F Secteur
F Secteur
PATISSERIE-
VIENNOISERIES
Un secteur où les nombreux acteurs doivent s’adapter aux
nouveaux modes de consommation
Abstract
2
Table des matières
Abstract……………………………………………………………………………………………………2
Introduction………………………………………………………………………………………………4
III) Un secteur difficile d’accès qui constitue pourtant un vivier d’emplois considérable……21
A) Un secteur difficile à pénétrer et qui demande un investissement considérable………………………21
B) Un secteur qui recrute mais qui souffre pourtant d’une crise des vocations…………………………….24
C) Mieux choisir ses matières premières pour s’inscrire pleinement dans une optique de
développement durable………………………………………………………………………………………………….............26
D) Un savoir-faire français dont les pays étrangers sont particulièrement friands……………………….28
IV) Une profession très réglementée et représentée par un grand nombre d’institutions…….29
A) Un secteur sans cesse sous contrôle afin de garantir la santé publique……………………………………29
B) Du fait de son importance, c’est un des secteurs les plus représentés syndicalement,
institutionnellement et politiquement…………………………………………………………………………………………30
Conclusion…………………………….………………………….…………...…………………..…….46
Sitographie………………………………………………………………………………………………47
3
Introduction
Ces produits occupent une place de prédilection dans la culture gastronomique française et
rayonnent depuis plusieurs années dans le monde entier. Fort de son image de luxe et d’art de vivre,
ce savoir-faire s’exporte à merveille sur l’ensemble du globe Ainsi, en 2012, la boulangerie-pâtisserie
française a réalisé 10% de son chiffre d’affaire grâce à l’exportation et prêt de 215 000 tonnes de
pain ont été exportées soit une augmentation de 5% par rapport à l’année précédente. De nouveaux
marchés ouvrent leurs portes grâce au développement des pays émergents qui voient le pouvoir
d’achat de leur population augmenter. L’année dernière, la consommation de pain a augmenté de
prêt de 3% en Asie. Le marché asiatique est devenu en quelques années la cible des grands
industriels français mais également de quelques artisans. Des mastodontes tels que « Pomme de
Pain » tentent de poursuivre leur implantation en Afrique du Nord alors que le « Grenier à pain »
s’implante en Chine, au Japon et au Vietnam. Certains petits artisans connaissent un succès
incroyable et se développent de façon vertigineuse à l’étranger. C’est le cas de Pierre Hermé, déjà
bien implanté en France, qui a ouvert des boutiques dans de nombreux pays comme le Qatar, Hong-
Kong ou les Emirats Arabes Unis.
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I) Les acteurs qui composent le
marché : entre fabrication
traditionnelle et industrialisation
de la production
Composition du secteur
boulangerie-viennoiserie-pâtisserie
Boulangeries
2% 16%
Pâtisseries
12%
Boulageries ou pâtisseries
70% industrielles
Dépôt de pains
5
Les boulangeries et pâtisseries artisanales
L’activité d’une boulangerie consiste à vendre au détail des pains, pains spéciaux,
viennoiseries, pâtisseries, glaces et des produits vendus en l’état. Une boulangerie artisanale
pétrie, façonne et cuit son pain elle-même et dans ses locaux. En zones rurales, certains
boulangers font du portage, c’est-à-dire livrent leurs produits chez l’habitant. Il arrive aussi,
toujours en zone rurale, que certains boulangers effectuent des dépôts de pains chez
d’autres commerçants. De plus en plus d’artisans proposent un service de restauration sur
place. Les artisans boulangers panifient chaque année 1,7 millions de tonnes de farine.
On pourrait penser qu’il s’agit d’un secteur très masculin car le travail y est très
physique. Or la répartition homme-femme est quasi-parfaite. En effet, on constate que les
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salariés sont à 51% des femmes, elles s’occupent pour la plupart des points de vente. 49%
sont des hommes, ils sont en charge pour la plupart de la fabrication du pain.
Le secteur BVP est un secteur très jeune, l’âge moyen des femmes est de 33,6 ans et 30,2
ans pour les hommes. Cette jeunesse s’explique par le fait que ce secteur embauche
beaucoup d’apprentis.
Même si ce secteur emploie beaucoup de travailleurs et qu’il existe plus de 30 000
entreprises, la plupart des entreprises emploient peu de salariés. En effet, 77% des
boulangeries-pâtisseries emploient moins de 6 salariés.
10% 0,07
5% 0,01 0
0%
0 1À2 3À5 6À9 10 À 19 20 À 49 50
SALARIÉS SALARIÉS SALARIÉS SALARIÉS SALARIÉS SALARIÉS SALARIÉS
ET +
Chaque année se sont 1 000 boulangeries qui sont créées et 2 000 qui sont reprises.
Il existe trois centres principaux de dépenses pour une boulangerie-pâtisserie :
- la masse salariale
- les matières premières
- les charges externes (loyer, impôts, énergies, emballages…)
7
Principales charges
25%
Masse salariale
8
Il y a les grandes surfaces, tel que Carrefour, Leclerc, Auchan… Ces dernières
contrôlent 25% de la production et distribution de pain. Les produits sont fabriqués durant la
nuit dans des usines appartenant à l’enseigne ou par des sous-traitants. Livrés au petit
matin, les produits sont cuits par des salariés qui n’ont, pour la plupart, aucune qualification
dans le domaine. Ce mode de fonctionnement permet d’éviter les étals vides ou de faire
attendre les clients. Grâce à la surgélation des produits, les magasins peuvent cuire les
aliments à toutes heures de la journée, et ainsi ravitailler les étals. Les produits vendus sont
de plus en plus nombreux, la gamme de produit est sans cesse élargie. Ces entreprises
tentent de séduire le plus grand nombre et au moindre prix. En effet, la centralisation de la
production, permet aux grandes surfaces de faire des économies d’échelles. Ces grands
distributeurs n’essayent pas de concurrencer les boulangeries artisanales sur la qualité du
produit, ils ne cachent pas la provenance de leurs pains, pâtisseries et viennoiseries. Ils
misent sur le large choix de produits à bas prix qu’ils proposent, même si la qualité est
moindre, ils rendent abordables des produits qui ne l’étaient pas pour certaines personnes.
