Histoire et Fonctionnement de la Monnaie
Histoire et Fonctionnement de la Monnaie
Pr Hicham SADOK
- Nous nous situons dans une économie monétaire, c’est-à-dire dans une économie où il y a
circulation de la monnaie. La monnaie a ce que l’on appelle un pouvoir libératoire immédiat
et général. La monnaie n’a pas d’utilité privée, mais une utilité sociale. Son utilisation est en
effet uniquement collective.
- Le marché de la monnaie doit coexister avec d’autres marchés (marché des biens et services,
marché financier et marché du travail). Ces 4 marchés sont interdépendants, ainsi le
déséquilibre d’un marché entraîne souvent un déséquilibre sur les autres marchés. Le marché
de la monnaie et le marché financier sont des marchés très volatiles, les ajustements en termes
de prix sont très rapides. Le marché du travail et le marchés des biens et services sont plus
rigides (les ajustements sont plus longs).
La Monnaie qui, pour les économistes, s’identifie souvent à l’offre de monnaie, est
généralement définie comme l’ensemble des moyens acceptés pour le paiement des
- L’inflation qui est liée aux hausses continues de la quantité de monnaie, est
généralement considérée comme un problème sérieux, spécialement lorsqu’elle
devient importante ;
Dans cette première partie, nous allons nous consacrer, dans un premier temps, à la
présentation de la monnaie et la définition du fonctionnement de la banque centrale, et dans
un deuxième temps, à analyser l’évolution des masses monétaires par rapport aux indicateurs
macro-économiques.
Bien que l’on ne connaisse pas précisément l’époque où la monnaie est apparue, la preuve
formelle de son existence est apportée par les écritures du continent asiatique qui mentionnent
il y a déjà 4500 ans l’existence des paiements exprimés en poids d’argent métallique. D’autres
formes de monnaie sont apparues entre 3000 et 1000 ans avant J.-C et qui étaient tourtes
rattachées à une quantité d’un étalon qui est un bien matériel et une marchandise ayant un
coût de production et une valeur. L’instrument de paiement était ainsi un objet tangible. Ces
objets ont été divers selon les sociétés (bétail, sel, coquillages, morue....) mais la monnaie
marchandise la plus connue est la monnaie métallique. Si les métaux tels que le cuivre, le fer,
le bronze ont constituées les premières monnaies, ce sont les métaux précieux (or et argent),
en raison de leurs qualités particulières, qui se sont progressivement imposés comme
instruments monétaires.
- leur divisibilité (il est possible d’obtenir des éléments de dimension voulue, la valeur de
ceux-ci étant proportionnelle à leur poids).
- leur malléabilité (les métaux précieux peuvent recevoir l’empreinte d’un symbole monétaire)
Vers 800 A.V J.C, les lingots prennent un poids et une forme déterminés donnant naissance
aux pièces métalliques. On parle de monnaie comptée.
Durant l’Antiquité, les pièces sont frappées par les autorités religieuses qui garantissent ainsi
la valeur des pièces, c’est à dire le titre et le poids du métal qu’elles contiennent. On parle de
monnaie frappée.
Au moyen âge, les souverains tentent à leur tour de prendre le monopole de la frappe de la
monnaie. Le métal est transformé en instruments monétaires, des pièces frappées dans des
organismes spécialisés (Hôtels des Monnaies comme la banque centrale), représentant un
pouvoir politique (le Prince), qui achètent le métal à prix fixe et arbitrairement déterminé, dit
prix légal. A cette occasion, la quantité de métal contenue dans la pièce est pesée et certifiée
par l’apposition d’une marque officielle.
Ce phénomène est plus connu sous le nom de Loi de Gresham : «Lorsque deux monnaies
circulent dans un pays, la mauvaise a tendance à chasser la bonne ». Comment expliquer ce
phénomène ? Considérons un agent qui reçoit deux pièces d’or sensées avoir la même valeur
monétaire. La première est composée d’or pur alors que la seconde est composée de 50% d’or
pur et de 50% d’argent. Chaque pièce possède officiellement le même pouvoir d’achat.
Cependant, la seconde a moins de valeur que la première et cela est parfaitement connu. Si
ces deux monnaies circulent en même temps, les agents économiques vont garder la monnaie
composée entièrement d’or pur et utiliser l’autre pour le règlement de leurs transactions.
Malgré quelques expériences, la première guerre mondiale est marquée par l’abandon des
mécanismes de l’étalon-or. Cette suspension s’explique principalement par le développement
d’autres formes de monnaie et de crédit lié aux nécessités des dépenses de guerre et de
l’impossibilité de satisfaire aux exigences de convertibilité en métal de ces instruments.
Certains pays comme la Grande-Bretagne (1925), la France, ont tenté de rétablir l’ancien
système. On instaure en France, dès 1928, l’étalon lingot d’or. Le franc est convertible à
nouveau en or, mais seulement en lingots d’un poids minimum de douze kilogrammes et non
plus en pièces, afin d’économiser l’or. La crise de 1929 et ses suites contraindront l’ensemble
des pays à abandonner toute convertibilité en or même en lingots. L’or ne jouera plus aucun
rôle dans les paiements et toute référence à lui aura définitivement disparu au niveau
international lorsque le dollar, seule monnaie encore définie en or, en sera détaché en 1971
avec la fin des Accords de Bretton Woods1.
1
Le système de Bretton Woods (1944-1971) : La conférence internationale réunie à Bretton Woods en 1944
rétablit le système de Gênes mais au bénéfice exclusif des USA devenus, à la faveur de la deuxième guerre
mondiale, la principale puissance économique.
Le système de Bretton Woods restera en vigueur jusqu'au 15 août 1971, il reposait sur trois principes :
- Toutes les monnaies sont librement convertibles en dollars américains eux même convertibles en or. La
conversion peut être demandée uniquement par les banques centrales ;
Le dirham est le nom d’une ancienne monnaie du Maghreb, dont le nom est dérivé de
la drachme grecque. L'histoire monétaire marocaine a commencé au 1er siècle avant J.C
quand JUBA II et son fils Ptolémée frappèrent monnaie : deniers et aurei. Au VIIIème siècle
sous le règne d’Idriss 1er, le Maroc créa sa frappe de monnaie, des dirhams d'argent
exclusivement. Sous les autres dynasties, d'autres symboles forts suivirent au fil des siècles,
Dinars d'or et Qirats d'argent.
En 1678, sous les Alaouites, le dinar s'imposa de nouveau et au XVIIIème siècle, apparaît
aussi le Mithqal, décuple de Dirham, dernier avatar de la frappe au marteau.
A la fin du 19ème siècle et jusqu'à 1920, des monnaies dénommées Mouzonas et Rial furent
frappées à différentes époques, à Paris, Berlin et Birmingham pour le compte du Maroc.
Depuis 1987, l'hôtel des Monnaies de BANK AL-MAGHRIB (DAR AS-SIKKAH) assure
intégralement, selon les procédés techniques de pointe, la fabrication des monnaies en cours
de circulation.
3. Définition de la monnaie
On ne peut jamais définir la monnaie d’une manière parfaite, il ya toujours des nuances au
niveau de sa signification. Donc, la définition de la monnaie n’est pas aisée quelque soit
l’approche adoptée, elle doit être accompagnée par la description de ses fonctions qui
découlent de ses propriétés.
- La conversion des différentes monnaies entre elles se réalisent sur la base de taux de change fixe. Si un pays
veut réviser en baisse le taux de change de sa monnaie par rapport aux autres monnaies étrangères (dévaluer), il
doit avoir l'accord préalable du FMI.
- Un fonds monétaire international FMI joue le rôle de « caisse mutuelle », chaque pays dépose des liquidités
(son «quota») destiné à venir en aide, le cas échéant, aux pays membres qui éprouveraient des difficultés à
équilibrer la balance des paiements.
En tant qu'un pays puissant et non touché par les résultats des deux guerres mondiales, les USA réalisent des
investissements considérables en dollars dans les pays européens (euro-dollar), entre pays pétroliers (pétro-
dollars) ou entre pays asiatiques (asiadollars).
Ces dollars constituent les stocks monétaires qui avec les réserves des banques centrales (les balances dollar)
restent en principe gagés sur le stock d'or américain de Fort Knox.
Cependant, à partir de 1969, le montant total des dollars circulant dans le monde commencent à dépasser la
valeur du stock d'or américain. Certains pays comme la France (à l'époque de général DE GAULE) demandent la
conversion en or des dollars qu'ils détiennent. Il en résulte une crise du dollar. Le 15 août 1971, le président
américain R. NIXON, constatant que les USA sont incapables d'accomplir leur remboursement des dollars en or,
suspend alors la convertibilité du dollar en or.
