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02-Notions Ressources&Réserves (Méthodes D'estimation)

Le document décrit les méthodes conventionnelles d'estimation des ressources minières, notamment la méthode des polygones et la méthode des triangles. Il définit également les termes clés relatifs aux ressources et réserves minières.

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02-Notions Ressources&Réserves (Méthodes D'estimation)

Le document décrit les méthodes conventionnelles d'estimation des ressources minières, notamment la méthode des polygones et la méthode des triangles. Il définit également les termes clés relatifs aux ressources et réserves minières.

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Evaluation d’un Projet Minier

Notions de Ressources et de Réserves


Méthodes d’estimation

02/06/2016
RAPPELS SUR LA TERMINOLOGIE

02/06/2016
TERMINOLOGIE
Qu’est-ce qu’un minerai « Ore »?
 Un minerai (du latin minera mine) est une roche contenant des minéraux
utiles en proportion suffisamment intéressante pour justifier l'exploitation,
et nécessitant une transformation pour être utilisés par l'industrie. Par
extension, le terme minerai peut également désigner directement les
minéraux exploités.
Qu’est-ce qu’un gisement « Ore deposit »?
 Un gisement, ou gîte, est l'endroit où se trouve (où gît) des minéraux ou
des métaux de concentration suffisamment élevée pour être rentable
avec une méthode d'exploitation et de traitement avec la technologie
actuelle et les conditions économiques actuelles.
 Généralement, un métal n'est exploitable que si sa teneur dans la roche
est plus forte que sa teneur moyenne dans l'écorce terrestre (ou clarke).

02/06/2016
TERMINOLOGIE
Le schéma ci-dessous comporte des mots tels que ressources et réserves que nous
allons voir en détail

02/06/2016
TERMINOLOGIE
Qu’est-ce qu’une ressource?
 Les ressources minérales sont des concentrations ou indices minéralisés d'une
substance naturelle solide organique ou inorganique présente au sein ou sur de la
croûte terrestre, dont la forme, la quantité et la teneur ou qualité sont telles qu'elles
présentent des perspectives raisonnables d'extraction rentable.
Qu’est-ce qu’une réserve?
 Les réserves minières sont une portion des ressources minières qui peuvent être
exploitées légalement et à profit. Les recettes dégagées doivent couvrir la totalité
des coûts opératoires y compris les amortissements des investissements à venir en
équipements et en infrastructures liés à leur exploitation.
Autres définitions
 Ressource Mesurée: Une ressource minérale « mesurée » est la portion d’un
gisement dont la masse (tonnage), la forme, les limites et les teneurs/qualité sont
connues par des levés et une maille d’échantillonnage serrée par rapport aux
dimension du gisement. Le maille des sondages et l’échantillonnage minier mesurent
la continuité en 3D, permettant l’estimation globale avec une faible marge d’erreur
et l’estimation locale, avec une marge d’erreur acceptable pour des blocs
d’estimation restreints.

02/06/2016
TERMINOLOGIE
 Ressource Indiquée : Une ressource minérale « indiquée » est la portion
d’un gisement dont la masse (tonnage), la forme, les limites et les
teneurs/qualité sont connues par des levés et une maille
d’échantillonnage large. En pratique, la continuité n’est mesurée que dans
l’axe des échantillonnages. En conséquence, l’estimation globale peut être
entachée d’une marge d’erreur relativement importante et l’estimation
locale (blocs d’estimation restreints) est, la plupart du temps, affectée
d’une marge d’erreur excessive.
 Ressources minérales présumées ou inférées: Elles constituent la partie
des ressources minérales dont on peut estimer la quantité et la teneur ou
la qualité sur la base de preuves géologiques et d'un échantillonnage
restreint et dont on peut raisonnablement présumer, sans toutefois la
vérifier, de la continuité de la géologie et des teneurs. L'estimation est
fondée sur des renseignements et un échantillonnage restreints, recueillis
à l'aide de techniques appropriées à partir d'emplacements tels des
affleurements, des tranchées, des puits, des chantiers et des sondages.
Cette catégorie de ressources ne peut être soumise à aucune étude
économique.

