THESE
Par
Abraham ENDRIAS
M. KARMOUS Tijani
Maître de Conférence: Faculté des Sciences de Bizerte
,
'
M. TREILHOU Michel
Professeur: Université Jean-François Champollion Albi Membre
M. MOULOUGUI Zéphirin
Directeur de Recherche: INRA à l'INP-LCA-ENSIACET-Toulouse
M. TALOU Thierry
Ingénieur de Recherche: INP-LCA-ENSIACET- Toulouse
M. PROVENDIER Damien
Conseiller Scientifique NOMAD RSI Toulouse
'
Directeur de thèse
A mes Parents
Remerciements
Mes remerciements vont spécialement à Mr. Kraemer pour son aide lors du commencement
et pendant cette thèse. Sans son appui, ce projet n aurait pas eu lieu.
Je remercie chaleureusement à Michel Treilhou pour avoir accepté de diriger cette thèse et la
confiance qu'il m'a témoignées au cours de dernières années de thèse.
Je tiens à exprimer toute ma gratitude à Mr. Z. Mouloungui pour avoir encadré mon travail
sur les huiles végétales, et pour m'avoir fait partager son expérience de la lipochime, et pour
le financement une partie de ce travail, et aussi de son soutien et encouragement. J'ai tout
particulièrement apprécié sa rigueur et son dynamisme.
Un grand merci à tout l'équipe du Nomad RSI Toulouse, et Nomad Cambodge pour
son accueil chaleureux durant ces années, qui a su créer une ambiance très sympathique d'entraide.
La qualité des données présentées dans cette thèse sont le fruit d'un travail d'équipe sur le
terrain (au Cambodge) avec la collaboration de nombreux acteurs . . . .Nicola, . Damien,
Sarang, Calum, Net, Antoine et Sophal merci à vous tous.
Je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance à M. Cerny pour son amitié et son soutien
inconditionnel, Je te remercie pour ton aide précieuse.
Je souhaite exprimer toute ma gratitude à J. Roche pour ses conseils avisés notamment
concernant les analyses statistiques et la rédaction scientifique.
Merci aussi à tous mes collègues thésards et amis du laboratoire. Pour sa convivialité et pour
le bon accueil qu'ils m'ont réservé. J'en garde un très agréable souvenir :
Florina, Yaocihuatl, Céline, Lucita, Aurélie, Delphine, Philippe Micone., Julien, Mathieu
M., Phillipe E., Fabien, Laurent, Matthieu B., Oilivier, Azeddine, Virginie, Laure,
Géraldine, Christine, Brigitte, Marjorie, Anne, Catherine, Michel L, Didier N., Jérôme,
Antoine, Eric, Philippe M., Didier D., Sam, Samedy, Almu, Léon, Jesns, Colin, et Olaf.
A tous les amis qui de prés ou de loin ont rendu plus facile la réalisation de ce travail, :
Dorin, Brocher, Laurence Berdot, Eric Roskam, Kathleen Knabb, Ninfa Redman, Cati
Blanche, Own Goods, and (The Gross family), Fredman, Maya, Sarah and Claribel.
A la famille Bourges (Rabastens) Alain, Christine, Helen, Damien et Slyvan.
Je remercie profondément de tout cœur à Kira Sosnina pour ton grande patience et soutien au
moment les plus difficiles.
ANNEXES
1
SOMMAIRE
SOMMAIRE
1.2.6 Principe de l'entraînement à la vapeur d'eau des huile essentielles . . . . ... . ....... . 22
1.4.2 Les différents acides gras naturels.... . . ... . . . .... . . . . . . . . . . .... . .. . . . .. . ... . . . . . . .......27
2
SOMMAIRE
lIB.! Détermination de la teneur en matière sèche des calices et des graines d'
Hibiscus sabdarijJa . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ... 52
lIB. 2 Méthode d'extraction et analyses à partir des calices d'Hibiscus sabdarijJa . 52 .
IIB. 2.6 E.M.A.U.S (Extraction, Macération Assistée par UltraSons) .......... . . . . . . ....... 56
IIB. 2.7 Conditions d'analyse de CPG/SM des calices d'Hibiscus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..... 56
3
SOMMAIRE
IIB.3.1 Méthode d'extraction à partir des graines de l' Hibiscus [Link] a . . . ............ . . . . 57
IIB.3 . 1 . 1 Extraction à chaud au Soxhlet.. . . . . . . . . .... . . . . . . . ....... . . .... . . .... . . . . .. . ... . . . . . .... 57
4
SOMMAIRE
IIIA 1 . 1 Le paludisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 00
IIIA.1.2 Le cycle parasitaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 1 0 1
IIIA. 1 .3 Morbidité et mortalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 1 02
IIIA.I.4 Répartition géographique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 03
IIIA.2 Artemisia annua, plante anti-paludique.........................................................................l04
IIIA.2. 1 Historique ........................... .......................................................... ...................... 105
IIIA.2.2 Description botanique .................................. . ................................................... . . 1 05
IIIA.2.3 Noms vernaculaires . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .... . 1 06
IIIA.2.4 Origine phytogéographique . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..... 1 06
IIIA.2.5 Utilisation des armoises . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 07
IIIA.3 L'Artémisinine. .... . . ... . .................. ........ ...... ..... ... . . . . . . . . . ................ . . . . . 107
.. . .
5
SOMMAIRE
6
SOMMAIRE
IIIC.3.3 Analyse par chromatographie sur couche mince (CCM)-Densitomètre .... 143
IllC.3.3 1 Extraction de Artemisia annua ...... . .
. . . ... . . . . . . ..
. .... .. ........ ... . . . . . . . .... .. ... 143
IIC.3.3.2 Solution standard . . . .. . . ... . . .... . . . . . . . . . . . . . .. . . . .. . . .. . . . . . . . . . . . ...... . ... . . . . . . ......143
IllC.3.3.4 Dosage de l'artémisinine par CCM et densitomètrie ...... . . . . . . . . . . . ....... . . . . . . . 145
IIIC.4 Analyses statistiques . . . .. . . . . . . . .. .... . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..... .. 146
IllC.5.6 La capacité d'échange cationique .... . . . . . . . .... ... .... . . .... . . . . . .......... . . ...... . . . 147
IllC.5.7 Dosage des micro-éléments : Fer, Cuivre, Zinc et Manganèse . . . . . . . . .......... ... 148
IllC.6.3 Méthode des indices de rétention - Identification des alcanes ... ... ........ . .... . . 149
7
SOMMA IRE
. Conclusions
IIID1 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .... . . . . . . . ...... 163
. 1. Conclusion
IIID2 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ... . . .167
Références bibliographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . .. . . . . 1. 68
8
Liste des abréviations
9
Introduction générale
Produites dans de nombreux pays du monde sous des formes très variées, les plantes
aromatiques et médicinales sont une source intarissable de molécules intéressant le monde
industriel. Les molécules issues de ces plantes sont souvent assimilées à des principes actifs
possédant des propriétés spécifiques qui leur confèrent un caractère unique. Issues de la
biodiversité, ces plantes particulièrement recherchées sont adaptées à des pays dont
l'environnement et le climat facilitent leur culture. L'exploitation des molécules d'intérêt
n'est par conséquent possible que dans les pays où la population entretient et cultive ces
plantes depuis des décennies.
Hibiscus sabdariffa 1 ., une espèce végétale appartenant à la famille des Malvaceae,
pousse à l'état sauvage au Vietnam et donne lieu à des applications très variées dans le
domaine industriel, notamment celui des arômes, des colorants alimentaires et de la
génération des nouvelles boissons. Il est un candidat, par ses graines, à être une nouvelle
source d'huile végétale. Hibiscus sabdariffa 1 . n'est pas une plante spécifique du Vietnam.
On le trouve également en Afrique et en Amérique. On sait que la composition chimique des
huiles essentielles est parfois différente selon l'origine et la biodiversité de la plante (nature
du sol, climat et pratiques culturelles) et selon les méthodes d'extraction. Comme les fleurs
rouges d'hibiscus sont communément utilisées en Asie, en Afrique ou sur le continent
américain comme nourriture, colorant ou boisson, il nous a semblé intéressant de faire une
étude comparative des fractions aromatiques contenues dans les calices et des huiles végétales
contenues dans les graines d'hibiscus du Vietnam (Asie), du Sénégal (Afrique) et du Mexique
(Amérique).
L'objectif de cette étude est de déterminer les caractéristiques et la composition
chimique des fractions volatils et des « concrètes » extraites des calices, ainsi que des huiles
végétales extraites des graines d' Hibiscus sabdariffa en vue de leur valorisation à des fins
industrielles.
Une seconde plante a fait également l'objet de mon travail de thèse : c'est Artemisia
annua L. utilisée comme antipaludique dans bon nombre de pays en voie de développement.
JO
Selon l'organisation mondiale de la santé (OMS) (2000 ), le paludisme est la plus importante
infection parasitaire au monde, entraînant la mort de plus d'un million de persounes et en
infectant 500 millions par an. Malgré les efforts pour contrôler l'infection, la morbidité et la
mortalité n'ont pratiquement pas changé durant les 50 dernières années. La quinine et ses
dérivés ont été la principale source de traitement de la maladie pendant des siècles.
Cependant, aujourd'hui, face à l'augmentation de la résistance du parasite à ces médicaments
à base de quinine dans toutes les zones impaludées, une nouvelle molécule est utilisée,
l'artémisinine. L'artémisinine est extraite de la plante A rtemisia annua 1. pour la fabrication
du médicament : la synthèse par voie chimique n'est pas encore possible. C'est donc la
culture d 'Artemisia annua qui semble être la seule voie de production d'artémisinine.
Une autre approche consiste en une utilisation directe de la plante sous forme
d'infusion de feuilles. C'est la méthode traditiounelle qui est utilisée dans la pharmacopée
chinoise depuis plus de 2000 ans. Depuis 1997, l'organisation non gouvernementale (ONO)
Toulousaine, «Nomad» recherche et soutien international (RSI), a mis en place des projets de
recherche opérationnelle orientés sur cette maladie dans une zone fortement impaludée du
Cambodge, le Mondolkiri, où coexiste médecine traditionnelle et moderne et dont l'accès à
des soins efficaces est souvent difficile. Dans son objectif de recherche de solution permettant
d'améliorer la santé globale, tout en tenant compte le contexte local, «Nomad» a intégré la
culture d'Artemisia annua dans ses programmes. Ce projet s'inscrit dans le cadre d'une
coopération internationale entre «Nomad» et trois universités: le laboratoire de Chimie Agro
industrielle de Toulouse, (INPT, France), la faculté de pharmacie de Dakar, (Sénégal) et
l'université d'agriculture de Phnom Penh, (Cambodge). Il a été financé par l'Agence
Universitaire de la Francophonie (AUF) qui permettra à des étudiants et chercheurs des 3
universités partenaires de se rencontrer et d'enrichir leurs connaissances.
11
prévalent et cOlmaît une résistance aux traitements classiques et, d'autre part, à initier des
recherches concernant l'extraction des composés actifs de la plante.
12
CHAPITRE 1
Etude bibliographique
13
Chapitre l Etude bibliographique
espèce/variété, auteur et famille) de chaque plante médicinale cultivée, doit être détenninée
ou définie et emegistrée. Le nom local et le nom commun français, s'ils existent, seront
celui du fournisseur doivent être indiqués. Dans le cas d'espèces primitives récoltées,
multipliées, disséminées et cultivées dans une région déterminée, on notera la lignée avec son
nom local, la source des graines, plantes d'origine ou autres matériels de multiplication[ll.
I.1.2 Culture
La culture des plantes médicinales requiert des soins attentifs et une gestion adéquate.
recherchées. S'il n'existe pas de données scientifiques publiées ou documentées sur la culture
traditionnelles. Les principes de bonne gestion agricole, y compris par la rotation appropriée
des cultures en fonction de leurs exigences environnementales, devront être appliqués, et les
2
labours seront adaptés au développement des plantes et aux autres besoins de la culture [ l .
importantes de qualité d'un site de culture à un autre, du fait de l'influence du sol, du climat et
d'autres paramètres. Ces différences peuvent porter sur l'aspect physique des plantes ou sur
leurs constituants dont la biosynthèse peut être affectée par des conditions environnementales
prises en compte. Les risques de contamination du fait de la pollution des sols, de l'air ou de
l'eau, ou par des produits chimiques dangereux, doivent être évités. L'impact de l'utilisation
passée des sols sur le lieu de culture choisi, notamment les plantations précédentes et les
2
applications éventuelles de produits phytosanitaires, doit être évaluë .3l
14
C hapitre l Etude bibliographique
qualité et le développement des plantes médicinales peuvent, à leur tour, être affectés par les
autres plantes, les autres êtres vivants et les activités humaines. L'introduction d'espèces non
indigènes de plantes médicinales, sous forme de cultures, peut avoir un impact défavorable
1.1.5 Climat
la température extérieure, ont une influence sensible sur les qualités physiques, chimiques et
1.1.6 Sol
choisies et lou par la partie de la plante que l'on souhaite récolter. Il est souvent indispensable
d'utiliser des engrais pour obtenir des rendements élevés. Il est toutefois nécessaire de
s'assurer, grâce à la recherche agronomique, que les types adéquats d'engrais sont
correctement utilisés ainsi que les quantités. Dans la pratique, on utilise des engrais
organiques et naturels. Mais, quels que soient les engrais utilisés, ils doivent être appliqués
du sol. L'application devra être réalisée de façon à éviter au maximum le lessivage [6 -8J•
15
Chapitre 1 Etude bibliographique
1.1.8 Le séchage
De la qualité du séchage va dépendre la conservation de la plante. La cueillette
tenninée, la plante est débarrassée de tout détritus indésirable, puis ses différentes parties sont
traitées de manière spécifique. Selon les catégories de plantes, les techniques de séchage
peuvent variées: séchage au soleil, séchage à l'ombre, séchage artificiel. Le séchage au soleil
est la méthode la plus simple et la plus économique. Il concerne surtout les racines, les tiges
ou les graines. Les feuilles vertes séchées au soleil j aunissent, les pétales de fleurs perdent
leurs couleurs vives, ce qui peut altérer les propriétés médicinales de ces produits. Les plantes
aromatiques, pour ne pas perdre leur parfum, ne doivent pas rester trop longtemps au soleil.
Les séchages artificiels doivent s'effectuer dans un endroit sec, à l'abri du soleil. Ils
conviennent particulièrement aux plantes aromatiques. Les séchages artificiels s'obtiennent à
l'étuve ou dans une chambre de séchage chauffée. Les fruits, qui contiennent beaucoup de jus,
ou les racines, riches en sucs, doivent être séchés rapidement à une température moyenne de
25-30° C [7-9].
16
Chapitre l Etude bibliographique
1.1.9 La conservation
doivent permettre d'éviter toute modification de la nature des plantes (vermine, moisissures,
plantes aromatiques ou médicinales en dépend. C'est une étape importante dans la garantie
de l'humidité du sol. Ces facteurs qui peuvent accélérer les processus de fermentation ou
d'oxydation de certains constituants végétaux. La conservation dans un endroit frais évite, par
exemple, la dissémination des spores et la multiplication des parasites. Aussi, est-il souvent
nécessaire, dans un premier temps, de soumettre les produits récoltés au séchage par le soleil,
tout en sachant qu'un séchage trop prolongé au soleil modifie non seulement la couleur mais
lO
aussi la nature de ceux-ci [ l .
en verre teinté, peut être nécessaire pour les plantes qui subissent des transformations
chimiques sous l'influence des ultraviolets. La conservation en milieu étanche peut être utile
[IO ll
pour les plantes qui s'oxydent rapidement ou qui contiennent des produits volatils , l.
Les parfums qu'exhalent certaines plantes sont dus à des molécules volatiles que l'on
désigne globalement par le terme "essence". L'huile essentielle correspond à l'extrait obtenu
par entraînement à la vapeur d'eau de l'organe végétal où a lieu le stockage de l'essence. Ces
composés volatils ont la propriété d'être solubles dans l'huile et les graisses et ont, de ce fait,
reçu le nom d'huile essentielle. Le terme "huile" souligne le caractère visqueux et hydrophobe
de ces substances.
Les huiles essentielles sont largement répandues dans le règne végétal avec des
familles à haute teneur en matières odorantes comme les co nifè res, les rutacées, les
17
Chapitre l Etude bibliographique
Les essences peuvent être localisées dans des cellules sécrétrices isolées (cas des
lauracées et magnoliacées), mais on les trouve le plus souvent dans des organes sécréteurs
spécialement différenciés et variables suivant les familles botaniques. On peut citer, par
exemple, les poils sécréteurs des lamiacées, les poches sécrétrices des rutacées et les canaux
sécréteurs des conifères. L'appareil sécréteur peut être externe, comme dans bon nombre de
1
lamiacées, ou bien interne, comme c'est le cas pour les différents eucalyptus (myrtacées) [ 3,
14].
Les composés terpéniques, quelle que soit leur provenance, sont issus de métabolites
secondaires de l'acide mévalonique. Leur structure est généralement formée par un nombre
entier d'unités (n), de méthyl-2-butadiène. Selon le nombre d'unités, nous pouvons réaliser la
classification suivante : Un grand nombre de composés naturels de la famille des terpènes
viennent des polymérisations et des remaniements d'un même précurseur l'isoprène, carbure
diénique à5 atomes de carbone :
représentaI!on simplifiée
2-mélhyl-I,3 butadiène
)0
1
�4
- 3
ou
isoprène
• Pour n=2 : Les monoterpènes, ce sont des hydrocarbures aromatiques, en (CIO). Ils
peuvent être acycliques, monocycliques ou bicycliques. A ces terpènes se rattachent un
certain nombre de produits naturels à fonctions chimiques spéciales, surtout alcool et
aldéhyde, comme: l'ocimène (basilic), le myrcène (laurier) et le géraniol. Ces derniers
sont des monoterpènes acycliques, alors que le limonène et le pinène sont des
monoterpènes cycliques.
18
Chapitre l Etude bibliographique
CH3
H
,
,
H3C
H
CH(CHvl
�-Cadinan Eudesane
�OH
Acide abiétique Vitamine A
19
Chapitre l Etude bibliographique
'. '. ..
'>
..
Squalène
·Pour n=8: Les polyterpènes. Le caoutchouc naturel dont les précurseurs sont des
stéroïdes, très répandus, notamment dans les résines, à l'état libre, estérifié, ou sous
forme hétérosidique.
'.
Caoutchouc naturel
La formule brute des hydrocarbures terpéniques est donc (CsHs )n, famille de
composés se retrouvant beaucoup dans les huiles essentielles. Aussi, comme nous le verrons
par la suite, un grand nombre de composés oxygénés (alcools, cétones, acides, aldéhydes,
éthers, esters) [ 13, 14] entrent dans la composition des huiles essentielles.
nombre de propriétés physiques communes. Elles sont généralement sous forme liquides à
température ambiante et leur grande volatilité les oppose aux "huiles fixes" (lipides).
