Il Cl
1 -R1+ -1
__
0
II I; R 3 I1C1
Cbap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 128
La matrice (C,r' étant calculée à l'aide d'un logiciel de calcul formel sous la forme
1 R1
1+- R1
R3
p-1 = 0 R1C1+-.!L_ 11 '
R3
0 11C1 0
[Link].Cas multivariable
Les deux méthodes utilisées pour le cas monovariable peuvent être étendues aux cas
multivariables. En ce qui concerne la première méthode, les relations non linéaires pour le
calcul de la matrice K sont assez complexes et ne peuvent être résolues formellement. Cette
méthode est employée avec des calculs numériques. Nous nous attardons ici sur l'extension au
cas multivariable de la deuxième méthode présentée en monovariable. Pour cela, nous utilisons
laforme c~.
ter cas
Si le système peut être commandé par la ième entrée ui, l'étude se réduit alors à celle d'un
système monovariable. Il est alors possible d'imposer les pôles du système en appliquant la
règle décrite dans le cas monovariable.
2ème cas
Dans ce cas, l'ensemble des entrées (q) est utilisé pour commander le système modélisé
par bond graph.
Supposons que rang-bg [A] = n-q ; le modèle possède alors q modes nuls. Le
polynôme caractéristique de A s'écrit donc sous la forme (3.34) :
(3.34)
Chap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 129
(3.35)
Théorème 3.6
Si nous appliquons à un modèle d'état déduit d'un modèle bond graph un changement de
base défmi par la matrice P1 = C!, alors,
1) Les nouvelles matrices d'état Ac, et de commande Be, défmi par l'équation (3.63)
(3.36)
2) Les termes ai i = 1, ... ,n-q sont les coefficients de P A(s) avec des signes négatif.
Preuve
Comme dans le cas monovariable, si nous considérons un modèle d'état déduit d'un
modèle bond graph et un changement de base défini par la matrice P 1 = C!. les formes Ac, et
Be1 (3.37) sont obtenues par simple résolution formelle de l'équation (3.36).
Alors la matrice Ac 1 (3.37) est sous forme triangulaire supérieure et comporte un bloc de
dimension (n-q+ 1)x(n-q+ 1) et (q-1) blocs nuls de dimension 1 avec des zéros sur la diagonale.
n suffit alors pour placer les pôles du système tout entier d'appliquer la règle décrite dans
le cas monovariable, pour placer les pôles contenus dans le premier bloc de dimension (n-q+ 1)
avec la première entrée, puisque les autres modes contenus dans les (q-1) blocs restants sont
placés par les autres (q-1) entrées.
Théorème 3. 7
Considérons la matrice de retour d'état Kc définie par (3.38).
0 0 0 0 0 kc qu
Si on note par Pd (s) =sn+ CX 1 sn- 1 + a 2 sn-2 + ... + Cl 0 _ 1 s +an le polynôme caractéristique,
alors les coefficients de la matrice de retour d'état Kc sont défmi de la manière suivante :
i) Kc laj avec j =1, ... ,n-q+ 1 sont déterminés en utilisant l'équation (3.32).
ü) Kc Àa(o-<j+À) = a.<n-q+l.> avec À= 2, ... ,q
iü) Les coefficients Kc restant non définis ni en i) ni en ii) ne sont pas utilisé dans le
problème de placement de pôles.
Preuve
La forme particulière de cette matrice est imposée par la forme des matrices Ac. et Be.
(forme triangulaire supérieure).
Le résultat est obtenu directement par un calcul formel après détermination de la matrice
d'état en boucle fermée A:. (Ac.
= +Be. Kc)
et de l'identification des différents coefficients
dans PA. (s) et Pd(s) comme dans le cas SISO.
.
Les coefficients de la matrice de retour d'état initiale K sont définis utilisant l'équation
(3.39).
(3.39).
Ainsi, considérons le modèle bond graph de la figure 3.11, d'ordre n = 5 (5 éléments I,C
en causalité intégrale).
Chap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 131
Lorsque nous imposons au modèle une causalité dérivée (figure 3.12), les éléments
dynamiques 11 , 12 et 13 conservent la causalité intégrale, donc rang- bg [A] = n - 3 = 2.
La dualisation séparée de chacune des sources permet de faire passer en causalité dérivée
un des éléments restés en intégrale, ce qui s'exprime par :
rang-bg(A B,]=3,rang-bg(A B2 ]=3,rang-bg(A B3]=3.
Cbap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 132
La dualisation simultanée de toutes les sources permet d'imposer une causalité dérivée à
tous les éléments dynamiques (figure 3.13), d'où :
rang- bg (A B 1 B2 B3 ] = 5.
Les trois entrées sont donc nécessaires pour commander le système.
Suivant la forme C!, trois choix sont possibles pour former la matrice de passage P1 •
P1 =C!=[B 1 AB 1 A 2 B1 B2 B3] (a)
ou
P1 = C! = [B 2 AB 2 A 2 B2 B1 B3 ] (b) (3.40)
ou
P1 =C! =[B 3 AB 3 A 2 B3 B1 B2 ] (c)
0 0 0 x x
1 0 0
1 0 [ 1 1 1 1 ] x x
- 11 C 1 + lz C 1 + 13 C 1 + 14 C 1 0 0 0
-1 0 0 0
0 1 x x
A •. = RCI B.. =
0 1 0
0 0 0 0 x
... ... ... ... ... ...
0 0 1
0 0 0 0 0
Chap. 3 : PJacement de pôles par retour d'état 133
0 1 0
0 0 0
0 0 0
Pour P 1 défmie en (3.40. b), nous obtenons Ac 2 =Ac 1 et B~ ~z
=
1 0 0
0 0 1
0 0 1
0 0 0
0 0 0
En utilisant P1 définie en (3.40.c), nous obtenons Ac l =Ac 1 et B~~)
=
1 0 0
0 1 0
Nous choisissons ici l'expression définie en (3.40.a).En utilisant le calcul formel, nous
obtenons la matrice c~ (3 .41)
-1
1 0 0 0
Il cl
-1
0 0 1 0
Il Cl
1
Cl= 0 0 0 1
' Il Cl (3.41)
1
0 0 0 0
IICI
1 -1
0 0 0
Il IIRCI
Les matrices d'état et de commande dans la nouvelle base sont alors données par
l'équation (3.42).
0 0 0 0 0
1 0 0
1 0 - [ -1+ - -1+ - 1- + -1-] x x 0 0 0
11 C1 12 C1 13 C1 14 C 1
-1 0 0 0
0 1 x x
A .. = RC 1 B •. = (3.42)
0 1 0
0 0 0 0 0
... ... ... ... ... ...
0 0 1
0 0 0 0 0
Cbap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 134
Kc= 0 0 0 kc 2A kc 25 (3.43)
0 0 0 0 kc l5
Etant données les formes des matrices Ac, Be, , seuls les termes
et
kc Il , kc Il , kcIJ , kc :M et kc 35 sont nécessaires au placement de pôles, les autres pouvant être
quelconques.
Soient a.i les termes du polynôme caractéristique désiré (i = 1, ... ,n). En appliquant
l'équation de récurrence (3.44), nous obtenons les valeurs formelles des coefficients de retour
ki.
(3.44)
k cl5 = a.s
La matrice (C!)-1 étant calculée à l'aide d'un logiciel de calcul formel sous la forme
1 0 0 1 0
0 0 0 !L II
R
<c!r 1
= 0 0 0 IICI 0 (3.45)
0 1 0 1 0
0 0 1 -1 0
Les coefficients de la matrice de retour d'état initiale K sont alors déterminés en utilisant
l'équation K = Kc(C!r 1 •
Chap. 3 : Placement de pôles par retour d'état 135
IV .Conclusion
Le but de ce chapitre a été d'étudier le problème du placement de pôles par retour d'état
des systèmes multivariables modélisés par bond graph. Les méthodes graphiques existant pour
les systèmes modélisés par des digraphes se basent généralement sur la triangularisation de la
matrice d'état A directement à partir du digraphe. Mais ces méthodes s'avèrent non utilisables
pour les bond graphs à cause de la forte connexité de ces derniers.
Nous avons proposé de nouvelles méthodes, basées exclusivement sur des manipulations
causales et le calcul de gains de chemins causaux à partir du modèle bond graph, nous
permettant de placer les pôles formellement
CHAPITRE 4 : COMMANDABILITE EN
SORTIE ET DECOUPLAGE ENTREES-
SORTIES PAR RETOUR D'ETAT
CHAPITRE 4 : COMMANDABILITE EN
SORTIE ET DECOUPLAGE ENTREES-
SORTIES PAR RETOUR D'ETAT
[Link]
[Link]é en sortie
II.l.l.Définitions
11.1.2.Méthodes d'étude
1) Un système défini par sa matrice de transfert W(s) strictement propre est commandable
en sortie si et seulement si les lignes de W(s) sont linéairement indépendantes.
Cbap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 143
Théorème 4.1
Un système I,(A,B,C,D) est complètement commandable en sortie s'il est complètement
commandable en état et si les lignes de la matrice de sortie C sont linéairement indépendantes.
Les multiplications matricielles, surtout pour des systèmes de grande dimension, rendent
le calcul formel de la matrice C 0 complexe. Pour éviter ces calculs, nous proposons une
méthode de calcul formel basée sur la notion de chemin causal dans un modèle bond graph.
Calcul formel de C 0
La matrice D intervenant dans C 0 correspond aux chemins de longueur zéro entre les
sources et les détecteurs Yp chaque terme de la matrice CA tB est donné par l'équation (4.3) :
CAtB(JÏ)=[Link].
J 1
~ÔL t+l (u.,y.)
= .(... 1 J
ie{l...m},j e{l...p},Os;ks;n-1 (4.3)
où lôLt•l (ui,yj) regroupe les termes constants des gains des chemins causaux de longueur
Lt+I entre l'entrée ui (Se ou Sr)etlasortie yj (De ou Dr)·
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 144
Exemple 4.1
Considérons un système modélisé par le bond graph de la figure 4.1.
1 :1 1 C:C1 1 :12
se
21
"" , 1
3
7
i l
0
7
", 1
9
1 De
Sr
/~ De
Figure 4.1 : Modèle bond graph
u=G:) y=(~:)
Le modèle bond graph comporte trois éléments dynamiques en causalité intégrale ; il
n'existe pas de chemin causal de longueur 0 reliant une entrée à une sortie. La matrice de
commandabilité en sortie C 0 se présente donc sous la forme C 0 = [ C B CAB CA2 B].
Le modèle bond graph contient deux sources et deux détecteurs, donc la matrice C 0 peut
être décomposée de la façon suivante :
Chaque sous-matrice CAt B (k = 0,1,2) est composée de quatre termes représentant les
liaisons causales des détecteurs De et Dr avec les sources d'effort Se et de flux Sr. Ainsi,
pour calculer ces termes, il suffit de déterminer tous les chemins causaux de longueur Lk+l
pour k = 0, 1,2 reliant une entrée à une sortie.
* Calcul de C B
- n n'existe pas de chemin causal de longueur 1 reliant la source d'effort se au détecteur
d'effort De, donc C 1 B 1 =O.
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 145
-De la même manière, le détecteur de flux Dr n'est relié à aucune des deux sources par
un chemin causal de longueur 1, donc c2 BI= c2 B2 =o.
*Calcul de CAB
- Sr et De, ainsi que Se et Dr, ne sont reliés par aucun chemin causal de longueur 2,
donc C 1 AB 2 = C 2 AB1 =O.
