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Rig Veda

Ce document contient le texte intégral d'un livre ancien en sanskrit traduit en français. Le document décrit la publication originale du livre et fournit des détails sur sa source et son éditeur.

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Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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Notes du mont Royal

www.notesdumontroyal.com 쐰
Cette œuvre est hébergée sur « No­
tes du mont Royal » dans le cadre d’un
exposé gratuit sur la littérature.
SOURCE DES IMAGES
Google Livres
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il. "Buis sensu DIRECTION D’UN COMITÉ scresrrnoun INTERNATIONAL j
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CHEFS-D’ŒUVRE LITTÉRAIRES

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LllNDE.DE LA FERSE, DE L’EGYFTE ET DE LA CHINE 7

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TOME PREMIER
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LIVRE DES immuns l
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TRADUIT DU SANHtZHH

Par A. LANGLOIS
Membre de lrlnsntul. 1
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mm immun. une. connais ET AUGMENTÉB mm mm ANALYTNUH

Par Ph.-Ed. FOUCAUX

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PARIS
MAISONNEUVE ET Cie, LIBRAIRES làDlTHL’RS
15, QUAI VOLTAIRE, 15
18-72

I..Q: 7 - g Cf-
” . ’ MAISONNEUVE FRERES, Successeur-s
,7, Rue du Sabot, 3, PARIS-17°

* i (mû mir
BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE
UNIVERSELLE
COLLECTION DES CIIEFer.ŒUVRE DE [ÏESPRIT HUMAIN

TOIE I
IMPRIMERIE PAPI. Dl’PON’T, RUE lEAN-JACOUES-ROIVSNEAL’. H.
BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE UNIVERSELLE

Le but de la BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE est de vulgariser, en langue française, les chefs


d’œuvre de l’esprit humain, pour rapprocher les nations, dans une entente commune, au béné-
fice de la civilisation. Divisés en autant de séries qu’il y a d’expressions différentes de la
pensée, et coordonnés d’après leur filiation, depuis les époques primitives jusqu’à nos
jours, ces chefs-d’œuvre représentent la part des travaux utiles que chaque peuple a
apportée en son temps, au développement de la civilisation commune.
La DIRECTION, internationale comme l’œuvre qu’elle vient de fonder, s’est adressée à des
célébrités scientifiques et littéraires, pour former un Comité supérieur consultatif, et s’est
adjoint des membres correspondants dans presque tous les pays.

COMITÉ sureau-zen CONSULTATIF

Il. Bertrand, professeur à la Sorbonne, de Illtaudet, secrétaire perpétuel honoraire, de


l’Académie des sciences. l’Académie des inscriptions et belles-
Brunet de Preales, professeur à l’École des lettres et des sciences morales.
langues orientales vivantes, de l’Acndémie Ricard. sénateur, de l’Académie fran-
des inscriptions et belles-lettres. cuise.
(labours, professeur à l’Ecole polytechnique, Paris (Paulin), professeur au Collège de
de l’Académie des sciences. ’ France, de l’Académie des inscriptions et
Cloquet( le baron),dc l’Académie des Sciences. belles-lettres.
Dehèque. de l’Académie des inscriptions et Patin, doyen de la Faculté des lettres, de
belles-lettres. l’Acade’mie française. t
Drouyn de Lhuye (S. Exc.), sénateur, mem- Pellet, doyen de la Faculté de droit, de
bre du conseil privé, ancien ministre des l’Académie des sciences morales.
affaires étrangères, de l’Académie des Quatrefages (de), professeur au Muséum,
sciences morales. de l’Académie des sciences.
Dumas, sénateur, secrétaire perpétuel de Ravaiuon, inspecteur général de l’Univer-
l’Académie des sciences. sité,de l’Académie des inscriptions et bel-
mie de Beaumont. sénateur, secrétaire per-
pétuel de l’Académie des sciences.
Egger, professeur à la Sorbonne, de l’Aca-
les lettres. ,
Bouge (le vicomte de), conseiller d’Etat, pro-
fesseur au Collège de France, de l’Acadé-
demie des inscriptions et belles-lettres. mie des inscriptions et belles-lettres.
Franck, professeur au Collège de France, Saulcy (de), sénateur, de l’ACadémie des in-
de l’Académie des sciences morales. scriptions et belles-lettres.
Gamin de Tassy, professeur à I’Ecole des 81ans (le baron de), de l’Académie des in-
langues orientales vivantes, de l’Academie scriptions et belles-lettres.
des inscriptions et belles-lettres. Taylor (le baron), sénateur, de l’Académie
Guérin (Jules), de l’Académie de médecine. des beaux-arts.
Guigniaut, secrétaire perpétuel de l’Acadé-’ Thierry (Amédée), sénateur, de l’Académie
mie des inscriptions et belles-lettres. des sciences morales.
1min, professeur à la Sorbonne, de l’Aca- Villemain. secrétaire perpétuel de l’Aca-
démie des sciences. démie française.
Jourdain, chef de division au ministère de Witte (le baron de),de l’Académie des in-
l’instruction publique, de l’Académie des scriptions et belles-lettres.
inscriptions et belles-lettres. Bidet (Firmin), libraire de l’Institut.
MEMBRES CORRESPONDANTS DE LA DIRECTION

MM. MM.
Anal (IL), ancien ministre de l’ins- Fracasson (Samuel). - Angleterre MINERVINI (Jules), directeur de la Bibl. I
truction publique, membre corres- FICHTE (D. F. Il. van), Inemhre associé de l’Université de Naples, membre.
pondant de l’Institut -- Italie. de l’Institut, professeur de philo- correspondant de l’Institut.-- Italie.
ALcassrv (André), membre de plu- sophie - Allemagne. MIME!" (C.), directeur de la Biblio-
sieurs Sociétés savantes. - France. FoucAux ’R. E.). professeur de sans- thcque roy. a Naples. - Italie
Aritnsort (Robert), professeur au crit au Lellégede France. - France. MOXNIER (Marc), littérateur. - Suisse.
queen’s colle e. -- Angleterre. FRANKLAND (Ed). membre correspon- Mus" (Eug.), littérateur. - France.
BACHIAIER (le acteur). - Allemagne. dant de I’Inslitut. - Angleterre. MORIKOFER (J.C.),professeur d’histoire
BENEDICT (Jules), membre correspon- Gnome ou RIALLE, prof. à l’Ecole à Winterthur. - Suisse.
dant de l’Institut. -Angleterre. Imp. des langues orient. -- France. NICOLAS. orientaliste. - France.
Danser (Théodore), membre corres- CORRESIO, directeur dola. Bibliothèque Nous (le comte Ars. de), archéolo-
pondant de l’Institut. -Allemagne. royale de Turin. membre corres- gue. France.
BtLLs(de), directeur du Dagbladct. - pondant de l’Institut. - Italie. Orrsur (Jules). professeur au Collége
Danemarck. GUARIANI (Carlo). membre de plu- de France. - France.
Bincu (Samuel), membre correspon- sieurs Accadémies. -- Italie. Owsx (Il) membre associé étranger
dant de l’Institut. -- Angleterre. Guros(le docteur), membre corres- de l’ nstitut. - Angleterre.
BLONDEL, doyen de la Faculté de droit pondant de l’Institut. - France. Peur-Pieuse (Gustave), philolo-
de Douai. -- France. HAIDINGEI. membre correspondant de gue. --- Suisse.
Bousuccr (Carlo), membre correspon- l’Institut. - Allemagne. Prunus (1.), doyen de la Faculté des
dant de l’Institut. - Italie. Beur W.A.), Secrétaire de la Dirac- Sciences de Caen, membre corr. de
Baume", membre corresponth de tion e l’lnstruction publique, etc.- l’Institut. - France.
l’Institut. - Russie. - lndes Néerlandaises. PLATEAU. membre correspondant de
Bosseur (E.), directeur de l’École Hsnvsr-SAInr-Dsuvs (marquis d’), .l’lnstitut. -- Belgi ne.
d’Athènes. - France. prof. au Collège de France. - QusrsLsr, directeur e l’Observatoire
CARVALLO, ingénieur. -- France. France. royal de Bruxelles-Belgique.
CAHIER, littérateur. - France. Ernestine, rolesseur a la Faculté REINHOLD R057, membre de la Société
Casanova (L. de), docteur en droit. des lettres e Douai. - France. Asiatique de Paris.- Angleterre.
-- France. litas G. A.), membre correspondant Bisou . professeur de l’Université.
Cannes (1.), docteur en médecine et de I Institut. - France. - France.
docteur tés-sciences. - rance. Hotsasccu (Henri Ian), docteur mé- RirlthA (le comte de), sénateur ,
Cultures (Ed), membre correspondant decin. - Belgique. membre de plusieurs Sociétés sa-
de l’Institut. - France. Hccusn (En eue), membre correspon- vantes. - spagne.
Casxu (la docteur). - France. dant de 1’ nstitut. - France. Rosxv (Léon de), prof. à I’Ecolo Impé-
CLAUSIUS, membre correspondant de HUIBEBT (Aimé), recteur de l’Académie riale et spéciale des langues orlon-i
l’Institut. -- Allemagne. de Neuchâtel. - Suisse. tales vivantes. -- France.
tisonne (Alexandre), professeur au huitain (Charles), doyen de la Faculté ROSSI (G. B. de), associé étranger de
Collège de France. -- France. de droit de Nancy. - France. l’Institut. - talle.
Connues" (E). bibliothécaire a la leur; VAN Basa un Doux (J.de), avocat ROULLIET (Antonfi), attaché au Minis-
Bibliohèque impériale. - France. général. - Hollande. tère de la aison de l’Empe-
Citoocucwn(J.H.), docteur ès scien- Ltcaou (P.) (Bibliophite Jacob).lbi- reur. -- France.
ces, Résident de l’île de Banka. bliothécaire de l’Arsenal. - France. Suce!" (R. P.), directeur de l’0b-
- Indes Néerlandaises. -- limousin, orientaliste. -- France. servatoire romain, membre corres-
DAVID (le baron Étienne), ancien mi- LANCRENON, membre correspondant pondant de l’Institut. - Italie.
nistre plénipotentiaire. - France. de l’Institut. - France. SPIEGEL (F. L. 5.), membre corres-
Danse, (van), Résident de Hernando.- La Siam (Ramon de), membre corres- pondant de l’Institut. - Allemagne.
luder Néerlandaises. pondant de l’Institut. - Espa ne. STAAFF (colonel), littérateur. -- Suède.
DEIOLOIBB. doyen de la Faculté de Lscoo Henri), membre correspon ont Sclusas(.lames), rofesseurauqueeu’s
droit de Caen. membre correspon- de I’ ustitut. - France. collage. - An Iicterre.
dant de l’Institut. - France. Lunette ( E ). orientaliste. TAPPAN (Henri Pâmembre carres on-
DEIL(PlelT8), ubliciste. --Autriche. France. dant de l’Institut. -- Etats- uis.
DlEFENBACE (L. , Biblioth. de la ville Lessers (F. de). fondateur de la Société Tisser,doycn de la Faculté des Lettres
de Francfort. --- Allemagne. Inter. de l’IstlIme de Suez. -France. de Dijon, membre correspondant de
Docrsns (van Leeuwen), capitaine d’in- LlVALLOIS (1.), littérateur. -- France. l’Institut. -- France.
fanterie - Indes Néerlandaises. LIND0(D’.M.P). inspecteur de l’instruc- Travers, professeur honoraire à la
DOGNÉE, secr. gén. de l’institut liist.de tion primaire a la Haye-Hollande. Faculté de Caen. -- France.
France et de Belgique. - Belgi ne. MALAcurI, recteur de l’Académie de l’ai-osa KUIPER (H.), Chef de la Di-
DONIOI. (Henry), membre correspon am Rennes, membre correspondant de rection de l’Instruction publique. -
de l’Institut. -- France. l’Institut. -- France. . Indes Néerlandaises.
Dom (R), membre correspondant de Maxosnsraosn, (S. Etc), ancien mi- VISCONTI (le baron), membre corres-
l’Institut. - Hollande. nistre. - Suède. pondant de l’Institut. - Italie.
Doum (H.), fondateur de la Société MAKSCIIALI. S. En. le comte), cham- WEBER (VIL), membre correspondant
Internationale de secours aux ar- bellan e l’empereur d’AutriclIe, de l’Institut. --- Allemagne.
mées de terre et de mer. -- France. membre de plusieurs Sociétés sa- WEII.(G.), membre correspondant de
Duras, membre correspondant de l’In- vantes. -- Autriche. l’Institut. - Allemagne.
stitut. - Italie. MARTIN (Th.), doyen de la Faculté des Woann, membre correspondant de
Faction (Jacques), avocat. - Italie. lettres de Rennes, membre carres- l’Institut. - Allemagne.
France (G. de), membre de la socictg. pondant de l’Institut. - France. Wonsus, directeur des Musées
(les sciences, etc. - France. MATHEY (Jules), littérateur. - Suisse. royaux. - Danemark.
l’usure (Jacques). membre associé Meurs: H), ingénieur des mines. - WnItncau. (l’amiral Frédéric de),
dsl’lnstitut. - Allemagne. Indes éerlandaises. membre correspt. de l’lnsl.-Russic.

Pour la Direction :
titi. Max. GRAZIA, A. I’INO, F.-G. ElCllllOFF, J. Un").
BIBLIOTHÈQUE ORIENTALE
PUBLIER

SOUS LA DIRECTION D’UN COMITÉ SCIENTIFIQUE INTERNATIONAL


IMPRIMERII L. LABRUNIE, PANIER! (ARIËGB).
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I A. UV v j

BIBLIOTHÈQUE ORIENTALE
PUBLIÉE sous LA DIRECTION D’UN COMITÉ SCIENTIFIQUE INTERNATIONIXI!’1:..ËË’

L’INDE. DE LA FERSE, DE L’EÜYFTE ET DE LII CHINE

TOME PREMIER

RlG-VÉDA V,I4
vrr-Ur- .VI

01’

LIVRE DES IIYMNES k

TRADCIT IIU SANSCRIT


4.r T’a-s ,ÇWIWr-YÀ A
Par A. LANGLOIS
M0Illhrü av I’IIhIIIllI.

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DEUXIÈIE ÉDITION. REVUE. CURRIIIÉR RI IIIIIIRRIII: U’UN IIIIIRII IRILIIIIIIR

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Par Ph.»Ed. FOUCAUX
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MAISONNEUVE ET Cie, LIBRAIRES IËDIIIIEI’RS
15, QUAI vnIrI"AII:Ir, If)

187:!

MAISUNNEUYH FRÈRES, Smmswms


3, Rue du Sabot, je, PARIS-Il!
PRÉFACE

Un des principaux devoirs de notre époque est de résumer et de coordonner


les travaux considérables que lui a légués le génie des découvertes, dans la
science comme dans l’histoire. Grâce à quelques hommes supérieurement
doués, poètes et philologues à la fois, l’Orient nous a ouvert les trésors de sa
pensée, et nous a permis de jeter, en arrière, un coup d’œil d’une portée qui
n’avait jamais été atteinte. L’étude régularisée du sanscrit, du zend, ’du
copte et du groupe des langues sémitiques a reculé les bornes de l’histoire, ou
plutôt a éclairé et peuplé des espaces qu’on croyait obscurs et vides. De
même que des voyageurs intelligents et hardis ont rencontré des tribus
nombreuses, agricoles ou pastorales, au centre de l’Arabie qu’on désignait
b jadis comme une contrée improductive et désolée, et nous ont révélé lc Nedjed, I
cet oasis prolongé entre deux déserts; de même des nations qu’on croyaitperdues
dans les âges, sans annales, sans poésie, presque sans langue, ont émergé tout
à coup avec leur antiquité fabuleuse, leurs légendesinnombrables, leurs poèmes
magnifiques, leurs efforts miraculeux dans le développement de l’intelligence
et de la civilisation. L’histoire change d’aspect, et l’esprit de l’homme s’agrandit
dans le passé. Il est temps de modifier l’enseignement général, et de vulga-
riser au profit de tous ces documents précieux qui rendent à nos premiers an-
cêtres leur place distincte et leur gloire littéraire. La publication importante qui
s’entreprend, répond à ce besoin nouveau.
On sait que pour les Romains il n’existait au monde qu’une cité, Rome, et.
des barbares conquis au à conquérir. Les Grecs, sauf quelques annalistes et

489351
4 PRÉFACE.
quelques philosophes, montraient contre l’Asie un antagonisme persévérant.
Les Hébreux s’étaient isolés dans l’aversion de leurs contemporains polythéis-
tes. Les Égyptiens eux-mêmes n’estimaient que leurs propres mœurs, et les
traditions sévères et grandioses qui relataient les vicissitudes de leur empire.
Tous les peuples antiques, y compris les Indiens, se méfiaient de l’étranger,
et le traitaient en ennemi. Ce n’est que dans des temps relativement modernes,
ce n’est surtout que d’après l’influence extensive du christianisme, qu’on voya-
gea au loin, qu’on s’enquit des mœurs, et qu’on apprit les langues des pays
inconnus. De la ces études entreprises d’abord au nom de la religion, contio
nuées ensuite au nom de la science. Alors seulement on songea à ces histoires
universelles qui ne dédaignent aucun peuple, et portent une lumière investi-
gatrice sur toutes les races et sur tout leur passé. L’érudition a hérité de
ces travaux, et les a.poussés plus profondément encore. Les progrès des lndia-
nistes sont même tellement considérables qu’il semble utile de les résumer pour
tes propager, et pour en tirer une instruction qui changera peut-être un jour
le rang des nations. Désormais les Aryas et les Chinois disputeront en valeur
et en célébrités de toutes sortes avec les Égyptiens et les Hébreux, et nous
trouverons entre-eux des rapports secrets qui expliquent leur origine et agran
dissent leur mission. L’Arabe sous sa tente, le Babylonien dans ses murs de
briques, le Phénicien sur ses navires, l’Iduméen sur ses chameaux ont vécu
sous l’œil de Dieu, aussi bien que les prêtres du Sapta-Sindhou, les con-
quérants de l’Indoustan, les colonisateurs de l’Iran, et les fertilisateurs des
vastes deltas de l’extrême Orient.
Tous les anciens ont été poétiques dans l’expression de leurs idées, et quand
ils n’ont pas manié le poinçon des fils de Cham, le kalem des fils de Sein, ou
le pinceau des fils de Japhet, c’est avec la truelle, l’équerre et le ciseau qu’ils
ont marqué leur passage sur la terre .- Voyez ces montagnes de briques
pui témoignent de la puissance ingénieuse de Babylone, ces sculptures
colossales de Nimroud et de Khorsabad, et ces monuments magnifiques que
les déserts de l’Égypte et de la Nubie nous offrent comme des miracles d’exé-
cution. Partout l’homme a chanté la majesté de Dieu et la grandeur de la
nature sur la pierre, sur la brique, sur le marbre comme sur le papyrus, et
son sentiment primordial a été l’admiration, son rêve l’extase, son langage la
poésie.
Voir et admirer sont synonymes chez les groupes primitifs; le soleil suffit
a leur admiration, et son absence les terrifie tout d’abord, de même que son
retour les rassure. La nature leur explique le créateur, ou plutôt la parole di-
vine vibre en eux comme les cordes de la lyre après le toucher de l’artiste.
Or, il est naturel de ne croire d’abord qu’à un dieu unique, car l’unité fait
l’omnipotence, et l’esprit ne s’adresse volontiers qu’à un seul maître. Plus
PRÉFACE. à
tard, l’homme qui ne développe son intelligence qu’en cherchant à se rendre
compte des phénomènesde la création, rencontre des forces diverses et y veut
reconnaitre des attributs divins, constate des contradictions violentes, et se
persuade qu’elles sont dues à une puissance rivale. De là les premières
erreurs, les premières dérogations à la logique primitive, c’est-à-dire la
dualité adéquate du bien et du mal.
Pour bien comprendre les religions, véritable origine de la pensée, il faut
en simplifier l’étude, rechercher le principe de tous les cultes jusque dans les
erreurs relativement les plus modernes, dégager le fond des formes sur-
chargées qui l’entourent, et alors, dans le naturalisme védique, on retrouvera
A gui , le lumineux, dans ce peuple d’âmes célestes qui caractérise les cultes
zoroastriens, Zervan-Ackéren, l’infini, dans le sabéisme des Chaldéens Bel,
le dominateur des astres, dans la foule des triades égyptiennes, Ammon, le
père des dieux et des hommes. dans le polythéisme assyrien, le Dieu que per-
sonne ne blesse, dans le Tien des Chinois, le maître du ciel, dans le Nirvana-
bouddhique l’unité absorbante, dans Lao-Tseu, l’appétit de Dieu, dans So-
crate, sa démonstration, dans Platon, son rêve. Cette constatation divine,
cette prescience de la vérité qui n’est qu’un souvenir des âmes les mieux
douées, confiance chez les plus faibles, inspiration du génie chez les plus forts,
ces mystères de l’esprit en gestation d’une idée fécondante, voilà la grande
et glorieuse conséquence de l’étude approfondie de l’antiquité.
Mais que de desiderata renferme la science historique, puisque nous ne
savons rien sur ces mystérieux Pélasges, qui n’ont laissé sur leurs traces
que des amas de terre et de pierres, des tombeaux et des murailles; rien
sur ces nobles Étrusques, dont un conquérant, aussi absolu que dédaigneux
a effacé l’empire sans pouvoir pulvériser l’industrie, et dont l’art, relait-
vement avancé et naïvement élégant, a surgi un jour de la terre, sa fidèle
gardienne, comme une protestation contre les destructeurs de sa civilisation;
rien sur les Himyarites, ces premiers agriculteurs de l’Yémen, que les fils
d’IsmaëI ont vaincus et remplacés; rien sur les Adites, de la race de Kousch,
qui furent les premiers despotes de la Chaldée; presque rien sur les Phéni-
ciens, ces premiers navigateurs de la Méditerranée, ces premiers colonisa-
teurs de ses rivages. Et les Finnois, qui nous ont laissé un poème, sans
nous laisser une histoire; et les Atlantes, ces habitants d’une ile immense,
sombrée entre l’Afrique barbare et l’Amérique inconnue; et les Ibériens ou
les Pinte-Espagnols, qu’on dirait autochtones, tant ils s’enfoncent dans les
siècles; et, de l’autre coté de l’Atlantique, ces premiers conquérants du
Mexique, venus du nord de l’Asie, en contournant les rivages rigides du pôle
arctique, et tels que les rappelle une curieuse représentation, conservée à
Mexico, pages naïves d’une légende immémoriale; et tant de nations ou, au
5 PRÉFACE.
moins de tribus énoncées dans l’énumération si précieuse de la Bible;
et ces barbares enfin, dont l’histoire ne constate que les irruptions, les mas-
sacres, les ineendies,les pillages, les Nubiens de l’Afrique, les Touraniens de
I’Asie, ces ennemis éternels de l’Égypte et de l’Inde,et leurs fils, les Scythes,
et les Parthes, leurs petits-fils; et les peuples de Mosoch, de Gog, de
Magog, de Thubal, dont il ne reste qu’un nom sans mémoire, dont pas un
écho ne répète une syllabe de la langue; ne sont-ils pas tous à jamais perdus,
si l’on ne trouve un jour quelque mention de leurs actes dans des légendes
encore ignorées? L’histoire n’a-t-elle pas là une grande page blanche qu’il
n’appartient qu’à la science moderne de remplir peu à peu, en éclairant
l’avenir avec les lueurs du passé?
C’est incontestablement àl’Orient qu’appartient l’honneur d’avoir commencé
l’œuvre du perfectionnement humain. Tout s’y trouve, depuis les premières
formules religieuses, jusqu’aux premières évolutions des sciences, des lettres
et des arts. Dans les productions intellectuelles de ces vastes contrées, il y a
plus qu’une augmentation du savoir général, il y a la révélation d’une loi provi-
dentielle, à laquelle tous les peuples ont obéi sans la connaître. Tandis que
l’Indou, à la vive imagination, aux tendances métaphysiques, ébauchait pres-
que tous les systèmes de religion et de philosophie, le Chinois patient, labo-
rieux, pratique, développait les sciences morales et les appliquait à l’individu,
à la famille, au gouvernement. L’Hébreu, isolé dans ses pérégrinations et dans
ses luttes, et persévérant jusqu’à l’héroïsme, proclamait et maintenait la plus
sublime des conceptions, le monothéisme pur, tandis que le sévère Iranien
affirmait la responsabilité humaine, parle dogme de la résurrection. Le grave
Égyptien démontrait, par ses monuments éternels, ce que peuvent la volonté et
le génie de l’homme contre les efforts du temps, et par ses prêtres savants, ce
que peut un sacerdoce intelligent sur la civilisation d’un pays; de son côté,
l’audacieux Chaldéen préparait les voies du ciel à la science astronomique et
l’industrieux Phénicien colportait, sur ses navires, la civilisation asiatique le
long du bassin de la Méditerranée, et jusqu’à la mer du Nord. Le Grec, aimé
du soleil etdes muses, transformait l’art et la poésie des orientaux. en les
idéalisant, et la philosophie, en lui imprimant un nouvel essor. Le Romain,
au contraire, esprit positif et généralisateur, plus logique que le Chinois,
presque aussi tenace que I’Hébreu, organisait les sciences politiques par son
art de gouverner et par sa codification des lois.
De ces produits multiples et différents de l’intelligence, se complétant l’un
l’autre, convergeant tous vers un même point, le progrès de l’humanité, res-
sort pour nous, la démonstration d’une œuvre d’ensemble , d’un but
commun, dont la diversité des nations, leur antagonisme même, et les
modifications successives qu’elles ont éprouvées, ne font que confirmer
PRÉFACE. 7
l’évidence. Et si, de ces pays lointains et de ces temps reculés nous
descendons jusqu’à nos jours, nous trouvons la même démonstration et la
même confirmation dans toutes les contrées et à toutes les époques. L’Italie,
poétique et généralisatrice, par ses origines green-romaines, se fait l’intelli-
gente auxiliaire de la renaissance des lettres et des arts; l’Allemagne, presque
aussi mystique que les Aryas primitifs, douée en même temps et de l’instinct
de la recherche, et du besoin d’approfondir chaque idée, suscite la réforme reli-
gieuse, que nous considérons ici dans son résultat purement scientifique, et
ouvre de nouvelles issues à la philosophie et à la science du droit; l’Angle-
terre, aussi industrieuse que les Phéniciens, aussi positive que les Romains,
étend le domaine des applications utiles; la France, enfin, avec sa facilité
étonnante de compréhension et d’assimilation, vulgarise; au bénéfice du
monde entier l’œuvre de tous. De même que pour le blé, l’agriculteur trace le
sillon, sème le grain, coupe l’épi mûr, le bat et le passe au crible, de même les
semailles et la récolte des idées ont exigé les travaux variés et multiples de
tous les peuples, ouvriers providentiels, chargé chacun d’une tâche spéciale,
d’après ses aptitudes différentes.
Mais l’ouvrier n’a eu pendant longtemps aucune conscience de son œuvre.
Chaque nation a cru qu’il y avait exclusivement en elle la force de vivre, le
droit de contraindre, et la séve pour féconder. Ce n’est qu’aujourd’hui, après
l’éclosion des idées internationales chez presque tousrles peuples, que nous
pouvons entrevoir dans les produits de l’intelligence à travers les siècles, non-
seulement une oeuvre d’ensemble, mais de continuité, démontrée par des
foyers, au rayonnement progressif, aux périodes régulières formant cycle,
se développant, se complétant les uns par les autres. et ne s’éteignant
qu’après avoir allumé ailleurs un plus vaste foyer.
L’Orient, nous l’avons dit, enfante la civilisation, que les Phéniciens appor-
tent en Grèce, et les Grecs à Rome. Au moment où la Grèce perdait, sous
Alexandre, sa force productive avec la liberté, Rome, exclusivement politique
et conquérante, n’avait aucune des aptitudes nécessaires à consewer et à dé-
velopper les traditions orientales. Il fallait qu’un autre foyer vint luire quelque
part. Alors, sur une langue de terre presque inhabitée , entre la Méditerranée
et le lac Maréotis, fut bâtie Alexandrie, au moment où son fondateur, par ses
conquêtes en Asie, lui ouvrait des contrées mystérieuses et immenses, dont
elle était destinée à conserver les traditions intellectuelles, par une double fusion
d’idées, entre l’Orient et la Grèce d’abord. entre le monde ancien et le monde

nouveau ensuite. ’
Le monde nouveau date de l’avènement du christianisme. A l’époque où
Jésus-Christ parut, l’Asie, déjà vaincue par une poignée d’hommes sous
Alexandre, ne possédait plus d’éléments utiles à la civilisation générale; la
8 PRÉFACE
Grèce, atteinte dans sa fécondité par la suppression de ses libertés, atteinte
dans sa vie par la mort de Philopœmen, le dernier de ses héros, ne devait
plus s’attendre qu’à être ensevelie, avec ses dieux, sous l’amère et dissolvante
ironie de Lucien. Alexandrie, asile de l’intelligence proscrite ou comprimée, ne
pouvait avoir d’autre génie que le génie de la conservation, et se trouvait ainsi
destituée de toute initiative; le reste se partageait entre Rome et les peuples
qu’on appelait Barbares. Mais Rome n’avait plus de vitalité et l’avenir lui
échappait. Les Grecques avaient vainement essayé une transformation sociale
à’l’intérieur; César avait vainement imaginé une transformation sociale à l’ex-
térieur; l’oligarchie romaine, conséquente avec ses intérêts de caste, et avec
l’esprit positif de son pays, supprimait les rêveurs par la roche Tarpéienne
ou par le poignard. La matière dominait l’esprit, la force s’imposait au droit.
Auguste, qui, selon nous, a donné improprement son nom à la plus belle
période de la littérature latine, ajoutait la ruse à la force. L’âme romaine
n’était plus à Rome, parce que sa,raison d’être providentielle avait cessé
d’exister. Les descendants de ces vieux Quirites, qui avaient cru à l’enlève-
ment de Romulus par leurs dieux, ne croyaient plus en eux-mêmes. La disso-
lution du monde ancien, sans être évidente, était complète, universelle, malgré
son pouvoir encore très-grand et son prestige encore intact. C’est alors que du
fond de la Judée, soumise à ces mêmes Romains auxquels l’initiative venait de
manquer, apparaissait l’astre du monde nouveau. ’
Croyances, lois, mœurs, le christianisme renouvelle tout. Il franchit, dès
sa naissance, des barrières qu’on croyait insurmontables, les rivalités des
classes et des races; il appelle les hommes frères, et les déclare égaux; il leur
dit qu’il yaun seul Dieu, une âme immortelle et responsable, que les fautes sont
inhérentes à la nature humaine, et que le pardon n’attend que le repentir. Il
proclame devant tous la vie de l’esprit et son triomphe sur la matière; il nous
apprend que la haine tue, et que l’amour féconde, et il nous convie, après avoir
accompli notre tâche commune de labeur, aux béatitudes d’une vie éternelle.
Douce religion, qui se base sur le dévouement sublime de son fondateur;
douce philosophie, qui s’annexe, en les divinisant, le spiritualisme grec par
Platon et les traditions orientales par les Alexandrins.
Au moment où Constantin fermait la période de lutte, pour inaugurer la
période dogmatique du christianisme, Rome était encore debout avec ses
temples aux mille dieux, avec ses aigles victorieuses. Telle qu’elle était, Rome
ne pouvait pas comprendre le christianisme, et l’instinct de sa conservation
devait lui commander les plus violentes répressions contre ce formidable
ennemi. Il fallait donc des peuples jeunes, des natures neuves et promptes à
s’émouvoir, pour accomplir la ruine du pouvoir romain et assurer le triom-
phe de la nouvelle civilisation. C’est pourquoi des multitudes innombrables,
PRÉFACE. g
différentes de race, de mœurs, de langage, s’ébranlèrent toutà coup et en même
temps, comme si l’on avait pu leur donner un mot d’ordre, et marchèrent, des
quatre coins du monde, se heurtant et s’entre-choquant entre elles,à la destruc-
tion de la ville fatale. La lutte fut longue entre les deux mondes, elle dura
plusieurs siècles, et les villes incendiées, les campagnes ravagées, les hommes
égorgés ou réduits en esclavage. les œuvres de la pensée dispersées ou
détruites, presque toutes les traditions, presque tous les souvenirs d’une grande
civilisation noyés dans le sang ou anéantis dans l’ignorance, tels furent les
résultats apparents de cette immense conflagration.
Mais les résultats réels furent, du côté des Romains, la jeunesse rendue à
la race latine, prématurément vieillie par l’abus de la force, fatalement cor-
rompue parles excès de la eonquéte; du côté des Barbares, l’universalisation
de la foi chrétienne, et par elle la révélation d’une hante et généreuse morale,
l’adoucISSement des mœurs, et l’éclosion d’un spiritualisme d’où devait émaner
la régénération du monde; des deux cotés, comme résultat politique, l’adoption
de la commune romaine, dont le souvenir avait été maintenu au milieu de la
plus violente décentralisation, et dont le développement devait résulter de
l’exagération même du despotisme féodal. Il est une loi providentielle qui
impose au vainqueur la civilisation du vaincu, de même qu’elle permet aux
forces de renouvellement de dominer tous les esprits et, à un moment donné,
de diriger toutes les volontés : le droit romain fut donc adopté, d’une façon
plus on moins intelligente, par les hommes. du Nord, et le christianisme
devint le maître des vainqueurs et le défenseur des vaincus.
En ne considérant cette foi nouvelle que du point de vue de son action
historique, on trouve qu’elle contenait tous les éléments d’un grand progrès
assuré à l’avenir; mais la chaîne de continuité du passé était inévitablement
destinée à se briser, car le christianisme ne pouvait, en tant que manifesta-
tion humaine, et dans la période de son organisation, nous ne disons pas
chercher, mais seulement admettre aucun autre levier de progrès en dehors
de lui. Eh bien! c’est à ce moment même qu’un grand homme surgissait en
Arabie, Mahomet, reliant entre elles, par le monothéisme, de nombreuses tribus
éparses, ennemies les unes des autres, et créant, sansle savoir, un nouveau
foyer de civilisation. Ainsi, quand bouillonnaient dans cette fournaise ardente,
qu’on appelle le moyen âge, les divers éléments destinés, par leur fusion, à
constituer de nouvelles nations dans notre Occident, quand de nouvelles lan-
gues commençaient à se former, quand l’ouvrier et l’agriculteur, pour se
mettre à l’abri des violences du seigneur du château, bâtissaient des bour-
gades et des villes, lorsque enfin l’état social de l’Europe s’organîsait progres-
sivement, les Arabes, en envahissant l’Espagne, nous rapportaient une partie
des documents de la civilisation grecque, et réveillaient nos imaginations par
I. BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE. a
ni PREIjAeI-z.
le Charme de leur poésie orientale. Les Arabes ont été pour nous ce que les
Phéniciens ont été pour les Grecs, ce que les Alexandrins ont été pour les
chrétiens. Seulement, tandis que les Phéniciens transmettaient la civilisation
orientale par le commerce, et les Alexandrins la civilisation greco-orientale
par l’asile accordé à la science, les Arabes nous ont transmis la civilisation
gréco-alexandrine par la conquête. Leur œuvre providentielle commence à
l’invasion de l’Espagne, se continue avec les croisades, et ne finit vraiment
qu’à la prise de Constantinople, époque on les savants grecs , bannis de leur
patrie adoptive, allaient apporter eux-mêmes en Italie les matériaux néces-
saires pour compléter la renaissance en Occident.
Si nous ne nous trompons pas sur l’action et sur l’importance des foyers
civilisateurs que nous venons d’indiquer, nous croyons être aussi dans le vrai
en disant qu’ily a des périodes régulières dans chaque foyer. EII effet, dans
l’Asie orientale, chez la race Aryenne, chez les races chamitiques ou sémi-
tiques, chez les Grecs, chez les Latins, au point de départ de la pensée, on
trouve une seule force agissante, le sentiment religieux, une seule expression
de l’intelligence, la poésie lyrique. Ces poésies spontanées, transmises orale-
ment de génération en génération pendant plusieurs siècles, conservées par le
sacerdoce indou et persan, Connue le Hig- Véda et les GatIIas; consacrées par
la foi, comme les bénédictions d’lsaac et de Jacob, chez les Hébreux; inspirées
par le gouvernement religieux et politique chez les Égyptiens, comme leurs
chants de triomphe, et les hymnes des Rituels; essentiellement monarchiques,
comme les plus anciennes odes du CIIi-king chinois; quelquefois détruites par
le temps, comme les hymnes orphiques des Grecs, dont nous ne possédons
rien d’authentique, et comme les chants arvals et saliens des Latins, dont il
ne nous reste que des fragments; ces poésies naïves, ces invocations, ces
hymnes, actions de grâces ou prières, ces chants populaires, ces manifesta-
tions d’un monde encore jeune, d’une pensée encore vierge, auxquels le prin-
temps donne toute sa séve, et la foi toute sa force, constituent, selon nous, la
période primitive de l’intelligence.
Ensuite, le culte s’établit, et fixe les tribus sur le sol, où elles s’assemblent et
commencent à se développer; la lutte du pouvoir surgit entre le prêtre et le
guerrier; peu importe qui aura la victoire, le pacte social en est la conséquence
naturelle. Le prêtre demande des armes à la foi, en organisant sa cosmologie
et sa théogonie; s’il estvainqueur, le pacte social sera théocratique. Le guerrier
demande des armes aux intérêts civils, en organisant l’État par des compromis
avec les chefs qui se joignent à lui; s’il est vainqueur, le pacte social sera poli-
tique. Il arrive parfois qu’un sacerdoce intelligent, plutôt que de combattre le
pouvoir politique, vient en aide à son organisation par une alliance qui assure
sa suprématie morale; si cette alliance a lieu, le pacte social sera mixte. Le
I’RÈFACE. Il
peuple, à l’imagination impressionnable, suit les uns et les autres, et voit des
prodiges dans les actions et les événements les plus naturels. De là les codes
sacrés, les législations nationales, les légendes épiques. La victoire de la théo-
cratie obscurcit les premières lueurs de l’unité dogmatique, qui s’achemine à
travers mille subtilités vers le mysticisme, et produit les Dupanichads, et les
Bralimanas dans l’lnde; la victoire du pouvoir civil efface ou fractionne l’u-
nité dogmatique, et produit le Chou-king en Chine, et les rêveries ingénieuses
du polythéisme gréco-romain ; la fusion des deux forces, des deux idées diri-
geantes maintient l’unité dogmatique au profit du pouvoir politique, et produit
les Triades locales des Égyptiens. Dans les trois cas, la philosophie commence
à poindre à travers la théologie, mais elle n’est encore qu’à l’état de conception
primordiale. Les législations, théocratiques dans l’Inde, comme les Lois de
Manon ; politiques, sous un formalisme excessif, dans l’empire absolu de la
Chine, comme le Tension-li; mixtes, c’est-à-dire mêlant le sacerdoce à la
magistrature, comme les lois hébraïques; faisant un tribunal du temple ou
demandant, en dernier ressort, le jugement aux oracles, comme les lois égyp-
tiennes; parfois violentes, chez les Grecs, poussés à la licence par un sen-
timent exubérant de liberté, comme les lois de Lyeurgue, de Zaleucus, de
Dracon, et même de Solen ; ou concises par le nombre et par la forme, et ter-
ribles par leur concision même, comme les douze tables chez les Romains, dont
la jalousie oligarchique soupçonne des ennemis partout, les législations,
disons-nous, suivent le même chemin que les codes sacrés.
Les légendes épiques complètent le mouvement. Elles sont’théocratiques
dans l’Inde, comme le Hamayana, et le Maliâbbârata ; mixtes en Égypte, comme
le poème de Pentaour, monument d’une haute importance, parce qu’il déter-
mine d’une manière évidente le moment où la forme lyrique, expression indi-
viduelle, cède le pas à la forme épique, expression collective; héroïques en
Grèce, comme l’IIiade et l’Odyssée; historiques à Rome, comme les Annales
d’Ennius, etla Guerre punique de chius. Cette période, dans laquelle le dogme
se fixe, le pacte social s’établit, et l’expression poétique devient collective,
constitue, selon nous, la période d’organisation de l’intelligence.
Plus tard de grands changements surviennent dans l’Etat, soit par une ré-y
forme religieuse, comme dans l’lnde et la Perse; soit par la constitution de
l’unité nationale, comme dans l’Égypte; soit par une nouvelle organisation
politique, comme chez les Hébreux; soit par le triomphe de la liberté, comme
en Grèce; soit par de grandes conquêtes territoriales, comme à Rome; soit,
en dehors de la politique et de la religion, par les Sciences positives ou mo-
rales, comme en ChinerA ce moment la nation a la conscience d’une
énergie nouvelle, elle est active, féconde au dedans, redoutée au dehors. Le
commerce et l’industrie se développent, les arts se perfectionnent, la philo-
12 PRÉFACE.
sophie domine les autres sciences qu’elle a fait naître, et Kapila, Patandjali,
paraissent dans l’Inde; Salomon, chez les Hébreux; Lâo-Tseu, Confucius
chez les Chinois; Socrate, Platon, Aristote, en Grèce; Lucrèce et Cicéron à
Rome. La religion elle-même incline vers la philosophie dans la réforme de
Çakya-Mouni et de Zoroastre. L’éloquence politique et le théâtre brillent dans
la littérature, à laquelle ils donnent, par l’effet de l’idée et de sa vivante repré-
sentation, une double force. De grands noms surgissent en Grèce et à Rome,
dans l’éloquence politique, Périclès, Eschine, Démosthène, Gains Gracchus,
Hortensius, Cicéron; de grands noms dans le théâtre, Eschyle, Sophocle, Eu-
ripide, Aristophane, Accius, Plante, Térence. L’histoire s’élabore, chez les
Grecs, avec Hérodote; chez les Latins avec Tite-Live; et elle se prépare à
sortir de la littérature pour entrer dans les sciences sociales, avec Thucydide
et Xénophon en Grèce, César et Salluste à Rome. La poésie lyrique, si elle
n’a pu conserver l’enthousiasme et l’abondance des temps primitifs, a gagné
en art, en prestige, en ampleur avec Pindare, et s’est alliée à la philosophie
avec Horace. L’épopée est devenue littéraire avec Virgile. La séve monte
dans toutes les branches de la vie nationale; rien ne reste inerte, rien n’est
infécond; il y a floraison, épanouissement, fructification; c’est, à notre avis,
la période d’expansion de l’intelligence.
Plus tard enfin, ou la réforme religieuse, qui contenait des éléments de
progrès, a été vaincue, comme le bouddhisme dans l’Inde, absorbée et défi-
gurée comme le mazdéisme en Perse; ou la défense de l’unité nationale,
plusieurs fois brisée, est devenue impossible par l’extinction de toute force orga-
nisatrice, comme en Égypte; ou la scission de l’unité politique a ouvert le pays
à tout envahisseur, comme chez les Hébreux; ou la liberté a péri au milieu
de la discorde dissolvante des partis, comme en Grèce; ou les conquêtes, par
lesquelles on avait étendu le territoire national, sont devenues une arme
destructrive pour les conqüérants eux-mêmes, comme à Rome; ou la dissolution
politique a empiété sur le savoir et l’a nivelé, avec le reste, comme en Chine;
la dernière heure a sonné, peu importe comment, jusqu’à une renaissance plus
ou moins retardée, pour chacun de ces peuples. La séve s’arrête; l’arbre n’a
plus de vie, ses fleurs s’étiolent, ses branches se sèchent, la philosophie est
sans école, les sciences sont sans interprètes; la poésie lyrique n’a plus ni
spontanéité, ni vigueur, parce qu’elle n’est plus inspirée par de hauts senti-
ments personnels; l’épopée populaire des périodes d’organisation, suivie de
l’épopée littéraire des périodes d’expansion, devient froide ou déclamatoire
parce qu’elle ne répond plus à de hauts sentiments de collectivité. Le théâtre
se ferme ou s’avilit; le genre didactique domine seul par la satire âpre et mor-
dante ; il n’y a plus de goût, il n’y a plus de moralité, il n’y a plus d’idées; aussi
écrit-on beaucoup, moralise-t-on beaucoup, sans pouvoir autre chose que com-
PRÉFACE. 13
menter les idées du passé. Quelques âmes généreuses protestent comme Plu
tarque, comme Tacite, elles n’en font que mieux connaître la profonde misère
de leur époque. Alors les grammairiens paraissent pour sauver la langue,
levier d’un renouvellement à venir. Nous sommes arrivés àla période de
décadence; mais ne redoutons pas ce mot, il n’exprime qu’une transition.
A proprement parler, il n’y a point de décadence : l’idée, plus forte que le
ait, survit dans les ruines; la civilisation, plus vivace que les nationalités,
passe de l’une à l’autre au bénéfice du genre humain. Ce que nous avons établi
plus haut : ces temps primitifs, ces organisations laborieuses, ces épanouisse-
ments plus ou moins lumineux, ces décadences temporaire ne sont, à vrai dire,
que les quatre périodes de la nature, les quatre périodes de la vie humaine.
Mais comme l’hiver n’est pas la fin des saisons, comme la vieillesse
et la mort ne sont pas la fin de la vie, de même la décadence n’est pas la
fin de la civilisation d’un pays, car elle est relative, et non pas absolue, elle
s’opère toujours à l’avantage de la civilisation universelle; elle ouvre à chaque
modification, un plus grand foyer de rayonnement, et doit être suivie tôt ou
tard d’une renaissance. Chaque nation a été, tour à tour, dans l’ancien comme
dans le nouveau monde, le centre d’un mouvement partiel ou d’un mouve-
ment général. Seulement, en ce qui regarde l’ancien monde, l’absence d’une
chronologie certaine, et le nombre restreint des documents connus ne per-
met pas de saisir les influences relatives d’un pays sur un autre, au fur
et à mesure qu’elles se sont exercées; et l’on ne peut considérer les produits
de la pensée orientale que par groupes d’ensemble et par pays. Avec le
nouveau monde, les différents mouvements intellectuels se dessinent beaucoup
plus nettement, et il est facile d’y voir, non-seulement des influences réciproques,
directes ou indirectes, mais aussi les phases diverses et multipliées de ces
influences. Dans les deux mondes, même continuité de foyers, mêmes évolu-
tions de périodes, tel est le phénomène providentiel qu’il nous reste à constater.
La période primitive du christianisme présente deux phases distinctes, de
Jésus-Christ à saint Justin, et de saint Justin àl’édit de Constantin. Pas de
poésie écrite d’abord, mais une sublime poésie d’action, dans la foi, dans
l’abnégation, dans le dévouement jusqu’au martyre. Au sacrifice de la
vie viennent s’ajouter ensuite les œuvres de la pensée. C’est le temps
de Clément d’Alexandrie et d’Arnobe, le temps des Apologistes. Après
l’édit de Constantin, et jusqu’à la chute de l’empire romain, l’organi-
sation s’accomplit; les dogmatistes surgissent. et l’éloquence religieuse,
qui vient de naître, touche vite à son apogée par saint Athanase, saint Jean
Chrysostôme, saint Jérôme, saint Augustin; la poésie élève des notes
douces et mélancoliques dans les méditations de saint Grégoire de Nazianze,
et brille de quelques éclairs puissants dans les hymnes de Synésius. De la
14
chute dePRÉFACE.
l’empire romain aux croisades, le christianisme se transforme, en
tant qu’élément social, et devient la base fondamentale d’une société nouvelle.
Avant l’avènement du christianisme, les Alexandrins avaient commencé leur
œuvre de conservation en ouvrant un asile à l’intelligence. Ce mode d’action,
que nous ne rencontrons qu’une fois dans l’histoire, exigeait naturellement des
évolutions successives en rapport avec l’ordre de son développement. Aussi de
Ptolémée Philadelphe à Philon le Juif, nous ne trouvons qu’une période de pré-
paration. Avec Philon, les idées orientales et platoniciennes, qui devaient
entrer plus tard dans la philosophie chrétienne, se naturalisent à Alexandrie.
De Philon à Plotin, le travail d’assimilation continue, mais il est à l’état
latent, et il ne peut constituer qu’une période de transition. A Plotin com-
mence la période de fusion. Proclus l’accomplit. La se borne l’œuvre des
Alexandrins, qui va être reprise et continuée, un siècle environ après la mort
de Proclus, par les Arabes.
Aux temps de l’ignorance qui précèdentàMahomet, les Arabes qui ont
gardé l’esprit, l’allure, les mœurs de leurs ancêtres les plus reculés, chantent
dans leurs mohallakats, ces chefs-d’œuvre de leurs poètes nomades et guerriers,
leur passion pour l’amour, les combats et l’indépendance. Colorée comme sa
nature. brûlante comme son soleil, ardente comme le sable de ses déserts, cette .
poésie, remplie d’énergie et de tendresse à la fois, mais chargée des colères et
des haines de tribu contre tribu, décèle tous les signes caractérisqucs de la
période primitive. De Mahomet aux Abbassides, les forces, disséminées
jusqu’à l’individualisme le plus absolu, se sont concentrées sous l’autorité
toute-puissante du khalifat. Les Arabes ont vaincu les dissidents intérieurs, et
les ennemis extérieurs; ils ont conquis des territoires immenses, dompté des
peuples nombreux; ils possèdent dans le Koran leur code sacré et leur lé-
gislation sociale; ils ont des poëles qui chantent, l’épée à la main, des épopées
populaires en de grands récits de guerre et d’amour; ils commencent à étudier
Aristote, et préparent la renaissance de la philosophie; c’est leur période d’or-
ganisation. La période de transformation part des Abbassides et finit à la
rupture définitive entre les khalifes de Cordoue et les khalifes d’Orient. Les
anciens manuscrits sont recherchés : Al-Farabi, Al-Gazel, Averroès vulgarisent
la philosophie grecque; les sciences mathématiques et naturelles progressent
considérablement pour ces temps; la poésie est en grand honneur; l’archi-
tecture fleurit dans un style à la fois étrange et splendide; enfin. les savants et
les poètes arabes apportent, par l’Espagne, les éléments qui manquaient au
complet développement du foyer occidental ou européen.
Ce foyer est représenté par différents groupes : Latin, Germanique, Slave,
Finnois, et mixte. Le mode d’action est toujours le même dans chacun d’eux.
Nous nous réservons de le démontrer en tête des œuvres du monde moderne.
PRÉFACE. l5
En attendant nous savons que l’œuvre est commune, que le but est commun.
qu’il en ressort une responsabilité commune; aussi, peu importe la latitude
sous laquelle les nations vivent, peu importe le nom sous lequel elles invo-
quent Dieu, elles appartiennent tontes à la grande famille humaine, et aucune
catastrophe ne peut frapper l’une d’elles sans qu’elle n’atteigne directement, ou
indirectement, de près ou de loin, toutes les autres.
Le moment est venu d’asseoir l’enseignement général sur des bases aussi
larges que le réclament nos intérêts et nos. devoirs. Pour nous, le degré le
plus avancé du progrès se mesure par l’étendue plutôt que par la profondeur
des connaissances. Si le point de départ, c’est l’homme, le-point d’arrivée,
ce sont les hommes. Ces météores éblouissants de l’intelligence, qu’on ap-
pelle génies, n’auraient pas eu leur raison d’être au milieu du monde, s’ils
n’avaient pas été destinés à éclairer. tôt ou tard les multitudes. De nos
temps. après Kepler, Galilée et Newton, ces trois grands scrutateurs de la
nature, après Dante, Shakespeare, et Molière, ces trois grands révélateurs
du cœur humain, les individualités géantes ont fait place aux collectivités.
Voilà pourquoi la révolution de l789 a été possible.
Des lois éternelles gouvernent le monde moral, comme elles gouvernent le
monde physique; et si l’on ne peut encore les déterminer d’une manière cer-
taine, il n’est pas sans importance de les chercher, tout en préparant en même
temps les matériaux nécessaires à cette grande découverte. C’est ainsi que nous
avons entrepris de réunir en des groupes lumineux les chefs-d’œuvre de la
pensée de tous les temps et de tous les pays. L’instruction. utile à toutes les
époques, est devenue indispensable aujourd’hui. Mais ce qui est non moins
indispensable c’est de faire entrer par l’instruction, dans l’esprit des peuples,
l’idée si méconnue et pourtant si vraie, qu’il y a entre eux une solidarité inévi-
table. Cette idée suffirait seule à diminuer les éventualités de la guerre, qui
a cessé d’être un agent de la civilisation, et à remplacer les luttes sanglantes
des batailles par les luttes pacifiques et fécondes de l’intelligence.
Notre but n’est donc pas seulement de former une bibliothèque modèle,
renfermant dans un nombre relativement très-restreint de volumes, toutce qui
se trouve de grand et d’utilc dans les plus riches bibliothèques du monde; mais
surtout de provoquer une ère de travail collectif. dans une entente commune,
par la reproduction logique de l’œuvre de nos pères dans le domaine de la reli-
gion, des sciences, des lettres et des arts, c’est-à-dire par l’histoire du perfec-
tionnement des facultés humaines, aboutissant à l’histoire la plus vraie et la
plus complète de l’humanité. Notre méthode est simple : la loi des filiations.
Notre plan d’organisation est aussi simple que notre méthode : une division
par séries des foyers déterminés de civilisation, et des évolutions périodiques
dans chaque foyer.
ns , PRÉFACE.
La loi des filiations nous amène naturellement à placer les causes en pré--
sence de leurs effets, qui deviennent à leur tour causes d’autres effets, ce qui
nous permet d’élever une reproduction scientifique et littéraire au rang de
l’histoire.

La division par séries répond aux formes, ou expressions différentes, sous


lesquelles la pensée s’est manifestée. Ces formes ou expressions différentes
tiennent non-seulement à la loi générale de la variété dans l’unité, mais aussi à
la loi historique du progrès; car chaque peuple. tout en embrassant, dans une
certaine mesure, les branches multiples du savoir, a naturellement cultivé, d’une
manière spéciale, celle qui répondait le mieux à ses aptitudes.
Les foyers déterminent l’action locale, les périodes, le mode de cette action,
et ils concourent ensemble à expliquer le mouvement progressif de la pensée.
On peut discuter nos foyers et nos périodes, mais une chose est indiscutable,
selon nous : le progrès indéfini de l’humanité. Dès lors toutes nos prémisses,
et toutes les conséquences qui en dérivent conservent la valeur que nous leur
avons donnée; car; quand même nous nous serions trompés dans la fixation
des foyers et des périodes, il n’en resterait pas moins un mode d’organisation
d’une véritable utilité pratique dans une collection de chefs-d’œuvre aussi vaste
tue la nôtre.
Nous entendons par chefs-d’œuvre toute manifestation de la pensée, ayant
été cause médiate ou immédiate d’une éclosion d’idées nouvelles, et ayant reçu
la consécration du pays qui l’a produit. Ces chefs-d’œuvre nous les donnerons
autant que possible en entier. Mais il y a aussi des ouvrages qui, tout en por-
tant le cachet d’une décadence, ont néanmoins servi au progrès, soit par des
erreurs utiles à la découverte de la vérité, soit comme démonstration de la loi
providentielle de continuité, soit enfin comme complément des phases histo-
riques d’un peuple. De ces ouvrages nous ne publierons que la partie néces-
saire pour expliquer l’action qu’ils ont exercée.
Les documents de l’ancienne civilisation hébraïque, tout en nous apparte-
nant au point de vue de leur manifestation humaine, nous imposent des devoirs
au point de vue de nos croyances : nous donnerons donc la Bible en entier,
en un volume spécial, parmi les codes sacrés; sa belle et grande poésie
lyrique, ses lois et sa philosophie pratique paraîtront en outre, en appendice
aux volumes de ces diverses séries.
Spiritualistes, et notre œuvre le démontre, nous n’avons à faire prévaloir
aucune idée personnelle, notre tâche devant se borner à choisir, à classer, à
reproduire les ouvrages qui ont eu une influence directe ou indirecte sur le
mouvement humain. Mais ce choix. cette classification et cette reproduction,
s’appliquant au travail collectif des grands esprits de tous les temps, il devenait
nécessaire pour nous de faire appel au travail collectif des intelligences vi-
PRÉFACE. » 17
vantes de tous les pays. Des hommes considérables parmi les membres de
l’Institut français, et parmi les savants et littérateurs européens, ont répondu
à nos pressantes invitations, et ont accepté (le faire partie, soit d’un comité
supérieur consultatif, soit de comités nationaux, soit de la direction, en qua-
lité de membres correspondants. Nous tenons, des le commencement de notre
publication, à remercier publiquement ces nobles penseurs, ces écrivains
illustres, dont l’approbation sympathique nous a encouragés dans notre tache
laborieuse, et dont les conseils éclairés nous permettront de conduire à bonne
[in cette vaste et difficile entreprise. Quant à nous, nous serons assez récents
pensés, si nons arrivons à graver dans le souvenir de nos comtemporains les
noms des travailleurs de la pensée, auxquels notre siècle doit l’étendue de sa
civilisation, et à faire respecter, comme les dieux Larcs de la famille humaine,
ces génies glorieux et persécutés, qui ont souvent payé par des supplices
ou des souffrances de toutes sortes le mérite inappréciable d’avoir fécondé
l’avenir.

Pour la direction :
Max. GRAZlA.
A. I’ixo.
POÉSIE LYRIQUE

INDE

INTRODUCTION
INTRODUCTION
PREMIÈRE PARTIE

Il y a cent ans, personne ne se doutait alors, dans ce monde voilé sinon


que les Aryas de la Bactriane fussent éteint, dans ce passé dérobé aux yeux
nos ancêtres. L’extrême Orient nous profanes par l’inquiétude jalouse des
était presque inconnu ; l’Inde. particu- brahmanes.
lièrement, n’étaitpour nous que l’em- Le soupçon qu’on en avait tenait
pire du mystère, du fantastique, de plutôt du rêve que de la réalité, et,
l’impossible. Nous n’en savions quel- comme tout mystère, il avait sa lé-
que chose que par les Grecs, les Ara- gende. On prétendait que saint Fran-
bes, les Persans, conquérants ou voi- çois Xavier. possédant miraculeuse-
sins, intéressés à ne représenter leurs ment le don des langues, avait appris
rivaux que sous les couleurs qui leur d’un ange le sanscrit pour réfuter les
convenaient. Voltaire avait pris la erreurs des doctrines brahmaniques,
compilation propagandiste d’un mis- mais sans pouvoir en transmettre la
sionnaire catholique pour un extrait connaissance. On disait qu’un jésuite,
réel des livres sacrés des brahmanes. du nom de Roberte de Nobili, s’était
On n’entrevoyait l’lnde qu’à travers fait brahmane pour connaître les ar-
les songes des docteurs musulmans; canes religieux de l’Inde; mais que,
on ne connaissait ni ses origines, qui découvert et dévoilé, il avait subi des
sont les nôtres, ni ses théogonies, persécutions ingénieusement féroces,
parmi lesquelles tous les peuples an- et qu’on lui avait arraché les yeux
tiques ont cherché des idées et puisé pour qu’il ne pût avancer davantage
des croyances. Le sanscrit, clef de dans une étude essentiellement se-
tant de mystères, est une découverte crète. D’autres missionnaires, sans
moderne. Ce n’est pas qu’on n’ait eu approfondir cette langue mystérieuse,
primitivement le soupçon d’une langue en constatèrent l’importance; le père
et d’une littérature religieuse et philo- Pons, par exemple, fit au père Duhalde
sophique, dont les prêtres seuls se ré- un rapport assez exact des richesses
servaient la connaissance; mais sans sanscrites et des traditions védiques.
grammaire et sans lexique de cette Tout cela, du reste, n’était que des
langue, on ne pouvait que conjecturer conjectures et des essais; et Anquetil-
ses richesses. Tout était ténèbres, Duperron, en traduisant du persan
Le? 1’ INDE. - INTRODUCTION.
” ’v î les Üupa’nieliads, ne nous fit connaître
et à son digne initiateur Rani-mohun-
que les commentaires et non le texte roy, que nous devons le premier ou-
des Védas. On savait depuis long- vrage sérieux sur les philosophies
temps que les Arabes de Bagdad et théocratiques de l’Inde. Une fois cette
les sultans Gaznévides avaient fait grande phase de l’humanité dévoilée,
traduire des poèmes et des théologies l’érudition et la science se précipitèrent
indiennes; mais se méfiant avec rai- à sa conquête. Les manuscrits védi-
son du choix et dujugement mahomé- ques abondèrent en Europe: Resen
tans, on s’en rapportait peu à ces tra- rectifia les textes, Langlois, W’ilson les
ductions expurgées par le fanatisme. traduisirent, Muller, W’eber les clas-
Tout restait donc à faire quand la sèrent; Eugène Burnouf élucida les
conquête des Indes par une nation travaux antérieurs; d’autres de plus
policée et curieuse éveilla l’intérêt des en plus nombreux les suivirent; et un
savants, et suscita leurs investiga- monde fut découvert, non moins nou-
tions. Les Anglais, plus persévérants veau que I’Amérique de Christophe
que nous, et plus à même d’ailleurs , Colomb.
par leur établissement définitif sur les Maîtres désormais de textes véri-
bords du Gange, de s’informer des tables, en possession de lexiques et
mœurs et de l’esprit de leurs tribu- de grammaires, de commentaires et de
taires, s’enquirent des langues qu’on gloses qui pouvaient guider et assu-
parlait autour d’eux : le pali, ancien rer leur marche, une foule d’hommes
idiome, le pracrit, dialecte vulgaire; studieux se plongèrent à l’envi sur
le sanscrit, langue hiératique et litté- cet océan de définitions, de disserta-
raire. Ils étudièrent surtout ce dernier; tions, d’amplifieations, de scholies, de
ils se firent initier à ses œuvres in- poèmes, d’où émergèrentbientôt, grâce
nombrables en littérature et en théolo- à leurs persévérants efforts, une so-
gie, demandèrent à plusieurs brahma- ciété tout entière, et divers cultes sue-
nes un abrégé de leurs codes religieux cessifs. Que découvrîmes-nous tour
et civils, se procurèrent des manus- à tour? Des traditions sacrées for-
crits, entreprirent des dictionnaires , mulées sous les rhythmes de l’hymne,
réunirent des savants laïques et reli- reproduites oralement pendant des
gieux, et fondèrent avec eux la société temps indéterminés , et transcrites
asiatique de Calcutta. William Jones sur des feuilles de palmier vers le
avait donné l’impulsion; Colebrooke la douzième siècle avant notre ère, ce
suivit et la dépassa. Grâce à sa liaison sont les Védas. Puis une religion offi-
avec un de ces brahmanes curieux et cielle, le Brahmanisme; des lois reli-
intelligents, qui voulait à la fois s’in- gieuses,le Code de Manou; des épopées
struire dans l’histoire de nos idées et sacrées, le Hamâyana, le Maliâbliâ-
dévoiler la. source des siennes, Cole- rata; plusieurs systèmes philosophi-
brooke put pénétrer la philosophie et ques, le Sankya, le Nyaya, le Vé-
la religion de ce grand peuple des danta; des schismes nombreux, des
Aryas, souche des principales nations individualités athéistes; des légendes
européennes, ainsi que des Hindous et théocratiques, les Pouranas; des tra-
des Perses. C’est donc à Colebrooke ditions historiques, les Itz’liasas; des
INDE. - INTRODUCTION. ’23

commentaires pratiques, les Brahma- haute expression. Par contre l’A thar-
nas; des recensions sacerdotales, les t’a-Véda, par ses objurgations, ses
Samhitas; des résumés liturgiques, superstitions, ses colères et ses haines,
les Soutras; des leçons religieuses, par son manque presque absolu de va-
les Ûupanicbads; une encyclopédie leur philosophique et littéraire, indique
officielle, les Sastras, et enfin une que ce qu’il y avait de beau et de hon
réforme radicale, d’abord victorieuse dans les idées cosmologiques du Rig-
et ensuite vaincue, le bouddhisme: Veda, ce qu’il pouvait y avoir d’utile
inextricable confusion de vérités et dans la forte et intelligente constitu-
d’erreurs, d’utopies et de systèmes, tion du brahmanisme s’était entière-
de réalités et de rêves, sans date, ment dégradé et que la période d’orga-
sans chronologie, sans fil conducteur. nisation touchait à sa fin. Le terrain
Ce n’est que plus tard, et au fur et est donc préparé: lx’apila et Çakya-
à mesure du classement des formes Mounin’ont plus qu’à venir, l’un pour
différentes sous lesquelles la pensée opposer sa philosophie rationelle à
humaine s’est manifestée, que nous l’absorbante orthodoxie brahmanique,
pourrons passer en revue tous les l’autre pour combattre les castes au
produits de l’inspiration indienne. Au- nom de l’égalité de la douleur et de
jourd’hui nous n’avons à nous oo- la misère humaine.
cuper d’une manière spéciale que des Il suffit de lire les hymnes du Rig
Védas, dont le nom signifie g science pour reconnaître qu’ils ont été chantés
suprême. dans le Sapiasindhou, le pays des sept
Les Védas sont au nombre de rivières de la vallée de l’Iudus. La
quatre, le Rig, le Séma, le l’adjour, et division en castes n’existait pas à cette
l’Atlzarva- Véda. Le Rig, le salua, et époque. La constitution du pouvoir po-
I’A tIiarva ne renferment que des vers; litique et du pouvoir religieux s’organi-
le l’adjour- Véda contient des vers et sait peu à peu, comme ailleurs. Mais ici
de la prose et se partage en l’adjour c’est le pouvoir politique qui a été
blanc et Yadjour noir. Ces quatre li- vaincu dans la personne de Viçwami-
vres constatent, selon nous, dans la tra, forcé de se faire brahmane, pour
série lyrique, les deux premières pé- rester puissant; et, dès lors, les deux
riodes de la civilisation indienne. Le pouvoirs, n’en ont plus formé qu’un
Ifig, le plus ancien et le plus vénéré seul, quoique divisés en apparence.
de tous, auquel on a souvent donné le Le l’adjour et le Séma- Véda, repré-
nom unique de Véda, nous a conservé sentant Ia constitution brahmanique dé-
les traditions du culte de la famille, et finitive, nous conduisent peut-être au
contient les seuls documents histori- temps où les Aryas s’étaient avancés
ques et littéraires qui nous restent de de l’ouest au sud-est des monts
l’lnde dans la période primitive. Le Hymalaya, sur les bords de la Sa-
Yadjour et le sanza-Véda sorte de raswati et du Gange où fut composé
rituels des cérémonies du culte sacer- plus tard l’Atliarva- Véda. Quoi qu’il
dotal, nous semblent affirmer l’avène- en soit, ce que nous savons d’une
ment de la période d’organisation manière certaine, c’est que chaque
dont le Gode de Manon est la plus Véda-a emprunté ses’vers au Rig, en
21 INDE. - INTRODUCTION.
les disposant suivant les besoins du Védas, des inspirations de différents
culte. C’est donc à ce dernier qu’il âges, des prières de différents cultes,
nous faut principalement demander toute une tradition idéale qui peut
le secret de l’antique civilisation in- mettre sur la trace des révolutions
dienne. théologiques. Peut-être y aura-t-il un
Les hymnes du [fig-Véda sont les jour une sorte de révélation historique
cantiques des Aryas, les vaillants, les sur les Hindous qui surgira (le l’étude
nobles, les honorables, d’où descend de leurs Védas. Jusqu’à présent, mal-
la race inde-européenne tout entière. gré les milliers de commentaires dont
On les chantait à l’aurore, à midi, et leur texte a été entouré, on ne peut
au soir, en plein air, sous la voûte du qu’y entrevoir une lente conquête des
ciel. Pas de temple, pas de sanc- Aryas sur les Dasyous, indigènes
tuaire; une enceinte pure et simple, d’une autre race, refoulés vers le midi
au milieu de laquelle était disposé un de l’lnde; quelques convulsions inté-
tertre comme autel, dont chaque face rieures, quelques rivalités locales, et
répondait à un des points cardinaux; cette sourde domination brahmanique,
un banc de gazon pour les dieux ou qui s’infiltre peu à peu dans les âmes,
pour les mânes évoqués; un foyer qui se substitue à l’autorité patriarcale.
pour le sacrifice; le beurre, le lait, qui combat et domine plus tard l’au-
une liqueur fortifiante, pour offrandes, torité royale, et aboutit enfin à l’éta-
le père pour pontife, la mère pour blissement des castes. On ne peut
officiante, les enfants pour fidèles: donc qu’en déduire trois inspirations,
culte naïf et primitif, que rien encore trois manières, et pour ainsi dire,
ne complique, ne trouble, et qui sem- trois philosophies.
ble le même pour l’Arya du Pendjâb, La première de ces inspirations,
et pour l’Arya de l’Iran, pour le pâtre celle des Aryas primitifs, originale
et pour l’agriculteur. dans sa forme, unitaire dans sa théo-
Les chants védiques expriment à leur gonie, simple dans ses vœux, la plus
origine une confiance naïve, un opti- ancienne, la plus pure, ne s’adresse
misme naturel, un sentiment de vérité, qu’aux phénomènes les plus sensibles
qui peu à peu s’altérèrent sous l’in- de la nature z le feu, l’éther, le soleil;
fluence sacerdotale. Avant que les la seconde, plus raisonneuse, plus re-
brahmanes eussent formé une caste cherchée, spécifie les attributs de la
dominatrice, eussent conquis une puissance providentielle, multiplie le
puissance absolue, la sincérité des nombre des phénomènes qu’elle croit
cœurs, comme partout, avait pressenti représenter les forces divines, et
l’unité de Dieu. Plus tard une philo- s’achemine ainsi vers le polythéisme:
sophie théologique embrouilla fatale- la troisième, obscure à force d’expli-
ment ces premières idées naturelles cations, inintelligible à force d’ab-
et pures; et, l’élan des âmes étant stractions, s’enfonce de symboles en
remplacé par une liturgie minutieuse symboles dans le vide d’un panthéisme
et glacée, le monothéisme primitif fut insondable. C’en est fait, le brahmane
englouti dans un panthéisme sans li- dominateur peut venir, les âmes va-
mites. Il y a donc évidemment.dans les cillantes tomberont fatalement sous son
INDE. - INTRODUCTION. 2.)

joug, et un peuple, d’origine active et I


l

l
n’a ni foi, ni loi, il méconnaît les dieux,
intelligente, descendra jusqu’au der- I il est lâche, perfide et pervers. L’Arya
I

nier degré de l’apathie et de l’impuis- le voue à l’exécration. et supplie les


sauce. puissances célestes de le foudroyer,
Quoi qu’il en soit, dans le principe, de l’anéanlir, aussi bien qu’il les im-
ce qui caractérise le Véda, c’est la plore sans cesse pour doubler ses
simplicité. L’homme reconnaît une biens, pour augmenter ses troupeaux,
suprématie céleste, et il croit qu’elle pour lui donner une postérité nom-
se manifeste dans les phénomènes breuse, valeureuse ct productive. Tel
qu’il observe; le feu lui parait une des est l’homme primitif, aux passions
forces les plus incontestables de la exaltées et franches, à l’énergie de
nature, et il s’adresse à lui sous le sentiments, à l’avidité des richesses.
nom d’Agni; le soleil lui semble un Ce sont d’abord des vaches et des che-
des bienfaiteurs les plus manifestes de vaux qu’il réclame aux divinités, c’est
l’humanité, et il l’invoque sous le nom plus tard de l’or. et toujours le
de Sourya; l’atmosphère lui est favo- triomphe, la fortune, le bonheur ma-
prable par ses pluies fécondes, et il la tériel et immédiat. Il leur apprête le
bénira sous le nom d’Indra ; la voûte soma, la liqueur du sacrifice, afin
céleste attire ses regards, ce sera pour qu’ils lui rendent un bienfait pour
lui Vapouna; la nature terrestre, la chaque goutte du breuvage sacré, il
verdure et ses prestiges le charment les convie à recevoir ses offrandes
par leur splendeur, et il la différen- pour leur en demander instantanément
ciera du ciel par le nom de Prisni; le le prix.
vent de la montagne enfin est pour lui Et maintenant, quel est le peuple
un tyran, qui courbe sous son sceptre qui chantait ces hymnes si heureuse-
le panache des forêts et la crête des ment inspirés? Figurons-nous d’abord,
flots, qui amoncelle les nuages ou qui au pied des montagnes les plus hautes
les déchire, et il le suppliera sous le du globe, sur le versant occidental de
nom de Roudra. Ainsi fait-il de tous I’Himalaya (séjour des neiges), un
les phénomènes qui le frappent, que pays rude et austère, des champs
tantôt il individualise, que tantôt il ré- d’orge sur les plateaux, des herbages
sume sous le nom générique de Dé» dans les fonds, et à l’horizon des ro-
vas, esprits lumineux. chers superposés, des torrents qui se
Un autre trait caractéristique du Vé- mêlent aux flots de l’Indus, toute
da est la sincérité. Cette sincérité se la majesté de la nature, mais aussi
manifeste aussi bien dans les vœux les toute sa rigueur. L’hiver et l’été
plus exigeants que dans les objurga- sont durs : froid glacial ou chaleur
tions lesplus violentes. L’Aryaestaussi étouffante; les équinoxes sont féconds
franc dans ses désirs de richesse et en tempêtes; mais le printemps a des
de prospérité que dans sa haine pour le charmes si vifs que le chant des an-
Dasyou, l’indigène, son rival, son eu- cêtres le redira à toutes les généra-
nemi. A l’entendre, le Dasyou ne vit. tions. C’est la que vécurent ces Aryas
que de rapines, dérobe honteusement, de l’lnde, séparés de leurs frères, les
comme un brigand, le bien d’autrui; il Iraniens, et des émigrants Aryas , nos
tu
l. - BIBLIOTllEQlE INTERNATIONALE. ,u
21’) INDE. -- INTRODUCTION.
véritables ancêtres, qui sont déjà par- mystères terribles, et de sa vie mena-
tis, et, sous les noms de Celtes, de cée des sacrifices sanglants. L’Aryn
Pélasges, de Germains et de Slaves, gréco-romain, au contraire, sous son
ont suivi la marche du soleil, con- ciel azuré, au bord de sa mer radieuse,
tourné la mer Caspienne, traversé des sur sa terre favorisée par la plus douce
fleuves et leurs courants rapides, des des températures, s’épanouira en mille
montagnes et leurs forêts épaisses, grâces de poésie, et peuplera les cieux
des marais et leurs terrains mouvants, de toute une génération divine.
en emportant avec eux, dans notre Le pays, où se livrent les luttes
Occident, le véritable .lyui, le feu sa- sourdes et répétées des Aryas-Hin-
cré de l’intelligence et du progrès. dous, le Stiptasiudhou. formé par les
L’Arya de l’lnde, traînant après lui aflluents de l’Iudus, et longtemps
ses troupeaux, pillant pour les aug- borné,pour ces derniers, d’un coté par
menter, luttant pour les défendre, s’ar- le fleuve, de l’autre par la montagne,
rêtant tout à la fois pour combattre et n’est pas encore fort distant du lieu
pour se reposer, acharné contre les d’origine des vaillants hommes, la
autochtones, ces Dasyous qu’il ne Bactriane, si féconde en émigrants.
peut assez souvent maudire, rappor- Les Aryas-Hindous s’y développeront
tant à ses dieux ses victoires et leur avec patience, y gagneront piedà pied
en demandant de nouvelles, est un une patrie, y poursuivront, combat
peuple en rmarche qui se développe par combat, l’extermination de leurs
par une lente conquête. Aussi ses mystérieux adversaires, et fonderont
hymnes sont-ils à la fois des prières, leur unité en consacrant tour à tour
des chants de victoire, des impréca- les inspirations de leurs poètes, et en
tions contre les vaincus, rarement des léguant à leur postérité leur étrange
préceptes de conduite, plus rarement livre aux centaines d’auteurs.
encore des préceptes de morale. Qu’étaieutice donc ces auteurs si
L’Arya mède-perse, soumis aux va- nombreux? Nous l’avons dit, des pères
riétés climatériques du sol qu’il a de famille, ces prêtres naturels, primi-
choisi pour son établissement, réjoui tifs iuterprètes des vœux et des hom-
par le printemps, désolé par l’hiver, mages de leurs enfants. Ces pères de
enthousiasmé des fleurs et des fruits famille allumaient le feu du sacrifice ,
de son Iran, épouvanté des neiges et lui offraient comme aliment le soma,
des tempêtes de son ’I’ouran, discer- liqueur tirée de l’asclépiade amère, le
nera dans la nature deux forces enne- beurre, le lait, plus tard un bélier,
mies, deux combattants, le bien et le et enfin le cheval. Pendant ce sacri-
mal. L’Arya slave-scandinave, en pé- fice ils prononçaient des paroles sa-
nétrant dans le Nord rigide, verra des cramentelles et des prières; et, quand
divinités féroces dans ses nuages fan- le sacrificateur était poète, ces paroles
tastiques, et dans ses glaces polaires. devenaient des rhythmes, ces prières
L’Arya celtique, voyageant à travers devenaient des hymnes. Puis on répé-
les brumes et les marais, prendra des tait ces hymnes à chaque nouveau sa-
rochers pour autels et des forêts pour crifice; on se les transmettait orale-
temple; de sa terreur naîtront des ment de fils en fils; et la tradition
NUE. - NTlll)D[C’l’lllN. ni v

s’établissait, et le respect des ancê- mains qu’on y adore, l’époque d’une


tres se consolidait par cette tradition grande partie de ses hymnes. D’abord
même, et l’on évoquait autour du ga- la conception d’une force divine y est
zon sacré les mânes de ces ancêtres simple, et la prière naïve. L’Arya est
inspirés , et l’alliance se perpétuait en marche; il implore en sa faveur les
entre le passé et le présent, en enga- forces de la nature, il lève les obstacles
geant l’avenir et en fondant peu à peu qu’il rencontre par une invocation: ici
le culte, les rites et la foi. Autant de fa- à une rivière pour qu’elle modère son
milles, autant de sacrilices; autant de courant, la à une montagne pour qu’elle
poètes patriarches, autantde cantiques. abaisse ses pentes, plus loin aux eaux
De là ce millier d’hymnes, dans le du ciel pour qu’elles assainissent par
Rig- Véda dont encore nous avons leur abondance les miasmes d’un ma-
perdu un grand nombre; car, lors- rais; plus habituellement à Indre pour
que la famille s’éteignait, sa prière par- qu’il accorde un nouveau triomphe à
ticulière n’étant plus répétée, n’étant ses protégés. Plus tard, l’Arya vain-
plus transmise par la piété liliale, queur s’établit sur la terre conquise,
s’effaçait de la mémoire des indiffé- il la cultive avec la charrue, il rentre
rents qui se contentaient de répéter et sa récolte sur des chars, bat ses blés,
de transmettre la prière de leur pro- crible son orge, cultive ses rizières;
pre chef. Puis, d’un autre côté, dans et son ordre social plus avancé se re-
les branches nombreuses, multipliées llète déjà dans ses dieux. Il compare
par les mariages Qui créaient de nou- Agili, le feu, à un coursier, qui, attelé
velles familles, de nouveaux poètes se à son char, secoue sa crinière; Oust,
manifestaient, chantant à leur manière l’aurore à une déesse montée sur un
les merveilles de la vie et les mystères brillant véhicule; les vents du matin, les
de la mort. Le concert du Véda variait Marouts, fils de Vayou ou de Rou-
des lors d’accents et d’expression : des dra, sont aussi sur des chars, armés
idées neuves surgissaient, des inter- en guerre avec le glaive et le carquois,
prétations différentes des phénomènes décochantdes flèches contre les nuages,
de la nature et de l’intervention céleste, et buvant le soma avant leur journée
ajoutaient de nouveaux dieux au pan- de travail. Plus tard il se mêle à la fi-
théon traditionnel; l’amour-propre , gure vague , mais encore noble de
l’antagonisme, la passion prenaient l’image providentielle, des traits exa-
parfois aussi une place destructive gérés ou bizarres : Sourya, le soleil,
dans le groupe primitif, et peu à peu, a des bras d’or, des mains d’or, et
fatalement, s’altérait la candeur ori- même une langue d’or; les Marouts,
ginelle. ont des attelages de daims, des cui-
L’antiquité du [fig-Veda est au- rasses et des lances. C’est que l’in-
jourd’hui incontestable. Son caractère dustrie vient d’apparaître chez l’Arya
religieux l’a fait conserver avic une indien il peigne le chanvre, tisse
sorte de piété ardente et jalouse, et la laine, perfore des puits, utilise tous
l’on pourrait jusqu’à un certain point les animaux domestiques, travaille les
reconnaitre au style même des invoca- métaux et sait en apprécier l’usage et
tions, et à la nature des êtres surhu- la valeur. Plus tard encore, la pensée
æ INDE. - INTRODUCTION.
pure et instinctive cède le pas à l’in- première des huit sections du Rig, on
terprétation des dépositaires de la tra- rencontre des hymnes de tous les âges.
dition. Le brahmane apparaît comme Dans ce recueil, que les brahmanes
le seul intermédiaire entre la divinité ont coordonné, on reconnaît, sans dif-
et l’homme ; il impose son intervention, liculté, le dessein spécial de mettre
il complique le rituel, il crée les castes, d’accord les anciennes prières avec le
il édicte des lois, et la multitude, lui nouveau culte. On y trouve même une
confiant son âme, se laisse dominer sorte d’idée dirigeante dans la dispo-
peu à peu, absorber, annuler. sition des invocations de presque tous
Mais cette multitude qu’on vient de ses livres : d’abord paraît A gm’, puis
condamner à une inégalité infranchis- Indra,ensuiteles l”1’çwadévas,tous les
sable par l’institution des castes,et à une dieux; comme si les diverses familles,
ignorance absolue par l’interdiction de les diverses tribus, dont. chacune af-
lire même ses codes sacrés, fera dé- fectionnait tout naturellement le nom
vier le sabéisme ingénieux et poé- et l’image de son dieu particulier,
tique, qui avaitsuccédé au monothéisme avaient voulu s’entendre et s’arranger
primitif, vers un polythéisme universel. de manière à former, dans chaque
Le soma, cette liqueur du sacrifice, livre, une espèce de panthéon des
sera traité de divinité, ainsi que le différents symboles et des différents
mortier et le pilon qui servent à l’ob- attributs de la divinité indienne.
tenir; la plante médicinale passera Peut-être cet arrangement a-t-il plus
déesse; les grenouilles seront invo- d’importance qu’on ne lui en a ac-
quées, les dés enlin deviendront des cordé jusqu’à présent, et dévoile-t-il
dieux. C’en est fait, le bien et le mal, une partie de l’intelligence politique
la pluie bienfaisante comme l’ouragan, des brahmanes, lesquels, pour arriver
la moralité comme les passions, pren- à la domination de toutes les tribus
nent rang dans cet olympe étrange, des Aryas de l’Inde, auraient com-
qui a remplacé la voûte céleste et pure mencé par en adopter les différents
des premiers Aryas. C’était par l’A- symboles, en leur faisant une place
soura, le principe de vie, indépendant d’honneur dans le livre qu’ils décla-
de toute manifestation particulière, que raient sacré.
s’était révélé le monothéisme primitif; Y a-t-il une époque antérieure au
maintenant l’Asoura cessera d’être [fig-Véda ? Tout le fait présumer :
une croyance pour entrer dans le do- les divers Manous, rappelés dans le
maine philosophique qui intervertira Hig tout autant que les douze prophètes
sa valeur; et Vak, la sainte parole qui précèdent Zerdousl ou Zoroas-
symbolisant les puissances diverses tre, énumérés dans le Décatir. Aussi
de la nature , créera pour la multitude MM. Emile Burnouf, Lassen Oppert,
autant de dieux, que ses besoins, ses Obry,ont-i1s cherché à déterminer la
terreurs et ses rêves en auront exigés. géographie et même la langue de ce
Malheureusement l’ordre chronolo- berceau commun de l’Occident tout en-
gique du Veda a été confondu par ses tier, l’Aryana. A l’âge le plus éloigné
transcripteurs, et le classement en est peuvent se rapporter, chez les Aryas,
arbitraire à un tel point que des la les premiers rudiments de la vie et
INDE. - INTRODUCTION. ’29
l’unité divine d’Agni, antérieure à celle ment de leur culte, et le sentiment
d’Indra. Puis vient le temps des RÎCIIÎS, inspirateur de leurs hymnes. Il est
ces poètes religieux, qui chantaient avéré, en outre, qu’avec le culte des
dans la langue ancienne les bienfaits éléments. ils avaient adopté le culte
de l’Être tout-puissant, en lui dénon- des mânes. La tradition le prouve su-
çant les méfaits des phénomènes na- rabondamment; le respect de l’hymne
turels, la grêle, la glace, l’ouragan. de famille, l’évocation des aïeux autour
Cette animation de la matière en mou- du gazon sacré, le texte même de cer-
vement n’est que de la poésie; mais tains chants, tout conlirme l’existence
elle ne cache qu’aux inattentifs l’unité chez eux (le cette vieille idée, qu’on
fondamentale. Enfin , la séparation trouve aussi dans la religion des plus
amène deux dialectes, le sanscrit et le anciens Grecs et Latins. Les Aryas
zend, et chaque grande émigration, honoraient leurs ancêtres, dont quel-
tout en conservant des traditions ana- ques-uns, tels que les Ribhous, deve-
logues, se divise par les interpréta-- naient même des demi-dieux. Ils leur
tions, c’est-à-dire par la théologie. offraient des sacrifices : et c’est peut-
Les méditatifs Aryas, avant leur sépa- ètre la raison déterminante de l’adop-
ration, tandis qu’ils formaient encore tion (les Védas par les brahmanes;
une alliance de tribus homogènes dans car ainsi était établie la valeur tradi-
les plaines de la Bactriane , avaient tionnelle d’un recueil, auquel on don-
observé la nature, et rélléchi sur les nait le sens de parole divine, pro-
secrets de l’univers. Aussi, frappés noncée et recommandée par des êtres
tout autant par le spectacle des phéno- surhumains.
mènes physiques que parles mystères En nous rendant compte du pan-
de l’existence, ils semblent s’être ex- théon védique d’après la lecture des
pliqué le principe du monde visible hymnes, et non d’après les commen-
par le mouvement qui prouve la vie, taires brahmaniques , nous avons
et par la vie qui naît, croit, cesse, et d’abord constaté une simplicité et une
se renouvelle constamment autour de clarté toute en l’honneur des concep-
nous. De là la conception d’un prin- tions primitives et de l’esprit net et
cipe de vie, unique et général, indé- sobre de nos premiers ancêtres. Indé-
pendant des individus de toutes les pendamment de l’Asoura, ce principe
espèces, dans le règne végétal comme générateur de la pensée religieuse et
dans le règne animal, se transformant, de ses symboles, nous trouvons trois
se divisant, se répandant partout. Les grands dieux auxquels l’Arya-Indien
Indiens nommèrent ce principe Asezu’a, s’adresse le plus souvent: ce sont
les Iraniens Alzoura, et c’est en lui que Agni, le feu, Indra, l’éther et Sourya,
MM. Alfred Maury, Pavie, Eiehhofl’ le soleil. Quant à Aditi, la nature in-
reconnaissent ce monothéisme, dont divise, Vareuna, le ciel étoilé, Vayou,
d’autres indianistes placent l’éclosion l’air, Houdra, le vent, les Marouts,
beaucoup plus tard. En tout cas, ce les brises, les Aswins, les crépus-
principe des Asouras, qui explique cules, Ousha , l’aurore, Prisni, la
le monde pour les Aryas et justifie terre, ils n’apparaissent que comme
l’intervention des dieux, est le fonde- dieux secondaires, puissants dans leur
30 INDE. - INTllllpl’C’I’ION.
cercle d’activité, mais plutôt auxi- hommes l’intelligence pour le com-
liaires des trois dieux supérieurs prendre; il donne aux montagnes leur
que souverains par eux-mêmes de physionomie, à la plaine sa parure,
toutes les choses et de tous les êtres. au fleuve son scintillement, à la fleur
Le [fig-Véda ouvre et ferme par un sa beauté, à tous les êtres ce qui les
hymne à Agm’. Si, comme nous le caractérise et ce qui les différencie.
croyons, une idée dirigeante a présidé Son absence efface toutes les cou-
au classement du Riy, cette disposi- leurs, vide l’horizon, éteint tous les
tion n’indiquerait-elle pas qu’A gui était yeux, confond tous les esprits, détruit
le dieu des prêtres, comme Indra toute individualité, et remplace par un
semble le dieu des guerriers, et qu’il chaos temporaire l’harmonie des mon-
devait, d’après les brahmanes, triom- des, qui n’est autre chose pour les
pher de tous ses rivaux, et les absor- hommes primitifs que la lumière. Mais
ber à la fin dans sa toute-puissance? Sourya ne se contente pas de briller,
Toujours est-il qu’il y a une sorte et de dispenser, entre tous, les ef-
(l’antagonisme entre eux, sinon dans fluves inépuisables de sa splendeur;
les actes, au moins dans les attributs. il pénètre chaque corps organisé, il
et l’on voit cette lutte naître et se dé- prodigue sa chaleur à la création en-
velopper dans des chants divers, qui, tière, dote la séve de son activité, le
par leurs louanges graduées et pro- sang de sa tiédeur, la terre de sa fé-
gressives, tendent à attribuerà l’un ou condité, l’imagination de ses brillantes
a l’autre la prédominance, la souve- couleurs; il entretient l’existence de
raineté suprême, la création. Nous tous, et imprime au mouvement uni-
chercherons à établir cette hypothèse versel sa vertu de croissance et d’élas-
par la légende de l’un, Indra, et ticité. Le soleil eulin crée la joie, le
par les développements de l’autre, bonheur; la nuit est triste, le ciel voilé
Agm’; quant à Sourya, il est aussi par la tempête est terrible; les ténè-
clair dans sa cause et aussi incontes- bres sont la mort, la clarté seule est
table dans ses effets que l’astre la vie. Ces propriétés bienfaitrices du
immense et bienfaisant qu’il repré- soleil, les Aryas les saisissent, et les

sente. -
expriment par les noms divers du so-
Ce qui donne à Sourya, le soleil, leil, qu’ils appellenttourà tour Sourjra,
une valeur toute poétique, c’est qu’il le resplendissant, et Savitri, le créa-
apparaît à chacun comme le plus teur, Pouchan, le nourricier, et Mi-
distinct, le plus évident, le plus actif tra, l’ami de tous, Bizaga, le fortuné
de tous les dieux. Rien n’est douteux et Aryaman, le puissant. Enfin, sous
dans sa puissance, rien n’est équivo- le nom de Violine", le voyageur cé-
que dans ses diverses manifestations. leste, ils se Ie figurent d’abord comme
Son séjour est dans le ciel, mais son un nain qui apparaît avec sa grosse
empire est aussi bien sur la terre que tête à l’horizon, croit avec la rapidité
dans les airs, dans l’espace qu’il rem- vertigineuse d’un dieu, projette ses
plit, dans la nature qu’il éclaire, feux dans l’infini, s’empare du ciel et
échauffe et féconde. Les animaux lui le traverse en trois pas: le lever, le
doivent la vue pour se diriger, les zénith et le coucher. Pour eux Vichuou
INDE. - INTRODIÎCTION. îll

c’est le soleil dans sa force, dans sa l


- ciel est en route et qu’il approche.
puissance, dans sa domination, indé-
f

- C’est cette bête, si belle dans les


pendamment de ses bienfaits et de ses - contrées du midi, et dont la nôtre
œuvres. l
n’est qu’une grotesque dégradation,
Telle est même l’influence qu’on que les Aryas ont donnée pour atte-
prête, dans les hymnes védiques, à l’as- i
lage ’ aux cavaliers célestes, aux
tre souverain, que Eug. Burnouf n’a deux Açwins véridiques, courriers
pas hésité à présenter Indra comme le matinaux et médecins vigilants, qui
symbol a de l’énergie atmosphérique viennent, avec la clarté pour remède,
du soleil. Or il explique sa pensée en guérir la nature entière des maux et
termes si exacts et S] poétiques à la des erreurs de la nuit. u
fois, que nous prendrons la liberté, au
ÛAg’wins, émulez l’hymne que chantoit en
bénéfice de nos lecteurs, d’emprunter
votre honneur un homme errant dans les lé-
à sa judicieuse et profonde étude du nèhres, hymne que j’ai répété en recouvrant la
Veda, ce morceau si remarquable: rue par votre protection, auteurs de tout bien.
- J’appelle Indra la puissance météo-
’Cixivu, I, 2H.)
rique du soleil; .-1hi, Suslum , l’ri-
tra , le nuage sous ses aspects; Aven vos roursiers aux ailes d’or, rapides.
Jeux, immz-ents. s’ereilIant avec l’aurore,humidos
Marouls, les vents déchaînés. Indra
(le rosée, heureux et (lisposlïsà foirades heureux,
- ne va-t-il pas jouer dans les airs le venez à nos sacrifices, comme les abeilles au
même rôle qu’un roi puissant à la miel.
u tête de son armée? C’est le dieu de l’os rayons orne IIPJOUI’ repoussent les ténèbres
et projettent au loin dans l’air des lueurs bril-
la lutte par excellence 2 on l’appelle lantes. Le soleil nitrile ses coursiers.
Indra de la racine 1nd, régner, (VANIADËVA, I, 191.)
Arya comme les nobles seigneurs
c du temps, Sousipra, au beau nez, - Le char des Açu’ins a trois sièges,
pour distinguer le chef, par ce signe t sur un desquels est placée la fille
-- de noblesse, des ennemis au nez du soleil, Ai;juni, cette charmante
aplati, que l’on appelait Dasyous, et lumière, que le regard des dieux
- que l’on nomme ici Dànavas; on suit avec un pur amour; la jeune et
le nomme Ilchattrij’a, comme les aimable fille est emportée par eux
princes féodaux; on le nomme Raja, dans leur course circulaire.
car il est vraiment le roi des cieux; - Alors apparaît l’Aurore, sœur de
il est Div, c’est-à-dire paré de vête-
la Nuit; elle est sur un char éclatant;
ments brillants; il est Cakra, c’est- rougeâtre, elle ouvre les portes rou-
- à-dire puissant. Voici maintenant geâtres de l’Orient; elle s’avance,
- son certége et son œuvre, comme le elle s’étend, elle remplit le monde
. Veda nous les présente. i de clarté.
u Quand la nuit touche à son terme,
une fine lueur se répand d’en liant Ousha se dévoile, comme une femme couverte
(le parure, elle semble se leveret se montrer à
et commence à rendre visibles les In vue, comme une femme qui sorl du bain. Elle
silhouettes des arbres et des collines. a lisse la [lus bulle dus (ailes; et loqjoursjeune
L’âne s’éveille le premier et donne elle précède à l’orient la grande lumière.

i avis à toute la nature que le roi du (sATYASltAVAS. u, 375.)


32 INDE. - INTRODUCTION.
- En effet voici le roi lui-même, n Déjà en effet, en présence d’Indra
voici Indra. Le ciel n’est plus rou- - qui s’avance, A111, le serpent, fait
geâtre; les Açwins ont été plus loin - glisser son corps vaporeux dans les
vers l’Occident; l’Aurore disparaît a airs, et rassemble des montagnes de
comme eux; c’est le cortège royal - nuages. Suslma, l’aride, tient les
qui va venir. - eaux suspendues dans l’atmosphère,
c Indra est monté sur un char d’or, les refuse à la terre, dessèche les
traîne par des coursiers jaunes; il plaines et les collines, tarit les fleu-
est lui-même tout resplendissant ves, fait périr de faim et de maladie
d’or; il porte la tiare étincelante; il les troupeaux et les hommes. Le sa-
tient dans une main, l’arc d’or; dans crifice languit, l’oeuvre de la pro-
l’autre, la foudre, qui est sa flèche; duction et de la vie semble près de
sur son char est le disque d’or, aux s’arrêter, les Asouras ne recevront
bords tranchants. Il a pour cocher plus les aliments dont ils ont besoin
l’habile et prudent Mâtali. pour accomplir sans fatigue leur
c L’escorte d’lndra est composée fonction divine. Tous les êtres sont
des Marouts, qui sont au nombre de intéressés dans la lutte. Vritra,celui
soixante-trois; Mâtariçwan (le chien qui couvre de nuages l’atmosphère,
de Matali?) est leur chef; il com- s’est emparé des régions dont Indra
plète le nombre soixante-quatre, qui est le maître; il y commande, il a
est celui des divisions de la rose des voile la face du resplendissant, et à
vents. Les M arouts sont traînés par u dérobé à la terre la vue de sa majesté.
des antilopes, les plus rapides des - Mais voici Indra qui s’avance armé
animaux. Fils de Prisni, qui est la - de la foudre.
terre montueuse, ou de Sindliou,
qui est l’Indus, ils vont avec bruit A INDRA
autour de leur seigneur, prêts à
le soutenir dans la lutte. Du reste, Je veux chanter les antiques exploits par les-
quels s’est distingué le foudroyant Indra. Il a
eux-mêmes sont tous des princes frappé Ahi ; il a répandu les ondes sur la terre;
et méritent le nom d’Aryas et de il a déchaîné les torrents des montagnes.
Kehattryas, comme Indra, qui est Ahi se cachait dans la montagne ; il l’a frappé
leur suzerain et leur chef de guerre. de cette arme retentissante, fabriquée pour lui
par Twastri; et les eaux, telles que des vaches
- Tout ce cortège bruyant, mouvant qui courent à leur étable, se sontjetdes au grand
et lumineux, dont les armes se cho- lleuve.
quent et dont les fouets claquent au Magavan a pris sa foudre qu’il va lancer
comme une flèche ,- il a frappe le premier-né des
milieu des airs, s’avance vers le Anis.
foyer d’Agni, s’y arrête un instant, y Aussitôt les charmes de ces magiciens
reçoit de la main du prêtre et par sont détruits; aussitôt tu sembles donner nais-
l’entremise du feu sacré, le soma, sance au soleil, au ciel, à f aurore. L’ennemi a
disparu devant toi!
liqueur ardente des guerriers, et les Indra a frappé Vrilra, le plus nébuleux de ses
aliments solides de l’offrande. Indra ennemis. De sa foudre puissante et meurtrière, il
lui a brise les membres, tandis qu’AIIi, comme un
et la brillante armée des rapides ’ arbre frappé de la hache, gi’t étendu sur la
Marouts sont prêts désormais à en-
terre.
gager le combat. Il osait provoquer le dieu fort et victo-
INDE. -- INTRODUCTION. 33

rieux... il n’a pu éviter un engagement mortel, et directement avec lui; il le crée par sa
l’ennemi d’lndra, d’ une poussière d’eau, a grossi
les rivières.
volonté, il le dégage du bois qui le
Privé de pieds, privé de bras, il combattait contient, il l’alimente avec le beurre,
encore. Indra de sa foudre le frappa à la téle, il le voit naître, grandir, dominer,
et Vritra... tombe déchiré en lambeaux...
La mère de Vritra s’abaisse; Indra lui porte
porter dans les airs la flamme, et la
par-dessous un coup mortel; la mère tombe sur prière dans les cieux. Aussi voyez
le fils. Danou est étendue comme une vache avec comme il l’aime, comme il l’invoque,
son veau. comme il le loue; c’est l’intermédiaire
Le corps de Vritra, ballotté au milieu des airs
agités et tumultueux, n’est plus qu’une chose
tout-puissant, c’est le recours éternel,
sans nom que submergent les eaux. Cependant c’est le bienfaiteur immuable! Im-
f ennemi d’lndra est enseveli dans le sommeil mense comme le monde, il se fait petit
éternel...
pour consumer l’holocauste; brûlant
Indra, roi du monde mobile et immobile, des
animaux apprivoises et sauvages, armé de la comme le soleil, il se fait tiède pour
foudre, est aussi roi des hommes. Comme le cercle entrer dans le cœur de l’homme; sa
d’une roue en embrasse les rayons, de même langue dévore tout ce qu’elle touche,
Indra embrasse toutes choses.
mais réchauffe tout ce qu’elle épargne.
(IIIRANYASTOUPA, l, 57.)
Il est le principe vivifiant par excel-
lence, infini comme l’univers et sub-
c Le résultat de la bataille est que divisé comme l’étincelle, c’est à la fois
- la vie est rendue aux animaux et le plus fort et le plus utile des élé-
- aux plantes; c’est l’œuvre d’Indra, ments, le plus à la portée de l’homme,
- prince dispensateur des richesses, le plus directement applicable; aussi
n trésor inépuisable de l’abondance. a persistons-nous à croire qu’il fut la
Dans le Rig, comme on le voit, première manifestation de Dieu pour
Indra a presque l’importance suprême. les Aryas, et l’attribut céleste le plus
N’étaitAgni qui balance son empire, il incontestable .
serait le premier des dieux. Il possède Tel est le précis de ce que nous
une légende complète : des sa nais- pouvons déduire des Védas sur les
sance, il est fort; dès qu’il combat, il origines et le culte des Aryas-Indiens.
est invincible. Une fois pourtant il a Occupons-nous maintenant de leur
hésité, il a tremblé, c’est sans doute imagination féconde et lumineuse,
à la première bataille des éléments, à c’est-à-dire de leur véritable gloire.
l’heure du chaos primitif : les nuages Le Hig-Veda n’est pas seulement
s’amoncelaient avec tant d’intensité, un monument historique des plus im-
les ténèbres étaient si épaisses, l’hor- portants, il est un véritable chef-
reur était si profonde qu’Indra allait d’œuvre littéraire. Quelle verve et
fléchir, lorsque Twachtri lui apporta quelle fécondité dans ces esprits ins-
la foudre. Or Twachtri, c’est Agni, pirés, qui, sans antécédents étrangers,
c’est le feu qui est partout, dans l’at- sans autre modèle que la nature, ont
mosphère par la foudre, dans le soleil rencontré dans leurs âmes ardentes
par les rayons, dans la terre par la les élans les plus sublimes, les mou-
séve, dans la créature par la chaleur vements les plus heureux, les nuances
du sang. Mais,sur l’autel où il s’allume, les plus élégantes, les formes les plus
l’homme semble communiquer plus l poétiques.
si INDE. - INTRODUCTION.
Leur cadre est étroit : leurs grands comme ils atttaquent le sinistre V ri-
dieux qu’ils nomment les A ditj’as tra, l’amoncelcur (les nuées, le génie
ne sont qu’au nombre de douze; ils des frimas et des ténèbres, comme ils
confondent parfois les attributs et les dispersent ses masses compactes ,
rôles de chacun de ces dieux, ils leur comme ils apprêtent l’œuvre d’Indra
accordent tour à tour la priorité et la qui, d’un coup de foudre, achève la
souveraineté célestes, ils ne savent victoire!
auquel d’entre eux atlribuerla création Le nombre est grand des auteurs
et la toute-puissance. Qu’importe! ils auxquels on attribue ces hymnes, si
ne raisonnent pas, ils chantent; et riches de ton, si variés d’images, d’un
leurs hésitations, leurs erreurs, sont mouvement si lyrique, comme celui à
toujours rachetées par le tableau qu’ils Indra par Gritsamada; d’une grâce s1
représentent ou par la scène qu’ils délicate, comme celui à l’aurore par
décrivent. Il se dégage de leur poésie (lote ma; d’une ampleur si majestueuse.
une fraîcheur qui nous rend sensible comme celui de Vamadéva à Agni.
etdélicieuse la nature limpide des mon- Aussi faut-il leur pardonner, comme
tagnes. Ousha, leur aurore, a toutes le fait M. Barthélemy Saint-Hilaire,
les grâces et toutes les beautés à la certaines répétitions dans la forme
fois : elle réveille les oiseaux et tran- de leurs poésies et dans le sujet de
quillise les hommes, elle apporte sur leurs chants. Chaque chantre cepen-
son char tous les dons des dieux; elle dant semble avoir son dieu de pré-
est l’admirable par ses couleurs, la dilection. Pour Viswamitra, poète
bienfaisante par ses promesses, la guerrier, c’est Indra; pour son rival,
toute aimable par ses charmes, l’im- Vasiclltha, poète prêtre, c’est Agni;
patiemment attendue, l’éternellement pour Sounahsépa, c’est l’arnuna, le
espérée. Et les Açwins, les crépus- dieu des espaces célestes de la nuit
cules, quelle belle, juste et pittores- comme du jour, dont l’œuvre n’est
que épithète que de les surnommer jamais interrompue, dit son panégy-
les véridiques, ceux qui ne trompent riste ; pour Hiranyastoupa, c’est Sa-
jamais aucun être de la création; les vitri, le soleil vivillant, et il en raconte
messagers fidèles qu’on bénit d’annon- pompeusement les grandeurs et la
cer l’aurore, qu’on remercie de prési- puissance; pour Canwa et Gotama,
der à la nuit, pour mettre l’homme en ce sontles Marouts, qui dispersent,
garde et imposer le sommeil aux ani- ébranlent, fendent les nuages, et les
maux. Et les Marouts, les vents, ces tout tomber en bienfaisante pluie;
braves, ces diligents, ces infatigables pour Savya, c’est Indra, non le dieu
compagnons d’Indra dans sa lutte per- des combats terrestres, mais le distri-
pétuelle contre les noirs nuages qui, buteur des eaux célestes, vainqueur de
sans lui, se résoudraient en grêle l’ri’tra, le noir nuage; enfin pour
plutôt qu’en pluie, qui désoleraient chacun d’eux aussi, c’est toujours 1n-
la nature, au lieu de la féconder. dra, la force, et Agni’, la bouté. On ne
Comme ils combattent avec ardeur, saurait croire avec quelle abondance,
ces vaillants auxiliaires, comme ils se l
quelle pompe, quelle imagination, ils
précipitent, comme ils se succèdent, proclament et décrivent. les vertnsde
INDE. -- INTRODI’CTION’. :35
leurs divinités. Leur verve est iné- grandes figures du Védisme. Il in-
puisable, et leurs hymnes sonores, voque tout d’abord Aglli, le dieu tou-
comme. ils les appellent, varient les jours présent au sacrifice, et lui donne
images, les métaphores, les compa- deux frères, le feu céleste, la fondre,
raisons, les allégories avec une ri- et le feu du soleil, le rayon. Puis,
chesse qui semble s’accroître de gé- énumérant les vertus du nombre fati-
nération en génération : ainsi Nodhas, dique sept, il démontre par sept rênes
fils de (.lotania, Prascanwas, fils de pour la direction d’un char qui n’a
Canwa, Parasara , petit-fils de Va- qu’une roue, les sept couleurs de l’arc-
sichtha, Samyou et (.larga, fils de. en-ciel. Mais tout à coup il interrompt
Bharadvadja,ont la même foi que leurs sa démonstration par cette question
pères; mais leurs chants ont peut-être audacieuse : - Qui a vu à sa naissance
encore plus d’éclat et d’originalité. - cet être divin prendre un corps pour
Du reste, plusieurs d’entre eux sont u en donner à ce qui n’en a pas? Où
de véritables poète-i comme Itharad- s était alors l’esprit, le sang, l’aine de
vadja, Caxivan, Contsa, (lotama, - la terre? - Et à la strophe suivante, il
(lritsamada, Sounahsépa,et surtout léclare que,l’aible et ignorant, il n’en
Viswâmitra, Vamadéva, Dirghàtamas vent pas moins sonder ces mystères.
et Vasichtha. (Je dernier est le plus Puis vient le grand détail de la créa-
fécond de tous : on compte cent seize tion, et Agni, transformé à la fois en
hymnes sous son nom, tandis que le astre flamboyant et en diviseur du
grand Dirghâtamas,le poète le plus temps, s’élance sur un char aux douze
penseur, le plus hardi et le plus bril- rayons (les douze mois), et emmène
lant, n’en a composé que ving-sept. Il avec lui les sept cent trente jumeaux,
est vrai que, parmi ces chants tous c’est-ù-dire les trois cent soixante-
inspirés et grandioses, outre l’Açwa-
cinq jours et les trois cent soixante-
méda, ce sacrifice du cheval si large- cinq nuits.
ment décrit , Dirghâtamas nous a laissé Certainement les explications de
une sorte de poème dithyrambique Dirghâtamas sont un peu confuses; il
adressé aux t’içu’adévas, à tous les appelle tantôt pied, tantôt roue,
dieux, et qui raconte dans un style tantôt rayon, les mois, les quin-
magnifique l’ordre des phénomènes de zaines, les jours, les nuits et les
la nature jusqu’alors incompris, la di- heures; certainement il va un peu
vision des temps, des saisons, des loin quand il accorde au poële le don
mois, des jours, et où se manifeste la de consolider l’océan céleste, mais
prescience d’un unique auteur de ces sa seconde expression où il dit qu’il
mouvements réguliers et splendides, suit la révolution du soleil, n’est-
qui émerveillèrent les premiers hom- elle pas la preuve que la pensée hu-
mes avant même qu’ils s’en rendis- maine cherche déjà à s’expliquer la
sent compte. Eh bien! ces mystères logique des mondes? En tontcas, cette
divins, Dirghàtamas les explique avec vaste allégorie, ou il exalte à la fois
cette inspiration du poële, cette certi- les grandeurs d’Agni et les vertus de
tude du prétre et cette conscience la libation, l’amène à (les pensées
exaltée, qui font de lui une des plus d’une pénétration singulière pour une
36 INDE. - INTRODUCTION.
époque si reculée : - Les deux esprits on demeure tout étonné, au point de
a éternels vontet viennent partout, dit- vue littéraire. de la sérénité du style,
e il, seulement les hommes connais- de la grandeur des idées, de la fer-
- sent l’un sans connaître l’autre. n meté des sentiments qui les caracté-
N’a-t-il pas voulu dire que l’on voyait risent. Il semble qu’un souffle divin
bien le feu dans ses manifestations ait enflammé tous ces esprits, inspiré
visibles, mais qu’on ignorerait toujours tous ces poètes. On croirait, à les en-
la puissance de l’invisible? Et il conti- tendre, que, de leur temps, la fraî-
nue, enchaîné dans sa pensée, selon cheur odorante qui s’élevait, à l’aurore,
son énergique métaphore, la poursuite du fond des prairies, du feuillage des
de l’âme suprême, il soupçonne l’unité arbres, du sein des fleurs, avait plus de
de Dieu, il frôle la vérité; encore un charme pour les sens et de grâce pour
élan, et il l’affirmerait; mais il se l’espritque de nosljours. Mais si le ciel
contente de confesser la foi du Vé- enchante les Richis par ses clartés, la
disme, tout en cherchant à s’en rendre terre par ses parfums, l’atmosphère
par ses couleurs; si la brise qui agite
compte : - L’esprit divin qui circule
les moissons, la rosée qui diamante
- au ciel, on l’appelle Indra, Mitra,
- Varouna, Agni. Les sages donnent les herbes, le rayon naissant qui em-
a à l’être unique plus d’un nom. i pourpre l’espace, jettent leur âme dans
Cette intuition d’un esprit suprême, l’extase et dirigent leurs chants vers
qui réside au ciel, domine la terre et les cieux, n’est-ce pas la preuve indis-
gouverne le monde, est aussi précieuse cutable que leur cœur est poétique et
que significative dans la bouche d’un que leurs lèvres sont sincères? N’en
des plus nobles et plus anciens Richis; ressort-i1 pas cette évidence que l’hu-
elle ébranle bien vivement l’hypo- manité des premiers âges sentait in-
thèse que les chantres des Védas ne stinctivement la divinité sourdre de
possédaient pas le sentiment de l’unité l’âme, comme une SOllI’CG de la mon-
divine. Ils en ont, au contraire, plus tagne? Que voulez-vous que soient
que le souvenir, plus que l’espoir, ils ces vents harmonieux et bienfaisants,
en ont la certitude et en cherchent la sinon des dieux propices, et cette at-
démonstration. A nos yeux ils ont tou- mosphère vivifiante, et ce soleil fécon-
jours conservé dans leur âme ce sen- dant, et cette nature si riche, et ces
timent épuré et sublime, et ils nous eaux si utiles, c’est-à-dire tous les
semblent même l’avoir imposé à leurs génies védiques, sinon od’admirables
successeurs, les brahmanes. Aussi, allégories de la force, de la grandeur
répéterons-nous avec M. Villemain, et de la générosité d’un Être supérieur
dans sa belle étude sur Pindare et la et créateur, qui détaille ses bienfaits
poésie lyrique : a La rencontre des avec tant de prodigalité, que le contem-
c mêmes notions dansl’homme atteste plateur de sa bonté finit par s’égarer
- l’identité des âmes et leur affinité na- dans ces manifestations infinies.
- turelle avec la vérité divine. n Ce n’est pourtant que par les idées,
Quel que soit, du reste, le sens réel par les images, par les élans du cœur
des .Ve’das, quel que soit l’esprit qui les que nous pouvons goûter ces déli-
ait conçus, la foi qui les ait chantés, cieuses poésies, car nous ne perce-
INDE. - INTRODUCTION. 37
vous ni leurs rhythmes, ni leur har- cère et curieux, qui n’avait pour lien
monie. Or tous les indianistes sont que le sentiment unique des cœurs,
d’accord sur les progrès grammaticaux devint une doctrine, et vit les variétés
du sanscrit, sur la perfection graduée de son inspiration s’assujettir aux
de sa forme; et ils traitent volontiers règles d’un système, et former un en-
d’inculte l’idiome rude et primitif des semble, une religion comme le mot
Aryas védiques. Quels ne sont donc pas l’indique lui-même. N’est-ce pas à la
la puissance et l’éclat naturels de ce longue que ce phénomène dut se pro-
langage rudimentaire pour rayonner duire? N’est-ce pas peu à peu, inter-
encore à ce point, pour nous émouvoir prétation sur interprétation, concession
par sa franchise, sa noblesse, sa vi- sur concession, que le Brahmanisme,
gueur! Qu’on ne reproche pas à ces dut parvenir à l’absorption des croyan-
hymnes primitifs leur monotonie, elle ces antérieures et à l’organisation
n’atteste que leur candeur, et n’est puissante d’une théologie enlaçant
produite que par l’uniformité de l’ado- toutes les consciences, convainquant
ration. Qu’on n’accuse pas de sub- toutes les raisons, brisant les obsta-
tilité les nuances d’expression des cles et imposant ses lois? Il y a là un
prières védiques, ou des poètes pri- travail que la science n’a pas fait, et
mordiaux s’ingénient de toutes façons qui nous expliquerait peut-être mieux
à symboliser leur reconnaissance. les transformations successives de
Qu’on n’exige pas de ces chants lyri- l’idée religieuse.
ques et isolés cet ensemble merveilleux L’Açwamétla (le sacrifice du che-
qui surprend et entraîne dans les épo- val) fut probablement le premier pas
pées helléniques. Qu’on ne leur de- vers une religion commune et un sa-
mande pas cette composition savante cerdoce reconnu, parce que ce fut le
des idées qui sait les pondérer avec premier culte national. Jusqu’alors le
choix, les opposer avec art, les classer père de famille avait suffi au sacrifice
au profit de l’effet, les énumérer au des premiersjours; plus tard la tribu
profit de l’émotion. Tous ces perfec- s’étant régularisée en s’augmentant,
tionnements de l’esprit, toute cette les défenseurs ayant pris leur place
œuvre de la critique sur soi-même, en face du péril et leur rôle domina-
toute cette rhétorique habile et cha- teur au sein de la foule, les poètes
toyante, fruit des siècles autant que du étant prêtres, il fallut sept officiants
génie, les Richis les ignoraient, et ordinaires, qu’on choisissait parmi les
cependant leur œuvre nous attire et individus principalement voués au sa-
nous charme; tant la vérité s’y mani- cerdoce. Dès lors le sacrifice change
feste avec une netteté saisissante et de nature; de la famille il passe à un
une incontestable splendeur. ’ groupe plus nombreux, à celui de la
Et maintenant résumons-nous. S’il tribu qui peut seule se priver d’un
est possible de pressentir, il n’est pas serviteur si nécessaire que le cheval,
possible de déterminer d’une manière qui peut seule offrir un holocauste si
certaine l’époque où les grandes et précieux, chez qui peuvent seuls se
simples idées du Véda se modifièrent rencontrer des sacrificateurs spéciaux
en s’oblitérant; où ce naturalisme sin- et experts. Dès lors les castes nais-
38 INDE. -- INTRODUCTION.
sent, et vont être bientôt les Brahma- prenne, Pradjapati, le dieu créateur.
nes, les Kcliattriyas, et les Vaiçyas, Gandharva, l’oiseau divin qui rem-
c’est-à-dire les prêtres, les guerriers, place Agni comme messager entre la
elles cultivateurs. Quant aux ouvriers, terre et le ciel; lorsqu’on s’adresse
les Soudras, l’interprétation moderne tour à tour à Paula, l’arbre de la
veut qu’ils soient les vaincus, les es- science sacrée, à Venu, le nuage du
claves, et voilà pourquoi on ne les sacrifice, à Pourouclza, le principe
auraient pas initiés au Veda. masculin, qui a pour auxiliaire l’i-
Si donc l’Awçame’da dut commencer radj, la substance corporelle, et à
la transformation du Rig- Veda, c’est zldlu’pouroucha, l’aine incorporée;
aussi à parlir de cette époque que doit lorsqu’on invoque Nl’rrilti, la mort,
dater le culte de Brahma, la prière pourla repousser, la Pauvreté, pour la
personnifiée, et toute l’organisation maudire, la Bienfaisance, pour l’im-
brahmanique. Mais, nous l’avons dit, plorer, la Libéralite’, pourl’exciter, les
les hymnes qui se rapportent à cette Plantes pour qu’elles chassent la ma-
phase sont disséminés, et il n’est pas ladie, le Courroux divin, pour qu’il
possible, dans l’état présent de nos s’apaise, les lianes d’un jeune richi,
connaissances sur l’Inde, de les clas- pour qu’il reprenne la vie; lors-
ser méthodiquement. Cependant il est qu’enfin l’on raconte si étrangement
facile de discerner quand le père de les noces de Sourya, le soleil, consi-
famille cède à un ministre spécial du déré à la fois comme flamme et comme
culte l’ordre et les détails du sacri- rayon; lorsqu’on a fait a Sindhml,
fice ’; il est facile de reconnaitre une l’Indus, une sorte d’adieu, et que l’on
sorte de sacerdoce quand le prêtre se énumère toutes les autres rivières qui
glorifie des dons et des récompenses descendent vers la péninsule; lors-
qu’accordent les chefs et les riches à qu’on chante le Sacre d’un r01, qui
son intervention ’; enfin lorsque les va être bientôt le conquérant du Gan-
tableaux primitifs, les invocations naï- ge , à ce moment significatif, le Vé-
ves aux forces de la nature se compli- disme, sans avoir cessé et surtout
quent d’une sorte de métaphysique, sans avoir épuisé sa poésie, fait place
lorsque dans la dernière section ap- à d’autres inspirations, qui souvent
paraissent successivement l’âk, la seront aussi grandes, quoique d’un
parole sainte, Paralm’ilma, l’âme su- genre dilférent. Ces nouvelles inSpI-
t. Voir: seclion Il], lecture", hymne 3; section lY, rations appartiennent au Brahmanis-
lecture V, hy mue i ; section V, lecture Yl, Il) mue 3. me, c’est-à-dire à la période d’orga-
2. Voir : section 1V, lecture r, hymne 10 ; section 1V
lecture Il, hymne l. nisation indienne.
MAX. (laura - JULES Dure.
POÉSIE LYRIQUE

INDE

RIG-VEDA
ou LIVRE pas lIYMNES

TRADUCTION DE A. LANliLOIS
INDE
ramona rnnnnvs.
Deux pays fournissent seuls, dans l’ancien Orient, assez de
documents pour déterminer les diverses périodes (le leur rivi-
Iisation, l’Inde et la Chine. La période primitive de l’Inde est
représentée par le Rig-I’c’da, ou Livre (les vers. Nous avons
choisi la traduction du savant orientaliste A. Langlois, non-
seulement parce qu’elle est la seule complète en langue fran-
çaise, mais aussi parce qu’étant éminemment littéraire elle
répond à notre but qui est la vulgarisation des chefs-d’œuvre
de l’esprit humain.
RIG-VÉDA

SECTION PREMIÈRE- 6. Agni, toi qui portes le nom d’Angiras t, le


bien que tu feras à ton serviteur (par le fait de
LECTURE PREMIÈRE. sa reconnaissance) tournera à ton avantage ’.
7. Agni, chaque jour, soir et matin, nous
IIYMNE l. venons vers toi, t’apportant l’hommage de notre
A A G tu i, PAR IADHODTCIIIIANDAS.. prière;

(leur: Gâyatrl.) 8. (A toi), gardien brillant de nos offrandes,


splendeurdu sacrifice’; (à toi), qui grandis au
l. Je chante Agni, le dieu prêtre et pontife, le sein du foyer que tu habites.
, magnifique (Agni) héraut du sacrifice a.
9. Viens à nous, Agni, avec la bonté qu’un père
2. Qu’Agni, digne d’être chanté par les Richis
a pour son enfant; sois notre ami, notre bienfai-
anciens et nouveaux. rassemble ic1 les dieux t.
teur.
3. Que par Agni (l’homme) obtienne une fortune
sans cesse croissante, (une fortune) glorieuse, et HYMNE Il.
soutenue par une nombreuse lignée.
4. Agni, l’amande pure que tu enveloppes A VAYOU é, PAR IADIOU’I’CHIIANDAS.
de toute part s’élève jusqu’aux dieux.
(Mètre : Gflyetrî.)
5. Qu’avec les autres dieux vienne vers nous
Agni, le dieu sacrificateur, qui joint à la sagesse l. Illustre Vâyou,viens, et prends ta part de
des œuvres la vérité et l’éclat si varié de la gloire. ces liqueurs 5 préparées avec soin; écoute notre
prière.
l. Il existe simultanément deux manières de diviser
les Rig-Véda z ces deux manières se distinguent et en t. Ce mot mugiras, comme beaucoup d’autres noms
même temps se confondent assez pour qu’on ne puisse anciens, ne me paralt pas d’origine sanscrite. Cepen-
les indiquer A la fois sans inconvénient. Elles ont du dant le commenIateur cherche a l’expliquer, tantôt en
être introduites à des époques ou par des écoles dif- le rapprochant du mot «ingéra, charbon, tantôt en lui
férentes : l’une de ces divisions, que nous suivrons, est donnant le sens d’anganasîla, doué d’ornement. C’est le
en huitsections, appelées achtacaa; un uchtaca ren- nom d’un sage, père d’une famille sacerdotale. Une
ferme huit chapitres ou lectures, udhyàyac. Chaque légende identifie le richi Angiras avec le feu. Comme
lecture contient une trentaine, plus ou moins, de var- le mot angine peut signifier prêtre en général, il n’est
gcu. Le carga est une réunion de vers ou distiques pas étonnant qu’on l’applique à Agni.
appelés n’y, qui varient de trois jusqu’à huit. La sub- 2. C’est la, a l’égard d’un dieu, un moyen de capta-
division par hymne, soûkta, n’appartient pas à ce tion qui paraltra indigne à notre civilisation. Nous en
système de division, mais à l’autre système. qui est verrons plus d’un exemple dans le cours de cet ouvrage.
celui des mandâtes. Il y a dix mandâtes partagés en N’est-ce pas là le caractère d’une de ces religions an-
amurât-ac. Chaque anouvàca contient un certain nom- tiques, dans lesquelles on prend par son intérêt le dieu
hre d’hymnes ou continua. Nous n’avons pu admettre que l’on adore, et que l’on brise quand il ne se montre
complètement l’une ou l’autre de ces (Jeux divisions : pas favorable?
nous avons pris la division par achlaca (section) et 3. Le mot rI’Ia offre un certain nombre de significa-
adhyâya (lecture); puis à la subdivision par cargua tions variées et embatrassantes. Comme adjectif, il veut
nous avons substitué celle qui se fait par comme dire par, éclatant. Comme substantif, il s’emploie pour
(hymnes). Nous avons numéroté ces aoûklar, suivant le les choses et les substances qui peuvent avoir ces qua-
nombre qu’en renferme chaque adhyàya. lités, c’est-à-dtre la lumière, le feu, le sacrifice, et,
2. Agni, lysât, est le dieu du feu. Ce début du Rig- suivant le commentateur, l’eau; au moral, le vérité,
Véda, qui commence par un hymne a Agni, a donné la justice. Obligé de choisir entre ces sans divers. et
lieu a la légende mythologique qui fait sortir le Rig- voulant mettre une certaine unité dans me traduction,
Véda de la bouche d’Agni. (Commentaire de Sâyana- j’ai presque toujours préféré le sens de sacrifice, [au
Atchârya, copie de Paris, t. I. p. 5.) du sacrifice.
3. Holri a une double signification, suivant qu’on le tire 4. Vayou est le dieu du vent ou de l’air.
du mot hou, sacrifier, ou du mot hwc’, invoquer, appeler. 5. Ces liqueurs étaient faites avec des grainsqu’on
4. Le feu, allumé pour le sacrifice, donne aux dieux laissait fermenter, on avec le jus de l’Arclcpt’ac acide
un signal auquel ils accourent. appelé toma.

I. - BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE. Il
r2 mon. - POÉSIE LYRIQUE. LLect. 1.]

2. Vàyou, des chantres sacrés, disposés à faire bras t, maitresde splendeur, acceptez les mets du
les libations. habiles à connaître lejour (des sacri- sacrifice.
fices), te célèbrent en ce moment par leurs vers. 2. Puissante Aswins, célèbres par votre force
3. Vâyou, d’accord avec le vœu de ton servi- et par vos nombreux exploits, écoutez nos voix,
teur, ta grande voix s’élève et vient attester que qui portent vers vous notre prière.
tu reçois nos libations de soma. 3. Secourables et vèridiques’, venez; nos liba-
tions vous attendent, disposées sur un tapis formé
A INDRAJ ET A VAYOI’.
de gazon sacré 5. Venez par la route (qu’arroserout)
4. Indra et Vîtvou! c’est pour vous que sont ces
les larmes (de nos ennemis A).
libations; venez prendre les mets’ que nous vous
offrons; voici des boissons qui vous attendent.
A INDRL
5. t’ayou et Indra! vous voyez ces oblations,
vous qui daignez (quelquefois) assister à nos sa- li. Accours, brillant indra; ces libations sont
crifices; venez tous deux avec empressement. pour toi, toujours pures et préparées par des
6. Vàvou et Indra! (dieux) forts, venez (rece- mains (pieuses).
voir) l’hommage de (l’homme) qui fait des liba- 5. Accours, Indra, appelé par la prière, invoqué
tions en votre honneur; accourez à sa prière. par le sage 5; écoute les paroles saintes du mi-
f
nistre qui t’offre ces libations.
A II’I’RA ET A VAIIOUNA a.
6. Accours, Indra, avec empressement à ces-
7. J’invoque Mitra, qui a la force de la pureté,
paroles, toi que portent deux coursiers azures 6;
et Varouua, qui est le fléau de l’ennemi z (ces
avec nos libations, reçois les mets que nous te
dieux) accordent la pluie’ à la prière qui les présentons.
implore.
8. 0 Nitra et Varouna! vous qui (d’une main aux VISWADËVAS 1.
favorable) touchez notre sacrifice, vous dont ce
sacrifice augmente la force, (voyez comme) par 7. O Viswas , dieux protecteurs, soutiens de
lui vous obtenez d’abondantes offrandes. l’homme, dispensateurs de la richesse, venez
9. Que Mitra et Varouna. (dieux) sages et puis- partager les libations qu’a préparées votre ser-
sants, habitants des larges demeures, nous ac- viteur.
cordent la force qui fait exécuter l’œuvre! 8. 0 Viswas. vous qui envoyez la pluie, hâtez-
vous d’accourir vers ces libations, comme les
HYMNE lll. vaches courent vers leurs pâturages.
9. 0 Viswas ’, dieux prévoyants, exempts d’in-
AUX AStVIXS 5, PAR MADHOUTCHHANDAS.
(mon: Câystrî.)
quiétude et de mal, acceptez cette offrande, et
apportez-nous le bien.
l. Aswins (dieux) aux mains agiles, aux longs
I. Chez ces dieux, ce que le poële appelle mains et
i. Indra est le dieu de l’éther, considère comme le bras, ce sont les rayons de lumière.
premier des éléments : c’est le ciel qui enveloppe le 2. Traduction des deux mots des": et misatga, qui
monde. Le nom d’ludra signifie roi. sont les noms ordinaires des Aswins.
2. Ces mets se composaient de. beurre (glu-fla), de 3. Les offrandes étaient disposées. et les ministres du
caillé (dadhi) mêle de farine. de gâteaux. On les appelle sacrifice assis sur des couches d’un gazon appelé varhis,
icl du nom général de praya: ,- ailleurs, du nom de râdja. causa, darbha (Poa eynosuro’ides).
3. Mitre et Varouna sont deux formes du ciel, ou 4. Paraphrase indiquée par le commentaire pour
plutôt du soleil. Ce sont le soleil de jour et le soleil de rendre le mot Roudm. Je traduirais volontiers z rui-
nuit : car celui-ci est censé revenir. pendant les le. nant la route de Rendre. c’est-à-dire la voie de l’air.
nèbres, reprendre sa place a l’orient. (les deux per- 5. Vipra, le prêtre qui préside. au sacrifice.
sonnages réunis représentent le jour astronomique; 6. J’essaye de rendre ainsi le mot hari.
Mitra est le jour, et Varouna la nuit. 7. Le mot vision signifie tout. Ce nom collectif de-
4. Ou bien z exaucent la prière qu’accompagne le signe tous les dieux invoques ailleurs séparément, et ne
beurre (du sacrifice). Dans l’autre version, le mot semble pas s’appliquer à une classe particulière de
glu-fla indique la pluie, qui est comme le beurre des- divinités.
tiné à engraisser la terre. 8. Traduction du mot composé e’ht’mriyâsah, sur l’ori-
5. Les Aswins on Cavaliers sont deux divinités par gine duquel les commentateurs semblent embarrassés.
lesquelles se trouvent personnifiés deux états. deux ap- Ils racontent s ce sujet une petite légende; ils disent
parences du ciel. Il est probable que ce sont les deux que le feu, appelé Sôtchica, s’étant caché dans les eaux
crépuscules. Le commentateur les a quelque part con- parce que ses trois frères avaient été tués, les Viswadé-
fondus avec le Ciel et la Terre, et même avec le Soleil vos le rappelèrent, en disant : Éht’, mû yàsih (Vent, ne
et la Lune, d’après l’autorité d’Yâsra. aluns).
lLect. L]
RlG-VÊDA. - SECTION PREMIÈRE. 43
A SARÂSlVATl L du sacrifice, joie des mortels, aimé du (dieu) qui
l0. Sarasvvatl, toi qui purifies (le cœur), com- descend vers nous, et nous donne le bonheur.
blée de nos offrandes, aie pour agréable notre 8. O (dieu, que l’on appelle) Satacratou *,
sacrifice, d toi, trésor de la prière! après avoir goûte de cette libation, triomphe des
il. Sarasvvatl inspire les paroles saintes; elle Vritras ’; sauve, en faveur de ces offrandes, ce-
exprime les bonnes pensées; c’est à elle que lui qui te présente ces mets.
s’adresse notre sacrifice. 9. 0 Satacratou, nous accumulons autour de
12. Saraswali appelle et encourage l’onde (des toi les offrandes; en retour, Indra, comble-nous
libations) *; elle élève un drapeau sous lequel de tes biens l
brillent toutes les Prières. 10. Au gardien de la richesse, au (dieu) grand,
auteur de toute félicité, ami de l’homme pieux, à
HYMNE lV. Indra, adressez vos cantiques.
A INDRA, un IADEOUTCHHANDAS. HYMNE V.
(Mure : Gflyatrf.) A mon, un IADHOUTCHIIANDAS.
l. Chaque jour nous appelons à notre secours (une : Gdyatrl.)
le dieu célèbre par ses actions brillantes, comme I. Venez, amis; placez-vous, et chantez Indra,
le fermier appelle sa (vache) nourricière. vous qui avez un trésor d’hymues (sacrés).
2. Approche de notre sacrifice; tu aimes les 2. (Chantez) le grand Indra, le maître souverain
libations, bois celles que nous t’offrons; et si tu de la richesse; répandez en même temps les liba-
es satisfait, toi qui es riche, accorde-nous des tions.
troupeaux de vaches. 3. Qu’il soit pour nous une source de biens,
3. [Missions-nous ainsi (nous) voir au nombre (l’opulence, de sagesse; qu’il vienne partager nos
de ces hommes sages que tu daignes visiter! offrandes.
Viens, ne nous dédaigne pas. a. Chantez cet Indra qui, dans les combats, porté
-i. Chef de famille 3, écoute la voix d’un sur un char. renverse ses ennemis par le choc de
homme éclairé; aie recours à Indra, sage et in- ses coursiers.
vincible, qui (sera) le rempart de tes amis. .3. En l’honneur de ce dieu, qui aime les liba-
â. Que (ces amis), en fêtant Indra. puissent tions, voilà des boissons purifiées et mêlées avec
dire: Vous, qui êtes nos adversaires, retirez-vous du caillé 5.
loin d’ici.
6. 0 bienfaisant Indra, (tu nais) pour recevoir
6. Que nos ennemis nous appellent des hommes nos libations et pour régner (sur les dieux); à
fortunés, placés que nous sommes sous la pro- peine cs-tu né, que déjà ta forme est immense 0.
tection d’Indra. 7. 0 Indra, glorifié par nos chants, remplis-toi
7. Offre donc a Indra ce (soma), aussi ardent de ces boissons ardentes; puissent-elles plaire a
qu’il peut l’être lui-même; ce (soma), ornement un dieu sage comme toi!
i. Sarwati est la déesse de la parole, vâg dévalé.
8. Les hymnes, les louanges (des anciens) ont
Elle est, dans le sacrifice. accompagnée de deux déesses. ajoutéà tagrandeur,dSatacratou! quenoschants
"à et Bhàratt .- llâ est la parole poétique. l’hymne; aient le même effet!
et Bhàrati, la parole accompagnée du geste, l’action
déclamatoire. 9. Qu’lndra, protecteur invincible, en qui sont
2. Lccommentateur voudrait que ce vers se rapportât
a la rivière Samwati. Je n’ai pu partager son avis. et l. Littéralement : honoré par cent sacrifices. Le
n’admets pas cette confusion de personnages. Ce dra- nombre cent est ici pour un nombre indéfini. Telle est
peau qn’élève Saraswa’tl, il me semble que c’est le feu l’explication donnée par le commentateur, qui en in.
allumé pour le sacrifice. Le mythe de Saraswatl ne diqne encore deux autres, représentées par les mots
me parait pas encore formé : Brahma n’est que le sa- bahoucarman et buhoupradjna. On ne connaissait pas
encore la fable qui suppose qu’lndra est dépossédé de
crifice; et si Saraswatf était dite fille ou femme de
Brahma, cela signifierait qu’elle nalt du sacrifice ou son royaume céleste par celui qui a célébré cent sacri-
fices appelés arwame’dhae.
qu’elle l’accompagne. On appelle Femmes des dieux les
2. Vritra est un nom donné àl’ennemi d’lndra; c’est
prières prononcées en leur honneur. Cependant Sa-
matf est le nom de l’une des sept rivières citées l’obscurité des nuages. que dissipe la puissance du
souvent dans les hymnes. dieu. Indra fait la guerre aux Vritras, comme le Ju-
3. Je trouve cette idée dans le mot dama, qui est piter grec la fait aux Titans.
au 60 vers de cet hymne, et j’emprunte le sens que je 3. Ce caillé porte le nom de dadht’.
lui donne, non au commentaire qui en fait une épi- t. Allusion a l’immensité du ciel, éclairé le matin
thète d’fndra, mais au Dictionnaire de Il. Wilson. par les rayons du jour.
44 iNDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Li-ct. L]

toutes les vertus de la virilité. se réjouisse de 6. Voilà pourquoi l’hymne qui chante les dieux
ces mets abondants et variés. célèbre aussi le grand (dieu des vents). qui as-
10. Que nul homme ne porte atteinte à nos siste (lndra) de ses conseils, et découvre les heu-
corps; lndra, seigneur célébré par. nos chants, reux trésors.
éloigne de nous la mort. 7. Avec l’intrépide Indra, (O dieu), on te voit
accourir; tous deux pleins de bonheur, tous deux
HYMNE Vl. également resplendissants.
A INDIA, PAR IADHOUTCHHANDAS. 8. Notre sacrifice confond, dans un hommage
aussi empressé, lndra et la troupe (des Marouts)
(Hêtre : Glyetri.)
bienfaisante, irréprochable, et brillante des feux
l. Places autour du (foyer), les hommes prépa- (du matin).
rent le chari (du dieu) brillant, pur et rapide’; 9. (Dieu des vents), qui parcours le monde, viens
(cependant) brillent dans le ciel les feux (du matin). vers nous, ou de ton séjour habituel, ou de la
2. A ce char sont attelés ses deux coursiers, demeure céleste de la lumière l; notre voix au-
beaux, brillants, impétueux, rougeâtres, etdignes jourd’hui t’appelle.
de porter un héros. 10. Nous invoquons aussi la libéralité d’Indra;
3. 0 mortels, (voyez-le) mettant l’ordre dans la (qu’il nous entende), soit d’ici-bas, soit de l’air qui
confusion, donnant la forme au chaos. 0 lndra, enveloppe la terre, soit du vaste séjour de la
avec les rayons du jour tu viens de naître. lumière.
à. A peine la formule de l’affrande 5 a-t-elle été
prononcée, que les (Marouts) s, dont le nom mérite HYMNE Vil.
d’être invoqué dans les sacrifices, viennent exci-
ter (de leur souffle) le feu à peine sorti du A INDRA, PAR IADHOUTCHHÀNDAS.
sein de l’aranl a. (Mètre : Gâyatri.)
5. Avec (ces Marouts), qui brisent tout rempart
et supportent a (la une). Indra, tu vas, du sein de l. C’est lndra dont nos chants, lndra dont nos
la caverne, délivrer les vaches (célestes) 7. hymnes, lndra dont nos prières exaltent la gran-
deur.
i. Le char que l’on prépare pour un dieu, c’est 2. lndra, avec ses deux coursiers azurés et do-
sacrifice. ciles à la voix I, va se mêlant à tout; lndra,
2. Moyennant ces trois épithètes, le commentateur,
tout plein d’idées modernes, forme ici un syncrétisme tout brillant d’or, porte la foudre.
d’indra avec le soleil, le feu et le vent; il l’identifie 3. Pour élargir l’horizon, Indra a élevé le so-
aussi avec les étoiles qui brillent au firmament. Je ne leil dans le ciel; au milieu des vaches (célestes),
vois en cet endroit qu’une description poétique du
ciel, personnifié dans lndra, et représenté au moment il a lancé sa foudre.
de l’aurore.
4. Dans les combats, si fertiles en butin, lndra
3. Cette invocation s’appelle Swadhà.
4. Les Marouts sont les vents : nous verrons. par la protégé-nous; sois pour nous un auxiliaire ter-
suite, que ce nom se donne à une classe de prêtres. rible!
5. Je n’ai pu adopter le sans du commentaire.
6. On donne ici au vent le même nom qu’au feu,
5. Dans les grandes comme dans les petites
Vahm’. L’idée est sans doute différente. affaires, c’est lndraque nous invoquons; lndra, qui
7. Nous allons tacher d’expliquer cette image. qui s’unit à nous, et frappe nos ennemis de sa foudre.
doit se représenter souvent. D’abord le mot vache, 6. Toi, qui es libéral et qui donnes l’abondance,
dans le langage poétique, est tout ce qui procure un
avantage; est avantage est le lait que l’on retire de
cette vache. On donnera donc ce nom au sacrifice, à la légende, dont nous venons d’indiquer quelques traits
prière, à la terre, au nuage, à la libation, aux rayons et qui peut avoir quelque rapport avec la fable de
du soleil, etc. lei la vache doit être le nuage. ou plutôt Cacus. Les vaches que j’appelle célestes me semblent
la lumière, le rayon. Au sein de la nuit, représentée être ici les rayons du soleil : dans d’autres passages,
comme une vaste caverne. sont renfermés les rayons, ce mot désignera les nuages qui répandent sur la terra
enlevés et gardés par les Asouras, enfants de Bala, et l’eau. qui est pour elle une espèce de lait. Je me
nommés Partis. Vrihaspali, autrement Agni, le feu du trompe fort, si cette explication ne doit pas être aussi
sacrifice, réclame ces vaches : une chienne divine, celle de l’histoire de la vache le chez les Grecs, laquelle
nommée Saramà, et qui n’est que la voix de la prière est donnée en garde a Argus, le Saltasrâkcha (millio-
(vàg déni), est envoyée à la découverte. lndra, le dieu calus).
du ciel qui commence a s’éclairer, marche, avec les 1. Le soleil, suivant le commentateur.
Marouts et les Angiras (c’est-a-dire les prêtres), a la a. J’estime que le véritable sans doit être z docile: à
délivrance de ces vaches, et il brise la caverne ou elles la vois: du prêtre qui tu attelle par la prière; litté-
sont renfermées. De tous ces détails on a composé une ralement, attelé: par la parole.
[Le-ct. L]
RlG-VÈDA.-SECTION PREMIÈRE. 45
accorde-nous le fruit de ce sacrifice, (sois) favo- qui désire un fils, c’est le sage qui s’attache à la
rable à nos vœux. prière.
7. Les sacrifices se succèdent, et, dans tous ces 7. Le sein d’lndra, altéré de soma, doit toujours
hymnes brillants qui s’adressent au foudroyant en être rempli : telle la mer est toujours (gonflée
lndra, je n’en vois aucun digne de lui. d’eau), telle la langue est sans cesse humectée de
8. Tel que le taureau qui s’approche avec amour salive.
de ses compagnes, tel (lndra), maltre clément et 8. C’est ainsi que la prière qu’on lui adresse,
généreux, visite les hommes avec puissance, grande et sonore, assure a son serviteur des trou-
9. Lui qui, sans égal, règne sur les hommes, peaux de vaches; elle est pour celui-ci comme la
(dispense) les biens, et (gouverne) les. cinq classes branche chargée de fruits.
d’êtres i. 9. C’est ainsi que ton pouvoir, 0 lndra, que ton
10. Nous invoquons pour vous lndra, qui enve- secours est acquis au serviteur qui me ressemble.
loppe de toute part la nature; qu’il nous soit, à 10. Mais aussi l’hymne et le chant qui plaisent
nous, particulièrement propice! à lndra doivent être préparés; le soma doit être
versé (pour le dieu qui l’aime).
HYMNE Vlll.
HYMNE 1X.
A INDRA. PAR IADIIOIJ’I’CIIIIANDAS.

(Hêtre: Gâyutrl.) A INDBA, PAR IADIOUTCIIIIANDAS.


(Hêtre : Geyatrl.)
l. 0 Indra, viens à notre secours! donne-nous
de l’or : l’or procure l’opulence, la victoire, la l. Viens, Indra, toi qui aimes les mets (du sa-
force constante et durable. crifice) et toutes les espèces de libations; toi qu
2. Avec l’or, et protégés par toi, nous pouvons es grand, fort et victorieux. q
2. En l’honneur d’indra, qui donne le bonheur
repousser nos ennemis et à pied î et à cheval.
et qui protège puissamment, répandez cette boise
3. Protégés par toi, o Indra, nous prenons nos
armes, auxquelles tu donnes la force de ta foudre, son, qui donne aussi le bonheur et produit de si
et nos ennemis sont vaincus dans le combat. puissants effets.
4. Avec nes héros armés de traits, mais surtout 3. Sois heureux de nos louanges flatteuses,
dieu à la noble face * et maître souverain;assiste
avec ton aide, o Indra, nous résistons à la foule
avec (les autres dieux) à nos sacrifices.
de nos adversaires.
l. (Avec nos libations), j’ai versé’ des prières:
à. En effet, Indra est grand et supérieur à tout:
qu’elles montent heureusement vers toi, seigneur
qu’il surpasse tout, le dieu qui porte la foudre!
sa force est comme le ciel, elle est immense. puissant, et daigne les accueillirl
ô. Indra, réunis ici les biens divers qu’il est
6. Ce n’est pas seulement le guerrier qui ob-
tient sa faveur dans la mêlée, c’est encore l’homme possible de souhaiter; ils sont en toi avec une
merveilleuse abondance.
1. Quelles sont ces cinq classes d’êtres? Le com- 6. Riche et puissant lndra, conduis-nous a cette
mentateur pense que ce sont les quatre castes, opulence, et donne-nous la force et la gloire.
auxquelles il ajoute les Nichâdas. Il explique de la
même manière le mot pàntchadjanya, qui se présen- 7. 0 lndra, toi qui es la vie de tous, accorde-
tera plus loin. Hais je crois que les castes n’existaient nous une fortune large, grande et solide, fondée
pas encore à l’époque ou ces hymnes furent composés,
et, de plus. les Nichàdas n’étaient pas une caste.
sur l’abondance de nos récoltes et le nombre de
Yen: suppose que par ces cinq classes il faut en- nos vaches!
tendre les Gandharvas. les Pitris, les Dévas, les 8. Oui, donne-nous une grande fortune, des
Maures et les Rakchasas. Un autre auteur retrouve les
cinq classes dans les Brèves, les Hommes, les Gendhar- richesses, des biens innombrables, et des chariots
vas, les Apsaras et les Serpents, ou bien dans les chargés d’abondantes provisions!
Dévas, les Hommes, les Pilris, les Quadrupèdes et les
Oiseaux. D’un autre coté, les Indiens reconnaissent
9. Par nos chants nous invoquons Indra, mai-
cinq éléments. Ne seraient-ce pas les êtres appartenant tre de la richesse, ami de nos hymnes, et prompt
a chacun de ces éléments? M. Wilson donne au mot à venir à notre secours.
pântchadjanya une étymologie qui a trait à cette expli-
cation. Je dois dire que la même idée se présente dans t. Souripra; cette épithète est remarquable. et si-
la se section. 8° lecture, et que ces cinq classes sont gnifie ayant un beau ou ou de belles mâchoires. Quel
appelées culant: de Manon. panlcha Mânouchàh. rapport ont ces traits de beauté avec le caractère par-
à. Littéralement, à coups de poing .- le commentateur ticulier d’indra?
indique le sans que j’ai adopté. 2. Traduction littérale.
46 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. ILect. L]
10. Avec ces libations diverses, le père de fa- cendre en vainqueur les ondes qui répandent le
mille ! prétend honorer la haute puissance du bonheur, et envoie nous les vaches (célestes).
grand lndra, devenu son hôte. 9. Toi qui as une oreille ouverte (à la prière),
écoute notre invocation, accueille nos hymnes;
HYMNE x. lndra, rapproche-toi de nous pour exaucer les
vœux que t’adresse, de concert avec moi, un père
A mon, un uxnnourcunsnnxs.
(me: : AnouChtoubh.)
l. Les voix des chantres, les hymnes des poë-
de famille. .
10. Nous connaissons ton extrême générosité;
.nous savons que tu entends notre voix suppliante
tes, célèbrent ta grandeur, O Satacratou, les prè- dans les combats : nous implorons le secours du
tres t’élèvent parmi nous, comme on élève la
plus libéral (des dieux), qui se manifeste par
hampe d’un drapeau ’.
mille bienfaits.
2. En voyant (le père de famille) aller de mon- il. Hâte-toi (de venir) vers nous, O lndra, fils
tagne en montagne pour faire tous les préparatifs de Cousica !! Goùtc avec plaisir de nos libations;
du sacrifice 5, le généreux Indra a compris son donne à notre corps une vigueur toujours nou-
dessein, et il arrive avec l’escorte des (Marouts). velle. Que le poële (qui te chante) reçoive de toi
3. lndra, attelle à ton char tes deux coursiers mille présents.
azurés, à la crinière brillante, à l’ardeur impé- 12." l) (dieu) digue d’être célébré, que nos élo-
tueuse, au ventre qui remplit le surfaix; toi qui gos t’environuent de toute part; éloges qui ,
aimes le soma, approche pour mieux entendre comme toi, grandissent avec le temps; qui, agréés
nos chants. par toi, le rendent favorable à nos désirs.
la, Viens, écoute, accepte nos vœux, accède à
nos désirs; bénis, O lndra, toi qui es notre véri- HYMNE XI.
table asile, notrc sacrifice et les mets que nous A nous, un DIÉTRI,FILS DE intellectualisme.
t’offrons.
(Mètre : Anouchtoubli.)
5. Chantons, exaltons lndra, qui détruit la foule l. Tous les hymnes exaltent la grandeur d’in-
de (nos ennemis); que le dieu puissant (que nous dra, étendu comme une mer profonde; (lndra),
appelons Sacra) entende son nom répété parmi le plus illustre des guerriers portés sur des chars
nos fils et nos amis. de bataille, le maître des mets (sacrés), le maître
6. Invoquons-le pour obtenir des amis, pour des hommes pieux.
obtenir des richesses, pour obtenir du pouvoir. 2. 0 lndra, maître de la force, après t’avoir of-
Que le puissant Indra soit puissant t pour nous, fert ces mets (sacrés), et sûrs d’une amitié telle
et nous comble de biens! que la tienne, nous n’avons rienàeraindre; nous
7. lndra, nous te présentons, avec un entier te louons, toi vainqueur invincible.
abandon, ces offrandes abondantes et pieuses. 3. Les trésors d’indra ne sont pas épuisés; sa
Ouvre pour nous le pâturage des vaches (céles- protection est toujours aussi forte qu’autrefois;
tes); accorde-nous l’opulence, 0 toi qui portes la toujours il a pour ses adorateurs une réserve de
foudre! nourritures abondantes, et des vaches fécondes.
8.Le ciel et la terre ne peuvent contenir (le 4. lndra est le destructeur des villes (des Asou-.
dieu) qui donne la mort à ses ennemis. Fais des- ras) î z de sa nature, il est jeune et sage; il pos-
sède une force incomparable. A lui s’adressent
1. Le mot and répond au mot latin Items. C’est le
mettre de la maison faisant les frais du sacrifice. tous les sacrifices; il lance la foudre, et s’entend
2. Ce passage renferme le mot vanta, qui signifie louer partout.
roseau et famille. Le commentaire, expliquant ce mot
dans le premier sens, dit que les sauteurs élèvent un i. Cousica est un roi de la race solaire. il désira un
roseau, qui est une espèce de mat de cocagne. il me fils dont la puissance fut égale à celle d’indra; lndra
semble, à moi, que ce roseau doit être comme la. lui-nième voulut bien naître de lui, et porta, dans cette
hampe d’un drapeau. Dans le second sens, le commen- incarnation, le nom de Gâdhi. Quelques auteurs forment
taire pense que le causa est une famille élevée par les du mot comice un adjectif qui signifierait fils de Cousu,
vertus d’un père. et alors le père de Gadhi se nommerait Cousanâbha ou
3. Avant le jour du sacrifice, le chef de famille a du Cousàmbha. Côsica voudrait dire descendant de Causa.
envoyer sur les montagnes chercher le soma (Aselepias 2. Les nuages sont considérés par le poële comme des
acida ouSarcostema viminalis), recueillir le bois, et pren- villes habitées par les Asonras. lndra les frappe avec
dre tontes les dispositions pour les offrandes et le repas. sa fondre, pour en faire sortir la pluie, que retiennent
t. Répétition exigée par le texte. ces ennemis des dieux.
[Let-t. L]
RlG-VÉDA. - SECTION PREMIÈRE. 47
5. 0 (dieu) qui portes le tonnerre, tu as ouvert 7. Célèbre, au milieu de la cérémonie sainte,
la caverne ou Bals tenait renfermées. les vaches Agni, dieu sage, fidèle au devoir et a la vérité,
(célestes); les dieux sont venus vers toi, rassures destructeur du mal.
contre la crainte qu’ils avaient éprouvée. 8. Divin Agni, messager des dieux, sois le pro-
6. (Dieu) guerrier, pour obtenir tes dons, je tecteur du (père de famille) qui t’honore par ses
m’approche avec des libations et des hymnes. holocaustes.
Devant toi, qui mérites nos louanges, se présen- 9. (Dieu) purificateur, donne la joie à cet
tent de fidèles serviteurs : qu’ils connaissent ce (homme pieux) qui, pour le service des dieux,
que tu peux. s’approche de toi avec l’holocauste.
7. Par ta (secourable) magie, ô lndra, tu as 10. Agni, purificateur et resplendissant, appelle
donné la mort au magicien Souchna l. Que les ici les dieux vers notre holocauste et notre sa-
hommes sages cannaissent ta puissance; daigne crifice.
élever leur fortune. Il. Célèbre par un hymne nouveau, procure-
8. Que les hymnes célèbrent lndra, fortet sou- nous la richesse, l’abondance, et une race vigou-
verain; lndra, dont les bienfaits ne peuvent pas reuse.
se compter. 12. Agni, toi qui brilles d’un éclat pur, toi que
HYMNE au. nous invoquons dans toutes les prières adressées
aux dieux, accueille avec faveur l’hymne que
a AGI", PAR IÉDHATITIII, FILS ne sans].
nous te consacrons.
(item : Céyatrî.)

l. Nous prenons( pour l’objet de nos chants) HYMNE Xlll.


Agni, le messager (des dieux), le sacrificateur en
qui sont tous les biens, le prêtre qui accomplit aux APRIS ’ PAR IÉDHATI’IIII.
l’œuvre sainte. un": : Câyatri.)
2. C’est Agni que, dans leurs invocations, les
l. Agni, (surnommé) Sousamiddha’, amène pour
hommes appellent sans cesse , Agni le maître du
peuple, le ministre des holocaustes, l’ami du nous les dieux vers celui qui offre l’holocauste z
monde. prêtre et sacrificateur, consomme le sacrifice.
3. Agni, toi qui viens de naître (de l’aranî) *, 2. Sage (divinité, qu’on nomme) Tanoûnapdt 5,
fais aujourd’hui agréer aux dieux notre sacrifice ;
amène ici les dieux sur ce causa choisi : tu es
pour nous un sacrificateur digne d’éloges. qu’il leur soit aussi doux que le miel!
i. Agni, éveille les dieux avides (de nos sacri- 3. l’invoque ici, dans cette assemblée, (celui
fices); va leur porter cette nouvelle, et reviens sant. Je crois qu’ici ce mot s’emploie pour le vase du
avec eux t’asseoir sur le causa. foyer même, qui est de terre.
à. Toi que nous appelons par nos libations de t. Cet hymne est consacré à une classe de divinités
beurre, brillant Agni, brûle nos ennemis alliés nommées Ami: : ce sont des formes du dieu Agni, et des
personnifications divines des choses qui concourent au
avec les Bakchasas 3. sacrifice. Les in, se. 30. 40, 100 et 11° distiques sont
(i. C’est avec Agni que s’enflamme Agni l, consacrés a Agni, sous les noms de Souramiddha, Termi-
napàt,Naràsama,llita, Twachtri, Vampatt’. Le 5° dis-
jeune et sage, gardien du foyer domestique, mi- tique célèbre le gazon sacré; le 60, les portes de l’en-
nistre des holocaustes; sa bouche est le vase 5 ceinte du sacrifice; le 78, la nuit et l’aurore; le 80, deux
(qui reçoit nos offrandes). divinités qui doivent présider au sacrifice; le 9°, "a,
Saraswatl et BhAratl, c’est-a-dire la poésie. l’éloquence
i. Souchna est le nom d’un Asoura. Ce mot signifie et la. déclamation; le 12-, la SwAbA. ou exclamation em-
desséchant. Par le mot magie, il faut entendre l’art ployée au moment de l’holocauste. Ces é:res ainsi divi-
avec lequel il crée ces apparences physiques qui séduis nisés deviennent comme les ministres du sacrifice offert
en l’honneur d’une divinité principale: en cette qualité,
sent nos yeux.
2. Deux pièces de bois composent l’arani. et du frot- ils portent le nom de Déuaa.
tement de ces deux pièces de bois on tire le feu du a C’est-à-dire: bien enflammé.
sacrifice. 3. Ce mot Tanoûnapàt reçoit plusieurs explications.
3. Esprits immondes, ennemis des dieux et des hom- Comme le mot napât ne peut guère s’etpliquer, partout
ou je le vois, que par le sans d’enfant, de pelü-fil:,-je
mes.
4. Ce passage doit faire allusion à la distinction des conçois que le mot Tanoûuapàt s’entende par enfant de
leur, qui sont au nombre de trois : Altavaniya ou feu son corps. Agni nalt et vitaux dépens du bois, qui est
du sacrifice, Gârhapatya ou feu domestique, et Dakchina comme son corps. Un antre sens qu’on lui donne est
ou feu placé du côté du sud. I ’ destructeur de son propre corps. Je crois devoir éloigner
5.«bjouhoû est un vase de bois en forme de crons- le sens de destructeur, qu’on donne à «ripât.
48 lNDE.--P0ÉSIE LYRIQUE. [Le-ct. L]

qu’on appelle) Narâsansa, (le dieu) chéri et sa- H YMNE XlV.


crificateur, dont la langue est si douce.
A Tous LES DIEUX, PAR IÉDHATI’I’III.
4. Agni, sur ton char bienheureux, amène les
dieux; O toi, sacrificateur (appelé) Ilita t, toi (Maire : Gayatrî.)
que Manon * a constitué (pour présider à nos t. Agni, la tète (est préparée); nous t’invoquons.
fêtes)!
Viens avec tous les dieux goûter de nos libations,
5. Mortels éclairés, étendez le gazon (sacré);
et consomme le sacrifice.
qu’il soit arrosé de beurre à l’endroit où (les
2. Les enfants de Canwa t t’appellent : O
dieux) vont venir prendre leur ambroisie. sage (divinité), ils chantent ta prudence. Agni,
6. Qu’elles s’ouvrent, les portes divines (de viens avec les dieux.
l’enceinte sacrée, ces portes) que le sacrifice sanc-
3. lls chantent aussi lndra et Vàyou, Vrihas-
tifie l qu’elles s’ouvrent aujourd’hui pour la pieuse
pati ’, Mitre, Agni, Poûchan, Bhaga (et les au-
cérémonie!
tres) Adityas, et la troupe des Marouts.
7. J’appelle ace sacrifice la belle Nuit etla belle
4. (O dieux), on vous présente des boissons
Aurore: qu’elles viennent toutes deux prendre agréables et qui causent lajoie, limpides, douces,
place sur ce causa. reposant dans le tchamoù 5.
8. J’appelle aussi ce couple de dieux 3 à la 5. Les fils de Canwa te célèbrent, demandantta
douce langue, sages et sacrificateurs : qu’ils aient protection, placés sur les couches de gazon puri-
leur part de notre sacrifice. fié, et t’honorant de leurs holocaustes.
9. Que les trois déesses qui apportent la joie, 6. Avec tes coursiers, dont la croupe est arro-
llà, Saraswati et Maht t, daignent sans crainte sée de beurre consacré, et dociles à la pensée qui
s’asseoir sur ce causa.
les attelle, amène ici les dieux à nos libations.
10. J’appelle ici le grand Twachtri ’, qui sait 7. Près de ces dieux dignes de nos hommages,
revêtir toutes les formes : qu’il soit notre ami! et alimentés par nos sacrifices, amène aussi leurs
il. Divin Vanaspati °, donne aux dieux l’ho- épouses t; (divinité) à la langue brillante, fais
locauste qui leur est destiné. Que la sagesse soit qu’ils boivent de (nos libations, aussi douces que
le partage de celui qui le leur offre! le) miel.
12. En l’honneur d’lndra, employez la swa’hd ”
8. Agni, au moment où nous dirons vache: 5,
dans la maison du (père de famille) qui offre le que ces dieux adorables, que ces dieux dignes de
sacrifice : c’est là que je convie les dieux.
nos chants, touchent de leur langue notre douce
(ambroisie).
i. Ce mot signifie chanté. Narâaansa, plus haut, signi- 9. Sage et sacrificateur, tu peux amener ici, des
fie célébré par les hommes.
2. Le nom de Manon est pris d’une manière générale régions lumineuses, tous les dieux éveilles par
pour signifier l’homme, ou d’une manière spéciale pour l’Aurore.
désigner le patriarche que les Indiens regardent comme 10. Agni, avec tous les dieux, avec Indra, avec
le fondateur de leur race. ll me semble qu’on lui attri-
bue, en plusieurs endroits, l’institution du culte du feu.
L’expression Manourhita peut encore se traduire par 1 Canwa est un ancien sage, issu de race royale :
constitué pour l’homme. rien en effet ne me semble, dans cet ouvrage, annon-
3. La peinture que le poète fait de ces deux divinités cer la distinction des castes. Canwa fut prêtre, et père
ne me permet guère de les identifier avec les Aswins. de prêtres, mais nom brahmane. Son père était Aprati-
Ce sont, comme l’indique le commentaire, deux formes rallia (nommé peut-être aussi Ghora), descendant de
d’Agni, le feu de la terre et le feu de l’air. Ne serait-ce Podrou, prince de la dynastie lunaire. Il donna le jour
pas plutôt les deux sacrifices du matin et du soir? à Médhâtithi, auteur de cet hymne, d’où sortirent les
4. Voy. plus hautla note I, p. 3, c. t. Mahi,qui signifie Camus, dévoués au service des autels. Le commentateur
grands, est une épithète de Bharati. regarde quelquefois le mot Canwa comme un nom com-
5. Twachtri est Agniconsidéré comme donnant la forme; mun, signifiant sage, prêtre.
c’est le feu plastique. On lui attribue les objets d’art, 2. Personnages mythologiques au nombre de douze :
il forge la foudre d’lndra: c’est le Vulcain de cette ce sont les douze formes du soleil, regardées comme
mythologie. Je suppose que Twachtri est la troisième les fils d’Aditi.
forme d’Agni, répandue dans l’air et constituant la cha- 3. Le chantoit ou tchnmasa est un vase qui contient
leur vitale. le soma : c’est aussi la cuiller avec laquelle on le sert.
6. Mot à mot. maître du bois. C’est le feu présidant Quelquefois on emploie ce mot pour le filtre de peau a
au bûcher du sacrifice, et même aux pièces de bois qui travers lequel on passe la boisson pour la clarifier, et
y sont employées, yoûpàgni. même aussi peut-âtre pour le pressoir.
1. La awâlui est une exclamation prononcée au moment 4. Les épouses des dieux sont les prières particulières
de l’holocauste. Un en fait une épouse d’Agni, car les que l’on dit en l’honneur de chacun de ces dieux.
prières sont les épouses des dieux. s. Exclamation usitée au moment de l’holocauste.
[un 1.] RlG-VÉDA. -SECTION PREMIÈRE. 49
Vàyou et le brillant Mitre, bois de notre doux 9. Dravinodas veut boire avec les Ritous des
soma. libations contenues dans la coupe (sacrée) t.
il. Sacrificateur constitué par la main de Ma- Venez, approchez-vous, et achevez l’holocauste.
non, Agui, tu hantes les sacrifices: accomplis il). Dravinodas, voilà la quatrième fois I que
pour nous la cérémonie présente. nous t’invoquons avec les Ritous; sois donc li-
12. 0 dieu, attelle à ton char tes coursiers ron- béral pour nous.
geatres et rapides, et qu’ils transportent ici les il. Aswins! divinités pures et animées d’un
dieux. feu brillant, buvez de ce doux breuvage avec
Ritou, et agréez notre sacrifice.
HYMNE KV. 12. (Dieu) libéral, qui apparais sous la forme
aux anOES,l ET A n’aurnss Marx. du feu domestique 3, tu es avec Ritou le chef
un IÉDHATITIII. du sacrifice t en faveur d’un homme ami des
(une : GAyatrî.) dieux, consomme le sacrifice qui leur est offert.
l. lndra, bois le soma avec Ritou; viens pren-
dre ces boissons qui égayent (l’esprit), et qui sont HYMNE XVl.
préparées en ce lieu. A mon. un IÉDHATI’HH.
2. 0 Marouts! buvez avec Ritou à il coupe *
(luire: (layant,l
(sacrée); purifiez notre sacrifice, rappelez-vous
(que) rien n’égale votre générosité. l. lndra, que tes chevaux azurés et brillants
3. (Dieu surnommé) Nechtri 3, viens,accompa- comme le soleil l’amènent vers nos libations,
gué de ton épouse t, prendre ta part du sacrifice, et dieu bienfaisant!
bois avec Ritou, toi qui possèdes de riches trésors. 2. Nous avons préparé des grains d’orge t
4. Agni, amène ici les dieux; donne-leur les (frits) et arrosés de beurre : que les chevaux
places qu’ils doivent occuper trois fois dans le d’indra le transportent ici sur son char fortune.
jour 5; qu’ils soient par toi parés de leurs orne- 3. Nous invitons trois fois lndra à venir goûter
ments : bois avec Ritou. de notre soma, le matin et (à deux autres mo-
5. Au vase qui contient l’offrande sainte, lndra, ments) que nous reprenons le sacrifice a.
bois le soma après les Ritous; car vous êtes unis Il. Accours, lndra, vers nos libations avec tes
d’une inviolable amitié. chevaux à large crinière; nous t’appelons, le
6. Mitra et Varouna, divinités pieuses, profitez breuvage est versé.
avec Ritou de cet abondant sacrifice que (les es- 5. Viens jouir de nos hymnes et de nos liba-
prits impurs) ne sauraient vous enlever. tions; bois. tel que le cerf 8 altéré.
7. Portant dans leurs mains les vases ° (sa- 6. Ces breuvages, ces libations sont disposées
crés), les hommes désireux de richesses célèbrent, sur la couche de cousa;lndra, bois pour aug-
au milieu des cérémonies du sacrifice, le dieu menter ta force.
appelé Dravinoda’s r. 7. Cet hymne que nous t’adressons doit surtout
8. Draviuodas, donne-nous des trésors renom- te plaire et toucher ton cœur; bois donc ce breu-
més; trésors dont nous jouissions par la grâce vage que nous avons préparé.
des dieux. 8. Pour son bonheur, pour le plaisir de parta-
ger notre soma, voilà qu’lndra, le vainqueur de
1. Dieux des saisons, au nombre de six.
Vritra 7, s’approche, et ne dédaigne pas tous les
2 Le. nom de cette coupe est potra : un des prêtres
s’appelle polrt’. ’ préparatifs que nous avons faits.
3. Ce mot signifie conducteur; ce doit être un nom
du dieu Agni. f. Cette coupe s’appelle nechtra; un des prêtres, et
4. L’épouse d’Agni, c’est une prière, une invocation, Agni lui-mémo. porte le nom de nechtrt’, conducteur.
comme Swàhà. 2. Le mot touriyam m’a semblé obscur. J’ai remarqué
5. Le sacrifice a lieu trois fois par jour, le matin, a que le nom de Druuinodâs était invoqué quatre fois,
midi. et le soir : de la l’expression trichaoana. et je me suis déterminé à ce sans.
6. L’expression est guincherai, lapident manu 3. Voy. la note 4. p. 7, c. i.
terrent; et le mot gràvan désigne sans doute les vases 6. Ces grains s’appellent dhânàh.
de terre employés dans les sacrifices. (le pourrait bien 5. Je me suis éloigné du sans donné par le commen-
ure aussi les mortiers ou les pierres qui ont servi a tateur, qui ne distingue pas les trois sacrifices.
nettoyer l’orge ou à écraser le soma : cepenth le 6. 66m signifie un cerf blanc, gâramrt’ga.
mortier parait avoir été de buis. 7. Vritra. est le nom principal sous lequel on person-
7. C’est-adire : qui donne la richesse on la force. nifie le nuage qui couvre le ciel; c’est donc l’ennemi
50 lNDE.-POÉSIE LYRIQUE. lbect. L]

9. 0 Satacratou, accomplis les vœux que nous 2. Qu’il nous couvre de sa protection, celui
formons. en nous accordant des vaches et des qui est prompt, riche et destructeur du mal, qui
chevaux! Pieusement recueillis, nous te consa- connaît les trésors et augmente l’abondance.
crons nos chants. 3. Que la parole injurieuse d’aucun mortel en-
nemi ne puisse nous blesser : garde-nous, Brah-
HYMNE XVIl. manaspati l
A INDRA ET A vAnoutu, PAR IÉDuAn’rlu. 4. il ne saurait périr, le mortel que conservent
lndra, Brahmanaspati, Soma i.
(Mètre: Gôyatrl’.)
5. Brahmanaspali, Soma, lndra et Dakohina a,
i. J’implore le secours d’indra et de Varouna, préservez du mal ce mortel !
tous les deux rois souverains; ce sont eux qui 6. Avec la prière, je m’adresse au (dieu appelé)
en ce moment font notre joie. Sadasaspati 3, admirable, chéri, bienfaisant, ami
2. Protecteurs des mortels, vous allez venir à d’ludm.

notre secours, écoutant la prière d’un prêtre tel 7. Sans lui, malgré la science du prêtre, le
que moi. sacrifice ne peut s’accomplir; il vient au-devaut
3. Indra et Varouna, rassasiez-vous de nos des prières qui s’unissent à lui.
offrandes à votre souhait, et venez près de nous : 8. Il comble de ses biens l’auteur du sacrifice,
tel est notre vœu. il accomplit l’holocauste; (par lui) l’hymne s’e-
4. Nous vous présentons à la fois et des priéres léve vers les dieux.
et des offrandes :puissions-nous être comptés 9. Je vois.le plus fort, le plus illustre (des
au nombre de ceux dont vous agréez les dons! dieux), (celui qu’on nomme) Narcisansa t, bril-
5. Parmi les êtres généreux, c’est lndra; lant comme du haut de la demeure céleste.
parmi les étres dignes d’éloge, c’est Varouna,
dont le pouvoir est le plus mémorable. HYMNE XlX.
6. Par leur protection, puissions-nous obtenir A AGNI ET Aux IAIIOU’I’S, PAR IÉDHATITBI.
et conserver (la richesse)! puissions-nous res-
sentir l’excès (de leur bonté)! (Hêtre : cavant.)

7. lndra et Varouna, je vous invoque, et vous l. Le sacrifice est préparé avec soin; nous t’ap-
demande l’opulence en tout genre; donnez-nous pelons à venir goûter de nos libations : Agni,
aussi la victoire. viens avec les Marouts.
8. Indra et Varouna, nos pensées s’adressent à 2. Aucun dieu, aucun mortel n’est assez fort
vous avec respect; daignez avec empressement pour lutter contre un être aussi grand que toi :
nous accorder le bonheur. Agni, viens avec les Marouts.
9. lndra et Varouna, accueillez l’hymne par 3. Tous ces dieux bienfaiteurs (des hommes)
lequel je vous invoque, l’hymne que je vous con- connaissent ce vaste monde (ou règne la lumière) :
sacre à tous deux, et que vous pouvez exaucer. Agni, viens avec les Marouts.
a. Menaçants, doués d’une force invincible, ils
HYMNE xvtll. peuvent obscurcir la lumière du soleil 5 : Agni,
A AGI", un IËDHATI’I’HI.
viens avec les Marouts.
à. Resplendissants, revêtus d’une forme terri-
(Mètre: Gâyatri.)
ble, ils peuvent donner les richesses, comme ils
i. (Dieu appelé) Brahmanaspati *. distingue peuvent aussi détruireleurs ennemis z Agni, viens
celui qui t’offre ce soma (comme) Cakchlvàn ’ î
avec les Marouts.
fils d’Ousidj. 6. Sous la voûte brillante du ciel, ces dieux
d’lndra, qui le frappe de sa foudre, et envoie à la terre enfanta Cakchlvân. Celui-ci épousa plus tard la tille du
l’eau qu’il retenait. prince Swanaya, fils de Bhavayavya, nommée Vrichayà.
l. Épithèle d’Agni,signifiant maître de la chose sacrée, 1. Soma n’est pas le dieu Lunus; c’est la libation du
du sacrifice. soma personnifiée.
2. Cakchlvân est un saint Bichi, regardé comme le a. Nom d’Agni. Voy. note 4, p. 7, c. 1.
fils putatif d’un roi de Calinga ou d’Anga, qui, accablé 3. Autre nom d’Agni, signifiant maître de l’assemblée
par l’âge. voulut se susciter à lui-même un fils de pieuse.
Dirghatamas. La reine. rougissant de se prêter au vœu 4 Voy. note 3, p. 1, c. 2.
du roi, substitua à sa place son esclave Ousidj. qui 5. Ce sens a été pris dunsleDictionnaire deM. Wilson.
(un. 1.] clavant. -- SECTION PREMIÈRE. al
s’élèvent et vont s’asseoir : Agni, viens avec les 5. Ces libations s’adressent a vous et à lndra
Marouts. qu’accompagnent les Marouts, ainsi qu’aux bril-
7. lis soulèvent et poussent les montagnes (de lants Adityas.
nuages) ait-dessus de l’abîme des mers: Agni, 6. Ce sont les Ribhous qui ont divisé en quatre
viens avec les Marouts. parties la coupe encore nouvelle du divin
8. lis étendent avec force les rayons à travers Twachtri ’.
l’Océan (céleste) :Agni, viens avec les Marouts. 7. Avec nos louanges, recevez, pour en tenir
9. A toi cette première libation; je t’offre la douce compte au religieux (père de famille), trois genres
boisson du soma : Agni, viens avec les Marouts. d’offrandes dans sept sacrifices différents *.
8. Chargés de (nos sacrifices), (les Ribhous) ont
vécu en persévérant dans le bien, et ont obtenu
in. LECTURE DEUXIÈME. une part du sacrilice offert aux dieux.

nunc a: HYMNE Il.


aux national. un IÉDIA’I’I’I’III.
A INDRA ET A aux], put lÉnuATlïHt.
(Hêtre : GAyatrl.) ’fllrlre : Gdy’atrl.)
l. En l’honneur d’une race divine, la bouche
des prêtres chante cet hymne, qui doit provoquer i. l’appelle ici lndra et Agni; nous désirons
qu’ils soient célébrés, (et qu’ils acceptent) nos
la généreuse reconnaissance (de ces dieux).
2. Ce sont eux dont la pensée a créé les che- libations, ces dieux jaloux de nos offrandes.
vaux radieux d’lndra, ces chevaux que la voix 2. Mortels, chantez dans vos sacrifices lndra et
suffit pour atteler à son char; ils ont entouré le Agni; ornez-les de vos louanges. Qu’ils soient
sacrifice de cérémonies (saintes). exaltés dans vos hymnes.
3.113 ont construit pour les véridiques Aswins 3. A la voix d’un ami qui vous loue et vous in-
un char fortuné qui fait le tour (du monde); ils voque, venez, lndra et Agni, goûter de notre soma.
4l. A ces libations ici préparées nous invitons ces
ont produit la vache qui donne le lait.
(dieux)redoutables: qu’lndra et Agni s’approchent.
à. Les Ribbous, puissants par leurs prières et
par leur justice, ont rendu à la jeunesse leur père 5. (Divinités) puissantes, lndra et Agni, vous
et leur mère. qui présidez à nos assemblées (pieuses), domptez
les Râkchasas; empêchez ces êtres voraces de se
i. Les Ribhous forment une classe de divinités. Suivant multiplier S.
l’opinion de Il. Néve, ce seraient d’anciens mortels
élevés au rang des dieux. Fils de Soudhanwan, de la 6. Donnez-nous cette assurance. Veillez au loin
me d’Angiras, ils sont au nombre de trois : Ribhou. du haut du ciel; lndra et Agni, accordez-nous le
Vibhwan et vadja. Il est Ta croire qu’ils établirent des bonheur.
cérémonies religieuses, et changèrent quelques-uns des
anciens usages. Peut-être fondèrent-ils une espèce de HYMNE lll.
culte en l’honneur des rayons du soleil, avec lequel
on les a personnifiés en leur qualité de dieux. La. lé- A DIVERS DIEUX, un IÈDBA’I’I’I’III.
gende leur attribue d’avoir ressuscité une vache (c’est-a-
dire le sacrifice), d’avoir rendu la jeunesse a leurs deux (Mètre : Gâystrl.)
"aux parents (c’est-à-dire d’avoir ramené le sacrifice du l. Éveille les Aswins alliés au Matin t; qu’ils
matin, qui redonne la vie au ciel et à. la terre), d’avoir
fait des chevaux pour lndra, un char pour les Aswins viennent ici goûter de notre soma.
(c’est-Lettre d’avoir célébré des sacrifices en leur hon-
neur), enfin d’avoir divise en quatre parties la coupe de l. La. coupe de bois du sacrifice, appelée Murmure.
’l’wachtri (c’est-à-dire d’avoir établi quatre libations au 1.0u bien traie fait sept offrande: différentes. A l’oc-
heu d’une). Je croirais que les Ribhous ne sont pas casion de ce vers, le commentateur explique que, dans
d’anciens Richis divinisés, mais que ce sont les rites le vase du sacrifice, il y a. trois espèces d’oiirandes,
qu’il qualifie d’offranrles supérieures, d’ol’frandea du
eux-mêmes, les cérémonies dt-ifiées. J’avoue que les
milieu, d’offrandes inférieures. "distingue aussi trois
hypothèses sont choses trop faciles, surtout avec l’in-
strumentphilologique; j’en donnerai un exemple que classes (cargo) de sacrifices : les traviryudjnas. les
me fournit le nom même des Ribhons. La grammaire pâmyadjnaa, les somasanrthùnas. li cite des sacrifices
nous apprend d’abord comment la voyelle ri se méta- appartenant a chacune decestrois classes. sacrifices dans
lesquels les Ribhous étaient probablement invoqués.
morphose en ar z ensuite la. consonne bit, pour la valeur Ailleurs, il dit qu’il ya sept offrandes appelées hatrâ. et
du son, correspond à pli ou f. ll résulte, de ces deux accompagnées de l’exclamation miellat.
faits, que moiteur se convertit tout naturellement en 3. Les Rakchasas, comme les Harpies, souillent et
Arphaur; et ce mot rappelle aussitôt le nom d’Orphée, dévorent les mets des sacrifices.
prêtre et poëte, quia présidé à l’antique civilisation d. Le commentateur parle d’une étoile, Savanagrahu,
traque. I qui avertit que le moment des libations est venu.
52 lNDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch 1.]

2. Nous invoquons les Aswins, ces deux divi- Hotrà i, Bhàrati 1 , Varoutrl 3, Dhichanà t.
nités habitantes du ciel, et qui se distinguent il. Que ces déesses, amies des hommes, nous
par leur habileté à conduire un char brillant. couvrent de leur haute faveur, et nous donnent
3. 0 Aswins, de votre fouet qu’humectent nos la prospérité; que rien ne blesse leur aile (pro-
libations, que fortifient nos prières, touchez notre tectrice).
sacrifice. 12. J’appelle ici Indrànl,Varounânl,Agnâyl I;
Il. Non loin de vous est la maison où vous di- je les vénère, et les invite aux libations de soma.
rigez votre char, 0 Aswins! (la maison) de celui 13. Que le grand Ciel et la Terre agréent notre
sacrifice, et qu’en récompense ils nous comblent
qui vous offre le soma.
de leurs biens.
à. J’appelle à notre secours Savitri l à la main
14. Par leurs prières les sages, dans ce lieu ou
d’or i; ce dieu voit bien le lieu (où l’invoqueut
siège Gandharva 6, recueillent le lait du Ciel
ses serviteurs).
et de la Terre.
6. Célèbre, pour obtenir sa protection, Savitri,
l5. 0 Terre, sois pour nous une habitation
enfant des libations 5. Nous voulons en son large et fortunée : donne-nous bonheur et gloire.
honneur accomplir l’œuvre sainte. 16. Que les dieux nous protègent de cette re-
7. Nous invoquons Savitri, qui est l’œil des giou d’où Vichnou ’ s’est élancé, (excité) par
mortels, (Savitri) à qui nous devons et nos de- nos sept genres d’invocations 8.
meures et toutes nos richesses. 17. Oui, d’ici Vichnou s’est élancé; trois fois ila

8. Amis, placez-vous; nous avons à chanter foulé un sol a empreint de la poussière de son pied.
Savitri. C’est lui qui donne l’opulence et qui 18. Vichnou,sauveuriuvincible, gardien des de-
brille (au ciel). voirs sacres, en trois stations a fourni sa carrière.
9. 0 Agni, amène ici, pour prendre part à nos 19. Considérez donc les actes de Vichnou, par
libations, Twachtri et les épouses chéries des lesquels cet ami, ce compagnon d’indra, indique
dieux 1. (à l’homme pieux) le moment des sacrifices.