02/06/2016
TERMINOLOGIE
 Réserve Prouvée: Une réserve de minerai «prouvée» est l’estimation de la
masse (tonnage) et de la teneur/qualité de la ressource minérale
«mesurée» qui peut être extraite légalement et à profit, selon le plan
minier choisi. Compte tenu de la faible marge d’erreur qui caractérise
cette catégorie répond aux exigences de la planification et de la faisabilité
de la production.
 Réserve Probable: Une réserve de minerai «probable» est l’estimation de
la masse (tonnage) et de la teneur/qualitéde la ressource minérale
«indiquée», qui pourrait être extraite selon un plan minier. En
conséquence de la marge d’erreur typique de cette catégorie de
ressource, la faisabilité technique, la planification minière et les
estimations des coûts et revenus, ne peuvent être établis que d’une façon
préliminaire ou conceptuelle. Cette catégorie ne répond donc pas à toutes
les exigences de la faisabilité de la production.

02/06/2016
Méthodes conventionnelles de
calcul des ressources

02/06/2016
Introduction
 On entend par méthodes conventionnelles, toutes les méthodes autres
que la géostatistique. L’objectif est de fournir une estimation de la teneur
pour tout élément de volume ou de surface à partir d’un échantillonnage
limité. On applique ensuite les teneurs de coupure désirées à ces
estimations. Toutes les méthodes conventionnelles (et même les
méthodes géostatistiques) sont basées sur un calcul de moyenne
pondérée qui attribue des poids aux observations en fonction de la
position spatiale des observations par rapport à l’élément de volume ou
de surface que l’on veut estimer. Dans les méthodes géostatistiques et
pour la méthode d’inverse de la distance, l’élément de volume (ou de
surface) est défini à priori et est habituellement relié à la méthode
d’exploitation minière. Pour les autres méthodes, l’élément de volume est
habituellement défini en fonction de la position spatiale des observations
et la taille et la forme de celui-ci peuvent varier d’un endroit à l’autre.
Bref, ces méthodes assignent une « zone d’influence » à chaque
observation. La façon dont ces zones d’influence sont construites définit le
volume (ou la surface) estimée.

02/06/2016
Méthode des polygones (plus
proche voisin)
 Dans un plan, on trace autour de chaque point échantillon un polygone
renfermant tous les points du plan pour lesquels l’échantillon considéré
est l’échantillon le plus près. La méthode la plus utilisée consiste à tracer
des triangles les plus équilatéraux possibles (triangulation de Delaunay).
Une fois les triangles tracés, on abaisse des perpendiculaires aux points
milieux des segments des triangles. Les intersections entre trois
perpendiculaires définissent un sommet du polygone.

Exemple de triangulation de Delaunay et polygones de Voronoï:


 Volume associé à un polygone : Surface du polygone x épaisseur de la
veine mesurée au point échantillon situé dans chaque polygone.
 Note : L'influence d'un échantillon devient subitement nulle à mi-distance
d'un échantillon adjacent; l'influence s'étend donc également sur tout le
polygone et elle ne dépend que du patron d'échantillonnage.

02/06/2016
Méthode des polygones (plus proche voisin)
La géostatistique permet de
démontrer que cette méthode
est inadéquate pour estimer les
ressources car elle néglige un
facteur extrêmement important:
l’effet support. En effet, la
distribution des valeurs
estimées sera identique à celle
des valeurs (ponctuelles)
observées. Cette méthode peut
donner tout de même de bons
résultats pour des patrons
d'échantillonnage denses ou la
minéralisation est continue et
varie graduellement pourvu que
l’on tienne compte du support
de sélection dans le calcul des
ressources.

