Électrotechnique
Électrotechnique
Présentation générale
par Noëlle BERGER
Service Sécurité ATOFINA
Centre de recherches Rhône-Alpes
1. Généralités................................................................................................. D 2 470 - 3
1.1 Rôle des liquides isolants en électrotechnique ......................................... — 3
1.2 Catégories de liquides................................................................................. — 3
1.3 Choix d’un liquide pour une application ................................................... — 4
2. Caractéristiques ....................................................................................... — 4
2.1 Propriétés isolantes ..................................................................................... — 5
2.2 Propriétés thermiques................................................................................. — 10
2.3 Stabilité......................................................................................................... — 12
2.4 Effet des impuretés...................................................................................... — 13
2.5 Propriétés « feu »......................................................................................... — 14
2.6 Propriétés toxicologiques et écotoxicologiques ....................................... — 15
3. Surveillance en service .......................................................................... — 19
Références bibliographiques ........................................................................ — 20
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Les références [1] à [7], citées dans cette introduction, permettent au lecteur de jeter un
regard rétrospectif sur le sujet.
Les caractéristiques des différents liquides isolants utilisés en électrotechnique seront
détaillées dans l’article [D 2 471].
Les fournisseurs principaux, les normes et les ouvrages généraux de documentation concer-
nant les liquides isolants seront mentionnés en [Doc. D 2 472].
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maintenant « secs »), lorsque la géométrie est très simple et qu’il est
relativement facile de faire un solide presque parfait, sans cavités
[c’est le cas des câbles où le polyéthylène extrudé remplace pro- Tableau 1 – Compositions typiques des bruts pétroliers
gressivement le papier imprégné jusqu’à des tensions très élevées (en %)
(660 kVdc)] ou en augmentant l’épaisseur de l’isolant solide (trans-
formateurs de distribution « secs »). Type Type de brut pétrolier
Les volumes de liquides employés dans les appareils électriques d’hydrocarbure Paraffinique Mixte Naphténique
varient de la fraction de litre (condensateurs) à plusieurs centaines
de mètres cubes (transformateurs de puissance). Paraffinique 60 40 20
90 à 95 % du marché des liquides isolants est couvert par les Naphténique 25 40 65
huiles minérales (marché mondial 1 000 000 t/an). Cette prépondé- Aromatique 15 20 15
rance s’explique par le faible coût de ces produits, obtenus directe-
ment à partir des bruts pétroliers. Les liquides de synthèse les plus
utilisés sont les alkylbenzènes (plusieurs dizaines de milliers de ton-
nes par an), leur coût étant environ le double de celui des huiles Dans le cas des transformateurs, on s’est aperçu qu’une analyse
minérales. L’emploi d’huiles végétales est apparu récemment en rai- régulière de l’huile minérale permettait de suivre l’évolution de
son de leur image « verte ». Cependant, pour certaines applications, l’appareil, de diagnostiquer son état de dégradation [9]. La norme
notamment l’emploi dans les transformateurs, les huiles végétales CEI 60599 fournit les éléments d’un tel diagnostic, basé sur la con-
ne peuvent pas être utilisées seules mais avec des additifs « non naissance des processus de dégradation de l’huile et de la cellulose.
verts ». Les consommations restent cependant encore très faibles
(quelques centaines de tonnes/an).
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Tableau 2 – Utilisation des liquides isolants dans les équipements électriques (1)
Transformateurs de
Transformateurs
Transformateurs
Transformateurs
Condensateurs
de distribution
Changeurs de
Disjoncteurs
Répartiteurs
et réacteurs
de traction
Traversées
puissance
capacitifs
Diviseurs
spéciaux
Câbles
prise
Équipement
Huiles minérales × × × × × × × × × ×
Polychlorobiphényles
Autres hydrocarbures halogénés ×
Huiles silicones × × × ×
Tétraesters de pentaérythritol × × ×
Alkylbenzènes × × × ×
Hydrocarbures aromatiques (M/DBT, PXE...) (2) × ×
Huiles végétales (huile de ricin, de soja...) ×
Phtalates (DOP, DNP) (2) ×
Polybutènes ×
(1) × : le liquide est toujours utilisé pour cette application
: le liquide n’est plus utilisé pour cette application mais il existe encore des appareils contenant ce liquide.
(2) M/DBT mono/dibenzyltoluène ; PXE phénylxylyléthane ; DOP dioctylphtalate ; DNP dinonylphtalate.
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2.1.1 Permittivité Kr
La permittivité décroît avec la température et la fréquence du cou- La résistivité ρ est définie comme l’inverse de la conductivité σ :
rant. Cependant, pour les produits polaires et visqueux, on observe,
au-dessous d’une certaine température, une brusque chute de la ρ = 1/σ (5)
permittivité due à l’immobilisation des dipôles [13].
Elle s’exprime en Ω · m (ohmmètre).
2.1.2 Conductivité. Résistivité. tan δ
Sous tension alternative sinusoïdale de fréquence f et de pulsa-
Un liquide, pour être isolant électrique, doit conduire le moins tion ω = 2πf, les pertes par conduction sont caractérisées par la tan-
possible l’électricité lorsqu’une tension lui est appliquée. Sa con- gente de l’angle de perte δ, ou facteur de dissipation (le déphasage
ductivité doit donc être la plus faible possible. entre courant et tension étant : π/2 − δ) tel que :
La conductivité d’un liquide isolant est due à la présence de char- tan δ = σ/(ε ε0 ω) = 1/(ε ε0 ρ ω) (6)
ges libres positives et négatives (des ions) en quantités égales. Sous
l’effet d’un champ électrique, ces ions se déplacent provoquant ainsi
un courant de conduction. tan δ est un nombre adimensionnel.