10. Agni toujours jeune, amène en ces b


1. Hotrâ, dit le commentateur, est l’épouse d’Agni, sur-
lieux, pour notre bien, ces épouses divines. nommé Homanichpàda. C’est la personnification de l’in-
vocation faite au moment de l’holocauste. Ce mot signi-
fie encore hymne.
1. Savitri est un nom du Soleil. 2. Bharatl est donnée comme l’épouse d’Aditya. Voyez

2. Les mains et bras de ces dieux. ce sont leurs rayons. encore, note 1, 1" coi., pag. 3.
3. Varoutrl est désigné par le commentateur sous le
On coute a ce sujet une légende. Dans un sacrifice, synonyme de Varaniyd ; il semblerait que c’est la. déesse
Savitri s’acquittait des fonctions de prêtre. Ses acolytes
lui présentant une offrande appelée prâsitra, la main qui préside a la prière par laquelle on demande une
grâce, cura. Varoutri est peut-eue un nom d’llâ.
du prêtre se trouva coupée. On en fit une autre d’or, 1. Dhichana est la pensée, l’intelligence, l’esprit. Ce
qu’on adaptait son bras. Voici l’explication de cette
légende : le grand sacrifice accompli par le Soleil. c’est mot s’emploie pour signifier prière. Le commentaire
confond Dhichana avec Saraswatl, appelée V âgde’vl,
la fonction qu’il accomplit dans ce monde. L’offrande
prâcitra, c’est le nuage qui intercepte et coupoles rayons
déesse de la parole. Voy. note 1, 1" col. pag. 3.
5. Épouse d’indra, de Varouna et.d’Agni.
du Soleil. Le Soleil. ce grand Papi, c’est-à-dire le 6. Gandharva est, je crois, un nom d’Agni; c’est quel-
grand buveur, ne peut manquer ne recouvrer ces quefois aussi une épithète du Soleil.
mains d’or qui ne lui ont été enlevées qu’un mo-
ment. 7. Vichnou est un des noms du Soleil. Le texte porte
le mot pritltivî. qui s’emploie d’une marnière générale
3. Le mot napât se présente souvent, et on le traduit pour signifier toute espèce de région. et d’une manière
de diverses manières. Je n’ai pas cru que des auteurs particulière pour signifier la terre. Le Soleil, en effet,
pussent ainsi se jouer avec la langue, et donner a un semble partir do la terre, dont il peut se dire le fils.
même mot, suivant leur caprice, un sens différent; J’ai 8. Le commentateur entend ici les sept espèces de
cherché pour le mot "tapât une signification uniforme, mètres ou tchhandas qui servent a composer les hymnes.
et qui convint a toutes les circonstances; je me suis Ne serait-ce pas plutôt une allusion aux sept rayons que
décidé pour le mot enfant, et j’ai rejeté toutes 11’s expli- l’on donne a la lumière? Le poële n’a-t-il pas voulu
cations ingenieuses qui menaient à un autre sens. Dans représenter le Soleil avec une auréole de sept rayons?
la circonstance présente, Savitri, c’est-à-tlire le Soleil, 9. Ce sol, c’est tantôt la terre, tantôt la voûte du
est l’enfant des libations, dans ce sens que le sacrifice ciel, puisque les trois endroits foulés par le Soleil sont
donne naissance au feu terrestre, et ensuite au feu l’orient, Samàrohana ou la colline du levant; en se-
céleste, qui est le Soleil. C’est ce qu’on verra developpé cond lieu, le midi, Vichnoupada ou le méridien cé-
plus loin dans beaucoup de passages. leste; et enfin, l’occident, Gayusiras ou les collines du
4. Nous avons vu, lecture 1, net. 4, p. 8 , c. 2. que couchant. Tels sont les trois pas ou stations de
les épouses des dieux étaient les prières particulières que Vichnou, surnommé Trioicrama. qui ont donné nais-
l’on dit en l’honneur de chacun d’eux. sance a une grande fiction pouranique.
[me i.) Rid-VEDA. - SECTION PREMIÈRE. 53
20. Les pères de famille t éclairés examinent 11.0 mortels, quand vous vous réunissez a
constamment la haute station de Vichnou; leur la fête du sacrifice. (entendez-vous) le bruit des
œil est toujours comme tendu vers le ciel. Marouts? c’est comme une marche triomphante.
21. Et cette haute station de Vichnou, les 12. Nés de tous les côtés dans les régions de
prêtres vigilants la célèbrent par leurs hymnes l’air splendides et riantes. que les Marouts nous
et les feux du sacrifice. protègent et nous conservent!
l3. (Accepte), Obrillaut Poùchan, ces libations
que nous t’offrons sur ce magnifique lit de causa ;
13 HYMNE tv. et du ciel, viens (vers nous avec l’amour du pas.
A DIVERS DIEUX, un IÉDHATITIII. teur qui retrouve sa brebis perdue).
Il. Poùchan, d’un rayon lumineux, sait tou-
(lare : Géyatri. - Pour" : Oucbnih et Anouchtoubh.)
jours percer la retraite mystérieuse où. sur une
t. Les voilà préparées, ces abondantes libations couche magnifique de gazon , siégé le roi (des
qu’accompagnent nos prières; nous te les présen- sacrifices).
tons, Vàyou * ; viens, et bois. 15. Que ce dieu, satisfait de mes libations,
2. Nous invitons à goûter notre soma lndra et fasse accomplir leur carrière aux six (coursiers)
layon, ces deux divinités habitantes du ciel. qu’il attelle), comme (le laboureur) avec ses
3. Les sages inv0quent le secours d’indra et de bœufs (trace le sillon ou il) sème son orge.
Vayou, aussi rapides que la pensée, doués de mille 16. (Cependant les Eaux), mères des êtres et
yeux 5, et maîtres de la prière. amies des hommes pieux ’, viennent suivant leurs
4. Nous appelons à nos libations Mimi et Va- voies, et distribuantleur lait aussi doux que le
rouna, qui, de leur essence, sont forts et purs. miel.
5. J’invoque, en allumant le feu du sacrifice, l7. Soit qu’elles précèdent la naissance du so-
Nitra et Varouna, ces maîtres de la pure lumière, leil. ou bien qu’elles l’accompagnent (dans le
dont nos offrandes augmentent la grandeur. ciel), puissent ces Eaux aimer notre sacrifice!
6. Que Mitre soit notre sauveur; que Varouna 18. J’invoque ces Eaux divines qui désaltèrent
nous prodigue ses secours! que tous deux nous nos vaches; qu’un holocauste soit fait en l’hon-
rendent opulents! neur des ondes.
7. Nous appelons à partager notre soma lndra 19. Dans les Eaux se trouve l’ambroisie (pour
escorté des Marouts : qu’avec ses compagnons les dieux); dans les Eaux est la santé (pour les
il se réjouisse (de nos libations)! hommes). Dévas 3, présentez les mets sacrés en
8. 0 Marouts, qui avezlndra pour chef, et vous bénissant les Eaux.
dieux, qui distribuez les biens de Poùclian 6,
écoutez tous mon invocation. comme une divinité; c’est, en certains cas. un syno-
9. (Divinités) libérales , robustes auxiliaires nyme d’Adili. Suivant les Indiens. les vents viennent
de la terre. et par conséquent ils en sont comme les
d lndra. donnez la mortaVritm : que le méchant enfants. Le mot Prisni, au masculin, est un nom du
ne règne pas sur nous ! Soleil. Je pense que Prisni. mère des vents, c’est plu-
tôt le nuage. ou l’air chargé de nuages.
10. Nous convions tous les dieux à nos liba- 1. Ce sont les six saisons. qu’on nomme Râleur. Les
tions; (nous y appelons) les Marouts, ces terri- noms des six [filous sont : le Vàsnnta et le Grêchma.
le Vdrclu’ca et le Sdrada, l’lle’mantica et le Sén’ra.
bles fils de Prisni 5. En les accouplant ainsi deux par deux, on peut n’en
compter que trois.
1. Autant qu’il me sera possible, je verrai, dans le 2. Le commentaire entend ces mots des femmes qui
mot Soûri. le maltre de maison, le père de famille. Il assistent le père de famille dans les soins qu’il prend
doit être distingué du prêtre qui accomplit le sacrifice, pour le sacrifice.
dont l’autre a fait les frais. 3. Le mot déca signifie brillant. et ne répond pas
2. Vâyou, c’est le vent considéré comme le dieu au sens métaphysique que possède notre mot Dieu,
de l’air. lequel n’est pas traduit en sanscrit. Ce mot déca a plu-
3. Ces mille yeux représentent l’extrême vigilance de sieurs acceptions. Il s’emploie pour désigner les diverses
ces dieux; ou bien. comme l’éther et l’air semblent personnifications de la substance divine se manifestant
être le séjour des étoiles. ces yeux rappellent les astres dans les éléments : en pareil cas je le traduis. avec
innombrables qui tapissent la voûte céleste. On ne con- regret. par dieu. ll se dit aussi pour distinguer les
naissait pas, à cette époque, la légende obscène ra- personnages remarquables dans l’ordre religieux ou dans
contée dans le RAmAyana sur l’origine de l’épitliète l’ordre civil; alors je le traduirai par diva, auquel
Sahasràkcha donnée a lndra. j’ajouterai quelquefois l’épithète de mortel, lorsqu’il y
4. Nom du Soleil. aura opposition entre les décas-dieux et les dévas-
5. Prisni est un nom donné a la Terre considérée hommu. Le mot amrs’tn (immortel) s’emploie également
a]! INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. :Leel. LI

20. Dans les Eaux, m’a dit Soma t, sont tous les 3. Nous t’invoquons (ensuite), divin Savitri 4,
remèdes. Agni fait le bonheur de tous, et les maître de l’opulence; toi qui nous aides sans
Eaux guérissent tous les maux. relâche, accorde-nous la richesse.
21. Eaux salutaires,protégez mon corps contre 4. Cette (richesse) recherchée, estimée, qu’on
les maladies! Queje puisse longtemps voir lesoleil! blâme quand on ne l’a pas, qu’on cesse de haïr
22. Eaux purifiantes. emportez tout ce qui peut (quand on la possède), tu la tiens dans tes
être en moi de criminel, tout le mal que j’ai pu mains.
faire par violence, parimprécation s,par injustice. 5. Puissions-nous , par ta protection, (par la
23. En ce jour, j’ai honoré les Eaux; nous nous faveur d’un dieu) possesseur de la richesse,
sommes présentés avec (des coupes remplies de) acquérir un commencement de prospérité qui
ce précieux élément. Agni, toi qui aimes les liba- fonde notre bonheur!
tions, viens, et couvre-moi de ton éclat. (i. Ni ces oiseaux qui volent dans les airs, ni
24. Agni, donne-moi de l’éclat. de la famille, ces ondes qui coulent sans cesse, ni les vents
de longs jours! Que les dieux, qu’lndra et les conjurés, ne peuvent égaler ta force, ta rapidité,
ta véhémence.
(saints) Richis se souviennent de moi!
7. (Dans le ciel, arbre majestueux) sans ra-
HYMNE V. cines (ici-bas), règne Varouna ’, fort et pur, trésor
élevé de rayons lumineux. (les rayons descen-
A DIVERS DIEUX, van SOUNAIISÉPA.
dent; mais leurs racines sont en haut. Puissant-
(Mure : Trichtoubh et (iâyatrî.) ils briller pour nous au milieu des airs!
1. Parmi les dieux immortels, que! est celui 8. C’est lui, c’est le royal Varouua qui prépara
dont nous prononcerons d’abord le nom véné- au soleil a cette large voie où il poursuit sa car-
rable? Quel est celui qui doit nous rendre à la rière; qui, dans une région dépourvue de route,
grande Aditi a, et me faire revoir et le père et la en fit une pour (l’astre) voyageur. Qu’il nous dé-
mère (du monde)? fende contre (l’ennemi) qui nous perce le cœur!
2. Avant celui des autres immortels, nous pro- 9. Puissant (Varouna), tu possèdes contre nos
noncerons le nom vénérable d’Agni. C’est lui qui maux cent et mille remèdes. Que ta faveur soit
doit nous rendre à la grande Aditi, et me faire grande, soit étendue! Retiens loin de nous Nir-
revoir le père et la mire (du monde). ritié enchaînée; détourne sa face(cruelle), et pré-
viens le crime préparé contre nous.
avec ces deus significations. Mais vous noterez que 10. Ces étoiles qui brillent au-dessus de nos
bien souvent le poële donne le nom de Divas à ces
personnifications de cérémonies et de rites, qu’il fait tètes apparaissent la nuit, et avec le jour elles
agir comme des êtres réels et divins. se retirent ; la lune aussi vient la nuit étaler ses
1. Soma est la libation personnifiée. Ces eaux dont splendeurs. L’œuvre de Varouna n’est jamais
il est ici question se prennent quelquefois pour les
différentes espèces de libations, et je pense que toutes interrompue.
ces invocations s’adressent aux Eaux considérées dans
le sacrifice. Ainsi, au vers 17, lorsque le poëte parle le but de ce sacrifice, c’est d’amener heureusement le
des Eaux qui précèdent la naissance du Soleil (Oupa- jour : l’auteur du jour, c’est le Soleil, qui révèle le ciel
soûrye’), et de celles qui l’accompagnent, il me semble
et la terre, appelés père et mère. Voilà ce que le poëte
qu’il désigne les libations du matin et celles (le la jour-
née. Au vers 18, les vaches désaltérées par ces Eaux, désire de revoir. et, a peine remis des anxiétés que
ce sont les rayons d’Agni. Dans le vers présent, il cite donne la nuit, il demande une pleine jouissance de
Soma et Agni, agents du sacrifice. la nature; c’est ce que signifie le mot Aditi, lequel se
2. L’imprécation, dans l’opinion des Indiens. est une retrouve dans ce sens au dernier vers de cet hymne.
arme terrible qui doit toujours produire son effet, même On a encore voulu trouver dans ce vers le désir de
lorsqu’elle est injuste. Sounahsépa de recouvrer sa liberté et de revoir sa
famille. J’ai aussi rejeté ce sens; je me suis attaché à
3. Le mot Aditi qui se trouve dans ce vers est le celui qui semblait ressortir de la composition tout en-
nom de la déesse qui représente la nature entière, et
quelquefois seulement la terre. De la on a imaginé que tiers. Je crois donc que être rendu à la grande Aditi,
l’auteur de cet hymne, Sounabsépa, fils d’Adjigarta. c’est rentrer en possession complète des biens que nous
l’avait récité au moment où il allait être immolé aux présente la nature ou lever au soleil. Agni, qui préside
dieux. Être rendu à la gronde Aditi pour revoir son au sacrifice, est le dieu qui rend ce service aux
père et sa mère, c’était être rendu à la terre pour aller hommes.
dans un autre monde retrouver ses parents,- ces mots l. Nom du Soleil.
étaient en mémé temps un témoignage rendu à. l’im- 2. Autre nom du Soleil.
mortalité de l’âme. Je n’ai pas cru devoir adopter une 3. Il faut bien remarquer que l’auteur distingue le
traduction qui ne me parait pas en harmonie avec Soleil de Varouna. qui en est l’âme et le directeur.
l’ensemble de l’hymne. Le sacrifice se fait le matin, et 4. Nirrili est la divinité du mal. Pâpa dévalé.
[LecL 1.]
RlG-VÉDA. - SECTION PREMIÈRE. 55
il. Je viens donc à toi avec une prière respec- 2T HYMNE Yl.
tueuse; celui qui t’offre cet holocauste te bénit
et t’implore. Var-ouna, sois favorable à nos vœux z A vannent, un sonnasses. A
toi dont le nom est au loin célébré, épargne (Hein: tiâyalrl.)
notre vie! l. Dans tous ces sacrifices que nous t’offrons
12. Voila ce qu’on m’a répété et le jour et la
journellement, o divin Varouna , nous pouvons,
nuit, voilà ce que mon propre cœur me dit. Que
pauvres mortels, manquer à quelqu’un de nos
le royal Varouna nous délivre, lui qu’a invoqué
devoirs.
Sounahsépa enchaîné t!
2. (Épargne-nouszjnenou:livre pansa la mort,
l3. Oui, Sounahsépa enchaîné, attaché aux
au fer d’un ennemi, au ressentiment d’un furieux.
trois poteaux du bûcher sacré, a prié le fils
d’Aditi, le royal Varouna, de le sauver. Que (ce il. 0 Varouna, par nos chants nous voulons
adoucir et calmer ton esprit, de même que le
dieu) sage et invincible brise nos fers!
conducteur d’un char (délasse par sa voix) son
il. 0 Varouna, par nos invocations, par nos cheval fatigué.
sacrifices, par nos holocaustes, nous voulons dé-
-’i. Vers toi, comme l’oiseau vers son nid,
tourner ta colère. Viens, toi qui donnes la vieî;
volent mes pensées, pour obtenir une existence
roi prudent, délivre-nous de nos fautes. prospère.
l’a. 0 Varouna, délie les chaînes qui nous ser-
rent d’en haut, d’en bas et du milieu 5. Fils 5. Et dans que! (autre) temps devons-nous in-
voquer l’illustre Varouna, qui possède la force et
d’Aditi, par le sacrifice que nous t’offrons, que nos
fautes soient effacées, que nous soyons à .tditi t !
la richesse, et nous rendre propice celui qui est
l’œil du monde ?
6. Que (Mitre et Varouna) accueillent ce (sa.
1. Voilà le passage sur lequel on se fonde pour penser
que cet hymne est celui que Sounahsépa récita lorsqu’il orifice) offert pour tous les deux ; ils sont justes,
était prisonnier. Hais, en tous cas, la circonstance quand ils favorisent un pieux serviteur.
dont il est ici question est mentionnée comme déjà 7. Varouna cannait la voie de l’oiseau qui vole
passée, et le reste de l’hymne ne semble pas avoir le
but spécial qu’on lui suppose. Pour me part, je pense dans l’air, celle du vaisseau qui vogue sur la mer.
que cet état de captivité de Sounahsépa, comme ailleurs 8. Cc dieu, ferme en ses œuvres, connaît la
l’état de cécité de certains personnages, n’est qu’une
métaphore qui peint l’abattement de l’homme incapable marche des douze mais qui engendrent les êtres,
d’agir pendant la nuit, et en quelque sorts lié ou aveu- et celle du mois qui complète l’année i.
glé par les ténèbres. Le sacrifice du matin vient lui 9. il connaît la carrière du vent, qui exerce
rendre sa liberté et la lumière.
2. Ces mols sont la traduction du mot Acoura, dont
au loin sa remarquable puissance; il connaît la
l’explication la plus convenable m’a paru être celle que demeure élevée des dieux.
je donne ici. On voit pour quelle raison cette épithète 10. Au sein de nos demeures réside et règne
est attribuée au Soleil et aux autres dieux; l’Asoura
est l’étre doué de force et de mouvement, et communi- Varouna, fidèle à ses desseins, et digne d’être
quant la vie dont il est animé. Les nuages ont cette honoré par les sacrifices.
propriété ; et quand le poële les a pirsonnifiés, les êtres,
Il. Le sage voit toutes les merveilles accom-
ennemis des dieux et qui les animent. ont pu être
appelés Amorce. Co mot a fini même par désigner plies par lui, comme celles qu’il accomplira.
plus souvent les adversaires des dieux, les Titans l2. Que ce fils d’Aditi, honoré par nos sacri-
indiens. Je suppose que, plus tard, dans la composition
du mot tueurs, qu’on avait perdu de vue, on a cru fices, nous dirige chaque jour dans une bonne
trouver un a privatif, et qu’on a ainsi formé le mot voie; qu’il prolonge notre existence!
Saura, qui signifie Dieu. l3. Varouna a revêtu sa cuirasse d’un or écla-
3. J’entends par ces mots que l’obscurité qui règne
au ciel, sur la terre, dans les airs, est une triple chalne
tant et pur; des rayons de lumière l’environ-
qui lie les hommes pendant la nuit. ncnt de toute part.
é. Le mot Adili se trouve encore ici, et on le rend
par salut, sécurité. Je sais que la même expression dire divisé, incomplet. D’Aditi naissent les Adilyas, ou
peut avoir différentes significations; mais je n’aime pas formes du Soleil; de Diti, les Belges, êtres malfaisants
que Cette expression, dans des circonstances analogues, qui animent les météores célestes, et font la guerre aux
se trouve interprétée différemment. J’ai donné au mot Adityas et aux autres dieux. Le sans du mot Adili,
Adili le même sens que dans le premier vers. Être à comme je l’ai dit, peut être restreint à la signification
Aditi, c’est. comme en français, être tout à la nature, de terre; et Aditi est alors confondu avec Prithivl. Ce
jouir complètement de la nature. Aditi, dans les idées même mot Aditi, au masculin, est employé pour signi-
indiennes, me semble être l’ensemble de lamatiére orga- fier l’ensemhlo des offrandes, le sacrifice.
nisée, et animée d’un souffle divin z ce mot signifie i. C’est un treizième mois de quelques jours, ajouté
complet, et est en opposition av. c le mot dili, qui veut pour rendre l’année lunaire égale a l’année solaire.
se mas-POÉSIE LYRIQUE. lLect. L]
il. Nul dans le monde u’oserait affronter ce 7. Sois toujours le maltre chéri des pauvres
dieu ; nul parmi ceux qui ont l’habitude du mal, mortels, le sacrificateur satisfait de nos hom-
de l’injure, du crime. mages, l’élu de notre cœur. Amis d’Agni, nous
15. C’estlui qui prépare cette nourriture abon- nous plaçons sous ses auspices.
dante, soutien de notre vie mortelle. 8. Sous les auspices d’Agni, les Dévas présen-
16. Après ce dieu qui éclaire le monde, ma tent les mets choisis pour le sacrifice; sous les
prière soupire, comme la vache après son étable. auspices d’Agni, nous poursuivons nos adora-
l7. S’il est vrai que mes libations te soient tions.
agréables, s’il est vrai que, comme sacrificateurt, 0. Ainsi, dieux et mortels, unissons-nous pour
tu consommes notre offrande avec plaisir, nous accomplir de concert cette œuvre de bénédiction.
voulons encore nous adresser à toi.. 10. 0 Agni, fils de la force l, avec tous les
18. Et en effet j’ai vu (ce dieu) visible pour feux a, reçois ce sacrifice, ces prières et ces mets
tous; j’ai vu son char sur la terre; (Varouna) consacrés.
exauce nos prières.
19. 0 Varouna, écoute aujourd’hui mon in- HYMNE Ylll.
vocation; sois-nous favorable! J’implore ton se- A aux, A rocs LES DIEUX, un sonnasses.
cours.
(une: : Gdyatrî et Trichtoubh.)
:20. (Dieu) sage, tu brilles partout, au ciel et
sur la terre. Écoute et sauve-nous. l. Nous adressons nos hommages à Agni, roi
2l. Délia les chaînes qui nous serrent d’en des sacrifices, (Agni qui nous apparaît) tel qu’un
haut, d’en bas et du milieu a. Fais que nous vi- coursier orné d’une longue queue a.
vions. 2. Qu’il nous soit favorable, ce fils de la force,
dont les pas s’étendent au loin; qu’il répande ses
Il Y MNE Vil. biens sur nous!
3. De loin, de prés, que ce (dieu), qui est par-
A son, un sensass". tout, nous protège toujours coutre le mortel mé-
(Hem : Glyetri.)
chant.
l. Dieu vénérable, (dieu) maître des mets consa- Ii. Agni, annonce aux dieux le sacrifice nou-
crés, revêts ta robe (resplendissante), et accomplis veau que nous leur offrons, accompagné de nos
notre sacrifice. hymnes.
2. Viens, Agni, toi notre sacrificateur, tou- Fais-nous part des trésors d’abondance que
jours jeune, digne entre tous d’être l’objet de nos fournissent la région supérieure, la région du
pensées, et de nos hymnes les plus brillants. milieu, et celle qui est près de nous t.
3. Sois pour nous généreux et bon, comme un G. Dieu resplendissant, tu puises comme àla
père pour son fils, un parent pour son parent, un source intarissable d’un fleuve, pour répandre tes

ami pour son ami. .


4. Sur ce lit de causa préparé par nous, que
faveurs sur ton serviteur.
7. Le mortel que tu protéges dans les combats,
Varouna, Mitra, Aryaman ,viennent s’asseoir; ri-
vaux terribles pour leurs exineniis, qu’ils soient 1. Agni est appelé fils de la Forte. parce que c’est par
pour nous comme un homme 5 (vis-à-vis d’un la violence du mouvement qu’on l’extrait de l’arani.
Voy. net. 2,1"col. pag. 7. Cependant cette expression est
autre homme). employée pour d’autres personnages qu’Agni, et je pense
5. Premier des sacrificateurs, daigne te coni- qu’il ne faudrait y voir qu’une manière de représenter
plaire en notre amitié; écoute nos chants avuc la force au superlatif : enfant de la Force serait syno-
bonté. nyme de très-fort, très-robuste.
2. Voy.,pour la distinctioudes feux, net. 4, p.7,iflcol.
6. Quel que soit le dieu que nous honorions 3. Cette image bizarre s’explique par l’apparence même
avec notre sacrifice perpétuel, toujours à toi de la flamme. Le commentateur dit quelque chose de
plus z il ajoute que le feu, par l’influence de ses flammes,
s’adresse l’holocauste.
détruit les ennemis du dévot, comme le cheval, par le
mouvement de sa queue, donne la mort aux mouches
l. Varouna.est une forme d’Agni; le vers 10 le qui le piquent.
représente au sein des demeures humaines, ou il est le A. On pourraitmodifier cette traduction. si l’on suivait
dieu sacrificateur. l’idée énoncée plus haut, note 3, sur la distinction des
2. Voy. la note 3, in col. pag. 15. trois offrandes. 1l est possible aussi que ces trois genres
3. On pourrait aussi traduire : qu’ils viennent s’as- d’amandes placées dans le vase du sacrifice aient un
uoir sur notre cousu comme sur celui de Manon. rapport symbolique avec l’éther, l’air et le terre.
(un. IL] HlG-VÉDA.-SECTION PREMIÈRE. 57
que tu soutiens dans les batailles, ne manquera au cold’un cheval fougueux, Indra, viens boire le
jamais de te préparer des offrandes. jus préparé dans le mortier.
8. Dieu, invincible, cet homme est vainqueur 5. Quelle que soit l’œuvre à laquelle on t’em-
de tous ses ennemis, et acquiert une force à ploie dans chaque maison, ô mortier! résonne
jamais mémorable. d’une manière éclatante, tel que le tambour des
9. Que ce dieu, qui voit tout, accorde la vic- vainqueurs.
toire a nos cavaliers, et la richesse à nos sages! 6. 0 pilon l! à ton extrémité l’air souffle avec
10. Éveillé par nos chants, accueille le sacri- force. O mortier! prépare le breuvage d’lndral
fice de chaque mortel, et l’hymne par lequel il 7. 0 mortier! O pilon! instruments du sacri-
prétend charmer ta colère. fice, vous qui apprêtez les mets (des dieux), sé-
11. La grandeur d’Agni est sans borne; la fu- parez-vous, unissez-vous comme les mâchoires ’
mée (du sacrifice) forme sa bannière; son éclat qui broient la nourriture.
est immense. Qu’il reçoive avec faveur nos prié- 8. Nobles instruments de boisé, avec ces nobles
res et nos offrandes! faiseurs de soma vous nous préparez aujourd’hui
12. Qu’il prête l’oreille à nos chants, cet Agni pour lndra une boisson aussi douce que le miel.
qui remplit tout de sa splendeur, qui est l’étendard 9. Toi, (Haristchandra) 0,emportele soma tombé
des dieux, qui,comme un roi, brille par sa richesse. dans le bassin; verse-le sur le filtre, et que la
13. Adoration aux grands dieux; adoration aux peau de vache le reçoive a .
dieux enfants; adoration aux dieux jeunes; ado-
ration aux dieux âgés. Nous offrons aux dieux HYMNE X.
tous les sacrifices que nous pouvons. 0 dieux, (il
dépend de vous) que l’hommage du a vos hontes A nous, un saunasses.
ne soit jamais interrompu. (une : Panctt.)
(Divinité) sincère et amie du soma, nous
HYMNE 1x.
sommes comme frappés de malédiction; mais,
A "une, AUX maraudeurs ou sunnites, un lndra, toi qui es riche, donne-nous la renommée
sonnasses. en nous accordant par milliers des vaches et de
(lem: : Anouchtouth et Gdyatrf.) superbes chevaux.
2. (Dieu) à la noble face °, maltre des offran-
l. Dans cet endroit ou s’élève une pierre à la des, compagnon de Satchl 1, à toi la puissance!
base profonde pour recevoir les libations, lndra, lndra, toi qui es riche, donne-nous la renommée
viens boire le jus préparé dans le mortier t. en nous accordant par milliers des vaches et de
2. Dans cet endroit ou, pareils à deux djaghæ superbes chevaux.
nos a, figurent les deux bassins destinés au soma ,
i. Vunaspatt’ veut dire arbre. Il m’a semblé qu’ici ce
lndra, viens boire le jus préparé dans le mortier.
mot signifiait un morceau de bois, et que ce morceau de
3. Dans cet endroit ou la mère de famille en- bois, c’était le pilon.
tre et sort avec empressement’, lndra,viens boire 2. Tel est le sans extraordinaire que j’ai cru devoir
le jus préparé dans le mortier. donner au mot kari. Il faut se rappeler qu’il est
formé de Mi.
4. Dans cet endroit ou l’on passe une lanière 3. Je suppose que le mortier est de bois, comme le
autour du bâton (de l’aranï) t, comme une rêne pilon; voilà pourquoi le mot ounaepati est au duel.
4. Ce mot n’est pas dans le texte. Il est donné par les
commentateurs, qui croient, les uns, que c’est un dieu
l. Le manier s’appelle ici ouloühula. Voy. lecture l, ainsi nommé, les autres, que c’est ou un ministre du
note 6, col. 1, pag. 49. La pierre dont on vient de parler sacrifice, ou le père de famille lui-même.
est le foyer destiné au feu du sacrifice. 5. Le Soma, pressé par le pilon dans le mortier, était
2. Figure peu décente. Le Dictionnaire de Il. Wilson jeté dans un bassin (tchamou) (lecture l, note 3, col. 2
traduit ce mot par 1° mon: Vencris,2° the hip and loins. pag. 48); on le versait sur un filtre, quiétait une peau de
3. La mère de famille se chargeait des détails du sa- vache percée.
crifice relatifs en ménage, des fleure, du lait, du beurre, 6. Voy. lecture i, note 1, col. 2, pag. 45.
etc. Elle entrait dans la salle, et en sortait pour don- 7. Satchtvas est traduit ordinairement par puissant
net ses ordres au dehors. ou par rage. Mais comme on dit que Satchl est l’épouse
4. Voy. lecture i, note 2, col. l, pas. 41. Avec le bois de d’lndra, et que les prières sont les épouses des dieux,
sami ou fait une pièce cubique de cinq pouces de diamètre, je donnerais volontiers a Satchi le sens de prières : car
qui a une petite ouverture dans la partie supérieure. ratafia veut dire parler. Cependant j’expliquerais aussi
Ou y introduit un morceau d’aswsttha, que deux per- ce mot par engoue, reconnaissantla sagesse pour l’épouse
sonnes tirent et font tourner par le moyen d’une lanière. d’lndra, comme Métis est celle de Jupiter.

l. - BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE. J
58 mus. -- POÉSIE LYRIQUE. chct. 11.]
3. Endura les deux. funestes jumelles (messa- dans ce combat. Notre reconnaissance n’oubliera
gères d’Yama) 1 ; qu’elles reposent sans s’éveiller. pas de t’invoquer encore.
lndra, toi qui es riche, donne-nous la renommée 7. Dans toutes les circonstances, dans tous les
en nous accordant par milliers des vaches et de combats, c’est le puissant lndra que nous appe-
superbes chevaux. lons à notre secours, nous qui sommes ses amis.
4. Qu’ils dorment, ceux qui ne nous veulent 8. S’il entend notre appel. qu’il nous soutienne
que du mal! noble héros, qu’ils s’éVeillent, les par mille secours, (qu’il nous fortifie) par de
amis qui désirent notre bien! lndra, toi qui es nombreux aliments.
riche, donne-nous la renommée en nous accor- 9. J’invoque le dieu fort qui de son antique
dant par milliers des vaches et de superbes (et céleste) séjour vient visiter les hommes, lui
chevaux. qu’autrefois invoqua aussi mon père.
5. lndra, frappe le méchant qui, comme l’âne, 10. Toi que tous chérissent et appellent, toi
ose élever pour te louer une voix odieuse. lndra, notre. ami et notre refuge. nous te louons; (sois
toi qui es riche, donne-nous la renommée en favorable) à ceux qui chantent (ta gloire).
nous accordant par milliers des vaches et de su- 11. (Dieu) armé de la foudre, et ami, comme
perbes chevaux. nous, du soma; toi qui nous rends amour pour
6. Que le vent pousse au loin l’orage; qu’il le amour, (nous t’invoquons pour obtenir) des va-
détourne de nous, et le fasse tomber sur la foret. ches (fécondes).
lndra, toi qui es riche, donne-nous la renommée 12. Qu’il en soit ainsi, (dieu) armé de la foudre,
en nous accordant par milliers des vaches et de (dieu) ami du soma, et notre protecteur. Comble
superbes chevaux. les désirs de tes serviteurs.
7. Détruis tout ce qui élève la voix autour de 13. Par la faveur d’lndra, qui partage notre
nous; donne la mort à l’ennemi qui menace notre bonheur, que nos (vaches) soient fécondes et ro-
tété. lndra,toi qui es riche, donne-nous la renom- bustes; qu’elles fassent notre joie, et nous don-
mée en nous accordant par milliers des vaches nent une nourriture abondante.
et de superbes chevaux. 14. Terrible (lndra), que les autres dieux, heu-
-reusement disposés par toi, non moins que tel
a) 0 HYMNE XI. sensibles à nos louanges, soient pour nous comme
l’axe qui soutient etfait tourner les roues du char !
A INDRA. A!!! ASWINS ET A L’AURORE, PAR 15. Tu es déjà pour nous, Satacratou, cet axe
s0 u N A a se Pli.
bienfaisant; ce que peuvent désirer tes panégy-
(Maires : GAyatrl et Trichtoubh.) ristes, tu le leur accordes en récompense de leurs
offrandes.
1. Comme on remplit un large réservoir, com- 16. Au milieu des hennissements (des chevaux),
blez lndra, le grand Satacratou, d’offrandes et de des cris, des souffles haletants. lndra gagne de
libations. (glorieuses) dépouilles. Fort et généreux, que
2. (L’eau) coule dans la vallée; de même lndra (ce dieu) nous donne un char d’or; qu’il nous
vient (naturellement) vers ces cent breuvages, donne les biens dont il peut disposer!
vers ces mille mets prépares avec soin. 17. Venez, bienfaisants Aswins, et que nos of-
3. Ces (offrandes) font la joie de ce (dieu) puis- frandes nous fassent obtenir de vous des chevaux,
sant; son vaste sein les reçoit et les contient, des vaches, de l’or.
comme la mer (renferme les ondes). 18. 0 bienfaisants Aswins, un même char, un
’1- Ges libations sont pour toi; viens à nous de (char) immortel vous transporte à travers l’océan
même que la colombe vientà sa compagne. et
accueille nos prières.
(de l’air). ’
19. De ce char une roue touche la crête de la
5. Maître des richesses, héros que nos chants (montagne) inabordable,l’autre roule dansle ciel t.
élèvent, 0 toi que nous célébrons. a ta puissance
ajoute la bonté et la justicel 1. Les deux Aswins représentent les deux crépuscules.
6. Lève-toi, Satacratou, pour nous secourir ou plutôt le jour et la. nuit. Leur char, c’est le ciel dont
une partie est éclairée, et l’autre plongée dans l’obscu-
1. Le commentaire. en nous disant que ces deux per- rité. il en résulte que le poële dit qu’une des roues de
sonnages sont les messagères d’Yama ou de la mon, ce char (une des deux surfaces célestes) est dans une
ne donne pas d’autres détails. région inaccessible. et l’autre dans notre atmosphère.
(du. u.) RIG-VÉDA. -- SECTION PREMIÈRE. 59
20. Aurore immortelle, amie de la louange, la coupe sacrée, connatt la vertu des invocations
quel mortel est (aujourd’hui) l’objet de ta prédi- et des prières. Agni, tu es la vie, tu es le pro-
lection? Brillante (déesse), qui viens-tu visiter? tecteur de l’homme.
21. Vive et légère, merveilleuse par tes cou- 6. Agni, (dieu) sage, tu places dans la bonne
leurs, resplendissante, de loin ou de près nous voie l’homme qui s’égarait dans la mauvaise.
i ne pouvons manquer de t’admirer. Dans ces rencontres où le combat s’engage, où le
22. Fille du ciel, invitée par nos offrandes, guerrier va recueillir un heureux butin, c’est par
viens, et apporte-nous la richesse. toi que quelques hommes triomphent de la mul-
titude.
HYMNE Xi].
7. Agni, tu entretiens chaque jour le mortel
A sont, PAR L’AnctnAs ulnANrAsrourA. qui t’honore dans une espèce d’immortelle abon-
(Hêtre : Trichtoubh.) dance ; ton sage serviteur obtient de toi le
bonheur et la nourriture qu’il désire dans les
1. Agni, tu as été l’antique Richi Angiras t;
deux espèces l.
Dieu, tu es l’heureux ami des autres dieux. Dans
ton œuvre sainte sont nés les Marouts, sages, 8. Agni, pour prix de nos louanges, donne au
père de famille qui t’implore la gloire et la ri-
agissant avec prudence, et chargés d’armes
brillantes.
chesse; à nos hommages nous ajouterons des
hommages nouveaux. Ciel et Terre, protégez-
2. 0 Agni, toi le premier et le plus grand des
Angiras, (dieu) sage, tu ornes les cérémonies di-
nous, avec les autres dieux.
9. Agni, toi (qui brilles) à côté des parents qui
vines; tu es ne de deux mères ’; puissant et
t’ont produit i, dieu vigilant et irrépréhensible
raisonnable, pour le bien de l’homme et des
parmi les dieux, toi qui t’es donné une forme
mondes, tu reposes partout dans la nature.
3. Agni, montre-toi d’abord à Matariswan; qu’il sensible, sois-nous favorable; accueille le sa-
crifice du père de famille. Toi qui possèdes la
vienne avec respect te donner des forces 5. Que
fortune. tu peux bien conférer les richesses.
le ciel et la terre soient illuminés; choisi pour
10. Agni, tu es pour nous un défenseur pru-
notre sacrificateur, porte notre offrande. 0 toi,
dent et un père; a toi nous devons la vie, nous
notre refuge, exerce ta haute fonction!
sommes ta famille. En toi sont les biens par cen-
4. Agni, c’est toi qui as révélé a Manou s la
région du ciel, toi qui as été généreux pour le
taines, par milliers. (Dieu) invincible, tu es la
force des héros et le gardien des sacrifices.
généreux Poumùravas 5. Quand du sein de tes
parents tu as été extrait par le frottement °, on 11. Agni, alors que tu pris une forme hu-
maine, pour le bien de l’humanité, les Dévas te
t’a porté d’abord du côté de l’orient, puis du côté
donnèrent comme général à Nahoucha. Quand le
opposé ’.

5. Bienfaisant Agni, auteur de notre prospérité,


fils de notre (premier) père naquit, ce sont eux
tu es digne d’être célébré par celui qui, élevant aussi qui choisirent llû pour commander aux
enfants de Manon 5.
1. Voy. lecture l, note 1, col.2, page 41.
a. Des deux pièces de l’arani nuit le feuzce sont la 1. il est ici question, suivant le commentateur, des
les deux mères qu’on donne a Agni. bipèdes et des quadmpèdes. Ne serait-ce pas plutôt la
3. Dans la nomenclature des cinq éléments, l’air est nourriture solide et la nourriture liquide f
avant le feu. Je n’ai donc pu admettre le sans donné par 2. Comme au vers 4 de cet hymne. ce sont les deux
le commentateur. Le Vent (liâtariswan) aperçoit le (en pièces de l’aranl. Ou peut entendre qu’Agni brille entra
naissant; il vient de son souffle l’exciter, et augmenter le ciel et la terra, considérés comme père et mère du
sa. force. monde.
4. Les anciens livres représentent Manon comme un 3. Tout ce passage fait allusion a une légende dont
homme pieux et ami des sacrifices. Voy. lecture t, note 2, les détails me sont inconnus. Il paraltrnit qu’Agni, in-
col. 1. page 48. Le) sacrifice du matin, auquel préside carné dans la famille d’Angiras, était devenu le prêtre
Agni , amène la naissance du Soleil, lequel éclaire et protecteur de Manon et de ses descendants. ne, tille de
révèle le ciel a l’homme. llanou et mère de Pourodravas, l’eut à son service.
5. Pourouravns, petit-fils de Manon. est renommer Sous Nahoucha, petit-fils d’llâ, ce même Angiras exerça
dans l’antique histoire de l’lnde, pour avoir organisé le l’autorité et commanda les armées : c’est l’opinion du
culte du feu et pour avoir inventé l’amant. commentateur, qui donne le mot adnâpato’ pour syno-
6. Allusion a l’opération par laquelle on tire le feu de nyme de oispati. Remarques que le nom d’llà, fille de
ramai. Manon, est aussi le nom de la prière dans le sacrifice,
7.Le commentateur explique ce passage en repré- et que la légende, sous ce rapport, pourrait bien être une
sentant je [en àhavaniya porté a l’orient, et ensuite le allégorie; car cette incarnation d’Agni n’est autre chose
[ou garhapatga établi a l’occident. que sa naissance dans le sacrifice.
60 mon. - POÉSIE LYRIQUE. lacet. 11.]

l2. Divin Agni, par tes secours protégé HYMNE Xlll.


notre fortune et nos personnes! Tu mérites A INDRA, un IIRANYASTOUPA.
nos louanges. Tu conserves les vaches du fils
de ton fils t, touiours attentif a perpétuer ton . (Hêtre: Tricbtoubh.)

culte. l. Je veux chanter les antiques exploits par


13. Agni, tu étends ta protection sur le servi- lesquels s’est distingué le foudroyant lndra. Il a
teur constant dans ses hommages. Tes quatre frappé Ahi t, il a répandu les ondes surla terre, il
yeux ’ brillent et s’allument. Tu chéris la prière a déchaîné les torrents des montagnes (célestes).
du prêtre qui te présente l’holocauste; car (tu es) 2. Il a frappé Abi, qui se cachait au sein de la
bon et clément. montagne (céleste); (il l’a frappé) de cette arme
14. Agni, tu aimes (et dispenses)cette richesse retentissante formée pour lui par Twachtri ’; et
enviée qui est le premier vœu de ton chantre les eaux, telles que les vaches qui courent vers
respecté. Protecteur prévoyant du faible, tu re- leur étable, se sont précipitées vers la mer.
çois le nom de père; ta haute sagesse gouverne 3. lndra, impétueux comme le taureau, se
depuis l’enfant jusqu’aux (habitants des) régions désaltérait de notre soma; pendant les Trieu-
célestes.
drous 5, il buvait de nos libations. Cependant
15. Agni, l’homme qui se répand en pieuses Maghavan t a pris la foudre qu’il va lancer comme
générosités, tu le couvres de tout côté comme une flèche; il a frappé le premier-né des Ahis.
d’une épaisse cuirasse. Le (père de famille) qui, 4, lndra, quand ta main a frappé le premier-
aux agréments qu’il prépare à ses hôtes, aux né des Ahis, aussitôt les charmes de ces magi-
doux aliments qu’il leur donne, ajoute encore le ciens sont détruits; aussitôt tu sembles donner
sacrifice d’une victime vivante 5, ne peut être naissance au soleil, au ciel, à l’aurore. L’ennemi
comparé qu’au ciel t.
a disparu devant toi.
16. Agni, si nous avons commis une faute, si 5. lndra a frappé Vritra, le plus nébuleux de
nous avons marché loin de toi, pardonne-nous. ces ennemis. De sa foudre puissante et meur-
Tu es un parent, un père, un défenseur prévoyant. trière, il lui a brisé les membres, tandis qu’Ahi,
En faveur des mortels qui offrent le soma, tu tel que l’arbre attaqué par la hache, gît étendu
apparais pour accomplir le sacrifice. sur la terre.
17. Agni, toiqui fus Angiras, (dieu) saint, viens 6. Comme s’il n’avait point de rival à craindre,
en ces lieux avec ces sentiments qu’avaient enivré d’un fol orgueil, (Vritra) osait provoquer
autrefois Manon , Angiras, Yayati l et les le (dieu) fort et victorieux, qui a tant de fois
anciens. Viens ici, amène la troupe céleste, fais- donné la mort. Il n’a pu éviter un engagement
les placer sur le causa, et consomme le sacri- meurtrier, et l’ennemi d’lndra d’une poussière
lice. humide a grossi les rivières.
18. Agni, que ta grandeur croisse par l’effet 7. Privé de pieds, privé de bras, il combattait
de cet hymne que nous t’adressons suivant nos encore lndra. Celui-ci le frappe de sa foudre sur
forces et notre science! Conduis-nous a la ri- la tête, et Vritra, cet eunuque qui affectait les
chesse, et avec la sagesse accorde-nous aussi l’a- dehors de la virilité, tombe déchiré en lambeaux.
bondance. 8. Ainsi qu’une digue rompue, il est couche
par terre, et recouvert de ces eaux dont l’aspect
t. Cet hymne est l’ouvrage d’Hiranyastoupa, fils
d’Angiras, et par conséquent d’Agni incarne dans cette charme notre cœur. (les ondes, que Vritra em-
famille.
2. Allusion aux quatre points principaux de l’horizon, i. Ces grands exploits d’lndra sont des allégories
vers lesquels le feu lance a la fois ses clartés. toutes physiques. Ahi, c’est le nuage se développant
a. Dans ces anciens temps on immolait quelquefois comme un serpent; Vritra c’est le nuage obscur qui voile
une vache, pour complaire aux hôtes que l’on recevait le soleil, tinamou.
le jour d’un sacrifice solennel; de la vient qu’un hôte 2. Voy. lecture I, note 5, col. t, page 48.
se nommait Goghna. Nous verrons plus loin le sacri- 3. Les lrt’cadrous sont , à ce qu’il parait, trois sacri-
fice du cheval. Le commentateur indique un autre sens; fices; lesjours ou ils arrivent sont appelés tricadrouco,
il ne s’agirait pas d’une victime vivante, pasou, mais autrement âbhr’plàvica. Le commentaire parle de ces
d’une offrande, d’un présent fait a une personne vivante, trois sacrifices, qui se nommeraient djyotih, 96h, ayouh ,-
par exemple, aux prêtres assistants. mais il ne donne pas d’autres détails. Le mot cadrons
4. Soit à cause de sa générosité. soit a cause de son semblerait indiquer des cérémonies faites pendant un
bonheur. temps noir et couvert.
5. Yayàti est le cinquième roi de la rare lunaire. 4. Nom d’lndra, dispensateur des richesses.
[LocL [IL]
RlG-VÉDA.-SECTION PREMIÈRE. fil
brassait de toute sa grandeur, foulent et pressent
maintenant Ahi terrassé.
a3 LECTURE TROISIÈME.
9. La mère de Vritra t s’abaisse; lndra lui porte
par dessous un coup mortel; la mère tombe sur HYMNE l.
le fils. Danou est étendue comme la vache avec A INDRA. PAR HIEANYASTOUPA.
son veau. (litre : Trichtoubh.)
10. Le corps de Vritra, ballotté au milieu des l. Venez, allons vers lndra, (qui nous enverra)
airs agités et tumultueux, n’est plus qu’une les vaches (célestes) que nous désirons; il peut
chose sans nom, que submergent les eaux. Ce- faire le bonheur des hommes sagement pieux.
pendant, l’ennemi d’indra est enseveli dans le (Dieu) invulnérable, il nous fait goûter tous les
sommeil éternel. plaisirs de l’abondance que procurent ces vaches
Il. Ces ondes, vaches (célestes), avaient été (merveilleuses).
comme emprisonnées par Pani î, elles étaient de- "2. De mêmequel’épervier vole vers son nid,moi
venues les épouses d’un vil ennemi, et confiées je me rends vers ce maltre généreux etinvincible,
à la garde d’un pasteur tel qu’Ahi. lndra tue et j’honore par mes justes louanges cet lndra
Vritra, et ouvre la caverne ou les eaux se trou- digne de tous les hommages de ses serviteurs.
vaient enfermées. 3. Entouré de son armée l, il a pris son car-
12. Telle la queue du cheval (pour les insectes quois et ses flèches. il est pour nous le père de
qui l’attaquent), tel tu étais alors, divin lndra, famille’ qui conduit ses vaches la ou il veut. ln-
pour cet (ennemi) qui, dans ce duel (terrible), te dra, toi qui donnes la richesse, montre-toi gé-
happait aussi de son arme. Vainqueur héroïquev néreux ; ne sois pas pour nous un marchand.
tu reprenais les vaches célestes, tu venais jouir -’t. Et voilà pourquoi tu as frappé de ton arme
de nos libations reconnaissantes, tu donnais car- (Vritra), le brigand l chargé de butin ; lndra, seul
rière aux sept fleuves i.
t. Cette armée, dit le commentateur, ce sont les nuages.
l3. Ni l’éclaiani la foudre, ni la pluie, ni le Je croirais que le poële désigne ainsi la troupe des
tonnerre lancé par son ennemi, au moment où ln- Marouts.
dra et Ahi combattaient, rien ne put arrêter 2. Les mots père de famille servent de traduction au
mot Arya, que je regarde comme fort important. lion
lndra; Maghavan triompha des efforts de ses opinion particulière est que la colonie indienne conduite
adversaires. par Manon, et qui s’est établie dans l’Arytlvartta,
venait des contrées qui sont a l’occident de l’lndus, et
Il. Pouvais-tu croire qu’un autre que toi dont le nom général était Aria, Ariane, litron. Le mot
fut capable de tuer Ahi, quand tu sentis, avant simple arya, et le mot de descendance, ârya, devaient
être la dénomination générale des colons, qui devinrent
de lui donner la mort, la crainte entrer dans propriétaires des terres. De la résulte que dans la
ton cœur? (C’est encore par amour pour nous langue ordinaire, le mot Arya, cessant d’être un nom
que) tu frémis de terreur, quand tu traversas les de peuple, a conservé, le sens de maître; plus tard
encore, le système des castes ayant été établi, les
airs, comme l’épervier, au-dessus de ces qua- hommes attachés a la culture de la terre ont conservé
tre-vingt-dix-neuf t torrents formés par les la dénomination d’Arya, confondue avec celle de Vespa.
eaux. Cependant les anciens habitants du sol indien avaient
été repoussés sur les montagnes, et, contraints de vivre
15. Indra, roi du monde mobile et immo- de déprédations, ils avaient reçu le nom de daeyou
bile, des animaux apprivoisés et sauvages, (brigand). Peut-être aussi devaient-ils ce nom a leur
caractère barbare, qui contrastait d’une manière éton-
(dieu) armé de la fondre, est aussi roi des nante avec celui des Aryas. moral et religieux; telle-
hommes. Comme le cercle d’une roue en em- ment que le mot urge ou àrya était devenu synonyme
brasse les rayons, de même lndra embrasse de bon, de respectable. A mesure que les colonies
ariennes se sont multipliées, le nom du peuple s’est
toutes choses. perdu, pour faire plus a des dénominations nouvelles
tirées des lieux on des personnages; mais je pense que
t. Le poële donne a la mère de Vritra le nom de comme le mot "allène a désigné en général les peuples
. 061m, comme qui dirait Donatrix. Je n’ose pas carac- grecs, le mot Arya a longtemps aussi distingué les
tériser cet être allégorique. Serait-ce la vapeur dont se nations indiennes, et qu’on le trouve plus d’une lois
forme le nuage 1’ avec cette signification dans les hymnes que je traduis.
2. Voy. lecture t, note 7, col. t, page M. Ce mot Parti lei lndra reçoit cette épithète: c’est une manière d’iden-
doit avoir le sans d’aoare. tifier le dieu avec la nation par le moyen d’un mot à.
3. C’est le nombre ordinaire par lequel on désigne double entente et cher a tous les souvenirs : lndra est
en général les fleuves: tels le Gange et autres, dit le maltre, il est Arya. Tel est le nom que l’on donna
commentaire. dans la suite a la déesse Parvatl; elle fut aussi Aryâ.
é. Nombre défini pour un nombre indéfini. 3. C’est-a-dire le Dasyou, comme tout a l’heure ln-
[Lect. in.)
62 INDE. - POÉSlE LYRIQUE.
tu l’as attaqué, les Marouts étant près de toi. Sous Telle fut, 0 Maghavan, ta rapidité, telle fut ta vi-
les flèches de ton arc. les Sanacas i ont trouvé la gueur, quand de ta foudre tu frappas ton ennemi
mort de mille manières; ils ont péri, ces êtres avide de combattre!
qui ne connaissent pas les sacrifices. l3. Le trait du dieu tomba sur ces (faibles) ad-
5. Ces impies, qui osaient lutter contre des versaires; fort et acéré, il brisa leurs villes
(dieux) amis des sacrifices, tournèrent honteuse- (aériennes) i. La foudre atteignit Vritra, et lndra,
ment la tète, o lndra, quand du haut des airs, a à la vue de son rival terrassé, livra son âme a la
la face du ciel et de la terre, monté sur ton char, joie.
ferme, terrible, tu soufflas sur ces misérables. l4. Tu as sauvé Coutsa i, ton favori. Tu as
6. 11s avaient attaqué l’armée du grand lndra; sauvé dans les combats le vaillant Dasadyou ’.
les religieux ’ Angiras priaient en détresse. Tels La poussière soulevée par le pied de tes coursiers
que de vils eunuques qui voudraient combattre s’élevait jusqu’au ciel, (au moment ou) le fils de
contre un héros, vaincus et troublés, (nos enne- Switra se dressait pour lutter contre des héros.
mis) furent précipités, et s’enfuirent devant lndra. 15. Tu l’as sauvé ce vaillant fils de Switrà, ô
7. Et toi, lndra, sur les frontières de ton bril- Maghavan, lorsque, fort de ta protection, il mar-
lant empire tu combattais ces ennemis, qui, après chait sur les eaux pour regagner la terre. Daigne
avoir ri, pleuraient leur folie. Du haut du ciel, aussi faire retomber la douleur et la honte sur
tes feux venaient consumer le brigand. Tu proté- nos ennemis, qui depuis longtemps veillent ici
geais celui qui t’offre des hymnes et des libations. pour nous surprendre l
8. Brillants d’or et de pierreries, nos cruels ad-
versaires couvraient la terre, et s’enorgueillissaient HYMNE il.
de leurs forces. lis n’ont pu surpasser lndra, qui AUX aswnts, PAR ulnANYAsroun.
les a vus s’évanouir à l’éclat du soleil.
(mon : Djagatl et Trichtoubh.)
9. Indra, tu embrasses également par ta gran-
deur et la terre et le ciel. (Excite) contre ces mé- i. (Dieux) intelligents, venez aujourd’hui trois
créants par nos chants respectueux, lndra, tu as fois i vers nous. Merveilleuse est votre course,
souffle sur le brigand. O Aswins! (merveilleux sont) vos bienfaits. Vous
10. Le puissant lndra a touché de sa foudre êtes liés dans votre carrière comme le jour et la
ces (nuages) qui du ciel n’arrivaient pas à la sur- nuit. Les sages vous arrêtent pour vous rendre
face de la terre, et qui de leurs voiles magiques hommage.
semblaient envelopper (le brigand) riche de ces 2. Trois roues soutiennent votre char charge
dépouilles. De son trait lumineux, il a fait jaillir de doux aliments, quand vous venez près de la
le lait des vaches (célestes). bien-aimée de Soma 5. C’est là un mystère
connu de tous. Sur ce char s’élèvent trois po-
il. Les ondes enlevées a Vritra coulaient au
gré de nos souhaits. Cependant (l’impie) reprenait teaux d’appui. 0 Aswins, vous venez trois fois la
ses forces au sein des rivières. lndra, poursuivant nuit et trois fois le jour.
son dessein, a d’un trait vigoureux, durant plu- chant), parce qu’en retenant les eaux il cause la séche-
sieurs jours, détruit son espoir. resse. Les mauvais génies ont des cornes comme les
l2. il a brisé la porte de cette caverne, où (Vri- animaux sauvages. qu’au dernier vers de l’hymne pre-
cédent on appelle aussi Srt’ngt’n. Voy. lecture i,
tra) tenait les eaux enfermées avec lui. lndra a note i. col. l, page 47.
déchiré Souchna 3 aux cornes (menaçantes). i. Voy. lecture l, note 2, col. 2, page 46.
2. Poète et Richi protégé par lndra, qui le prit un
jour sur son char.
dra était appelé Arya. On pourrait croire. en lisant cet 3. Les noms de Dasadyou et de Switra, sa mère, ne
hymne, que c’est un chant allégorique en l’honneur me sontconnus que parles détails que donne ici le poële.
d’une victoire remportée sur les brigands de la mon- 4. Le nombre trois, ainsi répété, fait allusion sans
tagne, sous la protection du dieu national lndra. doute au trichavana, ou aux trois moments de la
i. Ainsi s’appellent les compagnons de Vritra. La journée ou se font les sacrifices. La nuit, comme le
mère de Vritra, minou, tire son nom du verbe dû, qui jour, est partagée en trois époques.
signifie donner. Le mot Samson a une étymologie ana- 5. Le commentateur pense qu’il est ici question de
logue : un veut aussi dire donner. Serait-ce un simple Soma, dieu de la lune, et de l’une des constellations
effet du hasard, que le rapprochement de Dûnou et de considérées comme ses épouses. Je crois que Soma est
Douai chez les Grecs? Il libation, et que sa bien-aimée est la flamme d’Agni.
2. Ce mot est la traduction de Nauagwa, qui semble Ces aliments dont est chargé le char des Aswins sont,
être le surnom d’une tribu d’Angirasas. ou les offrandes qu’on fait a ces dieux, ou les bien;
3. Vritra est quelquefois appelé Souchna (le Daud- dont ils comblent les hommes.
[mon [IL] RlG-VÈDA. -- SECTION PREMlÈl’tE. 63

3. Dans la même journée, trois fois vous dai- qui sont les mères des sept rivières 1. Trois
gnez couvrir nos fautes du voile (de l’indul- coupes (sont disposées pour vous); trois fois
gence); trois fois aujourd’hui versez une douce l’holocauste doit avoir lieu. Au-dessus des trois
rosée sur notre sacrifice; trois fois, é Aswins, le mondes, vous poursuivez votre carrière, et, les
soir, (à midi) et le matin, recevez nos offrandes, jours comme les nuits, vous gardez la voûte
et faites-les fructifier pour nous. céleste.
4. Trois fois visitez notre demeure, venez trois 9. Où sont les trois roues sur lesquelles votre
fois vers des hommes pieux, trois fois vers des char roule (dans les trois mondes) *? ou sont
hommes dignes de votre protection; faites-leur les trois sièges unis ensemble? Quand voulez-
sentir trois fois votre présence. Apportez-nous vous,é (dieux) véridiques,atteler à votre char cet
trois fois l’heureux fruit de nos sacrifices; o ana robuste, qui vous amène au lieu du sa-
Aswins, trois fois répandez sur nous l’abondance, orifice?
telle qu’une pluie féconde. 10. (Dieux) véridiques, approchez z voici le
5. O Aswins, trois fois amenez-nous la ri- moment de l’holocauste. Mouillez vos lèvres avides
chesse! Venez trois fois partager le sacrifice a ce doux breuvage. Avant l’aurore, Savitri amène
destiné aux dieux. Trois fois agréez nos prières. au feu du sacrifice votre char magnifique, et tout
Trois fois nous vous demandons le bonheur, trois brillant de notre beurre sacré.
fois la nourriture. Trois fois la fille du soleil l il. O Aswius, (dieux) véridiques, venez avec
monte sur votre char à trois roues. les trente-trois dieuxs goûter ici de nos douces
6. O Aswins, trois fois vous nous donnez les libations. Prolongez notre vie, détruisez nos pé-
médicaments célestes, trois fois les médicaments chés, écartez nos ennemis, et restez toujours
terrestres, trois fois aussi les médicaments qui avec nous.
viennent des eaux ’. Maîtres de la prospérité, 12. 0 Aswins, sur votre char qui parcourt les
donna à mon fils 1* la fortune de Samyou t; trois mondes, apportez avec vous la richesse;
(donnez-lui) cette santé qui résulte de l’harmonie (donnez-nous) une forte lignée. Je vous implore;
des trois humeurs (corporelles) 5. écoutez-moi, venez a notre secours, et dispensez-
7. Trois fois par jour, o Aswins, amis de nos nous l’abondance et la prospérité.
sacrifices, venez vous asseoir sur notre causa,
attaché par un triplelien. Trois fois,ô (dieux) vè- 3’). HYMNE lll-
ridiques, de la région lointaine ° (qui vous pos-
A AGI" ET AUTRES DIEUX, PAR RIRANYASTOUPA.
sède), accourez, sur votre char, vers ces trois
(autels dressés par nous) 7; soyez comme le (Hum : Trichtouhh et Djegetl.)
souffle vital qui anime les corps. l. J’invoque d’abord Agni, et lui demande sa
8. O Aswins, (venez) trois fois avec ces ondes bénédiction. l’appelle a notre aide Mitre. et Va-
rouna. J’invoque la nuit qui enveloppe le
i. L’Aurore. Cependant ce pourrait étre la Nuit, qui,
succédant au Jour, peut être considérée comme la fille
monde : je demande le secours du divin Savitri.
du Soleil. 2. Le divin Savitri, revenu vers nous sous sa
2. Jusqu’à. quel point ces trois espèces de médica- face ténébreuse t, établit chacuna son poste, dieux
ments n’auraient-ils point de rapport avec les trois et mortels. il apparaît sur son chard’or, et de son
espèces de biens dont parle le vers 5, lecture Il,
hymne 8? regard embrasse les mondes.
3. Un bien z à celui pour qui je fais des libations: 3. Le dieu, ami de nos sacrifices, suivra deux
car le mot soûnou a ces deux sens.
a. Samyou, fils de Vrihaepati, est le type du bonheur. routes, l’une ascendante, l’autre descendante; il
Ce mot signifie heureux. arrive, traîné par deux chevaux brillants. Le divin
5. Ce sans est celui du commentaire; mais on peut
en trouver un tout autre. Ces mots signifient tout sim-
plement: triplez aurifiant farte. Les trois humeurs t. Voy. lecture n, note 3, col. 61, page t. Ces sept
du corps, suivant le système indien, sont le pâte, le rivières peuvent être aussi les sept espèces d’offrandea.
pina et le slachman, l’air, la bile et le phlegme. 2. Explication du commentaire.
6. Le mot paràuatas me semble désigner la région 3. Ces trente-trois dieux sont. dit-on, les douze Adityas,
qui est de l’antre côté de l’horizon, du côte oppose a les huit Vasous, les onze Roudras et les deux Asvvins.
celui ou nous sommes. 4. L’opinion indienne est que le soleil ne quitte pas le
7. Ce sans est entièrement donné par le commenta- ciel, mais qu’arrive a l’occident avec une face lumineuse,
teur, qui suppose qu’il est ici question des trois Vérifie, il retourne par la même route a l’orient avec une face
daignés par les noms d’Echtica, de Poumon et de ténébreuse; ce que l’auteur exprime par l’idée de rayons
j noirs, trichite rndjas.
5!"an
[Lect. un]
64 lNDE. - POÉSIE LYRIQUE.
Savitri vient de la région lointaine (ou il a sé- que tu suis dans le ciel, viens aujourd’hui pour
journé), pour détruire tout ce qui est mal. nous garder et daigne, O dieu, converser avec
4. Sur ce large char qui s’avance vers nous, nous.
tout brillant d’ornements d’or, (attelé de cour-
HYMNE W.
siers) que presse un aiguillon d’or, Savitri est
monté, (Savitri) resplendissant de mille lumières, A son, un CANWA. FILS DE (nous.
(une : Vrihstl.)
digne de nos hommages, possédant la vertu de
repousser ses rayons ténébreux t. l. Par des hymnes solennels, nous implorons.
5. Ses (chevaux) noirs, (pendant la nuit), allou- au nom de l’assemblée religieuse (ici réunie), le
gent leurs pieds blancs; et, sur un char dont le grand Agni, que tant d’autres invoquent comme
train est d’or, ils amènent la lumière aux nous.
hommes; devant le char du divin Savitri se lè- 2. Agni, augmente la force des mortels! Nous
vent toujours et les mortels, et tous les êtres créés. t’honorons par des holocaustes; sois-nous au-
6. Des trois mondes ’, deux appartiennent au jourd’hui favorable, sois notre protecteur, (ô dieu)
domaine de Savitri; le troisième est la demeure qui possèdes la richesse!
d’Yama et le séjour des morts. Comme le char 3. Nous te choisissons pour être le messager
est soutenu par l’essieu, tout ce qui est immortel (des dieux) et le sacrificateur, toi qui renfermes
est supporté par le soleil. C’est laune vérité que tous les biens. Tes feux grandissent et s’étendent :
chacun peut proclamer. tes rayons touchent au ciel.
7. Le noble (dieu qu’on appelle) Ascmra’ 4. Pour les dieux Varouna, Mitre, Aryaman,
s’élève par un mouvement insensible, et vient, s’allument les feux de leur antique messager. Le
comme porté sur des ailes, se révéler aux cieux. mortel qui t’honore, ô Agni, obtient par toi toute
l’opulence (qu’il souhaite).
Où est en ce moment t le soleil? qui peut le sa-
voir ? quelle région éclaire son rayon? 5. Agni, tu es pour les mortels un heureux
8. Savitri, le dieu à l’œil d’or, éclaire les huit messager, un saérificateur, un gardien du foyer
régions de la terre’, les êtres qui habitent les domestique, une source de joie. Toutes les œuvres
trois mondes et les sept rivières °. ll vient, distri- fortes et constantes qu’accomplissent les Dévas
buant ses largesses à ses serviteurs. se font par ton concours.
9. Savitri, (dieu) à la main d’or 7, (dieu)clair- 6. Par toi, Agni, toujours jeune et fortuné, se
voyant, s’avance entre le ciel et la terre. Il tue consomment tous les holocaustes; sois-nous fa-
la douleur, il s’unit (au disque) du soleil °, ou vorable et aujourd’hui et dans l’avenir, et, par
trayerse l’air sous sa forme ténébreuse 9. les sacrifices que nous offrons, augmente la force
10. Que le noble Asoura, àla main d’or, qui des dieux.
fait notre bonheur et possède la richesse, vienne 7. C’est Agni surtout, (Agni) brillant de son pro-
vers nous. Éloignant les Rakchasas et les mau- pre éclat, que les hommes viennent honorer par
vais génies, qu’il soit pour nous un dieu toujours leurs hommages; ce sont les feux d’Agni qu’ils
présent, chaque matin célébré par nos hymnes. allument par leurs offrandes, quand ils veulent
il. O Savitri, par ces routes antiques et solides, être vainqueurs de leurs ennemis.
(ces routes) faciles et dépourvues de poussière, 8. (C’est avec lui que les autres dieux) ont
vaincu Vritra et lui ont donné la mort; (avec lui
l. Voir la note précédente. qu’ils) ont étendu le ciel, la terre et les eaux,
2. Suivant le commentateur, ces trois mon-influoient) pour en faire le domicile (des êtres). Ou’(Agni)
sont le dyouloca, le bhoûrlocn et le monde d’Ysma, où
les âmes des morts se rendent par la route de l’air. soit pour Canwa, qui l’invoque, un riche bienfai-
3. Voy. lecture u, note 2, col. l. page 55. Ce mot tIur; (qu’il le dirige vers la richesse) comme le
amura se traduit par les mots mwe’chàm prdnada.
4. On est au moment du sacrifice qui précède l’aurore.
cheval hennissant (porte le guerrier) vers les va-
5. Les points cardinaux , si l’on compte le zénith et le ches (de ses ennemis).
nadir, sont au nombre de dix. Les huit points que l’on 9. Prends place (sur notre causa); tu es noble,
marque a l’horizon sont les quatre principaux (dans) et
les quatre intermédiaires (pradism). Le commentateur grand, et digne de nos hommages. Brille donc.
donne le nom de vidiens aux points intermédiaires. Agni, le bien-aimé des dieux, et enveloppe-toi
6. Voy. plus haut, lecture n, note 3,col. i, page 6L d’une fumée éclatante et remarquable! .
7. Voy. lecture Il, note 2, col. l, page 52.
8. Voy. lecture n, note 3, col. 2, page st. 10. Toi que les Dévas ont allumé ici-bas en fa-
9. Plus haut, note t. col. 2, page 63. veur de Manon, objet précieux du sacrifice et
(un. tu.) RIG-VEDA.-SECTION PREMIÈRE. (3.3
maître des holocaustes; toi qui nous réjouis par mineux. Tu as lui pour Canwa, 0 (dieu) né au
le don de la richesse, et qu’a fêté le Canwa Mé- foyer du sacrifice; et. arrosé (du beurre consa-
dhyâtlthi î ; toi qu’honorent le généreux (père cré),tu obtiendras toujours le respect des mortels.
de famille) et ceux qui chantent des hymnes! 20. Les rayons d’Agni sont brillants, forts, re-
il. Cet Agni, que le Canwa Médhyatithialluma doutables. Il est difficile d’en approcher. Daigne
jadis, nos offrandes viennent de le faire briller au réduire en cendres les mauvais génies t, doués
foyer du sacrifice. Que nos chants s’élèvent pour d’une force (funeste), et tous les (ennemis de no-
célébrer la grandeur d’Agni ! tre bonheur).
12. Toi qui reçois nos offrandes, comble-nous -. 7
s

de biens; car tu es l’ami des dieux, Agni. Tu es HYMNE V.


le roi de l’abondance la plus renommée. Fais no-
Aux IAROUTS, "tu CANWA il.
tre bonheur, toi qui as la puissance. (Mètre : Gâyetrî.)
13. Lève-toi donc, et sois notre protecteur, non
moins que le divin Savitri. Lève-toi pour nous l. Enfants de Canwa, célébrez la puissance des
accorder l’abondance, à nous qui, par les hymnes Marouts que transporte un char brillant, (puis-
de nos prêtres, invoquons ton appui. sance) rapide et inattaquable dont vous ressentez
u. Lève-toi, et sois notre guide pour nous les effets.
sauver du mal. Brûle tous nos ennemis, fais que 2. lls viennent de naître, brillants de leur
nous nous levions également pour agir et pour propre éclat. (Voyez-vous) leurs armes. leurs pa-
vivre. Fais agréer aux dieux nos sacrifices. rures, leur char traîné par des daims? (entendez-
15. (Dieu) jeune et resplendissant,Agni, sauve- vous) leurs clameurs?
uous du Râkchasa; sauveanous du méchant, 3. Écoutez, c’est le bruit du fouet qu’ils tien-
étranger à toute générosité; sauve-nous de l’en- nent dans leurs mains; c’est le bruit qui, dans le
nemi cruel, et de celui qui veut notre mort. combat, anime le courage.
16. Comme (le guerrier) armé d’une massue, Il . A cettetroupe (divine),qui détruit vos ennemis,
accable de tout côté nos vils adversaires, ô toi noble, forte etglorieuse, offrez la part d’hymnes
qui es entouré de rayons brûlants! Ne souffre et de sacrifices que lui accordent les Dévas.
pas que nous ayons pour mettre le mortel qui 5. Loue donc cette puissance des Marouts,
nous hait, et qui aiguise ses traits contre nous. invulnérable et rapide, qui règne au milieu des
17. Ce n’est pas (en vain) qu’on a demandé à vaches (célestes), et ouvre avec force (leurs ma-
Agni la richesse qui procure la force. Agni a donné melles pour en faire couler) le lait 3.
le bonheur à Canwa; il a sauvé Médhyàtlthi et 6. Parmi vous qui remuez si puissamment le
ses amis; il a comblé de ses biens (le mortel) qui ciel et la terre, qui agitez celle-ci comme la cime
le glorifie. (d’un arbre ), quel est le plus vigoureux?
18. Nous appelons à notre sacrifice, de la région 7. Contre votre marche impétueuse et terrible,
lointaine (où ils séjournent maintenant), Tour- l’homme ne peut résister; les collines et les mon-
vasa, Yadou et Ougradéva. Qu’ils viennent avec tagnes s’abaissent devant vous.
Agni; que ce dieu, vainqueur du Dasyou, amène
aussi Navavàstwa, Vrihadratlia et Tourviti i. i. Ces mauvais génies portent ici le nom d’Yàtoumâ-
uàn; plus haut, au vers 10 de l’hymne précédent, c’était
19. Agni, c’est Manon qui, pour le bonheur de Yàtoudhànan.
sa race à jamais bénie, a constitué ton foyer lu- î. Ce Canwa, dont le nom est cité dans le cours de
l’hymne, est-il le même que celui dont nous avons parlé,
lecture r, note 1, col. 2, page 48? Le mot Ghora, qui si-
i. Le texte porte Médhyàtithi: je crois que c’est le gnifie terrible,et qui est le nom de son père, peut avoir
même que MédbAllthi,1ils de l’ancien Canwa. On dit aussi quelque analogie de sens avec le mot Apratt’rutha, qui
que Médhâtlthi et Médhydtithi sont deux frères, fils de implique l’idée d’invincible. Cependautje pense qu’ilfaut
Canwa. distinguer lefils de Ghora et le fils d’Apratiratha ; que ce
2. Cette strophe renferme les noms de plusieurs per- dernierest un ancien Canwa, souche d’une famille sacer-
sonnages appelés ràdjarchù. Yadou est un des cinq fils dotale, et père de Médhdllthi ou Iédhyàtlthi, ici mentionné.
d’Yaydti, cinquième roi de la race lunaire. Tourvasou, etque le fils de Ghora est un membre moins ancien de la
appelé ici Tourneur, était son frère. Je ne sais rien famille des Cannes, lequel rappelle, dans cet hymne un
d’Ougvadéva ni des autres. Cette histoire antique cite des titres d’honneur de son aïeul. Le commentateur dit
plusieurs Vrihadrathas. Je pense que la mémoire de ces quelque part que le fils de Ghora devint fils de son propre
princes, renommés pour leur piété, est ici évoquée par frère Canwa.
le poète reconnaissant; leurs manas sont invités a venir 3. Ces vaches, comme nous le savons, ce sont les nua-
siéger au sacrifice. ges; leur lait, c’est la pluie.
66 mon. - POÉSIE LYRIQUE. [me un]
8. Sous vos pas redoutables, la terre tremble 6. Que jamais Nirriti t 81 redoutable par sa
de crainte, telle qu’un roi accablé par Page. force, Nirriti I’insurmontable, ne vienne nous
9. Le lieu de votre naissance est ferme et frapper; qu’elle tombe avec la soif (qu’elle a
stable 1; vous pouvez, du sein de votre mère, vous causée).
élancer, tels que des oiseaux; car, des deux côtés, 7. 0ui,c’est la vérité z ces (dieux) forts et res-
est un élément solide. plendissants, dont Roudra est le chef, peuvent,
10. Ces (dieux) répandent le son comme on ré- sur un sol desséché, faire tomber la pluie sans
pand la libation. Leur souffle étend les voies du l’accompagner de vent.
ciel; (l’eau tombe), et la vache (en s’y désaltérant) 8. Tel que la vache , le tonnerre mugit;
y entre jusqu’aux genoux. comme le veau est suivi de sa mère, (les Marouts
11. (Voyez-vous) ce long et large(nuage), lits sont suivis) de la foudre, et par eux la pluie sort
de l’onde (qui s’y amoncelle)?(ll semble) invul- (du nuage).
nérable. (Les Marouts) savent le chemin parlequel 9. Les Marouts, même pendant le jour, forment
on arrive jusqu’à lui pour l’ébranler. une espèce de nuit avec le nuage qui transporte
12. O Marouts, puisque vous avez la force, les ondes et qui fond sur la terre.
faites-la sentir aux hommes, faites-la sentir aux 10. Le bruit des Marouts a retenti, et aussitôt
collines. toute demeure sur la terre, les hommes même,
13. Quand les Marouts sont en marche, le che- ont tremblé.
min retentit de leur voix: chacun les entend. Il. 0 Marouts, dont la main est forte et la
14. Accourez, portez ici vos pas rapides. Les marche infatigable, venez ici près de ces rivières
enfants de Canwa vous attendent avec leurs of- aux bords agréables.
frandes; ici vous serez satisfaits. 12. Que vos roues, que vos chars, que vos
15. Agréez notre sacrifice,car nous vous sommes chevaux soient fermes; que leurs harnais soient
dévoués. Daignez nous assurerune longue exis- éclatants de lumière.
tence. 13. Allons, élève la voix pour célébrer Agni,
(qui est) Brahmanaspati ’, et qui ne brille pas
HYMNE Vl. moins que Nitra.
AUX IAIlOll’I’S, PAR CANWA. 14. Que les vers harmonieux 5 sortent de ta
bouche, et se répandent comme une (douce) pluie.
(Hétu : Glyetrl.)
Chante l’hymne religieux.
1. O vous qui aimez nos hymnes, qui vous 15. Célèbre la troupe des Marouts, brillante,
plaisez sur notre causa, quand viendrez-vous digne d’éloges et de respects. Qu’ici, dans ce sa-
nous prendre dans vos bras, comme un père crifice, ils reçoivent nos hommages.
(prend) son enfant?
2. Où étestvous maintenant? Quand arriverez- HYMNE V11.
vous? Venez de la terre comme du ciel. (N’en-
Aux aunons, un CANWA.
tendez-vous pas les hommes) soupirer après
vous, comme les vaches (après le pâturage)? (une : VrihattA
3. 0 Marouts, ou sont les biens nouveaux (que 1. 0 Marouts, lorsque de la région lointaine
nous allons tenir de vous)? où sont vos trésors? (où vous habitez), comme un rayon lumineux.
ou sont toutes vos félicités? vous lancez votre souffle puissant, quel est
4. Fils de Prisni, quand vous ne seriez pas l’homme dont le sacrifice, dont l’hymne vous
immortels, (faites toutefois) que votre panégy- attire? quelle maison, o dieux terribles, que]
riste jouisse d’une longue vie. mortel visitez-vous ?
5. Que l’homme qui chante vos louanges ne 2. Que vos traits soient solides pour repousser
soit pas comme la (faible) biche sur le gazon; nos ennemis, fermes pour les arrêter; que votre
qu’il n’aille pas tristement fouler le chemin force soit digne de louange, et ne ressemble
d’Yama.
1. Voy. lecture n, note 4, col. 2, page 51. Nirriti.
déesse du mal, me semble être ici la Maladie; la soif
1. Le lieu de la naissance des Vents est la terre; dont il est question,doit être celle de la fièvre.
considérée comme leur mère, la terre porte le nom de 2. Voy. lecture i, note 1. col. 1, page 50.
Priam. Voir lecture n, note 5. col. 1, page 53.L’air, placé 3. Le poële emploie ici le mot rloca pour désigner
entre le ciel et la terre, reçoit les Vents. toute espèce de vers
[me un] RIG-VÉDA. -SECTION psaumes. 67
pas à celle d’un mortel qui ne sait que tromper. 3. Vienne Brahmanaspati! vienne la déesse de
3. (Dieux) puissants, vous renversez ce qui est la parole sainte l! Que les Dévas rendent notre
solide, vous soulevez ce qui est lourd; et c’est sacrifice puissant, utile aux hommes, et parfait!
ainsi que vous enlevez les arbres de la foret ou 4. 1l possède une richesse impérissable, (le
les flancs de la montagne. dieu) qui se montre magnifique envers son pané-
4. Partout vainqueurs, on ne vous connaît gyriste. C’est pour ce dieu que nous appelons à
d’ennemis ni par delà le ciel, ni sur la terre. En- notre sacrifice llâ ’, qui est forte, victorieuse et
fants de Roudra, que votre force soit puissante par invulnérable.
la concorde, et la victoire vous est assurée. 5. Brahmanaspati commence 3 une prière mé-
5. Ils ébranlent les montagnes, ils arrachent lodieuse, dans laquelle ont une place lndra, Va-
les rois de la foret. O dieux Marouts, toute votre rouna, Mitra, Aryaman, tous les dieux.
troupe s’élance, comme si l’ivresse exaltait vos 6. Prononçons-la donc, dans nos sacrifices,
esprits. cette prière qui donne le bonheur, et qui est si
6. A vos chars vous avez attelé des daims; puissante. Et si vous pouvez vous complaire en
l’avant-train de ces chars est rouge. La terre en- nos vœux, dieux forts, que notre hymne tout
tend le bruit de votre approche, et les mortels entier arrive jusqu’à vous!
ont frémi. 7. Quel dieu ne viendrait pas au secours de
7. Compagnons de Roudra, nous implorons vo- l’homme religieux, au secours de l’homme qui
tre prompt secours en faveur de notre famille. lui a prépare un lit de causa? (Voyez ce) père de
Venez-nous en aide, et (protégez) un Ganwa trem- famille qui se présente avec les prêtres; sa maison
blant, comme vous l’avez fait autrefois. est riche, son intérieur est fortuné.
8. Suscité par votre colère ou par la vengeance 8. Qu’il possède la puissance t! Aidé de ses
de quelque mortel, un (ennemi) puissant nous royaux protecteurs, (je le vois) abattre ses enne-
attaque. Privez-le de tout aliment, de toute vi- mis, et au milieu de la terreur (du combat) con-
gueur, des secours qu’il attend de vous. server dignement son poste. il est comme armé
9. Dieux prudents et dignes de nos sacrifices, de la foudre; et dans aucune affaire, ni grande
vous avez accordé toute votre protection a Canwa. ni petite, il ne connaît ni supérieur ni vainqueur.
Accordez-nous aussi, o Marouts, tous vos se-
cours; soyez avec nous, comme l’éclair est avec HYMNE 1X.
la pluie. Aux ADI’I’YAS. un CAXWA.
10. (Dieux) pleins de libéralité et de force, vous
(Hem : Gâyatrî.)
possédez toute la vigueur, toute la puissance
(désirabld. 0 Marouts, a l’ennemi passionné de l. L’homme que protègent les (dieux) sages,
votre poète, envoyez, comme une flèche, un en- Varouna, Mitra, Aryaman, est promptement vain-
nemi (qui le frappe). queur (de ses ennemis).
2. Il croit à l’abri des attaques de ses adver-
1,0 HYMNE Vlll. saires, celui que les dieux défendent, et dont ils
A DIVERS DIEUX, PAR CANWA.
sont comme le bras protecteur.
(Mètre : Vrihatrî.)
3. Ces royaux amis ouvrent devant leurs favoris
les routes embarrassées, et renversent leurs anta-
l. Lève-toi, Brahmanaspati l; pleins de dévo- gonistes; ils détruisent l’effet de nos fautes.
tion, nous venons à toi. Que les Marouts s’ap- 4. 0 Adityas, pour venir au feu de notre sacri-
prochent avec leurs riches trésors; et toi, lndra, fice, la route est facile et sans obstacles. Votre
sois présent, et prends ta part (de nos libations).
2. 0 fils de la force ’, le mortel t’honore pour i. Saraswatl ou "a. appellée ici Sûnritâ. Voy. lecture I,
obtenir les richesses qu’il désire. 0 Marouts, que note l, col. l. page 43.
l’homme qui vous célèbre soit par vous riche en 2. Le mot "à est pris ici. par le commentateur, pour
le nom de la fille de Manon. Voy. lecture Il, note 3.
famille et en chevaux! ’ col. 2, page 59. Je crois qu’il est question de la déesse
ne ou Saraswatl.
l. Voy. lecture I, note t , col. l, page 59. 3. Le poète suppose que c’estAgnilui-méme qui fait
2. Nous ne ferons plus d’observation sur cette locution la prière par la bouche du prêtre, ltotrimoukhe’ ululait.
connue du lecteur, et qui se rapporte aux efforts que 4. Le commentateur fait rapporter toute cette strophe
l’on fait pour extraire le t’en de l’arani. Voy. lecture Il, à Brahmauaspati. Les royaux protecteurs ici men-
note l, col. 2, page 56. tionnés. ce sont les Adityas.
[un [IL]
68 INDE. - POÉSlE LYRlQUE.
attente n’y sera pas trompée par de vains apprêts. nouvelle maladie ne nous attaque pas en
5. Puissante Adityas, qu’il aille directement route. Poûchan, viens ici participer à notre sa-
vers vous, le sacrifice offert en votre honneur. orifice.
6. Le mortel (que vous aimez) obtient la ri- 9. (Pour nous) sois puissant, sois généreux;
chesse, toute espèce de biens, de la famille; il est donne-nous de la richesse, de la gloire, une nour-
a l’abri du malheur. riture abondante. Poûchan, viens ici participer à
7. Amis, comment célébrerons-nous dignement notre sacrifice.
la gloire de Nitra, d’Aryaman et de Varouna, dont lO. Nous ne voulons point offenser Poûchan;
la forme est si grande ? (au contraire), nous le célébrons par nos hymnes.
8. (O dieux), je me garderai de vous recom- (En récompense), nous attendons les trésors de
mander un hommeaccoutumé à la violence et sa libéralité.
aux imprécations; (je vous présente) un mortel
religieux, et je vous entoure de ses offrandes. HYMNE XI.
9. (Tel que le joueur), qui doit craindre tant A nouons I et A sous.nn CANWA.
que son partenaire tient les quatre des dans sa
(lare: ; Glyetrl et Anouchtoubh.)
main, (celui que je vous recommande) doit être
modeste en ses paroles, (placé qu’il est sous le l. Quand saluerons-nous de nos chants Roudra
coup de votre disgrâce). le sage, le bienfaisant, le fort, l’ami de notre

HYMNE X. cœur, I
2. Afin que Aditi produise pour nous, pour
A POUCBAN, PAR CAIWA. nos troupeaux, nos hommes, nos vaches et nos
(Halls : GAyatri.) enfants, tous les biens qui sont du ressort de
I l. 0 Poùchan, deviens notre guide sur cette Roudra;
route; enfant de la libation l, détourne le mal 3. Afin que Mitra, Varouna, Roudra et tous les
de devant nos pas! O dieu, sois notre compagnon dieux, touchés de nos prières, nous favorisent
de voyage! également?
2. 0 Poûchan, si quelque brigand, pareil à un Il. Nous supplions Roudra, maître des chants
de ces loups dont il faut se méfier, s’offrait à divins, maltre des sacrifices; Roudra, qui envoie
nous montrer le chemin, éloigne-le de nous! la pluie pour guérir nos maux : qu’il nous accorde
3. Daigne, loin de notre passage, écarter ce le bonheur de Samyou ’. ’
brigand qui assiège les routes, ardent à voler, et 5. Roudra brille tel que l’or, tel qu’un soleil
méditant le crime! éclatant; Roudra, le meilleur des dieux et notre
4. Terrasse et foule sous ton pied le corps pal- refuge.
pitant du voleur, quel qu’il soit, qui emploie la 6. Qu’il répande sabénédiction sur nos che-
violence ouverte aussi bien que la ruse! vaux, nos brebis, nos béliers, nos vaches, nos
5. Poûchan, dieu sage et secourable, nous de- hommes et nos femmes.
mandons ton secours, tel que celui que tu as 7. O Soma é, accorde-nous la fortune, l’abon-
prêté à nos pères! dance, et la force de cent personnes!
6. Ainsi, toi qui possèdes tous les biens, toi S. 0 Soma, que nul méchant, que nul ennemi
qui brilles si magnifiquementpar tes armes d’or, n’ait prise sur nous! ô Indou, donne-nous notre
part de prospérité !
donne-nous des richesses que nous honorerons
par nos libéralités. 9. O Soma,viens dans ce foyer, dans cette noble
7. Éloigne ceux qui s’approchent de nous (pour demeure du sacrifice, te joindre (aux prières) qui
nous frapper); aplanis pour nous les chemins. naissent de toi! 0 Soma, toi qui es comme le
Poùchan, viens ici participer à notre sacrifice. prince immortel (de cette fête), écoute (ces prières)
8. Conduis-nous dans un hon pâturage. Qu’une qui célèbrent ta gloire!

1. Je traduis le mot vimoutch par libation. Voy. lec- l. Rendre, dieu terrible et chef des vents, doit être
ture n, note 3. col. l, page 52. Le commentateur le traduit lair personnifié. C’est, sous d’autres noms, Vâyou, na-
par nuage. Si Poûchuu est une forme du soleil, je ne tariswan, liarout.
conçois pas qu’il soit l’enfant du nuage. Aussi le com- 2. Voy. note 4, col. i, page 63.
mentatenr prétend-il qu’ici Poûchan, c’est la. fécondité 3. Soma, comme nous l’avons déjà. vu, est la libation
de la terre, qui est un effet de la pluie. Je n’ai pu personnifiée: on lui donne aussi le nom de bidon. Les
adopter son explication. Jeux mêmes noms s’appliquent encore à la lune.
[me HL] arc-vans. -SECTI0N PREMIÈRE. ’ ou
HYMNE XII. tous les yeux, tes clartés ont accueilli les ancien-
nes aurores. Tu es dans nos hameaux un protec-
a son. est! rasscaswx, FILS DE can’wa. teur, un prêtre que Manon a constitué pour nos
(Hein : Vrihati.) sacrifices 1.
i. Agni, (dieu) immortel surnommé Djdtavé- il. Comme faisait Manon, ô divin Agni, nous
das *, donne a ton serviteur ces biens divers et te plaçons pour consommer notre offrande, toi.
solides qu’apporte l’Aurore. Amène avec toi au- prêtre, sacrifiœteur; toi. messager immortel,
jourd’hui les dieux que le matin éveille. sage, et rapide.
2. Agni, tu es le messager chéri (des dieux); l2. Fidèle a tes amis, quand, pontife rappro-
tu te charges de nos holocaustes, et sur ton char ché de nous, tu remplis ton office de messager
des dieux, alors tes clartés s’élèvent comme les
tu transportes nos sacrifices. Compagnon des
Aswins et de l’Aurore, accorde-nous cette large vagues bruyantes de la mer.
opulence qui vient avec la force. 13. Agni, toi qui prêtes l’oreille a notre voix,
3. En cejour nous honorons Agni, le messager écoute, et fais-toi accompagner des dieux, nes
divin, notre refuge et l’ami des hommes ; (Agni) protecteurs; que Mitra, Aryaman (et les autres;
qui élève son étendard de fumée, qui se répand viennent avec le Matin à notre sacrifice, et pren-
en lumière. et qui. à l’heure du matin, devient le nent place sur le cousu.
trésor du sacrifice. l4. Que les Marouts, bienfaiteurs généreux, en-
4. Au point du jour j’invoque Agni, qui est le tendent notre hymne; qu’ils reçoivent notre of-
bien de tous; (Agni) toujours jeune, toujours frande qui fait leur bonheur, et que leur trans-
bon, hôte vénéré, maltre chéri; et je le supplie met la langue d’Agni; que Varouna, ferme en ses
de me conduire vers les autres dieux. desseins, boive nos libations, et (se présente) avec
les Aswins et l’Aurore.
5. Je chanterai la louange, a toi qui soutiens
constamment le monde, sauveur immortel, sa-
crificateur, Agni, digne de nos hommages et por- 9; HYMNE Mil.

teur de nos holocaustes. A son, un FIASCANWA.


6. (Dieu) jeune, toi que célèbre avec raison ton (lare : Anouchtoubh.)
serviteur, toi qu’on vénère avec sollicitude, et
l. 0 Agni, honore en ce jour, par tes saintes
dont la langue est flattée de nos douces offrandes, clartés, les Vasous, les Roudras, les Adityas ; sois
daigne accorder a Prascanwa ’ une longue vieil- propice au race religieuse de Manon, qui répand
lesse, et honore une race divine. les libations de beurre (consacré).
7. Les hommes allument tes feux. o sacrifica- 2. Agni, les dieux sont sages, et accordent à
teur dont la bienfaisance est universelle. Agni, leur serviteur le prix fortuné de sa piété.0 toi
que tant d’êtres implorent, hâte-toi d’amener ici
que nos chants célèbrent, toi que trament des
les dieux connus par leur sagesse. chevaux rouges, amène les trente-trois dieux f.
8. Avec Savitri, l’Aurore, les Aswins, Bhaga, 3. Dieu qui possèdes tous les biens et qui ac-
c’est toi, Agni,que les fils de Canwa invoquent et complis les grandes œuvres, écoute l’invocation
le matin et le soir. C’est toi dont ils fontbriller les de Prascanwa, comme jadis celle de Priyamedha ’,
feux , versant leurs libations; toi qui dois porter d’Atri 4, de Viroûpa 5, d’Angiras.
leurs holocaustes et recevoir leurs hommages. 4. Se plaisant dans l’œuvre sainte et poursui-
9. Agni, tu es le maltre des sacrifices, et un vant leur grande mission, les (prêtres) implorent
messager pour les mortels. Amène aujourd’hui, le secours d’Agni, qui, au milieu des sacrifices,
pour qu’ils goûtent de nos libations, les dieux brille d’un pur éclat.
fortunés que l’Aurore éveille.
5. 0 toi que l’on honore par des libations de
10. Agni, foyer de lumière, et brillant pour
l. Ou bien z un prltre qui est un mortel comme
1. On explique ce mot de diverses manières. DjAta- nous. C’est le double sans aussi du mot laitonnent,
vedas est le dieu qui sonnait tu chou: «est, ou dont qui est dans le vers suivant.
la bien est né; c’est-è-dire le dieu qui pénètre dans 2. Voy. lecture in, note 3, col. a, page 63.
tous les étres pour les animer, ou qui est l’auteur de 3. Les Poumons citent Priyavrara, mais non Priya-
tous les biens parmi les êtres. Je ne cite pas les autres médha, comme fils de Manon Swdyambhouva.
explications. 4. Atri est un ancien Richi. ainsi qn’Angiras.
2. Praseanwa est le au de Couvre, auteur de l’hymne a. Viroûpa est un prince, fils d’Ambarlcha, et arrière-
précèdent. petit-lils de Ianou.
w I lNDE. - POÉSIE LYRlQUE. [Loch 1v.]
beurre, (divinité) généreuse, écoute aussi ces prié- nes, o Aswins, montez sur votre vaisseau t, ou
res que t’adressent les fils de Canwa pour obtenir bien attelez votre char!
ta protection. 8. Que votre vaisseau, large comme le ciel, que
6. Agni, toi, l’ami des hommes, toi qui reçois votrechar s’arrêteprès de( nos) ondes (sacrées). Avec
l’hommage de tant d’offrandes variées, et que la prière vont se verser pour vous les libations.
couronne une chevelure brillante, voilà un peuple 9. Fils de Ganwa. les libations, trésor du (dieu)
qui t’invoque, et te prie d’être le porteur de ses resplendissant, sont disposées dans leur bassin.

holocaustes. .
7. Les sages, o Agni, te placent dans leurs cé-
rémonies, toi, prêtre, sacrificateur. toi. opulent
(0 Aswins), où est votre forme ’ ?
10. Cependant le soma se colore, le soleil com-
mence à se dorer. Je le vois à la langue d’Agni
et glorieux, disposé à nous prêter l’oreille.
8. Les prêtres, tenant les libations toutes prè-
les, t’appellent au banquet (sacré), toi qu’enve-
loppe un si grand éclat, et te présentent, O Agni,
qui noircit. ,
il. Par la vertu du sacrifice le chemin est ou-
vert. (Le soleil) peut passer les rivages (de la
nuit). Le voilà qui s’avance dans le ciel.
l’holocauste au nom d’un serviteur mortel. 12. C’est ainsi que le poète chante les Aswins,
9. O toi que la force a produit, libéral et pro- qui daignent se plaire à nos libations; que leur
tecteur, que les dieux soient dès le matin invités secours soit le prix de nos chants!
à nos libations, et fais en ce jour asseoir ici. sur 13. Venez près (du père de famille) qui vous
notre causa, la famille divine! honore,comme (autrefois) près de Manon ; jouis-
10. Honore, 0 Agni, cette famille divine! qu’elle sez des libations et des hymnes (qu’il vous con-
vienne; et que tous les dieux soient confondus sacre, divinités) heureuses.
dans une mêmeinvocation. (Divinités) généreuses, il. A peine commencez-vous votre brillante ré-
ces libations (sont pour vous); prenez ce soma volution, que l’Aurore vous suit. Chaque nuit,
préparé d’hier.
agréez aussi nos sacrifices.
l5. 0 Aswins, buvez tous deux; tous deux
HYMNE XlV. soyez nos bienfaiteurs, et accordez-nous votre
A!!! Aswrns, PAR pusscaxwx. illustre protection.
(Hêtre :Gdyatrl.)

l. L’Aurore vient, nouvelle et chérie, briller au LECTURE QUATRIÈME.


ciel; o Aswins, je vous chante avec empresse
HYMNE l.
ment!
2. Enfants de la libation i, dieux secourables, Aux aswnss, PAR PRASCANWA.
trésor d’abondance, vous accordez à la prière aide
(mm : Vrihatl.)

et protection. r
3. Les hymnes s’élèvent vers vous au moment
où votre char, emporté par vos (coursiers) ailés,
1. (Dieux) que grandissent nos sacrifices, les
plus douces des libations sont disposées pour
se montre au monde abattu. vous. 0 Aswins, prenez ces breuvages préparés
4.(Dieux) forts, un mortel, maître de l’œuvre d’hier. et accordez à votre serviteur les biens
(qu’il désire) l
(pieuse), dépense (pour vous) ses libations et ses
mets, et il vous présente son holocauste. 2. O Aswins, arrivez sur votre char magnifique.
5. (Dieux) véridiques, digne objet de nos louan- (ce char) qui parcourt les trois mondes, et que
ges, buvez aVec force de ce soma, (breuvage) qui décorent trois sièges! Les fils de Canwa vous
sera l’aiguillon de votre amour pour nous. adressent cette prière dans le sacrifice; daignez
écouter leur invocation.
6. 0 Aswins, percez les ténèbres qui nous en-
tourent, et donnez-nous cette nourriture lumi- 3. O Aswins, que grandissent nos sacrifices,
neuse qui rassasie nos (yeux) ! buvez de nos douces libations! (Déités) secoura-
7. Pour venir jusqu’à nous jouir de nos hym- l. Les Aswins, naissant à l’horizon, sont censés de-
voir traverser une mer de vapeurs. Il est naturel que
I. Le texte porte Sindhoumâtarà : ce mot peut aussi le poète leur donne un vaisseau; nous verrons meute
signifier enfants de la mer; le ciel, représenté par les plus loin que ce vaisseau a cent rames.
Aswins, semble sortir de la mer, et le poète peut la 2. Le soleil n’est pas encore levé, elle ciel est a peine
donner comme la mère de ces deux divinités. visible. Cependant les libations sont toutes préparées.
(un. 1v.] RlG-VÉDA. - SECTION PREMIÈRE. 71
blés, chargeant votre char de richesses, venez en pèce. Aurore, que ta présence inspire ma prière,
ce jour près du (père de famille) qui vous honore. et envoie-moi le bonheur des riches.
i. Vous qui possédez tous les biens, (placez- 3. Elle est née déjà, elle va briller, cette divine
vous) sur notre triple causa, et répandez vos dou- Aurore; elle met en mouvement les chars, qui,
ceurs sur notre sacrifice. O Aswins, les fils de à son arrivée, s’agitent (sur la terre), comme sur
Canwa vous invoquent, versant ces libations en la mer les (vaisseaux) avides de richesses.
votre honneur! ils vous (invoquent), brillants de 4. Parmi ces pères de lamine dont la piété sa-
la lumière qui se lève. lue ton apparition pour obtenir tes largesses, il
5. Maîtres de pureté, accordez-nous cette pro- n’est pas d’enfant de Canwa plus dévoué que ce-
tection dont vous avez autrefois honoré Canwa. lui qui, en ce moment, invoque ton nom.
Aswins, vous dont le sacrifice augmente la force. 5. L’Aurore, comme une bonne mère de famille,
goûtez de nos libations. vient pour protéger (le monde). Elle arrive, arré-
6. Secourables Aswins, venez sur votre char, tant le vol du (génie) malfaisant de la nuit l, et
apportant l’abondance a Soudas l. Donnez-nous excitant l’essor des oiseaux.
ces richesses que tous désirent, et qu’elles nous 6. L’Aurore excite également l’homme diligent
arrivent de l’océan (aérien) on du ciel ’. et le pauvre. Elle est ennemie de la paresse. A
7. (Dieux) véridiques, que vous soyez loin ou tes clartés, (o déesse) riche en présents, il n’est
près de nous, venez toujours à notre prière, en plus d’être ailé qui s’oublie dans le repos.
même temps que les rayons du soleil, sur votre 7. La voilà qui, dans la région lointaine où se
char aux roues si magnifiquement rapides. lève le soleil, attelle ses chevaux. L’heureuse Au-
8. Que vos coursiers, avides de nos sacrifices, rore vient trouver les fils de Manou avec des cen-
vous amènent ici vers nos libations. Accordez la taines de chars (tout charges de richesses).
richesse au (père de famille) généreux qui vous 8. Le monde entier, à son aspect, se prosterne.
présente ces offrandes; (dieux) forts, prenez place Sage et opulente, elle fait la lumière. L’Aurore,
sur le causa. fille du ciel, par ses rayons chasse nos ennemis
9. (Dieux) véridiques et secourables, avec ce et confond leur haine.
char brillant de la lumière du soleil, et sur lequel 9. Fille du ciel, Aurore, brille de ton doux
vouslapportez toujours la richesse à votre servi- éclat! Apporte-nous le bonheur et l’abondance,
teur, venez pour goûter à nos douces libations. éclaire nos sacrifices.
10. (Divinités) opulentes, nous implorons votre 10. Prévoyante (déesse), des l’instant que tu
protection par nos hymnes et nos prières. 0 As- brilles, tu deviens la vie, le sonflle de l’univers.
wins, les fils de Canwa vous sont dévoués, et (Apparais) sur ton large char, riche et resplen-
dans leur assemblée vous n’avez jamais manqué dissante ; écoute notre prière.
de libations. il. Aurore, accorde-nous ces aliments divers
qui conviennent au genre humain l Approche-toi
HYMNE Il. de ces hommes innocents et pieux qui ont pour
a L’action, un reascauwa. toi des hymnes et des oblations!
12. Aurore, amène ici du ciel tous les dieux à
(stem : Vrihetl.)
nos libations! Accorde-nous, Aurore, une abon-
l. Fille du ciel, Aurore, lève-toi, et apporte- dance telle, que nous soyons renommés pour nos
nous les richesses et ton opulente abondance. vaches, nos chevaux et notre vigueur.
Déesse brillante etgénéreuse, (viens) avec testré- 13. Que l’Aurore, dont nous apercevons les
sors. 0sainte a souvent contribué à l’heu-
2. La prière
heureuses clartés, nous donne la richesse si belle,
si désirée; que cette richesse nous vienne dou-
reux établissement (de l’homme); elle lui a valu cementl
des chevaux, des vaches, des biens de toute es-
t. Ce passage renferme le mot eridjamm, dont le
’ 1. Sondes est un fils de chyavtna. L’auteur l’ap- sens est embarrassant parce qu’il est varié. il me sem-
pelle Soudas et non Soudtsa, comme portent les Pon- ble qu’en recourant à la racine «tridi (couvrir). on ar-
rànas. Ce mot signifie libéral,- le commentateur en fait rive a se rendre compte des diverses significations de
un nom commun. uridjanam: c’est la chou qui couvre, qui protége, qui
2. Je suppose que l’auteur désigne ici les biens qui défend,- c’eel le ciel, le sacrifice, le combat. Dans un
peuvent provenir de l’air par les pluies, et du ciel par sans passif, c’est la chose dont il faut sa garantir,
la chaleur du soleil. comme le me], la nuit.
7.2 mon. - possm LYRIQUE. [Lech IV.]
il. Tous les anciens sages qui ont imploré ton tous, auteur de la lumière, tu remplis tout le ciel
secours. O grande (déesse), ont été exaucés. Au- de ton éclat.
rore, accueille également notre prière, et (réponds- 5. Tu telèves à la vue du peuple t des dieux, à
nous) par le don d’une brillante et pure abon- la vue des hommes, à la vue du ciel entier, pour
dance. apporter le bonheur.
15. Divine Aurore, après avoir de tes rayons 6. Soleil purifiant, Soleil protecteur, avec cet
illuminé les portes du ciel, accorde-nous que notre œil dont tu vois le monde humain,
maison soit puissante, que nos ennemis s’en éloi- 7. Tu parcours le ciel et la vaste région de
gnent, et que les vaches fécondes y entretiennent l’air, mesurant les jours et les nuits et contem-
l’abondance. plant les créatures.
16. Noble et magnifique Aurore, répands sur 8. Divin Soleil, sept cavales sont attelées à ton
nous une large et belle opulence; que nous oh- char; ta chevelure est couronnée de rayons, (astre)
tenions de toi des vaches, de la richesse qui as- éblouissant de lumière.
sure le triomphe, et de nombreux aliments! 9. Traîne par les sept coursiers purifiants que
le Soleil a attelés, le char marche sans contrainte.
HYMNE Il I.
10. (Tout à l’heure) environnés de ténèbres, (et
A n’aurions, un ruascanwa. maintenant) éclairés par le plus brillant des astres,
(Hêtre : Anouchtoubh.) nous nous présentons devant le Soleil, le plus
1. Aurore, viens glorieusement, et monte au grand des dieux,la plus belle deslumières célestes.
ciel resplendissant de lumière! Que les vaches 11. 0 toi dont les rayons sont bienfaisants,
(célestes) 1, au poil rouge, t’amènent à la maison Soleil, en te levant aujourd’hui, en montant au
du (père de famille) qui t’offre ces libations. haut du ciel, détruis le mal qui me ronge le cœur
2. Aurore, fille du Ciel, sur ce char heureux et pâlit mon visage.
et magnifique qui te porte, viens aujourd’hui au 12. Nous donnons nos couleurs jaunes aux
sein d’une famille disposée à l’honorer par ses perroquets, aux sûricàs hou bien aux (fleurs de)
l’hAridrava 3.
offrandes.
3. 0 brillante Aurore, l’oiseau, l’homme * et le 13. Le fils d’Aditi vient de naître avec toute sa
quadrupède, à ton retour dans le ciel, se lèvent vigueur. C’est lui qui peut vaincre mon ennemi.
de tout côté. Je ne me reconnais pas une pareille puissance.
4. Tu rayonnes, et ton éclat se communique à HYMNE v.
l’univers. Aurore, les fils de Canwa désirent tes
faveurs, et t’invoquent par leurs hymnes.
A nous, un sans, l rus n’inclus.
(Mètres : Djagatî et Trichtoubh.)
1. Charmez par vos accents lndra, le bélier é,
5c. 1 HYMNE 1V.
t

(chef du troupeau divin), invoqué par toutes les


’k au SOLEIL, PAR ruascauwa.
bouches, célébré par nos hymnes; (lndra), océan
(Hêtre: ; CAyatrt et Anouchtoubh.)
de richesses, dont les (œuvres), favorables aux
1. Le Soleil, ce dieu qui renferme tous les mortels, s’étendent aussi loin que les mondes
biens, s’élève aux yeux de l’univers, porté par
ses chevaux é brillants.
célestes. Pour obtenir ses faveurs, honorez le
plus grand des sages.
2. Devant le Soleil, œil du monde, les étoiles,
2. Que les Ribhous 6, protecteurs généreux,
telles que les voleurs, disparaissent avec les om-
vénèrent cet lndra victorieux, qui remplit l’air
bres de la nuit.
et s’environne de puissance; ce Sgtacratou, qui
3. Ses rayons lumineux éclairent les êtres,
étincelant comme des feux. t. Le mot vital) semblerait indiquer qu’on désigne
ici les Haronts, plein divisa.
Il. Soleil voyageur A, (fanal) exposé aux yeux de 2. Tamia: salien.
3. Nauclea cadamba.
t. Ces vaches, nous le savons, sont les nuages qui 4. Ce Savya, fils d’Angiras, est, dit-on, lndra lui-
rougissent au lever de l’aurore. méme. Angiras forma dansle sacrifice, le vœu d’avoir un
2. Littéralement, le bipède. fils semblableà lndra. [l lui naquit Savya. Voy. pag. 59,
3. Ces chevaux, ce sont les rayons du soleil qui an- col. 2, note 3.
noncent le jour. Voilà pourquoi le poète leur donne le 5. La légende raconte qu’Indra. invoqué par Ilé-
nom de Kétou. dhAttthi, fils de Canwa, vint, sous, la forme d’un bélier,
4. Le commentateur dit que le soleil, en un demi- boire le soma.
clin d’œil, fait 2,202 yodjanas. 6. Voy. lecture Il, note t. Col. t, page 51.
(un. 1v.] RlG-VÉDA. -SECTION PREMIÈRE. 73
abat l’orgueil (de ses ennemis). Que leur voix, les Dasyous. En faveur de celui qui t’offre ce lit
montant jusqu’à lui, aille l’encourager! de causa, frappe les impies qui voudraient nous
3. A la prière des Angiras, tu as ouvert l’antre dominer. Sois un guide puissant pour le (père de
qui renfermait les vaches (célestes) i. Tu as guidé famille) qui te présente ce sacrifice. Telles sont
Atri î dans la prison aux cent portes. Tu as les grâces que je demande de toi pour ceux qui
donné à Vimada * une heureuse abondance de prennent part à la joie de cette fête.
provisions. Sur un champ de bataille, en faveur i). lndra, pour plaire à l’homme pieux, frappe
de ton serviteur, tu as lance ta foudre. l’impie; pour plaire à ceux qui l’honorent, il
«i. Tu as ouvert le réservoir des eaux (conte- accable ceux qui le dédaignent. Vamra i, chan-
nues dans le nuage). Tu t’es emparé du trésor de tant les louanges de cet Indra qui est grand, qui
Danou é, amassé dans la montagne céleste. grandit toujours, et remplit le ciel, (Vamra) put
Quand Vritra, quand Ahi eurent senti les coups renverser le rempart (dont l’avaient entouré les
de ta puissance, alors tu as élevé dans le ciel le fourmis).
soleil, pour l’offrir à notre vue. [0. Qu’Ousanas ’ essaye de lutter de vigueur
à. Par ta magie, tu as dissipé les prestiges de avec toi; bientôt ta force, stimulée par la résis-
ces magiciens, (de ces Asouras), qui consumaient tance, fait frémir et le ciel et la terre. 0 toi qui
dans leur propre feu les offrandes les plus pré- es l’ami des hommes, sois satisfait de nos hom-
cieuses 5. Ami des hommes, tu as brisé les villes mages, et que tes (chevaux), qu’attelie la pensée,
(aériennes) de Piprou 0, et, dans (les combats) t’amènent, aussi léger que le vent, ici, vers nos
funestes aux Dasyou; 7, tu as sauvé Rid- offrandes.
jiswan a. ll. Quand lndra s’entend appeler par nos
6. Tu as préservé Coutsa n. quand il s’agissait hymnes, il monte sur son char; il presse ses deux
de combattre Souchna m. Tu as donné la mort à coursiers a la marche sinueuse. Le (dieu) terrible,
Sambara il, en faveur d’Atithigva ". De ton du sein du nuage voyageur, fait jaillir une onde
pied, tu as renversé le grand Arbouda 4*. Enfin. impétueuse; il ébranle les larges cités de Soucbna.
dans tous les temps, tu as été l’ennemi mortel 12. Te voila sur ton char, disposé à goûter de
des Dasyous. nos libations. Tu reçus jadis avec bonté celles de
7. En toi est réunie toute vigueur; ton cœur Sàryàta 3, O lndra! Puisscs-tu te complaire
se plait à nos libations; on voit la foudre placée (aussi) en nos offrandes! Puisse notre hymne
dans ta main. Brise toutes les forces de l’ennemi. monter sans obstacle jusqu’à toi dans le ciel l
8. Fais une distinction entre les Aryas u et l3. C’est toi, lndra, qui donnas une jeune
épouse, Vrichayà, au vieux Cakchlvàn é, qui sa-
l. Voy. page M, col. i, note 1. vait te chanter et t’offrir des libations. (Dieu)
2. Nom d’un ancien Bichi. Renfermé par les Asouras fameux par tes œuvres, c’est toi qui devins mena,
dans une maison de travail et de peine (pidayantra- tille de Vrichanaswa 5. Toutes tes actions mé-
griha) qui avait cent portes, il souffrait de la chaleur:
il fut miraculeusement rafraichi par une pluie que lui ritent d’étre célébrées dans nos sacrifices.

envoya lndra ou
3. Vimada, Radjarchi,avait les pour
été choisi Aswins.
époux par -
l4. Indra est le refuge de la piété indigente.
Voyez les Padjras °, où l’hymne (reconnaissant)
la fille de Pouroumitra z ses rivaux voulurent lui en-
lever son épouse. Il fut protégé par lndra ou par les
Aswins. l. Nom d’un Richi, qui se trouva enterré sous une de
4. Voy. page 6], col. l, note 1. Danou est la mère ces fourmilières si hautes qu’elles ressemblent a des
de Vritra, et son nom indique les biens dont le nuage huttes.
est rempli. Le mot dénoumat pourrait se traduire par 2. Ousanss, autrement appelé Soucra, est considéré
riche et opulent. comme le précepteur des Asouras. C’est le nom qu’on
5. Nous avons vu ailleurs qu’un de ces Asouras porte donne a la planète de Vénus. L’astre qui persiste le
le nom de Soudmo, ou le Deudchont. L’absence des dernier dans le ciel semble vouloir résister à la puis-
nuages, retenus par lui, entrains la sécheresse, et la perte sauce d’lndra.
des biens de la terre. 3. SaryAta est un Radjarchi, fils de Saryâti et petit-fils
6. Nom d’un Asoura. de Manon; il donna. sa fille à Tohyavdna.
1. Qualification des Asouras. 4. Voy. page 50, col. i, note S.
8. Nom d’un prince. 5. On peut supposer que Vrichanasws est le mémo que
9. Voy. page 61, col. 2, note 3. Vrihadaswa, prince de la dynastie solaire. Cependant
10. Voy. page 47, col. I, note i. cette légende me parait allégorique: Vrichaswa est une
il. Nom d’un Asoura. épithète du soleil.
13. Nom d’un saint Richi. 6 Les Padjras sont une famille descendue d’Angiras;
t3. Nom d’un Asoura.
ils firent des sacrifices pour obtenir des troupeaux.
H. Voy. page (il. col. 2, note 2.
ü

l. - BIBLIOTHÈQUE lNTERNATlONALE.
74 INDE. -- POESIE LYRIQUE. [Loch Il]
est aussi (solide) que le poteau d’une porte. lndra 6. Autour de toi. lndra, brille la lumière et
peut donner des chevaux, des vaches, des chars, triomphe la force. Vritra, retenant les ondes, s’était
des trésors. ll est au milieu (le nous pour assis au haut des airs, quand sur cette pente
combler nos vœux. (céleste), ou il semblait difficile de saisir cette
15. Adoration au (dieu) qui donne la pluie l, masse énorme, tu ce venu’lui briser sa large
qui brille de sa propre splendeur! (Au dieu) puis- mâchoire.
sant qui jouit d’une force véritable, salut! 0 In- 7. Les prières, qui exaltent ta grandeur. vont
dra, dans ce sacrifice couvre de ta protection et vers toi, comme les ondes vers le lac (qui les
matiras et sujets! reçoit); o Indra, TwachtriI a doublé ta force en te
fabriquant un trait invincible.
HYMNE VI.
8. lndra, toi qu’honorent nos sacrifices et que
A INDRA, PAR snvvs a. traînent de brillants coursiers, tu as frappé Vritra
(Item: : Djagati et Trichtoubh.) pour ouvrir, en faveur de l’homme, une voie à la
1. Adore avec ardeur le bélier (divin), le maître pluie. Tes mains ont saisi ton arme de fer, et
du bonheur, dont cent fidèles chantent ensemble dans les airs, tu as fait briller le soleil à nos
la gloire. Par mes hymnes j’implore le secours yeux.
d’lndra, et je l’invite à venir comme un coursier 9. Cependant (les mortels) efi’rayés invitaient
rapide, à diriger son char vers nos sacrifices. Indra a monter dans le ciel par un de ces hymnes
2. Aussi ferme qu’une montagne au milieu des brillants et forts, aux larges et harmonieuses me-
sures; et les Marouts, amis de l’homme et auxi-
torrents, armé de mille vertus, on a vu lndra,
quand il frappait ce (Vritra) qui enchalne les liaires du dieu, protecteurs de la terre, le flat-
rivières, (on l’a vu) doubler ses forces, faire bondir taient heureusement (de leurs voix).
les ondes, et recevoir avec joie nos offrandes. 10. Le firmament lui-même se resserra de
3. C’est lui qui, s’emparant de la mamelle (du frayeur à la voix d’Ahi, au moment où l’on te
nuage). l’ouvre et la ferme à son gré; source de vit, 0 lndra, enivré de nos libations, frapper vio-
joie pour les (mortels) raisonnables, il se plait à lemment de ta foudre la tète de ce Vritra qui
nos libations. Je l’invoque d’une âme toute pieuse, menaçait de ruine le ciel et la terre.
cet Indra qui répand ses dons avec largesse et il. 0 Maghavan, la terre serait-elle dix fois
qui nous comble des trésors de l’abondance. plus large, les hommes qui la cultivent augmen-
11. Indra aime les offrandes disposées sur le ternient-ils en nombre chaque jour, ta force n’en
cousu, et qui montent vers lui dans le ciel, comme serait pas moins célèbre; telle que le ciel,ta puis-
l’Océan aime les (rivières) ses vassales qui des- sance s’étendrait pour nous couvrir.
12. Habitant aux frontières de I’Éther resplen-
cendent vers lui. Dans sa lutte contre Vritra, à la
suite d’lndra se placent ses auxiliaires (les Ma- dissant, de ta nature fort et superbe, pour notre
routs), qui épuisent les eaux, et, toujours fermes, bien tu as fait la terre à l’image de ta grandeur.
savent à leur gré changer de direction. Tu parcours le ciel heureusement, environné des
5. De même que. les eaux se portent vers les eaux.
pentes (de la montagne), de même ces Marouts, 13. Tu es le modèle de la terre (étendue comme
enivrés de nos libations, se précipitent vers Vritra toi) et le maître du (ciel) immense et peuplé de
qui veut retenir la pluie, et secondent les efforts dieux magnanimes. Tu remplis de ta grandeur
d’indra, quand ce dieu, armé de la foudre et for- tout l’espace de l’air. Ali! sans doute il n’existe
tifié par nos offrandes. frappe les soldats de aucun être semblable a toi.
Bala 5, comme Trita frappa les gardes (Asouras) A. 14. Non, tu n’as pas de semblable, toi qui, dans
l’ivresse de nos libations, as combattu l’ennemi
1. Le mot vrichabhn signifie aussi taureau. ravisseur de la pluie, toi que le ciel et la terre ne
2. Ce Savya, fils d’Angiras, est, dit-on.Indra lui-mémo. peuvent contenir,dont les vagues de l’air ne peu-
Angiras forma, dans un sacrifice, le vœu d’avoir un fils
semblable a Indra. Il lui naquit Savya. Voy. page 59.
col. 2, nole 3. en troisième lieu, liait une autre personne: c’est Soma
3. Nom d’un Asoura. ou la. libation, qui prend le nom de Trito. Trita est
4. Une légende raconte que, dans un sacrifice qui va dans la coupe du sacrifice: les Asouras arrivent, et
être célébré en l’honneur des dieux, naît d’abord (c’est- placent des gardes pour empêcher la consommation du
à-dire est apporté) Agni, le feu du sacrifice, et, en se- sacrifice. Trita donne la mort à ces gardes.
cond lieu, le mortier dans lequel on écrase les graines: 1. Voy. page 48, col. 1, note 5.
[La]. un] RlG-VÈDA. - SECTION PREMIÈRE. 75
vent atteindre la fin. Seul, tu as fait tout ce qui (des Asouras). La foudre est ta compagne, et de
existe. cette arme meurtrière tu vas, sous un autre ciel,
i5. En te voyant, dans ce combat, de ton arme frapper le magicien Namoutchi t.
meurtrière frapper Vritra à la face et le terrasser, 8. En faveur d’Atithigwa ’, tu as, avec une
les Marouts t’adressaient leurs hommages; tous vigueur puissante, donné la mort à Carandja et à
les dieux t’accompagnaient de leurs louanges Parnaya 5. Ton bras seul a suffi pour briser les
enivrantes. cent villes de Vangrida A, assiégées par Ridjiswan 5.
9. Vingt rois, suivis de soixante, de quatre-
HYMNE Vll.
vingt-dix-neuf mille ° soldats, étaient venus
A INDRA, un su". attaquer Sousravas 7, qui n’avait d’autre allié
(lem: z Djagatl et Trichtoubb.) que toi : o noble défenseur, la roue de ton char
i. (Réunis) dans la maison d’un fidèle servi- formidable les a tous écrasés.

teur, nous offrons à lndra nos prières et nos 10. Non moins heureux que Sousravas, que tu
hymnes. Avec la même célérité que (le voleur as sauvé par ton secours, O lndra, Toûrvayana ’
emporte) le trésor de l’homme endormi, que (ce a obtenu ta protection. Tout jeune qu’il était,
dieu) prenne l’offrande (que nous lui présentons. grâce à tes bontés, Coutsa °, Atithigwa t0 et
Ayou " l’ont reconnu pour leur suzerain 4*.
Qu’il se rappelle que) chez les riches on ne re-
cueille que des hymnes honorables. il. O lndra, en terminant le sacrifice, nous
2. 0 Indra, tu peux nous donner des chevaux, osons nous vanter de la protection des dieux et
des vaches, de l’orge i; tu es le maître et le gar- de ton heureuse amitié. Puissions-nous plus tard
dien de la richesse. De tout temps tu fus célébré te louer encore, tenant de ta faveur l’avantage
pour ta libéralité; tu ne sais pas tromper nos d’une famille nombreuse et d’une longue
désirs, tu te montres l’ami de tes amis. C’est pour vieillesse!
cela que nous t’adressons cet hymne.
HYMNE VIH.
3. Brillant Indra, tes exploits sont nombreux;
noble époux de Satchî, ton opulence éclate de A INDRA, PAR SAVYA.
tout côté. Que la victoire soit à toi! et donne- (Iélm : njagatî et Trichtoubh.)
nous les richesses que tu auras recueillies. Ne l. Au milieu des guerres suscitées par nos fau-
trompe pas les vœux du serviteur qui t’implore.
tes. 0 Maghavan, ne nous abandonne pas, car ta
4. Accueille avec bienveillance ces holocaustes puissance ne connaît point de rivale! D’un bruit
et ces libations. Préviens nos besoins en nous terrible tu fais résonner les rivières et les ondes.
donnant des vaches, des chevaux. Puissions- Comment les mondes ne trembleraient-ils pas de
nons, avec le secours d’lndra charme de nos li- crainte?
bations, vaincre le Dasyou, nous délivrer de nos 2. Adresse ta prière au puissant Sacra, a l’époux
ennemis, et obtenir l’abondance!
de Satchi. Loue et glorifie cet lndra qui t’écoute,
5. [Missions-nous acquérir des richesses, des et qui, par sa haute puissance, fait l’ornement du
aliments, de ces biens qui font le bonheur et la ciel et de la terre, (Indra) qui donne la pluie et
gloire des hommes! Puissions-nous ressentir les comble nos désirs.
effets de cette prudence divine qui multiplie le 3. Adresse (à ce dieu, qui est) le ciel immense,
nombre de nos hommes, de norvaches, de nos une prière dont il soit flatté. Vainqueur, c’est en
chevaux!
6. Ces boissons enivrantes, (ces holocaustes) . Nom d’un Asoura.
qui augmentent ta force, ces libations offertes . Nom d’un saint richi.
. Deux noms (l’Asonras.
cash-HO-
pour la mort de Vritra, o maître de la vertu, ont . Autre Asoura.
toujours flatté ton âme -, et l’on t’a vu, facilement . Voy. plus haut. page 33, col. 1 ,note 8.
vainqueur, détourner des milliers de malheurs . J’ai mieux aimé ces nombres indéfinis que celui de
loin de l’homme qui t’offre le sacrifice et un siège 60,099. Voy. plus bas, page 78, col. 2, note 5.
7. Nom d’un prince.
de coma. ’ 8. Autre nom d’un prince.

7. Avec ta force victorieuse tu vas de combats 9. Voy. page 62, col. 2, note 2.
10. Voy. Nom d’un saint richi.
en combats, tu détruis successivement les villes il. Ayou est un nom connu; il y eut plusieurs princes
de ce nom. Le plus célèbre fut le fils de Pouroùravas
l. Fat-a; ce mot est ici pour toute espèce de grains. t2. Le texte dit Mahàradjà.
76 lNDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Le-ct. 1V. l

lui-méme qu’il trouve sa force,ce maître glorieux v comble ensuite nos vœux en nous accordant la
qui est notre vie i, notre défense, notre bien- l richesse.
faiteur, et que, sur un char, emportent rapide- 10. Autour des flancs de Vritra s’étendait une
ment ses deux coursiers. montagne noire qui arrétait l’essor des eaux. Ces
4. Tu as ébranlé les larges plaines du ciel; ta ondes prisonnières, dont la longue chaîne se
main victorieuse a frappé Sambara t, et sur ces prolongeait au loin, Indra les a, sur les pentes
orgueilleux magiciens, insolemment conjurés (du ciel), précipitées en torrents.
contre nous, tu as lancé ta foudre, arme rayon- il. O lndra, accorde-nous le bonheur avec la
nante et acérée. gloire; que notre force soit assez grande pour
5. Sur la tète de Souchna, qui souffle la séche- résister à nos ennemis. Conserve-nous riches et
resse et s’unit (à ses frères pour notre ruine), tu puissants. Que par toi nous ayons des richesses,
abats avec bruit les eaux. Toi, dont le conseil de la famille, des aliments.
ferme et protecteur exécute tant de choses, pour-
l. HYMNE 1X.
rais-tu trouver un vainqueur?
6. C’est toi qui as sauvé Narya 5, Tourvasa t A IXDRA, PAR BAVYA.
et Yadou ’,0 Satacratou! toi qui (as défendu) le (Hêtre : Djegstî.)
Vayya Tourvîti 8; toi qui as, au moment du
combat, (protégé) Etasa ’ qu’emportait un char 1. lndra est plus étendu que le ciel, plus grand
léger; c’est toi qui as détruit quatre-vingt-dix- que la terre. Terrible et fort, en faveur des hommes
il s’enflamme. et, tel que le taureau qui aiguise
neuf 3 villes (des Asouras).
ses cornes, il affile son trait foudroyant.
7. il travaille au bonheur de sa nation, le
prince ami de la vertu qui, en l’honneur d’indra, 2. Océan aérien, il est comme la mer et reçoit
présente l’holocauste et l’hymne sacré, ou qui dans son sein les vastes torrents du ciel. lndra,
accompagne la prière de riches offrandes. Le gé- pour prendre part à nos libations, accourt avec
l’impétuosité du taureau, toujours prét a prouver
néreux lndra lui envoie la pluie du haut du ciel.
sa force dans le combat pour mériter nos louanges.
8. La force (de ce dieu) est incomparable, ainsi
que sa prudence. Qu’ils voient leurs œuvres pros- 3.0 lndra, ce n’est pas pour toi que le nuage
pérer, O lndra, ceux qui t’honorent par l’offrande grossit comme une montagne. (Tu le frapperas
du soma, et doublent par leur piété ta grandeur en notre faveur.) Tu es le roi de ceux qui possè-
dent l’opulence. Dieu puissant, c’est par des coups
et ta force puissante.
d’éclat qu’il nous apparaît, redoutable et disposé
9. C’est pour toi, Indra, que sont préparées ces
à toute espèce d’attaque.
libations copieuses qui ont jailli dans le morlier
li. ll aime l’hymne que lui adressent les pieux
sous les coups du pilon, et qui reposent dans ces
vases. Viens te désaltérer, satisfais ton désir, et (solitaires) de la forêt, et par ses exploits il se fait
reconnaitre des mortels. C’est quand le noble
Maghavan reçoit l’hommage de nos hymnes que
l. lndra porte ici le nom d’A sauva. son cœur est flatté, et que, par ses largesses, il
2. Asenrs, déjà nommé.
3. Nom d’un prince. répond aux vœux de son serviteur.
4. Voy. lecture m, note 2, col. l, page 63. à. Soutien des mortels, avec une sainte vigueur
5. Voy. lecture Ill, note 2, col. t, page 65.
6. Voy. lecture In, note î, col. 1, page 65. Le com- il livre pour eux de grands combats. Aussi les
mentaire dit que Tourvîti était de la famille des Vayyas. mortels ont foi dans le brillant lndra, qui frappe
7. Deux sans sont présentés pour ce passage par le (leurs ennemis) d’un trait mortel.
commentateur. Étasn est le nom d’un Richi, qui, porté sur
son char; échappe au danger; ou bien. Indra aurait, 6. Ami de la louange, de plus en plus ferme et
dans un combat, sauvé les chars et les chevaux des prin- vigoureux, il détruit les demeures fondées (par
ces plus haut nommés; car le mot étala signifie cheval. les Asouras); il empêche les splendeurs célestes
J’ai choisi le premier sens : on retrouve ailleurs ce per-
sonnage d’Etasa. Il eut une querelle et par suite un cam- d’être voilées, et, pour le bonheur de celui qui
bat avec Soûrya, fils de Swaswa, lequel, désirant un fils, offre le sacrifice, il fait descendre la pluie.
fit un sacrifice au Soleil, et obtint que ce dieu s’incarne-
rait dans son enfant. Étasa fut, dans cette circonstance, 7. 0 toi qui aimes le soma et qui écoutes nos
protégé par lndra. hymnes avec plaisir, dispose ton âme à la libe-
8 c’est le même nombre de milliers que celui qui a raiite. Dirige de ce côté tes deux coursiers. Ceux
éts mentionné plus haut, au Vers 9 de l’hymne 7. c’est
aussi le nombre des torrents formés par la pluie, lec- que tu protégés, O lndra, sont parmi les écuyers
ture Il, hymne 13, vers t . les plus habiles à conduire un char. Ni la ruse,
[Lect- iv.] RIG-VÉDA. - SECTION PREMIÈRE. 77
ni la violence ne sauraient triompher de toi. ces torrents qui descendent de la montagne, sa
8. Dans tes mains tu portes des richesses in- puissance est irrésistible; il ouvre a tous les êtres
finies; ton corps divin est doué d’une force invin- le trésor de sa force et de son opulence. ,
cible. Telles que des puits abondants, toutes les 2. Ahl sans doute le monde entier se dévoue
parties de ton vaste corps, o lndra, sont des à ton culte; les libations coulent en ton honneur
sources de bienfaits et d’œuvres salutaires. non moins abondantes que des rivières, quand
on voit ta foudre d’or menaçante, meurtrière,
HYMNE X. s’attacher sans relâche (au corps de Vritra), sem-
A "MIRA, PAR SAVYA. blable a une montagne.
(une : Djegstf.) 3. Pour ce terrible, pour cet adorable lndra,
1. Avec l’empressement qui pousse le coursier viens, brillante Aurore, préparer les offrandes du
vers la cavale, qu’Indra vienne prendre les co- sacrifice : cedieu n’est fort, puissant et lumineux.
pieuses libations que le père de famille a versées il n’est lndra que pour nous soutenir, comme le
dans les coupes. (Faisons que) le grand (dieu), cheval n’est fait que pour nous porter.
avide de nos offrandes, arrête ici son char magni- 4. 0 Indra, trésor d’abondance et de louanges,
fique tout resplendissant d’or, et attelé de deux nous sommes à toi; en toi nous mettons notre
chevaux azurés. confiance. Les hymnes montent vers toi, et nul
2. Les chantres pieux et avides de ses faveurs autre n’en est plus digne. A toi sont nos chants.
entourent son autel, se rendant vers lui comme de même que tous les êtres sont a la terre.
les marchands vers la mer. Toi aussi, empresse- lndra, ta force est grande, et nous sommes
toi de venir vers celui qui est le maître de la force tes serviteurs. Accomplis le vœu de celui qui te
et la vertu du sacrifice, de même que les femmes chante. Ta force est aussi étendue que le ciel, et
vont vers la montagne,(poury recueillirdes fleurs). cette terre se courbe de frayeur devant la puis-
3. Il est rapide, il est grand. Dans les œuvres sance.
viriles, sa valeur brille d’un éclat irréprochable; 6. Dieu armé de la foudre, tu déchires avec
pernicieux (pour nos ennemis), et se distinguant ton arme les flancs de (Vritra), de cette large
comme la cime de la colline. Terrible, couvert montagne qui remplit les airs; et les ondes qu’elle
d’une cuirasse de fer, enivré de nos libations, il retenait, par toi, ont trouvé leur cours. Oui, tu
va, au milieu de ses sujets,dans le lieu où sont eu- possèdes la souveraine puissance.
chainés (les nuages), se jouer du magicien Souchna.
4. Quand la force divine, augmentée par tes HYMNE X1].
offrandes, vient, pour ton bonheur, s’unir à lndra,
comme le Soleil a l’Aurore, alors le dieu qui, par AAGII, en NOMIAS, FILS DE cornu.
sa puissance indomptable, dissipe les ténèbres, (une: : Magali et Trichtoubb.)
soulève les clameurs de ses ennemis, et les pré- i. L’immortcl, né de la force, s’élance rapide-
cipite violemment dans la poussière. ment, chargé par le père de famille d’être le sacri-
5. Lorsque tu veux faire retirer les ondes, et, ficateur et le messager (des dieux). Il a ouvert les
dans chaque partie du ciel, restituer a l’air toute voies merveilleuses de la lumière, et, dans le
sa pureté, alors, puissant lndra,dans ton ivresse, sacrifice offert aux divinités,il allume l’holocauste.
qui répand sur nous le bonheur,tu frappes Vritra 2. Le (dieu) toujours jeune, s’unissent a son
avec courage, et tu nous ouvres l’océan des pluies. propre aliment, se dispose a le consumer avec
6. C’est ta puissance, O magnanime Indra, qui rapidité, et se dresse au-dessus du bûcher. Telle
donne à la terre les ondes du ciel. Enivré de nos que le coursier, la flamme brillante s’échappe du
libations, tu fais jaillir l’eau (de la mer); et, d’une foyer, et frémit ainsi que le tonnerre sous la
arme lancée d’un bras non moins fortquele sien, voûte céleste.
tu atteins Vritra. 3. Porteur des offrandes, placé en avant par
HYMNE XI.
IesRoudras et les Vasous, sacrificateur et pontife,
trésor d’oblations, immortel, il est célébré parles
A INDRA, sur SAVYA.
humains, enfants d’Ayou, comme le char qui
(Inn : Djsgstî.) transporte leurs holocaustes, et il reçoit dans son
î. J’apporte mon hommage au dieu magnifique, sein resplendissant leurs précieuses libations.
grand. riche, vrai et fort. Telle que le cours de 4. Animé par le souffle du vent, il s’élève sans
78 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch IV. I

efi’ort au-dessus du bûcher, résonnant avec force


2. Agni est la tète du ciel et l’omhilic de la
sous les libations qui coulent des vases sacrés. terre. L’univers le reconnaît pour mettre. 0 Véswà-
0 Agui, avec l’impétuosité du taureau tu te préci-
nera, les Dévas t’ont donné la naissance pour
pites sur ton aliment; toujours nouveau , tu que tu sois, en faveur du pieux Arya i, une divi-
déploies ta flamme rougeâtre, et traces ton noir nité lumineuse.
sillon. 3. Gomme les rayons sont dans le soleil, de
5. Avec tes dents de flamme, tu attaques le même dans Véswansra sont les trésors qui se
bûcher, excité par le vent. La, tu règnes comme
retrouvent sur les montagnes, dans les plantes,
le taureau puissant au milieu du troupeau. Par ta dans les eaux, chez les hommes. 0 Agni, tu es le
force (naturelle), tu t’élèves dans l’air indestruc-
roi de tous ces trésors.
tible. Tous les êtres, animés ou inanimés, redou- 4. De même qu’autour d’un fils, le ciel et la
tent tes atteintes. terre s’étendentautour de lui. (Nous chantons) ses I
6. Pour perpétuer tes divines naissances. les louanges; c’est un sacrificateur magnifique, c’est"
Bhrigous t t’ontplacé parmi les enfants de Manon
pour nous comme un enfant de Manon. (Nous
tel qu’un trésor précieux, o Agni, toi qui écoutes
versons) de larges libations en l’honneur de
volontiers la voix des mortels; toi leur prêtre, Véswanara, vrai, fort, vigoureux et fortuné.
leur hôte honorable, leur ami bienfaisant. 5. Opulent Vèswanara, tu es plus grand que le
7. (le premier des sacrificateurs, que, dans les vaste ciel ; tu es le roi des êtres humains; tu as
saintes cérémonies, les sept ’ coupes du prêtre même combattu en faveur des dieux, et défendu
viennent honorer; cet Agni, distributeur de tous leurs biens.
les biens, je l’honore par mes olfrandes; je 6. Oui, je dois chanter la grandeur de ce (dieu)
m’adresse à celui qui est le plus précieux (des
bienfaisant que les enfants de Pourou honorent
êtres).
comme vainqueur de Vritra. Agni. l’ami des
8. Fils de la Force, protecteur de tes amis, hommes, frappe le Dasyou, ébranle les airs, et
accorde-nous aujourd’hui, à nous les panégyristes, brise les membres de Sambara ’.
un bonheur sans réserve; d Agni, enfant des mets 7. Véswanara, par sa puissance, règne sur tous
(sacrés) 3, sois pour nous comme une armure de les hommes. Brillant, honoré parmi les Bha-
fer, et délivre celui qui te chante de la souillure radwàdjas’ ; Agni reçoit de l’illustre chef, fils de

du mal. ’
9. Sois pour l’homme qui te loue, d (dieu) res-
plendissant, un véritable rempart; d (dieu) riche,
Satavan t, de nombreuses ofi’randes, des chants,
des prières.

donne-nous la richesse et la sécurité; O Agni, HYMNE XlV.


délivre du mal ton serviteur. Que, des le matin, A AGI", PAR sonnas.
notre protecteur vienne recueillir le trésor de (Mètre : Trichtouhh.)
notre prière.
t. (Ce dieu) qui se charge de nos offrandes,
qui est la glorieuse bannière du sacrifice; ce pro-
HYMNE Xlll.
tecteur fidèle, ce rapide messager, cet ami bien-
A A67", un NODHAS. veillant. cet enfant de deux mères 5, acté, comme
(luire : Trichtoubh.) un trésor précieux, apporté à Bbrigou° par(le dieu
i. Les difi’érents feux, o Agni , sont comme du vent) Màtariswan?
autant de rameaux qui viennent de toi; tu es la 2. Ce maître souverain est honoré par deux
joie de tous les immortels. 0 Vèswànara ’, tu es un espèces de serviteurs, les uns qui ont des holo-
centre pour les hommes,que tu soutiens, tel qu’une
colonne érigée près d’eux.
i. Voy. page 6l, col. 2, note 2.
2. Nous avons déjà vu ce mot, qui est un des noms
allégoriques du nuage.
i. Famille issue du sage Bhrigou, et qui a beaucoup 3. Famille issue du sage Bharedwâdja : un des mem-
d’importance dans l’antique histoire de l’lnde. bres de cette famille moula sur le trône de la dynastie
2. Allusion aux sept offrandes ou libations qui ont solaire.
lieu à. raison des sept rayons que l’on reconnait au feu, 4. Ce fils de Satavan est sans doute celui qui offre le
et que l’on appelle ses sept langues; comme il y a aussi sacrifice.
sept espèces de chants qu’on lui adresse. 5. Voy. page 59, col. i. note 2.
3. On conçoit que les offrandes et les mets du sacrifice 6. Bhrigou est ici le nom d’un sacrificateur antique,
entretiennent et nourrissent le feu. qui allume le feu sacré, et l’excite avec le souffle du
4. Nom d’Agni, qui signifie amide tous les hommes. vent.
[une 1v.] RIG-VÉDA. - SECTION PREMIÈRE. 79
caustes, les autres qui n’ont que des vœux. Pré- hymne ; (il se sent plus d’ardeur) à chanter lndra.
cédant la lumière du ciel, (Agni) prend place, le veux célébrer ce (dieu) héroïque, magnifique
sacrificateur vénérable et roi des hommes, sage- dans ses dons, objet de nos pieuses louanges, et
ment libéral au milieu d’eux. destructeur des villes (des Asouras).
3. Puisse cet hymne nouveau parvenir jusqu’à 6. Twachtri a a pour ce dieu guerrier fabriqué
cedieu qui naît sous notre souffle, et dont la un trait fameux par ses œuvres; et, de cette arme
langue est adoucie par nos libations! lui qu’au redoutable, ce mattre actif et puissant a percé les
moment du sacrifice les prêtres, enfants de Ma- membres de Vritra.
non, viennent engendrer, et honorent de leurs 7. Dès l’instant que, dans les sacrifices qui lui
présents. sont offerts par le noble seigneur ici présent,
i. (Dieu) avide de nos libations, refuge des (lndra) a touché les libations et les mets sacrés,
humains, purificateur, pontife excellent, Agni a aussitôt le (dieu) puissant s’empare du (nuage),
été placé parmi les hommes; il dompte nos en- noir sanglier que les vapeurs ont gonflé; il le pé-
uemis, il protégé nos demeures. Dans l’asile do- nètre, et le transperce de sa foudre.
mestique (que nous lui avons donné), qu’il soit 8. Joyeuses de la mort d’Ahi, les épouses des
(pour nous) le maître de la richesse! dieux i ont chanté lndra, qui embrasse le ciel
5. Enfants de Gotama t, nous te célébrons par et la terre, tandis que le ciel et la terre ne peu-
nos hymnes, d Agni, maître de la richesse. Nous vent égaler sa grandeur.
te chargeons de nos offrandes, comme un cour- 9. Car il est plus étendu que le ciel, la terre et
sier qui doit les transporter (fidèlement). Que, l’air 3; roi par lui-même, héros digne de toutes
des le matin, notre protecteur vienne recueillir les louanges, puissant rival de rivaux puissants,
le trésor de notre prière. au sein de son empirc,lndra se présente au combat.
10. Vritra dessèche (la terre) ; de sa foudre
HYMNE KV. puissante lndra le frappe; et, répondant aux vœux
A txnnA. un NODHAS. (du père de famille) qui offre le sacrifice, (il ou-
(Hêtre : Trichtoubh.) vre la une) : telles que des vaches prisonnières,
les (ondes) salutaires obtiennent leur délivrance.
î. A ce (dieu) grand, puissant et rapide; a cet. il. Quand, sous les coups du tonnerre, il ébranle
lndra, digne de nos louanges; a ce mettre insur- tout autour de lui, les ondes, à ses lueurs éblouis-
montable, j’offre l’hommage de mon hymne et santes, se sont agitées de plaisir. Mettre géné-
l’abondant tribut de mes prières. Que ce soit pour
reux, en faveur de Tourvîti t, son serviteur, il a
lui comme un mets (agréable)! fait subitement surgir un gué au milieu des eaux.
2. Oui, telle qu’un mets agréable, je lui pré- 12. Maître incomparable, hâte-toi de lancer ta
sente cette pure invocation, dont la vertu est de foudre sur Vritra. Tels que les flancs d’une vache
donner la victoire; (les poètes dévoués) à lndra
immolée, partage entre nous avec ton arme les
de cœur, d’âme et d’esprit, en l’honneur de ce
membres du nuage, et fais couler des torrents de
maître antique, embellissent la prière.
pluie.
3. Ma bouche chante un hymne qui représente l3. (Poète), chante les anciens exploits de (ce
le tableau de ses bienfaits; je voudrais, par la dieu) rapide. Il est digne de tes louanges lorsque,
brillante expression de mes pensées, obtenir la dans le combat, il lance de loin ses traits, et se
faveur de ce maître magnifique, et ajouter quel- précipite pour frapper de près ses ennemis.
que chose à sa grandeur. 14. lndra paraît. et, de crainte, les montagnes
é. Pour lui je prépare un hymne, comme l’ou- les plus solides, et le ciel, et la terre, ont tremblé.
vrier (fabrique) un char pour (le maître) qui l’a Occupé à répéter l’éloge de ce dieu bon et secou-
commandé. (Je lui offre) des paroles, a lui dont rable, que Nodhas sente a tout moment renouve-
les paroles exaltent la gloire; (j’offre) au sage ler ses forces.
lndra des chants poétiques qui soient puissants là. C’est pour lui qu’a été composé cet hymne
sur son aine. ’ (au nom des fidèles) ici présents. Puisse cet hymne
5. Ce que l’appât de la nourriture est pour le
coursier, la coupe du sacrifice l’est pour mon l. Voy. page 48, col. l. note 5.
a. Voy. page 48. col. 2, note A,
l. Autre sage, dont les enfants ont formé une famille 3. Ce sont la les trois mondes, dit le commentateur.
sacerdotale. 4. Voy. page 65, col. 1. note 2. ’gril""3
aux, ’x
[Leet. 1v.]
80 INDE. - POÉSIE LYRIQUE.
plaire à celui qui est le seul puissant, le seul ri- effrayé par le bruit (de ton tonnerre) Bals, recé-
che; àlndra, qui protégea dans le combat contre leur des pluies fécondes.
Soùrya, fils de Swàswa, le pieux Etasa 1. 5. Chanté par les Angiras, (dieu) admirable!
16. 0 toi que transportent deux brillants cour- tu as dissipé les ténèbres devant les rayons de
siers, lndra, exauce le vœu poétique que t’adres- l’aurore et du soleil; O Indra, tu as étendu lasur-
sent les fils de Golama. Tourne vers eux ta pen- face de la terre, tu as assuré le firmament.
sée, et accorde-leur tous les biens. Que, des le 6. Mais l’œuvre la plus belle, la plus merveil-
matin, notre protecteur vienne recueillir le trésor leuse de ce (maltre) superbe, c’est d’avoir, d’une
de notre prière. onde aussi douce que le miel, rempli le lit des
quatre fleuves 1.
7. Cet invincible (Indra), que célèbrent nos
chants, a divisé en deux parts le ciel et la terre,
LECTURE V.
deux compagnons toujours renaissant ensemble.
HYMNE l. Tel que Bhaga *, ce (dieu) magnifique en ses œu-
A nous, un nanans. vres, du haut des airs les maintient, ces deux
(Mètre .- Trichtcuhb).
vénérables auteurs du monde.
8. Revétues de formes différentes, l’une noire,
l. Tels qu’Angiras ’, nous adressons au (dieu) l’autre brillante, la Nuit et l’Aurore se succèdent;
fort et digne d’éloges un hymne qui puisse lui et, toujours jeunes, chacune à son tour, elles
plaire. Nous chantons la gloire d’un héros qui roulent sans cesse autour du ciel et de la terre.
mérite la louange et la prière du poète. 9. Le (dieu) fort et magnanime se complaît en
2. Allons, offrez au grand (lndra) vos profondes des œuvres généreuses; il maintient la vieille
adorations; offrez au (dieu) fort vos chants har- amitié (qui l’unit aux hommes). Il peut, quand
monieux. C’est par lui que nos ancêtres, les fils il le veut. remplir d’un lait nourrissant la mamelle
d’Angiras, en récompense de leurs hymnes, ont de vaches noires ou rouges 5, ettrop jeunes encore.
suivi les traces de leurs vaches, et les ont retrou- 10. Une troupe d’immortelles sœurs, toutes
vées 5.
habitantes du même séjour, animées du même
3. Dans cette recherche que faisait Indra, de esprit de salut et de recueillement, accomplit
concert avec les Angiras, Saramé t a senti ce qui avec constance, en son honneur, mille et mille
pouvait être l’aliment de son nourrisson. Vribas- pratiques de piété; et, telles que de chastes épou-
pati 3 a frappé le vorace (Asoura); il a retrouvé ses, elles ornent la pompe triomphale du magni.
les vaches, et les illustres (Angiras) en ont pousse
des cris de joie.
tique (Indra) i. i
il. En effet, les Prières sans cesse avides de
Il. C’est toi, puissant lndra, toi, digne d’ètre s’unir à toi, (dieu) admirable et digne d’éloges,
célébré par des hymnes harmonieux, qui, accom- curieuses d’obtenir par leurs hommages le trésor
pagné des sept prêtres (Angirasas) habiles à chan- (de tes bénédictions), accourent (aux sacrifices) :
ter sur des mesures de neuf ou dix syllabes 5, as comme des épouses chéries s’approchent de l’é-

l. Voy. page-16, col. 1, note 7. élre aussi ces sept prêtres ne sont-ils qu’une personnifi-
2. Voy. page H, col. 2, note l. cation des sept espèces de mètres ou tohhandas sur les-
3. Voy. page 44, col.l, note 7. quels se composent les hymnes.
4. Voy. ibid. Saramé est la prière; et son nourrisson, l. C’est le Gange et les autres, dit simplement le com-
c’est le sacrifice, c’est l’amande. mentateur. C’est l’explication qu’il donnait aussi lors-
5. Voy. ibid. qu’il était question des sept rivières (voy. page 61, col. l,
6. Dans ce vers se trouvent deux mots dont le sens note 3). Nous ne pouvons dire s’il est ici question de
est assez problématique : «imagina et navagwa (voy. quatre fleuves principaux de l’lnde, ou de ces quatre
lecture in, note 5). Il parait que ce sont deux espèces de fleuves qu’une mythologie plus modems fait sortir du
prêtres Angirasas, dont les uns faisaient des sacrifices Manasarowara.
pendant neuf mais, et les autres pendant dix mais. Une 2. Un des noms du soleil.
autre explication, que j’ai préférée, distingue ces Angin- 3. Allusion aux nuages qui grossissent pana peu et se
ses en deux classes, dont l’une chante sur des mesures chargent d’une pluie bienfaisante.
de neuf syllabes, les autres sur des mesures de dix 4. Je pense qu’il est question dans cette strophe des
syllabes. (Les mètres Vrihatâ et Forum ont quatre parias, prières et des invocations qui forment l’ensemble du
composés, dans le Vribalt de neuf, dans le Pankti de dix culte adressé a lndra: on sait que les prières son
syllabes.) Ces prêtres, dans l’exercice de leurs foncüons, considérées comme les épouses des dieux. et précisé-
seraient au nombre de sept, nombre sacré, comme nous ment cette strophe fait allusion a cette opinion. Le
l’avons déjà vu (voy. lecture tv, note 69, et alib.). Peut- vers suivent semble devoir confirmer ce sans.
[Mec v.) RlG-VEDA. - SECTION PREMIÈRE. 8l
poux qui les aime, les saintes Invocations, o (mal- de nos présents et de nos hommages solennels!
tre) puissant, viennent vers toi. 7. (l’est ainsi, 0 foudroyant lndra, que, com-
12. Sous tes brillantes mains , merveilleuse battant en faveur de Pouroucoutsa t, tu as dé-
(déité), les richesses ne sauraient diminuer ni truit sept villes. A Sondes ’, enfant de Potiron, tu
périr; 0 lndra, tu es lumineux, fort et prudent. as conféré les richesses d’Anhou 3, avec autant de
Époux de Satchl, fais-nous sentir les effets de tes facilité que l’on arrache quelques tiges de causa.
œuvres. 8. Héros divin, a lndra, 0 toi qui embrasses le
l3. L’enfantde Gotama, Nodhas, a composé pour monde, tu répands pour nous (sur la terre) les
toi, o généreux lndra, cet hymne nouveau, pour divers aliments, tels qu’une bienfaisante rosée;
toi qui es éternel, qui nous diriges dans la bonne et avec ces aliments tu nous donnes cette vie,
voie; toi qui attelles deux coursiers à ton char qui, comme une eau (salutaire), circule partout
(magnifique). Que, dès le matin, notre protecteur (dans nos veines).
vienne recueillir le trésor de notre prière. 9. 0 Indra, les enfants de Gotama ont composé
pour toi ces hymnes que notre respect te pré-
HYMNE ll. sente. (Viens) avec tes coursiers azurés, et amène-
A INDRA, PAR NODHAS.
nous une magnifique abondance. Que, dès le
matin, notre protecteur vienne recueillir le trésor
(mm : Trichtoubh.) de notre prière.
l. 0 lndra, tu es grand, toi qui, te montrant
au jour de malheur, soutiens le ciel et la terre HYMNE Ill.
par tes puissantes vertus, lorsque tout dans la aux IAIIOU’I’S, sur NODHAS.
nature, et les plus fermes montagnes elle-mêmes,
(lents: Trichtoubh et Djagatl.)
tremblent de terreur devant toi, et vacillent
l. a Allons, Nodhas, présente l’hommage d’un
comme de frêles rayons.
2. Quand tu lances tes coursiers merveilleux, hymne aux Marouts, à cette troupe qui donne
l’abondance et la fécondité, et qui aime nos sacri-
alors le poète arme tes mains de la foudre; et
avec cette arme, o invincible, o adorable Indra, lices ».Recueilli, et les mains pieusement le-
tu frappes tes ennemis, et tu renverses leurs vées pour la sainte cérémonie, je compose
larges villes. des vers qui vontcouler comme une onde,( pure).
3. (Dieu) vrai et triomphant, o Indra, tu com- 2. Ils naissent du ciel, ces brillants et vigou-
mandes aux Ribhous, tu aimes les héros, tu dé- reux enfants de Roudra t, qui sèment la vie et
truis (tes adversaires); c’est toi qui, dans un jour sont exempts du mal, tantôt purs et beaux comme
de bataille, au milieu de la mêlée, as pris le parti des soleils, tantet mouillés de pluie, funestes et
horribles comme les mauvais génies 5.
du jeune et brillant Goutsa t, et as terrasse
l’avare Souchna. 3. Jeunes et redoutables, ils ne connaissentpas
Il. C’est ton amitié qui t’animait (pour nous), la faiblesse de la maladie; ennemis de l’impie,
ils favorisent (l’homme fidèle). Fermes comme le
0 lndra, lorsque, lançant la foudre en maître
généreux, tu frappais Vritra, et que, héros ma- roc, ils ébranlent de leur souffle puissant tout ce
gnifique et invincible, tu faisais sur ce champ qu’il y a de plus fort dans tous les mondes, au
de bataille reculer les Dasyous, dont tu déchi- ciel et sur la terre.
rais les membres. 4. Des ornements divers relèvent leur beauté;
â. O Indra, tu ne dépenses pas ta force contre ourleurs poitrines pendentavecgrace de brillants
les mortels; tu ne veux pas nuire à celui qui est colliers; sur leurs épaules se dressent leurs
ferme parmi eux. Ouvre les régions du ciel au armes éclatantes. lls naissent du ciel au même
(nuage) qui vient vers nous, et que ta foudre ter- instant que se montre Swadha a.
rasse nos ennemis.
l. Prince, fils de Handhétri, de la dynastie solaire.
6. Quand tu combats pour leur donner la pluie a. Voy. page 11, col. l, note l .
et faire descendre sur eux l’onde bienfaisante, 3. Nom d’un Asoura, suivant le commentateur.
les hommes t’invoquent. O toi qui reçois nos 4. Ils sont appelés Aucuns.
5. Ces mouvais génies portent le nom de Satwdmu.
offrandes, que ta protection soit la récompense Ils appartiennent a la classe des filmâtes.
6. J’ai pensé que l’auteur désignait ici l’amende
l. Voy. page 62, col. 2, note 2. personnifiée, épouse d’Agni. Les vents semblent attendre
82 mon. - POÉSIE LYRIQUE. ILect. V.]
5.113 donnent la richesse, et remuent le monde; sages, purs, redoutables, et dispensant la pluie.
ils détruisent leurs ennemis, et produisent par Honorez, pour votre bonheur. cette famille des
leur puissance les vents et les éclairs; les nuages Marouts, forte, libérale, victorieuse, et parcourant
du ciel sont comme une mamelle qu’ils pressent le domaine des airs.
vivement, et, parcourant avec bruit les airs, ils 13. O Marouts, le mortel que vous protégez sur-
engraissent la terre d’une eau féconde. passe tous les autres en puissance; ses coursiers
6. Les Marouts, riches en présents, répandent ont de gras pâturages, ses gens ont la richesse;
le lait céleste; tels, dans les cérémonies sacrées, il voit croître son opulence et la renommée de
les (prêtres) versent le beurre liquide. De même ses sacrifices.
que l’écuyer dresse le cheval, eux, ils apprennent 14. 0 Marouts, donnez à nos nobles seigneurs
au nuage à pleuvoir. C’est une nourrice intaris- un fils fort dans ses œuvres, difficile à vaincre
sable qu’ils ont l’art de traire au milieu des mu- dans les combats, magnifique, robuste, opulent,
gissements de la foudre. éclairé, et digne d’être chanté. Puissions-nous,
7. Magnifiques et habiles à changer de formes, pendant une centaine d’années, célébrer une telle
vous vous parez de superbes lueurs, et vous famille!
avancez rapidement, forts, et pareils à de larges 15. 0 Marouts, accordez-nous une fortune qui
collines; tels que des éléphants sauvages, vous soit stable; que nos gens soient pleins de force,
renversez les forêts, quand à votre char puissant qu’ils soutiennent les attaques de nos ennemis.
vous avez attelé des (coursiers) rougeâtres t. Que cent, que mille trésors augmentent notre ri-
8. Ces (dieux) riches et prévoyants frémissent chesse l Que,dès le matin, nos protecteurs viennent
comme des lions. Leur beauté est celle du che- recueillir le tribut de notre prière.
vreuil. Terribles (pour un ennemi), bons (pour
leur serviteur), ils poussent avec ardeur les
,. HYMNE lY.
daims t qui les emportent; et, agitant leurs armes, A son, un I’ARASAIIA, FILS DE SACTI, PETIT-
ils s’unissent pour faire sentir (à ceux qui leur ré- FILS DE VASICIITA.
sistent) leur puissant et funeste courroux. (Mena : Dwipeda.)
9. Héros pleins de vigueur, troupe amie des
mortels, faites retentir, de votre voix animée par l. Tel que le brigand qui se renferme dans sa
la colère, et la terre et le ciel. Et déjà, sur le caverne avec son bétail, (tu te caches) 4, ô (dieu),
siège de vos chars, o Marouts, j’ai cru voir vos qui te joins au sacrifice et qui portes les offrandes!
formes admirables s’élever, et briller comme 2. Cependant les (Dévas), tes sages compagnons,
l’éclair. suivent tes traces *; et tous, habiles sacrificateurs.
10. Ces (dieux) possèdent tous les biens, et ha- ils savent te retrouver.
bitent avec la richesse; ils sont doués d’une force 3. Les Dévas poursuivent le cours des saintes
tumultueuse et d’une voix éclatante; habiles cérémonies; et bientôt (le dieu) s’est entouré de
archers, ils tiennent une flèche dans leurs mains; (rayons) abondants et brillants comme la lumière
héros dont la puissance est sans borne, ils du ciel.
semblent mordre le nuage pour en extraire (la a. Les ondes (sacrées)s augmentent sa force; leur
pluie). (doux) breuvage fait grandir cet heureux nourris-
il. Montée sur leurs chars aux roues d’or, les son, né au giron du sacrifice.
Marouts amoncellent les nuages, et les poussent 5. Tel qu’une agréable végétation, que la
sur leur route comme des montagnes. Dignes de terre étendue, que la colline chargée de fruits,
nos hommages, ils vont, ils se précipitent, abat- que l’eau salutaire;
tant ce qui est solide, exerçant leur dur empire, et 6. Tel que le coursier débarrassé de ses liens,
armés de traits resplendissants. que la mer impétueuse, tel est Agni. Qui donc
12. Nous invoquons ces enfants de lloudra, peut le maîtriser ?

que le sacrificateur les appelle a venir prendre part l. Le commentaire dit que le dieu se cache dans
aux libations. Ce sont eux qui excitent le feu. c’est l’Aswattha (mwatthagouhà), bois dont est formé
Màturiswan qui t’apporte à Manon. l’aranl.
1. Le poële désigne ainsi ces nuages rougeâtres qui 2. Le mot paria contenu dans ce vers est amphibolo-
annoncent le vent. gique; il s’explique par pied. dans ses deux significa-
2. Je ferai remarquer que le mot priahali signifie à tions, membre du corps humain et membre devers.
la fois daim et goutte de pluie. l
3. C’est-à-dire les libations.
[Lei-.1. V.]
RlG-VÉDA. - SECTION PREMIÈRE. 83
7. .lgui est pour les ondes comme un frère pousse ses vagues (enflammées), et ses rayons
pour ses sœurs; de même qu’un roi dévore les s’élèvent vers la voûte du ciel.
riches, de même il dévore les bois. ’
8. Quand, excité par le vent, il se jette sur la HYMNE Vl.
forêt et déchire la chevelure de la terre. A AGNI, PAR PARASARA.
9. Tel que le cygne qui plonge, il souffle au (Mètre : Dwipada.) »
milieu des ondes 1. Eveillé dès l’aurore, il avertit
les hommes que l’heure de l’œuvre sainte est ar-
l. Né sur le bûcher, ami des mortels, (Agni)
rivée. chérit le père de famille qui ordonne le sa-
crifice *, comme un roi chérit l’homme fort.
10. Ainsi que l’excellentsoma *, il naît du sa-
2. Tel qu’un protecteur vertueux. tel qu’un
crifice. De même que l’animal au sein de sa mère,
prêtre vénérable, il est notre patron, notre sacri-
(il est faible d’abord); bientôt il se développe, et
ficateur, le porteur de nos offrandes.
porte au loin ses splendeurs.
3. Dans sa main il tient toutes les richesses, et
HYMNE V. quand il se renferme dans sa retraite ’, les
Dévas commencent à trembler.
A AGI], PAR PARASAIIA.
4. Les prêtres alors le découvrent, (les prêtres)
(Mètre .- Dwipada.)
dévoués à la prière, et chantant les hymnes que
l. Tel qu’un trésor richement varié, un soleil le cœur inspire
resplendissant, un souffle vital, un fils dévoué; 5. Semblable a (l’astre) voyageur 3, il soutient
2. Tel qu’un coursier docile, tel est (Agni); pur l’air et la terre; encouragé par les invocations
et brillant, il s’attache au bois comme la tendre pieuses, il affermit le ciel.
génisse a la mamelle de sa mère. 6. 0 Agni, jouis des diverses offrandes qui te
3. Tel qu’une maison agréable, il renferme sont présentées; toi qui es la vie de tous les
notre bonheur; tel que la moisson que (le soleil) a êtres, quitte chaque jour pour nous ta retraite.
mûrie, il doit conquérir (l’amour) des hommes. 7. Celui qui sait le tirer de sa retraite, et qui
4. Tel que le poète qui chante (les dieux), il le ramène au foyer du sacrifice,
est béni par les mortels; tel que le coursier chéri, 8. (Agni) le comble de biens, ainsi que ceux
il apporte (à la terre) sa nourriture. qui l’honorent par leurs saintes pratiquos.
5. Entouréd’un éclat incomparable, il accomplit 9. Il enveloppe (de sa flamme) les ramées, et
sans relâche son œuvre sainte; il est dans le attaque avec force le corps même des branches
foyer, semblable à une épouse fidèle dans sa mai- (qui sont comme) ses mères t.
son : il embellit tout; 10. Sage soutien de tous les êtres, il habite le
6. Et quand il allume ses flammes variées, il séjour des ondes (sacrées), où les (hommes) re-
brille comme le soleil dans le monde, comme un ligieux lui ont préparé avec soin une espèce de
char doré dans les batailles. demeure.
7. Il répand la terreur de même que l’armée
qu’on lance (au combat), de même que la flèche HYMNE Vll.
de l’archer garnie d’une pointe étincelante.
Il Aux], PAR PARASARA.
8. Jumeau du passé, jumeau de l’avenir, il est
(Melre : liwipada.)
le fiancé des filles et l’époux des femmes.
l. (Agm),animé par nos libations,s’élève vers le
9. Comme les vaches vont vers l’étable, nous,
ciel, où il porte(nos offrandes) ;il éclaire la nuit,
le matin et le soirs, nous venons vers laides
l’instant qu’il brille. (il illumine) tous les êtres, animés et inanimés;
10. Ainsi qu’une onde impétueuse, le voila qui i. Simuchtt’ me semble être le père de famille qui
disposé le sacrifice, et qu’il faut distinguer du prêtre qui
t. Je crois que c’est une allusion au bruit que fait le dirige les cérémonies. Voy. page 53, col. 1, note t.
[en recevant les libations. 2. Le texte emploie le mot gouhà, pour désigner la
2. Dieu de la libation. retraite d’Agni au sein de l’aranl. Voy. page 82, col. 2,
3 il y a ici deux mais, tcharath et casait. qui, note i.
suivant le commentaire, sont des invocations faites aux 3. J’ai pris adja dans le sens de voyageur.
crépuscules. Je suppose que varan est celle du soir, t. Avec les branchus d’arbre qui forment le bûcher,

. l . ..
quand on va rentrer a la manioit, et lehm-am celle du . le feu est nourri, et le poste appelle ces branches les
matin. quand on se lève pour marcher et mettre les mères d’Agni. Cependant le mot prusoûh, traduit par
troupeaux en mouvement. l’idée; de me", peut ne signifier que branches.
[Loch v.]
84 INDE. - POÉSIE LYRIQUE.
2. Et, Déva incomparable parmi les Dévas, il réuni avec mes compagnons, qu’Agni reçoive
les surpasse tous par sa grandeur. tous les honneurs divins.
3. 0 dieu, des l’instant que tu viens a la vie du 7. Personne ne peut troubler nos cérémonies,
sein de (la branche) aride, tous aussitôt s’ap- ô (Agni), lorsqu’à de tels ministres de ton culte
pliquent à l’œuvre sainte; tu donnes un tel père de famille.
4. Tous par leurs hymnes célèbrent ta divine 8. Si ton sacrifice se trouvait interrompu, tu
essence,et honorent l’immortelauteur du sacrifice. saurais bien, avec tes serviteurs, mettre en fuite
5. Pour l’auteur du sacrifice est notre hymne, les criminels.
pour lui notre offrande. Il est la vie de tous, et 9. Que (Agni) répande donc ses clartés, non
tous s’unissent pour l’œuvre (sacrée). moins vives que les clartés de l’astre) qui éclipse
6. Favorise de ton attention, comble de tes l’aurore; qu’il fasse briller ses formes éclatantes,
bienfaits ceux qui t’honorent par leurs présents et qu’il protège son (serviteur).
ou par leurs prières. 10. Mais voilà ses (rayons) porteurs de (nos
7. Sacrificateur placé près des enfants de offrandes), qui s’ouvrent d’eux-mêmes les portes,
Manon, tu es le maître de la richesse. et s’élèvent tous vers la voûte du ciel.
8. Tes (serviteurs) demandent que tu répandes
dans leurs corps une semence de vie. Qu’ils HYMNE 1x.
et r
sentent, à leur ferme assurance, (que leurs vœux A AGNI, PAR PARASAIIA.
sont exaucés).
(Hêtre : Dwipada.)
9. Tels que des fils dociles à l’ordre de leur
père, ils viennent avec empressement honorer l. Puissions-nous posséder l’abondance! Que,
Agni d’un culte pieux. propice a nos vœux, le brillant Agni obtienne
10. (Agni) donne la fertilité et ouvre les portes tous les honneurs!
de l’opulence; (le dieu) qui triomphe de tout t 2. Lui qui connaît les divines pratiques, lui
a décoré d’étoiles la voûte céleste. qui aime à naître au milieu des enfants de
Manon!
HYMNE "Il. 3. Lui, qui naît au sein des ondes sacrées,
dans le bûcher (du sacrifice), parmi les (offrandes)
A AGNI, PAR PARASARA.
solides et liquides t l
(Hêtre : lepada.) 4. Lui qui, sur la montagne ’ ’ou dans l’inté-
l. Agni répand des clartés non moins vives rieur de nos foyers, est comme le patron du peu-
que les clartés de (l’astre) qui éclipse l’aurore; ple, immortel et bienveillant!
tel que le flambeau céleste, il remplit (de lumières) 5. Agni, ami des libations qu’amènent les cré-
et la terre et le ciel. puscules 5, donne ses trésors a celui qui le cé-
2. Tu nais, et de ta splendeur tu embrasses lèbre par ses hymnes.
déjà toute la nature. Tu es le fils des Dévas, et tu 6. (Dieu) sage et prévoyant, conserve toutes
deviendras leur père î. les créatures, la race des Dévas et les mortels!
3. Agni, bon et prudent, veut connaître la dou- 7. Agni, qui a pour ceinture le sacrifice lui-
ceur de nos libations; elles sont pour lui comme mème, est fortifié parles libations que lui ap-
tétait de nos vaches. portent tes Aurores et les Nuits, (déesses) aux
4. Tel qu’un homme bienfaisant parmi le formes si différentes, et parles offrandes liquides
peuple, dont le secours est réclamé dans le be- ct solides.
soin, il siége au milieu de nous, il est la joie de 8. Nous l’avons invoqué, ce sacrificateur heu-
nos foyers.
5. Il est, dans nos demeures, agréable comme plus étendu, et se rapporte au peuple du prières
appelées au sacrifice.
un enfant nouveau-né, comme un coursier chéri. i. Ce sens est peut-eue hasardé, je le crois juste :
Qu’il soit le bienfaiteur du peuple! tachons mobiles et immobiles.
tl. Je suppose que l’auteur fait ici allusion a la cou-
6. Quand j’appelle tout ce peuple 5, ainsi tume ou l’on pouvait être de faire les sacrifices sur une
colline.
i. Traduction du mot damoûnos, épithète d’Agni. 3. Soir et matin, c’est-a-dire aux moments ou la
2. Agni est produit par les prêtres. etil devient pour nuit commence et finit. le sacrifice a lieu. C’est dans
eux un protecteur paternel. cette circonstance que j’ai cherché le sans de kebapdoàn,
3 Suivant le commentateur, le mot visait a un sens nocte prœditus.
lLect- V.] RlG-VÉDA.-SECTION PREMIÈRE. sa
reusement place prés de nous, cet agent de toutes 5. Quand (le prétre) verse le liquide (consacré)
les oeuvres saintes. en l’honneur de celui qui est grand, secourable
9. Puissions-nous, par toi, devenir célèbres! et brillant, alors l’ennemi (du jour), qui le voit,
puissions-nous obtenir l’opulence et le bonheur! s’enfuit; aussitôt le dieu, comme un archer, su-
l0. Les hommes te vénèrent avec empresse- perbe, lui décoche une flèche étincelante, et lance
ment; qu’ils reçoivent de toi la richesse, comme sa lumière jusque sur (l’Aurore) sa tille.
(on reçoit) l’héritage d’un vieux père! 6. 0 Agni, toi qui brilles entre le ciel et la
Il. Mais, dans les combats, brille (et deviens terre t, augmente la fortune de celui qui, chaque
redoutable) autant que l’usurier avide, que jour, allume ton brasier et t’offre les libations
l’archer courageux, que le guerrier terrible qui que tu aimes. ll est sur du triomphe, celui dont
conduit un char il... tu montes le char et dont tu presses (les coursiers).
7. Toutes les offrandes vont a Agni, comme
HYMNE X. les sept ’ fleuves à l’Ocean. Nos familles sentent
l’indigence qui les presse. Par ta sage entremise,
A AGXI, PAR PARASARA.
que notre vœu soit connu des dieux.
(Hêtre : Trichtouhh.)
8. La force que nos offrandes ont donnée a
t. Tendrement attachées à un (dieu) qui les ce (dieu) roi des hommes, produit une pure se-
paye d’une égale tendresse, de pieuses sœurs *, mence (de lumière) jetée au sein du ciel. 0u’ainsi
habitantes d’un même séjour, vénèrent (Agni) soit engendré et sacré par Agni un prince royal,
comme des épouses vénèrent un époux adoré: fort, irréprochable et généreux Il
de même les vaches (lumineuses) rendent hom- 9. Le soleil, qui, rapide comme la pensée é.
mage à l’Aurore, qui, (par degré) sombre et rou- traverse toujours seul les routes (célestes), est
geâtre, se pare à son lever des couleurs les plus le maltre de la richesse; Mitre et Varouna, ces
variées.
deux rois aux belles mains 5, gardent la douce
2. Nos péres,lcs Angiras, ont, par leurs chants ambroisie des vaches (célestes).
et par l’harmonie de leurs hymnes, brisé la force l0. Agni, ne brise pas le traité d’amitié conclu
du vorace (Asoura); ils nous ont découvert les avec nos pères. Tu connais (nos besoins), car tu
voies du vaste ciel; nous leur devons le jour, la es sage. La vieillesse est comme un nuage qui
lumière, le feu, les vaches célestes 3. pèse sur moi et défigure mon corps. Préviens
3. ils ont recueilli le brillant (Agni); ils ont cette ennemie, et souviens-toi de moi.
amassé pour lui un trésor d’amandes. Puis, char-
gées de diverses parties de l’œuvre sainte, de HYMNE XI.
vénérables sœurs ’, attentives, modestes, sont
A sont, un PARASARA.
venues, en présence des Dévas, accroître par leurs
hommages la force du nouveau-né. (Hêtre : Trichtoubh.)
4. Aussitôt que le souffle de Màtariswan a ex- l. a (Poéte),commence un hymne en l’honneur
cité (Agni), dans tous les foyers (le dieu) s’élève d’un (dieu) sage et éternel. Agni tient dans sa
et brille. (Le prêtre), suivant l’exemple de Bhri- main tous les biens qui conviennent à l’homme.
gou 5, et agissant (avec les dieux) comme un Agni est le maltre de la richesse et l’auteur
prince à l’égard d’un prince plus puissant, engage d’œuvres immortelles. n
Agni a lui’servir de messager. 2. (Agni), tel qu’un nourrisson chéri, était près
t. Il parait que cet hymne n’est pas achevé: il man- de nous °. Cependant tous les Dévas 1 le cher-
que un vers.
2. Il est ici question des Prières. peut-être de ces ! . Ces mots sont la traduction de l’épithète dwibarha’h.
Ritchas, tilles d’Angiras. Ces Ritchas doivent être les qui s’entend d’une chose placée entre deux objets, unim-
prières composées par Angiras, et, par conséquent, le que sapotes. On l’emploie de même pour Indra ou pour
poète pourrait les appeler les sœurs des descendants de l’air. placés entre le ciel et la terre.
ce même Angiras. 2. Voy. page si, col. l. note 3.
3. Voy. page H, col. t, note 7. 3. Le lecteurs compris que ce prince, né de le semenco
4. Les sœurs. dont cette strophe fait mention, me d’Agni, c’est le soleil.
semblent représenter les diverses espèces d’offrandes. 4. Le soleil, dit-on. en un demi-clin d’œil, parcourt
J’avoue que le sans de ce vers, considéré matériellement, 9,202 yodjanas (page 72, col. l, note 4.)
pourrait se rapporter aux parentes du père de,famille, 5. C’est-à-dire aux beau: rayons.
chargées de pourvoir aux besoins du sacrifice. 6. [lors du sacrifice, Agui est caché dans Parent.
5. Voy. page 78, col. 2, note 6. 7. Sens doute les Angirasas.
8l) INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [LecL Y. l

chaient avec constance, sans le trouver. Fatigués, peines, (coulent) du ciel (sur la terre.) (Par toi
privés de leur char l, et prodigues de prières, ils les Angiras) t, habiles dans les sacrifices, ont
ne s’arrétèrent qu’en le voyant briller sur son siégé. connu les portes de la fortune, et Sarama a dé-
3.0 Agni, ces (Dévas) purs comme toi, après couvert le cachot ou étaient renfermées les vaches
t’avoir honoré d’une triple libation ’ de beurre (célestes), trésor de la race humaine.
consacré, ont partagé eux-mémés les honneurs 9. La (noble) mère (des Adityas), la grande
du sacrifice, et ils ont sanctifié leurs corps, se Aditi ’, apparaît avec majeté, escortée de ses fils,
montrant dignes de leur naissance 1*. de ces généreux enfants qui s’élèvent, ouvrant
fi. (Ces Dévas) honorables, impatients de voir la voie à l’immortalité, et assurant la marche de
se développer et le ciel et la terre, commencent (l’astre) voyageur.
des (chants) que doivent comprendre les enfants 10. Cependant (les prêtres) ont nourri tiédeurs
de Roudra. Et bientôt cette (troupe) mortelle (des trésors les clartés d’Agui, pour qu’elles attirent
Marouts cherchant) avec Indra, a trouvé Agni sié- les regards des immortels. Les (flammes) rou-
geant sur son brillant foyer. geâtres courent et s’élancent comme des ondes
5. En le voyant, (les Dévas) viennent avec leurs déchaînées. O Agni, les (dieux) sont avertis.
épouses t s’asseoir prés de lui, et adorer celui
qui est adorable. Leurs corps étaient épuisés par HYMNE KIL
le travail; le coup d’œil d’un ami les a ranimés.
6. Vingt et une fois 5 ces (Dévas), dignes de A AGNI, un "nasaux.
("Un : Trichtouhh.)
nos hommages, prononcent en ton honneur de
mystérieuses invocations; et vingt et une fois, l. Abondant comme le trésor amassé par un
compagnons de ta joie, ils les accompagnent de père, prudent comme le commandement du sage,
libations. Accueille nos offrandes et solides et li- aimable comme l’hôte qui se plaît dans nos foyers,
quides. (Agni), tel qu’un sacrificateur, fait fructifier la
7. 0 Agni, toi qui connais les besoins des mor- maison de l’homme pieux.
tels, accorde-leurtoujours ce qui doit adoucir les 2. Semblable au divin Savitri,il connaîtla vérité;
maux de la vie! Toi qui connais aussi parfaite- par sa force il protège tous nos sacrifices. Comblé
ment les routes que suivent les dieux, sois pour de nos louanges, il mérite d’être honoré comme la
eux un messager infatigable, et porte-leur nos forme la plus pure, comme l’âme laplus vivifiante.
offrandes. 3. Tel que le dieu qui embrasse tout, tel qu’un
8. (Par toi) les sept fleuves a, sensibles à nos roi ami de ses sujets, il protège la terre. Ses ser-
viteurs ressemblent a des fils élevés dans la même
. l. Le sacrifice est comparé a un char que construisent maison, etqu’une épouse vertueuse, aimée de son
les prêtres en l’honneur d’un dieu. Il semble donc, avant époux, (chérit également).
que le feu ait été allumé. que les sacrificateurs soient
à pied. padaeyah: car tel est le mot du texte. On peut 4. 0 Agni, les prêtres, te choisissant une de-
supposer aussi que les prêtres sont ainsi appelés, des meure sûre, te font perpétuellement briller dans
paria: ou pieds qui composent les hymnes.
2. J’ai cru remarquer que le mot carad devait quel- ton foyer, et t’adresseut leurs hommages; dans
quefois signifier libation : la libation, en effet, a un ce foyer ils déposent leurs nombreuses offrandes.
point de comparaison avec la plaie d’automne.
3. Il m’a semblé que ces Dévas, Angirasas ou autres, 0 toi qui es la vie de tous, deviens (pour nous)
étaient des personnifications des pratiques et des céré- un trésor de richesses.
monies qui accompagnent le sacrifice. Nous les voyons 5. 0 Agni, que nos princes obtiennent (par toi)
rechercher Agni, le trouver au sein de l’aranl, le placer
sur le foyer, et l’arroser de libations. Donnez un corps la fortune, et, maîtres généreux du sacrifice,
à ces rites divers, et vous verrez, suivant l’imagination jouissent de tous les agréments de la vie! Que,
du poële, agir des personnages que vous appellerez dans les combats, nous nous emparions des tré-
Dévas, Angs’rasas, s’ils allument le feu, et Maman,
s’ils le soufflent. sors de l’ennemi, disposés à partager avec les
4. Ce sont les invocations qui accompagnent chacune dieux le fruit glorieux (de la victoire)l
des cérémonies.
5. Ce nombre est mystérieux (voy. lecture tv, note 2, 6. Les vaches (célestes), brillant des feux du
col. t, page 78); c’est trois fois la quantité de rayons sacrifice, montrent avec bonheur leurs mamelles
attribués au feu; on compose aussi de vingt et une bûches
le foyer du sacrifice. Voy. lecture n, note 2, col. 2,
page 51. l. Voy. page 44, col. l, note 7.
6. Voy. page si, col. l, note 3. Les sources de ces 2. Voy. page se, col. t, note 3, et page 5*, col. t,
fleuves sont au ciel. note 4.
llæcl. V4 RIG-VÊDÀ. *-- SECTION PREMIÈRE. 87

remplies de lait; et, de l’extrémité de l’horizon, 8. Aidé par toi, ton serviteur, o Agni, du der-
jalouses de mériter sa faveur, les ondes viennent nier rang s’est élevé au premier; il possède l’a-
couler au sein du nuage (qu’elles grossissent). bondance et la gloire.
7. Les(Dévas) aussi, dignes de nos hommages, 9. Car, O divin Agni, tu donnes, à celui qui
ont voulu te complaire, 0 brillant Agni! ils ont honore les dieux, la splendeur, l’opulence, et la
dans ton sein versé leurs libations; ils ont (pour force d’une nombreuse famille.
les sacrifices) fait la nuit et l’aurore d’apparences
différentes, et les ont distinguées par la couleur ,, HYMNE XIV.
noire et la couleur rouge. A AGI]. PAR GOTAIA.
8. 0 Agni, donne-nous la grandeur et la ri- (Hem : Gâyatrl.)
chesse, comme tu le fais pour ceux des mortels l. Daigne écouter ces longs hymnes qui font le
que tu favorises! Tu couvres le monde entier plaisir des dieux, et que ta bouche reçoive nos
comme d’une ombre protectrice, et tu remplis le
holocaustes.
ciel, la terre et l’air.
2. 0 Agni, le plus grand des Angiras, le plus
9. 0 Agni, que par ton secours nos coursiers, sage (d’entre les dieux), nous voulons t’adresser
nos soldats, nos chefs, triomphent des coursiers, une prière qui te soit chère et agréable.
des soldats, des chefs (ennemis)! que, possesseurs
3. Parmi les mortels, ô Agni, quelest ton ami?
de la fortune de leurs pères, nos enfants, comme
Quel est celui qui se recommande par ses sacri-
nous, maltres généreux du sacrifice, vivent cent
î lices ? Qui es-tu, et en quel endroit es-tu retiré?
hivers! Il. OAgni, tu es le parent des mortels, tu es
10. Prudent Agni, que ces chants te soient leur ami chéri; tu es un compagnon digne des
agréables, qu’ils charment ton esprit et ton cœur l
hommages de les compagnons.
Puissions-nous avoir assez de force pour porter le
5. Honore pour nous Mitra et Varouna, honore
doux poids de tes opulentes faveurs, et posséder
les autres dieux par un large sacrifice. 0 Agni,
des richesses que notre reconnaissance partage viens occuper le foyer qui l’est préparé.
avec les dieux l
HYMNE Xlll. HYMNE KV.

A AGNI, un TOGAIA, FILS DE nacnoucn’a. A AGNI, un contra.


(Mètre : Trichtoubb.)
(Hêtre : et. yatrî.)
l. 0 Agni, par quel moyen peut-on parvenir à
l. Offrons le sacrifice, et prononçons la prière charmer ton âme? Quel hymne est capable de te
en l’honneur d’Agni, qui nous entend de loin, plaire ? Quel homme, par ses sacrifices, peut ajou-
2. Et qui, premier gardien des biens de son ter à ta grandeur? Quel hommage devons-nous
serviteur. les protège au milieu des luttes san- t’adresser ?
glantes. 2. Viens, Agni sacrificateur; prends ici ta place;
3. Aussi, que le peuple s’écrie : a Agni est ne sois pour nous un guide heureux et sur. Que le
pour être vainqueur de Vritra, et s’emparer de ses ciel et la terre, qui remplissent tout, te conser-
trésors dans tous les combats. n vent! Que par loi le sacrifice s’accomplisse pour
à. (L’homme) dont tu honores la maison en le plus grand bonheur des dieux l
devenant son messager, dont tu transportes les 3. 0 Agni, brûle tous les Rakchasas; protège nos
holocaustes, dont tu embellis le sacrifice, sacrifices! Amène ici (lndra), maître des libations;
5. 0 Angiras I, o fils de la Force, est renommé qu’il vienne avec ses deux coursiers azurés.
parmi le peuple, qui vante ses offrandes, son heu- A ce (patron) généreux nous offrons l’hospitalité.
reuse destinée, et la beauté de ses lits de causa. 4. O (dieu) qui dans ta bouche portes (nos of-
G. Amène ici les dieux,ô brillant (Agni),et fais- frandes), je t’adresse un hymne qui (sans doute)
leur agréer et nos louanges et nos holocaustes l produira son fruit. Prends place avec les (autres)
7. 0 Agni, quand tu pars pour accomplir ton dieux; remplis ici les fonctions de prêtre et de
message, on n’entend jamais le bruit de ton char. sacrificateur, et reçois aussi nos hommages.
ni de tes coursiers. Exauce nos vœux, toi qui es le maître et le père
des richesses.
1. Voy. page 4l, col. 2, note l; page 59, col. 2,
note 3. 5. On t’a vu (jadis) sons la forme d’un prêtre,
sa INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch V,]

enfant de Manon I, et sage au milieu des sages, à. Nous, enfants de Rahoùgana I, nous avons
offrir des sacrifices aux dieux. De même aujour- en l’honneur d’Agni chanté un hymne aussi
d’hui, O pontife plein de vérité, ô Agni,épuise en agréable que le miel; par de pures libations nous
leur honneur la coupe sacrée! t’honorons.

HYMNE xvr
HYMNE XVlll.
A AGI". PAR GOTAIA. A AGNI, 3 PAR GOTAIA.
(Hêtre : Tricbtoubb.)
(Hêtre: : Trichtoubb. Ouchnib et Gâyatrf.)
l. Quel sacrifice pouvons-nous faire à Agni?
Quel chant peut être agréable à ce dieu brillant, l. Dans l’espace des airs, Ahl 3 vole avec ra-
qui, juste, immortel (placé) parmi les mortels, pidité; il déploie sa chevelure dorée, et agite (le
sacrificateur et prêtre suprême, vient ici pour nuage) avec la violence du vent. Alors se trouvent
honorer les dieux ? voilées les Aurores fécondes, entourées d’un pur
2. Appelez en ces lieux, par vos invocations, éclat, et pareilles à de laborieuses ménagères. ’
celui qui, dans les sacrifices, est un pontife heu- 2. Les feux ailés (d’Agni) viennent heurter la
reux et juste. Quand Agni daigne venir en faveur nue, qui, noire et chargée de pluie, a résonné. lls
d’un mortel, alors qu’il avertisse les dieux, et se mêlent à ces ondes, qui, en s’ouvrant, semblent
qu’il accomplisse avec bonté le sacrifice. heureusement sourire. Elles tombent, et cepen-
3. (Agni) est un ami véritable, puissant et re- dant le tonnerre gronde au ciel.
doutable; il sait opérer des merveilles. Le peuple 3. Quand (le prêtre) fortifiant (Agni)avec le lait
qui accourt pour honorer les dieux l’invoque le des libations, l’a ensuite, par les voies les plus
premier dans les sacrifices, et le proclame (le droites du sacrifice, conduit (au ciel) A, Arya-
dieu) admirable. man, Mitra, Varouna qui parcourt (le monde),
Il. Le plus grand parmi les chefs du sacrifice, touchent la surface du (nuage) placé au-dessous
Agni est aussi le fléau de nos ennemis. Qu’il vienne d’eux, et lui percent le sein.
recevoir, pour prix de sa protection, nos chants Il. 0 Agni, fils de la Force, tu es le maître de
et nos offrandes. Voilà que des hommes, riches ces aliments que nous donne la vache. Toi qui
et puissants. ont disposé les mets sacrés, et de- connais tous les biens, accorde-nous l’abondance.
mandent que tes louanges soient célébrées. 5. Agni, tu es resplendissant et sage; tu es
5. Le juste et opulent Agni a été chanté par les notre refuge. Tu mérites d’être célébré par nos
sages enfants de Gotama ’. Qu’il leur donne à hymnes. Toi qui es la source du bonheur, brille
son tour et la force et l’abondance. (Voyez-vous) pour nous de tes plus beaux rayons.
sa forme qui s’embellit? C’est qu’il se plait à nos 6. 0 Agni, que ta flamme se pare de tout son
hommages. éclat le soir, le jour et le matin! (Dieu) a la langue
effilée, consume les Rakchasas.
HYMNE KV".
7. O Agni, pour prix de nos hymnes accorde-
A son, un GOTAIA. nous ta protection, toi qui mérites d’être loué
(Hêtre :Gêyatrt.) dans toutes nos prières!
l. 0 (dieu) riche et prévoyant, nous, enfants de 8. 0 Agni, donne-nous une fortune solide et
Gotama, par nos chants et nos pures libations 1. Je pense que ce mot Ralloûgana est le même que
nous t’honorons. Raghougana. Raghougana est présenté par le commen-
2. Gotama, avide de tes dons, te célèbre par ses tateur comme le père de Gotama, auteur de est hymne;
hymnes ; par nos pures libations nous t’bonorons. ce Gotama était le pourohüa des rois Gourou et Srin-
djaya.,
3. Comme (autrefois) les Angiras, nous t’invo- 2. Cet hymne, en partis. célèbre Agni, surnommé Vê-
quons, toi surtout qui donnes la richesse; par de dyouta, c’est-adire cette forme du dieu répandue dans
l’air, allumant la foudre et l’éclair, et pénétrant dans
pures libations nous t’honorons.
toute la nature et dans nos corps même, pour y porter
Il. Toi qui contribues surtout a la mort de Vri- la chaleur vitale. C’est peut-être le même que Twachtri,
tra, toiqui mets en fuite les Dasyous, par de pures le dieu qui modèle les formes st les anime.
3. Ahi est la personnification du nuage, et surtout du
libations nous t’honorons. nuage orageux.
4. Il faut savoir que les prêtres, après avoir établi
l. Le poële fait allusion à la légende d’Angiras. Agni dans son foyer terrestre, travaillent ensuite à. le
2. Voy. page 79, col. 1, note l. transporter dans le soleil, qui va briller a l’horizon.
[Lecl- v I
lllll-VEDA.- SECTION PREMIÈRE. p89
digne d’envie, telle que tous les efforts (de nos le front de Vritra de sa foudre, armée de cent
ennemis) ne puissent la renverser! pointes. Il désire ouvrir a ses amis le chemin de
9. O Agni, accorde-nons, avec la sagesse, une l’abondance, consacrant ainsi sa royauté.
opulence qui nous procure tous les plaisirs de la 7. Foudroyant lndra,toi qui portes le tonnerre,
vie, et nous rende l’existence agréable! tu possèdes une force indomptable. Mais tu sais
il). Gotama, toi qui aspires au bonheur, offre à aussi employer la magie, et quand le magicien
cet Agni, dont la flamme est effilée, nos hymnes (Vritra) se cachait sous la forme d’un cerf i, tu
et nos chants pieux. l’as frappé, consacrant ainsi ta royauté.
il. O Agni, qu’il périsse celui qui cherche à 8. Les éclats de ta foudre sont allés (rouvrir
nous nuire soit de prés, soit de loin; et augmente les sources)des quatre-vingt-dix fleuves î. O In-
notre prospérité. dra, ta vigueur est immense; tu déploies la force
l’Z. Agni a mille yeux l; (divinité) prudente, de tes bras, consacrant ainsi ta royauté.
il écarte les Rakchasas; sacrificateur, il honore 9. Des milliers (d’adorateurs) se réunissent pour
(les dieux), digne lui-môme d’être honoré! honorer lndra. En voilà vingt 5 (surtout) qui cé-
lébrent sa gloire; des centaines (de riches) chan-
* a HYMNE XIX. tent ses louanges. L’œuvre sainte est préparée en
l’honneur du dieu qui sait consacrer sa royauté.
A nous, un cousu. 10. Indra a brisé la force de Vritra; sa vigueur
(Hêtre : GAyatrî. a vaincu la vigueur (de l’ennemi); sa puissance
l. Le soma enivrant est préparé, et le prêtre y est grande, et, en frappant Vritra, il nous donne
(la pluie), consacrant ainsi sa royauté.
ajoute l’harmonie de ses chants. (Dieu) puissant
qui portes la foudre, tu as avec vigueur chassé ll. Le ciel et la terre, témoins de ton courroux,
Ahi des plaines (célestes), consacrant ainsi ta ont frémi de crainte quand, escorté des Marouts,
royauté. o foudroyant Indra, tu attaquais Vritra avec vi-
î. Nos joyeuses libations, versées en ton hon- gueur, consacrant ainsi ta royauté.
neur et portées sur les ailes de l’épervier (poéti- l’l. Vritra, par son bruit, par ses mouvements,
que) ’, ont enivré ton tueur. Fort de ces offran- ne put effrayer lndra; il se trouva pressé par la
des, (dieu) armé de la foudre, au milieu des ondes foudre de fer, armée de mille pointes, (du dieu)
(célestes), tu as avec vigueur frappé Vritra, con- consacrant ainsi sa royauté.
sacrant ainsi ta royauté. l3. De ta foudre tu combattais la foudre de
3. Viens, approche, et triomphe; car ton arme Vritra; et quand tu cherchais a terrasser Ahi, ta
est invincible. 0 Indra, ta force est véritablement force. o Indra, éclatait dans le ciel, consacrant
virile l Frappe Vritra, et par la victoire délivre les ainsi ta royauté.
ondes, consacrant ainsi ta royauté. Il. (Dieu) qui portes la foudre, au bruit que
a. O lndra, de la terre au ciel, tu es vainqueur tu causes, les êtres, animés et inanimés, sont
de Vritra. Envoie-nous ces ondes que poussent tous émus; Twachtri lui-mémo t, effrayé de ta
les Marouts. et qui sont une source de vie, con- colère, tremble, a lndra, en te voyant consacrer
sacrant ainsi la royauté. ainsi ta royauté.
5. Vritra s’agite; lndra courroucé accourt, et l5. Nous ne pouvons suivre sa marche rapide :
de sa foudre lui heurte le front,invitant les ondes quel autre pourrait le surpasser en puissance?
à couler, et consacrant ainsi sa royauté. Les Dévas ont conféré la vigueur, la force et la
6. lndra, heureux de nos hommages, a heurté splendeur suprême a cet lndra qui consacre ainsi
sa royauté.
l. Le poète donne à Agni I’épithète de Sahasràkcha
(minimums), que les Pouranas prodiguent pour Indra.
Les yeux d’Agni, dit le commentateur, ce sont ses l. Allusion aux formes variées et légères que prennent
les nuages apportés par le vent.
flammes. .
2. Le texte porte le mot Syéna, qui est le nom de
l’épervier, et en même temps le nom d’un mètre poéti-
que. Le commentaire indique ce sans en représentant le
2. Nombre indéfini; ailleurs c’est 99. Voy. p. 6L
col. l, note 4.
3. Le commentateur dit que ces vingt personnes sont
soma comme porté sur les ailes de la Gàyatrî. Sans les seize ministres du sacrifice, le mallre de maison et
cette indication du commentateur, j’aurais entendu que sa femme, le Seringa ou maître des cérémonies, et le
le coma est porté vers lndra par Agni, qui a la rapidité Samilrt’, chargé de l’aranl.
de l’épervier. 4. Voy. p. l8. col 1. noie 3.
I. - IiIIJIJO’IIlI-IQL’E INTERNATIONALE.
90 mon. - ressua LYRIQUE. [un Vl..
16. Atharwan’, amide Manou,etDadhyantch 2 donnes à ton serviteur sa nourriture de mortel,
ont jadis établi une cérémonie (que nous renou- accorde-nous notre part, et ouvre pour nous le
velons aujourd’hui). Que de pieuses libations et vaste trésor dont tu disposes.
des hymnes aient lieu en l’honneur de cet lndra. 7. Heureux de nos libations répétées, (dieu)
qui sait ainsi consacrer sa royauté. juste en ta puissance,.donne-uous des troupeaux
de vaches; puise de tes deux mains au trésor de
tes immenses largesses, fais notre joie, et apporte-
LECTURE SIXIÈME. nous l’abondance.

