Couverture du risque de change PME Québec
Couverture du risque de change PME Québec
MÉMOIRE PRÉSENTÉ À
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES
PAR
MOHAMED FEKIH AHMED
SEPTEMBRE 2002
Université du Québec à Trois-Rivières
Service de la bibliothèque
Avertissement
À ma mère Souad, merci pour ton soutien, ton réconfort et pour avoir
cru en moi durant toutes ces années.
Le risque de change est un risque important auquel sont confrontées toutes les entreprises
qui participent au commerce international. De nos jours, il existe plusieurs moyens,
instruments ou techniques qui permettent aux entreprises de se couvrir contre la volatilité
des taux de changes.
À notre connaissance, aucune étude publiée ne s'est intéressée aux stratégies de couverture
du risque de change utilisées par les PME exportatrices québécoises. La recension de la
littérature qui a été faite englobe des études sur des multinationales provenant de l'Europe,
l'Asie, l'Australie et l'Amérique. Un élément distinctif surgit: la majeure partie des études
traitent de l'utilisation des produits dérivés en vue de se couvrir contre le risque de change
alors que les autres stratégies sont peu abordées.
Les principaux résultats de ce travail sont les suivants. La technique de couverture la plus
utilisée au sein des PME exportatrices est l'assurance crédit à l'exportation, suivie de la
synchronisation des revenus et des dépenses, et des lettres de crédit. L'importance moyenne
attribuée à l'exposition économique est quasi égale à celle attribuée à l'exposition de
transaction en contexte de PME exportatrices. L'exposition comptable n'est pas importante
au sein des PME exportatrices de notre échantillon. Pour conclure, on notera que la
décision d'utiliser des stratégies de couverture ainsi que la responsabilité quant à la mise en
place des stratégies de couverture est partagée entre le propriétaire ou l'actionnaire
principal.
II
TABLE DES MATIÈRES
SOMMAIRE ............................................................................................................. 1
III
3.2 Critiques des études précédentes ............................................................................................................ 34
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................. 75
ANNEXES ............................................................................................................. 79
IV
LISTE DES TABLEAUX
v
TABLEAU 21 : RÉPARTITION DES PME EXPORTATRICES SELON LE RATIO DES ACTIFS
ÉTRANGERS PAR RAPPORT À L 'ACTIF TOTAL ...................... ....... ... ....... .. .... ... ............ .... ... 60
TABLEAU 22: RÉPARTITION DES PME EXPORTATRICES SELON LE RATIO D'ENDETTEMENT. 60
TABLEAU 23 : RÉPARTITION DES PME EXPORTATRICES SELON LE RATIO DE FONDS DE
ROULEMENT ... ........ ......................... .... ........ ........ ............ ....... ... ................... ................... 61
TABLEAU 24: IMPORTANCE MOYENNE DE L'UTILISATION DES DEVISES ÉTRANGÈRES .......... 61
TABLEAU 25 : RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE MOYENNE DU CHIFFRE D'AFFAIRES ................ 62
TABLEAU 26: RÉPARTITION DU NOMBRE D'ENTREPRISES SELON LA STRATÉGIE DE
COUVERTURE ET LE RATIO CHIFFRE D'AFFAIRES À L'ÉTRANGER PAR RAPPORT AU CHIFFRE
VI
Liste des figures
VII
CHAPITRE 1 INTRODUCTION
La renaissance des petites et moyennes entreprises (PME) dans tous les pays industrialisés
n'est plus à prouver (Julien et al., 1997). Leur contribution au bien-être, tant au plan
économique que social, est un fait incontestable. Leur existence et leur croissance se mêlent
au tissu et à l'évolution de la société au sein de laquelle elles évoluent (Nep ton, 1993).
Cependant, l'avenir des PME n'est pas assuré: chaque année de nouvelles PME voient le
jour mais d'autres disparaissent en grand nombre (Julien et Morel, 1986). Même si le bilan
demeure positif, il se traduit par des inquiétudes en rapport avec l'avenir des PME.
Nombreuses sont les études qui ont constaté un taux de faillite élevé chez les PME. Selon
Dodge et Robinson (1992), 55 % des entreprises disparaissent avant leur cinquième année
et 81 % ferment leurs portes au bout de dix ans d'exercice. D'après l'étude de Niang (1996)
sur le crédit d'équipement des PME en France, la défaillance des PME est généralement
due à une mauvaise gestion financière (42,7 %) et au style de gestion du dirigeant (21,7 %).
L'ouverture des marchés, favorisée par l'abolition des barrières commerciales, a provoqué
un changement dramatique dans la nature de la concurrence pour les PME (Julien et al.,
1997). Face à une telle concurrence, la PME se doit de conquérir de nouveaux marchés en
vue d'atteindre une rentabilité et une liquidité adéquate justifiant son implantation et son
maintien. Souvent, cette ouverture passe par les exportations.
Exporter peut être très avantageux. Les conditions pour exporter n'ont jamais été aussi
favorables aux canadiens. La diminution des restrictions commerciales, l'abondance des
débouchés internationaux, la mondialisation des marchés, l'Internet, le commerce
électronique et l'amélioration rapide des transports et des communications à l'échelle de la
planète sont autant de facteurs qui font de l'exportation une activité plus rentable que
jamais dans les années 90 (Amesse et Zaccour, 1991), aussi bien pour les petites que pour
les grandes entreprises.
Mais l'exportation peut aUSSI Imposer aux entreprises des exigences auxquelles ces
dernières ne sont peut être pas prêtes à répondre. L'exportation de produits ou de services
suppose quelques opérations qui exigent du temps, des efforts, des ressources monétaires et
de l'expertise, autant d'éléments qu'un entrepreneur doit évaluer avant d'aborder les
marchés internationaux (Amesse et Zaccour, 1991), sans parler de la gestion des taux de
change qui est issue de ces activités d'exportation.
Parmi les autres obstacles que doivent surmonter les PME exportatrices se trouvent les
barrières tarifaires et les réglementations gouvernementales locales et étrangères. Ces
éléments constituent autant de variables qui influent sur la rentabilité d'une PME
exportatrice.
À l'aube d'un nouveau millénaire, les entreprises qui exportent sont confrontées à de
nombreuses sources de risque, par exemple, le risque économique, le risque juridique, le
risque technologique, les risques financiers, etc. En ce qui concerne les risques financiers,
ils sont de trois natures à savoir la qualité des signatures, la volatilité des prix et l'effet du
temps (Peyard, 1986). Presqu'à chaque jour nous sont rapportés un lot d'événements qui
contribuent à ces sources de risque: fluctuations des taux de change, fluctuations des taux
d'intérêt, fluctuations des prix de la matière première, faillite des sociétés, etc. Ajoutons à
cela les bouleversements sociaux et politiques, et les crises économiques qui ont cours
partout sur la planète et nous obtenons ainsi un environnement économique turbulent.
Ces fluctuations ne facilitent pas la tâche des propriétaires-dirigeants voulant optimiser leur
rentabilité. En effet, le taux de change est une variable externe ayant une influence directe
sur la rentabilité de la PME exportatrice via son impact sur la conversion du prix de vente
2
établi initialement en devise étrangère. Cette variable, le taux de change, influe aussi sur la
position compétitive de l'entreprise favorable ou non à l'arrivée de compétiteurs externes.
Sachant que la stratégie adoptée concernant le prix de vente figure parmi les éléments
importants pour contrecarrer l'arrivée de nouveaux concurrents sur les marchés de
l'exportation, « gérer» les diverses fluctuations ci-haut identifiées représente un objectif
financier important pour une PME exportatrice. Parmi ces fluctuations, figure celle du taux
de change qui est un élément important pour la détermination du prix de vente à
l'exportation.
L'étude que nous proposons de faire est une recherche exploratoire. À notre connaissance,
aucune étude publiée ne s'est intéressée aux stratégies de couverture du risque de change
utilisées par les PME exportatrices québécoises. Les études précédentes se sont plutôt
intéressées aux grandes entreprises étant donné la disponibilité des informations. Le
problème de confidentialité des informations et l'aspect privé des PME rendent difficile ce
style de recherche. L'objectif de notre étude est de décrire les différentes stratégies de
couverture du taux de change utilisées par les PME exportatrices québécoises et d'identifier
les facteurs explicatifs quant à leur utilisation.
Suivant les travaux de Stevenson et Jarillo (1990) dans le cadre des études sur
l'entrepreneurship, nous adopterons dans notre recherche l'approche qui analyse ce que
font les PME exportatrices et non ce qu'elles sont.
L'étude est structurée de la façon suivante. Dans le deuxième chapitre, la PME exportatrice
ainsi que le profil du propriétaire-dirigeant associé à cette catégorie de PME sont présentés.
Le risque de change, les différentes formes d'exposition ainsi que leurs techniques de
couverture sont présentés dans ce même chapitre. Une recension de la littérature concernant
les pratiques de gestion du risque de change utilisées par les grandes entreprises complétera
ce chapitre. Le troisième chapitre présente notre critique de la littérature ainsi que les
hypothèses de recherche. Le quatrième chapitre présente la méthodologie suivie pour
3
l'étude empmque. La présentation, l'analyse et l'interprétation des résultats seront
élaborées dans le cinquième chapitre. Enfin, le dernier chapitre résumera l'étude. Les
limites et les apports de cette étude ainsi que les horizons futurs de recherches y seront
présentés.
4
CHAPITRE II FONDEMENT THÉORIQUE
Les PME exportatrices ont fait l'objet de plusieurs études qui ont cherché soit à les décrire,
soit de simplement faire ressortir leurs caractéristiques dans une perspective de trouver des
moyens d'accroître les exportations, soit d'identifier les contraintes auxquelles ces
dernières font faces (Ames se et Zac cour, 1991), etc. Dans la première partie de ce chapitre,
nous présenterons une définition globale d'une PME qui se base sur six caractéristiques.
Dans la deuxième partie du chapitre, nous allons nous concentrer en premier lieu sur les
contraintes auxquelles font faces les PME exportatrices afin de mieux cerner l'influence des
éléments faisant défaut au sein de la gestion de ces dernières. Nous porterons ensuite, notre
attention sur le profil de leur propriétaire-dirigeant.
Tel que mentionné par Julien et al. (1997), la PME comporte plusieurs caractéristiques.
Les six caractéristiques retenues afin de mieux cerner le concept de PME sont: la taille, la
centralisation de la gestion, la faible spécialisation, la stratégie intuitive, le système
d'information interne peu organisé et le système d'information externe simple.
La taille d'une PME est estimée à partir de divers éléments (nombre d'employés, chiffre
d'affaire, etc.). On peut parler de forte centralisation de la gestion en la personne du
propriétaire-dirigeant dans le cas des très petites entreprises. La forme centralisée est aussi
retrouvée dans les moyennes entreprises.
5
Alors que les grandes entreprises se doivent de préparer des « plans» formels et par écrit, le
propriétaire-dirigeant au sein des PME est suffisamment proche de ses employés clés pour
leur expliquer au besoin tout changement de direction, d'où la stratégie intuitive ou peu
formalisée qui caractérise la PME. Ce comportement est justifié par la faible spécialisation
au sein de la PME. Elle est faible tant au niveau de la direction que des employés et des
équipements. La spécialisation vient avec l'augmentation de la taille, le passage de la
production variée, sur commande ou de très petites séries, à une production en série et
répétitive.
La PME a aussi un système d'information interne peu complexe ou peu organisé. Les
petites organisations fonctionnent par dialogue ou par contact direct. Elle possède aussi un
système d'information externe simple. En effet, dans les entreprises de petite taille, le
propriétaire-dirigeant peut discuter directement avec ses clients tant pour connaître leur
besoins et leurs goûts, qu'expliquer différents aspects du ou des produits, etc.
Les principaux obstacles auxquels font face les PME exportatrices sont: des informations
insuffisantes sur les marchés, les contraintes des marchés étrangers, les attitudes trop
fermées des dirigeants, ou encore un manque de ressources et des stratégies mal
développées pour réussir une bonne implantation sur des nouveaux marchés (Bilkey, 1978;
o 'Rourke, 1985). De plus, Amesse et Zaccour (1991) mentionnent la réglementation
gouvernementale, les barrières tarifaires, le taux de change, les pratiques d'affaires sur les
marchés étrangers, les difficultés à trouver l'information et à identifier ses distributeurs
comme des obstacles à l'exportation.
6
Selon Mehta (1997), les risques inhérents à l'exportation résultent d'incertitudes. Ces
incertitudes sont dues à des facteurs tels que la distance géographique qui sépare les parties
et les systèmes juridiques, économiques et politiques, et aussi à d'autres facteurs tels que
les différences culturelles et linguistiques.
Au plan conceptuel, le risque d'une façon générale peut se définir comme la possibilité de
subir une perte (Desponts, 1993). Comme nous l'avons déjà mentionné, les risques
financiers des entreprises exportatrices sont de trois natures: qualité des signatures (risque
relatif au non respect des engagements financiers ou risque de contrepartie), volatilité des
prix et effet du temps.
7
1986; Joyal, 1996). Il existe aussi des différences significatives au niveau de la scolarité, de
la fréquence de voyage outre-mer, de la fréquence de lecture de périodiques à teneur
internationale et du domaine d'expérience antérieure. En effet, l'entrepreneur exportateur a
un niveau de scolarité plus élevé (Roux, 1987; Simpson et Kujawa, 1984) et lit beaucoup
plus fréquemment les périodiques à teneur internationale dans une proportion beaucoup
plus importante (Roux, 1987).
