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Exemples d'ingénierie écologique innovante

Ce document contient cinq exemples d'ingénierie écologique appliquée à différents milieux (marins, montagnards, agricoles et urbains) ainsi que les problèmes rencontrés et les solutions proposées par l'ingénierie écologique comparées aux solutions conventionnelles.

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Exemples d'ingénierie écologique innovante

Ce document contient cinq exemples d'ingénierie écologique appliquée à différents milieux (marins, montagnards, agricoles et urbains) ainsi que les problèmes rencontrés et les solutions proposées par l'ingénierie écologique comparées aux solutions conventionnelles.

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1.

1 : EXEMPLES D'INGENIERIE ECOLOGIQUE


Ce document contient les transcriptions textuelles des vidéos proposées dans la partie
« Exemples d'ingénierie écologique » de la semaine 1 du MOOC « Ingénierie écologique ». Ce
n’est donc pas un cours écrit au sens propre du terme ; le choix des mots, l'articulation des idées
et l’absence de chapitrage sont propres aux interventions orales des auteurs.

Exemples actuels d'ingénierie


écologique
Manuel Blouin,
Professeur, AgroSup Dijon
Je vais illustrer l'ingénierie écologique par quelques exemples tirés de différents milieux, avec
différentes approches. Cette liste d'exemples a en fait été élaborée par un groupe de travail
qui a voulu illustrer la diversité des solutions proposées par l'ingénierie écologique. Et au
cours de cinq exemples, je vais d'abord poser un problème, vous préciser quelle est la solution
envisagée par l'ingénierie conventionnelle, puis la solution proposée par l'ingénierie
écologique.

Alors tout d'abord, on va parler de milieux marins, les littoraux et de lutte contre la montée
des eaux.

Alors un exemple concret, ce sont les inondations qui ont lieu dans les polders aux Pays-Bas.
Ces inondations, comme à Zuid Beveland en 1953, ont été responsables de très nombreuses
personnes qui ont été tuées, d'animaux de ferme qui ont été noyés, de terres agricoles
inondées et de bâtiments détruits. Cela se comprend bien quand on regarde la topographie
des Pays-Bas, avec toutes les zones en rose sur la carte, qui se situent sous le niveau de la mer.

MOOC UVED INGECO – Émergence de l'ingénierie écologique 1


Et donc, c'est un cordon de digues et de dunes qui protègent en fait ces zones de l'inondation
par la mer.

Mais dans un contexte de changement climatique où il y a une fonte des glaces et une montée
du niveau de la mer, eh bien la menace devient de plus en plus importante. Alors certaines
personnes, qui sont plutôt habituées à l'ingénierie civile, à l'ingénierie conventionnelle,
proposent en fait d'arracher les arbres qui se développent sur les digues et qui les dégradent,
et de rehausser de quelques mètres le niveau de la digue, ce qui a des conséquences
financières extrêmement importantes, plusieurs dizaines de milliards d'euros. Une autre
solution préconisée par l'ingénierie écologique, c'est de faire pâturer des moutons sur cette
digue pour limiter l'implantation de végétaux ligneux qui détruisent la digue avec leurs
racines. Et puis également d'implanter des herbiers marins dans la mer, afin de limiter la
montée des eaux lors de la marée haute. Et on arrive, grâce à ce type d'herbiers marins, à
réduire de quelques dizaines de centimètres le niveau de la marée haute, ce qui peut éviter
un débordement de la digue.

Un deuxième exemple concerne les milieux montagnards dans lesquels des ingénieurs sont
confrontés à des problèmes de chutes de blocs rocheux, de glissements de terrain et
également d'avalanches.

Alors, ces chutes de blocs produisent des dégâts considérables sur les infrastructures
routières, coupant parfois des vallées du reste du monde et dégradent également des
habitations. Pour lutter contre ces chutes de blocs de pierre, on peut installer, en ingénierie
conventionnelle, des filets pour retenir les pierres, ou des merlons équipés de pneus pour
retenir ces chutes de blocs de pierre.

