Séquence :
Nom de la séquence : La notion verbe
Classe : 1ère Année IFM Niveau DEF
Durée de la Séquence : HEURES
Date :
Objectifs généraux : Etre capable de décrire le verbe. De faire la distinction
entre le non, le verbe, sujet, complément et l’attribut.
Objectifs spécifiques de séance : Définir un GN, GV, COD, COI dans une
phrase.
1) Le verbe
Le verbe est un mot variable en
il sert
nombre
ils servent
je sers
personne
il sert
je sers
mode
je servirais
je sers
temps
je servais
il sert
voix
il est servi
L'ensemble des formes que peut prendre le verbe est ce qu'on appelle la conjugaison.
Le verbe est le noyau de la proposition autour duquel s'articulent les autres membres de la
proposition (sujet, complément d'objet, complément circonstanciel). Ces membres
s'organisent différemment selon la construction du verbe. Le projet de notre association
étudie les besoins des citoyens (Le projet de notre association est le sujet du verbe étudie ; les
besoins des citoyens est le complément d'objet direct du verbe étudie).
Dans certains cas, le verbe varie en genre (sorti/sortie) : c'est l' accord du participe passé. Le
stagiaire est revenu. La secrétaire est revenue.
Le verbe exprime une action (courir) ou un état (devenir) tout en situant cette action ou cet
état par rapport à un instant donné (le temps). Le nom peut également exprimer une action (la
course), mais contrairement au verbe, le nom ne permet pas de situer l'action dans le temps.
Depuis peu, on a également introduit la notion d'aspect qui rend compte de la façon dont
l'action exprimée par le verbe est envisagée dans sa durée, son développement, son
achèvement… Il est en train de travailler (action envisagée dans sa durée : aspect duratif). Il
se met à travailler (action envisagée selon son point de départ : aspect inchoatif).
2) La conjugaison
Le verbe est un mot variable : il se présente sous différentes formes selon le mode, le temps,
la personne et le nombre auxquels il est employé.
On distingue les formes simples (sers, servira, servaient, servant) des formes composées
(aura servi, avoir servi) où le verbe est conjugué avec un auxiliaire.
Chaque forme simple se compose d'un radical auquel on ajoute une désinence.
On classe traditionnellement les verbes en trois groupes :
le 1er groupe : les verbes dont l'infinitif se termine par -er ;
le 2e groupe : les verbes dont l'infinitif se termine par -ir et dont le participe présent est
en -issant ;
le 3e groupe : tous les autres verbes.
Les verbes aller, être et avoir sont des verbes dont la conjugaison présente de nombreuses
particularités : ils n'appartiennent à aucun groupe.
Le radical
Le radical est la partie qui porte le sens du verbe. Certains verbes présentent des radicaux très
différents au cours de leur conjugaison, mais la plupart des verbes ont des radicaux constants.
Ser- et serv- sont des radicaux utilisés dans la conjugaison de servir. Sai-, sav-, sach-, saur-
sont les radicaux utilisés dans la conjugaison de savoir.
Pour les verbes du 1er et du 2e groupe, les modifications de radical se font de façon tout à fait
régulière : chant- et chanter- sont les deux radicaux servant à toute la conjugaison de chanter.
Seuls quelques verbes du 3e groupe changent de radicaux sans suivre de règles précises, ce qui
pourrait rendre leur conjugaison délicate. Mais ces modifications sont généralement connues
des francophones (voir plus haut, l'exemple de savoir) et les hésitations ne subsistent que pour
les verbes employés rarement.
La désinence
La désinence est la partie qui, ajoutée au radical, porte les marques de mode, de temps, de
nombre et de personne. -ait est la désinence qui sert à marquer la troisième personne du
singulier de l'imparfait de l'indicatif ou du présent du conditionnel (il aimait, il aimerait).
Contrairement aux radicaux, les désinences présentent peu d'irrégularités. Elles varient selon
les groupes aux présent de l'indicatif et de l'impératif, mais sont les mêmes pour tous les
verbes de tous les groupes au conditionnel ou au subjonctif par exemple. La difficulté est
surtout à l'écrit dans la mesure où les désinences sont parfois muettes (je conclus) ou
contiennent des lettres muettes (ils concluaient).
