2006evry0039 PDF
2006evry0039 PDF
Thèse
Présentée à
Par
Spécialité : Robotique
Remerciements 1
Introduction 3
Conclusion 111
Annexes 117
Bibliographie 129
Table des figures
Le laboratoire IBISC 1 est parmi les premiers en France à s'être investit dans le
1
IBISC : Informatique, Biologie Intégrative et Systèmes Complexes
5
domaine de engins volants automatiques. En effets, depuis deux ans, IBISC participe à
un concours lancé en 2003 par l'ONERA 2 et la DGA 3 sur les drones miniatures avec
un projet qui a été retenu par la commission du concours. Ce projet intitulé XSF ( X 4
Stationnary Flyer) est un drone quadrirotors de faible dimension.
L'absence totale de modèle ou d'un modèle précis du système, rend dans certains
cas, l'application de l'automatique classique difficile, voire impossible pour la synthèse
d'une loi de commande performante. Une commande basée sur les techniques de la
logique floue, constitue dans ce cas une alternative intéressante. En effet, ces techniques
permettent d'une part, de formaliser le traitement de l'imprécis sur le modèle du système
et d'autre part, d'établir une interprétabilité du comportement dynamique du système
par un ensemble de règles linguistiques, traduites en langage simple et interprétable.
L'objectif de la thèse est de développer des approches pour le contrôle du drone XSF
en vol. En effet, deux méthodes sont proposées, l'un est du domaine de l'automatique
classique nécessitant donc la connaissance d'un modèle du drone et l'autre est basée sur
une démarche experte faisant appel au contrôle flou. Classiquement, deux techniques
sont appliquées : la commande par retour d'état statique (RES) et la commande par
la technique du backstepping. Pour la commande du drone, ces modèles doivent être
simplifiée pour faciliter le calcul des lois de commande, ainsi ces engins volants sont
souvent caractérisés par des modèles difficiles à établir, dont la résolution nécessite
l'emploi d'outils mathématiques complexes. Le succès de cette résolution dépend de
la complexité du problème (dimension, nature des non linéarités, couplage entre va-
riables). Une tentative de comparaison entre les deux méthodes est réalisée en terme de
performance et de robustesse.
2
ONERA : Office National d'Études et de Recherches Aérospatiales
3
DGA : Délégation Générale pour l'Armement
de Newton proposé par Hamel et al [HAM 00, HAM 02]. Le deuxième modèle (le
X4 bidirectionnel) diffère par l'orientation de ses axes comme présenté par Bèji et
al [BEJ 05b, BEJ 06].
- Le chapitre 3, quant à lui est consacré à la conception des lois de commande
non-linéaires basées sur la technique du backstepping pour la commande des mouve-
ments selon les trois axes z, x et y. Cette technique et une planification de trajectoire
sont combinées pour contrôler la trajectoire du drone en utilisant une stabilisation
point par point et ceci pour les deux modèles concernées. Un contrôleur basé sur la
commande par retour d'état statique conçu et appliqué dans le cas du modèle X4
bidirectionnel. Nous étudions et analysons, dans cette partie la réalisation des com-
mandes pour la poursuite de trajectoires simples telles que le suivi de lignes droites
et des trajectoires complexes (demi-cercle, coin, etc.). Une étude de la robustesse est
effectuée vis-à-vis des perturbations d'une part dans le cas d'une défaillance d'un
actionneur du XSF et d'autre part sous l'influence du vent suivant les différentes
directions du mouvement.
- Le chapitre 4 expose les principes de base du contrôle flou. Nous nous sommes
limités à présenter les différents mécanismes et les outils mathématiques nécessaires à
l'utilisation de Systèmes d'Inférence Floue (SIF). Une application de cette technique
sur le drone XSF est présenté par la suite dans la dernière partie de ce chapitre.
- Dans le chapitre 5, nous présentons une technique d'optimisation du contrôleur
flou basée sur une descente du gradient. Cette méthode permet aux caractéristiques
du contrôleur flou de s'adapter en ligne afin de résoudre la tâche qui lui est assignée.
Ce contrôleur optimisé est comparé au contrôleur classique basée sur la commande
par retour d'état statique, dans le cas d'une perturbation due à l'influence du vent
et dans le cas d'une panne d'un actionneur du XSF.
Ce manuscrit s'achève par un ensemble de commentaires et de remarques générales
sur les résultats obtenus et quelques discussions sur les perspectives à mener.
Chapitre 1
Introduction à la conception et au
contrôle-commande des drones
1.1 Introduction
Les drones sont des engins volants auto-pilotés ou pilotés à distance. Ils sont ca-
pables de transporter des caméras, des capteurs, des équipements de communication
ou d'autres dispositifs. Ils ont joué un rôle depuis 1950 pour réaliser des missions de
reconnaissance, de recherche d'informations voire des opérations de combat.
Dans cette section, nous décrivons les configurations les plus répondues, dans les
laboratoires français et étrangers, de drones hélicoptère disposant de rotors [LOZ 05].
9
10 Introduction à la conception et au contrôle-commande des drones
(a) (b)
(c) (d)
FIG. 1.2: L'hélicoptère Bi-rotor : (a) le BIROTAN, (b) HoverEye de Bertin Tech,
(c), le T-Wing et (d) l'hélicoptère classique.
- les bi-rotors à pales de pas fixe : pour ces appareils sans plateaux cycliques, il
est clair qu'avec seulement deux rotors on ne peut pas générer une force et trois
couples indépendants. Il faut donc ajouter soit des ailerons soit des mécanismes pour
faire pivoter les rotors. Ainsi nous trouvons dans cette catégorie le Bi-rotor avec des
ailerons, c'est à dire deux rotors sur des axes différents et des ailerons dans le flux
d'air des rotors pour obtenir les couples nécessaires à la commande en 3D. Les ro-
tors peuvent tourner en sens opposés ou dans le même sens. On peut citer le T-wing
de l'Université de Sydney (figure 1.2(c)). Nous avons également la possibilité d'avoir
deux rotors contre-rotatifs sur le même axe et des ailerons dans le flux d'air des rotors
(Bertin, I3S) (figure 1.2(b)). Cette dernière configuration est très compacte. Finale-
ment nous pouvons avoir deux rotors qui pivotent sur 2 axes. Cette configuration est
très compacte aussi mais le couple de tangage est relativement faible (figure 1.2(a)).
- Le Vectron est constitué de trois rotors qui tournent dans le même sens (figure
1.3(a)). Le corps circulaire du Vectron quant à lui, tourne par conséquence dans le
sens contraire. Les vitesses des rotors sont variées à des instants très précis de manière
à obtenir des couples de tangage et de roulis.
- Le Trirotor est constitué de deux rotors qui tournent dans des sens opposés et
positionnés à l'avant de l'appareil, et d'un rotor à l'arrière avec une orientation ré-
glable. Le fonctionnement est similaire à celui d'un quadri-rotor mais la performance
en vol n'est pas aussi satisfaisante. Des expériences ont été faites sur le Tri-rotor à
Heudiasyc (figure 1.3(c)).
- L'hélicoptère Auto-Stable (blade-runner) (figure 1.3(b)), a été inventé récemment.
Il est constitué de deux rotors à pas fixe qui sont montés sur le même axe et qui
tournent dans des sens opposés. Un petit rotor de queue permet d'obtenir le couple
de tangage. Cet hélicoptère a la propriété d'être stable grâce à l'existence d'une
articulation entre les pales du rotor principal et l'axe du rotor. Étant donné son
mode de fonctionnement, cet appareil peut être utilisé uniquement en intérieur.
