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Techniques de Stabilisation des Pentes

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CHAPITRE VII

1 GÉNÉRALITÉS ...................................................................................................................................................................2

2 DESCRIPTION DU PHÉNOMÈNE ..................................................................................................................................2


2.1 AFFAISSEMENTS ET EFFONDREMENTS. ............................................................................................................................2
2.2 LES ÉCROULEMENTS........................................................................................................................................................3
2.3 LES GLISSEMENTS ...........................................................................................................................................................3
2.4 MOUVEMENTS DE TERRAIN PAR FLUAGE .........................................................................................................................4
2.5 LES COULÉES BOUEUSES ET LES LAVES TORRENTIELLES..................................................................................................4
3 MÉTHODES DE CALCUL DE STABILITÉ DE PENTES DE SOL .............................................................................5
3.1 HYPOTHÈSES DE CALCUL ................................................................................................................................................5
3.2 DÉFINITION DU CRITÈRE DE RUPTURE ..............................................................................................................................5
3.3 DÉFINITION DU COEFFICIENT DE SÉCURITÉ ......................................................................................................................5
3.4 DÉTERMINATION DE LA GÉOMÉTRIE DE LA RUPTURE .......................................................................................................5
4 CALCUL DES GLISSEMENTS PLANS...........................................................................................................................6

5 CALCULS DES GLISSEMENTS DE SURFACES QUELCONQUES ........................................................................10


5.1 EQUATION GÉNÉRALE DU PROBLÈME DE STABILITÉ AU GLISSEMENT (MÉTHODE DES TRANCHES)..................................10
5.1.1 Méthode de FELLENIUS (1927) ..........................................................................................................................12
5.1.2 Méthode de BISHOP simplifiée (1954) ................................................................................................................14
5.2 MÉTHODE DES PERTURBATIONS ....................................................................................................................................14
5.3 CONCLUSIONS..........................................................................................................................................................16
6 RÉSOLUTION DE CAS SIMPLES PAR ABAQUES....................................................................................................17

7 REMBLAIS SUR SOLS MOUS .......................................................................................................................................22


7.1 TYPES DE RUPTURE .......................................................................................................................................................22
7.1.1 Rupture générale par poinçonnement ..................................................................................................................22
7.1.2 Rupture locale rotationnelle.................................................................................................................................22
7.2 COMPORTEMENT DES REMBLAIS SUR SOLS MOUS ..........................................................................................................23
7.3 CALCULS DE LA STABILITÉ DES REMBLAIS SUR SOL MOU...............................................................................................23
7.3.1 Rupture par poinçonnement .................................................................................................................................23
7.3.2 Rupture locale rotationnelle.................................................................................................................................24

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 1


1 Généralités

Les mouvements et glissements de terrain sont très souvent des accidents graves de grande ampleur qui
provoquent des dégâts matériels considérables et peuvent causer des pertes en vies humaines.
On peut distinguer les problèmes classiques d’instabilité à l’échelle des travaux : barrages, digues, talus ... qui
intéressent des volumes de sol de l’ordre de la dizaine de milliers de m3, des mouvements de grande ampleur en
montagne qui affectent des millions de m3 :
- Mont Granier (Savoie, 1248) : 500 millions de m3
- Friolin (Savoie, 1980-1985...) : 10 millions de m3
- Le Thoronet (Var, 1984-1990...) : 2 millions de m3
- Val Pola (Valteline, Italie, juillet 1987) : 30 millions de m3
- Mount Saint Helens (USA, mai 1980) : 2300 millions de m3
-......
Ces grands mouvements de terrain peuvent être plus ou moins réguliers et assez lents (glissement de la
Frasse, en Suisse, de 40 millions de m3, depuis plusieurs siècles, glissements du littoral normand, glissement de la
Clapière (Saint Etienne de Tinée) ... ou très brutaux comme l’éboulement rocheux de Randa en avril et mai
1991(20 et 10 millions de m3)

2 Description du phénomène

Le moteur des mouvements de terrain est la pesanteur, mais d’autres causes peuvent déclencher le phénomène
ou l’amplifier.
L’eau sera, très souvent, une cause très aggravante par l’action de la pression interstitielle, des forces
hydrodynamiques, de la modification des caractéristiques mécaniques des sols fins.
Les séismes pourront être un facteur déclenchant de mouvements de terrain de très grandes ampleurs,
spécialement bien entendu pour les zones fortement sismiques.
Les variations climatiques : pluie, fonte des neiges, sécheresse, gel-dégel.
L’érosion des sols superficiels non cohérents, mais aussi l’érosion des falaises littorales.
On distingue trois grandes catégories de mouvements de terrain :
” les affaissements et effondrements de massifs sous minés;
” les écroulements (roches);
” les glissements (roches et sols).
Plus le mouvement de terrain prévisible est important, plus les études géologiques, hydrologiques et
hydrogéologiques devront être poussées, tout calcul de stabilité de pentes devenant illusoire s’il ne prend pas en
compte l’ensemble de ces données.

