Remerciements et réflexions architecturales
Remerciements et réflexions architecturales
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Introduction
« La proportion est à l’architecture ce que la poésie est au
langage, par le rythme, elle en exprime l’âme. » (Arséguel)
Qu’est-ce qu’un architecte s’il ne pense pas l’unité d’une forme dans laquelle
vont être rassemblées en ordre durable toutes les dimensions nécessaires au bien être d’une
société d’hommes ? Qui est-il s’il ne compose pas ces diverses exigences et donne à chaque
dimension sa juste mesure ? Qui est-il donc s’il ne fixe pas les proportions de l’ouvrage ?
Cette synthèse formelle est une construction de notre esprit. Mais cette
construction doit être solide. Notre esprit s’appuie donc sur les nombres et la géométrie. Il
gère des quantités, des quantités commensurables. Il n’est pas de plan sans nombres.
C’est la raison pour laquelle cette question semble faire partie des urgences à
penser, sinon actuelle, actualisable.
Ces questions sont en effet souvent, ou bien liées à une architecture passée et
révolue, ou bien entachées de connotations ésotériques et de nostalgies irrationnelles. Or il
semble au contraire que liées d’une nécessaire raison, et donc naturellement rationnelles, elles
sont porteuses de questions essentielles attachées non au dogmes ni aux styles passés mais à
l’idée même d’architecture, pour autant qu’elle puisse être pensée aujourd’hui.
Il s’agit ici de mieux comprendre le rôle exact qu’ont joué ces idées dans
l’architecture du passé et de voir ainsi ce qui, dans leur principe, peut avoir du sens
aujourd’hui et enrichir, tout en l’élargissant, notre pensée de la forme, de sa genèse naturelle
et artificielle.
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I. Théorie :
les différents
tracés régulateurs
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A.Généralités sur les formes
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On peut aussi constater que les outils, mécanismes, moyens de transport,
évolués de façon lente, avaient obtenu des formes mécaniquement parfaites du point de vue de
leur emploi pratique ; ces engins nous procurent aussi une satisfaction esthétique que la
« camelote » ne donne pas.
- à des conditions purement statiques, comme pour un pont, une chaise, une maison, un
temple
La forme de l’habitat au travers des âges a évolué suivant le climat, les matériaux,
constructions et technologies, le site, la défense, l’économie, la religion, … Autant de
facteurs qui fournissent une multitude de formes différentes et pourtant, on peut
observer des similitudes, par exemple, entre la forme des yourtes (habitat des
mongols) et des habitations des Marquises (archipel de la Polynésie Française),
utilisations de techniques similaires, … (Rapoport, (16))
Le cygne semble totalement harmonieux lorsqu’il nage, mais semble ridicule quand il
marche, contrairement à un chien ou un chat qui semble harmonieux quand il marche
et ridicule quand il nage.
Les arbres et les plantes en général satisfont dans leur profil, leur répartition de poids,
aux meilleures conditions de forme et de résistance en vue de leur croissance et de leur
cycle vital ; elles aussi sont harmonieuses à regarder.
Le Times (numéro du 17 mai 1915) a écrit : « Notre erreur dans tous les arts
appliqués a été de supposer qu’il y avait incompatibilité, conflit inévitable entre les facultés
artistiques d’un côté et les facultés mécaniques, scientifiques ou commerciales de l’autre,
que, en fait, l’art et le sens commun n’avaient aucun rapport. Mais on ne peut pas (en art
appliqué) avoir d’art sans sens commun ni de sens commun sans art. »
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En faisant entrer des règles de nature technique dans l’échelle des valeurs
esthétiques, la pensée économique acquiert un sens beaucoup plus élevé. L’économie
entendue au sens d’un principe intellectuel, d’une loi morale étendue, s’étendant à tout ce qui
concerne la forme, c’est-à-dire à la recherche du rendement le plus élevé aux moindres frais.
Celles-ci ont toujours été présentes dans l’architecture : le plus bel exemple et
le plus simple, est la poutre reposant sur deux colonnes portantes, qui se retrouve depuis la
préhistoire jusqu’à nos jours. (Siegel, (19))
Fig. 1 Croquis du parthénon (Siegel, (19), p8) Fig. 2 Stonhenge (Siegel, (19), p8)
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2. Notion du beau selon Kant
« Ce qui est contraire est utile et c’est de ce qui est en lutte que
naît la plus belle harmonie. L’harmonie invisible vaut mieux que
celle qui est visible. » (Héraclite)
On peut ainsi avoir une figure qui correspond à ce que Kant appelle un concept,
donc à une régularité, c'est le cas des figures géométriques. Il veut dire par là que si on montre
un cube, on présente l'expression pure du concept, la figure étant à la fois la présentation du
concept de cube et la présentation de son développement dans l'espace.
Kant propose une définition du beau qui va à l'encontre de cela. Il appelle beau
une figure qui a une finalité, c'est-à-dire une figure qui a l'air d'être faite pour quelque chose,
mais une finalité sans concept. C'est la définition de la beauté artistique, mais aussi de la
beauté naturelle.
Est belle, pour Kant, une figure qui a l'air d'avoir été produite pour une fin,
mais qui en réalité suggère qu'elle dépasse toutes les fins qu'on pourrait lui trouver. Une forme
qui a l'air d'être le développement d'un concept mais qui en fait ne l'est pas.
Kant dit ainsi qu'un des deux jugements est faux. Ou bien c'est le plus courant,
celui qui trouve belles ces formes régulières; ou bien c'est Kant lui-même, qui produit une
notion du beau où il est question d'une sorte d'excès ou de défaut de la forme par rapport à
tout concept, de non-coïncidence des formes et des concepts selon laquelle pour qu'une forme
soit belle, il faut qu'elle ne soit pas réductible à un concept.
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La définition de Kant est peut-être à l'origine de ce divorce entre la
connaissance et la science d'un côté, l'art de l'autre. Kant écrit la chose suivante : « Dans une
chose qui n'est possible que par un projet, un édifice, un animal, la régularité qui consiste
dans la symétrie doit exprimer l'unité de l'intention qui accompagne le concept de la fin, et
elle appartient à la connaissance (autrement dit dans une chose qui est faite pour un projet),
la régularité est une qualité car elle permet l'unité de l'intention, elle permet de percevoir à la
fois la cohérence de la forme et le concept auquel cette forme correspond, et éventuellement
le développement de ce concept dans un usage. Mais lorsqu'il s'agit de n 'entretenir qu 'un
libre jeu des facultés représentatives sous la condition toutefois que l'entendement n'en
souffre pas, ainsi dans les jardins d'agréments, la décoration d'intérieur, les meubles de tous
styles, etc. la régularité qui se révèle comme contrainte doit être autant que possible évitée,
de là le goût des jardins anglais, le goût du baroque pour les meubles qui entraîne la liberté
de l'imagination presque jusqu'au grotesque. Et c 'est en ce détachement de toutes contraintes
fondées en des règles que se présente l'occasion en laquelle le goût peut montrer dans les
conceptions de l'imagination sa plus haute perfection ».
Il faut de la régularité pour tout ce qui est de l'ordre du concept de l'usage, mais
dans le domaine de la beauté en général, la régularité apparaît comme une contrainte, parce
que le critère n'est pas alors la clarté d'une exposition conceptuelle mais le seul libre jeu de
l'imagination. Voilà le critère qui va progressivement entraîner les arts à se détacher de toute
représentation conceptuelle.
