Inspection des Viandes à Abidjan
Inspection des Viandes à Abidjan
ANNEE 2011 N° 16
THESE
Par :
----------------------------------------------JURY-------------------------------------------
PRESIDENT: M. Moussa Fafa CISSE Professeur à la faculté de
Médecine de Pharmacie et
d'Odontostomatologie de Dakar
DIRECTEUR ET M. Malang SEYDI Professeur à L’EISMV de Dakar
RAPPORTEUR
DE THESE:
MEMBRES: Mme. Rianatou [Link] Professeur à l’EISMV de Dakar
M. Yalacé Yamba KABORET Professeur à l’EISMV de Dakar
------------------------------------------------------------------------------------------------------------
CO-DIRECTEUR Dr Vessaly KALLO : Sous-directeur de l’Hygiène Alimentaire aux
abattoirs du district d’Abidjan
i
BP 5077-DAKAR (Sénégal)
Tel. (221) 33 865 10 08- Télécopie (221) 33 825 42 83
COMITE DE DIRECTION
LE DIRECTEUR
Professeur Louis Joseph PANGUI
LES COORDONNATEURS
PERSONNEL ENSEIGNANT
1. ANATOMIE-HISTOLOGIE-EMBRYOLOGIE
Serge Niangoran BAKOU Maître de conférences agrégé
Gualbert Simon NTEME ELLA Assistant
Mr Bernard Agré KOUAKOU Docteur Vétérinaire Vacataire
Mr Valery claire SENIN Moniteur
2. CHIRURGIE –REPRODUCTION
Papa El Hassane DIOP Professeur
Alain Richi KAMGA WALADJO Maître-Assistant
Mr Abdoulaye SOUMBOUNDOU Docteur Vétérinaire Vacataire
Mr Mouhamadou KONE Moniteur
4. PHYSIOLOGIE-PHARMACODYNAMIE-THERAPEUTIQUE
Moussa ASSANE Professeur
Rock Allister LAPO Maître-Assistant
Mr Adama FAYE Moniteur
6. ZOOTECHNIE-ALIMENTATION
Ayao MISSOHOU Professeur
Simplice AYSSIWEDE Assistant
Mr Jean de Caspistant ZANMENOU Moniteur
iv
2. MICROBIOLOGIE-IMMUNOLOGIE-PATHOLOGIE INFECTIEUSE
Justin Ayayi AKAKPO Professeur
Rianatou BADA ALAMBEDJI Professeur
Philippe KONE Maître-Assistant
Mr Passoret VOUNBA Docteur Vétérinaire Vacataire
Mr Mathias Constantin YANDIA Moniteur
5. PHARMACIE-TOXICOLOGIE
Gilbert Komlan AKODA Maître-Assistant
Assiongbon TEKO AGBO Chargé de recherche
Mr Abdou Moumouni ASSOUMY Assistant
C. DEPARTEMENT COMMUNICATION
CHEF DE DEPARTEMENT : Yalacé Yamba KABORET, Professeur
SERVICES
1. BIBLIOTHEQUE
Mme Mariam DIOUF Documentaliste
2. SERVICE AUDIO-VISUEL
Bouré SARR Technicien
D. SCOLARITE
Mlle Aminata DIAGNE Assistante
Mr Théophraste LAFIA Vacataire
Mr Ainsley LICKIBI Moniteur
vi
1. BIOPHYSIQUE
Boucar NDONG Assistant
Faculté de Médecine et de Pharmacie
UCAD
2. BOTANIQUE
Dr Kandioura NOBA Maître de Conférences (Cours)
Dr César BASSENE Assistant (TP)
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
3. AGRO-PEDOLOGIE
Fary DIOME Maître -Assistant
Institut de Science de la Terre (I.S.T.)
4. ZOOTECHNIE
Abdoulaye DIENG Docteur Ingénieur ;
ENSA-THIES
5. H I D A O A:
Malang SEYDI Professeur
E.I.S.M.V – DAKAR
6. PHARMACIE-TOXICOLOGIE
Amadou DIOUF Professeur
Faculté de Médecine et de Pharmacie
UCAD
1. TOXICOLOGIE CLINIQUE
Abdoulaziz EL HRAIKI Professeur
Institut Agronomique et Vétérinaire
Hassan II (Rabat) Maroc
2. REPRODUCTION
Hamidou BOLY Professeur
Université de Bobo-Dioulasso
(Burkina Faso)
3. PARASITOLOGIE
Salifou SAHIDOU Professeur
Université Abobo-Calavy (Bénin)
4. ZOOTECHNIE-ALIMENTATION ANIMALE
Jamel RKHIS Professeur
Ecole Nationale de Médecine
Vétérinaire de TUNISIE
viii
1. MATHEMATIQUES
Abdoulaye MBAYE Assistant
Faculté des Sciences et Technique
UCAD
2. PHYSIQUE
Amadou DIAO Assistant
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
Travaux Pratiques
Oumar NIASS Assistant
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
3. CHIMIE ORGANIQUE
Aboubacary SENE Maître-Assistant
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
4. CHIMIE PHYSIQUE
Abdoulaye DIOP Maître de Conférences
Mame Diatou GAYE SEYE Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
Travaux Pratiques de CHIMIE
Assiongbon TECKO AGBO Assistant
EISMV – DAKAR
Travaux Dirigés de CHIMIE
Momar NDIAYE Maître-Assistant
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
5. BIOLOGIE VEGETALE
Dr Aboubacry KANE Maître-Assistant (Cours)
Dr Ngansomana BA Assistant Vacataire (TP)
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
6. BIOLOGIE CELLULAIRE
Serge Niangoran BAKOU Maître de conférences agrégé
EISMV – DAKAR
7. EMBRYOLOGIE ET ZOOLOGIE
Malick FALL Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
ix
8. PHYSIOLOGIE ANIMALE
11. GEOLOGIE :
FORMATIONS SEDIMENTAIRES
12. CPEV
Travaux Pratiques
Amine
DEDICACES
Je dédie ce travail
A ma famille
DIEU chaque jour de te garder longtemps auprès de nous et en excellente santé afin
que tu puisses bénéficier de ton dur labeur.
A mes cousins et cousines, Baba, Namory, les deux (2)Aminata, les deux (2)
Bintou, Saran, Macoura, Nathan, Youssef, Sandia et tous les autres. Ce succès est
aussi le votre.
A mes neveux et Nièces, Yasmine, Madjid : vous êtes brillants à votre jeune
âge. Je vous exhorte vivement à continuer ainsi et à persévérer sur cette voie. Tonton
sera toujours à votre disposition pour vous apporter son soutien et son affection.
Abou KONE, Yoboué José Noël KOFFI et Clément Alexis ASSEU : on forme
un quatior gagnant, les quatre mousquetaires ou encore les quatre fantastiques. Vous
m’avez prouvé que je pouvais vous faire confiance en toutes circonstances. Si vous
n’aviez pas été là ce fameux 05 juin 2009, DIEU seul sait ce qu’il serait advenu de
moi. Si aujourd’hui, je suis assis à cette place, c’est parce que vous êtes les «Anges »
que le Seigneur Tout Puissant a placé sur mon chemin. Nous nous sommes promis de
faire de grandes choses ensemble. Je suis sincèrement désolé de vous avoir fait faux
bond au dernier moment mais je vous promets de faire de mon mieux pour me
rattraper.
Au Dr Alain KAMGA : c’est à toi que j’ai été confié dès mon arrivée à Dakar
et tu étais présent à l’aéroport à 2h du matin pour m’accueillir et me conduire pour la
première fois à l’EISMV. Tu as toujours su veillé sur moi. Ta présence rassurante m’a
permis d’évoluer dans un climat de quiétude durant ces six dernières années. MERCI
très cher aîné de m’avoir permis de réaliser ma vocation.
Aux Drs Gérard DIOP et Théodore DOMAGNI, merci d’avoir toujours cru en
moi et en mes projets.
A ma famille dakaroise
Mme Julienne STEFAN, chère Maman, merci pour ton appui moral, matériel et
financier.
Tata BELLO, Habib, Bello, Jackie, Bobo : grâce à vous, je n’ai jamais senti le
vide de célébrer les différentes fêtes religieuses musulmanes loin de mes parents
biologiques. L’harmonie, la gaité, le partage sont profondément ancrées dans vos
mœurs. Je souhaite plein succès à chacun de vous et sachez que jamais je ne vous
oublierais.
Mewe et Médédé DANIGUE: merci pour tous les moments passés ensemble.
A mes enfants et mes bons petits : Rokia, Lucie, Valère, Fatima, Bernadette, Marie-
Désiré, Cécile, Raoul, Anicet, Wilfried, Thierry, Sinaly, Ladji, Habib, Cédric. Inspirez
vous de mon parcours et qu’il vous serve d’exemple dans vos études ainsi que dans
votre vie de tous les jours.
A mes ami(e)s de Dakar : Pacôme (PC), Roger, Emile, Annick, Gilles Patrick, Linda,
Nafi (Yasmine), Laetitia, Marie-Ange, Yaya, Damo, Vamé, Cheikh Ahmadou TALL :
vous comptez énormément pour moi.
Abou, Asseu, Noël, Charles, EPANYA, Elise, Thomas, Sara, Bertrand, BELLO
Haman, Voumba, Mallaye, Maguette et Fat SARR : merci pour ces belles années
passées ensemble.
REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier :
Tous ceux qui ont contribué à ma formation depuis mon cursus primaire à l’EPP
Sicogi II (Marcory) en passant par le Lycée Municipal de Marcory, le Lycée Moderne
de Koumassi, ensuite l’Université de Cocody-Abidjan et enfin l’EISMV-Dakar.
Le Pr Malang SEYDI pour avoir accepté de diriger ce travail. Votre immense savoir
auquel s’ajoute votre expérience m’ont permis d’en apprendre beaucoup sur la
conduite d’un travail scientifique.
Les Prs Rianatou BADA ALAMBEDJI et Yalacé Yamba KABORET pour avoir
accepté de juger ce travail.
Les Drs WADE, DIENG et SOW pour avoir accepté de travailler avec moi. Votre
expérience de l’exercice de la clinique vétérinaire m’a bonifié. Transmettez également
mes remerciements à tous vos collaborateurs.
Mrs SOW, Demba KA et CISSE (chauffeurs), pour nous avoir conduit aux TP et pour
avoir eu la patience de supporter nos humeurs durant ces longs trajets.
Mes pères et ma mère de clinique : Gilbert, Saïd, Nathalie, mon frère Charles et ma
sœur Laetitia ainsi que mes enfants Lucie et Fatima, pour ces bons moments passés
aux TP et le partage d’expériences.
Le personnel et les diplomates de l’Ambassade de Côte d’Ivoire ainsi que tous mes
aînés ivoiriens au Sénégal (Mr KOUASSI, Armand HILY, David CAMARA, Mr
xvii
SOMMAIRE
INTRODUCTION ............................................................................................... 1
III- Méthodes............................................................................................. 66
xxxiii
I- Résultats ..................................................................................................68
1- Préparation et inspection des viandes dans les abattoirs du District
d’Abidjan.................................................................................................. 68
1-1- Préparation des viandes...................................................... 68
1-2- Techniques d’inspection des viandes................................. 69
1-2-1- Surveillance des conditions de transport et
débarquement des animaux.................................... 69
1-2-2- L’inspection ante mortem....................................... 69
1-2-3- Inspection post mortem.......................................... 70
2- Evolution des abattages dans les abattoirs du District d’Abidjan... ..76
2-1- Bilan numérique des abattages........................................ ..86
2-2- Evolution des abattages................................................... ..86
2-2-1- Evolution des abattages en 2007............................... ..86
2-2-2- Evolution des abattages en 2008............................... ..87
2-2-3- Evolution des abattages en 2009............................... 88
2-2-4- Synthèse des abattages de 2007 à 2009.................... 89
2-2-5- Conclusion partielle.................................................. 90
3- Saisies réalisées dans les abattoirs du District d’Abidjan........... 90
3-1- Saisies partielles............................................................... 91
3-1-1- Répartition des saisies partielles................................ 100
3-1-1-1- Répartition des saisies partielles au cours de
l’année 2007................................................ 100
3-1-1-2- Répartition des saisies partielles au cours de
l’année 2008................................................ 101
3-1-1-3- Répartition des saisies partielles au cours de
l’année 2009................................................ 104
3-1-2- Synthèse des saisies partielles de 2007 à 2009......... 105
3-1-3- Conclusion partielle.................................................. 108
3-2- Les saisies totales............................................................. 108
3-2-1- Répartition des saisies totales au cours
de l’année 2007........................................................ 111
3-2-2- Répartition des saisies totales au cours
de l’année 2008........................................................ 112
3-2-3- Répartition des saisies totales au cours
de l’année 2009........................................................ 114
3-2-4- Synthèse des saisies totales de 2007 à 2009............. 115
3-2-5- Conclusion partielle.................................................. 118
II- Discussion..................................................................................... 118
1- Préparation et inspection des viandes....................................... 118
2- Evolution des abattages............................................................. 119
3- Saisies réalisées dans les abattoirs du District d’Abidjan........... 120
xxxiv
CONCLUSION………………………………………………………………. 127
BIBLIOGRAPHIE…………………………………………………………… 131
1
INTRODUCTION
Dans les sociétés industrielles et urbanisées, la mise à mort des animaux est reléguée
dans un espace éloigné des villes et de la réalité sociale : il s’agit de l’abattoir.
