Lancé à l’initiative du Roi Mohammed VI, ce programme a connu
l’adhésion de toutes les banques commerciales dont la nouvelle offre sera
greffée sur celle conçue par la Caisse centrale de garantie.
Il s’appuie sur le Fonds de soutien à l’entrepreneuriat créé dans le cadre de la
loi de finances 2020 et doté initialement de 6 milliards de DH sur 3 ans (3
MMDH apportés par les banques et autant par l’Etat), avant que le Fonds
Hassan II ne soit mis à contribution avec 2 milliards de DH supplémentaires,
en faveur du monde rural.
Au total, 8 milliards de DH serviront donc à garantir les crédits qui seront
octroyés par les banques et dans une moindre mesure à co-financer les
bénéficiaires du programme. L’effet de levier est de 6 à 7, ce qui veut dire
que les crédits à octroyer peuvent atteindre 56 milliards de DH, soit 14% de
l'encours de crédits actuel des entreprises. La population cible s’élève à près
d’un million de personnes.
Selon les banques participantes, les nouvelles offres seront disponibles dans
les réseaux d’agences à partir de ce mardi 4 février. Mais le
déploiement sera progressif. De même, le processus d’accueil, de traitement et
de déblocage sera rodé au fur et à mesure de la mise en œuvre.
En tous les cas, les banques promettent une réponse au bout de 3
semaines maximum, à compter de la date du dépôt d’un dossier de
demande
complet. Et pour plus de célérité, l’octroi de la garantie de la CCG a été délégué
aux banques.
Aucune garantie personnelle ne sera exigée des emprunteurs, en dehors
des garanties liées au projet à financer (matériel, foncier…).
Les choses vont vite après l’appel du Roi aux banques de s’impliquer
davantage dans le développement économique et pour les jeunes et
l’emploi.
Comme nous l’annoncions dans un précédent article, les réunions se sont
succédé entre le ministère des finances, Bank Al-Maghrib et le groupement
professionnel des banques du Maroc, au lendemain du discours royal
d’ouverture du Parlement, pour mettre en œuvre les orientations du Roi.
Les banques ont prévu de lancer le programme spécial de financement des
jeunes et des TPME à compter du 1er janvier 2020. Etant une clientèle risquée,
un tel programme ne pourrait fonctionner sans une garantie étatique.
Mohamed Benchaâboun a prévu cette garantie dans le projet de loi de finances
2020. Celui-ci crée un nouveau compte spécial du Trésor intitulé « Fonds
d’appui au financement de l’entrepreneuriat ».
Le fonds ne fera pas que de la garantie et sera alimenté par plusieurs parties
Et ce fonds ne fera pas que de la garantie. Ses attributions sont plus larges.
« En vue de permettre la comptabilisation des opérations d’appui au
financement de l’entrepreneuriat à travers les dispositifs de garantie, de
financement, de capital investissement et d’assistance technique, mis en place
par l’Etat au profit des TPE, des PME, des jeunes porteurs de projets et jeunes
entreprises innovantes et des auto-entrepreneurs, il est créé, à compter du 1er
janvier 2020, un compte d’affectation spécial… », peut-on lire sur le document
du PLF 2020.
Le fonctionnement de ce Fonds montre que tout le monde mettra la main à la
poche dans le cadre de conventions à mettre en place. Etablissements de
crédits, collectivités territoriales, établissements et entreprises publics,
organisations et institutions internationales…, tous contribueront à alimenter
ce fonds.
Une première dotation de 2 milliards de DH dont 1 milliard à partir du Budget
général de l’Etat est prévue dans le PLF 2020.
Ce dernier alimentera notamment la Caisse centrale de garantie, des
organismes publics ou privés au titre du financement, du capital
investissement ou de l’assistance technique
Le secteur bancaire
engagé pour l’appui et
le financement des
jeunes porteurs de
projets et des PME
INVESTISSEMENT – Le président du Groupement Professionnel
des Banques du Maroc (GPBM), Othman Benjelloun a souligné, le
27 janvier 2020 à Rabat, l’engagement du secteur bancaire à
demeurer «mobilisé» pour la réussite et la pérennisation d’un
dispositif «spécial, rénové et harmonisé» d’appui et de
financement des jeunes porteurs de projets et des PME.
Cet engagement du secteur bancaire conformément aux orientations et
directives contenues dans le discours fondateur prononcé par SM le Roi
Mohammed VI le 11 octobre 2019 devant les membres des deux
Chambres du Parlement.
Détaillant les contours de ce dispositif, lors d’une allocution prononcée
devant SM le Roi au Palais Royal de Rabat, à l’occasion de la cérémonie
de présentation du «Programme intégré d’appui et de financement des
entreprises» et de signature des conventions y afférentes, Benjelloun a
assuré que le secteur bancaire s’engage à contribuer à hauteur de 3
milliards de dirhams, a parts égales entre le secteur bancaire et l’Etat, au
«Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat».
Il a fait état, en ce sens, de l’engagement des banques à mettre au
service des jeunes porteurs de projets et des PME «tout
l’accompagnement dans la durée qu’ils requièrent, en termes de
proximité, d’écoute, d’assistance à la structuration, de formation ou de
conseil, dans tous les secteurs économiques et toutes les régions du
Royaume».
Les banques prennent l’engagement que les produits offerts aux jeunes
seront «simples d’accès et d’utilisation, grâce à des procédures allégées
de constitution et de garantie, bénéficiant d’une gratuité, au départ, des
frais de constitution des dossiers ainsi que de faibles taux d’intérêt, grâce
à un taux de refinancement privilégié consenti aux banques par Bank Al
Maghrib», a indiqué Benjelloun.