Il existe des verbes qui n'ont pas de forme pour certains temps ou certaines personnes : on les
appelle verbes défectifs. Ainsi, le verbe clore n'a pas de forme pour le passé simple ni pour
l'imparfait de l'indicatif ou du subjonctif.
3) Avoir ou être aux temps composés
Pour savoir si un verbe se conjugue avec l'auxiliaire avoir ou l'auxiliaire être aux temps
composés, il faut connaître sa construction.
Les verbes conjugués avoir
Tous les verbes transitifs non pronominaux se conjuguent avec avoir. La secrétaire a rangé
le projet dans le dossier. Vous auriez pu obtenir un rendez-vous. Les verbes être et avoir se
conjuguent eux-mêmes avec l'auxiliaire avoir aux temps composés. Nous avons été très
heureux de vous accueillir. Voici les idées qu'ils ont eues en étudiant la question.
Les verbes conjugués avec être
Tous les verbes pronominaux se conjuguent avec être. Ils se sont trompés, mais ils ont
reconnu leur erreur. Ces réflexions, je me les suis faites plus d'une fois. En plus des verbes
pronominaux, un certain nombre de verbes intransitifs qui expriment un mouvement ou un
changement d'état se conjuguent avec l'auxiliaire être. Il s'agit de :
accourir devenir parvenir retomber
advenir entrer redescendre retourner
aller intervenir remonter revenir
apparaître monter rentrer sortir
arriver mourir repartir survenir
décéder naître ressortir tomber
descendre partir rester venir
Nous sommes arrivés juste à l'heure. L'auteur est né au début du siècle. Elle est redescendue
parce que je l'ai appelée.
Même lorsqu'ils n'expriment plus un mouvement, parce qu'ils sont pris au sens figuré, ces
verbes se conjuguent avec être. Nous sommes arrivés à faire accepter notre projet (arriver
est pris au sens figuré de « obtenir pour résultat, parvenir »). Certains de ces verbes
intransitifs connaissent également des emplois transitifs. S'ils sont employés dans une
construction transitive, ils se conjuguent conformément à ce qui a été dit plus haut avec
avoir. Elle a redescendu toutes ses affaires au rez-de-chaussée (redescendre est ici transitif :
il a pour complément d'objet direct toutes ses affaires). Apparaître et accourir se conjuguent
encore parfois avec avoir, mais cela devient rare. Dès que les rayons du soleil ont apparu.
Être ou avoir
Certains verbes conjugués normalement avec avoir peuvent également être conjugués avec
être. Cela permet d'insister davantage sur l'état (le résultat de l'action) que sur l'action elle-
même. C'est le cas des verbes qui expriment un changement d'état tels que
changer dégeler divorcer rajeunir
crever diminuer éclater ressusciter
croître disparaître pourrir vieillir, etc.
Elle est complètement changée : je la reconnais à peine. Elle a beaucoup changé ces derniers
temps.
4) Les modes
On distingue :
quatre modes personnels pour lesquels le verbe se conjugue en personne ;
trois modes impersonnels pour lesquels il n'y a pas de conjugaison en personne.
Les modes personnels
Les quatre modes personnels sont :
l'indicatif (mode de l'affirmation, du réel) Je sais qu'elle part aujourd'hui.
le subjonctif (mode du doute, du possible) Je doute qu'elle parte aujourd'hui.
le conditionnel (mode de l'irréel) Elle partirait aujourd'hui.
l'impératif (mode de l'ordre) Ne pars pas aujourd'hui.
Les modes n'ont pas toujours ce rapport si étroit avec le sens :
le doute, le possible peuvent être marqués par l'indicatif (je crois qu'elle part
aujourd'hui) ;
le subjonctif peut marquer un ordre (Qu'elle parte aujourd'hui), etc.
Ce sont souvent des critères syntaxiques qui régissent l'emploi de tel ou tel mode. Si j'étais
riche (indicatif et non pas conditionnel si je serais riche, même s'il s'agit de l'irréel).
Les modes impersonnels
Les trois modes impersonnels sont :
l'infinitif Elle aime chanter.
le participe Un chasseur sachant chasser sans son chien.
le gérondif Il fumait le cigare en travaillant.
