Éléments de Taxation en Douane
Éléments de Taxation en Douane
THÈME
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Enseignant à l’IEDF.
24ème promotion
Jan 2006 – Déc. 2007
INTRODUCTION GENERALE.............................................................................................1
CONCLUSION GENERALE................................................................................................75
BIBLIOGRAPHIE
Introduction générale _________________________________________________________
INTRODUCTION GENERALE
Parce qu’elle est le point de passage obligé pour les marchandises, les capitaux et les
personnes, la douane dans tous les pays du monde, est le premier rempart pour la production
national.
L’évolution rapide de l’économie mondiale, marquée par une croissance accrue des
échanges commerciaux internationaux, a rendu les transaction de plus en plus complexe ce
qui n’a pas manqué de causer, a l’administration des douanes des difficultés dans l’exercice
de leur missions notamment celles relatives aux contrôles du commerce extérieur.
Afin de mener à bien ces différentes missions, la douane institue des contrôles rigoureux
(physiques et documentaires) aussi bien qu’à l’entrée qu’à la sortie du territoire douanier. Et
ce dans la perspective de suivre tous les flux et de s’assurer de la sincérité des déclarations en
douanes avant l’enlèvement des marchandises.
Face aux nouvelles mutations économiques, que vit notre pays, de nouveaux engagements
sont pris dans la perspective de son adhésion à l’organisation mondiale du commerce (OMC).
IEDF 2007 1
Introduction générale _________________________________________________________
L’administration des douanes s’est donc vue amener à procéder à l’introduction des
simplifications et des assouplissements aux règles et aux procédures relative aux formalités
de dédouanement afin de répondre aux exigences de l’économie de marché.
Tout en sachant que l’essentiel de l’opération de dédouanement se base sur le contrôle des
principaux éléments de taxation.
Une problématique se pose à ce niveau, elle porte sur les différents éléments de taxation ?
Et sur les différents formes du contrôle des éléments de taxation ? Notre travail s’inscrit dans
ce cadre dont le quelle nous essayerons d’apporter des éléments de réponse.
IEDF 2007 2
1ere partie Les éléments de taxation
Première partie
Les éléments de taxation
La valeur, l’origine et l’espèce tarifaire sont les éléments clés sur lesquels se repose
l’administration des données pour assigner le traitement convenu aux marchandises
franchissant les frontières.
Ses trois éléments font l’objet de fraude documentaire consistant en de fausses déclaration
en vu d’éluder les droits et taxes exigible, de bénéficiés d’un régime préférentiel ou
d’échapper aux mesures restrictives.
3
ChapitreІ Espèce des marchandises et procédures de dédouanement
L’espèce des marchandises est la dénomination qui leur est attribuée par le tarif des
Douanes.
Le classement tarifaire est une numérotation retenue au plan international pour l’ensemble
des marchandises circulant dans le monde.
Cet élément qualitatif est essentiel pour le calcul des droits et taxes. En effet, la quotité du
droit dont les marchandises sont passibles est fonction de leur espèce tarifaire.
Les marchandises qui sont introduites dans le territoire douanier Algérien sont, dès cette
introduction, soumises à la surveillance douanière.
I. Conduit en douane :
Conduit en douane consistent à présenter les marchandises à un bureau de douane par voie
déterminée par l'autorité douanière afin de leur affecter un régime douanier.
4
ChapitreІ Espèce des marchandises et procédures de dédouanement
Elle se traduit par une déclaration sommaire des marchandises (le manifeste pour les
transports aériens et maritimes, la feuille de route pour les transports routiers).
A la suite de la mise en douane, les marchandises sont soit dédouanées, soit elles vont en
magasins et aires de dédouanement temporaire dans un délai ne pouvant excéder 21 jours à
partir de la date de dépôt de la déclaration sommaire.
L'administration des douanes n'admet que certaines personnes pour dédouaner à savoir :
- Le détenteur de la marchandise.
- Le déclarant professionnel : le commissionnaire en douane agréé qui est chargé des
formalités de dédouanement pour ses clients. Les transitaires sont souvent
Et qui sert
• donner un statut juridique à l'opération douanière ;
• permettre l'application des mesures du commerce extérieur ;
• établir des statistiques à partir des éléments contenus dans la déclaration ;
• permettre la perception des droits et taxes ;
Les droits de douane sont déterminés selon les éléments nécessaires à la taxation sont la
valeur, l'espèce tarifaire et l'origine
5
ChapitreІ Espèce des marchandises et procédures de dédouanement
Presque tous les pays utilisent la nomenclature du Système harmonisé (SH) à des fins de
recouvrement des droits et taxes et d’établissement de statistiques relatives aux échanges
internationaux de marchandises. En appliquant le SH, une administration des douanes est
certaine d’élaborer des statistiques qui tiennent rigoureusement compte des normes
internationales en matière de classement.
De nombreuses études ont montré les coûts élevés que représente pour les secteurs public
et privé l’application dans les différents pays de systèmes de classement des produits distincts.
Le SH est né de la volonté d’élaborer un système international de référence afin d’éviter tout
risque de double emploi ou de confusion.
En tant que nomenclature polyvalente mise au point par l’Organisation mondiale des
douanes (OMD), le SH est aujourd’hui utilisé dans les domaines suivants :
• Tarifs douaniers ;
• Etablissement des statistiques commerciales internationales ;
• Règles d’origine ;
• Fiscalité interne ;
• Tarifs et statistiques en matière de transport ;
• Surveillance des marchandises réglementées ;1
• Lutte contre la fraude et régimes douaniers ;2
1
déchets, stupéfiants, armes chimiques, substances qui appauvrissent la couche d’ozone, espèces en voie d’extinction, par
exemple
2
évaluation des risques, informatique, prévention et répression
6
ChapitreІ Espèce des marchandises et procédures de dédouanement
Le SH est complété par des Notes explicatives1 et un Recueil des avis de classement, afin
de garantir une application rationnelle et uniforme des règles régissant le classement des
marchandises et donc, un dédouanement sans entraves des marchandises.
Le SH constitue l’un des éléments clés des bonnes relations instaurées entre la douane et
les entreprises.
L’application générale du SH est essentielle, car elle permet de mettre en place un réseau
d’échange de renseignements douanier, considéré par les milieux commerciaux comme le
premier pas vers l’élimination progressive des formalités en matière d’exportation et
d’importation jugées inutiles qui seraient remplacées par des procédures harmonieusement
appliquées par tous les intervenants du début à la fin de l’opération.
A titre général, une même marchandise est affectée, à l’importation et à l’exportation, d’un
même numéro de nomenclature. Toutefois, dans certains cas particuliers et pour des raisons
d’ordre statistique, certains produits ont été spécialisés dans la nomenclature sous des
numéros distincts, en fonction du régime douanier qui leur est assigné. Tel est le cas de
certains produits pétroliers. Les numéros de nomenclatures y afférents doivent être utilisés en
1
Les Notes explicatives du Système harmonisé sont tenues à jour, au fur et à mesure des modifications qui y
sont apportées
7
ChapitreІ Espèce des marchandises et procédures de dédouanement
Quant à la troisième partie de cet ouvrage, afférente aux tableaux annexes, elle comprend
les tableaux reprenant les codes et libellés des taxes et les codes et libellés des assiettes
respectives, les quantités complémentaires statistiques et d’imposition, la réglementation du
commerce extérieur, la réglementation particulière et les listes de démantèlement tarifaire
dans le cadre des zones de libre échange.
Concernant plus spécialement le tableau de codification, celui-ci est formé des 6 colonnes
suivantes :3
1
Actualités OMD « Questions tarifaires et commerciales » 2006.
2
Système de classification des marchandises en 5225 sous-positions de six chiffres 1988.
3
Le Comité de SH de l ’OMD garantit une interprétation et une application uniforme et peut intervenir en tant que tribunal international sur
le classement des marchandises
8
ChapitreІ Espèce des marchandises et procédures de dédouanement
Les 8 premiers caractères constituant la NGP, combinés avec le chiffre clé, constituent le
numéro de la NDP, celui-ci est utilisé pour l’identification de l’espèce des marchandises en
douane.
En tête du tarif des droits de douane à l’importation se trouvent les «Règles Générales pour
l’Interprétation du Système Harmonisé» reproduites ci-après.
Faisant partie intégrante du tarif, au même titre que les notes de sections et de chapitres, ces
règles donnent la marche à suivre pour le classement des marchandises.
Pour procéder au classement, le service, tout comme les déclarants, doit se référer à ces
règles.
Dès lors, pour l’interprétation du Système Harmonisé, on se conformera aux principes ci-
après :
9
ChapitreІ Espèce des marchandises et procédures de dédouanement
termes des positions et des Notes de Sections ou de Chapitres et, lorsqu’elles ne sont pas
contraires aux termes desdites positions et Notes, d’après les Règles suivantes :
Règle 2. a) Toute référence à un article dans une position déterminée couvre cet article même
incomplet ou non fini à la condition qu’il présente, en l’état, les caractéristiques essentielles
de l’article complet ou fini.
Elle couvre également l’article complet ou fini, ou à considérer comme tel en vertu des
dispositions qui précédent, lorsqu’il est présenté à l’état démonté ou non monté.
Exemple : classement des parties non assemblées et non cousues d'un pantalon en tissu pour
garçon.
Cette marchandise pourrait relever de deux positions.
Tout d'abord de la position 62.03 : "Costumes ou complets, ensembles, vestons, pantalons...
pour hommes ou garçonnets". Ensuite de la position 63.07 : Autres articles confectionnés y
compris les patrons de vêtement". Il conviendra donc de retenir ici la position 62.03 car les
parties non cousues d'un pantalon présentent en elles-mêmes les caractéristiques essentielles
de l'article fini.
Exemple: classement d'une presse pour l'emboutissage des métaux présentés à l'état démonté
pour des raisons de transport.
Cette machine pourrait relever de deux positions. Tout d'abord 84.62 :
"machines (y compris les presses) à forger ou à estamper... presses pour le travail des métaux.
Ensuite du 84.66 : "parties et accessoires reconnaissables comme étant exclusivement ou
principalement destinés aux machines des n°s 84.56 à 84.65 inclus..." Il importe donc de
considérer que le non montage ou le démontage d'articles complets n'a pas pour effet d'en
ramener les différentes parties à l'état de pièces détachées et que cette machine complète doit
suivre le régime du 84.62.
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ChapitreІ Espèce des marchandises et procédures de dédouanement
b) Toute mention d’une matière dans une position déterminée se rapporte à cette matière soit
à l’état pur, soit mélangée ou bien associée à d’autres matières. De même, toute mention
d’ouvrages en une matière déterminée se rapporte aux ouvrages constitués entièrement ou
partiellement de cette matière.
Le classement de ces produits mélangés ou articles composites est effectué suivant les
principes énoncés dans la Règle 3.
