Méthodes d'analyse des éléments minéraux
Méthodes d'analyse des éléments minéraux
AA. PINTA
ORSTOM, 70-74, route d'Aulnay, 93140 Bondy, France
INTRODUCTION A. - Réactifs :
- acide chlorhydrique concentré p. a. d = IJ9,
Le Comité Inter-Instituts pour l'étude des techni- - acide fluorhydrique p. a.,
ques d'analyse foliaire (CII) a proposé en 1968, au - eau déminéralisée.
2e Colloque sur le Contrôle de l'alimentation des plantes
cultivées, des méthodes de référence pour la déter-
mination de l'azote, du phosphore, du potassium,
B. - Mode opératoire :
o..R. SL T. 0.EJd.
péen e t &16diterranéensur le ContrBle de l'Alimentation des Plantes
cultivées ;4-8 Septenfire 1972, Budapest. neralisee la solution Ca í 000 pg/ml;
88 - Oléagineux, 2 g e année, no 2 - Février 1973
- solution Inère de lanthane : elle est préparée à partir de - flamme air-acCtylBne oxydante.
La,O, pour titrer 15 p. 100 La ; dissoudre 175,5 g de Lazo, Exécuter la mesure spectrométrique en quatre répétitions.
dans 185 ml HCl concentré et de l’eau déminéralisée, jauger
à 1 O00 m l ; Q. - Faire u n essai ZI blanc.
- solution de lanthane à 3 p. 100 : diluer 200 ml de solution
La 15 p. 100 h 1 O00 ml A l’ean déminéralisée.
C. - Etalonnage : A partir des solutions précédentes, pré-
parer la gamme selon les indications du tableau ci-dessous :
L’étalon u O u ne doit pas etre considéré comme un u essai mlFeiOOpg/ml ......... O 2,5 5 7,5 1n 20
ml HCl concentré.. . . .... 2 2 2 2 2 2
à blanc P.
E. - Preparation des solutions d’analyse :
- les échantillons d’analyse sont dilués pour avoir Ca entre
2 et 10 pg/ml, HCl 2 p. 100 et La 0,s p. 100.
D. Remarques -
Selon l’appareillage, on peut être
F. -Conditions spectrales : amené à utiliser un domaine d’étalonnage différent (0-5 pg/ml):
- lampe à cathode creuse de calcium, L’étalon u O ne doit pas Otre considéré comme un (i essai
19
ml HCI concentré . . . . I 2 2
- I I
1 1 I 1 1 1 1
ml M g 100 pg/ml . . . . . O 0,5
I
1 1,5
2 2
I I
2 2,5
2 2
l I
3
2
ralisée ;
- solution manganèse à 100 pg/ml : diluer 10 fois ?
déminéralisée la solution de manganèse h 1 000 pg/ml.
l’eau
i
D. Remarques. - Selon l‘appareillage, on peut Stre - solution mère de cuivre (Cu = 1 O00 pg/ml) : dissoudre
amené B utiliser un domaine de dosage différent : 0-1 OU 1 g de cuivre p. a. en poudre par 25 ml d’acide cl?lorhydrique
0-10 pg/ml. et 5 ml d’eau oxygénée p, a. B 110 vol. compléter z ì 1 O00 ml
L’étalon (I O i) ne doit pas Ptre considéré comme un a essai h avec de l’eau déminéralisée ;
blanc R. - solution cuivre A 100 pg/ml : diluer 10 fois la solution Cu
1 000 pg/ml dans l’eau déminéralisée ;
E. - Préparation des solutions d’analyse : - solution cuivre B 10 pg/ml : diluer 10 fois la solution Cu
- les échantillons sont dosés généralement sans dilution, 100 pglml dans l’eau déminéralisée.
directement sur la solution d‘attaque, sinon, ils sont dilués
avec de l’acide chlorhydrique B 2 p. 100 pour avoir hln entre C. - Etalonnage : préparer une gamme de solutions éta-
1 et 20 pg/ml. lons selon les indications du tableau ci-apri3 :
F. -Conditions spectrales :
- lampe B cathode de manganèse ;
- longueur d‘onde : 279,5 nm ;
- flamme air-acétylhe oxydante.
Exécuter les mesures spectrométriques en quatre répétitions.
Q. - Essai A blanc :
- l’essai B blanc indispensable pour le contrde des réactifs
doit comprendre toutes les opérations, y compris celles de
minéralisation et mise en solution.
Eau déminéralisée pour faire 100 ml.
I
D. Remarques. - Selon l’appareillage, on peut Ctre
amené i utiliser un domaine d’étalonnage différent (0-10 pg/
2.5. Z I N C . ml). ’
A. - Domaine da dosages : 5 B 500 ppm de zinc dans L’étalon n O I ne doit pas &treconsidéré comme un d essai h
blanc *.
I’échantillon séché.
