Corrigé Mécanique Quantique 1 - Puits Carré
Corrigé Mécanique Quantique 1 - Puits Carré
La première partie de ce document donne la correction détaillée de la séance d’exercice 1 sur les
états liés du puits carré. La deuxième partie de ce document propose un exercice similaire mais sur
l’oscillateur harmonique. Ceci n’a pas été vu en classe, mais est lié à la matière du cours.
ψ(0) = ψ(L) = 0
Pour trouver la forme de la fonction d’onde à l’intérieur du puits, on résout l’équation de Schrödinger
indépendante du temps, en une dimension, qui est donnée par :
~2 ∂ 2
− + V (x) ψ(x) = E ψ(x)
2m ∂x2
~2 ∂ 2
− ψ(x) = E ψ(x)
2m ∂x2
√
ou encore, en posant k = 2mE/~,
∂2
− ψ(x) = k 2 ψ(x).
∂x2
La solution de cette équation différentielle est donnée par des sinus et cosinus. Ainsi, de façon générale,
la solution est
ψ(x) = A sin(kx) + B cos(kx).
En utilisant les conditions limites mentionnées précédemment, on trouve
ψ(0) = 0 ⇒ B = 0
ψ(L) = 0 ⇒ A sin(kL) = 0 ⇒ kL = nπ
1
Pour trouver la valeur de A il reste à normaliser la fonction :
Z L Z L
2 2 x
|ψ(x)| dx = A sin nπ dx
0 0 L
Z 1
2
= A L sin2 (nπy)dy où on a posé y = x/L
0
Z 1
2 1 − cos(2nπy)
= A L dy
0 2
1
2 y sin(2nπy)
= A L −
2 4nπ
0
L
= A2
2
p
Puisque la norme de la fonction d’onde vaut 1 on trouve que A = 2/L et donc
q
2 x
L sin nπ L si 0 ≤ x ≤ L
ψn (x) =
0 sinon
Exercice b
√
Puisque, de l’exercice précédent on tire que k = 2mE/~ et kL = nπ, on en déduit facilement que
les énergies propres du puits infini sont
k 2 ~2 π 2 ~2
En = = n2
2m 2mL2
. Puisque n est entier, on comprend ici que l’énergie est quantifiée.
Remarquez que si le puits carré est de profondeur finie V0 , on a une solution ψ(x) non nulle à l’extérieur
du puits, comme on le verra à l’exercice 3. Dans ce cas là, il y aura également un nombre fini d’états
liés.
~2
2
∂2 ∂2
∂ (3)
− + + 2 + 2 + V (x, y, z) ψ(x, y, z) = E ψ(x, y, z)
2m ∂x2 ∂y ∂z
~2 ∂ 2 ψ1 (x) ~2 ∂ 2 ψ2 (y)
ψ2 (y)ψ3 (z) − + V1 (x)ψ1 (x) + ψ1 (x)ψ3 (z) − + V2 (y)ψ2 (y)
2m ∂x2 2m ∂y 2
~2 ∂ 2 ψ3 (z)
+ ψ1 (x)ψ2 (y) − + V3 (z)ψ3 (z)
2m ∂z 2
= ψ2 (y)ψ3 (z) (E1 ψ1 (x)) + ψ1 (x)ψ3 (z) (E2 ψ2 (y))
+ ψ1 (x)ψ2 (y) (E3 ψ3 (z))
2
où on a posé que E = E1 + E2 + E3 . On a donc 3 fois un problème unidimensionnel qui se ramène en
fait au cas étudié à l’exercice 1 :
2 2
~ ∂
+ Vi (xi ) ψi (xi ) = Ei ψi (xi )
2m ∂x2i
pour i=1,2,3. La solution générale dépend alors de trois nombres quantiques n1 , n2 et n3 :
r
8 x x x
ψn1 ,n2 ,n3 (x, y, z) = sin n1 π sin n2 π sin n3 π
L1 L2 L3 L1 L2 L3
Exercice b
En se basant également sur le résultat de l’exercice 1, on trouve que les énergies liées sont :
π 2 ~2 n21 n22 n23
En1 ,n2 ,n3 = + +
2m L21 L22 L23
Remarquez que dans ce cas-là, certaines dégénérescences sont possibles.