HYMNE l. 8. Héros (divin), viens avec plaisir à nos liba-


tions; fais notre force et notre opulence. Nous
A mana, PAR GOTAHA.
savons que tu possèdes de nombreuses richesses;
a ("être : Punkti.) nos voeux s’élèvent vers toi. Sois notre protecteur.
l. Les prêtres, (par leurs chants), exaltent la 9. 0 lndra. tes enfants, que voici, t’ont pré-
puissance et augmentent le bonheur d’lndra, le paré des offrandes de toute espèce. Noble Arya.
vainqueur de Vritra. Dans les grandes affaires, tu sais quelle est la richesse des hommes qui ne
comme dans les petites, nous l’invoquons. Qu’il te servent point. Apporte-nous cette richesse.
daigne nous protéger dans les combats!
Héros (invincible). tu vaux, à toi seul, une HYMNE Il.
armée; tu triomphes de la force et du nombre de
A IXDRA, PAR GOTAMA.
nos ennemis; tu donnes de l’accroissement au
(mon : Pnnkti r1 Djagatî.)
faible, et tu fais part de tes biens immenses à celui
qui t’honore par ses sacrifiCes et ses libations. l. 0 Maghavan, approche-toi pour écouter nos
3-. Quand les combats s’engagent, la victoire chants. Ne te montre pas sourd à nos vœux. Dès
procure la richesse. Attelle (à ton char) tes che- l’instant que tu combles nos vœux, tu obtiens
vaux qui abattent l’enivrement (de l’orgueil). aussitôt notre reconnaissance. lndra, attelle
Quel est celui que tu vas frapper? Quel est ce- promptement tes deux coursiers.
lui que tu vas enrichir? lndra, puissiorissnous 2. Les prêtres, brillants d’un pieux éclat, ont
être l’objet de ton choix! prodigue les mets et les libations sacrés; ils ont
4. (lndra), terrible et grand dans ses œuvres, fait asseoir (au foyer), et dans tous leurs atours,
(est encore plus fort après nos libations. Le (dieu) les épouses (des dieux) l; ils ont, dans les plus
magnifique, à la face superbe, aux coursiers beaux hymnes, célébré ta grandeur. lndra. attelle
azurés, s’approche de nous. et. pour notre bon- promptement tes deux coursiers.
heur, il prend en ses mains sa foudre de fer. 3. 0 Maghavan, nous voulons t’honorer, toi
5. li remplit l’air qui environne la terre; au qui jettes sur toute la nature un regard (de pro-
ciel sont attachées ses splendeurs. 0 lndra, per- tection). Attiré par nos chants, viens près de tes
sonne ne fut, personne ne sera pareil a toi. C’est serviteurs avec ton char rempli de richesses.
toi qui soutiens l’univers. lndra, attelle promptement tes deux coursiers.
6. lndra, toi qui portes le nom d’Arya 5, et qui Il. Qu’il se trouve porté sur ce char, d’où dé-

1. Nom d’un Richi, auquel on a attribué un quatrième


coulent tant de biens, d’où provient la richesse
Véda. Le mot Manon, employé ici, est dans le sens des troupeaux, l’homme qui te présente le vase
d’humanité.
rempli (d’offrandes), et nommé hâriyodjana ’.
2. Ce sage est sans doute celui qu’on nomme aussi
Durlliitcha ou Dadhîlchi. La forme pure de ce mot est lndra. attelle promptement tes deux coursiers.
Dadhynntch, le nominalifDrrdhyan, le génitif Dadhil- 0 Satacratou, attache à ton char et le cour-
chas. Les os de ce Richi servirent d’armes contre Vritra. sier de droite et le coursier de gauche, et viens,
Ce passage nous me). sur la voie de l’explication à don-
ner a la légende de Dadhyantch. Ces armes formées de prés de ton épouse chérie. goûter la douceur de
ses os, ce sont les prières, Uuktâni. employées dans les nos libations. lndra, attelle promptement tes deux
sacrifices pour obtenir la pluie, ou. suivant le langage coursiers.
mytholugique, la victoire sur Vritra. ll est a remarquer
que le mot aslhi, qui signifie os, a pour racine le mot 6. Oui, ma prière attelle (à ton char) tes deux
«sa, qui signifie lancer, et peut. par conséquent. être coursiers à la crinière azurée. Que tes bras les
synonyme du mot trait. Le commentaire dit que Da-
dbyantch était fils d’Atharvan; il l’appelle AUMITUG’na. 1. Ce sont les prières.
Nous retrouverons ce mot dans la lecture suivante. 2. Le commentateur explique ce mot par dinand-
3. Voy. p. 61, col. 2, note 2. misrila.
luce. Vl.] RlG-VÉDA. -SECTlON PREMIÈRE. 91
dirigent, et viens près de nous. Enivre-toi de nos en même temps pour détourner ces vaches. Alors
douces libations. Heureux de notre hommage, O nous invoquons l’immortel (lndra), né pour re-
dieu qui portes la foudre, savoure ici avec ton pousser (les Asouras).
épouse les plaisirs (que nous t’offrons). 6. Quand, jaloux d’obtenir une heureuse pos-
térité, (le chef de famille) fait préparer le pur
HYMNE tu. causa, ou bien qu’il charge le prêtre de chanter
auprès d’un brillant autel l’hymne poétique;
A nous, un cornu. quand la pierre (du mortier) résonne comme la
(votre : Djegatî.) voix d’un chantre sacré, c’est alors qu’indra s0.
plait à venir à nos fêtes.
l. ll est riche en chevaux, il est le premier HYMNE Il’.
pour ses troupeaux de vaches, le mortel que tu
aides de tes secours, 0 lndra! Tu viens à lui .t nous, un cornu.
avec tes vastes trésors, comme les eaux vont (Mètres r Anouchtoubh. Ouchnich. Câyatrl, Trichtoubh,
vaut et Panktî.)
naturellement à l’Ocean.
2. Oui, comme les eaux (coulent vers la mer), l. Les libations sont versées pour toi, O lndra
les déesses aussi viennent au lieu du sacrifice; puissant et vainqueur! Viens. Que la force te
elles ont vu sur la terre poindre et s’étendre la remplisse, comme le soleil (remplit) le ciel de ses
lueur du foyer. Les Dévas, tournés vers l’orient. rayons.
honorent le (dieu) ami des saintes cérémonies et 2. Partout où les poétes chantent ses louanges,
serviteur des autres dieux; ils cherchent à lui partout où les mortels lui offrent des sacrifices,
plaire, comme des amants (à leurs bien-aimées) *. les deux coursiers d’lndra transportent ce (dieu),
3. A cette double libation que verse en ton dont la vigueur est insurmontable.
honneur la cuiller du sacrifice, tu as ajoute 3. Vainqueur de Vritra, monte sur ton char;
l’hommage des hymnes. Pieux et recueilli, (le la prière vient d’attcler tes chevaux. Que ton at-
prêtre) s’occupe de ton culte; une heureuse force tention se tourne du côté de la pierre (du mor-
s’attache a celui qui t’adore et te sacrifie. tier) qui résonne (pour toi).
à. Les Angiras, jadis, auteurs de rites religieux, li. Bois, 0 lndra, ce breuvage excellent, immor-
ont allumé le feu sacré et introduit les offrandes; tel, enivrant, dont la pure rosée coule pour toi
ils ont enlevé à Pani ce troupeau (céleste) î qu’il dans le foyer sacré.
gardait comme son bien, et qui sert à la prospé- flouerez donc lndra, et chantez ses louanges.
Qu’il s’enivre de nos libations. Vénérez sa force
rité de nos coursiers et de nos vaches.
éclatante.
.3. Atharvan 3, le premier, avait enseigné le
moyen d’ouvrir par les sacrifices la voie (aux 6. ll n’est pas de plus habile écuyer que toi,
vaches célestes), à l’heure où naît le soleil, leur O lndra, quand tu attelles tes chevaux. il n’est
bien-aimé et le gardien des œuvres pieuses. a personne qui égale ta force, personne qui puisse
l’heure où le fils de Cavi l, Ousanas, se présente. te surpasser, aurait-il les meilleurs coursiers.
7. Celui qui seul distribue la richesse au mor-
1. Cette strophe représente les prières et les rites
sacrés remplissant leurs fonctions. Le dieu qu’ils ho- tel qui l’ltonore, qui domine sans contestation,
norent est Agni. c’est lndra. 0h, viens)
2. Voy. p. 44, col.I, note 7. Ce troupeau céleste, ce 8. Quand donc lndra voudra-t-il briser l’impie,
sont les nuages qui fertilisent la terre, et qui sont
amenés au ciel par les prières des Angiras. comme ou brise de son pied une plante épineuse?
3. Atbarvan(voy. p.90, col. 1, note 1)me parait avoir Quand voudra-t-il écouter nos prières? 0h, viens!
institué les sacrifices du matin, dans lesquels on de- 9. Celui qui, entouré de dévots serviteurs, t’ho-
mande aux dieux la pluie que les Asouras retiennent
prisonnière. uorc de ses libations, ô lndra, tu lui donnes une
4. Co fils de Cavi, cet Ousanas, est le même que force terrible. Oh, viens l
Soucra (voy. p. 73, col. 2, note a). Ousanas, régent de la
planète de Venus, est aussi le précepteur des Asourns il). Les blanches (vaches du ciel) boivent cette
ou génies des ténèbres, qu’il semble diriger le matin et douce rosée partout répandue. Elles s’unissentau
le soir. Il soutient la cause de ses élèves chéris. Les
Dévas ont pour défenseur et pour maître Vrihaspati, cède le deuxième volume du BhAgavata-Pouràna de
c’est-à-dire Agni. Ce nom de Vrihaspnti a été donné à M. En. Burnouf. Quant à moi, au lieu de reconnaitre
la. planète de Jupiter z quand on le rencontre dans ces un personnage de Cavi, pentcétre imaginaire, je tradui-
hymnes, il me semble ne désigner que le dieu Agni. rais volontiers le mot Càvya, qui est dans le texte, par
Pour le nom de Cavi, je renvoie à la préface qui pré- ceux-ci: digne d’être chanté par le poile (stou’gah)
vous"; l. Y il ltjlf li.

92 INDE. -
ILecl. Vl.]

bienfaisant lndra, et, brillantes, bondissant de comme s’ils avaient été. au séjour lglace) de l
joie, elles s’étendent sur son domaine. Tchandramas t.
il. Henreuses de le toucher, elles se colorent 16. Qui donc aujourd’hui attache au char (d’ln-
de teintes diverses; elles apprêtent le soma(verse dra) ces chevaux qu’attelle le sacrifice, chevaux
en son honneur) : ces vaches bien-aimees d’lndra vigoureux, brillants, invincibles, portantau front
aiguisent aussi son arme foudroyante, et elles une arme aiguë, frappant (leurs ennemis) au
s’étendent sur son domaine. cœur, et répandant la joietparmi leurs amis)? Hon-
12. Elles vénèrent avec respect la force de ce neur et vie à celui qui CÜÎMN’C leurs services !
(dieu) prudent; elles le secondent dans ses (ru- 17. Quel est celui qui fait, qui tremble (devant
vres nombreuses, et, prévoyant sa pensée, elles le dieu)? qui ressent l’atteinte de ses coups? Qui
s’étendent sur son domaine. (au contraire) éprouve le bonheur de sa présence?
i3. L’invincible Indra, avec les os de Dadhyan- qui l’invoque pour son fils. pour son éléphant,
tch t, a terrasse quatre-vingt-dix-neuf ’ ennemis. pour sa fortune? qui, pour sa propre personne
M. il a cherché la tète de cheval (de Dad- ou pour sa famille?
hyantch) cachée dans les montagnes, et l’a trou- tu. Quel est celui qui, (pour plaire à lndra),
vee dans le lac Saryanàvùn 3. célèbre Agni, et, à des époques fixes, l’honore par
15.1Et (ces os merveilleux), on les aurait pris des holocaustes et des libations de beurre? A qui
pour les feux du rapide Twachtri, alors éteints, les dieux apportent-ils les fruits du sacrifice?
Qui, par ses offrandes et ses hommages pieux,
1. Dadhyantch (voy. p. 90, col. 1, note 2), fils d’Athar- s’attire la protection (d’lndra) ?
van, régla, comme lui, le culte des dieux, et fit des li). 0h, viens! Maghavan, dieu puissant, ho-
hymnes que l’on appela «titi ou plutôt ultima, et
avec lesquels on soutint une guerre toute spirituelle nore le mortel (qui t’honore). Le bonheur ne vient
contre les mauvais génies. La légende a embelli ou que de toi. lndra, je. t’adresse ma priere.
dénature ce simple récit; elle a, suivant l’usage, abusé
des mots, personnifiant et allégorisant les cheses au
20. 0 toi qui es notre refuge, que jamais tes
gré de son imagination. Dadhyantch, pendant sa vie, dons et tes secours ne viennent à nous manquer!
avait vaincules Asouras, qui fuyaient Seulement à le Ami des hommes, accorde à leur sollicitude tous
voir. il mourut, et les Asouras remplirent la terre. les trésors (dont tu disposes).
lndra. ne pouvait leur résister. Il se mit à la recherche
du saint ltichi, et apprit qu’il était mort, mais, que ses
os avaient contre les Asouras le pouvoir de la foudre. HYMNE Y.
Ce Dadhyantch avait été une espèce de centaure a tête
de cheval. Au milieu des montagnes, dans le lac Sarya- aux MAIIOUTS, PAR (EOTAMA.
nanan, on trouva sa tète, dont les os furent employés Llfrlrm : Magali et Trichtoubh.)
contre les ennemis d’lndra. Une autre légende dit que
Dadhyantch avait appris le Cavatcha-vidyzt, et il devait i. Comme des femmes à la brillante démarche,
perdre la. tète, si jamais il le révélait. En faveur des les enfants de Rou’dra s’avancent, célébrés pour
Aswini-Coumâras, il manqua a sa promesse, et la me-
nace eut son effet. Ceux-ci remplacèrent sa tète par une leurs hauts faits; car les Marouts ont développé
tête de cheval. lndra eut besoin plus tard, contre les le ciel et la terre; héros destructeurs, ils se plai-
Rakchasas, des os de cette tète : Dadhyantch consentit
a mourir pour les lui fournir. (les légendes me parais- sent à nos sacrifices.
sent un voile bizarre, mais transparent; le mot que 2. Couverts d’une humide rosée, ces enfants de
nous rendons ici par os n’est pas estlti, comme cela de-
vrait être, mais asthan. Or, on entend par ethàna une [tondra croissent dans le ciel, ou ils établissent
division, un chapitre de livre. ll paraîtrait que les leur demeure. Soumis avec respect au noble
prières composées par Dadhyanteh étaient détachées et (lndra), ces fils de Prisni’ développent leur force
sans suite : c’étaient en quelque sorte des mélanges,
nathan. Ce mot, confondu avec uslhi, a donné naissance et amassent de riches trésors.
aux légendes. Un disciple peut-être de Dadhyantch, 3. Nés de la Terre 3, quand ils se parent de leurs
nomme Asioasiras ou Tête de cheval, avait le dépôt ornements, ils jettent sur leurs corps d’éclatantes
de ces prières ; son nom aura donné lieu à un surcroît
d’embellissement. (On cite le nom d’Aswalayana, couleurs; ils renversent tous leurs ennemis, et
comme celui d’un ltichi quia travaillé au Rig-Véda) sur leur chemin coule la (pluie qui est) le beurre
Au reste, ces licences d’imagination sont communes
dans les traditions anciennes : voyez, pour exemple, la (des campagnes).
fable des ’I’ettirtyas. Il est encore possible que les
prières de Dadllyantch aient commencé par le mot l. Tchandramas, c’est la lune, dont les rayons sont
regardés comme glacés.
Annuaires, ou bien quelles fussent Consacrées auv
Atteint. Voy. lecture VIH, hymne 4, vers 12; et 2. Voy. p. 53, col. i,note 5. Dans levers suivant, on
hymne 5, vers 22. les appelle (la-mâtarah, mot que le commentateur en-
2. Voy.p. 61, col. l, note 4 ; et p.89, 601.2, note 2. tend par Fils de la terre.
3. Dans le pays de Cm roukchétra. 3. Ce pourrait être aussi Enfants du sacrifice.
[L’CI- Vl.]
nia-vE1).t.-sacrlox [insinuas 93
4. Honorés par nos sacrifices, ils brillent: et l2. Donnez au serviteur qui vous célébré ces
abattent sous leurs glaives ce que la force la biens qui vous appartiennent, et qui sont de
plus grande ne saurait abattre. 0 Marouts! quand trois espèces t. 0 Marouts, répandez ces biens sur
à vos chars vous attelez vos daims, vous volez, nous; (dieux) bienfaisants, accordez-nous une
aussi prompts que la pensée, en répandant la heureuse opulence et une nombreuse famillel
pluie.
5. 0 Marouts l quand a votre char vous attelez ’ HYMNE Yl.
vos daims, amenant le nuage pour fertiliser nos
champs, alors les gouttes d’eau, perçant comme
aux limeurs, PAR connu.
(Mure .- Gâyatri.)
la peau de ce (nuage) bienfaisant, viennent
inonder la terre. ’ l. Brillants Matrouts, celui dont vous visitez la
6. Que vos rapides coursiers vous transportent; maison, et dont le soma vous fait descendre du
venez d’un pas léger, et les bras (chargés de pré- ciel, peut se glorifier d’avoir de puissants pro-
sents). Asseyez-vous sur le causa; une large place lecteurs.
vous y est’faite; o Marouts! rassassiez-vous de 2. Venez prendre votre part de nos sacrifices, o
nos douces offrandes. Marouts, ctentendez la voix suppliante du prêtre!
7. Forts de leur propre puissance, ils grandis- 3. Celui qui vous honore par des offrandes, et
sent; ils s’établissent au ciel, et s’y étendent. dont le prétre attire votre attention, verra ses
Quand Vichnou * vient prendre sa part de nos eni- étables remplies de vaches.
vrantes libations, eux, comme des oiseaux, arri- i. Voici un homme de cœur, dont le causa,
vent aussi sur le causa qui leur est cher. dans les jours de fête, est couvert de libations
8. Tels que des héros, de rapides guerriers, des toutes prétes, et dont on vante les hymnes et les
combattants avides de gloire, ils font éclater leur offrandes.
courage. Tous les étres craignent les Marouts; et .3. Que les Marouts écoutent favorablement la
quand ils déploient leur vaillance, ils brillent prière; qu’ils acceptent aussi les offrandes de ce
comme des rois. (mortel) que sa position élève au-dessus de tous
les autres, et même jusqu’au soleil.
9. Saisissant la foudre, arme admirable, étin-
celante d’or et garnie de mille pointes, (arme) (i. Grâce à votre sage protection, O Marouts,
qu’a’fabriquée l’habile ouvrier Twachtri, lndra se nous avons pu vous honorer par d’abondantes
distingue dans le combat; il frappe Vritra, et libations.
lance des torrents de pluie. 7. 0 Marouts, o vous qui étés dignes de nos
sacrifices, qu’il soit fortuné le mortel dont vous
10. (Non moins courageux), les Marouts ont
agréez les offrandes l
avec force enlevé une source, et fendu une haute
montagne *; (dieuberuyants et généreux, ils opé- 8. Héros doués d’une force véritable, accom-

rent, dans l’ivresse du soma, des (merveilles) plissez Ie vœu de celui qui vous implore en chan-
dignes d’être célébrées. tant vos louanges, et vous faisant des libations
il. Oui, ils ont, par la route des airs, enlevé de beurre.
une source, et en ont formé un bassin en faveur 9. Manifestez cette force véritable que vous
de Gotama, pressé par lascif :ils sont ainsi venus possédez, et d’un (trait) puissant et lumineux
àson secours, et le zélé de ces brillants protecteurs percez le Rakchasa.
a cornblé les vœux du prophète. 10. Repoussez au sein des ténèbres l’obscurité,
qui n’en doit pas sortir. Chassez tous nos enne-
l. Une des formes du Soleil. mis, et faites-nous la lumiére que nous désirons.
2. Dans le style poétique, ce miracle est tout simple :
les Maronts ont soulevé dans l’air et ensuite ouvert une
HYMNE V11.
montagne d’eau, c’est-a-dire un nuage. Mais cela ne
suffisait pas aux légendaires. lis disent donc que le liichi
Gotama ayant soif, demanda. de l’eau aux Marouts. A AUX IAROUTS, PAR GOTAIA.
quelque distance était un étang; les Marouts enlevèrent (mm .- Djagatl.)
l’eau, et vinrent la. verser dans une auge qu’ils creusé-
rem acéré du saint. On raconte entrouvrent qu’ils crite- l. Terribles et robustes, bruyants, invincibles,
vèrent un puits, et le transportèrent dans l’ermitage de forts par leur union, amis de nos offrandes, ho-
Gotama, et qu’au milieu de leur route. contrariés par
une montagne, ils la fendirent. Ce Gotama est plus an- l. C’est-a-dire les biens qui viennent de la terre, du
cien que le Gotama auteur de cet hymne. Voy. p. 79, ciel et de l’air. Voy. p. 63. col. 1, note 2" p. hl.
col. l, note t. col. s, note :2 et p. 56, col.2, note 4.
94 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. (ceci. v1.)

norés et dignes du rang suprême, (les Marouts) armures. (Les mortels) élèvent vers vous leurs
brillent sous leurs parures comme les nuages offrandes, comme les arbres (élèvent leurs têtes
sous les feux des étoiles. . vers le ciel). Généreux Marouts, ils amassent pour
2. Quand, par toutes les routes de l’air, vous vous dans le mortier les libations abondantes
avez, tels que des oiseaux, rassemblé sur vos qu’ils vous réservent!
chars flottants (l’onde) voyageuse, alors les «l. Les enfants de Gotama, pressés par la soif,
(nuages), trésors (de la pluie), se fondent en eau : ont pendant plusieurs jours célébré cette pieuse
ô Marouts, envoyez à celui qui vous honore ce cérémonie, accompagnée de libations; ils ont ac-
beurre (de la terre) aussi doux que le miel. compli l’œuvre sainte (en l’honneur des Maronts),
3. Lorsque, pour le bien (du monde), ils attel- qui, pour les désaltérer, ont par les airs enlevé
lent (leur char), la terre, semblable à une épouse une source l.
séparée de son époux, tremble sous leurs pas qui 5. 0 Marouts, l’hymne que nous vous adres-
l’ébraulent; car (les Marouts), se faisant un jeu sons contient les mêmes sentiments que celui
de leurs violences, et armés de traits resplendis- qu’autrefois vous a fait entendre Gotama, quand il
sants, prouvent leur force en remuant le (monde). vous aperçut, nobles vainqueurs, courant çà et [à
4. Venez, troupe jeune et légère, amenée par sur vos chars d’or et brandissautvos armes de fer.
vos daims rapides; souverains environnés de 6. 0 Marouts, la voix qui s’élève aujourd’hui
force, vous êtes vrais dans vos promesses, bien- vers vous,vous chante avoc non moins de raison
faisants et irréprochables : accueillez notre prière, que celle qui vous célébra (jadis). Oui, c’est avec
et répandez vos biens sur nous. justice que nous vous exaltons dans ces (vers).
5. C’est en vertu de notre naissance, comme tenant en nos mains les mets sacrés.
disciples de notre vieux père 4, que nous chantons
(cet hymne). Notre voix, qui célèbre le soma, HYMNE 1X.
s’élève (vers les Marouts). Dans les sacrifices que
les poètes offrent en l’honneur d’l’ndra, (ces dieux) A Tous LES DIEUX, un connu.
ont obtenu d’entendre aussi invoquer leurs noms. (Mètres : Djagati et Triclitoubb.)

6. Pour le salut (du monde), ils savent aux l. Célébrons sans trouble, et dans la paix du
ondes (bienfaisantes) mêler l’influence des rayons recueillement, nos saintes cérémonies. Qu’elles
lumineux; honorés par les poètes, célébrés par
soient efficaces pour nous,et que les dieux, amis
leurs chants, légers et intrépides, les Marouts constants de notre bonheur, restent à nos côtés,
ont mérité la haute demeure que l’on distingue et nous protègent chaque jour!
par leur nom à 2. Que l’heureuse faveur des dieux, que les
HYMNE - VIH.
bienfaits des dieux justes soient avec nous. Puis-
sions-nous obtenir l’amitié des dieux! que les
AUX MAROUTS. PAR COTAIIA. dieux prolongent notre vie!
«en: : Penkti.) 3. Suivant l’antique coutume, nous invoquons
Bhaga, Mitra, Aditi, Dakclia, Asridh, Aryaman,
l. 0 Marouts, venez sur vos chars étincelants, Varouua, Soma, les deux Aswins 3. Que l’heu-
lumineux, garnis de traits aigus, et traînés par
reuse Saraswati nous donne la joie!
de rapides coursiers. Accourez, tels que des 4. Que la guérison de nos maux nous soit as-
oiseaux, et comblez heureusement nos vœux en surée par vayou, par la Terre, qui est la mère
nous accordant une abondante nourriture. (commune); par le Ciel, qui est le père; par l’in-
2. Quel (mortel ces dieux) veulent-ils favori- fluence de ces mortiers qui préparent le soma et.
ser ? Pour qui viennent-ils avec ces coursiers
jaunes et rougeâtres qu’ils attachent à leur char ? l. Voy. page 93, col. i, note 2.
Leur (char) est brillant comme l’or, et retentit du 2. Les mots Bhaga, Mitre, Aryaman, Var-auna,
nous sont déjà connus pour être des noms du Soleil.
bruit des armes. Le fracas de leurs roues fait fre- Adili est la Terre, ou plutôt la. Nature. Bakcha doitétre
mir la terre. un nom du sacrifice personnifié, peul-être la. donation.
Ce fut dans la suite le nom d’un Pradjàpali et d’un saint
3. Le long de vos corps retentissent vos belles Mouni. Le mot Asridh est considéré par le commenta-
teur comme synonyme de Marout, dieu des vents. Soma,
1.1l désigne ou Rahoûgana son père, ou l’ancienGotama. c’est le dieu de la libation. Nous n’avons plus rien à dire
2. .llàroutam dhâman. sur les deux Aswins et Saraswati.
(un. vi.] nie-vr’JDi. - sacrum PREMIÈRE.
apportent la joie! Et vous, adorables Aswins, l
[1’] HYMNE X.
exaucez aussi notre vœu!
A TOUS LIZSDIEL’X, PAR GDTANA.
5. Nous appelons a notre secours le maître
souverain des êtres animés et inanimés, ce roi I (Menu : Câyatri ri Trichtoubh.)
qui se plait à nos prières. Que Poûehan î soit l l. Que Nitra, que Varouna, que le sage Arya-
pour nous une source intarissable de richesses, man, nous dirigent dans la bonne voie, et avec
et, invulnérable lui-même, qu’il nous sauve, les autres dieux se plaisent à nos sacrifices.
nous garde et nous protège! 2. Les dieux sont les dépositaires des trésors,
6. Qu’il nous protége, le grand et glo- et chaque jour ils poursuivent sans trouble leurs
rieux Indra ! Qu’il nous protégé, le magnifique œuvres brillantes.
Poùclianl Qu’il nous protège, Arichtanémi, fils 3.1mmortels, qu’ils nous accordent le bonheur,
de Tarkcha 1l Que Vrihaspati t nous protège! a nous qui sommes mortels, et qu’ils repoussent
7. Que les Marouts à la marche brillante, que nos ennemis!
ces fils de Prisni, amenés par leurs daims, vien- 4. Que nos pas soient heureusement conduits
nenta nos sacrifices; que tous les dieux, sages 5 par lndra, les Marouts, Poùchan, libage et (les
et resplendissants comme le soleil, (que ces dieux) autres) également dignes de nos hommages!
dont Agni est la langue 3, accourent ici pour à. Que nos prières nous procurent des vaches
nous défendre ! fécondes! O Poùchan, O Vichnou, o Voyou 4, com-
8. Odieux dignes de nos sacrifices, que nos blez-nous de vos bénédictions.
oreilles, que nos yeux n’entendent, ne voient que 6. Pour l’homme qui offre le sacrifice, doux est
des choses heureuses! Que nos membres soient le souffle des vents, douce est l’onde des fleuves.
pleins de force, et, pour prix de nos hommages, Que les plantes (de la terre) soientdouces pour nous l
que nous obtenions de jouir de toute la vie que 7. Que la Nuit et les Aurores soient douces
le ciel nous accorde! pour nous! Qu’il soit doux, l’Air qui environne la
9. O dieux, donnez-nous cent ans d’existence! Terre! qu’il soitdoux, le Ciel notre père!
Et quand vous aurez courbé nos corps sous le 8. Qu’il soit doux pour nous, le dieu qu’on ap-
poids de la vieillesse,quand nos fils seront devenus pelle l’anaspati ’l qu’il soit doux, le soleil! Que
nos soutiens 7, n’allez pas nous retrancher la les vaches 5 soient douces pour nous!
moitié de notre vie! 9. Favorables nous soient Mitra et Varouna!
if). Aditi, c’est le ciel; Aditi, c’est l’air; favorable, Aryaman l * favorables, lndra et Vrihas-
Aditi, c’est la mère, le père et le fils; Aditi, ce pati! favorable, Vichnou aux grands pas 5!
sont tous les dieux et les cinq espèces d’étres a:
Aditi, c’est ce qui est ne et ce qui naîtra. HYMNE XI.

i. Sans doute lndra. x son, un coraux.


2. Non d’un Aditya. ("une : I’ankti, Gàyatrî,0uchnih, Trichloubh.)
3. Aricbtanémi est un personnage mylhologique que
le commentateur semble confondre avec Garouda. Le l. 0 Soma a, tes services sont appréciés par
Hariransa le représente comme fils de Casyapa et de notre esprit. Tu nous conduis dans la meilleure
Vinatà, tandis que le Vichnou-l’ourana le confond avec des voies. Sous ta direction, 0 dieu appelé Indou ’.
Casyapa lui-même : telle serait aussi l’opinion de l’au-
teur du Maiiàbharata. Voy. Vichnou-Poursuit, p. 123, t. Le tette donne l’épithète Evayàvah, que le com-
note 23. Tàrkcha ou Trikcha est un nom de Casyapa, et mentateur rapporte au dieu du vent.
I’épithète Tàrkchya signifie fil-s de Tarkcha ou Trikclia. 2. Epilhèle du dieu Agni. Voy. p. 48, col. i, note i.
4. Vrihaspati est un des noms d’Agni. 3. Sans doute les vaches célestes ou les nuages.
5. Adjectif remarquable dans le texte : car c’est le plu- 4. Nous avons vu, p. 42, col. i, note 3. ce que c’étaient
riel de Manon Manavah. que Mitra et Varouna. Mitre. préside au jour, et Varouna
ri." faut se rappeler la l’onction d’Agni, qui reçoit les
a la. nuit; autrement. l’un est le soleil de jour, l’autre le
offrandes destinées aux dieux.
soleil de nuit, couvert dévoiles noirs. Quanta Aryaman,
’l. Littéralement: quand ne: fils seront devenus ne: le commentateur le regarde comme lejonr astronomique,
pères. Peut-être plus simplement : quand ne: file seront
devenu: pères. Ahorrilram.
5. Voy. p. 52. col. 2, notes 7 et 9.
8. Voy. p. 45, col. i, note i. Ce passage sur Aditi me 6. Je ne pense pas que Cet hymne soit consacré à la
rappelle ce vers d’Orphéc :
Lune; il est destiné à célébrer le dieu de la. libation,
Hâvrwv (Liv si.) nadir), (4.131119, spoçoç fiôè 110mo; appelé Soma et lndou, noms qui ont été aussi donnés
Le nom même d’Aditi J10 se retrouve-t-il pas dans à la Lune. La puissance du Soma est celle du sacrifice
cet autre vers: lui-mémo.
Mnrépa. 1’ àfiavdtmv, ’Antv, sa! priva lamentai. "l. Ce mot signifie liqueur.
hm. Vl.]
96 - INDE. - POÉSIE LYRIQUE.
nos pères, pieux et sages, ont obtenu la faveur tes splendeurs! Sois un ami qui nous ouvre la
des dieux. source de l’abondance et de la gloire!
2. O Soma, saint dans les choses saintes, géné- 18. Vainqueur de tes ennemis, qu’en toi se
reux dans les choses généreuses, abondant dans réunissent la douceur, l’abondance et la force des
les choses abondantes, tu es opulent, tu es grand, aliments! Croissant, O Soma, pour l’immortelle
tu es le précepteur des hommes. ambroisie, deviens pour nous dans le ciel le tré-
3. Tes œuvres sont celles du royal Varouna; sor de la plus précieuse nourriture!
ton influence, o Soma, est étendue et profonde. 19. Tous ces biens, que l’on offre ici en holo-
Pur comme l’aimable Mitre, comme Aryaman, O causte, viennent de toi :que (Agni) enveloppe
Soma, tu donnes l’accroissement (aux êtres). (de ses flammes) notre sacrifice ! 0 Soma, toi qui
4. L’influence que tu possèdes au ciel, sur la augmentes notre opulence et qui fais notre salut,
terre, sur les nuages, les plantes et les eaux, O toi qui es la force de nos héros et la mort de nos
Soma, roi débonnaire et clément, daigne l’exer- ennemis, viens visiter nos demeures.
cer en notre faveur, et accepte nos holocaustes! 20. A celui qui l’honore, Soma donne des va-
5. O Soma, tu es le maître des saints, tu es roi ches, de légers coursiers, des fils courageux et
et vainqueur de Vritra, tu es l’agent de notre bon- habiles, distingués dans leur ménage, dans les sa-
heur. crifices, dans les assemblées, soumis à leur père.
6. La mort ne nous atteindra pas, (si) ton désir 21. O Soma, soyons heureux d’un (dieu tel que
est que nous vivions, o Soma, toi qui aimes nos toi), qui, invincible a la guerre, comble nos vœux
dans les’combats, qui nous donne la prospérité
louanges, et qui es Vanaspati i.
7. O Soma, tu donnes à l’homme qui offre 1e avec les eaux (de la pluie), qui protégé le sacri-
sacrifice, qu’il soit jeune ou vieux, une part con- fice, et qui, croissant au milieu des offrandes,
venable dans les biens de la vie. possesseur d’une brillante demeure, se montre
8. Roi Soma, défends-nous contre tous les mé- glorieux et triomphant.
chants; l’ami (d’un dieu) tel que toi ne peut 22. O Soma, c’est toi qui as produit toutes les
périr. plantes, les eaux et les vaches, toi qui as étendu
le vaste ciel, toi qui dans ta lumière as enseveli
9. 0 Soma, accorde-nous ces secours protec- l’obscurité.
teurs dont tu entoures tes fidèles.
’23. Dieu fort. O Soma, que ta divine prudence
10. Agrée ce sacrifice et cet hymne, et viens, 0
nous accorde la part de richesses (que nous dé-
Soma, augmenter notre bien-être !
sirons)! Combats pour nous; personne ne peut
il. Par nos chants nous savons augmenter ta lutter contre toi. Tu es le maître de la force. et
gloire, d Soma! Viens nous visiter avec honte.
règnes sur les deux partis : donne-nous la supé-
12. 0 Soma, accrois notre richesse, détourne de
riorité dans la bataille.
nous la maladie, agrandis nos trésors, double
notre opulence; sois pour nous un véritable ami! HYMNE X11.
13. Soma, sois heureux dans notre cœur, comme A L’action; ET Aux sswms, PAR connu.
la vache dans les pâturages, comme le père de
(Mètres : Djagall, Trichtouhh et Ouchnih.)
famille dans sa maison.
il. Divin Soma, un (dieu) sage et bienfaisant, 1. Les Aurores élèvent leur drapeau, et, dans
(tel que toi), s’attache au mortel qui met son la région orientale du ciel, annoncent la lumière.
bonheur dans ton amitié. Pareilles à des guerriers qui brillent sous leurs
15. 0 Soma , délivre-nous de l’imprécation ! armes, s’avancentlesvachesl (célestes), ces nour-
garde-nous contre le mal ! sois pour nous un di- rices (du monde) aux couleurs empourprées.
ligent ami! 2. Les rayons enflammes s’élancent sans ob-
16. Crois donc, O Soma! apparais dans toute la stacle, et attellent (au char du matin) ces vaches
plénitude de ta force, et réunis en toi tous les rougeâtres et dociles. Les Aurores remplissent
biens ! leur antique fonction, et bientôt les teintes ver-
17. Crois, heureux Soma, et pare-toi de toutes meilles (de leurs coursiers) se fondent dans les
teintes dorées de la lainière.

l. Nom donné a Agni, ctque le poète emploie ici pour 1. (Je sont les lueurs de l’aurore, colorant les nuages
Soma. Voy. p. in, Cul. l, note 6. Iéprs du matin.
[un vi.] RlG-VÉDA.-SECT10N l’illâMlÈllE. 97
3. Ouvrières diligentes, elles couvrent au loin hymnes, toi qui es riche en vaches et en chevaux,
(le monde) d’un même réseau lumineux, et ap- lève-toi aujourd’hui pour notre bonheur.
portent l’abondance à l’homme pieux et libéral, 15. Aurore, toi que nos offrandes honorent,
qui n’épargne ni les sacrifices ni les libations. attelle aujourd’hui tes coursiers rougeâtres, et
Il. Comme la danseuse, l’Aurore révèle toutes apporte-nous toute espèce de prospérités.
ses formes; elle découvre son sein, comme la 16. 0 Aswins, couple secourable, dirigez votre
vache découvre sa mamelle féconde; et, de même char vers notre demeure, ou règnent la richesse
que celle-ci donne son lait, l’Aurore distribue au de l’or et la fécondité des vaches!
monde entier sa lumière en dissipant les ténèbres. 17. t) Aswins, vous qui, pour le genre humain,
5. Ses lueurs éclatantes se distinguent; elle amenez la lumière au ciel et donnez le signal de
s’avance par degrés, et met en fuite l’obscurité. l’hymne sacré, apportez-nous l’abondance!
Elle illumine sa forme, comme (les prètres) au 18. Dieux secourables et bienfaisants, montés
môment du sacrifice illuminent le bûcher; et la sur un char d’or, que (vos coursiers), éveillés par
fille du ciel donne à ses clartés des teintes variées. l’Aurore, vous amènent à nos libations!
ô. Nous venons de traverser l’océan de cette
nuit. L’Aurore se lève, elle ramène la vie. Telle HYMNE A111.
qu’un seigneur puissant, elle brille et sourit,
A A651 ET A SOIA, PAR GOTAIA.
belle, bienveillante, ennemie (des ténèbres) pour
notre bonheur. (Mura : Anouchtoubh, Trichtoubh. Djagnti et Gâyatrl.)
7. Fille du ciel, elle resplendit et inspire l’hymne 1. Agni et Soma 1, (dieux) bienfaisants, écou-
sacré. Elle est, pour les fils de Gotama, un objet tez mon invocation. Agréez mes prières, soyez
de louanges. Aurore, tu donnes une opulence qui bons pour votre serviteur.
peut s’enorgueillir de ses enfants, de ses servi- 2. A celui qui vous adresse aujourd’hui cet
teurs, de ses chevaux, de ses vaches! hymne respectueux, accordez, Agni et Soma, une
8. Aurore, puissé-je obtenir cette abondante heureuse abondance de serviteurs, de vaches, de
richesse que relèvent la gloire et le nombre des chevaux.
enfants, des serviteurs, des chevaux! O (déesse) il. Agni et Soma, que pendant toute sa vie il
éclatante et fortunée, qui produis la fertilité, et possède une grande force et une belle famille,
qui brilles d’une gloire merveilleuse! celui qui vous honore par ses invocations et ses
9. La déesse, poursuivant sa marche, et d’un holocaustes !
large regard embrassant tous les mondes, luit et «l. Agni et Soma, on connalt votre puissance.
fait lever tout ce qui respire. Vers elle monte la Elle a éclaté, quand vous avez enlevé à Pani les
voix de tous les êtres intelligents. vaches (célestes) dont il était le gardien ’; quand
10. Antique, renaissant chaque jour, elle brille vous avez donné la mort au lits (le Brisaya 5, et
constamment des mêmes couleurs; mais aussi, que vous avez fait briller pour tous la lumière
telle qu’une chasseresse qui frappe et abat les unique (du soleil).
habitants de l’air, l’Aurore attaque la vie des à. C’est vous, Agni et Soma, qui, unissant vos
mortels. efforts, avez placé au ciel a ces (astres) étince-
il. La voila qui ouvre les portes du ciel, et lants; vous,’Agni et Soma, qui avez délivré les
force (la Nuit) sa sœur a se cacher. Elle consume fleuves enchaînés de l’odieuse imprécation lancée
les ages de la vie humaine, et se colore des feux contre eux 5.
du (Soleil) son amant.
i. Ces deux divinités sont unies sous le nom d’Agni-
12. Comme (le berger répand) ses troupeaux aboma, qui résume ainsi l’idée des deux principes hu-
(dans la plaine), la belle déesse répand (ses rayons mide et igné. La libation et le feu, ce sont la les deux
dans les champs de l’air); telle qu’une mer pro- éléments du sacrifice.
2. Voy. p. H, col. i, note 7.
fonde, elle remplit tout de sa grandeur. Elle 3. Le commentateur fait venir le mot Brùaya de brai.
maintient les œuvres divines du soleil, et se pé- qui. suivant lui, signifie vêlement. Ce serait le même
nètre de ses rayons. qu’elle reflète. sens que celui qu’on donne au mot Vritra.
4. Le sacrifice amène la pluie, et rend au ciel sa séré-
i3. Aurore, toi que nous honorons par nos nité; c’est le sacrifice qui, le malin, allume les fou!
offrandes, apporte-nous cette variété de biens qui d’Agni sur la terre, et les feux du Soleil au ciel.
5. Les pluies obtenues par la vertu des, sacrifices ren-
nous permette d’élever nos fils et nos petits-fils. dent aux rivières les eaux dont elles étaient privées par
il. Brillante Aurore, toi que célèbrent nos une espèce de fatalité. Cette idée n’est pas asses simple
98 INDE. - POÉSIE LYHlQUE. [bien Vl.]
6. Màtariswan t vient du ciel animer l’un de causte qui leur est offert. Amélie ici les Adityas
vous (de son souffle); l’autre est tire du mortier que nous invoquons. 0 Agni, que ton amitié ne
par l’épervier (poétique) ’ . C’est vous, Agni et nous soit pas inutile!
Soma, qui, croissant par la prière, avez, pour le et. Pour te rappeler notre souvenir, nous vou-
sacrifice, fondé un large emplacement. lons, à chaque parwan t, entretenir ton foyer et
7. Agni et Soma, venez prendre votre part de t’apporter des libations. Et toi, exauce nos vœux
notre holocauste, et daignez l’avoir pour agréable. en prolongeant nos jours. 0 Agni, que ton amitié
(Dieux) bienfaisants et fortunés, soyez nos pro- ne nous soit pas inutile!
tecteurs, et comblez de bonheur celui qui vous 5. Les enfants d’Agni î sont les pasteurs des
sacrifie. peuples; ils marchent, et leurs rayons conduisent
8. Agni et Soma, protégez la piété de(l’homme) et les hommes et les animaux 5. Orné de cou-
qui honore les dieux avec une âme dévouée et leurs variées. c’est toi qui appelles l’Aurore; tu
des libations de beurre; gardez-le du mal, et ac- es grand. 0 Agni, que ton amitié ne nous soit pas
cordez une grande prospérité au peuple filele. inutile!
9. Agni et Soma, vous a qui nous adressons les t5. Par ta naissance tu es le principal sacrifica-
mémés offrandes et les mêmes invocations, rece- teur, le prophète, le chantre, le purificateur, le
vez nos prières : vous êtes grands parmi les dieux. pontife. Sage et instruit, tu remplis tous les offi-
10. Agni et Soma, donnez la gloire et la ri- ces du prêtre. 0 Agni, que ton amitié ne nous
chesse à celui qui fait couler en votre honneur soit pas inutile!
ce beurre sacré. 7. Également beau de tout côté, de loin comme
il. Agni et Soma, que nos holocaustes vous de prés, tu brilles avec éclat, et ton regard, ô
soient agréables! venez ensemble auprès de nous. dieu, perce l’obscurité de la nuit. 0 Agni, que
12. Agni et Soma, prenez nos coursiers sous ton amitié ne nous soit pas inutile!
votre protection; que nos vaches se multiplient, 8. 0 dieux, que le char de l’homme qui vous
et donnent leur lait pour nos libations. Accordez- sacrifie soit le premier (dans les combats); que
nous la force avec la richesse. Que l’opulence de- nos imprécations soient funestes à nos ennemis!
vienne le prix de notre sacrifice! Écoutez et accomplissez notre vœu. O Agni, que
ton amitié ne nous soit pas inutile!
HYMNE XIY. 9. Frappe de mort nos ennemis, quels qu’ils
soient, éloignés ou voisins; qu’ils tombent sans
A AGNI, PAR COUTSA.
gloire avec leurs funestes pensées! Ouvre une
(Melm : Triehioubh et Djazatî.) route facile à celui qui te loue et te sacrilie.
l. Gomme (l’ouvrier) prépare un char (pour le 0 Agni, que ton amitié ne nous soit pas inutile!
10. Lorsqu’à ton char tu attelles tes (coursiers)
guerrier), que votre imagination prépare cet
rougeâtres, aussi rapides que le vent, tes frémis-
hymne pour (le dieu) qui possède tous les biens,
et qui mérite nos hommages! Que sa prudence sements sont pareils à la voix du taureau. Tu
enveloppes le bûcher d’une bannière de fumée.
nous soit propice dans cette réunion! 0 Agni,
que ton amitié ne nous soit pas inutile! 0 Agni, que ton amitié ne nous soit pas inutile!
il. Les oiseaux tremblent à ce bruit; et quand
2. Il est heureux, celui dont tu favorises les
tes flammes, dévorant l’herbe sèche, se sont fer-
sacrifices. ll vit en paix, et possède la puissance. Sa
force croit sans cesse, et la douleur nel’atteint pas. mement établies, alors la voie est ouverte à ton
O Agni, que ton amitié ne nous soit pasinutile! char. 0 Agni, que ton amitié ne nous soit pas
3. Laisse-nous allumer ta flamme : accomplis inutile!
nos vœux. Par toi les dieux obtiennent l’holo- 12. Voilà un (père de famille) Qui sacrifie à
Mitre et à Varouna. Descendez (aussi du ciel),
pour le légendaire, qui dira qu’lndra, en donnant la vous, Marouts, dont la colère est si terrible.
mort a Vritra, qui est un fils de Brahmane, a encouru
l’imprécation lancée contre quiconque commet un crime Apaise-les en notre faveur, et que leur souffle
pareil; il impute sa. faute à toute la nature, qui a. besoin
d’être purifiée par Agni et Soma, c’est-à-dire par le sacri- 1. Les panama sont certaines époques du mois lunaire.
lice. comme la nouvelle lune, la pleine lune, le 8 et le N de A
1. Le vent excite le feuI et semble l’apporter avec lui. chaque dominois.
a. Au milieu des chants du sacrifice, le Soma passe 2. Ces enfants d’Agni, ce sont les rayons du feu.
du mortier dans les coupes. Voy. page 89, col. i, note 2 3. Littéralement : les bipèdes et les quadrupèdes.
ltlll-VÈDA. - sennes
(un. vil.)
nous devienne propice. 0 Agni, que ton amitié
PREMIÈRE. 99
3. On célèbre sa triple naissance a ; il naît au
ne nous soit pas inutile! sein des libations, dans le soleil, au milieu des
l3. Tu es le dieu des dieux, un ami admirable, ondes (aériennes). ll indique, il dispose successi-
le trésor des trésors, superbe dans le sacrifice. vement la région de l’orient et la variété des sai-
Reçois-nous sous ta puissante protection. O Agni, sons terrestres.
que ton amitié ne nous soit pas inutile! 4. Qui de vous a vu (le dieu), quand il se ca-
14. Tu aimes a te voir placé dans un foyer che (au milieu des eaux)? Nourrisson tout a
brûlant, honoré par des libations et chanté dans l’heure, le voila qui, par la vertu du sacrifice,
nos hymnes. Rempli de douceur, tu accordes a produit maintenant ses propres mères. Ainsi
ton serviteur des trésors et des richesses. 0 Agni, (Agni), grand et sage, honoré par nos libations,
que ton amitié ne nous soit pas inutile! engendre l’onde du nuage, et renaît lui-mémé au
15. ll n’est coupable d’aucune négligence dans sein de (l’onde) des œuvres (saintes) 3.
son devoir religieux, celui que tu combles de tes .3. ll croit et se manifeste avec clarté dans les
dons, celui que tu remplis d’une heureuse force, eaux (du sacrifice); il s’élève ensuite glorieux au
dieu opulent et indestructible. Accorde-nous de sein des (ondes) voyageuses. (Le Ciel et la Terre)
la richesse et de la famille. tremblent devant Twachtri 5 sortant de son ber-
16. Dieu qui sais ou est le bonheur, Agni, pro- ceau, et vénèrent ce lion (des batailles).
longe ici-bas notre vie. Qu’ils nous protègent 6. Tous les deux le vénèrent, tels que deux
également, Mitra, Varouna, Aditi, la Mer, la Terre serviteurs ; ils le suivent comme les vaches sui-
et le Ciel ! vent leurs nourrissons. Et lui, il est le maître de
la force; et les (prêtres) , commençant par la
droite t leurs cérémonies, l’honorent de leurs
LECTURE SEPTIÈME. holocaustes.
a F ’ HYMNE l.
’l
7. Pareil aSavitri, il étend au loin ses bras 5,
et, terrible, il travaille à former son double vête-
A son. PAR coursa.
(Maire: Trichtoubh.) ment °. ll emprunte partout les vapeurs qui
composent son corps éblouissant, et il donne à
t. Deux (mères) 1 de couleur différente et ses nourrices fécondes de nouveaux habillements.
marchant d’un pas rapide, enfantent chacune un 8. Quand ce dieu sage et protecteur élève ainsi
nourrisson. Du sein de l’une na1t(Agni appelé) dans les airs sa forme brillante, se mêlant aux
Hari ’, et honoré par les libations; du sein de
l’autre naît (le Soleil, surnommé) Soucra 5, à la l. Nous aurons l’occasion de parler encore de ces trois
manières de considérer Agni comme feu du sacrifice,
flamme éclatante. feu solaire, feu aérien. Je prie le lecteur de ne pas ou-
2. Dix jeunes (ministres) t, infatigables, font blier ces trois naissances d’Agni.
sortir du sein (de l’Arani), où il est renfermé, ce 2. Cette strophe ne peut se comprendre que par une
explication sur les effets du sacrifice. Le feu, né au
Twachtri 5 aux flammes aiguës; ils aménentau milieu des libations, est transporté au ciel dans le soleil
et dans l’air :il y forme l’eau des nuages, et ainsi l’onde
jour ce (dieu) qui a plusieurs demeures, et qui, l’a produit, et il produit l’onde. Le commentateur dit :
plein de gloire, vient briller parmi les hommes. a Du soleil naft la pluie, et de la pluie riait la matière
des libations. n De ces libations renaltra le feu, et cette
l. Il me semble que, pour expliquer ce passage, il faut suite de générations d’un dieu triple estpour l’esprit du
croire que ces deux mères de couleurs diverses, ce sont poète une source de penséesingénieuses, mais passable-
la nuit et l’aurore. Quand la nuit va finir, on allume le ment ohscures et futiles.
feu du sacrifice, qui parait naltre de la nuit même. Bien- 3. C’est-à-dire Agni, tonnant et brillant dans les nuages.
tôt apparaît l’aurore, suivie du soleil : on dirait qu’elle Au lieu du ciel et de la terre, ne seraient-ce pas plutôt
vient de l’enfanter. Ces naissances et généalogies poéti- deux nuages au sein desquels s’enferme Agui Védyouta?
ques sont indépendantes de celles que l’imagination des J’avais un moment adopté ce sens. .
poètes peut facilement produire ailleurs. . 4. Les prêtres, tournant autour du feu sacré, prennent
2. Ce mot offre plusieurs significations; je le traduis la droite. ll y a aussi un foyer que l’on place du côté
ordinairement par azuré. du midi, et qui s’appelle dakchinàgni, feu de droite,
3. Ce mot signifie brillant. parce que le midi, pour le prêtre tourné vers l’orient,
6. Ces dix ministres, ce sont les dix doigts, qui tra- est du coté droit.
vaillent à. extraire le feu de l’arani. 5. C’est-à-dire ses feux, ses rayons quipompent l’eau.
5. Twachtri n’est pas ici le nom particulier d’Agni 6. Le costume indien se compose de deux pièces : le
Védyouta.(Voy. p. 48, col. 5, noteI ; et p. 88,col. 2, note 2.) vêtement supérieur et le vêtement inférieur. Pour Agni,
L’acception de ce mot est plus générale pour désigner ce double vêtement, ce sont, selon le commentateur, le
le dieu Agni, quoiqu’une grande partie des strophes se ciel et la terre; on comprendrait encore que ce sont les
rapporte à Twachtri. deux parties du nuage au sein duquel il est renfermé.
100 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [accu VIL]

ondes voyageuses, il couvre au loin la voûte cé- rir celui qu’elles ont tour à tour enfanté I. En-
leste d’une armée de nuages qu’il soutient et tre le ciel et la terre, il brille d’un vif éclat. Que
qu’il a rassemblée. les Dévas conservent Agni le bienfaiteur!
9. Tu ressembles à un roi grand et victorieux, 6. Qu’il vienne et soit avec nous, (ce dieu)
dont les splendeurs s’étendent par tout le ciel source d’opulence et de biens, héraut du sacri-
qu’il aurait pour palais. O Agni, o toi qui t’envi- fice, protecteur prêt à combler nos vœux! Gar-
ronnes de feux d’une nature glorieuse et invinci- diens de son immortalité, que les Dévas conser-
ble, défends-nous, sois notre protecteur! vent Agni le bienfaiteur!
10. (Agni) fait du nuage un torrent qui arrose 7. ll fut autrefois, il est aujourd’hui le trésor
les airs; il couvre la terre de flots limpides; de toute richesse, le siégé de ce qui est né et de
dans son sein il conserve tous les germes de l’a- ce qui naît, le gardien de tout ce qui existe. Que
bondance; il pénètre dans les plantes nouvelles. les Dévas conservent Agni le bienfaiteur!
il. O Agni, (dieu) purifiant, que notre foyer 8. Bienfaiteur. qu’il nous accorde des biens
recueille et nourrit, brille, et pourvois magnifi- (toujours si) fugitifs; bienfaiteur, qu’il nous
quement a nos besoins! Qu’ils nous protègent prodigue la richesse; bienfaiteur, qu’il nous
également, Mitre, Varouua, Aditi, la Mer, la Terre donne une maison forte et abondante; bienfai-
et le Ciel l teur, qu’il nous octroie une longue vieillesse!
9. 0 Agni, (dieu) purifiant, que notre foyer re-
HYMNE Il.
cueille et nourrit, brille, et pourvois magnifique-
A MINI, PAR coursa. ment a nos besoins. Qu’ils nous protègent égale-
("être : Trichtouhh.) ment, Mitra, Varouna, Aditi, la Mer, la Terre et
le Ciel !
l. Agni, à peine enfante par la Force, a déjà
toute la ligure et la sagesse de Page mur. Que HYMNE HI.
les ondes (du sacrifice) et la prière achèvent
de perfectionner (ce dieu), leur ami! Que les
A un", pas coursa.
(Mètre : Gâyatri.)
Dévas conservent Agni le bienfaiteur!
2. ll fut l’objet des antiques chants d’Ayou l; l. Que notre faute soit effacée, c Agni! purifie
il a propagé la race de Manon par sa force, qui notre f0rtune. Que notre faute soit effacée!
soutient le ciel et les eaux. Que les Dévas con- 2. Nous demandons, en t’offrant le sacrifice, de
servent Agni le bienfaiteur! beaux champs, de la prospérité, des richesses.
3. O peuples, venez donc, et louez avant tous Que notre faute soit effacée!
ce fils de la Force qui accomplit le sacrifice, et 3. Si le premier des chantres (divins) ici pré-
qui, honoré par nos invocations et nos hymnes, sents, si nos chefs de famille s’avancent (pour
est notre soutien et notre généreux protecteur. t’honorer), que notre faute soit effacée!
Que les Dévas conservent Agni le bienfaiteur! 4. 0 Agni! si ces chefs de famille, si nous-
Il. Que ce pasteur des peuples, qui est le mal- mèmes nous nous avançons avec respect, puis-
tre du bonheur, le père du Ciel et de la Terre, sions-nous obtenir la victoire! Que notre faute
et qui, tel que les dieux du vent, nous amène soit effacée!
tous les biens. aplanisse les voies devant mon 5. Si les rayons lumineux du puissant Agni s’a-
fils ! Que les Dévas conservent Agni le bienfaiteur! vancent de toute part, que notre faute soit effacée !
5. La Nuit et l’Anrore, qui mutuellement se 6. En effet, te voilà, toi dont la face est tour-
détruisent leur couleur, s’approchent pour nour- née de tous les côtés, te voilà embrassant de toute
part (nos offrandes). Que notre faute soit effacée!
1. Ayou, petit-fils de Manon et fils de Pouroûravas.
Ce passage indique bien, je pense, qu’a l’époque ou 7. 0 toi, dont la face est tournée de tous les
Coutsa composait cet hymne; on n’avait pas encore côtés, sois pour nous comme le navire sur lequel
inventé la fable qui fait descendre les Indiens du Soleil nous passions à travers nos ennemis. Que notre
et de la lune. Agni est bien une forme du soleil z il y a
même ici le mot vicacwàn, qui est devenu une épithète faute soit effacée!
du Soleil, père de Manon Vivacwata. Mais il me semble
qn’Agni, honoré d’un culte particulier, propage, comme 1. Cette idée s’explique par la première strophe de
protecteur, la race de Manon, mais ne l’engendre pas, l’hymne précédent, à l’exception que plus haut la Nuit
comme père. Le mot âyou quelquefois s’emploie pour et l’Aurore avaient chacune un nourrisson, et qu’ici elles
le mot homme. ont toutes deux le même.
[Lat VILI ltltt-VÈDA. - sacrum PREMIÈRE. un
8. baigne, comme sur un vaisseau, nous faire dra, accompagné des Mnrouts, vienne!) minage.
traverser l’océan (de la vie, et nous conduire) au
bonheur. Que notre faute soit effacée! ’ cours! ï? ï -
-’t. Il est parmi les Anginel le. plus: gland. V
parmi les bienfaiteurs le plus"généreux,’pa’nnt
HYMNE 1V. les amis le plus dévoué, le premier parmi les
étres dignes d’étre loués et célébrés. Qu’lndra.
A son, un couru. accompagné des Marouts,vienne à notre secours!
("du : Trichluubh.) 5. Que ce (dieu) puissant, qui dans le combat .
t. Soyons les amis de t’éswânara 4 ; il est le roi soutient le choc de ses ennemis, et qui fait
vénéré des mondes. Né d’ici-mémé, il al’milouvert descendre la pluie féconde i de concert avec les
sur toute la nature.Véswanara est le rival du soleil. [tondras qui sont comme ses enfants, habitants
2. On implore Véswànara. on le sont partout, du mémé séjour que lui; qu’lndra, accompagné

au ciel, sur la terre, dans les plantes, (dans l’it- des Marouts, vienne à notre secours!
rani), d’où le tire la violence. Qu’.tgni nous dé- (i. Qu’il abatte la colère (de nos ennemis); et
après (ces combats) qui l’enivrent (d’un juste or-
fende contre nos ennemis et la nuit et le jour!
gueil), qu’il fasse luire aujourd’hui le soleil à nos
3. O Véswànara, que ce sacrifice te soit
yeux, lui qui est le maître de la piété, lui qu’im-
agréable! Une l’opulence devienne notre com-
pagne! Qu’ils nous protègent également, Mitre, plorent nos prières! Qu’lndra, accompagné des
Varouna, Aditi, la Mer, la Terre et le Ciel! Marouts, vienne à notre secours!
7. Les (Marouts), ses auxiliaires, au moment
de ses luttes héroïques l’encouragent par leurs
HYMNE V.
clameurs; les hommes le reconnaissent comme
A A651. PAR CASYAPA. le dépositaire de tout bonheur. Il est le seul mal-
’l’richtoubh.) tre de toute œuvre de miséricorde. Qu’lndra, ac-
(Mure:
compagné des Marouts, vienne à notre secours!
l. Faisons des libations au (dieu) qui connalt
tous les biens. Qu’il consume la richesse de notre
8. Dans les poursuites qui demandent de la
force, c’est lui. c’est ce héros qu’implorent les
ennemi! Qu’Agni nous arrache à tous les dangers,
héros, c’est lui aussi qu’invoque l’homme qui
et nous fasse traverser le malheur, comme sur veut la richesse. C’est lui qui, au sein de l’obs-
un vaisseau (on traverse) la mer! curité, fait briller la lumière. Qu’lndra, accom-
pagné des Marouts, vienne à notre secours!
l "nm: v1.
’L

A IXDRA, PAR LES CINQ RICIIIS.


il. De sa main gauche contenant ses ennemis,
il reçoit de la droite nos offrandes. L’hymne sa-
cré sait émouvoir sa générosité. Qu’lndra. accom-
(Mens: Trichtoubh .Ï
pagné des llarouts, vienne à notre secours!
l. Que le (dieu) bienfaisant, qui habite avec Il). Il peut aujourd’hui, etchacun le reconnaît,
la Force. que le roi de la terre et du vaste ciel, (il peut) donner des villages, des chars. des peu-
riche en présents et digne d’étre invoqué au ples entiers. Par des actions d’éclat il triomphe
moment du danger, qu’lndra, accompagné. des
de ses vils (adversaires). Qu’lndra, accompagné
Marouts, vienne à notre secours!
des Marouts, vienne a notre secours!
2. Que ce (dieu), qui, le plus généreux de tous Il. Que ce (dieu), qu’implore notre piété, ar-
pour ses amis fidéles. est dans tous les combats rive seul ou avec les (Marouts) ses parents, pour
fort et vainqueur de Vritra; que (ce dieu), dont répandre (sur la terre) les trésors de la pluie,
la marche est aussi rapide que celle du soleil, c’est pour le bonheur de nos enfants. Qu’lndra,
qu’lndra, accompagné des t!arouts,vienne à notre accompagné des Marouts, vienne à notre secours!
secours! 12. Ce (dieu) terrible. et effrayant est armé de
3. Que le (dieu) qui triomphe de ses ennemis la foudre; vainqueur des Dasyous, il possède
et qui se distingue par ses promesses, qui, dans mille qualités éminentes; il estgrand, il est digne
ses voies puissantes, insurmontables, enlève en
quelque sorte au ciel sa semence féconde; qu’In-
l. Voy. p. t!,col. 2, note i; p. 59, col. 2, note 3;
1. Nom d’Agni, signifiant convenable à tous les p. 74. col. t, note i.
hommes. 2.0n donne aux Vents ou Marouts le nom de fleuriras.
I0? INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [ln-ct. Vil l

de commande? au monde. (Pur) comme le soma, de Crichna t. Nous avons besoin de ce protec-
il piotéïeipar’sa force les cinq classes d’êtres i. teur généreux, dont la main est armée du ton-
Gamme; mômpagne (les Marouts, vienne à nerre. C’est lui, accompagné des Marouts, que
ivoiré mais nous appelons à notre secours.
13. Sa foudre retentit au loin, brillant d’un 2. Cet lndra qui, enflammé de colère, a brise
éclat céleste, féconde en bienfaits, aussi efficace Vritra, frappe Sambara et Piprou l’impie, détruit
que bruyante. Les bienfaits et les dons sont sur Souchna ’ sous ses propres ondes; c’est lui, ac-
ses pas. Qu’lndra, accompagné des Marouts, compagne des Marouts, que nous appelons à no-
vienne à notre secours! tre secours.
li. Que (le dieu) dont la puissance infinie 3. Cet lndra qui. par sa male vertu, produit le
protège avec gloire le cielr et la terre, qu’il ciel et la terre, qui commande à Varouna et au
enveloppe de toute part, heureux de nos sacri- Soleil, qui fait à son gré couler les fleuves; c’est
fices, soit notre défenseur! Qu’lndra, accompagne lui. accompagne des Marouts, que nous appelons
(les Marouts, vienne à notre secours! à notre secours.
la. Que ce (maître) dont les dieux iiiegalent Vl. Cet lndra qui est le pasteur souverain des cite.
pas les qualités divines. dont les mortels et les vaux et des vaches, qui, comblé de nos hommages,
eaux ne sauraient mesurer la puissance. par sa s’affermit dans toutes. ses œuvres, qui renverse
force souverain de la terre et du ciel, qu’lndra, l’impie maigre sa force; c’est lui, accompagné
accompagne des Marouts,vienne à notre secours! des Marouts, que nous appelons à notre secours.
l6. Pour le bonheur de Ridjràswa 3 et la joie 5. Cet lndra qui est le maître de. tous les êtres
du peuple de Nahoucha 5, apparaît la forme (du animes, qui jadis rendit les vaches (célestes) au
dieu, forme) céleste, resplendissante, azuree. At- sage (Vrihaspati) 5, qui vainquit et renversa les
teles au timon, (ses coursiers) traînent son char, Dasyous; c’est lui, accompagné des Marouts, que
rempli de ses heureux présents. nous appelons a notre secours.
17. 0 généreux Indra, accepte cet hommage li. Cet lndra qu’invoquent également les forts
que t’adresse la voix des enfants de Vrichàgiri ’, et les faibles, l’homme qui fuit et l’homme qui
de Ridjràswa assisté des autres (Richis), d’Am- triomphe, que tous les mondes adorent avec res-
baricba, de Sahadeva, de liliayama’lnn, de Soura- pect; c’est lui, accompagné des Marouts, que
dhas! nous appelons à notre secours.
l8. Appele par la prière, il vient attaquer les 7. Il vient, brillant et annoncé par, les Rou-
redoutables Dasyous, et les terrasse d’un coup dras. La voix (de la prière) et celle de ces Ron-r
mortel. Aidé de ses brillants auxiliaires, et arme de drus étend et fortifie sa puissance. Cet Indra,
sa foudre,il délivre la terre, le soleil et les eaux. dont l’hymne raconte et célèbre les exploits; c’est
19. Qu’lndra soit chaque jour notre protecteur. lui, accompagne des Marouts, que nous appelons
Puissions-nous, exempts d’infortune, jouir de à notre secours.
ses bienfaits! Qu’ils nous protègent également, 8. (0 dieu) allié des Marouts, que tu sois en
Nitra, Varouna, Aditi, la Mer, la Terre et le Ciel! ce moment heureusement retenu dans ton séjour
supérieur, ou dans la partie inférieure (du ciel),
HYMNE HL viens ici vers notre sacrifice! 0 toi qui possùdœ
les véritables richesses, c’est toi que nous dési-
A mon, un couru. rons, toi pour qui nous offrons cet holocauste.
bien": Djagutî et Trichtouhh; 9. 0 Indra, (dieu) fort et ami de nos hom-
mages, pour toi nous versons ce soma, pour toi
1. Faites offrande de vos hymnes et de vos nous offrons cet holocauste. (Viens) donc sur ton
libations à ce (dieu), auteur de tout bien, qui, char brillant, accompagné de la troupe des Ma-
avec Ridjiswan 5. a tué les epouses enceintes routs, (viens) jouir de nos libations, et assister,
sur cette couche de causa, à notre sacrifice.
LYoy. p. 45, col. 1, note 1.
2. Nom d’un Râdjarchi. Voy.,plus bas, p. 114,col. 2,
note 7. l. Le mot Crichna signifie noir : c’est le nom d’un
3. Voy. p. 59,col. 2, note 3. Asoura. Cette allégorie nous représente les nuages, gros
4. Râdjarrhi, père des cinq princes qui vont être nom- et noirs de tempêtes, et percés par la foudre d’lndra.
més, et auxquels cet hymne est attribué. 2. Noms d’Asouras.
5. Voy. p. 73, col.2, mue 7. 3. Voy. p. 44, col. i. note 7.
(un. vu] mentaux. - SECTION PREMIÈRE. [03

10. Oui, viens avec tes coursiers jouir de nos de mettre en relief ta grandeur immense. 0 Dieu
libations, ô lndra! Que ta bouche, que tes lèvres quidetruis les villes (des Asouras), tu peux bien
s’ouvrent (à la douceur de nos offrandes). (Dieu) frapper de mort nos ennemis!
à la noble face, que tes chevaux t’améuent vers 8. Telle qu’un triple cordage, ta force est sans
nous, et que nos holocaustes comblent tes désirs! égale; roi des hommes, tu conserves les trois
il. Gardiens d’un sacrifice dans lequel on unit mondes, les trois feux I, tout cet univers. Olndra,
l’éloge des Marouts à celui d’lndra, puissions- par ta nature tu ne saurais avoir d’ennemis.
nous jouir des bienfaits (de ces dieux)! Qu’ils 9. Nous t’invoquons le premier parmi les dieux.
nous protègent également, Mitra, Varouna, Aditi, Tu es notre soutien dans les combats. Qu’lndra
la Mer, la Terre et le Ciel! rende notre. char de bataille terrible comme le
sien, capable de fendre les rangs de nos ennemis,
HYMNE VIH. et de briller à l’attaque avant tous les autres.
l0. Tu triomphes, et tu ne nous envies pas les
A mon, un couru. fruits de la victoire, Û Maghavan, quelle que soit
(Hein : Djagatî et Triehtnubh.’ l’im portance du combat. Tu es redoutable, et
l. J’offre cette grande prière à toi,(dieu) grand, Ï nous vinVitons à nous secourir- 0 ("il"), Viens
parce que ton âme se plait à l’hymne du poéte. nous seconder quand nous t’invoquons!
Pour développer, pour accroître la force du vie- il. Qu’lndra soit chaque jour notre protecteur.
torieux lndra, que les Dévas se livrent avec lui Puissions-nous, exempts d’infortune, jouir de ses
bienfaits ! Qu’ils nous protègent également, Mitra,
aux joies du sacrifice!
2. Les sept fleuves l sont les témoins de sa puis- Varouna, Aditi, la Mer, la Terre et le Ciel !
sance; le ciel, la terre et l’air, (les témoins) de sa
forme merveilleUSe. Pour nous donner le bonheur HYMNE lX.
de te voir et d’avoir foi en toi, ô lndra, le soleil
et la lune apparaissent tour à tour.
A IxunA, un coursa.
3. 0 Maghavan, dirige vers nous, pour notre 101m .- "lagmi et Trichtoubh.)
satisfaction, ton char victorieux,qui, dans le l. Les sages ont autrefois ressenti les effets de
combat, cause notre félicité. O lndra, toi qu’au
tu puissance souveraine, et redoutable pour tes
momentdu danger invoque notre prière, 0 Magha-
ennemis. Connue étendard, tu déploies à la fois
van, accorde-nous le bonheur, à nous qui te sur la terre le feu de notre sacrifice, dans le ciel
sommes dévoués!
le feu du soleil.
à. Puissions-nous, avec un auxiliaire tel que 2. C’est lndra qui étend et soutient la terre,
toi, remporter la victoire! Protége notre cause,
lui qui de sa foudre frappe (les Asouras), et ré-
et conserve-nous en toute occasion. 0 Indra, pand les ondes; lui, Maghavau, qui terrasse Ahl,
ouvre-nous le chemin de la prospérité! O Magha-
van, détruis les forces de nos ennemis!
tue ROhina ’, et brise sous ses coups, les
membres (de Vritra).
à. 0 toi qui possèdes la richesse, tous ces
hommes ici présents te célèbrent et implorent
3. Ce (dieu) qui soutient les êtres, plein de
confiance en sa force, apparaît pour détruire les
ton appui. (Viens) nous apporter tes biens, monte
villes des Dasyous. 0 maître sage et armé de la
sur ton char victorieux. O lndra, tu es ferme et
foudre, lance ton trait sur le Dasyou, et aug-
constant dans tes affections. mente la force et la gloire de l’Arya 5!
6. Le bras d’îndra triomphe pour la délivrance
4. Quand un mortel prodiguant les libations et
des vaches (célestes); il est tout puissant, infini,
indépendant, incomparable pour sa force. En toute
les hymnes honore Maghavan, alors (le dieu),
armé de sa foudre, court frapper le Dasyou, et, pour
occasion son secours remplace le nombre, et il son serviteur, il va conquérir ce renom mémora-
donne la prospérité. Voilà pourquoi les hommes
ble qui doit durer autant que les âges humains.
l’invoquent pour obtenir la richesse.
Voyez donc les effets infinis de la puissance
7. 0 Maghavan, tes bienfaits répandus sur notre
de (ce dieu); ayez foi en la force d’lndra; c’est à
peuple suffisent à des centaines, à des milliers
de personnes. Notre prière est grande, et essaye l. Voy. plus haut, p. 99, col. 1. note 6.
2. Nom d’un Asoura. r
t.Yoy. p. (il, col. 2, note 3. 3. Voy. p. 61,col. l, note 2.
un une. - l’UÉSlE l.YlllQUlâ. ILect. VIL]

lui que nous devons les vacher, les chevaux, les et la Virapatni l se gonflent, et portent dansleur
plantes, les eaux, les forets. sein le lait (tombé du ciel).
6. Ver-sons le soma en l’honneur du (dieu) puis- Quand nous apercevons la marche du Dasyou
sant, libéral et généreux, qui posséde la force de et qu’il se dirige vers notre demeure comme s’il
la justice, qui, noble héros, sait, tel que le bri- en connaissait le chemin, ô Maghavan, alors dé-
gand du grand chemin, dresser une embûche à fends-nous contre ses attaques. Ne nous dédaigne
l’impie f, et distribuer ses dépouilles. . pas, comme le débauché (dédaigne) les richesses
7. OIndra, le haut fait dont tu peux te glorifier, (qu’il prodigue).
c’est d’avoir avec ta foudre réveillé Ahl, qui s’en- 6. O lndra, permets-nous de jouir du soleil et
dormait 9. Tu triomphes, et ta joie est partagée des eaux! Donne-nous une vertu que les autres
par tous les dieux, par leurs (saintes) épouses a, puissent vanter. Conserve le fruit que renferme
et par ceux à qui leur vitesse donne des ailes t. le sein (de nos épouses). Nous avons foi en ta
8. Quand tu frappais Souchna, Piprou, Couyava, grande puissance.
Vritra, ô lndra, tu brisais aussi les villes de Sam- 7. Oui, je le confesse, j’ai foi dans un (dieu) tel
bara 5. Qu’ils nous protégent également, Mitre, que toi. Que ta libéralité nous comble de biens!
Varouna, Aditi, la Mer, la Terre et le Ciel! 0 lndra, que nous invoquons avec ferveur, ne
nous livre pas à l’indigence, et satisfais large-
ment à notre faim et à notre soif.
HYMNE X.
8. Garde-toi de nous frapper, ou de nous dé-
A INDRA, PAR COUTSA. laisser. Ne nous enléve pas nos douces jouis-
(11(er : Trichtonbh.) sances. O Maghavan , 0 Sacra , ne brise pas
l’œuf qui contient (nos espérances) t ne brise pas
f. 0 lndra, nous t’avons préparé ton siège au
ces vases (de nos affections), ces tendres enfants
sacrifice; viens, comme un coursier hennissant, qui se traînent sur leurs genoux !
occuper ta place. (Viens) à nos libations, pous- 9. Viens donc vers nous. On dit que tu aimes
sant, excitant les chevaux ailés qui te transpor- le soma.’Nous t’en avons préparé: bois-eu jusqu’à
tent et le jour et la nuit. l’ivresse : remplis tes larges entrailles. Nous t’ap-
2. Ces hommes viennent à lndra, implorant son pelons, daigne nous écouter comme un père l
secours. Qu’il daigne diriger leurs voies! Que
les Dévas (par leurs prières) détournent la colère HYMNE Xi.
de l’Asoura; qu’ils amènentpour notre salut (le
A Tous LES DIEUX, un coursa.
dieu) protecteur!
(mon : Trichtoubh. et Mnhivrihatî.)
3. Voilà que Couyava , s’emparant du trésor des
nuages, réserve pour lui seul l’onde écumante. Ses l. Tchandramas 1, poursuivant son volàtra-
deux épouses 6 se baignentdans ce lait(céleste). vers les vagues de l’air, s’avance dans le ciel. 0
Qu’elles soient frappées,et viennent grossir le rayons a la trace dorée, (l’œil) 5 ne peut trouver
cours de la Sipra 7.
1. Noms de trois rivières.
4. Le séjour d’Ayou a, voisin (de ses ondcsl,en est
2. Voy. p. 90, col.2, note 1.
submergé. Cependant le héros (céleste) éclate, 3. Le commentateur suppose que cet hymne est de
épuisant le flanc(des nuages). L’Andjasî, la Coulisi Coulsa, ou plutôt d’un certain Richi appelé Trila, fils
des Eaux z l’hymne fut compasé, dit-il, dans un mo-
ment où ce dernier, précipité dans un puits, ne pouvait
1. C’est-adire Vritra. apercevoir les rayons de la. lune. Nous avons déjà vu
2. Au moment de l’orage, les nuages amoncelés sem- (voy. p. 74, col. 1, note 4) une légende sur la naissance
blent stationnaires : un coup de foudre vient décider du personnage connu sous le nom de Truc. lei, l’on
le pluie. raconte que trois Richis, Ecata, Dwita. et Trila, voya-
3. C’est-à-dire les prières, comme nous l’avons vu. geaient ensemble dans une forêt; ils arrivèrent a un
4.1.65 Marouts légers comme des oiseaux. puits. Après s’être rafraîchis, les compagnons de Trita.
5. Tous ces noms sont des noms d’Asouras, c’est-à- le jetèrent dans ce puits, et s’emparèrent de ses effets.
dire des désignations des formes diverses que prennent Une autre légende considère Ecala, Dwita. et Trita. comme
les nuages. Ces mots ont. des sens qui, probablement, un seul et même personnage qui renait jusqu’à. trois
indiquent ces formes plus ou moins variées. fois. Le sens de cet hymne peut être allégorique, car
6. L’imagination du chantre sacré nous dépeint l’Asoura Trita, c’est le soma personnifié; il est dans le puits,
comme placé entre deux nues qui sont ses épouses. c’est-à-dire dans le bassin qui contient la libation; il
7. C’est le nom d’une rivière : ce mot pourrait bien aspire a en sortir. et adresse ses plaintes à tous les
être un nom commun. dieux. ll me semble même, d’après son nom, que Trita
8. C’est-a-dire de l’homme. doit être spécialement la troisième libation. ou celle du
[un VIL] RIG-VÊDA. - SECTION PREMIÈRE. 105

votre voie. Ciel et Terre, voyez ce que je des Eaux, de Trita 1 z il chante pour obtenir sa
suis. A obtient. La femme a obtenu
2. Qui demande,
délivrance. Ciel et Terre, voyez ce que je suis.
10. Les cinq (dieux) qui donnent l’abondance ’
un mari. Le désir des deux époux s’est enflammé; et qui se tiennent au centre du monde, après être
et la femme a conçu un germe précieux de cet venus, au milieu des autres, briller avec tant de
amour l. Ciel et Terre, voyez ce que je suis. gloire, sont retournés (dans leur séjour). Ciel et
3. O Dévas, que l’heureux aliment destiné a ce Terre, voyez ce que je suis.
brillant (nourrisson) n’aille point tomber sans 1l. Les (rayons) d’Agni aux ailes légères siégent
effet! Ne soyons pas réduitsà perdre ce (fils) for- seuls sous cette voûte céleste qui embrasse tout:
tuné, digne de nos libations! Ciel et Terre, voyez ils écartent de sa route le loup 5 qui traverse les
ce que je suis. grandes ondes. Ciel et Terre, voyez ce que je
Il. Je m’adresse, avant tout, audieu protecteur suis.
du sacrifice. (Agui) notre messager peut bien dire 12. 0 dieux, à vous j’adresse cette prière nou-
(aux autres dieux) : a Qu’est devenu le fruit de nos velle, qui est faite pour vous plaire. Voilà que
sacrifices passés ? Quel est votre nouveau favori? n les ondes (du sacrifice) s’approchent d’Agni ;
Ciel et Terre, voyez ce que je suis. voilà que le soleil a rempli sa carrière. Ciel et
5. O dieux, qui habitez ces trois mondes qu’eu- Terre, voyez ce que je suis.
veloppe la lumière céleste, ou est pour vous la 13. O Agni, tu es l’allié des Dévas, et cette al-
justice ou l’injustice? Qu’est devenu le prix de liance doit étre célébrée par eux. Viens t’asseoir
notre ancienne piété ? Ciel et Terre, voyez ce que a notre foyer, comme jadis à celui de Manon, et,
je suis. sage entre tous, fais le sacrifice aux dieux. Ciel
6. Qu’avons-nous retiré de notre sacrifice? Où et Terre, voyez ce que je suis.
est la forme de Varouna? Sur quelle route est le 14. Oui, qu’Agni, sage entre tous, vienne, en
grand Aryaman ?Comment pourrons-nous triom- qualité de sacrificateur, s’asseoir à notre foyer,
pher de nos ennemis ? Ciel et Terre, voyez ce que comme jadis àcelui de Manon; que ce dieu, pru-
je suis. dent parmi les autres dieux, les appelle à nos .
7. c’est moi qui, plus d’une fois, ai versé le holocaustes. Ciel et Terre, voyez ce que je suis.
15. Ce (dieu) sauveuraccomplit l’œuvre sacrée;
soma et chanté des hymnes en votre honneur; et
c’est moi que surprend le malheur, tel que le nous l’invoquons, lui qui peut nous conduire
loup (surprend) la biche altérée. Ciel et Terre, dans la bonne voie; il tire du cœur la prière, il
voyez ce que je suis. est digne de nos louanges. Naisse donc le sacri-
8. Des douleurs poignantes 3, pareilles à des fice! Ciel et Terre, voyez ce que je suis.
rivales jalouses, me déchirent de tout côté. 0 Sa- 16. Cet Aditya qui a été fait pour être avec tant
tacratou, moi qui t’ai célébré, la peine me dévore, de gloire le voyageur céleste, O Dévas, n’est pas
de même que les rats se dévorent la queue a. Ciel encore arrivé. 0 mortels, vous ne le voyez pas !
et Terre, voyez ce que je suis. Ciel et Terre, voyez ce que je suis.
9. Ma demeure est l’endroit même ou brillent l7. Trita, tombé dans un puits, appelait ainsi
les sept rayons lumineux a. Tel est l’espoir du fils
1. Trita est fils des Eaux, puisqu’il est la libation
elle-même. Il veut être délivré, c’est-à-dire tiré du
soir. Après avoir été Bouts. ou première libation, Dwita bassin qui le renferme, pour être jeté dans le foyer.
ou deuxième libation, ce personnage aspire A devenir 2. Les cinq personnages sont: Agni sur la terre,
Trita. J’ai entendu dans ce sens les détails de cet hymne VAyou dans l’atmosphère, Aditya dans le ciel, Tchau-
du soir. Telle est la position des choses dans la pre- drames dans la région des constellations, et Vidyout
miere strophe : la. nuit arrive, et la lune brille au ciel. (dieu de la foudre) dans les eaux du nuage.
On n’apercoit plus les rayons du soleil. Le Bichi ou 3. Le texte porte le mot tarira, qui, rendu quelque-
plutôt Trita prend la parole. fois par brigand et ravisseur, signifie aussi loup. Le
î. Le texte est plus expressif. Je pense que cette commentateur, incertain, présente deux sens. ll suppose
strophe fait allusion au rapprochement des deux pièces d’abord que Trita, un fond du puits, a peur que quelque
de l’aranî, d’où naît le feu. loup ne vienne pour le dévorer, et que le Richi prie les
2. Le commentateur dit que ce sont les côtés du rayons du jour d’éloigner cet animal affamé. li donne
puits qui déchirent les chairs de Trita. ensuite un sens trouvé par YAsca. Le loup. c’est Tchan«
3. Comparaison triviale, sur laquelle le commenta- drainas, la lune. car tarira doit se dire d’un astre
teur n’est pas d’accord avec lui-même; car il doute si quelconque soumis à une marche périodique ; les grandes
le mot sinuai signifie queue, ou appât ou même nichée. ondes, ce sont les vagues célestes, c’est l’air; et dans
4. Trita, étant le soma personnifié, habite le lieu du cette hypothèse, Trita dit que les rayons ont la propriété
sacrifice. où brille Agni aux sept rayons. de faire disparaltre la lune.
l. -- BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE. 8
106 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. lLect. VIL]

les dieuxà son secours. Vrihaspati l l’a entendu, recours des héros. (Dieux) généreux, qui êtes
et l’a sauvé généreusement du danger. Ciel et notre refuge, sauvez-nous du mal, comme on
Terre, voyez ce que je suis. sauve un char du précipice!
18. Le loup ’au poil rougeâtre m’a vu sur la 5.0 Vribaspati l, accorde-nous de marcher
route. Aussitôt il s’est levé, comme l’ouvrier dont toujours dans la bonne voie! Nous te demandons
on frappe le dos. Ciel et Terre, voyez ce que je suis. cette part de bonheur qui convient aux enfants
19. Par la vertu de cet hymne, puissions-nous, de Manon. (Dieux) généreux, qui êtes notre refuge,
aidés d’lndra et secondés de tous nosguerriers, sauvez-nous du mal, comme on sauve un char
être vainqueurs dans le combat! Qu’ils nous pro- du précipice!
tégentégalement, Mitre, Varouna, Aditi, la Mer, la 6. Le llichi Coutsa 1, tombé dans le malheur,
Terre et le Ciel! a invoqué le secours d’lndra, le vainqueur de
Vritra et l’époux de Satchl. (Dieux)généreux, qui
HYMNE XII. êtes notre refuge, sauvez-nous du mal, comme
on sauve un char du précipice!
A Tous LES oraux, un coursa à. 7. Que la divine Aditi nous défende avec les
(une: : Djegatl et Trichtouhh.) autres dieux! Que 1e dieu a infatigable, qui con-
serve tout, nous conserve aussi! Qu’ils nous pro-
1. Nous appelons à notre secours lndra, Mitra,
tègent également, Mitre, Varouna, Aditi, la Mer,
Varouna, Agni, la cohorte des Marouts, Aditi.
(Dieux) généreux, qui étés notre refuge, sauvez- la Terre et le Ciel!
nous du mal, comme on sauve un char d’un pré-
HYMNE X111.
cipice!
2. O Adityas, venez au sacrifice qui s’offre pour A Tous LES DIEUX, PAR coursa.
tous les dieux l Soyez nos protecteurs, quand il (Mètre : Trichtouhh.)
s’agit de frapper nos ennemis. (Dieux) généreux, 1. Le sacrifice s’accomplit pour le plaisir des
quiètes notre refuge, sauvez-nous du mal comme dieux. O Adityas, soyez-nous favorables! Que
ou sauve un char d’un précipice! votre bonté se tourne vers nous, (cette bonté) qui
3. Soyons aussi protégés des Pitris A, qui comble de biens les malheureux!
reçoivent nos justes hommages, et de ces deux 2. Que les dieux viennent à notre secours, cé-
divinités 5, dont nos sacrifices augmentent la lébrés par les chants des Angiras! Pour notre
grandeur, et qui ont enfanté les dieux. (Dieux) bonheur, qu’Jndra nous donne la force, les Ma-
généreux, qui êtes notre refuge, sauvez-nous du routs le souffle des vents, Aditi les Adityas!
mal, comme on sauve un char du précipice! 3. Qu’ludra, Varouna, Agni, Aryaman, Savitri,
4. J’honore par mes offrandes (le dieu sur- nous accordent les aliments qui nous sont néces-
nommé) Nardsansa 6, et riche en présents. Nous saires! Qu’ils nous protégent également, Mitra,
invoquons par nos hymnes Poûchan, qui est le Varounu, Aditi, la Mer, la Terre et le Ciel!

1. Agni, le maltre du sacrifice. HYMNE XIV.


2. Nous avons tu, p. 105, c. 2, note 3, quel est le sens
de ce mot loup. En lisant ce passage, on se rappelle A INDRA ET A son, un coursa
involontairement les vers d’Horace : ("être : Trichtoubh.)
Namque me sylve lupus in Sabine,
Dum meam canto Lalagen, et ultra 1. O lndra et Agni, sur ce char magnifique du
Terminum curis vagor expeditus, haut duquel vous voyez tous les mondes, venez
Fuglt inermem, etc.
ensemble, et buvez du soma qui a été préparé.
Tel est aussi le premier sens que donne le commenta-
teur; mais il revient ensuite a l’explication d’YAsca, 2. Le soma que je vous offre à boire est aussi
qui, dans le vrica, trouve la lune, laquelle, en voyant abondant que cet univers est large, profond,
Trita sorti du puits, poursuit tranquillement son cours.
I 3. Coutsa est l’auteur de cet hymne: cependant, étendu.0 lndra et Agni, qu’il suffise a vos désirs !
comme il fait parler Trita, il est possible qu’on l’ait 3. Vous avez avec gloire associé vos noms.
identifié avec ce personnage.Voy. v. 6.
4. Ce sont, dit le commentateur, les Pitris Agni- Ensemble vous avez tué Vritra. Ensemble, o ln-
chwâttas, ancêtres des dieux, et honorés par des sacri- dra et Agni, venez vous asseoir (à notre sacrifice).
fices spéciaux. Voy. Loir de Manon, liv. lll, v. 195.
5. Le ciel et la terre. 1.. Nom d’Agni. - 2. Voy. pag. 106, col. 1, note 3.
8. Voy. pag. 48, col. 1, note 1. 3. Savitri ou le soleil.
(un. vu.) RIG-VÉ DA. - SECTION PREMIÈRE. 107

Dieux généreux, goûtez du soma que vous verse l3. O Indra et Agni, buvez de ce soma, et
le père de famille. accordez-nous tous les biens! Qu’ils nous proté-
4. Ainsi les feux sont allumés pour vous; le gent également, Mitra, Varouna, Aditi, la Mer, la
beurre, les coupes et le lit de cousu sont pré- Terre et le Ciel! -
parés en votre honneur; les libations sont pro-
diguées; dludm et Agni, venez ici pour notre HYMNE XV.
bonheur.
A [nous tu A un", PAR COUTSA.
5. O lndra et Agni, ces prouesses, ces manifes-
tations vigoureuses, ces anciens témoignages (lare : Trichtoubh.)
d’une heureuse amitié, daignez les renouveler l. 0 lndra et Agni, je désire la fortune, et c’est
pour nous, et buvez du soma qui a été pré- vous que j’invoque avec la confiance qu’inspirent
paré!
des parents ou des amis. Je n’ai pas d’autre pro-
6. J’ai déjà dit, en vous honorant avec respect, tecteur que vous: c’est pour vous que j’ai pré-
que ce soma était destiné à ces (dieux) qui sont paré cet hymne et ces offrandes.
notre vie t. Comptant sur ma parole, venez, et 2. Je sais que vous êtes plus généreux qu’un
buvez du soma qui a été préparé. amant ou qu’un frère de fiancée. Je vous offre
7. O vous, dignes de nos sacrifices, lndra et donc ce soma, o lndra et Agni, et je vous fais
Agni, en quelque demeure que vous soyez en ce l’hommage d’un hymne nouveau.
moment, retenus par les plaisirs que vous a pré- 3. Craignant de voir couper la chaîne (de leur
parés la prévoyance d’un saint prêtre ou celle race), et souhaitant de conserver le pouvoir viril
d’un prince ’, venez ici, (dieux) généreux, et de leurs pères, ces chefs de famille veulent, par
buvez du soma qui a été préparé. leurs libations, se concilier la faveur d’ludra et
8. O Indra et Agni, que vous soyez chez les d’Agui. Ces (dieux) terribles (pour leurs ennemis)
enfants d’Yadou, de Tourvasa, de Drouhyou, s’approchent de ceux qui les louent.
d’Anou ou bien de Poùrou 5, venez ici, (dieux) 4. Pour vous plaire, o lndra et Agni, la sainte
généreux, et buvez du soma qui a été préparé ! prière vous implore, et vous verse le soma. En-
9. O Indra et Agni, que vous soyez dans le trainés par vos chevaux t, (dieux) aux bras
monde inférieur, intermédiaire ou supérieur t, magnifiques, aux belles maine, accourez; et,
venez ici, (dieux) généreux, et buvez du soma qui dans nos ondes (sacrées), enivrez-vous de dou-
a été préparé!
ceurs.
10. Oui, Indra et Agni, que vous soyez dans le 5. 0 lndra et Agni, je sais quelle est votre force
monde supérieur, intermédiaire ou inférieur, ve- quand il s’agit de frapper Vritra, et de distribuer
nez ici, (dieux) généreux, et buvez du soma qui a ses trésors. (Dieux) sages, venez donc vous asseoir
été préparé!
sur le cousu de notre sacrifice, et savourer le. soma.
il. 0 lndra et Agni, que vous soyez dans le ciel 6. Dans les combats, vous êtes plus forts que
ou sur la terre; que vous soyez dans les nuages, tous les hommes; vous êtes plus étendus que la
dans les plantes ou dans les ondes, venez ici, terre et le ciel, plus grands que les mers et les
(dieux) généreux, et buvez du soma qui a été montagnes. O lndra et Agni, vous êtes au-dessus
préparé! de tous les autres êtres.
12. 0 lndra et Agni, que vous soyez dansl’eni- 7. 0 lndra et Agni, (dieux) armés de la foudre,
vremeut des offrandes qu’on vous présente au soyez prodigues de vos présents; couvrez-nous
lever du soleil, ou bien au milieu du jour, venez de votre protection. C’est sous l’influence de ces
ici, (dieux) généreux, et buvez du soma qui vous mêmes rayons du soleil que nos pères sont arri-
est préparé! vés au comble de leurs vœux.
8. 0 lndra et Agni, (dieux) qui brisez les villes
I. Traduction du mot Asoura. (des Asouras), et armez vos bras de la foudre,
2. Ce n’est pas ici une distinction de caste; c’est la
distinction de deux professions sociales, brahman sauvez-nous dans les dangers! Qu’ils nous proté-
(l’homme de Dieu), et râdjan (le prince) ; ab olumeut gent également, Aditi, la Mer, Mitra, Varouna, la
comme, chez les anciens Grecs, le munit: et le basileus, Terre et le Ciel!
et dans les mêmes rapports.
3. Noms des princes anciens, fils, tous les cinq,
d’Yayati, cinquième roi de la race lunaire. t. Le poëte donne ici à lndra et A Agnî le surnom
4. C’est-i-dire: la terre, l’air et le ciel. d’Aswim, qui appartient A deux autres divinités.
108 mon. - POÉSIE LYRIQUE. leur. vu.)
HYMNE xvx. des aliments et des trésors; il est notre refuge,
notre bienfaiteur. O dieux, puissions-nous, avec
AUX RIBBOUS, PAR COUTSA. votre secours et dans un jour favorable, attaquer
(leur: : Djegetl et Trichtoubh.) les armées des impies!
l. J’ai tout préparé pour l’œuvre (sainte); un 8. O Ribhous, vous avez de la peau (d’une va-
nouvel hymne est chanté en l’honneur (des êtres che morte) couvert une vache (nouvelle), etrendu
divins). Cette mer (de soma) est versée pour tous ainsi une mère au jeune veau t. Nobles fils de
les dieux. 0 Ribhous t, réjouissezvous de nos Soudhanwan, dans une pieuse intention vous avez
donné la jeunesse à votre père et à votre mère,
hommages! -
2. O fils de Soudhanwan, ô vous qui, comme
accablés sous le poids des ans ’.
moi, descendez d’Angiras, vous n’aviez pas votre 9. 0 lndra, viens avec les Ribhous! Donne-
part aux offrandes ’; vous vous êtes rendus, nous notre part dans les aliments que tu dis-
pour vous la procurer, dans la demeure du gé- penses (aux hommes), accorde-nous l’abondance
néreux Savitri : vous comptiez (avec raison) sur de tous les biens divers. Qu’ils nous protègent
vos mérites. également, lllitra, Vamuna, Aditi, la Mer, la Terre
3. Et Savitri vous a donné l’immortalité, quand et le Ciel!
vous êtes venus vous mettre au service du (dieu) HYMNE XVll.
qui ne peut rester caché. C’est alors que la coupe
Aux niellons PAR coursa.
d’Asoura a, qui contenait les offrandes et qui
(Mètres : Djegati et Trichtoubh.)
était unique, vous l’avez divisée en quatre parties’.
4. Prêtres accomplissant les saintes cérémonies l. Les Ribhous 3, savants ouvriers, ont cons-
avec diligence, quoique mortels, les Ribhous ont truit (pour les Aswins) un char dont les roues
obtenu l’immortalité. Ces fils de Soudhanwan, sont merveilleuses. Ils ont donné pour le char
(établis) dans le disque solaire et brillants comme d’indra des coursiers qui répandent le trésor de
l’astre du jour, sont invoqués par nos prières. l’abondance. Ils ont rendu la jeunesse à leurs
5. Les Ribhous ont partagé la coupe du sacri- parents. lis ont pour un jeune veau créé une
fice, comme avec un instrument tranchant on par- nouvelle mère.
tage la terre. houés et puissants à l’égal (des au- 2. En faveur de notre sacrifice, donnez-nous
tres dieux), ils obtiennent, parmi les mortels, les une nourriture abondante; en faveur de nos
offrandes qu’ils ont désirées. hommages et de nos offrandes, accordez-nous
6. Ainsi, en l’honneur de ces princes de l’air, une opulence que soutiennent de nombreux en-
nous offrons, par le moyen de la science, la prière, fants. (Faites) que nous soyons entom’és d’un
comme, par le moyen de la cuiller (sacrée), on peuple de héros. Pour notre bonheur, entourez-
offre le beurre du sacrifice. Les Ribhous, s’unis- nous de force et de puissance.
sant aux vives clartés du père (de la nature), 3. Nobles Ribhous, donnez-nous la richesse,
s’élèvent dans l’air pour alimenter le soleil. donnez-nous des chars, des chevaux; donnez-
7. Ribhou est pour nous un maître dont la nous la victoire. Que chaque jour ou vante notre
force est toujours nouvelle: Ribhou nous accorde puissance, et que, seuls ou aidés de nos amis,
nous soyons forts dans les combats.
l. Voy. page 51, col. i, note 1 4. J’appelle a notre secours lndra (appelé) Ri-
2. Les Ribhous ont été élevés à la qualité de dieux. et
ont eu dans les sacrifices leur part d’amandes et d’in- bhoukohas, les Ribhous, les Vàdjas t, les Ma-
vocations. On les a identifiés avec les rayons du soleil.
C’est aVec cette idée qu’il faut entendre cette strophe. l. Voy. p. 5L c. l, note i. La légende raconte que la
Nous avons vu que les poëtes du Rig-Ve’da ont divinisé, vache d’un Richi vint à mourir, et qu’en voyant le veau
sous la dénomination de Délia, les diverses parties du privé de sa. mère, le saint homme s’adresse aux Ri-
sacrifice et les formules de prières. Les Ribhous ne se- bhous. Ceux-ci firent une autre vache, qu’ils couvrirent
raient-ils pas les rites employés pour faire passer les de la peau de celle qui était morte.
clartés d’Agni dans le soleil? Ne seraient-ils pas ces 2. Voy. page si, col.1, note i.
ayons du sacrifice partant pour aller illuminer le disque 3. Voy. p. 5l,c. i, note t, et hymne i de cette lecture.
solaire?0n peut concevoir comment les auteurs de cette 4. Ordinairement on compte trois Ribhous : Ribhou,
partie du rituel ont du laisser leur nom a ces cérémo- Vibhwan et Vadja. lei, l’auteur semble faire deux classes
nies, et par quelle confusion d’idées on a dit que des de ces personnages, appelés les uns les Ribhotu, les
hommes ont reçu le titre de dieux. autres les Vâdjas. Ce dernier mot, qui signifie offrande,
3. Maure employé ici pour un nom du soleil. semble confirmer les remarques de la page 108, col 1,
4. Voy. page 51, col. t, note i. note 2.
(La. vu.) RIG-VEDA. - SECTION PREMIÈRE. 109

route, Mitra et Varouna , les Aswins. Qu’ils laquelle vous avez sauvé Canwa, l qui demandait
viennent boire notre soma, et qu’ils nous donnent la guérison de ses maux, montrez-la encore, o
la richesse, la piété, la victoire! Aswins, et secourez-nous!
5. Que Ribhou, par la force, nous prémunisse 6. La puissance avec laquelle vous avez pro-
contre le danger; que l’adja le victorieux nous tégé Antaca ’ blessé et plongé dans un gouffre,
sauve! Qu’ils nous protègent également, Nitra, Bhoudjyou 3, Carcandhou et Vayya 1, montrez-
Varouna, Aditi, la Mer, la Terre et le Ciel! la encore, o Aswins, et secourez-nous!
7. La puissance avec laquelle vous avez rendu
HYINE XVIll. Soutchanti 5 riche et puissant; avec laquelle
aux uvvlns, rut coursa. vous avez apaisé en faveur d’Atri a le brillant et
(Hum .- Magali et Tricbtoubh.) fortune (Agni); avec laquelle vous avez sauvé
l. Je chante en premier lieu le Ciel et la Prisnigou et Pouroucoutsa ’, montrez-la encore,
Terre t, et Agni, resplendissant d’un si bel éclat au O Aswins, et secourez-nous!
moment du sacrifice. La puissance avec laquelle 8. (Dieux) bienfaisants. la puissance avec la-
vous faites dans le danger triompher un parti, quelle vous avez fait voir et marcher Paravridj ’
montrez-la encore, ô Aswins, et secourez-nous! aveugle et boiteux; avec laquelle vous avez dé-
livré un passereau dévoré 9, montrez-la encore,
2. Pour obtenir vos faveurs, des (serviteurs)
dévoués, les mains chargées d’offrandes, s’appro- O Aswins, et secourez-nous!
chent de votre char, et semblent vouloir entendre 9. La puissance avec laquelle vous avez rendu
votre parole. La puissance avec laquelle vous ac- l’onde "’ aussi douce que le miel; avec laquelle,
cueillez la prière au moment du sacrifice, mon- (dieux) toujours jeunes, vous avez sauvé Vasich- ,
trez-la encore, o Aswins, et secourez-nous! tha H, conservé Coutsa 4’, Sroutarya et Narya 13,
3. Par la force de la divine ambroisie, vous montrez-la encore, ô Aswins, et secourez-nous!
exercez sur ce peuple un généreux empire. lO. La puissance avec laquelle vous avez, dans
Nobles protecteurs, la puissance avec laquelle la bataille qui procure mille trésors, soutenu la
vous avez su donner du lait à une vache stérile ’. marche chancelante de l’opulente Vispalà u;
montrez-la encore, O Aswins, et secourez-nous! avec laquelle vous avez protégé votre serviteur
Vasa, fils d’Aswa "l, montrez-la encore, o Aswins,
A. La puissance avec laquelle se distingue
entre les êtres rapides et légers celui qui a deux et secourez-nous!
mères 3, et qui, glorieux de la majesté de son
t. Voy. page 48, col. 2, note 1; et page 65, col. 2,
fils, parcourt (le monde); avec laquelle un sage 1 note 2.
a été doué d’une triple science. montrez-la en- 2. BMjarchi submergé par les Asouras.
3. Bhoudjyou, fils de Tougra, sauvé d’un naufrage.
core, o Aswins, et secourez-nous! 4. Carcandhou et Vayya, noms de princes. La famille
5. La puissance avec laquelle vous avez ra- de Vzltqyya est déjà nommée. Voy. p. 78, col. 2, note 3.
mené ala lumière du jour et Rébha et Bandana 3 5. om de prince.
6. Voy. p. 73. col. 1, note 2.
enfermés dans les ténèbres d’un puits; avec 7. Noms de princes. Le dernier est déjà cité. Voy. p. 81,
col. 2, note 1.
1. C’est ici que le commentateur dit que le ciel et la 8. Nom d’un Richi. Le commentateur intercale le nom
tous sont une même chose que les Aswins. de Ridjraswa, et dit que celui-ci était aveugle, et Para-
2. Iiracle opéré en faveur de Samyou. Voy. page 63. vridj, boiteux.
col. 1, note A. 9. Ce passereau est femelle, et il est dévoré par un
3. J’entends ce passage comme relatif à Agni, qui passe loup, vrica. YAsca (voy. page 105, col. 2, note 3,
pour avoir deux méres(voy. p. 59, col. t, note 2, et p. 99, et page 106, col. 1, note 2) pense que ce loup, c’est le
col. 1, note 1), et dont le Soleil semble devoir être le lune, et que le passereau, c’est le jour ou plutôt le
fil!- Le commentateur applique cette idée au dieu du crépuscule (protidivasa) dévoré par cet astre, et délivré
veut, à Vâyou : Ce dieu, dit-il, mesura, parcourt deux par les Aswins.
mondes; et il explique ainsi le mot dwimàtri. Il donne 10. Sindhou.
encore une autre solution de la difficulté qui résulte 11. Nom d’un Richi.
d’une double maternité. Les Vents sont fils de la Terre 12. Voy. p. 62. col. 2, note 2; p. 106. col. 1, note 3.
(Prisni); mais ils naissent aussi par la vertu du sacrifice. Il est évident qu’il est ici question d’un Coutsa plus
et par conséquent du feu sacré. De la provient cette sin- ancien que l’auteur de est hymne.
guhère généalogie: Agni, feu du sacrifice, fait naltre le 13. Noms de Richis. Narya a été nommé plus haut,
Vent, et le Vent. a son tour, fait nattre aussi le Feu par p. 76, colit, note 3.
le moyen de son souffle. H. Vispala, femme de Khéla, perdit un pied dans un
l. Ce sage est Cakchlvân. Voy. p. m, col. 1. note 2. combat. Par les prières d’Agastya, pourohita de son
5. Noms de deux Richis jetés dans un puits par les mari, elle en obtint un autre de fer.
Asouras. 13. Deux noms de princes.
110 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [un vu.)
il. La puissance avec laquelle vous avez, Atri 4 et l’antique Manon ; avec laquelle, en faveur
(dieux) généreux, ouvert le doux trésor (de la de Syoûmarasmi ’, vous avez su lancer des flè-
pluie) au fils d’Ousidj, à Dlrghasravas l, devenu ches, montrez-la encore, o Aswins, et secourez-
marchand; avec laquelle vous avez protégé votre nous!
serviteur Cakchlvàn ’ , montrez-1a encore, o 17. La puissance avec laquelle vous avez, dans
Aswins, et secourez-nous! le combat, fait briller, comme un feu artistement
12. La puissance avec laquelle vous avez rempli dressé, Patharvan t remarquable par son ven-
la î Rasa d’une onde impétueuse; avec laquelle tre; avec laquelle vous avez protégé Saryàta 1
vous avez pousse à la victoire un char privé de dans la bataille, montrez-la encore, o Aswins, et
ses chevaux, et rendu a Trisoca 1 ses vaches secourez-nous!
(enlevées), montrez-la encore, ô Aswins, et se- 18. Lapuissance avec laquelle, entrant dans la
pensée des Angiras, vous avez marché les pre-
courez-nous!
l3. La puissance avec laquellev
vous avez, à miers pour délivrer les vaches prisonnières a;
l’horizon lointain, débarrassé le soleil 5 (des te- avec laquelle vous avec comble de biens l’héroïque
nèbres) qui l’environnaient; avec laquelle vous Manon, montrez-la encore, ô Aswins, et secourez-
avez augmente les domaines de Mandhatri 6, et
conserve le sage Bharadwadja 7, montrez-la en-
core, O Aswins, et secourez-nous!
14. La puissance avec laquelle vous avez, dans
les combats contre Sambara, protégé le grand
Atithigwa 9, Divodàsa ° submergé i°; avec la-
nous! .
19. La puissance avec laquelle vous avec déli-
vré les épouses de Vimada 6; avec laquelle vous
avez fait largesse (de vaches) rougeâtres,et donné
a Sondes 7 une merveilleuse. opulence, montrez-
la encore, o Aswins, et secourez-nous l
quelle vous avez, daus le sac d’une ville, sauvé 20. La puissance avec laquelle vous avez, o
Trasadasyou H, montrez-la encore, 0 Aswins, et (dieux) bienfaisants, seconde votre serviteur,
secourez-nous ! protégé Bhoudjyou et Adhrigou °, et accordé à
15. La puissance avec laquelle vous avez apaisé Ritasthoubh ° le bonheur et la gloire, montrez-
la soif du célèbre Vamra 1’, sauvé Cati l5 au mo- la encore, o Aswins, et secourez-nous!
ment de son mariage, défendu Prithi u privé de 2l. La puissance avec laquelle vous avez sou-
son cheval, montrez-la encore, o Aswins, et se. tenu Crisànou 1° dans un combat; sauvé, en ex-
cou rez-nous ! citant sa vitesse, le cheval d’un jeune (héros) ",
16. La puissance avec laquelle, ô (dieux) vail- et donné à des abeilles un miel agréable, montrez-
lants, vous avez arraché au danger Sayou 4’, la encore, ô Aswins, et secourez-nous! .
22. La puissance avec laquelle vous avez, dans
1. Le commentaire dit que Dirghasravas est un fils de une rencontre de guerriers, défendu Nara ", qui
Dlrghatamas et d’Ousidj; que, dans un temps de séche- combattait pour ses troupeaux de vaches; avec
resse, il se fit marchand pour vivre, et obtint, par la laquelle, lui accordant et des terres et des en-
protection des Aswins, une pluie abondante.
2. Voy. page 50, col. 1. note 2. fants, vous avez sauve ses chars et ses chevaux,
3. Nom de rivière. montrez-la encore, o Aswins, et secourez-nous!
à. Nom d’un Ricbi.
5. Soûrya. Ce mot est aussi le nom d’un prince.
Voy. lecture tv. hymne 15, v. 15. 1. Voy. p.73, col. 1, note 2.
6. Prince de la race solaire. 2. Nom diun Richi.
7. Richi nourri par les Aswins. Il y a une légende 3. Râdjarchi de ce nom. Un des fils de llanou porte
qui fait nourrir Bhiralwadja par une alouette. Voyez le nom de Vicoukchi, qui présente la même idée que le
page 78, col. 2, note, 3. portrait qu’on fait ici de Parthvan.
8. Voy. page 73, col. 1, note 12. 4. Un descendant de Manon, par Sarydti. Voy. p. 73,
9. Le nom de ce prince est fort connu dans les Pou- col. 2, note 3.
rtnas. Il y est roi de Cdsl, qui est Bénarès. 5. Voy. p. M, col. 1, note 7.
10. Traduction incertaine du mot Caaodjou, qui a quel- 6. Voy. p. 73, col. 1, note 3. On donne ici à Vimuda.
que unaIOgie L ” de mot 061i, nom de le capitale du plusieurs épouses.
roi Divodasa. 7. Voy. page 71,col. 1, note 1. il avait épousé une
11. Trasadyou est fils de Pouroucoutsa, prince de la dy- tille de Pouroumitra.
nastie lunaire. 8. Deux Richis; le premier est cité p. 109, c.2, u. 3.
12. Ricbi cité déjà. Voy. page 73, col. 2, note 1. 9. Nom d’une lemme.
13. Nom d’un Richi. i
11. Le commentateur confond Prithi avec Pritbou, fils
10. Nom de prince.
11. Suivant le commentaire, ce jeune prince est Pou-
de venu. roucoutsa.
15. Sayou est un Richi. 12. J’ai pensé que ce mot était un nom propre.
[me Vlll.] RlG-VBDA. - SECTION PREMIÈRE. ’ 111
23. La puissance avec laquelle vous avez, 0 nous découvre les richesses (de la nature); elle
(dieux) dignes de cent sacrifices l, protégé. Coutsa. visite tous les êtres.
fils d’Ardjouna ’, Tourviti’ et Dabhlti 1, sauvé 5. Le monde était courbé par le sommeil; tu
thasanti 5 et Pourounchati °, montrez-la en- annonces que le temps est venu de marcher, de
core, a Aswins, et secourez-nons! jouir de la vie, de songer aux sacrifices, d’aug-
"24. 0 Aswins, (dieux) secourables et généreux, menter sa fortune. L’obscurité régnait. L’Aurore
rendez fécondes en résultats et notre parole et éclaire au loin l’horizon, et visite tous les êtres.
notre pensée. Je vous appelle à notre aide, quand 6. Richesse, abondance, honneur, sacrifices,
le jour ne luit pas encore. Daignez augmenter voilà des biens vers lesquels tout ce qui respire
notre bonheur, et nous accorder l’abondance! va marcher à la lumière de tes rayons; l’Aurore
2.3. Jour et nuit, ô Aswins, veillez sur nous, et va visiter tous les êtres.
comblez-nous de vos faveurs! Qu’ils nous proté- 7. Filledu ciel, tu apparais, jeune, couverte d’un
gent également, Nitra, Varouna, Aditi, la Mer, la voilebrillant, reine de tous les trésors terrestres;
Terre et le Ciel! Aurore, brille aujourd’hui fortunée pour nous.
8. Suivant les pas des Aurores passées, tu es
l’aînée des Aurores futures, des Aurores éternel-
LECTURE HUITIÈME. les. Viens ranimer tout ce qui est vivant, Aurore l
viens vivifier ce qui est mort!
HYMNE l. 9. Aurore, c’est toi qui allumes le feu du sa-
A L’AUROIIE, un coursa.
crilice, toi qui révèles (au monde) la lumière du
(Hem : Tricbtoubb.) soleil, toi qui éveilles les hommes pour l’œuvre
1. La plus douce des lumières se lève; elle sainte. Telle est la noble fonction que tu exerces
vient de ses rayons colorer partout la nature. parmi les dieux.
Fille du Jour 1, la Nuit a préparé le sein de l’Aurore, 10. Depuis combien de temps l’Aurore vient-
qui doit être le berceau du Soleil. elle nous visiter? Celle qui arrive aujourd’hui
2. Belle de l’éclat de son nourrisson 3, la blanche imite les anciennes qui nous ont lui déjà, comme
Aurore s’avance; la noire déesse a disposé son elle sera imitée de celles qui nous luirontencore;
trône. Toutes deux alliées au Soleil. (l’une comme elle vient, à la suite des autres, briller pour notre
sa fille, l’autre comme sa mère), toutes deux bonheur.
immortelles, se suivant l’une l’autre,ellcs parcou- 11. Ils sont morts, les humains qui voyaient
rent le ciel, l’une a l’autre s’effacent tour à tour l’éclat de l’antique Aurore; nous aurons leur sort,
leurs couleurs. nous qui voyons celle d’aujourd’hui ; ils mourront
3. (le sont deux sœurs qui poursuivent sans aussi, ceux qui verront les Aurores futures.
fin la même route; elles y apparaissent tour à 12. Toi qui repousses nos ennemis, qui favo-
tour, dirigées par le divin (Soleil). Sans se heurter rises les sacrifices, née au moment même du sa-
jamais, sans s’arréter, couvertes d’une douce crifice l; toi qui inspires l’hymne et encourages la
rosée, la Nuit et l’Aurore sont unies de pensée prière; toi qui amènes les heureux augures et
et divisées de.couleurs. les rites agréables aux dieux, bonne Aurore, sois-
-’I. Ramenant la parole et la prière 9,1’Auroreré- nous aujourd’hui favorable.
pand ses teintes brillantes ; elle ouvre pour nous 13. Dans les temps passés l’Aurore a brillé avec
les portes (du jour). Elle illumine le monde, et éclat; de même aujourd’hui elle éclaire riche-
1. Le poële donne a ces dieux l’épithéte de Satacratou,
ment le monde; de même dans l’avenir elle res-
affectée ordinairement a lndra. plendira. Elle ne connalt pas la vieillesse, elle
2. Voy., pour le nom de Coutsa, p. 62, c. 2, note 2; est immortelle; elle s’avance, ornée sans cessa
page 106, col. 1, note 3, et page 109, col. 2, note 12. de nouvelles beautés.
Le commentateur dit que le mot Ardjouna est un
nom d’lndra. 14. [le ses clartés elle remplit les régions cé-
3. Voy. p. 65, c. 1, note 2. - 4. Nom de Ricbi. lestes; déesse lumineuse, elle repousse la noire
5. Nom de Richi. - 6. Nom de Ricbi. déesse. Sur son char magnifique traîné par des
7. La. nuit, qui vient après le jour, en est considérée
comme la fille. Le jour, c’est le soleil, Savitri. coursiers rougeâtres, l’Aurore vient, éveillant
8. L’aurore, précédant le soleil.est regardée ici comme
(la nature).
sa mère ou sa nourrice.
9. Le silence de la nuit cesse avec l’aurore,et la prière
du sacrifice commence. 1. On pourrait dire, la fille du sacrifice.
112 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [me m1.]
15. Elle apporte les biens nécessaires à la vie Bien portant soit en ce canton tout (être aimé),
de l’homme, elle déploie un étendard brillant; bipède ou quadrupède! Que tout ce qui vit y soit
elle nous appelle, pareille aux Aurores qui l’ont exempt de mal! ’
toujours précédée, pareille aux Aurores qui la 2. Sois bon pour nous, o Rendre, et fais notre
suivront toujours. félicité! Nous t’honorons, nous te bénissons. toi
16. Levez-vous; l’esprit vital est venu pour qui es le refuge des hommes. Et cette part de
nous. L’obscurité s’éloigne, la lumière s’avance; bonheur que Manon, notre père, nous aassurée par
elle prépare au soleil la voie qu’il doit parcourir. ses sacrifices, O Roudra, que nous l’obtenions
Nous allons reprendre les. travaux qui soutien- par toi l
nent la vie. 3. Par la vertu du divin sacrifice, que nous ob-
17. Le ministre du sacrifice élève la voix pour tenions ta faveur, o Roudra, toi qui es le refuge des
célébrer en vers les lumières de l’Aurore. Loin hommes, et qui donnes la pluie. Viens vers notre
des yeux de celui qui le loue, repousse l’obscu- peuple pour faire son bonheur : puissions-nous,
rité; Aurore, bénis, en les éclairant de tes rayons, sains et bien portants, t’offrir notre holocauste!
le père de famille et ses enfants. li. Nous appelons à notre secours le sage et
18. Le morte! qui t’honore voit briller pour lui brillant Roudra, ce (dieu) à la marche oblique 1,
des Aurores qui multiplient ses vaches et lui qui consomme le sacrifice. Qu’il écarte loin de
donnent des enfants vigoureux. Puisse celui qui nous la colère du ciel! C’est sa faveur que nous
t’offre ces libations accompagnées de la prière (qui souhaitons.
résonne) comme un vent (favorable), puisse-t-il 5. Nous invoquons, en l’honorant, le sanglier!
obtenir des Aurores fécondes en beaux coursiers ! céleste, aux formes rougeâtres, ce (dieu) éblouis-
19. Mère des dieuxl, œil de la terre ’, messagère sant, distingué par sa chevelure. Sa main nous
du sacrifice, noble Aurore , brille pour nous; présente de précieux spécifiques. Qu’il nous donne
approuve nos vœux, et répands sur nous ta lu- nourriture, vêtement et maison l
mière. Toi qui fais la joie de tous, rends-nous 6. En l’honneur du père 3 des Marouts, et pour
fameux parmi les nôtres. augmenter la gloire de Roudra, nous chantons cet
20. Les biens divers qu’apportent les Aurores hymne, que rien n’égale en douceur. (Dieu) im-
sont le partage de celui qui les honore et qui les mortel, accorde-nous la nourriture des mortels.
chante. Qu’ils nous protègent également, Mitre, Sois bon pour moi, pour mon fils et mon petit-fils.
Varouna, Aditi, la Mer, laÀTerrc et le Ciel. 7. Épargne parmi nous le vieillard et l’enfant,
, le père et le fils. Épargne celui et celle qui nous
HYMNE Il. ont donné le jour; 0 Roudra, abstiens-toi de
frapper les personnes qui nous sont chères!
A ROUDRA, PAR COUTSA.
8. 0 Rendre, grâce pour nos fils et nos petits-
(une: .- page et Tricbtoubb.) fils! grâce pour nos gens, pour nos vaches et nos
1. Nous adressons l’offrande de ces prières au chevaux! Dans ta colère, ne frappe pas nos guer-
puissant Roudraî, qui est le refuge des hommes; riers. Nous t’invoquons sans cesse, et t’offrons
(a Roudra), qui est distingué par sa chevelure 1. l’holocauste. -
1. Elle est la mère des dieux, dans ce sens qu’avec ainsi dépeindre l’état de l’air couvert de nuages légers,
elle tous les dieux recommencent a agir. chacun dans qui semblent lui former une espèce de chevelure.
le domaine qui lui est propre. Elle semble, chaquejour, 1. Cette idée est employée pour tous les êtres qui ont
les enfanter de nouveau. une marche circulaire et périodique. Roudra, autrement
2. Le texte porte le mot Aditi; c’est le nom sous le- dit l’air, semble suivre la même marche que le ciel et
quel est personnifiée tonte la nature. le soleil.
3. Roudra est le personnage mythologique qui, plus 2. Ce mot rappelle le nom d’un des avatares de Vich-
tard, a été mieux connu sous le nom euphémique de nou. Boudra est ainsi nomméà ceuse.de la. violence des
Sion; car le mot Roudra, dont le commentateur donne vents, on de la couleur noire des nuages.
au moins dix explications, implique l’idée de pleurs et 3. C’est-a-dire Rendre, en tant qu’il est le dien de
de cris. De même qu’lndra représente l’élément daim l’air; car c’est plus tard que fut inventé le conte pou-
ou éther, Rondra est la personnification de l’air, souffle ranique de la naissance des vents au sein de Diti. Cou-
de vie et de mort pour les êtres animés, et souvent agité pés en quarante-huit parties par la foudre d’lndra, ils
par les vents. Voila pourquoi Boudra est regardé comme criaient. Siva (c’est le même que Rendre) et sa femme les
leur père et leur chef. entendirent: celle-ci souhaita d’avoir une semblable
4. Cette épithète capardin est devenue un des noms progéniture, et les Maronts devinrent fils de Siva et de
de Siva. Roudra l’avait reçue des poëles, qui voulaient Parvatl, c’est-à-dire de l’air et de la terre.
[nou. vm.) RlG-VÉDA. - SECTlON PREMIÈRE. l!3
9. Comme le pasteur (soumis devant son maître) HYMNE 1v.
je t’honore et t’adresse mes hommages. Père des
Aux Aswtxs, PAR cancanas.
Marouts, accorde-moi le bonheur. Ta faveur est
(Hêtre .- Trichtoubh.)
le bien le plus admirable; voilà pourquoi nous
implorons ta protection. l. Je prépare comme un lit l d’honneur aux
10. 0 toi, qui es le refuge des hommes, éloigne (dieux) véridiques. Je produis le chant (sacré), de
de nous ta (colère), qui tue les vaches et les même que le vent produit (l’onde) du nuage. Ce
hommes! Que ta bénédiction soit avec nous l O sont les Aswins qui, sur un char et a travers les
dieu, sois notre bienfaiteur et notre patron! con- armées (ennemies), amenèrent une épouse au
serve-nous, toi qui règnes sur un double do- jeune Vimada ’.
maine l l 2. Vous marchez avec fermeté, avec vitesse,
il. C’est à Roudra que nous adressons cet appelés par les dieux ; (divinités) véridiques, l’âne
hymne, en implorant son secours. Que ce (dieu) (attelé à votre char), dans vos combats qui enri-
accompagné des Marouts, écoute notre prière! chissent Yama a, terrasse des milliers d’ennemis.
Qu’ils nous protégeai; également, Mitra, Varouna, 3. 0 Aswins, Tougra t, tel que l’homme qui
Aditi, la Mer, la Terre et le Ciel! va mourir et qui se défait de son trésor, avait
confié à la mer (son fils) Bhoudjyou. Vous avez
HYMNE HI. sauvé ce Bhoudjyou sur votre propre vaisseau,
(sur un vaisseau) aérien qui s’élève au-dessus
AU SOLEIL, PAR COUTSA.
des eaux.
(Hêtre I Trichtoubh.) 4. (Dieux véridiques), au bout de trois jours et
l. Le magnifique flambeau des dieux, l’œil de de trois nuits vous avez, sur votre triple char ’,
Mitra, de Varouna et d’Agni, le Soleil, âme de tout ailé, rapide, porté sur cent roues et attelé de six
coursiers, ramené Bhoudjyou, de l’élément hu-
ce qui existe, a rempli le ciel, la terre et l’air.
2. Comme l’époux suit sa (jeune) épouse, le mide, sur le rivage de la terre ferme.
Soleil suit aussi la divine et brillante Aurore, à 5. Telle fut votre prouesse sur la mer immense,
l’heure où les prêtres, attendant pour honorer incertaine, insaisissable; et vous avez, ô Aswins,
les dieux les moments favorables, adressent à l. Le lit composé de causa.
leur digne (protecteur) un hommage digne de lui. 2. Voy. p. 13, c. 1, note 3; et p. HO, c. 3. note 6.
3. Les chevaux du Soleil, nobles, rapides, bril- 3. Dieu de la mort.Les Aswins,dans leurs révolutions
journalières, voient s’éteindre les générations.
lants, s’élancent dans leur route, dignes, comme
4. Voy. p. 109, c. 2, note 3. Le llailjarchi Tougra,
lui, de nos hommages. Baissant la tète sous le poursuivi dans une ile par ses ennemis, voulut leur en-
joug, ils s’attachent à la voûte céleste, et s’em- lever du moins une partie de leur proie; il fit avec un
corps de troupes embarquer son fils Bhoudjyou. Le
pressent de commencer leur révolution entre la vaisseau qui les portait périt dans des parages éloignés.
terre et le ciel. La. protection des Aswins fut utile au jeune Bhoudjyou.
qui, suivant la légende, se sauva par la route de l’air
4. Et telle est la fonction divine, la fonction avec ses compagnons, et, au bout de trois jours et trois
sublime du Soleil. A la moitié de sa course nuits, fut rendu a son pore. Mon opinion personnelle est
circulaire, il retire en lui-même ses rayons; et que la. plupart de ces légendes ne sont que des contes
allégoriques. Je crois que Bhoudjyou doit être le soleil.
quand il dételle les chevaux de son char, la nuit penture le soleil pendant la nuit.
couvre l’univers de son voile. ’ s. Les Aswins sont portés tantôt sur un char, tantôt sur
un vaisseau. Voy. p. 70, c. 2, note l. Nous avons déjà.
5. Ainsi, pour nous faire jouir de la vue de expliqué (p. 62, e. a. note 4) l’emploi du nombre trois.
Nitra et de Varouna, le Soleil manifeste sa forme quand il est question des Aswins. Deux nombres nou-
à la face du ciel. Sans relâche, ses coursiers veaux sont mentionnés ici: le nombre six, qui rappelle
les six ritent ou saisons, et le nombre cent, pour lequel
nous ramènent sa figure, tantôt brillante, tantôt je n’ai aucune explication. C’est peut-être un nom-
noire. bre indéfini, exprimant une grande quantité. Ainsi
6. Divins rayons du Soleil levant, délivrez- lndra est le dieu aux sont prouesses (Satacratou); sa
foudre a sont tranchants (Satadhâra). Vichnou, plus
nous de toute faute honteuse. Qu’ils nous proté- tard, a reçu les épithètes de Satadhiiman, de sm-
gent également, Mitre, Varouna, Aditi, la Mer, la nanda, de Salàoarttin. Ce dernier mot se rapproche de
l’idée contenue dans ce passage ou cent roues sont don-
Terre et le Ciel! nées au char des Aswins; car Satàvarttin signifie qui
a des centaines de révolutions. J’ose a peine dire que
i. Traduction du mot dwibarhâh. Voy. page 85 le nombre cent, répété trois fois, peut représenter les
col. 2, note i. jours de l’année en nombre rond.
111 mon. - vous"; LYRIQUE. [un Vin.)
déposé dans son palais Bhoudjyou, monté sur Il. Maitres véridiques, il est de vous un trait
votre navire aux cent gouvernails. qui doit être célébré, exalté par nos louanges;
6. 0 Aswins, le cheval blanc que vous avez une action qui doit nous faire désirer votre pro-
une fois donné au cavalier (que vous chérissez), tection. Sachant que Bandana (avait été jeté dans
est pour lui une continuelle bénédiction. Ce fut un puits), tel qu’un trésor que l’on a caché a la
la, de votre part, un don merveilleux et mémo- vue de tous, vous l’en avez retiré t.
rable. Nous devons souhaiter pour nous le cour- 12. 0 lllaltresl je veux aussi révéler (aux mor-
sier de votre serviteur Pédou t. tels qui désirent) la fortune, une de vos œuvres
7. 0 maîtres, l’enfant de Padjra ’, Cakchivan, difficiles : (ma voix est) comme le tonnerre (qui
chanta vos louanges, et obtint de vous la sagesse. annonce) la pluie. C’est à vous que Dadhyantch,
Vous avez du sabot d’un étalon, comme d’un fil- fils d’Atharvan, a offert le miel de ses chants;
tre, tiré des centaines de vases 3 de liqueur. c’est par vous que sa tête de cheval a opéré des
8. Vous avez par (une onde) fraiche éteint l’in- merveilles ’.
cendie (qui dévorait Atri) 1; vous avez donné à 13. (Dieux) puissants et véridiques, (dieux)
ce Richi une nourriture qui a relevé ses forces. aux grands bras, Pourandhi 3 vous invoqua dans
0 Aswins, il était renfermé dans une horrible l’hymne du sacrifice. Comme (le disciple entend
(prison); vous l’en avez retiré, et vous l’avez la voix) de son maître, vous avez entendu’ la
comblé d’un bonheur qui charme tous les sens. prière de cette femme qui avait pour époux un
9. (Dieux) véridiques, vous avez de ses l’onde- eunuque : ôAswins, vous lui avez donné (un fils),
ments soulevé un puits, et, lui donnant un esca- Hiranyahasta.
lier facile, vous avez satisfait la soif de Gotama : 14. (Dieux) véridiques, un passereau courait le
vous avez ouvert pour lui comme une source risque d’être dévoré par un loup : vous l’avez
abondante de félicité 3. arraché de sa gueule 1. (Dieux) aux grands bras,
10. (Dieux) véridiques et secourables, Tchya- un Richi a chanté vos louanges, et vous l’avez
vans était vieux : vous l’avez dépouillé de son rendu àla lumière.
corps comme d’une (ancienne) cuirasse. Vous 15. Tel quel’aile d’un oiseau, le pied de l’épouse
l’avez rendu jeune; il étaitsans famille, vous lui de Khéla avait été cassé dans un combat. Aussitôt
avez donné de jeunes épouses 5. vous avez donné à Vispala une jambe de fer, qui
devait la porter dans la bataille suivante 9.
1. Un favori des Aswins, Pédou. reçut d’eux un cheval 16. Ridjrâswa mettait en pièces cent béliers,
blanc qui le rendit victorieux dans les combats. (pour les offrir) à une louve; son père le rendit
2. Voy. p. ’13, c. 2, note 6. Les Padjras étaient des
descendants d’Angiras. ll faut croire que le père de aveugle. Vous lui avez restitué la vue, (dieux)
comme.) était de cette famille. il faut distinguer deux véridiques et secourables, (dieux) médecins ’.
Cakehivân: l’un, moderne, fils de Padjra; l’autre, an-
cien. fils d’Ousidj. Voy. p. 50, c. 1, note 2. Cakehivdn
aveugle pria les Aswins, et obtint la. sagesse. Riclii plusieurs épouses. Peu importe: car Tchyavana
3. Ces vases s’appellent coumbha. Le filtre, cârotara, ne me parait pas un personnage historique. C’est le soleil
est. suivant le commentaire, un panier d’osier revêtu tombant, le vieux soleil, rajeunissant pour épouser
de peau, ou l’on verse la liqueur (sourd). l’année suivante ou la journée du lendemain.
4. Voy. page 73, col. 1, note 2. Il me semble que 1. Voy. p. 109, c. 1, note 5. Le Richi Bandana fut,
la légende d’Atri représente la saison des pluies venant dans une forêt déserte, jeté par les Asouras au fond
succéder a la saison des chaleurs. Les saisons sont d’un puits, et sauvé par les Aswins. C’est encore, je
au nombre de six, et quelquefois on n’en compte que crois, une personnification de la libation.
trois, en les accouplant deux a deux. Les poètes, 2. Voy. p. 90, c. 1. note2; et p. 92. c. 1,note 1. Ce
comptant les jours de l’année en nombre rondfn’en passage ne confirme-bi] pas l’explication que j’ai
admettent que trois cents, dont le tiers est cent pour donnée de la légende de Dadhyantch?
deux saisons; c’est le nombre des portes de cette 3. Ce mot Pourandht’ m’a paru être le nom propre
maison de peine on les Asouras renferment Atri. Les d’une fille de Radjarchi. Cette légende me semble en-
six saisons sont: le Vasanta et le Gréchma, le Vàrchica core allégorique : le mot Miranyaharta signifie au.
et le Sàrada, l’Hémantica et le Sèsira, correspondant, bras ou au rayon d’or, épithète d’Agni ou du soleil.
les deux premières, aux mois védiques. Madhou, na- 4. Voy p. 105, c. 2, note 3; et p. 106, c. 1, note 2.
dhava, Soucra et Soutchi; les deux secondes. aux mois 5. C’est Cakchlvau, cite au vers 4 de l’hymne 18 de
Nabhar, Nabhasya, Icha et Odrdja; et les deux der- la Vile lecture;ou Paralvridj, cité au vers 8 du même
nières, aux mois Salies, Sahasya, Tapas et Tapasya. hymne; ou Canwa, comme nous le verrons au vers 8
5. Ce miracle est attribué aux Marmite, lecture Vl, de l’hymne suivant.
hymne 5, et plus bas hymne 8. Pour Gotama,voy. p. ’19, 6. Voyez la mention de celait, p. 109, c. 2. note 14.
col. i, note 1; et page 93, col. i, note 2. 7. Ridjréswa, déjà nommé (voy. p. 102, c. 1. note 2),
6. Tchyavéna est un Bichi qui épousa la fille d’un est un RAdjarchi, fils de Vrichagiri ; il immolait cent
prince nommé SAryéta. Le passage présent donne à ce brebis pour les donner a une louve. qui n’était qu’une
lLeet. Vin.) RlG-VEDA. - SECTION PREMIÈRE. 115

17. La fille du Soleil l, portée au but parla vous avez rempli la mamelle d’une vache stérile.
vitesse de votre cheval, monta triomphante sur 23. (Dieux) véridiques, le juste Viswaca,fils de
votre char, et les cœurs de tous les dieux l’y sui- Grichna, implora votre secours et célébra vos
virent. (Déités) véridiques, soyez entourées de ses louanges. Grâce a vous, il a revu son fils, Vis-
trésors lumineux! chnapwa, comme (un pasteur revoit) sa brebis
l8. 0 Aswins, lorsque, invoqués par le Bharad- perdue l.
wàdja Divodàsa ’, vous visitiez sa maison, votre 24. Rébha * enchaîné, blessé, avait été jeté
char apportait la richesse et l’abondance a votre dans l’eau. Pendant dix nuits et neuf jours il
ami, (ce char) que traînaient un bœufet un squale souffrit cruellement au milieu des flots, d’où
attelés ensemble 5. vous l’avez retiré, comme avec la cuiller du sa-
19. (Dieux) véridiques, qui amenez avec vous crifice on puise le soma.
la richesse, la puissance, la force, qui donnez de 25. 0 Aswins! j’ai chanté vos hauts faits. Que
brillants enfans et de vaillants vassaux, vous mes désirs soient comblés! Faites de moi un
êtes venus combler de vos dons la fille de Djali- maître riche en vaches, puissant en vassaux!
nou, qui trois fois par jour vous offrait votre Que je jouisse longtemps de la lumière, et que
part du sacrifice é. j’arrive à la vieillesse, comme (le soleil) à son
20. Djâhoucha l était de toute part environné couchant.
d’ennemis : (dieux) véridiques et exempts de
vieillesse, vous l’avez, pendant la nuit, enlevé HYMNE V.
par la voie de l’air qui était libre, et votre char 1 AUX ASWINS, PAR CAKCHIVAN.
a facilement franchi les montagnes (célestes). (Hêtre : Tricbtoubh.)
2l. 0 Aswins! vous avez protégé Vase fi et lui l. 0 Aswins, l’antique sacrificateur ’ vous
avez accordé mille jouissances qui se renouve- honore, et vous invite a vous enivrer de nos
laient chaque jour. Défenseurs généreux et re- douces libations. Le lit de causa est préparé pour
doutables, vous avez, avec lndra, détruit les en- vous; les chants sont prêts. (Dieux) véridiques,
nemis de Prithousravas ’. venez goûter nos mets et nous apporter vos dons!
22. Le fils de Ritchatca, Sara ’, avait soif : 2. Puissante Aswins, sur ce char, merveilleuse-
vous avez pour lui soulevé l’eau du fond d’un ment attelé, plus rapide que la pensée, qui vous
puits. (Dieux) véridiques, pour Savon ° fatigué, amène vers les hommes et qui vous conduit à la
métamorphose de l’âne des Aswins. Son père le maudit
demeure du mortel religieux, venez vers notre
et le priva de la vue, que les Aswins lui rendirent. maison!
l. La fille du Soleil ou du Jour (voy. lecture vu], 3. Le pieux Atri, quand il était de ce monde é,
hymne l, vers I), c’est la Nuit. Le commentateur ra- fut jeté dans une horrible prison : o maîtres gé-
conte que la fille du Soleil, qu’il nomme Sciiryà, était
néreux, vous l’avez délivré avec sa famille, bri-
destinée par lui a Soma. Les autres dieux la deman-
dèrent aussi en mariage. lls convinrent qu’elle serait le sant les prestiges magiques de son cruel ennemi,
prix d’une course qui aurait pour but le soleil; les triomphant (de ses ruses) 5.
Aswins furent les vainqueurs, et firent monter Soùryà
sur leur char. Le passage que nous expliquons a l’air 4. Comme un coursier (tombé dans un abîme),
d’indiquer que la fille même du Soleil, comme une le pieux Rébha 6 avait été, par ses ennemis, pré-
autre liippodamie, courut la chance du combat, et fut cipité dans les flots. Maîtres généreux, vous l’avez
victorieuse avec l’aide du cheval des Aswins.
2. Voy. p. HO,col. I, note 9. J’ai pensé que le mot secouru et retiré tout meurtri. La mémoire de
Bliaradwàdja était patronymique. L’Agnipourdna et le vos antiques prouesses ne périt pas.
Harivansa font descendre Divodàsa (le Vitatha, fils de
llharadwàdja. 5. Tel que (l’homme) endormi dans le sein de
3. Singulière association, qui désigne peut-être la ri- Nirriti 7. tel que le soleil enseveli dans l’obscu-
chesse du roi de Cdsi, provenant du l’agriculture et de
la navigation. l. Cette strophe renferme trois noms de Richis.
4. Djalinou est un ancien Radjarchi de la race lu- 2. Voy. p. 109,col. 1, note 5. Rébha fut jeté une fois
naire. Le nom de Djdhnaei, ou fille de Djahnou. est dans un puits par les Asouras, et sauvé plus tard par
donné à. la rivière du Gange. les Aswins.
5. Nom de Bichi. Cette légende doit être allégorique. 3. C’est Agni, le dieu du feu.
6. Voy. page 109, col. 2, note l5. t. Traduction du mot printehodjanya. Voy. page 65,
7. Prince, descendant d’Yadou, de la race lunaire. col. 1, note l.
8. Noms de Richis. 5. Voy. page 73, col. l, note 2; page tu, col. i,
9. Voy. p. HO, col. t, note i5.Je crois qu’il y a con- note 4.
fusion entre le nom de Samyou et celui de Sayou. Voyez 6. Voy. p. 109, c. i, note5 ; et p. 115, e. 3, note a.
page 63, col. 1, note d; et page 109, col. 1, note 2. 7. Voy. p. se, col. s. note 4; et p. 66, col. a, note l.
116 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [me van]
rite, tel que l’or fait pour briller et enfoui dans Cavi t, vous avez, é Aswins, au bout de dix
la terre, tel était Bandana l. 0 secourables jours, retiré (Rébha englouti dans les flots),
Aswins, vous l’avez relevé dans sa chute! comme un vase plein d’or enfoui dans la terre ’1’
6. Maltres véridiques, au nombre des bienfaits 13. Véridiques Aswins, vous avez, par votre
que vous semez sur votre route, il en est un qui puissance, rendu la jeunesse au vieux Tchya-
doit être célébré par Cakchivàn ’, l’enfant de vana 3. La fille du Soleil a environné votre char
Padjra. Vous avez, pour un mortel, tiré du sabot de ses trésors de lumière t.
d’un cheval des centaines de vases de liqueur 5 14. (Dieux) toujours jeunes, Tougra a du renou-
7. Puissante Aswins, vous avez rendu au fils veler pour vous les louanges des anciens hym-
de Crichna, à Viswaca, Vichnapwa (qu’il avait nes; car vous aviez, des flots de la mer, recueilli
perdu) 1. Ghocha avait vieilli dans la maison de sur vos coursiers ailés et rapides (son fils) Bhoud-
son père; vous lui avez donné un époux 5. jyou 5.
8. Par vous, Syàva 6 a obtenu la brillante 15. Généreux Aswins, le fils de Tougra vous
Rousati, et Canwa 7 la lumière, 0 généreux invoqua; élevé tau-dessus de l’Océan, il le traversa
Aswins, votre gloire, c’est d’avoir rendu l’usage sain et sauf. Sur votre char merveilleux, aussi
de l’ouïe au fils de Nrichada fi. prompt que la pensée, vous l’avez transporté heu-
9. O Aswins, répandant vos,.bienfaits sous tou-
tes les formes, vous avez amené à Pédou 9 un
cheval léger et invincible, (cheval) glorieux, au-
reusement. .
16. 0 Aswins, le passereau vous a invoqués;
vous l’avez délivré de la gueule du loup. Sur
teur de mille biens, qui terrasse l’ennemi et votre (char), vous avez gravi le haut de la mon-
sauve (son maître). tagne (céleste); et (l’être) qui remplit toutavu
10. Bienfaisants Aswins, vos actions méritent son fils expirer sous l’influence d’un fluide
d’être célébrées, et l’hymne de la louange retentit mortel 6.
au ciel et sur la terre. A la voix des enfants de 17. Ridjràswa immolait cent béliers à une
Padjra t0, venez, avec vos dons, vers le sage qui louve; son père impitoyable lui avait été la lu-
vous présente son offrande. mière. 0 Aswins, vous avez rendu les yeux à.
il. Véridiques Aswins (dieux) protecteurs, tou- Ridjraswa. Oui, par vous un aveugle a recouvre
chés de la prière de son fils, vous avez nourri le
sage (Bharadwàdja) H. Célèbres par la voix d’A-
gastya, vous avez relevé Vispalà ".
la vue 7. -
18. a O Aswins, maltres généreux, n s’était
écriée cette louve, implorant votre appui pour
i2. Quel est encore le lieu, ô fils du Ciel. (dis un aveugle; - Ridjrâswa m’a immolé cent et un
vinités) généreuses. protectrices de Sayou "t, béliers : il est pour moi comme un jeune
(quel est le lieu) ou. arrivant à la voix du fils de amant. n
19. Adorables Aswins,votre protection est grande
1. Voy. p. 109. c. 1, note 5; et p. 114, c. 2, note 1. et salutaire; vous avez relevé (l’homme) fatigué.
2. Ce Cakchivau, auteur de l’hymne, est plus mo-
derne que le saint dont il a été question p. 50, 6.1,
note 2, et p. 114, col. 1. note 2. t. 0n donne le nom de Câoya ou fils de Cari a
3. Voir plus haut, hymne 4, vers 7. Ousanas, autrement Sonore. Voy. p. 73, col. 2, note 2. Je
4. Ces trois noms propres se retrouvent plus haut, pense que le mot Càuya peut s’appliquer a diflérpnts
hymne 4, vers 23. descendants de Bhrigou.
5. (luncha était une sainte femme, fille du Richi Cak- 2. Voy. page 115, col. 2, note 2.
chîvAn. Son père l’avait mariée; mais comme elle était 3. Voy. m9114, col. 1, note 6.
attaquée de la lèpre, elle fut laissée par son mari dans 4. Voy. page 115, col. 1, note î.
la maison paternelle. Les Aswins la guérirent, et elle 5. Voy. p. 109.col. 2, note3; et p. 113, col. 2. note t.
retrouva son époux. 6. Nous savons déjà, par les remarques insérées aux
6. Le Richi Syava était lépreux; il fut guéri, et il notes p. 105, c. 2, n. 3, et p. 106. c. 1, n. 2, ce que nous
épouse une femme que j’ai cru pouvoir nommer Boucan. devonspenser de ce passereau et de ce loup. Voici l’expli-
Cette légende est allégorique. Voy. plus bas, vers 21. cation que le commentaire donne de la présente strophe :
7. Voy. p. 18, col. 2, note 1; et p. 65. col. 2, note 2. Lepassereau,c’est donc le crépuscule du matin, ou l’au-
8. Nom de prince. rore; le loup, ici, c’est le soleil. L’aurore va être dévo-
9. Voy. page tu. col. 1, note 1. rée par le soleil : elle demande le secours des Aswins,
10. Autrement des Angiras. Voyez page 59 , col. 2. qui la prennent sur leur char. et l’emportent jusque sur
note 3. le haut de la montagne céleste, c’est-à-dire du nuage;
11. C’est le commentaire qui donne ici ce nom de cependant les lueurs nées du soleil s’éteignent au sein
Bharadwâdja. Voy. page 110, col. 1. note 7. des vapeurs du matin. Emportée et sauvée par les Aswins,
12. Voy. p. 109, c. 2, note 14. l’aurore réparait le lendemain.
13. Voy. page 115, col. 1, note 9. 7. Voy. p. 102, col. 1, note 2; p. 114. col. 2. note 7.
(un. vm.] RlG-VÉDA. - SECTION PREMIÈRE. il?
Pourandhi i vous a appelés; (vous l’avez entendue, 2. Sur ce char a trois roues, à trois sièges, ra-
dieux) généreux, et vous êtes venus à son secours. pide et roulantdansles trois mondes t, venez, o
20. Secourables Aswins, en faveur de Sayou ’ Aswins, engraissez nos vaches, nourrissez nos
vous avez rempli les mamelles d’une vache maigre chevaux, augmentez notre vaillante race!
et stérile. Vous avez, par votre puissance, amené 3. Secourables Aswins, venez, sur votre char
à Vimada sajeune épouse, fille de Pouroumitra 5. rapide et impétueux, écouter l’hymne du poële.
21. Secourables Aswins, c’est vous qui, avec la l Les anciens sages n’ont-ils pas célébré votre em-
charrue, avez semé l’orge; vous qui avez tiré pressement à soulager la misère des (mor-
(de la terre) la nourriture de l’homme ; c’est vous tels)?
qui, frappant de la foudre le Dasyou, avez fait 4. Véridiques Aswins, qu’ils vous amènent ici,
briller la lumière pour l’Arya. ces éperviers (poétiques) ’, légers et rapides,
22. 0 Aswins! c’est à vous que Dadhyantch, attelés a votre char, lesquels, pareils à des vau-
fils d’Atharvan, dut sa tète de cheval. Le doux tours aériens et impétueux comme les flots,
savoir, aimé de Twachtri, ce pieux Richi l’em- vous conduisent vers le sacrifice!
ploya pour vous, et vos louanges sont devenues 5. 0 maîtres, la jeune et aimable fille du So-
comme les guides du sacrifice é. leil 3 vientde monter sur votre char. Que dans
23. Sages et véridiques Aswins! j’implore leur course circulaire vos chevaux ailés, su-
sans cesse votre faveur; exaucez toutes mes perbes, rapides, brillants, vous amènent près (de
prières; accordez-nous de grandes richesses, des nousH
enfants et de la gloire. 6. Généreux protecteurs, par votre puissance
24. Puissante, bienfaisants Aswins, vous avez vousavez sauvéBandana t, délivré Rebba 5, trans-
donné à l’épouse d’un eunuque un fils (nommé) porté a travers l’Ocean le fils de Tougra °, rendu
Hiranyahasta 5. 0 Aswins, Syàva, trois fois de- Tchyavana 7 à la jeunesse.
chiré, a été par vous rappelé à la vie a.
7. Atri se trouvait au milieu du feu : O Aswins,
25. Voila, O généreux Aswins, vos anciennes vous lui avez donné soulagement et nourriture a.
prouesses, que les mortels ont célébrées. Nous aussi
Touches de sa prière, vans-avez rendu le jour à
nous chantons vos louanges : pour prix de nos Canwa, plongé dans les ténèbres 9.
sacrifices, donnez-nous la force et la domination !
8. Le vieux Sayou W vous implora; O Aswins,
vous avez pour lui rempli la mamelle d’une
HYMNE Vl.
vache. Vous avez délivré du danger un passe-
aux aunas, PAR CAKCHIVAx. reau ", et rendu une jambe à Vispalà ".
(Hêtre : Trichtoubh.) 9. 0 Aswins, vous avez donné à Pédou un
1. Généreux Aswins, que votre char vienne ici cheval blanc, vigoureux, terrible, aimé d’indra,
amené sur l’aile de l’épervier (poétique) 7, (ce char) redoutable en ses hennissements, frappant, im-
rempli de richesses et de plaisirs, plus rapide que molant son ennemi, auteur étonnant de mille
la pensée de l’homme, orné de trois sièges, aussi biens i3.
prompt que le vent. 10. Puissante Aswins, O vous dont la naissance
est si fortunée, nous vous appelons à notre se-
1. Voy. p. 114,12. 2, note 3. Cependant icice mot (Pou-
’ randhi peut signifier prière.
2. Voy. p. 115. col. 1, note 9.
3. Voy. page 73, col. 1, note 3. J’ai repris le sens expliqué page 89, col. 1, note 2, et
6. Ces derniers mots sont la traduction du mot apical:- page 98, col. 1, note 2.
ehyam. (Voy. p. 90, c. 1. note 2; p.92, c. a1, note 1; et . Voy. page 63. col. 2, note 2.
p. 114. c. 2, note 2.) Ce passage confirme encore l’expli- 2. Observation de la page 117, col. 1, note 7.
cation que nous avonsdonnée de la légende de Dadhyantch. 3. Voy. page 115, col. 1,1;ote 1.
Il est clair que dans cette histoire il s’agit de chants et 4. Voy. p. 109, c. 1, note 5; p. 1H, c. 2, note 1.
de sacrifices. Twachtri est un nom d’Agni qui devait 5. Voy. p. 109,col.1,note 5; p. 115, col. 2, note 1.
être, avec les Aswins, l’objet des chants de Dadhyanteh; 6. Voy. p. 109,col.2, note 3; p. 113, col. 2, note a.
et les hymnes consacrés aux Aswins, placés en tête, 7. Voy. p. 114, cul. 1, note 6.
étaientprobablemenlnne espéced’introduction, de lien,de 8 . Voy. p. 73, col. 1, note 2.
e0ue-venlrière,de rêne (upicâkchyam,mndhànabhoûtam) , 9 . Voy.p. 48.001. 2, note 1; p. 65, col. 2, note 2.
avec laquelle on amenait,on dirigeait le char du sacrifice. 10. Voy. p. 110,col. 1, note 15; p. 115, col. 1, note 9.
5. Voy. page 114, col. 2, note 3. 11. Voy. p. 116, col. 2, note 6.
6. Voy. page 116, col. 1, note 6. 12. Voy. p. 109, col. 2, note 14.
7. On peut traduire encore, rapide comme l’épervier. 13. Voy. p.111, col. 1, note 1.
118 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch Vin]

cours; nous vous prions. Venez vers nous, pour qui l’entouraient, Atri 1 des feux qui l’environ-
notre bonheur, avec votre char chargé de ri- naient, et que vous avez éteints par une onde
chesses, et daignez accueillir nos chants. fraiche. Vous avez, pour secourir Sayou ’, rem-
il. (Dieux) véridiques, poussés par l’énergie pli la mamelle d’une vache. Vous avez donné de
nouvelle del’épérvier( poétique) l, venez vers nous. longs jours à Bandana 5.
Heureux de votre bonheur, ô Aswins, je vous 7. Bandana était accablé par l’âge : ô (dieux)
appelle, en vous offrant l’holocauste au lever de secourables et puissants, vous l’avez restauré,
l’éternelle Aurore!
comme un (vieux) char. Pour prix de ses hym-
nes. du sein qu’il a fécondé vous avez fait naltre
HYMNE Vil. un saint homme. A celui qui vous honore accor-
dez aujourd’hui votre secours.
aux ASWINS, PAR CAKCIIIVAX.
8. Un fils était loin de son père, et tristement
(liure : Djagstî.) abandonné 1. Il vous ainvoqués; vous étés ac-
courus, et par d’heureux secours vous avez
1. Pour obtenir les biens de la vie, j’appelle exaucé les vœux qu’il vous adressait en sa
votre char merveilleux et rapide comme la pen- détresse.
sée, (ce char) attelé de coursiers légers, digne de
9. L’abeille a recouvré par vous son miel
nos honneurs, orné de mille bannières, portant
agréable. Le fils d’Ousidj 5 compose en votre
la pluie et d’abondants trésors, chargé d’opulence
et de richesses.
honneur de doux chants, et vous invoque en
2. A l’arrivée de ce char, la Prière s’élève, et
vous enivrant de soma. Vous avez écouté la
prière de Dadhyanlcli, et la tête de cheval vous a
fait résonner l’hymne (sacré). De tout côté les ln-
célébrés 6.
vocations arrivent. Je vous invite a notre holo-
10. 0 Aswins, vous avez donné à Pedou ’ un
causte, et nos compagnons se joignent a nous
(pour vous honorer). 0 Aswins, Uùrdjàui î vient
(coursier) blanc, objet de mille désirs pour les
de monter sur votre char. guerriers; (coursier) brillant et sauveur, invin-
cible dans les combats, distingué dans toutes ses
3. Lorsque d’innombrables guerriers, jaloux
œuvres, et terrassant ses ennemis avec la force
des biens que procure la victoire, se rassemblent d’indra.
sur le champ de bataille, alors, sur la voûte in-
clinée du ciel, on aperçoit votre char qui s’appro-
HYMNE V111. * ’j
che du maître que vous favorisez.
Il. C’est vous qui, sur vos chevaux ailés, avez Aux ASWINS, PAR CAKCIHVAN.
rapporté Bhoudjyou 3 submergé; c’est vous qui
l’avez ramené à ses parents au sein de leur de- (tiares : Gayâlrl, Ouchnih, et Vrihatl.)

meure lointaine. (Dieux) protecteurs, c’est vous


l. 0 Aswins, quel hommage est digne de
qui avez généreusement secouru Divodàsa 1. vous? quel (mortel est capable) de vous plaire ?
5. Pour soutenir votre gloire , vos nobles Comment vous honorera-t-il, l’homme faible et
coursiers) ont transporté votre char au but (assi-
gné par les dieux) ; et la beauté, qui était le prix ignorant (de sa nature)? l
2. Oui, l’homme est ignorant, et vous étés sa-
du combat, venant à vous comme à des amis, ges. Tout autre que vous est insensé. Mais que
vous accepta pour époux 5. l’homme s’adresse pieusement à vous; aussitôt,
6. Vous avez délivré Rébha ° des ennemis pour un simple mortel, vous exercez votre puis-
sance invincible.
1. On peut traduire autrement : avec la vive impé-
tuosité de l’épervier, venez vers nous. Voy. page 111, 1. Voy. p. 73,12. 1,note2; p. 111,c. 1, note 4.
col. 1, note 7. 2. Voy. p. 110, c. 1, note 15; p. 115. c. 1, note 9.
2. ourdjanl est le nom de cette fille du Soleil qui, 3. Voy. p. 109,c. 1,note 5;p. 111,c. 2,note 1.
p. 115, col. 1, nole 1, est appelée Suûryà. Au moment A. Le commentateur croit qu’il est ici question de
de son départ, suivant le commentaire, on lui a dit : Bhoudjyou. Voy. page 109, col. 2, note3; p. 113, col.2,
Oûrdjaili (bon courage)! note A.
3. Voy. p. 109, c. 2, note 3; p. 113, c. 2, note 4. 5. Le poëte se désigne lui-même z c’est le nouveau
6. Voy. p. 110, c. 1, note 9; p. 115, c. 1, note 2. Cakchivàn, descendant de l’ancien fils d’Ousidj.
5. Voy. p. 115, c. 1. note 1; 6. Voy. p. 90, c. 1, note 2; p. 92. c. 1, note 1.
6. Voy. p. 109, c. 1, note 5; p. 115, c. 2, note 2. 7. Voy. p. 114,c. 1, note 1.
lues. vm.I lllG-VEDA.-SECT10N rasantes. 119

3. Vous êtes sages, et nous vous invoquons; HYMNE 1X.


vous êtes sages, inspirez notre prière en ce jour. A mon, un CAKCHIVAI.
Un serviteur dévoué vous honore et vous sa-
crifie. (Eure .- Trichtoubh.)
4. le ne m’adresse pas à des dieux impuis- 1. Quand donc (le dieu) qui protège les hom-
sants; (nous attendons), généreux (Aswins), le mes et qui donne la richesse voudra-t-il écouter
prix de nos invocations et de nos sacrifices. Con- la voix des pieux Angiras? Lorsqu’il sort de son
servez-nous forts et vigoureux. palais, (ce roi) digne de nos sacrifices, pour vi-
5. Qu’il vous plaise, cet hymne qui retentit siter le peuple qui l’honore, son pouvoir se ma-
avec éclat dans la bouche de celui qui voudrait nifeste’au loin.

imiter Bhrigou a, (cet hymne) que le fils de 2. Ce maître puissant, voulantpourvoirà notre
Padjra’ vous adresse (aujourd’hui)! Qu’il vous nourriture, amène ce riche troupeau de vaches
plaise aussi le sage qui joint (à sa prière) l’of- (divines); le ciel en est assiégiè. Le souverain
frande sacrée! (des dieux) contemple ces ténèbres qu’il a fait
6. Écoutez l’hymne que chantait en votre hon- naître; et l’épouse du coursier devient la mère
neur (un homme) errant dans les ténèbres 5, de la vache t.
(hymne) que j’ai répété en recouvrant la vue par 3. Qu’il vienne (écouter) notre antique invoca-
votre protection, o Aswins, auteurs de tout tion, celui qui donne aux Aurores leur lumière,
bien! celui qui chaque jour est le bienfaiteur des An-
7. C’est vous qui donnez,comme c’est vous qui giras ses serviteurs. il s’est fait une arme dont
ôtez la puissance. Vous étés notre refuge; soyez les coups foudroyants sont rapides; pour les qua-
nos gardiens, et délivrez-nous des brigands sans drupèdes utiles à l’homme, pour l’homme lui-
conscience. mème, il a couvert le ciel (de nuages).
8. Ne nous livrez pas à notre ennemi. Ne souf- 4. Enivré de la douCeur du soma, c’est toi qui,
frez pas que nos vaches nourricières, éloignées pour le sacrifice, as jadis rendu (aux Angiras) ce
de leurs veaux, soient chassées de nos de- fameux troupeau de vaches qui leur avait été en-
meures. levé ’. Car toutes les fois que (le dieu)aux trois
9. Que vos amis vous trouvent favorables à tètes 3 apparalt dans le combat, il brise les
leurs vœux! Que nous obtenions de vous abon- portes de l’ennemi des enfants de Manon.
dance de nourriture, abondance de vaches! 5. (Oui, rien ne te résiste, O dieu) merveilleu-
10. Voilà le char des Aswins riches et bienfai- sement rapide, quand le père et la mère de fa-
sants. (Ce char) est sans chevaux 1, et j’espère mille 1, soutiens (du sacrifice), t’ont présenté
qu’il me procurera l’abondance. le lait (des libations) et le trésor fécond des of-
il. (Char divin), chargé de richesses, signale frandes; quand (les prêtres) ont fait couler en
pour nous ton pouvoirl... (Le voyez-vous)? ce ton honneur la brillante liqueur, et le breuvage
char fortuné avance du côté de ceux qui ont pré- que donne la vache nourricière.
paré le soma. 6. (Le dieu) vainqueur vient d’appara1tre: qu’il
12. ll est deux choses qui passent vite : le excite nos transports de joie. Il brille, tel que le
sommeil et les mauvais riches. Dans ce moment, soleil qui suit l’aurore. Qu’offert par nous sans
je ne connais ni l’une ni l’autre de ces deux réserve, et accompagné de nos chants,5 le soma
choses. jaillisse de la cuiller sacrée jusque sur le foyer.
7. Quand Agni s’enflamme au bûcher du sacri-
1. Voy. p. 78, c. 2, note 6. Le commentaire introduit
ici un fils de Ghoehà, pour traduire le mot Choche’. 1. Cette énigme a besoin d’explications. La vache,
2. Cakehlvân, l’auteur de cet hymne, est de la famille nous le savons, c’est le nuage. Or, ce nuage est enfanté
des Padjras, et sans doute aussi descendant de l’ancien par une vapeur aqueuse qui s’élève et marche avec la.
Cakchlvàn, fils d’Ousidj. Voy. page 118, col. 2, note 5. rapidité du cheval. lndra embrasse cette vapeur, et en
3. Cet homme, suivant le commentaire, c’est Ridjràswa. fait son épouse ;il la soutient sur son soin, et la féconde
Je répète ici l’observation que j’ai faite ailleurs : il me pour Io bonheur de la terre. Cette épouse d’indra porte
semble que cet aveuglement dont se trouvent commu- le nom de Mené: ce même mot est le nom qu’une lé-
nément frappés les Richis et les poètes, ce n’est point gende donne a lndra lui-nième, devenu femme. Voyez
une cécité réelle: c’est la privation de la lumière que lecture tv, hymne 5, vers 13.
leur enlève la nuit, et que leur restitue le sacrifice du 2. Voy. page M, col. 1,note 7.
matin. 3. Allusion aux trois mondes. ou règne Indra.
4. Le poële veut-il dire que les Aswins ont dételé leurs 6. Le commentateur fait rapporter ce passage au Ciel
chevaux pour s’arrêter a son sacrifice ? et a la Terre.
me "vos. - POÉSIE LYRIQUE. lbect. 1.]
fice, alors que le Soleil s’occupe a garnir les 15. Que ta protection ne nous abandonne pas,
plaines célestes de vaches (merveilleuses) t, toi, (dieu) de la puissance et de la richesse! accorde-’
cependant, tu brilles d’un éclat serein pour les nous l’abondance! 0 Maghavan, multiplie nos
travaux de l’homme qui pousse son char, ou qui vaches! Pères de famille dévoués a ta gran-
conduit ses troupeaux, ou qui voyage avec célé- deur, puissions-nous jouir d’un bonheur cons-
rite. tant!
8. Habitant des vastes régions de l’air, arrête
ici tes chevaux; combats l’ennemi qui convoite
nos richesses, animé par cette boisson agréable, SECTION DEUXIÈME.
légère, fortifiante, que nos mortiers expriment
pour ton bonheur. LECTURE FREMIÈRE.
9. C’est toi, 0 (lndra) digne de tant d’hom-
mages, qui as lance contre le nuage le trait de urane l.
ler que t’avait du ciel apporté Rihhou, quand, en
Ali! VISWAS, PAR CAICHÎYAN.
faveur de Coutsa *, tu frappais Souchna de (Iéna : Trichtoubh.)
coups innombrables.
10. (0 dieu) armé de la foudre, quand le l. Humbles et respectueux, présentez vos li-
soleil, au départ de la nuit, perçait le nuage qui bations, vos mets, votre sacrifice au.(dieu) terri- .
le pressait, et cherchait à se débarrasser des ble t qui amène la pluie. Que, du haut des airs,
chaînes dont Souchna avait tout couvert les airs, (vienne) Marout, qui donne la vie * ; je le chante
il. Alors, en te voyant à l’œuvre, ô lndra, le avec ses guerriers, (qu’il lance) sur la terre et le
ciel et la terre, vastes, forts, inébranlables, se ciel comme (les flèches) d’un carquois.
livraient a la joie. De ta foudre puissante tu ter- 2. Telles que les deux épouses (d’un même
cassais Vritra, qui se cachait au sein des ondes maltre), l’Aurore et la Nuit, se multipliant (pour
et se nourrissait de la substance des nuages. nous, viennent) augmenter les biens de celui qui
12. 0 lndra, toi qui es l’ami des hommes, di- les invoque des le matin. Ainsi qu’une jeune fille
rige vers nous ces coursiers vigoureux et rapides développant son voile, (l’Aurorc) se dore à nos
comme le vent, que tu conserves pour atteler à yeux des splendeurs du soleil.
ton char. (Prends) ta foudre, que le fils de Gavi, 3. Que (le dieu) qui marche autour (du mon-
Ousanas e, t’a donnée; arme qui fait notre joie, de) 5, et revêt des formes diverses A, nous soit
et qu’il a aiguisée pour être fatale à Vritra et te propice! Qu’il nous soit aussi propice, le Veut
donner la victoire. qui donne les eaux fécondes! 0 lndra, O Parvata 5 ,
l3. .0 lndra, arrête ici un instant tes brillants empressez-vous pour nous! Que tous les dieux
coursiers, de même que le fameux Étasa retint le nous comblent de biens!
char du soleil A. Rejetant les impies (Asouras) li. Allons! en l’honneur de la blanche(Aurore),
au delà des quatre-vingt-dix fleuves 5. détruis moi, fils d’0usidj a, je présente ces liqueurs et
leurs œuvres. ces mets. Rendez-vous propice le fils des eaux 7;
14. 0 lndra, (dieu) foudroyant, sauve-nous de
la triste pauvreté, de la défaite dans la bataille! l. Traduction du mot Roudra, épithète qui désigne
lieront, le dieu du vent.
Nous demandons l’abondance, la gloire, l’hon- 2. Ce vers est difficile à comprendre. Je ne pense pas
neur des sacrifices; donne-nous de l’opulence, que le mot Asoura désigne un ennemi des dieux: c’est
un être qui donne, qui apporte la vie, épithète de lieront.
des chars, des chevaux. 3. Traduction de Paridjman. épithète d’Agni.
4. Agni se manifeste sous différentes iormes,et en par-
I. Le soleil pompe l’eau pour en former les nuages. ticulier sous celle du Trëtâgni: de la le sans du mot
2. Voy. p. 62,c. 2, note2; p. 106, c. I, n. 3. Les Vacarhàs.
Ribhous ont fabriqué l’arme d’lndra. Voy. p. 51, c.1, 5. Percale est dérivé du verbe paréo, qui signifie
note l. remplir, ou de par-van, nœud, comme qui diraitrempli
3. Voy. p.73, e. 2, note 2; p. 91, c. 1,note A. ll est de nœuds. Cette dernière explication rappelle la forme
étonnant qu’Ousanas, précepteur des Asouras, favorise du nuage, dont les différentes parties paraissent comme
lndra contre ses élèves. Il y a sans doute la une allu- nouées ensemble. Parvala est donc ici le nuage person-
lion, que j’ignore, à quelque phénomène astronomique nifié et invoqué avec lndra. Cependant on attribue aussi
ou météorologique. . cette épithète au vent qui gonfle et remplit le nuage.
6. Voy. p. 76, col. l, note 7. 6. Cakehlvân. Page 50, col. I, note 2; page 114,
a. Ce nombre est ordinairement de 99. Voy. page 61, col. l, note 2. Le poète doit être un de ses descendants.
col. l, note 4. 7. Agni, comme ne des libations.
[IM- l-l RlG-VEDA. - SECTION DEUXIÈME. 121

faites que ces (vénérables) mères ! soient favo- (célestes) qui aimez l’ambroisie (du sacrifice),
rables au vertueux Aveu ’. écoutez l’invocation de leur chef. Accourez du
5. Moi, fils d’Ousidj, comme Ghochâ 3 quand haut des airs; car vos bienfaits sont promis à ,
elle fut affligée de la lèpre, je vous offre une. nos hymnes, et donnent la grandeur au maltre
prière suppliante. Pour vous, et en l’honneur du des chars.
généreux Pouchan, je fais dresser le foyer d’Agni. 12. Puissions-nouspartager la force de ce chef
6. Mura et Varouna, écoutez mes invocations. pour lequel je vous ai invoqués, en récompense
Écoutez (la prière qui s’élève vers vous) en ce des offrandes que nous vous présentons à dix re-
lieu, de tout coté é. Que Sindhou 5, avec ses on- prises l. Que les Viswas, pour lesquels nous
des, nous entende, et, sensible à nos vœux,nous allumons ce foyer (sacré), nous accordent leurs
accorde ses heureux dons! dons; que l’abondance soit le prix de nos sacri-
7. Je chante (vos louanges). o Mitra et Va- fices.
rouna! Parmi les biens que vous apportez, que 13. Avec joie nous présentons ces offrandes
Padjra f doive a votre faveur des centaines de que portent dix personnes. Que (notre chef) ait
vaches. Qu’il se complaise dans ses chars renom- les chevaux et les rayons (de gloire) qu’il désire.
més; que (les dieux viennent) l’environner d’un Que les seigneurs ici présents soient vainqueurs,
bonheur continuel. et donnent à leurs gens de riches parures.
8. Mes chants vous recommandent le (maître) 11. Que les Viswas nous accordent de l’or pour
généreux ici présent. Nous autres, (simples) mor- nos pendants d’oreille, des pierres précieuses pour
tels 7, puissions-nous avoir des richesses et une nos colliers. Que la prière du maître *, montant
bonne lignée! Le chef qui, au milieu des Padjras, vers eux, appelle sur nous deux ’ les vaches t
se distingue par sa libéralité, est aussi prodigue 8 (fécondes).
pour moi de chevaux et de chars. 15. Que les quatre fils de Masarsâra, que les
9. 0 Mitra et Varouna, le chef qui vous refuse trois (enfants) du roi vainqueur Ayavasa, ne
ses libations, adressant ailleurs son hommage, (puissent prévaloir sur nous). 0 Mitre et Va-
(se déclare) votre ennemi. Dans son sein réside rouna, faites heureusement briller, tel que celui
le mal, tandis que celui qui se conforme au de- du soleil, votre char aux larges formes!
voir du sacrifice obtient ce qu’il désire.
10. Qu’un adversaire puissant se présente; le HYMNE Il.
(chef pieux) est fort dans ses œuvres; ses A ruinons. un CAKCHIVAN.
hommes sont plus robustes, ses ressources plus (Hêtre : Trichtoubh.)
grandes. Il va, comblé de biens, toujours ferme
1. Le large char de l’heureuse déesse est at-
dans les combats, toujours héroïque (dans ses
telé; les dieux immortels 5 sont placés sur ce
actions).
11. Qu’ainsi marchent les hommes. Vous, rois char. La noble habitante des airs est sortie du
sein des ténèbres, pour parer le séjour humain.
2. La première du monde entier, elle se lève,
1. Il est naturel de donner le nom de mères aux eaux
qui fécondent et nourrissent la nature. et répand glorieusement au loin ses bienfaits.
2. Ce mot, analogue aux mots Manon, Poûrou, Na- Toujours jeune, toujours nouvelle, l’Aurore renaît
hmh, signifie en cet endroit homme. pour éveiller (la terre); elle vient la première à
3. Voy. page 116, col. 1, note 5.
é. Il faut suppOser que le foyer est entouré d’adora- l’invocation du matin.
teurs qui répètent des invocations.
5. C’est l’Occan, ou l’élément humide. Ce peut être en- 1. Le moteinsi rendu est Dasataya. C’est. dit le com-
core le coma. mentaire, le soma offert dans dia: vases, on des mets
6. Le commentateur regarde le mot Padjra comme un qui réjouissent dia: organes; on bien enfin une offrande
nom de Cakchlvan. Je distingue ces deux noms: l’un présentée sous dix formes différentes. Un autre sens est
est celui d’un chef de tribu; l’autre est celui du poète, donné dans le vers suivant. J’ajouterais encore une autre
qui devait appartenir a la tribu des Padjras. Voyez explication: le coma extrait avec les dia: doigts.
page 73, col. 2, note 6; page in, col. 1, note 2. 2. Ari, le père de famille.
7. Le poète emploie ici et plus bas encore le mot Na- 3. C’est-à-dire le prêtre et le chef de tribu.
ltouch, que j’explique comme le mot âyou, note 2, plus é. Suivant le commentateur, le poële désigne par ce
haut. mot ou les nuages, ou les choses nécessaires au sacri-
8. Souri, formé de la racine chou, signifie donateur. Il fice, et provenant de la vache.
5. Le char attelé en l’honneur d’un dien, c’est laisseri-
s’entend du chef qui fait les frais du sacrifice; quelque-
fois aussi du prêtre qui l’offre. Voy. page 114, col. 1, flce: les dieux ou dévas immortels ici mentionnés pour-
note 2; page 73, col. 2, uoto 6. raient bien être les prêtres eux-mêmes.
l. - BIBLIOTHÈQUE lNTERNATlONALE. 9
12-2
IN DE. - POÉSIE LYRIQUE. lLect. LI
3. Quand aujourd’hui tu dispenses le bonheur (le ton corps. Aurore fortunée, brille par excel-
aux hommes, o divine Aurore bénie parmi les lence! aucune des Aurores passées ne fu’t plus
mortels, les (prêtres) purs de péché s’adressent belle que toi.
au Soleil, (et s’écrient): Voici Damoûnas ll Voici - 12. Biches en chevaux, en vaches, en biens de
le divin Savitri (qui vient) à nous! toute espèce, s’unissant par les œuvres aux rayons
Il. L’immortelle visite nos demeures,ét du haut du soleil, les Aurores s’en vont pour revenir,
des airs recueille nos hommages. Libérale et bril- heureuses et toujours adorables.
lame. elle va sans cesse distribuant les plus ri- l3. Daigne agréer le rayon de (notre) sacrifice,
ches de ses trésors. et accomplis en nous ton œuvre fortunée. Aurore,
5. Sœur de Bhaga, parente de Varouna, pieuse sois propice à notre invocation; brille aujour-
Aurore, sois louée en premier lieu. Qu’il aille a d’hui pour nous! Puissions-nous être heureux et
l’occident exercer sa mauvaise influence, celui opulentsl
qui contient le mal; et devenons vainqueurs de
lui par la vertu du char de l’heureuse (déesse). HYMNE lll.
6. Que de saintes prières retentissent : voici les A L’AL’RORE, un cucmvn.
reux qui étincellent. Les rayons de l’Aurore nous ("être : Trichtoubh.)
découvrent d’enviables trésors, couverts par les
l. L’Aurore naît en même temps qu’Agni s’al-
ténèbres.
lume. Le soleil se lève; l’Aurorea préparé le large
7. Par des retours successifs, vont et reviennent
(berceau) de l’astre lumineux. Voici le divin Sa-
le Jour et la Nuit sous des formes différentes.
vitri (qui vient) à nous, et répand les biens nè-
Celle-ci est (comme) une caverne qui enveloppe
le monde d’obscurité. L’Aurore brille sur son char cessaires à tous les êtres animés.
2. Consolidant les œuvres divines,déterminant
resplendissant.
8. Toujours semblables à elles-mêmes, aujour- les âges humains, l’aînée des (Aurores) futures
d’hui et demain les (Aurores) embrassent la lon- brille, semblable aux.(Aurores) passées, aux (Au-
rores) éternelles.
gue région de Varouna. Exemptes de reproche,
(placées) à trente yodjanas ’ (de distance du 3. Cette fille du Ciel apparaît, vêtue de rayons
soleil), elles accomplissent l’une après l’autre lumineux, semblable ( à l’astre) qu’elle précède.

leur révolution. Elle suit le chemin du sacrifice, comme si elle


le connaissait déjà, sans s’égarer dans les régions
9. L’Aurore sait quel hommage lui est réservé
célestes.
au point du jour, et elle naît, blanchissant de ses
rayons la noirceur (de la nuit). (Gomme) la femme 4. Son sein brille comme des feux éclatants.
vient (a son époux), elle arrive constamment Semblable a Nodhas l, elle nous montre des
chaque jour au lieu du sacrilice près de celui qui trésors précieux. Pourvoyeuse (vigilante), elle
l’honore. éveille les (hommes) endormis; ainsi se présente
10. Telle qu’une vierge aux formes légères, 0 la plus ancienne des (Aurores) futures.
déesse, tu accours vers le dieu du sacrifice 3. 5. Dans la moitié orientale du vaste ciel, cette
Jeune et riante, tu devances (le soleil), et dévoiles mère de vaches ’ (lumineuses) élève son éten-
dard. Elle s’étend, elle s’avance, placée entre les
ton sein brillant.
il. Pareille à la jeune fille que sa mère vient deux (grands) parents (de la nature), qu’elle
de purifier, tu révèles al’oeil l’éclatante beauté charme également.
6. Ainsi grandissant à la vue, elle ne fait; ac-
ception de personne; sa forme élégante et légère
t. Damoûnal est un nom d’Agni; ce mot signifie domp-
tant tout, ou qui aime la demeure du sacrifice. Le com- brille également pour le petit comme pour le
mentateur l’ex plique par Danumanâs, qui aime à donner. grand.
Sueitri et Bhaga, que nous trouvons plus loin, sont des 7. Telle que l’homme qui n’a pas de frère, elle
noms du soleil.
2. L’yodjnna est une mesure trop incertaine pour que semble monter sur son char pour semer ses
nous puissions tirer de ce passage quelque parti. L’au- bienfaits sur sa route. L’Aurore, richement vêtue,
rore précède le soleil de trente yodjanas: quand elle est
au premier méridien, à. Lancé, le soleil en est éloigné de
cette distance. 1. Poète dont il est question section l, lecture ï,
3. C’est-à-dire Agni. Cependant le mot Déva pourrait hymne l, vers 13.
s’entendre du chef lui-même, on du prêtre qui assiste 2: Ce sont les rayons ou les nuages qui couvrent
au sacrifice. l’orient au point du jour.
[me L] RlG-VÉDA. - SECTION DEUXIÈME. 123

est comme l’épouse amoureuse qui étale en riant Enrichi par ces présents et entouré d’une maison
aux regards de son époux les trésors de sa beauté. nombreuse, il verra, pendant de longues années,
8. Sœur (prévoyante), elle a préparé à sa sœur croître sa fortune et sa race.
aînée 4 un (nouveau) berceau, et en partant elle 2. (Le père de Cakchïvan parle.) Qu’il ait de
semble l’appeler de son regard. A son lever, les belles vaches, de bous chevaux, beaucoup d’or.
rayons du soleil ornent son cortége, tels que les lndra, assure une heureuse existence a celui qui
compagnes (d’une jeune mariée). vientà toi dès le matin, et semble te faire une
9. A la suite de ces sœurs (qui sont nées) dans chaîne de ses bienfaits l.
les anciens jours, une autre arrive, suivant son 3. Aujourd’hui, agité dès le matin par le désir,
athée. Que ces Aurores nouvelles, comme leurs j’ai revu l’enfantde mon amour l, comblé d’hon-
devancières, se lèvent heureusement pour nous! neur et porté sur un char magnifique. Prodigue
10. Opulente Aurore, éveille ceux qui t’hono- le jus de la plante (sacrée), et par tes chants aug-
rent; que les avares, qui marchandent ton culte, mente la gloire de celui qui abat les forces de
restent dans leur sommeil. Riche et pieuse Au- l’envieux!

rore, lève-toi favorablement pour ceux qui t’a- 4. (Le poële parle.) Les libations, vaches fé-
dressent leurs offrandes et leurs chants, toi qui condes, apportent leur lait à celui qui prépare et
vieillis (les choses humaines). à celui qui doit accomplir le sacrifice. Par les
il. La jeune (Aurore) vient a l’orient, et attelle soins de ces deux hommes 3, coulent de toutes
(a son char) la troupe des vaches rosées. A son parts des flots de beurre mêlés aux mets (sa-
lever apparaît aussitôt le (divin) étendard *, et crés).