E. - Preparation des solutions d’analyse :
B.- Réactifs :
- acide chlorhydrique concentré p. a. d = 1,19 ; - la solution d’attaque est mesurée en général directement
sinon, la diluer avec HC1 h 2 p. 100 pour avoir Cu entre 0,l et
- solution mère de zinc :Zn = 1000 pg/ml; elle est préparée 2 pg/ml.
i partir du zinc métallique p. a. en ruban ou plaque ;dissoudre
1 g de zinc dans 25 ml d’acide chlorhydrique et 50 ml d‘eau, F. - Conditions spectrales :
compléter h 1 O00 ml avec de l’eau déminéralisée ; - lampe i cathode creuse de cuivre ;
- solution zinc B 100 pg/ml : diluer 10 fois h l’eau démi- - longueur d’onde : 324,75 nm ;
néralisée l a solution 1 000 pglml. - flamme air-ac&tyI&neoxydante.
C. - Etalonnage : préparer une gamme de solutions éta- Exécuter les mesures spectrometriques en quatre répétitions.
I
ions selon les indications du tableau ci-après : Q. - Essai A blanc :
- l’essai B blanc doit $tre fait systématiquement en raison
des risques nombreux de contamination.
m l Z n 100 pg/ml
ml HCI concentré
.......
.. . . ...
3. - RÉSULTATS OBTENUS
..
Effectif . . . . . . . 9 9 .9 19 .
Effectif . . . . . . , . 9 9 9 9
Moyenne . . . . . . . 1,122 0,800 0,831 2,137 Moyenne . .. . . . . 0,363 0,296 0,285 0,295
Ecart type . . . . . . 0,057 2 0,033 7 0,036 7 0,078 4 Ecart type ... ... 0,012 2 0,013 4 0,012 5 0,015 6
Coefficient de va- Coefficient de va-
.
riation . . . . . . . 5 4 4 4 riation . . . . . . . . 3 4,s 4 5
11 4 200
11 4 171 28 20 7,5 74
997 8s - 178 30 24 10 81
- - - 177 30,5
35,9
25,2
26,5
12,2
17.7
74
84
10 8 3 178
12 10 5 198 27 23 13 75
12 8 4 176 26 20 10 78
15 10 5 176 29 23 11 80
12,5 181 37 34 20 89
933 53 37 29 20 76
10,7 897 5,6 178
11 4 177 30,4 22,1 1l,4 77
875 30 23 9,3 78
10 725 495 177
11 10 4,5 . 175 29 29 1o 76
11,s 10,9 185 28 22 9.5 73
497 33 27,G 13,2 8’2
10 8 23 171
10 9 4 175 27 24.5 10,5 77
TABLEAU VII. - Récapitulation des résultats obtenus en 1972 sur les quatre plantes analysées
par spectrométrie d’absorption atomique
Calcium (1) Maïs I (2) Palmier I (3) Codia I (4) Pommier cox’s
3 I
0,295
0,015 6
5
4
Moyenne ppm ........................ 259,3 199,7 88,3 1154,7
Ecart type .......................... 16,886 12,340 7,225 126,650
Coefficient de variation p. 100.. ......... 65 I 8
hfangankse 1 I 2 I 3 I 4
Moyenneppm ........................ 66,09 630,1 654,7 136,2
Ecarttype .......................... 4,626 25,050 5,942
Coefficient de variation p. 100. .......... 7 27,775 I 4
Cuivre 1 I 2 I 3 I 4
Moyenne ppm ........................
Ecarttype ..........................
Coefficient de variation p. 100. ..........
12
í l1,323
,í6 O 1,008 7
8,80 1
7
1 4
179y~,9665
Zinc
Moyenne ppm ........................
Ecart type ..........................
3,607
12
2
3,802
15
24,863 ‘-1 12,35
3,878
de ces dispersions accidentelles. des exceptions telles que le pommier Cox’s orange qui
Le dosage du manganèse (Tabl. IV) aboutit à des contient 179 ppm ou la vigne (800 ppm). Les conditions
coefficients de variation interlaboratoires de 4 à 7 p. analytiques tiennent donc essentiellement compte des
100 (4 à 10 p. I00 pour l’ensemble des plantes ana- teneurs infhieures à 20 ppm. Dans cette gamme d‘ana-
lysées au CII). I1 semble bien que les coefficients élevés lyses, les coefficients de variation vont de I O à 20 p.
correspondent à des plantes pauvres en manganèse 100 ; sur les quatre plantes citées, on constate nette-
(teneur inférieure à 80 ppni), inais ceci est normal ment que le coefficient de variation varie dans le sens
car il s’agit d‘analyses de routine oh tous les échantil- inverse de la teneur (coefficient de variation =
lons sont systématiquement traités dans les mêmes 4 p. 100 pour 179 ppm de cuivre, et coefficient devaria-
conditions opératoires. tion = 19 pour 4,3 ppm).
