CORRECTION
DNB WASHINGTON 2017
FRANÇAIS
3EM
Ce sujet de français n'était pas forcément difficile dans la mesure on y retrouve des questions
typiques du DNB, auxquelles les élèves sont normalement préparés. Par exemple, on demande
aux candidats d'étudier la construction d'un mot ou de s'intéresser à un mode verbal. En outre,
les thématiques générales du texte et de l'image sont la liberté et la condition de la femme. Il
s'agit de problématiques contemporaines (= propres à notre temps) que les élèves maîtrisent
plutôt bien, habituellement. Avec un peu de réflexion personnelle, de respect des consignes et
de méthode, les élèves pouvaient aborder ce sujet calmement.
METHODE
Lors du traitement des questions, soulignez d'abord les points importants de la question. Au
moment de répondre, appuyez vous sur le texte en le citant et, surtout, en reformulant l'idée du
passage étudié avec vos propres mots.
Lors de la réécriture, soulignez avec des couleurs différentes ce qu'on vous demande de faire.
Soulignez les passages du texte qui seront concernés par ces modifications. Une fois ce travail
réalisé, réécrivez le texte.
Lors de l'écriture d'invention, lisez bien les deux sujets et choisissez celui avec lequel vous êtes
le plus à l'aise. L'un des sujets vous demandera de présenter des idées de façon argumentée
alors que l'autre exigera que vous présentiez des idées via la fiction. Dans les deux cas, il s'agit
de réaliser un travail organisé et de respecter les codes d'écriture (pour le dialogue : des tirets,
des verbes introducteurs, des inversions du sujet. Pour le paragraphe argumenté : des
connecteurs logiques, des modalisateurs : il semblerait, on pourrait penser …).
QUESTIONS
1. Sacha est la grand-mère de Nina (lignes 2 et 14 : « sa petite-fille »). Sacha, la grand-mère
de Nina, a élevé cette dernière (lignes 14 et 15 : « elle n'avait pas élevé sa petite fille pour
en faire une gourde). Il semblerait qu'elle ait essayé de lui inculquer des valeurs de liberté
et d'indépendance pour la préparer à entrer dans la vie (active).
2. Premièrement, la grand-mère de Nina est étonnée (ligne 1 : « étonnement », ligne 2 :
« stupéfaite »). Deuxièmement, elle s'agace (« agacer Sacha », ligne 14). Ce changement
de sentiment est provoqué par l'attitude de Nina, assez confiante et, d'après Sacha, naïve
car elle pense que son futur mari ne la dérangera pas dans ses études (ligne 14 : « ce ton
amolli et romantique eut le don d'agacer Sacha »).
3. « Désenchanté » est un adjectif (qui provient d'un participe passé). Il a été construit par
dérivation affixale ; c'est-à-dire qu'on a ajouté au radical enchanté le préfixe -dés- qui
marque l'idée de contraire (ex : stabiliser →déstabiliser / monétiser →démonétiser). On
notera qu'il s'agit en fait du préfixe -dé- auquel a été ajouté la lettre -s- pour des raisons
phonétiques.
Son sens, dans le texte, est : contraire à l'enthousiasme. Quelqu'un de désenchanté est quelqu'un
qui a perdu l'enchantement, c'est-à-dire la joie. Or, il faut noter que cette joie est liée à la
découverte positive de quelque chose alors que, dans le texte, le désenchantement de Sacha est
lié à l'expérience qu'elle a eue de la vie, qui ne lui permet plus de se plonger dans des illusions.
On peut donc lui donner comme synonyme : désillusionné.
4. Le mode principalement utilisé par Sacha de la ligne 30 à 32 est l'impératif. Il est utilisé
car Sacha s'impose comme figure d'autorité de par son expérience et son âge. Elle se
permet ainsi de donner des conseils à sa petite-fille. Ces conseils sont presque des
ordres.
5. Le personnage féminin qui domine la conversation est Sacha. Elle se donne le droit de
parler ainsi à sa petite-fille pour diverses raisons ; la première étant qu'elle l'a élevée et
considère donc qu'elle a toujours un mot à dire quant à l'avenir de Nina, qui n'a que seize
ans. La deuxième raison est qu'elle pense avoir de l'expérience et connaître les hommes
et la dynamique de la vie (commune) mieux que sa petite-fille. Elle veut l'avertir.
6. D'après Sacha, après le mariage de Vladimir et Nina, cette dernière n'aura « plus le temps
d'étudier » (lignes 11-12). Cela proviendra du fait que les hommes laissent leur femme
réaliser toutes les tâches domestiques. Ils le font de façon automatique (lignes 17, 18,
19 : « Les hommes, ça met les pieds sous la table et les chemises en boule au linge sale, et
ça croit que les lapins naissent découpés, farcis et grillés ! »). En outre, elle explique que,
même si Nina, essaye de s'imposer dans le foyer, il sera difficile pour elle de gagner ses
batailles car son mari est un homme de pouvoir (lignes 22 et 23 : « des centaines de genres
sont sous ses ordres. ») et que Nina n'aura pas de qualification ni de salaire qui lui
permettraient d'avoir un poids économique au sein du ménage et d'être indépendante
(financièrement).
7. Le texte évoque le fait que le savoir permet aux femmes de se mettre sur un pied
d'égalité avec les hommes dans la vie du foyer. En effet, une femme instruite peut avoir
un travail et donc un salaire. De même, comme le montre la posture de Sacha, une femme
qui sait n'est pas naïve et est donc plus capable de s'imposer face au pouvoir des hommes.
L'affiche, quant à elle, en jouant avec les tons, plongeant le visage de la femme, dans la
lumière ou dans l'ombre, démontre que c'est en ayant accès au savoir qu'on a du pouvoir.
