Briques de Terre Stabilisée au Néré
Briques de Terre Stabilisée au Néré
OPTION : Génie-civil.
Présenté et soutenu publiquement le [21 Juin 2010] par :
Armand Pascal TALLA
i
Armand Pascal TALLA, Master Génie-Civil 2009/2010
Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
DÉDICACE
DÉDICACE
À:
i
Armand Pascal TALLA, Master Génie-Civil 2009/2010
Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
REMERCIEMENT
REMERCIEMENT
J’adresse mes sincères remerciements à tous ceux qui de près ou de loin m’ont accordé un
soutien de toute nature pour la réalisation de ce modeste travail.
Je remercie en particulier :
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Armand Pascal TALLA, Master Génie-Civil 2009/2010
Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
RÉSUMÉ
RÉSUMÉ :
La plupart de bâtis gourounsi à Tiébélé est en terre. Les maçonneries sont réalisées avec le
sol trouvé sur le terrain. Le crépissage est fait avec une latérite de couleur rouge. L’étanchéité
et la fixation des couleurs sont assurées avec une décoction de néré (parkia biglobosa). Cette
étude explore d’abord la technique traditionnelle de construction du peuple gourounsi.
Ensuite, elle dégage des perspectives vers sa modernisation et son déploiement à plus grande
échelle.
Après analyses en laboratoire pour la classification des matériaux traditionnels employés par
les gourounsi, il est apparu que ces différents sols sont du sable, du limon et des argiles.
Ensuite, des blocs de terre comprimée (BTC) ont été réalisés avec une solution obtenue avec
la décoction de néré. Les testes des performances en laboratoire ont donné : 1,09MPa à 7
jours ; 1,17MPa à 14 jours et 1,83MPa à 28 jours pour un dosage de 60 grammes de gousses
de néré par litre d’eau. Les BTC obtenus sans cette décoction donnent une résistance
inférieure, qui est de : 0,72MPa à 7 jours ; 0,78MPa à 14 jours et 0,91MPa à 28 jours.
L’essai d’imbibition a par la suite montré une plus grande stabilité à l’eau pour les BTC
traités avec le néré. Cette qualité est à rapprocher avec l’étanchéité recherchée par le peuple
gourounsi.
Ces résultats de laboratoire ont montré la pertinence des techniques locales de construction
chez les gourounsi. Ils ont aussi fourni de nouvelles méthodes de construction applicables
dans les projets d’habitation en terre.
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
ABSTRACT
ABSTRAT
Most of built gourounsi to Tiébélé are in earth. Masonries are realized with the earth found on
the ground. The crépissage is made with a red color laterite. The waterproofness and the
fixation of colors are assured with a decoction of néré (parkia biglobosa). This study
investigates at first the traditional technique of construction of the gourounsi people. Then, it
loosens perspectives towards its modernization and her larger-scale deployment.
After analyses in laboratory for the classification of the traditional materials used by
gourounsi, it seemed that these various grounds are some sand, some silt and some clay. Then,
blocks of compressed (restrained) earth (BTC) was realized with a solution obtained with the
decoction of néré. The tested of the performances in laboratory gave: 1,09MPa in 7 days;
1,17MPa in 14 days and 1,83MPa in 28 days for a 60 gram dosage pod of néré by liter of
water. The BTC obtained without this decoction gives a lower resistance, which is of:
0,72MPa in 7 days; 0,78MPa in 14 days and 0,91MPa in 28 days.
The essay of imbibition afterward showed a bigger stability in the water for the BTC treated
(handled) with the néré. This quality is to be moved closer with the waterproofness looked for
by the gourounsi people.
These results of laboratory showed the relevance of the local techniques of construction to
gourounsi. They also supplied new applicable methods of construction in the projects of
house with earth.
Cc : Coefficient de courbure ;
Cu : Coefficient d’uniformité ;
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SOMMAIRE
DÉDICACE _______________________________________________________________ i
REMERCIEMENT _________________________________________________________ ii
ABSTRACT ______________________________________________________________ iv
V.Éssais au laboratoire.________________________________________________ - 21 -
V.1. Les essais d’identification. _________________________________________ - 21 -
V.1.1. Analyse granulométrique et sédimentométrique. ____________________ - 22 -
[Link] granulométrique par tamisage. ______________________ - 22 -
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
BIBLIOGRAPHIE ______________________________________________________ - 42 -
Annexe1 ______________________________________________________________ - 44 -
Annexe2 _______________________________________________________________ - 8 -
2
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Tableau 9 : Analyse granulométrique par tamisage du sol noire (limon très peu plastique).
Tableau 10 : Analyse granulométrique par sédimentométrie du sol noire (limon très peu
plastique).
Tableau 11 : Analyse granulométrique par tamisage du sol de couleur grise (limon très peu
ou pas plastique).
Tableau 13 : Analyse granulométrique par tamisage du sol rouge sous terre noire (argile très
peu plastique).
Tableau 14 : Analyse granulométrique par sédimentométrie du sol rouge sous terre noire
(argile très peu plastique).
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Figure 10: remontée capillaire à 40 grammes de néré par litre d’eau « badigeonné » ;
Figure 12 : courbe montrant l’allure de la résistance à la compression des blocs suivant les
concentrations de Néré.
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INTRODUCTION GÉNÉRALE
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Pour s’abriter des intempéries, l’homme s’est dans un premier temps refugié dans les sites ou
des abris naturels, tels que les grottes. Mais au fur et à mesure de l’accroissement des
effectifs, il s’est vu obligé de concevoir lui-même son habitation. Ceci a donné lieu à des
méthodes traditionnelles de construction. C’est le cas par exemple des techniques de
construction des Kassena (un sous groupe des gourounsis qui peuplent la région située dans la
boucle de la Volta Rouge qui sépare le Ghana au nord et le Burkina-Faso au sud). Ces
derniers utilisent une méthode traditionnelle particulière et très peu connue pour améliorer la
résistance et l’étanchéité des murs, des toits et des cours des maisons par des décoctions de
Néré à chaud. Autrement dit, les femmes qui assurent les finitions sur les maisons à Tiébélé
fixent les couleurs des décorations sur les murs en badigeonnant ces derniers par des
décoctions de Néré à chaud. Assurant ainsi une certaine résistance et une bonne étanchéité à
ces murs. De la tradition de construire en terre, on dénombre de très nombreux modes de
constructions avec une infinité de variante qui traduisent l’identité des lieux et des cultures.
On connaît principalement douze modes de construction. Parmi ceux-ci sept sont très
couramment employés et constituent les genres techniques majeurs [11].
La terre pétrie avec de l'eau est par excellence le matériau utilisé dans les constructions en
pays tropicaux et particulièrement au Burkina-Faso [1] et bien entendu à Tiébélé.
L'inconvénient est que ce matériau ne résiste pas toujours aux intempéries et beaucoup de
bâtisses en terre crue et particulièrement ceux construit avec des matériaux sans aucun
traitement sont emportées par les pluies. Cette situation s’est produite récemment lors des
inondations de Ouagadougou. Dans le souci de valoriser les matériaux locaux, de protéger
l’environnement, d’améliorer les services urbains, de lutter contre la pauvreté, une étude
minutieuse de méthode de construction des villageois de Tiébélé a permis de voir les
possibilités d’extension dans les constructions modernes.