Les teneurs en cuivre (Tabl. V) des plantes s e La question se pose de savoir si la dispersion obser-
92 - Oléagineux, 2 8 e année, no 2 - Février 1973
TABLEAU VIII. - Résultats obtenus en 1968 par les précédentes méthodes de référence pour C a et Mg
I I I
Calcium Agrume Maïs Pommier
I Riz
I
Moyenne p . 1 0 0 ...................... 6,067 0,981 í,353 0,64
E c a r t t y p e .......................... 0,198 8 0,072 0 0,079 3 0,041
Coefficient de variation p. 1 0 0 . . ........ 3,28 7,34 5,86 6,41
--
Magnésium 1 ”
vée d’une façon générale est admissible ou non. véritables de cette dispersion. L’on a incriminé tour
Du point de vue analytique, le dosage du cuivre suit B tour l’hét6rogénéité de l’échantillon, la minera-
un protocole semblable aux autres dléments : en lisation, les contaminations, les conditions de dosages,
particulier la prise d‘essai est la même. I1 est probable les interactions analytiques.. . autant de problèmes
que l’on améliorerait les écarts interlaboratoires si non encore. résolus.
la prise d‘essai était augmentée. Mais la dispersion Mais il est probable, sinon stir, que nous ne savons
résulte probablement aussi des conditions spectro- faire mieux par d’autres méthodes. Le CI1 n’a renonce
métriques, conditions de flamme, sensibilité de l’ap- ni à élucider le problème posé par le dosage du zinc,
pareil, ainsi que de la préparation de l’échantillon ni B l’améliorer, soit dans la présente méthode, soit
oÙ les risques de contaminations sont élevés. par toutes autres dignes de confiance.
Quant au zinc (Tabl. VI), on note des coefficients
pour l’ensemble des 14 échantillons analysés de
5 A 31 p. 100. Malgré la grande sensibilité du dosage CONCLUSIONS
du zinc par absorption atomique, on constate encore
que les faibles teneurs en zinc (Zn < 20 ppm) condui- Finalement, si le C I 1 propose un pas en avant avec
sent B des coefficients de variation supérieurs à 20 ces nouvelles méthodes, les conclusions du présent
p. 100 ; ce point étant mis e)n évidence, il n’en reste travail resteront pratiquement les memes que celles
pas moins vrai que pour des teneurs classiques (zinc déjà formulées il y a quatre annees [l] (Séville 1968) :
entre 25 et 130 ppm), les cœfficients de variation sont l’amélioration présente n’exclut pas les aménagements
souvent entre 8 et 20 p. 100. nouveaux ni l’extension des méthodes. S’il faut
Le dosage du zinc dans les milieux végétaux appa- parfaire les dosages du cuivre et du zinc, la tâche du
ralt donc difficile, d‘autant plus que, malgré une étude CI1 vise actuellement les dosages du sodium, du bore,
systématique des différents paramètres, les labora- du soufre, du chlore, du molybdène, du cobalt et
toires du CI1 ne sont pas parvenus à définir les causes autres oligo-déments.
BIBLIOGRAPHIE
[l]Méthodes de référence pour la détermination des éléments Eur. Med. Sobre el Control Mim. Plantas Cultivadas,
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foliaire) (ORSTORI), Bondy. Société Rhfne-Progil (laboratoire de la Croix de Berny),
Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), Antony.
Stations d’Agronomie d’Amiens, Arras, Avignon. Centre dc Recherches de Gorsem (laboratoire de Physiologie
Institut de Recherche Agronomique Tropicale et des Cultures VPgétale) (Belgique).
Vivrières (IRAT), Division d‘Agronomie, Nogent-sur- Station de Chimie et de Physique Agricoles. Gemblous (Bel-
hIarne. gique).
Commissariat à l’Energie Atomique (laboratoire de Chimie- Faculté des Sciences Agronomiques (laboratoire de Chimie
Toxicologie) (CEA), Pierrelatte. Analytique et Agrochimique), Gand (Belgique).
Centre National de la Recherche Scientifique, CEPE (CNRS), Institut de Recherches Chimiques, Tervuren (Belgique).
hlontpellier. Comité National pour 1’Etude de la Culture Fruitière, Gem-
Institut Francais du Caoutchouc (IFC), Le Mans. bloux (Belgique).
Institut de Recherche pour les Huiles et Oléagineux (labora- Université Agronomique (Section Chimie Agricole), Wagenin-
toire de diagnostic foliaire) (IRHO), Paris. gen (Hollande).
Institut Français de Recherches Fruitières Outre-hkr (labo- Centro de Edafologia y Biologia Aplicada del Cuarto (Section
ratoire de Physiologie végétale) (IFAC), Nogent-sur- de Fertilité), Sévilla (Espagne).
hlarne. Estacibn experimental del Zaidin (Section Chimie Analytique),
Société pour la hfise en Valeur de la Corse (laboratoire de Granada (Espagne).
Chimie) (SOhIIVAC), Bastia. Istituto Sperimentale per la Cerealicultura (Section Chimique
Compagnie Nationale d’Aménagement du Bas-Rhône et du et Technologique), Roma (Italie).
Languedoc (laboratoire d‘Analyses) (CNABRL), Nîmes. Companhia Uniao Fabril, Sacavem (Portugal).