0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
519 vues62 pages

Histoire et Fonctionnement de la Monnaie

Transféré par

Mouad Birbir
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
519 vues62 pages

Histoire et Fonctionnement de la Monnaie

Transféré par

Mouad Birbir
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Université Mohammed – V

Faculté des Sciences Juridiques,


Economiques et Sociales- SOUISSI

Partie 1 : Histoire, création et mesure de


la monnaie

Licence fondamentale Economie Gestion

Pr Hicham SADOK

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 1


Introduction
L’approche la plus courante de la monnaie la définit comme un moyen de paiement accepté
par tous, au sein d’un espace géographique donné, directement utilisable pour effectuer les
règlements sur les marchés des biens et services ou pour régler définitivement toutes les dettes
au sein d’un espace monétaire donné. L’étude de la monnaie nous oblige à délimiter le champ
de nos investigations.

- Nous nous situons dans une économie monétaire, c’est-à-dire dans une économie où il y a
circulation de la monnaie. La monnaie a ce que l’on appelle un pouvoir libératoire immédiat
et général. La monnaie n’a pas d’utilité privée, mais une utilité sociale. Son utilisation est en
effet uniquement collective.

- La monnaie est un bien indivisible (sa consommation par un individu quelconque ne


diminue par la consommation des autres) qui s’échange sur un marché. Elle est donc offerte et
demandée sur le marché monétaire.

- Le marché de la monnaie est organisé et structuré. On parle généralement de système


bancaire, de loi bancaire, de banque centrale et de banques commerciales. L’existence de la
monnaie repose sur la confiance. Celle-ci est liée à la garantie officielle qui est apposée sur
toute monnaie sous forme d’une marque, image, emblème... La garantie donnée par une
autorité représentant la collectivité, permet l’usage par le plus grand nombre.

- Le marché de la monnaie doit coexister avec d’autres marchés (marché des biens et services,
marché financier et marché du travail). Ces 4 marchés sont interdépendants, ainsi le
déséquilibre d’un marché entraîne souvent un déséquilibre sur les autres marchés. Le marché
de la monnaie et le marché financier sont des marchés très volatiles, les ajustements en termes
de prix sont très rapides. Le marché du travail et le marchés des biens et services sont plus
rigides (les ajustements sont plus longs).

- La monnaie et le marché monétaire doivent être analysés en tenant compte du contexte


historique, géographique et temporel.

- L’utilisation et la circulation de la monnaie renvoient à la question du financement de


l’économie, c’est à dire à la finance directe (marché financier) et indirecte (intermédiation
bancaire).

La Monnaie qui, pour les économistes, s’identifie souvent à l’offre de monnaie, est
généralement définie comme l’ensemble des moyens acceptés pour le paiement des

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 2


transactions des biens et des services, ainsi que pour le règlement des dettes. La Monnaie est
liée aux changements des variables économiques les plus importants comme :

- L’inflation qui est liée aux hausses continues de la quantité de monnaie, est
généralement considérée comme un problème sérieux, spécialement lorsqu’elle
devient importante ;

- La croissance et le chômage qui entretiennent des relations étroites, signifie


que, le chômage ne baisse que si la croissance réelle est supérieure à la croissance
potentielle et inversement ;

Dans cette première partie, nous allons nous consacrer, dans un premier temps, à la
présentation de la monnaie et la définition du fonctionnement de la banque centrale, et dans
un deuxième temps, à analyser l’évolution des masses monétaires par rapport aux indicateurs
macro-économiques.

Partie 1 : Histoire, création et mesure de la monnaie


L’être humaine primitif n’a pas connu la monnaie comme un moyen de paiement, en d’autre
terme, à l’origine, il n’ya pas de monnaie, du fait qu’il n’ya pas d’échanges.
L’homme primitif vit en tribus, subsistant par la cueillette et la chasse. En effet, ces tribus
n’échangent rien (période d’autosatisfaction). D’une manière générale, les forts s’emparent de
ce dont ils ont besoin pour pouvoir survivre, et les plus faibles se retrouvent souvent dans
l’obligation de s’exiler plus loin.
Avec le temps, ces tribus sont devenus plus nombreuses, elles ont commencé à domestiquer
les animaux, cultivé quelques plantes, partager les tâches entre leurs membres, par
conséquent, des contactes entre les tribus voisines arrivent à se nouer.
Cette évolution débouche sur une notion fondamentale de l’échange, qui est la base de tous
les systèmes monétaire. Cet échange consistait au départ dans le transfert réciproque de
marchandises et l’échange porte en lui le germe de la monnaie.
La variété des tâches et la nécessaire division du travail en société ont engendré la naissance
d’un système de « troc » permettant à chacun d’obtenir ce qu’il ne produit pas lui même.
C’est le développement du système de troc qui a donné naissance au système monétaire basé
sur l’utilisation d’un instrument de paiement qui est la « monnaie ».
Cette partie sera consacré principalement à la présentation d’un aperçu historique sur la
naissance de la monnaie ; à sa définition ; à la distinction de ses fonctions ainsi que de sa
création et son fonctionnement

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 3


Chapitre I : Histoire et définition de la monnaie

De nombreux facteurs naturels, sociologiques, institutionnels ont déterminé au fil de


l’histoire, les monnaies qui ont existé dans les différentes sociétés et pendant différentes
périodes.
L’histoire de la monnaie est marqué par plusieurs type de monnaie qui se substituent les unes
aux autres. Tous les peuples du monde utilisent une monnaie mais, il est peut être difficile de
croire qu’à un moment donné cette monnaie peut être une barre de sel, du poisson séché ou un
coquillage (objet abondant et sans valeur).
En fait, ce système de monnaie n’a de sens que dans un système où il se limite à être le témoin
d’un échange. Donc avant de traiter l’économie monétaire, nous allons évoquer brièvement
l’histoire de la monnaie.

1. Les premières monnaies

Bien que l’on ne connaisse pas précisément l’époque où la monnaie est apparue, la preuve
formelle de son existence est apportée par les écritures du continent asiatique qui mentionnent
il y a déjà 4500 ans l’existence des paiements exprimés en poids d’argent métallique. D’autres
formes de monnaie sont apparues entre 3000 et 1000 ans avant J.-C et qui étaient tourtes
rattachées à une quantité d’un étalon qui est un bien matériel et une marchandise ayant un
coût de production et une valeur. L’instrument de paiement était ainsi un objet tangible. Ces
objets ont été divers selon les sociétés (bétail, sel, coquillages, morue....) mais la monnaie
marchandise la plus connue est la monnaie métallique. Si les métaux tels que le cuivre, le fer,
le bronze ont constituées les premières monnaies, ce sont les métaux précieux (or et argent),
en raison de leurs qualités particulières, qui se sont progressivement imposés comme
instruments monétaires.

Quatre qualités essentielles de l’or et l’argent peuvent être présentées :

- leur inaltérabilité (l’or et l’argent peuvent être stockés sans inconvénients)

- leur divisibilité (il est possible d’obtenir des éléments de dimension voulue, la valeur de
ceux-ci étant proportionnelle à leur poids).

- leur malléabilité (les métaux précieux peuvent recevoir l’empreinte d’un symbole monétaire)

- leur simplicité (une valeur importante pour un faible volume)

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 4


Les métaux précieux ont subi de nombreuses modifications dans leur utilisation comme
monnaie, ce qui a permis de favoriser considérablement les transactions. A Babylone et en
Egypte, l’or et l’argent circulent sous forme de lingots sans poids ni forme déterminés : il faut
donc mesurer le poids du métal et sa pureté lors de chaque paiement. On parle de monnaie
pesée.

Vers 800 A.V J.C, les lingots prennent un poids et une forme déterminés donnant naissance
aux pièces métalliques. On parle de monnaie comptée.

Durant l’Antiquité, les pièces sont frappées par les autorités religieuses qui garantissent ainsi
la valeur des pièces, c’est à dire le titre et le poids du métal qu’elles contiennent. On parle de
monnaie frappée.

Au moyen âge, les souverains tentent à leur tour de prendre le monopole de la frappe de la
monnaie. Le métal est transformé en instruments monétaires, des pièces frappées dans des
organismes spécialisés (Hôtels des Monnaies comme la banque centrale), représentant un
pouvoir politique (le Prince), qui achètent le métal à prix fixe et arbitrairement déterminé, dit
prix légal. A cette occasion, la quantité de métal contenue dans la pièce est pesée et certifiée
par l’apposition d’une marque officielle.

L’instauration de systèmes monétaires métalliques, reposant sur le bimétallisme, or et argent,


date du XVII et XVIIIème siècles. Ils cherchent à organiser le moyen de garantir la stabilité
des monnaies métalliques face à l’arbitraire politique en imposant une règle concernant la
définition et l’usage de la monnaie nationale, notamment par une relation fixe entre l’unité
monétaire et une quantité de métal précieux ainsi que la mise en œuvre de la frappe par un
organisme spécialisé. Le système s’inspire des principes libéraux comme la libre frappe des
monnaies (quiconque possède le métal peut l’apporter à l’Hôtel des Monnaies pour le faire
diviser, possibilité d’échanger des pièces contre des lingots) toutefois seule la loi peut
modifier le rapport officiel entre les deux métaux (la monnaie est défini selon un rapport légal
entre l’or et l’argent soit 1g d’or égal 10 g d’argent par exemple).

Le système du bimétallisme évoluera vers la seconde moitié du XIX siècle vers le


monométallisme du fait des rapports entre le métal monnaie et le métal marchandise. En effet,
les pièces du métal le plus apprécié sur le marché furent l’objet de spéculation (le cours des
métaux précieux fût largement influencé par la découverte des mines d’or et d’argent) et de
thésaurisation grâce aux possibilités de transformation. Ainsi si l’argent se déprécie par
rapport à l’or sur le marché, ce dernier sera thésaurisé. On assiste alors à une rivalité entre les

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 5


deux métaux marqué par le triomphe du monométallisme-or. Il est instauré en Grande
Bretagne dès le début du 19ème siècle, puis en Allemagne et aux Etats Unis, et en France en
1876.

Ce phénomène est plus connu sous le nom de Loi de Gresham : «Lorsque deux monnaies
circulent dans un pays, la mauvaise a tendance à chasser la bonne ». Comment expliquer ce
phénomène ? Considérons un agent qui reçoit deux pièces d’or sensées avoir la même valeur
monétaire. La première est composée d’or pur alors que la seconde est composée de 50% d’or
pur et de 50% d’argent. Chaque pièce possède officiellement le même pouvoir d’achat.
Cependant, la seconde a moins de valeur que la première et cela est parfaitement connu. Si
ces deux monnaies circulent en même temps, les agents économiques vont garder la monnaie
composée entièrement d’or pur et utiliser l’autre pour le règlement de leurs transactions.

A la veille de la première guerre mondiale, règne le système monétaire international dit de


l’étalon-or sous l’égide de l’Angleterre, c’est à dire réglementé par la politique monétaire et
les interventions de la Banque d’Angleterre. Toutes les monnaies sont alors définies en un
poids d’or et les taux de change entre elles sont donc des rapports de quantités physiques d’or.

Malgré quelques expériences, la première guerre mondiale est marquée par l’abandon des
mécanismes de l’étalon-or. Cette suspension s’explique principalement par le développement
d’autres formes de monnaie et de crédit lié aux nécessités des dépenses de guerre et de
l’impossibilité de satisfaire aux exigences de convertibilité en métal de ces instruments.
Certains pays comme la Grande-Bretagne (1925), la France, ont tenté de rétablir l’ancien
système. On instaure en France, dès 1928, l’étalon lingot d’or. Le franc est convertible à
nouveau en or, mais seulement en lingots d’un poids minimum de douze kilogrammes et non
plus en pièces, afin d’économiser l’or. La crise de 1929 et ses suites contraindront l’ensemble
des pays à abandonner toute convertibilité en or même en lingots. L’or ne jouera plus aucun
rôle dans les paiements et toute référence à lui aura définitivement disparu au niveau
international lorsque le dollar, seule monnaie encore définie en or, en sera détaché en 1971
avec la fin des Accords de Bretton Woods1.

1
Le système de Bretton Woods (1944-1971) : La conférence internationale réunie à Bretton Woods en 1944
rétablit le système de Gênes mais au bénéfice exclusif des USA devenus, à la faveur de la deuxième guerre
mondiale, la principale puissance économique.
Le système de Bretton Woods restera en vigueur jusqu'au 15 août 1971, il reposait sur trois principes :
- Toutes les monnaies sont librement convertibles en dollars américains eux même convertibles en or. La
conversion peut être demandée uniquement par les banques centrales ;

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 6


2. Histoire des monnaies au Maroc

Le dirham est le nom d’une ancienne monnaie du Maghreb, dont le nom est dérivé de
la drachme grecque. L'histoire monétaire marocaine a commencé au 1er siècle avant J.C
quand JUBA II et son fils Ptolémée frappèrent monnaie : deniers et aurei. Au VIIIème siècle
sous le règne d’Idriss 1er, le Maroc créa sa frappe de monnaie, des dirhams d'argent
exclusivement. Sous les autres dynasties, d'autres symboles forts suivirent au fil des siècles,
Dinars d'or et Qirats d'argent.

En 1678, sous les Alaouites, le dinar s'imposa de nouveau et au XVIIIème siècle, apparaît
aussi le Mithqal, décuple de Dirham, dernier avatar de la frappe au marteau.
A la fin du 19ème siècle et jusqu'à 1920, des monnaies dénommées Mouzonas et Rial furent
frappées à différentes époques, à Paris, Berlin et Birmingham pour le compte du Maroc.

A l'époque du protectorat Français, apparaît le franc et en 1960, après l'indépendance,


Mohamed V créa le Dirham marocain en argent.

Depuis 1987, l'hôtel des Monnaies de BANK AL-MAGHRIB (DAR AS-SIKKAH) assure
intégralement, selon les procédés techniques de pointe, la fabrication des monnaies en cours
de circulation.

3. Définition de la monnaie

On ne peut jamais définir la monnaie d’une manière parfaite, il ya toujours des nuances au
niveau de sa signification. Donc, la définition de la monnaie n’est pas aisée quelque soit
l’approche adoptée, elle doit être accompagnée par la description de ses fonctions qui
découlent de ses propriétés.

- La conversion des différentes monnaies entre elles se réalisent sur la base de taux de change fixe. Si un pays
veut réviser en baisse le taux de change de sa monnaie par rapport aux autres monnaies étrangères (dévaluer), il
doit avoir l'accord préalable du FMI.
- Un fonds monétaire international FMI joue le rôle de « caisse mutuelle », chaque pays dépose des liquidités
(son «quota») destiné à venir en aide, le cas échéant, aux pays membres qui éprouveraient des difficultés à
équilibrer la balance des paiements.
En tant qu'un pays puissant et non touché par les résultats des deux guerres mondiales, les USA réalisent des
investissements considérables en dollars dans les pays européens (euro-dollar), entre pays pétroliers (pétro-
dollars) ou entre pays asiatiques (asiadollars).
Ces dollars constituent les stocks monétaires qui avec les réserves des banques centrales (les balances dollar)
restent en principe gagés sur le stock d'or américain de Fort Knox.
Cependant, à partir de 1969, le montant total des dollars circulant dans le monde commencent à dépasser la
valeur du stock d'or américain. Certains pays comme la France (à l'époque de général DE GAULE) demandent la
conversion en or des dollars qu'ils détiennent. Il en résulte une crise du dollar. Le 15 août 1971, le président
américain R. NIXON, constatant que les USA sont incapables d'accomplir leur remboursement des dollars en or,
suspend alors la convertibilité du dollar en or.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 7


Le mot monnaie vient du mot latin « moneta » qui est le participe passé féminin du verbe «
moneo » qui veut dire avertir. La liaison semble purement historique, car le temple dans
lequel les premières monnaies ont été frappé à Rome étaient dédie à la déesse Junon appelée
moneta qui voulait dire avertisseuse. Cette divinité latine est un personnage important, elle a
des dons de voyances, qui ont poussé à emprunter son qualificatif « moneta » pour désigner
cet instrument qui vient d’apparaitre sans avoir un nom, mais désormais va s’appeler la «
monnaie ».