Cependant, il est important de noter que la qualité des produits se rapproche toujours un
peu plus de celle des produits artisanaux.
9
légitime ce positionnement. Mais il ne faut surtout pas que les clients se rendent compte
que les produits sont fabriqués de manière industrielle. C’est pourquoi des « artifices » sont
utilisés afin que le client ne se pose pas trop de questions : décorations d’entant, produits
traditionnels, mise en avant de la tradition française… Tout est fait pour renvoyer à
l’artisanat traditionnel. Le client oublie qu’il s’agit de grandes chaînes qui comptent des
dizaines voire des centaines de magasins. Ce genre de point de vente veut se différencier des
fast-foods, en se positionnant en tant que défenseurs du slow-food. Ils prônent des produits
de qualités et sains pour le corps. De plus en plus de français n’hésitent donc plus à déserter
les boulangeries traditionnelles pour se rendre dans ce genre d’établissements.
11
restent les supermarchés et hypermarchés, elles fournissent aussi les collectivités et
restauration rapide, les terminaux de cuisson et enfin les hôtels-restaurants.
10% Hôtels-restaurants et
14%
boulangeries artisanales
Supermarchés et
hypermarchés
22%
Collectivités et restauration
rapide
54% Terminaux de cuisson
12
Parts de marché de la
production/distribution de pain
Boulangeries-pâtisseries
25% traditionnelles
Terminaux de cuisson
11%
64% Hypermarchés et
supermarchés
Les ménages sont les clients les plus importants du secteur, leur
consommation varie selon l’âge
En tant que commerce de bouche, les clients du secteur boulangerie-viennoiserie-
pâtisserie sont bien évidemment les ménages. Ils sont 20 millions chaque jour à fréquenter
un établissement qui vend du pain. 98% des français consomment du pain. Une étude
réalisée en 2010 portant sur le comportement et les habitudes de consommation
alimentaire des français a montré que la consommation de pain différait selon l’âge. Ainsi,
on constate que les plus de 65 ans consomment 46% plus de pain que les 20-24 ans, pour
cette catégorie d’âge le pain reste un aliment de base, quasiment indispensable. L’étude a
démontré que 54% des enfants, 68% des adolescents et 85% des adultes consommaient du
pain régulièrement. Mais seulement 1% des enfants, 2% des adolescents et 9% des adultes
en consomment à chaque repas. Ces chiffres démontrent que les adultes représentent les
plus gros clients du secteur.
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La consommation de pain ne varie pas selon la catégorie socioprofessionnelle, les ménages
aisés consomment autant de pain que les moins aisés. Le pain est un aliment universel et de
plaisir, son prix abordable le rend accessible à tous. Il est ancré dans les habitudes des
français.
Certains hôtels et restaurants sont aussi des grands consommateurs de pains, viennoiseries
et pâtisseries. Ils utilisent souvent ses produits comme un argument commercial, proposer
du bon pain reflète l’image de l’établissement.
Tous les français, peu importe leur classe sociale, sont fidèles au pain. Cependant la
consommation de pain semble être conditionnée par l’âge du consommateur. En effet, plus
la personne est jeune, moins elle consomme de pain. Les entreprises du secteur doivent
donc s’adapter aux attentes des jeunes consommateurs et aussi les convaincre qu’il s’agit là
d’un aliment indispensable. Même si la France est un pays à la population vieillissante, les
enfants et les adolescents représentent une clientèle potentielle très importante. N’oublions
pas que ce sont les adultes de demain, il faut donc faire du pain un repère alimentaire et
social.
Aussi, il serait judicieux pour les entreprises françaises de se lancer dans des stratégies de
diversification. La gastronomie française est un art reconnue dans le monde entier, nos
produits ont une forte symbolique auprès des pays étrangers. Il faudrait donc surfer sur
cette vague en exportant notre savoir-faire. Certaines entreprises françaises ont tentés le
pari avec succès. Des marchés au potentiel énorme restent à conquérir.
14
II) Un secteur qui s’est totalement
métamorphosé en l’espace de
quelques décennies
15
se prend de plus en plus hors domicile, ce qui réduit fatalement la fréquentation des
boulangeries traditionnelles.
Pendant près de deux décennies, le pain était considéré comme un aliment qui faisait
grossir. Il était synonyme de surpoids pour beaucoup de français. Cette mauvaise image a
aussi contribué au déclin du secteur.
Cependant, cette tendance ne cesse de ralentir. Aujourd’hui, il semble même que la
situation se soit stabilisée, un seuil semble avoir été franchi. On observe un ralentissement
du nombre de boulangeries qui ferment. De plus, les parts de marchés contrôlées par les
terminaux de cuisson et les hypermarchés semblent se stabiliser. Les entreprises artisanales
traditionnelles ont su réagir. Elles s’adaptent désormais aux nouveaux modes de
consommation des français. Dans une société où le temps est toujours plus compté, elles ont
su proposer une offre adaptée en développant une activité de snacking, très appréciée à
l’heure du déjeuner. Plus de 70% des boulangers proposent aujourd’hui une formule
déjeuner, ce chiffre atteint 95% à Paris. Cela fait quelques années que le pain est redevenu
un aliment phare de l’alimentation. Ses vertus nutritionnelles et son statut de symbole du
savoir-faire français séduit toujours plus de français. Désormais, les consommateurs ont
pour principaux critères de sélection la qualité et la solvabilité du produit. Les artisans
boulangers semblent l’avoir compris, en 1993 un décret a défini le pain de tradition
française. Ce décret a permis de relever le niveau de qualité des produits et aussi de
favoriser la diversité des produits. Désormais les consommateurs privilégient la qualité et
l’originalité.
