Exercices Corrigés de Probabilités L2
Exercices Corrigés de Probabilités L2
probabilités et statistique
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Fabrice Rossi
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la licence Creative
Commons Paternité - Partage à l’Identique 3.0 non transposé.
Table des matières
2 Conditionnement et indépendance 11
Évolutions de ce document 63
iii
Introduction
v
Chapitre 1
Expériences aléatoires et
dénombrement
Exercice 1.1
Énoncé On étudie les connexions d’internautes à un site web. Celui-ci propose
six versions de son contenu, réparties en trois versions anglaises (notées en) et
trois versions françaises (notées f r). Pour chaque langue, les trois versions sont
les suivantes : une version normale (n), une version pour les petits écrans comme
ceux des téléphones (p) et une version pour les écrans de taille moyenne comme
ceux des tablettes (m). En étudiant l’historique des connexions, on constate que
les versions ne sont pas utilisées de façon uniforme. Plus précisément, si on
choisit un internaute connecté au hasard, la probabilité de tomber sur chacune
des versions est donnée par la table suivante :
Dans la table, chaque version est désignée par sa langue et son type. L’ensemble
des six versions forme l’univers Ω. Les lettres a et b désignent des paramètres
à déterminer.
Question 1 Quelles propriétés doivent vérifier a et b pour que P soit bien une
probabilité sur Ω ?
Question 2 On constate que le site a deux fois plus d’utilisateurs anglophones
que d’utilisateurs francophones. En déduite a et b.
Question 3 Quel pourcentage d’utilisateurs du site consultent la version pour
petit écran ?
Dans cet exercice, l’univers est déjà fixé et l’objectif est de construire une proba-
bilité sur cet univers. Les questions ont pour objectif de tester la connaissance
des propriétés d’une probabilité.
1
2 CHAPITRE 1. EXPÉRIENCES ALÉATOIRES ET DÉNOMBREMENT
Correction
Pour que P soit une probabilité sur Ω, il faut que P({version}) ∈ [0,1]
pour toute version du site web. En particulier, on doit donc avoir :
Il est fréquent que la solution proposée ne soit pas aussi bien justifiée que ce qui
précède. Il est pourtant important de ne pas oublier les conditions de la forme
a ∈ [0,1] et surtout de justifier qu’on peut faire la somme des valeurs données
dans le tableau. Il se pourrait en effet que Ω ne soit pas couvert complètement
par les éléments du tableau (imaginons ici une version allemande du site pour
laquelle on ne donne pas de probabilités précises), et il faudrait donc connaître
la probabilité de l’ensemble des évènements élémentaires listés dans le tableau
pour remplacer l’analyse basée sur P(Ω) = 1.
Correction
Le site ayant deux fois plus d’utilisateurs anglophones que francophones, on
suppose que P({version anglaise}) = 2P({version française}). Or l’évène-
ment {version anglaise} est l’union disjointe des trois évènements {(en,n)},
{(en,p)} et {(en,m)} et donc la probabilité de l’évènement est la somme
des probabilités des trois évènements élémentaires. Donc, d’après le tableau,
on a
4 3
P({version anglaise}) = +b+ ,
21 21
7
=b+ .
21
De la même façon, on trouve que
5 1
P({version française}) = a + + ,
21 21
6
=a+ ,
21
3
soit finalement
7 6
b+ =2 a+ .
21 21
En combinant cette équation avec le résultat obtenu à la question précédent,
8
à savoir a + b = 21 , on trouve
7 8 6
b+ =2 −b+ ,
21 21 21
soit b = 13 et a = 21
1
. On constate que a et b sont bien des éléments de
[0,1] ce qui montre que cette solution est acceptable.
Comme pour la première question, il faut justifier les réponses en évoquant
au moins une fois la décomposition d’un évènement bien choisi en évènements
dont on connaît les probabilités. La dernière question se traite de cette façon
aussi.
Correction
L’évènement {petit écran} est l’union disjointe des évènements {(en,p)}
et {(f r,p)}, donc sa probabilité est la somme des probabilités de ces deux
évènements. On obtient ainsi :
5 12
P({petit écran}) = P({(en,p)}) + P({(f r,p)}) = +b= .
21 21
Exercice 1.2
Énoncé On place dans un sac 5 billets de 5 e, 7 billets de 10 e et 10 billets
de 20 e. On choisit au hasard une poignée de 8 billets, chaque billet ayant la
même probabilité d’être attrapé.
Question 1 Quelle est la probabilité de n’avoir choisi aucun billet de 5 e ?
Question 2 Quelle est la probabilité d’avoir obtenu uniquement des billets de
20 e ?
Question 3 Quelle est la probabilité d’avoir obtenu au moins un billet de
chaque valeur ?
Question 4 On recommence l’expérience en tirant les billets un par un et en
remettant le billet dans le sac après son tirage. Calculer les probabilités des
trois évènements ci-dessus dans cette nouvelle expérience.
Comme dans tout exercice de probabilité qui ne fait pas intervenir de variables
aléatoires, on doit commencer la résolution par la définition de l’univers Ω
associé à l’expérience. On rencontre ici une difficulté classique : les billets d’une
catégorie ne sont pas (facilement) discernables. On pourrait donc être tenté
4 CHAPITRE 1. EXPÉRIENCES ALÉATOIRES ET DÉNOMBREMENT
B = {c1 , . . . , c5 , d1 , . . . , d7 , v1 , . . . , v10 } .
Ω = {{b1 , . . . , b8 } | ∀i, bi ∈ B et ∀j 6= i, bi 6= bj } .
puis que
8
C17 17! 14!8! 17 × 16 × · · · × 10
P(A) = 8 = = ' 0, 076
C22 9!8! 22! 22 × 21 × · · · × 15
Notons que le résultat attendu est simplement celui qui fait apparaître les
formules explicites pour les Cnp . La simplification du résultat et la valeur
numérique approchée ne doivent pas être fournies en général.
On peut interpréter le résultat sous forme d’un tirage séquentiel. Il est clair
en effet que la probabilité de tirer un unique billet qui ne soit pas de 5 e est
de 1722 . Si on tire ensuite un deuxième billet sans remettre le premier, il ne
reste plus que 21 billets, dont seulement 16 ne sont pas de 5 e. La probabilité
de ne pas tomber sur un billet de 5 e devient donc 16 15
21 , puis 20 et ainsi de
10
suite jusqu’à 15 pour le huitième billet. En formalisant ce raisonnement et en
s’appuyant sur la notion de probabilités conditionnelles, on peut retrouver le
résultat sur P(A). Il est cependant beaucoup plus simple de déterminer la taille
de A en s’appuyant sur des propriétés connues.