La monnaie est une invention fantastique, comparable à celle de la roue. En son temps, la roue
facilite le transport des marchandises à un point que l’on n’eut jamais imaginé auparavant, et
la monnaie facilita l’échange à un point tout aussi inconcevable auparavant. Sans monnaie
n’était possible qu’un échange direct d’une prestation contre une autre. Un Maraicher qui
avait besoin d’une nouvelle paire de chaussures devait trouver un cordonnier qui avait besoin
d’un panier de légumes. Pour que l’échange ait lieu, la valeur de deux produits devait être,
bien sûr, à peu près équivalente, ce qui montre déjà que l’économie du troc avait des limites
et que la spécialisation et la division du travail n’avaient guère de chances de subsister.

Pour l’échange de prestations, la monnaie est donc un intermédiaire universel. Elle permet de
vendre des prestations à tout intéressé et, grâce au moyen d’échange ou d’échange
intermédiaire reçu, de demander n’importe quelle contrepartie à n’importe qui, à tout moment
et en tout lieu.

Le mot Monnaie a des usages variés mais il a un sens précis pour les économistes .ces
derniers définissent la monnaie, également appelée l’offre de monnaie, comme tout ce qui est
généralement accepté en paiement de biens et services ou pour le remboursement des dettes.

Pour les économistes, le numéraire ne représente qu’une petite partie de la monnaie. Comme
les chèques sont aussi en général acceptés en paiement, les dépôts en comptes courants
bancaires ou postaux sont également considérés comme de la monnaie. Une définition encore
plus large est aussi employée car les dépôts sur des comptes d’épargne peuvent aussi servir de
monnaie s’ils peuvent être transformés rapidement et facilement en numéraire ou virés sur des
comptes courants. La monnaie est donc plus large que le numéraire, mais plus restreint que la
fortune ou le patrimoine, et différente du revenu, alors même que les expressions courantes
les mélangent parfois. Ainsi, « il a beaucoup d’argent » vise le patrimoine et non la liquidité et
le seul compte en banque ; par contre le patrimoine comprend la monnaie possédée mais aussi
tous les autres actifs que sont les biens mobiliers « voitures, meubles, œuvres d’art, titres
comme les actions et obligations) et les biens immobiliers (c’est-à-dire maisons ou
Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 8
appartements). Quant au mot argent dans l’expression « elle gagne beaucoup d’argent » il vise
un revenu, soit un flux de gains monétaires qui n’a logiquement de valeur que par rapport à
l’unité de temps. Parler d’un revenu 10000 DHS n’a pas de sens lorsque l’on ne connaît pas
l’unité de temps (la journée, la semaine, le mois, l’année).

De ce fait, on peut concevoir la monnaie comme tout moyen généralement accepté en


paiement de biens et services ou en remboursement de dettes, et se distingue du patrimoine
comme du revenu. En fonction de ses tâches et de ses rôles, la monnaie est entre autres :

 Un moyen d’échange et de paiement


 Une unité arithmétique, instrument d’appréciation, de transaction d’une valeur
ou comparateur de prix.
 Un moyen de confirmation libératoire de transaction d’un produit, service ou
prestation fournie.
 Le moyen de paiement légal soumis à acceptation « obligatoire ».

Partant de ces critères, les économistes considèrent la monnaie comme tous véhicules
auxquelles s’appliquent les éléments mentionnés ci dessus. De ce fait, la monnaie est non
seulement les billets de banque et les pièces de monnaie (le numéraire mis en circulation par
les états comme moyen de paiement), mais également les dépôts à vue, les chèques, les cartes
de crédit, etc… .

La définition de François Perroux (économiste Français 1903 – 1987) de la monnaie nous


semble la plus exhaustive pour ce qui est de la monnaie au sens strict. Il considère la monnaie
comme « instrument de paiement indéterminé, général et immédiat ».

- Indéterminé, parce qu’il doit permettre de payer n’importe quelle dette et


d’acquérir n’importe quel bien ou service.

- Général, parce qu’il doit être admis en tout lieu à tout moment par tout le monde.

- Immédiat, parce que son transfert doit permettre de régler instantanément et de


manière définitive les achats et les dettes.

Il faut, toutefois, noter que cette définition économique de la monnaie trébuche devant celle
de la logique juridique et fonctionnelle : les caractéristiques citées par les économistes ne sont
remplies par certains types de moyens de paiement considérés comme monnaie comme les
chèques qu’après un laps de temps. La transaction demeure consignée et non libératoire tant
que les avoirs ne se transforment en équivalents numéraire. C’est pour faire face à cette

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 9


annotation juridico-fonctionnelle qu’on peut reconsidérer la monnaie au sens large comme
tous moyens de paiement immédiat et différé, c’est-à-dire transformés en liquidité avec un
certain délai. Cette définition pose une seconde contrainte, celle de la délimitation de la
monnaie au sens large, car le développement des marchés financiers et des produits d’épargne
n’ont de limite que celle de l’imagination des financiers.

Ces actifs de mobilisation de l’épargne imposent une troisième contrainte : sont-ils des
moyens de paiement ayant le même degré de liquidité que la monnaie au sens strict? Peut-on
les considérer tous comme étant de la monnaie au sens large? Quelle est la frontière entre un
actif monétaire et un actif financier ?

La réponse à toutes ses interrogations amène à exclure de la monnaie au sens large tous les
placements dont la transformation en liquidité avant l’échéance ne peut se faire que par
négociation sur un marché, avec un risque de perte en capital. Ainsi un actif monétaire faisant
parti de ma monnaie est tout actif géré et émis par des institutions financières, facilement
transformable en liquidité et sans risque de perte en capital.

D’une manière générale, la monnaie en tant qu’instrument de paiement, présente trois


caractéristiques principales, et qui sont les suivantes :
a- Une maniabilité (fongibilité) et une divisibilité : ces deux caractéristiques permettent à la
monnaie un usage intensif et une traduction des prix la plus fine possible. La monnaie doit
pouvoir exprimer la valeur d’un bien aussi grand et aussi petit qu’il se présente.
b- Une reconnaissance par le plus grand nombre d’usagers possible. Cette limite n’est pas
toujours vérifier compte tenu des limites territoriales.
c- Un pouvoir de réserve nécessité par la dissociation dans le temps entre l’obtention et la
cession des marchandises. En effet, la monnaie doit être stable et résistante dans le temps.
De ces trois caractéristiques vont découler les trois principales fonctions de la monnaie que
nous allons aborder dans le point suivant

Chapitre II : Typologie et fonctions de la monnaie


1. Les fonctions de la monnaie
La monnaie apparaît comme un bien économique spécifique compte tenu du rôle qu’elle joue
dans l’économie. Elle prend plusieurs formes et assure également trois fonctions essentielles.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 10


1.1 . Intermédiaires des échanges

Sans monnaie, il ne serait pas possible d’acheter ou de vendre des biens ou des services, à
moins de fournir en échange un bien d’une valeur équivalente. La monnaie supprime donc la
nécessaire coïncidence des besoins d’une économie de troc (économie dans laquelle les biens
sont échangés contre d’autres biens). La monnaie constitue ainsi un bien, contrepartie de
l’échange.
La monnaie est par ailleurs un bien économique car elle est utile à la satisfaction des divers
besoins des agents économiques et est soumise au principe économique fondamentale de la
rareté, c'est-à-dire qu’elle existe qu’en quantité limitée et avoir une valeur reconnue
socialement. Cette confiance peut être renforcée par l’état à travers le cours légal : la monnaie
joue le rôle de moyen de règlement, d’équivalent général .Elle permet de vendre ses biens
sans acheter simultanément d’autres biens. Elle permet ainsi de résoudre le problème de la
nécessaire réciprocité des besoins qu’impose le troc : au lieu d’échanger un bien contre un
bien, on échange un bien contre la monnaie.

La monnaie est donc un bien échangeable contre tous les autres biens, un instrument de
paiement qui permet d’acquérir n’importe quel bien ou service, y compris le travail humain.
On dit qu’elle est un équivalent général. Mais elle ne peut l’être totalement que si elle est
assure le rôle de la convertibilité générale

Et par convertibilité d'une monnaie, on entend la possibilité d'une monnaie d'être librement
échangée. A ce niveau, on peut distinguer trois types de convertibilité au niveau mondial.
a- Convertibilité en or : C'est la possibilité pour tout porteur d'une monnaie de l'échanger
librement en or.
b- Convertibilité générale : C'est la possibilité pour tout porteur d'une monnaie de l'échanger
librement contre des devises étrangères.
c- Convertibilité limitée : C'est la possibilité d'échanger partiellement une monnaie contre
des devises étrangères. C’est le cas du Maroc, où la convertibilité du Dirham est limitée par
l’office des changes2.

2
l'Office des Changes est un établissement public doté de la personnalité civile et de l'autonomie financière. Il
est placé sous la tutelle du Ministère chargé des Finances et t chargé de deux missions essentielles :
1- Edicter les mesures relatives à la réglementation des changes. Dans le cadre des mesures de libéralisation
financière prises par le Maroc et suite à l'adhésion en 1993 aux dispositions de l'article VIII des statuts du Fonds
Monétaire International relatives à la convertibilité des opérations courantes, l'Office des Changes a délégué aux
banques le pouvoir d'effectuer librement la quasi-totalité des règlements financiers à destination de l'étranger
portant sur les opérations d'importation, d'exportation, de transport international, d'assurances et de réassurance,

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 11


1.2. Unité de Compte

La monnaie constitue une référence, un étalon de mesure qui permet d’exprimer la valeur des
biens et des services ; elle permet de compter, elle est le numéraire. Sans monnaie, il faudrait
déterminer le rapport entre la valeur de chaque bien ou chaque service et la valeur de tous les
autres biens, ou de tous les autres services contre lesquelles ils peuvent être échangés. Ainsi,
la monnaie permet ainsi aux agents économiques de prendre leurs décisions d’achat. Elle sert
donc à évaluer le prix de tous les biens, à mesurer la valeur de biens hétérogènes. Elle ramène
les multiples évaluations possibles d’un bien en termes D’autres biens (prix réels ou relatifs) à
une seule évaluation en monnaie (prix nominal ou absolu). L’utilisation de la monnaie permet
une économie d’information et de calcul, grâce à la simplification du système de prix.

Afin de définir l'unité monétaire, l'autorité publique doit choisir un étalon des valeurs.
Pendant très longtemps, les métaux précieux (or et argent) ont servi d'étalon. Par la suite,
l'étalon peut être constitué par une devise étrangère ou un ensemble de devises (un panier de
devise). Par exemple, La valeur du dirham contre les monnaies étrangères est déterminée sur
la base des cours des devises constituant le panier, pondérés de leurs poids respectifs (60%
EUR et 40% USD à partir d’avril 2015), en utilisant les cours de références historiques fixes
des dites monnaies contre dirham.
Donc, l'unité monétaire est une unité de compte, distincte des instruments de paiement et
définie par une loi monétaire.
A ce niveau, il convient de distinguer deux notions principales concernant l'unité monétaire.
• Dévaluation de la monnaie : La dévaluation est une modification de la loi monétaire
diminuant la valeur de l'unité monétaire exprimée dans l'étalon choisi. D'une autre façon, la
dévaluation est la décision législative ou réglementaire par laquelle un gouvernement abaisse
le taux de change de la monnaie nationale par rapport à l'or et aux devises étrangères.

d'assistance technique, de voyages, de scolarité... De par ce processus de libéralisation, l'Office des Changes
s'attache à assurer le contrôle a posteriori des opérations déléguées aux banques pour détecter et sanctionner tout
transfert irrégulier de fonds à l'étranger et de préserver, par-là, les équilibres extérieurs de l'économie marocaine.
L'Office des Changes veille également au suivi des rapatriements des recettes d'exportation de biens et services
et ce, en vue d'assurer la reconstitution des réserves en devises.
2- Etablir les statistiques des échanges extérieurs et de la balance des [Link] statistiques qui revêtent un
caractère capital permettent aux autorités monétaires et économiques nationales de disposer des informations
nécessaires en vue de piloter la conduite de la politique économique .

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 12


• Dépréciation de la monnaie : La dépréciation est la diminution du pouvoir d'achat intérieur
d'une monnaie sous l'effet d'une hausse du niveau général des prix. C'est ce qu'on appelle
l'érosion monétaire.
La dépréciation est donc une situation de fait, tandis que la dévaluation est une décision
législative et/ou réglementaire.

1.3. Réserve de Valeur

La fonction de réserve de valeur est la capacité que possède la monnaie à transférer du


pouvoir d’achat dans le temps. Ainsi, la monnaie peut être conservé et utilisé pour une
consommation différée par la constitution d’une épargne. Elle peut gagner de la valeur grâce
aux intérêts des sommes placées sur des comptes d’épargnes ou en perdre du fait de
l’inflation, c'est-à-dire de la hausse durable du niveau général des prix.

Pour être acceptée et gardée en tant que numéraire, la monnaie doit permettre de garder la
valeur ans le temps et dans l’espace .Cette fonction est liée à la précédente, elle suppose la
confiance sociale dans cet instrument.

Contrairement au troc, l’échange est déconnecté dans le temps ; la monnaie permet d’attendre,
de réserver la valeur. Ainsi, la monnaie est une des formes de la richesse ; un actif de
patrimoine qui présente la particularité de pouvoir à la fois être conservée et rester
parfaitement liquide, c’est-à-dire de garder sa valeur et d’être immédiatement utilisable pour
l’échange de biens et services.

2. Typologie des systèmes de paiement

On comprend mieux les différentes fonctions de la monnaie et les formes qu’elle a prises dans
l’histoire en examinant l’évolution du système de paiement, c’est-à-dire de l’ensemble des
moyens permettant de réaliser des transactions dans une économie. Le système de paiement a
évolué durant des siècles, et avec lui les formes de la monnaie. Longtemps, les métaux
précieux tels que l’or servirent de moyens de paiement principaux et constituèrent la forme
majeure de monnaie. Peu à peu, du papier-monnaie sous forme de lettre de change, de chèque,
de billets de banque fut utilisé pour les paiements er regardé comme de la monnaie.
L’évolution du système de paiement est un important indicateur de ce que devient la monnaie
de nos jours.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 13


2.1. La monnaie marchandise

Pour qu’un objet serve de monnaie, il faut qu’il soit universellement acceptable, c’est-à-dire,
que tout le monde soit prêt à l’accepter en paiement de biens et services. Des biens qui ont
une valeur évidente pour tout un chacun, comme le blé, sont donc de bons candidats pour
servir de monnaie. C’est également le cas des métaux dont l’utilisation fréquente comme
monnaie tient spécialement à leur divisibilité, à leur bonne conservation et à leur facile
standardisation. Une monnaie constituée de marchandises désirables pour elles-mêmes est
appelée comme monnaie marchandise. De l’antiquité au début des temps modernes, des
monnaies marchandises ont servi d’intermédiaires des échanges dans toutes les sociétés, sauf
les plus primitives.