Les banques s’engagent aussi à ce que «les délais de réponse aux
entrepreneurs ne dépassent pas trois semaines», a détaillé Benjelloun,
soulignant que ces délais seront d’autant plus facilités que les banques se
verront confier par la Caisse centrale de garantie la délégation d’octroi de
garantie pouvant atteindre jusqu’à 80% du montant du crédit.
Les entrepreneurs verront leur accès élargi aux différents guichets
bancaires et aux services financiers en général, grâce à un plus grand
maillage des localités non encore desservies, grâce aux outils
technologiques tels que le Mobile Banking, ainsi qu’à la , a-t-il assuré.
La réussite de ce dispositif réside, selon le président du GPBM, tout
autant dans l’accompagnement individuel mené aux niveaux local,
régional et national, par les Centres Régionaux d’Investissement, la
Caisse Centrale de Garantie et l’Agence Maroc PME, soulignant que la
communauté bancaire «continuera de promouvoir des actions de
développement durable dans les domaines de l’éducation et de la
protection de l’enfance, de la préservation de l’environnement, de la
culture, de l’art et du sport».
Benjelloun a réitéré l’engagement que le secteur bancaire «demeurera
mobilisé pour la réussite et la pérennisation de ce dispositif majeur», au
bénéfice de ce qui représente l’essentiel du tissu productif économique
marocain, «un gisement important de créations d’emplois et de
génération de revenus, ainsi que d’inclusion du secteur informel au sein
de l’économie».
Le HCP a publié les principales caractéristiques du marché du travail en 2018.
Dans la partie réservée à la population au chômage, la situation des jeunes
retient l’attention.
En 2018, le Maroc comptait 1,17 million de chômeurs sur une population
active de 11,98 millions de personnes, soit un taux de chômage de 9,8%.
Sur le 1,17 million de chômeurs, 65,7% sont des jeunes âgés de 15 à 29
ans, soit une population de près de 767.400 personnes.
Ces jeunes, en situation de recherche de travail, s’ajoutent à ceux qui ne
sont ni en emploi, ni en éducation, ni en formation. Le HCP ne donne
pas de chiffres sur cette catégorie mais dans ses précédentes publications, il
indique qu’elle représente 28% des jeunes.
Une situation inquiétante, surtout en milieu urbain. Le 1,17 million de
chômeurs sont en effet surtout citadins avec une part de 85%, soit 990.000
personnes. Le HCP n’indique pas non plus la part des jeunes chômeurs citadins
dans le total du chômage des jeunes mais ils en représentent naturellement la
grande majorité.
Notons que le taux de chômage des diplômés est globalement élevé : 19,1%. Le
chômage des jeunes citadins diplômés, non précisé, est forcément
beaucoup plus élevé.
Les bénéficiaires du projet seront des jeunes femmes et des
jeunes hommes qui ne sont actuellement ni au travail, ni à
l’école, ni en formation (NEET) mais également de jeunes
entrepreneurs en herbe ou des entités de petite et moyenne taille
opérant dans des chaînes de valeur ayant un fort potentiel de
croissance. Le projet ouvrira des « guichets uniques » pour offrir
des services d’orientation professionnelle et une formation
continue dans les sept provinces de la région et dans la
préfecture de Marrakech. Gérés par l’Agence nationale de
promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC), ces
espaces auront vocation à renforcer les synergies entre les
programmes nationaux existants, le secteur privé et les autorités
publiques concernées dans le but d’identifier les besoins des
agents privés locaux et d’impartir aux jeunes les compétences et
les informations dont ils ont besoin pour accéder à ces
débouchés et maximiser les opportunités.
"Or, la vocation même de ce programme, sa large ambition et le fait qu’il
cible essentiellement les petites entreprises et les jeunes porteurs de
projet requièrent de baisser ces taux de façon significative. La fixation du
taux doit être de nature à contribuer à promouvoir l'entrepreneuriat, à
créer de l’emploi et à marquer progressivement une rupture dans la
perception et dans les mentalités en rapport avec le crédit bancaire",
ajoute le communiqué.
Il faut savoir que dans le cadre de ce programme, le secteur bancaire sera
appuyé par plusieurs mesures telles que le relèvement du taux de la
garantie du CCG à 80% ou encore la mise en place d’un mécanisme de
refinancement illimité de la part de Bank Al-Maghrib et l’application par
cette même institution d’un taux préférentiel (1,25% contre un taux
directeur de 2,25%).
De plus, le Roi a donné ses instructions pour que le Fonds Hassan II
mette à la disposition du Fonds d'appui au financement de
l'entreprenariat un montant de 2 Milliards de DH sans intérêts, destiné au
monde rural, soit le quart du montant global du fonds, en vue d’obtenir
des taux encore plus préférentiels pour ce segment.
De ce fait et au cours de cette audience, "Sa Majesté Le Roi a fortement
émis le souhait que le taux d’intérêt soit au-dessous de 2%, afin que ce
programme soit réaliste et qu’il impacte positivement les populations et
catégories ciblées. "Répondant aux vœux du Souverain, le secteur
bancaire a plafonné à 2% le taux d'intérêt des crédits qui seront accordés
aux bénéficiaires de ce
programme, ce qui représente le plus bas taux jamais appliqué au Maroc",
précise le communiqué.