Règle 3. Lorsque des marchandises paraissent devoir être classées sous deux ou plusieurs
positions par application de la Règle 2b) ou dans tout autre cas, le classement s’opère comme
suit :
a) La position la plus spécifique doit avoir la priorité sur les positions d’une portée plus
générale.
Toutefois, lorsque deux ou plusieurs positions se rapportent chacune à une partie seulement
des matières constituant un produit mélangé ou un article composite ou à une partie seulement
des articles dans le cas de marchandises présentées en assortiments conditionnés pour la vente
au détail, ces positions sont à considérer, au regard de ce produit ou de cet article, comme
également spécifiques même si l’une d’elles en donne par ailleurs une description plus précise
ou plus complète.
11
ChapitreІ Espèce des marchandises et procédures de dédouanement
b) Les produits mélangés, les ouvrages composés de matières différentes ou constitués par
l’assemblage d’articles différents et les marchandises présentées en assortiments conditionnés
pour la vente au détail, dont le classement ne peut être effectué en application de la Règle 3
a), sont classés d’après la matière ou l’article qui leur confère leur caractère essentiel lorsqu’il
est possible d’opérer cette détermination.
Exemple : classement d'un écrin contenant une montre-bracelet en or et une petite épingle de
cravate en or.
Il s'agit ici d'un assortiment d'articles pouvant relever de la position 71.13 "Articles de
bijouterie et de joaillerie et leur parties en métaux précieux ou en plaqués ou doublés de
métaux précieux" ou de la position 91.01 : "Montres de poche, montres-bracelets et similaires
(y compris les compteurs de temps des mêmes types) avec boîte en métaux précieux...". Le
caractère essentiel de cet assortiment est un article d'horlogerie. Or les articles d'horlogerie en
métaux précieux sont classés à la position 91.01, seule applicable dans ce cas d'espèce.
Règle 4. Les marchandises qui ne peuvent pas être classées en vertu des Règles visées ci-
dessus sont classées dans la position afférente aux articles les plus analogues.
Règle 5. 0utre les dispositions qui précèdent, les Règles suivantes sont applicables aux
marchandises reprises ci-après :
a) les étuis pour appareils photographiques, pour instruments de musique, pour armes, pour
instruments de dessin, les écrins et les contenants similaires, spécialement aménagés pour
recevoir un article déterminé ou un assortiment, susceptibles d’un usage prolongé et présentés
avec les articles auxquels ils sont destinés, sont classés avec ces articles lorsqu’ils sont du
type normalement vendu avec ceux-ci. Cette Règle ne concerne pas, toutefois, les contenants
qui confèrent à l’ensemble son caractère essentiel.
b) Sous réserve des dispositions de la Règle 5 a) ci-dessus, les emballages contenant des
marchandises sont classés avec ces dernières lorsqu’ils sont du type normalement utilisé pour
12
ChapitreІ Espèce des marchandises et procédures de dédouanement
ce genre de marchandises. Toutefois, cette disposition n’est pas obligatoire lorsque les
emballages sont susceptibles d’être utilisés valablement d’une façon répétée.
Règle 6. Le classement des marchandises dans les sous positions d’une même position est
déterminé légalement d’après les termes de ces sous positions et des Notes de sous positions
ainsi que, mutatis mutandis, d’après les Règles ci-dessus, étant entendu que ne peuvent être
comparées que les sous positions de même niveau. Aux fins de cette Règle, les Notes de
Sections et de Chapitres sont également applicables sauf dispositions contraires.
1
Article 6 du code des douanes Algérien.
13
ChapitreІ Espèce des marchandises et procédures de dédouanement
2) La quotité du droit de douane correspondant à chacune des sous-positions tarifaires; les taux
de droits de douane existant actuellement sont de : 0 % (exemption), 5%, 15% et 30%;
4) La dernière colonne du tableau indique et renvoie aux autres taxes et redevances auxquelles
sont soumises certaines marchandises à l'importation.
5) Des renvois en bas de tableau indiquent les marchandises qui font l'objet de dispositions
particulières au plan de la règlementation du commerce extérieur;
Le taux cumulé est le résultat du calcul des droits et taxes et redevances, pour une valeur de
100 DA H.T.
V : Valeur Hors taxes
DD : indiquant le taux du droit de douane auquel est soumis le produit considéré à
l’importation pour la consommation, ce taux correspondant au taux appliqué réellement à
l’importation.
TIC : cette colonne indique, le droit de consommation.
TVA : indiquant le taux de la taxe sur la valeur ajoutée grevant le produit considéré à
l’importation pour la consommation
14
Chapitre II L’origine des marchandises
L’origine est définie comme le lien géographique qui unit une marchandise à un pays
donné dont elle est réputée issue, c’est-à-dire où elle a été produite, composée ou fabriquée.
Des règles douanières précises permettent d'attribuer aux marchandises une origine
géographique.1 Schématiquement, on peut dire que l'origine douanière, c'est la nationalité d'un
produit.
La provenance est une notion purement géographique correspondant au pays d’où sont
acheminées les marchandises. Ce critère est certes important dans la définition de l’origine
mais il n’est pas décisif.
Dans cette hypothèse on doit distinguer entre son pays d’origine où elle a été produite et le
pays en provenance où elle avait passé en dernier lieu. L’intérêt de cette distinction s’impose
à l’heure actuelle avec la consolidation du principe de la libre circulation des biens au cours
du dernier cycle de négociations commerciales multilatérales de l’Uruguay.
1
qui peut être totalement différente de leur provenance
2
En effet, pour une même marchandise, les droits de douane peuvent être différents selon son origine. L'origine
est soit non préférentielle, soit préférentielle
15
Chapitre II L’origine des marchandises
En ce qui concerne les règles d’origine, elles désignent les lois, réglementations et
décisions administratives d’application générale pour déterminer le pays d’origine des
marchandises.2
La mobilité des biens et l’essor technologique dans l’ère d’ouverture économique avaient
des rebondissements sur les principes de leur rattachement territorial. Le processus productif
peut être divisé et partagé sur plusieurs localités et il peut engager également des intrants de
différents pays.
1
C-J. BERR et B. TREMEAU, L’introduction au droit douanier, édition économica, 1998 op.cit, p. 53.
2
L'origine est non préférentielle ou préférentielle
16
Chapitre II L’origine des marchandises
L’objectif escompté de l’accord sur les règles d’origine est de lancer un programme de
travail visant à aboutir à l’adoption des règles d’origine impartiales, transparentes, prévisibles,
uniformes, cohérentes et neutres2. Quoique l’essentiel de ses dispositions visait à discipliner
les règles d’origine non préférentielles, c’est-à-dire celles qui sont d’une application générale
non liées à des régimes commerciaux contractuels ou autonomes qui donnent lieu à l’octroi de
préférences commerciales, son deuxième annexe reconnaît la possibilité d’accorder un
traitement préférentiel allant au-delà de l’application du principe de la nation la plus
favorisée. Les règles d’origine préférentielle constituent une exception aux règles d’origine
non préférentielle.
L'origine non préférentielle est utilisée dans le cadre des relations régies par les règles de
l'Organisation Mondiale du Commerce, c'est-à-dire dans les relations entre l'Algérie et :
- Les pays tiers ;
- Les pays tiers avec lesquels l'Algérie a conclu des accords préférentiels, dès lors que le
produit en cause n'est pas visé par l'accord ou que ce produit ne satisfait pas aux règles
d'origine préférentielle fixées par cet accord ;
Par exemple : une marchandise peut physiquement provenir de France, mais être originaire du
Canada3.
Les marchandises, dans la production desquelles deux ou plusieurs pays interviennent, sont
originaires du pays où a eu lieu "la dernière transformation ou ouvraison substantielle,
économiquement justifiée, effectuée dans une entreprise équipée à cet effet et ayant abouti à
la fabrication d'un produit nouveau ou représentant un stade de fabrication important".
1
Dans les considérants de l’accord sur les règles d’origine, les Membres de l’O.M.C ont affirmé avec force leur
volonté de mettre en place des règles ne créant pas d’obstacles indésirables. L’Accord Général de 1947 a été sur
ce point lacunaire vu qu’il n’a traitait que la question du marquage de l’origine.
2
Voir, D. CARREAU et P. JUILLARD, Droit international économique, L.G.D.J, DELTA, 4ème éd. 1998,
p.224 et en particulier le paragraphe n°563.
3
Les marchandises entièrement obtenues dans un pays sont originaires de ce pays
17
Chapitre II L’origine des marchandises
Est applicable dans les relations privilégiées que l’Algérie entretient avec de nombreux
pays ou groupes de pays, relations formalisées par :
Des accords d’union douanière ;
Des zones de libre échange (accord d’association euro-med)
Ces relations privilégiées sont basées sur une définition de l’origine comportant des règles
générales similaires, mais des différences existent sur un certain nombre de points : chaque
accord préférentiel définit ainsi la notion de produits originaires aux fins de l’application de la
préférence concernée.
Les règles de l’origine préférentielle sont complexes et fondées sur des critères rigoureux et
précis, étant donné que les marchandises qui y répondent peuvent être échangées avec une
préférence tarifaire. 1
Pour les produits entièrement obtenus dans un pays, la solution est évidemment très simple :
ils sont originaires de ce pays.
Pour les autres bien plus nombreux dont la production est effectuée dans plusieurs pays, il
s’agit de déterminer si un produit atteint ou non un certain seuil de transformation permettant
de bénéficier du régime préférentiel. Pour cela, trois critères sont utilisés (parfois
conjointement) :
* La règle de changement de position tarifaire ;
* Le critère de pourcentage de valeur ajoutée minimum ;
* La référence à une ouvraison particulière.
Ces règles sont complétées – et assouplies – par le cumul d’origine, lequel peut être, selon les
accords : bilatéral, multilatéral partiel (diagonal ou régional) ou total…
L’origine des marchandises étant identifiée, encore faut-il la justifier.
Pour bénéficier d’un régime préférentiel, il convient en effet de prouver l’origine des
produits au moment de leur dédouanement dans le pays d’importation.
1
réduction, voire même suspension, de droits de douane
18
Chapitre II L’origine des marchandises
Les règles d’origine applicables aux relations Euro-Méditerranéennes sont régies par des
protocoles additionnels ayant la même valeur juridique que les accords d’association eux
mêmes1.
Ces protocoles sont relatifs à la définition de la notion des produits originaires et aux
méthodes de coopération administratives. Ils ne constituent pas une innovation de la nouvelle
génération d’accords conclus après la conférence de Barcelone de 1995.
Les accords de coopération des années soixante dix prévoyaient des protocoles largement
similaires aux ceux qui figurent dans les nouveaux accords d’association. Par exemple le
traité conclu entre la Tunisie et la Communauté européenne de 1995 a retenu des solutions
qui rappellent l’économie générale de l’accord de coopération de 1976, et qui se rapprochent
aussi de tous accords de libre échange conclus depuis 10 ans par la Communauté. 2 Quoiqu’il
ait une structure semblable en matière des règles d’origine, l’accord de 1976 a été conclu sous
un fondement juridique diamétralement opposé à celui de 1995.