8
Dans la perspective de trouver des moyens pour accroître les exportations, une partie
importante des efforts de recherche a été orientée sur l'étude des caractéristiques des
entreprises exportatrices par rapport à celles qui n'exportent pas (Burton et Schlegelmilch,
1987; Amesse et Zaccour, 1991). Ainsi, il s'avère que les PME exportatrices commencent
à exporter une faible part de leur production dans des territoires rapprochés. Elles
développent donc leur exportation par un processus d'apprentissage (Cavusgil, 1984). Une
étude plus récente de Christensen (1991) souligne que de plus en plus de PME décident de
se lancer dans l'exportation dès la création de l'entreprise.
Dans ce qui va suivre, nous nous proposons d'étudier le risque de change, ses composantes
et les techniques de couverture utilisées par les multinationales ainsi que par les PME
exportatrices.
Le nsque de change est associé aux fluctuations de la valeur des devises, plus
particulièrement aux mouvements imprévus de celles-ci. Ainsi, le risque de change fait
partie des risques liés à la volatilité des prix et à l'effet du temps. À ce niveau, Boussard et
Sléziak (1990) mentionnent: «Il y a risque de change lorsqu'une personne fait des
opérations financières dans une monnaie différente de sa monnaie nationale, supposée être
sa monnaie de compte, et que le règlement financier peut se réaliser à une parité différente
de celle retenue, à l'engagement, lors de la fixation du prix, ou plus généralement, de la
détermination du montant considéré ».
Markus (1986) propose une définition par un raisonnement à contrario: « When exchange
rate volatility can not be predicted, it creates uncertainty about the magnitudes ofprofits to
be realized from international trade. This incertainty is referred to as exchange rate
uncertainty or exchange rate risk ».
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La gestion des risques financiers, en contexte corporatif, consiste à rechercher et à mettre
en œuvre des stratégies pour contrôler l'exposition d'une entreprise à ces risques sans nuire
à sa rentabilité. Elle ne revient donc pas à spéculer, mais bien à diminuer ou à éliminer
l'exposition de l'entreprise. Une stratégie sélective se définit lorsque les gestionnaires font
des prévisions sur l'évolution des cours de change et que cette stratégie de couverture leur
est favorable (Eiteman et al., 1998). Ainsi, cette stratégie est plus risquée et une stratégie
« ne pas se couvrir» peut être optimale.
Le risque de change est un risque important auquel sont confrontées toutes les entreprises
qui participent au commerce international. Au cours des dernières années, les devises ont
connu de fortes fluctuations, suite à l'occurrence de différents événements tels les crises du
Mexique, de la Russie et de l'Asie. Certaines entreprises ont enregistré des pertes
importantes. Les conséquences significatives des variations de change sur les résultats des
entreprises confirment la nécessité d'une gestion appropriée à ce risque (Peyard, 1986).
Les pertes importantes issues des stratégies de couverture utilisées contre les risques
financiers suggèrent que les investisseurs ont le droit de savoir le type de protection que les
gestionnaires ont mis en place. En effet, l'énoncé 119 du Financial Accounting Standard
Board (F ASB) souligne que si les instruments sont utilisés pour des raisons autres que pour
transiger (exemple: se couvrir), les compagnies doivent expliquer les objectifs de détention
des produits dérivés, catégoriser ces instruments et détailler leurs influences sur les états
financiers. Il s'agit donc de divulguer les informations relatives aux stratégies de couverture
utilisées par les entreprises dans les rapports financiers. Néanmoins, certaines entreprises
croient qu'il ne faut en aucun cas divulguer trop d'informations afin de ne pas faire
connaître leurs faiblesses aux concurrents.
Dans ce qui va suivre, nous nous intéresserons aux formes d'expositions et aux techniques
de couverture du risque de change.
10
2.2.1 Se couvrir ou ne pas se couvrir
À ce stade, la question qui figure panni celles les plus fréquemment posées en matière de
gestion de risque est: Est-ce que les entreprises doivent se couvrir contre les fluctuations
du taux de change ?
Une entreprise doit générer des flux monétaires suffisants afin de pouvoir payer ses dettes
et assurer la continuité de ses activités. La réduction de ce risque au niveau des flux
monétaires futurs peut améliorer la planification de l'entreprise et aussi lui pennettre de
faire des investissements ou activités qu'elle aurait pu ne pas prendre en considération
autrement (Froot et al., 1993).
Un article publié par Miyamoto (1999) critique la validité de quelques théories soutenant
que se couvrir contre le risque de change n'a pas lieu d'être. Notre attention sera portée sur
deux théories qui sont souvent soulevées pour argumenter de l'inutilité de se couvrir contre
le risque de change. La première théorie affinne que les fluctuations du taux de change
constituent un jeu à somme nulle l . Selon Miyamoto, cette théorie n'a jamais été validée
empiriquement. Ce dernier a procédé à une analyse statistique afin de vérifier la validité de
cette théorie. À cet effet, vingt-trois taux de change ont été testés sur quatre horizons ( 1,3,
6 et 12 mois). Cette théorie s'est avérée non valide.
La deuxième théorie mentionnée dans Miyamoto (1999) stipule que les investisseurs
prennent en considération l'exposition au risque de change dans la composition de leur
portefeuille de titres, par conséquent se couvrir au niveau corporatif est inutile et redondant.
Cette théorie est aussi non valide pour la raison suivante. Un effet de surprise 2, relatif aux
bénéfices annoncés par l'entreprise, se produit lorsque les bénéfices annoncés ne
convergent pas vers les bénéfices anticipés par les marchés boursiers. En se couvrant contre
1 Sur une période de temps donnée, les variations du taux de change se compensent et tendent vers zéro.
2 L'effet de surprise affecte la valeur des actions de l'entreprise sur le marché boursier.
II
le risque de change, on augmentera les chances de converger les bénéfices annoncés aux
bénéfices anticipés par le marché et donc de réduire l'effet de surprise.
Par ailleurs, l'étude de Bodnar et al. (1996) [mentionné dans Fehle (1999)] souligne que
gérer les flux monétaires est l'objectif le plus important de la stratégie de couverture contre
le risque de change pour 49 % des 350 grandes entreprises américaines analysées. Ces
entreprises mettent en premier lieu l'emphase sur la stabilisation de leurs flux monétaires.
Ceci est considéré pour ces entreprises comme étant le premier avantage résultant de la
couverture du risque de change. Selon cette même étude, ces entreprises essaient aussi en se
couvrant de diminuer les impôts à payer, diminuer les coûts de faillite, diminuer les coûts
d'agence résultant du conflit entre les actionnaires et les créanciers et d'assurer aussi
suffisamment de fonds internes pour continuer à planifier et réaliser des investissements
stratégiques.
De nos jours, il existe plusieurs moyens, instruments ou techniques qui permettent aux
entreprises de se couvrir contre la volatilité des taux de changes. Ainsi, et avant de
présenter les différentes techniques relatives à la couverture du risque de change, nous
allons au préalable présenter les différentes formes d'exposition au risque de change.
L'exposition au risque de change peut prendre trois formes qui sont: exposition de
transaction, exposition comptable (ou de conversion) et exposition économique (ou
concurrentielle ou de compétitivité) (Eiteman et al., 1998). Les sections ci-dessous
décrivent ces expositions et le tableau 1 ci-dessous les résume.
12
Tableau 1 : Différentes formes d'exposition au risque de change
Exposition
Exposition comptable économique
Exposition de
(ou exposition de (ou exposition
transaction
conversion) concurrentielle ou de
compétitive)
13
[Link] Exposition comptable
L'évolution du taux de change peut déprécier ou apprécier la valeur comptable d'un poste
de l'actif ou du passif, même si les éléments qui les composent n'ont pas été réalisés. Selon
les principes comptables en vigueur en Amérique du nord, ces gains ou pertes doivent être
divulguées dans les états financiers de l'entreprise (Eiteman et al., 1998).
14
prix de vente et d'achat et des parts de marché (Peyard, 1986). Toute modification du taux
de change risque de modifier les avantages concurrentiels des entreprises.
Plusieurs techniques existent pour les entreprises désireuses de se couvrir contre le risque
de change sous ses différentes formes. Ces différentes techniques sont discutées ci-dessous.
De ce fait, nous avons élaboré un tableau résumé exposant les principales techniques de
couverture en fonction des formes d'exposition. Les paragraphes suivants décrivent ces
techniques.
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Tableau 2 : Techniques de couverture et formes d'exposition
16
[Link] Les techniques internes relatives aux expositions de transaction et comptable
Les avances en devises constituent des crédits en devises accordés par les institutions
financières aux exportateurs. L'avance est égale au montant de la créance escompté par
l'institution financière. L'entreprise convertira instantanément cette somme dans sa
monnaie domestique. Les avantages d'une telle technique sont que l'entreprise exportatrice
reçoit immédiatement sa créance et élimine immédiatement le risque de change.
Néanmoins, des frais de gestion seront imputés.
La procédure de termaillage ou le « leads and lags » consiste à faire varier les termes des
paiements de façon à bénéficier des mouvements favorables des cours de devise. Ainsi,
l'exportateur, qui anticipe une appréciation de la devise étrangère dans laquelle est libellé
son contrat d'exportation, tendra à retarder l'encaissement de sa créance pour bénéficier
d'un taux de change plus avantageux. Inversement, s'il anticipe une dépréciation de la
devise étrangère, il accélérera le recouvrement de la créance.
17
La synchronisation des revenus et des dépenses d'exploitation est une autre manière de se
couvrir à l'interne. Il s'agit de compenser les entrées (ou les sorties de fonds) dans une
devise étrangère par les sorties (ou les entrées de fonds) dans la même devise afin de
réduire ou d'éliminer le solde à convertir en devise nationale. Si l'entreprise n'a pas de
montants nets à convertir, l'exposition est nulle ou couverte complètement. Il s'agit donc de
faire correspondre les échéances, les montants et les devises dans le cas où l'entreprise
aurait plusieurs filiales, éléments ou fournisseurs provenant de différents pays.
Le centre de facturation est une technique de couverture qui requiert au moins deux filiales
dans deux pays différents. Une troisième filiale indépendante aura à gérer toutes les
transactions entre les filiales de la même corporation. Le principe du centre de facturation
est le même principe qu'une chambre de compensation. Le centre de facturation permet la
centralisation des transactions sur les taux de change, une approche dite stratégique.
Néanmoins, il faut avoir un volume important de transactions entre filiales pour justifier
l'existence d'un tel département.
Les techniques externes relatives à ces deux formes d'exposition seront scindées en deux
groupes à savoir les produits dérivés et les autres techniques de couverture.
Les contrats à terme (futures), les contrats à terme négociés (forwards), les options et les
swaps sont les principaux produits dérivés utilisés par les socétés.
18
1986). Les contrats forwards ont les mêmes caractéristiques que les futures sauf que la date,
le montant et les devises utilisées ne sont pas standardisés.
Un contrat d'options de devises est un contrat par lequel l'acheteur acquiert le droit et non
l'obligation, d'acheter ou de vendre à un prix convenu, appelé prix de levée (<< strike
priee »), une quantité donnée de devises, soit à une date déterminée (option européenne),
soit pendant une période donnée (option américaine). L'acheteur d'une option doit, en
échange du droit acquis, verser immédiatement au vendeur une prime ou prix de l'option.
La principale caractéristique des options est de permettre la couverture d'un risque tout en
laissant à l'acquéreur la possibilité de bénéficier d'une évolution favorable des taux de
change. Il peut en effet exercer son droit en fonction de ses intérêts. L'avantage essentiel
des options est de limiter la perte, en cas d'évolution défavorable des cours, au montant de
la prime, et d'encaisser les gains (nets de la prime) s'il y a une évolution favorable des
cours.
Un swap de devises implique deux entreprises qui ont des intérêts symétriques ou qui
créent une circonstance analogue. L'une est emprunteuse d'une monnaie A et prêteuse
d'une monnaie B, alors que l'autre entreprise est emprunteuse de cette même monnaie B et
prêteuse de la monnaie A. Ces deux entreprises s'entendent pour s'échanger les monnaies
A et B et réaliser l'opération inverse, à une date déterminée, pour une même quantité de
monnaies A et B, ajustés pour le différentiel des taux d'intérêts correspondants.
B- Autres techniques
Les organismes d'assurances privés et publics offrent des services d'assurance qui couvrent
l'exportateur ou l'importateur contre les risques commerciaux et politiques inhérents à
l'exportation ou à l'importation aussi bien à court terme qu'à long terme. Au Canada, la
Société pour l'expansion des exportations (SEE), société d'état qui relève du parlement,
offre depuis plus de cinquante ans des services financiers aux entreprises exportatrices
19
canadiennes. La SEE est l'un des principaux fournisseurs de servIces financiers et de
gestion du risque aux exportateurs canadiens. En collaboration avec d'autres institutions
financières, comme la Banque de développement du Canada (BDC), elle travaille à faciliter
le nombre d'opérations à l'exportation. De plus, moyennant des frais, elle peut obtenir des
rapports de crédit pour l'exportateur, et mettre à sa disposition un système de gestion des
créances en souffrance.