1 - 1
=> G (s,.o,) = 1 C s2 et G (s,.o,) =--,
1 C
2 1 2 1
*Calcul de CA 2B
-Il n'existe pas de chemin causal de longueur 3 reliant Se à De ni Sr à Dp
2 2
donc cl A BI = c2 A B2 = 0.
1 - 1
(Se,Dr) : 1-2-2-3-4-4-7-8-8-9 G
(s•.o, >
=
1 1 C 3
1 2 1
s et G (s•. o,) = 1 1 12 C 1 ,
1
donc c2 A BI
2
=---
cl
1112
-1 - -1
(sP D e )1 •· 5-4-4-3-2-2-3-4-4-6 => G (s,.o.). = 1 c2 s3 et G (s,.o.). =1-c2'
-
1 1 1 1
0 1 0
Co= 0
[
~1 1
(4.4)
Un des intérêts de cette méthode réside dans la mise en évidence immédiate des termes
nuls.
Une condition nécessaire de commandabilité en sortie est que chaque détecteur soit relié
par un chemin causal à au moins une source. En effet, s'il existe une sortie Y; (De ou Dr) qui
n'est jamais atteinte par une source (Se ou Sr) alors tous les termes C; At B (0 :S k :S n-1) de
la ième ligne de la matrice C 0 sont nuls. Cette condition est généralement vérifiée pour les
modèles bond graphs grâce à leur forte connexité.
L'application de la règle de Mason sur un modèle bond graph fait intervenir la notion de
chemins disjoints ne possédant aucune jonction, aucun élément en commun, ni aucun lien
parcouru en suivant la même variable. Nous introduisons ici la notion de "chemins différents"
que nous utilisons pour proposer un critère graphique de commandabilité en sortie structurelle.
Définition 4.4
Dans un bond graph, un chemin causal entrée-sortie est un chemin ayant comme point de
départ une d'entrée U; (se ou Sr) et comme point d'arrivée une sortie yj (De ou Dr).
Définition 4.5
Dans un bond graph, deux chemins causaux entrées-sorties sont dits "différents" s'ils
n'ont aucun élément dynamique en commun. Chaque entrée et chaque sortie n'apparaissent
qu'une seule fois dans chaque chemin.
Critère 1
Un système linéaire stationnaire à rn entrées et p sorties (p :S rn) est structurellement
commandable en sortie s'il existe un seul choix possible de p chemins entrées-sorties différents
dans le modèle bond graph.
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 147
Démonstration
La matrice de commandabilité en sortie C 0 se présente sous la forme suivante
c.A··a. c. A·-·a.
C A·-·a.
2
C 2 A•-• B.
c.=
Cp BI CPBIII CPAB. CPAB,. c A·-•a
p 1
Chaque terme de la matrice C 0 représente une relation causale reliant une sortie yj (De ou
Dr)àuneentrée ui (Se ou Sr)·
Il est clair que le choix de p termes indépendants (défmition 1.9) dans la matrice C 0
garantit sa non singularité. L'existence de ces p termes indépendants est équivalente à celle d'un
seul tenne non nul par ligne et par colonne dans C 0 • Ce qui se traduit en tennes de chemins
causaux par l'existence de p chemins causaux entrées-sorties différents dans le modèle bond
graph.
L'existence de deux ensembles de termes indépendants ne remet pas en cause la non
singularité de la matrice C 0 • Par contre, ce n'est pas le cas de l'existence de deux choix
possibles d'ensemble de p chemins causaux entrées-sorties différents dans le modèle bond
graph. En effet, il est possible dans des cas particuliers que les gains des deux ensembles soient
égaux auxquels cas, leur somme pondérée est nulle ce qui implique la singularité de la matrice
Co.
Un second critère de commandabilité en sortie structurelle peut être déduit en appliquant le
théorème 4.1. En effet, il suffit de vérifier la commandabilité en état structurelle ainsi que le
rang de la matrice de sortie C en termes bond graph.
Critère 2
Un système linéaire stationnaire à rn entrées et p sorties (p S rn) est structurellement
commandable en sortie si les trois conditions suivantes sont vérifiées :
a) Tous les éléments dynamiques en causalité intégrale sont causalement atteints par une
source d'entrée.
b) Rang-hg (AB)= n.
c) Rang-hg (C) = p
Lorsque les sorties sont indépendantes, la commandabilité en état implique celle vis à vis
des sorties.
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 148
Exemple 4.2
Considérons le système I,(A,B,C) modélisé par le bond graph (figure 4.2).
I: 11 C:C1 I: 12
se
21
) 1 1
4
70
SI
l 7
;11
'1
Dr,
·I l
Sr Drz
Figure 4.2: Modèle bond graph
u =(~:J y=(~:J
Application du critère 1
Les deux chemins causaux entrées-sorties [(se,Dr, ). 1-2-2-3] et [(Sr,DrJ, 6-5-5-7-8-8-
9] sont différents, donc le système est commandable en sortie.
Application du critère 2
1) Lorsque nous imposons la causalité dérivée au modèle bond graph et que nous
dualisons les deux sources Se et Sp tous les éléments dynamiques acquièrent une causalité
dérivée, donc le modèle est commandable en état.
2) La dualisation simultanée des deux détecteurs De et Dr est possible sans introduction
de conflit, donc les deux sorties sont indépendantes.
La vérification des conditions du critère 2 entraîne la commandabilité en sortie du système
modélisé par ce bond graph.
Remarques
L'existence de chemins causaux entrées-sorties différents n'est pas une condition
nécessaire de commandabilité en sortie comme le montre l'exemple 4.1.
• En effet, le système est commandable en sortie (rang C 0 = 2), alors que le modèle
bond graph ne contient pas deux chemins causaux entrées-sorties différents.
Cbap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 149
* A partir de la matrice C 0 ( 4.4), nous pouvons extraire une sous-matrice de rang 2 dans
laquelle les tennes non nuls proviennent uniquement des chemins causaux liant la seule source
[
_1
~~
0
I,Ic,
l
Donc le système modélisé par ce bond graph est fortement commandable en sortie.
[Link]é fonctionnelle
Définition 4.6
Un système est fonctionnellement commandable en sortie (ou fonctionnellement
reproductible) si ses sorties peuvent être commandées sur tout intervalle de temps suivant une
trajectoire pré-définie.
Considérons un système décrit par sa matrice de transfert W(s) ou par sa matrice système
Considérons un système carré décrit par sa matrice de transfert W(s) (rn) x (rn). Chaque
ligne de W(s) peut s'écrire sous la forme de (4.5):
ie{l. .. p} (4.5)
111.2.1nversibilité
Définition 4. 7
Un système I,(A,B,C), défini par sa matrice de transfert W(s) carrée de dimension
(rn) x (rn), est inversible si W(s) est non singulière.
Un système non carré (rn-:;; p) est inversible à droite (resp. à gauche) si rang W(s) = p
(resp. rang W(s) =rn).
Cette notion d'inversibilité, utilisée par exemple pour le découplage, requiert une étude
particulière de la matrice de transfert. Celle-ci sera proposée dans la partie suivante.
[Link] de transfert
Pour les systèmes de grande dimension, le calcul de W(s) ainsi que son rang est parfois
délicat. Il nous paraît donc intéressant de disposer d'une méthode de calcul formel de W(s)
ainsi que de son rang pour les modèles bond graphs.
a) Méthode matricielle
W11 (s)
w2l(s)
W(s)= (4.7)
Le calcul matriciel sous forme formel est assez difficile à réaliser pour des systèmes de
grande dimension. Généralement, le recours à un calculateur s'impose.
Une des règles classiques de calcul de la matrice de transfert utilisant la théorie des
graphes ou bond graph est la règle de Mason que nous avons rappelée lors du calcul du
polynôme caractéristique (chapitre 3).
Chaque terme de la matrice de transfert (4.7) peut être reformulé par (4.8) avec
(1 ~ i ~rn , 1 ~ j ~ p). Ainsi l'équation (4.7) peut être réécrite sous la forme (4.9).
(4.8)
N 11 (s) Nlm(s)
1 N2l(s) N2m(s)
W(s)=- (4.9)
D(s)
NP 1(s) Npm(s)
Le calcul formel du dénominateur de Wji (s) est présenté dans le chapitre 3. Nous nous
intéressons ici uniquement au calcul du numérateur Nji(s). Ce dernier s'écrit sous la forme
(4.10).
ji o-1 ji o-2 ji ji
(4.10)
N ji (s ) = P1 s + P2 s + · · · +Po-l s +Po
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 152
Pour trouver une interprétation par la théorie des graphes des coefficients p~
(1 ~ k ~ n) du numérateur, Reinschke (1988) propose une méthode qui se base sur la notion
de famille de cycles de retour dans le digraphe G{ Qii) avec Qii une matrice
(n+m+p) x (n+m+p) donnée par (4.11), où Qii est un cas particulier de la matrice Q 3
(2.20), sous la forme :
~] (4.11)
Exemple 4.3
Considérons les matrices A, B et C déduites du bond graph de la figure 4.2. Le digraphe
o(Qji) associé est donné par la figure 4.3.
-1
0 0
B=[~ ~] C=[~
cl 0
A= 0
1
0
-1
1
cl
0
1
12
:]
Il 12
tH 1/C,
-1/1,
1/1,
-1 -1
~-
-1 __ ,
Figure 4.3: Digraphe G(QJI)
Cbap 4 : Cœnmandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 153
Le système possède deux entrées et deux sorties, donc la matrice de transfert se présente
sous fonne d'une matrice carrée.
Nous choisissons de développer le calcul du seul élément N 11 (s) de W(s) sachant que les
autres sont obtenus de la même manière.
* Calcul de N 11 (s)
N 11 (s) représente la relation entre l'entrée u1 et la sortie y 1 •
N 11 (s) -_pu
1
s2 + PII2 s +pu3
Ex ressions
d =1
-1/1,
d=2
Tableau 4.1 : Familles de cycles
Nous avons montré dans le chapitre 3 (11.3.1) que la règle de Mason utilisée dans le
calcul du polynôme caractéristique présente certains inconvénients. Ces remarques restent bien
entendu valables dans le cas de l'application de cette règle dans le calcul de la fonction de
Cbap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 154
Théorème 4.4
Le numérateur N ii (s) est déterminé par :
(4.12)
à
(u;.Yi)k est le terme constant du kième chemin causal entre l'entrée ui et la sortie Yi et
pR(u;.YJ)k est le polynôme caractéristique du modèle bond graph réduit, obtenu à partir du
Exemple 4.4
Considérons le modèle bond graph de la figure 4.2. Nous calculons la matrice de transfert
W(s) associée.
Le chemin causal (se,Dr.}, 1-2-2-3, a pour gain G(s•.nr.) = I:s, donc le terme constant
- 1
de ce gain est égal à G(s 0
) = -.
•' r• JI
En supprimant le chemin causal entrée-sortie (Se,Dr. ). nous obtenons le modèle
bond graph réduit de la figure 4.4. L'application de la règle graphique du calcul des
1
coefficients du polynôme caractéristique, nous permet d'écrire p(R 0 ) = s 2 + - -, donc
s•. '• I2 cl
4 7 r
;11
Sr
{Drz
Figure 4.4: Bond graph après suppression de (s.. o,.)
1
N21(s)=--
II I2 cl
Le modèle bond graph réduit (figure 4.5 (a) obtenu après suppression de ce chemin
causal entrée-sortie (SpDrJ contient un seul élément dynamique donc p(Rs,.n,. ) =s, d'où
-1
N 12 (s)=--xs.