Notons qu’il ne faut surtout pas chercher à déterminer la composition de
la poignée de billets ne contenant pas de billets de 5 e au risque de perdre
beaucoup de temps. Cet exercice se différencie donc d’autres exercices dans
lesquels on étudie une partie complexe de Ω en la décomposant en parties
plus simples. Ici, on s’intéresse toujours à des sous-ensembles de taille huit,
mais on change l’ensemble dont ils sont des parties : on passe de B tout entier
(l’ensemble des 22 billets) à un sous-ensemble de B. On procède exactement de
la même façon pour la question suivante.
Correction
Soit l’évènement D = {obtenir uniquement des billets de 20 e}. On
cherche ainsi les sous-ensembles de taille 8 billets choisis dans l’ensemble
des 10 billets de 20 e. On donc |D| = C10 8 et
8
C10 10! 14!8!
P(D) = 8 = ' 1, 41 10−4 .
C22 8!8! 22!
6 CHAPITRE 1. EXPÉRIENCES ALÉATOIRES ET DÉNOMBREMENT
La troisième question se traite d’une façon assez différente car elle nécessite de
réécrire l’évènement.
Correction
Soit l’évènement
On remarque que
8 8
|G5 | = C17 − C10 .
7
Finalement, on a
On a donc
8 + C8 + C8 − C8
C17 15 12 10
P(E) = 1 − P(F ) = 1 − 8 ' 0, 902.
C22
Cette question est beaucoup plus complexe que les précédentes et peut conduire
à des solutions fausses de façon malheureusement assez naturelle. Il est fréquent
par exemple de confondre les évènements G5 et A. Or, dans G5 , on considère les
poignées qui ne contiennent pas de billet de 5 e mais qui contiennent aussi au
moins un billet de 10 e et au moins un billet de 20 e. L’évènement A est moins
restrictif car il demande seulement de ne pas avoir de billet de 5 e. On peut
donc obtenir une poignée ne contenant que des billets de 20 e. Pour trouver
|G5 |, on doit donc enlever de A les poignées ne contenant que des billets de 20
e.
Une autre erreur classique consiste à essayer de construire les résultats
de l’expérience qui constituent l’évènement étudié. Cette stratégie fonctionne
très bien dans certaines situations, mais elle est parfois délicate à mettre en
œuvre. Dans la question précédente, on étudie donc des sous-ensembles de
8 billets contenant au moins un billet de chaque valeur. Pour obtenir un tel
sous-ensemble, on peut donc choisir un billet de 5 e (soit 5 possibilités), un
billet de 10 e (7 possibilités), un billet de 20 e (10 possibilités) et enfin 5
billets quelconques parmi les 19 billets restants (soit donc C19 5 possibilités). Les
poignée de 8 billets.
Le problème est qu’on construit de cette façon plusieurs fois les mêmes
poignées, ce qui revient à les compter plusieurs fois. Si on choisit par exemple les
billets (c1 , d1 , v1 ) puis la poignée {c2 , c3 , d2 , d3 , v2 }, on obtient la même poignée
que si on commence par choisir (c2 , d2 , v2 ) puis la poignée {c1 , c3 , d1 , d3 , v1 }.
En fait 5 × 7 × 10 × C19 5 = 4 069 800 alors que C 8 = 319 770 : on compte donc
22
de très nombreuses fois les mêmes poignées. Il faudrait ainsi trouver un moyen
d’éviter ces constructions redondantes, ce qui est assez complexe. La meilleure
solution reste alors la technique de décomposition utilisée dans la correction.
Le traitement de la question 4 nécessite l’introduction d’un nouvel univers.
Comme indiqué plus haut, cette étape est indispensable pour obtenir des
résultats corrects.
8 CHAPITRE 1. EXPÉRIENCES ALÉATOIRES ET DÉNOMBREMENT
Correction
Le tirage étant maintenant séquentiel, on obtient une liste de billets. De
plus, comme les billets sont remis dans le sac, on peut obtenir plusieurs
fois le même. L’univers est donc le produit cartésien B 8 , soit
Comme dans la définition du premier univers, on attend ici des expressions clé
importantes : liste (par opposition à ensemble et pour tenir compte de l’ordre
dans le tirage) et plusieurs fois le même (par opposition à distinct et pour
traduire la remise entre chaque tirage).
On introduit ensuite la probabilité sur Ω.
Correction
Comme dans les questions précédents, on utilise la probabilité uniforme
sur Ω, ce qui demande le calcul du cardinal de cet ensemble. Comme c’est
un produit cartésien, on a
Le calcul des trois probabilités se fait ensuite assez facilement en utilisant les
mêmes raisonnements que dans la première expérience, avec les adaptations
nécessaires au mode de tirage.
Correction
On considère l’évènement A = {n’avoir aucun billet de 5 e}. Comme pour
la question 1, il s’agit de trouver les tirages ne contenant que des billets
de 10 e et de 20 e. On cherche donc les listes de 8 billets choisis dans
B 0 , l’ensemble des billets de 10 e et de 20 e. On a donc clairement
|A| = |B 0 |8 = 178 . Donc
178
P(A) = ' 0, 127.
228
De même, l’évènement D = {obtenir uniquement des billets de 20 e} se
traite comme à la question : il s’agit de trouver des listes de 8 billets choisis
parmi les 10 billets de 20 e. On a clairement 108 listes de ce type, ce qui
conduit à
108
P(D) = 8 ' 1, 82 10−3 .
22
Enfin, l’évènement
Dans chaque cas, on cherche des listes constituées uniquement des billets
d’un catégorie, ce qui conduit à un ensemble contenant k 8 listes si on
considère k billets. On a donc
|H5 | = 58 ,
|H10 | = 78 ,
|H20 | = 108 .