(c)
(c) (d)
et le moteur arrière tournent dans le sens de l'aiguille d'une montre tandis que les
moteurs droit et gauche tournent dans le sens contraire. Les hélices utilisées sont à
pas fixe. Le tangage est obtenu par une différence de vitesse de rotation des rotors
avant et arrière. Le roulis est obtenu de manière similaire avec la différence de vitesse
des moteurs latéraux. Le lacet s'obtient en augmentant la vitesse des moteurs avant
et arrière tout en réduisant la vitesse des moteurs latéraux. Il existe aussi une version
de X4 dans laquelle tous les rotors tournent dans le même sens. Dans ce dernier, deux
rotors sont inclinés par rapport à l'horizontal de manière à créer un couple de lacet.
L'inclinaison peut être fixe ou variable et permet de commander le mouvement du
lacet. Étant donné que les quadri-rotors sont commandés par différence de vitesse de
rotation des rotors, il est important que l'on puisse varier rapidement la vitesse de
rotation des moteurs. Pour cela il convient d'utiliser des pales très légères et des rapports
16 Introduction à la conception et au contrôle-commande des drones
- Un ordinateur de bord qui est une simple carte intelligente permettant de gérer
l'ensemble du système ;
- Un GPS (Global Positioning System) ;
- Une caméra CCD ;
- Des capteurs ultrasons qui font office de sonars pour la détection d'obstacles ;
- Une station de base.
Les rotors 1 et 2 tournent dans le sens contraire des rotors 3 et 4 afin d'élimi-
ner les anti-couples des hélices entre elles et permettre la stabilité en lacet (figure 1.7
(gauche)). A l'équilibre, le drone est soit en position stationnaire soit en mouvement
vertical (ascendant ou descendant). L'innovation du XSF par rapport au quadrirotor
existant (figure 1.7 (droite)) est le pivotement des supports qui portent les rotors 1 et 3
autour de l'axe de tangage, ce pivotement assure soit le mouvement rectiligne horizontal
soit le mouvement de rotation autour de l'axe du lacet ou une combinaison de ces deux
mouvements (le virage) [AZO 05]. Plus de détails sur les deux configurations est donné
dans le paragraphe suivant.
1.4. Drones miniatures 17
¡y ® y.
/I
/ !
/ I
L'angle ξ£ est limité en butée à 20°. Cependant des angles intermédiaires entre 0 et
20° sont permis pour créer le mouvement de virage (mouvement couplé déplacement
horizontal-lacet). Ce mouvement de pivotement est généré par deux servo-moteurs. Il
est supposé se faire à très faible vitesse de rotation.
18 Introduction à la conception et au contrôle-commande des drones
Un des gros problème rencontré dans la navigation des drones est laduréedu vol, il a
été donc donné une grande importance à l'étude énergétique et l'économie de celle-ci, et
cela passe par le choix entre autres des moteurs des batteries et des hélices. Il faut donc,
passer par une étude complète sur les moteurs de type brushless afin de les caractériser
et de déterminer leur consommation et en deuxième temps, étudier l'autonomie réelle
des batteries (figure 1.9(a)) ainsi que l'étude des hélices.
(c) (d)
FIG. 1.9: Batteries (a), hélice (b), Moteur électrique (c) et Variateur (d).
1.5. Constitution du drone 19
Le drone XSF fonctionne avec le même principe que les hélicoptères, ceci implique
que les hélices des propulseurs (figure 1.9(b)) doivent supporter tout le poids du drone
et ainsi être capable de produire la poussée nécessaire au fonctionnement du drone.
Le XSF a un poids estimé à 2 Kg, en répartissant les efforts sur l'ensemble des
quatre propulseurs, chaque hélice doit être capable de produire une poussée de 4.9 N
à l'équilibre.
1.5.3 Le capteur
Ces dernières années, une grande variété de systèmes capables de produire des me-
sures tridimensionnelles ont été développés pour permettre de réaliser une loi de com-
mande pour un vol autonome d'un drone. Pour cela, il faut avoir toutes les mesures
nécessaires (position, orientation, vitesse, accélération,...) et en temps réel. Ces me-
sures, dans notre cas, sont délivrées par la centrale inertielle et les capteurs ultrasons
ainsi que d'autre capteurs.
Emetteur
(d)
(C)
FIG. 1.10: capteur à ultrason (a), la centrale inertielle (b), carte micro contrôleur
(intelligente) (c), GPS (d) et camera (e).
connaît pas le premier obstacle qui va être touché par l'onde émise, ou bien, durant le
mouvement de l'objet, l'onde peut tomber sur des obstacles différents à chaque instant
et à des distances différentes.
La centrale inertielle est un capteur qui permet de mesurer en temps réel les mouve-
ments (accélération, vitesse angulaire). Conçue à partir des nouvelles micros technolo-
gies, la centrale regroupe un ensemble intégré de trois gyroscopes, trois magnétomètres
et trois accéléromètres formant un trièdre orthogonal (Figure 10(b)).
Les données fournies par les différents capteurs qui composent la centrale inertielle
sont exprimées dans un trièdre direct. Ce système de coordonnées est fixe. Il est lié à
la centrale et il est défini comme le système de coordonnées du capteur. Ce système de
coordonnées est aligné avec le boîtier de la centrale inertielle.
Étant donné que la centrale inertielle nous fourni l'accélération tri axial, il nous
faut donc l'intégrer, une fois pour obtenir la vitesse, deux fois pour obtenir la position.
Mais cette intégration numérique peut fournir une erreur importante. En effet, toute
mesure de la centrale inertielle peut être entachée d'erreurs dûes aux bruits des moteurs
par exemple ou à d'autres perturbations qu'il faut éliminer par un filtrage numérique
1.5. Constitution du drone 21
judicieux.
Pour déterminer l'orientation, donc les angles d'Euler et la vitesse angulaire, on
utilise directement les données filtrées de la centrale inertielle. Nous pouvons obtenir,
à la fois, les trois mesures ; l'accélération, les angles d'Euler et la vitesse angulaire en
envoyant la commande pour la centrale inertielle.
La carte intelligente est l'élément principal dans le drone. Cette carte doit gérer
l'ensemble des capteurs montés sur le drone (sauf la caméra, les images sont transmises
directement sur la base au sol) (figure 1.10(c)).
Les applications civiles du GPS sont multiples et ce n'est pas le but ici de dresser
une liste exhaustive de son utilisation. Notons cependant quelques grands domaines
touchés :
- Navigation aérienne
- Navigation maritime
- Suivi d'itinéraire pour compagnie de transport
- Etudes géodésiques et géographiques
- Assistance aux équipes de secours
Toutes les compagnies de transport aériens sont désormais équipées du GPS, ce qui
permet notamment aux avions d'atterrir avec une grande précision et de se diriger en
automatique dans la plupart des cas. Dans les grandes courses de voiliers, la précision
obtenue par les récepteurs joue un rôle capital dans la victoire et les équipes de sauvetage
en montagne ont vu leur efficacité augmenter en utilisant ce système (figure 1.10 (d)).
22 Introduction à la conception et au contrôle-commande des drones
1.5.3.5 La caméra
Le choix d'une caméra est complexe, puisqu'il dépend de l'application même parce
que le marché offre de multiples options, solutions et marques toutes différentes (figure
1.10 (e)).
Dans le domaine de la robotique mobile terrestre, ce procédé est déjà largement ex-
ploité avec notamment l'emploi d'omnicaméras. Toutefois, dans ce genre d'applications,
la précision des données n'est pas particulièrement critique. Dans le domaine aérien, cela
est beaucoup plus problématique. En effet, de la qualité des données dépend la stabilité
de l'objet volant.
et Sastry [HAU 92] pour le contrôle d'un avion à décollage et atterrissage vertical
(PVTOL).