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I. PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE
I. PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE.
La société Kassena est de type patrilinéaire, régie par le droit d’aînesse. Toutes les décisions
doivent recevoir l’aval de l’aîné qui s’occupe par ailleurs des différents rites coutumiers. Les
personnes descendant d’un même ancêtre sont considérées comme parents. C’est une
organisation sociale en clan (structuré autour du chef de village) et lignage qui se répercute
sur l’occupation spatiale. On reconnaît le clan à travers le regroupement de plusieurs
concessions dont les occupants apparentés se livrent aux mêmes rites et coutumes. Le lignage
se reconnaît à travers le regroupement de plusieurs ménages dans la même concession, sous
l’autorité du chef de famille qui est l’aîné. La religion en milieu Kassena est caractérisée par
l’animisme et les forces surnaturelles régissent le comportement des hommes. On y pratique
ainsi des cultes à l’échelle du village ou de la famille. A l’échelle du village, les cultes sont
pratiqués dans des lieux situés soit à l’intérieur du village (à proximité de la concession du
chef), soit à l’extérieur du village (marigots, bois sacrés, collines). A l’échelle de la famille,
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les cultes sont pratiqués dans la concession. Il s’agit de deux types de culte des ancêtres : celui
du fondateur de la concession, et celui de l’ensemble des ancêtres de la lignée. En dehors de
ces cultes, il faut souligner les funérailles qui, bien au-delà de la famille, interpellent
l’ensemble du village et les clans alliés. Les Kassena croient également en l’existence des
animaux sacrés ; par exemple celui du «serpent sacré de Songo».
La concession Kassena qui regroupe plusieurs ménages a toujours son entrée principale
orientée vers l’ouest. L’appropriation de l’espace se fait sur la règle du premier occupant, le
chef de famille, et qui devient propriétaire de la parcelle. Il installe sa concession qui évoluera
horizontalement ou en gradin, en fonction de la morphologie du site, de sa situation
matrimoniale et de sa descendance. Chacune de ses femmes devra avoir sa propre unité
d’habitation (séjour et chambre). Elle y résidera avec les filles (jusqu’au mariage) et les
garçons (jusqu’à l’âge de 20 ans). A l’âge de 20 ans, on estime que le jeune garçon est adulte
et ne peut plus vivre dans l’habitation de sa mère. Il est ainsi obligé de se construire une case
à l’arrière de la concession existante, de fonder son propre foyer et d’offrir une unité
d’habitations à sa future épouse. Ainsi, à chaque mariage chez les Kassena, la concession
s’agrandit. Le nouveau ménage ainsi créé ne peut s’établir à l’avant de la vieille concession
sous peine de subir la colère des ancêtres.
La spécificité de cette typologie architecturale est son incroyable confort thermique. Ce sont
en général des habitations tactiles notamment à l’intérieur (très peu de lumière). Aussi, les
agencements avec du mobilier encastré qu’on y trouve, la richesse symbolique des espaces et
des décorations, expriment des messages dont seuls les Kassena ont la capacité de décrypter le
sens : c’est donc une architecture communicative.
Un des atouts majeurs de tout habitat traditionnel est son originalité. Cette originalité
s’exprime dans l’utilisation des matériaux, les formes et l’agencement des espaces, mais aussi
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à travers l’utilité et le rôle de chaque espace bâti. Cette originalité est le résultat d’un long
processus dont l’homme tient les rênes : l’habitat traditionnel a pour point de départ les
besoins, les aspirations et les savoir-faire de l’homme, et pour finalité la satisfaction de ses
besoins. De ce fait, l’habitat traditionnel devient le vecteur d’une culture constructive. Cette
culture constructive se traduit à Tiébélé par la variété des architectures, la richesse des formes
construites, la maîtrise des matériaux traditionnels de construction, des techniques
constructives et par une organisation efficace de la main-d’œuvre et des dépenses d’énergie
liées à la construction. Des conditions qui ont permis la réalisation de telles architectures
prédominent le rapport intelligent que chaque population (et sa culture) entretient avec son
environnement et son passé historique.
I.3. Méthodologie.
Pour mener à bien cette étude, nous avons commencé par une recherche bibliographique sur
les études antérieures en rapport avec cette technique, et à faire un bilan des acquis de la
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recherche par rapport au sujet. Pendant la phase de terrain nous avons fait l’état de l’art des
constructions en latérite en pays gourounsi en parcourant tour à tour les points suivants:
Analyses au laboratoire
Il s’agit de :
Il est aisé et passionnant de parler de l’architecture traditionnelle, car elle reflète l’identité
culturelle et le patrimoine d’un groupe d’hommes. L’architecture est un jeu savant de formes
et de lumière. L’habitat Kassena est très riche et est fait de formes orthogonales. Les maisons
sont offensives et défensives, car les entrées sont très basses et cela empêche l’ennemi de
pénétrer facilement dans la maison ; et une fois qu’on y trouve refuge si l’ennemi insiste à
pénétrer, il est facile de se défendre. L’habitat de Tiébélé, est fait de formes orthogonales
représentant le plus souvent deux huit incrustés l'un dans l'autre. Cet habitat a donc une
certaine particularité. Outre le fait que les formes sont agréables, on remarque que la
décoration occupe une place très importante dans cet habitat. La concession gourounsi se
compose de plusieurs cases rondes et rectangulaires groupées autour de petites cours privées
et de grandes cours communes. La concession peut être petite et ne comporter que 3 ou 4
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volumes et quelques murets, mais elle peut aussi former un véritable village (30 volumes) et
couvrir 1 ou 2 hectares. Dans ce cas, elle comprendra en plus de petites cours privées, de
grandes cours communes.
Les murs, en tant qu'éléments d'une case et comme murs limitant toute la concession ou une
cour "privée" à l'intérieur de la concession ne sont pas construits en principe d'une façon
différente. Ils semblent cependant être adaptés d'une façon beaucoup plus libre à chaque
situation particulière. Si un mur bas et large définit dans une cour des zones d'utilisation
différentes, il sert aussi de banc ou table. Un peu plus haut, il entoure la cuisine: des
renflements servent à ranger toutes sortes d'objets et aussi d'abris aux petits animaux. Des
escaliers commodes permettent d'accéder à certaines terrasses. A hauteur convenable, une
marche est prolongée le long d'une case pour servir de banc. Certaines cases de femmes ont
une porte qui mesure à peine 80 cm de haut. En plus, du côté intérieur un mur en demi cercle
d'un diamètre à peine supérieur à la largeur de la porte et presque haut que celle-ci, forme un
véritable sas. On n'a donc pas besoin d'ouvrir ou de fermer la porte. Les regards sont arrêtés
et aussi les courants d'air. Les ouvertures sont généralement des arcs façonnés. L'habitat des
femmes tiébélé est une "case" plus ou moins ronde, à toit plat, constitué de deux ronds de
diamètre différents qui s'imbriquent, formant une sorte de huit.
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La case des hommes généralement rectangulaire est certainement due d'une part à l'influence
de l’architecture soudano-sahélienne, véhiculé par l'islam et d'autre part à l'évolution de la
technique du banco due à la brique d'adobe. Ces différentes cases sont ornées de motifs de
couleur et très soignées. Les décorations sont exécutées par les femmes. L'accès aux terrasses
(toit plat) se fait par un escalier en terre ou par un tronc d'arbre à deux (2) fourches sur lequel
on a aménagé des marches. A hauteur convenable une marche de l'escalier de terre est
prolongée le long du mur pour servir de banc. La terrasse est utilisée pour stocker les céréales
et pour y dormir à la saison chaude. Tous les matériaux utilisés pour la construction se
trouvent dans la nature. Certains matériaux nécessitent une longue préparation avant leur
utilisation. Ainsi, les briques sont fabriquées à l'avance, de même que le bois sec.
Pratiquement tous les systèmes constructifs décrits jusqu'à présent se rencontrent chez les
gourounsis ainsi que des combinaisons de leurs éléments. Ce sont des cases rectangulaires ou
rondes, des cases rondes à toit de chaume, chose nouvelle, des cases rondes à toit plat, et
comme nous l'avons dit des cases composées de deux ronds plus ou moins imbriqués.