Même si la consommation de pain est en légère baisse, environ 3%, le secteur de la
boulangerie-viennoiserie-pâtisserie est en croissance. Ce qui peut sembler être un paradoxe
vient du fait que le secteur ait su se diversifier et s’adapter aux nouvelles habitudes des
consommateurs.
Les parts de marché des trois principaux acteurs du secteur semblent se stabiliser.
Les consommateurs donnent de plus en plus d’importance à la qualité des produits. Ce qui
pourrait à terme favoriser les boulangeries artisanales. Cependant rien n’est écrit d’avance,
les entreprises qui sauront le mieux s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation
seront celles qui tireront leur épingle du jeu. Ce sera à celles qui innoverons le plus et qui
garantiront la meilleure qualité qui sortiront vainqueur. La consommation de pain se
16
stabilise elle aussi et rien n’indique qu’elle tende à ralentir dans les prochaines années. Au
contraire, elle va sûrement augmenter à cause de l’accroissement démographique. Le
secteur connaît une dynamique continue, il profite de l’engouement pour le sandwich et
aussi la nouvelle tendance du déjeuner économique. Pour se développer, les entreprises
vont devoir multiplier les offres déjeunées. Enfin, de plus en plus d’entreprises exportent ce
savoir-faire dans le reste du monde. L’internationalisation est sans conteste le principal
enjeu du secteur dans les années à venir.
L’activité boulangère des entreprises du secteur génère la plus grande partie du chiffre
d’affaires total, environ 70%. Le produit le plus vendu est bien évidemment la baguette (270
grammes), cette dernière représente 75% des ventes de pains à elle seule. Le produit le plus
basique reste le pain (400 grammes) qui est d’ailleurs le produit le moins cher au kilo. On
compte aussi une multitude de pains spéciaux : campagne, seigle, son, au levain, céréales,
épeautre, froment etc… Les pains spéciaux représentent environ 18% de la vente de pain.
Sans oublier les pains régionaux : pain à soupe, tabatière, manchette, couronne, fougasse,
pain cordon, fouée, pain plié, faluche, tordu, pain paillasse… Il y a aussi le pain de mie, qui ne
cesse de gagner du terrain, il représente aujourd’hui 7% de la production. De nouveaux pains
adaptés à l’activité de snacking apparaissent : bagel, buns, pita…
La France est l’une des meilleures spécialistes en termes de pâtisserie, au fil des
siècles les recettes se sont accumulées. Il y a les incontournables : éclairs, religieuses, Paris-
Brest, Opéra, mille-feuilles, royal, et bien d’autres. L’activité pâtissière reste dans sa grande
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majorité artisanale, car elle compte beaucoup d’ingrédients et résulte d’un assemblage assez
complexe, c’est pourquoi il est difficile d’en automatiser la production. Les produits peuvent
différés selon les régions, les boulangers aiment mettre en avant les spécialités locales. Avec
le développement de l’alimentation nomade, de nouveaux produits apparaissent. Plus
adaptés aux snacking, ils séduisent de plus en plus de consommateurs et surtout des jeunes.
On note un réel engouement pour les muffins, cookies, brownies, etc.
La viennoiserie est depuis bien longtemps synonyme de croissants et pains au
chocolat. Les croissants représentent 40% de la production et le pain au chocolat 35%. Les
autres viennoiseries représentent 25% de la production.
Enfin, l’activité qui connait la plus grande croissance est le commerce du sandwich.
Pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs, les boulangers ne cessent
d’élargir leur offre déjeunée et donc leur gamme de sandwichs. Les sandwichs sont la
réponse parfaite à la nouvelle mode du snacking. Rapide à fabriquer, à manger et très
économique. On peut classer les sandwichs en quatre catégories. Il y a d’abord les
classiques, avec l’indétrônable jambon-beurre qui représente 60% de la production, les
sandwichs classiques représentent 85% de la production totale de sandwichs. Puis avec 7%
viennent les « gourmets », des sandwichs très consistants souvent chauds. Viennent ensuite
les « ethniques » avec 6% de la production, ces sandwichs reprennent les ingrédients et les
saveurs de cuisines étrangères. Enfin, viennent les « santé » qui ne représentent que 2% de
la production totale, ingrédients solvables et un nombre de calories très restreint. De
nouveaux pains sont de plus en plus utilisés : foccacias, pita, bagel, pain suedois, naan, etc…
En ce qui concerne le prix du pain, il connait une légère augmentation depuis le début
des années 2000. Cette augmentation s’explique par l’augmentation des coûts des matières
premières et des charges sociales, qui représentent 50% du prix d’une baguette. En 2000, le
prix au kilo d’une baguette était de 2.56€, en 2009 il était de 3.36€ soit une augmentation de
31%. Depuis 2010, la hausse du prix du pain s’est accentuée à cause des fluctuations du prix
des matières premières et du passage de la TVA à 7%. Au premier trimestre 2012, on a
enregistré une augmentation de 0,7%. Les viennoiseries et les pâtisseries souffrent aussi de
ces fluctuations, l’augmentation de leur prix est deux fois plus importante que pour le pain.