L’inconvénient d’un système de paiement fondé exclusivement sur des marchandises, y


compris des métaux précieux, est que cette forme de monnaie est lourde et difficile à
transporter, spécialement à grande distance.

2.2. La monnaie métallique

C’est une monnaie en métal précieux : les pièces de monnaie avaient donc une valeur
intrinsèque (en métal) et une valeur monétaire. Exemple : une pièce de 1 Dinar = 10 grammes
d’or.

Avantages et inconvénients de la monnaie métallique :

Avantages Inconvénients
Divisible, homogène, non périssable, et Problème de fraude, le métal peut être
concentre une grande valeur dans un petit mélangé, rogné
volume Problèmes des achats de petites valeurs

Dans certaines sociétés anciennes, ce système de paiement a évolué en passant du


monométallisme au bimétallisme, soit l’utilisation comme étalon de mesure deux métaux au
lieu d’un seul.

Le bimétallisme va poser des problèmes du rapport entre 2 métaux : les gens retiennent les
pièces d’or et effectuent les paiements par les pièces d’argent. L’or devient rare, les gens
demandent plus d’argent pour la même quantité d’or, ce qui s’exprime à travers la loi de
Gresham précédemment citée : « La mauvaise monnaie chasse la bonne ». Cette loi de
Gresham sur le bimétallisme a été, historiquement, élaborée la première fois par le sociologue

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 14


et économiste Egyptien El Makrizi (1364-1442) dans une étude consacrée à la sociologie
économique en Egypte au 14ème et 15ème, soit un siècle avant la naissance du banquier
Anglais Sir Thomas Gresham (1519 - 1579).

Pour éviter ce problème de bimétallisme, les princes sont intervenus pour fixer un rapport
légal entre les deux métaux, ils frappèrent des pièces de même poids marquées de leur
poinçon (cachet), ce qui garantit le poids et la teneur en métal. C’est le privilège de la frappe
de la monnaie qui donne au prince le pouvoir de seigneuriage, soit la plus value réalisée lors
de la transformation d'une quantité de métal en pièces de monnaie, ou une qualité de papier
avec de l’encre en monnaie (le cas des banques centrales actuellement).

Cependant, avec le développement des besoins en moyens de paiement pour faire face aux
guerres par exemple, et face à la rareté des métaux précieux, les princes ont commencé à
frapper des pièces d’une valeur en métal plus faible : Au lieu de 1 dinar = 10grammes d’or on
va frapper un Dinars pour huit grammes d’or. Par conséquent, la valeur monétaire dépasse la
valeur en métal. Les gens refusaient les nouvelles pièces ce qui a engendré la réaction des
autorités en imposant ces pièces en leur conférant le cours légal ; ce qui signifie que les pièces
doivent être accepté obligatoirement. C’est ainsi que ce cours légal confère aux nouvelles
pièces un pouvoir libératoire obligatoire.

2.3. La monnaie fiduciaire


Face au développement des échanges économiques et pour financer les guerres nécessitant
des grandes quantités de monnaie métallique, la rareté des métaux poussèrent les princes à
frapper des pièces ayant une teneur en métal plus faible (baisse de la valeur intrinsèque de la
monnaie) mais avec la même valeur monétaire (valeur faciale ou nominale). Pour imposer les
nouvelles pièces, les autorités leur donnèrent le cours légal. La population doit accepter les
nouvelles pièces et faire confiance à l’état, c’est la naissance de la monnaie fiduciaire
(Monnaie confiance). Progressivement, et de nos jours, cette monnaie fiduciaire n’a aucune
contrepartie légale en métal, seul la confiance aux pouvoirs publics demeure et fait foi. Les
pièces et les billets ont un cours légal et un cours forcé : les agents économiques sont obligés
d’accepter la monnaie (cours légal) et ne peuvent la convertir en métal (or ou autres) (un
cours forcé).

Ce privilège de battre monnaie, autrefois régalien, caractérise actuellement le statut des


banques centrales, également appelées institut d'émission. Jouissant d'une autonomie plus ou
moins grande vis-à-vis des pouvoirs publics, l’émission de la monnaie est privilège donnée à

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 15


Bank Al-Maghreb ainsi que l’entretien de la qualité de la monnaie en circulation est parmi ses
principales responsabilités. Cette action s’effectue par le traitement de la monnaie fiduciaire à
la banque ainsi qu’en délégation à des établissements spécialisés dans des conditions que
définit la banque centrale. C’est la politique dite « Clean note Policy (CNP)» (politique de
billets propres) résumée comme suit :

 Bank Al-Maghreb approvisionne ses 20 sièges des stocks opérationnels de billets de


banque et de pièces de monnaie.
 Chaque siège de Bank Al-Maghreb approvisionne en billets et pièces les banques
commerciales et comptables publics faisant partie de son rayon d’action.
 L’ensemble des billets et pièces sont mis à la disposition du public via les guichets
automatiques (GAB) ou en retrait direct chez les agences bancaires.
 Après avoir servis dans les différentes transactions commerciales, ces billets sont par
la suite retournés aux banques de la place à travers les clients ou les commerçants.
 Les banques renvoient les billets et pièces reçus pour authentification et traitement
qualitatif soit au niveau des Centres Privés de Tri (CPT) ou au niveau du siège de
Bank Al-Maghreb couvrant la zone concerné
 Les CPT procèdent au traitement des billets et pièces. Ceux valides sont recyclés
directement auprès des banques. Le surplus ainsi que les billets et pièces qui ne
satisfont pas les conditions de circulation sont retournées à Bank Al-Maghreb.
 Les billets déposés pour traitement auprès des sièges de Bank Al-Maghreb, sont traités
au niveau local, dans la limite des moyens mis à la disposition de chaque siège. Le
reste des activités de traitement qualitatif est opéré au niveau central.
 En dernière étape, Bank Al-Maghreb procède à l’annulation et/ou la destruction des
billets ne pouvant pas être remis en circulation.
Le schéma ci dessous synthétise ces étapes.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 16


La politique d'émission de la monnaie par la banque centrale a fait pendant longtemps l'objet
de controverse : faut-il laisser la banque centrale émettre librement la monnaie ou bien faut-il
la réglementer?
Deux thèses vont s'affronter à savoir, celle de l'école de banque et celle de l'école de
circulation :

A- L'école de banque (banking school) : Thomas Tooke est le chef de file de la banking
school qui défendait le banking principle. Ce principe énonce que la quantité de monnaie en
circulation doit avant tout dépendre des besoins des agents économiques et défend donc un
certain laxisme monétaire ; la masse monétaire doit être adaptée aux besoins des affaires,
l'importance de l'or et de l'argent est donc ici minimisée.

B- L'école de circulation (la currency school), davantage libérale, et dont le chef de fil
n’est autre que David Ricardo, préconise que la banque ne doit pas abuser de son pouvoir
d'émission. Ainsi, l'émission de billets de banque doit être tout au plus équivalente à la

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 17


quantité d'or qu'elle détient afin d'assurer une stabilité de la parité dans un régime d'étalon or 3.
Dans ce cas, les billets constituent seulement une monnaie représentative et que seul l'or
exerce la plénitude monétaire.
En réalité, les thèses préconisées par cette dernière école n'ont pas été pleinement
satisfaisantes. Actuellement, le volume de l'émission de monnaie ne dépend plus de l'encaisse
métallique d’or ou autres, d'autant plus qu'avec le développement des crédits, l'émission de
monnaie a pris une nouvelle forme à savoir : «la monnaie scripturale».
Le volume de l'émission de monnaie ne dépend donc plus des encaisses d'or mais il est censé
dépendre du volume des biens et services disponibles au prix courant, chose qui n’est plus
souvent respecté. Nous reviendrons un peu plus tard à ce point avec plus de détails.

2.4. La monnaie scripturale

La monnaie scripturale est beaucoup plus récente que la monnaie fiduciaire. C’est au XIXe
qu’elle est apparue en Angleterre puis généralisée partout dans le monde. Elle tire son non de
la forme sous laquelle elle est matérialisée : Il s’agit d’une écriture dans les livres des banques
sous forme d’une ouverture de compte à un client donnant naissance à un dépôt qui est une
reconnaissance de dette de la banque en vers son titulaire. Cette monnaie sert à payer les
créanciers de la banque, le transfert d’un compte à un autre se fait par l’intermédiaire des
instruments appelés : Les supports de la monnaie.

Les moyens de paiement scripturaux peuvent donc être définis comme l’ensemble des
instruments permettant de faire circuler la monnaie scripturale (ensemble des dépôts à vue
auprès du système bancaire) et ne jouant qu’un rôle de support dans les règlements (chèque,
carte, virement, prélèvement, lettre de change…).

Le schéma ci-dessous résume le fonctionnement de fonctionnement de la monnaie scripturale.

3
Etablit au début du 19ème siècle, il fait de l'or l'étalon monétaire universel. IL correspond à un poids fixe d'or.
Dans ce système, toute émission de monnaie se fait avec une contrepartie et une garantie d'échange en or. Les
parités de deux monnaies différentes sont donc fixées par rapport à l'or et les taux de change sont stables entre
pays participants. L'or constitue une monnaie internationale, qui sert au règlement des échanges et comme
instrument de réserve pour les banques centrales des pays qui l'ont adopté.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 18


Le moyen de paiement est donc la combinaison d’un instrument, dont le support peut être en
papier ou dématérialisé, qui permet de produire un ordre de paiement et d’un dispositif
technique et organisationnel qui permet le traitement de cet ordre.

L’intermédiaire financier doit effectuer un certain nombre d’opérations préalables constituant


la « phase de transaction » : collecte de l’ordre, vérification de sa validité et transmission des
informations nécessaires à l’exécution du transfert.

Le transfert des fonds proprement dit, qui constitue la « phase de compensation et de


règlement » est réalisé au moyen d’échange et de règlement entre les établissements de crédit,
via des systèmes de paiement ou des relations bilatérales, le cas échéant.

Un système de paiement essentiellement scriptural est un progrès considérable, mais présente


cependant deux inconvénients. Tout d’abord, il faut du temps pour envoyer par exemple un
chèque d’un endroit à un autre, ce qui peut être un inconvénient sérieux si un paiement
lointain doit être réalisé rapidement. Ensuite, une banque a besoin de temps pour encaisser un
chèque, de sorte que l’on ne peut pas disposer immédiatement du montant d’un chèque que
l’on a reçu.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 19


Au Maroc, il a été mis un en place un système de compensation crée par Bank el Maghrib
appelé Le Groupement pour un Système Interbancaire Marocain de Télé compensation
(GSIMT), créé en 2010 sous la forme juridique d’un Groupement d’Intérêt Economique
(GIE) et régi par la loi n°13-97 du 5 février 1999, s’est substitué à l’Association pour un
Système Interbancaire Marocain de Télé compensation (ASIMT)

Cette transformation n’emporte pas création d’une nouvelle personnalité morale et implique la
transmission universelle du patrimoine de l’ASIMT au GSIMT, des droits et obligations des
membres ainsi que les engagements pris à l’égard des membres et des tiers.

Le GSIMT est chargé de la gestion des instruments de paiement, de l’échange des valeurs
jusqu’au règlement net en passant par la télé compensation multilatérale.

Les instruments de paiement éligibles au SIMT sont :

 Chèques combinés aux images y afférentes


 Lettres de change normalisées (LCN) combinées aux images correspondantes
 Virements domestiques
 Virements en provenance de l’étranger
 Avis de prélèvement

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 20


Il y a, toutefois, lieu de distinguer entre deux types de supports à savoir, les supports
classiques comme le chèque, l’ordre de virement, prélèvements automatiques et les supports
modernes comme les cartes de paiements et de crédit, retraits automatisés, autrement dit, de la
monnaie électronique dite aussi « monétique ».
Vu le développement récent de ces techniques suite à la mise en place de nouveaux
instruments de paiement, ainsi que les apports de la loi bancaire de 2014. Nous allons nous y
atteler dans le point ci-dessous.

2.5. La monnaie électronique « monétique »

La monétique est une technique. Elle ne constitue pas une nouvelle forme de monnaie. Elle
est l’instrument automatisé de mobilisation des disponibilités monétaires au sens strict, billets
et dépôts à vue.
Selon La loi n° 103.12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés adoptée
en novembre 2014 dite « loi bancaire », la monnaie électronique est un moyen de paiement
qui s’ajoute aux autres moyens de paiement comme le chèque, la lettre de change, l’avis de
prélèvement etc. Elle est définit comme étant « toute valeur monétaire représentant une
créance sur l’émetteur étant stockée sur un support électronique, émise en contrepartie de la
remise de fonds d’un montant dont la valeur n’est pas inférieure à la valeur monétaire émise
et acceptée comme moyen de paiement par des tiers autres que l’émetteur de la monnaie
électronique».. C'est en quelque sorte un équivalent numérique de l'argent liquide. Elle peut
être stockée sur un support électronique (la puce d'un téléphone mobile) ou à distance sur un
serveur (un compte en ligne). Ce support électronique stocke directement la somme d'argent
et n'est pas lié à un compte bancaire. Il peut s'agir par exemple d'un porte-monnaie
électronique (e-wallet), d'une carte cadeau d'une enseigne commerciale, d'une carte bancaire
prépayée...
Ainsi la nouvelle loi bancaire donne naissance à une nouvelle catégorie d’organismes
assimilés aux établissements de crédit désignés « établissements de paiement » et définit
comme « ceux qui offrent un ou plusieurs services de paiement et peuvent également, dans le
respect des dispositions législatives et réglementaires en vigueur exercer les opérations
de change».
Le texte va jusqu’à définir ce que sont considérés comme services de paiement et
notamment « l’exécution de prélèvements permanents ou unitaires, d’opérations de paiement
par carte et l’exécution de virements, lorsque ceux-ci portent sur des fonds placés sur un
compte de paiement », ainsi et ce que l’on entend par compte de paiement lui-même, est « tout

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 21


compte détenu au nom d’un utilisateur de services de paiement et qui est exclusivement utilisé
aux fins d’opérations de paiement ». Enfin, l’article 17 du même texte défini les conditions de
cantonnement auprès d’un établissement de crédit habilité à recevoir des dépôts à vue, des
fonds déposés sur les comptes de paiement.
Même en l’absence de parution de tous les décrets d’application, le texte de la nouvelle loi
bancaire marocaine présente a priori un grand nombre de similitudes avec le code monétaire
et financier français de 2009. Elle présente toutefois une différence notable : la nouvelle loi
bancaire marocaine ne prévoit pas de statut dédié à la création et à la gestion de monnaie
électronique. Mais bien que le texte n’établit pas de lien sémantique direct entre « monnaie
électronique » et « service de paiement », le fait pour les autorités marocaines de ne pas
retenir le statut d’établissement de monnaie électronique nous conduit à penser que le
« moyen de paiement stocké sur un support électronique » est bien considéré comme un
service de paiement et que son émission et sa gestion sont éligibles au statut d’établissement
de paiement, comme c’est le cas en France.

Des nouveaux Etablissements de Monnaie Electronique (EME) peuvent ainsi voir le jour dans
et c'est l'Autorité monétaire compétente, en l’occurrence la Banque Centrale qui délivrera ce
statut d'EME.

On peut distinguer ainsi, parmi les prestataires de services de paiement (PSP) une sorte de
pyramide :

 les établissements de crédit peuvent effectuer des opérations de banque + émettre et gérer
de la monnaie électronique + fournir des services de paiement,
 les établissements de monnaie électronique peuvent émettre et gérer de la monnaie
électronique + fournir des services de paiement,
 les établissements de paiement peuvent fournir des services de paiement.