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Figure 2 – Cellule de mesure de tan δ (extrait de la norme CEI 61620) 2.1.3 Claquage
5
La tension de claquage d’un matériau dépend d’un grand nombre
de facteurs, notamment de sa mise en œuvre et de la présence
0
d’impuretés (eau, gaz, particules...). Pour plus d’information, on
10 20 30 40 50 60 70 80 90
pourra se reporter à l’article Préclaquage et claquage des liquides
Température (°C) diélectriques [41].
tan δ90 °C = K (t ) tan δt Plusieurs particularités du claquage sont communes à tous les
matériaux :
Figure 3 – Exemple de variation de tan δ, avec la température — le claquage est localisé ;
[cas du mono/dibenzyltoluène (M/DBT)] — c’est un processus électronique ;
— il résulte de phénomènes divers (chimiques, thermiques,
mécaniques, électrohydrodynamiques...) plus ou moins intercorrélés ;
La mesure se fait à l’aide d’une cellule telle que celle décrite — les effets d’échelle sont considérables.
figure 2. Cette cellule peut être schématisée électriquement comme En ce qui concerne la mesure de la tension de claquage :
un condensateur C shunté par une résistance R.
— le temps d’application et la forme de la tension sont des fac-
C = ε ε0S/e (7) teurs prépondérants ;
— les effets de polarité sont souvent très marqués ;
R = ρe/S (8) — la forme et l’état de surface des électrodes influent notable-
ment le résultat ;
avec S surface des électrodes, — la dispersion des résultats peut être très grande (figure 4).
e écartement des électrodes. Les solides ont généralement une tension de claquage supérieure
à celle des liquides, et les liquides une tension de claquage très
La résistivité telle que mesurée par la norme CEI 60247 n’est pas supérieure à celle des gaz. Pour cette raison, on évite la présence de
la résistivité vraie du liquide puisque l’application d’un champ élec- gaz, et le liquide est la partie faible des isolations imprégnées.
trique pendant un temps long (tel que c’est le cas pour cette
méthode) purifie le liquide en déplaçant les ions vers les électrodes Exemple : la tension de claquage 50 Hz, à pression atmosphérique,
[15]. La résistivité vraie doit être mesurée sous faible tension et entre boules écartées de 2,5 mm est d’environ 6 kV pour l’air, 50 à
après un temps court d’application de cette tension (quelques 100 kV pour les liquides diélectriques, > 200 kV pour les solides iso-
secondes). Dans ce cas seulement la relation (6) est vérifiée. lants.
La conductivité d’un liquide est due au mouvement d’ions sous Le claquage d’un liquide conduit à la décomposition de ses molé-
l’effet du champ électrique. Plus la température est élevée, plus la cules par rupture des liaisons chimiques entre les atomes. Les
viscosité du liquide est faible et, par conséquent, plus la mobilité hydrocarbures aromatiques sont plus stables que les huiles minéra-
des ions est grande. Par ailleurs, la dissociation des impuretés en les car leur structure chimique est plus forte (tableau 3). Ils suppor-
ions est d’autant plus forte que la température est plus élevée. La tent des champs électriques plus élevés sans claquage (tableau 4).
conductivité d’un liquide augmente donc lorsque la température Les essais sont effectués dans la cellule décrite au para-
augmente (figure 3). Pour cette raison, la plupart des spécifications graphe 2.1.3.2 ; lorsque la pointe est positive, le choc est dit positif,
des produits indiquent une valeur de résistivité ou de tan δ à 90 ˚C. lorsque la pointe est négative, le choc est négatif.
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120
400
Champ uniforme
300 (sphère ø 12,5
2,5 mm)
100
200
Champ divergent
di
80 100 (point 50 µm/plan)
(pointe m/plan)
0
60 0 20 40 60 80
0,01 0,2 0,4 0,6 0,8 0,9 0,95 0,98 0,99 Distance interélectrode (mm)
Fréquence
Figure 5 – Influence de la distance entre les électrodes sur la tension
Fréquence : rapport du nombre de claquages pour lesquels la tension
était supérieure à la valeur indiquée en ordonnées au nombre total de claquage 50 Hz d’une huile minérale neuve
de claquages effectués.
Cette figure donne un exemple de la distribution des tensions
de claquage, dans le cas d'une huile de transformateur et d'un éclateur
à disques. La distribution diffère de la distribution naturelle, et
les échelles du graphique utilisé font qu'elle se traduit par une droite. 300
Uc (kV)
Figure 4 – Distribution des tensions de claquage d’une huile
de transformateur I
250
(0)
II
200
Tableau 3 – Énergies des différents types de liaisons
chimiques I huile silicone, tension négative
II huile minérale, tension négative
150
Énergie de liaison III huile minérale, tension positive
Type de structure Type de liaison
(kJ/mol) IV huile silicone, tension positive
(0)
Figure 6 – Tension de claquage Uc au choc de foudre en fonction
de l’écartement des électrodes de l’éclateur CEI
Tableau 4 – Rigidité diélectrique Ec au choc de foudre
de quelques liquides isolants (1)
Le claquage d’un produit conduit à la formation d’éléments
Choc négatif E c– Choc positif E c+ légers, notamment de l’hydrogène et des hydrocarbures gazeux.