Le libre jeu de l'imagination, tout de suite après Kant en 1790, est repris par
Schiller, Schelling et tout le Romantisme du XIXème siècle. La forme artistique doit être
essentiellement allusive, suggestive, pour nous entraîner au-delà d'elle-même, vers ce qu'elle
ne présente pas.
Dans un cas la forme nous fait voir clairement le concept qu'elle porte en elle,
dans l'autre cas la forme nous entraîne au-delà de sa lisibilité exhaustive et suscite
l'imagination. Les Romantiques en rajouteront dans le pathos de l'imagination, mais on est
déjà théoriquement dans la plus extrême différence.
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3. Symbolisme de la forme
Ce qui est vrai de la forme générale s’applique aussi aux détails ; les motifs en
relief aussi bien que les motifs gravés ou peints sont souvent à symbolisme floral.
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B.Le nombre d’or, section dorée,
proportion divine, …
Dans ce chapitre, nous allons voir que le nombre d’or est un des tracés les plus
important : il ce retrouve dans la nature, et il est utilisé par les plus grands artistes de l’histoire
pour sculpter et dessiner leurs œuvres.
« Mais que deux termes forment seuls une belle composition, cela
n’est pas possible sans un troisième. Car il faut qu’entre eux il y ait
un lien qui les rapproche tous les deux. Or de toutes les liaisons, la
plus belle est celle qui se donne à elle-même et aux termes qu’elle
unit, l’unité la plus complète. Et cela, c’est la proportion qui
naturellement le réalise de la façon la plus belle. » (Platon)
Le partage en deux d’un segment donné de ligne droite AB par le choix d’un
troisième point C situé entre A et B donne en effet lieu, si on désigne par a, b, c, les longueurs
respectives des segments AC, CB, AB, mesurées dans un système d’unités quelconque, à six
rapports différents possibles : a/b, a/c, b/c et leurs inverses.
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1°) a/c = b/c ; a/b = b/a
Fig. 4
Fig. 5
Cette équation implique que le point C est plus rapproché de B que de A ; elle
peut aussi se traduire ainsi : la longueur AB a été partagée en deux parties inégales telles que
la plus grande soit à la plus petite comme la somme des deux (segment initial AB) est à la
plus grande.
Fig. 6
Ici, b est supérieur à a ; le point C est plus rapproché de A que de B ; mais les
proportions sont en réalité les mêmes qu’au point 2° et l’énoncé reste le même. On peut donc
se contenter d’étudier celui-ci.
Nous avons ainsi obtenu le partage asymétrique le plus direct et le plus général,
le plus en accord avec la transposition logique du principe de moindre action ou « loi
d’économie des concepts » posée par William d’Ockham. Il n’y a qu’un seul point C entre A
et B tel que les longueurs AC, CB, AB satisfassent à la condition posée, et il n’y a par
conséquent qu’une seule valeur numérique correspondante du rapport a / b.
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Les constructions géométriques correspondantes sont simples.
Fig. 7
Fig. 8
« Partager une longueur en deux parties inégales telles que le rapport entre la
plus petite et la plus grande soit égal au rapport entre cette dernière et la somme des deux (la
longueur initiale) ».
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2. La valeur numérique
Divisons par b les deux éléments du second membre (ce qui ne change pas sa
valeur) et posons a/b = x.
C’est un nombre incommensurable, banal à première vue ; nous allons voir tout
de suite qu’il possède, parmi les autres nombres de cette classe, des caractéristiques uniques.
(√5+1)/2 1.618…
² (√5+3)/2 2.618…
Cette remarquable identité des parties décimales des fractions indéfinies 1/,
, ² résulte de l’équation initiale ² +1 et de sa variante (obtenue en divisant tous les
termes par ) :
-1 1/
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De l’équation initiale résulte aussi (en multipliant indéfiniment tous les termes
par ) :
3 ² +
4 3 + 2
5 4 + 3
n n-1 + n-2
La série 1, , ², 3, …, n, ainsi que toute série ayant comme raison
géométrique) est donc à la fois multiplicative et additive, c’est-à-dire participe à la fois de la
nature d’une progression géométrique et d’une série arithmétique.
On voit donc que , « le nombre d’or », est, dans la « société des nombres »,
une personnalité, un invariant remarquable, le plus intéressant parmi les nombres algébriques
incommensurables.
e 2.718281828…
3.14159265…
1 + e i 0
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3. Le nombre d’or et l’esthétique
« Les nombres qui font que les voix sont agréables aux oreilles,
sont les mêmes qui font que les objets plaisent aux yeux. » (François
Blondel)
« Mes sculptures sont bonnes parce qu’elles sont basées sur des
réflexions mathématiques. » (Rodin)
Le nombre d’or intervient autant dans la nature que dans les arts.
Considérons encore ce partage d’une droite en deux segments inégaux qui nous
conduit à la section dorée. On a très souvent en esthétique, à effectuer un sectionnement
inégal, car le partage symétrique en deux parties égales, quoique parfois nécessaire par rapport
à l’un des axes de figure, est souvent indésirable par rapport à un autre (un axe ou plan de
symétrie horizontal dans un monument est en général aussi néfaste esthétiquement qu’il le
serait dans un bipède. Le nombre d’or fournit une impression d’harmonie linéaire, d’équilibre
dans l’inégalité, plus satisfaisante que celle produite par toute autre combinaison.
Avis partagé par Léonard de Vinci et par la plupart des savants et artistes de la
renaissance ; Kepler fut un des derniers à célébrer les vertus ésotériques de la divine
proportion. Puis la « sectio aurea » tomba dans l’oubli. C’est l’Allemand Zeysing qui, vers
1850, la redécouvrit. Il proclame dans ses Aestetische Forschungen (1855) : « Pour qu’un
tout, partagé en deux parties inégales, paraisse beau au point de vue de la forme, l’on doit
avoir entre la petite partie et la grande le même rapport qu’entre la grande et le tout ».
Il appelle cela la loi des proportions et déclare qu’elle se trouve réalisée dans
les proportions du corps humain, des espèces animales qui se distinguent par l’élégance de
leurs formes, dans certains temples grecs (le Parthénon en particulier), en botanique, voire en
musique.
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Pour le corps humain, c’est le nombril qui,
dans les statues antiques, et chez les hommes
parfaitement proportionnés, diviserait leur
hauteur totale suivant la section dorée.
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La hauteur du nombril illustre parfaitement cette proportion divine, mais ce
n’est pas le seul exemple dans le corps humain :
10/9 = 9/8 = 8/7 = 7/6 =
10’/10 = √
La section dorée s’impose donc lorsqu’il s’agit d’amener par une nouvelle
subdivision deux parties consécutives égales à faire partie d’une progression géométrique et
de rassembler ainsi le triple effet de l’équipartition, de la succession, de la proportion
continue ; l’emploi de la section dorée n’est qu’un cas particulier d’une règle générale, celle
du retour de la même proportion dans les détails d’un ensemble.
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Fechner, l’inventeur de la psychophysique fit une série d’expériences (1876) de
statistiques esthétiques en demandant à des personnes de choisir entre plusieurs rectangles (du
carré au rectangle fort allongé) celui dont la forme leur plaisait le plus ; c’est le rectangle d’or
qui réunit la majorité très prononcée des suffrages (exprimés en %).
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On peut aussi observer la section dorée comme module dans la façade du
Parthénon, dans le profil de beaucoup d’oeufs (rapport grand axe – petit axe), en botanique,
où Zeysing découvre une « loi des angles » pour les écartements angulaires des branches, dans
la disposition des graines de plusieurs plantes telles que le tournesol, la pomme de pin,...
