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HOOKS - Une Femme Noire Revient Au Cinéma - Cinémaction

Bell Hooks, « Une femme noire revient au cinéma (« Vous souvenez-vous de Sapphire ? »), CinémAction, “20 ans de théories féministes sur le cinéma”, n°67, 2e trimestre 1993.

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Mireille Berton
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HOOKS - Une Femme Noire Revient Au Cinéma - Cinémaction

Bell Hooks, « Une femme noire revient au cinéma (« Vous souvenez-vous de Sapphire ? »), CinémAction, “20 ans de théories féministes sur le cinéma”, n°67, 2e trimestre 1993.

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de films de femmes
Corlet - Téléramct
par Bell Hooks
. On se demande si elle
-: ia même chose. Pro-
'--
-:nau\ à scandales ne
:: :umiliation quand elle
-.: :lle a essayé de faire
a :i quarante-deux ans,
:":: limite de vente »,
: "'' e,' leur tact habituel.
: :a \ente » ravale tous
::.: niveau. Elle hantait
: :-. :ablement Madonna,
: ::mme rebelle ne résis-
-.:.. Cela pourrait exPli-
': ;\.c \{onroe. Mais sa
'.:nent d'autres racines,
.:.: qu'en s'assimilant à
.-:-même se faire recon-
; .;prêmement désirable. o
.':rhiber pour Plaire est I
':: qui a perdu sa mère !
c
:s: :entie abandonnée par
« maman ». E
"pneler i.r
:r'-lle que Madonna con- c
.2
:::rrn à Monroe comme
-.rgique des aspects sado-
d) 'i,
:i0\\ . Au lieu de Porter
:-turur de son corps, elle Daughters of the Dust/Les filles de la poussière (Julie Dash, 1991r.
:-."g: à celle d'une femme
',:;:ime. C'est un pasti-
.:. .upplémentaire que les
: >!rnt plus des victimes,
rù:eflt » la victimisation
Une femme noire
r :;anIeau.
--:-: ecceurantes des jour-
: :r.urent d'envie d'écrire
revient au cinéma
":onna,
pourraient bien
:;i:ification inconsciente
(« Yous souYenez-Yous
'.:. Il se peut que I'abîme
J_-'!rn ie pense entre une
jr-t et une femme des
de sapphire ? »)
=:.:r:é. dans les deux cas,
,.:: de vendre leur sexe. En mai 1988, la cinéaste Yvonne Rainer et L'une des tables rondes de la conférence
Rosalind COWARD moi avons organisé à New York une série de s'intitulait « La construction visuelle de la dif-
projections de films et de conférences intitulée férence sexuelle r. Nous reproduisons ici un
" Sexism, Colonialism. Misrepresentations ».
Parmi la quarantaine de films figurant au pro-
large extrait de la contributicn de Beli Hooksl
(qui est aussi l'auteur de Talking Back
gramme, un grand nombre avaient été réalisés
- thin-
king feminist - thinking black er de Yearning
par des « femmes de couleur », dont Reassem-
blage (1982), tourné en Afrique par Ia Vietna-
- race, gender and cultural politics2, tous les
)bsen'er, mienne Trinh T. Minh-ha (dont nous reprodui-
,ec la sons également un texte) et Sambizanga 1.1972\ l. A noter: habituelier:cr:. .;n:èir sene sans mettre de
de Sarah [Vlaldoror, un long métrage de fiction mojuscules à çon nou' l\-'.
iolaine se déroulant pendant la guerre de libération 2. Talking Back :i::irng :jnixisr - rhinking black,. rra-
duclion litérole: ,'- Repona.e
nationale en Mozambique (voir à ce sujet le » - Peu.r Jéministe - Penser
texte « lmages de femmes noires »).
nolr.
ardent
Yearning
- :a... sender and .-..itural politics : Désir
race. dj::e:e:;e t:ruelle er polirique culturelle.
-