Type de liquide
(kV/cm) (kV/cm)
Huile silicone 238 26
La rigidité diélectrique (en V/m) est le champ électrique mini-
Alkylbenzène 165 40 mal qui provoque le claquage d’un matériau.
Alkyldiarylalcane 110 73
Huile minérale naphténique 94 37 La rigidité dépend des mêmes paramètres que la tension de cla-
(Ca = 6 %) (2) quage. Pour des conditions de mesure identiques, elle varie avec la
distance entre les électrodes : plus la distance est grande, plus la
Huile minérale paraffinique 60 37 rigidité est faible (figures 5 et 6).
(Ca = 12 %) (2)
Ester linéaire 37 38 2.1.3.2 Méthodes de mesure
(1) Ces valeurs, classées par ordre décroissant des valeurs au choc négatif,
obtenues sur des produits commerciaux, ne doivent pas être Les méthodes de mesure de la tension de claquage sont décrites
généralisées ; elles laissent présumer que le résultat de claquage par les normes internationales CEI :
obtenu, pour une distance donnée (généralement 25 mm soit 2,5 cm), — mesure en 50 Hz : CEI 60156 ;
correspond à la partie linéaire de la caractéristique de la tension de cla-
— mesure en onde de choc de foudre : CEI 60897.
quage en fonction de la distance entre pointe et sphère, ce qui n’est pas
toujours le cas, en particulier pour les fortes valeurs. Elles sont données Dans la méthode CEI 60156, le liquide est soumis à une rampe de
à titre d’illustration. tension alternative jusqu’au claquage. Le champ est quasi uniforme
(2) Ca pourcentage d’atomes de carbone aromatique. et la distance entre les électrodes de 2,5 mm.
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ø 100 60
20
10
0
Cale d'épaisseur
0 50 100 150 200 250 300
Cloche en Teneur en eau (ppm)
polyméthacrylate
de méthyle Figure 8 – Influence de la teneur en eau sur la tension de claquage
du M/DBT (50 Hz, pointe 50 µm/plan)
Tube
en polyméthacrylate
de méthyle
Aiguille
195
amovible 40
290
Bille d'acier 30
20
Aimant Huile minérale
min naphténique
10
0
88
0 100 200 300 400
Teneur en fibre (ppm)
ø 40
ø 50
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295
cas, la pointe doit avoir un diamètre de 3 µm, et l’écartement des
électrodes est de 50 mm. Le seuil d’apparition des DP est défini
60
240
comme la tension (50 Hz) la plus basse à laquelle le niveau de
décharge dépasse 100 pC.
15
2.1.4.3 Facteurs d’influence Cellule de
gassing
Comme pour le claquage, la structure chimique du liquide isolant
a une forte influence sur le seuil d’apparition des décharges partiel- Ampoule
50
en verre
les. Les huiles minérales présentent en général un seuil d’apparition
des DP de l’ordre de 30 à 40 kV. Dans le cas des liquides aromati- U = 10 kV tension en courant alternatif
ques, le seuil est supérieur à 70 kV (limite de l’appareillage)
(tableau 5). Les dimensions sont exprimées en millimètres
(0)
PDIV
Liquide (1)
(kV) 2.1.5.2 Méthodes de mesures
Huile minérale blanche 1 36,0 Le comportement des liquides a été étudié dans les années 1930
[17] [18] dans le cadre du développement de produits pour les
Huile minérale blanche 2 40,4 câbles. L’intérêt de ce phénomène a également été reconnu pour les
Huile minérale paraffinique 1 31,0 condensateurs et les transformateurs dans les années 1960 [19],
mais ce n’est que tardivement (1985) qu’un document CEI (norme
Huile minérale paraffinique 2 28,0 CEI 60628) a été rédigé.
Huile minérale naphténique 40,0 L’objectif de l’essai est d’observer si un liquide, soumis à sa sur-
Huile silicone 26,7 face à des décharges partielles dans l’hydrogène ou l’azote, produit
ou absorbe du gaz (figure 11). Les conditions de l’essai se veulent
Dodécylbenzène 30,8 représentatives de la pratique (température de 80 ˚C, tension 10 kV).
Ester de pentaérythritol 25,0
Disopropylnaphtalène 47,3 On appelle gassing G la vitesse de variation du volume de gaz
PXE, M/DBT > 70 pendant 120 minutes d’application de la tension. Il s’exprime en
mm3/min.