Au premier trimestre 2012, cette augmentation a été de l’ordre de 1,6%. Le prix moyen
d’une viennoiserie est d’environ 1.20€, les pains au chocolat sont en moyenne 10% plus
18
chers que les croissants. Les pâtisseries, elles, sont un produit assez haut de gamme puisque
pour une pièce d’une centaine de grammes le prix varie en moyenne entre 2.50€ et 4.50€.
Enfin, le prix des sandwichs reste stable, aux alentours de 5€, une augmentation pourrait lui
être fatale au vue de la concurrence à bas prix des fast-foods et des supermarchés.
Les français sont friands de nouveautés, ils ne sont pas du tout réfractaire à l’idée d’essayer
de nouveaux types de produits. Sachant que c’est un aliment qu’ils consomment
quotidiennement, varier les recettes est souvent quelque chose de très apprécié. Les
professionnels du secteur s’efforcent d’élargir leur gamme, en proposant de nouveaux
produits. Créer un nouveau produit, c’est d’une part toucher de nouveaux clients et d’autre
part soigner son image. Les entreprises doivent montrer qu’elles sont en perpétuelle
recherche, ils ne peuvent pas laisser la monotonie gagner leurs clients. Elles doivent susciter
de l’intérêt, pour que le client s’attache encore d’avantage à elles. Sans pour autant
proposer des produits farfelus qui ne colleraient pas avec la culture de l’entreprise et qui
risqueraient de déboussoler le consommateur.
19
En plus de ce goût pour la qualité et l’originalité, de plus en plus de français ont besoin de
manger vite. Depuis quelques années, une pratique ne cesse de prendre de l’importance : le
snacking. Ce mot anglais désigne le fait de manger des plats tout prêts de manière rapide.
Les déjeuners se prennent de plus en plus hors domicile et les français ont souvent peu de
temps pour manger. Ils veulent donc un repas qui se prenne sur le pouce, pratique à
transporter et consistant. De plus, la plupart des français souhaitent déjeuner à petit prix, un
repas ne doit pas dépasser le seuil psychologique dès 10€ et dans certains cas dès 5€.
Aujourd’hui, 70% des boulangeries proposent des formules déjeuner, ce chiffre est encore
plus important dans les quartiers d’affaires. Les entreprises du secteur proposent plusieurs
produits, chauds ou froids, faciles à transporter et qui se mange de manière rapide.
Sandwiches, pasta box, pizzas, etc. De plus ils pratiquent des prix attractifs allant de 4 à 10€.
Développer une activité snacking est devenu primordial pour les entreprises du secteur. La
plus grande force d’une entreprise est de savoir s’adapter aux consommateurs, or c’est
exactement ce que le secteur boulangerie-viennoiserie-pâtisserie est en train de faire.
20
III) Un secteur difficile d’accès qui
constitue pourtant un vivier
d’emplois considérable
Pour pouvoir exercer le métier de boulanger et/ou pâtissier, il faut impérativement avoir
obtenu une qualification professionnelle relative à cet exercice. L’accès à cette profession
est conditionné par l’obtention d’un bac professionnel boulanger-pâtissier, d’un CAP
boulanger ou encore d’un brevet professionnel de boulanger
Le budget lié à l’installation du boulanger-pâtissier est un budget variable qui sera défini par
différents critères comme sa taille, sa position géographique ou encore la qualité de ses
installations et de son matériel. Les investissements pour ouvrir ou pour reprendre une
boulangerie sont assez importants car c’est une activité spécifique qui associe production et
vente. L’ouverture d’une nouvelle boutique suppose tout d’abord l’achat de matériels
nécessaire à la production comme :
21
Après avoir pensé à aménager le lieu de production, il convient de penser à l’aménagement
de l’espace de vente. Pour cela, il faudra investir dans des vitrines, des présentoirs, des
meubles de rangement, des caisses... Une ouverture suppose également qu’il va falloir
réaliser des travaux dans le local pour qu’il soit aux normes. Or, les règles d’hygiène et de
sécurité sont très importantes. Une boulangerie-pâtisserie se doit de respecter la
réglementation en matière de sécurité alimentaire. Pour cela, elle doit mettre en place un
système HACCP qui est un système relatif à la surveillance de l’hygiène pour éviter les
risques en matière de santé. Il faut également que les produits mis en vente suivent une
procédure de traçage afin que l’on puisse retrouver les producteurs et les fournisseurs de
matières premières.
Le coût estimé d’un tel investissement peut varier de 150 000 à 400 000euros et un apport
personnel de 20% à 30% est exigé par les banques lorsque le boulanger souhaite emprunter.
Reprendre une boulangerie déjà créée n’est pas forcément plus économique. En effet, le prix
de cession d’une boulangerie-pâtisserie est en majorité conditionné par le chiffre d’affaire et
varie de 70% à 120% du chiffre d’affaires annuel hors taxes. Ce prix est également déterminé
par l’état des locaux, du matériel et du point de vente mais aussi par son emplacement. En
effet, l’avenir économique de la position géographique est un déterminant très important du
prix de cession.
Depuis quelques années, de nouvelles opportunités s’offrent à ceux dont le désir est
d’ouvrir leur propre boulangerie. La franchise se révèle être une bonne alternative. En effet,
ce concept est en plein essor depuis le début des années 1980 et ne cesse de se développer.