Agni brille dans les demeures (des hommes). 5. L’homme bienfaisant se prépare une place
12. A l’apparition de (la déesse) qui apporte leur dans le ciel, et se range parmi les dieux. Pour un
nourriture, les oiseaux et les hommes sortent de tel homme, les ondes célestes font descendre leur
leurs demeures. Aurore divine, aux mortels as- beurre (nourrissant); pour lui, une offrande est
semblés pour ton culte tu dispenses de nombreuses toujours féconde.
richesses. 6. Les hommes généreux ont une destinée mi-
l3. Vénérables Aurores, mon hymne vous a raculeuse; leurs soleils brillent au ciel; ils ont
célébrées. Vous avez désiré mon offrande, et en part à l’ambroisie, et prolongent leur existence.
avez profité. 0 déesse, que par votre secours nous 7. Puissent ces hommes généreux être exempts
obtenions des biens innombrables! de fautes malheureuses! Puissent les maltres
vertueux n’éprouver aucun désastre! Autour
HYMNE 1V. d’eux qu’ils trouvent un protecteur! Que les
chagrins n’habitent point avec celui qui est li-
ACTION DE GRACBS 3, PAR cslcnlvix. béral!
(Hum :Tricctoubh et Djagatl.)
l. (Récit) Dès le matin (Swanaya) vient, et des HYMNE V.
le matin il prodigue les trésors. (Cakehlvàn) ac- ACTION ne casons (Suite),rAu CAKCIIIVAN.
cepte et conserve ses dons avec reconnaissance. (leur: : Trichtonbh et Anouchtoubh.)
t. C’est la nuit, qui précède le jour, suivant les idées t. La reconnaissance m’inspire de vives expres-
cosmogoniques de l’Inde. sions en l’honneur de Bhâvya A, habitant le Sin-
a. C’est-a-dire. la flamme du sacrifice.
3. C’est avec quelque répugnance que j’ai suivi le dhou a; de ce princeinvincible et ami de la gloire,
sans donné à cette pièce par le commentateur, qui la
regarde comme une action de grâces en l’honneur l. Le commentateur trouve dans ce vers une allusion
d’un prince; je n’y voyais qu’un hymne en l’honneur au nom de Cakchlvan. qui reçut de Swenaya une cein-
d’indra. liais la liaison qui semble exister entre cette turc militaire.
pièce et la suivante, m’a fait rejeter mon idée. Le com- 2. Ces mots pourraient aussi s’entendre du toma; la
mentateur dit que Cakchlvan, après ses études, se met plante dont on l’extrait est cherchée avec sollicitude. et
en voyage pour retourner chez son pére, et s’endort sur ce breuvage peut bien être appelé par le poële l’enfant
la route; Swanaya, fils de Bhdvayavya, le rencontrant, le du désir ou du sacrifice, ichteh punira.
fait monter sur son char, lui donne sa fille en mariage. 3. J’ai, compris que les mots prinun et papoun’ cor-
et le ramène chez son père, comblé d’honnenrs et de respondaient avec les mots idjàna et yakchyamàna.
présents. Le commentateur trouve, dans les vers des 6. Mémé nom que Bhévayavya.
deux hymnes, qui se suivent, les divers détails que je 5. Sindhou est sans doute le nom général des pro-
viens de rapporter, et se voit obligé de mettre succes- vinces qui bordent le fleuve appelé Sindhou. ou la mer
sivement la parole dans labouche de divers personnages. appelée aussi du même nom.
124 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch LI

qui m’a donné des richesses pour mille sacrifices. lices, t’invoquer par de saintes prières, oui. par
2. De ce roi puissant j’ai reçu cent nichons t de pures et saintes prières; toi qui tournes autour
(d’or), cent chevaux bien dressés, cent taureaux; du ciel, pontife des humains, orné d’une cheve-
et moi, Cakchivàn, j’ai porté jusqu’au ciel la lure brillante, (dieu) libéral que doit respecter ce
gloire immortelle de (ce prince) généreux. peuple; oui, que pour son bonheur doit respecter
3. Swanava l’a ordonné, et a ma suite se sont ce peuple.
rangés dix chars noirs, qui chacun portait une 3. Resplendissant avec l’éclat de l’or, (Agni) dé-
femme; mille soixante vaches les accompa- truit le mal; oui, comme la hache il détruit le
gnaient. Tels sont les biens que Cakchivan reçut mal. Devant lui, tout ce qui est fort s’écoule
pour le charme de ses jours ’. ainsi que l’eau. Repoussant tout ce qui est robuste,
4. Les quarante chevaux blancs attelés aux dix il lutte; il n’est pas ébranlé; oui, tel que l’archer
chars viennent en tète de la ligue des vaches. vigoureux, il n’est pas ébranlé.
Enivrés d’orgueil et ornés de ceintures, les Padjras 4. (Le serviteur fidèle), préparant la (demeure)
rassemblent ces chevaux tout brillants d’or. solide 4 de ce (dieu) sage et prévoyant, fait bril-
5. Mais en premier lieu j’ai reçu pour vous 5 ler les feux de Forum, et pour obtenir sa protec-
trois chevaux et huit vaches de prix. Les Padjras, tion il honore Agni, oui, il l’honore par une of-
qui sont mes bons parents, montés sur leurs frande pour obtenir sa protection. Ainsi que l’eau,
chars, ont voulu, comme par un cortège popu- Agni pénètre tout; son ardeur déchire; les plus
laire, honorer ma gloire. solides aliments, il les consume avec force; oui.
6. (Rmncisa, fille de Swayana, épouse de Cak- il consume avec force les plus solides (aliments).
chîva’n, parle à son beau-père.) -- Il m’a acceptée 5. Non loin du foyer, nous déposons la nour-
pour femme, et je tiens à lui comme (l’écuyer) riture destinée à ce (dieu), qui, dans les ombres
au fouet qu’il serre (dans sa main). Mon époux de la nuit, brille mieux que le jour lui-même; oui,
m’accorde la jouissance de mille biens précieux. pour l’homme diligent, mieux que le jour lui-
7. Daignez me permettre de vous approcher. mème. Son existence, qui fut un instant comme
Ayez pitié de ma faiblesse. le serai toujours Ro- éclipsée, devient pour celui qui fait des libations
masa t , c’est-adire la brebis des Gandhàras. une espèce de rempart solide. (Mortel) pieux et
(mortel) négligent, les feux protègent tout le
HYMNE Vl.
monde; immortels, ils animent tout; oui, les
A AGI], PAR PAROUTCHEÉPA. (feux) immortels animent tout.
(Mètre : Atyechtt à.) 6. Ainsi Agni, résonnant, comme le puissant
l. Je chante Agni le sacrificateur, (Agni) bien- Marout, dans ces campagnes ou tant d’œuvres
faisant et riche, l’enfant de la Force appelé Diri- s’accomplissent, exerce sa charge de sacrificateur;
tavédas; oui, Djàtavédas, qui est comme notre oui, au milieu de luttes pénibles, il exerce sa
prêtre; ce dieu qui préside aux bons sacrifices, charge de sacrificateur. il reçoit les holocaustes
qui, de sa flamme qu’il dresse et dirige vers les et les dévore, étendard du sacrifice, objet de vé-
dieux, saisit le beurre frémissant et entoure d’un nération. De ce (dieu) qui aime et répand le plai-
vif éclat l’offrande pieuse. sir, que tous les hommes suivent la voie; oui,
2. Toi, le plus grand des sacrificateurs, le pre- qu’ils suivent sa voie pour arriver au bonheur.
mier des Angiras, nous voulons, dans nos sacri- 7. Quand placés autour de lui ’, brillant de
ses clartés, poursuivant leurs chants et leurs
1. Le Nichka est une mesure de poids appliquéeà
des quantités différentes. Voy. Wilson, Dictionnaire, à prières et attisant (son ardeur), les Bhrigous lin-
ce mot, et Prinsep (Useful fables). voquent (Agni) ; oui, quand les Bhrigousinvoquent
2. Le commentateur entend que le don s’est fait au (.tgni) et lui présentent leurs offrandes, le dieu
milieu du jour.
3. Cekchtvân s’adresse icih Dlrghatamas, son père, et s’élève avec pureté; maître et gardien des tré-
à sa famille. sors, il protége ses serviteurs, ses amis, avec une
6. Ce mot signifie brebis. Le Gandhara, que l’on
identifie avec le Candahar, était fameux par ses trou-
peaux. 1. J’ai vu dans ce passage l’action du sacrificateur
5. Cet hymne, outre le mètre alyachti, en offre d’au- qui prépare les bois formant l’arani, et qui en fait
tres, tels que le dhrili, l’outcrifi, l’aticrüi, le sancrili, jaillir le feu.
le vicriti, le pracrill, le criti, c’est-à-dire des mètres 2. Le mot dwitâ peut offrir différents sens. Le com-
de 4 padas, et quelques-uns de plus de 10:) syllabes. mentaire le rapporte a deux espèces de feux, éboua.
Voy. Grammaire de Wilson, page 424 et suivantes. niyâdi.
(au. 1.] alu-v ses. - SECTION DEUXIÈME. 125

haute sagesse; oui, il les protégé avec une haute des Ousidjs l; oui, sacrificateur d’un ordre qui
sagesse. nous appartient ’. Agissant partout avec em-
8. Nous t’invoquons, toi, seigneur de tout ce pressement, il est pour celui qu’il aime comme
peuple; toi, également bon pour tous; a toi, un seigneur opulent. Pontife invincible, il s’as-
notre père de famille, (nous demandons) le bon- seoitau foyer du sacrifice; oui, il s’entoure d’un
heur; oui, à toi, qui portes les paroles de la cordon (lumineux) au foyer du sacrifice.
piété, (nous demandons) le bonheur. (Nous t’in- 2. Nous adressons a ce maître des sacrifices
voquons), toi, l’hôte des mortels. sur qui nous un culte solennel, des invocations pieuses, et
fondons notre espérance comme sur un père; et accompagnées d’holocaustes en l’honneur des
tous ces (saints) ministres présentent (pour toi) dieux; oui, accompagnées d’holocaustes. De sa
ces aliments, ces holocaustes ; oui, (pour toi) et flamme il enveloppe et consume les aliments qui
pour les (autres) dieux. lui sont offerts, ce dieu que Màtariswan est venu
9. O Agni, plein de force et de splendeur. tu de loin, oui, de loin, faire briller pour Manou 3
nais pour le service des dieux; oui, comme un 3. Aussitôt il embrasse le (vase) de terre qui
seigneur opulent pour le service des dieux. Tu le reçoit, et, tel qu’un taureau généreux, il lui
t’enivres (de nos libations) pour mieux briller; communique en grondant la semence (lumi-
lu n’agis que pour faire preuve de force. Tes ser- neuse); oui, en grondant, la semence (lumi-
viteurs t’honorent, (dieu) immortel; oui, (ils l’ho- neuse) t. Le dieu ouvre ses cent yeux, et se
norent) avec la promptitude (de la confiance), jette sur le bois du bûcher; et Agni, peu a peu
(dieu) immortel. gagnant les places voisines, s’étend aux places
f0. Au grand, au vigoureux Agni, qui, comme plus éloignées.
l’habitant de vos étables, s’éveille avec l’aurore, ’l. Pontife diligent, Agni, dans toutes les de-
rendez gloire; oui, rendez gloire a Agni, au mo- meures, accomplit le sacrifice; oui, par sa vertu,
ment où le (père de famille) chargé d’offrandes, il accomplit le sacrifice. Par sa vertu, ce (dieu)
dans toutes les demeures, fait entendresa prière; sage donne à celui qui l’alimente la connaissance
où, devautlui, pareil à (l’antique) llébhn, vient de toute la nature. Ainsi, hôte (de l’homme),
élever sa voix le plus grand des chantres (divins), nourri du beurre sacré, chargé (de nos offrandes),
le plus grand des sacrificateurs. il naît, oui, il nuit pour s’appeler Védhas 5.
il. Agni, toi qui te fais voir prés de nous, 5. Lorsque, dans les rayons du puissant Agni,
compagnon des dieux, apporte-nous avec bien- viennent a tomber, avec un bruit comparable à
veillance de grandes richesses; oui, avec bien- celui des Marouts, les aliments, oui, les aliments
veillance. Tu réjouis nos yeux, tu nous combles destinés à (ce dieu) rapide; alors il vient, par sa
de biens: fais beaucoup, (dieu puissant), en munificence, récompenser la piété. lnvoqué par
notre faveur, en faveur de (la mère de famille) nous, il nous sauve du mal; oui, invoqué par
ici présente t, (dieu) magnifique, fais beaucoup nous, (il nous sauve) de la méchanceté et du
péché.
en faveur de les chantres. Sois terrible (pour nos
ennemis), et,par ta force, détruis leur puissante 6. (Dieu) universel, immense, infatigable et
lignée. protecteur, il tient (tous les biens) dans sa main

HYMNE Vll. 1. Ousidj est le nom de la mère de Cakchlvan. Les


Ousidjs forment la famille de ce Richi. Voy. page 50,
A AGI", PAR PAROUTCMMÉPA. col. t, note a.
(Hêtre : Atyachtf.) 2. Le mot me se prête it deux sens z qui lui appar-
tient ou qui nous appartient, qui est dans notre na-
l. il naît sous la forme de Manon I, le pre- lure.
mier des pontifes, Agni, sacrificateur de l’ordre 3. malariswan est le dieu du vent, qui, le matin,
soufflant de l’horizon, excite le feu qu’on allume pour
le sacrifice. Il semble l’apporter a l’homme, autrement a
L Aeye’ m’a paru indiquer que le sacrifice pour lequel Manon, instituteur des cérémonies sacrées.
cet hymne avait été composé, était commandé par une 4. Celte phrase me parait offrir un sens métaphorique,
femme. Le commentaire croit que le petite fait ici allu- et indiquer une espèce de mariage mystérieux entre le
sion à la terre. feu et son foyer.
s. Manon est ici un nom général qui désigne l’huma- 5. Le mot Vidhas me semble devoir signifier celui
nité. Agni, dans le foyer domestique, est l’ami. l’hôte, qui contient une partie de l’intelligence divine. On le
le compagnon de l’homme; il a, en cette qualité, quelque rend par pradjgna, sage, intelligent. Ce nom se donne
chose d’humain. a tous les dieux.
l26 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Lect. 1.]
droite. Qu’il les répande sur nous comme en pas- le mortel qui vient à toi; oui, ce mortel, tu le
sant; oui, qu’il les répande en quelque sorte au protégés. lndra, je t’adresse cet hymne, à toi, au
gré de nos besoins. Tu portes l’holocauste a celui Ciel, au glorieux Rendre, a Mitra, a Varouna, (je
d’entre les dieux qui le désire. Pour l’homme l’adresse) accompagné d’offrandes; oui, je (l’a-
pieux, Agni ouvre la voie du bonheur; oui, il dresse), accompagné d’offrandes, au (dieu) qui
ouvre les portes (des trésors). fait notre bonheur.
7. Le fortuné Agni, placé dans sa demeure hu- 4. Nous désirons qu’lndra accueille notre sa-
maine, est au milieu des sacrifices comme un crifice et le vôtre, (lndra) qui est la vie de tous,
monarque désirable; oui, il est au milieu des invincible auxiliaire; oui, invincible auxiliaire
sacrifices comme un monarque chéri. il règne dans les combats. Dans toutes nos luttes protége-
sur les holocaustes que reçoit le (foyer) de terre; nous, souviens-toi de nos hommages. Nul ennemi
il nous protégé contre la maligne influence de ne peut te vaincre : tu es au-dessus de tout en-
Varouna A; oui, contre la maligne influence du nemi, oui, tu es au-dessus de tout.
grand dieu. 5. Brise les forces de nos adversaires. Comme
8. lis chantent Agni sacrificateur, maître de la les feux brillants de l’aranî, qu’ils soient puis-
richesse, ami bienveillant; ils célèbrent (le dieu) sants tes secours; oui, (dieu) formidable, les
infatigable; oui, ils célèbrent (le dieu) qui porte formidables secours. Tu nous guides, comme au-
les holocaustes. Ame de tous les êtres, connais- tréfois Anénas l; o héros, tu nous animes. Tu
sant la nature entière, sacrificateur digne lui- protégés tous les (domaines) de Poùrou. Tu viens
même de sacrifices, (dieu) aimable et sage, les près de nous pour emporter, oui, pour emporter
Dévas (mortels) ’ l’appellent à leur secours, et nos offrandes.
l’honorent par leurs riches offrandes, oui, par 6. le veux aussi adresser mon hymne a l’heu-
leurs riches offrandes et par leurs chants. reux Soma ’, qui, comme (les autres), digne de
notre invocation, s’empresse d’accourir a notre
HYMNE "il. prière; oui, vainqueur des Rakchasas, accourt à
notre prière. Qu’il vienne donner la mort à l’en-
A mon, un rauourcuusn.
nemi dont la folie nous outrage. Que le méchant
(Hem : Atyachtî.)
tombe; oui, qu’il tombe et disparaisse.
l. 0 lndra, ce char du sacrifice 5, chargé d’of- 7. O (maître) opulent, chantons dans un hymne
frandes, que tu conduis, (dieu) rapide et irrépro- pieux, chantons le (dieu) riche et fort; oui, le
chable; oui, (ce char) que tu conduis, daigne le (dieu) aimable et fort. Prions et honorons par
diriger pour notre bien, et accueille, (dieu) irré- nos offrandes ce (dieu) que les sages ont de la
prochable et protecteur, notre prière accompagnée peine à fléchir; oui, prions lndra, offrons-lui de
d’offrandes; oui, notre prière qui ressembleà celle
purs sacrifices.
des (anciens) sages. 8. Indra déploie pour vous et pour nous ses
2. Écoute-nous, O Indra, toi qui, dans toutes glorieux secours qui repoussent nos ennemis,
nos luttes, nous combles de les bienfaits ; toi qui, oui, qui brisent nos ennemis. L’armée de cet
invoqué par tes serviteurs, les délivres de leur avide (adversaire) qui s’avançait pour nous per-
fardeau et affliges (leurs ennemis), qui donnes la dre, a été frappée; oui, accablée de ses traits,
gloire aux héros et l’abondance aux sages; les cette armée terrible n’a pu supporter ses coups.
maîtres (de la terre) te célèbrent, (dieu) rapide 9. lndra, viens vers nous avec l’opulence qui
et impétueux; oui, rapide comme un coursier. t’environne; arrive par une route tranquille, oui,
3. Tu répandS’tes libérales faveurs sur celui
par une route libre de tout ennemi. Protége-
qui est libéral envers toi; tu viens. ô héros, vers nous de loin, protège-nous de prés. Conserve-
t. Varouna est le soleil nocturne, et, sous ce rapport, nous de loin par tes secours; oui, conserve-nous
il est, dit le commentateur, considéré comme pâpadeuatâ, toujours de près par tes secours.
divinité du mal.
2. Cette épithète est ajoutée pour indiquer la signi-
fication restreinte du mot diva, qui ne s’emploie ici t. Anénas et Potiron sont d’anciens rois. Le nom de
que comme désignant les prêtres et les personnes no- Potiron est pris quelquefois pour le nom d’homme on
bles, qu’ailleurs. au contraire, on appelle amrita (im- général.

mortels). a. Le mot indou. que j’ai rendu ici par soma (liba-
3. Le sacrifice. nous l’avons déjà vu, est comparé a un tion),e’st quelquefois aussi un des noms de la lune. comme
char que l’on prépare à l’usage d’un dieu. le mot soma lui-même.
lbect. 1.] Rlü- VÈDA. - SECTION DEUXIÈME. 127

10. Accorde-nous, Indra, une opulence triom- est pleine de force et de puissance; et, ainsi que
phante. Tu es formidable, et la grandeur t’envi- le bûcheron (fend) un arbre, avec ta vigueur tu
renne pour notre salut; oui, (elle t’environnc) fends les nuages; oui, tu les fends comme avec
comme un ami pour notre salut. Sauveur puis- une hache.
sant, immortel protecteur, attaque tout autre 5. lndra, c’est toi qui donnes l’essor à ces ri-
char que le nôtre. (Dieu) qui portes la foudre, vières qui courent vers la mer comme des chars,
frappe;oui, (dieu) qui portes la foudre, frappe oui, comme des chars de combat. Fortes de ton
notre ennemi. secours, elles forment un courant inépuisable;
il. lndra, pour prix de nos louanges, sauve- telles que les vaches donnant à Manon un lait
nous du mal; tu peux arréter nos ennemis; oui, abondant, oui, donnant au genre (humain) un
tu es dieu, et tu peux arrêter nos ennemis. lait abondant.
Frappe le criminel Rakchasa, et conserve le sage t3. Les enfants d’Ayou l, avides de biens, et
qui me ressemble. C’est à cette condition que t’a pareils au sage ouvrier qui fabrique un char, ont
engendré un père (généreux) l; 0 toi, notre re- prépare pour toi cet hymne; oui, ils l’ont préparé
fuge, il t’a engendré pour tuer les Rakchasas; pour obtenir de toi le bonheur. Ils te chantent,
oui, (c’est pour cela qu’il t’a engendré), O toi o (dieu) sage, comme vainqueur dans les com-
bats, aussi rapidc que le coursier, afin que tu leur
notre refuge. L
HYMNE 1x. xi accordes la force et les biens; oui, les biens de
toute espèce.
A "ou. un "noueuses. 7. En faveur de Poûrou, de Divodàsa, tu as
(Hêtre: : Atyachtl et Trichtouhh.) brisé les quatre-vingt-dix villes ’. Pour ton ser-
l. lndra, viens à nous de l’extrémité de l’ho- viteur Atithigwa, o danseur 5 (céleste), avec ta
rizon, comme (Agni) ici présent (vient) à nos sa- foudre, oui, pour ton serviteur Atithigwa, tu les
crifices, comme ce roi protecteur des hommes as vaillamment (brisées). Tu as enlevé Sambara
pieux; oui, comme le protecteur des hommes de sa haute montagne; ta puissance nous comble
pieux (vient) dans nos demeures. Nous l’invo- de biens, oui, nous comble de biens de toute
quons en te présentant nos mets et nos libations, eSpèce.
ainsi que des enfants invoquent leur père, pour 8. lndra protège dans les combats l’Arya qui
obtenir de toi notre nourriture; oui, (dieu) tout- fait des sacrifices -, il a pour lui mille secours dans
puissant, pour obtenir de toi notre nourriture. toutes les batailles; oui, dans ces batailles qui
2. O lndra, bois ce soma limpide que le pilon sont une source de gloire. En faveur de Manon,
a exprime du trésor (de la graine), comme le tau- il a soumis les impies à l’obéissance; il a donné
reau altéré, oui, comme le taureau boit (l’eau) la mort (à l’ennemi) qui a la peau noire t. Mal-
du puits. Qu’à cette source d’ivresse (divine) qui gré son habileté, tout être cupide est consumé
l’excite et te soutient, tes chevaux l’amènent, par lui; oui, tout être nuisible est consumé par
ainsi que les Jours, oui, ainsi que les Jours lui.
(amènent) le Soleil. 9. Sous la forme du disque solaire, il a paru
3. C’est par lui qu’a été ouvert cet antre cé- aux yeux (de ses ennemis). O prodige de puis-
leste, qui semble être le nid de l’oiseau (divin), sance l seigneur resplendissant. il pousse en même
et qui est creusé au sein d’une voûte, oui, d’une temps, oui, il pousse le cri (de mort) 5. Cepen-
voûte sans bornes. Armé de la foudre, lndra, le
plus grand des Angiras, a voulu forcer l’étable It. C’est-à-dire, les hommes.
des vaches (divines). Il va, pour nous rendre l’a- 2. Il s’agit de ces villes célestes, qui sont les nuages
bondance, oui, pour nous rendre l’abondance, il Il a déjà été fait mention des personnes ici citées. On
dit que Poûrou et Divodasa sont le même personnage.
va ouvrir les portes (de cet antre). 3. Je m’explique cette épithète de danseur, de sauteur,
4. lndra prenant dans ses mains l’arme tran- par l’apparence que présente la foudre aux yeux de
l’observateur.
chante de la foudre, l’aiguise pour la lancer; oui,
4. On raconte que surl’Ansoumall. lndra, envoyé par
il l’aiguise pour en frapper Ahl. Indra, ton attaque Vrihaspati et accompagné par les Marouts, tua Crichnn
(le noir Asoura) avec ses dix mille compagnons, qui
l. Le texte porte djanità, que le commentaire explique donnaient la mort a tous les êtres vivants.
par àdicartri. paraméwarn. Tous ces dieux, en effet, 5. La. légende dit que certains Asouras s’opposèrent
sont créés; il y a quelque chose au-dessus d’eux et ce à la marche d’lndra. forts du privilège qu’ils avaient
quelque chose, inconnu, n’a point de culte. de ne pouvoir être tués par lui. Il prit la forme du so-
128 lNDE. - POÉSIE LYRIQUE. [becta L]
dant, de l’extrémité de l’horizon, accourait Ousa- quand tu as détruit les villes (célestes) de l’au-
nas l pour les secourir. (0 dieu) prudent, tu tomne; oui, quand tu les as brisées et détruites.
t’empresses de donner aux hommes tous les Maltrade la force, o lndra, tu abats l’homme
biens; oui, tu t’empresses de leur procurer une impie. Tu es le sauveur de la terre, de l’air, l’heu-
longue vie. reux (libérateur) de ces ondes, oui de ces ondes.
10. Touché de nos hymnes nouveaux, (dieu) 5. Pour célébrer ta puissance, 0 (dieu) géné-
généreux qui brises les villes (célestes), conserve- reux, les enfants d’Ousidj ont répandu ces liba-
nous par tes secours puissants! Du haut des airs, tions enivrantes; car tu sais protéger tes amis;
o Indra, tu grandis avec les chants de tes servi- oui, tu sais les protéger. Tu as combattu avec
teurs, comme le ciel avec les feux du jour. vaillance en leur faveur. Ils ont obtenu tous les
biens qu’ils ont souhaités; oui, ils les ont obtenus.
HYMNE X. 6. Accepte les louanges et l’holocauste que ra-
mène en ton honneur le retour de l’aurore, ainsi
A mon, un "neurones".
que ces offrandes; oui, ces offrandes qui provo-
(un: : Atyachtî.) quent la générosité. lndra, (dieu) libéral etarmé
l. Le Ciel, le (divin) Asoura *, s’incline devant de la foudre, s’il est vrai que tu veuilles la mort
lndra; devant Indra (s’incline) la grande Terre de nosennemis, écoute ma prière, de mOÎ qui
avec ses dons brillants; oui, avec ses dons bril- suis le plus jeune; oui, le plus jeune de tes sages
lants, ou se déploie sa munificence. Tousles dieux, (serviteurs).
compagnons de sa félicité, reconnaissent lndra 7. lndra, protégé-nous, et fais le bonheur de
pour leur chef. Que pour lndra soient tous les celui (qui t’est dévoué). Quant à l’homme qui est
sacrifices humains; oui, que pour lui soient les notre ennemi, o héros célèbre partant de nais-
sacrifices humains. sances, frappe ce mortel ; oui, frappe ce mortel
2. Dans tous les sacrifices, c’est toi seul qu’in- (le ton tonnerre. Frappe celai qui nous veut du
voquent également les hommes divisés pour le mal. Prête a notre voix une oreille attentive.
bien qu’ils demandent; oui, divisés pour la féli- Gomme on écarte d’une route tout obstacle, chasse
cité qu’ils veulent obtenir. Tu es pour nous comme devant nous notre ennemi; oui, chasse notre
le vaisseau que nous chargeons de notre bonheur. ennemi.
Tu es notre maître, et les hommes honorent In-
dra par leurs sacrifices; oui, ils l’honorent par HYMNE Xi.
leurs louanges. A INDRA,PAR "neurones".
3. Des couples 3 (de serviteurs dévots), jaloux
(Hêtre : Atyachti.)
de ta protection, ont préparé ce sacrifice en ton
honneur, pour obtenir que le nombre de leurs l. 0 Maghavan, si tu es avec nous, nous pou-
troupeaux s’augmente. 0 Indra, ils ont en toi une vons compter sur d’abondantes dépouilles. Avec
confiance sans réserve; oui, une confiance sans ton secours, O Indra, puissions-nous vaincre nos
réserve. Quand tu veux exaucer les vœux d’un ennemis et sauver nos amis! Ici près, en ce jour,
père et d’une mère de famille dont le désir est viens protéger celui qui t’offre des libations et
d’avoir des troupeaux et de la richesse, alors tu t’honore par ce sacrifice. Puissions-nous te trou-
fais briller ta foudre qui répand l’abondance, et ver favorable au moment du danger; oui, grâce
qui est ta compagne; oui, lndra, ta compagne à nos offrandes, te trouver favorable au moment
habituelle. du danger!
-’I. Les Poûrous, ô Indra, ont connu ta valeur, 2. Quand, au jour du danger, cherchant la
gloire, (un homme) invoque Indra avec dévotion
leil, prononçant en mémo temps le mot djahi, c’est-à- vers le lever de l’aurore; quand pour l’honorer,
dire, tue. Je cherche vainement la clef de ce conte allé-
goriqne. oui, pour l’honorer, il fait un sacrifice, alors,
t. Voy. page 73, col. 2, note 2; page 91, col. t, note 4; voulant récompenser sa piété, le dieu sensible
p. 120,. col. I , note 3. Ousanas prend ici le parti des. aux priéres frappe la tète (de ses ennemis).
Asouras ses élèves.
2. Ce mot s’entend ici du soleil. l’uissions-nous, (O lndra). recevoir tes heureux
3. Le poète désigne le père et la mère de famille qui bienfaits; oui, les bienfaits d’une heureuse (di-
ont commandé le sacrifice, ou bien le père de famille vinité)!
qui le commande, et le prêtre qui le présente aux
dieux. 3. A toi, suivant l’antique usage, ces brillan-
[Lect. L] RlG-VÉDA. - SECTION DEUXIÈME. 129
tes offrandes! Lorsqu’un sacrifice a lieu, tu viens (ennemis) ont été détruits. C’est la ce qui fait ta
au foyer, oui, tu viens prendre ta place. Distin- gloire; oui, c’est la ce qui fait ta gloire.
gue nos feux, dont les rayons brillent entre le S. Indra, frappe toute cette troupe rougeâtre
ciel et la terre. C’est ainsi qu’lndra mérita le et terrible de Pisatchas. Éloigne la race des Bak-
nom de Gavéchana I; oui, le nom de Gavéchana chasas.
que lui donnent ses protégés. 6. Frappe, o lndra, vaillamment et par-des-
Il. Ce fut sans doute jadis une œuvre mémo- sous *. Entends-nous; le ciel et la terre ont
rable de la part, quand, dirigeant les Angiras, brillé; o (dieu) qui portes la foudre, ils ont
tu leur ouvris, Indra, oui, tu leur ouvris la re- tremblé; oui, ils ont tremblé à la vue de tes
traite (des vaches célestes). Tu nous conduis feux, o (dieu) qui portes la foudre. Puissant, fort
aussi comme eux :tu combats et tu triomphes et terrible, tu marches armé. Nul ne pourrait te
avec ceux qui t’offrent des libations. Tu ren- donner la mort, o héros invincible, accompagné
verses I’impie; oui, l’impie, malgré toute sa de tes auxiliaires; oui, de tes vingt etun î auxi-
rage. liaires.
5. Lorsqu’un chef héroïque, au moment du 7. Par ses libations (l’homme) assure le salut
combat, rassemble ses gens pour le sacrifice, de sa maison; par ses libations et ses sacrifices il
(ces hommes) avides de butin doivent triom- abat les ennemis qui l’entourent; oui, il abat les
pher; oui, (ces hommes) avides de butin doivent ennemis des dieux. Par ses libations et ses of-
obtenir la victoire. Leur chef est entouré d’une frandes, Il obtient l’abondance, la sécurité et des
nombreuse liguée : sa force dans les batailles le milliers de biens. A celui qui fait des libations
fait honorer. Puissent leurs hommages, avec la lndra accorde une fortune convenable; oui, une
faveur d’lndra, leur procurer aussi bien celle fortune convenable.
des dieux! oui, puissent ces hommages arriver
jusqu’aux dieux! HYMNE Kilt.
6. O vous, Indra et Parvata ’, combattez de- A vxvou, ne vaneurcuusrx.
vant nous ; et celui qui voudrait nous opprimer
(Melu- : Atyachtl.)
de ses armes, abattez-le; oui, abattez-le avec la
foudre. 0 héros, si tu viens dans notre maison l. Vàyou, que tes rapides coursiers t’amènent
décidé à confondre l’étranger, que ton arme, ici vers nos offrandes et vers nos libations du
habile a frapper de tout côté, oui, (que ton arme) matin; oui, vers ces libations de soma présentées
frappe nos ennemis de tout côté! le matin. Que la voix élevée de la Prière soit en-
tendue de toi; et, sur le char que trament tes
HYMNE X11. coursiers, viens, o Vàyou, vers celui qui t’offre,
oui, vers celui qui t’offre ce sacrifice.
A nous, un "sonnasses.
2. Rejouis-toi, Vâyou, de ces heureuses bois-
(leur: : Trichtouhh, Anouchtoubh, Gâyatrl, Atyucbtl.)
sons que nous te présentons en sacrifice, de ces
1. Par le moyen du feu sacré, je veux purifier (boissons) soignées qui brillent, oui, qui brillent
le ciel et la terre; je veux brûler les méchants, de (doux) rayons. Quand de pieux compagnons
- et les régions qui ne reconnaissent point Indra. s’assemblent pour le sacrifice autour d’un mettre
S’ils osent sortir, que nos ennemis soient frappés; généreux, tes coursiers a l’instant viennent aussi
qu’ils jonchent de leurs cadavres les abords de frémir auprès de lui, pensant à sa libéralité; oui,
leur retraite. ils viennent, pensant à sa libéralité.
2. (Dieu) qui portes la foudre, marche vers tes 3. Vàyou attelle a son char deux coursiers lé-
ennemis; et de ton pied, oui, de ton grand pied gers, tantôt rouges, tantôt jaunâtres, et porteurs
étendu, foule leurs tétés! vigoureux; oui, porteurs excellents et vigoureux.
3. Brise, o Maghavan, la force de ces ennemis Puissant pour la destruction, il éveille la Prière
au sein de leur vile retraite; oui, au sein de qui semble endormie; il éclaire le ciel et la terre,
leur grande et vile retraite. et fait entendre sa voix; oui, il fait entendre sa
l. Tu as paru, et cinquante-trois 3 de ces- voix en l’honneur de l’Aurore.

l. Ce mot signifie venantes" les rayons. l. Je me figure le nuage, dont la. partie inférieure est
2. Voy. plus haut, p. 120, col. 2, note 5. déchirée par la foudre.
3. Je ne me rends pas compte de ce nombre. :2. Les vents sont au nombre de il.
l30 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. [Loch 1.]

Il. Pour toi, les pures Aurores, à l’horizon, douces boissons , (goûtez) de ces nourritures.
étendent leurs voiles brillants, ou se peignant ra- C’est pour vous qu’on les a préparées ce matin.
pidement leurs rayons; oui leurs rayons nais- O Vàyou, 0 lndra, venez, accompagnés de l’heu-
sants. Pour toi, la vache (céleste), au lait abon- reuse opulence : oui, venez accompagnés de l’o-
dant, cède tous ses trésors. Dans les régions du pulence.
ciel, tu fais naître de ses mamelles, oui, de ses 5. Pour vous, on a commandé ces prières et
mamelles tu fais naître les Marouts. ces sacrifices; pour vous, on a exprimé cette li-
5. Pour toi, ces (llarouts) brillants, purs et ra- queur légère et vive; oui, vive comme le rapide
pides, formidables dans leur ivresse (divine), tra- coursier. Soyez à nous, et buvez de ces libations;
vaillent avec ardeur à la création des eaux; oui, venez ici pour nous secourir. 0 lndra, ô Vayou,
ils viennent travailler à cette création. L’homme enivrez-vous de ces boissons; oui, enivrez-vous,
s’empresse de t’honorer de ses dons et de ses vous qui donnez l’abondance.
louanges, et te prie d’éloigner le mal. Et toi, tou- 6. A vous ces boissons qu’ils ont su rendre
ché de son hommage, tu le protèges contre tout limpides! (Vos serviteurs) les ont remises aux
ennemi; oui, tu le protéges contre les forces des prêtres, après les avoir préparées avec un zèle
Asouras. empressé; oui, avec un zèle empressé. Pour vous,
6. O Vàyou, sois honoré avant tous, et reçois ces liqueurs ont passé à travers le filtre; elles se
le premier l’offrande de nos libations; oui, reçois sont épurées pour vous sur les poils (de la vache);
nos libations. Ainsi, exauce les vœux d’un peuple oui, sur ces poils formant un crible serré l.
innocent; que toutes ces vaches, qui dépendent 7. 0 Vàyou, néglige ceux qui sont endormis.
de toi, fassent descendre sur nous leur lait doux La maison où résonne la pierre (du mortier), c’est
et béni; oui, [ourlait doux et béni. celle où vous devez venir; oui, où lndra et vous
devez venir. La prière s’entend ; le beurre consa-
HYMNE le. cré coule. Pour combler tous nos vœux, venez à
notre sacrifice; oui, lndra et vous, venez à notre
A vues ET A mon, ne "acumens".
sacrifice.
(une: Atyuchtî.)
8. Venez ici prendre nos libations, aussi douces
l. Le gazon sacré est disposé; viens a notre sa- que le miel. Places prés de l’Aswattha ’, que nos
crifice avec tes innombrables coursiers, toi qui (prêtres) remportent sur vous cette victoire; oui,
conduis et cent et mille attelages. Les Dévas (ter- qu’ils remportent cette victoire. Nos vaches (ter-
restres) ont avec soin préparé la libation du matin restres) ont donné leur lait; (les gâteaux) d’orge
pour le Déva (céleste). Des boissons aussi douccs ont été cuits. 0 Vàyou, tes vaches (célestes) ne doi-
que le miel t’attendent; oui, elles t’attendent vent point faillir; oui, elles ne doivent point faillir.
pour étancher ta soif (divine). 9. (Et en effet), faisant retentir l’air delenrs
2. Pour toi ce soma a été pressé; pour toi il a mugissements, les voilà quiarrivent, tes robustes
été purifié, et dans le vase qui le contient il re- taureaux; oui, tes robustes et larges taureaux.
vêt d’admirables couleurs; oui, il revêt de bril- .On les voit dans les plaines (du ciel), tantôt im-
lantes couleurs. Voilà ce que t’offrent les enfants mobiles, tantét rapides , se répandre au loin
d’Ayou et les Dévas (mortels). 0 Vàyou, amène comme les rayons du soleil, et déployer une force
tes coursiers; viens te joindre à nous; oui, le que rien ne peut dompter; oui, que deux bras
plaisir t’appelle, viens te joindre à nous. ne suffisent pas à dompter.
3. Avec tes cent, avec tes mille coursiers, d
Vàyou, viens jouir de notre sacrifice; oui. viens H YMNE X V.
jouir de nos holocaustes. A toi ce soma solennel a Inca ET VAROUNA, un "neuronaux.
et brillant aux rayons du soleil! (Tes serviteurs) (Mura : Atyuchti et Trichtoubh.)
ont remis aux prêtres (ces boissons), que pour
toi, 0 Vayou, ils ont préparées avec un zèle em-
t. Offrandes choisies et abondantes, holocauste,
prière, présentez à ces (dieux) immortels et bien-
pressé; oui, avec un zèle empressé.
«i. Que votre char, tralné par vos coursiers, 0 1. D’une peau de vache, percée de quelques trous, on
Vàyou, (é lndra), vous amène à notre secours, et formait un filtre pour la liqueur du soma.
2. Ou le sacrifice se fait près d’un Aswattha. ou plu-
venez jouir de ces mets heureusement disposés; tôt le bois de est arbre sert à faire une des pièces de
oui, venez jouir de nos holocaustes. Buvez de ces l’arani.
limes. ".1 RlG-VÉDA.-SECTION DEUXIÈME. l3!
faisants, oui, (présentez à ces dieux) bienfaisants
le plus doux des hommages. Unis par leur royauté LECTURE DEUXIÈME.
(sainte), et honorés par nos libations de beurre,
ils sont célébrés dans tous nos sacrifices. Car leur HYMNE l.
puissance est partout triomphante; oui, leur di- A "an ET A "mon, pas "neuronaux. 7S
vinité est partout triomphante. (une : Atlsaknarl.)
2. La jeune et éternelle voyageuse a paru dans i. Nos libations sont prêtes. Venez tous deux!
l’espace. La voie du feu (sacré) t s’est entourée
Sous le pressoir ont coulé ces liqueurs, auxquelles
de rayons; oui, l’œil de Bhaga * s’est entouré de
se mélo le lait de nos vaches, et qui causent une
rayons. Le siège céleste de Mitra, d’Aryaman et
aimable ivresse; oui, une situable ivresse. Rois
de Varouna se couvre de lumière. Que Mitra et célestes, venez ici prés de nous. A vous, Mitra et
Varouna reçoivent une large part d’hymnes; oui, Varouna, ces brillantes libations qu’accompagne,
une large part d’hym nes, de prières et d’amandes.
oui, qu’accompagne le lait de nos vaches!
3. Ils embrassent Aditi, couverte de lueurs 2. Accourez! voici des liqueurs soigneusement
brillantes; (Aditi) qui soutient la terre, source exprimées, voici du lait caillé; oui, du lait caillé :
féconde de félicité. ils éveillent le ciel pour le le- c’est pour vous. Au lever de l’aurore, au moment
ver de la lumière; oui, pour le lever de la lumière. où brillent les rayons du soleil, cette libation est
Adityas forts et resplendissants, ils sont les mal- faite en l’honneur de Mitra et de Varouna; oui,
tres des biens. Mitra, avec Varouna et Aryaman, elle est faite en l’honneur du feu sacré.
excite l’émulation des hommes; oui, l’émulation 3. C’est pour vous, ô héros, que cette vache a
et les travaux des hommes. épuisé ses mamelles; c’est pour vous que le pres-
a. Que le soma soit agréable à Mitre et a Va- soir, oui, que le pressoir à rendu ce soma pétillant.
rouna. Que, dans nos libations, cette (double) Venez donc ici près de nous pour goûter de cette
divinité ait sa part; oui, qu’elle ait sa part comme boisson. Elle est à vous, O Mitre et Varouna! les
les autres dieux. Que tous les dieux l’honorent, ministres du sacrifice ont pour vous, oui, pour
honorés aujourd’hui aussi bien qu’elle. Faites ce votre soif distillé ce soma.
que nous demandons; oui, (déités) royales et
justes, faites œ que nous demandons. HYMNE Il.
5. L’homme qui sert Mitre et Varouna ne con- A POUCHAV, PAR PANOUTCHIIHI’A.
nalt point d’ennemi. (Ces dieux) protègent contre (Mure : Atyachlî.)
le mal, oui, ils protègent contre le mal le martel
qui leur est dévoué. Àryamau défend l’homme l. Je chante la grandeur de Poùchan, célèbre
droit et pieux qui, par ses hymnes et ses louan- par ses nombreuses naissances; mais, auprès de
sa puissance, la louange n’est rien; oui, la louange
ges, augmente la pompe, oui, augmente la pompe
n’est rien. le souhaite la prospérité; et j’implore
de leurs sacrifices.
l’heureux secours du dieuqui, honoré par nous,
6. J’adore le Firmament, le Ciel et la Terre,
Mitre; (j’adore) Varouna, qui fait pleuvoir (l’abon- daigne accueillir, oui, accueillir notre sacrifice.
dance); oui, (Varouna) qui répand le bonheur et 2. 0 Poûcban, je veux par mes chants presser
fait pleuvoir (l’abondance). Chante lndra, Agni, le la marche. Viens. et sois pour nous comme le
brillant Aryaman, Bhaga. Puissions-nous vivre chameau qui nous emporte; oui, qui nous em-
porte loin des méchants. Divinité puissante, moi
longtemps, et jouir, avec le secours de Soma è,
oui, jouir d’une nombreuse famille! mortel, je demande ton amitié; donne. a ceux qui
te louent, oui, donne-leurla force dans les combats.
7. Confiants dans le secours des dieux et la
puissance d’lndra, glorieux protégés des Marouts 3. 0 Pouchan, quand tes chantres sont devenus
prions (toujours). Qu’Agni, [filtra et Varouna nous tes amis, alors ils sont forts de ta puissance; ils
viennent en aide. Puissions-nous ainsi jouir du peuvent compter sur ton secours; oui, ils peu-
bienfait de la richesse! vent compter sur ta protection. Nous demandons
que tu charges de richesses ce char encore nou-
l. Le feu sacré traduit le mot rida, qui signifie et le veau l. Sois bon pour nous, ô toi que nous com-
feu du sacrifice et la feu solaire.
2. C’est-à-dire le disque du soleil. Bbaga est. comme l. Nous rappelons au lecteur que c’est une manière de
on sait, un nom du soleil, ainsi que Mitra, Aryaman désigner le sacrifice. Le mot naoyasî, que j’ai rendu
et Varouna. -- 3. La libation personnifiés. par nouveau, peut aussi signifier hymne si louange.
132 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Lect. u l

blons de louanges, et marche avec nous; OllÎ. ont fendu pour toi (les grains qui les contenaient).
marche avec nous dans les combats. Qu’ils t’enivrent, et te disposent à répandre sur
4. Sois bon, et reconnaissant de ce (char) que nous tes dons nobles, riches et variés! Célèbre
nous te donnons. Accorde tes bienfaits à ceux par nos chants, élevé par nos hymnes, viens, O
qui t’expriment leurs besoins, 0 (dieu) dont les (dieu) bienfaisant, oui, viens auprès de nous.
chevaux sont immortels; oui, dont les chevaux 7. Et toi, Agni, exauce nous! Objet de nos
sont immortels. Illustre protecteur, nous l’envi- chants, dis aux dieux dignes de nos sacrifices,
ronnons d’honneurs et de louanges. 0 Poûchan, oui, à (ces dieux) brillants et dignes de nos sa-
je ne suis pas de ceux qui dédaignent ton pou- crifices : a Quand les Dévas donnèrent une
voir; je suis loin de blâmer ou de repousser ton vache t aux Angine, Aryaman en a reçu le lait,
amitié. et c’est (Agni) sacrificateur qui le lui a donné, a
lui et aux autres dieux. Je donne encore le lait
HYMNE il]. de la vache d’aujourd’hui à Aryaman et aux ana

AUX VISWADÉVAS, en PAROUTCHIIÉPA. tres dieux. n ’


8. Que vos dons généreux soient pour nous
(Nôtre: : Atyecbti, Trichtoubh. Vrihltl.) durables! Qu’ils ne périssent jamais entre nos
mains; oui, qu’ils ne périssent jamais ! 0 Marouts,
t. lnvoquons (les dieux)! D’abord ma prière tous ces biens variés, et d’âge en âge toujours
implore Agni. Nous honorons votre force divine, o nouveaux, par votre force rendez-les immortels
Indra et Vâyou; oui, nous l’honorons. Quand, près
en nous. Confirmez-les d’une manière invincible.
du foyer lumineux, la Prière accomplit son œuvre, 9. Avant moi Dadhyantcb, Angiras, Priyamé-
puissent nos hommages monter vers les dieux; dha, Canwa, Atri et Manon ont vu le jour, oui,
oui, puissent-ils monter rapidement vers eux! avant moi ils ont vu jour. Dans les Dévas (ter-
2. 0 Mitra et Varouna, lorsque près du feu restres) ils se sont perpétués. Ayons confiance en
sacré s’est élevé vers vous un hommage impie
ces (Dévas). Avec les hymnes qu’ils enseignent,
que vous adressait la passion, oui, que vous j’invoque lndra et Agni; oui, j’invoque lndra
adressait la passion capricieuse du sacrificateur, et Agni avec leurs hymnes.
nous n’avons revu dans nos demeures votre (char)
10. Que le sacrificateur fasse son œuvre! Que
d’or qu’au prix de nos prières, de nos adorations,
les dévots apportent leurs riches offrandes. (Agni) ,
de nos libations; oui, de nos libations (le soma. maître du sacrifice ’ reçoit avec ardeur les liba-
3. 0 Aswins, les enfants d’Ayou vous hono-
tions; oui, les libations de toute espèce. Nous en-
rent par leurs louanges; ils semblent porter leurs tendons la mesure du vers et la voix (du prêtre,
cantiques jusqu’à vos oreilles; oui, ils portent
qui retentit) au loin. Les boissons, sortant du
jusqu’à vous leurs holocaustes. A vous sont tou-
pressoir, ont été par le (père de famille) intelli-
tes les richesses, tous les biens, (dieux) qui pos-
gent, oui, par le (père de famille) intelligent,
sédez toute chose. (Nobles protecteurs), elles sont disposées en difl’érentes plaCes.
surchargées de biens; oui, elles sont surchargées,
Il. 0 dieux puissants, qui, au nombre de onze,
les roues de votre char d’or.
régnez au ciel; qui, au nombre de onze, restez
4. On vous entend, (dieux) secourables; vous
montez au ciel. A votre char sont attelés des i. Dans ce passage, le mot vache doit s’entendre des
coursiers qui ne sauraient faillir, oui, qui ne offrandes et des effets du sacrifice. Je suppose aussi
doivent point faillir dans les voies célestes. Nous que le mot diva peut ici designer les personnes riches
voulons, (dieux) secourables, vous affermir encore et recommandables qui font les frais du sacrifice, et
donnent aux Angine, c’est-à-dire aux prêtres. tout ce
sur ce char d’or. Gomme des voyageurs, vous qui est nécessaire pour l’accomplir. En pareil cas, le lait
traversez le ciel, où vous apparaissez, oui, où de la vache, c’est-adire, l’offrande destinée à. Aryaman
ou a tout autre dieu, est déposée dans le feu, qui la
vous apparaissez pour régner. dévore et est censé la. transmettre a qui de droit. Voici
5. Trésor de puissance, servez-nous nuit et jour maintenant la légende faite sur cette circonstance. On
par vos œuvres puissantes. Que vos dons ne dit que les dieux, touchés des prières d’Angiras, lui
avaient envoyé des vaches qui s’approchaient de lui
faillissent jamais, pas plus que les nôtres! pour lui donner leur lait. Mais comme il ne pouvait
6. lndra, tu es généreux, et ces libations te les traire lui-même, il invoqua Aryaman, et il obtint,
sont aussi généreusement offertes, jus limpides par la. vertu de son holocauste, de pouvoir jouir de ce
lait désiré.
qui, dans le pressoir, ont fendu pour toi, oui, 2. Le texte dit Vrihaspati.
[Lect. IL]
RIli-VÈI)A.--SECTION DEUXIÈME. l33
sur la terre; qui, au nombre de onze t, habitez pas inégal et pressé, poussées par le vent et pré-
les ondes, ayez ce sacrifice pour agréable. cipitant leur course fougueuse.
5. Bientôt Agni prend une forme noire, large,
HYMNE lt’. énorme; ses (flammes) en tremblant courent ça
A un". en DIRGIIA’I’AIAS. et la. De proche en proche il gagne du terrain;
soufflant, frémissant, il s’avance avec bruit.
(Hum : Tricbtoubb et Djsgall.) 6. Il s’attache aux branches, comme la parure
l. Pour celui qui réside dansle lieu saint ’, qui’ (au bras). Il vient en mugissant, tel que le taureau
habite nos demeures, pour le brillant Agni, ap- qui court vers ses maîtresses. Il soumet à sa
porte le foyer, lequel est, pour ainsi dire, le trône force tous les corps, et apparaît terrible, insaisis-
(du dieu). Ainsi que d’un vêtement, couvre de la sable, ayant l’air d’agiter ses cornes mena-
prière (Agni) pur et lumineux, au char resplen- çantes.
dissant, (Agni) qui tue les ténèbres. 7. Agni, se concentrant ou-se divisant, em-
2. Il naltsous deux formes 8; il reçoit (ici-bas) brasse les branches; et quand une fois ils se sont
une triple nourriture A, et cette nourriture ensuite bien connus mutuellement, (le dieu) ne les quitte
va augmenter le corps de (l’astre) qui roule au- plus. Cependant les flammés s’augmentent, s’é-
tour du monde. Sous une de ces formes, il est lèvent et changentla face divine des deux aïeuls
près de nous, et il croit de ce que sa langue con- (du monde t).
sume. Sous l’autre forme, il inonde (de rayons) 8. Ces flammes, en se courbant, forment au-
bienfaisants ses serviteurs, que (d’en haut) il tour d’Agni une espèce de chevelure. Tantôt elles
couvre de sa protection. semblent se dresser, tantôt tomber et mourir.
3. Marquées de teintes noires et vivement agi- (Agni) revient les sauver de leur perte; il fait
tées l’une contrel’autre, ses deux mères ’ produi- entendre son grand souffle, et les rappelleàla vie.
sent leur nourrisson, lequel tourne vers l’orient sa 9. (Agni), dévorant les libations que répand sur
langue °, qui dans sa marche tremblante, rapide, lui le mettre du sacrifice, prend une vigueur
tortueuse, réclame de grands soins, et s’engraisse nouvelle et poursuit son triomphe. L’un aug-
des libations de son père 1. mente la nourriture du (dieu) qui marche tou-
4. Arrivent les (flammes) vives et légères, salu- jours; l’autre la consume, et laisse après lui un
taires à Manon quand il veut poursuivre son noir sentier.
œuvre e; traçant un noir sillon, s’avançant d’un 10. Agni, brille dans nos (demeures) riches en
offrandes! qu’on entende ton souffle, généreux
l. Cette énonciation générale de 33 dieux est bien ré- Damoûnas I! Brille en répandant tes flammes, qui
gulière. Il n’est pas aussi facile de nommer ces dieux sont comme tes nourrissons; et, pour nous cou-
avec les distinctions ici tracées. Dans l’Oupne’khat,
tome l, page 201, les 33 dieux sont les 12 Adityas.
vrir dans les combats, deviens notre cuirasse.
les 8 Vaseus, les il Rendus, puis lndra et Pradjâpati, il. 0 Agni, que cet hymne que nous avons
c’est-à-dire Brahma. composé pour toi soit à tes regards plus précieux
2. Ce lieu saint, c’est le cédé, c’est-adire, l’espace
réservé pour le sacrifice. que tel autre hymne qui n’a pas eu de succès!
3. Il y a une espèce de correspondance entre le feu que cette partie de ton corps, qui brille pure et
du sacrifice et le feu du soleil. ces deux feux sont le lumineuse, nous procure les biens que nous dé-
même, et le soleil. pour s’allumer, semble attendre que
le sacrifice soit commencé. Ce sont les libations qui sirons!
nourrissent sa lumière; le culte rendu au feu qui réside l2. 0 Agni, pour que notre maison traverse
dans le foyer terrestre augmente l’ardeur du feu qui
réside dans le disque céleste. Agni nalt donc le matin heureusement (ce monde), tu peux nous donner
doublement sur la terre et dans le ciel; il brille pour un vaisseau dont les rames marchent sans ja-
brûler au sacrifice et pour éclairer le monde. mais s’arréter, (un vaisseau) qui transporte a l’a-
4. Cette triple nourriture donnée au feu, ce sont les
libations qui ont lieu trois fois par jour. bri du naufrage nos guerriers, nos princes, notre
5. Ce sont les deux pièces de bois qui forment Forum, peuple.
et tirées du Sami et de l’Aswattbs.
6. C’est-avdire, sa flamme. Le foyer est tourné du
l3. Agni, accepte cet hymne. Que le Ciel et
côté de l’orient. la Terre, que les Mers,avec leurs ondes impé-
7. Le père d’Agni, c’est le mettre du sacrifice. tueuses, le reçoivent aussi! Que les rougeâtres
8. Littéralement, quand il peut se conduire en Ha-
nous. Manon, c’est l’homme en général; mais en par-
ticulier c’est l’homme religieux, fondateur des rites l. Du ciel et de la terre.
pieux, et principalement instituteur du culte du feu. 2. Voy. page 12?, col. t, note t.
I31 INDE. - POÉSIE LYRIQUE.
(Aurores) nous accordent de longs jours, et une
lLect. 11.]

leurs hommages honorent (Agni) sacrificateur,


heureuse quantité et d’orge et de vaches! qui est comme Bhaga dans les régions célestes,
en le voyant avec force et avec majesté s’ap-
HYMNE V.
procher des Dévas (immortels), et venir recueillir
A AGI", PAR DIRGIIATAIAS. les louanges des humains.
(mon : Atyachtl et Trichteubb.) 7. Mais voici que l’adorable (Agni) a changé de
l. Le dieu, en prenant une forme apparente, se forme; agité par le vent, il a courbé sa taille, et
distingue par sa substance lumineuse, qu’il doit produit en résonnant des espèces de tourbillons.
à la Force dont il est net. Une fois produit, il est Toujours brillant, il brûle en divisant ses voies,
fortifié par la Prière, et les voies du sacrifice le et en laissant des traces noires de son passage.
soutiennent et l’accompagnent.
8. Partant comme un char, il se dresse en crêtes
2. Les offrandes constituent une de ses formes t. rougeâtres, dont il va frapper le ciel. Aussitôt.
Nos libations la perpétuent dans le foyer où il ré- loin de sa clarté, fuient les ténèbres, de même
side. Une autre de ses formes existe au sein des que les oiseaux se cachent des chaleurs du soleil.
sept heureuses mères’. Une troisième est le (So-
9. Par toi, ô Agni, apparaissent et Varouna qui
leil méme),souverain des dix (régions célestes)’,
aime le beurre consacré, et Mitra, et le bienfai-
que (les prêtres) engendrent et nourrissent 5 pour sant Aryaman. Dans tes œuvres successives, tu
extraire le lait de (ses rayons ) généreux. sembles te multiplier; tu t’entoures d’autres
3. Quand les seigneurs et maîtres du sacrifice êtres, comme la roue de ses rayons.
ont , par le moyen de la Force, tiré. Agni de l’asile 10. Agni, en faveur (le l’homme qui t’adresse
où gisait sa forme auguste; quand ils l’ont, sui- des hymnes et de précieuses libations, (dieu)
vant l’antique usage, alimenté du miel des liba- toujours jeune, tu viens à cette fête, célébrée en
tions, Matariswan vient dans le foyer exciter son l’honneur des dieux. Enfant de la Force, source de
ardeur. tout bien, ( dieu ) nouveau , nous t’henorons
4. Cependant les diverses offrandes du père (de comme Bhaga dans l’œuvre du sacrifice.
famille) sont apportées, et Agni monte rapidement Il. (Maltre des pieuses cérémonies), rends-nous
dans les branchages du bûcher. Ce n’est plus favorable Damoùnas, (ce dieu) notre soutien, qui
alors la jeune et faible lueur qui brillait, quand est pour nous tel qu’un riche trésor , ou tel que
ses deux (mères) venaient de lui donner le jour. le généreux Bhaga. Celui qui sait gouverner
5. Bientôt il pénètre dans les (branches) encore les deux mères d’Agni, ainsi que les rênes
intactes, et qui sont(comme) ses mères o; il s’é- (d’un char), doit savoir aussi diriger, au moment
tend, il s’élargit. Il envahit d’abord les plus éle-
du sacrifice, les louanges qui s’adressent aux dieux.
vées. et, toujours pressé, il va plus bas en atta- l2. Qu’il nous entende, le ( dieu) sacrificateur,
quer de nouvelles. aux belles clartés, aux chevaux rapides, au char
6. Alors (les hommes) par leurs offrandes et magnifique! que l’heureux et prudent Agni se
l. Nous savons qu’Agni est uemmél’cnfant de la force, rende à nos vœux, et nous conduise rapidement
à raison des efforts que l’on afaits pourl’extraire de l’avant
vers le bonheur et la richesse!
2. Nous rappelons au lecteur qn’Agni est quelquefois
considéré sous trois rapports: comme feu du sacri- l3. Nous avons célébré Agni, qui, par la vertu
fice, comme feu éthéré, eldyouta, comme feu solaire. de ses feux puissants, est vraiment roi souverain.
3. Ces sept mères, suivant le commentaire, ce sont Que nos princes, que nous-mêmes, nous propa-
les sept vents qui amènent les nuages. où réside le feu
éthéré, le feu de l’éclair et de la foudre. gions notre race, comme le soleil grossit le nuage!
4. On compte dix points de l’horizon; et le soleil,
en parcourant le ciel, règne sur ces dix régions. HYMNE Vl.
5. Nous avens vu tout à l’heure comment le soleil
était l’enfant du sacrifice, et, par conséquent, le nour- A DIVERS DIEUX. SURNOIIÉS APRIS I. PAR
risson des prêtres. DIRGHA’I’AIAS.
6. Le texte porte seulement le mot de mères. Le
commentateur l’entend des dix régions célestes; il ("être : Anouchtoubh.)
semble comprendre que le feu s’étend dans l’air, et
entre en possession de l’atmosphère . ainsi, plus haut, l. Agni, (surnommé) Samiddha *, amène au-
on disait que le soleil était le maître des dix régions, jourd’hui les dieux vers celui qui lève la cuiller
c’est-Mire du ciel entier. Je n’ai pas cru pouvoir
adopter ce sens; je n’ai pas vu dans cette phrass les l. Voyez, pour ce mot et pour l’hymne entier, la
régions de l’est et de l’ouest; j’y ai vu les branches section I, lecture l. hymne t3.
supérieures et inférieures qui composent le bûcher, et 2. L’épithéle seuramiddha remplace. dans la sec-
que gagne successivement le feu. tion l, celle de ramiddha qui signifie enflammé.
[Lect. u.] Il lu-VÉDA. - SECTION DEUXIÈME. 135

(des libations). Fais que ces abondantes offrandes Dévas, et Bhâratl t, parmi les Marouts ’, qu’llà
soient une source de biens pour le serviteur qui et. la grande Samswatî, toutes dignes de nos
a préparé le soma. hommages, viennent se placer sur notre gazon.
2. (Agni, appelé) Tanoûnapdt t, accueille. 10. Que Twachtri 5 se joigne à nous dans
comme dignes de toi, et le beurre et le miel du notre foyer, et que, pour notre bonheur, pour
sacrifice. que te présente un prêtre tel que moi, l’accroissement de nos richesses, il prenne sa part
un serviteur qui te comble de louanges. de ces nombreuses et opulentes offrandes, pour
3. Il aime la rosée et le miel du sacrifice, le læquelles rien n’a été négligé!

dieu brillant et purificateur, (le dieu) admirable, il. O Vanaspati t, sois bienveillant, et aide-
(nommé) Nardsansa ’, qui trois fois ’, du haut du nous à honorer les dieux! Que le sage Agni,
ciel et parmi les Dévas t, reçoit nos hommages. (noble) Déva parmi les Dévas, reçoive nos holo-
4. Agni, (célébré sous le nom) d’une *, amène caustesl
ici le bon et magnifique Indra. (Dieu) à la langue 12. Offrez l’holocauste à Indra, assisté de Pou-
brillante, c’est à toi que s’adresse cette prière. chan. des Marouts, des Viswadévas, de Vâyou,
5. Levant la cuiller (des libations), et jonchant et orné des beautés de la Swahà t et de la
la terre de gazon (sacré) en l’honneur de leur Gayatri ’.

pieux sacrifice, (les mortels) présentent à lndra 13. lndra, viens à notre fête; prends ces holo-
l’hommage le plus dévoué et le plus solennel. caustes offerts avec la Swdhd. Viens, et entends
6. Ouvrez-vous pour laisser passer les Dévas ’, l’invocation de ceux qui t’implorent dans le sa-
Portes magnifiques et divines 7, vous que la crifice.
piété sanctifie et que tant de vœux environnent,
vous qui purifiez (les hommes)! HYMNE Vil.
7. O Nuit, O Jour (déités) fortunées et douées A AGI". PAR DIRGHATAIAS.
de tant de beauté, augustes mèresn du sacri- (Hêtre :V Trichtoubh.)
fice, venez vous asseoir sur cet heureux gazon. t. J’apporteà Agni, au fils de la Force 7, une
8. Couple sage et divin de sacrificateurs °, offrande riche et nouvelle, l’hommage de la
ornés d’une langue brillante et amis des prières,
prière. L’enfant des ondes ’ est notre sacrifica-
daignez aujourd’hui présider à notre solennité,
qui donne le bonheur et réjouit les dieux. I. Voy. page 43, col. 1, note i.
9. Que la brillante Hotra w, placée parmi les a. Pour expliquer ce passage, il me semble qu’il faut
distinguer, parmi les ministres du sacrifice. des officiers
appelés les uns Dévas, les autres Morouts et chargés
1. Surnom d’Agni, que l’on explique de diverses ma- de fonctions différentes. Les premiers (le mot ddva si-
nières: destructeur de son corps, parce qu’il dévore le gnifiait brillant) auraient entretenu le feu; les seconds.
bois, et semble consumer sa substance; on bien en- dont le nom rappelle la légèreté du vent, auraient en,
fant de son corps, parce que ce même bois nourrit et dans leurs fonctions. tout ce qui concerne l’action décla-
entretient le feu. Voy. ce même mot, page 47, col. 2, matoire, et peut-être la danse sacrée. Dans beaucoup
note 3. d’endroits le mot fileront ne peut s’expliquer que par
2. C’est-a-dire, toué par les hommes. l’idée de prêtre, ministre du sacrifice; et ce sens une
3. Le matin, à midi, et le soir, aux heures des trois fois adopté nous donne l’interprétation de plusieurs le-

savanes. r
4. J’emploie le mot Déva quand on peut douter s’il
gendes ou les Marouts figurent avec les Angiras. Les
Marouls alors ne sont pas les vents bruyants; c’estune
est question des dieux ou des sacrificateurs. espèce de prêtres qui font entendre les bourdonnements
5. C’est-à-dire. chanté, célébré. de la prière.
6. Voyez la note ci-dessus (note 4). 3. Twachtri, comme nous l’avons vu. est Agni créa-
7. Ces portes sont celles de l’enceinte destinée au teur des formes plastiques; c’est le feu artiste.
sacrifice. Elles reçoivent une espèce de consécration qui 4. Agni, considéré par rapport au bois du bûcher :
les élève à la dignité des dieux: elles sont appelées maître du bois. Le commentaire veut que ce soit le bois
ridai. des poteaux : youpùgni.
8. Le sacrifice se fait au moment des deux crépus- 5. Exclamation prononcée au moment de l’offraude.
cules, qui semblent, selon les idées indiennes, lui don- Le poële l’a personnifiée.
ner naissance. 6. Mesure particulière de vers employée dans les
9. Voir page 48, col. l, note 3. Ces deux divi- hymnes.
nités sont peut-être les Aswins. Cependant, en voyant 7. J’avais pensé que ces mots fils ou enfant de la
que l’auteur leur donne le nom de sacrificateurs, et les force pouvaient se traduire par l’idée de très-fort,
décrit de la même maniéra. qu’il décrit Agni, on peut très-robuste. Cependant je suis forcé de les faire rap-
croire, avec le commentateur, que ce sont deux formes porter a l’action du prêtre qui, avec force. extrait le
de ce dieu. Ne seraient-ce pas les deux sacrifices du feu des bois qui composentl’arant. Le feu, ainsi produit,
matin et du soir ? est dit fils de la force.
in. L’offrande personnifiée. 8. Ces ondes sont les liquides employés dans les su-
136 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [me u.)
teur qui Vient, au moment favorable, s’asseoir 2. Tous les vases du sacrifice sont disposés
avec ses trésors à notre foyer de terre. autour du sanctuaire gù siège le dieu. Ainsi placé
2. A peine ne, il s’élève au-dessus du foyer, et dans le voisinage des ondes (sacrées) 4, qu’il
apparaît au gré de Mâtariswan’. Il s’enflamme boive les libations dont il est entouré *!
avec force, et remplit de son éclat le ciel et la terre. 3. Quand (Agni) veut atteler son char 5, ses
3. Ses splendeurs immortelles éblouissent les deux mères t travaillent d’abord par des efforts
regards; sa belle tète se couronne de lueurs écla- mutuels à lui donner un corps. Bientôt ce (dieu)
tantes. Les flots lumineux d’Agni sont comme qu’il faut invoquer comme Bhaga, et destiné à
une substance onctueuse qui coule et s’étend sans transporter nos offrandes, forme ses rayons,
c’est-à-dire les rênes qui serviront à diriger ce
interruption. I
4. Cet Agni, source de tout bien, que les Bhri-
gous ont avec majesté établi sur le foyer de
char.
Il. Ces deux mères, qui restent ensemble,
terre, et qui, tel que Varouna, règne souverai- gardent également dans leur sein leur fruit, qui,
nement sur la richesse, tu peux, dans ta propre fidèlement conservé, naît jour et nuit a, toujours
demeure, le fléchir par tes chants. jeune, toujours en mouvement, et immortel à
5. Tel que la voix des Marouts ou le choc travers les âges humains.
d’une armée, ou la foudre divine, il ne connaît 5. Dix ouvriers 8 différents délivrent ces deux
point de supérieur. Agni, de ses dents aiguës, mères. C’est ce dieu que, mortels, nous appelons
attaque, blesse, dévore les branches, ainsi que à notre secours. Il tend son arc, et lance ses
le guerrier fait de ses ennemis. flèches 7 : qu’on vienne à lui, il possède tous les
6. Qu’Agni accomplisse nos veux, et que les biens qu’on peut désirer.
biens, dont il est le maître, comblent tous nos 6. Agni, tu règnes au ciel; tu règnes sur la
désirs! Que par ses bienfaits il prévienne nos terre, dont tu es comme le pasteur. Nous invitons
prières! Telle est la requête que j’adresse au à venir avec toi, sur ce gazon sacré, ces deux
(dieu) qui a la face brillante. . êtres 3 grands et aussr beaux que l’or, qui
7. Le (serviteur fidèle). allumant (le feu du suivent une marche oblique, et que nous aimons
foyer), honore comme un ami cet Agni, qui re- à invoquer.
luit sous le beurre consacré, et qui porte le far- 7. Agni, accueille avec plaisir notre prière, toi
deau de vos offrandes. Brillant, invincible, il qui portes l’offrande et, heureux de nos hom-
exauce la prière qui s’illumine des feux du mages, es né du sacrifice; toi qui es accessible à
sacrifice. tous, aimable et magnifique, et qui brilles à nos
8. Agni, hâte-toi de nous défendre; accorde- yeux comme une demeure où règne l’abondance.
nous un secours prompt, favorable et puissant.
Né pour nous au sein du sacrifice, entoure-nous HYMNE 1X.
d’une protection que rien ne puisse faire trem- A sur", un DIRGHATAIAS.
bler, fléchir ni sourciller.
(Mètre : Trichtoubh.)
HYMNE vin. l. Priez-le; il vient. il (nous) entend, il s’avance
A AGNI, PAR DIRGIIATAIAS. plein de sollicitude, il s’avance rapidement. Pour
(Hêtre .- Djagati.) 1. C’est-à-dire, des libations.
I. Il vient, le sacrificateur, pour remplir son 2. Le commentaire se perd ici dans une explication
ou il est question du feu brillant dans le ciel, et entouré
office : il reçoit la prière qui s’élève pure et in- des nuages. Je crois mon interprétation moins recher-
telligente. Couvert de nos offrandes, il s’approche chée et plus vraie.
des cuillers (de la libation), qui s’abaissent î 3. Nous savons que ce char des dieux, c’est le sacrifice.
4. C’est-à-dire, les deux pièces de bois qui forment
vers le foyer (ou il repose). Parent.
5. Autrement, le matin et le soir, époques du sacri-
crifices; ce sont les libations, surtout celles de beurre, fice. Le commentateur entend ce passage, comme s’il
qui font croître et entretiennent le feu. L’enfant des on- était question du père et de la mère de famille qui of-
des, c’est Agni. Ce même mot ondes semble quelquefois frent le sacrifice.
désigner les nuages, les eaux célestes. 6. Les dix ouvriers sont les dix doigts du prêtre qui
1. Nom du vent, qui va aussi servir à entretenir le extrait le feu de l’as-ont.
feu. 1. Ce sont des étincelles du feu.
2. L’expression de l’auteur est plus pittoresque : elle 8. Ce sont, suivant le commentaire, le ciel et la terre,
signifie osculantur. on peut-être le matin et le soir, autrement les Aswins.
(un. u.) nie-vEm. - SECTION DEUXIÈME. l3?
lui sont les bénédictions, pour lui les offrandes. 3. Deux vaches l complaisantes s’approchent
Il est le maître de l’abondance, de la force, de la à la fois du nourrisson encore faible; elles lui
splendeur. tracent les voies qu’il doit suivre; elles satisfont
2. il faut le prier : nul n’est trompé dans son à tous ses besoins.
attente, quand il est constant dans sa demande. Il. Les sages, affermis dans la science et chargés
Une première, une seconde prière peut être re- de garder le (dieu), le guident avec empressement
poussée. L’homme qui ne se rebute pas doit dans sa demeure inébranlable. Remplis de solli-
compter sur la puissance d’Agni. citude, ils regardaient autour d’eux pour retrou-
3. C’est pour lui que sont préparés ces vases ver leur rapide (élève). A leurs yeux le soleil a
(du sacrifice); c’est pour lui que s0nt composés paru ’. ’
ces hymnes l : que lui seul entende toutes mes 5. Charme de nos regards, trésor de toutes les
paroles. Il nous comble de biens, il nous met à régions célestes, (Agni) est pour les pauvres mor-
l’abri du danger, il accomplit les vœux du sa- tels un objet de louange. En passant par ces
crifice, il nous donne un secours infaillible, il divers enfantements, il est le (dieu) magnifique,
nous aime de l’amour d’un nourrisson : qu’il re- que tous considèrent avec admiration.
çoive et exauce (notre prière).
Il. Quand vous êtes assemblés, il vient prés de HYMNE Xi.
vous; il nalt avec les qualités qui appartiennent A sont, un DlnGllATAIAS.
à sa nature. il promet le plaisir et le bonheur à (Hêtre .- Trichtoubh.)
son dévoue serviteur, quand ses hymnes viennent
le charmer au sein du foyer qu’il habite. l. Agni, quand donc les feux purtliants don-
5. Telle est la forme qu’a revêtue (ce dieu) dé- nent-ils la vie et l’abondance? C’est quand les
simble et accessible, (ce dieu) qui pénètre dans Dévas (mortels), te présentant les deux filles du
le bois du bûcher. Le sage Agni, ami de la jus- sacrifice 5, aiment à faire retentir les airs du
sâman é.
tice et du sacrifice. a révélé aux mortels ce qui
doit leur être utile. 2. Jeune (dieu) qui portes la swadhd 3, écoute
la prière dont je t’offre le magnifique tribut. L’un
HYMNE x. de tes dévoués serviteurs répand des libations,
l’autre fait entendre ses chants. Moi j’adore ton
A son, un ninannxas. corps 8, o Agni!
(lure .- Trichtoubh.) 3. Tes rayons protecteurs,d Agni, ont vu ma
l. Chante Agni aux trois tètes ’ , aux sept cécité 7, et m’ont délivré du mal. Le (dieu) qui
rayons 3, placé entre les deux grands parents fi a possédé tous les biens a protégé ces (hommes)
et remplissant de ses clartés tout ce monde ou pieux. Les ennemis qui avaient le dessein de nous
mobile ou inanimé. nuire ont échoue dans leur projet. l
2. Un généreux seigneur a rapproché ces deux 4. 0 Agni, notre perfide adversaire va, dans sa
(mères d’Agni) 5. Le (dieu) immortel a paru dis- 1. Ces deux vaches. qui nourrissent Agni, ce sont les
posé à nous secourir. Ses pieds reposent dans le deux espèces d’offrandes, l’une liquide,l’antre solide,
vase de terre; ses flammes sucent la mamelle (qui les boissons et les mets. Je ne pense pas qu’il soit ici
question de deux sacrificateurs, ni du père et de le mère
le nourrit). l de famille.
2. Ce distique fait allusion a ce que l’on appelle le
i. Le commentaire donne au mot amollit le sens de seconde naissance d’Agni: par la vertu du sacrifice et
stoutayah. par les directions du sacrificateur, il mit dans le soleil.
2. On distingue trois espèces de feux : ce sontles trois C’est la sa forme, qu’on appelle Sanskàraroûpam.
tètes d’Agni. Le commentaire explique encore cette idée 3. Ces deux filles du sacrifice, ce sont l’offrende (fait),
en disant qu’Agni brille dans les trois mondes, ou bien et la louange sacrée (statut). Suivant une autre explica-
qu’un l’allume à trois époques de la journée. tion, ce seraient la vie et l’abondance, anndyoucM.
3. On décompose la flamme en sept rayons; suivant 4. Le caïman est un recueil d’hymnes chantés dans
le commentateur, ces sept rayons seraient les sept espé- les sacrifices. Plus tard, un des Védas prit ce nom.
ces de mètres (tchhandas) sur lesquels se composent 5. Espèces d’offrandes, quelquefois personnifiées.
les hymnes. 6. C’est-d-dire, le feu qui est dans le foyer.
4. C’est-à-dire, entre le ciel et la terre. 7. il est singulier quq presque tous ces vieux sages
5. C’est l’avant; ou bien ce sont ces deux vaches soient considérés comme ayant été aveugles. Je croirais
dont il va. être question. Le commentaire entend ce assez qu’il ne faut pas entendre par ce mot une cécité
passage d’une manière toute différente, en le rapportant réelle, mais les ténèbres de la nuit, dont Agni est venu
au ciel et à la terre. produits par Agni. les délivrer. Ici le commentaire raconte une petite lé-
l. - BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE. 10
me (sur; - ressua LYltlQl’iî. ll.ect. IL]
haine, méditer notre perte. Sois notre conseiller, sors. ll paraît, et la coupe (des libations) l’honore.
notre maître. Adoucis la voix pour nous parler. 2. Ce (dieu) libéral, qui, recevant les aliments
5. Si un mortel, confiant dans sa force, vient que lui donnent, à l’exemple des hommes. le Ciel
attaquer un autre mortel, ton serviteur, pour et la Terre. en forme pour nous une espèce de
prix de ses hymnes, défends celui-ci. 0 Agni, libation vitale, réside dans le foyer, et y consume
protégé-nous contre tout oppresseur! les offrandes.
3. Sage, rapide comme le vent léger, il vient
"van x11. illuminer la ville humaine, aussi brillant que le
A AGNI, PAR DIRGIIATAIAS. soleil, et animant tous les corps.
(Mètre : Trichtoubh.) Il. Né deux fois t. il allume les trois feux. il
l. Que ltlàtariswan f vienne agiter (Agni) sa- illumine les trois mondes, sacrificateur et pontife
souverain au siégé des libations.
crificateur, qui revêt toutes les formes et honore
tous les dieux, (Agni) qui est pour nous comme Le voilà le sacrificateur qui, ne deux fois,
possède tous les biens les plus précieux. (Dieu)
le bonheur, beau, varié dans ses beautés, (Agni)
établi parmi les enfants de Manon. mortel ’, nous sommes ses heureux enfants aux-
quels il réscrve ses dons.
2. 1l est invulnérable, celui qui lui prodigue
offrandes et prières. Agni est ma cuirasse, voilà
HYMNE XlV.
ce que disent (ses serviteurs). Qu’il ait pour
agréables toutes les œuvres de celui qui lui A AGNI, PAR ntnGItATAuAs.
adresse des hymnes et des sacrifices! ("un .- Ouchnih.)
3. Après avoir reçu Agni sur son siégé im- l. Père de famille, je t’invoque et te présente
mortel, ct l’avoir entouré d’hommages, les hom-
de nombreuses offrandes. O Agni, je te regarde
mes religieux savent encore le conduire et lui comme mon maître, et j’ai recours à la puissante
donner, sous le jet des libations, la vivacité des protection.
chevaux qui entraînent un char.
2. Rejctte la prière du riche qui refuse de te
4. Le (dieu) secourable, avec ses dents, dévore reconnaitre comme maître et de t’offrir des pré-
les nombreux aliments (qu’on lui présente); il
sents, de celui aussi qui chante rarement tes
brille dans le bois, et répand au loin ses lueurs. louanges : tous les deux sont des impies.
En même temps le vent vient souffler dans les il. Usage, grand est le mortel (qui honore
airs ses étincelles, qui ressemblent à la flèche Agni)! il adans le ciel une place distinguée r».
homicide de l’archer.
l’uissions-nous, O Agni, être remarqués parmi tes
à. Si, dans le sein qui le porte, de cruels en- serviteurs!
nemis ne peuvent le blesser, il n’a rien à craindre
des aveugles ténèbres. De nobles gardiens se suc- f il YMNE KV.
cèdent pour le protéger 9.
ÀA HlTnA ET A VAROUNA, PAR DIRGIIATAIIAS.
("être .- Djogatî.)
HYMNE XI".
A A611, PAR DlllGHATAIAS. l. Le Ciel et la Terre se sont rougis des feux
du (dieu) adorable et bon. tuteur de tous les êtres,
("être : Anouchtoubh virât.)

l. ll cstarrivé le maître de l’opulence, le souve- croire éteint pour toujours, et que, par conséquent, ces
aveugles adversaires ne peuvent jamaiscspérer de l’at-
rain libéral, et qui siégé an trône du roi des tré- teindre. Les prêtres veillent pour perpétuer sa vie.
l. Nous avons traduitnilleurs ce mot de dwidjanman
gcnde, assez obscène. sur Dlrghatamas, qui avait été par ne sont: dans; formes ,- ce qui nous a paru présenter
aveugle dans le sein de sa mère, et qui, par la protec- la même idée que ne doua: fois : ne une fois comme
tionnd’Agni, avait été guéri. Au reste, je remarque que sorti de l’ai-(mi, ne une seconde fois comme transporté
toutes ces légendes, en général, sont faites sur (les pas- dans le soleil par les invocations des prêtres. Le com-
sages qu’elles prétendent expliquer, et qui s’explique- mentateur incertain entend le mot dwidjaummt comme
raient fort naturellement sans cela. signifiant né de deus: parents : ces deux parents seraient
Il. Nous l’avons vu, Matariswan est le vent, qui souffle les deux pièces de l’arani, ou bien le ciel et la terre.
2. Agni est mortel, dans ce sens qu’il est le commensal
pour exciter le feu. l
2. Ce distique n’est pas suffisamment clair. Il serait
possible que Dirghatamas y flt encore allusion a sa cé-
des mortels, et qu’il meurt au sein du foyer du sacrifice,
pour renaftre plus tard.
cité. Je comprends qu’Agni, caché au sein de l’ai-uni, 3. ici le commentateur entre dans des détails sur la
n’a pu être détruit par ses ennemis qui pouvaient le manière dont l’homme pieux arrive dans le monde de
[Let-t. un] I: travaux - sacrumr DEUXIÈME. l 39

que par leurs œuvres, leur piété, leurs prières, nous sommes unis a vous decmur. L’hymne et la
les (prétres). prodiguant les offrandes et les invo- prière sont d’accord pour vous exalter. Votre âme
cations, ont enfanté. pour titre leur ami, au mi- invincible peut se satisfaire magnifiquement.
lieu des sacrifices et des libations l. il. Vous recevez de superbes présents; ô (dieux)
2. Agréez tous deux les présents et le soma de vaillants, vous jouissez d’une opulence, d’une
Pouroumllha. que vous présentent ces dévots ser- grandeur que relèvent mille prestiges (le puis-
viteurs qui sont pour vous comme des amis. l’ou- sance. Ni les cieux avec les jours, ni les mers,
roumllha vous appelle : (dieux) genèreux, écoutez ne connaissent rien d’égal a votre divinité, rien
(la voix) d’un père de famille. . qui mérite les hymnes et les libations qu’on vous
3. Les hommes vous comblent de louanges. adresse.
C’est à votre force héroïque, O (dieux) généreux,
qu’il faut attribuer la naissance du Ciel et de la HYMNE KV].
Terre a, quand vous vous portez vers le feu du A fllTllA ET A VAROUNA, PAR DlllGlIATAHÀS.
sacrilice, quand vous venez prendre la part que (luire : Trichtouhh.)
vous fait l’homme religieux dans ses invocations
et son œuvre (pieuse). l. Vos vètemcnts sont amples et magnifiques.
l. (Dieux) qui donnez la vie 5, cette enceinte Quand vous les quittez, vous le faites avec sa-
(sacrée) doit vous être chère; vous aimez le sa- gesse, et ils ne se trouvent jamais déchirés.
crilice, et vous en êtes l’ornement. Du haut du Triomphez (le tout ce qui est mauvais; car vous
étés, o Nitra et Varouna, unis avec la bonté.
ciel, par un secours puissant et opportun, vous
nous aidez à traîner notre fardeau: tel (a un char) 2. L’estime que l’on peut faire des hommes
on attelle un taureau. n’est jamais complète. Tel estjuste et prudent, il
a. Vous arrivez avec grandeur sur cette terre, aime les sages; mais il estcruel. Tel autre se fait
et vous vous approchez de la coupe (de nos liba- craindre et abuse de sa force pour opprimer un
tions). (Voyez comme) ces vaches (du sacrilice t), plus faible que lui l. O dieux, un tel reproche
et pures et fécondes, (brillent) dans leur patu- ne peut vous Mn: adressé.
3. La première des (déités) douées d’un pied
rage. On entend leur bruit dans les airs; elles
tendent vers le soleil, telles que les Aurores bien- (léger), en est bientôt privé î. 0 Mitra et Va-
faisantes. rouna, qui dirait la même chose de vous? Votre
(i. Pour votre sacrifice les (flammes) s’élèvent, enfant porte le fardeau de ce monde, soutenant
présentant l’apparence d’une belle chevelure. 0 ce qui est bon, repoussant ce qui est mauvais ’.
Nitra et Varouna, daignez venir en ces lieux. Des- fi. Nous voyons bien cet époux des jeunes (Au-
cendez, accueillez nos vœux. Vous régnez sur la rores) s’avancer, poursuivre sa révolution, et cou-
prière du sage. vrir ces espaces élevés et vastes, demeure de
7. Quand le sage, prodiguant et l’offrande et la Mitra et de Varouna.
louange, vous honore par ses invocations et ses 5. Mais, au moment de sa naissance, il était
sacrifices. (homme) accompli dans la science de sans chevaux et sans rayons, (ce soleil), qui, ra-
prier, alors vous vous approchez de lui, vous pide et retentissant, marche au plus haut des cieux.
agréez ses présents, vous approuvez ses vœux et Que (les hommes) fassent de brillants apprêts, et
comblez ses désirs z vous venez vers nous. qu’en l’honneur de Nitra et de Varouna ils allu-
8. 0 (dieux) qui aimez le sacrifice, vous ôtes L L’expression de l’auteur est singulière. Elle se tra-
les premiers dans nos offrandes et nos libations : duit ainsi littèralement: triangularem occidit quadran-
gularis.
2. Il est ici question do l’aurore: rapide et légère,
la lune, porté sur les rayons du soleil. Le mot trhondra, elle est arrêtée par le soleil; elle disparaît dans ses
contenu dans ce vers, et, suivant moi, mal interprété
par lui, l’a. entraîné dans Cette description. rayons, suivant la poële indien, elle perd son piod. La
mythologie postérieure, en substituant a l’aurore le per-
1. Ce mot est entendu autrement par le commenta- sonnage d’Arouna, l’a privé de pieds : on trouve ici
teur, qui ne voit pas ici le; libations, mais les ondes l’explication de ce mythe.
des nuages, les eaux qui enveloppent Agni védyouta. 3. lllitra et Varouna, (lit le commentaire, c’est le leur
2. Ces dieux. dans leur révolution. amènent le jour, et la Nuit (abominé). Dans l’intervalle du jour et de. la
qui révèle le ciel et la terre z le poète leur en attribue nuit nalt le soleil, qui semble sortir de leur sein et do-
la naissance. vient leur fruit, leur enfant, garbha. Le soleil amène la
3. Le poète les appelle du nom d’Aroura. lumière et repousse les ténèbres, et se montre de cette
4. Ces vaches sont les flammes, les rayons d’Agni. manière l’ami du bien et l’ennemi du mal.
HO lNDE. -- POÉSIE LYRIQUE. [Le-ct. IL]

ment le feu du sacrifice et chantent des hymnes. pas t a forme l’étendue céleste, (Vichnou) partout
célébré.
6. Que les vaches donnent le lait de leurs ma-
melles pour mon sacrifice. Que le sage (Agni) ob- 2. C’est pour sa force que je chante Vichnou,
tienne toutes les libations qu’il désire; que sa redoutable comme le lion, semant la terreur sur
bouche (sacrée) touche (à mes holocaustes),et ses pas, habitant la hauteur; (Vichnou) dont les
n’épargne rien de mes offrandes l. trois vastes pas embrassent tous les mondes.
7. 0 Mitra et Varouna, puisse-je vous rendre 3. Que ma prière touche vivement ce géné-
agréables les honneurs que je vous rends, et mé- reux Vichnou qui habite la hauteur. et se trouve
riter votre protection, 0 dieux (favorables)! Que partout célébré; qui, incomparable, a mesuré en
notre picte nous donne la victoire dans les com- trois pas cette large et longue demeure!
bats! Que la pluie divine (de vos faveurs) nous Il. Ses trois pas immortels sont marqués par de
serve à traverser heureusement (la vie)! douces libations et d’heureuses offrandes. C’est
Vichnou qui soutient trois choses ’ : la terre, le
HYMNE XVll. ciel, tous les mondes 5.
A plus m A "son", un nIncHA’nnAs. 5. Puisse-je arriver à cette demeure de Vich-
(Mètre : Trichtoubh.) nou A, où vivent dans les plaisirs les hommes
qui lui ont été dévoues! Celui qui fait des liba-
l. Nous éprouvons une grande joie’à vous ho-
tions en l’honneur de Vichnou aux larges pas
norer par nos holocaustes et nos invocations, 0 devient son ami 5 dans cette région supérieure.
Mina et Varouna, (ô dieux) dont le beurre de nos
ü. Nous souhaitons que vous alliez tous deuxs
offrandes relève l’éclat, tandis que nos prêtres, par
dans ce séjour où paissent des vaches légères,
leurs cérémonies, semblent vouloir vous exalter.
2. J’ai préparé des hymnes,ô llitra et Varouna,
aux cornes merveilleusement allongées 7. La
brille la demeure suprême de ce (dieu) libéral et
et, attelant le char de votre sacrifice, j’apporte partout célébré.
des vers harmonieux: cependant le père de fa-
mille fournitpour votre solemnite les holocaustes
HYMNE XIX.
et les présents.
3. Que la vache donne tout son lait pour le sa- A VICIININ’ ET INDRA, PAR DIRGHATAIAS.
crifice, O Mitre et Varouna, en faveur du mortel (Mure : Djagntî.)
qui vous présente cet holocauste, au moment où
(le dieu) qui reçoit les offrandes 9, tel qu’un sa- l. Apportez vos libations et vos mets en l’hon-
crificateur humain, vous honore et vous fête en neur de Vichnou et du grand héros qui aime lés
prières, (en l’honneur de ces dieux) invincibles,
ceIl. Allons!
jour.aul milieu de ce peuple transporte qui se placent sur le dos des montagnes (célestes),
de joie, que les Vaches, que les ondes divines comme sur un excellent coursier.
vous fournissent des libations! Allons! l’antique 2. En votre honneur,01ndra et Vichnou, (dieux)
maltre, (Agni), et pour nous et pour (le père de puissants par vos œuvres, Soutapas a formé cette
famille) ici présent, se charge de vous les offrir. brillante réunion. Et, pour récompenser un mor-
Prenez votre part (du sacrifice), et buvez du lait i. Les trois pas de Vichnou, ne l’oublions pas, sont
de la vache 3. les trois stations du soleil, à son lever, a midi, à son
coucher.
HYMNE XYIIl. 2. Ces trois choses, suivant le commentaire, seraient
ou les trois mondes (locatrayam). ou les trois temps
A VICHNOU, PAR DIRGHATAIAS. (ccilatrayam), ou les trois qualités (gounatragam).
(lulu : Trichtoubh.) 3. Ces mondes (bhouuanàni), au nombre de sept,
composent un espace intermédiaire entre le ciel et la
l. le chante les exploits de Vichnou qui a créé terre. Des mondes connus sans le nom de loco, on peut
les splendeurs terrestres, qui par ses trois en compter tantôt trois, tantôt quatorze.
4. Cette demeure est le ciel ou peut-être le soleil, ou
l. (le passage peut tout aussi bien s’entendre du sage les Indiens pensaient qu’ils devaient être transportés
sacrificateur. après la mort.
2. Le covnmentaire semble reconnallre ici le nom d’un 5. Le mot bandhoû est plus fort : il signifie parent,
prince qu’il nomme Ràtahavya. attaché par le lien de la famille.
3. Je n’ai pas besoin de faire remarquer que le mot 6. C’est-à-dire, pour le père et la mère de famille,
vache, ici et ailleurs, peut être pris au propre ou au pour les deux familles oflrantle sacrifice.
figuré, et, dans ce dernier ces, signifier le sacrifice, la 7. Ces vaches sont les nuages, ou, suivant le com-
libation ou les rayon: d’Agni. mentateur, les rayons du soleil.
[me un] nie-vaux. - SECTION DEUXIÈME. Hi
tel, vous donnez l’essor à la flèche d’Agni, le ma- t 4. Que le royal Varouna, que les Aswins pren-
gnifique archer t. nent leur part du sacrifice offert a ce Vichnou,
3. Nos libations augmentent la puissante vi- qui soutient tout, et que les Marouts accompa-
gueur de Vichnou. (Soutapas) rapproche les deux gnent. Vichnou a développé la force suprême qui
mères qui doivent heureusement produire (.tgni)’. fait briller le jour, et, uni aux (Marouts) ses amis,
Et alors le (dieu) obtient trois noms : l’un infé- il a ouvert le pâturage (céleste).
rieur, celui de fils; l’autre supérieur, celui de 5. Que le divin Vichnou, plus puissant que le
père; et le troisième, qu’il possède dans la région puissant Indra, daigne se joindrea lui! que le
lumineuse 3 du ciel. (dieu) sage qui siège en trois stations se plaise a
i. C’est cette vigeur de Vichnou que nous notre sacrifice, et permette a l’Arya, qui le lui
chantons : (Vichnou) est maître, sauveur, bien- offre, d’en recueillir le fruit!
faiteur libéral. En trois pas il parcourt le monde,
HYMNE XXI.
pour y répandre au loin et la vie et sa gloire.
5. Deux des stations de ce dieu touchent au A!!! ASWlNS, PAR DIRGHATAIAS.
domaine des mortels. La troisième est inaccesible (Hêtre : Djagatl.)
à tous, même à l’oiseau qui vole. l. Agni s’éveille sur son (siégé) de terre; le So-
6. Il fournit quatre-vingt-quatorze carrières ’, leil arrive; la grande et brillante Aurore apparaît
pareilles à la roue qui tourne. Son large corps a avec éclat. Les Aswins attellent leur char. Le di-
été par les poètes divisé en plusieurs parties. vin Savitri a enfanté les deux parties de l’univers.
Toujours jeune et florissant, il vient à notre appel. 2. 0 Aswins, pendant que vous attelez vos gé-
néreux coursiers, versez sur nos champs le beurre
HYMNE XX. et le miel. Accueillez nos prières, et secourez-
A "GENOU, un DIRGIIATAIAS. nous dans les combats. Puissions-nous obtenir
(Hêtre : Djagatl.) les riches dépouilles de nos ennemis!
l. Sois facile comme un ami, heureux de nos 3. Qu’il marche en avant, ce char des Aswins,
libations de beurre, magnifique, accessible et gé- attelé. (le rapides coursiers, chargé de biens sa-
néreux. C’est ainsi. ô Vichnou, que ta louange voureux, objet de tant de louanges; (ce char) à
sera célébrée par le sage, et que le riche offrira trois roues et a trois siégcs, magnifique et garni
l’holocauste en ton honneur. de toute espèce de richesses; qu’il apporte le bon-
2. L’homme qui honore Vichnou antique et heur et pour nous et pour tous les étres animés!
nouveau, (Vichnou) qui embrasse tout et qui Il. O Aswins, amenez-nous la force, et agitez
nalt pour le bonheur du monde, (l’homme) qui sur nous votre fouet, d’où s’épand une douce
chante la grande naissance du grand (dieu), abondance. Prolongez notre vie, effacez nos fautes,
obtient certainement l’abondance. frappez nos ennemis, soyez toujours avec nous.
3. Chantres éclairés, célébrez l’avènement de 5. Vous portez la fécondité au sein des mères;
ce (dieu) antique, enfant du sacrifice, et, recon- vous êtes au centre de tous les. mondes. Généreux
naissant sa puissance, dites z a 0 Vichnou, tu es Aswins, on vous doit (ici) la présence d’Agni, des
grand, et nous implorons ta bonté. n ondes (sacrées) et du bûcher.
6. Vous connaissez la médecine et la vertu des
t. Agni porte sur ses fiammes.qui sont ses fièches,les plantes; vous êtes aussi habiles à conduire les
vœux des mortels adressés aux dieux. ou bien il lance
ces mêmes flammes contre leurs ennemis. chars. (Dieux) terribles, vous êtes les maîtres de
2. Le commentaire entend cette phrase de Vichnou, la richesse. (Protégez) celui qui vous offre, avec
qui fait apparaltre le Ciel et la Terre, grands parents
de la Nature. sa prière, le don de son holocauste.
3. Ce passage m’a paru difficile. Voici comme je le
comprends. Agni doit être considéré sous trois rapports :
comme [tu de Parent, comme père du ciel et de la encreur; TROISIÈME.
terre, et enfin comme Vichnou illuminant le ciel. Il
serait absurde de trouver ici la moindre allusion au HYMNE 1.
dogme d’une trinité quelconque.
A. Voici les noms et les nombres de ces 94 périodes : AUX ASWINS, PAR DIRGHATAIAS.
l au, 2 ayant): ou demi-années, 5 filou: ou saisons. (Métros .- Trichtoubh et Anouchtoubh.)
12 mois, 24 palmites ou demi-mois, 30 jours, 8 yàmds
on heures, se tagnes ou divisions de l’équateur. Dans ce l. (Dieux) protecteurs et terribles *, sages, puis-
calculje trouve 5 saisons; je serais porté à n’en compter
que 4, et a ajouter aux 12 mais le mais supplémentaire. 1. Ces deux mots traduisent les mots l’accu et flouera,
H? HUE. - POÉSIE LYRIQUE. ILect.lll.l
sauts et généreux, venez a nous, et comblez-nous votre prêtre; il monte avec vous sur le char du
de vos dons. Secourez-nous, si vous aimez le fils sacrifice, et verse pour vous les libations.
d’Outcltathya t, si vous voulez qu’on n’accuse pas
votre puissance. HYMNE H
il. En! qui voudrait vous prier, (dieux) protec-
teurs, si vous receviez, dans l’enceinte du sacri- Al? CIEL [TA LA TERRE, PAR DIRGIIATAIAS
fice, nos adorations (en les laissant stériles)? (Maire : Djagatf.)
Rendez nos prières fécondes, vous qui étés capa-
l. Ciel et Terre, (dieux) grands et sages, que le
bles de remplir nos vieux. sacrifice amplifie, je vousloue dans nos cérémo-
3. S’il est vrai que votre char a présenté au nies, vous qui, distingués par vos œuvres, ac-
fils de Tougra ’, au milieu de la mer, un terrain cordez vos brillantes faveurs aux (levas (terres-
solide, je puis venir vers votre appui protecteur, tres), dont vous ôtes les enfants 4.
comme un prince (vient) vers sa forteresse, dont 2. Par ces offrandes, j’honore la bienfaisance
les chemins lui sont ouverts. d’un père et la force incomparable d’une mère.
’t. Que l’hymne du fils d’Outeltathya fasse son Ces deux aïeuls, fiers de leur heureuse fécondité,
salut! que je ne sois pas la pâture de ces deux font et maintiennent l’immortalité de leur nom-
étres qui marchent toujours 5! que je n’aille pas breuse progéniture.
me brûler au feu de ce foyer où sont jetées dix 3. Ces Dévas, renommés par leurs œuvres et
espèces d’offrandes t, pendant que votre serviteur,
chargés de libations 1, ont produit pour la prière
les membres enchaînés, mange la terre 5! du matin les deux grandes mères (d’Agni). Et vous,
5. Que les Eaux, les meilleures des mères, ne fidèles à votre devoir de soutenir tous les êtres,
viennent pas me submerger, pendant que (mes) ser- animés et inanimés, vous gardez la detneure de
viteurs m’ont ainsi placé sur la terre, tout garrotté.
leur incomparable enfant.
(par Page)! Trétana a, pour me servir, a raffermi ma 4. Ces Dévas sages et intelligents ont formé les
tète, mais frappé ma poitrine d’un de ses rayons.
deux sœurs jumelles, sorties d’un même sein 5
6. Le vieux Dirghatamas, entouré des siens et demeurant ensemble. Ce sont eux qui. habiles
dans la dixième dizaine de son âge 7, est encore et éclairés, ontmesuré, dans l’espace céleste, cette
étendue sans cesse nouvelle.
que le poète attribue ici aux Aswins, et qui appartien- 5. Au moment où naît Savitri,nous demandons
nent à d’eux classes particulières de dieux. aujourd’hui les présents d’élite que dispense ce
1. Outchathya. était le père de Dlrgltatamas.
2. Un roi, fils de Tougra, vaincu etpris par ses ennemis, dieu. Et vous, Ciel et Terre, soyez bienveillants
fut lié et jeté dans la mer. Il invoqua les Aswins, qui pour nous et accordez-nous la richesse et des
le soulevèrent sur leur char. Voy. page109. col. 2, n ne 3; centaines de vaches.
page M3, coi. 2, note 4.
3. Je suppose que ces deux êtres sontlejour et la nuit.
représentés peut-être par les Aswins, HYMNE Ill.
A. Tout cepassage est d’une grande obscurité. Il semble
qu’il contient des allusions à la vie particulière de Dir- AU CIEL ET A LA TERRE, riva DlItGllATAIAS.
ghatamas, fils d’Outcliathya, alors centenaire. Aceablé (Mètre : Djagatî.)
d’infirmités. il craint d’être brûle. par le feu du sacrifice,
ou submergé par les libations. Ce feu, ces libations peu- 1. Entre le Ciel et la Terre, auteurs de toute
vent être l’image de la chaleur ou du froid, dont le
vieillard redoute l’influence. il est même possible que félicité, trésors de bonté, habiles a soutenir les
le mot dasali. signifiant à la. fois dia: offrandes et mondes, (titres) intelligents et bien nés, marche
dixième dizaine, soit une allusion a son age. Le cum-
mentaire. suivant son usage. fait une histoire de Dir- 1. Les dans terrestres, c’est-à-dire les rite; personni-
ghatamas, où il est sauvé du feu et de l’eau. Je me suis fies, ou les prêtres. par le sacrifice, ont donné naissance
vu réduit à deviner. .
5. J’ai conservé fidèlement cette expression, que le
commentaire explique par l’impossihitè de marcher.
a Agni et au soleil. qui ont cuxcmêmes enfanté, c’est-:1-
dire révélé par la lumière, le ciel et la terre. Le com-
mentaire comprend que les prêtres aiment le ciel et la
Gantoumasaktah: celui qui ne peut marcher, est dit terre comme on aime un enfant.
manger la. terre. 2. La suite des idées est, dans cet hymne, difficile à
t5. Je suppose que ce personnage est le dieu Agni : je saisir. surtout à cause de l’équivoque de certains mots.
rapproche le mot Trétana de Trita, un des noms portes Par exemple le mot satinois peut signifier fit: et homme
par cette divinité. qui guérit la. tète de Direhatamas et faisant des libations. En adoptant le premier sens, les
attaque sa poitrine. Le mot que j’ai rendu par rayon, «levas, qui. dans le premier distique, sont les pères du
peut aussi signifier jus du soma. iol et de la terre. en seraient ici les enfants.
1. Littéralement. dans son dixième gouge. 3. Les deux pièces de l’ennui sont de bois. quoi-
lLecl. HL] ltlu-t’tïJDA. - sacriox DEUXIÈME. ne
le brillant Soleil, dieu chargé de conserver deux 2. (.lgni parle z) a De ce vase, qui est unique,
autres dieux. faites-en quatre. Voilà ce qu’ont dit les Dévas;
2. Grands, larges et distincts, le père et la mère voilà pour quel motif je viens vers vous. Enfants
gardent les mondes (intermédiaires). Le Ciel et la de Soudhanwan, si vous agissez ainsi, vous serez
Terre se font distinguer par leurs beautés, au dignes de partager avec les Dévas les honneurs
moment où leur père apparaît, donnant des du sacrifice. n
formes à teut. 3. 0 (Itibhous), vous avez répondu favorable-
3. Ce feu (céleste), enfant (du sacrifice), puri- ment a l’ambassade d’Agni, (et il a ajouté :) a ll
fiant ces deux aïeuls, éclaire les mondes de ses vous faut construire le char rapide 1(dusacrificc).
puissants rayons ; et son lait brillant nourrit tous Et en mémetemps, frères, formez une vache ’;
les jours la vache féconde et le taureau vigou- rendez à la jeunesse ces deux vieillards 3. Eh bien!
reux f.
4. Parmi les Dévas travailleurs, le plus labo-
rieux c’est celui qui a enfanté le Ciel et la Terre,
allons! n ’
4. 0 Ribhous, quand vous eûtes exécuté cet
ordre, vous avez demandé: « Où est aujourd’hui
auteurs de tous les biens; celui qui, puissant l’envoyé qui nous est venu trouver? n Cependant
en œuvres, a mesuré ces deux mondes ornés de Twachtri, en voyant les quatre vases qui avaient
brillantes couleurs, et les a fondés sur des été faits, se montra au milieu des femmes (char-
colonnes impérissables. gées des apprêts du sacrifice).
5. Ciel et Terre, que nous avons chantés, ac- à. a Mort, n s’écriait Twachtri, - mort a ceux qui
cordez-nous des biens convenables à votre gran- ont blâmé le vase qui sert aux libations des Dé-
deur. Donnez-nous de vastes domaines, où puisse vas! lls inventent des invocations nouvelles; il
s’étendre notre peuple. Que nous obtenions de faut, pour ces invocations, que la mère de fa-
vous une puissance enviée! mille leur fournisse de nouvelles libations. n
6. Cependant lndra a reçu de vous deux che-
HYMNE 1V. vaux, les Aswins un char, Vrihaspati des vaches
de toute forme t. Itibhou, Vibhwan et Vàdja, vous
Aux mettons, un DIRGIIATAIAS i. étés venus vous joindre aux Dévas dont les œu-
(Mètre: : Trichtoubh et Djaguti.) vres sont excellentes, et vous avez réclamé une
part dans le sacrifice.
f. (Les Ribhous parlent.) a 0 toi, le meilleur et 7. De la peau (d’une vache morte) vous en avez
le plus jeune d’entre nous, que viens-tu nous fait une vivante. Par vos opérations, vous avez
annoncer? qu’avons-nous dit? Nous ne blâmons rendu ces deux vieillards a la jeunesse. Fils de
pas le vase des libations, que nous trouvons fort Soudhanwan, d’un cheval vous avez tiré un
distingué, ôAgni 5, notre frère. Nous avons con- autre cheval, et, les attelant à votre char, vous
testé la nature supérieure du vase. n étés venus vers les Dévas.
8. (0 Dévas!) vous leur avez dit: a Buvez de
qu’elles ne soient pas d’une même essence. Le commen-
ces libations; buvez de cette boisson purifiée
taire rapporte ces mots au ciel et à la. terre. Au reste.
je ne serais pas étonne qu’il existât quelque rapport avec le moundja 5. Fils de Soudhanwan, si vous le
mystique entre le ciel et la terre, et ces deux pièces de
forant, l’une supérieure, l’autre inférieure.
l. En d’autres termes, la terre et le ciel vivifies par élevé. Ils veulent avoir aussi les honneurs du vase des
les rayons du soleil. libations, réservés à Agni seul. ils sont trois, et les
2. Les Ribhous sottt des dieux qui représentent, dit- dieux consentent a ce qu’il soit fait quatre vases de
on, les rayons du soleil, et dont le culte est moins celui qu’avait faitTwachtri, leur artiste.
ancien que celui des autres divinité-i. Il semblerait t. Cette expression est connue; elle faitallusion aux
qu’avant d’être reconnus comme dieux, ils furent apprêts du sacrifice
hommes sur la terre. Leur légende, contrite on peut le 2. Le sacrifice des Ribhous est interrompu; en d’au-
voir dans cet hymne même, paraltrait indiquer qu’ils tres termes, leur vache est morte : car la vache, c’est le
inventèrent plusieurs cérémonies, et fondèrent une c:péce sacrifice. ll s’agit de la faire revivre.
de culte nouveau. Voy. p. 51, col. l. note l. Les détails 3. Quels sont ces deux vieillards, père et mère des
de cette légende peuvent se rapporter à une espèce de Ribhons, sinon le ciel et la terre, que les rayons du
tevolution religieuse; mais ils sont assez obscurs pour soleil doivent faire renaftre?
qu’il soit difficile d’exprimer sur cet objet une opinion A. Par le sacrifice les dieux reçoivent un char, c’est-
définitive. a-dire les honneurs et les présents qui l’accompagnent.
3. Agni, chargé de porter les holocaustes adressés Vrihaspali est une forme d’Agni, et ses vaches sont des
aux dieux, est naturellement leur messager auprès des
Ribhous. qui ont la prétention d’arriver a ce rang
sacrifices de diverses espèces. ’
5. Le monudju est une plante dont la tige pouvait
[Lect. in.)
144 s INDE. -- POÉSIE LYRIQUE.
voulez, vous pouvez encore vous enivrer des HYMNE V.
liqueurs offertes dans le troisième sacri-
fice *. I SACRIFICE DU CHEVAL, PAR DIIGHAYAIAS-
9. a Les libations sont abondantes, n dit un
(des assistants). u Le feu est ardent, n dit un (une: : Trichtoubb et Djegett.)
autre. Plusieurs autres s’occupent de la vache l. Que Mitra, Varouna, Aryaman t, Vàyou ’,
(du sacrifice), ou, avec les formules d’usage, rem-
Indra, Ribhoukchas 3, et les Marouts, ne recla-
plissent les coupes. ment rien de nous,peudant que nous allons chanter
10. Celui-ci apporte le riz, l’eau, (les boissons
dans le sacrifice les vertus du rapide cheval, ne
faites du lait de) la vache; celui-là dispose les des Dévas t.
chairs qui sortent de la cuisine. Un autre 2. Quand on amène la victime prisonnière, ce
emporté les ordures. Enfin, assistés de leurs en- beau (cheval), magnifiquementorué, qu’on frappe
fants, le père et la mère de famille prennent leur avant lui un bouc de couleurs diverses 1’! C’est la
place. une offrande aimée d’lndra et de l’oùchau.
11.0 généreux Ribhous, c’est à vos bons
3. Ce bouc est conduit devant le rapide che-
offices que nous devons la verdure dans les lieux val, destiné à Poùchan et aux Viswadévas. C’est
élevés, les eaux dans les lieux inférieurs. Tant
aussi pour Twachtri, une offrande agréable et
que vous dormez au sein de ce (dieu), qui ne précieuse à lui présenter avec le coursier.
peut rester cache *, vous demeurez inconnus au Il. Quand donc les enfants de Manou mènent
monde. trois fois autour (du foyer) ce cheval, qui, dans le
t2. Mais quand, mêlés (au soleil), vous parcou-
moment propice, doit être immolé aux dieux,
rez les airs, alors les vénérables pères et mères
alors ce bouc, leur annonçant le sacrifice, marche
de famille’ vous honorent partout. Malheur à le premier consacré à Poùchan.
celui qui arrête votre bras t! Gloire à celui qui 5. Que le prêtre sacrificateur, habile dans la
vous chante! science (divine), la coupe à la main et l’hymne à
l3. Fortunes Ribhous, vous avez fait cette la bouche, s’approche d’Agni, qui l’éclaire de ses
question : a (O dieu), qui ne peux rester caché, rayons. Par l’appareil d’un brillant sacrifice et
quel est donc celui qui a éveillé ce monde, et
par le choix de nos offrandes, sachons plaire
nous (a donné le signal? n (Le dieu) vous a dit (aux dieux).
que c’était le chien ’qui rompt le silence de la
6. Vous qui coupez les poteaux ou qui les por-
nuit. Et, dans l’astre qui parcourt l’espace, vous
tez, vous qui attachez au poteau l’anneau du che-
avez éclairé le monde.
val, ou qui apportez sa nourriture, venez, nous
l4. Les Marouts vont dans le ciel, Agni sur la avons besoin de vos soins.
terre, le vent dans l’air, Varouna dans les eaux 7. Tels sont mes vœux : que ce (coursier), à la
et les mers, vous désirant partout, vous enfants croupe flexible °,vieune heureusement combler les
de la Force 6. espérances des dieux! que les sages Richis l’ac-

servir à remuer les boissons. ou bien à enlever les im-


puretés qui s’y trouvaient mêlées. Une autre explication t. Ces trois noms sont rem de trois Adityas : nous
reconnaît une montagne Moundjaua, qui produit la savons que Mitra est l’aditya du jour, et Varouna celui
plante du soma. de la nuit. Nous avons vu tout a l’heure que ce dernier
t. Autrement. le troisième savana. celui du soir. habitait leseaux et les mers. parce que la nuit engendre
2. Ce dieu est Agni, ou le soleil. les vapeurs et l’humidité. Pour Aryaman, le commen-
3. Traduction incertaine : car ces deux personnages taire dit ici que c’est l’aditya de la mort, enlaçâm-
peuvent être aussi le Ciel et la Terre, aïeuls du monde, bhimani.
etA.assistant partout les Ribhcus. .
Les bras de cette espèce de dieux, ce sont leurs
2. Le texte porte égout, que l’on explique par l’idée du
vent qui ce toujours.
rayons. Arrêter leur bras, c’est peut-eue aussi gêner 3. C’est ordinairement une épithète d’lndra : cepen-
leur sacrifice. dant, comme le mot signifie séjour des Ribhous, ce
5. Le chien qui rompt le silence de la nuit, c’est le
vent, suivant le commentaire. Mais il faut se rappeler pourrait
4. Ce sont les bien être leles soleil.
dévas. c’est-à-dire prêtres, qui le’
qu’il y a une chienne nommée Saramà. et qui n’est choisissent pour le sacrifice.
autre chose que la prière, dont la voix éveille, le matin, 5. Ainsi le col et le front doivent être blancs. Voyez,
tous les êtres pour le sacrifice. dans le Dabistan de Il. Troyer, (tome il, page 79),des
6. Agni est un quatrième Ribhou; et réciproquement détails curieux sur cette espèce de sacrifice.
les Ribhous doivent être des fermes d’Agni, lequel est, 6. V itaprichtha : le commentaire l’explique par
comme on sait, enfant de la force. homâvâm’la ou paryagnicrt’ta.
(un. un] RlG-VÊDA. - SECTION DEUXIÈME. l il?)
cueillent avec joie; pour le bonheur des Dévas, du rapide cheval, ami des Dévas. Laissez entières
qu’il devienne leur ami 1! les autres parties, O victimaire, que chaque mem-
8. Quand on attache d’une courroie et ton pied bre soit convenablement paré!
et ta tète, ou quand on te met dans la bouche de 19. Un seul homme doit frapper le brillantt
l’herbe à manger, O coursier, que tout cela soit cheval, deux autres doivent le retenir : telle est
d’un favorable augure parmi les Dévas! la règle. Les membres ’ que, suivant l’usage, je
9. Quand la mouche s’attache à tes chairs, ou dois offrir en sacrifice, je les mots sur le plat des
quand le bois, la hache, les bras du victimaire Pindas 3, et je les jette au foyer d’Agni.
et ses ongles sont humectés, o coursier, que 20. (0 coursier), quand tu vas (vers les dieux),
tout cela soit d’un favorable augure parmi les ne te chagrine pas de ton sort. Que la hache ne
Dévas! s’appesantisse pas longtemps sur ton corps. Qu’un
10. Quand l’ativadhya, qui est l’odeur de la barbare et indigne victimaire n’aille pas, par
viande crue, sort du ventre de la (victime), que ignorance, taillader tes membres avec le fer.
les ministres du sacrifice achèvent leur œuvre, 21. Ce n’est pas ainsi que tu dois mourir: la
qu’ils fassent cuire les chairs, et accomplissent souffrance n’est pas faite pour toi. C’est par des
le vritaprica *! voies heureuses que tu vos vers les dieux. Pour
Il. 0 victime, quand de ton ventre cuit au te porter, tu as les deux coursiers (d’indra), les
feu d’Agni, labruche vient à sortir, que rien ne deux biches (des Marouts), et le char léger (des
tombe à terre, ni sur le gazon. Que tout soit Aswins) traîné par un une.
donne aux Dévas qui l’attendent. 22. Que le cheval (sacrifié) nous procure de
12. Si ceux qui voient le cheval cuit, disent : nombreuses vaches, de bons coursiers. des guer-
- ll sent bon, coupez-en un morceau! s accueillez riers, des enfants, une abondante opulence. Toi
la demande de quiconque voudra de cette chair. qui es pur et sain, rends-nous (purs etsains);
13. Cependant on a apporté les vases destinés que le cheval, honoré par l’holocauste, nous
a recevoir les chairs ou les sauces qui les arro- donne la puissance.
sent, les marmites, les chaudrons, les plats, les
instruments de cuisine, et on les place autour HYMNE Vl.
du cheval.
14. La manière dont tu marches, dont tu te au canas ou SACRIFICE 0, en DIRGHATAIAS.
couches, dont ton pied est attaché, ton port, la
(mm . Trichtoubh.)
façon dont tu bois, dont tu manges, 0 coursier,
que tout cela soit d’un favorable augure parmi l. A peine es-tu né, que tu fais entendre ta
les Dévas! voix en sortant de la mer 5 (des libations), ou
la. Que le feu ne vienne pas, en frémissant, plutôt de la corruption (corporelle). Tes bras °,
t’apporter une odeur de fumée; que le vase (qui (dieu) brillant, ressemblent aux ailes de l’éper-
te reçoit) ne sente rien. Les Dévas agréent l’of- vier. O cheval, ta naissance est grande, et digne
fraude du cheval quand elle est pure, parfaite, et de nos louanges.
accompagnée d’invocations.
16. Quand on étend sur le cheval une couver-
1. On l’appelle Twachtri.
ture toute d’or, quand on lui attache et la tète et 2. Ce sont le cœur. la langue, la poitrine..
le pied. ce sont la autant de choses qui doivent 3. Boulettes de riz et de beurre.
étre de bon augure parmi les Dévas. 4. Le cheval du sacrifice devient un cheval céleste;
il est le soleil lui-même appelé déjà auna, cheval, à
17. Quand dans ton écurie, tu hennis fortement, cause de sa rapidité. Cet hymne est donc proprement
et qu’on te frappe avec le pied ou avec le fouet, un hymne au soleil.
e coursier, je détruis toutes ces choses avec la 5. Le texte porte simplement remoudra, mer. Le
sans de ce motn’estpas celuiqu’en français nous pouvons
prière, comme dans les sacrifices on épuise les lui donner, quand nous disons que le soleil sort de la
libations avec la cuiller. mer. Cette mer dont parle l’auteur, c’est on cet amas
de vapeurs célestes d’où se dégage le soleil. ou plutôt
18. La hache tranche les trente-quatre côtes ces libations du sacrifice qui donnent naissance a l’astre
divin, suivant la doctrine des poëtes de cette époque.
Selon cette idée, le cheval. qui va devenir le soleil, sort
1. Littéralement, un bon parent, soubmtdhou. du foyer d’Agni, ou son corps a été jeté comme offrande;
2. Le Vritapàca est le moment du sacrifice ou la il sort aussi de ce corps terrestre et corruptible.
chair de la victime est bouillie. 6. C’est-a-dire, tes rayons. -
HG HUE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch HL]

2. Yama t l’a remis à Trita 3, et celui-ci lui a êtres recherchent ta faveur; les dieux voudraient
donné un char. Sur ce char, lndra a monté le égaler ta force.
premier. Gandharva 5 a pris les rênes qu’il em- 9. Sa criniere est d’or; ses pieds , rapides
prunte au Soleil. Les Vaseus ont orne le cheval. comme la pensée. lndra (lui-même) est descendu,
3. 0 cheval, tu es Yama, tu es Aditya, tu es et les dieux sont réunis pour consommer l’holo-
Trita, par suite d’un mystérieux accord. A des causte de celui qui le premier a monté ce cheval 1.
moments marqués tu te trouves arrosé de soma .- 10. Des coursiers ’ héroïques, divins , aux
car on te reconnaît dans le ciel trois stations. membres élancés, au ventre ramassé, tels que des
4. Oui, ou te reconnaît trois stations dans le cygnes qui volent en troupe, s’élancent à travers
ciel, comme aussi tu en as trois dans les ondes les routes de l’air.
(célestes), et trois dans l’océan de l’air t. Mais Il. O coursier, ton corps marche, mais ta peu-
j’aime surtout, d cheval, à te voir, ainsi que Va- sée est rapide comme le vent. Les poils de ta cri-
rouna. revenir dans le lieu où tu nais 5. nière 5 s’étendent partout, et se jouent dans les
5. 0 cheval, ce sont la tes relais; c’est là que branches de la foret.
sont les impressions de les pieds, o bienfaiteur 12. Le cheval est arrive au lieu du sacrifice,
(du monde)! C’est là que j’ai vu tes rênes 0 l’air pensif, et l’âme soumise aux dieux. Devant
fortunées, que vénèrent les gardiens du feu lui est mené le bouc enchaîné à ses destins. Ar-
sacré. rivent aussi les sages et les chantres.
6. Je t’ai reconnu deloin : c’était bien toi-même l3. Le cheval occupe la place principale, en
volant vers nous du haut du ciel. J’ai vu une face du père et de la mère (du sacrifice). Comblé
tête (divine) s’avancer rapidement par des routes d’honneurs, qu’il aille vers les dieux. Que son
faciles où la poussière est inconnue. serviteur reçoive les biens les plus précieux.
7. J’ai vu ici ta forme merveilleuse; elle. pa-
raissait animée du désir de recueillir nos offran- HYMNE Vil.
des dans cette enceinte sanctifiée. Quand un mer;
tel prépare pour toi les mets (du sacrifice), tu aux VISWADÉVAS, un pinGuATAuAs.
viens, (comme le coursier) affamé àl’herbe (qu’on (Mètres : Djagatî, Pankti et Anouchtoubh.)
lui présente).
l. Le (dieu) ici présent, notre fortuné patron,
8. 0 coursier (divin), après toi (arrivent) les notre sacrificateur, a un frère t qui s’étend au
mortels, et leurs chars, et leurs vaches, et le milieu (de l’air). ll existe un troisième fréro’
bonheur (que donnent) les jeunes filles. Tous les
que nous arrosons de nos libations de beurre.
C’est lui que j’ai vu maître des hommes, et armé
LYama est le dieu de la mort; la victime a é’é
remise par lui au feu du sacrifice. de sept rayons.
2. Ce feu du sacrifice. c’est Trita, autrement Agni. 2. Sept 6 rênes servent à diriger un char qui
C’est lui qui, comme on sait, attelle le char des dieux;
expression que nous n’avons plus besoin d’expliquer.
3. Le commentaire suppose que Gandharva, c’est le 1. Je pense que monter le cheval ou préparer le
toma. Le toma est représenté par les poëles comme char d’un dieu, ce sont deux expressions qui ont le
brillant, et reflétant quelquefois les rayons du soleil, A
même sans. Cependant on a dit tout a l’heure qu’ln-
et, en termes poétiques, rênes et rayons sont synonymes. dra avait le premier monté sur le char du cheval
Gandharva signifie aussi cheval. C’est un nom du céleste; cette phrase pourrait donc signifier: les dieux
soleil ou d’Agni. se sont réunis pour l’holocauste offert à. celui qui, etc.
4. Ce ne sont pas neuf stations différentes, ce son: 2. Que sont ces coursiers? les jours peut-eue, ou les
trois mêmes stations vues à travers un milieu différent, rayons.
que forment trois états du ciel z le ciel brillant, le ciel 3. Cc sont les rayons du soleil.
nuageux. le ciel nébuleux.Ce sont des coucliesdiverses de 4. Ce frère d’Agni est le feu céleste, le feu de la
l’air.que leslndiens appellentmonder, ou le soleil semble foudre, Vidyouta, qui siüge surtout dans les nuages et
se tenir. suivant l’apparence du temps. Le commentaire dans l’air : c’est pour cela que le commentaire semble
invente, a ce sujet, des triades singulières. telles que le confondre avec deou. Nous respirons aussi ce feu,
le nuage, l’éclair et le tonnerre, ou bien la nourriture. c’est pour nous le souffle de vie.
la. plante, la semence z j’ai pensé que tout cela n’avait 5. Ces trois frères me semblent être le feu du sacrifice,
aucun rapport avec la phrase présente, qui expri- le feu céleste et le feu solaire.
mait, d’une manière plus complexe. une idée. que nous 6. Le nombre sept s’applique à plusieurs espèces de
connaissons depuis longtemps, les trois positions du choses : sept rayons, sept flammes, et par conséquent!
soleil au levant, à. midi, au concluant. sept chevaux du soleil, sept mondes inférieurs, sept
5. Varouna est le soleil considéré comme retournant, mondes supérieurs, sept mères, ondes ou genres de
cache pendant la nuit, à son poste du matin. soma, sept mers on lacs, sept genres de mètres, sept
6. C’est-à-dire les rayons. prêtres officiant dans un sacrifice.
lLect. un] lth-VÉDA. -- SECTlON DEUXIÈME. H7
n’a qu’une roue, et que traîne un seul cheval qui poursuivent leurs adorations et leurs hymnes.
brille de sept rayons. La roue a trois moyeux ’, (J. La mère a enfanté, et son fruit grandit au
roue immortelle, infatigable, d’où dépendent tous milieu des flots de la libation. Le (nourrisson, tel
ces mondes. qu’un jeune) veau, a mugi après la vache 1 (du
3. (Ou bien) ce char, qui asept roues, est traîné sacrifice). Dans les trois états ï où il apparaît, il
par sept chevaux, et monté par sept personna- revêt diverses formes.
ges ’. Sept sœurs 5 sont rassemblées (sur ce 10. Toujours unique. quoique ayant trois
char), où sont placées aussi sept espèces de va- mères et trois pères 5, il s’élève. Cependant (les
ches (fécondes) t. prêtres) ne restent pas inactifs, et chargent le
l. Oui a vu, à sa naissancn, (cet être) prendre (dieu) resplendissant de leurs prières, qui sont
un corps pour en donner à ce qui n’en a pas? on riches en savoir, mais qui ne peuvent arriver
était l’esprit, le sang, l’âme de la terre? Qui s’est partout à
approché de (ce dieu) sage, pour lui faire cette il. La roue d’Agni. pourvue de douze rayons,
tourne dans le ciel sans jamais s’arrêter. 0 Agni,
question ? *
à. Faible, ignorant, je veux sonder ces mystères
divins. Pour s’élever jusqu’à la connaissance de
sept cent vingt jumeaux 5 trouvent une place
(sur le char).
ce tendre nourrisson (qui enfantera l’année). les 12. Un donne le nom de Fouricliin ° à leur
poëles ont développé déjà les sept trames (de père, quand il se trouve dans la partie méridio-
leurs chants) 5. nale du ciel; et (ce père) y a cinq pieds ” et
6. Ignorant et inhabile, pour arriver à la science douze formes 5. Dans la partie septentrionale, il
j’interrogc ici les poètes savants. Quel est donc porte le nom d’Arpita 0, et sous une forme dif-
cet (être) incomparable qui, sous la forme de férente (il est porté sur son char). qui a sept
(l’astre) immortel, a fondé ces six mondes lumi- roues t0 et six rayons ".
lieux? l3. La roue à cinq rayons n tourne donc avec
7. Qu’il le dise, l’homme instruit dans le mys- tous les mondes. L’essieu, quoique chargé. n’est
tère du (dieu) fortuné qui traverse les airs! Les jamais fatigué; le moyeu est parfaitement attaché,
vaches (célestes) a prennent le lait de celui dont et doit durer sans connaître la vieillesse.
la tète est si noble; elles couvrent sa face, et il. Garnied’une jante immortelle, la roue
avec leur pied elles tirent leur breuvage. tourne; a l’extrémité du joug sont attelés dix
8. Au moment du sacrifice, la mère a d’abord, porteurs ". L’œil du soleil s’avance, couvert
(avertie) par la prière, accueilli le père. Celui-ci,
(conduit aussi par la prière), s’est uni a elle. Et la
rapporte ce passage au ciel et à la terre, et se trouve
mère, dans l’orilice qu’elle porte, reçoit le germe forcé de faire violence aux mots et même a la gram-
du fruit qu’elle désire 7. Cependant (les prètres) maire. Voy. page 51, col. 1, note 0.
1. C’est le libation qui nourrit et augmente le feu.
2. Voy. page 146. col. 2, note 3.
1. Le commentaire veut que ces trois moyeux repré- 3. Le feu, étant triple, est considéré comme naissant
sentent trois saisons. ou les trois temps. La roue, dit-il, trois fois, et comme devant ces naissances à des pa-
c’est l’année, ou plutôt le disque solaire. rents différents. Je n’ose dire jusqu’à. quel point le
2. Ces personnages, suivant le commentaire, sont commentateur est ici embarrassé, parlant des trois
Hymne (semestre), le Ritau (saison). le Mesa (mais), mondes et de leurs gardiens, des trois temps, etc. Je
le Pakchu (demi-mois), le Divan; (jour), la. flétri crois avoir été plus heureux que lui.
(nuit). et le Mouhoûrtta (heure). 4. Agni est le messager du sacrifice, et porte aux
3. Que sont ces sœurs? Le commentateur pense que dieux les offrandes et les prières.
ce sont les six saisons, auxquelles il faut ajouter. pour 5. Ce sont les jours et les nuits; 360, nombre rond
compléter le nombre sept, le treizième mois complé- répété deux fois.
mentaite. 6. l’enrichir: est l’ayant: du midi : ce mol est traduit
4. Ces sept vaches sont les sept minis ou espèces par aqueux.
d’ondes. 7. Cc sont les mois, le demi-mois, le jour, la nuit, et
5. Les sept espèces de métros sur lesquels se com- l’heure.

posent les hymnes. 8. Je suppose que ce sont douze patelins ou demi:


6. Ce sont les rayons ou les nuages. mais.
7. Ce père et cette mère. suivant moi. ce sont les 9. C’est-à-dire, élevé. C’est l’ayant; du nord,
deux pièces de Forum. Jusqu’à présent nous avons vu 10. Voy. page H7, col. l, notel. Les roueISontici ce que
qu’elles étaient appelées les dans: mères: ici, il m’a tout à l’heure il appelait pieds, ce que dans le vers sui-
semblé que la pensée de l’auteur était de supposer un vaut il va nommer rayons.
mariage entre ces deux pièces. dont. l’une (nullard), Il. Les rayons sont les six ritous ou saisons.
pour produire le feu, est introduite dans l’ouverture 12. Voy. page H7, col. 2, note 6.
que présente la seconde (alunirai). Le commentateur . t l3. Je suppose qua ce sont les dix points cardinaux.
148 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE [Loch HL]

de splendeur; en lui s’élèvent tous les mondes. (le fruit de cet arbre appelé) pippala, l’autre le
15. Du dieu sont nés six couples de Richis. trouve doux et le cueille.
Une septième naissance leur a donné, dit-on, un :21. Le seigneur t, maître de l’univers et rem-
frère unique 1. Chacun a sa place distincte, d’où pli de sagesse, est entré en moi. faible et igno-
il dépense ses biens; chacun a sa forme diffé- rant, dans ce lieu où les esprits t obtiennent,
remment brillante. avec la science, la jouissance paisible de ce fruit,
16. D’autres représentent comme de pieuses doux comme l’ambroisie.
femmes ceux auxquels je donne un caractère 22. On appelle donc pippata le doux fruit de
masculin. L’homme qui a des yeux peut voir ce cet arbre sur lequel viennent les esprits qui en
que ne comprendra pas l’aveugle. L’enfant qui aiment la bonté, et où les (dieux) produisent toutes
est sage et qui pense sait bien faire cette distinc- leurs merveilles. Ceci est un mystère pour celui
tion; il est (dans ce cas) le père de son père ’. qui ne connaît pas le père (du monde).
17. La vache (du sacrifice) se lève, soutenant 23. Que.les (poètes) observent et connaissent
son nourrisson de son pied, qui tour à tour va bien le sujet mystérieux et immortel qu’ils doi-
de bas en haut, ou de haut en bas 3. Agitée et vent traiter, soit dans leurs Gàyatrîs et leurs
remuante, tantôt elle sort en s’étendant d’une Trichtoubhs, soit dans leurs Djagatîs 5.
moitié, tantôt elle s’augmente et se gonfle inté- i212. Avec la Gdyatrï se compose l’Arca A ; avec
rieurement. l’Arca, le Stiman a; avec le Trichtoubh, le
18. Celui qui connaît le père (du monde), avec Va’ca 6; avec le Vcîca, l’(Anou) Vdca 7. Les sept
ses (rayons) inférieurs, sait aussi connaître tout mesures poétiques se composent de l’Akchara,
cet (univers) a l’aide des (rayons) supérieurs. qui forme deux ou quatre Pâdas 5.
Marchant sur les pas de nos poètes, qui peut ici 25. Avec la Djagatî, (le poète) a consolidé rectum
célébrer ce dieu ? D’où est née l’âme (du monde é)? céleste; avec le Rathantara 9, il a suivi le soleil
19. Il est (des êtres), dit-on, qui viennent vers dans sa révolution. La Gdyatrî a, dit-on, les trois
nous et s’en retournent. (des êtres) qui s’en re- foyers l°; delà vient qu’elle l’emporte en force
tournent et qui reviennent. 0 Indra, O Soma, les et en grandeur.
(mondes) éthérés portent vos œuvres comme (un
l. Le commentaire dit que ce seigneur est le djimitmâ,
char) son fardeau. ’ . * n ainsi identifié avec Agni, ou le père du monde.
20. Deux esprits jumeaux 5 et amis hantent le 2. Les esprits dans cet état sont appelés kclte’tradj-
même arbre °;; l’un d’eux s’abstient de goûter mih .- ils connaissent l’enveloppe corporelle.
3. Ces trois espèces de mètres, suivant le commen-
taire, étaient consacrées aux trois savanes, qui en
t. Ce frère unique est le treizième mois, on mais avaient pris leurs noms, et qui se trouvaient eux-
intercalaire. Les mois ainsi disposés par couples peu- mémes sous la dédicace de trois divinités particulières.
vent prendre le nom des six rirons. En effet, le distique 25 indiquerait que la Gayatrt est
2. L’enfant savant est en quelque sorte le père de réservée a Agni; le Trichtoubh, au Soleil; la Djagatî,
son père. Voy. dans les Lois de Mnnou, la même pensée au dieu de l’air.
exprimée à. l’occasion des Angiras, livre tu, si. 153. t. L’orca est un hymne, une pièce artchanasâdhanam.
3. Cette image représente la libation tombant sur le 5. Le lumen est un recueil d’hymnes chantés.
feu: le pied de la vache, c’est la flamme qui reçoit la 6. Le caca est une réunion d’hymnes appelés soûktac,
libation. et qui, par des mouvements alternatifs, éclate et qui me sembleraient avoir été parlés.
ou s’affaisse. Cette flamme pourrait encore être con- 7. J’ai imaginé qu’il devait y avoir deux espèces de
sidérée comme brûlant ici dans le sacrifice : c’est le tracas, pour que l’un puisse se composer de l’autre.
pied inférieur; et comme brûlant dans le soleil, c’est Voila pourquoi j’ai employé le nom d’anouvàca.
le pied supérieur. 8. Un akchara est une lettre ou une syllabe. Mais ici
4. Marma-tôkicam. ce mot me semble avoir un autre sens: il signifie vers,
5. Ces deux esprits (le texte dit coupantes, être ailés) lequel est composé de deux ou quatre padas, c’est-à-
n’en font qu’un (ékàtmyam) et sont l’esprit suprême dire fragments de vers. hémistiches. Le mot patio a
(paramâtmri) et l’esprit de vie (djivâtmd). C’est ainsi encore un autre sens (vers 23 et 45); il veut dire le sujet
que Plotin fait l’ame du monde sœur de l’âme humaine. chanté dans le vers. Il est un autre mot que je veux
Héracléon dit que l’âme pneumatique a son autre mottié aussi expliquer ici : c’est le mot vyoman (vers 3l, 35,
dans la région des intelligences supérieures, moitié avec 39). Il m’a. paru avoir quelque rapport avec le pronaos.
laquelle elle doit s’unir un jour. Il y a de l’Indien dans C’est le titre de l’hymne; c’est le personnage sous le
toutes ces doctrines. nom duquel on met cet hymne, en quelque sorte le pa-
6. Sous l’allégoric d’un arbre, les poètes font souvent tron qui le couvre.
allusion ou au monde, ou au corps humain. Voyez 9. Le commentateur et M. Wilson disent que c’est le
0upnc’kot, tome I, pag. 320. En iu’abstenant de toute roman. Je croirais assez que c’est une épithète du Trich-
réflexion, je ferai remarquer qu’il y a ici un reflet du toubh, plus rapide que la Djagatî.
commencement de la Genèse. Le pippala est l’arbre to. J’entends que la Gâyatrl est employée pour dé-
appelé Ficus retigiasa. peindre les vertus d’Agni et de ses trois feux. Je pré-
lLect. HL] BIC-VEUX. - SECTION DEUXIÈME. Ml.)

26. l’invoque donc cette vache féconde. Qu’elle féconde le Sein de celle qui est son épouse et sa
donne son lait à celui qui doit le recueillir t! fille 4.
Que Savitri obtienne la meilleure des libations ! 3L le te demande où est le commencement de
que notre feu brille d’un nouvelle force! que ma la terre, ou est le centre du monde; je le demande
prière retentisse l ce que c’est que la semence du çoursier fécond;
’27. L’épouse des foyers (d’Agni), au milieu des je te demande quel est le premier patron de la
prières, mugit après son nourrisson qu’elle re- parole (sainte).
cherche, et s’approche de lui ’. Que cette vache 35. Cette enceinte sacrée est le commencement
donne son lait pour les Aswins ; qu’elle croisse de la terre; ce sacrifice est le centre du monde.
pour notre plus grand bonheur! Ce soma est la semence du coursier fécond. Ce
28. La vache, en mugissant, vient vers son prêtre est le premier patron de la parole (sainte).
nourrisson. dont l’œil est a peine ouvert, et lui 3G. Déchirant le sein de leur mère. sept rejetons
lèche la tété a. Elle étend sur lui sa langue de Vichnou ’ se présentent, disposés à remplir
chaude; son mugissement se prolonge pendant le devoir qui leur est prescrit. Sages dans leurs
qu’elle lui prodigue son lait. pensées et dans leurs œuvres, ils nous entourent
29. Cependant le nourrisson fait aussi entendre. de tout côté.

sa voix; il se couche sur sa nourrice. qui mugit 37. le ne sais à quoi ressemble ce monde. le
toujours, étendue qu’elle est sur le pâturage. Et suis embarrassé, et vais comme enchaîné dans
c’est ainsi que, par ses œuvres, (la vache du sa- ma pensée. Quand le premier-né du sacrifice
crifice) parvient à former (le dieu) mortel : elle arrive vers moi, alors je prends ma part de la
se fait lumière, et lui donne un corps. parole sainte.
30. L’être actif reposait donc; il revient à la 38. Entralné par le désir des offrandes, de l’o-
vie, et s’établit au sein de nos demeures. Il était rient il passe au midi. L’(étrc) immortel est dans
mort; la vie lui est donnée par les libations. le berceau de l’(étre) mortel. Les deux (esprits)
L’(étre) immortel était dans le berceau de l’(étre) éternels vont et viennent partout : seulement les
mortel. (hommes) connaissent l’un sans connaître l’autre.
3l. J’ai vu le gardien (du monde), suivant ses 39. Ces stances portent en tête un titre qui an-
voies diverses, a son lever, dans sa station inac- nonce qu’elles sont consacrées aux V iswadévas.
cessible, et à son coucher. Tantôt s’unissant aux Celui qui ne connalt pas l’étrc (que je chante), ne
rayons lumineux, tath les quittant, il va et comprendra rien a mon hymne. Ceux qui le con-
revient dans les mondes intermédiaires. naissent ne sont pas étrangers à cette réunion.
32. L’homme agit, et, sans le savoir, n’agit que -’i0 0 (vache) 5 respectable, nourrie d’une herbe
par ce (maître); sans le voir, il ne voit que par grasse, sois heureuse, et rends-nous heureux!
lui. Enveloppe dans le sein de sa mère et sujet a Conte la douceur d’un bon pâturage, et, dans la
plusieurs naissances, il est au pouvoir du mal é. course, bois d’une onde pure.
33. Le Ciel est mon père, il m’a engendré. J’ai il. La vache. en mugissant, attire les ondes
pour famille tout cet entourage céleste. Ma mère, (de la libation); elle se montre sur un pied, sur
c’est la grande Terre. La partie la plus haute de deux, sur quatre, sur huit, sur neuf. Elle peut
sa surface ’, c’estsa matrice; c’est la que le père avoir telle forme, qu’elle offrira jusqu’à mille
mamelles t.

same que la destination de ces trois mètres n’est pas


d’une observation rigoureuse, car cette règle me paralt les deux surfaces se touchent. L’étoile polaire se nomme
subir plus d’une exception. outlânapada. C’est le point qui a été plus tard le som-
i. Il me semble que la. ouche est la libation qui doit met du mont Mérou, partie la plus élevée de la. terre, et
augmenter la force du feu, devenu son nourrisson, et partie centrale du ciel.
communiquer ensuite les rayons au soleil. l. Le mot douhilrt’ peut ne pas signifier fille : il
2. C’est-adire, la libation est jetés sur le feu qu’elle marque l’état de celle qui se nourrit de lait.
alimente, et frémit en y tombant. 2. Vichnou est un des noms du soleil, dont les rayons
3. Je pense que le lecteur s’explique bien toute cette se décomposent en sept parties.
allégorie, en la rapportanta la libation. Le commentaire 3. La vache dont il vu être question maintenant, c’est
pense que la vache, c’est le nuage; que son veau, c’est la parole sainte, que l’on a aussi divinisée sous le nom
la terre; que la tète de ce veau, ce sont les montagnes. de Summum", déesse de la. parole, régatent.
l. Le mal est appelé ici m’rrüi. l. Dans la supposition que cette vache est la parole,
5. Je suppose que l’auteur désigne le pôle du nord, et par conséquent la poésie sacrée. on se rend bien
outlànàyoh tchomwôh, dans l’endroit septentrional ou compte de la multiplicité de ses pieds; ses mamelles,
[hach in ]
l’ail INDE. - POÉSIE LYRIQUE.
42. Par elle coulent les ondes (célestes); par soixante écuyers *, qui sont en quelque sorte
elle vivent les quatre régions du ciel; par elle immobiles dans leur mobilité.
s’ouvrent (l’intarissables sources ;. par elle tout 49. 0 Saraswalî, tu viens de nous ouvrir ton
ce’13.monde existe. ’ sein fortuné qui renferme tant de choses pré-
Mais je viens d’apercevoir une épaisse fu- cieuses, qui contient tant de biens, de trésors, et
mée, sortant de la partie inférieure du foyer. On de présents magnifiques,
a répandu sur le feu le brillant soma. C’étaient 50. Que les Dévas (mortels) ajoutent sacrifices
la les premiers devoirs a remplir. sur sacrifices : tels sont leurs premiers devoirs.
il. Nos yeux distinguent trois (feux) à la belle Par ces œuvres généreuses ils obtiennent le ciel,
chevelure. L’un, dans l’astre qui roule au ciel, ou sont les anciens Dévas, les Sûdhyas *.
échauffe (la terre); l’autre préside aux sacrifices. 51. L’onde (céleste) descend égale à l’onde (de
Du troisième nous ne voyons que la voie, et non nos libations). Si les nuages réjouissent la terre,
la forme i. c’est que les feux (d’Agni) ont réjoui le ciel.
’15. Les enfants de prêtres ’, qui sont ins- .32. J’appelle à notre secours le divin et grand
truits, connaissent les quatre sujets qu’embrasse habitant de l’air, celui qui produit et les eaux et
la parole (sainte). Les hommes ne distinguent les plantes, l’illustre maître des ondes, qui dis-
pas trois (de ces sujets mystérieux) môles à ce pense la pluie au moment convenable.
monde ténébreux 5. lis donnent au quatrième
le nom de tourtya t. HYMNE Vlll.
’16. L’esprit divin qui circule au ciel, on l’ap-
pelle Indra, Mitra, Varouna, Agni. Les sages don- Aux tunonrs, PAR AGASTYA.
nent à l’être unique plus d’un nom z c’est Agni,
("être :Trichtoubh.)
Yama, Mâtsn’swan.
47. Mais les chevaux ailés ’ l’emportent sur l.Quel éclat ces Marouts qui parcourent, qui
le char noir (de la nuit) et les vapeurs qui cou- habitent ensemble (les espaces de l’air), répan-
vrent le ciel. ils sortent de la demeure d’Agni, et dent par tout (le monde) l Que veulent-ils? d’où
la terre est aussitôt arrosée d’un beurre (abon- viennent-ils, généreux et riches, chercher les
dant). offrandes ?
48. Qui dira ce que c’est que les douze rayons, 2. Quel est celui qui, par ses hommages,
la roue unique, les trois moyeux? Sur cette es- plait a ces (divinités)? qui, par son sacrifice,
pèce de char sont élevés àla fois trois cent attire les Marouts? Par quelle prière parvien-
drons-nous à retenir ces (dieux), qui, comme
ce sont les attireras, ou les vers qu’ils composent. (Le des éperviers, parcourent les airs ?
mot akehara signifie aussi onde : j’ai cru pouvoir mo- 3. (Les Marouts parlent.) a lndra, maître des
difier la traduction.) Le commentateur, adoptant une hommes pieux, d’où viens-tu, grand et unique ?
autre idée, et voulant que cette vache soit le nuage,
dépense beaucoup d’esprit pour expliquer les diverses Que veux-tu? Toi qui es notre compagnon, tu
épithètes qui ont rapport aux pieds que l’auteur donne peux nous répondre avec bonté. 0 dieu, traîné
à. sa vache. Ses efforts ont contribué à me faire persister
dans le sens que j’ai suivi. Ces ondes dont il est question par des coursiers azurés, dis-nous ce que tu nous
sont ou celles des libations qui accompagnent la prière
du sacrifice, ou les ondes du ciel que fait tomber la
prière.
1. Ce sont les trois feux dont nous avons parlé au
commencement de cet hymne z le feu solaire, le feu
du sacrifice. et le feu céleste, qui est aussi le feu vital.
2. Le mot bràhmana se trouve ici pour la. première
veux. n -
Il. (lndra parle.) a Les cérémonies, les prières,
les hymnes, les libations, les offrandes, tout est
à moi. Je porte la foudre. Des invocations, des
chants se sont fait entendre. Mes chevaux m’a-
fois. Il signifie fils de brahman ou de prêtre. Je ne mènent. Voilà ce que je veux ici. n
pense pas qu’alors il fût usité comme distinction de caste.
5. (Les Marouts parlent.) u Et nous, sur les
3. Le mot gaulai, employé ici, me represente cette
grande voûte formée par le ciel, et qui. sans les trois puissants coursiers que voici, plaçant nos corps
Agnis, ressemblerait à une caverne ténébreuse:
4. C’est-à-dire, quatrième. Ainsi s’appelle l’âme su-
1. Ce mot traduit sankou, que le commentateur expli-
prême non mêlée à la matière z le paramàlmà ou que par oupalchara. Je remarque que ce même mot
adhyàlmà, distingué du bhoûlàtmà qui est appelé aussi signifie l’aiguille du gnomon.
djivâtma et dehâtmà, noms de l’âme universelle unie 2. Les Sâdhyas sont, comme le dit le mot, des hommes
aux éléments matériels.
devenus parfaits, et formant, après leur mort, une classe
5. C’est-à-dirr, les rayons. de demi-dieux célestes.
(ceci. 1v.] lth-YÉIJ.t. - SECTION DEUXIÈME. 1.31
légers et brillants, nous joignons nos splendeurs 1.3. a (t ilarouts, cet éloge et cet hymne d’un
aux tiennes. Et tu veux, lndra t’appreprier notre respectable poële s’adressent a vous. ll a voulu
offrande ? n vous plaire. Venez avec l’abondance, en étendant
G. (lndra parle.) - Et comment cette offrande vos réseaux. Que nous connaissions la prospérité,
serait-elle pour vous, é Marouts, quand vous la force et l’heureuse vieillesse l 1.
reconnaissez ma supériorité en réclamant mon
secours pour la mort d’Ahi’? Je suis grand, fort
et redoutable, et de mes traits, funestes à tous
mes ennemis, j’ai tué Ahi. n
LECTURE QUATRIÈME.
7. (Les Marouts parlent.) - Tu as beaucoup fait,
(dieu) généreux, en venant nous seconder de la
HYMNE l.
force héroïque. Mais, é puissant lndra, nous q
pouvons aussi beaucoup, quand, nous autres AUX IAnOUTS. PAR AGASTYÀ.
Marouts, nous voulons prouver notre vaillance. n (L’être : Trichtoubh.)
8. (Indra parle.) a Marouts, j’ai tué Vritra,etje
t. Le généreux(.-tgni) a donné le signal; chan-
n’ai eu besoin que de ma colère et de ma force
tons l’hymne du matin en l’honneur d’une race
d’indra. c’est moi qui, la foudre à la main, ai
impétueuse. 0 puissants et rapides Marouts, que
ouvert un chemin à ces ondesqui font le bon-
la marche accroisse votre éclat; que l’élan du
heur de Manon 1. n ’
9. (Les Marouts parlent.) a 0 ilaghavan, nous
combat augmente vos forces!
n’attaquons pas ta gloire. Personne, 0 dieu, Acceptant la douce libation sans cesse re-
nouvolée, comme (un père adopte) un nouveau-
quand on connaît tes exploits, ne peut se croire
ton égal. Aucun être, présent ou passé, ne saurait
né, ils se livrent à leurs jeux au milieu des
te valoir. Tu es grand : fais ce que tu dois faire» sacrifices, terribles (pour leurs ennemis). Ces
enfants de [tondra viennent protéger celui qui
10. (lndra parle.) - Ma force est assez grande
pour que, seul, je puisse exécuter ce que je veux
les honore; et, forts de leur nature, ils se gar-
tenter. Je suis redoutable, ô Marouts; je sais dent de fouler aux pieds celui qui a pour eux
ce que j’ai à faire, moi lndra, maître de vous
des holocaustes.
3. A l’homme qui leur offre des sacrifices, ces
tous.
11. a 0 Marouts, l’éloge que vous avez fait de immortels auxiliaires donnent la richesse et le
bonheur. Ces fortunés Marouts, comme disposés
moi m’a flatté, et surtout votre attention à me
(dans les airs), répandent sur lui et la lumière
laisser votre part du sacrifice. lndra est généreux,
et le lait.
et fêté par de nombreux hommages. Soyez mes
«1. Votre course est libre et puissante, et votre
amis et développez vos corps (légers).
force sert d’appui aux mondes. Tout, dans la
12. a Ainsi brillant à mes côtés, prenez dans
nature, est frappé d’épouvante; les palais (mémés
les offrandes et dans les hymnes la part conforme
sont ébranlés). Votre char brille de la lueur de
à votre rang. 0 Marouts, vos couleurs sont mer-
vos armes étincelantes.
veilleuses. Resplendissons ensemble, et couvrez-
moi (de vos corpsjcomme vous l’avez fait jusqu’à
à. Quand, montés sur leurs chars éclatants,
ils font résonner les montagnes, ou bien qu’amis
présent. n
13. (Le poëte parle.) a Quel est celui qui vous des hommes, ils envahissent les airs, chacun
frémit sur leur route. Le feu, placé. sur le foyer
chante en ce moment, 0 Marouts? Soyez-nous
agréables, et venez vers des amis. D’un souffle
comme sur un char, délaisse les plantes (qui
l’alimentent).
propice favorisez nos vœux. Possesseurs de
G. Terribles Marouts, soyez bons et bienfaisants
biens variés, daignez visiter notre sacrifice.
pour nous, et comblez nos vœux. Dés que votre,
Il. a Si. la science d’un sage nous a, comme
trait lumineux et meurtrier pénètre quelque
un artiste habile, façonnés au culte pompeux
part, il tue les animaux comme une flèche bien
que nous vous rendons, ô Marouts, traitez avec lancée.
bonté l’homme qui, par ses prit-res et ses chants,
7. Chargés de présents et de biens, heureux
vous a honorés.
de nos louangés et de nos sacrifices, ils arrivent
1- Autrement, de l’homme. à la voix de l’hymne pour goûter la libation:
1.32 mon. -- POÉSIE LYRIQUE, [Loch un]

ils connaissent les antiques exploits du héros fois célébrés, des trésors de richesse et de fécon-
(lndra, et ils veulent l’imiter). dité : qu’ils viennent à nous pour notre bonheur!
8. Avec vos cent bras, protégez contre le mal 2. Que les Marouts accourent aussi vers nous
et contre la défaite cette nation que vous avez avec leurs plus belles formes, couvrant le ciel de
déjà défendue, o Maroulsl Terribles, forts et leurlarge et mouvante magie; et que leurs cour-
resplendissants, préservez sa gloire du blâme siers apportent les richesses qu’ils ont amassées
que pourraient lui infliger ses enfants. au bord de la mer.
9. 0 Marouts, tous les biens, tous les trésors 3. A ces nuages se mêle la lueur dorée de l’é-
désirables sont placés sur vos chars. Vos bras clair, pareille a un glaive acéré; avide de cette
infatigables sont chargés d’ornements. L’essieu substance qui engraisse (la terre), elle la pénètre
de vos chars ploie sur les roues. et s’unit à elle, comme la femme qui recherche
10. De riches présents reposent sur vos bras la société de son époux, comme la parole (sainte)
généreux; sur votre poitrine pendent de beaux qui se joint à la pompe du sacrillce.
colliers d’or, sur vos épaules des guirlandes. 4. Les brillants Marouts, par une espèce d’union
Comme l’oiseau ouvre ses ailes, le tranchant de conjugale avec la Nue, lui font porter l’onde dont
la foudre ouvre et répand le dépôt de vos ri- ils arrosent le (monde). (les dieux terribles ont

chesses. -
l’air de séparer le Iciel et la terre; mais ils sont
il. Grands et puissants par votre grandeur, leurs amis et augmentent leur beauté.
maîtres resplendissant au loin, tels que des astres 5. Ainsi animée dans leurs embrassements de
attachés au ciel, élevant le ton de votre voix, 0 leur souille vital, que la Nue fasse notre joie,
Marouts, vous étés heureux de mouiller vos pénétrée des généreux (Marouts)! Qu’elle aille, les
langues a nos libations; et, unis à Indra, vous cheveux épars, sur le char, comme la tille du so-
recevez partout nos louanges. leil sur celui de son père, et que son corps soit
12. Telle est votre grandeur, 0 généreux Ma- aussi resplendissant que le ciel lui-mémé!
routs! Que vos dons soient durables comme 6. Que ces jeunes (époux) fassent prendre place
l’œuvre d’Aditi! lndra peut bien faire descendre dans nos sacrifices a leur jeune (épouse), forte et
ses largesses sur la nation pieuse que vous empreinte de leur éclat; dans le moment même
favorisez. où l’hymne entonne, O Marouts, votre éloge ac-
l3. immortels Marouts, vous avez conservé compagné de libations et d’holocaustes.
l’antique alliance qui fut tant célébrée. Pour le 7. Je chante la grandeur réelle des Marouts;
bonheur de Manon, les prêtres, par leurs prières elle est vraiment digne de nos louanges, quand
et leurs œuvres, se sont jadis associés a vous *. la (Nue) féconde, ou d’elle-même ou forcément,
14. 0 Marouts, venez rapidement avec vos nous apporte ses germes précieux.
biens conlirmer pour longtemps nos espérances. 8. On ne peut accuser Mitra et Varouna de fai-
Et quand ces gens ont dans leur demeuré pré- blesse. Aryaman donne la mort aux impies. Si
paré des offrandes, que, par ces sacrifices, nous voyons aussi tomber ce qui était ferme et
j’obtienne ce qu’ils ont désire. inébranlable, 0 Marouts, c’est votre tourbillon qui
15. 0 Marouts, cet éloge et cet hymne d’un gressit.
respectable poète s’adressent à vous. Il a voulu 9. 0 Marouts, de loin ou de prés, votre force est
vous plaire. Venez avec l’abondance, en étendant pour nous infatigable. Gomme la mer, elle croît
vos réseaux. Que nous connaissions la prospé- et grandit, et remporte sur ses ennemis une vic-
rité, la force et l’heureuse vieillesse ! toire incontestée.
10. Puissions-nous aujourd’hui nous dire les
HYMNE Il. amis d’Indra! Puissions-nous demain , comme
nous l’avons fait jadis, l’appeler à notre secours!
A INDRA ET AUX IAROIJTS, PAR AGASTYA.
Que (ce dieu appelé) Riblw’ukchasl nous accorde
(Hêtre : Trichtoubb.) I chaque jour sa protection; qu’il soit avec ses ser-
1. 0 lndra, que traînent des coursiers azurés, viteurs!
tu as des trésors de force et d’abondance mille
Marouts et les Angiras agirent de concert, et marché
1. Allusion a la légende qui raconte que, dans la re- rent avec lndra. Voy. page u. col. l. note. 7.
cherche des vaches enlevées par les enfants de Bain, les 1. Voy. page m. col. 2, note 3.
(un. iv.] RIG-VÉDA. - SECTION DEUXIÈME. 153
il. 0 Marouts, cet éloge et cet hymne d’un res- de la foudre, (les Marouts) mêlent leur voix de
pectable poète s’adressent a vous. Il a voulu vous tempête. L’éclair sourit de les voir arroser la terre
plaire. Venez avec l’abondance, en étendant vos du beurre des (nuages).
réseaux. Que nous connaissions la prospérité, la 9. C’est Prisni i qui a enfanté pour le grand
force et l’heureuse vieillesse! combat l’armée brillante des rapides Marouts. Ils
engendrent la Nue, dont ils prennent la forme , et
HYMNE Il]. cherchent de tout côté l’offrande qu’ils désirent,
(et que leur doit la piété).
Aux IAROIJ’I’S, PAR nous".
10. O Marouts, cet éloge et cet hymne d’un
(une: : Djsgstî et Trichtoubh.) respectable poète s’adressent a vous. Il avoulu
vous plaire. Venez avec l’abondance, en étendant
l. Vous accourez d’une ardeur égale à tous les
vos réseaux. Que nous connaissions la prospérité,
sacrifices. Amis des Dévas, vous accueillez les
la force et l’heureuse vieillesse!
prières qu’ils vous adressent successivement.
Venez pour le bien de la terre et du ciel; par
HYMNE 1V.
des chants harmonieux je vous appelle a notre
secours. A mon, un AGASTYA.
2. Les Marouts naissent d’eux-mémés, et se
donnent une forme: impétueux et forts, ils pro- (mon : Trichtoubh.)
duisent (pour nous) l’abondance et la prospérité.
i. lndra, s’il est vrai que tu couvres (les hom-
lis se multiplient comme les flots des ondes (cé- mes) ici présents d’une protection aussi grande
lestes) ; et si elles sont des vaches fécondes, ils en
que tu es grand toi-même, (dieu) prudent, ac-
sont les taureaux. corde-nous, dans ta sagesse, les biens des Ma-
3. Tels que les libations aux rayons joyeux, et routs, (ces biens) que tu estimes.
si douces au cœur, tels que les rites (sacrés), ils
2. Qu’ils secondent ton œuvre universelle, 0
apparaissent (pour notre joie). Les bracelets ré-
lndra, (ces dieux) qui connaissent et poursuivent
sonnent comme en se jouant sur leurs membres, l’intérêt des mortels, cette terre riante des Ma-
et dans leurs mains brille le glaive. routs, qui nous livrent les dépouilles heureuses
4. Ces immortels, unissant leurs efforts, des- de leurs combats.
cendent rapidement du ciel. Leur fouet a retenti 3. lndra, tu aslaacé ton trait, et aussitôt les
de lui-même. Les Marouts ont fait briller leurs Marouts nous ont jeté l’onde. Cependant Agni,
armes, et, robustes combattants, ils ont ébranlé
brillant sur son foyer, embrasse les offrandes,
les plus forts obstacles. comme les eaux embrassent une lie.
5. 0 Marouts qui pour lance avez l’éclair, qui
li. lndra, donne-nous ces richesses; qu’elles
donc, au milieu (des airs), vous détache, de même
l soient un présent de ta puissante munificence.
que la langue sépare les deux mâchoires? Vous
(Dieu) rapide (comme le vent), jouis des louanges
arrivez du ciel comme pour nous apporter notre qu’on t’adresse et des offrandes (qu’on te pré-
nourriture, aussi fidèlement empressés que le sente), de même que l’estomac (se plait) au miel
cheval chargé chaque jour (de nos provisions). (qu’on lui donne).
6. Que devient, o Marouts, ce grand monde su-
5. En toi, lndra, (se trouvent) lesbiens les plus
périeur ? que (devient) cette terre où vous descen-
désirables, et dignes de plaire à l’homme pieux.
dez, qnand vous agitez tout comme des brins Qu’ils nous favorisent aussi, ces dieux Marouts
d’herbe, et qu’avec la foudre vous envahissez l’o-
qui semblent aimer le mouvement!
céan de lumière ?
6. Viens, Indra, et amène prés de ce foyer de
7. O Marouts, votre libéralité, qui s’épuise en
terre ces nobles héros qui nous envoient la pluie,
largesses, est pleine de force, d’éclat et de splen-
deur. C’est pour nous un fruit heureusement mûr.
surtout quand ces (grandes masses) aux larges
Bile met (nos maux) en poussière. Belle comme la l. Ce ’mot, qui signifie brillant, s’applique tantôt a
sainte donation, elle est sûre d’être partout victo- la Terre, tantôt au Ciel, quelquefois à Aditi. Le com-
rieuse; elle est féconde, et pleine de votre esprit mentaire dit ici : Prithivi nànâvarnà, terra multicolor.
Quoique les vents se jouent dans l’air, il semble qu’on
vital.
les a faits de préférence enfants de la. terre. Voyez
8. Les mers s’arrêtent étonnées, quand, au bruit page 53, col. l, note 5; page 66, col. i, note l.
l.- BIBLIOTHÈQUE lNTERNATlONALE. 11
15’: lNl)E. - POÉSIE LYlllQl’lâ. (nm. 1v.]
bases sont, en quelque sorte, leurs trophées ar- 2. Divins Marouts, accueillez cet hymne que le
rachés à l’ennemi sur le champ de bataille. I cœur a préparé et que notre respect vous adresse.
7. Il approche, on l’entend, le bruit de ces ter- Accourez; soyez touchés de notre hommage, et
ribles et rapides lllarouts, qui viennent par leurs accordezvnons le prix qu’il mérite. .
clameurs, au milieu du combat, ranimer un 3. Que les Marouts, loués par nous, nous pro-
mortel, comme on ranime un débiteur par la diguent leurs présents; que Maghavan, sensiblea
remise de sa dette. nos louanges, nous donne le bonheur. 0 Marouts,
8. Avec ta sagesse ordinaire, lndra, et pour le que tous les jours soient pour nous pleins d’hon-
bien de tous, frappe avec les Marouts ces vaches neur, de plaisir, de prospérité et d’envie!
(célestes) qui refusent de donner leur lait. 0 dieu, 4. 0 Marouts, je suis suppliant et tremblant dans
tu es célébré par les louanges des Dévas. Que la crainte que nous inspire le puissant Indra. Ces
nous connaissions la prospérité, la force et l’heu- holocaustes ont été préparés pour vous. Nous
reuse vieillesse! nous sommes hâtés de vous honorer; donnez-
nous le bonheur.
HYMNE Y. 5. Avec cette même force qui anime, au lever
des éternelles (Aurores), les vénérables vaches 4
A nous, un AGASTVA.
(du ciel), que (le dieu) bienfaisant et fort, que le
(lares : Vrihatî et Anouehtoub.)
terrible maître de la puissance, avec les terribles
t. Personne parmi nous ne connalt (aujour- Marouts, nous envoie l’abondance!
d’hui), personne ne connaîtra demain tout ce qu’il 6. O lndra, gouverne ces êtres puissants! sois
y a d’admirable (en ce. dieu). Cc que l’on peut avec les Marouts bon et clément! (Dieu) vain-
dire ou penser d’un autre, se trouve surpassé (par queur, sois libéral envers ceux qui ont largement
ses exploits). pourvu (à ton sacrifice)! Que nous connaissions
2. (Agastya parle.) a O lndra, pourquoi veux-tu la prospérité, la force et l’heureuse vieillesse!
nous détruire ? Les Marouts sont tes frères;
apaise-les par ta sagesse; ne nous rends pas vic- HYMNE Vil.
times de leur attaque. n
aux IAROUTS, PAR AGASTVA
3. (lndra parle.) a Agastya, mon frère l et mon
ami, de quoi nous accuses-tu 2 Nous connaissons (lure : Géystrl.)
tes intentions. Tu n’as pas l’envie de nous faire 1. Que votre arrivée nous apporte l’abondance
des offrandes. n et la force, ô Marouts bienfaisants, qui brillez
4. (Agastya reprend.) a Que l’on établisse promp- dans la nue!
tement la place de l’holocauste; que l’on allume 2.0 bienfaisants Marouts, vous prenez votre
le feu. (Maître et maîtresse de maison), préparez arme étincelante; et aussitôt vous nous envoyez
le sacrifice qui fait couler l’ambroisie. l’eau du nuage.
5. a Maure des Vasous, tu commandes aux Va- 3. (Dieux bienfaisants, anéantissez les gens de
sous; maltre des Mitras, tu soutiens les Mitras. Trinascanda ’, et ranimez-nous à la vie !
lndra, entends-toi avec les Marouts, et viens, sui-
vant l’usage, goûter nos holocaustes. n HYMNE Vlll.

HYMNE Vl. A INDRA, PAR AGASTYA.


(lulu! : Trichtoubh.)
Aux IAROL’TS. un mon".
l. Que l’hymne soit chanté en l’honneur du
(mon .- Trichtoubh.)
voyageur céleste. Honorons cette (forme visible
l. Je viens vers vous avec une invocation. du dieu), qui grandit et apporte le bonheur. Les
(Dieux) rapides, mon hymne sollicite votre bien- vaches (lumineuses) et immortelles, qui siègent
veillance; qu’une (offrande) agréable, qu’une sur le gazon sacré, viennent de couvrir la de-
(louange) flatteuse apaise votre colère, ô Marouts! meure éthérée.
Donnez l’essor a vos coursiers.
1. C’est-à-dire, les rayons.
1. Anastyu est frère d’lndra par l’amitié que le dieu 2. C’est ou le nom d’un homme, ou plutôt une épi-
lui porte. thêta du nuage, dont les eaux coulent sur le gazon.
(un. 1v.] lllG-VËDA. -- SECTION DEUXIÈME. 155
2. Entouré d’abondantes libations, accompa- pour le chanter. Ayons pour ami lndra, dont la
gnant ses dons d’invocations (pieuses), empressé main porte la foudre. Fiers de cette amitié, (les
dans son œuvre comme le cerf altéré, le mortel hommes), ici, au milieu des sacrifices, t’honorent
entonne l’hymne, et présente l’holocauste, heu- comme un prince dont on aime l’empire.
reux de joindre a sa prière deux espèces d’of- il. Quelle que soit son imperfection, notre sa-
frandes 4. crifice doit toucher lndra, notre prière doit arri-
3. Le sacrificateur est arrivé dans l’enceinte ver jusqu’à lui. Qu’elle soit (pour ce dieu) ce
(sacrée), faisant le tour des offrandes préparées. qu’est pour un homme altéré le voisinage d’un
il vient avec les libations ’, et le vase de terre qui lac, ce qu’est pour le pèlerin le terme de son long
contient le germe du feu. Cependant le cheval qui voyage.
porte les (offrandes) a henni ’. La voix de la 12. Nous n’avons garde, Opuissant Indra, d’ou-
vache s (du sacrifice) s’est élevée, comme un blier ici, dans les sacrifices que nous t’offrons, les
messager, entre le ciel et la terre. dieux (Marouts, qui te secondent) dans les com-
4. Pleins de respect pour les dieux, les (mor- bats. La voix (de la prière) célèbre ces Marouts
tels) ont fait ces brillants et nombreux préparatifs unis au grand (dieu) qui nous prodigue ses biens,
en l’honneur d’lndra. Que ce (dieu) aux rayons et qui reçoit nos holocaustes.
resplendissants, à la marche rapide, au char ma- l3. O lndra, c’est pour toi que nous avons
gnifique, tel que les Aswins, daigne nous favo- compose cet hymne. Dieu porté sur des coursiers
riser! azurés, que notre piété t’engage à nous visiter!
5. Célèbre donc par tes louanges cet lndra, Prends en main nos intérêts. Que nous connais-
plein de grandeur, cet héroïque Maghavan, qui. sions la prospérité, la force et l’heureuse vieil-
porté sur son char. attaque et combat avec cou-
rage, et, vainqueur généreux. triomphe des te-
nébres et de l’obscurité!
6. Quand, avec grandeur, il apparaît ainsi aux
lesse! y , l HYMNE lX.t

yeux des hommes, le ciel et la terre paraissent lui


servir de ceinture. (Le dieu), charmé de nos of-
A mon, un "un".
frandes, pénètre comme dans un vaste palais, où (luire : Trichtoubh.)
le Ciel semble le suivre et l’accompagner.
1..Roi des dieux, Indra, protège les hommes!
7. Vois, lndra, ces hommes saisis du même
(Dieu) qui donnes la vie t, conservenous. Maître
transport que le père de famille, t’entourant de
leurs hommages et t’honorant par leurs offrandes,
des hommes pieux, et magnifique en présents,
tu nous sauves. Tu es juste,-puissant et protec-
toi, héroïque combattant, soutien des bons et
teur.
guide merveilleux.
8. Quand ils aimentà s’enivrer (pieusement) de 2. Tu as vaincu ces tribus bruyantes et belli-
ces ondes divines que renferme le vase des liba- queuses, dont les sept’ villes élevées en au-
tions, c’est qu’ils pensent que ces boissons font tomne ont été heureusement détruites par toi, o
ta joie. Toutes les voix de la prière s’accordent lndra! (Dieu) irréprochable, tu as frappé les ondes
pour te louer. Tu daignes dans ta (bienveillante) mouvantes. En faveur du jeune Pouroucoutsa 3
pensée, embrasser les mortels qui t’offrent ces tu as donné la mort a Vritra.
présents. 3. (O Dieu) si souvent invoqué, viens au ciel,
9. Puissions-nous gagner l’amitié d’indra, et entouré de ces Nues que la victoire a rendues tes
mériter sa protection par les louanges de nos épouses. Tel qu’un lion, protège dans son foyer
poètes! Puisse lndra, honoré par nous, s’empres- l’impétueux Agni, dévorant (l’holocauste) et ac-
ser d’accueillir nos chants et nos sacrifices? complissant les œuvres (saintes).
10. Qu’une rivalité s’établisse entre nos poëtes 4. Pour ta gloire et au bruit de ta foudre puis-
sante, O lndra, que ces (ennemis) périssent dans
t. L’offrande composée de mets, et l’offrande formée
de boissons. 1. Traduction du mot amura.
2. Je crois que le mot sarad s’emploie pour signifier 2. Ce nombre sept correspond sans doute au nombre
libation. des torrents qu’ailleurs on voit s’ouvrir sous les coups
3. C’est-à-dire, le feu du sacrifice résonne. de la foudre d’indra.
Æ. Cette vache, c’est la prière. 3. Voyez pour cette légende, page et, col. 2, note 1.
156 mon. - roÉsrn LYRIQUE. [mon lV.]
le sein même qui les a conçus *! Que (le dieu) dompter tous nos ennemis. Que nous connaissions
précipite les ondes, après s’être soumis par le la prospérité, la force et l’heureuse vieillesse!
combat les vaches (célestes); et que, porté sur
ses coursiers azurés, il fasse sur nous pleuvoir
HYMNE X.
l’abondance t ’
5. Si Coutsa ’ est ton favori, conduis vers lui A INDE-A, PAR AGASTYA.
tes coursiers fortunés, qui ont la vitesse du vent.
(leur: : Anouchtoubh et Trichtoubh.
Que dans le combat il prenne une roue du soleil,
et que son bras armé de la foudre triomphe de t. Enivre-toi, (héros) porté sur des coursiers
ses ennemis. azurés! Pour toi a été versée cette boisson en-
6. Indra, tu donnes la mort aux adversaires de chanteresse, digne d’étre bue par un (dieu) tel
tes amis. Exalté par nos hymnes, (0 dieu) traîné que toi. Pour toi, mattre de l’abondance, cette
par des coursiers azurés, (tu frappes) les impies. abondante liqueur qu’accompagnent des biens
Ceux qui pensent (au pouvoir) d’Aryaman 5 re- et des présents infinis l
çoivent de toi la vie, et l’avantage d’une heu- 2. Indra, reçois de nous cette boisson enchan-
reuse lignée. teresse, abondante, généreuse, puissante , riche
7. Le poète, o lndra, a chanté pour célébrer en trésors, victorieuse, immortelle.
3. Héros et bienfaiteur, favorise le vœu d’un
tes louanges, et tu as fait de la terre un lit pour
le lâche (Asoura). Maghavan a rempli de ses dons mortel. Dans ta puissance brûle l’impie Dasyou,
les trois (mondes); en faveur de Douryona, il a, comme le feu brûle le vase quile contient.
dans le combat, frappé Couyavàtch t. 4. Seigneur rempli de sagesse, lance avec force
8. Ces offrandes sont pour toi, Indra : ces li- la roue du Soleil; et sur les chevaux du Vent
amène Coutsa pour donner la mort à Souchna.
bations nouvelles sont pour entretenir ta force
5. Ces boissons qu’on te présente sont forti-
et ta puissance 5. En brisant en morceaux les
.villes (célestes) des impies, tu as détruit l’arme fiantes; toutes ces offrandes sont magnifiques.
(Dieu) libéral en chevaux, jouis de nos présents;
du méchant.
qu’ils t’encouragent àtuer Vritra, et nous attirent
9. (Dieu) plein de mouvement, tu as donné le
tes faveurs.
mouvement aux ondes, et elles ont coulé comme
6. Indra, tu as fait le bonheur de tes chantres
des torrents. Héros (divin), fais passer heureuse-
anciens; tu as été pour eux ce que l’eau est pour
ment à Tourvasa et a Yadou fi cette mer que tu l’homme altéré. Je t’offre cette prière. Que nous
as remplie. connaissions la prospérité, la force et l’heureuse
10. Pasteur des hommes, sois toujours bon et vieillesse!
indulgent pour nous. Donne-nous le pouvoir de
il L’air a vu naltre et a porté ces nuages, considérés
HYMNE Xi.
comme ennemis d’Indra, et personnifiés sons le nom
des Asouras ; que ces nuages périssent dans l’air ou ils A INDRA, PAR AGASTYA.
sont nés.
2. Personnage dont il a été souvent question. Voyez (Mètre: :Anouchtoubh et Trichtoubh.)
page 62, col. 2, note 2; page 106, col. 1, note 3.
Coutsa était ami d’lndra, qui le prit sur son char 1. Généreuse boisson, enivre Indra, pour que
dans sa guerre contre Souchna. Des deux roues du notre vœu se trouve exaucé : pénètre-le. Tu
soleil, lndra en prit une pour lui, et donna l’autre à
Coutsa. il est a croire que, dans cette légende, il faut arrives, menaçante pour l’ennemi qui a disparu
voir un conte sur la fondre d’indra. devant toi.
3. Nous avons vu qu’Aryaman est un des noms du 2. Comble de louanges cet (Indra), qui est in-
soleil, considéré comme destructeur.
A. Donryona est, dit»on, le nom d’un prince. et Couya- comparable parmi les sages. Tel que le (labou-
vétch celui d’un Asoura. reur) tirant l’orge (de ses sillons), il amène à sa
5. 0n trouve dans ce passage deux mols : nubiles et suite l’abondance.
saluas, qui sont les noms de deux mois de l’ancienne
année indienne, assez éloignés l’un de l’autre. Je n’ai 3. Tout est dans ses mains; il est le trésor des
pu supposer qu’il fallût reconnaitre ici ces deux mais. cinq espèces d’êtres 4. Arrête notre ennemi; sois
J’ai vu dans caltas, la force; et dans aubina, la puis- comme la foudre qui frappe les choses célestes.
sance de nuire.
6. Voy., pour Tourvasa et Yadou, page 65, col. i ,
note 2; et page 107, col. 1, note 3. l. Voy. page 45. col. i, note l.
(un. tv.) nie-vans. - SECTION DEUXIÈME. l57
4. Détruis l’homme qui s’abstient de faire des trompe pas les vœux des (serviteurs) qui t’exal-
libations, de même que le méchant (Asoura) qui tent. Que j’obtienne de toi tout ce que peut sou-
ose l’attaquer ! Donne-nous le bien de cet (Assure) : haiter un homme!
tel est l’espoir du père de famille. 2. Certainement le royal lndra ne saurait laisser
5. Compagne des hymnes chantés en l’honneur inutiles ces sacrifices qu’avec tant de dévouement
de cet lndra qui habite et le ciel et l’air, (heu- vous lui offrez sur ce f0yer. Des libations forti-
reuse) boisson, sauve dans les combats celui qui fiantes ont coulé pour lui. lndra viendra, fidèle à
présente ces offrandes! notre amitié, et (avec lui) ses compagnons ailés.
6. Indra, tu as fait le bonheur de tes chantres 3. Qu’lndra accompagné des Marouts, que ce
anciens; tu as été pour eux ce que l’eau est pour héros vainqueur dans les combats écoute l’invo-
l’homme altéré. Je t’offre cette prière. Que nous cation du poète qui le supplie. Qu’il pousse son
connaissions la prospérité, la force et l’heureuse char près de son serviteur; qu’il vienne avec
vieillesse! empressement recueillir ses prières.
li. Qu’ainsi, goûtant avec les Marouts de nos
HYINE XI]. offrandes qu’il aime et qu’il désire, Indra triomphe
de nos ennemis. Dans un pieux accord unissant
IYDRA, PAR AGASTYA.
toutes les voix, l’hymne du sacrificateur, au sein
(Hêtre : Trichtoubh. de cette assemblée, vous recommande ces of-
l. (Qu’il vienne) cet lndra partout ad "é, cet fraudes.
ami des hommes, ce bienfaiteur des nations, ce 5. 0 magnifique Indra, puissions-nous, aidés
roi du peuple. Charme de nos louanges et de nos de toi, vaincre de superbes ennemis! Tu es notre
offrandes, viens avec puissance auprès de moi; sauveur; augmente notre fortune. Que nous con-
attelle tes généreux coursiers. naissions la prospérité, la gloire et l’heureuse
2. Monte donc, lndra, sur ces coursiers atta-
chés au sacrifice, nobles (coursiers) qui répandent
la richesse, et traînent un char chargé de trésors.
Viens vers nous avec eux. Nous t’invoquons, ln-
vieillesse! t HYINE XIV.
LOPAIOUDRA ET AGASTÏA, PAR AGASTYA.
dra, en faisant des libations de rama.
(Mètres : Trichtoubh et Vrihatt.)
3. Monte sur ton char, source pour nous de
prospérité : un abondant soma est verse en ton l. (Lopamoudra f parle.) a Les soins qu’exigent
honneur, de douces offrandes sont présentées. les libations * m’ont longtemps occupée; les
Bienfaiteur de la terre, attelle tes généreux cour- nuits, les aurores se sont succédé pour moi dans
siers, et viens rapidement auprès de moi. la fatigue. Le travail mine la beauté. Qu’en ce
4. Vois, Indra, ce sacrifice préparé pour les moment les maris se réunissent à leurs époùses.
dieux, cette réunion, ces chants, ce soma. 0 Sa- 2. a Les anciens, accomplissantles rites sacrés,
cra, viens t’asseoir sur ce gazon qui jonche la conversaient avec les dieux. Leur vigueur se con-
terre, et bois (de nos liqueurs). Amène ici tes sumait, mais elle ne s’éteignait pas. Qu’en ce mo-
chevaux azurés.
ment les épouses se réunissent a leurs maris. n
5. Content de nos louanges, accours ici, o In- 3. (Agastya parle.) - Mes fatigues ne sont pas
dra! (écoute) les chants de notre respectable vaines; et, si les dieux me gardent, nous pouvons
poète. Pour prix de nos hymnes, puissions-nous
obtenir secours et sécurité! Que nous connais-
1. Lopémoudra est l’épouse d’Agastya. Cet hymne est
sions la prospérité, la force et l’heureuse vieil-
une invitation faite A Agastya par Lepamoudrd pour le
lesse! sacrifice. il me semble renfermer certaines allusions
hardies que repousse la pudeur française: c’est un dia-
logue allégorique entre la prière et la libation. Le mot
HYMNE Xlll. urichan, que je traduis par mari, représente le breu-
vage sacre’; et son épouse, c’est la prière, à laquelle il
A INDRA, PAR AGASTYA. doit s’associer. Au moment des sacrifices, les femmes
étaient chargées de préparer les libations, et d’aller sur
(Hêtre : Trichtoubh.) la montagne rechercher la plante qui servait à faire le
soma. Voilapourquoi Lopdmoudni débute par se plain-
1. O Indra, si cet hymne arrive jusqu’à toi, dre de sa fatigue.
accorde ton secours a ceux qui te chantent. Ne 2. Suradah, rendu encore ici par libation.
158 INDE. - POÉSIE LYRIQUE.
thlVJ
promptement surmonter nos ennemis. Oui, nous doux que le miel, aussi froid que l’eau. Nobles
pouvons vaincre même des centaines d’adver- Aswins, c’est pour vous ces offrandes de toute
saires, si nous savons bien réunir ensemble les espèce, et ces douces libations qui semblent aller
épouses et leurs maris. vers vous avec la rapidité d’un char.
4. a Cependant, que le désir exprimé parla 5. (Dieux) secourables, je vous adresse cet
voix d’une amie ne naisse pas ainsi téméraire- hymne, et vous invite à recevoir mes présents,
ment. Lopàmoudrà est imprudente, et elle engage comme le faisait le malheureux fils de Tougra 4.
vivementun mari prudent. Il est essoufflé, et elle (Dieux) adorables, par le fait de votre grandeur
l’épuise. le vieillard faible (est délivré) du mal; il em-
5. c Buvez promptementde ce soma; buvez-en brasse, avec vous, la terre et les eaux.
de tout votre cœur, je vous en prie. Si ce soma 6. (Dieux) bienfaisants, quand vous attelez vos
est arrivé, c’est à nous que vous le devez. coursiers, vous accordez l’abondance à notre
Qu’ainsi vous plaise un mortel dont les désirs sont prière. Tel qu’un souffle agréable, que le père de
pressants! n famille pénètre jusqu’à vous; qu’il soit a vos
6. (Le poète parle.) a Agastya, qui demandait yeux comme le (serviteur) soumis qui reçoit d’un
de la fortune, de la famille, de la puissance, fut grand le prix de sa fidélité.
comme le laboureur qui cultive son champ avec 7. Pieux Aswins, il est arrivé quelquefois à vos
soin. Le terrible Richi pratiqua l’une et l’autre chantres de conclure des marchés; le traité fut
méthode t, et parmi les Dévas il obtint d’heu- toujours honorablement tenu. (Dieux) justes et
reuses bénédictions. u généreux, vous avez bu nos libations : des dieux
sont équitables.
HYMNE KV. 8. 0 Aswins, chaque jour vous recevez nos
libations accompagnées de diverses prières. C’est
Aux Aswms. un AGASTYA. Agastya, célèbre parmi les directeurs des hommes,
(Hêtre : Trichtoubh ) qui est ici comme un collecteur de l’impôt, et
qui vous engage vivement a payer le vôtre.
l. Vos chevaux parcourent les mondes; votre 9. Quand avec grandeur vous poussez votre
char se promène à travers les airs. Vos roues char, vous apparaissez a nos yeux tels que le
sont surchargées (de biens); et lorsque vous venez sacrificateur (divin) institué par Manon. Accordez
boire le soma, vous vous unissez aux Aurores. à ceux qui vous honorent une belle race de che-
2. Quand vous arrivez pour remplir votre vaux. (Dieux) véridiques, que la richesse nous
cilice utile aux humains, (office) respectable où accompagne!
votre coursier rapide suit deux cariéres différen- 10. O Aswins, nous demandons aujourd’hui
tes; quand votre (sœur) ’ se présente a la prière par nos hymnes qu’il vienne vers nous, votre
de tous, (le sacrificateur) vous invoque, vous qui char toujours rempli de biens nouveaux, (ce
aimez la douceur (des libations), et il vous ap« char) dont la roue est infatigable, et qui fait le
pelle à partager ses offrandes. tour du ciel. Que nous connaissions la prospérité,
3. Vous avez à une vache stérile rendu le lait, la force et l’heureuse vieillesse!
tel qu’elle le donnait auparavant a, tandis que,
retire au sein de son bûcher, comme le voleur
(au sein d’une caverne), le pur (Agni) recevait les HYMNE le.
holocaustes offerts en votre honneur, (dieux) aux AUX ASWINS,PAR AGASTYL
belles formes.
(Mètre : Trichtoubh.)
Il. En faveur d’Atri’ vous avez fait le feu aussi
1. (Dieux) amis, (dieux) avides de nos sacri-
1. C’est-à-dire. il fit des prières et des libations. Le fices, nous avons donné nos libations. Quand
commentaire entend qu’il se livra à l’amour et à la
pénitence. nous donnerez-vous l’abondance et la richesse?
2. L’aurore. (les offrandes sont pour vous. Méritez nos louan-
3. Nous savons ce que signifie ce miracle, qui con-
siste a rendre le lait a la vache. Voy. l’histoire des
Ribhous, page 51. col. 1, note 1. t. Voy. page 109, col. 2. noies; page H3. col. 2.
4. Voy. page 73, col. t, nole 2; page tu, col. 1, note 4; et page ne, col. l, note 2.11 s’appelait
noie é. Bhoudjyou.
[Loch 1v.] nie-vans. -- SECTION DEUXIÈME. L59

ges, maîtres de l’opulence et gardiens des nations. sages, livrez-vous à la joie. (Dieux) qui vous
2. Qu’ils viennent vos coursiers purs et divins, plaisez à nos prières, purs et vénérables, enfants
nourriciers (des hommes), légers, élancés, rapides du ciel,qui avez été le trésor de Vispalà l, venez
comme le vent, prompts comme la pensée. Rem- au secours de (l’homme) pieux.
plis d’éclat, qu’ils vous amènent ici, o Aswins! 2. Aussi grands qu’lndra, aussi prompts que
3. (Dieux) superbes et doués d’un cœur gène. les Marouts, magnifiques auxiliaires, impétueux
reux, qu’il arrive pour notre bonheur, votre char écuyers, habiles à presser les coursiers, vous
aussi large que la terre, (ce char) au vaste siège, menez un char rempli de biens délicieux. Venez
rapide, empressé, adorable! avec lui, o Aswins, près de votre serviteur.
4. Vous avez deux fils, nés à deux époques 3. Que faites-vous, (dieux) secourables? Que
différentes, et qui, avec des vertus particulières, pouvez-vous attendre? le vois la fortune de celui
ont des corps purs et irréprochables. L’un, du qui s’abstient de l’holocauste. Enlevez a cet avare
haut du ciel, où il règne en vainqueur, est l’au- sa puissance et sa vie : faites la gloire du sage
teur de tout don précieux; l’autre y déploie sa qui célèbre vos louanges.
douce et agréable forme i. 4. Détruisez ces chiens qui aboient; tuez nos
5. Que nos hymnes comblent nos vœux; que ennemis. 0 Aswins, voilà vos exploits! Rendez les
votre char azuré vienne vers nos demeures! 0 chants de votre poète féconds pour nous en biens.
brillants Aswins, que le mouvement de l’un (de (Dieux) véridiques, ayez égard a mes hymnes.
vos fils), encouragé par nos offrandes et nos 5. C’est vous qui, au milieu des mers, avez
chants, développe les splendeurs des mondes fait unjour en faveur du fils de Tougra ’ un vais-
(intermédiaires) ! seau animé, ailé, sur lequel, (dieux) à la marche
6. Votre char, chargé de douces libations, va fortunée, vous l’avez, écoutant sa prière, élevé
répandant avec largesse une heureuse abondance. dans l’air et tiré des vastes ondes.
Que la marche de l’autre (de vos fils) fasse gros- 6. Le fils de Tougra était tombé dans les eaux,
sir l’onde des rivières; que nos offrandes donnent englouti au sein d’une immense obscurité. Quatre
l’essor à ces sources célestes! vaisseaux dépêchés par les Aswins, et descendant
7. Sages et constants Aswins, que trois fois au fond des mers, ont ramené (le malheureux)
l’hymne vienne confirmer votre gloire! Pour prix sur le rivage.
de ses louanges, soutenez celui qui vous prie, 7. Au sein de la mer s’éleva un arbre qu’em-
dans la bonne comme dans la mauvaise voie. brassa le fils de Tougra suppliant. Tel que la
Écoutez mon invocation. feuille qui s’envole de dessous les pas précipités
8. L’éloge que nous faisons de votre forme du lion, tel vous l’avez, o Aswins, soulevé pour
brillante sur ce gazon trois fois amassé, contribue
au bonheur de vos serviteurs. (Dieux) remplis de
bonté, que votre libéralité, qui ne demande qu’a
votre gloire. ,
8. Dieux véridiques, qu’il arrivejusqu’à vous,
cet hymne que chantent en votre honneur (des
verser ses faveurs sur les enfants de Manon, soit serviteurs dévoués). En récompense des sacrifices
pour nous telle qu’une vache au lait abondant! et des libations que nous vous offrons aujour-
9. (Le père de famille), l’holocauste a la main, d’hui, que nous connaissions la prospérité, la
semble vous orner de ses dons, et vous célèbre. force et l’heureuse vieillesse!
comme le matin la Prière (célèbre) Agni. Je vous
chante et vous invoque, en prodiguant les offran- HYMNE Xt’tll.
des. Que nous connaissions la prospérité, la orce
et l’heureuse vieillesse! aux ASWINS, un AGASTYA.

("être : ’rrichtoubh.)
HYMNE XVll.
Aux Aswus, un AGAS’I’YA. l. Généreux (Aswins), (touchés de) nos prières,
(Mètres .- Diagatt et Trichtoubh.) attelez ce char rapide qui a trois sièges et trois
l. C’est bien! redoublez de zèle et de soin. suivent, il est question d’abord du soleil. qui éclaire le
Voici le char tout rempli de richesses l... Hommes monde; ensuite de la lune. qui semble avoir une in-
fluence sur l’élément humide.
l. Voy. page 109, col. 9, note il.
l. Le soleil et la lune. Dans les deux distiques qui 2. Voy. page 158, col. 2, note l.
160 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch v.]

roues, (ce char) formé de trois métaux i, sur le- 2. (Dieux) pleins de libéralité, prenez plaisir a
quel, comme l’oiseau sur ses ailes, vous arrivez nos offrandes. Exterminez ceux qui marchandent
à la demeure de (l’homme) pieux. vos faveurs, et enivrez-vous des flots (de notre
2. Pendant que votre char aux belles roues se soma). Prêtez a nos prières et a nos vœux une
dirige vers le lieu (du sacrifice), pendant que oreille attentive, héros capables de les exaucer.
vous vous arrêtez pour (recevoir) notre offrande, 3. O Pouchan, pour obtenir les trésors de la
a vous qui connaissez les moments favorables, tille du Soleil i, que les coursiers des (Aswins)
que notre hymne. dieux magnifiques, célèbre les transportent aussi rapides que la flèche!
votre beautél Vous accompagnez l’Aurore, fille (Dieux), les prouesses qui vous ont distingués au
du Ciel. sein des ondes (célestes), sont justement célé-
3. Montez donc sur ce char aux belles roues, brées. Votre age est aussi ancien que celui de
qui, rempli d’holocaustes, aime à visiter le sacri- l’infatigable Varouna.
fice,et sur lequel vous venez, 0 dieux véridiques. 4. Que vos présents soient pour nous agréables
avides de nos offrandes, dans la demeure où comme le miel. (Dieux) adorables et bienfaisants,
nous vous honorons, mon fils et moi. exaucez la prière du poële. Vos serviteurs, pour
li. Ne soyez pas exposés aux injures triomphan- obtenir. l’abondance et une heureuse lignée, vous
tes de l’impie et de sa compagne. Ne nous livrez présentent ces joyeuses libations.
pas à l’abandon et à la ruine. C’est pour vous, (o 5. Magnifiques Aswins, c’est pour vous que cet
dieux) secourables, cette part dans nos offrandes, hymne a été composé, pour vous ces prières et
cet hymne, ces trésors de libations. ces invocations. Venez dans notre demeure; pro-
5. Secourables (Aswins), Gotama, Pouroumilha, tégez-nous, mes enfants et moi; (dieux) véridi-
Atri a, l’holocauste à la main, implorent votre ques, goûtez les plaisirs que vous offre Agastya!
protection. Comme le voyageur qui suit avec 6. Puissions-nous traverser cette mer de ténè-
exactitude la route indiquée, (dieux) véridiques, bres! Que cet hymne, o Aswins, soit accueilli de
venez à mon invocation. vous! Arrivez ici par les voies que suivent les
6. Puissions-nous traverser cette mer de ténè- dieux. Que nous connaissions la prospérité, la
bres! Que cet hymne, O Aswins, soit accueilli de force et l’heureuse vieillesse!
vous! Arrivez ici par les voies que suivent les
dieux. Que nous connaissions la prospérité, la HYINE Il.
force et l’heureuse vieillesse! -
AU CIEL ET A LA TERRE. PAR AGASTYA.
(Mètre : Trichtoubh.)

LECTURE CINQUIÈME. i. De ces deux (divinités), quelle est la plus


ancienne? Quelle est la moins âgée? Comment
sont-elles nées ? 0 poètes, qui le sait? Elles sont
HYMNE l. faites pour porter le monde, tandis que le Jour
aux ASWINS, un AGASTYA. et la Nuit roulent comme deux roues.
(une .- Trichtoubh.) 2. Toutes deux, tranquilles et sans mouve-
ment, contiennent des êtres doués de mouvement
1. Nous voulons, au lever de l’aurore,vous in- et de vie. Tels que des parents (gardent) sans
voquer aujourd’hui, vous (invoquer) demain. cesse à leurs côtés un enfant (chéri), o Ciel et
Voici (Agni) qui vous porte la prière du père de Terre, gardez-nous contre le mal!
famille; o (dieux) véridiques, partout présents, 3. Je demande que vous me fassiez jouir d’A-
fils du Ciel, (favorisez un serviteur) plus dévoué diti ’. Que cette faveur adorable soit exempte de
que Soudas x! toute crainte; qu’elle soit constante, inaltérable
et à jamais fortunée! Ciel et Terre, accordez cette
1. Le commentaire. qui donne ce sens, dit que ces (grâce) àvotre chantre. 0 Ciel et Terre, gardez-
métaux sont l’or, l’argent, et le cuivre. Je donnerais au
mot tridha’lou un tout autre sens; j’y verrais plutôt nous contre le mali
une allusion aux trois stations du soleil.
a. Nom de Richis. on saints personnages présents. 1. Voy. page 115, col. 1, note 1.
3. Voy. page 11. col. 1, note 1. Il avait épousé une 2. Voy. page se, col. 1, net. 3; et page 55, col. 1.
fille de Poumumitra l note 4.
[heu V.] RIG-VEDA. - SECTION DEUXIÈME. lfil
4. (Divinités) heureuses et secourables, nous votre jeunesse et vous enivrer de nos libations.
sommes à vous, Ciel et Terre qui avez les dieux (Venez) à notre prière faire le bonheur du monde
pour enfants A. Vous marchez tous deux avec entier.
l’escorte divine des Journées et des Nuits. O Ciel 2. Qu’ils se rendent vers nous les invincibles
et Terre, gardez-nous contre le mal! Viswadévas, Mitra, Aryaman, Varouna leur com-
5. Sœurs toujours jeunes et semblables à elles- pagnon; que les Viswadévas deviennent pour
mèmes, elles se suivent, placées aux côtés de nous une source de prospérité; qu’ils nous ac-
leurs parents, et glissant dans le centre du monde. cordent une force accompagnée du triomphe!
0 Ciel et Terre, gardez-nous contre le mal! 3. M’unîssant à vos transports, je m’empresse
6. J’invoque dans le sacrifice, en implorant le de chanter Agni, qui est votre hôte chéri. Pour
secours des dieux, ces deux (divinités), mères nous rendre favorable le glorieux Varouna, que
grandes, larges, solides, remplies de beauté, et le père de famille, si fameux par sa générosité,
qui renferment l’immortalité. 0 Ciel et Terre, gar- prodigue les offrandes.
dez-nous contre le mal! 4. Tel que la vache aux mamelles pleines, je
7. J’invoque, par ma prière et dans ce sacrifice, vous appelle avec anxiété, vous (Viswadévas), (et
(ces divinités) grandes, larges, étendues, dont les vous), Nuit et Aurore. Dans un même jour et
bornes sont immenses, heureuses, bienfaisantes, comme dans une seule mamelle, je rassemble le
qui contiennent (le monde). 0 Ciel et Terre, gar- lait de la louange que je destine à plusieurs.
dez-nous contre le mal! 5. Qu’Ahirboudhnya l nous envoie l’abondance.
8. Si nous avons commis quelque faute contre De même que la vache vient a son nourrisson,
les dieux, contre nos amis, nos enfants ou notre de même vers lui s’avance la Libation, dont nous
père, que cette prière’nous fasse obtenir notre honorons le fils des Ondes ’, et que transportent
pardon. 0 Ciel et Terre, gardez-nous contre le les (vents) généreux, aussi rapides que la pensée.
mal! 6. Que Twachtri vienne aussi vers nous, et qu’il
9. Louées par nous et favorables aux mortels, partage la joie des maltres du sacrifice. Que le
que ces deux (divinités) me sauvent; qu’elles s’en- puissant Indra, l’ennemi de Vritra et l’ami des
tendent pour me secourir et me protéger. En fa- hommes, se rende à notre sacrifice.
veur d’un (serviteur) plus dévoué que Soudas, les 7. Que nos Prières, attelées au char (du sa-
Dévas vous présentent avec joie les nombreuses crifice), s’approchent d’lndra comme la vache de
offrandes du père de famille. son veau, et caressent leur nourrisson. Que nos
10. Pieux et recueilli, j’ai commencé par adres- Invocations, comme de tendres épouses, plaisent
ser cette prière au Ciel et a la Terre. Vous, notre au meilleur des dieux.
père et notre mère,vous toujours irréprochables, 8. Que vers nous arrivent les robustes Marouts;
préservez-nous du mal, et soyez nos protecteurs. qu’ils accourent d’un commun accord, poussant
il. Ciel et terre, notre père et notre mère, ac- entre le ciel et la terre leurs coursiers couverts
cordez-nous la grâce que je vous demande. Des- de rosée, dieux rapides, bons et protecteurs pour
cendez près des Dévas pour nous secourir. Que leurs amis, intraitables pour leurs ennemis.
nous connaissions la prospérité, la force et l’heu- 9. Lorsque, pour célébrer leurs prouesses, à la
reuse vieillesse! prière d’un homme pieux, les poètes composent
un hymne, alors ces (dieux) n’ont plus de colère
que pour chasser les mauvais jours; ils n’ont
HYMNE Il].
plus de force que pour fertiliser le désert.
AUX YIBWADÉVAS, PAR AGASTYA. 10. Honorez aussi pour votre avantage les As-
(litre : Trichtoubh.)
1. Nom du nuage. ou d’Indra lui-mémo. qui a ce
l. Que Viswanara ’. que le divin Savitri ac-
nuage pour base de son séjour. Ahl, comme nous
courent heureusement à notre sacrifice, attirés l’avons vu, est un nom de ces Asouras qui habitent les
par la voix des hymnes 3. (Venez) renouveler nuages. Le mot boudinas signifie racine, partie in-
féricure.
2. C’est-à-dire, Agni, né des libations. Des libations
1. On traduit aussi: Quo tu Dévas traitent comme du sacrifice se forme le nuage, qu’lndra doit faire
leur: enfants. fondre sur la terre. Dans ce même sans, on peut appeler
a. Nom d’Agni. aussi le soleil fils des ondes on des libations, puisqu’il
3. Le poète emploie le mot "à au pluriel. hait du sacrifice.
162 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. llæct. v.)

wins; honorez Poùchan, car ces (dieux) sont 9. O Soma l, si nous t’avons donné la pure
doués de puissance. Invoquez le clément Vichnou, substance de nos vaches, deviens Vàtàpi; gonfle-
le Vent, Ribhoukchas I; que les dieux nous ac- toi pour nous.
cordent la félicité! 10. O plante (qui dois servir pour nos liba-
il. (Dieux) adorables, c’est pour vous que s’al- tions) ’, prends la forme de nos gâteaux (sa-
lume la flamme de ce (sacrifice) : qu’elle soit une crés) s; large, salutaire, aérienne, deviens va-
source de vie, une cause de stabilité, (cette tàpi -, gonfle-toi pour nous.
flamme) que les Dévas disposent dans la vue il. (Divinité) des offrandes, comme la vache
d’obtenir la fortune! Que nous connaissions la offre son fait pour l’holocauste, nous t’offrons
prospérité, la force et l’heureuse vieillesse! aussi, toi-méme en mème temps que la Prière,
pour que tu fasses le bonheur des dieux, pour
que tu fasses aussi le nôtre.
HYMNE 1V.