La monnaie est une invention fantastique, comparable à celle de la roue. En son temps, la roue
facilite le transport des marchandises à un point que l’on n’eut jamais imaginé auparavant, et
la monnaie facilita l’échange à un point tout aussi inconcevable auparavant. Sans monnaie
n’était possible qu’un échange direct d’une prestation contre une autre. Un Maraicher qui
avait besoin d’une nouvelle paire de chaussures devait trouver un cordonnier qui avait besoin
d’un panier de légumes. Pour que l’échange ait lieu, la valeur de deux produits devait être,
bien sûr, à peu près équivalente, ce qui montre déjà que l’économie du troc avait des limites
et que la spécialisation et la division du travail n’avaient guère de chances de subsister.
Pour l’échange de prestations, la monnaie est donc un intermédiaire universel. Elle permet de
vendre des prestations à tout intéressé et, grâce au moyen d’échange ou d’échange
intermédiaire reçu, de demander n’importe quelle contrepartie à n’importe qui, à tout moment
et en tout lieu.
Le mot Monnaie a des usages variés mais il a un sens précis pour les économistes .ces
derniers définissent la monnaie, également appelée l’offre de monnaie, comme tout ce qui est
généralement accepté en paiement de biens et services ou pour le remboursement des dettes.
Pour les économistes, le numéraire ne représente qu’une petite partie de la monnaie. Comme
les chèques sont aussi en général acceptés en paiement, les dépôts en comptes courants
bancaires ou postaux sont également considérés comme de la monnaie. Une définition encore
plus large est aussi employée car les dépôts sur des comptes d’épargne peuvent aussi servir de
monnaie s’ils peuvent être transformés rapidement et facilement en numéraire ou virés sur des
comptes courants. La monnaie est donc plus large que le numéraire, mais plus restreint que la
fortune ou le patrimoine, et différente du revenu, alors même que les expressions courantes
les mélangent parfois. Ainsi, « il a beaucoup d’argent » vise le patrimoine et non la liquidité et
le seul compte en banque ; par contre le patrimoine comprend la monnaie possédée mais aussi
tous les autres actifs que sont les biens mobiliers « voitures, meubles, œuvres d’art, titres
comme les actions et obligations) et les biens immobiliers (c’est-à-dire maisons ou
Licence Economie gestion FSJES SOUISSI Pr Hicham SADOK Page 8
appartements). Quant au mot argent dans l’expression « elle gagne beaucoup d’argent » il vise
un revenu, soit un flux de gains monétaires qui n’a logiquement de valeur que par rapport à
l’unité de temps. Parler d’un revenu 10000 DHS n’a pas de sens lorsque l’on ne connaît pas
l’unité de temps (la journée, la semaine, le mois, l’année).
Partant de ces critères, les économistes considèrent la monnaie comme tous véhicules
auxquelles s’appliquent les éléments mentionnés ci dessus. De ce fait, la monnaie est non
seulement les billets de banque et les pièces de monnaie (le numéraire mis en circulation par
les états comme moyen de paiement), mais également les dépôts à vue, les chèques, les cartes
de crédit, etc… .
- Général, parce qu’il doit être admis en tout lieu à tout moment par tout le monde.
Il faut, toutefois, noter que cette définition économique de la monnaie trébuche devant celle
de la logique juridique et fonctionnelle : les caractéristiques citées par les économistes ne sont
remplies par certains types de moyens de paiement considérés comme monnaie comme les
chèques qu’après un laps de temps. La transaction demeure consignée et non libératoire tant
que les avoirs ne se transforment en équivalents numéraire. C’est pour faire face à cette
Ces actifs de mobilisation de l’épargne imposent une troisième contrainte : sont-ils des
moyens de paiement ayant le même degré de liquidité que la monnaie au sens strict? Peut-on
les considérer tous comme étant de la monnaie au sens large? Quelle est la frontière entre un
actif monétaire et un actif financier ?
La réponse à toutes ses interrogations amène à exclure de la monnaie au sens large tous les
placements dont la transformation en liquidité avant l’échéance ne peut se faire que par
négociation sur un marché, avec un risque de perte en capital. Ainsi un actif monétaire faisant
parti de ma monnaie est tout actif géré et émis par des institutions financières, facilement
transformable en liquidité et sans risque de perte en capital.
Sans monnaie, il ne serait pas possible d’acheter ou de vendre des biens ou des services, à
moins de fournir en échange un bien d’une valeur équivalente. La monnaie supprime donc la
nécessaire coïncidence des besoins d’une économie de troc (économie dans laquelle les biens
sont échangés contre d’autres biens). La monnaie constitue ainsi un bien, contrepartie de
l’échange.
La monnaie est par ailleurs un bien économique car elle est utile à la satisfaction des divers
besoins des agents économiques et est soumise au principe économique fondamentale de la
rareté, c'est-à-dire qu’elle existe qu’en quantité limitée et avoir une valeur reconnue
socialement. Cette confiance peut être renforcée par l’état à travers le cours légal : la monnaie
joue le rôle de moyen de règlement, d’équivalent général .Elle permet de vendre ses biens
sans acheter simultanément d’autres biens. Elle permet ainsi de résoudre le problème de la
nécessaire réciprocité des besoins qu’impose le troc : au lieu d’échanger un bien contre un
bien, on échange un bien contre la monnaie.
La monnaie est donc un bien échangeable contre tous les autres biens, un instrument de
paiement qui permet d’acquérir n’importe quel bien ou service, y compris le travail humain.
On dit qu’elle est un équivalent général. Mais elle ne peut l’être totalement que si elle est
assure le rôle de la convertibilité générale
Et par convertibilité d'une monnaie, on entend la possibilité d'une monnaie d'être librement
échangée. A ce niveau, on peut distinguer trois types de convertibilité au niveau mondial.
a- Convertibilité en or : C'est la possibilité pour tout porteur d'une monnaie de l'échanger
librement en or.
b- Convertibilité générale : C'est la possibilité pour tout porteur d'une monnaie de l'échanger
librement contre des devises étrangères.
c- Convertibilité limitée : C'est la possibilité d'échanger partiellement une monnaie contre
des devises étrangères. C’est le cas du Maroc, où la convertibilité du Dirham est limitée par
l’office des changes2.
2
l'Office des Changes est un établissement public doté de la personnalité civile et de l'autonomie financière. Il
est placé sous la tutelle du Ministère chargé des Finances et t chargé de deux missions essentielles :
1- Edicter les mesures relatives à la réglementation des changes. Dans le cadre des mesures de libéralisation
financière prises par le Maroc et suite à l'adhésion en 1993 aux dispositions de l'article VIII des statuts du Fonds
Monétaire International relatives à la convertibilité des opérations courantes, l'Office des Changes a délégué aux
banques le pouvoir d'effectuer librement la quasi-totalité des règlements financiers à destination de l'étranger
portant sur les opérations d'importation, d'exportation, de transport international, d'assurances et de réassurance,
La monnaie constitue une référence, un étalon de mesure qui permet d’exprimer la valeur des
biens et des services ; elle permet de compter, elle est le numéraire. Sans monnaie, il faudrait
déterminer le rapport entre la valeur de chaque bien ou chaque service et la valeur de tous les
autres biens, ou de tous les autres services contre lesquelles ils peuvent être échangés. Ainsi,
la monnaie permet ainsi aux agents économiques de prendre leurs décisions d’achat. Elle sert
donc à évaluer le prix de tous les biens, à mesurer la valeur de biens hétérogènes. Elle ramène
les multiples évaluations possibles d’un bien en termes D’autres biens (prix réels ou relatifs) à
une seule évaluation en monnaie (prix nominal ou absolu). L’utilisation de la monnaie permet
une économie d’information et de calcul, grâce à la simplification du système de prix.
Afin de définir l'unité monétaire, l'autorité publique doit choisir un étalon des valeurs.
Pendant très longtemps, les métaux précieux (or et argent) ont servi d'étalon. Par la suite,
l'étalon peut être constitué par une devise étrangère ou un ensemble de devises (un panier de
devise). Par exemple, La valeur du dirham contre les monnaies étrangères est déterminée sur
la base des cours des devises constituant le panier, pondérés de leurs poids respectifs (60%
EUR et 40% USD à partir d’avril 2015), en utilisant les cours de références historiques fixes
des dites monnaies contre dirham.
Donc, l'unité monétaire est une unité de compte, distincte des instruments de paiement et
définie par une loi monétaire.
A ce niveau, il convient de distinguer deux notions principales concernant l'unité monétaire.
• Dévaluation de la monnaie : La dévaluation est une modification de la loi monétaire
diminuant la valeur de l'unité monétaire exprimée dans l'étalon choisi. D'une autre façon, la
dévaluation est la décision législative ou réglementaire par laquelle un gouvernement abaisse
le taux de change de la monnaie nationale par rapport à l'or et aux devises étrangères.
d'assistance technique, de voyages, de scolarité... De par ce processus de libéralisation, l'Office des Changes
s'attache à assurer le contrôle a posteriori des opérations déléguées aux banques pour détecter et sanctionner tout
transfert irrégulier de fonds à l'étranger et de préserver, par-là, les équilibres extérieurs de l'économie marocaine.
