Introduction
Le réservoir d’eau potable constitue un élément essentiel du
fonctionnement des systèmes de distribution. Son rôle a varié sensiblement au
cours des âges. Servant tout d’abord de réserve d’eau, leur rôle primordial fut
ensuite de parer à un accident survenu dans l’adduction.
Les progrès techniques dans la constitution est la pose des conduites, les
protections automatiques mises en place, tendent à transformer les accidents
en incidents, et le rôle des réservoirs peut être présenté comme :
Permettant une marche plus uniforme des
pompes ; Apportant une contribution à
l’économie générale du pays.
Le bon fonctionnement de cet ouvrage hydro technique se base
principalement sur son étude détaillée, cette étude doit tenir compte de toutes
les conditions qui influent sur l'ouvrage pendant son exploitation. L’action de
l’eau, constitue, en effet l’une des principales causes d’apparition de désordres
structurels.
I. Généralités sur les réservoirs d’eau
potable :
II- 1Rôles et intérêts :
Dans la conception d'un réservoir d’eau potable, on doit viser à assurer la
stabilité et la durabilité de l'ouvrage ainsi que la qualité de l'eau traitée
emmagasinée.
Les réservoirs d’eau potable peuvent être de type souterrain en béton armé
ou hors-terre en acier. Pour les constructions hors-terre, on retrouvera les
réservoirs de type élevé ou cylindrique. Les réservoirs d’eau potable hors-terre
en béton précontraint ne sont pas acceptés.
Les réservoirs de stockage ont pour rôle essentiel de :
• Se substituer aux adductions et aux ouvrages de captage en cas
de pannes ou d’interruption au niveau de la production (fonction
de réserve ).
• Faire face aux modulations de la demande par rapport aux débits
provenant de l’ouvrage de captage (fonction de démodulation).
Assurer la mise en pression de réseau de desserte, bornes fontaines, et/ou du réseau
de distribution (cas de branchements particuliers).
• Assurer la régulation du fonctionnement du groupe de pompage équipant
l’ouvrage de captage, cas d’une adduction de refoulement (fonction de
régulation).
• Permettre une sécurité en matière de protection contre l’incendie (cas des
centres et agglomérations urbaines, équipés de bouches
d’incendie).
II- 2Types de réservoirs d’eau potable :
Les réservoirs peuvent être classés de différentes façons selon le critère retenu :
Par rapport au sol :
1- Réservoir souterrain ou semi-enterré (au sol) :
Ce type de réservoir est généralement employé lorsque le réservoir est
construit à même la station de traitement de l’eau ou lorsque le site est
suffisamment élevé afin d’assurer une pression adéquate par gravité pour le
réseau desservi. Lorsque construit à même la station de traitement de l’eau, le
réservoir sera généralement utilisé en combinaison avec une station de
pompage de type « haut niveau » qui assure un débit et une pression
convenables au réseau de distribution.
Réservoir souterrain
Réservoir semi-enterré :
Schéma d’un réservoir enterré :
1- Réservoir surélevé :
Lorsqu'il n'y a aucun site ayant une élévation suffisante pouvant assurer des
pressions adéquates dans le réseau de distribution à partir d'un réservoir
souterrain, on utilise parfois un réservoir élevé.
Ce type de réservoir est supporté par des piliers et s'utilise dans les mêmes
conditions qu'un réservoir cylindrique, sauf que la hauteur requise pour
assurer une pression adéquate est généralement élevée.
Réservoir surélevé :
Schéma d’un réservoir surélevé :
Par leur forme :
Circulaire : le plus économique.
Rectangulaire, carré, ou de forme irrégulière : si la
considération d’encombrement est prépondérante (ex :
nécessité de loger le volume maximal dans la surface
disponible).
Types Utilisations Avantages Inconvénients
Calcul de dalles à
Réservoirs chargement
Coffrage plus simple,
parallélépipédiques trapézoïdal avec
Paroi plane moins cher ;
; conditions
Ferraillage quadrillé.