Ainsi, de grands groupes tels que Paul, La Grenier à Pain, La Mie Câline ou encore la Brioche
Dorée disposent de franchises. Il faut cependant distinguer les franchises dites « de
boulangerie » de celle dites « de terminaux de cuisson ». La franchise de boulangerie est
réservée aux personnes ayant préalablement obtenu un diplôme de boulanger-pâtissier
puisqu’il est indispensable d’en détenir un pour exercer ce métier. La franchise de terminaux
de cuisson est quant à elle accessible à tous le monde car dans ce genre de situation, les
différents produits ne sont pas réalisés sur place a l’exception des dernières étapes.
22
En ce qui concerne le coût, il est variable d’une franchise à l’autre. Pour ouvrir une franchise
boulangerie-pâtisserie de la société Paul, il faut prévoir un investissement total de 400 000€
à 600 000€ dont un apport personnel minimal de 80 000€. Paul se réserve des droits
d’entrées pouvant aller de 12 000€ à 50 000€ selon le type de structure auquel le futur
boulanger veut adhérer. Ainsi, cette entreprise a ouvert plus de 30 franchises en France en
2013.
Redevance
5% 5% >4% 5% 5%
de marque
Redevance
1% 0,5 % 0,3 % 2% 2%
de publicité
Apport
70 000 € 40 000 € > 120 000 € > 60 000 € > 30 000 €
personnel
Montant de
400 000
l'investissem 200 000 € > 400 000 € 340 000 € > 300 K€
€
ent
CA 750 000
900 000 € > 700 000 € 700 000 € 610 000 €
prévisionnel €
Type du Franchis
Franchise Franchise Franchise Franchise
contrat e
Durée du
5 ans 5 ans 7 ans 7 ans 9 ans
contrat
23
B) Un secteur qui recrute mais qui souffre pourtant d’une crise
des vocations
L’univers de la boulangerie connaît un séisme sans précédent en ce qui concerne le
recrutement. Cela se traduit par une véritable crise des vocations. En effet, on remarque que
ce métier n’attire plus les jeunes en raison des conditions de travail particulièrement
difficiles de cette profession. Les horaires sont contraignants, un boulanger-pâtissier se doit
de travailler la nuit mais également le week-end et les jours fériés. Il existe également un
problème de qualification qui exclu une bonne partie de la main d’œuvre sur le marché. Une
grande partie de cette population possède les compétences pour exercer l’emploi technique
de boulanger-pâtissier mais elle ne maîtrise pas celles qui sont relatives à la gestion telle que
la planification.
24
laboratoires. Un boulanger qualifié et expérimenté peut se mettre à son compte. Il peut
également devenir chef d’équipe ou responsable de la fabrication dans une grande surface
ou une usine. D’autres postes peuvent être envisagés avec une certaine expérience comme
formateur/enseignement dans des centres de formation ou bien boulanger d’essai dans
l’industrie qui est celui chargé de tester de nouveaux produits. Il est également possible
d’envisager un avenir de technico-commercial dans des entreprises qui fabriquent de
l’outillage et des machines spécialisés pour les boulangeries-pâtisseries.
25
On constate également que le salaire annuel moyen d’un boulanger est de 25 200€ euros
bruts par an. Environ 15% des boulangers gagnent moins de 20 000€ par mois alors que seu-
lement 13% gagnent plus 30 000€ par an.
26
institutions telles que l’Institut National de la Boulangerie Pâtisserie (INBP) tentent de
sensibiliser toute la profession à l’environnement et à un développement respectant les
critères de durabilité. Pour cela, l’INBP a mit en place un logiciel nommé BP2 qui permet de
faire un bilan et de calculer l’impact environnemental de la production d’un kilo de baguette
traditionnelle en fonction de la recette mais également de l’outillage et des machines
utilisés. Ainsi, le boulanger, quel qu’il soit, peut devenir un véritable acteur de la diminution
de l’impact de son activité sur l’environnement.
Le bio est également en expansion sur ce secteur. Cela a commencé dans les années
1990 grâce à l’essor du pain bio dans les grandes surfaces qui s’est rapidement propagé à la
plupart des enseignes. Cependant, le poids du bio dans la boulangerie-pâtisserie reste faible
et ne représenterait, par exemple, que 5% des pains vendus en France. On constate que 40%
de la farine et du pain bio sont vendus par les grandes et moyennes surfaces contre 43%
dans les magasins spécialisés et seulement 12% dans les boulangeries. En 2007, on comptait
seulement 1200 boulangeries bios en France sur prêt de 34 000. Ce faible chiffre peut
s’expliquer par un prix élevé de la farine biologique mais également par des cahiers de
charges contraignants et les passages fréquents de contrôleurs.
On peut également constater l’effort de certaines collectivités locales qui luttent pour
raccourcir les circuits de distribution dans leurs cantines. C’est le cas de Lons le Saunier qui
alimente les cantines dont elle a la charge avec du pain bio provenant de boulangeries
voisines.
27
D) Un savoir-faire français dont les pays étrangers sont parti-
culièrement friands
Les boulangeries et les pâtisseries françaises jouissent d’une image exceptionnelle
dans le monde entier. Les baguettes, les croissants, les pains au chocolat … Tous ces produits
sont synonymes d’un art de vivre et d’un savoir-faire traditionnel français qui fait rêver à
l’étranger. Ainsi, le « made in France » s’exporte bien. Des géants industriels tentent de
s’implanter sur l’ensemble de la planète. « Pomme de pain » poursuit son infiltration en
Afrique du Nord en ouvrant des boutiques au Maroc, au Liban ou en Egypte. « Le Grenier à
pain » tente de séduire des pays européens tels que la Russie et les Pays-Bas mais également
des pays asiatiques tels que Le Japon, la Chine et le Vietnam.