Exercice c
Ici, on cherche à calculer le nombre d’états quantique N (E0 ) dans la boîte dont l’énergie est inférieure
à une certaine valeur E0 . On cherche donc N (E0 ) tel que
n21 n22 n23 2mE0
2 + 2 + 2 ≤ 2 2
L1 L2 L3 π ~
On remarque que c’est comme calculer le nombre d’états à l’intérieur d’une sphère de rayon
√
2mE0
R=
π~
en sachant que la densité de points est L1 L2 L3 (l’unité de longueur de la coordonnée i est ni /Li ).
On approxime le résultat en oubliant que les ni sont entiers et donc il suffit de calculer le volume de
la sphère multiplié par sa densité. Par contre, il ne faut pas oublier que les ni ne peuvent être que
positifs et donc on ne prend qu’un huitième du volume de la sphère. :
1
N (E0 ) ≈ volume × densité
8
1 4π (2mE0 )3/2
= × L1 L2 L3
8 3 π 3 ~3
4π 3
p L1 L2 L3
= 3 0 3
h
h
√
où à la dernière ligne on a posé que ~ = 2π et p0 = 2mE0 . p0 représente l’impulsion d’une particule
de masse m dont l’énergie cinétique est E0 .
Ainsi, on remarque dans la dernière équation que L1 L2 L3 représente le volume dans l’espace des
positions alors que 4πp30 /3 représente le volume dans l’espace des impulsions.
Dans une volume arbitraire de l’espace des phases, le nombre d’états quantiques indépendants est en
fait donné par
∆x∆y∆z · ∆px ∆py ∆pz
N≈
h3
C’est comme si chaque état se trouvait dans une petit boîte de côté h.
Lorsqu’il s’agit de fermions, cela revient simplement à compter le nombre de particules dans la boîte
jusqu’à une certaine énergie, puisqu’il n’y a qu’une seule particule par niveau (on ne peut pas mettre
plus d’un fermion par petite boîte). Notez également que l’on ne connaît par précisément x et p à
l’intérieur de la petite boîte.
3
PUITS CARRÉ FINI EN 3 DIMENSIONS
Exercice a
L’équation de Schrödinger stationnaire pour une particule de masse m a la forme suivante :
~2 2
Hψ = Eψ ⇔ − ∇ + V (r) ψ(r) = Eψ(r)
2m
où le laplacien en coordonnées sphérique est
!
2 1 ∂ 2∂ 1 1 ∂ ∂ 1 ∂2
∇ = 2 r + 2 sin θ +
r ∂r ∂r r sin θ ∂θ ∂θ sin2 θ ∂φ2
Exercice b
[p2 ] [(~/longueur)2 ] ~2
[energie] = = =
[2m] [2m] 2ma2
où on utilise le fait que ∆x∆p ≥ ~ pour trouver que l’unité de p est celle de ~/longueur.
Notez qu’on veut rendre r également sans dimension. Pour ceci on définit une variable r0 = r/a qui
est sans dimension. Alors, ∂r∂ 0 = a ∂r
∂
et ∂r∂ 0 r02 ∂r∂ 0 = ∂r
∂ ∂
r2 ∂r
et l’équation de Schrödinger devient
" # !
1 ∂2
∂ 02∂ 2 02 0 0 1 ∂ ∂
2 2
ψ(r0 , θ, φ)
−~ r +2ma r V (r )−E ψ(r , θ, φ) = ~ sin θ + 2
∂r0 ∂r0 sin θ ∂θ ∂θ sin θ ∂φ2
4
Exercice c
Posons ψ(r, θ, φ) = r−1 ul (r)Ylm (Ω). L’équation de Schrödinger devient donc
" # !