5) Les temps
Selon leur formation, on distingue les temps simples et les temps composés.
Les temps simples
Un verbe conjugué à un temps simple est constitué d'un seul terme formé avec le radical du
verbe qui reçoit les marques de mode, de temps, de personne et de nombre. Chaque mode compte
un ou plusieurs temps simples :
présent (je chante)
futur (je chanterai)
Indicatif
imparfait (je chantais)
passé simple (je chantai)
présent (que je chante)
Subjonctif
imparfait (que je chantasse)
Conditionnel présent (je chanterais)
Impératif présent (chante)
Infinitif présent (chanter)
présent (chantant)
Participe
passé (chanté)
Gérondif présent (en chantant)
Les temps composés
Un verbe conjugué à un temps composé est formé de deux termes : le verbe au participe passé
et l'auxiliaire être ou avoir conjugué à un temps simple du mode. C'est l'auxiliaire qui porte ainsi les
marques de mode, de temps, de personne et de nombre. Chaque mode compte un ou plusieurs
temps composés :
Indicatif passé composé (j'ai chanté)
futur antérieur (j'aurai chanté)
plus-que-parfait (j'avais chanté)
passé antérieur (j'eus chanté)
passé (que j'aie chanté)
Subjonctif
imparfait (que j'eusse chanté)
passé 1re forme (j'aurais chanté)
Conditionnel
passé 2e forme (j'eus chanté)
Impératif passé (aie chanté)
Infinitif passé (avoir chanté)
Participe passé composé (ayant chanté)
Gérondif passé (en ayant chanté)
Pour conjuguer correctement un verbe à un temps composé, il faut connaître le participe passé
du verbe et savoir à quel temps simple du mode se conjugue l'auxiliaire.
6) La concordance des temps
Le phénomène de la concordance des temps impose à une proposition subordonnée un temps
qui ne dépend pas du sens, mais qui dépend de celui de la principale. Ce cas s'observe pour les
subordonnées de condition introduites par si et pour les subordonnées au subjonctif.
Remarque : Le choix du temps dans un exemple tel que je crois qu'il était là, qu'il est là ou
qu'il sera là, dépend du sens et non du temps de la principale. Il ne s'agit donc pas d'un
problème de concordance.
Dans les subordonnées de condition introduites par si
Le temps de la subordonnée sera différent selon que la principale est au futur de l'indicatif, au
présent du conditionnel ou au conditionnel passé.
PRINCIPALE SUBORDONNÉE EXEMPLE
Nos bénéfices augmenteront si nous
Futur de l'indicatif Présent de l'indicatif
diminuons les coûts.
Présent du Nos bénéfices augmenteraient si nous
Imparfait de l'indicatif
conditionnel diminuions les coûts.
Plus-que-parfait de Nos bénéfices auraient augmenté si nous
Conditionnel passé
l'indicatif avions diminué les coûts.
La subordonnée de condition introduite par si n'est jamais au futur ni au conditionnel. Cela
ne se passera pas ainsi s'il est là (et non s'il sera là ou s'il serait là). Quand la subordonnée
introduite par si est une interrogative indirecte, la concordance des temps ne joue plus et on
peut trouver le futur ou le conditionnel dans la proposition. Je ne sais pas s'il sera là.
Dans une subordonnée au subjonctif
Le temps de la subordonnée sera différent selon que la principale est à un temps du présent ou à un
temps du passé.
SUBORDONNÉE AU
PRINCIPALE EXEMPLE
SUBJONCTIFE
Il faut (il faudrait ) que l'acteur sache
son texte.
Présent de l'indicatif ou du
Présent ou passé
conditionnel
Il faut (il faudrait ) que vous ayez lu
le texte au moins une fois.
Il fallait (il aurait fallu ) que l'acteur
sût son texte.
Imparfait de l'indicatif ou
Imparfait ou plus-que-parfait
conditionnel passé
Il fallait (il aurait fallu ) que vous
eussiez lu le texte au moins une fois.
L'emploi de l'imparfait ou du plus-que-parfait du subjonctif est aujourd'hui réservé à la langue
soutenue. On emploie plus couramment le présent ou le passé même lorsque la principale est
à un temps du passé, surtout si les formes sont peu courantes ou si elles prêtent à sourire. Il
fallait que vous sachiez votre texte (mieux que il fallait que vous sussiez votre texte).