« Les corps des animaux et des insectes décèlent aussi, dans beaucoup de leurs proportions le
thème de la section dorée ; dans les jambes de devant du cheval, de même que dans l’index
de la main humaine, paraît la série de trois termes consécutifs d’une série descendante ;
cette triade est très importante, car du fait que son plus grand terme est égal à la somme des
deux autres, elle réintroduit la dualité, le partage symétrique dont elle était à priori la
contradiction ; ceci aura son intérêt en architecture. »1
1
M. Ghyka, « Esthétique des proportions dans la nature et dans les arts », 1927, cité 20 ans
plus tard par Le Corbusier, « Le modulor », 1950
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Même en musique, où le nombre entier et les rapports entre nombres entiers
règnent en maîtres et où l’incommensurable n’apparaît pas à première vue, Zeysing avait
remarqué la présence des nombres 3, 5, 8, 13, dans la computation des intervalles afférents
aux deux principaux types d’accords parfaits.
La suite citée plus haut nous conduit à l’histoire des lapins de Fibonacci. Cet
italien qui s’appelait en réalité Léonard de Pise a introduit le chiffre arabe et surtout le zéro.
Un des nombreux problème qu’il a posé est celui-ci : étant donné un couple de lapins, fécond
au bout de deux mois et qui donnera naissance à un couple de lapins qui deviendra à son tour
fécond au bout de deux mois, etc. combien y aura-t-il de lapins féconds à la fin de l’année ?
On obtient une série de nombres qui a ceci d’intéressant, c’est que plus on progresse, plus le
rapport entre deux nombres successifs tend vers le nombre d’or :
On obtient le même résultat avec toute série récurrente de nombres dont chacun
est la somme des deux précédents. (Poïesis, (15))
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4. Conclusions sur le nombre d’or
Que réclame d'autre la vie qui, dans la croissance, entend préserver l'identité de
plus en plus affirmée d'un être, sa continuité sans rupture, et pourtant assurer son évolution et
son extension ? L'esthétique, de même, a toujours mis en avant l'obligation de concilier l'unité
et la diversité. Comment n'aurait-elle pas été séduite par la «section d'or» qui répond
excellemment à cette double contrainte, en apparence contradictoire ? Dans la série additive,
adaptée à la croissance, chaque nouvelle longueur résulte exclusivement des deux qui la
précèdent ; elle en est le simple total et pourtant elle est différente.
Ainsi en était-il dans la spirale logarithmique qui était une application de cette
suite à la géométrie. Est-il possible de répondre plus économiquement et plus parfaitement à
la nécessité qui s'impose à la vie de maintenir son principe organique dans l'aventure ouverte
de son développement?
On peut dire que la vie, pour répondre à sa double exigence de faire persévérer dans sa
personnalité l'être qu'elle anime et de lui ouvrir pourtant la possibilité de se transformer en
s'accroissant, ne pouvait faire autrement que de rencontrer sur son chemin la solution que les
hommes sont capables, avec leur conscience et leur faculté d'abstraction, d'exprimer sous une
forme mathématique théorique. La « section d'or » ne fait que répondre intellectuellement
à une nécessité que la vie ne pouvait manquer de satisfaire en fait. Il est donc essentiel de
« démystifier » une proportion que la pente au rêve et à l'insolite de l'imagination humaine a
voulu doter d'un pouvoir occulte qui n'a que trop donné prétexte à des délires plus ou moins
ésotériques. (Huyghe, (11), p283-289)
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C.Autres tracés régulateurs
harmoniques
« Le rythme est la forme de l’âme. » (Saint-Pol Roux)
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2. Autres rectangles dynamiques
Fig. 16 Rectangles « dynamiques » reliés entre eux par un enchaînement de proportions (Gromort, (10), p84)
Ces autres rectangles dynamiques sont les rectangles 1/1, 1/√2, 1/√3, 1/√4 ou
½, et enfin le rectangle 1/√5, utilisé par Hambidge dans la décomposition harmonique des
plans et façades de bâtiments (exemples dans la section II)
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3. Les triangles
En plus du triangle régulier ou équilatéral, qui est le plus simple des polygones
réguliers, il y a plusieurs autres triangles pouvant intéresser l’architecte ou le dessinateur.
a) Le triangle 3, 4, 5
Il était déjà employé par les arpenteurs grecs et avant eux par les
« harpédonaptes » Egyptiens pour tracer des angles droits et des rectangles avec une corde à
nœuds.
Les architectes Achéménides et Sassanides s’en servaient pour tracer les profils
de leurs coupoles elliptiques.
Il a aussi de particulier que son aire est de 6 et que le cube de cette aire est égal
à la somme des cubes des côtés : 6³ = 3³ + 4³ + 5³.
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c) Le triangle présenté comme « égyptien » par Viollet-le-Duc
d) Le triangle du pentalpha
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4. La spirale ou croissance harmonieuse
La spirale est une forme récurrente dans la nature et dans les arts. La coquille
de nautile est une spirale à croissance , dite spirale à croissance harmonieuse.
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D.Le Modulor (Le Corbusier, (6 et 7))
a) Préambule :
Le son est un événement continu, conduisant sans rupture du grave à l’aigu. La
voix peut l’émettre et le moduler, de même que certains instruments tel le violon, la
trompette ; mais d’autres en sont incapables car ils ressortissent à un ordre déjà humainement
organisé sur des intervalles artificiels : la flûte, le piano,…
On a pu pendant des millénaires, faire usage du son pour chanter ou pour jouer
et danser. Ce fut la première musique qui se transmettait oralement, sans plus.
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Il se demande si un outil de mesures linéaires ou optiques était offert, les
choses de la construction en seraient facilitées ?
Lorsque l’Eglise naissante s’empara du monde connu, elle disposa d’un outil de
transmission des pensées unique : le Latin.
Toutes les hautes civilisations ont eu leurs outils de mesure référentiés au corps
humain : coudée, doigt, pouce, pied, empan, foulée, etc.… Mesures riches et subtiles car le
corps humain est régi par une mathématique gracieuse, élégante et ferme, cause de la qualité
d’harmonie qui nous émeut : la beauté
Un siècle et demi plus tard, le monde est séparé par deux outils de mesure
différents. Un se rapportant au corps humain, mais d’une manipulation compliquée, et l’autre,
niant celui-là mais facilitant celui-ci.
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b) Chronologie
Le Corbusier a 23 ans lorsqu’une question se pose à lui : Quelle est la règle qui
ordonne, qui lie toutes choses ? Il se trouve alors devant un problème de nature géométrique ;
il est en plein phénomène visuel.
Fig. 25 Tracé suivant le lieu de l’angle droit du Capitole de Michel-Ange (Le Corbusier, (6), p26)
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Il fut un jour confronté à la « normalisation AFNOR », créée pour aider à la
reconstruction du pays. Il ne fut pas convié pour l’élaboration de ses normes, bien qu’ayant été
accusé d’avoir écrit :
2
Le Corbusier, « Des yeux qui ne voient pas », l’esprit nouveau, 1920
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c) Mathématique
Voici l’occupation de Paris et la France coupée en deux par la ligne de
démarcation. Mais Le Corbusier en profite pour poursuivre une activité intense de recherche
doctrinale, par les soins d’une association fondée à cet effet : l’ASCORAL.