Le calcul des cardinaux de G5 , G10 et G20 se fait selon les mêmes principes
que dans la question 3 : on compte d’abord le nombre de listes ne contenant
pas de billets de la valeur non souhaitée, puis on enlève au total le nombre
de listes composées uniquement d’un type de billet. On obtient ainsi :
|G5 | = (7 + 10)8 − 78
|{z} − 108
|{z} ,
| {z }
pas de 5 e uniquement des 10 e uniquement des 20 e
8 8 8
|G10 | = (5 + 10) − 5 − 10 ,
|G20 | = (5 + 7)8 − 58 − 78 .
Finalement, on a
ce qui donne
Conditionnement et
indépendance
Exercice 2.1
Énoncé On considère le jeu suivant : le joueur lance d’abord un dé non truqué.
Il tire ensuite un jeton dans une urne choisie en fonction du résultat du dé.
L’urne A est choisie quand le dé donne 1, 2 ou 3, l’urne B quand on obtient 4
ou 5 et l’urne C quand on obtient 6. Les urnes contiennent les jetons suivants :
11
12 CHAPITRE 2. CONDITIONNEMENT ET INDÉPENDANCE
Correction
On considère les évènements R, Bl et V qui correspondent respectivement
à l’obtention d’un jeton rouge, bleu ou vert à la fin de l’expérience. On
considère aussi les évènements A, B et C correspondant respectivement à
l’utilisation des urnes désignées par les mêmes lettres.
Comme le dé utilisé n’est pas truqué, on suppose que la probabilité sur
l’ensemble des faces du dé {1, . . . , 6} est uniforme. D’après l’énoncé, on a
|{1, 2, 3}| 1
P(A) = P({le dé donne 1, 2 ou 3}) = = .
|{1, 2, 3, 4, 5, 6}| 2
Correction
Considérons le tirage d’un jeton dans l’urne A. L’univers correspondant
ΩA s’écrit
ΩA = {r1 , r2 , b1 , b2 , b3 },
où r1 et r2 sont les jetons rouges, et b1 , b2 , et b3 les jetons bleus. Les
jetons sont supposés discernables pour faciliter l’analyse. En l’absence
d’hypothèse particulière sur les urnes et les jetons, on suppose que la
probabilité sur ΩA , PA , est uniforme. On a donc
|{r1 , r2 }| 2
PA (R) = PA ({r1 , r2 }) = = .
|{r1 , r2 , b1 , b2 , b3 }| 5
On a donc
2
P(R|A) = ,
5
3
P(Bl|A) = ,
5
P(V |A) = 0.
P(Bl|{3})P({3})
P({3}|Bl) = .
P(Bl)
3 1 1 1 1 37
P(Bl) = × + × +0× = ,
5 2 3 3 6 90
ce qui conduit à
3 1
5 × 6 9
P({3}|Bl) = 37 = .
90
37
L’étude d’un évènement sur le dé plutôt que sur l’urne demande un peu
d’attention : il faut en effet justifier que P(Bl|{3}) = P(Bl|A) ce qui se fait
16 CHAPITRE 2. CONDITIONNEMENT ET INDÉPENDANCE
simplement en indiquant qu’on raisonne de la même façon dans les deux cas.
On sait en effet que l’obtention d’un 3 conduit à utiliser l’urne A et donc
aux probabilités conditionnelles déjà calculées. Il faut simplement bien faire
attention de considérer P(Bl|{3}) dans les calculs, et pas P(Bl|A), pour éviter
toute confusion.
La question suivante est un peu plus subtile. Elle est destinée à tester
les connaissance sur les probabilités conditionnelles. En effet, si U et V sont
deux évènements disjoints, on pourrait croire que pour un autre évènement W ,
P(W |U ou V ) est égal à la somme de P(W |U ) et P(W |V ), ce qui est faux en
général. En revanche, comme une probabilité conditionnelle est une probabilité,
on a bien
P(U ou V |W ) = P(U |W ) + P(U |V ),
quand U et V sont disjoints. En utilisant la règle de Bayes ou la définition des
probabilités conditionnelles, on peut donc calculer P(W |U ou V ), mais c’est
un peu plus complexe qu’on pourrait le croire de prime abord.
Correction
On cherche donc P(V |D) avec
la deuxième égalité provenant du fait que D est l’union disjointe des deux
évènements {3} et {6} (qui désignent respectivement l’obtention d’un 3 et
d’un 6).
On sait que P(V ∩ {3}) = 0 puisque l’obtention d’un 3 conduit à utiliser
l’urne A qui ne contient pas de jeton vert. D’autre part, en appliquant de
nouveau la définition des probabilités conditionnelles, on a
Correction
Deux évènements U et V sont indépendants si et seulement si P(U ∩ V ) =
P(U )P(V ). On considère donc l’évènement C ∩ R. Par définition des
probabilités conditionnelles, on a
1 1
P(C ∩ R) = P(R|C)P(C) = × .
2 6
17
Or, d’après la question 1, P(R) = 60 , donc
17 1
P(R) × P(C) = × 6= P(C ∩ R).
60 6
De ce fait, les deux évènements considérés ne sont pas indépendants.
Exercice 2.2
Énoncé Un fabricant prépare des films de protection d’écran pour téléphones
portables. Il retient trois longueurs pour la diagonale des écrans (et donc pour
les films), 4 pouces, 4,7 pouces et 5 pouces. On se limite ici aux possesseurs
de téléphones avec ces trois tailles d’écran. Une étude de marché indique au
fabricant que les écrans de 4 pouces équipent 30 % des téléphones. Cette étude
lui indique aussi que 30 % des possesseurs d’écran 4 pouces ont une protection
d’écran. C’est aussi le cas de 25 % des possesseurs d’écran 4,7 pouces et de
40 % des possesseurs d’écran 5 pouces.
Correction
On appelle Ω l’ensemble de tous les possesseurs de téléphone pris en
compte dans l’étude. L’expérience aléatoire consiste à choisir au hasard
une personne dans cet ensemble. L’énoncé se traduit alors comme suit :
– on note E4 l’évènement « la personne choisie possède un téléphone
avec un écran de 4 pouces » (idem pour E4,7 et E5 ) ;
– on note P E l’évènement « le téléphone de la personne choisie possède
une protection d’écran » ;
– on a
P(E4 ) = 0,3,
P(P E|E4 ) = 0,3,
P(P E|E4,7 ) = 0,25,
P(P E|E5 ) = 0,4.