Lieu destiné à l’abattage des animaux de boucherie et de charcuterie ainsi qu’à leur
transformation en viande, l’abattoir est classé au nombre des établissements insalubres de
première classe du fait des nombreuses nuisances dont il est à l’origine (pollution visuelle,
olfactive, sonore, environnementale…).
De tout temps, la santé publique, à travers la sécurité sanitaire des aliments, suscite
une attention et une inquiétude croissante à travers le monde. Les problèmes de santé publique
liés à la consommation des aliments d’origine animale, notamment les viandes de boucherie,
constituent un risque majeur pour le consommateur à toutes les étapes de leur préparation. La
mise en œuvre du contrôle des denrées alimentaires d’origine animale sanitaire est dévolue
aux services vétérinaires.
Ainsi, les services vétérinaires ont une grande responsabilité à l’égard de la santé
humaine en protégeant la santé des animaux destinés à l’alimentation (cas du vétérinaire
clinicien) mais aussi et surtout en assurant le contrôle sanitaire des denrées alimentaires
d’origine animale dont les animaux de boucherie abattus dans les abattoirs et livrées à la
consommation humaine (cas du vétérinaire hygiéniste, inspecteur des abattoirs).
Au terme du contrôle sanitaire, les viandes reconnues non salubres (c'est-à-dire
impropre à la consommation humaine) sont saisies et soustraites du circuit de
commercialisation pour être redirigées soit vers l’alimentation animale (peu appliquée du fait
de la mauvaise foi des opérateurs économiques) ou détruites sous le contrôle des services
vétérinaires.
2
L’ensemble des saisies est répertorié dans des registres qui permettent de retracer entre
autres le motif de la saisie, la période de sa réalisation, la nature et la quantité de pièces
saisies. L’abattoir peut être considéré à juste titre comme étant le miroir de l’épidémiologie
d’une localité, d’une région, d’un pays et même d’une sous région dans le cadre de la Côte
d’Ivoire. Il peut donc constituer un maillon important dans la recherche d’informations fiables
lors des enquêtes épidémiologiques.
Depuis une décennie, aucune analyse synthétique portant sur les abattoirs n’a été
entreprise en Côte d’Ivoire. Nous avons donc entrepris ce travail en nous fixant pour objectif
général, l’évaluation des conditions de préparation et d’inspection des viandes de boucherie
aux abattoirs du district d’Abidjan.
Pour atteindre cet objectif, nous avons participé (un mois durant) aux activités
d’inspection de l’abattoir de Port Bouët, puis exploité les rapports annuels d’activités de la
direction de l’hygiène alimentaire et des abattoirs (DHAA) du district d’Abidjan portant sur la
période de 2007 à 2009. Ainsi, les objectifs spécifiques suivants ont été dégagés :
Présenter les conditions de préparation et d’inspection des viandes de
boucherie aux abattoirs du district d’Abidjan ;
analyser les motifs de saisies dominants rencontrées chez les animaux de
boucherie ;
et analyser leur évolution dans le temps.
PREMIERE PARTIE
SYNTHESE
BIBLIOGRAPHIQUE
4
Le nom d’Abidjan serait né d’un quiproquo. Voilà ce que raconte la légende ébriée
relative à l’histoire du village qui a donné son nom à la Ville d’Abidjan [15] [44].
Un vieil homme revenant de son champ les bras chargés de branchages probablement
destinés à la réfection du toit de sa case, rencontra sur son chemin un explorateur européen
qui lui demanda le nom du village le plus proche.
Le vieil homme ne parlant pas la langue de l’homme blanc a cru comprendre que celui-ci
demandait ce qu’il faisait en ces lieux. Terrorisé par cette rencontre inattendue, il s’enfuit en
criant : « n’tchan m’bidjan » ce qui signifie en langue ébriée : « je viens de couper des feuilles
».
L’homme blanc cru avoir eu la réponse à sa question et consigna consciencieusement sur son
bloc-note « Abidjan ».
Cette ville n’était à l’origine qu’un petit village de pêcheurs. Elle a connu en un demi-
siècle, une croissance et un développement qui se confondent avec l’histoire de l’expansion
de la Côte d’Ivoire.
I- Situation géographique
Elle est limitée à l’Ouest par Jacqueville, Grand-Lahou et Dabou , au Nord par Sikensi,
Tiassalé, Agboville, Adzopé et Alépé, à l'Est par Grand-Bassam et
au Sud par le Golfe de Guinée.
Abidjan
Créé en 2001 par la loi n° 2001-478 du 9 Août 2001, le district d’Abidjan est une
communauté urbaine composée de dix communes et trois sous-préfectures (Grand Bassam,
Bingerville et Songon). Mégalopole moderne qui fait partie de la Région des Lagunes, elle est
cerné d’un plan d’eau représentant environ 15% de sa superficie (figure 3). La ville dispose
d’une ouverture sur le reste du pays, la sous région ouest-africaine et le monde grâce à un
excellent réseau de communication (routes, voies ferrées, port et aéroport).
Les dix communes, constituant la ville d’Abidjan peuvent être regroupées en deux parties
[2] : Abidjan Nord et Abidjan Sud, séparée par la Lagune ébriée.
6
Les ponts Félix Houphouët Boigny (côté boulevard de la République) et Général De Gaulle
(côté boulevard lagunaire) relient les communes de Treichville et du Plateau, facilitant ainsi la
circulation entre les portions Nord et Sud de la ville.
III- Climat
La ville jouit d'un climat de type subéquatorial, chaud et humide, qui comporte une grande
saison des pluies (mai-juin-juillet), une petite saison des pluies (septembre-novembre) et deux
saisons sèches.
En saison des pluies, il peut pleuvoir sans discontinuer pendant plusieurs jours
consécutifs ou alors pleuvoir intensément pendant une heure, période à laquelle succède un
très fort ensoleillement.
Avec environ 2 mètres d'eau par an, les précipitations y sont abondantes. Les
précipitations mensuelles varient entre 26 mm en janvier et 610 mm en juin et la température
y est quasi-constamment d'environ 27 °C. Le degré d'hygrométrie pouvant atteindre 80 %
(figure 4).
1- Structure
Elle se compose en grande majorité d’ivoiriens venus des différentes régions de la Côte d’
Ivoire mais aussi d’une population d’étrangers composée de ressortissants africains,
européens, asiatiques et du Moyen-Orient.
Les viandes bovines, ovines et caprines trouvent un marché très favorable dans le district
d’Abidjan, même si leur coût relativement élevé ne permet pas toujours à l’ensemble de la
population abidjanaise de pouvoir les consommer.
8
L’essentiel de l’économie ivoirienne est basé sur l’Agriculture en générale mais plus
particulièrement sur les cultures d’exportation notamment le café, le cacao, la banane, le bois,
l’huile de palme et bien d’autre encore, qui font sa notoriété à travers le monde [18]. La
conséquence majeure d’une telle politique est notre dépendance extérieure (notamment des
pays Sahéliens) en matière de protéines animales.
Conscients de cela, et suite à la grande sécheresse qui a frappé les pays sahéliens dans
les années 1972-1973, les décideurs ivoiriens se sont réunis pour la première fois à Bouaké
afin d’initier des projets de développement en matière de protéines animales en vue de sortir
le pays de sa trop grande dépendance extérieure [17].
La viande bovine est l’une des protéines animales les plus utilisées bien qu’elle ne soit
pas accessible à tous les abidjanais du fait de son coût parfois très élevé sur les marchés.
Le cheptel bovin de la Côte d’Ivoire est estimé à 1,3 Millions de têtes comprenant 800.
000 taurins et 500.000 zébus [17]
les zébus : ils appartiennent à l’espèce Bos indicus et se caractérisent par la présence
d’une bosse adipeuse en région cervico-thoracique. Ce sont des animaux très adaptés à
la marche, résistants au stress thermique mais sensibles aux parasites de la zone
tropicale humide notamment aux glossines ; ils sont donc trypanosensibles. Ils ont un
format moyen (120 à 125 cm au garrot pour le mâle et 115 à 120 cm au garrot pour la
femelle) et un poids moyen à l’âge adulte de 400 kg pour le mâle et de 300 kg pour la
femelle. On les rencontre essentiellement dans le nord du pays.
Outre leurs caractéristiques physiques et leur rusticité, les zébus se distinguent des
taurins par leur maturité sexuelle très tardive et une période inter vêlages très longue ;
les taurins : ils appartiennent à l’espèce Bos taurus, n’ont pas de bosse et sont
caractérisés par une inter fécondité beaucoup plus courte que les zébus.
On distingue trois races de taurins en Côte d’Ivoire :
La race Baoulé (West African Shorthorn) : elle est trypanotolérante
et résiste bien aux maladies transmises par les tiques. Cela justifie
sa grande répartition dans les zones humides proches des forêts;
La race Ndama (West African Longhorn) : elle est également
trypanotolérante ;
La race Lagune : elle est très voisine de la race Baoulé ;
les métis : ils résultent du croisement des principales races existantes notamment
zébus et taurins. Il s’agit entre autres de :
La race Ndamazé : issue du croisement entre le zébu soudanien et
la Ndama ;
Le Méré : croisement entre zébu et taurin avec divers métissage ;
La race Ndamance : d’introduction récente, elle résulte du
croisement entre la race européenne Abondance et le taurin Ndama.
- Les élevages modernes, représentés par les ranchs, les grandes stations d’élevage et les
grands élevages privés. Ces élevages sont caractérisés par des conduites rationnelles
des troupeaux, l’application régulière de protocoles sanitaires (vaccination,
déparasitage externe et interne, etc.), distribution de compléments alimentaires et la
mise en place de programmes d’amélioration génétique des races exploitées par le
biais de sélection et de croisement (introduction de taureaux de race Ndama en
provenance majoritairement de ranch de la Marahoué). Ces élevages se rencontraient
surtout dans les régions du Centre, de l’Ouest, du Nord et parfois dans le Sud.
Le cheptel est actuellement estimé à 1,3 millions d’ovins et 1 million de caprins avec
une production essentiellement concentrée dans le centre du pays. Mais on note la présence de
proportions appréciables de petits ruminants au Sud et au Nord.
Sur le marché ivoirien, on trouve plusieurs races de petits ruminants mais aussi des
croisés. Chez les ovins, seule la race Djallonké est effectivement locale, les autres sont
importées [6].
L’élevage des petits ruminants se fait suivant divers systèmes de production qu’ont
pourrait regrouper en deux grandes catégories [10]:
- les élevages traditionnels : dans ce type d’élevage, les animaux sont livrés à eux-
mêmes et ne font l’objet d’aucun soin. Ils divaguent à longueur de journée à la
recherche de nourriture (herbe et restes de cuisine).
Ces élevages comprennent :
l’élevage urbain : Les animaux rencontrés dans ce type d’élevage sont des
moutons Sahéliens ou des métis (Sahélien x Djallonké) achetés sur les marchés
à bétail locaux. Les animaux divaguent en journée mais sont parqués le soir
sous des abris sommairement fait de quelques planches ou de vieilles tôles
usagées. Ils sont parfois enfermés dans des pièces ou magasins inoccupés de
manière à en limiter les vols. Ils bénéficient en quantité plus ou moins
suffisante de fourrage vert à domicile du fait de leur rareté en ville. Cette
12
Chez les caprins, la principale race rencontrée en Côte d’Ivoire est la chèvre
naine Djallonké. C’est un animal de petite taille (40 à 50 cm au garrot), en général très
rustique et très prolifique. Il faut noter que la production caprine n’a encore fait l’objet
d’aucune stratégie de développement en Côte d’Ivoire.
Sa consommation est, malgré tout, moins importante que celle de bovin du fait de son prix sur
le marché mais aussi des habitudes alimentaires. Il faut néanmoins signaler un accroissement
des ventes de moutons notamment à la faveur des fêtes de fin d’année mais aussi et surtout
des fêtes religieuses telles que la tabaski.
De nombreux projets et actions ont vu le jour avec des fortunes diverses mais le
résultat est là, la Côte d’Ivoire reste toujours tributaire des importations en matières de
protéines d’origine animale. Et comme si besoin est de le faire remarquer, la crise
sociopolitique qui secoue notre pays depuis le 18 Septembre 2002 est venue annihiler les
quelques progrès qui avaient été réalisés dans le secteur de la production animale
Le Burkina, pour les petits ruminants (70 à 80%) et le Mali pour les bovins sont nos
principaux pourvoyeurs en bétail vivant. Ainsi, les services vétérinaires du parc à bétail du
district d’Abidjan ont enregistré en 2008 l’arrivée de 106.239 bovins et de 205.932 petits
ruminants [13].
Les animaux sont convoyés principalement en camion mais aussi en train, quoi que ce
moyen de locomotion soit de moins en moins utilisé du fait de son coût élevé et de la vétusté
du réseau ferroviaire. Certain animaux sont convoyés à la marche mais cela est pratiquée
15
seulement avec des troupeaux déjà présents sur le territoire national et pour des distances
relativement courtes.
Les carcasses importées proviennent en grande partie de certains pays africains et des
pays européens. Cependant, la Côte d’Ivoire s’approvisionne également dans certains pays du
continent américain (USA, Canada, Argentine et Brésil) et depuis peu dans des pays
asiatiques.
- viandes congelées : d’origine sud américaine et asiatique, elles ont fait leur apparition
en Côte d’Ivoire dans les années 1970. Leur volume est resté constant jusqu’en 1985,
puis à connu une forte augmentation à la faveur de déstockage des frigos
communautaires [19].