Un des jeunes travaillant pour lui devait aller de l’autre côté de la ligne de
démarcation (1943) : le jeune Hanning : « Donnez-moi une tâche pour occuper mes heures
vides ! ». Le Corbusier répond : « Voici, l’AFNOR propose de normaliser les objets de la
construction (du bâtiment) ; la méthode est simpliste, simple arithmétique, simple moyenne
entre les usages ou les outillages des architectes, des ingénieurs, des industriels. Elle
m’apparaît arbitraire et pauvre. Les arbres, par exemple, avec leur tronc, leurs branches,
leurs feuilles et leurs nervures, m’affirment que les lois de croissance et de combinaison
peuvent et doivent être plus riches et plus subtiles. Un lien mathématique doit intervenir en
ces choses-là. Je rêve d’installer sur les chantiers qui couvriront plus tard le pays, une
« grille des proportions » tracée sur le mur ou, appuyée au mur, faite de fers feuillards
soudés, et qui sera la règle du chantier, l’étalon ouvrant la série illimitée des combinaisons et
des proportionnements ; le maçon, le charpentier, le menuisier viendront à tout instant y
choisir les mesures de leurs ouvrages et tous ces ouvrages divers et différentiés seront des
témoignages d’harmonie. Tel est mon rêve. »
« Prenez l’homme le bras levé, 2,20m de haut ; installez-le dans deux carrés
superposés de 1,10m ; faites jouer à cheval sur les deux carrés, un troisième carré qui doit
vous fournir une solution. Le lieu de l’angle droit doit pouvoir vous aider à situer ce
troisième carré. »
« Avec cette grille de chantier réglée sur l’homme installé à l’intérieur, je suis
persuadé que vous aboutirez à une série de mesures accordant la stature humaine (le bras
levé) et la mathématique… » (Le Corbusier, (6), p36-37)
Sur cette grille, Mlle Elisa Maillard y travaille aussi. De ces deux études faites
simultanément mais en des lieux différents, résulte le tracé suivant :
Fig. 26 Grille de Mlle Elisa Maillard et de Hanning (Le Corbusier, (6), p39-40)
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2. Réalités pratiques (Le Modulor : simple
outil)
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Fig. 29 Le modulor pour un homme de 1m83 (Le Corbusier,(6), p67)
Fig. 30 Facilités pour les relations métrique-pied pouce (Le Corbusier, (6), p84)
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E.L’héritage roman
1. Une question
Par quels moyens les bâtisseurs romans sont-ils parvenus à édifier de grands
monuments, harmonieux, témoins de foi, capteurs et émetteurs d’énergie en même temps,
magnifiques instruments de prière et de méditation ?
Nous possédons des pistes mais très peu de documents, il y a très peu de textes,
pratiquement pas de plans. Le meilleur moyen reste encore de « lire » la construction ou ce
qu’il en reste.
D’après les textes, on sait que la construction ne dépendait pas d’un seul maître
d’oeuvre mais de trois personnes :
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Le parlier était chargé de traduire le langage du maître d’ouvrage aux ouvriers.
Leur connaissance principale est la géométrie, pas celle que nous avons
apprise, mais une géométrie opérative et symbolique.
L’orientation des églises vers l’est n’est pas rigoureuse. Le plus souvent,
l’église est orientée en fonction du saint ou de la fête religieuse à laquelle elle est consacrée.
Si elle est consacrée à la vierge, l’église sera orientée au levant du 15 août.
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L’homme du Moyen-Age réalisait toutes ses oeuvres uniquement par le tracé,
sans l’aide du calcul. Outre la pige, la canne, qu’il était facile de réaliser, il employait la corde
à douze noeuds ou plutôt douze intervalles d’une coudée chacun, le compas et une équerre
comme celle de Hue Libergier (mort en 1263)
3. Un tracé fondamental
Fig. 33 Les mesures du corps humain retrouvées par le tracé du nombre d’or : certaines de ces mesures se
retrouvent sur l’équerre de Hue Libergier. (d’après Poïesis, (15), p21)
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F.La théorie TK des proportions
visuelles
« (...) les plus sages et les mieux inspirés des hommes veulent
donner à leurs pensées une harmonie et une cadence qui les
défendent des altérations comme de l’oubli. » (Paul Valéry)
1. Argument
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2. Les chemins de la proportion
La proportion réglée : Nous étudions une chose que nous croyons être belle et
nous croyons qu’en reproduisant à n’importe quelle échelle ses proportions, ses relations de
mesure, sa géométrie, la chose en soi sera belle parce que nous acceptons la validité d’une
relation de mesures géométriques fixées d’avance. (La renaissance avec ses systèmes à base
de modules)
La mesure visuelle : on trouve en elle des séries de mesures qui ont permis de
construire des formes parfaites à certaines époques, d’en créer aujourd’hui qui ont une
influence sur notre perception de l’espace car la proportion est à la base de notre propre
système de mesure visuelle.
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3. Le pourquoi de la théorie TK
« Sur quoi est-ce que je me base pour projeter mes espaces si je veux que ceux-
ci soient accordés à la perception que j’en ai ? Comment introduire l’être humain dans ces
espaces ? » (K. Lloveras, dans Poïesis, (15), p38)
4. La composition visuelle
Contraste lumière –
obscurité : l’obscurité représente le vide, le
néant qui nous repousse. La lumière, au
contraire est la représentation de la vie et
nous attire.
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5. La géométrie de la perception visuelle et
l’époque médiévale.
A cette époque, la lumière chrétienne inondait les espaces de culte, elle les
dotait d’un sens sacré et, le plus important pour nous, les rattachait toujours à l’être humain,
protagoniste de l’espace et du culte.
Tout espace médiéval a été conçu pour que l’individu s’y mouvant se sente
visuellement guidé par la lumière naturelle, symbole de la lumière divine. Elle pénétrait par
des fentes en étant ainsi tamisée et contrôlée.
Cette géométrie est très simple. La relation qui existe entre la distance qui
sépare les extrêmes des points aveugles projetés sur un mur et la distance à laquelle
l’observateur se trouve de ce mur est précisément la relation TC (ou relation classique).
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6. La perception visuelle aujourd’hui
Cette théorie qui remplace le cône de vision à base circulaire par une ellipse se
trouve confirmée par Brian Avery (cité dans Samyn, (18), p14) : « L’œil au repos a une zone d’acuité
visuelle parfaite qui est définie par un rectangle d’or pour la vue à distance et par le triangle
de Pythagore pour la vision rapprochée. »
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II. Le
s proportions
dans l’histoire
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A.L’art des Egyptiens
Les astronomes qui se sont occupés de la grande pyramide d’Egypte ont été
frappés par ses remarquables propriétés géométriques, astronomiques et géodésiques.
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a) Son orientation
La pyramide de Chéops est une pyramide à base carrée
orientée nord-sud, avec une erreur de 4’35’’. Cette erreur correspond à la
4700è partie du tour d’horizon angulaire ou à la 1175è partie du quadrant ;
c’est une précision rarement obtenue actuellement.
- 44 -
b) Son emplacement sur la terre
Le méridien de la grande pyramide est celui qui traverse le plus de continents et
le moins de mers, et il partage exactement en deux parties égales les terres de la surface du
globe.
Fig. 38 L’ensemble des pyramides du site de Guizeh (Focus Bordas, (4), p3001)
- 45 -
Le canal d’entrée situé face au nord dans le plan méridien de la grande
Pyramide, détermine une lunette méridienne naturelle ayant une inclinaison fixe de 26°30’
sur l’horizon et permettant actuellement
l’observation circumméridienne (culmination
inférieure) de l’étoile polaire. Au moment de la
construction de la Grande Pyramide, c’était, d’après
les calculs de l’abbé Moreux, l’étoile du Dragon
qui jouait le rôle astronomique de l’étoile polaire et
culminait dans le champ visuel du canal en question.