Piscines, etc. d’encastrement
variables.
Coffrage
courbe
difficile;
Réservoirs Ferraillage
cylindriques ; Calcul de révolution plus avec
Paroi circulaire
Coupoles, voûtes, simple. espacement
canalisations, etc. variable ;
Calcul délicat
des parois
minces.
Tableau 1. Types de structures d’un réservoir
Par les matériaux de construction utilisés :
Maçonnerie
Béton armé
Béton précontraint
Acier
Plastiques
Situation par rapport à la distribution :
Réservoir en charge sur le réseau
Réservoir nécessitant une surpression
Le réservoir rectangulaire semi-enterré :
La section rectangulaire est surtout adoptée pour les réservoirs de grande
capacité (supérieur à 10 000 m3) ; plusieurs étages sont possibles, les niveaux
supérieurs étant alimentés par pompage et affectés, par exemple, à
l’alimentation en période de pointe.
Ils seront exécutés en béton armé ordinaire ou précontraint.
Un réservoir rectangulaire est plus coûteux de 10% en moyenne (en béton,
en acier et en étanchéité) qu’un réservoir circulaire. Cependant, des
considérations de construction, de mise en place des coffrages et parfois
d’encombrement amènent les projeteurs à préconiser des réservoirs
rectangulaires ou carrés.
A chaque fois cela sera possible, il sera préférable d’avoir recours au
réservoir enterré, semi-enterré ou, au plus, en élévation au-dessus de sol avec
radier légèrement enterré.
Ces types de réservoirs, les deux premiers principalement,
présenteront par rapport au réservoir sur tour, les avantages suivants :
Économie sur les frais de construction,
Étude architecturale très simplifiée et moins sujette à critiques,
Étanchéité plus facile à réaliser,
Conservation à une température constante de l’eau ainsi emmagasinée.
Ces types de réservoirs s’imposeront, d’ailleurs, dès que la capacité deviendra importante.
-Comparaison des réservoirs selon les matériaux :
Dans cette sous-partie, nous avons détaillé les avantages et inconvénients
principaux des différents types de réservoirs.
- Réservoir en béton
Le béton est un terme générique qui désigne un matériau de
construction composite fabriqué à partir de granulats (sable, gravillons)
agglomérés par un liant (ciment).
Avantages :
-Sable disponible sur place
-Gravier remplaçable par des coquillages
-Matériau de longue durée de vie
-Facile d'entretien
-Construction sur place par des entreprises locales
Inconvénients :
-Grosse mise en œuvre
-Excavation plus profonde que lors de l’utilisation de bâche
-Risque de mauvaise étanchéité (fissures difficiles à réparer)
-Restrictif quant à la forme du bassin
-Finitions délicates
-Nécessité d'une couche imperméable pour le recouvrir
- Réservoir en métal
Avantage:
-Faible coût d’investissement
Inconvénients :
-Difficile à entretenir
-Frais d’entretien et de maintenance élevés
-Mise en œuvre difficile (elle doit être réalisée par un professionnel et à l’étranger)
-Réservoir en résine
Les résines s'appliquent sur des supports (en béton par exemple) et
assurent l'étanchéité du bassin. La résine polyester sur support de fibres de
verre présente de nombreux avantages en termes de réalisation, solidité,
fiabilité mais également en termes de prix de revient et de technicité à la
pose.
Avantages :
-Très bonne qualité de matériau
-Grande liberté pour donner les formes du bassin
S-olidité maximum de la résine polyester / fibre de verre dans le temps
Inconvénients :
-Coût très élevé de la résine polyester / fibre de verre (fournitures et temps de réalisation),
-Température de pose de la résine polyester / fibre de verre comprise entre
15 et 25 degrés et par temps sec
-Mise en œuvre difficile (elle doit être réalisée par un professionnel)
-En se basant sur les aspects cités ci-dessus, nous adopterons dans le cadre de ce projet un
réservoir en béton armé.