75
_.r_,,.4r .;3 .-l;;,_,.;;,-r iéntinistes Sur le Cinéma

ce-\ 3-c és par South End Press, Boston). Elle nita Moore et Susan Kohner). On y voit, face envie d'être là
ro-s ': rerrarquer que non seulement elle était à une héroïne blanche, deux stéréotypes : celui pouvions-nous avo
ê s.Lie femme noire invitée à prendre la parole de la « nounou » qui se tue au travail (et qui, notre image, cor
à ce su;et, mais aussi que très peu de femmes dans le premier film aide sa maîtresse à faire si laide.
nc ,es s'étaient déplacées pour assister à cette fortune grâce à sa recette de pâte à crêpes - nous n'avions p
:able ronde (alors qu'elles étaient venues en l'image de « Tante Jemima » sur les boîtes de n'avions pas envie
masse assister au reste du colloque). farine à crêpes est aussi célèbre aux États-Unis
que le « brave nègre » de « Y'a Bon Banania » nous ne voulioni
ue débat commencé avec bell sur les rap- tion soit cette chos(
ports parfois douloureux entre féminisme blanc en France) ; et celui de la « mulâtre tragique »,
et féminisme noir s'articule dans ce texte autour la jeune Noire qui passe pour blanche et a honte
de la question de la représentation de la femme de sa race. ce repoussolr, c

noire au cinéma. Aux films de Trinh tVlinh-ha et Comme dans le texte de Jacqueline Bobo image de femme nc
de Sarah lVlaldoror, bell oppose le personnage reproduit dans ce volume, bell hooks appuie ses désir.
de " Sapphire », personnage féminin caricatural conclusions sur la force atteinte actuellement il n'y avait rien
d'une émission de télévision américaine des par la littérature féminine noire américaine - et nous.
années 50, " Amos n' Andy " (critiquée pour qui influence non seulement la conscience des
sa représentation stéréotypée des Noirs en femmes noires, mais aussi leur cinéma. Elle cite
deux extraits d'un roman de Toni Morrison, Ihe de quoi vous sou
général), ainsi que les clichés hollywoodiens
plus classiques, tels qu'on peut les voir dans Bluest Eye (« L'æil le plus bleu »). sions du dimanc
lmitation of Life (Le mirage de la vie), aussi bien B.R. temple ?
dans la version réalisée en 1934 par John Stahl je me souviens..,
(avec Claudette Colbert, Louise Beaver et Fredi NB : La disposition typographique du texte ci- une femme noire
Washington) que dans son remake tourné en dessous respecte les conventions de l'auteur, (tante jemima sur
1959 par Douglas Sirk (avec Lana Turner, Jua- y compris son usage des minuscules. de farine à crê
joviale). elle n'étai
fugace.
n'ai-je fait que I