Les travaux de P. Castillo et Lozano [CAS 04, LOZ 03, LOZ 04, LOZ 05] : portent
sur la proposition d'un modèle mathématique qui tient compte de la dynamique des
moteurs (modélisation Lagrangienne) et l'obtention de lois de commande non linéaires
pour la réalisation de vol stationnaire de manière autonome. Utilisant les propriétés des
fonctions de saturation et la théorie de Lyapunov, des lois de commande pour stabiliser
l'hélicoptère à quatre rotors ont été proposées. Des plates-formes expérimentales ont
été réalisées pour appliquer et tester les lois de commande proposées.
E. Altug et al [ALT 03a, ALT 02, ALT 03b], ont proposé un algorithme de contrôle
pour stabiliser le quadri-rotor en utilisant la vision comme capteur principal. Cette tech-
nique se compose d'une caméra terrestre et d'une caméra embarquée sur l'hélicoptère et
sont utilisées pour estimer les six degrés de liberté de l'hélicoptère. L'algorithme de la
pose est comparé par la simulation à d'autres méthodes d'estimation de la pose (telles
que la méthode des quatre points, et la méthode de stéréo vision) et s'avère moins
26 Introduction à la conception et au contrôle-commande des drones
sensible aux erreurs dans le plan image. Ils ont étudié deux techniques pour la com-
mande, la première utilise une commande par linéarisation, tandis que la seconde utilise
la technique du Backstepping. Ils ont implémenté leurs algorithmes en simulation. Ils
présentent aussi une expérience qu'ils ont faite en utilisant la vision pour mesurer l'angle
de lacet et l'altitude.
Dans [MOK 04], la commande utilisée est basée sur un modèle d'état constitué
des angles d'Euler et des positions observées. Ils ont traité la commande des angles
(roulis, tangage et lacet) plutôt que les mouvements de translation. Pour cette raison le
système a été représenté en deux boucles en cascade, la première relie le mouvement de
rotation (dont la loi de commande en boucle fermée est appliquée) et la seconde pour le
mouvement de translation. La dynamique du contrôleur par retour d'état est développée
pour transformer la partie de la boucle fermée du système en sous-ensemble linéaire,
contrôlable et découplé. L'évaluation des paramètres de vent du quadrotor est employée
pour éviter utilisation de plusieurs capteurs dans la plate forme expérimentale. Par
conséquent un estimateur des moments aérodynamiques résultants par l'intermédiaire
de fonction de Lyapunov a était développé. L'étude de la robustesse et la performance
du contrôleur proposé sont aussi examinées par la simulation.
Dans [MOK 06], une linéarisation robuste par retour d'état mixé avec le contrôleur
GH∞ linéaire est appliquée. Une saturation des actionneurs et des contraintes sur la
sortie de l'espace d'état sont introduites pour analyser les cas défavorables pour la
commande. Les résultats obtenus prouvent que le système global devient robuste lorsque
les fonctions pondérées sont choisies judicieusement. Le fonctionnement du contrôleur
est illustrée dans une étude de simulation qui tient compte des incertitudes sur les
paramètres, les perturbations externes et de bruit de mesure.
Dans [TAY 06,TAY 04], on propose un nouveau schéma de commande basé sur les
quaternions par retour d'état pour la stabilisation d'attitude d'un quadrotor. Le contrô-
leur proposé est basé sur la compensation des effets Coriolis et des couples gyroscopiques
et l'utilisation d'une structure par retour d'état, où l'action proportionnelle est repré-
sentée en terme du vecteur du quaternion. Les deux actions dérivées sont exprimées en
fonction de la vitesse angulaire du fuselage et de la vitesse du vecteur du quaternion.
Des résultats de simulation sont illustrés clans [TAY 04] pour montrer l'efficacité du
contrôleur proposé. L'étude de la stabilité asymptotique a été prouvée et testée sur une
plate-forme expérimentale [TAY 06]. Cette étude est limitée seulement au vol vertical.
Dans [BOU 04a, BOU 04b], le contrôleur Proportionnel Intégral Dérivé (PID) et le
1.9. Travaux portant sur le contrôle-commande des drones 27
contrôleur Quadratique Linéaire (LQ) ont été mis en application. Ces deux techniques
ont prouvé la possibilité de contrôler le système. Cependant, ces conceptions sont basées
sur un modèle linéarisé du quadrotor. Les contrôleurs sont performants si le quadrotor
dispose d'une configuration proche de celle du modèle à linéariser mais les performances
sont dégradées si son état est différent. Par conséquence, ces contrôleurs manifestent
des difficultés vis à vis des perturbations externes et semblent peu efficace quant à la
poursuite de la trajectoire.
Dans [BOU 05], la technique du backstepping ainsi que celle basée sur le mode
glissant sont utilisés. Ces algorithmes de commande qui, une fois mis en application sur
le même système que celui considéré dans [BOU 05], donne des meilleurs résultats par
rapport aux contrôleurs PID et LQ [BOU 04b].
Dans [HOV 02], un réseau de neurones d'une seule couche cachée (a Single Hidden
Layer Neural Network-SHL-NN) est utilisé pour compenser la dynamique inconnue
et permet l'exécution du contrôleur obtenu avec presque aucune connaissance de la
dynamique du système. Cette approche a été prolongée dans [KUT 05] permettant
à l'algorithme de contrôler le système et de satisfaire des contraintes de saturation
d'entrée de commande. Cette technique a été appliquée avec succès sur le système réel.
L'algorithme est limité à la commande du tangage du véhicule.
Dans [YAN 05], on traite le problème de la commande optimal en temps d'un qua-
drotor. Au lieu d'utiliser le Principe Minimum du Pontryagin (PMP), dans lequel on
résout un ensemble d'équations fortement nonlinéaire, une méthode de programmation
nonlinéaire (NLP) avec des algorithmes génétiques a été proposée. Cette méthode a
pour but de trouver un mouvement en temps optimal de l'hélicoptère entre deux confi-
gurations.
28 Introduction à la conception et au contrôle-commande des drones
1.10 Conclusion
Nous avons présenté dans ce chapitre un panorama des recherches sur les différentes
configurations des engins volants ainsi que les différents travaux dans la commande des
l'hélicoptère à quatre hélices. Les recherches sont nombreuses et les résultats obtenus
dans les différents cas d'applications sont très prometteurs.
Les fortes contraintes de coûts dans l'industrie imposera toujours l'utilisation de
capteurs peu chers. Il y a donc tout à gagner de la modélisation, de la fusion de données
et des nouveaux systèmes de localisation et de reconnaissance pour améliorer la qualité
de l'information et donc une navigation complètement autonome.
Dans le chapitre suivante nous décrivons le modèle générique du drone afin d'appli-
quer les techniques du backstepping et la commande par retour d'état statique. Il s'agit
d'un modèle caractérisant des véhicules sous-actionnés.
Chapitre 2
2.1 Introduction
Il s'agit d'établir le modèle mathématique de la dynamique du drone à quatre hé-
lices. Ce modèle fait le lien entre les entrées de commande et les sorties à contrôler.
Identiquement à tous les engins volants, le modèle de la dynamique complet d'un drone
est relativement difficile à établir et nécessite une étude mécanique assez poussée. Cette
étude se base sur la considération de la flexibilité des pales (ailes vibrantes), de la défor-
mation de certains corps de l'engin ainsi que des couplages entre plusieurs phénomènes,
à savoir la dynamique du fuselage, les dynamiques des moteurs, les effets aérodyna-
miques et les effets gyroscopiques.