Pour construire une maison, les industriels ont mis au point de nouveaux produits qui
améliorent sensiblement le confort. Bien avant cette industrialisation, le peuple gourounsi
utilise des matériaux traditionnels à l’instar de la latérite, de la terre crue avec quelques
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améliorations donnant à leurs bâtis une performance indéniables. Pour leur construction, ils
utilisent en fonction des tâches les matériaux suivant :
Il y a une grande variété d’essais qui peuvent être effectués sur la terre, mais en fait il n’y a
qu’un nombre assez restreint d’essais qui permettent une interprétation directe de l’adéquation
de la terre à la construction et qui sont dont utiles. On distingue des essais de terrain et des
essais de laboratoires ; tous les deux servent à fournir les informations nécessaire à la décision
concernant l’utilisation de la terre, mais les essais de terrain peuvent également donner une
indication quant à la nécessité de passer par les essais de laboratoire qui sont évidemment plus
sophistiqués, plus longs à exécuter et surtout beaucoup plus coûteux [11].
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Étymologiquement, la latérite vient du latin later, qui signifie brique. C’est une roche rouge
ou brune, qui se forme par altération des roches sous les climats tropicaux. Le sens large
désigne l'ensemble des matériaux, meubles ou indurés, riches en hydroxydes de fer ou
d'aluminium, constituant des sols, des horizons superficiels, des horizons profonds de profil
d'altération. On trouve des latérites surtout en domaine intertropical. Elles recouvrent 33 %
des continents [5]. La majeure partie du Burkina est dominée par des plateaux latéritiques
(80%) parfois très cuirassés et de bas-fonds [6]. La latérite rouge (limons pas plastique) est
utilisée dans les constructions gourounsi en phase de crépissage ; par contre la latérite brune
(limon argileux) est utilisée pendant la fabrication des briques et aussi pendant la phase de
construction.
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parce qu’elle est utilisée par des villageois de Tiébélé, nous avons également pensé que c’est
de la terre crue.
Utilisée depuis la nuit des temps par les hommes, sous différentes techniques en matériau de
construction, la terre crue apparaît dès les premières civilisations dans l’édification de
monuments et de cités, encore présents et visibles de nos jours. En pisé, torchis ou adobe,
pilée ou mélangée à d’autres produits, elle s’adapte à plusieurs types de construction et est
encore très présente aujourd’hui (30 % des habitations dans le monde sont construites en
terre) [1]. La raison en est simple, on la trouve partout et sa transformation en matériau de
construction ne nécessite que peu d’énergie et respecte notre environnement [1].
Depuis plusieurs siècles, le peuple gourounsi est un fidèle utilisateur de la terre crue que l’on
retrouve partout bien sûr dans tous les soixante-sept villages de Tiébélé, ainsi que dans tout le
BURKINA-FASO voire dans toute l’Afrique tropicale. La terre crue constitue quasiment pour
toutes les populations sédentaires du Burkina Faso même encore aujourd’hui, la matière de
base pour élever les murs de leurs maisons d’habitation et bien d’autres éléments de leur cadre
de vie. Elle est utilisée selon les procédés suivants :
La terre façonnée
La terre choisie suffisamment plastique est façonnée à la main pour dresser des murs minces.
C’est une technique ancestrale dont l’usage est aujourd’hui peu courant. Elle sert entre autre à
élever les murs de cases rituelles (conservation de fétiches), construction de greniers et de
four pour potières.
La terre empilée
Des boules de terre sont empilées les unes sur les autres puis tassées à l’aide des mains ou des
pieds pour constituer des murs épais.
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La terre est moulée manuellement à l’aide de moules dont les formes sont diverses et cela
donne autant de formes à la brique ainsi confectionnée. Cette brique séchée au soleil est plus
communément connue sous le nom d’adobe. Ces briques sont moulées à partir d’une terre
choisie malléable souvent additionnée de paille coupée, de balles de céréales, etc. Formées à
l’origine à la main, elles sont de nos jours fabriquées encore à la main mais en utilisant des
moules à formes prismatiques en bois. Ce procédé apparu plus récemment semble prendre le
pas sur les plus anciens. Il est largement utilisé sur l’ensemble du territoire du Burkina-Faso.
Ce procédé est semble-t-il intervenu au Burkina sous sa forme mécanisée qui utilise des
presses de toutes sortes. Cette technique est en voie de normalisation au Burkina Faso. Elle a
été utilisée dans la construction de nombreuses cités dans les années 1984-1985 sous la
révolution [1].
Le choix de la terre se fait donc par empirisme et grâce à une connaissance approfondie de
l’environnement proche de la concession. En effet certaines particularités de la terre, tel son
état hydrique suivant sa situation topographique, ou tout simplement sa texture si elle fait
partie d’un champ de case, sont prises en compte. N’excluons pas les critères occultes car on
n’installait pas un site d’extraction de terre à un endroit sacré ou à un endroit jugé inapproprié
par des consultations. Les sites de prélèvement sont généralement choisis à proximité du
chantier de construction. Ceux qui ont fait leur preuve sont fortement sollicités à telle
enseigne que la tranchée ouverte est appelée la mare à banco (tend loongo en mooré).
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III.1.5. Le goudron.
Le goudron est un dérivé de la houille de couleur noire. Sous-produit de la distillation de la
houille lors de la fabrication du coke, il est très visqueux, voire solide (brai de goudron). Dans
le langage courant, on le confond souvent avec le bitume d'origine pétrolière. Le goudron a
longtemps été employé pour ses propriétés d’imperméabilité et pour ses propriétés de liant,
c'est-à-dire comme une forme de mortier, conférant de la cohésion dans le revêtement des
chaussées, pour les joints de toiture, et pour le calfatage des coques de navire, etc.
De nos jours, le goudron n'est plus employé couramment en technique routière à cause de la
présence d'hydrocarbures aromatiques polycycliques cancérigènes. Par contre le peuple
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
gourounsi l’utilise dans les constructions comme liant dans le mortier de crépissage. Son
utilisation en pays gourounsi dans les constructions suscite de ce fait des interrogations.
[Link] néré.
Origine
LE NÉRÉ est un arbre Africain de la famille des Mimosaceas [10]. Arbre nourricier, il pousse
dans les zones de savane et du Sahel. Ses fruits apparaissent au bout de 6 ans. Ce sont de
longues gousses d’environ vingt cm, suspendues en grappes et contenant de nombreuses
graines noires enrobées de pulpe jaune très sucrée et acidulée. Celle-ci est très appréciée des
enfants, mais aussi des adultes, qui la consomment telle quelle ou délayée dans de l'eau.
Usage
De ces gousses, est extrait un condiment à l’odeur très forte qui se présente sous forme de
boule de pâte. Il est utilisé dans presque toute l'Afrique de l'Ouest pour son intérêt aromatique
et nutritionnel. Les gousses de Néré bouillies produit une décoction utilisée par les femmes
Kassena pour assurer l’étanchéité et l’embellissement des murs des constructions.
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Comme toute construction, les maisons Kassena se font en des étapes successives :
IV.1. Le maçonnage.
Les maisons authentiques sont construites par les familles de bâtisseurs. Les bâtisseurs
utilisent des mottes de terre (terre + eau) bien pétrit pour construire. Ils les superposent en
couches jusqu’à un certain niveau (30 – 40 cm), ensuite ils les laissent sécher pendant 3 jours
avant d’ajouter d’autres couches. Il fera ainsi pour atteindre la hauteur normale désirée. Donc,
la construction se fait étape par étape avec des couches superposées. C’est la technique de
colombinage [2]. Après, on fait la charpente en bois, on met de la terre pétrie au dessus et on
fait la terrasse avec des trous d’aération et des endroits permettant aux eaux de pluie de
s’écouler facilement.
La 1re étape c’est le crépissage, exécuté par les femmes. Il demande des déchets
végétaux, de la bouse de vache, et une terre collante.