Inscrite dans les orientations stratégiques de Bank Al-Maghreb, la promotion de l'utilisation


des moyens de paiement électronique permettrait le renforcement de la croissance
économique, le développement de la bancarisation, le développement de l'inclusion financière
et de l'accès aux services financiers de base des populations à bas revenus. Bank Al-Maghreb
estime que l'utilisation des moyens de paiement électronique permet un renforcement du
produit national brut de l'ordre de 0,6% à 1%. Elle permet également une réduction du coût de
la gestion des moyens de paiement de masse pour les banques commerciales, sachant que le
coût de la monnaie fiduciaire représente 15% du coût total des opérations, sans oublier la
meilleure gestion des encaisses ou encore la réduction des risques en termes de sécurité,

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 22


optimisation des coûts d'assurance et de transport et baisse des frais directs et indirects liés à
la gestion du cash.

2.6. La quasi-monnaie

La quasi-monnaie est une forme de monnaie qui n’est pas utilisée comme moyen de paiement
de manière immédiate mais qui nécessite une transformation préalable en billets ou en compte
à vue.
On distingue la quasi-monnaie auprès des institutions financières bancaires (I.F.B) et la quasi-
monnaie auprès des institutions financières non bancaires (I.F.N.B).

La quasi-monnaie auprès des institutions financières bancaires (I.F.B) : Les dépôts


bancaires qui ne sont pas immédiatement utilisables dans les règlements ne peuvent être
considérés comme monnaie au sens strict mais proche d’elle. Ils peuvent être transformés de
manière aisée et sans perte de capital, il s’agit principalement de :

a) Comptes sur livret : Ce sont des avoirs remboursables à vue, mais qui ne peuvent être
utilisables par chèque. Les comptes sur livret son considérés comme compte d’épargne et sont
assorti d’un intérêt : Ils comportent les éléments suivants :
- Les comptes sur livret simple ;

- Les livrets d’épargne logement

b) Les dépôts à terme : Les dépôts à terme font l’objet d’un blocage de compte pour une
période déterminée d’avance : Trois mois, six mois, un an,….. Dans ce cas les déposants
reçoivent un intérêt en contrepartie.
c) Les certificats de dépôts : Les certificats de dépôts sont des titres émis par la banque et
souscrits par les déposants soit au porteur ou à ordre. Ils ont une échéance bien déterminée et
sont rémunérés.
En d’autres termes Le certificat de dépôts est un effet portant engagement par l’émetteur de
payer une certaine somme à échéance déterminée en remboursement d’un prêt à court terme
productif d’intérêt. Ils sont utilisés par les banques pour se procurer des fonds à court terme.
La quasi-monnaie auprès des institutions financières non bancaires (I.F.N.B) : Ce type
de quasi-monnaie est dit aussi placements liquides ou à court terme. Il s’agit des dépôts qui ne
sont pas susceptibles d’être transformés en monnaie. Ils comportent :
a) Les billets de trésorerie : Les billets de trésorerie sont des titres émis par les entreprises et
souscrits par les déposants soit au porteur ou à ordre. Ils ont une échéance bien déterminée et
sont rémunérés.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 23


En d’autres termes le billet de trésorerie est un titre émis par la banque et souscrits par les
déposants soit au porteur ou à ordre. Ils ont une échéance bien déterminée et sont rémunérés.
En d’autres termes le billet de trésorerie est un effet portant engagement par l’émetteur de
payer une certaine somme à échéance déterminée en remboursement d’un prêt à court terme
productif d’intérêt. Ils sont utilisés par les entreprises pour se procurer des fonds à court
terme.
b) Les bons de trésor : Les bons de trésor sont des titres représentatifs d’emprunt à court
terme émis par le trésor public. En d’autre terme le bon de trésor est un effet émis par l’Etat
en représentation d’une dette à court terme contractée par lui.
Les termes de bon du trésor, certificat de trésorerie, bon du trésor public ou bon d’Etat
désignent dans la plupart des pays, les effets publics représentatifs d’emprunts à court terme
contractés auprès du public ou du système bancaire, parfois auprès du gouvernement étranger
ou d’organismes internationaux.

Chapitre III : le système monétaire


Le système monétaire peut être défini comme un ensemble de lois garantissant et rationalisant
l'ensemble des monnaies en usage sur le territoire d'un Etat. Autrement dit, c'est l'ensemble de
données concourant à la formation d'un type cohérent d'organisation monétaire.
Dans son histoire, la monnaie a connu deux grandes évolutions :
1- Celle de la prédominance de deux métaux précieux (or et argent) et des monnaies
métalliques,
2- Celle du déclin des monnaies métalliques et de l'avènement des billets (monnaie fiduciaire)
et puis de la monnaie scripturale, puis l’arrivée progressive et en cours de la monétique.
De ce fait, historiquement, deux types de systèmes monétaires sont à distinguer lors des deux
grandes transformations qu’a connues le système monétaire dans son évolution, sans toutefois
oubliera, cette fois, une troisième révolution en gestation :
1- Première transformation : le passage du métal au billet.
Le billet de banque est intervenu pour remplacer la monnaie métallique. Il s'agit de la
dématérialisation de la monnaie qui a fait que sa valeur intrinsèque est inférieure à sa valeur
légale qui leur est conférée en tant qu'instrument monétaire par l'agent émetteur. Trois grandes
formes de billet de banque sont à distinguer
1.1. Le billet représentatif : Le billet représentatif de la monnaie métallique est la forme la
plus modeste, c'est ce qu'on appelle le certificat de métal, ou encore le récépissé de dépôt. Ce

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 24


certificat de dépôt est un papier dans lequel celui qui a reçu le dépôt reconnaît l'avoir reçu et
s'engage à le restituer. Il reproduit exactement l'objet matériel (l'or déposé chez le banquier).
L'avantage du billet représentatif réside dans le fait :
- Qu'il est plus léger pour circuler (un instrument d'échange) ;
- Qu'il ne comporte pas de risque, puisqu'on peut toujours retrouver la valeur de départ (la
valeur de l'or déposé).
1.2 Le billet convertible (monnaie fiduciaire convertible en or) : Ce type de billet introduit
la notion de confiance. Au départ, le banquier émet un nombre de billet représentatif équivaut
au nombre de gage (dépôt d'or) reçu. Le banquier a remarqué que les déposants d'or tardent
pour revenir afin de le récupérer, de ce fait, il a eu l'idée d'émettre plus de billets représentatifs
que les gages reçus (ex : supposons qu'il a reçu un gage d'une valeur de 80, il commence, tout
d'abord, par émettre 100 billets représentatifs. Il constate qu'avec 100 billets représentatifs,
personne ne vient redemander le remboursement. De ce fait, il passe à l'émission de 150
billets et ainsi de suite. Il y aura donc une augmentation de la quantité de billets représentatifs
en circulation (on parlera plus tard d’une création monétaire).
Cette monnaie fiduciaire convertible en or (billet représentatif convertible) n'est pas une
monnaie, elle est juste une promesse de monnaie. Pour qu'elle devienne une véritable
monnaie, il faudrait l'intervention du pouvoir public par l'intermédiaire du cours légal.
Par le cours légal, le pouvoir public transforme la promesse de monnaie en monnaie véritable.
A ce niveau, on retrouve la définition de la monnaie au sens propre du terme, à savoir « la
monnaie a un pouvoir libératoire illimité ; aucun créancier ne peut la refuser, son emploi est
obligatoire ».
1.3 Le billet inconvertible : Le billet inconvertible est la forme actuelle de la monnaie, du
fait qu'il n'existe plus de billets représentatifs, ni de billets convertibles. Ce billet est imposé
par l'Etat. Ceci a fait appel au passage du cours légal vers le cours forcé (imposé). Le passage
de la monnaie convertible en or à la monnaie inconvertible (à cours forcé) est le moment
fondamental dans l'évolution historique monétaire.
2- Deuxième transformation : le passage vers le scripturale
Le passage du billet à quelque chose qui est encore moins matériel que le billet à savoir, le
compte. Il s'agit à ce niveau de l'apparition d'une nouvelle forme de la monnaie à savoir la
monnaie scripturale qui circule par écriture entre les institutions monétaires. Pour plus de
détails concernant ce type de monnaie, voir dans le point 2.4 développé ci-dessus.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 25


3- Troisième transformation en cours : le passage vers la monnaie
virtuelle.

Lors de notre définition de la monnaie électronique dans le point 2.5 ci-dessus, nous avons
souligné que cette dernière, appelée également monétique, ne constitue pas une nouvelle
forme de monnaie. Elle est, pour le moment, uniquement, un instrument automatisé de
mobilisation des disponibilités monétaires, billets et dépôts à vue. Or la troisième
transformation du système monétaire qui est en cours risque de révolutionner cette perception
pour substituer dans le futur une monnaire virtuelle à toutes autres formes de monnaie,
fiduciaire et scripturales compris.

L’exemple saillant est celui de ce système expérimental de transfert et de vérification de


propriété reposant sur un réseau de pair à pair sans aucune autorité centrale qu’est le Bitcoin.

Crée par Satoshi Nakamoto, le bitcoin est à la fois un intermédiaire de paiement et une réserve
de valeur. La possession des bitcoins est matérialisée par une suite de chiffres et de lettres qui
constituent une clé virtuelle permettant la dépense des bitcoins qui lui sont associés sur le
registre. Une personne peut détenir plusieurs clés rassemblées dans un « Bitcoin Wallet » ,
un « porte-clés » web, logiciel ou matériel qui permet d’accéder au réseau afin d’effectuer des
transactions.

Pour avoir des bitcoins sur un compte, il faut soit qu’un détenteur de bitcoins vous en ait
donnés, par exemple en échange d’un bien, soit passer par une plateforme de change qui
convertit des devises classiques en bitcoins ( 1 Bitcoin = 3767 € ou 4431 $)4 soit les avoir
gagnés en participant aux opérations de contrôle collectif de la monnaie.

Signe des temps, Le Bitcoin annonce le recul, sinon la disparition, de l’argent liquide. Eu
égard à la commodité et à la rapidité sans cesse accrue d’une société de plus en plus pénétrée
par le numérique, l’adoption d’un système virtuelle, ou au moins la généralisation de sa
version monétique, peut paraitre compréhensible. Il l’est d’autant plus quand ce système
s’avérerait plus commode et économe pour les frais de la traque de la fausse monnaie ou de
l’installation des coûteux automates bancaires ; sans doute entraverait-il fortement les
opérations illicites comme la drogue, la prostitution, commerce informel et illicite, évasion
fiscale et travail dissimulé et au noir. Mais le fait de vouloir restreindre la place de l’argent
liquide ne s’explique pas seulement par cela.

4
Taux de change du 02/10/2017 (voir [Link]

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 26


Si le nombre des ralliements à la diminution, voire à la suppression du cash, explose, c’est
d’abord parce que la politique monétaire actuelle s’épuise. Après les Etats-Unis, qui ont
choisi, de 2010 à 2014, d’inonder les marchés de liquidités (3 500 milliards de dollars), avec
le fameux « assouplissement quantitatif » (quantitative easing, QE), c’est la Banque Centrale
Européenne (BCE), en reprenant généreusement toutes les obligations et titres à long terme
que lui présentent les banques européennes, qui a pris le relais (1 500 milliards d’euros). Le
président de la BCE, Mario Draghi, prévient qu’il est prêt à aller plus loin. La politique des
banques cantrales n’est limitée « ni en volume ni en intensité ».

La révolution virtuelle de la monnaie serait en fin de compte qu’un retour vers la référence
théorique majeure de l'économie moderne, à savoir l'équilibre général walrassien5. En effet,
l'équilibre général décrit une économie sans monnaie, une économie dans laquelle les
marchandises s'échangent directement contre d'autres marchandises. Pour une discipline qui
affiche volontiers sa dimension empirique, c'est là un fait qui a de quoi surprendre. Comment
doit-on l'interpréter ?

La plupart des théoriciens qui se réclament de l'approche walrassienne ne voient dans cette
absence que l'effet des tâtonnements par lesquels passe nécessairement toute jeune science en
voie de constitution, obligée de recourir, dans les premières phases de son développement, à
des simplifications qu'elle abandonnera ultérieurement. Le fait que cet espoir ait été jusqu'à
maintenant constamment déçu doit être pris au sérieux. Il faut en conclure que quelque chose
dans la monnaie résiste à l'approche théorique. La monnaie est un corps étranger à l’ordre
contractuel. Loin d'être un accident passager, la résistance de la monnaie à intégrer le
paradigme walrassien témoigne d'une réalité profonde : la monnaie excède la logique
concurrentielle, ce qui, avec la poussée du libéralisme et l’individualisme, facilitera davantage
l’émergence d’un système virtuelle, plus concurrentielle.

Il faut, toutefoisn rappeller que cette hypothèse trouve un appui de poids du côté des penseurs
libéraux. Comme le souligne Bruno Pays6 dans l'excellent livre qu'il a consacré à ce sujet, les
grands penseurs libéraux que sont Ludwig von Mises, Jacques Rueff ou Friedrich von Hayek
s'accordent tous pour penser que « la monnaie est irrémédiablement perturbatrice ». Sous leur
plume, la monnaie apparaît toujours en effet comme le lieu d'un possible dérapage, d'un

5
Rappelons que l'équilibre général se donne pour but de saisir l'économie marchande dans la totalité de ses
interdépendances, en tant qu'elle comprend un très grand nombre de consommateurs et de producteurs,
consommant, produisant et échangeant un très grand nombre de marchandises sur des marchés de concurrence
parfaite. Cet outil inégalé a permis d'analyser les propriétés d'une économie qui serait intégralement
concurrentielle.
6
Bruno Pays, Libérer la monnaie. Les contributions monétaires de Mises, Rueff et Hayek, Paris, PUF, 1991.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 27


trouble potentiel pour l'ordre concurrentiel. A contrario une bonne monnaie serait une
monnaie qu'on ne remarque pas, une monnaie qui s'efface derrière l'action efficace des
marchés. Quand la monnaie parle, ce n'est jamais le langage de l'économie qu'elle tient, mais
toujours celui du souverain. Aussi faut-il « rendre au monde le silence de la monnaie », pour
reprendre l'heureuse expression de Jacques Rueff. Tel doit être le but poursuivi par une
politique monétaire pertinente : neutraliser la monnaie pour la réduire au statut d'un pur
instrument. Cette défiance qu'elle suscite chez les penseurs libéraux trouve appui et
consolidation dans l'appareil législatif entourant la monnaie pour que son caractère
dérogatoire à l'ordre contractuel saute aux yeux. Pensons, d'une part, au monopole d'émission
qui confère à une institution spécialisée, la Banque centrale, le privilège d'émettre la monnaie,
et, d'autre part, au cours légal qui contraint les sociétaires à accepter cette dernière dans leurs
échanges. Nous voilà bien loin des règles usuelles de la concurrence. Mais l'action étatique ne
s'arrête pas là : il faut encore prendre en considération le réseau serré des réglementations qui
viennent encadrer l'activité monétaire des banques. Forts de ces observations, d'importants
économistes contemporains n'ont pas hésité à avancer que « la monnaie est un pur produit de
la réglementation » ; sans action étatique, elle n'existerait pas.