Dans ce chapitre, nous présentons la dynamique pour un drone capable de vol d'avance-
ment rapide et de vol stationnaire ou quasi-stationnaire. Un tel modèle peut être achevé
dans un repère local, lié au drone, ou encore dans un repère global, supposé fixe. Nous
évoquons le modèle global qui sera traité de point de vue commande en stabilisation
et en poursuite. Beaucoup d'auteurs se sont inspirés de la dynamique d'un corps rigide
associé au fuselage pour aborder la modélisation auquel sont ajoutés les forces aérodyna-
miques générées par les rotors. Nous citons dans ce sens les travaux de Chriette et Hamel
sur les hélicoptères [CHR 01], Lozano et Castello sur le X4 [LOZ 03,LOZ 04,LOZ 05]
et, Beji et al [BEJ 06, BEJ 05b] sur le X4 bidirectionnel. De même nous pouvons nous
référer au livre de Etkin [ETK 59] qui porte sur la dynamique de vol beaucoup plus
complexe.
Des tentatives de modélisation du drone sont enregistrées dans la littérature, tel que
29
30 Modélisation d'un drone à quatre hélices
celui établi par Lozano [LOZ 05] par la méthode Euler-Lagrange. Les résultats de la
modélisation ont conduit à deux dynamiques découplées en rotation et en translation.
Le modèle présenté par Hamel [HAM 02, HAM 00] basé sur le formalisme de Newton qui
a été obtenu à partir de la dynamique d'un corps rigide associé au fuselage auquel sont
ajoutées les forces aérodynamiques générées par les rotors. Ce modèle en plus intègre la
dynamique des actionneurs. Le modèle qu'on étudie diffère des autres par l'orientation
de ses axes par rapport à un modèle du X4 conventionnel. L'approche de la modélisation
est basée sur le formalisme de Newton.
centre de masse est situé dans l'intersection des deux barres. Chaque barre porte deux
moteurs. Les équipements comme par exemple les capteurs, les cartes des contrôleurs,
etc . . . , sont placées proches du centre de masse G. Le repère inertiel (figure 2.1) est
2.3 Cinématique
L'étude du mouvement d'un drone évoluant dans l'espace, requiert la connaissance
de sa position et de son orientation. Cette localisation nécessite le choix d'au mois deux
2.3. Cinématique 31
repères. Le premier repère est le repère inertiel global Ko de référence. Le repère iner-
tiel est lié à la terre et peut être considéré comme Galiléen. sRQ(EX) Ey,Ez) est orienté
comme indiqué sur la figure 2.1. A savoir, Ex est orienté vers le nord, Ey est orienté
vers l'est et Ez est orienté vers le haut.
On définit un repères local ayant comme origine le centre géométrique OG. Le repère
'¡Ro(E(, ,.Ef ) appelé aussi repère relatif à la mécanique du vol dont les axes sont liés
à la géométrie de l'appareil.
utilisée dans les applications robotiques. Elle permet d'obtenir la matrice de rotation
globale par trois rotations élémentaires autour des axes E!{, et Ef respectivement.
Par ailleurs, elle a l'avantage de représenter des grandeurs physiques mesurables par des
capteurs de situation actuellement utilisés (centrales inertielles, compas magnétique,...).
Le paramétrage de l'orientation s'effectue par le vecteur :
inverse sa transposée. Cette matrice forme un groupe, appelée groupe des matrices
orthogonales d'ordre 3, noté SO(3) et qui est définie par :
(2-8)
34 Modélisation d'un drone à quatre hélices
rR
Le calcul du coefficient de poussée est souvent complexe. Il est ainsi essentiel d'éla-
borer un processus expérimental, qui laisse déterminer avec précision le coefficient KT
aussi bien que les limites de la validité de la relation.
Le couple résistant est défini identiquement comme suit :
2.5. Modèle de la dynamique 35
(2.14)
(2.15)
T 2 ), les forces et les moments extérieurs; soient le poids, les forces et les moments
aérodynamiques et des propulseurs.
La dynamique de rotation est définie par rapport au repère local mais exprimée
dans le repère inertiel. Le moment cinétique est défini par :
où les moments extérieurs par rapport à G (li=l, i=1, ...,4 qui représente la distance
entre G et i, et qui sont identiques)
Dans un premier temps, le modèle donné ci-dessus peut être linéarisé (linéarisation
entrée-sortie) par les lois de commandes découplées suivantes :
2.5. Modèle de la dynamique 39
Le modèle dynamique découplé de la rotation peut être écrit sous la forme suivante :
soit pivoter dans le même sens pour créer une composante horizontale susceptible de
propulser le XSF en translation, soit pivoter en sens inverse pour créer un lacet sans
translation. Les angles ξ1 et ξ3 sont limités en butée à 20°. Cependant des angles inter-
médiaires entre 0 et 20° sont permis pour créer le mouvement de virage (mouvement
couplé déplacement horizontal-lacet). Ce mouvement de pivotement est généré par deux
servo-moteurs, supposé se faire à très faible vitesse de rotation.
Il vient d'écrire :
(2.36)
(2.38)
(2.39)
(2.40)
(2.41)
Le modèle est réduit à l'écriture simple suivante (appelée aussi dynamique décou-
plée) .
(2.42)
(2.43)
de pivotements ( f 1 , f2, f3, f4, ξ1 , ξ3) n'est pas bijectif. On peut utiliser l'inverse généra-
lisée de la matrice coefficient sachant que les solutions sont limitées.
42 Modélisation d'un drone à quatre hélices
2.6 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons cité plusieurs modèles qui existent déjà [HAM 00,
POU 02, LOZ 04], et présenté un nouveau modèle dynamique développé par [BEJ 06,
BEJ 05b] au sein du laboratoire IBISC. Ce dernier se distingue des modèles existants
par le pivotement des angles des supports qui portent les moteurs 1 et 3 (ξ1 et ξ3). Ces
modèles sont caractérisés par leur forte non-linéarité qui provient de la nature des efforts
ainsi que du choix des coordonnées permettant la paramétrisation de la configuration
du drone. Nous avons commencé par une étude cinématique en précisant les notations
utilisées, suivie par une étude dynamique.
Les algorithmes de contrôle pour stabiliser ce type d'engin continuent à se déve-
lopper. Nous supposons que beaucoup d'entre eux seront appliqués un jour car les
applications pour ces véhicules aériens augmentent de jour en jour. En plus, tous ces
travaux nécessitent la modélisation du système.
Dans le chapitre suivant, la commande pour la stabilisation du drone par la tech-
nique du backstepping est discutée et appliquée ainsi que par la commande par retour
d'état statique. Ces techniques nécessitent une connaissance explicite du modèle dyna-
mique du drone.
Chapitre 3
3.1 Introduction
43
44 Commande robuste par la technique du backstepping et planification de trajectoire
Remarque 2 Etant donné que les deux dynamiques de θ et Φ sont respectivement vues
Remarque 2 Etant donné que les deux dynamiques de θ et Φ sont respectivement vues
Nous considérons par la suite que le vol est planaire, c'est à dire que l'altitude zr
= + \z\ (3.24)
On montre par les mêmes procédures que précédemment et sous les mêmes com-
mandes données par (3.8) que le système en (x,
(x, θ)Û)estestexponentiellement
exponentiellementstable
stableet etque
que
V4 = -z\ - z\- z\- zj<0.
Maintenant, reprenons le système en (y,
{y, Φ
<j>),
),
rny = C9S*u* ^
<>
t = u5
La loi de commande pour le vol suivant la direction y, est établie suivant les mêmes
procédures détaillées précédemment [ZEM 05c,ZEM 05b]. D'où la proposition suivante :
U5 =
u:iC0C(p ~ ~
commande u2 devra changer de structure. Une commande basée sur la linéarisation par
retour d'état statique est utilisée pour réussir cette étape.
