Compléments de cours de physique MP*2
Compléments de cours de physique MP*2
15 mai 2013
Sommaire
Thermodynamique 3
Théorie du paramagnétisme de Langevin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Refroidissement d’eau tiède par de l’eau chaude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Ailette de refoidissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Mise en contact thermique de deux tiges . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Interprétation microscopique de la loi de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Équilibre de la troposphère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Étude thermodynamique du rayonnement d’équilibre dans une cavité . . . . . . . . . . . . . 15
Évaluation de la température terrestre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
Loi de Newton du rayonnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Mécanique 21
Opérateur d’inertie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
Scarabée sur un plateau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Chute d’un règle sur un coin de table . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
Chainette . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Pendule conique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
Stabilité d’un satellite double . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
Oscillateur perturbé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
Électromagnétisme 41
Champ crée par un disque uniformément chargé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
Polarisabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Milieux diélectriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
Exemple de résolution de l’équation de Laplace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
Résistance de fuite d’un condensateur sphérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
Milieux magnétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
Modèle classique du spin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
Quantité de mouvement du champ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Bilan énergétique d’un conducteur ohmique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
Supraconductivité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Diffusion des ondes électromagnétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
1
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Optique 59
Diffraction par un ensemble d’ouvertures identique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
Largeur spectrale d’une source . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
Dispositifs interférentiels par division du front d’onde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
Interféromètre de Pérot et Fabry . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
2
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# ” C #”
M = B,
T
où C > 0 et T est la température. C’est la loi de Curie, qui est expérimentale. Les substances qui
suivent cette loi sont dites paramagnétiques. C’est le cas de Na(g), O2 (g) ou O2 (l),...
Modèle de Langevin On va essayer de retrouver la loi de Curie à partir d’une description micro-
scopique et de la statistique de Maxwell-Boltzmann.
– On considère une substance homogène de n particules élémentaires par unité de volume : dN =
ndτ .
– Chaque atome possède un moment magnétique #” µ i de norme constante pour tous les atomes :
k µ i k = µ.
#”
– Les particules subissent diverses interactions.
– On néglige l’interaction magnétique entre #” µ i et #”
µ j pour i 6= j.
#”
– Chaque dipôle interagit avec B = B u z , et on associe à cette interaction une énergie potentielle
#”
#” #”
εp = − #”
µ i .B. Les #”
µ i auront donc tendance à s’orienter dans le sens de B pour minimiser leur
#”
énergie. SI tous les #”µ i sont dans le sens de B,
#” X #”
dM = µ i = ndτ µ #”
#” u z ⇒ M = nµ #”
uz.
i∈dτ
– Mais il existe une autre interaction, crée par l’agitation thermique. Les dipôles s’entrechoquent
#” #” # ” #”
et lors d’un choc, les atomes se réorientent de façon aléatoire. Ainsi, si B = 0 , M = 0 .
Calcul D’abords les symétries et invariances. On suppose le système infini ou cylindrique, de tel
#”
sorte que le problème ainsi que B soit invariants par toute rotation autour de (Oz). Par le principe
#” #” #”
de Curie, M est aussi invariant par rotation autour de (Oz) donc M est colinéaire à B. On se place
en coordonnées sphériques d’axe principal (Oz), les #”
µ i formant un angle θi avec #”
u z . Ainsi,
#” X X X
M dτ = µi =
#” #” uz =
u z #”
µ i . #” µ cos θi #”
uz.
i∈dτ i∈dτ i∈dτ
On passe ensuite du discret au continu. On considère les particules de dτ formant un angle θi compris
entre θ et θ + dθ, au nombre de δ2 N . On a alors
ˆ π
#”
M dτ = µ cos θδ2 N #”
uz. (∗)
θ=0
où ε est l’énergie des particules dont le nombre est δ2 N , et g(ε) la dégénérescence associée à leur
#”
état d’énergie commun. Or ici ε = −µ.B = −µ cos θB et la dégénérescence dépend donc de θ donc
on cherche plutôt g(ε)dε = f (θ)dθ. Or lorsque T → +∞, l’exponentielle vaut 1 et tous les dipôles
Thermodynamique 3
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sont orientés aléatoirement, dans ce cas δ2 N est proportionnel à la portion d’espace comprise entre les
cônes d’angle au centre θ et θ + dθ, donc f (θ)= 2π sin θ. On a donc la nouvelle expression, en faisant
µB cos θ
rentrer le 2π dans la constante, δ2 N = A exp sin θdθ.
ˆkB T
π
On cherche maintenant A grâce à la relation δ2 N = ndτ , d’où
θ=0
µB cos θ
exp
ndτ kBT
A= ˆ π ⇒ δ2 N = n ˆ π sin θdθdτ .
µB cos θ µB cos θ ′
exp sin θdθ exp sin θ ′ dθ ′
0 kBT 0 kBT
Discussion
µB
– On peut définir la température critique du système Tc = . Dans le cas où a ≫ 1, c’est à dire
kB
kB T ≪ µB, M → nµ, ce qui est conforme à notre analyse.
– Dans le cas contraire où T ≫ Tc , c’est-à-dire a ≪ 1, il nous faut effectuer un développement
a2 nµa
asymptotique de coth en 0, on trouve a coth(a) = 1 + d’où M ≈ et en explicitant a,
3 3
2 2
# ” nµ 1 #” C #” nµ
M= B = B. On retrouve bien la loi de Curie avec C = .
3kB T T 3kB
Ainsi, la loi phénoménologique a été expliquée microscopiquement et la constante de Curie C est
calculable, rattachée à des paramètres microscopiques.
M
loi de Curie
Mmax
expression réelle
1
T
L’expérience confirme aussi que pour des températures très basses, on se rapproche de la limite
asympotique Mmax = nµ.
⋆⋆⋆
4 Thermodynamique
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On considère 2 récipients de capacités thermiques C contenant tous deux de l’eau. T0 est la tem-
pérature de l’air ambiant. On veut refroidir l’eau du verre 1 grâce aux seules sources de chaleur du
verre 2 et de l’air ambiant.
1 2
Schéma de principe Il s’agit de pomper de la chaleur du verre 1, chose que l’on fera grâce à un
réfrigérateur alimenté en travail par un moteur. Les flèches symbolise le sens effectif des flux de chaleur
ou de travail.
T0 T2
Réfrigérateur α Moteur β
T1 T0
Le moteur et le réfrigérateur ne seront pas exactement des machines dithermes car les sources de
chaleur T1 et T2 ne sont pas des thermostats. Néanmoins, sur un cycle élémentaire on considèrera un
fonctionnement de machine ditherme. On utilisera donc différentiellement les relations sur les machines
dithermes.
δQ1,α δ0,α
δQ1,α + δQ0,α + δWα = 0 et + 6 0,
T1 T0
et pour le moteur :
δQ2,β δ0,β
δQ2,β + δQ0,β + δWβ = 0 et + 6 0.
T2 T0
On a de plus δWα + δWβ = 0 et par application du premier principe aux 2 verres, δQ1,α = −CdT1 et
δQ2β = −CdT2 . Le signe moins vient des conventions d’algébrisation des quantités reçues ou données
par les systèmes.
Thermodynamique 5
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On veut déterminer T1,f minimale, qui est obtenue dans l’hypothèse de fonctionnement réversible
du réfrigérateur et du moteur. De plus, T1,f sera atteinte lorsque le moteur cessera de fonctionner,
c’est à dire lorsque T2,f = T0 . Ainsi T1,min vérifie l’équation :
! !
T1,min T0
T1,min − T1,i − T0 ln + T0 − T2,i − T0 ln = 0.
T1,i T2,i
Une résolution numérique donne T1,min = 373 K ou T1,min = 234 K. Pourquoi ces deux valeurs ?
Parce que le réfrigérateur peut aussi fonctionner comme une pompe à chaleur, et donc augmenter la
température du verre 1. Mais la valeur qui nous intéresse est la plus petite, c’est à dire T1,min = −39 ◦ C.
Discussion On peut donc faire des glaçons avec un verre d’eau bouillante ! Mais on ne peut pas
savoir directement quelle quantité, car à partir de 0 ◦ C le verre 1 restera à cette température jusqu’à
ce que toute l’eau se soit transformée en glace. Pour évaluer la quantité de glace formée, il faut refaire
le même raisonnement en prenant en compte le changement d’état via δQ1,α = Lf dm.
⋆⋆⋆
6 Thermodynamique
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Ailette de refoidissement
On considère une ailette de refroidissement cylindrique de longueur ℓ et de section S = πR2 fixée
par un côté à une surface à la température T0 , et plongée dans l’air à la température Ta . On veut le
profil de température le long de l’ailette.
Ta
T0
x
Analyse C’est une ailette de refroidissement car on remplace la surface d’échange thermique qui était
un petit disque par toute la surface du cylindre. L’invariance du problème par rotation autour de (Ox)
nous donne T (x) uniquement. Ceci n’est pas vrai en toute rigueur à cause des échanges thermiques
qui vont de l’axe de l’ailette jusqu’à la périphérie. Néanmoins ce flux de chaleur est négligeable devant
celui se propageant le long de (Ox).
On notera h le coefficient de transfert conducto-convectif entre la surface de l’ailette et l’atmo-
sphère.
Répartition de température On fait un bilan énergétique sur une petite tranche d’ailette comprise
entre les abscisses x et x + δx.
x x + δx
En régime permanent entre t et t + dt, dδH = 0 mais on a aussi en prenant en compte tous les flux
de chaleur :
∂jQ
dδH = jQ (x)Sdt − jQ (x + δx)Sdt − h(T (x) − Ta )2πRδx ⇒ 0 = − πR2 − h(T (x) − Ta )2πR.
∂x
dT
On utilise maintenant la loi de Fourier, jQ = −λ donc en posant θ = T − Ta , on a l’équation
dx
différentielle
d2 θ 2h
− θ = 0.
dx 2 λR
x x
La résolution donne θ = α exp + β exp − , où l’on a identifié la longeur caractéristique de
s d d
λR
notre problème d = .
2h
Thermodynamique 7
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θ θ θ
T0 − Ta T0 − Ta T0 − Ta
| | |
On voit sur ces graphes que pour optimiser l’utilisation de la tige, on a intérêt à choisir ℓ ≈ d.
Efficacité de la tige On compare la puissance évacuée par la tige et la puissance évacuée par un
disque de surface S comme s’il n’y avait pas de tige, d’où l’expression
−λ dT
dx (x = 0)πR
2
e= .
h(T0 − Ta )πR2
e∞
ℓ1 ℓ
Pour optimiser l’efficacité, il faut prendre ℓ de l’ordre de 2ℓ1 , ce qui affine notre estimation.
⋆⋆⋆
8 Thermodynamique
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µ1 , C1 , λ1 , D1 , T0,1 µ2 , C2 , λ2 , D2 , T0,2
T0,2 T0,2
T0,1 T0,1
x x
Il y a une rupture de pente à x = 0 car la continuité de la composante normale du flux de chaleur
∂T ∂T
impose −λ1 (x = 0− ) = −λ2 (x = 0+ ) et a priori λ1 6= λ2 .
∂x ∂x
Variable composée T (x, t) aura donc des expressions analytiques différentes à gauche et à droite.
Le seul phénomène qui rentre en jeu ici est celui de la diffusion thermique, donc la température T sera
fonction seulement de x, t, T0,1 , T0,2 , D où D est le coefficient de diffusion du côté que l’on étudie.
Or en terme d’homogénéité, [x] = m, [t] = s, [D1 ] = [D2 ] = m2 · s−1 et [T0,1 ] = [T0,2 ] = K. Pour
obtenir une température, x, t et D interviendront obligatoirement sous la forme
x
u= √ .
Dt
u est la variable composée que l’on cherche, on pose T (x, t) = Te(u) et on cherchera désormais Te. T
vérifie l’équation de la chaleur
∂T #” ∂2T
= D ∇2 T = D 2 ,
∂t ∂x
∂T e
d T ∂u dTe x ∂T e
d T ∂u e
dT 1 ∂2T d2 Te 1
or = =− √ , = = √ puis = d’où l’équation
∂t du ∂t du 2t Dt ∂x du ∂x du Dt ∂x2 du2 Dt
1 x d Te d2 Te 1 d2 Te u d Te
− √ =D 2 ⇒ = − .
2 t Dt du du Dt du2 2 du
L’intégration de cette équation différentielle donne
ˆ u ! ˆ √x !
e u′2 ′ Dt u′2
T (u) = α exp − du ⇒ T (x, t) = α exp − du′ + γ.
4 β 4
!
u2
Il faut déterminer les deux triplets (α1 , β1 , γ1 ) et (α2 , β2 , γ2 ). On notera f (u) = exp − .
4
Thermodynamique 9
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x
ℓ1 ℓ2
∂T ∂T
On a aussi les relations ℓ1 (x = 0− ) = Tc − T0,1 et ℓ2 (x = 0+ ) = Tc − T0,2 . Mais les dérivées par
∂x ∂x
rapport à x ont déjà été exprimées, et finalement on trouve
p p
ℓ1 = πD1 t et ℓ2 =
πD2 t.
√
Ces longueurs varient en t, ce qui est caractéristique de la diffusion et de la propagation aléatoire.
On aurait pu prévoir cette variation car ℓ1 et ℓ2 ne dépendent que de t et D, et on a [D] = m2 · s−1 .
⋆⋆⋆
10 Thermodynamique
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Modèle On travaille avec un gaz parfait pour lequel T ( #” r , t) est définie en tout point. On fait
#”
l’hypothèse d’un régime permanent et d’un problème unidimensionnel pour avoir T (x) et #” N = 0 , il
#”
n’y a pas de flux global de matière : c’est-à-dire qu’il y a autant de particules qui traversent δS de la
gauche vers la droite que de la droite vers la gauche durant dt.
#”
Origine du flux de chaleur On prend une surface élémentaire δS = S #”
u x entre t et t + dt.
#”
Q
T + , < ε+
c > T − , < ε−
c >
#” −
N
#”
N+ x
#”
∇T
S’il y a autant de matière qui passe dans les deux sens, l’énergie qu’elle transporte diffère : les particules
#”
chaudes transportent plus d’énergie que les particules froides, d’où l’existence d’un #” Q 6= 0 .
+ −
Loi de Fourier On note jN le flux de particule dans le sens de + #”u x , jN le flux suivant − #”
u x.
