C.E.T.E.
Nord Picardie
Intervenant : Bruno KERLOC’H
ABAQUES DE DIMENSIONNEMENT
HYDRAULIQUE DES PETITS OUVRAGES
(document R.A.R. annexe 6)
E.N.T.E Valenciennes
Techniciens Supérieurs de l’Equipement
Domaine Infrastructures - partie Assainissement
0
ABAQUES DE DIMENSIONNEMENT HYDRAULIQUE
DES PETITS OUVRAGES
1-Rappels hydrauliques
Abaque 1 : Canaux trapézoïdaux dalots (m = 0), détermination de la hauteur
d’eau normale (hn)
Abaque 2 : Canaux trapézoïdaux dalots (m =0), détermination de la hauteur
critique (hc)
2-Buses-arches, passages, arches.
Abaque 3 : buses-arches, détermination de yn
Abaque 4 : buses-arches, détermination de yc
Abaque 5 : buses-arches, détermination de S (section mouillée)
3-Buses circulaires.
Abaque 6 -7 : Buses en béton de 0,40 à 1,50 m de diamètre, contrôle amont
Abaque 8 : Buses en béton de 1,80 à 4,50 m de diamètre, contrôle amont
Abaque 9-10 : Buses métalliques circulaires de 0,45 à 1,80 m de diamètre,
contrôle amont
Abaque 11 : Buses métalliques circulaires de 2,10 à 4,60 m de diamètre,
contrôle amont
1
1-Rappels hydrauliques
Mouvement uniforme, hauteur normale
En régime permanent, un mouvement est dit uniforme lorsque la pente, la section transversale de
l’ouvrage et la vitesse du fluide sont constantes.
La surface libre et le fond de l’ouvrage sont alors parallèles.
La hauteur d’eau peut être calculée par une formule de régime uniforme du type MANNING-
STRICKLER. La hauteur d’eau déterminée à partir d’une relation de mouvement uniforme est dite
hauteur normale.
Mouvement varié
Dès que la section transversale, dans sa forme ou sa rugosité change, le mouvement est dit varié, soit
brusquement soit graduellement suivant la rapidité de variation des caractéristiques hydrauliques. Les
relations à employer sont alors différentes.
Régimes
Théorème de BERNOUILLI : dans une section donnée, la charge H par rapport à un plan horizontal
de référence s’écrit (sans tenir compte des pertes de charges) :
V2
H = z + y + 2 g = Cte
z : cote du fond
y : hauteur d’eau
V : vitesse de l’eau
g : accélération de la pesanteur
A partir du fond de la section pris
comme référence, la charge H
s’écrit :
V2
H = y + 2g
et prend le nom de charge
spécifique Plan de référence
Variation de la charge spécifique en fonction de la hauteur d’eau (y) pour un débit (Q) constant
La charge spécifique s’écrit
Q2 Q
H=y+ V=
2 g. S 2 S
S étant la section de l’écoulement, la charge spécifique est minimale pour une hauteur d’eau yc, appelée
Q . LL
2
hauteur critique, racine de l’équation : 1 où LL est la largeur libre de l’écoulement.
g. S
3
2
A gauche de yc, la hauteur de l’écoulement Régime
torrentiel
Régime
fluvial
est faible par rapport à la hauteur critique yc
H
et la vitesse importante : le régime est dit Q = Cte
torrentiel.
A droite de yc, la vitesse est faible et la H
hauteur d’eau importante : le régime est fluvial.
V2
Notons que pour une charge H donnée, une perte Hc
2g
de charge se traduit en régime fluvial par un 45 y
abaissement de la ligne d’eau et, en régime
torrentiel, par une augmentation de la hauteur d’eau. yc y
Variation du débit en fonction de la hauteur d’eau (y) pour une charge spécifique (H) constante
Pour une charge constante, le débit d’un ouvrage en
écoulement à surface libre est maximal pour la hauteur d’eau y
critique yc.
y H = Cte
Pour une charge donnée à l’entrée, la capacité de débit de y1
l’ouvrage, s’il peut fonctionner en régime torrentiel, sera donc Régime
fluvial
au plus égale au débit critique. yc yc
Régime
L’ouvrage ne peut débiter plus que ce qu’il peut absorber : sa torrentiel
capacité n’est plus fonction de sa pente dès que celle - ci est
y2
supérieure à la pente critique. D’où le danger de dimensionner
des ouvrages avec une formule de régime uniforme où, en
augmentant la pente, on augmente le «débit capable» calculé
O Q
alors que le «débit capable» réel reste constant dès que l’on a Q QC
atteint la pente critique.
Contrôle amont.,contrôle aval
Si l’écoulement dans l’ouvrage peut s’établir en régime torrentiel, c’est - à - dire si l’écoulement peut
se faire avec une hauteur voisine de la hauteur critique, la capacité de l’ouvrage est directement fonction
de la charge spécifique disponible à l’amont. On a vu que dans ce cas ce sont les conditions à l’entrée de
l’ouvrage qui déterminent sa capacité. On dit que l’ouvrage fonctionne en contrôle amont. Une
perturbation à l’aval ne peut remonter la ligne d’eau (caractéristique du régime torrentiel).