∂ 2∂ 1 ∂ ∂ 1 ∂ 2
+ r2 V (r) − E r−1 ul (r)Ylm (Ω) = r−1 ul (r)Ylm (Ω)
− r sin θ +
∂r ∂r sin θ ∂θ ∂θ sin2 θ ∂φ2
ou encore
" # !
r ∂ 2∂ 1 1 ∂ ∂ 1 ∂2
+ r2 V (r) − E r−1 ul (r) = m Ylm (Ω)
− r sin θ +
ul (r) ∂r ∂r Yl (Ω) sin θ ∂θ ∂θ sin2 θ ∂φ2
On remarque que la partie gauche de l’équation ne dépend que de r alors que la dépendance de
la partie droite de l’équation est uniquement angulaire. Cela signifie donc que chacun des côté de
l’équation est égal à une constante. On choisi cette constante comme étant −l(l + 1). Bien sûr, ce
choix n’est pas arbitraire. Il vient du fait que l’équation
!
1 ∂ ∂ 1 ∂2
sin θ + Ylm (Ω) = −l(l + 1)Ylm (Ω)
sin θ ∂θ ∂θ sin2 θ ∂φ2
où !
1 ∂ ∂ 1 ∂2
sin θ + = L2
sin θ ∂θ ∂θ sin2 θ ∂φ2
est bien connue et ses solutions sont les harmoniques sphériques Yml où l est le nombre quantique
azimutal et m le nombre quantique magnétique. Rappelez-vous qu’il y a une solution différente pour
chaque valeur de m et l.
Revenons maintenant à l’équation radiale qui devient
" #
r ∂ 2∂ 2
−1
− r + r V (r) − E r ul (r) = −l(l + 1)
ul (r) ∂r ∂r
∂ 2 ∂ ul (r) ul (r) ul (r)
− r + r2 V (r) − E = − l(l + 1)
∂r ∂r r r r
∂ ∂ ul (r) ul (r)
− r ul (r) − ul (r) + r2 V (r) − E = − l(l + 1)
∂r ∂r r r
∂2 ul (r)
−r 2 ul (r) + r V (r) − E ul (r) = − l(l + 1)
∂r ! r
∂2 l(l + 1)
− 2+ + V (r) ul (r) = E ul (r)
∂r r2
ou encore 00
−u0 (r) − V0 u0 (r) = Eu0 (r) r < 1
−u000 (r) = Eu0 (r) r>1
5
Exercice d
Dans ce problème, on cherche les états liés, c’est-à-dire ce√qui ont une énergie
√ qui se trouve dans le
puits. On suppose donc que −V0 < E < 0 et on pose α = V0 + E et = −E. Ces deux constantes
sont ainsi toujours positive et on peut donc réécrire nos équations
( 00
u000 (r) + V0 + E u0 (r) = 0 r < 1 u0 (r) + α2 u0 (r) = 0 r < 1
⇔
u00 (r) + Eu0 (r) = 0 r>1 u000 (r) − 2 u0 (r) = 0 r > 1
0
Les solutions de la première équation différentielle sont des exponentielles complexes de la forme e±iar
ou encore des fonction cos(αr) et sin(αr) alors que les solutions de la seconde équation différentielle
sont des exponentielles réelles de la forme e±r . Alors, pour avoir des solutions générales (équation
différentielle du second ordre ⇒ 2 constantes), on écrit :
u0 (r) = A sin(αr) + B cos(αr) r < 1
u0 (r) = Ce−r + Der r>1
Pour trouver la valeur des constantes, on utilise les conditions aux bords et les conditions de conti-
nuité :
1. Conditions aux bords
(a) ψ(0) doit être défini ⇒ quand r = 0, il faut que u(0) = 0 ⇒ B=0
(b) À l’infini, u(r) ne doit pas diverger ⇒ le terme en er doit disparaître ⇒ D=0
2. Conditions de continuité
(a) La fonction doit être continue ⇒ ur<1 (r = 1) = ur>1 (r = 1) ⇒ A sin(α) = Ce−
(b) La dérivée doit être continue ⇒ u0r<1 (r = 1) = u0r>1 (r = 1) ⇒ Aα cos(α) = −Ce−
La condition de continuité nous permet d’écrire A en fonction de C, mais pas de trouver leur valeur.