02/06/2016
Méthode des triangles
 Méthode usuelle (simple): Relier les échantillons 3 par 3. La teneur
estimée pour le triangle est la teneur moyenne des trois sommets.
 Façons de tracer les triangles:
◦ Il existe plusieurs façons de construire les triangles. En général, il est préférable de tracer des
triangles équilatéraux. Dans certains cas, on peut tracer les triangles parallèlement à la
continuité de la minéralisation. La triangulation de Delaunay est unique et fournit les triangles
les plus équilatéraux possibles. Une triangulation de Delaunay est obtenue lorsque le cercle
passant par les sommets d’un triangle n’inclut aucun point échantillon à l’intérieur, et ce, pour
chaque triangle. Des algorithmes très efficaces existent pour réaliser cette triangulation. Pour
plusieurs milliers de points, cette triangulation s’effectue en quelques secondes à peine sur
ordinateur.
 Façons de calculer la teneur et le volume des prismes triangulaires:
◦ Il existe 2 méthodes selon les hypothèses que l’on est prêt à adopter.
(1) Moyenne pondéree: Σ tiSi / Σ Si ti, teneur; Si = pondération :
épaisseur au sommet du triangle ou produit épaisseur x densité
Dans cette méthode, on suppose que le produit tS et S varient tous deux
linéairement entre chaque sommet des triangles. Si Si (épaisseur) varie
linéairement, alors le volume associé au triangle est l’intégrale de l’épaisseur sur le
triangle lequel est aussi égal à l’aire du triangle multiplié par l’épaisseur moyenne
soit Σ Si/3*A. De même, si tS varie linéairement, le total sur le triangle sera
ΣtiSi/3*A. La teneur moyenne est donc bien {ΣtiSi/3*A}/ {Σ Si/3*A}= Σ tiSi / Σ Si.

02/06/2016
Méthode des triangles

 (2) Méthode des %: (Σ ti + Σ ti Si / Σ Si)


 Dans cette méthode, on suppose que t et S varient tous deux
linéairement entre chaque sommet des triangles. Comme précédemment,
le volume vaut Σ Si/3*A. L’intégrale sur le triangle du produit tS (note : ce
produit ne varie pas linéairement à l’intérieur du triangle) est:

02/06/2016
Méthode de l'inverse de la distance

 Exemple: Estimation d'un point. La teneur au point A sera donnée par:

02/06/2016
Méthode de l'inverse de la distance
On peut peaufiner l’estimation par:
 (1) Choix d'une distance maximale: puisque l'influence de certains points est
négligeable à une certaine distance, on peut les exclure du calcul.
 (2) Inclusion d’anisotropie géométrique, i.e. On calcule la distance par la formule:

où « a » est un facteur d’anisotropie. Les coordonnées x et y ne sont pas


nécessairement les coordonnées originales, on peut, au préalable, effectuer une
rotation du système de coordonnées de façon à rendre le nouveau système parallèle
à des directions préférentielles de la minéralisation.
 (3) Adapter le choix de l’exposant.
Notes:
 1- Pour une configuration donnée de points, si l’on estime un bloc en calculant la
distance entre les échantillons et le centre de celui-ci, tous les blocs recevront le
même estimé indépendamment de leur taille. On évitera donc d’estimer de trop gros
blocs, préférant estimer de petits blocs que l’on pourra toujours regrouper par la
suite.
 2- La détermination de l’exposant, d’anisotropie éventuelle et de la distance
maximale est faite en se basant sur la connaissance géologique du gisement. On
peut aussi utiliser une technique de validation croisée pour nous aider dans nos
choix.

02/06/2016
Méthode des sections (« manuelle »)
 Lorsque l’on ne dispose pas d’un logiciel permettant d’effectuer la modélisation
3D et l’intersection avec un modèle de blocs tel que décrit précédemment, on
peut obtenir des estimés approximatifs de la façon suivante :
• On calcule la teneur moyenne sur chaque section en délimitant la zone
minéralisée sur chaque forage puis en joignant les zones minéralisées entre elles.
• On étend la teneur moyenne sur la section au volume entourant la section. Ceci
peut être fait de 2 façons différentes, soit :
 Changements brusques : dans ce cas, le volume est simplement la surface de la
section multipliée par la distance (L) entre les sections. Des valeurs différentes
peuvent être utilisées pour les sections de bout.
 Changements graduels : dans ce cas, on utilise deux sections consécutives pour
définir le volume et la teneur devant être affectée à ce volume. Un grand nombre
de variantes peuvent être utilisées selon la forme décrite sur chaque section et
les hypothèses formulées. Ainsi, pour le calcul du volume on peut supposer que :
i. la surface varie linéairement d’une section à l’autre
ii. la surface sur chaque section est un cercle dont le rayon varie linéairement
d’une section à l’autre (méthode du cône tronqué)
iii. la surface sur chaque section est un rectangle dont les côtés (a et b) varient
linéairement d’une section à l’autre (méthode de l’obélisque).
 Pour la teneur, on peut supposer que celle-ci varie linéairement d’une section à
l’autre ou qu’elle demeure constante jusqu’à mi-distance entre les sections.