Lorsqu'elles viennent d'être préparées, leurs teintes est généralement comprise dans une
gamme allant de l'incolore, à jaune pâle. Il existe toutefois quelques exceptions, comme
20
Chapitre l Etude bibliographique
l 'huile essentielle de camomille romaine (Anthemis nobilis) qui possède une coloration bleu
Leur densité est le plus souvent inférieure à l'unité. Seules 3 huiles essentielles
officinales ont une densité supérieure à celle de l'eau: il s'agit des huiles essentielles de
asymétriques. Peu solubles dans l'eau, elles lui communiquent cependant leurs odeurs (eaux
distillées aromatiques). Elles sont solubles dans les alcools et dans la plupart des solvants
organiques. Elles sont très facilement altérables et sensibles à l'oxydation, mais ne rancissent
pas. Le caractère odorant des huiles essentielles est lié à la volatilité des molécules qui les
[1 4J
composent ce qui permet de les obtenir par entraînement à la vapeur d'eau
phytothérapie, elles sont utilisées pour leurs propriétés antiseptiques contre les maladies
[151
infectieuses d'origine fongiques, contre les dermatophytes , celles d'origine bactériennes,
1 5 161 17
par exemple contre les bactéries endocanalaires[ , et au niveau de la microflore vaginale [ 1 .
large spectre. Dans des préparations pharmaceutiques, les terpènes phénoliques, comme le
La dose de thymol applicable sur la peau et les muqueuses est de 0 ,5 % . Ingéré à des
1 91
dose de 2 g ou plus, il est responsable de gastralgies et de nausées[ . Dans les domaines
Les huiles essentielles les plus étudiées dans la littérature pour leurs propriétés
21
Chapitre l Etude bibliographique
D'une façon générale, la distillation est un procédé de séparation basé sur la différence
de composition entre un liquide et la vapeur engendrée. La technique implique la
condensation de la vapeur et la récupération des fractions liquides résultantes. On parle de
distillation simple ou fractionnée lorsqu'il s'agit de liquides miscibles. On peut également
procéder à la distillation de liquides non miscibles. C'est le cas de l'hydrodistillation des
huiles essentielles [24].
• La loi de Dalton: La pression du mélange des vapeurs est égale à la somme des
tensions de vapeur des constituants.
. La loi de Raoult: Le rapport des quantités des entités distillées simultanément est
fonction de la tension et des densités des vapeurs (donc des masses moléculaires) à la
température de distillation choisie.
22
Chapitre 1 Etude bibliographique
Mo/e H = TH
Mo/eE TE
T= Tension de vapeur
M = masse molaire
P = poids
R = rapport d'entraînement
La température d'ébullition d'un mélange est atteinte lorsque la somme des tensions
de vapeur de chacune des constituants est égale à la pression d'évaporation. Elle est donc
inférieure à chacune des températures d'ébullition des substances pures. Ainsi, le mélange
eau/huile essentielle distillée possède une température inférieure à 100 oC à pression
atmosphérique (généralement proche de100 oC, en raison de la faible tension des constituants
odorants) alors que les températures d'ébullition des composés aromatiques sont pour la
plupart très élevées [2 4J ••
Cette technique est la plus pratiquée avec 1'hydrodistillation. Elle consiste à épuiser la
matière première de ses constituants odorants au moyen d'un solvant, puis à chasser celui-ci
de l'extrait par évaporation sous vide. Il est existe deux cas particuliers, les hydrolats
(extraction par solvant en présence d'eau) et les alcoolats (extraction avec de l'éthanol dilué)
pour lesquels on récupère les composés odorants conjointement avec le solvant lors de la
distillation pratiquée pour éliminer l'eau présente dans les isolats. Le choix du solvant dépend
de nombreux paramètres techniques et économiques, notamment :
•
la sélectivité (pouvoir solvant),
•
la température d'ébullition (stabilité thermique des constituants),
•
la miscibilité dans l'eau,
23
Chapitre l Etude bibliographique
•
la facilité de recyclage,
• la sécurité de manipulation : les solvants choisis seront, dans la mesure du
possible, non toxiques tant pour le manipulateur que pour le consommateur.
Les solvants les plus utilisés à l'heure actuelle sont surtout des hydrocarbures
aliphatiques (hexane, éther de pétrole), des hydrocarbures aromatiques (toluène), des alcools
ou des solvants carbonylés, et moins fréquemment des hydrocarbures halogénés
(dichlorométhane). La méthode d'extraction mise en œuvre dépend aussi de la nature de la
matière première végétale. On peut extraire soit à chaud, c'est-à-dire à température proche de
la température d'ébullition du solvant, soit à température ambiante. On travaille, en général,
dans un extracteur statique afin d'éviter la dégradation de la matrice végétale et la
solubilisation concomitante de composés indésirables [27l .
Les solutions aromatiques obtenues, appelées miscella, sont évaporées sous vide, à
température la plus basse possible afin d'éviter la dégradation des molécules odorantes. Le
solvant organique extrait également des composés indésirables, en particulier des matières
grasses (huile, cires, etc . . . .). Celles-ci sont d'ailleurs responsables de la dénomination
«concrète» qui traduit la tendance des produits à se solidifier à température ambiante. Un
traitement secondaire est donc nécessaire pour séparer les fractions aromatique et grasse. Il
consiste à entraîner, à l'éthanol, les composés aromatiques. Cette opération est pratiquée à
basse température (environ -20°C). On obtient, après évaporation de l'éthanol, un produit
I2
appelé «absolue» qui comporte la majorité des composés volatils [ l .
24
Chapitre l Etude bibliographique
Cette approche sur l'efficacité extractive des solvants se justifie d'autant plus qu'elle
concerne des substrats végétaux dont la teneur en eau peut atteindre 80 % pour les matières
fraîches. L'affinité eau/solvant conditionne la diffusion dans les tissus riches en eau
interstitielle et dans les cellules où l'eau libre est abondante. En entraînant l'eau libre, le
solvant modifie l'assemblage cellulaire et entraîne les métabolites solubles dans l'eau [27].
De plus, la solubilisation peut atteindre l'eau structurelle qui participe à l'intégralité des
tissus. Cette action prime sur les facteurs intervenant sur le pouvoir extractif, notamment lié à
la diffusion, en relation avec les propriétés physiques du solvant. Par sa qualité déstructurante,
elle a comme incidence d'assurer la diffusion du solvant dans les tissus végétaux. Un exemple
de cette interaction pour l'éthanol, qui a une grande affinité pour l'eau. Il déstabilise
l'interaction hydrophobe responsable de la structure tertiaire des molécules protéiques ou
lipoprotéines présentes dans les membranes cellulaires.
L'estimation de l'efficacité d'un solvant ne peut être réduit aux seules propriétés
chimiques de polarité et d'affinité vis-à-vis de l'eau. Nous devons également tenir compte des
propriétés physiques déterminant la capacité du solvant à pénétrer dans une matrice poreuse.
Le pouvoir extractif est défini par la capacité du solvant à pénétrer et à diffuser dans la
structure végétale de façon à rencontrer et entraîner les molécules cibles. Evidemment, ce
dernier processus suggère la solubilisation des molécules. Il est clair que les notions de
pouvoir solvant et extractif, ainsi que de sélectivité chimique, sont liées les unes aux autres
par les caractéristiques chimiques et physiques des solvants [27]. Nous tenterons d'évaluer le
pouvoir extractif selon deux composantes, eux-mêmes liées, aux deux paramètres indiqués
ci-dessous:
•
tension superficielle et viscosité
• capacité de pénétration
25
Chapitre l Etude bibliographique
poreuse tel un substrat végétal, permet un bon mouillage des pores, surtout si ces pores sont
de petites dimensions. La pénétration du liquide est plus efficace, notamment s'il s'agit d'une
matière à organisation cellulaire. Si la viscosité du liquide est peu élevée, il bénéficiera d'un
27]
bon écoulement dans les spores et circulera naturellement dans les espaces intercellulaires [ .
Toluène (Tableau . l ). Nous pouvons constater, dans le Tableau l , que la valeur de la viscosité
de l'hexane est la plus basse par rapport aux autres solvants qui sont très utilisés lors de
[2 2
l'extraction de composants issus de la matière végétale 8, 9] .
Nous pouvons aussi considérer l'effet du volume moléculaire des solvants sur leur
absorption si nous estimons que le diamètre des pores des matrices végétales est faible. Dans
pénétration des solvants, nous constatons que la molécule ayant les plus faibles viscosité et
Solubilité
(g/I OOml) à 0,07 0.09 0,053 1 ,63
20°C dans l'eau
Tension
Superficielle 1 8,4/20°C 28,5120°C 28,2/20°C
(dynes/cm2)
Viscosité (cR)
' '
(g cm' I sec' ) 0,326/20°C 0,580120°C 0,425/20°C
26
Chapitre l Etude bibliographique
Les acides gras sont des molécules peu abondantes sous forme libre dans les matières
grasses fraîches. Ce sont des acides carboxyliques à chaîne aliphatique hydrophobe, saturés
ou non saturés, selon qu'ils contiennent ou non des doubles liaisons. Ils sont notés Cn : m où n
représente le nombre d'atomes de carbone et m est le nombre de doubles liaisons. Les acides
gras sont donc diffèrents entre eux non seulement par la longueur de la chaîne carbonée, mais
aussi par le nombre, la position et la structure spatiale (cis, trans) des doubles liaisons. La
longueur de la chaîne carbonée permet une classification des acides gras volatils avec 2, 3 ou
4 atomes de carbone ; les acides gras à chaîne courte qui possèdent entre 6 et 10 atomes de
carbone ; les acides gras à chaîne moyenne, avec 12 à 1 4 atomes de carbone et les acides gras
à chaîne longue avec plus de 15 atomes de carbone.
27
Chapitre 1 Etude bibliographique
L'acide stéarique, est un autre acide gras saturé à chaîne longue, qu'on symbolise par
les nombres 1 8:0. Il est également un solide blanc, qui fond à 70°C. Il est abondant dans
toutes les graisses animales (surtout chez les ruminants) et végétales.
CH CH CH CH CH CH CH CH CH
18 \/'\/'\/'\/'\/'\/'\/'\/'\
CH, CH, CH, CH, CH, CH, CH, CH, 1 COOH
L'acide oléïque, est le plus abondant des acides gras à chaîne longue dans l'organisme
humain. Il est symbolisé par les nombres 1 8 : 1 . L'acide oléique est donc un acide gras
insaturé, plus précisément monoinsaturé. A la température normale du corps humain, il se
présente sous la forme d'un liquide (huile). Il ne se solidifie qu'à 4°C. Son nom provient de
l'huile d'olive, mais il est abondant dans toutes les huiles animales et végétales.
n n - 6 n - 9
L'acide linoléïque ne peut pas être synthétisé dans l'organisme des animaux. Il est
reçu exclusivement par voie digestive (huiles végétales) et c'est un composé indispensable de
notre ration alimentaire. Parce qu'il doit être présent dans notre alimentation et qu'il est
irremplaçable dans ses fonctions on le qualifie d'acide gras indispensable et essentiel.
28
Chapitre 1 Etude bibliographique
n-6 n -
9
CH2 CH2 HC=== C H HC=== C H C 2
H CH2 C H , COOH
/\/\/
C� C � C�
12\/
C�
9
\/\/\/\/
C � C� C H2 C�
1
n = 8
1
Figure 10: L'acide linoléique (C1 8 : 12 (n-6 n-9))
L'acide linolénique, est un acide gras à chaîne longue qu'on trouve dans les huiles
végétales et dans les huiles des poissons. On le symbolise par les nombres 1 8:3. Il est un
acide gras insaturé. Il est sous forme liquide (huile) à température ambiante et ne se solidifie
qu'à _1 1 °C. En présence d'air, il s'oxyde rapidement (rancissement). L'acide linolénique ne
peut pas être synthétisé dans l'organisme des animaux. Il est reçu exclusivement par voie
alimentaire (huiles végétales).
L'acide arachidonique, est un acide gras à chaîne longue, présent dans certaines
huiles végétales. On le symbolise par les nombres 20:4. Il est un acide gras polyinsaturé.
L'acide arachidonique est fabriqué par l'organisme humaine à partir de l'acide linoléique. Il
n'est donc pas un acide gras indispensable. Il est le précurseur direct des hormones
eicosanoïdes.
n - 9 HC=CH
HC=CH n-6 CH2 CH.
/11 'L,14 'L,\<��: 20
CH2
\HC=CH
C C C
a/ '\HC=CH5/ ,\:/
CH2 ,\COOH
n - 12 n - 15 1
Figures 12: L'acide arachidonique [(C20 : 4)(n-6 n-9 n-12 n-15)]
29
Chapitre l Etude bibliographique
Acides gras Colza Tournesol Olive Arachide Soja Coton Maïs Palme Palmiste COl1rah
CaproÏdique C6:0 <0,1 1 ,2
Caprylique C8:0 1,1 7,0
Caprique CI0:0 3,2 6,1
Laurique C1 2:0 trace 47,0 46,0
Myristique C1 4:0 <0,1 0,1 0,8 1 ,0 1 6,1 1 8, 1
Palmitique C 1 6 :0 4,8 7,4 I l ,2 I l,1 1 0,3 22,7 1 0,9 44,1 8,0 9,3
Palmitoléique C 1 6 : 1 0,5 0,2 1,1 0, 1 0,2 0,8 trace trace
Stéarique C1 8:0 2,6 4,5 3,2 4,2 4,5 2,3 2,3 6,2 2,7 3,1
Oléique C18:1 56,8 47,3 77,4 44,8 22,8 20,1 24,2 38,0 1 5,9 7,4
Linoléique C 1 8:2 22,1 39,8 7,0 32,0 52,0 51,5 58,6 1 0,1 2,8 2,0
Linolénique C1 8:3 1 1 ,0 <0,5 <1 <0,5 9,6 <1 1,2 <0,5
Arachidéique C20:0 <0,5 <0,5 trace 2.2 <0,5 <0,5 <0,5 <0,5
Béhénique C22:0 <0,5 <1 2,7 <0,5 <0,2 <0,5
Erucique C22:1 <1 <1 <0,5
Lignocérique C24:0 trace 1,0
Les glycérides sont des esters formés à partir d' acides gras (C 2 à C22) et de glycérol.
Les graisses et les huiles ne sont pas des glycérides simples . Elles contiennent un certain
nombre d'acides gras différents ou non, distribués plus ou moins au hasard parmi les
différentes molécules de glycérides. Ce qui leur confère des propriétés physiques, une
La fraction glycéridique des corps gras d'origine végétale renferme en majeure partie
des triglycérides (les acides gras estérifiant le glycérol pouvant être de diverses natures :
chaîne hydrocarbonée (R), plus ou moins longue, plus ou moins insaturée), des
monoglycérides et des diglycérides, ainsi que des acides gras, y sont présents en faibles
quantités [3 21.
30
-""
'
Les phospholipides (phosphatides), présents dans les corps gras végétaux bruts
glycérol-phosphate est hydrophile alors que les acides gras sont hydrophobes. On représente
hydrocarbonés.
G rou l>ement
phosphat e
Hydrophile
�
Glycerol
N.���
OU
Hydlophohe
1> �
1
Acides gras
Placées dans de l'eau, les molécules de phospholipides ont tendance à former une
couche monomoléculaire (une molécule d'épaisseur) où seules les portions hydrophiles sont
en contact avec l'eau. Si les phospholipides sont «forcées» à se mélanger à l'eau, ils forment
alors une double couche moléculaire: les acides gras hydrophobes se font face (ils ont plus
d'affinité entre eux qu'avec les molécules d'eau) alors que les portions hydrophiles demeurent
31
Chapitre l Etude bibliographique
Les cérides sont des esters d'acide gras et de mono (éventuellement di) alcools, de
masse moléculaire suffisamment élevée pour que ces alcools soient insolubles dans l'eau.
Aussi, parmi eux, on compte : les cires naturelles (esters d'acides gras et mono alcools
aliphatiques), les stérides (esters de stérols, de méthyl-stérols ou d'alcools triterpéniques), les
caroténocérides (esters d'acides gras et d'hydroxycaroténoïdes ou xantophylles), etc.
Les stérols de plantes, appelés aussi phytostérols, sont des alcools stéroïdiens,
membres de la famille des triterpènes, comportant le plus souvent 25, 27 ou 29 atomes de
carbone. Le noyau tétracyclique possède le plus souvent une double liaison fréquemment en
position 5, mais que l'on peut rencontrer en position 7, beaucoup plus rarement en position
8(14) ou en position 1 9(1 1). Les groupes méthyle 18 et 19, la fonction alcool en 3 et la chaîne
latérale en 1 7 sont en configuration �. La chaîne latérale qui peut être saturée ou comporter
une ou deux doubles liaisons possède 8, 9 ou 10 atomes de carbone. Leur structure est dérivée
de celle du cholestérol et ne diffère que par un groupement méthyle ou éthyle sur le carbone
24 (Figure 14). La plupart des phytostérols, comme le campestércil et le ,B-sitostérol, ont une
liaison /',.s ainsi qu'un ou deux carbones additionnels substitués à la chaîne latérale au niveau
du carbone 24[32, 33J.
26
Cholestérol (cilOlest-5-èlle-Jf3-ol)
3
6
HO
32
Chapitre 1 Etude bibliographique
En tant que valorisation non alimentaire, les phytostérols possèdent des propriétés de
surfactant utilisées dans l'industrie pharmaceutique pour solubiliser les hormones stéroïdes
dans la formulation de certaines crèmes. De plus, ils présentent des effets curatifs sur la peau
ainsi qu'une action anti-inflammatoire semblable à celle de la cortisone et des corticoïdes. En
tant que bons émulsifiants, les stérols sont utilisés pour la formulation de produits
cosmétiques variés. L'aj out de phytostérols dans les crèmes permet d'améliorer l'hydratation
de la peau et sa tonicité [3 9. Selon les préparations, ils servent d'émulsifiants principaux ou
auxiliaires, modificateurs de consistance et d'apparence, d'agents contrôlant la viscosité ou
d'émollients. Ils sont employés pour la formulation de shampoings, pour lesquels ils réduisent
la charge électrostatique ; de lotions hydratantes, rouges à lèvres, crèmes de corps, solutions
après rasage [3 9J (tableau 4).