- a 116.402m
- 51°50’
Et que : 4 / 1.27324…
- 46 -
On peut penser que les constructeurs de la Grande Pyramide ont pris : h/a
4/, d’où 8a 2h, ce qui correspond à : aire de la base / aire de la section méridienne
ou encore : périmètre de la base périmètre de la circonférence de rayon h.
Ces deux théories donneraient sur le terrain une différence inférieure à 5cm
pour les 148.2m de la hauteur et les 116.4m de la demi-base a.
On obtient environ la même marge d’erreur pour les angles : 51°51’14’’3 pour
la thèse et 51°49’38’’2 pour la thèse .
Or, le général Howard Vyse, après des séries de mesures, adopte pour ses
calculs le chiffre de 51°50’.
L’abbé Moreux, lui-même partisan de la thèse , écrit dans son livre (La science
Mystérieuse des Pharaons, p23) :« Hérodote rapporte que les prêtres égyptiens lui avaient
enseigné que les proportions établies pour la Grande Pyramide entre le côté de la base et la
hauteur étaient telles que : le carré construit sur la hauteur verticale égalait exactement la
surface de chacune des faces triangulaires ».
- 47 -
e) La Chambre du Roi
Fig. 41 Dimensions de la Chambre du Roi (Ghyka, (8), p354) Fig. 42 Coupe méridienne Nord-Sud de la
Pyramide de Chéops (Focus Bordas, (4), p3000)
Dans cette chambre du roi se trouve aussi une auge restangulaire de granit
rouge poli que l’on a longtemps arbitrairement appelée le sarcophage de Chéops, et qui
pourrait être un étalon de capacité. Sa capacité intérieure est égale à la moitié du volume
formé par les arêtes extérieures (longues de 1.97m, 0.68m, 0.85m).
f) La Chambre de la Reine
Tout comme la chambre du roi, elle décèle aussi des propriétés arithmétiques
curieuses ; si on les mesure en coudées royales, leurs carrés respectifs sont 720, 220 et 60 dont
la somme fait exactement 1000.
- 48 -
g) L’hypothèse de Jarolimek et de Kleppish
L’architecte de la Grande Pyramide a rigoureusement conçu le tracé du monument
comme une application de la section dorée, ce qui semble confirmé par la citation d’Hérodote
mentionnée plus haut.
Pour l’exécution pratique du tracé, il s’est servi d’une des deux constructions
approchées suivantes :
- 49 -
2. Un bas-relief du temple de Séti Ier à Abydos
a = 15mm b = 24mm
Les mesures indiquées ne sont pas très importantes, c’est leur rapport qui
compte : 78/39 = 2 ; 39/24 24/15 r/c = f/r = .
- 50 -
B.L’art des Grecs
1. Le Parthénon
Où Ictinos, Callicrates et Phidias nous glissent entre les doigts, c’est quand, à
l’occasion du dimensionnement des colonnes, les chiffres fournissent froidement la mesure
exacte de 10,000 mètres - consécration anticipée de la Convention Nationale Française de
1793 !!!
- 51 -
Il existe deux théories différentes quant au tracé régulateur qui a régi
l’élaboration des plans :
Fig. 47 Tracé du plan selon Hambidge (d’après Ghyka, (8), p286, et Lurçat, (12), p188)
Fig. 48 Tracé régulateur de la façade selon Hambidge (d’après Ghyka, (8), p287, et Lurçat, (12), p189)
- 52 -
b) Le rectangle Parthénon de Mlle Elisa Maillard (Grosjean, (9) p23-26,
p44)
Fig. 50 Schéma du plan du Parthénon selon Elisa Maillard (Grosjean, (9), p26)
Dans la façade
principale, le rectangle qui a
pour largeur les gradins de la
base et pour hauteur l’ensemble
gradins, colonnes et
entablement est un « rectangle
Pathénon ». C’est-à-dire que la
diagonale (13) divisée par la
médiane (12) égale .
- 53 -
Le détail de la façade du Parthénon ci-dessous est tiré du livre de J-P Grosjean
sur le nombre d’or où il essaye de démontrer que le nombre d’or est présent partout, sous
toutes ses formes, même parfois sous la forme de 8,9,ou 10. Mais nous pouvons supposer que
les mesures de ce détail, logiquement exactes, sont bien dans un rapport de entre elles.
- 54 -
C.L’architecture romane
Il faut prendre ses mesures avec précautions car, contrairement aux édifices
grecs qui étaient à joints vifs, il y a dans l’architecture romane une imprécision due aux
épaisseurs de mortier, et une autre due aux corrections apportées aux appareillages. Avec cette
double altération des hauteurs, la conception primitive ne pourra se dégager qu’indécise et
voilée.
Mais heureusement, c’est sur les seules cotes de hauteurs que portent ces
influences perturbatrices ; si l’on s’attache aux dimensions en plan, les causes d’indécisions
ou d’erreurs cessent d’exister. Or, toutes ces dimensions se cotent en nombres exacts de pieds
et pouces et l’idée d’une commune mesure n’est autre chose au fond que celle de proportions
réglées sur un module.
- 55 -
La répartition des ouvertures dans l’abside, le cœur et les chapelles annexes,
favorise l’entrée de la lumière à l’endroit où s’achève le parcours qui mène le fidèle de la mort
vers la résurrection, mais cette répartition (1, 3, 5, 8 au total) traduit une conception
symbolique du nombre. (remarque : ces nombres symboliques sont les premiers de la suite de
Fibonacci).
Fig. 54 Plan de l’église de l’abbaye de Boscodon : tracé déterminant les points remarquables
- 56 -
2. Abbaye de Chaalis (près de Paris) (Le Corbusier, (6), p194)
Il mesure :
A = 2,26m
B = 2,26m
C = 2,26m + 1,40m = 3,66m Fig. 56 Carte postale de l’abbaye de Chaalis
Puis repart mais revient de suite pour mesurer la largeur de la porte : 1,13m !
Fig. 57 Croquis fait par Le Corbusier avec les mesures A, B, C, puis la largeur de la porte
- 57 -
D.L’architecture gothique
Il est pourtant des règles qui se dégagent, entre autre celle des cotes entières et
celle des rapports simples.
Quant aux rapports simples, dans bien des cas ils se manifestent à première
vue.
Une bonne proportion entre trois éléments est plus délicate à réaliser que s’il ne
s’agit que de deux, et qu’elle nous impressionne bien moins directement. Les règles qui
régissent les proportions exigent d’abord que les rapports que nous avons à évaluer d’un coup
d’œil soient en petit nombre, pour que notre impression reste claire.
De même, il serait vain de tenter d’établir des rapports entre des éléments dont
les dimensions réelles n’appartiennent pas au même ordre de grandeur. (d’après Gromort, (10), p67)
- 58 -
1. Notre-Dame et la cathédrale de Nidaros
- 59 -
Fig. 60 Rapport direct entre le double carré et le nombe d’or(Ghyka, (8), p298,301) et Fig. 61 Tracé de la
façade de Notre-Dame selon Lund (Ghyka, (8), p313)
M. Lund avait trouvé un autre tracé gothique type partant d’un pentagone,
appelé à symétrie pentagonale rayonnante, tout comme l’esthéticien allemand Moessel.
Prenons l’exemple de la
façade Notre-Dame de Paris :
Partant de la largeur MN de la
façade, il construit deux triangles 3, 4, 5
accolés, ce qui donne un triangle de 4 de haut
pour 6 de base. Le sommet de ce triangle est
le centre de la rose. Il construit alors un
décagone d’après ce centre et trouve ainsi les
points principaux de la composition de la
façade.