02/06/2016
Méthode des sections (« manuelle »)
 Les hypothèses précédentes fournissent un total de 7 combinaisons possibles. Si la densité varie aussi
d’une section à l’autre, il faut aussi décrire comment elle varie, ce qui, théoriquement, augmente encore le
nombre de possibilités. En pratique, comme cette méthode d’estimation est assez frustre, il est inutile
d’atteindre ce niveau de finesse et l’on se contentera plutôt d’utiliser une densité moyenne applicable à
l’ensemble du volume compris entre les 2 sections (ce qui laisse les formules pour la teneur inchangées). La
densité moyenne peut être calculée par les mêmes formules que pour la teneur en remplaçant « t » par « d
».
 Le tableau suivant présente les formules pour les 7 cas précédants obtenus en supposant la densité
constante:

02/06/2016
Méthode des sections (« manuelle »)

02/06/2016
Méthode des sections (« moderne »)
Principe : séparer le problème de l’estimation des teneurs
de celui de la définition de la géométrie du gisement.
 Conserver l’approche géométrique pour définir l’enveloppe
du gisement en 2D
 Passage section => 3D par « modélisation solide »
 Estimer les teneurs séparément dans un modèle de blocs
(e.g. par krigeage)
 Intersection modèle de blocs et géométrie du gisement
=> teneur du solide

02/06/2016
Méthode des sections (« moderne »)

02/06/2016
Critique des méthodes
 Méthode des sections => enveloppe du gisement (aspect
géométrique)
 Inverse de la distance => plus de flexibilité
 Triangles => bons résultats si données abondantes et de
qualité (ex. représenter une topographie)
 Polygonale => à éviter (imprécise et ne fournit pas de
teneurs réalistes pour des blocs)
 Localement, polygonale utilise 1 donnée, triangles 3
données et inverse de la distance : à déterminer,
habituellement 5-50
 Triangle, polygonale et inverse de la distance :
interpolateur exact choix discutable lorsque les données
sont entachées d’erreur
 Triangle et polygonale : surtout problèmes 2D (ex. veine;
niveau d’une mine)