11 C 1
1:11
7 r
)11 se
1
2l
)1
91 31
Df2 Dr.
Figure 4.5 (a) Figure 4.5 (b)
Figure 4.5 (a) Après suppression de (st>Dr. ). (b) après suppression de (sPDr 2).
- 1
G (s,.o,2) = C-·
1 2 1
1
Donc W(s) = [ ] (4.13)
3 1 1
s +s - - + - -
11 c, 12 c,
Le calcul du rang de la matrice de transfert W(s) est complexe car il dépend du paramètre
s. Certaines défmitions permettent d'éviter cette difficulté.
Chap 4 : Cœunandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 157
a) Rang normal
Reinschke (1988) présente une méthode graphique de calcul du rang normal structurel de
la matrice de transfert en utilisant la notion de famille de cycles dans un digraphe.
Exemple 4.5
Considérons le digraphe structurel de la figure 4.3. Nous calculons le rang structurel de la
matrice de transfert en employant le théorème 4.5.
Nous remarquons facilement que deux arcs de retour sont utilisés dans la famille de cycles
d'ordre 3 représentée par (figure 4.6). Nous en concluons que le rang normal structurel de la
matrice fonction de transfert associée à ce système est égal à 2.
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 158
Il est clair, à partir de l'expression de W(s) donnée par (4.13) (calculé pour le
bond graph équivalent) que le rang réel de W(s) est égal à 2. Dans ce cas, le rang normal
structurel et le rang réel de la matrice fonction de transfert sont égaux. Cependant ce critère
s'avère non applicable dans certains cas particuliers.
Exemple 4.6
Considérons le système défini par sa représentation d'état. Le digraphe structurel G ([ Q3 ])
associé est donné par la figure 4.7 (a).
-1 1
0 0
cl c2
1 -1 1 0 1
0 0 0
A= 1
Il
-1
-1
I2
1
cl
0
c2
0
B=
0
0 0
0 0
1
C=[: 0
cl
0 ;,]
0 0
Il I2
.........- - - - - - - - - -,
/
/
' '
.....__ _________ ~
'
Figure 4.7 (a) :Digraphe structurel G([Q 3 ]}
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 159
• Rang structurel
Nous pouvons extraire la famille de cycles (figure 4.7 (b) qui contient deux arcs de
retour. Donc, d'après le théorème 4.6, nous concluons que rang n-s (W(s)) = 2.
Nous remarquons que le rang de W(s) est dégénéré d'une manière structurelle,
malheureusement. ces cas particuliers ne sont pas résolus en théorie des graphes. Cette dernière
sous-entend toujours vérifiée l'hypothèse de non dépendance entre les termes des matrices
structurelles étudiées.
Pour résoudre ce problème, nous proposons une méthode qui nous permet de déterminer
d'une manière formelle le rang de la matrice de transfert dans le cas général et de détecter
graphiquement les cas présentant des difficultés.
Critère
Lorsqu'un seul choix de q chemins causaux entrées-sorties différents est possible dans le
modèle bond graph, alors le rang bond graph de la matrice de transfert W(s) est égal à q.
Chap 4 : Cœunandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 160
Démonstration
Exemples 4. 7
1) Nous reprenons le modèle bond graph de la figure 4.2. TI existe deux chemins
causaux entrées-sorties différents [{Se,DrJ : 1-2-2-3] et [{Sr>Dr 2) : 6-5-5-7-8-8-9], donc
rang-hg W(s) = 2. Le rang bond graph est alors égal au rang réel de W(s) (4.13).
2) Les matrices A, B, C (exemple 4.6) ont été déduites du modèle bond graph de la
figure 4.8. Nous proposons d'étudier son rang-hg.
1 :11 C:C 1
{ f. 3
7 0
5
A De1
"' 1 1
D~rk---- 0 '
11
11 } 9 7
se2
11"
{ t
C:C2 1:12
Figure 4.8
u =(~:J
Deux choix de chemins causaux entrées-sorties différents sont possibles:
{Se1,De1): 1-2-2-3-4-4-5
ou {(sel' oe2 ):1-2 -2-12-w-10-11
{ {se ,De ) : 7-8-8-9-10-10-11
2 2
(se2' oel ):7-8-8-6-4-4-5
Cbap 4 : Cœnmandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 161
L'existence de ces deux choix possibles ne nous permet pas de fournir le rang-hg du
système modélisé par ce bond graph. Un calcul plus approfondi s'impose.
1
Rang P(s) =rang(si- A)+ rang [c(sl- Af B + D], donc Rang P(s) = n +rang W(s)
Ainsi, si det P(s) :t:. 0, alors det W(s) :t:. 0 et réciproquement. Donc nous pouvons
calculer indifféremment le déterminant de la matrice de transfert W(s) ou celui de la matrice
système P(s). Nous nous proposons de calculer ce dernier car une interprétation directe à partir
du modèle bond graph est possible.
Théorème 4.5
Le déterminant de la matrice système P(s) est donné par l'expression suivante:
m
avec TI G( . ·) , le produit des termes constants des gains des rn chemins causaux entrées-
u,.y)
Remarque
Cette expression est donnée dans le cas où il existe au moins un choix possible de rn
chemins entrées-sorties différents. Si ce n'est pas le cas, le déterminant de P(s) est nul.
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 162
Considérons le modèle bond graph de la figure 4.8 auquel nous appliquons l'équation
4.16 pour calculer le déterminant de la matrice système.
Deux choix de chemins causaux entrées-sorties différents sont possibles :
-
1) Calcul des gains des chemins causaux entrées-sorties
l
G (s., .n.,) - -
- 1C
1 1
- 1
G = -
(s.z ·0 •z) 12C 2
2) Après suppression de ces deux chemins aucun élément dynamique ne reste sur le
bond graph donc pR = 1.
2) Après suppression de ces deux chemins aucun élément dynamique ne reste sur le
bond graph donc pR = 1.
Cbap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 163
Conclusion
Le calcul du détenninant de la matrice système nous pennet de connaître le rang réel de la
matrice de transfert Celui ci est différent du rang structurel calculé par les graphes.
Considérons le modèle bond graph de la figure 4.9 auquel nous appliquons l'équation
4.16 pour calculer le détenninant de la matrice système.
1 :12
4 ~1~0
se2---)'l-,! 11....- - - ~
{
Figure 4.9
u=G:) y=(~;J
Un seul choix de deux chemins causaux entrées-sorties düférents est possible.
r(se 2
,Df ) : 1-2-2-3] . Leurs termes constants des gains respectifs sont G(s
2 •• •
D )
'•
= ..!._ et
12
a(s.2 · 12) =...!.._1 ·
0
3
En éliminant ces chemins causaux entrées-sorties du modèle bond graph de la figure 4.9,
nous obtenons le modèle bond graph réduit de la figure 4.10.
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 164
t-----.,. 0
SI~!
,~ 13
t----__,, R: RI
I: I 1
Figure 4.10: Bond graph après suppression des chemins (s.,,D,.) et (s.,.D~,)
(RI
1 [ s2 +s -1+ -1-) + -1· -1- +1-)]
DetP(s)=--
I2 13 1 R 2C
(RI
1 R 2C I1 C
L'étude des différents chemins causaux permet de calculer les matrices A, B et C. Par le
calcul classique, nous retrouvons le même résultat (4.17).
-RI 1
0 0
Il cl
1 0 0 1
0
:]
0 0 0
1 0 12
A=
0 0 0
cl
-1
cl
B=
0 1
0 0
C=[: 0
I3
1
-1 -1 1 -1
II I2 I3 R2Cl
En nous basant sur le critère graphique de calcul du rang bond graph de la matrice de
transfert, nous proposons des critères graphiques pour tester l'inversibilité d'un système.
Critères
1) Un système carré à rn entrées-rn sorties est non inversible si le modèle bond graph
associé ne contient pas rn chemins causaux entrées-sorties différents.
2) Un système est inversible si le modèle bond graph associé contient un seul choix
possible de rn chemins causaux entrées-sorties différents.
Dans le cas où le modèle bond graph associé contient plusieurs choix possibles de rn
chemins entrées-sorties différents, il faut alors calculer le déterminant de la matrice système en
utilisant le critère proposé précédemment
Démonstration
1) La non inversibilité du système implique que le déterminant de la matrice de transfert
est nul. W(s) est une matrice carrée et à ce titre nous lui appliquons le même raisonnement que
la matrice de commandabilité en sortie C 0 • L'absence de rn chemins causaux entrées-sorties
différents dans le modèle bond graph implique celle de rn termes indépendants dans la matrice
W(s), ce qui vaut sa singularité.
Le critère 2 utilise les mêmes conditions que celle utilisée pour vérifier la non singularité
de la matrice C 0 • Donc pour démontrer ce critère, il suffit de reprendre les arguments présentés
dans la démonstration du critère de commandabilité en sortie (ll.2.2).
Remarques
i) Une condition nécessaire d'inversibilité est que les rangs bond graph de B et de C
soient pleins (égaux à rn). Cette condition nécessaire est facilement vérifiable par simple
manipulation causale sur le bond graph. En effet, nous avons montré dans le chapitre 2 que le
rang bond graph de B (resp. de C) est égal au nombre de sources (resp. de détecteurs) pouvant
être dualisées sans créer de conflit dans le bond graph en causalité intégrale.
Exemple 4.8
1) Le modèle bond graph de la figure 4.9 présente un seul choix de deux chemins
entrées-sorties différents: [(se, ,Dr,) : 9-8-8-10] et [(Se 2 ,Dr 2 ) : 1-2-2-3]. Donc le système est
inversible. Ce résultat est confirmé par le fait que le déterminant calculé est non nul.
se,
,f' ~r
711 1
3
7 0
5
ADe,
De2 k
11
121
9 -1
1 11
13
~r
,o
18
)R
0 \
Figure 4.11
Les deux choix possibles qui permettent de former trois chemins causaux entrées-sorties
différents sont :
! l( ea ' e2
Ces deux choix possibles ne nous permettent pas de conclure directement sur
l'inversibilité du système. Le calcul du déterminant de la matrice P(s) s'impose.
Les deux choix de chemins entrées-sorties différents se traduisent par l'existence de deux
termes dans l'expression du déterminant de P(s).
Cbap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 167
Les termes constants des gains des chemins causaux entrées-sorties (Se, , De, ) , (Se, , De, )
1 1
et (Sr, De3 ) sont respectivement - -, - - et _!._.
I 1C1 I2 c2 c3
Quand ces trois chemins causaux sont supprimés, seul l'élément I 3 reste sur le
bond graph donc pR =s.
Les chemins causaux entrées-sorties(Se, ,De,). {se, ,De,) et (sr>De3 ) ont respectivement
. -1 -1 1
pour termes constants des gams - - , - - et - .
I 1c2 I2C1 c3
Seul l'élément dynamique I 3 reste sur le modèle bond graph quand les chemins entrée-
sortie sont éliminés, donc pR =s.
Remarque
Le chemin causal entrée-sortie (sroDeJ est inchangé entre les deux choix, le terme
constant de son gain peut être mis en facteur dans l'expression du déterminant de P(s).