2.1 Affaissements et effondrements.


Les cavités peuvent être naturelles (vides de dissolution ou karsts) ou provenir d’anciennes carrières ou de
bassins miniers.
On distingue les affaissements si le phénomène est lent et progressif, créant une dépression topographique continue
et les effondrements brutaux qui sont limités en surface par des bords subverticaux qui délimitent le fontis. Les
effondrements profonds peuvent se traduire, dans un premier temps par des affaissements de surface, puis évoluer
vers des fontis.

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 2


2.2 Les écroulements
Ils concernent les massifs rocheux plus ou moins fracturés qui vont se rompre progressivement par fauchage,
tassement, basculement d’un pan de falaise subverticale, ripage de bancs rocheux à pendage aval, rupture de bancs
rocheux ... (Fig.1)

Fig.1 Différents types d’écroulement

Pendant l’écroulement la vitesse est généralement considérable et l’extension importante (Mont Granier,
20km² sur environ 7,5km). Il n’existe pas de méthodes de calcul simples, ni d’ouvrages de protection, mais les
mesures de prévention, voir d’évacuation sont possibles, ruines de Séchilienne, par exemple.

2.3 Les glissements


Selon la géométrie de la surface de glissement on distingue (Fig.2):
♣ le glissement plan, en milieux rocheux et en terrain meuble, s’effectue le long d’une surface de rupture
sensiblement plane;
♣ le glissement rotationnel, en terrain meuble et en débris de roches très fragmentées, s’effectue suivant une
surface plus ou moins circulaire, il se caractérise par un escarpement à l’amont et un bourrelet à l’aval,
généralement on rencontrera plusieurs glissements emboîtés;
♣ glissement quelconque, est une combinaison des deux cas précédents.

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 3


Plan

Circulaire

Quelconque

Fig.2 Différents types de glissement

2.4 Mouvements de terrain par fluage


Ces mouvements sont dus à la déformation par viscosité du sol. Ils concernent les sols argileux et se
produisent superficiellement sans surface de glissement précise.

2.5 Les coulées boueuses et les laves torrentielles


Ce sont des écoulements visqueux ou fluides dans des milieux fins saturés d’eau, mais pouvant également
entraîner des blocs, qui peuvent cheminer sur des pentes très faibles et sur des distances considérables.
Les coulées boueuses peuvent être la langue terminale de certains glissements de terrain à teneur en eau très
élevée (exemple : coulée boueuse de Bellevaux-Vallon (Haute Savoie, 1943)
Les laves torrentielles sont des coulées plus ou moins fluides dans le lit des torrents de montagne. Les
matériaux sont transportés sur plusieurs kilomètres à des vitesses qui peuvent être très importantes (exemple : laves
torrentielles de Pontamafrey dans la vallée de la Maurienne, pouvant couper la RN 6 et la voie ferrée)

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 4


3 Méthodes de calcul de stabilité de pentes de sol

3.1 Hypothèses de calcul


Il existe, en principe, deux possibilités pour calculer la stabilité d'une pente. La première est de considérer que
la masse instable forme un bloc rigide, que le sol a un comportement rigide-plastique et donc qu'à la rupture tous
les points de la masse stable atteignent en même temps leur seuil de rupture ; ce sont les méthodes de calcul à la
rupture, les seules encore employées pratiquement à ce jour. La seconde possibilité est d'appliquer la méthode des
éléments finis en choisissant une loi de comportement réaliste ; en réduisant, par exemple, les caractéristiques de
sol jusqu’à la rupture.

3.2 Définition du critère de rupture


Le critère de rupture utilisé est le critère de COULOMB.

τ ≤ σ'×tgϕ '+C'

Si l’on vérifie la stabilité de la pente par rapport à une première rupture éventuelle, on prendra :
ϕ 'pic , C pic
'

Si l’on vérifie la réactivation d’un glissement qui s’est déjà produit, on prendra :
ϕ rés
' '
, C rés

3.3 Définition du coefficient de sécurité


Plusieurs définitions du coefficient de sécurité peuvent être adoptées ; actuellement, on utilise encore la
définition suivante du coefficient de sécurité global F :

τ max σ'×tgϕ '+C'


F= =
τ τ

σ'×tgϕ ' C'


τ= +
F F

Cette définition conduit à étudier l'équilibre limite du sol avec des caractéristiques réduites
tgϕ ' C'
et
F F

Dans une étude semi-probabiliste (EC7, par exemple) de la rupture des pentes il faudrait pondérer les actions
(γ, surcharges), appliquer des coefficients de sécurité partiels différents sur Cu, C', tanϕ' ... et affecter chaque
approche d’un coefficient de méthode différent.

3.4 Détermination de la géométrie de la rupture


Pour les pentes naturelles dont le glissement est amorcé, la surface de rupture est généralement connue, de
même pour les glissements plans pour lesquels la surface de rupture a été reconnue.
Par contre, dans les autres cas, très nombreux, la surface de rupture est inconnue. Dans les cas courants, on
adoptera une surface de glissement cylindrique à base circulaire et on recherchera le cercle qui donne le
"coefficient de sécurité" F le plus faible.