33
Chapitre l Etude bibliographique
Les huiles et les corps gras, au contact de l'oxygène, sont susceptibles de dégradations
oxydatives. Ce phénomène se déroule spontanément en 2 étapes : les chaînes grasses
insaturées fixent l'oxygène de l'air en formant des peroxydes, puis ceux-ci instables, évoluent
en formant des produits d'oxydation, de dégradation et de polymérisation. Ils sont alors
indésirables aussi bien en raison de leurs effets physiologiques néfastes qu'à cause des
modifications de saveur et d'odeur et des huiles qu'ils entraînent. Les antioxydants sont donc
des molécules oxydables qui, en agissant comme donneurs d'hydrogène vis-à-vis d'un radical
hydroperoxyle, interrompent la réaction en chaîne de formation des peroxydes[32] .
34
Chapitre l Etude bibliographique
HO
(,
A) B)
Figure. l 8 : (A), noyau chromane (B) a-tocophérol (vitamine E)
1'.,
OH
""" CH,
R,
--# 0 CH,
CH,
R, Tocopherols
R,
OH
""'" CIi, CH, CH,
0 CH,
--# --# --# --#
CH,
R,
R, Toc<>trienols
Le noyau 6-0H chromane existe sous 4 formes différenciées par la présence ou non de
groupements méthyles en position 5 ou 7 du noyau (Tableau 5).
P CH3 H
y H CH3
Ù H H
Tableau 5 : Les quatre formes des tocophérols selon la position des groupements
méthyle sur le noyau 6-0H-chromane.
35
Chapitre l Etude bibliographique
36
Chapitre l Etude bibliographique
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39
CHAPITRE II
40
Chapitre lIA Rappel bibliographique -Hibiscus sabdariffa
Calice
Capsule
41
Chapitre lIA Rappel bibliographigue -Hibiscus sabdariffa
Hibiscus sabdariffa, qui fait partie des familles Malvacées, était cultivée à l'origine en
Afrique. Il a été largement distribué dans les zones tropicales et subtropicales, des Indes
occidentales à l'Amérique centrale et en Asie, où l'espèce s'est adaptée. Hibiscus sabdariffa
est présent en Thaïlande, au Vietnam, en Malaisie, en Chine, au Soudan et au Mexique. Il est
aussi présent dans d'autres pays, tels que l'Egypte, le Sénégal, la Tanzanie, le Mali, le Tchad
et la Jamaïque, qui en produisent en petite quantité.
Hibiscus sabdariffa, qui produit des calices contenant des colorants rouges
comestibles, est utilisé comme nourriture, colorant et boisson. Certaines variétés de cette
plante sont employées en tant que plantes ornementales. Les calices rouges gonflés, de type
sabdariffa, sont également séchés, brassés et employés dans le traitement de jus, de gelées, de
crèmes glacées et des saveurs. Une décoction des calices est employée pour faire des boissons
l
froides et chaudes dans plusieurs pays tropicaux et subtropicaux[ l . Eût égard à ses
potentialités (goût, couleur, acidité), hibiscus sabdariffa peut être mélangé à d'autres jus de
fruit : orange, ananas, goyave, tamarin, anacarde. Acide mais sans alcool, d'une couleur rouge
proche de celle du vin, le jus d'hibiscus est une boisson naturelle tonifiante. En Amérique
tropicale et en Afrique subsaharienne, le bissap (Hibiscus) est servi en famille à tout moment.
42
Chapitre lIA Rappel bibliographique -Hibiscus sabdariffa
Hibiscus est relativement robuste et se développe bien dans la plupart des sols.
L 'Hibiscus sabdariffa aime les climats tropicaux humides. 5 à 8 kg de graines sopt nécessaires
pour ensemencer environ 1 hectare, en fonction de la densité choisie. Les graines ont besoin
d'une température minimale de 1 0cC pour germer mais la température optimale pour le
développement de la plante se situe entre 20 et 35cC, avec des précipitations mensuelles de
1 3 0 à 260 mm pendant les 3 à 4 premiers mois de croissance. Le pH optimum du sol, pour un
bon développement, est de 5-6, et les meilleurs sols sont sablonneux ou de type terreux.
La floraison d'hibiscus est favorisée par des journées courtes (octobre février). Il lui
faut 1 20 à 1 8 0 jours pour étaler ses calices d'un rouge vif. Les calices charnus rouges sont
récoltés après que la fleur soit tombée mais avant que la cosse de la graine ne soit séchée et
ouverte [31 .
Les calices d' hibiscus sabdariffa constituent la partie la plus importante de la plante
du point de vue économique. Ils contiennent des protéines, des vitamines, des polyphénols,
des pectines, du carotène, des fibres, des minéraux, des anthocyanes. La présence de tous ces
éléments explique l'utilisation de l'hibiscus dans divers domaines.
43
Chapitre lIA Rappel bibliographique -Hibiscus sabdariffa
taux d'anthocyanine est élevé dans les pétales d'hibiscus lesquelles sont donc,
potentiellement, de bonnes sources d'antioxydants [5,61 ,
OH
OH
� RI = sambubiose R2=OH
HO
RI = glucose, R2= H
0+
"" R,
,::9' # RI = glucose, R2=OH
RI = xylosylglucose, R2=OH
OR,
� # RI = xylosylglucose, R2=H
OH
En Allemagne, les calices rouges sont de plus en plus utilisés comme colorants
naturels dans la confiserie, L'extrait, sous forme de filtrat concentré ou de poudre séchée, est
utilisé comme colorant dans l 'industrie alimentaire ou pharmaceutique. Dans ces deux
secteurs, où l'on cherche des colorants naturels aux dépends des produits de synthèse, les
colorants d'hibiscus sont préférés à ceux de la betterave, d'un rouge trop foncé, ou à ceux du
raisin, moins éclatant, ou encore à ceux de la cochenille qui sont trop chers [7,81 .
44
Chapitre lIA Rappel bibliographique -Hibiscus sabdariffà
Les graines d'hibiscus ont été proposées comme nouvelle source d'huile grâce à leurs
Grâce à leurs qualités et à leur valeur nutritive, en Afrique occidentale, les feuilles
d'hibiscus sQnt consommées comme des légumes en soupe ou en salade, mélangées avec
d'autres légumes. La feuille d'Hibiscus sabdariffa contiennent une quantité non négligeable
I I 12
de protéines comparables au standard de l'OMS[ . ] Le tableau 7, montre que les feuilles
sub-saharienne de l'Afrique, durant les périodes où les cultures habituelles (maïs, sorghio,
riz. . . ) sont insuffisantes, à cause des conditions climatiques défavorables, les indigènes
consomment des plantes poussant à l'état sauvage, telles que l'hibiscus ou d'autres plantes,
[9J
en tant que substituts alimentaires . Une étude menée au sud-est du Niger, ( 1 993) a démontré
que les feuilles sont régulièrement consommées durant la saison par 1 00 % des individus
[II 14J
interrogés , ,
45
Chapitre lIA Rappel bibliographique -Hibiscus sabdariffa
46
Chapitre rrA Rappel bibliographique -Hibiscus sabdariffa
47
Chapitre lIA Rappel bibliographique -Hibiscus sabdari{fa
lIA. 9 Les marchés des tisanes à partir des calices d' Hibiscus sabdariffa L.
Les premiers marchés d'importation pour les calices d'Hibiscus sabdariffa sont les
Etats Unis et l'Allemagne. L'Angleterre n'est pas un importateur régulier du produit car la
tisane en provenance de l'Allemagne satisfait une grande partie de la demande. Les
principaux clients, pour les importateurs d'hibiscus, sont les fabricants de tisanes car le calice
et la capsule séchés entre dans la fabrication de la plupart des tisanes en même temps que
l'écorce d'ananas, d'orange et le jus de citron[26l.
Les Etats-Unis ont importé plus de 5.000 tonnes (22 millions d'Euros) de plantes et parties de
plante pour l'utilisation dans les tisanes en 1 998, soit une augmentation de 78 % en volume et
156 % en valeur par rapport aux niveaux de 1 994. Les tisanes ont gagné en popularité au
cours des cinq dernières armées aux Etats-Unis. Même les principales chaînes de café ont
commencé à vendre ce produit. Parmi les fournisseurs des Etats Unis, on compte la Thaïlande,
le Mexique, l'Egypte et le plus important d'entre eux, la Chine [ l5l,
Les industries allemandes de tisanes pensent que l'hibiscus soudanais offre le mélange
parfait quant à la couleur et au goût pour les bases de tisanes mais elles s'approvisionnent
aussi en hibiscus chinois, thaïlandais, égyptien et mexicain, ces deux dernières en petites
quantités cependant. L'hibiscus chinois donne un liquide violet foncé avec un arrière goût
âpre. L'hibiscus soudanais produit un liquide de couleur orange-rouge, avec un goût
légèrement moins âpre mais plus acide, convenant mieux comme base de tisane [26l.
48
Chapitre lIA Rappel bibliographique -Hibiscus sabdartffa
L'hibiscus thaïlaudais donne un liquide qui a une couleur intermédiaire entre celle du produit
de Chine et du Soudan et qui est sucré. Le tableau 8 montre les caractéristiques et le prix pour
les calices séchés d'Hibiscus sabdariffa en fonction de divers fournisseurs [26J .
49
Chapitre HA Rappel bibliographique -Hibiscus sabdariffa
lIA. 1 0 Conclusion
Le Vietnam et le Sénégal sont absents sur ce marché. L 'Hibiscus sabdariffa 1. est une
plante très bien adaptée au deux pays: il pousse abondamment à l'état sauvage, même sur des
sols pauvres. Pour peu qu'il soit mieux « domestiqué », la valorisation de l' Hibiscus
sabdariffa est à envisager et pourrait apporter des plus-values aux agriculteurs des zones
déshéritées.
Les feuilles d 'hibiscus semblent représenter une excellente source de nutriments essentiels, et
les graines pour l'utilisation d'huile végétale, savon, et d'agro-matériaux. Si ces différentes
voies de valorisation se développent, de simples améliorations dans la technologie de
production pourraient transformer une culture de substance négligée en une nouvelle source
de prospérité pour les pays en développement.
50
CHAPITRE lIB
51
Chapitre IIB Matériels et méthodes-Hibiscus
Le teneur en matière sèche (NF V 03-903p71 est déterminé sur des graines broyées et
des calices séchés d' Hibiscus sabdariffa. Une masse [Me] de ces graines est introduite dans
un creuset taré [T] puis mises à l'étuve à 1 03 oC jusqu à ou poids constant [MsEc]. La teneur
en matière sèche des graines est donnée par la relation : MS = 1 00 x (ME-MsEc)1 (ME-T)
Ce système peut être équipé d'un recyclage ou cohobage : un principe de siphon renvoie
l'eau florale du vase florentin vers le réacteur. Un simple robinet au bas du vase permet de
recueillir l'huile essentielle à la fin de la réaction. Le milieu réactionnel, constitué par la
'matière et l'eau, est porté à ébullition grâce à un chauffe-ballon. La température est limitée
par la température d'ébullition de l'eau : 1 00 oC. La composition chimique des huiles
52
Chapitre lIB Matériels et méthodes-Hibiscus
JmiIe _elle
cohobage
300 grammes de matière végétale et un volume de 3 litres d'eau ont été placés dans un
ballon en verre de 6 litres dans un appareil de type Clevenger. La matière végétale est ainsi
immergée dans l'eau. La distillation s'opère à pression atmosphérique. Le chauffe ballon
permet de chauffer le mélange hibiscus/eau, l'essence est entraînée par la vapeur qui est
condensée dans un serpentin refroidi par un courant d'eau froide (réfrigérant). Un séparateur -
ou essencier - permet de séparer l'eau de l'huile par différence de densité.
53
Chapitre lIB Matériels et méthodes-Hibiscus
L'appareil comprend deux ballons, l'un contenant l'eau et la matière végétale, l'autre
contenant un solvant organique. Dans le ballon de plus grande dimension (500 mL), chargé en
eau, on introduit l'isolat végétal à fractionner. L'autre ballon, plus petit (50 mL), contient un
solvant organique apolaire tel que le pentane, l'hexane, ou le dichlorométhane.
Préparation de l 'échantillon :
• l'échantillon a été préparé avec 25g de matière végétale (hibiscus) et 200 mL d'eau, le
Les deux ballons sont chauffés jusqu'à ébullition de leur contenu. L'eau est destinée à
entraîner les composés volatils par co-distillation, le solvant à les solubiliser. La géométrie de
l'appareil est telle que la vapeur d'eau aromatisée et les vapeurs de solvant se rencontrent
condensation, les solvants s'écoulent dans une cohobe et se séparent en deux phases vers leur
position relative des deux tubulures de reflux diffère selon que la densité du solvant est
Cette méthode est plus particulièrement utilisée pour l'étude d'une matière première
Réfrigérant
Eau + matière
végétale
Ballon à
Chauffe
ballon
54
Chapitre lIB Matériels et méthodes-Hibiscus
Condenseur
Entrée d'eau
Matière vogetale
Tube de vapeur
Tube de sÎphon
Hexane el extTaÎt
55
Chapitre IIB Matériels et méthodes-Hibiscus
Resteck de paramètres 30m . 0,25 mm, 0,25 �m. La (composition de la phase stationnaire: 5
Paramètres utilisés :
56
Chapitre IIB Matériels et méthodes-Hibiscus
• Délai : 5 minutes
• Injecteur mode splitless : 250 oC
• Gaz vecteur : 1,2 mL/minutes
• Mode d'ionisation : impact électronique (EI+)
• Tension du détecteur : 350 V
• Type d'acquisition : TIC
L'identification des composés a été réalisée sur la base de comparaison des spectres de
fragmentation obtenus avec ceux de la banque de données WILEY 275. Le spectre de
fragmentation correspond à une répartition des ions regroupés aux valeurs nominales entières
les plus proches de leur masses réelles et dont les intensités sont exprimées en % d'intensité
du pic le plus intense, appelé pic de base.
L'étude comparative des extractions a été effectuée avec des graines d'hibiscus provenant de
trois pays : le Vietnam, le Sénégal et le Mexique. Chaque manipulation a été effectuée en trois
exemplaires.
57
Chapitre lIB Matériels et méthodes-Hibiscus
33 34
IIB.3.1.3 Accelerated solvent extractor (ASE 200 Dionex) [ , ]
La méthode ASE (Accelerated Solvent Extractor) (figure 22) repose sur le même
principe que la méthode du Soxhelt. Cette récente technique d'extraction par solvant
organique fonctionne à des températures et des pressions élevées de façon à accroître
l'efficacité de l'extraction. L'extraction s'effectue dans des cellules métalliques contenant une
masse de broyat connue et se déroule automatiquement selon les étapes décrites ci-dessous.
Ces paramètres sont programmés préalablement via une interface électronique. A la
différence de la méthode de référence du Soxhlet, cette technique présente l'avantage d'être
rapide (30 min par échantillon), peu onéreuse (utilisation de quantités moindres de solvant) et
nécessitant peu de manipulation (24 extractions programmables). La comparaison des
méthodes ASE et Soxhelt a montré que ces deux techniques permettent d'extraire la totalité
de l'huile. La méthode ASE permet le dosage d'un grand nombre d'échantillons et de
33 3
récupérer les huiles extraites nécessaires à l'analyse du profil en acides gras [ - 51 •
Exemple : extraction effectuée (tableau 9), avec des graines du Vietnam par soxhlet/
ASE. Après évaporation du solvant (sous pression réduit et à 40°C), la quantité d'huile est
pesée et exprimée en g d'huile par rapport à 100g de matière sèche de broyat de grain.
Paramètres Consignes
Température 105 oC
Pression 1 00 bars
Volume de solvant 30 mL
Solvant Cyclohexane
Durée de l'extraction 35 min
Volume de rinçage 5,5 mL
Durée de la purge 120s
Nombre de cycle d'extraction 4
58
Chapitre liB Matériels et méthodes-Hibiscus
Les analyses normées sont extraites du Recueil des Normes Françaises sur les Corps
Gras, Graines Oléagineuses et Produits Dérivés publié par l'AFNOR[27l . Les caractéristiques
physico-chimique des trois variétés d' huiles étudiées, la masse volumique, le point de fusion,
les indices de réfraction, de saponification, d'acide, d'iode ainsi que la teneur en protéine,
cendre ont été déterminés selon des méthodes normalisées AFNOR[27l . Dans tout les cas, trois
déterminations d'indice ont été réalisées simultanément pour un même essai.
L'indice de saponification, IS, est déterminé par la norme (NF T60-206p7l. Il correspond au
nombre de milligrammes d'hydroxyde de potassium nécessaire pour saponifier 1 g de matière
grasse. 25 mL de KOH 0,5 M (d'hydroxyde de potassium) dont le titre est connu avec
précision sont ajoutés dans un ballon contenant 5 g d'huile. Le tout est porté à ébullition
pendant 3 heures. On y ajoute de la phénophtaléine et le mélange est titré avec HCL 0,5 M
jusqu'à disparition de la couleur rouge. On effectue un essai à blanc (sans huile).
L'indice de saponification est donné par la formule suivante :
59
Chapitre lIB Matériels et méthodes-Hibiscus
60
Chapitre IIB Matériels et méthodes-Hibiscus
La densité relative d'une substance est le rapport entre la masse d'un certain volume
de cette substance, à 20°C, et la masse d'un volume égal d'eau, à la même température (NF
T60_204i271 • Les densités des huiles de graines ont été mesurées à l'aide d'un pycnomètre
10mL, à 20°C. Les masses volumiques (g) ont été calculées par rapport à celle de l'eau
distillée à la même température par la fom1Ule suivante :
l' (M2-Mo)/(M1-Mo)
=
sabdariffa
IIIB.3.3.1 Analyse des acides gras
La teneur en acides gras a été déterminée par analyse des esters méthyliques d'acides
gras en chromatographie phase gazeuse (CPG) selon la norme NF EN ISO 5508 qui nécessite
deux étapes préliminaires : l'extraction et l'estérification des acides gras.
61
Chapitre lIB Matériels et méthodes-Hibiscus
1 50 ilL du mélange huile/TBME issus de l'extraction d'acides gras sur huile (FAME)
sont transestérifiés par un ajout de 50 ilL de Triméthylsulfonium hydroxyde (TMSH). Cette
réaction a lieu au moment de l'injection sous l'effet de la température et forme des esters
méthyliques d'acides gras, Le profil d'acides gras d'une huile est réalisé par chromatographie
en phase gazeuse (CPG) sur chromatographe 3800 de Varian® dans les conditions suivantes :
62
Chapitre IIB Matériels et méthodes-Hibiscus
Le dosage des phytostérols a été effectué avec une méthode développée par
(Malcherery-Nagel®). Au moment de l'injection, les phytostérols sont silylés par ajout de
1mL de N-méthyl-N-triméthylsilyl-heptafluorobutyramide (MSHFBA, Macherey-Nagel)
mélangé à 50 !-Il de 1-methyl imidazole (Sigma). Le mélange réactionnel est chauffé 5 min à
105°C pour favoriser la silylation. 1 !-IL de dérivés stérol triméthylsilyl éther sont injectés.