A côté de cela, les artisans boulangers peuvent eux aussi connaître une réussite à
l’étranger. Pierre Hermé ou Jean-Paul Hévin sont devenus de vraies célébrités en Asie. Les
boutiques Pierre Hermé, déjà bien implantées en France, sont désormais présentes dans de
nombreux pays comme au Japon, à Hong-Kong, aux Emirats Arabes Unis ou au Qatar. Cette
enseigne prévoit de se développer de manière plus intensive dans les pays asiatiques d’ici à
2016. L’enseigne Kayser est sur le même chemin. Elle a ouvert plus de 100 boutiques au
Japon depuis sa création il y a 11 ans.
28
IV) Une profession très réglementée
et représentée par un grand nombre
d’institutions
Tout d’abord, cette activité bénéficie de taux réduits de TVA lors de la vente. Les pains,
les pâtisseries et l’ensemble des viennoiseries vendus sont soumis au taux de 5.5% alors que
l’activité concernant la sandwicherie est soumise à un taux de 10%. Le reste des produits
qu’ils vendent comme le chocolat ou les bonbons sont soumis au taux normal de 20%. Il n’y
a pas d’autre spécificité fiscale.
29
de qualité pour le consommateur.
La traçabilité est un point très important et un facteur de sécurité tant pour le boulanger que
pour ses clients. Le boulanger-pâtissier doit être capable de savoir d’où proviennent ses
produits pour pouvoir identifier ses fournisseurs. Cela permet, en cas de problème, de
retrouver la cause et l’origine du problème.
30
conseils d’administration. Un bureau national est chargé d’administrer cette organisation à
la tête de laquelle se trouve un président et deux présidents adjoints. Ces travaux sont
organisés dans le cadre de quatre grandes commissions permanentes. La première
commission est chargée de traiter des sujets relatifs à l’économie, à la fiscalité et au social.
La seconde est chargée de traiter des sujets liés à la qualité, la formation et à l’innovation
alors que la troisième traite de restructuration, de réglementation et de modernité. Enfin, la
dernière commission se concentre sur la communication, la promotion et l’information.
31
V) Paul : une entreprise en pleine
expansion
32
A) La stratégie marketing déployée par le réseau de boulangeries
PAUL
1) La clientèle visée par PAUL est particulière
Les franchises PAUL ont pour cible les villes de tailles moyennes et grandes,
comptant un certain nombre de clients potentiels et réels. De plus, la clientèle visée par le
réseau PAUL est constituée des français les plus soucieux de leur alimentation grâce aux
engagements pris par les franchises. En effet, le groupe a pris des engagements de qualité en
fonction de la fraîcheur de ses produits, de ses services, de la propreté de ses locaux.
33
boulangerie dite "haut de gamme" avec le respect des traditions françaises. L'enseigne est
un poids lourd dans le secteur de la boulangerie-pâtisserie, ce qui est notamment lié au
chiffre d'affaires qu'elle réalise, qui est de plus de 431 millions d'euros.
Chaque jour sont produits plus de 50 millions de mains différents, sans compter les
viennoiseries et les pâtisseries. PAUL offre une large gamme de produits comme des
viennoiseries, des pâtisseries boulangères, une large collection de sandwichs adapter en
fonction des saisons, ainsi que des tartes salées et sucrées, des crêpes, des plats
relativement simple ou encore des salades composées. Cette offre permet de toucher une
clientèle large et ainsi plaire au plus grand nombre.
2) PAUL propose des prix légèrement plus chers à ses clients mais qui sont
un gage de qualité
La politique de prix utilisée par l'enseigne PAUL est assez spéciale. En effet, l'enseigne
s'avère être relativement plus chère que ses concurrents au niveau de la boulangerie, c'est-
a-dire au niveau des pains qu'elle fabrique. Cependant, elle s'aligne sur le prix des autres
boulangeries présentes sur le marché en ce qui concerne la pâtisserie et les sandwichs
qu'elle propose. Cela ne pose, à priori, aucuns problèmes à la clientèle de PAUL puisque
ceux-ci indiquent un très bon rapport qualité-prix des produits de l'enseigne.
34
3) Un réseau dont la distribution se fait à travers le monde
Actuellement, le réseau PAUL compte environ plus de 500 franchises dans le monde
puisqu'il a pour vocation à s'implanter partout et travail avec plus de 10 000 collaborateurs.
C'est une chaîne internationale qui est présente dans 14 pays et sur 4 continents. PAUL
développe une stratégie d'implantation. Les emplacements choisis sont un pilier de succès
pour la firme du groupe HOLDER. En effet, on observe la création de magasins satellites qui
s'implantent là où l’on ne trouve pas de boulangeries lambda, c'est-a-dire en dehors des
centres villes, dans les centres commerciaux, dans les moyennes et grandes villes ainsi que
leur périphérie, et également dans les emplacements très fréquentés.
Aussi, PAUL se développe dans les endroits encore peu expérimentés comme les
gares, les aéroports ou encore les aires d'autoroutes. Plus incroyable encore, on pourrait
bientôt retrouver PAUL dans les grands centres d'exposition, les universités, et pourquoi pas
dans les hôpitaux.