+
< εc > et < εc > sont les énergies cinétiques des particules de gauche et de droite respectivement, et
−
δS
b b b
b b b b
b
b b b b b
b b
b b
b b b b
b b b b b
b b
b b
b
b b b
b b b b b
b b b b b
b b
b
b b b
b b b b bb
vm dt
1
il s’agit de compter les particules contenues dans le cylindre, δ2 N = nvm δSdt d’où
6
+ 1 − + 1
jN = nvm et jN = −jN = − nvm .
6 6
3
Pour un gaz parfait, l’énergie cinétique moyenne d’une particule est εc = kB T . Or une particule
2
se thermalise au cours d’un choc, et donc l’énergie cinétique à prendre en compte pour une particule
qui traverse δS est celle acquise lors de son dernier choc, effectué à une distance moyenne ℓ. Ainsi on
prendra
3 3
< ε+c >= kB T (x − ℓ) et < ε−c >= kB T (x + l).
2 2
C’est une approximation grossière, mais ce n’est pas « violemment faux ». Ainsi,
+
jQ =< ε+ −
c > jN + < εc > jN
−
1 3
= nvm kB (T (x − ℓ) − T (x + ℓ))
6 2 | {z }
dT
−2ℓ
dx
Thermodynamique 11
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1 dT
On retrouve ainsi la loi de Fourier : jQ = − nvm ℓkB !
2 dx
Conductivité thermique Par identification, on peut exprimer λ grâce à des paramètres microsco-
1
piques : λ = vm nkB ℓ or, avec σ la section efficace de choc d’une particule et m sa masse,
2
s s
8kB T 1 1 3T
kB
vm = et ℓ= √ ⇒λ= .
πm 2nσ σ πm
8
En effet vm est la vitesse moyenne et non pas la vitesse quadratique moyenne, d’où le facteur au
π
lieu du 3. Notre modèle rustique nous fournit une valeur de λ qui se trouve être la même que celle
obtenue avec un modèle plus fin où l’on considère une répartition boltzmannienne des vitesses et des
directions réparties continument dans l’espace !
Intéressons nous à√λ. Il dépend bien de T , contrairement à l’approximation classique que l’on fait.
En effet, λ varie en T mais la section efficace de choc σ est une fonction décroissance de T . Le
physicien Sutherland justifie cela par le fait que lorsque la vitesse des particules augmente, la force
attractive qui existe entre deux particules joue moins√quand on doit considérer la probabilité d’un
choc entre elles. Ainsi λ varie plus fortement en T que T . On remarque de plus que λ ne dépend pas
de P .
Expérimentalement, les gaz de petites molécules conduisent mieux la chaleur. Ceci se retrouve ici
1
à cause de la variation en √ . La validité de notre modèle est compromise par le développement
σ m
limité de T (x − ℓ) − T (x + ℓ) que l’on a effectué. Il faut donc que ℓ ≪ dT , distance caractéristique de
variation de T .
Prenons quelques valeurs numériques : on prend du krypton Kr pour lequel R ∼ 200 pm, M (Kr) =
80 g · mol−1 . On trouve
λmodèle = 2,7 × 10−3 W · m−1 · K−1 et λréel = 9,5 × 10−3 W · m−1 · K−1 .
Notre modèle est extrêmement grossier néanmoins il nous donne le bon ordre de grandeur. On s’ap-
proche ainsi de la vérité.
⋆⋆⋆
12 Thermodynamique
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Équilibre de la troposphère
On admet une répartition de température en fonction de l’altitude du type T (z) = T0 − az où
a ∼ 6 × 10−3 K · m−1 . On veut étudier l’équilibre et la stabilité de l’atmosphère.
z + dz, T + δT , P + δP
z + dz, T + dT , P + dP
z, T , P
On monte le petit élément de fluide dτ , va-t-il revenir vers le bas ou continuer sa montée ? C’est
une question de densités par rapport au petit élément en haut à l’équilibre possédant les propriétés
(z+dz, P +dP, T +dT ), plus précisément le système est stable si µ(T +δT, P +δP ) > µ(T +dT, P +dP ).
Il nous faut préciser 3 temps caractéristiques :
– τperturbation le temps qu’il faut à dτ pour monter ;
– τmécanique la durée de retour à l’équilibre mécanique ;
– τthermique la durée de retour à l’équilibre thermique.
On admet que τthermique ≫ τperturbation ≫ τmécanique . Ceci implique qu’à tout instant, δP = dP car
le système est à l’équilibre mécanique, que δT 6= dT mais que δT correspond à une transformation
isentropique, alors que dT correspond à la transformation polytropique régie par les équations de
l’équilibre.
La condition de stabilité se réécrit avec un développement limité à l’ordre 1 :
∂µ ∂µ ∂µ ∂µ
δT + δP > dT + dP .
∂T ∂P ∂T ∂P
δP δT
Or pour la transformation isentropique, Laplace nous donne P 1−γ T γ = cte ⇒ (1 − γ) +γ =0
P T
d’où
T γ−1 T q−1
δT = δP et de même dT = dP .
P γ P q
Thermodynamique 13
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∂µ
Puisque δP = dP , on peut simplifier néanmoins < 0 car à pression constante, le système se dilate
∂T
γ−1 q−1 x−1
quand T augmente. Ainsi la condition d’équilibre est > ⇒ γ > q car x 7−→ est
γ q x
croissante. En utilisant la relation de Mayer entre γ, cp et R, il vient
Mg
a< .
cp
7 Mg
Discussion Numériquement, M = 29 g · mol−1 et cp = R donc ∼ 9,8 × 10−3 K · m−1 à
2 cp
comparer à a ∼ 6,0 × 10−3 K · m−1 .
L’atmosphère est stable si le gradient de température n’est pas trop important. Un atmosphère
instable provoque de la convection qui diminue le gradient de température jusqu’à ce que l’atmosphère
redevienne stable. Ainsi l’atmosphère est très stable globalement. Ce qui pose problème est un gra-
dient de température décroissant avec l’altitude, un gradient croissant avec l’altitude ne pose pas de
problèmes de stabilité.
Dans les liquides, l’instabilité peut être dramatique : un gradient de température trop élevé peut
faire exploser un baril de pétrole par exemple.
⋆⋆⋆
14 Thermodynamique
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cdt
#”
dS
#”
u
Mais tous ceux qui sont dans le cylindre ne vont pas forcément vers dS ; avec une répartition isotrope
des vitesses, il vient donc avec V le volume de la cavité
c cos θdSdt dΩ
δ4 N = N f (ν)dν .
V 4π
Or dΩ = 2π sin θdθ donc si l’on note U l’énergie totale des photons présents dans la cavité,
ˆ +∞ ˆ π
2 2 1
δ2 pn = dSdt N hνf (ν)dν cos2 θ2π sin θdθ
V ν=0 0 4π
| {z }| {z }
U 1/6
1U
= dSdt.
3V
u
Ainsi, P = où u est l’énergie par unité de volume dans le gaz.
3
Thermodynamique 15
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Énergie interne U Normalement, u(T, P ) mais la relation P = u/3 implique une dépendance entre
les 3 paramètres u, T et P donc on a en fait u(T ). On utilise l’identité de Gibbs qui nous donne, avec
U = V u,
dU P µ
dS = + dV − dN
T T T
V u 1u µ
= du + dV + dV − dN
T T 3T T
V 4u µ
= du + dV − dN ,
T 3T T
où µ tes le potentiel chimique du gaz de photons et N le nombre de photons dans la cavité. Or d’après
le lemme de Schwartz,
! !
∂ VT 4u
∂ 3T 1 41 4u dT
= ⇔ = −
∂V u
∂u V
T 3T 3T 2 du
4 u dT 11
⇔ =
3 T du
2 3T
du dT
⇔ =4 .
u T
En intégrant, on retrouve à une constante près la loi de Stefan u = σB T 4 . Elle est donc une nécessité
thermodynamique. De plus,
∂U
CV = = 4σB T 3 V .
∂T V
Potentiel chimique On va montrer que µ = 0. Soit β le gaz de photons de la cavité et α les parois
de la cavité, on imagine que α et β sont en équilibre l’un par rapport à l’autre. Alors
X
dUα = Tα dSα − Pα dVα + µi,α dni,α et dUβ = Tβ dSβ − Pβ dVβ + µβ dnβ .
|{z} | {z } |{z}
0 i
0 0
De plus dUα + dUβ car le système global est isolé et dSα + dSβ = 0 car le système est adiabatique à
l’équilibre. Ainsi 0 = (Tα − Tβ )dSα + µβ dnβ . Ceci étant valable ∀dSα et ∀dnβ , il vient Tα = Tβ (ce
qu’on savait) et µβ = 0.
Ce résultat est lié au fait que le nombre de photons n’est pas fixé.
16 Thermodynamique
Lycée Saint-Louis MP*2
4
d’où en intégrant S = σB T 3 V + cte. Or d’après le troisème principe de la thermodynamique ou
3
principe de Nernst, S −−−→ 0 donc cte = 0.
T →0
On peut isoler des invariants de Laplace : pour une transformation isentropique, T 3 V = cte donc
4
P V 3 = cte. Ainsi, si l’on considère l’expansion isentropique d’une sphère de rayonnement, le rayon R
augmente de telle manière que T 3 V = cte ⇒ T 3 R3 = cte ⇒ T R = cte.
⋆⋆⋆
Thermodynamique 17
2012/2013 Compléments de cours de physique
θ
S T
#”
Terre à température uniforme On considère dans un premier temps que ∇T est nul à l’intérieur
de la Terre. On se place en régime permanent, φr = φp − φi = φe − φa car la Terre est un corps noir.
#” #”
On écrit la continuité du flux d’énergie à la surface terrestre : φr = 0 car ∇T = 0 . Or φp = σTT4 4πRT2
d’après la loi de Stefan, et il nous faut évaluer φi . Si l’on note Ω l’angle solide depuis lequel le soleil
voit la Terre, alors Ω = dS/d2 où dS est la surface de la base du cône en pointillés bleus sur le dessin.
Ainsi
Ω πR2
φi = σTS4 4πRS2 = σTS4 RS2 2T .
4π d
Finalement, la température de la Terre dans ce modèle est
s
RS
TT = TS .
d
TS RS d TT
5800 K 700000 km 1,5 × 108 km 280 K = 7 ◦ C
La température trouvée est un petit peu froide mais s’approche de la réalité. C’est donc le rayonnement
du soleil qui est responsable de l’immense majorité de l’énergie que nous recevons.
#”
Cas d’un gradient de température Si ∇T 6= 0 à l’intérieur de la Terre, la symétrie sphérique
#” dT #”
nous conduit à ∇T = u r . La continuité du flux de chaleur à la surface terrestre s’écrit donc, en
dr
notant TT la nouvelle température terrestre surfacique
′
Ω dT λ dT
σTT′4 4πRT2 − σTS4 4πRS2 = −λ 4πRT2 ⇒ TT′4 − TT4 = − .
| {z 4π} dr σ dr
σTT4 4πR2T
dT
< 0 donc TT′ > TT , mais en réalité TT′ − TT = 9 × 10−3 K. Si la température moyenne à la surface
dr
terrestre est 15 ◦ C et non 7 ◦ C, c’ets à cuase de l’effet de serre et non du gradient de température.
⋆⋆⋆
18 Thermodynamique
Lycée Saint-Louis MP*2
T0
T1
Analyse Au début le système n’est pas à l’équilibre. Mais on s’attend à ce qu’à la fin la sphère se
retrouve à T0 . La sphère est noircie, c’est donc un corps noir. On ne dit rien sur l’enceinte, mais on
la considèrera comme un corps noir. En fait, cela n’est pas important car si il y a un rayonnement
d’équilibre dans la cavité, celui-ci est identique à celui d’un corps noir et ici la perturbation qu’apporte
la sphère peut être considérée comme négligeable si le rayon est suffisamment petit.
Transferts radiatifs Pour la sphère, le flux reçu est φr = φp − φi > 0 si la petite sphère libère de
l’énergie. C’est une corps noir donc φp = φe = σT 4 s où s = 4πR2 est la surface de la petite sphère et
T sa température. Quelle est la valeur de φi ? Le flux émis par la paroi est σT04 S, et la sphère n’est
reçoit qu’une fraction déterminée par la géométrie du système : φi = σT04 Sηgéo . Cette astuce n’est
valable que pour des volumes convexes, si la sphère était un haricot le raisonnement aurait été plus
compliqué.
On imagine l’équilibre de rayonnement : φr = 0 et T = T0 , alors φp = φi et ηgéo = s/S. On
a donc en toute généralité l’expression φr = σ(T 4 − T04 )s, mais on fait un développement limité
T 4 ≈ T0+ 4T03 (T − T0 ) ce qui donne
φr = 4σsT03 (T − T0 ).
Cela s’appelle la loi de Newton du rayonnement car cela ressemble à la loi de Newton pour la
conducto-convection. On peut par analogie poser h = 4σT03 la conductance de rayonnement.
Bilan énergétique On a fait l’hypothèse que la température de la petite sphère est uniforme, elle
se refroidit donc uniformément. Ceci est justifié par le fait que « les transferts radiatifs sont plus lents
que les transferts conductifs ». D’après le premier principe appliqué à la petite sphère 1 dH = mCdT
or dH = −φr dt (attention au signe). On est menés à l’équation
dT hs t mc
=− dt ⇒ T − T0 = (T1 − T0 ) exp − où τ = .
T − T0 mc τ hs
T − T0
T1 − T0
t
1. Les deux expressions de dH sont égales mais ne sont pas deux parties de la même chose, ce sont deux manières
différentes de faire un bilan énergétique.
Thermodynamique 19
2012/2013 Compléments de cours de physique
Cette loi est satisfaisante, conforme à l’analyse. Le temps τ est le temps de relaxation,
4 3
3 πR µc µcR
τ= = .
4σT0 4πRç2
3 12σT03
µ c R T0 σ τ
2,7 × 103kg · m−3 900 J · kg−1 1 cm 273 K 5,67 × 10−8 W · m−2 · K−4 1,8 × 103 s
Pour avoir la capacité thermique massique, on sait que la capacité thermique vérifie mc = 3R par la
loi de Dulong et Petit. On trouve un τ de l’ordre de 30 min, ce qui semble raisonnable.
Justification On a admis que la petite sphère est à température uniforme. Ceci est-il justifié ?