02/06/2016
Teneur de coupure optimale:
théories de Taylor et Lane

02/06/2016
Teneur de coupure
 En général, une teneur de coupure doit permettre de sélectionner du
minerai générant assez de revenus pour couvrir tous les coûts jugés
pertinents. Les coûts jugés pertinents varient en fonction de la situation
particulière de chaque mine. Ils varient aussi selon le point de vue des
auteurs. Globalement, on rencontre 2 approches différentes:
 Approche de Taylor: les coûts pertinents sont uniquement les coûts
d’exploitation.
• Si le concentrateur fonctionne à pleine capacité, on considère les
coûts fixes et les coûts variables.
• Si le concentrateur ne fonctionne pas à pleine capacité, on ne
considère que les coûts variables.
 En effet, à pleine capacité du concentrateur, un minerai dont la teneur ne
permet pas de couvrir l’ensemble des coûts fixes et variables entraîne une
perte. Par contre, si le concentrateur est en attente de minerai, il vaut
mieux fournir un minerai plus pauvre que pas de minerai du tout. Si le
minerai couvre les frais de traitement, alors la perte encourue sera
moindre que si l'on ne fournit rien au concentrateur.
 Si les revenus générés par l’exploitation sont actualisés, la teneur de
coupure décroît dans le temps, sinon, elle demeure constante (toutes
choses étant égales).
02/06/2016
Teneur de coupure
 Approche de Lane: les coûts pertinents incluent un coût d’opportunité
en plus des coûts d’exploitation.
Le coût d’opportunité est défini par Lane comme l’intérêt sur le
capital que représente la partie encore non-exploitée de la mine.
C’est en quelque sorte une pénalité pour tarder à exploiter la
ressource disponible. L’importance de ce coût est fortement
tributaire de la valeur estimée de la ressource et du taux d’intérêt
choisi. La conséquence directe de l’inclusion de ce coût est de
hausser la teneur de coupure, surtout en début d’exploitation. Au
fur et à mesure que le gisement est exploité, la valeur résiduelle de
celui-ci diminue, le coût d’opportunité diminue également ainsi que
la teneur de coupure. À la fin de l’exploitation, la teneur de coupure
obtenue par Lane rejoint celle obtenue par Taylor. Les mêmes
considérations concernant l’utilisation à pleine capacité ou non du
concentrateur s’appliquent ici. Si le concentrateur ne fonctionne pas
à pleine capacité, on négligera les coûts fixes et les coûts
d’opportunité dans le calcul de la teneur de coupure.

02/06/2016
Facteurs influençant la t.c
 Dans les deux cas, mais surtout dans l’approche de Lane, 2 autres
facteurs importants viennent influencer la détermination de la
teneur de coupure:
• Les attentes concernant l’évolution du prix des métaux.
• La capacité technologique de récupérer ultérieurement le
minerai à plus faible teneur laissé sur place. Ainsi:
 Coûts fixes et variables; si coûts t.c .
 Prix du métal: si t.c. (normalement)
 Type d’opération: + ou – sélective ; Dimensions des installations
 Besoins du concentrateur
 Doit fonctionner normalement à pleine capacité
Teneurs les + homogènes possibles pour maximiser la récupération
du métal
 Facteur temps
 Valeur des $ dans le temps: exploiter zones riches en premier
 Fournir le concentrateur.

02/06/2016
Facteurs influençant la t.c
 La figure suivante montre schématiquement l’évolution possible
de la teneur de coupure au cours de l’exploitation de la mine.

02/06/2016
Teneurs de coupure limite
 Les teneurs de coupure ne peuvent être choisies entièrement
librement, elles doivent tenir compte de la capacité des
installations et du marché. Si l'on choisit une très forte teneur de
coupure par exemple, il faut être en mesure de développer
suffisamment de minerai pour pouvoir alimenter le concentrateur.
De même, plus de concentré sera produit et l’on doit s’assurer
que des débouchés existent pour ce concentré.
 Lane et Taylor reconnaissent 3 facteurs limitatifs importants. Pour
chacun correspond une teneur de coupure limite.
• limite de la mine (développement et minage)
• limite du traitement du minerai (concentrateur)
• limite du marché (fonderie, contrats de vente).

02/06/2016
Teneurs de coupure limite
Soit les variables suivantes:
 c: teneur de coupure
 xc: proportion du matériau minéralisé sélectionné (fonction de la teneur de coupure)
 gc: teneur moyenne du minerai sélectionné (après dilution; fonction de la teneur de
coupure)
 y: taux de récupération du concentrateur
 p: prix d’une tonne de métal
 k: coût de mise en marché d’une tonne de métal (fonderie, raffinage, transport, assurance,
etc...)
 m: frais variables de minage (d’extraction) d’une tonne de matériau minéralisé
(développement)
 h: frais variables de traitement d’une tonne de minerai (forage, minage, concassage,
remontée, et concentration du minerai)
 f: frais fixes (administration, ingénierie, frais de capital)
 F: coûts d’opportunité. Lane (1988) définit ce terme comme étant le revenu que
rapporterait un montant égal à la valeur présente du gisement placé à un taux d’intérêt
spécifié.
 M: capacité de minage (matériau minéralisé)
 H: capacité de traitement (minerai sélectionné)
 K: capacité du marché (métal)
 v: profit net généré par une unité de matériau minéralisé