L'assurance à court terme offerte par la SEE couvre les modalités de paiements échelonnés
sur 180 jours ou moins, et l'assurance à moyen terme couvre les modalités de paiements
échelonnés pendant une période pouvant atteindre cinq ans. Avec le cautionnement d'une
politique d'assurance crédit à l'exportation, les comptes de clients étrangers deviennent une
garantie plus intéressante pour les créanciers.
20
ou payable à terme. Si elle est payable à terme, le règlement survient après un certain délai
suivant la remise des documents. De plus, cet instrument est une source de financement
courante de couverture dans la gestion d'une entreprise. Cet instrument permet à
l'entreprise d'accroître ses liquidités.
L'exposition économique doit être appréhendée avec prudence à cause des effets à long
terme sur la compétitivité de l'entreprise. En effet, l'entreprise doit se munir d'un
maXImum de souplesse dans ses politiques de prix, d'achat, et le cas échéant, de
production. La gestion de l'exposition économique est plus stratégique que financière.
Selon Srinivasulu (1983) et Glaum (1990), il s'agit plus du choix des produits, des sources
d'approvisionnement, de la localisation de la production, des décisions de financement et
d'investissements.
Le choix des sources d'approvisionnement est une manière de se couvrir. Ainsi, Shapiro
(1994) souligne qu'une solution flexible pour les entreprises américaines serait de changer
le mix de leurs achats en achetant plus outre-mer. Ceci a été le cas dans les années 80 suite
à la hausse du dollar américain où la plupart des entreprises américaines ont changé leur
politique d'achat afin de profiter des changements des devises.
21
yen. Cependant, relocalisée la production n'est pas toujours la meilleure alternative. En
effet, certaines entreprises comme Toyota Motors préfèrent améliorer leur productivité que
de relocaliser leur production.
De plus, Glaum (1990) souligne que le choix d'un outil stratégique doit se faire en prenant
en considération certaines variables de l'entreprise à savoir: la situation compétitive de la
firme, ses objectifs à long terme et l'étendue des variations de change ainsi que leur
persistance dans le temps. La flexibilité internationale de l'entreprise est reconnue comme
facteur clef dans la gestion de l'exposition économique. Cependant, l'utilisation de tels
outils stratégiques peut s'avérer être très coûteuse (Lessard et Lightstone, 1986; Dufey et
Giddy, 1992).
De telles solutions sont plus du domaine des multinationales que des PME. En effet une
couverture opérationnelle peut être coûteuse à installer puisqu'elle influence les activités
internationales de production et de marketing de l'entreprise. La taille de l'entreprise peut
être un facteur important quant à la décision d'implanter une couverture opérationnelle. En
effet, selon Chow et al. (1997), implanter une couverture opérationnelle requiert une assise
financière importante, des ressources managériales et une expérience internationale de taille
que seules les grandes entreprises possèdent.
Le partage des risques est une autre technique de couverture qui consiste en un accord entre
les deux parties. Cet accord est généralement sous forme de clause de partage de risque ou
l'établissement d'un taux de change de base se fait. Le taux de base est réajusté afin que ce
ne soit pas une seule des deux parties qui accuse des pertes: les gains ou les pertes sont
partagées entre les deux selon une répartition convenue à l'avance.
22
Parmi les autres techniques utilisées pour la couverture contre l'exposition économique
figurent le centre de facturation, le termaillage et l'avance en devises. Ces techniques ont
déjà été décrites dans la section [Link] « les techniques internes relatives à l'exposition de
transaction et comptable ».
La principale technique pour minimiser l'exposition comptable selon Eiteman et al. (1998)
est la couverture du bilan. Pour ce faire, il s'agit d'avoir le même montant libellé en une
devise étrangère à l'actif et au passif du bilan. Selon ces auteurs, il est aussi possible de
recourir aux produits dérivés pour se couvrir contre l'exposition comptable (technique déjà
décrite à la section [Link] « les techniques externes relatives aux expositions de transaction
et économique »). Les autres techniques ayant pour but de se couvrir contre l'exposition
comptable à savoir l'emprunt en devises étrangères et la diversification des sources de
financement ont déjà été décrites dans les sections précédentes.
Plusieurs études académiques ont été faites sur les pratiques de gestion du risque de change
en contexte de grandes entreprises. Les premières études théoriques cherchaient à
développer un modèle qui traitait de la pertinence de la gestion des devises (Ankrom, 1974
[mentionné dans Batten et al., (1993)]; Shapiro et Ruttenburg, 1976; Logue et Oldfield,
1977; Jacque, 1981; Dufey et Srinivasulu, 1983). Les études théoriques concluent que si les
marchés financiers sont efficients, l'utilisation des produits dérivés est inutile. Dès que cette
hypothèse est relâchée leur utilisation est pertinente.
Les autres recherches sont des études empiriques qui explorent les pratiques de couverture
de risque de change qui sont actuellement utilisées par les grandes entreprises ainsi que les
facteurs influençant de telles pratiques.
23
Ankrom [(1974), mentionné dans Batten et al. (1993)] souligne qu'un contrôle central des
activités internationales de l'entreprise est essentiel pour une approche rationnelle visant la
couverture du risque de change. Dans une étude sur des multinationales britanniques,
Collier et Davis (1985) ont trouvé que les changements dans les marchés des devises
semblent avoir renforcé la gestion centralisée des devises. De plus, cette étude démontre
qu'il y a une plus grande volonté pour une gestion active du risque de change et ce pour les
structures les plus centralisées. Ho (1993) indique aussi que 75 % des répondants adoptent
une approche centralisée quant à la gestion du risque de change et confirme ainsi les
résultats précédents.
En 1989, Aggarwal et Soenen ont porté leur attention sur la gestion de l'exposition
économique en signalant les pertes importantes en terme de valeur auxquelles ont fait face
les multinationales. Selon ces auteurs, le risque de change à long terme ne peut être géré
d'une manière traditionnelle en utilisant les techniques de couverture disponibles sur les
marchés financiers (produits dérivés). En effet, il s'agit d'utiliser des stratégies de
marketing, de production et financières. L'exposition économique est non seulement
difficile à cerner mais elle ne peut aussi être couverte facilement étant donné l'incertitude
qui entoure le fait qu'elle soit difficile à mesurer.
L'analyse de Fehle (1999), réalisée sur 2528 entreprises tirées de Compustat Database,
conclut que les entreprises ne cherchent pas ou ne réussissent pas à couvrir leur exposition
économique, mais ont plutôt recours aux produits dérivés pour effectuer des couvertures
discrétionnaires3 . De plus, Bodnar et al. (1996) [mentionné dans Fehle (1999)] affirment
que dans leur étude sur 183 entreprises non financières utilisant les produits dérivés, 24 %
essaient de se couvrir contre l'exposition économique alors que 80 % essaient de se couvrir
contre l'exposition discrétionnaire.
24
Pour sa part, Marthur (1982) souligne que 25 % des 55 entreprises américaines incluses
dans son étude se concentraient sur la minimisation de leur exposition de transaction, alors
que 58 % des entreprises essayaient de minimiser aussi bien l'exposition de transaction que
l'exposition comptable. Dans une autre étude menée par Belk et Glaum (1990) sur des
multinationales britanniques, il s'avère que l'exposition de transaction se voit être le centre
de la gestion de leur risque de change. Cette enquête a aussi révélé, en corroborant les
études précédentes, que la majorité de ces multinationales ont une structure centralisée
relative à la gestion de leur risque de change.
Par ailleurs, l'étude de Hakkarainen et al. (1998) sur 71 entreprises finlandaises souligne
que les entreprises mettent plus l'emphase sur l'exposition de transaction que l'exposition
économique ou comptable. En effet, 70 % des 69 entreprises de l'étude ayant une politique
de couverture gèrent l'exposition de transaction, alors que 22 % des entreprises gèrent
l'exposition comptable et seulement 15,5 % gèrent l'exposition économique. Il est à noter
que la plupart des entreprises gèrent les expositions de transaction et comptable en utilisant
des techniques de couverture internes. Si cela s'avère insuffisant, elles recourent aux
techniques externes pour avoir une couverture totale. Parmi les 48 réponses sur les objectifs
de couverture du risque de change, 40 % affirment que leur objectif est d'assurer la
rentabilité de l'entreprise alors que 23 % révèlent que leur objectif est de réduire
l'exposition au risque de change dans la mesure du possible.
Selon Chow et al. (1997), la couverture contre l'exposition de transaction est une pratique
répandue. Rawls et Smithson (1989) rapportent que l'enquête du Business International
Corporation, sur 173 entreprises, montre que 79 % des firmes se couvrent contre
l'exposition de transaction. De plus, cette même enquête révèle que presque la quasi totalité
des entreprises utilisent les contrats à terme forwards et que plusieurs d'entre elles utilisent
les swaps et les options. Par ailleurs, Dolde (1993) a trouvé que sur les 244 entreprises de
Fortune 500, 85 % utilisent les contrats à terme forwards, les contrats à terme futures, les
swaps ou les options afin de se couvrir contre l'exposition de transaction.
25
Dans une étude menée sur des multinationales australiennes, Teoh et Er (1989) ont noté que
ces entreprises portent une attention de plus en plus importante sur la gestion du risque de
change et ce à cause de l'augmentation de la volatilité du dollar australien. Ainsi, ces
auteurs prévoient le développement de stratégies et de politiques de la part de ces
entreprises afin de minimiser ou éliminer leur exposition au risque de change. Pour sa part,
Collier et al. (1990), dans une autre étude sur des multinationales britanniques, suggèrent
que certaines entreprises industrielles appréhendent différemment le risque de change en
essayant d'optimiser aussi bien le risque existant que la rentabilité de l'entreprise.
À ce sujet, Belk et Glaum (1990) critiquent les recherches précédentes relatives à la gestion
active ou passive du risque de change pour ne pas avoir pris en considération un élément
important. En effet, les décisions prises par les entreprises relatives à la couverture du
risque de change sont influencées par les stratégies adoptées par les entreprises
concurrentes. Des analyses statistiques (régressions économétriques) ont aussi montré que
les caractéristiques4 des entreprises ont un impact majeur sur la gestion des techniques de
risque de change (Batten et al., 1993).
4 Caractéristiques: chiffres d'affaires, degré d'implication internationale, structure légale (ouverte ou privée)
et la propriété étrangère de l'entreprise.
26
[Link] Les pratiques utilisées par les grandes entreprises pour la gestion du risque de
change
Dans une étude sur 64 entreprises manufacturières américaines, Makkar et Huffman (1997)
indiquent que plus le volume de ventes à l'exportation des grandes entreprises est important
par rapport aux ventes totales, plus l'utilisation des produits dérivés est importante et ce
pour n'importe quelle industrie. Ils affirment qu'il existe une relation significativement
positive entre l'utilisation des produits dérivés et l'exposition aux fluctuations des taux de
change.
Scheirer5 (1994) souligne aussi que la plupart des répondants portent une plus grande
attention à l'exposition de transaction. Aussi, pour 33 % des 18 entreprises américaines de
l'étude, les contrats à terme forwards représentent l'instrument de prédilection quand il
s'agit de couverture de risque de transaction. Néanmoins, on notera l'utilisation des options
par 27 % des entreprises de l'échantillon afin de se couvrir contre l'exposition économique
et des emprunts en devises étrangères par 33 % d'entre elles pour se couvrir contre
l'exposition comptable.
L'étude de Ho (1993), réalisée sur des entreprises à Singapour, révèle que 89 % des
entreprises utilisent des contratsforwards à court terme. À noter que Teoh et Er (1989) ont
aussi trouvé que les contrats forwards étaient la technique de couverture la plus utilisée par
les entreprises australiennes questionnées. Deux autres études, celle d'Alison et Kaur
(1984) sur 213 entreprises de la Nouvelle-Zélande et celle de Jesswein et al. (1995) sur 168
entreprises américaines, concluent au même résultat.
Malindretos et Tsanacas (1995) ont analysé les pratiques de couverture de risque de change
pour 36 multinationales américaines. Selon cette étude, l'attention des entreprises est plus
portée sur l'exposition de transaction et ce à cause de l'importance que ces dernières
5 Les entreprises de l'étude de Scheirer sont hétérogènes au niveau de leur taille et de l'industrie à laquelle
elles appartiennent.
27
accordent à la fluctuation de leurs flux monétaires et de leur marge de profit à court terme.
En effet, 90 % des répondants se couvrent contre l'exposition de transaction. Il apparaît que
les responsables financiers ont une bonne compréhension quant aux différentes formes
d'exposition relatives au risque de change. Le classement des techniques de couverture par
ordre d'importance selon les entreprises questionnées est présenté dans le tableau suivant.
La raison d'une telle classification semble être, selon les auteurs, la certitude des coûts, la
flexibilité et la liquidité que peuvent fournir de telles techniques. Il est à noter que le contrat
forward est aussi l'instrument de prédilection pour ces multinationales américaines.
L'étude6 de Batten et al. (1993) sur 72 entreprises australiennes vient confirmer ce qui
précède quant à l'utilisation des produits dérivés, mais indique aussi qu'il y a une utilisation
quand bien même considérable d'autres produits dérivés à savoir les options (26.3 %) et les
swaps (18 %). Ceci reflète, selon ces auteurs, le degré d'accroissement de la compréhension
des entreprises vis-à-vis des produits dérivés. Cette même étude classe les produits dérivés
6 Cette étude est basée sur une analyse statistique de cinq variables relatives à l'entreprise et de six variables
relatives aux pratiques de gestion dont l'utilisation des techniques de couverture de risque de change (produits
dérivés ou non).