L'Office des Changes veille également au suivi des rapatriements des recettes d'exportation de biens et services
et ce, en vue d'assurer la reconstitution des réserves en devises.
2- Etablir les statistiques des échanges extérieurs et de la balance des [Link] statistiques qui revêtent un
caractère capital permettent aux autorités monétaires et économiques nationales de disposer des informations
nécessaires en vue de piloter la conduite de la politique économique .
Pour être acceptée et gardée en tant que numéraire, la monnaie doit permettre de garder la
valeur ans le temps et dans l’espace .Cette fonction est liée à la précédente, elle suppose la
confiance sociale dans cet instrument.
Contrairement au troc, l’échange est déconnecté dans le temps ; la monnaie permet d’attendre,
de réserver la valeur. Ainsi, la monnaie est une des formes de la richesse ; un actif de
patrimoine qui présente la particularité de pouvoir à la fois être conservée et rester
parfaitement liquide, c’est-à-dire de garder sa valeur et d’être immédiatement utilisable pour
l’échange de biens et services.
On comprend mieux les différentes fonctions de la monnaie et les formes qu’elle a prises dans
l’histoire en examinant l’évolution du système de paiement, c’est-à-dire de l’ensemble des
moyens permettant de réaliser des transactions dans une économie. Le système de paiement a
évolué durant des siècles, et avec lui les formes de la monnaie. Longtemps, les métaux
précieux tels que l’or servirent de moyens de paiement principaux et constituèrent la forme
majeure de monnaie. Peu à peu, du papier-monnaie sous forme de lettre de change, de chèque,
de billets de banque fut utilisé pour les paiements er regardé comme de la monnaie.
L’évolution du système de paiement est un important indicateur de ce que devient la monnaie
de nos jours.
Pour qu’un objet serve de monnaie, il faut qu’il soit universellement acceptable, c’est-à-dire,
que tout le monde soit prêt à l’accepter en paiement de biens et services. Des biens qui ont
une valeur évidente pour tout un chacun, comme le blé, sont donc de bons candidats pour
servir de monnaie. C’est également le cas des métaux dont l’utilisation fréquente comme
monnaie tient spécialement à leur divisibilité, à leur bonne conservation et à leur facile
standardisation. Une monnaie constituée de marchandises désirables pour elles-mêmes est
appelée comme monnaie marchandise. De l’antiquité au début des temps modernes, des
monnaies marchandises ont servi d’intermédiaires des échanges dans toutes les sociétés, sauf
les plus primitives.
C’est une monnaie en métal précieux : les pièces de monnaie avaient donc une valeur
intrinsèque (en métal) et une valeur monétaire. Exemple : une pièce de 1 Dinar = 10 grammes
d’or.
Avantages Inconvénients
Divisible, homogène, non périssable, et Problème de fraude, le métal peut être
concentre une grande valeur dans un petit mélangé, rogné
volume Problèmes des achats de petites valeurs
Le bimétallisme va poser des problèmes du rapport entre 2 métaux : les gens retiennent les
pièces d’or et effectuent les paiements par les pièces d’argent. L’or devient rare, les gens
demandent plus d’argent pour la même quantité d’or, ce qui s’exprime à travers la loi de
Gresham précédemment citée : « La mauvaise monnaie chasse la bonne ». Cette loi de
Gresham sur le bimétallisme a été, historiquement, élaborée la première fois par le sociologue
Pour éviter ce problème de bimétallisme, les princes sont intervenus pour fixer un rapport
légal entre les deux métaux, ils frappèrent des pièces de même poids marquées de leur
poinçon (cachet), ce qui garantit le poids et la teneur en métal. C’est le privilège de la frappe
de la monnaie qui donne au prince le pouvoir de seigneuriage, soit la plus value réalisée lors
de la transformation d'une quantité de métal en pièces de monnaie, ou une qualité de papier
avec de l’encre en monnaie (le cas des banques centrales actuellement).
Cependant, avec le développement des besoins en moyens de paiement pour faire face aux
guerres par exemple, et face à la rareté des métaux précieux, les princes ont commencé à
frapper des pièces d’une valeur en métal plus faible : Au lieu de 1 dinar = 10grammes d’or on
va frapper un Dinars pour huit grammes d’or. Par conséquent, la valeur monétaire dépasse la
valeur en métal. Les gens refusaient les nouvelles pièces ce qui a engendré la réaction des
autorités en imposant ces pièces en leur conférant le cours légal ; ce qui signifie que les pièces
doivent être accepté obligatoirement. C’est ainsi que ce cours légal confère aux nouvelles
pièces un pouvoir libératoire obligatoire.
A- L'école de banque (banking school) : Thomas Tooke est le chef de file de la banking
school qui défendait le banking principle. Ce principe énonce que la quantité de monnaie en
circulation doit avant tout dépendre des besoins des agents économiques et défend donc un
certain laxisme monétaire ; la masse monétaire doit être adaptée aux besoins des affaires,
l'importance de l'or et de l'argent est donc ici minimisée.
B- L'école de circulation (la currency school), davantage libérale, et dont le chef de fil
n’est autre que David Ricardo, préconise que la banque ne doit pas abuser de son pouvoir
d'émission. Ainsi, l'émission de billets de banque doit être tout au plus équivalente à la
La monnaie scripturale est beaucoup plus récente que la monnaie fiduciaire. C’est au XIXe
qu’elle est apparue en Angleterre puis généralisée partout dans le monde. Elle tire son non de
la forme sous laquelle elle est matérialisée : Il s’agit d’une écriture dans les livres des banques
sous forme d’une ouverture de compte à un client donnant naissance à un dépôt qui est une
reconnaissance de dette de la banque en vers son titulaire. Cette monnaie sert à payer les
créanciers de la banque, le transfert d’un compte à un autre se fait par l’intermédiaire des
instruments appelés : Les supports de la monnaie.
Les moyens de paiement scripturaux peuvent donc être définis comme l’ensemble des
instruments permettant de faire circuler la monnaie scripturale (ensemble des dépôts à vue
auprès du système bancaire) et ne jouant qu’un rôle de support dans les règlements (chèque,
carte, virement, prélèvement, lettre de change…).
3
Etablit au début du 19ème siècle, il fait de l'or l'étalon monétaire universel. IL correspond à un poids fixe d'or.
Dans ce système, toute émission de monnaie se fait avec une contrepartie et une garantie d'échange en or. Les
parités de deux monnaies différentes sont donc fixées par rapport à l'or et les taux de change sont stables entre
pays participants. L'or constitue une monnaie internationale, qui sert au règlement des échanges et comme
instrument de réserve pour les banques centrales des pays qui l'ont adopté.
Cette transformation n’emporte pas création d’une nouvelle personnalité morale et implique la
transmission universelle du patrimoine de l’ASIMT au GSIMT, des droits et obligations des
membres ainsi que les engagements pris à l’égard des membres et des tiers.
Le GSIMT est chargé de la gestion des instruments de paiement, de l’échange des valeurs
jusqu’au règlement net en passant par la télé compensation multilatérale.
La monétique est une technique. Elle ne constitue pas une nouvelle forme de monnaie. Elle
est l’instrument automatisé de mobilisation des disponibilités monétaires au sens strict, billets
et dépôts à vue.
Selon La loi n° 103.12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés adoptée
en novembre 2014 dite « loi bancaire », la monnaie électronique est un moyen de paiement
qui s’ajoute aux autres moyens de paiement comme le chèque, la lettre de change, l’avis de
prélèvement etc. Elle est définit comme étant « toute valeur monétaire représentant une
créance sur l’émetteur étant stockée sur un support électronique, émise en contrepartie de la
remise de fonds d’un montant dont la valeur n’est pas inférieure à la valeur monétaire émise
et acceptée comme moyen de paiement par des tiers autres que l’émetteur de la monnaie
électronique».. C'est en quelque sorte un équivalent numérique de l'argent liquide. Elle peut
être stockée sur un support électronique (la puce d'un téléphone mobile) ou à distance sur un
serveur (un compte en ligne). Ce support électronique stocke directement la somme d'argent
et n'est pas lié à un compte bancaire. Il peut s'agir par exemple d'un porte-monnaie
électronique (e-wallet), d'une carte cadeau d'une enseigne commerciale, d'une carte bancaire
prépayée...
Ainsi la nouvelle loi bancaire donne naissance à une nouvelle catégorie d’organismes
assimilés aux établissements de crédit désignés « établissements de paiement » et définit
comme « ceux qui offrent un ou plusieurs services de paiement et peuvent également, dans le
respect des dispositions législatives et réglementaires en vigueur exercer les opérations
de change».
Le texte va jusqu’à définir ce que sont considérés comme services de paiement et
notamment « l’exécution de prélèvements permanents ou unitaires, d’opérations de paiement
par carte et l’exécution de virements, lorsque ceux-ci portent sur des fonds placés sur un
compte de paiement », ainsi et ce que l’on entend par compte de paiement lui-même, est « tout
Des nouveaux Etablissements de Monnaie Electronique (EME) peuvent ainsi voir le jour dans
et c'est l'Autorité monétaire compétente, en l’occurrence la Banque Centrale qui délivrera ce
statut d'EME.