02/06/2016
Teneurs de coupure limite
 Utilisant les définitions précédentes, on voit que 1 tonne de
matériau minéralisé donne xc tonne de minerai, et xcgc y
tonne de métal.
 Dans ce qui suit, on considère à tour de rôle que la mine
est le facteur limitatif, puis le concentrateur, puis le marché
(fonderie). Dans chaque cas, il faut convertir la capacité de
l’installation en équivalent « tonnes de matériau minéralisé
» et répartir les frais fixes en $/tonne matériau minéralisé.
Ainsi, la mine a une capacité de M tonnes de matériau
minéralisé, le concentrateur traite H tonnes de minerai soit
H/xc tonnes de matériau minéralisé et le marché a une
capacité de K tonnes de métal soit K/(gcy) tonnes de
minerai et K/(gcyxc) tonnes de matériau minéralisé.

02/06/2016
Teneurs de coupure limite
 Ainsi, la mine a une capacité de M tonnes de matériau minéralisé, le
concentrateur traite H tonnes de minerai soit H/xc tonnes de matériau
minéralisé et le marché a une capacité de K tonnes de métal soit K/(gcy)
tonnes de minerai et K/(gcyxc) tonnes de matériau minéralisé.

02/06/2016
La mine est le facteur limitatif:

02/06/2016
Le concentrateur est le facteur limitatif:

02/06/2016
Le marché est le facteur limitatif:

02/06/2016
Exemple numérique :

02/06/2016
Teneur de coupure d’équilibre
 Les teneurs de coupure précédentes ont été déterminées en fonction des
caractéristiques économiques et des limites de capacité de chaque composante
séparément. On peut aussi définir 3 autres teneurs de coupure basées uniquement
sur la distribution des teneurs des blocs de sélection. Ces teneurs, dites d’équilibre
sont telles qu’elles assurent que les éléments pris 2 à 2 sont en équilibre en terme
de quantité traitée (mine-concentrateur, concentrateur-marché, mine-marché).
 1. paire mine-concentrateur:
 La teneur de coupure est choisie telle que: xc M=H
 i.e., la teneur de coupure permet de sélectionner suffisamment de minerai pour faire
fonctionner le concentrateur à pleine capacité.
 2. paire concentrateur-marché:
 La teneur de coupure est telle que:gcyH=K
 i.e.: la quantité de métal produite au concentrateur (gcyH) est égale à la capacité du
marché.
 3. paire mine-marché:
 La teneur de coupure est telle que: xcgcyM=K
 i.e.: la quantité de métal produite par la mine xc gcyM est égale à la capacité du
marché. Note: si xcgc=qc>1, prendre c=0.

02/06/2016
Teneur de coupure optimale
 Lane (1988) démontre que la teneur de coupure optimale est
nécessairement soit une teneur de coupure limite, soit une teneur
de coupure d’équilibre. Il s’agira de la teneur de coupure parmi
ces 6 teneurs qui génère le profit par tonne de matériau
minéralisé (« v ») le plus élevé tout en fournissant une solution
réalisable. Pour déterminer la teneur de coupure optimale, on
applique la méthode suivante:
 Pour chaque paire:
• Si la teneur d’équilibre est comprise entre les 2 teneurs limites
correspondantes, on conserve la teneur d’équilibre; si elle est
supérieure à la plus grande, on conserve la teneur limite
supérieure; si elle est inférieure, on conserve la teneur limite la
plus faible.
• La teneur optimale est la teneur intermédiaire parmi les 3
teneurs déterminées précédemment.