Il faut signaler que ces importations de carcasses dans notre pays ont des effets
néfastes sur les filières locales. En effet, selon KOUAME [36], elles entraînent :
une baisse de l’activité des structures nationales, des marchés et des abattoirs ;
une baisse du prix du kilogramme de gros de la viande ;
un risque de contamination de la population par le « Prion » responsable de
l’Encéphalopathie Spongiforme.
16
Bien que nos pourvoyeurs principaux en animaux sur pieds soient le Burkina faso et le
Mali, une enquête réalisée en 2006 par les services du parc à bétail du district d’Abidjan a
révélé qu’une frange des animaux reçue dans leurs locaux provient également de la
Mauritanie (Kieffa, Aioun-el-Atrouss) et du Niger (Ayorou).
Ces animaux venus de la Mauritanie arrivent par le nord-ouest du Mali (Kayes, Nara et
Léré), passent par Bamako et Ségou pour rejoindre le Sud du pays (Sikasso et Bougouni) d’où
ils rentrent en Côte d’Ivoire par Tingréla et Odiénné.
Ceux venus du Niger et de Mopti (Mali) sont acheminés directement au Burkina Faso par
Ouagadougou puis transitent par Bobo Dioulasso avant de rentrer en Côte d’Ivoire par
Ferkéssédougou.
Quel que soit le point d’entrée en Côte d’Ivoire, les animaux convergent vers Bouaké
avant de rejoindre Abidjan.
Il est important de signaler que la voie ferrée relie uniquement l’axe Ouagadougou-
Abidjan.
17
Figure 5 : Principaux circuits d’importations des animaux sur pied avant 2002
La crise ivoirienne, dont le théâtre des opérations a été principalement les zones Nord,
Centre et Ouest du pays, a abouti à la partition du pays en deux demi-territoires.
Cette situation a vu la création d’une nouvelle voie de ravitaillement du district
d’Abidjan en protéine animale à partir du Ghana via le Burkina Faso (figure 6).
Ainsi, les convoyeurs d’animaux passent par Léo, Po et Bitton au sud du Burkina pour
rejoindre Han, puis Kumasi, Takoradi au Ghana avant d’atteindre la Côte d’Ivoire par le
poste frontalier de Noé.
A partir de Noé, les animaux passent par Aboisso, Grand Bassam avant d’atteindre
Abidjan.
18
Figure 6 : Principaux circuits d’importations des animaux sur pied après 2002
19
1- Principes de construction
Les abattoirs sont des établissements insalubres, incommodes et dangereux. Par voie de
conséquence, leur construction doit répondre à un certain nombre d’exigences [31].
1-2- Accès
Cette eau est utilisée pour l’abreuvement des animaux en stabulation, le douchage des
carcasses et le nettoyage des éléments du 5ième quartier, l’entretien des locaux et du matériel,
le fonctionnement des machines, les besoins du personnel etc.
L’évacuation des eaux usées d’un abattoir peut avoir des effets néfastes sur
l’environnement du fait de son niveau de contamination tant biologique, microbiologique que
chimique. Le traitement préalable de ces eaux est donc primordial avant leur évacuation.
Afin de lutter contre les fuites d’animaux, de surveiller les entrées et les sorties des
individus et de contrôler la sortie des produits issus de l’abattoir, les locaux doivent être
circonscrits par une clôture assez haute.
Il est important de signaler que la construction d’un abattoir doit respecter un plan de masse
permettant de distinguer trois types de locaux :
les locaux techniques : essentiellement représentés par la salle d’abattage et de
préparation des viandes, les chambres froides ;
les locaux administratifs : représentés par les bureaux du personnel ;
les locaux sanitaires : salle d’inspection, de consigne, de saisies, les toilettes.
21
2- Matériel de construction
2-1- Sols
Ils doivent être construits avec des matériaux durs, imperméables, imputrescibles,
antidérapants, faciles à nettoyer, et à pente suffisante pour laisser s’écouler les eaux de lavage.
2-2- Murs
Les murs de l’intérieur des locaux doivent être recouverts jusqu’à 3m (à partir du sol)
par un revêtement lisse, lavable, résistant au choc et imputrescible. Le matériel généralement
utilisé est de la faïence (carreaux) de couleur blanche. Il faut utiliser les carreaux de grande
dimension pour réduire au maximum les zones de jointure. Les angles de raccordements des
murs entre eux, avec le plafond et avec le sol doivent être arrondis.
Les voies et trottoirs d’accès à l’abattoir ainsi qu’à l’intérieur de ce denier seront
goudronnés.
3- Equipements
Ce dispositif permet de maintenir les carcasses loin du sol pendant les différentes
étapes de leur préparation, de faciliter le travail à la chaine tout en réduisant les efforts du
personnel. On peut donc utiliser suivant les abattoirs :
22
rails aériens : fixés au plafond par des supports et équipés de dispositifs d’arrêt
localisés ainsi que de parties mobiles plus ou moins automatiques ;
chariots, bacs, plateaux, bandes transporteuses, goulottes : servent aux transports des
viscères ;
appareils de levage : parmi lesquels, on peut citer
les treuils : peuvent être manuels, mécaniques, électriques ou pneumatiques ;
les vérins.
postes fixes: permettent le traitement de la carcasse sur place. Ils sont de faibles
capacités (quelques bovins/heure) ;
file d’abattage : quelques postes spécialisés mais la progression des carcasses
suspendue est manuelle. Sa capacité est de 20 à 25 bovins/heure ;
Pseudo file : cette fois, la saignée et la dépouille se font horizontalement, tandis que
l’éviscération se fait verticalement. Elle permet le traitement de 30 à 40 bovins/heure ;
chaîne d’abattage : il y a de nombreux petits postes spécialisés avec une progression
de la carcasse de façon mécanique à l’aide d’un rail aérien continu. Sa capacité : 50
bovins/heure ;
plate forme : l’ouvrier se trouve à la hauteur de la carcasse grâce à une plateforme
fixe ou mobile (lui permettant des mouvements de haut en bas ou latéro-latéral) ;
portiques (balancelles) : ils peuvent être fixes ou mobiles et sont munies de crochets et
de plateaux pour recevoir les viscères lors de l’inspection ;
berces : ce sont des berceaux roulants pour la préparation des bovins ;
étous : ce sont des tables inclinées formées de tubes métalliques pour la préparation
des petits ruminants
Ainsi donc la préparation des viandes aux abattoirs doit satisfaire aux 5 principes de
fonctionnement que sont :
- la marche en avant : l’animal, le matériel et les ouvriers évoluent dans le même sens
sans possibilité de retour. Pour exemple, l’animal, entré sur pied à l’abattoir, ne doit en
sortir que sous la forme de viande et le couteau ayant servit au dépouillement ne doit
être utilisé pour l’éviscération ou la découpe;
- le non entre croisement des courants de circulation : les denrées séparées ne doivent
plus se croiser. C’est le cas de la peau et de la viande, des abats et des issues ;
- la mécanisation des transferts des charges : en vue de faciliter le déplacement des
produits à travers l’abattoir tout en minimisant le contact entre les produits et le
personnel et aussi les maintenir loin du sol ;
- la séparation des secteurs sains et souillés : des zones géographiques distinctes
doivent être délimitées pour chaque type d’opération de la chaine de préparation des
viandes ;
- l’utilisation précoce et généralisée du froid : afin de freiner ou de stopper le
développement des microorganismes et ainsi, faciliter la conservation des viandes.
l’obtention de la carcasse et du cinquième quartier [25]. Elle se fait en neuf grandes étapes à
savoir la stabulation, l’amenée et la contention, l’étourdissement, la saignée, le dépouillement,
l’éviscération, la fente, le douchage et le ressuage réfrigéré (figure 12 voir page 30).
1- Stabulation
Elle débute par la réception des animaux à proximité de l’abattoir où ils sont mis dans un
parc d’attente (parc de stabulation) pendant 24 heures. Les animaux observent une diète
hydrique.
2- Amenée et contention
3- Etourdissement
4- Saignée
C’est la mise à mort de l’animal par extravasation sanguine. Elle doit immédiatement faire
suite à l’étourdissement pour que les activités cardiaques et respiratoires subsistent et aident à
éjecter le sang.
Plus la saignée est rapide et complète, meilleure sera la qualité de la viande. Elle peut se
faire de deux manières :
la saignée sans étourdissement (saignée horizontale) : elle est encore appelée abattage
ou sacrifice rituel musulman (Halal), ou abattage KOSHER ou CASHER chez les
juifs; en bref c’est l’égorgement. Il y a section transverse de la gorge (veines
jugulaires+trachée+œsophage), l’animal couché est dirigé vers la Mecque ;
la saignée avec étourdissement (saignée verticale) : elle se fait en position suspendue
(figure 8). Elle est plus complète et plus rapide. La saignée se fait par section de la
veine jugulaire, ce qui déprécie un peu le cuir. La plaie de saignée y est relativement
petite. L’animal est alors amené au-dessus d’un bac de saignée en acier inoxydable, ou
bien le sang coule dans un conduit vers un tank de récupération. On peut également
utiliser le trocart relié au bac à sang par un tuyau collecteur souple.
5- Pré-dépouillement et dépouillement
A partir de cette étape, le travail doit être effectué loin du sol (rails, plates formes, berces,
plaques tournantes) pour éviter la contamination de la viande et les positions incommodes
qu’adoptent les ouvriers.
Entre la saignée et l’habillage, prennent place diverses opérations dont l’ordre varie selon
les abattoirs. Ces opérations dites de pré-dépouille préparent la dépouille. Il s’agit de :
6- Eviscération
C’est l’ablation de tous les viscères thoraciques et abdominaux de l’animal (sauf les
reins). Elle doit se faire sur les animaux suspendus. Elle doit être rapide et complète c'est-à-
dire trente minutes au plus tard après la saignée.
C’est une incision longitudinale de la carcasse par section de la colonne vertébrale. Elle
aboutit à l’obtention de deux demi-carcasses (figure 11).
Son intérêt est double :
sur le plan technique : elle facilite la manutention et la commercialisation de la
carcasse, permet la détermination de l’âge de l’animal ;
sur le plan hygiénique: elle facilite l’inspection des corps vertébraux et des
articulations intervertébrales où l’on peut découvrir des lésions diverses (abcès
tuberculeux, ostéites et ostéomyélite).
8- Nettoyage ou douchage
Il s’agit d’éliminer les souillures de la carcasse comme les excréments, les esquilles
d’os, la pâte de la fente, le lait de la mamelle, le sang, les souillures lors du travail…
Elle est réalisée avec de l’eau potable sous pression (éviter l’essuage avec le linge).
Son but est à la fois esthétique (amélioration de la présentation de la carcasse), hygiénique
(amélioration de la conservation) et technique (amélioration du rendement après réfrigération,
par diminution de l’évaporation).
9- Le ressuage réfrigéré
A cette étape, la viande est soumise à des températures très basses (mais supérieure au
point de congélation) en vue d’assurer sa conservation à court terme et son évolution vers la
maturation.
Cet arrêté a été adopté par le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire avant
son accession à l’indépendance mais reste toujours en vigueur à l’heure actuelle.
Enfin, cet arrêté précise les mesures prises en ce qui concerne la répression des fraudes
en République de Côte d’Ivoire, mesures tirées de la loi n° 63-301 du 26 juin 1963.
Ce contrôle est réalisé par les agents des services vétérinaires qui doivent avoir une
solide technique professionnelle à laquelle, il faut ajouter de bonnes aptitudes physiques et
surtout des capacités psychologiques leur permettant d’assurer au mieux leur mission.
1-2- Autorité
Elle permet à l’agent de se faire respecter du personnel placé sous ses ordres et surtout
des professionnels qu’il devra connaître aussi bien que possible tout en n’ayant aucune
obligation d’aucune sorte envers eux.
Il y a là une certaine attitude à prendre afin de créer un cadre de travail agréable sans
toutefois perdre de vue la rigueur et la responsabilité professionnelle de l’agent (chose parfois
difficile dans la pratique de tous les jours).
Elles sont conditionnées par le fait que l’agent utilise un certain nombre de ses sens
pour remplir sa mission. Il s’agit notamment de :
la vue qui lui permet de se faire une opinion sur l’aspect, la couleur, et les anomalies ;
l’odorat pour déceler les odeurs anormales ;
le toucher pour apprécier la consistance, la texture d’un produit, la friabilité d’un
organe (foie, rate).
De plus, l’agent d’inspection devra être en parfaite santé et reconnu indemne de maladie
contagieuse (de tuberculose en particulier) pour éviter de contaminer les DAOA.
2- Techniques d’inspection
L’hygiène des DAOA, dont l’inspection sanitaire et de salubrité est l’une des
techniques, impose des règles importantes à suivre. Leur inobservation peut se révéler
gravement préjudiciable à la santé du consommateur (JOURDAIN [34]).
Cette étape revêt une importance particulière. En effet, divers moyens de transport
sont utilisés pour le convoyage des animaux : le train, le camion et la marche.
34
L’inspection ante mortem ou inspection des animaux sur pied s’effectue avant
l’abattage et s’avère de première importance car les viandes reconnues dangereuses pour les
consommateurs proviennent généralement d’animaux malades auparavant. Certaines de ces
maladies ne présentent aucunes lésions caractéristiques sur la viande ; c’est le cas du tétanos
qu’on ne peut déceler que du vivant de l’animal [37].