L’hypothèse revenait à considérer que τ ≫ τd le temps caractéristique de diffusion thermique. Essayons
∂T #”
d’avoir un ordre de grandeur de τd , pour cela, on par de l’équation de la chaleur = D ∇2 T or
∂t
∂T T #”2 T R2 R2 µc
∼ et D ∇ T ∼ D 2 donc τd ∼ = et ceci est très général.
∂t τd R D λ
Ainsi, l’hypothèse est valable tant que
µcR R2 µc λ
≫ ⇔R≪ .
12σT03 λ 12σT03
On prend λ = 200 W · m−1 · K−1 , et la condition devient R ≪ 15 m. Avec R = 1 cm, c’est largement
vérifié, mais c’est un problème que l’on ne peut traiter par homothétie.
⋆⋆⋆
20 Thermodynamique
Lycée Saint-Louis MP*2
Opérateur d’inertie
Moment d’inertie par rapport à un axe On considère un solide quelconque, un point O et un
axe ∆ dirigé par le vecteur unitaire #”
u passant par O. On veut déterminer le moment d’inertie du
solide par rapport à ∆. ˚
Par définition, J∆ = r 2 dm or
# ” 2
r 2 = OP ∧ #” u car r et la distance à l’axe ;
# ” #” # ” #”
= OP ∧ u . OP ∧ u
h# ” # ” i
= − #”
u . OP ∧ OP ∧ #” u par propriété du produit mixte.
˚
# ” # ”
Donc J∆ = − dm #”
u .(OP ∧ (OP ∧ #”
u )). On peut transformer cette expression en utilisant une base
cartésienne dans laquelle
α x 0 −z y α
# ” # ” #”
u = β
#” et OP = y ⇒ OP ∧ u = z 0 −x β ,
γ z −y x 0 γ
avec des expressions analogues pour les autres termes hors-diagonale de la matrice. Pour calculer J∆
quelque soit l’axe ∆, il suffit de calculer les 9 termes de la matrice. Les Pxy sont appelés produits
d’inertie.
J∆ = #”
u .JO ( #”
u ).
Axes principaux d’inertie JO est symétrique réel donc ,d’après le théorème spectral, il existe
une base orthonormée de vecteurs propres. Soit B = ( #”
u x , #” u z ) une telle base ; (Ox), (Oy) et (Oz)
u y , #”
sont appelés axes principaux d’inertie et
J(Ox) 0 0
MatB (JO ) = 0 J(Oy) 0 .
0 0 J(Oz)
Mécanique 21
2012/2013 Compléments de cours de physique
Comment déterminer les axes principaux d’inertie d’un solide ? Ce sont le plus souvent des axes
de symétrie ou des axes naturels pour la description du solide. Par exemple, pour un parallélépipède
homogène de centre O et de côtés a, b et c suivants les axes (Ox), (Oy) et (Oz), la matrice
˚d’inertie
dans la base B = ( #”
u , #”
x yu ) est diagonale. En effet, pour le produit d’inertie P =
u , #” z xy xydm,
on découpe l’intégrale sur deux domaines symétriques du parallélépipède situés de part et d’autre du
plan (yOz), et les deux contributions s’annulent car seul le signe de x change. En utilisant le cours de
cinétique, on a donc
b2 + c2 0 0
M
MatB (JO ) = 0 a2 + c2 0 .
12 2 2
0 0 b +c
Pour un cube, a = b = c donc le moment d’inertie est le même pour tout axe passant par O car J0
est une homothétie.
Mouvement
˚ d’un solide S ayant un point fixe O Le moment cinétique en O est #” σ (O) =
# ” #” # ” #”
dmOP ∧ v (P ) or v (P ) = v (O) + P O ∧ Ω d’après Varignon et v (O) = 0 donc
#” #” #”
˚
# ” # ” #” #”
σ (O) = −
#” dmOP ∧ (OP ∧ Ω) = JO ( Ω),
par identification avec les expressions précédentes. L’opérateur d’inertie est donc de plus en plus utile.
De même, on peut exprimer l’énergie cinétique
1
˚
Ec = v (P ))2
dm( #”
2
1
˚
# ” #” # ” #”
= dm(OP ∧ Ω).(OP ∧ Ω) par Varignon ;
2
1 #” # ” # ” #”
˚
= dm Ω. OP ∧ OP ∧ Ω
2
1 #” #”
= Ω.JO ( Ω)
2
1 #”
= Ω. #”σ (O).
2
#”
Mouvement d’un solide autour d’un axe fixe ∆ On pose Ω = θ̇ #” u z avec ∆ = (O, #”u z ) donc
#”
σ (O) = JO ( Ω).
#”
#”
Si ∆ est axe principal d’inertie, Ω est vecteur propre de JO associé à la valeur propre J∆ et on
#”
retrouve la formule classique #”σ (O) = J∆ Ω.
#” #”
Si ∆ n’est pas axe principal d’inertie et que Ω est constant, calculer JO ( Ω) c’est d’abord projeter
#” #”
Ω sur une base de vecteurs attachée au solide, et donc bien que Ω soit constant #” σ (O) ne sera pas
fixe ; il tournera comme le solide à la vitesse angulaire Ω, effectuant un mouvement de précession. On
peut donc prévoir que #”σ (O) vérifiera l’équation caractéristique de la précession
d #”
σ (O) #”
= Ω ∧ #”
σ (O).
dt
⋆⋆⋆
22 Mécanique
Lycée Saint-Louis MP*2
Analyse Le plateau tourne car le scarabée avance, le plateau pousse le scarabée vers l’avant en
exerçant une action tangentielle. À l’inverse, le scarabée pousse le plateau pour avancer.
Préliminaires On paramètre la position du plateau par α, angle entre l’axe (Ox) et la direction
du point de départ S0 du scarabée, et on paramètre la position du scarabée par l’angle φ avec φ = 0
initialement. On pose θ = α + ϕ. S
ϕ
S0
θ
α
x
O
Le système a deux degrés de liberté. Cinématiquement, α et ϕ sont indépendant mais on va relier ces
grandeurs grâce à la dynamique. Le système que l’on considère est {plateau+scarabée}, le référentiel
#” #” #”
terrestre est galiléen. Les forces extérieures sont [ P S ], [P P ] et [ R] la résultante des actions de contact
entre l’axe et le plateau.
dσ∆
Le mouvement On applique le tmc par rapport à ∆ : = M∆ . Or σ∆ = J∆ α̇ + mRθ̇R et
#” dt
M∆ = 0 car les poids sont parallèles à ∆ et M∆ (R) = 0 car pas de frottements. Ainsi, σ∆ = cte et
cte = 0 car initialement tout est immobile. Ainsi,
0 = J∆ α̇ + mR2 θ̇ ⇒ (J∆ + mR2 )α̇ + mR2 ϕ̇ = 0
mR2
⇒ α̇ = − ϕ̇
J∆ + mR2
2π
⇒ ∆α = − J∆
.
1 + mR 2
⋆⋆⋆
Mécanique 23
2012/2013 Compléments de cours de physique
#”
g
O b
θ
G
#” ⊗
uz
Attention, sur le dessin θ > 0. Le système étudié est la règle, dans le référentiel terrestre supposé
#” #”
galiléen. Les forces extérieures sont [ P ] et [ R].
dσ∆
Mouvement On applique le tmc par rapport à ∆ = (O, #”
uz) : = M∆ . Or σ∆ = J∆ θ̇ et d’après
dt
mℓ2
le théorème de Huygens, J∆ = + md2 . De plus le moment du poids est M∆ = +mgd cos θ
12
(attention au signe) donc
1
J∆ θ̈ = mgd cos θ ⇒ J∆ θ̇ = mgd sin θ + 0 car θ(0) = 0 donc sin(θ(0)) = 0.
2
#” #”
Actions de contact D’après le trd, m #”
a (G) = R + P et on projette en coordonnées cylindriques :
#”
ur #”
uθ #”
uz
O b
#”
uz a (G)
m #” m(−dθ̇ 2 ) mdθ̈ 0
G⊗ #”
R T −Nθ Nz
#”
#”
uθ #”
ur P mg sin θ mg cos θ 0
24 Mécanique
Lycée Saint-Louis MP*2
fa
tan θℓ = 2 .
1 + 36 dℓ2
C’est homogène et cela confirme en tout points notre analyse. L’angle limite est extrêmement sensible
à la variation du rapport d/l à cause du facteur 36.
⋆⋆⋆
Mécanique 25
2012/2013 Compléments de cours de physique
Chainette
Soit un fil inextensible de masse linéique λ parfaitement flexible et suspendu par ses extrémités
dans un champ de pesanteur. Déterminer la forme du fil.
z
A b b
B
Analyse On a une infinité de degrés de libertés, autant que de points du fil. Ceci suppose d’appliquer
le pfd à une petite tranche entre les abscisses curvilignes s et s + ds. Le fil est parfaitement flexible
#”
donc pas de moment de résistance à la flexion. La seule action est l’action tangentielle, la tension T (s)
du fil. Pour réaliser en pratique un fil parfaitement flexible, on fabrique une chainette d’où le nom du
complément.
Équation de la statique des fils L’application du pfd donne pour un fil parfaitement flexible
#”
soumis à une force extérieure dF = −λ #”
g ds :
#” #” #” #” #” #” #”
T (s + ds) − T (s) + dF = 0 ⇒ d T + dF = 0 .
#”
Montrons que le fil est contenu dans un plan vertical. Soit ds un petit élément de fil et T la tension
#” #”
qu’il exerce, T est colinéaire à la direction du petit élément de fil. On projette une fois de plus T sur
les trois axes mais cette foi ci avec 2 angles α et ϕ : α est l’angle que fait le fil avec sa projection sur
le plan (xOy), et ϕ l’angle que fait cette projection avec (Ox). On a alors
Tx = T cos α cos ϕ
T = cos α sin ϕ
y .
T = T sin α
z
Or le pfd nous a montré que Tx et Ty sont es constantes le long du fil donc tan ϕ = cte donc ϕ = cte, ce
qu’il fallait démontrer. On fait pivoter le repère pour prendre ϕ = 0 de manière à avoir les projections
suivantes, en posant T0 la valeur constante de Tx
Tx = T cos α
T =0
y .
T = T sin α = T tan α
z 0
26 Mécanique
Lycée Saint-Louis MP*2
ds
α dz
dx
s x
2
dz dz dz
On a tan α = et ds = 1+ dx par le théorème de Pythagore. Si on pose u = , alors
dx dx dx
s
2 p
d2 z dz du
T0 2 = λg 1 + ⇒ T0 = λg 1 + u2
dx dx dx
du λg
⇒√ = dx
1+u 2 T0
λg
⇒ u = sh x+ψ où ψ est la constante d’intégration ;
T0
T0 λg
⇒z= ch x + ψ + K.
λg T0
La forme de la chainette est un cosinus hyperbolique. Pour déterminer les constantes T0 , ψ et K, on
a trois conditions limites :
– le fil passe par A donc x = xA ⇔ z = zA ;
– le fil passe par B donc x = xB ⇔ ˆz = zB ;
B p
– le fil a une longueur fixée L donc 1 + z ′2 dx = L.
A
T0
Commentaires La norme de la tension vérifie T = donc la tension est maximale aux points
cos α
où le fil est vertical, ce qui semble raisonnable. Il existe une autre méthode pour avoir la forme de la
chainette. On envisage toutes les formes qu’elle pourrait prendre en passant par A et B puis on choisit
celle qui impose une énergie potentielle minimale. C’est la méthode de Lagrange.
Un problème apparenté est celui d’une chainette attachée par deux points à un axe qui tourne à
#”
la vitesse angulaire constante ω. On néglige la pesanteur et on reprend le même calcul avec dF =
λdsω 2 z #”
u z où #”
u z est le vecteur normale à l’axe dirigé du centre vers le point courant du fil.
⋆⋆⋆
Mécanique 27
2012/2013 Compléments de cours de physique
Pendule conique
On considère une tige homogène de masse m et de longueur ℓ rattachée à un axe tournant à la
vitesse angulaire ω par une articulation sans frottements permettant la rotation de la tige par rapport
à direction normale à l’axe de rotation. On veut le mouvement de la tige, les positions d’équilibre
relatif et leur stabilité. y
m, ℓ
θ
Analyse Le système possède un seul degré de liberté paramétré par l’angle θ. On appelle R ′ le
référentiel tournant et R le référentiel absolu supposé galiléen. On se placera dans R ′ pour notre
#” #” #”
étude, avec Ω = ω #”u y . Les actions sur la tige sont le poids [P ], les actions de contact [ R], les forces
#” #”
d’inerties d’entrainement et de Coriolis [ F ie ] et [ F ic ]. Le repère ( #”
u r , #” u z ′ ) est le repère associé à
u θ , #”
la tige.
#”
u x′ #”
uθ
#”
uy #”
ωt u z ′ bc
bc
b #”
ux b #”
u x′
#”
u z′ #”
ur
#”
uz − #”
u y′
vue de dessus vue de face
Étude dynamique Pour obtenir l’équation du mouvement, on applique le tmc par rapport à
2
mℓ2 ℓ mℓ2
∆ = (O, u z ′ ) fixe dans R : J∆ θ̈ = M∆ or par le théorème de Huygens J∆ =
#” ′ +m = .
12 2 3
Étudions les différents moments :
#”
– M∆ (R) = 0 car pas de frottements sur l’axe ;
#” ℓ
– M∆ (P ) = −mg sin θ ;
2 #”
– pour calculer M∆ (F ie ), on découpe la tige en parties élémentaires 1 ,
#” dr #” m #” mℓ2
dF ie = m ×ω 2 ×r sin θ #”
u x′ ⇒ dM∆ (F ie ) = ω 2 r sin θr cos θdr ⇒ M∆ (F ie ) = sin θ cos θω 2 ;
ℓ ℓ 3
– pour une partie élémentaire de la tige, la force de Coriolis associée est
#” #”
dF ic = −2dm Ω ∧ #” v
= −2dmω #” u ,
u ∧ r θ̇ #” y θ
1. Ici, on calcule bien un moment élémentaire pour chaque partie de la tige et on somme ces moments. Si on avait
#”
sommé d’abord les forces, il aurait été difficile de dire en quel point le glisseur F ie s’applique : ici c’est manifestement
aux 2/3 de la longueur et pas à la moitié.