02/06/2016
Teneur de coupure optimale

02/06/2016
Durée de vie d’une mine
 Il existe plusieurs formules empiriques, plus ou moins
complexes et considérant un nombre plus ou moins
important de paramètres, pour déterminer la durée de vie
approximative d’une mine. Une des formules les plus
simples est celle de Taylor:
◦ durée de vie (en années) où T est le tonnage de
la mine exprimé en millions de tonnes.
◦ ex. une mine de 50 Mt aura une durée de vie approximative de:

02/06/2016
METHODES D’EXPLOITATION
On distingue deux grandes méthodes d’exploitation:

 La mine à ciel ouvert (« Open pit ») et


 la mine souterraine (« Underground mining »).
 Notons que l’on parle de carrière (« quarry ») dans le cas d’une
exploitation à ciel pour l’extraction de matériaux de construction
(sables, graviers, calcaires…).
 Plusieurs cas de figure existent pour chacune des deux méthodes.
 Nous allons néanmoins nous focaliser sur la première citée: la
mine à ciel ouvert.
METHODES D’EXPLOITATION
METHODES D’EXPLOITATION
CRITERES DE CHOIX DES METHODES D'EXPLOITATION
METHODES D’EXPLOITATION
CRITERES DE CHOIX DES METHODES D'EXPLOITATION
METHODES D’EXPLOITATION
CHOIX ENTRE EXPLOITATIONS A CIEL OUVERT ET
SOUTERRAINE
Ciel ouvert Souterrain
si : si :
Recouvrement modéré important
(stérile/minerai (Stérile/minerai
< 10 ou 20) serait > 10 ou 20)
Tenue des terrains Médiocre Bonne
(terrains altérés) (terrains sains)
Morphologie simple
Régularité du gisement Gisement irrégulier permettant des
et/ou dispersé chantiers répétitifs
et bien groupés
Peu contraignant :
Environnement espace disponible, Contraignant
nappes peu fragiles,
pas de voisinage
Coût de la main d'oeuvre chère bon marché

carburant cher
Coût de l'énergie carburant bon marché
électricité bon marché

Capacité de production grande modérée :


p.ex. 1.000 à 2000
voire très grande
t / jour

Climat tempéré ou chaud très froid (gel)


CONCEPTION D'UNE EXPLOITATION A CIEL
OUVERT
 Définition géométrique du corps minéralisé
 Découpage du minerai en blocs
Cubature
valorisation des blocs
 Etude géotechnique, calcul des pentes de talus
 Optimisation de la forme de la fosse ->fosse ultime
méthodes manuelles ou informatiques
Ratio limite et ratio moyen de décapage (stérile/minerai)
 Plan de masse :
stocks
concassage,
verse à stériles,
pistes principales
 Définition de la méthode d'exploitation :
forme des fronts,
équipement
CONCEPTION D'UNE EXPLOITATION A CIEL
OUVERT
 Définition de la cadence annuelle d'extraction appelé « Budget »
 Découpage du minerai en blocs.
 Définition de la séquence d'exploitation
calcul du minerai et du stérile à extraire chaque année
simulation de l'évolution de l'exploitation
 Quantification des moyens à mettre en œuvre : équipement et
personnel
 Etude d'impact sur l'environnement
déforestage initial, stockage de la terre végétale
consommation d’espace, impact visuel,
barrières sonores
protection contre les tirs, contre les vibrations
impact sur les nappes : zone d’influence du rabattement, pollution
éventuelle
impact sur le réseau hydrographique, contrôle de l'eau d'exhaure
rejetée réaménagement final du site.
CONCEPTION D'UNE EXPLOITATION A CIEL
OUVERT

COUTS : CE N’EST QU’ UNE CONCLUSION.

Ne lancer un projet que s’il a un marché assuré avec un


avantage économique certain par rapport à ses concurrents.

N’aider un projet que si les retombées socio-économiques


pour le pays hôte sont convenables.
OPERATIONS
Les Opérations les plus importantes dans une mine à ciel
ouvert sont:
L’Excavation « Loading »
Le Transport « Hauling »
Le forage et le minage (« Drilling & Blasting ») dans le cas
où les roches sont dures.
OPERATIONS
L’Excavation
OPERATIONS
Le Transport
OPERATIONS
Le forage et le minage (« Drilling & Blasting »).
Deux opérations:

- Foration : réalisation de forages en diamètre


variable
de 35 mm à 380 mm
Plan de foration : géométrie des forages

- Tir : chargement des trous en explosifs,


mise en place des détonateurs
Plan de tir : quantité et type d ’explosif, séquence
d ’amorçage

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