28
en trois générations 7. Ces auteurs affirment que les entreprises sont plus concernées par les
produits de première et de seconde générations, que les produits de troisième génération.
Les nouveaux produits dérivés classés dans la troisième génération n'ont donc pas évincé
les techniques déjà utilisées par les entreprises. Les auteurs concluent que c'est peut être dû
au fait que les contrats à terme forwards conviennent plus à ces dernières, qu'ils sont aussi
plus souples dans leurs utilisations et qu'ils couvrent peut être tous leurs besoins. De ce fait,
même si les nouveaux produits dérivés ont reçu beaucoup d'attention dans la littérature,
leur usage n'est pas aussi commun que l'on pourrait croire au niveau des stratégies
corporatives de couverture des taux de change.
Une autre étude faite par Bodnar et al. (1996) [mentionné dans Fehle (1999)] sur 350
entreprises américaines révèle que le contrat à terme forwards est l'instrument le plus
utilisé concernant les produits dérivés. En effet, plus de 75 % des entreprises le classent
parmi les trois premiers instruments utilisés à savoir les options, les swaps et les contrats à
terme forwards. De plus, la moitié d'entre elles le classent comme étant le premier
instrument utilisé pour la couverture du risque de change. Par ailleurs, les options sont aussi
classées par 50 % des entreprises comme étant parmi leurs meilleurs instruments utilisés.
Les contrats à terme futures et les swaps sont les instruments les plus utilisés parmi les
autres produits dérivés.
[Link] Les caractéristiques des entreprises influençant les pratiques de gestion du risque
de change
L'étude de Batten et al. (1993) révèle que la taille des entreprises australiennes, mesurée
par le chiffre d'affaires, al' effet le plus important, parmi les caractéristiques de l'entreprise,
sur les pratiques de gestion du risque de change. De plus, cette variable a aussi un impact
significatif sur l'utilisation des produits dérivés. Par ailleurs, ces auteurs affirment qu'il n'y
a pas de relation statistique significative entre le degré de centralisation de la trésorerie et le
7 Première génération : contrat à termeforward; deuxième génération: contrat à terme futures, options,
warrants et swaps; troisième génération: options composées, produits synthétiques, accords sur les taux de
change (<<foreign exchange agreement») et autres (<<range, participating and breakforward»).
29
niveau d'exposition au risque de change. Néanmoins, l'étude de lesswein et al. (1995)
indique que la taille de l'entreprise, mesurée par le total des actifs, ne montre pas un effet
significatif sur l'utilisation des produits dérivés relatifs à la gestion du risque de change
sauf exception pour les forwards et swaps. Selon ces auteurs, plus la taille de l'entreprise
est grande, plus l'utilisation de ces produits s'accroît. Par ailleurs, les résultats de l'étude de
lia et Lilian (1997) indiquent que la taille de l'entreprise, mesurée par la valeur marchande
des capitaux propres, affecte l'exposition au risque de change. En effet, si la taille s'accroît,
le degré d'exposition augmente.
Une entreprise ouverte utilisera plus de produits dérivés qu'une entreprise privée. En effet,
dans une recherche faite par Teoh et Er (1989), la forme de propriété était l'unique variable
significative quant au temps alloué à la gestion du risque de change.
D'autre part, l'étude sur des entreprises de Singapore de Kim et Liang (1997) indique que
celles qui ont un degré d'implication internationale important, ainsi que celles détenues par
des propriétaires étrangers, considèrent que l'utilisation des produits dérivés en vue de se
couvrir contre l'exposition de transaction est un objectif important. Selon lesswein et al.
(1995), plus l'entreprise est impliquée au niveau international 8 plus l'utilisation des
produits dérivés s'accroît. Pour sa part, Allayannis (1995, cité dans lia et Lilian (1997))
indique que l'ampleur de l'implication internationale a un effet sur la décision relative au
risque de change de l'entreprise. En effet, l'étude d' Allayannis sur les entreprises de
l'industrie manufacturière américaine montre que l'exposition au taux de change de ces
dernières est liée non seulement au niveau d'exportation mais aussi au niveau
d'importation.
8Le degré d'internationalisation est mesuré par le pourcentage des actifs étrangers et le pourcentage des
ventes à l'exportation.
30
corrobore ce qui précède. Les résultats concernant les économies d'échelle relatives au coût
de transaction des produits dérivés de cette dernière étude, réalisée auprès de 309
multinationales américaines, ne sont sensibles ni au secteur d'activité ni à la spécification
de la diversification géographique. Cette étude révèle aussi qu'il y a une relation
significative et positive entre l'utilisation des produits dérivés et le degré de concentration
géographique relatif aux opérations étrangères pour un niveau d'exposition au risque de
change donné et une taille d'entreprise donnée. Selon ces auteurs, plus le degré de
concentration géographique relatif aux opérations étrangères est élevé, plus l'entreprise
utilisera les produits dérivés afin de se couvrir.
L'étude de Géczy et al. (1997) sur 372 multinationales américaines dévoile que les
entreprises ayant des opportunités de croissance substantielles et des contraintes financières
prononcées tendent plus à utiliser les produits dérivés. Ainsi les entreprises qui utilisent les
swaps ou des combinaisons de swaps ont relativement un niveau élevé de dettes libellées en
devises étrangères comparées aux entreprises qui n'utilisent pas les produits dérivés.
Néanmoins, les dettes à court ou à long terme libellées en devises étrangères ne sont pas
des facteurs statistiquement significatifs quant au choix des produits dérivés à utiliser pour
la couverture du risque de change. Par ailleurs, les entreprises ayant un niveau d'exposition
économique9 élevé utilisent aussi bien les deux catégories de produits dérivés, sauf que ces
entreprises utilisent plus la deuxième 10 catégorie que la première 11.
Une étude menée sur 171 multinationales japonaises par lia et Lilian (1997) révèle que
pour un ratio de liquidité à court terme élevé, les entreprises sont moins incitées à se
couvrir. Cette même étude souligne que les entreprises ayant un effet de levier important ou
de faible liquidité à court terme sont plus incitées à se couvrir. Le ratio d'endettement de
l'entreprise est utilisé par Smith et Stulz (1985) pour mesurer le coût de faillite. Ces
derniers affirment que se couvrir réduit la probabilité de faire faillite et par conséquent
9 L' exposition économique est mesurée par le revenu étranger avant impôt et par le ratio importation/ventes
totales.
10 Les contrats à termeforwards ou combinaisons deforwards avec les contrats à termefutures et les options.
Il La première catégorie englobe les swaps ou combinaisons de swaps avec d'autres produits dérivés.
31
réduit les coûts de faillite attendus. L'étude de lia et Lilian (1997) révèle que ce ratio est
non seulement corrélé négativement avec l'exposition au taux de change mais aussi que son
coefficient de régression est significatif.
32
CHAPITRE III : CRITIQUE DE LA LITTÉRATURE ET
HYPOTHÈSES DE RECHERCHE
D'après les études faites sur les multinationales, certains auteurs ont essayé de cerner les
effets des caractéristiques l2 de l'entreprise sur l'utilisation des techniques externes de
couverture du risque de change. Ils ont aussi essayé d'identifier les techniques les plus
utilisées en matière de couverture de risque de change ainsi que les objectifs de couverture.
La taille de l'entreprise, mesurée par les ventes à l'exportation ou la valeur marchande des
capitaux propres, a une influence importante sur l'utilisation des techniques de couverture
du risque de change. En effet, elle a un impact significatif sur l'utilisation des produits
dérivés. Néanmoins, la taille mesurée par le total des actifs ne montre pas un effet
significatif sur l'utilisation des produits dérivés. L'implication internationale de l'entreprise
a aussi un effet sur l'utilisation des produits dérivés. En effet, plus l'entreprise est
impliquée au niveau international, plus l'utilisation des produits dérivés s'accroît. De
même, plus le degré de concentration géographique relatif aux opérations étrangères est
élevé, plus l'entreprise utilisera les produits dérivés. Par ailleurs, les entreprises qui ont des
opportunités de croissance substantielles et des contraintes financières prononcées tendent
plus à utiliser les produits dérivés. Une entreprise ouverte utilisera aussi plus de produits
dérivés. Il y a lieu de noter que la forme de propriété est une variable significative quant au
temps alloué à la gestion du risque de change.
La majorité des multinationales ont une structure centralisée relative à la gestion de leur
risque de change. La technique de couverture la plus utilisée pour l'exposition de
transaction est le contrat à terme forwards. D'autres produits dérivés à savoir les options,
12 Taille, degré d' implication international, type de gestion, forme juridique et de propriété, prospection
d'information, etc.
33
les contrats à terme futures ou les swaps sont aussi utilisés pour la couverture du risque de
change mais avec une fréquence moindre comparée à l'utilisation du contrat à terme
forwards. Des auteurs mentionnent aussi l'utilisation de techniques de couverture autres
que les produits dérivés à savoir le termaillage, la diversification des sources de
financement et la diversification des plans de marketing et des opérations.
Enfin, l'attention des entreprises est plus portée sur l'exposition de transaction et ce à cause
de l'importance que ces dernières accordent à la fluctuation de leurs flux monétaires et leur
marge de profit à court terme.
La recension de la littérature qui a été faite englobe des études sur des multinationales
provenant de l'Europe, l'Asie, l'Australie et l'Amérique. Un élément distinctif surgit: la
majeure partie des études traitent de l'utilisation des produits dérivés en vue de se couvrir
contre le risque de change. Les autres stratégies sont peu abordées. Les techniques de
couverture comme nous les avons déjà présentées sont nombreuses. Certaines de ces
techniques, dites internes, peuvent être plus aisément utilisées par les multinationales. À
notre connaissance, peu d'études se sont penchées sur la question non seulement pour
connaître l'ampleur de l'utilisation de ces techniques internes versus les techniques
externes, mais aussi pour connaître les raisons relatives à leur utilisation ou à leur rejet.
L'utilisation des contrats à terme forwards pour la couverture du risque de change est aussi
un fait marquant. Plus particulièrement, c'est l'instrument préféré pour couvrir l'exposition
de transaction. En effet, cet instrument de couverture a été classé en première place dans
toutes les études qui ont abordé cette stratégie.
Plusieurs études ont considéré l'effet des caractéristiques des entreprises sur les pratiques
de couverture du risque de change utilisées. Les effets de ces caractéristiques ont été testés
34
empiriquement sur les produits dérivés. À notre connaIssance, les autres techniques
externes ou internes n'ont pas ou peu été prises en considération.
Comme nous l'avons déjà mentionné, le nsque de change comprend trois formes
d'exposition qui sont l'exposition de transaction, l'exposition comptable et l'exposition
économique. Notre recherche a comme premier objectif d' explorer les différentes stratégies
de couverture du taux de change utilisées par les PME exportatrices québécoises. Ensuite,
nous tenterons d'identifier les facteurs expliquant ces choix (les caractéristiques des PME
exportatrices et de leurs propriétaires-dirigeants).
L'entrepreneur-dirigeant d'une PME est souvent considéré comme étant le centre d'une
telle entité. En effet, c'est autour de lui que tout se déroule. De ce fait, et sachant que les
caractéristiques de cet entrepreneur en contexte de PME exportatrices sont particulières,
nous essayerons dans notre recherche d'identifier les effets potentiels de ces
caractéristiques sur l'utilisation des techniques de couverture internes et externes.
35
Figure 1 : Cadre spécifique de la recherche
Environnement externe
Caractéristiques des PME
• Marché desservi
• Taille • Devises utilisées
• Propriété f--
• Secteur d'activité
• Degré
d'internationalisation ,
.. Décision de se couvrir
ou non
.... Objectif de la
gestion du risque
... Choix de la
stratégie
JI.
Caractéristiques de
l'entrepreneur
f--
• Style de direction Contraintes financières
• Niveau d'endettement
• Liquidité
36
La recension de la littérature dicte notre première hypothèse qui traite de l'objectif de la
stratégie de couverture.
Les PME subissent des pressions très importantes sur leur fonds de roulement faisant en
sorte que la gestion des liquidités demeure une priorité pour la plupart d'entre elles (Julien
et al., 1997). L'importance du volume des contrats à l'étranger peut affecter les flux
monétaires de la PME exportatrice et par conséquent ses liquidités. L'objectif de réduction
de l'exposition va permettre de réduire la fluctuation des flux monétaires, d'améliorer la
planification financière et de réduire les coûts de faillite. De ce fait, réduire l'exposition au
risque de change pourrait être l'objectif principal de couverture des PME exportatrices.
C'est aussi l'objectif premier cité par Marthur (1982), Bodnar et al. (1996) [mentionné dans
Fehle (1999)] et Froot et al. (1993). Cet objectif est aussi cohérent avec les objectifs de
Hakkarainen et al. (1998) qui sont d'assurer la rentabilité de l'entreprise et de réduire
l'exposition au risque.
H2 : plus une PME exportatrice réalise des ventes à l'étranger, plus elle a recours à
des techniques de couverture.
37
Qui plus est, les études ont démontré que les produits dérivés sont les plus utilisés. Ceci
nous amène à notre troisième hypothèse.