28 Mécanique
Lycée Saint-Louis MP*2
#”
or #”
u y ∧ #” u z ′ donc M∆ (F ic ) = 0.
u θ // #”
On peut donc avoir l’équation du mouvement :
r
mℓ2 ℓ mℓ2 2 3g
θ̈ = −mg sin θ + ω sin θ cos θ ⇒ θ̈ = sin θ ω 2 cos θ − ωc2 où ωc = .
3 2 3 2ℓ
À l’équilibre, θ̈ = 0 donc on a deux cas :
– si sin θ = 0, deux position d’équilibre θe,1 = 0 et θe,2 = π ;
!
ωc 2
– si sin θ 6= 0 et si ω > ωc , on a une troisième position d’équilibre θe,3 = Arccos = θ0 .
ω
C’est à cause de cette dernière position d’équilibre que le dispositif s’appelle le pendule conique.
Étudions maintenant la stabilité. On écrit θ = θe + α avec α ≪ 1, l’équation différentielle devient
h i
α̈ = (sin θe + α cos θe ) ω 2 cos θe − ω 2 α sin θe − ωc2 = α ω 2 (2 cos2 θe − 1) − ωc2 cos θe = Kα.
Étude énergétique On recommence l’exercice avec des méthodes énergétiques. Le système est-il
conservatif ?
#” ℓ
– [P ] dérive d’une énergie potentielle Epp = −m cos θ + cte.
#” 2
– Calculons le travail élémentaire de [F ie ] :
#” #”
δW (F ie ) = M∆ (F ie )dθ
mℓ2 2
= ω sin θ cos θdθ
3
1 2 2
= −d J∆ ω cos θ .
2
#” #”
– [R] et [ F ic ] ne dérivent pas d’une énergie potentielle mais ne travaillent pas ici.
Ainsi, dans le référentiel R ′ , le système est conservatif et on peut lui associer l’énergie potentielle
1 2
Ep = J∆ cos θ ω cos θ − ωc2 + cte.
2
Néanmoins, le système n’est pas conservatif dans R car la réaction de l’axe travaille. On reprend
l’étude des positions d’équilibre et de la stabilité grâce au graphe de Ep . Les points rouges sont des
positions d’équilibre instables, les points verts des positions d’équilibre stable.
– Si ω < ωc
Mécanique 29
2012/2013 Compléments de cours de physique
Ep
b b
| |
−π 0 π θ
– Si ω > ωc : Ep
b b
b b
| | | |
−π −θ0 0 θ0 π θ
– Si ω = ωc : Ep
b b
b
| |
−π 0 π θ
Dans le dernier cas, on voit que le minimum n’est pas parabolique mais clairement plus plat, en θ 4 .
C’est une position d’équilibre très sensible aux perturbations, un point critique du système.
L’animation ci-dessous (lisible par Adobe Reader 1 ) représente l’évolution du graphe de Ep pour ω
allant de valeurs très inférieures à ωc à des valeurs très supérieurs à ωc . On peut noter le phénomène
de coalescence des deux minimums symétriques et du maximum en 0 qui fusionnent pour ω = ωc .
Ep
ω
= 10−1.
ωc
| |
−π 0 π θ
⋆⋆⋆
30 Mécanique
Lycée Saint-Louis MP*2
r Ab Bb
T b
a (G) = −ω 2 r #”
Puisque #” u r , on retrouve la troisième loi de Kepler ω 2 r 3 = GM .
Action de contact Par le théorème des actions réciproques, NA = −NB donc on s’intéresse à A.
On applique le trd en projection sur #”
u r à SA dans R ′ en admettant que SA est en équilibre dans R ′ :
GM m Gm2 2 Gm2 2 RS GmM 2RS
0 = −NA − + + mω (r − R S ) ⇒ N A ≈ + |mω
{z r} 1 − − 1+
(r − RS )2 4RS
2 4RS
2 r r2 r
GmM
r2
Gm2 3GmM RS
⇒ NA = − .
4RS2 r3
Mécanique 31
2012/2013 Compléments de cours de physique
Fg
re r
Fie − Fg
On rappelle qu en projection sur #” r u , 2ma(G) = Fie − Fg où Fg > 0. Si r < re , Fie − FFg < 0 donc r
va décroitre. De même, si r > re , r croît donc r = re est bien une position d’équilibre instable.
La résultante Fie − Fg est le terme de marée, et le problème que l’on a résolu peut être posée de la
manière suivante : à quelle condition l’attraction gravitationnelle entre les deux satellites compense-t-
elle le terme de marée ?
⋆⋆⋆
32 Mécanique
Lycée Saint-Louis MP*2
Oscillateur perturbé
On considère une masse ponctuelle de masse m astreindre à se mouvoir le long d’un axe (Ox)
#”
et soumise à une force F = m(−ω02 x + βx3 ) #” u x et on considèrera des mouvements pour lesquels
βx3 ≪ ω02 x, c’est à dire des oscillations autour de la position d’équilibre.
#” 1 1
Analyse F dérive d’une énergie potentielle Ep = − mω02 x2 − mβx4 . L’hypothèse de petites oscil-
2 4
lations fait que c’est le terme en x2 qui domine.
Ep
x
Le système est toujours conservatif par rapport à un oscillateur harmonique, Ep est toujours paire
mais les oscillations ne seront plus harmoniques. Voici un diagramme qui représente les différentes
forces, en bleu pour β > 0 et en rouge pour β < 0 :
−mω02 x
b b
x
|
0
βx3
ẍ + ω02 x = βx3 .
C’est une équation non linéaire du second ordre, qu’on ne peut résoudre analytiquement de pre-
mier abord. Dans l’optique de l’étude des oscillations, on va cherche une solution périodique quasi-
sinusoïdale avec une pulsation légèrement différente de ω0 . On pose donc
Voilà l’équation d’un oscillateur harmonique soumis à des oscillations forcées, chose que l’on sait
résoudre. L’excitation en cos(ωt) va provoquer une résonance, ce que l’on a pas envisagé pour notre
Mécanique 33
2012/2013 Compléments de cours de physique
étude de petites oscillations, d’où la nullité du coefficient du cos(ωt) ce qui nous permet de trouver
notre premier paramètre : !
3 βa2 3 βa2
δω = − ⇒ ω = ω0 1 −
8 ω0 8 ω02
On cherche ensuite x1 sous la forme x1 = X1 exp(3iωt), et l’équation différentielle nous donne X1 =
βa3
− d’où enfin
32ω02
βa3
x(t) = a cos(ωt) − cos(3ωt).
32ω02
x
a
βa2
=4
32ω02
−a
Commentaires ω dépend de a qui est l’amplitude donc les oscillations ne sont pas isochrones. On
voit ici la manifestation d’un phénomène général : l’harmonique 3ω apparait à cause du terme x3 .
Cette étude théorique n’est pas complètement inutile : prenons le cas du pendule pesant, régit par
l’équation différentielle !
θ3
J∆ θ̈ = −mgℓ sin θ ≈ −mgℓ θ − ,
6
en utilisant le développement limité à l’ordre 3 de sin qui est une bonne approximation. On identifie
mgℓ ω2
ω02 = et β = 0 , notre étude nous donne avec a = θm ,
J∆ 6
3 βa3 δω θ2
δω = − ⇒ = − m.
8 ω0 ω0 16
2π dT dω
Or la période T vérifie T = donc en différenciant logarithmiquement = − . En assimilant
ω T ω
les différentielles à de petits écarts, il vient
!
δT θ2 θ2
= + m ⇒ T = T0 1 + m .
T0 16 16
C’est la formule de Bordas. Si on veut un écart entre T et T0 de moins de 1%, il faut θm < 23◦ . Ainsi
le pendule pesant est quasi-harmonique jusqu’à 23◦ d’amplitude.
On aurait pu faire la même étude avec un terme correctif γx2 . Dans ce cas-là, l’énergie potentielle
n’aurait pas été paire, et les oscillations décalées par rapport à la position x = 0. L’harmonique 2ω
apparait dans ce cas.
⋆⋆⋆
34 Mécanique
Lycée Saint-Louis MP*2
Ligne électrique
On considère un cable coaxial formé de deux fils de cuivre dans lesquels deux courants circulent
en sens inverse, séparés par un isolant :
u γδx gδx u + δu
x x + δx
Cette modélisation en constantes réparties prend en compte tous les effets que l’on veut étudier. De
plus les associations en série ou en parallèles sont faites pour tenir compte du fait qu’une ligne deux
fois plus grande est deux fois plus résistante, conductante et inductante et capacitante. On rappelle
que l’association en parallèles de deux condensateurs identiques est équivalente à un condensateur de
capacité double, et que la conductance est l’inverse de la résistance.
∂i ∂u ∂i
−δu = rδxi + λδx ⇒− = ri + λ ,
∂t ∂x ∂t
puis la loi des nœuds :
∂(u + δu) ∂i ∂u
−δi = (u + δu)gδx + γδx ⇒− = ug + γ au premier ordre.
∂t ∂x ∂x
On change les signes dans les 2 équations et on dérive la première pour obetnir les deux équations de
propagations, dites des téléphonistes :
∂2u ∂u ∂2u ∂2i ∂i ∂2i
= rgu + (rγ + λg) + λγ et = rgi + (rγ + λg) + λγ .
∂x2 ∂t ∂t2 ∂x2 ∂t ∂t2
C’est une équation linéaire, qui n’est pas invariante par le changement dt ← −dt donc qui traduit un
phénomène irréversible. La cause d’irréversibilité est l’effet Joule. Dans une ligne parfaite, r = 0 et
∂2u ∂2u 1
g = 0 et l’équation devient 2
= λγ 2
, c’est l’équation d’onde classique avec une célérité c = √ .
∂x ∂t λγ
Distorsion d’un signal Les différentes composantes de Fourier d’un signal ne se propagent pas
de la même façon et ne sont pas atténuées de la même façon, ce qui est problématique si l’on veut
transmettre un signal. Ainsi on veut que δ et vϕ ne dépendent pas de ω. On reprend donc les équations
portant sur α et β et on remplace α par ω/vϕ et β par 1/δ :
ω2 1 2
2 − 2 = λγω − rg
(1)
vϕ δ ,
ω 1
2
= ω(rγ + λg) (2)
vϕ δ
1 1
(1) peut être vérifiée en prenant 2
= λγ et 2 = rg, et l’équation (2) nous donne
vϕ δ
s
ω 1 λ
or =c= √ pour une onde progressive d’où U = Zc I avec Zc = . C’est l’impédance de la
k λγ γ
ligne, répartie continument dans le milieu. Zc ∈ R+ ∗ donc tension et intensité sont en phase.
Pour une onde régressive, on aura k ← −k donc U = −Zc I donc si l’on change l’orientation, u et
i passent en opposition de phase. Pour les câbles coaxiaux en TP, Zc ≈ 50 Ω.
Étudions la réflexion et la transmission sur un obstacle. On place une impédance Z à x = 0 entre
les deux fils du câble coaxial. Une partie du signal incident est transmis, l’autre est réfléchie par
l’obstacle. On prend les conventions suivantes :
ω
– l’onde incidente est ui = Ui ej(kx−ωt) avec k = ;
c
– l’onde réfléchie est ur = Ur ej(−kx−ωt) car c’est une onde régressive ;
– l’onde transmise est ut = Ut ej(kx−ωt) .
On suppose ui connue, on veut ur et ut . La continuité de la tension en x = 0 nous donne ∀t,
u(0− , t) = u(0+ , t) ⇒ Ui + Ur = Ut .
ii + ir it
ii + ir − it
x=0
La loi d’Ohm dans l’impédance nous donne u(x = 0) = Z(ii + ir − it ) et pour u(x = 0) on peut prendre
u(x = 0+ ) ou u(x = 0− ) puisque ces deux quantités sont égales. D’où
Z
Ut = Z(Ii + Ir − It ) = (Ui − Ur − Ut ) car ur est regressive.
Zc
On déduit de ces deux équations les deux coefficients de transmission et de réflexion :
Ur −Zc Ut 2Z
r= = et t= = .
Ui 2Z + Zc Ui 2Z + Zc
Ces coefficients dépendent donc des caractéristiques de la ligne et de l’obstacle. Ainsi les ondes trans-
mises et réfléchies sont des nécessités physiques au vu des relations de passage en x = 0 que l’on a
écrites. Une onde uniquement progressive ne peut se rencontrer que dans un milieu continu et infini.
Ondes sur une ligne finie Quelle est la forme des ondes sur une ligne finie idéale ? C’est un
problème type cavité, on aura donc des modes propres, etc...
U0 cos(Ωt) Z
| |
−L 0 x
On modélise le signal qui circule dans la ligne par la somme d’une onde progressive et d’une onde
ω 1
régressive. On prend u+ = U+ ej(kx−ωt) et u− = U− ej(−kw−ωt) avec k = et c = √ .
c λγ
Examinons les conditions aux limites :
– en x = −L, la tension est imposée U0 cos(Ωt) donc ∀t, u+ (−L, t) + u− (−L, t) = U0 ejΩt donc
ω = Ω et U+ exp −jkL + U− ejkL = U0 ;
– en x = 0, la loi d’Ohm donne u(0, t) = Zi(0, t) ∀t donc
Z
U+ + U− = Z(I+ + I− ) = (U+ − U− ) ⇒ U+ (Z − Zc ) = U− (Z + Zc ).
Zc
On peut tirer U+ et U− de ces deux équations :
U0 (Z + Zc ) U0 (Z − Zc )
U+ = et U− = .
2 (Z cos(kL) − jZc sin(kL)) 2 (Z cos(kL) − jZc sin(kL))
⋆⋆⋆
On considère une onde et son milieu de propagation homogène et isotrope immobile et associé à un
#”
référentiel R. Une source S émet une onde monochromatique de pulsation ωS : exp(i( k . #” r − ωS t)). Si
la source ou l’observateur O se déplacent, la pulsation reçue par O n’est pas ωS : c’est l’effet Doppler.