7) Le conditionnel
Le conditionnel est à la fois un mode servant à marquer l'irréel et un temps servant à marquer
la postériorité.
Le mode
Le conditionnel sert à exprimer :
un fait soumis à une condition ; Nos bénéfices augmenteraient si nous diminuions les
coûts.
de façon atténuée un souhait, un désir, un regret ; J'aurais tellement aimé assister à
la représentation. Il voudrait avoir un entretien auprès du directeur.
une hypothèse. Un nouvel accord serait signé entre les deux parties.
Le temps
Le conditionnel est au passé ce que le futur est au présent : il sert à marquer qu'un fait est
postérieur à un autre fait qui se situe dans le passé. J'espère qu'il sera là (fait dans le
présent). J'espérais qu'il serait là (fait dans le passé).
Le conditionnel passé sert de futur antérieur dans le passé. J'espère qu'il aura réussi son
concours (dans le présent) J'espérais qu'il aurait réussi son concours (dans le passé)
8) Le subjonctif
Le subjonctif est un mode que l'on emploie essentiellement dans les propositions
subordonnées. Le plus souvent, son emploi n'est pas libre : il est commandé par le verbe de la
principale ou la locution qui introduit la subordonnée. Je veux qu'on le tienne au courant (on
ne pourra jamais avoir je veux qu'on le tient au courant).
Dans les subordonnées conjonctives
Dans les subordonnées conjonctives, on emploie le subjonctif de façon systématique après
des verbes ou des locutions verbales tels que :
aimer douter permettre
approuver s'étonner préférer
attendre exiger prendre garde
avoir envie faire attention refuser
craindre falloir regretter
défendre importer souhaiter
demander interdire tenir à
déplorer ordonner vouloir
désirer
Il peut y avoir alternance entre subjonctif et indicatif pour douter selon qu'il est dans une
phrase négative ou non. Je ne doute pas qu'il a obtenu gain de cause. Je doute qu'il ait obtenu
gain de cause.
De même, le subjonctif se trouve systématiquement après les locutions conjonctives
suivantes :
à condition que de façon que pour peu que
à moins que de peur que pour que
à supposer que en admettant que pourvu que
afin que encore que quoique
avant que jusqu'à ce que sans que
bien que malgré que si tant est que
de crainte que non que soit que… soit que…
Après que est normalement suivi de l'indicatif. Cependant, on constate dans l'usage courant
l'emploi de plus en plus fréquent du subjonctif, sans doute par analogie avec avant que. Cet
emploi n'est pas admis par tous. Il est arrivé après qu'on l'a appelé (ou après qu'on l'ait
appelé). On met toujours au subjonctif une proposition sujet introduite par que. Qu'il ait
réussi me réjouit beaucoup.
Dans les relatives
Le subjonctif est fréquent dans les propositions relatives exprimant une idée non concrétisée.
C'est notamment le cas quand la relative dépend d'une principale négative ou interrogative. Il
n'a rencontré personne qui sache le renseigner. L'entreprise cherche un responsable qui
prenne en charge le secteur.
Les relatives dépendant d'un superlatif (le plus…, le moins…) sont le plus souvent au
subjonctif. C'est le plus grand spécialiste que je connaisse. Il nous a fait goûter le meilleur
vin qu'il ait dans sa cave. De même, le subjonctif est fréquent quand la principale contient les
termes tels que : le seul, l'unique, le premier, le dernier. C'est le seul ami que je lui
connaisse.
9) L'impératif
L'impératif est un mode personnel servant à exprimer l'ordre. Il se caractérise par le nombre
réduit de ses personnes : il n'est conjugué qu'à la 2e personne du singulier et aux deux
premières personnes du pluriel. Par ailleurs, le sujet n'est jamais exprimé. Asseyez-vous.
Prenons le temps d'examiner tous les aspects de la question.
L'impératif n'ayant pas de 3e personne, on emploie le subjonctif pour exprimer un ordre qui
concerne des personnes ne participant pas à la conversation. Que les responsables prennent
le temps d'examiner tous les aspects de la question. Voir aussi Place du pronom personnel à
l'impératif.