II- 3Dimensionnement des réservoirs de stockage :
Calcul de la capacité du réservoir(volume) :
En règle générale, si l’adduction unique, sans alimentation d’appoint
V = Q journalière maximale+ réserve incendie
Pour un Château d’eau : V = 0.5 × Q journalière maximale + 0.5 × r
Avec : r : réserve incendie
V :vittesse(m /s)
Période de dimensionnement :
• 20 ans pour les réservoirs enterrés
• 30 à 40 ans pour les châteaux d’eau
La durée utile de vie théorique d’un réservoir est limitée à 50 ans, celle des
équipements techniques à 20 ans.
Cas de plusieurs réservoirs :
V total= Q journalière maximale + réserve incendie
V maximale= 2× Q journalière moyenne+réserve incendie
En règle générale : Qdmax = 2 ×Qd
Qdmin = ⅔×Qd
Qdmax = 3 ×Qdmin
Pression maximale de service et pression nominale :
• La pression maximale de service est la pression la plus élevée existante
• dans une canalisation, pour un régime de fonctionnement donné :
• Pour un fonctionnement gravitaire, elle est égale à la pression
hydrostatique dans le cas du régime statique (débit nul et vanne fermée à
l’arrivée ).
Pour un tronçon en refoulement, elle est égale à la pression maximale dans le cas du
régime dynamique (débit nominal ).
Pour déterminer cette pression, on devrait calculer la
ligne piézométrique le long de la conduite.
La classe ou la pression nominale du tuyau est définie par la PMS
augmentée d’une marge de sécurité pour tenir compte des incertitudes
d’estimation et d’éventuelles surpressions transitoires. Cette marge est
généralement prise égale à 3 bars.
II-4Critères de choix de types de réservoirs:
Dans une région plane, un château d'eau, de par sa hauteur, met l'eau sous pression,
rendant souvent superflu d'installer des pompes, à moins qu'il s'agisse d'alimenter de
hauts immeubles. Cela convient donc particulièrement pour une région rurale, où les rares
bâtiments plus hauts que le château d'eau vont nécessiter (au frais de l'entreprise
/immeuble) une pompe. Et où l'impact visuel n'est pas un critère majeur.Le château d'eau
n'est pas forcément plus que les silos des fermes.
Ils se trouvent aussi plutôt dans des régions peu peuplées, un château d'eau trop
volumineux serait plus cher et pas très esthétique.
Enterré ou semi-enterré : Semi-enterré coûte en principe moins cher (il faut moins
creuser),mais selon l'endroit cela défigure l'endroit. Tout dépend en fait du type de sol
/sous-sol/roche.
Creuser dans de la roche compacte coûte cher.
La couche de roche compacte peut être couverte de terre /amas de pierre bien plus simple
à creuser, mais toujours d'une profondeur suffisante pour le réservoir, la solution du semi-
enterré peut don être la moins cher, car :
L'eau stocké crée une pression : Le terrain environnant évite que le réservoir explose, avec des murs
(fondations = murs de bétons
moins épaisses que pour un un réservoir non enterré du tout.
Dans des régions de collines et montagnes, la pression de l'eau peut être très haute, cela
peut coûter moins cher d'enterrer le réservoir, l'épaisseur des murs devrait être trop épais,
trop coûteux voire impossible à réaliser.
Quand diverses solution (enterré, un peu ou pas du tout) sont techniquement et
économiquement faisables, cela va dépendre de l'endroit. Au beau
milieu d'une forêt, l'esthétique est bien moins importante que dans un haut lieu du
tourisme.
Le choix se fait en fonction du terrain plat ou pas (château), des coûts de construction qui
dépendent de la nature du sous-sol, et parfois aussi de l'impact visuel sur le paysage : pour
une commune touristique c'est se tirer une balle dans le pied que de défigurer le paysage.
Aucune solution n'est adaptée partout, c'est du cousu sur mesure, cela se passe souvent
bien, il n'y a que rarement un enjeu financier déterminant.