On peut distinguer ainsi, parmi les prestataires de services de paiement (PSP) une sorte de
pyramide :
les établissements de crédit peuvent effectuer des opérations de banque + émettre et gérer
de la monnaie électronique + fournir des services de paiement,
les établissements de monnaie électronique peuvent émettre et gérer de la monnaie
électronique + fournir des services de paiement,
les établissements de paiement peuvent fournir des services de paiement.
2.6. La quasi-monnaie
La quasi-monnaie est une forme de monnaie qui n’est pas utilisée comme moyen de paiement
de manière immédiate mais qui nécessite une transformation préalable en billets ou en compte
à vue.
On distingue la quasi-monnaie auprès des institutions financières bancaires (I.F.B) et la quasi-
monnaie auprès des institutions financières non bancaires (I.F.N.B).
a) Comptes sur livret : Ce sont des avoirs remboursables à vue, mais qui ne peuvent être
utilisables par chèque. Les comptes sur livret son considérés comme compte d’épargne et sont
assorti d’un intérêt : Ils comportent les éléments suivants :
- Les comptes sur livret simple ;
b) Les dépôts à terme : Les dépôts à terme font l’objet d’un blocage de compte pour une
période déterminée d’avance : Trois mois, six mois, un an,….. Dans ce cas les déposants
reçoivent un intérêt en contrepartie.
c) Les certificats de dépôts : Les certificats de dépôts sont des titres émis par la banque et
souscrits par les déposants soit au porteur ou à ordre. Ils ont une échéance bien déterminée et
sont rémunérés.
En d’autres termes Le certificat de dépôts est un effet portant engagement par l’émetteur de
payer une certaine somme à échéance déterminée en remboursement d’un prêt à court terme
productif d’intérêt. Ils sont utilisés par les banques pour se procurer des fonds à court terme.
La quasi-monnaie auprès des institutions financières non bancaires (I.F.N.B) : Ce type
de quasi-monnaie est dit aussi placements liquides ou à court terme. Il s’agit des dépôts qui ne
sont pas susceptibles d’être transformés en monnaie. Ils comportent :
a) Les billets de trésorerie : Les billets de trésorerie sont des titres émis par les entreprises et
souscrits par les déposants soit au porteur ou à ordre. Ils ont une échéance bien déterminée et
sont rémunérés.
Lors de notre définition de la monnaie électronique dans le point 2.5 ci-dessus, nous avons
souligné que cette dernière, appelée également monétique, ne constitue pas une nouvelle
forme de monnaie. Elle est, pour le moment, uniquement, un instrument automatisé de
mobilisation des disponibilités monétaires, billets et dépôts à vue. Or la troisième
transformation du système monétaire qui est en cours risque de révolutionner cette perception
pour substituer dans le futur une monnaire virtuelle à toutes autres formes de monnaie,
fiduciaire et scripturales compris.
Crée par Satoshi Nakamoto, le bitcoin est à la fois un intermédiaire de paiement et une réserve
de valeur. La possession des bitcoins est matérialisée par une suite de chiffres et de lettres qui
constituent une clé virtuelle permettant la dépense des bitcoins qui lui sont associés sur le
registre. Une personne peut détenir plusieurs clés rassemblées dans un « Bitcoin Wallet » ,
un « porte-clés » web, logiciel ou matériel qui permet d’accéder au réseau afin d’effectuer des
transactions.
Pour avoir des bitcoins sur un compte, il faut soit qu’un détenteur de bitcoins vous en ait
donnés, par exemple en échange d’un bien, soit passer par une plateforme de change qui
convertit des devises classiques en bitcoins ( 1 Bitcoin = 3767 € ou 4431 $)4 soit les avoir
gagnés en participant aux opérations de contrôle collectif de la monnaie.
Signe des temps, Le Bitcoin annonce le recul, sinon la disparition, de l’argent liquide. Eu
égard à la commodité et à la rapidité sans cesse accrue d’une société de plus en plus pénétrée
par le numérique, l’adoption d’un système virtuelle, ou au moins la généralisation de sa
version monétique, peut paraitre compréhensible. Il l’est d’autant plus quand ce système
s’avérerait plus commode et économe pour les frais de la traque de la fausse monnaie ou de
l’installation des coûteux automates bancaires ; sans doute entraverait-il fortement les
opérations illicites comme la drogue, la prostitution, commerce informel et illicite, évasion
fiscale et travail dissimulé et au noir. Mais le fait de vouloir restreindre la place de l’argent
liquide ne s’explique pas seulement par cela.
4
Taux de change du 02/10/2017 (voir [Link]
La révolution virtuelle de la monnaie serait en fin de compte qu’un retour vers la référence
théorique majeure de l'économie moderne, à savoir l'équilibre général walrassien5. En effet,
l'équilibre général décrit une économie sans monnaie, une économie dans laquelle les
marchandises s'échangent directement contre d'autres marchandises. Pour une discipline qui
affiche volontiers sa dimension empirique, c'est là un fait qui a de quoi surprendre. Comment
doit-on l'interpréter ?
La plupart des théoriciens qui se réclament de l'approche walrassienne ne voient dans cette
absence que l'effet des tâtonnements par lesquels passe nécessairement toute jeune science en
voie de constitution, obligée de recourir, dans les premières phases de son développement, à
des simplifications qu'elle abandonnera ultérieurement. Le fait que cet espoir ait été jusqu'à
maintenant constamment déçu doit être pris au sérieux. Il faut en conclure que quelque chose
dans la monnaie résiste à l'approche théorique. La monnaie est un corps étranger à l’ordre
contractuel. Loin d'être un accident passager, la résistance de la monnaie à intégrer le
paradigme walrassien témoigne d'une réalité profonde : la monnaie excède la logique
concurrentielle, ce qui, avec la poussée du libéralisme et l’individualisme, facilitera davantage
l’émergence d’un système virtuelle, plus concurrentielle.
Il faut, toutefoisn rappeller que cette hypothèse trouve un appui de poids du côté des penseurs
libéraux. Comme le souligne Bruno Pays6 dans l'excellent livre qu'il a consacré à ce sujet, les
grands penseurs libéraux que sont Ludwig von Mises, Jacques Rueff ou Friedrich von Hayek
s'accordent tous pour penser que « la monnaie est irrémédiablement perturbatrice ». Sous leur
plume, la monnaie apparaît toujours en effet comme le lieu d'un possible dérapage, d'un
5
Rappelons que l'équilibre général se donne pour but de saisir l'économie marchande dans la totalité de ses
interdépendances, en tant qu'elle comprend un très grand nombre de consommateurs et de producteurs,
consommant, produisant et échangeant un très grand nombre de marchandises sur des marchés de concurrence
parfaite. Cet outil inégalé a permis d'analyser les propriétés d'une économie qui serait intégralement
concurrentielle.
6
Bruno Pays, Libérer la monnaie. Les contributions monétaires de Mises, Rueff et Hayek, Paris, PUF, 1991.
Ces fortes analyses libérales convergent pour voir dans la monnaie un obstacle au plein
épanouissement de l'ordre concurrentiel. Aussi, en réaction, les penseurs libéraux font-ils de
sa « neutralisation » leur objectif central en matière de politique monétaire. Il s'agit pour eux
d'immuniser l'économie réelle contre les perturbations gouvernementales, dont la monnaie est
un des vecteurs privilégiés. Pour Rueff, « rendre au monde le silence de la monnaie, c'est
essentiellement la débarrasser de ses influences politiques »7 . Par cet acte de neutralisation
monétaire, il s'agit de rétablir l’autorégulation concurrentielle dans son entière pureté. Cette
neutralisation peut prendre des formes diverses. Chez Jacques Rueff, il s'agit de revenir à
l'étalon-or ; Milton Friedman, quant à lui, propose de « faire voter un ensemble de règles
rigides, limitant par avance la marge d'initiatives dont peuvent disposer les autorités
monétaires»8 . Dans ces deux propositions, on reconnaît aisément une même inspiration :
supprimer la « main visible » des autorités gouvernementales pour lui substituer la « main
invisible » des règles automatiques. Autrement dit, dépolitiser la monnaie, la rendre
indépendante de l'arbitraire étatique, et, ce faisant, la transformer en un pur instrument au seul
service de la concurrence. Aujourd'hui, c'est essentiellement au travers de l'indépendance des
banques centrales que s'exprime ce même objectif de neutralisation monétaire pour se
7
Cité par Bruno Pays, Libérer la monnaie, op. cit., p. 264.
8
Inflation et Systèmes monétaires, Paris, Calmann-Lévy, coll. «Agora», n° 8, 1976, p. 167.