Ces fortes analyses libérales convergent pour voir dans la monnaie un obstacle au plein
épanouissement de l'ordre concurrentiel. Aussi, en réaction, les penseurs libéraux font-ils de
sa « neutralisation » leur objectif central en matière de politique monétaire. Il s'agit pour eux
d'immuniser l'économie réelle contre les perturbations gouvernementales, dont la monnaie est
un des vecteurs privilégiés. Pour Rueff, « rendre au monde le silence de la monnaie, c'est
essentiellement la débarrasser de ses influences politiques »7 . Par cet acte de neutralisation
monétaire, il s'agit de rétablir l’autorégulation concurrentielle dans son entière pureté. Cette
neutralisation peut prendre des formes diverses. Chez Jacques Rueff, il s'agit de revenir à
l'étalon-or ; Milton Friedman, quant à lui, propose de « faire voter un ensemble de règles
rigides, limitant par avance la marge d'initiatives dont peuvent disposer les autorités
monétaires»8 . Dans ces deux propositions, on reconnaît aisément une même inspiration :
supprimer la « main visible » des autorités gouvernementales pour lui substituer la « main
invisible » des règles automatiques. Autrement dit, dépolitiser la monnaie, la rendre
indépendante de l'arbitraire étatique, et, ce faisant, la transformer en un pur instrument au seul
service de la concurrence. Aujourd'hui, c'est essentiellement au travers de l'indépendance des
banques centrales que s'exprime ce même objectif de neutralisation monétaire pour se
7
Cité par Bruno Pays, Libérer la monnaie, op. cit., p. 264.
8
Inflation et Systèmes monétaires, Paris, Calmann-Lévy, coll. «Agora», n° 8, 1976, p. 167.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 28


focaliser uniquement sur la stabilité des prix. Or l'analyse du fonctionnement des banques
centrales montre à quel point la neutralisation monétaire rencontre des obstacles, au point de
la rendre impossible. Ainsi une banque centrale ne peut-elle s'abstraire des fluctuations
conjoncturelles touchant l'emploi. Comme on le trouve écrit, à propos des banquiers centraux,
dans un rapport récent :

« Leur responsabilité démocratique est engagée et, qu'ils le veuillent ou non, ils se doivent de
prendre en compte l'arbitrage entre un peu plus d'inflation et un peu plus de chômage »9

À l'évidence, pour déterminer sa politique monétaire, la banque centrale intègre d'autres


critères que la seule stabilité des prix, et c'est tant mieux, mais dans la plus grande opacité. Le
gouvernement monétaire implique une part irréductible d'action discrétionnaire. C'est en
songeant à ces difficultés que Friedrich Von Hayek propose de poursuivre la neutralisation
monétaire jusqu'à son terme logique : la suppression pure et simple de la monnaie et son
remplacement par un système de libre concurrence entre moyens de paiement privés. Il écrit :

« Je crois que, tant que les affaires monétaires restent du ressort du gouvernement, étalon-or
est le seul système tolérable ; mais on peut certainement faire mieux, et sans l'intervention des
gouvernements »10

Historiquement, ni l’étalon-or, ni la règle Friedmanienne, ni l'indépendance de la Banque


centrale n'ont constitué des remparts sérieux à la volonté politique de passer outre. Aussi
propose-t-il une autre voie, à savoir en finir une bonne fois pour toutes avec la monnaie telle
que nous la connaissons en autorisant les agents privés à émettre des moyens de paiement
fiduciaires concurrents dont il reviendra au marché de sélectionner les meilleurs. Ce faisant, il
pousse à sa conclusion logique l'analyse libérale. Si l'on veut une économie efficace, il faut
étendre l'action de la loi de l'offre et de la demande à la production des moyens d'échange, de
telle sorte que, in fine, le monde social soit régi de part en part par la loi concurrentielle. Les
supporteurs de la monnaie virtuelle comme le Bitcoin ne peuvent rêver mieux comme
argument théorique à leur aspiration futur pour le devenir de leur monnaie.

9
Patrick Artus et Charles Wyplosz, La Banque centrale européenne, rapport du Conseil d'analyse économique,
n° 38, 2002, p. 46.
10
Ibid., p. 126 (Livre de Bruno Pays).

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 29


Chapitre IV. Création et mesures de la monnaie
L’offre de monnaie est aujourd’hui le fait du système bancaire. Dans l’économie
contemporaine, l’analyse de la monnaie se dissocie difficilement de celle de crédit car la
monnaie permet non seulement d’effectuer des transactions monétaires mais elle fait aussi
l’objet de prêt, elle sert de base au crédit et en constitue un instrument par excellence. Aussi,
les institutions de crédit (les banques) jouent un rôle considérable sur le plan monétaire.
Historiquement, l’émission de monnaie était une fonction de l’Etat souverain. L’Etat a frappé
les diverses monnaies métalliques ou imprimait des papiers monnaies grâce à la banque
centrale.
Aujourd’hui, avec le développement de la monnaie scripturale, l’émission de la monnaie a
pris une nouvelle forme. Les banques ordinaires reçoivent des dépôts mobilisables par
chèques et octroient des crédits à leurs clients. Ainsi les banques se livrent à un véritable
mécanisme de création monétaire à l’occasion de la distribution de crédits.
Le pouvoir de créer de la monnaie (billets) fût monopolisé par la banque centrale appelée
également, institut d’émission. Par la suite, les banques ordinaires ont fait des innovations
monétaires grâce à la naissance de la monnaie scripturale qui est, de plus en plus, utilisée et
qui favorise le processus de création monétaire. A ce niveau, il convient de distinguer deux
termes qui sont : « la création » et « l’émission » de la monnaie.
Le terme « émission » est plus large que le terme « création ». L’émission peut recouvrir les
transformations simples entre actifs monétaires et actifs financiers sans création nette de
monnaie, par contre la « création » entraine systématiquement une augmentation nette de la
masse monétaire11 en circulation. Les autorités monétaires s’intéressent à cette masse
monétaire afin d’en contrôler l’évolution et la croissance.
Toute augmentation du volume de la monnaie sans contrepartie physique entraine, selon la
théorie quantitative de la monnaie, une hausse des prix et une inflation par la suite.
Afin de juguler l’inflation, les autorités monétaires doivent agir sur les éléments constitutifs
de la masse monétaires. Les agrégats monétaires vont constituer les indicateurs de la politique
monétaire.

11
Masse monétaire : Quantité totale de monnaie circulant dans un pays à un moment donné. Elle comprend cinq
composantes qui sont : monnaie métallique + billets de banque + comptes à vue dans les banques (monnaie
bancaire) + comptes à vue dans les CCP (monnaies postales) + la quasi-monnaie.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 30


4.1. Les organismes créateurs de la monnaie

A fin 2015, le Maroc compte 84 d’établissements de crédit et organismes assimilés agréés


dont, 19 banques, 34 sociétés de financement, 6 banques offshore, 13 associations de
microcrédit, 10 établissements de paiement (sociétés intermédiaires en transfert de fonds), une
Caisse de Dépôt et de Gestion et une Caisse Centrale de Garantie.

Cependant, la création de la monnaie est assurée uniquement par trois catégories d’institutions
à savoir : la banque centrale, les banques ordinaires et le trésor public.

4.1.1. La banque centrale (ou l’institut d’émission) est chargé de l’émission de la monnaie
nationale et de la régulation de la liquidité dans un pays. Elle exerce une triple fonction :
- Banque de la nation : elle crée la monnaie fiduciaire en émettant les billets qui circulent
dans l’économie, elle surveille l’évolution de la masse monétaire, notamment au moyen de la
politique des réserves obligatoires.
- Banque de l’Etat : elle fait crédit à l’Etat sous forme de prêt et d’avance au trésor (qui
exécute le budget de l’Etat) et gère pour l’Etat certains instituts spéciaux comme le fond de
stabilisation des changes.
- Banque des banques : elle réescompte les effets de commerce que lui présentent les banques,
elle organise les règlements interbancaires par compensation entre les banques et sert de
correspondant aux banques centrales étrangères.
La banque centrale se charge essentiellement d’assurer la stabilité monétaire et de veiller à sa
comptabilité avec l’expansion économique. Elle est l’élément « central » du système bancaire,
elle en règle la liquidité, elle en organise les règlements par compensation entre les banques et
joue le rôle de correspondant avec les banques centrales étrangères.
Le rôle principal de la banque centrale est d’assurer deux types de missions :

Missions fondamentales

 Émettre les billets de banque et les pièces de monnaie

 Définir et mettre en œuvre la politique monétaire avec pour objectif la stabilité des
prix

 Veiller au bon fonctionnement du marché monétaire et assurer son contrôle

 Gérer les réserves de change du pays

 Superviser le système bancaire et s'assurer de son bon fonctionnement

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 31


 Contribuer au maintien de la stabilité financière

 Veiller à la surveillance et à la sécurité des systèmes et moyens de paiement

Autres missions

 Conseiller financier du Gouvernement

 Agent du Trésor pour les opérations bancaires au Maroc et à l'étranger

 Contribuer au développement de l'inclusion et de l'éducation financières

Depuis la fin du XIXe siècle, les banques centrales ont pris l'habitude de fournir, de façon
discrétionnaire, des services d'assistance de liquidités aux banques en détresse: c'est le rôle de
prêteur en dernier ressort. La doctrine, élaborée par Henry Thornton (1802) et Walter Bagehot
(1873), deux gouverneurs de la Banque d'Angleterre, consiste pour la banque centrale à
s'engager à prêter sans limite (mais parfois à un taux plus élevé que le taux du marché) aux
banques commerciales qui peuvent fournir des garanties suffisantes (typiquement sous forme
de titres financiers de bonne qualité). Cette possibilité s'adresse donc en théorie aux banques
illiquides (c'est-à-dire qui n'ont pas pu trouver de liquidités sur le marché interbancaire) mais
solvables. Ces interventions auprès de banques commerciales sont conceptuellement
distinctes des opérations de politique monétaire (open market, prises en pension ou appels
d'offre) visant à réguler la liquidité globale du marché interbancaire (masse monétaire, taux
d'intérêt à court terme). Cependant, ces opérations sont souvent utilisées de façon détournée
pour renflouer discrètement des banques qui auraient dû être fermées. Cela explique que la
doctrine du prêteur en dernier ressort ait été l'objet de critiques de la part de certains
économistes, surtout libéraux, qui considèrent qu'avec le développement des marchés
monétaires et interbancaires ces interventions sont désormais redondantes. D'après eux, il n'y
a pas de raison pour qu'une banque solvable ne trouve pas de contrepartie privée acceptant de
lui prêter les liquidités nécessaires. Pourtant, la très courte maturité des prêts interbancaires
(par rapport à celle des crédits aux ménages et aux entreprises) implique que les banques
restent à la merci d'une « panique silencieuse » sur le marché interbancaire : même si chaque
investisseur est convaincu de la solvabilité d'un établissement, toute diversité d'opinion entre
investisseurs, même ténue, suffit à créer le risque d'une situation de défaut de coordination
dans laquelle une banque solvable n'arrive pas à trouver de liquidité sur le marché. Le rôle du
prêteur en dernier ressort est alors d'endiguer ces situations de crise.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 32


4.1.2. Les banques
L’expression banque est d’origine italienne qui est « banco » qui veut dire banc. Au début
cette expression signifiait le banc où s’asseyaient les financiers pour effectuer le change de la
monnaie, plus tard l’expression a évolué pour signifier le comptoir où l’on pouvait compter et
échanger de l’argent, pour devenir à la fin un lieu où se trouve ce comptoir et où s’effectue la
commercialisation de l’argent.
En vue la conception traditionnelle « la banque est l’institution habilitée à recevoir les dépôts
des particuliers et à en disposer à condition de respecter les règles de gestion édictées par les
autorités monétaires ».
Cette conception distingue la banque susceptible de créer de la monnaie scripturale des
institutions financières non bancaire exclue de la création monétaire.
Le secteur bancaire au Maroc se compose de 19 banques et qui se partage en trois catégories
d’établissements :

- Les établissements bancaires à caractère public ou semi-public en nombre de 5: Créés


initialement par l’Etat pour remplir des missions spécifiques en matière de financement, ces
établissements sont énumérés comme suit : Banque Centrale Populaire (BCP), CDG capital,
filiale à 100% de la CDG, Crédit Agricole du Maroc (CAM),
crédit Immobilier et Hôtelier (CIH), et le Fonds d’Equipement Communal (FEC).

- Les banques privées à capital majoritairement Marocain ou Etranger et qui sont en nombre
de 14 : Arab Bank Maroc, Attijari wafaBank, Banque Marocaine du Commerce
Extérieur (BMCE), Banque Marocaine pour le Commence et l’Industrie (BMCI), Casablanca
Finance Markets (CFM),Citibank Maghreb (Citibank), Crédit du Maroc (CDM), Média
Finance (MDF), Société Générale Marocaine de banque (SGMB), Union Marocaine de
Banque (UMB).. ..etc

Dans leur fonctionnement, trois types de banques ordinaires sont à distinguer :


Banque de dépôt : L’activité principale de ces banques est la réception des dépôts de la
clientèle à vue et à terme, les règlements en monnaie et l’octroi du crédit à court terme.
Banque d’affaire : elles ont une activité distincte des banques de détail. Elles ne prennent pas
de dépôts et n'octroient pas de crédits. Leur rôle est d'apporter un conseil stratégique et
financier pour les grandes entreprises. Elles se financent en facturant leurs prestations.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 33


Actuellement, les banques ne sont plus de simples caisses de dépôt ou de simples
intermédiaires financiers entre les agents excédentaires (agent à capacité de financement,
c'est-à-dire ceux qui dégagent l’épargne) et les agents déficitaires (agent à déficit d’épargne,
c'est-à-dire ceux qui ont besoin de financement). En outre, les banques ordinaires créent la
monnaie lorsqu’elles accordent des crédits, et ces crédits entrainent eux-mêmes des dépôts
lorsqu’on considère l’ensemble du système bancaire dans sa totalité.
Les opérations de crédits réalisées par les banques représentent donc une source majeure de
création monétaire. Il s’agit de crédits accordés aux particuliers, aux entreprises, ainsi qu’aux
crédits accordés à l’Etat par le biais du trésor public afin de financer le déficit budgétaire.

4.1.3. Le trésor public

Le trésor est la personnification financière de l’Etat. Il perçoit les recettes publiques, exécute
les dépenses et emprunte pour couvrir ses besoins de financement, temporaires ou définitifs.
Dans ce sens, le trésor est un agent non financier comme les autres. En outre, le trésor est
aussi un intermédiaire financier exerçant une activité « bancaire ». Les ressources qu’il se
procure ainsi diminuent ses besoins d’emprunts proprement dits. En d’autres termes le trésor
public est à la fois le caissier et le banquier de l’Etat.
Le trésor est le caissier de l’Etat car sa mission principale est d’exécuter la loi des finances. Il
reçoit les recettes budgétaires et couvre les dépenses budgétaires de l’Etat. D’une manière
générale, les recettes sont inférieures aux dépenses, ce qui entraine un déficit qui sera financé
par les banques ordinaires et les particuliers.
Le système du trésor et le système bancaire sont disjoints. Dans le système du trésor, la
question fondamentale qui se pose est la suivante: peut-il y avoir, dans ce système, une
création de monnaie (la planche à billets) ? La réponse est généralement négative, du fait
qu’à la différence des banques, le Trésor n’accorde actuellement pas de crédits. Mais la
réponse demeure trop partielle du fait que le trésor contrôle une partie du circuit de la
monnaie scripturale, il peut dans son circuit, créditer des comptes (des fonctionnaires de l’Etat
par exemple) sans avoir les ressources correspondantes ; donc il peut bien y a voir une
création monétaire du moment qu’il a un droit de tirage automatique et illimité financé
directement par les banques lors des souscriptions aux bons du Trésor, titres, qui seront
réescomptés au niveau de la banque centrale si les banques commerciales cherchent un
refinancement.
Aujourd'hui, c'est essentiellement au travers de l'indépendance des banques centrales que
s'exprime l’objectif de neutralisation monétaire pour éradiquer la dimension politique. Mais

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 34


l’analyse du fonctionnement de la banque centrale montre à quel point la neutralisation
monétaire rencontre des obstacles, au point de la rendre impossible. Pourquoi ? Parce que le
monde réel n'a pas la simplicité naïve du monde théorique. Ainsi la banque centrale ne peut-
elle s'abstraire des fluctuations conjoncturelles touchant l'emploi. Comme on le trouve écrit, à
propos des banquiers centraux, dans un rapport qui lui est consacré12.
En conséquence, ce même rapport montre que le comportement de la BCE ne diffère en rien
qualitativement de celui de la FED, qui, pourtant, suit une politique mettant sur le même plan
stabilité des prix et maintien de l'emploi ; elle réagit même plus vite et plus intensément à la
variable conjoncturelle ! À l'évidence, pour déterminer sa politique monétaire, la BCE intègre
d'autres critères que la seule stabilité des prix mais dans la plus grande opacité.
Le gouvernement monétaire implique une part irréductible d'action discrétionnaire, ce qui
n'est qu'une autre manière de dire qu'elle est politique.