On suppose que les ondes se déplacent avec une vitesse vϕ = c.
r + ∆r
r
O #”
v0 O′
On peut procéder de la manière suivante pour déterminer le décalage de fréquence, en discrétisant le
r
problème. Si la source émet un pic à ts , il sera reçu par O à tO = ts + . En notant TS la période
c
r + ∆r
du signal émis par S, si S émet un pic à tS + TS , il sera reçu à tO + TO = tS + TS + . D’où
c
∆r 2π
T0 = TS + or ∆r = #” v 0 T0 donc, puisque T =
u r . #” ,
c ω
#”
u r . #”
v0
ωO = ωS 1 − .
c
#”
ur
#”
v0
ωO > ωS ωO = ωS ωO < ωS
r + ∆r r
b
O
∆r
Ici ∆r = − #” v S TS et T0 = TS +
u r . #” donc
c
#” v S −1
u r . #”
ω0 = ωS 1− .
c
Malgré ce passage à l’inverse, cette formule est logique. En voici les effets :
ωO < ωS ωO = ωS ωO > ωS
#”
v S
b
O
Les deux formules sont dissymétriques. Cette dissymétrie est introduite par le milieu de propagation :
la source ou l’observateur ont des mouvements par rapport à ce milieu. Néanmoins si v0 ≪ c et vs ≪ c,
un développement limité à l’ordre 1 rétablit la symétrie entre les deux formules, qui est ce que nous
observons usuellement.
Ce raisonnement n’est pas valable pour tous les types d’ondes, mais uniquement celles qui se
propagent dans un milieu matériel. Pour les ondes électromagnétiques qui se propagent dans le vide,
il faut prendre en compte des effets de la théorie de la relativité d’Einstein. Néanmoins les formules
trouvées ici sont valable au premier ordre en v/c pour les ondes électromagnétiques.
Si S et O se déplacent par rapport au milieu de propagation, alors
#”
u r . #”
v0
1− c
ωO = ωS #” #”
ur. v S
.
1− c
⋆⋆⋆
Champ sur l’axe Tout plan contenant (Oz) est plan de symétrie de la distribution de charges donc
#”
E = Ez (z) #”
u z . De plus, il est clair que E est fonction impaire de z. On calculera directement le champ
électrostatique. Pour cela, on considère un point M d’altitude z > 0 sur l’axe et une couronne du
disque dont les points sont compris entre les rayons r ′ et r ′ + dr ′ .
M b
ϕ r
z
| |
r′ P
#”
La composante de E crée par la portion de couronne située entre les angles θ et θ+dθ centrée sur P crée
#” 1 σd2 S #” # ”
une composante de champ d2 E = u où #”u unitaire dirige P M . On somme ces contributions
4πε0 r 2
sur toute la couronne en ne gardant que les contributions sur #” u z , car les autres s’annulent à cause des
1 σdS
symétries du problème : dEz = cos ϕ or z = r cos ϕ donc
4πε0 r 2
σ cos3 ϕ
¨
Ez = dS
4πε z2
σ
ˆ
= cos3 ϕ2πr ′ dr ′ or r ′ = z tan ϕ ;
4πε0 z 2
σ
= 2π [− cos ϕ]α0 où α est l’angle au bord du disque ;
4πε
σ
= (1 − cos α).
2ε
En utilisant le théorème de Pythagore, on aboutit à l’expression :
σ z
1− √ si z > 0
Ez = 2ε
σ
0 R2 + z 2
z .
−1 − √ si z < 0
2ε0 z 2 + R2
Ez
σ
2ε0
σ
−
2ε0
σR2 σπR2
Lorsque l’on s’éloigne de l’axe, Ez ∼ = , comme si le disque était une charge ponctuelle.
±∞ 2ε0 z 2 4πε0 z 2
Électromagnétisme 41
2012/2013 Compléments de cours de physique
On va utiliser les équations locales du champ. Mais comme on ne connait pas la divergence ou le
rotationnel en coordonnées cylindriques, on va utiliser la circulation et le flux.
#”
Exprimons la circulation de E sur le trajet ABCD :
B
z + dz C
ˆ r ˆ r
0 = Ez (0, z)dz + α(z + dz) r ′ dr ′ − (Ez (0, z + dz) + βr) dz − α(z) r ′ dr ′ .
0 0
z D
A r
Les termes en r 2 sont du deuxième ordre, et au premier ordre Ez (0, z + dz)dz = Ez (0, z)dz donc il ne
#”
reste plus que 0 = βrdz donc β = 0. La composante longitudinale de E est la même que sur l’axe.
#”
Intéressons-nous au flux de E à travers un cylindre de rayon r centré sur (Oz) et de hauteur dz.
D’après le théorème de Gauss, puisqu’il n’y a pas de charges,
r ∂Ez
0 = Ez (0, z + dz)πr 2 − E(0, z)πr 2 + Er (r, z)2πrdz ⇒ Er (r, z) = − (0, z).
2 ∂z
1 ∂Ez
Ainsi, α(z) = − (0, z).
2 ∂z
La connaissance du champ sur l’axe permet de déterminer au premier ordre le champ au voisinage
∂Ez
de l’axe. De plus < 0 donc α(z) > 0. Le calcul qui précède est beaucoup plus général que la
∂z
situation d’un disque uniformément chargé, il fonctionne pour tout problème à symétrie cylindrique.
#” #” #” #”
On aurait pu utiliser les équations locales ∇.E = 0 et ∇ ∧ E = 0, à condition d’avoir les expressions
du rotationnel et de la divergence en cylindriques. Au deuxième ordre, on peut montrer que
r ∂Ez r 2 ∂ 2 Ez
Er (r, z) = − (0, z) et Ez (r, z) = Ez (0, z) − (0, z).
2 ∂z 4 ∂2
⋆⋆⋆
42 Électromagnétisme
Lycée Saint-Louis MP*2
Polarisabilité
Polarisabilité atomique On prend l’exemple d’un atmoe d’hydrogène, modélisé par un proton de
# ” #”
charge +e en O et un électron de charge −e en M tel que OM = #” r . En l’absence de champ E, H est
un petit dipôle électrostatique de moment dipolaire #” p (t) = −e #”
r (t). Or le temps caractéristique de
mouvement de l’électron autour du noyeau est τ ∼ 10−16 s donc pour un temps d’observation θ ≫ τ ,
#”
on raisonne sur < #” p > au lieu de prendre la valeur instantanée. Et il se trouve que < #”p >θ = 0 . Dans
toute la suite, on moyennera toujours les valeurs sur un temps d’observation raisonnable.
#” #” #”
En présence d’un champ E, l’électron subit une force F = −eE. donc l’orbite de l’électron se
#”
trouve décalée dans la direction de −E et sa position moyenne n’est plus confondue avec O : on pose
#”
donc un moment dipolaire pour l’atome d’hydrogène #” p = αE au premier ordre avec α > 0. α est la
polarisabilité de l’atome d’hydrogène, elle quantifie l’influence des actions extérieurs sur la trajectoire
circulaire de l’électron. On généralise ceci pour tous les types d’atomes.
#”
C’est une loi phénoménologique linéaire, on posera parfois #”p = α′ ε0 E pour simplifier les expressions
par la suite. On note aussi expérimentalement que la polarisabilité augmente avec le nombre d’électrons
autour du noyau. En effet, plus il y a d’électrons, plus les couches externes seront éloignées du noyau
#”
et donc plus sensibles à l’influence d’un champ E extérieur.
Polarisabilité moléculaire Pour des molécules du type H2 , I2 , etc. constituées du même atome en
#”
plusieurs exemplaires, chacun des atomes ayant la même électronégativité, en l’absence de champ E,
#” #”
p = 0 et en général #”
#” p = αE.
Pour des molécules polaires comme HCl, l’un des atomes est clairement plus électronégatif que
l’autre et attire les électrons de son côté ce qui crée un moment dipolaire structurel et permanent.
#”
Ainsi, on aura #”p = #”
p 0 + αE. Une molécule est donc caractérisée par deux paramètres indépendants :
– un moment dipolaire permanent #” p 0 lié à la différence d’électronégativité des différents atomes
qui constituent la molécule ;
– un coefficient de polarisabilité α lié aux distances aux noyaux des différents électrons de la
molécule.
Modèle de l’électron élastiquement lié On admet que la force qu’exerce le noyau sur l’électron
#”
est F = −k #” r , comme une force de rappel élastique. Il s’exerce aussi une force de frottement de type
r˙ qui amortit le mouvement de l’électron.
#”
visqueux F f = −f #”
Si E = 0 , on applique le pfd qui done m #¨r” = −f #”
r˙ − k #”
#” #”
r , c’est un mouvement elliptique amortit
#”
et à l’équilibre r = 0 .
#”
#”
Si E 6= 0, alors le pfd s’exprime
m #¨r” + f #”
r˙ + k #”
#”
r = −eE.
e
À l’équilibre, #” r eq et dans ces conditions, un moment dipolaire apparait #”
r = − #” p = −Ze #”
r eq donc
k
Ze2 #” Ze2
p =
#” E ⇒α= .
k k
Ce modèle explique le phénomène de polarisation mais n’est pas très satisfaisant. Historiquement,
plusieurs modèles ont été établis pour décrire l’atome.
Modèle de Thomson (1902) Il mesure le rayon de l’atome à environ 1 Å, c’est lui qui a étudié en
premier l’électron. Il modélise le noyau par une boule chargée volumiquement uniformément de rayon
#”
1 Å et de charge totale Ze donc laquelle se déplacent les électrons. Le champ E 0 créé par le noyau est
donc, par le théorème de Gauss,
Électromagnétisme 43
2012/2013 Compléments de cours de physique
E0
Ze #”
r
si r < R
#”
E0 = 4πε0 R
3
#”
Ze r
si r > R
4πε0 r 3
|
R r
#” Ze2 #”
r
La force sur l’électron qui se trouve à l’intérieur de la boule est F = − , c’est bien une force de
4πε0 R3
rappel. On peut calculer la polarisabilité dans ce modèle, c’est α = 4πε0 R3 . Elle est proportionnelle
au volume de l’atome, ce qui explique une partie des résultats expérimentaux. Si on place l’atome
dans un champ extérieur, le pfd donne l’équation
m #¨r” = −f #”
r˙ − eE 0 − eE,
#” #”
#” # ” #”
et à l’équilibre E = E0 car l’électron s’est placé dans la direction de −E.
E0
E
E b b
S I
|
R r
Ze
Si E < E0,max = , deux positions d’équilibre, S est stable et I est instable. Mais si E >
4πε0 R3
E0,max , l’électron est arraché à l’atome et envoyé à l’infini, on retrouve ici une explication du potentiel
d’ionisation, qui est tout à fait expliqué par le modèle de Thomson.
Néanmoins en 1991, l’expérience de Rutherford dément la vision de l’atome par Thomson, en
montrant la structure lacunaire de l’atome : le noyau a un rayon de 10−15 m.
Modèle de Bohr (1913) Son modèle rencontre un vif succès à l’époque de la disgrâce de Thomson.
On considère que les électrons ont des orbites circulaires autour du noyau, c’est un modèle planétaire.
Mais les moments cinétiques sur les orbites sont quantifiés : σ(O) = mrv = n~, n ∈ N∗ . La force
d’interaction entre les électrons et le noyau est coulombienne. Si on plonge les électrons dans un
#”
champ E, la trajectoire s’ovalise et la position moyenne de l’électron est effectivement décalée. C’est
donc l’électron moyen qui est élastiquement lié dans ce modèle, et finalement notre modèle initial de
l’électron élastiquement lié est une vision simplifiée du modèle de Bohr, il nous sera utile dans bien
des situations.
⋆⋆⋆
44 Électromagnétisme
Lycée Saint-Louis MP*2
Milieux diélectriques
Polarisation diélectrique En physique, diélectrique est synonyme d’isolant. Dans un matériaux
diélectrique, les électrons ne sont pas librement mobiles, ils sont liées à un noyau. Dans ces conditions,
#”
en accord avec le complément précédent, si on plonge le diélectrique dans un champ E extérieur,
la position moyenne des électrons est un peu déportée du noyau et il apparait des petits moments
X
dipolaires #”
p . Dans un volume élémentaire dτ , le moment dipolaire résultat est alors d #”
i p = #”
p i
i∈dτ
#” #”
que lon peut mettre sous la forme #” p = P dτ où P est le moment dipolaire par unité de volume que
#”
l’on appelle aussi vecteur polarisation. Dans le cadre de notre étude statique, P ( #” r ).
Dans un conducteur, les électrons sont de deux sortes : il y a les électrons liées que l’on a déjà décrit
mais aussi des électrons libres qui passent d’un atome à l’autre en restant sur les couches électroniques
externes. Dans le cas du cuivre, Z = 29 et par atome on compte 27 électrons de valence et 2 électrons
#”
libres. Sous l’action d’un champ E, on a une petite polarisation des électrons de valence mais qui est
totalement négligeable devant la courant des électrons libres. C’est pour cela que l’on négligera l’effet
diélectrique dans un conducteur.
#”
Potentiel crée par un diélectrique polarisé Il s’agit de calculer V et E créés par l’ensemble des
petits dipôles électrostatiques du matériaux en un point M . On a l’expression théorique
1 #”
r
˚
#”
V (M ) = P dτ. 3 ,
4πε0 r
#” !
#” #”
r #” #” 1 #” P 1 #” #”
or P . 3 = P .∇P = ∇. − ∇.P par la formule du gradient d’un produit, d’où
r r r r
"˚ #” ! ˚ #” #” #
1 #” P ∇.P
V (M ) = ∇. dτ − dτ
4πε0 r r
‹ #” # ” ! ˚ #” #” !
1 P .dS 1 ∇.P
= − dτ par Green-Ostrogradski.
4πε0 r 4πε0 r
On a donc deux termes pour V (M ) : l’un correspond à une répartition surfacique de charges, et l’autre
#” #” #”
à une répartition volumique de charges. Par identification, on pose donc σlié = P . #”
n et ρlié = −∇.P .
Essayons de trouver une interprétation physique pour ce résultat.
#”
Prenons un cas simple, où l’on a un problème unidimensionnel selon l’axe (Ox), et donc P = P #” u x.
#” 3
On considère un cube de matériaux d’arête δa qui possède un moment dipolaire δ p = P (δa) . On
#”
modélise ce cube par un dipôle électrostatique de charge q telle que q = P (δa)3 :
−q b b q
x
Si P est uniforme, alors les charges sur les côtés des cubes s’annulent avec les cubes voisins, sauf à la
surface des matériaux. Le matériaux est donc volumiquement neutre et à la surface on a une charge
q
surfacique σ = ± = ±P , ce qui est conforme avec notre calcul.
(δa)2
Si P n’est pas uniforme, à la jonction entre le cube d’abscisse x de charge q = P (x)(δa)2 et le
cube d’asbcisse x + δa de charge q ′ = P (x + δa)(δa)2 , il y a une charge volumique qui apparait, elle
est égale à
q − q′ ∂P #” #”
ρ= =− = −∇.P .