La 2e étape est l’application de la latérite rouge pour obtenir la couleur rouge ocre et
du kaolin pour obtenir la couleur blanchâtre. Elles les écrasent pour obtenir une
poudre fine qu’elles mélangent avec l’eau pour réaliser les couleurs grâce aux pierres
polies. Les teintes noires (dessins) du mur sont faites à base de pierres volcaniques,
qu’elles écrasent et mélangent avec une plante gluante (plante pilée et mélangée à de
l’eau). Avec des plumes comme pinceaux, elles font des dessins à main levée.
La 3e étape est la fixation des couleurs. On fait bouillir la coque (peau) du néré pour
obtenir une solution. Avec cette décoction, on arrose le mur avec des balais, cela fixe
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
les couleurs et permet à l’eau de pluie de s’écouler facilement sans trop de dommages
pour le mur. C’est ce dernier aspect qui nous intéresse !
Le damage des sols est aussi le travail des femmes. Elles utilisent de la latérite, une terre
collante et de l’eau, et avec des dames en bois, elles font le damage ; en suite elle traite ce sol
damé par des décoctions de néré à chaux pour assurer leur étanchéité.
Photographie 14 : Étapes de finition d’une maison Photographie 15 : badigeonnage du mur par le jus
Kassena.([Link] de Néré.
rre/enduits_terre.html).
À Tiébélé, les pathologies que l’on remarque dans les maisons sont fréquemment dues à
l’humidité : désagrégation du matériel de revêtement et perte d’épaisseur à la base du mur
dues à l’action conjointe et érosive de l’humidité capillaire et aux efflorescences de sels
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Les sols naturels sont constitués par un mélange de particules élémentaires de différentes
dimensions et par suite de propriétés différentes. D'une manière générale, les propriétés d'un
sol dépendront de la proportion de fines particules par rapport à la quantité des plus grosses.
Pour étudier les propriétés mécaniques des sols, il est donc nécessaire d'en connaître la nature
et de les classer. Pour ce faire, on se référera aux classifications mises au point (classification
française et/ou Américaine) qui reposent sur deux essais principaux d'identification à savoir:
l'analyse granulométrique et la détermination des limites d'Atterberg par le diagramme de
Casagrande. La norme NFP 94-051 ; la norme NFP 18-560, NFP 18-540 (fiche aide mémoire
du laboratoire de génie-civil du 2iE).pour identifier de manière approfondit les différents sols
précédemment présentés.
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
dans les différentes carrières qui sont en même temps les lieux de construction peuvent être
décrits de plusieurs façons complémentaires :
Le tableau ci-dessus représente les valeurs de l’analyse granulométrique par tamisage. Suivant
la classification Américaine (USCS), nous pouvons dire que les sols numéro 1, 3,5 sont des
sols fins avec leur pourcentage de particules de diamètre inférieurs à 80 supérieurs 50%.
Par contre les sols numéro 2 et 4 sont des sols plus ou moins grenus avec un pourcentage
d’éléments de diamètres inférieurs à 80 en dessous de 50%.
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
en fonction du temps. En établissant une relation entre le diamètre des particules et le temps
d'une part, la densité et le pourcentage de particules d'autre part, on peut ainsi tracer la courbe
sédimentométrique qui complète la courbe granulométrique. Les courbes ci-dessous tracées
sont des courbes sédimentométrique des différents sols précédemment définis.
120.00%
N°2
100.00%
80.00% N°5
60.00% N°3
40.00%
N°1
20.00%
N°4
0.00%
100.00 10.00 1.00 0.10 0.01 0.00 0.00
Suivant la forme des courbes granulométriques, et suivant la norme USCS (unified soils
classification system), nous pouvons conclure que tous les échantillons prélevés à Tiébélé
sont d’une distribution dimensionnelle continue. En fait il n’y a pas d’interruption
granulométrique. Tous les diamètres de particules sont représentés.
Nous avons tour à tour déterminé les caractéristiques des sols par le coefficient d’uniformité
et le coefficient de courbure dont les valeurs pour les différents sols décrit précédemment sont
représentées dans le tableau ci-dessous :
Type
d’échantillon /coefficient de
Hazen et de courbure
N°1 : Terre crue de surface 240 1.6
N°2 : Terre collante en 35 7.14
surface
N°3 : Terre rouge à 25cm de 333 0.2
profondeur
N°4 : Terre rouge à 0,70m de 714 2.57
profondeur
N°5 : Terre rouge à 3m de 66 0.115
profondeur
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[Link] d’Atterberg.
Les limites d’Atterberg sont déterminées selon la norme française (norme NF P 94-051) et par
la méthode à la coupelle avec l’appareil de Casagrande ; elle à pour but de déterminer la
teneur en eau des différents sols prélevés à Tiébélé à leur passage de l’état liquide à l’état
plastique.
Cet essai se pratique sur la fraction de sol dont les particules ont une dimension inférieure à
0,42 mm. Si à un échantillon de sol préalablement desséché et pulvérisé, on fait croître la
teneur en eau de façon homogène par malaxage, il passe progressivement de l'état solide, à
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
l'état plastique puis à l'état liquide. Par définition, la teneur en eau W d'un sol est le rapport
entre le poids d'eau et le poids de sol sec . Elle est exprimée en pourcentage. En 1905,
Atterberg a défini des teneurs en eau fixant les limites entre les 3 états [12].
Ces limites ne représentent pas un état physique précis. Elles ont un caractère conventionnel
et sont définies à partir d'essais normalisés.
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Il ressort de cette analyse que tous les sols utilisés dans les constructions à Tiébélé ont une
même valeur de limite de liquidité (42%) ; et ne sont différents que par leur limite de
plasticité et leur indice de plasticité. Les terres de surface (terre noire, et terre grise
pulvérulente) ont une limite de plasticité nulle par conséquent elles ne contiennent pas de
matériaux collantes à l’instar des argiles. Ces matériaux doivent alors être très sensibles à
l’eau. On peut également commencer à penser que c’est l’une des propriété qui amène les
villageois à procéder au mélange de la terre crue de surface avec celle située juste en dessous
surtout que cette dernière contient un peu de l’argile confirmé par son indice de plasticité qui
est de 21%.
Des sols limoneux pas plastiques (Latérite plus ou moins indurée à 0,7m de profondeur) avec
une limite de liquidité de 42% et un indice de plasticité de l’ordre de 10%. Point A sur la
figure5 ;
Des sols limoneux très peu plastiques (terre crue de surface de couleur noire, terre de couleur
grise) avec une même valeur de limite de liquidité (42%) et la même valeur de l’indice de
liquidité (0,00%). (Point D et E) sur la figure5.
Des sols argileux très peu plastiques (Latérite plus ou moins meuble entre 25cm et 30cm de
profondeur (N°3), latérite meuble à 3m de profondeur (N°5)). Avec respectivement 21% et
33% d’indice de plasticité et 42% de limite de liquidité. Point B et point C sur la figure5.
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70
60
argile peu plastique
argile très plastique
50
Série1
40
Indice de plasté Wl (%)
10 C Série8
sols organiques très
0
A plastique
0 20
D40 E 60 80 100 120
limite de liquidité wl (%)
L'essai au bleu de méthylène permet de le faire dans des conditions simples et rapides, en
utilisant la propriété de la molécule du bleu de méthylène de s'adsorber sur la surface des
particules minérales. L’essai est effectué en ajoutant successivement des doses d’une solution
de bleu de méthylène dans une suspension aqueuse de matériau et par vérification de
l’absorption de la solution colorée par un test à la tâche sur papier filtre pour déceler la
présence de colorant libre. Le bleu de
méthylène a la propriété d'être absorbé
préférentiellement par les argiles et les
matières organiques. Une masse connue de
fines est dispersée dans l'eau distillée à
laquelle on ajoute des doses croissantes de
bleu de méthylène.
