BREVET DE TECHNICIEN SUPÉRIEUR
CHIMISTE
Génie Chimique
SESSION 2013
Durée : 3 heures
Coefficient : 3
Matériel autorisé :
Sont autorisées toutes les calculatrices de poche y compris les calculatrices
programmables, alphanumériques ou à écran graphique à condition que leur
fonctionnement soit autonome et qu'il ne soit pas fait usage d'imprimante. (circulaire n° 99-
186 du 16/11/99).
Tout autre matériel est interdit.
Aucun document autorisé.
Documents à rendre avec la copie :
- Annexes 2 et 3 page 10/11.
Dès que le sujet vous est remis, assurez-vous qu’il est complet.
Le sujet comporte 11 pages, numérotées de 1 à 11/11.
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GÉNIE CHIMIQUE Code Sujet : 13-CHGEN-P Page 1 sur 11
FABRICATION DE BIODIESEL À PARTIR D'HUILE DE COLZA
I. PRINCIPE
I.1. Réaction de transestérification
Le biodiesel est devenu une solution de remplacement pour le carburant utilisé dans les
moteurs diesel. Il est obtenu à partir d'huiles végétales qui subissent une
transestérification quand elles réagissent avec le méthanol. On obtient ainsi des diesters
méthylés.
En France, l'huile de colza est la plus fréquemment employée pour cette production. Dans
un souci de simplification on assimile dans l'étude suivante l'huile de colza à son
constituant majoritaire, le trilinoléate de glycéryle.
La réaction suivante, supposée totale, permet d'obtenir le linoléate de méthyle qui sera
assimilé au biodiesel ainsi qu'un produit dérivé, le glycérol. Elle s'effectue à l'aide de
soude comme catalyseur.
H2C O CO C17H33 H2C OH
CH O CO C17 H33 + 3 CH3OH 3 CH3−O−CO−C17H33 + HC OH
H2C O CO C17 H33 H2C OH
trilinoléate de
linoléate de méthyle
glycéryle méthanol glycérol
(biodiesel)
(huile)
Pour éviter la saponification de l'huile, le milieu réactionnel ne doit pas contenir plus de
0,05 % d'eau.
I.2. Description du procédé continu
Le schéma de l'ANNEXE 1, page 9/11, montre la circulation des différents flux de matière
ainsi que les principaux appareils. Les pompes ainsi que certains échangeurs thermiques
ne sont pas représentés.
Après réaction dans le réacteur de transestérification K1, le mélange réactionnel (huile et
méthanol non consommés, soude, biodiesel et glycérol) va alimenter une colonne de
rectification D1.
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GÉNIE CHIMIQUE Code Sujet : 13-CHGEN-P Page 2 sur 11
Le distillat constitué de méthanol pur est recyclé. Le résidu est soumis à une extraction
liquide-liquide dans une colonne D2 en utilisant de l'eau pure comme solvant. Cette
colonne permettant la séparation du glycérol et du biodiesel comporte deux effluents.
- Le premier effluent contient majoritairement le biodiesel et l'huile non consommée
et en quantité moindre du méthanol, de l'eau et de la soude. Cet effluent alimente
un décanteur continu S1. La phase lourde constituée d'une solution aqueuse de
soude est envoyée à l'alimentation du mélangeur M1. La phase légère alimente une
colonne de rectification D3 dont le distillat est constitué de biodiesel pur constituant
la production.
Les vapeurs non condensées (biodiesel, méthanol et eau) sont évacuées au niveau
du condenseur E5 pour une élimination. En pied de colonne l'huile non transformée
est également dirigée vers une unité de traitement pour élimination.
- Le second effluent contient du méthanol, du glycérol, de l'eau et de la soude. Il est
dirigé vers un mélangeur M1 qui reçoit également la phase lourde du décanteur
continu S1. Une neutralisation a lieu dans un réacteur K2 à l'aide d'acide
phosphorique. A la sortie du réservoir, un séparateur solide-liquide S2 permet
l'élimination du phosphate de sodium. Le mélange liquide constitué de glycérol,
d'eau et de méthanol est alors traité dans une colonne de rectification D4 où la
séparation permet d'obtenir en tête de l'eau et du méthanol et en pied du glycérol et
de l'eau. Les deux effluents sont stockés avant une étape de séparation.
I.3. Indications techniques
Le réacteur continu K1 est constitué d'une cuve munie d'une agitation et d'une double
enveloppe où circule de la vapeur à 5 bar pour le chauffage à reflux. Il est surmonté d'un
condenseur qui est un échangeur tubulaire horizontal E6. La réaction s'effectue dans le
réacteur à 60 °C sous une pression régulée à 4 bar qui est également la pression
d'introduction des réactifs. La régulation de pression est réalisée au niveau de la sortie
des incondensables de l'échangeur E6.