4.2. Les mécanismes de création monétaire


Le système monétaire actuel est compliqué et opaque. C’est pourquoi la plupart des gens
ignorent d’où vient l’argent et ce que font les banques. Et voilà pourquoi ils sont livrés
impuissants aux crises globales bancaires, financières. Ils croient que la Banque centrale
(Bank Al Maghreb) imprime toute la monnaie (la fameuse planche billet) pour la mettre à la
disposition des banques qui, de leur côté collectent l’argent des épargnants pour le prêter à des
emprunteurs. Ni l’un ni l’autre n’exprime la réalité.

Premièrement, la Banque centrale n‘imprime qu’une petite partie de sa monnaie, la plus


grande partie étant de la monnaie scripturale et digitale, qui n’existe que sous forme d’écriture
ou électronique. Cette monnaie virtuelle n’atteint jamais le public mais sert exclusivement au
règlement réciproque de paiements interbancaires (circulation interbancaire de l’argent).
Seuls, les billets de banque sont imprimés et entrent dans le circuit public.

Deuxièmement, les banques créent elles-mêmes de l’argent également par voie électronique,
à savoir, sous forme de monnaie scripturale (ou monnaie de banque). Sur nos comptes de
virement, il n’y a pas de monnaie nationale mais de la monnaie créée par les banques
commerciales. Aujourd’hui, la monnaie scripturale des banques forme les 90 % de la masse
monétaire disponible et seul les 10 % restant sont de l’argent de la banque nationale, c’est-à-
dire des espèces. Et le public n’entre en possession d’espèces que lorsqu’il fait un retrait au

12
Patrick Artus et Charles Wyplosz, La Banque centrale européenne, rapport du Conseil d'analyse économique,
n° 38, 2002, p. 46

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 35


guichet de la banque. En définitive, presque toute la monnaie en circulation provient des
banques commerciales. Les banques ne sont donc pas uniquement des intermédiaires de
l’argent, comme la majorité des gens le pensent, mais aussi producteurs d’argent. La Banque
Centrale est certes impliquée dans ce processus mais seulement à la marge et de façon
réactive. Un Dirham de la Banque Centrale peut être multiplié par les banques commerciales.
Autrement dit, les banques n’ont besoin que d’une fraction de l’argent de la Banque Centrale
en réserve par montant créé. Ce système se nomme « Système de réserve fractionnel » ou «
création multiple de monnaie scripturale». Ce n’est pas seulement compliqué et opaque, c’est
aussi extrêmement risqué, instable, injuste et sujet à crises.

4.2. 1. Mystère de la création monétaire

Le secret de la création monétaire est le secret bancaire le mieux gardé. En accordant des prêts
pour ainsi dire ex nihilo, c’est-à-dire sans existence préalable concrète de cet argent, les
banques créent elles-mêmes de la monnaie scripturale. Les banques prêtent de l’argent
qu’elles ne possèdent pas à priori à un demandeur qui s’engage pour ce faire à le leur procurer
ultérieurement et par-dessus de marché à payer des intérêts. Ainsi de dettes font-elles de
l’argent et de l’argent encore plus d’argent : C’est seulement à partir de dettes que se crée
l’argent: l’essentiel est que la totalité de la masse monétaire réelle (espèces et monnaie
scripturale), initialement créée par crédit bancaire, provienne de créances à porter au crédit de
comptes de virement

Comme une création monétaire ex nihilo ne connait pratiquement pas de limite, et que plus
d’argent confère non seulement plus de pouvoir d’achat, mais aussi plus d’influence et plus de
puissance, les banques ont tendance à gonfler toujours plus la masse monétaire. Elles
orientent systématiquement cet argent créé par elles-mêmes là où cela rapporte encore plus
d’argent et créent en même temps le plus d’argent nécessaire. Un contrôle de la masse
monétaire par la banque centrale est par conséquent très difficile à atteindre.

A ce titre, la monnaie de banque (monnaie scripturale) n’est qu’une promesse aux clients de
pouvoir disposer de leur dépôt. Mais comme la monnaie scripturale représente la part
prépondérante (90%) de la masse monétaire, personne n’est jamais sûr s’il pourra convertir
son avoir bancaire en argent liquide. Bien au contraire, il est évident que dans un tel système,
il est impossible que tout le monde puisse retirer simultanément son argent, puisqu’il n’était
jamais vraiment existant. Ceci explique l’impression d’insécurité permanente, de risque, de
méfiance et en partie la peur et la cupidité qui sont liés au système actuel. En permanence,

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 36


guette le danger d’un « bankrun » (ruée bancaire, panique bancaire ou course aux guichets),
et tout particulièrement, en situation de crise.

4.2. 2. La création de la monnaie

Il s’agit de comprendre le processus de la création de monnaie, autrement dit comment la


monnaie apparait concrètement dans le circuit ? À quelle occasion ? Pour qui la monnaie est-
elle créée ? Quel est l’intérêt de la création monétaire pour les différentes institutions
créatrices de la monnaie.
A - Par la banque Centrale

La banque centrale, crée de la monnaie au profit de l’économie en monétisant les créances


provenant des autres établissements de crédit, ceci aboutit à la création de deux formes de
monnaie à savoir :
- La monnaie libre qui est le résultat de la monétisation de la monnaie étrangère : la
banque centrale effectue toutes les opérations sur l’or notamment l’achat et la vente,
elle peut aussi recevoir les dépôts libellés en monnaie étrangère. Elle gère également
les réserves de change et elle peut ouvrir des comptes en devise pour les sociétés
autorisées par la loi, par conséquent la banque centrale répond aux besoins de
financement des banques ordinaires et du trésor par la conversion des monnaies
étrangères et de l’or en monnaie nationale. L’achat des devises par la banque centrale
auprès des banques ordinaires et du trésor public aboutit à la création de la monnaie
nationale.
- La monnaie crédit qui est le résultat de la monétisation des créances provenant des
banques ordinaires et du trésor public : cette forme de monnaie concerne tous les prêts
accordés par la banque centrale aux établissements de crédit en situation de manque de
liquidité et en besoin de refinancement. Ces établissements en situation de
financement peuvent avoir de la monnaie centrale en sollicitant l’aide de la banque
centrale d’une façon directe à travers les opérations courantes, par le biais du marché
monétaire et le réescompter des effets de commerce.
B - Par les banques commerciales

La création de la monnaie par les banques faite de manière spontanée ou provoquée :


- La création monétaire spontanée : la banque joue un rôle de simple intermédiaire (rôle
passif) en recevant, par exemple, des devises étrangères pour le compte de ses clients.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 37


Dans ce cas, la naissance de la monnaie est réalisée par une écriture comptable dans le
bilan de la banque concernée par l’opération : la banque enregistre une dette envers
son client (passif) et une créance sur le pays émetteur des devises (actif)
- La création monétaire provoquée : la banque joue un rôle actif en accordant des
crédits. Cette opération génère de la monnaie dans le circuit économique (création). Il
est possible de distinguer différentes situations de création de la monnaie par les
banques selon qu’il s’agit d’une monétisation d’un titre existant ou non : cas de
l’escompte d’un effet de commerce (monétisation de titre existant) ; cas d’une
ouverture de crédit à la consommation ou d’un crédit immobilier (sans monétisation
de titre existant avec contrat) ; cas d’une banque qui accorde des facilités de caisse –
compte courant débiteur (sans monétisation de titre existant

Les banques créent donc de la monnaie lorsqu’elles distribuent des crédits à l’État ou aux
agents non financiers non étatiques (ménages et entreprises principalement), souscrivent à des
émissions de titres par ces agents, monétisent des devises ou achètent des actifs réels. Pour le
montrer et en préciser les conditions et les conséquences, nous étudierons successivement le
cas d’une économie à une seule banque puis d’une économie à plusieurs banques.

A.1. Les crédits font les dépôts


La création monétaire par les banques ordinaires consiste en l’octroie des crédits qui permette
le financement des entreprises et des ménages en la mise à leurs disposition des moyens de
paiement notamment la monnaie scripturale (chaque banque ordinaire possède sa propre
monnaie scripturale)

Considérons une entreprise X qui doit régler un fournisseur Y et supposons qu’elle soit à court
de liquidités. Elle se tourne vers sa banque pour lui demander du crédit. Celle-ci lui en
accorde
La variation des bilans est la suivante en cas d’existence d’une seule banque.

Banque Entreprise X Entreprise Y

Actif Passif Actif Passif Actif Passif

crédits ∆CX = 100 ∆DX = 100 dépôts dépôts ∆DX = 100 ∆CX = 100 crédits dette (X,Y ) = 100
dette (X,Y ) = 100

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 38


De la monnaie est bien créée : les dépôts bancaires ont augmenté de ∆DX.
Mais on sent bien que c’est une demi-monnaie qui vient d’être créée. À ce stade, rien
n’empêche l’entreprise X de se raviser et d’annuler l’opération. Les choses ne se nouent
vraiment (la monnaie en quelque sorte « prend », comme on le dit, du ciment) qu’à partir du
moment où l’entreprise X va régler sa dette à l’entreprise Y.
Après cette opération, les variations des bilans de X et de Y sont les suivantes :
Banque Entreprise X Entreprise Y

Actif Passif Actif Passif Actif Passif

∆CX = +100
crédits ∆CX = +100 ∆DX = +100dépôts crédits ∆DY = +100
∆DX = –100
∆DY = +100

Tel est le modèle fondamental de la création monétaire.


Ainsi, dès l’opération de crédit, le passif de la banque s’est accru de ∆DX = 100. Ce passif
étant la seule forme de monnaie existante, la quantité de monnaie en circulation s’est accrue
de ∆DX = 100. Ce sont bien les crédits (∆CX) qui font les dépôts (∆DX puis ∆DY), il y a bien
création de monnaie (les dépôts) par octroi d’un crédit.
On va montrer dans la suite que cet exemple pourrait être généralisé dans deux directions, à
savoir, le type de support monétaire (ce n’est pas seulement le crédit) et le type d’agents à qui
a banque offre du crédit.

A.2. De la monnaie peut être créée par les banques en contrepartie d’achats de titres ou
d’actifs matériels

Achats de titres

Dans l’exemple précédent, la banque émet un crédit. C’est en réalité un titre financier
particulier, un titre qui ne peut être cédé qu’à un autre intermédiaire financier (notamment, on
le verra, la Banque centrale) et qui, en général, est cédé à sa valeur faciale (il ne peut pas
donner lieu à des pertes ou des gains en capital).
On peut imaginer qu’en contrepartie du dépôt ouvert dans ses livres, la banque accepte un
titre de dette qu’elle pourra recéder si elle le désire (une obligation ou un billet de trésorerie)
ou même un titre de propriété (une action).

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 39


L’opération est identique à la précédente, à condition de substituer l’obligation, le billet de
trésorerie, l’action, au crédit ∆CX du schéma précédent.
Achats de biens

On peut également imaginer que la banque achète un actif réel, par exemple un immeuble.
Les écritures comptables seront alors les suivantes :

Ainsi, par simple jeu d’écritures, la banque dispose du pouvoir, du privilège conviendrait-il de
dire, de créer ex nihilo cette chose extraordinaire, totalement immatérielle, sans valeur, une
écriture dans un livre de comptes, qui lui permet de devenir propriétaire d’un objet matériel
possédant une valeur propre.

Cet exemple montre que si le crédit crée les dépôts, que si c’est la voie principale de création
de la monnaie pour des raisons qui seront exposées ci-après, la monnaie c’est le dépôt, et le
dépôt n’est monnaie que parce qu’il est émis par une banque, et que de ce fait, il sera accepté ,
en général, en paiement par une collectivité nombreuse.
Cette approche générale montre que la monnaie se définit autant par ses conditions que par

Banque Entreprise X

Actif Passif Actif Passif

immo ∆I = +100 ∆DX = +100 dépôts immo ∆I = – 100

dépôts ∆DX = +100

ses fonctions. Cet exemple suggère également la nécessité de limiter le pouvoir ainsi conféré
aux banques d’acquérir des biens ou des droits par un simple jeu d’écritures.
Pour cela, la législation bancaire limite en général le montant des actifs réels (immeubles,
actions…) qu’une banque peut acquérir comme contrepartie à la monnaie qu’elle émet. Ainsi,
en matière d’actions, le Comité de la réglementation bancaire dans un règlement précise que
les participations prises par des établissements de crédit ne doivent pas excéder :

- pour chaque participation, 10 % du montant des fonds propres de l’établissement de crédit


prenant la participation ;
- pour l’ensemble des participations, 40 % du montant des fonds propres de l’établissement de
crédit.
Pouvant se constituer des portefeuilles de participations, les banques ne peuvent donc pas
s’approprier, par création monétaire, le capital d’une entreprise.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 40


Dans la suite on se limitera à cette forme de contrepartie qu’est le crédit.

A.3. De la monnaie peut être créée en contrepartie d’un crédit à l’État ou à l’extérieur
(non résidents) sous forme de devises

À l’évidence, le modèle précédent peut être généralisé aux ménages. Les banques peuvent
créer de la monnaie par distribution de crédit aux ménages. Il peut l’être également à l’État et
aux non résidents.

Crédit au Trésor (État)

L’État peut naturellement s’endetter. Il le fait par l’intermédiaire du Trésor qui est alors son «
bras financier », son caissier et son représentant légal. Le schéma est alors le même que
précédemment à deux différences près :
La créance sur l’État peut être un crédit accordé par la banque à l’État (il s’appellera alors une
avance, un concours au Trésor), mais elle prend surtout la forme d’un titre public, soit un titre
« monétaire » : bon du Trésor négociable, soit une obligation d’État.
Ces titres sont plus facilement cessibles à d’autres intermédiaires bancaires ou à la Banque
centrale (contrairement au crédit à des particuliers). Ils constituent même des instruments
privilégiés d’opérations de trésorerie bancaire ;
L’État lui-même, parce que son crédit « personnel » est aussi sinon plus important que celui
d’une banque, peut recevoir des dépôts (émettre des titres sur lui-même servant de moyens de
circulation ou de réserves de valeur).

Crédit à l’extérieur sous forme de devises

Lorsqu’un résident reçoit des devises (un exportateur par exemple), pourvu qu’elles soient
convertibles, il peut demander à la banque de les convertir en Dirhams. La banque est ainsi
amenée à créer de la monnaie contre des devises.
La quantité de monnaie s’est bien accrue à raison de l’accroissement du passif de la banque.
Elle détient à travers ces devises une créance sur l’extérieur dont elle peut à tout moment
demander la conversion en sa propre monnaie.
Mais il est important de ne pas confondre crédit à l’extérieur et entrée de devises. Avec la
globalisation financière, quoique encore réglementé par l’office des changes, des non
résidents peuvent contracter des prêts en Dirhams auprès d’une banque Marocaine (ou
conserver une partie du produit de leurs propres exportations la forme d’une devise).