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Tant que le bleu de méthylène est absorbé, il ne colore pas l'eau. On le vérifie en déposant une
goutte sur un papier buvard: le centre de la tache est bleu vif (argile ayant absorbé le bleu) et
l'auréole de la tache reste incolore. A partir d'une certaine dose de bleu, l'auréole se colore
aussi: c'est le signe que toute l'argile a épuisé sa capacité d'absorption.
La quantité de bleu consommée est donc une indication de la quantité d'argile. La valeur de
bleu s'exprime par la quantité de bleu en grammes consommée par 100 grammes de fines.
C’est ainsi que pour les différents sols de Tiébélé nous avons les résultats du tableau5 ci-
dessous :
La terre crue de surface (N°1) et la terre rouge dure à 0,7m de profondeur (N°4) ont une
valeur au bleu de méthylène très proche l’une de l’autre et ces valeurs sont comprises entre
0,2 et 2,5 ; par conséquent elles contiennent presque les mêmes quantités de particules fines
(argiles). Il en est de même pour la terre grise pulvérulente de surface (N°2), la terre rouge à
0,25m de profondeur (N°3) et la terre rouge à 3m de profondeur (N°5) qui ont des valeurs
au bleu de méthylène (VBS) sensiblement proche.
Les différentes valeurs au bleu de méthylène dans le tableau5 étant comprises entre 0,2 et
2,5 ; et en se référant aux répartitions ci-dessus relatif à la classification française (norme NF
P 94-068), nous pouvons conclure que les sols de Tiébélé sont des sols limoneux (sol peux
plastique et sensible à l’eau).
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Dans le but d’améliorer la résistance des matériaux locaux utilisés dans les constructions,
plusieurs traitements ont vu le jour. Il s‘agit par exemple des traitements des latérites par le
ciment, par de la chaux, par des fibres cellulosiques etc. Ces techniques d’amélioration de la
résistance des matériaux locaux font appel à la technique de mélange afin d’homogénéiser et
de bien répartir le traitement dans l’ensemble du matériau. Dans le même ordre d’idée nous
allons procéder au traitement du sol utilisé par le peuple gourounsi par la décoction du néré.
Cette idée vient du constat selon lequel les villageois de Tiébélé utilisent cette décoction pour
fixer les couleurs des décorations faites sur les murs et pour assurer l’étanchéité de ces
derniers ainsi que les terrasses de leur maison.
Ce traitement a l’avantage d’être sains et naturels. Il ne demande pas une importante source
énergétique pour sa production. C’est également un produit à valoriser dans le domaine du
génie-civil si on vient à avoir des meilleurs résultats après traitement.
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
séchage produit la meilleure densité. Si on compacte à une mauvaise teneur en eau, la densité
sèche finale peut être fortement amoindrie :
Trop d'eau empêche le compactage (absorption d'énergie par mise en pression des molécules
d'eau) ;
Pas assez d'eau génère des frottements entre les grains, ce qui absorbe l'énergie du
compactage.
Photographie 19 : mélange de terre prête à être compactée Photographie 20: cylindres de terre compactée
Il permet de déterminer les capacités mécaniques des matériaux de construction. Les résultats
obtenus permettent d’affecter les matériaux (BTC) dans une partie précise du bâtiment.
Autrement dit, ils permettent de décider d’utiliser les BTC pour des murs porteurs, ou
comme briques de remplissage...
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La contrainte σ retenue est la moyenne des contraintes obtenues sur les deux échantillons
d’essais : .Pour tous les essais, l’écart-type E et la dispersion RDS sont
calculés ainsi qu’il suit :
Écart-type :
– .
Dispersion :
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Les résultats des essais de compression ci-dessus montrent que la résistance des BTC à la
compression augmente avec les pourcentages croissants de néré. Cette augmentation est
linéaire c’est ainsi que nous avons respectivement des équations de forme f(x)= 0,006x +
0,709 ; f(x)=0,006x + 0,845 ; et f(x)=1,155x + 1,236 pour des essais à 7jours, à 14 jours et à
28 jours voir courbe en annexe2. Alors il revient à chaque promoteur de décidé de la valeur
de résistance qui lui est propre à fin de doser son mélange mais en respectant les règles de
l’art. Certes dans certaines carrières de presse de BTC on obtient des valeurs de compression
de 5Mpa supérieur à la pression des parpaings qui est de 4Mpa. Il sera aussi question de la
destination de la brique. Autrement dit des briques qui serviront pour des murs de remplissage
peuvent être d’une résistance moindre que celles qui seront utilisées pour des murs porteurs.
La BTC nécessite une terre suffisamment argileuse (20 à 30%). Toutes les argiles ne se
comportant pas de la même façon (réactivité, résistance mécanique, …) la qualité de la brique
est à étudier au cas par cas en effectuant des tests en laboratoire. Toutefois, la plupart des
terres sont aptes à être compressées, la qualité des briques dépendra de la qualité de la terre.
Le test le plus simple est d'observer autour de soi pour voir s'il y a des constructions
traditionnelles en terre crue. S'il y en a, c'est que la terre est bonne à être compressée.
Les murs de fondation d’une maison se trouvent très souvent en contact avec de l’eau (terrains
humides, source ou sur une nappe phréatique). L’humidité pénètre dans le mur et remonte à
l’intérieur de celui-ci par des effets de capillarité. Le fait de planter de la végétation devant un
mur peut priver celui-ci d’ensoleillement et favoriser les remontées d’eau. Les traces
d’humidité peuvent apparaître et disparaître dans le temps. Ce phénomène s’explique par les
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
variations de hauteur des nappes d’eau souterraines. L’humidité provenant du sol n’atteint pas
uniquement les murs mais également les dallages qui se trouvent en contact avec le sol. Les
inondations immergent également les murs de nos constructions et ces derniers sous l’effet
des remontées capillaires peuvent s’effondrer. Ce phénomène est plus marqué dans les
constructions en terre. Pour pallier ce problème des constructeurs peuvent, soit empêcher
l’eau d’atteindre les fondations et les murs enterrés, soit empêcher l’eau de remonter dans la
maçonnerie par la création d’une barrière étanche ; par des injections des produits hydrofuges
ou par l’électro-osmose et l’électrophorèse. Ces différents traitements demandent une certaine
maîtrise et un savoir-faire considérable. Dans cette partie de notre étude nous proposons une
protection particulière qui nécessairement peu être à la porté de tous constructeurs en BTC. Il
s’agira de badigeonner les murs des constructions en BTC par du jus de néré à chaud. Cette
proposition découle des résultats d’immersion faite sur les cylindres de terre comprimée par
stimulation au BTC. En fait pour cet essai, nous avons utilisé les blocs cylindriques
précédemment fabriqués que nous avons immergés dans dix litre d’eau. Après chaque une
minute ils sont extraits de l’eau et pesé pour déterminer la différence de poids ; pour un début
le poids augmente lorsqu’il commence à baisser c’est le début de la détérioration et la fin de
l’essai.
2150
2100 20 gramme de néré par
litre d'eau
2050
poids en gramme
1850
1800 0,00 gramme de néré
par litre d'eau
1750
0 20 40 60 80 100
temps en mn
Figure 7 : courbe d’absorption d’eau par les briques badigeonnées au néré en fonction du
temps.
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
2080
1980
40g de néré
1960
1940
60g de néré
1920
0 5 10 15 20
temps en mn
Figure 8 : courbe d’absorption d’eau par les briques stabilisées au néré en fonction du temps.
Les résultats des tests d’immersion réalisés sur des briques à teneur en néré variable après 28
jours de cure à l’air et badigeonnées avec du jus de Néré à chaud sont consignés dans le
tableau 18 et 19 en annexe 1. Chaque résultat de ce tableau est la moyenne des résultats de
deux essais cohérents. Par ailleurs on constate sur les courbes de la (figure 7) que temps
d’absorption d’eau par les briques badigeonnées avec du jus de Néré dosé à 0,00 ; 20,00 ;
40,00 ; 60,00 grammes par lite sont respectivement inférieures les unes des autres.