Au DIEU DE L’orrnAxDE *, PAR AGAS’I’YA. HYMNE V.

(Mètres: Gèyatrî et Anouchtoubh.) A AGNI, PAR AGASTYA.


flétri: : Trichtoubh.)
l. le chante (le dieu) des offrandes, qui est le
soutien et la force du monde : c’est par la puis-
l. (Dieu) mille fois vainqueur, les Dévas é
sance de ce (dieu) que Trita 5 a déchiré les
viennent de t’allumer aujourd’hui; tu règnes avec
membres de Vritra.
2. Douce (divinité) des offrandes, aussi douce splendeur. Sois notre sage messager, et trans-
que le miel, nous t’honorons; protégé-nous. porte nos holocaustes.
3. (Divinité) des offrandes, viens à nous; 2. Tanounapat l’ arrive dans son foyer; le
montre-toi, par tes heureux secours, bonne, pro-
sacrifice est couvert du miel (des offrandes), il
reçoit des milliers de (pieux) présents.
pice, amie, secourable, utile et constante.
3. Invoqué par nous, (dieu) digne d’étre célébré,
4. A toi, (divinité) des offrandes, sont ces douces
émanations qui montent dans les airs, ces esprits amène les (autres) dieux que doivent honorer
qui semblent se réfugier dans le ciel. nos sacrifices. Agni, tu nous accordes des biens
innombrables.
5. Ils sont à toi, (divinité) des offrandes; ils
sont à toi, divinité suave; car c’est toi qui les 4. (Les prêtres) ont étendu et tourné vers
donnes. Ceux qui respirent ces vapeurs s’en vont l’orient ce causa, dont la vertu est si prodigieuse:
la tète levée A.
(ils l’ont dirigé) vers le côté ou vous régnez, O

6. (Divinité) des offrandes, tu es l’amour des


Adityas!
grands dieux. Rien n’est beau que sous ton éten-
5. 0 roi et souverain seigneur, les libations ont
dard. C’est avec ton secours qu’(Indra) a tué Abi.
coulé vers les portes (de votre domaine), si hautes,
7. (Divinité) des offrandes, quand les mon- si puissantes, si nombreuses, si abondantes.
6. Que les deux Crépuscules viennent prendre
tagnes (célestes) viennent briller de ta substance,
alors, douce divinité, redescends vers nous après leur place (a notre sacrifice), beaux et brillants
deslueurs (d’Agni).
les avoir suffisamment nourries.
8. Si nous avons, autour de nous, diminué
l’heureuse abondance des ondes et des plantes, 1. Le dieu de la libation, que le commentateur veut
distinguer de Pilou.
deviens Vâtapi l’; gonfle-toi pour nous. 2. Le poële désigne la somalatâ, qui est la sarco-
stcma viminalù, ou l’adapte: acide , et. sans doute
aussi, les autres végétaux qui peuvent être employés a
1. Nom d’lndra. former la matière des offrandes.
2. Anna devatâ, appelé aussi Pilou. 3. Le nom de ces gâteaux est carambha; ils sont
3. Voy. page 74, col. 1, note 4; et page 104. col. 2, faits de fleur de farine et de caillé. Il me semble que
note 3. la forme de ces gâteaux est celle que doit présenter le
4. Démarche naturelle a ceux qui respirent une nuage que les vapeurs des offrandes contribuent a
odeur dans l’air. former.
5. Vatàpi est le nuage que le vent pousse, et dont il 4. Je rappellerai au lecteur que, par le mot déca,
augmente le volume. Les Pourânas contiennent une lé- j’entends les ministres du sacrifice, ou bien ces êtres
gende de Vàtâpi et d’Agastya. Le commentaire donne divinisés qui représentent les rites et les hymnes.
VAtapi pour une forme de Piton. dieu des offrandes. 5. Nom d’Agni. Voy. page 47, col. 2, nota 3.
[Loch v.] RlG-VÉDA. -- SECTIONv
7. Qu’en premier lien les deux sacrificateurs
DEUXIÈME. 163
point à la discrétion d’un tel homme, quine vou-
divins, sages, a la douce parole, viennent ici drait que nous attaquer, nous blesser, nous
exercer leur saint ministère ’.
8. Bharatl, "à, Samswatt ’, vous que j’inve-
que toutes a la fois, envoyez-nous la fortune.
perdre. -
6. Agni, né du sacrifice, un serviteur qui t’est
dévoué honore ta forme visible par des hymnes
9. Twachtri ’, habile à créer les formes, fa- et des offrandes. 0 dieu, (protège-nous) contre
çonne tous les animaux. (0 dieu). accorde-nous quiconque voudrait nous nuire par ses discours
l’accroissement de nos troupeaux! ou par ses actions : tu es l’ennemi de tous ceux
lO. Omettre du bûcher t, donne aux dieux qui suivent les voies obliques.
les aliments qu’ils réclament de toi. Qu’Agni 7. Agni, (dien) sage et digne de nos sacrifices,
procure aux holocaustes une douce saveur. tu visites avec empressement les deux espèces
il. Agni est le premier des Dévas, et se trouve d’hommes qui t’implorent 1. Viens exaucer les
honore par la Gàyatrt. 1l aime les offrandes de la vœux des fils de Manou, et, prenant nos offrandes,
Swa’hâ E sois avec nous comme avec les enfants d’Ousidj a.
8. Sur le puissant Agni (et il est l’enfant de la
HYMNE Vl. prière), faisons nos invocations. Missions-nous,
et nous et les Richis (ici présents), obtenir des
A AGI", PAR AGASTYA.
biens innombrables! Que nous connaissions la
(une : Trichtoubh.) prospérité, la force et l’heureuse vieillesse!

l. Agni, conduis-nous à la richesse par le


meilleur des chemins, 0 dieu qui connais tout ce HYMNE Vil.
qui est convenable! Éloigne de nous le mal, qui A VRIIIASPATI 5, PAR AGASTYA.
suit une route oblique. [Missions-nous obtenir le (Mure : Trichtoubh.)
plus beau fruit des hommages que nous te ren-
dons! l. Exalte par tes hymnes l’admirable Vrihas-
2. Agni digne de nos louanges, fais-nous tra- pati, bon et généreux (dieu) à la douce langue,
verser heureusement tous les dangers. Donne- qui brille d’un aimable éclat, et dont les dieux,
nous, et a mon fils et à ses enfants, une large aussi bien que les mortels, répètent les louanges.
Jouissance de toute espèce de prospérités. 2. Autour de Vrihaspati se rassemble cette
3. Agni, défends-nous contre les maladies; foule de prières, diversifiées suivant les circon-
qu’elles tombent sur les hommes que tu ne pro- stances et recueillies par la piété. Vrihaspati est
téges pas. 0 dieu digne de nos sacrifices, (viens) l’ornement et le maître des offrandes. Il est
comme l’âme du sacrifice.
avec tous les immortels dans ton foyer, et fais
notre bonheur. 3. Que l’hymne, les invocations, les mètres
4. Agni, brille sur ton trône, et accorde-nous sacrés soient pour lui ce que les rayons sont
une protection continuellel (Dieu) puissant et pour Savitri. Elle n’est point à redouter la puis-
toujours jeune, que ton poète puisse être rassuré sance de (ce dieu), qui, formidable comme l’ani-
et aujourd’hui et demain sur tes sentiments! mal sauvage, est doux et bon malgré sa force.
5. Agni, ne nous abandonne pas à l’adversité; li. Sa louange, comme un coursier (rapide),
(ne nous livre pas) à l’ennemi habile àchanger le parcourt le ciel et la terre. Qu’il prenne et porte
bien en mal. (Dieu) puissant, ne nous mets nos offrandes, (ce dieu) qui pense au bonheur
(des hommes). Les coups de Vrihaspati, aussi
t. Je renvoie pour ce passage aux notes qui se trou- terribles que ceux de l’animal sauvage, vont
vent page se. col. t, note3; et page 135, col. t, frapper le ciel, obscurci par Ahi.
note 9.
5. O dieu, les Padjrasyqui t’honorent par des
2. Voy. page 43. col. t, note 4. Le commente-
tateur dit que ces trois déesses sont des formes diffé- libations de beurre, malgré leurs fautes, vivent
rentes de l’essence d’Aditya, appartenant, BhAratt au
ciel, 1M à. la terre, Barman à l’air.
3. Voy. page 48, col. 4 , note 5. Twachtri est le t. C’est-à-dire, reux qui font les frais du sacrifice et
feu vital, et l’on voit comment il peut contribuer à. l’ac- œux qui ou surveillent les cérémonies, en quelque sorte
croissement des formes. les laïques et les clercs.
s. Vanaspati, nous d’Agni. a. Ce sont les enfants de Cakehtvln.
5. Nom d’une Miranda faite en prononçant ce mol. 3. Nom d’Agni.
164 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch V.)

heureusement. O Vrihaspati, tu ne donnes pas avez vu la lumière r,et vous étés sorties de votre
tes biens à l’impie; tu aimes l’homme qui t’ap- sommeil.
porte des offrandes. 6. Vous avez le Ciel pour père, la Terre pour
6. Tu es la voie verdoyante de l’heureux mère, Soma’ pour votre frère, Aditi pour sœur. O
voyageur; tu es aussi l’ami empressé de l’infor- Ténèbres, vous avez vu la lumière; levez-vous, et
tuné. Couvre de ta protection les (hommes) ver- rentrez heureusement (dans votre séjour).
tueux qui nous aiment; ils se présentent pour 7. Mutilees, coupées par morceaux, effilées
obtenir tes secours. comme des aiguilles, allez, O Ténèbres, et délivrez-
7. Comme (le sujet) va vers son maître, comme nous de votre présence!
les fleuves coulent vers la mer, de même les 8. A l’orient le Soleil se lève à la vue de tous;
hymnes (se dirigent) vers Vrihaspati. (le (dieu) il tue les Ténèbres, il dévore toutes ces noires
est sage, et, tel que le vautour au milieu des vapeurs, issues de génies malfaisants 3.
airs, il voit et les ondes et le moyen d’y 9. Oui, le Soleil se lève pour détruire beaucoup
arriver. (de maux); c’est Aditya venant avec les Vents se
8. Ainsi Vrihaspati est grand, fort, puissant et montrer à tous, et tuer les Ténèbres.
généreux. Loué par nous, qu’il nous accorde une
10. (Couchoumbhaca parle.) a Que ces vapeurs
heureuse fécondité parmi les hommes, parmi les
à ma voix s’étendent sur le Soleil, telles que ces
vaches. Que nous connaissions la propérité, la tentes dont est couverte la demeure de l’homme
force et l’heureuse vieillesse!
qui distribue de douces liqueurs é. Comme le So-
leil, que nous soyons immortels! Le (dieu) que
HYMNE Vlll. portent des coursiers azurés, de ces ondes unies
au Soleil dans le séjour céleste, t’a formée, douce
aux APRIS un son". finit AGASTYA. liqueur d’immortalité l’!

(flaires: Anouchtoubh. Panktl, Vrihsti et Djagatl.) il. « Tel qu’un magnifique oiseau, (il s’élève)
et absorbe tes vapeurs. Comme le Soleil, que nous
i. (L’être) qui marche est comme arrêté au soyons immortels! Le (dieu) que portent des cour-
sein de noires vapeurs. Les Ténèbres ’ ont enve- siers azurés, de ces ondes unies au Soleil dans le
loppé les deux flambeaux lumineux 5. séjour céleste, t’a formée, douce liqueur d’immor-
2. Mais voici que (l’Aurore) vient, et détruit ces talité!
Ténèbres; elle arrive de l’extrémité du ciel, elle i2. n Que ses vingt et une (flammes) aux teintes
les abat et les réduit en poussière. variées ° dévorent la substance de ces vapeurs. (les
3. Les Saras, les Cousaras, les Darbhas, les (flammes) ne meurent point; comme elles, que
Séryas, les Mondias, les Verinas é, tout se trouvait nous soyons immortels! Le (dieu) que portent
invisible, et enveloppé de ces Ténèbres.
Il. Les vaches étaient retirées dans leurs éta-
t. ll y a ici une antithèse que je ne reproduis pas :
bles, les hôtes des forets dans leurs repaires; les les invisibles ont été vus.
hommes étaient engourdis, tous enveloppés par 2. Ces ténèbres sont formées par des vapeurs sem-
blables à. celles que le poète suppose ailleurs issues de
ces Ténèbres. . l’offrande du soma. Je ne pense pas. avec le commen-
5. Mais ces Ténèbres ont été trahies par le taire, que le Soma soit ici la lune, séjour des vapeurs
matin, telles que des voleurs. 0 Ténèbres, vous ténébreuses de la nuit: il semble même que ce séjour
soit plutôt le soleil.
3. Ces génies s’appellent yâtoudhânas.
t. Voy., pour le mot âpri. page 47, col. 2, note t. 4. Le mot rendu par cette périphrase est roui-aven.
L’explication de ce mot doit être ici modifiée; le soleil Le soleil doit envoyer en pluie les vapeurs qui s’élèvent
tient la place d’Agni. vers lui; il les recueille, et ressemble à ces hommes qui
2. Je suppose que le poète désigne ici Agni et le distribuent, sous une tente qui met les buveurs à l’abri
soleil, le feu du sacrifice et le feu solaire. L’hymne re- des chaleurs du jour, des boissons spiritueuses (saura).
présente l’état du ciel avant que le sacrifice commence. 5. Cette liqueur est la pluie elle-mémé, qui prolonge
3. Ce que j’appelle ténèbres, par une espèce d’hy- la vie de l’homme en donnant à le terre une heureuse
pallage, est appelé dans le texte les invisibles. fécondité. Le dieu qui la forme. c’est lndra.
L. Voici les noms de ces plantes : cura, saccharum 6. Nous avons vu que ce nombre vingt et un était
sans, vulg. saraharl; cousant, espèce de mauvais sars, formé de trois fois les sept langues ou rayons d’Agni.
creux; «larbins, autrement coma, pas cynosnroïdes; Si le nombre trois n’est pas formé par celui des
singe, ou u’rya, barleris cristeta. autrement aswabàla, savanes, il l’est peut-être par celui des trois couleurs
saccharum spontaneum; mottndja (saccharum munja); qui composentla teinte des rayons, savoir, le rouge, le
cirasse (andropogon muricstum). noir et le blanc.
Bill-VEDA. - SECTION DEUXIÈME. 165
[Loch v.)
des coursiers azurés, de ces ondes unies au Soleil 2. Pour(l’homme) qui veut honorer les dieux aux
dans le séjour céleste, t’a forméeI douce liqueur jours favorables, O Agni. tu diriges l’holocauste, les
d’immortalité i! libations, les cérémonies, et surveilles le feu. Tu
l3. a J’appelle tous ces quatre-vingt-dix tor- es le héraut, le prêtre, le pontife; tu es pour
rents que forment ces vapeurs. Le (dieu) que nous un maltre de maison.
portent des coursiers azurés, de ces ondes unies 3. Tu es pour les hommes pieux le généreux
au Soleil dans le séjour céleste, t’a formée, douce lndra; tu es l’illustre Vichnou, toujours adora-
liqueur d’immortalité l ble; tu es le pontife opulent, le maître de la
il. a Ainsi (d’un côté) les vingt et une flammes chose sacrée, le soutien de tous les êtres, le
aux nuances de paon, (de l’autre) les sept sœurs compagnon de toutes les prières.
aux flots rapides, de même que des urnes reçoi- 4. Agni, tu es le royal Varouna, tu es Mitra si
vent l’eau, se saisissent de tes ondes, (douce li- ferme dans ses œuvres, (dieu) secourable, et digne
queur d’immortalité) ’ ! de nos chants. Tu es Aryaman, le rnaltre de la piété,
15. a Moi, Couchoumbhaca a, avec la foudre je un reflet, une forme (du Soleil); dans le sacrifice
fends ces vapeurs, et elles roulent en ondes tu es, édieu, un bienfaiteur.
jusque dans les régions du ciel les plus éloi- 5. Agni, tu es Twachtri; les (Prières) sont tes
gnées. a épouses, et ton serviteur trouve en toi un ami
16. Ainsi parla Couchoumbhaca : nous avons puissant, un parent fidèle qui fait sa force. Ma-
redit ses paroles. Le venin du scorpion é est de- gnifique et vivement empressé, tu donnes et de
venu innocent. 0 scorpion,ton venin est innocent! nombreux et de vaillants coursiers.
6. Agni, tu es Roudra qui règne dans les airs,
et dispensesla vie * ; tu es la force des Marouts et
HYMNE 1X. le mettre des offrandes. Tes coursiers rougeâtres
sont aussi rapides que les vents. En toi réside la
A AGNI, PAR GRI’I’SAIADA, FILS DE SOUNAEOTRA, prospérité; tu es Poùchan, et tu sais protéger tes
un LA "un: o’srmrnss. serviteurs.
(Hêtre : Djagatî.)
7. Agni, pour (l’homme) qui t’honore, tu es
Dravinoda’s ’. Tu es le divin Savitri, et l’auteur
t. Agni (dieu), pur et lumineux, maître des de toute opulence. Roides hommes , tu es Bhaga,
hommes,tu nais environné de splendeurs, de tu règnes par la richesse, et tu gardes dans ta
libations, de coupes, de bois et de plantes. demeure celui qui te vénère.
8. Agni,!e peuple t’adore, dans son foyer, comme
1. Voy. page 61, col. 1, note 4. son souverain, comme un roi bienveillant. (Dieu
2. La note 6, p. 164, c. 2, rend compte des vingt et aux brillantes clartés, tu es le maître de tout;
une flammes; la note 3. p. si, c. t, nous apprend
ce que l’on entend par les sept rivières. Les rayons du
soleil, d’un côté, pompent les vapeurs; ces vapeurs dans la traduction de cet hymne, pour n’employcr
retombent en pluie, et sont, d’un autre côté, reçues par aucune expression qui pût rappeler des légendes que je
les rivières z tel est, ce me semble, le sens de ce pas- crois plus modernes que le [Hg-Véda, et qui en sont
sage. comme le commentaire poétique. Ainsi, j’ai évité de
3. Quel est ce personnage de Couchoumbhacs? Je rendre le mot nichant par poison, parce que je serais
suppose que c’est Indra, le dieu qui met l’ordre dans entré dans l’esprit de ces auteurs qui représentent les
le monde, et dont la foudre doit séparer les nuages pour vapeurs comme le poison des serpents de la nuit. Or,
en extraire l’eau, comme il est dit dans ce vers. Le ces serpents. ce sont les nuages qui serpentent sur le
commentateur semblerait croire que c’est un Asoura, ciel. Le soleil, comparé à un oiseau, devient Garouda,
chef présumé des ténèbres. On peut encore penser que et fait la guerre à ces serpents. L’hymne que je viens
ce personnage est ici joué par le poète Agastya, agis- de traduire ne m’a point paru présenter de semblables
sant en vertu du sacrifice, et détruisant les maléfices idées : c’est ce qui doit faire rejeter. avec encore plus
par une espèce de attige ou de charme. pour former de confiance, une pièce ici intercalée, ou il est question
une pluie bienfaisante; de sorte que le Couchoumbhaca de cette race de serpents célestes. Le premier mandala
serait le nom donné au prétre qui fait une conjuration (voy. page si, col. l, note r) finit en cet endroit; il
dont le résultat doit être salutaire. la première expli- paraît que le copiste a l’habitude de clore ainsi chaque
cation me paraft plus naturelle. Couchoumbhaea et mandala par une pièce de son invention, dont il n’est
Haricltthas, suivant moi, sont une même personne. point question dans le comeutaire, et qui d’ailleurs se
Dans le cas ou l’on admettrait la fonction du Couchonm- trahit elle-mème par son style moderne. Le second
bhsca, au lieu de la foudre il faudrait mettre la coups mandala porte le nom de Gritsamada. Le premier était
du sacrifice. celui des cent Richis.
é. létaphore qui indique que les vapeurs de la nuit 1. Le poète dit Asoura.
sont devenues une onde bienfaisante. Je me suis observé 2. Nom d’Agni, qui donne des richesses.
166 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. lLect. v.)
en toi sont rassemblés d’innombrables trésors. l’holocauste, l’offrande et le chant, cet (Agni) qui
9. Agni, o toi dont le corps s’entoure de tantd’é- s’enflamme sous nos abondantes libations, brillant
clat, les hommes par leurs offrandes (t’honorent) sacrificateur et guide invincible dans la voie du
comme un frère, par leurs œuvres ils te servent bonheur.
comme un père. Tu es le fils de celui qui te ré- 2. Agni, les Nuits et les Aurores t’appellent,
véra z tu es pour nous un ami fidèle, et un patron comme les vaches dans les pâturages appellent
dévoué. leur nourrisson. Tel que (l’astre), voyageur céleste,
10. Agni, tu es Ribbou, vénérable et (vivant) prés (dieu) magnifique, tu brilles dans ton foyer, et
de nous; tu es le maître de l’abondance et de la pendant la nuit et pendant le jour, qui appar-
féconde prospérité. Tu brilleset tu brûles. C’est toi tient à l’homme.
qui ordonnes le sacrifice, c’est toi qui l’offres. 3. Les Dévas ont placé Agni dans la région de
il. Divin Agni, tu es Aditi pour ton serviteur. l’air pour y accomplir une œuvre merveilleuse,
Tu es Hotra, tu es Bhàrati. Ton bonheur est et pour y voyager entre le ciel et la terre. Res-
dans nos hymnes. Tu es l’éternelle llà, pour nous plendissant d’un pur éclat, il est pour nous tel
combler de biens. Maître de l’opulence, tu as qu’un char rempli de trésors; c’est un ami digne
donné la mort à Vritra, et tu es Saraswati. d’être partout célébré.

12. Agni,ton serviteur trouve par toi la plus belle Il. Le couvrant de leurs libations, ils lui ont
des existences. Dans tes splendeurs si éclatantes, donné pour demeure la voûte céleste; et la, étin-
si désirables, se rencontrent toutes les beautés. celant comme l’or, voyageur aérien t, il agite ses
Tu nous donnes la nourriture et le salut. ô grand membres rayonnants, et, salutaire comme une
(dieu) ! tu es riche, magnifique, partout présent. onde (pure), il glisse entre les deux grands pa-
i3. Prudent Agni, tu es les Adityas. Lesdieux ont rents (du monde).
pris la bouche et ta langue (pour être leur bouche 5. Que ce (dieu) sacrificateur préside à toutes
et leur langue). C’est par toi que, dans les sacri- nos cérémonies! Les enfants de Manon l’honorent
fices, ils reçoivent les offrandes. C’est par toi par des chants et des holocaustes. Que ses ma-
que les dieux mangent l’holocauste. choires ardentes s’ouvrent pour saisir les plantes
M.0ui, c’est par toi, Agni,que tous les dieux, (qui l’alimeutent); ainsi que le firmament chargé
immortels et bienfaisants, mangent l’holocauste. d’étoiles, qu’il poursuive aussi sa course entre le
Par toi les mortels goûtent le fruit de la liba- Ciel et la Terre.
tion. Dieu par, tu produis les plantes dont tu portes 6. Dieu opulent et libéral, brille pour notre
en toi le germe. bonheur, et accorde-nous la richesse! Orne pour
15. Généreux Agni, parmi tous ces dieux que tu nous le Ciel et la Terre! Agni, (prends) les holo-
rassembles, tu excelles, tu domines avec majesté. caustes de l’homme pour les remettre aux dieux.
Par un effet de ta grandepuissance,quel’offmnde, 7. Donne-nous, Agni, quelque chose de grand;
présentée dans notre sacrifice, profite également donne-nous les biens par milliers. Ouvrecnous
et au ciel et à la terre! les portes de l’abondance et de la renommée.
16. Agni, tu nous conduis vers le bonheur, et Rends le Ciel et la Terre favorables à notre
nous, et les chefs de famille qui donnent a tes prière! Que les Aurores brillent pour nous d’un
chantres d’excellentes vaches et de beaux chevaux. éclat fortuné!

Pères d’une heureuse lignée, puissions-nous 8. Que lui-même allume, après les charmantes
chanter longtemps encore dans le sacrifice! Aurores, ses splendides rayons, et qu’il brille
pour notre bonheur, cet Agni que Manon entoure
de ses offrandes et de ses hommages, ce roi du
HYMNE X. peuple, cet hôte gracieux d’Ayou ’!
9. Ainsi, ô le premier des immortels étincelants
A AGNI, PAR GRITSAIADA l.
de lumières, que notre hymne, a nous autres
Je": : Djngatf.) mortels, porte son fruit! Que (la prière) du sacri-
i. Augmentez par le sacrifice la grandeur d’A-
1. Dans le texte se trouve le mot Prùm’, qui s’em-
gni, qui possède tous les biens; honorez-le par ploie ponr la terre. Cependant il peut aussi signifier air
(antarikcha).
1. Il me semble qu’il existe un autre Gritsamada, fils 2. Ayou et Munou sont employés, dans cette phrase,
de Sonnaca, de la famille de Bhrigou. d’une manière générale pour dire l’homme.
lbect. v.) IllGJ’ÉllA. - SECTION DEUXIÈME. 1157

fice soit pour l’homme pieux comme une vache été étendu dans ce. sanctuaire. Sur ce (causa) hu-
féconde dont il puisse tirer, selon ses désirs, des mide d’un beurre purifié, venez vous asseoir, Va-
biens nombreux et variés! sous, Visvvadévas, et vous, adorables Adityas.
10. Pour prix de nos offrandes et de nos prié- 5. Qu’elles s’ouvrent de toute leur largeur ces
res, puissions-nous obtenir la force et la victoire! Portes divines (de l’enceinte sacrée, ces Portes)
Que notre puissance, difficile a vaincre, brille que nous invoquons, et dont nous ne nous ap-
heureusement parmi les cinq espèces d’êtres *! prochons qu’avec un pieux respect. Que ces larges
il. Puissant Agni, ne nous oublie pas. Tu es et vénérables Portes soient célébrées, et qu’elles
digne des hommages que viennent t’apporter de purifient pour nous une race forte et glorieuse.
généreux chefs de famille. 11s s’approchent, les 6. Nosu’iuvres, parla vertu de (ce maître) éter-
mains pleines d’offrandes, des feux du sacrifice nel, ne peuvent être que louables. Vous, Nuit et
qui s’élèvent de ton foyer, pour obtenir la perpé- Aurore, arrosées par nos libations; vous qui,
tuité de leur race. d’un mutuel accord, venez successivement cou-
12. Agni, possesseur de tout bien, prends sous vrir (le monde) de votre grand voile, fécondes
ta protection et tes chantres et les pères de fa- (nourricières, (accourez) a notre sacrifice.
mille. Donne-nous l’opulence; donne-nous la 7. Couple de sacrificateurs divins, doués de
richesse, accompagnée de la gloire et de l’abon- science et de beauté, (je vous invoque) en premier
dance; donne-nous une nombreuse postérité. lieu. Accompagnant de prières votre œuvre pieuse,
l3. Agni, tu nous conduis vers le bonheur, vous honorez les dieux au moment convenable,
nous et les chefs de famille qui donnent à tes et vous embellissez de vos feux le saint foyer
chantres d’excellentes vaches et de beaux che- de terre dans les trois places consacrées.
vaux. Pères d’une heureuse lignée, puissions- 8. 0 Saraswatl, qui composes pour nous la
nous chanter longtemps encore dans le sacrifice! prière; o divine lla, ô Bhttratl vive et empressée,
venez toutes trois prendre votre part de l’offrande,
HYMNE XI. et vous asseoir sur ce pur et salutaire gazon.
A lient î, un GRITSAIADA. 9. (L’a dieu) rapide et fort, riche en aliments
précieux, et ne portant que de saints fardeaux,
(Ultra: Trichtoubh et Djegatî.)
Twachtri, le désiré des autres dieux, vient de
1. Agni (surnommé) Santiddha, placé sur le na1tre avec sa sombre beauté : qu’il entre au sé-
foyer, se présente a tous les mondes. Antique jour qui l’attend, pour y former notre race 4. Ainsi
sacrificateur, dieu pur et sage, qu’Agni daigne, se poursuive la libation en l’honneur des dieux!
en l’honneur des dieux, accomplir l’œuvre sa- 10. Agni (appelé) l’anus-pali est prés de nous,
crée! recevant l’holocauste ct le purifiant par la prière.
2. Que le (dieu appelé) Nardsansa, s’entourant Sage et divin sacrificateur, qu’il apporte, pour
de lueurs éclatantes, les étende magnifiquement plaire aux dieux, l’offiande trois fois arrosée de
sur les trois mondes : qu’arrosant l’holocauste de libations.
libations de beurre, et le sanctifiant par la 11. le répands le beurre (sacré) ; le beurre est
prière, il honore les (dieux) au moment du sa- la matrice d’Agni; Agni est enfermé dans le
crifice. beurre; le beurre forme son rayon. (Dieu) géné-
’ 3. Agni (qu’on nomme) Ilita, daigne écouter reux, apporte successivement les offrandes,enivre
notre prière, et honore les dieux, établis aujour- (tes hôtes), et transmets-leur l’holocauste accom-
d’hui par l’enfant de Manon à la première place. pagné de la Swa’ha".

Amène ici la troupe des Marouts. Prêtres, reu-


dez hommage àl’inébranlable lndra,qui siégé sur HYMNE Xll.
le gazon sacré.
A un", un souillon", rus DE BRIGHOU.
4. 0 dieu, un large lit de ce ma qui donne la
force et qui ne porte que des fardeaux sacrés, a (un: : Trichtoubh.)
l. J’iuvoque pour vous le brillant Agni, l’hôte
1. Voy. page L5, col. 1, note 1.
.2. Cet hymne a. des rapports avec le treizième de la du peuple; Agni (honore) par des hymnes et des
lecture l, section l, et le sixième de la [actine n de la
section il. Je renvoie aux notes de ces deux hymnes pour 1. Il faut rappeler que Twachtri est le feu vital, qui
les renseignements relatifs aux épithètes. anime les formes auxquelles il vient s’allier.
168 lNl)E. - POÉSIE LYRIQUE. (un. v.)
offrandes, ce dieu possesseur de tous les biens, dont le secours peut sauver ceux qui ont été ses
qui estun ami et un soutien pour tous les êtres, pères 4. Qu’il nous accorde une opulence capable
même pour les dieux. de nous donner la victoire. Puissions-nous deve-
2. Les Bhrigous, honorant Agni, l’ont établi au nir forts pour prix de nos offrandes!
séjour des ondes (célestes); et, en second lieu, au 2. Avec lui, chef du sacrifice, sont sept guides
milieu du peuple d’Ayou. Que le maltre des dieux, resplendissants ’; et le (dieu) qui purifie l’of-
qu’Agni aux rapides coursiers triomphe de tout. frande 3 fait lui-mémé le huitième, venant, être
3. Les Dévas, destinés à disparaltre, ont cons- divin, en qualité de Manon 1.
titué Agni au milieu de la race humaine comme 3. Si des prières sontjtdressées au (dieu) qui
un ami véritable. Qu’il répande donc ses flots de supporte (l’œuvre pieuse) 5, alors il les prend
lumière, et que de son foyer il comble de biens et les embrasse toutes, comme la jante embrasse
son Serviteur! la roue d’un char.
li. On aime à honorer ce dieu, qui est comme 4. Avec la sainte cérémonie est né le saint hé-
votre bien; on aime a le voir grandir, et produire raut (du sacrifice) °, qui en suit sagement les
ses lueurs. Sur la ramée il agite ses flammes, diverses parties, comme (l’oiseau parcourt) les
comme le cheval attelé à un char agite ses crins. branches (d’un arbre).
5. Au moment où mes chantres célèbrent la 5. Les (rayons), vaches lumineuses du dieu qui
grandeur (d’Agni), (le dieu) prête aux enfants
dirige (les pieuses pratiques) ’, embrassent sa
d’Ousidj * une couleur aussi éclatante que la
forme brillante, et se colorent aux feux des trois
sienne a. Les offrandes donnent à sa flamme des
sœurs t qui sont accourues au sacrifice.
teintes variées, et sa jeunesse semble à chaque
6. Si la sœur de celui qui contient (les liba-
instant se renouveler. tions) ° se présente portant le beurre (sacré), le
6. S’acharnant sur le bois qu’il dévore,il brille;
(dieu) occupé des rites salutaires 4° se réjouit en
il court comme l’eau, il résonne comme un char.
voyant arriver ces (offrandes), où l’orge (tombe)
ll trace en brûlant un noir sentier. l! plait comme
comme la pluie.
un ciel qui sourit entre ses nuages.
7. Puis il s’étend, et va brûlerla terre; il se lance 7. Que le (dieu) qui observe le moment favo-
rable " serve volontairement de prêtre a son ser-
ainsi que le troupeau sans pasteur. Agni, en jetant
des fiammes,consume, noircit, dévore les plantes.
viteur. Puissions-nous recueillir le fruit des hym-
8. Quand, le matin, nous implorons ton secours;
quand, dans le troisième sacrifice *, nous t’a- pressions différentes, affectées aux diverses fonctions
du prêtre. Je tâche de les traduire par une périphrase
dressons nos prières, donne-nous,o Agni, de vail- qui en explique la racine.
lants compagnons, une heureuse abondance, une 1. Les prêtres viennent de produire le feu : ils sont
ses pères, et lui, en les protégeant, se montrera leur
belle famille et de vastes richesses! père.
9. Agni, pour que les enfants de Gritsamada, . 2. Guides aurait du être mis au féminin : car rami
qui t’honorent dans ton foyer, puissent vaincre signifie à la fois rênes et rayons. Or, ces sept guides
ou rayons, ce sont les sept officiants qui prennent part
leurs voisins, qu’ils aient de braves guerriers, que au sacrifice (hotraeas).
par toi ils obtiennent des succès! Donne aux chefs 3. Pots-i.
de famille et à ton chantre ce fruit de leurs œu- 1. Agni, dans le sacrifice, nalt et meurt; il est consi-
déré comme un Manon. comme un mortel.
vres. 5. Dodhanou z ce mot m’a semblé un des sept noms
affectés aux ministres du sacrifice.
HYMNE X111. 6. Prauutri.
A AGNI. PAR SOIAHOUTI. 7. Nechtri.
8. Ces trois sœurs sont les flammes des trois feux
(Hêtre : Anouchtoubhl.) garhapatya, ahananlya datchfna. Voy. page 47. col. 1,
l. ll vient de na1tre (le dieu) qui présente l’ho- note 4.
9. Je rends ainsi le mot masculin matrt’, vase qui
locauste 1 et qui annonce (le sacrifice), le père mesure, qui renferme la libation. Ce mot signifie aussi
l’homme, le père de famille qui mesure, qui compose
1. Les enfants d’Ousidj sont les descendants de Cak- le sacrifice. Le commentaire voit ici un nom féminin,et le
chthn, ou bien le mot Ousidj doit s’entendre comme rapporte a l’enceinte du sacrifice (midi). Cette sœur, dont
synonyme de prêtre. il est ici question, est la cuiller (djouhou)’qui sert aux
2. C’est-à-dire que les reflets du feu se répandent sur libations. On peutbion encore donner le nom de matrs’
les officiers du sacrifice. (mère) au réservoir des ondes du sacrifice.
3. Le sacrifice du Soir. 10. Adwaryou.
A. Ilotrt’. Le poële, dans ecthymas, emploie sept ex- 11. nitrata.
[Loch Vl.] RIG-VEDA. -- SEÇTION DEUXIÈME. 169

nes et des sacrifices que nous avons préparés! 5. Agni, qui portes (nos ofl’randes), tu nous
8. Puisse-t-il satisfaire tous ces (dieux) que nous appartiens, toi que nous honorons au milieu des
avons a honorer, ce sacrifice que nous venons, 0 flammes. des libations et des hymnes t.
sage Agni, d’accomplir en toi! 6. Antique sacrificateur, noble enfant de la
Force, (dieu) admirable, reçois nos offrandes et
HYMNE XIV. nos libations de beurre.
A AGNI. PAR SOIAHOUTI.
(Mètre : Gaystri.) HYMNE KV].

i. Agni, accueille nos feux et nos offrandes. A AGI", PAR SOIAHOUTI.


Exauce nos prières. (Mètre! : Gâyatrf et Anouchtoubh.)
2. Enfant de l’offrande, toi que notre hymne a
fait naître, puisse notre piété obtenir de toi promp- l. Chante, comme pour lui donner plus de
tement le fruit du sacrifice! force, le glorieux et libéral Agni. porté sur son
3. (Dieu) magnifique et Opulent. digne de nos char rapide.
louanges, nous voulons t’honorer par nos chants. 2. Heureux et invincible conducteur, en faveur
4. Maître généreux, possesseur libéral de la ri- du serviteur qui l’invoque, il renverse l’ennemi,
chesse, écoute-nous, et combats nos ennemis. et montre sa face resplendissante.
5. Du haut du ciel donne-nous la pluie; en- 3. [l vient dans ses foyers, le matin et le soir,
toure-nous d’une abondance constante. d’une déployer ses rayons et recevoir nos louanges,
fécondité sans bornes. (dieu) dont l’œuvre ne périt point.

6. lièrent (divin) et toujours Jeune, sacrifica- 4. Tel qu’un soleil, il étale ses splendides clar-
teur digne lui-même de nos sacrifices, je t’in- tés, et pare (le monde) de ses flammes impéris-
voque, j’implore ton secours. Accours a notre sables.
voix. 5. (Les prêtres) parleurs hymnes ont exalte le
7. Sage et prudent Agni, tu viens a nous par brillant Agni, qui dévore (les offrandes) et ren-
une double naissance 1; tu es le messager (des ferme toutes les richesses.
dieux). Ta nature t’a fait notre ami. G. Nos intentions sont pures, et nous deman-
8. (Dieu) sage et empressé, exauce nos vœux; dons pour nous l’alliance d’Agni, de Soma, des
accomplis successivement nos sacrifices, et viens dieux. Puissions-nous être vainqueurs de nos
ennemis!
te placer sur ce cousu.

HYMNE KV.
A un". PAR SOIABOUTI.
LECTURE SIXIÈME.
(Mètre: Gdyetrî.)

l. Agni, qui portes (nos offrandes) 9, (dieu) HYMNE].


protecteur et toujours jeune, amène-nous l’heu-
A sur", PAR GRITSAIADA.
reuse et brillante opulence, si enviée de tous.
2. Puissions-nous n’être sujets a la haine ni (leur : Trichtoubh.)
d’un dieu ni d’un mortel! Épargne-nous l’une et l. Le sacrificateur, sage, éclairé, brillant et
l’autre de ces deux inimitiés. robuste, est venu s’asseoir à sa place. C’est Agni,
3. Puissions-nous avec toi braver toutes ces qui possède la science des œuvres invincibles.
inimitiés, comme on brave des pluies d’orage! qui se distingue entre tous par sa position, qui
4. Agni, (dieu) pur et purifiant, (dieu) digne de peut tout porter, et qui agite sa langue puri-
nos hommages, tu brilles au loin au milieu de liante.
nos invocations et de nos libations de beurre. 2. (Dieu) libéral, nous t’invoquons, et tu de-

1. Il nalt comme feu du sacrifice et comme feu solaire:


viens pour nous un sauveur, un bienfaiteur.
de la son nom de dwt’mâtri.
2. Cette épithète est remarquable, Bhârata. Le com- l. Le texte porte les vaches, les taureaux et les octo-
mentaire donne ce mot comme étant un nom affecte aux patin. J’ai pensé que, par le mot vacher, il fallait en-
prêtres. tendre, comme nous lavons vu souvent, les flammes du
l. -- BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE. 12
170 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. (un. Vl.]
Brillant Agni, garde-nous avec tendresse, et veille cette heureuse matrice, et prenne ensuite diverses
sur nes personnes et sur nos enfants! formes. Dans (l’aram) endormie, ce (dieu) sage
3. Agni, nous voulons t’honorer dans ta pre- séjourne pendant la nuit, et voile ses splendeurs.
mière naissance; nous voulons encore te chanter 4. Couvrez de l’holocauste et du beurre sacré
dans ta seconde demeure 4. l’adresse mon hom- cet Agni qui habite tous les mondes. Il grandit
mage au foyer dont tu sors; tes flammes reçoi- sous les offrandes, il monte, il s’élargit en pous-
vent nos holocaustes. sant (une fumée) qui vole, qui serpente. C’est un
4. Agni, honore les dieux par l’holocauste qui (dieu) fort qui se fait voir au loin.
leur est du, et hâte-toi de recevoir les offrandes 5. 11 s’élance de tout côté. Je lui jette la rosée
qu’ils désirent. Tu es le maître de la richesse et d’une humble prière. Qu’il l’accueille, cet Agni,
le gardien de la parole sainte. trésor des mortels, miracle de beauté, géant lu-
5. Noble Agni, tu nais tous les jours, et tu as mineux qu’il n’est pas permis de toucher.
un double séjour que rien ne saurait détruire. 6. Toi qui as la vertu de triompher (du mal),
Rends celui qui te chante célébré entre tous; reçois notre hommage. Sois notre messager, et
fais-le opulent, et père d’une heureuse famillel puissions-nous, comme Manon, faire écouter notre
ü. Que ce (dieu) libéral, et digne de tous nos voix! Cet Agni qui brille de tout son éclat, et
hommages, daigne donc sacrifier heureusement qu’arrosent nos libations aussi douces que le
pour nous aux dieux au milieu de sa flamme miel, je l’invoque, la prière à la bouche, la coupe
éblouissante! Agni, tu es pour nous un gardien, (sacrée à la main).
un protecteur invincible. Brille avec tout ton
éclat, (brille) avec toute ta richesse! HYMNE Il).
A INDnA, PAR GRITSAMADA.
HYMNE Il
(Ilrlrrx: Trichtoubh et virât.)
A un", ne causeuses.
("être : Trichtoublr; l. lndra, écoute notre prière : tu dispenses les
trésors, ne nous regarde pas comme tes ennemis.
i. il faut en premier lieu invoquer Agni, que Nos offrandes sont abondantes, et vont vers toi
Manon a allumé dans notre foyer, et qui y siégé
comme un père; (dieu) immortel et sage, admi-
pour augmenter ta grandeur, comme les ondes
vers l’Océan.
rable et fort, s’entoumnt de splendeurs et capti-
2. Envoie-nous ces grands nuages qui grossis-
vant tous nos hommages. sent autour d’Ahi. O héros. que ce soit pour nous
2. Que le resplendissant Agni entende mon in- autant de sources fécondes! Exalté par nos hym-
vocation; que (ce dieu) immortel et sage accueille nes, frappe l’immortel Asoura, qui s’enorgueillit
toutes nos prières. Deux chevaux, tantôt noirs, de ses dépouilles.
tantôt rougeâtres, traînent son char, et ce char
est placé en différents endroits ’.
3. Invincible lndra, tu aimes ces hymnes et
ces chants dans lesquels on te célèbre avec les
3. Dans (l’arani) qui s’éveille 3, quele(prêtre)
enfants de Roudra. Ces brillants éloges, que tu
engendre un fils généreux. Qn’AgIIi naisse dans
ambitionnes, semblent venir à ta rencontre.
4. Oui, nous célébrons ta force merveilleuse :
foyer; par le mot taureaux (oukchan), les libations;
et par le mot octopodes, les invocations divisées on nous mettons dans tes mains la foudre étince-
huit patios. Il y a aussi un mètre appelé acini. Le celante; nous te représentons, lndra, grandissant
commentateur dit que le mot aclttàpadi se rapporte à
la vache quand elle est pleine, parce que ses pieds et avec nos éloges, et dispersant avec le Soleil les
ceux de son veau forment le nombre de huit. Le mot troupes des Asouras.
delitàpadî peut aussi désigner le plat des offrandes, 5. Ahi se cachait au sein du nuage; le sombre
divisé en huit compartiments. Voy. Dictionnairede
Wilson, achtdngdrghya. Le. sacrifice dans lequel est magicien se renfermait dans cette humide retraite.
offert le beurre sacré dans huit vases, est appelé achlà- Il arrêtait les eaux et encombrait le ciel. 0 héros,
capèle. tu as avec force frappé Ahi.
t. L’auteur fait allusion aux deux naissances d’Agni,
dans le feu du sacrifice et dans le feu solaire. 6. Louons donc, O Indra, tes anciennes proues-
2. Allusion aux foyers des trois espèces de feux. ses; louons aussi les nouvelles. Chantons la fou-
3. Nous savons que de l’arani on tirait, pour le sacri-
fice, le feu qui semble y dormir. Le poële représente dre qui brille en tes mains; chantons tes chevaux
l’aI-ani comme un personnage qui s’évaille on qui dort. qui annoncent le soleil.
[Lect. vi.] RIC-VÉDA. - SECTION DEUXIÈME. I7I
7. Tes chevaux, excités par nos libations, ont 18. Magnanime lndra, affermis cette force avec
henni en sentant le beurre consacré. U lndra, la laquelle tu as terrassé le fils de banon, qui
terre leur répond, et prolonge ce bruit. Le nuage, s’avançait comme l’araignée. (ne ta main droite)
qui marchait, s’est arrêté. révèle la lumiére à l’Aryu, et de ta main gauche,
8. Le nuage se tient (dans l’air) comme atten- lndra, terrasse le Dasyou.
tif; puis, répondantùla voix des (ondes qui sont 19. Nous voulons aussi honorer tes heureux
ses) mères, il se remet en marche. Cependant les auxiliaires, (les Marouts), qui, avec (toi, que
(Marouts) ont porté sur la plage lointaine la voix nous aimons à surnommer) Arya t, ont abattu
d’lndra, et ils en ont multiplié les sons. tout l’orgueil des Dasyous. Par amitié pour Tri ta ’,
9. Le grand lndra, en frappant le nuage en- tu as détruit ce monstre merveilleux formé par
dormi, frappe le magicien Vritra. Le ciel et la l’art de Twachtri 5.
terre ont frémi de crainte sous le coup retentis- 20. En faveur de ce Trita, qui te charmait par
sant de la foudre du (dieu) généreux. ses libations, tu as sous ta grandeur écrasé Ar-
l0. Oui, la foudre du (dieu) généreux a retenti, bouda t. Comme le soleil fait rouler son disque,
quand (lndra), ami des hommes, a percé l’ennemi lndra a fait rouler sa foudre 5, et, accompagné
du genre humain. Avide de nos libations, il adé- des Angiras, il a percé Bala.
truit les magies de l’imposteur, enfant de Dânou. 2l. 0 lndra, que cette riche offrande attire tes
Il. Bois donc, magnanime lndra, bois notre bienfaits sur celui qui te chante! Comble de tes
soma. Que nos libations enivrantes fassent ta joie. dons ceux qui t’honorent. Ne les afflige pas en
Qu’elles emplissent, qu’elles élargissent tes flancs. leur dérobant une partie de tes faveurs. Puis-
Qu’elles comblent tous les vœux d’lndra. r sions-nous, avec force, chanter longtemps encore
12. lndra, puissions-nous avoir une place dans dans les sacrifices l
ton cœur! Les sages veulent t’honorer par une
prière convenable. Oui, jaloux d’obtenir ton se-
HYMNE IY.
cours, nous t’adressons cet hommage. Maître de
la richesse, nous nous donnons à toi. A IXDRA, PAR GRITSAIADA.
l3. Nous nous donnons à toi, lndra; et, dési-
(Hêtre : Trichtoubh.)
rant ta protection, nous doublons nos offrandes.
0 dieu, accorde-nous cette richesse que nous l. Le dieu qui est né le premier, et qui, juste-
souhaitons; qu’elle soit accompagnée d’abondance
ment honoré, a par ses œuvres orné les autres
et de force! dieux; qui, par sa force et sa puissance, fait
14. Donne-nous une maison, un ami; donne- trembler le ciel et la terre: peuples,c’estlndra 3.
nous, lndra, les biens que répandent les robustes 2. Celui quia consolidé la terre ébranlée, qui
Marouts. Car ces Marouts, qui partagent ta joie et
ton ivresse, viennent aussi boire le soma présenté
1. Voy. page 61, col. 2. note 2.
(aux dieux). 2. Ce personnage est allégorique, et représente la liba-
15. Qu’ils viennent donc, ces compagnons de tion. Voy. page 74, col. 1, note A; page 104, col. 2,
tes plaisirs! lndra, bois le soma qui fait ton bon- note 3.
3. Je suppose que ce monstre est le nuage orageux
heur et ta force. Deviens notre protecteur au ou se trouvent accumulés les feux de Twachtri. Le
milieu des combats; et avec les grands et adora- commentaire regarde le mot Twàchtro comme le nom
d’un Asoura.
bles (Marouts) découvre la face du ciel. 4. Nom d’un Asoura.
16. (Dieu) sauveur, ceux qui se montrent géné- 5. Ce sens me parait clair. Le mot tchacm, qui veut
reux envers toi, ou qui par des hymnes célèbrent dire roue, a donné lieu a une légende que j’ai déjà.
indiquée. On raconte qu’autrefois le char du soleil avait
tes bienfaits, te préparant sur le causa une espèce deux roues; qu’lndra en prit une pour s’en servir comme
de demeure; é lndra, ils sont sûrs de ta protec- de sa foudre, et la fitrouler dans l’air.
tion, et obtiennent l’abondance. . 6. Pour rendre raison de la composition de cet hymne,
qui vraiment n’avait pas besoin de cette explication, le
f7. Pendant les terribles tricadrous 1, héroïque commentaire suppose que, dans un sacrifice où se trou-
lndra, bois notre soma avec volupté; qu’il coule vaient lndra et Gritsamada, les Asouras arrivent avec
des intentions hostiles contre lndra, lequel sort de l’en-
sur ta barbe. Viens, avec tes chevaux azurés, ceinte sacrée sous la forme de Gritsamada, et laissait.
prendre heureusement ta part des libations. la sienne au Richi. Les Asouras saisissent Gritsamada,
le prenant pour lndra; Gritsamada se défend, et leur
1. Voy. page 60, col. 2, note 3. apprend ce que c’est qu’lndra.
172 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [un Vl.]
a frappe les nuages irrites t. qui a étendu les sans relâche le pécheur et l’impie; qui ne saurait
espaces de l’air et affermi le ciel : peuples, c’est pardonner à l’insolence, et qui terrasse le Dasyou :
lndra. peuples, c’est lndra.
3. Celui qui, en donnant la mort à Ahi, a de- il. Celui qui, à notre quarantième libation 4,
chainéles sept fleuves ’ ; qui a délivre les vaches a tue Sambara, l’habitant des nuages; qui a
prisonnières de Bala a; qui, terrible dans les frappe à mort Ahi, l’enfant de Danou, Ahi que
combats, entre deux nuages, a enfanté Agni t: nous voyions grossir et s’arrêter languissam-
peuples, c’est Indra. ment : peuples, c’est lndra.
4. Celui qui a ranime tous les êtres; qui a ren- 12. Celui qui, orné de sept rayons, généreux
voyé dans sa caverne 3 (ténèbreuse) le vil et rapide, a donné l’essor aux sept fleuves ; qui,
Asoura; qui, tel que le chasseur, vainqueur arme de la foudre, a frappe Robin ’ escaladant
d’innombrables ennemis, s’empare de leurs de- le ciel : peuples, c’est lndra.
pouilles : peuples, c’est Indra. l3. Celui devant qui se courbent le ciel et la
5. (Les Asouras) se demandent : Où est-il? et, terre; dont les montagnes (célestes) redoutent la
en le voyant si redoutable,ils se disent z Ce n’est puissance; qui, après avoir bu le soma, se trouve
pas lui. Cependant il détruit ses ennemis, qui se affermi. et arme son bras de la foudre z peuples,
partageaient entre eux les richesses. Ayez foi en c’est lndra.
lui, peuples, c’est lndra. li. Celui qui couvre de sa protection l’homme
6. Celui qui mérite la prière et du riche et du que recommandent ses libations, ses offrandes,
pauvre, du prêtre et du poète qui le supplient; ses hymnes, ses prières; qui se sent exalté par
qui, distingué par sabelle face, est le gardien du nos sacrifices, notre soma, nos présents : peuples,
soma que lui présente la coupe (sacrée) z peu- c’est lndra.

ples, c’est lndra. ’ 1.3. (Dieu) invincible, tu accorderas l’abondance


7. Celui à qui appartiennent les chevaux, les à l’homme qui te fait des libations et des offran-
vaches, les bourgs, tous les chars; qui a produit des ; car tu es juste. Puissions-nous, lndra, être
le Soleil et l’Aurore, et qui conduit les ondes : tes amis, avoir la fortune en partage, et renou-
peuples, c’est lndra. » veler chaque jour notre sacrifice!
8. Celui que semblent provoquer avec leurs
clameurs deux armées de nuages, ses ennemis,
HYMNE V.
l’une supérieure, l’autre inférieure 6; celui que
les (Aswins), portés sur le même char, appellent x INDRA, [un GRITSAIÂDÀ.
à plusieurs reprises : peuples, c’est lndra. (Hem : Trichtoubh.)
9. Celui qui donne la victoire aux combattants;
que les guerriers appellent à leur secours; qui a l. La saison (des pluies) est la mère de la
plante (du soma) ; (la plante) naît et croît rapide-
tout formeà son image, et qui communique le
mouvement aux êtres inanimés : peuples, c’est ment au milieu des eaux dont elle est entourée.
lndra. Elle pousse des branches qui s’emplissent de suc.
10. Celui qui n’est méchant que pour frapper Mais ce qui donne au soma cet accroissement 3,
voilà ce que d’abord il faut chanter.
2. Des ruisseaux de jus coulent de toute part.
t. Le mot parente signifie montagne et nuage. Les
Pourtlnss racontent qu’autrefois les montagnes avaient et se rendent vers un même vase t qui les con-
des ailes, et se transportaient d’elles-mêmes a travers tient. Ils ne suivent tous qu’une même voie. 0 toi
les airs. La foudre d’lndra leur trancha ces ailes, et
depuis ce temps elles sont immobiles. Ce conte n’est
qu’un abus de mots. et le commentateur le rappelle a t . Lecommentateurdit : dans la quarantième année,et
l’occasion de ce vers. littéralement, le quarantième automneJe ne comprends
2. Voy. page 61, col. l, note 3. pas que le dieu attende si longtemps pour exaucer Ses
3. Voy. page H, col. l, note 7. serviteurs; je me suis cru autorise a rendre encore ici
4. C’est-a-dire Twachtri, feu de la foudre. le mot sarad par libation, comme je l’ai déjà fait plu-
5. Cette caverne, c’est le ciel nocturne, c’est la nuit sieurs fois. Autrement. je ne verrais tout au plus dans
elle-même et les ténèbres. curait qu’un jour d’automne.
6. Dans ce passage, ou le commentateur introduit le 2. Nom d’un Asoura.
ciel et la. terre, j’ai cru retrouver l’idée que j’ai déjà 3. Ce qui donne cet accroissement à la plante, c’est le
exprimée section l, lecture vu, vers 5 et 6; je veux dire sacrifice, ou bien c’est lndra, qui a. envoyé la pluie.
la peinture de deux nuages orageux, dont l’un est placé 4. Ce vase s’appelle Sommaire: il estcomme une mer
ail-dessus de l’autre, et qui s’avancent en même temps. vers laquelle se rendent ces rivières de libations.
[un in.) RIG-VED.t. - SECTION DEUXIÈME. 173

qui as fait cela, c’est toi que d’abord il faut il. (Dieu) héroïque, ta force est justement cé-
chanter. lébrée, car par tes prouesses tu (nous) procures
3. Un homme accompagne de sa voix les offran- l’abondance. Tu as enlevé la richesse du puissant
des; un autre vient qui se charge des œuvres, et Djatoùchthira t. Voilà tout ce que tu as fait, o
qui consomme les objets du sacrifice; par les lndra; c’est toi qu’il faut chanter.
ordres d’un troisième f tout s’exécute. O toi qui 12. Tu as jadis rendu le passage d’un fleuve
as fait cela, c’est toi que d’abord il faut chanter. facile pour Tourvîti 3 et pour Vayya 3, en eu-
4. Les assistants font part aux êtres divers des chalnaut sa violence Paravridj ’, aveugle et hoi-
heureux fruits du sacrifice. lls vont à la richesse, teux, était submergé; tu l’as, pourta gloire, retiré
qui devient pour eux comme un fardeau trop pe- des eaux. C’est toi qu’il faut chanter.
sant. (Agni), habile a briser les liens des choses, l3. Toi qui es notre refuge, accorde-nous ces
broie sous ses dents les offrandes du père de richesses qui se trouvent accumulées en toi. O
famille. 0 toi qui as fait cela, c’est toi que d’abord lndra, comblés chaque jour de tes dons précieux,
il faut chanter. pères d’une heureuse lignée, puissions-nous chan-
5. Toi qui as découvert la terre à la face du ciel; ter longtemps encore dans les sacrifices!
toi qui, par la mort d’Ahi, as donné l’essor aux
fleuves (célestes); toi, être divin, que les Dévas
HYMNE Vl.
ont forme avec leurs louanges, comme avec les
eaux on forme la nourriture (des hommes), c’est .t INDIIA, PAR GIITSAIADA.
toi qu’il faut chanter.
(Mètre : Trichtoubh.)
6. Toi qui donnes les aliments; qui, de la (tige)
humectée que tu as grossie, tires le grain aussi l. Prêtres, apportez le soma pour lndra. Tirez
doux que le miel; qui es un trésor pour ton ser- des vases les ofl’randes enivrantes. Le dieu fort
viteur, c’est toi qu’il faut chanter. aime toujours à se rassasier de ce soma. Donnez
7. Toi qui, pour manifester ta suprême géné- au généreux (lndra) ce qu’il désire.
rosité, as produit les fleurs et les plantes salu- 2. Prêtres, (au dieu) qui de sa foudre a brisé,
taires; qui as formé les diverses lumières du ciel; comme un arbre, Vritra, l’assembleur de nuages,
qui as étendu des espaces larges comme toi, c’est apportez le soma qu’il souhaite. lndra mérite qu’on
toi qu’il faut chanter.
le rassasie de soma.
8. Toi qui, pour détruire le riche Narmara ’, 3. Prêtres, (au dieu) qui a tue Dribhlra 5 , qui
et nous enrichir de la dépouille des Asouras, as a délivre les vaches célestes et terrassé Bala, ap-
produit la bouche invincible de la foudre; qui portez le soma. Comme le vent est enveloppé de
aujourd’hui encore te distingues par mille exploits, l’air, comme un vieillard est couvert de vête-
c’est toi qu’il faut chanter. ments, couvrez aussi lndra (de vos libations).
9. Toi qui, pour le bonheur d’un serviteur dé- ai. Prêtres, cet lndra qui a détruit Ourana 5 fier
voué, prodigues par milliers les secours et les de ses quatre-vingt-dix-neuf bras, qui a renversé
bienfaits; qui, en faveur de Dabhiti t, as frappé Arbouda ’, charmez-le par l’ofl’ranlle de votre
les Dasyous, et l’as délivré de prison; qui (tou- soma.
jours) t’es montre accessible (aux prières), c’est 5. Prêtres, à cet lndra qui donna la mort à
toi qu’il faut chanter. , Swasna, à Souchna, à Asoucha aux membres mu-
10. Toi dont la force est attestée par toutes les tilés, à Piprou, à Namoutchi, a Roudhicras 5,
rivières; qui, auteur de tout bien, reçois l’ofl’rande offrez les mets sacrés.
de notre reconnaissance; qui as étendu les six 6. Prêtres, à cet lndra qui a de sa foudre brisé
(mondes intermédiaires), et qui entoures de ta les cent villes de Sambara remplies de trésors,
protection les cinq espèces d’êtres t, c’est toi
qu’il faut chanter. l. Je crois que c’est le nom d’un Asoura.
2. Voy. page 76, col. l, note 6; page 65, ce]. l,
note 2.
’ l. Dans ce passage, qui est une peinture du sacrifice, 3. Voy. page-16, col. l,not06: page 109, c013, note t.
j’ai vu trois personnes distinctes, et non une seule. 4. Voy. page 109, col. 2, note 8.
quoique le mot du: soit répété trois fois. 5. Nom d’un Asoura.
2. Nom d’un Asoura. 6. Nom d’un Asoura.
3. Voy. page tu, col. l, note t. ’1. Autre nom d’Asoura.
t. Voy. page 45, col. l, note l. 8. Tous ces noms sont des noms d’Asouras.
tu INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. [Loch Vl.]
qui a détruit les cent et les mille auxiliaires de 3. Comme autant de places (pour le sacrifice),
Vartehin l, apportez le soma. il a mesuré la région de l’orient et les autres; il
7. Prêtres, à ce dieu qui, dans le voisinage de a de sa foudre ouvert le cours des fleuves, et les a
la terre, détruisant ces cent et ces mille (enne- lancés par de longues voies. Dans l’ivresse que
mis), protégeait les hommes de Coutsa ’ , lui cause le soma, voilà ce qu’a fait Indra.
d’Ayou 5, d’Atithigwa 1, apportez le soma. »’l. (Les Asouras) emportaient Dahliîti l; il les
8. Prêtres, ce que vous pouvez désirer, vous a enveloppés, et a d’un feu resplendissant al-
l’obtenez aussitôt d’lndra. Apportez au grand ln- lumé sa foudre. ll a donné a Dabhiti des vaches,
dra votre soma aux purs rayons, et olfrez-le-lui des chevaux, des chars. Dans l’ivresse que lui
en sacrifice. cause le soma, voilà ce qu’a fait lndra.
9. Prêtres, ofl’rez à lndra l’heureux (soma); pu-
rifié au feu du vénérable (Agni), qu’il soit pré-
5. (Des Richis) voyageaient, et ne pouvaient
traverser un fleuve débordé ’. 1l a calmé les flots
senté à (un dieu)non moins vénérable. Indra aime
agités, et a fait passer heureusement (ces Richis)
ce qui vient de vos mains : donnez-lui le soma à l’autre rivage; puis il les a comblés de riches-
enivrant. ses. l)ans l’ivresse que lui cause le soma, voilà
10. Prêtres, comme la mamelle de la vache ce qu’a fait lndra.
s’emplit de lait, que le secourable lndra s’emplisse
6. L’onde s’élevait (au ciel), il l’a frappée avec
de vos libations. le connais la vertu secrète de
notre soma : la faveur de l’adorable (lndra) est force; et, tandis que des coups rapides de sa
foudre il réduisait en poussière (humide les nua-
encore acquise à celui qui lui rend cet hom-
ges) paresseux, il formait le char de l’Aurore.
mage.
Dans l’ivresse que lui cause le soma, voilà ce
tl. Prêtres, cet invincible lndra, qui est le roi
qu’a fait lndra.
des biens célestes, des biens de l’air, des biens
terrestres, honorez-le par vos offrandes d’orge, 7. Dans une réunion de jeunes filles apparut le
et ne négligez pas les libations. sage Paràvridj 5; le boiteux marchait, l’aveugle
voyait. Dans l’ivresse que lui cause le soma, voilà
12. Toi qui es notre refuge, accorde-nous ces
ce qu’a fait Indra
richesses qui se trouvent accumulées en toi. 0
lndra, comblés chaque jour de tes dons précieux, 8. Célèbre par les Augiras, il a percé Bals; il a
pères d’une heureuse lignée, puissions-nous chan- forcé les portes de la montagne; il a donné la li-
ter longtemps encore dans les sacrifices! berté aux ondes que les Asouras avaient amas-
sées. Dans l’ivresse que lui cause le soma, voilà
ce qu’a fait lndra.
HYMNE HI.
il. Il a endormi, pour les frapper, Tchoumouri
A nous, un GRITSAIADA. et le dasyou Dhouni 1; il a sauvé Dabhiti 5, et
(Mètre : Trichtoubh.) avec une bruyante joie il a dépouillé (ces Asou-
ras) de leurs richesses. Dans l’ivresse que lui
1. Je chante les grandes actions d’un (dieu) cause le soma, voilà ce qu’a fait lndra.
grand, les œuvres justes d’un (dieu) juste. Pen- l0. O lndra, que cette riche offrande attire tes
dant les tricadrous 5 il boit notre soma, et dans bienfaits sur celui qui te chante! Comble de tes
son ivresse lndra a tué Ahl. biens ceux qui t’honorent; ne les afflige pas en
2. Dans l’espace il a établi ce vaste firmament; leur dérobant une partie de tes faveurs. Puis-
entre le ciel et la terre il a étendu l’air; il a sions-nous, avec force, chanter longtemps encore
consolidé la terre, et lui a donné une large sur- dans les sacrifices!
face. Dans l’ivresse que lui cause le soma, voilà
ce qu’a fait lndra.
il. Radjarchi pris et emmené par les Asouras. Voy.
page in, col. 1, note 4.
l. Nom d’un Asoura. 2. C’est le fait mentionné plus haut, hymne v. vers. 12.
2. Voy. pag. G2. col. 2, note 2; pag.106, col.t,notc 3; 3. Voy. page 109, col. 2, note 8. c’est un conte allâ-
pag.109, col. 2, note 12 ; pag. 111, col. 1. note 2,pag.120, gorique sur le soleil revenant du boul de l’horizon: boi-
col.1, note 2; page 162, col. 2, note 2. teux et aveugle pendant la nuit, il marche et il voit
3. Voy. page 75, col. 2, note 11. pendantle jour.
A. Voy. page 73, col. 1. note 12. t. Noms de deux Asouras.
5. Voy. page 60, col. 2, note 3. ri. Voy. plus haut, note l.
(Leu. v1.1
slavises. - sermons DEUXIÈME. na
HYMNE Yl". sions-nous, avec force, chanter longtemps encore
dans les sacrifices !
A INDRA. PAR GRITSAIADA.
(leur: :Tricbtoubh et Djugatl.) HYMNE 1x.
t. Pour vous je porte l’hymne au meilleur des A mon. un canalisez.
êtres, comme (on porte) l’holocauste au brûlant (tien-r3: Trichtoubh et Djagatt.)
Agni. Nous appelons à notre secours le victorieux,
l’invincible Indra, (lndra) toujours jeune, (tou- I. Tels qu’Angiras, chantez les louanges du
jours) honoré. dieu dont les prouesses nouvelles sont aussi ma-
2. Que deviendrait cet univers sans lndra? En gnifiques que les anciennes, lorsque, enivré de
lui se trouvent réunies toutes les forces. Dans ses notre soma, il rassure et délivre toutes les vaches
(célestes) que la violence a rassemblées.
flancs il porte le soma, dans son corps la grau-
î. Qu’il soit encore pour nous tel qu’il fut pour
deur et l’énergie, dans sa main la foudre, dans sa
tète la puissance. son antique adorateur, dont il augmenta la gran-
3. Ta vertu royale n’a rien de supérieur au ciel deur et la force! Qu’il soit le héros qui, dans les
et sur la terre; ton char, Indra, ne (peut être ar- combats, lui a servi de cuirasse, et qui sur sa
rêté) par les mers ni parles montagnes. Personne tète a courageusement soutenu le ciel!
ne saurait s’emparer de ta foudre, quand tes ra- 3. Ainsi jadis tu as déployé ta puissante vi-
pides (coursiers) te font parcourir tant d’yodja- gueur, quand, sollicité par la prière, tu as, en
présence de ton serviteur dévoué, manifesté ta
na: 1.
4. A ce (dieu) redoutable, vainqueur, généreux, grandeur. Fuyant à la vue de ton char tralné par
éternel, tous apportent le sacrifice. (Mortel) sage des coursiers azures. les cruels Asouras se sont
dispersés de tous côtés.
et libéral, honore (lndra) par le don de l’holocauste.
0 lndra, bois le soma avec le généreux Agni l Il. C’est lui qui, par sa force souveraine, a ja-
5. Le flot de la libation coule avec libéralité, dis fondé tous les mondes; qui a porté la lumière
et va désaltérer (le dieu) libéral, qui répand la par toute l’étendue du ciel et de la terre, et qui,
nourriture avec abondance. Couple généreux de dissipant les ténèbres, a repoussé leur funeste in-
prêtres ’, le pressoir aussi généreux, en faveur fluence.
du libéral (lndra), exprime un abondant soma. 5. Il a, par la vigueur de son bras, abaissé ces
6. Généreuse aussi est ta foudre, généreux ton montagnes (célestes) qui u’avançaient dans les
char, tes chevaux, tes armes. Généreux lndra, airs l, et a fait couler leurs ondes dans la région
tu es le maître d’une généreuse ivresse. Sois heu- inférieure. ll a raffermi la terre, qui soutient tout;
reux de notre abondant soma. et, par sa puissante magie, a prévenu la chute du
7. Au moment du combat, je viens avec la ciel.
prière du sacrifice, et j’ose compter sur toi : car t3. Ses deux bras ont paré le monde; en père
(prévoyant), il l’a couvert de toute espèce de créa-
tu aimes nos louanges. Tu seras pour nous tel
qu’un vaisseau (dans le naufrage). Daigne souvent tures; pour son bonheur, il a, au milieu du bruit
entendre nos vœux l Nous apportons nos libations de sa foudre, frappé Crivi î, et l’a couché sur la
à lndra comme a une source de richesses. terre.
8. Éloigne-nous du mal, comme la vache, dans 7. Tel que la fille pieuse qui habite avec son
père et sa mère, et attend d’eux la subsistance à
le paturage, protège son nourrisson. 0 Satacra-
tou, puissions-nous être avec nos prières aussi laquelle son dévouement lui donne des droits,
fortunés que le taureau avec la vache qu’il fé- tel je viens te demander une part (dans tes bien-
coude! faits). Secours-moi, et, dans tes présents, n’aie
9. 0 lndra, que cette riche offrande attire les d’autre mesure que cette de la forme immense
bienfaits sur celui qui te chante! Comble de tes sous laquelle tu nous apparais.
biens ceux qui t’honorent; ne les afflige pas en 8. lndra, nous voulons t’invoquer comme no-
leur dérobant une partie de les faveurs. Puis- tre défenseur; lndra, tu nous donnes l’abondance

1. Mesure itinéraire. t. Le commentateur trouve dans ce vers l’histoire


2. Le commentaire les nomme Adhwaryou et Prati- d’indra coupant les ailes aux montagnes volantes.
pralfltri. 2. Nom d’un Asoura. ,
176 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [mon Vl.]

pour fruit de nos travaux; lndra, daigne varier siers. (Dieu) libéral, cette libation est pour toi ,
pour nous tes bienfaits; généreux Indra, accorde- ne trompe pas notre espoir!
nous la richesse. ’ 5. Viens à nous avec vingt, avec trente cour-
9. O Indra, que cette riche offrande attire tes siers; attelle (à ton char) quarante chevaux.
bienfaits sur celui qui te chante! Comble de tes lndra, à cet excellent char mets cinquante,
biens ceux qui t’honorent; ne les afflige pas en soixante, soixante-dix coursiers, et viens boire
leur dérobant une partie de tes faveurs. Puissions- notre soma.
nous, avec force, chanter longtemps encore dans 6. Viens à nous, traîné par quatre-vingts,
les sacrifices ! quatre-vingt-dix. cent chevaux. Ce soma qui est
dans nos coupes a été versé pour toi z tu Peux
HYMNE X. t’enivrer de ce breuvage.
7. Indra, accours à ma prière; attelle tous les
A mon, [un cut’rSAlAnA.
chevaux au joug de ton char. Beaucoup de tes
(lure: Trichtouhh.) serviteurs doivent t’invoquer; (dieu) invincible,
préfère notre sacrifice.
l. Dès le matin, voila qu’on attelle un char l 8. Que mon amitié pour lndra ne soit point
pur et nouveau; il a quatre jougs I, trois brisée; que ses dons soient pour nous un lait
fouets a, sept guides A, dix roues 5. Destiné (précieux)! Sous la protection de son bras vail-
au bonheur de l’homme, qu’il soit poussé par lant, au milieu de nos œuvres pieuses. puis-
les vœux et les prières l sions-nous être vainqueurs!
2. Que ce char soit préparé pour Indra une 9. O lndra, que cette riche offrande attire les
première, une seconde, une troisième fois a! bienfaits sur celui qui le chante! Comble de tes
Qu’il soit chargé des offrandes de Manon 7l dons ceux qui t’lionoreut; ne les afflige pas en
D’autres encore enfantent le nourrisson destiné leur dérobant une partie de les faveurs. Puis-
a un autre (foyer). Ce (char), qui apporte l’abon- sions-nous, avec force, chanter longtemps en-
dance et la victoire, peut être attelé par d’autres core dans les sacrifices!
que nous.
3. Avec les paroles d’une prière nouvelle. j’ai
HYMNE XI.
attelé au char d’indra deux coursiers qui doivent
le traîner. Que tous les autres sages qui te sacri- A INDKA, PAR GRITSAIADA.
fient n’aient pas, comme moi, le bonheur de te (Notre : Trichtoubh.)
plaire!
4. Indra, viens avec deux chevaux, viens avec l. De ces offrandes que présente un sage
quatre, viens avec six. Écoute notre voix. Ac- habile dans la pratique des libations, qu’lndra
cours a notre soma avec huit, avec dix a cour- s’emplisse a satiété. C’est près de ce soma que
jadis se plaisaient, que grandissaient et Indra
1. Ce char, c’est le sacrifice préparé pour lndra. et les saints personnages occupés de la chose
2. Ces quatre jougs sont peut-être les quatre côtés de sacrée.
l’enceinte du sacrifice. Le commentateur incertain ne 2. Ivre de ce doux breuvage, Indra, la foudre
sait s’il faut voir ici quatre espèces de vaSes, ou de
prêtres, ou de cérémonies, ou d’offrsndes. Ne serait-ce à la main, a percé Ahi qui retenait les ondes;
pas la prière en prose, l’hymne, l’olfrande liquide, et l’on a vu ces eaux, traversant les airs comme
l’offrande solide!
3. Ces trois fouets sont les trois tous de la voix; peut- un oiseau, courir alimenter les fleuves.
étro les trois savanes. 3. Le grand Indra, en tuant Ahi, a ouvert la
4. Les sept guides sont les sept espèces de mètres sur route de ces ondes vers l’Océan. Il a produit le
lesquels les hymnes sont composés.
5. Les dix roues me semblent être, suivant le com- soleil et retrouvé les vaches célestes; de ce qui
mentaire, dix offrandes contenues dans le vase du formait la nuit, il a fait ce qui convient au jour.
sacrifice (tchamasa). On compte aussi dix serviteurs du é. L’incomparable lndra a comblé Manon de
sacrifice, qui sont les dix doigts.
6. Le poële désigne les trois savanes, on sacrifices du ses bienfaits; pour son serviteur il a tué Vritra.
matin, du midi et du soir. Les hommes, à l’envi l’un de l’autre, redeman-
7. C’est-a-dire, de l’homme.
8. Ces coursiers représentent le nombre d’akcharas
daient le soleil : lndra les a tous satisfaits.
ou de syllabes que contiennent les vers des invocations, à. Êtasa, généreux envers lndra, lui apportait
Voy. page 148, col. 2, note 8. de riches offrandes, et le traitait avec la libéralité
(un. vu] RIG-VÉDA.
- SECTION DEUXIÈME. 177
qu’un père a pour son fils. Le dieu. reconnaissant le loue, qui le prie, qui l’honore par des libations
de ses libations et de ses louanges. a fait obtenir et des hymnes.
à un mortel la victoire sur le Soleil l. 4. Ainsi je chante, je célèbre lndra, qui jadis
6. En faveur de Coutsa ’, porté sur le même a causé le salut (de ses amis) et la mort (de leurs
char que lui, le brillant lndra a frappé Souchna. adversaires). Qu’il écoute la prière du mortel qui
Asoucha, Couyava 3. Pour plaire à Divodasa A. l’implore aujourd’hui, et qu’il lui donne la ri-
il a brisé les quatre-vingt-dixvneuf villes de chesse qu’il désire!
Sambara. 5. lndra a entendu la voix des Angiras; sensible
7. Ainsi nous voulons, lndra. célébrer tes à leurs hommages, il a suivi leurs pas. Loué par
louanges, et te présenter nos offrandes comme eux, il a délivré les Aurores et le Soleil, et a (lis-
pour satisfaire ta faim. Puissions-nous obtenir sipé l’obscurité dont Asna I encombrait (le ciel).
ton amitié. qui est l’objet de nos désirs! Puis- 6. Oui, que ce dieu célèbre, que cet lndra si
sions-nous voir émousser le trait de l’impie renommé se lève en faveur de Manon! Déployant
Asoural sa force et sa vigueur, qu’il abaisse la tète du
8. Invincible lndra, tels que le voyageur qui brigand, ennemi de ses serviteurs!
prépare ses provisions. les enfants de Gritsamada 7. Qu’lndra, vainqueur de Vritra , brise ses
ont préparé cet hymne pour toi. Pour prix de villes au ventre noir, et fasse tomber (les ondes)
leurs œuvres pieuses et de leurs louanges; que prisonnières; que. pour Manon, il devienne le
(tes serviteurs) obtiennent l’abondance, la force, père de la terre et des eaux! Qu’il exauce les
la stabilité, le bonheur! vœux de l’homme qui lui sacrifie!
9. 0 lndra, que cette riche offrande attire tes 8. Les Dévas ont donné la force à lndra, pour
bienfaits sur celui qui te chante! Comble de tes qu’il nous envoie l’eau. Si dans ses bras ils pla-
cent la foudre, c’est pour qu’il frappe les Dasyous,
dons ceux qui t’honorent; ne les afflige pas en
et qu’il brise leurs villes de fer *.
leur dérobant une partie de les faveurs. Puis-
sions-nous, avec force, chanter longtemps encore 9. 0 lndra, que cette riche offrande attire tes
dans les sacrifices! bienfaits sur celui qui te chante! Comble de tes
dons ceux qui t’honorent; ne les afflige pas en
leur dérobant une partie de tes faveurs. Puis-
HYMNE x11. sions-nous, avec force. chanter longtemps encore
dans les sacrifices!
A mon, un GllTSAIADA.
HYMNE X111.
(un: : Trichtoubh.)
A [IDEM PAR GIITSAIADA.
l. lndra, nous t’apportons nos offrandes : dai- (Hum : Trichtoubh et Djagatî.)
gne écouter nos vœux! Ainsi, l’homme qui veut
l. A l’adorable lndra, qui, toujours vainqueur,
recueillir sa moisson se prépare un char. Nous par droit de conquête possède tout, la richesse,
(venons), brillants (des feux du sacrifice), la le bonheur, les hommes, la terre, les chevaux,
louange et la prière a la bouche, demander la les vaches, les ondes, apportez l’heureux soma.
faveur de ces dieux, aussi bons que toi. 2. Au grand lndra, conquérant, généreux, in-
2.1ndra, tes secours protégent ceux qui, comme
vincible, vaillant et sage; à cet admirable (lndra)
nous, te .sont dévoués. Tu es le maître et le dé-
qui porte victorieusement (le monde), et dont il
fenseur de tes serviteurs. Ton cœur est avec celui
qui t’honore.
est difficile de soutenir les atteintes, faites vos
adorations.
3.1ndra. toujours jeune, (toujours) digne de
3. Triomphant, il protège ses serviteurs; guer-
nos invocations, est l’heureux ami et le. gardien
rier. il attaque, il ébranle ses ennemis. Qu’il re-
des hommes. Il accorde son secours à celui qui
çoive à son gré nos libations, lui qui peut com-
bler nos vœux, manifester sa force, et défendre
l. Voy. page ’76, col. l, note 7.
2. Voy. page m. col. l, note 2.
3. Noms d’Asouras. l. Nom d’un Asoura.
A. Voy. page 110, col. l, note l0; page 115, col. 1 2. Nous disons que le ciel est d’airain, lorsque la
note 2:11.50 HO, col. l, note 9. sécheresse dure longtemps.
178 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch Vl.]
le peuple! 1e dois célébrer les hauts faits d’lndra. impies! Que Sat-zcratou accepte nos libations et
4. Prompt à donner, généreux, il est le fléau nos offrandes!
de son ennemi. Grand et profond (en ses desseins),
il possédé une sagesse immense. Il peut envoyer HYMNE XV.
le bonheur ou la mort. Ferme, étendu, digne de
nos sacrifices, lndra a heureusement produit les A AGNI, PAR GRITSAIADA.
Aurores. (Mètres : Trichtoubh et Djsgatl.)
5. Les Sages, enfants d’Ousidj, élevant la voix
de la prière, ont, par le sacrifice, ouvert la route l. Nous invoquons le prince des troupes (di-
au (dieu) qui précipite les ondes. Assis près (du vines), le sage des sages, le (dieu) le plus chargé
foyer sacré), chantant (les louanges) d’Indra et d’offrandes, le plus grand des rois, le maître des
lui adressant leurs offrandes, ils ont obtenu les choses sacrées. Viens t’asseoir dans ton foyer, et
secours qu’ils réclamaient, et (recouvré) les vaches (prouve) par ta protection que tu nous as en-
(célestes). tendus.
6. lndra, donne-nous les biens les plus 2. 0 maltre du sacrifice (Vrihaspati), o toi qui
précieux; accumule sur nous l’abondance, la donnes la vie, les dieux sages ont obtenu par toi
prospérité, l’ornement des richesses, l’accroisse- la part qui leur revient dans les sacrifices. Comme
ment de la famille, la douceur des chants (du le soleil par sa lumière enfante les rayons, toi, tu
sacrifice), et la sérénité des jours! es le noble père de toutes les œuvres saintes.
3. Détruisant le mal et les ténèbres, tu montes
HYMNE XIV. sur le char brillant du sacrifice, O Vrihaspati;
(sur ce char) redoutable qui triomphe de tes en-
A INDIIA, PAR GRITSAIADA. nemis, qui tue les l!akchasas, fend les nuages, et
(Mètres : Achtî et Alisakwnri.) apporte le bonheur.
Il. Tu conduis dans une bonne voie, tu sauves
l. Pendant les tricadrous 1, que le grand, que le peuple qui t’honore, et que le mal ne saurait
le resplendissant (lndra) vienne, a son gré, avec atteindre. 0 Vrihaspati, tu accables l’impie, tu
Vichnou, prendre nos offrandes d’orge et boire le anéantis les menaces de sa colère : te! est le pri-
soma! Qu’il s’enivre de nos breuvages pour pou- vilège de ta grandeur.
voir accomplir sa grande œuvre, (ce dieu) vaste 5. Jamais le mal ni la douleur n’attaquent ce
et grand! Que cette sainte et divine liqueur (peuple); jamais les ennemis ni les hommes à
s’unisse au saint et divin lndra! double langage ne l’oppriment. Tu détruis, O
2. Armé d’une force éclatante, qu’il combatte, maître de la chose sacrée, tous les adversaires de
et qu’il triomphe de Crivi,exalté par la puissance la nation dont tu es le généreux gardien.
de (notre soma); qu’il remplisse le ciel et la terre! A 6. Tu es notre pasteur et notre guide, (dieu)
Que ses flancs contiennent la meilleure part de prudent, et en ton honneur nous faisons entendre
(nos offrandes)! Que cette sainte et divine liqueur des prières et des hymnes. 0 Vrihaspati, toi qui
s’unisse au saint et divin Indra! nous défends contre nos ennemis, fais qu’ils
3. Né avec la puissance, avec la force, tu veux soient victimes de leur propre malice!
notre bonheur; ta vigueur grandit avec tes vic- 7. Le brigand effronté, le mortel plein de haine
toires; (dieu) sage, (dieu) généreux, tu apportes qui vient nous attaquer, malgré notre innocence,
a celui qui te loue l’objet de ses désirs. Que cette o Vrihaspati, éloigne-le de notre route; et, en fa-
sainte et divine liqueur s’unisse au saint et divin veur de ce sacrifice, assure la sécurité de notre
lndra! marche!
4. 0 lndra, danseur (céleste), elle est vérita- 8. (Dieu) sauveur, nous t’invoquons comme le
blement digne de louange, cette œuvre antique protecteur de notre race, notre défenseur, notre
et solennelle que tu accomplis dans le ciel en ami. 0 Vrihaspati, repousse les contempteurs
faveur des hommes, quand, avec ta force divine, des dieux; que nos ennemis n’obtiennent aucun
tu nous rends la vie en nous rendant les eaux! succès!
Que la puissance d’indra triomphe de tous les 9. 0 maître de la chose sacrée, puissions-nous,
par ta bienfaisante faveur, obtenir les biens qui
l. Voy. page 60. col. 2, note 3. font l’envie des mortels l Détruis ces impies qui,
[heu VIL] ItIG-VEDA. - SECTION DEUXIÈME. * ne
de loin ou de près, nous poursuivent de leur à lndra, tu as fendu cette mer d’ondes (salutaires)
haine. que couvraient de noires ténèbres.
10. 0 Vrihaspati, avec un compagnon aussi gé- l9. 0 maître de la chose sacrée, toi qui conduis
néreux que toi, nous sommes sûrs d’avoir ton-- ce (monde), entends mon hymne, et prends ma
jours l’abondance. Que le méchant, qui aspire a race sous ta protection! Qu’il soit fortuné pour
la victoire, ne devienne pas notre maître. Par nous, ce saint appareil que chérissent les dieux!
l’effet de nos prières, puissions-nous jouir d’une Pères d’une heureuse lignée, puissions-nous chan-
bonne renommée et du triomphe! ter longtemps cncore dans les sacrifices!
il. 0 maître de la chose sacrée, tu es prompt
à donner, généreux, ardent au combat, courageux
assaillant, vainqueur intrépide; tu es juste, et
débiteur équitable. Tu abats l’homme violent et LECTURE SEPTIÈME.
superbe.
12. Un (mortel) impie, qui attaque notre gloire, HYMNE I.
terrible, orgueilleux, désire notre perte. 0 Vrihas- A INDRA ET A BRABIANASPA’I’I l, PAR
pati, que son trait n’arrive pas jusqu’à nous! GRITSAIADA.
Brisons la fureur de ce méchant que sa force
(Mètres : Trichtoubh et Djagatî.)
enorgueillit.
l3. On t’implore dans les combats, ettu mérites î. Maître (du monde), reçois cette offrande.
les hommages qu’on t’adresse. Tu vas au milieu Nous voulons t’honorer par un hymne nouveau
de la mêlée, et tu donnes les dépouilles (de tes et solennel. Un de tes amis, ô Vrihaspati, en ver-
ennemis). Que Vrihaspati, comme un char des- sant la libation et (en t’iuvoquant) pour nous,
tructeur, passe sur les armées de notre adver- commence cet éloge. Daigne exaucer notre prière.
saire, qui comptait sur la victoire. 2. Celui qui par sa force a abattu les insolents
14. Fais sentir l’ardeur de tes rayons aigus à Rakchasas; qui dans sa colère a déchiré les
ces Rakchasas qui ont osé mettre en doute ta force nuages; qui a fait avancer la masse immobile
triomphante. Prouve la vérité de nos chants; o (des eaux), et a pénétré au sein de la montagne où
Vrihaspati. tue l’insolence de tes censeurs! étaient cachés des trésors, c’est le maître de la
15. 0 Vrihaspati, enfant du sacrifice, donne- chose sacrée.
nous cette abondante opulence, dont un maître 3. Cette œuvre devait être celle du plus grand
de maison * puisse se faire honneur, qui, des dieux. Par lui la force a été brisée, la vigueur
parmi le peuple, se recommande par son éclat et est devenue mollesse; il a délivré les vaches cé-
sa grandeur, et qui se distingue par sa force ! lestes; par la vertu du sacrifice il a frappé Bala,
16. Ne nous livre pas à ces brigands, à ces en- dissipé les ténèbres et montré la lumière.
nemis malfaisants, qui, tapis dans leurs repaires, a. Le maître de la chose sacrée a ouvert par sa
guettent le moment de saisir leur proie. 0 Vrihas- puissance ce (nuage) étendu, dont la force sem-
pati, au fond du cœur ils convoitent l’oî’frande
blait dure comme la pierre, et qui renfermait le
réservée aux dieux. Qu’ils apprennent qu’il n’est
miel (de l’abondance). Tous les brillants (Ma-
rien de supérieur a toi routs’ ont bu cette onde, et l’ont en mémé temps
17. Le sage créateur ’ de l’univers t’a enfanté
répandue (sur la terre).
pour envelopper tous les mondes. Le maître de la 5. Ces mondes éternels ouvrent pour vous leurs
chose sacrée aime à contracter des dettes envers portes aux mois et aux années. (Le leur et la
(le père de famille) qui allume le feu divin; il Nuit) se suivent sans interruption. Voilà les œu-
s’acquitte avec son créancier, quand il donne la vres utiles du maître de la chose sacrée.
mort à Vritra. 6. Les Panis avaient amassé et caché dans leur
18. 0 Angiras a, pour ta gloire est survenu caverne un riche trésor : les sages (Angiras), con-
le nuage, quand tu as ouvert la prison qui ren-
fermait les vaches (célestes). OVrihaspati, associé 1. C’est un nom d’Agni, qui, dans cet hymne, quelque-
fois, ss trouve confondu avec lndra.
1. Le texte dit Arya. 2. Le commentaire pense qu’il est ici question des
2. Pour exprimer cette idée, le petite emploie le mot rayons du soleil. Je serais assez porté il. considérer le
Twachtri. mot swardris comme signifiant sans portion de l’atmos-
3. Nom d’Agni. Voy. page 11, col. 2. note l. phère.
Iso mon. - POÉSIE LYRIQUE. ILect. VIL]

naissant leur injustice, se sont rendus à l’endroit 15. 0 maltre de la chose sacrée, puissions-nous
(où la victoire les attendait), et ils en sont revenus chaque jour posséder une heureuse et abondante
maîtres de précieuses dépouilles 1. opulence! Donne à des héros des héros pour en-
7. Oui, ces justes avaient vu l’injustice; ils ont faute, (dieu) puissant, et reçois mon invocation et
pris le grand chemin (du sacrifice); le feu a été mon offrande!
soufflé, et les sages (Angiras) ont, de leurs mains, 16. 0 maître de la-chose divine, toi qui con-
placé dans son foyer (le dieu) douton ne soupçon- duis ce (monde), entends mon hymne, et prends
nait pas l’existence. ma race sous ta protection! Qu’il soit fortuné pour
8. Le maître de la chose sainte porte un arc, nous, ce saint appareil que chérissent les dieux !
dont le sacrifice est la corde : il lance ses traits Pères d’une heureuse lignée, puissions-nous chan-
rapides partout où il veut. Les (Prières) ses épou- ter longtemps encore dans les sacrifices!
ses sont comme les flèches dont il perce les
Rakchasas, et qui, placées sous l’œil de l’habile HYMNE Il.
(archer). attendent le long de son oreille l’ordre
du départ’.
A BRAHIANASPATI. un GRITSAIADA.

9. Le maître de la chose sacrée mérite nos (Mètre : Djagatî.)

louanges; il est notre compagnon, notre guide, 1. L’homme qui allume le feu sacré, et qui ac- r
notre pontife. Il combat avec nous. Lorsqu’en sa
qualité de sacrificateur il reçoit et porte les of-
complit les saintes pratiques, perdra ceux qui
veulent sa perte. L’homme qui ofire l’holocauste
frandes avec les prières, le Soleil s’échauffe des
prendra de rapides accroissements. Il verra son
feux du sacrifice.
fils lui donner des petits-fils, celui que le maître
10. Vrihaspati donne la pluie, et ses présents
de la chose sacrée regarde comme son ami.
sont les plus beaux, les plus grands qu’on puisse
2. Avec ses gens il perdra les gens qui veulent
obtenir. Ces dons du plus aimable, du plus opu- sa perte. Il verra croître la fécondité de ses va-
lent (des dieux) font le bonheur des prêtres, des
ches, et connaîtra tous les biens. il verra se mul-
pères de famille, de tout le peuple.
tiplier ses fils et ses petits-fils, celui que le maî-
11. Le maître de la chose sainte, dans son sé-
jour inférieur, s’étend avec force de tous côtés, et
tre de la chose sacrée regarde comme son ami.
il aime à soutenir la fortune des grands. Dieu, il 3. La digue a plus de force que le fleuve,
l’homme plus que l’eunuque, le mortel pieux
s’élève vers les dieux, et protège au loin tous les
êtres.
plus que ses ennemis. Agni donne plus de vigueur
à l’action de celui que le maître de la chose sacrée
l2. Tous nos hommages s’adressent à toi et à
regarde comme son ami.
Maghavan. Les ondes (et tous les autres êtres) ne
Il. Les (ondes) célestes se détachent (du nuage)
sauraient entraver vos œuvres. 0 lndra et Brah-
pour lui. Parmi ceux qui honorent (les dieux), il
manaspati, venez tous deux avec une égale rapi-
dité, a nos offrandes et à nos holocaustes l
est toujours le premier pour ses vaches. Il pos-
sède une force indomptable et triomphe par sa
13. Les dociles coursiers nous ont entendus. Le
puissance, celui que le maître de la chose sacrée
sage, accoutumé à nos cérémonies, offre nos prié-
regarde comme son ami.
res et nos libations. Ennemi des Rakchasas, cède
5. Pour lui coulent toutes les ondes; en lui se
à ton désir, et viens ici contracter une dette, 6’
maître de la chose sacrée, que ces mortels assem-
concentrent des biens aussi nombreux que dura-
blés honorent par leurs présents. bles. Heureux sous la protection des dieux, il
croît en prospérité, celui que le maître de la chose
14. Le maître de la chose sacréea reçu de nous,
sacrée regarde comme son ami.
suivant son désir, de justes hommages. Ces (dieux)
réunis feront de grandes œuvres. C’est lui qui a
délivré les vaches (célestes), et qui les a précipitées HYMNE lll.
du ciel. C’est sa puissance qui a brisé (le nuage), A HnAHIANASPATl, PAR annulant
et l’a lancé comme un large torrent.
’Hc’lra : Djaguti.)

l. Voy. page u, col. l, note 7. î. Le chantre (des dieux) perdra ceux qui veu-
2. Ces mots sont la paraphrase de l’épithète carnayonil
à laquelle on peut trouver un autre sens. D’après ce lent le perdre. L’homme pieux triomphera de
sans, la prière repose dans l’oreille du dieu. l’impie. L’observateur (des saintes pratiques) vain-
lLect. VIL] RlG-VÉDA. - SECTION DEUXIÈME. 181
cra sur le champ de bataille le héros invincible. fi. 0 Aryaman, Mitra et Varouna, la route que
Le bon serviteur recueillera la dépouille du mé- vous ouvrez est bonne, agréable, sans épines. 0
chant. Adityas, menez-nous par cette route, et prêtez-
2. Homme, sacrifie, et préviens tes ennemis. nous un secours tout-puissant!
Prépare-toi un triomphe sur tes adversaires. Offre 7.0u’Aditi, qui a pour fils ces royaux (Adityas),
l’holocauste pour t’assurer une heureuse fortune. éloigne nos ennemis; qu’Aryaman (nous con-
Nous invoquons le secours du maître de la chose duise) par d’heureux chemins. Puissions-nous
sacrée. compter sur la grande protection de Mitra et de
3.11 se trouve dans l’abondance de tous les Varouna! puissions-nous avoir des compagnons
biens avec ses gens, son peuple, sa famille, ses courageux, et rester invincibles!
enfants, ses guerriers, celui qui, plein de fol, 8. Ils contiennent les trois mondes t, les trois
honore avec l’holocauste le père des dieux, le atmosphères ’, les trois œuvres 3 saintes. Avec le
maître de la chose sacrée. sacrifice, o Adityas, votre gloire est grande; elle
Il. Le maître de la chose sacrée conduit dans est éclatante, 0 Aryaman, Varouna et Mitral
une heureuse voie l’homme qui veut lui plaire par t). En faveur du mortel juste ils soutiennent les
ses libations de beurre. Il le délivre du mal; il trois feux divins, et brillent de l’éclat de l’or, pu-
le protège contre le méchant et l’assassin. Pour rifiés par l’onde (sacrée), invincibles, chantés par
lui il est un (dieu) généreux et admirable. la piété; leur œil toujours ouvert ne succombe
jamais au sommeil.
HYMNE 1V. 10. 0 Varouna, o toi qui donnes la vie 1, tu es
roi des dieux et des mortels. Accorde-nous de
aux ADITYAS, PAR COUIIA, FILS DE
on l TSA I A n A.
voir la lumière pendant cent automnes. Que notre
vie soit heureuse et pleine!
(Mètre : Trichtoubh.) 11. (En ce moment) je ne distingue rien 5, ni
î. La coupe (sacrée a la main), je présente aux le midi, ni le septentrion, ni l’orient, ni l’occi-
royaux Adityas cette prière, accompagnée de dent. 0 (dieux) qui constituez (le monde), est-ce
libations de beurre. Écoutez-nous, Mitra, Aryaman, donc l’imprudence ou la sagesse qui préside à vos
Bhaga, Varouna, Dakclta *, Ansa, (divinité) mul- conseils ? Que je sois rassuré par la lumière.
tiple. 12. L’homme qui honore les royaux (Adityas),
2. Que Mitra, Aryaman, Varouna, attachés a chefs du sacrifice, voit sans cesse augmenter sa
la même œuvre, accueillent aujourd’hui cet fortune. Il va, riche et renommé, porté sur un
hymne, Adityas brillants , purifiés par l’onde char, répandant ses largesses, et vanté dans les
sacrée), saints, irréprochables, invincibles. sacrifices.
3. Ces Adityas grands, profonds, indomptables, 13. Brillant et invincible, possesseur de gras
ardents au combat, couverts (l’yeux innombra- pâturages et d’abondantes récoltes, entouré d’une

bles, voient, au milieu du monde, et le bien et le belle famille, il est favorisé de pluies heureuses.
mal. Leur brillante royauté sait, de sa hauteur, Il n’a a craindre ses ennemis ni de loin ni
se rapprocher de nous. de près, celui que les Adityas daignent diriger.
Il. Ces divins Adityas, gardiens du monde en- Il. 0 Aditi, a Mitre et Varouna, pardonnez-
tier, soutiennent tous les êtres animés et inani- nous les fautes que nous avons pu commettre!
més; pleins de grandes pensées, conservant l’es-
prit vital, et débiteurs équitables (envers les 1. Ces trois mondes (le texte dit: leur-où terres) sont
la terre, l’air et le ciel.

mortels). i
5. O Adityas, faites que je connaisse votre sc-
cours : qu’il me seconde merveilleusement dans
2. Le texte emploie le mot dyou, auquel le commen-
taire donne plusieurs sans. Ces trois dyour sontsans
doute les trois régions de l’air qu’on nomme en anglais
la crainte que m’inspirent les Rakchasas! 0 Arya- lucane", sky, CHIOT; ou bien ce sont les mondes que les
Indiens appellent maharloka, Iwarloka, pilriloca. Voy.
man, Mitra et Varouna, sous votre direction que page 64, col. 1, note 2. Le mot dyou signifie brillant,
j’évite le malheur, comme (on évite) des fossés et le commentaire propose encore de voir dans les trois
ayons, Agni, Vàyou et le Soleil.
(dangereux) !
3. Ce sont les trois savanes; ou ce sont trois rites,
nommés rasâdàna, dhârana et ninadjuna.
l. Les Adityas sont au nombre de douze. Dakclia A. Asoura.
n’est pas ordina’rement dans ce nombre. 5. C’est l’heure du sacrifice du matin.
[f..-et. vu. j
182 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE.
Pour prix de nos offrandes, lndra, donne-nous la 5. Délivre-moi des liens du mal. 0 Varouna,
jouissance d’une lumière tranquille z épargne- puissions-nous recueillir le fruit de notre sacri-
nous les longues et mortelles nuits! lice! Que cette toile qu’a tissue la prière ne soit
15. Le ciel et la terre s’entendent pour combler pas déchirée! Que le résultat de nos œuvres pas-
de biens votre serviteur. La pluie tombe pour sées ne se trouve pas perdu l
lui du haut des airs, et augmente sa prospérité. 6. O Varouna, o roi juste, éloigne. ma crainte,
Il va, dans les combats, conquérant deux heu- et traite-moi avec faveur! Délivre-moi du mal,
reuses demeures, qui lui sont également assu- comme (on délivre la vache) de son veau. Per-
rées !. sonne ne saurait te faire baisser les yeux.
16. O Adityas dignes de nos hommages, puissé- 7. Varouna, toi qui donnes la vie, ne m’accable
je, comme un écuyer sur son char, passer à tra- pas de ces traits destinés à l’impie. Ne nous laisse
vers les embûches magiques que tend votre en- pas aller jusqu’aux frontières extrêmes de la lu-
nemi, à travers ces chaînes que prépare sa haine l mière. Assure notre vie en brisant nos ennemis.
Que (des dieux) invincibles comme vous nous 8. 0 Varouna, toi qui si souvent as manifesté
prennent sous leur vaste protection! ta puissance, nous t’avons jadis adressé nos hom-
17. 0 royal Varouna, que je n’aie point à dé- mages; nous venons encore te les adresser. (Dieu)
plorer la perte d’un ami, d’un parent tel que toi invincible, nos œuvres s’appuient sur toi comme
riche et magnifique, ni la funeste ruine de ma sur un roc solide.
fortune! Pères d’une heureuse lignée, puissions- 9. Acquitte les dettes que tu as contractées
nous chanter longtemps encore dans les sacrifices! avec moi. 0 roi, je ne demande pas le fruit de ce
qu’un autre a pu faire! O Varouna, bien des au-
HYMNE v. rores doivent encore se lever, pour lesquelles je
te prie de nous conserver!
A "accru, un connin. 10. 0 royal Varouna, qu’un parent ou un ami
ait pu m’épouvanter en songe ; qu’un brigand,
(Mètre : Trichtoubh). I
qu’un malfaiteur ait le dessein de me nuire, pro-
1. Mon hommage s’adresse au sage et puissant
tège-moi contre eux l
Aditya, qui par sa grandeur s’élève au-dessus de
Il. 0 royal Varouna, que je n’aie point à déplo-
tous les êtres, à ce dieu qui fait la joie de son rer la perte d’un ami, d’un parent, tel que toi
adorateur. le veux chanter la gloire de l’illustre
riche et magnifique, ni la funeste ruine de ma
Varouna. fortune! Pères d’une heureuse lignée, puissions-
2. 0 Varouna, puissions-nous être heureux de
nous chanter longtemps encore dans les sacrifices!
te servir, de te prier, de te louer! Chaque jour,
au lever des fécondes Aurores, nous te chantons,
allumant en ton honneur les feux d’Agni. HYMNE Vl.
3. 0 Varouna, toi qui es notre guide, nous nous Aux vtswuuivAs, PAR connin.
plaçons sous la protection d’un (dieu) qui est en- (Mètre : Trichtoubh.)
touré de tant de puissance et orné de tant de
î. Rapides Adityas, qui étés fermes dans vos
louanges. Fils d’Aditi , dieux invincibles, ayez
pitié de vos amis. œuvres, éloignez de moi le mal, comme la mal-
heureuse mère éloigne d’elle son fruit illégitime.
4. Déjà de tout côté l’Aditya. soutien (du
monde), a fait naître le feu du sacrifice; en l’hon- 0 Varouna et Mitra, et vous, dieux, qui m’enten-
neur de Varouna s’épandent les libations. Sans dez, je vous appelle à mon secours; c’est à vous
fatigue, sans relâche, elles coulent, et vont rapi- qu’un sage demande le bonheur.
2. Dieux secourables, vous étés la sagesse et la
dement, comme pour le nourrir, au sein du (dieu)
qui tourne autour (de la terre) ’. force mêmes : faites disparaître nos ennemis;
soyez, et aujourd’hui et dans la suite, pleins de
l. J’entends, par ces deux demeures, la. demeure ter- bonté et de pitié pour nous.
restre et la demeure céleste, obtenues l’une par ses ar-
mes, l’autre par sa piété. libations s’élèvent dans l’air, sous la forme de vapeurs:
2. Le commentateur entend tout ce passage des eaux car, au lieu de ces mots comme pour le nourrir, on
de la pluie que Varouna envoie du ciel. Ce dieu qui peut dire aussi comme un oiseau. Le commentateur,
tourne autour de la terre, c’est Agni (Parigman). c’est dans son système, veut que parigman s’entende de la
aussi une épithète de l’air, et l’on pourrait dire que les terre.
lLert. VIL] RlG-l’ÉDA. - SECTION DEUXIÈME. 183

3. O Vasous, que ne pouvons-nous pas, ailles Augmente, a lndra, le nombre de nos enfants, le
aujourd’hui de votre secours, et sûrs à jamais de nombre de nos troupeaux.
ce même secours? 0 Mitra et Varouna, 0 Aditi, 6. Certes, vous pouvez faire la fortune de celui
lndra, et vous, llarouts, accordez-nous votre be- dont vous approuvez le sacrifice. Par l’espoir de
nediction ! vos bienfaits, vous engagez votre dévot serviteur,
4. 0 dieux, qui êtes nos amis, écoutez favora- o lndra et Soma! Protégez-nous donc, et donnez-
blement mon invocation : que votre char arrive nous la sécurité au milieu de nos craintes.
promptement à notre sacrifice; que nous trou- 7. (lndra) n’est point capable de nous accabler
vions les autres dieux fidèles, comme vous, dans de travaux, de fatigues, de vexations. (Il ne nous
leur amitié! contraindra jamais) à dire : a Abstenez-vous de V
5. Je suis sans doute coupable envers vous de lui offrir le soma! n mais il me préviendra de ses
bien des fautes; mais vous m’aimez comme un secours, de ses présents, de ses bontés; il me
père aime (le fils) qu’il a perdu. 0 dieux, loin de donnera des troupeaux de vaches pour prix de
moi les chalnes et les maux! Ne faites pas de moi nos libations.
ce que (le chasseur) fait d’un oiseau qu’il livre à 8. O Saraswati. sauve-nous! Unie aux Marouts,
un enfant. tu peux victorieusement repousser nos ennemis.
6. Venez aujourd’hui, dieux adorables; je suis lndra a donné la mort à ce chef de brigands qui
tremblant de crainte: que votre bonté me rassure. osait l’insulter, et s’avançait avec l’apparence de
Sauvez-nous de la méchanceté du brigand; sau-
vez-nous de ses atteintes cruelles. Venez, et soyez la9. 0force. " l’ennemi cache qui
Vrihaspati, surveille
honores! veut notre mort, et perce-le d’un trait aigu. Tu
7. 0 royal Varouna, que je n’aie point à déplo- as des armes contre ceux qui nous attaquent; O
rer la perte d’un ami, d’un parent, tel que toi roi, environne-les de tes (feux) meurtriers!
riche et magnifique, ni la funeste ruine de ma 10. 0 héros, accomplis avec les héros qui nous
fortune! Pères d’une heureuse lignée, puissions- appartiennent les œuvres merveilleuses dont tu
nous chanter longtemps encore dans les sacrifices! es capable! (Nos ennemis) sont depuis longtemps
éblouis par les fumées (de l’orgueil). Donne-leur
la mort, et que leurs dépouilles soient a nous.
HYMNE Yl].
il. Avec des libations et des chants, j’implore
A mon et strass, un GRITSAIADA. votre puissance, 0 Marouts, O race divine! Puis-
(Mure : Trichtoubh.) sions-nous obtenir une fortune soutenue par une
vaillante race de fils et de guerriers, (une fortune)
l. En l’honneur de Savitri, auteur de la lu- de plus en plus mémorable!
mière; en l’honneur d’lndra, vainqueur d’Ahi, les
ondes (du sacrifice) coulent sans relâche. Chaque
HYMNE V111.
jour voit ce terrent se renouveler. (Qui sait) a
quelle époque il a commencé ? aux Viswxntvxs, Plut GRITSAIADA.
2. En faveur du sage qui apporte ici une of- (Ultra: Trichtoubh ri lljagatî.)
frande pour obtenir (l’eau) de Vritra, Aditi dit à
son fils : u Les ondes rapides, qui se creusent une i. 0 Mitraiet Varouna, accourez vers notre
voie, doivent chaque jour, pour ce mortel, cou- char *, et unissez-vous aux (autres) Adityas, aux
ler heureusement. n liondras, aux Vasous, Venez avec l’empressement
3. (Vritra) s’élève et s’arrête dans l’air; (lndra) de l’oiseau sauvage, que la faim attire près de
prend sa foudre pour lui donner la mort. L’en- nos habitations.
nemi) vêtu du nuage s’est avancé, et lndra, de 2. 0 dieux, accourez tous de concert vers ce
ses traits aigus, l’a percé. char qu’en présence du peuple nous chargeons de
4. 0 Vrihaspati, ta foudre brûlante a consumé présents, au moment où les rayons (de nos liba-
les forces de l’Asoura, qui tenait le nuage ferme. tions), prenant leur essor, vont dans l’air se ren-
De ton (arme) victorieuse tu as frappé jadis cet contrer, snr les hauteurs de la terre, avec les
(Asoura), ô lndra; frappe également notre ennemi. rayons (du soleil).
5. Envoie du haut du ciel cette foudre dont tu
as. excite par nos chants, terrassé ton rival. t. C’est-adire. le sacrifice.
184 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. lem. vu)
3. Que le sage lndra, honoré par nos sacrifices, uni à nous par ce lien d’amitié. Nous venons à
(vienne) du ciel avec la troupe des Marouts. Qu’il toi, te demandant le bonheur.
monte sur ce char avec ces heureux auxiliaires, 3. Sois clément pour nous, et amène la vache
pour répandre sur nous ses abondantes fa- (céleste), bienfaisante et grasse, partageant ses
veurs. membres entre nous. 0 (dieu) partout invoqué,
Il. Que le dieu amour de la terre, que Twachtri je t’implore, toi qui marches rapidement, et dont
vienne avec ses épouses goûter les joies (du sa- nos voix pressent le pas.
crifice), et précipiter la marche de ce char. (Qu’il 4. l’adresse également l’hommage de ma prière
soit dans cette œuvre secondé par) ne, Bhaga, le à l’adorable Racé t. Écoute-nous, heureuse
Ciel et la Terre entourés de tant d’éclat, Poûchan (déesse), et sois sensible à nos vœux. Que l’ai-
aux sages pensées, et les puissants Aswins. guille avec laquelle tu couds notre vêtement
5. (Venez) aussi pousser notre char, heureuses d’honneur, n’aille point se briser. Fais que nous
et divines jumelles, Aurore et Nuit, qui donnez le ayons pour rejeton un héros généreux et digne
mouvement à tous les êtres animés. Je vous d’être chanté.

chante, ainsi que la Terre; et avec mon hymne 5. 0 belle Raca, viens aujourd’hui à nous avec
je vous présente la triple offrande de la prière, toutes ces faveurs, tous ces présents que tu ré.
des mets sacrés et du soma. serves à ton favori! Que ta bonté, heureuse
6. Pour vous, nous voulons chanter un hymne (déesse), se manifeste à nous par mille bienfaits.
tel que celui des (anciens) Ousidjs 1. Qu’Ahir- 6.0 Sinivalî i, toi dont le sein est destiné
boudhnya ’ , Adja 5 , Ecapàd 1 , Trita 5, à grossir, et qui es la sœur des dieux, accepte
Ribhoukchàs °, Savitri, reçoivent nos offrandes. notre holocauste, et donne-nous, o déesse, une
Que le fils des Ondes (sacrées) 7, à la marche race (fortunée) l
rapide, prenne plaisir à notre prière. 7. A cette (déesse) aux beaux bras, aux doigts
7. (Dieux) adorables, tels sont les souhaits que charmants, mère féconde de biens innombrables,
je forme; les enfants d’Ayou les expriment dans à Sinivali, protectrice du peuple, offrez l’holo-
un hymne composé en votre honneur. 11s dési-
rent l’abondance et la force. Tels qu’un coursier
emporte un char, que les dieux aussi emportent
nos vœux (pour les exaucer)!
causte. ’
8. J’invoque Goungoû 5, Sinlvàll, Récit; j’ap-
pelleà mon secours lndràni 1; je demande la
bénédiction de Varounani 5.

HYMNE 1X. HYMNE X.


aux VISWADÉVAS, PAR uRlTSAIADA. A ROUDRA, PAR GRITSAIADA.
(Mètres : Anouchtoubh et Djugatl.) (me: : Trichtoubh.)

1. O Ciel et Terre, je vous honore par cette 1. O père des Marouts, viens prendre notre
prière : protégez le serviteur qui vous implorel offrande. Ne nous prive pas de la vue du soleil.
(Dieux), objets de tant de louanges, un enfant Que l’homme qui nous attaque le trouve pour
d’Ayou, l’offrande à la main, accumule ici pour adversaire. 0 Roudra, que notre race se multi-
vous les présents. i plie!
2.. Garde-nous chaque jour contre les attaques 2. Que les plantes salutaires données par toi,
secrètes d’un mortel (dangereux, ô lndra)! Ne o Roudra, prolongent mes jours jusqu’à cent
nous abandonne pas au milieu de nos traverses ; hivers! Repousse loin de nous les méchants, les
ne nous prive pas de nos amis. Sois toi-même fautes,et les diverses maladies si variées.
3. 0 Boudra, tu es, par ta richesse, le premier
l. Voy. page 168, col. 1, note 1. des êtres, le fort des forts. Ta main est armée de
2. Voy. page 161, col. 2. note t.
3. Nom d’lndra ou du soleil, non natal.
4. Nom d’ludra ou du soleil. quasi unipes. Les mots 1. C’est la pleine lune z la nouvelle lune s’appelle
Adja et Ecopàd ont été réunis pour former un nom de L’ouhoû; le jour qui la précède, Sinîvàli.
Roudra. 2. Voy. la note précédente.
5. Nom d’Agni. Voy. page 71, col. 1, notehpage 106, 3. Le commentateur dit que c’est le même personnage
col. 2, note 3. que Cpuhoû.
6. Nom d’lndra. 4. Épouse d’lndra.
7. C’est-à-dire, Agni. 5. Épouse de Varouna.
[Loch vu.] RIG-VÉDA.’ -- SECTION DEUXIÈME. 185

la foudre. Tu nous fais traverser heureusement le je les demande pour nous à l’heureux Roudra.
fleuve du mal. Préserve-nous des atteintes du l4. Que le trait de Rendra nous épargne. Que
méchant. la fureur de ce (dieu) brillant aille s’exercer
Il. O Rondra, nous ne voulons pas t’indisposer ailleurs. Sois généreux pour nous, comble-nous
par des hommages (imparfaits), par des hymnes de biens solides, et protégé notre race.
inconvenants, par un partage (indiscret) de nos l5. Dieu fort, libéral et prudent, retiens ta
invocations. Donne, par le moyen des plantes colère et tes coups. Écoute notre invocation, o
(salutaires), la force à nos guerriers. Tn es, en Roudral sois sensible ânes hommages. Pères
effet, le médecin des médecins. d’une heureuse lignée, puissions-nons chanter
5. J’invoque Rendre, qui se plait à recevoir longtemps encore dans le sacrifice l
nos holocaustes et nos louanges. Charme de nos
libations et de nos hymnes, que ce (dieu) beau HYMNE Xi.
et fort accueille notre prière.
6. Que (ce dieu) bienfaisant, uni aux Marouts,. ACE IAROIJTS, PAR GRITSAIADA
exauce les vœux que je lui adresse en même (litres : Trichtoubh et Djagatî.)
temps que ces brillantes offrandes. Je veux ho-
norer Rondra; et, de même que l’homme brûlé l. Les Marouts amènent la pluie; et, doués
par le soleil se réfugie à l’ombre, de même je d’une force victorieuse, aussi redoutables que
viens, fort de mon innocence, me mettre a l’abri des lions, adorables pour leur puissance, brillants
de votre protection. de vives clartés. amis des libations, ils soufflent
7. Qu’est devenue, é Roudra, cette main bien- la tempête, et poussent les vaches (célestes).
faisante et légère dent tu guéris (les maux hu- 2. De même que les airs s’animent du feu des
mains)? Tn effaces les torts causés par les autres étoiles, ces terribles (combattants), qui lancent la
dieux z généreux (défenseur), sois clément pour pluie, s’illuminent du feu des éclairs. 0 Marouts
ornés d’un cellier d’or, Rondra vous a enfantés
moi.
8. An (dieu) protecteur, libéral, et qui se revêt dans le sein brillant et fécond de Prisni t.
de couleurs blanches, j’adresse cet hymne solen- 3. lis lancent leurs rapides coursiers, qui sem-
nel. Pénétrés d’une profonde vénération, nous blent se couvrir d’écume, et ils se précipitent par
chantons l’éclatante et adorable puissance de les bréehes qu’ils font au (nuage) retentissant.
Roudra. 0 Marouts a la face dorée, pressez vos daims
légers, et venez, d’un concert nuamine, recueillir
9. Rondra, terrible à la fois et bienfaisant,
apparaît, multipliant les formes de ses membres nos offrandes.
d’or, solides et brillants. L’esprit vital est inhé- 4. En échange de ces offrandes, ils nous ap-
rent à ce (dieu), maître du monde qu’il soutient. portent les trésors des mondes (supérieurs), pro-
10. Avec une majesté digne de toi tu portes un diguant à leur ami tous leurs bienfaits et leurs
arc et des flèches, un adorable collier orné diva- constantes faveurs, dirigeant (vers lni) sans hé-
sement; tu protèges avec honneur tout ce vaste sitation leurs daims rapides, et chargés du
fardeau des biens qu’ils répandent.
univers. 0 tiendra, personne n’est plus puissant
5. O Marouts, animés tous d’un même esprit,
que toi.
il. Chante donc ce (dieu) jeune et renommé, et armés de traits resplendissants, (venez) avec
porté sur un char (brillant), fléau (de ses enne- ces vaches brillantes qui frémissent sons le bruit
mis), terrible et redoutable comme le lion. 0 lion- (du tonnerre); et, suivant une heureuse voie,
dra, favorise le chantre qui te loue! Que les accourez à nos enivrantes libations comme les
compagnons exterminent tout autre que nous. cygnes à leurs lacs favoris.
12.1e m’approche de toi, é Rendre, et je te
1. Prisni (voy. page 53, col. 1, note 5; page 66, col. 1,
salue avec le respect qu’un jeune fils a pour son note 1; page 15:1, col. 2, note 1) est un nom que
père. Je célèbre le (dieu) magnifique et maître de l’on donne a la terre, et même a l’air. Mais il me sem-
la piété. Pour prix de nos éloges, accorde-nous ble ici que ce met, qui signifie multicolor, doit se rap-
porter au nuage. C’est an sein du nuage que Rendre,
des plantes salutaires. c’est-à-dire l’air, enfante les vents. Deux mots de cette
13. 0 bienfaisants Marouts, ces plantes qui phrase, vrichan, qui signifie taureau, et oudhan, qui
veut dire mamelle, ont donné lieu a une légende. On
viennent devons, pures, salutaires, merveilleuses, suppose que tiendra, changé en taureau, a en les MI-
(ces plantes) que Manon notre père a préférées, routs de la Terre, changée en vache.

I. - BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE I3
[Loch vu.)
186 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE.
G. 0 Marouts, remplis des mémés sentiments, avec I’Aurore. Voilà que l’Aurore, de ses lueurs
venez à nos offrandes avec un zèle égal a celui rougeâtres, repousse la Nuit, et précède l’astre
qui nous amène à l’hymne du sacrifice. De même éclatant qu’entoure la troupe des vaches (célestes).
que vous remplissez la mamelle de la vache 13. Les Rondras, parés de leurs ornements
céleste, de même rendez la prière féconde pour rougeâtres et retentissants, s’étendent au milieu
votre chantre. des régions lumineuses. Avec une force rapide,
7. O Marouts, faites que le char de ce sacrifice ils pénètrent au sein des nuages, et s’y revêtent
suive chaque jour une heureuse carrière. Donnez d’une forme magnifiquement brillante.
l’abondance à vos chantres; (donnez) au maître Il. lls sont nes protecteurs; nous venons leur
de maison la richesse, la prudence, le bonheur apporter nos hommages et réclamer leurs se-
et la force invincible. cours. Ccnx que Trita appelait autrefois sous le
8. Quand les Marouts, parés de leurs colliers nom des cinq sacrificateurs l, je les presse éga-
d’or, attellent leurs coursiers à leur char, et se lement d’acceurir à notre aide.
disposent ù répandre leurs trésors, comme la 15. 0 Marouts, cette protection qui fait passer
vache dans le pâturage donne son lait à son votre serviteur à travers le fleuve du mal, qui le
nourrisson, ils versent leurs bienfaits sur le délivre des atteintes de son ennemi, qu’elle des-
peuple qui offre l’holocauste. cende vers nous; que votre faveur devienne pour
9.0 Marouts, qui pouvez consolider (notre nous comme une vache nourricière!
bonheur), défendez-nous contre le mortel dan-
gereux qui médite notre perte! O tiendras, percez- HYMNE XII.
le de votre trait brûlant; détruisez l’arme de ce
Il aux! (APPELÉ L’expan- pas osons) !,
perfide!
10. 0 Marouts, telle est votre puissance, telle PAR GRITSAIADA.
est votre bonté, lorsque, en faveur de vos amis, (mm : Trichtoubh.)
vous pressez la mamelle de Prisni t; on bien
lorsque vous (venez), invincibles fils de Boudra, l. Je me présente avec des offrandes et des
hymnes. Qu’il reçoive et mes libations et mes
venger Trita 9 qui vous invoque, et perdre les
ennemis qui l’ontragent. prières, ce fils des Ondes (sacrées), qui se plaît au
bruit de nos fétes et dont la marche est si ra-
Il. Pleins de confiance dans la vertu de nos
pide, et qu’il nous accorde le bonheur et la
libations, nous vous invoquons, grands et puis- beauté!
sants Marouts, Élevant la coupe (des offrandes)
2. Nous voulons lui adresser cette prière, qui
et chantant vos louanges, nous venons demander
est bien l’œuvre de notre cœur : qu’il daigne
les nobles faveurs de ces (dieux) à la face dorée
l’écouter. L’enfant des Ondes (sacrées), par sa
et au cœur généreux.
grandeur et sa force vitale, a donné naissance à
12. Les Angiras 5, les premiers, ont offert le tous les mondes dont il est le maltre.
sacrifice. Que les (Marouts)1 viennent a nous 3. Parmi les Ondes, les unes vont avec lui, les
antres viennent à lui: toutes le traitent comme
1. C’est-a-dire, du nuage, comme l’indique la note
précédente, page 185, col. 2 le feu Ozlrea 3. Les Ondes pures environnent
2. Nous avons vu, page 74. col. 1, note 4; page 104,
col.2, note 3,que Trita est la libation personnifiée. Outra- les paroles des Marouts offrant le sacrifice, et disant aux
ger Trita est donc le fait de l’impie. Adityas : a Que les Adityas ne viennent à nous qu’avec
3. Le texte porte le mot dasagwa. Voy. page 80, l’aurore. n
col. 1, note 6. Le commentaire suppose que les Marouts, 1. Ces cinq sacrificateurs sont, a ce qu’il parait, les
après des pratiques de dix mais, ont pris la forme des cinq prairies. ou les cinq esprits vitaux (pantchaprànas).
Angiras, et offert eux-mêmes le sacrifice. Il raconte une 2. C’est-a-dire, Agni, né des libations, apâm napât.
querelle survenue entre les Angiras et les Adityas; que- Le commentaire, traduisant ces mots plus littéralement,
relle dans laquelle les Angiras obtinrent l’avantage par aquurum nepox, forme cette généalogie d’Agni. L’eau
le moyen du sacrifice. Il serait fâcheux que, pour ex- du ciel fait naltre le bois, le bois donne la vis au feu ;
pliquer ce passage, on fût obligé de recourir a ce conte, le feu est ainsi le petit-fils des eaux.
invente pour donner raison de ce vers. Nous avons vu 3. Agni est considéré comme Védyouta ou feu des
ailleurs que les Angiras et les Marouts sont des agents nuages, et il habite alors au milieu des eaux. Il est
du sacrifice. Les feux d’Agni doivent précéder et même encore considéré comme feu du sacrifice, et il est, sous
engendrer les feux du soleil. Il est donc naturel que les cette forme, honoré par les eaux des libations qui vien-
Adityas soient vaincus par les Angiras. nent le trouver. Le feu nommé 012mo est le feu des
4. Dans le système du commentateur, ces mots seraient volcans sous-marins.
[Li-ct. vn.] RlG-VÊDA. - SECTION DEUXIÈME. 187

leur enfant, pur comme elles. et brillant avec 12. A cet ami que nous avons ici-bas, adres-
éclat.
sons des sacrifices, des invocations, des holo-
4. Les Ondes, jeunes et respectueuses, vien- caustes. Je lui élève un trône, que je compose de
nent l’honorer comme le jeune (héritier du trône). ramée; je le nourris d’offrandes, je l’honore par
Le vorlà : richement orné de ses aigrettes écla- des hymnes.
tantes, il resplendit à nos yeux; ou bien il 13. Ainsi, ce (dieu) généreux a trouvé un her-
attend, pour se manifester, la libation du beurre ceau dans ces (Ondes saintes); enfant, il y est
sacré. nourri; elles le touchent de leurs flots caressants.
5. A ce dieu clément trois déesses * offrent Et l’enfant des Ondes, entouré de vives couleurs,
la nourriture. Elles se présentent à lui avec les semble briller ici-bas avec le corps de l’astre.
libations, et il est allaité par des Ondes nouvelle- céleste.
ment nées ’. 14. Sur le siège élevé où il se tient environné
6. Telle est la naissance de ce (dieu), connu chaque jour de doux rayons, les Libations vien-
par sa rapidité 5. Qu’il défende les seigneurs nent d’elles-mêmes apporter au fils des Ondes
contre l’ennemi qui prétend attaquer leur féli- leur tribut de boissons, d’offrandes et de beurre
cité. Jamais l’avarice ni l’impiété ne peuvent se sacré.

flatter d’obtenir la faveur de l’invincible (Agni) 15. O Agni, qui occupes une si belle demeure
par de mesquines offrandes. et qui peux nous protéger, je viens vers toi,
7. Le (dieu) accepte et fait fructifier une pieuse ( t’imploran t) et pour ce peuple et pour ses maîtres.
offrande; il a toujours dans sa demeure une Qu’il soit fortuné pour nous, ce saint appareil
vache féconde, dont il nous donne le lait. Cet que chérissent les dieux! Pères d’une heureuse
enfant des Ondes (sacrées) agit avec puissance, et lignée, puissions-nous chanter longtemps encore
brille, au milieu des Ondes mêmes, pour le bon- dans le sacrifice.
heur du serviteur qui a été généreux envers lui.
8. Le dieu éternel et juste, qui, au milieu de HYMNE XI".
ces Ondes, brille avec tant d’éclat et de pureté,
reçoit des autres éléments les branches, les A DIVERS DIEUX, PAR GRITSAIADA.
plantes, les substances qui forment sa nourriture. (Hêtre : Djagatt.)
9. L’enfant des Ondes (sacrées) s’élève dans la
région voisine (de l’air), et s’établit au milieu des i. Le (Soma) vient à toi avec ces offrandes que
(rayons) agités qui se couvrent d’une enveloppe fournit la vache. Nos hommes ont tiré de leurs
lumineuse. Les grandes (flammes) s’amasscut mortiers de pures libations. Bois de ce soma que
autour de lui, supportant dans leur sein doré la te présente notre coupe, accompagné des invoca-
grandeur suprême (du dieu). tions Swdha’ et l’achat, 0 Indra, toi qui es notre
10. Et cet enfant des Ondes (sacrées), au corps, premier maltre.
aux couleurs, aux formes dorées, étend au loin 2. O (Marouts), (venez) vous mêler à nos sacri-
son ventre doré, d’où s’échappe l’or de ses rayons fices; (venez) du ciel briller ici avec vos daims.
bienfaisants. On lui accorde la nourriture (qu’il vos traits et vos parures. Chers et vaillants fils
réclame). d’un (dieu) qui soutient le (monde), placez-vous
il. Cependant ce grand et beau corps dans sur ce gazon, et buvez le soma, contenu dans ce
lequel est renfermé l’enfant des Ondes, croît et vase 4.
s’augmente. Les jeunes (libations) allument ses 3. (Dieux) qui’méritez nos invocations, accou-
couleurs dorées, le beurre (sacré) est sa nourriture. rez promptement vers nous; prenez place sur ce
gazon, et livrez-vous au plaisir. Coûte aussi le
1. "à, Saraswati et Blmratl. même bonheur, O Twachtri. avec les dieux et
2. Ce sans n’est pas celui du commentaire; cependant leurs épouses. (Viens) entouré de cette troupe
il m’avait paru qu’il était assez dans l’esprit de l’au- vénérable.
teur d’établir une antithèse entre la fonction de neur-
rice et l’état de fille, et de dire que le dieu était nourri Il. (Dieu) sage et sacrificateur, amène ici les
par sa filles. Agni est le fils nourricier de ces ondes dieux. Commence l’œuvre sainte, accepte nos of-
qu’il a enfantées en sa qualité de Vérigouta.
3. La phrase contient le mot aowa (tiquas); et le
commentaire croit y voir une mention du fameux I. Plus haut la coupe s’appelait hoir-a; ici le vase le
cheval Outtchesravas, qu’il donne comme étant le soleil. nomme potra. Un autre nom est moitira.
188 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. (un. vm.]
randes, et brille dans tes trois foyers. Reçois le offrandes à celle du nechtri. Que ce (dieu) riche
doux breuvage du soma; bois, et, dans ta et libéral, ami de ceux qui le traitent avec libé-
demeure sainte, sois satisfait de ton partage. ralité, boive à cette quatrième coupe t, pure et
5. Ce (soma) doit augmenter la vigueur de ton immortelle.
corps. Cette coupe, entre tes mains, a toujours fait 5. (Divins Aswins), venez ici, montés sur ce
ta force, ta grandeur. O Maghavau, c’est pour toi char destiné à des héros tels que vous. Prenez
que ce (soma) est versé; c’està toi que nous nos holocaustes et nos douces libations. Venez
l’offrons. Rejouis-toi de cette sainte offrande, et donc, et buvez de ce soma, vous qui êtes des tré-
bois. sors d’abondance.
6. Couple (divin) t, reçois mon sacrifice, et O. fouis, é Agni, de ce foyer que nous avons
entends mon invocation. Le prêtre est à sa place, allumé; jouis de nos invocations, de nos nomma-
et poursuit les antiques prières. Royales (divini- ges, de nos hymnes; et, dans la saison (convena-
tés), l’offrande vous est présentée. Le sacrilicateur ble). ê (dieu) conservateur, goûte et fais goûter
l’a dit: Buvez de notre doux soma. à tous les autres dieux nos holocaustes, objets
de vos désirs.

HYMNE Il.
LECTURE HUITIÈME.
A SAVITRI, PAR GIITSAIADA.
HYMNE l. (Hêtre : Trichtoubh.)

A DIVERS DIEUX, PAR GRITSAIADA-


1. Le divin Savitri, qui travaille constamment
(Hêtre : Djagatî.)
à la création (du monde) ’, (Savitri) qui porte
l. Bienfaisant (Agni), que la coupe du sacrifice (tous les êtres), vient de se lever pour son œuvre.
fasse ton bonheur. Prêtres, le dieu veut des liba- ll dispense aux Dévas ses faveurs. Qu’il comble
tions complètes; apportez-lui ce soma qu’il dé- de ses bénédictions le maître de ce sacrifice!
sire. (Dieu) riche et libéral, bois à la coupe de 2. Le dieu, qui s’élève pour le bonheur du
l’Hotri ’ avec les niions 3. monde, étend au loin ses longs bras. Et, pendant
2. Je lui fais aujourd’hui la demande que déjà qu’il poursuit sa carrière, sous lui se jouent et
je lui ai adressée; car il mérite d’être invoqué, les Ondes purifiantes, et le Vent qui tourne (au-
ce (dieu) qui est le premier parmi les êtres bien- tour de la terre).
faisants. Les prêtres te présentent le doux soma; 3. (Savitri), dans sa course, se dépouille de ses
(dieu) riche et libéral, bois à la coupe du Potri rayons. Il permet au voyageur de se reposer des
avec les Ritous. fatigues de la marche, et prévient le désir de
3. Que les coursiers qui t’amènent soient cou- ceux qui oseraient implorer le secours d’Ahi 5.
verts des flots onctueux des libations. Bon et La Nuit poursuit l’œuvre de Savitri.
puissant Vrihaspati, prends des forces. Apparais l. Partageant de moitié avec lui, (la Nuit) s’oc-
avec grandeur, approche de notre soma; (dieu) cupe à tisser sa toile immense. Cependant le sage
riche et libéral, bois à la coupe du Nechtri avec comprend que la puissance du Créateur n’est pas
les Ritous. éteinte. En effet, quittant (son sommeil), Savitri
4. Le (dieu) s’est désaltéré. à la coupe de l’holri; a reparu, et le dieu infatigable vient pour marquer
il s’est enivré à celle du potri; il a savouré nos les divisions du temps.
5. Les feux d’Agni naissent tous les matins
t. Il est question des Aswins, ou bien de Mitra et dans chaque demeure; et la mère de Savitri t re-
Varouna.
2. J’ai tout à l’heure mentionné les trois noms qu’on
donné au vase du sacrifice. holra, potra et nerhtra. 1. Cette coupe (poire) est présentée a Agni, invoqué
J’ignore la différence qui existe entre ces trois vases; quatre fois sous le nom de Dravinodâs (riche et li-
je n’en puis établir d’autre que celle qui résulte de la béral). Ce passage nous rappelle le vers 10 de
signification des noms, d’où ces mots sont dérivés. l’hymne 15, de la. section I, lecture l. .
Ilotri est le prêtre qui offre l’holocauste, potri le 2. Savitri, c’est le soleil; et le vers même indique
prêtre qui purifie, nechtrt’ le prêtre qui dirige le sa- l’étymologie de ce mot, qui vient de cava, création.
crifice. 3. C’est-à-dire, du nuage qui rafraîchit la terre.
3. Dieux des saisons; Voyez section l, lecture I, é. C’est-à-dire, l’aurore, qui précède le soleil et sem-
l’hymne 15, qui a des rapports avec cet hymne. ble être sa mère.
(Let. vin.) RlG-VÉDA. - SECTION DEUXIÈME. 189
met à son fils l’illustre fonction (d’éclairer le viteur, tels que deux écuyers qui, le matin, prés
monde), sur le signal que vient de lui donner sont leur char; tels qu’un couple de chevreaux;
Agni. tels que deux beautés brillantes; tels que deux
6. Il marche vers le terme de sa carrière, vain- époux intelligents.
queur de tous ses ennemis, et désiré de tous les 3. Venez avant tout autre, et soyez pour nous
êtres animés. Alors il quitte la tache, dont l’au- tels que deux cornes puissantes, deux sabots ra-
tre moitié ne regarde plus le divin Savitri. pides. Accourez vers nous avec le Jour, tels que
7. On te demande, (O dieu l) ou cherche avec deux tchacrava’cas f vigoureux; tels que deux
inquiétude, dans les plaines désertes de l’air, robustes conducteurs de chars.
l’habitant céleste qui devrait s’y trouver. Mais 4. Faites-nous traverser (le danger), tels que
(on se dit que) la foret (quoique silencieuse) n’est deux vaisseaux. Soyez pour nous tels que deux
pas privée d’oiseaux, et que rien ne saurait dé- jougs, deux moyeux, deux roues, deux jantes de
truire les œuvres du divin Savitri. char. Tels que deux chiens, nos gardes fidèles,
8. Cependant Varouna f, dans l’obscurité, à tels que deux cuirasses, défendez-nous contre
travers les voies heureuses de l’air, retourne à le mal.
l’endroit ou il doit renaître. Les oiseaux, les ani- 5. Arrivez tels que deux vents impétueux, deux
maux, sont tous dans les retraites diverses que rivières rapides, deux yeux clairvoyants. Agissez
leur a assignées Savitri. pour notre plus grand bien, tels que deux mains
9. Quel être peut-il craindre, celui dont l’œuvre adroites; tels que deux pieds , menez-nous au
ne peut être ébranlée ni par Indra, ni par Varouna, bonheur.
Mitra, Aryaman, ni par Roudra? Honneur au di- 6. Soyez pour nous tels que deux lèvres qui ne
vin Savitri, dont j’implore humblement la pro- portent que du miel à la bouche. Tels que deux
tection! mamelles, augmentez nos forces vitales. Tels que
10. Nous présentons nos offrandes au sage deux nez, soyez les gardiens de notre corps. Tels
Bhaga, digne objet de nos méditations. Que le que deux oreilles, écoutez bien pour nous.
(dieu) que célèbrent nos hymnes, (noble) époux 7. Tels que deux bras, soyez notre force. Tels
des chastes Prières ’, nous accorde son secours. que le ciel et la terre, rendez-nous les airs favo-
Pour obtenir le bonheur et réunir sur nous tous rables. De même qu’on aiguise une hache sur la
les biens, puissions-nous être les amis du divin pierre, de même, o Aswins, sachez rendre notre
Savitri! prière plus persuasive.
il. Que tes faveurs désirables nous arrivent du 8. O Aswins, les enfants de Gritsamada vous
ciel, de l’air, de la terre! Que ce bonheur s’étende adressent ces offrandes, ces prières, ces hymnes.
sur les serviteurs de Savitri, sur le maltre de (Dieux) vaillants, daignez les recevoir avec plaisir.
maison qui l’honore de ses offrandes, et sur le Pères d’une heureuse lignée, puissions-nous chan-
poète qui le chante! ter longtemps encore dans le sacrifice!

HYMNE Il].
HYMNE 1V.
Aux Aswms. un GRITSAIADA.
A son ET AÀPOUCHAN, PAR GRITSAIADA.
(lure : Trichtoubh.)
(Mètre : Trichtoubh.)
l. (0 dieux), tels que deux lourdes pierres,
tombez (sur) notre ennemi! Tels que deux vau- i. De Soma et de Poûchan sont nés la Richesse,
tours volant vers l’arbre qui leur, présente une et le Ciel, et la Terre. A peine ces deux gardiens
proie, (venez) vers nous! (Venez) tels que deux du monde voyaient-ils le jour, que les Dévas les
prêtres souvent célébrés dans le sacrifice; tels entouraient de leur pieuse ambroisie.
que deux hérauts bienveillants partout invoqués. 2. Que (les Dévas) honorent ces dieux à leur
2. Vaillante (Aswins), accourez vers votre ser- naissance; que ces dieux dissipent les ténèbres
abhorrées. Qu’avec Soma et Poùchan, lndra pro-
l. C’est-Mire, le soleil cette, le soleil de nuit.
2. Les mètres (to-Mandat) sur lesquels sont composés
les hymnes sont appelés les épouses du dien que ces t. Le tchacravâka est une oie ronge (anas casarca
hymnes célèbrent. brahmany goose).
190 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Let-.1. Vlll.]

duisc au sein des jeunes vaches (célestes) un lait demeure suprême, solide, et soutenue par mille
abondant. colonnes.
3. Soma et Poûchan, (dieux) magnifiques, 1an- 6. Nobles princes, Adityas honorés par nos li-
cez votre char aussi large que l’air, (ce char) bations de beurre, maîtres de la richesse, proté-
à sept roues l, que rien n’arrête, qui est par- gez tous deux votre pieux (serviteur).
tout, que la Prière attelle, et qui brille de cinq 7. Véridiques et terribles l Aswins, venez par
rayons’. un chemin où régnera l’abondance en vaches et
4. L’un a pris place dans le ciel, l’autre sur la en chevaux. où les dieux ne manqueront pas de
terre et dans l’air 5. Que ces (dieux) répandent libations.
sur nous de riches trésors de gloire et d’opuIence! 8. (Apportez-nous), généreux bienfaiteurs, une
5. L’un acréé tous les mondes t; l’autre va fortune que ne puisse détruire, ni de loin ni de
surveillant l’univers. 0 Soma et Poùchan , ac- près, un mortel méchant et maudit.
cueillez ma prière; que par vous nous soyons 9. Vénérables Aswins, apportez-nous une opu-
vainqueurs de tous nos ennemis l lence abondante et variée.
6. Que Poùchan, partout présent, reçoive ma 10. Que le sage et puissant Indra repousse loin
prière. Que Soma, maître de l’opulence, nous de nous la crainte d’un vainqueur dangereux.
accorde la richesse; que l’invincible et divine 11. Qu’lndra nous protège; que le mal ne vienne
Aditi nous conserve. Pères d’une heureuse liguée, pas nous surprendre par derrière. Que le bonheur
puissions-nous chanter longtemps encore dans le soit devant nous.
sacrifice! l2. Que le sage lndra triomphe de tous ses en-
nemis, et qu’il établisse la tranquillité dans toutes
HYMNE v. les régions du ciel.
A DIVERS DIEUX, PAR GRITSAIADA. 13. 0 Viswadévas, accourez; entendez mon in-
vocation, et prenez place sur ce gazon.
(Mètres : Gayatrî,Anouchtoubh, Vrihall.)
14. Cet abondant soma, aussi doux que le miel,
1. 0 Vayou, presse tes coursiers, et viens, sur vous est offert par les enfants de Sounahotra *.
tes mille chars, boire de notre soma. Buvez de cette enivrante et heureuse (liqueur).
2. O Vâyou, viens avec tes coursiers. Ce bril- 15. Glorieux compagnons d’indra, O divins Ma-
lant (soma) a été versé pour toi. Visite la demeure routs, qui possédez les trésors de Poùchan, écou-
de celui qui t’offre ces libations. tez tous mon invocation.
3. lndra et Vàyou, accourez avec vos coursiers; 16. 0 le premier des êtres parlantes, a la meil-
et buvez aujourd’hui, o vaillants (héros), et ce leure des mères et des déesses, O Saraswati, nous
jus (du soma), et ces (libations) que produit la sommes comme des gens maudits. 0 mère, donne-
nous ta bénédiction.
vache.
4. Mitre et Varouna, ce soma a été versé pour l7. En toi,divine Saraswatl, sont toutes les res-
sources (de l’homme). Accueille les hommages des
vous, dont nos sacrifices augmentent la gran-
deur. Entendez ici mon invocation. Sounahotras. 0 déesse, donne-nous une heureuse
postérité.
5. Rois cléments, (ces dieux) siègent dans une
18. 0 Saraswati, qui possèdes la justice et l’a-
1. Ces sept roues, suivant le commentateur, sont les bondance, accepte ces hommages et ces prières
six ruons ou saisons, et le mois complémenlaire. que te présentent, de préférence aux autres dieux,
2. Le commentaire renouvelle ici l’explication donnée les enfants de Gritsamada.
pour les sept roues du char. Mais on ne peut l’admettre,
puisque le nombre des riions est trop grand. Ne serait- 19. Que (le Ciel et la Terre) viennent aussi par-
ce pas une allusion aux cinq éléments? tager la joie de ce sacrifice. Nous vous invoquons
3. Poùchan est le soleil qui brille dans le ciel; Soma tous les deux, ainsi qu’Agni, chargé de porter
est la libation qui existe d’abord dans la plante, et
ensuite dans l’air où s’élèvent ses exhalaisons. Le com- nos offrandes.
mentaire, tenant compte de la double signification du
mot soma, établit le dieu Soma d’abord dans la plante 1. Le poëte leur donne l’épithète de roudra.
ou il naît, et ensuite dans la lune (tchandra). Nous 2. C’est le nom du père de Gritsamada.
n’avons pas encore vu que Soma fût, dans ces hymnes, 3. Voyez page 43, col. 1, note 1. J’entends le
identifié avec la lune. mot nadîtamé dans le sens de sonanüum rerum op-
4. Soma, par la vertu du sacrifice, est le créateur des tima. Je ne puis me résoudre à voir ici la rivière de
mondes: Soma est une forme d’Agni. Saraswau.
[1.94. vru.) RIG-VÉDA. - SECTION DEUXIÈME. 19l
20. 0 Ciel, O Terre, dirigez, au gré des dieux, î ton hymne; et ainsi que l’enfant du prêtre t, au
ce sacrifice que nous offrons aujourd’hui, (sacri- moment de la libation, tu fais retentir ta voix.
fice) qui doit être une source de biens, et monter ’ Avec l’empressement de l’étalon qui s’approche
dans les airs. de ses amantes, oiseau, parle-nous favorable-
2l. Qu’en votre présence les dieux fortunés et ment; oiseau, parle-nous pour notre bonheur!
dignes de nos hommages se placent ici aujourd’hui 3. Oiseau, si tu nous parles. ne nous parle que
pour boire le soma. favorablement. Reste silencieux pour écouter
notre prière. En t’éloignant, résonne comme un
HYMNE Vl. canari *. Pères d’une heureuse lignée, puis-
sions-nous chanter longtemps encore dans le
A INDIA, SURNOIIÉ CAPINDJALA. sacrifice 3!
PAR GIITSAIÀDA.
(lem : Trichtoubh.) HYMNE V1".
l. (Le Capindjala) t par son cri annonce l’ave- A AGNI, PAR VISWAIITRA.
nir. Il lance sa voix comme le pilote lance son (lure : Trichtoubh.)
navire. Oiseau, sois pour nous d’un bon augure.
Qu’il ne t’arrive aucun accident. l. 0 Agni, tu as voulu que dans le sacrifice je
2. Échappe à l’épervier et aux oiseaux (de proie). t’apportasse (les offrandes). Reçois donc ce soma
Que l’archer, armé de sa flèche, ne t’aperçoivc que je te présente avec ardeur. J’allume testeux
pas. Fais-nous entendre, du côté du midi ’, ta en l’honneur des dieux, j’emplis la coupe (sacrée);
voix de bon augure. je te chante. O Agni, orne ton corps (de tous ses
3. Oiseau de bon augure, pousse ton heureux rayons).
cri à la droite de nos foyers 5. Garde-nous de la 2. Nous avons mis en marche le sacrifice:
domination d’un voleur ou d’un méchant. Pères que l’hymne se poursuive. Que l’on entoure Agni
d’une heureuse lignée. puissions-nous chanter de (saints) aliments et d’invocations. Les chants
longtemps encore dans le sacrificel du poète ont quelquefois attiré (les dieux) du
haut du ciel. On a tenté par des chants les désirs
HYMNE VIL du puissant (Agni).
3. Ce (dieu) sage, pur et fort, est, par sa nais-
A insu, saunons": canneuse, sance, notre parent. 1l contient le bonheur du
un GIITSAIADA. ciel et de la terre. Les Dévas, par l’œuvre (des
(Hum : Djagstt, Atisakvarl, Achti.) libations), ses sœurs t, ont obtenu Agni brillant
1. Pareils aux chantres de nos sacrifices, les au milieu des ondes.
Capindjalas viennent, par des accents de bon au- 4. Les sept sources 5 (célestes) augmentent la
gure, nous annoncer un temps favorable. L’oiseau grandeur de cet heureux enfant à la flamme
se plait a répéter deux cris t, de même que ceux
qui chantent nos hymnes emploient la Gayatrl et 1. Bràhmana:c’est in seconde fois que ce mut est
le Trichtoubh. employé. Voy. page 150, col. 1. note 2. Le com-
mentaire traduit ce mot par brahmapoutra.
2. Oiseau, comme notre chantre, tu as aussi 2. Le dictionnaire dit que canari est a water jar
with a spout. Le commentaire explique canari par
vâdyavùc’cha. Il semblerait donc que le canari serait
l. Le nom de Capindjala se donne à un oiseau qui un instrument, comme un tambour.
est le francolin. il parait qu’on l’emploie aussi pour le 3. lei finit le second mandala, terminé, comme le
Tenant-a (enculas melano-leucus). Ce petit oiseau est premier, par une petite pièce de vers qui me semble de
supposé ne boire que l’eau du nuage, qu’il appelle par la compositiondu copiste. (Voy. page 165, col. 1. note4;
son cri. Le poële compare au tchâtaca qui annonce et p. 41, col. 1, note 1.) Le troisième mandala porte
la pluie, lndra qui, comme l’oiseau, vit dans l’air, et le nom de Viswamilra.
par le bruit de son tonnerre annonce la pluie. 1. Ce n’est plus le mame poële qui a composé cet
2. C’est de ce côté que doit venir pour l’indien le hymne; et ces libations, que quelques-uns appelaient
nuage. les mères d’Agni, celui-ci peut les appeler ses sœurs.
3. Il faut supposer que ce foyer, comme dans le sa- Agni et les libations n’ont-ils pas pour pères les dévas 7
crifice, est tourné du me du levant, de sorte que la 5. Sans doute ce ne sont pas les sept rivières men-
droite est nécessairement le midi. tionnées à. la page 61, col. 1, note 3. Ce sont les
4. J’ignore si le teneuses a deux tris. Le lecteur ro- sept mères ou espèces do libations. Voy. page 116,
c0nnaltra-t-il deux tous dans le bruit du lonnerre? col. 2, note 6.
192 mon. - rosent LYRlQUE. (peut. vui.]
blanchâtre. De même que les cavales accourent meure humaine 1, siège au foyer du sacrifice.
vers leur jeune poulain, les Dévas viennent soi- 12. Le grand et vigoureux Agni, en faveur de
gner les formes d’Agni naissant. celui qui prodigue les libations, amène et sou-
5. Cependant (Agni) élève dans l’air ses mem- tient les grands nuages; (dieu) invincible, noble
bres resplendissants; de ses nobles rayons il pu- foyer de lumière, c’est lui qui est le père des
rifie le sacrifice. Il se revêt de lumière, et de la vaches (célestes) et le nourrisson des Ondes
substance des libations se fait de larges et ma- (sacrées).
gnifiques ornements. l3. Cet illustre nourrisson des Ondes et des
6. Il s’approche sans les blesser, sans en être plantes ’, qui revêt tant de formes, est né de
blessé, des (Libations), filles du ciel, dont les l’heureuse Aranî. Les Dévas s’assemblent pour
unes sont couvertes, les autres dépouillées d’un prier le (dieu) fort et digne de tant d’honneurs,
vêtement (d’écume). Et ces sept mères, éternelles et ils le célèbrent dans son berceau.
et toujours jeunes, sorties d’un même sein, élé-
1A1. De larges rayons, brillants comme des
vent le même nourrisson. éclairs, enveloppent Agni, centre de clartés. Le
7. Les flammes d’Agui s’étendent sous mille
foyer ou il repose est comme la caverne (du
formes, du milieu du beurre (consacré), sous le lion); et ses flammes y puisent d’immortels ali.
flot des autres libations. Cependant à ses côtés ments, de même qu’au sein d’un profond vol-
sont les vaches nourricières l; à quelque dis- can a.
tance reposent ensemble les deux illustres mères 15. Je t’apporte des holocaustes; je te loue, je
du dieu incomparable *.
chante ton amitié, et demande ta bienveillance.
8. Ainsi fortifié, brille, é Agni, et recueille
Viens avec les dieux protéger ton chantre, et
toutes les formes rapides et lumineuses. Des tor-
garde-nous contre les forces de nos ennemis.
rents de beurre et de libations sont versés sur
16. 0 Agni, dirige tes serviteurs dans la bonne
ce dieu généreux, qui croit au milieu des voie, et rends-les possesseurs de tous les biens.
hymnes. Pour prix de nos sacrifices et de nos abondantes
9. Quelquefois (Agni) s’enferme de lui-même
offrandes, puissions-nous vaincre les armées des
dans la mamelle que le père 5 (de la nature a
impies!
préparée pour la terre). ll en fait jaillir des flots
l7. Tu as été, Agni, le héraut des dieux, et tu
de lait. Il existe dans cette retraite avec les
as pris une heureuse part a toutes nos céré-
(Vents), ses heureux amis, et les Ondes, filles du
monies. Tu aimes tous les mortels, et chéris leur
ciel; et il y règne en maître.
10. C’est lui encore qui naît comme père,
demeure; tu donnes un char aux dieux, et tu les
accompagnes de tes honneurs.
comme créateur (des mondes). (Astre) unique, il
pompe et amasse les ondes. Généreux et pur, il 18. Le roi immortel des mortels est sur son
trône, et poursuit l’œuvre du sacrifice. Agni, ar-
engendre les deux grands époux A. (0 dieu),
garde (le Ciel et la Terre); fais qu’ils soient favo- rosé de notre beurre (sacré), brille avec splen-
deur, et surveille toutes nos cérémonies.
rables aux enfants de Manou.
11. Ainsi s’étend (Agni) au sein immense de 19. (Dieu) grand et secourable, viens à nous
l’air. Et c’est aux ondes, c’est a nos offrandes avec tes heureuses amitiés, avec tes nobles se-
qu’il doit sa grandeur. Entouré des soins des cours. Accorde-nous une opulence pleine d’abon-
(Libations) ses sœurs, Agni, ami de la de- dance et de renommée, de triomphe, de bonheur
et de gloire.
1. Les vases des libations. 20. Antique Agni, j’ai chanté tes naissances
2. Ce sont les deux pièces de l’arani, qui a donné éternelles, tes naissances toujours nouvelles. En
naissance au feu. Le commentaire veut qu’il soit ici ques- l’honneur d’un dieu généreux,nous avons célébré
tion du ciel et de la terre.
3. Tout ce passage m’a paru difficile: je n’ai pas cru ces grands sacrifices. Nous avons multiplié les
devoir adopter la pensée du commentateur, lequel croit naissances du dieu qui possède tous les biens.
que ce père c’est l’air, qui, je ne sais comment, se trouve
le père d’Agni. Je pense qu’il est ici question du soleil,
père du monde, et, par la. force de ses rayons, formant 1. Traduction du motdamoûnaz. Voy. p. 128, col. 1,
le nuage qui est comme la mamelle de la terre. Agni, note 1.
en sa qualité de oe’dyauln, existe dans le nuage que la 2. Ces plantes servent, soit à alimenter le feu, soit à
foudre divise et fond dans les airs. composer les libations.
4. C’est-a-dire, le ciel et la terre. 3. 0ûrua, volcan sous-marin.
[Lent un.) RlG-VÉDA. - SECTION DEUXIÈME. 193
2l. Pour multiplier les naissances du dieu qui de faire recueillir à ses serviteurs le fruit de leur
possède tous les biens, les enfants de Viswàmitra œuvres.
ont perpétué leurs feux. [Missions-nous obtenir 6. Pur et brillant Agni, (noble) sacrificateur,
la bienveillance et l’heureuse amitié de l’adorable les mortels voulant t’honorer par de saintes céré
(Agni)! monies, autour de ton foyer, qu’ils ont digne-
22. Dieu robuste et magnifique, réjouis-toi de ment préparé, sont placés sur des siégea de cousu.
notre sacrifice, et fais-le agréer aux autres dieux. Accorde-leur le bonheur. I
(Divin) sacrificateur, apporte-nous une heureuse 7. C’est Agni qui a rempli le ciel et la terre. Si
abondance. 0 Agni, donne-nous une grande ri- la grande lumière est née, c’est que dans le sacri-
chesse. V fice on a constitué Agni. Entouré de nos offrandes,
23. 0 Agni, en échange de nos invocations, le (dieu) sage est amené avec honneur pour
fais que la terre 1 soit à jamais libérale pour l’œuvre sainte, tel que le coursier dont on a pré-
nous, et féconde en troupeaux. Que nous ayons paré la nourriture.
une belle lignée d’enfants et de petits-enfants. 0 8. Adorez (le dieu) qui brille dans nos cérémo-
Agni, que fa bonté soit avec nous! nies, et qui se charge de l’holocauste; honorez
(le dieu) domestique qui possède tous les biens.
HYMNE 1x. Le sage Agni est le conducteur qui dirige le char
du grand sacrifice et le pontife des dieux.
A son, un VISWAIITIIA.
9. Les Ousidjs 1 immortels ont purifié trois
(Hêtre : Djagatî.)
foyers pour le grand Agni, qui tourne autour (de
1. En l’honneur d’Agni, dont le sacrifice aug- la terre). L’un de ces foyers a été placé par eux
mente la grandeur, en l’honneur du (dieu appelé) dansce (monde) mortel pour nous y protéger. Les
Véswa’nara, nous composons l’hymne qui coule deux autres sont dans le monde voisin ’.
comme un beurre purifié. De mémé que la hache 10. Les offrandes des hommes ont donné de la
façonne un char, de même la prière du maître de splendeur au précepteur, au maître du peuple,
maison et du prêtre orne doublement le (dieu) comme (le frottement) donne du tranchant à la
sacrificateur. hache. ll pénètre dans les lieux les plus hauts,
2. C’est (Agni) qui éclaire le ciel et la terre, dans les demeures les plus basses; mais son ber-
(Agni), le fils mémorable des deux mères ’. ceau est toujours dans ce monde 3.
L’imm0rfel Agni porte l’holocauste et reçoit les 11. Le (dieu) libéral et ami de tous les
offrandes, (dieu) invincible, hôte du peuple, hommes A, en naissant, brille dans divers foyers
trésor de lumière. où il rugit comme le lion. Sa force immortelle se
3. Par l’œuvre d’une force victorieuse et par développe, et il y dispense à ses serviteurs et la
leur sagesse, les Dévas ont, dans le sacrifice, en- richesse et l’opulence.
gendré Agni. Plein d’espoir en sa bonté, je chante 12. Cependant, célébré par l’hymne pieux,
ce grand (dieu), resplendissant de lumière et ra- l’ami des hommes prend son antique route, et
pide comme le coursier. s’élève dans l’air sous la voûte céleste. Comme
Il. Nous demandons la faveur inestimable de ce autrefois, il verse ses bienfaits sur tous les êtres;
(dieu) bienfaisant, (faveur) honorable qu’il n’ac- et, toujours animé de la même vigueur, il pour-
corde qu’à la prière du poète. Nous adorons Agni, suit sa voie circulaire.
qui a comblé de biens les Bhrigous, qui aime 13. Nous invoquons aussi, pour en obtenir un
(nos hommages), qui n’agit qu’avec sagesse, et bien nouveau, Agni. habitant de l’air et transporté
qui brille d’une splendeur divine. par Màtariswan 5, (dieu) juste, sage, adorable,
5. Pour obtenir le bonheur, les mortels, placés
surfeurs siéges de causa, honorent Agni et l’en- 1. Les Ousidjs sont ordinairement les enfants de Cak-
chivAn; mais ce mot est synonyme de divas. Dans cette
tourent de leurs offrandes. Élevant la coupe (du phrase les ousidjs ou dévas sont évidemment les rites et
sacrifice, ils chantent) le lumineux agent de tous cérémonies qui, dans le sacrifice,changent Agni terrestre
les dieux, terrible (pour ses ennemis), et capable en Agni vêdyouta et en Agni solaire.
2. C’est-d-dire, dans l’air.
3. Le germe d’Agni est dans l’ai-uni.
1. Je croirais assez que le mot ilâ, au lieu de signi- 4. Vérwànara.
fier terre, devrait se rendre par hymne. 5. Malariswan est le vent,qui habite l’air ainsi qu’Agni
2. Les deux pièces de l’ai-uni. védgouta: il anime le feu du foyer, et semble ainsi y
[beuh vui.]
191 INDE. - POÉSIE LYRIQUE.
digne de nos louanges, suivant (au ciel) des superbe, aux formes brillantes, entouré des Ondes
routes diverses, et orné d’une chevelure éblouis- (sacrées), auteur de la lumière, (dieu) partout
sante 1. présent, et protecteur, défenseur puissant et lu-
11. Nous invoquons humblement Agni, qui mineux.
nous éclaire dans la voie (du sacrifice), (dieu) 6. Agni, de concert avec les Dévas et les enfants
affable et bienfaisant, brillant héraut du Soleil. de Manou, devient le ministre d’un sacrifice où
Il éveille l’Aurore, il est la source de la lumière se présentent, avec la prière, les ofirandes de
céleste, invincible (divinité) que nous n’abordons toute espèce. Monté sur son char, il va, entre (le
qu’avec d’abondantes offrandes. ciel et la terre), accomplissant les vœux des mon
15. Sacrificateur généreux et pur, ami sincère tels; (dieu) rapide, ami de nos demeures, fléau
de la demeure (humaine), sage adorable, char de ses ennemis.
(divin) comblé de nos trésors, (dieu) remarquable 7. Agni, fais la gloire (de tes serviteurs) en leur
pour sa beauté et donné a (l’homme) par Ma- accordant de nobles enfants et une longue vie;
nou 1, nous venons toujours l’implorer pour augmente nos forces, et donne-nous l’abondance;
obtenir la richesse. accrois l’opulence de (l’homme) généreux. Tu es
digne de tous les hommages, (dieu) vigilant, et
prêtre 1 des Dévas et des sages mortels.
HYMNE X.
8. Maître du peuple, hôte magnifique, directeur
A AGI", PAR VISWAII’I’RA.
de la prière et pontife 1 de nos sacrificateurs,
(lare : Djagatî.) âme des saintes cérémonies, possesseur de tous
les biens, (les hommes) le célèbrent, et cherchent
1. Les sages, en l’honneur du puissant, de
l’adorable Vêswa’nara, célèbrent des sacrifices et
par leurs hommages a exalter sa grandeur.
accumulent les offrandes. L’immortel Agni honore 9. Agni, dieu resplendissant et bon, entoure
tous les êtres de sa puissance. Son char est cou-
les dieux. Qui pourrait troubler ses fonctions
éternelles?
vert de trésors; ses œuvres sont fortunées, et
notre devoir est de venir l’orner de nos louanges
2. Entre le ciel et la terre, il va, comme bril- dans le foyer où il réside.
lant messager (des dieux), ou il siége comme sa-
crificateur et pontife des enfants de Manon. Agni, 10. Ami de tous les hommes, je chante tes
excité par les Dévas et riche du trésor de nos
rayons, qui font de toi, o (dieu) sage, un centre
de lumière. A peine né, tu as rempli les mondes,
prières, orne de ses splendeurs la vaste salle (du
le ciel et la terre, o Agni! Tu enveloppes tout de
sacrifice).
3. Que les sages, par leurs cérémonies, augmen-
tent la grandeur d’Agni, le héraut de nos pompes
sacrées, le directeur de nos œuvres saintes. Le
ta grandeur. *
Il. Les œuvres de cet ami des hommes sont
pour nous une source de biens. Ce (dieu) sage se
contente, pour accorder ses faveurs, de la bonne
(dieu) à qui s’adressent ces hommages et ces
intention. Agni est né pour développer la gran-
prières (St celui qui, par ses bienfaits, peut com-
bler les vœux de son serviteur.
deur de nos deux grands parents, du Ciel et de
la Terre, dont la fécondité est si admirable.
Il. Agni, père des sacrifices, auteur de la vie 3,
mesure aux sages (le fruit de leurs oeuvres), et
assure la récompense de ceux qui le chantent. HYMNE X1.
Sous des formes variées, il occupe le ciel et la A ACM! ET AUTRES DIEUX, un VISWAII’I’IIA.
terre. (Les hommes) ont souvent éprouvé sa pru- (Hêtre : Trichtoubh.)
dente amitié, et célèbrent ses louangesW
5. Les Dévas ont, dans son foyer, établi Agni,
1. Accueille nos diverses offrandes. Que la puis-
l’ami des hommes, le magnifique (Agni) au char sance de tes flammes toujours croissantes soit
pour nous une source de bonheur et de richesses.
Dieu, amène les dieux au sacrifice; ami bienveil-
avoir apporte le dieu. Il doit le reprendre. et le trans-
porter dans le ciel. lant, d Agni, protège tes amis.
1. Ces trois strophes sont ainsi consacrées a chanter 2. Cet Agni, que les Dévas honorent trois fois
les trois formes d’Agni, pârlht’va (terrestre), vidyoutu
(céleste), soûryuroûpa (solaire).
12. Traduisez autrement: bien disposé pour l’humanité. 1. Ousidj.
3. Asoura. 2. Ousidj.
[Loch vni.] RlG-VÉDA. - SECTION DEUXIÈME. 195
chaque jour, est aussi Varouna et Mitra. (Dieu les héros forts et actifs, qui aiment à servir les
appelé) Tanoûnapat i, fais que ce sacrifice, ou dieux et à leur offrir la coupe du sacrifice.
coule sur toi avec révérence le beurre (consacre), 10. 0 Vanaspati, honore les dieux! Qu’Agni
devienne pour nous aussi doux que le miel. nous serve de ministre et purifie l’holocauste. Lui
3. Une flamme merveilleuse s’unitan (dieu) sa- qui connalt les naissances des dieux, qu’il soit
crificateur. C’est lui d’abord, c’est le généreux notre sacrificateur plein de justice et de bonté.
(Agni) que doivent honorer nos offrandes, que il. Viens, Agni, et entoure-toi de lumière.
doivent célébrer nos invocations. Digne de nos Viens avec lndra et les autres dieux, montés sur
hommages, qu’il soit ensuite chargé de ceux que le même char rapide. Que sur notre gazon se pla-
nous envoyons aux dieux. cent Aditi, mère d’heureux enfants, et Swaha.
Il. (Agni) s’est rendu à votre ’ sacrifice. Il Que les dieux immortels se livrent au plaisir.
arrive, il se dresse; ses aigrettes se lèvent, ses
splendeurs s’étendent. (Le dieu) sacrificateur est HYMNE X11.
sur son trône de lumière. Nous avons jonché la
terre du gazon préparé pour les dieux. A AGI]. PAR VISWAIITRA.
5. Que (nos prêtres) commencent le sacrifice, (Hêtre : Trichtoubh.)

ofirant avec la prière les sept 3 holocaustes, et l. Le sage Agni pressent l’aurore, et s’éveille,
accomplissant tous les rites. Que les (Dévas), en suivant la route tracée par les prêtres. Il brille,
revêtus d’une forme humaine, et nés au sein de il prend des forces aux yeux de ses serviteurs
nos cérémonies l, soient présents à nos libations empressés; il se charge des offrandes, et brise
les portes des ténèbres.

sacrées. .
6. L’Aurore et la Nuit, qui marchent de concert
sous des formes diverses, viennent sourire à nos
2. Par les hymnes, les invocations, les prières
de ses chantres, l’adorable Agni s’élève avec splen-
hymnes; qu’ils nous protègent, ainsi que Mitra, deur. ll aspire à s’environner d’un plein éclat, et,
Varouna, lndra avec les Marouts, et nous accor- messager (des dieux), il brille au milieu des feux
dent leur brillant appui.
7. J’invoque, en premier lieu, le couple divin de l’aurore. .
3. Agni a été placé parmi les enfants de Manon
de sacrificateurs ’. Les (prêtres), avec les sept pour y être le nourrisson des Ondes (sacrées) et
offrandes et l’invocation de la Swadha, implorent l’agent du sacrifice. Ami désirable et digne d’être
(Agni), qu’ils célèbrent sous le nom de Rita hI; adoré, il apparait comme sur un trône. Il est sage,
et, gardiens des rites (sacrés), brillants des feux et attend avec justice nos invocations et nos ho-
(de ce dieu), ils l’honorent par leurs cérémonies.
8. Que sur ce gazon viennent se placer les trois
déesses 7 : Samswatl avec les saraswatas,Bharatl
locaustes. ’
Il. Le brillant Agni, c’est Milra. Oui, c’est Nitra
et Varouna, sacrificateur, et possesseur de tous
avec les Bhàratis, 11a avec les Dévas, Agni avec les biens. C’est Mitra, prêtre, héraut rapide, hôte
les enfants de Manon; que tous ils se livrent en- des demeures (humaines), compagnon des ondes
semble à la joie du sacrifice. et des montagnes (célestes).
9. Divin Twachtri, prends plaisir a nous accor- 5. Le grand Agni occupe sur la terre une place
der une félicite parfaite. C’est par toi que naissent suprême. Il occupe (dans le ciel) le char du soleil
voyageur. Il se mêle, au sein des airs, avec le
i. Voy. page 47, col. 2, note 3. (dieu) aux sept têtes i. Il garde le sacrifice dont
2. Le texte donne ici un pronom qui est au duel. Le les flammes font le bonheur des dieux.
commentaire dit que les deux choses désignées sontAgni
et le coma. Je ne me rends pas compte de cette explica- 6. Ce dieu puissant, qui connaît tous les he-
tion. Je pense que les deux personnes ainsi désignées soins (des créatures), s’est donné à nos hommages
sont les deux époux qui offrent le sacrifice.
3. Sapa: hon-tint. un grand et noble titre. Quand un voile sombre,
A. Il est question ici des rites personnifiés. pendant le sommeil de (l’astre) voyageur, a cou-
5. Voy. page 48, col. 1, note 3; et page 135, col. l, vert son heureux séjour, c’est Agni qui en devient
note 9.
6. Voy. page 4l, col. 2, note 3. le patron vigilant.
7. Voy. page 43, col. i, note 1.Les SAraswatas sont
les mantras personnifiés, comme les (levas sont. les chants l. Les Marouts, habitants de l’air, forment sept divi-
aussi déifiés. Quant aux Bhàratis, je suppose que ce sont sions, composées chacune de sept individus, tolu] que.
les gestes, les détails de l’action extérieure du sacrifice, rame-neuf latents. Le dieu de l’air est, par cette raison.
personnifiés comme enfants de Bbsratl. appelé le dieu aux sept têtes.
196 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. (Lest. vru.]

7. ll s’empresse de venir dans son foyer qui raisses dans ton foyer, dès l’instant que les
l’attend; l’offrande du beurre (sacré) et les chants enfants de Manon , animés d’un saint zèle et
l’y accueillent. Agni, pur et purifiant, brillant chargés d’offrandes , célèbrent tes brillants
et magnifique , chaque jour nalt de ses deux rayons.
mères i. 4. (Dieu) grand et désiré, (Agni) est fermement
8. A sa naissance, il est soutenu par les plantes assis dans sa demeure, et dans l’immensité du Ciel
et les branches, auxquelles le beurre (sacré) donne et de la Terre. Et, pour un mettre si grand, le Ciel
plus d’ardeur. Les ondes (des libations) coulent et la Terre, époux immortels, puissants et invin-
en cascades éblouissantes. Qu’Agni nous garde, cibles, sont deux vaches dont le lait est intaris-
ainsi placé entre les deux grands parents ’l sable.
9. Les chants continuent: lafiamme grandit, et 5. Agni, tu es grand, et tes œuvres sont gran-
avec elle la forme resplendissante d’Agni, qui, du des. Tu as par ta vertu étendu le Ciel et la Terre.
vase de terre où elle réside, s’élève jusqu’au ciel. A ta naissance, (dieu) généreux, tu as été le héraut
Que ce dieu adorable, (ami de l’homme), messager et le guide des mortels.
(céleste), aussi rapide que Mâtariswan, amène les 6. Attelle donc et soumets à ton frein les deux
dieux pour le sacrifice. chevaux du sacrifice, chevaux rougeâtres, cou-
10. Le grand Agni est le premier parmi les êtres verts du beurre (sacré), et ornés d’une belle che-
qui brillent z ses lueurs éclairent la voûte (céleste), velure. Dieu, amène tous les dieux. Possesseur de
aussitôt qu’(appelé) par les Bhrigous, Matariswan tous les biens, bénis tous nos sacrifices.
a de son souffle allumé la flamme du (dieu) qui se 7. Que les rayons,qui ont accompagné I’Aurore,
cachait, et qui va porter les holocaustes. brillent pleinement ensuite avec le soleil! 0 Agni,
il. 0 Agni. en échange de nos invocations, fais reçois la libation qui tombe sur le bois de ton
que la terre soit à jamais libérale pour nous, et foyer! Les Dévas célèbrent par leurs chants le sa-
féconde en troupeaux! Que nous ayons une belle crificateur digne de leurs honneurs.
lignée d’enfants et de petits-enfants! O Agni, que 8. Que les dieux 1, qui se jouent dans les es-
ta bonté soit avec nous! paces de l’air, ou qui existent au sein des splen-
deurs du soleil, et ceux qui nous protègent sur la
terre ’, tous également avides de nos holocaustes
HYMNE Xlll.
et de nos sacrifices, ô Agni, viennent rapidement
A AGNI. PAR VISWAIITRA. sur leur char!
9. Sur le même char qu’eux, viens aussi, o Agni!
(sistre : Trichtoubh.)
Que les autres puissantes (divinités) se fassent
l. Ministres de nos cérémonies, excités par les conduire ici avec un habile empressement. Amène,
sons de la prière, pour honorer les dieux dirigez avec leurs épouses, les trente-trois dieux 3, et
vers eux (la cuiller du sacrifice) 5; chargée de nos enivre-les des douceurs de la Swadlui.
offrandes, riche de nos trésors, arrosée de beurre 10. (Agni), sacrificateur, honore le Ciel et la
(sacré), et portant à Agni le (saint) holocauste, elle Terre; et ses hommages, accueillis avec plaisir,
se porte du côté de l’orient. augmentent la grandeur de ces (dieux) immenses.
2. A peine ne, tu t’es dressé pour recevoir nos S’approchant avec respect, les deux grands pa-
hommages; et, remplissant le ciel et la terre, tu rents, saints et justes, semblent s’arrêter pour
as couvert de ta lumière tout l’espace qui les se- jouir des œuvres de celui qui est né dans le sa-
pare. Que tes feux, ornés de sept langues, soient crifice.
célébrés par nous. il. 0 Agni, en échange de nos invocations, fais
3. Le Ciel, la Terre, tous les dieux, te deman- que la terre soit à jamais libérale pour nous, et
dent qu’en ta qualité de sacrificateur tu appa- féconde en troupeaux! Que nous ayons une belle
lignée d’enfants et de petits-enfants! 0 Agni, que
ta bonté soit avec nous!
l. De l’aranl. Il n’est point question ici du ciel et de
la terre, comme le croit le commentateur.
2. C’est ici le ciel et la terre.
3. Ce mot n’existe pas dans le texte: croulait. Il est l. Ces dieux ne peuvent être que les rayons d’Agni.
donné par le commentaire. Je pense que le mot Chri- 2. J’ai comprls de cette manière le mot mima. Le com-
tàtchi doit être considéré comme substantif, avec la signi- mentaire y a. vu une classe de Pitris.
3. Voy. page 133, col. i, notai.
fication de libation. .
[Loch L] RIG-VÈDA. - SECTION
TROISIÈME. 197
foyer ou repose le (dieu), aussi rapide que l’oi-
seau. lls s’approchent avec bonheur, répandent
SECTION TROISIÈME. (la libation), et, Dévas immortels, accomplissent
les rites en l’honneur des Dévas (célestes).
LECTURE PREMIÈRE. 8. l’honore, avant tout, les deux sacrificateurs
divins t. Chargés de leurs sept offrandes, les (prè-
HYMNE l. tres) se plaisent a présenter la Swadhd. Ils chan-
A ACM, tu: VISWAII’I’IA.
tent le (dieu) qu’ils appellent du nom de Rita’,
(Hêtre : Trichtoubh.) et, brillants gardiens des rites sacrés, ils poursui-
t. Les sept! splendeurs (d’Agni), dont le dos vent leur œuvre.
commence à blanchir’, viennent de s’élancer du 9. Sous les libations qui s’épandent en l’hon-
foyer ou il reposait, et elles ont pénétré les grands neur d’un (dieu) rapide et libéral, ses rayons, aux
parents 5. Etendus autour (de nous), ces deux ancê- formes changeantes, s’affaissent et s’agitent. Dieu
tres s’avancent de concert,pourperpétuer le temps. sage et sacrificateur, sois heureux, et amène ici
2. (Agni) s’est entouré de ses vaches lumi- les grands dieux avec le Ciel et la Terre.
neuses’; (le dieu) bienfaisant s’élance sur ses 10.(Dieu de la) richesse, accorde-nous l’abon-
célestes montures, qui portent le miel des (of- dance. Que les Aurores, accompagnées de douces
frandes). (0 Agni), tu daignes habiter la demeure prières et d’heureuses splendeurs, se lèvent avec
du sacrifice; tu fais rouler (tes flammes); cepen- magnificence! O Agni, excuse les fautes des Grands
dant autour de toi s’élève la voix (de la Prière) 5. qui ont su faire grandir tes larges feux.
3. Le maltre sage et opulent est monté sur ses il. 0 Agni, en échange de nos invocations, fais
coursiers, qu’il a rendus dociles. Son dos noir que la terre3 soit à jamais libérale pour nous, et
s’est revêtu (des rayons) qui partent du foyer, et féconde en troupeaux! Que nous ayons une belle
ses membres se sont développés. lignée d’enfants et de petits-enfants! O Agni, que
la. Les Libations donnent dela force aux grandes ta bonté soit avec nous l
(Lumières), enfants de Twachtri, et servent de
char au (dieu), impérissable soutien (du monde, Il YHNE Il.
Agni), de son trône étendant au loin ses membres
A aux], PAR vrswxlrrnx.
brillants, s’unit au Ciel et a la Terre, comme
(l’époux s’unit) à son épouse. ("un : Trichtoubh et Anouchtoubh.)
5. (Les sages) aiment à honorer (ce dieu) grand, l. 0 Vanaspati ê, les saints ministres du sacri-
libéral et bienfaisant, et ils bénissent son empire. fice répandent sur toi leur miel divin. Deviens
L’air s’illumine de leurs feux éclatants; leur ici même notre bienfaiteur, soit que tu lèves ta
hymne a son prix; leur prière a son mérite. tête superbe, soit que tu reposes au sein de ta
mére’.
6. En même temps qu’ils invoquent les deux
grandsparents, que nos Seigneurs nous procurent 2. O toi 0, placéà l’orient du foyer, sois (pour
aussi la protection (d’Agni). Qu’en faveur de celui
qui le chante,( ce dieu) qui sème (la lumière)apporte ou plutôt les sept mètres poétiques, et les cinq coupes
ses clartés dans les lieux qu’environnnit la nuit. du sacrifice. Il en fait autant des Richis, qui, au nombre
de douze, représentent les ministres des Rites sacrés,
7. Sept sages avec cinq prêtres” gardent le Voy. page 53, col.2, note 3; page 80, col. l , note 6;
page 86, col. l, note 3.
l. Ce sont les sept rayons ou les sept langues d’Agni. l. Voy. page 135, col. l, note 9.
2.11 est singulier que le même mot, tilt, signifie noir 2. Voy page et, col. 2, note 3.
et blanc. Le dos d’Agni est la partie du bûcher noircie 3. Ce motllai pourrait toutaussi bien signifier l’hymne
par la. fumée. et sur laquelle sieleve la flamme blanche. du sacrifice. ne me semble le nom d’un pays. Voyer.
Dans ma traduction j’ai cherché à concilier les deux plus bas, page 204, col. l, note l.
sans contradictoires de l’épithète sitipn’chtha. 4. Les bois qui servent au sacrifice et les poteaux sont
3. C’est-a-dire le ciel et la terre. On pourrait aussi personnifiés par le poëte sous le nom de Vanaspati.
entendre le mot mâture comme désignant les deux C’est Agni, existant dans le bûcher et les pièces de bois
pièces de l’Aram’. de diverse nature employées pour le service sacré.
4. Nous savons maintenant que les vaches, comme 5. Je pense que ce mot désigne l’Arani; en bien, il
les coursiers d’Agni, ce sont les flammes. faut supposer que l’auteur, considérant Vanaspati comme
5. Le mot vois: est ici représenté par le mot go, qui le bois des poteaux sacrés, le regarde tanlét comme
signifie la vache; et le texte dit que la vache chemine planté en terre, tantôt comme couché sur le sol.
autour J’Agm’. Voy. page 44, col. l, note 7. 6. Sans doute le poteau (yoûpa) placé du côté de
6. Je pense que le poète personnifie les sept oblations, l’orient, où estle foyer Altaeanlya.
195 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [LeeL 1.]

nouslunesource d’abondanceintarissahle; (donne- t (famille) mille rameaux, (ô dieu) que la hache


nous) une forte lignée. Éloigue nos ennemis, et brillante a disposé pour le grand bonheur (du
dresse.toi pour notre grande félicité. monde)!
3. Dresse-toi, O Vanaspati, sur le sol du sacri-
fice, et présente-nous d’heureuses dimensions. HYMNE III.
Fais la gloire de celui qui apporte ici ses of- A AGNI, PAR VISWAIITIIA.

frandes. .
4. Le voila qui vient’, le .(dieu) jeune, ri-
chement vétu, ceint (de lumière), préférable à
tous. Il naît; les vénérables sages, pleins d’un
(Ultra : Vrihatf et Trichtoubh.)

1. 0 dieu, nous mortels, tes amis, nous t’appe-


lons à notre secours, toi enfant des Ondes’.
saint recueillement et d’une vénération profonde, bienfaiteur brillant, sauveur irréprochable.
le font apparaître. 2. Tu aimes nos offrandes, et tu viens vers les
5. Il est né; il croit au milieu des hommages Ondes, qui sont tes mères. 0 Agni, nous ne pou-
des mortels, pour nous donner des jours sereins. vons plus supporter ton absence’. Tu es en ces
Les sages accomplissent leurs œuvres de purifica- lieux, et cependant loin de nous.
tion, et pour la sainte prière le prêtre élève sa 3. Ton désir est de satisfaire nos vœux : car tu
voix. es bon. Vois ces (prêtres), sur l’attachement des-
6. O Vanaspati, que ces bois divins ’, que les quels t’u peux compter. Pour ton service les uns
ministres du sacrifice ont plantés et que la hache sont debout, les autres sont assis 5.
a taillés, nous procurent une heureuse fortune, Il. Ce (dieu) prêt a combattre nos ennemis et
une nombreuse famille! leurs troupes innombrables, les Dévas t immor-
7. Que ces branches coupées et plantées en tels et cléments l’ont retrouvé dans les ondes,
terre, vers lesquelles s’élèvent les vases (des liba- commele lion (dans sa caverne).
tions), que tous (ces bois) qui prennentune nature 5. Tel qu’un fugitif, Agni se cachait; les Dévas
l’ont cherché avec de violents efforts 3. et Méta-
r divine et ornent le champ du sacrifice concourent
riswan l’a ramené de la contrée lointaine.
à notre bonheur!
6. Les mortels t’ont reçu des Dévas, ô (Agni),
8. Que les Adityas, les Roudras, les Vassous,
merveilleux directeurs, le Ciel et la Terre, l’Es- qui portes les holocaustes. Par ta puissance, o
pace t, l’Air viennent avec joie participer à nos (dieu) humain 6 et toujours jeune, tu protèges
cérémonies; queles Dévas t élèventl’enseigne du tous les sacrifices.
7. Ainsi ton œuvre, 0 Agni, est pour ton humble

sacrifice! ,
9. Tels.que des cygnes qui volent en troupe,
que les poteaux s’élèvent entourés de blanches
lueurs. Places par nos sages du côté de l’orient,
serviteur une source de bonheur, quand, au mo-
ment du crépuscule, tous les êtres vivants sont
rassemblés autour de ton foyer.
8. Invoquez le dieu ami des sacrifices, qui siège
que ces Dévas 5 suivent la route des Dévas.
(dans le foyer) et s’entoure d’une flamme pure.
10. Ainsi que la corne sur la(téte du) taureau,
Honorez le messager rapide, actif, antique et vé-
ces poteaux apparaissent, sur la terre, garnis de nérable.
leurs anneaux. Invoqués par les prêtres au milieu
du sacrifice, qu’ils soient notre défense sur les
9. Que les trois mille trois rent trente-neuf”
champs de bataille. l. Les Ondes sont les libations du sacrifice, qui nour-
il. O Vanaspati, monte, élève-toi sur tes cent rissent ctentretiennent le feu. Voy. hymne X11, section Il,
rameaux! Puissious-nous aussi donner à notre lect. Vl.
2. En ce moment Agni est dans l’Aranî, invisible et
présent.
i. Il serait naturel de faire rapporter ce passage au 3. Le commentateur dit qu’il y a seize personnes
dieu Agni, naissant dans le foyer. Et cependant je crois occupées des soins du sacrifice. douze Adwaryous, qui
qu’il faut l’entendre de Vanaspati, amené, sous la marchent et agissent, et quatre Oudgatris, qui chantent
forme des poteaux, au milieu de l’enceinte sacrée. les hymnes et restent assis.
2. Littéralement ils sont Dévas. 4. C’est-a-dire les Rites personnifiés.
3. Je rends ainsi le mot Prithiri. 5. Les prêtres ont agite l’A rani pour en extraire le feu,
4. Je suppose que par ce mot se trouvent désignés les que le vent a excité de son souffle.
prêtres, ou plutôt les Rites personnifiés. 6. C’est-à-dire ne par le secours des hommes, vivant
5. Les poteaux entêté érigés du côté de l’orient,et par au milieu des hommes et pour leur avantage.
le fait de la consécration érigés a la, dignité de Dévas; 7. Nous avons vu, page 63, col. 2, note 3, qu’il y
ils s’élèvent dans l’air, séjour des êtres de leur nature. avait trente-trois dieux, savoir les douze Adityas, les
[LecL L] lllti-t’ÉDA. - sucrins ruement; 199

Dévas honorent Agni. Qu’ils répandent pour lui le i 9. Nos prêtres remplis de sagesse s’êveilleut
beurre (consacré), qu’ils étendent le gazon, et 1 (des le matin) pour allumer tes feux, o toi qui
qu’ils le fassent asseoir sur son siège de sacrifica- ’ portes l’holocauste, (dieu) immortel, que la Force
l

leur. l
a fait grandir.

HYMNE IV.
î HYMNE V.
A AGNI, PAR VISWAII’I’RA.

(Hêtre : Ouchnih.)
I A son,
l

l
PAR YISWAIITRA.