2-2-1- But
2-2-2- Modalités
L’animal de boucherie doit présenter tous les aspects de bonne santé. Dès qu’il présente
un signe quelconque de maladie, l’attention de l’agent inspecteur est mise en veille et son
examen, particulièrement approfondi.
Cette inspection est réalisée généralement dans un parc d’attente à l’abattoir, la veille du
jour de l’abattage. On en profite également pour compter les animaux à abattre et donc à
inspecter afin d’éviter des fraudes.
35
NL retromammaire
NL sous-maxillaire
NLprécrural
NL préscapulaire
L’inspection sur pied permet de constater l’existence des cas suivants en dehors des
animaux reconnus en bonne santé :
cas des animaux blessés ou accidentés : ils sont abattus en urgence. Ils présentent le
plus souvent des fractures ou des hémorragies suite au débarquement. Ils sont
inspectés généralement avec beaucoup d’attention par les agents d’inspection ;
36
cas des animaux fatigués : généralement suite à un long voyage dans des véhicules
surchargés. Dans ce cas, il est préférable de les laisser se reposer quelques jours avec
un bon abreuvement avant de les abattre pour en obtenir une viande de meilleure
qualité. La dérogation à cette règle conduit à des viandes surmenées, saigneuses et
hydrohémiques (figures14 et 15);
cas des animaux douteux : les animaux suspects d’être en incubation d’une affection
mais pour lesquels on ne peut établir un diagnostic précis seront isolés au lazaret.
Ensuite l’animal suspect est observé sur une certaine période au bout de laquelle deux
éventualités sont à envisager. Soit l’animal se rétabli, au quel cas il est mis à la
disposition de son propriétaire. Soit l’animal présente des symptômes plus
caractéristiques d’une pathologie, au quel cas il est abattu en urgence et inspecté
minutieusement.
Il faut néanmoins signaler que cette inspection ante mortem ne garantit pas que les
animaux qui en sont issus soient indemnes de toute pathologie; ce qui donne à l’inspection
post mortem une importance particulière.
37
Les viandes sont inspectées dans la salle d’abattage après la fente et avant le douchage
et le ressuage.
d’une part la carcasse : elle comprend quatre quartiers. L’animal suspendu par les
membres postérieurs est sectionné dans le sens de la longueur en deux demi-carcasses.
Chacune de ces deux demi-carcasses est sectionnée transversalement en deux
quartiers : un quartier antérieur et un quartier postérieur (figure 16).
½ Carcasse
¼ Carcasse
ou quartier
Notons qu’à Abidjan, comme partout en Côte d’Ivoire, la peau est consommée et même très
prisée par les consommateurs.
L’inspection post mortem des animaux de boucherie se déroule suivant trois temps
principaux qui sont :
le coup d’œil général : le coup d’œil donné à la carcasse ou à l’organe constitue le
premier temps de l’inspection. Cet examen a pour but d’apprécier en bloc la carcasse
ou l’organe, sa forme, son volume, ses déformations, sa teinte générale, l’aspect du
tissu musculaire et la graisse. En cas de constatation d’anomalie, on procèdera à un
examen minutieux et approfondi des cinq quartiers ;
inspection de la carcasse : deux étapes sont à distinguer
l’examen à distance : cet examen se fait systématiquement sur toutes les
carcasses. Il débute par un coup d’œil général, donné à distance sur la carcasse, qui
renseigne l’agent sur son aspect (état d’embonpoint, couleur de la graisse, aspect
de la viande, etc.). La carcasse est examinée, de haut en bas, d’abord sur la face
externe, puis sur la face interne c'est-à-dire les cavités abdominale (péritoine) et
thoracique (plèvre), le collier et la totalité de la section de la colonne vertébrale
afin de déceler les lésions osseuses ;
l’examen rapproché : il débute par la palpation de la graisse et du muscle afin
d’en apprécier la consistance, l’onctuosité (graisse), l’humidité de la carcasse
(carcasse hydrohémique).
On poursuit par la réalisation des incisions réglementaires tant au niveau
ganglionnaire qu’au niveau musculaire.
Les incisions ganglionnaires (figure 15) : les ganglions retromammaires et
préscapulaires sont les premiers incisés et cela du fait de leur accessibilité
39
NL thoraco-aortiques
NL de l’entrée de la poitrine
les saisies totales : elles portent sur la totalité des cinq quartiers. Elles sont
parfois difficiles à mettre en œuvre car les bouchers ont tendance à mettre
sur le marché certains viscères et abats bien avant que l’inspection soit
réalisée (tête, estomac, intestin) ; parfois le boucher soustrait certains
organes de l’inspection lorsqu’il y constate des lésions ou autre anomalie
qui pourrait en entrainer la saisie. Les issues échappent presque toujours
aux inspecteurs ;
La dénaturation et la destruction des produits saisies : les produits saisis
doivent être immédiatement soustraits de la portée du propriétaire et détruit
(incinération) ou dénaturés aussi vite que possible à l’aide d’un produit dénaturant
(chaux vive, crésyl en solution ou acide sulfurique à 98%) sous la supervision du
vétérinaire inspecteur.
Les services d’inspection sont tenus d’effectuer de façon permanente les opérations
administratives suivantes :
la tenue du registre des saisies : il regroupe tous les renseignements relatifs aux saisies.
Tenu au jour le jour par le Chef du Service des Inspections, ce registre mentionne :
la date ;
le nom du ou des agent(s) inspecteur(s) en service;
le nom du boucher ;
l’espèce animale ;
le type de saisie (partielle ou totale) ;
le motif de la saisie ;
la rédaction des rapports : la tenue des registres permet l’établissement de rapports
mais aussi de statistiques. Sont rédigés essentiellement deux types de rapports :
un rapport mensuel, essentiellement chiffré, il est envoyé aux autorités
administratives de l’abattoir pour leur faire l’état de l’importance des abattages
afin de calculer le niveau des taxes collectées. Une copie de ce rapport est
également mise à la disposition de la Direction des Services Vétérinaires (DSV)
afin de les tenir informer des saisies et de l’existence de maladies contagieuses au
niveau de l’abattoir;
44
Les principaux motifs de saisies des viandes de boucherie dans les abattoirs des pays
tropicaux sont la tuberculose et la distomatose [1] [26] [39] [40] [42]. Il n’est pas rare d’y
retrouver en plus l’échinococcose et la putréfaction.
1- La tuberculose
La tuberculose est une maladie infectieuse, contagieuse, virulente et inoculable dont les
agents étiologiques sont des mycobactéries. C’est Robert Koch qui, en 1882, a décrit le bacille
tuberculeux encore appelé bacille de Koch.
C’est une maladie bactérienne chronique des animaux et de l’homme à évolution lente et
progressive causée par Mycobacterium bovis [38].
45
En effet, si l’infection est de règle, la maladie est l’exception ce qui justifie qu’on retrouve
beaucoup plus d’infectés que de malades. Le risque de sa transmission à l’homme constitue
un problème de santé publique majeur [38].
infection. Lorsqu’il manque l’un des deux éléments (l’adénite ou le chancre), le complexe est
dit incomplet ou dissocié.
Les localisations du complexe primaire peuvent être très différentes. En effet, les organes
les plus souvent atteints sont les poumons, le tube digestif, le foie, les organes génitaux, la
mamelle et l’œil (la conjonctive).
1-1-2- Symptômes
Après une incubation variable de un à quelques mois (voire plusieurs années), l'animal
présente les premiers symptômes du mal.
48
Au début, le bovin semble très normal, souvent il grossit, c'est la brève période dite de
tuberculose florissante. Très vite, on note une baisse de l'état général, avec amaigrissement,
poil terne, piqué, une faible hyperthermie et des symptômes locaux fonction de la localisation
bacillaire.
La forme digestive, plus rare, est souvent le fait d'une complication d'une tuberculose
pulmonaire par déglutition de bacilles provenant des voies aériennes. Elle s'exprime par des
alternances de constipation et de diarrhée avec inappétence, arrêt de la rumination et
météorisation passagers.
Les symptômes sont très peu spécifiques et d’autres processus morbides peuvent
induire des manifestations similaires de telle sorte qu’il serait illusoire de prétendre
reconnaitre une tuberculose au seul moyen de l’examen clinique.
L'opération consiste à injecter sur une des faces (tiers moyen) de l'encolure 1/10 à 2/10
de ml de tuberculine par voie intradermique. La lecture est réalisée 72 heures plus tard. Une
réaction positive s'exprime par un épaississement marqué du derme avec œdème au point
d'injection [35].
49
On note néanmoins que l'épreuve à la tuberculine est imparfaite car des erreurs sont
possibles par défaut (faux négatifs) ou par excès (faux positifs).
1-2- Lésions
A l'autopsie, les lésions tuberculeuses se présentent sous forme de nodules plus ou moins
infiltrés de caséum, de calcaire et de fibrine dont la reconnaissance est relativement facile.
La lésion de base est un petit nodule, le tubercule (lésions granulomateuses
caractéristiques), d'abord de couleur grise, puis jaune par sécrétion d'un caséum.
L’aspect des tubercules est variable selon leur stade évolutif. On note :
le tubercule gris : c’est une granulation de la taille d’une tête d’épingle, de teinte grise
ou translucide ;
le tubercule miliaire : plus volumineux, son centre est occupé par une substance blanc
jaunâtre, pâteuse : le caséum ;(figure 18 et 19)
Tubercules miliaires
le tubercule cru ou caséeux : de la taille d’un pois ou d’une noisette, il est constitué par
le caséum qui lui confère une teinte jaunâtre et la consistance du mastic (figures 20 et
21);
50
Réaction
ganglionnaire
caséeuse
le tubercule caséo-calcaire : encore plus gros que le précédent, il est de couleur blanc
jaunâtre et crissant à la coupe (figure 22);
Lésion caséo-calcaire
Les infiltrations au niveau pulmonaire (figure 23) et les épanchements tuberculeux dans
les cavités séreuses tels que la plèvre, le péricarde et le péritoine (figures 18 et 19), les
articulations ou les méninges sont autant de lésions que l’ont retrouvent lors des atteintes
tuberculeuses. Cet exsudat inflammatoire, de nature sérofibrineux ou sérohémorragique est
riche en cellules lymphocytaires.
51
2- La distomatose [3]
La distomatose est une zoonose parasitaire. Elle est due à la présence des douves
(distomes qui sont des vers plats) dans les canaux biliaires.
Cette affection évolue sous trois formes :
la distomatose hépato-biliaire : c’est la forme la plus couramment rencontrée chez les
animaux de boucherie ;
la distomatose intestinale ;
et la distomatose pulmonaire.
52
2-2-1- Physiopathologie
2-2-2- Symptômes
- les formes atypiques : parfois la phase d'invasion est silencieuse. On peut observer
des formes frustes, limitées à une asthénie et à des troubles dyspeptiques, des formes
respiratoires (toux, dyspnée, avec ou sans fièvre, infiltration pulmonaire), des formes
purement fébriles ou simulant un cancer ou un abcès du foie.
2-2-3- Lésions
La lésion essentielle est une hépatite pure avec un foie hypertrophié, hémorragique ou
parfois une hépatite traumatique doublée d’une infection à Clostridium. On note également la
présence de taches ponctiformes à la surface de l’organe (figure 25).
3- L’échinococcose
Décrit pour la première fois en 1925 par DEW, le cycle est indirect et fait intervenir
les canidés (loup, chacal, coyote, renard, dingo et surtout le chien) comme hôtes définitifs, et
les herbivores (moutons, bovins, porcs, chèvres, chevaux, camélidés) comme hôtes
intermédiaires : on parle de cycle dixène [30].
Accidentellement, l'homme peut être hôte intermédiaire et constituer une impasse pour
le parasite.
Le tænia adulte vit dans l'intestin grêle du chien qui va rejeter avec ses déjections les
œufs ou embryophores qui vont souiller l'environnement. Ingérés avec l'eau ou les aliments,
ils libèrent des embryons hexacanthes qui traversent la paroi intestinale pour gagner le foie
ou, plus rarement, les poumons ou d'autres organes (cœur, cerveau, os, rate, rein, muscle, …).
Ils se transforment en un ou plusieurs kystes hydatiques ou larves vésiculaires qui contiennent
du liquide hydatique, des vésicules endogènes et des scolex.
3-2-1- Symptômes
L'échinococcose est une maladie grave qui se développe lentement (l'incubation est
variable et peut atteindre plusieurs années) et de manière asymptomatique.
Le kyste hydatique peut se développer dans pratiquement tous les organes et on note
parfois des symptômes non spécifiques.
Au niveau du foie (60 à 80 % des cas), le kyste hydatique est responsable d'une
hépatomégalie indolore. Il peut comprimer les voies biliaires causant un ictère, et sa
fissuration dans les voies biliaires peut entraîner un abcès hépatique.
Sa rupture dans le péritoine provoque un choc anaphylactique et une échinococcose
secondaire par libération des vésicules filles endogènes.
57
Au niveau du poumon (20 à 30 % des cas), le kyste hydatique est souvent latent. Il est
tantôt secondaire à un kyste hydatique du foie, tantôt primitif lorsque l'embryon a forcé le
barrage hépatique. Il peut se rompre tardivement dans les bronches et provoquer une vomique
faite d'un liquide clair, ou se fissurer et engendrer des hémoptysies abondantes (crachats
contenant du sang).