« Leur responsabilité démocratique est engagée et, qu'ils le veuillent ou non, ils se doivent de
prendre en compte l'arbitrage entre un peu plus d'inflation et un peu plus de chômage »9
« Je crois que, tant que les affaires monétaires restent du ressort du gouvernement, étalon-or
est le seul système tolérable ; mais on peut certainement faire mieux, et sans l'intervention des
gouvernements »10
9
Patrick Artus et Charles Wyplosz, La Banque centrale européenne, rapport du Conseil d'analyse économique,
n° 38, 2002, p. 46.
10
Ibid., p. 126 (Livre de Bruno Pays).
11
Masse monétaire : Quantité totale de monnaie circulant dans un pays à un moment donné. Elle comprend cinq
composantes qui sont : monnaie métallique + billets de banque + comptes à vue dans les banques (monnaie
bancaire) + comptes à vue dans les CCP (monnaies postales) + la quasi-monnaie.
Cependant, la création de la monnaie est assurée uniquement par trois catégories d’institutions
à savoir : la banque centrale, les banques ordinaires et le trésor public.
4.1.1. La banque centrale (ou l’institut d’émission) est chargé de l’émission de la monnaie
nationale et de la régulation de la liquidité dans un pays. Elle exerce une triple fonction :
- Banque de la nation : elle crée la monnaie fiduciaire en émettant les billets qui circulent
dans l’économie, elle surveille l’évolution de la masse monétaire, notamment au moyen de la
politique des réserves obligatoires.
- Banque de l’Etat : elle fait crédit à l’Etat sous forme de prêt et d’avance au trésor (qui
exécute le budget de l’Etat) et gère pour l’Etat certains instituts spéciaux comme le fond de
stabilisation des changes.
- Banque des banques : elle réescompte les effets de commerce que lui présentent les banques,
elle organise les règlements interbancaires par compensation entre les banques et sert de
correspondant aux banques centrales étrangères.
La banque centrale se charge essentiellement d’assurer la stabilité monétaire et de veiller à sa
comptabilité avec l’expansion économique. Elle est l’élément « central » du système bancaire,
elle en règle la liquidité, elle en organise les règlements par compensation entre les banques et
joue le rôle de correspondant avec les banques centrales étrangères.
Le rôle principal de la banque centrale est d’assurer deux types de missions :
Missions fondamentales
Définir et mettre en œuvre la politique monétaire avec pour objectif la stabilité des
prix
Autres missions
Depuis la fin du XIXe siècle, les banques centrales ont pris l'habitude de fournir, de façon
discrétionnaire, des services d'assistance de liquidités aux banques en détresse: c'est le rôle de
prêteur en dernier ressort. La doctrine, élaborée par Henry Thornton (1802) et Walter Bagehot
(1873), deux gouverneurs de la Banque d'Angleterre, consiste pour la banque centrale à
s'engager à prêter sans limite (mais parfois à un taux plus élevé que le taux du marché) aux
banques commerciales qui peuvent fournir des garanties suffisantes (typiquement sous forme
de titres financiers de bonne qualité). Cette possibilité s'adresse donc en théorie aux banques
illiquides (c'est-à-dire qui n'ont pas pu trouver de liquidités sur le marché interbancaire) mais
solvables. Ces interventions auprès de banques commerciales sont conceptuellement
distinctes des opérations de politique monétaire (open market, prises en pension ou appels
d'offre) visant à réguler la liquidité globale du marché interbancaire (masse monétaire, taux
d'intérêt à court terme). Cependant, ces opérations sont souvent utilisées de façon détournée
pour renflouer discrètement des banques qui auraient dû être fermées. Cela explique que la
doctrine du prêteur en dernier ressort ait été l'objet de critiques de la part de certains
économistes, surtout libéraux, qui considèrent qu'avec le développement des marchés
monétaires et interbancaires ces interventions sont désormais redondantes. D'après eux, il n'y
a pas de raison pour qu'une banque solvable ne trouve pas de contrepartie privée acceptant de
lui prêter les liquidités nécessaires. Pourtant, la très courte maturité des prêts interbancaires
(par rapport à celle des crédits aux ménages et aux entreprises) implique que les banques
restent à la merci d'une « panique silencieuse » sur le marché interbancaire : même si chaque
investisseur est convaincu de la solvabilité d'un établissement, toute diversité d'opinion entre
investisseurs, même ténue, suffit à créer le risque d'une situation de défaut de coordination
dans laquelle une banque solvable n'arrive pas à trouver de liquidité sur le marché. Le rôle du
prêteur en dernier ressort est alors d'endiguer ces situations de crise.
- Les banques privées à capital majoritairement Marocain ou Etranger et qui sont en nombre
de 14 : Arab Bank Maroc, Attijari wafaBank, Banque Marocaine du Commerce
Extérieur (BMCE), Banque Marocaine pour le Commence et l’Industrie (BMCI), Casablanca
Finance Markets (CFM),Citibank Maghreb (Citibank), Crédit du Maroc (CDM), Média
Finance (MDF), Société Générale Marocaine de banque (SGMB), Union Marocaine de
Banque (UMB).. ..etc
Le trésor est la personnification financière de l’Etat. Il perçoit les recettes publiques, exécute
les dépenses et emprunte pour couvrir ses besoins de financement, temporaires ou définitifs.
Dans ce sens, le trésor est un agent non financier comme les autres. En outre, le trésor est
aussi un intermédiaire financier exerçant une activité « bancaire ». Les ressources qu’il se
procure ainsi diminuent ses besoins d’emprunts proprement dits. En d’autres termes le trésor
public est à la fois le caissier et le banquier de l’Etat.
Le trésor est le caissier de l’Etat car sa mission principale est d’exécuter la loi des finances. Il
reçoit les recettes budgétaires et couvre les dépenses budgétaires de l’Etat. D’une manière
générale, les recettes sont inférieures aux dépenses, ce qui entraine un déficit qui sera financé
par les banques ordinaires et les particuliers.
Le système du trésor et le système bancaire sont disjoints. Dans le système du trésor, la
question fondamentale qui se pose est la suivante: peut-il y avoir, dans ce système, une
création de monnaie (la planche à billets) ? La réponse est généralement négative, du fait
qu’à la différence des banques, le Trésor n’accorde actuellement pas de crédits. Mais la
réponse demeure trop partielle du fait que le trésor contrôle une partie du circuit de la
monnaie scripturale, il peut dans son circuit, créditer des comptes (des fonctionnaires de l’Etat
par exemple) sans avoir les ressources correspondantes ; donc il peut bien y a voir une
création monétaire du moment qu’il a un droit de tirage automatique et illimité financé
directement par les banques lors des souscriptions aux bons du Trésor, titres, qui seront
réescomptés au niveau de la banque centrale si les banques commerciales cherchent un
refinancement.
Aujourd'hui, c'est essentiellement au travers de l'indépendance des banques centrales que
s'exprime l’objectif de neutralisation monétaire pour éradiquer la dimension politique. Mais
Deuxièmement, les banques créent elles-mêmes de l’argent également par voie électronique,
à savoir, sous forme de monnaie scripturale (ou monnaie de banque). Sur nos comptes de
virement, il n’y a pas de monnaie nationale mais de la monnaie créée par les banques
commerciales. Aujourd’hui, la monnaie scripturale des banques forme les 90 % de la masse
monétaire disponible et seul les 10 % restant sont de l’argent de la banque nationale, c’est-à-
dire des espèces. Et le public n’entre en possession d’espèces que lorsqu’il fait un retrait au
12
Patrick Artus et Charles Wyplosz, La Banque centrale européenne, rapport du Conseil d'analyse économique,
n° 38, 2002, p. 46
Le secret de la création monétaire est le secret bancaire le mieux gardé. En accordant des prêts
pour ainsi dire ex nihilo, c’est-à-dire sans existence préalable concrète de cet argent, les
banques créent elles-mêmes de la monnaie scripturale. Les banques prêtent de l’argent
qu’elles ne possèdent pas à priori à un demandeur qui s’engage pour ce faire à le leur procurer
ultérieurement et par-dessus de marché à payer des intérêts. Ainsi de dettes font-elles de
l’argent et de l’argent encore plus d’argent : C’est seulement à partir de dettes que se crée
l’argent: l’essentiel est que la totalité de la masse monétaire réelle (espèces et monnaie
scripturale), initialement créée par crédit bancaire, provienne de créances à porter au crédit de
comptes de virement
Comme une création monétaire ex nihilo ne connait pratiquement pas de limite, et que plus
d’argent confère non seulement plus de pouvoir d’achat, mais aussi plus d’influence et plus de
puissance, les banques ont tendance à gonfler toujours plus la masse monétaire. Elles
orientent systématiquement cet argent créé par elles-mêmes là où cela rapporte encore plus
d’argent et créent en même temps le plus d’argent nécessaire. Un contrôle de la masse
monétaire par la banque centrale est par conséquent très difficile à atteindre.