On trouvera A en utilisant les condition de normalisation dans l’exercice 6. En attendant, en divisant
les deux équations précédentes on trouve :
√
α p V0 + E
tan(α) = − ⇔ tan( V0 + E) = − √
−E
C’est une équation transcendantale. Les valeurs de E qui résolvent cette équations sont les seules
valeurs possibles de l’énergie. En examinant cette équation, on voit bien qu’il y aura un nombre
discret de solutions et non pas une continuité ce qui fait que l’énergie sera quantifiée. Pour trouver
les solutions de cette équation, il faut la tracer (ou la résoudre numériquement) et pour rendre le
problème plus simple, on peut réécrire cette équation en terme de ou de α :
r
p V0 α
tan( V0 − 2 ) = − 2
− 1 ou tan(α) = − √
V0 − α2
6
Exercice e
Pour résoudre l’équation transcendantale, on trace un graphique en fonction de α :
Α
5 10 15 20
-2
-4
√
Premièrement, on note qu’on aura une solution chaque fois que 0 ≤ α <√ V0 (la racine doit être
≥ 0, mais comme elle est au numérateur, elle ne peut pas valoir 0 donc V0 n’est pas inclus). On
note ensuite
√ qu’on aura une solution chaque fois que la tangente aura une asymptote qui se trouve
entre 0 et V0 + π (pour bien vous en convaincre, tracez le graphique pour différentes valeurs de V0
et observez comment évolue le nombre de solutions) . La tangente, aura une asymptote si
(2n + 1)π
tan(α) = ∞ ⇔ α=
2
Ainsi, il y aura un état lié si
r
p (2n + 1)π p 1 V0 1
0 ≤ α < V0 + π ⇔ 0≤ < V0 + π ⇔ − ≤n< +
2 2 π2 2
q
V0 1
Il y aura donc π2
+ 2 + 1 états liées.
Exercice f
Si on retourne à nos solution u0 (r), on a trouvé :
u0 (r) = A sin(αr) r<1
u0 (r) = A sin(α)e e−r r > 1
où, dans la seconde équation, on a écrit C en fonction de A en utilisant les conditions de continuité
de la fonction. La condition de normalisation va nous permettre de trouver la valeur de A. Pour
normaliser la fonction, il faut que
Z ∞ Z ∞ Z π Z 2π Z ∞
|u0 (r)|2 0
d3 x|ψ(x)|2 = 1 ⇔ drdθdφr2 sin θ 2
|Y 0 (θ, φ)|2
= 1 ⇔ ⇔ dr|u0 (r)|2 = 1
−∞ 0 0 0 r 0
7
Z ∞
dr|u0 (r)|2 = 1
0
Z 1 Z ∞
2 2
dr|A| sin (αr) + dr|A|2 sin2 (α)e2(1−r) = 1
0 1
Z 1
1 − cos(2αr) |A|2 sin2 (α) 2(1−r) ∞
|A|2 − e = 1
2 2
0 1
r sin(2αr) 1 |A|2 sin2 (α)
|A|2 − + = 1
2 4α 0 2
1 sin(2α) |A|2 sin2 (α)
|A|2 − + = 1
2 4α 2
1 sin(2α) sin2 (α)
|A|2 − + = 1
2 4α 2
1 2 sin(α) cos(α) sin2 (α)
|A|2 − + = 1
2 4α 2
1 2α cos(α) cos(α)/ sin2 (α)
|A|2 + + = 1 car tan α = −α/ ⇔ sin α = −α cos α/
2 4α 2
1 cos2 (α) sin2 (α)
|A|2 + + = 1
2 2 2
2 1 1
|A| + = 1
2 2 r
2
A =
1+
Graphiquement, les fonctions auront l’air de ceci :
1.0
0.5
1 2 3 4
-0.5
-1.0
À l’intérieur du puits, on a une fonction sinusoïdale et à l’extérieur, une exponentielle qui décroit.