-1 1
0 0 0 0
c, cl
1 -1 -1
0 0 0 1 0 0
c, cl cl 0 0 0
1
0
1 0 1 0 0
0 0 0 0 0 c,
cl 0 0 0 1
A= 1 -1 B= C= 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 cl
1, Il 0 0 0 0 0 0 0 0
1
-1 1 cl
0 0 0 0 0 0 1
1, 12
1 -1 -1
0 0 0
Il 13 RCl
Par souci de clarté, nous avons traité jusqu'à maintenant des systèmes qui possèdent des
matrices de sorties C de formes assez simple. Cependant pour montrer que notre méthode est
complète, nous considérons un modèle bond graph (figure 4.12) dans lequel les détecteurs
sont directement liés à plusieurs éléments dynamiques.
{ ,, 'l
1 :11 1:12 1 :13
121
4 7 11 13
se, se:
~r
;Il Ok:
R
7l
Drt
1
1 :14 Dr2
Figure 4.12
u; (~:) y;(~::)
Un seul choix de deux chemins causaux entrées-sorties différents est possible. Il s'agit
des chemins [(Se, ,DrJ : 1-2-2-4-6] et[(Se 2,DrJ : 13-11-9-9-10]. Donc le système modélisé
par le bond graph de la figure 4.12 est structurellement inversible.
Pour vérifier notre résultat, nous calculons le déterminant de la matrice système P(s)
d'une manière formelle en utilisant l'équation (4.16).
L'expression du déterminant de P(s) comprend un seul terme, puisqu'il existe un seul
choix possible.
Chap 4 : Cœunandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 169
-Les tennes constants des gains des deux chemins causaux entrées-sorties (se, ,Dr,) et
- 1 - 1
(Sel ,Dr 2 ) sont respectivement G(s., ,D11 ) =-
11 et G(s.2 ,Dr2 ) =-
14
- Lorsque les deux chemins causaux entrées-sorties sont supprimés, trois éléments
dynamiques constituent le modèle bond graph réduit, donc pR = s 3 •
3
D'où det P(s)=-s-. Le détenninant est non nul, donc le système est inversible.
~~ .
-R
0 0 0 0
It 1 0
C=[~
0 0 0 0 0 0 0 -1 -1
0
0 0 0 0 12 14
A=
0 0 0 0
1
0
-1
-
c
B= 0
0
1
1 0 0
1
14
:]
0 0 0 0 0 0
14
[Link]
IV .[Link] uction
[Link]ésentation du problème
Différents types de retour d'état sont possibles. Un retour d'état peut être d'une part
statique ou dynamique et, d'autre part régulier ou irrégulier, selon que l'on conserve au
système bouclé le nombre d'entrées qu'il avait en boucle ouverte ou non. Le découplage peut
être ligne par ligne, diagonal, triangulaire ou par blocs.
Broken et Mesarovic (1965), Broken (1965) ont donné la première condition nécessaire et
suffisante d'inversibilité en termes de coefficients de matrices et ont proposé un algorithme
dans le cas monovariable (SISO). Youla et Dorato (1966) déduisent un critère d'inversibilité
plus simple et proposent un algorithme d'inversion dans le cas multivariable (MIMO).
Silverman (1968) a montré que l'algorithme d'inversion de Brokett peut être généralisé aux
systèmes discrets monovariables. Il traite à la fois les systèmes discrets et continus et propose
un nouvel algorithme. Il met en évidence une relation précise entre le nombre de dérivations des
sorties requises et le nombre total d'intégrateurs nécessaires à la réalisation de l'inverse.
Plusieurs auteurs ont utilisé la notion d'inversibilité d'un système pour résoudre le
problème de découplage et ont présenté des algorithmes de détermination de l'inversibilité d'un
système dans les cas linéaire et non linéaire, citons par exemple, Silverman (1968 et 1969),
Porter (1969), Sain et Massey (1969), Silverman et Payne (1971), Sinha (1976), Rosenbrock
et Vanderweiden (1979), Hirchorm (1979), Singh (1981), Nijmeijer et Respondek (1988).
[Link]ère d'étude
Les indices d; définis par l'équation (4.25) sont souvent appelés indices relatifs.
ou (4.25)
Conclusion
En plus de la complexité inévitable du calcul matriciel, cette approche s'est avérée trop
hermétique pour aborder avec succès des problèmes plus généraux tels que le découplage par
blocs ou le découplage des systèmes non carrés.
Dans le cas où un retour d'état statique n'est pas suffisant pour découpler un système, un
compensateur dynamique peut résoudre le problème.
Cbap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 173
Gilbert (1969) a montré qu'il existe une classe de systèmes inversibles non découplables
par retour d'état statique, mais qui nécessitent un compensateur dynamique pour accomplir le
découplage par retour d'état. ll les appelle systèmes à faible couplage propre. ll présente une
méthode de compensation du système pour éliminer le couplage propre faible, mais il n'a pas
proposé d'algorithmes. Morse et Wonham (1970) ont utilisée idée à. fond pour les triplets
matriciels. Wang (1970) développe un algorithme pour modifier s· par une série d'opérations
sur les colonnes et met en série des intégrateurs. Cette méthode ne spécifie pas l'ordre optimum
nécessaire du compensateur. Cremer (1972) développe une méthode longue et compliquée pour
calculer un pré-compensateur d'ordre minimal. Panda (1971) présente une procédure pour
désigner un pré-compensateur mais considère uniquement l'ordre minimal des compensateurs
incorporant des intégrateurs. Sinha (1977) a proposé une procédure de calcul d'un pré-
compensateur dynamique. Nous le présentons en annexe 5. Silverman (1971) a une façon
différente de désigner un pré-compensateur basée sur l'inversion du système.
X= [ :.J est le vecteur état du système augmenté, avec x,(t) e 9!", le vecteur état du
compensateur dynamique.
A, B et C (4.33) sont des matrices de rangs respectifs (n+nJ x (n+nc), (n+nc) x (rn),
(rn) x (n+nc).
C =[C 0] (4.27)
B; C 1 Ad.•B
B~ C m Ad.•B
Tout système inversible est découplable, donc, tout système à faible couplage propre peut
être dynamiquement compensé pour que le système augmenté n'admette plus de couplage
propre.
Le problème est de déterminer l'ordre minimal de ce pré-compensateur et une expression
des matrices inconnues pour que le système augmenté (4.27) satisfasse la condition nécessaire
et suffisante de Falb et Wolovich (1967).
La matrice de transfert peut être utilisée pour étudier le problème de découplage. Les
indices relatifs di sont calculés à partir de W(s).
ou (4.30)
di =(n-1) si
Cbap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 175
IV .6.1.Découplage structurel
La notion de découplage structurel par retour d'état est introduite dans le même esprit que
les notions de propriétés structurelles précédentes ( l'hypothèse d'indépendance entre les termes
d'une matrice est vérifiée).
Définition 4.11
Un système structurel I,([A],[B],[C]) est structurellement découplable par retour d'état
s'il existe un système I,(A,B,C) structurellement équivalent découplable par retour d'état
IV.6.2.Méthode de couplage
Définition 4.12
La longueur d'un chemin dans un digraphe G(Z,f;) est égale aux nombre d'arcs, qui le
composent.
Exemple 4.9
Considérons un système défini par ses matrices A, B et C.
bll
B= 0
[
0
Les chemins entrées-sorties les plus courts reliant un sommet entrée u. au sommet sortie
y 1 (res p. y 2) sont de longueur 2 (res p. 3). Ce sont des couplages entrées-sorties élémentaires
dans le digraphe G([Z,E]): M1 = {(u.,,x.,,y,), (u.2,[Link].2,y2)} et M2 = {(u.2,x.s,y,),
(u."x..,~,y2) }.
Donc, en application du théorème 4.8, nous déduisons que ce système est
structurellement découplable par retour d'état
L'approche géométrique se base sur la structure à l'infini (zéros infinis) d'un système.
Descusse et Dion (1982) ont révisé le problème classique de découplage par retour d'état
statique. lls ont traduit la condition nécessaire et suffisante de Falb et Wolovich (1967) en terme
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 177
de structure à l'infini. Commault et al. (1986) ont utilisé les ordres essentiels caractérisant la
structure à l'infini minimale du système pour résoudre le problème de découplage. Dion et
Commault (1988) ont considéré le retour dynamique pour découpler un système en
caractérisant sa structure à l'infini. Plusieurs publications utilisant cette approche sont
disponibles, nous en proposons quelques unes en bibliographie.
avec Lp, la somme minimale des longueurs de p chemins entrées-sorties disjoints et (io la
longueur du chemin le plus court allant des entrées vers la ième sortie dans le digraphe structurel
associé G(I,).
p
Si LP * L [i, alors. le système n'est pas structurellement découplable par retour d'état
i=l
Exemple 4.10
Considérons le système défini par les matrices A,B,C. Le digraphe G([Q 3 ]) associé est
donné par la figure 4.14.
A=[~
Cbap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 178
Les deux chemins entrées-sorties disjoints (u.I> x." Y1) et (u.2, x.2, 'X.3, Y2) sont de
longueurs respectives t 1 = 2 et~ =3. Ce sont les chemins les plus courts reliant les entrées aux
sorties. Par conséquent ~ = 5 .
L 2 = t 1+ ~.donc en application du théorème 4.9, le système est structurellement découplable.
IV .[Link]
Les méthodes graphiques rappelées dans ce paragraphe supposent que le système étudié
est inversible (ou au moins inversible à droite pour la méthode géométrique). Notre démarche
consiste à ne pas faire cette hypothèse d'inversibilité à priori et à inclure dans l'étude du
découplage la vérification de cette propriété.
Dans la continuité des méthodes de calcul formel que nous avons présenté auparavant,
nous proposons une méthode se basant sur les chemins causaux dans un modèle bond graph
pour le calcul formel de la matrice de découplage B", ainsi que celui de la matrice A·.
Nous proposons une interprétation du degré relatif en termes de chemins causaux dans un
modèle bond graph.
Proposition 4.1
Le degré relatif d j de y j (De ou Dr) est donné par:
d. =L -1
J {[Link])
Démonstration
Chaque terme du vecteur ligne C j A k B, noté C j A k Bi, est donné par les termes constants
des gains des chemins causaux de longueur Lk+I entre une entrée ui e u et une sortie yj.
Nous pouvons donc écrire la relation suivante :
d.J =L (u ,y ) -1
1 1
où L{ ) est le chemin le plus court entre la sortie yi et l'entrée la plus proche ui.
U;•YJ
Exemple 4.11
Considérons le modèle bond graph de la figure 4.15. Les matrices A, B et C sont
données ci-dessous. Nous proposons le calcul formel de la matrice B*.
Figure 4.15
-Le chemin causal le plus court, reliant le détecteur de flux y 1 = Dr, à une source
d'entrée, a pour longueur L< ~~ ) = 1, d'où l'indice relatif d 1 = 0 (ici u1 =Se1 ).
-Le chemin causal de longueur minimale liant y 2 = Dr 1 à une source est de longueur
L< ~~ ) = 1, d'où l'indice relatif d 2 = 0 (ici u 3 =Se) ).
Cbap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 181
Donc les vecteurs lignes sont respectivement a:= [ct BI 0 0], a;= [o 0 c2 B3],
a;= [c3A 2B1 C3A 2B2 C 3A2B3].