A ce titre, la monnaie de banque (monnaie scripturale) n’est qu’une promesse aux clients de
pouvoir disposer de leur dépôt. Mais comme la monnaie scripturale représente la part
prépondérante (90%) de la masse monétaire, personne n’est jamais sûr s’il pourra convertir
son avoir bancaire en argent liquide. Bien au contraire, il est évident que dans un tel système,
il est impossible que tout le monde puisse retirer simultanément son argent, puisqu’il n’était
jamais vraiment existant. Ceci explique l’impression d’insécurité permanente, de risque, de
méfiance et en partie la peur et la cupidité qui sont liés au système actuel. En permanence,
Les banques créent donc de la monnaie lorsqu’elles distribuent des crédits à l’État ou aux
agents non financiers non étatiques (ménages et entreprises principalement), souscrivent à des
émissions de titres par ces agents, monétisent des devises ou achètent des actifs réels. Pour le
montrer et en préciser les conditions et les conséquences, nous étudierons successivement le
cas d’une économie à une seule banque puis d’une économie à plusieurs banques.
Considérons une entreprise X qui doit régler un fournisseur Y et supposons qu’elle soit à court
de liquidités. Elle se tourne vers sa banque pour lui demander du crédit. Celle-ci lui en
accorde
La variation des bilans est la suivante en cas d’existence d’une seule banque.
crédits ∆CX = 100 ∆DX = 100 dépôts dépôts ∆DX = 100 ∆CX = 100 crédits dette (X,Y ) = 100
dette (X,Y ) = 100
∆CX = +100
crédits ∆CX = +100 ∆DX = +100dépôts crédits ∆DY = +100
∆DX = –100
∆DY = +100
A.2. De la monnaie peut être créée par les banques en contrepartie d’achats de titres ou
d’actifs matériels
Achats de titres
Dans l’exemple précédent, la banque émet un crédit. C’est en réalité un titre financier
particulier, un titre qui ne peut être cédé qu’à un autre intermédiaire financier (notamment, on
le verra, la Banque centrale) et qui, en général, est cédé à sa valeur faciale (il ne peut pas
donner lieu à des pertes ou des gains en capital).
On peut imaginer qu’en contrepartie du dépôt ouvert dans ses livres, la banque accepte un
titre de dette qu’elle pourra recéder si elle le désire (une obligation ou un billet de trésorerie)
ou même un titre de propriété (une action).
On peut également imaginer que la banque achète un actif réel, par exemple un immeuble.
Les écritures comptables seront alors les suivantes :
Ainsi, par simple jeu d’écritures, la banque dispose du pouvoir, du privilège conviendrait-il de
dire, de créer ex nihilo cette chose extraordinaire, totalement immatérielle, sans valeur, une
écriture dans un livre de comptes, qui lui permet de devenir propriétaire d’un objet matériel
possédant une valeur propre.
Cet exemple montre que si le crédit crée les dépôts, que si c’est la voie principale de création
de la monnaie pour des raisons qui seront exposées ci-après, la monnaie c’est le dépôt, et le
dépôt n’est monnaie que parce qu’il est émis par une banque, et que de ce fait, il sera accepté ,
en général, en paiement par une collectivité nombreuse.
Cette approche générale montre que la monnaie se définit autant par ses conditions que par
Banque Entreprise X
ses fonctions. Cet exemple suggère également la nécessité de limiter le pouvoir ainsi conféré
aux banques d’acquérir des biens ou des droits par un simple jeu d’écritures.
Pour cela, la législation bancaire limite en général le montant des actifs réels (immeubles,
actions…) qu’une banque peut acquérir comme contrepartie à la monnaie qu’elle émet. Ainsi,
en matière d’actions, le Comité de la réglementation bancaire dans un règlement précise que
les participations prises par des établissements de crédit ne doivent pas excéder :
A.3. De la monnaie peut être créée en contrepartie d’un crédit à l’État ou à l’extérieur
(non résidents) sous forme de devises
À l’évidence, le modèle précédent peut être généralisé aux ménages. Les banques peuvent
créer de la monnaie par distribution de crédit aux ménages. Il peut l’être également à l’État et
aux non résidents.
L’État peut naturellement s’endetter. Il le fait par l’intermédiaire du Trésor qui est alors son «
bras financier », son caissier et son représentant légal. Le schéma est alors le même que
précédemment à deux différences près :
La créance sur l’État peut être un crédit accordé par la banque à l’État (il s’appellera alors une
avance, un concours au Trésor), mais elle prend surtout la forme d’un titre public, soit un titre
« monétaire » : bon du Trésor négociable, soit une obligation d’État.
Ces titres sont plus facilement cessibles à d’autres intermédiaires bancaires ou à la Banque
centrale (contrairement au crédit à des particuliers). Ils constituent même des instruments
privilégiés d’opérations de trésorerie bancaire ;
L’État lui-même, parce que son crédit « personnel » est aussi sinon plus important que celui
d’une banque, peut recevoir des dépôts (émettre des titres sur lui-même servant de moyens de
circulation ou de réserves de valeur).
Lorsqu’un résident reçoit des devises (un exportateur par exemple), pourvu qu’elles soient
convertibles, il peut demander à la banque de les convertir en Dirhams. La banque est ainsi
amenée à créer de la monnaie contre des devises.
La quantité de monnaie s’est bien accrue à raison de l’accroissement du passif de la banque.
Elle détient à travers ces devises une créance sur l’extérieur dont elle peut à tout moment
demander la conversion en sa propre monnaie.
Mais il est important de ne pas confondre crédit à l’extérieur et entrée de devises. Avec la
globalisation financière, quoique encore réglementé par l’office des changes, des non
résidents peuvent contracter des prêts en Dirhams auprès d’une banque Marocaine (ou
conserver une partie du produit de leurs propres exportations la forme d’une devise).
Premier cas : l’entreprise X, avec ce qu’elle a acheté à l’entreprise Y, va produire puis vendre
sa production. Si la valeur de cette production est vendue avec profit, elle va pouvoir
rembourser le crédit ∆CX que la banque lui a consenti en débitant son compte d’un
montant ∆DX = ∆CX. La monnaie précédemment créée est détruite.
Deuxième cas : l’État s’est endetté pour payer ses fonctionnaires en janvier et février. En mars
il recouvre l’impôt. Il peut rembourser sa dette ou racheter les titres monétaires ou financiers
qu’il a antérieurement émis.
- Achat de devises
étrangères Si création > destruction - Vente de devises
étrangères
=
↑ de la masse monétaire
Le modèle du multiplicateur développé ici s’inscrit dans le cadre d’un système bancaire où les
banques détiennent des réserves auprès de la Banque centrale. Ce système est expliqué dans
On considère trois agents : une Banque centrale, une banque commerciale qui représente
l’ensemble des banques commerciales et les agents non financiers.
Supposons que les agents non financiers détiennent une partie p supposée stable de leurs
encaisses (M) sous forme de dépôts bancaires : p = D/M.
Supposons aussi que les banques soient contraintes de mettre en réserves, c’est-à-dire de
déposer dans leur compte à la Banque centrale, une proportion fixe r de leurs dépôts (les
réserves obligatoires) : r = R/D.
Dans ces conditions, la contrainte de liquidité qui s’impose aux banques implique qu’il existe
une relation stable entre la monnaie totale en circulation et la monnaie émise par la Banque
centrale.
Cette équation exprime l’équilibre entre la monnaie et ses contreparties et (parce qu’il n’y a
pas d’autre moyen d’épargne que la monnaie) l’équilibre entre les besoins de financement des
uns et les capacités de financement des autres.
(H),
Donc, comme une émission de monnaie par la Banque centrale consécutive à une
Elles sont également évaluées selon des variables spécifiques : situation géographique, type
de clientèle, mode de gestion des retraits de billets, …
Ces fuites dépendent aussi des parts de marché de chaque banque. Celle qui est la plus
implantée cours moins de risque de fuites car elle a plus de chance que ses concurrentes de
voir les transferts de compte à compte se réaliser au sein de son propre réseaux.
La banque centrale oblige les banques à déposer auprès d’elle une quantité déterminée de
monnaie centrale, calculée selon un certain pourcentage de leurs dépôts à vue. On parle des «
réserves obligatoires » : plus ces réserves obligatoires sont importantes, plus les banques sont
limitées dans leurs possibilités de créer de la monnaie puisqu’il leur faut détenir un montant
important de monnaie centrale pour chaque unité de dépôt à vue gérée.
Il convient de se poser la question comment une banque ordinaire peut-elle alimenter son
compte à la banque centrale ?
- Elle peut virer sur son compte auprès de la banque centrale une partie des dépôts
effectués par ses clients.
- Elle peut recevoir sur son compte des virements d’autres banques qui lui doivent de
l’argent en règlement de chèques au profit de ses clients.
- Enfin, elle peut emprunter de la monnaie centrale (billets) sur le marché monétaire.
Les avoirs en monnaie centrale constituent la base monétaire indispensable à toute création de
monnaie en circulation.
