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© MEN, septembre 2018

Toute représentation ou reproduction (notamment par photocopie) intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou
de l’éditeur, est illicite et constitue une contrefaçon réprimée par le Code pénal
TABLE DES MATIERES

TABLE DES MATIERES 5

LISTE DES TABLEAUX 7

AVANT-PROPOS 9

REMERCIEMENTS 11

ABREVIATIONS ET SIGLES 13

RESUME EXECUTIF 15

CONTEXTE DE LA MISE A JOUR 15

ELABORATION PARTICIPATIVE 15

GRANDS AXES STRATEGIQUES 16

PHASAGE ET FINANCEMENT DE LA MISE EN ŒUVRE DE LA SNA 18

PREMIERE PARTIE. CONTEXTE ET JUSTIFICATION 19


1.1 L’ALPHABETISATION, UNE QUESTION INTERNATIONALE 20
1.1.1 Concept d’alphabétisation et illettrisme fonctionnel 20
1.1.2 L’Education Pour Tous 21 5
1.1.3 Le programme de développement durable et l’ODD 4 22

1.2 LES CADRES LEGAUX A MADAGASCAR 23


1.2.1 La Politique Nationale de l’Education Non Formelle » (PNENF) et la « Politique
Nationale de l’Alphabétisation et de l’Education des Adultes » (PNAEA) 23
1.2.2 Le Plan National de Développement (PND) et le Plan Sectoriel de l’Education (PSE) 23
1.2.3 Contexte général de l’alphabétisation à Madagascar 25

1.3 ETAT DES LIEUX DE LA STRATEGIE 2008 25


1.3.1 Les apprenants en alphabétisation 26
1.3.2 Les acteurs et leurs interventions 26
1.3.3 Les méthodologies et les supports 26
[Link] Les méthodologies 26
[Link] Les supports 27
1.3.4 Les conduites, le pilotage et la gouvernance 27
[Link] Les intervenants dans la conduite des actions d’alphabétisation 27
[Link] Le pilotage des actions 28
[Link] La gouvernance 28
1.3.5 L’analyse des « succès », des « échecs », des « potentialités » et des « obstacles » ou
SEPO 29

DEUXIEME PARTIE. LES GRANDS AXES STRATEGIQUES 31


2.1 LES FINALITES ET LES OBJECTIFS 32

2.2 VALEURS A PROMOUVOIR 33


2.2.1 Les Droits humains 33
2.2.2 L’Inclusivité 33
2.2.3 L’Equité 33
TABLE DES MATIERES

2.3 LES GRANDS AXES STRATEGIQUES 33


2.3.1 Axe 1 : une offre diversifiée pour un meilleur accès 34
[Link] Levier 1 : Mieux cibler les publics et des demandes d’apprentissage 34
[Link]. Levier 2 : Mobiliser toutes les parties prenantes 34

2.3.2 Axe 2 : Une offre de qualité 35


[Link] Levier 1 : Elaborer des référentiels qui déterminent des exigences qualitatives et
des échelles d’alphabétisme, développer des outils d’apprentissage adaptés à la
demande 36
[Link] Levier 2 : Une alphabétisation en 3 phases 36
[Link] Levier 3 : Un suivi et une mesure d’impact pour un meilleur accompagnement 38
[Link] Levier 4 : Des acquis valorisés 38
[Link] Levier 5 : Des intervenants aux compétences renforcées 39

2.3.3 Axe 3 : un fort ancrage institutionnel et un meilleur accompagnement des activités 39


[Link] Levier 1 : Un mécanisme de régulation et de système intégré d’information et de
gestion 40
[Link] Levier 2 : Un cadre institutionnel renforcé 40

2.3.4 Axe 4 : une communication ascendante et descendante renforcée 49


[Link] Levier 1 : Un plan de communication autour de la SNA 49
[Link] Levier 2 : Une communication descendante sur les programmes
d’alphabétisation 49
[Link] Levier 3 : Une communication ascendante pour mieux cerner les réalités
locales 49

TROISIEME PARTIE. PHASAGE ET FINANCEMENT 51


3.1 UNE LOGIQUE D’INTERVENTION EN 3 PHASES 52
3.1.1 Première phase : 2018 - 2022 52
3.1.2 Deuxième phase : 2022 - 2026 52
3.1.3 Troisième phase : 2026 - 2030 52

3.2 LE FINANCEMENT DES ACTIONS D’ALPHABETISATION 52


3.2.1 Les actions à financer 53
3.2.2 Les financements au niveau local 53
3.2.3 Les financements au niveau national 53
3.2.4 Les financements au niveau international 53
3.2.5 Remarques sur la rétribution des acteurs de base 54

BIBLIOGRAPHIE 55

SITOGRAPHIE 56

AUTRES REFERENCES (textes de lois) 57


LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1. Programme, objectifs et sous-objectifs de l’axe stratégique N°4 24


Tableau 2. Analyse SEPO 29
Tableau 3. Répartition des rôles entre l’échelon central et les services décentralisés 43
Tableau 4. Intervention des autres acteurs 47

7
AVANT-PROPOS

Le Ministère de l’Education Nationale a procédé à la mise à jour de la Stratégie Nationale de


l’Alphabétisation (SNA), initialement mise en place en octobre 2008. L’objectif en alphabétisation,
préconisée par le Plan Sectoriel de l’Education, mis en œuvre depuis 2017, vise à « faire reculer
significativement le taux d’analphabétisme en développant des sites d’alphabétisation et en les
dotant de moyens et d’encadreurs ».

La mise à jour de la SNA est principalement partie des documents de référence ci-après :

-- la Politique Nationale de l’Alphabétisation et de l’Education des Adultes (PNAEA) en tant que


composante de la Politique Nationale de l’Education Non Formelle (PNENF) ;
-- de l’objectif n°4 dans les Objectifs du Développement Durable (ODD) ;
-- du défi 14 de la Politique Générale de l’Etat (PGE) ;
-- de l’axe stratégique 4 du Plan National de Développement (PND) ;
-- de l’axe stratégique 1 de la Convention Nationale pour l’Education (CNE) ;
-- du Plan Sectoriel de l’Education (PSE) ;
-- du Document de Cadrage de l’Education Inclusive ;
-- du Cadre d’Orientation et d’Organisation du Curriculum Malagasy (COOCM).

Le principe d’inclusivité a été respecté lors de l’élaboration de ce document, impliquant des


acteurs aussi bien au niveau institutionnel qu’opérationnel, ainsi que des représentants des deux
sexes des apprenants eux-mêmes.

La synergie d’action entre les directions centrales du MEN et de ses organes rattachés, la
participation active de représentants de différents départements ministériels, ainsi que des
prestataires opérationnels en alphabétisation, ont permis d’assurer la richesse et la pertinence
des orientations stipulées dans cette SNA.
REMERCIEMENTS

Le Ministère de l’Education Nationale ne saurait certainement pas se substituer à l’ensemble de


la communauté éducative à Madagascar en particulier, et aux acteurs sectoriels en général, pour
réitérer l’importance que revêt le statut d’être lettré, pour pouvoir participer au processus de
développement du pays. Lutter contre l’analphabétisme et l’illettrisme est une œuvre de longue
haleine, et dont les actions pour atteindre les objectifs et les résultats demandent une conception
et une organisation à la hauteur des ambitions qu’on se donne, et des défis à relever.

La mise à jour de la Stratégie Nationale de l’Alphabétisation, stipulée par le Plan Sectoriel de


l’Education (PSE), arrive à point nommé, face aux expressions et aux manifestations d’intérêt
des acteurs de développement, qui souhaitent davantage apporter une contribution dans
l’alphabétisation à Madagascar. Les intérêts ne sont pas restés au niveau des aspirations, mais
étaient traduits en mobilisation concrète. Le MEN reconnaît largement cette implication dans
le processus, qui était riche sur le plan interinstitutionnel, interdisciplinaire et interculturel.
Les parties prenantes, relevant des organismes aussi bien étatiques que privés, ont répondu
favorablement à l’invitation du MEN, pour apporter des réflexions, des recommandations et des
partages dans l’élaboration de ce document de référence. A l’ensemble de ces acteurs, merci !

Le MEN est aussi chargé d’adresser particulièrement ses remerciements à l’UNESCO, pour son
appui technique et financier dans le cadre de son programme capED Pilote.

Enfin, le MEN exprime officiellement les vifs remerciements à tous ceux qui ont appuyé de près ou
de loin, le processus de travail, en l’occurrence les représentants des organismes prestataires en
alphabétisation, dont les associations et les ONG, les représentants des apprenants bénéficiaires,
les différents départements ministériels, les représentants des collectivités territoriales
décentralisées, le PNPSE, les représentants de partenaires techniques et financiers, et à l’équipe
de consultants qui a animé les étapes du travail.

A toutes et à tous, merci.

Antananarivo le

Le Ministre de l’Education Nationale


ABREVIATIONS ET SIGLES

AEA Alphabétisation et Education des FEFFI Fiombonan’Ezaka ho Fanatsarana


Adultes ny Fanabeazana eny Ifotony
AFID Alphabétisation Fonctionnelle (Partenariat pour le développement
Intensive pour le Développement de l’éducation de base)
AFISOD Alphabétisation Fonctionnelle FISC Forum International de la Société
Intégrée pour le Soutien au Civile
Développement FMBM Fikambanana Mampiely Baiboly
ALPHA Alphabétisation Malagasy
ASAMA Action Scolaire d’Appoint pour les FPB Formateurs Professionnels de Base
Malgaches Adolescents FRAM Fikambanan’ny Raiamandrenin’ny
BEPC Brevet de l’Enseignement du Mpianatra
Premier Cycle (Association des parents d’élèves)
CEPE Certificat d’Etude Primaire GD Groupes défavorisés
Elémentaire INFor Institut National de Formation
CISCO CIrconscription SCOlaire du Personnel d’Enseignement
Technique et de Formation
CNAPMAD Centre National de Production des Professionnelle
Matériels Didactiques
INFP Institut National de Formation
CND Conseil National Délibératif Pédagogique
CONFITEA Conférence Internationale pour INRAE Institut National de Recherches
l’Education des Adultes Appliquées à l’Education
COOCM Cadre d’Orientation et INENF Institut de l’Education Non Formelle
d’Organisation du Curriculum
Malagasy INSTAT Institut National de la Statistique 13
CRP Centres de Ressources Polyvalentes MINAE Ministère de l’Agriculture et de
l’Elévage
CTD Collectivités Territoriales
Décentralisées MDN Ministère de la Défense Nationale
DALPHA Direction en charge de MEEF Ministère de l’Environnement, de
l’Alphabétisation l’Ecologie et des Forêts
DCI Direction du Curricula et des MEN Ministère de l’Education Nationale
Intrants METFP Ministère de l’Enseignement
DEPA Direction de l’Education Préscolaire Technique et de la Formation
et de l’Alphabétisation Professionnelle
DERP Direction des Etudes et des MESupReS Ministère de l’Enseignement
Recherches Pédagogiques Supérieur et de la Recherche
Scientifique
DREN Direction Régionale de l’Education
Nationale MFB Ministère des Finances et du Budget
DSM Direction des Statistiques des MID Ministère de l’Intérieur et de la
Ménages Décentralisation
EA Education des Adultes MPPSPF Ministère de la Population, de
la Protection Sociale et de la
ENS Ecole Normale Supérieure Promotion de la Femme
EPIC Etablissement Public à caractère MRHP Ministères des Ressources
Industriel et Commercial Halieutiques et de la Pêche
EPM Enquête Permanente auprès des NTIC Nouvelle Technologie
Ménages de l’Information et de la
EPT Education Pour Tous Communication
FDF Formation des Formateurs ODD Objectifs de Développement Durable
ODP Outils Didactiques et Pédagogiques
OG Organisation Gouvernementale
ABREVIATIONS ET SIGLES

ONG Organisation Non Gouvernementale


OSC Organisation de la Société Civile
PMO Plan de Mise en Œuvre
PND Plan National de Développement
PCD Plan Communal de Développement
PIB Produit Intérieur Brut
PNENF Politique Nationale de l’Education
Non Formelle
PNAEA Politique Nationale en matière
d’Alphabétisation et d’Education des
Adultes
PSE Plan Sectoriel de l’Education
REPA Responsable de l’Education
Préscolaire et Alphabétisation
RSE Responsabilité Sociétale des
Entreprises
SEPA Service de l’Education Préscolaire et
de l’Alphabétisation
SIGENF Système d’Information aux fins de
Gestion de l’Education Non Formelle
SMT Sambatra ny Mahavaky Teny
TBS Taux Brut de Scolarisation
TNS Taux Net de Scolarisation
UNESCO Organisation des Nations Unies pour
l’Education et la Science
$US Unité du Dollar Américain
VOZAMA VOnjeo ny ZAza Malagasy
WEF 15 World Education Forum - 2015
ZAP Zone d’Action Pédagogique
RESUME EXECUTIF

RESUME EXECUTIF

Contexte de la mise à jour


Depuis 2017, le Ministère de l’Education Nationale et les deux autres ministères en charge
respectivement de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, et de l’enseignement
supérieur et de la recherche scientifique, ont conjointement élaboré et commencé la diffusion et
la mise en œuvre du Plan Sectoriel de l’Education à Madagascar (PSE). Outre l’enseignement
formel, le PSE définit que « les activités organisées dans le cadre de l’enseignement non formel
sont de trois ordres, à savoir l’alphabétisation, l’éducation inclusive et l’éducation à la citoyenneté
et au civisme ». C’est dans ce cadre que la mise à jour de la version de la Stratégie Nationale de
l’Alphabétisation de 2008 est prescrite, pour poursuivre les actions, en tirant les enseignements
sur sa mise en œuvre, et en développant davantage les bonnes pratiques déjà acquises.

Pour le Ministère de l’Education Nationale, qui est en charge de l’Alphabétisation, le défi est de
contribuer significativement à l’objectif national de réduction à 25 % du taux d’analphabétisme
des 15ans et plus, à l’horizon 2030. Pour ce faire, cinq axes stratégiques ont été définis1 :

• Augmenter le nombre de personnes suivant des cours d’alphabétisation, en identifiant les


analphabètes dans les zones d’intervention, et en menant des campagnes de sensibilisation
pour inciter le public cible à rejoindre les centres d’alphabétisation.
• Accroître et diversifier l’offre d’apprentissage destinée aux analphabètes et aux déscolarisés,
en implantant progressivement de sites d’alphabétisation avec financement partagé entre
l’Etat et les associations. En outre, un centre d’alphabétisation et de ressources (CAR) sera
créé dans chaque région avec un centre de documentation et une bibliothèque ouverts aux
responsables des centres d’alphabétisation environnants. 15
• Améliorer la qualité des interventions en matière d’alphabétisation, en concevant des
documents pédagogiques simples et explicites, qui seront mis à la disposition des acteurs
de l’alphabétisation, et en renforçant la capacité des personnes ressources : formateurs,
animateurs/encadreurs et alphabétiseurs, élèves-maîtres.
• Développer une alphabétisation fonctionnelle qui facilitera l’insertion ou la réinsertion scolaire
ou socio professionnelle des bénéficiaires.
• Programmer trois actions au niveau de la gestion et de la gouvernance : i) mise à jour de la
stratégie nationale d’alphabétisation, ii) mise à jour de la base de données sur l’alphabétisation
et iii) mise en place d’un système de suivi-évaluation.

La SNA peut servir de plan d’orientation pour aider les parties prenantes qui adhèrent à la lutte
contre l’analphabétisme, à agir dans une synergie d’actions collaboratives.