63
Chapitre IIB Matériels et méthodes-Hibiscus
La méthode décrite dans la norme (IUPAC 2,432 et norme ISO 9936 : 1997) concerne
la détermination des teneurs en a, �, y, et 8, tocophérols (appelés globalement tocols) dans les
corps gras par la chromatographie liquide à haute performance (CLHP), en polarité de phase
normale. Par extension, cette méthode est utilisée pour la détermination des tocols dans les
extraits lipidiques obtenus à partir d'huiles de l 'hibiscus sabdariffa provenant de trois pays.
Une gamme d'étalonnage est utilisée pour réaliser un étalonnage externe basé sur l'aire des
pics. L'extraction des graines à été effectuée à froid par centrifugation en utilisant le
cyc\ohexane. Suivre le même protocole que celui décrit au (IIB.3 . 1 .2), en précisant le matériel
et la méthode d'extraction des graines à froid. A chaque analyse, environ 10 mg d'huile
d'hibiscus des trois variétés sont dissous dans 1 mL de cyc\ohexane. Deux prises d'essai sont
effectuées par échantillon.
64
Chapitre lIB Matériels et méthodes-Hibiscus
Il s'agit du dosage d'azote, réalisé par la méthode Kjeldahl (Kjeltec TM 2200, Foss).
Les premiers dosages ont été réalisés avec une chaîne en flux continu, une fois les
échantillons minéralisés. Par la suite, les dosages ont été effectués avec un système Kjeltec
Tecator, par minéralisation et distillation à la vapeur en milieu basique des sels d'ammonium
formés. 0,2 à 0,8 g d'échantillon sont pesés et mis dans des tubes de minéralisation ; on y
ajoute un catalyseur à base de sulfate de cuivre et de potassium et 1 2 mL d'acide sulfurique
concentré. Après avoir laissé les tubes au repos pendant 2-3 heures, ils sont chauffés à 400 oC
jusqu'à ce que la minéralisation devienne complète (le contenu des tubes devient incolore).
Une fois refroidi, et après ajout de 80 mL d'eau distillée et 60 mL d'une solution de soude à
40%, le milieu a été distillé. Le distillat a été récupéré par bullage dans 30 mL d'une solution
d'acide borique à 4%, additionné de vert de bromocrésol et de rouge de méthyle. L'ammoniac
a été alors titré par une solution d'acide chlorhydrique à 0,l 06M, préalablement étalonné par
de la soude à 0, lM. Le virage est déterminé par le changement de coloration de la solution du
bleu au violet. Le taux d'azote est calculé par la formule suivante :
65
Chapitre IIB Matériels et méthodes-Hibiscus
La teneur en protéines est calculée selon l'estimation standard qui consiste à multiplier
le pourcentage d'azote par un coefficient reconnu au niveau international de 6,25.
66
CHAPITRE I1Ct
l'Hibiscus sabdariffa L .
67
Chapitre nCI . Résultats et discussion sur les calices de l' Hibiscus sabdariffa
1. calice séché
2. % d'humidité de la partie extraite
3. gr d'huile essentielle obtenue par hydrodistillation par I OOgr de matière sèche
4. rendement en gr d'huile essentielle obtenue par 1 OOgr de matière sèche
Nous avons généralisé ces conditions pour l'étude des deux autres espèces d'Hibiscus
sabdariffa, ceux du Sénégal et du Mexique.
68
Chapitre HCL Résultats et discussion sur les calices de l'Hibiscus sabdariffa
IlIe1. 1.2 Résultats et discussion sur l'analyse de la fraction volatile obtenue par
Hydrodistillation.
Ainsi, les huiles essentielles ont été obtenues avec un rendement moyen de 6,lxlO-2 %
2 2
pour l'espèce provenant du Vietnam, de 5,2x l O- % pour celle du Sénégal et de 4, lx10- %
pour celle du Mexique (tableau I l). Très peu d'huiles essentielles est présente dans le calice.
L'extraction de cette huile, verte et visqueuse à température ambiante, débute après 1hOO
d'hydrodistillation. L'huile récupérée pourrait être constituée majoritairement d'acides gras
puisqu'elle est solide à température ambiante. En principe, la teneur des plantes en huiles
essentielles est faible, de l'ordre de 1 à 3 %, à l'exception du clou de girofle de (14 à 19%), du
3 3
macis (10 à 13%), de la noix de muscade (8 à 9 %) et de la cardamone (4 à 10 %) [ 6. 7J •
moyenne de 3 essaIs
•
69
Chapitre I1C ! . Résultats et discussion sur les calices de l'Hibiscus sabdariffa
0,07
0,06
0,05
� 0,04
o
Muique
Temps [min)
Par conséquent, nous avons jugé important, avant toute extraction, de noter la
couleur[261 et la teneur en humidité des trois échantillons d'hibiscus étudiés. Lors d'une étude
70
Chapitre IIC ! . Résultats et discussion sur les calices de l'Hibiscus sabdariffa
future, afm d'optimiser les rendements en telle ou telle molécule, il sera également nécessaire
d'étudier aussi la morphologie des espèces d'hibiscus soumises à l'expérimentation.
D'après les résultats de nos déterminations, la teneur en humidité, pour les trois
hibiscus, se situe entre 1 0 et 14 %. Cela montre que le séchage au soleil au stockage n'est pas
totalement efficace. Cependant, il faut reconnaître que ce mode de séchage est le plus simple
et le plus économique, ce qui explique qu'il soit le plus utilisé dans ces pays. De plus, si elle
est bien conduite, c'est aussi la méthode la moins destructrice.
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Des signaux des chromatogrammes des huiles essentielles obtenus, nous en avons
identifié 13 (Tableau 12). Nous constatons que la très grande majorité des composés sont
l'acide hexadécanoïque (oléïque) et l'acide octadécadiènoïque (linoléïque). Ils représentent
43,12 % et 45,19 % pour l'hibiscus du Vietnam, 41,40 % et 44,53 % pour celui du Sénégal
et 4 1 ,3 1% et 44,60% pour le celui du Mexique. Nous avons également identifié l'eugénol
dans toutes les variétés.
71
Chapitre IlCI . Résultats et discussion sur les calices de l' Hibiscus sabdariffa
La fraction obtenue est très riche en acides gras, lui conférant cet aspect solide à
température ambiante. La présence d'acides gras, en quantité importante, confirme
3
l'hypothèse d'hydrolyse de triglycérides d'acides gras [ 91 . Il est intéressant de remarquer qu'il
s'agit de composés relativement « lourds ». Il ne faut donc pas chercher l'arôme de l'hibiscus
parmi ces composés « lourds ». Cet arôme proviendrait d'une combinaison des dérivés
terpéniques (pour les notes aromatiques) et des dérivés du sucre (pour l'odeur de caramel).
D'autre part, l'évolution des dérivés aliphatiques d'acides gras peut masquer l'arôme global
de l'hibiscus [40,41 1 . La molécule aromatique peut également être isolée par
distillation/extraction à partir de calices de l'hibiscus ; par contre, le processus de séchage a
pu réduire, particulièrement la quantité de trois arômes dominants, terpinéol, linalol et
limonène. Des calices frais de l'hibiscus sont nécessaires afin d'identifier ces composés
40
aromatiques[ 1 .
72
Chapitre nCI . Résultats et discussion sur les calices de l'Hibiscus sabdariffa
Dans les tableaux 13, 14 et 15 sont donnés les rendements moyens, en « concrètes », à
partir des calices d'hibiscus du Vietnam, du Sénégal et du Mexique respectivement (masse
« concrète »/masse initiale). Ils ont été calculés sur trois essais pour les quatre techniques
différentes.
Les rendements moyens d'extraits pour les calices d'hibiscus du Vietnam, avec
1 'hexane, sont de
Soxhelt
Rexane 6h 0,24 1 ,7 0,01
Dichlorométhane 0,35 2,3 0,02
EMAUS
Rexane 2h 0,21 1,3 0,06
Dichlorométhane 0,25 1,7 0,01
Macération
Rexane 3 jours 0, 1 8 1,1 0,03
0,24 1 ,6 0,02
Dichlorométhane
DES
Rexane/ Eau 3h 0, 1 1 0,8 0,01
DichlorolEau 0,20 1 ,3 0,02
* moyenne de 3 essais
Tableau 1 3 : Comparaison des rendements en « concrète » d 'Hibiscus sabdariffa du Vietnam
par les différentes techniques d'extraction et de solvants.
73
Chapitre IlC ! . Résultats et discussion sur les calices de l' Hibiscus sabdari((a
Pour les calices du Sénégal, les rendements moyens d'extraits, par l'hexane, sont
Soxhelt
Hexane 6h 0,22 1 ,4 0,06
Dichlorométhane 0,28 1 ,9 0,05
EMAUS
Hexane 2h 0,1 5 1 ,0 0,05
Dichlorométhane 0,21 1 ,5 0,01
DES
Hexane/ Eau 3h 0,07 0,6 0,01
DichlorolEau 0,1 5 1 ,0 0,03
moyenne de 3 essaIs
•
Pour les calices d'hibiscus du Mexique, les rendements moyens des extraits par l'hexane sont
o de 1,3 % pour la technique du soxhlet,
o 0,9 % pour les ultrasons (E.M.A.U.S),
o 0,8 % pour la macération
o 0,6 %, pour la distillation-extraction simultanées (DES), Likens-Nickerson.
74
Chapitre IlC I . Résultats et discussion sur les calices de l' Hibiscus sabdariffa
SoxheIt
Hexane 6h 0,22 1 ,3 0,04
Dichlorométhane 0,28 1,8 0,03
EMAUS
Hexane 2h 0,15 0, 9 0,03
Dichlorométhane 0,21 1,4 0,02
DES
Hexane/ Eau 3h 0,08 0,6 0,02
DichlorolEau 0, 14 0,9 0,01
"
moyenne de 3 essaIs
75
Chapitre I1C ! . Résultats et discussion sur les calices de l' Hibiscus sabdarif{a
pennettent de caractériser sélectivement les composés volatils présents dans les calices
d'hibiscus, avec moins des acides gras.
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Hexane
Soxhlet Dichlorométhane
EMAUS
Macération
Likens-
Neckerson
Technique d'extraction
76
Chapitre HC L Résultats et discussion sur les calices de l' Hibiscus sabdariffa
Nous retrouvons des pourcentages analogues pour les autres extraits des hibiscus du
Sénégal ou du Mexique.
77
Chapitre nc 1 . Résultats et discussion sur les calices de l'Hibiscus sabdariffa
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(solvant : (dichlorométhane)
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Figures 27 : Chromatogrammes des absolues d'hibiscus du Vietnam obtenues par Soxhlet (solvant
dichlorométhane)
78
Chapitre nc l . Résultats et discussion sur les calices de l'Hibiscus sabdariffa
Tableau 17: Composés identifiés d'hibiscus du Sénégal par différentes techniques d'extraction
avec le dichlorométhane.
79
Chapitre nCl . Résultats et discussion sur les calices de l'Hibiscus sabdariffa
80
Chapitre IIC r . Résultats et discussion sur les calices de l' Hibiscus sabdariffa
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81
Chapitre IlC! . Résultats et discussion sur les calices de l' Hibiscus sabdariffa
a) Si l'on compare l'extrait obtenu par soxblet avec l'huile essentielle obtenue par
hydrodistillation, on s'aperçoit que les chromatogrammes ne sont pas identiques : les
produits obtenus sont donc différents, le pouvoir « extracteur » d'un solvant est plus
performant que celui de l'eau, même chaude.
b) Que les produits extraits par solvants sont essentiellement des stérols.
Par les techniques de distillation extraction simultanées (DES), nous avons identifié un
composé phénolique «eugénol» que a été obtenu avec un quantité très élevée (figures 28).
L'eugénol est l'un des composants principaux des calices de [ 'hibiscus sabdariffa et est
également l'un des composants importants des clous de girofle. L'eugénol est thermiquement
stable pendant la période de séchage [40,4 11. Dans le tableau 19, nous pouvons remarquer que
les composés, obtenus lors de nos études d'extraction par solvant sur [ 'hibiscus sabdariffa,
sont quasiment les mêmes que ceux mentionnés dans la littérature pour l'hibiscus tiliaceus du
Brésil [401.
a-tocophérol a-tocophérol
cholestérol cholestérol
stigmastérol stigmastérol
campestérol campestérol
�-sitostérol �-sitostérol
Lupéol -
. .
Tableau 19: Composes IdentIfies dans l' « absolue » d'HIbiSCUS sabdariffa L. et d'hibiscus
tiliaceus L" de la famille Malvaceae,
82
Chapitre IIC I . Résultats et discussion sur les calices de l' Hibiscus sabdariffa
La fraction aromatique des calices d'hibiscus sabdariffa, obtenue en très faible quantité,
2 2
à raison d'un rendement de 4,l x l O- à 6.1 x l O- %. Elle est très riche en acides gras, lui
conférant cet aspect solide à température ambiante_ La « concrète » obtenue par extraction des
soxhlet, macération et ultrason a permis d'obtenir un rendement d'extraction convenable (de
1 ,3 à 2,3 par dichlromethane et 0,8 à 1,7 par l'hexane).
1 La classification CMR répertorie les substances cancérogènes (C) mutagènes (M) toxiques pour la
reproduction, (R). Dans chaque catégorie, le danger diminue de la catégorie 1 à la catégorie 3 . (source :
www. [Link]).
83
Chapitre lICl . Résultats et discussion sur les calices de l' Hibiscus sabdari((a
84
CHAPITRE IIC2.
85
Chapitre HC2. Résultats et discussion sur les huiles des graines de l 'hibiscus
Les valeurs moyennes des masses pour 1000 graines d'hibiscus sont respectivement
(39,0 g), pour l'hibiscus du Vietnam, (21,3 g) pour celui du Sénégal et (1 9,7 g) pour la
variété du Mexique. Les propriétés physiques des graines déterminent la façon dont elles ont
été manipulées pendant la fabrication[431 . Il est important de noter que, plus les graines sont
lourdes, plus la quantité d'huile extraite sera élevée [441 .
Humidité (%) 8,0 ± 0,8 7,7 ± 0,4 9,0 ± 0,5 2,57 4,96
Huile (%) 22,5 ± 0,1 19,3 ± 0,3 19,4 ± 0,4 1 5,08 40,32
Protéine (N % x 6.25) 23, 1 8 ± 0,2 22,6 ± 0,6 22,4 ± 0,7 17,94 24,1
Cendre (%) 5,2 ± 0,7 4,4 ± 0,5 4,6 ± 0,4 3,50 3,28
Indice de réfraction (25 ° C) 1 ,462 ± 0,5 1,461 ± 0,03 1 ,463 ± 0,02 1 ,472 1 ,469
Masse volumique (25 °C) 0,927 ± 0,001 0,926 ± 0,001 0,928 ± 0,002 0,922 0,923
Indice d' iode (mg iode/g)wijs 96,6 ± 1,4 95,2 ± 1 .5 95,8 ± 0,8 94,0 82,4
bhydrates de carbone totaux (%) 4 1 ,2 ± 1 , 1 45, ± 1,7 44,8 ± 1,9 55,30 27,34
'moyenne de 3 essais
bhydrates de carbone, calculé par la différence, [ I OO-(humidité + cendre + huile + protéine)] [48.491.
Tableau 20: Indices physico-chimiques des huiles de l'Hibiscus des trois espèces retenues.
86
Chapitre IIC2. Résultats et discussion sur les huiles des graines de l 'hibiscus
Les acides gras sont dérivés en esters méthyliques pour être analysés par
chromatographie en phase gazeuse sur colonne capillaire. Des mélanges d'esters méthyliques
S4 ss
d'acides gras (FAME) [ , l de référence sont identifiés par des échantillons analysés par
comparaison des temps de rétention des mélange d'esters méthyliques d'acides gras (FAME).
Les acides gras sont identifiés en fonction de leurs temps de rétention. Leur taux est
déterminé par le rapport entre l'aire des pics correspondants et la somme des aires des pics de
tous les acides gras.
87
Chapitre HC2. Résultats et discussion sur les huiles des graines de l 'hibiscus
Les résultats des analyses d'acides gras des graines de l'hibiscus (tableau 21) montrent
la présence de 12 acides gras. L'acide palmitique (20,2 à 20,4 %), l'acide stéarique (4,3 à 5,3
%), l'acide oléique (29,9 à 37,2 %) l'acide linoléique (35,3 à 41,4 %) sont des acides gras
majoritaires dans toutes les variétés de l'hibiscus. Ces 4 acides gras représentent en moyenne
97 % des acides gras totaux. La variation du taux des acides gras est notable en fonction de la
provenance géographique. Les acides gras saturés (C!6:0, C1 8:0) avec les acides gras
insaturés (C1 8 : ! , C 1 8:2) représentant environ 95 % des acides gras totaux. La teneur en acide
gras de l'huile d 'hibiscus est comparable à celle de l'huile de coton et de soja [46l .
SojaI46,55]
Myristique C14:0 0,21 ± D,DI 0,22 ± 0,02 0,29 ± 0,04 0,5-1,3 < 0,2
Palmitique C16:0 20,43 ± 0,2 20, 1 9 ± 0,03 20,28 ± 0,33 17-31 8-1 3
Palmitoléique C16:1 0,3 1 ± 0,03 0,37 ± 0,01 0,42 ± 0,07 <1 < 0,2
Stéarique C18:0 4,28 ± 0,4 5,30 ± 0,02 4,39 ± 0,1 2-5
Elaidïque C18: l n9 0,58 ± 0,Q3 0,35 ± 0,01 0,57 ± 0,01
Oléique C18:1 37,20 ± 0,1 29,96 ± 0,10 3 1 ,5 1 ± 1 ,5 1 3-21 17-26
Linoléique C 1 8:2 35,29 ± 2,3 4 1 ,43 ± 0,33 40,59 ± 1,4 34-36 50-62
Linolénique C 1 8:3 0,21 ± 0,03 0,27 ± D,DI 0,24 ± 0,04 <1 4-1 0
Eicosanoïque C20:0 0,64 ± 0,04 0,9 ± 0,01 0,70 ± 0, 1 2 0,31 < 1,2
Eicosenoique C20 : 1 0,27 ± 0,06 0,42 ± 0,1 0,5 ± 0,03 0,41 < 0,4
Béhénique C22:0 0,27 ± 0,02 0,27 ± 0, 1 0,30 ± 0,05 < 0,2 < 0,5
Lignocerique C24:0 0,3 1 ± 0,03 0,43 ± 0,1 0 ,37 ± D,DI
amoyenne de 3 essais
Tableau 2 1 : Teneur en acides gras des huiles de graines d'Hibiscus sabdarifJa L Cg/1 00 g)
88
Chapitre HC2. Résultats et discussion sur les huiles des graines de l 'hibiscus
Arachidonique 0,6 3 -
- -
0,3
Béhénique 0,3 0,2 -
- - -
Tableau 22: Composition comparée en acide gras en (%) entre l'huile d'hibiscus sabdariffa du
Vietnam et celle d'autres hibiscus.