- calcul de a;
Le terme constant du gain du chemin [(se1,Dr1) : 1- 2 - 2 - 3] est exprimé par G(s., ,Dr1) = _!_
I
1
d'où s:=U o o J
- Calcul de a;
Le terme constant du gain du chemin [(sel, Dr2): 9- 7- 7- s] est G(s.l,Drz) = ..!_
I
d'où
3
- Calcul de a;
Il existe trois chemins causaux de longueur 3 reliant Dr 3 à des sources d'entrée. Ces trois
chemins sont respectivement définis par les liens [(se, ,Dr 1-2-2-4-5-5-13-12-12-10] ayant
3
):
1
un terme constant du gain G(
s., .Drl
) = I I C , [(se ,Dr ): 18-17-17-15-5-5-13-12-12-10] avec
2 l
1 4
1
un terme constant du gain G( )= et [(Se3 ,Dr,): 9-7-7-6-5-5-13-12-12-10] avec
s.z ,Drl I2 I4 C
1 2 1 1 1
G(s.,.Dr,) = I -
I C
·Donc a;=c3A B=[--
I I C I2I4C
- ]·
I 3I 4C
34 1 4
1
0 0
It
1
a·= [ C
C,B ]
2B = 0 0
I3
C 3A2B 1 1 -1
I1 I 4C I2 I4 c I3I4 c
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 182
Le calcul matriciel nous permet de retrouver la même expression en utilisant les matrices
A, B etC déduites du modèle bond graph (figure 4.15).
-1
0 0 0 0 -
c
-R2 -1 1 0 0 1
0 0 0 - 0 0 0 0
I2 c 0 1 0 Il
A= 0 0 0 0 -1 B= 0 0 1 C= 0 0
1
0 0
c I3
-R4 1 0 0 0 1
0 0 0 - 0 0 0 0
I4 c 0 0 0 I4
1 1 -1 -1 -1
Il I2 I3 I4 R5 C
IV.7.1.2.Règle de calcul de A*
1) Pour chacune des p sorties Yi, calculer le vecteur ligne A: =Ci Ad, +l
A*= A*1
Exemple 4.12
Nous reprenons l'exemple 4.11 pour le calcul formel de la matrice A·.
G(
[Link]•
) = - -1
( l 1 .s
x
- 1 ) , donc A 1• = C 1 A= [ 0 0 0 0 - -1 ] .
C .s 11 C
- Calcul de A;
De la même manière, seul C est lié à Dr 2 avec un chemin causal de longueur 2,
[ (C,Dr2 ): 5-6-7-7-8], G(
C,Dr2
1 1
) = (-- ) ( -) et A; = C 2 A=
13 .s C.s
[o 1
0 0 0 - -].
13 C
- Calcul de A;
Tous les éléments dynamiques sont liés à Dr avec des chemins causaux de longueur 3.
)
Nous présentons le calcul des deux premiers termes, sachant que les autres s'obtiennent
de la même manière.
x
)
G1 =( -1 -1 )
( •· 0 !)) Rs 14 C 2 S 3 Il .s .
0 -R 1
(12•0 !)) = ( 12 14 ~ s3 + Rs 14 C 2 S3
x 1 )
12 .s .
Par conséquent,
·R2 1
1~ 14 c Rs 12 14 c2
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 184
donc
-1
0 0 0 0
I,C
1
A·= 0 0 0 0
13 c
-1 __-R l_+ 1 1 1 1 1 1 -1
l+ l+ l+ 3 l
R 5 11 14 C 1
1~ 14 C R 5 11 14 C 1 R 5 1314 C 1 R5 1! C 1 1, 14 C 11 14 C 1314 C 14 C R 5
Critère
Un système inversible (rn entrées-rn sorties) est découplable par retour d'état statique, si
chacun des rn chemins causaux entrées-sorties différents (choisis pour assurer l'inversibilité)
est le plus court qui puisse exister entre une entrée (Se ou Sr) et la sortie yi (De ou Dr).
Démonstration
Ce critère se compose de deux conditions, la première qui exprime l'existence de rn
chemins causaux entrées-sorties différents est justifiée par l'inversibilité du système. La
seconde condition qui impose à ces rn chemins causaux entrées-sorties différents d'être les plus
courts est due à la procédure 4.1 de calcul formel de la matrice B•. En effet, nous avons
montré lors de la présentation de la procédure que seuls les vecteurs B; = Ci Ad, B sont
calculés ; avec di, le degré relatif donné par la longueur du chemin entrées-sorties le plus court
reliant la sortie Yi à une entrée ui (Se ou Sr).
Remarque
L'existence d'une sortie qui n'est jamais atteinte par une entrée, ou d'une entrée qui
n'atteint jamais une sortie sont deux conditions suffisantes de dégénérescence du rang de la
matrice B•.
Ces deux conditions se traduisent respectivement par l'existence d'un vecteur ligne nul
dans la matrice de sortie C, et par celle d'un vecteur colonne nul dans la matrice de commande
B. La dégénérescence du rang de l'une des deux matrices B etC est une condition suffisante de
dégénérescence de celui de la matrice B•.
n est donc conseillé d'opérer des manipulations causales pour ne garder que les sources et
détecteurs qui garantissent aux matrices B et C des rangs maximaux.
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 185
Exemple 4.13
Considérons le modèle bond graph de la figure 4.15. Nous proposons de vérifier le
découplage sans effectuer aucun calcul.
* Test de l'inversibilité
Un seul choix de chemins causaux entrées-sorties différents est possible. Donc, le
système est inversible. Ces chemins sont [ (s~ 1 ,Dr1 ) : 1-2-2-3], [ (s~ 2 ,Dr3 }: 18-17-17-15-5-5-
13-12-12-10] et [(S~ 3 ,DrJ: 9-7-7-8].
Un système à faible couplage propre [Gilbert, 1969] est caractérisé en terme bond graph
par un ensemble de chemins causaux entrées-sorties différents, parmi lesquels, il en existe au
moins un qui n'est pas le plus court. Ce qui est due en fait que la source associée à ce chemin
causal agit avec un certain retard par rappor aux autres. Un compensateur dynamique consiste à
retarder l'effet des autres sources, ceci en allongeant les chemins correspondants.
Exemple 4.14
Nous étudions le modèle bond graph de la figure 4.16.
1:1 1 C:C 1 1:1 2
~,----1~f
1
5
0
{/' 1
10
:1 Il
2
Dr1 7 t-l- - - - . . . . . . , Dr 2
s~ ___..," o ___________.
Figure 4.16
Chap 4 : Cmnmandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 186
(SeJ
u = Sr
(Dr.
y= Drl
J
1) Inversibilité
(Se,Dr.):2-3-5-5-4 avec G
(s, .Dt1 )
=_!_
1
1
Aucun élément dynamique ne reste sur le modèle bond graph de la figure 4.16, lorsque
ces deux chemins causaux sont supprimés donc pR = 1.
Donc (rra( . ·)
k=l u,,y, •
x pRJ = -
1
1
-
Il 12C
G(s,.o,.) = 1-lC
1
De la même manière, aucun élément dynamique ne reste sur le bond graph de la figure
4.16, quand ces chemins entrées-sorties sont supprimés, donc pR = 1.
Chap 4 : Cœnmandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 187
1 -1 2
L'équation (4.16) nous donne alors detP(s)=--- =--:;tO. Le système
I1 I2 C I1 I 2 C I1 I 2 C
est donc structurellement inversible. Quel retour d'état doit-on appliquer pour découpler se
système?
2) Retour statique
3) Compensation dynamique
La source d'entrée Sr agit avec un certain retard par rapport à Se. Il faudra donc rallonger
les chemins causaux partant de la source d'entrée se.
Soit Se, la source déduite de Se en insérant un intégrateur.
4
l l/' ~:r 6
2
~----~)Se AD--------------~
Les chemins causaux partant de la source Se sont rallongés de 1. Les chemins causaux
donnés par [(Se,DrJ :1-2-3-5-5-4] et [(SPDrJ : 8-7-7-9-10-10-11] sont les plus courts. Et
puisqu'ils sont différents nous déduisons alors que le système est découplable par
compensation dynamique.
Remarque
Dans le cas de cet exemple, un autre choix de plus courts chemins causaux différents est
possible: [(Se,DrJ: 1-2-12-10-10-11] et[(SpDrJ : 8-7-7-6-5-5-4]. Ceci a pour effet d'avoir
une nouvelle matrice de découplage avec tous les termes non nuls, mais il n'a aucune incidence
sur le résultat.
-1
0 0
~] C=[~
cl
:]
0
1
A= 0
1
0
-1
cl B=[l 1
12
0
Il 12
avec
La matrice de découplage B. est de rang 1, donc il n'existe pas de retour d'état statique
qui découple le système.
L'écriture des équations différentielles montre que l'entrée u 1 apparaît avant u 2 dans les
équations de sorties dérivées.
A =(A0 ~1
a )
B=(01 B2)
a 0
-1
0 0
cl
::]
0 0
1
0 0 1 0 0
A= a cl Ba =
0 1
1 -1
0 0 1 0
It 12
0 0 0 0
C. B. - O O -(0 0) et C. A. B. - -[~_!_
12
La nouvelle matrice de découplage a: est non singulière, donc le système est découplable
par retour d'état dynamique.
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage entrées-sorties par retour d'état 190
Cette méthode qui consiste à insérer des intégrateurs pour retarder l'action des entrées
n'est pas toujours suffisante pour découpler un système. Le seul recours reste l'utilisation
d'algorithmes de compensation dynamique.
Exemple 4.15
Considérons le modèle bond graph d'un bras de robot à articulation flexible simplifié,
représenté sur la figure 4.18.
C:C 1
set ;1 11
2
1 TI:!
a
3
·l
,o 5
;111
6
1 Dr!
nl 71
22 9 8
1: II k 0 0 ,11 JI 1 : 12
17
,o
'i
Jl1
13
;1 TF
.•
c
12
,11
Il
;1 1 :13
161
C:C2
'1
Dr2
Figure 4.18
1) Test de l'inversibilité
Les deux chemins causaux entrées-sorties [{Se 1 ,Dr1 ) : 1-23-22-22-23-2-3-4-4-5-7-9-8-8-
9-7-6] et [{Se 2,DrJ : 20-19-19-18-17-16-16-15-14] sont différents. Donc, le système est
inversible.
3) compensation dynamique
Le système est inversible, donc il existe un compensateur dynamique qui peut découpler
le sytème.
La source se. apparaît dans les deux chemins causaux les plus courts atteignant les deux
détecteurs. Donc, il faut retarder son effet par un intégrateur.
Les nouveaux chemins causaux différents (se, ,Dr,) et (se 1 ,Dr1 ) ont respectivement pour
longueur 4 et 3. Ce ne sont toujours pas les plus courts, car Dr 1 est atteint par Se, avec un
chemin de longueur 2. Donc ce retour ne découple pas le système. Ce résultat était prévisible
puisque la source Se 1 atteint Dr 2 avec un chemin de longueur 1, alors que Se1 l'atteint avec un
chemin de longueur 3. Donc, pour espérer équilibrer les longueurs des chemins entre Se, et
sel' il fallait insérer deux intégrateurs devant se,.
-
Donc, Se, , la nouvelle source d'effort, est définie par :
La longueur des chemins causaux entrées-sorties différents (se, ,Dr,) et (se 1 ,Dr1 ) devient
alors égale respectivement à 5 et 3. Mais il existe un chemin causal de longueur 3 liant "S:-
1
à
Dr2 • Donc, (s::=.Dr,) et (se 2 ,Dr2 ) ne sont pas les plus courts. D'où l'inefficacité de ce retour.
Nous remarquons que le fait d'augmenter la longueur des chemins causaux ne garantit pas
le découplage par retour dynamique. L'utilisation de l'algorithme de Sinha (1977), exposé en
annexe 5 nous permet de vérifier que ce système est bien découplable.