(1) Les huiles types 1 et 2 se différencient par leur origine (fabricants diffé-
rents)
Si le volume de gaz augmente, le produit aura un gassing positif
alors que, s’il diminue, il aura un gassing négatif. Pour les équipe-
ments électriques, l’emploi d’imprégnants absorbant les gaz est
2.1.5 Gassing toujours préférable.
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+ 60
(mm3/min)
4
GB (cm3)
3 80 °C
+ 50
I
2
dt t = 0
60 °C
+ 40
d GB
1
0 80 °C
+ 30
II
–1 60 °C
+ 20
–2 80 °C
9 10 11 12 13 14
U (kV) + 10
À la tension de 12 kV, la pente des courbes varie entre 1,5 et 2,5 cm3/kV III
Les valeurs négatives de GB correspondent à une absorption des gaz 0
Température d'essai : 80 °C
Méthode B de la CEI IV
– 10
Figure 12 – Gassing d’une huile minérale en fonction de la tension, 80 °C
pour deux huiles différentes
– 20
V
80 °C
2 – 30
0 2 4 6 8 10 12 14
GB (cm3)
U (kV)
1 I ester du pentaérythritol IV alkyldiarylalcane
II polydiméthylsiloxane (PDMS) V polychloroalcane
III huile minérale, type naphténique
0
dGB
vitesse initiale de formation des gaz
dt
–1 Méthode B de la CEI
GB (cm3)
Les valeurs négatives de GB correspondent à une absorption des gaz 6
Tension d'essai : 12 kV 5
II
Méthode B de la CEI 4
3
Figure 13 – Gassing d’une huile minérale, en fonction 2
de la température θ pour deux huiles différentes 1
IV
0
–1
bures aromatiques ont un gassing très fortement négatif, alors que III
les hydrocarbures aliphatiques ont un gassing positif (figure 16). –2
I
–3
1 5 10 15 t (h)
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sables.
–5
Dans le cas des condensateurs de compensation, il a été montré
que la viscosité de l’imprégnant était un paramètre important pour
– 10
le comportement de l’appareil à basse température [22]. En effet
plus le liquide est visqueux, plus le seuil d’apparition des décharges
– 15
partielles est bas.
– 20 Le tableau 6 donne les valeurs de viscosité de différents liquides
isolants.
– 25
0 20 40 60 80 100 120
Temps (min)
2.2.2 Point d’écoulement
Figure 16 – Gassing du M/DBT (CEI méthode A – hydrogène)
Capacité
Coefficient
Masse thermique Viscosité
de Conductivité Point Point
volumique massique à cinématique Point
Type de liquide dilatation thermique d’éclair de feu
à 20 ˚C pression à 40 ˚C d’écoulement
ρ20
volumique λ COC (3) COC (3)
αV
constante ν
cp
(kg/m3) (en 10−4 K−1) (J/(kg · K)) (W/(m · K)) (mm2/s) (˚C) (˚C) (˚C)
Huiles minérales 825 à 890 7à9 1 600 à 2 100 0,11 à 0,16 3 à 16 − 30 à − 60 100 à 170 110 à 185
Polybutènes 800 à 920 5à6 2 000 0,16 (1) − 30 à + 20 145 à 230 170 à 310
(1) Intervalle étendu : pour les polybutènes de marque Napvis, ν à 40 ˚C varie de 130 à 20 000 mm2/s.
(2) ν à 50 ˚C varie de 3,5 à 1 800 mm2/s des dichlorobiphényles aux hexachlorobiphényles ; à cette température la viscosité cinématique du solvant habituellement
utilisé, le trichlorobenzène, varie de 1 à 1,6 mm2/s.
(3) COC : Cleveland Open Cup.
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avec ρ15 masse volumique à 15 ˚C. On désigne par oxydation un ensemble de réactions chimi-
ques complexes et lentes au cours desquelles les hydrocarbures
Exemple : à 20 ˚C, elle varie entre 1 000 et 2 300 J · kg−1 · K−1 réagissent avec l’oxygène dissous [24] [25]. Il se forme tout
d’abord des produits de réaction solubles (composés carbony-
■ La conductivité thermique est inversement proportionnelle à la lés, carboxylés) puis, par polymérisation, des produits qui sont
masse volumique et décroît avec la température. plus ou moins solubles, les dépôts étant appelés boues d’oxyda-
tion (figure 17).
Le tableau 6 donne les valeurs de la capacité et de la conductivité
thermiques de différents liquides isolants à 20 ˚C.
La vitesse des réactions d’oxydation croît évidemment avec la
température et la concentration en oxygène : on admet qu’elle dou-
2.2.4 Masse volumique. Coefficient de dilatation ble tous les 8 à 10 ˚C, à partir de 60 ˚C.
thermique Les réactions d’oxydation sont catalysées par certains métaux
(cuivre, fer) ainsi que par certains produits comme les mercaptans
qui peuvent être contenus dans les huiles minérales.
La masse volumique est une caractéristique intrinsèque d’un pro-
duit. Elle dépend de la composition chimique. Ainsi les huiles miné- Les conséquences de l’oxydation sont :
rales paraffiniques ont une masse volumique plus faible que les — une augmentation des pertes diélectriques ;
huiles naphténiques. Les produits halogénés ont des masses volu-
— une augmentation de la viscosité, d’où une diminution de la
miques supérieures à 1 000 kg/m3.
capacité à éliminer les dégagements de chaleur ;
Exemple : à 20 ˚C, la masse volumique des liquides isolants est — une augmentation de la corrosivité vis-à-vis de la cellulose,
comprise entre 800 et 2 000 kg/m3. notamment ;
— une augmentation de la corrosivité vis-à-vis des parties métal-
La masse volumique diminue lorsque la température augmente. liques.
Le coefficient de dilatation volumique αV caractérise cette variation.