Les techniques de couverture qui sont utilisées afin de se couvrir contre le risque de change
sont nombreuses. Les techniques internes mentionnées (voir tableau 2) peuvent être
utilisées par les PME exportatrices. Cependant, le faible pouvoir de négociation des PME
rend difficile le recours à des techniques comme les clauses d'indexation, la facturation
dans la monnaie nationale ou le termaillage. Leur petite taille restreint de plus la possibilité
de mettre en place un centre de facturation, de diversifier leurs sources de financement ou
de synchroniser les revenus et les dépenses d'exploitation. De plus, l'utilisation de tels
outils stratégiques peut s'avérer très coûteuse (Lessard et Lightstone, 1986; Dufey et Giddy,
1992). De tels outils sont plus du ressort des grandes entreprises que des PME.
La recension de la littérature révèle que l'emphase est mis sur l'exposition de transaction
qui est couverte d'une manière quasi systématique par les grandes entreprises (Hakkarainen
et al., 1998; Marthur, 1982; Chow et al., 1997; Rawls et Smithson, 1989; Belk et Glaum,
1990; Bodnar et al., 1996 [mentionné dans Fehle (1999)]; Fehle, 1999; Malindretos et
Tsanacas, 1995). L'exposition économique est plus difficile à cerner. Sa couverture en est
donc affectée et demande l'utilisation de techniques stratégiques qui ne sont pas pour la très
grande majorité d'entre-elles disponibles pour la PME. Qui plus est, les transactions à court
38
terme telles les comptes à recevoir, les placements et les emprunts en devises étrangères
sont plus facilement identifiables.
La lettre de crédit est une source de financement et une technique de couverture dans la
gestion d'une entreprise. Pour les grandes entreprises, l'instrument le plus utilisé en matière
de couverture du risque de change est le contrat à termeforwards. Ce dernier n'octroie pas
à la PME exportatrice les avantages que procure l'utilisation de la lettre de crédit. En effet,
en plus de garantir le paiement de la créance, la lettre de crédit permet d'accroître la
liquidité de la PME exportatrice en escomptant la créance. Les grandes entreprises réalisent
des économies d'échelles sur les coûts de transaction des produits dérivés ce qui est
déterminant quant à leur utilisation. Par analogie, les PME exportatrices peuvent réaliser
aussi des économies d'échelles relatives aux frais occasionnés par la marge de crédit lors du
recours à la lettre de crédit auprès de la même institution financière qui a préalablement
accordé la marge de crédit.
Teoh et Er (1989) ont conclu que la forme de propriété était l'unique variable significative
quant au temps alloué à la gestion du risque de change. En contexte de PME exportatrices,
la forme de propriété influencera l'utilisation des stratégies de couverture. Les formes
possibles de propriété des PME sont: le propriétaire unique, la société en nom collectif, la
corporation privée et la corporation ouverte. Si la PME est une corporation ouverte, des
pressions provenant des actionnaires externes pourraient l'obliger à divulguer sa politique
en matière de couverture de risque de change. La PME peut être amenée à utiliser des
techniques de couverture externes au lieu de techniques internes. En effet, les techniques
externes doivent être divulguées dans les rapports annuels de l'entreprise et sont aussi
facilement identifiables, ce qui n'est pas nécessairement le cas des techniques internes.
39
Bref, plus il y a d'intervenants externes dans la prise de décision, plus les stratégies
facilement identifiables seront préconisées.
Les deux prochaines hypothèses cherchent aussi à relier les stratégies de couverture aux
caractéristiques de la PME et de l'entrepreneur.
H7 : plus la taille de la PME exportatrice augmente, plus cette dernière utilise des
produits dérivés.
L'étude de Batten et al. (1993) révèle que la taille de l'entreprise, mesurée par le chiffre
d'affaires, a l'effet le plus important, parmi les caractéristiques étudiées de l'entreprise, sur
les pratiques de gestion du risque de change. Cette variable a aussi un impact significatif
sur l'utilisation des produits dérivés. Aussi, selon Jesswein et al. (1995), plus la taille de
l'entreprise, mesurée par le total des actifs, augmente, plus l'utilisation des contrats à terme
forwards et des swaps augmente.
Selon Julien et al. (1997), chaque PME est un tout où les fonctions sont intégrées ou du
moins très fortement liées, et où le propriétaire en contrôle la plupart des aspects en
dirigeant plusieurs des fonctions et pour quelques-unes, en y participant directement. Le
système d'information interne de la PME peu complexe et peu organisé favorise cette
centralisation de la prise de décision et donc une approche centralisée quant à la gestion du
risque de change.
Par conséquent, nous devrions nous attendre à ce que la décision quant à la gestion du
risque de change soit centralisée. Ceci serait cohérent avec les caractéristiques des PME et
les résultats sur les pratiques de gestion du risque de change des grandes entreprises
(Ankrom [(1974), mentionné dans Batten et al. (1993)]; Collier et Davis, 1985; Ho, 1993;
Belk et Glaum, 1990).
40
H9 : l'industrie à laquelle appartient la PME exportatrice n'affecte pas la gestion du
risque du change.
Les résultats des études précédentes concluent que le secteur d'activité de l'entreprise est
une variable non pertinente en contexte de grandes entreprises. Makkar et Huffman (1997)
indiquent que plus le volume de ventes à l'exportation des grandes entreprises est
important, plus l'utilisation des produits dérivés est importante et ce pour n'importe quelle
industrie. Les résultats d'Huffman et al. (1999) ne sont pas sensibles au secteur d'activité et
confirment ainsi ceux de Makkar et Huffman ( 1997). Par conséquent, nous supposons que
le secteur d'activité des PME exportatrices peut ne pas influer sur leur politique de gestion
du risque de change.
Dans une étude menée auprès de multinationales australiennes, Teoh et Er (1989) ont noté
que ces entreprises portent une attention de plus en plus importante sur la gestion du risque
de change suite aux fluctuations plus prononcées de leurs devises. Il y a lieu aussi de noter
que la non disponibilité des produits dérivés entre le dollar canadien et certaines devises
favorise l'utilisation des techniques de couverture internes et externes autres que les
produits dérivés. En effet, les seuls contrats disponibles pour se couvrir contre le risque de
change sont des contrats à terme futures dollar canadien/euro et dollar canadien/dollar
américain. Par ailleurs, si la région d'exportation est peu fréquemment desservie par les
entreprises exportatrices, la disponibilité des stratégies de couverture va s'en ressentir et
donc l'utilisation des stratégies de couverture en sera affectée.
Enfin, notre dernière hypothèse s'intéresse à l'influence des contraintes financières sur la
gestion du risque de change.
41
Hll: les PME qui ont de faibles liquidités à court terme sont plus incitées à se
couvrir.
L'étude de Jia et Lilian (1997) révèle que pour un faible ratio de liquidité à court tenne, les
entreprises sont plus incitées à se couvrir. Vu la faible assise financière des PME, nous
sommes amenés à penser que les PME qui ont de faibles liquidités à court tenne seront plus
incitées à se couvrir.
42
CHAPITRE IV MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE
Dans ce chapitre, nous allons présenter la méthodologie suivie pour la réalisation de notre
étude. Ainsi, nous exposerons le type de recherche, les informations recherchées, le choix
de l'instrument de mesure et la méthode d'échantillonnage.
L'absence de théorie et d'analyse empirique sur le sujet étudié nous mène sur le chemin de
la découverte et nous conduit a une recherche de nature exploratoire. Selon Peterson (2002)
: <<La recherche exploratoire peut être descriptive ou explicative. Elle permet d'analyser de
façon préliminaire un problème afin de se familiariser avec ce même problème. Elle permet
de formuler des questions et des hypothèses de recherche et de développer des nouveaux
outils de travail». Ainsi, cela cadre avec notre contexte de recherche. En effet, nous allons
étudier un champs qui à notre connaissance est peu développé.
L'instrument de mesure qui a été utilisé pour la collecte de données est un questionnaire
composé de quatre parties comportant majoritairement de questions fermées et de quelques
questions ouvertes. Les quatre parties du questionnaires sont décrites ci-dessous.
43
La partie B du questionnaire concerne la description du proçessus de décision et
l'identification des objectifs des opérations de couverture contre les variations du taux de
change. Cette partie comporte neuf questions, huit fermées et une ouverte, et cherche à
savoir qui prend dans l'entreprise les décisions de se couvrir, qui est responsable de leur
implantation, de la fréquence d'utilisation des stratégies et de leurs motivations. Cette partie
du questionnaire couvre les hypothèses relatives à l'approche adoptée quant à la gestion du
risque de change et à l'objectif de couverture le plus important.
44
Le questionnaire que vous trouverez joint en annexe n'a fait l'objet d'aucun prétest et ce en
raison de contraintes budgétaire et temporelles auxquelles nous avons dû faire face.
4.3 L'échantillonnage
Les entreprises se trouvant dans la base de données du CRIQ sont au nombre de 21579 et
peuvent être triées selon le choix de l'utilisateur. Ce dernier a le choix entre les rubriques
suivantes: entreprises qui exportent, entreprises qui n'exportent pas, entreprises intéressées
à exporter et inconnue. Nous avons choisi de sélectionner les entreprises exportatrices,
objet de notre étude.
Les entreprises exportatrices faisant partie du CRIQ exportent partout dans le monde. Nous
avons sélectionné les entreprises qui exportent aux États-Unis d'Amérique, en Amérique du
sud, en Asie, en Europe de l'ouest, en Europe de l'est, en Océanie, au Moyen-Orient, en
Afrique et au Mexique.
La base de données du CRIQ comprend des entreprises situées dans toutes les régions de la
province du Québec. Notre étude étant exploratoire, nous avons utilisé un échantillonnage
de commodité. Nous avons donc choisi des régions qui couvrent toute la province pour
avoir un échantillon représentatif du Québec. Les entreprises exportatrices qui ont été
sélectionnées se trouvent dans les régions de l'Abitibi, du Centre du Québec, de l'Estrie, de
Laval, de la Mauricie-Bois Franc, de Montréal et de Québec.
45
Un autre critère de sélection des entreprises de la base de données est le secteur d'activité
dont les choix sont: industrie manufacturière, commerce de gros et de détail, et entreprise
de services. Nous avons rajouté un autre secteur d'activité, le secteur agricole ou de
ressources naturelles, pour pouvoir couvrir toutes les industries.
Parce que notre étude porte sur les PME, nous avons choisi que des entreprises ayant un
nombre d'employés ne dépassant pas 500 (Julien et al. , 1997).
Cette interpolation linéaire a pris en considération les régions citées ci-dessus et les
secteurs d'activité des entreprises mentionnées dans le répertoire. Seulement trois cent
cinquante sept questionnaires ont été expédiés par la poste et ce à cause de contraintes
budgétaires et temporelles. Le questionnaire a été envoyé avec une lettre de présentation
ayant pour but de sensibiliser la personne responsable de la politique de couverture contre
le risque de change à l'importance de cette étude, ainsi que de la motiver à bien vouloir
participer à notre enquête. Une enveloppe pré adressée, mais non affranchie, a aussi été
envoyée pour le retour du questionnaire et ce afin d'augmenter le taux de réponse de
l'enquête. Le nombre de questionnaires qui ont été retournés est 49. Parmi les 49 retours,
dix entreprises n'ont pas répondu au questionnaire pour des raisons particulières. Par
exemple, certaines entreprises ne sont plus exportatrices, d'autres sont des filiales de
grandes entreprises, de ce fait la décision de se couvrir ainsi que le choix des techniques
utilisées ne leur appartiennent pas. Ainsi, le nombre final est 39 PME exportatrices.
46
4.4 Traitement et analyse des données
Les variables que nous utilisons dans notre étude ont été décomposées en sous-variables,
pour ensuite être codifiées afin de pouvoir leur attribuer une norme d'évaluation. Les
normes d'évaluation consistent en des échelles de mesure créées spécifiquement pour les
besoins de notre étude.
L'analyse des données a été faite en deux parties. La première partie est une analyse
descriptive. Le logiciel Microsoft Excel a été utilisé afin de calculer les fréquences et les
moyennes arithmétiques nécessaires à notre analyse. La deuxième partie étudie les relations
entre nos variables. Le même logiciel a été utilisé pour créer des tableaux croisés
dynamiques et pour tester statistiquement les relations entre les variables. Les tests
statistiques utilisés sont au nombre de deux: le test de Chi-deux et le test de Student.
47
CHAPITRE V ANALYSE DES RÉSULTATS
Les caractéristiques générales des PME de l'échantillon seront présentées dans cette section
de l'étude. Le tableau 4 ci-dessous présente la répartition sectorielle de l'échantillon. Cette
dernière se compose principalement de PME manufacturières (51 %) et de PME de services
(26%). Les PME spécialisées dans le commerce de gros ou de détail ainsi que dans
l'industrie agricole ou de ressources naturelles représentent seulement (23 %) de
l'échantillon.
13 Il est à noter la fragilité des résultats au faible nombre d'observations. Cette fragilité s'accentue lorsqu'on
étudie certaines questions car le nombre d'observations diminue encore plus par l'étude de sous-échantillons.
48
Tableau 5 : Répartition des entreprises selon le nombre d'employés
49
Canada qu'elles exportent par la suite, et seulement 5% produisent des biens dans les pays
étrangers qu'elles desservent.