[Link]
Nous avons montré que la notion de commandabilité en sortie est une notion importante
de la commande des systèmes multivariables linéaires. Par contre, elle ne représente pas une
condition nécessaire pour le découplage par retour d'état contrairement à des idées reçues. A
l'inverse, la notion d'inversibilité est nécessaire pour résoudre le problème de découplage. Ce
problème est totalement résolu en utilisant des méthodes numériques. Les méthodes graphiques
rappelées dans ce chapitre utilisent une hypothèse restrictive qui consiste à supposer que le
Chap 4 : Commandabilité en sortie et découplage enttées-sorties par retour d'état 192
système est inversible (ou inversible à droite). Cette hypothèse n'est pas toujours vérifiée. La
méthode basée sur la notion de chemins et de familles de cycles causaux, que nous avons
présentée, a l'avantage de tester l'inversibilité avant de commencer la résolution du problème du
découplage. Le type de retour nécessaire est aussi présenté.
Lorsque la sortie n'est pas un détecteur d'effort ou de flux (De ou Dr ) mais un élément
dynamique (I,C) ou une combinaison d'éléments dynamiques, les chemins vers la sortie sont
rallongés. La même méthode peut être appliquée.
CONCLUSION GENERALE f
Conclusion générale 195
Conclusion générale
Le modèle bond graph apparaît comme un excellent outil d'aide à l'analyse des systèmes
grâce à sa structure de jonction et au concept de causalité. Il fournit directement des
informations originales, parfois difficiles à obtenir par d'autres voies.
Les différentes matrices utilisées dans l'étude des problèmes de commandabilité en état et
en sortie, d'observabilité et de découplage sont détenninées formellement. Et une interprétation
de chaque terme de ces matrices est proposée en terme de chemins causaux sur le modèle
bond graph. Pour cela, nous avons utilisé la notion de chemins causaux, ainsi que de nouvelles
notions que nous avons introduit appelées "cycles causaux" et "arbres causaux" dans un modèle
bond graph.
Par de simples manipulations causales, une analyse graphique directement sur le modèle
bond graph a été opérée pour connaître le nombre et l'emplacement des sources d'énergie et des
capteurs nécessaires pour résoudre les différents problèmes de commande.
Les différentes méthodes graphiques que nous avons proposées sont simples et facilement
programmables à l'aide des méthodes de l'informatique telle que l'intelligence artificielle. Elles
reposent sur l'utilisation d'informations causales disponibles dans le logiciel ARCHER en
cours de développement au laboratoire. ARCHER étant un programme utilisant à la fois la
méthodologie bond graph et les techniques de l'intelligence artificielle.
Les travaux développés au laboratoire utilisant cette approche structurelle ont déjà trouvé
des champs d'application, citons LIN et al. (1991) (étude des propriétés structurelles de
l'ensemble réservoir servovalve-vérin), Vaz et al. (1993) (étude de la commande du modèle
bond graph d'une poutre). Actuellement des travaux sont en cours, utilisant les mêmes outils
pour l'étude de la surveillance des systèmes physiques Tagina et al. (1993).
j
ANNEXE GENERALE f
Annexe générale
!.Notations
La plupart des défmitions concernant les propriétés algébriques et par la même celles des
propriétés génériques sont définies par rapport à l'anneau K des coefficients rationnels q. Notre
domaine de travail est l'ensemble des réels 9t, donc les définitions seront indifféremment
rappelées pour K ou 9t.
Soit N le nombre de termes non nuls dans une matrice structurelle [A], à paramètres dans
9t, alors l'espace associé à ces matrices structurelles est noté 9tN.
Chaque ensemble de N termes arbitraires représente un vecteur p e 9tN.
Nous présentons une série de défmitions concernant une variété algébrique notée V.
Définition a.t
Soit un ensemble fini de polynômes non triviaux dans 9t, 'l'p·····• 'l' t. L'ensemble des
zéros communs aux 'l'i tels que 'l'i(y) = 0 avec i e l, .. ,k, Y= {y 1, ... ,yq) e 9tN forme une
variété algébrique.
Définition a.2
Une variété algébrique V c RN est l'ensemble de zéros communs aux polynômes
"'p······ 'l'k.
Définition a.3
Une variété algébrique V est dite propre si V-:~; 9tN.
Définition a.4
Une variété algébrique V est dite non triviale si V ;t O.
Définition a.S
Un sous-ensemble Y= (y 1, ••• ,yq) de Fest dit algébriquement indépendant s'il n'existe
aucun polynôme non tri vial p (x 1 , ••• , xq) à q indéterminées tel que dans K p (y1 , ••• , yq) = 0 .
Annexe générale 202
[Link]ôme algébrique
Définition a.6
Un vecteur p e 9tN est typiquement relatif à V si p e vc (VC est le complément de V).
Définition a.7
Un polynôme en Xp x2 , x3 , ••• , xq à coefficients dans l'anneau K est dit non trivial si
certains de ses coefficients sont différents de zéro.
Définition a.S
Soit F une extension de K, c'est-à-dire K e F:
Un élément y de Fest dit algébrique dans K s'il existe un polynôme non trivial en x, p(x)
à une indéterminée x dans K tel que p(y) =O.
Annexe générale 203
[Link] de graphe
I.l.Défini ti ons
Définition a.9
Un digraphe G = (Z,t:) est une structure mathématique déterminée par la donnée de:
i) Un ensemble fini Z = {z 17 ••• ,zn} d'éléments appelés sommets (ou nœuds).
U = {u.h···•U.m}
Z=U u X u Y avec X= {x 17••• ,Xn} .(a.l)
Y= {Yh····Yp}
Si Cardinal Z = n (égal au nombre de sommets), le digraphe G(Z,t:) est d'ordre n.
ii) Un ensemble fini t: = { e 17 ••• ,em} dont les éléments sont des couples ordonnés de
sommets appelés des arcs. Si e (2j,Zi) est un arc de G(Z,t:), zi est son extrémité initiale et zi
son extrémité fmale.
Propriétés a.t
1) Un arc de la forme e(z,~) de G(Z,t:), dont les extrémités coïncident, est une boucle.
2) Un graphe G(Z,t:) est simple si les deux conditions suivantes sont vérifiées:
i) Il n'a pas de boucles.
ii) Entre deux sommets, il n'y a jamais plus d'un arc pour les relier.
1.2. Caractéristiques
[Link] et prédécesseur
1) Le sommet zi est un successeur du sommet zi dans G(Z,t:), s'il existe un arc e(zi,zi)
ayant 2j comme extrémité initiale et Z; comme extrémité terminale.
Définition [Link]
Le degré d'un sommet Zï est donné par le nombre d'arcs ayant une extrémité en ~-
Un digraphe G(Z,t:) est dit fortement connexe, si pour tout couple de sommets
zi et zi e Z il existe un chemin de Zï vers zi et un chemin de zi vers zi
[Link] biparti
Un digraphe G(Z,t:) peut être partitionné en deux classes de sommets z- et z+, de sorte
que deux sommets de la même classe ne soient jamais adjacents. ll est noté G8 = (Z-,z+ ,t:),
avec z-rensemble des sommets initiaux etz+ celui des sommets terminaux.
Les problèmes de cheminement sont parmi les problèmes les plus anciens de la théorie des
graphes puisque nous les retrouvons dans la résolution de vieux problèmes célèbres qui étaient
présentés sous forme de jeu.
De nombreuses propriétés des systèmes réels, qui nous intéressent, dépendent
uniquement de la forme. Donc, pour extraire toutes les informations concernant un système, il
faut analyser sa structure graphique. Pour cela, des concepts comme "chaîne" et "chemin" ont
été introduits.
Les notions de chaînes et de circuits sont aussi utilisées avec des défmitions équivalentes
[Link]
1) Un chemin de longueur q (de cardinalité q) est une séquence de q arcs
P = {e ..e 2, ... ,eq} orientés dans le même sens ayant la forme e1 = (zo,ZI),
e2 = (zi,z2), ... ,eq = (zq-hZq).
Annexe générale 205
[Link]
1) Un cycle est un chemin dont les extrémités coïncident.
2) Un cycle est dit élémentaire, si en le parcourant, on ne rencontre pas deux fois le
même sommet (sauf le sommet choisi comme origine du parcours).
3) Un cycle élémentaire est minimal s'il ne contient strictement aucun autre cycle.
4) La longueur d'un cycle dans un digraphe est égale au nombre d'arcs qui le composent
5) Un cycle de longueur 1 est appelé auto-cycle ou boucle.
[Link]
Un arbre d'un digraphe G(Z,l:) est un sous-graphe partiel connexe de G(Z,l:) (il contient
un sous-ensemble de sommets et un certain sous-ensemble d'arcs reliant ces sommets) ne
comportant aucun cycle.
Définition [Link]
Un couplage entrée 1 sortie élémentaire peut être considéré comme un graphe partiel de
G I , puisque tout arc apparaît au plus une fois.
Définition a.12
Un couplage est complet si aucun des chemins entrée 1sortie ne rencontre tous les autres.
Définition a.13
Un couplage est le plus court si chacun des chemins entrée 1 sortie ni est le plus court
chemin de u. vers yi (i = l...m).
Définition a.14
Un couplage C dans Gs = (Z- ,z+ ,1:) est un sous-ensemble d'arcs de E tel qu'il part au
plus un arc d'un sommet initial de z+ et qu'il arrive au plus un arc sur un sommet terminal de
z-.
Définition [Link]
Le couplage C est dit de "cardinalité maximale" ou "maximal" si son nombre d'arcs est
maximal.
[Link] spécifiques
Lin, 1974 a introduit des définitions particulières de graphe dont nous énonçons une
forme descriptive.
[Link]
Une tige Test un chemin d'arcs orientés fini (non cyclique) reliant une origine à une
extrémité.
IV .[Link] ton
Un bouton B est constitué d'un arc reliant une origine à une extrémité sur laquelle est fixé
un cycle passant par un ou plusieurs nœuds.
Ce digraphe a été appelé initialement "feuille" dans [Lin, 1972].
IV .[Link]
[Link] de dilatation.
Nous présentons les outils de base de la modélisation par bond graph, en définissant
notamment les variables de puissance et les variables d'énergie.
[Link] de puissance
Les variables de puissance e et f sont associées aux variables d'énergie p et q par les
relations intégrales suivantes :
p(t) est le moment généralisé et q(t) le déplacement généralisé.
Ces variables sont choisies comme variables d'état associées respectivement aux éléments
1 et C qui les font intervenir dans leurs relations caractéristiques.
1 en causalité intégrale : f = ..E.
. 1
C en causalité intégrale : e = .i.
c
1 en causalité dérivée: p = l.f
C en causalité dérivée : q = C.e
Le Tableau a.l indique la signification des variables généralisées pour quelques domaines
de la physique.
Remarque
Les éléments bond graph, qui sont représentés ici, sont des éléments simples (éléments
dits 1-port) permettant de représenter les lois simples des systèmes électriques hydrauliques,
mécaniques mono-dimensionnels. Cependant dans certains cas plus complexes, les lois mises
en œuvres sont vectorielles et les éléments utilisés sont des éléments multi-ports [Kamopp et
Rosenberg, 1983; Rosenberg, 1972; Thoma 1991].
~
::s
~
0
g-
1:1~~nle
I.U ÉLÉMENTS IJE [Link]: BONIHIRAPII t:'f LEURS PROPRIÉlÉS.