Les briques sans Néré atteignent la saturation en eau plus rapidement que les autres.
Cependant, la vitesse d’absorption d’eau varie en fonction du pourcentage de décoction de
néré. C’est ainsi que nous pouvons constater sur la fugure7 que les briques atteignent leur
optimum de saturation à la troisième minute pour les blocs non traités ; à la dixième minute
pour les blocs traités à 20 grammes de Néré par litre d’eau, à la trente-huitième pour les blocs
traités à 40 grammes de néré et à la quarante-septième minute pour les blocs traités à 60
grammes de Néré. Autrement dit les briques badigeonnées avec 0,00 ; 20,00 ; 40,00 ;
60,00grammes de néré par litre d’eau commencent à se dégrader et à perdre leur particule
(baisse de poids) respectivement à partir de la dixième minute, trente-huitième, quarante-
septième minute. Alors plus la brique est badigeonnée avec de concentrations progressives de
Néré, moins elle absorbe de l’eau et moins elle se désagrège.
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Photographie 21 : états de dégradation des briques avant et après immersion vue de profil et
vue de dessous de la gauche vers la droite
Le BTC étant pressée, la matière devient très dense ce qui va empêcher la diffusion de l'eau
liquide vers le cœur du matériau. En cas de pluie, seule une couche superficielle de la brique
va s'humidifier, et les qualités mécaniques de celle-ci ne seront pas altérées [5], Il faut bien
sûr éviter de les soumettre à une exposition directe, en prévoyant un toit à débordement sur les
façades les plus exposées, et en isolant de l'humidité du sol.
Le confort thermique peut être défini comme une sensation complexe produite par un système
de facteurs physiques, psychologiques, physiologiques, conduisant l’individu à exprimer son
bien-être. Sa sensation dans ce cas est neutre (aucune sensation de chaleur ni de froid). Les
blocs BTC jouent un rôle important au niveau de l'hygrométrie (humidité de l'air ou vapeur
d'eau contenue dans l'air ambiant). Ce matériau naturel a en effet la particularité d'absorber le
surplus d'humidité contenu dans l'air ambiant et cela, particulièrement en zone maritime et
lagunaire. Le bloc BTC restitue cette humidité pendant les phases sèches. Grâce à l'inertie,
pas besoin de climatisation, donc pas de dessèchement des muqueuses ou de « mise en
dépression » de la maison avec entrées de poussières. De même, leur bonne performance
acoustique évite hypertension, fatigue et troubles du sommeil. Enfin comme toute
construction en terre crue, les BTC protègent des champs électromagnétiques. La BTC
absorbe ces nuisances à la place de notre corps et garantit un environnement de vie, de travail,
plus sain. [7].
Suite aux études menées pendant la phase de terrain, il ressort que les constructions Kassena
faite en terre comparativement à celles faites en parpaings de ciment offrent plus de confort
thermique. Les performances thermiques des constructions en terre crue sont jugées bonnes à
très bonnes dans l'ensemble à tiébélé. Cette confirmation pourra s’appuyer par des tests de
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
conductivité thermique dans un laboratoire ; ceci faisant l’objet d’un autre sujet de mémoire
nous ne lui avons pas accordé une attention particulière.
Les blocs de terre comprimée sont des petits éléments de maçonnerie de forme
parallélépipédique dont les dimensions courantes diffèrent cependant des blocs de terre
moulée ou des briques cuites et varient selon les types de presse et les modules qui leur sont
adaptés.
Ce sont principalement les blocs pleins qui sont utilisés pour la réalisation de maçonneries.
Pour cela, la tradition de production des blocs de terre comprimée a adopté des dimensions
compatibles avec un poids unitaire de l’ordre de 6 à 8 kg et la possibilité de réaliser des murs
de 15, 30, 45 cm d’épaisseur. La dimension nominale la plus courante est aujourd’hui de
29,5X14X9 cm (L X l X h) qui donne un matériau facilement manipulable et très souple dans
son utilisation pour de multiples configuration de systèmes constructifs de murs, de toitures
(planchers à voutains, voutes et coupoles) et d’ouvertures en forme d’arcs.
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Les blocs à emboitement : Ils permettent de se passer de mortier pour leur assemblage,
mais exige des moules assez sophistiqués et des pressions de compressions élevées. Ils
sont souvent utilisés pour des ouvrages non porteurs.
Le bloc de terre comprimée stabilise et un élément solide, résistant et imperméable qui peut
être utilisé en maçonnerie comme finition à l`extérieur ou l`intérieur. Son aspect et sa
structure naturelle permet d`économiser en enduits et en peintures.
Les différents formats et couleurs disponibles donnent aux dessinateurs une richesse
architecturale en plus avec réduction des chutes car ils peuvent proposer une modulation plus
efficace, flexible et harmonieuse.
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Notons que beaucoup de problèmes se posent aussi avec les déchets de fabrication des
maisons. Plus de 30 millions de tonnes de déchets de chantier de bâtiments sont produits
chaque année [10], un problème qui ne se pose pas avec la BTC car ce matériau est recyclable
à 100 %. La BTC est un matériau extrêmement économe en énergie avant, pendant et après sa
fabrication (extraction, transformation, mise en œuvre, utilisation, recyclage). Les matériaux à
base de terre crue comme le BTC sont les moins gourmands en consommation d'énergie
nécessaire à leur fabrication. Ils devancent même le bois et bien évidemment la brique cuite.
Le BTC ne nécessite aucun traitement chimique, aucune cuisson. Il est entièrement recyclable
: l'impact sur l'environnement est donc quasi nul.
Les opérateurs immobiliers construisent des bâtiments sans se soucier du confort des
occupants. Ceux-ci doivent alors installer des climatiseurs grands consommateurs
d'électricité. De même, les entrepreneurs utilisent des techniques nécessitant d’énormes
quantités de ciment, ce qui élève fortement les coûts de construction. Si les habitants des
grandes villes ont les moyens d'investir dans des solutions médiocres, ce n'est pas le cas pour
les populations rurales. C'est ainsi que nous avons eu l'idée de proposer un autre mode de
construction rurale beaucoup plus performant et surtout moins coûteux.
Le BTC (Bloc de Terre Comprimée) est l'industrialisation du concept géo-béton. Avec des
presses hydrauliques de 20 tonnes produisant des blocs multiformes à emboîtement vertical et
horizontal pour réaliser des murs secs sans mortier entre les blocs et n’imposant ni crépissage
ni peinture. On a des constructions à faible utilisation de ciment et d'armature, permettant
ainsi d’amoindrir les coûts de construction. Les presses automatiques sont mobiles et se
déplacent sur chaque chantier pour produire jusqu'à 4000 blocs par jour en utilisant la main
d'œuvre locale. Des industries de fabrication des BTC vont plus loin par la préfabrication et la
standardisation des composants constructifs. Résultats: un abaissement substantiel des coûts,
une construction fiable, solide et antisismique, et une économie de 50 % du temps de chantier.
Le BTC est utilisé partout en Afrique. Il s'avère être le matériau le plus adapté au climat
africain et le plus économique pour la construction de programmes de logements en milieux
rural et urbain. La terre, un matériau économique, écologique et sain est sujette à beaucoup
de préjugés (Matériau pauvre, fragile, archaïque).
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Avantages Inconvénients
grande diversité des techniques La technique et la qualité varient en fonction des sols
disponibles et contraintes environnementales
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Conclusion et perspective.