La Stratégie Nationale d’Alphabétisation (SNA) doit favoriser l’accès de tous à notre actuelle société
de l’information et atteindre ainsi les cibles 4.6 de l’ODD4 qui stipule qu’il faudra faire en sorte que
tous les jeunes et une proportion considérable d’adultes, hommes et femmes sachent lire écrire
et compter. Elle peut être une mesure qui contribue à la réduction des inégalités marquées entre
les sociétés fondées sur le savoir et les sociétés rudimentaires, qui restent encore de grands
obstacles à surmonter.

Elaboration participative
La SNA mise à jour est le fruit d’un processus participatif de réflexion sur la vision, les défis à
relever ainsi que sur les approches de travail adaptées et aptes à valoriser tous les intervenants,
institutionnels et opérationnels, à leur niveau de compétence respectif.

1 PSE, L’Education Nationale, Les principales stratégies du sous-secteur, axe de développement 4 : l’Education Non
Formelle, l’alphabétisation, choix d’option
RESUME EXECUTIF

Avec la communauté éducative nationale, ce processus s’est développé autour de la tenue de


consultations des différents acteurs, incluant les apprenants de différentes tranches d’âge. Les
sondages effectués en ligne ou directement au niveau de sites d’alphabétisation, ont permis de
dresser un état des lieux sur la mise en œuvre de la SNA - 2008. Les succès et les échecs, mais
également les potentialités et les obstacles en ont été principalement dégagés, et capitalisés
dans un rapport spécifique, pouvant servir non seulement à la mise à jour, mais également à tout
acteur souhaitant d’approfondir dans des recherches.

Les ateliers successifs de réflexion et de concertation, ont été l’occasion pour les représentants
de la communauté éducative nationale de faire état de leurs préoccupations, entre autres, la
qualité de la méthodologie d’approche et de la formation des intervenants, l’accès et l’attractivité,
le pilotage et le financement de l’alphabétisation à Madagascar.

Avec la contribution d’une expertise internationale, la logique dans la rédaction du document a


voulu s’ouvrir sur les expériences positives d’autres pays, pour enrichir la mise à jour. A travers
la consultation de la Plateforme Nationale de la mise en œuvre du Plan Sectoriel de l’Education
(PNPSE), la mise en cohérence des axes stratégiques a été parachevée.

Grands axes stratégiques


Finalités et objectifs

« L’alphabétisation libère l’analphabète de l’illettrisme fonctionnel et contribue à améliorer ses


moyens de subsistance, renforce les compétences individuelles et celles des communautés
locales, par l’autonomisation progressive des ménages et acteurs sociaux de base. Elle permet à
ces acteurs de mieux participer à la vie active en société et à la vie citoyenne dans les Collectivités
16 Territoriales ».

L’objectif global de la stratégie consiste à appuyer la mise en œuvre du PSE dans « la réduction à
25% du taux d’analphabétisme des 15ans et plus, en 2030 »2.

Groupes cibles

Le PSE précise que l’alphabétisation s’adresse à deux groupes cibles : les 11- 14 ans et les 15-45
ans3.

Pour les 11 à 14 ans,

• 37,5% sera le taux d’analphabétisme des jeunes et adolescents de 11 à 14 ans en 2022 et tous
les jeunes de 11 à 14 ans seront alphabétisés en 2030 ;
• 58% des analphabètes seront pris en charge par des associations non subventionnées en
2022 et 50% en 2030 ;
• 23% des analphabètes seront pris en charge par des associations subventionnées en 2022 et
en 30% en 2030 ;
• 20% des analphabètes seront pris en charge dans des centres implantés par le MEN à partir
de 2017 ;
• 70% des jeunes apprenants qui ont le niveau 1 en alphabétisation bénéficieront de
l’alphabétisation niveau 2 en 2022 et 90% en 2030 ;
• 63% des néo alphabétisés de 11-14 ans bénéficieront d’appui à l’insertion/réinsertion à l’école
fondamentale en 2021 et 75% en 2030.

2 PSE, L’Education Nationale, Les principales stratégies du sous-secteur, axe de développement 4 : l’Education Non
Formelle, l’alphabétisation, perspectives
3 PSE, L’Education Nationale, Les principales stratégies du sous-secteur, axe de développement 4 : l’Education Non
Formelle, l’alphabétisation, perspectives
RESUME EXECUTIF

Pour les 15 à 45 ans,

• 30,5% sera le taux d’analphabétisme des adultes de 15 ans et plus en 2022 et 21% en 2030
dans le cas du scénario FEC et 15,7% dans le cas du scénario ODD4 ;
• 53% des analphabètes seront pris en charge par des associations non subventionnées en
2022 et 20% en 2030 ;
• 5% des analphabètes seront pris en charge par des associations subventionnées en 2022 et
10% en 2030 ;
• 43% des analphabètes seront pris en charge dans des centres implantés par le MEN en 2022
et 70% en 2030 ;
• 70% des jeunes apprenants qui ont le niveau 1 en alphabétisation bénéficieront de
l’alphabétisation niveau 2 en 2022 et 90% en 2030 ;
• 75% des néo alphabétisés de 15-45 ans bénéficieront d’appui à l’insertion /réinsertion dans
les centres FTP ou d’AGR/métiers de base.

Dans cette perspective, le MEN s’assurera que les partenaires offrent des prestations de qualité
et que les curricula de l’alphabétisation feront place à une logique intégrative scolaire, sociale et/
ou professionnelle, tout en se conformant au Cadre d’Orientation et d’Organisation du Curricula
Malagasy (COOCM).

Au vu du contexte actuel, des résultats de l’état des lieux sur la mise en œuvre de la SNA 2008, et
des besoins qui restent à satisfaire, les quatre axes ci-après définis sont établis :

1. Une offre diversifiée pour un meilleur accès,


2. Une offre de qualité,
3. Un fort ancrage institutionnel et un meilleur accompagnement des activités,
4. Une communication ascendante et descendante renforcée.
17
Chaque axe stratégique sera promu et développé par des leviers qui vont servir de fils conducteurs
aux différentes actions et interventions.

Les axes stratégiques et leurs leviers

Axes stratégiques Leviers


Axe 1 1) Mieux cibler les publics et des demandes
d’apprentissage.
Une offre diversifiée pour un meilleur accès 2) Mobiliser toutes les parties prenantes.
1) Elaborer des référentiels qui déterminent
des exigences qualitatives et des échelles
d’alphabétisme, développer des outils adaptés à
la demande.
Axe 2 2) Une alphabétisation en 3 phases : la pré-
alphabétisation, l’alphabétisation proprement
Une offre de qualité dite et la post-alphabétisation.
3) Un suivi et une mesure d’impact pour un
meilleur accompagnement.
4) Des acquis valorisés.
5) Des intervenants aux compétences renforcées.
Axe 3
1) Un mécanisme de régulation et de système
intégré d’information et de gestion.
Un fort ancrage institutionnel et un meilleur
2) Un cadre institutionnel renforcé.
accompagnement des activités
1) Un plan de communication autour de la SNA.
Axe 4
2) Une communication descendante sur les
programmes d’alphabétisation.
Une communication ascendante et descendante
3) Une communication ascendante pour mieux
renforcée
cerner les réalités.
RESUME EXECUTIF

Phasage et financement de la mise en œuvre de la SNA


La mise en œuvre de la SNA va être échelonnée en trois phases, dont de 2018 à 2022, de 2022 à
2026 et de 2026 à 2030.

Première phase : 2018 - 2022

• Procéder à la vulgarisation et à l’appropriation de la Stratégie Nationale d’Alphabétisation ;


• Renforcer et développer les capacités d’intervention de la Direction chargée de l’Alphabétisation
et de ses partenaires publics et privés, en particulier des Acteurs de l’Education Non Formelle
et Organisations de la Société Civile œuvrant dans la réduction de l’analphabétisme ;
• Mener les activités relatives au développement des référentiels et outils didactiques et de
suivi ;
• Mettre en place un mécanisme de reconnaissance, de validation et d’accréditation des
différents programmes d’alphabétisation ;
• Mettre en place et opérationnaliser les Centres d’Alphabétisation et de Ressources (CAR) ;
• Préparer, organiser et réaliser des campagnes régionales d’alphabétisation ;
• Poursuivre les actions d’alphabétisation ;
• Développer le partenariat avec les Instituts d’enseignement supérieur public ou privé, ayant
des compétences établies dans le domaine de l’éducation non formelle et du développement ;
• Evaluer les réalisations de la phase.

Deuxième phase : 2022 - 2026

• Poursuivre les campagnes nationales de lutte contre l’analphabétisme, afin de réduire le taux
global d’illettrisme dans chaque Région de Madagascar ;
• Promouvoir les actions de post alphabétisation pour une meilleure intégration socio-
18 économique des personnes alphabétisées ;
• Evaluer les résultats de l’apprentissage dans les programmes d’alphabétisation ;
• Evaluer les réalisations de la phase.

Troisième phase : 2026 - 2030

• Intensifier les campagnes nationales de lutte contre l’analphabétisme pour atteindre les
résultats escomptés en 2030 ;
• Développer davantage les capacités des acteurs de l’alphabétisation, afin d’améliorer les
politiques, la conception des programmes, la gestion, le suivi et l’évaluation ;
• Evaluer les performances atteintes pour l’ensemble de la période 2018 - 2030 et définir les
nouvelles orientations futures.

Financement des actions d’alphabétisation

Les sources de financement pour l’alphabétisation sont diverses. Le gouvernement, le secteur


privé, la société civile, les organismes donateurs internationaux et les individus doivent apporter
une contribution significative.
PREMIERE PARTIE
CONTEXTE ET JUSTIFICATION
CONTEXTE ET JUSTIFICATION

1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Il est indispensable de recentrer l’éducation sur son objectif originel : être un outil de développement
pour l’individu et la société. Si l’on veut une éducation plus pertinente et socialement utile, il faut
redécouvrir sa valeur pratique afin qu’elle s’intègre pleinement aux processus de production et
aux différents réseaux de relations sociales. La vision d’un monde où tous savent lire et écrire a
toujours été une préoccupation majeure qui a conduit à fournir des efforts d’alphabétisation dans
tous les pays. Cette vision a pris une autre tournure, celle de l’apprentissage tout au long de la vie.

Un décalage évident entre les programmes conçus et la réalité des populations est constaté,
nécessitant l’introduction de l’éducation non formelle comme alternative, afin de mieux valoriser
l’environnement socio-économique et la spécificité culturelle des populations. Le défi de
l’éducation non formelle aujourd’hui est de permettre l’accès à l’acquisition de connaissances au
plus grand nombre, tout en conservant sa capacité d’adaptation à des situations variées.

Sur le plan international, l’UNESCO est chargée par les Nations Unies d’accorder la priorité à
l’alphabétisation en renforçant les capacités nationales, afin de généraliser des programmes
d’alphabétisation de qualité, inclusifs et respectueux de l’égalité entre les sexes, de renforcer
la diversification des modalités éducatives reposant sur la capitalisation et la diffusion de
bonnes pratiques en éducation non formelle, ainsi qu’un partenariat étroit entre institutions
gouvernementales et la société civile.

Ainsi, de par le monde, beaucoup d’activités sont mises en œuvre pour promouvoir
l’alphabétisation. Les principaux acteurs de l’éducation non formelle s’attèlent à « promouvoir des
approches holistiques, intégrées, sectorielles et intersectorielles de l’alphabétisation, à travers
20 la sensibilisation, la mise en réseaux et les activités de partenariat, et à mener des recherches
orientées vers l’action et guidées par la politique, et diffuser les résultats, afin d’améliorer la
qualité et la pertinence des politiques et des programmes d’alphabétisation ».

1.1 L’alphabétisation, une question internationale


1.1.1 Concept d’alphabétisation et illettrisme fonctionnel

Les notions d’alphabétisation et d’illettrisme sont proches. On considère que l’analphabète est
celui qui, n’étant jamais allé à l’école, n’a pas eu l’opportunité d’acquérir les compétences dites
de base. L’illettré a suivi une scolarisation, mais insuffisamment pour acquérir et conserver les
compétences requises.

Vu sous l’angle de son profil historique, l’analphabétisme a connu une signification globale qui est
l’incapacité de lire et d’écrire. Ce concept a évolué au fil des temps.

La définition adoptée par l’UNESCO en 1958 est beaucoup plus exigeante. Elle déclare analphabète
« toute personne incapable de lire et d’écrire, en le comprenant, un exposé simple de faits en
rapport avec la vie quotidienne ».

En 1978 apparaît la notion d’analphabétisme fonctionnel : selon l’UNESCO, elle désigne tout
individu « incapable d’exercer toutes les activités pour lesquelles l’alphabétisation est nécessaire
au bon fonctionnement de son groupe et de sa communauté et aussi pour lui permettre de continuer
à lire, écrire et calculer, en vue de son propre développement et de celui de sa communauté ».

Ainsi, le concept initial favorise le développement personnel, tandis que plus tard, il s’agit d’une
conception qui concerne un individu membre d’une communauté et sa participation sociale et
économique dans l’intérêt du bon fonctionnement de son groupe.
CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Ces dernières années, un nouveau concept, « literacy », a fait son apparition dans le monde de
l’alphabétisation. Il vient des pays anglophones. Ce terme va se traduire en français par trois
mots : l’alphabétisation (apprendre à lire et à écrire), l’alphabétisme (un niveau d’aptitudes à la
lecture et à l’écrit), la « littératie » (l’apprentissage de nouvelles compétences dépassant le cadre
scolaire) : selon Fernandez, se développe alors une nouvelle conception de l’alphabétisation,
dont l’enjeu n’est plus de promouvoir une culture fondée sur la littérature, ni de lutter contre
l’illettrisme selon une vision fonctionnelle de la lecture, mais de développer tout au long de la
vie et dans toute une série de situations individuelles, scolaires et sociales, un continuum entre
les différentes pratiques de lecture. Dans ce continuum vont s’inscrire les concepts nouveaux
d’alphabétisme et, plus récemment de littératie.

Plus qu’une simple mesure des compétences en lecture, la littératie sert à évaluer la façon dont
les adultes utilisent l’information écrite pour fonctionner en société.

1.1.2 L’Education Pour Tous

Partant des Déclarations de Jomtien et de Dakar, de longs processus ont débouché sur la
Déclaration d’Incheon adoptée le 21 mai 2015, lors du Forum mondial pour l’éducation 2030
(WEF 2015) en République de Corée. Cette déclaration d’Incheon définit une nouvelle vision de
l’éducation pour les quinze prochaines années et présente l’engagement pris par la communauté
éducative en faveur de l’Education et du Programme de développement durable à l’horizon 2030,
reconnaissant le rôle important de l’éducation comme principal moteur du développement.

L’éducation est un droit humain fondamental qui ouvre la voie à l’exercice d’autres droits. Pour
réaliser ce droit, beaucoup d’acteurs contribuent, à grande ou très petite échelle, avec le maximum
d’efforts qu’ils puissent faire, à un apprentissage et une éducation inclusifs et équitables de qualité,
qui soient obligatoires et gratuits, ne laissant personne de côté. Ces acteurs sont conscients
que l’éducation vise le développement de la personnalité humaine et favorise la compréhension 21
mutuelle, la tolérance, l’amitié et la paix, valeurs au cœur des citoyens Malgaches parmi tant
d’autres.