Une autre solution développée par l'ingénierie écologique, c'est en fait de réfléchir à la
structure des peuplements arborés, en faisant des expérimentations de lâcher de blocs ou des
modèles de chutes de blocs de pierre. Blocs de pierre qu'on va faire passer dans des forêts,
dont on fait varier les essences d'arbres et la structure d'âge des peuplements, c'est-à-dire la
taille en fait des troncs d'arbres, afin de déterminer quelle est la structure du peuplement
arboré qui va être la plus apte à faire barrière à ces blocs de pierre.

Pour les avalanches, on a également des problèmes de dégradation des infrastructures, des
habitations, des voitures. La solution préconisée en ingénierie conventionnelle consiste à
mettre des filets, ou des râteliers, dans la zone de départ du manteau neigeux pour le fixer ce
le manteau neigeux, ou dans la zone d'écoulement pour stopper, ou dévier, l'avalanche. Le
problème, c'est qu'on arrive à des montagnes qui sont absolument saturées de ces
infrastructures, ce qui nuit considérablement à l'aspect esthétique de ces montagnes. Or, on
sait que le tourisme dans les régions montagneuses est une activité financière importante.
Donc pour éviter cela, on peut faire appel à une solution d'ingénierie écologique. Des
écologues se sont rendu compte que les départs d'avalanche sont assez liés en fait à une

MOOC UVED INGECO – Émergence de l'ingénierie écologique 2


dégradation du couvert herbacé, notamment sur les pistes de ski, qui peuvent jouer un rôle
de toboggan pour le tapis neigeux. Leur solution, c'est de faire pâturer des vaches sur ces
pistes de ski, car avec les empreintes des sabots des vaches, on va avoir des micros reliefs qui
vont se former, des petites trappes qui vont piéger en fait les graines, l'eau et la matière
organique, et en fait favoriser la revégétalisation. Et en faisant pâturer, on évite d'avoir
également des herbacées très grandes qui vont se coucher sous le manteau neigeux et
favoriser le décrochement de ce manteau neigeux, car si les animaux pâturent, ils ne vont
laisser que la base des plantes qui va en fait augmenter la rugosité et retenir ce manteau
neigeux.

Sur les milieux agricoles, les problèmes qui sont fréquemment rencontrés, c'est notamment
la dégradation des sols et notamment leur compaction.

Alors cette compaction a été observée dans les milieux tropicaux, car dans les sols tropicaux,
la porosité et la vie du sol en fait est très importante pour maintenir sa fertilité. En utilisant
des pesticides, on a détruit la faune du sol, donc on a perdu cette porosité, les sols se
compactent et les racines des plantes ne peuvent plus se développer correctement. Une
solution qui pourrait être envisagée par l'ingénierie conventionnelle, c'est de labourer. Mais
quand on est sur des plantations pérennes, donc avec des plans de thé qui sont installés pour
plusieurs années, sur des pentes relativement raides, le labour paraît difficile à appliquer et
pourrait même en fait être problématique, car il pourrait favoriser des processus d'érosion
sur ces pentes raides. La solution préconisée par l'ingénierie écologique, et qui a fait l'objet
d'un brevet qu'on appelle la "fertilisation bio-organique", c'est de réintroduire des vers de
terre et de la matière organique dans des microsites, des tranchées que vous voyez sur la
photo de la plantation de thé en Inde. À partir de ces fosses où on met différents types de
matières organiques et des vers de terre, on va avoir une diffusion, une propagation dans
l'ensemble de la plantation, des organises du sol et en particulier des vers de terre. Et on va
avoir ainsi une restauration de la porosité du sol et une réactivation en fait de tout un tas
d'organismes qui vont former un réseau trophique et qui vont participer au flux de
nutriments dans le sol. Alors cette technologie en fait a amené à considérer des résultats assez
impressionnants, puisqu'on a, sur certains horizons du sol, une multiplication par 15 de la
quantité d'agrégats et ces agrégats en fait permettent de restituer une porosité au sol. Grâce
à cette technologie purement organique, biologique, on atteint les mêmes rendements que
ceux obtenus avec une agriculture conventionnelle avec beaucoup d'intrants. Et des
personnes qui goûtent le thé en aveugle ont mis des notes supérieures à ce thé produit grâce
à la technologie FBO, par rapport à du thé produit de façon conventionnelle. De plus, on peut
espérer des revenus améliorés pour les agriculteurs qui utiliseraient cette technologie, car ils
pourraient vendre le thé comme un produit issu de l'agriculture biologique.