ρt = ρ20(1 − αV [t − 20])
Exemple : αV varie de 5 × 10−4 à 10 × 10−4 K−1. 1 Initiation
Chauffage
R H R • + H•
Pour les applications fermées, on recherche généralement des
produits ayant le plus faible coefficient de dilatation. Cu2+ + R H Cu+ + H+ + R•
H• + H • H2
2 Propagation
2.3 Stabilité R• + O 2 ROO•
Réactions rapides
ROO• + R H ROOH + R•
2.3.1 Stabilité thermique 3 Ramification de chaîne
ROOH RO• + OH•
On entend, généralement, par stabilité thermique le compor- ROOH + Cu+ RO• + Cu2+ + OH–
tement du produit à température élevée, en faisant abstraction Réactions rapides
ROOH + Cu2+ ROO• + Cu+ + H+
de toute autre contrainte, telle qu’oxydation, hydrolyse,
décharges partielles... Le comportement purement thermique
(en l’absence d’oxygène) n’est d’un intérêt que pour les applica- RO• + R H R• + R OH
tions fermées, comme les condensateurs, les câbles ou les
OH• + R H R • + H 2O
transformateurs scellés, par exemple.
4 Terminaison de chaîne
Il n’existe pas de test normalisé pour étudier la stabilité thermique 2R• R R (polymères)
d’un liquide diélectrique. En général, elle est évaluée à partir des
évolutions de tan δ du produit à chaud, sous azote. R• + ROO• ROO R
2 ROO• ROO R + O2
Exemple : les huiles minérales sont stables jusqu’à des températu-
res de 110 à 120 ˚C [23], les huiles silicones jusqu’à 150 ˚C et les hydro- Rôle des inhibiteurs : capteurs des radicaux hydroperoxydes
carbures aromatiques jusqu’à plus de 200 ˚C.
ROO• + A H ROOH + A•
Dans les conditions normales d’utilisation des appareils électri- Le radical A• étant très encombré, il ne peut pas réagir avec
ques (température maximale de 80 à 100 ˚C), la stabilité thermique le liquide, c'est-à-dire attaquer les liaisons R H
des liquides isolants existants est donc largement suffisante. Ce
n’est pas un paramètre limitant. Figure 17 – Mécanismes de réactions d’oxydation
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CH3 OH CH3 OH
2.3.3 Stabilité à l’hydrolyse
CH3
Ditertiobutylparacrésol Triméthylphénol Cette propriété ne concerne que les esters (esters synthétiques et
huiles végétales). En effet, leur nature chimique, contrairement à
Amines
celle des hydrocarbures purs, entraîne un risque de réaction avec
l’eau soluble. Par ailleurs leur structure carbonylée entraîne une
grande solubilité de l’eau (valeur à saturation comprise entre 0,2 et
NH 1 % entre 20 et 100 ˚C). Cependant, les esters utilisés dans les appli-
cations électrotechniques sont particulièrement résistants à l’hydro-
lyse.
n-Phénylnaphtylamine
Il n’existe pas de test normalisé pour évaluer la stabilité à l’hydro-
lyse.
Benzotriazoles (passivateurs du cuivre)
N
R1 2.4 Effet des impuretés
N
N
R2
Certaines impuretés peuvent modifier, notablement, les caracté-
ristiques des liquides isolants. C’est principalement le cas des gaz,
R1 peut être H ou CH3 de l’eau et des particules, que l’on cherche toujours à éliminer du
R'1 liquide avant utilisation, par filtration ou dégazage. De même, les
R2 peut être H ou un radical amine : CH2 N isolations solides sont imprégnées sous vide pour éviter la présence
R'2 de tout gaz.
2.3.2.2 Inhibiteurs d’oxydation En présence de forte concentrations en gaz, les liquides présen-
tent des seuils d’apparition des décharges partielles plus faibles. Les
L’oxydation est un phénomène autocatalytique qui fait intervenir liquides sont donc toujours dégazés, sous vide, avant d’être utilisés
la formation de peroxydes et de sels métalliques (cf. figure 17) [26]. pour l’imprégnation d’un matériel électrique.
Les huiles minérales peuvent contenir des inhibiteurs naturels qui
sont des hétérocycles soufrés et des hydrocarbures polyaroma-
tiques.
2.4.2 Eau. Humidité relative
Les additifs inhibiteurs d’oxydation (figure 18) les plus courants
sont du type phénol comme le DBPC (2,6-ditertiobutylparacrésol) On appelle humidité relative, le rapport entre la teneur réelle
(pour sa détection IR, se reporter à la référence [27]) ou le TMP (tri- en eau et sa solubilité.
méthylphénol). D’autres additifs, tels le PAN (n-phénylnaphtylamine)
sont également employés [26]. Ils sont utilisés à des teneurs de
1 000 à 5 000 ppm. Leur rôle est de bloquer les radicaux libres for- La solubilité, qui représente la teneur à saturation, dépend de la
més de façon intermédiaire dans la réaction en chaîne d’oxydation. température : plus la température est élevée, plus la solubilité est
grande. Par ailleurs la solubilité de l’eau dépend beaucoup de la
Il existe également des passivants ou désactivants dont le rôle est nature chimique du liquide.