Au niveau des os, l'hydatidose se comporte comme un cancer lytique de l'os car il n'y a
pas de réaction fibreuse limitante.
A partir du cœur, le parasite (larve) peut être véhiculé par le sang à n'importe quel
organe (rein, rate, système nerveux…).
L’échinococcose (maladie) contribue à assombrir le tableau anatomo-clinique d’autres
affections notamment la trypanosomose et la rupture du kyste dans un gros vaisseau engendre
une échinococcose secondaire généralisée qui peut être fatale.
3-2-2- Lésions
La lésion caractéristique de la maladie est le kyste hydatique (figure 28) qui se localise
au niveau des viscères. Il se développe lentement (quelques mois) et se compose en deux
parties :
- une enveloppe fibro-cellulaire : elle appartient à l’hôte et sa formation est provoquée
par la présence du parasite ;
- une larve vésiculaire qui baigne dans un liquide sous tension à l’intérieur de
l’enveloppe.
Kystes hydatiques
4- Putréfaction
4-1- Causes
La putréfaction des viandes aux abattoirs est généralement due à de nombreux facteurs
parmi lesquels, nous pouvons citer :
- la putréfaction débutante : elle aboutit à des viandes à odeur de relent qui sont des
viandes à odeur désagréable. Cette odeur se ressent dans les chambres froides mal
entretenues (mauvais réglage de la température) ou surchargées. La putréfaction se
localise au niveau des zones humides de la carcasse (plaie de saignée, pli scapulo-
sternal, face interne de la cuisse). Ce sont des viandes poisseuses et glaireuses à la
surface due à la présence de nombreuses colonies bactériennes de coloration rouge,
violette ou verdâtre ;
- la putréfaction débutante vraie : c’est la putréfaction constatée dans les installations
frigorifiques à basse température. Les germes en cause ici contaminent la carcasse au
cours des opérations de première transformation et sont psychryophiles (exemple :
Pseudomas achromobacter). Cette putréfaction est caractérisée par une odeur
ammoniacale à l’approche et la viande est très poisseuse, friable et de couleur grise ;
59
- la putréfaction verte profonde : c’est due à une contamination endogène des viandes et
les germes en cause sont les Clostridies qui se développent à des températures
supérieures à 15°C. Les grosses masses musculaires sont atteintes et ont une odeur
sulfudro-ammoniacale traduisant une protéolyse. La plaie de saignée est verte ainsi
que la face interne de la cuisse et le péritoine.
La consistance du muscle est crépitante en raison de la production de CO2, H2S et NH3
accompagnée de la dilatation des faisceaux musculaires.
Connaissant les normes de fonctionnement hygiénique d’un abattoir et les principaux motifs
de saisie couramment rencontrés, il convient de se demander quelles sont les conditions de
préparation et d’inspection des viandes de boucherie aux abattoirs du district d’Abidjan ?
60
DEUXIEME PARTIE
La DHAA est située dans l’enceinte de l’abattoir de Port Bouët (c’est le plus grand et le
plus important abattoir du district d’Abidjan, voire du pays, de par son statut, sa situation
géographique et le nombre d’animaux qui y sont traités chaque jour).
Outre l’abattoir central de Port Bouët, le district d’Abidjan compte sur l’ensemble de son
territoire deux autres abattoirs que sont les abattoirs annexes d’Abobo-Djibi et de Yopougon
Azito.
Ces abattoirs sont approvisionnés en animaux par cinq marchés à bétail, notamment le
marché central de Port Bouët et quatre marchés annexes situés respectivement à Adjamé
Williamsville, Abobo Coco service, Attécoubé Sébroko et Yopougon Port Bouët II.
1- Situation géographique
L’abattoir central de Port Bouët est situé dans la commune du même nom (Port
Bouët).
Bd VGE :
Boulevard Valéry
Giscard d’Estaing
Construit en 1959 pour accueillir soixante bovins par jour, l’abattoir de Port Bouët est
le premier abattoir moderne de Côte d’Ivoire.
Aujourd’hui, nous sommes très loin de ce qui est décrit plus haut car l’abattoir de Port
Bouët traite environs 250 à 300 animaux par jour et cela sans que les installations n’aient été
adaptées à cette nouvelle réalité.
L’abattoir est situé en plein cœur d’une zone d’habitation et le bâtiment est vétuste,
délabré. La chambre froide a été transformée en salle de préparation des petits ruminants, les
rails aériens, la salle de consigne et l’incinérateur ne fonctionnent plus et cela depuis très
longtemps
63
Les rails sont actuellement maintenus au plafond grâce à des moyens de fortune et
servent de crochets aux bouchers pour y accrocher leurs carcasses et les présenter à
l’inspection sanitaire et aux clients.
Le sol est en matériau dur mais il faut signaler qu’il est abîmé par endroit créant des
crevasses qui se remplissent d’eaux souillées (eau+sang+débris de viandes+contenu digestif).
Les fosses d’évacuation des eaux usées sont ouvertes par endroit et les murs ne sont pas
recouverts de carreaux.
Les locaux de l’abattoir sont mal éclairés et facilement accessibles à tous (bouchers,
apprentis, personnel de l’abattoir, clients, intermédiaires, vagabonds, vendeurs ambulants…).
(Figure 31).
II- Matériel
1- Matériel d’inspection
Au sein des abattoirs du district d’Abidjan, les agents d’inspection disposent d’un
matériel constitué (figure 32):
de vêtements ;
de couteaux d’inspection ;
de matériel d’estampillage ;
et d’autres accessoires ;
1-1- Vêtements
Avant de commencer son travail, l’agent revêt une tenue vestimentaire qui doit lui
permettre de se distinguer mais aussi et surtout de se protéger des souillures inévitables au
cours de son travail.
Instrument d’une importance capitale dans l’inspection des viandes de boucherie et des
abats, le couteau utilisé doit être solide, à lame large et surtout bien affûté.
Chaque agent dispose en moyenne de deux couteaux en acier inoxydable et chaque
fois que le couteau a été en contact avec une partie lésée ou souillée, il le nettoie avec de l’eau
mais il faut dire que le nettoyage est réalisé sans antiseptique.
Blouse blanche
Gant en latex
Couteau en INOX
Botte en caoutchouc
L’estampillage des viandes sanctionne leur inspection dans la mesure où elles sont
reconnues salubres.
L’encre qui sert à imprégner l’estampille est de couleur bleue, adhésive, indélébile et
dépourvue de toxicité. Elle comprend dans sa composition du bleu de méthylène, de l’alcool à
90°, de la glycérine et de l’eau.
1-4- Accessoires
Dans l’exercice quotidien de leur activité, les agents des équipes de nuit de l’abattoir
ont recours à des lampes torches électriques afin d’améliorer leur visibilité et renforcer leur
capacité de décision face aux carcasses et aux abats qu’ils ont à inspecter.
Outre cela, certains agents disposent de limes qui leur permet d’affûter leurs couteaux.
2- Données statistiques
Ces données statistiques ont été obtenues grâce aux différents rapports mensuels
d’abattages et de saisies des différents abattoirs du District d’Abidjan.
Tous ces rapports sont consignés dans les rapports annuels d’activité de la DHAA [12]
[13] [14].
III- Méthodes
Par contre, les différents documents exploités ne précisent pas le poids moyen des
carcasses et des différents organes saisis.
Nous estimerons le poids moyen des carcasses en faisant la moyenne des pesées
successives réalisées sur différents animaux choisis au hasard.
Nous avons ensuite traité et analysé toutes les données collectées avec MICROSOFT
OFFICE EXCEL 2007. Tous nos résultats sont consignés dans le chapitre suivant.
68
I- Résultats
Elle se fait suivant les différentes étapes de la préparation des viandes de boucherie
(stabulation, amenée et contention, étourdissement, saignée, pé-dépouille et dépouille,
éviscération, fente, douchage). Il faut néanmoins signaler l’absence de réfrigération et la
mauvaise hygiène lors des différentes étapes de la préparation.
En effet, la chaîne des opérations n’est pas respectée et il n’est pas rare de voir au
même poste de travail des animaux à différents stades de préparation (non respect de
principes de marche en avant et de non entrecroisement des courants de circulation).
Il n’existe pas de séparation entre les secteurs sains et les secteurs souillés. La saignée,
l’habillage et éviscération se font parfois (sinon presque toujours) à même le sol et il n’est
pas rare de voir les viscères traîner au sol (figure 33).
Cette étape revêt une importance particulière. En effet, divers moyens de transport
sont utilisés pour le convoyage des animaux : le train, le camion et la marche.
Néanmoins, on constate parfois une surcharge des véhicules de transport lors des périodes
festives ou une rallonge du temps de voyage avec tous les risques que cela comporte pour les
animaux (fatigue, abattement et parfois même la mort des individus les plus fragiles)
Cette inspection est réalisée dans le parc d’attente de l’abattoir, la veille du jour de
l’abattage, généralement aux environs de 18 heures. On en profite également pour compter les
animaux à abattre et donc à inspecter afin d’éviter des fraudes.
examen s’arrête là. Dès qu’il présente un signe quelconque de maladie, l’attention de
l’agent inspecteur est mise en veille et son examen, particulièrement approfondi.
examen approfondi : il porte sur l’ensemble des appareils accessibles lors d’un
examen clinique (digestif, respiratoire, uro-génital, locomoteur, nerveux). A l’issue de
cet examen, divers cas sont rencontrés couramment :
animaux blessés ou accidentés : ils sont abattus en urgence. Ils présentent le plus
souvent des fractures ou des hémorragies suite au débarquement. Il est à signaler
que ces animaux sont rentrés dans le langage populaire de l’abattoir de Port Bouët
sous le nom de « GARMICI », terme dont l’origine et le sens exact restent à ce
jour méconnus;
animaux fatigués : généralement suite à un long voyage ou transportés dans des
véhicules surchargés. Ils sont isolés et laissés au repos durant quelques jours avec
un bon abreuvement avant de les abattre ;
animaux douteux : ce sont des animaux suspects d’être en incubation d’une
affection mais pour lesquels on ne peut établir un diagnostic précis. Ils sont isolés
au lazaret. Ensuite, l’animal suspect est observé sur une certaine période au bout de
laquelle deux éventualités sont à envisager. Soit l’animal se rétablit, au quel cas il
est mis à la disposition de son propriétaire, soit l’animal présente des symptômes
plus caractéristiques d’une pathologie, auquel cas il est abattu en urgence et
inspecté minutieusement.
Elle se déroule en partie dans la salle d’abattage et dans la cour de l’abattoir (dans la
grande majorité des cas) après la fente de la carcasse en demi-carcasses ou en quartiers.
L’inspection se réalise presque sans interruption durant toute la journée mais il faut
signaler que le gros du travail a lieu de nuit entre 00 heure (ou 2 heures du matin selon les
périodes) et 6 heures du matin.
Il faut noter que l’estomac, les intestins, les organes génitaux, la tête, les extrémités et le
cuir (peau) ne sont inspectés que si des anomalies ou des lésions sont constatées sur la
carcasse et les autres viscères ;
Signe de consigne
d’une carcasse
Pour ce faire, on taillade suffisamment au couteau les grosses pièces pour permettre
une pénétration poussée du produit dénaturant.
75
A l’abattoir de Port Bouët, cette opération est effectuée dans l’ancien local
d’incinération où la pièce saisie reste entreposée suffisamment longtemps pour permettre son
imprégnation par le produit dénaturant avant d’être évacuée à la décharge d’Akouédo (figure
36).
Tableau I : Etat mensuel des abattages de bovins dans le district d’Abidjan en 2007
Tableau III : Etat mensuel des abattages de bovins dans le district d’Abidjan en 2008
Tableau V : Etat mensuel des abattages de bovins dans le district d’Abidjan en 2009
Tableau VII : Etat mensuel des abattages de petits ruminants dans le district d’Abidjan en 2007
Tableau VIII : Pourcentage des abattages de petits ruminants dans le district d’Abidjan en 2007
Tableau IX : Etat mensuel des abattages de petits ruminants dans le district d’Abidjan en 2008
Tableau X : Pourcentage des abattages de petits ruminants dans le district d’Abidjan en 2008
Tableau XI : Etat mensuel des abattages de petits ruminants dans le district d’Abidjan en 2009
Tableau XII : Pourcentage des abattages de petits ruminants dans le district d’Abidjan en 2009
Tableau XIII : Etats des abattages de bovins dans les abattoirs du district d’Abidjan de 2007 à 2009
Tableau XIV : Pourcentage des abattages de bovins dans les abattoirs du district d’Abidjan de
2007 à 2009
Tableau XV : Etats des abattages de petits ruminants dans les abattoirs du district d’Abidjan de 2007 à 2009
Tableau XVI : Pourcentage des abattages de petits ruminants dans les abattoirs du district d’Abidjan de
2007 à 2009
Tableau XVII : Bilan statistique des abattages des animaux de boucherie dans les abattoirs du district d’Abidjan de
2007 à 2009
En se rapportant au poids moyen obtenu d’une carcasse de bovin (141,3 kg) et de petits
ruminants (20 kg), on estime à 40.291.625,3 kg la quantité de viande traitée dans les abattoirs
du district d’Abidjan durant la période de notre étude.
Figure 37 : Evolution des abattages de bovins en Figure 38 : Evolution des abattages des petits
2007 ruminants en 2007
On note que 91.836 animaux de boucherie ont été abattus en 2007 soit une moyenne
de 255,1 abattages/jour. Ces abattages se répartissent comme suit (Figure 39) :
63. 420 bovins (69%) soit une moyenne de 176,16 bovins/jour ;
et 28. 416 petits ruminants (31%) soit une moyenne de 78, 93 petits ruminants/jour.