50 Commande robuste par la technique du backstepping et planification de trajectoire
La matrice H = 2 x 2 est une matrice inversible. Après avoir incorporé (3.27) dans
le système d'équations (3.29), on obtient :
Remarque 3.1 La limite d'intervalle pour ψ ε] — π/2, π/2[ est un handicap pour la
machine si on désire se déplacer selon x avec la commande . Dans ce cas de figure, le
déplacement selon x nécessite une orientation de ψ = π/2 qui est une singularité pour
u2 (voir (3.27)). On apporte une solution à ce problème par la suite.
x = vx ; z — vz (3.38)
Remarque 3.3 Pour commuter entre les deux contrôleurs (3.27) et (3.37), un pro-
pro-
blème de continuité est à résoudre qui peut engendrer un phénomène de 'peak' dans
la commande. D'où l'utilité d'imposer quelques contraintes sur les trajectoires de réfé-
réfé-
7r
rences. Ainsi, on considère que uU2(ip
2 (ψ == 0)
0) == (ψ == π/2)
/2) == 00 avec
avec Φ</>
= 0==0 θ.
= Pour
Q. Pour
un un
lacet ipψ=0,
— 0, on
on utilise
utilise (3.27)
(3.27) etet quand
quand ip 7r/2, on
ψ=— π/2, on applique
applique la
la commande
commande (3.37).
(3.37). Ainsi,
Ainsi,
à partir de (3.27) avec (3.37), on déduit que vv(Tf) = vx(Tf) et yd(7j) = xd{T]).
Prenant 4> = 9 — 0, on impose à u^ip — 0) = mg dans la relation (3.27) et
u3(tp = 7r/2) = mg dans (3.37). T'j est le temps final nécessaire pour atteindre Xd(Tj).
final d'une phase du vol est la valeur initiale du mouvement suivant. On peut écrire la
trajectoire de référence suivant x comme :
virage. De même l'angle α , qui agit directement sur le comportement du lacet, peut
prendre des valeurs entre zéro (un angle vif) pour un changement de direction, ou 2π
pour contourner un carrefour.
Nous proposons de connecter z et x à travers les équations suivantes (figure 3.3).
Pour assurer la continuité entre les dérivées par rapport au temps de xd(t) et y d (t),
c'est-à-dire en vitesse, on a :
3.4. Planification de trajectoire et résultats de simulations 55
systèmes experts et leur donner une aptitude de prise de décision. Les premières appli-
cations au niveau des systèmes de réglages datent de la fin des années 70, puis à partir de
1985 environ, la logique floue a commencé à être utilisée dans des produits industriels,
en particulier au Japon, pour résoudre des problèmes de réglage et de commande.
4.2.1 Historique
Le concept de la logique floue fut introduit en 1965 par Lotfi Zadeh [ZAD 65].
Freinée par la réticence à appréhender un nouveau concept et par des difficultés de
réalisation pratique, la logique floue ne débouche réellement qu'en 1990 avec l'apparition
de produits et de systèmes utilisant cette technique. Aujourd'hui, la logique floue est
arrivée à maturité et elle est utilisée dans de nombreux produits grand public. Sa mise
en oeuvre est maintenant facilitée par la disponibilité de microprocesseurs dédiés et
d'outils puissants de développement.
L.A. Zadeh connu internationalement pour ses travaux sur la théorie des systèmes,
a introduit la notion de sous-ensemble flous (fuzzy sets) généralisant ainsi l'algèbre
de la théorie classique des ensembles et aussi la logique trivaluée introduite en 1920
par Lukasiewicz. En effet la théorie des sous-ensembles flous permet d'une part de
représenter et de manipuler des connaissances imprécisément et/ou vaguement décrites
et d'autres part d'établir une interface entre des données décrites symboliquement (avec
des mots) et numériquement. Contrairement à sa dénomination, cette théorie est très
précise et s'appuie sur des fondements mathématiques solides.
de X qui sont réellement dans A, et que l'on note par N(A) défini par
1. Egalité
Egalité
Soient A
Aii et A
Ajj deux éléments de l'ensemble F(X). F(X) est l'ensemble de tous
les sous-ensembles flous
flous de X.
Ai = Aj Vx e X, HAi{x) = HAjix)
2. Inclusion
Inclusion
Soient A
Aii et Ah
Aj deux éléments de l'ensemble F(X).
Intersection
Soient Ai et Aj deux éléments de l'ensemble F(X).
L'intersection de Ai avec Aj définit un nouveau sous-ensemble flou
pour fonction d'appartenance μAk définie par :
4. Union
Soient Ai et Aj deux éléments de l'ensemble F(X) .
L'union de Ai avec Aj définit un nouveau sous-ensemble flou Ak, ayant pour
fonction d'appartenance μAk définie par :
4.3. Théorie des sous-ensembles flous 73
5. Complément ion
Soit Ai un élément de l'ensemble F(X).
Les Systèmes d'Inférences Floues (SIF) sont utilisés aujourd'hui dans de nombreux
domaines. On peut citer notamment le domaine du contrôle-commande où le recours
aux SIF permet de s'abstraire d'une modélisation mathématique qui n'est pas toujours
facile à réaliser.
Associés aux concepts fondamentaux du raisonnement flou, nous allons voir que
les SIF constituent une approche très intéressante pour aborder la commande de sys-
tèmes complexes, en offrant notamment la possibilité de construire une commande "
transparente ", c'est à dire explicite et donc interprétable.
Dans la logique classique, le modus ponens ne permet d'obtenir une conclusion que
si l'on sait que la prémisse est exactement vérifiée. Sa généralisation autorise donc l'uti-
lisation d'une règle en présence d'une proposition floue éventuellement différente de sa
prémisse telle que :
Les informations disponibles pour déterminer la conclusion sont donc d'une part celles
relatives à la règle, quantifiées par l'implication floue μR qui décrit le lien causal "V
est A" et "W est B" et d'autre part celles relatives au fait observé, quantifiées par la
fonction d'appartenance μ A'.
La fonction d'appartenance de B' est donc calculée comme une combinaison de μR
et de μ A ' de la forme :
4.4.1.1 La fuzzification
FIG. 4.4: Exemples de la sortie y correspondant aux deux cases (1) et (2) en gras
en fonction des entrées e1 et e 2 .
4.4. Commande floue 79
4.4.1.3 La d é f u z z i f ï c a t i o n
Elle a pour but l'obtention d'une valeur numérique pour chaque variable de sor-
tie à partir des valeurs de sortie des différentes règles. Dans le cas de règles de type
Takagi-Sugeno, le calcul se fait simplement par une somme normalisée des valeurs as-
sociées aux règles. Dans le cas de règles de type Mamdani, une valeur numérique doit
être obtenue à partir de l'union des sous-ensembles flous correspondant aux différentes
conclusions. Parmi les nombreuses possibilités pour réaliser cette étape, nous pouvons
citer [MAA 00] :
(4 4)
y = S g f f y '
yo = Elo f (4-6)
celui du type Mamdani et celui dix type Takagi-Sugeno. Pour exposer le principe
de fonctionnement de chacun d'eux, on considère l'exemple d'une base de règles de la
forme :
Règle i : Si X i est An et .... et Xn est Ain Alors Y est Bi
où A i1, Ain et Bi sont des sous-ensemble flous.
La méthode Mamdani est la plus connue et elle présente les caractéristiques suivantes
(voir détail section précédente) :
- Elle est intuitive ;
- Elle est largement utilisée ;
- Elle simule le raisonnement humain etc....
La méthode de Takagi-Sugeno [TAK 83] se caractérise par une sortie des règles non
floues. A chaque règle, on associe une sortie définie sous forme numérique comme étant
une combinaison linéaire des entrées. Les règles utilisées sont du type (dans le cas d'un
système d'inférence flou d'ordre zéro) :
Règle i : Si X i est A i1 et — et Xn est A in Alors Y = Bi
Où les valeurs Bi sont des valeurs réelles (non floues).