Ayant passé une grande partie de ma vie des corps de femmes noires. Car avons-nous ment là ? est-elle ur
à ne pas aller au cinéma, parce que I'absence souvent I'occasion de voir des corps de fem- toni morrison s'i
[de femmes noires] m'y était pénible, je veux mes noires construits visuellement de la façon inventé des petites
parler d'abord de ce que cela signifie pour dont Minh-ha le fait dans ses films ? son personnage d,
les peuples colonisés d'aller au cinéma quand bleu qlui nomme s(
on n'y est pas, ou quand on y est seulement I. vous souvenez-Yous de sapphire ? nomme qu'ici il
représenté comme un Autre fondamenta- vous souvenez-vous de sapphire ? les petites filles no
lement, cela ne peut qu'être-une expérience elle n'était pas nous. elle ne pouvait pr
de souffrance. Et Ia manière dont les enfants LA PREMIÈRE IMAGE DE FEMME de shirley temple,
réagissent contre Ia colonisation m'intéresse NOIRE QUE J'AI JAMAIS VUE A célébrer sa propr
beaucoup. Quand j'étais enfant, j'étais capa- L'ECRAN son moi de femme
ble de dire : << Ce truc qui ne m'inclut pas même alors elle était une toile de fond se joindre.
ne m'intéresse pss, je ne veux pas forcément un repoussoir, c'était une salope
-
une peste,
être là. » Donc je veux vous lire ceci, parce elle était
- elle dit, « Je dét
que c'est quelque chose qui n'a cessé de me là pour donner plus de douceur aux ima- qu'elle était migno
passionner depuis que j'ai commencé à réflé- ges des hommes noirs, pour les faire appa- dansait avec Boja
chir au nombre d'années où je ne suis pas raître vulnérables mon oncle, mon p
VULNÉRABLES- aurait dû danser
allée r oir de films en raison de cette absence.
Er aus'i à ce que j'ai dû renfermer en moi
- faciles à vivre, mar-
rants, elle était là comme un homme en tra- moi. Au lieu de Çi
afin de pouvoir aller voir des films dans les- vesti, comme une femme noire il prenait du plais
quels ii ] a cette absence. Maintenant on a castratrice, comme quelqu'un à qui l'on une jolie chose dans
ia joie. dans des films comme Sambignga, devait mentir. que l'on devait rouler, ces petites filles l
dans rant d'autres films, dans les films de quelqu'un tes ne glissent jami
Trinh T. \linh-ha. de célébrer une présence. que le public pouvait haïr, c'était le bouc nous sommes noir
Et, si je peu\ me permettre une digression, émissaire universel. ELLE nous sommes on n
quand je pense aur films de Minh-ha, je ne N'ÉT-\IT PAS NOUS. nous riions avec les dans nos corps,
pense pas à un corps de femme. Par exem- hommes noirs, avec les blancs. au cæur de notre
ple, dans Reassentblage. ce à quoi je pense, nous riions de cette femme noire qui n'était giner désirantes. ell
et ce qui me frappe. ç"Êst le fait que ce sont pas nous. et nous n'avions même pas nous n'avons pi