Il accordait des préférences commerciales à sens unique au profit de la Tunisie, son article
premier a inscrit l’accélération du rythme de croissance du commerce tunisien et
l’amélioration des conditions d’accès de ses produits au marché communautaire comme un
objectif majeur. Cependant la génération d’accords des années quatre-vingt-dix a rompu avec
ces privilèges et elle a institué un partenariat fondé sur le principe de la réciprocité dans la
perspective d’établissement d’une zone de libre échange. Même si les liens de la communauté
avec ces pays sont formalisés dans des accords conclus bilatéralement, l’objectif est
d’irriguer un organisme dont on cherche par ailleurs à renforcer sans cesse l’unité et la
1
Voir à titre d’exemple l’article 91 de l’accord d’association Tunisie-Communauté européenne.
2
L.F. HUGELIN, L’adaptation du droit économique tunisien aux échanges commerciaux avec l’Union
Européenne : un exemple de rapprochement spontané des législations des Etats associés, thèse de doctorat en
droit de l’université d’Aix Marseille, 1995, p.255.
19
Chapitre II L’origine des marchandises
1
cohérence. La création d’un espace économique ouvert entre les partenaires de la zone est
certes une ambition légitime mais elle est loin d’être une réalité du moins à l’heure actuelle.
Le protocole additionnel relatif aux règles d’origine prévoient la mise en place d’un système
de cumul d’origine permettant d’accorder un traitement préférentiel aux produits originaires
du territoire de l’une des parties. Afin de lutter contre toute acquisition frauduleuse d’origine,
les dispositions du protocole ont contribué au renforcement du régime de preuve.
Les conditions requises pour l’application du système de cumul diffèrent selon la nature du
produit en question. On oppose traditionnellement les produits naturels extraits du sol ou
récoltés ou pêchés de la mer aux produits manufacturés non nécessairement obtenus par des
composants nationaux. L’hétérogénéité des produits qui circulent sur le marché est
susceptible d’être ramenée à deux catégories (І).
De même les règles de cumul sont de deux dimensions : les règles de cumul bilatéral et les
règles de cumul diagonal (П).
A. Les produits entièrement obtenus sur le territoire de l’une des deux parties :
Ces produits sont énumérés dans le protocole sous forme d’une liste limitative2.
La liste énumérative des produits entièrement obtenus sur un territoire donné est dans une
large mesure commune à tous les produits abstraction faite de leur origine.
1
Europe et pays méditerranéens et arabes. Publication de l’institut européen de recherches sur la coopération
méditerranéenne et Euro-Arabe (MEDEA), juin 2003, p.9.
2
L’article 6 paragraphe premier du protocole additionnel à l’accord d’association Tunisie-Communauté
européenne
20
Chapitre II L’origine des marchandises
Le rattachement de certains produits qui figurent sur la liste ne pose aucun problème
lorsqu’ils sont extraits, récoltés ou élevés sur le territoire douanier de chaque partie. Mais
certaines opérations sont d’une complexité pouvant être une source de confusions. Ils en est
ainsi des produits de la pêche maritime et autres produits tirés de la mer par leurs navires et
les produits fabriqués à bord de leurs navires-usines, exclusivement à partir des produits
pêchés ou tirés de la mer1.
Ces opérations sont rattachées à un pays à un autre suivant le point d’extraction par rapport
aux eaux territoriales. Les produits extraits dans le périmètre de ces eaux acquièrent l’origine
du pays hôte. Alors que ceux obtenus dans leurs limites sont-ils vraiment originaires de ces
pays surtout que les frontières maritimes sont souverainement délimitées et parfois non
nécessairement reconnues.
Les produits péchés, tirés et fabriqués ne sont considérés originaires que si les navires
réunissent certaines conditions énumérées limitativement. Ils s’agissent de ceux:
- qui sont immatriculés ou enregistrés dans un Etat membre
- qui appartiennent pour moitié au moins à des ressortissants des Etats membres,
- l’état major est entièrement composé de ressortissant des Etats-membres
- l’équipage est composé, dans une proportion de 75% au moins, de ressortissants des Etats
membres
Cette série de conditions concerne la nationalité, la propriété et la qualité des personnels qui
sont sur le navire.
Le durcissement des conditions requises à cette fin devrait limiter le contournement
frauduleux d’acquisition d’une origine préférentielle.
Il s’agit des produits obtenus à partir des intrants totalement ou partiellement obtenus d’une
source étrangère.
1
Le point (f) et (g) de l’article 6.1 du protocole.
21
Chapitre II L’origine des marchandises
L’absorption totale de la matière étrangère dans le cycle productif est réalisée lorsqu’elle
subit une ouvraison ou une transformation suffisante1.
En général, les matières, pièces ou composants importés par le pays bénéficiaire en vue
de leur transformation sont réputés avoir subi une transformation suffisante, si le produit
obtenu appartient à une position tarifaire à quatre chiffres du Système Harmonisé (S.H) autre
que celle dont relèvent les matières, pièces ou composants précités.2 Toutefois, comme un
changement de position dans le S.H ne traduit pas toujours une transformation substantielle,
les pays donneurs ont établi une liste d’opérations qui font exception à la règle générale (liste
d’exception).
Cette liste reprend les opérations manufacturières qui n’ouvrent droit au traitement
préférentiel que sous certaines conditions, même si elles entraînent un changement de position
dans le S.H par exemple, à condition que certaines matières tels que fibres, fils, etc soient
utilisées au départ du processus de transformation ou que le produit soit fabriqué à partir de
matières premières marocaines ou que les opérations se fassent en plusieurs étapes ou qu’un
pourcentage complémentaire soit acquis etc...
Le classement d’un produit dans une position tarifaire autre que celle afférente aux matières
non entièrement obtenues dans le territoire de l’une des parties et ayant participé dans le cycle
productif suffit pour le considérer comme ayant subi une transformation ou une ouvraison
suffisante.
Le critère de changement de position tarifaire semble être la règle générale applicable aux
fins d’attribuer l’origine préférentielle à des produits concurremment obtenus par des intrants
internes et externes.
Ce changement est consommé du fait que le produit passe d’une position tarifaire à une
autre et non d’une position à une sous-position. Le passage d’une position tarifaire à une autre
1
F. DEHOUSSE et PH. VINCENT considèrent qu’un produit conserve son origine lorsque la matière non
originaire incorporée dans la production ne dépasse pas la valeur de 40% des matières utilisées, op.cit., p.138.
2
changement de position dans le S.H
22
Chapitre II L’origine des marchandises
est synonyme d’un saut qualitatif par exemple en passant d’une position planches de bois à
une position mobilier.1
Ce critère est dans certains cas inefficace et arbitraire surtout lorsqu’il s’agit d’attribuer
l’origine non sur la base de l’état brut, fini ou semi-fini du produit mais sur la base des
variables n’ayant aucun rapport avec la production, tel par exemple la destination ou
l’utilisation2.
Le protocole prévoit la possibilité de mettre en oeuvre un traitement au cas par cas pour
certains produits ou encore l’application du critère de la valeur ajoutée3.
Le cumul bilatéral désigne que les matières originaires du territoire d’une partie à un accord
bilatéral qui sont incorporés dans un produit obtenu sur le territoire de l’autre partie seront
considérés comme originaires de ce dernier, même si elles n’y sont pas fait l’objet d’une
ouvraison suffisante4.
A condition, toutefois, qu’ils aient fait l’objet d’ouvraisons ou transformations allant au-
delà des opérations considérées insuffisantes pour conférer l’origine
On déduit qu’il n’est pas exigé que la marchandise ait subi une transformation suffisante, il
faut qu’elle ait simplement subi des opérations allant au-delà de celles considérées comme
insuffisantes
1
C-J. BERR et B. TREMEAU, Introduction au droit douanier, 1988 édition économica op. cit., p.57.
2
C-J. BERR et B. TREMEAU, Le droit douanier communautaire et national, 1995 édition économica op.cit,
p.102.
3
L.F.HUGELIN , les pays du Maghreb dans des relations bi-pôlaires avec l’Europe. 1995. p.256 .
4
F. DEHOUSSE et PH. VINCENT, Les règles d’origine de la Communauté européenne, Pratique du droit
communautaire, Bruylant, Bruxelles, 1999, p.121.
23
Chapitre II L’origine des marchandises
A titre d’exemple, une boisson originaire du Japon est exportée en Algérie en vue de sa
commercialisation ne sera pas considérée comme originaire de l’Algerie, lorsque l’exportateur
se contente d’apposer sur les emballages du produit en cause des étiquettes rédigées en langue
arabe. Dans ce cas on ne va pas appliquer la règle du cumul à cette boisson qui conserve
toutefois son origine japonaise vu que l’opération effectuée rentre dans le cadre des
ouvraisons insuffisantes pour conférer une origine préférentielle1.
Les accords d’association Euro-Méditérranéens, du moins ceux conclus avec les pays du
Maghreb, ont institué outre le système de cumul bilatéral un système de cumul diagonal. Les
accords conclus avec la Tunisie, le Maroc et l’Algérie prévoient des dispositions spécifiques
de cumul d’origine qui concernent à la fois les matières originaires de ces pays ainsi que
l’ouvraison et les transformations effectuées.
Les produits originaires des territoires de l’un des quatre partenaires seront considérés
comme originaires du dernier pays où ils ont fait l’objet d’ouvraison allant au-delà de celle
insuffisante2. Cet alignement de l’origine ne permet de créer un réseau de reconnaissance
mutuelle que lorsque les échanges entre les trois pays du Maghreb seront régis par des règles
d’origine identiques3.
Cette exigence devrait favoriser l’intégration Euro-Maghrebine qui est inscrite parmi les
objectifs des accords d’association. Mais ces derniers ne prévoient le cumul diagonal qu’entre
eux mêmes et ils ne reconnaissent pas un cumul diagonal avec les autres pays de la
méditerranée, dont les pays du Machrek, l’Egypte, la Syrie, le
Liban, la Jordanie et la Palestine. Ainsi, les accords d’association avec les pays du Maghreb
prévoient un cumul diagonal partiel non élargi aux autres pays de la zone
1
F.DEHOUSSE et Ph. VINCENT Les règles d’origine de la Communauté européenne, Pratique du droit
communautaire, Bruylant, Bruxelles, 1999, p.122.
2
Article 4 du protocole.
33
L.F.HUGELIN , les pays du Maghreb dans des relations bi-pôlaires avec l’Europe. 1995.
24
Chapitre II L’origine des marchandises
La notion de l’origine du produit n’a pas reçu l’importance q’elle mérite dans le cadre
des échanges non préférentiels de l’Algérie, parce que principalement, il n’y a pas d’enjeu
fiscal et accessoirement, l’Algérie n’utilise pas l’origine des produits comme moyen
d’orientation dans sa politique commerciale.