Selon cette première partie, l'entreprise type de notre échantillon est une entreprise
manufacturière, corporation privée, ayant entre 0 et 50 employés et qui produit surtout ses
biens au Canada.
50
Tableau 8 : Identification du décideur quant à l'utilisation des stratégies de
couverture contre le risque de change
Décideurs Fréquence
Le propriétaire ou l'actionnaire principal 38%
Le conseil d'administration 8%
Autre comité interne 3%
Le trésorier ou le contrôleur 43%
Un consultant externe 3%
Autre 5%
Total 100%
Responsables Fréquence
Le propriétaire ou l'actionnaire principal 41%
Le conseil d'administration 5%
Autre comité interne 2,5%
Le trésorier ou le contrôleur 46,5%
Un consultant externe 2,5%
Autre 2,5%
Total 100%
14 Une des 39 entreprises de notre échantillon n'a pas répondu à cette question.
51
Tableau 10 : Stratégies de couverture
Le tableau Il ci-dessous présente les diverses raisons évoquées par les deux entreprises de
notre échantillon qui décident de se couvrir systématiquement contre le risque de change.
Ces deux entreprises avaient la possibilité de sélectionner plusieurs raisons parmi celles qui
figuraient dans le questionnaire. L'évitement du risque a été spécifié par les deux
entreprises. De plus, chacune d'elles a mentionné soit la simplification de la décision et du
suivi, soit la maîtrise des techniques de couverture contre le risque de change.
Raisons Fréquence
Sim lification de la décision et du suivi 50%
Evitement du ris ue 100%
Exi ence des bailleurs de fonds 0%
Maîtrise des techni ues de couverture 50%
Gain révu sur les variations des taux de chan e 0%
Le tableau 12 ci-dessous présente les raisons invoquées par les 19 entreprises (50% des 38
PME exportatrices de notre échantillon) qui ont choisi de se couvrir « cas par cas ». Par
ailleurs, ces entreprises avaient la possibilité de sélectionner plusieurs raisons parmi celles
suggérées dans le questionnaire. Parmi ces 19 entreprises exportatrices, 74% se couvrent
contre le risque de change quand le montant de la créance est considéré comme étant
important. La provenance du client a été évoquée par 47% d'entre-elles. 26% des 19
entreprises ont mentionné la forte volatilité des devises et 26% des 19 entreprises ont
invoqué le fait que la créance provient d'un nouveau client. Il est à signaler que les
conditions imposées par les bailleurs de fonds n'ont aucune influence sur la décision de se
couvrir au « cas par cas ».
52
Tableau 12 : Raisons d'une couverture au cas par cas
Raisons Fréquence
Nouveau client 26%
Montant im ortant 74%
Devise très volatile 26%
ar nos bailleurs de fonds 0%
Provenance du client 47%
Le tableau 13 ci-dessous présente les raisons invoquées par les 17 PME exportatrices de
notre échantillon qui ne se couvrent pas contre le risque de change. Il est à noter que les
entreprises de l'échantillon pouvaient sélectionner plusieurs raisons parmi celles qui
figuraient dans le questionnaire.
Les deux raisons principales qui ressortent sont d'une part, les contrats à l'étranger ne sont
pas assez importants pour justifier l'utilisation de stratégies de couverture (47% des 17
entreprises) et d'autre part, 41 % de ces 17 PME ont des contrats de vente avec des clients
réguliers dont les conditions de ventes sont assez souples. Par ailleurs, certaines des 17
PME exportatrices (18%) ne vendent qu'au comptant aux clients étrangers, alors que
d'autres (18%) ont eu de mauvaises expériences dans le passé avec les stratégies de
couverture. Enfin, certaines PME rencontrent des difficultés pour assurer leur couverture
contre le risque de change. En effet, 6% des 17 PME exportatrices qui ne se couvrent pas
ne connaissent pas de stratégies adaptées à leurs besoins. Il y a lieu aussi de signaler
qu'aucune PME a invoqué le coût comme un argument pour ne pas se couvrir.
Raisons Fréquence
Contrats à l'étran er as assez im ortants 47%
Contrats d'exportation avec des clients réguliers dont les conditions
de vente sont suffisamment sou les 41%
18%
0%
~~~ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _- L_ _ _ _ _ _ _ _
~ _ _ _ _L -_ _ _ _ _ _ _ __ oms 6%
Mauvaises ex ériences dans le assé avec les straté ies de couverture 18%
53
Le tableau 14 ci-dessous présente l'importance moyenne arithmétique des raIsons
d'utilisation des techniques de couverture pour les entreprises qUI se couvrent
systématiquement et celles qui appliquent une stratégie « cas par cas ».
Le faible coût (5.23 sur une échelle de sept) est la plus importante raison de couverture
identifiée par les 21 PME exportatrices qui ont répondu à cette question. Les autres critères
ont un degré d'importance quasi égal à 5 sur une échelle de sept. Les exigences des
bailleurs de fonds est le critère le moins important (2.9 sur une échelle de sept).
Importance moyenne
Raisons arithmétique
Sim licité d'utilisation 4,81
Sou lesse de la techni ue 4,68
Faible coût 5,23
5,00
Connaissance de la techni ue 4,95
Exi ence des bailleurs de fonds 2,90
54
Tableau 15 : Importance des objectifs de couverture
Importance moyenne
Objectifs de couverture
arithmétique
Stabilisation des flux monétaires 5,90
Réalisation d'un ain à court terme 3,35
ue et de la rentabilité 5,24
5,48
3,15
3,60
La prévision des fluctuations des devises est faite par neuf des 24 entreprises de notre
échantillon qui ont répondu à cette question. Certaines PME exportatrices font leur
prévisions en discutant avec leur cambiste, tandis que d'autres procèdent à l'extrapolation
des tendances en analysant les données historiques.
Selon cette deuxième partie, l'entreprise type de notre échantillon est une PME qui se
couvre au « cas par cas », et dont le décideur quant à l'utilisation des stratégies de
couverture et le responsable de la mise en place des stratégies de couverture sont le
trésorier ou le contrôleur. Cette PME type adopte une telle stratégie à cause de l'importance
des montants en jeu ou de la provenance du client. Elle utilise des techniques de couverture
à faible coût ou ayant une facilité d'adaptation à ses besoins. Elle accorde une importance
particulière à la stabilisation des flux monétaires, à l'établissement d'un prix de vente
compétitif, ou à l'optimisation du risque et de la rentabilité.
55
même importance à l'exposition de transaction (4,08 sur une échelle de sept)15 et à
l'exposition économique (4,1 sur une échelle de sept). L'importance moyenne attribuée à
l'exposition comptable est faible (2,36 sur une échelle de sept). Notre étude révèle aussi
que les PME exportatrices se couvrent plus contre l'exposition de transaction (41 %) que
contre l'exposition économique (36%). Elles ne se couvrent guère contre l'exposition
comptable.
15 On utilise une échelle de 1 à 7, où 1 signifie que la technique de couverture est peu utilisée et 7 signifie que
la technique de couverture est très utilisée.
56
Tableau 17 : Importance moyenne des techniques de couverture utilisées contre
l'exposition de transaction
Importance
Techniques de couverture moyenne
arithmétique
Techniques internes
S nchronisation des revenus et des dé enses 3.62
Ada tation des straté ies de marketin dans les pays étrangers 2.87
Facturation en dollars canadiens 2.43
Termailla e 2.12
Diversification internationale des fournisseurs 1.75
Diversification internationale de la rovenance des emprunts 1.68
Diversification internationale de la localisation de lap_roduction 1.62
Techniques externes
Assurance crédit à l'ex ortation 4.12
Lettre de crédit 3.25
Avance en devise 2.56
Produits dérivés 2.43
57
Tableau 18 : Importance moyenne des techniques de couverture utilisées contre
l'exposition économique
Importance
Techniques de couverture moyenne
arithméthique
Techniques internes
S nchronisation des revenus et des dé enses 3.64
Facturation en dollars canadiens 3,00
Ada tation
~~L-~ __ des straté
~~ __ ies
~~~
de marketin
____ ~~~~~~~
s étrangers 2.64
Diversification internationale des fournisseurs 1.93
Diversification internationale de la localisation de la production 1.50
~--------+---------------~
Diversification internationale de la rovenance des emprunts 1.36
--~------+---------------~
Termailla e 1. 36
Techniques externes
Assurance crédit à l'ex ortation 3.93
Lettre de crédit 3.07
A vance en devise 2.64
Produits dérivés 2.57
Cette troisième partie révèle que notre PME type accorde le même degré d'importance à
l'exposition de transaction qu'à l'exposition économique, et ne se couvre guère contre
l'exposition comptable. Il est aussi à noter que l'assurance crédit à l'exportation a été
classée première comme technique de couverture, ensuite vient la synchronisation des
revenus et des dépenses et enfin la lettre de crédit en troisième position, pour les deux types
de couverture.
58
Le tableau 19 ci-dessous présente la répartition des PME exportatrices de l'échantillon
selon leurs chiffres d'affaires. Il est à noter que 26 % des entreprises ont un chiffre
d'affaires compris entre 10 millions et 25 millions de dollars canadiens, et 50% des PME
ont cinq millions et moins de ventes.
59
Le tableau 21 ci-dessous présente la répartition des PME exportatrices selon le pourcentage
des actifs étrangers de l'entreprise par rapport au total des actifs de la dernière année
d'exercice. La très grande majorité des entreprises de notre échantillon (92%) ont un ratio
compris entre 0 et 20%.
Tableau 21 : Répartition des PME exportatrices selon le ratio des actifs étrangers par
rapport à l'actif total
Le tableau 22 ci-dessous présente la répartition des PME selon le ratio d' endettement. La
majorité des PME exportatrices de notre échantillon ont un faible ratio d'endettement. En
effet, 59% d'entre elles ont un ratio compris entre 0 et 40%.
60
Tableau 23 : Répartition des PME exportatrices selon le ratio de fonds de roulement
61
Tableau 25 : Répartition géographique moyenne du chiffre d'affaires
Dans cette quatrième partie, notre PME type a un chiffre d'affaires compris entre 10
millions et 25 millions de dollars canadiens, un ratio ventes à l'exportation sur ventes
totales compris entre 0 et 20% et un ratio actifs à l'étranger sur le total des actifs compris
entre 0 et 20%. De plus, elle a un ratio d'endettement compris entre 0 et 20 % et un ratio de
fonds de roulement compris 1.00 et 2.00.
Nos hypothèses de recherche sont au nombre de onze. Dans la partie qui va suivre, nous
allons tester statistiquement ces hypothèses de recherche pour fins de validation.
Notre première hypothèse est« Hl : l'objectif principal de la couverture des taux de change
est de réduire l'exposition en devises étrangères ». Le tableau 15 de notre étude révèle que
les PME exportatrices de notre échantillon ont accordé le degré le plus élevé d'importance
moyenne arithmétique (5,9 sur une échelle de 7) à la stabilisation de leurs flux monétaires.
Les observations obtenues par notre questionnaire nous laissent présumer que cet objectif
62
est le plus important. Un test statistique global de Fisher est utilisé pour valider l'hypothèse
Hl. Les hypothèses statistiques de ce test sont:
La statistique de Fisher calculée est 3,941 pour un seuil de confiance de 0.01. Cette valeur
16
est inférieure à la valeur théorique qui est 9.38. L'hypothèse statistique nulle H1.0 est
donc acceptée. Les objectifs de couverture ont en moyenne tous la même importance. Ce
test ne nous permet pas d'accepter hypothèse de recherche.
Notre deuxième hypothèse de recherche est « H2 : plus une PME exportatrice réalise des
ventes à l'étranger, plus elle a recours à des techniques de couverture ». Le tableau 26 ci-
dessous présente les entreprises qui ne se couvrent pas, qui se couvrent au « cas par cas » et
qui se couvrent d'une façon systématique, selon le ratio du chiffre d'affaires à l' étranger
par rapport au chiffre d'affaires total.
16 Le nombre de degrés de liberté égale à (r-l; n-r) = (5;33) où r est le nombre de critères (6 objectifs de
63
Tableau 26 : Répartition du nombre d'entreprises selon la stratégie de couverture et
le ratio chiffre d'affaires à l'étranger par rapport au chiffre d'affaires total
Un test statistique de Chi-deux est utilisé pour valider la relation de dépendance entre ces
deux variables, et les hypothèses statistiques sont:
H2.a: il n'y a pas de relation statistique entre le ratio du chiffre d'affaire à l'étranger par
rapport au chiffre d 'affaire total et la variable stratégie de couverture du risque de change.
H2.1 : il y a une relation statistique entre le ratio du chiffre d'affaire à l'étranger par
rapport au chiffre d'affaire total et la variable stratégie de couverture du risque de change.
La valeur de Chi-deux obtenue l7 est 6,713 et elle est inférieure à la valeur critique de Chi-
deux théorique soit 13.28 et ce pour le seuil de signification 0.01 avec quatre degrés de
liberté. Le résultat du test statistique est donc non significatif à un seuil de confiance de 1%.
Selon notre échantillon, le comportement de la variable chiffre d'affaires à l'étranger par
rapport au chiffre d'affaires total et celui de la variable stratégie de couverture du risque de
change sont indépendants l'un de l'autre. L'hypothèse de recherche H2 est donc rejetée.