Ainsi, contrairement au cas classique, il y a une probabilité non nulle de se trouver à l’extérieur du
puits. Toutefois, cette probabilité diminue quand on s’éloigne du puits.
8
Exercice g
Z ∞
P = dr|A|2 sin2 (α)e2(1−r)
1
Z ∞
2
= dr sin2 (α)e2(1−r)
1 1 +
2 sin2 (α) 2(1−r) ∞
= e
1 + 2
1
sin2 (α)
=
1+
Or
1 cos2 (α) 2 α2 + 2 E
2 =1+ 2 =1+ 2 = =
sin (α) sin (α) α α2 V0 + E
Et donc
V0 + E
P = √
V0 (1 + −E)
Exercice supplémentaire :
Application physique : l’interaction nucléaire forte entre un proton
(mp = 1.672622 · 10−27 kg) et un neutron (mn = 1.674927 · 10−27 kg) peut être modélisée par un puits
carré de rayon a = 1.5 fm et de profondeur V0 = 59.64 MeV.
1. Pour se ramener au calcul précédent, que représentent physiquement les variables r et m dans
ce cas ?
2. Combien d’états liés ce système possède-t-il ?
3. Déterminer numériquement les énergies de liaison.
4. Calculer les probabilités Pnr .
1)
r représente le rayon entre les deux particules.
m représente la masse réduite
mn mp
m= = 8.36887 × 10−28 kg
mn + mp
2)
Si on reprend les équations dérivées plus tôt, mais pour des valeurs arbitraires de" a, ~ et 2m, alors
# il
q q q
2 2 2mV0
faut poser α = 2ma ~2
(V0 + E) et = − 2ma
~2
E. Le nombre d’états liés est alors ~2 π 2
a+1/2 +1.
Notons que
~2 (1.054 × 10−34 )2
= = 2.92 × 10−12 J = 18.23M eV
2ma2 2 × 8.37 × 10−28 × (1.5 × 10−15 )2
9
3)
Puisqu’il n’y a que deux états liés, il y a une seule énergie de liaison non nulle. Numériquement, en
résolvant l’équation
α
tan(α) = − q
2ma 2
~2
V0 − α 2
pour V0 = 59.64 MeV, on trouve que α = 0 et α = 1.77188 et donc l’énergie de liaison non-nulle est
~2 2
E= α − V0 = −2.41M eV
2ma2
4)
V0 + E
P (r > 1) = q = 85%
2
V0 (1 + −E 2ma~2
)
10
Mécanique quantique I
Suite de la séance d’exercices 1 : Oscillateur harmonique à trois dimensions
où nr = n−l
2 et E = n + 3/2.
Pour n = 0 et 1, normer les fonctions d’onde.
5. Application : (Si le temps le permet)
Un nanocristal (ou “particule quantique” ou “q(uantum) dot”) constitué d’arséniure de gallium
(GaAs) possède des propriétés optiques très particulières du fait de la quantification des niveaux
d’énergie des électrons de conduction piégés en son sein. Un modèle simpliste pour ces électrons
de conduction est de considérer qu’ils ont une masse effective de 0.067me et qu’ils sont soumis
à un potentiel harmonique de force ~ω = 4 meV. Calculer les énergies accessibles aux électrons
de conduction. Sachant que, pour le cristal infini de GaAs, le gap est de 1.42 eV, en déduire
l’énergie minimale d’un photon émis par un électron passant de l’état de conduction le plus
bas à l’état de valence le plus élevé.
11
Rappel :
Z∞
Γ(z) = du uz−1 e−u , z ∈ C,
0
(2n)! √
1
Γ(n) = (n − 1)! et Γ n + = n π, n ∈ N,
2 4 n!
Harmoniques sphériques
s
1 2l + 1 (l − m)!
Ylm (θ, φ) = √ Plm (cos θ) eimφ ,
2π 2 (l + m)!
(−1)m 2 m dl+m 2
Plm (x) = (1 − x ) 2 (x − 1)l .
2l l! dxl+m
12
Mécanique Quantique 1 —– CORRIGÉ
Exercice 1
L’équation de Schrödinger stationnaire est
h ~2 2 i
− ∇ + V (r) ψ(~r) = Eψ(~r).