Quant à nos échanges préférentiels avec les pays de l’Afrique du nord, le peu d’intérêt
donnée à la notion de l’origine pourrait se justifier par le volume des échanges peu
important qui lie l’Algérie à cette région, ajouter au fait que les règles d’origine retenues,
les procédures de certification et de contrôle ne suscitent pas de difficultés particulières
d’application.
L’origine non préférentielle est définit par le code des douanes algérien comme :
« le pays d’origine d’une marchandise est celui ou elle a été extraite du sous sol, récoltée
ou fabriquée ». 1
En sus à cette disposition législative, il est prévu l’adoption d’un arrêté réglementaire pour
expliciter et définir les termes des « produit extrait du sous sol », « produit récolté » mais
en particulier «produit fabriqué ». Aussi, il est prévu que l’administration des douanes
1
Article 14 du code des douanes Algérien
25
Chapitre II L’origine des marchandises
prenne une décision qui définira le modèle du certificat d’origine et les conditions de son
établissement. Cependant, ces textes réglementaires de mise en application n’ont pas été
adoptés à ce jour.
Si le certificat peut être exigé comme il est prévu par les dispositions du code des
douanes, en pratique, il le serait pour des considérations sanitaires ou phytosanitaires, et non
pas pour des considérations commerciales ou économiques.
Pour ma part, je n’ai pas connaissance de cas ou les douanes algériennes ont exigé un
certificat d’origine en raison d’application des contingents quantitatifs ou de vérification
du degré d’ouvraison ou de transformation d’un produit fabriqué dans un autre pays.
La preuve d’origine préférentielle est, par contre, exigée pour nos échanges dans le cadre
des conventions et accords tarifaires conclus par l’Algérie. Bien entendu, en raison des
privilèges fiscaux qui en découlent.
26
Chapitre II L’origine des marchandises
Dans nos échanges avec les pays de l’Afrique du Nord, l’Algérie a conclu des
conventions tarifaires bilatérales avec la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie et la Libye, et
fait parti dans deux accords multilatéraux regroupant le premier, les 5 pays de l’UMA et le
deuxième, les 21 pays de la ligue arabe.
A ce titre, il est institué dans chaque convention ou accord des règles d’origine et des
procédures de certifications.
Tous ces accords retiennent pour la détermination de l’origine deux critères d’origine à
savoir : le critère de l’ « entièrement obtenu » et le critère du « pourcentage ad valorem ».
Pour ce dernier critère, il y’a lieu de remarquer que les bases de calcul des plus values
locales retenues sont différentes d’une convention à l’autre. On peut cite à titre d’exemple:
La plus value locale est de 40% de la valeur FOB du produit obtenu dans la convention
algero- marocaine ;
Elle est de 50% de la valeur globale nouvelle dans la convention Algero tunisienne ;
Elle est de 60% de la valeur des matières locale utilisées dans le produit obtenu dans la
convention algero mauritanienne. Ce taux est ramené à 40% pour encourager les industries
de montage ;
Elle est de 40% de la valeur globale du produit obtenu dans la convention algero
libyenne;
1
Bureau de la CEA pour l’Afrique du nord - Réunion d’experts sur les règles d’origine juin 2006
27
Chapitre II L’origine des marchandises
Concernant les accords multilatéraux, cette plus value est de 40% de la valeur globale
du produit obtenu dans l’accord de l’UMA. Ce pourcentage est porté à 60% dans le cumul
avec les matières originaires des autres pays du Maghreb ; et elle est de 40% de la valeur
finale du produit dans la convention des Etats de la ligue arabe.
On peut constater que la base de calcul de la plus value locale et du prix du produit
obtenu sont donnés d’une manière générale : (valeur Fob ; valeur finale ; valeur globale
;…). Elle n’est pas précise pour calculer la plus value locale et le prix du produit obtenu.
En pratique, on se demande s’il y’a lieu d’inclure les frais de la main d’œuvre, de
transport, d’assurance, …..Cela pose certaines difficultés à la détermination du caractère
originaire.
En effet, dans le cadre de nos échanges avec le Maroc et la Libye, il est considéré
comme originaire, le produit fabriqué qui a acquit une plus value locale égale au moins à
40%, calculée sur la valeur du produit fini sortie usine.
Il faudrait dire qu’à l’exception de cette dernière convention, toutes les autres conventions
on été signées durant la décennie 80. Certainement à l’époque ou les règles d’origine des
produits n’étaient pas si élaborées et si importantes, telles qu’elles le sont aujourd’hui.
28
Chapitre II L’origine des marchandises
Pour les conventions qui ont prévu de modèles de certificat à délivrer, c’est la Chambre
Algérienne du Commerce et de l’Industrie (CACI), à travers ses antennes régionales qui
délivrent les certificats d’origine pour les produits d’origine algérienne. Ces certificats
sont visés par l’administration des douanes au moment de l’exportation.
Une exception existe, cependant, avec le Maroc, dans la mesure ou il a été convenu
entre les deux pays l’utilisation de l’exemplaire exportation de la déclaration en détail des
douanes comme moyen de certification des produits échangés entre les deux pays. A cet
effet, le service des douanes du bureau de l’exportation porte la mention d’origine du
produit algérien sur l’exemplaire exportation de la déclaration en douane.
Concernant les accords multilatéraux conclus dans le cadre de l’UMA et les Etats de la
ligue arabe, bien qu’ils ne sont pas en application en Algérie, ces textes ratifiés par
l’Algérie ne prévoient pas de modèle de certificat d’origine.
Il y’a lieu de souligner enfin que seules les deux conventions conclues avec la Tunisie et
la Mauritanie, ont prévu des méthodes de contrôle a posteriori des preuves d’origine et de
coopération administratives.
Pour terminer cette note, je voudrais souligner tout de même l’intérêt présent et futur
des règles d’origine. D’abord, l’origine non préférentielle reste une question posée devant
le processus de négociation de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC. Cette question est
appelée à être réglée. Ensuite, les règles d’origine préférentielle adoptées dans le cadre du
protocole pan euro méditerranéen. Ce protocole est considéré comme un instrument
fondamental qui permettra l’accroissement de la coopération économique et commerciale
dans la région.
Cela résume l’intérêt que mérite la notion de l’origine des marchandises pour un pays
comme l’Algérie.
29
Chapitre III La valeur en douane
Lorsque la valeur ne peut être déterminée sur la base de la valeur transactionnelle des
marchandises importées ou de marchandises identiques ou similaires importées celle-ci est
déterminée sur la base du prix unitaire auquel les marchandises sont vendues en l'état où
elles sont importées à un acheteur qui n'est pas lié au vendeur dans le pays d'importation
comme cette valeur en douane peut être déterminée sur la base de la valeur calculée ou par
la méthode du dernier recourt. 3
1
Article 16 ter du code des douanes Algérien.
2
Article 16 quater et 16 quinquiès du code des douane Algérien.
3
Article 16 sexiès, Article 16 septiès et Article 16 bis du cde des douanes Algérien.
30
Chapitre III La valeur en douane
Les activités entreprises par l'acheteur pour son propre compte, ne sont pas considérées
comme un paiement indirect au vendeur, même si l'on peut considérer que le vendeur en
bénéficie. Il en résulte que, pour la détermination de la valeur en douane, le coût de ces
activités ne sera pas ajouté au prix effectivement payé ou à payer.
La valeur en douane ne comprendra pas les frais ou coûts ci-après, à la condition qu'ils
soient distincts du prix effectivement payé ou à payer pour les marchandises importées:
a) frais relatifs à des travaux de construction, d'installation, de montage, d'entretien ou
d'assistance technique entrepris après l'importation en ce qui concerne des marchandises
importées, telles que des installations, des machines ou du matériel industriels,
b) coût du transport après l'importation,
c) droits et taxes du pays d'importation.
Le prix effectivement payé ou à payer s'entend du prix des marchandises importées. Ainsi,
les transferts de dividendes et les autres paiements de l'acheteur au vendeur qui ne se
rapportent pas aux marchandises importées ne font pas partie de la valeur en douane.
Si la vente ou le prix sont subordonnés à des conditions ou à des prestations dont la valeur,
dans le cas des marchandises à évaluer, ne peut être déterminée, la valeur transactionnelle ne
sera pas acceptable à des fins douanières. Il pourra s'agir, par exemple, des situations
suivantes:
1
Accord Relatif a la mise en oeuvre de l'article VII de l'accord général sur les tarifs douaniers et le commerce.
31
Chapitre III La valeur en douane
L’acheteur et le vendeur sont liés, les circonstances propres à la vente seront examinées et
la valeur transactionnelle admise comme valeur en douane pour autant que ces liens n'ont pas
influencé le prix. Il ne faut pas entendre par là que les circonstances de la vente devraient être
examinées chaque fois que l'acheteur et le vendeur sont liés.
Cet examen ne sera exigé que lorsqu'il y aura doute quant à l'acceptabilité du prix. Lorsque
l'administration des douanes n'a aucun doute quant à l'acceptabilité du prix, celui-ci devrait
être accepté sans que l'importateur soit tenu de fournir des renseignements complémentaires.
Par exemple, l'administration des douanes peut avoir examiné précédemment la question
des liens, ou être déjà en possession de renseignements détaillés concernant l'acheteur et le
vendeur, et être déjà convaincue, sur la base de cet examen ou de ces renseignements, que les
liens n'ont pas influencé le prix.
32
Chapitre III La valeur en douane
de fournir tous les autres renseignements détaillés qui pourraient être nécessaires pour lui
permettre d'examiner les circonstances de la vente.
A cet égard, l'administration des douanes devrait être prête à examiner les aspects pertinents
de la transaction, y compris la façon dont l'acheteur et le vendeur organisent leurs rapports
commerciaux et la façon dont le prix en question a été arrêté, afin de déterminer si les liens
ont influencé le prix.
S'il pouvait être prouvé que l'acheteur et le vendeur, achètent et vendent l'un à l'autre
comme s'ils n'étaient pas liés, il serait ainsi démontré que les liens n'ont pas influencé le prix.
Par exemple, si le prix avait été arrêté de manière compatible avec les pratiques normales de
fixation des prix dans la branche de production en question, ou avec la façon dont le vendeur
arrête ses prix pour les ventes à des acheteurs qui ne lui sont pas liés, cela démontrerait que
les liens n'ont pas influencé le prix. De même, lorsqu'il serait prouvé que le prix est suffisant
pour couvrir tous les coûts et assurer un bénéfice représentatif du bénéfice global réalisé par
l'entreprise sur une période représentative (par exemple sur une base annuelle) pour des
ventes de marchandises de la même nature ou de la même espèce, il serait ainsi démontré que
le prix n'a pas été influencé.