Toutefois, l’engagement de l’Education Pour Tous (EPT) en faveur du droit à l’éducation de base
pour tous n’a pas été honoré à l’échéance 2015. L’Objectif de Développement Durable (ODD),
dans son Objectif n° 4, vise donc à compléter ce programme d’éducation inachevé, en faisant
encore plus, avec l’engagement de tous les pays, d’assurer la possibilité d’accéder à égalité à des
opportunités d’apprentissage de qualité à tous les niveaux de l’éducation, dans une perspective
d’apprentissage tout au long de la vie.

Au-delà du concept classique d’un ensemble de compétences en lecture, écriture et calcul,


l’alphabétisation s’entend maintenant comme un moyen d’identification, de compréhension,
d’interprétation, de création et de communication dans un monde de plus en plus lettré et
numérique, fondé sur des textes, riche en informations et en rapide évolution.

Au Forum du Sommet Mondial sur la Société de l’Information (SMSI), la cyberadministration a


été au cœur des débats, du fait que le développement des services en ligne est directement lié
à la participation active des citoyens. Il est donc nécessaire d’accroître le niveau de participation
de toutes les parties prenantes au processus de sa mise en œuvre. L’utilisation des nouvelles
technologies de l’information et de la communication offre aussi, par ailleurs, de nombreuses
potentialités, pour justifier qu’effectivement les méthodes et les moyens d’apprendre comme
d’enseigner sont multiples.

La Stratégie Nationale d’Alphabétisation (SNA) doit favoriser l’accès de tous à notre actuelle
société de l’information. Elle peut être une mesure qui contribue à la réduction des inégalités
marquées entre les sociétés fondées sur le savoir et les sociétés rudimentaires, qui restent
encore de grands obstacles à surmonter.
Un des enjeux est d’éduquer et de préparer la population des régions moins développées à la
CONTEXTE ET JUSTIFICATION

société de l’information, et encourager la préparation à l’intégration à l’ère électronique.

Par ailleurs, à l’échelle mondiale, il existe toujours une exclusion des jeunes et des adultes
faiblement lettrés et non qualifiés, qui ne peuvent pas participer pleinement à la vie communautaire
et entrepreneuriale, dû au manque des connaissances de base que sont les capacités de lire,
d’écrire et de calculer. La SNA peut servir de plan d’orientation pour remédier à cette exclusion
de façon radicale, là où les parties prenantes adhèrent à la lutte, dans une synergie d’actions
collaboratives.

Pour faire avancer l’alphabétisation, en tant que partie intégrante de l’apprentissage tout au long
de la vie, et du Programme de développement durable à l’horizon 2030, l’UNESCO adopte les
approches suivantes, qui font la promotion de l’alphabétisation partout dans le monde, en mettant
l’accent sur les jeunes et les adultes :

• Bâtir des bases fortes par l’éducation et la protection de la petite enfance.


• Fournir une éducation de base de qualité à tous les enfants.
• Rehausser les niveaux d’alphabétisation fonctionnelle des jeunes et des adultes qui n’ont pas
les compétences d’alphabétisation fondamentales.
• Développer des environnements alphabétisés.

A leur niveau national, les pays qui adhèrent à ces objectifs, sont incités à développer une stratégie
d’action. Madagascar n’est pas en reste, car la Grande Ile a déjà eu son premier document depuis
2008. Le constat et la conscience de l’ensemble des acteurs et de la communauté éducative,
sur les opportunités et les potentialités pour aller toujours de l’avant, pour améliorer les
résultats, ont été pris en compte par le Ministère malgache de l’Education Nationale (MEN).
Depuis 2017, le MEN et les deux autres ministères en charge respectivement de l’enseignement
technique et de la formation professionnelle, et de l’enseignement supérieur et de la recherche
22 scientifique, ont conjointement élaboré et commencé la diffusion et la mise en œuvre du Plan
Sectoriel de l’Education à Madagascar (PSE). Outre l’enseignement formel, le PSE définit que «
les activités organisées dans le cadre de l’enseignement non formel sont de trois ordres, à savoir
l’alphabétisation, l’éducation inclusive et l’éducation à la citoyenneté et au civisme ». C’est dans
ce cadre que la mise à jour de la SNA 2008 est prescrite, pour poursuivre les actions, en tirant
les enseignements sur sa mise en œuvre, et en développant davantage les bonnes pratiques déjà
acquises.

1.1.3 Le programme de développement durable et l’ODD 4

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 est un engagement intergouvernemental


et un « plan d’action pour l’humanité, la planète et la prospérité ». Il se compose de 17 Objectifs
de développement durable (ODD) « intégrés et indissociables qui concilient les trois dimensions
du développement durable : économique, sociale et environnementale ».

L’ODD 4figure parmi ces objectifs et qui stipule en ces termes : « Assurer l’accès de tous à une
éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au
long de la vie ».

Et en son point 4.6, il est formulé que « d’ici à 2030, faire en sorte que tous les jeunes et une
proportion considérable d’adultes, hommes et femmes, sachent lire, écrire et compter ».

Par ailleurs, il y a lieu de faire participer les citoyens à tous les processus de l’administration
publique locale et nationale, qui, exclusivement, ne fonctionne qu’avec l’écrit.

Aussi, l’alphabétisation est un moteur du développement durable, car elle permet une participation
accrue au marché du travail, à l’amélioration de la santé et de la nutrition infantile et familiale, à
la réduction de la pauvreté et au développement des chances dans la vie.
CONTEXTE ET JUSTIFICATION

1.2 Les cadres légaux à Madagascar

1.2.1 La Politique Nationale de l’Education Non Formelle » (PNENF) et la « Politique


Nationale de l’Alphabétisation et de l’Education des Adultes » (PNAEA)

A Madagascar, la Politique Nationale de l’Education Non Formelle (PNENF)- 2003, dans sa


composante « Politique Nationale de l’Alphabétisation et de l’Education des Adultes » ou PNAEA,
reste encore un document de référence reconnu pour cadrer d’autres conceptions, vouées à
promouvoir l’apprentissage de base pour tous.

Dans la PNENF, il convient de rappeler que les groupes prioritaires se répartissent en deux
tranches d’âge : les analphabètes de ]9, 14] ans et ceux de ]15, 44] ans, priorité étant donnée
la force productive pour l’insertion et la réinsertion professionnelles. La PNAEA, quant à elle, a
stipulé des axes d’action spécifiques, tels que :

• Etendre l’accès et améliorer l’accessibilité des programmes d’alphabétisation et d’éducation


des adultes au maximum d’individus du groupe concerné ;
• Proposer des conditions efficaces pour le contexte et la réussite des apprentissages ;
• Doter le pays de capacités institutionnelles en vue d’un pilotage efficace et efficient des
programmes, des actions et des activités relatives à l’alphabétisation et l’éducation des
adultes ;
• Rendre les programmes d’alphabétisation et d’éducation des adultes pertinents par rapport à
l’économie, à l’emploi et au développement intégral de l’économie malgache ;
• Promouvoir la synergie des différents acteurs en faveur d’une véritable alphabétisation pour
le développement.

1.2.2 Le Plan National de Développement (PND) et le Plan Sectoriel de l’Education (PSE)


23
La Vision du PND est formulée en ces termes : « Bâtir un nouveau Madagascar, un Madagascar
fort, et ainsi léguer aux générations futures un pays apaisé, uni et prospère, qui aura réussi à
devenir un leader mondial de la valorisation et de la préservation de son immense capital naturel,
en se basant sur une croissance forte et inclusive, au service du développement équitable et
durable de tous les territoires ».

« Education en perte de performance d’inclusivité malgré des résultats palpables en termes


d’alphabétisation ».

Une augmentation du taux d’alphabétisation des 15 ans et plus, passant de 59,2 % en 2004 à 71,6
% en 2012,est enregistrée et surtout en faveur des hommes, des urbains et des gens de niveau de
vie élevé. En revanche, un individu de 15 ans et plus sur quatre (27 %), est sans instruction. Cette
proportion des « sans instruction » est élevée en milieu rural (près de 38 % en milieu rural contre
10 % en milieu urbain).

Les contreperformances du système éducatif sont étroitement liées aux difficultés financières
auxquelles sont en proie les parents d’élèves, puis à l’insuffisance des infrastructures scolaires.

Entre 2006 et 2012, le taux net de scolarisation dans le primaire connait une baisse d’un tiers, de
96,9 % en 2006 à 69,4 % en 2012, ce qui signifie qu’en 2012 près de 30 % d’enfants contre 3 % en
2006 ne fréquentent plus l’école primaire.

La déscolarisation est plus importante en milieu rural et touche 24 % des 6-9 ans (11,1 % en
milieu urbain) et 29 % des enfants de 10-14 ans (dont 13,4 % en milieu urbain).

Le plus grand nombre de cas d’abandon d’école ou de non scolarisation se rencontre dans les
Régions Androy, Melaky et Betsiboka.
En outre, les orphelins sont défavorisés en termes de fréquentation scolaire par rapport aux «
CONTEXTE ET JUSTIFICATION

non orphelins ».

Un des défis identifié par le PND est le : « Renforcement du système éducatif et formation
professionnelle ».

Au programme 4.2 de l’Axe stratégique n°4 du PND, où on parle du « capital humain adéquat au
processus de développement », il s’agit de promouvoir une « éducation universelle et aux normes
de l’excellence ».Ce programme est décliné en objectif, et ensuite en 3 sous-objectifs, qu’on peut
reprendre dans le tableau ci-après :

Tableau 1. Programme, objectifs et sous-objectifs de l’Axe stratégique n°4

Programme Objectifs Sous-objectifs


[Link]. Réduire de manière
significative l’analphabétisme
[Link]. Garantir une éducation
4.2.1. Se doter d’un système
4.2. Education universelle et aux de qualité pour tous
éducatif performant, conforme
normes de l’excellence [Link]. Améliorer le niveau
aux normes internationales
de satisfaction des usagers et
la fonctionnalité du système
éducatif

Spécifiquement pour l’Alphabétisation, prise comme composante à part entière de l’Education


Non Formelle, le PSE a formulé la stratégie en ces termes : « faire reculer significativement le
taux d’analphabétisme, en développant des sites d’alphabétisation et en les dotant de moyens et
d’encadreurs formés ».

24 Pour le Ministère de l’Education Nationale, en charge de l’Alphabétisation, le défi est de contribuer


significativement à l’objectif national de réduction à25 % du taux d’analphabétisme des 15ans et
plus, à l’horizon [Link] ce faire, cinq axes stratégiques ont été définis41:

• Augmenter le nombre de personnes suivant des cours d’alphabétisation, en identifiant les


analphabètes dans les zones d’intervention, et en menant des campagnes de sensibilisation
pour inciter le public cible à rejoindre les centres d’alphabétisation.
• Accroître et diversifier l’offre d’apprentissage destinée aux analphabètes et aux déscolarisés,
en implantant progressivement de sites d’alphabétisation avec financement partagé entre
l’Etat et les associations. En outre, un centre d’alphabétisation et de ressources (CAR) sera
créé dans chaque région avec un centre de documentation et une bibliothèque ouverts aux
responsables des centres d’alphabétisation environnants.
• Améliorer la qualité des interventions en matière d’alphabétisation, en concevant des
documents pédagogiques simples et explicites, qui seront mis à la disposition des acteurs
de l’alphabétisation, et en renforçant la capacité des personnes ressources : formateurs,
animateurs/encadreurs et alphabétiseurs, élèves-maîtres.
• Développer une alphabétisation fonctionnelle qui facilitera l’insertion ou la réinsertion scolaire
ou socio professionnelle des bénéficiaires.
• Programmer trois actions au niveau de la gestion et de la gouvernance : i) mise à jour de la
stratégie nationale d’alphabétisation, ii) mise à jour de la base de données sur l’alphabétisation
et iii) mise en place d’un système de suivi-évaluation.

Ces stratégies d’actions spécifiques pour la lutte contre l’analphabétisme, prévues respectivement
par le PND et le PSE, et dont la mise en œuvre est confiée au Ministère de l’Education Nationale,
sont reprises à titre de rappel, pour mettre en évidence que des décisions de renforcer les efforts
et les acquis en alphabétisation ont été prises au niveau de la politique nationale de développement
de Madagascar.
4 PSE, L’Education Nationale, Les principales stratégies du sous-secteur, axe de développement 4 : l’Education Non
Formelle, l’alphabétisation, choix d’option
CONTEXTE ET JUSTIFICATION

La mise à jour de la Stratégie Nationale d’Alphabétisation, citée dans le PSE parmi les trois
actions au niveau de la gestion et de la gouvernance de l’alphabétisation, concerne la stratégie
mise en place en 2008, et qui devrait rester le cadre de référence, jusqu’à ce que cette mise à jour
soit réalisée.

1.2.3 Contexte général de l’alphabétisation à Madagascar

Le PSE indique « qu’en 2016, les actions du MEN ont concerné près de 17 000 personnes (0,29 %
de la population totale analphabète) »2 5. L’hypothèse qu’on peut poser est celle selon laquelle,
le Ministère de l’Education Nationale se serait en principe servi de la SNA-2008, comme cadre
d’action, étant donné qu’aucun autre document n’existait entre temps.

La SNA - 2008 n’a pas formulé explicitement d’axes stratégiques, néanmoins, on peut percevoir
huit points qui peuvent servir d’orientations des actions, dont voici selon leur agencement dans
le document :

1. la répartition des rôles et des responsabilités


2. les bénéficiaires
3. les financements des actions d’alphabétisation
4. le processus d’alphabétisation
5. les acteurs
6. la gestion des actions d’alphabétisation
7. le système de suivi
8. le mécanisme et la gestion de financement

Ces points d’orientation présentent une cohérence interne. Mais avec l’évolution des contextes
socio-économiques, politiques et culturels, au niveau national et international, les documents de 25
cadrage (cités dans les paragraphes précédents) appellent une actualisation des indicateurs de
réalisation et de réussite des actions futures d’alphabétisation.

Les points d’orientation qu’on peut retrouver dans la SNA-2008doivent - de ce fait - se mettre
au diapason des jalons que l’ODD 4, le Plan National de Développement, le Plan Sectoriel de
l’Education, ont posés pour évaluer les efforts.

Les différents points d’orientation de la SNA-2008 ont fait l’objet d’un bilan général débouchant
sur un état des lieux de l’existant, permettant une mise à jour / reformulation de la stratégie.
Cette mise à jour/reformulation de la SNA-2008 tient compte des facteurs, issus d’une analyse
qualitative et quantitative de ce qui a été fait et atteint (ou non).

1.3 Etat des lieux de la stratégie 2008


L’état des lieux a consisté en une étude et une revue rapides de ce qui a été fait, par les apprenants,
parles acteurs prestataires en alphabétisation, tels que la Direction de l’Education Préscolaire
et de l’Alphabétisation (DEPA), les différentes firmes, les organismes partenaires techniques et
financiers, ainsi que les différents membres des communautés éducatives locales, régionales ou
nationales.

L’alphabétisation et les autres alternatives éducatives, en tant que composante de l’éducation


non formelle, sans jamais supplanter l’école institutionnelle, se veulent la substituer, là où elle
n’existe pas (bidonvilles, zones rurales enclavées, ou dispersées,…). Souvent, il a été ressenti
que l’école n’est pas adaptée aux besoins des jeunes et adultes (à leur emploi du temps, aux
exigences de l’économie locale, à l’environnement socioculturel dans lequel ils évoluent, …)

Force est de constater, que le taux d’abandon reste élevé, et que la mise en œuvre de projet
5 PSE, L’Education Nationale, Etat de lieux, Education Non Formelle, Alphabétisation
CONTEXTE ET JUSTIFICATION

d’éducation non formelle et de l’alphabétisation est complexe, du fait de la complexité même et


de l’hétérogénéité des populations auxquelles les actions s’adressent. Le tissu institutionnel est
fragilisé, car la politique d’ajustement structurel du pays a conduit à des réductions budgétaires
drastiques, notamment dans le domaine de la santé et de l’éducation. La difficulté d’établir des
critères d’évaluation des objectifs est un problème réel, si bien qu’on ne voit qu’un faible impact
de l’éducation non formelle dans la réduction effective de la pauvreté des ménages.