~
Srrnbol~ Loi aénérique Eumpln phyeiquea Cauealité1
~~_~!_•ph
VariaMre de ell'orl e rorce, couple, tenaion, preuion ...
11111~unce llua 1 viteue, vit. ana., courant, débit vol .••.
VAJIIIoltl moment p p =Jedl impul1ioa, flu1 (eelr), ...
d'énu&ie dél>llument 1 '= J1dl déplacement, charce, volume...
Elémenll actir. Se-r ' c indépeadent de / peeanteur, ~nérateur de teneioa, ... s.~. • doaa4
(•ourcn) 1 independant de c cénéraleur de courant, pompe, ...
5/-+- sn-F. 1 doaq& ·
-
~
0
Il)
F ~R t,.(e,/) =0 amorllueur, râiltance,
reelriction hydraulique, froltemeat ...
~R e =Fa(/) (e =RI)
-
pol 1 --,.fR 1= F,ï 1(e) (/ = 1/Re)
g
Annexe générale 210
[Link] de causalité
La causalité se traduit, par un trait causal défmi de la façon suivante: "Un trait causal est
placé perpendiculairement au lien de puissance. Par convention, le trait causal est toujours placé
près de l'élément pour lequel l'effort est connu, le flux étant toujours considéré comme connu
dans le sens opposé au trait causal."
Le sens de la demi-flèche sur le lien qui indique le sens de P > 0, est indépendant de la
position du trait causal.
Remarques
1) Dualiser une source revient à changer sa causalité, ainsi une source d'effort Se
dualisée devient une source de flux Sr et inversement une source de flux Sr dualisée devient
une source d'effort se.
2) De la même manière, dualiser un détecteur revient à changer sa causalité, ainsi un
détecteur d'effort De dualisé devient un détecteur de flux Dr et inversement un détecteur de
flux Dr dualisé devient un détecteur d'effort De.
3) Dans le cas linéaire, la causalité sur Rest une causalité arbitraire, par contre elle peut
apparaître comme causalité obligatoire dans le cas non linéaire.
Les causalités sur Cet I peuvent être soit intégrales (ou préférentielles) soit dérivées.
causalité se ;tl Sr 1 7
obli2atoire
causalité ;II 1 7c
intégrale
causalité 1 7I ;IC
dérivée
causalité ;IR ou 1 7R
arbitraire
JTF ;tl ou 1 7 TF1 7
1 7 GY ;tl ou JGYI 7
causalité tl 1 Ill 1 11
restreinte
l ou 1 ou l
1 0 1 10 1 1 01
l ou 1 ou
Tableau a.2 :Causalité des éléments de base d'un bond grapb
1
[Link] de signal
Lorsque la puissance transmise à travers un lien est négligeable ou nulle, ce lien n'est plus
un lien de puissance mais un lien d'information. Nous pourrons ainsi faire apparaître dans un
modèle bond graph des capteurs et des instruments de mesures (supposés idéaux). Au cours de
ce travail, des détecteurs d'effort De et de flux Dr sont utilisés comme sorties.
Les sources, présentées précédemment, ne sont pas toujours indépendantes ; pour les
représenter nous utilisons la notion de source commandée. n existe plusieurs types :
La causalité sur un élément 1-port (I,C, ou R) nous permet d'écrire une relation entre
l'effort et le flux donc une relation entre la variable d'entrée et la variable de sortie de cet
élément. En linéaire, l'utilisation de l'opérateur symbolique de Laplace s nous permet d'écrire le
rapport entre la variable de sortie et la variable d'entrée d'un élément 1-port (1, C, ou R) sous
forme symbolique que nous appellerons transmittance (ou gain).
Transmi ttance de 1
i) Si 1 est en causalité intégrale, la relation entre l'effort et le flux, en linéaire, s'écrit :
f =! Jedt,
donc F(s) =_!_ E(s), d'où la Transmittance de l'élément 1 en causalité
1 ls
. , rai F(s) 1
mteg e : g(l) =-- =-.
E(s) I.s
ü) Si 1 est en causalité dérivée e =1 ~,donc E(s) =ls F(s) et g(l) =s.l
dt
Transmittance de C
1
i) C en causalité intégrale : g<c> = - -
C.s
ü) C en causalité dérivée : g<Cl = C.s
Annexe générale 213
Transmittance de R
La transmittance de R est une constante, donnée suivant la causalité par :
1
g(Rl =- OU g(R) =R
R
i) Un chemin causal dans une structure de jonction bond graph causal (causalité affectée)
est une succession de liens et de jonctions liant deux éléments bond graph x de type (se' sf'
1, C, R) et Y de type {1, C, R, De, Dr)·
ii) Un chemin causal est simple, s'il peut être parcouru en suivant toujours la même
variable soit l'effort soit le flux.
iü) Un chemin causal est mixte, si en le parcourant on est amené à changer de variable.
iv) Un chemin causal liant l'élément X à l'élément Y est indirect, si en le parcourant on
passe par un élément {1, C, R) au moins une fois, sinon il est direct
a ~
G = (-1)oo+n•. TI (m)h. TI (r)t. Tr
i=l j=l
Avec:
n 0 : nombre total de changements d'orientation des liens à la Jonction 0, quand on
parcourt le chemin causal en suivant la variable flux.
n 1 : nombre total de changements d'orientation des liens à la Jonction 1, quand on
parcourt le chemin causal en suivant la variable effort
a : nombre de transformateurs intervenant dans le chemin causal.
13 : nombre de gyrateurs intervenant dans le chemin causal.
h = ± 1 suivant la causalité affectée au transformateur.
k =± 1 suivant la causalité affectée au gyrateur.
T r : Transmittance des éléments 1-port {1, C, ou R) intervenant dans le chemin causal (si
aucun élément (1, C, ouR) n'intervient dans le chemin causal: Tr =1).
Annexe générale 214
sources
Se, Sr
-X;
, u
.-;_ D;._
stockage structure de jonction dissipation
z,
I,C 0, 1, TF, GY -- o ... R
x....
Figure a.l : Représentation vectorielle d'un bond grapb
où Din et Dout regroupent les efforts et les flux respectivement entrants et sortants pour
les éléments R; xi et xd sont les variables d'état p et q associées aux éléments 1 et C
respectivement en causalité intégrale et dérivée; zi et zd sont les "vecteurs état
complémentaires" composés d'efforts et de flux.
Tous ces vecteurs satisfont les relations suivantes, constitutives des éléments :
z, = F, x, , avec F, = [ ~
suivant que les éléments R, 1 et C sont linéaires ou non linéaires.
Annexe générale 215
Dans le cas linéaire (et avec des éléments R, C, I simples), les matrices L, Fi et Fd sont
diagonales.
La structure de jonction est caractérisée par la matrice S, construite à partir de la relation :
(a.3)
L'équation d'état est déduite de cette expression en exprimant tous les vecteurs pour ne
conserver que xi et u, sous la forme générale:
A 2 = (S 12 + S13 (Id- LS 33 t LS 32 ).
e 1 p= je dt 9= J1 dt 41n(e, /) = 0, e = Rf 1
e =-
r:
J1 q
dt=-
c 1= I 1/ e dt= Ip
~
impulsion charge
Electrique tension intensité résistance capacité inductance
de tension électrique
u (V) i (A) (Vs) 9 (f!) R (O,VfA) c (F,C:fV) L (li, Wb/A)
débit Impulsion résistance capacité inductance
llydraulique pression volume
volumique de pression hydraulique hydraulique hydraulique
P(Pa,N/m2 ) f (m 3 fa) r (Pas) v (ml!)R111d/A 2 (Ns/m) V/Pou Afpg pl/A
Pneumatique débit Impulsion résistance capacité inductance
~.-e..:cion volume
isotherme volumique de pression pneumatique pneumatique pneumatique
p (Pa) 9 (ml /s) r (Pas) v (ml!)R•~JI/A 2 Ns/m V/Pou Vxr ou V2 /(RT) pifA
Pneumatique débit Impulsion résistance capacité inductance
pression volume
adiabatique volumique de pression pneumatique pueumatique pneumatique
p (Pa) f (ml /s) r (Pa a) v ft1rpl/ A2
(ml!) Ns/m V/(1P) ou Vx. pifA
Mécanique amortiSSeur
force vitesse impulaion déplacement ressort masse
translation frottement visqueux
F (N) Il m/s p (Na) % (rn) 1 1/1:. m (Kg)
Mécan1que v1tesae ampulsaon moment
couple angle frottement visqueux ressort
rotation angulaire angulaire d'inertie
r (Nm/rad) lAI 1 ,_
Thernuque
(rad/•)
température Oux thermique
la(NMs/rad)
' rad
résistance therrmque
conduction : /f(,\A)
1/A:
capacité thermique
.1
r~nnemene : 1/(oA)
T,l (K) ~ (WK- 1) convection: 1/(mc) mc
1: longueur, A : aec~ion, V: volume, Thbe laection circulaire de rayon R: A= rR 2 , 1: coefficient adiabatique, p: viscosité, p: masse volumique,
11 = 1j/p : viscoeité [Link], R : constante des gu parfaits, 1 : coefficient de frottement, A: : raideur du ressort, ,\ : coefficient de conductibilité
thermique, o: coefficient de rayonnement thermique, 1 : accélérateur de la pesanteur, C : chaleur massique, XT : coefficient de compressibilité isotherme,
x. : coefficient de compressibilité adiabatique.
-
N
0 '\
i~
l,t;S S 1 l.t.:UI!S t.:S {SUII t.:). JQ
t:Lt:[Link].:N'I m; H.\H.: HUNU-(;K.\1'11 t.: I'IWI'Itl.,;'l
g-
~
Elémenu
S)·mholes Loi généri•111e E:'lemples phrsi,.ues ( ·ausalités
bontl·graph
~ 1 "
La,/,= Il (a,= .li)
connection série en mécani•JIIe
connection parallèle en élcctri•Jue
l---11-
1 r
~ près tle la Jonc ti on 0
-~-~~-~~-
•= 1 "
ex : e1 = e, ... tn = e2. h = a2 L: a,/,
i=J.o;i'2
{ tJ =mt~
t1 = mt 2
levier, système d'engrenages ou ~TF~ h = mft
( conservati(s
de puissance) ~TF~ h=m/,
de poulies. réducteur. ft m h
m /, trans(ormateur électrique .... { t~ = 1/me,
ft ~TF~ ft= 1/mh
ft m 2
{ ,., = r/,
=rh moteur à courant continu.
~(;)'~ h = rft
~GY~
t1
capteur à effet Il ali,...
ft ;.: h
t2 = rft
ft r 12 ~m'f-7?-
{ h = 1/rt,
ft r ~ /r -: 1/rr~
... -
N
.......
....:a
Annexe générale 218
ll existe plusieurs possibilités pour construire un digraphe à partir d'une matrice. Nous
avons basé notre étude sur une représentation utilisée par Coates (1959).
Pour une matrice carrée A={aii;i,je(l, ... ,n)} d'ordre n donné, il y a une
correspondance entre la matrice A et le digraphe G(A) qui possède n sommets z i e z et un arc
dirigé ( z i, z i) du sommet initial i
z i vers le sommet final z si l'élément de la matrice a ii est
différent de zéro (i,j e (l, ... ,n)). Le poids de l'arc est donné par la valeur de aij·
Exemple a.t
Etant donné la matrice carrée A, le digraphe associé est représenté par la figure a 1.
x=Ax+Bu
(a.7)
{ y=Cx
Annexe générale 219
-RI -1
0
B=[~ ~] C=[~
II cl
:]
0
-R2 1
A= 0 1 (a.8)
II cl
1 -1 -1 I2
II II R3CI
Ces matrices données par (a.8) peuvent être déduite directement à partir du modèle
bond graph de la figure a.4 .