L’importateur aura la possibilité de démontrer que la valeur transactionnelle est très proche
d'une valeur "critère" précédemment acceptée par l'administration des douanes et qu'elle est
1
Accord Relatif a la mise en oeuvre de l'article VII de l'accord général sur les tarifs douaniers et le commerce.
33
Chapitre III La valeur en douane
par conséquent acceptable lorsqu'il est satisfait à l'un des critères prévus il n'est pas nécessaire
d'examiner la question de l'influence
Un certain nombre d'éléments doivent être pris en considération pour déterminer si une
valeur "est très proche" d'une autre valeur.
Les méthodes d'évaluation de la valeur sont énoncées dans l'ordre où elles sont applicables.
La méthode première pour la détermination de la valeur en douane est définie commettant le
prix effectivement payé ou à payer.
34
Chapitre III La valeur en douane
Lorsque la valeur en douane ne peut être déterminée par application des dispositions
d'aucun des méthodes, elle doit l'être par application des principes de comptabilité
généralement admis.
Les "principes de comptabilité généralement admis" sont ceux qui font l'objet, dans un pays
et à un moment donné, d'un consensus reconnu ou d'une large adhésion de sources faisant
autorité et qui déterminent quelles sont les ressources et les obligations économiques à
enregistrer à l'actif et au passif, quels sont les changements intervenant dans l'actif et le passif
qui devraient être enregistrés, comment l'actif et le passif, ainsi que les changements
intervenus, devraient être mesurés, quels renseignements devraient être divulgués et de quelle
manière, et quels états financiers devraient être établis.
L'administration des douanes de chaque Partie utilisera les renseignements établis d'une
manière compatible avec les principes de comptabilité généralement admis dans le pays
approprié Par exemple, les bénéfices et frais généraux habituels, (frais généraux relatifs aux
ventes, frais habituels de transport et d'assurance….etc.) seraient déterminés en utilisant des
renseignements établis d'une manière compatible avec les principes de comptabilité
généralement admis dans le pays d'importation. Par contre, les bénéfices et frais généraux
habituels, (coût ou la valeur des matières et des opérations de fabrication ou autres, mises en
oeuvre pour produire les marchandises importées….etc.), seraient déterminés en utilisant des
renseignements établis d'une manière compatible avec les principes de comptabilité
généralement admis dans le pays de production.
35
Chapitre III La valeur en douane
Si la valeur en douane ne peut être déterminée par ces méthodes, elle est déterminée, sur la
base des données disponibles, par des moyens raisonnables compatibles avec les principes et
les dispositions générales de l’OMC
I. Marchandises identiques :
Si la valeur en douane des marchandises importées ne peut être déterminée par application
des dispositions de la première méthode, la valeur en douane sera la valeur transactionnelle de
marchandises identiques, vendues pour l'exportation à destination du même pays
d'importation et exportées au même moment ou à peu près au même moment que les
marchandises à évaluer.
« Marchandises identiques désigne des marchandises produites dans le même pays qui sont
les mêmes à tous égards, y compris les caractéristique physiques, la qualité et la réputation.»1
1
Article 16 Code Des Douanes
36
Chapitre III La valeur en douane
Il sera possible de se référer à une vente de marchandises identiques réalisée dans l'une
quelconque des trois situations suivantes:
a) vente au même niveau commercial, mais portant sur une quantité différente,
b) vente à un niveau commercial différent, mais portant sensiblement sur une même quantité,
ou
c) vente à un niveau commercial différent et portant sur une quantité différente.
S'il y a eu vente constatée dans l'une quelconque de ces trois situations, des ajustements
seront opérés pour tenir compte, selon le cas,
a) uniquement du facteur quantité,
b) uniquement du facteur niveau commercial, ou
c) à la fois du facteur niveau commercial et du facteur quantité
Par exemple, si les marchandises importées à évaluer consistent en un envoi de dix unités,
que les seules marchandises importées identiques pour lesquelles il existe une valeur
transactionnelle ont été vendues en quantité de 500 unités, et qu'il est reconnu que le vendeur
accorde des rabais de quantité, l'ajustement nécessaire pourra être opéré en invoquant le prix
courant du vendeur et en utilisant le prix applicable à une vente de dix unités.
Si la valeur en douane des marchandises importées ne peut être déterminée par application
des deux premières méthodes la valeur en douane sera la valeur transactionnelle de
marchandises similaires, vendues pour l'exportation à destination du même pays d'importation
et exportées au même moment ou à peu près au même moment que les marchandises à
évaluer.
37
Chapitre III La valeur en douane
« Marchandise similaires désigne des marchandises produites dans le même pays qui, sans
être pareilles à tous égards, présentent des caractéristiques semblables et sont composées de
matières semblables, ce qui leur permet de remplir les mêmes fonctions et d’être
commercialement interchangeables.»1
L'administration des douanes se référera, chaque fois que cela sera possible, à une vente de
marchandises similaires, réalisée au même niveau commercial et portant sensiblement sur la
même quantité que la vente des marchandises à évaluer. En l'absence de telles ventes, il sera
possible de se référer à une vente de marchandises similaires, réalisée dans l'une quelconque
des trois situations suivantes:
a) vente au même niveau commercial, mais portant sur une quantité différente,
b) vente à un niveau commercial différent, mais portant sensiblement sur une même quantité,
ou
c) vente à un niveau commercial différent et portant sur une quantité différente.
S'il y a eu vente constatée dans l'une quelconque de ces trois situations, des ajustements
seront opérés pour tenir compte, selon le cas,
a) uniquement du facteur quantité,
b) uniquement du facteur niveau commercial, ou
c) à la fois du facteur niveau commercial et du facteur quantité
1
Article 16 Code Des Douanes
38
Chapitre III La valeur en douane
Par exemple, si les marchandises importées à évaluer consistent en un envoi de dix unités, que
les seules marchandises importées similaires pour lesquelles il existe une valeur
transactionnelle ont été vendues en quantité de 500 unités, et qu'il est reconnu que le vendeur
accorde des rabais de quantité, l'ajustement nécessaire pourra être opéré en invoquant le prix
courant du vendeur et en utilisant le prix applicable à une vente de dix unités. Il n'est pas
nécessaire pour cela qu'une vente de 10 unités ait eu lieu, dès lors qu'il aura été établi, du fait
de ventes portant sur des quantités différentes, que le prix courant est sincère et véritable.
39
Chapitre III La valeur en douane
L'expression "prix unitaire" correspondant aux ventes totalisant la quantité la plus élevée"
s'entend du prix auquel le plus grand nombre d'unités est vendu, lors de ventes à des
personnes qui ne sont pas liées aux personnes auxquelles elles achètent les marchandises en
question, au premier niveau commercial suivant l'importation auquel s'effectuent ces ventes.
Par exemple: des marchandises sont vendues sur la base d'un prix courant comportant des
prix unitaires favorables pour les achats en relativement grandes quantités.
40
Chapitre III La valeur en douane
pays d'importation et à accorder des facilités pour toutes vérifications ultérieures qui
pourraient être nécessaires.
"La valeur" est à déterminer sur la base de renseignements relatifs à la production des
marchandises à évaluer, qui seront fournis par le producteur ou en son nom. Il se fondera sur
la comptabilité commerciale du producteur, à condition que cette comptabilité soit compatible
avec les principes de comptabilité généralement admis qui sont appliqués dans le pays de
production des marchandises.
La valeur calculée sera égale à la somme
a) du coût ou de la valeur des matières et des opérations de fabrication ou autres, mises en
oeuvre pour produire les marchandises importées,
b) d'un montant pour les bénéfices et frais généraux, égal à celui qui entre généralement dans
les ventes de marchandises de la même nature ou de la même espèce que les marchandises à
évaluer, qui sont faites par des producteurs du pays d'exportation pour l'exportation à
destination du pays d'importation,
c) du coût ou de la valeur de toute autre dépense dont il y a lieu de tenir compte :
- frais de transport des marchandises importées jusqu'au port ou lieu d'importation,
- frais de chargement, de déchargement et de manutention connexes au transport des
marchandises importées jusqu'au port ou lieu d'importation, et
- coût de l'assurance.
Aucune Partie ne pourra requérir ou obliger une personne ne résidant pas sur son territoire
de produire, pour examen, une comptabilité ou d'autres pièces, ou de permettre l'accès à une
comptabilité ou à d'autres pièces, aux fins de déterminer une valeur calculée. Néanmoins, les
renseignements communiqués par le producteur des marchandises aux fins de la
détermination de la valeur en douane pourront être vérifiés dans un autre pays par les autorités
du pays d'importation, avec l'accord du producteur et à la condition que ces autorités donnent
un préavis suffisant au gouvernement du pays en question et que ce dernier ne fasse pas
opposition à l'enquête.
41
Chapitre III La valeur en douane
La valeur en douane doit, dans ces conditions, être déterminée sur la base des données
disponibles par des moyens raisonnables compatibles avec les principes et dispositions
générales de l'accord relatif à la mise en oeuvre de l'article VII de l'accord général sur les
tarifs douaniers et le commerce, et des dispositions de l’article 16 du CDA.
Dans la pratique, la méthode du dernier recours consiste à utiliser les méthodes antérieures
mais avec une souplesse raisonnable dans leur application. Cela suppose notamment que
l'ordre de priorité doit être suivi lorsque cela est raisonnablement possible.
42
Conclusion 1ere partie
Il y a trois principales notions à connaître pour mener à bien la rédaction d’une déclaration
douanière et déterminer le traitement douanier à réserver à une marchandise :
- L’espèce tarifaire
- L’origine des marchandises
- La valeur en douane
Après avoir présenté ces éléments de taxation, on a pu remarquer leur complexité surtout
face à la nouvelle transition de notre économie de marché, notamment avec la demande
d’adhésion de l’Algérie à l’organisation mondiale du commerce.
43
2eme Partie Le Contrôle des éléments de taxation
Deuxième partie
Le Contrôle des éléments de taxation
Le contrôle doit être basé sur certains éléments pour être mieux sélectif et objectivement
efficace, c’est à dire, il doit avoir une référence (CHAPITRE 1), après il peut prendre
plusieurs formes (CHAPITRE 2) et à la fin comme (CHAPITRE 3) la fraude liée aux
éléments de taxation.
44
Chapitre I la référence du contrôle douanier
Les services chargés de la lutte contre la fraude doivent disposer d’une information sure,
complète et crédible sur les courants de la fraude et qu’ ils faudrait ensuite exploiter
judicieusement.
A. Le renseignement stratégique :
45
Chapitre I la référence du contrôle douanier
Ils sont des informations sur une opération de fraude bien déterminée, qui permet de monter
un dispositif de contrôle adéquat, c’est à dire, le renseignement tactique consiste une
information qui donne la naissance d’une enquête sur une opération de fraude.