1.3.1 Les apprenants en alphabétisation

L’inventaire partagé par les acteurs prestataires interviewés pendant les consultations a permis
de faire un état sur les groupes d’apprenants ci-après, suivant leur tranche d’âge :

• 5 à 11 ans : enfants, filles et garçons, issus de familles défavorisées (prioritaire), enfants


issus des Fokontany éloignés des EPP, (pris en charge particulièrement par VOZAMA dans les
régions Amoron’Imania et Haute Matsiatra) ;
• 9 à 10 ans : pour l’apprentissage avec la méthode Ambohitsoratra et Ambatomikajy ;
• 11 à 17 ans, filles et garçons : apprenants avec la méthode ASAMA, posant comme critères
d’évaluation la réussite aux examens officiels CEPE ;
• 15 ans et plus : adultes, hommes et femmes, en majorité vulnérables.

Ces apprenants sont issus du milieu rural et urbain, dont certains sont constitués de groupes
spécifiques comme les détenus dans les prisons.

Pour les adultes, ils sont généralement en quête d’un statut plus « valorisé / valorisant » (leader),
et de capacités pour s’insérer dans des professions (emploi).

1.3.2 Les acteurs et leurs interventions


26
• 100% des ressources humaines (les alphabétiseurs, les superviseurs, le comité local
d’alphabétisation, etc.) proviennent de la commune ou du fokontany.
• Pour l’alphabétisation des adultes, les alphabétiseurs sont exclusivement de recrutement
local (proviennent de la Commune).
• Les partenaires techniques et financiers, les plus souvent évoqués par les acteurs consultés
sont : le PNUD-PLCP (Projet lutte contre la pauvreté), FIDA/PROSPERER, ADRA, DVV
international, FIVOY, TAAKSVARKY-Finland/ FFF Malagasy Mahomby, la DEPA/MEN-OSISA, le
Programme MIRINDRA, la Banque BFV/SG, l’UNICEF, l’UNESCO.
• Pour les ressources informationnelles, en vue de mettre en place et diffuser les méthodes
d’apprentissage, les prestataires suivants semblent 2avoir marqué la période 2008 - 2017
: l’Association Malagasy Mahomby, la Plateforme des associations chargées d’ASAMA et de
Post ASAMA (PACA)qui regroupe plusieurs associations, centres éducatifs et ONGs éparpillés
dans le pays, la Société biblique malagasy, l’Association Fanoitra, la FJKM -Alphabétisation
• Entre 2000 et 2007, c’était le ministère de la Population qui menait le lead pour arriver à la
SNA 2008.
• Ensuite, le ministère de l’Education Nationale, à travers la DEPA, a mis en œuvre à part entière
la politique d’alphabétisation, jusqu’à son actuelle mise à jour (2018).

1.3.3 Les méthodologies et les supports

[Link] Les méthodologies

Les méthodes reconnues et évoquées, ayant des noms, structurées et utilisant des supports à
l’apprentissage, sont :

• Pour les - 15 ans: VOZAMA, ASAMA, Ambohitsoratra ;


• Pour les adolescents de 10 à 18 ans : ASAMA ;
• Pour les + 15 ans: Post ASAMA, AFI-D, AFISOD, SMT, Méthode FJKM, REFLECT
CONTEXTE ET JUSTIFICATION

(incluant l’alphabétisation fonctionnelle et la formation technique et pré-professionnelle)

D’autres méthodes et supports ont été développés sans toutefois être capitalisées par la DEPA.

[Link] Les supports

En général, les méthodes ayant des structurations comme l’AFI-D, l’AFISOD, le SMT,
l’Ambohitsoratra, l’ASAMA, VOZAMA, ont leur kit de supports respectifs, dont des manuels de
lecture, de cahiers préconçus pour l’écriture, des manuels de calcul assortis d’exercices. Les
boîtes à images et les pochettes à lettres et à chiffres sont utilisées en auxiliaires des manuels.
Le mode d’utilisation des supports fait partie intégrante des principes pédagogiques ou
andragogiques qui composent la méthode concernée.

Pour la post alphabétisation, des brochures issues de la production de différents secteurs de


développement sont mises à profit, en plus de celles produites pour le besoin éducatif propre du
projet « client ».

Les ressources matérielles et didactiques viennent principalement des appuis issus des
partenariats techniques et financiers.

1.3.4 Les conduites, le pilotage et la gouvernance

[Link] Les intervenants dans la conduite des actions d’alphabétisation

Les organismes de type associatif, confessionnel ou non, semblent les plus actifs dans la prestation
de service en alphabétisation. Ce sont en général des organismes formellement constitués, et qui
ont désigné des chargés de l’alphabétisation dans leur organigramme.
27
Au sein de ces organismes, on entend par « intervenant », l’ensemble du personnel agissant de
façon interactive, pour mener des activités, soit pédagogiques, soit organisationnelles, autour de
la réalisation de processus d’alphabétisation.

Les intervenants sont composés par les Formateurs, les Superviseurs, les Encadreurs, les
Animateurs et les Alphabétiseurs. Comme précisé précédemment, les alphabétiseurs sont
presque tous de recrutement local.

Pour l’ensemble des intervenants, on distingue les conditions de mobilisation ci-après :

• Ils sont formés : chaque prestataire dispose de méthodologie et de plan d’action de formation,
avec des objectifs, des contenus et des modalités de réalisation propres, selon la tranche
d’âge des apprenants, à qui les cours vont être dédiés.
• Ils perçoivent des indemnités / salaires.
• Ils sont tous sous contrat à durée déterminée.

Constats :
De manière générale, le niveau de ces intervenants est adapté, sauf pour l’alphabétiseur qui peut
être recruté dans le vivier des « nouvellement alphabétisés»,faute de meilleur candidat au niveau
local.

[Link] Le pilotage des actions

Sur le plan technique et organisationnel, la conduite des processus d’apprentissage est «


pilotée » par l’organisme prestataire. A travers la mise en place et en œuvre d’un organigramme
fonctionnel souple, le prestataire gère les intervenants, en faisant surtout un suivi rapproché de
l’application des principes méthodologiques choisis.
Le prestataire qui a un mandat contractualisé avec un programme ou un projet, assure la
CONTEXTE ET JUSTIFICATION

réalisation des campagnes et des cours, en gérant les subventions allouées de façon « autonome
». Les partenaires techniques et financiers décident souvent de la méthode d’apprentissage à
utiliser, sans s’impliquer dans le suivi technique ou pédagogique de sa mise en œuvre.

Un Comité local d’alphabétisation est souvent mis en place dans les sites, assurant un appui
logistique et la sécurisation des déroulements des cours. Ces comités apportent également une
contribution dans les plaidoyers, le cas échéant où des organismes promoteurs sont à approcher
pour des demandes d’appui.

[Link] La gouvernance

Le MEN, à travers la DEPA et ses services déconcentrés, est le ministère de tutelle technique,
chargé du suivi de la mise en œuvre de la SNA [Link] est également le responsable de la
coordination administrative des interventions et de l’approbation des résultats. Voici quelques
points qui spécifient la DEPA dans son rôle :

√√Organigramme et personnel

• A l’échelon central opèrent : le Directeur, le Chef de Service, ainsi que des Chargés d’études
en éducation préscolaire, en alphabétisation et en éducation inclusive.
• Au niveau régional, c’est-à-dire pour chacune des 22 DREN, se trouve un Chef de Service
de l’Education Préscolaire et de l’Alphabétisation (SEPA). Un (1) Responsable par Centre
d’Alphabétisation et de Ressource (CAR), de niveau Maîtrise, est chargé de la mobilisation
locale, ainsi que2 Animateurs, sous l’administration du Chef SEPA, en collaboration avec la
DREN et la CISCO.
• Au niveau de chacune des 114 CISCO (district) : un (1) Responsable de l’Education Préscolaire
et de l’Alphabétisation (REPA) est désigné.
28
√√Partenariat et réalisations

Dans son rôle d’assurer la gouvernance administrative des actions d’alphabétisation, la DEPA a
permis les réalisations ci-après :

• La démocratisation de l’alphabétisation par l’accompagnement des différents acteurs,


• La prospection des anciens acteurs en alphabétisation sur l’AFID, à travers le Projet AVOTRA
2015 - 2016et l’OSISA,
• La nomination des SEPA au niveau des DREN et des REPA au niveau des CISCO à partir
de 2009,et leur intégration systématique dans toutes opportunités de formation en
alphabétisation,
• La mise en place des Centres d’Alphabétisation et de Ressource (CAR) depuis 2017,
• La mise en place (en cours), de la Plateforme en alphabétisation, sur le modèle de ce qui se
fait en « Education inclusive », dans un objectif d’harmonisation des pratiques à appliquer,
et de promotion de l’Education des Adultes,
• La mise en place d’outils d’identification des Prestataires au niveau CISCO et du système de
Fiche Primaire d’Enquête (FPE) à l’usage des Chef ZAP (collaboration avec Fokontany pour
identifier des acteurs),
• La mise en place de la plateforme ASAMA (PACA) pour faciliter la gestion des associations
œuvrant pour l’ASAMA,
• Succès de 60% à 100% aux examens officiels CEPE pour les apprenants ASAMA grâce aux
subventions de l’Etat des initiatives de la plateforme PACA depuis 2004 et les appuis d’autres
partenaires,
• L’octroi de subventions non seulement à l’ASAMA par le biais de la PACA mais aussi à
d’autres intervenants depuis 2009. Depuis 2017, l’octroi de subvention fait l’objet d’Appel à
Manifestation d’Intérêt,
• La mise en place d’un système de subvention depuis 2017 (100 Millions d’Ar), qui permet un
minimum de suivi et une meilleure prise en charge des analphabètes,
CONTEXTE ET JUSTIFICATION

• La Formation et le renforcement des capacités des acteurs,


• La démocratisation de l’alphabétisation par l’accompagnement des différents acteurs.

1.3.5 L’analyse des « succès », des « échecs », des « potentialités » et des « obstacles
» ou SEPO

L’analyse SEPO (Succès, Echecs, Potentialités, Obstacles) de la stratégie 2008 présentée ci-
dessous a permis de mieux définir les grands axes stratégiques du présent document.

Tableau 2. Analyse SEPO

SUCCES ECHECS
La diffusion de la SNA 2008 n’a pas eu lieu ;
les évènements de 2009 à Madagascar étaient
Les différentes formes de contractualisation, ont
certes un obstacle, mais l’introduction du
facilité un minimum de respect des procédures
Plan intérimaire de l’éducation à Madagascar
préétablies, et dans le cas général, elles
(PIE), en 2013, n’a pas pris en compte le volet
ont été sujettes à adéquation relative à des
de l’alphabétisation en tant que composante
chronogrammes - cadres.
importante de l’éducation non formelle des jeunes
et des adultes.
La mise en œuvre de la SNA2008 a été marquée
Des Termes De Référence (TDR) ont servi par une faible capacité de mobilisation financière.
à circonscrire le contour des engagements L’allocation de ressources publiques sous forme
contractuels entre les promoteurs et les de subventions aux projets d’alphabétisation des
prestataires, et certaines normes ont été exigés. firmes répondant aux critères d’éligibilité, n’a
connu aucune augmentation depuis 2009.
Sur l’intégration sectorielle de l’alphabétisation
dans les politiques publiques, la SNA 2008 a En ce qui concerne la rétribution des acteurs de
favorisé la reconnaissance que l’apprentissage base, comme les alphabétiseurs, ou facilitateurs,
29
en alphabétisation contribue sur beaucoup de et la reproduction des manuels des bonnes
points, à développer les autres programmes de pratiques déjà expérimentées et reconnues par
développement. La capacité de communication leurs résultats pertinents et palpables, la mise en
orale et écrite soutient la mise en œuvre des place du « fonds national » pour l’alphabétisation,
autres stratégies connexes. censé être alimenté par l’effort national et une
contribution volontaire des citoyens et structures,
Cette intégration s’illustre (encore n’a pas eu lieu, et aucune initiative dans ce sens
insuffisamment) dans la valorisation des acquis en n’a été enregistrée, ni au niveau national, ni
milieu professionnel, correspondant aux travaux et régional ou local.
aux actes d’opérateurs à la base.
La non réalisation du suivi - évaluation sur
les actions d’alphabétisation par le MEN, est
La SNA 2008 a renforcé la valorisation de ressentie en 2017, comme source de différents
l’alphabétisation en tant que vecteur de cohérence dysfonctionnements dont la difficulté de prendre
incontournable, pour atténuer les problèmes des décisions. L’attribution de « label » prévue
inhérents aux interventions tierces dans les autres pour être appliquée aux prestataires, aux firmes
secteurs de développement. et/ou aux organismes promoteurs, ne s’est pas
réalisée, alors que des critères de classification
ont été définis.
La SNA 2008 a largement contribué à l’adoption
La reconnaissance des réalisations, comme
de méthodes comme l’ASAMA, l’AFI-D, le SMT,
de la qualité des résultats des actions, se fait
comme approches pratiques qui ont accéléré le
de façon informelle (à l’occasion des Journées
processus de prise en charge des moins de 15
internationales de l’alphabétisation par exemple),
ans. En effet, les cadrages stipulés dans la SNA
mais aucun prestataire s’est vu accrédité le «
2008 ont été appliqués par les prestataires et ont
label » de « firme d’alphabétisation » ni de « firme
été reconnus comme efficaces pour résoudre
confirmée en alphabétisation », disposition prévue
les problèmes pour le choix méthodologique à
dans la SNA 2008.
appliquer selon les niveaux.
CONTEXTE ET JUSTIFICATION

SUCCES ECHECS
La SNA 2008 est perçue comme un facteur ayant
soutenu une volonté de mise en œuvre de la
politique d’insertion scolaire par le MEN.
La SNA 2008 et l’appréciation globale de sa
mise en œuvre par le MEN et ses partenaires,
ont indiscutablement facilité la décision de ce
Ministère à revaloriser l’alphabétisation pour en
faire une composante non moins importante dans
le PSE, mis en place en 2017.