Si l’écoulement est fluvial, ce sont les conditions aval ainsi que la perte et la rugosité de l’ouvrage qui
déterminent le débit capable. L’ouvrage fonctionne en contrôle aval. En contrôle aval, la ligne d’eau
dans l’ouvrage et donc à l’amont de celui-ci peut être influencée par le niveau de l’eau à l’aval de
l’ouvrage.
Il est donc essentiel de connaître le régime dans l’ouvrage et son mode de fonctionnement.
3
- Abaque 1 : Canaux trapézoïdaux dalots (m = 0), détermination de la
hauteur d’eau normale (hn)
10
Q en m3 / s
9 calculer N = Q avec l et h en m
8 K p 1/2 l 8/3 p en m / m
X
déterminer m ( dalots rectangulaires m = 0 )
7 hn
lire x sur l'abaque
6 en déduire hn = l
x h
O
mh
5 m = cotg O l
S = hn ( l + m hn )
4
m = 0 (canal rectangulaire)
3 3
2 m = 3
2
m = 2,5
1.5 1.5
m = 2
m = 1,5
m = 1
m = 0,5
1
0.9 0.9
0.8 0.8
0.7 0.7
0.6 0.6
0.5 0.5
0,02 0,03 0,04 0,05 0,1 0,2 0,5 1 2 3 4 5 10
Q
N =
K p1/2 l 8/3
- Abaque 2 : Canaux trapézoïdaux dalots (m = 0), détermination de la
hauteur critique (hc)
10 2
calculer N= Q avec Q en m3 / s
9
gl5 l et h en m
8 g 10 m. s -2
déterminer m ( dalots m = 0 )
7 hc
lire x sur l'abaque
x
6
en déduire hc = l h O
x mh
5
l
4
3 3
2 m=3 2
m = 2,5 m=2
m = 1,5
1,5 m=1 1.5
m = 0,5
1 1
0,9 0.9
0,8 0.8
m = 0 ( canal rectangulaire )
0,7 0.7
0,6 0.6
0,5 0.5
0,001 0,005 0,01 0,05 0,1 0,5 1 5 10
2
N= Q
g l5
-4
[Link]. Arches
Abaques 3,4 et 5
Détermination des hauteurs d’eau normales et critiques de la section de l’écoulement.
Pour utiliser ces abaques, il est nécessaire de calculer, à partir des caractéristiques de l’ouvrage
choisi, des paramètres sans dimension.
La forme des buses-arches et passages a été ici
assimilée à un demi-cercle surmontant une demi-
ellipse.
L’erreur par rapport à la section réelle est très faible
dès que le taux de remplissage dépasse 0,50.
Po : portée de la buse-arche,
F : flèche de celle-ci,
Po
R= (différent du rayon hydraulique)
2
h
t
Taux de remplissage = F .
On définit le coefficient d’aplatissement l de la buse par la relation
R = F - R ( demi petit axe de l’ellipse) d’où l = Po R
l 2 F Po FR
- Buses circulaires : l = 1,
- Buses arches et passages : l varie de 1,25 à 5
- arches semi-circulaires : on admettra l = ¥.
Abaque 1 : détermination de yn (hauteur d’eau normale)
Q
Calculer 1 8 ; on en déduit tn sur l’abaque 3, et on obtient yn = tn x F.
K. p 2 . R 3
REMARQUES :
- La droite oblique indique la limite pratique du taux de remplissage en régime fluvial
(t »0,8)En effet, toute augmentation de débit au - delà de la valeur correspondant à
t » 0,8 et t = 1 risque de mettre l’ouvrage en charge ;
- Lorsque le coefficient d’aplatissement de la buse ne figure pas sur l’abaque le
tableau ci-après donne pour t = 0,75 les éléments facilitants l’interpolation.
On tracera la courbe correspondant au l le plus proche de celui de la buse, au
voisinage de la valeur t = 0,75.
- Si tn < 0,5 : essayer un ouvrage plus petit.
-5
Abaque 4 : détermination de yc (hauteur d’eau critique).
La procédure est la même que pour l’abaque 3 ; on calculera ici la valeur de
Q
R 5 / 2 . g ; D'où tc et yc = tc x F
Abaque 5 : détermination de S (section de l’écoulement) pour la hauteur d’eau (ou plus
simplement pour le taux de remplissage) déterminée précédemment.
Q
On en déduira la vitesse moyenne pour cette hauteur V = .