(Malt: : Gayatrî.)

l. Les sages, o Agni, te (reconnaissent) pour le i , t. Agni, sacrificateur, pontife, surveillant des
roi des hommes; mortels, ils allument pour le saintes cérémonies, connaît tous nos rites sacrés.
sacrifice le feu d’un dieu. 2. Prêtre immortel. Agni porte l’holocauste, et,
2. 0 Agni, ils te chantent dans leurs cérémo- messager chargé des offrandes, il s’unit à la
nies, comme prêtre et sacrificateur. Gardien des Prière.
choses saintes, brille sur ton trône. 3. Etendard du sacrifice, l’antique Agni apparalt
3.0 Agni (surnommé) Dja’tavédas, celui qui avec la Prière. Ses rayons triomphent des (ténè-
nourrit tes feux obtient une puissante famille,
une fortune florissante.
4. Qu’il vienne, cet Agni, l’étendard des sacri-
fices; que, pour le (bonheur de) celui qui offre
bres). a
4. Les Dévas ont enfanté Agni, fils toujours
nouveau de la Force, possesseur de tous les biens

l’holocauste, les Dévas répandent sur lui leurs et agent du sacrifice. ,


5. Agni est l’invincible chef des races humaines,
sept libations. rapide, impétueux, toujours jeune. ’
5. A Agni, sage et sacrificateur, qui semble 6. Agni soutient tous les assauts; il ne saurait
porter les feux allumés par les sages, apportez être vaincu, et il fait la force des Dévas. Il est
l’hymne antique et solennel. l’auteur de toute abondance.
6. Que nos hymnes augmentent (la gloire) 7. Le mortel qui l’honore par l’offrande des
d’Agni. Que ce (dieu) brillant et digne de nos hom- mets sacrés s’approche (heureusement) du trône
mages naisse pour (nous apporter) l’abondance et ou brille (un dieu) purificateur.
la richesse. 8. Puissions-nous, sages (et dévoués), réunir les
7. Agni, (dieu) vénérable, honore les dieux dans faveurs d’Agni, qui possède tous les biens!
le sacrifice en faveurdu serviteur qui les invoque. 9. O Agni, nous demandons l’abondance et la
Sacrificateur ne pour notre bonheur, tu règnes précieuse richesse. Voila pour que! motif les
sur nos ennemis. Dévas s’adressent à toi.
8. (Dieu) purificateur, brille pour nous; que
nous obtenions par toi une brillante et forte fa-
mille. Deviens pour tes adorateurs une source de HYMNE Vl.
bénédictions.
A nous ET AGI", un VISWAII’I’RA.

huit Vasous, les onze [tondras et les deux Aswius; le (Mètre : Gnyatrl.)
commentateur, à la place des deux, Aswins, met Indra
et Pradjâpati. Ailleurs ces trente-trois dieux étaient con- l. lndra et Agni, traversez l’air pour venir, à la
sidérés comme appartenant par tiers au ciel. a l’air et a
la terre. Ici le nombre en est singulièrement augmenté. voix de notre prière, partager nos copieuses liba-
et le commentaire ne donne a ce sujet aucune explica- tions. Buvez, provoqués par nos hymnes.
tion. Je ne puis voir dans cette énumération que le ré-
sultat d’une addition dont les éléments, dans je ne sais 2. lndra et Agni, le Sacrifice marche, animé par
quelle intention mystérieuse. auraient été disposés de le chant du poète. (Appelés) par la Prière, buvez
cette manière. de nos libations.
33
303 3. Par l’hommage du sacrifice, par la voix du
3003 poète, j’honore lndra et Agni. Qu’ils viennent se
Le nombre de ces dieux pourrait encore être exprimé
ainsi : rassasier de notre soma.
303039 4. l’invoque lndra et Agni, invincibles triom-
200 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. (ne. 1.]
phateurs, terribles vainqueurs de Vritra, auteurs O Agni, toi dont les Maroutsl augmentent la
d’abondants bienfaits. splendeur, et qui es riche de mille trésors.
5. Les poètes, savants dans les rites sacrés, 7. 0 Agni, accorde-nous une opulence ornée
vous célèbrent par leurs hymnes. 0 lndra et Agni, de mille biens, douée de gloire et d’éclat, entou-
je vous apporte mon offrande. rée de famille; (accorde-nous) une force et une
6.1ndra et Agni, unissant vos efforts, vous puissance qui jamais ne puissent décroître.
avez ébranlé les quatre-vingt dix villes, épouses
du brigand (céleste) l.
HYMNE VIII.
7. lndra et Agni, autour de vous agissent les
Rites divins, suivant avec respect les voies du sa- A AGNI, PAR RICHABHA.
crifice. (Mètre : Trichtoubh.)
8. Indra et Agni, avec vous habitent la Force et
l’Abondauce. C’est vous qui lancez les eaux (sur l. Le (dieu) sage, prudent et juste, prêtre et
la terre). sacrificateur, apparaît, pour notre bonheur, au
9. Indra et Agni, (animés) par nos offrandes, milieu de nos cérémonies : l’enfant de la Force,
vous ornez les mondes célestes, et votre force se Agni, au char brillant, à la chevelure enflam-
fait partout sentir. mée, sur son trône terrestre, se revêt de toute sa

HYMNE VIL
force. i
2. Je t’adresse mon hommage, à toi qui peux
m’entendre, (dieu) juste et fort. Exauce-moi. Sage,
A AGI], PAR RICHABIIA, FILS DE VISWAIITRA. tu amènes (les dieux) sages comme toi. Digne de
(Mètre : Anouchtoubh.)
nos adorations, viens t’asseoir sur notre causa,
au milieu de nous, et prêt a nous secourir.
l. En l’honneur du divin Agni fais entendre tes 3. Toutes chargées d’offrandes, que l’Aurore et
plus beaux chants. Qu’il vienne avec les dieux, et, la Nuit arrivent par les routes du vent. Au mo-
objet de notre profonde vénération, qu’il se place ment où (nos prêtres) jettent le beurre de l’holo-
sur notre gazon. causte sur l’antique (Agni), qu’elles viennent
2. Plein de justice, il est le maître du ciel et de dans notre demeure, placées surle devant de leur
la terre; les (Dévas) secondent et augmentent sa char.
force. Chargés d’holocaustes, (les prêtres) le chan- 4. Puissant Agni! Mitra, Varouna, les Viswas,
tent, et par leurs offrandes cherchent a obtenir les Marouts t’honorent avec bonheur, lorsque tu
son secours. l’élèves tout resplendissant, ô fils de la Force, et
3. C’est lui qui est le sage directeur de nos répandant, (comme) le soleil, tes rayons parmi
(prêtres), l’instituteur des sacrifices. flouerez donc les hommes.
Agni, qui est l’auteur, le distributeur de tout 5. Nous approchons de toi avec vénération.

bien. -
tendant nos bras pour te présenter aujourd’hui
4. Que pour prix de nos hommages Agni nous l’offrande que tu désires. En ta qualité de
accorde ses dons les plus heureux. Que par lui prêtre, O Agni, fais agréer aux dieux notre culte
nous arrive une florissante moisson des biens du respectueux, notre prière innocente.
ciel, de la terre et des eaux ’. 6. Enfant de la Force, un dieu tel que toi est
5. Les (prêtres), en chantant leurs hymnes, pour nous une source toujours pleine de secours
allument les feux de cet Agni, sacrificateur res- et d’abondance; accorde-nous des biens sans
plendissant, et souverain maître des hommes, et nombre; ô Agni, fais aussi que nous soyons justes
ils le disposent pour ses œuvres merveilleuses. et bons.
6. 0 toi que les Dévas appellent avec ferveur, 7. O dieu sage et fort, mortels que nous
garde-nous au milieu de nos cérémonies et de sommes, nous avons accompli pour toi l’œuvre
nos chants. Brille heureusement pour nous, du sacrifice. Souviens-toi de tous ceux qui ont
chargé le char de tes offrandes. Immortel Agni,
LPage 89, il est question des quatre-vingt dix consomme entièrement notre (holocauste).
fleuves dont la foudre d’Indra ouvre la source. Ail-
leurs ce nombre est porté à 99. Voy. ibid., page 61.
2. Le commentaire traduit par le mot air,antarik- l. Les vents par leur souffle augmentent l’ardeur du
chum. fou.
(Leu. L] RlG-VÈDA. - SECTION TROISIÈME. 201

2. Vaillants Marouts, attachez-vous à ce (dieu)


HYMNE IX. qui répand l’abondance et le bonheur. Que ces
(Marouts), habitués à vaincre leurs ennemis sur
a au", un ouerLA, FILS DE cars.
les champs de bataille, nous fassent chaque jour
(Maire : Trichtoubh.)
triompher (le nos adversaires. l
1. Développe tes brillantes clartés et détruis 3. Agni, généreux et riche en bienfaits, aug-
nos ennemis, les Rakchasas et les Maladies. Que mente notre fortune; donne-nous la force, l’abon-
je me trouve couvert par la protection du grand dance, la santé, la vigueur. Multiplie notre
et heureux Agni, et placé sous la direction d’un famille.
(dieu) digne de nos hommages. 4. Le (dieu) qui a fait tous les mondes, qui, au
2. Sois notre gardien. Entends notre prière, et milieu des Dévas, forme et accomplit les rites
au lever de l’aurore, et à l’apparition du soleil. (sacrés), vient, dans cette société toute divine,
Comme un père aime sa postérité, chéris nos écouter nos hymnes et nous apporte la force.
hymnes, O toi, Agni, dont le corps est resplendis- 5. Agni, ne nous abandonne point à l’ignorance,
sant. et à la faiblesse des hommes sans cœur. 0 fils de
3. Généreux Agni, œil de la nature, brille, au la Force, que nos vaches soient sauvées et notre
milieu de l’obscurité, de toute ta splendeur; sois honneur garanti. Éloigne nos ennemis.
notre refuge et notre conducteur; délivre-nous 6. Heureux et opulent Agni, tu es le maître
du mal; (dieu) toujours jeune, donne-nousl’opu- d’uneabondauce large et féconde. Fais-nous jouir
lence que nous désirons. d’une grande, d’une glorieuse affluence de ri-
4. Brille, invincible et généreux Agni; force chesses et de félicité.
pour nous tontes les villes (célestes), et donne-
nous leurs trésors. Tu possèdes tous les biens, et HYMNE XI.
tu connais l’art de diriger (les hommes). Tu es
le guide du sacrifice, (que nous regardons comme) A son, un un, sus ou VISWAIITIIA.
un noble et riche protecteur. (Mètre : Trichtoubh.)
5. Chanté par nous, (dieu) brillant et sage, î. Agni, objet commun de tous les hommages,
porte vers les (autres dieux) nos nombreuses remplit ses fonctions suprêmes, et reçoit d’onc-
offrandes; qu’ils en jouissent sans partage. Sois
tueuses libations. Déployant sa chevelure de
comme un char tout comblé de richesses; O Agni,
flamme, prenant une forme sous (l’effusiou) du
que par toi le Ciel et la Terre, doués de tant de beurre (sacré), purificateur et prêtre, (il vient)
beautés, reçoivent les mets (sacrés).
pour honorer les dieux.
6. Généreux Agni, rassasie ta soif, goûte nos 2. Agni, ô toi qui possèdes tous les biens, reçois
offrandes. Rends-nous favorables le Ciel et la cet holocauste, et offre-le à la Terre et au Ciel :
Terre, auteurs de tous les biens. Avec les (autres) honore les dieux. Tel que Manon t, dirige aujour-
dieux, dieu de lumière, viens (à nous). et que la d’hui notre sacrifice.
folie d’un mortel ne cause point notre perte.
3. Agni, o toi qui possèdes tous les biens, tu as
7. 0 Agni, en échange de nos invocations, fais trois aliments *; tu as trois mères qui concourent
que la terre soit a jamais libérale pour nous, et
a ton lever 3. Avec elles rends aux dieux les
féconde en troupeaux! que nous ayons une belle honneurs qu’ils attendent; (dieu) sage, fais le
lignée d’enfants et de petits-enfants! 0 Agni, que bonheur de l’homme qui offre le sacrifice.
ta bonté soit avec nous l
t. On peut donner deux sans à. ces mots. Qu’Agni
HYMNE X. soit comme Manon, qui jadis dirigeait les sacrifices, ou
bien qu’Agni dirigeant les sacrifices soit comme Manon,
A AGI], PAR OUTIILÀ. comme un homme parmi les hommes.
S. Le commentaire nous apprend que ces trois ali-
(Mètre : Vrihati.) ments sont les trois genres de libations, le beurre
(âdjya), les plantes (ochadt) et le soma. Ces trois nour-
l. Agni est le maître d’une félicité pleine de ritures sont appelées les mères d’Agni. a
grandeur et de force. Il est le maître d’une opu- 3. Ouchasat. suivant le commentaire, est un nomi-
natif pluriel. Je n’ai pas compris ce que pouvaient être
lence riche en vaches, féconde en enfants. Il est ce: trois aurores mères d’Agm’. J’ai traduit comme si
le maître de la puissance qui détruit un ennemi. onduleur était au génitif.

l. - BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE. H
202 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. Ilect. 1.]
4. Agni, o toi qui possèdes tous les biens, nous la fête que nous célébrons en l’honneur des dieux
te célébrons, nous t’adorons, (dieu) noble, bril- j il nous serve de pontife, et qu’il reçoive nos of-
lant, honorable. Les Dévas t’ont fait pour être le frandes pour nous accorder la richesse et l’abon-
messager (du sacrifice), la terreur de l’ennemi, dance.
le porteur de l’holocauste, le dépositaire de l’am- 2. 0 Agni, tournant (avec respect) vers ma
broisie. droite 4, j’ouvre et célèbre pour toi cette fête Où
5. Que,placé près de (ton foyer) le matin et sont prodigués les holocaustes, les mets, les Of-
dans deux autres (moments) l, un homme reli- frandes, le beurre (consacré). Avec tes dons et
gieux et fortuné veuille te vénérer en te présen- tes trésors viens à notre sacrifice.
tant la Swadhd ; o (dieu) sage, remplis en sa faveur 3. Ton serviteur t’apporte une âme dévouée.
les divers devoirs du prêtre. Dans la sainte céré- Donne-lui une heureuse famille. Puissions-nous,
monie consomme notre sacrifice. o Agni, tenir de toi une male puissance, de la
gloire et des richesses.
HYMNE xn. 4. 0 Agni, tes serviteurs se sont plu à nourrir
A AGNI, PAR (DATA.
l’éclat de tes rayons divins. Amêne donc les dieux
(Mètre : Trichtoubh.)
à cette fête, où, prêtre toujours jeune, tu déploies
aujourd’hui ta force merveilleuse.
1. Agni, sois bienveillant pour nous; viens tel 5. Les Dévas, dans cette assemblée sainte, t’ont
qu’un ami, et dans ton amitié sois bon comme
pris pour sacrificateur, et ils ont versé sur toi la
un père et une mère. Les hommes sont exposés a
libation. Éveille-toi, Agni, notre sauveur, et ré-
beaucoup de maux: brûle les ennemis qui se pands sur nous les bienfaits.
déclarent contre nous.
2. Agni, brûle les ennemis qui nous menacent;
réduis en cendres l’orgueil de notre adversaire IIYM NE XIY.
impie. (Dieu) prudent et protecteur, brûle les A AGNI, PAR GATnlN
(êtres) dépourvus de sagesse. Que les rayons im-
(Hêtre : Trichtoubh.)
mortels soient vainqueurs.
3. Agni, j’impIore ta faveur, et je t’offre ce I. Le (prêtre), apportant (l’holocauste) et ses
beurre (sacré) pour obtenir la puissance et la hymnes, invoque le matin Agni, l’Aurore, les As-
force. le t’adore, et mesurant mes hommages à wins, (le dieu appelé) Dadht’cra’s ’. Qu’ils nous
ma fortune, j’emploie la sainte prière et j’attends
entendent, ces dieux brillants, heureux de nos
de toi mille faveurs. hommages et amis de nos sacrifices.
Il. Enfant de la Force, allume tes feux en en- 2. 0 Agni, enfant du Sacrifice, tu as trois ali-
tendant nos louanges; donne à tes serviteurs, ments 3, trois foyers t, trois langues 5 avides
(donne), Agni, aux enfants de Viswàmitra une ri- de libations, trois corps f. Avec ces (corps) sauve-
che et abondante opulence. Nous demandons le nous; écoute nos prières.
bonheur, et arrosons ton corps de nombreuses :l. Immortel Agni, dieu qui possèdes tous les
libations.
biens et qui aimes la Swadhd, tes rayons sont
Agni, généreux bienfaiteur, comble-nous de
tes dons précieux en récompense de cet éclat
cana, ou aux trois sacrifices de la journée. Cependant.
brillant dont nous t’entourons. (Vois, en effet, il pourrait bien aussi parler du trivc’di, de la réunion
comme) tes bras s’étendent magnifiquement dans des trois foyers ou siège Agni.
1. La cérémonie sacrée s’accomplit en faisant le tour
le foyer de ton heureux serviteur, (comme) tes du feu de gauche à droite. Loi: de Manon, liv. III.
formes se déploient. sl. 214.
2. Ce mot signifie un dieu qui nient vers le caillé, et
HYMNE Xlll. doit ici s’entendre du soleil. Ailleurs ce peut être Agni.
3. Voy. page 201, col. 2. note 2.
A AGNI, un GA’I’lllN. 4. Ce sont les trois comme: des feux Ahavanîya,
(bien: :Trlthtoabh.) Dakchina et Gàrhapalya. Le commentaire croit que
ce sont les trois mondes.
I. l’honore dans le sacrifice Agni, prêtre sage 5. Du appelle langue la flamme d’Agni, qui brille sur
le triple foyer.
et savant, héraut habile dans la louange. Que pour 6. Le commentaire donne à ces corps les noms de
Pavamâna, Pâvaca et Soutchi. Voy. page 203, col. 2,
I. Je pense que l’auteur fait ici allusion au triclin- note 1; et page 205, col. î. note 6.
[Loch L] RlG-VÉDA. - SECTION mamans. 20 3

innombrables. Bienfaiteur de tous les êtres et biens, telles qu’un coursier rapide, nos liqueurs
ami des malheureux, (les Dévas) ont rassemblé (vives) et abondantes arrivent jusqu’à toi au mi-
en toi les (splendeurs) magiques qui distinguent lieu de nos louanges. I
les Asouras t. 2. Adorable Agni, ta forme est au ciel, sur la
A. Agni est comme Bhaga ’; il est le chef des terre, dans les plantes, dans les ondes t. Cette
troupes divines, le dieu juste, le gardien des sai- lumière éclatante que tu as jetée sur l’étendue de
sons. il donne la mort à Vritra; antique et pos- l’air se développe comme un océan. Elle forme
sesseur de toute science, il peut faire traverser a l’œil du monde. t
son serviteur tous les maux (de la vie). 3. Agni, tu t’élèves dans la mer du ciel ’; tu
5. l’appelle ici liadhicràs, Agni, la divine Au- vas interpeller les dieux qui peuvent être super-
rore, Vrihaspati, le brillant Savitri, les Aswins, bes. Les Ondes, placées au delà comme en deçà»
Mitra et Varouna, Bhaga, les Vasous, les Roudras, du monde brillant du soleil, s’approchent avec
les Adityas. vénération.
«i. Que les Feux de nos foyers s’élèvent à l’envi

HYMNE KV. l’un de l’autre sur le lit de terre qui les contient.
Pleins d’innocence et de bonté, qu’ils se plaisent
A AGNI, PAR GATBIS. anotre sacrifice, et (qu’ils dévorent) nos abon-
la": : Trichtoubh, Anouchtoubh et Vrihntl.) dantes offrandes. I
5. 0 Agni, en échange de nos invocations, fais
l. (0 Dieu) qui possèdes tous les biens, présente que la terre soit à jamais libérale pour nous, et
notre sacrifice aux immortels. Prends cet holo- féconde en troupeaux l que nous ayons une belle
causte. Agni sacrificateur, siégé le premier (sur lignée d’enfants et de petits-enfants! 0 Agni, que
notre me), et goûte à nos onctueuses libations ta bonté soit avec nous!
de beurre.
2. (Agni) purificateur, pour toi coulent ces onc- HYMNE KV".
tueuses libations de beurre. Remplis ton office,
et pour l’honneur des dieux, reçois nos offrandes A sur", un DÉVASRAVAS ET "invars,
les plus précieuses. rus on BHARA’I’A.

3. A toi, sage et généreux Agni, ces libations (lares : Vrihatî et Trichtoubh.


de beurre! illustre prophète, tes feux s’allument.
1. Tiré (de l’AranI), établi sur (le foyer), Agni,
Sois le conservateur de notre sacrifice.
«i. Rapide et puissant Agni, pourtoi coulentces jeune et sage, conduit le Sacrifice. L’imperissahle
onctueuses libations de beurre. A la voix de nos Agni (assis) sur ce bûcher périssable y reçoit
poètes, viens entouré d’une grande lumière. (Dieu) l’ambroisie (de la libation).

sage, prends cet holocauste. 2. Les deux fils de Bharata, Dévasravas et Dé-
5. Nous élevons (nos coupes pleines) d’onc- vavàta, ont heureusement extrait (de l’Arani) le
tueuses et brillantes libations, et nous les vidons généreux Agni. 0 Agni, vois la riche abondance
en ton sein. (Agni) protecteur, ces libations cou- de nos offrandes. Sois chaquejour notre directeur.
lent sur ton corps. Reçois-les pour les transmettre 3. (Dieu) antique, cher nourrisson, dix minis-
aux dieux. tres 5 l’ont engendré au sein de ses mères t. 0
Dévasravas, fais l’éloge d’Agni, enfanté par Déva-

HYMNE XVl. vàta, et qui se met au service des hommes.


li. Avec l’espoir de jours favorableset sereins,
A AGNI, PAR GATllIN. je t’ai placé sur ce noble trône de terre (que con-
(Hêtre: z Trichtoubh et Anouchtoubh.)
l. Le commentaire dit qu’Agni au ciel, c’est le feu du
t. Voici Agni qui reçoit la libation de soma. soleil et des astres; sur la terre, c’est le feu Ahvaniya
et les autres; dans les plantes, c’est le feu dans l’Arani
lndra prend pour lui cette libation, et la verse et dans les bois du foyer ; dans les Ondes, que le com
dans ses entrailles. 0 (Dieu) qui possèdes tous les mentatenr prend pour les ondes des nuages, c’est le feu
de la fondre, Védyouta.
2. Le commentaire dit que c’est par le moyen de la
t. C’est-à-dirc tontes ces lueurs qui brillent dans les fumée.
nuages. 3. Les dix doigts du prêtre.
a. Nom du soleil. A. Les pièces de bois qui composent i’Arani.
203 lNDE. - POÉSIE LYRIQUE. ILect. 1.]

sacre le nom) d’llà t. Brille avec toute ta pompe, 2’. Le sage Agni donne des forces (à l’homme) ;
O Agni, dans ces lieux qu’habitent les enfants de il est l’ornement (du monde), et transmet aux
Manou, aux bords de la Drichadwati, de l’Apayà immortels nos offrandes. (Dieu) opulent, amène
et de la Saraswati ’. ici vers nous tous ces dieux.
5. 0 Agni, en échange de nos invocations, fais 3. Le prévoyant Agni illumine le Ciel et la Terre,
que la terre soit à jamais libérale pour nous, et divins et immortels parents de la Nature. il est
féconde en troupeaux! Que nous ayons une belle magnifique; il règne, environné d’offrandes et de
lignée d’enfants et de petits-enfants! 0 Agni, que mets (sacrés).
ta bonté soit avec nous! li. Agni et lndra, venez ici, dans la demeure de
votre serviteur, qui a préparé les libations. (Ve-
liiilNE Xi’ili. nez) boire son soma, dieux cléments.
A A6x1,r.in viswiiiirni. Agni, enfant de la Force, (dieu) possesseur
(Mètres: Anouchtoubh et (idyutrî.) de tous les biens, tes feux s’allument sans relâ-
i. Agni, triomphe des armées, éloigne les enne- che dans le séjour des Ondes (divines) i. Tes
(clartés) secourables embellissent les mondes.
mis. Par ta force invincible tu renverses tes adver-
saires. Brille pour celui qui t’apporte son offrande.
2. Agni, tes feux sont allumés sur (le foyer) de HYMNE XX.
terre 5. Pontife immortel, ami du Sacrifice, ré- A sur", en VISWAIITRA.
jouis-toi de nos hommages. (Mètres : Djugati et Trichtoubh.)
3. Agni, éveille-toi avec éclat. Enfant de la
Force, je t’appelle; viens t’asseoir sur mon causa. l. Enfants de Cousica ’, l’âme pleine de vé-
li. Agni, avec tous tes Feux divins, ministres nération, et (les mains) chargées d’offrandes,
des sacrifices, accomplis le vœu de nos prières. priant, et animés par l’espoir, nous invoquons
à. Agni, donne a ton serviteur une opulence Agni (surnommé) Vêswânara 3, dieu juste, mal-
forte et brillante. Fais-nous riches en enfants. tre du bonheur, bienfaisant, rapide, digne de no-
tre amour.
HYMNE Xix. 2. Nous appelons à notre secours l’adorable. le
A AGNI, PAR VISWAIITRA. brillant Agni, (que nous nommons) Vêswânara,
(Mètre : virât.) Mzïtariswan t, Vrihaspati 5; (nous invitons) à
cette fête, que Manon 8 prépare pour les dieux,
i. Agni, tu es sage et prudent; tu possèdes l’ hôte sage et actif qui daigne écouter (nos prières).
tous les biens. Tu es fils du Ciel, fils- de la 3. Tel que le coursier hennissant qui s’enflamme
Terre t. Honore ici tous les dieux. aux feux de ses cavales, Véswànara est d’âge en
1. On a vu. page 59, col. 2, note 3.. que labile de age allumé par les enfants de Cousica. Qu’Agni.
Manon se nommait lia. On sait aussi (voy. ibid. et éveillé au milieu des immortels, nous accorde
page 43, col. i, note l) que le mot Ilaf’eiiiplote pour une heureuse génération d’enfants vigoureux et
désigner l’hymne et la déesse de la priere. De plus, la
mythologie raconte que la. terre, nommée Prttluvi, fut de chevaux excellents.
changée en vache; or, "à est encore un des noms de fi. Que les Feux rapides s’avancent, unis à l’é-
la terre et de la vache. Avec ces diverses acceptions
données à un même mot, il est difficile de se détermi-
ner pour le sens de cette phrase. J’ai entendu qu’il brillant au ciel et sur la terre, soit comme Adifya et
s’agissait ici du comme dans lequel est allumé le fenndu I’édyouta, soit comme Ahvaniya.
sacrifice; mais je ne serais pas étonne que le poete, t. Le commentateur pense que le séjour des Ondes.
fidèle au goût de sa nation, qui aime assas les jeux de c’est l’air, Antart’kcha. Je crois qu’il est ici question des
mots, eut en même temps voulu indiquer un point ondes du sacrifice, des libations.
géographique, la terre d’llà. Parmi les neuf cardia. 2. Voy. page 46. col. 2, note 1. Viswâmitra est un
ou divisions du Djambou-Dwtpa se trouve une contree fils de Gadhi; ses enfants par conséquent descendent
appelée "durite. Le vers suivant complète quelques de Cousica.
notions sur le position de cette région. également décrite 3. Ce mot signifie amide tous tu hommes.
dans le deuxième livre des Lois de Manon, si. t7 et 4. Ce mot désigne ordinairement le vent, et se traduit
suivants, ou elle est nommée Bramavartta. par cette idée : s’agrandiuaut au sein de l’air. Ce
2. La Drichadwatf est le Ceggar, et la Samswatt, la sans convient également a Agni. surtout à Agni Vé-
Sarsouti. Je ne sais quelle est la. rivière qui portait le dyouta, et je pense que c’est a lui qu’il faut l’appliquer
ici.
nom d’Apagâ.
3. Le mot . . iciI ppour signifier
llâ est encore employé 5. Vrihaspati est un nom d’Agni, et signifie maître
terre : le commentaire le rend par Outtaràoe’dt. du sacrifice étendu, comme s’il y avait Vrihatas pali.
4. Il faut se rappeler qu’Agni est considéré comme 6. Nom générique pour signifier l’homme.
(un. 1.] RlG-VÉDA - SECTION TROlSlÈME 205

clat et à la force. Que les Marouts attellent leurs


HYMNE XXL
daims *. Ces (dieux) invincibles et maîtres de
tous les biens ébranlent les montagnes (célestes), A AGîl, PAR VISWAIITRA.
(une : Gâyatrî.)
et répandent au loin les Ondes.
5. Les Marouts sont ornés des richesses l. Voilà que pour vous (s’avancent) les Mets
d’Agni 2. lnvoquons ces vainqueurs irrésis- (divins), brillants des feux (du foyer), avec la
tibles, ces protecteurs brillants et formidables. Cuiller (du sacrifice). Entouré des Libations, (Agni)
Les généreux enfants de [tondra nous appa- monte vers les dieux.
raissent sous la forme de la pluie; ils font 2. l’adresse mon hymne a Agni, sage pontife,
entendre leur voix pareille au rugissement du opulent bienfaiteur.
3. Divin Agni, puissions-nous dignement célé-

lion. -
6. Unissant nos voix pieuses, nous chantons la
splendeur d’Agni, ou la force des Marouts. Les
sages (Marouts), portés sur leurs montures 5 aux
brer ta fête, et, remplis de force, vaincre nos
ennemis!
fi. Les feux d’Agni s’allument pour le sacri-
fice. Nous invoquons (le dieu) purificateur, ado-
couleurs variées, et chargés de présents, arrivent
à nos sacrifices. rable, à la brillante chevelure.
7. Agni nalt (et s’écrie) : Je suis Dja’tavédas ’; 5. Agni s’entoure de larges splendeurs; le
le beurre (sacre) forme mon œil ’, l’ambroisie de beurre (sacré) compose sa forme; immortel, sain-
tement invoqué, il transporte l’holocauste du sa-
la libation ouvre ma bouche. Ma splendeur est
triple °; c’est moi qui ai mesuré le monde 7; je crifice.
suis le feu toujours nouveau, l’holocauste, l’ado- 6. Confondant leurs efforts, les (prêtres) appor-
ration. n tent l’holocauste et la prière, élèvent la cuiller
8. De trois sources diverses 9 (Agni) verse ses (sacrée) et honorent Agni en l’appelant a leur se-
rayons les plus purs. Par sa sagesse il engendre cours.
la Prière (du matin) et la Lumière Ses lueurs 7. Dieu prêtre, immortel, il vient avec pompe
forment et agrandissent le Soleil; il fait apparai- pour présider au sacrifice et pour le consommer.
tre le Ciel et la Terre. 8. Sage et fort, il siège parmi les mets (qui
9. 0 Ciel et Terre, conservez cet (Agni), source donnent la force); il est amené au milieu des
intarissable (de bienfaits), qui viennent sur nous saintes cérémonies : il accomplit le sacrifice.
9. L’élu du monde devient le fruit de la Prière.
en forme de pluies fécondantes, sage gardien de
nos prières, (ami) véridique initié à toutes nos La fille de Dakcha * reçoit le père, en qui est
œuvres, heureux à l’approche des deux grands le germe de tous les êtres.
parents °.
l. Dakcha est un personnage que nous avons déjà. vu
deux fois pages 94, col. 2. note 2, et 181, col. l,
i. Priehati; c’est le daim porcin. Ce mot signifie note 1.11 semble y être présenté comme un Aditya,
aussi goutte d’eau. autrement dit comme une forme du Soleil ou d’Agni. J’ai
2. C’est-adire que les nuages, qui sont leurs formes, ditque je regardais Dakoha comme une personnification
se colorent des flammes d’Agni. du sacrifice,ou plutôt d’une partie du sacrifice; je pensais
3. Ces daims, ces montures des Marouts, il est bien que c’était la donation, a cause du mot dakchinà,qui
entendu que œsont les nuages. signifie présent. Mais, réflexion faite, je crois que Dak-
4. Voy. page 69, col. i, note i. cha est la force industrielle. l’adresse, l’art employé
5. Le beurre jeté sur le foyer excite la flamme : c’est dans le sacrifice. L’art s’occupe à former de terre le
la l’œil d’Agni.
foyer dans lequel Agni doit na1tre et grandir. Ce foyer,
6. Agni brille dans le foyer comme Tryagni dans le appelé [là ou la terre, est considéré comme enfant de
soleil comme Aditya dans le nuage comme Védyoula Dakoha. Ce Dakclm, suivantles mythologues postérieurs,
ou comme layon. (Voy. page ses, col. 2, note A.) De la le est né du pouce de Brahma z ces mythologues, en adop-
nom composé qu’on lui donne Agnivàyoutoûrya. tant les idées allégoriques des Védas, les ont continuées
7. Agni par ses feux développe et semble créer le sur un autre plan. Brahma, dans l’origine, était Agni
monde, qui au milieu des ténèbres a l’air de ne pas ou le sacrifice; un être né de son pouce semble devoir
exister. être l’adresse intelligente personnifiée. Dakcha est
8. Le texte est plus métaphorique. Il se sert du devenu un personnage important dans le Sivaïsme : sa
mot paraîtra, qui est le vase ou se met la libation. Ces fille y est la femme de Siva, Sali, et ensuite Pénatl. Il
trois vases doivent être le foyer sur la terre, le soleil sera sans doute fort curieux d’étudier ces deux mythes,
dans le ciel, les nuages dans l’air. et de suivre leur transformation. ll y a quelques diffé-
9. Agni semble jouir à la vue du ciel et de la terre. rences d’attributions, que les changements de croyance
Le mot pitroh employé ici pourrait encore s’appliquer et de rites ontsmenées. Le personnage de Dakoha indique
aux bois de l’Annl, qui ont produit le feu, et qui sont dans l’histoire des religions indiennes une époque impor-
placés non loin du foyer. tante.
206 mon - POÉSIE LYRIQUE. [Loch L]

10. Oui, (la fille) de Dakcha, [la i, te reçoit, par nos louanges, accepte nos libations précieu-
enfant de la Force, élu du monde, brillant Agni, ses.
avide (de nos libations). 6. Agni, possesseur de tous les biens, déve-
il. Les sages, adorateurs (d’Agni), au sein du loppe tes feux, et reçois avec plaisir et notre in-
sacrifice, allument et nourrissent les feux de vocation et notre offrande composée ce matin.
celui qui fait mouvoir (le monde), et précipite les
eaux.
l2. Je chante le sage et puissant Agni, l’en- HYMNE xxul.
fant * des Mets (sacrés), qui brille et dans le sa- A son, un VISWAIITRA.
crifice et dans le ciel.
(lure: : Anouchtoubh, Djagatl et Trichtoubh.)
13.11 s’enflamme, ce généreux Agni, (dieu)
éclatant, adorable, digne de nos louanges, ennemi f. Voici le moment d’agiter (l’Aranl), le mo-
des ténèbres. ment d’enfanter (Agni). Apporte la reine du peu-
la. Le magnifique Agni, tel qu’un coursier (ra- ple l, et, suivant l’antique usage, travaillons a
pide), lance ses rayons, et transporte les dieux. produire (son fils).
Les (hommes) l’honorent par leurs holocaustes et 2. Le (dieu) qui possède tous les biens est dans
leurs hymnes. les deux pièces de l’AranI; il y est comme l’em-
15. Chargés de présents, ô généreux Agni, bryon au sein de sa mère, cet Agni que, chaque
nous allumons les feux resplendissants d’un jour, les enfants de Manon, en s’éveillant, doi-
(dieu) libéral en ses bienfaits 5. vent honorer avec l’hymne et l’holocauste.
3. (Prêtre) intelligent, pousse (la pièce supé-
HYMNE X3111. rieure) dans la pièce inférieure; et qu’a l’instant
(l’Arauî) fécondée enfante (le dieu) qui remplit
A AGI", un VISWAII’rnA.
tous les vœux. (Cependant) reçue sur une poi-
(Hêtre: : Geyatrf, Ouchnih. Trichtoubh et Djagatl.) guée (de feuilles), l’étincelle rougeâtre a brillé, et
le fils d’lla ’ a paru sur le foyer.
f. Agni, (nommé) Dja’tavédas, reçois avec plai-
Il. O Agni, possesseur de tous les biens, nous
sir nos offrandes et nos holocaustes du matin, te plaçons sur le sein d’llà *, sur le trône de
o (Dieu) qui récompenses la prière.
2. Pour toi, Agni, l’offrande a été clarifiée, et
terre, pour te charger de nos holocaustes.
préparée soigneusement; (Dieu) toujours jeune,
i. Vispuni. Agni s’appelle aussi l’isputt’, protecteur
reçois-la avec plaisir.
du peuple. L’Aranl, sa mère, peut bien porter le même
3. 0 Agni, prends cette offrande consacrée par nom. Voyez page 4.7, col. t, note 2; page 51, col. i,
nos invocations, et composée ce matin. Tu es le note 4; et page 147, col. i, note 7.
2. C’est-à-dire de la terre, dont se compose le foyer
fils de la Force, siégeant dans le sacrifice. Agni, siégeant sur ce foyer, est appelé enfant de la terre.
4. Sage Dja’taoe’das, dans le milieu du jour, Voy. page 204, col. i, notes l et 3.
3. llâpade’, ou ltâyâtipade’. Le commentaire donne,
reçois avec plaisir notre hommage. Agni, tu es
comme synonyme de ce mot, Gopade’. qui littéralement
grand; les prêtres par leurs œuvres élèvent ta se traduirait par pied de cache. [là (terre) prendrait le
fortune. même sens du mot go (vache) : car nous avons vu
5. Agni, fils de la Force, dans le troisième sa- (page et, col. l, note 7 ) que ce mot go s’emploie
pour tout ce qui donne un avantage, pour la chose qui
crifice t aime notre offrande consacrée par la fournit une espèce de tait. La terre est donc une culte,
prière. Au milieu des dieux immortels, éveillé et, avec cette explication, le mot go peut remplacer le
mot ltd. Mais l’imagination du commentateur. dans
l’union des mots go et patio, perd de vue le côté méta-
l. Ce mot doit ici signifier terre. Voy. page 205. phoriqne, et ne trouve ici que le sens matériel, en sorte
col. l, note i. que le mot [tripode] il le traduit par cette idée. ayant
2. Le mot sanscrit est noyât, qui vont dire petit-fils,- la forme d’un pied de ouche (Gopadaroùpe’). Je ne sais
et a ce sujet le commentaire donne au dieu Agni une pas si l’Outtarave’di, qui recevait le feu du sacrifice,
généalogie singulière. De la nourriture sacrée (Annam) avait réellement quelque rapport avec le pied de la
nalt l’oblation (Ahouti); de l’ablation, Aditya; d’Aditya, vache. Je pense que le mot pada doit être ramené au
Agni. il est d’autres généalogies différemment présentées, sens de place, station, établissement, ou, si pada doit
mais tout aussi arbitrairement. conserver le sens de pied, je serais porte à traduire
3. Ce vers renferme le mot vrichan répété trois fois. nàbhô ilàpade’ par le foyer au pied de terre. Cependant
C’est un ornement de style dans cette langue. j’ai cru aussi que le poële avait voulu personnifier la
6. Cette espèce de sacrifice porte le nom de Savane. terre sous le nom d’llâ; et c’est ce qui m’a déterminé
ll y en a trois, le matin, à midi et le soir. dans la traduction que j’ai donnée. A cette occasion
[Le-et. [LI filG-VEDA. - SECTION TROISIÈME. 207

5. Prêtres pieux, travaillez à produire (le dieu) Il. Qu’il brille sans interruption au sein de sa
sage, prudent, véridique, immortel et charmant. mèret (llâ), le (dieu) sacrificateur chargé des
Enfantez Agni, le héraut du sacrifice, le premier sept offrandes. Il ne meurt point; pour notre ,
des êtres adorables. bonheur il naît chaque jour des entrailles de l’A-
6. Agité avec force, il se lance comme un cour- rani’.

sier rapide, et vient sur le bûcher briller avec 15. Des enfants de Gousica, nos anciens 3, pré-
éclat. Invincible dans sa voie comme le char des tres aussi savants que guerriers redoutables,
Aswins, il sort de la pierre qui le contient en dé- pareils à une avant-garde de Marouts, ont su
vorant les plantes. pourvoir et aux prières et aux offrandes. Ils ont
7. Agni est ne; ses feux s’animent; fort, sage, dans chaque maison allumé les feux d’Agni.
bienveillant, il est chanté par les poètes, et les 16. En ce jour et dans le cours de ce sacrifice,
Dévas ont établi pour le sacrifice ce (dieu) ado- nous aussi, o pontife intelligent, nous t’hono-
rable, qui connalt tout et qui porte l’holocauste. roue. Daigne accourir vers nous, daigne nous
8. Siége donc sur ton trône, sacrilicateur in- favoriser. Tu nous connais, (dieu) sage, viensà
telligent, et porte notre sacrifice dans le lieu où notre soma.
il doit être récompensé. O Agni, honore les dieux,
et présenteleur l’holocauste. Réserve pour ton
serviteur une large part dans tes bienfaits.
9. 0 mes amis, augmentez la masse de cette LECTURE DEUXIÈME.
fumée. Apportez sans relâche les mets qui nour-
rissent cet Agni fort et victorieux, par lequel les HYMNE l.
dieux obtiennent le triomphe sur les Dasyous.
10. Voilà le berceau l où, dans le moment A mon, un VlSWAIl’l’RA.

favorable, tu brilles après ta naissance. Recon- (Mètre : Trichtoubh.)


nais-le, o Agni, et viens t’y placer, pour te mon-
trer sensible à nos vœux. i. 0 lndra, tes amis t’appellent; leur coupe est
il. Tant qu’il n’est encore qu’un embryon ’, remplie de soma; ils ont pour toi des libations et
on l’appelle Tanoûnapa’t *. Une fois né, il est des offrandes. (Par toi) ils peuvent repousser l’at-
Nardsansa t. ll devient Mdlariswan 5 dès qu’il taque de leurs ennemis. ll n’est personne (au-
s’étend au sein de l’air, et dans sa marche se fait dessus de toi).
le créateur de l’àyou. 2. Ta brillante demeure ne doit pas être éloi-
12. Prudent Agni, produit et placé convenable- gnée. Viens, traîné par tes deux coursiers azures.
ment par des (prêtres) habiles, rends-toi propice Nous sacrifions en l’honneur d’un (dieu) fort et
à leurs travaux. Honore les dieux au nom de généreux. (Pour lui) nos coupes s’épuisentsur les
leur fidèle serviteur. feux d’Agni.

l3. Les immortels ont enfanté un mortel invin- 3. lndra est beau t, magnifique, victorieux,
cible, lui sauveur vigoureux et redoutable. Dix entouré d’une nombreuse armée, terrible en ses
frères 6, unissant leurs efforts, ont avec bruit œuvres infinies. Quand tu apparais au milieu des
applaudi à sa naissance. mortels, attaque et menaçant, (dieu) puissant,
quelles sont alors tes prouesses!
j’exprimcrai timidement une idée qui m’est particulière:
il me semble avoir reconnu dans quelques parties du l. Le commentaire explique le mot mâlouli par Pri-
mythe d’Agni celui de Bacchus. Dans la circonstance lhivyah. Ce mot peut quelquefois s’entendre de la per-
présente. Agni au sein d’lla, n’est-ce pas Bacchus dans sonne qui a préparé, mesuré, le sacrifice.
les bras de Proserpine? 2. hourdage djtharât. Le commentateur entend ces
t. Le texte dit : la matrice (yoni). C’est un nom de mots de l’Aranl, et pense que l’on désigne ainsi le bois
foyer. Le commentaire croit que c’est l’Araul. dentelle est formée, càchtham Araniroûpam. Voy. même
2. Garbha amura. il parait que l’Aranl porte le nom page, col. l, note 2.
d’Aaoura, parce qu’elle lance des rayons, amati rami». 3. Je n’ai pu adopter le sens du commentateur. qui
3. Voy. page 47, col. 2, note 3. suppose que les Consicas étaient les premierrvne’s de
4. Voy. page 48, col. i,note l. Braltmà. J’ai pensé que brahmanah était un génitif
5. .Voy. page 204.col. 2, note 4. qui signifiait science sacrée.
6. Ce sont les dix doigts qui ont concouru à le tirer 4. Je disais, page 45, col. 2, note i, quel était le
de l’Aranl, et qui travaillent encore à l’arroser de liba- sens de Souripra. Je dois ajouter que le commentateur
tions. Le texte se servant d’un mot féminin, a mis du: donne à ce mot un nouveau sens, expliqué par siroslrà-
sœurs au lieu de dix frèrn. nope’ta, orné d’un casque.
208 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. (Loos. n.]

Il. Seul tu ébranles ce qui est inébranlable; tu ordre parcourt le Soleil. Dès qu’il a ouvert les
vas étouffant ce qui apporte l’obscurité. En te voies, aussitôt le Soleil lance ses coursiers. Telle
. voyant poursuivre ton œuvre, le Ciel et la Terre, est (l’œuvre) d’Indra. .
les Montagnes (aériennes) se sont arrêtées comme 13. Au moment où la Nuit s’enfuit et que l’Au-
stupéfaites. rore apparaît, le monde veut voir la grande, la
5. (Dieu) que tous les êtres invoquent, tu es magnifique Lumière. Elle arrive avec pompe, et.
le vainqueur de Vritra. Seul, par la force de ton chacun peut alors connaître les œuvres nombreu-
bras, tu donnes la sécurité et la confiance. 0 ma- ses et admirables d’lndra.
gnifique lndra, l’immensité du ciel et de la. terre Il. La grande Lumière est sur son trône; la
dans ta main, ce n’est jamais qu’une simple poi- Vache (céleste) t arrive, portant dans ses mamel-
guée. les un lait abondant. En elle est renfermée toute
6. lndra, apparais sur la voûte (du ciel) avec espèce de douceur. C’est encore la un bienfait
tes chevaux azurés; que ta foudre aille frapper d’lndra.

tes ennemis. Tue ceux qui sont et devant et der- 15. lndra, sois fort; des ennemis ont voulu en-
rière toi ; (tue) ceux qui fuient. Que par toi le traver ta marche. Sois bon pour celui qui te sa-
bien soit partout; que(ta puissance) se fasse par- crifie, pour celui qui te chante et pour tes amis.
tout sentir. Extermine ces mortels atrabilaires, envieux, hai-
7. Le mortel qu’un maître tel que toi favorise neux, qui contre nous s’arment de la flèche.
reçoit une fortune toute nouvelle pour lui. 0 In- 16. De vils ennemis font entendre leurs cris.
dra, toi que tant d’êtres invoquent, ta bonté,pro- Frappe-les de ta foudre brûlante. Coupe à Iaracine,
voquée par nos offrandes, devient libérale; tes arrache, brise, tue le Rakchasa, o Maghavan, et
dons sont innombrables. triomphe.
8.0 lndra, toi que le monde implore, tu as 17. Oui, Indra, déracine cet arbre de Bakchasa;
déjà pulvérisé ce Countîrou 4, lourd et immobile,
coupe-le par la moitié; abats-en la cime. Que, sur-
privé de bras et accompagné de Dànou ’(sa mère).
pris et stupéfait, cet impie périsse sous le coup
0 Indra, tu as tué par ta force Vritra, dont la de ton arme rapide.
grandeur devenait menaçante, et dont les pieds 18.Ma1tre du monde, sois notre bienfaiteur;
ont été tranchés.
que tes chevaux t’amènent à nos abondantes liba-
9. 0 Indra, la terre était une masse confuse et tions, et (pour nous récompenser) rends-nous
mobile ; c’est toi, Indra, qui as étendu son immen- possesseurs d’une large fortune. Indra, que Bhaga’
sité, et qui l’as fixée sur sa base. (Dieu) généreux,
soit pour nous l’auteur d’une nombreuse famille.
tu as consolidé le ciel et l’air. Qu’elles coulent
19. Donne-nous la protection de ce brillant
aussi, les ondes qui te doivent leur naissance. Bhaga; nous avons confiance en ta libéralité. Tel
10. Bala laissait flétrir (les plantes) 5, et, rete- que la bouche d’un volcan î, notre désir s’étend.
nant les vaches (célestes), se renfermaitpar crainte
Remplis-le, toi qui es le maître des biens.
de son antique ennemi. lndra, élargissant les 20. Satisfais ce désir; amplifie-le en nous ac-
voies, a rendu la liberté à ces vaches, et leurs cordant des vaches, des chevaux, des richesses
mugissements s’élevèrent avec bruit vers celui
admirables. Jaloux de posséder tes faveurs, les
que le monde implore. "
11. Seul, Indra emplit le Ciel et la Terre, ce
sages, enfants de Cousica, t’adressent leurs of-
frandes et leurs prières.
couple si opulent. Noble héros, pousse dans les 21. Maître des vaches (aériennes), déchire pour
airs tes rapides chevaux, et de ton char laisse nous leur Sein fécond. Rassemble sur nous toutes
tomber sur nous l’abondance.
12. Chaque jour (le dieu) porté sur les chevaux
azurés t engendre ces régions célestes qu’à son 1. Nous avons dit, page 44, col. i, note 7, tout ce
que l’on pouvait entendre par le mot vache. Je suppose
que l’auteur désigne le nuage. Cependant ce pourrait
l. Nom d’un Asoura, c’est-à-dire du nuage orageux. être la lumière ou le sacrifice.
Ce mot veut dire retentissant. 2. Le mot bhaga, quand il signifie part, est dnneutre.
2. Voy. page 61, col. t, note I, et page 62, col. i, J’ai du penser que par le masculin Bhaga le poële de-
note i. signait l’Aditya, auteur du bonheur pour les hommes.
3. Traduction de I’épithàte attitrinah, expliquée par 3. Oûrva est le nom que l’on donne au volcan sous-
alamàtardanah.Voy. l’histoire de Bala. page 44, col. I, marin Eadavànala. Voyez a ce sujet ce qui est raconté,
note 7. Harivansa, tome I, page 2H. On fait aussi d’Oûrva un
4. Traduction de l’épithète haryawm. Asoura. Voy. plus bas page 211, ligne 5.
lues. n.] RIC-VEDA. - SECTION TROISIÈME. 209

les ressources de l’abondance. Céleste bienfai- l’antre oriental. Leur pensée s’est tournée du
teur, tu es juste et fort. O- Maghavan, toi qui côté (d’lndra). Ils ont suivi toute la voie du sacri-
donnes un lait (divin), ne nous oublie pas. fice, et (le dieu), connaissant leu rsœuvres pieuses,
22. Appelons à notre secours, au sein de ce sa- a pénétré dans l’antre.

crifice, le grand et magnifique lndra,le plus noble 6. C’est Saramà, qui, sachant que la montagne
des héros au milieu du combat, aussi clément était brisée, a fait sortir l’antique (troupeau) qui
que terrible, vainqueur de ses ennemis sur le nous donne la vie. C’est (Saramà), pourvue de
champ de bataille et couvert de leurs dépouillles. pieds légers t, qui la première entenditle mugis-
sement des (vaches) immortelles, et qui dirigea
HYMNE Il. les recherches.
7. Le plus sage (des dieux) s’est présenté, ja-
A sunna, en! vtsWAlITIA.
loux de prouver son amitié. La montagne a ou-
(Hêtre : Trichtoubh.) vert son sein devant le héros bienfaisant. Le
1. Le sage, père (d’Ilà) l, voulant produire celui mortel (ennemi des Asouras) , uni aux jeunes
qui fait l’éclat du sacrifice, a dit : a Qu’Agni de- (Marouts), a distribué (aux hommes) ces riches
vienne par ma tille mon petit-fils! n Et aussitôt dépouilles. Angiras ’ lui adresse un hommage
dans le sein de cette fille, par la vertu d’un père (de reconnaissance).
aussi puissant, la libation est devenue féconde ’. 8. Modèle et prince de tous les êtres, il connalt
2. En effet, le vœu de la jeune mère n’a pas été tout ce qui est né. Il a donné la mort a Souchna.
trompé; elle a conçu. Le maltre a déposé en elle Ami prudent et dévoué, du haut du ciel où il gou-
un germe fertile; et si a l’un des auteurs de sa verne les vaches (divines), qu’il délivre ses amis
naissance ’ le pieux Agni doit la vie, a l’autre il de tout mal.
doit ses formes splendides. 9. Les Angiras ’, dans leur désir d’obtenir les
3. Agni est né; il s’élève sons les effusions de vaches (célestes), viennent s’asseoir (sur le cousu),
la coupe (sacrée); il produit lui-même de bril- chantent des hymnes, et font couler les libations
lants enfants t. Grande est cette famille, grand immortelles. Ils reviennent souvent prendre leur
est son éclat, grand est son emploi dans les sa- place dans le sacrifice où chaque mois réclame
crifices d’lndra. leur offrande.
4. Les (troupes) victorieuses (des Marouts) se 10. A la vue de ce lait que leur verse cette
rassemblent autour (d’lndra), disposé a combattre. vache antique, et qu’ils ont obtenu par leurs
La nouveDe s’est répandue que le grand astre sor- œuvres, (les Angiras) ont tressailli de joie. Leurs
tait des ténèbres. Les Aurores l’ont su, et elles chants ont amené la lumière qui éclaire le ciel
accourent. lndra seul est le maître des vaches et la terre, ont constitué le monde, et assuré aux
(célestes). hommes la jouissance des vaches (célestes).
5. Les septs sages ont, dans leur prudence, 11. lndra, le vainqueur de Vritra, accompagné
découvert que ces vaches étaient renfermées dans des Marouts, et excité par les hymnes et les holo-
caustes, a formé les vaches (célestes). C’est pour
l. Le sacrificateur, qui dans le texte est appelé Pttâ lui A que la vache (du sacrifice), large et féconde,
(père), reçoit dans le commentaire le nom de Manon. Je
crois que c’est une qualification générale : il n’est pas fait couler le miel savoureux du beurre con-
moins vrai, selon moi, que l’idée contenue dans ce vers sacré.
a donné naissance a la fable développée dans tous les 12. En l’honneur du bienfaisant (lndra) les pieux’
Peuranas s l’occasion de Manon et de sa fille tu : une
idée analogue a également fait imaginer la fable de Angiras célèbrent avec pompe une grande et bril-
Brahma et de Saraswatl. lante fête. Assis (sur le causa), ils couvrent d’une
2. C’est-a-dire, les libations jetées sur le foyer ont
développé le feu du sacrifice.
3. Le texte porte le mot mâtarah, qui est au plu- l. Saramd. est appelée Soupadl (qui est douée d’un
riel, lorsqu’il devrait être au duel. Le père, c’est-à-dire bon pied), soit qu’on fasse allusion aux pieds dont se
le mettre du sacrifice, enfante Agni en le tirant de composent les vers des hymnes, soit qu’on rappelle le
l’Arsnl et en le déposant sur le foyer z lia, c’est-a-dire paria ou pied, sur lequel est établi le foyer, tiépada.
le foyer. le reçoit, le produit, le nourrit des libations, 2. Agni en sa qualité de sacrificateur.
et forme ses rayons. 3. Les Angins sont les prêtres, ou les Rites person-
4. Ainsi sont désignées les flammes. nifiés : les vaches sont ici les rayons de la lumière
5. Voir pour le nombre 7, page 78, col. 4, note 2. céleste.
Pour toute cette histoire je renvois a la page 44, col. 4, 4. Le commentateur croit que le sacrifice se fait nou
note 7. pour lndra, mais pour le Déva qui l’offre.
210 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [un n.]
colonne de (fumée) les deux parents (du monde); ches (célestes), nous fasse connaître ces vaches
ils élèvent une flamme majestueuse. (divines). Sous la splendeur de ses rayons qu’il
13. Au moment où s’opère la séparation du Ciel fasse disparaître les noirs (Asouras). Qu’il préside
et de la Terre. que la grande prière consolide l’u- aux prières de notre sacrifice; qu’il force et qu’il
nivers qui s’agrandit. Qu’lndra, célébré par nos nous ouvre toutes les portes (du ciel).
hymnes respectueux, réunisse en lui toutes les 22. Appelons à notre secours, au sein de ce sa-
forces les plus indomptables. crifice. le grand et magnifique lndra, le plus noble
14. Ton amitié est grande. o Maghavan ; je veux des héros au milieu du combat, aussi clément
que le vainqueur de Vritra soit fort. (Vois) les que terrible, vainqueur de ses ennemis sur le
puissantes cavales qui vont te porter. Nous te champ de bataille, et couvert de leurs dépouilles.
présentons, au nom du père de famille ’, et ces
hymnes et ces offrandes. Ne nous oublie pas, o HYMNE lll.
gardien des vaches (célestes).
A INDRA. PAR YISWAXITRA.
15. Le prévoyant lndra donne à ses amis la
(Mètre : Trichtoubh.)
jouissance de toute cette nature, animée et ina-
nimée. Il a, secondé des Marouts, produit avec î. Indra, maître du soma, bois ce brillant breu-
splendeur le Soleil, l’Aurore, et Agni sous ses di- vage que nous te présentons vers le milieu du
verses formes. jour. O Maghavan, tu aimes nos offrandes ç pousse
16. Cet (Indra) qui est tout, et (que l’on appelle tes coursiers de notre côté; ouvre la bouche, et
aussi) Damoûnas *, c’est encore lui qui a créé
enivre-toi de nos liqueurs.
toutes les Ondes (du sacrifice), venant à l’envi 2’. Bois, Indra, de ce soma étincelant où se con-
.étaler leurs suaves beautés, prodiguer leurs dou- fondent la farine d’orge et le beurre î. Nous te
ces faveurs, et s’offrant soir et matin à l’action
l’offrons pour ton plaisir. Avec la troupe des
purifiante des (trois) divinités a. Marouts, qui donne le signal à l’hymne sacré,
l7. Par la vertu puissante de Sourya se succè- viens te livrer a la joie ; uni à ces enfants de Rou-
dent le Jour et la Nuitl opulents et dignes de nos dra, bois à longs traits.
hommages. Cependant autour de toi, magnanime 3. 0 Indra, ces Marouts qui t’honorent augmen-
lndra, (se rassemblent) pour repousser (tes ad- tent ta gloire; ils font ta force et ta puissance.
versaires) (les Marouts), tes nobles et invincibles (Dieu) à la face majestueuse, au bras armé de la
amis. foudre, accompagné des Roudras, bois (ce que
18. Vainqueur de Vritra, sois le maître des nous t’offrons) dans notre sacrifice du milieu du
prières et des hymnes, la vie qui anime tout, le jour.
bienfaiteur qui nourrit le (monde). Viens a nous; 4. Ces Marouts, qui sont la force d’indra, nous
sois (toujours) grand, et fais-nous sentir tes heu- envoient le miel (céleste) qu’il apréparé. secondé
reuses amitiés et tes généreux secours.
par eux, (le dieu) a su distinguer par quel côté il
î9. Tel qu’Angiras. je vénère et je chante (le peut ouvrirle flanc impénétrable de l’orgueilleux
dieu) antique. Je lui adresse cet hommage. 0 Ma- Vritra.
ghavan, attaque la multitude impie de tes enne- à. Tel que Manon, ô lndra, tu fais l’honneur de
mis, et fais-nous jouir du bonheur. notre sacrifice. Bois ce soma, pour perpétuer la
20. Nous avons préparé de pures libations; que force. (Dieu) que transportent des chevaux azurés,
leurs ondes. heureusement pour nous. coulent avec les rapides et adorables (Marouts), amène-
par toi à pleins bords! 0 Indra, monte sur ton nous les Ondes (célestes); car les Ondes dépen-
char, et défends-nous contre l’ennemi. Rends-
dent de toi.
nous promptement possesseurs de vaches (fécon- 6. Quand tu donnes la mort à Vritra, alors tu
des). lances les Eaux pareilles à des coursiers animés
21. Que le vainqueur de Vritra, maître des va- au combat. Oui, lndra, de ton trait rapide (tu
frappes) cet impie (Vritra), qui semble endormi,
t. Soûri, celui qui fait les frais du sacrifice. Voyez
page 121, col. I, note 8.
2. Ce nom se donne ordinairement a Agni. Voyez 1. L’épithéte monthin semble indiquer que le mé-
page 122, col. I, note î. lange a au être battu. M. Wilson, au mot menthe. fait
3 Ces trois divinités sont Agni, deou et Sourya. ou mention d’un plat composé de farine d’orge, de beurre
le Soleil. Voy. page 205, col. î, note 6. et d’eau, a sort of grue! or porridge.
[Leu n.] RlC-VÊDA. - SECTION TROISIÈME. 211

et qui retient prisonnières les (Ondes) divines. s’approchent de lui en tournantvers leur droite l.
7. Avec une vénération profonde nous hono- 16. Ni la mer profonde, 0 lndra si souvent in-
rons le grand et magnifique lndra, (lndra) tou- voqué, ni l’obstacle des montagnes ne peut t’ar-
jours jeune, généreux, immortel. Le ciel et la rêter. Excité par tes amis, tu peux même briser
terre peuvent se mesurer; la grandeur d’lndra le robuste Oùrva, détenteur des vaches (célestes).
est infinie. l7. Appelons à notre secours, au sein de ce
8. Les œuvres d’lndra sont merveilleuses et sacrifice, le grand et magnifique lndra, le plus
innombrables z tous les dieux ne sauraient les noble des héros au milieu du combat, aussi clé-
détruire. Noble héros, il soutient la Terre et le ment que terrible, vainqueur de ses ennemis sur
Ciel; il enfante le Soleil et l’Aurore. le champ de bataille, et couvert de leurs dé-
9. Bienveillant Indra, tel est ton pouvoir: il pouilles.
éclate dès l’instant de ta naissance, quand tu as
bu notre soma. Tu es fort; et les mondes, les HYMNE IV.
jours, les mois, les automnes ne sauraient user
ta vigueur. sa L’HONNEUR n’lxnnx, un vlswulru.
10. A peine es-tu né, Indra, a peine as-tu
(lares : Trichtoubh et Anouchtoubh.)
goûté de notre soma, que la joie te pénètre au
sein de ta céleste demeure. Dans ce (dieu), qui î. (Récit) Descendant avec vitesse du sommet
remplit le ciel et la terre, que l’on reconnaisse des montagnes, et emportées a l’envi l’une de
l’antique protecteur des œuvres (pieuses). l’autre, telles que deux cavales impétueuses, pres-
tî. Tu as donné ln mort au violent Ahi qui en- sant leurs rives avec rapidité, comme deux va-
chaîne les eaux, o (athlète) robuste, ne pour ches lèchent (le petit dont elles ont été séparées),
tant de combats. Le ciel, en effet, ne voit alors la Vipàsa * et la Soutoudrî 3 roulent leurs flots
que la moitié de ta (grandeur, et l’autre partie de abondants.
ton corps disparaît, assise qu’elle est sur la 2. (Viswamitra parle é.) Lancées par lndra et
terre l. suivant une pente rapide, vous courez à la mer,
12. 0 lndra, que ce sacrifice offert en ton hon- de même que deux conducteurs de char. Vous
neur, que ces flots de soma versés pour toi puissent vous précipitez l’une vers l’autre, et dans cette
t’agréer. Touché de ces hommages, que tu mé- mutuelle rencontre vos vagues brillantes s’enflent a
rites, conserve ton serviteur, et que nos prières et se grossissent.
aiguisent ta foudre pour la mort de Vritra. 3. le m’approche de la (Soutoudrî), la plus large
13. Par mes offrandes je veux me concilier la des rivières. Nous nous présentons devant la
faveur d’lndra. Puisse-je le rendre attentif à mes grande et heureuse Vipàsa. Pressant vos rives
hymnes, et le gagner par mes libations, lui qui comme deux vaches lécheraient leurs petits, vous
grandissait et grandit toujours aux chants d’au- allez ensemble au réservoir qui vous est com-
trefois, d’hier, d’aujourd’hui!
mun.
la. L’inspiration (poétique) qui me pénètre 4. (Les Rivières parlent.) Le lait (des vaches
naît pour la gloire d’indra, que je chante avant célestes) a grossi nos flots, et nous allons toutes
l’apparition du jour, dans ces lieux mémés ou,
prêtres et pères de famille, a ils t’invoquent tous,
t. Voir page 202, col. 2, note î.
et te prient de venir, comme sur un vaisseau, les 2. Le tette porte Vipât : la Vipasa est une rivière du
délivrer du mal. Penjab, nommée aujourd’hui Beyah.
t5. Le vase de soma est plein. La Swahà semble 3. La Soutoudrî est appelée aussi Satadrou. C’est
aujourd’hui le Setledj, qui va s’unir au Beyah, pour
ouvrir son limpide trésor pour t’inviter a boire. former I’Hyphasis des Grecs.
Que les Libations, pour satisfaire la soif d’Indra, 4. Pour expliquer le sujet de est hymne, on raconta
que Viswàmitra, prêtre du roi Soudas, fils de Pidja-
vada, est renvoyé ches lui par ce prince avec de nom-
i. Le texte est bien difficile à traduire: nuera nale breux présents, et qu’arrive au confluent de la Vipdsa
terrant operis. Image bizarre! Le nuage s’intercale en- et de la Soutoudrl il est arrêté par la crue des eaux. La
tre les deux parties sphériques du corps d’lndra, dont il fait un sacrifice à lndra, pour obenir de pouvoir
l’une est au ciel et l’autre sur la terre. passer a l’autre rivage. Je ne serais pas étonné que cette
2. Je rends ainsi le mot oubhags’, que le commenta- pièce n’eut été conçue que comme une allégorie, 0d sont
teur traduit par ces mots obscurs : gens appartenant à représentées, sous la forme de rivières, les deux espèces
du: familles, oubltayacoulavartttno djanôh.
de libations. a
212 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. lLsct. n.]

au réservoir que nous a préparé le Dieu. Nous ne cause d’aucun désastre; qu’elles nous soient
pouvons arrêter notre course obligée. Que désire propices.
le sage qui interpelle les Rivières ?
5. (Viswàmitra parle.) Arrêtez un instant votre HYMNE V.
course a ma voix, (a la voix de celui) qui offre ’A nous, PAR VISWAII’I’RA.
le soma, ô pieuses Rivières. Fils de Cousica, j’ai
(une : Trichtoubh.)
besoin de votre secours, et j’adresse a Souten-
drî une instante prière. l. lndra brise les villes de ses ennemis. et abat
6. (Les Rivières parlent.) lndra,dont le bras est leur audace. Trésor d’opuleuce, il enrichit son
armé de la foudre, nous a ouvert une route. il a serviteur. Excite par la prière, il grandit; il
frappé Vritra, qui renfermait les ondes. Que le répand ses nombreux bienfaits, et remplit le ciel
divin Savitri, aux mains brillantes, nous con- et la terre.
duise. C’est sous sa direction que nous roulons 2. J’invoque ton secours, (dieu) magnifique et
nos flots grossis. fort; j’éléve la voix en l’honneur d’un immortel.
7. On célèbre partout la force d’indra, dont le 0 lndra, tu es le prince des nations humaines et
bras puissant a percé Ahi. La foudre (du dieu) a des tribus divines.
frappé les compagnons (de l’Asoura), et les Ondes 3. Le puissant lndra avaincu Vritra; tel qu’un
ont avec empressement suivi leur cours. bouclier, il nous a protégés contre la magie (des
8. Chantre (des dieux), ne prends pas en mal Asouras). Terrible en sa colère, il a coupé les
nos paroles. Que tes chants passent jusqu’aux membres de son ennemi caché dans le nuage;
derniers ages. 0 prêtre, charme-nous par tes il a délivré les vaches (prisonnières) des noc-
hymnes. Ne nous donne pas une mauvaise re- turnes (brigands).
nommée parmi les hommes. Salut à toi! 4. Indra donne le bonheur, enfante la lumière,
9. (Viswàmitra parle.) Sœurs l, écoutez bien triomphe avec les pieux (Angiras), et combat à
le prêtre, je viens à vous de loin sur un char lé- la tète de son armée. En faveur de Manou il a
ger. Calmcz votre fougue; donnez-moi un passage élevé le brillant étendard des jours, et pour le
facile. Car, é Rivières, la force de votre courant grand combat il a préparé l’astre resplendissant.
renverse nos chars. 5. Indra, tel qu’un héros vaillant, se distingue
10. (Les Rivières parlent.) Prêtre, nous enten- par mille actions d’éclat, et pénètre dans les
dons tes paroles. Tu viens à nous de loin sur un rangs épais de ses ennemis. C’est lui qui inspire
char léger. Nous te saluons, comme l’épouse res- au poète ces hymnesl magnifiques, et qui les
pectueuse; nous te vénérons, comme la jeune teint de vives couleurs.
tille devant un mortel (respectable). 6. De nobles (chantres) célèbrent les nobles
11. (Viswàmitra parle). Les Bharatas ’ ont de- exploits de cet Indra, (exploits) admirables et
mandé à te traverser, (0 Soutoudrî); accueille sans nombre. Fort de ses divines magies, il a
aussi ma tribu, amie des vaches (célestes), et brisé la puissance des Dasyous malfaisants.
dirigée par Indra. Suivez votre cours ordonné : 7. Dans ses illustres combats lndra va cou-
j’honore votre bonté, (Rivières) digues de nos quérir la richesse pour les Dévas, maître des
hommages. hommes pieux et ami des sages dont il remplit
12. Les Bharatas, amis des vaches (célestes), les vœux. Près du foyer du père de famille qui
ont traversé déjà ces rivières, et le sage (leur l’honore, les prêtres renommés pour leur science
conducteur) a honoré leur bonté. Confiez-vous célèbrent ses exploits dans leurs hymnes.
donc, Rivières bienfaisantes, emplissez vos ma- 8. Les (chantres) religieux louent avec enthou-
melles fécondes, et marchez rapidement. siasme cet lndra vainqueur et magnifique, qui
13. Que les rênes (de nos coursiers) s’élèvent donne le bonheur, qui dispense les Ondes divi-
au-dessus (de vos ondes), O Rivières. Ne touchez nes, qui crée le Ciel et la Terre.
pas à leurs jougs. Que deux (Rivières) aussi res- 9. lndra a donné des chevaux (aux Marouts);
pectables que vous ne deviennent pour nous la il a formé le soleil et la vache d’abondance ’. il

I. Ce mot signifie encore rivières. 1. Je ne sais pourquoi le commentateur veut que le


2. Les Bharslas étaient une famille appartenant a la mot dhiyah soit traduit par le mot aurores.
race lunaire : Viswàmitra était de la même race. 2. C’est-adire le sacrifice, ou le nuage.
un. n.] RIG-VEDA. -- SECTION TROISIÈME. 213
a ouvert de riches trésors, et, en même temps frandes que ce (père de famille) renouvelle sans
qu’il frappait les Dasyous, il a sauvé la tribu * relâche, et bois avec bonté. O Indra, présent à
des Aryas. notre sacrilice, assis sur ce gazon, fais descendre
10. Indra a donné les plantes et les jours; il a cette liqueur dans ta. vaste poitrine.
donné les arbres ’ et l’air. Il a brisé Bala, et a 7. Pour toi ce gazon a été étendu, ô Indra, ce
été la voix (aux Asouras). Il a dompté les forts. soma a été versé; cette orge a été préparée pour
11. Appelons a notre secours, au sein de ce sa- tes chevaux. Viens donc en notre demeure, tout-
crifice, le grand et magnifique lndra, le plus noble puissant bienfaiteur, (viens) accompagné des Ma-
des héros au milieu du combat, aussi clément routs. L’holorauste est disposé pour toi.
que terrible. vainqueur de ses ennemis sur le 8. O Indra, (les plantes) des montagnes, les
champ de bataille, et couvert de leurs dépouilles. Ondes, (le lait) des vaches, (et les soins) de nos
prêtres, tout a concouru à former ce (soma), aussi
doux que le miel. Viens, (dieu)grand et bon, sage
HYMNE Vl.
et prévoyant, suis la roule que t’indiquent nos
A INDRA, PAR VISWAII’I’IIA.
hymnes, et bois de ce (soma).
(Hêtre : Trichtoubh.) 9. O lndra, que les Marouts que tu aimes et
qui font ta gloire, t’accompagnent à notre fête.
î. Les chevaux sont attelés à ton char, arrête-
Transportes tous d’un même désir, 0 lndra, bu-
toi. Viens vers nous, comme le Vent (court) vers vez de ce soma par la langue d’Agni.
ses cavales. 0 Indra, nous t’invitonsa boire notre
10. Adorable Indra, par lalangue d’Agni, prends
libation; nous donnons la Swàhà pour satisfaire
et la Swadhd et toutes nos libations. O Sacra, ac-
à ta soif.
cepte l’holocauste que te présente la main du prè-
En l’honneur du (dieu) que le monde invo-
tre et du sacrificateur.
que, j’ai attelé à son char ses deux coursiers ra-
Il. Appelons à notre secours, au sein de ce sa-
pides. Qu’ils nous amènent lndra à ce sacrifice ou
crifice, le grand et magnifique lndra, le plus no-
nous accumulons les offrandes.
ble des héros au milieu du combat, aussi clément
3. Pousse près de nous ces (chevaux) qui ré-
pandent l’abondance, et nous protègent contre que terrible, vainqueur de ses ennemis sur le
champ de bataille, et couvert de leurs dépouilles.
l’ennemi. Sois notre défenseur, 0 (dieu) bienfai-
sant, et emporte notre Swadhd 3. Envoie tes
chevaux rougeâtres; qu’ils viennent manger ici, HYMNE Vil.
et (toieméme) nourris-toi également chaque jour A INDRA, pas vrswanrrlu.
de nos beignets A.
4. Avec la Prière, j’attelle pour le sacrifice tes (lare: Trichtoubh.)
chevaux rapides, amis de (l’homme), charmés de î. Viens, (lndra), avec les (Marouts), tes fidèles
nos libations. Sage et prévoyant Indra, monte sur auxiliaires; accepte l’offraude que nous te pré-
ton char solide et fortuné, et viens (boire) notre sentons. Indra croît au milieu des libations; il
soma. grandit par l’effet de nos œuvres pieuses, et ob-
5. Que d’autres par leurs sacrifices n’aillent tient de la renommée.
point attirer tes coursiers bienfaisants et super- 2. Des libations, aux reflets étincelants, ont été
bes. Viens; nous nous empressons de t’honorer préparées; c’est par elles qu’lndra acquiert la
par de continuelles libations. puissance, la fécondité, la grandeur. O lndra, re-
6. Ce soma est pour toi; approche-toi des of- çois nos prières. Bois de cette (liqueur) ardente
que te verse notre coupe.
1. L’auteur se sert du mot carne, qui signifie couleur. 3. Bois et grandis. 0 Indra, c’est pour toi que
Nous avons vu ailleurs que les Dasyous ou Asouras,
esprits de ténèbres, sont d’une couleur noire, "écima. sont répandues ces premières liqueurs. Comme tu
2. Le commentateur entend cela des arbres qui servent buvais les antiques libations, bois aujourd’hui les
au sacrifice, tels que le Khadira. le Pdlasa.
3. La Swadha est une espèce cl’offrande. On peut nôtres, (dieu) digne de nos éloges et de nos
croire aussi que le poële compare les présents d’lndra hymnes.
a ceux que les hommes peuvent lui faire, et traduire par 4. Il est grand , il est victorieux. Enhardi par
cette idée z Apporte-noue notre Swadlui. Le mot Saoud-
la louange, il se revêt pour le combat d’une force
hà signifie vivres, nourriture. ,
A Dhâmih; ce sont des pûtes d’orge frites. terrible et capable de tout réduire en poussière.
214 une. - ressua LYRIQUE. [Loch n.]

La terre ne saurait régaler en grandeur, (le dieu 2. lndra(nommé) Satacratou!,que les prêtres
surnommé) Haryaswa i, quand le plaisir du sachent rendre ton âme, ton regard attentif.
soma le transporte. 3. 0 lndra, o Satacratou, contre les attaques de
5. Il est grand, il est terrible; il croit pour la nos ennemis nous appelons de toutes nos voix la
force, et la louange du poète étend sa puissance. puissance.
Indra est pour nous tel que Bhaga *; les vaches 4. Nous glorifions par nos louanges le nom
(célestes) qu’il nous envoie sont une source d’a- d’lndra, que le monde honore etqui est le soutien
bondance, de fertilité, de richesse sans bornes. des hommes.
6. Quand les rivières s’enfient et grossissent. O lndra, toi que tous les mortels implorent,
les Ondes, telles que des chars, s’emportent vers je t’invoque au milieu des combats. Frappe Vri-
la mer. Ainsi s’élance Indra, puisantune force tra, et donne-nous ses dépouilles.
nouvelle dans ce soma brillant que nous lui ver- 6. Sois vainqueur dans les batailles. 0 Indra,
sons. o Satacratou, nous t’appelons. Donne la mort à
7. Les rivières venta la mer : les (prêtres vien- Vritra.
nent) à lndra, lui apportant le soma étincelant et 7. 0 lndra, triomphe, sur le champ de bataille,
limpide. ils l’ont avec leurs doigts (diligents) ex- de ces ennemis robustes, si rapides dans leurs
trait de la plante; ils ont reçu dans leurs vases mouvements, si renommés pour leurs richesses.
ce miel (de la libation), et l’ont purifié à travers 8. 0 lndra, 6 Satacratou, bois ce soma qui
le filtre. donne la vigueur et la victoire. Veille pour nous,
8. La poitrine d’lndra est comme un lac qui et viens à notre secours.
contient le soma; elle suffit à de nombreuses li- 9. 0 Indra, 0 Satacratou, je célèbre en toi cet
bations. Quand lndra a consommé nos premières empire que tu exerces sur les cinq espèces
d’êtres ’.
offrandes, dispose à frapper Vritra, c’est le soma
qu’il demande (encore). 10. Reçois, ô lndra, nos abondantes offrandes.
9. Comble-nous de tes dons. Que personne (en Prends une force invincible. Nous aimons à aug-
libéralité) ne l’emporte sur. toi. Nous savons que menter ta vigueur.
tu es le maître des trésors! O lndra, ô Haryaswa, il. Viens à nous, ô Sacra. des régions voisines;
que nous sentions toute la plénitude de la (viens) des régions lointaines. Des lieux qui sont
bonté! ta demeure, viens ici, 6 Indra, toi qui portes la
10. Magnifique lndra, toi qui aimes notre soma, foudre.
fais-nous part de tes précieuses. de les innom-
brables richesses. Accorde-nous cent automnes HYMNE IN.
d’existence, dieu a la face majestueuse, (donne- A lîDllA, PAR VISWAIITRA.
nous) une forte postérité.
(Hein : Trichtoubh.)
il. Appelons à notre secours, au sein de ce
sacrifice, le grand et magnifique lndra, le plus l. Tel que l’ouvrier (façonne le bois), toi, pré-
noble des héros au milieu du combat, aussi clé- pare la Prière. Gomme le coursier chargé d’un
ment que terrible, vainqueur de ses ennemis sur fardeau précieux, approche-toi charge de l’of-
le champ de- bataille, et couvert de leurs dé- frande. Je veux célébrer les hauts faits (d’lndra),
pouilles. et, dans mon heureuse inspiration, contempler
les sages (Dévas) 5.
HYMNE VIH. 2. Adresse-toi donc a ces races de sages (Bichis).
L’âme élevée, le cœur pieux, ils ont formé le
A INDllA. PAR VISWAIITIA. Ciel. Que tes Prières, aussi rapides que la pen-
(Hêtre: : Gàyetrf et Anouchtoubh.)
t. Ce mot, auquel on a donné plus tard la significa-
1. O lndra, nous t’invitons à prendre cette force tion de dieu ayant fait cent sacrifices, sembleevoir si-
qui terrasse Vritra et triomphe dans les batailles. gnifié d’abord, dieu capable de cent prouesses (ballon-
carman). Voy. page t3, col. 2, note l.
a. Voir page 45, col. 1, note t.
1. C’est-adire le dieu traîné par des chenaux azurés. 3. Le poète fait allusion aux anciens Richis. ou bien
2. Bhaga est une des formes d’Aditye, considérée à ces Rites personnifiés sous le nom d’Angires. et
comme lenteur de tout bien. Le commentaire regarde antres. Ces Rites. qui vont s’accomplir. semblent en
ce mot comme un adjectif, bhadjaniya. quelque sorte revivre avec leur antique puissance.
[Let-l. il.) lilli-YÉIM. - SECTION TROISIÈME. 2L3

sée, grandissent et viennent ici accomplir leur [0. Appelons à notre secours, au sein de ce
devoir. sacrifice, le grand et magnifique lndra, le plus
3. C’est dans le sacrifice que ces (sages) par noble des héros au milieu du combat, aussi clé-
leurs œuvres mystérieuses ont donné de la force ment que terrible. vainqueur de ses ennemis sur
au Ciel et àla Terre; qu’ils les ont étendus et le champ de bataille, et couvert de leurs dé-
fondés sur de larges bases; qu’ils en ont main- pouilles.
tenu et consolidé tout le vaste ensemble.
ltfi’MNE K.
4. Tous ces (sages) ont placé (lndra) sur son
char et l’ont entouré de splendeur. Le (dieu) va
tout revêtu de lumière, et brillant par lui-mémé: A nant, un vrsvviulrtu.
il porte le grand nom de fécond Asoural . 1l a (lure : Trichtoubh.)
tontes les formes, et s’élève aussi au-dessus des
l. La Prière, qui part du cœur et qu’cmbellit
(Ondes) immortelles (en qualité. de Varouna).
l’imagination, s’élève vers le grand lndra. Elle
5. Ce (dieu) puissant, antique et premier-né, a
s’éveille pour le sacrifice, et s’écrie: c lndra,
enfanté ces Ondes abondantes qui lui appartien-
écoute ce qui m’est inspiré pour toi. n
nent. Rois fils du Ciel, vous puisez votre force 2. La Prière semble na1tre du Ciel avec l’Au-
dans les prières du brillant sacriiice.
rore; elle s’éveille pour faire entendre sa voix dans
6. 0 rois, vous étés l’ornement des trois assem-
le sacrilice. Antique, fortunée, connue de nos
blées dans lesquelles nos nombreuses libations
pères, elle prend (au matin) ses vêtements ar-
vous honorent. Oui, je vous vois des yeux de
l’âme. lndra, tu apparais dans le sacrifice; tu
l’approches de ces flammes ’ dont le vent agite
la chevelure.
gentés. .
3. La (Prière), placée sur la langue (du prêtre),
enfante deux jumeaux t. A peine sont-ils nés,
que ces jumeaux rassemblent les formes des cho-
7. Sous les noms divers qu’ils ont donnés à
ce (maître) bienfaisant, les (Richis) lui ont me- ses; ils tuent les ténèbres, avant-coureurs de
(l’Astre) lumineux.
suré le lait de la vache (du sacrifice). Prenant
Ai. Qui peut blâmer ces (Richis) * qui furent
tour à tour chaque énergie i divine, ces (sages)
nos pères sur la terre, et qui combattirent pour
magiciens en ont fait une forme dont ils ont nous donner les vaches (célestes)? C’est lndra,
revêtu lndra.
qui, fameux par ses nobles prouesses, a délivré
8. Il n’est personne qui ne soit à l’abri sous
pour eux ces vaches fécondes.
cette forme d’or de Savitri t, que ma Prièrea
créée. Comme une femme (embrasse) ses enfants, 5. lndra, et ses amis, les pieux (Angiras), ha-
elle enveloppe le Ciel et la Terre, qui s’étendent biles à chanter sur des mesures de neuf sylla-
au loin dans l’immensité. Tel est le fruit de nos bes ’, ont suivi les vaches dans la (prison) où
elles étaient couchées. Bienfait inestimable! Avec
hymnes.
9. Quand le vieux (prêtre) accomplit (le sacri- les dix (Angiras) qui chantent sur des mesures
de dix syllabes, il a découvert le Soleil, qui ha-
fice), quand le seigneur traite les dieux, soyez bitait les ténèbres.
auprès de nous, (lndra et Varouna). Le monde
voit les œuvres variées de ce (divin) magicien, 6. Il a découvert ce breuvage aussi doux que
(de cet lndra) aussi bon 5 qu’il est fort. le miel que donne la vache (céleste) au large sa-
bot, au pied rapide. Bienfaiteur opulent, il a de
1. Ce mot, pris ici en bonne part, désigne l’être
sa main droite saisi le mystérieux (Asoura),
qui donne la oie, c’est-à-dire le Soleil. lndra est à la caché au soin des eaux.
fois l’Aditya du jour et l’Aditya de nuit, autrement lndra 7. Daigne arracher aux ténèbres l’Astre lumi-
et Varouna. Plus loin le petite appelle Indra et Va-
rouna fils du Ciel (dico naplri), parce qu’en leur qua-
lité d’àditya ils parcourent l’air le jour et le nuit. t. Ces jumeaux sont les Aswins.
2. Ces flammes reçoivent le nom de Gandharva. 2. L’auteur désigne les Angine.
3. Asouryam. 3. Voy. page 80, col. t, note 6, les différents seusque
4. lndra prend le nom de Savitri (créateur), qui up- l’on peut donner ses passage. il y adieux classes d’An-
partient ordinairement au Soleil. giras, les une, à ce qu’il parait (soct. l, lect. V, hym. l,
5. L’expression sanscrite est pittoresque (gope’d- vers 4), au nombre de sept, et les antres au nombre de
jiltwa). Quand la vache est rassurée, elle lèche son dix, comme il résulte du passage présent. Le commentateur
maltre. à qui, dans cette circonstance. conviendrait par- cite. parmi les Angine, Médhàtithi, et ne voit dans ces
faitement l’épithéte latine blandus. Richis que deux classer de pénitents.
216 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. (une. tu.)
neux. Puissions-nous vivre tranquilles a l’abri au milieu (du jour), viens toujours au milieu de
du mal! 0 dieu, dont notre soma augmente la nous.
grandeur, accepte les libations et les prières d’un
serviteur riche en offrandes. HYMNE Il.
8. Que l’astre lumineux vienne pour le sacrifice
A tanna, un VISWAII’I’IA.
éclairer le Ciel et la Terre. Puissions-nous étre
délivrés du mal! Que les Vasous nous aident à (Hêtre : Câyatrl.)

traverser heureusement (la vie), et augmentent la t. Indra, qui portes la foudre, je t’invoque et
fortune du mortel qui les honore. t’honore. Viens vers nous avec tes chevaux pour
9. Appelons à notre secours, au sein de ce boire notre soma.
sacrifice, le grand et magnifique lndra, le plus 2. Choisissant un moment favorable. notre sa-
noble des héros au milieu du combat, aussi clé- crificateur a étendu le gazon (sacré). Dés le matin
ment que terrible, vainqueur de ses ennemis les mortiers ont travaillé.
sur le champ de bataille, et couvert de leurs dé- 3. Héros qui aimes la Prière, le sacrifice com-
pouilles. mence. Place-toi sur notre gazon, et reçois l’of-
frande.
Il. Rejouis-toi de nes libations, de nos hymnes
et de nos chants, honorable Indra, toi qui donnes
LECTURE TROISIÈME. la mort à Vritra.
ô. Les Prières viennent flatter le grand Indra,
HYMNE I.
l’ami de notre soma, le maître de la Force, de
A nous, PAR t’tSWAlITnA. même que la vache (avec sa langue flatte) son
(Hêtre : uAyatrt.)
veau.
G. Que ton corps profite des mets que nous
l. Puissant lndra, nous t’invoquons en versant t’offrons, et s’agrandisse heureusement. N’cxpose
le soma en ton honneur. Prends nos offrandes, pas ton serviteur au blâme.
aussi douces que le miel. 7. Indra, toi qui es notre appui, sois à nous.
2. Indra, toi que le monde célèbre, viens cher. comme nous sommes à toi. Nous te chantons en
cher le soma de notre sacrifice. Bois, consomme te présentant l’holocauste.
ce (breuvage) agréable. 8. Ne lance pas loin de nous les chevaux que
3. lndra, maître honoré des hommes pieux, tu chéris. Viens à nous, lndra, toi qui emportes
prends avec tous les dieux l’holocauste dont nous la Swadhci, et réjouis-toi.
t’adressons l’hommage.
9. Que (tes chevaux) aux longs crins, et arrosés
li. Indra, maître des hommes pieux, c’est vers de beurre sacré, l’amènent ici, o lndra, sur ton
ton séjour que se dirigent ces libations, ces li- char fortuné. Assieds-toi sur notre gazon.
queurs fortunées.
5. Indra, remplis ta poitrine de ce soma choisi
HYMNE il].
et versé pour toi. Ces breuvages étincellent en
ton honneur. A INDRA, PAR VISWAIIÎRA.
6. Bois, honorable lndra, nos libations. C’est un (Mare : Gflyetrt.)
miel dont le flot doit t’arroser. Pour toi ces mets
ont été préparés. I l. 0 lndra, avec les chevaux attelés a ton char,
7. Les offrandes abondantes du sacrificateur approche-toi de ce soma que nous t’avons versé,
enveloppent lndra. Ce (dieu) boit le soma, et il et auquel nous avons mêlé le beurre (sacré).
grandit. 2. Viens, Indra, goûte à ces liqueurs que nous
8. Viens à nous des lieux ou lointains ou pro- avons disposées sur le gazon et extraites des
chains que tu habites. (Dieu) qui donnes la mort mortiers. Satisfais pleinement ta soif.
a Vritra, écoute nos prières.
9. Indra, que l’on t’invoque de loin, de près *, loin (parôvatac) lorsqu’il fait encore nuit, et que le
soleil est sous l’horizon. Il est prés lorsque le jour luit.
et que le dien est présent, soit à l’orient, soit i l’occi-
t. Ces expressions, qui se présentent souvent, me dent, et semble plus rapproché des hommes. Voy.page 63,
semblent avoir besoin d’être expliquées. Indra se trouve col. t, note 6.
[mon HL] tuasses. - SECTION TROISIÈME. 217

3. Que ma Prière s’élève ainsi vers lndra, et a lndra, t’amènent a notre fête. Compagnons du
l’invite à boire le soma. magnifique (ennemi de Vritra), purs de toute
4. Oui, par nos hymnes et par nos chants nous souillure, ils traversent le ciel et embellissent les
invitons lndra à boire le soma. Qu’il vienne avec régions de l’air.

empressement. 7. lndra, bois de ce généreux (soma) que versa


5. lndra, pour toi ces libations de soma. 0 Sa- notre mortier, et que tu porte l’épervierl (poé-
tacratou, trésor de (riches) oli’randes, reçois dans tique), fidele à ton désir. Enivré de cette liqueur,
ton sein ces (libations). tu agites la nature, et tu ouvres les portes de
l’étable (céleste).
6. (Dieu) sage, nous savons que dans les com-
bats tu remportes la victoire et te charges d’opa- 8. Appelons à notre secours, au sein de ce
lentes dépouilles. Nous venons donc implorer tes sacrilice, le grand et magnifique lndra, le plus
boutes. noble des héros au milieu du combat, aussi clé-
7. Bois, o lndra, ce breuvage que nous avons ment que terrible, vainqueur de ses ennemis
tiré de nos mortiers, et dans lequel nous avons sur le champ de bataille, et couvert de leurs
confondu l’orge et le beurre. dépouilles.
8. lndra, daigne recevoir ce soma que je te pré-
sente, et qu’il réjouisse ton cœur. HYMNE V.
9. Enfants de Cousica, nous avons besoin (le
ton secours, ô antique lndra, et nous te convions A INDIlA, PAR VISWAIITRA.
à boire nos libations. (Hem: Vrihati.)
l. 0 Indra, qu’il te soit agréable, ce soma extrait
HYMNE 1V. de nos mortiers. Aime à venir vers nous avec tes
chevaux. Monte sur ton char azuré.
A IfiDRA, PAR VISWAIITRA.
2. Par amour pour (notre soma), tu amènes
(Mure : Trichtoubh.) l’Aurore, tu allumes le Soleil; sage et prévoyant,
l. Élevé sur ton char, viens à nous, et approche- O lndra, ô liaryaswa, tu donnes (au monde) sa brilv
toi de ce soma, qui brille en ton honneur. Dirigé lante parure.
vers notre gazon tes deux nobles coursiers. Ces 3. Azurée est la voûte du ciel, azurée est la
prêtres t’invoquent en t’apportant l’holocauste. surface de la terre; et c’est lndra qui a consolidé
2. Viens avec tes chevaux, (noble) Arya t, vers ces deux (grands corps) azurés, entre lesquels lui,
ce peuple qui te présente de nombreuses of- le (dieu) azure ’, circule pour les entretenir.
frandes. c’est toi, lndra, qu’appellent nos Prières l. Haryaswa, bienfaisant et azuré, en naissant
et nos Hymnes, qui se complaisent dans ton illumine le monde entier. il porte dans ses bras
amitié. une arme azurée, sa foudre aux teintes azurées.
3. Divin lndra, pousse ici tes rapides coursiers; 5. Oui, (dans ses bras) lndra (tient) sa foudre
aime à visiter notre sacrilice, où s’accumulent les en] pourprée,arden te, enveloppée de traits éblouis-
olfrandes. Avec le beurre et les mets (sacres), dans sants. Avec ses chevaux il a, en même temps, fait
œlieu où sont disposés les doux breuvages et sortir le soma de nos mortiers et les vaches (cé-
les liqueurs enivrantes, je t’invoque par la prière. lestes de leur prison).
4. Qu’ils t’amènent donc vers nous, ces cour-
siers superbes, magnifiques, bienfaisants et char- HYMNE Yl.
gés d’un si noble fardeau! Qu’lndra se plaise à
A mon, un VISWAIITRA.
notre sacrifice, ou l’orge a été prodiguée, et ami
(Mette : Vrihatl.)
(fidèle), qu’il écoute les chants de son ami!
5. 0 Maghavan, honoré par notre soma, (pro- l. Viens, 0 lndra, avec tes chevaux 5 qui font
tège) en moi le pasteur du peuple et le roi, (pro- notre joie, et dont les poils sont nuancés comme
tège) en moi le Richi qui verse la libation. Fais-
moi part de ton immortelle opulence. l. Voy. page E9, col. 1,not02. Le commentaire expli-
que le mot rye’na de cette manière : tclthsndoroûpnh
6. Que ces grands coursiers attelés à ton char, souparnah.
2. llari.
t. Voy. page 61, col. 2, note 2. 3. Il faut entendre par ces chevaux d’indra les rayons
1.- BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE. l5
2l8 lNDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Lect. un.)

la plume de Paon. Ne sois pas dans taroute arrêté 5. Le Ciel et la Terre te sont dévoués, et con-
(par d’autres mortels), comme l’oiseau par le filet servent, comme une mère garde son fruit, ce
du chasseur. Que ces (mortels) soient pour toi soma que les prétres, 0 généreux lndra, te pré-
tels qu’une terre aride. sentent, et qu’ils ont purifié pour ta soif.
2. Indra, toi qui détruis Vritra, qui brises Bala,
qui forces les villes (célestes) et ami-nes les eaux, HYMNE Vil].
tu montes sur ton char à l’arrivée de tes deux
coursiers, et tu renverses les plus fermes rem- A mon, FAR vISWAIITnA.
parts.
(leur : Trichtoubh.)
3. De même que (l’eau remplit) la mer pro-
fonde, toi, tu remplis les vœux du sacrificateur. l. Généreux Indra, associé avec les Marouts,
Tu es comme le bon pasteur qui pourvoit aux bois ce soma; prends notre Swadhà. Enivre-toi,
besoins de ses vaches. Ce que le gazon est pour et combats. Verse dans ta poitrine ces flots de
la vache, le ruisseau pour le lac, (tu l’es égale- miel savoureux. Tu es au ciel le roi des libations.
ment pour nous). 52. Accompagné des Marouts, bois joyeusement
li. Donnenous des enfants, des richesses. Sois avec eux notre soma, sage héros, vainqueur de
(comme le père), qui laisse (à son fils) une partie Vritra. Frappe nos ennemis,éloigne les méchants;
de sa fortune. De même que le croc agite l’arbre fais que nous soyons partout redoutés.
pour en faire tomber le fruit mûr, o lndra, 3. lndra, gardien des Ritous, bois avec eux et
secoue sur nous les trésors pour combler nos avec les (autres) dieux tes amis le soma que nous
vœux. t’offrons. Les Marouts, que tu aimes et qui l’ho-
5. lndra, tu es riche et brillant, glorieux et norent, ont donné la mort à Vritra, et ont aug-
prospère. 0 (dieu) que le monde chante, crois en menté ta force.
vigueur, et deviens pour nous la source de la 4. Avec ces sages Marouts qui t’accompagnent,
plus heureuse abondance. et qui le secondaient quand Ahi fut tué, lorsque
Sambara a été mis a mort et les vaches (célestes)
HYMNE Vil . retrouvées, (avec ces Marouts) qui font ta joie,
o Indra, 0 blaghavan, amené par tes chevaux
A INDRA, PAR VISWAIITRA. (azurés), bois notre soma.
(filins .- Trichtoubh.) 5. Cet Indra, ami des Marouts, bienfaiteur grand
et magnanime, maître céleste, triomphateur ter-
l. (Dieu) guerrier, généreux, brillant, terrible,
rible et puissant, c’est lui que nous devons ap-
jeune, ferme et vainqueur, tu es immortel et glo-
peler sans cesse à notre secours.
rieux; tu portes la foudre. 0 lndra, tu es grand,
et grandes sont tes prouesses.
2. Oui, tu es grand par tes œuvres, (dieu) ma- HYMNE IX.
gnifique, libéral et redoutable. Tu résistes a toutes A INDRA. FAR VISWAII’I’RA.
les attaques. Seul roi du monde, combats et dé-
(Mètre : Trichtoubh.)
truis tes ennemis.
3. Dans sa splendeur infinie, il se déploie par- l. Que le (dieu) aimable et généreux, qui vient
tout et l’emporte sur les autres dieux. lndra boit de na1tre, protégé (le sacrificateur) chargé pour
notre soma, et devient plus fort que le Ciel, la lui d’offrandes et de libations. Bois à ton gré, et
Terre, la vaste et grande Atmosphére. avant tous les autres, ce doux et merveilleux
Il. Le redoutable lndra est comme un réservoir soma qui t’appartient.
large et profond,qui s’étend au loin pour recueillir 2. A peine es-tu ne que tu désires le jus de la
nos prières. Les libations du matin pénètrent en plante que produit la montagne i : tu bois la
lui, comme dans une (vaste) mer. liqueur du soma. Ta jeune mére, l’épouse du père
commun, dans sa haute demeure, t’ailaite de ce
lumineux de l’atmosphère, lesquels brillent au ciel et (breuvage) ’.
sur la. terre. Quand ces chevaux sont spécialement dé-
signés comme n’étant que deux, alors c’est le me] même
et la terre apparaissant à la faveur de la lumière 1. Somalatà. Voy. page 162, col. 2, note 2.
éthérée. 2. Indra, qui est un des éléments, a pour mère Aditi.
[LecL [n.] RIG-VEDA. -- SECTION TROISIÈME. 2K)
3. lndra s’approche de sa mère, et lui demande donnes (aux mortels) la portion qui leur revient,
sa nourriture; d’une mamelle féconde sort de.- comme la Prière (donne aux dieux) la libation.
vant ses veux le soma piquant. (Alors lndra) sa- 5. Appelons a notre secours, au sein de ce sa-
tisfait son désir; il court ensuite au combat, et, crifice, le grand et magnilique lndra, le plus
dans la mêlée, (le dieu) aux larges membres se noble des héros au milieu du combat, aussi clé-
distingue par ses hauts faits. ment que terrible, vainqueur de ses ennemis sur
A. Terrible vainqueur et fort dans sa victoire, le champ de bataille, et couvert de leurs dé-
il se revêt de toutes les formes qu’il veut. Par sa pouilles.
nature même Indra l’emporte sur Twachtri t ; et
le soma déposé dans les vases (du sacrilicc), il HYMNE XI.
le ravit et le boit.
A IXDRA, PAR VISWAIITRA.
5. Appelons à notre secours, au sein de ce sa-
crifice, le grand et magnifique lndra, le plus (Mure : Trichtoubh.)
noble des héros au milieu du combat, aussi clé-
ment que terrible, vainqueur de ses ennemis sur l. Cc soma est pour Indra; qu’indra prenne
notre swrîha’. Viens, (dieu) rapide et bienfaisant,
le champ de bataille, et couvert de leurs dé-
accompagné des Ilarouts. Que nos offrandes rem-
panifies.
plissent la vaste capacité d’indra; que nos holo-
HYMNE X. caustcs satisfassent aux besoins de son (large)

A "IDEM, un VISWAIITIA. corps. t


2. (Dieu) à la face majestueuse, j’attelle a ton
(Hem : Trichtoubh.) (char) rapide tes deux fidèles coursiers; brille
dès le matin, plein de confiance en leur légèreté.
l. Célèbre le grand lndra, qui est l’espoir des Que tes chevaux te retiennent ici. Bois de ce
mortels, ami du soma, et que les Dévas con- soma que nous t’avons préparé.
naissent comme le maître de l’univers, le héros 3. Pour assurer la force et la suprématie
des batailles, le vainqueur des puissances téné- d’lndra, les prétres ont, par leurs chants et leurs
breuses. offrandes, honoré ce (dieu) bienfaisant et sau-
2. intrépide combattant, traîné par ses cour- veur. O toi, qui aimes nos libations, viens avec
siers azurés, il brille à la tète des armées, et per- plaisir boire le soma, et envoie-nous souvent les
sonne ne peut le surmonter. Seigneur suprême, vaches (célestes).
avec ses vigoureux alliés, il étend ses conquêtes, l. Satisfais à nos désirs en nous donnant des
et s’empare des richesses du Dasyou. vaches et des chevaux; étends notre opulence et
3. Fort sur le champ de bataille, et impétueux nos riche sses. Telles sont les prières, telles sont
comme le coursier, il a conquis le ciel et la terre. les offrandes qu’apportent à lndra les sages et
Magnifique et pareil a Bhaga, il est digne de nos fortunés enfants de Cousica.
invoœtions et de nos holocaustes. Il est l’auguste 5. Appelons à notre secours, au sein de ce sa-
gardien de nos prières, et le trésor de notre crifice, le grand et magnilique lndra, le plus
abondance. noble des héros au milieu du combat, aussi
ti. Maître du ciel et de l’air, écoute notre voix. clément que terrible, vainqueur de ses ennemis
Tu marches droit comme un char élevé; les sur le champ de bataille, et couvert (le leurs dé-
(riches) Vasous te serventde monture. Tu couvres pouilles.
les Nuits d’un voile; tu es le père du Soleil; tu
HYMNE Xll.
qui est l’ensemble même de la nature. On donne pour
époux à Aditi le grand Casyapa. Telle est l’explication
du commentaire. Nous n’avons pas-encore eu l’occasion
A INDRA, PAR VISWAIITRA.
de rencontrer dans les hymnes du Big-Ve’da le mention (Malus : Djagatî, Trichtoubh si Câyntrl.)
de ce personnage de Casyapa : ce qui me fait douter de
l’explication du commentateur. Je croirais assez qu’ici
la mère d’lndra, c’est la vache du sacrifice, ou plutôt l. Par de longues prières invoquons le magni-
la flamme, épouse d’Agni. lequel on peut appeler avec fique lndra, qui comble les humains de ses
quelque raison Mahà pétri.
l. Twachtri est Agni Védyouta, ou le feu des nuages. douces faveurs. (Dieu) immortel et toujours crois-
Le commentateur regarde Twachtri comme un Asoura. sant en grandeur, il est digne de nos louanges
2’20
lNDE. - POÉSIE LYRIQUE. lues. in.)
et chaque jour nos hymnes le célèbrent et l’im- sacrifice, pour le bonheur (du monde, la force
plorent. nécessaire) à tes flancs, à ta tête, à tes bras.
2. Nos voix s’élèvent de tout côté vers ce héros
puissant, vers cet lndra, ce Satacratou, étendu HYMNE Xi".
comme une mer (immense) : il nous donne l’a-
bondance, perce les villes (célestes), et nous en- A mon, un VISWAIITRA.
voie l’Onde. Il est rapide, resplendissant, vain-
(Mètres: Gayatrl, Djagati et Trichtoubh.)
queur et fortuné.
3. Le poète le célèbre pour obtenir la richesse. 1. 0 lndra, reçois des le matin (le soma) que
lndra aime la pure louange; il se plait dans la nous t’offrons avec ces beignets, ce plat de caillé,
demeure d’un pieux serviteur. Chante donc (cet ce gâteau, et ces hymnes.
lndra) qui accable et tue ses ennemis. 2. Reçois, o Indra, et consomme ces offrandes,
Il. O le plus noble des héros, les prêtres t’ho- ces mets. L’holocanste est préparé pour toi.
norent par leurs chants et leurs hymnes. Pour 3. Accepte nos offrandes, écoute nos prières;
augmenter sa force, ce magicien, qui se revêt de (sois pour nous) comme l’époux pour sa jeune
toutes les formes, vient prendre nos offrandes. épouse.
Seul, il brille, (seul) il règne sur ce monde. li. (Dieu) toujours invoqué, reçois nos offrandes
5. il commande, et l’abondance descend chez dans le sacrifice du matin. 0 Indra, ta puissance
les mortels; la terre produit de nombreuses ri- est grande.
chesses. Pour lndra les cieux, les plantes, les 5. Indra, daigne agréer nos beignets et nos of-
eaux, les bois, les races (humaines) deviennent frandes dans le sacrifice de midi. Cependant le
des dépôts de trésors (précieux). prêtre, qui célèbre tes louanges, s’agite avec la
6. Pour toi, 0 Indra, que traînent deux cour- majesté du taureau, et poursuit le cours de sa
siers azurés, pour toi ces offrandes, ces prières, prière.
ces sacrifices! Accepte-Ies. Accorde-nous toujours 6. Dans le troisième sacrifice, (0 dien) sage que
ton appui, toi qui es pour nous un parent, un le monde glorifie, accepte nos beignets, nos of-
ami, un protecteur. Donne l’abondance à tes ser- frandes et nos invocations. flouerons par nos
viteurs. œuvres (saintes) et nos holocaustes celui qui est
7. Indra, toi que les Marouts accompagnent, entouré des Ritous et des Vàdjas *.
viens ici boire de nos libations de soma, comme 7. Nous offrons ce plat de caillé et ces beignets
tu l’as fait pour Saryata 4. (Noble) héros, les au (dieu) compagnon de Poùchan et possesseur
prêtres t’honorent par leurs sacrifices, dans leurs des coursiers azurés. Héros sage, vainqueur de
saintes et pompeuses cérémonies. Vritra, ami des Marouts, mange ce gâteau, et bois
8. Satisfais à ton désir, O Indra, et viens ici ce soma.
avec les Maronts tes amis boire le soma que nous 8. Apportez promptement les beignets et les
t’avons versé. (Dieu) que le monde implore, tu offrandes pour le plus illustre des héros. Que
nais, et tous les Dévas te vénèrent et tiarment chaque jour, 0 superbe Indra, cet hommage te
pour le grand combat. soit rendu; et qu’avec le soma tu sentes croître
9. Dans le soin de nous donner les Ondes, les tes forces.
Marouts, riches en bienfaits, secondent lndra
notre protecteur. Vainqueur de Vritra, visite avec
H Y M N E X l V.
eux la maison de ton serviteur, et bois le (soma)
qu’il a préparé.
A mena, [un vlswu tutu.
10. Ce soma a été extrait de nos mortiers avec
(Mètre: : Djagstî, Guyatri, Vrihatf,Anouchtoubb et Trichtoubh.)
empressement, 0 maître adorable de la richesse;
tu peux en boire.
il. Refais ton corps avec ces liqueurs, avec l. 0 Indra et Parwata ’, sur votre large char,
ces offrandes disposées pour toi. Tu aimes le apportez cette abondance fortunée qui produit
soma; que le nôtre te réjouisse.
i. Les Ritous et les Vadjas sont deux classes de
12. Indra, (vaillant) héros, puise dans notre dieux. Voy. page 49, col. 1, note 1, et page 108, col. 2,
note 4.
1. Voy. page 73, col. 2, note 3. 2. Voy. page 120, col. 2, note 5.
chct. HL] RlG-VÉDA. - SECTION TROISIÈME. 221

une forte race. 0 dieux, acceptez l’holocauste de 8. Maghavan se revét de mille formes; il en-
nos sacrifices. Que votre grandeur s’accroisse toure son corps d’apparences magiques. Trois fois,
dans la joie de nos prières et de nos hymnes. dans sa course, il descend un instant du Ciel, a
2. 0 Maghavan, arrête-toi ici. Ne va pas plus la voix de notre prière, ami de la justice et avide
loin. Prends de ce soma que nous te versons. 0 de soma.
lndra, époux de Satchi 4, par la douceur de 9. Ce (dieu) grand et sage, père des Dévas et
notre voix puissions-nous (t’amener), comme un recevant d’eux sa force, a les yeux ouverts sur
fils amène son père par le pan de son vêtementl les (œuvres) des hommes. C’est lui qui calma les
3. O prétre, je chante : unis-toi a mes efforts. flots d’une rivière impétueuse, quand Viswàmitra
Faisons ensemble agréer a lndra ces offrandes. (revenait) chargé des présents de Soudas I. lndra
Assieds-toi sur ce gazon du (père de famille) qui fut alors bon pour les enfants de Cousica.
sacrifie. Que mon hymne nous rende lndra 10. Tels que des cygnes, faites entendrela voix
propice! de l’hymne. Aimez le bruit du mortier qui ré-
a. 0 Maghavan, (ici est Satcbl, ton) î épouse z sonne avec la prière au milieu des libations et
c’est donc ici ta demeure et le lieu de tes amours. du sacrifice. Enfants de Cousica; sages richis,
Qu’attelés (à ton char), tes coursiers t’y amènent. surveillants des œuvres pieuses, vous prenez avec
Nous répandons pour toi le soma, et Agni, l’en- les dieux le miel savoureux du soma.
voyé (des dieux), te convie. il. Arrivez, enfants de Cousica, hâtez-vous, et,
5. Arrive, o ilaghavan; approche-toi, lndra, dans l’espoir de l’opulence, donnez carrière au
notre frère. Le prêtre et le père de famille 3 ont cheval de Soudas a. Le roi (des cieux) a frappé
tout disposé. (Viens) dans ce lieu, on peut se re- Vritra à l’orient, à l’occident, au nord. Que le
poser ton large char, où tu peux dételer ton sacrifice ait lieu sur le noble foyer de terre.
coursier hennissant. 12. J’ai chanté lndra, et le Ciel et la Terre.
6. Viens, lndra, à ces libations, à ce soma, a L’œuvre sainte de Viswàmitra garde la race de
cette demeure qui est la tienne. Car tu y trouveras Bliarata 3.
une épouse, une amante fortunée. Ici ton large 13. Les enfants de Viswâmitra ont fait entendre
char peut se reposer; ici tu peux dételer ton leur prière en l’honneur d’lndra, qui porte la
coursier au sein d’une pieuse abondance. foudre. (Qu’lndra) nous donne la richesse.
7. ici sont les Bhodjas 1, les Angiras de formes l’i. Que font tes vaches (célestes) chez les Ki-
différentes, les enfants du Ciel 5, les (fils) va- catas 1? (Ce peuple) ne fait point couler la liba-
leureux du (divin) Asoura 0. Ils donnent a Vis- tion; il n’allume point le feu (sacré). Donne-nous
wàmitra, pour prix de ses mille sacrillces, des le bien de (l’impie) usurier; assure-nous la part
biens (précieux) et une (longue) existence. du vil Nîtcha 5.
15. Celle qui nous a été donnée par Djamada-
1. Nous savons que Salchl est l’épouse d’lndra. Ce gui 0, celle qui détruit l’ignorance, la Prière,
mot Sushi est quelquefois regardé comme synonyme de fille du Soleil 7, vient, en élevant sa voix, dis-
Sauf, et dans ce cas il exprimerait l’idée do puissance.
Cependant il a pour racine le mot sotch, qui signifie
parler : et dans ce cas Salclti serait une divinité du 1. Voy. page en. col. 2. note 4.
sacrifice qui devient l’épouse d’indra. C’est la sainte 2. Roi, fils de Pidjavana. Le cheval, dont il est ici
Raison s’unissent au Pouvoir souverain. Voy. page 57. question, est on l’emblème du sacrifice, ou le coursier
col. 2, note 7. destiné à l’Aswame’dha.
2. Pour entendre ce passage, j’ai pensé qu’il était 3. Voy. page 212, col. 1, note 2.
elliptique. L’explication du commentaire c’est pas claire. 4. C’est un peuple impie (minus) non Arya (anârya).
et je la crois fort éloignée du sens que je donne. Les Kicaias sontplacés dans le Béhar.
3. Oubhayatra. Le commentaire dit que d’un côté 5. Le Nitehà est l’homme appartenant aux classes
estl’epouu, de l’autre le soma. dégradées, ou bien aux tribus étrangères et méprisées.
4. Les Bhodjas, dit le commentateur, sont les enfants Le sens de cette phrase peut aussi bien s’appliquer a
de Sonate. Il pense que les Angiras, de formes diffé- Vritra, à eevil brigand, qui accapare les eaux du nuage,
rentes. sont des Richis de races différentes, tels que et qui ne les donne que lorsqu’il y est forcé par lndra.
Iédhatilhi et autres. Je crois que les personnages dési- 6. Djamadagni est un saint Richi, père du fameux
gnés dans ce pansage sont les Rites personnifiés, ou les Panama-Rama. Viswâmitra était son oncle, et devait
Dévas du sacrifice. Au sujet des Angine, voyez plus être du même âge que lui, si l’on en croit l’anecdote
haut, page 215, col. 2, note 3. racontée a l’occasion de sa. naissance. Voy. Harivnnsa,
5. Je suppose que ce sont les dieux appelés Adityas. tome l. page 12L
6. Ce senties llarouts. Roudra reçoit le nom d’Asoura, 1. La Prière vient le matin en même temps que le
c’est-adire celui qui donne la ou. Voy. page 120. Soleil. C’est pour cola que le poëte l’appelle sa fille : il
col. 2. note 2. lui donne ici le nom de Sasarparih. J’avoue cependant
222 mon. - POÉSIE LYRIQUE. [Lent 11L]

poser au milieu des Dévas l’ambroisie de l’im- peut être abattu; la marmite, heurtée du pied,
mortelle offrande. perd son liquide et ne jette plus qu’une (vaine)
16. Oui, que la Prière vienne promptement ap- vapeur. 0 lndra, (qu’il en soit de même de notre
porter l’abondance à ces (fidèles), et la répandre ennemi).
parmi les cinq classes d’êtres 4. Qu’elle soit a nos 23. Sans s’inquiéter de sa flèche, (on a vu) des
côtés (pour nous protéger et) nous procurer une hommes s’emparer du chasseur, et le mener
vie nouvelle, celle que m’ont donnée les vieux comme il aurait mené sa proie. On ne fait pas
enfants de Djamadagni. rire le faible aux dépens du plus fort; on ne met
l7. Que les deux chevaux (de notre char) î pas l’âne avant le cheval 4.
soient forts; que notre essieu soit solide. Que le 24. lndra, les fils de Bharata ne veulent point
timon ne soit point brisé, ni le joug rompu. de rapprochement (avec leurs ennemis). Déjà ils
Qu’lndra nous préserve des chutes par deux lancent leur cheval, aussi rapide que la roue;
chambrières. 0 (dieu), dont le char a des roues déjà pour le combat ils tendent fortement la corde
admirables, viens à notre secours. de leur arc.
18. lndra, donne la force à nos corps; la force
à ce qui traîne notre char; la force et la vie à
HYMNE KV.
notre fils et à notre petit-fils. Car tu es le pos-
sesseur de la force. AUX VISWADÉVAS, PAR PnADJAPATI,
19. Mets plus de dureté dans la moelle du Kha-
dira 5; que le bois de la Sinsoupâ t résiste à la
irth ne "summum.
’ (Mètre : Trichtoubh.)
fatigue de la course. Essieu vigoureux, sois de
plus en plus solide, et ne nous laisse par tomber
l. (Les prêtres) ne cessent d’offrir leur hom-
de notre char.
20. Que les bois, aimés de Vanaspati 5, n’ail- mage au (dieu) grand, adorable, digne de louan-
lent point nous trahir ni nous blesser. Bénédic- ges. Que l’immortel Agni nous entende, (entoure)
tion sur nos. maisons! Le char est lancé. Béné- soit de nos splendeurs domestiques, soit de ses
diction et salut! rayons divins! .
2. Honore le grand Ciel et la Terre, ô sage vé-
21. O lndra, ô vaillant Maghavan, viens à notre
nérable; accède au désir qui me sollicite. Dans
secours, et sois aujourd’hui pour nous un auxi-
liaire puissant. Que l’homme qui nous hait tombe
les sacrifices que font (les enfants) d’Ayou, dans
ces éloges que l’on adresse au Ciel et à la Terre,
par terre; que celui que nous haïssons perde
les pieux Dévas tressaillent de joie.
la vie 5.
3. 0 Ciel et Terre, agréez notre sacrifice : qu’il
22. La hache peut être brûlée; le simbala 7
soit pour nous avantageux et prospère. 0 Agni,
j’adore le Ciel et la Terre, et me présente avec
que ce passage pourrait tout aussi bien se rappporter à
l’Anrore. Le mot Pakchyâ convient mieux a un être l’offrande pour obtenir leur faveur.
représenté comme ailé.
4. Ciel et Terre, source de toute piété, les an-
1. Voy. page 45, col. I, note 1.
2. Le commentateur suppose que Viswamitra, en sor- ciens sages vous ont honorés. C’est vous aussi
tant du sacrifice de Soudas, fait l’éloge du char sur le- qu’avec raison les prêtres aujourd’hui vénèrent
quel il va monter. Je pense que le poète emploie ici la dans leurs assemblées et au moment du combat.
métaphore habituelle par laquelle le sacrifice est com-
pare à un char. Il souhaite que toutes les parties de ce 5. Qui connalt ici-bas, qui peut dire la voie
char, par la grâce d’lndra, soient en bon état. Si ce n’est que suivent les Dieux? Nous voyons bien leurs
pas le char du sacrifice, c’est du moins le char de la vie.
3. Mimosa Catechu, on Khayar. Le bois de cet arbre
stations inférieures; mais leur œuvre se poursuit
est employé dans les sacrifices. dans des régions supérieures et mystérieuses.
4. Dalbergia Sisu. Lisez dans le texte Sinsapà. 6. (Agni), sage et surveillant nos œuvres, dans
5. Le texte porte z Que ce Vanaspati, etc. Ce mot
Variaspali signifie maître du bois. Il s’emploie pour
désigner un arbre grand et fort; c’est aussi un nom t. Celte strophe me semble contenir des métaphores,
d’Agni, comme présidant aux bois qui s’emploient dans dont l’application est générale. Le commentateur ra-
le sacrifice. conte que Vasichtha est pris, enchaîné et amené par les
6. Le commentateur veut que cette strophe soit une gens de son ennemi. Il traduitdonc ainsi: a 1l n’a point
imprécation de Viswàmitra centre Vasichtha, qui avait de souci du trait (de la malédiction). Les gens entrai-
offensé le roi Soudas. nentle chasseur, le prenant pour un vil animal. n Vis-
7. Le commentaire dit que c’est le même que le wamitra est pour la suite censé se comparer avec Vasi-
Salmali (Bombex heptaphyllon). chtha; il est le cheval, et Vasichlha est l’âne.
[un 111.] RIG-VÉDA. - SECTION TROISIÈME. 223

son foyer lumineux t, voit autour-de lui le Ciel C’est lui qui est le (dieu) aux larges pas; pour lui
et la Terre heureux du beurre (sacré) dont ils les louanges sont (comme) de jeunes mères, qui
sont arrosés. Dans l’œuvre commune qu’ils ac- entretiennent ses forces.
complissent, ils lui préparent plusieurs de- 15. lndra, paraissant dans la plénitude de sa
meures, qui sont comme autant de nids pour force, a rempli de sa grandeur le Ciel et la Terre.
l’oiseau (voyageur). O (dieu) qui brises les villes (célestes),qui donnes
7. A la fois unis et séparés,éloignés et voisins, la mort a Vritra, qui renverses les armées, ras-
ils veillent au poste solide qui leur est assigné. semble et améne-nous une grande quantité de tes
Et jeunes, dans cette carrière qu’ils fournissent vaches (divines).
ensemble, ils se disent : Soyons époux. 16. 0 Aswins, (dieux) véridiques, vous êtes
8. Et aussitôt tous les étres apparaissent au (mes protecteurs), mes péres,et j’aime a vous
jour. Sans peine (le Ciel et la Terre) ont produit les donner le nom de parents. Unis par la naissance,
grands dieux. Cet ensemble d’êtres animés et in- vous vous étés fait tous deux un beau nom. Vous
animés se met en mouvement, oiseaux, qua- êtes pour nous les dispensateurs de la richesse,
drupèdes, animaux de toute forme, de toute et, flattés de nos hommages, vous ouvrez les tré-
espèce. sors quc vous gardez.
9. Je chante en ce jour cette création antique, 17. Vous aussi, sages Viswadévas, vous avez
perpétuelle, de notre père, de notre grand aïeul, un grand et beau nom : car vous êtes dans Indra.
dans ces lieux où, à la face (du Ciel et de la 0 (dieu) que le monde invoque, montre-toi notre
Terre), les Dévas, célébrant leurs louanges, mon- ami, avec les Ribhous que tu aimes. Vous tous,
tent, chacun sur son char, pour suivre la voie agréez notre prière et comblez nos vœux.
large et variée du sacrifice. 18. Honorons encore Aryaman, Aditi. (Célé-
10. Ciel et Terre, je vous adresse ces chants. brons) les œuvres impérissables de Varouna. Éloi-
Puissions-nous être entendus des sages et jeunes gnez de notre voie les accidents qui nous prive-
Adityas, de Mitra et de Varouna, de ces héros raient de postérité. Que nos chants nous
brillants, dont la poitrine se remplit de la douce procurent et des enfants et des troupeaux!
libation, et auxquels Agni sert de langue! 19. Que le messager .des dieux, qui se plait a
Il. Savitri, à la main d’or ’, a la douce lan- naître sous tant de formes, proclame dans le sa-
gue, vient trois fois du ciel dans nos sacrifices. crifice la pureté de nos cœurs! Que nous soyons
0 Savitri, sois chanté parmi les Dévas, et envoie- entendus de la Terre, du Ciel, des Eaux,du Soleil,
nous le fruit que nous attendons du sacri- des Étoiles, de la vaste Atmosphère!
fice. 20. Qu’elles nous entendent, ces vastes et so-
12. Dieu bienfaisant et riche, juste et doué lides Montagnes 1 (du ciel),qui aiment nos holo-
d’une main brillante, que Twachtri nous apporte caustes, et qui nous envoient la pluie. Qu’Aditi
son secours. Compagnons de Pouchan,é Ribhous, nous entende avec les Adityas! Que les Marouts
faites notre joie. Élevant leurs coupes, (les prétres) nous accordent la prospérité!
ont commencé leur sainte cérémonie. 21. Que notre voie soit toujours, facile et mar-
l3. Enfants du sacrifice, que les Marouts, guer- quée par l’abondance! 0 Dieux, faites couler votre
riers au char brillant, au glaive meurtrier, à la miel sur les plantes. 0 Agni, ne me retire pas
marche rapide, ainsi que Samswall, nous enten- la part que tu m’as donnée dans ton amitié.
dent! Que ces (dieux) impétueux etdigncs de nos Que j’obtienne une opulente et solide abon-
hommages nous accordent une opulence soutenue dance!
par une forte race! 2?. Coûte nos holocaustes; viens à nous, et ré-
14. Que l’hymne solennel, comme s’il s’agissait
pands ton éclat sur nos offrandes. Prends ta part
de Bh as vienne au moment du sacrifice, au- i dans nos mets. 0 Agni, tu peux dans les combats
îî
devant de Vichnou, héros si souvent éprouvé. vaincre tous ces ennemis. Sois bon, et chaque
jour apporte-nous ta lumière.

1. Le commentaire pense qu’il est ici question du


Soleil.
2. Voy. page 52, col. 1, note 2. 1. Le commentateur croit que le mot Percale doitici
3. C’est un des Adityas,dont le nom est synonyme de s’entendre des Marouts. Il faut en effet se rappeler que
Bonheur : le dieu de la Prospérité. le nuage n’est que la forme du vent.
22i lNDE. - POÉSIE LYRIQUE. [LecL 111.]

HYMNE xvn. en rompant leur ceinture. Grande et souveraine


est l’énergie des Dieux.
6. Cependant le nourrisson, couché prés de ses
Al’x immuns, un PRADJAPATI.
deux mères, se lève promptement; il se débar-
(Hêtre : Trichtoubh.) rasse de ses langes, et il marche seul l. Alors ont
lieu les œuvres de Mitra’et de Varouna. Grande
l. Quand les Aurores se lèventle matin, (l’être) et souveraine est l’énergie des Dieux.
grand et immortel malt au foyer 1 où siégé la 7. Ainsi ce (dieu), chéri de ses deux mères,
Vache (du sacrifice). (Le poète) célèbre les œuvres
brillant sacrificateur dans nos saintes cérémonies,
divines. Grande et souveraine est l’énergie î des
se dresse en pointe, tout en se reposant sur une
Dieux. large base. Les (prêtres) au doux langage lui pré-
2. 0 Agni, (nous ne voulons pas) ètre blâmés
sentent les hommages qui lui sont agréables.
des Dévas, ni de nos ancêtres, habiles dans la Grande et souveraine est l’énergie des Dieux.
science (divine). Placé entre (le Ciel et la Terre, 8. Comme devant le héros qui combat, tout le
tu es) la lumière (du sacrifice) pour ces deux monde, en s’approchant de lui, baisse le front
mondes antiques 5. Grande et souveraine est (avec respect). Entouré des (saintes) Prières, il
l’énergie des Dieux.
va travaillant à rendre parfaite la Vache (du sa-
3. Mes désirs sont nombreux et pressants. J’ai crifice). Grande et souveraine est l’énergie des
allumé les feux des antiques cérémonies. Agni Dieux.
brille; chantons (le dieu à qui l’on donne le nom
9. Messager (divin), il se nourrit de la sub-
de) Rita t. Grande et souveraine est l’énergie stance des (branches) qu’il consume; il grandit,
des Dieux. et s’élève avec splendeur entre (le Ciel et la Terre).
4. Le roi qui brille, toujours le même, en plu- Il manifeste pour nous les diverses formes, et
sieurs lieux, repose au sein (de l’Aranl). On l’ap-
(d’en haut) jette sur nous ses regards. Grande et
porte sur le bois du foyer; la, de ses deux mères souveraine est l’énergie des Dieux.
l’une porte son nourrisson, l’autre s’approche
10. (Sous le nom de) Vichnou, (il se fait le
(pour l’allaiter) 5. Grande et souveraine est grand) pasteur; il s’empare du poste le plus élevé
l’énergie des Dieux.
dans l’air. Agni connalt tous les mondes. Grande
5. Attaché à la ramée supérieure, il gagne la et souveraine est l’énergie des Dieux.
ramée inférieure, et pénètre au sein des branches. il. Deux êtres jumeaux, dont l’un est environné
Ces jeunes mères conçoivent Agni, et l’enfantent de lumière et l’autre de ténèbres, produisent la
variété des formes. Ce sont deux sœurs; l’une est
l. Cette vache, suivant le commentaire. serait le noire, l’autre est brillante. Grande et souveraine
nuage; par conséquent le lieu ou nalt l’être lumineux est l’énergie des Dieux.
serait ou la mer ou l’air. Je ne saurais accepter ce sens z
l’être lumineux que le poète désigne ici, c’est Agni dans l2. Il est aussi deux vaches, la mère et la fille,
le sacrifice. nourrices fécondes qui vivent l’une par l’autre.
2. Le mot sanscrit est atouratwam. c’est-a-dire la Je les célèbre toutes deux dans ce séjour de Rita I,
qualité de ce qui donne la vie, de l’Asoura.
3. C’est-a-dire pour les hommes et les dieux, habi- entre (le Ciel et la Terre). Grande et souveraine
tant les uns la terre, les autres le ciel. est l’énergie des Dieux.
4. Voy. page si, col. 2, note 3,et section il, lest. vut,
hymne XI, stance 7. 13. La vache (de la Libation) vient en mugis-
5. Nous avons vu ailleurs (page 109, col. l, note 3) sant, au milieu des coupes (sacrées), lécher le
les explications différentes que l’on donne de l’épithète nourrisson d’llà et lui donnele mamelle. "à s’en-
Dwimàtrt’, attribuée à Agni. Je crois que l’application
de ce surnom varie suivant l’esprit du poële, qui envi- graisse du lait de Rita 5. Grande et souveraine
sage le dieu ans des positions différentes. Les deux est l’énergie des Dieux.
mères d’Agni sont tantôt les deux pièces de l’Aranl,
dont il est extrait, tantôt les deux libations qui le nour-
rissent, tantôt, et ici même suivant le commentaire, le t. Le poële désigne ici Agni devenu Soleil.
Ciel et la Terre. Nous avons vu plus haut dans cette 2. Ce séjour de Rita, c’est le lieu du sacrifice; les
deux vaches, c’est le foyer (ne) et la flamme (Djwàlâ),
section, lecture t, hymne xxtu. strophe 3, que le dieu qui semblent ne pouvoir exister l’un sans l’autre. L’in-
Agni est appelé aussi le fils d’lla. c’est«a-dire du foyer
qui le soutient. Je pense que dans le passage présent certitude du commentaire sur ce passage est fort grande.
les deux mères que le poète donne à Agni sont le Dans ces deux vaches il voit le Ciel et la. Terre ; il
Foyer et la Libation que l’on verse sur le feu. Le verbe explique le mot doultitâ, qu’il attribue au ciel,par ceux-
ci doitre’ itità, (placée loin).
kchtti indique que la Libation repose sur le feu en le
recentrant d’une couche liquide. 3. C’est-a-dire du sacrifice. Le commentateur veut
(un. 1v.] RlG-VÉDA.--SECT10N nommas. 225
l’i. Quant a (la vache, nommée) Padya ’, elle qui possède la richesse. Grande et souveraine est
revêt toute espèce de forme et, restant debout, elle l’énergie des Dieux.
lèche (doucement) le jeune nourrisson. J’honore 21. ll soutient tout, et il daigne habiter près de
par mes chants le lieu où siégé Rita. Grande et nous cette terre, comme un roi ami et bienfai-
souveraine est l’énergie des Dieux. sant. Avec lui viennent les vaillants (Marouts), ses
la. Au milieu (des airs), comme sur un sol gardes fidèles. Grande et souveraine est l’énergn’e
ferme, marchent deux nobles (êtres), l’un secréte- des Dieux.
ment, l’autre à découvert. La route qu’ils suivent 22. 0 lndra, la terre produit pour toi ces plan-
leur est commune, et cependant diffère d’appa- tes efficaces et pures, ces eaux, ces trésors. Puis-
rence. Grande et souveraine est l’énergie des sions-nous être tes fortunés amis! Grande et sou-
Dieux. veraine est l’énergie des Dieux.
16. Allons, pressez les vaches (du sacrifice) ’,
ces nourrices chargées de lait, à la mamelle lourde
et traînante. Qu’elles soient toujours nouvelles,
toujours jeunes. Grande et souveraine est l’énergie
LECTURE QUATRIÈME.
des Dieux.
l7. Quand, . autre troupeau de
au milieu de cet nvuxs’L
vaches (célestes), lndra mugit tel qu’un taureau,
c’est qu’il jette en leur sein une semence (fé- AUX VISWADÉVAS, PAR PRADJAPATI.
conde). lndra est roi, il est le maître des nuits et
("me : Trichtoubh.)
des jours ’. Grande et souveraine est l’énergie
des Dieux. l. Les magiques artifices (des Asouras) ne sou-U
18. Chantons, O peuples, les excellents chevaux raient prévaloir contre les œuvres sages, fermes,
du vaillant (lndra). Les Dévas les connaissent, et souveraines des Dieux, ni contre la (grandeur)
dix attelages les ramènent six fois A. Grande et bienfaisante du Ciel et de la Terre. Les Montagnes
souveraine est l’énergie des Dieux. (célestes) ne subissent pas (toujours) leur domi-
19. Le dieu (qui s’appelle) Twachtri et Savitri nation.
revêt toutes les formes. 1l enfante comme il em- 2. L’être qui brille seul (au ciel), amène cons-
bellit diversement les êtres. Tous les mondes lui tamment le char des six (Ritous); pour nourrir
appartiennent. Grande et souveraine est l’énergie ses feux, accourent les Vaches (lumineuses). Avec
des Dieux. lui viennent rapidement les trois mondes, dispo-
20. C’est lui qui a su appareiller ces deux sés les uns au-dessus des autres. (De ces trois
vases qui forment le monde; c’est lui qui les a mondes) deux sont invisibles, un seul est appa-
remplis de trésors. Partout est célébré le héros rent *.
3. (Dieu) fécond et possédant toutes les formes,
que la vache de ce passage soit le ciel; son mugisse- il produit chaque espèce d’êtres. Il presse succes-
ment, c’est le tonnerre; sa mamelle, c’est le nuage; la
pluie, c’est la langue dont il lèche le nourrisson de la sivement trois mamelles; trois fois il répare sa
terre. Rita, suivant lui, c’est Aditya, le Soleil, qui a vigueur par les libations ’. Geint d’une triple
produit le nuage.
l. Le mot Padyâ, de pada (pied), signifie la louange, force, il va, plein de grandeur, répandre au loin
l’hymne. Dans le système du poële, la poésie doit être sa semence (divine), et enfante les (Aurores) per-
représentée comme une des vaches qui contribuent a la petuelles.
nourriture et à l’éducation d’Agni. Le commentaire voit
4. A l’approche de l’Aurore, il s’éveille pour
encore ici la Terre couverte de toute espèce d’êtres;
il y reconnalt surtout le Foyer. Suivant moi, ce dernier suivre sa voie accoutumée. Moi, j’invoque le beau
sens arrive trop tard. nom des Adityas. Que les Ondes divines 5 vien-
2. Le commentaire entend ce passage des vaches cé-
lestes, ou des nuages. nent jouer autour du (Dieu), et qu’elles répandent
3. Littéralement il est Bhaga, Aditya qui brille pen- sur lui leurs libations diverses.
dantla jour.
4. Les chevaux d’indra, ce sont les sacrifices célébrés
en son honneur. Il y a six Ritous, ou saisons, qui l. Les trois mondes sont le ciel, l’air et la terre. La
ramènent les époques de ces sacrifices, et probablement terre seule par sa nature est visible. Le commentateur
les principaux sont au nombre de dix (datataya). Je pense que le poète a en l’intention de célébrer dans cet
n’ose pas dire que ce nombre de dix a quelques rapports hymne Samvolsara, c’est-à-dire l’année.
avec les dix points cardinaux ou diras. Voy. page 53, a. Le poëte fait allusion aux trois revenus.
col. 2, note l; page lîl,col. 2. note 1. 3. C’est-à-dire les libations.
’ 226
lNDE. -- POÉSIE LYRIQUE. ILcet. HL]

5. Il a trois foyers l. Les Ondes sont trois fois (vache), o Vasous, accordez-moi ici le bien que
présentées aux (dieux) sages, et dans les sacrifices j’attends de vous.
brille le souverain roi, qui a mesuré les trois 3. Les vaches (de la Prière) l, ces épouses
(mondes) ’. Trois vierges 3, pures et désirables, (d’Agni), veulent obtenir une preuve de la virilité
viennent trois fois du ciel dans nos saintes assem- (du dieu); elles reconnaissent que son germe a
blées. été fécondé, et elles accourent avec un empres-
6. O Savitri, trois fois chaque jour répands du sement respectueux près de l’enfant (lumineux)
haut du ciel tes dons précieux; trois fois par jour qui fait apparaître les formes.
(comble-nous de tes bienfaits). Accorde-nous une li. le chante le Ciel et la Terre, qui étalent tant
triple opulence’. 0 Bbaga,sauveur opulent, donne- de beautés, et dans le sacrifice j’élève ma coupe
nous des richesses et des trésors. avec ma prière. (0 Agni), que tes (flammes), qui
7. Trois fois du haut du ciel Savitri se montre se dressent avec éclat, (ces flammes) que nous vé-
libéral. Que Mitra et Varouna, ces deux rois aux nérons, soient pour Manon ’ une source abon-
mains brillantes, que les Ondes 5, que le Ciel et dante de richesses.
la Terre, étendus et vastes, contribuent de leurs 5. 0 Agni, que ta langue, qui parmi les Dévas
richesses aux générosités de Savitri. a mérité le nom d’0uroulchi 5, (cette langue)
8. Trois fois les airs s’enflamment de clartés pleine de miel et d’intelligence, vienne flatter ici
vives et immortelles. On voit s’allumer les trois tous ces (dieux) que nous appelons .51 notre se-
(feux) attachés au service du (grand) Asoura 0. cours; et porte-leur nos douces libations.
Que les Dieux justes, rapides, invincibles vien- 6. Divin Agni, opulent possesseur de tonales
nent trois fois du ciel à notre sacrifice. biens, ta providence si variée, si dévouée, est pour
(l’homme) que. tu combles de tes faveurs telle que
l’eau de la montagne (céleste). Fais-nous sentir
HYMNE Il.
Cette providence, cette sagesse qui veut le bien
A"! VISWADÉVAS. PAR VISWAIITRA. de tous.
(Hêtre : Trichtoubh.)
HYMNE III.
l. Qu’un (dieu) sage écoute ma Prière, qui se AUX ASWINS, PAR VISWAII’I’RA.
dirige vers lui comme une vache errante quia
(Hêtre : Trichtoubh.)
perdu son gardien. Cette vache donne toujours un
lait abondant, dont Indra et Agni sont amateurs. l. La vache qui désire l’antique (Agni), apporte
2. lndra etPoùchan (dieux)aux mains brillantes, son lait t. Le fils 5 de l’heureuse (Aurore) s’élance
(à la semence) féconde, semblent avec plaisir ve- entre (le Ciel et la Terre). La (déesse) toute res-
nir du ciel goûter (ce lait) déposé (dans nos coupes). plendissante amène l’astre lumineux. L’éloge de
Puisque tous les dieux se plaisent avec notre l’Aurore a éveillé les Aswins.
2. Les Prières se levant avec le Sacrifice se pré-
1. Le dieu célébré dans les strophes est Agni, consi- sentent devant vous comme (des enfants) devant
déré comme existant tantôt dans le foyer, tantôt dans leurs pères, et poussent votre char merveilleux.
le ciel sous Informe du Soleil. Le Soleil, comme on sait, Dédaignez pour nous l’invocation de l’avare (qui
a trois stalions comme aussi Agni a trois foyers, comme
il y a trois sacrifices par jour. Voila l’explication de ce vous compte ses offrandes). Nous, nous prodi-
nombre trois, répété plusieurs fois avec une application guons les holocaustes; venez à nous.
évidemment différente.
2. Trimâtri. Voy. page 109, col. 1. note 3; une
explication analogue a été donnée au mot dwt’màlri. 1. Le commentateur voit dans ce passage une person-
3. C’est-à-dire ne, Saraswatl et Bliaratl. Voy. page l3, nification des plantes qui servent aux libations, ou bien
col. 1, note l, et page 41, col. 2, note 1. des rayons du soleil. J’ai mieux aimé y reconnaître les
4. Cette triple opulence, dit le commentaire, consiste Prières, qui, ainsi qu’il a. été dit ailleurs, sont quelque-
en troupeaux, en or, en pianos précieuses. fois regardées comme les épouses des Dieu. Les épouses
5. Suivant le commentateur, l’air, autart’kcham. d’Agni contribuent a l’enfantement de la Lumière.
6. Le mot Asoura est ici pris en bonne part, et dé- 2. C’est-à-dire pour l’homme.
signe Agni ou le Soleil. Les trois êtres qu’on appelle 3. C’est-a-dire ample, étendue, allant au loin.
ses hommes (tiras) sont les trois feux des trois savanes. 4. Le poële désigne par ces mots l’Aurore qui naît au
Le commentaire, qui a pensé que cet hymne s’adressait moment du sacrifice. Ce pourrait être aussi bien la
a Samvatsara, trouve dans les trois êtres indiqués Agni, Prière du matin.
Véyou, Sollrya. 5. C’est-à-dire le soleil.
[me 1v.] RiG-VÈI).t.-SECT10N TROISIÈME. 227

3. (Dieux) secourables, avec votre brillant atte- ni la mort ni la défaite; le mal ne le touche ni
lage, avec votre char rapide, (venez); écoutez les de loin ni de prés.
chants de votre poète. O Aswins, (dieux) sages et 3. Exempts de péché, heureux (des présents)
impétueux, nos ancêtres vous ont, (comme nous), d’lld l, posant nos genoux sur la terre (sacrée),
exposé leurs besoins. et poursuivant les rites pieux, puissions-nous
4. Écoutez-nous, et dirigez votre course de ce obtenir la faveur de l’Aditya Mitral
côté. Tous les hommes invoquent les Aswins. Tels 4. il vient de naître, ce Mitra digue de nos
que des amis, ils vous offrent ces liqueurs sa- hommages et de notre culte, ce roi sage et puis-
voureuses et mêlées au lait de la vache. Le Soleil sant. Puissions-uous posséder la faveur et l’heu-
est à l’horizon, (venez avec lui). reuse amitié de ce (dieu) adorable!
5. 0 Aswins, le monde se colore. (Dieux) riches 5. C’est un grand Aditya que nous ne pouvons
et secourables, les hommes célèbrent vos louan- aborder qu’avec respect. 11 protégé les mortels,
ges, Arrivez vers nous par les voies que suivent et mérite nos chants et nos adorations. A ce Mitra,
les dieux. Nous avons pour vous des trésors de digne objet de nos louanges, que (nos prêtres)
libations. offrent dans les feux d’Agni un holocauste qui
6. Vaillants héros, votre amitié est pour nous lui plaise. . A
(comme) un domicile antique et fortuné. Que vos G. Le divin Nitra est le soutien des hommes;
bienfaits se répandent sur la fille de Djahnou i. son secours est fécond en bienfaits, et ses pré-
Heureux d’une amitié qui nous élève jusqu’à sents sont glorieux.
vous, nous voulons nous enivrer de vos douces 7. Mitra, en s’étendant, remplit le ciel de sa
liqueurs. grandeur, et la terre de son opulence.
7. Jeunes et puissants Aswins, venez avec le 8. Les cinq espèces d’êtres ’ honorent Mitra,
Vent et vos chevaux partager notre joie. (Dieux) qui par sa force triomphe de ses ennemis. il est
véridiques, doux et bienfaisants, buvez avec le soutien de tous les dieux.
plaisir de notre soma nouveau. 9. Mitra, se mêlant aux Dévas et aux enfants
8. Autour de vous, o Aswins, les Offrandes d’Ayou, donne aux mortels assis sur le gazon
viennent avec les Chants vous honorer de tout (sacré) l’abondance qu’ils ont méritée par leurs
côté. Votre char, né dans le sacrifice et poussé œuvres pieuses.
par nos hymnes, parcourt maintenant le ciel et
la terre. HYMNE V.
9. O Aswins, le soma le plus savoureux a été
versé pour vous. Venez, pour le boire, dans notre Ali! HIBHOUS 5, ET A IXDRA, PAR VISWAllTllA.
demeure. Votre char nous apporte une heureuse (Men-e : Djagatl.)
abondance, (ce char) qui aime a se rendre à l’ap-
pel (du père de famille) libéral de soma. l. Nobles fils de Soudhanwan, ô vous qui avez
la puissance de confondre vos ennemis, voici nos
prêtres l, qui sont vos parents par la (sainte)
HYMNE 1V. pensée; avec le sacrifice ils renouvellent ces
A llTnA, un VISWAIITIA. œuvres merveilleuses qui vous ont fait obtenir
une part dans les offrandes.
(Mètres : Trichtoubh et seyant.) 2. Oui, par cet art avec lequel vous avez divisé
l. Mitra, sensible à nos louanges, secourt les la coupe (du sacrifice), par cette adresse pieuse
mortels. C’est Mitra qui soutient la Terre et le avec laquelle vous avez recouvert d’une peau
Ciel. Mitra regarde les hommes sans jamais (nouvelle) une (vieille) vache, par cette (sainte)
fermer l’œil. Mitra esthonoré par nos holocaustes pensée avec laquelle vous avez formé les chevaux
et nos offrandes de beurre. azurés (d’lndra), o Ribhous, vous avez mérité le
2. O Mitra, (divin) Aditya! qu’il soit dans titre de Dévas.
l’abondance, le mortel qui t’offre les dons du sa-
crifice. (L’homme) que tu protégés ne connalt l. Le commentaire croit que le mot été est ici syno-
nyme de nourriture sacrée.
2. Voy. page 45, col. 1, note l.
i. La fable donne pour fille au roi Djahnou la rivière 3. Le texte les désigne par le mot Ousidj.
du Gange. Voy. Harivansa, tome l, pages 120 et H7. 4. Voy. page 5l, col. l, note l.
228 lNDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Lect. 1v.]

3. Les Ribhous ont acquis l’amitié d’indra; 2. Aurore, déesse immortelle, brille sur ton
petits-fils de Manon î, pieux enfants de Soudhan- char magnifique, et provoque la prière. Tu as la
wan, ils sont venus comme ouvriers(du sacrifice). couleur de l’or. Que tes coursiers, robustes et
Ils ont obtenu le nom d’lmmortels par leur soumis, t’amènent vers (nous).
attention aux (saintes) cérémonies et aux œuvres 3. Aurore, tu te dresses au-dessus de tous les
religieuses. mondes, et tu annonces l’ (astre) immortel. Sans
4. Vous venez sur le même char qu’lndra à nos cesse nouvelle, viens d’une marche uniforme,
libations. Vous partagez aveclui l’offrande de vos faisant pour ainsi dire rouler ta roue dans la
serviteurs. O Ribhous, savants fils de Soudhan- même ornière.
wan, rien n’est comparable à votre force et à vos à. La riche épouse du Soleil, l’Aurore s’en va,
bonnes actions. telle qu’une femme qui déploieson voile. Elle
5. O lndra, avec les Ribhous que nous com- produit la clarté; bonne et fortunée dans ses
blons d’offrandes, reçois dans tes mains ce coma, œuvres, elle s’étend de l’extrémité du ciel al’ex-

qui est versé en ton honneur. Appelé par la trémité de la terre.


prière dans la maison d’un fidèle serviteur, o 5. A vos yeux brille la divine Aurore; portez-
Indra, réjouis-toi, ainsi que ces nobles fils de lui vos offrandes et vos hymnes. Honorée avec le
Soudhanwan. miel (de vos libations), elle élève dans le ciel ses
6. O lndra, accompagné des Ribhous et comblé heureuses lumières, et charme nos regards par
de nos offrandes, (viens) à notre sacrifice. 0 toi ses brillantes clartés.
que le monde célèbre, sois heureux avec Satchl 3 6. Les rayons de la pieuse (déesse) se font sen-
(que nous avons parée à ton intention). Pleines tir du haut des airs. De ses riches splendeurs elle
d’un (pieux) empressement 5, les Cérémonies colore le ciel et la terre. 0 Agni, tu reçois les
s’agitent pour toi, et s’associent aux efforts des dons de l’holocauste, et accueilles honorablement
Dévas et de Manou A. l’Aurore, qui s’avance avec pompe.
7. O Indra, toi qui donnes la force, viens avec 7. Dans le foyer (lumineux) ou siégé Rita *,
les Ribhous, doués (comme toi) de la force, attiré ce (dieu) qui féconde les Aurores. essaye ses
à notre sacrifice parles louanges du poète. (Viens) rayons, et s’empare de l’immensité du ciel et de -
vers les enfants d’Ayou avec cent rapides et la terre. La sublime magie de Mitra et de Varouna
lumineux (coursiers) 5; ô toi qui as mille moyens séduit les veux, et resplendit de toute part.
de nous rendre heureux, (reçois) nos holocaustes
et nos offrandes.
HYMNE Vil.
HYMNE Vl.
A DIVERS DIEUX, PAR VISWAIITRA.
A L’Aunone, un VISWAIITRA.
(Mètres : Trichtoubh et Gûyatrî.)
(Mur: : Trichtoubh.)
l. Que ces soins empressés que nous mettons a
i. Aurore, forte, sage et opulente, reçois nos vous honorer ne soient pas perdus pour votre
offrandes, et les chants du poète. Déesse antique serviteur. 0 lndra et Varouna, ou est la glorieuse
et (toujours) jeune, prévoyante et ornée de tous assistance que vous donnez à vos amis ?
les biens, tu aimes à suivre nos sacrifices. 2. Ce noble seigneur, jaloux d’accroître sa
fortune, ne cesse de vous appeler à son secours.
l. C’est-a-dire m’a de la race humaine. Soudhanwan, 0 Indra et Varouna, avec les Marouts, avec le
leur père, était fils d’Angiras. lequel, suivant la mytho- Ciel et la Terre, aimez à entendre mon invoca-
logie, devait le jour a Brahma. Il y aun rapprochement tion.
probable entre le nom de Soudhanwan et le verbe
dhanwatt’. 3. O lndra et Varouna, donnez-nous l’opulence;
2. Je hasarde ce sans. Satchl, épouse d’lndra, est (donnez-nous), o Marouts, les richesses accompa-
l’œuvre sainte, qui doit faire le bonheur de ce céleste
époux. surnommé Satchîpati. gnées de tous les biens. Que les épouses des
3. Je suis bien éloigné du sens que le commentaire
donne a Swacarâm’. ll traduit ce mot par jours, ahàni.
4. C’est-à-dire des mortels. dont Manon est le père. 1. Rita est Agni, dieu du sacrifice. Ce passage fait
5. Ces coursiers, ce sont les rayons du matin, Kéta, allusion au foyer qui vient d’être allumé, ou à l’Orient
ou les sacrifices. Voyez page 225. col. t, note L. qui s’illumine.
[me 1v.] RlG-VÉDA. - SECTION TROISIÈME.
dieux t nous protègent; qu’llotra ’, que Bhâ» HYMNE vu: t.
rati 5, avec leurs riches offrandes, viennent à
A un", en: VAIADÉVA.
notre secours.
4. 0 Vrihaspati, ami de tous les Dieux, agrée (lents : Achtf, Atldjagati, Ghriti et Trichtoubh.)
nos holocaustes, et accorde à ton serviteur des
biens précieux. l. Animés d’un même esprit, que les Dévas,
5. Adorez et chantez Vrihaspati, qui brille au o Agni, viennent te donner l’essor à toi, Déva
milieu des sacrifices. J’implore sa force invin- puissant; oui, par leurs œuvres, qu’ils te donnent
cible. l’essor. flouerez un Déva immortel au milieu des
6. (Oui, adorez) Vrihaspati, bienfaiteur des mortels; enfantez un Déva sage et universel, oui,
hommes, indomptable, illustre, doué de toutes enfantez un Déva sage.
les formes. 2. O Agni, amène vers les Dévas ton frère Va-
7. Brillant et divin Poùchan, cet hymne nou- rouna, qui par sa bonté mérite une part dans le
veau est pour toi. C’est un hommage que nous sacrifice, oui, le grand (Varouna), qui mérite une
te rendons. part dans le sacrifice; cetAditya pieux, qui donne
8. Prends plaisir à ces chants que nous accom- aux hommes le beurre (céleste), oui, ce royal
pagnons d’offrandes. Aime notre prière, comme (Varouna) qui donne aux hommes le beurre
l’époux aime son épouse. (céleste).

9. Qu’il soit notre sauveur, ce Pouchan, qui de 3. Généreux ami, amène vers nous ton rapide
son regard embrasse tous les mondes. ami (Varouna); qu’il soit comme la roue d’un
10. Nous adorons la noble lumière du divin char arrivant sur une bonne voie; oui, deviens
Savitri, qui lui-même provoque nos prières. pour nous cette heureuse voie. O Agni, reçois nos
il. Apportant avec nous l’offrande et la prière, offrandes en l’honneur de Varouna, en l’honneur
nous demandons les bienfaits du divin Savitri, des Marouts resplendissants. (Dieu) brillant et
du (fortuné) Bhaga. généreux, fais le bonheur de mon fils et de mon
l2. Par des sacrifices, par des hymnes, les pré. petit-fils ; oui, fais notre bonheur, à nous-mêmes.
tres, que la Sagesse dirige et que la Prière inspire, 4. Sage Agni, tu as en notre faveur détourné
honorent le divin Savitri. la colère du divin Varouna. Tu es le plus grand
l3. Soma A vient; il connalt la voie des Dévas; des sacrificateurs, le premier de ceux qui pré-
il s’avance vers le trône de Rita, et prend la place sentent l’offrande; (dieu) brillant, délivre-nous
qui lui a été préparée. de toutes les inimitiés.
14. Soma nous donne, a nous et aux ani- 5.0 Agni, prête-nous ton secours et viens à
maux, bipèdes ou quadrupèdes, l’abondance et la nous au lever de cette aurore. Donne-nous la
santé. faveur de Varouna. Accours avec tes présents, et
15. Soma prolonge notre Çvie, et dompte nos répands tes douceurs sur notre sacrifice. Réponds
ennemis; qu’il vienne s’asseoir a notre foyer. a notre invocation, et viens à nous.
16. 0 Mitra et Varouna, (dieux) puissants, je- 6. La vue de ce dieu fortuné au milieu des
tez (votre) beurre sur nos vaches, (votre) miel mortels est le plus beau, le plus merveilleux des
sur les mondes. spectacles. Elle est aussi désirable, aussi douce
l7. 0 vous, dont les œuvres sont pures, dont que le beurre pur et limpide qui vient de la vache
nous exaltons la gloire, dont nos adorations et inviolable.
nos longues (prières) augmentent la puissance, 7. Le divin Agni à trois naissances ’ nobles,
vous régnez avec grandeur et avec force.
18. Chantés par Djamadagni, asseyez-vous au l. Ici finit le troisième Iandala. qui porte le nom de
foyer du sacrifice. Agrandis par le sacrifice même, Vüwâmitra, et commence le quatrième, qui est appelé
le Mandate de Vàmade’va.
buvez le soma. 2. Le commentaire rappelle ici la triade d’Agni, de
Véyou et du Soleil, considérés comme le même per-
sonnage. N’est-ce pas une répétition de la distinction
l. C’est-à-dire les Prières. qui portent le nom de Vo- que l’on fait quand on voit dans Agni le feu du sacri-
routrt. Voy. page 52, col. 2, note 3. fice, le feu de la foudre et le feu du soleil? Agni, comme
2. Voy. page 52, col. 2, note l. nous l’avons vu, nalt aussi sur la terre, dans l’air et
3. Voy. page 43, col. l. note I. dans le ciel; trois fois aussi, chaque jour. il nalt pour
4. La libation personnifiée. le sacrifice.
1’30
lNDE. - POÉSIE LYRIQUE. I Lent. 1v.]

enviées, sublimes. Sous la voûte infinie (du ciel) actions (d’Agni); ils ont révélé lalumière du jour,
environné de splendeur, qu’il vienne ce maître t et par leurs prières organisé le sacrifice.
pur, magnifique et brillant. 15. Ces hommes pieux, pleins du désir de pos-
8. Messager (des Dieux) et sacrificateur, il visite séder les vaches (célestes), ont, par leurs paroles,
toutes les maisons, monté sur un char d’or, et dignes des dieux, ouvert cette large montagne
agitant sa douce langue, poussant ses coursiers qui retenait de tout côté ces malheureuses pri-
rougeâtres, beau, resplendissant, agréable comme sonnières; (ils ont forcé) le cachot où se trouvait
la maison où règne l’abondance. enfermé le troupeau (divin).
9. Parent du Sacrifice, il anime les enfants de 16. lis ont inventé les premières formules d’ado-
Manon : ceux-ci le dirigent avec le grand frein ration. lls ont imagine les vingt et une (mesures)
(des cérémonies). Dieu, il habite la demeure d’un qui plaisent a la vache, mère l du sacrifice.
mortel; il accomplit ses vœux et prend une part C’est en entendant ces accents que s’est levé le
dans son opulence. troupeau (lumineux du matin); c’est alors que
10. Que le prévoyant Agni nous conduise; elle l’Aurore s’est montrée avec la glorieuse splendeur
est pour lui, cette offrande que les Dévas lui ont de (l’astre) voyageur.
réservée. Quand tous ces (Dévas) immortels ont 17. Les sombres ténèbres sont’anéanties; le
accompli l’œuvre de la prière, alors le (prêtre), ciel se couvre de clarté; les feux de la divine
chantre brillant (du dieu), devient son père; Aurore sont arrives. Le Soleil s’est revêtu de
il l’enfante, et avec la libation il arrose le juste larges rayons, et voit, au milieu des mortels,
(Agni) ’. tout ce qui est droit, tout ce qui est tortueux.
11. (Agni) unit d’abord dans nos maisons; (il 18. Qu’à l’instant, dans toutes les demeures, les
naît) au sein du ciel, qui devient son berceau; (il Dévas se réveillent pour chanter (Agni), et qu’ils
naît) au centre même du nuage, n’ayant alors ni affermissent le troue où brille sa précieuse lu-
pieds ni tète, 5 cachant tous ses membres..et se mière. 0 Mitra et Varouna, soyez seusiblesà notre
mêlant à la noire vapeur. prière.
12. Que tu sièges au foyer du sacrifice, ou dans 19. Je chante le resplendissant Agni, le sacrifi-
l’obscurité du nuage, l’hymne te donne une force cateur chargé de toutes les offrandes, le pontife
immense, ô Agni; tu es désirable, jeune, beau, suprême. Que le jus limpide du soma coule dou-
brillant. Sept (ministres) ’ empressés ont tra- cement autour de lui, et qu’il se nourrisse comme
vaillé à la naissance d’un (dieu) généreux. à la pure mamelle des vaches (du sacrifice).
13. Nos ancêtres, enfants de Manou, sont aussi 20. Agni est pour tous les dieux tel qu’Aditi ’;
venus s’asseoir autour d’un semblable foyer. Les c’est un hôte pour tous les enfants de Manon.
vaches nourricières, enfermées au sein de la Possesseur de tous les biens, qu’il soit le soutien,
montagne, ils les ont délivrées en appelant les le refuge, le bienfaiteurdes Dévas.
Aurores .’
14. Oui, nos (pères) ont honoré (Agni), et brisé
HYMNE 1X.
les portes de la montagne. Que les autres céle-
brent leur gloire. Jaloux de procurer la délivrance A son, un VAIADÉVA.
des vaches (célestes), ces (Angiras) ont chanté les
("être : Trichtoubh.)

1. Le juste Agni, prêtre et pontife, vient, im-


1. L’auteur se sert du mot Arya.
2. Il semble que cette; trophe ait rapport a l’Aditya, mortel au milieu des mortels, Déva au milieu
c’est-à dire à Agni devenu le Soleil, fils du Ciel. Cepen- des Dévas, siéger (au foyer du sacrifice), afin d’y
dant j’ai préféré donner au mot Dyôh un sens que j’ai
déjà rencontré, et que le commentateur représente par
briller avec grandeur, afin de s’y charger des
le mot sauri (laudator). holocaustes de Manou.
3. Les pieds et la tête d’Agni, ce sont ses rayons et 2. 0 Agni, illustre enfant de la Force, tu viens
sa flamme. Le feu de la fondre se cache et n’apparalt
que par l’éclair.
4. Le commentaire dit que ce sont les ministres chargés l. Le même mot mâtri signifie mère et mesureur.
des sept libations, sapin hetman. Voy. page 78, col. 1, Les mesures auxquelles il est fait allusion sont les
note 2. tchhandas appropriés aux hymnes des sacrifices.
5. Voy. page u. col. 1, note 7. Les ancêtres ici 2. Aditi est la mère des dieux. il y a dans ces vers
désignés. ce sont les Angiras. une espèce d’antitheso entre les mots Aditi et 4mm.
[Loch 1v.] lllG-VÊDA. -- SECTION TROISIÈME. 23l
de na1tre (dans notre sacrifice), et, messager dussions-nous avoir contribué à la prospérité de
(divin), tu te places entre la race humaine et la ton serviteur!
race céleste; tu attelles (au char du sacrifice) les il. Que ce dieu sage distingue entre les mortels
mâles et brillants étalons t. les bons et les mauvais, comme (le coursier) sait
3. Je chante ces deux coursiers ’, qu’enfanta distinguer sur son des les fardeaux lourds ou lé-
le sacrifice, (ces coursiers) rouges, brillants et gers. Qu’il nous accorde le partage d’une opulentes
rapides en l’honneur desquels coulent les liba- soutenue par une nombreuse famille, et daigne
tions et le beurre (consacré). C’est toi qui les at- nous conserver intact cet (heureux) partage.
telles, et qui vas, servant d’intermédiaire entre 12. (Agni) est sage, et les (prêtres), sages comme
vous autres, dieux (adorés), et les mortels qui lui, et fermes (dans leur piété), le chantent, et
vous honorent. rétablissent dans les demeures des enfants d’Ayou.
4. 0 Agni, tu as de bons coursiers, un beau De la, maître (de la maison) î, jette les yeux
char. tu es riche en présents. En faveur de ce et lance tes rayons rapides vers ces (dieux) admi-
peuple prodigue d’holocaustes, amène Aryaman, rables qui méritent nos regards.
Varouna, Indra, Vichnou, les Marouts et les 13. Agni, (dieu) brillant, et toujours jeune, qui
Aswius. sais diriger les hommes et combler leurs vœux,
5. 0 Agni, O toi qui donnes la vie, que ce sa- le sage qui te célèbre, t’honore en versant la li-
crifice nous procure des vaches, des brebis, des bation. Apporte-lui le bonheur et l’abondance.
chevaux, de robustes amis, des hommes invin- il. Ainsi, Agni, tandis que, dans le désir de te
cibles. Qu’il soit pour nous une source d’abon- posséder, nous travaillons des pieds, des mains,
dance, de vie et de gloire. Que nous ayons une de tout le corps, que les (prêtres) accomplissent
nombreuse famille, et que notre opulence repose aussi leur tache, et ouvriers excellents, avec le
sur une large base. secours des Dévas qu’ils forment Rita, comme le
6. OAgni, sois le puissant protecteur de l’homme charpentier fait un char.
qui, pour apporter l’aliment de tes feux, couvre 15. Oui, au lever de l’Aurore notre mère, réunis
son corps et son front de sueur. Délivre-le des au nombre de sept sages, allons les premiers con-
atteintes du méchant. quérir les rayons du sage (Agni). Soyons des An-
7. Qu’il soit riche et ferme dans son bonheur, giras, des enfants de l’Astre lumineux ’. et par
le serviteur fidèle et dévoué qui présente l’offraude nos efforts brisons la montagne qui renferme nos
pour satisfaire à tes désirs, qui t’arrose de ses trésors.
heureuses libations, et qui t’amène comme hôte 16. Oui, Agni, nous voulons, comme nos grands
au sein de son foyer. et antiques parents, travailler à l’œuvre du sa-
8. Assis sur ton trône, tu portes une ceinture crifice. lls sont partis chercher la lumière jusque
dorée. Tel qu’un coursier, fais passer à travers le dans sa source; par la vertu de leurs hymnes, ils
mal le serviteur qui à la lin du jour et au lever ont séparé le ciel et la terre, et ouvert la porte
de l’Aurore chante la louange, et se concilie ta aux (vaches) matinales.
faveur par ses holocaustes. 17. Ouvriers diligents, brillants Dévas, dans
9. Immortel Agni, qu’il ne perde pas son opu- leur désir d’honorer les dieux ils en ont façonné
lence, qu’il ne soit pas enveloppé dans les piégés les formes, ainsi que (l’ouvrier) façonne le fer,
du méchant, l’homme qui te loue, qui t’apporte donnant à Agni la clarté, à lndra la grandeur, et
l’offrande, et qui, élevant la cuiller (sacrée), ac- ils ont amené autour d’eux le large troupeau des
complit les rites en ton honneur. vaches (célestes).
10. 0 Agni, le mortel dont toi, dieu toujours
jeune, tu aimes et récompenses les offrandes, il
doit voir son invocation heureusement exaucée, 1. Je traduis ainsi le mot Arya.
2. Cette strophe me semble être une apostrophe
adressée par VAmadéva aux prêtres assistants, et for-
mant avec lui le nombre de sept: ce sont les sept
I. Vrichanah. Ce mot doit s’entendre des libations, hon-aces. Il leur dit de se considérer comme les anti-
qui fécondent le sacrifice; a moins que l’auteur n’ait ques Angiras, chargés des sacrifices du matin, comme
voulu ainsi désigner les dieux eux-mêmes, qui répan- des enfants du Ciel ou du Soleil (divas poutrâh), c’est-
dent l’abondance. à-dire comme des serviteurs disposés à montrer une
2. Je suppose que le poète fait allusion au Ciel et à obéissance toute liliale. Dans l’Orient, le mot poutràh
la Terre, que le sacrifice du matin semble produire, et entraîne l’idée de la subordination que doit le servi-
qui commencent en ce moment leur course rapide. leur.
232 INDE. --P0ESIE LYRIQUE. (me 1v.]
18. Redoutable (Agni), quand (tes feux) nous terre, dont il se rapproche, (Roudra) fidèleà la
révèlent ces races divines disposées près de vérité et redoutable pour les hommes ?
nous, comme des troupeaux (répandus) sur une 7. As-tu plus de reproches à faire au grand Pou-
plaine fertile, que les libations s’épanchent en chan, qui fait l’ornement (du monde), qu’à Roudra,
faveur des mortels, en faveur de l’enfant d’Ayou, qui donne l’holocauste? De quelle faute accuse-
du père de famille, que tu vois ici. rais-tu Vichnou, célébré en tout lieu? 0 Agni,
19. Nous avons accompli l’œuvre (sainte) ; nous quelle est la faute de la grande déesse du Temps I?
avons travaillé en bons ouvriers. Que la brillante 8. S’ils t’interrogeaient, que répondrais-tu a la
Aurore prenne son vêtement que teignent les troupe immortelle des Marouts, au puissant Soleil,
feux de Rita, les larges lueurs d’Agui resplendis- à Aditi, au (Vent) rapide? 0 dieu qui possèdes
sant de toute part. et les rayons de l’œil divin tous les biens, dans ta sagesse, achève de former
qui embellit (le monde.) tes rayons lumineux.
20. Sage et prudent Agni, nous avons ainsi cé- 9. Je chante Rita ’, qui se perpétue par lui-
lébré tes louanges. Accueille notre hymne. Lève- méme. 0 Agni, voici à la fois la vache 5 et le
toi dans ta splendeur; augmente notre opulence. miel (du sacrifice). L’une est faible et noire, l’au-
(Dieu) magnifique, accorde-nous de grandes ri- tre savoureux et brillant. Nourris la vache de ce
chesses. lait vivifiant.
10. Par Rita, le mais et généréux Agni a reçu
HYMNE x. sur son dos un fait fortifiant. (Le dieu), immobile
jusqu’à ce moment, a commencé à marcher; bri!»
A son, un vannent. lant, vigoureux et abondant, il a sucé la mamelle
féconde (de la libation).
(une : Trichtoubh.)
1l. Par Rita, les Augiras ont ouvert la mon-
l. Appelez avotre secours Agni, roi du sacri- tagne, et sont revenus accompagnés des vaches
fice, pontife redoutable, prêtre juste du ciel et de (célestes). Ils se sont heureusement entourés des
la terre, revêtu des couleurs de l’or. Qu’il (fasse rayons de l’Aurore. Agni est né, et la Lumière
sentir a nos ennemis) l’atteinte imprévue de la s’est manifestée.

foudre! 12. Par Rita, les Ondes, déesses immortelles,


2. Ce foyer, que nous avons formé, est à toi; ont laissé couler leurs flots, aussi doux que le
il t’attend, beau et paré comme l’épouse qui dé- miel, d Agni. Elles s’élancent avec la rapidité du
sire son époux. Viens vers nous, orné de ta cein- cheval préparé pour la course.
ture (lumineuse); place-toi sur ton trône, o toi 13. Ne viens pointau sacrifice que t’adresse un
qui te distingues par tes bonnes œuvres; les voisin malveillant, un mauvais parent. 0 Agni,
(Prières, tes épouses) se tournent vers toi. ne reçois point la dette que prétendrait te payer
3. 0 prêtre, adresse ton invocation au dieu un frère injuste. C’est ainsi que nous repoussons
sage, affable, qui nous écoute avec bonté. Que la le présent d’un ennemi (qui se dit) notre ami.
louange de l’immortel (Agni) résonne comme la 1-’i. O Agni, toi que nous honorons par nos sa-
pierre (du mortier) qui prépare la douce libation. crifices, accorde-nous ta protection. Content (de
li. 0 Agni, sois présent à notre fête. Dieu des nos offrandes), défends-nous. Embrasse notre
sacrifices, préside à celui-ci, et sois pour nous cause; détruis le mal qui aspire à la force; donne
une source de bonnes pensées. En quel (autre) la mort au grand Rakchasa qui s’élève.
lieu auras-tu des hymnes et des libations? Dans 15. 0 vaillant Agni, sois favorableà nos hymnes.
quelle (autre) demeure trouveras-tu des amitiés Accueille nos offrandes et nos prières. (0 toi qui
(plus dévouées)? es devenu) Angiras A, aime nos cérémonies. Que
5. Quel reproche peux-tu faire à Varouna, d nos chants montent vers les dieux et vers toi!
Agni? En quoi le Ciel est-il coupable? Quelle est 16. 0 prudent Agni, c’est en l’honneur d’un
notre faute? Que peux-tu dire contre le généreux
Mitra, contre la Terre, coutre Aryaman, contre a. Le mot sanscrit est Seront, commenté par le mot
Bhaga? Samnatmra. C’est le temps , représenté aussi par
6. 0 Agni, qui grandis dans nos foyers, que Nirriti, déesse du mal.
2. N’oublions pas que Rita est le sacrifice personnifié.
peux-tu dire contre le Vent qui est fort et bien- 3. La vache du sacrifice, c’est la flamme.
faisant, contre Roudra, qui voyage autour de la 4. Voy. page 4l, col. 2, note l.
(un. v.] RIG-VÈDA. - SECTION TROISIÈME. 233
(dieu) éclaire comme toi que sont dirigées toutes des) te soient présentées. Heureux de ta faveur et
ces pratiques, que sont conçues toutes nos prières. maîtres des biens de nos ennemis, puissions-nous
Sage et poète. j’ai par des hymnes et des invoca- toujours te vénérer avec le même cœur!
tions poétiques célébré un (protecteur) assez sage 10. 0 Agni, l’homme qui,riche en or et posses-
pour m’entendre. seur de bons chevaux, s’approche de toi avec un
char rempli de trésors, qui ne cesse de t’offrir une
heureuse hospitalité, (cet homme) doit compter
"MISE XI. sur ta protection, sur ton amitié.
A ACM, un nuant". li. Je suis fort (contre mes ennemis) des chants
que je tiens de ma famille, et que m’a transmis
(lure : Trichtoubh.)
mon père Gotama. Daigne écouter ces chants,
O (dieu qu’on appelle) Damoûnas l, sacrificateur
i. Que tes rayons soient comme un large filet.
Viens tel qu’un roi terrible, monté sur son élé- toujours jeune et distingué par tes bonnes ac-
tions.
phant. Déploie rapidement ton filet; prends tes
flèches, et de tes traits enflammés perce les Bak- 12. 0 prudentAgni,que tes rayons protecteurs
chasas. se rassemblent sur nous; qu’ils nous conser-
2. Tes flèches volent avec légèreté. Atteins avec vent. (ces rayons) vigilants, actifs, fortunes, in-
force, et brûle tes ennemis. 0 Agni, (excité par fatigables, innocents, toujours forts.
les libations) dela cuiller (sacrée), ne connaissant l3. Ce sont tes Rayons, O Agni, qui, trouvant
que le fils de Mamatà était aveugle, l’ont délivré
aucune chalne, lance de tout côté tes feux, tes
rayons, tes éclairs. de ce mal a (Le dieu), qui est le maitre de tous
les biens, protège les hommes vertueux; l’ennemi
3. (Dieu) rapide et invincible, fais briller les
malfaisant n’a jamais triomphé de lui.
splendeurs, et deviens le défenseur de ce peuple.
0 Agni, ne laisse la victoire à aucun de les enne- 14. Par toi comblés de biens, aidés de tes se-
mis, qui, de loin ou de près, puisse désirer notre cours, puissions-nous, sous ta conduite, jouir de
l’abondance! (O dieu) honoré par de justes sacri-

mal. ,
à. Lève-toi, Agni. Étends (tes flammes), brûle
les ennemis de tes traits aigus. (Dieu) brillant,
lices, (dieu) qui ne dois rougir de rien, détruis
(l’homme) à double langage, et ne nous abanv
renverse et consume, comme un bois sec, celui donne jamais.
qui nous poursuit de son inimitié. 15. 0 Agni, nous voulons te plaire en allumant
5. Dresse-toi, O Agni. Perce nos ennemis, et ma- ces feux. Reçois le tribut de nos hymnes. Brûle
nifeste ta (force) divine. Brise la vigueur de nos les impies Rakchasas. 0 toi, qui es la gloire de tes
adversaires. Parents et non parents, détruis-les amis, protège-nous contre la haine d’un ennemi
tous. envieux.
6; 0 (Dieu) toujours jeune, il connalt ta bien-
veillance, celui qui chante la louange d’un prêtre
actif (tel que toi). Tous ses jours sont sereins; il
a des richesses, de l’abondance, de la gloire. (Par LECTURE CINQUIÈME.
toi) cet Arya voit ses portes ornées et brillantes.
7. 0 Agni, qu’il soit fortuné, qu’il soit comble HYMNE l.
de biens, celui qui cherche a te plaire par des A nom, un VAIADÉVA.
hymnes, par des offrandes continuelles. Que dans
sa vie, que dans sa maison tout lui soit propice. (lare : Trichtoubh.)
Que son sacrifice lui soit prospère. l. Réunissant nos efforts, comment pouvons-
8. J’honore ta bonté. Vers toi s’élève la voix
nous travailler a donner au généreux Véswà-
sonore de nos chantres. Pour prix de nos homma-
ges accorde-nous d’excellents chevaux,’de beaux
l.Voy. page 122, col. 1, note 1.
chars. Que ta bienveillance de chaque jour soit 2. Le personnage dont il est ici question est Dlrgha-
constante et durable. tannas, fils d’0utchathya et de Imam (section Il. lec-
ture III ,hymne I). La légende raconte que Vrihaspati, son
9. lci, dans ce foyer où. tu viens briller soir et frère, le maudit lorsqu’il était encore dans le sein de sa
matin, que chaque jour de nombreuses (offran- mère, et que Dlrghatnmas. par suite de cette malédiction,
l. - BIBLIOTHÈQUE lNTERNATlONALE. 16
234 lNDE. - pansu: LYRIQUE. luet- v.l
nara l ses larges rayons? En! n’act-il pas pour 8. Quel mystère ai-je à réveler! On dit que la
les recevoir (l’espace) qui, est le lit immense des- forme pure (d’Agni) repose dans son asile (sacré).
tiné à ces flots de lumière ? Au moment où s’ouvre le pâturage des vaches
2. Célébrer. donc le dieu qui, pour prix de (célestes), c’est lui qui les garde. Que (le sacrifice)
mon offrande, me témoigne, à moi mortel, sa élève vers l’orient le siégé du (dieu) voyageur.
libéralité. Le sage et intelligent Agni, le grand et 9. Quandla Vachel féconde (dusacrifice) honore
immortel Véswanara, le premier des êtres (a été cette noble et antique race des grands (dieux),
bon) pour son serviteur. je reconnais. aux lueurs qui apparaissent au-
3. Le sage, bienfaisant et généreux Agni, (le dessus du saint foyer, que (le dieu) qui devait
dieu) placé entre le ciel et la terre ’, doué de Ivenir est arrivé dans sa demeure mystérieuse.
mille rayons féconds, de (mille) lueurs pénétran- 10. (Le dieu) brille donc entre les deux grands
tes, me demande un grand hymne, une prière parents du monde. Chantez l’éclatant mystère de
qui soit comme le pied mystérieux de la Vache l’illustre (Agni). Que la langue de. ce bienfaiteur
(du sacrifice). resplendissant s’élève a la place d’honneur que
li. Que l’opulent Agni, de ses dents aiguës, de donne sa mère, la Vache (du sacrifice).
ses rayons brûlants, (déchire et) consume ceux 11. J’invoque et j’adore Rita. Je demande, ô
qui attaquent les œuvres inébranlables de Mitra possesseur de tous les biens, que tu daignes ac-
et de Varouna. cueillir mon sacrifice et mes louanges. Tu es le
5. Les pécheurs, injustes et impies, qui vont maltre du monde. de tout ce qui existe de bon au
(sans sacrifices) comme les femmes privées de la ciel et sur la terre.
tutelle de leurs frères, comme les épouses sépa- 12. O sage possesseur de tous les biens. tu sais
rées de leurs maris, ne peuvent enfanter que les distinguer ce qu’il peut y avoir de bon, de pré-
ténèbres en ce lieu 3. cieux pour nous dans ce monde. Nous venons
6. Pour moi, o Agni purificateur, je ne rejette vers l’asile mystérieux où tu reposes avec gloire;
pas (le sacrifice) comme un lourd fardeau. Reçois fais que nous n’ayons pas lieu de rougir de notre
et exauce une prière que je fais pour toi, grande, confiance.
longue et grave. et que j’accompagne d’offrandes 13. Quelle limite veux-tu mettre à tes bienfaits?
efllcaces et des sept libations l. Vers quelle félicité devons-nous courir, tels que
7. Qu’un sacrifice pur, et digne de celui que les chevaux qui courent au pâturage ? Quand donc
nous honorons, lui soit consacré; que (ce sacri- les Aurores, divines épouses de l’immortel Soùrya,
fice) réveille au foyer oriental 5 (le dieu) brillant étendront-elles leurs couleurs (dans le ciel)?
et merveilleux, et qu’il l’excite a commencersa 14. On ne se contente pas de simples et faibles
carrière. paroles, d’un pauvre discours sans fruit. O Agni,
que peuvent te dire les hommes, quand ils sont
devint aveugle. Agni fut invoqué, et lui donna l’usage de aux prises avec le mal, et qu’ils sont désarmés ’?
la lumière. Voy. page 142, col. 1, note 4, l’histoire de Dir-
ghatamss. qui me semblait difficile à expliquer. Ce per- 15. Pour le bonheur du père de famille, la
sonnage me parait allégorique. Je suppose que c’est Agni splendeur du brûlant, du généreux, du bienfai-
caché au milieu des ténèbres. sant (Agni) a éclaté sur son foyer. Vêtu de lu-
1. Voy. page 78, col. 1, note 4. mière, beau et entouré d’opalentes richesses, (ce
2. Dwibarhas. Voy. page 85, col. 2, note 1.
3. Il me semble queje traduis littéralement. Le com- dieu) a brillé comme un roi 3.
mentaire trouve qu’il est ici question de l’enfer, Narq-
castânan. Ceux qui n’allumentpas les feux d’Agni lais-
sent le lieu du sacrifice dans une obscurité coupable. HYMNE Il.
4. Le commentateur donne a toute cette phrase un autre
sens. llsuppose que le poële prie Agni de lui accorder de A A6111. PAR VAIADÉVA.
grandes et larges richesses, qui le rendent victorieux et
lui apportent l’abondance, richesses composées de sept (lare : Trichtoubh.)
espèces de biens. Il explique alors qu’il y a sept ani-
maux domestiques, sept animaux des bois. etc. J’ai peut- 1. 0 Agni, vénérable pontife, dresse-toi pour le
étre forcé le sans; mais j’ai adopté une idée déjà. connue. sacrifice que nous offrons aux dieux. Tu exauces
Voy. page 78, col. 1, note 2.
5. Je ne crois pas que par le mot agre’ l’auteur dé- 1. Je suppose que cette vache, c’est la prière. ou c’est
signe l’Orient, ou se levé le Soleil, mais le foyer qu’on le sacrifice lui-mémé.
allume du côté de l’orient. Au reste, j’ai fait mon expres-
2. Le commentaire donne a ce mot le sans de privés
sion assez vague pour qu’elle puisse présenter l’un et d’effrandes.
l’autre sens.
3. Le mot Kchiti ne signifierait-il pas plutôt palan,
(un. v.] RlG-VÉDA. - SECTION TROISIÈME. 235

toutes les prières, tu remplis tous les vœux du il. L’œuvre sainte est achevée, (dieu) delu-
sage. mière; l’hymnea été chante pour toi. Accorde
2. Le fort et prudent Agni, la joie de nos céré- tes faveurs a ton serviteur. Les enfants de Manon,
monies, s’est assis au milieu du peuple en qualité pleins de respect et d’espérance, ont établi, pour
de sacrificateur. ll a, tel que Savitri, élevé sa sacrificateur, Agni, l’objet des louanges d’Ayou *.
brillante bannière, et, comme une large colonne,
il étend sa fumée sons le ciel.
HYMNE lll.
3. Que la (cuiller) remplie du beurre (consa-
cré) se lève rapidement pour distribuer ses dons; A sont. un vanné".
qu’elle se dirige vers la droite pour accomplir son
(leur: : Magali, Anouchtoubh et Trichtoubh.
œuvre sainte. Que le bois du bûcher monte
comme la plante nouvelle, et que, bien disposé, l. Les prêtres viennent de placer ici, en pre-
il semble venirau-devant de la rosée des libations. micrlieu, (Agni) le sacrificateur, le pontife, (le
4. Cependant le gazon (sacré) est étendu, le feu dieu) adorable et resplendissant, dont les Bhri-
est allumé, le prêtre est debout remplissant son gous, fameux par leurs œuvres ’, ont sur le bû-
office. Agni, le brillantsacrificateur, porte de tout cher allumé des feux pour le bonheur des peuples.
côté ses pas comme le pasteur du troupeau, et 2. Divin Agni, que tes flammes brûlent sans
rempfit sa triple tâche *. interruption. C’est pour cela que les mortels t’ont
5. Agni. l’aimable et juste sacrificateur, le (dieu) pris, et t’ont proposé au respect des nations.
aux douces paroles, s’avance doucement de toute 3. En voyant (Agni) juste et prudent, pareil à
part. Ses rayons ressemblent à des coursiers ra- un ciel environné d’étoiles, les enfants d’Ayou
pides. Tous les mondes tremblent devant ses l’ont choisi pour être dans toutes les maisons le
splendeurs. chef des sacrifices.
6. 0 Agni, (dieu) terrible et beau, quand tu dé- 4. (lis l’ont choisi) pour être le rapide messager
ploies tes flammes, ta vue est fortunée. Les té- du sacrificateur, le roi de tous les hommes, le
nèbres ne sauraient couvrir ton éclat, et les im- héraut brillant pour les peuples.
pies (Rakchasas) ne peuvent blesser ton corps. 5. ils l’ont établi pour être le sacrificateur sage
7. Agni est le père (de tous les êtres) ; rien ne et perpétuel, le pontife aux sept rayons, aimable,
peut arrêter ses bienfaits. il crée sans obstacle le éclatant et pur.
Ciel et la Terre. Tel qu’un ami heureusement dis- 6. (lis vont le chercher), cet (Agni) qui cache
posé, (ce dieu) purificateur brille au milieu des sa gloire au sein des (Ondes), mères éternelles,
enfants de Manon. ou au sein des bois (de l’Aranî), qui se soumet à
8. Dix sœurs t s’entendent pour enfanter en- diverses naissances, qui siège dans le (foyer) mys-
semble Agni, au milieu des humains; comme de térieux, (dieu) bienfaisant et avide de nos of-
(tendres) mères, (elles ont produit ce dieu) qui frandes.
se lève avec l’Aurore, dont la face resplendit, et 7. Quand les Dévas, au moment on le monde
dont la dent est aussi tranchante que la hache. s’éveille, se livrent à leur joie (sainte) dans la de-
9. 0 Agni, voici tes coursiers rougeâtres; ils meure du sacrifice, non loin de cette mamelle
sont arrosés du beurre (sacré) : leur marche est qu’ils ont eux-mêmes emplie, que le grand et
droite et rapide, leur pas léger, leurforce mâle et juste Agni, satisfait de nos holocaustes et de nos
généreuse. Ils se distinguent par leur empresse- adorations, vienne prendre sa place à notre fête.
ment à venir au sacrifice offert en l’honneur des 8. Qu’il remplisse, (dieu) prudent, son office de
dieux. messager, placé entre le ciel et la terre, qu’il
10. Tes rayons, O Agni, brillants et vainqueurs, connaît également. Va donc, sage et brillant hé-
s’élancent avec rapidité , intelligents comme raut; grandis et monte jusqu’au ciel.
l’épervier, retentissants comme les Marouts. 9. La trace de ton pas étincelant est noire. Ton
front est radieux. Tes formes sont mobiles, sans
habitation royale? Il a ordinairement le sans de terre,
et la terre est la source de toute richesse. J’ai suivi le t. Nom de l’homme.
commentaire. a. Le mot Amarànah est considéré par le commen-
1. Allusion aux trois foyers, on bien aux trois Savanes. taire cemme le nom d’un Richi. Je l’ai regardé comme
2. Ce sont les dix doigts qui travaillent à extraire une épithète de la même nature que le mot Bhn’ga-
Agni de l’Arant. mina, qui est dans la quatrième stance.
236 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [me v.l
cesser de jeter la même clarté. (L’Arani ta mère), vice des dieux. et assis sur le gazon (sacré).
rompant sa ceinture, met au monde son fruit, et 2. Immortel et invincible, parais au milieu des
tu nais pour être notre messager. races humaines, et deviens le messager de tous.
10. Tu nais, et aussitôt les rayons brillent au 3. (Agni) est promené autour de son foyer;
souffle du vent qui anime leur éclat. Agni tourne (dieu) sacrificateur, auteur de nos joies pieuses,
sa langue aiguë contre le bois du bûcher, et sous source de toute pureté, il apparaît sur son trône.
sa dent disparaissent les aliments solides qui le la. Les épouses (des dieux arrivent); et Agni,
nourrissent. dans le sacrifice et sur le foyer. siégé comme
il. Aussitôt que le grand Agni a dans ses flam- prêtre et comme maître de maison.
mes consumé les nourritures qu’il a reçues, il 5. Tu es pour les hommes le ministre de leurs
ne tarde pas a remplir sa mission. Il prend la sacrifices, et (tu offres) les holocaustes des enfants
force du vent; il brise (tous les liens), et, tel que
(le cavalier qui pousse son cheval), robuste et
rapide, il lance en avant son irrésistible (rayon).
de Manon. .
6. Tu te fais le messager du mortel, dont tu
agrées la piété, et tu te charges de porter son ho-
locauste.
HYMNE W. 7. Tu aimes notre sacrifice et nos cérémonies,
O Angiras. Écoute notre invocation.
A aux]. un vannet". 8. Que ton char invincible se tienne autour de
("être : Câystri.) nous prêt à protéger tes serviteurs.
l. J’invoque en votre faveur(Agni), le messager
(des dieux), le possesseur de tous les biens, l’im- HYMNE Vl.
mortel chargé de nos holocaustes, le pontife su-
prême. . A AGI", PAR nuons.
2. Le grand (Agni) connaît le trésor de nos of-
(Mètre: : Punkti et Ouchuih.)
frandes. Il (connaît) aussi le chemin du ciel.
Qu’il amène ici les dieux. a l. O Agni, nous voulons aujourd’hui par nos
3. Dieu, il sait les honneurs que le serviteur hymnes te glorifier, toi que, tel qu’un(bon)cour-
des dieux leur rend à son foyer. ll donne à cha- sier, (nous chargeons de nos vœux), toi qui tou-
cun la part qui lui revient dans les offrandes. ches nos cœurs, et nous assistes comme (un com-
Il. Sacrificateur,’ et messager des dieux, il est pagnon) puissant *.
placé entre (le ciel et la terre), et sage, il monte 2. 0 Agni, sois le char qui transporte notre sa-
vers les régions supérieures. 1 crifice heureux, bon, puissant, juste, abondant.
5. Puissions-nous par nos holocaustes plaire à 3. Engagé par nos louanges, viens à nous, o
Agui, nous qui avec tant de respect allumons Agni; sois bienveillant, et fais briller toutes les
ses feux! clartés dorées.

6. Ceux qui honorent Agni méritent par leurs Il. 0 Agni, nous t’adressons aujourd’hui ces
hommages d’être distingués pour leurs richesses hymnes; ils sont l’expression de notre dévoue-
et leur puissance. ment. Ta flamme résonne comme la foudre cé-
7. Puissions-nous chaque jour voir venir à leste.
nous l’opulence si désirée! Puissions-nous obte- 5. 0 Agni, ta vue, le matin et le soir, est rem-
nir l’abondance! plie de douceurs. Tel que l’or, tu brilles près de
8. Ce (dieu) sage est, par sa force, capable de nous pour notre bonheur.
percer (comme le chasseur) ce qu’il y a de plus 6. Ton corps est sans tache, comme un beurre
léger parmi les enfants de Manon. pur. O (dieu) qui portes l’offrande, ton éclat est
celui de l’or le plus éclatant.