(δa)3 ∂x
Remplacer les moments dipolaires par des charges surfaciques et volumiques est plus intéressant.
Électromagnétisme 45
2012/2013 Compléments de cours de physique
#” #” #”
Équations locales du champ On est en électrostatique donc ∇ ∧ E = 0 , et l’équation de
Maxwell-Gauss se met sous la forme
#” !
#” #” ρ ρlibre + ρliée #” #” P ρlibre
∇.E = = ⇒ ∇. E + = .
ε0 ε0 ε0 ε0
#” #”
Diélectriques linéaires homogènes isotropes Ce milieu est linéaire donc P est relié E par une
#” #”
relation P = ε0 χ fe ∈ L(R3 ). χ
fe (E) où χ fe est la susceptibilité électrique. Les milieu est homogène donc
#” #”
fe ne dépend pas du point considéré. Le milieu est isotrope donc P est nécessairement colinéaire à E
χ
#” #”
fe = χe IdR3 et χe ∈ R, enfin P = ε0 χe E.
puisqu’il n’y a pas d’autres directions privilégiées. Ainsi χ
Ainsi l’équation de Maxwell-Gauss devient
#” #” ρlibre #” #” ρlibre
(1 + χe )∇.E = ⇒ ∇.E = ,
ε0 ε0 εr
où l’on a posé εr = 1+χe sans dimension. ε0 est la permittivité électrique du vide, εr est la permittivité
relative du milieu et ε = ε0 εr est la permittivité absolue du milieu. C’est un résultat très puissant
puisqu’il permet d’ignorer l’influence des charges liées.
Par exemple, pour l’eau à 25 ◦ C, εr = 78. Cela diminue d’autant la force d’interaction coulombienne
entre les différents atomes d’une molécules, et c’est pour cela que l’eau favorise la dissolution des corps.
⋆⋆⋆
46 Électromagnétisme
Lycée Saint-Louis MP*2
d
V0
Séparation des variables On cherche V (x, y) sous la forme V (x, y) = X(x)Y (y) et l’équation de
X ′′ Y ′′
Laplace devient X ′′ Y + XY ′′ = 0 ⇒ = − . x et y sont des variables indépendantes donc
X Y
chacun des termes est constant égal à λ.
Or les conditions limites pour Vn imposent V0 = A sin(πny/d) ∀y ∈ [0, d] ce qui n’est pas possible.
Mais n ∈ N∗ peut varier et, l’équation de Laplace étant linéaire, on peut essayer une combinaison
X X nπy
linéaire des Vn : on pose donc V = An Vn , et la condition initiale devient V0 = An sin
n∈N∗ n∈N∗
d
∀y ∈ [0, d]. Pour trouver les An , il suffit de décomposer en série de Fourier la fonction suivante :
Électromagnétisme 47
2012/2013 Compléments de cours de physique
V0
d
2d
−V0
⋆⋆⋆
48 Électromagnétisme
Lycée Saint-Louis MP*2
Q2
R
Q1 I
εr
C
U
#”
Expression Concernant la stratégie de résolution, il nous faut relier I et U par E : la circulation
#” #”
de E est reliée à U , et par la loi d’Ohm #”
= σ E, on peut déterminer I.
#” #”
Les invariances et symétries nous donnes E = E(r, t) #”u r . E n’est pas un champ électrostatique,
néanmoins on peut lui appliquer le théorème de Gauss qui découle de l’équation de Maxwell-Gauss
toujours valable. À l’intérieur du condensateur, en remplaçant ε0 par ε0 εr ,
Q1 #” Q1 #”
E4πr 2 = ⇒E= ur.
ε0 εr r 2 4πε0 εr
On admet qu’en régime variable, on peut appliquer le εr du régime permanent. Ceci impose des
variations lentes dans le cadre d’une approximation quasi-statique. Concernant la tension,
R2
Q1 Q1 1 1 Q1 (t)
ˆ
U = V1 − V2 = dr = − = .
R1 4πε0 εr r 2 4πε0 εr R1 R2 C
Q R1 R2
En effet, la capacité de ce condensateur sphérique est C = . Pour l’intensité, on part de
4πε0 R1 − R2
la définition avec Σ une sphère de rayon R1 < r < R2 :
#” # ” σQ1 (t)
‹ ‹
#”
I= .dS = σ
#” [Link] = d’après Gauss.
Σ Σ ε0 εr
Commentaires Le résultat est indépendant des rayons R2 et R1 , et c’est même beaucoup plus
général car il ne dépend pas de la forme du condensateur. RC est le temps caractéristique de la
décharge spontanée du condensateur, ainsi cette décharge ne dépend que de la nature du matériaux
diélectrique entre les armatures.
⋆⋆⋆
Électromagnétisme 49
2012/2013 Compléments de cours de physique
Milieux magnétiques
#” µ0 # ” #”r
˚
A= M ∧ 3 dτ .
4π r
#”
# ” #”
r # ” #” 1 1 #” # ” #” M
Or M ∧ 3 = M ∧ ∇P = ∇∧M −∇∧ par la formule du rotationnel d’un produit, d’où
r r r r
˚ #” # ” #” !
#” µ0 ∇∧M #” M
˚
A= dτ − ∇∧ dτ
4π r r
˚ #” # ” ‹ # ” #”
µ0 ∇∧M µ0 M∧n
= dτ + dS par un avatar de Green-Ostrogradski.
4π r 4π r
On identifie à l’instar du complément sur les milieux diélectriques une densité volumique de courant
#” # ” #”
lié = ∇ ∧ M et une densité surfacique de courant #”
#” S,lié = M ∧ #”
n.
#”
Interprétons physiquement ce résultat. Soit un milieu aimanté unidimensionnel dans lequel M =
M #” u z . On prend une tranche de ce milieu comprise entre les abscisses z et z + dz, que l’on découpe
en petits cubes que l’on assimile à des boucles de courant :
#”
M dτ
bc
b
#”
Si M est uniforme, les contributions de courant des petits cubes placés côte à côte s’annulent et il
ne reste que les courants surfaciques ; ce qui confirme le calcul. Le physicien Ampère s’est le premier
intéressé à cela : y a-t-il vraiment de micro-courants qui circulent dans la matière aimantée ? On sait
maintenant que ce sont les électrons qui, en tournant autour du noyaux, crée un courant. Mais en plus
de cela, il y a le magnétisme de spin (voir complément suivant).
Équations locales du champ Comme pour les milieux diélectriques, onpeut réécrire les équations
#” #” #” #” # ”
locales. On aura toujours ∇.B = 0 mais Maxwell-Ampère devient ∇ ∧ B − µ0 M = µ #” libre.
#” #”
Cas des milieux linéaires homogènes isotropes Le milieu est linéaire donc M = α gm (B où
3
α
gm ∈ L(R ). Il est homogène donc α
gm ne dépend pas du point considéré. Le milieu est isotrope donc
α
gm = αm IdR 3 et Mawell-Ampère devient
#” #” #” #” 1
(1 − αm µ0 )∇ ∧ B = µ0 #”
libre ⇒ ∇ ∧ B = µ0 µr #”
libre où µr =
1 − µ0 αm
Malheureusement, les aimants ordinaires ne sont pas linéaires homogènes isotropes donc cette identité
sera beaucoup moins utile que son alter ego électrostatique.
⋆⋆⋆
50 Électromagnétisme
Lycée Saint-Louis MP*2
#” #” = 2 mR2 ω
σ (O) = J∆ ω #”.
5
Moment magnétique de spin Les charges portées par la particule sont en mouvement de rotation,
crééant ainsi autant de petites boucles de courant de convection. On travaille en coordonnées sphériques
#”
d’axe (O, ω#”), pour un élément de surface à l’intérieur de la sphère dS = rdrdθ #”
u ϕ , l’intensité qui
# ” # ”
traverse cette surface est dI = #”
.dS = ρv #”
u ϕ .dS.
θ rdθ
dr
Or v = r sin θω donc dI = ρr sin θωrdrdθ. En faisant décrire un tour à θ, cela crée une petite boucle
de courant qui s’appuie sur la surface π(r sin θ)2 #”
u z s’où un moment magnétique élémentaire
ˆ R ˆ π
#” #”
dM = πr 2 sin2 θρr sin θωrdrdθ #u”z ⇒ M = πρω 4
r dr sin3 θdθ #”
uz.
0 0
| {z }| {z }
R5 4
5 3
4 3 # ” 1 #” 2
Puisque q = πR ρ avec une charge uniformément répartie, M = q ω R .
3 5
#” q #”
Rapport gyromagnétique On remarque que M = σ (O) donc on définit le rapport gyroma-
2m
q
gnétique γ = .
2m
Électromagnétisme 51
2012/2013 Compléments de cours de physique
Commentaires C’est un modèle assez utile mais malheureusement complètement faux. Le spin est
en effet un phénomène essentiellement quantique : les neutrons non-chargés possèdent quand même un
moment de spin, ce qui est un problème pour notre vision classique des choses. Le moment cinétique
de spin est en fait quantifié :
1
– pour les fermions, σ = n + ~ avec n ∈ N, ce sont des spins demi entiers que possèdent les
2
protons, électrons et neutrons pour lesquels n = 0 ;
– pour les bosons, σ = n~ et pour le photon n = 1.
Néanmoins, pour l’électron, on a toujours un rapport gyromagnétique défini par
#” q #”
M=g σ,
2m
où g est le facteur de Landé environ égal à 2.
On a donc le spin du noyau. Mais chaque électron possède un moment cinétique de spin et un
moment cinétique orbital d’où deux autre moments et au global,
#” #” #” #”
M = Mspin,noyau ⊕ Mspin,électron ⊕ Mspin,orbital ,
où ⊕ est l’addition quantique, plus compliquée que l’addition classique. La résonance magnétique
nucléaire est liée au spin du noyau, tandis que la résonance paramagnétique électronique est liée au
spin des électrons.
⋆⋆⋆
52 Électromagnétisme
Lycée Saint-Louis MP*2
Dualité onde-corpuscule On peut considérer le rayonnement soit comme une onde électromagné-
tique soit comme un flux de photons.
On considérera une onde électromagnétique
#” #”plane que
l’on supposera grâce àla transformation de
#” #”
#” #” #” #”
Fourier progressive sinusoïdale : E = ℜe Eei( k . r −ωt) et B = ℜe Bei( k . r −ωt) , les caractéristiques
#” #” #”
du champs sont E, B, k et ω.
Pour le flux de photons, ceux-ci ont une masse nulle, une vitesse #”
v = c #”
u x dans le vide. Ils possèdent
ε
une énergie ε, une quantité de mouvement p = u x et sont au nombre de n par unité de volume.
#” #”
c
1 #”
Aspect énergétique En vision ondulatoire, la densité d’énergie électromagnétique est uem = ε0 E 2 +
2
1 #”2 #” 1 #” #”
B , et le vecteur de Poynting est Π = E ∧ B.
2µ0 µ0
#”
En vision corpusculaire, uem = nε et Π = nεc #”u x . En effet, le quantité d’énergie passant par dS #”
ux
pendant dt est la quantité d’énergie présente dans le cylindre de base dS et de génératrice cdt.
La quantité de mouvement En vision corpusculaire, toutes les photons possèdent une quantité
de mouvement #” p donc dans un élément de volume dτ , la quantité de mouvement stockée est d #”
p =
ε
ndτ #” u x donc
c #”
d #”
p ε #” Π
= n ux = 2 .
dτ c c
d #”
p 1 #” #”
Il faut donc que cette formule coïncide avec la vision ondulatoire, donc = 2 E ∧ B or
dτ c µ0
1 d #”
p #” #”
= ε0 donc = ε0 E ∧ B comme annoncé.
2
c µ0 dτ
Ainsi, lorsque l’on appliquera la conservation de la quantité de mouvement pour un système isolé,
il faudra prendre en compte la quantité de mouvement électromagnétique et plus de la quantité
de mouvement mécanique. Imaginons qu’un astronaute égare sa lampe torche dans l’espace, et que
celle-ci s’allume brusquement. Alors celle-ci part en arrière, à cause de la quantité de mouvement
qui s’échappe avec la lumière qu’elle projette. Un deuxième exemple est la voile solaire, qui nous
permettrait de voyager dans l’espace en consommant beaucoup moins de carburant.
# ” d #”
σ (O)
Moment cinétique Pour un élément de volume dτ situé en M , d #”σ (O) = OM ∧ d #”p donc =
# ” #” #” dτ
OM ∧ (ε0 E ∧ B). Ainsi le champ magnétique a aussi un moment cinétique associé, qu’il faut prendre
en compte dans les bilans mécaniques.
⋆⋆⋆
Électromagnétisme 53
2012/2013 Compléments de cours de physique
Principe Comment s’effectuent les transferts d’énergie dus à l’effet Joule ? L’air se réchauffe car les
molécules d’air arrivent sur le conducteur et en repartent avec une vitesse en moyenne plus impor-
tante. Les ions du réseau du conducteur ont donc un mouvement d’agitation thermique important.
D’où provient-il ? Des électrons qui se choquent aux ions du réseau après avoir été accélérés par le
#” #”
champ (E, B). Les électrons dans le réseau se comportent comme une bille de flipper dans la zone
des champignons ou bumpers. Mais de quelle façon l’énergie électromagnétique est-elle transférée aux
électrons ?
On considère un cylindre de conducteur d’axe
‹ (Oz) et de rayon a parcouru par une intensité
2 #” # ”
parallèle à u et de norme I = πa j. P = −
#”
z Π.dS est la puissance électromagnétique qui entre
dans le cylindre.
#”
Vecteur de Poynting Il nous faut le champ électromagnétique. On calcule B avec le théorème
d’Ampère :
µ0 I #”
#” 2πa2 r u θ si r < a
B= µ I .
0 #” uθ si r = a+
2πa
#” #” I #”
Pour r < a, la loi d’Ohm s’applique et #”
= σ E donc E = u . Pour r = a+ , la composante
2σ z
#” πa
tangentielle de E est continue donc
#” I #”
E= u z + Er #”
ur.
πa2 σ
Ainsi, on peut calculer le vecteur de Poynting
I2
− r #”
u si r < a
#”
Π= 2π 2 a2 4 σ .