S
Eléments d’interpolation pour les abaques 3, 4 et 5 pour t = 0,75
l Q Q
S l Q Q
S
R . g 5/ 2
R . g
5/ 2
1 8 1 8
K. p 2
.R 3 R2 K. p 2
.R 3 R2
1,2 1,62 2,75 2,34 3,2 1,04 1,86 1,72
1,3 1,55 2,64 2,26 3,3 1,03 1,85 1,71
1,4 1,49 2,55 2,20 3,4 1,02 1,83 1,70
1,5 1,44 2,46 2,14 3,5 1,01 1,82 1,69
1,6 1,39 2,39 2,09 3,6 1,00 1,80 1,68
1,7 1,35 2,33 2,05 3,7 0,99 1,79 1,67
1,8 1,32 2,27 2,01 3,8 0,99 1,78 1,67
1,9 1,28 2,22 1,98 3,9 0,98 1,77 1,66
2,0 1,25 2,18 1,95 4,0 0,97 1,76 1,65
2,1 1,23 2,14 1,92 4,1 0,96 1,75 1,64
2,2 1,20 2,10 1,89 4,2 0,96 1,74 1,64
2,3 1,18 2,07 1,87 4,3 0,95 1,73 1,63
2,4 1,16 2,04 1,85 4,4 0,94 1,72 1,62
2,5 1,14 2,01 1,83 4,5 0,94 1,71 1,62
2,6 1,12 1,98 1,81 4,6 0,93 1,71 1,61
2,7 1,10 1,96 1,79 4,7 0,93 1,70 1,61
2,8 1,09 1,94 1,78 4,8 0,92 1,69 1,60
2,9 1,08 1,92 1,76 4,9 0,92 1,68 1,60
3,0 1,07 1,90 1,75 5,0 0,91 1,68 1,59
3,1 1,05 1,88 1,74
-6
- Abaque 3 : Buses-Arches, détermination de yn
=1
Qm/3 : débit de projet
Pm/m : pente de l'ouvrage
Kp 1/2 R 8/3
Rm : demi - portée = 1.25
K : coefficient de Manning Strickler
K = 35 buses métalliques
Q
K = 70 buses béton
= 1.5
1.5
= 1.75
=2
= 2.5
=3
= 3.5
=4
1 =5
=
8
0.5
0.25
0 0.30 0.40 0.5 0.75 1
-7
- Abaque 4 : Buses-Arches, détermination de yc
-8
- Abaque 5 : Buses-Arches, détermination de S (section mouillée)
=1
S en m2 R en m h
2.9 =
F
= 1.25
R2
S
2.8
2.7
= 1.5
2.6
2.5
= 1.75
2.4
=2
2.3
2.2
= 2.5
2.1 =3
2
=4
1.9
=5
1.8
1.7
1.6
=
8
1.5
1.4
1.3
1.2
1.1
0.9
0.8
0.7
0.6
0,25 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
8
0,3
-9
3-Buses Circulaires
Abaques 6 à 11
Les abaques 6, 7, 8 sont relatives aux buses en béton.
Les abaques 9, 10, 11 sont relatives aux buses métalliques circulaires.
Mode d’emploi
Calculer pour l’ouvrage choisi le rapport
L L m L L( m )
P m / m
ou
100 P P P(%)
On compare ce rapport aux nombres index figurant sur les deux courbes ( en plein et en tireté)
correspondant à chaque diamètre.
Trois cas peuvent se présenter :
L
1. £ index amont (courbe en trait plein).
100 P
La buse fonctionne en régime torrentiel, on lit la hauteur d’eau amont en se plaçant sur la
courbe en trait plein.
L
2. Index amont < £ index aval (courbe tireté).
100 P
La buse fonctionne en contrôle aval, mais il n’y a pas de réaction aval (h aval < hauteur
normale dans la buse). On se placera sur une courbe interpolée linéairement entre deux courbes
de l’abaque et on déterminera ainsi H amont.
L
3. > index aval .
100 P
La buse fonctionne en contrôle aval et ces abaques sont inutilisables. On procédera comme
pour les buses - arches et dalots, sachant que l’écoulement est fluvial dans la buse.
REMARQUES
- Les traits horizontaux pointillés indiquent pour chaque courbe les limites de précision à ne
pas dépasser. Ces limites se situent sensiblement à la hauteur d’eau amont égale à deux
diamètres (Ham = 2 Æ) ;
- L’écoulement doit être libre à la sortie de la buse (H aval < Æ) ;
- Ces abaques correspondent à des ouvrages de tête simples. Si l’on veut utiliser une tête
amont profilée, donc une hypothèse différente de celle des abaques, on pourra se reporter à la
méthodologie exposée pour les buses arches et dalots.
- 10
- Abaque 6 -7 : Buses en béton de 0,40 à 1,50 m de diamètre
Contrôle amont
BUSES EN BETON de 0,40 à 1,50 m de diamètre Controle amont
Mètres
Mètres
- 11
- Abaque 8 :[Link] béton de 1,80 à 4,50 m de diamètre,
Contrôle amont
- 12
- Abaque 9-10 :Buses métalliques circulaires de 0,45 à 1,80 m de diamètre,
Contrôle amont
BUSES METALLIQUES CIRCULAIRES de 0,45 à 1,80 m de diamètre Controle amont
Mètres
Mètres
- 13
- Abaque 11 : Buses métalliques circulaires de 2,10 à 4,60 m de diamètre
Contrôle amont
- 14
- 15