Les constructions en terre sont particulièrement sensibles aux actions de l’eau. Lorsque l’eau
séjourne à proximité du bâtiment ou y pénètre, celui-ci devient inconfortable, voire malsain et
risque de se dégrader rapidement. La plupart des constructions de tiébélé au sud du Burkina-
Faso sont faites en terre et respecte une architecture de terre sahélienne qui suite aux
vicissitudes du climat néglige les protections de la base et du haut des murs. Mais les
constructeurs de Tiébélé pour assurer la résistance des bâtis utilisent des décoctions de néré
qu’ils badigeonnent à chaud sur les murs après le crépissage.
Pour valoriser les matériaux et les savoir-faire locaux, nous sommes partis des techniques de
construction traditionnelles du peuple Tiébélé. Des blocs de terre comprimée sont réalisés
après stabilisation par des décoctions de néré extraites de la préparation de coques du parkia
biglobosa. Des essais de compressions sur ces blocs de terre comprimée avec une
concentration de 60 grammes de néré par litre d’eau ont donné comme valeurs de résistance
1,09MPa; 1,17MPa et 1,83MPa pour des durées de cure à l’air de 7 jours, 14 jours et 28 jours
respectivement ; par contre les blocs de terre comprimée avec les mêmes forces de
compression et ne contenant pas de décoction de néré donnent des résistances inférieures, soit
0,72MPa à 7 jours ; 0,78MPa à 14 jours et 0,92MPa à 28 jours. Vu ces variations de
résistance nous pouvons confirmer objectivement l’idée selon laquelle le jus de néré
augmente la résistance des murs des constructions.
Les blocs absorbent l’eau par remontée capillaire plus lentement en fonction de la teneur en
néré de la décoction. Le temps de résistance à la désagrégation dans l’eau pouvant atteindre
47 mn, ces blocs offrent une plus grande tenue face aux inondations, pour l’évacuation des
personnes et des biens en cas d’inondation. Les briques stabilisées sans néré par contre, se
désagrègent très vite ; à moins de trois minutes immergées dans de l’eau, ces dernières
commencent à perdre des particules.
Les briques badigeonnées avec du jus néré à chaud commencent à perdre les particules suite à
l’immersion dans l’eau respectivement à 7minutes, 38minutes, 47minutes pour des briques
badigeonnées avec des décoctions dosées à 20,00 ; 40,00 ; 60,00 gramme de Néré dans un
litre d’eau. L’idée première du peuple gourounsi qui est de donner un éclat au mur et
d’améliorer l’étanchéité est d’une importance capitale dans les constructions en BTC et cela
pendant la phase de finition et les périodes d’entretien. On ne restera pas stupéfait devant les
avantages que nous procurent les constructions en BTC. En fait il ressort de cette étude que
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les constructions en BTC requièrent beaucoup d’avantages sur le plan économique (une
construction en BTC permet au promoteur de faire une économie à l’ordre de 30% par rapport
au béton de ciment), écologique (tout est recyclable sur un chantier de BTC), confort (pas de
nuisances acoustique, résistent aux intempéries…).
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BIBLIOGRAPHIE
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Annexe1
(Tableaux des valeurs des différents essais)
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Tableau 8 : Analyse granulométrique par tamisage du sol noire (limon très peu plastique).
40 8 94.25 1.92%
Tableau 9 : Analyse granulométrique par sédimentométrie du sol noire (limon très peu
plastique).
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Heures temps Lecture Température Correction Lecture Profondeur Facteur Diamètre Pourcentage Passant
cumulés tc de R T °c CT+Cm- corrigée effective Hr F équivalent des grains < échantillon
lecture en Cd Rc (cm) Ф Ф p
seconde (mm) P (%) (p = C.P)
en %
t0 =[Link]
[Link] 30 1005 33.4 4.466 1009 14.43 0.923 64 77% 39%
[Link] 60 1005 33.4 4.466 1009 14.53 0.923 45.41 73% 37%
[Link] 120 1004 33.4 4.466 1008 14.73 0.923 32.33 65% 33%
[Link] 300 1003 33.5 4.499 1007 14.82 0.922 20.49 61% 31%
[Link] 600 1003 33.6 4.532 1007 14.91 0.921 14.52 58% 29%
[Link] 1200 1002 33.7 4.566 1007 15.01 0.92 10.29 54% 27%
[Link] 2400 1002 34 4.666 1006 15.09 0.917 7.273 50% 25%
[Link] 4800 1001 34.5 4.832 1006 15.15 0.913 5.128 48% 24%
[Link] 14400 1000 36.5 5.499 1005 15.22 0.895 2.909 45% 23%
[Link] J+1 86400 1000 33.3 4.432 1004 15.43 0.924 1.235 36% 18%
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Armand Pascal TALLA, Master Génie-Civil 2009/2010
Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Tableau 10 : Analyse granulométrique par tamisage du sol de couleur grise (limon très peu
ou pas plastique).
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Armand Pascal TALLA, Master Génie-Civil 2009/2010
Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Tableau 11 : Analyse granulométrique par sédimentométrie du sol de couleur grise (limon très peu plastique).
Heures Temps Lecture Température Correction Lecture Profondeur Facteur Diamètre Pourcentage Passant
cumulé tc R T °c CT+Cm- corrigée effective Hr F équivalent des grains < échantillon
t0 =
de lecture Cd Rc (cm) Ф Ф p
[Link]
(mm) P (%) (p = C.P)
en %
[Link] 30 s 1004.0 32.7 4.2 1008.2 14.7 0.93 65 67.4% 30.0%
[Link] 1 min 1003.5 32.7 4.2 1007.7 14.8 0.93 46 63.3% 28.2%
[Link] 2 min 1002.5 32.7 4.2 1006.7 15.0 0.93 33 55.1% 24.6%
[Link] 5 min 1001.5 32.7 4.2 1005.7 15.2 0.93 21 46.9% 20.9%
[Link] 10 min 1001.5 32.8 4.3 1005.8 15.2 0.93 15 47.2% 21.0%
[Link] 20 min 1001.5 32.8 4.3 1005.8 15.2 0.93 10 47.2% 21.0%
[Link] 40 min 1001.0 33.1 4.4 1005.4 15.2 0.93 7 43.9% 19.6%
[Link] 80 min 1000.0 33.6 4.5 1004.5 15.4 0.92 5 37.1% 16.5%
[Link] J+1 24 h 999.0 33.1 4.4 1003.4 15.6 0.93 1 27.5% 12.3%
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Armand Pascal TALLA, Master Génie-Civil 2009/2010
Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
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Armand Pascal TALLA, Master Génie-Civil 2009/2010
Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Tableau 13 : Analyse granulométrique par sédimentométrie du sol rouge sous terre noire (argile très peu plastique).
Heures Temps Lecture Température Correction Lecture Profondeur Facteur Diamètre Pourcentage Passant
cumulé tc R T °c CT+Cm- corrigée effective Hr F équivalent des grains < échantillon
t0 =
de lecture Cd Rc (cm) Ф Ф p
[Link]
(mm) P (%) (p = C.P)
en %
[Link] 1 min 1005.5 33.0 4.3 1009.8 14.4 0.93 45 80.5% 44.5%
[Link] 2 min 1005.0 33.0 4.3 1009.3 14.5 0.93 32 76.4% 42.2%
[Link] 5 min 1004.5 33.0 4.3 1008.8 14.6 0.93 20 72.3% 40.0%
[Link] 10 min 1004.0 33.0 4.3 1008.3 14.7 0.93 14 68.2% 37.7%
[Link] 20 min 1004.0 33.2 4.4 1008.4 14.6 0.92 10 68.7% 38.0%
[Link] 40 min 1003.0 33.5 4.5 1007.5 14.8 0.92 7 61.4% 33.9%
[Link] 80 min 1002.9 34.0 4.7 1007.6 14.8 0.92 5 61.9% 34.2%
[Link] J+1 24 h 1001.5 33.1 4.4 1005.9 15.1 0.93 1 48.0% 26.5%
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Tableau 14 : Analyse granulométrique par tamisage du sol rouge dure (limon pas plastique).