Le message est écrit de façon explicite (= claire).
REECRITURE
Travaillez les filles. Étudiez le plus longtemps possible et gagnez votre vie. Ne dépendez
jamais d'un homme ! Écoutez ce que vous disent vos grand-parents.
DICTEE
Pas un seul petit mot ! Il ne vint pas lui rendre visite. Il fut absent aux deux répétitions, le mardi
d’abord, puis le vendredi, sans s’excuser ni prévenir, ce qui n’était jamais arrivé. Les musiciens de
l’orchestre demandaient des nouvelles à Nina. Elle n’en avait pas. Tout le monde vit qu’elle
dansait et chantait sans entrain. Ses résultats scolaires chutèrent d’un coup. Le cartable était
jeté par terre sans être ouvert. Elle n’avait pas la tête à son travail ! Elle découvrait la place que
tient dans la vie un amour, celui qu’on trouve autant que celui qu’on perd ou croit perdre.
Alice Ferney, Cherchez la femme, 2013
Difficultés potentielles de cette dictée :
Les terminaisons verbales : les terminaisons verbales sont celles de la troisième personne du
singulier et les temps verbaux de l'imparfait et du passé simple (de l'indicatif) →T.
Les accords : certains groupes nominaux sont au pluriel : ne pas oublier les -x- et les -s- que l'on
trouve à la fin de certains mots.
Les homophones : ce sont des mots qui se prononcent de la même façon :
- sans (contraire de avec) ≠ sang (qui coule dans notre corps) ≠ cent (le nombre).
- a (auxiliaire, que l'on peut remplacer par avait à l’oral) ≠ à (préposition qui lie deux mots
ensemble).
- son (adjectif possessif, souvent remplaçable par ton) ≠ sont (verbe être conjugué à la troisième
personne du pluriel, remplaçable par étaient).
- entrain (synonyme d'enthousiasme) ≠ en train (qui traduit l'idée de : faire maintenant).
- coup (quelque qui frappe) ≠ cou (partie du corps)
ÉCRITURE
Sujet A : Pensez-vous, comme la grand-mère de Nina, qu'avoir un métier soit synonyme de
liberté et de pouvoir ?
Voici quelques pistes que vous pouviez utiliser :
Oui :
- comme l'évoque la grand-mère de Nina, avoir un métier permet de posséder une certaine
indépendance économique, qui permet de ne pas être obligatoirement rattaché à quelqu'un
d'autre pour survivre, c'est-à-dire pour sa payer de la nourriture, des soins, un toit …
- avoir un travail, que l'on a trouvé seul et dans lequel on s'épanouit ou du moins dans lequel on
rencontre du succès, permet de développer sa confiance en soi et donner (parfois) un sens à sa
vie. Un tel fait peut mener l'individu à éprouver des sentiments de liberté et de pouvoir.
- avoir un métier permet d'avoir un pouvoir (économique) sur ceux qui n'en ont pas.
Non :
- avoir un métier enferme l'individu dans des contraires de travail ; c'est-à-dire de lieu de travail
et d'horaires (par exemple). Cela va à l'encontre de la liberté.
- avoir un métier, pour une femme par exemple, revient à s'émanciper financièrement de son
mari mais à dépendre (le plus souvent) d'un patron. Ainsi, d'un type de dépendance, elle passe à
un autre. Cela n'apporte ni pouvoir, ni liberté.
- on peut considérer que les sentiments de pouvoir et de liberté ne sont pas uniquement liés au
pouvoir économique qu'apporte un travail. On peut trouver la liberté en se sentant libre de faire
le choix de ne pas travailler, par exemple, ou, en se sentant libre de faire le choix d'être une
femme au foyer.
→Les conceptions de pouvoir et de liberté sont différentes selon les personnes. Pour ce qui
concerne les femmes, bien que l'Histoire nous montre que le travail des femmes leur a permis de
gagner en dépendance et en pouvoir, nous pouvons remettre en cause cette liberté en
expliquant que, finalement, elles ont gagné le droit d'être aussi soumises que les hommes à un
patron et un travail, dont dépend leur quotidien.
Sujet B :
Voici un exemple d'une partie du dialogue que vous auriez pu réaliser, tout en y ajoutant des
passages de narration.
Elle se mit debout, face à Vladimir et lui relata la conversation qu'elle avait eue avec sa
grand-mère tout en lui présentant les conclusions qu'elle avait tirées de ce discours.
- Tu sais Vladimir, mon amour, ma grand-mère n'a pas tout à fait tort..., avança Nina avec
prudence.
- Ah bon ? Et qu'est-ce qui te fait penser cela ?
- Je crois qu'elle ne se trompe pas quand elle dit que j'aurai moins de temps pour étudier. Quand
on y pense, si nous nous marrions, nous vivrons ensemble et ne serait-ce que par ta présence, je
serai plus distraite …
- Mais, ma chérie, rétorqua Vladimir, je ne veux que ta réussite et, au contraire, je t'aiderai avec
tes études, avec tes devoirs. Je suis plus âgé, je suis passé par là, je pourrai te donner des
conseils et te donner des pistes pour que tu arrives aux bonnes conclusions ...
- Je ne sais pas non plus si cela est une bonne idée. Je devrai affronter les épreuves de la vie,
seule.
A ce moment précis, Vladimir n'était pas certain de comprendre la réaction de sa
potentielle future épouse. Quel était le but du mariage si ce n'était de s'entraider entre époux ?
Il ne disait pas qu'il voulait l'aider elle, car elle est une femme et jeune en plus. Il voulait lui
expliquer qu'il l'aiderait dans ses difficultés, comme elle le ferait avec lui.
(...)