Les SIF de type Takagi-Sugeno permettent une meilleure représentation des fonctions
numériques et des mécanismes d'inférence plus rapides. Il a été montré expérimenta-
lement que la méthode de Takagi-Sugeno donne des résultats très voisins de celle de
Mamdani tout en permettant une réduction sensible du temps de calcul [JOU 97].
de \ e NG NP Z PP PG
PG G G F TF TF
PP G G F TF TF
Z TG G M F TF
NP TG TG G F F
NG TG TG G F F
TAB. 4.2: Table linguistique déduite par expertise pour la direction suivant z
pour fournir la commande u3
de \ e NG NP Z PP PG
PG PP PP NP NG NG
PP PP PP NP NG NG
Z PG PP Z NP NG
NP PG PG PP NP NP
NG PG PG PP NP NP
TAB. 4.3: Table linguistique déduite par expertise pour la direction suivant x ou
y pour fournir la commande U2,x ou u2, y
Les figures 4.7, 4.8 et 4.9 montrent les résultats de simulation respectivement pour
4.5. Résultats de simulations 83
la réalisation des connexions droites pour les mouvements zxy en 3D, l'erreur ainsi que
la commande . Le drone effectue un mouvement vertical de 10 m puis un mouvement
suivant x d'une distance de 10 m ensuite un mouvement suivant y de la même distance.
Les figures 4.10, 4.11, 4.12, 4.13, 4.14 et 4.15, représentent respectivement la réalisation
en 3D, l'erreur et la commande pour la trajectoire de connexions de type arc et demi-
cercle. Nous remarquons qu'à l'équilibre, la commande u3 est toujours vérifiée (us est
approximativement égal à mg). Ces figures montrent que la tâche est réalisée d'une
manière très satisfaisante en respectant les contraintes imposée.
FIG. 4.9: Les commandes u2,x , u 2,y et u 3 pour des connexions droites
4.5. Résultats de simulations 85
Fig. 4.12: Les commandes u2,x, u2,y et u3 pour des connexions arcs
R
LG. 4.15: Les commandes u2,x, u2,y et u3 pour des connexions demi-cercles
92 Système d'Inférence Floue Optimisé
Couche 4 :
Dans cette couche, chaque cellule assure la fonction
sont à optimisés [LUT 96]. Ils ont également observé que, malgré quelques différences
dans la conduite de l'optimisation et dans la commande fournie, le recours à la ver-
sion simplifiée n'induit pas de dégradation de performances sensible. C'est pourquoi,
notre préférence va à cette méthode, efficace, rapide et facile à mettre en oeuvre. Il est
évident néanmoins qu'elle ne peut s'appliquer qu'à des systèmes dans lesquels le signe
du jacobien est constant dans le domaine de fonctionnement balayé.
5.6.1 Introduction
Plusieurs algorithmes sont utilisables pour optimiser les paramètres ajustables du
réseau. Dans notre application, nous nous contenterons d'utiliser la méthode de ré-
tropropagation de gradient pour ajuster les poids de la dernière couche du réseau. Le
principe général de cette méthode peut être résumé comme : à chaque itération, on
modifie les poids de la couche de sortie. Cette modification des poids se fait dans le sens
opposé au gradient de la fonction coût. On répète le processus jusqu'à ce que les poids
de la couche de sortie aient convergé, c'est-à-dire que l'écart entre la sortie du réseau
et la sortie désirée devienne acceptable.
(5.5)
avec :
(5.6)
où :
λ : constante de contrôle d'augmentation des paramètres.
ε: terme d'erreur.
Wi : poids ou paramètre
A l'aide de l'algorithme de rétropropagation du gradient, les paramètres sont modifiés
suivant la formule suivante :
η : gain d'optimisation (ou pas d'optimisation), mesurant la vitesse avec laquelle les
poids vont converger vers leur valeur finale. Plus elle est grande, plus la convergence est
rapide. Il faut toutefois éviter de prendre une valeur trop grande, car on risquerait alors
de ne pas avoir de convergence du tout (les variations de poids entre deux itérations
seraient trop importantes). A l'opposé, si cette valeur est trop faible, la convergence
risque d'être extrêmement longue.
permet d'éviter les minima locaux en faisant intervenir les variations des poids.
En fait, cette modification a été utilisée dans [CHO 95] sous le nom de "weight decay "
pour traiter des problèmes de classification par réseaux de neurones. Cette technique a
été analysée [BIS 95] dans le cadre de la théorie de l'apprentissage et il a été montré que
c'était une façon très simple d'implémenter une méthode de "régularisation" dans un
réseau de neurones afin d'optimiser le compromis entre l'erreur d'optimisation et l'erreur
5.6. Algorithme d'optimisation 97
Avec :
β : coefficient du terme de weight decay ou de régression ;
En se limitant dans cette étude pour l'optimisation des conclusions des sorties, ainsi on
obtient : (pour une optimisation globale d'un contrôleur flou, voir par exemple [LUT 96]
[BEN 97]).
où :
ye : valeur effective de sortie.
y d : sortie désirée.
Comme il s'agit ici d'un SIF, on adapte cette formule en multipliant par le terme de
Pour chaque direction de vol, nous avons appliqué un système d'inférence flou opti-
misé pour générer la commande de l'engin.
Les figures 5.9 et 5.10 montrent respectivement les résultats de simulation pour la
réalisation des connexions droite pour l'erreur et la commande.
Les figures 5.11, 5.12, 5.13, 5.14, 5.15 et 5.16, représentent respectivement la réa-
lisation en 3D, l'erreur et la commande pour la trajectoire de connexions de type arc
et demi-cercle. Nous remarquons que l'erreur tend vers zéro donc la position désiré est
BU Evry
100 Système d'Inférence Floue Optimisé
atteinte. Pour valider notre démarche de stabilisation, nous montrons d'après la figure
5.17 qui représente la réalisation d'une trajectoire hélicoïdale, que notre commande
assure la poursuite de cette trajectoire parfaitement.
De même, les résultats de simulations pour le déplacement suivant x ou y sont
rapportés dans les tables 5.4 et 5.5. Les mêmes conclusions restent valables pour les
deux déplacement suivant x ou y. Ces tables de règles, obtenues après convergence des
poids, présentent un zéro central et une symétrie par rapport à ce zéro central.
de \ e NG NP Z PP PG
PG 29.62 29.71 7.59 2.55 2.99
PP 29.52 31.34 10.63 3.02 1.69
Z 34.22 29.73 19.54 4.84 2.79
NP 39.72 41.37 22.32 1.74 9.61
NG 39.92 39.82 28.27 7.96 9.62
de \ e NG NP Z PP PG
PG G G F TF TF
PP G G F TF TF
Z TG G M F TF
NP TG TG M* TF* F
NG TG TG G F F
TAB. 5.2: Table linguistique déduite après traduction linguistiques pour la direc-
tion suivant z
5.6. Algorithme d'optimisation 101
de \ e NG NP Z PP PG
PG G G F TF TF
PP G G F TF TF
Z TG G M F TF
NP TG TG G F F
NG TG TG G F F
TAB. 5.3: Table linguistique déduite par expertise pour la direction suivant z
de \ e NG NP Z PP PG
PG 9.91 10.09 -11.02 -20.69 -20.01
PP 10.01 13.02 -9.68 -20.78 -21.09
Z 20.02 18.25 0.79 -23.98 -20.05
NP 21.05 23.12 5.09 -18.67 -10.07
NG 20.65 19.69 9.78 -10.05 -10.2
de \ e NG NP Z PP PG
PG 9.98 10.10 -10.38 -20.35 -20.05
PP 10.03 13.00 -9.91 -23.95 -21.19
Z 20.00 18.02 0.8 -24.11 -20.02
NP 21.02 23.10 5.95 -16.36 -10.07
NG 20.55 19.59 9.99 -10.01 -10.26
soit pivoter dans le même sens pour créer une composante horizontale susceptible de
propulser le XSF en translation, soit pivoter en sens inverse pour créer un lacet sans
translation. Les angles ξ 1 et ξ3 sont limités en butée à 20°. Cependant des angles inter-
médiaires entre 0 et 20° sont permis pour créer le mouvement de virage (mouvement
couplé déplacement horizontal-lacet). Ce mouvement de pivotement est généré par deux
servo-moteurs, supposé se faire à très faible vitesse de rotation.