10) L'infinitif
Les verbes peuvent avoir pour complément d'objet ou compléments circonstanciels une
proposition conjonctive (j'aime qu'il fasse beau) ou un infinitif (j'aime courir).
La proposition conjonctive
On utilise la proposition conjonctive si le sujet de la principale et celui du verbe complément
sont différents. Sabine demande que nous soyons informés (le sujet du verbe principal est
Sabine, alors que celui du verbe de la conjonctive est nous). Je l'ai prévenu avant qu'il ne soit
trop tard (le sujet du verbe principal est je, alors que celui de la conjonctive est il).
L'infinitif
On emploie toujours l'infinitif quand il y a identité entre le sujet non exprimé de l'infinitif et
celui de la principale. Il demande à être informé (et non Il demande qu'il soit informé).
Prévenez-nous avant de partir (et non Prévenez-nous avant que vous partiez).
Avec des verbes tels que demander, dire, souhaiter, etc., employés avec un complément
d'objet second, on peut trouver l'infinitif lorsque ce complément d'objet est également le sujet
(non exprimé) de l'infinitif. Je demanderai au service de documentation de constituer une
revue de presse (mieux que qu'il constitue une revue de presse). Avec les verbes voir,
regarder, entendre, écouter, sentir, on peut également trouver un infinitif, bien que les sujets
soient distincts. Les stagiaires écoutent très attentivement le formateur donner ses
explications (le sujet du verbe principal est les stagiaires, alors que celui de l'infinitif est le
formateur).
11) Le gérondif
Le gérondif est un mode qui se forme avec le participe présent (formes en -ant) précédé de
en. Il est employé dans la fonction de complément circonstanciel. Il parle en dormant (=
pendant qu'il dort). Nous avons appris la nouvelle ce matin en arrivant.
À moins qu'aucune ambiguïté ne soit possible, le sujet du verbe au mode gérondif doit être le
même que celui du verbe conjugué dont il est complément. Vous bénéficierez pleinement du
stage en y participant assidûment (plutôt que Le stage sera très bénéfique en y participant
assidûment : ce n'est pas le stage qui participe).
12) Les verbes selon leur sens
Les verbes d'action et les verbes d'état
On appelle verbe d'action un verbe qui exprime une action, que cette action soit faite ou soit
subie (donner, recevoir, chanter, courir, tomber…). On appelle verbe d'état un verbe qui sert
à exprimer une manière d'être : il met en relation un sujet et son attribut. Elle est infirmière
(être est le verbe d'état mettant en relation l'attribut infirmière et le sujet elle). Les principaux
verbes d'état sont : demeurer, devenir, être, sembler, paraître, rester. Elle deviendra
infirmière.
Les verbes auxiliaires et les semi-auxiliaires
On appelle auxiliaires les verbes être et avoir qui se vident de leur sens et qui, associés au
participe passé, servent à la conjugaison des temps composés. Elle a quatre enfants (a =
verbe qui signifie « posséder »). Elle a habité à Paris (a = auxiliaire servant à former le
passé composé de habiter). On appelle semi-auxiliaires des verbes qui se vident également
de leur sens et qui se construisent avec un infinitif pour apporter une nuance de temps ou
d'aspect. Ainsi aller + infinitif sert à exprimer l'imminence de l'action (futur proche), se
mettre à + infinitif sert, lui, à marquer le point de départ de l'action (aspect inchoatif). Nous
allons partir dans moins d'une heure (= « nous partirons dans moins d'une heure »).
13) Les constructions du verbe
Les verbes transitifs
Les verbes transitifs se construisent avec un complément d'objet (CO). Quand ce
complément n'est pas introduit par une préposition, le verbe est appelé transitif direct.Quand
le complément est introduit par une préposition, le verbe est appelé transitif indirect. Le
formateur explique la répartition des groupes (pas de préposition pour introduire le CO « la
répartition des groupes » : expliquer est un verbe transitif direct). Le formateur parle de la
répartition des groupes (La préposition de introduit le CO « la répartition des groupes » :
parler est un verbe transitif indirect).