HYMNE V. 7. Pieux Agni, un ennemi perpétuel nous me-


nace; détourne sa haine loin du mortel qui t’ho-
A ACM, un VAIADÉVA. nore.
(Mètre : Câyatrf.)

s. Le commentaire explique le mot croton par enrtri,


l. Agni, sois-nous favorable. Tu es grand, toi oupacartrs. Ne serait-il pas mieux de laisser à ce mol
qui viens ainsi visiter un peuple dévoué au ser- son sens ordinaire? Agm’ est bon comme le sacrifice.
[Let-t. v.] RIG-VEDA. - SECTION TROISIÈME. 237

8. 0 Agui, que l’amitié fraternelle qui existe 3. Agni est le roi de l’homme puissant et ri-
entre nous et vous autres, dieux, nous soit favo- che i. Il est le maltre de l’abondance et de la
rable. Notre lien commun est ici sur ce foyer, fortune; flatté de l’offrande du mortel pieux, (ce
près de cette mamelle (divine). dieu) toujours jeune ne cesse de le combler de
biens.
HYMNE VIL 4. 0 Agui toujours jeune, si, hommes que nous
sommes, nous avons pu par ignorance commettre
A ses]. un vslsnsvx. quelque faute, délivre-nous entièrement * du p5
(item : Trichtoubh.) che. Ne laisse en nous aucune prise au mal.
l. Puissant Agni, ton heureuse lumière brille 5. O Agni, en face des dieux et des mortels nous
à l’approche du Soleil. L’ombre de la Nuit la rend avons commis de grandes fautes. Fais que nous
encore plus vive, et sur sa forme qui se dresse n’en ressentions aucune peine, nous qui sommes
coule l’offrande onctueuse. tes amis. Donne le bonheur à nos fils et à nos
2. 0 Agni, toi qui nais tant de fois, reçois mes
louanges, et par ton œuvre volontaire accomplis
mes vœux. (Dieu) resplendissant et pur, accorde-
nous l’abondance de biens que te demandent tous
petits-fils. t
6. Adorables Vasous a, de même que vous avez
délivré la Vache (du sacrifice) du lien qui l’atta-
chait par le pied, de même aussi délivrez-nous du
les Dévas. mal. 0 Agni, que notre vie se prolonge.
3. Agni, c’est toi qui donnes naissance à ces
hymnes, à ces chants, à ces prières qui attendent HYMNE (X.
une heureuse issue. De toi viennent la fortune et A son, un YAIADÉVA.
la beauté des races, biens précieux que tu accore
(Eure : Trichtoubh.)
des au mortel qui t’honore.
A. C’est parrtoi que naît ce grand et rapide cour- 1. Le bienveillant Agni nous montre à l’orient
sier qui porte I’offrande et que lancent les Dévas; les présents des brillantes Aurores. Venez, o As-
c’est par toi, o Agni, qu’il naît, ce coursier mer- wins, dans la maison de (l’homme) pieux. Le di-
veilleux, fort, juste, riche et impétueux. vin Soleil arrive avec la lumière.
5. Immortel Agni, c’est toi que les mortels re- 2. Le divin Savitri va s’unir à la clarté qui se
ligieux invoquent le premier dans leurs prières, lève, lançant des jets lumineux, et pareil au tau-
toi, dieu à la langue caressante, prudent ennemi reau qui s’approche de la vache. Aussitôt que
du mal, toi, maltre de maison, (qu’ils surnom-
ment) Damoûnas. 1. Ce Vers renferme le mot Kchatn’ya, qui ne me
5. Si tu es notre protecteur, éloigne de nous semble pas ici emporter l’idée de caste, mais qui signifie
le possesseur du Kchatra, c’est-à-dire de la force, d’un
l’ignorance, le péché et la folie. 0 divin Agni, en-
dominas qui donne la puissance. Le commentateur rend
fant de la Force, heureux le Soir celui que tu ai- ce mot par buta.
mes! Il est gardé par ta bénédiction. 2. Ce vers présente le motaditeh, que le commentaire
traduit par bhoumeh, que je ne comprends pas. Je sup.
pose qu’aditeh est un ablatif qui sert d’adverbe, et qui
HYMNE Vlll. signifie entièrement, sine relique. ou un génitif du
subtantif aditt’h, absence de partage. Dans ce dernier
A son. un YAIADÉVA. cas je traduirais ainsi : Rends-nous innocents de ne
t’avoir pas donné tu part dans le sacrifice.
(lem : Trichtoubh.) 3. Je n’ai pas su jusqu’à présent ce que l’on enten-
dait précisément par cette classe de divinités appelées
l. Sage Agni, possesseur de tous les biens, cc- Vosous. Le mot Varan, expliqué dans le commentaire
lui qui allume tes feux, et qui, élevant la coupe par Vùsayitri, Vérin-i, et V àsata. comporte l’idée d’un
(sacrée), te présente trois fois par jour la libation, protecteur qui établit et consolida la position de son
protégé. Il peut donc s’appliquera tous les dieux; mais
doit, par l’effet de ta puissance, regorger de biens il s’emploie particulièrement pour Agni. Le commentateur
et triompher (de ses ennemis). donne ici a ce mot le sens d’Agnayah. Les Vasous se-
2. 0 Agui, celui qui prend la peine d’apporter raient donc les feux du sacrifice, qui délivrent et
lâchent la vache. cestes-dire la flamme attachée au foyer
un aliment pour ta flamme, et qui honore ta par sa partie inférieure. Pour quel motif a-t-on, plus
splendeur en allumant tes feux vers le soir et au tard sans doute, compté huit Vascus? Je n’en connais
pas la raison, a moins que l’on n’ait vu quelque anal-
lever de l’Aurore, obtient de florissantes richesses logie entre les Votons et les Achtadikpàlas, ou les huit
et des forces victorieuses. gardiens du ciel. I
238 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. (Leu. v.]
(les Dévas) ont placé le Soleil dans le ciel, Mitra 2. Agni semble porté sur un char, et visite
et Varouna poursuivent leur œuvre. notre triple sacrifice. Au milieu des dieux, qu’il
3. Ce Soleil, que les soins constants des iné- reçoive nos offrandes.
branlables Déuas ont formé pour être l’ennemi 3. Maltre de l’offrande, que le sage Agni entoure
des ténèbres, sept grands coursiers le transpor- l’holocauste (de ses rayons). Qu’il comble de biens
tent, et le présentent au monde qu’il éclaire. son serviteur.
4. Porte par ces nobles coursiers, tu vas, ODieu, 4. C’est lui dont les feux s’allument au foyer
étendant sur le monde ta toile (radieuse), et le oriental en faveur de Srindjaya 1, fils de Deva-
dépouillant de son vêtement noir. Les rayons que vata; lui qui par son éclat triomphe de ses en-
lance le Soleil repoussent au sein des eaux les nemis.
voiles des ténèbres. 5. Qu’un héros mortel commande àce rapide
5. (Ce dieu) qui n’a point de guides, qui n’a pas et généreux Agni, dont la dent est si aiguë.
de lien, comment fait-il pour monter, pour des- 6. Chaque jour (les hommes) l’honorent, lui,
cendre sans tomber? Qui peut savoir quelle force chargé de biens comme un (noble)coursier, bril-
le maintient? Compagnon de Rita, il est le gar- lant comme un fils du Ciel’.
dien, le soutien de la voûte céleste. 7. Le jeune fils de Sahadéva m’a éveillé et m’a
propose deux chevaux : j’ai aussitôt répondu à
uYINE x. son appel.
8. Et aujourd’hui j’ai reçu du jeune fils de
A un", un VAIADÉVA.
Sahadéva ces deux chevaux si beaux, si dociles.
(lem: : Trichtoubh.) 9. 0 divins Aswins, que le jeune fils de Sahadéva
l. Le divin Agni, possesseur de tous les biens,co- soit sous votre protection; que Somaca 5 ait une
lore de ses rayons les brillantes Aurores.Véridiques longue existence. »
(Aswins), vous que nos chants célèbrent partout, 10. O divins Aswins, faites que ce jeune fils de
montez sur votre char, et venez à notre sacrifice. Sahadéva vive longtemps.
2. Le divin Savitri siège dans l’astre lumineux
qui se lève, et répand la clarté dans tous les mon- HYMNE .Xll.
des. Le soleil vivifie le ciel, la terre, l’air qu’il
remplit de ses rayons. A lNDIlA. PAR VAIADÉVA.
3. Ses rougeâtres coursiers l’amènent. Avec la (Mètre : GAyatrl.)
lumière arrive la grande etbelle Aurore qui anime
i. Que le juste Maghavan, ami de notre soma,
tout de ses splendeurs. La déesse , éveillant vienne vers nous. Que ses chevaux l’y amènent.
(l’homme) pour un utile travail, vient sur un char
Offrons-lui ces libations qui donnent la force; et,
magnifique.
chanté par nous, qu’il remplisse notre vœu.
4. (0 Aswins), que vos excellents et rapides 2. Lance (tes coursiers) comme pour un (heu-
coursiers vous amènent ici au lever de l’Aurore.
reux) voyage, et (viens) te réjouir aujourd’hui
Pour vous sont disposés ces vases remplis d’un
dans notre sacrifice. En l’honneur d’un (dieu) sage
doux soma. (Dieux) généreux, enivrez-vous des
et maître de la vie, que le prêtre, avec un désir
délices de notre sacrifice.
pareil à celui de la femme (qui attend son époux),
5 (Ce dieu) qui n’a point de guides, qui n’a
commence l’hymne et la prière.
point de lien, comment faitvil pour monter, pour
3. De même que le poète forme (ses chants)
descendre sans tomber? Qui peut savoir quelle mystérieux, le sacrilicateur’acccomplit les rites -
force le maintient? Compagnon de Rita, il est le
gardien, le soutien de la voûte céleste.
i. Les Poumons citent plusieurs Srindjayas; aucun
n’a pour père Dévavats. Voy. note 3 ci-dessous.
HYMNE x1. 2. Un Aditya; le Soleil.
3. Le Vishnou-Poulains signale un Somaca. fils de
A sur, rua nuant". Sahadéva, Traduction de H. Wilson, p. 453. il cite aussi
un Sahadéva, fils de Srindjaya, p. 354. Voy. Harivansa,
(Mètre : Gâyatrl.)
tome l, page 1(9, où Somaca descend a la cinquieme
l. Agni, le puissant sacrificateur, est promené génération d’un Srindjaya, fils de Mitrayou, et petit-fils
de Divodasn.
autour de notre foyer, dieu adorable entre tous 4. Je traduis ainsi le mot Vrichan, que le commenta-
les dieux. teur semble appliquer a Indre. Si je devais le faire rap-
[Loch v.] RlG-VEDA. - SECTION TROISIÈME. 239

et distribue le soma (aux dieux) qu’il vénère. Il obtint son amitié. Assis tous deux sur le même
enfante les sept rayonsl lumineux. Cependant, siégé, vous aviez la même forme, et ta pieuse
les (prêtres) avec le jour entonnent les hymnes qui épouse elle-mémo hésita entre vous.
fout le bonheur (des hommes). il. Tu vas donc, pour secourir Coutsa, assis
à. Quand le ciel apparatt aux premières lueurs sur le même char que lui, poussant les deux
du matin, quand les (Dévas) allument les feux du coursiers, aussi rapide que le vent. Le jour même
grand astre, c’est alors que le plus noble des que ce sage choisit pour une expédition, il attelle
héros chasse les noires ténèbres, et sa présence ses (chevaux) impétueux, et (vous partez en-
apprend aux mortels à distinguer les objets. semble) comme àla conquête d’un riche butin.
5. lndra, ami de notre soma, porte l’infini; de 12. En faveur de Coutsa, tu as donne la mort
sa grandeur il remplit le ciel et la terre. Au-dessus au misérable Souchna; tu as tué Couyava 4 et ses
de tout s’élève celui qui domine les mondes. mille compagnons. Avec l’arme de Coutsa détruis
6. Sacra cannait ce qui estbon pour les hommes; tous les Dasyous, et que le disque de Sourya s’é-
secondé par les robustes (Marouts), il a envoyé les lève librement.
Ondes. Les prèlres (Angiras) par leurs saintes pa- 13. Pour Ridjiswan’, fils de Védathin, tu as
roles ont (avec lui) brisé la caverne ’, et ouvert le frappé Piprou, et le robuste Mrigaya. Tu as tué
pâturage des vaches (célestes). cinquante mille compagnons du noir (Rakchasa).
7. Ta foudre, pour nous sauver, a frappé Vritra, Comme la vieillesse détruit la beauté, brise les
qui enveloppait les eaux. La Terre en a frémi de villes (célestes).
joie. O héros,o maître victorieux, envoie-nous ces 14. Quand tu apparais avec ton corps en face du
Ondes qui coulent de la mer (céleste). soleil. ta forme immortelle se distingue aisément.
8. O (dieu) partout invoqué. quand tu as fendu Tel qu’un éléphant sauvage, tu réduis en pous-
la montagne (aérienne), Sarama t’avait d’abord ré- siére la plus forte puissance; tel qu’un lion ter-
vélé le trésor (enlevé). Tu es notre conducteur, rible, tu repousses toutes les armes.
et. chanté par les Angiras, tu brises la porte du 15. Les (mortels) avides de richesses viennent
pâturage (divin), et tu pourvois à notre existence. à lndra, et l’invoquent dans le sacrifice, comme
9. 0 Maghavan, les prêtres t’implorent; viens s’ils attendaient de lui seul leur bonheur. Ils le
auprès du sage qui te chante pour le combler de chantent dans leurs hymnes, et lui demandent
tes bienfaits. Accours vers lui avec les (Marouts), l’abondance. (lndra) est pour eux comme une de-
les alliés. Nous avons besoin de tes dons. Que le meure agréable ; il est comme la Fortune prospère.
magicien impie, que le ravisseur (des Ondes) pé- 16.1mplorons donc pour vous cet lndra qui
risse sous tes coups 5. sait accueillir la prière, et qui fait tout pour le
10. Viens dans notre demeure avec cette pensée
qui tue le Dasyou. (Autrefois) Coutsat désira et
donc : 0 maghavan, tu u venu combler de tu bien-
faits le puits qui te chantait. Tu t’es placé près de
porter à un dieu, ce serait plutôt a Agni, qui, en sa lui pour le secourir. Il demandait ta protection, et
qualité de prêtre, accomplit les merveilles du sacrifice. Dasyou, magicien impie, est tombé tous tu coups.
Vrictten s’entend ici de celui qui sans la libation. Je n’ai pas adopté ce sens, parce que la strophe sui-
i. On se rappelle que le feu est censé avoir sept vante commence par un impératif, yàhi.
layons; de là vient qu’Agni a. les épithètes de Septa- i. Couyava est un Asoura. Voy. page 105. Quant à.
dilhwa, Saptaajwàia. Saptadidhiti, Saptârtchit, dieu Coutsa. voy. page 62, col. 2, note 2; page 106, col. 1,
a" sept langues, aux sept flammes, aux sept rayons. note 3; page 156. col. i, note à. Coutsa, dit la légende, est
[4 nombre sept pourrait encore s’entendre des sept un radjarchi. fils de Rourou; sa mère est Adjouui. In-
Heures de mètres sur lesquels se composent les hymnes, capable de lutter contre ses ennemis, il appela Indre à.
et qui concourent à la formation de la lumière. son secours. Indra se rendit à sa maison, et, tua ses en-
(3-.Cette idée est exprimée par le mot armon, qui nemis en prenant sa figure. Coutsa était ainsi devenu
51811138 pierre. Le mot caverne, que j’ai choisi, a. une l’ami d’lndra, qui se trouvait son commensal. Satchl,
dpuhle signification, que je prie le lecteur de vouloir l’épouse d’ludra,vint pour visiter son époux, et en voyant
bien Adopter suivant la circonstance. Tantôt ce mot ca- deux formes semblables, elle se trompa, et prit Coutsa
”f’me représente le nuage qui renferme en son sein pour Indra. Je ne sais pas bien l’explication que l’on peut
ironde salutaire; tantôt ce mémé mot se rapporte a donner de cette légende. Coutsa quelquefois signifie la fou-
anveloppe ténébreuse de la nuit, d’on apparaissent dre; coutzya veut dire l’arme de Canna. Coutsa pour-
93 raions du jour. rait bien être l’éclaircie personnifiée; quand le ciel se de-
3. Voy. page 44, col. t, note 1. couvre partiellement. on peut prendre l’éclaircie pour
la A Le commentateur entend ce passage d’une manière Indrs lui-même.
dine différente. Il suppose qu’il se rapporte au Coutss, 2. Ridjiswan est un prince dont il a été question
Mill sera question dans la strophe suivante; il dit page 73, 15 et surtout 102.
2-10 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch v.]

bonheur de l’homme. Il dispose des biens qui 4. Il peut se vanter d’avoir un noble fils, le
sont l’objet de nos désirs, et, à la voix d’un sage resplendissant * qui est ton père. Celui qui
chantre tel que moi, il s’empresse d’apporter tous a fait lndra est le plus habile des ouvriers. (Quelle
les trésors de l’abondance. gloire) d’avoir donné la naissance au (dieu) qui
l7. (Noble) héros, Arya (généreux), si, au milieu est l’objet de tant de louanges, qui porte la foudre
de l’étonnement général, la foudre en éclats vient et qui ne saurait honteusement tomber de sa
à tomber, s’il s’élève un combat terrible, pense à haute demeure!
nous et protégé notre corps. 5. lndra est le roi (suprême) qu’invoquent toutes
18. Garde le souvenir des prières de Vàmadéva; les nations ; seul, il peut tout ébranler. Des trans-
sois un ami, un sauveur dans le combat. Nous ports de joie unanimes accueillent cette juste of-
accourons vers toi, qui es le plus sage des (dieux). frande que te présentent l’opulent (père de fa-
Sois toujours pour celui qui te chante le sujet des mille) et le déca qui te chante.
plus magnifiques éloges. 6. Nous lui devons, a ce grand (dieu), toutes
19. O généreux lndra, puissions-nous tous avec ces libations; nous lui. devons ces offrandes qui
ces hommes qui te sont dévoués, et par toi com- portent le bonheur dans les sens. A ton tour, O
blés de biens, vaincre nos ennemis sur le champ lndra, sois vraiment ’pour nous le maître de la
de bataille, et, brillants d’une splendeur toute richesse. Tu, es le soutien de tous les êtres.
céleste. passer dans la joie d’heureuses nuits et 7. A peine es-tu ne, o lndra, que tu adoucis les
de nombreux automnes! souffrances des hommes. Ahi dormait en retenant
20. Enfants de Bhrigou, honorons le grand et les eaux : O Maghavan, tu l’as déchiré avec la
généreux lndra; construisons pour lui le ehar(du foudre.
sacrilice). Qu’il garde contre tout danger nos auli- 8. (Nous célébrons) le grand lndra, vainqueur
tiés, et que, terrible (pour nos ennemis), il pro- et conquérant, impétueux et magnifique. Il ne
tégé et conserve nos corps. connaît point de bornes; il manie le tonnerre; il
’21. 0 lndra, par toi que (nos pères) ont chanté a tué Vritra, et, doué de richesses. il s’appelle
et que nous chantons aussi, que (la maison) de Maghavan, nous distribuant et la fortune et l’a-
ton serviteur soit remplie de biens, comme les bondanee.
rivières (sont remplies d’eau). (Dieu) traîné par 9. Mais Maghavan, seul contre les ennemis
des coursiers azurés, des rites nouveaux sont ac- qui l’entourent dans le combat, sait toujours ob-
complis en ton honneur; nous t’avons fait des of- tenir la victoire. il apporte avec lui l’abondance,
frandes de toute espèce. Que la Prière devienne et en fait ses largesses. Puissions-nous compter
pour nous telle qu’un char (fortuné)! au nombre de ses amis l
10. La renommée le présente ainsi comme
HYMNE Xlll. triomphateur. Il donne la mort à ses ennemis, et,
pour prix du combat, il s’empare de leurs vaches.
A mon, PAR VAIADËVA. Qand lndra se livre à sa juste colère, tous les êtres
(Mètre: : Trichtoubh. Yirdt cl Ècapada.) tremblent, soit animés, soit inanimés.
il. lndra, par sa victoire, nous donne des che-
l. 0 lndra, tu es grand. Le Ciel et la Terre sont vaux, des vaches, de l’or; Maghavan, par ses
grands aussi, et ils reconnaissent ta supériorité. bienfaits, comble tous nos vœux. Le plus vaillant
Dans ta puissance tu as donné la mort à Vritra ; des héros au milieu de ces prêtres puissants, il
tu as délivré les Ondes englouties par Ahi. distribue la richesse et apporte l’opulence.
2. A ta brillante naissance le Ciel a frémi, la 12. Quelle distance existe entre la force du
Terre a tremblé par la crainte de ta colère. Les père elde la mère’ (du monde) et celle d’indra, qui
grandes montagnes (du ciel) sont frappées; leur a tout engendré, et qui, par le moyen des nuages
sein qui se fermait est ouvert, et les eaux coulent
par torrents.
3. Le (dieu) puissant manifeste sa force ; il lance l. Quand le poëte à chaque instant nous représente
le Ciel comme engendré par lndra, je ne pouvais pas ici
sa foudre avec violence, et perce la montagne (cé- dire que le Ciel (dyoh) est le père d’lndra. J’ai donc
leste). Enivré (de notre soma), de son tonnerre il regardé dyôh comme ayant la signification de prêtre. de
ministre éclatant du culte; signification que je IIIÎAÎ
frappe Vritra; et les Ondes s’échappentavec rapi- dèja donnée. Voy. page 230, col. l, note 2.
dité, dépouillées de l’enveloppe qui les retenait. 2. C’est-adire du Ciel et de la Terre.
[Lulu v.] RIG-VEDA - SECTION TROISIÈME. 241

tonnants, vient, rapide comme le vent, rendre la 20. Ainsi qu’il exauce nos vœux, ce magnifique
ne à la nature épuisée! Indra. objet de tant de louanges, protecteur
13. Maghavan donne la richesse au pauvre; il invincible des hommes. Roi de tous les êtres,
réduit en poussière le (pécheur) insensé. Armé de donne-nous cette riche abondance que (tu as cou-
la foudre, il brille, il détruit; mais aussi il établit tume de donner) à celui qui te chante.
solidement la fortune de son serviteur. 21. 0 lndra, par toi que (nos pères) ont chanté,
14. Il a brisé la roue de Sourya, et empêché et que nous chantons aussi, (que la maison) de
l’enlèvement d’Étasa’. Le noir (nuage), qui fuyait ton serviteur soit remplie de biens, comme les
incertain, (par toi) perce son enveloppe, et verse rivières sont remplies (d’eau). (Dieu) traîné par
son onde au sein des airs. des coursiers azurés, des rites nouveaux sont ae-
l’a. C’est ainsi que dans la cérémonie de l’a- complis en ton honneur : nous t’avons fait des
silmî’, le sacrificateur (répand ses libations). offrandes de toute espèce. Que la Prière devienne
16. Sages que nous sommes, nous demandons pour nous telle qu’un char (fortuné) l
l’amitié d’lndra. Nous voulons des vaches, des
chevaux, d’abondantes moissons, des épouses. HYMNE XIV.
Nous invoquons celui qui donne des épouses et A tanna, Plut VAIADEVA.
qui nous couvre d’une protection solide; il est
(Mètre : Trichtoubh.)
pour nous comme le seau qui sert a monter l’eau
du puits. l. (Un assistant parle à Vàmadéva.) Voici la voie
17. Écoute-nous; tu es notre sauveur, notre pa- ancienne que les dieux ont tous suivie pour ar-
rent ; jette les yeux sur ceux qui t’offrent le soma, river à l’existence. Que par la même voie naisse
et fais leur bonheur. Tu es notre ami, notre père, (lndra), déjà mur pour la vie. Par des soins trop
le plus grand des pères; tu as fait le monde. empressés ne cause pas l’avortement de la
Donne l’abondance à celui qui te supplie. mère ’.

18. 0 lndra, écoute-nous; tu es le protecteur 2. (Vàmadéva répond.) Cette voie ne me semble


de ceux qui recherchent ton amitié. montre-toi pas encore ouverte. Les accouchements irréguliers
notre ami. Nous te chantons; donne l’abondance sont malheureux. Tout ce que je dois faire n’est
à celui qui te chante. Dévoués à ton service, 0 pas fait; avec l’un il faut que j’emploie la force,
lndra, nous célébrons ta gloire, et nous t’honorons avec l’autre, la prière ’.

par ce sacrifice. 3. La mère se lève. Qu’ (lndra) la voie et qu’il


vienne. Que tout s’enchalne et s’accomplisse avec
19.0ui, nous chantons le magnifique lndra,
qui seul triomphe de nombreux ennemis incapa- ordre. Que dans la demeure de Twachtri 5 lndra
hies de soutenir son attaque. Le chantre (pieux) I. Je suis loin d’être d’accord avec le commentateur
est son ami; il est sous la protection de celui que sur tous les détails de cet hymne. li serait très-long de
ni les hommes ni les dieux ne sauraient vaincre. m’expliquer sur ce dissentiment. Je ne citerai qu’un
seul exemple, qui fera sentir la profonde différence qui
existe dans nos deux manières de voir. Il pense que par
1. Voy. page ’16, col. l, note 7; section l. lecture tv, le mot mère il faut entendre ici Aditi, la mère des
hymne sv,st.15.at même section, lecture vu], hymne 1x. dieux. Je crois que la mère dont parle le poële, c’est
et. 13. Je restitue de cette manière la légende d’Étasa, que, la vache du sacrifice, la flamme, qui risque de s’éteindre
surtout page HO, je crois avoir défigurée. Swaswa avait sous les libations multipliées. ll y a dans ce passage un
obtenu que le Soleil (Sourya) s’incarnAt et devlnt son mot qui n’est pas rendu exactement, et sur lequel je
fils. Le Richi Étasa eut un démélé avec Sourya, et il vais m’expliquer. Ce mot est amouyà, pronom féminin
pria. lndra de le secourir. Dans un combat Étasa, de- au troisième cas. Voici comme je conçois l’esprit de
venu prisonnier, se trouvait emporté sur le char de cette strophe : le sacrifice du matin, qui est la matrice
Sourya. : lndra brisa une roue de ce char. et arrêta ou naissent les dieux, se poursuit. La flamme est al-
ainsi le ravisseur d’Étasa. Le deuxième vers de cette lumée. mais il est a craindre qu’elle ne soit étouffée par
strophe semble indiquer le sans de cette légende. tasa la libation qui sort de la cuiller sacrée, djouhoû. C’est
serait le nuage que le Soleil parait emporter dans sa ce mot djouhoû qui me semble sous-entendu, et qui est
course. lndra brise la roue ou le disque du Soleil, c’est- désigné par le pronom amouyâ. Hà "triturant amouya
a-dire obscurcit ses rayons; le nuage s’arrête, se con- pultacé cals; ne fait pas tomber la mère avec cette
dense et arrose la terre. cuiller, c’est-a-dire n’abat: point la flamme avec la
2. Il y a une cérémonie que l’on nomme asktnl. et libation.
qui semble devoir être une libation. Elle a lieu le matin 2. 0n se souvient que c’est par la force que le feu
quand la nuit règne encore. ou le soir quand la nuit est extrait de l’AranI. Le poële vs maintenant employer
commence : car le mot curial signifie noire. Le vers la prière avec lndra.
ici traduit est ce qu’un appelle imparti. Il n’a qu’un 3. Twaehtri est Agni : sa. demeure, c’est le lieu du
pada, ou le quart d’une stance. sacrifice.
l.
242 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Lect. Vl.]
boive à la coupe consacrée le soma qui renferme t3. Dans l’excès de la misère j’ai mangé de la
tant de biens. chair de chien, et parmi les dieux je n’ai trouvé
4. Eh quoi! il a grandi, celui que (cette mère) a de protecteur (qu’lndra). J’ai vu ma femme humi-
porté depuis des milliers de mois et pendant de liée. C’est (lndra) qui, (tel que) l’épervier, a daigné
nombreux automnes. ll n’est rien qui puisse lui prendre le miel de mon sacrifice 4.
être comparé sous le ciel parmi les choses qui
sont nées ou qui doivent naître.
5. Méditant la mort (de Vritra), dans sa retraite
mystérieuse la mère a fait lndra et l’a doué de
LECTURE SIXIÈME.
force. Ainsi a paru ce dieu tout revêtu de splen-
deur; à peine né, il a rempli le ciel et la terre.
6. Arrivent les Ondes retentissantes; elles font HYMNE l.
entendre un bruit respectueux. Elles semblent
A INDRA, PAR VAIADÈVA.
dire: I Quel est ce prodige? a Et bientôt elles
percent la montagne qui les enveloppait. (Hêtre : Trichtouhh.)
7. En voyant (le coup qu’il a frappé), elles pous-
sent un cri de surprise. a Si lndra a commis un t. 0 Indra. qui portes la foudre, tous les dieux
crime, n (dit la mère,) a que les Ondes l’empor- protecteurs et dignes de nos hommages, le Ciel et
tent. Mon fils, en tuant Vritra avec sa grande la Terre t’invoquent en ce moment pour obtenir
arme, a créé ces torrents. n la mort de Vritra, toi (dieu) unique, grand, im-
8. C’est au milieu de la joie des libations que mense, magnifique.
ta jeune (mère) t’a mis au monde, que Couchavà t 2. Tu es pour les Dévas tel qu’ (un jeune fils)
t’a dévoré, que les Ondes ont joué autour de ton pour des vieillards. 0 lndra, sois un roi ne au
berceau : c’est au milieu des libations qu’indra sein de la justice. Donne la mort à Ahi, qui em-
s’est élevé avec puissance. prisonne les ondes. Fends les nuages qui portent
9. Au milieu de la joie des libations, o Maghavan, en leur sein l’abondance.
Vyansa t est venu percer tes mâchoires. En te 3. L’insatiable Ahi, lourd, ignorant, insensé,
sentant blesser, tu t’es redressé dans toute ta dormait près des sept torrents, dont il fermait la
force, et tu as de ton arme brisé la tète du brigand. source. 0 lndra, tu l’as frappé de ta foudre au dé-
10. Ainsi la Vache (du sacrifice) a enfanté le faut de la jointure ’.
robuste et impétueux lndra, vaillant, généreux, 4. Comme le vent par sa violence (trouble)
incomparable. L’invincible nourrisson aspirait à l’eau, lndra par sa force a troublé l’air etla terre.
marcher seul-z sa mère lui a laissé sa liberté. Connaissant sa vigueur, il a brisé les corps les
il. c Hélas! n disait cette mère à ce héros, plus durs et abattu la tète des montagnes.
a mon enfant, tous ces dieux t’abandonnent. n 5. Tels que les femmes qui (courent) vers leur
Au moment de tuer Vritra, lndra s’écria : c Vich- nourrisson, les Vents s’empressent vers toi, et vous
nou, tu es mon ami, tu peux poursuivre ta marchez ensemble, pareils à des chars rapides. Tu
marche 5. n as rempli les rivières, dompté les flots, lancé les
12. Qui oserait prétendre à rendre ta mère ondes prisonnières.
veuve? Qui concevrait la pensée de te tuer, soit 6. En faveur du Vayya Tourvlti 5 tu as donné
endormi, soit éveillé? Quel dieu te surpasserait a la grande terre l’abondance et la fertilité. L’onde
dans le soin de faire notre bonheur, quand on te
voit saisir par le pied ce père A (de tous les Asou- qui est frappé et tué par son fils. Ce sans m’a paru
ras), et lui donner la mort? hasardé. Je ne connais pas la légende qui pourrait y
donner lieu. Cepenth si ce sans était préféré, il fau-
drait modifier ainsi la traduction du commencement de
1. C’est, dit le commentaire, une Bakchasi. Je crois la strophe :c Qui a (comme toi) rendu sa mère veuve? a:
que par ce mot on désigne la terre sécha et altérée. l. Voy. plus bas, page en. col. 2, note 2.
2. Nom d’un Rakchasa. 2. Le texte porte aparwan. que le commentateur rend
3. Ainsi, dans la mythologie grecque, Jupiter com-7 par pômamàst’, publiant que le jour de la pleine lune
battant les Titans est abandonné des autres dieux, ex- est précisément un partants. J’ai pensé que ce mot re-
cepté d’Hercnle (Hari) ou de Bacchus (Bhagavan). Vichnou présentait la fissure du nuage, au moment ou la fondre
est le Soleil. qui seconde lndra dans sa lutte contre les le déchire : c’est un endroit ou il n’y a point de and
ténèbres. de jointure.
4. Le commentaire dit que c’est le père même d’lndra 3. Voy. page 76. col. 1, note 6.
[Leet. w.) RIG-VÉDA. -- SECTION TROISIÈME. 2’13
a coule (pour lui), o lndra, et il apu traverser les 2. Qu’lndra vienne a nous avec ses coursiers;
qu’il s’approche pour nous protéger et nous com-

fleuves. I
7. lndra a fait déborder le lit de cette rivière t
céleste, dont les ondes, jeunes et pieuses, doivent
tomber (pour notre bonheur). Il a satisfait la soif
de la terre altérée; il nous a envoyé le lait des
bler de biens. Que le grand Maghavan avec sa
foudre assiste à notre sacrifice, et nous livre la
dépouille (de nos adversaires).
3. O lndra, accepte nos hommages, et donne-
vaches (aériennes) qu’il a rendues fécondes. nous la force. (Dieu) tonnant, puissions-nous,
8. En donnant la mort à,Vritra, lndra a délivré grâce à tes bienfaits, nous qui te chantons, de
les Ondes; ila fait l’abondance des Aurores et la mème que le chasseur (abat le gibier), gagner
gloire des Automnes. 11a frappé les nuages amon- aussi avec toi la victoire!
celés, et a ouvert la carrière des fleuves qui coulent 4. Tu aimes, tu désires la Swadho; approche-
sur la terre. toi avec bienveillance de ces libations disposées
9. 0 (dieu) tralné par des coursiers azurés, par notre piété. 0 lndra, bois de ce doux soma
pour tirer le fils d’Agroû ’ de sa retraite, tu l’as qu’on te présente. Prends plaisir à nos offrandes
fait dévorer parles fourmis. Malgré l’obscurité, et à nos louanges.
lndra a vu Ahi; il l’a saisi, et brisant (sur lui) le à. Cet lndra, que nos Richis nouveaux célè-
vase (qui contenait les fourmis), il est sorti. Les brent dans leurs chants tel que l’arbre chargé de
membres d’Ahi se sont contractés. fruits ou tel que le vainqueur pourvu de bonnes
10. Sage et prudent monarque, le sage (Vàma- armes, (cet lndra) objet de tant d’hommages, je
déva) a célébré tes antiques exploits; (il a chanté) l’invoque avec la tendresse de l’époux pour son
tes œuvres merveilleuses, telles que tu les ac-
complis pour tagloire et pour le bonheur des épouse. ’ lndra s’élève au-
6. Le grand et redoutable
hommes. dessus de tout, comme la montagne; il semble
Il. O lndra, par toi, que nos pères ont chanté né pour faire preuve de sa force. Que ce (dieu)
et que nous chantons aussi, que (la maison) de formidable prenne sa foudre, source en même
ton serviteur soit remplie de biens, comme les temps de terreurs et de biens, de même que le
rivières (sont remplies d’eau). (Dieu) tramé par puits est le réservoir d’une eau abondante.
des coursiers azurés, des rites nouveaux sont 7. Aucun être au monde ne saurait t’arrêter;
accomplis en ton honneur z nous t’avons fait des aucun ne saurait détruire tes précieux bienfaits.
offrandes de toute espèce. Que la Prière devienne (Dieu) fort et terrible, si souvent invoqué, et qui
pour nous telle qu’un char (fortuné)! répands tes dons (sur la terre), accorde-nous la
fortune.
llïINl-L il. 8. Tu es le maître de l’opulence; les hommes
te doivent leur habitation. Tu as ouvert le patu-
A mon, un vannons. rage ou étaient retenues les vaches (célestes). Di-
(tétra : Trichtoubh.) recteur dans la science (divine), tu portes aussi
les armes dans les combats, et tu amènes avec toi
l. Qu’lndra, de près ou de loin, entende nos
une magnifique abondance de richesses.
vœux, et vienne à notre secours, ce roi terrible 9. La renommée dit avec quelle puissante sa-
dont le bras est armé de la foudre, et qui, dans gesse ce grand (dieu) accomplit ses œuvres. En-
le combat, accompagné des puissants (Marouts), nemi du mal, il comble de ses faveurs le servi-
lutte avec force contre ses ennemis. teur qui chante sa gloire.
10. Ne nous afflige pas. Apporte-nous, donne
1. C’est le nuage, qui, considéré comme rivière, porte au serviteur qui te présente ses offrandes, tous les
le nom d’Agroû. et sera personnifié plus bas. J’ai cru
pouvoir rendre l’adjectif nabhanou par céleste, malgré
biens qui dépendent de toi. Nous te louons, O
le commentaire. lndra, nous t’honorons par ces holocaustes nou-
2. Agrod est le nuage personnifié. L’eau du nuage est veaux, par nos hymnes pieux.
aussi personnifiée, et considérée comme l’enfant d’Agroû;
elle est Ahi. nommé aussi Parâvrikta. Ahi signifie par il. 0 lndra, par toi que nos pères ont chanté
lui-mémo serpent; et caché au sein de la nue, il se et que nous chantons aussi, que (la maison) de
trouve naturellement comparé a ce reptile. Une méthode ton serviteur soit remplie de biens, comme les
employée pour faire sortir les serpents de leurs trous rivières (sont remplies d’eau). (Dieu) traîné par
consiste a les remplir de fourmis. C’est cette méthode
qu’emploie lndra pour obtenir l’eau du nuage. des coursiers azurés, des rites nouveaux sont ac-
2H INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. [Loch vr.]

complis en ton honneur; nous t’avons fait des il préside, et donne le signal de la prière, du
offrandes de toute espèce. Que la Prière devienne travail, de la joie.
pour nous telle qu’un char (fortuné)! 8. Quand lndra ouvre les portes de la une, il
donne au lait céleste la rapidité du torrent. Si les
(hommes) religieux lui apportent l’offrande. la
HYMNE lll. maison se trouve pourvue de cerfs blancs t, et
A "tous, un vannons. de gayals 9.
9. 0 lndra, tes bras sont fortunés, tes mains
("être : Trichtoubh.)
bienfaisantes, apportant la richesse a celui qui
l. Qu’lndra vienne à notre secours.Que ce héros te loue. Qu’attends-tu donc ? que tardes-tu a te
entende nos hymnes, et se rende à notre sacrifice. livrer au plaisir de la libation, comme au bon-
Qu’il brille comme le soleil, dans toute la pléni- heur de la bienfaisance?
10. lndra est le maître équitable de l’opulence.
tude de sa force, dans tout l’éclat de sa puissance
ll a donné la mort à Vritra; qu’il accorde la ri-
invincible.
2. Chantez ici les exploits, (chantez aussi) les chesse au fils de Poùrou 3. (Dieu) si souvent in-
compagnons d’armes de ce (dieu) plein de gloire voqué, que ta force nous procure la fortune, et
et de magnificence. Sa force puissante, secoura-
fais-nous jouir de ton secours divin.
ble, victorieuse, règne sur les hommes qui l’ho- il. O lndra, par toi que nos pères ont chanté et
que nous chantons aussi, que (la maison) de ton
norent de leur culte.
3. Qu’lndra, accompagné des Marouts, vienne à serviteur soit remplie de biens. comme les ri-
vières (sont remplies d’eau). (Dieu) traîné par
notre secours du ciel ou de la terre, de l’air ou
de l’onde; qu’il (vienne) promptement, soit du sé-
des coursiers azurés, des rites nouveaux sont
accomplis en ton honneur z nous t’avons fait des
jour où brille le père de la lumière, soit des ex-
trémités de l’horizon, soit du lieu ou siégé Rita. offrandes de toute espèce. Que la Prière devienne
pour nous telle qu’un char (fortuné)!
4. Louons dans nos sacrifices cet lndra qui est
le maître d’une opulence grande et solide; qui
par sa victoire nous donne tous les biens de la HYMNE 1V.
vie et introduit ses heureux serviteurs dans les A tanna. un VAIADÉva.
plus fertiles pâturages.
(Mètre : Trichtoubh.)
5. Que le sacrificateur arrive, accumulant les
offrandes et engendrant la Prière sainte; riche en l. Si lndra aime et désire nos hommages, qu’il
présents, par ses hommages et par ses hymmes accepte ceux que nous lui offrons en ce jour. Le
qu’il appelle lndra dans nos demeures. grand et robuste Maghavan, qui porte la foudre
6. Quand, dans la maison d’un saint père de fa-- avec puissance, vient (et prend plaisir) à nos cé-
mille t, les (mortels), jaloux de l’honorer par la rémonies, à nos éloges, a notre soma, à nos
prière, s’assemblent autour du mortier (sacré); hymnes.
qu’alors le prêtre domestique ’ du maître de 2. Le héros sage, terrible, généreux, lance avec
maison arrive, et se charge, au milieu de nos pé- son bras ses carreaux A qui donnent la fertilité.
rils, de porter (nos sacrifices). En faveur de ses amis et pour leur fortune, il
7. La bénédiction est sur nous, quand le (dieu) brûle la toison du nuage, et il en brise tous les
magnifique, surnommé Bha’noara 5, envoie sa nœuds 5.
forœ pour soutenir son serviteur; quand, près 3. Le plus grand des dieux, il nalt pour être le
u foyer sacré, dans la maison du père de famille, maître de la force et de l’abondance. Il porte dans
ses bras sa foudre impatiente, et sa puissance fait
trembler le ciel.
t. aldin, comme qui dirait descendant d’Oust’dj,
enfant de dévot.
r 2. Je pense, malgré le commentaire, qu’il est ici t. Gérant-fige.
question d’Agni. 2. Bos gavœus, gavage.
3. Suivant le commentateur, ce mot est une épithète 3. C’est-I-dire a l’homme.
d’lndra, considéré comme fils de Pradjépati Bharwara. é. Le poële appelle la foudre tchatouresrt’, c’est-a-
Il traduit cette expression par djdgadbhurtri (soutien du dire quadrangulaire; je ne sais pour que] motif.
monde). Ce pourrait ètre’ aussi bien une épithète d’A- 5. Nœud se dit pennon; de la vient que le. montagne
gm. ou le nuage s’appelle permuta (nodoaus).
(un. val RIG-VÉDÀ. - SECTION TROISIÈME. 2’15

4. A la naissance de ce héros, les torrents et 2. Quel mortel a obtenu son amitié? Qui a joui
leurs rivages, le ciel et la terre ont frémi. Il sou- de ses faveurs ? Comment a-t-il fait sentir ses di-
tient par sa vigueur les deux grands parents (du vers bienfaits? Comment peut-il servir les inté-
monde), et, en le suivant dans sa marche majes- rêts d’un serviteur qui le chante, et accourir à
tueuse, les vents ont applaudi. son secours?
5. Tu es grand, OIndra; tes actions sont gran- 3. Comment lndra entend-il (l’homme) qui
des comme toi, et méritent d’être célébrées dans l’invoque? S’il l’entend. comment vient-11a son
tous nos sacrifices. Héros sauveur et triomphant, secours ? Quels sont ses antiques bienfaits? Com-
de ta foudre victorieuse tu as avec force percé Ahi. ment l’appelle-t-on le protecteur du chantre (qui
6. Toutes tes œuvres sont pleines d’équité et le célèbre)?

de puissance. Les vaches (célestes) ont ouvert si. Comment (le mortel) accablé par ses enne-
leur mamelle féconde. Tu ne penses qu’a verser mis, s’il chante ses louanges, peut-il recouvrer
sur nous l’abondance, et, tremblantes devant toi, sa brillante fortune? Comment le dieu aura-t-il
les Ondes se sont précipitées avec vitesse. la connaissance de mes hommages? Et recevant
7.0 lndra, o (dieu) traîné par des coursiers mes offrandes, comment me témoignera-Hi son
azurés, ces sœurs divines ont célébré ta puis- approbation?
sance, lorsque. enchaînées (par Vritra), elles se 5. Comment et dans quel temps le dieu recon-
sont vues délivrées par toi. et ont pu fournir dé- naitra-t-il l’amitié de l’homme (qui le vénère) au
sormais leur longue carriére. lever de cette Aurore? Comment et dans quel
8. La plante du soma a été pilée dans le des- temps fera-t-il éclater son attachement pour les
sein de t’enivrer. Que cette piquante liqueur soit, amis qui ont placé en lui toutes leurs espérances?
avec nos éloges, comme la pointe d’un dard qui 6. Qu’est-ce donc pour ses amis que cette vic-
te stimule. Qu’elle soit comme le frein éclatant torieuse amitié? Pouvons-nous nous vanter de .
qui serve à diriger un (dieu) rapide et brillant. de t’avoir pour frère? Toute la création constitue
9. (Dieu) puissant, augmente et consolide sans la forme d’lndra, voyageur (divin), (forme) riche
cesse notre force et notre vigueur. Frappe pour et superbe, brillante et désirable comme le ciel
nous les ennemis qui méritent la mort. Brise le le plus beau.
trait du mortel qui veut nous blesser. 7. (lndra) a résolu de détruire la méchante.
10. Exance-nous, o lndra; mesure-nous une Rakcliasl 4 , qui méconnaît son empire , et
abondance égale à nos désirs variés. Accomplis pour la frapper il aiguise ses traits. Il aime la
tous nos vœux, o Maghavan, et souviens-toi de dette (de la reconnaissance). et ce (Dieu) terrible
nous, toi qui peux donner tant de vaches. pousse vers nous les Aurores éloignées et incon-
il. 0 lndra, par toi que nos pères ont chanté nues, où les intérêts de cette dette doivent être
et que nous chantons aussi, que (la maison) de pavés.

ton serviteur soit remplie de biens, comme les 8. Les libations de Rita éloignent le mal. L’œu-
rivières sont remplies d’eau. (Dieu) traîné par des vre de Rita tue le péché. L’hymne brillant de Rita
coursiers azurés, des rites nouveaux sont ac- éveille l’enfant d’Ayou, et vient ouvrir son oreille.
complis en ton honneur; nous t’avons fait des fermée.
offrandes de toute espèce. Que la Prière devienne 9. Les formes de Rita sont belles, variées , for-
pour nous telle qu’un char (fortuné)! tes et durables. Avec Rita arrivent de nom-
breuses offrandes. Prés de Rita, et à sa voix,
accourent les vaches (brillantes) ’.
llï IN E Y.
10. Servez Rita; honorez Rita. La splendeur
A INDIlA, PAR VAIADÉl’A. de Rita est unie à la force et à l’abondance. A
(Hêtre : Trichtoubh.) Rita sont soumis deux (êtres) forts, larges, pro-
fonds; pour Rita deux vaches suprêmes donnent
l. Comment (lndra) peut-il augmenter la for- leur lait 5.
tune de (l’homme) opulent? Quel est le sacrifi-
cateur dont ce grand (dieu) ait aimé les cérémo-
1. Déesse du mal, appelée N irriti; c’est ici la déesse
nies, dont il ait bu avec plaisir le soma, dont il des ténèbres, c’est l’0bscurité surnommée Aniudra.
ait agréé la demande, et qu’il ait récompensé par 2. Je suppose que ce sont les rayons d’Agni.
sa brillante munificence 7 3. Ce passage fait allusion à la Terre et au Ciel.Les
2’16
.lNDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Let-t. VI.]

il. 0 lndra, par toi que nos pères ont chanté, 3. Si le belliqueux Arya prévoit l’approche de
et que nous chantons aussi, que (la maison) de son ennemi, si le moment du combat est arrivé,
ton serviteur soit remplie de biens, comme les que son épouse i, accompagnée de ceux qui
rivières (sont remplies d’eau). (Dieu) traîné par versent le soma, donne des ordres pour que cette
des coursiers azurés, des rites nouveaux sont généreuse liqueur soit préparée.
accomplis en ton honneur; nous t’avons fait des 9.1l est tel (mortel) qui, enchérissant sur le
offrandes de toute espèce. Que la Prière devienne prix de sa marchandise, vient nous dire : - Je ne
pour nous telle qu’un char (fortuné)! me trouve pas suffisamment payé. n lndra ne
fait point de ces marchés frauduleux. Pauvres et
HYMNE Vl. riches, il nous traite tous avec bonne foi.
10. Qui veut pour dix vaches acheter cet lndra,
A mon, un vanné". qui est à moi? Quand (le dieu) aura tué tes enne-
(Hêtre : Trichtoubh.) mis, je sais qu’il me reviendra toujours.
il. 0 lndra, par toi que nos pères ont chanté,
i. Quel hymne chanterons-nous pour nous
attirer les bienfaits d’lndra, le fils de la Force? et que nous chantons aussi, que (la maison) de
0 peuples, lndra est un (bon) pasteur; c’est un ton serviteur soit remplie de biens, comme les
rivières (sont remplies d’eau). (Dieu) tralné par
héros qui donne à son chantre les biens de nos
des coursiers azurés, des rites nouveaux sont ac-
ennemis.
2. Pour obtenir la mort de Vritra, c’est lui qu’il complis en ton honneur; nous t’avons fait des
faut invoquer, c’est lui qu’il faut honorer. Avec
offrandes de toute espèce. Que la Prière devienne
pour nous telle qu’un char (fortuné)!
raison nous chantons cet lndra, équitable dans
sa bienfaisance. Au moment du sacrifice, Magha-
van répand ses bienfaits sur le mortel qui le sert HYM NE Vil.
par ses offrandes et ses libations. A INDRA, PAR VAIADE-VA.
3. Les guerriers l’invoquent dans le combat,
(une : Trichtoubh.)
(les prêtres) prennent des soins laborieux pour
obtenir sa protection. Sacrificateurs et pères de l. Quel (homme), ami des mortels et serviteur
famille, chacun s’empresse de venir à l’auteur de des dieux, veut aujourd’hui solliciter l’amitié
tout bien, et demande une heureuse postérité. d’lndra? Quel (homme), devant les feux d’Agni,
4. (Dieu) terrible, les hommes se réunissent la coupe de soma à la main, veut chanter les
pour accomplir l’œuvre (sainte), et se livrent à louanges d’un dieu protecteur et adorable ?
l’envi à de (pieux) travaux pour obtenir une 2. Quel (homme) offrantune prière respectueuse
onde (salutaire). Quand les nations se rassemblent au (dieu) ami du soma, et s’unissant a lui par la
pour le combat, il est un parti qui déploie une pensée, veut obtenir les vaches (célestes) ?0ui
force digne d’indra. désire s’attachera lndra, et devenir l’ami, le frère,
l’associé d’un (dieu) sage ?
5. Cette force leur vient du sacrifice. Que l’of-
frande soit chauffée et macérée avec soin. Que le 3. Qui aujourd’hui se prépare l’assistance des
soma frappe de stérilité les vœux des impies, et dieux? Oui célèbre les Adithyas, Aditi, l’astre
réjouisse le généreux (lndra). ’ lumineux? De quel (mortel) les Aswins, lndra,
6. lndra aime le soma, et comble de ses biens Agni acceptent-ils volontiers les libations?
celui qui lui en fait des libations. Il protège dans 4. ll verra Agni se charger de son holocauste
les combats, il considère comme un ami l’homme et devenir son protecteur; il verra longtemps le
qui s’attache à lui avec dévouement. soleil se lever à l’orient, celui qui s’écrie z a Fai-
7. Qu’un homme, en ce jour, verse, en l’hon- sons des libations à lndra, le plus grand, le plus
neur d’lndra, des libations de soma; qu’il fasse secourable des héros l a
cuire les gâteaux et griller les grains d’orge; le 5. Un tel homme ne saurait succomber sous
dieu, accueillant les prières de son serviteur, lui l’attaque de ses ennemis, quelque nombreux qu’ils
accorde sa généreuse protection. soient. Aditi le couvrira de sa haute protection.

deux vaches pourraient être aussi la Nuit et le Jour, ou l. Le commentateur. qui entend tout ce passage an-
plutôt le Matin et le Soir, qui amènent l’heure du sacri- trement, pense, entre antres choses, que le mot pafni
lice. (épouse) doit se rapporter a l’épouse d’lndra.
(un. vl.) RIG-VÉDA. - SECTION TROISIÈME. 247

Le favori d’lndra, c’est celui qui accomplit l’œu- qualité de voyageur ailé I. tu dois (aussi) l’em-
vre (sainte), qui s’unita lui par la prière, qui suit porter sur tous les oiseaux. Comme Syéna, ou
avec constance la voie (du sacrifice), qui verse le épervier (céleste) ’, tu dois l’emporter en vitesse
soma. sur tous les éperviers; et l’on t’a vu, oiseau (ra-
6. lndra triomphe en héros pour l’homme qui pide), quand la Swadha’ était privée du char (du
suit avec constance la voie (du sacrifice), et qui Soleil), porter, pour plaire à Manon, l’holocauste
verse la libation. Il lui accorde fidèlement le prix que chérissent les dieux.
de ses travaux. lndra n’est ni le compagnon, ni - 5. L’oiseau vient d’enlever (sa proie), et, trem-
l’ami, ni le. parent de l’impie. Il donne la mort a blant 3, il s’élève, aussi prompt que la pensée,
celui qui n’a pour lui ni hymne ni sacrifice. par la voie large. (des airs). Syéna (l’épervier) fuit
7. lndra, qui aime le soma. n’est point l’ami du avec le miel du soma qu’il a pris dans notre sa-
riche, avare de libations. Il dépouille cet homme critice.
de sa fortune; il cause sa ruine et sa mort. Il est 6. Syéna (l’épervier), dans son vol droit et ra-
(au contraire) tout dévoué à celui qui lui présente pide, arrive d’une extrémité du ciel, tenant ce
(les libations et des offrandes. soma, source heureuse d’une (sainte) ivresse, et,
8. lndra est invoqué par les grands, les petits, encouragé par les Dévas, il le porte avec fermeté
les hommes d’une classe intermédiaire; par celui jusqu’à l’autre extrémité.

qui marche et celui qui se repose; par celui qui 7. Syéna (l’épervier) a reçu et porté le soma au
garde sa maison et celui qui combat; par tous milieu de mille et mille sacrifices. Prudent et sage
ceux qui veulent l’abondance. dans ses œuvres, enivré de ce soma, il a repoussé
ses imprudents ennemis.
HYINE Vil].
A nous, un VAIADÉVA. HYMNE 1x.

(Hêtre : Trichtoubh.) A mon, surinons un" A, un "une".


l. (lndra parle.) Je fus (jadis) Manon, et Sou- (Hêtre: : Trichtoubh et Sakvurf.)
rya I. Je suis le sage Richi Cakcblvan ’. J’ai fait
à ma ressemblance Coutsa, fils d’Ardjounl 5. Je I. (lndra parle.) Je n’étais pas encore au jour;
suis le sage Ousanas t. Voyez-moi. mais je suivais avec attention la naissance suc-
2. J’ai donné la terre a l’Arya 5, et la pluie au cessive de tous ces Dévas. Cent villes de fer me
gardaient. l’en suis sorti avec rapidité; me voic1
mortel qui me sert. J’ai amené les Ondes reten-
sous la forme de Sye’na (l’épervier) 5.
tissantes. Les Dévas obéissent a ma pensée.
3. Dans le transport de ma douce ivresse, j’ai
brisé d’un seul coup les quatre-vingt-dix-neufs l. 0n donne ici a lndra. dieu de l’éther, le nom de
Hamme. Marouta, dieu du Vent, est représenté comme doué
villes de Sambara; j’ai sauvé Atithigwa 7, ainsi d’ailes. Jusqu’à présent ce mot vih,toutes les fois qu’il se
que Divodàsa au moment du sacrifice, (Divodûsa) rapportait a lndra, je l’ai traduit par le mol voyageur;
digne d’avoir des centaines de villes ". j’ajoule ici le mot ailé, pour entrer dans toute la pensée
de l’auteur. C’est un oiseau céleste, c’est un épervier.
Il. (Le poète parle.) Tu es Marouta, et en cette Syr’na, qui parcourt l’espace éthéré.
2. Sous le nom de Syéna (voy. page 89, col. 1,
1. Manon est, comme on sait, le père de la race hu- note 2) on semble désigner lndra, par allusion à l’ex-
maine, et Sourya est le Soleil. lndra se présente dans cet tréme rapidité de sa course. Cependant nous savons que
hymne comme étant tout. Kriunamapyahamdea’smi, ce mot a un autre sans, et qu’il s’emploie pour signifier
mâm sanaàtmacam panant (omise guident ego serte un des mètres poétiques employés dans l’hymne du sa-
mm; me omnia animantem m’aide). Je pense qu’il est crifice. Avec cette explication Syéna pourrait être lndra
possible, en examinant les légendes de Cakehlvén et célébré par le mètre Syéni, ou bien la personnification
d’Ousunas, de les rapporter au personnage d’lndra. de ce mètre, qui semble emporter l’holocauste pour le
2. Voy. page 50, col. i, note 2. présenter aux, dieux. La Swadhâ n’a point de char;
3. Voy.page 239, col. 8, note l. Le commentateur m’ap- c’est-a-dire qu’à ce moment le Soleil ne montre pas en-
prend ici que la mère de Contes se nomme Ardjouni. core son disque: elle est donc animera. Le monde est
lodifier dans ce sens la note 2, page tu, col. l. dans l’obscurité.
4. Voy. page 73, col. 2, note 2, . 3. Le commentaire dit que la crainte qu’éprouve l’oi-
5. Voy. page 61, col. 2, note 2. seau ravisseur du soma est causée par les gardiens de
6. Voy. section I, lecture n, hymne xm, st. il. la libation (somapâlaca).
7. Voy. page 73. col. t, note 12. é. Voy. notes l et 2 ci-dessus.
8. Voy. page ne, col. t, note 9. Voir plus bas 5. J’ai laissé de côté tontes les explications mystiques
page 249, col. à, note 5. dans lesquelles le commentateur me semble ici perdu.
243 [Li-ct . v1. I
INDE. - POÉSIE LYRIQUE.
2. (Le poële parle.) Le (dieu) ne m’a point laissé 4. Tu as donc, o lndra, abattu ces vils Dasyons;
dans la peine (de l’attente). Il s’est montré avec tu as soumis au joug ces tribus impies. (0 lndra
splendeur et avec force. Par sa sagesse il a re- et Soma) , détruisez, anéantissez vos ennemis; -
pousse ses rapides ennemis; par sa vitesse il a tombant sous vos armes, qu’ils livrent leurs dé-
surpassé les vents. pouilles (a vos serviteurs).
3. Syéna (l’épervier) a du haut du ciel fait en- 5. (Dieux) magnifiques et terribles, lndra et
tendre sa voix; le vol du sage (oiseau) a été re- Soma, si par votre force vous parvenez à nous
connu, et l’archer Crisanou t, allant à lui par la rendre ces vaches, ces chevaux, ces trésors, ces
pensée, luia lance une de ses flèches. terres que nous retiennent (nos ennemis), ce sera
4. Syéna (l’épervier), dans sa course rapide, de votre part une œuvre juste et louable.
emportait le soma, comme lndra faisait de Bhoud-
jvou 3, au-dessns des larges abîmes; et l’aile du HYMNE XI.
diligent oiseau traversait rapidement l’espace qui
A main, en VAIADÉVA.
est (entre le ciel et la terre).
5. Que Maghavan, que l’heroîque lnd ra accepte (mm : Trichtoubh.)
ce vase plein d’une liqueur fortifiante, ces liba-
l. Viens à notre secours. lndra; sois heureux
tions dans lesquelles est môle le lait blanc de la
vache, ces offrandes brillantes; qu’il prenne ce de nos louanges et de nos offrandes, et arrive
doux breuvage, et qu’il boive jusqu’à l’ivresse;
avec tes chevaux. Le père de famille a prépare
oui, qu’il boive jusqu’à l’ivresse. pour toi de nombreuses libations, (pour toi)
qui aimes nos chants et qui es juste danstes
bienfaits.
HYMNE X. 2. Il vient a notre sacrifice, (ce dieu) sage, qui
connaît nos besoins. et que nous invoquons en
A INDRA ET SOIA, PAR VAIADÉVA.
versant la libation. Tralné par d’excellents wur-
(Hêtre : Tricbtoubh.)
siers. exempt de crainte. il partage avec les Ma-
i. Uni à toi. o Soma, par une étroite amitié, routs à la voix retentissante et nos louanges et
nos breuvages enivrants.
lndra a fait couler les ondes en faveur de Manon.
3. (0 poète). rends attentives les oreilles d’ln-
il a frappe Ahi, déchaîné les sept torrents, ouvert
dra; qu’il prenne des forces. qu’il se livre à la
les canaux fermés (par nos ennemis).
joie dans cette région (sublime) où il se plaît.
2. Uni à toi, lndra a brisé la roue de Sourya 3-,
car sa force est irrésistible. Mais en même temps Que nos libations le fassent grandir pour notre
cette roue qui est lancée dans l’espace, et sur qui re- bonheur, et que de sa puissance nous tenions
l’abondance et la sécurité.
pose la vie de tous, a été sauvée de la destruction.
l. ll vient vers le sage qui le célèbre et l’invo-
3. lndra a combattu depuis le matin, depuis le
que en l’appelant à son secours; et, la foudre à
milieu du jour; de ses traits il a tue, (de ses la main, (place) sur le siège de son char, il di-
feux), tel qu’Agni, il a brûle des milliers de Da-
rige lui-même ses. cent mille coursiers.
syous, qui pensaient de leurs forts inaccessibles
à. 0 magnifique lndra. puissions-nous, prêtres
se faire une retraite inexpugnable.
et pères de famille, pour prix de nos chants, de-
Je donne la parole, non à Vàmadéva, mais au dieu venir tes amis et obtenir tes secours! Puissions-
lndra. Ce dieu, au moment du sacrifice du matin, n’est nous jouir d’une opulence brillante, glorieuse,
pas encore ne; mais il existe et observe la. succession abondante!
des rites qui concourent a sa naissance. Ces rites. comme
nous l’avons vu, se personnifient sons le nom de. Daims,
et naissent en même temps que les besoins du sacrifice. HYMNE X".
Cependant lndra est enfermé sons la masse des vapeurs
ténébreuses de la nuit; il s’en débarrasse sons la forme A matu, PAR nuant-tu.
de l’épervier(5ye’na), c’est-l-dire un oiseau porté sur le:
aile: de la Syénî. (Hêtre: : câyatrl et Anouchtoubh.)
1. Suivantle commentateur, c’est un gardien du soma
(romapàla). Je pense que c’est Agni, qui porte le nom l. Personne n’est plus grand, n’est plus haut
de Crùânou, et dont les rayons partent comme des que toi, 0 lndra, vainqueur de Vritra. Personne
flèches vers le ciel.
2. Voy. page 109, col. 2, note 3. ne te ressemble.
3. Voy. page 2M, col. i, note i. 2. Tous les hommes sont pour ainsi dire
(un. v1.1 Ith-VÉI)A. - SECTION TROISIÈME. 2’19

attelés a ton char. Avec raison on te proclame 13. Ainsi par ta valeur, tu as conquis les tré-
grand. sors de Souchna en brisant ses villes.
3. 0 courageux lndra, tu as eu même tous les M. Ainsi tu as sous sa vaste montagne, O lndra,
dieux à combattre t, quand tu créais le Jour et écrasé Sambara, le plus illustre des Dasyous.
la Nuit. 15. Ainsi tu as frappé les cent mille compa-
4. C’est alors qu’en faveur de tes (amis) mal- gnons de Vartchin. rangés autour de lui comme
heureux tu as détaché une roue (du Soleil); les cinq rayons (autour d’une roue) l.
qu’en faveur du valeureux Goutsa, tu as (frappé) 16. Ainsi lndra, (surnommé) Sataoratou. a fait
Sourya lui même ’.
obtenir dans nos hymnes une place pour Para-
5. C’est alors que, seul, tu as lutté contre tons vrikta, le fils d’Agroù ’.
ces dieux ennemis. 0 lndra, tu as donné la mort l7. Ainsi l’époux de Satchl, le sage lndra, a
aux plus nuisibles. transporte au delà d’une rivière Tourvasa et Ya-
6. Oui, c’est alors qu’en faveur d’un mortel tu
dou 5. qui ne pouvaient la traverser.
as frappé Sourya, et par ta puissance protégi-
18. Ainsi tu as sauve sur les bords de la Sa-
Etasa.
rayou Ces deux nobles Aryas, et tu as donné la
7. En effet, O Maghavan, vainqueur de Vritra, mort à Arna et à Tchitraratha t.
tu es celui dont la colère est surtout redoutable.
19. Ainsi tu as guéri, o vainqueur de Vritra,
C’est toi qui, au sein des airs. as tué le fils de
Danou 3.
deux malheureux, un aveugle et un boiteux.
Une semblable faveur n’est accordée qu’a celui
8. 0 lndra, il est de toi une action par-dessus qui te loue.
tout virile. Une femme, la tille du Ciel, vou-
20. En faveur de son serviteur Divodasa, lndra
lait malheureusement la mort; tu la lui as don-
a frappé cent villes formées d’une pierre merveil-
née 1.
leuse ’5.
9. O grand lndra, la fille du Ciel, l’Aurore se
faisait grande. Tu l’as réduite en poudre. 21. Pour protéger Dabhiti °, lndra, par son
10. L’Aurore tremblante, ainsi frappée par toi, pouvoir magique, a percé de ses traits trente
(dieu) généreux, est tombée de son char réduit mille brigands.
en poussière. 22. C’est toi, o vainqueur de Vritra, O équi-
il. Et ce char tout brise s’affaissa dans la Vi- table lndra, qui es le maître des vaches (célestes),
pasà 3, qui coule au loin (dans l’occident). et qui fais mouvoir le monde.
12. Ainsi tu as par ta puissance magique, ô 23. O lndra, si tu as fait quelque action digne
lndra, arrêté une rivière débordée , la Vitae- de toi, personne aujourd’hui n’oserait en détruire
l’effet.
thàna 8.
24. 0 (dieu) triomphant, qu’Aryaman, Pou-
1. Voy. page 9.12, col. 1,note 3. chan, et Bhaga, que le dieu (surnommé) Carou-
2. J’ai distingué deux légendes, que le otite confon-
dait peut-être dans cette strophe, celle d’ tasa et celle lati 1, affermissent tous les biens qui viennent
de Contes. Voy. page 239, col. 2, note 1, et page 2H, de toi.
col. 1, note 1.
3. C’est-à-dire Vritra. Voy. page 43, col. 2, note 2.
4. lndra par son apparition au ciel a mis fin a l’exis- 1. Aseura. Voy. page tu, col. 1, note 1
tence de l’Anrore.
2. Voy. page 213, col. 1, notait. Ce personnage de Para-
5. Rivière du Pendjab, aujourd’hui le Beyah ; chez les vrikta ne serait-il pas le même que celui qui est appelé
anciens l’ilyphase, et Bibase. Parâen’dj, pages 109, 1T3 et 114, aveugle et boiteux?
6. Ce mot rappelle la Vitasta, qui est le Jbelum, an- Pardvridj n’est-il pas bien l’emblème de l’onde en-
ciennement I’Hydaspes. Le commentaire, qui regarde ce fermée dans le noir nuage?
mot comme un adjectif, ne se rend pas compte de la 3. Voy. pages 76. 107 et 156. Ces deux princes,
raison qui fait que cet adjectif est au féminin. Le fé- maudits par leur père Yayâti, ne pouvaient se faire
minin est ordinairement le genre des noms propres de sacrer. lndra leur donna les moyens de passer la Sarayou
rivières. Le mot Vitasthànà a pour appositier mot (aujourd’hui le Sarjou) et d’arriver âtemps.
Simon, qui peut être aussi un nom propre, mais que 1. Noms de deux rois.
je regarde ici comme un nom commun. Cependant, le 5. Ce Divodàsa est bien connu, et ces villes dont il
texte portant Vitasthâmim, il pourrait se faire que ce est ici question sont les nuages. Voy. page 110, col. 1,
mot fût un génitif pluriel, et je serais obligé alors de
note 9. Ce passage doit servir sans doute a expliquer
traduire ainsi : le fleuve du Vitasthas, ce qui me sem- celui qui est plus haut, hymne V111.
blerait rentrer dans mon sens. Remarquez toutefois que 6. Voy. pages 111, 113 et 171.
l’on écrit le nom de la rivière Vitastâ et non Vitae-
thé.
1. Ce mot, que le commentaire donne comme un nom
féminin. et qu’un texte écrit L’ouroùlah’, doit être une

I. - BIBLIOTHÈQUE lNTERNATlONALE. l7
2:30 une. - POÉSIE matous. [LochïL

HYMNE Xlll. HYMNE XIV.

A mon, un "une". A mon, un VAIADÈVA.


(Hêtre : Gûyatrf.)
(une: Gûyatrl.)
1. Par quelle assistance. par quel acte de sa- 1. Viens à nous promptement, o vainqueur de
gesse ce (dieu) toujours beau, toujours grand, Vritra; approche-toi, grand lndra, avec tes nobles
nous témoignera-Ml son amitié?
secours.
2. De quelle ivresse et sainte et glorieuse nos 2. Actif et bienfaisant, tu sais suivant les be-
offrandes doivent-elles te pénétrer, pour te don-
soins varier les ressources diverses de ton assis-
ner la force de briser la puissance (de nos enne- tance.
mis)? 3. Avec un petit nombre d’amis dévoués. tu
2). Protecteur des amis qui chantent ta gloire, t’avances vers le grand (ennemi). qui s’élance
accorde-nous ton favorable appui.
(pour t’attaquer), et ta force triomphe de lui.
«l. Viens à nous, et que nos chants soient tels
Il. 0 lndra, nous sommes à toi. Nous t’adres-
que des coursiers qui fassent rouler vers des sons nos hommages. C’est nous que tu dois sau-
mortels la roue de ton char. ver.
à. Appuyé sur nos œuvres (pieuses), comme
à. (Dieu)tonnant, viens à nous avec tes secours
sur un pied solide, tu descends vers nous. Je variés, sûrs et invincibles.
t’honore avec le Soleil.
ü. O lndra, nous sommes bien les amis d’un
6. 0 lndra, quand nos prières s’élèvent vers
(dieu) tel que toi, riche en vaches excellentes, en-
toi, qu’elles soient ainsi qu’un char rapide pour
touré d’une heureuse abondance.
toi et pour le Soleil.
7. Époux de Satchî 1, on te célèbre comme 7. 0 lndra, tu es le maître suprême de cette
prospérité que donne la vache. Accorde-nous la
magnifique, bienfaisant, entoure de splendeurs.
richesse de la vie.
8. Tu combles sans cesse de tes faveurs celui 8. Eh! qui peut s’opposer à tes volontés, ô In-
qui te loue et t’offre des libations.
9. En vain tes ennemis insensés s’uniraient
dra, quand, pour prix de leurs chants, tu veux
combler tes serviteurs de tes dons ?
par centaines pour arrêter le cours de tes bien- 9. 0 lndra, les enfants de Gotama ont célébré
faits; ils ne pourraientcontenir la puissance. tes louanges dans la vue d’obtenir l’abondance.
10. Que tes cent, que tes mille renforts, que
10. Nous chantons tes prouesses; (nous disons)
tous tes secours nous soient en aide.
comment tu attaques et tu brises les villes des
il. Réserve-nous pour ton amitié, pour le
Dasyous.
bonheur, pour l’opulence brillante.
12. Chaque jour, ô lndra, accorde-nous l’appui
il. Telles sont les prouesses, O sage lndra; (tes
serviteurs) les chantent, et versent des libations
de ta grande fortune, de ta (haute) puissance.
en ton honneur.
13. Que ton secours, toujours présent, soit
12. 0 lndra, les enfants de Gotama célèbrent
comme (la flèche) de l’archer, qui brise (la porte)
tes louanges et reconnaissent ta grandeur. Donne-
de ces pâturages où sont renfermées les vaches
(célestes).
leur de la fortune et de la famille.
l3. Tu es l’ami commun de tous les hommes,
111. Que sous ta protection, O lndra, notre char
0 lndra; c’est à ce titre que nous t’invoquons.
soit brillant et solide, accompagné d’une troupe
nombreuse de chevaux et de vaches.
14. O lndra, toi, notre refuge, toi, passionne
pour notre soma, viens vers nous, et enivre-toi
15. 0 Soleil, fais que notre gloire soit grande
de nos libations.
parmi les Dévas, étendue comme le ciel qui nous
15. Que nos prières et nos louanges aillent jus-
couvre.
qu’à toi. 0 lndra. Dirige vers nous tes coursiers.
épithète appliquée probablement à l’un des Adityas. 16. Consomme notre sacrifice. Aime nos voix,
Cette épithète est expliquée par le synonyme Critadatta comme l’époux (aime la voix) d’une épouse bien-
ou crilamdatta (facti dater, qui agit et qui donne). aimée.
1. Nous traduisons Satchîpati’ par époux de Salchî,
croyant bien que le lecteur se rend compte de cette 17. Nousinvoquonslndra, quiattelle àson char
épithète, et qu’il l’explique, ainsi que le commentaire,
par cette idée, gardien de l’œuvre sainte, camànàm mille coursiers. (Voici pour lui) cent vases de
soma.
pâlaca. -
(Leu. vu.) n1n-v1àtn.- sacrum ’l’ltUlSlÈMH. 2M
18. Nous voulons et cent et mille de ces vaches (sacrée) ’ z toute l’année ils donnent à ses chairs
qui t’appartiennent. Que tes bienfaits tombent au un embonpoint nouveau; toute l’année ils ont
milieu de nous. porté ses splendeurs; et c’est par de telles œuvres
19. Nous te demandons dix vases remplis d’or. qu’ils ont obtenu le titre d’Immorlels.
0 vainqueur de Vritra, tu es si bienfaisant! 5. L’alné a dit z a Fais deux coupes. u Le se-
20. Tu es bienfaisant, élndra. Montre-nous ta cond a dit à son tour z c Faisons-en trois. n Le
générosité. Ne te borne pas à de minces bienfaits. plus jeune s’est écrié : a Fais-en quatre. n 0 Ri-
Tu dois vouloir être libéral. bhous, Twachtri a approuvé votre parole.
2l..0n célèbre partout ta bienfaisance, d héros 6. - Bien. a ont dit les Ribhous, et ils ont fait
vainqueur de Vritra. Admets-nous au partage de ce qu’ils s’étaient proposé. Ils ont de cette manière
tes richesses. accompli la Swadluî. Twachtri, en voyant ces
"22. (Dieu) sage. (que nous regardons comme quatre coupes briller comme la lumière du jour,
notre) enfant, je chante tes deux (coursiers) azu- s’en est approché avec plaisir.
rés. 0 toi, qui nous donnes les vaches (célestes), 7. Cependant les Ribhous, durant douze jours,
ne va pas les détruire avec tes (coursiers). ont reçu l’hospitalité dans la demeure du (dieu)
23. Tels que la marionnette sur le petit théa- qui ne peut rester caché ’. (On pouvait les croire)
tre de bois nouvellement construit, tels brillent endormis. Ils ont alors fertilisé la terre; ils ont
ces coursiers dans les voies (célestes). amené. les Ondes ; (par eux) les plantes ont grandi
21. Que j’aie un char traîné par des bœufs, ou dans les lieux desséchés, et les eaux ont rempli
que je marche a pied, (je souhaite) que ces géné- les vallées.
reux coursiers , dans leur voie (supréme), me 8. Les Ribhous ont formé le char (du sacri-
soient en aide. lice) qui roule heureusement, dirigé par le
sage, et cette vache 5 qui revêt toutes les formes
et met tout en mouvement. Que ces utiles auxi-
liaires, que ces excellents ouvriers, doués d’une
main fortunée, daignent nous préparer des tré-
LECTURE SEPTIÊM E.
sors!
9. Ornés de leurs œuvres et des(fruits) de leur
HYMNE 1.
pensée, les dieux ont applaudi aleurs travaux.
AUX llllloUS, un "une". L’industrieux Vàtlja s’est dévouéà tous les dieux.
Ribhoukchas t à lndra, Vibhwan à Varouua;
(Mètre :Trichtoubh.
10. Les Ribhons, enivrés (du soma), ont créé
1. J’envoie aux Ribhous 1 mon hymne tel qu’un pour lndra deux coursiers azurés,dociles aujoug
messager. J’invite la Vache (du sacrifice) à donner et chantés par la poésie. O Ribhous, donnez-nous
(en leur honneur) le lait de la libation. Rapides l’éclat et tous les biens de. l’opulence, et faites
comme le vent, que (les Ribhous, habiles) ou- notre bonheur, comme (un ami fait le bonheur)
vriers, s’élancent sans tarder dans la carrière cé- de son ami.
leste. 1l. Les Déuas onten cejour offert des libations
2. Que les Ribhous, embrassant le monde dans et des breuvages enivrants à votre amitié, à la
leurs œuvres éclatantes, achèvent de parer les condition qu’elle ne se montrerait pas fatiguée
deux (grands) parents; qu’ils recherchent ensuite O Ribhous, dans ce troisième sacrifice, accordez-
l’amitié des Dévas, et que dans leur sagesse ils nous vos bienfaits.
apportent à l’homme pieux l’honneur et la pros-
périté.
1. Je suppose que cette vache est la flamme du sa-
3. Ce sont eux qui ont renouvelé la jeunesse crifice, qui devient aussi la flamme du Soleil.
de leurs deux ancêtres, faibles et desséchés comme 2. Les Ribhous, en leur qualité de rayons du Soleil,
y restent cachés douze jours; c’est le temps des pluies,
deux poteaux. Que Vàdja, Vibhwan et Bibliou. et ils semblent alors travailler a la fécondité de la terre.
aimés d’Indra, et fortifiés par le miel (du soma), Voy. section il, lecture tu, hymne tv.
soient les gardiens de notre sacrifice. 3. Par ce mot le poëte désigne le sacrifice avec ses
formes variées et son efficaci’é.
4. Toute l’année les Ribhous gardent la vache
4. il est probable que la personnage de Ribhoukchas
est le même que celai de Ribhou. Le mot Ribhouckhcu
1. Voy. page 51, col. t, note 1. est aussi une épithète d’intlra.
INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [me vu.)
HYMNE Il. si. Les Ribhous ont donné leurs secours aux
Aswins, et aux deux (grands) parents, età la
Aux RIIIIOUS, un VAIADÉVA. vache (qui était morte) : ils ont créé. les deux
(Hem : Trichtoubh.)
chevaux (d’lndra), et formé des armures (pour
les dieux) ; ils ont développé le Ciel et la Terre;
l. O Ribhou, Vibhwan, Vâdja et lndra, venez maîtres intelligents, ils se sont donné une belle
à notre sacrifice, et (prenez votre part) dans nos postérité.

offrandes. En ce moment la divine Prière vous l0. 0 Ribhous, vous possédez une opulence
présente la libation des jours (sacrés). Tous ces puissante en troupeaux, en denrées, en famille.
breuvages enivrants sont réunis pour vous. en trésors; vous puisez les premiers à la coupe
2. (Naissez) àla vie, dontvous avezl’expérience. joyeuse de nos libations. Accordez-nous vos
Des mets choisis vous sont présentés, O Ribhous, bienfaits, à nous et à ceux qui vous chantent.
et, de compagnie avec les Ritous, livrez-vous à il. Ne vous éloignez pas. Nous voulons satis-
la joie. Tous ces breuvages enivrants sont réunis faire votre soif dans ce sacrifice, O généreux
pour vous, avec l’hymne (sacré). Envoyez-nous Ribhous. 0 Dévas, si vous désirez nos offrandes.
l’opulence. accompagnée d’une heureuse lignée. nous vous invitons à vous livrer au plaisir avec
3. Ce sacrifice, ô Ribhous, a été préparé pour lndra, avec les Marouts, avec nos brillants (pro-
vous, et vous l’avez reçu dans toute votre splen- tecteurs).
deur, tels qu’(autrefois) Manon. Devant vous se
présente tout ce que vous pouvez aimer. Venez HYMNE lll.
tous, O vous que du nom de votre aine (nous ap-
pelons) Vâdjas. ux muons, en vannet".
Il. Et maintenant, généreux Ribhous, répandez
(Mure : Trichtoubh.)
vos bienfaits sur le mortel qui vous sert et vous
honore. Buvez, O Vàdjas, c’est pour vous, c’est l. 0 Ribhous, fils de Soudhanwan, enfants de
pour votre plaisir que ce troisième sacrifice est la Force, approchez; ne vous éloignez pas. Dans
célébré avec pompe. ce sacrifice nous vous présentons nos offrandes.
Nobles Vûdjas, et toi, Ribhoukchas, venez à Que les breuvages qui réjouissent lndra viennent
nous. Nous vous chantons pour votre munifi- aussi faire votre bonheur.
cence. Que les Libations, vers la tin des jours, 2. Que les offrandes en l’honneur des Ribhous
aillent vers vous, comme les vaches vont à soient apportées. Que le soma soit versé dans les
l’étable.
coupes. C’est vous qui, dans vos œuvres pieuses,
6. Enfants de la Force. appelés par nos hom- dans vos heureux travaux, avez divisé en quatre
mages, venez à ce sacrifice. Compagnons d’Indra, parties la coupe unique (du sacrifice).
et dispensateurs de la richesse, partagez ses 3. Vous avez divisé la coupe en quatre parties.
plaisirs, et buvez de notre doux (soma). a Ami, n avez-vous dit (à Agni), a fais cette dis-
7. Nous te louons, ô lndra; viens avec Varouna, tinction. n Ainsi, O Vàdjas, o Ribhous à la main
viens avec les Marouts te réjouir et boire de no- industrieuse, vous êtes entrés dans la voie de
tre soma. Viens te réjouir (ici) avec les épouses l’immortalité, (vous avez obtenu) le rang de
(des dieux). admises, en premier lieu et dans les Dévas.

moments convenables, au partage de la libation, 4. Quelle était donc la nature de cette coupe
(avec ces épouses) qui possèdent de riches tré- que votre sagesse a divisée en quatre parties?
sors. Prenez ces libations qui inspirent la joie. Buvez,
8. 0 Ribhous, venez et partagez la joie de (nos o Ribhous, de ce doux soma.
sacrifices) avec les Adityas et les Parwatas t, 5. Par votre adresse vous avez rendu la jeu-
avec le divin Savitri, avec les Ondes, qui pos- nesse aux deux (grands) parents. Par votre
sèdent (aussi) de riches trésors. adresse vous avez fait tine coupe qui devait ser-
vir aux dieux pour la libation. Par votre adresse
l. Nous avons vu ailleurs (page 120, col. 2, note 5) vous avez formé les deux chevaux rapides qui
que ParWata était le nuage personnifié. Le commentaire traînent lndra, o Ribhous honorés par des mets
identifie ce mot avec Parwan, et dit que l’auteur dési-
(me ici les époques du mais auxquelles on donne ce choisis.
nom. 6. Pour celui qui, vers la fin des jours, offre,
(Lest. vu. RlC-VÉDA. - SECTION TROISIÈME. 253

pour votre plaisir, de nombreuses libations, dans dans les sacrifices. la (fortune) l que forme
les transports de votre joie, é généreux Ribhous, Vibhwan et que vous protégez.
formez une opulence forte et vigoureuse. ü. Il est fort et intrépide, il est sage et prudent,
7. 0 lndra. traîné par des coursiers azurés, il est vaillant, (habile) archer et invincible dans
bois la libation du matin; le sacrifice de midi les combats, il possède l’ornement de la richesse
est à toi tout entier. Bois (la libation du soir) avec et les avantages d’une male famille, celui que
les Ribhous, possesseurs de riches trésors et protégent vadja et Vibhvan, celui que défendent
qui par leurs bonnes œuvres sont devenus tes les Ribhous.
amis. 7. Votre beauté s’est développée à nos yeux,
8. Oui, par vos bonnes œuvres. vous vous êtes et avec elle notre hymne. 0 Vàdjas, ô Ribhous,
faits Démis, et, tels que des éperviers, vous vous acceptez nos hommages. Vous êtes remplis de
êtes placés dans le ciel. Fils de Soudhanwan, en- prudence, de sagesse, de science. C’est vous que
fants de la Force, versez sur nous vos trésors, nous invoquons dans ce sacrifice.
vous qui avez obtenu le titre d’Immorlels. 8. Écoutez nos prières; vous savez quels sont
9. 0 Ribhous a la main industrieuse, si par les biens qui conviennent aux hommes. 0 Ri-
vos heureux travaux vous avez fait ce troisième bhous, donnez-nous une riche et brillante opu-
sacrifice que nous accompagnons de riches lence, une abondance forte et virile.
offrandes, que ces libations soient pour vous. t). .tccordez-nous de la famille et des richesses;
Buvez, et que tous vos sens se trouvent satisfaits. apportez-nous ici la gloire des héros. Donnez-
nous, é Ribhous, ces ressources fécondes et va-
HYMNE lt’. riées qui peuvent nous assurer sur tous les
autres la supériorité.
aux alunons, un VAIADEVA.
(Hêtre: : Trichtoubh et Djegetl.) HYMNE V.

1.11 vient de naître. ce char magnifique qui, aux lllBllOUS, un VAIADÉVA.


sans avoir besoin de rênes, ni de chevaux, roule ’Melrn : Trichtoubh et Anouchtoubh.)
sur ses trois roues * au milieu des airs. 0
Ribhous, vous parez ainsi le ciel et la terre, et l. 0 divins Vàdjas, et toi, Ribhoukchas, venez
c’est la un grand témoignage de votre science à notre sacrifice par les voies que parcourent
divine. les dieux. Recevez le sacrifice offert par ces en-
2. C’est vous qui, dans vos sages méditations, fants de Manon, et dans votre reconnaissance
avez fait ce char aux belles roues, incapable de donnez-nous des jours sereins.
s’éloigner de la route tracée. 0 Ribhous, (appelés î. Prenez à cœur ces sacrifices; qu’ils plaisent
aussi) Va’djas. nous vous invitons aux libations aujourd’hui à votre âme z qu’ils se présentent
de ce sacrifice. formés (des libations) d’un beurre pur. Que ces
3. 0 Ribhous, é puissants Vûdjas, un titre no- liqueurs coulent abondamment pour vous, et
ble et glorieux pour vous parmi les Dévas fut qu’en vous charmant elles augmentent votre
d’avoir rendu jeunes et vigoureux les deux
(grands) parents vieux et infirmes.
force et0votre
3. O Vàdjas, adresse.
Ribhouchchas .
*, (les offrandes)
é. Vous avez divisé une coupe unique en qua- réservées aux dieux au moment du troisième
tre parties; vous avez par vos œuvres recouvert sacrifice vous sont présentées, ainsi que l’hymne
une vache d’une peau (nouvelle). Ce sont la vos qui vous célèbre. Tel que Manon, je vous verse
titres de gloire; c’est ainsi, ô Ribhous, é Vàdjas, le soma, entouré du peuple et de ses chefs glo-
que vous avez obtenu parmi les Démis le nom rieux.
d’Immortels. -’i. Fils (adoptifs) d’lndra, enfants de la Force.
5. L’opulence la plus glorieuse, la plus abon- soyez robustes et bienfaisants: montés sur un
dante, est celle que donnent les Ribhous, celle
que produisent les illustres Vàdjas. Elle devient l. Je n’ai pas cru pouvoir sous-entendre le mot tcha-
un objet digne d’envie,elle mérite d’être célébrée masa(coupe) ou rutila (char), comme le fait le commen-
taire.
a. Le mot Ribhoukchaz est ici au pluriel, Ribhouk-
t. Alluston aux trois stations du Soleil. chenal.
254i INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. [Lu-I. VIL]

char brillant, vous poussez de vigoureux cour- s’élance : et tous les l’oûrous le chantent et l’ho-
siers, et votre face est dure comme le fer. Pour norent. Il semble de ses pieds dévorer l’espace.
votre bonheura été fondé ce dernier sacrifice. héros aussi léger que le nuage, aussi rapide que
5. 0 Ribhoukchas, nous vous demandons une le char, aussi prompt que le vent.
opulence digne de vous, qui nous donne la force -’t. Dans les combats qu’il livre (contre les Da-
dans le combat et nous seconde (dans le péril), syous) il se jette au plus épais de la mêlée, et
qui soit pleine de puissance et de générosité, et disparaltau milieu des vaches (célestes) t. Bien-
Heureuse en bons coursiers. tôt développant toute sa virilité, à la vue de nos
6. Que le mortel que vous protégez, ô Ili- sacrifices, il repousse nos ennemis et entoure
bhous, vous et lndra. soit distingué dans ses (de sa protection) les œuvres d’Ayou 9.
œuvres, libéral dans les sacrifices, fameux pour Ainsi, le voyant dans les batailles, les enne-
ses coursiers. mis poussent un cri, comme à l’aspect du bri-
7. 0 Vatdjas, d llibhoukchas, enseignez-nous gand qui dépouille (le voyageur), ou de l’éper-
les voies du sacrifice. Sages honorés, (donnez-) vier affamé qui s’abat sur un cadavre ou sur un
nous la force d’étre partout vainqueurs , de troupeau.
quelque côté du ciel (que vienne le mal) t. ü. Ainsi, dans l’ardeur d’attaquer cette (armée
8. O Ribhous, 0 llibhoukchas, et loi. ô luira, ennemie), il s’avance le premier à la tète des
et vous, (dieux) véridiques f, donnez-nous donc, chars (de bataille). Paré de guirlandes, comme
a nous, (pauvres) mortels, des trésors, des che- (un coursier) ami des peuples, il brille, battant
vaux et tout ce qui fait un homme magnifique. la poussière et mordant son frein.
7. Ainsi, ce coursier fort et juste, au corps
souple dans les combats, à l’attaque impétueuse
HYMNE Yl. contre les impétueux (.Isouras), au pas rapide,
forme un tourbillon de poussière qui s’élève au-
au SOLEIL, At-ruLtî DADlllcltAS 5, un VAIADEVA.
dcssus de son front orgueilleux.
1mm ; Trichtoubh. 8. Ainsi, ces assaillants terribles tremblent de-
vant lui, comme si le ciel tonnait : il attaque mille
l. 0 (filtra et l’ai-ourla) t, parmi tous les dons en uetnis à la fois, invincible, formidable et superbe.
que vous avez faits jadis à Trasadasyou 5, ct t). Ainsi, les peuples célèbrent la force et la
qu’il a légués aux enfants de Potiron ü, il en est
victoire de ce (coursier) rapide, qui remplit les
un remarquable: c’est cc terrible (cheval), vi- vœux des mortels. Ainsi, c’est a lui que les com-
goureux 7 vainqueur des bastions. et qui gagne battants s’adressent z « Que Dadhicras arrive
(pour nous) des terres et des domaines. avec ses mille (compagnons) ! n
2. Vous lui avez donné le cheval Dadhicrùs, li). Dadlticrâs par sa puissance développe les
auteur de tant de prouesses et gardien de tous cinq espèces d’êtres à, comme le soleil par ses
les hommes, vif, rapide, impétueux,héros à la rayons développe les ondes. Que ce coursier qui
forme resplendissante, et, tcl qu’un roi puissant, apporte avec lui ct cent et inille présents, vienne
capable de déchirer ses ennemis. à nous, et fasse tomber sur mes paroles le miel
3. Comme (l’eau descend) de la colline, tel il (de sa munificence).

l. Je ne pense pas que le petite désigne ici le pouvoir


surnaturel de traverser les régions célestes. Ce serait la HYMNE Vll.
une traduction littérale, mais que rien ne semble jus-
tifier. A DADIIICIIAS, PAR VAIADÉYA.
2. C’est-à-dire les Aswins, appelés .Yàsntyas.
3. Dadhicras est Agni ou plutôt le Soleil représenté Murray ; Trichtoubh et .tnouchtoubh.,
sous la forme d’un cheval. C’est une épithète qui s’ex-
plique ainsi : venant vers le caillé du sacrifice. t. houons le rapide Dadhicràs. flouerons le
A. L’hymne qui suit fait voir qu’il faut sous-entendre
Mitre et I’arouna. Le commentaire suppose que c’est Ciel et la Terre. Que les Aurores se lèvent pour
le Ciel et la Terre.
5. Voy. page lt0, col. Lucie il. l. Le commentateur rend le mot gocltou par dikchou
6. Un des fils d’Yayati; son nom s’emploie pour dési- (régions célestes).
gner la race humaine. 2. Comme Potiron, Ayou est un nom général de la
7. Le commentaire donne au mol gitana. le sens race humaine.
d’arme. J’ai pensé que ce vers se rapportait a Dadhlcras. 3. Voy. page 45, col. l, note l.
(un. un] RlG-VÉDA. - SECTION TIlDlSlÈNIE. 255
me protéger; et qu’elles me fassent éviter tous Que Dadhicràs achève son œuvre puissante, et
les maux. qu’il s’élance dans les larges voies (du ciel).
2. Pieux serviteur, j’honore le grand Dadhi- à. (Dadhicras est l’être qu’on appelle) Hanse l.
ores. généreux, adorable, aussi brillant qu’Agni, qui est notre soutien, et qui, siégeant au séjour
sauveur dévoue que Mitra et Varouna ont donne de la lumière et dans l’air, siège encore, comme
aux enfants de Poùrou. sacrilicateur, dans le lieu saint, et, comme hôte,
3. Qu’Aditi l exempte de toute espèce de mal dans nos maisons; qui, demeurant au milieu des
celui qui devant les feux d’Agni, au lever de l’Au- hommes, s’établit alu meilleure des places, dans
rore, honore le coursier Dadhicras. Que celui-ci le sacrifice, sous la voûte céleste, ne des ondes.
partage les joies de Mitre et de Varouna. des vaches (divines) *, de l’œuvre sainte, du
à. Si nous faisons en l’honneur du grand mortier (sacré), enfin la Pureté même.
Dadhicràs des libations et des offrandes, n’ou-
blions pas aussi d’invoquer les Marouts. Deman- HYMNE 1X.
dons les bénédictions de Varouna, de Mitra,
d’Agni. d’lndra dont le bras porte la foudre. A INDRA ET VAIIOUNA, PAR YAIADËVA.
5. Avec un saint empressement les (hommes), (Mètre : Trichtoubh.)
prêtres et pères de famille, accourent au sacrifice
et implorent (Dadhicràs) à l’égal d’lndra. O Mitra l. 0 lndra et Yarouna, quel hymne, accompa-
gne d’liolocanstcs, et tel (pour vous) que l’im-
et i’arouna, c’est vous qui nous avez donne ce
mortel sacrificateur, est capable d’obtenir votre
coursier, bienfaiteur des mortels.
faveur 2’ O lndra et Varouna, que cet hymne, parti
6. J’honore le coursier Dadhicras, robuste et
vainqueur. Que nos bouches n’aient prononcé de notre bouche et remplide nos hommages et de
nos prières. aille toucher votre cœur.
que des prières efficaces. Que nos jours soient
heureusement prolongés ! 1’. O dieux amis, lndra et Varouna, le mortel
qui, pour obtenir votre bienveillance, vous a
présenté ses offrandes, devient dans les combats
HYMNE Vlll.
le vainqueur de ses ennemis : il est renomme
A paonneaux un VAIADEVA. pour sa puissance.
3. O lndra et Varouna, vous répandez vos bien-
(Hum ; Trichtoubh et Djugati., faits sur les hommes qui vous louent; vous ré-
pondez par Votre amitié à l’amitié de ceux qui
l. Honorons Dadhicras; que toutes les Aurores
me protègent. (Honorons) les Ondes, Agni, l’Au- vous réjouissent par leurs libations et leurs
rore, le Soleil, Vrihaspati * vainqueur, et lils offrandes.
d’Angiras. i. O lndra et Yarouna, (dieux) terribles, vous
2. Qu’il désire nos offrandes, ce coursier géné- lancez la foudre lumineuse et puissante contre
l’ennemi. Faites sentir votre force victorieuse à
reux,qui aime les combats, qui conquiert les
vaches, qui se plait dans nos pompes sacrées, et ce tyran superbe et cruel.
appelle vers nous l’abondance et les Aurores. Que .3. U lndra et Varonna, rendez notre prière fe-
Dadhicras, juste, prompt, impétueux, rapide, conde comme le taureau (féconde) la vache. Que
produise (pour nous) la fertilité, la force, le cette Prière fasse couler sur nous son lait abon-
bonheur. dant, telle que sur le gazon une noble vache aux
3. A la vivacité de ce badineras, on dirait l’oi- mille jets savoureux.
seau de proie qui frappe l’air de son aile eni- (i. 0 lndra et Varouna. (dieux) brillanls, don-
pressée: on dirait l’épervier qui plane dans le ciel. nez-nous des enfants et des petits-enfants, des
Tel est Dadhicras robuste et triomphant. terres, un éclat pareil à celui du soleil, une lieu-
i. Ainsi, ce coursier poursuit sa carrière. Son reuse virilité. Venez ici à notre secours au mo-
ment de l’aurore.
col, son poitrail, sa bouche sont ornés de liens.
7. Nous demandons les vaches (célestes), et
i. Aditi est la mère des Adityas. Dans ce! hy mue le
commentaire rend le mot .ilaruut par stotri (laudalor). l. [lause signifie cygne: c’est le nom par lequel
2. Vrihaspati est une forme d’Agni; c’est le feu du certains philosophes désignent le premier être immatériel,
sacrifice. et il est naturel qu’on le regarde comme un le l’arainàtmà. ll sembla ici titre une épithète d’Agni.
fils d’Angiras, qui est le sacrificateur. 2. C’est-à-dire des libations.
256 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. (un. VIL]
nous réclamons votre antique secours, votre que Twachtri, j’ai dans ma sagesse donné le mou-
(constante) amitié,o vous, amis fidèles et puis- vement à toute la nature. J’ai soutenu le ciel et la
sants, héros généreux et magnifiques z (soyez terre.
pour nous) comme deux pères. 4. J’ai répandu les eaux purifiantes g j’ai placé
8. 0 (dieux) bienfaisants, les Prières, dans leur l’être lumineux au foyer du sacrifice. Par le sa-
ardeur de se joindreà vous, ont l’air de lutter crifice (est ne) le brillant fils d’Aditi, qui a déve-
entre elles pour vous prêter des forces. Nos ln- loppé les trois mondes.
vocations et nos Chants viennent vers lndra et 5. Les chefs aux nobles coursiers et ardents
Varouna, comme les vaches (du sacrifice) vers le aux combats, les guerriers, au milieu de la mé-
soma qui les embellit. lée, m’invoquent. Je suis Maghavan, je suis Indra,
9. Oui, mes chants montent jusqu’à lndra et je préside aux batailles, je soulève la poussière
Varouna, et désirent leurs bienfaits. Tels (autour (de la plaine), doué d’une force victorieuse.
de leur seigneur) s’assemblent des serviteurs avi- , 6. C’est moi qui ai fait cet univers. Personne
des de richesses, de faibles femmes demandant ne peut résister à ma puissance divine et invin-
leur nourriture. cible. Quand je suis enivré du soma et (du bruit)
10. Puissions-nous être possesseurs d’une opu- des hymnes, les deux mondes, dans leur immen-
lence constante! Puissions-nous avoir et des che- sité, tremblent (devant moi).
vaux et des chars! Que ces (dieux), dans leur 7. (Le poète répond.) Tous les mondes te con-
course toujours propice, nous envoient des ri- naissent. 0 sage Varouna, ce que tu dis de toi est
chesses et de (belles) moutures! vrai. On te célèbre comme vainqueur de tes en-
il. O lndra et Varouna, soyez pour nous de nemis; (tu es) Indra. et tu as délivré les Ondes.
généreux auxiliaires, et arrivez pour le combat 8. Apres la mort du fils de Dourgaha I, nous
qui nous promet d’abondantes dépouilles. Déjà avons eu pour pères les sept Richis. A l’épouse
les armes brillent dans cette mêlée. Puissions- (de Pouroucoutsa) ils ont donné Trasadasyou, qui V
nous recueillir les fruits de cette guerre! i ressemble à lndra, et qui est vainqueur de Vritra
et demi-dieu.
HYMNE x.
9. 0 Indra et Varouua, Pouroucoutsani * vous
a honorés par ses holocaustes et ses invocations.
X A mon ET VAROUNA, un TRASADASYOUI. C’est ainsi qu’elle a obtenu de vous Trasadasyou,

(une : Trichtoubh.)
vainqueur de Vritia et demi-dieu.
10. En récompense de nos libations et de nos
l. (Varouna * parle.) 0 Immortels, la royauté holocaustes, puissions-nous, heureux Dévas, jouir
qui s’exerce sur nous tous se partage entre moi de la richesse, comme les vaches (jouissent) de
( et le dieu) Kchatriya 5, auteur de toute existence. l’herbe du pâturage! 0 Indra et Varouna, écartez
Les dieux coopèrent à l’œuvre de Varouna. Je de nous (le mal), et donnez-nous chaque jour la
suis le roi de mes collègues. vache (de l’abondance). ’
2. Je suis le roi Varouna; en moi résident tou-
tes les forces vitales. Les dieux coopèrent à l’œu- HYMNE XI.
vre de Varouna. Je suis le roi de mes col-
lègues. AUX ASWINS, PAR POUROUIILBA ET DJAIILIIA,
3. Je suis lndra et Varouna; je suis ces deux FILS DE SOUHOTRA.
mondes, grands, beaux, larges et profonds. Tel (Mètre : Trichtoubh.)

i. Trasadasyou est le Richi de cet hymne, c’est-à- l. Quel dieu va nous entendre? Parmi ces (pro-
dire celui qui parle et qui agit dans cotte espèce de petit tecleurs) dignes de nos sacrifices, quel est celui
drame; mais il ne saurait en être l’auteur, qui est qui accueillera notre hymne? En l’honneur de
probablement VAmadéva.
2. Le commentateur dit que la parole est à Trasa-
dasyou. Le lecteur jugera si j’ai pu adopter cette idée. i. Trasadasyou est fils de Pouroucoutsa, et petit-fils
Trasadasyou est bien un héros demi-dieu : on le confond de Donrgaha. Après la mort de son père, il eut pour
avec Mandliàlri, avatars d’lndra. Mais est-il passible de tuteurs sept Bichis, que le commentaire semble indiquer
lui faire tenir le langage que l’on va entendre? comme étant ceux que l’on appelle Septarchis.
3. Ce mot signifie possesseur d’un Kchatra, d’un fief, 2. Nom de l’épouse de Ponroncontsa. Par le conseil
et par conséquent guerrier. c’est une épithète qui con- des Richil. elle a honoré Indra et Val-auna. qui lui ont
vient a lndra, au dieu qui combat et qui est roi. donné Trasadasyou.
[Let-4. vu.] RIG-VÉDA. -- SECTION TROISIÈME. 257

quelle (divinité) ferons-nous entendre cette sainte vier par l’hymne (sacré) a boire le soma?Qui,
louange, qui va au cœur et qu’accompagne l’ho- par ses invocations, appellera vos regards, o As-
locauste ? wius, sur l’ancien ministre du sacrifice ?
2. Parmi les dieux quel est le mieux disposé à 4. Puissants et véridiques (Aswins), venez à
venir nous visiter? Qui fera notre bonheur ? Quel nos cérémonies sur votre char d’or. Prenez le
est le plus fortuné ? Quel est ce char fameux et miel de notre soma, et versez vos bienfaits sur
léger, traîné par de rapides coursiers, que la fille le peuple qui vous honore.
du Soleil t a préféré? 5. Oui, sur ce char d’or, (sur ce char) roulant
3. Au moment de l’aurore, vous venez vous venez a nous et du ciel et de la terre. Que d’au-
unir aux Jours, comme lndra àla Puissance *. tres, par leurs hommages, se gardent de vous
(Etres) divins, ailés, nés du Ciel, de quelle œuvre prévenir. Ne sommes-nous pas vos plus anciens
merveilleuse vous êtes charges ! serviteurs ?
4. Quel éloge peut égaler votre mérite? O As- 6. (Dieux) protecteurs, accordez-nous, à nous
wins! par quelle prière vous inviterons-nous à deux, une large opulence, soutenue par une forte
venir? Qui est capable de soutenir votre indigna- famille. 0 Aswins, quand les Pouroumllhas vous
tion ? Doux et nobles défenseurs, délivrez-nous. chantent, les Djamilhas chantent avec eux.
à. Votre char couvre au loin le ciel, en roulant 7. (Dieux) équitables et véridiques, si par mes
avec vous a travers l’océan (des airs). Que (nos sacrifices j’ai pu vous plaire, que notre prière
prêtres) vous apportent leurs mets (consacrés) et devienne pour nous un trésor d’abondance! Pro-
leurs grains d’orge, et tachent, o doux (protec- tégez votre chantre. Que notre désir arrive jus-
teurs), de mériter par le miel (de leurs libations) qu’à vous!

le miel (de vos bienfaits).


6. Que l’onde (des libations) arrose vos che- HYMNE X11].
vaux; que ces coursiers ailés poursuivent avec
splendeur leur carrière. Nous reconnaissons la AUX ASWINS, PAR VAIADEVA.
présence de ce char rapide qui vous a rendus les (lem: : Trichtoubh et Djagatl.)
maitres de la fille du Soleil.
7. (Dieux) équitables et véridiques, si par mes i. L’astre lumineux se lève; il s’attelle, le
sacrifices j’ai pu vous plaire, que notre prière char i qui roule autour du foyer où brille (Agni).
devienne pour nous un trésor d’abondance l Pro- Sur ce (char) sont placées les trois offrandes pre-
tégez votre chantre. Que notre désir arrive jusqu’à sentees au couple (divin); on y distingue aussi
vous! le quatrième vase des libations *.
2. Au lever de l’aurore, les Offrandes, aussi
HYMNE KIL douces que le miel, s’élèvent rapides et légères;
leur vertu 5 repousse les ténèbres qui les envi-
AUX ASWINS, PAR POUBOUIILIIA ET DJÀIILHA. ronnent, et projette au loin dans l’air des lueurs
(Hêtre : Trichtoubh.) éclatantes.
3. Que votre bouche se plaise à goûter le miel
i. 0 Aswins, nous voulons invoquer aujour- de nos libations, et attelez votre char pour venir
d’hui votre char large et rapide, qui marche de
le prendre. (A votre tour) répandez aussi sur
concert avec la Vache (lumineuse); qui sur son
banc (merveilleux) transporte la tille du Soleil; votre route, sur nos maisons, le miel dont vous
(char) célébré dans nos hymnes, et charge de
biens et de richesses. t. Ce n’est point le char des Aswins que le poëte
désigne ici; c’est le char du sacrifice, attelé par le
2. Divins Aswins, enfants du Ciel, ce sont les prêtre en l’honneur de ces divinités, et qui a pour car-
œuvres (saintes) qui vous donnent cette beauté. rière le foyer ou brûle Agni. Le commentateur n’est pas
de mon avis. Dyou est pour lui Aditya.
Les Offrandes embrassent votre forme, et les 2. Ces trois offrandes sont celles qui se font aux
Hymnes vous placent sur votre char. trois époques de la journée. La quatrième me semble
3. Qui va aujourd’hui vous honorer avec l’ho- celle dontil aété question dans les hymnes aux Ribhous,
quand on y dit que la coupe du sacrifice a été divisée
locauste, et, demanth votre secours, vous con- en quatre parties.
3. Les offrandes jetées sur le feu augmentent son
i. Voy. page "5, col. I, note l. activité; elles font briller ses rayons, qui se répandent
2. Appelée Salut sur tout le monde.
(un. vu.]
2.33 INDE. --- POÉSIE LYlilQUi.
portez vous-mêmes, o Aswius, le vaSe agréable. HYMNE KV.
li. Avec vos coursiers aux ailes d’or, rapides,
doux, innocents, s’éveillant avec l’aurore, hu- A INDIA ET YAYOU, PAR YAÈADEYA.
mides de rosée, heureux (de notre soma) et dis- (Item : Anoucbtuubh.)
posés à faire des heureux, venez a nos sacrifices,
comme les mouches (viennent chercher) le miel. l. 0 Vàyou, brillant (des feux du sacrifice), je
5. O bienfaisants Aswins, les Feux, avec leurs te présente nos douces libations. (Sois) le premier
douces offrandes et leurs heureuses invocations, (a les recevoir) dans ces saints jours. O dieu,
vous célèbrent le matin, (à cette heure) où, d’une nous te désirons; attelle tes coursiers, et viens
main purifiée. sage et empressé, j’extrais du mor- boire notre soma.
tier le soma savoureux. 2. 0 Indra et Vàyou, vous méritez l’honneur de
6. (Nos) rayons i, avec le jour, repoussent (les goûter de ces breuvages (sacrés). ils coulent vers
ténèbres), et projettent au loin dans l’air des vous qui nous protégez, comme les ondes (cou-
lueurs éclatantes. Le Soleil attelle ses coursiers, lent) vers la vallée.
et apparaît. (0 Aswins), prenez la force de la 3. 0 lndra et Vilyou, maîtres puissants de la
.Swadh-a’, et suivez toutes les voies qui vous sont Force, vous ètes portés sur le même char; pres-
ouvertes. srz vos coursiers pour venir à notre secours et à
7. O Aswins, dans mon hymne pieux j’ai cé- nos libations de soma.
lébré votre char immortel, qui, traîné par de i. 0 lndra et layon, héros qui aimez à prendre
superbes coursiers, vous transporte autour des votre part de nos sacrifices, donnezmous, (don-
mondes. Venez prendre nos holocaustes, et de- nez) à votre serviteur ces coursiers qui vous
venez nos sauveurs. appartiennent, et qui fout l’objet de tous les
désirs.

HYMNE xtV.
HYMNE xvt.
A nous tr "vos, PAR thulium.
(Maire : Gâyutri.)
.t vues, un "sans".
(Mètre : .tnouchtoubh.)
l. 0 l’aveu. sois le premier dans nos saints
jours à boire la douce libation. Tu mérites cette l. Visite les sacrifices du père de famille, (sa-
prérogative. crifices) nouveaux et riches en présents. 0 Yayou,
2. Appelé par nos innombrables désirs, attelle sur ton beau char, viens boire le soma.
tes coursiers, O Vàyou, assieds-toi sur le même 2. Tu peux briser tes ennemis; et, attelant tes
char qu’indra,et goûtez tous deux de notre soma. coursiers, tu montes sur le même char qu’lndra.
3. 0 lndra et l’aveu, que vos mille coursiers 0 l’aveu, sur ton beau char, viens boire le
vous amènent à nos mets (sacrés) et à nos liba- soma.
tions de soma. 3. Les deux (corps) azurés qui contiennent tous
li. 0 lndra et Vfiyou, montez sur ce charnu singe les trésors et portent toutes les formes poursuivent
(l’or, qui touche le ciel et que célèbrent nos sa- leur carrière. 0 l’aveu, sur ton beau char, viens
critices. boire le soma.
à. 0 lndra et Vàvou, sur ce charlarge et solide à. Que tes quatre-vingt-dix-neuf coursiers l,
aussi rapides que la pensée, t’amènent (ici). 0
approchez-vous de votre serviteur, et venez en
layon, sur ton beau char, viens boire le soma.
ces lieux. a
6. oindra et l’aveu, ce soma (est prêt) ; (venez)
dans la maison de votre serviteur vous réjouir
5. O layon, attelle tes cent chevaux magni-
fiques. f) l’aveu, sur ton beau char, viens boire
avec les Dévas, et boire nos libations. le soma.
7. 0 lndra et Voyou, dirigez-vous de ce côté, 6. Ainsi, que ton char solide arrive avec les
que vos (coursiers) soient lancés pour vous ame- mille présents. 0 voyou, sur ton beau char, viens
ner à nos libations de soma. boire le soma.

l. J’entends que ce sont les rayons du sacrifice dont t. C’est un nombre attribué ailleurs aux torrents
il est question dans la note précédente. célestes. Voy. page fil.
(un. vu] lth-VEDA.--SEGTIUX TROISIÈME. 259
HYMNE KV". 3. 0 Vrihaspati, que ces (dieux) qui aiment le
sacrifice viennent s’asseoir (ici) de la (région)
A INDIIA E7 VRIHASPATI, PAR VAIADÈVA.
élevée et lointaine (ou ils demeurent). En ton
(un: : Gâyntri.) honneur coulent ces flots abondants d’un jus
savoureux et extrait du mortier, en même temps
t. 0 lndra et Vrihaspati, dans votre bouche je que l’hymne résonne.
place mon holocauste. En votre honneur (je li. Vriliaspati naît d’abord dans le noble ber-
chante) cet hymne et (verse) ce soma. ceau du grand être lumineux. Doue de sept bou-
2. O lndra et Vrihaspati, pour vous je répands
ches ’, il a des existences variées; et, brillant
cette libation. Buvez. et que sa douceur vous de sept rayons, il triomphe avec bruit des té-
enivre.
nebres.
3. O lndra et Vrihaspati, vous aimez le soma;
5.Vrihaspati, resplendissant et excite par le
venez ensemble dans ma maison boire celui que chant des hymnes, frappe avec un frémissement
je vous offre.
sonore Bals, qui retient le nuage fécond. Il crie,
Al. O lndra et t’rihaspati, donnezsnous une opu-
et délivre Ces vaches qui le desirent et fournis-
lence qui nous procure des centaines de vaches,
sent à nos holocaustes.
des coursiers, des milliers de biens.
t3. Ainsi, par nos sacrifices, nos invocations,
à. 0 lndra et Vrillaspati, nous avons verse le nos offrandes, honorons l’être bienfaisantqni est
soma; nous vous invitens par nos hymnesù notre père et qui renferme en lui tous les dieux.
venir le boire.
0 Vrihaspati, puissions-nous avoir une belle li-
6.0 lndra et Vrihaspati, buvez le soma dans la
gnée, une forte famille! [Missions-nous être niai-
maison de votre serviteur. Venez en ces lieux, et
tres de la richesse Z
livrez-vous à la joie.
7.1l est sur, par sa force et sa puissance, de
l’emporter sur tous ses ennemis, le roi qui sou-
HYMNE Àt’lll.
tient (par ses offrandes) le (dieu) capable de tout
soutenir, qui l’honore et le célèbre avant tous.
A nth ET Vultusrnt, PAR nuent. 8. ll demeure bien établi dans sa maison, il
(Malta : Trichtoubh a Magali.) Voit llà * lui prodiguer toute espèce de biens,
et son peuple obéir à ses commandements, le roi
l. Vrihaspati a par sa force fixe les regions qui préfère a tous le (dieu) sacrilicateur 5.
terrestres t; il sic-go avec bruit sur trois foyers; t). ll est invincible, il réunit en sa personne les
sa langue caresse (nos libations); et ce sont les
biens de ses ennemis et ceux de sa nation, le roi
sages, brillant (des feux du sacrifice), les anciens
liiehis, qui l’ont eleve sur ce trône.
qui consacre sa richesse pour le (dieu) sacrifica-
teur et dispose à nous secourir. Tous les Dévas le
2. 0 Vrilmspati, (les prêtres) qui nous dirigent
COliSUl’YCltf.
et qui, par le sacrifice, réjouissent ton cœur, ont
la force de dissiper (nos ennemis). U Vrihaspati,
lU. 0 lndra et Vrihaspati, buvez notre soma;
source de tout bien. réjouissez-vous dans notre
(sarde le foyer de ce (père de famille), (foyer)
sacrifice. Que nos heureuses libations vous pe-
large, inviolable, d’où par un chemin sinueux
s’élance Agni ’, et où abondent les offrandes. nC-trent. Accordez-neus une opulence que sou-
tienne toute espèce de force.
il. U lndra et Vrihaspati, faites notre bonheur.
l. Cette idée est obscure. Je crois que le put-te fait
allusion au soin que doit avoir le sacrificateur d’orien-
ter ses foyers : Tartambha djmù anion.
2. J’ai rendu de cette maniera le mot sripru, qui 1. Vritraspati est Agni sacrificateur; ses sept bouches
littéralement signifie serpent. Il m’est venu l’idée que sont les sept Tcltlumdas on mètres poétiques.
crtle épithète pourrait bien représenlct’ informe même 2. C’est le nom ou de la Terre ou de la déesse du
du (ont, dont Stevenson donne la description dans la sacrifice.
prèlace de sa traduction du sauna-Yen... 3. La phrase pourrait se traduire de manière à faire
croire a un antagonisme déj1 existant entre le prêtre et
le roi. J’ai cru devoir restreindre le. sons, et le réduire
Yazljgnavédi.
a une comparaison naturelle entre un dit-u et un prince.
l’ach tica. La théocratie de cette époque me parait douteuse. Ce-
pendant le rapprochement, dans cette strophe et la sni-
somma. Eclitica. tante, entre Brnhmrm et Rddjun, est formel, et les
brahmanes des âges suivants, en forçant le sens. ont
Gârhapat) a, Dakchimigni. Ahitcantya. pu s’en prévaloit.
260 lNDE. - POÉSIE LYRlQUE. [me vul.]
Que votre bienveillance nous accompagne. Exan- 8. Les Aurores accourent de l’orient toujours
cez nos prières. Donnez l’éveil a nos hymnes. semblables à elles-mêmes, toujours répandant les
Détruisez les ennemis du père de famille et de vos mêmes biens, toujours célébrées comme les di-
serviteurs. vines messagères du sacrifice et de l’assemblée
(pieuse), comme les guides qui amènent les va-
ches (célestes) ’.

9. Elles vont donc, ces Aurores toujours pareil-


LECTURE HUITIÈME. les, toujours ornées des mêmes couleurs, pures, -
vives, éclatantes et de leurs corps brillants voi-
HYMNE l. lant la noire immensité.
A L’AUIIOl’lE, PAR VAIADÉVA. 10. Lumineuses et divines filles du Ciel, don-
(Mètre : Trichtoubh.) nez-nous une opulence accompagnée d’une heu-
reuse famille. Éveillés par vous,que votre bienveil-
1. Qu’a l’orient le grand astre, plein de lumière lance nous rende les maîtres d’une forte puissance.
et de beauté, sorte du sein des ténèbres. Que les il. Filles du Ciel, brillantes Aurores, voilà les
Aurores, brillantes filles du Ciel, fassent lever le vœux que je vous adresse, .moi, le héraut du
genre (humain). (sacrifice. Puissions-nous être glorieux au milieu
2. Que les magnifiques Aurores apparaissent à des nations! Que le Ciel, que la Terre divine
l’orient, comme les poteaux (sacrés) dans nos nous accordent cette grâce l
cérémonies. Pares et resplendissantes, qu’elles
ouvrent, à leur lever, les portes du pâturage té- HYMNE ll.
nébreux.
A L’Aunons, PAR VAIADÉVA.
3. Que les riches Aurores, en se levant aujour-
d’hui, éclairent les hommes pieux dans l’œuvre au": : Géyatrl.)
de leur libéralité (religieuse). Que les avares dor- l. Guide fortuné et mère (féconde), la fille du
ment, sans être éveillés, au sein des obscures Ciel se lève et apparaît à la place de sa sœur.
ténèbres. 2. Belle, juste, brillante, l’Aurore (s’élance)
Il. Divines et opulentes Aurores, puisse aujour- telle qu’une cavale; elle est la mère des vaches
d’hui vous satisfaire cet hymne perpétuel, ou le (célestes), et l’amie des Aswins.
char (du sacrifice que nous attelons) pour vous, 3. Oui, tu es l’amie des Aswins. Oui, tu es la
et sur lequel vous brillez avec éclat par les soins mère des vaches (célestes). Oui, Aurore, tu règnes
des Angiras aux sept bouches, (surnommés) Da- sur la richesse.
sagwas et Navagwas 4! -’I. Tu aimes les hymnes, et par nos chants nous
5. Avec vos coursiers, amis de nos sacrifices, t’éveillons pour avoir un appui contre nos enne-
vous parcourez rapidement les mondes. o divines mis.
Aurores, éveillant pour le mouvement les bipèdes 5. Tes splendeurs fortunées apparaissent, et
et les quadrupèdes endormis. nous amènent les vaches (célestes). L’Aurore a
6. Qu’est devenue l’Aurore antique qui a reçu la rempli (le ciel) d’une vaste lumière.
première l’hommage des Ribhons 1’ Dans leur 6. 0 brillante Aurore, de tes voiles lumineux
cours brillant et fortuné, les Aurores ne sauraient tu as couvert les ténèbres. Accepte notre offrande.
être distinguées. 7. O Aurore, tu étends tes rayons sur le ciel.
7. Oui. sans doute, il fut jadis d’heureuses Au- (Tu sèmes) dans les espaces de l’air où tu règnes
rores, fécondes en bienfaits et justement hono- tes lueurs étincelantes.
rées par le sacrifice, dans lesquelles le pieux sa-
crificateur a reçu le prix de ses chants, de ses HYMNE lll.
hymnes, de ses louanges. A SAVlïlll,’ PAR VAIADEVA.

l. Les Angine sont les prêtres chargés des sacrifices, (Mure : Djagatl.)
ou plutôt les Rites personnifies. Dans l’hymne qui ter-
mine la lecture précédente, Vrihaspati est doué de sept l. Nous consacrons ce noble hommage au di-
bouches.comme ici les Angine, à cause des sept mètres vin et sage Savitri, qui donne la vie ’. Quece
poétiques sur lesquels les hymnes sont composés,
lehhandoyouktamoukhah. Pour les épithètes Damgwa l. Ces vaches,ce sont les rayons du jour.
et Navaywn, voy page 80, col. I, note fi. 2. .Isoltru.
lacer. vm.)
lllll-VÈDA. - SECTION TROISIÈME. 26!
grand dien, avec les rayons du jour 4, nous ac- i Qu’il nous défende nuit et jour. Qu’il nous ac-
cordela protection dont il daigne honorer son corde une opulence fondée sur une nombreuse
serviteur. famille.
2. Savitri est le soutien du Ciel, et le père du
monde; dans sa sagesse, il revêt sa cuirasse d’or; HYMNE 1V.
il étend, il répand (ses rayons), et sa hante pru-
dence enfante et propage le bonheur, que célè- A SAVITRI, pas vanné".
brent nos chants. (Mètre : Trichtoubh.)
3. Le divin Savitri remplit les mondes divins
et les mondes terrestres; il glorifie lui-même son t.- En ce moment du jour apparaît le divin Sa-
œuvre. Il étend ses bras ’ pour embrasser la na- vitri, digne de nos hommages, digne de nos priè-
turc; il la pénètre, il la féconde de ses rayons. res. (lnvoquons) celui qui est le bienfaiteur des
Il. Le divin Savitri, invincible et resplendis- hommes, pour qu’il daigne nous ouvrir ses tré-
saut, surveille les œuvres de ses créatures. il tend sors.
ses bras vers les êtres qui couvrent le monde. et, î. En premier lieu, tu accordes aux Devers,
ferme dans ses desseins, il est roi de ce vaste qu’honorent avec raison nos sacrifices, la plus
univers. belle des parts, l’immortalité. Mais, 0 Savitri, tu
5. Savitri a partagé l’air en trois mondes bril- sais aussi, pour plaire à ton serviteur, répandre
lants 5, qu’il entoure de sa grandeur; il a étendu sur la race humaine les biens qui lui sont né-
trois cieux, trois terres, et triple est l’œuvre par cessaires.
laquelle il nous prouve sa puissance. 3. Si par notre ignorance, par la pauvreté de
6. Savitri est l’auteur et le maître de tous les nos offrandes, par un orgueil naturel à l’homme,
êtres, animés et inanimés. Que ce dieu nous ac- nous avons commis quelque faute contre la race
corde sa triple protection, qui nous délivre du divine, d Savitri, devant les Dévas et les hom-
mal ! mes, montre ici que nous sommes sans péché.
7. Qu’il vienne, le divin Savitri, avec les Ri- 4. Que l’œuvre du divin Savitri, par laquelle
tous; qu’il augmente notre maison; qu’il nous il soutient tout le monde, n’éprouve aucune at-
donne avec l’abondance une heureuse lignée. teinte. Nous ne pouvons que louer la bonté de
tout ce que fait (ce dieu) aux longs bras et sur
cette large terre et dans le ciel immense.
I. Le mot aktou signifie nuit; mais il signifie aussi
jour, éclot. Ce qui nous prouve que ces divers sens ne 5. 0 Savitri, tu produis toutes ces demeures
sont que restrictifs, et que le mot chou doit avoir une (qui s’étendent) au-dessus de ces vastes nuages,
signification en elle-même assez compréhensive. En effet, ces mondes dont le plus élevé est celui d’lndra.
chou peut se traduire par le mot ungurntum : c’est
proprement la substance onctueuse qui s’étend et qui Comme ils ont marché, ils s’arrêtent aussiàla
recouvre un objet. Par métaphore, la nuit oint le monde volonté de leur créateur.
de ses noires vapeurs; le jour ointle ciel de ses rayons, 6. Trois fois par jour, ô Savitri, des libations
et le mot chou peut se prêter facilement a ces deux
sans opposés de nuit et de jour. Je trouve un passage ont lieu en ton honneur, et sont (pour les mortels)
ou le commentateur explique ainsi chleu : Andjarw- une source constante de bonheur. Qu’lndra, le
sùdhanam ghritam. Ce même mot prend aussi le sens Ciel et la Terre, la Mer avec les Ondes, Aditi avec
de torrent; et j’expliquerai ce sens en comprenant que
le torrent recouvre la. terre. Mais il est un endroit ou les Adityas, nous accordent leur protection.
chou signifie trait, àyoudham. Je ne puis me rendre
compte de ce sans qu’en remontant a la racine andj.
qui a aussi la signification d’aller, se mouvoir. HYMNE v.
2. Nous savons que les bras du soleil. ce sont ses
rayons. aux VISWADÉVAS, un "sans".
3. On compte ordinairement trois mondes : le ciel, l’air
et la terre. Le poète semble ici subdiviser ces trois (mon : Trichtoubh et Gayatrî.)
mondes, chacun en trois antres. L’air se partage en
mondes de Vâyou, de. Vidyout, de Varouna, ou de l. O Vaseus, qui de vous est notre sauveur, no-
VAyou, d’Agni, d’Aditya. Ces mondes portent le nom
général de radjes, de rotchanam. Les trois cieux sont tre défenseur? Ciel et Terre, Aditi, Varouna, Mi-
ceux d’Agnldhra. de Prsdjépati, et le Satya. Le com- tra, protégez-nous contre un mortel trop puis-
mentateur ne nomme pas les trois mondes terrestres : sant. 0 Dieux, qui d’entre vous nous donnera dans
il a l’air de penser que le mot terres s’emploie pour
désigner le ciel, l’air et la terre. L’œuvre triple consiste le sacrifice les biens que nous demandons ?
dans la formation de la chaleur, de la pluie et du froid. 2. Que ces (dieux) qui illuminent les demeures
L’li’3
HUI-J. -- POÉSIE linlIQlili. (un. un.)
orientales quand ils se lèvent. sages et sauveurs, ses mugissements au son des vents qui le pous-
reçoivent (nos présents), disposés à nous soute- sent.
nir; et immortels, équitables, qu’ils brillent avec 2. Dieux cléments et féconds, bans et justes.
éclat. pères des dieux et dignes avec eux de nos sacri-
3. Je chante la grande Aditi, la Mer, la divine fices, directeurs de nos saintes cérémonies, ar-
Swasti l : qu’elles nous soient favorables. Aurore rêtezovous ici au bruit de nos hymnes pieux.
et Soir, Nuit et Jour, soyez a l’abride tout danger 3. Ce fut sans doute un excellent ouvrier celui
et conservez-nous. qui, au milieu des mondes, a engendré le Ciel
Il. Qu’Aryaman, que Varouna connaisse la voie et la Terre, larges, beaux, brillants et profonds,
(de notre sacrifice); qu’Agni, maître de l’offrande uniques dans leur espèce l, et qui, dans sa puis-
(sainte), suive une route convenable. 0 Indra et sante sagesse, leur a donne un mouvement
Vichnou, célèbres par nos hymnes, accordez-110113 commun.
une protection pleine de force: (donnez-nous) le Il. 0 Ciel et Terre, je vous invite à partager notre
bonheur et la puissance. joie 3, et à venir prendre ces mets et ces offran-
J’invoque les secours de Parwata, des lila- des qne consacrent les épouses (des dieux) 5.
routs, de Bhaga, sauveur divin. Que le maltre du Larges, étendus, adorables, protégez-nous. Que
mal’ (Varouna) nous délivre des dangers dont nous la Prière devienne pour vos serviteurs comme
menacent nos semblables, et Mitra, des dangers un char favorable.
que nous font courir nos amis. 5. O Ciel et Terre, nous vous apportons notre
li. Chantez le Ciel et la Terre avec Ahirbou- tribut d’hymnes et d’heureuses invocations.
dhnya 5; (chantez) ces deux divinités avec les (à. Vous déployez à l’envi l’un de l’autre la force

(dieux) amis qui amènent les eaux t. Jaloux de de votre corps pur et brillant, et vous méritez
répandre leurs bienfaits, que ceux-ci, brillants et sans cesse votre part dans nos sacrifices.
sonores, délivrent les rivières qui semblentpres- 7. Grands (dieux), vous accomplissez, vous
secs de courir à la mer. réalisez. vous comblez les vœux de celui qui est
7. Que la divine Aditi nous protège avec les votre ami. Venez vous asseoir à notre sacrifice.
Dieux. Qu’(Indra), dieu sauveur et vigilant, nous
conserve. Nous ne pouvons dignement honorer HYMNE Vil.
ni Mitre, ni Varouna, ni Agni.
8. Agni est le maître. de l’opulence, Agni (est le A DIVERS DIEUX, PAR VAIADÉVA.

maître) du bonheur. Qu’il nous les donne en pre- (Mètres t Anouchtoubh, Trichtoubh et Pours-Ouchnih.)
sent.
9. Aurore, bonne, riche et féconde. apporte- l. Avec le maître de la plaine * pour ami,
nous de nombreux trésors. nous sommes sûrs de la victoire. Il donne à celui
10. Que Savitri, Bhaga, Varouna, Nitra, Arya- qui nous ressemble et vache, et cheval,et délices
man, Indra,viennent heureusement vers nous avec de tout genre.
leurs richesses. 2. O maître de la plaine, envoie-nous les eaux
aussi douces que le miel, comme la vache nous
I cède son lait. Que les maîtres de la pureté mous
HYMNE Vt. i donnent des ondes non moins pures que le beurre
au CIEL ET A LA renne. un VAIADÉVA. qui tombe en flots de miel.
3. Que les plantes, que les cieux, les ondes,
(mires : Trichtoubh et Geyetrî.) . l’air, soient pour nous aussi suaves que le miel.
l. 0 Ciel et Terre, (dieux) grands et bons, bril- ï
1. Avance.
lez au bruit de nos hymnes pieux, au moment où 2. Je traduis ainsi l’adjectif majorités, que le com-
(Pardjanya), couvrant votre large surface, mêle mentateur fait rapporter au ciel et a la terre en l’expli-
quanl par ces mols : Parasparam sumgate.
3. Les épouses des dieux sont les Prières et Invoca-
1. La bénédiction du prêtre personnifiée. tions. J’ai rendu par cette idée l’épitbete putnîvat. Au
2. Pdlpatt’; Varouna est le soleil de nuit, et comme lieu de traduire val-011Mo. par Io sein de grilla, j’ai
tel il est considéré comme présidant au mal.
choisi celui de ahana.
3. Voy. page 161, col. 2, note i. 4. Kehe’trapali î c’est sans doute un nom de Rendre.
4. Je pense que les vents sont désignés par ces mots Quelques-uns attribuent cette épithète à Agni.
(Icltlôh).
5. Rilapati : épithète du Vent.
luis-1. Yl".l t:tu-i’t’:h.t.-st:c’rtux ’l’llulslllllli. 2523

Que le maître de la plaine ait pour nous la dou- .t. Oui, il a quatre cornes, trois pieds t, deux
ceur du miel. Honoronsde avec innocence de cols î et sept bras 5. Le dieu, comme un tau-
cœur. reau attache par trois liens *, mugit et apparalt
1. Que le bonheur soit sur nos animaux, sur aux mortels.
nos hommes, sur nos charrues. Que nos rênes 1. Ghrita a trons formes 5, et caché par les
flottent avec bonheur; qu’avec bonheur pique Panis G, les Devas l’ont retrouve dans la vache
notre aiguillon. (céleste). Indra a produit l’une de ces formes.
5. 0 (dieux appelés) Sauna et Sire l, aimez Sourya l’autre. L’ami (des hommes, Vâyou) 7,
nos prières, et versez sur elles ce lait que vous a donne la troisième aux (Devas), qui en ont fait
formez dans.le ciel. la Swadhd.
(i. Approche-toi, 0 (Terre) fortunée, (surnommée) 5. Les (Ondes) sortent du vase profond (des li-
Sîta’ 1. Nous t’honorons, pour que tu nous sois bations); leur foule est immense, et l’œil de Vritra
propice et fructueuse. lui-même ne saurait les distinguer. Je les vois.
7. Qu’lndra féconde sua; que Poùchan la de- ces Ondes de Ghrita; au milieu d’elles brille Ve-
core. Que sua nous prodigue. son lait pendant de tasa " aux rayons d’or.
longues années. 6. Purifiees par la Prière et l’Adoration, ces
8. Qu’avec bonheur les socs labourent pour Ondes coulent ainsi que des torrents. Ces Ondes
nous la terre; qu’avec bonheur nos pasteurs con- de Ghrita sont aussi légères que la hèle qui fait
duisent les animaux. Qu’avec bonheur Pardjanya devant le chasseur.
répande sur nous son miel: qu’avec bonheur 7. Les fleuves coulent rapidement vers la mer,
Sauna et Stra nons arrosent de leur lait. non moins prompts que le Vent: ainsi vont les
Ondes de Ghrita. Et lui, grossissant de leurs flots,
HYMNE Vlll. fend les airs 9 ainsi qu’un superbe coursier.
8. Telles que de charmantes épouses, comme
A AGNI, SCRNOIIÉ GHRlTA, PAR VAIADÉVA. si elles n’avaientqu’un cœur, les Ondes de Ghrita
(Hêtre; : Djegeu et Trichtoubh.)
s’approchent en riant d’Agni et l’enflamment. Et
le (dieu) possesseur de tous les biens les accueille
i. Un flot aussi doux que le miel sort du vase avec amour.
(des libations) 5. et vient avec Soma remplir la 9. Je les vois, ainsi que des vierges qui vont
fonction d’Amrita f. Le titre mystèrieux de vers leur époux, se parer de tous les ornements.
Ghrita, c’est d’être la langue des dieux et le re-
servoir de l’ambroisie.
que, lors de la composition de cet hymne, les hymnes
’2. Proclamons la gloire de Ghrita, et dans notre se faisaient, et ne pouvaient pas encore former un que-
sacrifice retenons-le par nos holocaustes. Que le drnple corps. Trhalouranana , Tchalourmoulha ,
(dieu) prêtre à nous entende, et, pareil à un cerf Tchatoureuktra et Tchntouhsringa me paraissent syno-
nymes de Tchatourasra. Les quatre cornes sont les que-
blanc f à quatre cornes 7, produise l’œuvre tre coins du foyer.
(sainte). 1. Le poële désigne les trois foyers ; peut-être les trois
Sommets.
2. Les deux cols sontles deux espèces d’offrandes :l’of-
1. Sauna. nom d’lndra; Sire, nom de V1yon ou fraude liquide, soma, et l’amande solide, échu.
d’Aditya.
3. Les sept bras sont les sept Tchhande: ou les sept
2 ses, signifie sillon. "atroces.
3. Ce vase porte le nom de semondre. 4. Le sacrifice se compose de prières (Montre), d’actes
4. Le poële personnifie le Ghrita, qui devient un (Yoga). d’hymnes (Slouti); il semble que ce soient la
Diva, un Amn’ta, un Immortel, une forme d’Agni. Or. les trois liens par lesquels on amène le dieu.
l’Amrita est ou le prêtre charge des libations telles que 5. La libation appelée glm’to se compose de kchira,
le soma on le ghrila, ou bien la libation elle-même lait, de dadlti, caille, et d’àdjya, beurre.
personnifiée. 6. Ce sont les Asonres qui avaient enlevé les vaches
5. Brahman. Cet hymne nous explique l’histoire de célestes. Voy. page H, col. 1, note 7.
ce Brahma aux quatre tètes, dont la mythologie a fait 7. l’àyou est désigné par l’épithète de vina (ami),
nu personnage différent d’Agni. comme plus haut les vents par celle d’ichtàh. Voyez
6. 66m. Agni est sans doute comparé à cet animal, page 262. cul. 1, note A.
à cause de le couleur blanche de le flamme qui s’allume. 8. l’item est un surnom d’Agni. Ce mot signifie
7. Je pense que ces quette cornes ou ces quatre têtes une espèce de rouan. il semble qu’Agni, un milieu des
sont une allusion aux quatre côtés du foyer. Vous voyez. libations, soit comme un roseau au milieu des eaux.
en effet, plus haut, page 259, col. 1, note 2, que le 9. Cette idées’explique en pensant que lalibalion coule
foyer oriental est carré. Le commentateur croit qu’il est rapidement du vase qui la contient pour tomber dans le
fait allusion par ces mots aux quatre Védas, oublient foyer.
264 mon. - POÉSIE LYRIQUE. ILeet. un.)
Dans le lieu où se font les libations du soma, ou l’Aurore et le Soir 4, tous deux de couleur dine-i
s’accomplit le sacrifice, la sont présentes les rente. Cependant au début des jours nalt (celui
Ondes de Ghrita. que l’on appelle) le cheval blanc *.
10. Venez vers l’endroit où se distribuent la 5. Oui, au début des jours il nait, ce (dieu)
louange et le beurre de la libation. Donnez-nous doux et brillant; il resplendit sur le bûcher qui
vos précieux trésors. 0 déesses *, dirigez notre l’a reçu. Agni, sacrificateur adorable, siégé dans
sacrifice. Les Ondes de Ghrita sont ici présentes, toutes les maisons, orné de sept rayons pré-
aussi douces que le miel. cieux.
il. Le monde entier existe par toi. Le flot 6. Oui, Agni, sacrificateur adorable, siège au
suave de tes splendeurs coule au vase des liba- sein de sa mère 5, sur un trône fortuné; jeune,
tions î, dans le cœur (de l’homme), dans toute sage, juste, soutien (des êtres), il se plait dans
la vie, dans les ondes (célestes) comme dans le plus d’une demeure; mais il brille (en ce moment)
foyer (solaire). Missions-nous en jouir pleine- au milieu des hommes.
ment! 7. Agni, sage et bon, préside à nos sacrifices,
et nous l’honorons lui-même par nos invocations.
HYMNE IX 7’.
Par la vertu de l’holocauste, il a étendu le ciel et
la terre; et (les hommes) lui adressent le perpé-
AGNI, PAR BOUDHA ET GAVICIITIIIIIA, tuel hommage de leurs offrandes et de leurs
rus D’un. libations.
8. Digne d’être honoré, il reçoit nos libations.
("tire : TriChtoubh.)
dans sa propre demeure, sous le nom de Damoü-
l. Agni s’est éveillé au foyer qu’allument les nas t : célébré par les poètes, heureux’hôte pour
hommes et à l’arrivée de l’Aurore, qui est la les mortels. Généreux et brillant Agni, nous tu
vache (bienfaisante du ciel). Tels que les bran- reconnaissons mille tètes, et par ta force tu sur-
ches qui s’étendent (sur l’arbre), les grands passes tous les êtres.
Rayons se répandent dans les airs. 9. 0 Agni, tu visites sans doute les autres (sa-
2. Oui, Agni le. sacrificateur s’est éveillé pour crifices); mais il n’en est aucun qui doive être
honorer les dieux; il se dresse, et se présente le pour toi plus agréable (que le nôtre, sacrifice) ou
matin avec bonté. Ses feux s’allument, il brille, l’hôte chéri de la race humaine nous apparaît
et sa force se développe à nos yeux. Le grand beau, éclatant, adorable.
dieu se débarrasse des ténèbres. 10. 0 Agni toujours jeune, les hommes, de loin
3. Quand Agni vientcomme s’enchalner au mi- comme de près, t’apportent leur offrande.
lieu de nos cérémonies t, il revêt toute la splen- Écoutella prière de celui qui t’invoque avec ar-
deur de ces (rayons, qui sont) les vaches (du deur. 0 Agni, ta protection est grande, étendue,
sacrifice). En même tempsl’Aurore, avide de nos fortunée.
libations, attelle ses coursiers. (Agni) se lève de- il. Brillant Agni, avec les (autres dieux) que
vent elle, et lui porte la liqueur onctueuse que nous honorons, monte aujourd’hui sur ton char
versent les coupes. large et resplendissant, et, dans ta sagesse,
Il. Les âmes des fidèles se portent vers Agni, amène ici ces dieux par le vaste chemin
comme les yeux vers le Soleil. Il est enfanté par de l’air, pour qu’ils goûtent a notre holo-
causte.
12. Faisons une invocation en l’honneur d’un
t. Ce passage pourrait aussi s’entendre d’une invita-
tion aux hommes qui font le sacrifice. (dieu) sage, fort, généreux et digne de nos hom-
2. Le Ghrita, le beurre vivifiant d’Agni, circule dans mages. De même que le Soleil éclaire le ciel, cet
toute la nature. ll n’est pas seulement dans le sacrifice,
il est dans le cœur de l’homme en qualité de Sama- hymne respectueux de Gavichthira glorifie
pràna, dans les nuages comme Vidyoulàgni, dans le AgnL
soleil comme Sôryàgni. Le commentaire, qui donne à.
samadrou le sens de mer, pense que Ghrita, au sein de
la mer, est Badavagni. l. Allusion aux sacrifices du matin et du soir. Le
3. Ici se termine le quatrième Mandala, qui porte le texte porte les deuxAurorer (Ouchaui).
nom de Vâmadéva. Le cinquième va commencer, avec 2. Agni qui brille pendant le jour. Dans l’hymne
le nom d’Atri. précédent on le comparnit a un cerf blanc.
4. Cette même idée se trouve plus haut, lecture 1V, 3. Le foyer portant le nom d’llâ.
hymne Vlll, stance 6. 4. Voy. page 122, col. l, note i.
RIG-VÈDA. - SECTION TROISIÈME. 26.3
[me vrtl.]
HYMNE X. Tu l’as délivré, ct il t’a chanté; fais de même
pour nous, o Agni, O sage sacrificateur, brise nos
A AGXI. PAR COUIAnA, FILS DE nuas. ET VRISA. liens, et viens ici t’asseoir.
(lares :Trichtoubh et Schwarl.) 8. Tu peux être irrité; mais reviens à ma
prière. Si je m’adresse à toi, c’est par l’ordre du
l. La jeune mère porte l’enfant royal l, mys-
sage lndra, gardien des œuvres divines. ll t’a vu ;
térieusement’caché dans son sein, et refuse de le
il me l’a dit, et je viens à toi, d Agni.
remettre au père (du sacrifice). Les peuples ne 9. Agni s’entoure d’une grande lumière, et par
voient plus la forme (du dieu), qui semble mort,
sa grandeur il a tout éclairé. Il dissipe la magie
et placé dans le lieu ou il n’y a plus de plaisir.
des impies qui suivent une mauvaise voie. Il
2. c 0 jeune (mère), pour quel motif as-tu la
aiguise ses cornes pour la perte du Rakchasa.
malice de soustraire ainsi cet enfant royal? s Et 10. Que les lueurs frémissantes d’Agni s’arment
la reine alors a enfanté. ll a fallu de larges liba-
dans l’air de pointes aiguës pour tuer le [lak-
tions * pour que ce germe grossit. Je l’ai vu a sa
chasa. Le dieu, dans sa joie triomphante, a des
naissance, au moment où sa mère le mettait au
monde. splendeurs qui repoussent et percent ses impies
adversaires.
3. Oui, ici près, j’ai vu (ce dieu) à l’aigrette
d’or, aux couleurs brillantes; (je l’ai vu) essayer
11.0 divin Agnî, 0 toi qui nais (pour nous)
tant de fois, sage et discret dans mes œuvres, j’ai
ses traits. Et moi, j’ai répandu sur lui l’onction
composé cet hymne, qui est pour toi comme une
immortelle. Que peuvent contre moi les hommes
espèce de char (d’honneur). Si tu es satisfait, en-
qui ne connaissentnilndra ni l’hymne (saint)?
4. Je l’ai vu sortir de son asile secret, et bien tôt voie-nous des ondes qui nous apportent le
bonheur.
s’environner de rayons, comme (un pasteur s’en-
12. Que (le dieu) magnifique, étendant ses cols
vironne) de son riche troupeau. On ne lui avait nombreux et superbes, rassemble (en notre mai-
pas ravi ses flammes. (Le dieu) vient de renaître;
son) la fortune de nos ennemis abattus. Les (De-
les vieilles flammes ont rajeuni. vas) immortels 4 ont ainsi invoqué Agni : qu’il
5. a Quidonc, pendant que j’étais mortel, a en-
couvre de sa protection Manon *, qui le reçoit
levé ces vaches a, qui se sont trouvées sans pas-
sur son litde gazon; oui, qu’il couvre de sa pro-
teur ? Que ceux qui les ont prises me les rendent.
tection Manon, qui le reçoit sur son lit de gazon.
Que tout homme sage s’approche de mon trou-
peau. I
HYMNE XI.
6. Des ennemis avaient rejeté au rang des
mortels celui qui est le roi des êtres et l’espoir A un". un vssousnoun, rus D’A’l’ltf.
des nations. Que les prières d’Atrit le délivrent.
(liure : Trichtoubh.)
Que ses calomniateurs soient confondus.
7. Sounahsépa 5 était attaché àmille poteaux. l. 0 Agni, quand tu nais, tu es Varouna ; quand
tu t’allumes, tu es Mitre. Enfant de la Force, tous
1. loferai grâce au lecteur d’une légende, inventée les dieux sont en toi. Tu es lndra pour le mortel
après coup, pour expliquer cet hymne, et relative au qui te sert.
prince Conmàra, écrasé par la faute du Pourohita Vrisa,
et ensuite rappelé a la vie. Agni est caché au sein de
2. Tu es Aryaman, quand, chargé de la Swa-
l’Arani : il y est comme mort. Le poète gourmande cette dhci, tu portes l’offrande mystérieuse des jeunes
mère, qui semble refuser son fils au sacrificateur, lequel (libations). Celles-ci répandent sur toi, comme
est le père du sacrifice. Cet enfant est appelé Coumâra:
c’est le nom qu’on donne au jeune héritier du trône. Or, sur un tendre ami, le lait onctueux, au moment
Agni est destine à. être roi, et peut justement porter ce où tu viens consommer l’union de deux époux 5.
titre de Coumàra. S’il est roi, sa mère peut être reine, 3. Tu es Roudra, et à ta brillante naissance les
Hahiehi. g
2. Le texte renferme le mot sarad, que je me suis Marouts font éclater leurs clameurs et ornent (les
cru déjà plusieurs fois autorisé à. rendre par libation.
Cependant je l’ai traduit par automne plus haut, sec- pour être victime dans un sacrifice, fut délivré. Voyez
tion lIl, lecture v, hymne xlv, stance 4. section l, lecture u, hymne v, et I. Wilson, Vishnou-
3. Nous savons que ces vaches d’Agni, ce sonnes Paurâna, p.404.
rayons lumineux. ’ l. Autrement les Amritas.
4. Atri est le père des poëtes auxquels l’hymne est 2. C’est-adire l’homme.
attribué. 3. Ces deux époux, c’est Agni lui-même, c’est Vanne-
5. Sounlhsépa est un Richi qui, vendu par son père pati et la flemme (Djwâlà).
l. - BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE. 18
266 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch Vin.)

airs). Et quand le pas de Vichnou atteint une de HYMNE X".


ses stations (célestes), tu reçois avec ce dieu
l’offrande mystérieuse des Vaches (du sacrifice). A AGNI, PAR VABOIJSROIJTA.
4. Parés de tes riches rayons, O dieu, les autres (Hêtre : Trichtoubh.)
dieux ont obtenu par toi une part abondante
d’ambroisie. Les enfants de Manou assis autour l. 0 Agni, roi et maltre des richesses, je te cé-
d’Agni sacrificateur lui présentent leurs hom- lèbre dans le sacrifice. Nous désirons l’abondance.
mages, et les prêtres l’invoquent en faveur Puissions-nous l’obtenir de toi! Puissions-nous
d’Ayou. vaincre les armées des mortels!
5. OAgni, O toi qui portes la Swadha", tu es le 2. Que l’immortel Agni, notre père et notre sei-
sacrificateur antique ; aucun n’est plus digne de gneur, le brillant porteur de nos holocaustes,
nos respects et de nos chants, aucun n’est au- apparaisse avec éclat. Répands tes lueurs sur ces
dessus de toi. Puisse l’homme appartenant au offrandes que reçoit (le feu) Gàrhapatya t. Viens
peuple dont tu es l’hôte obtenir par la vertu du à nous, et goûte à nos mets.
sacrifice la faveur d’être. o dieu, utile aux 3. Vous avez (parmi vous) Agni le sage, le
mortels! sacrificateur, le maltre de la race humaine. Sa
t3. Secondes par toi, entourés de richesses, science embrasse tout. il est pur et brillant, et
habiles à t’éveiller par l’holocauste, o Agni, O son dos est humide du beurre (sacré). Il se plait,
enfant de la Force, puissions-nous, chaque jour, au milieu des Dévas, à recevoir vos précieuses
dans les combats comme dans les sacrifices, par offrandes.
les bienfaits de l’opulence, être utiles aux mor- Il. 0 Agni, aime à venir te réjouir avec lia *,
tels. et enflamme les rayons du soleil. 0 toi qui pos-
7. Ou’ (Agni) fasse retomber le mal sur celui sèdes tous les biens , visite notre foyer , et
qui nous veut du mal! que celui-ci soit puni par transporte les dieux pour venir manger l’holo-
sa propre faute! 0 prudent Agni, frappe par sa causte.
méchanceté même le méchant qui nous tend des 5. Sage Damoûnas, hôte aimable de nos mai-
embûches. sons, viens à notre sacrifice. 0 Agni, triom-
8. O divin Agni, les anciens ont fait de toi, au phe de tous nos ennemis, et enlève leurs dé-
lever de l’aurore, un messager (fidèle), et t’ont pouilles.
chargé de leurs holocaustes, dans ces jours où tu 6. Perce le Dasyou de ton trait, et prépare toi-
viens, entoure de riches offrandes, sur le foyer méme la nourriture (qui doit fortifier) ton corps 5.
où les feux d’un dieu sont allumés par des mor- 0 Agni, noble héros, enfant de la Force, fais le
tels. V bonheur des dieux, et, nous, garde-nous dans le
9. Remplis (les vœux du sacrificateur), qui est combat.
ton père. 0 fils de la Force, je compte sur toi. 7. 0 Agni, (dieu) aux splendeurs pures et for-
(Dieu) sage, mon enfant, délivre-moi. OAgni, tunées, nous voulons t’honorer par nos hymnes
dans ta prudente sollicitude, quand veux-tu nous et nos holocaustes. Accorde-nous une opulence
regarder? Quand daigneras-tu prendre la voie de complète; donne-nous tous les biens.
notre sacrifice? 8. O Agni, O enfant de la Force, qui sièges
10. O toi qui es notre refuge, ton père a pour dans trois demeures, aime notre sacrifice et nos
l’honorer une foule de pratiques que tu dois holocaustes. Puissions-nous, au milieu des Dé-
aimer. Agni recherche avec empressement les vas, nous distinguer par notre piété! Couvre-
offrandes variées du sacrificateur, et sa force en nous de ta triple protection.
reçoit un heureux accroissement. 9. O Agni, possesseur de tous les biens, comme
il. 0 Agni, toujours jeune, tu fais traverser à on traverse la mer sur un vaisseau, fais-nous
celui qui te chante tous les maux (de la vie). Des traverser toutes les difficultés et les embarras.
brigands, des ennemis ont apparu: que leurs
mauvais projets soient confondus avant d’éclore. l. Voir page 259, col. l, note 2.
2. [la est le foyer; ce pourrait être aussi l’hymne
12.0ue ces louanges montent vers toi. Et si sacré.

contre mon protecteur j’ai commis quelque faute, 3. Agni Vèdyonta perce le nuage, qui répand une eau
fécondante; de la naîtront les plantes et les herbes qui
qu’Agni, profitant de nos hommages, ne nous li- engraisseront la vache ou qui seront employées directe-
vre pas à nos calomniateurs, ni à nos ennemis. ment dans le sacrifice.
[Loch vm.) RtG-VÉDA. - SECTION TROISIÈME. 1’67

Chanté par nous, comme autrefois par Atri, 10. 0 Vanaspati, t apporte l’holocauste la où
exauce-nous, toi qui es le gardien de nos corps. tu vois célébrer les mystères divins.
10. Mortel, j’invoque un immortel; je t’honore il. Swàhâ î pour Agni et pour Varouna l Swàhà
et de cœur et de bouche. 0 Agni, possesseur de pour lndra! Swaha pour les Marouts! holocauste
tous les biens, mets en nous l’abondance;que pour les dieux l
j’obtienne de toi avec mes enfants une immor-
telle vie. HYMNE XIV.
ll. 0 Agni, possesseur de tous les biens, tu
A AGI", PAR VASOL’SROUTA.
donnes la félicité à l’homme pieux. il obtient de
toi une riche bénédiction en vaches, en chevaux, (Mètre : Panktl.)
en guerriers, en enfants. t. Je chante cet Agni qui est notre refuge, et
vers lequel accourent, comme vers leur demeure,
HYMNE XIII. et les vaches (du sacrifice), et les rapides cour-
siers 5, et les Dëvas immortels. Apporte l’abon-
A AGNI, ET AUTRES DIEUX, PAR VASOUSROI’TA.
(Ultra : Gàyatrl.)
dance à tes chantres. .
2. Je chante cet Agni qui est notre refuge, et
vers lequel accourent avec empressement et les
t. Au brillant Agni, (surnommé) chîmve’dasi
vaches (du sacrifice), et les coursiers légers, et les
et Somamiddha ’, offre de copieuses libations de
fidèles de haute naissance. Apporte l’abondance
beurre. à tes chantres.
2. Le (dieu) sage et invincible, dont le bras a
3. Agni, qui voit tout, donne à ses serviteurs
la douceur du miel, (ce dieu appelé) Nardsansa’
la force et le bonheur. Disposé à nous accorder
favorise ce sacrifice. la richesse, il vient avec joie vers l’offrande qu’on
3. 0 Agni, (nommé) Ilita A, amène ici sur ton lui a préparée. Apporte l’abondance à tes chan-
char fortuné le magnifique Indra. Que cet ami tres.
vienne à notre secours.
4. Divin Agni, nous allumons (ici) tes feuxim-
4. (Dieu) brillant, étends -toi pour nous mortels, et en même temps dans le ciel resplendit
comme un doux tapis. Comble-nous de tes bien- ton admirable flambeau. Apporte l’abondance à
faits.
tes chantres.
5. Portes divines (de l’enceinte sacrée). ouvrez-
5. 0 Agni, maître d’une pure lumière, beau et
vous pour laisser passer les (dieux) protecteurs.
secourable, chef du peuple, porteur des holocaus-
Complétez le sacrifice.
tes, je te présente et l’hymne et l’offrande. Ap-
6. Nous honorons la Nuit et l’Anrore, grandes porte l’abondance à tes chantres.
et belles, toutes deux mères de Rita, et source 6. Parmi les Feux A, ceux (du sacrifice) con-
féconde d’abondance.
tiennent les biens les plus précieux; ils donnent
7. Divins sacrificateurs 5, célébrés pour votre
la force, le plaisir; ils reçoivent les libations di-
course aussi rapide que celle du Vent, rendez- verses. Apporte l’abondance a tes chantres.
vous tous deux au sacrifice des enfants de Ma- 7. 0 Agni, tes rayons s’étendent, pareils à des
non. coursiers qui d’un pas empressé iraient se mêler
8. Que les trois déesses, bonnes et fortunées,
à la troupe des vaches (sacrées) 5. Apporte l’a-
11a, Samswatl, Maht °, viennent s’asseoir sur no-
bondance à les chantres.
tre gazon.
9. Maître favorable, d Twachtri, viens pour l. Voy. page 48, col. 1, note 6.
embellir (notre vie). Garde-nous dans les sacri- 2. Voy. page 48, col. t, note 7. Le lecteur aura
remarqué les rapports qu’il y neutre cet hymne et ceux
fices.
qui se trouvent page 47 et 134.
3. Ces vaches, ces chevaux, ce sont les libations, les
i. Voy. page 69, col. l. note l. flammes, les rayons, cortège naturel d’Agni.
2. Voy. page 47, col. 2, note 2. 4. Il y a des feux de différentes espèces; il y en a
3. Voy. page 48, col. l. note l. qu’on appelle vidions, d’autres lôkicas, d’autres dili-
4. Voy. page 48, col. i, note l. dingos.
5. Voy. pagus, col.l,note 3;et page 135, col. 1,note9. 5. Pour entendre ce passage il faut se rappeler que
Le commentateur dit ici que ces deux divinités sont les rayons sont comparés a des coursiers, et les liba-
Agni et Aditya. tions a des vaches. La libation augmente l’activité des
6. Voy. Section I, lecture I, hymne XIII, vers 9. rayons, qui doivent la désirer.
268 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. [Lena vut.)

A 8. 0 Agni, apporte à tes chantres une abondance 8. Il brille tel que (l’antique) Atri t, tel qu’une
heureuse et toujours nouvelle. Puissions-nous hache (étincelante). Sa noble mère, soumise aux
ressentir ta protection, nous qui te chantons, et rites (du sacrifice) ’, l’a mis au monde pour qu’il
I qui dans chaque maison te prenons pour notre vint prendre sa portion (des offrandes).
messager! Apporte l’abondance à tes chantres. 9. A toi, Agni, qui aimes la libation de beurre,
9. Noble maître de la Force, tn aimes a rece- (a toi) qui es notre soutien, appartient le bonheur.
voir dans ta bouche les deux coupes t de beurre Accorde aux mortels ici présents la gloire et l’a-
I clarifié. Comble-nous de les biens pour prix de bondance. Songe à les protéger.
nos chants. Apporte l’abondance à tes chantres. 10. (Le dieu) invincible a reçu et l’hymne et
10. C’est ainsi que (les enfants d’Atri) ont éta- l’offrande que tu lui as présentés. 0 Agni, puisse
bli en l’honneur d’Agni une succession d’hymnes maintenant Atri triompher des Dasyous impies!
et de sacrifices. Que (ce dieu) nous accorde une Puisse lcha triompher de ses ennemis!
forte lignée et une race de chevaux généreux.
Apporte l’abondance à tes chantres.
HYMNE XVI.

HYMNE XV. A AGNI, PAR ICHA.

(une : Djagatî.)
A nom, un lCllA, rus n’unr.
(lares : Anouchtoubh et Pankti.) t. Antique Agni, auteur de toute force, les an-
ciens, pour obtenir ton secours, ont allumé tes
î. Amis, apportez à la fois votre offrande et feux dans le sacrifice. Adorable soutien du monde,
votre hymne à Agni, le plus grand des sacrifica- tu es Damoûnas, l’aimable, l’illustre maître du
teurs, robuste enfant dela Force. foyer.
2. Où est ce (dieu) que les prêtres aiment à 2. 0 Agni, ô maître du foyer, les hommes t’ont
posséder dans leur foyer, dont ils allument les choisi pour leur hôte antique. Tes formes sont
feux avec vénération, qui devient l’enfant des
variées , ta chevelure brillante , ton étendard
hommes ? élevé. Tu donnes à tes protégés la richesse et le
3. Quand nous lui présentons les mets (sacrés) bonheur, à tes ennemis la mort.
et les holocaustes des fils de Manon, par la vertu 3. 0 fortuné Agni, les enfants de Manon te cé-
de cette offrande il se revêt des rayons du sacri- lèbrent. ’l’u estimes nos holocaustes, tu distin-

fice. .
gues nos hommages, tu répands sur nous les plus
4. Il élève son étendard pour avertir au loin précieux des biens. Tantôt caché dans ton asile
celui qui est dans (les ténèbres de) la nuit, et mystérieux, tantôt brillant à tous les regards,
cependant (le dieu) pur et immortel dévore le tantôt bruyant et sonore, tu es un heureux sa-
bois (de son bûcher).
crificateur qui reluit sous nos libations de
5. Sur ses rayons qui s’élancent (les prêtres) ghrita.
jettent l’enveloppe onctueuse de la libation; ils 4. 0 Agni, tn es notre gardien, et nous venons
semblent, comme sur le dos (d’un coursier), ac- vers toi, t’adressant toute espèce d’hommages,
cumuler leurs précieux fardeaux ’.
des prières, des chants, des invocations. Divin
6. Tous les mortels le désirent :ils savent qu’il
Angiras 3, nous allumons tes feux; aime les
est leur soutien dans tous leurs besoins; qu’en fa- offrandes et les flammes d’un mortel.
veur d’Ayou il donne aux mets une douce saveur, 5.0 Agni, ô toi que nos pères ont toujours
aux maisons une opulente étendue. chanté, toi qui revêts tant de formes, tu répands
7. Comme les bestiaux broutent (l’herbe des l’abondance sur tes serviteurs. Tu règnes en
champs), Agni dévore les aliments secs qu’on lui maître puissant sur toutes les offrandes, et quand
donne, (dieu) à la barbe d’or, aux dents éclatan- tu brilles, ta splendeur n’est effacée par personne.
tes, a la force invincible et souveraine.
1. Atri est le nom d’un Richi; mais c’est aussi un
l. Je pense que le poële fait allusion aux deux liba- surnom d’Agni, venant de la. racine ad qui signifie
tions du matin et du soir. manger.
2. Le commentaire donne un autre sens. Il représente 2. llest ici question de l’Aranî.
les prêtres comme un père qui prend son fils sur son 3. Nom d’Agni. Voy. page 4l, col. 2, note 1. Le
dos. Je n’ai pas saisi la raison de cette explication. commentaire explique ici ce mot par surcontra gantn’.
lbecl. L] RIG-VÊDA. -- SECTION QUATRIÈME. 269

6. 0 Agni toujours jeune, les Devas, qui allu- l’opulence. Cependant frappe (nos ennemis); em-
ment tes feux, t’ont fait leur messager et le por- bellis (notre existence); donne-nous l’abondance,
teur de leurs holocaustes. ils t’invoquent comme et dans les combats agrandis notre fortune.
le conquérant d’un vaste domaine, comme le
réservoir du ghrita (sacré) ; ils t’ont donné HYMNE li.
pour être l’œil éclatant (du monde), qui vient
éveiller la Prière. A AGNI, un aux.
7.0 Agni, les (prêtres) brillant du reflet des (mires : Anouehtoubh a! l’ankti.)
flammes qu’ils ont allumées, t’invoquent en t’of-
l. 0 invincible Agni, apporte-nous l’opulence
frant leurs mets et leurs libations. Et toi, gran-
et la force. Ouvre la voie à l’abondance, et en-
dissant sur ces branches (qui brûlent), (sous ces
toure-la d’une grande richesse.
libations, dont) tu es arrose, tu t’établis en vain-
2. 0 Agni, nous t’admirons pour ta puissance
queur sur ce foyer de terre que tu as conquis.
et la grandeur de ta force. En toi réside le souffle
de la vie t. Digne de nos hommages, tu accom-
plis le sacrifice, et apparais en ami.
3. O Agni, augmente l’honneur et le bien de
SECTION QUATRIÈME. tes serviteurs. Prêtres et pères de famille, nous
te présentons des hymnes et des offrandes.
LECTURE PREMIÈRE. 4. O magnifique Agni, les guides (du sacrifice),
riches en coursiers, célèbres pour leur puissance,
HYMNE 1.. chantent des hymnes en ton honneur; et leur
renommée est faite pour t’attirer du haut du ciel.
A AGI", l’All GAYA, FILS D’ATRI. 5. Tes rayons, ô Agni, vont brillants et victo-
(Hein: : Anouchtoubh et Pankti.) rieux. On dirait des éclairs qui parcourent (le
monde); on dirait un char retentissant et chargé
t. 0 Agni, l’holocauste à la main, les mortels de dépouilles opimes.
célèbrent un dieu tel que toi. Je te chante, ô toi, 6. 0 Agni, viens à notre secours, et donne-nous
possesseur de tous les biens. Daigne te charger la victoire sur nos ennemis. Que nos maîtres tra-
successivement de nos offrandes. versent la vie en vainqueurs, de quelque côté du
2. Agni est le sacrificateur de la famille géné- ciel (que vienne le mal) ’.
reuse, on le causa est disposé avec soin; vers 7. 0 Agni, sacrificateur, toi que les Angiras ont
lui accourent et les Sacrifices et les Offrandes chanté etque nous chantons aussi, apporte à tes
abondantes. serviteurs, pour prix de leurs hymnes, une opu-
3. C’est lui que les deux (mères) de l’Aranî ont lence triomphante. Sois-nous en aide au milieu
enfanté, lui, Agni, nourrisson nouveau-né, sou- des combats.
tien de la race humaine et honoré par d’heureux
sacrifices. HYMNE III.
4. C’est avec peine qu’on pourrait te saisir,
ô Agni. (Tu glisses) tel qu’un jeune serpent. Le A un". un sonnuanaua, FILS n’nnI.
bois (disparaît sous ta langue) brûlante, comme (Mare : Djagati.)
le gazon sous (la dent) des bestiaux.
î. Le pasteur des hommes vient de naître; le
5. Ainsi ses rayons se concentrent, environnés
robuste Agni s’est éveillé pour le bonheur du
de fumée; et dans les trois foyers qui le contien-
nent, quand sous l’haleine de l’air il semble
monde. Brillant sous la libation du beurre, il
caresse l’air de sa grande langue, et luit d’un pur
s’agiter, c’est qu’il aiguise ses flammes au soufflet
éclat aux yeux de ses serviteurs.
du vent.
2. Les prêtres, dans un triple foyer, ont allumé
6. Puissions-nous, ô Agni, aidés des secours et
les feux d’Agni, héraut et premier pontife dans le
de la protection d’un ami tel que toi, triompher
de nos ennemis et fuir les maux attachés à la vie
i. AsQurgam.
des mortels! 2. La même pensée est exprimée section III, lecture vu,
7. 0 Agni , ô guide puissant, apporte-nous hymne v, stance 7.
270 iNDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Lect- L]

sacrifice, placé sur le même char qu’indra et les 4. O Agni, quels ennemis te retiennent en-
autres dieux. Il vient s’asseoir sur notre gazon, chaîné? Quels sont donc (aujourd’hui) nos pro-
sacrificateur habile et exercé. tecteurs, nos bienfaiteurs brillants? Quels sont -
3. Délivré de ta chaîne, tu nais au sein de tes les soutiens de l’injustice, ô Agni ? Quels sont les
deux mères t ; pur, heureux et sage, tu t’élances pasteurs de l’impiété ?

vers les (mortels) qui t’honorent. 0 Agni, invo- 5. 0 Agni, que, changeant de fortune, tes amis,
qué (par la prière), que la libation de beurre autrefois malheureux, connaissent le bonheur.
augmente tes forces; que la fumée monte dans Qu’ils soient détruits, ceux qui emploientle men-
l’air et soit ton étendard. songe envers celui qui est vrai dans ses discours.
4. Qu’Agni visite notre sacrifice et comble nos 6. Celui qui dans ton sacrifice t’honore par
vœux. Les prêtres l’amènent également dans l’hymne et l’invocation, ô Agni, mérite la faveur
toutes les maisons. il est notre messager, et le d’un (dieu) brillant et libéral. Que sa maison de-
porteur de nos holocaustes. il opère avec sa- vienne opulente; que la race de Nahoucha t suive
gesse, et devient l’objet de notre culte. heureusement le cours de ses œuvres.
5. 0 Agni, je t’offre ces libations aussi douces
que le miel. Que ma prière, que mon invocation HYMNE V.
te touche le cœur. Nos hymnes sont pour toi ce A AGNI, PAR SOUTAIBIIAIIA.
que les grands fleuves sont pour la mer : ils ang-
(Hêtre : GAyatrl.)
mentent ta force et ta grandeur. q
6. 0 Agni, tu étais caché dans le bois (de l’A- i. Avec des chants nous t’invoquons, o Agni.
rani); les Angiras t’ontdécouvert dans ta retraite Avec des chants nous allumons tes feux; avec
mystérieuse. Tu nais, obéissantà la force puis- des chants (nous t’appelons) à notre secours.
sante qui agite (le flanc de ta mère) ; ô Angiras ’, 2. Nous célébrons aujourd’hui la louange
voilà pour quel motif on t’apppelle enfant de la d’Agni qui s’élève dans le ciel, et nous attendons
Force. de lui le bonheur et la richesse.
3. Qu’Agni sacrificateur aime nos prières; et,
HYMNE IV. siégeant au milieu des hommes, qu’il honore la
A AGI", PAR SOUTAIBHABA. race des dieux.
4. Tu es, ô Agni, un illustre pontife, qui grau-
(une : Trichtoubh.)
dit par nos hommages. Par toi (les hommes)
l. l’adresse la prière du sacrifiée au grand Agni, étendent leurs sacrifices.
généreux, adorable auteur de la vie 5. Au milieu 5. 0 Agni, tu donnes l’abondance, et les sages
de nos cérémonies (je jette) comme dans sa bou- par leurs louanges exaltent ta grandeur. Accorde-
che le beurre purifié, et je lui apporte l’hymne nous toute la force qui convient à l’homme.
qui va de lui-même à ce (dieu) bienfaisant. 6. Comme la jante de la roue embrasse les
2. Tu aimes le sacrifice; daigne agréer le nôtre. rayons, ô Agni, tu embrasses aussi tous les dieux.
Reçois ces larges libations que t’offre Rita’. Ce De toi dépendent les biens les plus précieux.
n’est pas un mauvais démon que je doive prendre
par la force ou par la ruse; c’est Rita que j’ap- HYMNE Vl.
pelle pour honorer un (dieu) brillantet généreux. A AGI", PAR SOU’I’AIDHARA.

3. O Agni, tu chéris nos sacrifices. Comment (leur :Gàyatrî.)


donc serais-tu indifférent à l’hymne, à la louange
î. Éveille Agni par la prière, et allume les feux
que te présente Rita? Un dieu qui est le gardien
de l’immortei. Au milieu des Dévas, qu’il se
des Saisons ’ doit savoir que je lni apporte de
charge de nos holocaustes.
riches offrandes. Et moi, je ne sais rien du
maître des Saisons. 2. Dans les sacrifices les mortels célèbrent un
dieu immortel, le. premier des pontifes au milieu
1. Les deux pièces de l’Aranl. de la race humaine.
2. Nom d’Agni.
3. Acoura. l. Nom d’un ancien roi. employé. comme Ayou. comme
4. Rita est le sacrifice personnifié. Pouroû, pour désigner la race humaine. Cependant
5. Ritoupah. Un ritou est la saison, le moment con- voy. page 300, col. i, notai. lia traduction, à dessein, est
venable pour les sacrifices. ambiguë.
[Lena I.) RIG-VÉDA. - SECTION QUATRIÈME. 27i
3. D’âge en âge on chante le divin Agni, et, HYMNE VIH.
avec la cuiller qui répand le beurre (sacré, on
l’excite) à prendre le fardeau de l’holocauste.
A sur", un POURICHA, rus D’ATRI.
4. Agni en naissant tue de ses traits lumineux les
Dasyous et les ténèbres. il donne (aux hommes) (Mètres : Pankti et Anouchtoubh.)
les vaches (célestes), les Ondes et le Soleil.
5. Honorez donc le sage et adorable Agni, dont î. Offre au divin et brillant Agni de nombreuses
le des s’hnmecte de ghrita. Qu’il vienne, en en- libations. Les mortels l’honorent et le chantent
tendant mon invocation. comme un ami.
6. Que par des chants, des prières, de pieuses 2. Pontife des humains, Agni, tel que Bhaga,
aspirations, que par des libations de beurre on de ses mains fortes et resplendissantes, accomplit
augmente la grandeur d’Agni. tour a tour les sacrifices les plus beaux.
3. Occupés à louer ce (dieu) riche et brillant,
HYMNE Vil. seigneur à la voix retentissante, dont tout con-
court a augmenter la force, puissions-nous obtenir
AAGKI. en cariacou, FILS D’ANGIIAS.
son amitié!
(Hêtre : Trichtoubh.)
4. 0 Agni, constitue la vigoureuse grandeur de
i. J’offre ma prière au (dieu) prudent et sage, tes (amis). Ta grandeur, à toi, n’a. d’autres bornes
glorieux, antique, adorable. Agni est le gardien que celles de la terre et du ciel.
de la richesse, le possesseur de l’opulence, l’au- 5. 0 Agni, viens à nous, et pour prix de nos
teur de la vie : il mérite nos hommages et reçoit louanges, donne-nous tes biens. Prêtres et pères
nos libations de ghrt’ta. de famille, nous célébrons ta gloire. Assistecnous
2. Les (Richis), qui par leurs (œuvres) mor- dans les combats pour augmenter notre félicité.
telles ont prétendu honorer les Immortels, chargés
de garder et de soutenir le ciel, ont voulu que HYMNE 1X.
Rita, (surnommé) Dharouna, fût placé, au milieu
de nos fêtes, sur le siège puissant du sacrifice, A AGNIV un POURICHA.
sur le trône le plus élevé.
3. Les impies(Rakchasas) étendent leurs corps, [Mètres : Pankti et Anouchtoubh.)
et présentent une lourde masse. difficile à percer
même pour l’antique (Agni). Que le (dieu) nou« l. O dieu fort, un mortel dans ses sacrifices
(t’appelle) à son secours. Par ses nombreuses of-
vellement né se hâte de triompher de cette tourbe
d’ennemis. Qu’ils soient autour de lui comme (les frandes. par ses chants il veut obtenir la protec-
tion d’Agni.
animaux de la forêt) autour du lion irrité.
2. Dans les divers sacrifices en l’honneur de
4. Quand, semblable à une mère (tendre), tu
cet (Agni), tu apportes, (ô prêtre), d’abondantes
sembles porter les hommes, étendant (tes bras)
pour les aider à voir et à se soutenir, quand tu offrandes; ta bouche chante, et invoque par la
prière ce (dieu) fortuné, adorable, resplendissant.
leur donnes, pour se nourrir, (les membres de
3. Le (fidèle s’unit) par l’olTrande et la prière
tes ennemis) que tu as déchirés 1, dans tes courses
diverses tu revêts plusieurs formes. acet (Agni), qui est uni a la clarté, et dont
5. Ces offrandes sont pour toi. 0 dieu, conserve la semence lumineuse anime les rayons du
Dharouna, possesseur de la force, dispensateur jour.
généreux de la richesse. Établi dans ton foyer 4. Par l’œuvre de cet (Agni), sage et puissant,
mystérieux, comme le voleur dans son repaire, la richesse (brille sur notre) char. Au milieu de
pense à rassembler de riches dépouilles pour en tout le peuple, Agni reçoit justement nos holo-
gratifier Atri 1. caustes et nos hymnes.
5. (Nous te présentons) nos plus belles offran-
1. Il me semble que l’auteur a voulu parler des nuages des. Les bouches de nos sages te chantent de
qui fertilisent la terre, et qu’Agni, en sa qualité de feu concert. Fils de la Force, viens à notre secours,
céleste, a brisés pour arroser les champs.
2. C’est le nomde famille des chantres de ces hymnes.
défende-nous. Sois puissant pour notre bonheur.
Voy. sur Dharouna la note suivante, page 272, col 1, Assisté-nous dans les combats pour augmenter
note 1. notre félicité.
272 mon. - nous"; LYRIQUE. [LecL 1.]

HYMNE x. l
3. Les fidèles, avec leurs douces libations, font
A un", un DWITA, rlLs n’a-nu. grandir la lumière de (ce dieu) dont les rayons
blanchissent t. Avide de nos offrandes, orné de
(lare: : Pankti et Anouchtoubh.)
nos hymnes, (Agni) lève son coi doré.
î. Que dès le matin des louanges soient don- 4. Comme un lait désirable, nous l’avons tiré
nées au bienfaisant Agni, hôte etami des hommes, du sein de sa mère; il se retrouve entre les deux
(dieu) immortel, qui chérit tous les holocaustes grands parents, s’engraissant de nos libations,
des mortels. brûlant, invincible, immortel, ennemi terrible.
2. Augmente la force de Dwita, qui te présente 5. 0 radieux Agni, apparais, te jouant sur la
un par (holocauste). 0 (dieu) immortel, ce chan- cendre et agité par le vent. Qu’elles soient victo-
tre (de ta grandeur) aime à t’honorer par ses di- rieuses, ces flammes aiguës, effilées, qui se dres-
verses libations. sent sur le foyer !
3. J’invoque dans ma prière le (dieu) aux splen-
deurs immortelles en votre faveur, ô seigneurs. HYMNE KIL
Puisse leur char voler sans crainte, (ô Agni), ô toi
qui donnes de (bons) coursiers! AAGNI, un LES meurs PRAYASWANS, rus
D’un.
4. (Protège aussi) ceux qui accomplissenties
œuvres variées (du sacrifice), dont la bouche a le (Mètre: : Panirti et Anouchtoubh.)
dépôt de l’hymne (saint), qui dans ce sanctuaire
étendent le gazon sacré et rassemblentles offrandes. l. 0 Agni, auteur de toute abondance, tu aimes
5. Ces (seigneurs) m’ont donné cinquante che- nos riches offrandes. (Attiré) par nos prières,
vaux, et j’ai payé ce présent par mes hymnes. 0 viens au milieu des Dévas, recueillir ce glorieux
immortel Agni, accorde a ces maîtres généreux hommage que nous te rendons.
une large et brillante abondance une grande et l 2. 0 Agni, ceux qui doivent leur fortune a ta
mâle famille. force invincible et qui te refusent (leurs sacrifices)
suscitent contre eux l’inimitié et la haine de leur
HYMNE X I. adversaire.
3.0 Agni, sacrificateur et maître de la force,
A AGI", PAR "un. nous t’honorons. Nous, Prayaswans ’, nous te
(Mètres : Gâyatri, Anouchtoubh et Virât.) prions avant tous les autres; nous t’invoquons
i. Les (lueurs du matin) commencent à poin- dans ces sacrifices.
dre et à se lever. A la voix du (poète) Vavri (le 4. (Dieu) robuste et puissant, fais que chaque
dieu appelé) Vavri * se réveille. Sur le sein de jour, par ton secours, nous soyons, pour l’intérêt
sa mère ’, il ouvre les yeux. de notre fortune et de nos sacrifices, entourés de
vaches fécondes, entourés d’hommes vigoureux.
2. Les (hommes) qui te savent vigilant invo-
quent ton nom et entretiennent ta force. Ils se
confient en toi, (comme les guerriers) dans leur HYMNE XIll.
A son, un sxsx, FILS n’a-rai.
ville fortifiée. -
1. Le mot Vavri a ordinairement le sens de forme
(Mètres : Pankti et Anouchtoubh.)
(roûpa). C’est ce qui couvre, ce qui entoure. Il semble l. Tels que Manon, nous te prions. Tels que
donc que Vavri est moins Agni que la splendeur qui
l’enveloppe. Et à ce sujet je ferai la remarque que la Manon, nous allumons tes feux. 0 Agni, ô An-
plupart des noms donnés aux poëles de cette série giras, comme tu faisais pour Manon, porte aux
d’hymnes sont des épithètes d’Agni, tels que Dtiarouna,
dieux l’hommage de celui qui veut les célébrer.
Icha, Soutambhara, Pouricha, Dwita, Vavri, etc. J’a-
voue méme que quelquefois le sens des phrases a pu 2.0 heureux Agni, (Dieu) renommé pour ta
être forcé pour qu’il se rapportât à. un Richi humain naissance et honoré par nos libations de beurre,
plutôt qu’a un Déva, à une forme d’Agni, a un Rite
personnifié. En effet, il serait possible que tous ces en- tn brilles au milieu de la race humaine. Nos cou-
fants d’Atri ne fussent que des êtres imaginaires, deve- ’ pes, dans tes divers (sacrifices), s’élèvent vers toi.
nus Itichis, c’est-a-dire les Voyants de l’hymne, par a
la création du poète, personnifiant ainsi les divers actes 1. Le mot qui exprime cette idée est swétréya. Le
du sacrifice qui concourent a téter Agni, et qui sont re- commentaire le fait dériver de mitre, auquel il donne
présentés comme autant de formes du dieu sacrificateur. le sens d’antarikchas
2. C’est la terre du foyer, sur lequel il a été trans- 2. Ce mot signifie pourvu d’affrandu. Est-ce bien un
porté en sortant de l’Aranl. nom propre? Voy. ci-contre, col. 1, note 1.
- SECTION QUATRIÈME. 273
[bah L] RlG-VÊDA.
3. Tous les Dévas, compagnons de joie et de HYMNE KV].
plaisirs, t’ont choisi pour leur messager. 0 dieu A AGNI. PAR LES QUATRE Inclus, BANDIIOU, SOU-
sage, ils t’honorent et te célèbrent dans les sacri- BANDHOU, SROUTABANDHOU ET VlPRABANDIlOU,
fices. SURNOIIÉS LES COPAYANAS OU LOPAYANAS.
4. Pour vous, (ô peuples), un mortel vient de (Hem : virât.)
chanter un dieu; (ila envoyé), Agni à un service
tout divin. Enfiamme-toi, (dieu) brillant. Luis, l. Adorable Agni, sois prés de nous. Deviens
et viens t’asseoir au foyer du sacrifice; viens notre sauveur fortuné. Viens, o Agni, refuge (des
t’asseoir au foyer de Sasa. hommes), trésor d’abondance, et donne-nous une
opulence brillante.
2. Ne nous oublie pas; écoute notre invocation,
HYMNE XIV.
et délivre-nous des atteintes du méchant. 0 (dieu)
A aux, un VISWASAIAN. rus o’AtnI. éclatant et lumineux, nous venons à toi avec nos
amis te demander le bonheur.
(Hum : Pnnkti a! Anouchtoubh.)

i. OViswasàman, comme Atri, chante en l’hon- HYMNE X Vil.


neur d’un (dieu) sacrificateur, dont la flamme A un". PAR LES VAsouvous, FILS n’Aan.
est pure, que nous célébrons dans nos fêtes, et
(Mètre : Anouchtoubh.)
qui répand le bonheur au milieu du peuple.
2. 0 (prêtres), amenez le dieu pontife, Agni l. Chantez, et appelez à votre secours le divin
possesseur de tous les biens. Ouvrez aujourd’hui Agni, qui est notre refuge. Fils des Richis i, il
le cours à tous ces sacrifices les plus agréables est juste qu’il remplisse nos vœux, et détruise
aux dieux. nos ennemis.
3. Mortels, nous venons implorer ton brillant 2. il est plein de bonté, celui dont les anciens
secours, o dieu bienfaisant, dont l’âme est vive Dévas, dont (les nouveaux) ont allumé les feux,
et compatissante. sacrificateur à la langue agréable, trésor de lumière
Il. 0 robuste Agni, écoute notre priére.0 maître aux nobles splendeurs.
à la face éclatante, les enfants d’Atri t’élèvent par 3. Agni, O toi qu’honorent nos hymnes, ac-
leur chants; les enfants d’Atri te célèbrent par corde à nos œuvres pieuses, à nos saintes prières,
leurs louanges. l’opulence (que nous demandons).
Il. Agni brille au milieu des dieux; Agni vit au
HYMNE KV. milieu des mortels. Agni porte nos holocaustes;
honorez Agni par vos sacrifices.
A AGNl, un promus.
5. Agni donne à son serviteur un fils magni-
(Mara : Paulin et Anouehtoubh.) fique en offrandes, riche en pieuses pratiques,
grand, invincible, glorieux et souverain.
l. 0 Agni, à la prière de Dyoumnn, apporte-
6. Agni donne (à son serviteur un fils) gardien
nous une opulence victorieuse, qui, forte des
éloges que nous t’aurons donnés, nous rendra
de la justice, qui dans le combat triomphe des
guerriers. Agni (lui donne aussi) un cheval rapide,
dans les combats supérieurs aux autres mortels.
victorieux, invincible.
2. O robuste Agni, apporte-nous cette opulence
7. Agni est comme un char rempli des biens
qui nous assure la victoire dans la bataille. Tu es
les plus précieux. 0 trésor de lumière, accorde-
un dispensateur admirable et juste de l’abondance
nous une large part. L’Opulence, c’est une reine
que procure la vache (féconde).
qui est ton épouse. L’abondance vient de toi.
3. Transportés d’une joie commune, assis sur
8. Tes rayons sont étincelants; ta voix retentit
un pur gazon, tous les hommes, dans leurs de-
comme le bruit du mortier, ou comme le tonnerre
meures demandent au sacrificateur leur ami une qui roule dans l’air.
plénitude de bonheur.
9. C’est ainsi que nous, les Vàsoùyous, nous
4. Que ce (dieu), qui connaît tout, nous donne
avons honoré le robuste Agni. Que ce (dieu),
une force victorieuse (de nos ennemis). 0 brillant
Agni, dans ces demeures luis heureusement pour l. Agni est enfanté dans le sacrifice par les saints
nous; d (dieu) pur, luis glorieusement. l Richis.
274 lNDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch 1.]
célèbre par ses œuvres, nous fasse, ainsi que sur Trivrichna, m’a rendu riche; il m’a donné deux
un vaisseau, passer à travers tous nos ennemis. bœufs attelés à un char, avec dix mille vaches.
Qu’il te souvienne de lui.
HYMNE XVllI. 2. Ce (roi) m’a donné cent vingt vaches, et deux
A AGNI, PAR LES YASOUYOUS. chevaux de trait, traînant une précieuse charge.
("être : Gâyutrf.) 0 Agni, 6 Véswànam, pour prix de nos louanges
et de nos offrandes, accorde à Tryarouna ta pro-
l. O Agni, o dieu à la lumière pure, à la lan- tection.
gue agréable, amène ici et honore les dieux. 3. 0 admirable Agni, Trasadasyou, en te louant,
2. Nous venons à toi; amène les dieux à notre a pu obtenir ta faveur. Qu’il en soit de même pour
fête, O toi que nous arrosons d’un beurre (limpide), Tryarouna, qui, d’une âme dévote, s’est uni aux
toi qui brilles comme un soleil resplendissant. prières et aux libations que moi, Touvidjata, j’ai
3. 0 sage et grand Agni, tu es ami de nos ho- faites en ton honneur.
locaustes, et dans le sacrifice nous faisons reluire 4. Moi, Aswamédha, voulant sacrifier, j’ai en-
tes feux éclatants. I tendu quelqu’un me dire : « Allons, (sacrifie Z) n
4. Viens, ô Agni, avec tous les dieux à l’holo- Je viens avec mon hymne, je me présente avec
causte que nous t’offrons. Nous t’honorons comme mon offrande. Que celui (qui m’a parlé) me donne

sacrificateur. ’
à. Donne, ô Agni, à celui qui te présente et of-
et la richesse et les moyens d’exprimer mes pieu-
ses pensées.
frandes et libations la vigueur et la puissance. 5. Cent mâles taureaux m’ont été donnés, à
Viens avec les dieux t’asseoir sur notre gazon. moi Aswamédha, et accroissent ma fortune. (0
6. 0 Agni, vainqueur de mille (et mille enne- Agni), que la triple offrande t (de mon bienfaiteur)
mis), tes feux ornent les sacrifices. Tu es le mes- soit (pour toi) aussi douce que la liqueur du
sager des dieux, digne de nos cantiques. soma.
7. Honorez Agni, le divin possesseur de tous 6. O lndra et Agni, vous qui avez cent trésors
les biens, le porteur de l’holocauste, le prêtre à votre disposition, donnez à Aswamédha une
toujours jeune. male vigueur et un large domaine. Qu’il soit
8. Sois présent aujourd’hui à nos divers sacri- comme le soleil immortel dans les cieux.
fices; prête-toi avec dévouement au service divin.
Étendez le gazon pour le siège (des dieux).
9. Sur ce (gazon) siégent les Marouts, les deux HYMNE XX.
Aswins, Mitra, Vareuna, tout le peuple des dieux.
A ACM, un vrswsvuu. FILS D’ATlll.

HYMNE XIX. (leur: : Trichtoubh, Auouchtoubh, Djagatt et ceyatrt.)

A AGNI, PAR TOUYIDJATA 4 ET ASWAIÈDHA, FILS l. Les feux d’Agni brillent dans l’air; sa splen-
DE BHARATA. deur s’étend au-devant de l’Aurore. Viswavàra *
(lare: : Trichtoubh et Anouchtoubh.) s’avance, honorant les dieux par ses invocations,
et versant le beurre de l’holocauste.
i. 0 Agni (surnommé) Wéswânara 3, un roi 2. 0 Agni, tes feux sont allumés; tu es roi de
pieux, prudent et généreux, Tryarouna, fils de l’ambroisie. Tu t’attaches à l’homme qui offre
l’holocauste, et tu fais son bonheur. ll possède
l. La teneur de cet hymne m’a engagé a modifier
l’indication du commentateur, qui lui donne pour Richis
trois personnages, Tryarouna, fils de Trivichna, Trasa- 1. Cette triple offrande. dit le commentaire, se conf-
pose du caillé(dadhi), de l’orge (saklou), et du lait(payas).
dasyou, fils de Pouroucoutsa, et Aswamédha, fils de
Bharata. Je crois que le lecteur doit se trouver confirmé 2. Viswavara est un nom de l’Aurore (onmi ra ins-
dans l’idée que j’émettais page 2’12, col. l, note 1 ; car tructa). Le commentateur en fait une femme Richi, à
Trouvidjata est un surnom d’Agni, et Aswamédha est un laquelle il attribue cet hymne. Je regarde cette mention
sacrifice connu. Tryarouna me parait être aussi un per- de Viswavârd comme une preuve nouvelle à l’appui de
sonnage allégorique: c’est, sous un autre nom, le Tri- l’explication que je donne ci-dessus de l’introduction de
zhavana qu’Agni Toum’djalu comble de ses bienfaits. tous ces Richis imaginaires. Je m’étonne qu’au lieu de
l’épithèle Vùwavàra’, le commentateur n’ait pas aussi
Pour le personnage de Trasadasyou, voy. page 256. bien pris Ghritàtcht, que nous avons déjà vue person-
col. l, note I. nifiée.
2. Voy. page 18, col. 1, note 4.
[Lect- L] RIG-VÉDA. - SECTION QUATRIÈME. 275

tous les biens, celui que tu visites et qui te reçoit 5. 0 Maghavan, c’est pour reconnaitre ta puis-
comme son hôte. sance que tous les dieux te cédèrent la coupe de
3. O Agni, sois vainqueur pour notre félicité; soma, quand tu as en faveur d’Étasa arrêté dans
répands sur nous tes plus beaux présents. Diri- leur course les cavales du char de Sourya 4.
ge-nous dans l’accomplissement des’ devoirs 6. Lorsque Maghavan a d’un seul coup de foudre
d’époux et d’épouse. Arrête l’accroissement de brisé les quatre-vingt-dix-neuf villes ’ de (Sam-
nos ennemis. bara), les Marouts, au milieu de l’assemblée (cé-
4. 0 Agni, je salue le riche trésor de tes flam- leste),chantent sur le mètre Trichtoubh cet lndra
mes. Tu es un généreux bienfaiteur, et tu brilles qui a frappé (l’ennemi) du ciel.
dans les sacrifices. 7. Agni, devenu son ami, a fait brûler en son
5. 0 Agni, ô toi que nous invoquons, que tes honneur les chairs de trois cents victimes. En
feux honorent les dieux. Tu es entouré d’heureux même lemps lndra, dans l’espoir de son triomphe
sacrifices, et tu portes les holocaustes. sur Vritra, a bu les trois coupes de soma que lui
6. invoquez, honorez Agni, et dans la pompe versait Manon.
de vos cérémonies révérez celui qui porte les ho- 8. Quand Maghavan eut mangé les chairs des
locaustes. trois cents victimes, quand il eut bu les trois
coupes de soma, tous les Délia: ont réclamé de
HYMNE XXl. lui, comme un devoir, qu’il frappât Ahi.
9. Et lorsque, arrivant a la maison de Coutsa
A mon, un GonIvIrI, "un ou sur". sur vos chevaux rapides et vainqueurs. vous de-
mandiez le combat, avec ce même Coutsa, placé
(lare : Trichtoubh.) sur le même char que toi ’, tu as frappé (tes en-
i. Dans les sacrifices qui se célèbrent en l’hon- nemis); avec les autres dieux, tu as frappé
neur des dieux, les enfants de Manon ont établi Souchna.
trois feux étincelants, trois foyers de lumière 10, (Le char de Sourya) avait deux roues; tu
céleste t. Mais toi, lndra, ce sont les Marouts ’ en as pris une, et tu l’as donnée en présent à
eux-mêmes, purs et vigoureux, qui te célèbrent. Coutsa, qui ne pouvait plus marcher. Ton arme
Tu es leur sage Richi. a frappé au visage les Dasyous, et dans le combat
2. Quand les Marouts ont animé par leurs voix étouffé la voix (de ces ennemis).
lndra, avide et heureux de notre soma, il prend il. (O dieu) exalté par les hymnes de Gérivtti,
la foudre, et, frappant Ahi, il donne la liberté tu as, pour plaire au fils de Vidathin 1, donné
aux grandes Ondes. la mort à Piprou. Ridjiswan 5 fut ton ami: tu
3. O Marouts, qui faites ici l’office de chantres as purifié ses offrandes et bu s0n sema.
(sacrés), qu’lndra boive donc de mon soma lim- l2. La coupe de soma à la main, les Navagwas
pide. Cet holocauste lui appartient. C’est Indra, et les Dasagwas 3 célèbrent lndra dans leurs
avide de notre soma, qui a découvert les vaches hymnes. Ces sages ont par leurs chants ouvert
(célestes) et donne la mort a Ahi. le riche pâturage ou étaient enfermées les vaches
4. lndra a étendu et consolidé le ciel et la terre; (célestes). ,
il les accompagne dans leur marche, épouvantant t3. 0 Magbawan, je connais tes prouesses.
la bête sauvage qui veut couvrir les airs. Il la re- Comment puis-je (dignement) t’honorer? 0 (dieu)
pousse avec force, et le fils de Danou, respirant puissant, nous sommes disposés à chanter dans
à peine, est terrassé. les sacrifices les (miracles) nouveaux que tu
feras.
1. Je suppose que le poète fait allusion aux trois 14. 0 Indra, voilà tout ce que tu as fait. Tu es
foyers du sacrifice, ou bien aux trois sacrifices de la
journée. Le commentaire semble faire une distinction;
si d’un coté il reconnatt les feux des trois foyers, de 1. Voy. page 211, col. 1, note 1.
l’antre il voit trois divinités qu’il appelle Recthana’ni, 2. Voy. Section l, lecture Il, hymne XIII.
savoir: VAyou, Agni et Aditya. 3. Voy. page 239, col. 2, note 1.
2. Il y a bien une classe de prêtres que l’on appelle 4. Vidnthin ou Vidatha, est un Richi, père du prince
Moreau; mais je crois que le poète ne veut ici consi- Bidjiswan.
dérer les Harnais que comme les vents, compagnons 5. Voy. page 73. col. 1. note 8.
d’indra, qui ranimai par leur souffle, et semblent le 6. Voy. page 80, col. i, note 6.
chanter de leur voix de tempêtes.
276 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. lues. L]
invincible, et par ta naissance et par ta force. par sa propre magie, triomphe du magicien Ahi,
0 (dieu) armé de la foudre, quelles que soient tes qui presse les Ondes de ses étreintes funestes.
actions, rien ne peut renverser ta puissance vic- 7. 0 Maghavan, ardent à mériter nos louanges
torieuse. et nos offrandes, tu as frappé de la foudre ceux
15. 0 vaillant Indra, aime ces cérémonies que h que leur naissance a condamnés à être malfai-
nous pratiquons en ton honneur. Sage et dévoué sants. Pour faire le bonheur de Manon, tu as
aux œuvres saintes, chargé de riches présents, brisé la tète du brigand Namoutchi.
j’ai conçu cet hymne comme (le charron forme) 8. Tu m’as pris pour auxiliaire avec les Marouts,
un char, comme (le tailleur) ajuste de beaux et ô lndra; et aussitôt, frappant la tète du brigand
riches vêtements. Namoutchi, (tu as broyé) cette montagne sonore
qui roulait (dans les airs), et tu as mis à décou-
vert les deux (vastes) roues du ciel et de la
e HYMNE KAN. terre.
a nous, un BABtlllOU. 9. Namoutchi arme sa troupe féminine 4. Que
peut contre moi sa faible armée 7 Le Dasyou s’est
(Helre:1’richtoubh.) caché entre ses deux épouses. Mais Indra a péné-
tré jusqu’à lui pour le combattre.
i. En quel lieu est notre héros? qui a vu lndra 10. Devant lndra se rassemblent de tout côté
au char fortuné, aux coursiers rapides? Qu’(ln-
les vaches de ce (Namoutchi) séparées de leurs
dra). armé de la foudre et avide de notre soma.
veaux : le (dieu), secondé par les les Marouts,
rappelé par les mortels, vienne dans cette répand leur lait (sur nous), quand nos libations
demeure apporter et son secours et ses ri- de soma ont réjoui son cœur.
chesses.
il. Oui, quand le soma versé par Babhrou a
2. Ainsi je voyais la demeure terrible, éclatante,
réjoui son cœur, le héros généreux pousse le
de ce (dieu) qui renferme tout. le cherchais (ln-
cri des combats lndra, qui brise les villes (cé-
dra). J’ai interrogé les hommes savants dans
lestes), boit (la libation), et (nous) donne ensuite
l’art des sacrifices. Ils m’ont dit : a lndra est
arrivé! n
les vaches de ce (Namoutchi) a.
l2. 0 Agni, les Rousamas a, au nom de Rinan-
3. Aussitôt nous chantons, au milieu des liba-
tchaya, m’ont fait le brillant cadeau de quatre
tions, les exploits qui t’ont distingué, ô lndra,
mille vaches. Nous avons reçu ce présentdu plus
les bienfaits dont tu nous combles. Que l’insensé
illustre des héros.
apprenne, que le sage entende. Maghavan arrive i
13. Oui, Agni, les Rousamas m’ont donné de
sur son char, entouré de toute son armée.
4. A peine ne, ô lndra, tu te prépares à la ba-
brillantes parures et ont rempli mon étable de
milliers de vaches. Que de nombreuses libations
taille. Tu viens, capable de résister seul àun
viennent charmer Indra et au lever et a la fin du
grand nombre (d’ennemis). Tu as par ta force
répandu la lumière dans la caverne (obscure). jour.
11. Que (la nuit se retire et que) l’Aurore se
Tu as retrouvé la troupe des vaches (célestes).
lève. Babhrou, emporté, tel qu’un coursier rapide,
5. Quand tu nais, apparaissant dans, les régions
(dans la voie du sacrifice), a reçu les quatre mille
supérieures et portant ta renommée jusqu’aux
(vaches) que lui amenaient les Rousamas au nom
extrémités (du ciel), alors les dieux tremblent
du roi Rinantchaya.
devant Indra. Et lui, il va délivrer toutes les 15. 0 Agni, nous avons accepté les quatre mille
Ondes, épouses de Vritra.
vaches des Rousamas. Prêtres, nous avons aussi
6. Les Marouts t, tes chantres dévoués, célé-
reçu ce vase d’airain quia été chauffé pour les
brent ta gloire et t’offrent la libation. Qu’lndra,
purifications.