Quand une banque ordinaire ne dispose pas suffisamment de monnaie centrale dans son
compte courant auprès de la banque centrale, elle peut emprunter sur le marché monétaire
dans ce cas on dira qu’elle se refinance sur le marché monétaire.
La banque centrale contrôle donc indirectement la création monétaire des banques ordinaires.
En effet la banque centrale en tant que banque intervient sur le marché monétaire pour prêter
sa monnaie aux banques ordinaires, elle ne le fait pas gratuitement, elle le fait moyennant taux
d’intérêts et/ou en contre partie d’une créance détenue par la banque (traite, bon du trésor).
Les agrégats de monnaie, même s’ils n’ont pas une influence systématique et immédiate sur
les prix, peuvent fournir des informations utiles sur l’inflation future sur un horizon de long
terme. Les concepts de vitesse de circulation de la monnaie et de taux de liquidité
apparaissent essentiels pour déterminer la pertinence de l’analyse monétaire menée par les
autorités monétaire. Toute augmentation du volume de la monnaie sans contrepartie physique
entraine, selon la théorie quantitative de la monnaie, une hausse des prix et une inflation par la
suite.
Afin de juguler l’inflation, les autorités monétaires doivent agir sur les éléments constitutifs
de la masse monétaire. C’est ainsi que les banques centrales cherchent à mesurer au mieux la
quantité de monnaie en circulation. Pour cela, elles utilisent différents agrégats monétaires.
Leur définition est devenue plus difficile du fait des nombreuses innovations financières. A
partir des années 1980, la plupart des banques centrales ont modifié, parfois à plusieurs
reprises, leurs mesures de monnaie. Au Maroc, La banque centrale a la responsabilité du
contrôle de la masse monétaire en circulation dans l’Economie à travers les agrégats
monétaires.
Les agrégats de monnaie recensent donc les moyens de paiement et les actifs financiers qui
peuvent être rapidement et facilement transformés en moyens de paiement sans risque
important de perte en capital. Ils sont présentés sous forme d’agrégats désignés par le
caractère M et assortis de chiffres allant de 1 à 3 en fonction du degré de liquidité décroissant
des actifs financiers le constituant
Chaque agrégat correspond à un ensemble homogène d’actifs classé selon un ordre logique.
La base monétaire (M0) : la base monétaire est la monnaie émise par la banque centrale. Elle
constitue un pur moyen de paiement. Elle comporte les éléments suivants :
B0 composé de :
- L’ensemble des billets de banque
Il comprend les billets et pièces de monnaie en circulation nets des encaisses des banques,
ainsi que les dépôts transférables à vue, en monnaie nationale, constitués auprès de la banque
centrale, des banques, du trésor et du CCP.
Donc : M1 = B0 + D
M2= M1 + Placements à vue (Compte sur carnet chez les Banques13 et Comptes sur Livret à
la CEN14)
13
Le compte sur carnet est un compte à vue rémunéré, sans obligation de durée, permettant la constitution
d’une épargne combinant rémunération et liquidité à hauteur de 300.000Dh.
14
Le compte sur livret est un compte d'épargne comportant une rémunération tout en maintenant les fonds à la
disponibilité du client. Contrairement à des formules de dépôt type PEL, les comptes sur livret n'exposent pas le
client à des pénalités lors du retrait ou de la clôture anticipée. Cependant, à la différence d'un compte courant, le
titulaire n'a pas en sa possession de moyens de paiements directs comme une carte bancaire ou un carnet de
chèques. On distingue plusieurs types de comptes sur livret. D'une part, les livrets réglementés, dont les
conditions et le taux sont fixés par l'État. D'autre part, les livrets bancaires, qui sont des formules créées par les
banques.
15
Le Compte A Terme est un compte bloqué rémunéré permettant de bloquer une somme pendant une durée de
placement convenue à l’avance, en contre partie du versement d’intérêts.
16
Les autres actifs monétaires comprennent :
Certificats de dépôts : titres de créance négociables émis par les établissements de crédit, ils constituent les
emprunts de ces derniers auprès des personnes morales ou auprès des personnes physiques ;
OPCVM : les Organismes de Placements Collectifs en Valeurs Mobilières sont des instruments financiers qui
ont pour vocation de collecter de l’épargne et d’investir les sommes recueillies dans des valeurs mobilières selon
des critères bien définis. Ils offrent ainsi la possibilité à tout investisseur d’accéder à un portefeuille de titres
diversifié géré par des professionnels du marché. Les grandes familles d’OPCVM se différencient par la nature
des valeurs mobilières qui les constituent : Les OPCVM actions sont constitués majoritairement d’actions et de
valeurs assimilées. Ils sont investis au minimum à hauteur de 60 % en actions de sociétés cotées à la Bourse de
Casablanca. Les OPCVM obligataires sont investis au minimum à hauteur de 90 % en obligations. Les
OPCVM diversifiés sont investis en actions et en obligations. Les OPCVM monétaires sont investis en
obligations et titres de créances négociables à court terme. Au niveau juridique, on peut distinguer deux grands
types d’OPCVM : les SICAV et les FCP ;
Dépôts à terme ouverts auprès de la TGR : placement sûr, sans frais et à un taux d’intérêt calculé en référence
aux taux des bons de trésor à 52 semaines ;
Valeurs données en Pension : Les valeurs, titres ou effets pouvant être pris ou mis en pension sont les suivants :
les valeurs mobilières inscrites à la cote de la Bourse des valeurs ; les titres de créances négociables définis par
la loi n°35-94 relative à certains titres de créances négociables ; les valeurs émises par le Trésor, les effets
privés. Toutefois, seuls les établissements de crédits peuvent prendre ou mettre en pension les effets privés ;
Devises
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Circulation Fiduciaire 822854 883195 947193 1019843 1170876 1336100 1461399 1581939 1677757 1825703 1925747 2015460 2108184 2233350 2372924
Billets et monnaie mis en
854896 917607 982614 1060164 1221465 1395812 1531154 1653826 1754442 1916454 2026570 2126943 2234421 2371517 2517644
circulation
Encaisses des Banques à déduire 32042 34414 35420 40320 50950 59531 69755 71885 76684 90753 100824 110763 126236 138276 144720
Monnaie Scripturale 1858835 2140990 2399424 2668471 3051261 3686774 4139985 4305719 4659500 4875593 5127299 5317007 5539340 5806286 6238260
Dépôts à vue auprès de BAM 21676 16842 7037 13165 19961 22680 23282 26313 31977 38549 37991 38730 49518 45947 44172
Dépôts à vue auprès des banques 1569236 1772968 1994438 2292238 2650141 3251294 3625053 3735307 4026927 4333244 4596694 4793310 4970891 5224128 5599202
Dépôts à vue auprès du Trésor 236371 317515 363366 322982 336187 366020 434845 474706 567774 503800 492614 484966 518931 536211 594887
M1 2681689 3024184 3346618 3688715 4222136 5023055 5601384 5887660 6337259 6701294 7053045 7333188 7647526 8039527 8611184
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
M1 2681689 3024184 3346618 3688315 4222136 5023055 5601384 5887660 6337259 6701294 7053045 7333188 7647526 8039527 8611184
Placements à vue 501111 546271 614408 676783 753207 832775 920254 1007996 1089034 1183250 1288741 1399327 1509696 1616136 1712953
Comptes d'épargne auprès des banques 418458 453140 507673 556135 618114 681887 755262 831964 1012312 1183250 1288741 1399327 1509696 1616136 1712953