I µ0 I #”
− ur +
#” Er u z si r = a+
2π 2 a3 σ 2πa
‹
#” # ”
Puissance électromagnétique entrante On applique la formule P = − Π.dS avec un cylindre
de hauteur h, Π est tangent aux disques en haut et en bas :
I2 1 h 2
P = 2πah = I = RI 2 ,
2π 2 a3 σ σ πa2
1 h
on l’on reconnait R = la résistance de l’élément cylindrique que l’on considère. Ainsi, l’énergie
σ πa2 #” #”
électromagnétique entre dans le conducteur par la paroi, le générateur créé un champ (E, B) dans
#”
l’espace tel que Π soit dirigé de l’extérieur du fil vers l’intérieur.
⋆⋆⋆
54 Électromagnétisme
Lycée Saint-Louis MP*2
Supraconductivité
Propriétés des supraconducteurs Leur caractéristique principale est une résistivité nulle pur une
température T < Tc inférieure à une température critique. Cette propriété a été mise en évidence par
Kammerling Onnes sur le mercure, pour lequel Tc = 4,15 K. À l’heure actuelle, on arrive à trouver
des matériaux pour lesquels Tc ∼ −100 ◦ C, température facile à obtenir avec de l’azote liquide pour
lequel la température d’ébullition de −196 ◦ C.
L’autre propriété des supraconducteurs est l’effet Meissner, qui en-dessous d’une température
#” #”
critique impose un champ B nul à l’intérieur du supraconducteur. Les lignes de champ B entourent
alors le matériaux. Cette situation ressemble à un problème de mécanique des fluides, plus précisément
#”
un écoulement de fluide autour d’une boule solide. Dans ce cas l’analogue de B est #” v . À quoi est du
ce phénomène ? Par induction, des courants prennent naissance à la surface du matériaux, qui crée un
#” #”
champ B1 tel que la superposition de B1 avec le champ extérieure soit nulle dans tout le volume du
#” #”
conducteur. Néanmoins, à l’extérieur, la discontinuité tangentielle de B est égale à µ0 j S ∧ #”
n.
Bien que satisfaisante, cette explication n’est pas physique car la modélisation surfacique n’existe
#”
pas en réalité. En fait, B pénètre dans la boule sur une épaisseur de 10−8 m : la modélisation sur-
facique constitue donc une bonne approximation. L’effet Meissner n’est pas une conséquence de la
conductivité infinie, c’est un effet indépendant.
#”
On considèrera maintenant uniquement le champ B0 extérieur. Expérimentalement, on constate
#”
que si l’on augmente B inconsidérément, le champ pénètre à l’intérieur du matériaux. Ainsi, le
scaractère
#” B
supraconducteur dépend de T et de B0 et plus précisément la limite est donnée par Tc = Tc,0 1 − .
Bc,0
Tc,0 normal
supraconducteur
Bc,0 B
Il existe deux types de supraconducteurs. Tous les métaux sauf le niobium Nb (Z = 41) sont des
supraconducteurs de première espèce, qui possèdent les propriétés que l’on vient de décrire. Ceci est
ennuyeux pour les machines utilisant le champ magnétique, on veut éviter que le métal ne perde ses
propriétés supraconductrices au cours du fonctionnement.
#”
Pour les supraconducteurs de deuxième espèce, il existe un domaine de champ B élevé dans lequel
#”
la conductivité est infinie et le matériaux expulse pratiquement tout le champ B. C’est très intéressant
#”
puisque le matériaux supraconducteur peut supporter des champs B élevés. Les alliages et les oxydes
sont des supraconducteurs de deuxième espèce.
Conduction Dans un conducteur ordinaire, le porteur de charges est l’électron de spin s = ~/2, c’est
un fermion. À l’intérieur d’un supraconducteur, les porteurs de charges sont des paires d’électrons ;
les paires de Cooper. Une paire de Cooperest un ensemble de 2 électrons qui se déplacent de
conserve, l’un a un spin ↑ (up) et l’autre un spin ↓ (down). Ainsi, le spin global est nul et la paire
de Cooper se comporte comme un boson, qui ne subissent pas le principe d’exclusion de Pauli.
Néanmoins la distance entre les deux électrons de la paire est de l’odre de 1 µm, ce qui est énorme à
l’échelle atomique. Les deux électrons sont couplés par le biais de la déformation du réseau des ions
du matériaux. Cooper a reçu le prix Nobel en 1956 pour cette découverte, puis une seconde fois
avec Bardeen et Schriefer en 1971 pour la théorie bsc.
Électromagnétisme 55
2012/2013 Compléments de cours de physique
Applications Le principal avantage des supraconducteurs est l’absence d’effet Joule, qui permet
de faire circuler une intensité très élevée sans pertes énergétiques. C’est pour cela qu’edf est en pointe
pour la recherche sur les supraconducteurs.
On peut même faire léviter des objets avec un supraconducteur. soit une spire de matériaux
supraconducteur au travers de laquelle on fait descendre un aimant permanent. La variation du flux
#” #”
de B à travers la spire va induire une intensité puis un champ B qui va agir sur l’aimant via les forces
de Laplace. D’après la loi de modération de Lentz, la force magnétique résultante va être dirigée
dφ
vers le haut. SI on applique la loi d’Ohm généralisée à la spire, Ri = e = − d’après le théorème de
dt
Faraday. En séparant flux propre et flux extérieur,
di dφext
Ri + L =− .
dt dt
Si la spire est normale, φext = 0 implique que i −−−−→ 0 avec une constante de temps L/R. Mais si la
t→+∞
dφ
spire est supraconductrice, − = 0 donc φ = cte donc Li + φext = cte, le courant ne s’annule jamais
dt
et la force induite non plus : l’aimant lévite au dessus de la spire supraconductrice !
⋆⋆⋆
56 Électromagnétisme
Lycée Saint-Louis MP*2
∂T #”
= D ∇2 T .
∂t
Ici, la diffusion étudiée est la diffusion par une particule d’une onde électromagnétique incidente en
un rayonnement qui se propage dans toutes ldes directions.
Interaction matière/rayonnement L’onde incidente est une onde plane progressive sinusoïdale.
La matière est constituée d’atomes et molécules indépendantes telles que les noyaux sont fixes et les
électrons mobiles. Les forces auxquelles sont soumis les électrons sont, avec #” ρ la distance au noyau et
r la position du noyau :
#”
– une force de rappel liée au modèle de l’électron élastiquement lié −mω02 #” ρ;
˙
– une force de freinage de rayonnement −f ρ = −mγ ρ ;
#” ˙
#”
#” #” #” #”
– la force de Lorentz −e(E + #” v ∧ B) ≈ −eE( #” r + #”ρ , t) ≈ −eE( #”r , t).
La matière est donc globalement neutre. Pour obtenir les mouvement des électrons, on applique le
pfd :
¨” = −mω 2 #” ˙ #” #¨” ˙ 2 #” e #”
m #ρ 0 ρ − mγ ρ − eE ⇒ ρ + γ ρ + ω0 ρ = −
#” #” E.
m
d
En passant en complexes avec la convention ↔ −iω,
dt
e 1 #”
ρ =
#” E.
m (ω − ω0 ) + iωγ
2 2
#”
E est une onde plane progressive sinusoïdale donc sont mouvement est la combinaison de deux oscilla-
#”
teurs harmoniques orthogonaux, donc #” ρ aussi. Ainsi la molécule excitée par le champ E se comporte
comme deux petits dipôles oscillants qui produisent un champ de rayonnement. Ce champ ne diffuse
pas l’énergie de manière isotropique mais au maximum dans le plan orthogonal à on mouvement. Le
terme −mγ #” ρ˙ est fondamental dans notre modèle, puisqu’il modélise les transferts d’énergie.
µ0 2 2 ¨” >=
Puissance rayonnée D’après la formule de Larmor, P = e a et il nous faut a2 =< #ρ
6πc
1
ρ 2 > car on est en régime sinusoïdal. De plus a2 = ω 4 #”
ω 4 < #” ρ ∗ . Ainsi,
ρ . #”
2
µ0 4 2 e4 1 #” #”∗
P= ω c 2 2 E.E .
12πc m (ω − ω0 )
2 2
#” 1 #” #” 1 #” #”∗
Or l’intensité incidente du rayonnement est Ii =< Π. #”
u x >= < E ∧ B. #”
u x >= E.E =
µ0 2µ0 c
ε0 c #” #”∗
E.E . D’où enfin
2
µ2 e4 ω4
P= 0 2 2 Ii .
6π m (ω − ω02 )2
P est une puissance, Ii est une puissance surfacique donc le préfacteur est homogène a une sur-
face, c’est la surface efficace de diffusion σ. Il est donc équivalent de considérer le problème où un
rayonnement d’intensité Ii arrive sur une surface σ par laquelle il est totalement absorbé.
Électromagnétisme 57
2012/2013 Compléments de cours de physique
⋆⋆⋆
58 Électromagnétisme
Lycée Saint-Louis MP*2
Quelle est l’amplitude diffractée dans les conditions de Frauhnofer ? On utilise pour la savoir la
formule du même nom :
¨ #” # ”
#” # ”
A( k ) = K t(OP )e−i k .OP d2 r
N
X
¨ #” # ”
# ”
= K t1 (Om P )e−i k .OP d2 r
m=1
XN #” # ”
¨ #” # ”
−i k .OOm # ”
= Ke t1 (Om P )e−i k .Om P d2 r
m=1
¨ N
X
# ” −i #” # ”
k .O1 P
#” # ”
= t1 (O1 P )e K e−i k .OOm
m=1
N
X #” # ”
#”
= A1 ( k ) e−i k .OOm
m=1
Comme on intègre sur tout le plan, on peut en effet changer d’origine dans l’intégrale. Deux facteurs
#” #”
apparaissent dans cette expression : le facteur de forme f ( k ) = A1 ( k ) et un facteur de structure
XN #” # ”
#”
s( k ) = e−i k .OOm . Au lieu d’utiliser la formule de Fraunhofer, on aurait pu utiliser le fait
m=1
que l’amplitude diffractée est la transformée de Fourier de la transmittance, et que le produit de
convolution devient produit simple dans le domaine de Fourier :
N
! N
X # ” #” #” X #” # ”
r ) = t1 ( #”
t( #” r)⊗ δ( r − OOm ) ⇒ A( k ) = t1 ( k ) ×
#” e e−i k .OOm ,
| {z }
m=1 #” m=1
A1 ( k )
car tout le monde sait que la transformée d’un Dirac est une exponentielle imaginaire. L’intensité est
I = f f ∗ ss∗ = F S où F est un facteur qui ne dépend que de la forme du motif que l’on répète, et S
de la manière dont ce motif est répété.
Répartition régulière On suppose que t( #” r ) possède une double périodicité spatiale selon deux
vecteurs a1 et a2 , et que le motif est répété N1 fois le long de a#”1 et N2 fois le long de a#”2 .
#” #”
C’est le principe des réseaux. Mais il se produit le même phénomène de diffraction avec un rideau
semi-transparent maillé, ou des cristaux. Les cristallographes sont capables de reconnaitre le la struc-
ture d’un cristal grâce à sa figure de diffraction. C’est grâce à la diffraction que l’on a pu connaitre la
structure de l’ADN.
Optique 59
2012/2013 Compléments de cours de physique
Le facteur de forme correspondant à cette figure de diffraction est la tâche d’Airy, mais ce qui nous
intéresse c’est le facteur de structure. Celui-ci est, par la formule précédent,
! !
X #” # ” X #” # ” X #” # ”
S= exp(−i k .OOm ) exp(+i k .OOp ) = N + 2 cos( k .Op Om ).
m p m<p
Comme la répartition est aléatoire, le cosinus prend des valeurs aléatoires donc la somme des cosinus
est nulle et I = N F ? En réalité, ce raisonnement est faux.
Considérons le problème de la marche aléatoire le long d’un axe (Ox). Le marcheur fait N pas au
hasard donc xn ∈ J−N, N K. Mais il y a une q très faible√probabilité pour que xN = N ou xN = −N .
2
Ainsi, < xN >= 0 mais < xN >= N donc < x2N > = N . Un ivrogne qui a fait 10000 pas au hasard
se retrouve en moyenne à 100 pas de son point de départ. C’est un raisonnement caractéristique de la
diffusion. X #” # ”
Néanmoins le problème reste entier, il nous faut évaluer cos( k .Opm ). On considèrera que
m<p
chaque cosinus vaut ±1, et il y a N 2 termes, on est donc ramenés
√ au problème de la marche aléatoire.
Ainsi la somme des cosinus vaudra en valeur absolue moyenne N 2 = N , on ne peut pas la négliger
devant l’autre N dans la somme qui fait S. La somme des cosinus est donc un facteur aléatoire non-
négligeable qui provient de la répartition aléatoire des lycopodes. L’intensité observée sur un écran
sera donc une tache d’Airy modulée localement très fortement par le facteur de structure qui est
localement aléatoire mais parfaitement déterminé par la répartition des lycopodes. Puisque la somme
#”
de cosinus comporte N 2 termes, dès que k varie très faiblement, la valeur de la somme peut varier du
tout au tout. Voir l’image ci-dessous.
⋆⋆⋆
60 Optique
Lycée Saint-Louis MP*2
∆ν
ν0 ν
dν
Pour une source absolument monochromatique, Iν = I0 δ(ν − ν0 ) mais cela n’existe pas en réalité.
dI est l’aire hachurée en bleu, et si I0 est l’intensité totale délivrée par la source, alors
ˆ ˆ ˆ ν0 +∆ν
I0 = dI = Iν (ν)dν ≈ Iν (ν)dν.
ν0 −∆ν
La monochromaticité de la source est bien sûr inversement proportionnelle à ∆ν, mais il faut aussi
tenir compte de ν0 : un écart de 10 Hz est énorme si ν0 ∼ 1 Hz mais pas si ν0 ∼ 106 Hz. Ainsi on
définit l’indicateur de monochromaticité de la source, sa finesse, par
ν0
F = .
∆ν
Pour pouvoir résoudre le profil spectral, c’est-à-dire étudier Iν , il faut que notre détecteur ait une
résolution ∆νd < ∆ν. On aurait aussi pu analyser en pulsation ou en longueur d’onde : dI = Iω (ω)dω
ou dI = Iλ (λ)dλ.