Fig. 62 Tracé régulateur de la façade de Notre-
Dame selon Moessel (Lurçat, (12), p178)
- 60 -
2. La cathédrale de Strasbourg (Grosjean, (9), p30-31)
Fig. 63 Mesures suivant le nombre d’or de la façade de la cathédrale de Strasbourg (Grosjean, (9), p30)
Le tracé comporte aussi d’autres cotes qui sont entre elles dans le rapport de
ou √ :
12/11 = 11/10 = 10/9 = 9/8 = 8/7 = 7/6 =
9’/9 = 9/8’ = 8’/8 = 8/7’ = 7’/7 = √
- 61 -
E.La Renaissance
Palladio conseille, d’après Vitruve, de déterminer la hauteur d’une salle par une
moyenne proportionnelle entre ses côtés.
1. L’entre-colonnement de Vitruve
Les Grecs qui employaient constamment les colonnades, attachaient une grande
importance, non seulement aux proportions des supports eux-mêmes (c’est-à-dire à leur
hauteur exprimée en diamètres), mais à celle de l’espace vide qui sépare une colonne de la
suivante. S’inspirant des exemples grecs, Vitruve préconise cinq types d’entre-colonnements
communs à l’ordre ionique et au corinthien, où les colonnes et le vide qui les sépare ont une
proportion différente suivant que ces supports doivent être plus ou moins écartés. (Gromort, (10),
p69-71)
- 62 -
F.Le baroque
Fig. 66 Saint-André du Quirinal, Rome, Le Bernin, Plan avec tracé des axes de l’ellipse (d’après Christian
Norberg-Schulz, « Architecture baroque », Gallimard/electa, Milan, 1979, p72)
- 63 -
G.L’architecture classique française
1. Le petit Trianon
- 64 -
Analyse suivant une décomposition harmonique de la façade vers le pavillon
français.
- 65 -
En hauteur, il y a trois divisions importantes : le niveau des bandeaux de
couronnement des fenêtres du rez-de-chaussée, la base de 1’entablement, et enfin la ligne
faîtière de l'édifice donnée par le sommet de la balustrade. Les longueurs trouvées sont
respectivement de 6, de 3, et enfin de 3. Dans le sens de la largeur le rythme se présente
encore plus simplifié puisqu'il ne se manifeste que par la répétition uniforme de la longueur 6.
Toutefois, cette uniformité n'est qu'apparente ; les deux sections du milieu se groupent pour
constituer la largeur d'un unique élément : la colonnade, alors que les côtés ne comprennent
chacun qu'une longueur de 6 unités. Ces divisions structurales se subdivisent évidemment
pour apporter, en même temps que d'autres indications de hauteur ou de largeur, une plus
grande complexité. Les résultats sont visibles par les cotes échelonnées à droite du schéma
pour les hauteurs, à gauche et en haut, pour les largeurs.
- 66 -
H.Le Corbusier et Le Modulor
Fig. 70 Plan type et Fig. 71 Coupe type (Le Corbusier, « Le modulor », p135)
- 67 -
Le Corbusier trouve ainsi pour chaque détail et chaque chose une mesure qui a
sa correspondance avec les dimensions données par le Modulor.
Fig. 72 Plan et coupe types d’un appartement ; chaque dimension est donnée par le
Modulor
- 68 -
b) La stèle des mesures et le mur du hall d’entrée
A propos de la stèle des
mesures vue lors de l’ouverture du
chantier : « Devant la pierre de taille qui
trônait au milieu du chantier, chacun
pensa qu’il s’agissait véritablement de la
première pierre de l’édifice. C’était mal
connaître les théories de Le Corbusier.
En effet, ce maître du béton n’emploie
pas de pierre. Le bloc de taille n’était là
que pour représenter les proportions que
l’on trouve dans tous les calculs de la
future maison. Chaque hauteur, chaque
largeur, chaque longueur, chaque
volume correspond à cet étalon de
pierre. Il sera placé à la place d’honneur
du grand hall, au rez-de-chaussée,
puisque symboliquement, c’est sur lui
que repose la construction… » (Hebdomadaire
« V » de Marseille, numéro du 2 novembre 1947), (Le
Corbusier,(7) , p142)
Fig. 73 La stèle des mesures reprenant les 15 mesures ayant servi pour l’entièreté de la construction.
(Le Corbusier, (7), p145)
- 69 -
2. La chapelle de Notre-Dame-du-Haut ;
Ronchamps
- 70 -
III. Les
proportions et les
tracés régulateurs
sont-ils toujours
utilisés dans
l’architecture
contemporaine ?
- 71 -
A.Un tracé régulateur particulier au
programme
Ben Van Berkel et Caroline Bos proposent une alternative : ils abandonnent la
problématique de la représentation virtuelle. Ils ne projettent guère un état final concrétisé,
mais intensifient leurs efforts sur le processus de l’analyse. Afin de briser le gel de la
communication entre les différents acteurs, UN-Studio utilise et construit des diagrammes.
- 72 -
Fig. 78 Juxtaposition de tous les diagrammes ayant servis au développement des projets d’UN-Studio
(d’après Sowa, (22), p44)
Comme dans beaucoup de projets de UN-Studio, cette maison a été conçue sur
la base d’un diagramme. Dans ce cas précis, c'est le ruban de Möbius (surface à un seul bord
et à un seul côté formée par la torsion d'une bande de papier sans fin) qui a été choisi comme
outil de négociation avec le client.
- 73 -
Sans vouloir traduire littéralement ce ruban par une œuvre construite, les
architectes se sont appuyés sur certaines caractéristiques de cette forme topologique en boucle.
La propriété paradoxale du ruban de Möbius est que tous les points des deux surfaces –
externe et interne – sont accessibles en un seul mouvement continu. Au cours de ce
mouvement, l'extérieur et l'intérieur, le dessus et le dessous alternent sans que l'on soit capable
d'indiquer où se situent les points de changement. (d’après Sowa, (22), p78)
Commencer à travailler sur une maison individuelle avec une telle forme
permettait aux architectes d'orienter leur recherche et d'enrichir leurs propositions. Cette
approche, en modifiant la vision de la maison, impliquait de revoir sa disposition interne ainsi
que son rapport avec l'environnement. Dans la maison Möbius, le rapport entre les pièces – et
la circulation qui les relie – sort des schémas classiques.
Les pièces de la maison perdent leur indépendance pour devenir des stations
sur un trajet parcourant toute la maison. La boucle spatiale coïncide ici avec la boucle
temporelle des vingt-quatre heures de la vie quotidienne. Les mouvements diurnes et
nocturnes sont organisés comme un parcours le long duquel les habitants trouvent des espaces
spécifiques. (d’après Sowa, (22), p78)
- 74 -
Fig. 82 Vue de la maquette d’étude
Afin d’accentuer l’ambiguïté spatiale, les architectes utilisent des parois vitrées
pour cloisonner certains espaces et intègrent des éléments porteurs en béton armé dans
l’aménagement intérieur. Comme pour le ruban de Möbius, dont la surface est tantôt
extérieure tantôt intérieure, le caractère des différentes parties de la maison change en fonction
de la communication visuelle avec l'environnement. Au cours de la promenade à travers la
demeure, on aperçoit certains espaces aux parois entièrement vitrées, volontairement illimités,
qui sont exposés au paysage extérieur. (d’après Sowa, (22), p78)
- 75 -
Fig. 84 Plan du rez-de-chaussée
3. conclusion
Changeant à chaque fois, il ne fige pas le bâtiment dans une trame, mais permet
une évolution de la forme et de l’architecture.