POTENTIALITES OBSTACLES
La définition de « alphabétisé », tel que décrit Le manque de données fiables en matière
dans la SNA 2008, est en général acquise par d’alphabétisation est un obstacle crucial, surtout
les apprenants, et les prestataires de service en pour continuer sur une situation de référence
alphabétisation. claire et réaliste.
Les différents intervenants, faisant parties des
personnes ressources en alphabétisation citées
dans la SNA 2008, existent et sont opérationnels
dans les actions menées par les prestataires, que Même la Direction chargée de l’Alphabétisation,
ce soit pour les apprenants de moins de 15 ans ou désignée dans la SNA 2008 comme responsable du
pour les 15anset plus. volet technique, souffre en 2017 de cette absence
de bases de données actualisées, et le même
Ils sont mobilisés dans des conditions claires de obstacle est perçu à tous les niveaux.
compensation de leur travail, régi par des contrats
avec les organismes promoteurs et les partenaires
techniques et financiers qui les « emploient ».
Les méthodologies appliquées par les prestataires Une perception insuffisante de la valeur de
30 ont leur pratique de validation des acquis, et l’alphabétisation comme condition de réussite
l’établissement d’une grille compréhensible et de leurs actions par les autres secteurs de
adaptable à toutes les méthodes, proposé par la développement, se révèle un obstacle à une vision
SNA 2008, reste une priorité à poursuivre. intégrée et fonctionnelle de l’alphabétisation.
Les comités locaux d’alphabétisation,
suggérés par la SNA 2008 pour jouer le rôle
de maîtrise d’ouvrage délégué au niveau des
sites d’alphabétisation, ont été mis en place
par presque tous les prestataires et sont En résumé, dans la situation en 2017, la traduction
opérationnels. en actions des intentions politiques de la SNA 2008
n’est pas encore effective sur le plan opérationnel,
Leur présence et leur action sont parfaitement car les actions d’alphabétisation ne sont pas à
pertinentes, et à valoriser dans une synergie même de satisfaire la totalité des besoins, et
avec les autres structures dynamiques surtout, elles sont loin de couvrir l’ensemble du
et opérationnelles à la base, comme les territoire national.
associations des parents d’élève (FRAM/FEFFI),la
structure locale de concertation, les comités de
reconnaissance locale (CRL) pour les questions
sur le foncier, etc.
DEUXIEME PARTIE
LES GRANDS AXES STRATEGIQUES
LES GRANDS AXES STRATEGIQUES

2. LES GRANDS AXES STRATEGIQUES

2.1 Les finalités et les objectifs


Le droit d’apprendre constitue un des plus grands défis pour l’humanité. Aussi, la présente
Stratégie Nationale d’Alphabétisation vise comme finalité à l’horizon 2030, que :

« L’alphabétisation libère l’analphabète de l’illettrisme fonctionnel et contribue à améliorer ses


moyens de subsistance, renforce les compétences individuelles et celles des communautés
locales, par l’autonomisation progressive des ménages et acteurs sociaux de base. Elle permet à
ces acteurs de mieux participer à la vie active en société et à la vie citoyenne dans les Collectivités
Territoriales ».

L’objectif global de la stratégie consiste à appuyer la mise en œuvre du PSE dans « la réduction à
25% du taux d’analphabétisme des 15ans et plus, en 2030 »16.

Pour atteindre cet objectif, en plus des efforts consentis dans l’amélioration de l’accès, la
rétention et la qualité de l’enseignement fondamental (qui reste, à long terme, le meilleur moyen
d’accroître les taux d’alphabétisme), le gouvernement met en place une stratégie particulière
d’alphabétisation et d’éducation non formelle. Le PSE précise que l’alphabétisation s’adresse à
deux groupes cibles : les 11- 14 ans et les 15-45 ans 27.

Pour les 11 à 14 ans,

• 37,5% sera le taux d’analphabétisme des jeunes et adolescents de 11 à 14 ans en 2022 et tous
32 les jeunes de 11 à 14 ans seront alphabétisés en 2030 ;
• 58% des analphabètes seront pris en charge par des associations non subventionnées en
2022 et 50% en 2030 ;
• 23% des analphabètes seront pris en charge par des associations subventionnées en 2022 et
en 30% en 2030 ;
• 20% des analphabètes seront pris en charge dans des centres implantés par le MEN à partir
de 2017 ;
• 70% des jeunes apprenants qui ont le niveau 1 en alphabétisation bénéficieront de
l’alphabétisation niveau 2 en 2022 et 90% en 2030 ;
• 63% des néo alphabétisés de 11-14 ans bénéficieront d’appui à l’insertion/réinsertion à l’école
fondamentale en 2021 et 75% en 2030.

Pour les 15 à 45 ans,

• 30,5% sera le taux d’analphabétisme des adultes de 15 ans et plus en 2022 et 21% en 2030
dans le cas du scénario FEC et 15,7% dans le cas du scénario ODD4 ;
• 53% des analphabètes seront pris en charge par des associations non subventionnées en
2022 et 20% en 2030 ;
• 5% des analphabètes seront pris en charge par des associations subventionnées en 2022 et
10% en 2030 ;
• 43% des analphabètes seront pris en charge dans des centres implantés par le MEN en 2022
et 70% en 2030 ;
• 70% des jeunes apprenants qui ont le niveau 1 en alphabétisation bénéficieront de
l’alphabétisation niveau 2 en 2022 et 90% en 2030 ;
• 75% des néo alphabétisés de 15-45 ans bénéficieront d’appui à l’insertion /réinsertion dans

6 PSE, L’Education Nationale, Les principales stratégies du sous-secteur, axe de développement 4 : l’Education Non
Formelle, l’alphabétisation, perspectives
7 PSE, L’Education Nationale, Les principales stratégies du sous-secteur, axe de développement 4 : l’Education Non
Formelle, l’alphabétisation, perspectives
LES GRANDS AXES STRATEGIQUES

les centres FTP ou d’AGR/métiers de base.

A la lumière des données présentées ci-dessus, il convient de préciser que le Ministère,


n’ambitionne un développement massif des activités d’alphabétisation mises en œuvre directement
par lui, préférant développer des partenariats autour de la lutte contre l’analphabétisme, et
promouvoir les activités d’alphabétisation organisées par ses services déconcentrés et des
prestataires, accompagnées d’un meilleur ciblage des bénéficiaires des formations. Il s’agit d’une
stratégie du « faire-faire ». Dans cette perspective, le MEN s’assurera que les partenaires offrent
des prestations de qualité et que les curricula de l’alphabétisation feront place à une logique
intégrative scolaire, sociale et/ou professionnelle, tout en se conformant au Cadre d’Orientation
et d’Organisation du Curricula Malagasy (COOCM).

2.2 Valeurs à promouvoir


Les principes éthiques communs qui sous-tendent les valeurs à promouvoir sont : les Droits
humains, l’inclusivité et l’Equité.

2.2.1 Les Droits humains

L’éducation est un droit humain fondamental et un droit dont la jouissance permet à chacun de
comprendre et d’utiliser de nombreux autres droits.

2.2.2 L’Inclusivité

L’éducation est un bien public. L’état assume la responsabilité principale de la protection, du


respect et de la réalisation du droit à l’éducation. Effort sociétal partagé, l’éducation implique un
processus inclusif de formulation et de mise en œuvre des politiques publiques.
33
La société civile, les enseignants et les éducateurs, le secteur privé, les communautés, les
familles, les jeunes et les enfants ont tous un rôle important à jouer dans la réalisation du droit
à une éducation de qualité. Des groupes spécifiés dans le Document de cadrage de l’Education
inclusive à Madagascar, doivent être pris en charge par des approches appropriées à leur cas. On
peut évoquer les cas ci-après, qui concernent :

-- les « non scolarisés de 7 à 16 ans, en difficulté d’apprentissage pour des raisons de santé, de
déficience physique, sensorielle, mentale, ou encore pour des raisons socio-économiques,
géographiques et culturelles »,
-- « les mineurs en conflit avec la loi »,
-- les « enfants orphelins »,
-- les « enfants travailleurs »,
-- les « filles-mères ».

Le rôle de l’Etat est essentiel dans la définition et la réglementation des normes et standards,
pour que ces groupes spécifiques puissent jouir de processus d’apprentissage en alphabétisation
adapté à leur cas.

2.2.3 L’Equité

L’égalité entre les sexes est indissociable du droit à l’Education pour Tous. Réaliser l’égalité entre
les sexes exige une approche fondée sur les droits assurant aux filles et aux garçons, aux femmes
et aux hommes, non seulement l’accès et l’achèvement de cycles complets d’éducation, mais une
autonomisation à égalité, dans et par l’éducation.

Par ailleurs, il importe de réduire les inégalités entre collectivités urbaines et rurales.
LES GRANDS AXES STRATEGIQUES

2.3 Les grands axes stratégiques


Au vu du contexte actuel, des résultats de l’état des lieux sur la mise en œuvre de la SNA 2008,et
des besoins qui restent à satisfaire, les quatre axes ci-après définis sont établis :

1. Une offre diversifiée pour un meilleur accès,


2. Une offre de qualité,
3. Un fort ancrage institutionnel et un meilleur accompagnement des activités,
4. Une communication ascendante et descendante renforcée.

Chaque axe stratégique sera promu et développé par des leviers qui vont servir de fils conducteurs
aux différentes actions et interventions.

2.3.1 Axe 1 : une offre diversifiée pour un meilleur accès

Les motivations à s’inscrire dans des programmes d’alphabétisation varient considérablement


selon le profil de l’apprenant. Elles varient selon les tranches d’âge, le genre (jeunes, adultes,
femmes, hommes), le besoin ressenti. Par ailleurs, les demandes n’émanent pas uniquement
des personnes analphabètes elles-mêmes. Elles sont également exprimées par des entités
désireuses de faire réussir leurs projets, et qui pensent alors au renforcement des capacités en
« litéracie », des acteurs ou des cibles concernées par les initiatives. Répondre à cette variété
suppose de diversifier les opportunités d’alphabétisation.

Deux leviers sont fixés pour atteindre les objectifs de cet axe stratégique, dont un meilleur ciblage
des publics et des demandes, et la promotion d’une grande variété de prestataires.

[Link] Levier 1 : Mieux cibler les publics et des demandes d’apprentissage
34
La stratégie telle que proposée tient à bien spécifier les cibles.

Les groupes bénéficiaires des apprentissages, ciblés dans le système éducatif non formel selon
le PSE, sont les analphabètes et illettrés, c’est-à-dire, ceux quine sont jamais allés à l’école, ou y
ont été sans avoir pu acquérir les connaissances requises.
Dans cette stratégie, les apprenants peuvent être répartis en 2 catégories, selon les tranches
d’âge et les objectifs de formation :

• 11 à 14 ans : pris en charge soit pour la réinsertion dans le sous-cycle 2 ou 3, soit en vue de la
préparation à la formation professionnelle,
• 15 ans à 45 ans : adultes, hommes et femmes, pris en charge soit pour l’insertion
professionnelle, soit pour le renforcement de l’opérationnalité en général.

Si le MEN veillera à ce que toutes les régions de Madagascar bénéficient d’activités


d’alphabétisation, la priorité - telle que stipulée dans le PSE - est accordée aux zones les plus
touchées, à savoir toute la partie sud de l’Ile et en particulier : Androy, Anosy, Atsimo Atsinanana,
Melaky, Vatovavy Fitovinany38.

Le MEN accordera également une attention particulière à des groupes spécifiques comme les
parents d’élèves analphabètes, dans la mesure où ces derniers jouent un rôle important dans la
réussite scolaire des enfants, dans le système éducatif formel.
Répondre à la diversité des publics… et donc à une large palette de demandes et de besoins
d’alphabétisation suppose de mobiliser une grande variété de prestataires atour du MEN, chargé
de la mise en œuvre de la présente stratégie.

[Link] Levier 2 : Mobiliser toutes les parties prenantes


8 PSE, L’Education Nationale, Les principales stratégies du sous-secteur, axe de développement 4 : l’Education Non
Formelle, l’alphabétisation, les actions à mettre en œuvre, axe stratégique 1
LES GRANDS AXES STRATEGIQUES

Extrait du PSE : En plus de son rôle de leader et coordonnateur, le MEN (et notamment la DEPA)
favorisera la mise en place de centres d’alphabétisation. Un centre d’Alphabétisation et de
Ressources (CAR) sera mis en place au niveau de chaque région (DREN). Les CISCO implanteront
progressivement des sites d’alphabétisation sous leur responsabilité et inciteront les populations
locales à fréquenter ces centres. En complément de sa fonction de Centre d’Alphabétisation
pour les 11-45 ans de la communauté environnante, le CAR constitue également un espace
favorable de plaidoyer pour l’alphabétisation, ainsi qu’à la promotion soutenue des initiatives des
acteurs (Participation active dans la journée internationale de l’alphabétisation, organisation de
concours et tout évènement appelé à appuyer l’alphabétisation. Les CAR seront dotés de centre
de documentations et animés par un alphabétiseur responsable du centre.

En plus du MEN, d’autres acteurs sont invités à participer à l’effort d’alphabétisation :

• Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) : Répondre à la variété des demandes


individuelles suppose d’avoir, au niveau local (fokontany), une capacité d’identifier les
groupes cibles potentiels, de bien comprendre leurs motivations et de les inciter à s’inscrire
dans des cours d’alphabétisation adaptés à leurs demandes. Les ONG, qui sont des entités
de l’organisation de la société civile, constituent des maîtres d’œuvre de proximité par
excellence. Elles jouent un rôle très actif pour faciliter l’accès à l’alphabétisation, en menant
des campagnes de sensibilisations directes au niveau local. Le développement d’approche
plus attractive est dans ce sens à poursuivre, pour identifier les analphabètes, éveiller les
besoins d’apprentissage et mieux cibler les objectifs. Les jeunes et les adultes cachent
souvent leur situation d’analphabétisme, et appellent ainsi la mise en œuvre de démarche de
sensibilisation et de « recrutement » qui réduit les résistances et les complexes. Les ONG sont
sollicitées dans la mise en œuvre de programmes d’alphabétisation qui visent en même temps
l’extension territoriale. L’objectif en est d’atteindre les groupes ciblés par l’alphabétisation
dans des zones enclavées.
• Les autres départements ministériels sont sollicités pour participer à l’effort d’alphabétisation, 35
notamment des personnes qui travaillent dans leur secteur. Différents départements
ministériels ou sectoriels, incités à accroître la qualification de leur employé en réponse aux
exigences de plus en plus importante en terme de compétence du marché de l’emploi, ont
la responsabilité de formuler des demandes d’alphabétisation spécifiques. A Madagascar,
certains secteurs ont des potentialités évidentes à soutenir l’élaboration de curricula
spécifique. Le secteur de l’industrie « zone franche », celui de l’agriculture contractuelle,
celui des ouvriers spécialisés, sont déjà identifiés comme autant de potentiels demandeurs,
pouvant être intéressés par l’alphabétisation.
• Le secteur privé est sollicité pour accroître les compétences en litéracie de leur personnel
mais également d’autres publics potentiels dans le cadre d’actions sociales. La performance
d’un tel processus permet de développer le partenariat public-privé pour soutenir les initiatives
régionales et locales. L’existence de la démarche « RSE49 » est une opportunité à saisir pour
étendre le champ du partenariat.
• Les collectivités : Au-delà d’une éventuelle prise en charge directe des bénéficiaires, elles
ont un rôle primordial dans la capacité à mobiliser le tissu économique local pour participer
à l’effort d’alphabétisation.
• Les Partenaires Techniques et Financiers sont invités à participer à l’effort d’alphabétisation
en soutenant des initiatives, projets, programme contenant un volet alphabétisation.

L’ensemble de ces acteurs s’engagent aujourd’hui à accompagner et soutenir le MEN dans ses
objectifs d’alphabétisation.

Sur la répartition de la prise en charge des effectifs de bénéficiaires510, le PSE stipule que, d’ici 2022,
le MEN prendra en charge directement 20% des cibles 11-14 ans via l’implantation des centres
d’alphabétisation par l’Etat et appuiera les ONG via l’octroi de subventions (suite à manifestation

9 RSE signifie « Responsabilité Sociétale de l’Entreprise », et désigne les actions d’œuvre sociales que les entre-
prises se doivent de mener localement dans leur zone d’intervention.
10 PSE, modèle, l’Education Nationale, Education Non Formelle, Alphabétisation
LES GRANDS AXES STRATEGIQUES

d’intérêt), dans la mesure du possible. Pour les 15-45 ans, le MEN prendra en charge 43%des
effectifs dans les centres et appuiera également les ONG via l’octroi de subventions (suite à
manifestation d’intérêt), dans la mesure du possible611.