Figure 40 : Evolution des abattages de bovin en Figure 41 : Evolution des abattages de petits
2008 ruminants en 2008
Les figures 40, 41 et 42 présentent l’évolution des abattages des animaux de boucherie
en 2008 dans le district d’Abidjan et leur répartition en fonction des espèces.
On note que 133. 326 animaux de boucherie abattus en 2008 soit une hausse de 45,
18% par rapport à l’année précédente. La moyenne est de 370, 35 abattages/jour et tout ceci
se présente comme suit (figure 42) :
Figure 43 : Evolution des abattages de bovins en Figure 44 : Evolution des abattages de petits
2009 ruminants en 2009
On note que 181. 703 animaux de boucherie abattus en 2009, soit une hausse de 36,
36% par rapport à l’année précédente et 97, 86% par rapport à 2007. La moyenne des
abattages est de 504, 73 abattages/jour et tout ceci se présente comme suit (figure 45) :
110. 000 bovins (61%) soit une moyenne de 305, 55/jour ;
et 71. 703 petits ruminants (39%) soit une moyenne de 191, 17/jour.
Le pic d’abattages a été réalisé en décembre avec respectivement 9. 830 bovins et 10. 384
petits ruminants abattus (figures 43 et 44).
Figure 46 : Evolution mensuelle des abattages de Figure 47 : Evolution mensuelle des abattages de
bovins entre 2007 et 2009 petits ruminants entre 2007 et 2009
Nous constatons une évolution croissante des abattages qui sont passés du simple au
double entre 2007 et 2009.
En avril 2008, on remarque une évolution brusque du taux d’abattage mensuel des bovins
qui passe en juillet de la même année le cap des 9000 abattages par mois. A partir de là, le
niveau d’abattages reste plus ou moins constant en dehors d’une chute brutale (février 2009)
en dessous de la barre des 8000 abattages mensuels (figure 46).
Le niveau d’abattages des petits ruminants a connu une évolution rapide en 2009 avec une
très forte évolution entre novembre et décembre (figure 47).
90
De façon générale, le gros des abattages s’effectue à l’abattoir de Port Bouët avec 83,78%
de bovins et 97, 34% des petits ruminants abattus sur la période de notre étude (tableaux XIV
et XVI). Cela se répartit comme suit:
81, 69% de bovins et 95, 05% de petits ruminants abattus en 2007 (tableaux II et
VIII) ;
84, 22 % de bovins et 96, 97% de petits ruminants abattus en 2008 (tableaux IV et X) ;
84, 63% de bovins et 98, 49% de petits ruminants abattus en 2009 (tableaux VI et XII)
Nous pouvons dire que l’abattoir de Port Bouët constitue le principal point à partir duquel
les viandes de boucherie sont mises sur les différents marchés du district d’Abidjan.
L’activité combinée des abattoirs annexes d’Abobo et de Yopougon est marginale par
rapport à celle de l’abattoir de Port Bouët.
Au regard de tout ce qui précède, on peut dire que les abattages des animaux de
boucherie dans le district d’Abidjan évoluent de façon progressive et régulière depuis 2007.
Ces abattages varient suivant les années, les périodes, les espèces animales et les abattoirs.
La saisie est l’opération par laquelle les produits alimentaires jugés impropres à la
consommation sont soustraits du circuit de commercialisation et sont confisqués par mesure
administrative d’intérêt public. Elle est prononcée devant le propriétaire en précisant le motif
en termes clairs.
Il s’agit d’une décision irrévocable dont les incidences économiques sont défavorables
au propriétaire. Elle doit donc être mûrement réfléchie et se justifier.
La saisie peut être totale, dans ce cas elle concerne tout l’animal (carcasse, cinquième
quartier et issues dans certains cas), ou partielle, dans ce cas, la saisie concerne un ou
plusieurs organes ou encore une partie de la carcasse.
91
L’évolution des saisies partielles de 2007 à 2009 est résumée dans les tableaux ci
dessous (tableaux XVIII à XXV)
92
Tableau XVIII : Saisies partielles d’organes de bovins opérées dans les abattoirs du district d’Abidjan en 2007
Tableau XIX : Saisies partielles d’organes de petits ruminants opérées dans les abattoirs du
district d’Abidjan en 2007
Tableau XX : Saisies partielles d’organes de bovins opérées dans les abattoirs du district d’Abidjan en 2008
Tableau XXI: Saisies partielles d’organes de petits ruminants opérées dans les abattoirs du
district d’Abidjan en 2008
Tableau XXII : Saisies partielles d’organes de bovins opérées dans les abattoirs du district d’Abidjan en 2009
Tableau XXIII : Saisies partielles d’organes de petits ruminants opérées dans les abattoirs du
district d’Abidjan en 2009
Tableau XXIV : Bilan des saisies partielles d’organes de bovins opérées dans les abattoirs
du district d’Abidjan entre 2007 et 2009
Tableau XXV : Bilan des saisies partielles d’organes de petits ruminants opérées dans les abattoirs
du district d’Abidjan entre 2007 et 2009
Figure 48 : Répartition des saisies partielles par motif Figure 49 : Répartition des saisies partielles par motif
en 2007 (bovins) en 2007 (petits ruminants)
L’analyse de ces motifs montre que la tuberculose chez les bovins et la congestion
chez les petits ruminants constituent les principaux motifs de saisies avec respectivement
9782 pièces saisies soit 47,42 % et 148 pièces saisies soit 31,69 %.
Chez les bovins, après la tuberculose, les saisies réalisées par ordre d’importance sont
la distomatose (4111 pièces saisies ; 19,93 %), l’Echinococcose (2194 pièces saisies ; 10,63
%), la péricardite (1522 pièces saisies ; 7,38%), les abcès (546 pièces saisies ; 2,65 %), la
pleurésie (432 pièces saisies ; 2, 09 %), la dégénérescence (419 pièces saisies ; 2,03 %).
(Tableau XVIII et figure 46)
Par contre chez les petits ruminants, l’emphysème pulmonaire avec 96 pièces saisies
(20,55 %) constitue le second motif de saisies partielles suivi de la péricardite (76 pièces
saisies ; 16, 27 %), les abcès (72 pièces saisies ; 15, 42 %) et enfin la péripneumonie (62
pièces saisies ; 13,27 %). (Tableau XIX et figure 47)
101
Figure 50 : Répartition des saisies partielles par Figure 51 : Répartition des saisies partielles par
organe en 2007 (bovins) organe en 2007 (petits ruminants)
Quelle que soit l’espèce, les poumons sont les organes les plus saisies avec 10 756
pièces (52,193 %) et 280 pièces (59, 95 %) respectivement chez les bovins et chez les petits
ruminants.
Aucune saisie de rein n’a été répertoriée chez les petits ruminants au cours de l’année
2007 alors que les saisies de cœur (102 pièces soit 21,84 %) et de foie (85 pièces soit 18,2 %)
combinées représentent 40 % environ des saisies partielles.
Tandis que chez les bovins, le second organe le plus saisie est le foie avec (5737
pièces soit 27,81 %) suivi des reins et du cœur avec respectivement 2362 pièces saisies (11,43
%) et 1609 pièces saisies (7,80 %).
Figure 52 : Répartition des saisies partielles par motif Figure 53 : Répartition des saisies partielles par motif
en 2008 (bovins) en 2008 (petits ruminants)
A côté de cela, il y a une hausse généralisée du nombre de pièces saisies pour chaque
motif pris individuellement (tableaux XX et XXI).
Par contre, l’augmentation du nombre de pièces saisies pour congestion chez les petits
ruminants s’est traduite par une hausse de leur proportion (31, 69 % en 2007 et 55, 27 % en
2008).
Chez les bovins, on remarque une très forte augmentation des saisies pour pleurésie
(4707 pièces saisies soit une hausse de 989 %) qui constitue d’ailleurs le 3ème motif de saisie
103
de l’année 2008 (7ème motif en 2007). En dehors de cela, on note juste quelques variations
légères des proportions des autres motifs (tableau XX ; figure 52).
Chez les petits ruminants, on constate une hausse des saisies aux motifs d’abcès (28,
03 % contre 15, 42 %) et de distomatose (13, 32 % contre 2, 78 %) qui se classent
respectivement en 2ème et 3ème position des motifs de saisies partielles réalisées. Enfin, le
niveau des saisies partielles pour la péricardite a fortement diminué (3, 38 % en 2008 contre
16, 27 % l’année précédente). (Tableaux XXI ; figure 53)
Figure 54 : Répartition des saisies partielles par Figure 55 : Répartition des saisies partielles par organe
organe en 2008 (bovins) en 2008 (petits ruminants)
La remarque générale c’est que le nombre total de pièces saisies par rapport à l’année
2007 est passé de 20 627 à 28 996 pièces soit une hausse de 40, 57 %.
Les poumons représentent plus de la moitié des organes saisis dans les abattoirs du
district d’Abidjan avec respectivement 55 % chez les bovins et 47 % chez les petits ruminants
(figures 54 et 55).
Le foie est le second organe le plus saisi avec 41 % chez les petits ruminants (hausse
par rapport à 2007) et 24 % chez les bovins.
104
Figure 56 : Répartition des saisies partielles par motif Figure 57 : Répartition des saisies partielles par motif
en 2009 (bovins) en 2009 (petits ruminants)
La tuberculose reste le motif de saisie prédominant chez les bovins avec 8085 pièces
saisies soit environ 49 % tandis chez les petits ruminants, le principal motif de saisie est
représenté par la distomatose avec 32, 27 % (175 pièces saisies).
Chez les bovins, on constate une spectaculaire apparition des saisies pour congestion
(2849 pièces saisies soit 17, 25 %), constituant ainsi le second motif de saisie. Il est également
à noter, le recul des saisies pour péricardite et pleurésie qui représentent respectivement 2, 54
% et 1, 16 % contre 8, 07 et 16, 23 % en 2008.
105
Figure 58 : Répartition des saisies partielles par Figure 59 : Répartition des saisies partielles par
organe en 2009 (bovins) organe en 2009 (petits ruminants)
Les figures 58 et 59 illustrent la répartition des saisies partielles réalisées en 2009 dans
les abattoirs du district d’Abidjan en fonctions des organes et des espèces.
Les poumons et le foie, constituent les organes les plus saisis avec respectivement
chez les bovins 60 % et 28 % et chez les petits ruminants, 28 % et 63 %.
L’analyse de l’ensemble des saisies partielles réalisées de 2007 à 2009 montre qu’au
total 67. 569 pièces ont été saisies sur les 2.441.190 inspectées soit environ 2,77%.
Suivant l’espèce, ces saisies se répartissent comme suit 66. 057 pièces bovines
(97,78%) et 1512 pièces de petits ruminants (2,22%). (Tableaux XXIV et XXV)
Figure 60 : Répartition des saisies partielles par motif Figure 61 : Répartition des saisies partielles par
entre 2007 et 2009 (bovins) motif entre 2007 et 2009 (petits ruminants)
106
Figure 62 : Variation annuelle des saisies partielles Figure 63 : Variation annuelle des saisies partielles
par motif entre 2007 et 2009 (bovins) par motif entre 2007 et 2009 (petits ruminants)
Les motifs de saisies les plus couramment rencontrées dans les abattoirs du district
d’Abidjan sont :
chez les bovins (figures 60 et 62) :
la tuberculose avec 28. 795 pièces saisies soit 43,59 %;
la distomatose avec 11. 922 pièces saisies soit 24,05 % ;
Ces deux pathologies représentent 67, 64 % de l’ensemble des saisies réalisées chez les
bovins. Elles sont demeurées à un taux plus ou moins constant durant toute la période de
l’étude, traduisant le caractère endémique de leur présence dans les abattoirs du District
d’Abidjan ;
l’échinococcose avec 6. 204 pièces saisies soit 9,39 % ;
la pleurésie avec 5. 331 pièces saisies soit 8,07 % représente le 4ième motif de
saisie et cela du fait d’une spectaculaire flambée en 2008;
la péricardite avec 4281 pièces saisies soit 6,48 % ;
la congestion avec 3045 pièces saisies soit 4,61 % ;
chez les petits ruminants (figures 61 et 63) :
la congestion, 1er motif de saisies partiel avec 538 pièces saisies soit 35,58 % a
connu une évolution en dent de scie avec un pic réalisé en 2008;
les abcès : 273 pièces saisies soit 18,05 % ont connu une évolution irrégulière
dans le temps, avec une brusque évolution en 2008 (augmentation de 95% par
rapport à 2007 et une baisse de 57 % en 2009) ;
107
la distomatose avec 255 pièces saisies soit 16,86 %. Elle a fortement évoluée
dans le temps avec une hausse spectaculaire de 1246 % entre 2007 et 2009 ;
la péricardite avec 120 pièces saisies soit 7, 92 % ;
l’emphysème pulmonaire avec 107 pièces saisies soit 7, 06 % ;
Ces deux dernières lésions sont en net recul dans les abattoirs du district d’Abidjan avec
respectivement 72, 54 % et 88, 54 % de chute entre 2007 et 2009 ;
la tuberculose avec 90 pièces saisies soit 5, 94 % a fait une brusque apparition
en 2009;
Figure 64 : Répartition des saisies partielles par organe Figure 65 : Répartition des saisies partielles par
entre 2007 et 2009 (bovins) organe entre 2007 et 2009 (petits ruminants)
Figure 66 : Variation annuelle des saisies Figure 67 : Variation annuelle des saisies partielles
partielles par organe entre 2007 et 2009 (bovins) par organe entre 2007 et 2009 (petits ruminants)
108
Les organes saisis le plus souvent sont les poumons, le foie, les reins et le cœur. On note
néanmoins quelques variations suivant l’espèce. Ainsi :
chez les bovins, on constate que 2008 a été l’année où ont été réalisées le plus grand
nombre de saisies d’organes. Le taux de saisies pour chaque organe reste globalement
le même et le poumon représente l’organe le plus saisi avec 36 731 pièces soient 55,6
%.