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 5


4 Calcul des glissements plans

Soit un massif de sol indéfini, susceptible de glisser sur un plan incliné de β sur l'horizontale, soumis à un
écoulement parallèle à la direction β. On considère que le substratum est infiniment rigide et imperméable (Fig.3)

L γ1 h

γ2
B
M

hw
β
A
Fig.3 Schéma général du massif de sol et de l’écoulement

Les lignes de courant étant parallèles à la direction β, les équipotentielles qui forment un réseau
perpendiculaire avec les lignes de courant sont parfaitement définies. On calcule aisément le gradient i uniforme et
la pression constante en un point M quelconque.
Soit deux points A et A’ sur la surface libre (uA = uA’ = 0) (Fig.4)

A
B
A'
M

hw
β
A
Fig.4 Calcul du gradient
h A' − h A
i=
A' A
uA u A'
hA = + ZA h A' = + Z A'
γw γw

Z A' − Z A
i= = sinβ
A' A

Soit un point M à la base du massif de sol. On fait passer par M une équipotentielle qui recoupe la surface
libre en P (Fig.5)

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 6


h
M'
P
B

K
M

hw
β
A
Fig.5 Calcul de uM

Par définition hM = hP
uP
hP = + ZP = ZP
γw
uM
hM = + ZM = ZP
γw
u M = (Z P − Z M ) × γ w

u M = KP × γ w
Avec KP = PM × cosβ = MM’ × cos²β = hw × cos²β

u M = hw × cos 2 β × γ w
En prenant une tranche de terrain d’une longueur L et d’une épaisseur unitaire et en supposant que les actions
à chaque extrêmité sont égales (pente infinie), on écrit les équations d’équilibre (Fig.6)

L γ1 h

γ2
B
WN
W

U
Fmax
hw WT
β
A
Fig.6 Bilan des forces avec écoulement
Le poids total du massif de sol est égal à :

W = [L × hw × cosβ × γ 2 ] + [L × (h − hw ) × cosβ × γ 1 ]

avec : γ2 : poids volumique du sol saturé dans la nappe


γ1 : poids volumique du sol au-dessus de la nappe.
Le poids total du sol se décompose en une composante normale totale au plan AB, WN et une composante
tangentielle totale au plan AB, WT.

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 7


 
W N = (L × hw × cosβ × γ 2 ) + (L × (h − hw ) × cosβ × γ 1 ) × cosβ
 

 
WT = (L × hw × cosβ × γ 2 ) + (L × (h − hw ) × cosβ × γ 1 ) × sinβ
 

La composante normale effective s’obtient en retranchant la résultante de la pression interstitielle U (Fig.6)

W N' = W N − U

U = (hw × cos 2 β) × γ w × L

La résistance de cisaillement maximale est égale, en appliquant la loi de Mohr-Coulomb à : τ = σ ' tgϕ '+C '

Fmax = W N' tgϕ' +(C'× L)

Le coefficient de sécurité F est le rapport entre la résistance de cisaillement maximale (mobilisable) et la


composante tangentielle WT (mobilisée)

W N' tgϕ' +(C'× L)


F=
WT

qui peut s’exprimer également en contraintes :


τmax = σ’tgϕ’ + C’
avec :
σ’ = σ - u
[
σ' = [(h − hw )γ 1 + hw × γ 2 ]× cos 2 β - hw × cos 2 β × γ w ]
τ mobilisée = [(h − hw )γ 1 + hw × γ 2 ]× sinβ × cosβ

τ max W N' tgϕ' +(C'× L)


F= =
τ WT

Le coefficient de sécurité est donc égal à :

τ

( 
)
 [(h − hw )γ 1 + (hw × γ 2 )]× cos β − hw × cos β × γ w  × tgϕ' +C'
2 2

F = max =  
τ [(h - hw ) × γ 1 + (hw × γ 2 )]× sinβ × cosβ
soit en divisant par cos²β le premier terme du numérateur

([(h − hw )γ 1 + hw × (γ 2 - γ w )]) × tgϕ' C'


F = +
[(h - hw ) × γ 1 + (hw × γ 2 )]tgβ [(h − hw ) × γ 1 + (hw × γ 2) ]× sinβ × cosβ
Le premier terme représente la part due au frottement, le second la part due à la cohésion.

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 8


Cas particuliers

1. Sol frottant, non cohérent, sans nappe (Fig.7)

γ1, ϕ'
h

B
WN
W

Fmax
WT
β
A
Fig.7 Bilan des forces. Sol sans cohésion, sans écoulement

hw = 0 , C = 0
tg ϕ'
F=
tg β
On notera que le coefficient de sécurité est indépendant de la hauteur
pour F = 1 β = ϕ' (angle de talus naturel)

2. Sol frottant, non cohérent, nappe affleurante en écoulement (Fig.8)

γ2, ϕ' h
w

B
WN
W

U
Fmax
WT
β
A
Fig.8 Bilan des forces. Sol sans cohésion, avec écoulement total parallèle à la pente

h = hw , C’ = 0

γ 2 − γ w tgϕ'
F = ×
γ2 tg β
Le coefficient de sécurité est également indépendant de la hauteur.
Pour des valeurs courantes de γ2 = 20 kN/m3, on constate que le coefficient de sécurité est divisé par deux
entre le sol sans nappe et le sol avec nappe totale en écoulement. Dans tous les cas le coefficient de sécurité
chute rapidement quand la nappe monte.