Il est donc attendu, des parties prenantes autre que le MEN, une participation massive à l’effort
d’alphabétisation (via la mise en œuvre de cours d’alphabétisation et /ou une forte participation
financière) pour atteindre les objectifs fixés.

2.3.2 Axe 2 : Une offre de qualité

Pour améliorer les pratiques l’alphabétisation, les paramètres suivants méritent une attention
particulière :

• Des outils de qualité, utiles et disponibles,


• Des programmes adaptés aux demandes / besoins, tant dans leurs objectifs que dans leurs
modalités de mises en œuvre,
• Un suivi / accompagnement régulier,
• Une valorisation des acquis de l’alphabétisation,
• Des alphabétiseurs compétents.

Cinq leviers sont fixés pour atteindre les objectifs de ce deuxième axe stratégique, dont (i) la
formulation de référentiels qui déterminent des échelles d’alphabétisme, (ii) une alphabétisation
en 3 phases, (iii) un suivi et une mesure d’impact pour un meilleur accompagnement, (iv) des
acquis valorisés, (v) des intervenants aux compétences renforcées.

[Link] Levier 1 : Elaborer des référentiels qui déterminent des exigences qualitatives et des
échelles d’alphabétisme, développer des outils d’apprentissage adaptés à la demande
36
Des référentiels seront formulés par les différentes parties prenantes et définiront des échelles
graduées de niveau de compétences en lien avec les objectifs de chacun des programmes
d’alphabétisation. Certains niveaux /types de compétences sont transversaux et seront dès lors
harmonisés à l’ensemble des programmes. D’autres seront plus spécifiques en fonction des
objectifs poursuivis. Tous respecteront des standards qualités définis par le MEN (compétences
de base, compétences des formateurs, validation des acquis…). Ces référentiels seront élaborés
dans une approche participative.

Les acteurs ont toute latitude à élaborer et à produire les outils et supports didactiques
assortis à leur approche méthodologique respective, que ce soit pour la pré-alphabétisation,
que l’alphabétisation proprement dite et la post-alphabétisation, tout en tenant compte des
référentiels. Ces supports seront conçus selon les objectifs spécifiques d’apprentissage des
bénéficiaires des cours, ainsi que la psychologie sociale et culturelle reconnue dominante dans
le secteur où ils vivent.

Le MEN viendra en appui aux équipes qui le souhaitent dans la formulation des outils et a pour
mission de capitaliser l’ensemble des productions pour une diffusion et un partage plus large.

Il mettra également à disposition, dans les STD, et auprès des acteurs qui le souhaitent, des
documents d’alphabétisation « de base »permettant de doter les bénéficiaires de compétences
d’alphabétisation dite de niveau 1 (AN1) - dont le profil de sortie est équivalent à la troisième
année du premier sous-cycle du fondamental - et de niveau 2 (AN2) dont le profil de sortie est
équivalent à la troisième année du deuxième sous-cycle du fondamental712.

11 PSE, L’Education Nationale, Les principales stratégies du sous-secteur, axe de développement 4 : l’Education Non
Formelle, l’alphabétisation, les actions à mettre en œuvre, axe stratégique 2
12 PSE, L’Education Nationale, Les principales stratégies du sous-secteur, axe de développement 4 : l’Education Non
Formelle, l’alphabétisation, axe stratégique 2
LES GRANDS AXES STRATEGIQUES

Un profil de sortie sera également défini, même si l’apprenant ne passe pas l’examen du CEPE,
selon son choix. Ce profil va servir de passerelle pour l’insertion de l’apprenant dans d’autres
possibilités de formation.

[Link] Levier 2 : Une alphabétisation en 3 phases

Les trois phases indispensables dont la « Pré-alphabétisation », « l’alphabétisation » et la « post-


alphabétisation », déjà prescrites dans la SNA-2008, sont privilégiées dans la mise en œuvre de
plan opérationnel d’une action d’alphabétisation.

√√La pré-alphabétisation

L’ingénierie sociale et pédagogique qui précède les conduites effectives des cours permettra
d’identifier les besoins / attentes, collectées via des outils de sondage individuel ou collectif des
apprenants.

Ces sondages concernent les potentiels bénéficiaires (directs et ou indirects) des programmes
d’alphabétisation. On peut citer :

• Les parents pour les moins de 15 ans,


• Les autorités locales,
• Les employeurs potentiels,
• Les différents services techniques sectoriels,
• Les notables traditionnels,
• Toutes communautés éducatives (OSC, Projets...) au niveau DREN, CISCO, ZAP.

Ces sondages concernent les attentes des bénéficiaires, non seulement sur leurs besoins
d’apprentissage, mais également sur les modalités d’apprentissage et notamment (liste non 37
exhaustive) : i) le profil de l’alphabétiseur qui va le prendre en charge, ii) les horaires des cours,
iii) la langue d’apprentissage, les autres différentes langues que l’apprenant souhaite apprendre.

La mutualisation des bonnes pratiques entre les prestataires d’alphabétisation s’organisera


autour de dialogue ouvert, de dispositifs d’échange et de partage dans l’objectif de mieux conduire
les séquences d’activité.

Le MEN, au niveau central comme dans ses entités déconcentrées, assurera l’animation et la
durabilité de ces dispositifs de mutualisation des bonnes pratiques, dans la conduite de la pré-
alphabétisation, dont les résultats sont à capitaliser dans les rapports annuels.

√√L’alphabétisation proprement dite

Les objectifs et les modalités de conduite des cours préserveront leur caractère « non formel
». Les éléments d’information spécifiques, recueillis lors de la phase de pré-alphabétisation,
guideront les choix pédagogiques et andragogiques, et l’approche socio-organisationnelle de la
campagne, particulièrement pour l’alphabétisation des jeunes et des adultes. Ils répondront aux
caractéristiques spécifiques des apprenants (notamment âge, motivations, disponibilité horaire).

Dans la mesure du possible, l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la


communication est largement encouragée, non seulement pour l’attractivité du processus
d’apprentissage, mais également pour « faire-apprendre » la fonction de ces outils, pour réduire
la fracture numérique dans le milieu où évolue l’apprenant. De même, les différents supports
médiatiques serviront d’outils en eux-mêmes, quand ils sont disponibles et accessibles.

Les programmes d’alphabétisation efficaces proposent au moins 320 heures de cours. Le


gouvernement encourage vivement les prestataires à appliquer cette norme.
LES GRANDS AXES STRATEGIQUES

√√La post-alphabétisation

Les programmes d’alphabétisation seront conçus en intégrant des activités de post-alphabétisation


dans l’objectif de consolider et de fonctionnaliser les acquis. Elles accompagneront les néo lettrés
à faire face aux obligations citoyennes et professionnelles et pourront s’étendre à l’acquisition
d’autres compétences comme les langues étrangères ou d’autres langages techniques
spécifiques813 écrits , liés à des domaines professionnels donnés).

L’implantation des Centres d’Alphabétisation et de Ressource (C.A.R.) sous l’égide du MEN
favorisera les opportunités de post-alphabétisation. L’implication des diverses parties prenantes
dans l’extension de ces CAR est sollicitée. L’appui des collectivités décentralisées est à ce titre
très important.

Des efforts conséquents seront faits pour les lectures de post-alphabétisation. Ceci entraîne les
actions essentielles suivantes :

• La promotion des auteurs locaux pour une production de textes simples au niveau local,
• La promotion des éditions locales pour favoriser la production de livres de petite quantité au
niveau régional, à des coûts gérables.
• Les supports écrits utilisés au niveau des FRAM et FEFFI méritent une attention particulière
pour renforcer la capacité de ces groupes à assumer leurs rôles dans la communauté
éducative.

La phase de post-alphabétisation est destinée à la promotion de l’éducation permanente et de


l’apprentissage tout au long de la vie. Des programmes d’apprentissage spécifiques, assortis de
supports préconçus quant à leur adaptabilité aux besoins des apprenants, doivent être élaborés
et mis en œuvre. Le MEN s’implique dans l’élaboration participative de ces programmes et
38 supports, en facilitant les mises en contact des différentes parties prenantes concernées par de
telles initiatives.

Pour le néo-alphabétisé sortant de la phase d’alphabétisation proprement dite, la post-


alphabétisation doit être offerte comme une opportunité pour consolider les acquis, et se préparer
à une insertion effective, soit dans d’autres processus de formation, soit dans un domaine
professionnel donné.

[Link] Levier 3 : Un suivi et une mesure d’impact pour un meilleur accompagnement

Une des clés de programme d’alphabétisation efficace et de qualité passe par une évolution
significative des performances (niveau d’alphabétisation) à l’issue des programmes.

√√Test de connaissances et d’attitudes

Les tests constitueront une grande part de l’évaluation réalisée au sein d’un système
d’alphabétisation. Ils auront lieu lors de l’inscription (mesurer le niveau initial) au cours
d’alphabétisation (mesurer la progression) et à la fin de celui-ci (mesurer le niveau final).

Ils porteront sur les connaissances acquises par les apprenants en lien avec les objectifs de
programmes, que ces connaissances relèvent de la « simple » lecture ou de compétences plus
larges, dans des domaines spécifiques.

La formulation des tests relève de la responsabilité des parties prenantes qui assurent des
programmes d’alphabétisation. Ils devront toutefois répondre à des critères, normes de qualité
édictées par le MEN et s’inscrire dans un cadre de certification validés par ce dernier s’ils veulent
être officiellement validés et reconnus.

13 Certaines analyses linguistiques récentes ont adopté l’idée que le langage se constitue historiquement, se consti-
tue à nouveau quand l’apprenant l’apprend et se constitue enfin chaque fois que quelqu’un l’utilise (Barton, 1994)
LES GRANDS AXES STRATEGIQUES

√√Evaluation de l’impact

L’étude de l’impact des actions d’alphabétisation ou de post alphabétisation sur les bénéficiaires
ira, dans la mesure du possible et de manière beaucoup plus ponctuelle, au-delà de l’examen des
curricula, des matériels et des apprenants au sein des structures institutionnelles organisées.

L’étude de l’impact sur les communautés se fera ultérieurement aux programmes d’alphabétisation
pour que les nouvelles idées/ pratiques aient le temps de se diffuser dans les communautés.
Celles-ci doivent avoir le temps d’établir des relations, d’apprendre et d’adopter de nouveaux
comportements.

De telles «périodes de pénétration» peuvent durer plusieurs mois, voire plusieurs années.

Les évaluateurs se rendront dans les communautés dans lesquelles vivent et travaillent les
apprenants et mèneront des entretiens qualitatifs sur la mise en œuvre des programmes
d’alphabétisation et le ressenti de la communauté sur i) les formateurs, ii) les apprenants, iii)
l’impact global des programmes sur la vie de la communauté…L’évaluateur doit rechercher les
conséquences prévues et non prévues de l’introduction de nouveaux agents de changement, de
nouvelles méthodes d’apprentissage et d’attitudes. Les questions évaluatives ci-après doivent
être reprises et traitées dans une approche systémique d’analyse :« Des conflits de rôles ont-ils
apparu par rapport aux rôles traditionnels ? Un nouveau groupe de dirigeants a-t-il émergé dans
ces communautés à cause des nouveaux rôles à assumer ? L’agent de changement a-t-il introduit
des actions contradictoires entraînant la destruction des initiatives locales ? Les apprenants
appliquent-ils leur apprentissage à leur travail dans la vie courante ? ».

[Link] Levier 4 : Des acquis valorisés


39
Les questions de performances, de certifications et de valorisation des acquis sont primordiales.
Les différentes parties prenantes définiront, dans une approche participative, les modalités de
certification de chacun des programmes, impliquant des mesures législatives et réglementaires
(label, accréditation, critères de classification).

Ces certifications et cadres réglementaires sont particulièrement cruciaux pour favoriser


les jeunes néo-alphabètes qui souhaitent i) s’insérer sur le marché du travail, ii) intégrer un
parcours de formation professionnelle. A ce titre, la collaboration avec le Ministère de l’Emploi,
de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, qui dispose déjà de sa politique
propre et de différents référentiels métiers, est primordiale. Les acquis en alphabétisation de
l’apprenant seront valorisés dans des cadres normatifs partagés, permettant d’assurer leur
employabilité / intégration à la formation professionnelle.

[Link] Levier 5 : Des intervenants aux compétences renforcées

La qualité des apprentissages en alphabétisation passe par la qualité des formateurs /


alphabétiseurs. Cela suggère de disposer de personnel compétent et reconnu.

Au-delà de compétences dites « andragogiques », de la capacité à développer des supports


d’alphabétisation et de s’adapter à une très grande variété d’attentes, les alphabétiseurs auront
une bonne connaissance des possibilités de post-alphabétisation, pour répondre aux éventuelles
questions des bénéficiaires sur la poursuite de leurs activités.

Les alphabétiseurs auront connaissance du tissu économique local pour une éventuelle intégration
sur le marché du travail, et une bonne connaissance des possibilités de passerelles vers d’autres
types de formation.

Des référentiels métiers et compétences seront élaborés ainsi que des outils de formation
LES GRANDS AXES STRATEGIQUES

adoptant l’approche explicite.

Pour contribuer à la formation des alphabétiseurs / formateurs, la Direction de l’Alphabétisation


sollicitera :

• L’INFP : afin d’intégrer, dans son parcours de formation des enseignants, des modules
d’alphabétisation ;
• Les Instituts d’enseignement supérieur public ou privé, ayant des compétences établies
dans le domaine de l’éducation non formelle et du développement.
• L’ensemble des parties prenantes (ONG, autres ministères, secteurs privés, PTFs) pour
contribuer à la formation des alphabétiseurs / formateurs selon les référentiels métiers et
compétences élaborés.
• De son côté, le MEN organisera des formations de 15 jours pour les alphabétiseurs en
priorisant les intervenants dans les programmes d’alphabétisation menés par le MEN, les
responsables des CAR, et ses personnels d’encadrement (animateurs/encadreurs).

Les alphabétiseurs seront des personnes issues de la localité même et ayant le diplôme
BEPC si possible. Ceux qui ont le niveau de fin de collège pourront être alphabétiseurs s’ils
démontrent leurs compétences et leurs motivations. Les formateurs d’alphabétiseurs devront
avoir le baccalauréat + 2. Seront également mobilisés des animateurs / encadreurs (chefs ZAP,
REPA,SEPA, Conseillers pédagogiques, agents de la Direction chargée de l’alphabétisation) qui
seront chargés du suivi des centres d’alphabétisation914.

Dans le même temps, des réflexions seront menées au niveau central (impliquant l’ensemble des
ministères concernés : MEN, METFP, MESupReS, MID, MFB)pour une reconnaissance officielle
du « statut » de formateurs / alphabétiseur et de la formation qui l’accompagne.

40 2.3.3 Axe 3 : un fort ancrage institutionnel et un meilleur accompagnement des activités

Deux leviers sont fixés pour atteindre les objectifs de ce troisième axe stratégique, dont (i)
un mécanisme de régulation et de système intégré d’information et de gestion, (ii) un cadre
institutionnel renforcé.

[Link] Levier 1 : Un mécanisme de régulation et de système intégré d’information et de gestion

Pour mieux piloter le secteur, la mise en place de base de données sur toutes les initiatives relatives
aux actions, sera effective et fonctionnalisée au sein du MEN et de ses services déconcentrés. Ce
SIGE sera opérationnalisé pour l’intégration des données sur l’alphabétisation, dans laquelle la
DPE sera impliquée. Le MEN s’assurera que les cadres chargés de la démarche d’évaluation sont
en nombre suffisant, disposent des compétences adéquates et des budgets de fonctionnement.