d’empêcher la formation ou de bloquer les sels métalliques qui cata-
lysent la réaction d’oxydation. Ils sont du type triazoles. Exemple : la teneur à saturation (ou solubilité) de l’eau à tempéra-
ture ambiante est de l’ordre de 50 ppm pour les huiles minérales,
120 ppm pour les huiles silicones, 200 à 250 ppm pour les hydrocarbu-
2.3.2.3 Méthodes d’essai res aromatiques et 1 500 à 2 500 ppm pour les esters.
L’évaluation de la stabilité à l’oxydation des liquides isolants Pour une teneur en eau donnée, l’humidité dépend donc du
repose sur les méthodes décrites dans la norme CEI 61125. Le prin- liquide et de la température (figure 19) :
cipe consiste à faire barboter de l’oxygène dans le liquide maintenu
à 120 ˚C, en présence de cuivre électrolytique comme catalyseur. À L’influence de l’eau sur les propriétés d’un liquide isolant dépend
la fin de l’essai, on détermine l’indice d’acidité soluble et volatile, et généralement de l’humidité relative. La conductivité n’est affectée
la teneur en boues d’oxydation ou dépôts. que pour des teneurs en eau supérieures à la saturation. Par contre,
la rigidité électrique diminue fortement lorsque l’humidité relative
Dans le cas des produits non inhibés, l’essai dure 164 h. Pour les dépasse 50 à 60 % (cf. figures 8 et 20).
produits inhibés, la durée est de 500 h.
De nombreux autres essais de stabilité à l’oxydation ont été ou
sont utilisés. EDF utilise actuellement un essai de vieillissement de 2.4.3 Particules
1 000 h à 100 ˚C, avec barbotage d’air en présence de cuivre, l’oxy-
dation étant appréciée par la mesure de tan δ, la corrosivité et Les particules provoquent un renforcement local du champ élec-
l’indice d’acidité soluble (spécification EDF HN 27 S 02). trique. De ce fait, elles jouent un rôle important dans les phénomè-
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soudures, cartons...) ou avec l’air qui contient des oxydes tels NOx,
10 000 SOx et d’autres produits chlorés.
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On utilise maintenant des liquides moins inflammables qui sont Pour faire face à ce problème, certaines caractéristiques sont
définis comme ayant un point de feu supérieur à 300 ˚C (norme maintenant à prendre en compte, notamment la chaleur dégagée
CEI 61100). par leur combustion, ainsi que la corrosivité et la toxicité des pro-
duits dégagés.
2.5.1 Point d’éclair. Point de feu Plusieurs méthodes sont proposées, en particulier par certaines
compagnies d’assurances. Des essais de comportement au feu de
transformateurs de distribution, en galerie d’incendie, ont même été
Le chauffage progressif d’un liquide provoque le dégagement réalisés par EDF [34].
de vapeurs, qu’il s’agisse d’un produit pur ou d’un mélange. Dès Parmi les caractéristiques qui sont retenues pour évaluer le com-
que la concentration en vapeur au-dessus du liquide devient suf- portement d’un liquide, les plus répandues sont l’indice d’oxygène
fisante pour former un mélange inflammable dans l’air, le et le pouvoir calorifique inférieur.
mélange brûle à l’approche d’une flamme. La température cor-
respondante est appelée point d’éclair du liquide.
L’indice d’oxygène correspond à la teneur minimale en oxy-
gène dans un mélange air/azote, qui permet d’entretenir la
Il existe deux types de méthodes pour la détermination du point
combustion dans des conditions définies (ASTM D 2863). Il
d’éclair :
varie entre 15 et 80 %.
— les méthodes en coupe ouverte (par exemple, la méthode Cle- Le pouvoir calorifique inférieur (PCI) est la quantité de chaleur
veland ISO 2592) ; nette libérée par la combustion totale du liquide. Elle est déte-
— les méthodes en coupe fermée (par exemple, la méthode rminée en bombe calorimétrique par la méthode ASTM D 240.
Pensky-Martens ISO 2719).
Dans le premier cas, la coupelle contenant le liquide est ouverte à
D’autres méthodes ont également été développées mais n’ont pas
l’air libre et les vapeurs peuvent se mélanger librement à l’air envi-
été normalisées. La méthode de Tewarson [35] (développée par les
ronnant. Dans le deuxième cas, le volume au-dessus de la coupelle
Factory Mutual Research Corporation) permet, en laboratoire, de
est clos et les vapeurs restent au voisinage de la surface du liquide.
comparer le comportement au feu des liquides en déterminant la
Les méthodes en coupe fermée donnent généralement des valeurs
facilité d’inflammation sous flux thermique et concentration d’oxy-
plus faibles que les méthodes en coupe ouverte.
gène fixés, les vitesses de dégagement de chaleur, l’analyse des gaz
de combustion, l’opacité des fumées et leur corrosivité.
Le point de feu est déterminé par une méthode en coupe
ouverte. Après avoir noté la température correspondant au point Le tableau 7 rassemble les caractéristiques de combustion de dif-
d’éclair, on poursuit la chauffe du liquide jusqu’à ce que la cou- férents liquides.
pelle s’enflamme. La température correspondante est le point
de feu du liquide.
2.6 Propriétés toxicologiques
On considère en général que, pour que le risque d’inflammation et écotoxicologiques
devienne négligeable, il faut que la température du liquide reste
inférieure au point d’éclair moins 25 à 30 ˚C.