Les sources de l’information sur la fraude - en matière des régimes douaniers économiques
comme toute la fraude douanière – sont multiples mais en général sont des résultats d’un
contrôle par la douane ou autre service ou collaborant.
Ce sont les autorités publiques en général, et surtout les déférents services de contrôle qui
peuvent collecter des informations concernant la fraude commerciale, à l’occasion d’exercer
leurs fonctions.
Ces sources comprennent notamment :
(1)
DNRED, intervention à Alger entre 07 et 13 / 12 /2002.
46
Chapitre I la référence du contrôle douanier
Ce sont les sources de l’information où les fraudeurs ont des transactions différentes, il
s’agit notamment :
- Les commissionnaires en douanes , déclarants et transitaires.
- Les autres agents travaillant dans les ports et aéroports ;
- Les compagnies maritimes et aériennes ;
- Les exploitants des ports et aéroports ;
- Les banques ;
- Les sociétés téléphoniques ;
- Les entreprises de transports ;
- Les sociétés d’assurance ; les fournisseurs et concurrents ;
Et toutes autres sources sur l’activité commerciale comme les médiats, l’internet…etc.
C. Les informateurs :
Ce sont des personnes qui disposés à fournir des informations sur d’autres personnes,
sociétés ou organismes qui commettent ou envisagent de commettre des infractions en matière
douanière. Ils peuvent s’avérer extrêmement utile car fournissant généralement des
renseignements de proximité parfois déterminants concernant la fraude.
47
Chapitre I la référence du contrôle douanier
Chaque information concernant la fraude douanière peut guider les enquêteurs à déceler les
irrégularités ou la fraude. De ce fait, cette information doit être objet d’une évaluation et
analyse par les fonctionnaires chargés du renseignement et investigation pour aboutir à
constitution d’un dossier, qui peut être remis à un enquêteur afin de prendre les mesures
nécessaires.
Il est nécessaire pour l’administration des douanes de créer ses propres réseaux et systèmes
de renseignements, lesquels doivent être adaptés à ses propres besoins et conçus en fonction
des risques apparents, un tel système comprendra vraisemblance des unités de
renseignements locales établies les ports et aéroport et les différents postes des douanes, ainsi
48
Chapitre I la référence du contrôle douanier
qu’un service de renseignement central capable de diffuser les informations dans l’ensemble
de l’administration.
Faut de pouvoir contrôler toutes les opérations, il est important de faire un choix, ce choix
pour être judicieux, doit porter sur des opérations qui présentent d’un certain risque de
fraude, en tenant compte d’un certain nombre de paramètres et prenant en considérations les
indices de la fraude comme nous avons indiqué ci-dessus.
(1)
gestiondes base des donées,note de cours, génie industriel ENP 1998.
49
Chapitre I la référence du contrôle douanier
La sélection consiste à dégager la masse des opérations celles qui doivent faire l’objet des
contrôles a posteriori, est guidée par le motif d’efficacité et de rendement, en effet, elle
permet de repérer les opérations à haut risque de fraude, ceci d’un coté. De l’autre coté,
utiliser le moins de ressources possibles.
En tenant compte du rôle positif que joue la sélection lorsqu’il s’agit de favoriser à la fois
simplicité du commerce extérieur et la lutte contre la fraude, il convient de rechercher
constamment les voies et moyens de son amélioration, les techniques informatiques
présentent à cette fin un intérêt inappréciable.
L’outil informatique peut être utilisé à la fois à des fins de gestion et pour aider les services
de prévention et de répression à contrôler les échanges internationaux. En les techniques
informatiques contribuent à la facilitation du traitement des déclarations, et par la même à
l’assouplissement des procédures de dédouanement, elles peuvent être utilisées avec succès
pour assister les services de la lutte contre la fraude en ce sens qu’elles complétant leur
expérience et leur jugement mais sans les remplacer.
De ce fait, le traitement des déclarations étant assisté par informatique, le volume des
travaux d’écriture est réduit, aussi, les agents au lieu de gaspiller le temps à des taches
routinières se consacrent plus particulièrement sur les opérations à hauts risques.
50
Chapitre II les formes du contrôle douanier
Toutes les marchandises importées ou exportées doivent être conduites et mises en douane,
et cela selon l’article 51 de la loi n° 79-07 du 21/08/1997 modifiée et complétée portant code
«
des douanes, qui stipule Toute marchandise importée ou destinée à être exportée ou
réexportée doit être conduite auprès d’un bureau de douane compétant pour y être soumise au
contrôle douanier ». Après avoir satisfait les règles de conduite, présentation et mise en
douane, les marchandises doivent satisfaire à certaines formalités tendant à les placer sous un
régime douanier prévu par le droit douanier en vue de garantir l’application des divers
réglementations relatives aux échanges extérieurs que la douane a pour mission de faire
appliquer.1 Cette opération s’effectue par le dépôt d’une déclaration en détail, et à l’appui de
laquelle on dépose tout un dossier.
1
CHERAITIA (A.), Législation douanière, cours de 3ème année douanes, ENA, 2003
51
Chapitre II les formes du contrôle douanier
On verra dans cette section l’enregistrement de la déclaration en détail et ces effets, puis les
contrôles opérés par les services des douanes et aussi le traitement primitif de la déclaration
par le SIGAD et l’intérêt de ces contrôles.
A. La déclaration en détail :
«
L’article 75 du code des douanes stipule : Toutes les marchandises importées ou
réimportées, destinées à être exportées ou réexportées doivent faire l’objet d’une déclaration
en détail ». En réalité toute l’opération de dédouanement s’effectue sur la base d’une
déclaration en détail du l’importateur, contrôlée par le service des douanes.
«
1. Définition : La déclaration peut se définir comme étant L’acte par lequel le déclarant
indique le régime douanier à assigner aux marchandises et communique les éléments requis
pour l’application des droits et taxes et pour les besoins du contrôle douanier ». 1
1
Article 75 de la loi n° 79-07 du 21/08/1979 modifiée et complétée portant code des douanes, JORA n° 61 du
23/08/1998
52
Chapitre II les formes du contrôle douanier
est posé par l’article 82 du code des douanes : « la déclaration en détail doit être faite par écrit,
elle doit être signée par le déclarant ».
Les déclarations en détail reconnues recevables par les agents des douanes sont
«
immédiatement enregistrées. L’article 87 du code des douanes stipule : Les déclarations
reconnues recevables dans la forme par l’administration des douanes ….font l’objet d’un
enregistrement … ». L’enregistrement des déclarations a pour effets :
- De lier le déclarant vis-à-vis de l’administration des douanes ;
- De déterminer le moment à prendre en considération pour le calcul des droits et taxes
à percevoir puisqu’ils sont ceux en vigueur à la date d’enregistrement de la déclaration
en détail.
53
Chapitre II les formes du contrôle douanier
- Annulation des déclarations : C’est l’article 89 bis du code des douanes qui prévoit ces
cas : « Le déclarant peut demander l’annulation des déclarations :
a- A l’importation : s’il apporte la preuve que les marchandises ont été déclarées par
erreur ou que cette déclaration ne se justifie plus en raison de circonstances
particulières.
b- A l’exportation : si le déclarant justifie :
- Que les marchandises n’ont pas quitté le territoire douanier.
- Qu’il apporte la preuve qu’il n’a pas bénéficié des avantages liés à l’exportation.
Lorsque le service des douanes a informé le déclarant de son intention de procéder à la
vérification des marchandises, la demande d’annulation ne peut être accepté qu’après cette
vérification ait eu lieu et qu’aucune infraction n’est été constaté ».
2. Les effets juridiques de la déclaration en détail : Trois effets très importants découlent
de la déclaration en détail :
- La déclaration engage la responsabilité exclusive du déclarant.
- L’irrévocabilité de la déclaration.
- La déclaration est un titre justificatif de la créance du trésor.
A. Contrôle de la recevabilité :
Dès leur remise au bureau de douane, les déclarations font l’objet d’un premier examen dit
«
contrôle de recevabilité » portant sur l’aspect purement formel des documents présentés et à
l’issue duquel les déclarations reconnues non recevables sont restituées au déclarant pour
régularisation. Sont considérées comme irrecevables les déclarations irrégulières dans la
forme ou qui ne sont pas accompagnées des documents dont la production est obligatoire.
54
Chapitre II les formes du contrôle douanier
1
CHERAITIA (A.), législation douanière, cours de 3ème année douanes, ANA, 2003
55
Chapitre II les formes du contrôle douanier
Après l’enregistrement, la déclaration en détail est revêtu d’un numéro d’ordre, de la date
de son enregistrement, du cachet du bureau de douane et de la signature de l’agent qui a
procédé à ces opérations. La déclaration enregistrée sera transmise de l’IPS à l’IPOC
(Inspection Principal aux Opérations Commerciales) où elle sera traitée par un inspecteur
liquidateur. La liquidation des déclarations comprend deux phases essentielles, un contrôle
documentaire et visite physique des marchandises, c’est l’opération de dédouanement des
marchandises.
I. Contrôle documentaire :
56
Chapitre II les formes du contrôle douanier
Mais avant ça, un traitement primitif de la déclaration est opéré, il consiste en une seconde
vérification portant sur l’existence des documents, du cachet et signature du déclarant, faite
par l’inspecteur liquidateur, car la recevabilité contrôlée par l’agent de l’IPS n’est pas
évidente.
Le service des douanes peut se limiter à ce contrôle purement formel « sur pièces », et tenir,
donc, pour exacte les énonciations de la déclaration en détail, sans procéder à la vérification
physique des marchandises. La déclaration est alors « admise pour conforme ».
A. Contrôle de la déclaration :
Le système douanier est un système déclaratif, basé sur la déclaration en détail faite par
l’importateur ou son représentant. Il suppose par cela une collaboration loyale entre
l’importateur et l’administration douanière, malheureusement, cette collaboration volontaire
fait souvent défaut , et l’assujetti procède à la fuite devant l’impôt. Cette fuite peut prendre la
forme de la fraude ou de l’évasion fiscale.
En effet, la fraude douanière, tout comme l’évasion, visent le même but éluder l’impôt.
Elles représentent la même réaction de fuite envers l’égalité et la moralité. La fraude
douanière est une infraction à la législation douanières ou à toute les dispositions que la
douane est chargée d’appliquer, ayant pour but d’échapper à l’imposition ou d’en réduire les
bases.
Dans la notion de fraude, il y a l’idée d’actes illégaux, ceux-ci sont très nombreux, tous ces
procédés ont en commun leur caractère volontaire.
57
Chapitre II les formes du contrôle douanier
Il est à noter que l’espèce tarifaire est la désignation attribuée par le tarif aux marchandises.