On note une forte hausse (48, 6 %) des saisies de cet organe entre 2007 et 2008. Le foie, le
rein et le cœur, avec respectivement 25, 6%, 10, 38 % et 6, 94 % constituent les autres
organes saisies ;
chez les petits ruminants, le poumon est également l’organe le plus saisis avec 666
pièces soit 44,05 % et cela bien que son taux ait chuté de 10 % entre 2007 et 2009.
Vient ensuite le foie qui représente 42,13% c'est-à-dire 637 pièces saisies dont 344 en 2009,
soit un peu plus de la moitié (54 %). Le cœur quant à lui ne représente que 12,89 % des
saisies d’organes chez les petits ruminants.
Les principaux motifs de saisies partielles réalisées au niveau des abattoirs du district
d’Abidjan varient suivant les années, les espèces animales et les organes.
L’année 2008 a été celle au cours de laquelle, le plus grand nombre de pièces a été
saisi et les motifs prédominants sont les affections respiratoires (tuberculose) et parasitaires
(distomatose, échinococcose) justifiant que les organes les plus souvent confisqués sont les
poumons, le foie, le cœur et les reins.
Le récapitulatif des saisies totales réalisées de 2007 à 2009 est donné dans les tableaux
ci dessous (tableaux XXVI à XXIX)
109
Tableau XXVI : Saisies totales réalisées dans les abattoirs du district d’Abidjan en 2007
Tableau XXVII : Saisies totales réalisées dans les abattoirs du district d’Abidjan en 2008
Tableau XXVIII : Saisies totales réalisées dans les abattoirs du district d’Abidjan en 2009
Tableau XXIX : Saisies totales réalisées dans les abattoirs du district d’Abidjan de 2007 à 2009
Figure 68: Répartition des saisies totales par espèce Figure 69 : Répartition des saisies totales par motif
en 2007 en 2007 (animaux de boucherie)
Figure 70: Répartition des saisies totales par motif en Figure 71: Répartition des saisies totales par motif en
2007 (bovins) 2007 (petits ruminants)
Les bovins ont constitué 85% (64 carcasses) des saisies totales réalisées au cours de
l’année 2007 contre 15% (11 carcasses) à peine pour les petits ruminants (figure 68).
Figure 72 : Répartition des saisies totales par espèce Figure 73 : Répartition des saisies totales par motif en
en 2008 2008 (animaux de boucherie)
Figure 74 : Répartition des saisies totales par motif en Figure 75 : Répartition des saisies totales par motif en
2008 (bovins) 2008 (petits ruminants)
(hausse de 26,56%). Cela se ressent dans les répartitions des saisies totales par espèce (figure
72) où l’on constate une baisse du pourcentage des saisies des carcasses bovines par rapport à
2007.
Les motifs de saisie sont toujours les mêmes que ceux rencontrés l’année précédente, quoi
que les proportions ne soient pas identiques (figure 73) :
tuberculose miliaire (31 saisies soit 32 %) :
saignée post mortem (23 saisies soit 24 %) ;
putréfaction (22 saisies soit 22 %)
tuberculose caséeuse (22 saisies soit 22 %) ;
Figure 76 : Répartition des saisies totales en fonction Figure 77 : Répartition des saisies totales en fonction
de l’espèce du motif (animaux de boucherie)
De façon générale, on remarque une forte augmentation des motifs de saisies (7 contre
4 les années précédentes) et une baisse du nombre de saisies (81 contre 98 en 2008).
Il ya une chute des saisies de carcasses de petits ruminants qui est passé de 17 à 2 soit
une baisse de 88,23%. Le nombre de carcasses bovines saisies a lui baissé de 2,47%. Cela se
ressent dans les répartitions des saisies totales par espèces (figure 74) où l’on constate une
baisse du pourcentage des saisies des carcasses des petits ruminants par rapport à 2007 et
2008.
Par rapport aux années précédentes, de nouveaux motifs de saisie sont apparus en 2009
(figure 77). On retrouve les motifs suivants :
putréfaction (27 saisies soit 33 %) :
115
chez les petits ruminants, seules les saisies pour putréfaction demeurent, même s’il
est à noter leur forte baisse (6 en 2008 contre 2 en 2009 soit une baisse de 66,66%)
Figure 79 : Répartition des saisies totales en fonction Figure 80 : Répartition des saisies totales en fonction
des espèces (de 2007 à 2009) des motifs de 2007 à 2009 (animaux de boucherie)
116
Figure 81 : Répartition des saisies totales en fonction Figure 82 : Répartition des saisies totales en fonction
des motifs de 2007 à 2009 (Petits ruminants) des motifs de 2007 à 2009 (Bovins)
Au cours de notre période d’étude, 254 animaux de boucherie ont été saisis sur un total
de 406.865 abattus soit 0,062 %. En se rapportant au coût moyen des animaux de boucherie
(175.000 frs CFA/bovin et 30.000frs CFA par petit ruminant), les pertes pour les bouchers
s’élèvent à 40.100.000 frs CFA.
Ces saisies se répartissent comme suit :
224 carcasses bovines soit 88%
et 30 carcasses de petits ruminants soit 12% (tableau XXIX et figure 79).
Les motifs les plus couramment mis en cause sont (tableau XXIX figure 80) :
tuberculose miliaire (63 saisies) et putréfaction (64 saisies) soit environ 25% chacun ;
saignée post mortem (59 saisies) soit environ 23% ;
tuberculose caséeuse (42 saisies) soit environ 17% ;
117
Prise sous toutes ses formes (miliaire, caséeuse, généralisée), la tuberculose représente le
premier motif de saisie des carcasses bovines. Elle constitue 55 % des motifs de saisies des
carcasses bovines dans les abattoirs du district d’Abidjan.
Tous ces motifs de saisies, cités plus haut, évoluent différemment en fonction des
espèces et de l’année, comme le montrent les figures ci-dessous.
Figure 84 : Variation annuelle des motifs de saisie Figure 85 : Variation annuelle des motifs de saisie
(bovins) (petits ruminants)
118
2008 apparaît nettement comme l’année au cours de laquelle le plus grand nombre de
saisies de carcasses d’animaux de boucherie a été réalisé (figures 84 et 85).
Chez les bovins, 2007 est l’année qui a enregistré le moins de saisie tandis que chez
les petits ruminants, il s’agit de l’année 2009.
Les saisies totales sont marginales au vue de leur taux. Il n’en demeure pas moins
qu’elles sont très importantes à prendre en compte et cela en raison des pertes financières
qu’elles engendrent. Les principaux motifs de saisies totales réalisées au niveau des abattoirs
du district d’Abidjan varient suivant les années et les espèces animales.
Au cours de l’année 2009, il y a eu une brusque apparition, chez les bovins, de trois
nouveaux motifs de saisies de carcasses tandis que chez les petits ruminants, les saisies ont
fortement baissé.
II- Discussion
Au vue des résultats de notre étude, il ressort plusieurs points très importants sur lesquels
nous reviendrons dans les lignes qui vont suivre.
La préparation des viandes, telle que réalisée dans les abattoirs du district d’Abidjan est
bien loin de répondre aux exigences du manuel d’inspection des abattoirs de la DIRECTION
DE L’INSPECTION DES VIANDES DU QUEBEC (2010) tant en matière d’hygiène que
dans le cadre du traitement des viandes aux abattoirs.
119
En ce qui concerne les locaux, le non respect des normes en matière de construction
(emplacement, sols, murs, éclairage…) tels que décrit par ERIKSEN (1979), leur usage au
delà de leur capacité d’origine et leur vétusté ne favorisent pas du tout une bonne hygiène des
viandes issues des abattoirs du district d’Abidjan.
L’inspection se fait dans des conditions non réglementaires. L’agent inspecteur réalise
difficilement le « coup d’œil général » des carcasses car elles sont empilées sur les crochets et
la faible luminosité des locaux (inspection de nuit) n’arrange pas les choses. Aussi, toutes les
pièces de l’animal ne sont pas présentées en même temps au contrôle ce qui ne lui permet pas
de se faire un avis global sur l’état sanitaire de l’animal comme le recommande JOURDAIN
(1965). L’inspection se fait pour sa grande part dans la cour de l’abattoir, sous la supervision
et la constante pression du boucher et il n’est pas rare que l’agent soit influencé voire même
intimidé par ce dernier.
Entre 2007 et 2009, les abattages sont passés du simple au double comme le montre les
chiffres de la DHAA (2007-2008-2009). Ces résultats sont conformes à ceux de MALLEY
(2001) qui avait réalisé une étude similaire entre 1996 et 1999 mais cette fois à l’échelle
nationale.
La brusque augmentation du nombre d’animaux abattus à partir de juillet 2008 pourrait
s’expliquer par les changements opérés à la tête de l’administration de la DHAA. A côté de
120
Les différents pics d’abattages au cours d’une même année correspondent généralement
aux fêtes de fin d’année ou aux fêtes religieuses de Tabaski et de Pâques au cours desquelles,
la consommation de viande connait une forte évolution (DHAA, 2007).
Le choix porté par les opérateurs économiques sur l’abattoir de Port Bouët au détriment
des autres abattoirs du District d’Abidjan tient compte du contexte historique (1 er abattoir
moderne de Côte d’Ivoire), de sa position stratégique et privilégiée mais aussi et surtout du
manque de compétitivité des abattoirs annexes d’Abobo et de Yopougon. Signalons que ceux-
ci connaissent d’énormes difficultés liées entre autre à (DHAA, 2007):
l’étroitesse et la vétusté de leurs locaux, l’absence de clôture, le manque
d’assainissement de leurs parcs à bétail, l’absence de locaux et de matériels
administratifs…
les tracasseries policières accentuées autour de ces deux abattoirs (6 barrages pour
Yopougon et 5 pour Abobo) augmentent les charges des opérateurs économiques
fréquentant ces abattoirs avec une répercussion sur le coût du kg de la viande.
Toutes ces difficultés éloignent les opérateurs économiques proches de ces abattoirs qui
préfèrent se rabattre vers l’abattoir de Port Bouët (malgré la distance) ou abattre eux-mêmes
leurs animaux sur des espaces non autorisés ce qui aboutit à l’augmentation des abattages
clandestins avec tous les risques sanitaires pour le consommateur.
chez les petits ruminants, les motifs de saisies les plus courants sont la congestion
(35,58 %), les abcès (18,05 %) et la distomatose (16,86 %) pour les saisies partielles
et les saignées post mortem (63 %) et la putréfaction (37 %) pour les saisies totales.
Sur le plan numérique, il apparait de façon générale que la tuberculose est le 1er motif
de saisie des viandes dans les abattoirs du district d’Abidjan tout comme dans le reste de la
Côte d’Ivoire (MALLEY, 2001). Les études réalisées par CISSE et al. (2005) ont confirmé
la présence de la tuberculose à l’abattoir de Port Bouët et ont permis l’isolement, pour la
première fois, de la bactérie Mycobacterium bovis. Leurs analyses avaient porté sur les lésions
des organes saisis au cours des opérations d’inspection pour le motif de tuberculose.
Cette pathologie, ainsi que les lésions qui en découlent sont bien connues dans nos
abattoirs. Le caractère endémique de la tuberculose dans les zones tropicales pourrait se
justifier par la promiscuité entre les animaux et la malnutrition (RIBOT et al., 1974) mais
aussi par la contamination croisée existante entre l’Homme et l’animal comme le rapporte
DUBOIS (2002)
Malgré tout, la tuberculose ne saurait à elle seule justifier la flambée des saisies de
poumons et de cœurs constatées en 2008.
122
La distomatose, quant à elle, occupe une place importante dans les saisies réalisées.
Elle est le second motif de saisies partielles dans les abattoirs du district d’Abidjan ainsi que
dans toute la Côte d’Ivoire conformément à l’étude de MALLEY (2001). Elle apparait
comme étant le 1er motif de saisie des abats à l’abattoir de Yaoundé (DJAO, 1983) tandis
qu’au Togo, elle se classe en troisième position après la tuberculose et la cysticercose.
Le mode d’élevage extensif, basé sur la mise au pâturage des animaux, la mauvaise
gestion des points d’eau et l’absence de programmes de déparasitage systématique des
animaux (CACOU, 1986 ; GADJI et al., 1987) sont autant de facteurs qui favorisent la
persistance, dans le milieu de parasites tels que les douves et les tænias chez nos ruminants
domestiques (ANDRIAMANANTENA et al., 2005). En plus, l’expression généralement
silencieuse et non spécifique de ces deux parasitoses justifient aisément qu’on ne les détecte
que lors de l’inspection sanitaire des viscères (foie, rein, poumons…).