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 41


Symétriquement, des résidents peuvent s’endetter en devises auprès des banques non
résidentes.

4.2. 3. La destruction monétaire

Lorsque la monnaie est totalement scripturale, exclusivement scripturale, purement


scripturale, la création monétaire est un jeu d’écritures, un pur jeu d’écritures. Le bilan d’une
banque est dans sa nature même très différente du bilan d’une entreprise. Pour une entreprise,
les pièces comptables sont des représentations. Derrière le poste « caisse », il y a ce que
contient la caisse, ce qui y est en dépôt. Pour une banque, le bilan est la matière première de
son activité : les chiffres valent pour eux-mêmes, et par eux-mêmes.
Si la création monétaire est un jeu d’écritures, la destruction monétaire est aussi un pur jeu
d’écritures ; symétrie des formes, comme en droit.
Il y a destruction monétaire :
 lorsque des crédits aux particuliers sont remboursés à la banque par ces particuliers ;
 lorsque des concours à l’État sont annulés ;
 lorsque des titres financiers sont vendus par le secteur bancaire au secteur non
bancaire, ou des actifs réels ;
 lorsque des devises sont cédées aux particuliers et transférées à l’étranger.
Toutes ces opérations ont pour contrepartie l’annulation pure et simple d’un dépôt, le retrait
de billets ou de pièces de la circulation.
Donnons à tout ceci une représentation concrète, dans le prolongement de nos exemples
précédents.

Premier cas : l’entreprise X, avec ce qu’elle a acheté à l’entreprise Y, va produire puis vendre
sa production. Si la valeur de cette production est vendue avec profit, elle va pouvoir
rembourser le crédit ∆CX que la banque lui a consenti en débitant son compte d’un
montant ∆DX = ∆CX. La monnaie précédemment créée est détruite.
Deuxième cas : l’État s’est endetté pour payer ses fonctionnaires en janvier et février. En mars
il recouvre l’impôt. Il peut rembourser sa dette ou racheter les titres monétaires ou financiers
qu’il a antérieurement émis.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 42


Schéma récapitulatif de la création monétaire :

Banques ou institutions Banques ou


de crédit institutions de crédit
+ –

- Achat de titres de - Remboursement de


créances et de titres crédits aux entreprises
Création Destruction
et aux particuliers
de de
- Octroi de crédits aux
Monnaie Monnaie
entreprises, aux - Vente de titres de
particuliers ou à l’Etat créances par les
banques

- Achat de devises
étrangères Si création > destruction - Vente de devises
étrangères
=
↑ de la masse monétaire

4.2. 4. Le multiplicateur de crédit

Le modèle du multiplicateur développé ici s’inscrit dans le cadre d’un système bancaire où les
banques détiennent des réserves auprès de la Banque centrale. Ce système est expliqué dans

Banque centrale Banques commerciales Agents non financiers

Actif Passif Actif Passif Actif Passif


CBC B CB D B CB
RES RES D CBC

CB : crédits distribués par la Banque centrale B : billets en circulation


RES : dépôts des banques commerciales D : dépôts auprès des banques
auprès de la commerciales
Banque centrale (réserves
obligatoires)

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 43


l’hypothèse où les banques sont endettées uniquement auprès de la Banque centrale.

On considère trois agents : une Banque centrale, une banque commerciale qui représente
l’ensemble des banques commerciales et les agents non financiers.

Supposons que les agents non financiers détiennent une partie p supposée stable de leurs
encaisses (M) sous forme de dépôts bancaires : p = D/M.

Supposons aussi que les banques soient contraintes de mettre en réserves, c’est-à-dire de
déposer dans leur compte à la Banque centrale, une proportion fixe r de leurs dépôts (les
réserves obligatoires) : r = R/D.

Dans ces conditions, la contrainte de liquidité qui s’impose aux banques implique qu’il existe
une relation stable entre la monnaie totale en circulation et la monnaie émise par la Banque
centrale.

Les équilibres comptables sont comme suit: B + RES = CBC (1)


CB + RES = D (2)
D’où l’on déduit : B + D = CB + CBC

Cette équation exprime l’équilibre entre la monnaie et ses contreparties et (parce qu’il n’y a
pas d’autre moyen d’épargne que la monnaie) l’équilibre entre les besoins de financement des
uns et les capacités de financement des autres.

Ces équations comptables peuvent être par deux équations de comportement :

Respect de la réglementation des réserves obligatoires ou : (3)

Stabilité du comportement de placement des agents non financiers : (4)

On obtient alors un modèle de 5 inconnues à 4 équations. Il manque une équation, cette


relation est celle qui exprime l’hypothèse d’exogénéité du passif de la Banque centrale appelé

base monétaire, soit : CBC=CBC=B+RES=H

La résolution de ce modèle conduit aux relations :

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 44


D’où, si l’on pose

(H),

de la formule précédente, il résulte les résultats fondamentaux de la théorie du multiplicateur :


Or, 1 + pr – p < 1 donc

Donc, comme une émission de monnaie par la Banque centrale consécutive à une

distribution supplémentaire de crédit [∆BC = ∆(B + RES)] s’accompagne d’une croissance


supérieure de la masse monétaire en circulation [∆(B + D)] ; la croissance de la masse
monétaire totale ∆(B + D) est, avec l’accroissement du crédit distribué par la Banque centrale
dans le rapport

est le multiplicateur de crédit ; (B + RES) est la base monétaire

4.3 Les limites de la création monétaire


La demande de monnaie constitue une contrainte parce que la banque ne crée pas de la
monnaie pour le plaisir de la créer, mais une réponse à une demande. La création monétaire
est donc limitée par les besoins de liquidités des agents non financiers. Ces besoins sont
élevés durant les périodes de fortes activités économiques mais réduits durant les périodes de
ralentissement de l’activité économique. La contre partie créance sur l’étranger n’est qu’une
source de création monétaire que si l’économie connait un excédent de ses paiements
extérieurs.
Les clients des banques ordinaires font circuler une partie de la monnaie créée par ces
banques non pas sous sa forme initiale de monnaie scripturale mais sous sa forme de billets.
Cependant les banques ordinaires ne peuvent pas émettre de billets, elles doivent les procurer
sur leur compte à la banque centrale pour pouvoir faire face aux éventuelles fuites de cette
monnaie (fuites « naturelles » ou « artificielles »).
Les fuites naturelles :

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 45


Les fuites en billets sont dues à des facteurs d’ordre général qui sont évalués globalement par
le rapport : Billets en circulation / Total des dépôts à vue x 100 (en %)

Elles sont également évaluées selon des variables spécifiques : situation géographique, type
de clientèle, mode de gestion des retraits de billets, …

Ces fuites dépendent aussi des parts de marché de chaque banque. Celle qui est la plus
implantée cours moins de risque de fuites car elle a plus de chance que ses concurrentes de
voir les transferts de compte à compte se réaliser au sein de son propre réseaux.

Les fuites artificielles :

La banque centrale oblige les banques à déposer auprès d’elle une quantité déterminée de
monnaie centrale, calculée selon un certain pourcentage de leurs dépôts à vue. On parle des «
réserves obligatoires » : plus ces réserves obligatoires sont importantes, plus les banques sont
limitées dans leurs possibilités de créer de la monnaie puisqu’il leur faut détenir un montant
important de monnaie centrale pour chaque unité de dépôt à vue gérée.

Il convient de se poser la question comment une banque ordinaire peut-elle alimenter son
compte à la banque centrale ?
- Elle peut virer sur son compte auprès de la banque centrale une partie des dépôts
effectués par ses clients.
- Elle peut recevoir sur son compte des virements d’autres banques qui lui doivent de
l’argent en règlement de chèques au profit de ses clients.
- Enfin, elle peut emprunter de la monnaie centrale (billets) sur le marché monétaire.
Les avoirs en monnaie centrale constituent la base monétaire indispensable à toute création de
monnaie en circulation.
Quand une banque ordinaire ne dispose pas suffisamment de monnaie centrale dans son
compte courant auprès de la banque centrale, elle peut emprunter sur le marché monétaire
dans ce cas on dira qu’elle se refinance sur le marché monétaire.
La banque centrale contrôle donc indirectement la création monétaire des banques ordinaires.
En effet la banque centrale en tant que banque intervient sur le marché monétaire pour prêter
sa monnaie aux banques ordinaires, elle ne le fait pas gratuitement, elle le fait moyennant taux
d’intérêts et/ou en contre partie d’une créance détenue par la banque (traite, bon du trésor).

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 46


Chapitre V. Mesure et contrôle de la monnaie
Un agrégat est une grandeur comptable de l’économie nationale, il est déterminé par la
somme (l’agrégation) de valeurs unitaires.

Les agrégats de monnaie, même s’ils n’ont pas une influence systématique et immédiate sur
les prix, peuvent fournir des informations utiles sur l’inflation future sur un horizon de long
terme. Les concepts de vitesse de circulation de la monnaie et de taux de liquidité
apparaissent essentiels pour déterminer la pertinence de l’analyse monétaire menée par les
autorités monétaire. Toute augmentation du volume de la monnaie sans contrepartie physique
entraine, selon la théorie quantitative de la monnaie, une hausse des prix et une inflation par la
suite.

Afin de juguler l’inflation, les autorités monétaires doivent agir sur les éléments constitutifs
de la masse monétaire. C’est ainsi que les banques centrales cherchent à mesurer au mieux la
quantité de monnaie en circulation. Pour cela, elles utilisent différents agrégats monétaires.
Leur définition est devenue plus difficile du fait des nombreuses innovations financières. A
partir des années 1980, la plupart des banques centrales ont modifié, parfois à plusieurs
reprises, leurs mesures de monnaie. Au Maroc, La banque centrale a la responsabilité du
contrôle de la masse monétaire en circulation dans l’Economie à travers les agrégats
monétaires.

5.1. Notion d’agrégats monétaire

L’agrégat monétaire est une mesure comptable de la monnaie en circulation mise à la


disposition des agents pour assurer l’ensemble de leurs transactions, en d’autres termes
l’agrégat monétaire est un ensemble d’éléments constitutifs de la masse monétaire, c'est-à-dire
un ensemble d’actifs choisi pour recevoir le statut de la monnaie.
Ces actifs sont émis par les banques et mis à la disposition des agents non financiers, ils sont
classés à l’actif de leurs bilans. Cependant, ils sont classés au passif du bilan des agents
financiers qui les émettent.
La masse monétaire peut être mesurée à la base de deux manières :
- Soit par le montant cumulé des actifs monétaires détenus par les entreprises et les
particuliers figurant à l’actif de leurs bilans.
- Soit par l’ensemble des actifs monétaires créés par les agents financiers enregistrés au
passif de leurs bilans.

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 47


Il convient de noter qu’il est plus simple de recenser les postes du bilan des institutions
financières plutôt que de récapituler les encaisses de tous les agents économiques.

Les agrégats de monnaie recensent donc les moyens de paiement et les actifs financiers qui
peuvent être rapidement et facilement transformés en moyens de paiement sans risque
important de perte en capital. Ils sont présentés sous forme d’agrégats désignés par le
caractère M et assortis de chiffres allant de 1 à 3 en fonction du degré de liquidité décroissant
des actifs financiers le constituant

5.2. Classification des agrégats monétaires

Chaque agrégat correspond à un ensemble homogène d’actifs classé selon un ordre logique.
La base monétaire (M0) : la base monétaire est la monnaie émise par la banque centrale. Elle
constitue un pur moyen de paiement. Elle comporte les éléments suivants :
B0 composé de :
- L’ensemble des billets de banque

- La base monétaire divisionnaire (pièces de monnaie)

- Les réserves de banques ordinaires auprès de la banque centrale R.


Donc : M0 = B0 + R

L’Agrégat Monétaire M1: Les disponibilités monétaires sont composés de moyens de


paiement, immédiat utilisables sans préavis ni échange, par simple transaction manuelle
(billets de banque et monnaie divisionnaires) ou par le règlement d’écritures (dépôts à vue
mobilisable grâce aux supports de paiement). Il représente la masse monétaire au sens étroit
qui recense les actifs liquides, divisibles, transférables, sans rendement et avec un coût de
transaction nul.

Il comprend les billets et pièces de monnaie en circulation nets des encaisses des banques,
ainsi que les dépôts transférables à vue, en monnaie nationale, constitués auprès de la banque
centrale, des banques, du trésor et du CCP.

M1= Monnaie Fiduciaire (Pièces divisionnaires + Billets)

+Monnaie Scripturale (Compte à vue Créditeurs)

Donc : M1 = B0 + D

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 48


L’Agrégat Monétaire M2 est composé de l’agrégat M1 auquel s’ajoute l’ensemble des
actifs liquides, non transférables et rapportant un rendement, à savoir les disponibilités en
comptes d’épargne auprès des banques et en comptes sur livrets de la caisse d’épargne
nationale (CEN).

M2= M1 + Placements à vue (Compte sur carnet chez les Banques13 et Comptes sur Livret à
la CEN14)

L’Agrégat Monétaire M3: Il correspond à la masse monétaire au sens large. Il regroupe, en


plus M2, les autres actifs monétaires moins liquides, avec de coût de transaction significatifs,
non transférables et/ou non divisibles et rapportant un rendement.