Il vient d'écrire :
(2.36)
FIG. 5.13: Les commandes u2,x, u2,y et u 3 pour des connexions d'arcs
Fig. 5.18: Forces des rotors dans le cas d'une défaillance du moteur 4 à t=0.5 s
FIG. 5.19: Forces des rotors dans le cas d'une défaillance du moteur 4 à t=4s
5.7. Étude de la robustesse 109
FIG. 5.20: Influence du vent avec une force de traîné de 1.4N à gauche et de 2.1N
à droite pour la direction suivant x
La figure 5.21 montre que les deux contrôleurs manifestent le même type de com-
portement vis-à-vis la panne du moteur.
Dans la figure 5.22, nous observons que les deux contrôleurs ne se comportent pas
de la même manière. Le contrôleur RES génère une erreur statique durant le vol causé
par la force de traînée. Le contrôleur SIFO présente des problèmes dans la partie dy-
namique tandis que l'effet de l'erreur statique disparaît quant le drone se maintient en
équilibre. D'après cette étude, nous pouvons déduire que les deux contrôleurs réagissent
différemment. En fait, le temps de calcul est plus important pour le contrôleur SIFO
et cela est dû à la phase d'optimisation. L'avantage de ce contrôleur est le fait qu'il ne
nécessite pas un modèle du système. Afin de pallier aux problèmes de chaque contrôleur
et réaliser un système performant de commande, nous proposons d'utiliser le contrôleur
classique (RES) dans la partie dynamique et le contrôleur SIFO pour la partie statique.
D'autre part, le contrôleur SIFO est comparé avec la méthode ANFIS. Le drone
est commandé pour effectuer vol vertical suivant la direction z en utilisant les deux
technique : le SIFO en ligne et le ANFIS hors ligne. Le contrôleur SIFO présente un
avantage, qui est la lisibilité des règles (tables 5.1 et 5.2) contrairement, au contrôleur
ANFIS qui est une boîte noire.
110 Système cl'Inférence Floue Optimisé
FIG. 5.21: Forces de XSF dans le cas d'une défaillance du moteur 4 à t=0.5 et 4
s
FIG. 5.22: Influence du vent avec une force de traîné de 1.4N à gauche et de 2.1N
à droite pour la direction suivant x
5.8 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté une technique d'optimisation permettant
l'ajustement en lignes des paramètres d'un contrôleur flou.
L'algorithme de la descente du gradient avec ses capacités de s'adapter à des situa-
tions inconnues par le biais de ses facultés d'optimisation, et la logique floue avec ses
capacités de modélisation des connaissances empiriques, ont été combinés pour la com-
mande du drone XSF. En effet, nous avons obtenu des SIF optimisés de type Takagi-
Sugeno d'ordre 0, en partant d'une table de décision préinitialisée, par optimisation en
ligne. Nous avons pu vérifier la logique des règles de décision obtenues après optimisation
en retraduisant les résultats numériques en concepts linguistiques.
Une comparaison entre le contrôleur utilisé (SIFO) et le contrôleur déduit par ex-
pertise, montre la validité de notre démarche pour la commande de notre système. Une
analyse des deux contrôleurs (SIFO et la commande par retour d'état statique) montre
les avantages et les inconvénients des deux techniques de commande utilisées. A notre
connaissance, il n'existe pas de travaux sur la commande des drones par les techniques
floues ce qui constitue l'une des originalités de notre travail.
Conclusion
Les travaux que nous avons effectués portent sur l'étude de stabilisation avec pla-
nification de trajectoire de deux modèles du drone. Le premier est appelé modèle X4
conventionnel, le second est le modèle X4 bidirectionnel (XSF). La particularité du mo-
dèle X4 bidirectionnel par rapport au modèle existant est le pivotement des supports
qui portent les moteurs 1 et 3. Ce pivotement (de même sens) assure soit le mouvement
rectiligne horizontal soit (de sens contraire) le mouvement de rotation autour de l'axe
du lacet, ou une combinaison de ces deux mouvements qui donne le virage. Pour le drone
XSF, nous avons proposé un nouveau modèle dynamique qui est basé sur le formalisme
de Newton.
Nous avons cherché à comparer des algorithmes de commande en utilisant une tech-
nique nécessitant un modèle du système (technique du Backstepping et la commande
par retour d'état statique) et une approche experte s'affranchissant du modèle (Système
Inférence Floue Optimisé - SIFO).
Nous avons élaboré, dans un premier temps, des lois de commande non-linéaires
pour la commande des mouvements selon les différents axes. En se basant sur la théorie
de Lyapunov, il est possible de concevoir systématiquement et de manière récursive
une commande robuste avec les fonctions construites. Cette technique a été utilisée
pour concevoir des algorithmes de commande assurant le déplacement du drone d'une
position initiale vers une position d'équilibre désirée. Les résultats de simulation ont
confirmé les performances des contrôleurs utilisés. Une comparaison entre les deux mo-
dèles, pour la réalisation des connexions de type arcs et demi-cercles, a montré que le
X4 bidirectionnel est le mieux approprié à cette tâche.
Dans un second temps, un algorithme basé sur une descente du gradient avec des ca-
pacités de s'adapter en temps réel par le biais de ses facultés d'optimisation et la logique
floue avec ses capacités de modélisation des connaissances empiriques et la gestion de
l'imprécis, ont été combinés pour la commande du drone. Une structure d'optimisation
est utilisée pour l'ajustement des caractéristiques paramétriques (conclusions des règles)
113
du contrôleur flou. Nous avons ainsi généré des SIF optimisés de type Takagi-Sugeno
d'ordre 0, en partant d'une table de décision préinitialisée. Nous avons pu vérifier la
logique des règles de décision obtenues après optimisation en retraduisant les résultats
numériques en concepts linguistiques. Pour ce faire, il est essentiel que la phase d'opti-
misation converge vers des poids stables. Une comparaison au niveau linguistique entre
le contrôleur utilisé (SIFO) et le contrôleur s'appuyant sur l'expertise, montre la validité
de la démarche. Les résultats de simulation montrent un comportement satisfaisant du
système car l'engin atteint asymptotiquement la trajectoire.
Nous avons ainsi réalisé des commandes pour la poursuite de trajectoires simples
telles que le suivi de lignes droites, et complexes (demi cercle, coin, hélicoïdale ....) en
utilisant les deux techniques. Nous avons montré également l'importance (optimisation
de l'énergie) de la planification de la trajectoire par rapport à une régulation qui se
traduit par l'amplitude de la commande des moteurs qui atteint des valeurs très éle-
vées. Ces valeurs dépassent les limites physiques des moteurs utilisés et nécessitent une
consommation d'énergie plus élevée.
Nous avons étudié la robustesse des deux contrôleurs utilisés en présence de per-
turbations. Nous avons présenté deux types de perturbations, le cas d'une panne d'un
moteur ainsi qu'une rafale de vent. Les résultats mettent en évidence deux comporte-
ment différents dans le cas de la rafale de vent :
- le contrôleur par retour d'état statique RES ne compense jamais l'erreur statique.