P(P E) = 0,34,
= P(P E|E4 )P(E4 ) + P(P E|E4,7 )P(E4,7 ) + P(P E|E5 )P(E5 ),
= 0,9 + 0,25 × P(E4,7 ) + 0,4 × P(E5 ).
Finalement, on obtient
0,2 20
P(E5 |P E ∩ E4,7 ) = = ' 0,69.
0,29 29
La dernière question ne comporte pas non plus de difficulté spécifique. Cepen-
dant, elle peut paraître surprenante, notamment parce qu’on n’utilise pas pour
sa résolution la règle de Bayes ou la loi des probabilités totales. Ceci vient
du fait que l’évènement de conditionnement P E ∩ E4,7 mélange une « cause »
(la taille de l’écran) et une « conséquence » (la possession d’une protection
d’écran). De ce fait, la probabilité associée à ce conditionnement est totalement
inconnue. En passant par la règle de Bayes, on obtiendrait :
ce qui n’aide pas beaucoup, seule P(E5 ) étant connue. En particulier, le calcul
de P(P E ∩ E4,7 |E5 ) n’est pas plus facile que celui de la probabilité d’origine,
notamment parce qu’on ne sait rien de particulier sur l’évènement P E ∩ E4,7 .
Autrement dit, le passage pas la règle de Bayes ne fait ici que compliquer le
calcul.
Chapitre 3
Exercice 3.1
Énoncé Pour les jeux suivants, on utilise un dé à quatre faces numérotées
0, 2, 3 et 5. On dispose aussi d’une urne contenant trois billes numérotées
respectivement 1, 3 et 5.
Dans premier jeu, on procède de la façon suivante : on lance le dé puis on
tire une bille. Si le dé donne 0, on ne gagne rien. Sinon, on gagne 5 e si le dé
et la bille portent le même numéro. Sinon, on gagne 1 e.
Question 1 Donner l’univers Ω1 et la probabilité associés à l’expérience aléa-
toire.
Soit X la variable aléatoire correspondant au gain du joueur.
Question 2 Donner la définition de X sous forme d’une fonction (on pourra
utiliser un tableau) et expliciter X(Ω1 ).
Question 3 Donner la loi de X et son espérance E(X).
Le second jeu est plus complexe. On lance un dé puis on place dans l’urne une
bille portant le numéro de la face obtenue lors du lancer du dé (par exemple,
on place une deuxième bille portant un 3 si on obtient 3). On tire ensuite une
bille dans l’urne ainsi modifiée. Le gain en euros est alors le montant indiqué
sur la bille obtenue. On note Y la variable aléatoire correspondante.
Question 4 Donner Y (Ω2 ) (il n’est pas nécessaire de décrire explicitement
Ω2 , même si cela peut être utile).
Question 5 Donner la loi de Y .
Question 6 Donner E(Y ). L’organisateur qui propose ce jeu demande de
payer 3 e pour jouer une fois. Quelle est sa rémunération moyenne ?
21
22 CHAPITRE 3. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
Correction
L’expérience consiste à lancer un dé dont les faces sont F = {0, 2, 3, 5}
puis à choisir une bille dans l’ensemble B = {1, 3, 5}. L’univers est alors
l’ensemble des couples obtenus, soit
Ω1 = F × B.
Quand une variable aléatoire est définie explicitement comme c’est le cas ici,
il est très important de bien préciser son comportement, notamment quand
l’univers est suffisamment petit pour permettre un calcul exhaustif.
Correction
Le tableau suivant donne le résultat du dé en ligne, celui du tirage dans
l’urne en colonne et la valeur de X à chaque intersection :
F/B 1 3 5
0 0 0 0
2 1 1 1
3 1 5 1
5 1 1 5
Notons que X(Ω) est obtenu ici directement à partir de l’énoncé. Si la variable
aléatoire avait été plus complexe, on se serait basé sur le tableau donnant ses
valeurs en fonction de ω ∈ Ω.
Correction
Pour calculer la loi de X, il faut déterminer PX ({x} pour tout x ∈ X(Ω).
Par exemple ici, on constate que
x 0 1 5
1 7 1
P(X = x) 4 12 6
Correction
Le calcul de PY se fait comme celui de PX ci-dessus. Par exemple on a
Exercice 3.2
Énoncé On considère le jeu suivant : le joueur lance d’abord un dé non truqué.
S’il obtient 1, 2 ou 3, il gagne l’équivalent en euros (c’est-à-dire 1 e s’il obtient 1,
par exemple). Sinon, il perd 2 e. On note X la variable aléatoire correspondant
au gain du joueur (négatif en cas de perte).
Question 1 Donnez la loi de X et sa fonction de répartition FX .
Question 2 Calculez l’espérance de X.
Question 3 Calculez la variance de X.
On modifie le jeu de la façon suivante : les gains restent les mêmes pour les
résultats 1, 2 ou 3, mais si le joueur obtient autre chose, il relance le dé. S’il
obtient 3 ou moins, il gagne 3 e, sinon il perd 5 e.
Question 4 Décrivez formellement l’univers du nouveau jeu.
Question 5 Donnez la loi de Y (qui désigne de nouveau le gain du joueur) et
calculez son espérance.
Question 6 Quelle variante du jeu est la plus avantageuse pour le joueur ?
Quand une variable aléatoire est définie de façon explicite, il est important
de bien définir l’univers de l’expérience aléatoire de départ afin d’éviter toute
confusion. Cela sera particulièrement important dans la deuxième partie de
l’exercice.
Correction
L’expérience aléatoire est un lancer de dé dont l’univers est donc
Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6},
ω 1 2 3 4 5 6
X(ω) 1 2 3 −2 −2 −2
On en déduit donc que X(Ω) = {−2, 1, 2, 3}. La loi de X est donnée par
P({X(ω) = x}) = P(X −1 ({x})) pour les x ∈ X(Ω). En utilisant le fait
que la probabilité P est uniforme, on obtient les résultats résumés dans le
26 CHAPITRE 3. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
x −2 1 2 3
X −1 ({x}) {4, 5, 6} {1} {2} {3}
1 1 1 1
PX (x) 2 6 6 6
On obtient ainsi
1 1 1 1
E(X) = −2 × + 1 × + 2 × + 3 × = 0.
2 6 6 6
Pour calculer V (X), on utilise V (X) = E(X 2 ) − (E(X))2 . On a
1 1 1 1 13
E(X 2 ) = (−2)2 × + 12 × + 22 × + 32 × = ,
2 6 6 6 3
13
et donc V (X) = 3 ' 4,33.