M3 = M2 + Placements à Terme15 + Autres Actifs Monétaires 16

13
Le compte sur carnet est un compte à vue rémunéré, sans obligation de durée, permettant la constitution
d’une épargne combinant rémunération et liquidité à hauteur de 300.000Dh.
14
Le compte sur livret est un compte d'épargne comportant une rémunération tout en maintenant les fonds à la
disponibilité du client. Contrairement à des formules de dépôt type PEL, les comptes sur livret n'exposent pas le
client à des pénalités lors du retrait ou de la clôture anticipée. Cependant, à la différence d'un compte courant, le
titulaire n'a pas en sa possession de moyens de paiements directs comme une carte bancaire ou un carnet de
chèques. On distingue plusieurs types de comptes sur livret. D'une part, les livrets réglementés, dont les
conditions et le taux sont fixés par l'État. D'autre part, les livrets bancaires, qui sont des formules créées par les
banques.
15
Le Compte A Terme est un compte bloqué rémunéré permettant de bloquer une somme pendant une durée de
placement convenue à l’avance, en contre partie du versement d’intérêts.
16
Les autres actifs monétaires comprennent :
Certificats de dépôts : titres de créance négociables émis par les établissements de crédit, ils constituent les
emprunts de ces derniers auprès des personnes morales ou auprès des personnes physiques ;
OPCVM : les Organismes de Placements Collectifs en Valeurs Mobilières sont des instruments financiers qui
ont pour vocation de collecter de l’épargne et d’investir les sommes recueillies dans des valeurs mobilières selon
des critères bien définis. Ils offrent ainsi la possibilité à tout investisseur d’accéder à un portefeuille de titres
diversifié géré par des professionnels du marché. Les grandes familles d’OPCVM se différencient par la nature
des valeurs mobilières qui les constituent : Les OPCVM actions sont constitués majoritairement d’actions et de
valeurs assimilées. Ils sont investis au minimum à hauteur de 60 % en actions de sociétés cotées à la Bourse de
Casablanca. Les OPCVM obligataires sont investis au minimum à hauteur de 90 % en obligations. Les
OPCVM diversifiés sont investis en actions et en obligations. Les OPCVM monétaires sont investis en
obligations et titres de créances négociables à court terme. Au niveau juridique, on peut distinguer deux grands
types d’OPCVM : les SICAV et les FCP ;
Dépôts à terme ouverts auprès de la TGR : placement sûr, sans frais et à un taux d’intérêt calculé en référence
aux taux des bons de trésor à 52 semaines ;
Valeurs données en Pension : Les valeurs, titres ou effets pouvant être pris ou mis en pension sont les suivants :
les valeurs mobilières inscrites à la cote de la Bourse des valeurs ; les titres de créances négociables définis par
la loi n°35-94 relative à certains titres de créances négociables ; les valeurs émises par le Trésor, les effets
privés. Toutefois, seuls les établissements de crédits peuvent prendre ou mettre en pension les effets privés ;
Devises

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 49


5.3. L’évolution de la Masse Monétaire (M1 ; M2 ; M3) au Maroc entre 2001 et 2017

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 50


Tableau 1 : La Masse Monétaire M1 en somme

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

Circulation Fiduciaire 822854 883195 947193 1019843 1170876 1336100 1461399 1581939 1677757 1825703 1925747 2015460 2108184 2233350 2372924
Billets et monnaie mis en
854896 917607 982614 1060164 1221465 1395812 1531154 1653826 1754442 1916454 2026570 2126943 2234421 2371517 2517644
circulation
Encaisses des Banques à déduire 32042 34414 35420 40320 50950 59531 69755 71885 76684 90753 100824 110763 126236 138276 144720

Monnaie Scripturale 1858835 2140990 2399424 2668471 3051261 3686774 4139985 4305719 4659500 4875593 5127299 5317007 5539340 5806286 6238260

Dépôts à vue auprès de BAM 21676 16842 7037 13165 19961 22680 23282 26313 31977 38549 37991 38730 49518 45947 44172
Dépôts à vue auprès des banques 1569236 1772968 1994438 2292238 2650141 3251294 3625053 3735307 4026927 4333244 4596694 4793310 4970891 5224128 5599202
Dépôts à vue auprès du Trésor 236371 317515 363366 322982 336187 366020 434845 474706 567774 503800 492614 484966 518931 536211 594887

M1 2681689 3024184 3346618 3688715 4222136 5023055 5601384 5887660 6337259 6701294 7053045 7333188 7647526 8039527 8611184

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 51


Tableau 2 : La Masse Monétaire M2 en somme

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

M1 2681689 3024184 3346618 3688315 4222136 5023055 5601384 5887660 6337259 6701294 7053045 7333188 7647526 8039527 8611184

Placements à vue 501111 546271 614408 676783 753207 832775 920254 1007996 1089034 1183250 1288741 1399327 1509696 1616136 1712953

Comptes d'épargne auprès des banques 418458 453140 507673 556135 618114 681887 755262 831964 1012312 1183250 1288741 1399327 1509696 1616136 1712953

M2 3182799 3570456 3961026 4365098 4975343 5855830 6521638 6895656 7426293 7884543 8341786 8732515 9157222 9655663 10324137

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 52


Tableau 3: La Masse Monétaire M3 en somme

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

M2 3182799 3570456 3961026 4365098 4975343 5855830 6521638 6895656 7426293 7884543 8341786 8732515 9157222 9655663 10324137

Autres actifs Monétaires 1101480 1135084 1194073 1395040 1584936 1960174 2466505 2950230 2995734 3020975 3072275 3184291 3275290 3549049 3575606
Comptes à terme et bons de caisse auprés des banques 971169 978632 1000576 1076211 1203747 1420911 1613531 1792421 1724828 1777638 1714536 1773712 1793004 1964158 2005916
Titres OPCVM monétaires 0 0 0 207147 235332 292086 430631 607779 684821 606059 707240 678605 703486 719207 698490
Dépôts en devises (1) 33513 45169 55952 53056 74282 91431 117805 141904 211324 233833 266625 284118 331068 440781 479771
Valeurs données en pension 61578 79323 102325 42921 50371 107515 161417 204951 147801 78011 27270 28884 54206 37789 53992
Certificats de dépôts à durée résiduelle inférieure
24698 22215 6638 4885 14666 41841 68826 108601 137779 257467 309648 359695 311647 255665 212809
ou égale à 2 ans
Dépôts à terme auprés du Trésor ND ND ND ND ND ND ND ND 24684 41746 39463 36116 50271 63953 90374
Autres dépôts (2) 10522 9745 28582 10818 6537 6391 74295 94574 64498 26220 7492 23161 31608 67497 34254

M3 4284280 4705539 5155099 5760138 6560279 7816004 8988143 9845886 10422026 10905518 11414061 11916806 12432512 13204712 13899742

(1) Dépôts à vue et à termes en devises auprès des banques


(2) emprunts contractés par les banques auprès des sociétés financières
ND : non disponible

16000000
14000000
12000000
10000000
8000000
6000000
4000000
2000000
0
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

M2 Autres actifs Monétaires

Comptes à terme et bons de caisse auprés des banques Titres OPCVM monétaires

Dépôts en devises (1) Valeurs données en pension

Certificats de dépôts à durée résiduelle inférieure Dépôts à terme auprés du Trésor


ou égale à 2 ans
Autres dépôts (2) M3

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 53


Tableau 4 : Variation en % de l’agrégat monétaire M1 de 2002 à 2016 en %

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

Circulation Fiduciaire _ 7,33% 7,24% 7,67% 14,80% 14,11% 9,37% 8,24% 6,05% 8,81% 5,47% 4,65% 4,60% 5,93% 6,24%

Billets et monnaie mis en circulation _ 7,33% 7,08% 7,89% 15,21% 14,27% 9,69% 8,01% 6,08% 9,23% 5,74% 4,95% 5,05% 6,13% 6,16%

Encaisses des Banques à déduire _ 7,40% 2,92% 13,83% 26,36% 16,84% 17,17% 3,05% 6,67% 18,34% 11,09% 9,85% 13,96% 9,53% 4,66%

Monnaie Scripturale _ 15,17% 12,07% 11,21% 14,34% 20,82% 12,29% 4,00% 8,21% 4,63% 5,16% 3,69% 4,18% 4,81% 7,43%

Dépôts à vue auprès de BAM _ -22,30% -58,21% 87,08% 51,62% 13,62% 2,65% 13,01% 21,52% 20,55% -1,44% 1,94 27,85% -7,21% -3,86%
Dépôts à vue auprès des banques _ 12,98% 12,49% 14,93% 15,61% 22,68% 11,49% 3,04% 7,80% 7,60% 6,07% 4,27% 3,70% 5,09% 7,17%
Dépôts à vue auprès du Trésor _ 34,32% 14,44% -11,11% 4,08% 8,87% 18,80% 9,16% 19,60% -11,26% -2,22% -1,55% 7% 3,32% 10,94%

M1 _ 12,78% 10,66% 10,22% 14,46% 18,96% 11,51% 5,11% 7,63% 5,74% 5,24% 3,97% 4,28% 5,12% 7,11%

Variation en % de M1 de 2002 à 2016


250,00%

200,00%

150,00%

100,00%

50,00%

0,00%
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

-50,00%

-100,00%

Circulation Fiduciaire Billets et monnaie mis en circulation Encaisses des Banques à déduire Monnaie Scripturale
Dépôts à vue auprès de BAM Dépôts à vue auprès des banques Dépôts à vue auprès du Trésor M1

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 54


Tableau 5 : Variation en % de l’agrégat monétaire M2 de 2002 à 2016 en %

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

M1 _ 12,78% 10,66% 10,22% 14,46% 18,96% 11,51% 5,11% 7,63% 5,74% 5,24% 3,97% 4,28% 5,12% 7,11%

Placements à vue _ 9,01% 12,47% 10,15% 11,29% 10,56% 10,50% 9,53% 8,03% 8,65% 8,91% 8,58% 7,88% 7,05% 5,99%

Comptes d'épargne auprès des banques _ 8,28% 11,96% 9,54% 11,14% 10,31% 10,76% 10,15% 21,67% 16,88% 8,91% 8,58% 7,88% 7,05% 5,99%

M2 _ 12,17% 10,93% 10,20% 13,98% 17,69% 11,37% 5,73% 7,69% 6,17% 5,79% 4,68% 4,86% 5,44% 6,92%

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 55


Tableau 6 : Variation en % de l’agrégat monétaire M3 de 2002 à 2016 en %

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

M2 _ 12,17% 10,93% 10,20% 13,98% 17,69% 11,37% 5,73% 7,69% 6,17% 5,79% 4,68% 4,86% 5,44% 6,92%

Autres actifs Monétaires _ 3,05% 5,19% 16,83% 13,61% 23,67% 25,83% 1,96% 1,54% 0,84% 1,69% 3,64% 2,85% 8,35% 0,74%
Comptes à terme et bons de caisse auprés des banques _ 0,76% 2,24% 7,55% 11,85% 18,04% 13,55% 11,08% -3,77% 3,06% -3,54% 3,45% 1,08% 9,54% 2,12%
Titres OPCVM monétaires _ 0 0 _ 13,60% 24,11% 47,43% 41,13% 12,67% -11,50% 16,69% -4,04% 3,66% 2,23% -2,88%
Dépôts en devises (1) _ 34,78% 23,87% -5,17% 40% 23,08% 28,84% 20,45% 48,92% 10,65% 14,02% 6,56% 16,52% 33,13% 8,84%
-
Valeurs données en pension __ 28,73% 28,99% -58,05% 17,35% 113,44% 50,13% 26,96% -47,21% -65,04% 5,91% 87,66% -30,28% 42,87%
27,88%
Certificats de dépôts à durée résiduelle inférieure -
_ -70,11% -26,40% 200,22% 185,29% 64,49% 57,81% 26,86% 86,86% 20,26% 16,16% -13,35% -17,96% -16,76%
ou égale à 2 ans 10,05%
Dépôts à terme auprés du Trésor ND ND ND ND ND ND ND ND _ 69,12% -5,46% -8,48% 39,13% 27,21% 41,31%
-
Autres dépôts (2) _ -7,38% 193,29% -62,15% -39,57% -2,23% 1062,49% 27,29% -59,34% -71,42% 209,14% 36,47% 111,53% -49,25%
31,80%

M3 _ 9,83% 9,55% 11,73% 13,89% 19,14% 14,99% 9,54% 58,51% 4,63% 4,66% 4,40% 4,32% 6,21% 5,26%

(1) Dépôts à vue et à termes en devises auprès des banques


(2) emprunts contractés par les banques auprès des sociétés financières
ND : non disponible

1200,00%
1000,00%
800,00%
600,00%
400,00%
200,00%
0,00%
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
-200,00%

M2 Autres actifs Monétaires

Comptes à terme et bons de caisse auprés des banques Titres OPCVM monétaires

Dépôts en devises (1) Valeurs données en pension

Certificats de dépôts à durée résiduelle inférieure Dépôts à terme auprés du Trésor


ou égale à 2 ans
Autres dépôts (2) M3

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 56


Tableau 7 : Les Masses Monétaires (M1 ; M2 ; M3) en somme

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

M1 2681689 3024184 3346618 3688715 4222136 5023055 5601384 5887660 6337259 6701294 7053045 7333188 7647526 8039527 8611184

M2 3182799 3570456 3961026 4365098 4975343 5855830 6521638 6895656 7426293 7884543 8341786 8732515 9157222 9655663 10324137

M3 4284280 4705539 5155099 5760138 6560279 7816004 8988143 9845886 10422026 10905518 11414061 11916806 12432512 13204712 13899742

L'Evolution des Masses Monétaires ( M1;M2;M3) de 2002 à 2016


16000000

14000000

12000000

10000000

8000000

6000000

4000000

2000000

0
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

M1 M2 M3

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 57


Tableau 8 : Variation en % des Masses Monétaires (M1 ; M2 ; M3) de 2002 à 2016 en %

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

M1 _ 12,78% 10,66% 10,22% 14,46% 18,96% 11,51% 5,11% 7,63% 5,74% 5,24% 3,97% 4,28% 5,12% 7,11%

M2 _ 12,17% 10,93% 10,20% 13,98% 17,69% 11,37% 5,73% 7,69% 6,17% 5,79% 4,68% 4,86% 5,44% 6,92%

M3 _ 9,83% 9,55% 11,73% 13,89% 19,14% 14,99% 9,54% 58,51% 4,63% 4,66% 4,40% 4,32% 6,21% 5,26%

70,00%

60,00%

50,00%

40,00%

30,00%

20,00%

10,00%

0,00%
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

M1 M2 M3

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 58


Tableau 9 : Variation en % des Masses Monétaires (M1 ; M2 ; M3) par rapport au PIB de 2002 à 2016 en %

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

M1 _ 12,78% 10,66% 10,22% 14,46% 18,96% 11,51% 5,11% 7,63% 5,74% 5,24% 3,97% 4,28% 5,12% 7,11%

M2 _ 12,17% 10,93% 10,20% 13,98% 17,69% 11,37% 5,73% 7,69% 6,17% 5,79% 4,68% 4,86% 5,44% 6,92%

M3 _ 9,83% 9,55% 11,73% 13,89% 19,14% 14,99% 9,54% 58,51% 4,63% 4,66% 4,40% 4,32% 6,21% 5,26%

PIB _ 5,96% 4,80% 3,29% 7,57% 3,53% 5,92% 4,24% 3,82% 5,25% 3,01% 4,73% 2,42% 4,40% 1,60%

70,00%

60,00%

50,00%

40,00%

30,00%

20,00%

10,00%

0,00%
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

M1 M2 M3 PIB

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 59


Tableau 10 : Variation en % des Masses Monétaires (M1 ; M2 ; M3) par rapport à l’IPC de 2002 à 2016 en %

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

M1 _ 12,78% 10,66% 10,22% 14,46% 18,96% 11,51% 5,11% 7,63% 5,74% 5,24% 3,97% 4,28% 5,12% 7,11%

M2 _ 12,17% 10,93% 10,20% 13,98% 17,69% 11,37% 5,73% 7,69% 6,17% 5,79% 4,68% 4,86% 5,44% 6,92%

M3 _ 9,83% 9,55% 11,73% 13,89% 19,14% 14,99% 9,54% 58,51% 4,63% 4,66% 4,40% 4,32% 6,21% 5,26%

IPC _ 1,17% 1,49% 0,98% 3,28% 2,04% 3,71% 0,99% 0,99% 0,92% 1,28% 1,89% 0,44% 1,56% 0,10%

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 60


Tableau 11 : Variation en % des Masses Monétaires (M1 ;M2 ;M3) par rapport au chômage de 2002 à 2016 en %

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

M1 _ 12,78% 10,66% 10,22% 14,46% 18,96% 11,51% 5,11% 7,63% 5,74% 5,24% 3,97% 4,28% 5,12% 7,11%

M2 _ 12,17% 10,93% 10,20% 13,98% 17,69% 11,37% 5,73% 7,69% 6,17% 5,79% 4,68% 4,86% 5,44% 6,92%

M3 _ 9,83% 9,55% 11,73% 13,89% 19,14% 14,99% 9,54% 58,51% 4,63% 4,66% 4,40% 4,32% 6,21% 5,26%

Taux de chômage _ 11,40% 10,80% 11,10% 9,70% 9,80% 9,60% 9,10% 9,10% 8,90% 9,10% 9,00% 9,20% 9,70% 10,00%

Variation en % des Masses Monétaires/Taux de chômage


70,00%

60,00%

50,00%

40,00%

30,00%

20,00%

10,00%

0,00%
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

M1 M2 M3 Taux de chômage

Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 61


Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 62

Vous aimerez peut-être aussi