- 76 -
B.L’image du passé
Ieoh Ming Pei est architecte et urbaniste américain d’origine chinoise (Canton
1917). Adepte du modernisme assoupli, il est établi à New York.
Fig. 87 Plan et façade de la pyramide du Louvre (AA, n°253, octobre 1987, p64)
- 77 -
La partie du projet visible de la voie publique se constitue d’un objet simple :
une pyramide à base carrée complètement vitrée pour répondre aux exigences d’immatérialité.
Une des questions couramment posées est la suivante : peut-on retrouver dans
la pyramide du grand Louvre les proportions de la grande pyramide de Khéops ?
On peut remarquer que les proportions des deux pyramides sont très proches.
- 78 -
C.Quand le programme l’exige !
Renzo Piano a voulu intégrer un bâtiment de grande ampleur sur une plaine
plantée d’oliviers.
La première impression est celle d’une corolle aux pétales tournés vers le ciel.
Les parois n’apparaissent pas comme des façades mais plutôt comme des enveloppes
protectrices.
(d’après http:\\www.rpwf.org\frame_works.htm et B.Buchanan, « Renzo Piano Building Workshop Complete Works », Vol.1)
« …Un stade est, par définition, un contenant : un espace destiné à être rempli
par des évènements et des spectateurs. C’est pourquoi le projet du stade de Bari repose sur
un élément central -l’espace-, que nous avons traité à deux niveaux : tension entre les pleins
et les vides, et tension entre la forme de la construction et la forme du lieu. Sous un certain
aspect, ce projet est une recherche sur les possibilités expressives du vide : le stade est
caractérisé par des failles, des compressions et des expansions qui font de ce vide l’acteur
principal du lieu… » (Renzo Piano)
(Renzo Piano , « Carnet de travail » , Edition du Seuil, Paris, 1997)
- 79 -
Le stade, de 60.000 places assises, est construit sur un système rayonnant à 22 axes.
Le complexe entier apparaît seulement dans la partie supérieure, raccordé au terrain au moyen
d’une couronne de verdure.
L’implantation sportive est générée par une géométrie qui optimise la courbe
de visibilité des spectateurs et se développe avec un système radial.
Dans ce cas, le tracé est imposé par l’exigence du programme. Les angles de
vue sont étudiés en fonction de l’homme et pour l’homme. La forme générale du stade dépend
essentiellement de ces angles de vue.
- 80 -
D.Tracé régulateur ?
1. Bernard Tschumi
a) Le concept
Jamais un parc urbain n’avait été projeté en combinant et en juxtaposant
diverses activités dans la ville. Le parc de la villette pose le problème des activités dans la
ville. Tschumi considère que la création d’événements fait autant partie de l’architecture que
l’élaboration des formes ou styles. Il dit que l’architecte peut contrôler la composition des
formes mais pas les événements qui vont s’y dérouler. Le programme du parc comprend des
ateliers, des gymnases, des terrains de jeux, des lieux d’exposition, de sport, de concerts etc..
Cela en addition au Musée des Sciences et de l’Industrie et de la cité de la musique. Le parc
peut ainsi être considéré comme un des plus grands bâtiments jamais construit, un édifice
discontinu mais possédant une structure unique, se superposant dans
certaines de ses parties avec la ville et sa banlieue. Pour Tschumi, le
concept de parc urbain ne peut être dissocié du concept de la ville.
Tschumi arrive à une solution structurelle simple: l’éclatement des
besoins programmatiques à travers l’ensemble du site en une grille
régulière de points d’intensité appelés “FOLIE”. Chaque folie
semble être isolée, nue, indifférenciée mais elle fait partie d’une
structure complexe composée de trois systèmes autonomes: les
points, les lignes et les surfaces (cf. Kandinsky). (d’après
http:\\www.tschumi.com)
- 81 -
Fig. 92 Le parc de La Villette (The Arch. Review, (24), p54)
POINTS : Les besoins programmatiques ont d’abord été éclatés en une série de
fragments répartis sur une grille.
LIGNES : Les axes piétonniers sont formés par deux axes perpendiculaires,
une promenade "cinématique" sinueuse reliant les différentes parties du parc et des allées
d’arbres reliant les différentes activités.
Fig. 93 Le parc de La Villette : un point (une folie) et une ligne (un des deux axes perpendiculaires) (The
Arch. Review, (24), p56,57)
- 82 -
b) Composition ou simulation de composition ?
A première vue, ces systèmes indépendants forment un ensemble structuré,
mais comme le dit Bernard Tschumi : « Toute composition est rendue volontairement
impossible par la superposition des différents systèmes autonomes. Sans centre ou hiérarchie,
la grille ponctuelle n’est rien d’autre qu’un simulacre de structure, une métaphore. » (AMC, n°
17, octobre 1987, p22)
« Avec La Villette est recherchée une architecture qui ne signifie rien, qui soit
une trace pure, un pur signifiant, sans signifié usuel. Que l’architecture ne soit plus
l’articulation d’un symbole et d’une interprétation, mais qu’elle soit un libre jeu de
langage. » (AMC, n°17, octobre 1987, p20)
Fig. 94 Vue tridimensionnelle du système point-ligne-surface (The Arch. Review, (24), p59)
- 83 -
E.Les principes de Philippe Samyn
La géométrie
« Nous avons l'obligation de tenter de comprendre et de questionner en
permanence. La création va de pair avec l'invention et la découverte. On peut chercher une
raison à tout et il est important d'essayer de le faire, même au risque de l'erreur qui nous
guette. Les réflexions sur la géométrie sont passionnantes. La géométrie, c'est l'abstraction,
c'est Dieu. Les grands archétypes ont leur raison d'être. Par exemple, dans un article intitulé
Physiological Beauty de Architectural Review d'avril 94, Brian Avery montre comment
géométrie et physiologie peuvent se rejoindre. L'œil au repos a une zone d'acuité parfaite
qui est définie par un rectangle d'or pour la vue à distance et par le triangle de Pythagore
3.4.5 pour la vision rapprochée. Ce genre de découverte est merveilleusement apaisante et
pourrait expliquer l'existence de règles harmoniques. Il y a un réconfort de l'âme à ce genre
de leçon. Comprendre, ou du moins avoir l'illusion de comprendre, est réjouissant.
Pour créer, il faut avoir la volonté de savoir. Il est dangereux d'échafauder des
théories fausses, d'œuvrer sur des idées secondaires. Il nous faut sans cesse continuer à
apprendre, c'est notre devoir. Une autre réflexion dont j'ai tiré profit est celle que fait le
Dominicain Van der Laan dans Architectonic space. A partir de Platon, le nombre d'or a
cohabité avec le triangle de Pythagore, alors que celui-ci est en fait plus approprié pour
proportionner un espace unidimensionnel. L'engouement de la Renaissance italienne pour le
nombre d'or est venu de Platon et elle l'a appliqué aux deux dimensions. Le Corbusier avait
une motivation de peintre qui l'attirait naturellement vers le nombre d'or. Il l'a habilement
codifié dans le Modulor, en puisant notamment chez Matila Ghyka, pour son usage, à
l'espace tridimensionnel, et à tort selon moi. Van der Laan part du volume, des trois
dimensions directement et démontre magistralement l'évidence du triangle de Pythagore pour
proportionner l'espace tridimensionnel. Pour le siège de la Compagnie Nationale à
Portefeuille, le maître d'ouvrage m'a demandé de concevoir un bâtiment d'allure classique je
l'ai proportionné selon le triangle de Pythagore, rencontrant les valeurs qu'il cherchait dans
les grands modèles qu'il m'avait cités. » (P. Samyn, (18), p14)
- 84 -
Exemples du Siège de la Compagnie Nationale à Portefeuille à Gerpinne.