V (X) = E (X − E(X))2 ,
soit très pratique. En général, il vaut mieux passer par la formule utilisée
ci-dessus. Dans le calcul de E(X 2 ), deux erreurs classiques sont à éviter. On
doit tout d’abord mettre au carré les valeurs prises par X, pas les probabilités
de ces valeurs. De plus, il faut être attentif au signe de ces valeurs : dans le
calcul ci-dessus, on a bien (−2)2 = 4 et non pas −(22 ) = −4, ce qui donnerait
un résultat complètement faux.
27
(u,v) 1 2 3 4 5 6
1 1 1 1 1 1 1
2 2 2 2 2 2 2
3 3 3 3 3 3 3
4 3 3 3 −5 −5 −5
5 3 3 3 −5 −5 −5
6 3 3 3 −5 −5 −5
y −5 1 2 3
9 1 6 1 6 1 6 9 5
PY (y) 36 = 4 36 = 6 36 = 6 36 + 36 = 12
Correction
On a
1 1 1 5 1
E(Y ) = −5 × +1× +2× +3× = .
4 6 6 12 2
Comme E(Y ) > E(X), on gagne en moyenne plus à la deuxième variante
qui est donc plus avantageuse pour le joueur.
Chapitre 4
Exercice 4.1
Énoncé Pour améliorer la sûreté de fonctionnement d’un serveur informatique,
on envisage d’introduire de la redondance, c’est-à-dire d’avoir plusieurs exem-
plaires des composants importants. On peut réaliser les opérations suivantes :
– on utilise trois alimentations de 300 Watts chacune : le serveur peut
continuer à fonctionner avec une alimentation en panne car il consomme
au maximum 500 Watts.
– on place les quatre disques durs en configuration RAID 5 : le serveur peut
continuer à fonctionner avec un disque dur en panne.
On suppose que la probabilité de panne d’une alimentation est p et que celle
d’une panne de disque dur est q. On suppose en outre que tous les composants
sont indépendants.
Question 1 Soit un serveur avec alimentations redondantes : calculer la pro-
babilité de panne du serveur en supposant qu’aucun autre composant que les
alimentations ne peut tomber en panne.
Question 2 Soit un serveur avec disques durs RAID 5 : calculer la probabilité
de panne du serveur en supposant qu’aucun autre composant que les disques
dur ne peut tomber en panne.
Question 3 Si p = q, quelle solution de redondance est la plus intéressante ?
29
30 CHAPITRE 4. LOIS DISCRÈTES CLASSIQUES
De nouveau, nous utilisons ici une modélisation très classique. Pour justifier
l’utilisation d’une loi Binomiale, il faut rappeler les propriétés importantes
suivantes : on compte les succès de variables de Bernoulli indépendantes et de
même paramètre. Si les variables ne sont pas indépendantes ou si elles ont des
paramètres différents, le résultat n’est pas une loi Binomiale. Notons aussi que
compter les succès ou faire la somme des variables est exactement la même chose
et qu’on peut donc utiliser la justification la plus adaptée au contexte.
Correction
Le serveur est en panne si deux au moins des alimentations sont en panne.
On note A l’évènement « panne de l’alimentation globale ». On a donc
La deuxième question est exactement la même que la première mais avec des
paramètres numériques légèrement différents...
Correction
Comme pour les alimentations, on modélise les disques durs par des
variables Dj de Bernoulli B(q), indépendantes. Le nombre de disques en
panne est alors une variable de loi Binomiale B(4,q). Le serveur est en panne
31
= C42 q 2 (1 2
− q) + C43 q 3 (1 − q) + C44 q 4 ,
= q (6(1 − q) + 4q(1 − q) + q 2 ),
2 2
= q 2 (3q 2 − 8q + 6).
Exercice 4.2
Énoncé Un magasin spécialisé reçoit en moyenne 4 clients par jour, le nombre
de clients étant distribué selon une loi de Poisson. Calculer la probabilité que
le magasin soit visité le mercredi par :
Question 1 aucun client ;
Question 2 5 clients ;
Question 3 au moins 6 clients.
Correction
On note C la variable aléatoire donnant le nombre de clients reçus par
jour dans le magasin. Par hypothèse, C est distribuée selon une loi de
Poisson de paramètre λ et telle que E(C) = 4. Or, on sait que si C ∼ P(λ),
E(C) = λ, donc λ = 4.
40
P(C = 0) = e−4 = e−4 ' 0.0183.
0!
33
45
P(C = 5) = e−4 ' 0.156.
5!
Enfin, pour calculer P(C ≥ 6), on note que
5
[
{C ≥ 6} = {C ≤ 5} = {C = k},
k=0
Exercice 5.1
Énoncé Soit la fonction f définie par
(
ax2 + b si x ∈ [0,1]
f (x) =
0 sinon
Correction
R ∞ que f soit une densité, il faut que pour tout x, f (x) ≥ 0 et que
Pour
−∞ f (x)dx = 1. On commence par la première condition. Comme f est
nulle en dehors de l’intervalle [0,1], il suffit de considérer le cas x ∈ [0,1]
pour lequel on doit avoir ax2 + b ≥ 0.
Pour les deux conditions, on peut en général se focaliser uniquement sur les
intervalles pour lesquels la fonction proposée n’est pas nulle.
Correction
On remarque que f (0) = b, et il faut donc que b ≥ 0. Si a = 0, il n’y a pas
d’autre condition nécessaire pour assurer la positivité.
La dérivée de f est donnée par f 0 (x) = 2ax. Sur l’intervalle [0,1], le
signe de f 0 est donc celui de a. Si a > 0, f est croissante sur [0,1] et on a
35
36 CHAPITRE 5. VARIABLES ALÉATOIRES CONTINUES
Il n’y a pas de difficulté majeure dans l’analyse qui précède, mais il faut tout de
même être attentif dans le calcul de la primitive (il faut bien faire la primitive
deux termes de la somme ax2 + b et ne pas écrire seulement 13 ax3 + b, par
exemple). De même, l’analyse des conditions sur a et b doit être réalisée avec
soin afin de ne pas oublier une condition lors des transformations. Ici, on a bien
conservé la condition qui donne une intégrale de 1, puis on a utiliser les deux
conditions d’inégalités pour obtenir deux bornes sur a. On a donc conservé
trois conditions, comme il le fallait.