Origine de la largeur spectrale On a d’abord une largeur naturelle liée au temps de désexcitation
fini des atomes de la source lumineuse. Le temps de cohérence τn naturel du rayonnement est fini, et à
cause des principes de l’analyse spectrale ∆νn ∼ 1/τn . Pour P = 1 bar, ∆νn ∼ 108 Hz et cela diminue
fortement avec la pression. Lorsque l’origine de la largeur spectrale est majoritairement naturelle, la
distribution d’intensité spectrale est dite lorentzienne, de la forme
Iν
A
Iν (ν) = .
1 + B(ν − ν0 )2
ν0 ν
La courbe est symétrique par rapport à ν0 . On identifie A = Iν,max et B est liée à ∆n , plus précisément,
B = 4/(∆ν)2 = 4τn2 .
Optique 61
2012/2013 Compléments de cours de physique
Mais il existe une deuxième source de largeur spectrale. L’effet Doppler, déjà évoqué page 39.
Si l’atome de la source se déplace à la vitesse #”
v et que vx est la composante de #”
v sur l’axe atome-
observateur, alors la fréquence perçue par l’observateur est
vx ν0 vx
ν = ν0 1+ ⇒ ∆ν = .
c c
!
(ν − ν0 )2
Iν (ν) = A exp − .
2σ 2
ν0 ν
La courbes
est aussi symétrique par rapport à ν0 , très similaire à la lorentzienne. On identifie A = Iν,max ,
ν0 kB T
et σ = , σ est lié à l’agitation thermique. En effet, la probabilité que vx soit dans l’intervalle
c m
[vx , vx + dvx ] est, avec la statistique de Maxwell-Boltzmann,
!
1 mvx2
dP = α exp − .
2 kB T
s
2ν0 kB T
La largeur spectrale due à l’effet Doppler est ∆νD = 2 ln 2 , elle est sensible à la tempéra-
c m
ture et à la pression. Pour λ0 = 0,6 µm, T = 500 K, ∆νD = 2 × 109 Hz.
Pour avoir en général la largeur de la répartition spectrale, les deux phénomènes s’influencent
mutuellement et la situation est compliquée. Néanmoins, dans des conditions usuelles pour une source
lumineuse, ∆νD ≫ ∆νn donc ∆νtot ≈ ∆νD . Mais si P est plus élevée et T plus faible, cette tendance
peut s’inverser.
⋆⋆⋆
62 Optique
Lycée Saint-Louis MP*2
Principe On listera ici plusieurs dispositifs interférentiels par division du front d’onde, qui fonc-
tionnent sur le principe des fentes d’Young : une source ponctuelle S envoie de la lumière mono-
chromatique de longueur d’onde λ dans un dispositif optique qui créé deux sources fictives S1 et
S2 distantes de a, et on mesure l’intensité sur un écran situé à la distance D de S1 et S2 . Si on
note I1 et I2 les intensités produites par les deux sources fictives, et I(y) l’intensité sur l’écran, alors
√ 2π ay λD
I = I1 + I2 + I1 I2 cos ϕ où ϕ = + ϕ0 et l’interfrange est i = . Les dispositifs qui suivent
λ D 2
ont pour but de pallier aux inconvénient des fentes d’Young, notamment la très faible luminosité qui
sort des fentes.
Les bilentilles de Billet Il s’agit de placer devant S une lentille convergente dont on a rendu
opaque la partie centrale.
S1
b
Sb e
S2
b
Le rayon lumineux qui passe par le centre d’une bilentille n’est pas dévié. En effet, on réalise en
pratique une bilentille à partie d’une lentille sphérique que l’on découpe selon le procédé suivant (la
courbure de la lentille est exagérée) :
2R e
S1 et S2 sont les images de S par chacune des deux moitiés de la bilentille. S1 et S2 sont situés dans un
même plan perpendiculaire à l’axe optique à cause de l’aplanétisme des lentilles minces. Par symétrie,
S1 et S2 sont cohérentes et en phase.
Les interférences ne sont pas localisées, on peut les observer dans toute la zone hachurée en vert.
Le cache entre les deux moitiés de la bilentille sert à éviter de nuire au contraste. Le contraste est
d’ailleurs bon car les deux sources envoient de la lumière avec la même intensité. Les franges seront
plus lumineuses que le trous d’Young car on se sert d’une bonne partie de la lumière diffusée par S.
La frange centrale y = 0 est lumineuse par symétrie ; les deux ondes issues des deux sources y arrivent
en phase.
Les miroirs de Fresnel Dans un cercle de rayon R. on place un miroir en deux parties dont l’une
est inclinée de l’angle ε ≪ 1 par rapport au prolongement du diamètre, et une source S.
Optique 63
2012/2013 Compléments de cours de physique
S b
ε
b
C
ε
2ε
S1 b
S2 b
Les rayons en bleu sont ceux réfléchis par la moitié de gauche du miroir, ceux en rouge par la moitié
droite inclinée. S1 et S2 sont les images de S par ces deux miroirs. La difficulté de l’exercice est ici
de retrouver la distance entre S1 et S2 . Sur la figure, on retrouve le ε à gauche drâce aux deux angles
droits, puis on utilise le théorème de l’angle au centre pour montrer que S\ 1 CS2 = 2ε. Ensuite, puisque
ε ≪ 1, S1 S2 ≈ 2εR car la corde se confond avec l’arc de cercle.
Le champ d’interférences est en vert. Les franges sont très lumineuses, le contraste bon car l’in-
tensité diffusée par les deux sources est la même. Par symétrie, la frange centrale est brillante.
b
M
S = S2 b
b
O
S1 b
On place un miroir plan perpendiculairement à l’écran, S2 est la source elle-même et S1 est l’image de S
par le miroir. Géométriquement, OS1 = OS2 donc la frange centrale en O devrait être brillante. Néan-
moins, on constate expérimentalement qu’elle est sombre. Ceci est du au déphasage de π occasionné
par la réflexion sur le miroir ; le miroir de Lloyd est la preuve expérimentale de ce déphasage.
Bilentille de Meslin Au lieu de séparer verticalement les deux moitiés de la bilentille comme dans
le cas de Billet, on les sépare horizontalement.
64 Optique
Lycée Saint-Louis MP*2
L1
S1 S1
b b b
S b
M
L2
écran
Le champ d’interférence est la zone en vert. En réalité, c’est un demi-double cône, que l’on retrouve
en faisant faire un demi-tour au triangle vert autour de l’axe optique. Déterminons la forme des franges.
La différence de marche est
Les franges sont les lieux équiphase donc équi-δ, c’est à dire l’ensemble des points M tels que S1 M +
S2 M = cte : c’est donc une ellipse, comme intersection d’un ellipsoïde avec un plan perpendiculaire à
[S1 S2 ].
La frange centrale est-elle claire ou sombre ? Les rayons passant par l’axe optique en haut ou en bas
traversent la même épaisseur de verre dans les lentilles donc ils sont normalement en phase. Mais
expérimentalement, on constate que la frange centrale est sombre. C’est à cause du déphasage de
Gouy. En effet, lorsqu’une onde sphérique passe par son pôle, elle subit un déphasage de π. L’onde
bleue passe par son pôle avant d’arriver en M mais pas l’onde rouge ; les deux rayons autour de l’axe
optique sont donc quand même déphasés de π.
S1 b
A
b
S
S2 b
ℓ L
Optique 65
2012/2013 Compléments de cours de physique
Chaque moitié du biprisme est approximativement stigmatique et S est conjuguée avec 2 sources
fictives S1 et S2 qui sont quasiment dans le même plan transversal de S. On peut montrer que
S1 S2 = 2ℓ(n − 1)A, et en notant D = ℓ + L on peut utiliser toutes les formules concernant les trous
d’Young. Voici ce qui se passe avec une source à l’infini :
#”
k2
−α
#”
k1
Quelle est la valeur de α ? Que donne dans la zone verte la superposition de deux ondes planes de
#” #”
vecteurs k 1 et k 2 ? Pour calculer α, on fait un peu de géométrie :
i′
r′ α
#” #” 2π
Or k 2 − k 1 = 2 sin α #”
u y où #”
u y est unitaire dirigé du bas vers le haut dans le plan de la feuille. De
# ”′ λ
plus M M = i #”u y donc on trouve
λ
i= .
2 sin α
⋆⋆⋆
66 Optique
Lycée Saint-Louis MP*2
Description Le dispositif est une lame d’air entre deux plaques de verre semi-argentées ou une lame
de verre semi-argentée dans l’air.
Amplitude de l’onde résultante La différence de marche géométrique a déjà été calculée dans le
cours de M. Massias, c’est δ = 2ne cos j.
i
n0
j
e n
j
n0
Intensité transmise On multiplie l’amplitude par son conjugué pour obtenir l’intensité transmise :
I = AA∗
T2
= I0 or T = 1 − R ;
1 + R2 − 2R cos ϕ
I0 (1 − R2 )
=
(1 − R)2 + 2R(1 − cos ϕ)
I0
= .
1 + (1−R)2 sin2 ϕ2
4R
Optique 67
2012/2013 Compléments de cours de physique
4R
En posant M = , on a
(1 − R)2
I0
I= ϕ.
1 + M sin2 2
C’est la fonction
√ Airy. Ce résultat est l’équivalent en interférences à ondes multiples de la formule
I = I1 + I2 + I1 I2 cos ϕ. De manière anecdotique, les fonctions d’Airy sont les solutions de l’équation
différentielle y ′′ − xy = 0. L’intensité transmise est quant à elle, par conservation de l’énergie, Ir =
I0 − It .
Étudions la fonction d’Airy. Elle est 2π-périodique, I = I0 lorsque ϕ ∈ 2πZ. Le coefficient M ≫ 1
généralement car R ≈ 1. En effet, si r = 0,95, R = 0,90 et M = 300. Les variations de la fonction (en
bleu) sont brutales.
I0 I
| |
−2π 0 2π ϕ
La courbe en rouge est celle de l’intensité pour les interférences à deux ondes, I = 4I0 cos2 (ϕ/2). Les
variations sont molles comparées à celles de la fonction d’Airy, qui est pratiquement un peigne de
Dirac.
Les franges sont localisées à l’infini, ce sont donc des franges d’égale inclinaison. À cause de la
fonction d’Airy, les franges sont très fines, au contraire de celle obtenues avec un michelson par
exemple. Les franges sont certes plus fines mais très lumineuses.
Filtre interférentiels L’interféromètre de Pérot et Fabry peut servir à filtrer une lumière poly-
chromatique. Les longueurs d’onde transmises sont les λ tels que ϕ = 2kπ avec k ∈ Z. On se place
2π 2ne
en incidence normale, i = 0 donc j = 0 et ϕ = 2ne d’où λk = . Tous les λk seront transmis
λ0 k
intégralement à la sortie du filtre tandis que les autres longueurs d’onde seront réfléchies.
Si on veut sélectionner une seule longueur d’onde, on peut diminuer e afin d’obtenir une seule
longueur d’onde sélectionnée dans le domaine du visible mais ce n’est pas très important. La bonne
méthode consiste à prendre un filtre passe-bande bon marché (en rouge) qui dégrossit le signal puis
appliquer le Pérot et Fabry pour un réglage fin (en bleu).
λ0
| |
0,4 µm 0,8 µm
68 Optique
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Spectromètre à haute résolution On veut analyser pour une lumière polychromatique la réparti-
tion de l’intensité en fréquence Iν (ν). Les spectromètres à prisme et à réseau déjà étudiés dans le cours
de M. Massias permettent de réaliser cette opération. En lumière monochromatique les franges trans-
mises par l’interféromètre de Pérot et Fabry sont très fines et lumineuses. En lumière bichromatique,
on aura deux systèmes de franges décalés les uns par rapport aux autres.
On s’intéresse au pouvoir de résolution du spectromètre, c’est à dire le coefficient R = λ/∆λ
maximal tel que l’on puisse distinguer grâce au spectroscope les raies des longueurs d’onde λ et
λ + ∆λ. On observe les franges paramétrées par la longueur ρ sur un écran après le passage par une
2π
lentille convergente de focale f . On rappelle que ϕ = 2ne cos j , n sin j = n0 sin i et ρ = f tan i ≈ f i
λ0
si i ≪ 1. Pour déterminer jusqu’à quel point on peut considérer deux raies comme différentiables l’une
de l’autre, on va utiliser le critère de Rayleigh. Dans la suite on ne se soucie pas des signes des
quantités différentielles.
I ∆ρ
δp
ρ √
La largeur δp d’une raie est liée à la fonction d’Airy. On sait que δϕ = 4/ M , on différencie loga-
rithmiquement à l’aide de l’expression de ϕ ci-dessus :
δϕ n0 n0 ρδp 2 n0 f 2
= − tan jδj = − tan iδi ≈ − ⇒ δp = √ .
ϕ n n f2 kπ M n ρ
On trouve donc ∆p en fonction de k. Pour relier ∆ρ et ∆λ0 , on différencie logarithmiquement la
relation entre ϕ, j et λ0 à ϕ constant et à λ0 qui varie :
∆λ0 ∆λ0 n0 n0 ρ∆ρ
0 = − tan jδj − ⇒ = tan iδi ≈ .
λ0 λ0 n n f2
Le critère de Rayleigh stipule que l’on peut distinguer une raie de l’autre si ∆ρ > δp, ce qui se
traduit par √
∆λ0 2 kp i M
> √ ⇒R= = Q.
λ0 kπ M 2
Il se trouve que Q et R sont les mêmes, l’interféromètre de Pérot et Fabry est aussi efficace en
tant que spectromètre que comme filtre. On propose maintenant spontanément à l’examinateur une
application numérique avec des ordres de grandeurs judicieusement choisis.
λ0
R e λ= K R ∆λ
n
0,9 1 cm 500 nm 4× 104 1,2 × 106 0,4 pm
Optique 69
2012/2013 Compléments de cours de physique
Le spectromètre est incroyablement précis, capable de ramener à notre échelle des longueurs de l’ordre
du centième du rayon atomique. Avec un spectromètre à réseau, R = kN ∼ 103 est beaucoup moins
élevé. Pour atteindre une précision comparable, il faudrait un réseau de 600 000 traits, ce qui est
techniquement très ardu à réaliser. On peut utiliser le spectromètre Pérot-Fabry pour distinguer la
raie double du sodium : 5 589,0 nm ↔ 5 589,6 nm, ∆λ ∼ 600 pm.
En fait, le Pérot-Fabry est tellement précis qu’il permet d’analyser la répartition en intensité
d’une seule raie, par exemple pour confirmer une répartition gaussienne ou lorentzienne du spectre
(voir le complément page 61).
⋆⋆⋆
70 Optique