MOOC UVED INGECO – Émergence de l'ingénierie écologique 3


Enfin, un dernier exemple, cette fois-ci qui concerne les milieux urbains et la construction de
technosols.

Alors cette problématique en fait vient de deux problèmes qui se sont rencontrés et qui ont
fini par déboucher sur une solution. Premier problème, c'est la gestion des déchets du
bâtiment. Quand on construit un bâtiment, il faut excaver des quantités de sols profonds très
importantes et les véhiculer par des camions. Donc il y a un coût financier important et un
coût environnemental aussi, avec des émissions de CO2, les transporter dans des milieux
naturels ou des milieux agricoles dans lesquels on met en place des décharges. Ces décharges
causent des nuisances extrêmement importantes pour les habitants, et les élus de ces
communes souvent s'insurgent contre ce type d'installation. D'un autre côté, en milieu urbain,
afin de répondre à la demande de zones de récréation pour la population, les services espaces
verts des collectivités mettent en place des espaces verts. Et un des plus gros budgets pour la
mise en place de ces espaces verts, c'est en fait le sol qui doit être amené, de la terre végétale
qui va être prélevée dans des milieux naturels, ou dans des milieux agricoles, là encore
transportée jusque dans les villes et implantée avec de la végétation. Il est possible d'éviter
ces doubles flux de la ville vers les campagnes et de la campagne vers les villes, en instaurant
un circuit court au sein des villes et en réutilisant les matériaux issus des activités du
bâtiment, qui sont purement minéraux puisque ce sont des horizons de sols profonds, en
circuit court pour la fabrication d'espaces verts. Et pour ceci, on va combiner cette matière
minérale issue des horizons profonds avec du compost de déchets verts, qui va être, lui aussi,
produit en milieu urbain grâce à la tonte et aux coupes d'arbres de ces milieux urbains. Et si
on mélange ces matériaux et qu'on les soumet à l'activité des racines et des vers de terre, on
va avoir la formation d'agrégats. Encore une fois, ces agrégats qui sont l'élément de base du
fonctionnement d'un sol. On va avoir une bonne association organo-minérale qui va redonner
en fait des propriétés au sol en termes de stockage de carbone également, donc un intérêt
pour la lutte contre les changements climatiques, en termes de fertilité, donc un intérêt pour
la croissance des plantes, en termes de rétention d'eau également, donc intéressant
également pour le stockage d'eau et la lutte contre le ruissellement en milieu urbain.

Ainsi, il existe tout un panel de solutions qui vont de l'ingénierie écologique à l'ingénierie
conventionnelle et qui reposent plus ou moins sur l'auto-organisation des écosystèmes ou sur
des infrastructures produites par les humains. On peut ainsi penser dans un premier temps à
conserver la diversité et les services écosystémiques qu'elle fournit à la société humaine.
Quand cette diversité a été malheureusement érodée, on peut imaginer de favoriser la
recolonisation de certaines espèces, par exemple en aménageant des corridors écologiques.
Puis, quand les capacités de dispersion des organismes ne sont pas suffisantes, on peut tenter
de réinoculer, ou de manipuler, cette diversité afin de promouvoir certains services
écosystémiques. Et enfin dans certains cas, il n'y a pas d'autre solution que les technologies
fabriquées par les hommes. Quand on réfléchit à ce choix entre ingénierie écologique et