Correction
R∞
On sait que P(X ≥ 0,5) = 0,5 f (x)dx. Comme f est nulle en dehors de
37
a 1 a 1
1− − + = ,
24 2 6 8
ce qui donne a = 3, puis b = 0 (et donc f (x) = 3x2 sur [0,1]). On remarque
que les valeurs de a et b sont compatibles avec les inégalités établies à la
question 1 et donc qu’on obtient bien une densité.
Correction
R∞
On sait que E(X) = −∞ xf (x)dx. ce qui donne ici (en tenant compte de
la nullité de f en dehors de [0,1]) :
Z 1
E(X) = x × 3x2 dx,
0
Z 1
= 3x3 dx,
0
3 4 1 3
= x = ,
4 0 4
Z 1
E(X 2 ) = 3x4 dx,
0
3 5 1 3
= x = ,
5 0 5
3 9 3
V (X) = − = .
5 16 80
Exercice 5.2
Soit une fonction F définie de la façon suivante :
0 si x ≤ −2
a(x + b)2
si x ∈] − 2,0]
F (x) =
cx + d si x ∈]0,1]
e si x>1
Question 1 Donner les conditions que doivent vérifier les nombres réels a, b,
c, d et e pour que F soit la fonction de répartition d’une variable aléatoire
réelle absolument continue.
Question 2 On suppose que F est la fonction de répartition de X, une variable
aléatoire réelle absolument continue (et donc que les conditions établies à la
question précédente sont vérifiées). On suppose que P(X ≤ −1) = 0. En déduire
les valeurs des réels a, b, c, d et e. À quelle loi classique la fonction ainsi obtenue
correspond elle ?
39
Correction
On vérifie dans un premier temps les conditions sur les limites. On constate
que limx→−∞ F (x) = 0, comme cela doit être le cas. On constate d’autre
part que limx→∞ F (x) = e, ce qui impose e = 1.
a(b − 2)2 = 0
d = ab2
c+d=1
a(b − 2)2 = 0
d = ab2
c+d=1
e=1
c≥0
a≥0
c = 1. On obtient donc
a b c d e
0 quelconque 1 0 1
Correction
On suppose maintenant que P(Y ∈ [−1; 0,5]) = 58 . On a
5
= P(Y ∈ [−1; 0,5])
8
= P(Y ∈] − 1; 0,5]) car Y est une variable aléatoire continue
= F (0,5) − F (−1) par définition d’une fonction de répartition
c
= + d − a(b − 1)2
2
Comme dans la question précédente, on étudie d’abord la condition a(b −
2)2 = 0. Si a = 0, on a aussi d = ab2 = 0 (et la valeur de b n’importe plus).
D’après la condition c + d = 1, on a c = 1. L’équation sur P(Y ∈ [−1; 0,5])
ne peut alors pas être satisfaite car 2c + d − a(b − 1)2 = 12 .
Donc a > 0, ce qui impose b = 2 et d = 4a. En remplaçant dans
l’équation sur P(Y ∈ [−1; 0,5]), on obtient
5 c
= + 3a.
8 2
c 1
En utilisant c + d = 1 = c + 4a, on obtient 2 = 1 − 2a puis, a = 8 puis
d = 12 et c = 12 . En résumé
a b c d e
1 1 1
8 2 2 2 1
Correction
Pour calculer l’espérance et la variance de Y , on doit déterminer sa densité
42 CHAPITRE 5. VARIABLES ALÉATOIRES CONTINUES
On a alors
Z ∞
E(Y ) = yfY (y)dy
−∞
Z −2 Z 0 Z 1 Z ∞
= yfY (y)dy + yfY (y)dy + yfY (y)dy + yfY (y)dy
−∞ −2 0 1
Z 0 Z 1
y y
= (y + 2)dy + dy
−2 4 0 2
3 0 2 1
y y2 y
= + +
12 4 −2 4 0
(−2)3 (−2)2 1
=− − +
12 4 4
1
=−
12
On calcule V (Y ) en utilisant la relation V (Y ) = E(Y 2 ) − E(Y )2 . On a
Z ∞
E(Y 2 ) = y 2 fY (y)dy
−∞
0 2 1
y2
Z Z
y
= (y + 2)dy + dy
−2 4 0 2
0 1
y4 y3 3
y
= + +
16 6 −2 6 0
(−2)4 (−2)3 1
=− − +
16 6 6
1
=
2
71
et donc V (Y ) = 144 .
Chapitre 6
Exercice 6.1
Énoncé On remplit un verre de volume 20 cl d’une quantité aléatoire d’eau
choisie uniformément entre 0 et 20 cl :
Question 1 quelle est la probabilité d’obtenir moins de 5 cl d’eau ?
Question 2 on vide 5 verres ainsi remplis dans une très grande bassine. Quelle
quantité moyenne d’eau obtient-on dans la bassine ?
Correction
Soit V la variable aléatoire correspondant à la quantité d’eau dans un
verre. Par hypothèse, V suit une loi uniforme sur l’intervalle [0, 20].
43
44 CHAPITRE 6. LOIS CONTINUES CLASSIQUES
Les variables étant toutes uniformes sur [0, 20], elles sont toutes d’espérance
0+20
2 = 10. La quantité moyenne d’eau obtenue dans la bassine est de donc
5 × 10 = 50 cl.
Il est important de rappeler la propriété utilisée ici pour calculer la quantité
moyenne d’eau, à savoir la linéarité de l’espérance. On note en particulier que
cette propriété ne nécessite pas l’indépendance entre les variables aléatoires.
Exercice 6.2
Énoncé On suppose que la durée de vie d’un disque dur est distribuée selon une
loi exponentielle. Le fabricant veut garantir que le disque dur a une probabilité
inférieure à 0.001 de tomber en panne sur un an. Quelle durée de vie moyenne
minimale doit avoir le disque dur ?
Correction
On appelle D la variable aléatoire donnant la durée de vie du disque dur.
D suit une loi exponentielle de paramètre λ. Le fabricant veut garantir
que
P(D ≤ 1) ≤ 0.001.