Notre troisième hypothèse de recherche est «H3 : les PME exportatrices préconisent les
stratégies de couverture externes ». Au niveau de l'exposition de transaction, les résultats
du tableau 17 ne permettent pas de conclure quant aux choix des PME exportatrices de se
couvrir avec des techniques externes ou internes. En effet, la première et la troisième plus
importantes techniques de couverture utilisées à savoir l'assurance crédit à l'exportation et
la lettre de crédit sont externes. Cependant, la deuxième plus importante technique de
17 Pour le calcul de la valeur de Chi-deux se référer au livre « Statistical Techniques in Business &
Economics », Robert D. Mason et Douglas A. Lind, pp. 594-596.
64
couverture à savoir la synchronisation des revenus et des dépenses est interne. Nous avons
donc regroupé toutes les techniques de couverture internes dans une seule catégorie et nous
avons regroupé aussi toutes les techniques de couverture externes dans une seule catégorie
afin de déterminer une seule mesure d'importance moyenne pour chacune des deux
catégories. À ce stade, un test statistique bilatéral de Student est utilisé pour la validation de
notre hypothèse.
H3.0: l'importance moyenne accordée aux stratégies de couverture internes est égale à
celle des stratégies de couverture externes.
H3.1 : l'importance moyenne accordée aux stratégies de couverture internes n'est pas
égale à celle des stratégies de couverture externes.
18 La valeur absolue de Student obtenue est 0.956, ce qui est inférieure à la valeur théorique.
65
H4.0: les gestionnaires des PME exportatrices accordent la même importance à
l'exposition de transaction et à l'exposition économique.
H4.1 : les gestionnaires des PME exportatrices n'accordent pas la même importance à
l'exposition de transaction et à l'exposition économique.
Le t de Student calculé (4,307) est supérieur à la valeur de Student théorique (2,750) selon
un seuil de confiance de 0,01 et selon trente degrés de liberté (test bilatéral). L'hypothèse
statistique nulle H4.0 est rejetée. L'hypothèse de recherche H4 est donc acceptée. Les
gestionnaires des PME exportatrices de notre échantillon n'accordent pas la même
importance à la couverture de l'exposition de transaction et de l'exposition économique.
Notre cinquième hypothèse est « H5: la lettre de crédit est la stratégie de couverture externe
la plus utilisée». Les tableaux 17 et 18 nous montrent clairement que la plus importante
stratégie de couverture externe utilisée aussi bien au niveau de l'exposition de transaction
qu'au niveau de l'exposition économique est l'assurance crédit à l'exportation. En effet,
cette technique s'est vue attribuée l'importance moyenne la plus élevée à savoir 4.12 (sur 7)
pour l'exposition de transaction et 3,93 (sur 7) pour l'exposition économique. L'hypothèse
de recherche H5 est donc rejetée. L'hypothèse de recherche H5 vient corroborer
l'hypothèse de recherche H4. L'assurance crédit à l'exportation comporte une couverture
plus large en ce sens qu'elle peut couvrir en plus du risque de change, le risque politique et
le risque économique.
66
H6.1 : il y a une relation statistique entre la variable stratégie de couverture et la variable
type de propriété légale.
Société en
Corporation Propriétaire Entreprise
nom
privée unique ouverte
collectif
Couverture cas par cas 12 5 1 1
Couverture systématique 1 0 1 0
Pas de couverture 13 4 1 0
Le test statistique de Chi -deux s'avère non significatif à un seuil de confiance de 1%. Le
Chi-deux calculé (6,714) est inférieur au Chi-deux critique (16,81) à 6 degrés de liberté.
Nous ne pouvons rejeter H6.1 et par conséquent il n'y a pas de relation statistique entre la
variable stratégie de couverture et la variable type de propriété légale. L'hypothèse de
recherche H6 est donc rejetée.
Notre septième hypothèse est « H7 : plus la taille de la PME exportatrice augmente, plus
elle utilise des produits dérivés ». Une corrélation a été calculée entre la taille de
l'entreprise (mesurée par le nombre d'employés de la PME exportatrice) et la variable
produits dérivés (mesurée par le degré d'importance que lui ont attribué les PME
exportatrices). Au niveau de l'exposition de transaction, un coefficient de corrélation de 0.1
a été obtenu. Le test de Student est utilisé pour déterminer le degré de signification de ce
coefficient de corrélation. Les hypothèses de ce test statistique sont:
67
Selon le test de Student, ce coefficient de corrélation n'est pas significatif (t de Student
calculé est de 0.625 qui est inférieur à t de Student théorique). Ce coefficient est donc
statistiquement égal à zéro. Par conséquent, l' hypothèse de recherche H7 est rejetée au
niveau de l'exposition de transaction 19 • Par ailleurs, le tableau 18 de notre étude classe aussi
les produits dérivés parmi les techniques les moins importantes utilisées pour l'exposition
de transaction.
Notre huitième hypothèse de recherche est « H8 : la PME exportatrice adopte une approche
centralisée quant à la gestion du risque de change ». Les résultats de notre étude démontrent
qu'au niveau du processus de prise de décision pour la couverture contre le risque de
change, la décision d'utiliser des stratégies de couverture (voir tableau 8) est
essentiellement partagée entre le propriétaire ou l'actionnaire principal (38%) et le trésorier
ou le contrôleur (43%). La responsabilité pour la mise en place des stratégies de couverture
(voir tableau 9) est aussi partagée entre le propriétaire ou l'actionnaire principal (41 %) et le
trésorier ou le contrôleur (46,5%). Nous ne pouvons conclure que la décision est
uniquement prise par le propriétaire ou le trésorier. Donc, elle n'est pas centralisée dans les
mains d'un individu. Cependant, nous pouvons conclure qu'il y a peu de personnes
impliquées. Le recours à divers comités comme organisme de vérification est loin d'être la
norme.
19 Au niveau de l'exposition de transaction, le coefficient de corrélation est 0.103, la taille de l'échantillon est
de 38, les degrés de liberté égalent 37 et le t de Student théorique est 2,750 pour un test bilatéral.
68
Notre neuvième hypothèse de recherche est « H9 : l'industrie à laquelle appartient la PME
exportatrice n'affecte pas la gestion du risque de change ». Le tableau 28 ci-dessous
présente la stratégie de couverture adoptée par les PME exportatrices selon leur secteur
d'activité. Un test statistique de Chi-deux est utilisé pour valider la relation de dépendance
entre le secteur d'activité de l'entreprise et la gestion du risque de change.
Industrie
Commerce
Entreprise agricole ou de Industrie
de gros ou de
de service ressources man ufacturière
détail
naturelles
Couverture « cas
par cas» ou
4 2 1 14
couverture
systématique
Pas de couverture 6 4 2 6
Le test de Chi-deux est non significatif à un seuil de confiance de 1%. La valeur de Chi-
deux calculée (4,395) est inférieure à la valeur de Chi-deux théorique (11,344) selon 3
degrés de liberté. Ce résultat ne nous permet pas de rejeter H9.0. Par conséquent, le secteur
d'activité n'influe pas sur la gestion du risque de change. L'hypothèse de recherche H9 est
donc validée.
Notre dixième hypothèse de recherche est « HI0 : la devise commerciale étrangère utilisée
ou le marché étranger desservi influencent l'utilisation des stratégies de couverture pour les
PME exportatrices ». Le tableau 24 présente le degré d'importance moyenne attribué aux
techniques de couverture du risque de change par devises utilisées. En analysant ce tableau,
69
il ressort que la devise la plus utilisée est le dollar américain. Cette devise s'est vu attribuée
le plus haut degré d'importance moyenne (5,64 sur une échelle de 7) par les PME
exportatrices de notre échantillon. Les devises européennes sont moins utilisées. Le tableau
29 ci-dessous présente l'importance attribuée au dollar américain selon la stratégie de
couverture du risque de change. Un test statistique de Chi-deux est utilisé pour le dollar
américain afin de voir s'il y a une relation entre le type de couverture et l'importance. Les
hypothèses statistiques sont:
H 10.0 : il n 'y a pas de relation statistique entre la variable importance attribuée au dollar
américain et la stratégie de couverture.
Niveau d'importance
Straté ies 1 2 3 4 5 6 7
Pas de couverture 2 2 2 3 2 6
1 o o 2 1 o 17
Le test statistique n'est pas significatif à un seuil de confiance de 0.01. La valeur de Chi-
deux calculée (16,546) est inférieure à la valeur de Chi-deux théorique (16,811). Il n'y a
donc pas de relation statistique entre la variable importance attribuée au dollar américain et
la stratégie de couverture. L'hypothèse HIO n'est donc pas validée pour le dollar américain.
Il y a lieu aussi de noter que l'hypothèse HIO ne peut être validée statistiquement pour les
autres devises vu le peu d'observations.
70
Notre onzième hypothèse de recherche est « H11 : Les PME qui ont de faibles liquidités à
court terme sont .plus incitées à se couvrir ». Le tableau 30 ci-dessous présente la répartition
des PME exportatrices selon les stratégies de couverture et le ratio du fonds de roulement.
De prime abord, le ratio de fonds de roulement des PME exportatrices semble influer sur la
stratégie de couverture envisagée. Un test de Chi-deux est utilisé pour valider cette relation.
Les hypothèses statistiques sont :
Le test statistique n'est pas significatif à un seuil de confiance de 0.01. La valeur de Chi-
deux calculée (5.21) est inférieure à la valeur théorique (15,08). Il n'y pas donc une relation
statistique entre ces deux variables. L'hypothèse de recherche H11 est rejetée.
71
CHAPITRE VI CONCLUSION
Les entreprises faisant face à une demande interne instable ou limitée peuvent se tourner
vers l'exportation. Les avantages d'exporter sont multiples. En effet, les coûts et les
capitaux nécessaires au démarrage sont minimes. Néanmoins, en exportant l'entreprise se
doit aussi de faire face aux différents obstacles de l'exportation. Parmi ces derniers se
trouve le risque de change.
Notre étude porte sur la couverture du risque de change en contexte de PME exportatrices
québécoises, les pratiques de couverture utilisées par ces dernières ainsi que les raisons
pour lesquelles certaines techniques de couverture sont utilisées. La recension de la
littérature nous a permis d'identifier trois types d'exposition au risque de change à savoir
l'exposition comptable, l'exposition économique et l'exposition de transaction. Les
techniques de couverture utilisées ont été classées en deux catégories: internes et externes.
Par ailleurs, nous avons aussi classé les stratégies de couverture en trois catégories à savoir
« pas de couverture», « couverture cas par cas» et « couverture systématique». Cette
méthodologie nous a été très utile lors de la validation de nos hypothèses de recherche
puisque notre étude est plus qualitative que quantitative.
Dans ce sixième et dernier chapitre nous allons présenter les apports de notre recherche, les
limites et enfin les avenues de recherches futures.
De prime abord, un fait saillant ressort dans notre recherche. La technique de couverture la
plus utilisée au sein des PME exportatrices est l'assurance crédit à l'exportation
contrairement à ce que l'on avait supposé, c'est-à-dire la lettre de crédit.
72
Par ailleurs, la recherche peu abondante, à notre connaissance, sur les pratiques de
couverture de risque de change en contexte de PME exportatrices nous a amené à tester
statistiquement des résultats validés en contexte de grandes entreprises. Certains de ces
résultats ont été confirmés dans notre étude. Les PME exportatrices portent une attention
particulière à l'exposition de transaction. Ce même résultat a été démontré en contexte de
grandes entreprises par plusieurs auteurs (Marthur 1982; Belk et Glaum, 1990; etc).
Néanmoins, il est à noter que l'importance moyenne attribuée à l'exposition économique
est quasi égale à celle attribuée à l'exposition de transaction en contexte de PME
exportatrices. Autre résultat qui a été prouvé en contexte de grandes entreprises est que plus
la taille de la PME exportatrice augmente, plus l'importance accordée à l'utilisation des
produits dérivés s'accroît au niveau de l'exposition économique. L'objectif premier de nos
PME exportatrices est la stabilisation de leurs flux monétaires.
La décision d'utiliser des stratégies de couverture ainsi que la responsabilité quant à la mise
en place des stratégies de couverture sont partagées entre le propriétaire ou l'actionnaire
principal. Ceci corrobore la littérature existante au niveau des PME dans le sens où une
PME est un tout où les fonctions sont intégrées et où le propriétaire en contrôle la plupart
des aspects en dirigeant plusieurs des fonctions (Julien et aL, 1997).
Notre recherche comme dans toute recherche comporte des limites qui d'une part aident à
la compréhension des résultats obtenus et d'autre part peuvent être améliorées dans les
recherches futures. Les limites de notre étude sont d'ordre conceptuel et méthodologique.
Notre étude est plus qualitative que quantitative. Le questionnaire développé constitue une
première en contexte de PME exportatrices québécoises. Cependant, des modifications et
raffinements peuvent être apportés pour pouvoir tester quantitativement certaines
hypothèses de recherche afin d'évaluer plus aisément les relations entre les variables.
73
Par ailleurs, nous avons dû vulgariser les tennes financiers utilisés pour qu'ils soient plus
compréhensibles par les répondants ce qui peut limiter l'interprétation des résultats et la
portée réelle des données recueillies. La codification des données est aussi une limite en soi
puisqu'elle est de nature à standardiser les données et par conséquent a peut être éliminé
des infonnations pertinentes.