La composition et la nature en acides gras des huiles végétales sont non seulement des
éléments déterminants pour leur intérêt sur le plan alimentaire, diététique et pharmacologique,
3
mais également pour leurs débouchés non alimentaires[6 1 . Les acides gras provenant de
1'hydrolyse chimique ou enzymatique des huiles sont souvent utilisés par les industriels de la
lipochimie en tant qu'intermédiaires suite à leurs modifications par synthèses chimiques. Ils
trouvent alors des applications dans des domaines tels que les émulsifiants, lubrifiants
synthétiques et fluides, ainsi que dans les industries du textile, du papier, pharmaceutique,
3
cosmétique et des matières plastique [6 .641 .
89
Chapitre HC2. Résultats et discussion sur les huiles des graines de l 'hibiscus
, moyenne de 3 essais
Tableau 23: Teneur en stérols de l'huile des graines d'Hibiscus provenant de différentes origines et
extraite selon 2 procèdes.
90
Chapitre nC2. Résultats et discussion sur les huiles des graines de l 'hibiscus
plaquettaire chez le rat[681 . L'Hibiscus du Vietnam possède la plus forte teneur enji'-Sitostérol.
Le campestérol est présent en grande proportion (12-16 %), le stigmastérol à 3,60-4,74 %, le
d5-avenastérol à 2,14- 3,49. Le cholestérol (1,67-2,06 %) est un stérol majoritairement
présent pour l'ensemble des espèces étudiées (exemples : le coton et l'arachide tableau 23).
Grâce à leur structure et leur fonctionnalité, et à partir des résultats obtenus, plusieurs voies
de valorisation sont possibles. Les stérols végétaux ou phytostérols sont des corps gras
organiques naturels qui font l'objet de nouveaux développements et de nouvelles
applications. Du point de vue alimentaire : une supplémentation en phytostérols aurait un
effet hypocholestérolémiant et limiterait ainsi le risque de maladies cardiovasculaires [6 8.701 .
Les résultats des analyses des tocophérols des huiles d'hibiscus (tableau 24) montrent
la présence d'alpha, bêta, gamma, et delta tocophérols. La teneur en tocophérol pour les trois
espèces du Vietnam, du Mexique et du Sénégal sont respectivement de 1 8,4 % 10, 2 %, 8,3 %
pour le alpha, 0,6 %, 0,8 %, 1,5% pour le bêta, 80,6 % 86,1 %, 87,5% pour le gamma et 0,9
%, 2,7 %, 2,6 %)pour le delta tocophérols. Le y-tocophérol est majoritaire et présent dans les
trois variétés d'hibiscus. La teneur en a-tocophérol pour l'huile vietnamienne (18 %) est
légèrement meilleures que pour les autres variétés, Mexique ( 1 0 %) et Sénégal (8 %).
91
Chapitre HC2. Résultats et discussion sur les huiles des graines de l 'hibiscus
I1C.2.S Conclusion
92
Chapitre IIC2. Résultats et discussion sur les huiles des graines de l 'hibiscus
En effet, les stérols confèrent souvent aux corps gras certaines propriétés
pharmacologiques et cosmétologues spécifiques et rentrent dans la composition de laits
démaquillants, de soins restructurants et de crèmes nutritives contre le vieillissement. Certains
produits incorporent des insaponifiables totaux en cosmétologie. Ces composés
insaponifiables sont aussi bien recommandés dans l'alimentation qu'en médecine, pour leurs
activités anti-cancéreuses et ou anti-inflammatoires.
93
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98
CHAPITRE III Artemisia annua
99
Chapitre HIA Rappel bibliographique Artemisia annua
Le paludisme est une infection due au parasitisme des globules rouge par un
protozoire du geme Plasmodium. Quatre espèces spécifiques de plasmodies parasitent
l'homme : Plasmodium falciprum, Plasmodium vivax, Plasmodium ovale, Plasmodium
malariae. Ils se distinguent par leur morphologie, leur prévalence, morbidité, leur aire de
répartition et des particularités de leur cycle[3l . Plasmodium falciparum est l'espèce la plus
fréquente et responsable d'accès fébriles simples susceptible de se transformer en accès grave
dits pernicieux, mortels en l'absence de traitement. P. vivax, P. ovale et P. malariae sont
responsables uniquement d'accès simples [4,5l .
Plasmodium vivax, très répandu, mais mOInS que Plasmodium falciparurn, a une
incubation d'environ quinze jours, pouvant s'étendre jusqu'à neuf mois ou plus. Il est
responsable de la fièvre tierce bénigne, et peut donner des rechutes à brève ou longue
échéance selon les souches.
Plasmodium ovale, sévit en Afrique inter-tropicale. Son incubation peut être longue,
de quinze jours à quatre ans. Il donne également une fièvre tierce bénigne, mais avec des
rechutes tardives, jusqu'à cinq ans,
1 00
Chapitre IlIA Rappel bibliographique Artemisia annua
Le paludisme est transmis à l'homme par la piqûre d'un moustique femelle, du genre
Anophèles (figure 29), elle-même infectée après avoir piqué un homme impaludé : la femelle,
en prenant le repas de sang nécessaire à sa ponte, injecte le parasite à son hôte. Les mâles ne
piquent pas. La transmission de Plasmodium d'un homme à un autre se fait donc par
l'intermédiaire du moustique. Il existe un seul cas de contamination inter-humaine directe,
lorsqu'une femme enceinte infectée contamine son enfant par voie transplacentaire. (6l .
101
Chapitre IlIA Rappel bibliographique Artemisia annua
Le paludisme est la maladie tropicale la plus répandue dans le monde. Elle sévit dans
des zones habitées par 40 % de la population mondiale, soit 2,3 milliards de personnes
exposées. L'incidence annuelle est estimée de 300 à 500 millions de cas chaque année. 90 %
des cas de paludisme concernent l'Afrique sub-saharienne[61 . Après l'échec du plan mondial
d'éradication des années 1 950, le paludisme demeure donc un problème majeur de santé
publique. Depuis 1980, de nouveaux programmes nationaux de lutte sont mis progressivement
en place, mais ils ne parviennent pas encore à le maîtriser. En dehors de l'Afrique, 70 % des
cas mondiaux de paludisme sont observés dans six pays : l'Inde, le Brésil, l'Afghanistan, le
Vietnam, la Colombie, les Iles Salomon[71 . La mortalité qui est pratiquement toujours due à
Plasmodium falciparum est estimée entre 1,5 et 2,7 millions de sujets chaque année, dont
environ 1 million d'enfants de moins de cinq ans [61 .
En Chine, vers le milieu des années 1 970, le lancement d'une campagne décisive de
lutte antipaludique associe la lutte antivectorielle à des actions rigoureuses de dépistage et de
traitement du paludisme. Un résultat important de la campagne menée contre le paludisme en
Chine est la mise au point de dérivées de l'artémisinine pour lutter contre les cas de P.
falciparum résistants à la chloroquine[61 . Par contraste, les moyens déployés pour essayer
d'améliorer la situation du paludisme en Afrique subsaharienne sont relativement limités. La
lente amélioration des conditions de vie et l'accès à un médicament bon marché et efficace, la
chloroquine, ont contribué à une légère tendance à la baisse de la mortalité paludéenne en
Afrique, entre les années 1950 et le début des années 1 980. Mai aujourd'hui, la situation est
alarmante face à la propagation de souches P. falciparum chloroquino-résistantes [81 .
102
Chapitre IlIA Rappel bibliographique Artemisia annua
Des intensités de transmission modérée, avec des variations saisonnières très intenses et des
fluctuations d'une année à l'autre, caractérisent une autre forme de paludisme que l'on
désigne sous le nom de paludisme endémique instable et qui s'observe dans la plupart des
autres régions impaludées, notamment en Asie, en Amérique centrale et en Amérique du
Sud[6l . En zones subtropicales et tempérées chaudes, le paludisme, le plus souvent dû à P.
vivax, est saisonnier[9l . Enfin des épidémies de paludisme peuvent aussi survenir dans de
grandes parties de la péninsule indienne, au Sri Lanka, et dans certain pays d'Amérique du
SUd[IOl .
."
1 03
Chapitre IlIA Rappel bibliographique Artemisia annua
En Asie, la répartition est très variable selon les pays. Au Vietnam, les zones les plus
exposées au risque de transmission du paludisme sont situées d'une part au Nord (Lai Chau,
Hoang Lien Son, et Ha Tuyen), à l'extrême Sud (Minh Hai) et au centre (Kontum, Darlak,
Lam Dong et Song BeilOl, de même, en Thaïlande le risque prédomine essentiellement aux
zones de collines forestières du nord du pays. En Chine, P. falciparum est transmis dans les
provinces de Hainan et de Yunan, le reste du pays est exposé essentiellement à P. vivaxflil .
IlIA.2.I Historique
La plante qui leur a semblé alors posséder le meilleur potentiel se nomme Qing Hao
(l'herbe bleue) et il s'agit en fait de l'Artemisia annua[ 1 21 . La plus ancienne référence de son
utilisation thérapeutique a été découverte dans une recette trouvée dans une tombe datant de
1 69 Av. JC., où elle était alors prescrite contre 52 sortes de maux dont notamment plusieurs
fièvres et les hémorroïdes. En 1 971, les premiers essais sont effectués chez une souris atteinte
de la malaria'et infestée par le parasite Plasmodium berghesi. En quelques heures, toute trace
du parasite avait disparu du sang de l'animal. Une année plus tard, la molécule responsable de
cet effet est isolée et baptisée " qinghaosu " (extrait de l'herbe bleue). Des traitements à base
de qinghaosu sont rapidement mis en place, et les patients atteints par la malaria guérissent.
104
Chapitre IlIA Rappel bibliographique Artemisia annua
1 05
Chapitre IlIA Rappel bibliographique Artemisia annua
Toutes les fleurs sont potentiellement fertiles, les ovaires sont inférieurs et uniloculaires et
chacun génère un akène obovoïde de Imm de hauteur, glabre et fillement stri ë J2J . La plante
est naturellement pollinisée par les insectes et le vent. Artemisia annua est une herbacée
annuelle, il s'agit d'une plante de jour court, avec une photopériode critique de 13,5 heures[ J 2]
Artemisia annua est une plante d'origine asiatique. Elle a pour origine les régions
tempérées de Chine (400N). Elle est présente panni la végétation naturelle des steppes, à une
altitude de 1 000- 1 500 mètres. Son aire de distribution naturelle semble cependant beaucoup
plus large, s'étendant du sud de la Sibérie, au Vietnam et au nord de l'Inde[ l3. 14J . Artemisia
annua a depuis été introduite dans un très grand nombre de régions comprenant l'Europe, les
Etats Unis, et l'Amérique du Sud (Argentine). Plus récemment, des cultures expérimentales
J2
ont été mises en place dans des régions intertropicales Afrique, Brésil [ .J6J .
106
Chapitre IIIA Rappel bibliographique Artemisia annua
L'origine des souches d'Artemisia annua est importante car la production d'artémisine
est largement liée à la floraison. Celle-ci étant dépendante de la durée journalière de lumière
(la photopériodicité), les expérimentations en zones tropicales se basent donc sur une
présélection variétale, voire une hybridation, pour pouvoir obtenir des plantes adaptées à leur
milieu. Plusieurs auteurs considèrent que cette plante de floraison de jour court n'atteindrait
pas une biomasse suffisante en zones intertropicales [ I S1 , alors que les expérimentations sur
des souches à floraison tardive montrent de bons résultats de production. La plante, dans ces
régions, semble mieux s'adapter pour la production d'artémisinine en altitude 1 500 m qu'au
niveau de la mer[l 71 .
IIIA.3 L'Artémisinine
1 07
Chapitre IIIA Rappel bibliographique Artemisia annua
CH,
HP ) H
H
0
.-ç- -q
H ......
•
•
o.')•
CH,
0
couleur blanche, dont le point de fusion se situe à 156-157 oc. Sa masse moléculaire est de
282,14 (g/mor ! ) La molécule est sensible aux milieux basiques et acides. Elle demeure stable
dans les solvants neutres, même chauffée jusqu'à 150 oc. Elle conserve sa structure lorsqu'elle
est chauffée durant 2,5 min à 200° C mais elle se décompose après 1 0 min à 190 oC. Elle est
13
également stable à la lumière[ l . Et n'absorbe pratiquement pas dans les UV. Cette
en 1 972, lors d'un test in vivo effectué sur des souris infectées avec le parasite Plasmodium
berghei.L'administration d'artémisinine a permis l'élimination du parasite du sang des
[23l
cobayes . Dans les années qui suivirent, les chercheurs chinois réalisèrent de nombreux
essais in vitro et in vivo, y compris chez l'homme, qui confirmèrent l'efficacité de la molécule
contre plusieurs souches de Plasmodium, notamment celles devenues résistantes à la
[24l
choloroquine et à la méphloquine . Son intérêt thérapeutique vient aussi des excellents
résultats obtenus avec certains cas de malaria cérébrale avancée, une forme grave de la
108
Chapitre IIIA Rappel bibliographique Artemisia annua
Ces travaux ont largement confmné l'action de cette molécule contre divers parasites
responsables du paludisme, ainsi que l'efficacité, généralement supérieure, de dérivés tels
que l'artésunate de sodium et l'artéméther. En effet, dans le but d'augmenter la solubilité de
l'artémisinine, ainsi que pour améliorer son action, plusieurs dérivés ont été synthétisés
(figure 34). Les plus prometteurs sont actuellement des dérivés de la dihydroartémisinine et
peuvent être classés en trois catégories : les dérivés carbonatés, les dérivés ester (artésunate de
sodium), l'artésunate, soluble dans l'eau et les dérivés éther (artéméther et artééther) solubles
dans l'huile [27l . Tous ces composés induisent une disparition de la fièvre et des parasites du
sang. Leur action est plus rapide que celle de la plupart des antimalariques classiques [261 et ils
sont généralement bien tolérés [281 .
1 09
Chapitre IIIA Rappel bibliographigue Artemisia annua
IIIA.3.3 Toxicité
L'artémisinine et ses dérivés ont l'avantage de présenter peu d'effets toxiques. Les
différents effets secondaires à ces traitements sont : des nausées, des vomissements, des
douleurs abdominales, rarement une bradycardie, une baisse des réticulocytes ainsi qu'une
élévation modérée et transitoire des transaminases. L'emploi de l'artéméther et de ses dérivés,
lors de la grossesse, est contre-indiqué lors du premier trimestre, en raison de l'embryolétalité
observée chez le rat et le lapin, mais l'utilisation d'artémisinine et de ses dérivées n'est pas
considérée comme dangereuse durant les deux seconds trimestres de la grossesse[33] . Parmi les
autres avantages, citons le fait que les traces d'artémisinine et de ses dérivés, quel que soit leur
mode d'absorption, sont rapidement éliminées du sang.
110
Chapitre IlIA Rappel bibliographique Artemisia annua
IIIA.3.4 Résistance
Il n'a pas été signalé de résistance à l'artémisinine ou à ses dérivés. La sensibilité des
isolats cliniques et des souches de laboratoire variait par rapport à ces médicaments, mais
[34 35J
rien ne prouve que ce soit lié à des échecs thérapeutiques , . L' étude de laboratoire a
également montré que des souches résistantes à la méfloquine semblaient moins sensibles à
l' artémisinine. C'est probablement en relation avec le fait que ces deux médicaments ont une
[36J
action synergique . Les observations sur le terrain appuient celles des laboratoires. Par
méfloquine donne des taux de guérison élevés dans le traitement du paludisme à falciparum.
contrôlées pour pouvoir mieux comprendre les processus impliqués dans la biosynthèse
portent sur des cultures cellulaires, des cultures in vitro de tissu végétal.
synthèse de la molécule serait une solution attractive pour les laboratoires. Cependant, sa
structure complexe rend une synthèse totale très difficile. La première synthèse totale de la
Plusieurs autres voies de production, uniquement synthétiques, ont été proposées mais selon
[37J
Dhinghra , elles restent trop complexes, peu productives et économiquement non rentables.
L'alternative à cette synthèse organique totale pourrait être celle d'utiliser des bio précurseurs
proches. Ainsi, l'artémisinine peut être facilement synthétisée à partir d'acide artémisinique
avec un rendement de 40 %. L'avantage de cette méthode est que l'acide artémisinique est
présent en quantité 8 à 1 0 fois supérieure dans la plante que l'artémisinine. Le nombre d'étapes
[J7J
nécessaires pour passer de l'acide artémisinique à l'artémisinine est de quatre à cinq . Un
autre bio précurseur de l'artémisinine est l'artesannuin-B qui peut être également extrait de la
[26J
plante pour la production synthétique d'artémisinine .
111
Chapitre IIIA Rappel bibliographique Artemisia annua
Malgré tous ces projets, on constate que la production d'artémisinine, à l'aide de ces
techniques, reste coûteuse et peu productive. Ainsi l'artémisinine continue donc à être extraite
de cultures végétales extérieures d'Artemisia annua[401 . Suivant cet axe de recherche,
Delabays et al[401 , considèrent que les principaux progrès qu'on peut espérer dans le domaine
de production d'artémisinine viendraient de la sélection et de l'hybridation de cultivars à haut
rendement de production en artémisinine. Dans son travail de thèse particulièrement complet,
Delabays[ l21, aborde les différentes étapes nécessaires à la domestication d'une espèce et
prouve que, pour Artemisia annua, la sélection de génotype productif est particulièrement
stable et efficace.
IIIA.S.1 La phénologie
1 12
Chapitre IIIA Rappel bibliographigue Artemisia annua
I1IA.5.3 Densité
G
d'obtenir un rendement supérieur (figure 35), cependant
à de fortes densités la compétition entre les plantes
réduit considérablement leurs tailles. On a une
augmentation importante du rendement jusqu'à environ
1 0 plantes/m2, la courbe arrivant presque à saturation "
o l �___�__�_--;
o 5 10 15 20
___ , , _
(autour de 6 tlha). Si la culture est effectuée dans des
jardins une densité faible (lplante/m2) peut permettre
Density (plants/m2)
d'associer la plante avec d'autres cultures.
Figure 35: Rapport entre densité de culture et rendement [161.