M2 3182799 3570456 3961026 4365098 4975343 5855830 6521638 6895656 7426293 7884543 8341786 8732515 9157222 9655663 10324137
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
M2 3182799 3570456 3961026 4365098 4975343 5855830 6521638 6895656 7426293 7884543 8341786 8732515 9157222 9655663 10324137
Autres actifs Monétaires 1101480 1135084 1194073 1395040 1584936 1960174 2466505 2950230 2995734 3020975 3072275 3184291 3275290 3549049 3575606
Comptes à terme et bons de caisse auprés des banques 971169 978632 1000576 1076211 1203747 1420911 1613531 1792421 1724828 1777638 1714536 1773712 1793004 1964158 2005916
Titres OPCVM monétaires 0 0 0 207147 235332 292086 430631 607779 684821 606059 707240 678605 703486 719207 698490
Dépôts en devises (1) 33513 45169 55952 53056 74282 91431 117805 141904 211324 233833 266625 284118 331068 440781 479771
Valeurs données en pension 61578 79323 102325 42921 50371 107515 161417 204951 147801 78011 27270 28884 54206 37789 53992
Certificats de dépôts à durée résiduelle inférieure
24698 22215 6638 4885 14666 41841 68826 108601 137779 257467 309648 359695 311647 255665 212809
ou égale à 2 ans
Dépôts à terme auprés du Trésor ND ND ND ND ND ND ND ND 24684 41746 39463 36116 50271 63953 90374
Autres dépôts (2) 10522 9745 28582 10818 6537 6391 74295 94574 64498 26220 7492 23161 31608 67497 34254
M3 4284280 4705539 5155099 5760138 6560279 7816004 8988143 9845886 10422026 10905518 11414061 11916806 12432512 13204712 13899742
16000000
14000000
12000000
10000000
8000000
6000000
4000000
2000000
0
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Comptes à terme et bons de caisse auprés des banques Titres OPCVM monétaires
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Circulation Fiduciaire _ 7,33% 7,24% 7,67% 14,80% 14,11% 9,37% 8,24% 6,05% 8,81% 5,47% 4,65% 4,60% 5,93% 6,24%
Billets et monnaie mis en circulation _ 7,33% 7,08% 7,89% 15,21% 14,27% 9,69% 8,01% 6,08% 9,23% 5,74% 4,95% 5,05% 6,13% 6,16%
Encaisses des Banques à déduire _ 7,40% 2,92% 13,83% 26,36% 16,84% 17,17% 3,05% 6,67% 18,34% 11,09% 9,85% 13,96% 9,53% 4,66%
Monnaie Scripturale _ 15,17% 12,07% 11,21% 14,34% 20,82% 12,29% 4,00% 8,21% 4,63% 5,16% 3,69% 4,18% 4,81% 7,43%
Dépôts à vue auprès de BAM _ -22,30% -58,21% 87,08% 51,62% 13,62% 2,65% 13,01% 21,52% 20,55% -1,44% 1,94 27,85% -7,21% -3,86%
Dépôts à vue auprès des banques _ 12,98% 12,49% 14,93% 15,61% 22,68% 11,49% 3,04% 7,80% 7,60% 6,07% 4,27% 3,70% 5,09% 7,17%
Dépôts à vue auprès du Trésor _ 34,32% 14,44% -11,11% 4,08% 8,87% 18,80% 9,16% 19,60% -11,26% -2,22% -1,55% 7% 3,32% 10,94%
M1 _ 12,78% 10,66% 10,22% 14,46% 18,96% 11,51% 5,11% 7,63% 5,74% 5,24% 3,97% 4,28% 5,12% 7,11%
200,00%
150,00%
100,00%
50,00%
0,00%
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
-50,00%
-100,00%
Circulation Fiduciaire Billets et monnaie mis en circulation Encaisses des Banques à déduire Monnaie Scripturale
Dépôts à vue auprès de BAM Dépôts à vue auprès des banques Dépôts à vue auprès du Trésor M1
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
M1 _ 12,78% 10,66% 10,22% 14,46% 18,96% 11,51% 5,11% 7,63% 5,74% 5,24% 3,97% 4,28% 5,12% 7,11%
Placements à vue _ 9,01% 12,47% 10,15% 11,29% 10,56% 10,50% 9,53% 8,03% 8,65% 8,91% 8,58% 7,88% 7,05% 5,99%
Comptes d'épargne auprès des banques _ 8,28% 11,96% 9,54% 11,14% 10,31% 10,76% 10,15% 21,67% 16,88% 8,91% 8,58% 7,88% 7,05% 5,99%
M2 _ 12,17% 10,93% 10,20% 13,98% 17,69% 11,37% 5,73% 7,69% 6,17% 5,79% 4,68% 4,86% 5,44% 6,92%
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
M2 _ 12,17% 10,93% 10,20% 13,98% 17,69% 11,37% 5,73% 7,69% 6,17% 5,79% 4,68% 4,86% 5,44% 6,92%
Autres actifs Monétaires _ 3,05% 5,19% 16,83% 13,61% 23,67% 25,83% 1,96% 1,54% 0,84% 1,69% 3,64% 2,85% 8,35% 0,74%
Comptes à terme et bons de caisse auprés des banques _ 0,76% 2,24% 7,55% 11,85% 18,04% 13,55% 11,08% -3,77% 3,06% -3,54% 3,45% 1,08% 9,54% 2,12%
Titres OPCVM monétaires _ 0 0 _ 13,60% 24,11% 47,43% 41,13% 12,67% -11,50% 16,69% -4,04% 3,66% 2,23% -2,88%
Dépôts en devises (1) _ 34,78% 23,87% -5,17% 40% 23,08% 28,84% 20,45% 48,92% 10,65% 14,02% 6,56% 16,52% 33,13% 8,84%
-
Valeurs données en pension __ 28,73% 28,99% -58,05% 17,35% 113,44% 50,13% 26,96% -47,21% -65,04% 5,91% 87,66% -30,28% 42,87%
27,88%
Certificats de dépôts à durée résiduelle inférieure -
_ -70,11% -26,40% 200,22% 185,29% 64,49% 57,81% 26,86% 86,86% 20,26% 16,16% -13,35% -17,96% -16,76%
ou égale à 2 ans 10,05%
Dépôts à terme auprés du Trésor ND ND ND ND ND ND ND ND _ 69,12% -5,46% -8,48% 39,13% 27,21% 41,31%
-
Autres dépôts (2) _ -7,38% 193,29% -62,15% -39,57% -2,23% 1062,49% 27,29% -59,34% -71,42% 209,14% 36,47% 111,53% -49,25%
31,80%
M3 _ 9,83% 9,55% 11,73% 13,89% 19,14% 14,99% 9,54% 58,51% 4,63% 4,66% 4,40% 4,32% 6,21% 5,26%
1200,00%
1000,00%
800,00%
600,00%
400,00%
200,00%
0,00%
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
-200,00%
Comptes à terme et bons de caisse auprés des banques Titres OPCVM monétaires
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
M1 2681689 3024184 3346618 3688715 4222136 5023055 5601384 5887660 6337259 6701294 7053045 7333188 7647526 8039527 8611184
M2 3182799 3570456 3961026 4365098 4975343 5855830 6521638 6895656 7426293 7884543 8341786 8732515 9157222 9655663 10324137
M3 4284280 4705539 5155099 5760138 6560279 7816004 8988143 9845886 10422026 10905518 11414061 11916806 12432512 13204712 13899742
14000000
12000000
10000000
8000000
6000000
4000000
2000000
0
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
M1 M2 M3
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
M1 _ 12,78% 10,66% 10,22% 14,46% 18,96% 11,51% 5,11% 7,63% 5,74% 5,24% 3,97% 4,28% 5,12% 7,11%
M2 _ 12,17% 10,93% 10,20% 13,98% 17,69% 11,37% 5,73% 7,69% 6,17% 5,79% 4,68% 4,86% 5,44% 6,92%
M3 _ 9,83% 9,55% 11,73% 13,89% 19,14% 14,99% 9,54% 58,51% 4,63% 4,66% 4,40% 4,32% 6,21% 5,26%
70,00%
60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
M1 M2 M3
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
M1 _ 12,78% 10,66% 10,22% 14,46% 18,96% 11,51% 5,11% 7,63% 5,74% 5,24% 3,97% 4,28% 5,12% 7,11%
M2 _ 12,17% 10,93% 10,20% 13,98% 17,69% 11,37% 5,73% 7,69% 6,17% 5,79% 4,68% 4,86% 5,44% 6,92%
M3 _ 9,83% 9,55% 11,73% 13,89% 19,14% 14,99% 9,54% 58,51% 4,63% 4,66% 4,40% 4,32% 6,21% 5,26%
PIB _ 5,96% 4,80% 3,29% 7,57% 3,53% 5,92% 4,24% 3,82% 5,25% 3,01% 4,73% 2,42% 4,40% 1,60%
70,00%
60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
M1 M2 M3 PIB
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
M1 _ 12,78% 10,66% 10,22% 14,46% 18,96% 11,51% 5,11% 7,63% 5,74% 5,24% 3,97% 4,28% 5,12% 7,11%
M2 _ 12,17% 10,93% 10,20% 13,98% 17,69% 11,37% 5,73% 7,69% 6,17% 5,79% 4,68% 4,86% 5,44% 6,92%
M3 _ 9,83% 9,55% 11,73% 13,89% 19,14% 14,99% 9,54% 58,51% 4,63% 4,66% 4,40% 4,32% 6,21% 5,26%
IPC _ 1,17% 1,49% 0,98% 3,28% 2,04% 3,71% 0,99% 0,99% 0,92% 1,28% 1,89% 0,44% 1,56% 0,10%
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
M1 _ 12,78% 10,66% 10,22% 14,46% 18,96% 11,51% 5,11% 7,63% 5,74% 5,24% 3,97% 4,28% 5,12% 7,11%
M2 _ 12,17% 10,93% 10,20% 13,98% 17,69% 11,37% 5,73% 7,69% 6,17% 5,79% 4,68% 4,86% 5,44% 6,92%
M3 _ 9,83% 9,55% 11,73% 13,89% 19,14% 14,99% 9,54% 58,51% 4,63% 4,66% 4,40% 4,32% 6,21% 5,26%
Taux de chômage _ 11,40% 10,80% 11,10% 9,70% 9,80% 9,60% 9,10% 9,10% 8,90% 9,10% 9,00% 9,20% 9,70% 10,00%
60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
M1 M2 M3 Taux de chômage