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ingénierie conventionnelle, on peut espérer substituer des solutions d'ingénierie écologique
aux solutions d'ingénierie conventionnelle dans un maximum de cas, mais ça n'est pas
toujours possible. Parfois, il faut réfléchir à leur complémentarité. Et en fonction de l'espace
disponible, donc il faut souvent beaucoup d'espace pour des solutions d'ingénierie
écologique, en fonction de la nature du risque - quand un risque va être très élevé, souvent on
va plutôt faire confiance à des solutions d'ingénierie conventionnelle - et quand le coût des
infrastructures humaines est très élevé, là dans ce cas-là on va avoir tendance plutôt à se
reporter sur des solutions d'ingénierie écologique. Eh bien, selon ces trois critères en fait, on
va pouvoir faire les choix les plus pertinents entre ingénierie conventionnelle et ingénierie
écologique.

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Le Zaï, une pratique traditionnelle
de l'Afrique de l'Ouest pour
la restauration des sols
Souleymane Konate,
Professeur, Université de Nangui Abrigoua (Côte d'Ivoire)
Bonjour, je suis Souleymane KONATE et je vais vous parler d'un exemple d'ingénierie
écologique, je dirais même d'ingénierie agroécologique en Afrique de l'Ouest, qui est fondé
sur des pratiques agricoles traditionnelles et sur le rôle des termites comme ingénieurs de
l'écosystème.

Il s'agit du système ou de la pratique zaï. Le zaï est donc une pratique agricole qui intervient
ou qui est intervenue dans 3 pays essentiellement sahéliens d'Afrique de l'Ouest, à savoir le
Mali, le Niger et le Burkina Faso. Il s'agissait à l'époque, donc il y a des centaines d'années,
d'une pratique agricole qui était assez commune, mais qui a été abandonnée dans les années
50 du fait d'une pluviométrie favorable, car cette pratique agricole demande une main-
d’œuvre intensive et un travail du sol assez pénible. Après, la sécheresse dans les années 70 -
80, cette pratique a été ravivée, ravivée donc au niveau donc du Burkina Faso, notamment
dans la zone du Yatenga, et cette pratique consiste essentiellement en deux choses : en la
récupération de sols dégradés, d'où le nom de zaï, qui vient de zaïgré, qui veut dire "se
réveiller tôt pour travailler le sol", parce qu'il s'agit de sols complètement dénudés et
dégradés, et également en une pratique qui est fondée comme je le disais, sur une main-
d'œuvre qui est intensive. Donc cette pratique agricole a été ravivée dans les années 80 face
aux conditions climatiques assez difficiles. Il s'agit pour nous de voir en quoi cette pratique
peut être considérée comme un modèle d'ingénierie écologique.

Quel est le principe de cette pratique agricole ? Il s'agit tout simplement de pouvoir récupérer
des sols qui sont complètement dégradés, cela dans un but de restauration des sols qui
deviennent peu productifs et aussi dans un but de production agricole. La pratique du zaï
consiste tout simplement pour les populations agricoles de ces zones sahéliennes, de
pratiquer, de créer des poquets à la veille des premières pluies lors de la longue saison sèche,
de faire des poquets, qui sont des petits trous. Et dans ces poquets, il s'agit tout simplement
de mettre tout ce qui est matière organique domestique ou agricole, et ces poquets, juste à la
veille des premières pluies, de mettre les semences dans ces poquets, ensuite nous avons une
production agricole notamment au niveau du sorgo et du mil, qui est nettement mieux que si
on l'avait fait sans cette pratique.

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Je disais que le principe est fondé sur le fait simplement que dans ces systèmes, dans ces zones
arides, il y a facteur limitant qui est la pluviométrie. Donc ce sont des zones qui ont des
pluviométries allant de 300 à 800, voire 900 millimètres de pluie, donc avec une très faible
pluviométrie et qui est en fait accentué, le facteur limitant qu'est l'eau, est accentué par le fait
qu'il y a de forts ruissellements dans ces zones. Donc ce système a pour but tout simplement
d'optimiser l'utilisation de l'eau qui tombe dans ces zones.