Bien qu'il n'existe pas beaucoup de données sur la réponse d'[Link] aux principaux
nutriments (N, P, K), des essais en Inde ainsi qu'aux USA ont montré qu'une carence en azote
provoquait une baisse de la teneur en artémisinine. Or les sources d'azote proviennent
1 13
Chapitre IIIA Rappel bibliographique Artemisia annua
essentiellement des nitrates ions N03- - ou des ions ammonium NH/ - apportés par les
engrais. Comme les ions nitrates N03 - sont très facilement lessivables, l'élément azote risque
de faire ·défaut si on se trouve dans les zones tropicales qui sont soumises à d'intenses
précipitations. Dans ce cas, la méthode et le moment d'application du fertilisant est essentiel.
Il faudra alors fractionner les apports durant la saison des pluies. Dans le cas de la culture à
Mondolkiri le problème ne se pose pas puisque l'on commence la culture à la fin de la saison
des pluies et que celle-ci se [mira avant le début de la saison des pluies suivante.
D'après Laughlin et al [ 16] , [Link] a été cultivée sur une grande variété de sols, et sa
capacité à coloniser des zones « poubelles » montre sa grande adaptabilité. Seul un pH trop
acide (5.0-5.5) peut-être préjudiciable pour certaines variétés. [Link] ne nécessite pas
d'avoir un sol riche pour pousser. De plus l'utilisation d'engrais chimique est inexistante au
Mondolkiri. Les sols basaltiques du Mondolkiri semblent donc pouvoir supporter la culture.
I1IA.5.5 Irrigation
Peu d'études existent concernant l'irrigation d'Artemisia annua. La plante peut pousser
sur des sols et sous des climats très variés, aussi l'irrigation à apporter dépendra
principalement des conditions climatiques. De façon générale, le sol doit rester humide. Ceci
est particulièrement important dans le stade précédent la floraison car un stress hydrique
risque de diminuer considérablement la récolte d'artémisinine[ 16] . En région sèche, Anamed[44]
conseille de planter les plants un peu plus profondément dans le sol (5cm).
1 14
Chapitre IIIA Rappel bibliographique Artemisia annua
Le séchage doit être réalisé à 50°C, soit au soleil en période humide, soit à l'ombre en période
sèche. Après trois jours, les feuilles peuvent être broyées avec une grille à trous très fins.
L'artémisinine n'est pas présente dans les racines, elle se concentre dans les feuilles de
la partie supérieure de la plante. Plus précisément, l'artémisinine s'accumule dans des
trichomes glandulaires présents sur la surface des feuilles, sur la corolle et sur le réceptacle
des fleurettes [ 15] .
115
Chapitre ilIA Rappel bibliographique Artemisia annua
1 16
Chapitre IlIA Rappel bibliographique Artemisia annua
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120
CHAPITRE IIIB
121
Chapitre IIIB 1 . Contexte du projet de coopération scientifique inter-univeristaire
Le projet consiste d'une part à établir les conditions de production les plus favorables
dans deux régions du Cambodge et du Sénégal dans lesquelles le paludisme est largement
prévalent et connaît une résistance aux traitements classiques. D'autre part, des recherches
concernant l'extraction des composés actifs de la plante sont menées en parallèle. Ce projet
s'inscrit dans le cadre d'une coopération internationale entre le laboratoire de Chimie de
l'Université de Toulouse, la Faculté de Phannacie de Dakar et l'Université d'Agriculture de
Phnom Penh. Il est financé par l'Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), qui
permettra à des étudiants et chercheurs des 3 universités partenaires de se rencontrer et
d'enrichir leurs connaissances.
122
Chapitre IIIB 1 . Contexte du projet de coopération scientifique inter-univeristaire
Cette étude comparative relève d'un intérêt fondamental car les deux pays concernés
sont fOliement touchés par le fléau du paludisme. Cependant les conditions bioclimatiques
diffèrent largement entre les deux pays et l'étude de faisabilité parallèle entre Asie et Afrique
permet de cerner le potentiel réel d'Artemisia annua.
et au Sénégal en 2002
Au Sénégal, afin d'assurer une production d 'Artemisia annua et compte tenu des
enseignements de la première année du projet, Nomad a choisi de travailler avec des
associations locales, déjà constituées, reconnues pour leur travail et leurs compétences dans le
123
Chapitre IIIB 1 . Contexte du projet de coopération scientifique inter-univeristaire
Depuis 2000, Nomad RSI mène un projet opérationnel de recherche qui porte
spécifiquement sur le paludisme. Cette maladie représente l'une des premières causes de
mortalité et de morbidité du Mondolkiri, particulièrement parmi la population Phnong
bénéficiaire des projets de Nomad. La première phase du projet a consisté en un recueil de
données environnementales, bio-médicales, et ethno-médicales en lien avec le paludisme. La
seconde phase a pour objectif de permettre la mise en place d'interventions de santé autour de
la malaria. Ces interventions portent notamment sur le développement de programmes
d'éducation sanitaire et sur l'amélioration des échanges d'informations entre les groupes cibles
(communautés locales, autorités provinciales de santé et institutions nationales telle que le
Centre National de Malaria (CNM)). La troisième phase a pour objectif de pouvoir proposer
un traitement efficace contre la malaria qui puisse être préparé localement. Dans cette
perspective, la mise en culture et le conditionnement sous forme de thé d'Artemisia annua au
Mondolkiri semble bien correspondre à ces attentes. Cette solution a déjà démontré son
efficacité dans des projets similaires (Anamed, dans près de 50 pays).
124
Chapitre nIB 1 . Contexte du projet de coopération scientifique inter-univeristaire
Selon Maurice ( 1993), le poids écrasant du paludisme est un des facteurs essentiel de
la vie des Montagnards, ce qui a contribué à leur isolement. Les habitants des plaines ont
toujours eu une forte aversion envers ces montagnes fortement impaludées. Il cite L.C Brumpt
et V.C Brumpt medecin de l'époque coloniale : « Malgré des conditions de vie défavorables,
les populations montagnardes et forestières, encore au stade de l'organisation tribale, ont pu
subsister dans les régions hautement palustre, hantées par l'Anopheles minimus. Le paludisme
a constitué la meilleure protection de ces tribus faiblement organisées contre des peuples
entreprenant à forte natalité, cherchant sans cesse de nouveaux espaces vitaux » .
D'après une étude de l'ONG Health Net International (RNI, 2003), le paludisme est
encore perçue par la population comme étant le plus gros problème de santé. Même si ces
dernières armées le taux d'incidence de la maladie a diminué passant de 76/1 000 en 2000 à
33/1 000 en 2002. Ceci largement du aux actions menées par le Centre national de
malariologie (CNM) ainsi que par les ONG travaillant dans la zone (MDM, RNI, Nomad
RSI), qui ont notamment développé un programme de distribution de moustiquaires de grande
ampleur. Pourtant, les cas de paludisme chronique, généralement non répertoriés, contribuent
à alimenter un cercle vicieux, baisse de l'immunité, faible santé, baisse du travail et
pauvreté l l .
Le royaume du Cambodge couvre une superficie de 1 8 1 000 km2 et s'étend sur 580 km
d'est en ouest et sur 450 du nord au sud. Situé entre les latitudes 1 0° et 14°30' Nord, ce pays
tropical présente une ouverture maritime sur le golfe de Thaïlande au sud ouest et partage ses
frontières terrestres avec le Vietnam (est et sud-est), le Laos (extrême nord-est) et la
Thaïlande (ouest et nord). Situé en plein cœur de la péninsule indochinoise, il peut être divisé
en deux régions géomorphologiques principales (figure 41).
125
Chapitre IIIB 1 . Contexte du projet de coopération scientifique inter-univeristaire
La première comprend les plaines centrales qui s'étendent du nord du bassin du Tonlé
Sap au sud du bassin du Mékong. Ces plaines se sont constituées par le comblement d'un
ancien golfe marin par des alluvions et des colluvions issues des fleuves précédemment cités.
1 26
Chapitre IIIB 1 . Contexte du projet de coopération scientifique inter-univeristaire
De plus, les déplacements à l'intérieur de la province restent très difficiles (ornières creusées
en saison des pluies, rochers émergeant à la surface du sol, zones sableuses au nord de la
province). Historiquement considérée comme le territoire des minorités ethniques, la province
est aujourd'hui composée à 65 % de Phnongs, 30 % de Khmers et 5 % d'autres ethnies
comme les Stiengs , Kruengs, Krols, Jaraïs, Tampuans, ainsi que des Chams, Laotiens et
Vietnamiens.
Capitale provinciale, Senmonorom est située à 380 Km de Phnom Penh. L'accès se
fait quasiment uniquement par la route et dure 8h en saison sèche et 12h ou plus en saison des
pluies. Deux points de frontière avec le Vietnam sont ouverts permettant le développement
d'un commerce transfrontalier.
La province ne possède aucune route goudronnée et, en dehors de la piste reliant la
capitale provinciale à celle du pays, la circulation est très difficile. Ainsi, durant la saison des
pluies, les difficultés de transport laissent beaucoup de zones de la province uniquement
accessibles à pied, à dos d'éléphant ou par charrette. Depuis 2004 des axes routiers
permettant de relier les différents districts de la province sont en voie de réalisation. D'après
les autorités provinciales, la population en 1 999 était de 36300 habitants avec une densité de 2
habitantslKm2• Les estimations pour 2003 montrent une augmentation à 40 000 habitants pour
une densité de 2,8 habitantslKm2• Ceci essentiellement du à l'arrivée de nouveaux migrants
Khmer. (ADB, 2000). (Maurice, 1 993).
127
CHAPITRE IIIC
Matériels et méthodes : Artemisia annua
128
Chapitre mCl . Matériels et méthodes essai de mise en culture au Cambodge
129
Chapitre IIlC 1 . Matériels et méthodes essai de mise en culture au Cambodge
Site 2 : Situé sur une petite île de la rivière qui s'écoule à Senmonorom, le site 2 est au
creux de la vallée de l'Oragouis. La végétation est beaucoup plus diversifiée et plus dense que
sur le plateau. On remarque sur la parcelle une prédominance d'Imperata cylindrica (2 à 2,5m
de haut). Le site contient également des touffes d'Eupatorium odoratum (2 à 3m de haut) et de
nombreuses ronces entremêlées. Des espèces caractéristiques des zones humides sont
également présentes. Des arbres de 8 à 1 5m bordent le champ par endroit. Le sol est de
couleur brun-rouge, sa teneur en matière organique semble plus élevée que sur le site 1 ; il
colle et tâche les doigts. Sa situation géographique, bas-fond de vallée, permet en effet au site
de recevoir alluvions et colluvions. Ils se déposent en période de pluie et de crue de la rivière,
rendant ainsi le sol beaucoup plus sableux! limoneux que sur le plateau. La proportion argile/
limon! sable est bien différente de l'autre site, le sol est plus léger, moins compact et plus
humide. De plus il est protégé du lessivage des fortes pluies par un léger couvert forestier,
présent par endroit.
Le modèle expérimental correspond à un plan en trois blocs complets aléatoire répétés sur
deux sites (figure 37).
1 30
Chapitre IllC I . Matériels et méthodes essai de mise en culture au Cambodge
Caractéristiques RP 2p 4p Ni 82
Plante/m " 1 2 4 1 1
Irrigation Oui Oui Oui Non Oui
Site 1 1 1 1 2
Fertilisation Oui Oui Oui Oui Non
Travail du sol Oui Oui Oui Oui Non
(RP, 2p, 4p, NI, S2 abréVIatIOns des modalItés de culture)
Le sol est une matrice complexe composée, en première simplification, d'une partie
minérale et d'une partie organique. C'est un milieu vivant, en perpétuelle évolution. La nature
et l'activité d'un sol dépend d'un nombre important de facteurs :
conditions naturelles telles que le climat (température, taux d'humidité, . . . . ),
type de faune et de flore présent
conditions liées à l'activité humaine (agriculture, urbanisme . . . . ) et toutes activités
polluantes (rejets industriels, ménagers, utilisation de fertilisants et pesticides en
agriculture, . . . ).
Le statut organique du sol, évalué par les taux de carbone et d'azote, a souvent été
considéré comme ru:; indicateur fiable de la qualité du sol. Ceci est dû aux effets positifs de la
matière organique sur les propriétés physiques (structure, stabilité, porosité), chimiques
(cations échangeables, capacité d'échange cationique (CEC), pH).
131
Chapitre mc l . Matériels et méthodes essai de mise en culture au Cambodge
L'effet d'une pratique sur le statut du sol, l'hétérogénéité du sol, les risques de maladies et les
contraintes du calendrier agricole pourraient bien diminuer les rendements de la biomasse
végétale.
Les analyses physico-chimiques ont permis de caractériser les différents sols sur les
deux sites et de corréler les différents variables. Le résultat sont données dans le tableau 27.
132
Chapitre IllCr . Matériels et méthodes essai de mise en culture au Cambodge
- Texture du sol :
La granulométrie permet d'évaluer la stabilité structurale du sol, en particulier les
risques de battance, d'après la proportion existant entre les argiles et les limons, ainsi que la
2
solidité de l'état de la structure du sol"et ses résistances aux agents de dégradation[ l . J.
Le sol du site-l appartient à la catégorie des sols argileux. Les sols argileux
contiennent plus de 25 % d'argile. Ce sont généralement des sols riches qui retiennent bien
l'eau et les éléments nutritifs. Ils sont toutefois mal aérés, mal drainés et ils ont tendance à
être alcalins. De plus, ils sont difficiles à travailler, ils se réchauffent lentement au printemps
et ils se compactent facilement[3J .
Le sol du site-2 est classé parmi la catégorie des sols sableux limono-argileux. Il
contient de 20 à 35 % d'argile, moins de 28 % de limon et 45 % ou plus de sable. Les sols
sableux sont principalement constitués de sables grossiers. Ces sols se travaillent bien et se
réchauffent rapidement au printemps. Ils offrent une bonne aération et un bon drainage.
Les sols limoneux sont surtout formés de sables fins et de limons. Ces sols sont
«battants», c'est-à-dire qu'ils ont tendance à former une croûte en surface sous l'effet des
pluies et des arrosages, ce qui les rend imperméables à l'eau et l'air. Ils se colmatent aussi
133
Chapitre mc l . Matériels et méthodes essai de mise en culture au Cambodge
très facilement, ce qui a pour effet d'asphyxier les racines des végétaux et l'activité des
organismes vivants du sol[l -3] .
En raison de son caractère argileux, le sol du site-I est plus lourd, et plus compact donc peut
engendrer des phénomènes d'asphyxie racinaires. A l'inverse, le sol du site-2 est davantage
sableux et apparaît donc plus équilibré et propice au développement des végétaux.
-Acidité
Les pHeau, pHKC1 permettent de mesurer le degré d'acidité ou d'alcalinité d'un sol. Les
deux sols sont globalement de nature acide (�5,5), ce qui correspond aux conditions idéales
de croissance de l'artemisia annua. Toutefois, notons que le sol du site-I présente une acidité
plus élevée que celui du site-2.
Compte tenu du fait que le pourcentage de carbone organIque des sols argileux
classiques est d'environ 30 %, on peut affirmer que les sols des sites 1 et 2 sont
particulièrement riches en matière organique (site 1 : 50 %, site 2 : 45 %). Ces taux élevés
peuvent être liés à l'historique du sol (ancien marécage) mais aussi à la présence de carbone
fossile important. Cependant, le caractère acide que présentent les deux sites réduit l'activité
microbienne qui induit une modification des formes de matières organiques [6] ,
134
Chapitre mc ! . Matériels et méthodes essai de mise en culture au Cambodge
-Tenure en oligo-élément
Les oligo-éléments sont indispensables à la vie des plantes et des micro-organismes du
2 2 2
sol. Certains sont prélevés sous la forme cationique (Fe +, Mn +, Cu2+, Zn +) et d'autres sous
la forme anionique (B, Mo). Bien qu'ils n'interviennent qu'à faible dose, leur rôle
physiologique est considérable. Ils occupent, en effet, des sites actifs au sein des enzymes des
micro-organismes et de la plante : enzymes respiratoires (Cu, Fe), enzymes de la
135
Chapitre mc! . Matériels et méthodes essai de mise en culture au Cambodge
photosynthèse (Mn, Fe, Zn, Cu) et de la reduction des nitrates absorbés par les plantes (Fe,
MoPl.
Le caractère acide des sols des deux sites accorde une meilleure disponibilité en oligo
éléments, ce qui explique le fort pourcentage remarqué. La teneur en zinc est plus faible pour
le site 1 (0,43 ppm) et le site 2 (1,7 ppm).
Les sols étudiés sont, en général, assez pauvres en CUlvre. Les teneurs relevées sont
pratiquement toutes en dessous de 2 ppm, cette valeur représentant le seuil critique en cuivre.
Ces faibles teneurs reflètent les fortes teneurs en calcaire de ces sols. En effet, la richesse des
sols en calcaire actif entraîne une insolubilisation des oligo-éléments et diminue leur
assimilabilité8l.
136
CHAPITRE IIIC2
137
Chapitre IIIC2. Matériels et méthodes : Essai de mise en culture au Sénégal
138
Chapitre IIIC2. Matériels et méthodes : Essai de mise en culture au Sénégal
Les essais expérimentaux ont été effectués au jardin botanique du centre Madesahel à
Mbour et au jardin botanique de l'université Cheikh Anta Diop à Dakar. ENDA-Madesahle
(méthodes appliquées au développement du sahel) fait partie de l'Association des Jardins
Botaniques de France et des pays francophones. Un essai villageois est de plus mené dans le
périmètre maraîcher des fermes de la région des Niayes.
Pour cela des tests ont été prévus dans le jardin de plantes du Centre Madesahel avec
des parcelles arrosées respectivement à l'eau de robinet et à l'eau de puits. D'autres tests
devraient être faits dans un village sous la supervision de femmes. Cette première phase est
composée de deux étapes de trois mois chacune et avait débuté en juillet 2004.
Le semis a été réalisé dans un bac en bois de 3 cm en sachets individuels. Ils ont été
remplis avec un mélange sable/compost (50/50) préalablement bouilli afin d'éliminer les
graines adventices. Environ 400 graines d'Anamed ont été semées le 02 juin 2004 dans les 2
pépinières. Elles ont été recouvertes par un film plastique :
20 plantes ont été séparées en sachets pour l'expérimentation 1 (effet des
eaux d'arrosage),
1 0 plantes sont arrosées avec de l'eau plate
139
Chapitre IIIC2. Matériels et méthodes : Essai de mise en culture au Sénégal
La pépinière est arrosée tous les jours à l'aide d'un vaporisateur afin de conserver une
atmosphère toujours humide. 26 jours après avoir été mis en pots, les plants sont transplantés
sur chacun des deux sites. Ils sont arrosés tous les jours après la transplantation pendant une
semaine, puis la fréquence d'arrosage est diminuée, tous les 2 jours puis tous les 3 jours.