Comme P(D ≤ a) = FD (a) par définition, on obtient l’inégalité
1 − exp(−λ × 1) ≤ 0.001,
1 − exp(−λ) ≤ 0.001,
0.999 ≤ exp(−λ),
ln(0.999) ≤ −λ, en utilisant la croissance de ln
λ ≤ − ln(0.999),
−1 1 1
≤ , en utilisant la décroissance de
ln(0.999) λ x
1
999,5 ≤ .
λ
Or, comme D suit une loi exponentielle, son espérance est λ1 . La durée de
vie moyenne du disque dur doit donc être d’au moins 999,5 ans !
Cet exercice est une simple application des propriétés de la loi exponentielle et
de la définition de la fonction de répartition. Il faut simplement être attentif dans
la manipulation des inégalités pour bien obtenir une minoration de l’espérance
et donc de la durée de vie.
45
Exercice 6.3
Énoncé D’après une étude récente, la taille des femmes françaises est distribuée
selon une loi normale de moyenne m = 1,58 et d’écart-type σ = 0,06. Pour
produire un stock de vêtements, un fabricant souhaite utiliser cette loi.
Question 1 Il commence par déterminer un intervalle de la forme [m−a, m+a]
(donc symétrique autour de la moyenne) contenant en moyenne 90 % (environ)
des tailles des femmes françaises : calculer a.
Question 2 Il en déduit trois tailles, S, M et L, correspondant respectivement
aux intervalles [m − a, m− a/3], [m − a/3, m + a/3] et [m + a/3, m+ a]. Calculer
le pourcentage de la production qui doit être affecté à chaque taille.
Correction
Soit T la variable aléatoire représentant la taille d’une femme. Par hy-
pothèse, T suit une loi normale N (1,58; 0,062 ). On cherche a > 0 tel
que
P(T ∈ [m − a,m + a]) = 0,9.
Dans cet exercice, il n’y pas d’étape de modélisation car la loi de la variable
d’intérêt est donnée explicitement, avec la valeur de ses paramètres. La tra-
duction de l’énoncé se limite donc à exprimer mathématiquement l’évènement
étudié et à donner les hypothèses sur cet évènement.
Correction
Soit la variable Y = T −m σ . On sait que Y suit une loi normale standard
N (0; 12 ). De plus, on a
m−a≤ T ≤ m + a,
−a ≤ T −m ≤ a,
a T −m a
− ≤ ≤ .
σ σ σ
Donc P(T ∈ [m − a, m + a]) = 0,9 est équivalent a P(Y ∈ [− σa , σa ]) = 0,9.
Cherchons donc λ tel que P(Y ∈ [−λ, λ]) = 0,9.
Correction
On sait que
P(Y ∈ [−λ, λ]) = FY (λ) − FY (−λ),
car Y est une variable aléatoire continue. De plus, par symétrie de la loi
normale standard, on FY (−λ) = 1 − FY (λ), et ainsi
De ce fait, chercher λ tel que P(Y ∈ [−λ, λ]) = 0,9 est équivalent à chercher
λ tel que FY (λ) = 1+0,9
2 = 0,95.
FY (1,64) = 0,9495,
FY (1,65) = 0,9505.
Pour avoir un intervalle légèrement plus grand que celui recherché par le
fabricant, on choisit λ = 1,65. Si on pose a = σλ = 0,06 × 1,65 = 0,099,
on a donc
Correction
Étudions le premier intervalle. On a
m−a≤ T ≤ m − a3 ,
−a ≤ T −m ≤ − a3 ,
a T −m a
− ≤ ≤ ,
σ σ 3σ
λ
−λ ≤ Y ≤− ,
3
et donc
h a i λ
P T ∈ m − a, m − = P Y ∈ −λ, − ,
3 3
λ
= FY − − FY (−λ),
3
λ
= 1 − FY − 1 + FY (λ), par symétrie
3
1,65
= 0,9505 − FY , selon l’analyse précédente
3
= 0,9505 − 0,7088, par lecture dans la table
= 0,2417.
On a de la même façon
h a a i λ λ
P T ∈ m − ,m + =P Y ∈ − , ,
3 3 3 3
λ λ
= FY − FY − ,
3 3
λ
= 2FY − 1,
3
= 2 × 0,7088 − 1,
= 0,4176.
Enfin :
h a i λ
P T ∈ m + ,m + a = P Y ∈ ,λ ,
3 3
λ
= FY (λ) − FY ,
3
= 0,9505 − 0,7088,
= 0,2417,
48 CHAPITRE 6. LOIS CONTINUES CLASSIQUES
Exercice 7.1
Énoncé On suppose que la variable aléatoire X suit la loi uniforme sur l’en-
semble
X(Ω) = {−3, −2, 1, 4}.
Question 1 Donner la loi de X.
Question 2 Calculer E(X) et V (X).
On définit la variable aléatoire Y = 2X + 1.
Question 3 Donner Y (Ω) et la loi de Y .
Question 4 Calculer E(Y ) de deux façons différentes.
Reprendre les deux questions précédentes pour la variable Z = (X + 1)2 .
Correction
Par hypothèse, la loi de X est uniforme et la probabilité d’avoir X = x pour
tout élément x de X(Ω) est donc constante. De ce fait, cette probabilité
1
est de |X(Ω)| = 14 . La loi de X est donc résumée par le tableau suivant
x −3 −2 1 4
PX (x) 14 1
4
1
4
1
4
On applique ici directement les résultats de cours sur la loi uniforme pour une
variable aléatoire discrète (à ne pas confondre avec le cas continu).
Correction
49
50 CHAPITRE 7. VARIABLE FONCTION D’UNE AUTRE VARIABLE
On a donc
V (X) = E(X 2 ),
X
= x2 PX (x),
x∈X(Ω)
1
= ((−3)2 + (−2)2 + 12 + 42 ),
4
= 7.
x −3 −2 1 4
2x + 1 −5 −3 3 9
y−1
probabilités PY (y) pour tout y ∈ Y (Ω). Or, PY (y) = PX 2 car
Y = 2X + 1 et donc X = Y 2−1 . De plus, pour tout y ∈ Ω, y−1
2 puisqu’on a
dans Y (Ω)les images
par Y des valeurs de X(Ω). De ce fait, pour tout
y−1 1
y ∈ Ω, PX 2 = 4 . Donc la loi de Y est la loi uniforme sur Y (Ω).