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 9


3. Sol frottant et cohérent, sans nappe (Fig.9)

γ1, ϕ', C' h

B
WN
W

Fmax
WT
β
A
Fig.9 Bilan des forces. Sol avec cohésion sans écoulement
hw = 0
tgϕ' C'  1 
F = +  
tg β h × γ 1  sinβ × cosβ 
C'
En posant = N : (paramètre souvent employé dans les abaques)
γ 1h
tgϕ' 2
F = + ×N
tg β sin2β
Ce coefficient dépend de la hauteur
Le second terme dû à la cohésion indique que plus la hauteur de sol du talus sera faible et plus l'influence de
la cohésion sera importante.

5 Calculs des glissements de surfaces quelconques

5.1 Equation générale du problème de stabilité au glissement (méthode des tranches)


On se place dans une configuration bidimensionnelle en déformation plane.
On considère un volume de sol AMB susceptible de glisser (Fig.10)
y

y(x0)
A

z(x)

e(x)

M
α
B y(x1)

y(x)

0 x0 x1 x
Fig.10 Définition de la surface de glissement

avec :
B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 10
z (x), l'équation de la ligne de talus,
y (x), l'équation de la ligne de rupture étudiée,
dy
tgα = tangente à la ligne de rupture,
dx
On découpe le massif de sol en tranches verticales d’épaisseur dx assez petites pour que la base de chaque
tranche, soit assimilable à un segment de droite (Fig.11)
y(x)

dx

V
H
−γh . dx
(e) h
V + dV
H + dH
(e + de)
τ.ds
M
σ.ds α ex

0 x
Fig.11 Equilibre d’une tranche de sol

On désigne :
e (x), ligne d'action de la force interne qui s'exerce sur une section verticale,
V (x) et H (x), les composantes verticale et horizontale de la force interne.
Chaque tranche est en équilibre sous l’action des forces extérieures qui lui sont appliquées.
9 forces volumiques (poids volumique, eau…)
9 forces surfaciques (réactions entre tranches, réactions à la base de la partie stable sur la partie qui glisse)
Les forces en présence sont les suivantes :
9 poids de la tranche γh.dx
9 forces intertranches horizontales H et (H + dH)
9 forces intertranches verticales V et (V + dV)
Les forces intertranches ont leur point d’application sur la courbe e(x)
9 contrainte normale totale σ, pression interstitielle u et contrainte tangentielle τ à la base de la tranche
appliquée sur la surface ds.1
D'autre part, l'équation d'équilibre de l'ensemble du volume de sol AMB par rapport à O fournit une équation
supplémentaire

Projection des forces élémentaires sur Ox

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 11


En projetant les forces élémentaires normales σ.ds et tangentielles τ.ds à la tranche sur les axes (x,y) (rotation
de α), on obtient en prenant σ et τ avec leurs signes :

- dH + (σ.ds )sinα + (τ.ds )cosα = 0 (1)

Projection des forces élémentaires sur Oy

- dV - (γ × h.dx ) + (σ.ds )cosα − (τ.ds )sinα = 0 (2)

Equilibre de rotation des forces élémentaires par rapport au point M, point de passage de γh.dx, σ.ds et τ.ds
(moment de la tranche par rapport à M)

− V.dx + H.de + dH(e − y) = 0 (3)

de
avec ds =
cos α
De (1) et (2), on peut déduire les contraintes σ et τ
 dH dV  2
σ = (γ × h × cos 2 α) +  tgα × + cos α (4)
 dx dx 
 dH dV 
τ = − (γ × h × cosα × sinα ) +  − tgα cos 2 α (5)
 dx dx 

∫0 [σ ( x + [ y × tgα ]) + τ ( y − [x × tgα ])].dx


x1 x1
= ∫
0
(x × γ × h).dx (6)

Moment des forces surfaciques Moment des forces volumiques


On a donc cinq fonctions inconnues : H(x), V(x), σ(x), τ(x), e(x) et le coefficient de sécurité F.
On dispose des quatre équations (1), (2), (3) et (6) et de la loi d Mohr-Coulomb.
Ce système ne peut donc se résoudre sans une hypothèse complémentaire sur les fonctions inconnues et les
diverses méthodes de calcul (une vingtaine) diffèrent essentiellement par la nature de l'hypothèse complémentaire,
ce qui explique que suivant les méthodes retenues, on obtiendra des "coefficients de sécurité" différents. Pour être
retenue pratiquement, une méthode de calcul devra être validée par l'expérience.
L'hypothèse complémentaire peut porter soit :
♣ sur une répartition des forces internes (Fellenius, Bishop, Morgenstern et Price...),
♣ sur la position de la ligne d'action e (Janbu...),
♣ sur la répartition de la contrainte normale (Raulin et al 1974) généralement appelée méthode des
perturbations.
On retiendra les méthodes les plus utilisées pratiquement
) méthode de Fellenius
) méthode de Bishop
) méthode des perturbations développées en France.