76
Une femme noire revient ou cinéma

(crner). On y voit, face envie d'être là sur l'écran. comment n'avons envie de rien. nous acceptons notre
:eux stéréotyPes : celui pouvions-nous avoir envie d'être là quand absence.
;: :Je au travail (et qui, notre image, construite visuellement, était II. nous grandissons. nous abandonnons les
:e sa maîtresse à faire si laide. écrans de télévision et nous allons au cinéma.
::re de pâte à crêPes - nous n'avions pas envie d'être là. nous nous apprenons
- ma » sur les boîtes de n'avions pas envie d'elle. à ne pas haïr ou redouter notre absence.
s célèbre aux États-Unis nous ne voulions pas que notre construc- nous apprenons à nous identifier avec l'image
:e " Y'a Bon Banania » tion soit cette chose noire, féminine, détestée présente, avec la construction de la diffé-
3 3 ,, mulâtre tragique »,
: :cur blanche et a honte rence seruelle chez les femmes blanches, avec
ce repoussoir, cette toile de fond. son la star qui
r:e de Jacqueline Bobo image de femme noire n'était pas le corps du pourrait être nous « si seulement ». morri-
-e cell hooks aPPuie ses désir. son écrit ça aussi. cette fois c'est Miss
:: atteinte actuellement il n'y avait rien à voir. elle n'était pas Pauline. elle dit « la seule fois qu'j'étais
-: noire américaine - et nous. heureuse ç'a semble que c'était quand
;-3nt la conscience des j'érais au cinéma. Chaque fois qu'j'avais le
-ss leur cinéma. Elle cite de quoi vous souvenez-vous dans ces émis- temps j'1 allais. i'r allais tôt,
a^ ce Toni Morrison, Ihe
: -s bleu »). sions du dimanche matin avec shirlev a\an: qu3 le iilm commence. Y coupaient
B,R. temple ? les lun:iere:. el ir-rut il etait noir. Pis l'écran
je me souviens... 1 s'allurnail. .: je m'relrouvais en plein dans
:,:ographique du texte ci- une femme noire
- dans la cuisine parfois. l'iilm. Des Blancs qui s'occupaient si bien
:cnventions de l'auteur, (tante jemima sur une boîte de leurs bourgeoises et 1 -
:es minuscules. de farine à crêpes. grasse et noire et z-étaient tout bien habilles dans des beiles
joviale). elle n'était pas nous. son image si maisons propres avec les baignoires juste dans
fugace. la
n'ai-je fait que l'inventer ? était-elle vrai- même pièce que les toilettes.
,:oires. Car avons-nous ment ? est-elle une autre présence absente.
1à Ces films, y m'donnaient beaucoup de
; ', oir des corps de fem- toni morrison s'en est mieux souvenue, a plaisir,
'.:suellement de la façon inventé des petites filles noires, mais c'était ensuite dur de rentrer à la mai-
: lans ses films ? son personnage de claudia dans I'tpil le plus son... » nous rentrons à la maison, en
bleu qui nomme son absence, qui nous-mêmes.
rs de sapphire ? nomme qu'ici il n'y a pas de place pour je grandis, je suis une petite fille rebelle.
.i Je sapphire ? les petites filles noires sur cet écran. je ne vais pas regarder ces
'i:. elle ne pouvait pas se joindre à I'adoration images sur l'écran qui me détruisent. je ne
I\I\GE DE FEMME de shirley temple, elle ne pouvait pas vais pas scruter le visage de mon
\i ,I.\MAIS VUE A célébrer sa propre absence absence. je vais me contenter de lire.
- l'absence de
son moi de femme noire. elle ne pouvait pas mon voyage de retour vers l'écran se pro-
: : une toile de fond - se joindre. duisit à l'âge adulte, avec la
découverte de films qui étaient différents
-:. salope - une Peste, elle dit, « Je détestais Shirley. Non parce « à l'extérieur )). et même alors la
'i: Je douceur aux ima- qu'elle était mignonne, mais parce qu'elle construction visuelle des femmes noires
:::. pour les faire aPPa- dansait avec Bojangles, qui était mon ami, c'était I'absence, là « à l'intérieur » c'était
- làlaquelque
mon oncle, mon papa, et qui plus clair. des stéréotypes nounou.
aurait dû danser le soft-shoe et rire avec la salope, la prostituée, et part
- iaciles à vivre, mar-
.:]-.ne un homme en tra- moi. Au lieu de ça une mulâtre tragique qui ne pouvait pas
::1me noire il prenait du plaisir, participait, se livrait à échapper à ces choix. je t'avais oubliee
: quelqu'un à qui I'on une jolie chose dansée en compagnie d'une de jusqu'à maintenant. cette image sur l'écran
.. 1'on devait rouler, ces petites filles blanches dont les soquet- vue dans I'adolescence, cette ima-ee qui
tes ne glissent jamais sous leurs semelles. » m'avait fait arrêter de regarder. c'élait
'..:: hair, c'était le bouc nous sommes noires. nous sommes femmes. là dans « le mirage de la rie ,'. d'abord
ELLE nous sommes on ne peut plus absentes, 1à, cette image rassurante de nounou.
I L'S. nous riions avec les dans nos corps, il y avait quelque chose de lamilier dans
: i:. blancs. au cæur de notre désir. qui peut nous ima- cette femme noire tra." ailleuse qui aimait
; :emme noire qui n'était giner désirantes. elle n'est pas nous. tant sa fille, l'aimait de ia;ûn qui lait mal.
:.'"r ions même Pas nous n'avons pas envie d'elle
- nous tu étais différente.
77