On applique ci-dessus les propriétés classiques pour la loi d’une variable aléatoire
obtenue comme fonction d’une autre variable, Y = f (X). On sait en effet que
pour sous-ensemble A de Y (Ω),
PY (A) = PX (Y −1 (A)),
Dans le cas d’une variable aléatoire discrète qui nous intéresse ici, il suffit de
considérer les ensembles A réduits à une seule valeur, ce qui conduit à la solution
proposée. Notons que celle-ci est simple car la transformation Y = 2X + 1 est
bijective. La variable Z sera légèrement plus complexe à étudier.
Correction
Pour calculer E(Y ), on peut appliquer en fait trois résultats différents.
On sait que pour tout α et β déterministes, et toute variable aléatoire X,
E(αX + β) = αE(X) + β. Ici on a donc
E(Y ) = 2E(X) + 1 = 1.
E(Y ) = E(φ(X)),
X
= φ(x)PX (x),
x∈X(Ω)
1 X
= (2x + 1),
4
x∈X(Ω)
1
= (−5 − 3 + 3 + 9),
4
= 1.
52 CHAPITRE 7. VARIABLE FONCTION D’UNE AUTRE VARIABLE
x −3 −2 1 4
(x + 1)2 4 1 4 25
z 1 4 25
Z −1 (z) {−2} {−3, 1} {4}
PZ (z) = PX (Z −1 (z)) 1
4
1
2
1
4
On utilise ici le fait que la loi de X sur X(Ω) est uniforme et donc que la
probabilité d’un ensemble A est donnée par le ratio entre le cardinal de A et
celui de X(Ω). On remarque que le calcul est légèrement plus complexe que
celui de Y car la fonction x 7→ (x + 1)2 n’est pas injective : les deux valeurs
distinctes −3 et 1 que peut prendre X sont toutes deux transformées en la
valeur 4 pour Z. De ce fait, la loi de Z sur Z(Ω) n’est pas uniforme.
Correction
Pour calculer E(Z), on peut appliquer le résultat classique à Z = φ(X)
53
E(Z) = E(φ(X)),
X
= φ(x)PX (x),
x∈X(Ω)
1 X
= (x + 1)2 ,
4
x∈X(Ω)
1
= (4 + 1 + 4 + 25),
4
17
= .
2
On peut aussi utiliser la définition de l’espérance, ce qui donne
X
E(Z) = zPZ (z),
z∈Z(Ω)
1 1 1
= × 1 + × 4 + × 25,
4 2 4
17
= .
2
Contrairement au cas de la variable Y , les deux approches utilisées ci-dessus
conduisent à des calculs légèrement différents. Dans le deuxième calcul, on a
déjà « factorisé » les valeurs identiques de Z, c’est pourquoi la probabilité de
4 est de 12 . Dans le premier cas, on travaille du point de vue de X et tous les
probabilités sont de 12 . Mais comme on transforme les valeurs de X en valeurs
de Z, on obtient deux fois la valeur 4, ce qui conduit bien entendu au même
résultat final.
Chapitre 8
Exercice 8.1
Énoncé Soit un couple de variables aléatoires (X, Y ) tel que X(Ω) = {−2, 0, 1}
et Y (Ω) = {−1, 1, 2} dont la loi jointe est donnée par le tableau suivant :
P(X = x, Y = y) y = −1 y = 1 y = 2
x = −2 0,2 0,2 α
x=0 0,1 0,1 0,05
x=1 0,2 0 0,1
Correction
On sait que P(X ∈ X(Ω), Y ∈ Y (Ω)) = 1 et que
X X
P(X ∈ X(Ω), Y ∈ Y (Ω)) = P(X = x, Y = y).
x∈X(Ω) y∈Y (Ω)
Donc la somme des probabilités contenues dans le tableau doit être égale
à 1. On constate que la somme est ici 0,95 + α. Donc α = 0,05.
55
56 CHAPITRE 8. COUPLES DE VARIABLES ALÉATOIRES
x −2 0 1
P(X = x) 0,45 0,25 0,3
y −1 1 2
P(Y = y) 0,5 0,3 0,2
On se contente ici de justifier les calculs dans un des deux cas, par symétrie. Il
est utile de vérifier que la somme des probabilités de la loi obtenue pour chaque
variable est bien 1.
Correction
Les variables X et Y sont indépendantes si et seulement si pour tout x et y,
P(X = x, Y = y) = P(X = x)×P(Y = y). Or, on remarque dans le tableau
que P(X = 1, Y = 1) = 0, alors que P(X = 1) × P(Y = 1) = 0,3 × 0,3 6= 0.
Les deux variables ne sont donc pas indépendantes.
suivant
x −2 0 1
0,2 2 0,1 1 0
P(X = x|Y = 1) 0,3= 3 0,3 = 3 0,3 =0
L’espérance conditionnelle est obtenue en appliquant la définition, c’est-à-
dire
X
E(X|Y = 1) = xP(X = x|Y = 1),
x∈X(Ω)
2 1
= −2 × + 0 × + 1 × 0,
3 3
4
=− .
3
On se contente ici d’appliquer les définitions et de faire des calculs élémentaires.
La question suivante est légèrement plus complexe puisqu’il faut considérer un
conditionnement qui ne s’exprime pas sous la forme Y = y.
Correction
6=2)
6 2) = P(X=x,Y
On doit d’abord calculer P(X = x|Y = P(Y 6=2) . Or, {Y =
6 2} =
{Y = −1} ∪ {Y = 1}, avec une union disjointe. Donc
P(X = x|Y = 6 2) est égale à la probabilité 1 − P(X = x|Y = 2). Or, c’est en
général faux. Dans le cas présent, si on considère par exemple x = −2, on a
P(X = −2, Y = 2)
1 − P(X = −2|Y = 2) = 1 − ,
P(Y = 2)
0,05
=1− ,
0,2
3
= ,
4
alors que P(X = −2|Y 6= 2) = 21 . En fait, on a bien
De la même façon
Correction
Étudions maintenant Z = X + Y . Le tableau suivant donne les valeurs
prises par Z en fonction de celles de X et Y :
z = x + y y = −1 y = 1 y = 2
x = −2 −3 −1 0
x=0 −1 1 2
x=1 0 2 3
V (X + Y ) = V (X) + V (Y ) + 2Cov(X,Y ).
60 CHAPITRE 8. COUPLES DE VARIABLES ALÉATOIRES
et
61
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