Dans le cadre de l’examen de l’espèce tarifaire, l’inspecteur vérificateur doit s’assurer de la
concordance entre le libellé écrit en toutes lettre (dénomination commerciale de la
marchandise) et sa transcription en chiffres. Il fait référence au tarif douanier en vigueur
En ce qui concerne la valeur, les droits de douane étant des droits assis sur la valeur de la
marchandise (droit ad-valorem), les articles 16 et suivants du code des douanes prévoient
différents méthodes d’évaluer les marchandises dont la plus importante est la valeur
transactionnelle. L’inspecteur doit s’assurer que cette valeur déclarée est juste et cela par
rapport à la facture et les autres documents.
La douane doit s’assurer de l’exactitude de l’origine des marchandises car il existent des
dispositions préférentielles sur la base des conventions bilatérales.
58
Chapitre II les formes du contrôle douanier
Le contrôle portant sur la déclaration et les documents qui lui sont annexés, permet de 1:
1- Classer les déclarations en deux catégories, celles qui seront admises pour conforme et
celles qui seront soumises à une vérification effective pour élucider les doutes de
l’inspecteur.
1
LASSAD (A.), Le contrôle des régimes fiscaux privilégiés par la douane, mémoire de fin d’études, IEDF,
1993, P75.
59
Chapitre II les formes du contrôle douanier
La visite physique constitue une confrontation entre les énonciations de la déclaration avec
la réalité des marchandises, et cela en utilisant toutes les données et informations disponibles
(poids, nombre, …etc.). C’est l’opération par laquelle la douane procède à l’examen physique
des marchandises afin de s’assurer que la nature, leur origine, leur état, leur quantité et leur
valeur sont conformes aux données de la déclaration en détail.
A. Principes généraux :
Cette faculté résulte des dispositions de l’article 92 du code des douane qui stipule : « Après
enregistrement de la déclaration en détail, les agents des douanes procèdent, s’ils jugent
utile, à la vérification de tout ou partie des marchandises déclarées ».
L’examen des marchandises est constitué, donc, comme une simple faculté laissée à la
libre appréciation du services des douanes, ce dernier ne procède pas à la visite physique des
marchandises que s’il l’estime utile, en cas de doutes par exemple. Le déclarant ne peut en
aucun cas le contraindre à vérifier ses marchandises.
60
Chapitre II les formes du contrôle douanier
Donc, l’inspecteur vérificateur peut décéder la visite partielle des marchandises, ou totale.
S’il choisit la visite partielle, il doit faire la visite intégrale en cas de contestation du déclarant.
La vérification physique des marchandises déclarées dans les conditions légales, ne peut
être faite que dans les MADT ou dans les lieux désignés ou autorisés par l’inspecteur
principal aux opérations commerciales (les entrepôts, les locaux de l’opérateur).
Le moment de la vérification se situe pendant les heures légales d’ouverture des bureaux de
douanes ou pendant des heures autres sous réserve de l’autorisation du service des douanes.
4- Présence de déclarant :
Si à l’expiration d’un délai de 08 jours après la date de notification, le déclarant n’a pas
donné aux injonctions du service, le président du tribunal compétant désigne d’office, à la
demande du receveur, un représentant du déclarant pour assister la visite.
B. Eléments contrôlés :
L’inspecteur vérificateur pour élucider ces doutes sur l’opération, effectue une visite
physique des marchandises importées, et cela en faisant un rapprochement et une comparaison
avec les énonciations de la déclaration et des documents, et notamment sur les éléments
suivants :
61
Chapitre II les formes du contrôle douanier
1- L’espèce et l’origine :
L’inspecteur s’assure de l’exactitude de ces éléments par rapport aux informations figurant
sur les colis, les emballages (ticket, marque) et dans le catalogue …etc.
3- Equipements :
L’inspecteur s’assure que les équipements importés sont ceux déclarés et figurant sur la liste
annexée à la décision d’octroi.
C. Résultats de la visite :
Une fois la visite est terminée, l’inspecteur tire sa conclusion et la traduit dans le certificat
de visite où sont mentionnées toutes les opérations de la visite et ces résultats. Et suivant ces
conclusions, plusieurs cas peuvent se présenter :
Dans ce cas, il doit être donnée immédiatement la main levée des marchandises. Le bon à
enlever n’est toutefois délivré qu’après la consignation, garantie ou paiement des droits et
taxes.
2- Cas d’infraction :
En cas de constat d’une infraction, le dossier est suivi par le receveur qui s’occupe des
poursuites. Le déclarant sera informé et il peut demander une transaction.
62
Chapitre II les formes du contrôle douanier
I. Le contrôle à posteriori :
Le contrôle à posteriori s’inscrit principalement dans une approche d’audit, il
intervient dans une vision globale de contrôle de l’activité de la société ciblée dans le
cadre de programme national du contrôle à posteriori.
A cet effet , il concerne toute la durée légale non touchée par la prescription (4ans).
L’objet recherché via ce procédé de contrôle est de relever les lacunes de nature
réglementaire non décelées lors des étapes de contrôle précédentes et de s’assurer de le
pertinence des contrôles immédiat et différé.
II. L’enquête :
L’enquête douanière est principalement celle qui est suivie pour le recherche des
fraudes non flagrantes, mais procédure peut être utilisée lors d’un flagrant délit lorsqu’il
s’agit de rassembler des preuves complémentaires de fraude et d’identifier les auteurs .
63
Chapitre III La fraude liée aux éléments de taxation
Au titre de l’article 75CDA ; toute marchandise introduite dans le territoire douanier est
passible d’une déclaration en douane, sur laquelle doivent figurer les indications nécessaires
pour identifier la dite marchandise et pour asseoir les droits et taxes exigibles.
Sauf disposition légales contraires, les droits appliqués sont des droits assis sur la valeur
des marchandises dits Ad- valorem ”(1), donc la valeur en douane est un élément très
important pour l’identification de la marchandise d’une part, et d’autre part pour la
détermination de l’assiette fiscale des droits et taxes exigible, où “ l’expression ״valeur en
douane ״désigne la valeur à retenir pour l application du tarif douanier ” (2), et pas seulement
le prix de la marchandise facturée.
A cet effet, la valeur en douane peut jouer un rôle important dans la protection de
l’économie nationale en défavorisent une concurrence, loyale et rationalisée les échanges
internationaux.
Au regard de cette importance, il existe une grande manœuvre de fraude portant sur la
valeur de la marchandise placée sous les régimes douaniers économiques tout comme elle
peut portée sur les opérations du commerce extérieure, cependant les fraudeurs préfèrent la
voie des régimes douaniers ou le contrôle de la valeur n est pas approfondie surtout dans le
cas de la suspension total des droits et taxes.
La fraude portant sur la valeur peut prendre deux formes, la minoration ou la majoration de
la valeur.
1
C.Berr, H. Tremeau, Le droit douanier, édition économica, 1998, p177.
(1)
l’Art 6 bis /2 du code des douanes.
(2)
l’Art 16/1a du code des douanes.
64
Chapitre III La fraude liée aux éléments de taxation
I. Minoration de la valeur :
Surtout après la mise en œuvre de la valeur transactionnelle par l article 16 du code des
douane qui consiste a une application de l article 7 du GATT, les fraudeurs trouvent une
grande manœuvre de fraude portant sur la valeur, ou la douane dispose pas toujours les
moyens des preuves contre la fausse déclaration des opérateurs de mauvaise foi.
La minoration de la valeur en douane consiste à une présentation d’une facture avec un prix
de vente inférieur au prix réel, c’est à dire, au prix effectivement paye ou a paye pour les
marchandises lorsque elles sont vendues pour l’exportation a destination du territoire douanier
algérien(1).
Le minoration peut consiste comme une négligence ou dévaluation de certains éléments qui
doivent être ajouter au prix effectivement paye ou a paye pour les marchandises importées
selon l article 16 octies du code des douanes comme les commissions et frais de courtage,
coût d emballage, les frais de transport, assurance …etc.
Le but de ces fausse déclaration de la valeur financière (élucidation du paiement des droits
et taxes), et commercial (demeurer compétitif sur le marche) et même pour les transfert
illicite des capitaux vers l’étrangers dans le cas de minoration de la valeur des produit a
l’exportation.
La majoration de la valeur est de faire apparaître sur la facture au prix de vente supérieur
au prix réel effectivement paye ou à payer des marchandises à évaluer, donc la majoration de
valeur en douane consiste à une surfacturation de la marchandise.
(1)
l’Art 16 ter 1 du code des douanes.
65
Chapitre III La fraude liée aux éléments de taxation
Cette majoration peut être effectue par le biais de la complicité de fournisseur, qui peut être
une société mère dans la plus part des cas, comme elle peut être effectue par de fausse facture
par l importateur lui même.
Malgré que cette opérations apparais comme un gain supplémentaire au profit du trésor
public, (perception des droits et taxes supplémentaire) elle considérée comme une fraude
faisant des dommages plus importants que ces gains.
Dans le cas ou la transaction se réalise entre un société mère a l’étranger et ses filiale en
Algérie, l’intérêt de la première est le rapatriement des bénéfices sous forme de supplément
de prix qui résultait de l utilisation d une part de brevets concèdes et de l importation des
produits de base d’autre part.
L’intérêt pour la filiale, c’est de l aider à faire figure un bénéfice réduit, voir un déficit,
donc d’éviter l’impôt sur les bénéfices.
Dans le cadre commerciale certain importateurs de mauvaise foi, utilisent des faux
documents pour majorer la valeur en douane a fin de faire un transfert illicite des capitaux
vers l’étranger même avec un paiement des droits et taxes fictifs.
Les fraudeurs toujours préfèrent dans ce cas, les marchandises faiblement taxées ou
exonérer pour réaliser ses fraude avec paiement des sommes plus réduits possibles.
L’apurement définitif des opérations liées aux certains régimes douaniers économiques (le
perfectionnement actif, entrepôt industriel…) n’est possible que lorsque des méthodes de
calculs des produits compensateurs sont arrêtées.
66
Chapitre III La fraude liée aux éléments de taxation
Certains opérateurs de mauvaise foi, utilisent plusieurs méthodes pour ne déclarer pas la
valeur réelle du produit compensateur principal ou le produit compensateur secondaire et
mêmes les déchets récupérables.
Par exemple, ils déclarent avec une majoration la valeur du produit compensateur principal
et minoration la valeur du produit compensateur secondaire ou des déchets récupérables lors
de leurs mises en consommation.
B. La valeur de référence :
67
Chapitre III La fraude liée aux éléments de taxation
Cette méthode devant être appliquée par le service permet de concilier des difficultés
d’appréciation de la valeur avec les dispositions de l’article 16 du code des douanes, tant en
assurant une uniformisation dans l’application.
Cette méthode est utilisée chaque fois que le produit importé mis en œuvre se retrouve
dans toutes ses composantes.
Cette méthode est utilisée lorsque les produits compensateurs ne contiennent que certains
des composants du produit importer et qu’il est dé lors impossible d’établir une relation
quantitative directe entre ce dernier et chacun des produits compensateurs obtenus.