Une alimentation est constituée par l'huile qui est envoyée dans le réacteur avec une
pompe centrifuge P1 après passage dans un échangeur tubulaire E1 où sa température est
portée à 60 °C avec de la vapeur comme fluide de chauffage. Le débit d'alimentation est
régulé.
Une pompe centrifuge P2 permet l'introduction d'une solution méthanolique de soude
venant d'un mélangeur (à ne pas représenter). Cette solution est mélangée en ligne après
la pompe avec le méthanol recyclé de la colonne D1. Le débit total d'introduction est régulé
en fonction du débit d'huile. La solution pénètre à une température de 27 °C dans le
réacteur
Le soutirage du milieu réactionnel s'effectue par le fond du réacteur en conservant un
niveau constant. Un écoulement par gravité conduit le mélange au premier tiers inférieur
de la colonne à garnissage D1 où une rectification continue sous pression réduite
s'effectue sous une pression absolue de 0,2 bar.
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En tête de colonne un échangeur tubulaire horizontal E2 permet la condensation des
vapeurs avec une saumure comme fluide froid. La régulation de pression s'effectue au
niveau de la sortie des incondensables. Un petit réservoir de reflux R1 placé sous
l'échangeur recueille les condensats : une partie est renvoyée comme reflux dans la
colonne avec un débit constant. L'autre partie, le distillat qui est constitué de méthanol pur,
est renvoyée au refoulement de la pompe P1 avec une pompe centrifuge P4. Le niveau
doit être régulé dans le réservoir de reflux.
En pied de colonne un échangeur tubulaire vertical E3 monté en thermosiphon est
alimenté par de la vapeur dont le débit est asservi à la pression différentielle de la
colonne. Tout en maintenant un niveau de liquide constant au fond de la colonne, le résidu
à 120 °C est conduit par l'intermédiaire d'une pompe centrifuge P3 au bas de la colonne à
garnissage D2 après refroidissement dans un échangeur tubulaire E4 à une température
de 50 °C.
II. SCHÉMA
Représenter, à l’aide des normes fournies, la partie de l’installation correspondant à la
réaction de transestérification dans le réacteur K1 et à la rectification dans la colonne D1.
Les appareils S1, S2, K2, M1, D2, D3 et D4 ne sont pas à représenter.
Respecter les règles de sécurité tout en assurant le bon fonctionnement de l’installation.
trilinoléate linoléate
méthanol glycérol
de glycéryle de méthyle
Température
> 200 °C 65 °C 290 °C > 200 °C
d'ébullition à Patm
Le méthanol est un composé toxique et inflammable.
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III. EXERCICES
Les différentes parties 1., 2. et 3. sont indépendantes.
1. Réaction de transestérification
C57H104O6 + 3 CH4O 3 C19H36O2 + C3H8O3
trilinoléate de linoléate de
glycéryle méthanol méthyle glycérol
(huile) (biodiesel)
1.1. Bilan matière du réacteur K1
A l'aide des données, répondre aux questions suivantes.
1.1.1. Calculer les débits molaires en trilinoléate de glycéryle, en soude (catalyseur) et en
méthanol à l'entrée du réacteur.
1.1.2. Calculer les débits molaires en trilinoléate de glycéryle, en soude, en méthanol, en
glycérol et en biodiesel à la sortie du réacteur.
1.1.3. Compléter le tableau en ANNEXE 2, page 10/11 (à remettre avec la copie).
Données :
trilinoléate linoléate de
de glycéryle méthanol soude méthyle glycérol
(huile) (biodiesel)
masse molaire
885,5 32 40 296,5 92
(g.mol-1)
trilinoléate de
soude
glycéryle (huile)
débit massique à
l'entrée du réacteur 1050 10
(kg.h-1)
débit molaire méthanol
Le rapport molaire à l'entrée du réacteur est fixé à 6 pour optimiser le
débit molaire huile
rendement.
Le taux de conversion τ du trilinoléate de glycérol (huile) est de 95 %. Il est défini par la
relation suivante :
débit molaire huile consommée
τ=
débit molaire huile introduite
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1.2. Bilan thermique du réacteur K1
La réaction de transestérification peut être considérée comme athermique.
L'huile est introduite à une température de 60 °C. La solution méthanolique de soude
pénètre dans le réacteur à une température de 27 °C.
La température est maintenue à 60 °C à l'intérieur du réacteur à l'aide d'une double
enveloppe dans laquelle circule de la vapeur sous une pression absolue de 5 bar.
Cet apport d'énergie permet d'une part de chauffer la solution méthanolique de soude à
son entrée dans le réacteur de 27 à 60 °C et d'autre part de compenser les pertes
thermiques qui sont estimées à 10 % de la puissance thermique fournie par la vapeur.
On admet que le débit volumique de la solution méthanolique est de 0,280 m3.h-1.
1.2.1. Calculer la puissance thermique nécessaire pour le chauffage de la solution
méthanolique.