De plus, la taille de notre échantillon est petite pour pouvoir généraliser les résultats
obtenus à l'ensemble des PME exportatrices.
Les limites de la recherche mentionnées ci-dessus nous éclairent indirectement sur les
possibilités de recherches futures. Une recherche de nature plus quantitative pennettrait
davantage à détenniner l'établissement des relations et l'évaluation de l'intensité de ces
dernières aiderait énonnément quant à la prise de décision pour se couvrir ou ne pas se
couvrir. En effet, tester quantitativement l'impact des caractéristiques de l'entreprise en
prenant en considération l'aspect environnemental, c'est-à-dire l'impact de la devise
commerciale étrangère sur l'utilisation des stratégies de couverture pour les PME
exportatrices, serait un apport indéniable.
Finalement, l'évolution de la technologie de nos jours facilitent bien des choses. Ainsi, la
possibilité d'utiliser l'Internet dans les études futures pourrait peut-être être bénéfique.
74
Bibliographie
75
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78
Annexes
Nom:
Adresse:
Objet: Questionnaire sur les pratiques de couverture du nsque de change des PME
exportatrices québécoises.
Madame, Monsieur,
79
genre n'a encore été réalisé. C'est par conséquent une première dont nous demandons votre
collaboration.
Nous aimerions préciser que toutes les informations que vous allez nous fournir
resterons confidentielles, et votre non de même que celui de votre entreprise ne seront
jamais dévoilés. Qui plus est, nous recourons à des intervalles pour certaines questions afin
de vous permettre de conserver un niveau de discrétion.
Fekih-Ahmed Mohamed
80
Annexe 2 : Questionnaire
81
Questionnaire portant sur les pratiques de couverture
du risque de change
des PME exportatrices québécoises
Préparé par
Fekih-Ahmed Mohamed
Sous la supervision de
Claude Mathieu (Ph.D.), Professeur
Mai 2000
A) Les caractéristiques de l'entreprise
But: cette section cherche à connaître les principales activités de votre entreprise et son
style de propriété.
1. Dans quel secteur d'activité votre entreprise se situe-t-elle (cochez une case) ?
5. Est-ce que votre entreprise a des actifs d'exploitation (bâtisses, chaînes de production,
bureaux de ventes, etc.) à l'étranger? Oui 0 Non 0
Si oui, combien?
7. Est-ce que votre entreprise produit des biens exclusivement au Canada qu'elle exporte par la
suite à l'étranger? Oui 0 Non 0
8. Est-ce que votre entreprise produit des biens dans les pays étrangers qu'elle dessert ?
Oui 0 Non 0
2
B) Description du processus de décision et identification des objectifs des
opérations de couverture contre les variations du taux de change
But: cette section cherche à connaître le processus de décision de votre entreprise quant à
l'utilisation des stratégies de couverture contre les variations du taux de change.
Ainsi, nous nous intéressons à savoir qui prend ces décisions et qui est responsable
de leur implantation, de la fréquence des stratégies et de leurs motivations.
l. Qui à l'intérieur de votre entreprise décide d'utiliser une stratégie pour se couvrir contre la
variation des taux de change (cochez une seule case) ?
2. Qui est responsable de la mise en place de ces stratégies de couverture (cochez une seule
case) ?
3. Est-ce que vous couvrez systématiquement toutes vos transactions contre la variation du taux
de change ou est-ce que la décision de couverture dépend du contexte (cochez une seule case).
5. Si vous couvrez certaines transactions (cas par cas), veuillez indiquer les raisons qui
favorisent l'utilisation de stratégies de couverture (cochez toutes les cases nécessaires).
Passez à la question 7.
3
6. Si vous ne couvrez jamais vos transactions, veuillez spécifier les raisons (cochez toutes les
cases qui décrivent votre situation).
Les contrats à l'étranger ne sont pas assez importants pour justifier l'utilisation de stratégies
quelconques de couverture 0
Nous avons des contrats d'exportation qu 'avec des clients réguliers dont les conditions de vente
sont suffisamment souples 0
Nous ne vendons qu'au comptant aux clients étrangers 0
Les stratégies de couverture sont trop dispendieuses 0
Nous ne connaissons pas de stratégies adaptées à nos besoins 0
Nous avons eu de mauvaises expériences par le passé avec des stratégies de couverture 0
Autre (précisez) 0
7. Veuillez indiquer l'importance de chacune des raisons identifiées ci-dessous pour l'utilisation
des stratégies de couverture (utilisez une échelle allant de 1 à 7, où 1 signifie peu important et
7 signifie très important).
8. Veuillez indiquer l'importance des objectifs de couverture identifiés ci-dessous (utilisez une
échelle allant de 1 à 7, où 1 signifie peu important et 7 signifie très important).
9. Est-ce que vous cherchez à prévoir les fluctuations des devises? Oui 0 Non 0
But: cette section cherche à connaître le degré d'importance que vous accordez aux différents
types d'exposition au taux de change, les techniques de couverture utilisées par votre
entreprise et les raisons pour lesquelles vous utilisez ces techniques de couverture.
• l'exposition comptable résulte de la conversion en dollars canadiens des bilans et des états
des résultats libellés en monnaies étrangères de filiales à l'étranger. Cette exposition suppose
que votre entreprise a une ou des filiales à l'étranger. Les stratégies de couverture contre
cette exposition cherchent à réduire les pertes (ou à maximiser les gains) résultant de la
conversion des états financiers;
1. Quelle importance accordez-vous à chacune des expositions (utilisez une échelle allant de 1
à 7, où 1 signifie peu important et 7 signifie très important) ?
Exposition comptable 0 @ ~ 0 6) (3 e
Exposition de transaction 0 @ ~ 0 6) (3 e
Exposition économique 0 @ ~ 0 6) (3 e
5
2. Est-ce que vous vous couvrez contre l'exposition comptable? Oui 0 Non 0
3. Veuillez indiquer les techniques de couverture que vous utilisez contre l'exposition
comptable (utilisez une échelle allant de 1 à 7, où 1 signifie peu utilisée et 7 signifie très
utilisée). [Si vous désirez avoir de plus amples informations sur les techniques de couverture,
veuillez référer au lexique à la fin du questionnaire.]
Assurance crédit à
l'exportation o
A vance en devise o
Di versification internationale
de la localisation de la
production o
Di versification internationale
des fournisseurs o
Adaptation des stratégies
de marketing dans les pays
étrangers o
Di versification internationale
de la provenance des emprunts 0
Facturation en
dollars canadiens o
Lettre de crédit o
Produits dérivés o
Synchronisation
des revenus et des dépenses o
Termaillage o
Autre - - - - - - - o
4. Si vous utilisez des produits dérivés pour couvrir l' exposition comptable, veuillez indiquer
(par ordre d'importance) les trois produits dérivés les plus fréquemment utilisés.
1. _ _ _ _ _ __ II. _ _ _ _ _ __ II1. _ _ _ _ __
6
5. Est-ce que vous vous couvrez contre l'exposition de transaction? Oui 0 Non 0
6. Veuillez indiquer les techniques de couverture que vous utilisez contre l'exposition de
transaction (utilisez une échelle allant de 1 à 7, où 1 signifie peu utilisée et 7 signifie très
utilisée).
Assurance crédit à
l'exportation 0 @ 6) 0 ~ @ e
Avance en devise 0 @ 6) 0 ~ @ e
Diversification internationale
de la localisation de la
production 0 0 @
Diversification internationale
des fournisseurs 0 0 @
Diversification internationale
de la provenance des emprunts 0 0 @
Facturation en
dollars canadiens 0 @ 6) 0 ~ @ e
Lettre de crédit 0 @ 6) 0 ~ @ e
Produits dérivés 0 @ 6) 0 ~ @ e
Synchronisation
des revenus et des dépenses 0 @ 6) 0 0 @ e
Termaillage 0 @ 6) 0 ~ @ e
Autre 0 @ 6) 0 ~ @ e
7. Si vous utilisez des produits dérivés pour couvrir l'exposition de transaction, veuillez
indiquer (par ordre d'importance) les trois produits dérivés les plus fréquemment utilisés.
1. _ _ _ _ _ __ 11. _ _ _ _ __ 111. _ _ _ _ __
7
8. Est-ce que vous vous couvrez contre l'exposition économique? Oui 0 Non 0
9. Veuillez indiquer les techniques de couverture que vous utilisez contre l'exposition
économique (utilisez une échelle allant de 1 à 7, où 1 signifie peu utilisée et 7 signifie très
utilisée).
Assurance crédit à
l'exportation 0 @ e) 0 0 (3 e
A vance en devise 0 @ e) 0 0 (3 e
Di versification internationale
de la localisation de la
production 0 0 (3
Diversification internationale
des fournisseurs 0 (3
Di versification internationale
de la provenance des emprunts 0 0 (3
Facturation en
dollars canadiens 0 @ e) 0 0 (3 e
Lettre de crédit 0 @ @) 0 0 (3 e
Produits dérivés 0 @ @) 0 0 (3 e
Synchronisation
des revenus et des dépenses 0 @ e) 0 0 (3 e
Termaillage 0 @ e) 0 0 (3 e
Autre 0 @ e) 0 0 (3 e
10. Si vous utilisez des produits dérivés pour couvrir l'exposition économique, veuillez indiquer
(par ordre d'importance) les trois produits dérivés les plus fréquemment utilisés.
1. _ _ _ _ _ __ n. _______ Ill _ _ _ _ _ __
8
D) Caractéristiques financières de l'entreprise
1. Veuillez indiquer dans quel intervalle se situait votre chiffre d'affaires durant la dernière
année financière (cochez une seule case).
2. Veuillez indiquer l'importance de votre chiffre d'affaires à l'étranger par rapport aux ventes
totales durant la dernière année financière (cochez une seule case).
o -20 % D 60.01 % - 80 % D
20.01 % - 40 % D 80.01 % - 100 % D
40.01 % - 60 % D
3. Veuillez indiquer l'importance de vos actifs à l'étranger par rapport au total des actifs durant
la dernière année financière (cochez une seule case) .
o -20 % D 60.01 % - 80 % D
20.01 % - 40 % D 80.01 % - 100 % D
40.01 % - 60 % D
4. Le ratio d'endettement est défini comme étant le total des dettes (à court terme et à long
terme) sur le total des actifs. Veuillez indiquer dans quel intervalle était compris votre ratio
d'endettement durant la dernière année financière (cochez une seule case).
o - 20 % D 60.01 % - 80 % D
20.01 % - 40 % D 80.01 % - 100 % D
40.01 % - 60 % D
5. Le ratio du fonds de roulement est défini comme étant le total de l'actif à court terme sur le
total du passif à court terme. Veuillez indiquer dans quel intervalle était compris votre ratio
du fonds de roulement durant la dernière année financière (cochez une seule case).
Dollar américain 0 @ @) 0 0 @ 8
Euro 0 @ @) 0 0 @ 8
Franc français 0 @ @) 0 0 @ 8
Mark allemand 0 @ @) 0 0 @ 8
Autres devises européennes
0 @ @) 0 0 @ 8
yen japonais 0 @ @) 0 0 @ 8
Autres devises asiatiques
0 @ $ 0 0 @ 8
Devises de l'Amérique du sud 0 @ $ 0 0 @ 8
Autre (précisez) 0 @ $ 0 0 @ 8
Canada %
États-Unis %
Amérique du sud %
Chine %
Japon %
Autre pays de l'Asie %
Afrique %
Europe de l'Est %
Europe de l'Ouest %
Océanie %
100 %
Nous vous remercions de votre collaboration. Le temps que vous avez passé
pour compléter ce questionnaire est grandemment précieux et très apprécié.
Vos réponses sont très importantes pour la poursuite de cette étude.
10
Lexique
Ce lexique cherche à vous fournir de plus amples informations quant aux différentes techniques
de couverture citées dans la partie C du questionnaire. Nous espérons qu'il vous aidera.
• L'assurance crédit à l'exportation est une assurance offerte par des organismes
d'assurances privés où publics qui couvre l'exportateur contre les risques commerciaux et
politiques inhérents aux activités d'exportation.
• L'avance en devise est une stratégie de couverture utilisée par une société qui consiste à
vendre à escompte, immédiatement au moment où un engagement financier est contracté,
ses comptes libellés en devises étrangères. Sur réception de la valeur escomptée des
comptes, la société peut les convertir en dollars canadiens.
• La lettre de crédit est un contrat financier par lequel une institution financière s'engage par
écrit à verser une certaine somme à un exportateur (bénéficiaire) dans un délai prescrit
contre remise de documents déterminés.
• Les produits dérivés sont des instruments financiers contractés auprès d'une institution
financière ou négociés sur un marché financier, dont les principaux sont les contrats à
terme (appelés future) sur les devises, les contrats à terme négociés (appelés forward) sur
les devises, les options sur les devises et les swaps sur les devises.
• La synchronisation des revenus et des dépenses consiste à compenser les entrées dans une
devise étrangère par des sorties dans la même devise, afin de réduire ou d'éliminer le solde
à convertir en dollars canadiens. Si le montant à recevoir en monnaie étrangère égale
exactement au montant à payer dans la même monnaie, alors la somme nette à convertir en
dollars canadiens est nulle et ainsi l'entreprise n'est plus exposée à cette monnaie
étrangère.