2m
Dans le cas de l’oscillateur harmonique, le potentiel est
1
V (r) = mω 2 r2 .
2
Pour écrire l’équation de Schrödinger en coordonnées sphériques, il suffit d’écrire le Laplacien en
coordonnées sphériques :
1 ∂2 L2
∇2 = r −
r ∂r2 ~2 r2
1 ∂2 ~ 2
~2 (~r × ∇)
= 2
r− 2
r ∂r i ~ r2
2
1 ∂ 2∂ 1 ∂ ∂ 1 ∂2
= 2
r + 2
sin θ + 2 2
r ∂r ∂r r sin θ ∂θ ∂θ r sin θ ∂φ2
~2 h 1 ∂ 2 ∂ 1 ∂ ∂ 1 ∂2 i 1
− 2
r + 2
sin θ + 2 2 2
ψ + mω 2 r2 ψ = Eψ.
2m r ∂r ∂r r sin θ ∂θ ∂θ r sin θ ∂φ 2
h1 ∂ ∂ 1 ∂ ∂ 1 ∂2 i m2 ω 2 2 2m
− 2 r2 + 2 sin θ + 2 2 2
ψ + 2
r ψ = 2 Eψ.
r ∂r ∂r r sin θ ∂θ ∂θ r sin θ ∂φ ~ ~
Exercice 2
Si on pose ~ = ω = m = 1 les unités de temps, d’énergie et de longueur deviennent :
1
[temps] = =1
[ω]
[energie] = [~][ω] = 1
s
[~]
[longueur] = =1
[mω]
Pour l’équation de Schrödinger radiale, on utilise la séparation des variables en posant ψ(~r) =
R(r)Y (θ, φ). On peut alors réécrire l’équation trouvée à l’exercice 1 (dans les nouvelles unités) :
h∂ ∂ 1 ∂ ∂ 1 ∂2 i
− r2 + sin θ + R(r)Y (θ, φ) + r4 R(r)Y (θ, φ) = 2Er2 R(r)Y (θ, φ)
∂r ∂r sin θ ∂θ ∂θ sin2 θ ∂φ2
13
ou encore
" # " #
∂ 2∂ 1 ∂ ∂Y 1 ∂ 2
r − r4 + 2r2 E R(r)Y (θ, φ) = − sin θ + 2 2 R(r)Y (θ, φ)
∂r ∂r sin θ ∂θ ∂θ r sin θ ∂φ2
" # " #
∂ 2∂ 1 ∂ ∂Y 1 ∂ 2
Y (θ, φ) r − r4 + 2r2 E R(r) = −R(r) sin θ + 2 2 Y (θ, φ)
∂r ∂r sin θ ∂θ ∂θ r sin θ ∂φ2
" #
∂ 2∂
Y (θ, φ) r − r4 + 2r2 E R(r) = −R(r)L2 Y (θ, φ)
∂r ∂r
" #
∂ 2∂
Y (θ, φ) r − r4 + 2r2 E R(r) = R(r) l(l + 1)Y (θ, φ)
∂r ∂r
" #
∂ 2∂
r − r4 + 2r2 E R(r) = l(l + 1)R(r)
∂r ∂r
où on a utilisé le fait
" #
1 ∂ ∂ 1 ∂2
− sin θ + 2 2 2
Y (θ, φ) = −L2 Y (θ, φ) = l(l + 1)
sin θ ∂θ ∂θ r sin θ ∂φ
u dR 1 du d 2 dR d2 u
R= , = 2 r −u , r =r 2
r dr r dr dr dr dr
On obtient
d2 u u
r 2
− r3 u + 2urE = l(l + 1)
dr r
ou encore
d2 l(l + 1)
− u(r) + Vef f u(r) = 2Eu(r) avec Vef f = r2 +
dr2 r2
L’équation ci-dessus est l’équation radiale. On remarque qu’elle a la même forme que l’équation de
Schrödinger en une dimension.