5.1.1 Méthode de FELLENIUS (1927)


Dans cette méthode, on suppose que la surface de rupture potentielle est circulaire, on découpe le sol en
tranches élémentaires et on adopte comme hypothèse que les tranches sont indépendantes : Hi = Vi = 0 (Fig.12)

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 12


I
dx
α
γ

R
τmax/F α σ =γh cos²α
u
σ

τ = -γh cosα sinα


Fig.12 Equilibre d’une tranche de sol (Fellenius)

Les équations de la statique ne sont donc pas respectées. Avec les mêmes notations que précédemment pour
une tranche i, on obtient :
σ = γ × h × cos 2 α
τ = −γ × h × cos α × sin α
conformes aux équations (4) et (5)
Pour la tranche élémentaire, les contraintes se rapportant au même élément de surface
τ max
τ=
F

τ max = (σ − u )tgϕ '+C '

Soit :
[(γ × h × cos α ) − u]tgϕ' +C'
2
= − γ × h × cosα × sinα
F
Pour une tranche élémentaire, on retrouve la même définition que pour le glissement plan.
Pour l'ensemble des tranches, on écrit l'équation des moments par rapport au centre du cercle pour avoir un
calcul simple.

n
([(γ ) ]
× hi × cos 2 α i − ui tgϕ 'i + C 'i .ds i ) n

∑1
i

F
×R = ∑ [(γ
1
i × hi × cosα i × sinα i ).ds i ]× R

R est constant et F par hypothèse le même dans chaque tranche, d'où

∑ [[(γ ) ] ]
n

i × hi × cos 2 α i − ui tgϕ 'i + C 'i .ds i


F= 1
n

∑ [γ
1
i × hi × cosα i × sinα i ].ds i

Pratiquement, on ne découpera pas suivant des tranches infiniment petites (30 à 50 tranches maximum,
généralement) et on fera le calcul à partir des poids de chaque tranche.
Wi = γ i × hi × dxi avec dxi = dsi × cos α i

d’où Wi = γ i × hi × cos α i × dsi et en remplaçant dxi par bi (largeur d’une tranche)

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 13


n  u i × bi  C' ×b
∑1 Wi ×cosα i − cos αi
 tan ϕ i' + i i
 cos α i
 
F=  n

∑W × sin α
1
i i

5.1.2 Méthode de BISHOP simplifiée (1954)


Dans cette méthode, on suppose également que la surface de rupture potentielle est circulaire ; on découpe
le sol en tranches élémentaires et on adopte comme hypothèse qu'il y a seulement une réaction horizontale entre
les tranches :Vi = 0 et Hi ≠ 0 (Fig.13)
I
b
γ α
W

R
Hi - 1
Hi + 1

τmax/F α
u
σ

Fig.13 Equilibre d’une tranche de sol (Bishop simplifié)


En écrivant directement la projection sur l'axe vertical, avec
(σ − u )tgϕ ' C'
τ = +
F F
 tgϕ '   C' 
W = [(σ '+u )b] + σ '×b × tgα   +  × b × tgα 
 F  F 
d'où l'on tire la valeur de σ' que l'on reporte dans l'équation des moments par rapport au centre du cercle I, de
l'ensemble des tranches.

∑ [(σ ]
1 n
bi n

F 1
'
i × tgϕ c' ) + C' +
cos α i
= ∑W × sinα
1
i i ×R

Tous calculs faits, on obtient l'expression implicite de F.


n
[(W ]
− (ui × bi )tgϕ 'i + ( c'i ×bi )
∑ 1
i

tgϕ 'i
cosα i + sinα i
F= F
n

∑W × sinα
1
i i

La valeur initiale du coefficient Fo est obtenue, en général, par la méthode de Fellenius ; on opère ensuite par
itérations successives jusqu'à la précision désirée.

5.2 Méthode des perturbations


La méthode des perturbations a été proposée par RAULIN et AL en 1974 (2). C'est une méthode globale qui
vérifie les trois équations de la statique. Elle permet de calculer le coefficient de sécurité F, mais également le lobe
des contraintes normales le long de la surface de rupture potentielle. Elle est particulièrement utilisée pour les
calculs de stabilité en rupture non circulaire (Fig.14)

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 14


A B

Surface de rupture

C D
M

t
Lobe des contraintes
Fig.14 Géométrie de la surface de rupture et répartition des contraintes

On suppose connaître le long de la courbe de rupture une répartition de la contrainte normale σ suivant
l'expression suivante
σ = σ 0 [λ + (µ × ν)]
avec :
9 σo : valeur initiale approchée de la contrainte
9 ν: paramètre de perturbation
9 λ et µ : deux scalaires inconnus que le calcul définira.