140
CHAPITRE IIIC3
Méthodes d ' analyses
141
Chapitre IllC3 Méthodes d'analyses
et de la date de récolte (févier, mars et avril 2004), par site expérimental et leur modalités de
culture. Environs 90 échantillons ont été extraits, tous les échantillons utilisés sont donc issus de
plantes récoltées au champ, séchées durant une dizaine de jours entre 35 et 40 oC, effeuillées,
142
Chapitre IllC3 Méthodes d'analyses
puis finement moulues. Chaque analyse comporte donc 4 parties : la biomasse foliaire générale
et les 3 échantillons. Nous avons effectué une mesure de la masse de chacune des ces 4 parties à
l'aide d'une balance. Un échantillon représente la biomasse foliaire sèche d'un individu, ainsi
pour chaque analyse les 3 plantes prélevées au cours de la récolte constitue un échantillon. Le
rendement en artémisinine est aussi lié à la quantité de biomasse produite. Le rendement
correspond à la quantité d' artémisinine produite pour 1 ha, et représente par la formule :
Pour notre étude de la production d' artémisinine dans l'Artemisia annua pour les deux
sites expérimentaux, il nous fallait disposer de techniques d'analyse de la teneur en
artémisinine à partir d'échantillons de plantes. Il convenait de trouver une méthode alliant les
avantages d'une précision suffisante avec une mise en oeuvre rapide, permettent d'effectuer
un grand nombre d'analyses.
La technique chromatographie liquide à haute pression, avec détection électrochimique
(CLHP-EC), est certainement la méthode d'analyse de l'artémisinine la plus sensible et la
plus sélective. L'utilisation d'un tel détecteur exige cependant un appareillage particulier, car
l'ensemble du système doit être totalement exempt d'oxygène (tuyauterie en acier inoxydable,
chauffage et dégazage continu de la phase mobilei l5J • Par ailleurs, la préparation de
l'électrode de détection, de même que la stabilisation du système de détection nécessite
beaucoup de temps. Enfin, chaque échantillon doit également être dégazé avant l'injection.
Une difficulté majeure de l'artémisinine, due fait de l'absence de chromophore dans la
molécule, c'est qu'elle ne réagit que très faiblement aux UV.
143
Chapitre mC3 Méthodes d'analyses
4
La méthode CCM s'inspire de celle décrite par Delabays [ 12.5 1 . 100 mg de feuilles et de
fleurs sèches sont réduites en poudre puis mixées pendant 30 secondes dans 5 ml de toluène.
L'extrait est centrifugé (3770 tours/minute) durant cinq minutes. La concentration en
artémisinine est établie en se référant à la droite d'étalonnage.
144
Chapitre IllC3 Méthodes d'analyses
Application 10x20 cm
Application Dépôts automatiques
Quantité 2 �I
Position Les spots sont déposés à 1 5 mm du bord inférieur de la plaque
Migration
Solvants 24 mL n-hexane et 20 mL diéthyl éther
Distance 4,5 cm
Cuve Cuve à double compartiment
Type Linéaire ascendante
Saturation Une paroi de la cuve est tapissée de papier buvard. La plaque
déposée dans le compartiment vide est conditionnée dans la
vapeur des solvants durant 30 minutes. La chromatographie débute
lorsque la cuve est inclinée de façon à remplir le deuxième
compartiment du mélange de solvants.
Révélation
Révélateur 200 mL d'acide acétique
4 mL d'acide sulfurique
2 mL d'anisaldéhyde
Technique Immersion
Température 100 oC
Dépots automatiques DESAGA TLC-Applicator AS 30
Densitomètre DESAGA CD 60
1 45
Chapitre IIIC3 Méthodes d'analyses
3000
�
v = 17AAY + 10<; 77
2500
R" = 0,9
.a, 2000
,
"C
• 1 500
u
�
<il 1 000
500
0
0 0,25 0,5 0,75 1 1,25 1,5
Artémisinine (%)
qui n'a montré aucune différence sigoificative avec le méthode CCM-densitometrie et confirme
3,00805
Y = 24507x - 875,78
R' = 0,9999
2.50805
1.
2,00805
1,50805 • Sériel
- Linéaire (Série1)
1.00805
5,00804
0,00800
2 4 6 8 10 1�
-5,00804
Figure 41: Droite d'étalonnage pour l'analyse quantitative de l'artémisinine par LC- MSIMS
146
Chapitre IllC3 Méthodes d'analyses
L'analyse de variance est utilisée de façon à mettre en évidence des différences entre
traitements pour un paramètre donné. La variance a été analysée à deux ou trois niveaux afin
de dégager les effets des principaux facteurs et ceux des interactions entre facteurs, incluant le
stade physiologique, la date de récolte et le site expérimental, les modalités de culture, le
nombre de jours entre la transplantation et la récolte et leurs interactions sur la teneur en
artémisinine et le rendement en artémisinine.
Le test de Newman & Keuls a permis d'analyser statistiquement la différence entre
moyennes avec un seuil de tolérance à 5; 1 et 0, 1 % lorsque l'effet est significatif. Les
analyses de variance ont été réalisées grâce au logiciel Sigmastat CVersion 2,0 USA)
IIIC.S.2 Granulométrie
Il s'agit de la mise en suspension des particules minérales d'un échantillon de terre fine et
stabilisation de cette suspension en particulier après destruction des agrégats par l'attaque à l'eau
oxygénée. Par la suite, les particules sont dispersées à l'aide d'un dispersant alcalin
(Héxamétaphosphate de sodium). La séparation des différentes classes de particules est réalisée
par sédimentation et par gravité pour les fractions fmes « 50llm) et par tamisage pour les
fractions supérieures. Le prélèvement des fractions fines est effectué à la pipette ( Argile, limon
fin et limon grossier). Les résultats sont exprimés en % de la terre fine.
Le pH est déterminé selon la norme française (1SO I 0390) sur une suspension de sol
prépare dans cinq fois son volume. Puis agitation pendant 5 minutes un échantillon de 5 mL de
sol dans 20 mL d'eau. Ensuite la lecture du pH est notée après deux heures par pH ImV-mètre
(pH330/SET). La conductivité électrique, exprimée en IlS/cm, est mesurée par conductimètre
(LF330/SET).
147
Chapitre mC3 Méthodes d'analyses
La CEC est déterminée après saturation du sol par une solution du sulfate de magnésium
(D,IN) et aussi dosage du magnésium qui reste en excès. La CEC est exprimée en centimoles de
charges positives/ kg de sol (cmol+lkg).
148
Chapitre mC3 Méthodes d'analyses
L'extraction des formes solubles de cuivre (Cu), de fer (Fe) de zinc (Zn) et de manganèse
(Mn) est effectuée dans une solution mixte, ajustée à pH 7,3 de triéthanolamine (TEA, de
chlorure de calcium (CaCb) d'acide diéthylènetriamine -pentaacétique (DTPA) et dans un
IIIC.6.1 L'hydrodistillation
Les chromatogrammes ont été obtenus sur un spectromètre de masse (MS) TRACE 2000
Finnigan, couplé à un chromatographe en phase vapeur (CPG), équipé d'une colonne RTX 5
Resteck, de paramètres 30m • 0,25 mm, 0,25 [lm. La composition de la phase stationnaire a
été de 5 % diphényle et 95 % diéthyl polysiloxane. Des identifications ont été menées.
149
Chapitre IIIC3 Méthodes d'analyses
Paramètres utilisés :
L'identification des composés a été réalisée sur la base de comparaison des spectres de
fragmentations obtenus avec ceux de la banque de données WILEY 275. Le spectre de
fragmentations correspond à une répartition des ions regroupés aux valeurs nominales entières
les plus proches de leur masses réelles et dont les intensités sont exprimées en % d'intensité
du pic le plus intense, appelé pic de base.
IR = 1 00 .liL 1 00 .Z
TBill.:=IR..+
TR(z+ 1)- TR(z)
T R(i): temps de rétention du composé i.
T R(z) : temps de rétention de l'alcane z
T R(z+l ) : temps de rétention de l'alcane z+ 1
Z : nombre d'atomes de carbone de l'alcane z.
1 50
Chapitre HIC3 Méthodes d'analyses
27,02 34,99
22,72
95
1 8 ,29
90 -:
6, 1 1
38,55
85 c 30,99
9,66
80 -:
"
75
70 c
65 c
60 -:
1 3,79
55 -: 41 ,97
50 -:
45 c
40
"
35
30 -:
25 -:
20 -:
1 5 -:
1 0 -:
Q -:
5,1 8 41 122 16,7 1 9 48 25 5 21 8 33,5 3"5 70 40 8 42 7145 24 50 0852 03 55 02
Q 22 " '- _c 1 -'- -'-
Q 55
Time (min)
151
CHAPITRE III
1 52
Chapitre IIID 1 Résultats et discussion Artemisia annua- Cambodge
IIID1.1.1 Effets des modalités de culture sur la production d'artémisinine extraite des
fleurs
L'analyse de variance montre l'effet des 3 facteurs mis en œuvre lors de nos
expérimentions (date de récolte, site expérimental et stade physiologique) (tableau 29). Elle
révèle un effet hautement significatif du stade physiologique et du site expérimental et un
effet significatif de la date de récolte sur la teneur en artémisinine. Seule l'interaction "site"
par stade "physiologique" présente un effet significatif sur le pourcentage d'artémisinine.
Tableau 29: Effets de la date de récolte (DR), du site (S), du stade physiologique (SP) et de
leur interaction sur la teneur en artémisinine (%/matière sèche)
Site 1 Site 2
Date de
01102 01103 1 0/04 moyenne 01102 01103/ 1 0/04 moyenne
récolte
Bourgeon 0,85 a 0,83 a 0,82 a 0,83 a 0,86 a 0,85 a 0,85 a 0,85 a
50%
Stade 0,61 b 0,64 b 0,59 b 0,61 b 0,71 b 0,71 b 0,65 b 0,69 b
floraison
physiologique
1 00%
0,55 c 0,57 c 0,55 bc 0,56 c 0,58 c 0,60 c 0,57 c 0,58 c
floraison
moyenne 0,67 a 0,68 a 0,65 a , Ôj67 b. . 0,72 a 0,72 a 0,69 a 0,71a
Pour chaque Site, les valeurs moyennes possédant la même lettre ne sont pas différentes au seUIl de 0:=5%.
En gras, figurent, par site, les valeurs moyennes des valeurs obtenues pour les 3 dates de récolte (ligne) et les 3 stades
physiologiques (colonne).
En grisé, figurent les valeurs moyennes entre site quels que soient la date de récolte et le stade physiologique.
Tableau 30: Effets du stade physiologique et de la date de récolte par site expérimental sur la teneur en
artémisinine (%).
153
Chapitre IIID 1 Résultats et discussion Artemisia annua- Cambodge
Caractéristiques RP 2p 4p Ni S2
Plante/mL 1 2 4 1 1
Irrigation Oui Oui Oui Non Oui
Site 1 1 1 1 2
Fertilisation Oui Oui Oui Oui Non
Travail du sol Oui Oui Oui Oui Non
. .
Tableau 32: Effets des modalités de culture (MC) et du nombre de jours (NJ) entre la
transplantation et la récolte et de leur interaction sur la teneur (% de la matière sèche) et le
rendement (kglha) en artémisinine
1 54
Chapitre IIID 1 Résultats et discussion Artemisia annua- Cambodge
Teneur en
a) Nombre de jours entre la transplantation et la récolte
artémisinine
70 100 140 moyenne
RP 0,85 a 0,83 a 0,82 a 0,83 a
2P 0,77 b 0,72 b 0,76 b 0,64 b
Modalités de
4P 0,75 b 0,76 b 0,76 b 0,75 b
culture
NI 0,73 b 0,70 b 0,70 b 0,71 b
S2 0,87 a 0,86 a 0,85 a 0,86 a
moyenne 0,79 a 0,67 a 0,68 a
b)
Rendement en artémisinine
Nombre de jours entre la transplantation et la récolte
par surface foliaire
70 100 140 Moyenne
RP 0,77 g 1 ,36 f 2,31 d 1,48 d
2P 1 ,88 e 2,02 e 2,47. d 2,12 c
Modalités de culture 4P 2,26 d 2,60 c 3,36 b 2,74 b
NI 0,39 h 0,1 9 h 0,45 h 0,34 e
S2 2,68 c 5,90 b 7,33 a 5,30 a
moyenne 1,60 c 2,41 b 3,18 a
.
Les valeurs moyennes possedant la meme lettre ne sont pas dIfférentes au seUIl de (1-5 %
Tableau 33: Effets de la modalité de culture et du nombre de jours entre la transplantation et la récolte sur la teneur (% de
la matière sèche) (a) et le rendement (kg/ha) (b) en artémisinine.
Tableau 34: Effets de la modalité de culture et du nombre de jours entre la transplantation et la récolte sur la
biomasse (g/ plante) à différentes dates de récolte. Source : N. SavajoJ, Nornda RSI 1151
155
Chapitre HID 1 Résultats et discussion Artemisia annua- Cambodge
IIIDI. 2 Discussion
0,9
0,8
��
0,7
� 0,6
:ï;
'" 0,5
�
t!
0,4
«
0,3
0,2
0,1
0,0
Site 1 Site 2 S ite 1 Site 2 Site 1 Site 2
Figure 43 - Effets des facteurs du site et du stade physiologique par date de récolte
156
Chapitre IIIDI Résultats et discussion Artemisia annua- Cambodge
D'après Laughlin[221 les variations entre le stade physiologique peuvent être attribuées
aux conditions climatiques, aux écotypes, aux pratiques culturales ou à une combinaison de
ces facteurs. Le moment ou apparaît ce pic étant essentiel afin d'obtenir une concentration
optimal en artémisinine, la détermination expérimentale de ce pic pour toute nouvelle aire de
production est plus pertinente que de se fier uniquement aux publications.
Panni les nombreuses caractéristiques pour lesquelles Artemisia annua présente une
important variabilité, la variation de teneur en artémisinine qui peut aller de 0,02 % à 1 ,38%
selon sa provenance et selon le stade sélection sur la plus forte (Cf. partie bibliographie
IIIA,5,1 0). Cette variation relevée dans la littérature a évidemment de multiples causes. Outre
l'utilisation de méthodes d'extraction et d'analyse très diverses, les conditions de collecte et
. de préparation des échantillons sont également très variables. A cet égard, le soin apporté à la
séparation des tiges et des feuilles est déterminant, puisque l'artémisinine est localisée
1
principalement dans ces dernières [2 1 .
1 57
Chapitre IIID 1 Résultats et discussion Artemisia annua- Cambodge
Donc pour obtenir des plantes avec une forte teneur en artémisinine, il est très
important de prendre en compte le stade de floraison. Il ne faut pas laisser passer le stade
bourgeons car par la suite la teneur en principe actif chute rapidement avec le développement
des fleurs et cette culture demandera donc un suivi régulier. Une technique pourrait être de
faire des passages réguliers (toutes les deux semaines) dans les plantations et de récolter les
plantes au fur et à mesure que les bourgeons apparaissent.
D'après Brandes et al [IOl , Artemisia annua est une plante colonisant les berges de
rivière ou de ruisseau. De ce fait, il n'est pas étonnant de voir que sur le site 2, situé sur une
île au sein d'une rivière, les plantes se sont beaucoup mieux développées. Non seulement la
fertilité et l'humidité du sol a du jouer mais également sa structure et sa texture, plus de sable
et de limons, donc un sol plus aéré. La disponibilité en eau est un facteur important de la
culture d'Artemisia annua, la modalité non irriguée présente une teneur en artémisinine faible
et attesté donc, la d'une meilleure production en artémisinine des plantes cultivée avec
irrigation durant cette période de l'année. De plus les 2 premiers mois de culture, phase
d'élevage du plant, nécessitent un arrosage régulier. Les 2 sites de l'étude se situent près d'un
point d'eau permettant leur irrigation, ce qui n'est pas le cas du miir champ non irriguée situé
en pleine forêt[ll .
fleurs
Comme il est évoqué dans la partie bibliographique, la durée pendant laquelle la plante
fleurit peut être très variable. Ainsi entre l'élongation du rameau florifère et la maturation des
akènes, il peut se passer de 1 à 5 mois [21 1 . S'il y a bien une action de la durée du jour sur le
déclenchement de la floraison, il peut être intéressant de voir s'il ne faudrait pas démarrer la
culture d'Artemisia annUQ plus tôt dans l'année afin de lui allouer plus de temps pour se
développer, la récolte se ferait en décembre et ainsi obtenir une production supérieure. De
plus cette période de culture correspond à celle utilisée par les Phnongs, qui cultivent leur
champ en saison des pluies pour récolter le riz en début de saison sèche.
Dans notre essai, la mortalité dans la modalité non irriguée démontre qu'Artemisia
annua ne peut être cultivée sans irrigation à la période que nous avons testée, cependant il
serait intéressant d'essayer la culture avec irrigation réduite durant une saison plus humide.
158
Chapitre IIID 1 Résultats et discussion Artemisia annua- Cambodge
1
II. Modifications de rendement en artémisinine
En ce qui concerne le rendement, en artémisinine des feuilles il apparaît qu'il est plus
élevé sur le site 2 par rapport au site 1 et selon la densité de peuplement et l'apport
d'irrigation. Ces résultats sont liés au développement maximum des feuilles : dans ces
conditions le développement foliaire est optimal.
Ces résultats sont expliqués par le fait que le site principal de culture (sitel), avec
quatre modalités de culture (RP, 2P, 4P, et NI), est situé sur le plateau, un type de terrain qui
n'est pas cultivé par les autochtones, en raison de la compaction, la latérisation et donc la
faible fertilité des sol[ 15J . Malgré l'amélioration de la texture et structure du sol et
l'incorporation d'engrais vert qui a permis à la plante de se développer correctement, les
résultats restent très en deçà de ceux obtenus sur le S2 (site 2), qui est situé sur les dômes. Les
analyses de sol confirment que le S2 est plus fertile, en particulier en termes de teneurs en
éléments minéraux. La culture de la plante sur les dômes herbeux mondolkirien reste possible
mais serait coûteuse en travail et intrants si on souhaite améliorer les rendements. Non
seulement le travail du sol semble indispensable, mais en plus une fertilisation, au moins
azotée, en est indissociable afin d'obtenir des rendements en feuilles suffisants. Ceci peut
s'expliquer par le rendement en feuilles qui est plus élevé dans le cas où la densité est la plus
élevée.