i
20 ans de théories féministes sur le cinéma

il y avait quelque chose d'effrayant dans jouant rien qui s'approche de la construc-
cette image de toi. de beauté sensuelle et tion de la féminité noire. elle est
sexuelle là comme toile de fond, comme témoin de
trahie. cette fille qui ne voulait pas être la mise en image de la féminité blanche.
noire, cette mulâtre tragique. laissez-moi elle sert de support, pour rendre plus plau-
m'échapper pour toujours de cette image sible, plus concrète, la construction de la dif-
aurait-elle pu dire. férence sexuelle de la femme blanche. elle est
je me souviens de cette image, je me sou- ombre là
viens de comment nous avons crié pour elle, et pas- là. elle ne pourra jamais être nous.
pour nos je commence avec ce que je veux voir. là
désirs frustrés en nous. elle était tragique sur l'écran ce que je veux
parce qu'il n'y avait pas de voir - une image de femme noire non
place au cinéma pour elle, pas d'images qui colonisée. qui partage mon regard, mes
l'aiment. elle aussi, c'était une image désirs. ou se trouve la première image à
absente. il valait mieux alors que nous propos de laquelle je peux vraiment procla-
soyons absentes car quand nous étions mer « cette construction tient le coup »,
là c'était humiliant, étranger, bizarre, trisre. repousse les limites de la colonisation, de la
on pleurait toute la nuit domination, renouvelle le cinéma, crée un o
l
pour toi, pour le cinéma qui n'avait pas de espace. je vois un film I
place pour toi. et comme toi on Sombizanga. il y a des femmes noires mises c
s'était arrêtées de penser qu'un jour cela en image, construites là de façon si différente E
iI
serait différent. de ce que j'ai vu auparavant. je me sou- E
viens des pleurs de ces femmes noires formant .9
=
III.je me mets à aimer toutes sortes de films. des liens fraternels, des pleurs qui hantent co

et dans l'interstice de mon amour il y avait mon sommeil des années après
un espace de désir, un espace otr je recom- avoir vu le film. les films sont toujours des
mence à vouloir nous voir. fantômes, des fantômes qui reviennent en
à vouloir que nous y soyons. l'espace où revendiquant, en revendiquant leur pouvoir
je veux te récupérer. sur nous, revendiquant le pouvoir de
l'image. leurs cris me hantent
IV. je commence avec ce que je veux voir au ces femmes noires en deuil, leur chagrin
cinéma. là sur l'écran spontané, différent. des images à travers les-
ce qui est absent, ni révélé ni imaginé, une quelles je veux voir, auxquelles je peux
image de femme noire me joindre. des images qui se souviennent.
non colonisée. de femme noire qui n'est cinéma contestataire. Ia femme noire
plus autre à elle-même non colonisée fixe son regard. fait des
- aunimonde films. fait des images qui nous rendent une
qui n'est pas elle-même,
approchant.
puis je pense...
même s'en
présence.
nous pouvons voir ce qui n'a pas été vu
col
avant. on peut nous voir
l'écran est aussi un endroit pour se souve-
de regarder - en train de créer
de devenir.
nir, pour fabriquer,
quelques fragments - -
de qui nous sommes, de qui nous pouvons Ouand Alice
devenir, de qui nous ne serons peut-être Bell HOOKS couleur pourprt
jamais, quelque chose de fantastique lecteurs (et sur
imaginé, retrour'é ici remémoré. hauts cris. De
LA CONSTRUCTION-\-ISUELLE DE LA avait touché ut
DIFFÉRENCE SEXUELLE breuses femmt
la femme noire qui vient à nous. qui sort mesure où il er
tout droit de l'écran la force, d'une
(souvenez-vous du personnage de Ia nounou hommes. La
« père », se v(
noire dans la rose pourpre du Caire de sance, puis est
Woody Allen) sieur », un ho
- jemima sur une boîte de
tout comme tante réduit en escli
farine à crêpes, elle est là, fixée, ne

78

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