Le coefficient de sécurité F est défini comme précédemment


τ max (σ − u)tgϕ' +C'
F= τ =
τ F
F étant constant tout le long de la surface de rupture potentielle. La résolution du problème permet de déterminer λ,
µ et F.
Choix des valeurs de σo et ν
Plusieurs choix peuvent être faits pour σo et µ. Les principaux sont actuellement :
♣ σo
Au point M sur la courbe de rupture, γh est la contrainte verticale sur la facette horizontale et σo la contrainte
normale sur la facette inclinée de α (Fig.15).
RAULIN (1974) avait proposé σo = γh cos² α (contrainte de FELLENIUS).
FAURE (1985) a montré qu'il est plus correct de prendre seulement γh comme contrainte verticale, mais non
principale sur la facette horizontale et d'en déduire σo.
(2)
RAULIN P, ROUQUES G, TOUBOL A. Calcul de la stabilité des pentes en rupture non circulaire. Rapport de recherches
n° 36 du LCPC Juin 1974.

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 15


h

M
α>0

Fig.15 Valeurs de σo

♣ ν
Pour ν, on prendra la valeur ν = tgα proposée par RAULIN (1974), confirmée par FAURE (1985).

5.3 CONCLUSIONS
Les deux méthodes les plus couramment utilisées en bureau d'études sont :
) la méthode de BISHOP simplifiée, la méthode de FELLENIUS permettant de calculer, généralement, le
coefficient de sécurité initial ;
) la méthode des perturbations, en particulier pour les ruptures non circulaires. Elle a l'avantage de fournir
le lobe des contraintes normales le long de la surface de rupture.
Généralement, c'est au projeteur de rechercher la surface potentielle de rupture qui donne le coefficient de
sécurité minimum Fmin
Les calculs de stabilité de pentes nécessitent au préalable d'avoir déterminé la répartition des pressions
interstitielles dans tout le volume de sol exploré.
Généralement, pour qu'il y ait stabilité, on recherchera un "coefficient de sécurité global" de 1,5 en phase
définitive et de 1,3 en phase provisoire.
Les calculs aux états limites ultimes (ELU) sont en cours de développement dans l’EC7.
Les calculs de stabilité sont effectués en France à partir des principaux logiciels suivants :
GEOSTAB
PETAL
TALREN

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 16


6 Résolution de cas simples par abaques

Il existe un certain nombre d’abaques, établis avant l’avènement de la micro-informatique, qui permettent de
résoudre des cas simples
Nous avons retenu les abaques de CHEN(2) qui sont applicables à des sols cohérents et frottants.
La hauteur critique Hc, pour un talus de pente β et α établi sur une couche de sol semi-infini de mêmes
caractéristiques que celles du talus, a été déterminée par CHEN.
CHEN a procédé par une approche en analyse limite par l’extérieur (solution cinématiquement admissible) en
considérant que la surface de rupture est une spirale logarithmique (Fig. 17)

Fig.17
Mécanisme de rupture d’un talus avec la surface de rupture passant par le pied

On désigne le poids volumique du sol dans l'état étudié γ et les caractéristiques de cisaillement C et ϕ dont on
précisera pour chaque étude la nature : ϕ', C', Cu, ϕuu et Cuu.
Sauf pour des faibles valeurs de β et ϕ, on peut considérer que la surface de rupture passe par le pied du talus
(Fig.17). Pour des valeurs inférieures à 53° et des valeurs de ϕ inférieures à 10°, la surface de rupture passe sous le
pied du talus (Fig.18)

Fig.18
Mécanisme de rupture d’un talus avec la surface de rupture passant sous le pied

Le tableau n°1 donne les valeurs du facteur de stabilité Ns qui permet de calculer la hauteur critique du talus.