Exercice 3
a)
Si r → ∞, l(l+1)/r2 → 0 et 2E r2 . Ainsi, l’équation radiale devient simplement u00 (r)−r2 u(r) = 0.
2
Sa solution assymptotique est u(r) = e±r /2 . En effet
2 00 2
0 2 2 2
u00 (r) = e±r /2 = ± re±r /2 = ±e±r /2 + r2 e±r /2 = e±r /2 (r2 ± 1)
2
Or à nouveau, r → ∞ et donc 1 r2 , ce qui nous permet de dire que u00 (r) = r2 e±r /2 = r2 u(r)
et on retrouve bien l’équation différentielle de départ. Notons que même si mathématiquement on a
2 2
deux solutions admissibles ( er /2 et e−r /2 ), seule la deuxième est acceptable, car la fonction u(r)
14
doit être bornée partout. En effet,
R ∞les fonctions qui représentent une solution physique doivent être
carré intégrable, c’est à dire que −∞ |u(r)|2 dr < ∞. Ainsi,
2 /2
ur→∞ (r) = e−r
b)
Posons u(r) = ur→∞ (r)v(r) et remplaçons la fonction dans l’équation différentielle
l(l + 1)
u00 (r) − r2 u(r) − u(r) = −2Eu(r)
r2
On a donc
2 /2 2 /2
u(r) = e−r u0 (r) = e−r v 0 (r) − rv(r)
v(r) ⇒
2 /2
u00 (r) = e−r v 00 (r) − 2rv 0 (r) − v(r)(1 − r2 )
⇒
15
Puisque cette équation est vraie pour tout r, il faut que les coefficients en avant de r s’annulent. En
d’autres termes, on a
s(s − 1) − l(l + 1) a0 = 0 (1)
s(s + 1) − l(l + 1) a1 = 0 (2)
(j + 2 + s)(j + 1 + s) − l(l + 1) aj+2 + 2E − 1 − 2(j + s) aj = 0
(3)
d)
Puisque a0 6= 0, la première équation nous indique que s = −l ou s = l + 1. Cependant, encore une
fois, il faut que la fonction v(r) soit bornée et donc il faut que la puissance de r soit positive. On
choisira donc s = l + 1.
La deuxième équation elle nous indique que a1 = 0, car l ≥ 0.
Finalement, la troisième équation nous indique que
Comme a1 = 0, tous les coefficients impairs seront nuls. On peut donc réécrire la fonction v(r) :
∞
X ∞
X ∞
X ∞
X
s 2i s 2i+1 s 2i s
v(r) = r a2i r + r a2i+1 r =r a2i r =r ci r2i
i=0 i=0 i=0 i=0
avec
−2E + 3 + 2l + 4i
ci+1 = ci
4l + 6 + (4l + 10)i + 4i2
qu’on trouve en posant j = 2i dans la définition de aj+2 puis en redéfinissant a2j+2 = ci+1 .
e)
Le rayon de convergence est donné par
1 c
i+1
= lim
rc i→∞ ci
−2E + 3 + 2l + 4i
= lim
i→∞ 4l + 6 + (4l + 10)i + 4i2
4
= lim
i→∞ (4l + 10) + 4i
= 0
16
et
∞ ∞ X r2(i−1) ∞
X 1 X 1 2
v(r) = c0 r l+1
r2i = c0 rl+1 r2i r2 r−2 = c0 rl+3 = c0 rl+3 er
(i − 1)! (i − 1)! (i − 1)!
i=0 i=0 i=0
Seulement, cette fonction n’est pas bornée quand → ∞ ce qui veut dire qu’il faut tronquer la somme
à une certain moment. En d’autres mots, à partir d’un certain i, les coefficients ci seront tous nuls.
Donc à partir d’un certain i
3 3
ci+1 = 0 ci 6= 0 ⇒ −2E + 3 + 2l + 4i = 0 ⇒ E = 2i + l + =n+
2 2
Ce qu’on observe ici c’est que le fait de tronquer la somme nous amène une condition de quantification,
puisque l’énergie prend des valeurs discrètes (qui dépendent de i et l).