Les saignées post mortem sont des tentatives de fraude orchestrées par les bouchers ou
les convoyeurs d’animaux lorsque certaines bêtes succombent au cours du voyage. L’examen
de la plaie de saignée ainsi que la qualité de la viande (saigneuse) et des abats (friables)
permettent de rapidement les identifier. La bactériémie d’abattage qui s’en suit (saignée
incomplète, éviscération tardive) accélère le processus de décomposition de l’animal.
Il existe une part non négligeable de subjectivité dans les résultats de cette étude. Cela est
dû à la nature même de la base de données qui a servi à sa réalisation.
En effet, les données figurant dans les registres (journaliers) des abattoirs sont parfois
différentes avec celles qu’on retrouve dans les rapports mensuels et annuels de la DHAA. A
côté de cela, la description de certaines lésions n’est pas toujours faite dans les règles de l’art
(congestion, abcès).
Les chiffres relatifs aux saisies que nous avons obtenus ne peuvent en aucune manière
servir à qualifier l’état sanitaire du territoire ivoirien. Car les animaux abattus dans les
abattoirs du district d’Abidjan proviennent d’horizon divers (production locale et importation
depuis le Mali, le Burkina et même le Niger et la Mauritanie), ils sont convoyés de différentes
manière (marche, camions, trains) et leur séjour sur le territoire national est très variable.
De tout ce qui précède, rien ne nous permet de préciser, à partir des pathologies décelées,
celles qui sont présentes sur le sol ivoirien et celles qui proviennent des pays voisins.
L’abattoir de Port Bouët est délabré et tourne largement au delà de ses capacités tandis les
abattoirs annexes d’Abobo et de Yopougon, initialement créés pour la désengorger, sont
désertés par les usagers les plus proches.
Malgré cela, la quantité de viande traitée dans nos abattoirs reste largement inférieure à
celle qui est effectivement consommée par la population abidjanaise. Nous pensons à juste
titre qu’il existe des lieux d’abattages clandestins dans divers endroits du district d’Abidjan.
Ces lieux échappent à tout contrôle sanitaire et les viandes qui en sont issues atterrissent sur
les marchés et ne diffèrent en rien de celles provenant des abattages contrôlés (carcasses non
estampillées). Il est donc impossible de connaître la quantité de viandes provenant des
abattages clandestins et donc d’évaluer le risque qu’elles représentent pour les
consommateurs.
124
Ils jouent un rôle très important dans l’économie de la filière car ils assurent la liaison
entre les producteurs et les marchés, notamment les parcs à bétails des abattoirs du District
d’Abidjan.
Ils doivent utiliser des moyens de transport adéquats au convoyage des animaux, s’assurer
du confort de ceux-ci en respectant le nombre de sujets par camion ou par wagon tout en
respectant la durée normal du voyage. Il est impératif d’utiliser des trajets facilement
retraçables, de mettre à la disposition des animaux de la nourriture, de l’eau et disposer d’un
laissez-passer sanitaire en bon et dû forme qu’ils présenteront à chaque contrôle vétérinaire.
Ils doivent être sensibilisés et formés au respect des bonnes pratiques d’hygiène dans le
cadre du traitement des viandes.
125
Ils doivent prendre conscience du danger que représentent la manipulation et la mise sur le
marché de produits de mauvaise qualité tant pour leur santé que pour celle du consommateur
(risques de transmission de maladies) ainsi que pour leur activité (mauvaise réputation).
Ils doivent s’assurer de leur bon état de santé ainsi que de celui de tous leurs employés
afin d’éviter de contaminer la viande lors de son traitement.
Il est urgent d’entamer des travaux de réhabilitation des locaux des différents abattoirs du
district d’Abidjan afin qu’ils répondent le mieux possible aux exigences en la matière. Et cela
passe dans un premier temps par la réfection des sols, des murs, des crochets, de l’éclairage et
dans un second temps par la mise à disposition de la DHAA, de moyens matériels et
financiers adéquats et suffisants pour garantir sa mission de sécurisation des produits issus des
abattoirs.
Le rôle premier du service vétérinaire aux abattoirs est lié au strict respect de la
règlementation en vigueur en matière d’hygiène des denrées alimentaires d’origine animale
[25] pour en garantir la parfaite innocuité et la salubrité.
renforcer leurs capacités (consolidation des acquis antérieurs et mise à niveau par rapport aux
réalités du terrain), mettre en place une politique de traçabilité de la viande avec la
collaboration des autres acteurs de la filière.
Il doit mettre un accent particulier sur le recueil et la gestion des données statistiques en
vue de mettre en place une base de données fiables et entretenir avec les services médicaux
locaux, une bonne collaboration afin de déceler, chez les populations, les maladies
susceptibles d’être transmises par la consommation des viandes de mauvaise qualité.
Enfin et surtout, les informations issues des inspections sanitaires doivent être couplées
aux enquêtes épidémiologiques sur le terrain afin d’envisager des stratégies efficaces de lutte
contre les pathologies qui constituent une entrave au développement des productions
animales.
6- Le consommateur
Il doit exiger que la viande qu’il consomme provienne d’un abattage contrôlé et qu’il est
certifié par les services compétents comme étant de bonne qualité.
Il dispose pour cela de plusieurs moyens, parmi lesquels, nous citerons l’achat exclusif de
viande estampillé, la réalisation d’audits des abattoirs par l’association des consommateurs, le
recensement des cas de maladies et d’intoxication liés à la consommation de viandes de
mauvaise qualité.
Toutes ces mesures auront l’avantage de mettre la pression sur l’ensemble des acteurs de
la filière bétail-viande en vue de mettre sur le marché des produits répondant aux normes de
qualité.
127
CONCLUSION
Notre étude, basée sur l’inspection sanitaire des viandes de boucherie et l’exploitation
des rapports d’abattages et de saisies de la DHAA du District d’Abidjan de 2007 à 2009, a
permis de mettre en évidence ce qui suit :
406.865 animaux de boucherie dont 265.081 bovins et 141.784 petits ruminants ont
été abattus en trois ans. La répartition annuelle de ses abattages révèle qu’ils évoluent
progressivement tout au long de la période d’étude pour passer du simple au double comme le
montre les chiffres ci-dessous :
91.836 abattages dont 63. 420 bovins et 28. 416 petits ruminants en 2007 ;
133. 326 abattages dont 91. 661 bovins et 41. 665 petits ruminants en 2008 ;
181. 703 abattages dont 110. 000 bovins et 71. 703 petits ruminants en 2009.
On estime à 40.291.625,3 kg, la quantité totale de viande traitée dans les différents
abattoirs. L’abattoir de Port Bouët, premier abattoir moderne de Côte d’Ivoire, est aujourd’hui
l’ombre de lui-même. Ses locaux sont vétustes, délabrés et les conditions de préparation des
viandes y sont très peu hygiéniques. Néanmoins, avec 83,78% de bovins et 97, 34% des petits
ruminants abattus, il constitue le principal point à partir duquel les viandes de boucherie sont
mises sur les différents marchés du district d’Abidjan.
Concernant les saisies partielles, elles représentent environ 2,77 % des pièces inspectées.
Ce sont donc 67.569 pièces ont été saisies et sont réparties différemment suivant les espèces
et dans une même espèce, suivant les motifs.
Chez les bovins, 66.057 pièces ont été saisies dont 55,6 % de poumons et 25,6 % de foies.
On retrouve principalement les motifs suivants :
tuberculose : 43,59 %
distomatose : 24,05 %
échinococcose : 9,39 %
128
pleurésie : 8,07 %
péricardite : 6,48 %
congestion : 4,61 %
Les petits ruminants, avec seulement 1512 pièces saisies dont 44,05 % de poumons et
42,13 % de foies, ont pour principaux motifs :
congestion : 35,58 %
abcès : 18,05 %
distomatose : 16,86 %
péricardite : 7,92 %
emphysème pulmonaire : 7,06 %
tuberculose : 5,94 %
Concernant les saisies totales, 254 carcasses (soit 0,062 % des abattages) ont été
soustraites aux bouchers par les services d’inspection. Les pertes liées à cette action s’élèvent
à 40.100.000 frs CFA.
Leur répartition en fonction des espèces et des motifs se fait de la manière suivante :
chez les bovins, 224 saisies dont :
tuberculose miliaire : 28%
putréfaction : 24 %
tuberculose caséeuse : 19 %
saignée post mortem : 18 %
tuberculose généralisée : 7 %
cachexie : 3 %
cysticercose : 1 %
chez les petits ruminants, 30 carcasses ont été saisies pour :
saignée post mortem : 63 %
putréfaction : 37 %
Il ressort de l’analyse des motifs de saisies que les animaux de boucherie sont
principalement frappés par les maladies infectieuses et les maladies parasitaires avec comme
tête de fil la tuberculose et la distomatose.
Il est donc urgent d’entreprendre des actions afin de lutter efficacement contre ces
affections mais aussi contre les autres facteurs de saisies des viandes aux abattoirs du district
d’Abidjan.
Pour cela, nos recommandations s’articulent autour d’un engagement et d’une franche
collaboration entre les six principaux acteurs de la filière bétail-viande en Côte d’Ivoire. Tout
cela dans le but de :
partager les informations sanitaires entre les services vétérinaires ivoiriens et ceux des
pays frontaliers, pourvoyeurs en viande de notre pays et cela en vue d’entreprendre
des programmes de lutte efficaces contre les pathologies animales ;
respecter les conditions de transport et de débarquement des animaux de boucheries ;
respecter les mesures d’hygiène lors des différentes étapes de préparation et de
manutention des viandes ;
mettre à niveau les agents des services vétérinaires du district d’Abidjan par
l’instauration de formations continues (description des lésions et normes d’hygiène) ;
estampiller systématiquement toutes les carcasses inspectées et juger salubres ;
mettre en place une base de données statistiques fiable et précise relative aux
importations, à la production, aux déplacements d’animaux, aux abattages et aux
saisies ;
Mettre en place une base de collaboration entre les services médicaux et les services
vétérinaires en vue de rapidement déceler les maladies humaines qui peuvent être
liées à la consommation ou à la manipulation des viandes insalubres;
Réhabiliter les locaux des abattoirs ou mieux encore, construire un abattoir
frigorifique moderne digne du district d’Abidjan et de sa population ;
et faire prendre conscience aux consommateurs des dangers liés à la consommation de
viandes de mauvaise qualité.
130
Nous pensons réellement que la mise en application de ces mesures devrait permettre un
meilleur contrôle de l’incidence et des conséquences des pathologies rencontrées dans nos
élevages, réduire les saisies aux abattoirs et améliorer la qualité des viandes qui en sont issues.
A l’heure actuelle, le danger plane toujours sur le consommateur abidjanais car rien ne
différentie, sur les marchés, les viandes provenant d’un abattage clandestin de celles issues
des abattoirs et reconnues salubres (défaut d’estampillage des carcasses de bovins).
De plus, la mauvaise hygiène des locaux de nos abattoirs prédispose les viandes à un
risque de contamination initiale très élevée, aussi, il serait judicieux de poursuivre
l’évaluation de la salubrité des viandes issues des abattoirs du district d’Abidjan en y incluant
des analyses microbiologiques, l’inspection des chambres froides privées situées autour de
l’abattoir de Port Bouët.
131
BILBLIOGRAPHIE
1-ALONGE D.O. et FASANMI E.F., 1979.
A servey of abattoir data in northern Nigeria
Hlth Prod, 11: 57-62
7- CISSE B., N’GUESSAN K., EKAZA E., SORO E., AKA [Link] DOSSO M., 2005
Isolement de Mycobacterium bovis des lésions tuberculeuses chez les bovins à l’abattoir
d’Abidjan Port-Bouët (Côte d’Ivoire)
RASPA, 6, (3-4) : 199-204
http//[Link]
df (page consultée le 22 décembre 2010)
49-WIKIPEDIA, 2010.
Abidjan [en ligne]. Accès internet : [Link] (Page consultée le 21
octobre 2010)
SERMENT DES VETRINAIRES
DIPLÔMES DE DAKAR
VU
LE DOYEN
DE LA FACULTE DE MEDECINE LE PRESIDENT
ET DE PHARMACIE DU JURY
DE L’UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP
DE DAKAR
VU ET PERMIS D’IMPRIMER______________
DAKAR, LE 09 Juillet 2011
RESUME
Lieu de préparation des animaux de boucherie, l’abattoir joue un rôle
prépondérant au regard de la santé publique par l’inspection et la
certification de la qualité sanitaire des viandes qui en sont issues.
L’étude diagnostique des conditions de préparation et d’inspection des
viandes de boucherie aux abattoirs du district d’Abidjan a permis de révéler
que 265.081 bovins et 141.784 petits ruminants ont été abattus de 2007 à
2009, ce qui représente environs 40.291.625,3 kg de viande. Malgré cet
important niveau d’activité, les locaux de ces abattoirs sont vétustes et les
conditions de préparation des viandes y sont très peu hygiéniques.
La présence des services vétérinaires permet néanmoins de prévenir les
risques liés à la mise sur le marché de produits potentiellement dangereux
pour les populations abidjanaises.
Sur les trois années d’étude, au total 67.569 organes et 254 carcasses ont été
saisis et détruits.
Les motifs varient suivants les espèces mais la tuberculose et la distomatose
sont les plus souvent mis en cause ; les organes les plus saisis sont bien
évidemment les poumons et les foies.
Mots clés : Bovin, petit ruminant, animaux de boucherie, préparation des
viandes, inspection sanitaire, hygiène, qualité, saisie