Le dispositif de suivi et d’évaluation collectera des données relatives :

• à la mise en œuvre du plan de communication,


• à la coordination des actions d’alphabétisation,
• à la réalisation et l’impact des actions d’alphabétisation.

Les données établies au niveau local (CISCO, DREN) seront actualisées annuellement, et
transmises à l’échelon central qui se chargera à son tour de rendre les informations accessibles
et utilisables par tous. « Des procédures administratives simples seront mise en œuvre pour que
quiconque qui fait, ou veut faire, de l’alphabétisation passe à la CISCO pour s’enregistrer. La DEPA
développera des canevas pour faciliter les reporting, dont une partie reprendra le modèle des
Fiches Primaire d’Enquête »1015.

14 PSE, L’Education Nationale, Les principales stratégies du sous-secteur, axe de développement 4 : l’Education Non
Formelle, l’alphabétisation, les actions à mettre en œuvre, axe stratégique 4
10 PSE, L’Education Nationale, Les principales stratégies du sous-secteur, axe de développement 4 : l’Education Non
LES GRANDS AXES STRATEGIQUES

Plusieurs outils, déjà opérationnels, seront utilisés. Les outils de suivi de l’utilisation des
subventions, à l’exemple des fiches annexées dans le « cahier de charge », déjà mis en place par
le MEN, sont maintenus et diffusés, pour atteindre tous les prestataires, y compris ceux qui ne
sont pas subventionnés. Les rapports de réalisation administrative feront l’objet de circuits bien
déterminés. Il en va de même pour le suivi pédagogique de l’alphabétisation. Les rapports seront
traités et étudiés par la DEPA pour apporter des améliorations sur la réalisation de l’action.
Des indicateurs spécifiques liés à la réalisation et à la performance seront définis de manière
participative entre la DEPA et l’ensemble des prestataires.

La mise en place du SIGE relève de La Direction de l’alphabétisation qui a notamment la


responsabilité de :

1. La collecte de toutes les informations sur les prestataires et les apprenants,


2. Le traitement et l’analyse des données et des questionnements,
3. La communication des résultats des études et recherches,
4. L’analyse des réponses et leur traduction en action,
5. La facilitation des échanges entre intervenants,
6. L’appui aux capitalisations des expériences,
7. La réalisation des recherches opérationnelles.

[Link] Levier 2 : Un cadre institutionnel renforcé

La dynamique institutionnelle permettra une forte concertation entre les acteurs, le renforcement
de partenariat, la mise en réseau, le partage d’expérience et des pratiques, la mise en cohérence
de synergie des différents intervenants tant au niveau national que régional.
Le MEN est appelé à mobiliser autour de lui et de son dynamisme, un ensemble de partenaires
issus de tous les milieux, proposant des programmes diversifiés. Le MEN dicte les orientations, 41
consolide les échanges d’expériences, capitalise et centralise un certain nombre d’informations,
accompagne les niveaux déconcentrés dans la mise en œuvre de leurs activités d’alphabétisation,
définit des critères de qualité et en assure le suivi de l’application, développe un plaidoyer pour
accroitre les ressources budgétaires et extrabudgétaires, le suivi et l’évaluation des actions,
favorise et encourage les partenariats, renforce l’assise juridique de la stratégie. Il peut apporter
un appui technique aux prestataires qui le sollicitent.
Un cadre institutionnel pertinent se distingue par une répartition cohérente des rôles, entre les
différentes parties prenantes qui s’activent dans la mise en œuvre d’une stratégie. En ce qui
concerne la SNA, cette répartition de rôle est d’abord définie entre les services centraux et les
services déconcentrés.

La coordination générale des actions d’alphabétisation revient à la Direction chargée de


l’Alphabétisation /MEN, en continuant dans le sens du principe de « démocratisation » de leur
conduite, que la DEPA a commencé à développer. La coordination promeut les valeurs et les
principes ci-après :

• Echanges appliqués entre les différents directions et services, pour la fertilisation croisée des
compétences, et la cohérence des initiatives, afin d’atteindre les objectifs du PSE.
• Certaines Directions comme celle chargée de l’Education Fondamentale (DEF), ou du
développement des curricula (DCI et DERP), l’INFP, etc., mettront leurs compétences
méthodologiques au profit des travaux collaboratifs de recherche-action et de coordination
avec la Direction chargée de l’Alphabétisation.
• Reprécisions formelles par la Direction chargée de l’Alphabétisation des taches, des rôles et
responsabilités des agents à chaque échelon, concernant l’alphabétisation.
• Les attributions réparties seront accompagnées d’action de communication et d’échanges
verticaux (MEN - Direction chargée de l’Alphabétisation vers services décentralisés et
réciproquement), et horizontaux (les services décentralisés entre eux, c’est-à-dire des DREN,
Formelle, l’alphabétisation, les actions à mettre en œuvre, axe stratégique 5
LES GRANDS AXES STRATEGIQUES

aux CISCO, jusqu’aux ZAP). Cette Direction aura à renforcer les compétences des différents
responsables à tous les niveaux.

La Direction de l’alphabétisation assurera également :

• Un diagnostic pour des actions de renforcement de capacités des STD et CTD pour la bonne
conduite des actions d’alphabétisation,
• L’élaboration et mise en place d’un système de suivi évaluation pour une gestion orientée vers
les impacts attendus (les engagements, défis, objectifs et activités concernant les actions
d’alphabétisation du PSE),
• Une facilitation de la mise en place des Plateformes et Fédérations d’associations œuvrant
dans le domaine de l’alphabétisation.

Au niveau déconcentré, les postes fonctionnels au niveau des DREN et CISCO sont maintenus
(SEPA, REPA) pour assurer des liens administratifs et techniques relatifs aux actions
d’alphabétisation. La dynamique actuelle de déconcentration de la planification et de la mise en
œuvre d’un certain nombre d’activités éducatives (comme la formation des enseignants dans le
cadre de plans régionaux de formation pluriannuels) se prolonge aux activités d’alphabétisation.
Ainsi les DREN sont chargées de piloter, au niveau local et en cohérence avec la stratégie nationale,
un programme d’interventions pluriannuelles en matière de lutte contre l’analphabétisme. Il leur
revient la responsabilité d’animer des comités locaux d’alphabétisation en favorisant, avec l’appui
des collectivités, la mobilisation locale et l’établissement de partenariats locaux.

Les autres départements ministériels sont appelés à entrer en synergie avec le Ministère de

LES GRANDS AXES STRATEGIQUES


l’Education pour assurer une meilleure cohérence des actions à mettre en œuvre. L’implication
de ces départements ministériels offre un double avantage : celui de faciliter la mise en œuvre de
leur politique sectorielle respective d’une part, et celui de se présenter en champ d’application
42 des acquis en alphabétisation d’autre part. Note particulière est adressée à l’endroit du Ministère
de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : que l’alphabétisation constitue un
champ d’investigation et de recherche-action permanents. Les résultats doivent être diffusés
auprès des praticiens pour renforcer leurs compétences.

Le MEN mettra en place un mécanisme de répartition équitable des moyens, dont :

• pour les moyens humains : le renforcement des capacités de ses ressources humaines
(échelon central et régional) et de celles des prestataires, en dégageant un budget pour
participer à la formation des alphabétiseurs ;
• pour les moyens matériels et financiers : négociation avec les autres départements
ministériels et les projets sectoriels, pour financer les actions d’alphabétisation dans des
zones que le MEN juge prioritaires. Des subventions seront octroyées aux ONG sur Appel à
Manifestation.

Les DREN et les CISCO rendront compte au niveau central de la mise en œuvre de la stratégie au
niveau local sur la base d’outils standardisés, issus de la conception concertée avec la Direction
chargée de l’Alphabétisation. Une revue spécialisée sur l’alphabétisation sera à produire par
le Ministère de tutelle, pour renforcer la visibilité et l’attractivité des actions. Des expériences
réussies des acteurs seront à diffuser dans cette revue, pour animer son contenu, et servir
d’outils de sensibilisation.

Le tableau suivant présente de façon récapitulative les grandes lignes de la répartition des rôles
entre l’échelon central et les services décentralisés :
Tableau 3. Répartition des rôles entre l’échelon central et les services décentralisés

Responsabilités
Responsabilités Responsabilités Responsabilités
Activités Direction en charge de
DREN CISCO ZAP
l’alphabétisation
Identifier les analphabètes Mettre à jour la base des Consolider les données Traiter les données collectées Collecter les données sur les
dans les zones d’interventions données collectées analphabètes
Mener des campagnes de -- Produire et diffuser des spots -- Diffuser les spots à la radio et télévision locale -- Mobiliser la communauté
sensibilisation pour inciter audio et vidéo -- Faire de l’IEC sur l’alphabétisation dans la zone d’implantation
le public cible à rejoindre le -- Faire de l’IEC sur -- Faire de l’IEC sur
centre d’alphabétisation l’alphabétisation l’alphabétisation

LES GRANDS AXES STRATEGIQUES


Mettre en place des centres -- Classer les priorités des -- Répertorier les différents besoins recensés par les différents -- Informer sur les réalités des
d’alphabétisation besoins recensés au niveau de partenaires besoins à la base
la base -- Implanter les centres d’alphabétisation -- Mobiliser les entités non
-- Piloter des actions -- Mobiliser les entités non subventionnées subventionnées
d’alphabétisation -- Soutenir et appuyer techniquement les intervenants en matière -- Soutenir et appuyer
-- Subventionner d’alphabétisation techniquement les
l’alphabétisation des intervenants en matière
apprenants d’alphabétisation
-- Mobiliser les entités non
subventionnées
Mettre en place des Centres -- Construire et équiper des CAR -- Préparer la mise en place de -- (le cas échéant) -- Orienter les acteurs
d’Alphabétisation et de -- Concevoir la stratégie pour la CAR -- Préparer la mise en place de d’alphabétisation vers le CAR
Ressource (CAR) au niveau de mise en fonction durable du -- Rendre fonctionnel le CAR CAR si besoin
chaque DREN CAR : affecter des personnes -- Rendre fonctionnel le CAR
-- Assurer un suivi - ressources, assurer le : affecter des personnes
accompagnement des CAR fonctionnement, assurer la ressources, assurer le
-- Concevoir et mettre en œuvre sécurité fonctionnement, assurer la
un système d’évaluation de sécurité
performance des CAR -- Orienter les acteurs
d’alphabétisation vers le CAR
si besoin
43
Responsabilités
Responsabilités Responsabilités Responsabilités
Activités Direction en charge de
DREN CISCO ZAP
l’alphabétisation
Alphabétisation -- Identifier avec l’ensemble -- Inventorier les écoles d’insertion et centres de formation socioprofessionnelle existants
pour l’insertion et des parties prenantes les -- Faciliter l’insertion/réinsertion scolaire ou socio professionnelle des néo alphabétisés en
réinsertion scolaire ou possibilités de passerelles rapprochant les établissements de formation et le tissu économique local des programmes
socio professionnelle : entre alphabétisation et d’alphabétisation
alphabétisation fonctionnelle formation professionnelle
ainsi qu’entre alphabétisation
et emploi
Mettre à la disposition des -- Inventorier et capitaliser les curriculums, manuels et supports pédagogiques existants Diffuser les informations sur les
acteurs d’alphabétisation des -- Diffuser les informations sur les différentes méthodologies différentes méthodologies
documents pédagogiques

LES GRANDS AXES STRATEGIQUES


Renforcer la capacité des -- Former les personnes -- Faciliter l’identification de personnes ressources régionales et/ Assurer le suivi des actions
personnes ressources : ressources ou locales d’alphabétisation
formateurs, animateurs / -- Assurer la qualité de la -- Former les personnes ressources
encadreurs, alphabétiseurs et formation et de la gestion -- Assurer la qualité de la formation et de la gestion des
élèves maîtres des différentes personnes différentes personnes
ressources -- Assurer le suivi des actions d’alphabétisation
-- Assurer le suivi des actions
d’alphabétisation
Mettre à jour la Stratégie -- Elaborer la SNA
Nationale d’Alphabétisation -- Vulgariser la nouvelle SNA
-- Informer les acteurs sur la SNA
-- Mettre en œuvre la SNA
-- Assurer le suivi de la mise en œuvre de la SNA
Mettre à jour les textes et Promulguer les textes et Vulgariser les textes et documents de cadrage et veiller à leurs applications
documents de cadrage relatifs documents de cadrage et veiller
à l’alphabétisation à leurs applications
44
Responsabilités
Responsabilités Responsabilités Responsabilités
Activités Direction en charge de
DREN CISCO ZAP
l’alphabétisation
Mettre à jour la base de -- Elaborer /mettre à jour la -- Consolider les rapports sur -- Tenir un cahier Récolter les Fiches Primaires
données Fiche Primaire d’Enquête les actions d’alphabétisation d’enregistrement des d’Enquête remplies, vérifier et
-- Tenir une base de données provenant des CISCO associations et ONG œuvrant les transmettre à la CISCO
fiable et à jour -- Distribuer les Fiches dans l’alphabétisation
Primaires d’Enquête aux -- Faire un rapport
CISCO et/ou dans les centres périodique sur les actions
-- Consolider les Fiches d’alphabétisation
Primaires d’Enquête remplies -- Distribuer les Fiches
venant des CISCO et les Primaires d’Enquête dans les
transmettre à la Direction de centres d’alphabétisation

LES GRANDS AXES STRATEGIQUES


la Planification de l’Education -- Vérifier et traiter les Fiches
(DPE) Primaires d’Enquête remplies
et les transmettre à la DREN
Mettre en place le système de -- Concevoir le système de suivi Effectuer des encadrements pédagogiques des animateurs/ Assurer le suivi des activités
suivi et d’évaluation - évaluation des actions alphabétiseurs d’alphabétisation
-- Assurer le suivi en donnant un
appui technique
-- Effectuer des encadrements
pédagogiques des
animateurs/alphabétiseurs
-- Organiser des revues des
actions d’alphabétisation
45
LES GRANDS AXES STRATEGIQUES

Les responsabilités des entités, comme les ONG, les autres départements ministériels, les
collectivités, et d’autres entités non étatiques, qui se chargent généralement des interventions
opérationnelles, se distinguent de celle du MEN et de ses STD.