1.2.2. Calculer la puissance thermique que doit fournir la vapeur circulant dans la double
enveloppe pour maintenir à 60 °C la température du réacteur.
1.2.3. En déduire le débit massique de vapeur nécessaire.
Données :
solution méthanolique
capacité calorifique
2,48
massique (kJ.kg-1.K-1)
densité 0,830
eau :
θ : température d'ébullition de l'eau en °C
P : pression absolue en bar
∆H v0 : enthalpie standard de vaporisation en kJ.kg-1
4
θ
P = ∆Hv0 = 2535 − 2,9 × θ
100
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2. Alimentation de la colonne d'extraction
2.1. Détermination de la puissance de la pompe centrifuge
La pression absolue s'exerçant au dessus du liquide en pied de colonne D1 est de
300 mbar. Une pompe centrifuge permet le transfert du résidu de la colonne D1 au pied de
la colonne D2 fonctionnant sous une pression absolue de 1,01 bar.
Le débit du fluide transporté est régulé à 1,3 m3.h-1. La pompe est montée en charge et
placée à 2,0 m sous le niveau du liquide dans D1. L'introduction s'effectue dans la colonne
D2 à une hauteur de 5 m au-dessus de la pompe.
2.1.1. Calculer la vitesse de circulation du liquide dans la canalisation.
2.1.2. Calculer la perte de charge totale du circuit.
2.1.3. Déterminer la hauteur manométrique totale nécessaire pour la pompe en
négligeant les termes cinétiques.
2.1.4. En considérant un rendement de 60 %, calculer la puissance électrique à fournir à
cette pompe.
2.1.5. En déduire le coût journalier du fonctionnement de cette pompe en admettant que
le prix du kWh est de 0,10 Euro.
Données :
Masse volumique de la solution : ρ = 905 kg.m-3
circuit d'aspiration circuit de refoulement
Longueur réelle L
6,0 15,0
de canalisation (m)
Longueur équivalente
de canalisation Leq (m) 3,0 8,0
(due aux accidents)
Diamètre D (mm) 16,0 16,0
Accélération de la pesanteur : 9,81 m.s-2
Coefficient de perte de charge: λ = 0,023
2 ( L + L eq )
Calcul de la perte de charge J (m de liquide) : J =λ⋅v ⋅
2g D
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2.2. Incident de fonctionnement sur l'alimentation
L'ANNEXE 3, page 10/11, montre l'allure des deux courbes caractéristiques du système
pompe – circuit hydraulique :
- courbe caractéristique de la pompe
- courbe caractéristique du réseau
Les questions suivantes ne nécessitent aucun calcul.
2.2.1. Identifier clairement les deux courbes sur l'ANNEXE 3 (à remettre avec la copie).
2.2.2. Donner l'allure de la nouvelle courbe de réseau en cas d'une augmentation de la
perte de charge du circuit due à un encrassement de l'échangeur E4.
2.2.3. En déduire sur le graphique le nouveau point de fonctionnement et indiquer la
conséquence pour l'alimentation de la colonne D2.
3. Purification du biodiesel
Pour cette étude on peut simplifier le procédé de purification par le schéma suivant en
ANNEXE 4, page 11/11. La soude et l'acide phosphorique ne sont pas pris en compte.
Les différents flux de matière et la nature des composés présents sont indiqués. On notera
qu'un faible débit d'eau est suffisant pour réaliser l'extraction.
3.1. Indiquer, en justifiant, le composé chimique que l'on souhaite extraire par l'eau dans
la colonne D2.
3.2. Calculer les débits massiques de F4, F7 et F5.
3.3. Calculer les débits massiques de F9 puis F8.
3.4. En déduire le titre massique en méthanol des vapeurs non condensées dans E5.
4. Etude récapitulative du procédé
4.1. Calculer le rendement en biodiesel sur l'ensemble du procédé.
4.2. Calculer la quantité d'énergie produite par la combustion du biodiesel à partir de
1,0 kg.h-1 d'huile traitée dans l'installation.
Données
∆H C0 (enthalpie standard de combustion de 1 kg de biodiesel) : 4 x 104 kJ.kg-1
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ANNEXE 1
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ANNEXE 2 (à remettre avec la copie)
ENTRÉE DU RÉACTEUR SORTIE DU RÉACTEUR
débit massique débit molaire débit massique débit molaire
kg.h-1 mol.h-1 kg.h-1 mol.h-1
trilinoléate de glycéryle
1050
(huile)
méthanol
glycérol
linoléate de méthyle
(biodiesel)
soude 10
ANNEXE 3 (à remettre avec la copie)
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ANNEXE 4
Pour chaque flux de matière, on précise la nature des différents composés qui le
constituent.
Les débits massiques F1, F2 … F9 correspondent chacun au débit total du flux de
matière.
On a indiqué la composition des deux flux de matière à la sortie de la colonne D4.
Elle est exprimée en titres massiques.
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