Le principe est très simple : lorsque l'on met cette matière organique dans ces sols dénudés,
dans les poquets, il va se passer en dessous une activité des termites qui vont permettre de
pouvoir augmenter la macro-porosité de ces sites, d'avoir une infiltration assez élevée qui va
réduire le ruissellement. Mais les termites aussi du fait de leur activité biogénique vont
entraîner tout simplement la formation de matières organiques, ou une certaine activité de
décomposition, qui va permettre de pouvoir avoir une capacité en eau du sol qui est assez
importante.

Mais ce système reste quand même un système difficile à mettre en œuvre, parce qu'il
demande encore une main-d’œuvre énorme, c'est-à-dire près de 300 heures de travail par
hectare. Et le but de notre travail en tant que chercheurs a été d'essayer de bien comprendre
le rôle des termites dans le système en vue de l'optimiser, et de réduire si vous voulez, un peu
cette charge de travail, cette pénibilité du travail.

En quoi le zaï peut-il être considéré comme un système d'ingénierie écologique, par des
ingénieurs de l'écosystème qui sont les termites ? Effectivement le système est très important.
Il faut d'abord savoir qu’au niveau du zaï, il y a deux types de zaï : on parle du zaï agricole, et
on parle du zaï forestier. Dans le cas du zaï agricole, le but est effectivement d'augmenter la
productivité sur des sols qui sont disons d'une valeur agricole assez faible. Et donc dans ce
cas, à partir de ce système qui va permettre d'optimiser encore une fois la capacité en eau du
sol, on pourra faire donc de la culture de mil et de la culture de sorgo. Cependant, lorsque il
s'agit de la restauration vraiment du sol, ou alors lorsqu'il s'agit du zaï forestier, après donc
une série de zaï agricoles, on laisse le système en jachère et ce système va ensuite s'auto-
organiser et il va s'auto-entretenir jusqu'à produire des végétations, disons avec l'apparition

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d'arbustes, et tout ça au bout de 10 à 20 ans on obtient une petite forêt, une restauration du
sol qui fonctionne correctement.

Donc notre objectif dans ce travail avait été d'essayer de comprendre quel est le rôle des
termites. Quels sont les termites qui interviennent dans le système, et comment nous pouvons
optimiser le système en vue d'une vulgarisation, surtout dans un contexte actuel qui est
caractérisé par l'effet du changement climatique combiné à la dégradation des sols, à la perte
des sols. Donc à restaurer un peu ces sols de sorte qu'on puisse intervenir dans cette zone
dans un cadre de sécurité alimentaire. Et il s'agissait de regarder quelles sont les espèces de
termites qui interviennent dans le système.

En effet, je disais : en quoi est-ce que le zaï peut être considéré comme un système d'ingénierie
écologique ? Il faut savoir que dans ce système, les termites, qui sont des ingénieurs de
l'écosystème par leur activité biogénique, vont permettre de créer des conditions favorables
à une agriculture, et ce système est une sorte d'ingénieur écologique dans la mesure où on va
voir apparaître une structure parfaite, une sorte d'auto-organisation du système qui va se
maintenir tout seul, à partir du travail initial, donc des termites du genre odontotermes et du
genre macrotermes comme je le disais. Et cela a été fait grâce à une collaboration avec des
collègues de l'université de Wurtzbourg en Allemagne, dont le professeur LIZENMAIER, le
docteur KAISER, ainsi que le docteur Michel LEPAGE, nous avons réussi à montrer que, grâce
à l'activité des termites dans le système, à la compréhension de l'activité des termites,
notamment des genres qui arrivent en premier et de l'activité biogénique, on arrive à
restaurer ce sol et à augmenter la production agricole.

Le challenge pour nous est de savoir comment est-ce que nous pouvons raccourcir ce
système ? Comment est-ce que nous pouvons vulgariser ce système ? Et comment rendre ce
système beaucoup moins pénible en termes du choix de la matière organique, et en termes de
moments d'activité des termites, pour que ce système soit vraiment un véritable système
d’ingénieure écologique, vulgarisable, surtout dans le contexte du changement climatique
actuel, marqué par la réduction des pluviométries dans des zones sahéliennes.

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