Pour savoir si un verbe est transitif direct ou transitif indirect, il faut regarder sa construction
avec un nom.
En effet, les verbes transitifs directs peuvent se construire avec un infinitif introduit par à ou
de : ils n'en sont pas moins pour autant transitifs directs et les verbes transitifs indirects
peuvent se construire avec une proposition qui n'est pas introduite par une préposition : ils
n'en sont pas moins pour autant transitifs indirects. Le rappel des références nous évitera de
perdre du temps (éviter une chose : objet sans préposition, donc verbe transitif direct). Je
doute qu'il accepte de telles conditions (douter d'une chose : objet introduit par la
préposition de, donc verbe transitif indirect). Les verbes transitifs peuvent se construire sans
complément d'objet. On dit alors qu'ils sont en emploi absolu. Abondance de biens ne nuit
pas.
Les verbes intransitifs
Les verbes intransitifs n'ont jamais de complément d'objet. Ils ne s'emploient qu'avec des
compléments circonstanciels. Il partira demain avant l'aube.
Pour la différence entre complément d'objet indirect et complément circonstanciel, voir Le
complément circonstanciel.
Les verbes impersonnels
On appelle verbe impersonnel un verbe qui ne se conjugue qu'avec le pronom sujet il, ce
pronom ne représentant rien. Il pleut et il neige (on n'aura pas Je pleus et je neige). Il lui en
faut davantage pour la décourager.
Certains verbes s'emploient aussi dans une tournure impersonnelle avec pour sujet
grammatical il. Il arrive rarement que le courrier se perde (arriver en tournure impersonnelle
: il ne représente rien et on ne pourrait avoir j'arrive rarement que le courrier se perde). Il
arrive demain (arriver est employé ici en tournure personnelle : il représente une personne,
on pourrait dire Paul arrive demain). Le pronom il est appelé sujet apparent. Le sujet
logique est parfois exprimé, mais il n'a aucun effet sur l'accord du verbe. Il reste trois cas à
étudier (et non pas il restent trois cas à étudier, même si trois cas est le sujet logique et que la
phrase équivaut à Trois cas restent à étudier).
14) Les voix
On distingue trois voix selon lesquelles un même verbe peut être employé différemment.
La voix active
Le sujet désigne celui qui fait l'action et le complément désigne celui qui en est le
bénéficiaire. La mère lave l'enfant (c'est la mère, sujet, qui fait l'action et c'est l'enfant, le
complément, qui en est le bénéficiaire).
La voix passive
Le sujet désigne le bénéficiaire de l'action et le complément désigne celui qui fait l'action.
L'enfant est lavé par sa mère (c'est toujours la mère qui fait l'action, mais sa mère n'est plus
sujet, mais complément ; c'est toujours l'enfant qui en est le bénéficiaire, mais l'enfant n'est
plus complément, mais il est sujet).
D'un point de vue formel, la voix passive se marque par l'emploi de l'auxiliaire être. Attention
à ne pas confondre un verbe au passif et un verbe au passé composé conjugué avec l'auxiliaire
être. L'enfant est tombé (passé composé : valeur temporelle ; on pourrait dire l'enfant tomba).
L'enfant est lavé par sa mère (passif, le passé composé de laver serait formé avec avoir : a
lavé ; on ne pourrait pas dire l'enfant lava par sa mère).
La voix pronominale
Le sujet est à la fois celui qui fait l'action et celui qui en est le bénéficiaire. L'enfant se lave (le
pronom se désigne la même personne que le nom sujet enfant. S'il s'était agi d'une personne
différente, on aurait eu : l'enfant le lave).
D'un point de vue formel, la voix pronominale se marque par l'emploi du pronom réfléchi
(pronom de la même personne que le sujet).
Les distinctions de sens entre les différentes voix ne sont pas toujours très nettes. En effet,
dans une phrase telle que le sommet de la montagne se voit de loin, il paraît difficile de dire
que le sommet est à la fois celui qui fait l'action de voir et celui qui en est le bénéficiaire. De
même, il est difficile de dire que dans le malade a subi une intervention chirurgicale, le
malade est celui qui fait l'action. En revanche, les distinctions formelles sont facilement
repérables ; elles permettent de savoir clairement à quelle voix est le verbe.