LES GRANDS AXES STRATEGIQUES


46
Tableau 4. Intervention des autres acteurs

Autres départements
Activités ONG Secteur Privé Collectivités PTFs
ministériels
Identifier les Notamment dans les Identifier les potentiels Identifier les potentiels Appuyer les intervenants
analphabètes dans les zones très reculées bénéficiaires au sein de bénéficiaires au sein de locaux à identifier les
zones d’interventions leur secteur d’activités leur secteur d’activités potentiels bénéficiaires
Mener des campagnes Notamment dans les Au sein de leur secteur Au sein de leur secteur Au sein de leurs zones Appuyer le plaidoyer au
de sensibilisation pour zones très reculées géographiques niveau national
inciter le public cible
à rejoindre le centre
d’alphabétisation
Alphabétisation Développer, conjointement Participer au Participer au Rapprocher le tissu Prioriser le financement

LES GRANDS AXES STRATEGIQUES


pour l’insertion et avec les organisations développement développement économique local de programme
réinsertion scolaire ou professionnelles locales, de programmes de programmes des prestataires d’alphabétisation
socio professionnelle des programmes d’alphabétisation d’alphabétisation d’alphabétisation. favorisant l’insertion
: alphabétisation permettant l’employabilité favorisant l’employabilité favorisant l’employabilité professionnelle
fonctionnelle des apprenants dans leurs secteurs dans leurs secteurs
d’activité et/ou d’activité.
l’insertion en formation
professionnelle
Mettre à la disposition Participer au Participer au Participer au Participer au Participer au
des acteurs développement d’outils de développement d’outils de développement d’outils de développement d’outils de développement d’outils de
d’alphabétisation des formation formation formation formation formation
documents pédagogiques
Renforcer la capacité Participer au Participer au Participer au Participer au
des personnes développement et à développement et à développement et à développement et à
ressources : formateurs, la mise en œuvre de la mise en œuvre de la mise en œuvre de la mise en œuvre de
animateurs /encadreurs, programme de formation programme de formation programme de formation programme de formation
alphabétiseurs et élèves d’alphabétiseurs d’alphabétiseurs d’alphabétiseurs d’alphabétiseurs
maitres
47
Autres départements
Activités ONG Secteur Privé Collectivités PTFs
ministériels
Mettre à jour la base de Collecter les informations Collecter les informations Collecter les informations Collecter les informations
données sur les publics et sur les publics et sur les publics et sur les publics et
les modalités des les modalités des les modalités des les modalités des
programmes et les programmes et les programmes et les programmes et les
communiquer à la CISCO communiquer à la CISCO communiquer à la CISCO communiquer à la CISCO
et/ou DREN et/ou niveau et/ou DREN et/ou niveau et/ou DREN et/ou niveau
central central central

LES GRANDS AXES STRATEGIQUES


48
CONTEXTE ET JUSTIFICATION

2.3.4 Axe 4 : une communication ascendante et descendante renforcée

L’absence d’un plan d’action de dissémination et de vulgarisation de la précédente stratégie


explique la faiblesse de sa mise en œuvre. L’étude préliminaire a révélé une faible connaissance
et une absence d’appropriation de la stratégie d’alphabétisation au sein du MEN.

Cette situation a eu des répercussions négatives considérables, sur la prise de responsabilité et


le respect des engagements des acteurs et de toute la communauté éducative en général.

Trois leviers sont fixés pour atteindre les objectifs de ce troisième axe stratégique, dont (i) un plan
de communication autour de la SNA, (ii) une communication descendante sur les programmes
d’alphabétisation, (iii) une communication ascendante pour mieux cerner les réalités locales.

[Link] Levier 1 : Un plan de communication autour de la SNA

Le MEN développera un plan de communication approprié pour une large diffusion de la SNA (ses
valeurs, ses objectifs et son contenu)en impliquant et responsabilisant les parties prenantes de
façon permanente (conception et recherche-action de méthodes et de supports, formation des
intervenants, réalisation des cours, post-alphabétisation, etc.…).

Des indicateurs de performance seront développés pour évaluer de façon continue, les campagnes
de diffusion réalisées et leurs effets.

Une base de données spécifique sur la mise en œuvre du plan de communication sur
l’alphabétisation sera mise en place.

[Link] Levier 2 : Une communication descendante sur les programmes d’alphabétisation


49
En amont, les communications sur la SNA toucheront les institutions comme la Chambre haute,
la Chambre basse, les départements ministériels et leurs services déconcentrés, les partenaires
techniques et financiers. En aval, les communications prioriseront les communes en tant que
collectivités territoriales décentralisées, les entités de l’organisation de la société civile, les
groupements professionnels et syndicaux ainsi que les groupes analphabètes et les communautés
éducatives en général.

Cette campagne de communication permanente relève des attributions du MEN, telles que les
DREN, les CISCO et les ZAP, en collaboration avec tous les acteurs de l’Alphabétisation, et les
moyens adéquats seront mis à disposition pour le faire.

La Direction chargée de l’Alphabétisation animera une recherche-action permanente sur la


stratégie de communication, en capitalisant les bonnes pratiques partagées par les DREN, les
CISCO, les ZAP ainsi que les autres entités œuvrant en matière d’alphabétisation.

[Link] Levier 3 : Une communication ascendante pour mieux cerner les réalités locales

Le rôle des ONG est essentiel dans la communication ascendante, de par leur statut d’acteur
de proximité. Les outils et les procédures techniques pour faciliter cette communication seront
développés avec l’appui des structures décentralisées du MEN.

Les ONG et les entreprises socio-éducatives œuvrant dans l’alphabétisation contribueront à la


vulgarisation des informations sur la SNA. En effet, ces institutions présentent d’importantes
potentialités, pour remonter d’une part les demandes de leurs membres en matière
d’alphabétisation, et d’autre part, pour consolider les relations de partenariat et de collaboration
avec l’ensemble des parties prenantes.
T E
EN
A V
A L
D IT
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N T
I
TROISIEME PARTIE
PHASAGE ET FINANCEMENT
PHASAGE ET FINANCEMENT

3. PHASAGE ET FINANCEMENT

3.1 Une logique d’intervention en 3 phases


La logique d’intervention s’articule autour de 3 phases.

3.1.1 Première phase : 2018 - 2022

• Procéder à la vulgarisation et à l’appropriation de la Stratégie Nationale d’Alphabétisation.


• Renforcer et développer les capacités d’intervention de la Direction chargée de l’Alphabétisation
et de ses partenaires publics et privés, en particulier des Acteurs de l’Education Non Formelle
et Organisations de la Société Civile œuvrant dans la réduction de l’analphabétisme.
• Mener les activités relatives au développement des référentiels et outils didactiques et de
suivi
• Mettre en place un mécanisme de reconnaissance, de validation et d’accréditation des
différents programmes d’alphabétisation
• Mettre en place et opérationnaliser les Centres d’Alphabétisation et de Ressources (CAR).
• Préparer, organiser et réaliser des campagnes régionales d’alphabétisation.
• Poursuivre les actions d’alphabétisation.
• Développer le partenariat avec les Instituts d’enseignement supérieur public ou privé, ayant
des compétences établies dans le domaine de l’éducation non formelle et du développement.
• Evaluer les réalisations de la phase.

Remarque : le plan d’action établi dans le cadre du PSE servira de base pour conduire toutes les
initiatives et les activités de cette période. La simulation sur les données quantitatives qui y sont
52 avancées pourra être prise pour orienter l’évolution statistique des réalisations.

3.1.2. Deuxième phase : 2022 - 2026

• Poursuivre les campagnes nationales de lutte contre l’analphabétisme, afin de réduire


le taux global d’illettrisme dans chaque Région de Madagascar.
• Promouvoir les actions de post alphabétisation pour une meilleure intégration socio-
économique des personnes alphabétisées.
• Evaluer les résultats de l’apprentissage dans les programmes d’alphabétisation.
• Evaluer les réalisations de la phase.

3.1.1 Troisième phase : 2026 - 2030

• Intensifier les campagnes nationales de lutte contre l’analphabétisme pour atteindre les
résultats escomptés en 2030.
• Développer davantage les capacités des acteurs de l’alphabétisation, afin d’améliorer les
politiques, la conception des programmes, la gestion, le suivi et l’évaluation.
• Evaluer les performances atteintes pour l’ensemble de la période 2018 - 2030 et définir les
nouvelles orientations futures.

3.2 Le financement des actions d’alphabétisation


Les sources de financement pour l’alphabétisation sont diverses. Le gouvernement, le secteur
privé, la société civile, les organismes donateurs internationaux et les individus doivent apporter
une contribution significative.
PHASAGE ET FINANCEMENT

3.2.1 Les actions à financer

Ce financement concerne au minimum la formation, la gestion de ressources humaines, les


actions d’alphabétisation proprement dite, le suivi et reporting des activités, les matériels
didactiques ainsi que les différents appuis aux apprenants pour la réalisation de l’action.

Chaque action identifiée et programmée fera l’objet d’un plan de financement négocié dans lequel
interviennent l’Etat et les STD, divers partenaires locaux, nationaux et internationaux.

3.2.2 Les financements au niveau local

Les financements au niveau local peuvent inclure les mécanismes ci-après :

• Le sponsoring local,
• La participation de bénéficiaires,
• Les produits de différentes activités réalisées au niveau local pour financer les actions
d’alphabétisation,
• L’inscription budgétaire des Communes et/ou des Régions,
• Les taxes spéciales ou parafiscalité pour l’alphabétisation.

3.2.3 Les financements au niveau national

Les financements au niveau national peuvent inclure les modalités ci-après :

• Inscription au budget de l’Etat par l’intermédiaire des Ministères de tutelle,


• Inscription au Programme d’Investissements Publics (PIP),
• Subvention spéciale étatique,
• Financement divers au niveau national (secteur privé ou autres……), 53
• Produits de différentes activités réalisées au niveau national pour financer les actions
d’alphabétisation,
• Taxes spéciales ou parafiscalité pour l’alphabétisation,
• Sponsoring national.

Par le biais du plaidoyer permanent mené conjointement par le Ministère en charge de


l’alphabétisation, les prestataires, et les autres institutions bénéficiant des avantages de
l’alphabétisation, le gouvernement consacrera à terme au moins 3% du budget national de
l’Education à l’alphabétisation.

Pour la période de 2018 à 2022, les prévisions budgétaires du PSE pour l’alphabétisation seront
prises en compte. Pour assurer l’extension géographique des actions dans les zones enclavées,
les critères d’attribution de subvention seront à élargir au profit des acteurs qui s’engagent à
intervenir dans ces zones. En plus, des mesures d’impact mieux élaborées seront à mettre en
place et en œuvre, pour motiver les prestataires et les partenaires d’appui à agir dans ces zones,
quand on pourra évaluer les bienfaits de l’alphabétisation de façon plus concrète.

3.2.4 Les financements au niveau international

Ce sont des contributions des divers Partenaires techniques financiers ou de différents fonds
privés au niveau international, avec diverses modalités de gestion :

• Programmes mis en place par des conventions avec l’Etat,


• Actions d’ONG ou structures étrangères ayant des accords de siège à Madagascar,
• Actions par l’intermédiaire d’ONG ou structures locales sur financement extérieur,
• Subventions directes aux intervenants, venant de l’extérieur.

L’Etat appuiera les différentes demandes en mettant l’alphabétisation et l’Education non Formelle
PHASAGE ET FINANCEMENT

parmi les priorités d’action au niveau social dans le Pays.

3.2.5 Remarques sur la rétribution des acteurs de base

Une forme adéquate de rémunération des acteurs de base.

Si le principe d’une rémunération doit être accepté, il doit être relatif et correspondre au niveau
du travail. La rémunération ne doit pas être fixe à priori mais modulable.

Elle doit être vue comme une sorte d’indemnité compensatrice et conforme aux pratiques
existantes localement. Elle n’est pas forcement en numéraire. Elle doit être élaborée en
communauté et acceptée par le plus grand nombre. La forme n’est donc pas forcement la même
pour tous les centres.

Voici quelques idées à partir des pratiques vues ailleurs :

• Prise en charge par les collectivités décentralisées (Communes),


• Réalisation d’activités communautaires génératrices de revenus permettant de dégager des
surplus pour les praticiens de base,
• Négociation avec des associations ou ONG,
• Mise en place de façon progressive d’une sorte de « Fonds national » alimenté par l’effort
national et une contribution volontaire de citoyens et structures qui serviront à suppléer à des
insuffisances locales au point de vue de cette compensation,
• Développement de l’idée de « prestations de service » auprès de chaque Centre,
• Mise en place d’une possibilité d’accès à un crédit avec des avantages palpables pour les
acteurs de base (exemple : crédit sans intérêt avec un moratoire de remboursement d’une
année et renouvelable tant que la personne continue à remplir les fonctions d’alphabétiseur).
54
Les alphabétiseurs doivent recevoir au moins le salaire minium d’un enseignant de l’école
primaire, avec un horaire minimal de 25 heures par semaine.
BIBLIOGRAPHIE

1- Fikambanana Mampiely Baiboly Malagasy: NY SORATRA MASINA - Testamenta voalohany


sy faharoa.
2- Clara Leckert « Tsy vokatry ny kisendrasendra akory ny fahombiazana » Teknikam-
pifandraisana aman’olona ho an’ireo olom-boafidy - Fondation Friedrich Ebert.
3- Georges Ratsimandrava - Manuel relatif aux actions de développement - « Guide à
l’intention des communes rurales » - Fondation Friedrich Ebert.
4- Adama Ouane : l’Alphabétisation fonctionnelle.
5- Guy Belloncle - Alphabétiser les adultes Africains et Malgaches en 300 heures - Précède
d’un guide pratique pour une alphabétisation sélective, intensive et fonctionnelle liée à la
gestion d’organisations paysannes.
6- Rapport d’évaluation du Contrat Programme pour la Réussite Scolaire - UNICEF
Madagascar 2013.
7- Revue Education des adultes et développement - IIZDVV - numéro 49, 53, 54, 55, 58, 59.
8- FMBM et IIZ DVV : Sambatra ny mahavaky teny 1 - Fampianarana olon-dehibe hamaky teny
sy hanoratra, miaraka amin’ny votoatin’ny Baiboly - 1992.
9- Sambatra ny mahavaky teny Tome2 - Fampianarana olon-dehibe hamaky teny sy hanoratra,
miaraka amin’ny votoatin’ny Baiboly - FMBM et IIZ DVV - 1992.
10- Manuels VOZAMA.
11- Rapports d’activité et de conduite de campagnes d’AFI-D - Association FFF Malagasy
Mahomby.
12- Manuels d’apprentissage en AFI-D - Association FFF Malagasy Mahomby.
13- Rapports d’activités en ASAMA.
14- l’IIZ-DVV : Kahie boky «Vakiteny sy Soratra ary Kajy» Dingana voalohany : Manuel
d’alphabétisation édité avec l’appui de FORMAGRI - Association FERT Madagascar. 55
15- Manuel KAJY (calcul) : édité avec l’appui de l’IIZ -DVV - Association FANOITRA ET
Département MPAMAFY.
16- l’IIZ-DVV : VAKITENY SY SORATRA - Sokajy faharoa - édité avec l’appui de FORMAGRI -
Association FERT Madagascar.
17- Compter les grains du changement : manuel REFLECT.
18- Banque Mondiale : Inclure les Adultes : pour un appui à l’éducation de base des adultes en
Afrique Subsaharienne - Jon Lauglo - Février 2001.
SITOGRAPHIE

1. [Link]
2. [Link]
3. [Link]
php/03f19c79d9ad4ce84189c6549608bcfdFernandez_B.doc
4. [Link]

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AUTRES REFERENCES (textes de lois)

1. Déclaration de Jomtien, 1990.


2. Politique Nationale d’Alphabétisation et d’Education des Adultes, 2003.
3. Loi N° 2004-004 du 26 juillet 2004 portant Orientation générale du Système d’Education,
d’Enseignement et de Formation à Madagascar.
4. Stratégie Nationale d’Alphabétisation, 2008.
5. Plan National de Développement, 02 Avril 2015.
6. Paritra Malagasy zary Ohabolana, Avril 2015.
7. Déclaration d’Inchéon, 2015.
8. Plan Sectoriel de l’Education, 2017.
9. Document de Cadrage de l’Education Inclusive à Madagascar.
10. Cadre d’Orientation et d’Organisation du Curricula Malagasy, Mai 2018.

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DIRECTION DE L’EDUCATION PRESCOLAIRE ET DE L’ALPHABETISATION
Bâtiment Ex-UERP, 2é étage
Complexe Scolaire Ampefiloha
101 Antananarivo - Madagascar

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