Les points de ventes à l'étranger ce sont multipliés par 3 depuis les années 2000, avec
l'apparition de la firme à Miami, Londres et Tokyo. On observe alors une internationalisation
de l'enseigne grâce également aux franchises présentes aux États-Unis. Enfin, on observe la
création de villages PAUL. Il s'agit d'un concept totalement nouveau qui consiste pour la
boulangerie à s'implanter dans des zones résidentielles et peu commerçantes, pendant que
d'autres magasins en franchise comme McDonald’s, Nicolas ou Picard cherchent a
s'implanter au même endroit.
tante
PAUL doit faire face à une concurrence abondante. Cependant, comme dans chaque
secteur et pour chaque entreprise, PAUL évolue malheureusement sur un marché où la
concurrence est rude et de qualité. Celle-ci est effective sur la boulangerie, ainsi que sur la
boulangerie industrielle et la restauration rapide. PAUL doit faire face à plusieurs sortes
d'entreprises concurrentes. On trouve donc les boulangers indépendants; les sandwicheries
haut de gamme comme Cojean et Prêt à Manger; les distributeurs et leurs rayons spécialisés
comme Monoprix ou Marks&Spencer; les enseignes spécialisées comme Subway ainsi que
les foodtrucks et les enseignes comme La Brioche Dorée ou Pomme de Pain. Malgré tout,
PAUL a su très rapidement faire face à ses concurrents en se démarquant. Il s'agit de la
première entreprise à s'être implantée dans les centres commerciaux. L'ambition de PAUL
était d'apporter la qualité de ses produits directement où se trouvent les clients. L'entreprise
est très engagée comme par exemple dans les programmes de nutritions à la différence de
ses confrères. De plus, elle développe une vision industrielle en matière de développement,
ce qui lui confère un plus par rapport aux entreprises concurrentes. Contrairement aux
autres entreprises du marché, PAUL ne vend pas de produits surgelés, la fabrication est faite
sur place et les produits vendus sont frais. PAUL offre une dynamique de produit dont les
artisans traditionnels ne peuvent pas disposer. Enfin, il s'agit d'une enseigne qui est non coté
et qui ne souhaite pas faire appel à des investisseurs extérieurs qui ne sont, par définition,
pas impliqués dans le métier de boulanger-pâtissier.
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L'enseigne a connu une baisse de fréquentation et s'est rendu compte que son offre pourrait
s'avérer être trop importante. Afin de palier à ses petits défauts, PAUL a choisi de rénover
ses magasins de façon a attirer de nouveau la clientèle. Le pain retrouve alors une place
primordiale dans les vitrines en occupant également plus des deux tiers de l'étalage. La
gamme de produit, notamment des pains, a été simplifiée pour que les clients puissent s'y
retrouver plus facilement. Lors nouveau leitmotiv pourrait d'ailleurs être : "en faire moins
pour faire mieux".
37
VI) Ladurée : une affaire familiale qui
développe la diversification
Fondée en 1862 par Louis Ernest Ladurée, Ladurée a pour métier de base la
boulangerie : la première boutique ouvre à la Madeleine, quartier d’affaires en pleine
croissance où se trouvent des artisans du luxe français. En 1871, à la suite d’un incendie, le
dirigeant incorpore la pâtisserie à son activité. La décoration de la boutique s’inspire alors
des plafonds de l’Opéra Garnier.
En 1930 naît l’un des premiers salons de thé de Paris à l’étage de Ladurée, qui
propose un mélange entre café traditionnel parisien et pâtisserie.
En 1993, Ladurée est rachetée par le groupe Holder, qui recrute Pierre Hermé comme
chef-pâtissier en 1996. Un an plus tard, deux boutiques supplémentaires Ladurée ouvrent à
Paris sur avenue des Champs-Elysées et rue Bonaparte.
Lorsque Louis Ernest Ladurée a vendu son affaire en 1993, elle réalisait déjà 15,7
millions de francs de chiffre d’affaires annuel et employait 45 personnes. Trois ans plus tard,
sous la direction du géant Holder, elle comptait 24 millions de francs de chiffre d’affaires et
employait 140 personnes. Aujourd’hui, Ladurée réalise 110 millions d’euros de chiffre
d’affaires, emploie 1500 salariés et dispose de plus de 60 boutiques dans le monde. Aussi, on
compte trois sites de production de pâtisseries distincts : un à Morangis en Essonne pour les
pâtisseries de France ; une usine à Monaco pour l’export européen ; et une usine à Bas-
Intyamon en Suisse pour l’export hors-Europe.
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s’appuie sur la notoriété de Ladurée pour diversifier ses activités, pour promouvoir son nom
et conquérir de nouveaux marchés. Ils ont ainsi développé quatre univers :
Au fil du temps, la cible s’est élargie vers une clientèle qui a un goût pour l’art de
vivre à la française, représenté par la finesse et la délicatesse des pâtisseries. Ainsi, la
sélection des adresses où s’implantent les boutiques est en cohérence avec les
consommateurs. Il s’agit de lieux vivants, comme les Champs Elysées, le château de
Versailles ou les grandes métropoles hors Europe, où se trouvent les touristes. Pour eux,
trouver une boutique Ladurée sur leur circuit de visites est une bonne opportunité à saisir.
Amateurs des pâtisseries françaises, les acheteurs sont ouverts à l’innovation sur les saveurs
et n’ont pas peur du changement. Au contraire, ils souhaitent être surpris.
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cette propriété répondait aux attentes de Ladurée : cette femme à la personnalité originale,
voire fantasque, a révolutionné le monde de la décoration en agissant à contre courant des
conventions de son époque. Elle était amatrice des couleurs plus franches comme le bleu et
le vert et des motifs peu utilisés comme le losange ou les demi-lunes.
Cependant, ces concurrents n’ont pas trouvé de relais de croissance comme Ladurée.
L’affaire détient un portefeuille d’activités large et saisi toujours de nouvelles opportunités.
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Elle dispose d’une solide polyvalence : elle a un savoir-faire, fabrique des produits de qualité
et innovants tout en exportant un univers propre à elle-même. Elle offre à ses clients des
produits et services gustatifs, olfactifs et visuels. Ladurée est une signature, avec un code
couleur poudré, des senteurs gourmandes et des noms délicats : « secrets », « douceurs ».