15) Les verbes pronominaux
On appelle verbe pronominal un verbe qui se construit avec un pronom complément de la
même personne que le sujet, appelé pronom réfléchi. a) Je m'habitue à cette nouvelle
organisation. b) Nous nous rencontrerons la semaine prochaine. c) Cette tournure s'emploie
au sens figuré. d) Vous vous abstiendrez de tout commentaire. e) T'es-tu rapidement aperçu
de ton erreur ? On distingue :
l'action est exercée par le sujet sur lui-même
les pronominaux réfléchis
(exemple a : « j'habitue moi à cette organisation »).
l'action est exercée sur chacun des sujets
les pronominaux réciproques
(exemple b : « je rencontrerai lui et il me rencontrera
»).
ils sont l'équivalent d'une tournure passive
les pronominaux passifs
(exemple c : « cette tournure est employée au sens
figuré »).
ils s'emploient toujours avec un
les verbes essentiellement
pronominaux (exemple d : le verbe abstenir ne se rencontre jamais
sans pronom).
On range parmi les verbes essentiellement pronominaux les verbes qui connaissent un
emploi sans pronom réfléchi mais dont le sens est différent. J'aperçois une silhouette au loin
(ici, il s'agit du verbe apercevoir, construit sans pronom réfléchi. Il signifie « distinguer »). Je
m'aperçois seulement maintenant de mon oubli (ici, il s'agit du verbe s'apercevoir, construit
avec le pronom réfléchi se et qui signifie « se rendre compte, prendre conscience »). Le
pronom réfléchi dans les pronominaux passifs et les verbes essentiellement pronominaux n'a
pas de fonction grammaticale par rapport au verbe, contrairement au pronom des réfléchis et
des réciproques qui peut être complément d'objet direct ou complément d'objet indirect . Ils se
sont abstenus lors du vote (s' fait partie intégrante du verbe, il n'a aucune fonction par
rapport à abstenir). Ils se sont acheté une maison à la campagne (se est complément d'objet
indirect du verbe acheter = « ils ont acheté à eux une maison… »).
16) L'adverbe
L'adverbe est un mot invariable qui apporte une information supplémentaire au mot ou au
groupe auquel il se rapporte. Elle comprend vite (l'adverbe vite apporte un complément
d'information au verbe comprendre). Le temps sera plutôt ensoleillé aujourd'hui (l'adverbe
plutôt apporte un complément d'information au participe ensoleillé). L'adverbe se rapporte le
plus souvent à :
un verbe Il comprend vite.
Le gâteau est très chaud.
un adjectif
Des parents particulièrement heureux.
un autre adverbe Vous serez bien mieux ainsi.
une phrase ou une proposition Décidément, vous n'avez pas de chance avec cette voiture.
On compte aujourd'hui à peu près autant de façons de classer les adverbes qu'il y a de
grammaires : la grammaire de l'Académie répertorie six classes (manière, temps et lieu,
quantité, affirmation et doute, négation, interrogation), Bescherelle en répertorie sept
(manière, quantité [ou intensité], temps, lieu, affirmation, négation, doute), etc. Ces
classements restent toujours aléatoires.
Certains adjectifs sont employés avec une valeur d'adverbe : en général, ils ne s'accordent
pas s'ils se rapportent à un verbe (mais l'accord peut être possible) et ils s'accordent s'ils se
rapportent à un adjectif (ce dernier cas se rencontre dans quelques expressions figées). Pour
entretenir correctement votre pelouse, tondez-la ras (l'adjectif ras se rapporte au verbe
tondre : il reste au masculin singulier). Il avait laissé les portes grandes ouvertes avant de
partir (l'adjectif grand se rapporte à l'adjectif ouvertes : il prend les mêmes marques de
genre et de nombre que cet adjectif). Elle se tient droit (ou elle se tient droite).
Traditionnellement, on classe parmi les adverbes les mots qui à eux seuls jouent le rôle d'une
phrase : oui, merci, si, bravo… Le grammairien André Goosse préfère ne pas inclure ces
termes dans la classe des adverbes. Il les rapproche des interjections , qui, elles aussi, forment
une phrase à elles seules et il crée ainsi une nouvelle classe : le mot-phrase.