Une solution alternative, mais également coûteuse en travail, serait l'augmentation de
la densité. On a bien vu que pour le site 1 , même à partir de 4 plantes /m2, l'effet de la densité
sur la biomasse produite reste faible. Ainsi, il pourrait être intéressant sur un site comme
celui-là de planter à de fortes densités, plus de 20 plantes/m2, pour envisager une
augmentation du rendement en feuilles à l'hectare[25J .
Sur un site plus fertile, comme le site 2, les plantes se développent mieux, notamment
les axes secondaires qui donnent un port plus buissonnant.(Cf. figure 44), et pourrait
expliquer l'augmentation de biomasse végétative observée.
1 Il est important de rappeler que le rendement intègre la production en biomasse et la teneur en artémisinine.
159
Chapitre IIID I Résultats et discussion Artemisia annua- Cambodge
La production de biomasse feuilles varie selon les divers facteurs étudiés (période de
semis, humidité, durée de la culture). Il semble que la durée de la culture d'A. annua n'a pas
été assez longue pour obtenir un développement maximum de la plante, 70 à 140 jours entre
le repiquage au champ et la récolte. Ainsi les rendements en feuilles obtenues sont faibles par
rapport à ceux obtenus dans d'autres essais en zone tropicale et peuvent être corrélés aux
rendements en artémisinine. Il faut donc nuancer ces résultats car l'essai a été réalisé sans
utilisation de techniques modernes, avec un budget faible et a peut-être engendré une durée de
culture trop courte. Cette réduction du rendement en feuilles peut expliquer que le maximum
du potentiel de production d'artémisinine ne soit pas exprimé, et donc que le rendement en
artémisinine soit plus faible[28l .
De plus, allonger la durée de la culture permettrait de réaliser plusieurs récoltes dans
un cycle de culture. En effet d'après Kumara[26l , artemisia annua peut être récoltée une
première fois en laissant le pied, qui repartira et donnera une nouvelle récolte, on arriverait
ainsi à 4 récoltes au cours d'un cycle de culture ce qui permettrait d'obtenir des rendements 3
à 4 fois supérieurs. De plus on a vu que la quantité maximum d'artémisinine est atteinte
lorsque la plante est en bourgeon et qu'elle se situe dans les feuilles, on récoltera donc ici au
moment ou le taux d'artémisinine est le plus haut.
Il apparaît à la lecture des résultats que les différentes dates de mise en culture
n'étaient pas assez éloignées pour trouver de différences importantes. On note toute fois pour
la seconde date de culture que, la croissance de la plante était supérieure à toutes les autres, ce
qui pourrait montrer que la culture de la plante est plus favorable en début d'année.
1 60
Chapitre IIID 1 Résultats et discussion Artemisia annua- Cambodge
t
moyenne de 3 essais
Tableau 35 : Résultats quantitatifs de l'extraction de l'huile essentielle de l 'Artemisia annua
(site-2) du Cambodge.
Les résultats des extractions par la technique d'hydrodistillation ont montré des
variations des différents rendements en huile essentielle en fonction du stade de
développement des plantes. L'huile essentielle obtenue est visqueuse et possède une couleur
jaune clair avec une odeur très agréable. Les rendements en huile essentielle (Tableau 35)
montrent 0,42 % pour le bourgeon, 0,61 % pour le début de floraison et 1 ,0 % pour la
floraison. Le rendement en huile essentielle d' Artemisia annua varie considérablement selon
le stade de développement de la plante. On constate que le meilleur rendement est obtenu en
floraison (+30 % par rapport au bourgeon et +58 % par rapport à la fleur immature. Le
potentiel et la composition de l'essence dépendent de la maturité de l'organe. Cette
constations tout à fait classique en pharmacognosie, peut s'expliquer par de multiples
facteurs. Ceux-ci sont principalement le stade auquel la plante a été récoltée, associé
probablement au génotype et à l'environnement,
[221
dans lequel elle a poussé .
161
Chapitre IIID 1 Résultats et discussion Artemisia annua- Cambodge
Monoterpenes
, identification réalisée à partir des indices de rétention, des bibliothèque (NIST, Agilent, France) et de la
littérature
b indice de rétention calculé à partir des alcanes.
Nd: non détecté
tr : traces « 0.1 %).
162
Chapitre HID 1 Résultats et discussion Artemisia annua- Cambodge
pratiquement identiques, seules les abondances de certains composés varient. Les signaux des
chromatogrammes des huiles essentielles nous ont permis d'identifier 22 composés.
Globalement, nous constatons que la très grande majorité des composés sont le camphre, le
Cinéole-I -8, le germacrène-D, et le famesène quel que soit le stade de maturité des fleurs.
Toutefois, ces 4 composés présent des différence vis-à-vis du stade de développement de la
fleur. En effet, le camphre (tr : 1 6,41) représente environ 50 % de l'huile essentielle et ne
varie que très peu en fonction du stade de maturité.
En revanche, on observe un maximum pour le 1 , 8 cinéole (tr : 1 1,39) en fin de
floraison (15 %) alors que le pourcentage de famesène (tr : 29,3 1) est maximal au début de la
floraison (12,6) et le germacrène (tr : 3 1 ,03) au niveau des bourgeon (13,5 %).
16,41
100
Bourgeon
80
60
40
8,30 1 1 ,39
20 , 37 ,00
3506
7 ,51L 3
5, <3_ 18,1 0 22,30 25,2.9 26" _3.7 ,9 AQ,39 44,35 47 ,0? �,2 51.2555,0
0
1 6,43
100
Début floraisou
80
60
40 1 1 ,40
9,59
20 1 8,1 5
1 12>75 44, 1 1 46,59
5,3_4],5.8Jl,30 5 .. 18,58 24, 53 26,42
. A9.,37 51, 5!:;,01
0 . .
16,40
100-
Floraison
80- .
60, 1 1 ,39
40
20 8,1 4 9,57
0
5,2.1
1 1
7 ,5
1
il- l l ] : 12,55
1
.
1
,
1 1 ' I ) J I I I 1
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55
Time (min)
163
Chapitre IIID 1 Résultats et discussion Artemisia annua- Cambodge
IIID1 . 3 Conclusions
Afin d'obtenir des plantes avec une teneur en artémisinine optimale, notre étude
montre qu'il est important de prendre en compte le stade de floraison. Le « bourgeon »
accumule le maximum d'artémisinine : en effet, la teneur en principe actif chute rapidement
avec le développement des fleurs. Une technique pourrait être de faire des passages réguliers
(toutes les deux semaines) dans les plantations et de récolter les plantes au fur et à mesure que
les bourgeons apparaissent.
Le site a aussi un effet significatif sur la biomasse et le choix de site fertile pour mettre en
place des cultures d'Artemisia annua est donc primordial. Faire appel à des fertilisations n'est
pas envisageable du fait de leur prix et des problèmes que cela pose dans la mise en culture de
plantes médicinales.
Artemisia annua est également la source d'huile essentielle qui se trouve dans les
feuilles et les fleurs. L'huile essentielle extraite d'Artemisia annua à atteint un maximum au
stade plane floraison. L'étude en composés volatils de l'huile essentielle a également révélé la
présence de 'maximum variant selon le stade de maturité comme dans le cas du camphre,
germacrène et 1-8, cinéole dont la concentration est optimale dans les bourgeons et floraison.
Avec l'intérêt croissant pour Artemisia pour la production de médicaments antipaludéens, le
volume potentiel d'huile essentielle disponible est intéressant pour l'industriel parfumerie ou
des industries chimiques en général.
L'essai de mise en culture d'artemisia annua au Mondolkiri a permis de montrer que
la plante peut être cultivée dans cette région, avec un rendement et une teneur en artémisinine
suffisants. Le résultat le plus significatif est l'importance de l'humidité du sol pour le bon
développement de la plante, en l'absence d'un système d'irrigation la parcelle de culture
devra être située sur une zone relativement humide (82 par rapport à 8 1 ) .
164
Résultats et discussion sur Artemisia annua
Cultivée a u Sénégal
165
Résultats et discussion sur Artemisia cultivée au Sénégal
A Chaque date de récolte espacée de 1 5 jours les plantes ont été récoltées afin d'être mesurées
et pesées. Les analyses de la teneur en artémisinine ont été réalisées par CCM densitomètre
sur le matériel sec. La figure 46 montre que la hauteur des plantes augmente jusqu'à 105 jours
après le repiquage
300 a
250
]: 200
150
j 100
50
20 40 60 80 100 120
o +-----�----�--�
o
Nombre de jours entre la récolte et la transplantation
La teneur en artémisinine est caractérisée par une augmentation régulière en début de culture
entre 1 5 (juillet) et 75 jours de culture (septembre). Le taux maximum d'artémisinine,
(0.56%), est donc obtenu 75 jours après la transplantation au champ au mois de septembre.
Puis se stabilise dés lors que la plante entre en floraison, 2 mois et demi après le repiquage
(figure 47)
0.7
0.6
i
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a a
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••
0.5
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ro
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0.3
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0.2
a 20 40 60 80 100 120
166
Résultats et discussion sur Artemisia cultivée au Sénégal
La figure 48 montre que la masse de feuille récoltée diminue entre 75 et 105 jours. Cette
période (75) correspond également au pic de teneur en artémisinine (figure 47), la
concentration diminuant ensuite sensiblement. C'est également à cette période que les fleurs
apparaissent induisant un assèchement des feuilles du à l'investissement de la plante dans la
floraison. Le pic en artémisinine correspond bien à l'apparition de bourgeon (comme observé
au (Cambodge). Cette période correspond à l'installation de la saison sèche au Sénégal, il
semble donc que le stress hydrique est induit une floraison suivi d'un flétrissement du
feuillage.
80
70
2"
'"
c
60
C.
a
S 50
'"
()
.J::
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40
'"
If)
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20
0
E
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10
0
0 20 40 60 80 1 00 1 20
1 67
Résultats et discussion sur Artemisia cultivée au Sénégal
Les résultats de cette étude, même si celle ci reste modeste scientifiquement comparé au
protocole expérimental mis en place au Cambodge, permettent de confirmer les
caractéristiques culturales de la plante. La période de récolte optimale, associant une teneur en
artémisinine forte et une biomasse importante, est courte (autour de 75 jours de culture au
Sénégal). Elle correspond à la période d'apparition des bourgeons. Il est important de noter la
sensibilité de la plante à la sécheresse, cette donnée étant particulièrement importante en
Afrique sahélienne. Les teneurs en artémisinine obtenues au Sénégal sont plus faibles que
celles du Cambodge. Ceci peut être lié à divers facteurs tels que le climat ou le respect du
protocole de récolte et de séchage, ces facteurs n'ont pas pu être identifié dans le cadre de
cette étude étant donnée les différences de conditions expérimentales. Entre autres les
difficultés de gestion (matérielles et humaines) étaient plus fortes au Sénégal qu'au
Cambodge (ou Nomad dispose d'une équipe permanente).
1 68
Références bibliographique
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3 ém édition. 289 Pages.
171
Conclusion générale et perspectives
1 72
Conclusion Générale et Perspective
Mon travail de thèse avait pour objectif d'étudie les méthodes et les conditions d'extraction
des composés d'intérêt pour des pays en voie de développement extraits à partir de l'Hibiscus
sabdariffa .
Dans une première partie, l'étude menée sur Hibiscus pennis de mettre en évidence
l'influence des conditions opératoires de différentes techniques d'extraction, a partir de calice
(huile essentielle, et concrète) et à partir de graines (huile végétale).
Nous avons pu détenniner les caractéristiques et la composition chimique des fractions
aromatiques extraites des calices et des graines d'Hibiscus en vue de leur valorisation
industrielle.
Le choix des méthodes d'extraction et analytiques pour détermination de la composition des
huiles des graines,a été effectué sur la plate-fonne lipochimique (UMRA INRJENSIACET).
L'analyse des composés aromatiques des calices d'hibiscus a été réalisée à l'ENFA Ecole
Nationale de Fonnation Agronomique (Toulouse)
Dans un premier temps, les huiles essentielles et les concrètes extraites de calices d'Hibiscus
sabdariffa provenant de 3 pays différents (Mexique, Sénégal, Vietnam) ont été comparées
pour la composition chimique et le rendement d'extraction. Il apparaît que l'origine des
calices n'influence pas la composition chimique alors que le rendement d'extraction varie : il
est plus élevé lorsque les calices proviennent du Vietnam par rapport au Mexique et enfin au
Sénégal. Puis, 4 techniques d'extraction différentes des concrètes ont également été
comparées, ainsi que l'utilisation de 2 solvants différents dans le but d'optimiser le rendement
d'extraction. Les résultats nous ont pennis de quantifier l'influence du rapport pondéral
matière végétale/solvant et de la durée d'extraction sur le rendement. Quelle que soit la
technique d'extraction, l'efficacité du dichlorométhane est largement supérieure à celle de
l'hexane.
L'analyse qualitative de l'huile des graines d'Hibiscus que le pourcentages d'acides gras et les
teneurs en stérols sont tout à fait remarquables et qu'elle peut se positionner comme nouvelle
source d'huile végétale pour l'alimentation. C'est un champ d'application intéressant
pennettant de valoriser l'Hibiscus sabdariffa du Vietnam, du Sénégal et du Mexique. Après
séparation des acides gras saturés (acide palmitique + acide stéarique) et des acides gras in
saturés (acide linoléique + acide oléique). La diversité des acides gras dans l'alimentation
1 73
Conclusion Générale et Perspective
En s'appuyant sur des données bibliographiques nos résultats ont montré que 1 'hibiscus
sabdariffa possède également de sérieux atouts pour d'autre utilisations alimentaires comme
la génération des nouvelles boissons, entant que colorants, de plus en plus utilisés en
alimentation.
Enfin un bilan de nos investigations sur la constitution chimique très complexe de cette huile
essentielle ou absolue a été exposé, en particulier pour les composés les plus volatils.
En conclusion, ce travail a permis d'obtenir une idée de la composition chimique générale de
l 'Hibiscus sabdariffa qui pourra servir de point de départ pour les futurs travaux de
recherches dans la perspective d'une valorisation de cette espèce végétale.
Nous proposons de complètes les données acquises par les orientations suivantes:
• Etude de la stabilité et des propriétés des colorants anthocyanes présentes dans les de
calices d'Hibiscus sabdariffa,.
• Etude de la tige d' Hibiscus sabdariffa pour définir leurs propriétés des fibres surtout la
cellulose,
• Prospection pour la valorisation des acides gras, par exemple : acide palmitique
(plastifiants détergents, lubrifiants) acide linoléique (peintures, résines) contenues
dans les graines d'Hibiscus.
• Proposition de nouvelles formulations aromatiques pour de nouvelles boissons à partir
des calices d'Hibiscus,
• Implantation locale d'unités de productions industrielles de ces boissons.
174
Conclusion Générale et Perspective
Une seconde plante a fait l'objet d'une partie de mon travail de thèse et participe également à
la phase préliminaire qui permettra de déterminer le potentiel réel d'Artemisia annua au
Cambodge et au Sénégal comme plante antipaludique.
L'essai de mise en culture d'artémisia annua au Mondolkiri (Cambodge) a permis de montrer
que la plante peut être cultivée dans cette région, avec un rendement et une teneur en
artémisinine suffisants. Le résultat le plus significatif est l'importance de l'humidité du sol
pour le bon développement de la plante, en l'absence d'un système d'irrigation la parcelle de
culture devra être située sur une zone relativement humide.
Ce travail a également permis d'amorcer une réflexion sur l'itinéraire technique (densité,
dates de mise en culture, irrigation, . . . .) , mais celui-ci dépendra du système de culture qui
devra être mis en place (plantation ou micro culture locale).
D'un point de vue agricole, Artemisia annua semble pouvoir s'intégrer au Cambodge, il serait
intéressant de comparer les rendements dans des régions de plaines. L'utilisation de bouture
peut aussi être une perspective intéressante favorisant une multiplication rapide et peu
coûteuse par rapport aux graines hybrides. Cependant les premiers essais en cours montrent
une initiation rapide de la floraison qui risque de limiter les rendements.
L'introduction d'une plante et sa domestication reste un processus long. Ce projet a permis de
réunir les compétences de plusieurs organismes universitaires autour d'un objectif commun:
trouver un traitement accessible contre le paludisme.
Cette démarche et ces expérimentations innovantes au Cambodge ont atteint leur objectif en
permettant de prouver la faisabilité de la culture. Les rendements en artémisinine, même
s'ils n'atteignent pas ceux obtenus dans d'autres régions tropicales, sont encourageants pour un
premier essai. L'utilisation de ces résultats et la poursuite du travail pourraient permettre au
Cambodge d'intégrer Artemisia annua dans son système agricole. La gestion de ces cultures
demandera une attention particulière pour être intégrée aux différents systèmes traditionnels.
Mais la possibilité d'utiliser Artemisia annua en association avec d'autres cultures est une
option à explorer.
La production de matériel végétal ne résout cependant pas la question de sa
commercialisation et de sa transformation. La transformation par un laboratoire cambodgien
(université de pharmacie) pourrait être une solution permettant une production de médicament
peu coûteux. Etant donné la législation cambodgienne, l'utilisation d'infusion de feuilles
d'Artemisia annua ne pourra être prescrite qu'après des essais épidémiologiques rigoureux.
Même si des travaux montrent l'intérêt de ce mode de prescription[27,281 , d'autres essais
soulèvent la polémique vis-à-vis de cette méthode et conseillent l'utilisation d'association
175
Conclusion Générale et Perspective
A l' issu de cette étude, les résultats montrent que la culture en Artemisia annua peut être
envisagée en zones tropicales, cette culture demande cependant une technicité relativement
importante, même si le marché d'Artemisia annua semble lucratif et pourrait permettre de
développer des médicaments produits localement, des itinéraires techniques agronomiques
rigoureux doivent être suivis et la mise en culture d'Artemisia annua pour être durable
demande une attention particulière au transfert technique. Dans ce sens les collaborations avec
les universités Cambodgienne et Sénégalaise se sont révélées particulièrement appropriées
permettant de créer une dynamique d'échanges scientifiques entre pays du Sud à partir d'une
équipe toulousaine rassemblant laboratoire universitaire et ONG.
176
ANNEXES
1 77
Annexes
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aires SEM
0,01 1 , 32E+02 3,37E+01 l,[Link]
RI.O,''''
0,05 8,07E+02 3,03E+02 �.[Link]
1
2 4,62E+04 2,55E+03 5,00[.04
5 1 ,23E+05 8,59E+03
0,00[·00
1
10 2,44E+05 1 ,39E+04 2 • , • " b
R'
-5,ooE.04
0 9998
1 78
Annexes
1 10 % d'artémisinine1
0,9
0,8
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
O +--
bourgeon début floraison floraison
1 79
Annexes
,
rlf�r
�§�iè� ;=���g�����i;
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:!
180
Annexes
181