C
HC = N S ×
γ

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 17


β°
ϕ° α°
90 85 80 75 70 65 60 55 50 45 40 35 30 25 20 15
0 0 3,83 4,08 4,33 4,56 4,80 5,03 5,25 5,46 5,52 5,53 5,53 5,53 5,53 5,53 5,53 5,53
0 4,19 4,50 4,82 5,14 5,47 5,81 6,16 6,53 6,92 7,35 7,84 8,41 9,13 10,02 11,46 14,38
5
5 4,14 4,44 4,74 5,05 5,37 5,69 6,03 6,38 6,76 7,18 7,64 8,19 8,83 9,65 10,99 13,71
0 4,58 4,97 5,37 5,80 6,25 6,73 7,26 7,84 8,51 9,31 10,30 11,61 13,50 16,64 23,14 45,49
10 5 4,53 4,91 5,30 5,71 6,15 6,63 7,14 7,72 8,38 9,16 10,13 11,42 13,28 16,37 22,79 44,95
10 4,47 4,83 5,21 5,61 6,03 6,48 6,99 7,55 8,18 8,93 9,87 11,11 12,89 15,84 21,96 42,90
0 5,02 5,50 6,01 6,57 7,18 7,85 8,63 9,54 10,64 12,05 13,97 16,83 21,69 32,11 69,40
5 4,97 5,44 5,94 6,49 7,08 7,75 8,52 9,42 10,51 11,91 13,82 16,65 21,48 31,85 69,05
15
10 4,91 5,36 5,85 6,38 6,97 7,63 8,38 9,26 10,34 11,73 13,59 16,38 21,14 31,38 68,26
15 4,83 5,27 5,74 6,26 6,82 7,46 8,19 9,04 10,09 11,42 13,23 15,92 20,49 30,25 65,17
0 5,50 6,10 6,75 7,48 8,30 9,25 10,39 11,80 13,63 16,16 19,99 26,66 41,22 94,63
5 5,46 6,04 6,68 7,40 8,21 9,16 10,28 11,69 13,51 16,03 19,85 26,48 41,02 94,38
20 10 5,40 5,97 6,60 7,30 8,10 9,04 10,16 11,54 13,35 15,85 19,64 26,23 40,69 93,78
15 5,33 5,88 6,50 7,18 7,97 8,89 9,98 11,35 13,12 15,58 19,32 25,82 40,09 92,90
20 5,24 5,77 6,37 7,03 7,79 8,68 9,74 11,07 12,79 15,17 18,77 25,01 38,64 88,63
0 6,06 6,79 7,62 8,58 9,70 11,05 12,74 14,97 18,10 22,90 31,33 50,06 119,93
5 6,01 6,73 7,56 8,50 9,61 10,96 12,64 14,86 17,98 22,77 31,19 49,89 119,70
10 5,95 6,67 7,48 8,41 9,51 10,84 12,52 14,73 17,83 22,60 30,99 49,63 119,35
25
15 5,89 6,58 7,38 8,30 9,38 10,70 12,36 14,55 17,62 22,35 30,69 49,23 118,79
20 5,80 6,48 7,26 8,16 9,22 10,51 12,14 14,30 17,33 21,98 30,20 48,50 117,43
25 5,70 6,35 7,10 7,97 9,00 10,26 11,84 13,92 16,85 21,35 29,24 46,76 112,07
0 6,69 7,61 8,67 9,94 11,48 13,44 16,04 19,71 25,41 35,54 58,27 144,20
5 6,64 7,55 8,61 9,86 11,40 13,35 15,94 19,61 25,29 35,41 58,13 144,01
10 6,59 7,48 8,53 9,77 11,30 13,24 15,82 19,48 25,15 35,25 57,92 143,74
30 15 6,52 7,40 8,44 9,67 11,18 13,10 15,67 19,31 24,96 35,01 57,63 143,31
20 6,44 7,31 8,32 9,54 11,03 12,93 15,47 19,08 24,68 34,67 57,16 142,54
25 6,35 7,19 8,18 9,37 10,83 12,70 15,20 18,74 24,27 34,11 56,30 140,54
30 6,22 7,04 7,99 9,14 10,56 12,37 14,78 18,22 23,54 33,01 54,25 134,52
0 7,42 8,58 9,97 11,68 13,86 16,77 20,94 27,45 39,11 65,52 166,38
5 7,38 8,52 9,90 11,60 13,77 16,68 20,84 27,34 39,00 65,39 166,22
10 7,32 8,46 9,82 11,51 13,68 16,58 20,73 27,22 38,85 65,22 166,00
15 7,26 8,38 9,73 11,41 13,56 16,44 20,58 27,05 38,66 64,70 165,72
35
20 7,19 8,29 9,63 11,29 13,42 16,29 20,40 26,84 38,40 64,65 165,19
25 7,10 8,18 9,49 11,13 13,23 16,07 20,14 26,53 38,02 64,12 164,30
30 6,99 8,04 9,33 10,93 12,99 15,78 19,78 26,07 37,38 63,14 162,33
35 6,84 7,86 9,10 10,64 12,64 15,34 19,21 25,27 36,15 60,80 154,98
0 8,29 9,77 11,61 13,97 17,15 21,72 28,91 41,89 71,49 185,49
5 8,24 9,71 11,54 13,89 17,09 21,63 28,82 41,78 71,37 185,35
10 8,19 9,65 11,46 13,81 16,97 21,53 28,71 41,66 71,23 185,17
15 8,13 9,57 11,38 13,72 16,86 21,40 28,57 41,51 71,04 184,93
40 20 8,06 9,49 11,27 13,59 16,72 21,25 28,39 41,29 70,78 184,57
25 7,98 9,38 11,15 13,44 16,55 21,05 28,15 41,00 70,41 184,04
30 7,87 9,25 10,99 13,25 16,33 20,78 27,82 40,58 69,81 183,01
35 7,74 9,09 10,78 13,00 16,02 20,39 27,32 39,88 68,73 180,81
40 7,56 8,86 10,50 12,64 15,55 19,77 26,45 38,53 66,12 172,51

Tableau n°1
Facteur de stabilité Ns (CHEN 1975)
Pour deux configurations habituelles de talus vertical (β = 90°) et de plateforme horizontale (α = 0), les
abaques n°1 et n°2 indiquent les coefficients de stabilité Ns.
On pourra définir le coefficient de sécurité comme le rapport de la hauteur critique Hc sur la hauteur réelle du
talus.