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Tableau 15 : Analyse granulométrique par sédimentométrie du sol rouge à 0,7m de profondeur (limon pas plastique).
Heures Temps Lecture Température Correction Lecture Profondeur Facteur Diamètre Pourcentage Passant
cumulé tc R T °c CT+Cm- corrigée effective Hr F équivalent des grains < échantillon
t0 =
de lecture Cd Rc (cm) Ф Ф p
[Link]
(mm) P (%) (p = C.P)
en %
[Link] 30 s 1005.0 32.4 4.1 1009.1 14.5 0.93 65 74.7% 32.7%
[Link] 1 min 1004.5 32.4 4.1 1008.6 14.6 0.93 46 70.7% 30.9%
[Link] 2 min 1004.0 32.4 4.1 1008.1 14.7 0.93 33 66.6% 29.1%
[Link] 5 min 1003.5 32.4 4.1 1007.6 14.8 0.93 21 62.5% 27.3%
[Link] 10 min 1003.0 32.4 4.1 1007.1 14.9 0.93 15 58.4% 25.5%
[Link] 20 min 1003.0 32.5 4.2 1007.2 14.9 0.93 10 58.6% 25.7%
[Link] 40 min 1002.0 32.6 4.2 1006.2 15.1 0.93 7 50.7% 22.2%
[Link] 80 min 1001.5 33.0 4.3 1005.8 15.2 0.93 5 47.7% 20.9%
[Link] J+1 24 h 1000.5 33.2 4.4 1004.9 15.3 0.92 1 40.1% 17.5%
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Tableau 17 : Analyse granulométrique par sédimentométrie du sol rouge à 3m de profondeur (argile très peu ou pas plastique).
Heures Temps Lecture Température Correction Lecture Profondeur Facteur Diamètre Pourcentage Passant
cumulé tc R T °c CT+Cm- corrigée effective Hr F équivalent des grains < échantillon
t0 =
de lecture Cd Rc (cm) Ф Ф p
[Link]
(mm) P (%) (p = C.P)
en %
[Link] 30 s 1005.5 32.3 4.1 1009.6 14.4 0.93 65 78.6% 60.8%
[Link] 1 min 1005.0 32.3 4.1 1009.1 14.5 0.93 46 74.5% 57.7%
[Link] 10 min 1003.0 32.3 4.1 1007.1 14.9 0.93 15 58.1% 45.0%
[Link] 20 min 1002.5 32.4 4.1 1006.6 15.0 0.93 10 54.3% 42.0%
[Link] 40 min 1002.0 32.5 4.2 1006.2 15.1 0.93 7 50.5% 39.1%
[Link] 80 min 1002.0 32.9 4.3 1006.3 15.1 0.93 5 51.6% 39.9%
[Link] J+1 24 h 1000.5 33.3 4.4 1004.9 15.3 0.92 1 40.4% 31.3%
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Dosage en néré
temps
Poids
(t/mn) 0,00 g de néré 20,00 g de néré 40 g de néré 60 g de néré par
par litre d’eau par litre d’eau par litre d’eau litre d’eau
0
poids avant
immersion 20246 1968 1965 1960
1
poids après 1mn
d’immersion 2048.07 1995.07 1995.78 1990.37
3
poids après 3mn
d’immersion 2055.4 2000.84 2007.88 2001.28
6
poids après 6mn
d’immersion 2057.83 2000.8 2014.03 2007.76
poids après
10
10mn
d’immersion 2060.01 1992.59 1945.59 2011.77
poids après 15
15mn
d’immersion 2056.04 1942.66 1932.66 1954.08
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Dosage en néré
Poids aux différentes périodes 0.00 g de néré 20,00 g de néré 40.00 g de néré 60,00 g de néré
d’immersion par litre d’eau par litre d’eau par litre d’eau par litre d’eau
2075.18 2077.82
2052.09
poids après 47mn
d’immersion 2088.76
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Annexe2
(Figures et photographies)
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
2070
2060
2050
2040
2030
Série1
2020
2010
2000
1990
0 5 10 15 20 25
2080
2070
2060
2050
2040
Série1
2030
2020
2010
2000
0 10 20 30 40 50
Figure 10: remontée capillaire à 40 grammes de néré par litre d’eau « badigeonné ».
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
2150
2100
2050
2000
1950
Série1
1900
1850
1800
1750
0 20 40 60 80 100
Figure 11: remontée capillaire à 60 grammes de néré par litre d’eau « badigeonné ».
2
1.8
à 14jours
1.6
1.4
1.2
Force de compression
1 à 7jours
0.8
0.6
0.4
à 28 jours
0.2
0
0 20 40 60 80
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
2080
2060 00g de néré
poids en gramme
2040
2020 20g de néré
2000
1980
40g de néré
1960
1940
1920 60g de néré
0 5 10 15 20
temps en mn
Figure 13 : remontées capillaires sur les blocs stabilisés au néré.
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
en saison sèche :
le jour
la nuit
en saison humide
le jour
la nuit
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
Toutes les personnes interrogées ayant répondu par des réponses cochées en couleur sur la
fiche d’enquête nous pouvons confirmer que l’habitat des Kassena offre un meilleur confort
thermique. Mais il reste à savoir qu’il ne s’agit là que des appréciations individuelles et
personnelles des personnes. Pour être certain et sur il serait important de faire une étude
scientifique en relevant par exemple les températures de ces maisons par des thermomètres.
On peut envisager l'introduction d'une très faible quantité de fibres (chanvre ou autre, à
condition qu’elles soient très fines) pour jouer un rôle de drain et évacuer plus efficacement
l'humidité.
C'est l'argile qui assure la cohésion de la matière, en formant des strates, comme un mille
feuilles. Des forces d'interaction microscopique interviennent alors, conférant sa grande
dureté à l'argile séchée.
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Étude des constructions en briques de terre stabilisée à l’aide des extraits du parkia biglobosa.
On peut faire toutes formes de linteaux, comme pour une construction classique, On peut
également faire des voûtes en terre crue, poser des linteaux en bois etc…Votre architecte
saura vous conseiller pour la mise en œuvre des ouvertures.
La masse du mur suffit à lui donner une excellente stabilité sans joint. Les joints ne servent
pas à renforcer la stabilité du mur, mais à rattraper les écarts de hauteur et à boucher les jours
entre les briques pour être plus étanche à l'air. Le choix de jointure à l'aide d'une barbotine
d'argile dépendra donc du positionnement et du rôle du mur dans la maison. Pour les murs
porteurs, il est préférable d’utiliser un léger joint, au moins sur les premiers et derniers rangs
du mur.
Il faut isoler à l'extérieur ! Plusieurs mises en œuvre sont possibles. Pour n'utiliser que des
BTC, il est possible de faire deux rangs de briques par mur, espacés de 10cm d'air, ou de
chanvre, paille, etc.
La paroi intérieure sert de masse thermique, celle extérieure est juste structurelle, elle peut
être recouverte d'un enduit isolant type chaux - chanvre pour la protéger. Ou alors, une simple
épaisseur de brique, doublée de panneaux en fibre de bois, de liège, etc.
En tout état de cause, il ne doit pas y avoir de couche isolante entre le mur de BTC et
l'intérieur de la maison.
En tout état de cause, il faut des fondations pour isoler le mur du sol. Elles peuvent être
conventionnelles (béton L), mais aussi un lit de pierre (celles qu'on aura retirées de la terre
servant à faire les briques). Pour la dalle, mêmes considérations. Si on veut éviter le béton, un
hérisson suffisamment épais (couche de pierres concassées ou roulées sur une épaisseur
avoisinant les 25 cm) doublé de couches d'isolants et de terre, recouvert de dalles en terre
cuite.
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