- le SIFO génère une sortie très chahuté dans la partie transitoire du vol.
Perspectives
Des travaux complémentaires sont nécessaires afin de pouvoir proposer un système
complet permettant de répondre entre autres aux exigences du projet ONERA-DGA.
Un des problèmes que nous avons à résoudre est la mesure de l'orientation de l'appareil
en présence de perturbations électromagnétiques provenant des moteurs électriques et
variateurs ainsi que des modifications éventuelles de l'environnement et/ou des caracté-
ristiques physiques du drone. Notre objectif consiste aussi, à extraire à partir de prises
de vues des informations suffisamment fiables pour permettre au drone de suivre une
trajectoire pré-définie et d'éviter des obstacles, tel un tireur embusqué,...
Concernant les approches classiques, une conception de la commande dans le plan
local est à envisager. Ceci pour mieux aborder le cas de trajectoires très complexes et
aussi faciliter l'évitement d'obstacles éventuels.
La gestion d'obstacles et/ou le cas d'un groupe d'engins volants peut être réalisée
grâce aux facultés des SIF. En effet concernant ces derniers, leur utilisation dans ce
travail a été effectuée au bas niveau celui de la commande ce qui a constitué une première
approche. Leur utilité peut s'avérer plus importante après une expérimentation réelle
des algorithmes proposés, si le modèle proposé du drone n'est pas valide, a posteriori,
ces SIF peuvent être utilisés pour l'identifier en ligne.
Enfin, une approche floue peut être aussi utile au niveau de la fusion des données
capteurs.
Annexe A
f (x e ) = 0 (A.2)
Les propriétés de stabilité de ce point d'équilibre sont caractérisées par la définition A.l.
117
118 Rappels sur la théorie de la commande par Lyapunov
-un état d'équilibre asymptotiquement stable s'il est stable et s'il existe r > 0 tel
que :
-un état d'équilibre globalement asymptotiquement stable (GAS) si pour tout état initial
Théorème A . 3
Considérons le système décrit par l'équation (A.l), avec f (0) = 0. Soit V (x) une fonc-
tion scalaire définie positive, non bornée, continue et différentiable. Si :
où W(x) est une fonction continue, alors, toutes les solutions de (A.l) sont globa-
globa-
lement uniformément bornées et satisfont :
x = f(x,u) (A.6)
u = a(x) (A.7)
x = f(x,a(x)) (A.8)
Pour montrer que le système est GAS, nous devons construire une fonction de Lyapnuov
V(x) satisfaisant les conditions du théorème (A.3). L'approche la plus simple pour
trouver αa (x) est de sélectionner une fonction définie positive V(x), radialement non
bornée et puis choisir αa (x) tel que :
(A.9)
120 Rappels sur la théorie de la commande par Lyapunov
On doit faire un choix adéquat de V pour vérifier (A. 9). Ce qui nous amène à donner
la définition suivante.
Étant donnée une (fonction de Lyapunov candidate (CLF)) pour le système (A.8),
on peut trouver une loi de commande stabilisant globalement le système. En effet,
l'existence de cette loi est équivalent de (CLF). Cela veut dire, que pour toute loi de
commande stabilisante, on peut trouver une (CLF) correspondante et vis-versa. Cela
est vérifié dans le théorème [ART 83]. Pour illustrer cette approche, on considère le
système suivant :
Ce système est affine en la commande. On suppose que la (CLF) du système est connue.
Sontag a proposé dans [SON 89] un choix particulier de loi de commande, donnée par :
Elle rend donc l'origine (GAS). L'équation (A. 12) est connue sous le nom de la formule
de Sontag. Freeman et Primbs [FRE 96] ont proposé une approche où la commande u
est choisie pour minimiser l'effort de commande nécessaire pour satisfaire :
(A.14)
Annexe B
Hypothèse B . l
On considère le système
x = f ( x ) + g(x)u, / ( 0) = 0 (B.l)
Où x G 9?" est l'état et u € 3? est l'entrée de la commande. Il existe une loi de commande
u = a (x), a (0) = 0 et une fonction non-bornée définie positive V : 5?" telle que :
Lemme B.2
Soit le système décrit par l'équation (B.l) avec un intégrateur en entrée :
x = f(x)+g(x)u(x) (B.3)
c = u (B.4)
et on suppose que (B.3) satisfait l'hypothèse B.l et on considère Ç = 5R comme
entrée de commande fictive.
121
122 La forme canonique (Backstepping pour un seul intégrateur)
est une fonction de Lyapunov candidate pour le système complet (B.3 et B.4), cela
veut dire qu'il existe une loi de commande en boucle fermée u = α a (x, ζ ) qui régule le
système (B.3 et B.4) vers x = 0, ζ = 0 qui devient un point (GAS) pour (B.3 et B.4).
Cette loi de commande est donnée par :
ii) Si W(x) est seulement semi-definie positive, alors il existe une loi de commande
qui rend Va < -Wa{x,Ç) < 0, telle que Wa (x, Ç) > 0 aussi bien W (x) > 0 ou bien
Ui) "
( ^ a (x). Cela garantie une convergence globale bornée et une convergence de Ç (t)
On considère que l'équation (B.3 et B.4) commandé par une loi de commande fictive
α1 (x) avec une fonction de Lyapunov Va (x). On définit une nouvelle variable z =
ζ — α (x) et les nouvelles équations du système sont obtenues comme suit :
x = f(x)+g(x)[ai{x) + z] (B.8)
En utilisant l'équation (B.2), la dérivée de (B.5) est obtenue en remplaçant les équations
précédentes :
Dans laquelle les termes en z sont regroupes. En se référant aux théorèmes de l'annexe
123
telle sorte que le terme de (B.12) entre crochets est égal a —cz1(c > 0). La fonction de
Lyapunov devient alors :
(B.13)
Il est évident que si W (x) est définie positive, le théorème A.4 garantit une stabilité
asymptotique globale de x et de z, ce qui implique que Va (x, ζ ) est une FLC et x, ζ est
un point équilibre (GAS) de (B.3 et B.4).
On peut considérer que ce système est une répétition des systèmes du lemme B.2 ayant
comme entrées virtuelles ζ1, ...ζ k- La fonction de Lyapunov résultante :
De plus, si W (x) est définie positive, telle que x = 0 peut être un GAS a travers ζ1,
donc (B.18) est une FLC pour (B.14) et le point d'équilibre x = 0, ζ1 = ... = ζ k = 0 est
un GAS a travers u.
Annexe C
Dans ce paragraphe, les relations entre les forces développées par les actionneurs
et les commandes dans les différentes directions sont introduites pour le système X4
conventionnel. Rappelons que le drone est équipé de quatre moteurs de type brush-
less à courant continu. Ils sont caractérisés par leur bobinage qui est fixé au stator.
Cela permet de réduire considérablement l'inertie des moteurs et de réduire ainsi la
consommation de courant lors du démarrage et une meilleur et rapide évacuation de
la température. Mais en contre partie, les moteurs brushless nécessitent un circuit de
commande spéciale beaucoup plus complexe et plus cher. Les moteurs brushless sont
commandés par des tensions où des courants dont la variation du courant laisse ajuster
des vitesses et des forces.
«3 = / l + / 2 + / 3 + /4
Puisque Q est une matrice régulière, on peut calculer les forces d'entrée par :
Dans ce cas, les forces des moteurs sont égaux deux à deux telles que FI — F3 et F2
= F4. Ces forces sont réparties d'une façon équitable après leur mouvement. Ainsi,
les figures (15b), (15d), (166) et (16d) présentent des zooms afin de bien illustrer le
comportement du drone.
Le tableau C.l montre les caractéristiques physiques du drone relevées expérimen-
talement.
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