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 18


8.5

8.0 ϕ = 40°

7.5

7.0
ϕ = 35°
6.5
ϕ = 30°
Ns

6.0
ϕ = 25°
5.5
ϕ = 20°
5.0
ϕ = 15°
4.5 ϕ = 10°
ϕ = 5°
4.0
0 5 10 15 20 25 30 35 40
α°
Abaque n°1
200
ϕ = 35°
ϕ = 40°
ϕ = 30°
ϕ = 25°

ϕ = 20° ϕ = 15°
100
90
80
70
60
50

40

30
Ns

20

ϕ = 10°

10 ϕ = 5°
9
8
7
6 ϕ = 0°

90 75 60 45 30 15
β°

Abaque n°2
(2)
: CHEN LIMIT ANALYSIS AND SOIL PLASTICITY
WAI-FAH CHEN
ELSEVIER (1975)

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 19


40

β=90°

35

30

25
tgϕ'

20

15

10

β=15°
5

0
0.000 0.025 0.050 0.075 0.100 0.125 0.150 0.175 0.200 0.225 0.250 0.275
1/Ns
Abaque n°3

S'il existe un substratum plus raide à relativement faible profondeur, la position de la surface de rupture sera
modifiée si β < 53° (Fig.19). En particulier pour des cercles de rupture profonde, on montre que le centre O du
cercle est situé à la verticale du milieu du talus (Costet et Sanglerat 1969) pour des valeurs de β < 53° et des valeurs
de ϕ < 10° (Fig.20)

H
D

Cercle

Fig.19
Forme de rupture circulaire - cercle de flanc de talus

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 20


O

H
D

Fig.20
Forme de rupture circulaire - cercle de rupture profonde

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7 Remblais sur sols mous

7.1 Types de rupture

7.1.1 Rupture générale par poinçonnement


Le remblai s'affaisse sans subir de cisaillement. Il y a formation de deux bourrelets de part et d'autre du
remblai au niveau du terrain naturel (schéma a de la Fig.17).

7.1.2 Rupture locale rotationnelle


Cette forme de glissement est la plus courante. La surface de rupture est circulaire avec basculement du
remblai et bourrelet de pied (schémas b et c de la Fig17).

(a) rupture par poinçonnement

(b) rupture rotationnelle

(c) Rupture rotationnelle

Fig.17
Schémas-types de rupture de remblais sur sols mous

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 22


7.2 Comportement des remblais sur sols mous
Aux schémas de rupture habituels, on doit ajouter les constatations suivantes :
les retours d’expérience de glissement de talus ont montré que
♣ le coefficient de sécurité calculé est supérieur au coefficient de sécurité réel, la surestimation est d'autant
plus importante que la plasticité est élevée ;
♣ la valeur de Cu fournie par les mesures en place ne correspond pas systématiquement à la valeur moyenne
de la cohésion non drainée mobilisée lors de la rupture du sol de fondation. On en tiendra compte en
appliquant à Cu un coefficient correcteur µ qui dépend de l'indice de plasticité du sol Ip (abaque n°2).

Abaque n°2
Coefficient correcteur µ (Ip) à appliquer
à la valeur de la cohésion non drainée mesurée au scissomètre

7.3 Calculs de la stabilité des remblais sur sol mou

7.3.1 Rupture par poinçonnement


Le schéma de rupture du sol de fondation est analogue à celui qui se produit sous une fondation superficielle
(cf. chapitre Fondations superficielles). A court terme, cas généralement le plus défavorable, la contrainte de
rupture du sol en fonction de Cu est égale à

qu = (π + 2) Cu (sol de fondation de profondeur infinie)


et le coefficient de sécurité est donné par
qu
F=
γ×h
avec : γ : poids volumique du remblai
H : hauteur du remblai.

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 23


7.3.2 Rupture locale rotationnelle
On fera le calcul par la méthode de BISHOP simplifiée. On distingue deux schémas (Fig17):
Schéma b : Le sol de fondation est assez homogène et nettement moins consistant que le matériau de
remblai. Les contraintes horizontales peuvent entraîner des déplacements horizontaux et la formation de
fissures, la résistance au cisaillement du remblai n'est pas à prendre en compte.
Schéma c : Le sol de fondation présente en surface une couche surconsolidée épaisse, sensiblement plus
consistante que les sols sous-jacents. Cette couche ne transmet pas en surface les déplacements
horizontaux, il n'y a pas formation de fissures et la résistance du remblai est à prendre en compte.

B7 / chapitre 7 (version du 25/03/03) Cnam –Paris –Géotechnique C. Plumelle 24

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