Les propriétés toxico/écotoxicologiques des liquides sont éva-
Exemple : les liquides isolants ont en général un point d’éclair luées à partir des résultats obtenus dans un certain nombre de tests.
supérieur à 130 ˚C, à l’exception des alkylbenzènes légers utilisés dans Ces tests et les critères de jugement sont décrits dans le Journal offi-
les câbles à circulation de liquide. ciel des Communautés européennes [36].
■ Du point de vue toxicologique :
2.5.2 Auto-inflammation
— la toxicité aiguë est évaluée à partir de la DL50 qui est la dose
ou concentration qui provoque la mort de 50 % des individus en 24
La température d’auto-inflammation d’un liquide est la tem- à 48 heures ; le test est en général réalisé sur des rats pour la toxicité
pérature minimale à laquelle se produit spontanément la com- orale et par inhalation, et sur des lapins pour la toxicité dermique ;
bustion dans l’air. — l’aspect irritant aigu pour la peau ou les yeux est évalué à par-
tir d’essais sur lapins ;
— le pouvoir sensibilisant permet d’évaluer les réactions allergi-
Elle peut être déterminée par la méthode CEI 60079-4 qui consiste ques que le produit peut provoquer ; les tests sont en général réa-
à injecter un faible volume de liquide (70 µL) dans un four et à noter lisés sur lapins ou cobayes ;
la température du four à laquelle l’inflammation se produit en un — la génotoxicité indique si la substance peut altérer le matériel
laps de temps court fixé. génétique ; les tests (micronucleus, test d’Ames) indiquent éga-
La température d’auto-inflammation est généralement très supé- lement le potentiel cancérigène de la substance ;
rieure au point d’éclair (en général > 200 ˚C) et de peu d’intérêt pour — la toxicité subaiguë est déterminée en administrant des doses
les applications électriques. de substances pendant, en général, 28 jours. La concentration la
plus élevée ne conduisant à aucun effet est définie comme la dose
sans effet.
2.5.3 Caractéristiques de combustion
■ Du point de vue écotoxicologique :
Il n’existe plus sur le marché de liquides ininflammables (sans —la toxicité aiguë (48 ou 72 heures) est déterminée sur poissons,
point de feu jusqu’à ébullition). Ces produits ont été remplacés par daphnies et algues. Suivant l’espèce, on établit la CL50, CE50 ou CI50
des liquides « moins inflammables » dont la caractéristique est (cf. définitions dans le tableau des notations et symboles).
d’avoir un point de feu > 300 ˚C. Pour les substances très peu solubles dans l’eau (c’est le cas
Ces liquides sont donc plus difficiles à enflammer que les liquides notamment des huiles minérales et des hydrocarbures aromati-
couramment utilisés, mais ils n’en brûlent pas moins. Leur compor- ques), les essais sont réalisés à la limite de solubilité. Si aucune toxi-
tement lorsque le matériel est pris dans un incendie pose donc un cité n’est observée à cette concentration, le produit est jugé non
problème. toxique pour l’environnement ;
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(0)
— la biodégradabilité permet d’évaluer la persistance potentielle Ces tests ont en général été réalisés sur les liquides de synthèse
du produit dans l’environnement. Les tests normalisés ont été déve- récents. Les résultats servent à définir l’étiquetage réglementaire de
loppés à l’origine pour des produits très solubles dans l’eau. Les ces produits. Par contre, il y a très peu de données sur les anciens
tests permettent alors de différencier des produits « facilement liquides, telles que les huiles minérales ou végétales.
biodégradables » des produits « non facilement biodégradables ». Dans le cas des huiles minérales, de nombreux essais ont été réa-
D’autres tests ont été développés, notamment pour les pro- lisés pour évaluer leur cancérogénicité. Les résultats ont fait appa-
duits très peu solubles. Ils permettent de différencier des produits raître une corrélation entre le nombre de tumeurs observées et la
« potentiellement biodégradables » des produits « non biodégra- teneur en hydrocarbures polyaromatiques (HPA) (tableau 8). L’éti-
dables » ; quetage des huiles est basé sur ces résultats.
— le potentiel accumulatif permet d’évaluer le risque d’accumu-
lation dans la chaîne alimentaire ;
Le coefficient de partage eau (W)/octanol (O) lg Pow indique la dif- Aspects réglementaires
férence de solubilité de la substance dans l’eau et les graisses. Un
produit est considéré comme potentiellement accumulable si En Europe, les produits ne peuvent être ni fabriqués, ni trans-
3 < lg Pow < 6 ; portés, ni utilisés, s’ils ne figurent pas sur un des inventaires
EINECS (European Inventory of Existing Commercial Chemical
— le facteur de bioconcentration (BCF) permet d’évaluer le Substances) pour les produits anciens ou ELINCS (European
potentiel accumulatif d’un produit par des essais, réalisés le plus List of Notified Chemical Substances) pour les produits récents.
souvent sur poissons. Les produits ayant un BCF > 100 sont en L’agrément d’une substance (= son inscription sur l’inventaire)
général reconnus comme potentiellement bioaccumulables. Cepen- est donné par la Direction générale XI (environnement, sécurité
dant, le BCF doit être associé à la vitesse d’élimination pour connaî- nucléaire et protection civile).
tre le potentiel de bioaccumulation réel d’un produit ; En fonction des résultats obtenus dans les différents tests
— la toxicité à long terme est établie sur poissons ou daphnies toxico/écotoxicologiques, les produits doivent porter certaines
par des tests de 21 jours. Les produits très peu solubles sont testés étiquettes, par exemple « toxique » ou « sensibilisant » caracté-
à la limite de solubilité. risées par des symboles (tableaux 9 et 10).