Bien que son cœur de métier reste la pâtisserie, du point de vue de son
positionnement très complet, il n’existe pas de concurrent.
La pâtisserie reste le métier de base de Ladurée, ce pourquoi elle est le plus connue
et reconnue. L’enseigne propose divers produits : des pâtisseries, des chocolats, de l’épicerie
fine et des livres. Dans son concept, elle mélange la modernité et la tradition.
La vente des macarons représente 50% du chiffre d’affaires de Ladurée. C’est son
produit vedette, phare, qui n’a pas le droit à l’erreur. Toutefois, ce produit a tout de même
atteint une certaine maturité, c’est-à-dire que ses ventes augmentent plus lentement, voire
se stabilisent, et il existe des concurrents considérables (Pierre Hermé, Dalloyau, les
boulangeries, les grandes surfaces,…). Pour préserver la notoriété de son produit, Ladurée
respecte un certain processus de production. Dans un premier temps, le petit fils de Louis
Ernest Ladurée au XXème siècle avait proposé l’assemblage de deux coques de macarons en
les garnissant d’une crème ganache, ce fait artisanalement. Aujourd’hui, on est toujours sur
le même principe, une seule partie de la production est industrialisée pour obtenir des
coques régulières et pour gagner du temps : le dépôt de pâte dans les plats. Ensuite, les
macarons sont assemblés à la main un à un et congelés grâce à un processus qui n’altère pas
le goût et qui préserve la fraîcheur des macarons.
Ladurée tient à avoir une qualité optimale dans toutes ses boutiques. C’est pourquoi
elle fournit ses produits grâce à ses propres sites de production. Le choix des matières
premières y joue un rôle. Entre autres, Ladurée a investi dans ses propres amandiers en
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Californie, utilise des colorants naturels,… Aussi, un chef pâtissier français est présent dans
chacun de ses points de vente, même à l’étranger, pour préserver ce côté traditionnel.
Dans ses parfums et bougies, l’enseigne y a incorporé des senteurs gourmandes, qui
rappellent ses créations pâtissières, des couleurs emblématiques de la Maison et des
coffrets aux motifs arabesques et fleuris, entre autres.
-Réceptions
Pour des grandes occasions aussi bien privées que professionnelles, Ladurée propose
son univers le temps d’une réception. Le lieu d’accueil est toujours dans ce cadre historique
et moderne qu’inspire l’enseigne : on y retrouve des boiseries, des lustres, des tons blancs et
dorés,… des éléments du XVIIIème siècle et d’aujourd’hui, en général. Mais si le client
souhaite organiser sa réception à domicile, un service livraison des produits peut être
effectué.
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2) Une politique d’écrémage digne d’une enseigne haut de
gamme
Pour sa politique de prix, Ladurée se positionne sur une politique d’écrémage, c’est-
a-dire que le prix de ses produits est relativement plus élevé que ses concurrents. En effet,
ceux-ci sont plus chers que les produits de grande surface ou que certains produits
artisanaux, mais ils ont une haute valeur symbolique. La Maison fait appel à la créativité et
beaucoup de coûts sont engendrés en recherche et développement. De ce fait, la qualité est
perçue à travers le prix.
Une politique d’écrémage évoque également une cible étroite. En effet, le prix et les
offres peuvent être perçues comme un effet luxe ou snobisme. Du fait que le prix soit
relativement élevé, les consommateurs de classes sociales et professionnelles relativement
élevées vont pouvoir acheter ce type de produits plus souvent. Mais la notoriété de Ladurée
fait que même les classes moyennes vont être tentées de les acheter.
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Pendant 130 ans, les fondateurs de Ladurée ne se sont contentés que d’une seule
boutique. Selon le groupe Holder, les propriétaires de l’époque ne se rendaient pas compte
du potentiel énorme de cette marque.
La Maison implante alors ses pâtisseries dans des lieux fréquentés, prisés des
touristes et qui disposent d’un patrimoine culturel. Sa démarque est le géomarketing, qui
repose sur la mise en place de démarches stratégiques adaptées à chaque point de vente
pour atteindre les objectifs : sa pratique de distribution est sélective.
Ses produits sont disponibles dans ses points de ventes, il s’agit là d’un circuit direct,
qui mène le produit du producteur au distributeur. En revanche, ses gammes « Secrets » et
ses cosmétiques sont distribués par des intermédiaires indépendants de Ladurée, comme
Paul et Sephora : il s’agit d’un circuit court, qui mène le produit du producteur au
distributeur, puis du distributeur au consommateur. Les distributeurs sont préalablement
sélectionnés en fonction de leur capacité à représenter la marque, pour préserver une
cohérence image/produit : Ladurée opte pour une distribution sélective.
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obsession, et que ceux de Ladurée sont absolument délicieux, « une vraie merveille » a-t-elle
commenté.
Pour différencier ses créations, Ladurée sollicite le co-branding. Elle s’allie avec des
marques possédant une identité similaire. En ce moment, un jeu concours est organisé avec
Nespresso. Trois nouveaux macarons ont été créés, Ladurée conseille alors les trois
nouveaux « grands crus » de chez Nespresso pour accompagner ses créations. Un jeu
concours est ouvert, ce qui permet aux deux enseignes de promouvoir leur produit auprès
d’un autre produit phare complémentaire. En 2009, l’alliance s’était faite avec Christian
Louboutin. Les macarons aux parfums figues-datte avaient l’allure de ses célèbres souliers
avec une coque noire et une autre rouge, et les boites étaient à l’effigie des produits phares
des deux marques.
45
Conclusion
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Bibliographie/Sitographie
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