2603m². Projet de 1994-1997.
- 85 -
« On peut concevoir des bâtiments d'une très haute technologie, mais dont
l'aspect repose sur une assise intellectuelle classique. Je crois plus que jamais que tradition
et modernité, tradition et invention peuvent s'accorder. Je pense beaucoup depuis trois ans à
la colonne qui est à la fois la structure et le volume parfaits ainsi qu'à son complément, la
corde tendue, qui est l'invention de la droite. II est important que les proportions de la
colonne soient justes. Elles ont souvent été maltraitées. Quand un pilier doit-il devenir une
colonne ? La colonne travaille à plein rendement et le flambage ne l'inquiète pas lorsque son
élancement géométrique est inférieur à 12. Plus élancée, la colonne utilise mal la matière. La
colonne grecque présente précisément des élancements géométriques compris entre 8 et 12.
La forme cylindrique est clairement associée à la notion de colonne dans ces proportions,
quant à la forme parallélépipédique, elle est associée à la notion de pilier dont les
élancements géométriques sont inférieurs à 8. Le pilier du temple d'Hatchepsout à Deir El
Bahari présente par exemple un élancement de 5. On retrouve cette proportion dans les
temples d'Ajanta en Inde. Une colonne d'un élancement supérieur à 12 se transforme
graduellement en poutre sujette à flexion voire en mât. On maîtrise toujours mieux un outil
dont on essaye de saisir la genèse.
- 86 -
Conclusion
Quand on voit les maisonnettes de la banlieue de Paris, les villas des dunes de
Normandie, les boulevards modernes et les expositions internationales, n'a-t-on pas la
certitude que les architectes sont des êtres inhumains, en dehors de l'ordre, loin de notre être et
qui travaillent peut-être pour une autre planète ?
C'est qu'on leur a appris un bizarre métier qui consiste à faire accomplir par les
autres, - maçons, charpentiers ou menuisiers -, des miracles de persévérance, de soin et
d'habileté, pour élever et faire tenir des éléments (toits, murs, fenêtres, portes, etc.) qui n'ont
plus rien de commun entre eux et qui n'ont vraiment pas pour but, pour résultat, d'être utiles à
quelque chose.
Les lois physiques primordiales sont simples et peu nombreuses, tout comme
les lois morales.
- 87 -
Un tracé régulateur est une assurance contre l'arbitraire : c'est l'opération
de vérification qui approuve tout travail créé dans l'ardeur, la preuve par neuf de l'écolier, le
C.Q.F.D. du mathématicien.
L’architecte ne peut pas se fier uniquement à son instinct pour créer, mais il
doit utiliser tous les outils en sa possession, tant pour s’assurer que son œuvre est belle et
agréable à regarder, que pour s’assurer du bien-être des personnes.
Mais tous les architectes qui utilisent des tracés le font pour l’homme qui est
omniprésent lors de l’élaboration d’un projet.
Les techniques anciennes de tracés n’ont donc pas disparu, elles ont évolué et
se sont multipliées pour une plus grande diversité d’espaces, d’ambiances et d’architectures.
Evidemment, certains tracés ont été omis (volontairement ou non) pour des
raisons de clarté et de compréhension. Pour compléter le sujet, il faudrait une étude plus
approfondie ainsi que quelques volumes de plus.
4
Harmonie dans la composition d’une œuvre artistique.
- 88 -
Table des matières
Remerciements
Introduction
I. Théorie : les différents tracés régulateurs
A.Généralités sur les formes
1.L’évolution (Ghyka, (8), p31)
2.Notion du beau selon Kant
3.Symbolisme de la forme
E.L’héritage roman
1.Une question
2.Les références des bâtisseurs
3.Un tracé fondamental
- 89 -
3.Le pourquoi de la théorie TK
4.La composition visuelle
5.La géométrie de la perception visuelle et l’époque médiévale.
6.La perception visuelle aujourd’hui
C.L’architecture romane
1.L’abbaye de Boscodon (Poïesis, (15), p25)
2.Abbaye de Chaalis (près de Paris) (Le Corbusier, (6), p194)
D.L’architecture gothique
1.Notre-Dame et la cathédrale de Nidaros
2.La cathédrale de Strasbourg (Grosjean, (9), p30-31)
E.La Renaissance
1.L’entre-colonnement de Vitruve
F.Le baroque
1.Saint-André du Quirinal de Le Bernin
- 90 -
A.Un tracé régulateur particulier au programme
1.UN-STUDIO / Ben van Berkel & Caroline Bos
a)Point de départ du projet, le diagramme est aussi un outil de
négociation
2.Maison Möbius, ‘t Gooi, Pays-Bas, 93-97
3.conclusion
B.L’image du passé
1.La pyramide du grand Louvre de Pei (Paris)
D.Tracé régulateur ?
1.Bernard Tschumi
2.Le parc de La Villette (Paris)
a) Le concept
b)Composition ou simulation de composition ?
Conclusion
Table des matières
Bibliographie
Revues
Autres sources
- 91 -
Bibliographie
4) Focus Bordas, « Nouvelle Encyclopédie Internationale », Volume VI, Paris, 1975, 4028
pages
8) Matila C. Ghyka, « Esthétique des proportions dans la nature et dans les arts », éd.
Gallimard (NRF), Paris, 43, rue de Beaune, 1927, 452 pages
- 92 -
10) Georges Gromort, « Essai sur la théorie de l’architecture », cours professé à l’école
nationale des Beaux-Arts de 1937 à 1940, Paris, éd. Vincent, Fréal et cie, rue des Beaux-
Arts 4, 1946, 396 pages
11) René Huyghe, « Formes et forces », de l’atome à Rembrandt, Flammarion, 1971, 431
pages
12) André Lurçat, « Formes, composition et lois d’harmonie », Tome V, éléments d’une
science de l’esthétique architecturale, éd. Vincent, Fréal et cie, Paris, Rue des Beaux-Arts
4, 420 pages
13) Andrea Palladio, « Les quatre livres de l’architecture », imprimerie d’Edme Martin, Rue
St-Jacques, au soleil d’or, éd. Arthaud, 1980, œuvre originale de 1650 traduite par Freart
de Chambray, 436 pages
16) Amos Rapoport, « Pour une anthropologie de la maison », Dunod, Collection Aspects de
l’Urbanisme, Paris, 1972, 187 pages
17) Colin Rowe, « The mathematics of the ideal villa and others essays », The MIT press,
Cambridge, Massachusetts, and London, England, 1976, 223 pages
18) Philippe Samyn et Pierre Loze, « Devenir moderne ? Entretiens sur l’art de construire »,
Pierre Mardaga éditeur, Liège, 1999, 198pages
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20) Vitruve, « Les dix livres d’architecture » corrigés et traduits en 1684 par Claude Perrault,
Pierre Mardaga éditeur, 1979, 354 pages
21) B.Buchanan, « Renzo Piano Building Workshop Complete Works », Vol.1, Londres,
Phaïdon press, 1993
Revues
23) AMC, « Les travaux de Bernard Tschumi », n°17, octobre 1987, p2-50
24) The architectural review, article de Peter Blundell Jones, « La Villette », n°1110, août
1989, p54-59
Autres sources
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