(0)
Facteurs Facteurs
toxiques toxiques
Nom (1) Structure Nom Structure
Naphtalène Benzo[a]anthracène
(Naph) 0 0,001 (BaA) 1 0,1
CAS 91-20-3 CAS 56-55-3
Acénaphtylène Chrysène
(Aceny) 0 0,001 (Chr) 1 0,01
CAS 208-96-8 CAS 219-01-9
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Tableau 8 – Les 16 hydrocarbures polyaromatiques (HPA) les plus suspectés [37] (suite)
Facteurs Facteurs
toxiques toxiques
Nom (1) Structure Nom Structure
Acénaphtène Benzo[ghi]pérylène
(Ace) 0 0,001 (BgP) 0 0,01
CAS 83-32-9 CAS 191-24-2
Fluorène Indéno[123-cd]pyrène
(Flu) 0 0,001 (IND) 1 0,1
CAS 86-73-7 CAS 193-39-5
Phénanthrène Benzo[j+b]fluoranthène
(Phen) 0 0,001 (BjbF) 1 0,1
CAS 8501-8 CAS 205-99-2
Anthracène Benzo[k]fluoranthène
(Ant) 0 0,01 (BkF) 1 0,1
CAS 120-12-7 CAS 207-08-9
Fluoranthène Benzo[a]pyrène
(Fluor) 0 0,001 (BaP) 1 1
CAS 206-44-0 CAS 50-32-8
Pyrène Dibenzo[ah]anthracène
(Pyr) 0 0,001 (DahA) 1 1
CAS 129-00-0 CAS 53-70-3
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(0)
Toxicologie
Sensibilisation cutanée Réaction positive sur > 15 % animaux Potentiellement sensibilisant R43
Écotoxicologie
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(0)
Tableau 10 – Code d’examen des gaz dissous dans l’huile minérale (extrait du guide CEI 60599)
Codification de la valeur
des rapports (1)
C2 H2 CH 4 C2 H4
-------------- ----------- --------------
C2 H4 H2 C2 H6
< 0,1 0 1 0
0,1 à 1 1 0 0
1à3 1 2 1
>3 2 2 2
1 Décharges partielles de faible 0 1 0 Décharges des poches de gaz provenant d’une imprégna-
densité d’énergie tion incomplète, ou d’une sursaturation, ou d’une teneur en
eau élevée
3 Décharges de faibles énergies 1→2 0 1→2 Amorçage continu dans l’huile dû à de mauvaises con-
(c’est-à- (c’est-à- nexions ou à des potentiels flottants. Rupture diélectrique
dire 1 à 2) d’huile entre matériaux solides
dire 1 à 2)
6 Défaut thermique de basse tem- 0 2 0 Surchauffe locale du circuit magnétique due à des concen-
pérature gamme 150 à 300 ˚C (3) trations de flux. Points chauds de températures croissantes,
allant de petits points chauds dans le circuit magnétique,
7 Défaut thermique de tempéra- 0 2 1 surchauffe du cuivre due aux courants de Foucault, mauvais
ture moyenne gamme 300 à contacts (formation de carbone par pyrolyse) jusqu’à des
700 ˚C points chauds dus à des courants de circulation entre circuit
magnétique et cuve
8 Défaut thermique de haute tem- 0 2 2
pérature > 700 ˚C
(1) H2 : hydrogène ; CH4 : méthane ; C2H6 : éthane ; C2H4 : éthylène ; C2H2 : acétylène
(2) Dans ce cas les gaz proviennent principalement de la dégradation de l’isolation solide.
(3) Ce type de défaut se traduit normalement par une augmentation de la concentration des gaz.
3. Surveillance en service gnostic est basé sur les rapports C2H2/C2H4 CH4/H2 et C2H4/C2H6
(tableau 10).
Dans le cas où l’huile minérale a beaucoup évoluée, elle peut être
Au cours de la vie d’un appareil, les surtensions du réseau peu- retraitée, soit sur place, soit après arrêt et transport de l’appareil. Le
vent provoquer l’apparition de décharges partielles conduisant à la traitement consiste généralement en un dégazage (pour éliminer les
génération de gaz et autres sous-produits solubles ou insolubles. De gaz et l’eau) et une filtration (élimination des particules solides),
même, un échauffement local prolongé peut provoquer la dégrada- accompagnée éventuellement d’un passage sur terre adsorbante
tion de l’imprégnant avec également production de sous-produits. (pour diminuer sa conductivité).
Le vieillissement d’un appareil peut être suivi par l’analyse régulière Ce genre de surveillance tend à s’étendre à d’autres types d’appa-
de l’état du liquide. reils, notamment les traversées, les diviseurs capacitifs, et même
L’analyse des gaz dissous ou libres est surtout utilisée pour les les condensateurs. Cependant, dans ces deux derniers cas, on ne
transformateurs de puissance. Dans ce cas particulier, un guide dispose pas encore du recul suffisant pour établir des règles de dia-
(CEI 60599) a été rédigé pour l’interprétation de ces analyses. Le dia- gnostic.
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