68
Chapitre III La fraude liée aux éléments de taxation
L’origine est le lieu géographique qui unit la marchandises a un paye donne dont elle est
répute issue(1).mais en dépit des effort déployés l’origine est restée une notion abstraite dont
le contenue varie suivant de nombreuses considération généralement tirées des objectifs de la
politique commerciale. (2)
Deus critères sont retenus pour cerner les éléments qui puissent conférer l’origine des
marchandises, il peut s’agir du régime du droit commun ou de celui applicable au système
préférentiel
Ce système préférentiel trouve sont fondement juridique dans des accords et conventions
commerciales international et régionales .nous citrons ici : la convention commercial et
tarifaire entre les états de l’union du Maghreb arabe (UMA) qui stipule que sont considérer
comme d’origine locale :
-les produits fabriques en totalité dans chacun des états membres.
-les produits industriels dont le pourcentage de la valeur ajoutée dans le pays
exportateur n’est pas inférieur a 40%.
- les autres produits industriels inclus dans les listes qui fixent les critères de
transformation à condition que cette transformation soit suffisante.
Les risques de fraude sont liés aux multiples accords préférentiels conclus entre les pays
dans le cadre de leurs politiques commerciales extérieures. Ceci étant dit que l’auteur de la
fraude en matière d’origine, consistant en une fausse déclaration, vise de bénéficier d’un
régime privilégie.
Cette pratique, malheuresement, est facilité par certains pays qui attestent, pour des
considérations financières et autres, faussement l’origine des marchandises ou faisant parfois
que transiter par leurs territoires.
(1)
CLAUD BEER. et B. TREMEAU, Le droit douanier, édition économica, 1998
P124.
(2)
CLAUD BEER et B. TREMEAU, Le droit douanier, édition économica, 1998
p124.
69
Chapitre III La fraude liée aux éléments de taxation
Les fraudeurs, qui déclarent une fausse origine, préfèrent la voie des régimes douaniers
économiques où le contrôle douanier n’est pas très rigoureux ou concomitant. En d’autre
terme, les fraudeurs utilisent les régimes douaniers économiques dans le cadre du plan de
fraude ultérieur.
Sachant que “les règles d’origine affectent l’activité commerciale du pays sur pas mal de
plans , en effet les mesures de contingentements, les préférences tarifaires, les mesures anti-
dumping et les droits compensateurs ne peuvent être gérés convenablement que si l’origine est
déterminée. Par conséquent, la fausse déclaration d’origine peut être nuisible à l’économie
nationale ”.
70
Chapitre III La fraude liée aux éléments de taxation
A cet effet, le service doit s’assurer que les règles suivantes ont été observées :
- le certificat d’origine imprimé et délivré par les autorités douanières de l’Etat d’exportation1
a défaut d’être imprimé par imprimeries ayant reçu l’agrément ;
- le certificat doit répondre aux règles d’impression, notamment en ce qui concerne le
papier;2
Le certificat d’origine peut être remplacé par une déclaration sur facture. Dans ce cas, le
service doit s’assurer qu’on est en présence de l’un des cas prévus :
- cas d’exportateur agréé : la déclaration sur facture doit être établie par l’exportateur
en imprimant sur la facture, bon de livraison ou autre document commercial.3 La déclaration
Doit reprendre le numéro d’autorisation attribué par les autorités douanières et porter la
signature originale de l’exportateur.
Comme cette déclaration ne doit pas dépasser le délai de validité qui est de quatre mois à
partir de la date de son établissement.
- produit dont la valeur n’excède pas 6000 euros : le certificat d’origine peut être
remplacé par une déclaration sur facture à condition que la valeur des marchandises
concernées n’excède pas 6000 euro.4
A l’occasion des visites physiques l’attention du service doit être portée sur toutes les
indications pouvant avoir un lien quelconque avec la provenance des marchandises.
Le service doit s’intéresser à toutes les indications qui peuvent être inscrites sur les
emballages, les étiquetages,…. etc., qui peuvent renseigner sur le pays de fabrication du
produit.
D’autres actions peuvent être menées par l’administration dans sa quête de vérification de
l’exactitude des renseignements et des documents de preuve de l’origine fournis par les
importateurs.
1
Pour l’accord euro-med le document EUR1 dont le visa est apposé à la case réservée à cet effet
2
Prévues en annexe Ш du protocole n°6
3
La déclaration dont le texte est repri à l’annexe ІV du protocole n°6 de l’accord d’association
4
ART 22/1/b du protocole n°6 pour le certificat de circulation EUR1.
71
Chapitre III La fraude liée aux éléments de taxation
Pour rendre le contrôle des preuves d’origines efficace des formes de coopérations basées
sur l’échange d’information entre les autorités douaniers Algérienne et celles d’où les
marchandises sont provenait.
Les autorités douanières se communiquent mutuellement les spécimens des empreintes des
cachets utilisés dans leurs bureaux pour la délivrance des certificats de circulation, ainsi les
adresses des autorités douanières compétentes pour la vérification de ces certificats et des
déclarations sur factures.2
Le tarif des douanes attribue aux marchandises une dénomination. Cette dénomination en
consiste l’espèce3, ce tarif comprend des règles générales pour l’interprétation de la
nomenclature et aider les usagers à connaître la rubrique tarifaire exacte.
L’espèce tarifaire d’une marchandise est la nomenclature qui lui est attribuée par le tarif
des douanes4.
La diversité et la pluralité des produits commerciaux, d’une part, et les innovations sans
cesse constatées dans certains domaines (électronique, informatique…) d’autre part, rendent
la classement tarifaire des marchandises très difficile.
1
Par des sondages, ou a chaque fois que le service a des doutes.
2
Le cas de l’accord euro-med c’est l’article 33 du protocole n°6 qui a institué des formes de coopération basée
sur l’échange des informations.
3)
L’Art 10/1 du code des douanes
72
Chapitre III La fraude liée aux éléments de taxation
Cette pratique consiste à déclarer les marchandises dans une position tarifaire
plus avantageuse, exempte ou moins fortement taxée.
Le classement d'un produit peut présenter des difficultés, notamment lorsque plusieurs
possibilités logiques de classement sont offertes.
La position tarifaire renseigne sur le traitement tarifaire auquel ouvre droit le produit en
question. Le service doit à chaque fois faire le lien entre la sous position tarifaire et les
différentes règles d’origines prévues.
Dans ce cas, il est recommandé de faire une demande de Renseignement, pour solliciter
un AVIS DE CLASSEMENT de l'Administration. Cette procédure limite les risques sur les
opérations douanières, notamment en cas d’enjeux financiers importants. Elle garantit les
éléments de taxation, les formalités applicables au produit, ainsi que la confirmation de la
nomenclature pour les produits bénéficiant d’un tarif préférentielle.
L’administration des douane doit prendre des mesures afin de codifier le tarif préférentiel
lié a certain marchandises, et établir une connexion entre l’origine préférentiel des
1
marchandises et les sous positions tarifaires
1
le cas des produit d’origine communautaire
73
Conclusion 2eme Parie
Les statistiques du commerce extérieur qui sont élaborées par l’administration des
douanes, 1 constituent les informations de base pour l’élaboration et le contrôle des politiques
commercial et économiques de l’Etat, et aussi de toutes recherches économiques concernant
le commerce extérieur.
De ce fait, les actes frauduleux qui échappent au contrôle douanier ont pour conséquence de
faussé les informations fournies par l’administration des douanes, l’incrédibilité de ces
informations peuvent avoir des effets sur la prise de décision par le pouvoir publics
concernant la conduite de toute politique économique surtout au niveau du macro-
économique.
1
Le centre national de l’information et statistique des douanes (CNIS).
74
Conclusion générale __________________________________________________________
CONCLUSION GENERALE
L’administration des douanes doit disposer de tous les moyens adéquats pour lui permettre
de mener à bien sa tâche. Ces moyens consistent essentiellement dans :
Une politique qui doit être axée sur la participation de la douane à promouvoir l’économie
nationale, en mettant à la disposition des opérateurs des procédures douanières allégées,
simples et harmonisée. L’automatisation de ces dernières, par l’introduction de
l’informatique, permet leur accélération et une réduction des coûts ou des surcoûts des
importations et des exportations. Ainsi la douane devient un facteur incitatif aux opérateurs et
investisseurs.
Par ailleurs, en accordant des facilitations, la douane prend du risque. A savoir ; le risque de
faire bénéficier un fraudeur potentiel des facilitations non mérités ou de laisser échapper un
fraudeur réel dans les frontières. Néanmoins, du fait que la fraude entrave la mise en œuvre de
toutes politique douanière et entraîne des effets néfastes pour le trésor et pour l’économie en
général, la lutte contre la fraude douanière restera une préoccupation majeure et permanente
de l’administration des douanes. Et donc les contrôles effectués lors de dédouanement des
marchandises demeurera impératif.
IEDF 2007 75
Conclusion générale __________________________________________________________
Cette technique déjà opérationnelle dans plusieurs pays et recommandée par les institutions
et les conventions internationales (OMD, OMC, Kyoto, …etc.), est basée sur la collecte et
l’analyse des renseignements, étude et analyse des risques réels et potentiels et en fin un
ciblage minutieux et une sélectivité justifiée pour classer les opérations selon le degré de
risque de fraude qu’elles présentent et consacrer un traitement particulier à chaque classe.
L’utilisation de l’outil informatique dans ce cadre peut constituer un levier essentiel pour
l’efficacité et l’utilité de cette méthode moderne.
IEDF 2007 76
CACI Chambre Algérienne du Commerce et de l’Industrie
CDA Code des douanes Algérien
CNIS Centre national d’informatique et statistiques
GATT Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce
IPOC Inspection principale aux opérations commerciale
IPS Inspection principale aux sections
MADT Magasin et air de dépôt temporaire
NDP Nomenclature des produits
NGP Nomenclature générale des produits
NTIC Nouvelles technologies d’information et de communication
NSH Nomenclature du system harmonisé
OMC Organisation mondiale du commerce
OMD Organisation mondiale des douanes
SH System harmonisé
SIGAD Système d’informatique de gestion automatique de douane
UMA Union du Maghreb Arabe
Bibliographie______________________________________________________
Bibliographie
Ouvrages et mémoire :
√ L.F.HUGELIN, les pays du Maghreb dans des relations bi-pôlaires avec l’Europe. 1995.
√ LASSAD (A.), Le contrôle des régimes fiscaux privilégiés par la douane, mémoire de fin
d’études, IEDF, 1993.
√ Article 75 de la loi n° 79-07 du 21/08/1979 modifiée et complétée portant code des douanes,
JORA n° 61 du 23/08/1998
√ Article 75 de la loi n° 79-07 du 21/08/1979 modifiée et complétée portant code des douanes,
JORA n° 61 du 23/08/1998
√ OMD Actualités n°53 Dossier spécial : Douanes et nouvelles technologies, 26 octobre, 2007
√ http://www.douane.gouv.fr