Exercice 4
Tout d’abord, pour ceux qui le souhaitent, voici comment trouver Rnr ,l (r) :
À partir des résultats de la partie 1, on peut écrire la fonction Rnr ,l (r) :
Pour l’instant, les coefficients ci ne semblent pas dépendre explicitement de nr , mais seulement de
l. Pour remidier à la situation, on se rappelle que l = n − 2nr ⇔ n = l + 2nr et E = n + 3/2 ⇔
−2E + 3 = −2n = −2l − 4nr ce qui nous permet de réécrire le coefficient ci+1 :
17
La fonction Rnr ,l (r) peut donc se réécrire ainsi :
nr représente le nombre de noeuds de la fonction Rnr ,l , c’est-à-dire le nombre de fois que la densité
de probabilité s’annule.
1 2 /2
ψ0 (~r) = e−r
π 3/4
18
Notez qu’en fait il n’est pas nécessaire de trouver la valeur de l’harmonique sphérique Y00 pour
normaliser la fonction d’onde. En effet, on sait que les harmoniques, intégrées sur les angles, sont déjà
normalisées :
Z 2π Z π Z 2π Z π
m∗ m0 0
dφ sin θdθ Yl (θ, φ)Yl0 (θ, φ) = δll0 δmm ⇒ dφ sin θdθ |Ylm (θ, φ)|2 = 1
0 0 0 0
Ainsi, pour tous les nombres quantiques nr , l et m, normaliser ψnr ,l,m revient à simplement normaliser
la fonction radiale. C’est-à-dire qu’il suffit de trouver le c0 tel que
Z ∞
dr r2 |Rnr ,l |2 = 1.
0
n=1
n = 2nr + l = 1 ⇔ nr = 0 et l = 1
La fonction d’onde est donc
s
−r2 /2 1 3(1 − m)!
ψ0,1,m (~r) = R0,1 (r)Y1m (θ, φ) = e rc0 √ P1,m (cosθ)eimφ
2π 2(1 + m)!
avec
(−1)m+1 d1+m
P1,m (x) = (1 − x2 )m/2 (θ) 1+m (x2 − 1)
2 dx
Puisque les harmoniques sphériques sont déjà normalisées, on ne s’occupe que de la partie radiale et
on a donc
Z
1 = dr r2 |R0,1 |2
Z ∞
2
= dr r2 |c0 |2 e−r r2
0
Z ∞
2
= |c0 |2
dr r4 e−r
Z0 ∞
dt 2 −t
= |c0 |2 √ t e en posant t = r2 ⇒ dt = 2rdr
o 2 t
|c0 |2 ∞ 3/2 −t
Z
= t e dt
2 o
|c0 |2
= Γ(5/2)
2
|c0 |2 3 1
= Γ(1/2)
2 22
3|c0 |2 √
= π
8
√
Et donc |c0 | = √2 2 et la fonction d’onde normalisée s’écrit
3π 1/4
√ s
2 −r2 /2 (1 − m)!
ψ0,1,m (~r) = e r P1,m (cos θ)eimφ
π 3/4 (1m )!
19
Exercice 5
Un électron ne peut prendre comme valeur d’énergie, que celles comprises dans une certaine bande.
La dernière bande complètement remplie est la bande de valence. Celle-ci est pleine d’électrons, mais
ne contribue pas au phénomène de conduction. La bande permise d’énergies suivante est la bande de
conduction. C’est elle qui permet aux électrons de circuler. Entre les deux bandes, il y a une bande
interdite dénommée gap (voir la figure). Cette bande est inexistante dans les métaux conducteurs.
n=2
n=1
n=0 Bande de conduction
𝜸 Gap
e-
Bande de valence
Puisque les électrons sont soumis à un potentiel harmonique, les énergies admissibles sont En =
~ω(n + 3/2) et en particulier, l’énergie fondamentale est
3 3
E0 = ~ω = 4meV = 6meV
2 2
L’énergie minimale qu’aura un photon émis par un électron passant de l’état de conduction le plus
bas à l’état de valence le plus élevé sera donc :
20