I : I1 C:C 1 I: I2
se 1
21
5
{ 9
tOr
12
10\ ~r
1 R:R2
l\
Dr. R :R 1 R :R 3
Figure a.4
Sr Drl
En effet, chaque terme aij de la matrice A est donné par le terme constant du gain du
chemin causal reliant l'élément dynamique xi à xi.
Annexe générale 220
Chaque terme bii (resp. ci) de la matrice B (resp. C) est égal au terme constant du gain
du chemin causal reliant l'élément dynamique xi à l'entrée ui (Se ou Sr) (resp. la sortie yi
(De OU Dr))·
Nous pouvons donc construire un digraphe à partir du modèle bond graph d'une manière
indirecte. Pour cela, il suffit dans un premier temps de déterminer la représentation d'état à
partir du modèle bond graph, puis de construire le digraphe correspondant. Nous proposons
de supprimer la première étape et de construire le digraphe directement à partir du modèle bond
graph.
La méthode directe consiste à utiliser les chemins causaux dans un modèle bond graph
pour construire le digraphe équivalent
Pour cela, nous énonçons la règle suivante :
Règle
1) Chaque élément dynamique en causalité intégrale, chaque source d'entrée et chaque
détecteur de sorties dans un modèle bond graph sont respectivement représentés par un
sommet état 'X.i , entrée Uï et sortie Yi dans un digraphe.
2) Un chemin causal de longueur 0 reliant un élément dynamique à lui-même (boucle
causale) est représenté par un arc reliant un sommet état 'X.i à lui-même (boucle).
3) Un chemin causal de longueur 0 reliant un élément dynamique à une source est
représenté par un arc reliant un sommet état 'X.i à un sommet entrée U.i •
4) Un chemin causal de longueur 0 reliant un élément dynamique à un détecteur est
représenté par un arc reliant un sommet état 'X.i à un sommet sortie Yi •
5) Un chemin causal de longueur 1 reliant deux éléments dynamiques est remplacé par un
arc reliant deux sommets états 'X.i
6) Les gains des chemins causaux sont remplacés par les poids des arcs.
Remarques
Pour transformer un chemin causal sur un modèle bond graph en un arc sur un digraphe,
il faut respecter les points de départ et d'arrivée.
Le digraphe obtenu acquiert ainsi quelques propriétés caractérisant le bond graph (le sous
-graphe des sommets état est symétrique et surtout, il est fortement connexe).
En application de cette règle, nous proposons d'établir une correspondance directe entre le
modèle bond graph de la figure a5 et le digraphe équivalent de la figure a.2.
Le tableau a.2 résume cette équivalence.
Annexe générale 221
I:Il
se 9 l :r
;f 1 1
2
10'
10
1Sr
Dek
12
·1 1
o,
6
1 li
11
,or
'1 'l
R:R, I:I2
Figure a.5 : Bond graph
~
f
~
f
01,.__7 R:R 1
f
-R
__1
Il
@I1
1
e -R2 -R,
Chemins ~ ~
de
R:R,,~I o,~l1 ~JI I :I2
f f ~
I2 @12 2
longueurO
se J11 JI I : I1 1 @ -(0 1
Chemins ._!...
o, 11
.& &
1k
~2
I2
~T·., ~
de
longueur 1
11 I: I1 R:R 1 I: I2
1k ~
r~
I :I,
, ~~r·
R:R 1
o,
-4 11
J·
I :I2
Rl
Il
CD
~
Il ...cg
Annexe générale 222
I :I1 c: C 1
·il . 4
11 f - 7 0
--1
cl
~
--1
1
I :I1 C:C 1 1
- -I.1
Ir I!· Il
C0 .. ®
11 ~7 0
f
c: C 1 I :I 2
·ii . ·il
0 ~ ,11
-1
-
I2
~2
--1
C:C 1
~ Iflr -
1
-1
~@
cl
0 ,11
-r+
I: I2 k 1
7
1 1 -ri 7 Dr
f - -Il1
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I2
@ -·®
1k ~ 0 ~ADe
f· , ·Tir
-R
_1 -R,
Il
C0
I.
.. @
I: I 1 R:R 1
e
1k ~ 0 ~ADe
f· , ·Tir
I: I2 R:R 1
.&
I2
cg
&
Il
---®
En regroupant tous les éléments, nous retrouvons le digraphe de la figure a.6.
Annexe générale 223
Figure a.6
La conversion d'un bond graph en un graphe linéaire, a été proposé par Bell et Martens
(1974), Ort et Martens (1974), Perelson et Oster (1976). Ils ont établit une comparaison entre
les bond graphs et les graphes linéaires. Birkett (1989) a proposé une conversion des bond
graphs à partir des matroïdes
La notion de famille de cycles est à la base de plusieurs règles de calcul présentées par
Reinschke (1988). Les différentes défmitions relatives à cette notion sont rappelées ci dessous:
Définitions a.20
1) L'ordre d'un cycle dans un digraphe est donné par le nombre de sommets qui le
composent.
2) Deux cycles sont disjoints s'ils n'ont ni sommets ni arcs en commun.
3) Un ensemble de cycles disjoints dans un digraphe forme une famille de cycles.
4) Une famille de cycles est dite directrice d'un digraphe G si elle est formée par tous les
sommets de G.
5) Une famille de cycles qui contient au moins un arc de retour est appelé une famille de
cycles de retour.
Par analogie à cette notion, nous avons présenté dans le chapitre 2, la notion de famille de
cycle causaux dans un modèle bond graph. Pour mettre en évidence la correspondance entre ces
deux notions nous cherchons les familles de cycles causaux dans le modèle bond-graph de la
figure a.5, et par équivalence, nous retrouvons les familles de cycles dans le digraphe de la
figure a.6.
Annexe générale 224
~ -R2
R:R 1 "\ 10 "\ 11 ~ I :I2 @'22
I2
k = 2
I :Il k 1k Ol 1 R:Rl -R
~ -R _R2!
R:R 1 "\ 10 "\ 11 ~ I: I2 @l'@T2 I2
Il I2
8 6
1k 11
'1 f 1
-R2!
__
Il I2
I: I 1 R:R 1 I : I2
:r~ :r 1
Ile!
2
11 10
~r [,f' 1
I2Cl
4
0 ~1
I: Il k 1k Ol 1 R:Rl -R,
@'1
:r
1
~r
RI
Il I2 cl
4
0 ~1
R:R 1 \ 10 "\ 11 ~ I: I2 -R,
@'22
:r :r
RI
Il I2Cl
2
11 10
Annexe sénérale 225
~F~ ~rr~
11~,o
f
~r ~·
-RI
Il I2 cl
~t:-r1~·
R:R 1 1 :12
~i~·~ irt:
11 1 0
1f . ~~
-RI
Il I2CI
1~:-1~~
R:R 1 1 :12
Annexe générale 226
Algorithme de Sinha
X: [ ;] est le vecteur état du système augmenté avec x,(t) e 9l'•, le vecteur état du
compensateur dynamique.
Les matrices A, B et C (a.9) sont des matrices de rangs respectifs (n+nJ x (n+ne),
(n+ne) x (rn), (rn) x (n+nJ.
C =[C 0] (a 10)
(a.12)
0
[ CC,A'B
A tt- B 0 c.
00 ][ C.A. ]
.....1A"-~··B 0
C ......
C_+ 1 A"-~.. B 0 c .. 1"- c.~:--~
B
[ C,A'' B 0
j3• - C ~ A"-~B 0 0o c.
][ c.A. ]
- C......+1 A"--· B 0
C ~+1
Ad·~·· B 0 c.. 1 d. B c. ~:--~
Cl BI CIBm CIABI CIAB .. CIA•-IBI cl A"-1B,.
C2BI C 2B,. C2ABI C2AB., c2 A•-1 BI C 2A"-1B.,
c0 =
Cp BI CPB .. CPABI CPAB .. c pA""1B 1 c p A""1B ..
Sir> 0, alors un pré compensateur Sc est nécessaire pour augmenter S, donc le système
augmenté S n'a plus de couplage propre.
(a.l3)
Annexe générale 228
C 1 Ad'B 0 0 cc
C m-r Ad,.....,B 0 0 CCAC
B. = (a.l4)
C m-r+l Ad-.., B 0 0
C
m-r+l
Ad.,_ .., B 0 C Ad'"B
rn
c c AP--l
c
Nous présentons sans détailler les calculs, l'application de cet algorithme à l'exemple
4.15. Pour cela, nous utilisons les matrices A, B etC déduites du modèle bond graph.
-a
0 0 0 0 0
c,
1
0 0 0 0 0 1 0
c,
:::]
c(l-a) -c 0 0
0 0 0 0
c, cl -c 0
A= -b
B=
0 0 0 0 0 0 1
cl 0 0
a -1 c(a-1)
0 0 0 0 0
Il
c b
0 0 0 0
-a
0 0 0 0 0 0
c,
1 0 0
0 0 0 0 0 0 0
c, 0 0
c(l-a) -c
0 0 0 0 .:.!..Lo 0 0
c, cl c
-b 0 0 000000]
A= o o 0 0 0 Àl, Àu B= 0 0 0 0 0 0
a -1 c(a-1)
0 0 0 0 0 0 0
Il
c b 1 0
0 0 0 0 0 0 0 1
Il I.
0 0 0 0 0 0 0 -1
0 0 0 0 0
Annexe générale 229
dl= dl+ 1 = 1
d2 =d2 +2=2
Remarque
Nous remarquons que le vecteur C 2 AB est non nul, pourtant il n'est pas pris en compte
dans le calcul de la nouvelle matrice de découplage B •.
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""' '
'-·····
·,, ~· - ;_
·:.1 ,'.
1TILE: BOND GRAPH APPROACH FOR STRUCIURAL STIJDY
OF LINEAR SYSTEMS
Summary
The purpose of this report is the study of structural properties of linear dynamical systems
by use of their bond graph model.
After a brief recall of the structural property notions, the different terminologies used for a
matrix rank study and its graph interpretation are presented. A comparison between these
equivalent rank and the bond graph ranks is proposed.
Within the frame of the structural state controllability 1 observability study, we propose a
graphical method for formai calculation of the state controllability 1 observability matrices and
the correspondent basis change matrices. A rule for formai determination of controllability 1
observability indices directly from the bond graph model is proposed.
The formai calculation of the opened loop characteristic polynomial coefficients of a
system is presented th us a formai relation between these coefficients and the component of the
feedback matrices are proposed. These results lead to the formai determination of a static state
feedback for pole placement from the bond graph model.
The formai determination of the output controllability matrix direct! y from the bond graph
model, th us graphical criterion to study the output controllability in terms of causal path in a
model bond graph are developed.
A method for formai calculation of the transfer matrix, a graphical interpretation of its rank
and a rule for calculation of the system matrix rank are presented, which allows us to dispose of
a necessary and sufficient condition of invertibility
A necessary and sufficient condition for decoupling by static state feedback, a method to
determine a dynamic compensation are proposed in terms of causal input-output path in a model
bond graph is presented. A formai determination of the decoupling matrix involves the state
feedback matrices calculation.
Keywords:
Bond graph
Structural properties
State controllability - output controllability
Pole placement
Invertibility of a system
Decoupling