1. Ce mot est, comme nous l’avons dit tout à l’heure, 1. Le poëte donne aux nuages le sexe féminin.
ou un nom particulier de prêtres, ou le nom des vents 2. Les vaches de Namoutchi, ce sont les nuages, et
spécialement attachés à Indra, et imitant par leurs mur- tout à l’heure, quand il était question de ses deux épouses,
mures les chants du sacrifice. Le commentateur traduit il faut supposer la nue supérieure et la. une inférieure,
ce mot par celui de Sion-i, comme dans l’hymne précé- formant ainsi une montagne céleste, au sein de laquelle
dent il était accompagné du mot Brahman. Ce sont peut- est renferme l’Asoura.
étre aussi les Rites des Chants personnifiés sous ce nom 3. Les Rousamas, dit le commentateur, sont les gens
général.
l
du roi Rinantchaya: point d’autres renseignements.
[Loch 1.] RIG-VÊDA. - SECTION QUAT MÊME. 277

HYMNE XXIll. cependant les Dévas s’assemblaient pour vous ho-


norer tous deux.
A INDRA, PAR AVASYOl’, FILS D’ATItI.
9. O lndra et Coutsa, que vos coursiers vous
(Mètre : Trichtoubh.) amènent sur ce char à la voix de nos chantres.
Vous avez du sein des eaux arraché (Souchna).
1. Le magnifique lndra monte sur son char, et le Vous avez repoussé la ténébreuse ignorance du
précipite vers les mets (du sacrifice). Tel que le cœur d’un riche sacrificateur.
pasteur qui conduit son troupeau, le (dieu) in- 10. Vers ces beaux coursiers, aussi rapides que
vincible marche le premier à la conquête. le vent, le prudent Avasyou s’est avancé. 0 Indra,
2. Viens. (ô dieu) que traînent deux chevaux tous ces Marouts sont tes amis. Les rites sacrés
azurés et que distinguent tes bienfaits variés. Ne ont augmenté ta force.
t’éloigne pas de nous. Sois notre protecteur. O il. (lndra) sut, au lever de l’Aurore, arrêter la
lndra, rien n’est au-dessus de toi. Tu as donné
course impétueuse du char de Sourya. Étasa t
(aux hommes) ton épouse, dont ils étaient pri-
reçut de lui une de ses roues; il vainquit les(Da-
vés t. ’
3. Quand la force de la force * vient à naître,
syous) et prit leurs villes. Qu’(lndra) nous donne
une pareille force.
lndra révèle toutes ses puissances. il donne la t2. lndra a voulu visiter notre peuple : il aime
liberté aux vaches (célestes), enfermées dans la
celui qui lui verse le soma. Que le mortier (sa-
caverne; il dissipe les ténèbres qui couvrent le
cré), dont les prêtres surveillent les mouvements,
monde. vienne retentir dans le sanctuaire.
A. 0 (dieu) que tous les hommes invoquent, t3. 0 (Dieu) immortel, que les mortels qui t’ont
les enfants d’Anou ont fait pour toi un char con-
désiré (une fois) puissent te désirer encore! Que
forme a ta rapidité; Twachtri t’a (donné) la
le mal ne les touche jamais! fais le bonheur de
foudre étincelante. Les prêtres, glorifiant lndra,
ceux qui te servent. Donne la force au peuple
ont, par leurs louanges, augmenté ses forces pour qui t’est dévoué.
triompher d’Ahi.
5. O généreux Indra, quand le mortier, rempli
HYMNE XXIV.
de soma, retentit comme pour chanter ta gloire,
Aditi partage ton bonheur. Lancés par lndra, les A INDRA, PAR GATOU, FILLE D’A’I’Rl.
carreaux de la foudre, sans coursiers, sans char,
vont attaquer les Dasyous x. (faire : Trichtoubh.)
6. J’ai célébré tes antiques prouesses,ô Magha-
1. Tu as déchiré la nue, et délivré les Ondes;
van; je célèbre tes prouesses nouvelles. Tu dé-
Tu as lancé les torrents prisonniers. 0 lndra,
ploies ta puissance quand, séparant le ciel et la
terre, tu viens en faVeur de Manon conquérir les
quand tu as eu ouvert la grande caverne, tu as
tué le fils de Danou, et donné la liberté aux eaux.
Ondes, riches en bienfaits variés.
2. Avec les Ritous, ô lndra, (dieu) terrible et
7. 0 (dieu) sage et glorieux, ce fut un grand
armé de la foudre, tu as ouvert la mamelle de la
exploit que celui par lequel tu as montré ta force
montagne (céleste), source abondante et fermée.
en sacrifiant Ahi. Tu as aussi déjoué la magie de
Tu as frappé Ahi, qui dormait au sein (de la nue),
Souchna, et dans le combat frappé les Dasyous.
et tu as confirmé ta forœ.
8. En faveur d’Yadou et de’ Tourvasa 1, ô ln-
3. La vigueur d’lndra a brisé le trait du grand
dra, tu as rendu les Ondes guéables et fécondes
monstre sauvage. Un autre que (Vritra) vient aus-
en bienfaits. Tu as pris Coutsa 5 sur ton char
sitôt, plus robuste que lui, et qui a l’audace de
pour aller avec lui combattre le terrible (Souchna);
se croire unique et incomparable.
. Il. C’est Souchna, enfant de l’Onde, né de la co-
1. Pour l’explication de ce passage il faut recourir à
la note 1, page 119, col. 2. lère du fils de Danou; il grossit, il marche dans
2. Le commentaire explique cette idée par cette ex- les ténèbres, il s’enivre de la Swadhd ’ destinée
pression : le soleil qui suit l’aurore. Ne serait-ce pas aux mortels. lndra d’un coup de sa foudre a tué
plutôt z la force la plus grande, autrement dit le Soleil?
3. Le commentateur fait rapporter toute cette strophe Souchna, et lui a ravi le nuage.
aux Marouts, et me semble détourner plusieurs mots de
leur sans.
4. Voir page 249. col. 2, note 3. 1. Voir page 217. col. 2, note 5.
5. Voir page 247, col. 2, note 1. 2. C’est-à-dire de l’eau des nuages.
278 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch il.)

5. Le cœur du lâche (Vritra) sentait bien que la force aux hommes; qui vient au milieu du
ce (Souchna) ne pouvait résister a la puissance peuple, et, pour prix de ses louanges, au moment
d’Indra, quand lui-même, au lieu de, combattre du combat, lui assure sa protection.
pour la possession d’un soma enivrant, se voyait 2. Oui, pour prix de nos hymnes, tu veux nous
forcé par toi, o (dieu) puissant, de se renfermer protéger, (dieu) libéral. Attelle donc tes coursiers,
dans son palais ténébreux. O Maghawan; viens et apporte-nous le bonheur.
6. Ainsi le brigand prenait des forces, s’endor- Donne-nous la victoire sur nos ennemis.
mant au sein de cette obscurité sans soleil. Le 3. 0 noble lndra, ils ne sont pas a toi, ceux
généreux lndra, joyeux de notre soma, l’a chassé que leur impiété a séparés de nous. 0 dieu, dont
de la région supérieure, et lui a donné la mort. la main porte la foudre, dont les coursiers ont
7. Quand lndra eut fait sentir au grand fils de tant de renommée, monte sur ton char, et dirige
Danou sa force incomparable, quand il l’eut blessé toi-même les rênes.
d’un coup de sa foudre, il le précipita au-dessous Il. 0 lndra, quand les hymnes sont prodigués
de tout ce qui existe. à ta louange, alors tu vas combattre, et fendre la
8. Le (dieu) terrible délie ce (corps) endormi, vache (céleste) pour arroser les plaines. Guerrier
rempli d’une onde savoureuse et couvrant (le ciel) généreux, tu as, en faveur de Sourya, et dans sa
de sa large surface; il s’en empare. De son grand propre demeure, forcé àla soumission l’ennemi
traitil frappe dans sa demeure même (le monstre), (des dieux).
privé de pieds et poussant de vaines clameurs. 5. Nous sommes à toi, o lndra, nous et ces
9. Qui peut résister a la force éclatante (d’in- prêtres qui engendrent la Force. Les chars du
dra) ? Unique et incomparable, il s’empare de tous (sacrifice) arrivent. O (dieu), dont la mort d’Ahi
les biens. (Le Ciel et la Terre) eux-mêmes, tout a prouvé la vigueur, qu’il en vienne un vers nous,
dieux qu’ils sont, ne marchent que par la crainte (et c’est le tien), beau comme Bhaga, puissant,
que leur inspire sa puissance victorieuse. et chargé d’offrandes.
10. Pieuse Dévî i, caton, telle qu’une (épouse) 6. 0 Indra, en toi réside une force adorable,
remplie d’amour, vient humblement devant Indra, une abondance (merveilleuse). Immortel habitant
quand il communique sa force à ce (peuple). Que des airs l, fais notre fortune, et donne-nous une
les mortels honorent le magnifique (lndra)! brillante opulence, pour que nous puissions cé-
il. Je t’entends célébrer, au milieu des nations, lébrer les bienfaits d’un maître magnifique.
comme(dieu) unique, seigneurdes (hommes) pieux, 7. 0 vaillant lndra, conserve par tes secours
plein de gloire et né pour le bonheur des cinq les chantres qui te glorifient, et, au’momeut du
espèces d’êtres ’. Mes chants bénissent nuit et combat, enivre-toi de ce doux et beau soma,
jour l’adorable Indra; c’est lui qu’ils ont choisi qui peut servir de bouclier.
pour sujet (de leurs louanges). 8. Que ces coursiers ornés d’or, que m’a donnés
12. J’entends dire que tu agis avec justice, et le généreux Trasadasyou, fils de Pouroucoutsa,
accordes tes bienfaits aux sages. Ces prêtres tes que les dix chevaux blancs du fils de Girikchita
amis, qu’ont-ils reçu de toi, ô Indra, eux qui t’ont me transportent à l’assemblée du sacrifice.
donné les présents que tu pouvais désirer? 9. J’ai aussi reçu de Vidatha, fils de Mârou-
tàswa ’, de forts et magnifiques (coursiers), dis-
tingués par leur couleur rouge. J’avais répondu
à son appel; il m’a donné des milliers de parures,
LECTURE n EUXIÊME. il a voulu que je fusse orné comme un seigneur.
10. Qu’on attelle aussi a mon char les beaux
HYMNE l. et brillants coursiers de Dwanya, fils de Lakcb-
mana. Que les richesses viennent avec grandeur
A INDRA, PAR SAIYARANA, FILS DE PRADJAPATI.
vers le Richi Samvarana, comme les-vaches vien-
(une : Trichtoubh.) nent au pâturage.
i. Faible que je suis, je voudrais faire un bril-
lant éloge du grand et robuste lndra, qui donne l. Le texte dit dansant (nritamânah).
2. J’ai regardé Mâroutàswa comme un nom patrony-
mique plutôt que comme une épithète. Le commentaire
I. Féminin du mot Déva. traduit ce mot par cette idée : possesseur des chouans:
2. Voy. page 45, col. l. note l. aussi légers que le sont.
(un. IL] RIG-VÉDA. - SECTION QUATRIÈME. 279
HYMNEIL 9. O Agni, je veux te recommander Satri, fils
d’Agnivési; ses présents sont innombrables, il est
A INDllA, PAR SAIVARANA. le modèle d’un généreux seigneur. Que les eaux
(Iéna : Trichtoubh et Djagatl.) deviennent pour lui fécondes. Qu’il soit puissant,
fort et brillant.
I. L’immortelle Swadluî, infime, fortunée, un
cherche le (dieu) terrible, qui ne connaît pas HYMNE tu.
d’ (invincibles) ennemis. Faites des libations,
brûlez des holocaustes, accumulez les offrandes A IXDRA. un rnannouvxsox, rus e’uctnas.
en l’honneur (d’lndra) qui aime nos sacrifices et
que célèbrent nos hymnes. (Mètres : Anouchtoubh et Panktl.)
2. Quand Maghavan s’est désaltéré de notre
soma, quand il a goûté au miel (de nos libations)
l. 0 Indra, apporte a notre secours cette puis-
sance qui est capable de tout, (puissance) bril-
et à nos mets (sacrés), alors, jaloux (de prouver
lante, qui repousse l’ennemi et triomphe dans les
sa force) et armé de sa grande arme, il lance son
trait brillant de mille rayons, et menace de la
mort le cerf (des plaines célestes).
3. Celui qui le matin ou le soir présente à
lndra (la coupe) de soma est environné de splen-
combats. I
2. 0 Indra, sous ton empire sont les quatre ré-
gions du ciel *, Iestrois mondes, les cinq espèces
d’êtres ’; delà viennent les biens que nous atten-
dons de toi.
deur. Le magnifique Sacra repousse le riche, ami
3. Tu es généreux, et nous demandons ton no-
des méchants, et qui n’aime que son propre
intérêt.
ble secours. 0 lndra, avec les Marouts tu parcours
rapidement (les airs), et produis l’abondance que
4. Sacra ne fuit pas celui dont il a pu frapper
tu nous envoies.
le père, la mère ou le frère. Il accepte ses of-
frandes. Il sait punir; mais, pour le péché (des
4. Tu es fertile et fructueux pour le bien; ta
vigueur est féconde. Ta pensée est forte et vic-
autres), il n’abandonne pas (son serviteur), et peut
torieuse, o lndra, ta virilité funeste à tes eu-
le combler de ses bienfaits.
nemis.
5. Pour attaquer (ses ennemis),il n’a besoin ni
5. 0 lndra, toi qui portes la foudre, OSatacra-
de cinq ni de dix compagnons. Il ne s’allie point
ton, maître de la force, pousse ton char rapide
avec I’impie qui refuse de faire les libations. Il
contre le mortel qui nous traite en ennemis.
lui réserve sa terrible colère ou la mort. Il intro-
6. 0 vainqueur de Vritra, les hommes assis sur
duit l’homme religieux dans un riche pâturage.
le gazon sacré, au milieu des libations, t’invo-
6. Ennemi de (l’homme) impie, bienfaiteur du
quent, (dieu) terrible et antique, pour obtenir
(mortel) pieux, il sait dans le combat déchirer l’abondance.
(ses adversaires), et les broyer sous la roue (de 7. 0 Indra, garde notre char. Qu’il soit invin-
son char). lndra peut tout dompter; il inspire la cible, le plus avancé dans la mêlée, le mieux en.
terreur. C’est un maître qui conduit son esclave
à son gré.
touré de (braves) compagnons. le plus riche en
butin.
7. Il vient prendre le bien de I’avare, et le 8. Oui, puissant Indra, entends notre prière et
donne à son serviteur, dont il comble les désirs.
L’homme qui irrite sa colère ne peut être que
garde notre char. Nous consacrons nos plus
belles offrandes (a celui que nous appelons) Div;
dans une mauvaise voie. oui, nous consacrons nos hymnes à Div ’.
8. Lorsque le magnifique Indra voit deux
hommes riches (en offrandes, le prêtre et le père
crois qu’il est ici question du sacrifice du matin, dans
de famille), rivaliser entre eux pour obtenir la lequel lndra vs avec le prêtre conquérir la lumière et
possession de vaches célestes, il prend l’un des forcer la caverne ou sont renfermées les vaches célestes.
Cette idée est souvent répétée. Voy. page M, col. I,
deux pour compagnon; il agite, il trouble (ses note 7.
ennemis), et, secondé par les Marouts, il leur I. Le commentaire entend les quatre castes. Je ne
amène bientôt le (brillant) troupeau t. crois pas qu’elles fussent alors connues.
2. Voy. page 45, col. I, note l.
3. Ce mot signifie brillant, dyatomana. Au nominatif
1. Il me semble que je ne suis pas d’accord avec le il fait dyôh. Ordinairement il a le sans de Ciel. Une
commentaire pour la. traduction de ce passage. Hais je antre forme est dyou; de ce mot est venu (site, arec.
280 mon. - ressue LYRIQUE. [me 11.]
HYMNE 1V. luisent pour le bonheur de celui qui dit : a Allons,
faisons des libations en l’honneur d’lndra. n
A INDBA, PAR PRABIIOUYASOU. 2. Que le prêtre, avec vénération, allume le feu,
étende le gazon, s’approche du mortier, verse le
(lares : Trichtoubh et Djaguti.)
soma et chante l’hymne. Ses mortiers ont résonné
àla gloire du rapide (lndra). Qu’il s’approche
l. Qu’il vienne cet Indra, le dispensateur de
pour la libation et pour l’holocauste.
l’opulence, le distributeur de la richesse. Mar-
3. L’épouse (d’lndra) * va désirant l’époux qui
chant aVec l’assurance de l’archer, altéré, plein de
désirs, qu’il boive la liqueur du soma. doit l’emporter rapidement sur son char. Que ce
char se charge d’offrandes; qu’il résonne avec
2. Héros tralné par deux coursiers azurés, que
bruit, et qu’autour de lui il répande mille (pré-
le soma monte jusqu’à tes mâchoires, a tes joues,
sents).
comme aux sommets d’une montagne. Roi que le
4. Il n’a aucune épreuve à craindre, le roi qui
monde invoque, puissions-nous tous connaltre le
a versé àlndra de nombreuses coupes de soma,
bonheur ente (charmant) avec nos hymnes, de
ami de la vache (du sacrifice). Il marche àla tète
même que (I’écuyer) flatte ses coursiers (avec la
voix)!
de ses hommes; il triomphe de son ennemi; il
règne heureusement sur ses provinces, et illustre
3. 0 Maghavan, toi qui portes la foudre et que
son nom.
le monde implore, toi qui ne connais que la pros-
5. Qu’il soit heureux à conserver; qu’il soit fort
périté, telle qu’une roue en mouvement, mon
à conquérir. Que le Jour et la Nuit ’ concourent
aine est agitée par la crainte que me cause mon
à son bonheur. Qu’il soit le favori de Sourya, le
ignorance. Ton chantre, entouré de riches offran-
favori d’Agni, celui qui prodigue en l’honneur
des, élève son hymne jusqu’à ton char.
d’lndra le soma et les offrandes.
Il. O magnifique lndra, que tralnent deux cour-
siers azurés, ce chantre, accomplissant avec em-
pressement les œuvres (saintes), fait entendre la BYE NE V1.
voix de l’hymne qui résonne comme le mortier.
A INDRA, PAR ATlll.
De ta main gauche tu répands la richesse. Que ta
main droite sache nous défendre. (Hêtre : Anouchtoubh.)
5. Que le prêtre t, libéral (de soma), augmente
ta grandeur, o (dieu) libéral de bienfaits. (Dieu) l. O lndra, o Satacratou, tu es grand, et ta
magnificence est royale. 0 toi qui veilles sur tous
fécond, tu es porté sur des chevaux qui répan-
dent la fécondité. (Héros) à la noble face, au char
les hommes et qui possèdes la forœ, sois pour
prospère, aux œuvres fertiles, au cœur généreux,
nous le noble garant de tous les biens.
2. O puissant lndra, tu nous assures l’abondance
(dieu) qui portes la foudre, soutiens-nous dans
la plus glorieuse, et a ce titre ta renommée est
le combat.
étendue. (Dieu) aux teintes dorées, ta force est
6. 0 Marouts, que les hommes se baissent avec
invincible.
respect devant ce jeune Sroutaratha, riche en 3. 0 dieu armé de la foudre, avec les (Marouts),
offrandes, qui (nous)a donné deux chevaux rou-
ges accompagnés de trois cents (vaches).
tes glorieux et robustes compagnons, qui trou-
blent la pensée, tu règnes sur la terre et dans le
ciel.
HYMNE v.
Il. Ainsi, o vainqueur de Vritra, quel que soit
A INDRA, PAR ATlll. le présent que tu nous destines, apporte-le: tu
ne peux vouloir que notre bien.
(lare : Trichtoubh.)
5. Olndra, o Satacratou, nous comptons sur
l. (Agni) est invoqué partout; et le dos arrosé ton secours. Puissions-nous, sous ta protection,
de ghrita, il s’élève majestueusement en même
temps que la splendeur du soleil. Que les Aurores i. Je suppose que cette épouse est Satchf, c’est-a-
dire la prière, ou l’œuvre du sacrifice. Cependant, ce
pourrait etre aussi l’épouse d’Agni, c’est-adire la liba-
t. Le commentateur explique le mot dyûh pour alenti,- tion versée sur le feu qui la porte, et montant sur le
je lui ai donné le sens mentionné dans la note 2, col. i, char du sacrifice.
page 230. 2. Ce pourrait être aussi bien le Ciel et la Terre.
[Loch IL] RlG-VÉDA. -- SECTION QUATRIÈME. 281

être bien gardés! 0 héros, puissions-nous être 5. Quand le fils du (funeste) Asoura l, Swar-
bien gardés ! blrûnou, couvre les rayons, a Sourya, de son
obscurité. tels que l’insensé, qui ne peut recon-
HYMNE Vll. naître son chemin, les mondes vont sans clarté.
A INDRA. PAR ATRI. 6. Olndra, lorsque la magie de Swarbhanou
vient se placer au-dessous de l’astre lumineux,
(lares : Anouchtouhh et Pankti.)
tu la détruis. Avec son quadruple mantra ’ Atri 5
l. 0 glorieux et noble lndra, o (Dieu) qui por- retrouve le soleil, caché sous les ténèbres pares-
tes la foudre et possèdes la richesse, apporte- sensés.

nous dans les deux mains le bien que nous de- 7. a O Atri, r (s’écrie Sourya,) a ne souffre pas
vons espérer de toi. que le (monstre) terrible et affamé me dévore,
2. Oui, Indra, apporte-nous le bien que tu moi qui t’appartiens. N’es-tu pas Mitra, équitable
estimes le plus barn. Que nous connaissions ton en sa magnificence? 0 Mitre, et toi, royal ’Varouna,
immense générosité! sauvez-moi en ce moment! l
3. (Dieu) bienfaisant et armé de la foudre, ta 8. Prêtre, s’approchant du mortier (sacré), ho-
pensée est noble, généreuse, étendue; et pour norant les dieux par l’hymne et les apaisant par
nous envoyer l’abondance tu peux briser les la prière, Atri a placé dans le ciel l’œilde Sourya.
Il a détruit la magie de Swarbhânou.
obstacles les plus forts. .
4. Nos hymnes ont célébré Indra, le roi des 9. Ainsi Sourya avait été couvert des ténèbres
mortels, le plus noble de tous ceux qui sont sei- de Swarbhanou, fils du (perfide) Asoura. Les
gneurs parmi vous : nous l’avons invoqué avec enfants d’Atri l’ont retrouvé : les autres n’ont pu
de nombreuses libations. (avoir le même bonheur).
5. En l’honneur d’lndra, qui aime nos homma-
ges, (nous présentons) ces invocations poétiques, IIYMN E lx.
cet hymne louangeur. Dans leurs prières les en- aux vrswantvas, un BIIÔIATnl.
fants d’Atri exaltent sa gloire; oui, dans leurs
prières les enfants d’Atri préconisent son nom. (une: : Trichtoubh, Djagatl. VirAt et Ecapadn.)

l. 0 Mitra et Varouna, quel est celui qui vous


HYMNE VIIl. honore en ce momenthuel que soit votre séjour,
le ciel, ou la demeure terrestre d’un noble (mor-
A mon, un nul. tel), on le foyer du sacrifice, sauvez-nous. Donnez
(lares : Ouchnih, Trichtoubh elAnouchtoubh.)
(au sage) qui veut honorer les dieux cette abons
I. 0 maltre du soma, viens prendre la liqueur dance d’effrandes que procurent les troupeaux.
qui sort de nos mortiers. 0 vainqueur de Vritra, 2. Puissions-nous plaire à Mitre, a Varouna, à
o généreux lndra, bois avec les généreux (lla-
rouis). 1. L’explication donnée pour le mot Asoura est pré:
muta (spiritum dans). Ce mot est ordinairement pris
2. Fécond est ce mortier, féconde est ton en bonne part: cependant il peut s’appliquer Il. des erres
ivresse, fécond est ce soma. 0 vainqueur de dont la nature est mauvaise, comme a Vritra, parce que
Vritra, o généreux Indra, (bois) avec les généreux Vritra retient et cède le nuage qui dorme la vie. Swar-
bhAnou, qui est l’obscurité personnifiée, est considéré
(Marouts). comme le fils de Vritra. Dans la mythologie des Poura-
3. Moi qui répands (le soma), je t’invoque, o nas, Swarbhanou est identifié avec Babou, ou le nœud
ascendant.
(dieu) de la foudre, O toi qui répands (la pluie), 2. Je crois que le poète désigne les quatre premiers
avec tes admirables auxiliaires. O vainqueur de distiques de ce même hymne, auxquels il attribue cette
Vritra, agénéreux lndra, (bois) avec les généreux vertu singulière.
3. Atri est ici ou le nom du prêtre qui accomplit le
(Marouts). sacrifice, ou un surnom d’Agni agissant en sa qualité de
4. Que le roi puissant et libéral qui lance la sacrificateur. On explique le mot Atri par l’idée de
mangeur. Voila pourquoi ce mot s’applique à. différents
foudre, triomphe de ses ennemis et donne la mort
personnages; aAgni, qui mange les holocaustes; a Vritra
a Vritra, qui aime nos libations et boit notre soma, et à ses compagnons, qui dévorent les nuages; au sa-
attelle son char et vienne près de nous. Qu’lndra, crificateur lui-mémé, qui absorbe une partie des of-
frandes. Je pense qu’il est ici question d’Agni, invoqué
dans le sacrifice de midi, se livre a une (sainte) dans le distique suivant sous le nom d’Alri. Atri, de
ivresse. même qu’Angiras, est une des formes d’Agni.

l. - BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE. 19
282 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. (me. il.)
l’infatigable Aryaman, au grand Indra, aux Ma- prospérité, ce (dieu) adorable et digne de louanges.
routs, heureux compagnons du bienfaisant Rou- (que l’on surnomme) Aptya 1 z ami des hommes,
dra, à tous ceux qui obtiennent de nous les hon- qu’il vienne.(accroitre) notre renommée.
neurs de l’hymne poétique et de l’offrandc! 10. J’ai allumé les trois feux, et dans des vers
3. Nous vous invoquons, O généreux Aswins; harmonieux j’ai chanté l’enfant des Ondes, le
pressez le pas superbe du coursier qui traîne fruit du fécond Bhoùmya *. Agni semble par un
votre char, aussi prompt que le vent. (O prêtres), murmure accueillir ma présence. Sa chevelure se
apportez pour honorer dignement le (dieu), qui couronne de rayons, et il dévore le bois du bûcher.
est le souille même du Ciel 1, vos prières et vos 11. Comment célébrerons-nous la grande fa-
offrandes. mille de Rendre? Comment chanterons-nous le
4. Que le vainqueur céleste, le sacrificateur riche et prudent Bhaga ? Puissions-uous être gar-
compagnon des Canwas, le rapide Agni, sur- dés par les Eaux, les Plantes, le Ciel, les Bois, les
nommé Trita ’ et partageant les plaisirs de Collines couronnées d’arbres!
Sourya, que Pouchan, que Bhaga, tous protec- 12. Qu’il entende nos prières, ce maltre de la
teurs du monde, tous doués de la plus grande force, qui traverse l’air et court autour du monde l
vélocité, se disputent le bonheur de venir à nos Qu’elles nous entendent, ces Eaux, qui forment
sacrifices. I
5. Amenez-nous vos richesses portées sur vos
une foule de villes brillantes, et se groupent au-
tour du nuage grossissant!
légers coursiers. Notre prière vous demande de l3. Écoutez la prière que nous vous adressons,
nous faire acquérir et conserver l’opulence. 0 o grands et nobles coureurs z prenez nos meil-
Marouts, que le sacrificateur choisi par le fils leurs holocaustes. Tels que des oiseaux redouta-
d’Ousidj 5 se ressente heureusement de votre bles, (les Marouts) arrivent, et poursuivent de
bienfaisante activité. leurs traits le mortel effrayé. I
6. (0 Prêtres), invitez par vos hymnes le divin 14. J’ai invité à mon heureux sacrifice (les
et sage Vàyou à monter sur son char, et à mon- dieux) nés au ciel et sur la terre. J’ai (appelé) les
trer qu’il approuve (nos louanges). Que les Prières, Ondes. Que nos hymnes augmentent la haute
riches épouses (des dieux), viennent prendre étendue des mondes célestes; qu’ils élargissent
leur place au sacrifice, et leur part aux cérémo- les fleuves remplis d’eau.
nies. 15. Que mon Hymne marche sur ses pieds,
7. Pour votre avantage, les deux grandes (dées- puissant protecteur, soutien (vigilant). Mère s
ses), l’Aurore et la Nuit, (viennent) du ciel, à vénérable, que la Libation, la main étendue et
l’appel de nos hymnes,avec les (dieux) adorables chargée de présents, soit bienveillante pour nous,
et fortunés, et, telles que deux sages, elles ministres du sacrifice.
apportent au mortel tout ce qu’il désire pour le 16. Par quelle prière honorerons-nous les bien-
sacrifice. faisants Marouts au milieu de nos chants de joie?
8. Je chante ces héroïques (Marouts), riches de Oui, par quelle ofirande honorerons-nous les Ma-
tant de biens. J’offre mes (libations) à Twachtri, routs au milieu de nos cris de joie ? Qu’Ahirbou-
maltre de l’enceinte (sacrée). La Prière, entourée dhna e ne nous abandonne pas à notre ennemi.
d’offrandes, et heureuse de partager les plaisirs Qu’il donne la mort à nos adversaires.
(des dieux, célèbre aussi) les Arbres, les Plantes
(dans ce sacrifice) qui doit amener la richesse. I. Ce mot signifie né des eaux, et il s’entend ici ou
d’Agni, ne au sein des libations, ou du Soleil, débarrassé
9. Que les Parwatas 1, qui sont (pour nous) des vapeurs orientales.
comme d’héroîqnes Vasous 5, arrivent heureu- 2. Bhoûmya me parait être la vapeur née de la terre
sement pour nous donner des enfants et des (bhoûmi) et formant le nuage. Le commentaire pense
que le mot bhoûmt’ est synonyme d’amas-thalle (l’air).
petits-enfants; qu’il augmente sans cesse notre Cepenth Bhoùmya, à raison de son étymologie, pour-
rait être aussi le foyer de terre ou naît le feu; et l’enfant
1. Dico amurait. des Ondes serait encore ici Agni, enfant d’lla et de la
2. C’est-à-dire honoré trois fois, ou en trois endroits. Libation. Bhoûmya est synonyme de Pàrtht’va (terre-
3. Le fils d’Ousidj est Cakehlvàn (voy. page 50, col. 1, mu).
note a). Le sacrificateur qu’il s’est choisi, suivant le 3. Le commentaire croit que ce passage se rapporte à.
commentaire, c’est Atri. N’est-ce pas plutôt Agni? la Terre.
A. Ce sont les nuages, ou montagnes célestes. 4. Ahirboudhna est le Nuage, ou plutôt lndra, maltre
5, Le mot l’accu est traduit par Vàsayitri (stabilitor). des nuages. Ailleurs on trouve Ahirboudhnya. Voyez
C’est le nom d’une classe de dieux. page 161, col. 2, note 1.
(ceci. il.) RIG-VÉDA. -- SECTION QUATRIÈME. 283

17. Pour obtenir une famille riche en troupeaux, 4. 0 lndra, traîné par deux chevaux azurés, tu
o dieux, voila qu’un mortel vous adresse sa prière. nous conduis au bonheur, (touché) de nos prières,
Oui. 0 dieux, un mortel vous adresse sa prière. de nos libations, de (la piété) de nos maîtres
Que .Nirriti 1 laisse en ces lieux une heureuse généreux, (charmé) de nos cérémonies et de
santé, et ne dévore que ma vieillesse. la faveur que nous accordent les adorables
Dévas.
18. 0 dieux, e Vaseus, puissions-nous obtenir
de votre bienveillance cette abondance qui donne 5. Que le divin Bhagn, que Savitri, (père) de la
la force, pour prix des hommages que nous ren- richesse, qu’Ansa et Indra, vainqueurs de Vritra,
dons à la Vache (du sacrifice) t Que cette déesse ’, et possesseurs de ses biens, que Ribhonkchàs,
douce et bienfaisante, vienne à nous et fasse no- Vàdja, l’ourandhi 1, que (tous ces dieux) immor-
tre bonheur t tels et rapides nous conservent.
19. Qu’llà 5, mère des troupeaux (divins), 6. Chantons les exploits du (dieu) fort, triom-
qu’Ourvasl 1, avec les Fleuves, daignent nous phant, invincible, allié des Marouts. 0 Maghavan,
accueillir; Ourvasi, qui brille au loin dans le ciel, parmi les anciens et les autres, parmi les meder-
qui d’un (doux) murmure accompagne (l’œuvre nes, aucun n’a possédé ta force.
sainte), et couvre (de sa splendeur) l’ofi’rande 7. Célèbre en premier lieu Vrihaspati, qui donne
d’Ayou! la richesse et distribue les trésors;faverable pour
20. Que (cette Ourvasi) répande sur nous ses celui qui le chante et l’honore par la prière et le
dons en faveur de notre roi Ourdjavya t sacrifice, il vient à. lui avec de grands pré-
sente.
HYMNE x. 8. Avec ton secours,o Vrihaspati, les (hommes)
deviennent riches, invincibles, ornés d’une belle
aux VISWADËVAS, un BHOIATRI. famille. L’opulence appartient à ceux qui n’usent
(Hêtre: : Trichtoubh et Écapade.) de leur fortune que pour donner des chevaux, des
vaches, des étoffes.
1. Que la Prière, brillante et fortunœ, célèbre
9. Rends caduque l’opulence de ceux qui jouis-
Varouna, Mitra, Bhaga et Aditi. Qu’il nous entende,
sent, sans nous demander nos hymnes. Que ces
(le dieu) vivifiant, et libre dans sa course, naissant impies, dont la race s’élèverait dans le monde,
au sein de la pluie, père des cinq esprits vitaux 5,
que ces ennemis de notre culte soient par toi en-
auteur de la prospérité. levés à la face du Soleil.
2. Qu’Aditi m’accueille, comme une mère (ac-
10. 0 Marouts, reléguez avec ceux qui ne voient
cueille) son fils, et que ma prière aille jusqu’à
pas le disque (du soleil) (l’homme) qui admet les
son cœur pour y être conservée. J’adresse à Mitre
Bakchasas à la table des dieux. Il s’exposeà per-l
et a Varouna le culte fortuné qui plait aux dieux. dre ses sueurs et à s’épuiser en vains désirs, ce-
3. (0 chantre), invoque le plus sage d’entre les
lui qui blâme le zèle de votre chantre.
sages. Et vous, arrosez-le de beurre et du miel 11. Célèbre le (dieu) qui possède une bonne
(des libations). Que le divin Savitri nous donne flèche, un bon arc, qui est le maltre de toutes les
des biens nombreux, utiles, agréables.
plantes. Sacrifie au grand, au clément Rendra.
Honore par tes invocations ce divin Asoura ’.
1. Voy. page 54, col. 2, note 1.
2. Je crois que cette déesse est la vache du sacrifice, 12. Que les ouvriers du (dieu, appelé) Damna-
c’est-a-dire la flamme d’Agni. Cependant ce pourrait être
la déesse de l’abondance, de l’offrande, appelée lt dé-
nas, (ouvriers) a la main industrieuse 5-, que les
valai, ou bien ne. larges Rivières, épouses (du dieu) qui donne l’a-
3. ne est ordinairement la terre, sons la forme de bondance 1, que Saraswati, qui répand au loin
vache; elle est fille de Manon. [il est encore la déesse sa clarté, que Race 5, (déesses) brillantes et gé-
de l’hymne, Vàgde’oatà. Nous avons vu aussi qu’llâ est
le foyer de terre qui perte le feu. Considérée comme la néreuses, nous accordent les biens désirés.
terre, les troupeaux, dont elle est la mère, sont ceux 13. J’apporte un hymne nouveau, à peine ne,
qui couvrent naturellement sa surface. Si l’on regarde
ne. comme déesse du sacrifice, ces troupeaux sont alors
ceux que j’appelle tu caches du sacrifice, c’estcà-dire 1. C’est un des noms de la Prière.
les Libations ou les flammes d’Agni. 2. Accura,rps’rilùt dater.
A. Ourvasi est la libation personnifiée. 3. Ce sont les Ribhous, qui ont fabriqué des chars et
5. Panuhahotrt’, traduit comme s’il y avait Pastiche- des vases, formé des chevaux, des vaches, etc.
prâna On entend encore ce mot de cette manière: qui m:- 4. Le commentaire dit que c’est Rendre.
complit les cinq sacrifices (Pantchahemasya Sàdhacah). 5. Voy. page 18e, col. 2,note 1.
28-1 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. (Leu. IL]

au grand protecteur (des hommes, à Pardjanya) 1. tout comme une victime cet enfant (le la colline
Lui, qui frappe aux fiance de sa fille ’et pre- qui, pour nette plaisir, sous la douce pression
duit toutes les formes, doit, pour nous, rajeunir du doigt, rend un jus savoureux et pur.
le monde. 5. 0 lndra, tu peux t’enivrer de ce sema qui a
14. 0 chantre, que l’hymne célèbre ce maître été versé pour toi, (dieu) grand, robuste, ami et
de l’offrande 3, qui tonne et pousse des clameurs, puissant. Réponds à notre appel, et attelle à ton
qui va, gonflé d’eau et de pluie, et qui remplit char tes deux coursiers azurés, qui portent si
le ciel et la terre du feu de l’éclair. bien leur fardeau (précieux).
15. Que l’hymne célèbre aussi les jeunes enfants 6. 0 Agni, viens aussi partager nos plaisirs et
de Rendre, les robustes Marouts. J’ai le désir goûter de notre miel savoureux; et, par les routes
d’obtenir la richesse, et je chante. Loue donc ces que suivent les Dévas, amène-nous ton épouse,
(dieux) légers, qui ont des daims pour coursiers. déesse neble,’grande, infatigable, qui connaît le
16. Que l’hymne célèbre encore la Terre, l’Air, sacrifice, et qui se voit entourée de prières et
les Astres, les Plantes, afin d’obtenir la richesse. d’holocaustes.
Que tous les dieux me soient favorables. Que la 7. Que Charma 1 prenne part au sacrifice,
Terre, notre mère, ne me livre pas à l’aveugle- placé près d’Agni, comme un fils près de son
ment d’esprit. père : (Charma) que les prêtres agrandissent sous
17. 0 dieux, puissions-nous être exempts de le jus onctueux qu’ils versent et qu’ils semblent
brûler jusqu’à la moelle.

tout malt a
18. Marchons sous la protection des Aswins,
toujours nouvelle, heureuse, fortunée. Que ces
Immortels nous donnent l’opulence, une forte fa-
8. Que la Prière, grande, élevée, fortunée,
aille, comme un message, appeler les Aswins.
(Dieux) merveilleux, arrivez sur le même char,
mille, toute espèce de biens. , et entrez dans le sanctuaire de nos offrandes,
comme l’essieu entre dans le moyeu de la roue.
HYMNE XI. 9. J’invoque le puissant Pouclian; je célèbre la
gloire du rapide Véyon. 11s répandent sur nous
AUX vlswAnévAs. un ne].
l’abondance, et par leurs libéralités ils appellent
(lare: : Trichtoubh et Ecapada.) nos prières.
1. Que les sept (Rivières célestes, comme sept) 10. 0 (dieu. nommé) Dja’tavédas, je t’implore.
vaches remplies de fait, viennent à nous, rapides, Améne-nous tous les Marouts, quels que soient
bienfaisantes, (et nous apportent) leur miel (sa- leurs noms et leurs formes. O Marouts, venez tous
voureux). Larges et fortunées, qu’elles livrent à notre sacrifice; écoutez les prières et l’hymne
leurs trésors au sage, au chantre qui les ap- du chantre. (Accourez) tous à notre secours.
pelle. 11. Que l’adorable Saraswati se rende à notre
2. Men hymne, ma prière invite a nos offrandes sacrifice des larges hauteurs du ciel. Que cette
le Ciel et la Terre, bienfaisantes (déités). Père déesse, arrosée de notre beurre (sacré), aime
(auguste), mère affable, leur main est secourable, notre invocation, et entende avec plaisir nos cris
de fêté.
leur nom glorieux. Qu’ils viennent a nous dans
nos dangers. 12. Faites asseoir au foyer le grand et sage
3. 0 prêtres qui préparez le miel de la libation, Vrihaspati; honorons (ce dieu) au des noir, aux
offrez a Vàyou le brillant soma. Tel qu’un sacri- rayons d’or, qui siégé et qui brille dans l’enceinte
ficateur, bois avant tous. (Bois), jusqu’à l’ivressc, du sacrifice.
de cette douce liqueur que nous te donnons. 13. Que (ce dieu) bienfaisant qui soutient (le
4. Les deux mains, pourvues de dix (doigts) monde) et répand au loin son éclat, invoqué par
travailleurs, vont chercher la plante d’où s’extrait nous, vienne avec toute sa puissance. Uni à ses
le soma; heureusement industrieuses, elles trai- épouses ’, entouré des jeunes plantes, invincible

1. Partljanya est une forme d’lndra considéré comme 1. Charma est la chaleur personnifiée, mot que j’ai
le nuage donnant la vie et la forme aux choses. rendu parfeu sacre", sent. HI, lect.xxv, hymn. xtv, st. 14.
2. J’entends la mer, et non la terre, comme le vou- Le commentaire suppose que ce passage se rapporte a
l’homme distingué (Mahàvira) qui honore Agni.
drait le commentaire. ’
3. "amati. Pardjanya mérite et produit l’offranrle, en 2. Ce sont les flammes (djwâlâ). Les plantes servent
envoyant l’eau a la terre. à nourrir le feu.
Leet. IL] lth-VÉDA. -- SEGTlON QUATRIÈME. 285

et libéral, source d’abondance, il dresse son ai- crifice, et qui ne tendent pas à s’élever. D’autres
grette aux trois couleurs t. suivent une route supérieure, d’où ils semblent
14. Assis sur le trône élevé et brillant que lui dominer, et (le dieu), tel qu’un archer, lance ces
donne sa mère (lia), il reçoit les hommages de traits renommés jusque sur la voûte (du ciel) *.
ses chantres, qui appartiennent à la race d’Ayou. 5. Au milieu des (Prières) qui naissent de la
Et les mortels, pleins d’une dévotion pieuse, pensée, tu reçois le soma qui a coulé sous le
chargés de leurs holocaustes, soignent (ce dieu) pressoir ’; tu sièges sur un hucher glorieux; o
comme ils soigneraient un nourrisson dans son (dieu) célébré par des chants, tu brilles entouré
berceau. de nos prêtres. 0 toi qui donnes la vie, augmente
15. 0 Agni, les hommes et les femmes élèvent dans le sacrifice l’éclat de tes épouses 3.
vers toi une prière empressée, et à un (dieu) gé- 6. Tel on voit (l’être divin), tel on le chante.
néreux comme toi ils présentent de généreuses Quelle que soit la forme sous laquelle ils nous
offrandes. Que la Terre, notre mère, ne me livre apparaissent au moment des libations, que les
pas à l’aveuglement d’esprit. dieux possèdent pour nous une grande générosité,
16. 0 dieux, puissionsonous étre exempts de une large bienfaisance, une force invincible et
tout mail soutenue par de males serviteurs. .
17. Marchons sous la protection des Aswins, 7. A l’orient s’avance, précédé de son épouse,
toujours nouvelle, heureuse, fortunée. Que ces le sage Sourya, prèt à combattre ses ennemis.
immortels nous donnent l’opulence, une forte fa- Que ce (dieu) libéral nous protège, et nous donne
mille, toute espèce de biens. une maison brillante et assez forte pour nous dé-
fendre.
HYMNE X11. 8. 0 (dieu) qui précèdes la lumière du (soleil)
voyageur, et que les Richis ont chanté, tu es ho-
Aux vlswusns, ne AVATSARA, noré par les hymnes du sacrificateur. Quel que
FILS ne (usure. soit son désir, il en obtient par ses œuvres
(pieuses) l’accomplissement. De son offrande vo-
(Haras: Trichtoubh et Djegati.)
lontaire il retire le plus beau fruit.
1. Comme jadis, comme naguère, comme par- 9. Que la première (des libations) coule dans
tout, (je viens) en ce moment fléchir par la prière le vase qui les contient toutes t. Le sacrifice ou
(le dieu) qui possède le bonheur, qui, assis sur elle doit être versée ne sera pas perdu. Quand
notre gazon (sacré), reçoit les plus nobles of- la prière se joint a un cœur pur 5, les vœux
frandes. (J’implore) ce héros clément, fort et im- de l’homme religieux ne sont jamais trompés.
pétueux, qui croit sous le charme de nos 10. (Honorons donc) ce (dieu) dont la force est
(louanges). suprême et adorable, dont le cœur est bon et in-
2. Tu repousses par tes splendeurs (l’ennemi) dulgent °. Obtenous par les prières d’Avatsàra
qui enchaînait le nuage, et tu ornes les régions une puissante abondance, que les mérites du
célestes auxquelles tu rends la sérénité. Puissant sage ne peuvent qu’augmenter encore.
par tes œuvres, (tu existes) pour notre salut et
non pour notre perte; et, vainqueur de la magie 1. Il m’a semblé que ce distique faisait allusion et
(des Asouras), tu as mérité que ton nom fût cé- aux rayons du feu des sacrifices et aux rayons solaires.
lébré dans le sacrifice. J’ai pris l’idée (l’archer dans la signification de frappant

3. L’Holocauste vient rapidement, gage de jus- (fartent), que je donne au mot criai, qui veut dire
aussi tac, puits.
tice, de stabilité, de salut : le (dieu) fort et sacri- 2. Il y avaitdeux manières d’extraire le jus du soma,
ficateur l’embrasse. il se glisse, il s’étend sur le ou on pilant le plante dans le mortier, ou en exprimant
la liqueur entre deux planches.
gazon (sacré), il se mélo aux plantes qui le sou- ’ 3. J’entends ici les flammes d’Agni. Le commentaire
tiennent, tendre nourrisson (qui deviendra) mâle, applique le mot pétai aux plantes (ochadî) qui alimen-
toujours jeune, et immortel. tent le feu ou qui servent aux libations.
4. Ce vase s’appelle Samoudram.
4. En votre faveur, il attelle ces légers cour- 5. Le commentaire entend : unie à un (Dieu) par,
siers, ces rayons qui augmentent l’éclat du sa- comme le Soleil ou Agni.
6. Le commentateur trouve dans ce distique le nom
de cinq Richis, traduisant ainsi : ce dieu est accessible
1. Le commentaire donne aux flammes une triple aux prières de Kchatra, Mahaut, Éoâeada, Yadjata,
couleur. rouge, blanche et noire.

Sadhri. v
286 mon. - POÉSIE LYRIQUE. (un. n.]
11. L’ivresse que ces (libations) donnent à un des vaches (célestes, l’Aurore est) sortie des pro-
(dieu) opulent, adorable, puissant t , est légère fondeurs de l’espace pour l’annoncer. Les rivières
comme l’épervier, pleine comme la ceinture, par- qui semblaient taries coulent à. plein bord. Le
faite comme le sacrifice. Les sages s’invitent mu- ciel s’affermit comme une forte colonne.
tuellement à venir : ils savent que ce breuvage 3. Devant l’antique créateur des grandes
est une source de biens. (ondes), célébré par nos hymnes, l’enfant de la
12. Que le (dieu) adorable et sage (surnommé) Nue t, la Nue elle-même a tremblé. Le ciel
Sada’prina ’, les mains chargées de gazon sacré, s’éclaircit. Les (Angiras) poursuivent leur œu-
détruise ses ennemis et soit vainqueur avec vous. vre de dévotion respectueuse.
ll s’approche des deux espèces d’offrandes g il Il. Pour vous, ils viennent, par des hymnes dont
resplendit, honorant la troupe divine de ses les accents charment les dieux, appeler à votre
louanges harmonieuses. secours lndra et Agni. Les sages, dignes du nom
13. Soutambhara 5, chef des hommes reli- de Marouts ’, témoignent de leur respect par
gieux, en faveur d’un mortel qui faisait un sa- leurs chants et leurs offrandes, et commencent
crifice, s’est (un jour) approchédu (foyer), ou est le sacrifice.
la mamelle de toutes les prières. il a amené les 5. Ces (dieux) arrivent!... En ce jour prions
vaches (saintes) fiil a répandu le lait de la liba- avec piété. Que la mort tombe au loin sur nos
tion, et (le sage), éveillé (pour l’œuvre pieuse), ennemis. Éloignons ceux qui trameraient en
a rappelé ces paroles : ’ secret notre perte, et présentons-nous devant le
14. «Les Hymnes désirent celui qui s’éveille. maître du sacrifice.
Les Chants vont vers celui qui s’éveille. Le Soma 6. Approchez, amis, et formons cette Prière,
adresse la parole à celui qui s’éveille z C’est moi, qui est comme une mère (pour les hommes).
c’est un de tes amis qui est en ces lieux. n C’est elle qui a ouvert le pâturage de la vache
15. a Agni s’éveille, les Hymnes le désirent. (céleste), qui a donné à. Manon la victoire sur
Agni s’éveille, les Chants vont vers lui. Agni Visipra 3, qui a fait trouver de l’eau au mar-
s’éveille, le Soma lui adresse la parole : C’est moi, chand .égaré dans la foret 1.
c’est un de tes amis qui est en ces lieux I. n 7. Cependant le mortier a retenti sous la main
qui pousse le pilon. En mémé temps les Navag-
HYMNE X111. vvas, éprouvés par dix mois (de pénitences) a,
ont commencé les chants. Sarama ° vient au
AUX VISWADÉVAS. PAR SADAPIINA, sacrifice, et découvre les vaches (célestes). Angi-
rth n’irai. ras ” a mis l’ordre partout.

(leur; : Trichtoubh.) 8. Quand, au lever de la magnifique Aurore,


tous les Angiras eurent trouvé les vaches (cé-
l (Le dieu) qui lance la foudre s’est annoncé
lestes), le séjour de ces vaches fut établi au
au ciel; avec les Hymnes est arrivée l’Aurore,
foyer suprême du sacrifice; c’était sur la route
dont les rayons apparaissent. Elle a repoussé les
du sacrifice que Saramà les avait trouvées.
ténèbres. La Lumière est née, et le dieu a ouvert
les portes du séjour de Manon. I 9. Que Sourya vienne donc avec ses sept cour-
siers; une large carrière, une longue voie lui est
2. Sourya a donné une forme à la nature. Mère
ouverte. Rapide épervier, il accourt vers la nour-
riture qui lui est préparée. Jeune et sage, il vient
1. Dans cesvers le commentateur découvre aussi les
noms de trois Richis. Il traduit : l’ivresse de Viswavzira, briller au milieu des vaches (divines).
Vàdjala, Màyin.
2. Je n’ai pu me résoudre à voir dans le mot Satiri- 1. C’est-à-dire l’eau. *
pn’na le nom d’un Richi. Jel’ei regardé comme une 2. Le commentateur dit ici que les prêtres ressem-
épithète d’Agni, qui signifie : toujours disposé à faire blent aux Marouts z pareils aux Marouts, rapides dans
plaisir. leurs œuvres, en résonnant comme eux.
3. Ce Soutambhara est ou le soma personnifié, ou un 3. C’est sans doute un nom de Vritra.
Richi dont nous avons déjà vu quelques hymnes, et 4. Le commentaire fait rapporter ce fait à Cakchivân.
dont le poëte rappellerait ici deux vers. Voy. page 50. col. 1. notes.
4. Ce sont les flammes du sacrifice. aussi bien que 5. Voy. page 80, col. 1. note 6. Une difficulté se
les libations. présente ici, c’est que le poète semblerait confondre les
5. Il y a sur un des manuscrits un seizième distique, Navagwas et les Dosagwas.
qui ne se trouve ni sur le Pudanidaus le commentaire. 6. Voy. page M, col. 1, note 7.
Je l’ai regarde comme apocryphe. 7. C’est un nom d’Agni.
(Leu. in.) RlG-VÉDA. -- SECTlON QUATRIÈME. 287

10. Que le Soleil apparaisse sur cet océan lumi- terre 1, ou employées au service des Ondes, soyez-
neux; qu’il attelle ses cavales à la croupe flexi- nous favorables, et accordez-nous votre protec-
ble. Les sages l’ont conduit, comme on conduit tion.
un navire sur l’eau. Les Ondes dociles l’ont 8. Qu’elles viennent donc, ces épouses divines,
entouré avec respect. lndranî, Agnàyi, la brillante Aswinl î; que Ro-
11. En votre faveur, j’ai, au milieu des liba- dasl fia que Varounanî m’entendent. Que ces
tions, fait une prière qui donne le bonheur, et déesses viennent au moment ou nous honorons
qui avait assuré le succès des Navagwas, éprou- les femmes des dieux.
vés par dix mois (de pénitences). Puissions-nous,
avec cette prière, avoir les dieux pour gardiens!
Puissions-nous avec cette prière, traverser les
maux (de la vie) ! LECTURE TROISIÈME.

HYMNE XlV. HYMNE l.


aux VISWADÉt’AS, PAR PRATIICIIATIA. aux vrswanavas, un PlA’l’lBA’l’uA.

(lem: .- Trichtoubh si Djagatl.) (une: Trichtoubh.)

1. Le sage est tel qu’un cheval attelé à un char: 1. Grande (et noble) mère, (l’Aurore) attelle
il porte volontairement la charge (du sacrifice) son char, et vient au ciel, annonçant (le moment
secourable et conservateur. C’est ce queje fais- de l’œuvre sainte), éveillant la (Prière) A sa fille.
Je ne demande pas a être délivré de ce fardeau; La Prière, jeune et respectueuse, commence ses
je ne veux point le repousser. Le sage est fait invocations avec les Dévas dans le lieu (du sacri-
pour diriger les autres dans la voie droite où il lice).
marche le premier. 2. Les Rayons rapides, issus du Sacrifice,
2. Agni, Indra, Varouna, Mitre, Vichnou, vous, viennent se placer au foyer du (dieu) immortel;
Marouts et (autres) dieux, apportez-nous votre larges, infinis, ils embrassent de tout côté le ciel
force. Que les dieux Aswins. Roudra, Poùchan, et la terre.
Bhaga, Saraswatl, et les épouses divines viennent 3. Source de vie et de lumière (le dieu), sur
une aile rapide, s’est élancé, du côté de l’Orient,
orner (notre sacrifice).
3. J’appelle à notre secours lndra et Agni, Mi- au giron du père t. Radieux, étendu, il s’avance
tra et Varouna, Aditi, la Lumière, la Terre, le au milieu du ciel, et répand ses clartés sur les
Ciel, les Marouts, les Nuages, les Eaux, Vichnou, deux extrémités du monde.
Poùchan, Brahmanaspati, Bhaga, l’illustre Savitri. 4. Quatre soutiens c le supportent avec bon-
4. Que Vichnou, que le Vent, que le (dieu)
clément (surnommé) Dravinodas, que Soma nous 1. J’ai rétréci le sens du mot partitive. Ce ne sont
pas les déesses qui sont sur la terre, ce sont les déesses,
soit favorable. Que les Ribhous, que Twachtri et c’est-à-dire les Prières récitées autour du foyer, qui lui-
Vibhwan nous accordent la richesse. même est représenté comme une déesse sous le nom
d’llà.
5. Que la troupe des Marouts, qui habite le ciel
2. Ce n’est pas le nom d’une des constellations.
et que nous appelons avec honneur sur le siège Aswinl est ici l’épouse des Aswins.
de causa, vienne a nous. Que Vrihaspati, Poùchan, 3. Le commentaire regarde Rodes! comme l’épouse de
Vareuna, Mitra, Aryaman nous couvrent de leur Rendre.
4. Le commentaire croit qu’il est question de la terre.
noble protection. 5. Ce père est sans doute le ciel, ou les rayons d’Agni
6. Que les Nuages célébrés par nos chants, que se concentrent dans le soleil. On peut entendre aussi ce
les Rivières bienfaisantes fassent notre salut. mot du sacrificateur, du père, qui allume le feu du sa-
crifice au foyer oriental.
Que Bhaga, distributeur (des richesses), vienne à 6. Tout ce passage rappelle le commencement de
nous avec le secours de sa puissance. Qu’Aditi, l’hymne X, lecture vI, section Il. Voy. page 176.
largement étendue, entende mon invocation. Le commentaire dit que ce sont quatres prêtres qui
soutiennent le soleil par leurs chants. Je ferai remar-
7. Que les épouses des dieux, avides (de nos quer que les vers ont ordinairement quatre psdas. On peut
sacrifices), nous conservent; qu’elles nous con- aussi supposer que le poële fait allusion aux quatre
points cardinaux, aux quatre parties du ciel vers les-
servent et nous donnent l’abondance et une quelles sont tonrnés les quatre côtés de l’autel. Voyez
forte famille. Déesses occupées près du foyer de page 116, col. 1, note 2.
288 iNDE. -- POÉSIE LYRIQUE. [Loch 111.]

heur; dix mamelles 4 lui fournissent les forces. 4. Puisse-je avoir le bonheur de jouir de cet
dont il a besoin pour suivre sa carrière. Trois astre, qui se trace (dans le ciel) une voie bril-
vaches ’ magnifiques l’accompagnent dans sa lante comme la hache (dans la forèt)l Puisse le
course autour du ciel. peuple qui l’invoque dans ses dangers obtenir
5. 0 peuples, le voilà, cet astre admirable, les biens qui distinguent une maison opulente!
qu’entourent les Ondes (saintes) et vers lequel se 5. li s’avance, (le dieu) qui a quatre faces t,
précipitent les flots (des libations) ! que sa mère dont la langue est belle et le vêtement éclatant,
a confié a deux (nourrices) a, sœurs jumelles de qui repousse (les ténèbres) et terrasse ses enne-
couleur différente et apparaissant à des heures mis. Mais nous ignorons encore la grandeur de sa
diverses! puissance, et si Bhaga et Savitri sont en état
6. En l’honneur de Sourya les Prières poursui- d’être nos bienfaiteurs.
vent leurs œuvres. Les (Ondes) t, qui sont ses
mères, filent des vêtements pour leur fils. (Les HYMNE lil.
Lueurs rayonnantes) vont, joyeuses et fécondes, AUX VISWADËVAS, PAR PlATlPIlABHÀ,
par la voie de l’air, s’unir aleur époux.
rus D’un.
7. 0 Mitra et Varouna, o Agni, que cet hymne
(Mètre : Trichtoubh.)
soit pour nous une garantie de bonheur! Puis-
sions-nous obtenir la puissance, mais une puis- l. En votre faveur j’invoque aujourd’hui le
sance solidel Honneur au (dieu appelé) Div, divin Savitri et Bhaga, qui dispensent leurs tre-
grand et (noble) soutien (du monde)! sors aux enfants d’Ayou. 0 Aswins, ô dieux bien-
faisants, je veux être votre ami. Puisse-je cha-
HYMNE il. que jour attirer votre attention!
2. Le (divin) Asoura s’approche. 0 sage, honore
AUX YISWADÉVAS, PAR PRATIIIIIANOU, par tes hymnes l’auguste Savitri. Que le prêtre,
r1 Ls 1) ’A r n l. par sa piété éclairée, plaise à ce (dieu) suprême,
qui dispense ses trésors aux enfants d’Ayou.
(Mure: Djegatt.)
3. Poùchan, Bhaga, Aditi nous donnent une
l. Nous honorons ce (dieu) grand et chéri, heureuse abondance. Le (dieu) qui a la forœ du
brillant, fort et glorieux, au moment où (l’Aurore), taureau ’ se revêt (de ses rayons). Qu’lndra, Vich-
la (divine) magicienne, prenant nos libations, nou, Varounafltlitra, Agni, (divinités) secourables,
répand ses lueurs sur le ciel, dont la profondeur nous accordent des jours fortunes!
commence à se mesurer. 4. Que l’invincible Savitri nous couvre de sa
2. Les (flammes) du sacrifice ont jeté sur le protection! Que les Ondes viennent aussi nous
monde entier leur vêtement de lumière. Notre défendre! Je forme un vœu, moi qui suis ici le
piété aux Ondes du soir fait succéder les Ondes sacrificateur. Puissions-nous posséder des trésors
du matin. d’abondance et devenir les maîtres de l’Opulencel
3. Au bruit des mortiers qui résonnent le matin 5. Que la fortune vienne à ceux qui ont pour
et le soir, la foudre redoutable brille pour frapper les Vasous de grosses offrandes, qui honorent
le magicien (impie). Les cent (chevaux) d’lndra par des hymnes Mitra et Varouna. Répandez vos
s’élancent dans (le ciel, qui est) leur domaine, et libations. Puissions-nous , dans notre (sainte
accomplissent la révolution des jours. ivresse), obtenir le secours du Ciel et de la Terrel
i. Le commentaire fait rapporter ce nombre dix aux
diras, ou régions célestes qui se trouvent toutes remplies HYMNE lV.
des feux du soleil, appelé alors leur fruit ou (garbha).
Voy. page 176, col. i, note 5. Aux VISWADÉVAS, un LE leur" SWASTYATRÉYA.
2. Suivant le commentaire, il serait ici question du (Mètres : Anouchtoub et Penkti.)
froid, du chaud et de la pluie. Je crois qu’il est plutôt
fait allusion aux trois sacrifices qui ont en lieu dans la l. Que tout mortel recherche l’amitié du divin
journée. Voy. page 176, col. i, note 3.
3. Le Jour et la Nuit Conducteur 5. (Ce dieu) est le maître de la ri-
4 Le commentateur croit que ce sont les aurores.
J’ai préféré mon sens, parce que l’épithète de mères se t. Agni placé sur un foyer qui a quatre côtés bien
donne ordinairement aux Libations, qui, jetées sur le orientés (Comm. tchatourdikchou prasrt’tah).
foyer, produisent des flammes rayonnantes, servant à 2. 01mm. Suivant le commentaire, c’est le soleil.
former le vêtement du soleil. 3. Savitri, appelé ici Neuf.
[Let-J. in.)
RIC-VEDA. - SECTION QUATRIÈME. 289
chesse. Que tout mortel s’efforce de mériter sa 8. Uni à tous les dieux, uni aux Aswins, à
faveur par une offrande (digne de lui). l’Aurore, viens, 0 Agni, et tel qu’Atri, réjouis-toi
2. 0 divin Conducteur, nous sommes a toi, et de nos libations.
nous, et ces (mortels) assemblés pour honorer 9. Uni à Mitre et Varouna, uni à Soma et a Vi-
les Dieux. Puissions-nous, les uns par nos chnou, viens, d Agni, et tel qu’Atri, réjouis-toi
offrandes, les autres par leurs prières, obtenir le de nos libations.
fruit de notre piété! 10. Uni aux Adityas et aux Vaseus, uni à lndra
3. Dans ce sacrifice honorez les Dieux qui se et à. Vàyon, viens, O Agni, et tel qu’Atri, réjouis-
fout nos hôtes; honorez les épouses (des Dieux). toi de nos libations.
Qu’un libérateur (divin) éloigne de nous nos en- il. Que les Aswins nous bénissent. Que Bhaga,
nemis et tous ces (brigands) qui assiégent les que la divine Aditi, et l’invincible (lndra) nous
routes. bénissent. Que Poùchan, l’auteur de la vie, nous
A. Quand (le dieu) qui porte (nos offrandes) est bénisse Que le Ciel et la Terre nous bénissent
sur le foyer, et que les libations coulent dans le avec bienveillance.
vase (sacré, le divin Conducteur) touché de nos f2. Nous demandons la bénédiction de Vàyou,
hommages, (vient vers nous) tel qu’une épouse et celle de Soma, qui est le maltre du monde,
fidèle, et sa bienfaisance nous accorde une mai- celle de Vrihaspati, accompagné de tous les
son (opulente), une male famille. (dieux). Que les Adityas, que les Viswadévas nous
5. 0 divin Conducteur, ce char (du Sacrifice) bénissent.
est pour toi. Que (ce char) protecteur et opulent t3. Que tous les dieux nous bénissent aujour-
nous donne le bonheur! Que nous lui devions ri- d’hui. Qu’Agni, l’ami et le refuge de tous les
chesse et bénédiction! Nous célébrons un (dieu) êtres, nous bénisse. Que les dieux Ribhous nous
désiré, et nous l’adorons! Nous célébrons tous les bénissent et nous conservent. Que Roudra nous
Dieux, et nous les adorons! bénisse et nous garde de tout mal.
14. Bénissez-nous. ô lndra et Varouna. Denis-
HYMNE v. nous, o riche (et divine) Voie t. Qu’lndra et Agni
nous bénissent. 0 Aditi, bénis-nous.
aux v1swnpévas, un swxsrurnsn. i5. Puissions-nous suivre heureusement notre
(Mètres : Gdyatrl, Ouchnih, Djagntt, Trichtoubh et Auouch- route, comme le Soleil et la Lune! Puissions-
toubh.) nous n’avoir pour compagnons que des (hommes)
bons, généreux et reconnaissants ’l
i. 0 Agni, viens avec tous les dieux protec-
teurs pour boire notre soma et recevoir nos ho- HYMNE VI.
locaustes.
AUX IAROUTS, PAR SYAVASWA,
2. Arrivez aux sacrifices, O vous dont les œu-
DESCENDAN’I’ D’ATRI.
vres sont pures et les pensées justes. Buvez avec
la langue d’Agni. (mm: : Pankti et Ilnouchtoubh.)
3. (Dieu) sage et digne de nos hommages, viens
i. O Syavâswa,chante avec force les Marouts,
le matin avec les (autres) dieux, sages comme qui, dignes de nos hymnes et de nos sacrilices,
toi, pour boire notre soma.
trouvent leur plaisir dans les mets innocents de
4. Cc soma, aimé d’lndra et de Vaiyou, en sortant
notre Swadhâ.
du pressoir est versé dans la coupe du sacrifice. 2. Les (Marouts) sont des amis d’une forœ et
5. O Vâyou, viens à nos cérémonies, et accepte
d’une puissance inébranlables. Dans leurs élans
nos holocaustes. Si tu nous aimes, bois de nos vigoureux ils nous protègent sans se fatiguer.
libations. 3. lis s’avancent tels que de mâles taureaux,
6. 0 Indra et Vàyou, daignez goûter à ces of- et surmontent les ténèbres de la nuit. Nous chan-
frandes. (Dieux) protecteurs, prenez avec plaisir
tons la puissance des Marouts au ciel et sur la
et nos mets et nos breuvages.
7. En l’honneur d’lndra et de Vayou a été ex-
terre.I
primé ce jus de soma, mêlé avec du caillé. Comme i C’est l’air, route que traversent les Dieux.
2. Un manuscrit ajoute ici deux distiques, qui ne sont
les eaux coulent vers la vallée, nos offrandes ni sur le Pada ni dans le commentaire. Ils sont évi-
vont vers (ces dieux). demment falsifies.
290 mon. - POÉSIE LYRIQUE. [me 111.]

4. Pour vous, nous célébrons les Marouts, et heureux de nos chants et de nos prières; venez
par le sacrifice nous honorons la force de (ces du ciel, et montrez votre forœ victorieuse.
dieux), qui, tous amis des enfants de Manon, 15. Celui qui célèbre ces dieux et leur apporte
protègent le mortel contre son ennemi. ses offrandes ressent les effets de leur muni-
5. Héros généreux, doués d’une vigueur in- ficence, ainsi que les sages (seigneurs), qui ornent
comparable, ils sont dignes de notre culte. A ces nos sacrifices, et ordonnent les prières.
Marouts, qui du ciel sollicitent nos hommages, 16. Les sages qui m’ont enseigné la naissance
présente les mets (sacrés). des Marouts m’ont dit que (leur mère) était la
6. Combattants nobles et courageux, couverts vache (divine appelée) Prism’ t. Les mêmes sa-
de leurs parures d’or, ils ont lancé leurs traits. vants m’ont appris que l’impétueux Roudra était
Tel que le ciel brille entre les nuages, tel l’éclair leur père.
brille sur le sein des Marouts t. 17. Que ces (dieux) puissants, qui sont au nom-
7. Enfants de la Terre, ils ont grandi dans bre de sept fois sept *, me donnent autant de
l’espace de l’air; occupés à précipiter les flots centaines (de vaches). Que les bords de l’Ya-
des Rivières, ou placés au sanctuaire même de mounà 3 retentissent de ma richesse; je demande
l’être lumineux. des troupeaux de vaches, des troupeaux de
8. Chante la puissance des Marouts, puissance chevaux.
juste et noblement étendue. Car ces héros, actifs
et impétueux, ont uni leurs efforts pour l’orne- HYMNE Vil.
ment (du monde). AUX IAlOUTS, PAR SïAVASWA.
9. Tantôt ils couvrent la Nue î de purs et
légers réseaux, tantôt ils fendent avec force le (Hétu: : Cacoubh, Anouchtoubh, Pouraouchnih, Vribat et
Geyatrî.)
nuage sous la roue de leurs chars.
10. Tantôt ils viennent a nous, tantôt ils s’éloi- 1. Qui connaît la naissance des Marout? qui le
gnent, tantôt ils pénètrent dans l’intérieur (des premier a honoré de ses offrandes ces (dieux) que
corps), tantôt ils suivent la voie qui leur est ou- traînent des daims (légers)?
verte. De quelque manière qu’ils se répandent, 2. Qui les a entendus de dessus leurs chars?
ils méritent les honneurs de notre sacrifice. De quel côté se dirigent-ils? Quel est le mortel
11. (Nobles) héros, tantôt ils s’arrêtent; tantôt pieux dont les chants attirent en ce moment (ces
leurs coursiers les emportent; d’autres fois ils se dieux) avec leurs pluies bienfaisantes?
placent aux extrémités du ciel. Telles sont les 3. lis m’ont dit en arrivant, pour boire le
formes variées sous lesquelles ils nous appa- (soma), avec leurs brillants coursiers: a (Nous
raissent. sommes) les amis des mortels, nous les condui-
12. Célébrés par les hymnes du poète, ils ont rons toujours au bien. a En voyant ces héros,
produit une source en faveur de leur chantre 3 (ô Richi), commence tes chants.
qui demandait de l’eau. Comme le brigand (qui 4. Tout resplendit en eux, leurs parures, leurs
veille pour son trésor), qu’ils soient prompts à. armes, leurs guirlandes, leurs bracelets d’or,
me défendre et à me faire briller. leurs chars, et les arcs qui font leur orgueil.
l3. Grands, sages et prudents, ils agitent leurs 5. 0 Marouts, ô bienfaiteurs actifs, j’appelle
traits qui lancent des éclairs. O Richi, adore vos chars à nos libations; ainsi les mondes cé-
cette famille des Marouts, et célèbre-la par tes lestes (appellent) les pluies voyageuses.
chants. 6. Le nuage est un trésor que ces héros géné-
14. 0 Richi, que des offrandes soient présentées reux versent du haut des airs. Ils vont entre le
à cette famille des Marouts, comme a nos amis ciel et la terre, envoyant avec leur arc les flèches
de la pluie.
t. Les nuages sont les formes des Marouts,
2. Il y a. dans le texte Paroudmi, que le commen- 1. Cette vache est sans doute la Terre. Les Vents
tateur prend pour une rivière. J’ai pensé que Paron- sont enfants de la Terre et de l’Air. Voy. page 53,
chni, au féminin, était synonyme de Parwata, et que col. l, note 5.
ces deux mots avaient une même signification : le nuage 2. Les vents sont au nombre de quarante-neuf. Voyez
semble être formé de nœuds successifs. qui rattachent pour la fable de leur naissance, Harivansa, tome I,
les diverses parties dont il est composé. page 23, et Vichnou-Pourana, page 152.
3. Voy. page 93. col. 1, note 2. 3. Aujourd’hui la Jnmna.
[un 111.] RlG-VÉDA. - SECTION QUATRIÈME. 291

7. Les nuages fendus (par les Marouts) et cé- HYMNE Vlll.


dant leurs ondes qui traversent l’air, ressemblent
sautant de vaches (fécondes). Les torrents qui Aux IAROU’I’S, un SYAVASWA.
s’échappent de différents côtés prennent leur
course, tels que des coursiers rapides. (mon : Djagatt et Trichtoubh.)
8. Venez, ô Marouts, du ciel, de l’air, de ce
1. Prépare une prière en l’honneur de cette
monde même. Ne restez pas loin de nous.
brillante famille des Marouts, qui agite les mon-
9. Que la Rasa t, I’Anitabha, la Coubha, la
tagnes (célestes). Présente de riches offrandes à
Cramou ne (vous arrêtent) point. Ne vous laissez
ces (dieux) qui viennent dans le ciel mettre un
pas retenir par le Sindhou. Que la Sarayou ne terme alu chaleur, qui exaucent les vœux du
vous enveloppe pas de ses ondes. Nous attendons
sacrificateur, et amènent une brillante abondance.
de vous notre bonheur. 2. Votre force, ô Marouts, assemble les Ondes,
10. Des pluies, ô Marouts, accompagnent, dans
et fait croître nos moissons. Attelant (à vos chars)
sa course brillante et rapide, votre puissante fa- vos coursiers rapides, vous vous répandez (dans
mille quand on la célèbre par des hymnes.
le ciel). Le (dieu, appelé) Trita t s’unit al’éclair;
il. Accompagnons donc aussi par nos prières
il résonne. Les Eaux répondent à ce bruit, et
et par nos chants les diverses tribus î de cette tombent de tout côté sur la terre.
famille vigoureuse. 3. Les Marouts, héros entourés d’éclat, brillent
l2. Vers quel seigneur, distingué pour ses ho- des feux de l’éclair, poussent les montagnes (cé-
locaustes, les Marouts ont-ils en ce jour dirigé leur
lestes), et agitent leurs traits pénétrants. Pour
char? nous envoyer l’eau, ils lancent avec bruit le ton-
13. Donnez-nous, et accordez aussi à nos en-
nerre, (dieux) rapides et robustes.
fants et à nos petits-enfants, des moissons abon-
4. F1ls puissants de Rendre. et le jour et la
dantes; car nous vous demandons des biens qui nuit, vous agitez l’air et les mondes (célestes).
puissent être durables et prospères.
Vous tourmentez les nuages comme des vais-
14. Puissions-nous vaincre nos ennemis, et par
seaux: vous ébranlez mème les citadelles. Vous
vos bénédictions triompher du mali Que des seuls, ô Marouts, n’éprouvez aucun mal ’.
pluies heureuses nous procurent, ô Marouts, tous
5. O Marouts, votre force a étendu votre gloire,
les biens que nous devons attendre des eaux, de
aussi loin que le Soleil (pousse) ses rayons.
la vache, des plantes!
15. ll est aimé des Dieux, il est grand et entouré
Quand vous attaquez le nuage alourdi, vous
ressemblez a des coursiers dont l’élan est invin-
d’une forte famille, ô nobles Marouts, le mortel
cible.
que vous protégez. Puissions-nous obtenir ce
6. 0 sages Marouts, votre puissance éclate
bonheur!
lorsque vous secouez le nuage, comme on se-
16. Loue donc (ces dieux) bienfaiteurs du (père
coue un arbre. (Venez) partager nos plaisirs, et,
de famille) qui les honore. Qu’ils se plaisent dans
dans la route où marche notre bienfaiteur, soyez
nos sacrifices, comme les vaches dans le pâturage.
pour lui comme un œil (clairvoyant) : conduisez-.
lnvoque-les comme de vieux amis, et chante le heureusement.
en leur honneur ces hymnes dont ils sont 7. Le Richi ou le roi que vous protégez ne
avides.
saurait être vaincu ni tué; il n’a ni chagrin, ni
1. La Rasa est une rivière dont il a été question blessure, ni mort a craindre. Ses richesses et sa
page 110. J’ai pensé devoir regarder aussi comme des puissance se trouvent a l’abri.
noms propres les mots qui suivent. et que le commen- 8. Pressant leurs coursiers et maltres des
taire ne prend, ce me semble, que pour des épithètes.
Le Sindhou est l’Indus, et la Sarayou est le Sarju. Plus ondes, les Marouts, tels que des héros vainqueurs
haut, hymne v1, distique 7, le poële représente les Ma.- des nations, tels que des Aryamans 5, remplis-
routs comme occupés a former et a grossir les rivières:
c’est du moins le sens que j’ai donné aux mots, Vridjane’ sent, avec bruit, les sources de notre abondance,
nadinâm. Il m’a paru qu’il rappelle ici cette disposition
des Marouts, qui les retient auprès des ondes, dont ils
aiment à précipiter les flots. 1. Nom d’Agni. Voy. page 74. col. 1, note 4.
2. On se rappelle que l’aire des vents chez les Indiens 2. Le commentaire entend cette dernière phrase autre-
est composée de sept parties. lesquelles se subdivisent ment: 0 Marouts, vous ne fait" point de mal (à vos
en sept antres. En tout quarante-neuf divisions. Voyez serviteurs).
page E0, col. 2, note 2. 3. Nom du soleil; Aryaman est un Aditya.
292 INDE. - POÈSlE LYRlQUE. lLect. m . j

et engraissent la terre d’un miel fécond et savou- 2. Vous savez, quand il le faut, faire preuve
roux. de vigueur. Vous brillez au loin dans l’espace.
9. Les Marouts ont ouvert la voie aux torrents (Les Marouts) traversent avec force l’étendue de
coulant sur la terre, au ciel, dans les plaines l’air. Que leurs chars arrivent heureusement vers
de l’air, de toutes les montagnes (célestes) qui nous.
cèdent généreusement leurs eaux. 3. Héros généreux, ils naissent ensemble, en-
10. Nobles Marouts, auteurs de notre félicité, semble ils grandissent, et s’étendent au loin pour
quand du haut du ciel, au lever du soleil, vous l’ornement (du monde). Ils brillent comme les
vous livrez à une (sainte) ivresse, vos cour- rayons du soleil. Que leurs chars arrivent heu-
siers alors ne doivent point éprouver de fa- reusement vers nous.
tigues. Daignez donc vous diriger de notre coté. 4. 0 Marouts, votre gloire est éclatante. Votre
il. 0 Marouts, dans vos mains sont des traits, beauté ressemble à celle du soleil. Vous nous
à vos jambes des bracelets, sur vos poitrines des défendez contre la mort. Que vos chars arrivent
colliers d’or, sur vos chars des (ondes) puri- heureusement vers nous.
fiantes, dans vos bras des éclairs étincelants, sur 5. 0 nobles Marouts,du sein de l’océan (aérien)
vos tétés de longues aigrettes d’or. envoyez-nous la pluie. Versez sur nous vos tor-
l2. Ainsi, puissants Marouts, à travers ce ciel rents. Les vaches, qui vous appartiennent, ne
brillant de pures clartés, vous poussez le nuage sont point stériles. Que vos chars arrivent heu-
resplendissant. Les ondes se condensent; elles reusement vers nous.
se couvrent de lumière, quand, unis au dieu du (3. Quand vous attelez vos daims à votre char,
feu, (les Marouts) tout au loin retentir leurs vous lancez vos flèches d’or. 0 Marouts, vous
voix. atteignez tous vos ennemis. Que vos chars arri-
t3. O sages Marouts, nous vous présentons nos vent heureusement vers nous.
offrandes. Puissent nos chars être remplis des ri- 7. Ni les montagnes ni les fleuves ne peuvent
chesses que nous attendons de vous! que les vous arrêter. 0 Marouts, vous venez (sans obsta-
Marouts, du haut du ciel, npus accordent mille cle) partout où vous voulez. Vous parcourez
(et mille) biens, non moins empressés a nous ainsi le ciel et la terre. Que vos chars arrivent
protéger que Tichya t. heureusement vers nous.
il. Donnez-nous une riche puissance, qui par 8.0 secourables Marouts, quand il se prépare
sa force excite l’envie. Conservez le Richi qui en votre honneur, quand il se chante quelque
vous charme par ses chants. Sauvez les troupeaux hymne ancien ou nouveau, vous ne lignerez pas.
et les moissons de votre serviteur z (maintenez) Que vos chars vous conduisent heureusement
la fortune du Roi. vers nous.
15. Secourables Marouts, nous implorons votre 9. Obtarouts, soyez bons pour nous. Ne nous
protection, que nous puissions étendre sur toute frappez point. Accordez-nous toute votre protec-
notre famille, comme un préservatif céleste. O tion. Venez pour recevoir nos louanges et nous
Marouts, agréez mon hymne, et qu’il nous aide à prouver votre amitié. Que vos chars vous condui-
traverser heureusement cent hivers. sent heureusement vers nous.
10. 0 Marouts, conduisez-nous vers le bien.
HYMNE 1X. Pour prix de nos hymnes, (délivrez-nous) des
AUX IAIlOlî’IS, PAR SYAVASWA.
méchants. (O dieux) dignes de nos sacrifices, pre-
nez plaisir à nos holocaustes. Puissions-neus
(Mètre: : Djagatt et Trichtoubh.)
posséder la richesse l -
l. Les Marouts méritent surtout nos homma- HYMNE x.
ges. ils sont les maîtres d’une vaste abondance.
Armes de traits brillants, ornés de colliers d’or, AUX IAIlOUTS. PAR SYAVASWA.
ils sont traînés par des coursiers dociles et légers.
(Mètre : Vrihati.)
Que leurs chars arrivent heureusement vers
nous. i. O Agni, j’appelle en ce jour, du haut du ciel
Il. Nom du soleil, suivant le commentaire. Ce mot resplendissant, la famille triomphante des Ma-
Signifie heureux, propice. routs, cette tribu distinguée par ses bracelets d’or.
ILoct. in.) RIG-VÉDA. - SECTION QUATRIÈME. 293

2. (Agni répond.) Gomme tu le désires, (les mille des Marouts, que l’on voit briller sur ce
Marouts) invités par moi sont arrivés pour (en- char. En même temps qu’eux est honorée une
tendre) ton hymne. Honore ces (dieux) terribles, noble (déesse), Milhouchi l, féconde et fortunée.
qui viennent écouter de prés tes invocations.
3. (Le poète reprend.) Telle la Nue t, fécondée
HYMNE XI.
par Roudra et percée (parla foudre), vient à nous
pour notre bonheur, tels vous venez aussi. A!!! IAROU’I’S, PAR SYAVASWA.
Honorée par l’œuvre (sainte), o Marouts, votre
(Hêtre: : Djagatirt Trichtoubh.)
troupe est aussi terrible que l’ours ’, aussi for-
midable que le taureau. i. Enfants de Roudra, compagnons d’lndra,
4. Comme la vache chargée d’un lourd fardeau, venez sur vos chars d’or vous livrer ensemble au
ils s’emportent avec violence. Sous leurs efforts plaisir : venez pour notre bonheur. Notre prière
ils agitent la montagne lourde et retentissante. vous appelle. Vous nous ouvrez les sources cé-
5. (0 sacrificateur), lève-toit J’invoque dans lestes, comme (jadis vous l’avez fait pour Gotama)
mes hymnes la bande illustre, incomparable de épuisé de soif ’.
ces Marouts, qui grandissent et se répandent tels 2. (Dieux) prudents, enfants de Prisni 5, habi-
qu’un troupeau de vaches. les archers, couverts d’armes retentissantes,
6. Et vous, attelez aux chars vos rouges et pourvus de glaives, de flèches, de carquois,
brillantes montures. Attachez au joug ces deux de traits menaçants, montés sur de beaux chars
coursiers aussi légers que robustes, et qu’ils por- et maîtres d’excellents coursiers, o Marouts, vous
tent leur charge (précieuse). vous avancez avec pompe.
7. En ces lieux mêmes aété amené le cheval 3, 3. Agitez le ciel, (remuez) les montagnes (cé-
aux lueurs éblouissantes, aux bruyants éclats. lestes) ct (répandez) des trésors sur votre servi-
O Marouts, ne vous faites pas attendre, et qu’il teur. Les forets ont tremblé de crainte sur votre
emporte vos chars. passage. Ebranlez la terre, terribles enfants de
8’. Nous invoquons le char des Marouts, qu’en- Prisni. Pour le bonheur (des hommes) vous avez
toure l’abondance et sur lequel est montée lio- attelé vos daims.
dasi t, apportant les ondes pour plaire a ces 4. Les Marouts, tels que des frères jumeaux
Dieux. tous égaux en force et en beauté, brillent sous
9. J’invoque donc cette forte et adorable fa- les reflets de l’onde pure. (Dieux) bons et
grands, montés sur leurs coursiers noirs ou
t. J’ai rendu le mot. Prilht’vi par nue. Co mot le plus jaunâtres, ils s’étendent aussi loin que le ciel.
ordinairement signifie une; mais ce n’est qu’une épi-
thète, qui a le sens de large, sens qui me semble par-
faitement convenir au nuage chargé d’eau. En bien des t. Milhouchi est le féminin de l’adjectif milhouch
endroits les poètes ont employé le mot Prillttvi pour (pluvius), épithète de Roudra. On en a fait un nom de
signifier une partie de l’espace céleste. Je me suis donc la Nue, épouse de ce Dieu, autrement appelée Rodasî ou
cru autorisé a chercher un sans plus satisfaisant que Prisni.
celui que m’indiquait le commentateur, embarrassé. il 2. Voy. page 93, col. t , note 2.
ne me semble pas plus difficile pour le poële de créer 3. Nous avons dit que Prisni était un nom de la Terre,
une terra volante que des montagnes aériennes. Voyez considérée comme la mère des Marouts. Mais nous avons
même page, col. 2 ,note l. ajouté (page 53. col. i, note 5) que Prisni était plutôt
2. L’ours s’appelle Rikcha; et je ne sais pas pourquoile la Nue. Les notes qui précèdent me semblent devoir
commentateur veut que ce mot soitun synonyme d’Agni. confirmer cette opinion. Le mot Prisni signifie brillant:
3. ll me semble que, dans tout ce passage, ces cour- cette épithète convient au nuage qui réfléchit les rayons
siers et ces chars, ce sont les flammes et les sacrifices. et qui s’enflamme des feux de la foudre. La voûte du
L’invitation d’atteler les coursiers est faite non aux Ma- ciel, couverte de nuages, ressemble à une seconde terre
routs, mais aux sacrificateurs. Les deux coursiers (hart) et mérite le nom de Pritht’vi. C’est cette terre céleste, et
me paraissent être les deux espèces d’offrandes. Et ici le non notre terre humaine, qui devient l’épouse de Roudra,
cheval dont parle le poëte est ou Agni lui-même, ou du c’est-a-dire de l’air, pour l’enfantement des vents. La
moins le sacrifice. mythologie indienne tranchait ainsi la question de l’ori-
4. Voy. page 281, col. 2, note 3. Rodasl. considérée gine des vents, en l’attribuant au déplacement des nuages.
comme l’épouse de Roudra, est la mère des larouts. Ce corps nuageux, connu sous ce nom de Prisni, est,
On sait que les épouses des Dieux sont les Prières dans une autre mythologie, nommé Diti, par opposition,
employées dans les invocations que l’on fait en à Aditi. Aditi est l’ensemble de l’univers, qui se tient
l’honneur de ces Dieux. Rodasl est encore regardée sans division : par est précisément ce qui s’en détache,
comme la Nue, épouse de Roudra. Ne confondez pas ce ce qui se coupe et tombe en dissolution : de la vient
féminin Rodœi, avec un duel Radon. qui s’emploie que les Détyas, ou enfants de Diti, sont les agents
pour désigner le ciel et la terre. du mal.
294 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. (un. 111.]
5. Chargés d’humides vapeurs, généreux et votre (fils), dont les bras atteignent ses ennemis,
sincères dans leurs promesses, rayonnants, or- dont le poing les écrase, qui possède de beaux
nés de bracelets et de colliers d’or, ces nobles coursiers et de mâles serviteurs.
héros ont, du haut du ciel, mérité nos louanges 5. Tels que les rayons d’une roue, avec une
et un renom immortel. marche régulière, tels que les jours (de l’année),
6.0 Marouts, sur vos épaules reposent vos les Marouts apparaissent. tout resplendissants.
glaives; dans vos bras sont placées la force, la Les impétueux enfants de Prisni, mesurant avec
vigueur et la puissance. Sur vos tètes brillent sagesse leurs bienfaits à nos besoins, répandent
des aigrettes d’or; vos chars sont remplis de traits, sur nous (l’eau du ciel).
et vos corps chargés de riches ornements. 6. O Marouts, quand vous arrivez sur vos chars
7. 0 Marouts, donnez-nous une magnificence portés sur de fortes roues et traînés par un atte-
éclatante en vaches, en chevaux, en chars, en lage de daims, les eaux coulent, les forets sont
or, en mâles enfants. Fils de Roudra, faites-nous ébranlées, et le ciel mugit tel que le taureau au
sentir votre divine protection, et bénissez notre milieu de ses vaches l.
fortune. 7. Les (Marouts) ont marché, et devant eux la
8. Nobles Marouts, comblez-nous de vos biens, (céleste) Prithivi ’ s’est étendue. Elle aconçu de
vous qui possédez tant de richesses, sages lm- son puissant époux un fruit que ces (dieux) ont
mortels, célèbres pour votre justice, (dieux) tou- été chargés de garder. Les enfants de Roudra ont
jours jeunes, qui aimez les sacrifices et qui à leur char attelé les Vents rapides. La pluie,
grandissez au milieu de nos prières et de nos li- c’est la sueur (de ces travailleurs) 5.
butions! 8. Nobles Marouts, comblez-nous de vos biens,
vous qui possédez tant de richesses, sages lm-
HYMNE X11. mortels, célèbres pour votre justice, (dieux) tou-
jours jeunes, qui aimez les sacrifices et qui
aux IAnouTs, rut SYAVASWA. grandissez au milieu de nos prières et de nos li-
bations!
(une : Trichtoubh.)

l. Je chante cette robuste famille des Marouts, llYINE Mil.


qui mérite l’hommage de nos hymnes. Montes
Aux lAllOll’rs, un stvAswa.
sur de rapides coursiers, ils poussent de lourdes
(Mètre: : Djegstî et Trichtoubh.)
masses, et deviennent les maîtres brillants de la
(céleste) ambroisie. l. Les formes (des Marouts) ont apparu pour
2. 0 sage, honore cette forte et illustre fa- votre bonheur. (0 chantre), célèbre le Ciel bien-
mille. Ce sont des magiciens qui remuent (le faisant; j’offre ce sacrifice en l’honneur de la
monde); leurs bras sont ornés de bracelets, et Terre. Les chevaux (de ces dieux) sont couverts
(leurs mains) riches en présents. (Honore) ces de vapeurs; (les Marouts) traversentl’air, et leur
héros merveilleux, dont la grandeur, (tout les éclat est voilé par les ondes.
bienfaits sont infinis. 2. La Terre, en les voyant, a tremblé de crainte;
3. Qu’ils viennent à vous aujourd’hui, tous elle s’agite comme un navire chargé qui s’abîme-
ces Marouts qui transportent les ondes et en- rait dans les flots. On voit, on sent de loin ces
voient la pluie. 0 Marouts, (dieux) sages et tou- héros; leur marche les annonce; ils se rendent
jours jeunes, honorez Agni, dont les feux sont au sacrifice que leur offre un noble (seigneur).
allumés 1. 3. Vous êtes pour l’ornement du monde ce
li. En faveur des mortels, 0 Marouts dignes de
nos sacrifices, vous donnez la naissance à un 1. Les vaches sont les nuages qui viennent sur le ciel.
roi sauveur et puissant. Il vient, celui quieest Le commentateur prétend que ce sont les rayons du
soleil.
2. Ce passage s’explique par le moyen des notes 1,
l. Les Marouts, comme nous l’avons vu. ont aussi la page 293, colJ, et 3. col. 2, même mais fruit conçu
qualité de prêtres, de Ritwidjs : ce sontenx qui, de leur par la Nue, c’est l’eau que les Hercule donnent aux
souffle, font briller la lumière d’Agni, qui peut ainsi re- hommes.
cevoir le nom de leur fils. ils ont peut-être encore dans 3. La seconde partie de ce distique contient une ori-
le sacrifice d’autres fonctions, qu’ils exercent de concert gine de le Pluie, particulière au poëte, et qui n’est plus
avec les Angine. en rapport avec ce qui précède.
[Loch 111.] RIG-VÈDA. - SECTION QUATRIÈME. 295

qu’une haute corne est pour la vache: vous nous 4. Tels que de riches fiancés, ils ont vêtu leurs
distribuez la lumière, aussi bien que le soleil, corps de ces ondes aux reflets dorés. Magnifique-
œil (divin de la nature). 0 héros, vous êtes beaux ment parés, élevés avec puissance sur vos chars,
comme de légers coursiers, et nobles comme les vous enveloppez vos membres de rayons étince-
puissants d’entre les mortels. lants.
4. O Marouts, vous êtes grands, et vos œuvres, 5. Ils sont tous frères, et n’ont entre eux an-
ainsi que vous, sont grandes, sages, viriles. Qui cune distinction d’âge. Ils ont tous également
(de nous) en obtiendra le fruit? Vous secouez la grandi pour le bonheur (des hommes). Rendre,
terre, de même que le frein (du cavalier secoue le toujours jeune, toujours bienfaisant, est le père
cheval), quand vous venez apporter (aux hommes) des Marouts. Prisni, la vache (céleste) I, (les a
les biens qu’ils attendent. enfantés) pour nous donner la sérénité du ciel.
5. Comme de rapides coursiers, tous d’une no- 6. 0 fortunés Marouts, enfants de Roudra, que
ble race, comme de vaillants héros, ils se présen- vous soyez dans la région supérieure, ou mi-
tent au combat. Gomme de puissants mortels, ces toyenne, ou inférieure des airs, venez à nous. 0
héros grandissent et s’étendent, et couvrent de Agni, ne dédaignez pas l’holocauste que nous vous
leurs ondes l’œil du Soleil. offrons.
6. Tous également puissants, sans distinction 7. 0 Agni, et vous, Marouts, qui possédez tous
d’âge, ils sont grands et forts. Enfants de Prisni, les biens, des sommets les plus élevés du ciel
nés d’un sang généreux et amis des mortels, ve- vous nous apportez (vos trésors). Heureux (de nos ,
nez vers nous du haut du ciel. hymnes), o vous qui remuez (le monde) et triom-
7. Tels que des troupes d’oiseaux, ils fendent phez de vos ennemis, accordez à celui qui vous
avec force les plaines de l’air et couvrent l’hori- présente ses libations et ses offrandes le bonheur
zon. Leurs coursiers, sensibles aux hommages (qu’il espère).
réunis du prêtre et du père de famille, ont pressé 8. 0 Agni, bois notre soma, et partage ton plai-
les ondes du nuage. sir avec cette troupe des Marouts, si admirable et
8. Que le Ciel, par ses bienfaits, reconnaisse si brillante, pure, rapide, et partout présente par
libéralement notre piété. Que les Aurores viennent ses bienfaits. 0 Véswànara, élève ton étendard
nous combler de leurs riches présents. 0 Richi, resplendissant.
que les Marouts, enfants de Rendre, pour prix de
nos hymnes, versent sur nous leurs trésors divins. HYMNE KV.

aux lueurs î, un suvasws.


HYMNE XIV.
(Mètres : Anouchtoubh, Vrihetî et Gâyatri.)
A aux" n aux IAROUTS, un snvssws.
i. Qui êtes-vous, d nobles héros qui arrivez de
(une: : Trichtoubh et Magali.)
la région lointaine 7
1. Rempli de foi et de vénération, je chante en 2. Où sont vos chevaux ? où sont vos freins?
ces lieux Agni, (dieu) protecteur. Qulil accueille Que vouliez-vons? Quel était le motif de votre
nos hommages. Marchant par ma droite (autour
du foyer), je me présente, pour ainsi dire, avec 1. L’épithète gométarah (voyez page 92, col. 2,
notes 2 et 3) est maintenant expliquée : elle ne si-
des chars couverts d’offrandes; je veux aussi cé- gnifie pas enfants de la terre, mais enfante de la nue,
lébrer les Marouts. laquelle est la vache et la Prithiet céleste.
2. Cet hymne est une déclaration d’amour du poële
2. Les Marouts, enfants de Roudra, arrivent Syaveswa. Ce poële était fils d’ArtchenAnas, prêtre du
avec leurs daims renommés, sur leurs chars bien- roi Rathavtti. Dans un sacrifice il vit la fille de ce prince,
faisants. (Dieux) terribles, les forets frémissent et en devint amoureux. Il parait que cet amour n’eut pas
le succès que SyAvasws attendait; il devait être pauvre.
de crainte devantvous. La terre et ses montagnes Mais une princesse, nommée Saciyau’, remarqua son
sont ébranlées. habileté; et, désirant obtenir pour époux Tarente, fils
3. La montagne (céleste) a senti frémir ses de Pouronmtlha, elle le dépêcha auprès de ces princes.
La négociation fut heureuse, et Syévaswa fut de tout
flancs grossis; votre voix a fait trembler le som- côté comblé de richesses. Il fait un sacrifice aux Marmite
met du ciel. 0 Marouts, quand vous jouez en agi- pour leur demander leur protection en faveur de ses
amours. Il suppose qu’il rencontre ces dieux, se repo-
tant vos glaives, vous vous précipitez comme des sent des fatigues d’un long voyage, et il les invoque en
torrents. leur racontant sa fortune.
296 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch 111.]

voyage? Sur le des de vos montures repose le Darbha t. 0 déesse, sois comme le char de ma
frein qui serrait leurs naseaux. prière.
3. Sur leur croupe pend le fouet. Comme la 18. Parle de moi à Rathavîti au moment où il
femme emmaillotte son enfant, ces héros ont versera la libation. (Dis-lui) que mon amour ( pour
aussi enveloppé leurs chars. sa fille) n’est pas éteint.
4. Vaillants héros, maîtres puissants, nés pour 19. Le riche Rathavîti demeure au pied des
la gloire, vous veniez vers (nous), comme échauf- montagnes, près de ces (rivières) célèbres par des
fés par les feux d’Agni. troupeaux de vaches ’.
5. (Sastyasî) m’a donné des troupeaux de va-
ches, et de chevaux, avec cent chars. Pour l’é- HYMNE XVI.
poux recommandé par Syàvaswa, elle estdevenue
un bras fort et puissant. A nana n nuons, un suonrsvlr,
FILS D’ATRI.
6. Différente des autres femmes, Saslyasi s’est
montrée plus généreuse qu’un homme qui n’ho-
("être : Trichtoubh.)
nore pas les dieux et qui est avare de ses riches-
ses. 1. Rita vient d’accomplir encore, en votre hon-
7. Parmi les Dévas elle distingue celui qui peut neur, ce sacrifice perpétuel, dans lequel (les pré-
être fatigué, pressé par la soif ou le besoin, et tres) lancent les chevaux de Sourya. Mille rayons
c’est sur lui qu’elle porte sa pensée. sont réunis autour (de son char). J’ai vu la plus
8. Cependant je le dis en panégyriste (véridi- belle de toutes les formes divines.
que) : son époux mérite égalementcette louange. 2. (Dieux) infatigables, Mitre et Vareuna, votre
Il l’égale en libéralité. grandeur est admirable. Les vapeurs (de la Nuit)
9. Éprise de ses qualités, la jeune Sasîyasi m’a ont été bues par le leur. Toutes les vaches (du
chargé , moi Syavaswa f, d’une mission (de con- céleste) pâturage vous doivent leur accroissement.
fiance), et deux rouges coursiers m’ont conduit Sur votre roue seule tourne (le monde entier).
vers le sage et glorieux Pouroumilha. 3. O Nitra et Varouna, o rois généreux, vous
10. (le fils de Vidadaswa m’a donné cent va- avez consolidé le ciel et la terre par votre force
ches;non moins généreux, Tarauta (m’en a donné) brillante. Vous faites croitreles plantes, vous en-
autant. graissez les vaches (célestes), vous envoyez la
11. En ces lieux sont préparées des offrandes pluie.
pour les (Marouts), qui aiment à venir, sur leurs 4. Que vos coursiers dociles et bien dirigés vous
rapides (coursiers), goûter au soma enivrant. amènent ici. Voyez devant vous la libation du
12. Le ciel et la terre sont ornés de leurs riches ghrita : sur le brillant (Agni) coulent les Ondes
présents; sur leurs chars, ils brillent comme (l’as- (du sacrifice).
tre) d’or au plus haut des airs. 5. De même que dans l’œuvre sainte on étend
13. Cettejeune famille des Marouts est invinci- le coma, vous développez les formes larges et
ble; elle s’avance avec pompe, portée sur des chars admirables (du monde) ; vous les conservez,
éclatants. (dieux) honorés par nos offrandes et fortifiés par
14. Qui sait où prennent en ce moment lenrs notre ghrita. 0 Mitra et Varouna, vous siégez,
ébats ces dieux, issus du sacrifice ’,qui remuent entre (le ciel et la terre), au sein même des foyers
le monde pour le bien (des hommes)?
15. 0 vous, avides de nos louanges, écoutez
(sacrés). . vos mains sont [ibé-
6. O (Mitra) et Varouna,
ma voix dans les sacrifices, et guidez un mortel rales, et votre puissance est souveraine, entre le
vers le but qu’il désire. ’ ciel et la terre, sur ces foyers où vous siégez.
(L’homme) pieux que vous protégez en rois clé.
16. (Dieux) adorables et vainqueurs, apportez-
nous les biens qui nous séduisent et nous char- mente reçoit de vous une force telle qu’on la
ment. dirait soutenue sur mille colonnes.
17. O Nuit, porte mon hymne jusqu’au fils de
1. Père du roi Rsthavfti.
2. Traduction du mot Gomutih. Il y a une rivière du
1. Le texte porte Syava, au lieu de Syévàswa. pays d’0ude, qui s’appelle la 60men, aujourd’hui le
2. Le commentaire donne un autre sens au mot Goumti. De ce côté se prolonge la chitine de l’Himâ-
Ritudja .- il le traduit ne: pour donner l’eau. laya.
l Lect. 1v.] RIG-VÈDA. - SECTION QUATRIÈME. 297
7. La lueur de l’or et du fer de votre char et 5. Comme le héros (attelle son cher pour le
de son timon semble heureusement se marier combat), de même les Marouts attellent leur
avec le ciel. Réunis dans ce lieu fortuné, prés de cher fortuné pour la conquête de l’eau et la re-
ce foyer arrosé du beurre (sacré), puissions-nous cherche des vaches (célestes). 0 Mitre et Varouna,
obtenir le miel (divin) qui tombe de ce char! vos rayons parcourent les mondes. Rois, du haut
8. Au lever de l’aurore, à l’apparition du soleil, du ciel, répandez sur nous le lait (de la pluie).
ô Mitre et Varouna, vons montez sur ce char 6. 0 Mitre et Varouna, Pardjanya fait entendre
d’or, au timon de fer; et delà, vous avez les sa voix qui annonce tant d’abondance, de mer-
yeux sur Aditi et sur Diti I. veilles et d’éclat. Les Marouts ont jeté sur les
9. 0 Mitre et Varouna, o maîtres et bienfaiteurs nuages un vêtement magique. Faites tomber la
du monde, conservez-nous une protection éten- pluie, et donnez-nons un ciel brillant et irrépro-
due, complète, que rien ne puisse nous enlever. chable.
Puissions-nous, par vous, être comblés de biens 7. Vous êtes sages, o Mitre et Varouna, et con-
et obtenir la victoire l naissez .votre devoir; vous sauvez nos œuvres
par la magie de ce (Pardjanya) qui donne la vie.
Vous éclairez le monde entier par les feux de
Rita. Vous gardez dans le ciel le char admirable
LECTURE QUATRIÈME. X de Sourya.

HYMNE I. HYMNE Il.

A II’I’IIA ET YAROUNA, PAI AITCIIANANAS, A urus ET vzuouna, 1mn anTcHAxANIts.


rus n ’ A r a 1.
(Mètres : Anoucbtoubh et Pankti.)
(Métro : Djagstt.)

1. Gardiens de Rita, soumis a un juste devoir, l. En votre faveur nous invoquons dans nos
dans la région supérieure, vous montez sur votre vers le victorieux Varouna et Mitre le bienfaisant,
char. 0 Mitre et Varouna, l’homme que vous pro- qui de leurs bras semblent rassembler (pour
nous) le troupeau des vaches (célestes).
tégez voit la pluie venir du haut du ciel lui ap-
porter son miel savoureux. 2. Avec un bras (puissant), avec une âme bien-
2. 0 Mitre et Varouna, vous régnez ensemble veillante, venez au secours de celui qui vous
chante. Votre admirable bonté s’étend par tout
sur ce monde. Vous connaissez tous les biens
le monde.
(que nous demandons) dans le sacrifice. La
pluie est votre bien; nous désirons l’eau qui 3. Si je suis une route, que ce soit en compa-
donne la vie. Vos rayons parcourent le ciel et la gnie de Mitre. Les hommes se rassemblent sous
terre. la protection de cet ami bienfaisant.
3. Rois terribles et bienfaisants, maîtres du 11. 0 Mitre et Varouna, que mes vers obtiennent
de vous le prix qu’ils méritent. Que (ce prix) soit
ciel, surveillants de le terre, o Mitre et Varouna,
tel qu’il excite l’envie dans la maison des grands
au bruit (de nos hymnes) vous arrivez avec les
et des chantres.
nuages aux teintes brillantes; et vous faites que
du sein magique de Pardjanya i le ciel verse la 5. 0 (Mitre) et Varouna, venez dans nos de-
pluie. meures avec vos bienfaits, et augmentez la for-
tune de nos grands et de leurs amis.
4. 0 Mitre et Varouna, vous avez aussi votre
magie (divine), qui s’exerce au ciel. Le Soleil 6. 0 Mitre et Varouna, pour récompenser (nos
s’avance, astre éclatant et armé de (rayons) ad- chants), vous nous donnez la force et l’abondance.
mirables. Dans sa carrière céleste vous le couvrez Faites-nous une large part dans les biens, les ri-
chesses, les bénédictions (que vous accordez).
des ondes de la pluie. 0 Pardjanya, tu répands
7. Au lever de (la déesse) aux rouges coursiers,
tes flots aussi doux que le miel.
dans (le sacrifice qui fait) la force des dieux,
venez, héros adorables, à nos libations de soma
1. Voy. page 293, col. 2, note 3.
2. l’ardjauya est le dieu du nuage : le texte l’appelle avec vos quadrupèdes (rapides), et soutenez
Alarme (qui donne la vie). Artchananas.
l. - BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE. 20
298 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch [v.]
il. (Dieux) admirables et dignes de nos éloges,
HYMNE lll.
ô vous dont la force est toujours pure,vous tenez
A IIITRA ET VAROUNA, PAR RÀTAHAVYA,
X FILS D’un.
compte et de mes abondantes libations et de la
piété de ces mortels.

(mon : Anouchtoubh et llankli.) 5. 0 Terre, ton sein porte Rita, et reçoit les
nombreuses offrandes de ces Richis. 0 (dieux)
l. Qu’il parle pour nous, celui qui parmi les vainqueurs, venez donc. Les ondes du sacrifice
Dévas se distingue par ses œuvres et par ses n’ont-elles pas assez coulé?
chants, celui dont l’illustre Varouna et Mitra 6. 0 Mitra et Varouna, (dieux) aux larges re-
écoutent les paroles. gards, nous vous (invoquons), nous et nos sei-
2. Ces rois d’une si noble forme nous entendent gneurs. (Puissions-nous vivre) dans votre large
de loin : ces maîtres de la piété croissent par le et grand royaume, habite par tant d’êtres et si
sacrifice, et sont connus pour leur justice parmi noblement gouverné!
les nations.
3. Je viens à vous. C’est vous que j’invoque HYMNE v. X
avant tous pour implorer votre secours. Pleins
d’empressement et de vénération, nous vous pré- A IITRA ET vumuru, un YADMTA. FILS D’ATnl.
sentons ces offrandes.
(une : Anoucbtoubh.)
li. Mitra ouvre une large voie pour l’heureux
établissement de l’homme qui le chante. Terrible l. 0 Mitra et Varouna, divins enfants d’Aditi.
(avec ses ennemis), Mitra est bon pour son ser- vous possédez, ainsi qu’Aryaman, une force
viteur. grande, merveilleuse, invincible, immense.
5. Puissions-nous être sous cette protection de il. O Mitra et Varouna, protecteurs des mortels
Mitra, qui s’étend si loin) Exempts de fautes, et destructeurs des méchants, quand vous venez
puissions-nous être comme les enfants favorisés vous asseoir au foyer doré, vous apportez le
de toi et de Varouna! bonheur.
6. 0 Mitra et Varouna, vous venez vers ce 3. Ces (dieux), qui embrassent tout, Varouna,
peuple, et vous le conduisez. N’abandonnez pas Mitra, Aryaman, ont chacun leurs fonctions dans
nos seigneurs; ne nous (délaissez pas), nous qui l’accomplissement des œuvres (saintes); ils pro-
vous chantons. En faveur de notre sacrifice, dé- tègent le mortel contre l’ennemi.
livrez-nous. 4. Bons et justes parmi les nations, ils vien-
nent toucher (les mets de) .nos sacrifices; guides
HYMNE 1V. heureux, généreux bienfaiteurs, en faveur de
celui qui les loue, ils savent opérer de grandes
A IlTllA n vulcain, un unau".- choses.
(Mélrz .- Anouchtoubh.) 5. Qui de vous deux, o Mitra et Varouna, n’a
pas reçu son tribut de louanges? La Prière peut
l. 0 mortel, chante ces dieux connus par leurs donc maintenant vous quitter, pour revenir vers
prouesses et vainqueurs de leurs ennemis. Pre- les enfants d’Atri, (qui la gardent en déth).
sente ton offrande au grand Varouna, qui em-
prunte la beauté de Rita, et qui possède l’abon- HYMNE v1. x
dance.
2. Ces(dieux)ont en partage une force invincible A llTRA ET VAROUNA, PAR YADJATA.
et une vertu qui donne la vie 1. Cette vertu se (Mètre : (Layon-i.)
manifeste parmi les hommes dans les œuvres
(saintes), et au ciel dans le soleil. l. Chantez à haute voix les louanges de Mitra
3. O (dieux), pour que vos chars traversent et de Varouna. 0 (dieux) forts, (venez) au grand
(heureusement) ces larges pâturages des vaches sacrifice qui est préparé pour vous.
(célestes), nos voix présomptueuses répètent 2. (Venez), O Mitra et Varouna, rois qui aimez
l’hymne de Râtahavya. la libation du ghrita, dieux célébrés entre tous
o
les dieux.
l. Asnuryam. 3. En notre faveur déployez ces grandes ri-
(Lace. 1v.] RlG-VÊDA. - SECTION QUÀTRIÈME. 293

chesses qui vous appartiennent au ciel et sur la 2. (Dieux) sauveursl et bienfaisants, puissions-
terre. Votre force est grande parmi les dieux. nous obtenir de vous les aliments dont notre
4. Les sacrifices auxquels ils daignent toucher corps a besoin! Puissions-nous mériter vos fa-
leur donnent une force nouvelle; et, dieux bien- veurs!
faisants, ils grandissent (pour nous). 3. (Dieux) sauveurs et secourables, défendez-
5. Jetant la pluie à travers le ciel, ils savent nous. Nous nous plaçons sous votre protection.
combler nos vœux; et, maîtres de l’opulente Abon- Puissions-nous avec nos enfants triompher des
dance l, ils brillent sur un large char. Dasyous!
4. (0 dieux) dont les œuvres sont merveilleu-
HYMNE V". ses, puissions-nous avec nos enfants seuls et notre
famille jouir des fruits de notre sacrifice!
A IITIA n "nous, un amoureuse ,
rus D’un.
HYMNE IX.
(Hêtre : Trichtoubh.)
A IITRA ET VAIOUNA, PAR BAHOUVRIITÀ,
1. 0 Mitra et Varouna, vous êtes les gardiens rus D’un.
des trois cieux, des trois airs, des trois terres ’.
Vous augmentez la forme du (dieu) fort et guer- (Hem : Gâyatri.)
rier ’, et vous veillez à l’accomplissementde l’œu-
i. 0 Mitra et Varouna, ennemis terribles, vain-
vre immortelle.
queurs redoutables, venez a nous; approchez-
2. 0 Mitra et Varouna, votre miel savoureux vous de notre beau sacrifice.
est recueilli par les Rivières et par les Vaches fé-
2. 0 maîtres prudents, Mitra et Varouna, vous
condes (du ciel). Par vous sont établis les trois régnez sur tout; accomplissez nos vœux.
(dieux), males et brillants auteurs des trois mon- 3. 0 Mitra et Varouna, venez à nos libations;
des t. (venez) boire le soma de votre serviteur.
3. J’invoque la divine Aditi le matin, a midi.
au coucher du soleil. Je chante dans le sacrifice HYMNE X.
Mitra et Varouna pour obtenir d’eux le bonheur
et l’opulence en faveur de mon fils et de mon pe- A IITIlA ET VAROUNA, PAR. BAHOUVIIKTA.
tit-fils. me": : Ouchnih.)
4. Divins Adityas, Mitra et Varouna, vous êtes
les soutiens du monde céleste et du monde ter- l. 0 Mitra et Varouna, nous vous invoquons
restre. Les dieux immortels ne sauraient détruire par nos chants, comme (faisait) Atri. Asseyez-vous
V08 œuvres. sur le gazon (sacré) pour boire le soma.
2. Vous êtes fermes et constants dans votre
HYMNE Vil]. œuvre; votre devoir est de donner le mouvement
au monde. Asseyez-vous sur le gazon (sacré) pour
A IlTllA [1’ VAROUNA, PAR OUIOU’I’CIIACRI.
boire le soma.
(leur: : Glyutrf. 3. Que Mitra et Varouna aiment et désirent
1. 0 Mitra et Varouna, votre secours est effi- notre sacrifice. Asseyez-vous sur le gazon (sacré)
cace et puissant. Je veux célébrer votre bienveil- pour boire le soma.
lance.
HYMNE XI.
1. La déesse de l’Abendance est ici celle que l’on ap-
pelle kit, le déesse de l’offrande, de la nourriture sacrée. aux Aswms, un relu, rus aussi.
2. Nous avons déjà vu ces distinctions de mondes. et
il peut y avoir quelque chose de vague dans le division (Mètre : Anoucbtoubb.)
que l’on établit pour la confondre souvent : ou recennnlt
trois mondes, le ciel (dyou), l’air (antarikeha) et la terre l. 0 Aswins, possesseurs de tant de biens, que
(lainai). On subdivise ces trois mondes chacun en trois vous soyez aujourd’hui dans une région ou loin-
autres, trois dyouloku. trois antarikchaloccu, trois
bhoûlocae. Cependant les mots employés dans le texte taine ou voisine, que vous vous trouviez dans
sont roulure, dyou, «adjas.
3. Ce dieu est lndra, auquel on donne ici Pépinière dht’chami, et les trois dieux dont il est fait mention sont
de Krhatriya. Agni, Vàyou et Aditya.
4. Cette idée de monde est exprimée ici par le mot l. Le mol dont se sert l’auteur est Roudra.
300 lNDE. - POÉSIE LYRIQUE. [LecL [v.]

l’air ou en quelque autre lieu, (venez vers nous). 2. Où êtes-vous, divins Ntisatyas? En quel en-
2. J’appelle en ces lieux ces (dieux) en qui re- droit du ciel vous êtes-vous fait entendre? Quel
sident tant de vertus, et qui accomplissent tant peuple daignez-vous visiter? quel (chantre a fait
d’œuvres; j’invite à notre fête ces héros distingués retentir) le bruit de vos louanges?
par leur force et invincibles dans leur marche. 3. Quel (mortel) venez-vous trouver? quel
3. (Dieux) voyageurs, pour former la lumière, (mortel) visitez-vous? Dans quelle (maison) ame-
vous poussez (dans le ciel) une des roues écla- nez-vous votre char? quel est celui dont vous
tantes de votre char. Les autres roulent aussi préférez les hommages? Nous vous appelons à
avec grandeur, a travers les mondes, pendant le notre sacrifice.
temps qui appartient aux fils de Nahoucha 4. fi. 0 (dieux) qui comblez nos vœux, vous en-
4. (Dieux) irréprochables, qui remplissez tout, voyez à l’ôral le nuage d’où l’onde jaillit, et
et qui étés déjà nés tant de fois, si les chants (vous le faites tomber sur la terre) de celui qui
que le poëte a composés pour vous ont pu vous vous honore par le sacrifice, comme (le chasseur
plaire, amenez vers nous (votre char) avec la pousse) le lion dans le piège qui l’attend.
bienveillance d’un ami. 5. Vous avez enlevé à Tchyavàna 1 sa vieille
5. Quand la tille du Soleil monte sur votre char forme, comme on enlève une cuirasse. Vous
rapidement lancé, alors ses rouges et brillants l’avez rendu jeune, et l’avez fait digne de l’amour
coursiers, placés autour de vous, vous couvrent de son épouse.
de leur éclat. 6. Le chantre de cet hymne vous est dévoué.
6. Nobles héros (surnommés) Nâsatyas, Atri Puissions-nous pour notre fortune attirer vos re-
vous adresse des prières et des offrandes, et sa gards. Écoutez maçvoix, et arrivez à notre se-
bouche célèbre votre bienfaisante chaleur. cours, Ô (dieux) trésor d’abondance.
7. On entend le bruit de votre grand char, de 7. Au milieu de tant de mortels quel est celui
(ce char) rapide et poussé par un mouvement qui vous honore aujourd’hui? 0 (dieux) dignes
continuel, au moment où Atri vous force par ses d’être célébrés par les sages, 0 vous, trésor d’a-
œuvres, é nobles Aswins, à lui prêter votre at-
tention. du char des Aswins. Le passage présent semblerait con-
trarier un peu le système de cette note. On croirait ici
8. (Dieux) sauveurs, qui aimez le miel (de nos qu’une de ces roues, c’est le soleil; il en résulterait
offrandes), la Vache (du sacrifice) vous arrose de que les autres roues devraient être les astres de la nuit.
son lait. A l’instant où vous traversez l’océan Les deux roues des Aswins, ne serait-ce pas le ciel et
la terre? Le commentaire. expliquent les mots "aheu-
(céleste), (les prêtres) apportent les mets qu’ils chàni yougàni, donne au mot pongo le sens de savants,
ont préparés pour vous. et au mot mihoucha le sens de manouchya; ce qui
n’explique rien. J’ai pensé qu’il fallait rendre a nàhou-
9. ils vous saluent, 0 merveilleux Aswinsl é
cita le sens de la racine naha (lier, enchaîner), et en-
vous qui méritez principalement d’être invoqués tendre : temps où les sacrifice: sont enchaînés. 6081-9-
dans les sacrifices, vous qui donnez le bonheur, dire la. nuit. Toute la nature même est alors liée. Mais
(venez) assister à nos cérémonies. il est une autre explication] que je proposerais de ces
yougas de Nahoucha. Adoptant un sens allégorique
10. Que ces rites, qui font la grandeur (des pour la légende de Naboucba, changé en serpent, je verrais
dieux) et que nous produisons comme (l’ouvrier dans ces révolution: nahouchienna les révolutions ac-
complies par les serpents de la. nuit, les astres qui ser-
construit) son char, soient heureux et agréables pentent dans les ténèbres dont le ciel est couvert. Je
aux Aswins! Puissions-nous nous vanter du prix conserverais ainsi à ces mon: le sens de période: noc-
accordé à nos hommages) turnes. Cependant, revenantau sens indiqué par le com-
mentateur, on pourrait supposer que le char des Aswins
a trois roues, qui sont les trois savanes. Le savane
HYMNE Kif. du milieu du jour est brillant, c’est l’instant de la plus
haute splendeur du soleil. Les savane: du soir et du
aux ASWINS, un nous. matin ont lieu au moment de l’obscurité, aux heures où
le soleil est plus rapproché des enfants de Nahoucha.
(une : Anouchtoubh.) 1. Le texte, par un de ces abus de mots si fréquents
dans l’0rient. offre le rapprochement de la. même ex-
i. Divins Aswins, trésors de prières et de liba- pression employée trais fois dans un sens différent. Pôra
tions, où êtes-vous aujourd’hui! (Vous venez) du est le nom du poète qui a composé l’hymne : il est en
même temps un des synonymes du mot nuage et une
ciel, vous entendez ma voix. Atri vous honore. épithète des Aswins. Le même vers contient ces trois
mots; et c’est sans doute une beauté du style de ces
1. La note 1, page 58, col. 2, essaye de donner vieux temps.
une explication sur ce qu’il faut entendre par les roues 2. Voy. page tu, col. 1, note 6.
lLect. un] RIG-VÈDA. -- SECTION QUATRIÈME. 301

bondance, quel est le sage qui vous adresse le 8. 0 Aswins, maîtres invicibles des ondes bril-
sacrifice ? lantes, vous faites la gloire de celui qui vous
8. Votre char, ô Aswins, est le plus rapide de chante dans ce sacrifice, du poëte Avasyou. 0
tous les chars. Qu’il vienne vers nous! L’hymne (dieux) qui vous enivrez de notre soma, écoutez
que nous chantons en votre honneur doit nous mon invocation.
délivrer de beaucoup de maux parmi les mortels. 9. L’Aurore a lui; Agni, brillant au milieu du
9. (Dieux) sages, qui aimez le miel (de nos sa- troupeau (de ses vaches), a été placé (sur le foyer)
crifices), que toutes nos œuvres soient bénies par au moment favorable. 0 généreux protecteurs,
vous. Poussez vers nous vos légers coursiers, et votre char immortel est attelé. O (dieux) qui vous
venez avec la rapidité de l’épervier. enivrez de notre soma, écoutez mon invocation.
10. O Aswins, en quelque lieu que vous soyez,
écoutez mon invocation. De nombreuses offrandes HYMNE XlV.
vous sont présentées avec le désir qu’elles vous
soient agréables. Aux sswms, un BHÔMA, rus D’un].
(Mètre : Trichtoubh.)
HYMNE Xlll.
l. Agni, qui est la flamme des Aurores, com-
aux asvas, PARAVASYOU, rus D’arnl. mence à briller; les voix des sages qui appellent
(Hem : l’ankti.)
les dieux se sont élevées. O Aswins, rapides
écuyers, venez à nous, (guidés) par les rayons
l. 0 Aswins, le Richi, votre chantre, décore de (du sacrifice) qui grandissent.
sa louange votre char adoré, fécond et chargé de 2. 0 Aswins, agiles voyageurs, bienfaiteurs ao-
trésors. 0 (dieux) qui vous enivrez de notre soma, tifs, en ces lieux se chantent vos louanges: ne
écoutez mon invocation. dédaignez pas ces feux que nous avons préparés.
2. 0 Aswins, venez; je (désire) éloigner aja- Venez du ciel, et secourez la faiblesse de votre
rnais tous nos ennemis, O généreux protecteurs, serviteur.
portés sur un char d’or, et maîtres des ondes. 0 3. Arrivez au moment où sont assemblées les
(dieux) qui vous enivrez de notre soma, écoutez vaches (du sacrifice), le matin, à midi, au cou-
mon invocation. cher du soleil. Au point du jour et le soir, comme
3. Venez et apportez-nous les biens précieux, en ce moment, venez en patrons généreux. 0 As-
ô Aswins, sauveurs bienfaisants, portés sur un wins, la libation vous attend.
char d’or, trésor d’abondance. 0 (dieux) qui vous 4. A vous est cette demeure brillante de clarté,
enivrez de notre soma, écoulez mon invocation. cette enceinte, cette habitation, ce sanctuaire. Du
I 4. Opulents (Aswins), la voix de votre poète cé- haut du ciel, du séjour des nuages, venez avec
lèbre votre char; grand, beau et rapide, ce (char) les ondes, et apportez-nous la force et l’abon-
répand l’abondance. 0 (dieux) qui vous enivrez dance.
de notre soma, écoutez mon invocation. 5. Bienfaisants et merveilleux Aswins, puis-
5. Écuyers impétueux, votre âme est vigilante, sions-nous obtenir de vous un secours nouveau!
et vous entendez la prière. Avec vos légers cour- (Dieux) immortels, apportez-nous l’opulence, le
siers, ô Aswins, vous vous étés approchés de l’in- bonheur de la famille, une prospérité complète.
comparable’l’chyavàna. 0 (dieux) qui vous enivrez
de notre soma, écoutez mon invocation. HYMNE KV.
6. 0 nobles Aswins, que vos coursiers ailés,
qui obéissent à la pensée et que distinguent leurs aux ASWINS, PAR ATRI.
couleurs différentes, vous amènent ànoslibations
(Hein .- Trichtoubh.)
avec tous vos trésors. 0 (dieux) qui vous enivrez
de notre soma, écoutez mon invocation. 1. Sacrifiez avant tous à (ces dieux) qui arri-
7. 0 véridiques Aswins, venez en ces lieux. Ne vent le matin. Qu’ils boivent (notre soma) avant
vous éloignez pas de nous. Aryas invincibles, que le cupide et impie (Rakchasa) vienne y tou-
protégez notre maison contre le mal. 0 (dieux) cher. Aux Aswins est du le sacrifice du matin, et
qui vous enivrez de notre soma, écoutez mon in- les chantres ont commencé par célébrer leurs
vocation. louanges.
302 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. [LeeL 1v.]

2. Sacriflez le matin aux Aswins. Présentez vos qu’une épouse a dans son époux; (il disait) z
offrandes. Le service du soir n’a pas été négligé. a 0 Aswins, venez avec l’heureuse promptitude
Ainsi, un autre peut honorer (le dieu) que nous de l’épervier. n
invoquons. Mais le plus diligent doit être préféré 5. a Maître des bois (sacrés) l, sors (de ta pri-
par lui. son), comme (l’enfant sort) du sein de sa mère.
3. A vous, o Aswins. se présente un char dont 0 Aswins, écoutez mon invocation, et délivrez
la couleur est celle de l’or, tout trempé du miel Saptavadhri ’. r
(des sacrifices), brillant de ghrüa, et chargé d’of- 6. u Le Richi Saptavadhri a peur; il vous sup-
frandes. ll est rapide comme le vent, comme la plie, o Aswins, d’employer votre puissance ma-
pensée. Avec ce char vous passez par toutes les gique pour briser le bois (qui le renferme). n
mauvaises voies. 7. u Comme un lac est soulevé de tout côté
4. L’homme qui au moment du sacrifice donne par le vent, de même ton fruit soit agité 3, O ma
aux (dieux) véridiques les mets les plus abon- mère! Qu’il sorte de ce sein qui l’a porté dix
dants, par ses œuvres sauve son fils. Il doitavoir mois. .
la supériorité sur ceux qui n’allument pas le feu 8. c De même que le vent, la forét ou la mer
(sacré). sont émus, ainsi tu as été agité. Porté pendant
5. Bienfaisants et merveilleux Aswins, puis- dix mois, sors du sein (de ta mère). n
sions-nous obtenir de vous un secours nouveau! 9. a Le jeune enfant est resté dix mois dans le
(Dieux) immortels, apportez-nous l’opulence, le sein de sa mère : qu’il en sorte vivant et fort.
bonheur de la famille, une prospérité complète. Que le fils et la mère vivent heureusement! .

HYMNE XVII.
HYMNE XVI.
A L’AUIlOIIE, PAR SATYASRAVAS, FILS DIATIII.
AUX ASWINS, PAR SAPTAVADHII, FILS D’ATRI.
(Hêtre : Pankti.)
(une: : Ouchnih, Trichtoubh et Anouchtoubh.) l. Ainsi que tu nous as déjà éveillés, o brif-
lante Aurore, éveille-nous aujourd’hui pour nous
l. 0 véridiques Aswins, venez en ces lieux. Ne
vous éloignez pas. Tels que deux cygnes, accourez
combler de biens, a la voix du vayya t Satyas-
ravas, o (déesse) illustre par ta naissance et cé-
a nos libations.
lébrée pour tes coursiers (rapides).
2. 0 Aswins, tels que deux daims ou deux cerfs
2. 0 tille du Ciel, O toi qui t’es levée a la voix
blancs, sur le gazon, tels que deux cygnes, ac- de Sounîtha au char étincelant, lève-toi aussi a
courez à nos libations.
la voix du puissant Satyasravas, e (déesse) illustre
3. 0 Aswins, trésor d’abondance, aimez et dé-
par ta naissance et célébrée pour tes coursiers
sirez notre sacrifice; tels que deux cygnes, ac-
(rapides).
courez à nos libations.
3. 0 tille du Ciel, riche en présents, lève-toi
4. Quand Atri 4 voulut monter vers le foyer pour nous aujourd’hui, toi qui t’es déjà levée à
(sacré), il vous invoqua et vous pria avec la foi
la voix du puissant Satyasravas, ô (déesse) il-
lustre par ta naissance et célébrée pour tes cour-
i. Atri est ici un nom patronymique : il signifie, le
fils d’Am’, ou Saptavadhri, a moins que ce ne soit un siers (rapides).
surnom d’Agni lui-même. Et nous devons renouveler Il. O riche et brillante (Aurore), ceux qui t’ap-
ici l’observation que nous avons faite plus haut sur les
noms des poëles auxquels ces hymnes sont attribués. portent (leur holocauste) et te chantent dans
Le chant que nous traduisons est inscrit sous le nom leurs hymnes deviennent fameux, opulents et
de Septavadhri, et il est évident que ce mot est une capables d’être bienfaisants, O (déesse) illustre
épithète d’Agni, renfermé dans l’Aranl et privé de la
lumière de ses sept rayons. La légende raconte que par ta naissance et célébrée pour tes coursiers
Saptavadhri est par son ennemi enfermé et scellé dans (rapides).
un coffre. Il y gémit, et cherche les moyens d’en sortir.
Sa femme arrive, et elle est impuissante a le délivrer. I. Vanaspati, surnom d’Agni.
Les Aswins sont invoqués; le prisonnier recouvre sa 2. Voy. même page, note 1.
liberté, et il apparaît avec sa femme au lever de l’au- 3. Allusion aux mouvements par lesquels le feu est
rore. Il faut penser que le poète, qui portait un surnom extrait de l’Aranl.
d’Agni, a cru devoir dans son hymne rappeler cette 4. Véyya est un nom de famille. Voy. section I,
légende; ou bien que le nom du Richi est pour cet lecture tv, hymne vin, stance 6, et section V1, hymne v,
hymne le nom du ’Iieu qui y est célébré. stance 12.
[Lect. 1v.] lth-VÉDA. -sscr10.v QUATRIÈME. 303

5. Tes serviteurs, réunis pour te chanter et ja- l’orient. Elle suit la voie du sacrifice, comme si
loux d’obtenir tes bienfaits, apportent de tout elle l’avait senti d’avance, et embellit les régions
côté de riches offrandes dont ils prétendent t’ho- célestes.
norer, O (déesse) illustre par ta naissance et cé- 5. Elle se dévoile ainsi qu’(une beauté) couverte
lébrée pour tes coursiers (rapides). de parures. Elle semble se lever et se montrer à
6. Opulente Aurore, accorde une male abon- la vue comme la (femme) qui sort du bain. L’Au-
dance à ces nobles seigneurs qui nous ont rore, tille du Ciel, repousse les ténèbres ennemies,
comblés de présents, O (déesse) illustre par ta et arrive avec l’astre lumineux.
naissance et célébrée pour tes coursiers (rapides). 6. Telle qu’une femme (jalouse de plaire), l’heu-
7. Opulente Aurore, donne la force et la pros- reuse fille du Ciel déploie ses formes devant les
périté à ces seigneurs qui nous ont distribué des hommes. Elle a tissu pour son serviteur la plus
vaches et des chevaux, ô (déesse) illustre par ta belle des toiles, et, toujours jeune, elle précède à
naissance et célébrée pour tes coursiers (rapides). l’orient la lumière (du soleil).
8. 0 fille du Ciel, fais-nous riches en troupeaux
de vaches, et apporte-nous ces biens avec les HYMNE xtx.
rayons purs et brillants du soleil, ô (déesse)
A SAVlTlll, PAR SYAVASVA.
illustre par ta naissance et célébrée pour tes
coursiers (rapides). (mitre : Djagatl.)
9. 0 fille du Ciel,lèvc-toi; ne fais pas attendre
l. En l’honneur d’un (dieu) grand, éclairé et
les libations. (Grains) que le Soleil ne te traite
comme un voleur, comme un ennemi, et ne te sage, les sages attellent (le char) du sacrifice, et
brûle de son éclat, é (déesse) illustre par ta nais- commencent leurs prières et leurs invocations.
Les holocaustes s’élèvent vers celui qui connaît
sance et célébrée pour tes coursiers (rapides).
10. 0 riche Aurore, donne-nous tout ce qu’il nos besoins. La grande louange du divin Savitri
éclate de tout côté.
nous faut, ou mémé plus. Ne tu lèves-tu pas pour
le bonheur de ceux qui le chantent, é (déesse) 2. Le sage Savitri crée toutes les formes. Il pré-
illustre par la naissance et célébrée pour tes side au bonheur du bipède et du quadrupède. Ce
. grand (dieu) éclaire le ciel, et se fait précéder des
coursiers (rapides)?
splendeurs de l’Aurore.

HYMNE XVlll. 3. Les autres dieux, qui ont suivi le divin Sa-
vitri dans sa naissance, suivent encore dans ses
x L’AUROIE, un suvasnAvAs. merveilleux développements celui qui, avec gran-
(lare : Trichtoubh.) deur, avec une riche magnificence, a mesuré (de
ses pas) les mondes terrestres.
l. Les sages célèbrent dans leurs hymnes la
4. Ainsi tu vas a travers les trois mondes, ô
divine Aurore au char éclatant, aux formes rou- divin Savitri; ainsi tu viens t’unir aux rayons du
geàtres, grandissant aux feux de Rita, juste, bril-
soleil. Tu touches aux deux confins de la nuit.
lante et amenant avec elle la clarté.
Par tes œuvres tu te montres Mitra l.
2. Sa lueur éveille les nations. L’Aurore ouvre
5. Ainsi tu domines seul sur la création, ô di-
les voies et s’avance à l’orient. Elle s’étend, elle
vin Savitri, et par ton activité tu te montres Poù-
remplit le monde, et, poussant son large char, chan ’. Tu règnes sur tout ce monde. Syàvàswa
elle amène l’astre lumineux au commencement s’est chargé de te louer.
des jours.
3. Elle attelle ses vaches rougeâtres, et, déesse
HYMNE X);-
bienfaisante, elle consolide notre fortune. Elle
nous montre le chemin pour arriver au bonheur, A SAVlTIll, rut suvssva.
et brille, louée par tous, et source de toute ri-
(Maires : Aneuchtoubh a Gbyatrf.)
chesse.
Il. Elle lance ses blanches clartés, et, placée l. Nous préparons en l’honneur du divin Savi-
entre le ciel et l’air l, elle découvre son corps à tri ces mets (sacrés). En l’honneur de Bhaga nous

l. Paraphrase de l’épithète dws’barhàh, que nous avons 1. C’est-a-diro l’ami des hommes.
déjà expliquée page 85, col. 2. note 1. 2. C’est-a-dire, tu embellis le monde.
304 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch 1v.]

chantons un hymne qui renferme toutes les ver- naît pour tous. Pardjanya a fécondé Prithivi.
tus, celle de plaire au dieu et de vaincre nos en- 5. Par toi, O Pardjanya, la (céleste) Prithivî a
nemis. plié sous son fardeau, les vaches (aériennes) se
2. Personne ne saurait ébranler la royauté de sont remplies, toutes les plantes ont grandi. Sois
Savitri, (royauté) chérie et qui se soutient d’elle- donc notre protecteur puissant.
6. 0 Marouts, envoyez-nous la pluie du haut
méme. l
3. Que Savitri, (qui est aussi) Bhaga, donne à
son serviteur les biens les plus précieux. Nous
réclamons de lui un riche partage t.
du ciel. Que (le nuage, tel) qu’un male étalon,
nous lance sa rosée. (0 Pardjanya), toi qui don-
nes la vie t, toi qui es notre père, viens avec
Il. O Savitri, donne-nous aujourd’hui la fortune cette (masse) où gronde la foudre, et répands sur
et le bonheur de la famille. Repousse loin de nous nous les ondes.
(la pauvreté), qui empêche de dormir. 7. Fais entendre ta clameur, tonne, dépose sur
5. 0 divin Savitri, repousse loin de nous tous (les plantes) un germe (précieux). Vole de tout
les maux, et donne-nous la prospérité. côté sur ton char humide. Déchire l’outre du
6. Ne manquons pas d’honorer Aditi, qui nous nuage; qu’elle s’épuise sur nous, et que les col-
procure tous les biens en enfantant le divin Sa- lines, comme les plaines, se trouvent inon-
vitri. dées.

7. Nous célébrons aujourd’hui dans nos hym- 8. Ouvre et répands sur nous ce grand trésor.
nes Savitri, qui renferme en lui tous les dieux, Que les Ondes prisonnières s’échappent. Arrose
qui est le maltre de la piété et l’auteur de toute le ciel et la terre de ce beurre (limpide). Que
justice. nous buvions le lait des vaches (célestes) l
8. Le divin Savitri, animé par de bonnes pen- 9. 0 Pardjanya, quand, au milieu des murmu-
sées, préside sagement au jour et à la nuit. res du nuage et de la foudre, tu envoies la mort
9. Que Savitri produise donc tous ces êtres, aux méchants, le monde entier tressaille de joie;
qui avec reconnaissance écoutent le bruit de sa tout ce qui est sur la terre se réjOuit.
gloire. 10. Tu nous as donné la pluie pour notre
bonheur. Tu as rendu la vie aux déserts arides.
HYMNE XXI. Tu as produit les plantes utiles à notre exis-
tence. Ainsi tu as mérité les hommages des
A PARDJANIA î, un and", rus n’a-rut.
mortels.
(Mures : Djegvitict Anouchtouhb.)
HYMNE xxu.
l. Parle devant tous. Célèbre par les chants,
honore par tes offrandes le vigoureux Pardjanya; A sans!" I, un BHÔIA.
fécond, rapide, retentissant, il répand une heu- (Mètre .- Anoucbtoubb.)
reuse semence au sein des plantes.
2. Il déracine les arbres, il donne la mort aux l. 0 Prithivî, c’est en ton sein que se déchirent.
Rakchasas ; avec sa grande arme, il épouvante le les montagnes (célestes) ; O grande et noble
monde. La foudre à la main, le bienfaisant Pard- (déesse), tu réjouis la terre avec les torrents que
janya va faisant la guerre aux impies qui retien- tu laisses tomber.
nent les ondes. 2. Dans tes courses variées, nos hymnes te cé-
3. Tel que l’écuyer, qui avec le fouet stimule lèbrent, o toi, (déesse) brillante, qui lances la
ses chevaux, Pardjanya se fait annoncer par des nue comme un cheval hennissant.
courriers chargés de pluies; et quand il couvre 3. Tout ce qui estfort, les arbres mémés, c’est
le ciel de nuages, il en sort de longs frémisse» toi qui le soutiens avec la terre, en faisant, par
mente de lion. ta puissance, couler du ciel resplendissant les
4. Les vents soufflent, les éclairs brillent, les ondes de la pluie à.
plantes croissent, l’air est inondé. La terre re-
l. Asoura.
2. Cette Prithivi est celle que nous distinguons par
i. Bhàga : il y a ici un jeu de mots, qui consiste le surnom de céleste. Voy. plus haut, page 293,
dans le rapprochement de Bhàga et de Bhuga. col. 2. note 3. C’est le nuage ainsi personnifié.
2. Nom de Rendu, considéré principalement dans 3. Un quatrième distique a été intercale sur un ma-
les nuages. nuscrit. Le commentaire n’en fait pas mention.
[tent. 1v.] RIG-VEDA. -- SECTION QUATRIÈME. 305

obstacles les plus forts, comme (jadis) Trita


HYMNE XXIII.
A VAROUNA, PAR ATRI.
A triomphait des paroles (enchantées) I.
2. O lndra et Agni, nous vous invoquons, vous
qui étés invincibles dans les combats et fameux
(lare : Trichtoubh.)
pour vos prouesses, vous qui protégez les cinq
l. En l’honneur de l’illustre, du royal Varouna espèces d’êtres î.

célèbre un grand sacrifice, accompagné detout l’a p- 3. La force de ces (dieux) magnifiques est
pareil qui peut luij plaire. De même que le victi- triomphante; leur arme est brillante et acérée.
maire étend la peau (de l’animal immolé), Varouna Leurs bras puissants délivrent les vaches (cé-
a étendu devant le soleil la (céleste) Prithivî l. lestes) et donnent la mort a Vritra.
2. Il a donné l’air aux (branches) des forets, 4. O lndra et Agni, nous vous prions de lancer
la force aux chevaux, le lait aux vaches. Il a mis vos chars, é maîtres de la richesse et de la force,
l’âme dans nos cœurs, Agni au milieudes ondes, le ô (dieux) sages, et dignes objets de nos louanges.
soleil dans le ciel, la plante du Soma sur la colline. 5. Je vous invoque, avant tous, ô dieux qui
3. Varouna a créé ce grand corps qui semble grandissez chaque jour pour les mortels dévoués,
s’affaisser sous son poids ’. et le ciel, et la dieux invincibles et honorables, qui êtes deux
terre, et l’air. Comme la pluie humecte un champ des membres (du grand corps divin) 5.
d’orge, ainsi Varouna, roi du monde, arrose la 6. Ainsi. lndra et Agni ont reçu ces offrandes
terre entière. qui procurent la force, et qui, pures comme le
4. Varouna arrose la terre, l’air et le ciel; et ghrita, ont été extraites de nos mortiers. Accor-
quand il a besoin de ce lait (céleste), les nuages dez aux pères de famille une grande fortune;
étendent au loin leur masse ténébreuse, que les donnez la richesse à vos chantres, donnez a vos
courageux (Marouts) poussent avec force. chantres l’abondance .
5. le chante cette grande magie du célèbre Va-
rouna, uni à (l’esprit) qui donne la vie 3. Placé HYMNE XXV.
au milieu de l’air, il se sert du soleil comme AUX IAROU’I’S. PAR ÉVAYAIAROUT.
d’une mesure pour arpenter la terre.
(Hein : Atidjagai.)
6. Personne ne saurait détruire cette grande
magie d’un dieu rempli de sagesse. Car il res- l. 0 Évayamarout A, que vos hymnes, accom-
semble aune mer immense, que tous ces brillants pagnés de l’affrande du soma, se produisent en
torrents ne peuvent remplir avec leurs ondes. l’honneur de la noble troupe des Marouts, forte,
7. 0 Varouna, tu as pour nous le caractère
d’Aryaman et de Mitra, tu es notre ami, notre est ordinairement assigné au dieu de l’air, qui devient
frère; tu es comme notre semblable, qui descend le compagnon de Varouna. Varouna signifie le dieu qui
couvre, et il est dans cet hymne considéré comme le
jusqu’à nous. Si nous avons commis quelque même que Pardjanya, on le nuage, qui couvre la sur-
faute, e Varouna, daigne l’effacer. "x. face du ciel.
8. Si des méchants ont, comme dans un jeu 1l l. Voy. page Te, col. l, note 4, et page 104, col. 2.
note 3, la légende de Trita. Pour comprendre le sens
(cruel), conçu quelque mauvais dessein, s’il existe i que je donne a ce passage, il faut supposer que les en-
quelque trame injuste que nous ignorions, o divin nemis de ’l’rita avaient, pour le retenir, prononcé des
paroles puissantes, enchantées.
Varouna, délivre-nous de ces complots; qu’ils 2. Voy. page 45, col. l, note l.
soient éventés. Puissions-nous être sous ta gardej 3. Le mot aussi est rendu par cette périphrase.
fidèle! 4. C’est, dit le commentaire. le nom d’un Richi. Cette
apostrophe répétée m’a étonné : on dirait que cet hymne
est une espèce d’instmction adressée a un personnage
HYMNE XXIV. de ce nom. Ce mot ne serait-il pas plutôt une épithète
d’Agni, donnant. par le sacrifice, l’essor aux Marouts?
A INDRA ET AGNI, PAR ATRI- J’ai pensé encore quelquefois que c’était un nom collec-
(llétrn : Anouchtoubh et Virét.) tif de ces dieux (maroutgana). ou bien une épithète de
leur char. Il y a la une difficulté venant de l’ignorance
l. 0 lndra et Agni, le mortel que vous gardez on je suis de la nature de ce mot, qui semble étre au
vocatif. Le commentateur n’est pas embarrassé : il met
au milieu des combats est sur de triompher des ce mot à tous les cas qui peuvent lui convenir pour sa
Induction. J’ai adopté constamment le vocatif, regardant
l. C’est-adire la masse des vapeurs, la une. proviroirementÉvayémarout comme un Richidu sacri-
2. Je suppose que c’est la céleste Prithivl. fice, qui personnifie le Rite dans lequel les Marouts
3. Je rends ainsi le mot Maure. Le nom d’Asoura sont invoqués.
306 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [mm 1v.]

pénétrante, adorable, ornée de beaux bracelets,


robuste et agile. célébrée dans nos sacrifices et e HYMNE XXVI.
se plaisant dans l’agitation.
A AGNI, PAR BHARADWADJA.
2. 0 Évayamarout, les Marouts naissent pour
(Mètre : Trichtoubh.)
la grandeur et la sagesse; voilà ce que disent (les
hommes). En entendant cet éloge, o Marouts, l. Illustre Agni, sois le premier à connaltre
vous sentez votre force invincible; et cette force, nos prières; (deviens) notre sacrificateur. (Dieu);
grande et généreuse, vous rend aussi solides que libéral, donne-nous une force capable de triom-
les montagnes. pher de toute autre force.
3. 0 Évayàmarout, on les entend du haut du 2. Pontife vénérable, avide de nos offrandes et
ciel; leur voix (a retenti) au loin; ils sont bril- digne de nos éloges, assieds-toi sur ton trône de
lants, ils sont bons; ils règnent en souverains terre; les (hommes) pleins de respect pour les
dans leur domaine, tels que des feux éclatants, dieux, et empressés de les honorer pour obtenir
et déchaînent les torrents. la richesse, viennent t’invoquer en premier lieu,
4. 0 Évayàmarnnt, (le char des Marouts) s’at- o maltre puissant.
telle de lui-même, et s’avance au loin sur cette 3. Oui, les (hommes), s’éveillant pour te rendre
grande surface qui est leur demeure; et ces grands hommage, viennent vers toi, opulent Agni, (dieu)
(dieux), à l’envi l’un de l’autre, semant les biens brillant, illustre, magnifique, qui vas semant les
sur leur passage, pousscntlenrs rapides coursiers. trésors sur ta route, engraissé de nos offrandes,
5. O Évayamarout, ce char est brillant, fécond entouré chaque jour de flammes étincelantes.
et rapide. Puissions-nous, (ô Marouts), entendre 4. Les (mortels) qui désirent ton secours s’ap-
le bruit retentissant qui vous accompagne quand, prochent de ton foyer divin, et t’honorent par de
pour l’ornement (du monde, vous arrivez), agiles pures offrandes. Ils t’invoquent sous plusieurs
ettriomphants, couverts d’armes resplendissan- noms adorables, et jouissent avec bonheur de ta
tes, entourés de rayons solides et de reflets dorés! présence fortunée.
6. 0 Èvayamarout,que cette puissance brillante 5. Les peuples viennent prés de ton trône de
devienne protectrice! O Marouts, croissez en terre t’apporter leurs doubles l offrandes. Tu es
force, et déployez votre invincible grandeur. digne de nos prières; tu nous fais traverser hou-
Arrêtez-vons a la vue de notre sacrifice; restez reusement (la vie); tu es pour les hommes un
avec nous, et, tels que des feux étincelants, dé- père, une mère (tendre).
livrez-nous du méchant. 6. L’adorahle Agni est cher aux nations qui
7. 0 Évayàmarout, que ces enfants de Rendre, l’honorent. Sacrificateur aimable et digne de res-
honorés par de bons sacrifices, pareils à des feux pect, il siégé parmi nous. Venons avec vénération
puissants, soient nos protecteurs! Le large séjour fléchir le genou devant un (dieu) tel que toi, qui
de la (céleste) Prithivi s’étend pour eux, et dans brilles dans le foyer.
cette vaste carrière s’exercent les forces de ces 7. 0 Agni, remplis d’une pieuse dévotion, nous
admirables athlètes. nous approchons de toi; nous te chantons, en te
8. 0 Èvayamarout, que la voix du poète soit présentant nos vœux et nos offrandes. 0 Agni,
entendue! Venez, o Marouts, et montrez-vons nos c’est toi qui, brillant du haut du ciel, conduis
amis. Compagnons du grand Vichnou, combattez les nations à la clarté du grand (astre).
comme de fiers conducteurs de chars, et re- 8. Maître prudent des peuples, patron et bicu-
poussez nos ennemis dans leur obscurité. faitenr des générations qui se succèdent, Agni
9. 0 Évayàmarout, que les Ilakchasas s’éloi- vient vers nous, adorable, purifiant (le monde),
gnent de toi! 0 (Marouts), qui par vos œuvres cherchant nos offrandes et régnant sur la ri-
méritez nos hommages, venez à notre heureux chesse.
sacrifice; écoutez nos iuVocations. (Dieux) sages, 9. O Agni, le mortel qui t’honore par ses sacri-
élevez-vous dans le ciel comme de superbes mon- fices et ses hymnes, qui jette son holocauste sur
tagnes, et ne supportez pas les injures du mé-
porte le nom de Bharadwàdja. A la [in du cinquième
chant t. mandala, un manuscrit intercale quatre versas en l’hon-
neur de Srl. Nous ne les avons pas reproduits : ils mau-
l. lei se termine le cinquième mandala, connu sous quent dans le commentaire.
le nom diAtri. Le sixième mandala va commencer, et l. Les offrandes consistent en libations et en mets.
(ceci. v.] lllG-VÉDA. - SECTION QUATRIÈME. 307

tes flammes, qui fait retentir autour de toi ses Avec le secours d’un (dieu) grand et lumineux,
invocations et ses prières, (ce mortel) est certain il triomphe de la malice de ses ennemis.
de ton secours, et obtient toute espèce de pros- 5. Le mortel qui t’invoque en allumant tes
pérités.
feux, o Agni, obtient de toi une famille brillante
10. 0 magnifique Agni, enfant de la Force, nous et nombreuse, une vie de cent ans.
voulons t’honorer magnifiquement par nos invo- 6. Tu t’entoures de flammes, dont la fumée
cations et nos holocaustes; nous voulons, allu- blanchâtre s’étend dans le ciel. 0 (dieu) qui pu-
mant tes feux sur le foyer, t’adresser des chants, rifies (le monde), l’hymne semble te donner
des hymnes, de fortunées prières. l’éclat du soleil.

il. 0 toi, qui remplis au loin de lumière et la 7. Ainsi tu es vénérable parmi les nations; tu
terre et le ciel, (dieu) sauveur et digne de tous es pour nous un hôte chéri, digne de notre
les éloges, étends l’éclat de tes rayons sous la amour comme un vieux prince, de notre tendre
riche abondance de nos innombrables offrandes. sollicitude comme un enfant.
12. 0 (dieu) notre protecteur, accorde-nous, 8. On t’extrait (de l’Arani), et, tel qu’un cour-
(accorde) à nos fils et à nos petits-fils une mâle, sier qu’on destine au travail, on te lance au mi-
et solide opulence. Que nos récoltes soient pleines! lieu du bûcher. 0 Agni, tu (l’enveloppes) comme
que (nos richesses) soient immenses! que notre le (vent) qui parcourt (le monde); les offrandes
bonheur soit innocent! que tu reçois te donnent la vivacité du cheval;
l3. 0 Agni, tu es roi et maltre de grands tré- ou, tel que l’enfant, tu rampes (sur le foyer).
sors. Fais que j’obtienne de nombreuses ri- 9. 0 immortel Agni, de même que le troupeau
chesses. 0 Agni, ta royale opulence peut être sur le gazon, ainsi tu es au milieu du bûcher; et
sans crainte libérale et prodigue pour celui qui tes brillantes ardeurs fendent le bois) et le dé-
t’honore. ’ vorent).
10. 0 Agni, notre pontife, tu aimes les sacri-
fices que les peuples te préparent dans leurs
foyers. O maltre des nations, fais notre force.
Aime notre holocauste, ô (toi que nous appelons)
LECTURE CINQUIÈME. Angiras.
il. 0 dieu, qui as (pour nous) la bonté d’un
HYMNE l. ami, O Agni, (placé) entre le ciel et la terre, porte
aux autres dieux notre prière. Conduis vers un
A AGI". PAR BIAIIADWADJA-
bonheur solide les hommes qui brillent (de tes
(Hem: : Anouchtoubh et Sukwarl.) feux). Pnissions-uous triompher de nos ennemis,
et du péché, et des maux (de la vie) l oui, avec
1. 0 Agni, tu viens, comme un ami, prendre ton secours, puissions-nous triompher de tous
l’offrande placée sur ton foyer. 0 (dieu) qui as les maux!
les yeux ouverts sur (le monde), que tu conser-
ves. tu es le plus bel ornement du sacrifice. HYMNE il.
2. Les hommes le célèbrent par des chants et
A ACM, pas BHAIIADVADJA.
des holocaustes. Vers toi accourt le cheval i in-
nocent (du sacrifice), qui précipite les eaux et (Hem : Trichtoubh.)
règne sur le monde. l. 0 Agni, il doit vivre longtemps,iljouitlong-
3. Les maîtres de nos rites pieux, se livrant temps de ton heureuse clarté, le mortel qui est
à une (sainte) joie, allument tes feux et font de le gardien de ton sacrifice, qui est ne en quelque
toi l’étendard du sacrifice, au moment où la race sorte dans ton sein. 0 dieu, avec Mitra et Varouna,
de Manon vient t’invoquer pour obtenir le bon- dont tu partages les plaisirs, tu protèges puis-
heur. samment ce mortel contre le mal.
4. Qu’il soit fortuné, le mortel qui cherche par 2. ll a honoré Agni par ses holocaustes; il l’a
la prière a plaire à un bienfaiteur tel que toi! flatté par ses œuvres; il a comblé de présents un
(dieu) généreux. En récompense, ce mortel ob-
1.. Le commentaire croit qu’il est ici question du tient une glorieuse lignée; il est affranchi de tout
soleil. Je suppose qu’il est question du soma personnifie. mal, de tout chagrin,
308 HUE. - POÉSIE LYRIQUE. [Lect. v.]

3. Ta vue est comme celle du soleil, elle est jourd’hui t’associer à notre pensée, et honore les
purifiante. Quand tu brilles, ta flamme s’élance dieux qui attendent nos hommages.
inspirant la terreur. Le bûcher est le berceau où 52. Qu’Agni, dès le matin, brillant à nos yeux
il est né; et cette aimable demeure n’est pas celle comme un soleil, reçoive nos louanges et nos of-
(du Rakchasa) de la nuit; c’est celle d’un (dieu) frandes. Ce (dieu) qui est la vie de tous, immortel
qui étonne par son bruit et console par sa lu- au milieu des mortels, (ce dieu) qui possède tous
mière. les biens, naît avecl’Aurore et devient notre hôte.
4. Sa crête est aiguë, son corps large et bril- 3. Les (chantres), tout couverts de ses feux,
lant, sa bouche dévorante, telle que celle du che- célèbrent sa grandeur. Et lui , resplendissant
val. Ainsi qne la hache, il lance sa langue. De comme le soleil, revêt ses rayons lumineux. 1l
même que l’orfèvre (amollit le métal), il semble apparalt, purifiant, impérissable, et détruit, à l’o-
fondre le bois qu’il dévore. rient, (les vapeurs ténébreuses) d’Asna t.
5. Tel que l’archer qui ajuste sa flèche, il pré- 4. 0 toi qui es notre fils ’, tu es digne de nos
pare son arme. Il aiguise son rayon, comme (on hymnes. Nourri des mets (du sacrifice), Agni est
aiguise) le tranchant du fer. Changeant de port me pour nous dispenser la richesse et l’abondance.
et d’allure, tantôt il poursuit l’obscurité, ainsi que Ainsi, maître de la force, donne-nous la force :
(le chasseur poursuit) l’oiseau; tantôt il siège sur roi, donne-nons la victoire. Tu habites la maison
le bois du bûcher, ou bien il marche avec promp- d’un (homme) pieux et innocent.
titude et légèreté. 5. (Agni) aiguise ses rayons protecteurs; il dé-
6. Tel que (l’antique) Rébha f, il revêt de splen- vore nos offrandes, et, comme le Vent. maître
deur les vaches (du sacrifice), et murmure sour- des régions (célestes), il triomphe (de l’obscurité)
dement, ami splendide et immortel, qui le soir et des nuits. Puissions-uous aussi vaincre celui qui
le matin, et (au milieu) du jour, allume ses feux ne te donne pas d’holocaustes! (Puissions-nous),
(a la voix) des prêtres. comme le coursier (vigoureux), repousser l’atta-
7. Brillant comme un soleil, le (dieu) généreux que des méchants!
et magnifique résonne au milieu des branches 6. 0 Agni, tel que le soleil, tu as couvert de tes
(qu’il dévore); et, s’élançant d’un jet rapide, il va rayons glorieux le ciel et la terre. Tes lueurs bril-
décorer de ses riches lueurs les deux nobles lantes ont chassé les ténèbres, et dans ta marche
époux, le Ciel et la Terre. rapide tu ressembles a l’enfant d’Ousidj 3, envi-
8. Tantôt à ses propres rayons il semble, pareil ronné de splendeur.
à l’éclair, en ajouter d’autres, qui étendent son 7. O Agni, ô toi qui nous réjouis par l’éclat de
paisible éclat; tantôt il brille avec force et puis- tes rayons, nous t’honorons; écoute-nous. Dieu
sance, tel que Ribhou t, lassant la violence des rapide et non moins puissant qu’lndra, les plus
Marouts. sages d’entre les prêtres te présentent leurs riches
offrandes.
HYMNE lit. 8. O Agni, tu nous mènes heureusement à la
fortune par les voies les plus sûres. Tu nous fais
A AGSI. PAR BHARADWADJA.
traverser le mal. Donne aux pères de famille et à
(une : Trichtoubh.) ton chantre ces biens que tu possèdes. Puissions-
nous vivre cent hivers, entourés de plaisirs et
f. 0 pontife, enfant de la Force, s’il est vrai d’une généreuse lignée !
que dans les sacrifices des fils de Manon tu veuil-
les acoomplir les rites pieux, ô Agni, daigne an- HYMNE 1V.

d. Suivant le commentateur, Rébha est une épithète A son, PAR BKARADWADJA.


du soleil. Je pense que c’est le nom d’un Richi du sacri-
fice, d’un Rite personnifié. ll me semble qu’il a déjà (Mètre : Trichtoubh.)
été cité dans ce sens même,section ll,leclurei, hymne vu,
stance 10. Cependant comme Rébha veut dire chantre, f. En votre faveur j’invoque par mes prières
le poële pourrait bien avoir ou l’intention d’établir une
le fils de la Force, qu’avec raison célèbrent nos
comparaison entre Agni faisant entendre son murmure
dans le sacrifice et le prêtre qui récite les prières.
2. Ribhou est un de ces trois dieux qui portent le nom l. Nom d’un Asoura.
général de Ribhous. Le commentaire regarde ce mot 2. Le commentaire sous-entend de la force.
comme synonyme de colril. 3. Le mot ôsidja signifie aussi prêtre. Ousidj. mèrede
lLect. v.] lllG-YÉDA. - SECTION QUATRIÈME. 309

louanges. (Dieu) toujours jeune et nouveau, sage, et perpétuent sa jeunesse. Le maltre de la pureté
bon et désirable, il nous envoie les biens vers grandit; il poursuit, il dévore l’épaisse ramée
lesquels se dirigent tous nos vœux. qu’on lui livre.
2 Par toi, ô sacrificateur, couronné de mille 3. 0 Agni, o (dieu) pur, tes flammes, pures
rayons, les (autres dieux) dignes de nos hom- comme toi, repoussées par le vent, s’élancent de
mages reçoivent de nombreuses offrandes. Tu es différents côtés. Issues du bûcher, ces (flammes)
comme une terre (fertile), qui produit pour tous célestes et nouvelles l s’attachent aux bois du
les êtres, purifiés par toi, les biens qu’ils peuvent foyer, qu’elles rongent de leur (dent) aiguë.
souhaiter. Il. O brillant (Agni), tes rayons éclatants res-
3. Viens avec éclat siéger au milieu de ce semblent à des coursiers libres et sans frein qui
peuple; sois comme un char qui nous apporte tondent la prairie. A tes splendides lueurs tu
des trésors. Sage possesseur de tous les biens, ouvres une large carrière, et leur voie s’élève à
tu envoies à. ton serviteur, de ce (trône où tu la hauteur de Prisni ’.
brilles), les richesses qu’il te demande successi- 5. Ainsi la langue (le ce (dieu) fécond se joue
vement. au milieu des vaches (du sacrifice), comme la
Il. Ami généreux, protecteur ardent, brûle de foudre du belliqueux lndra (au milieu des vaches
tes rayons pénétrants, perce de tes flammes ac- célestes). Telle que le lacet du guerrier, la flamme
tives l’ennemi qui nous attaque, le traître qui d’Agni, formidable et invincible, saisit le bois du
s’approche de nous pour nous frapper. bûcher.
5. 0 immortel fils de la Force, le sage qui t’a 6. Ton rayon a été comme le guide, armé du
honore par les feux du sacrifice, par des hymnes, grand aiguillon 5, qui t’a ouvert les domaines
des prières, brille au milieu des mortels par son terrestres. Frappe de toute ta force sur l’ennemi
opulence, sa gloire, sa puissance. qui ne connaît pas la crainte; abats l’orgueilleux,
6. 0 robuste Agni, exauce nos vœux. Pars terrasse le méchant.
avec rapidité, et va par ta force accabler nos en- 7. (Dieu) admirablement beau, doué d’une
nemis. Quand la piété nourrit tes rayons, et pro- puissance singulière, donne-nous une abondance
digue en ton honneur les pompeuses paroles, étonnante et merveilleusement variée. Donneà
aime et reconnais la voix de ton chantre. celui qui te célèbre par de pompeuses louanges
7. Avec ton secours, O magnifique Agni, puis- une large, superbe et male opulence.
sionsonous voir nos vœux accomplis! Puissions-
nous jouir d’une forte et male opulence! Nous HYMNE Yl.
désirons l’abondance : puissions-nous l’obtenir!
(Dieu) impérissable, puissions-nous avoir des A "in, un munsnwanu
biens non moins impérissables que toi! (Mètre : Trichtoubh.)

l. Agni, (surnommé) Vêswa’nara, est l’enfant


HYMNE V.
du sacrifice; il a la tète dans le ciel et le pied
A aux", PAR BHARADWADJA. sur la terre. ll est sage, il est roi; il est l’hôte i
des mortels, et les Dévas l’ont produit pour dé-
(lem : Trichtoubh.)
poser dans sa bouche l’holocauste.
i. Un (mortel) qui désire par un sacrifice nou-
1. Le commentateur traduit ainsi le nom Navagwa
veau obtenir les secours dont il a besoin vient (noûtanagamana). Cette épithète a éléjusqu’a présent
honorer le céleste fils de la Force, le sacrifica- appliquéeaune classe de Ricbis qui concourentau sacri-
teur brillant qui brise le bois (du bûcher) et. fice, et plusieurs explications en ont été données, qui
différent de celle-ci. Peut-être vaudrait-il mieux traduire
marque sa voie d’une trace noire. allumées par les Navagwas. Voy. page 80, col. l,
Agni élève dans l’air sa flamme blanchâtre noie 6.
2. Nous doutions dans les notes précédentes de l’ap-
et bruyante. Ses feux murmurants renouvellent plication que l’on devait faire du mot Prisni. Nous
savons maintenant qu’il y a une terre, une Prithivl
Cakchlvân, a été la souche d’une famille sacerdotale fort céleste, et que cette Prithivt, mère des Marouts, porte
célèbre. Le prêtre, au moment du sacrifice, est couvert aussi le nom de Prisni.
de l’éclat d’Agni, et brille comme le dieu lui-mémo. Le 3. C’est le taira ou trodana, dard avec lequel on
commentaire regarde le mot ôsidja comme un synonyme frappe l’éléphant pour le faire avancer. Il semble que
de soleil. le conducteur doit porter le nom de Toda.
ne mon. - ressua matous. I
2. Véswànara est l’ombilic des sacrifices et le
ferment tout; il contient en lui tous les germes
lLect . v.]

trésor de la richesse. lnvoqué par les grands, il de fécondité.


est chanté (par les sages). Les Dévas l’ont produit 4. Les grands t (Dévas) ont reçu Agni dans
pour être le char des offrandes et le messager de l’enceinte oû l’attendent les Ondes (du sacrifice).
l’œuvre sainte. Le peuple a salué de ses chants le roi Vèswânara.
3. 0 Agni, c’est toi qui fais le prêtre riche en Matariswan, (accourant) de la contrée lointaine,
offrandes, toi qui (fais) le guerrier vainqueur de l’a soutenu (de son souffle), et s’est fait le mes-
ses ennemis. O royal Vèswanara, accorde-nous sager du pieux sacrificateur ’.
des biens dignes d’envie. 5. 0 Agni, donne d’âge en age à ceux qui te
4. 0 immortel Véswànara, tu n’étais qu’un en- célèbrent par un hymne nouveau une opulence
fant nouveau-né, et déjà tous les Dévas t te glorieuse et digne de nos sacrifices. 0 roi immor-
comblaient de louanges. C’est par tes œuvres tel, que l’impie soit terrassé sous ton trait brû-
qu’ils deviennent immortels, aussitôt que tu lant, et brisé comme l’arbre par la foudre.
brilles entre les deux grands parents. 6. 0 Agni, si nous sommes puissants, conser-
5. 0 Agni, ô Véswànara, personne ne peut ve-nous une force toujours ferme, toujours invin-
blâmer ces grandes’œuvres que tu accomplis, cible. Qu’elle soit appuyée par une male jeunesse.
quand tu nais au monde, et que, placé entre les Avec tes secours,ô Agni, ô Véswanara, puissions-
deux grands ancêtres, tu élèves dans les sacri- nous obtenir une abondance qui passe tous les
fices l’étendard des jours. désirs!
6. Les hauteurs du ciel ont été pénétrées par 7. 0 (dieu) honoré dans trois demeures diffé-
les clartés que lance l’étendard de l’immortel rentes, par ta puissante protection défends nos
Vèswanara. Sa tète traverse tous les mondes; et, seigneurs. Si nous te louons, si nous t’apportons
comme autant de rameaux, montent les sept des présents, ô Agni, ô Véswànara, conserve et
pointes * de ses rayons. augmente notre force.
7. Le sage et puissant Véswànara a mesuré les
brillants espaces du ciel; il a étendu autour de HYMNE VIH.
nous tous les mondes. il est l’invincible pasteur,
le gardien de l’immortalité.
A AGNI, PAR BEARADWADJA.
(ne. .- Trichtoubh.)
HYMNE Vil. l. Deux mondes successifs nous amènent tour
A AGI", PAR BHARADWADJA. à tour le jour noir et le jour blanc. Agni (sur-
nommé) Vêswdnara nalt, et, tel qu’un roi, par
(une. .- Djagatî et Trichtoubh.)
sa lumière il repousse les ténèbres.
l. Je chante dans le sacrifice la force d’un 2. Je ne distingue pas encore le fil ni la toile
(dieu) grand, généreux, éclatant, qui possède tous que tissent ces (ouvriers) rassemblés pour le sa-
crifice. Où est le fils qui pourrait d’en haut nous
les biens. Une prière nouvelle, belle et pure,
coule, comme le soma, pour Agni, (surnommé) indiquer les choses que lui apprend son père
habitant d’ici-bas a?
Véswtinara.
2. Agni est le gardien des œuvres (sacrées); à 1. Le commentaire fait rapporter ce mot Ilahs’chàh
peine né, il les surveille du haut de son siégé aux Marouts, d’autant plus qu’il place Agni dans le
séjour des ondes célestes, dans (l’air.
(divin). Vêswànara, exerçant sa puissance, a me-
2. ll y adans le texte le mot Vivaswat, qui est
suré l’air, et dans sa grandeur il a touché le devenu une épithète du soleil, mais qui ne me parait
ciel. avoir ici d’autre sens que celui de dévot, sacrifiant
(yadjamâna). Il pourrait aussi étre en rapport avec
3. Admirable ami (des hommes), il a consolidé Agni, et signifier dieu brillant. Si je comprends bien
le ciel et la terre, et par sa lumière a fait dispa- le rôle de Mauriswan dans cette circonstance, il arrive
raître les ténèbres. Véswânara a étendu (dans de l’extrémité de l’horizon, aussitôt qu’il aperçoit la
première lueur d’Agni qui sort de l’Araut; il le caresse
l’espace) comme deux (vastes) peaux qui ren- et l’excite de son souffle, et bientôt il pousse ses clartés
qui vont illuminer le ciel. Le commentaire semblerait
d. Ces divas, ce sont les Rites personnifiés. comprendre que Diétariswan apporte Agni du soleil sur
2. Le commentaire a vu ici une allusion aux sept la terre. Ce sans me parait contrarier toutes les données
rivières. J’y trouve plutôt les sept rayons de lumière dont des poètes sur l’origine d’Agni.
se compose la flamme d’Agni. 3. Ce passage pourrait passer pour une énigme. Le
(un. V.l RIG-VÉDA. - SECTION QUATRIÈME. 3H
3. (Agni) saura bien distinguer et le fil et la -’r. ll naît, et de ses clartés, qui se l’ont voir au
toile; il saura bien dire les choses qui doivent loin, il remplit le ciel et la terre. La trace de ses
être dites en temps convenable. Il connaît tout, pas est noire. Il repousse par sa splendeur les
lui qui est le gardien de l’immortalité, qui sè- profondes ténèbres dela nuit. et se montre a tous
journe ici-bas, et qui voit d’en haut par l’oeil les yeux comme le (dieu) qui purifie (le monde).
d’un autre (lui-même). 5. 0 Agni, accorde-nous les secours efficaces.
li. ll est le premier des sacrilicateurs. Voyez-le, Donne et à nous et à nos seigneurs une abon-
ce flambeau immortel au milieu des mortels. Ce dante opulence. Qu’ils se trouvent toujours au-
(dieu) ferme, solide, impérissable; il vient de dessus des autres hommes pour la richesse, la
naître, et déjà son corps grossit. gloire et la puissance.
5. Sa lumière est fermement établie pour le 6. 0 Agni, reçois avec plaisir ces mets, ces of-
bonheur de la vue; son essence active existe frandes, que te présente le sacrificateur. Les eu-
dans tous les êtres animes. Tous les Dévas d’un fants de Bbaradwàdja t’adressent la louange sa-
commun accord se rallient ensemble a ce dieu crée. Ne les oublie pas dans la distribution de
puissant. tes opulentes faveurs.
6. Lorsque je pense que cet être lumineux est 7. Disperse nos ennemis , augmente notre
dans mon cœur, les oreilles me tintent, mon œil abondance. Puissions-nous vivre cent hivers, en-
se trouble, mon âme s’égare en son incertitude. toures de plaisirs et d’une généreuse lignée l
Que dois-je dire? Que puis-je penser?
7. 0 Agni, quand tu restes cache dans l’obscu- HYMNE X.
rité, tous les dieux t’honorent en tremblant. Que
l’immortel Vêswanara vienne à notre secours; A AGNI, PAR BHAIADWADJA.
oui, qu’il daigne venir à notre secours. (Hêtre : Trichtoubh.)

HYMNE. 1X. l. 0 vénérable Agni. tu brilles en ce moment


com me sacrificateur. Honore la troupe victorieuse
A un", un BHARADWADJA. des Marouts. Amène à notre holocauste Mitra et
(mon : Trichtoubh, Virât et Dwipedd.) Varouna, les Véridiques (Aswins), le Ciel et la
Terre.
l. Le sacrifice commence : honorez le noble et 2. Pontife fortune, bienfaiteur (généreux), dieu
céleste Agni, qui nous donne le bonheur. Ce toujours présent par nos rites pieux au milieu
(dieu) brillant, qui possède tous les biens, écoute des mortels, porteur de nos (holocaustes), o Agni,
nos hymnes, et rend nos œuvres prospères. avec (l’offrande de) la cuiller sainte, reçue dans
2. Doux et resplendissant Agni, o sacrificateur ta bouche, sacrifie ton propre corps.
entouré de mille rayons, ô toi qu’enflamment les 3. L’opulente Prière s’adresse a toi; elle veut
feux de Manon, (reçois) une prière que nos que tu honores les dieux, et chante ta naissance.
prêtres, de même que Mamata l (autrefois), t’a-
Cependant au milieu des Angiras, le plus noble
dressent (aujourd’hui), aussi pure que le ghrita . de nos chantres, le plus sage de nos poètes fait
(limpide). entendre dans le sacrifice son hymne, aussi doux
3. Que le sage qui a célébré Agni dans ses que le miel.
hymnes se distingue par son Opulence au milieu 4. Il a brille, le (dieu) distingué par son éclat
des mortels. Que le (dieu) éclatant de lumière le et par ses œuvres. Honore le Ciel et la Terre, qui
couvre de sa protection et lui accorde des patu- étendent leur immensité, O Agni, o toi que les
rages remplis de vaches. cinq espèces d’êtres viennent, avec l’holocauste
et les mets du sacrifice, visiter respectueusement,
sacrifice a lien au point du jour, a une heure ou les
objets ne sont pas encore distincts, ou le prêtre peut a tel qu’un (simple) enfant d’Ayou.
peine apercevoir les divers ministres chargés des rites 5. Quand pour fêter Agni on arrache le gazon
sacrés. La trame du sacrifice s’ourdit encore dans l’ob-
scurité. Le fils d’Agni, le soleil, n’est point sur l’hori- sacré, quand on lève la cuiller remplie de ghrila,
zon; et la. lumière que lui fournit son père, qui est sur quand l’hymne accompagne l’holocauste, et que
la. terre, au milieu des hommes, n’est pas encore arrivée (le dieu) vientsiéger sur son trône de terre, alors
pour les diriger d’en haut.
1. C’est, dit-on, la. mère du sage Dlrghatamas. Voyez le sacrilice n’existe que par lui, comme l’œil ne
page 233, col. 2, note 2. voit que par le soleil.
me mon. - POÉSIE LYRIQUE. [Lm. v.]
6. O sacrificateur, orné de mille rayons, o Agni, nemis, la pluie du ciel; (dieu) digne de nos louan-
dont brillent ici les feux divins, comble-nous de ges, tu es la source des ondes.
tes dons. 0 fils de la Force, nous t’ornons de nos 2. Tu es Bhaga, pour nous donner le bonheur.
présents. Puissions-nous vaincre le mal, comme Tu es Vàyou, pour parcourir le monde sous ta
(on triomphe) d’un ennemi! forme resplendissante. 0 divin Agni, tu es Mitra,
pour nous faire jouir des fruits abondants et for-
HYMNE Xi. tunés de nos sacrifices.
3. O prudent Agni, enfant du Sacrifice, le (mor-
A AGXI, PAR BHARADWADIA.
tel) sage et pieux (que tu protèges) a la force de
(lem : Trichtoubh.) détruire Vritra, et d’enlever a Papi son (nuage)
l. Dans la maison du guide qui le conduit, nourricier. Tu te plais à le combler des trésors
Agni, roi et sacrificateur, est assis sur le causa, que donne le petit-fils des Ondes t.
et honore le Ciel et la Terre. Rempli de justice, li. 0 divin Agni, ô fils de la Force, le mortel
ce fils de la Force, tel qu’un soleil, a rempli au qui par des chants, des hymnes, des sacrifices,-
loin (le monde) de sa lumière. t’honore auprès de ton foyer, obtient toute espèce
2. 0 roi adorable, tes œuvres. sont merveil- de biens et d’honneurs. il est le maltre de la ri-
leuses; et le prêtre aime a te vénérer dans le chesse.
sacrifice. Tu sièges sur trois foyers. Avec l’em- 5. O Agni, fils de la Force, fais la gloire de tes
pressement d’un vainqueur généreux, prends les serviteurs; (donne-leur) les biens et les mâles
holocaustes et les présents des fils de Manon. enfants (qu’ils désirent). Car ta puissance est ca-
3. Sa flamme brûlante règne sur le bûcher. Tel pable de procurer au père de famille pieux et
qu’un guide diligent, il s’avance en s’ouvrant une pauvre tonte l’abondance qu’amènent les trou-
route large et brillante. immortel, invincible, il peaux.
s’élance sur les branches sèches avec la légèreté 6. 0 Agni, fils de la Force, tu es pour nous un
directeur suprême. Donne-nous des enfants, des
du coureur.
petits-enfants et (avec eux) l’opulence. Accomplis
Il. Agni, possesseur de tous les biens, siège sur
tous les vœux que je forme en mes prières. Puis-
son trône comme pour y écouter nos demandes.
sions-nous vivre cent hivers, entourés de plaisirs
il y est célébré par nos louanges. il a pour ali-
et d’une généreuse lignée!
ment le bois du bûcher, et, libéral dans ses
œuvres, il est représenté par ses chantres sous
l’image d’un taureau puissant ou d’un père (gé- HYMNE XI".
néreux).
A AGNI. PAR BHARADWADJA.
5. Ainsi, quand (Agni) s’étend sur le (foyer) de
terre, brisant et dévorant (les branches), on (Mètres : Anouchtoubh et Sekwsri.)
chante ses splendeurs; et lui, libre et indépen-
i. Le mortel qui par ses offrandes, ses prières,
dant, prompt et rapide, il règne, comme le bri-
ses hymnes, honore Agni doit recevoir (de ce dieu)
gand, sur le désert aride (qu’il a fait autour de
un merveilleux éclat et une heureuse abondance.
lui).
2. Agni est sage; Agni est le plus éclairé des
6. 0 Agni, viensà nous, et, brillant de tous tes
Richis. Les enfants de Manon regardent Agni
feux, comble-nous de tes dons. Apporte-nous la
comme leur pontife, et le célèbrent dans les
richesse, et disperse nos ennemis. Puissions-nous
sacrifices.
vivre cent hivers, entourés de plaisirs et d’une
généreuse lignée!
3. Les fils d’Ayou espèrent que par ton secours,
O Agni, les biens de leur ennemi passeront entre
HYMNE x". leurs mains. ils attaquent l’impie Dasyou, et ils
pensent que leurs œuvres pieuses leur procure-
A Acnn PAR BHAnADWADJA. ront la victoire.
(Hêtre : Trichtoubh.) Il. lis s’attendent qu’Agni leur donnera (pour
fils) un héros généreux dans ses œuvres, fort
l. O bienheureux Agni, tous les biens vien-
nent de toi, comme les branches de l’arbre. De l. C’est-à-dire la Pluie, laquelle mit du Nuage, qui
toi descendent la richesse, la force contre les en- lui-môme est ne des Ondes.
[Lect- v.] nie-VEDA. - SECTION QUATRIÈME. 313

coutre l’adversité, maître de la piété, et devant combat d’Étasa l, et semble brûler d’une soif
lequel tremblent les ennemis en voyant sa force. inextinguible.
5. Le divin Agni, aussi prudent que sage, pro- 6. Allumez les feux d’Agni, et chantez votre
tégera contre la malice (de ses adversaires) le hôte chéri dans ses divers foyers. Honorez par
mortel dont la munificence a pour les offrandes vos hymnes ce dieu immortel, qui, plus que les
ouvert tous ses trésors. autres dieux, estime nos hommages.
6. 0 dieu, qui as (pour nous) la bonté d’un 7. J’honore, et par mon hymne et par les feux
ami, ô Agni, (placé) entre le ciel et la terre, porte du foyer où je l’établis fermement, cet Agni qui
aux autres dieux notre prière. Conduis vers un est pur et purifiant. Nous invoquons, en lui pré-
bonheur solide les hommes qui brillent (de tes sentant nos offrandes, ce sacrificateur éclairé,
feux). Puissions-nous triompher de nos ennemis. cet opulent ami, ce sage qui possède tous les
et du péché, et des maux (de la vie)! Oui, avec biens.
ton secours, puissions-nous triompher de tous 8. 0 Agni, (les hommes) t’ont, d’âge en age,
les maux! adopté pour être leur immortel messager, le por-
teur de leurs holocaustes, leur protecteur ado-
HYMNE XlV. rable. Les Dieux et les mortels vénèrent en toi le
maltre des nations, fort et vigilant.
ACM, PAR VITAHAVYA, FILS D’ANGIRAS, 9.0 Agni, par tes œuvres tu fais l’oruement
on BBAIADWADJA. des deux races (divine et humaine). Héraut des
Dieux, tu parcours le ciel et la terre. Si pour toi
Iéna: Djsgati, Sakvsrî, Atlsekvarl. Anouchtoubh, Trich- nous chantons l’hymne et célébrons l’œuvre
toubb et Anouvrihatl.)
(sainte), ô toi qui as trois demeures, deviens-nous
l. En votre nom (le poète) chante le (dieu) favorable.
hôte (des hommes) et maltre de tous les peuples. 10. Dans notre (humble) ignorance, nous vou-
(Agni) s’éveilleavec l’Aurore. Tantôt il arrive,
lons honorer le plus sage (d’entre les dieux),
brillant enfant du Ciel; tantôt, fils de l’Aranl, il celui qui a le corps le plus beau, l’œil le plus
reste pour manger l’ambroisie (du sacrifice). clairvoyant, la démarche la plus rapide. Que le
2. Les Bbrigous l’ont, comme un ami digne de prudent Agni nous accorde tous les biens, et qu’il
nos hymnes, placé sur le bûcher, où il dresse sa aille annoncer aux Immortels notre holocauste.
flamme. (Dieu) admirable, chaque jour tu es il. 0 sage et vaillant Agni, tu protégés, tu
chanté par Vltahavya 4, qui te charme de ses combles de tes faveurs, tu remplis et de force et
accents flatteurs. de richesses celui qui, en ton honneur, poursuit
3. Tu es le généreux protecteur de l’homme l’œuvre (sainte), qui commence et achève noble-
pieux; tu sais triompher de l’ennemi puissant ment le sacrifice.
qui ose s’approcher de toi. O fils de la Force, i2. O puissant Agni, garde-nous contre la mé-
donne-nous l’éclat de l’opulence, et, parmi les chanceté d’un ennemi. Qu’une offrande pure, que
mortels, sois libéral pour Vitahavya, sois libéral mille et mille présents, dignes d’envie, se dirigent
pour Bharadwàdja. vers toi.
4. Ainsi, en votre nom, (le poële) chante le 13. Agni, le sacrilicateur, le maître de maison,
brillant Agni, l’hôte (des hommes), le maltre de le roi possesseur de tous les biens, connaît cha-
la lumière, le prêtre de Manon, (le bienfaiteur) cun des êtres. Parmi les Dieux et les mortels,
honoré par le sacrifice, le sage qui semble parler c’est lui qui mérite le mieux nos hommages. Que
du haut d’un siégé radieux, le porteur de nos ce (dieu) juste soit notre pontife.
holocaustes, le dieu descendu (sur la terre). il. Pur et brillant Agni, ministre de nos sacri-
5. (Le poète chante cet Agni) qui sur (son foyer) fices, accomplis aujourd’hui le vœu de tes servi-
de terre brille d’une flamme pure et animée, teurs. Tu es notre prêtre: remplis ta fonction
comparable aux splendeurs de l’Aurore; qui sur sainte avec la grandeur qui le distingue. O (dieu)
sa route renverse (ses ennemis) comme dans le toujours jeune, porte les holocaustes que nous te
confions aujourd’hui.
i. Je crois que le mot Vitahauya (chargé d’halo-
caustes) est un surnom de Bharadwàdja,â moins de sup- 15. Regarde ces mets qui sont disposés pour
poser que Vltahavya est le maltre de maison, et Ba-
radwadja le Richi ou prêtre. 1. Voy. page 241, col. i, note l.
l. - BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE. 2l
3l4 lNDE. -- POÉSIE LYRIQUE. (tact. v.]
toi. Qu’il t’obtieune (à son foyer, le serviteur) qui 9. Tu es le sacrificateur choisi par Manou;dans
veut honorer le Ciel et la Terre. 0 magnifique ta bouche se dépose l’holocauste. 0 prudent Agni,
Agni, conserve-nous dans le combat. Fais-nous honore la race céleste.
triompher de tous les maux ; fais-nous triompher, 10. Agni, viens a nos cérémonies, attiré par nos
oui, fais-nous triompher par ton secours. chants, pour recevoir l’holocauste. Prêtre, place.
16. 0 rayonnant Agni, viens le premier, avec toi sur le gazon sacré.
tous les Dieux, t’asseoir à ce foyer couvert d’un il. O Angiras l, je veux allumer tes feux et
tapis (lumineux), disposé pour être comme le nid t’engraisser de ghrita. 0 (dieu) toujours jeune,
(de l’oiseau céleste), et arrosé de ghrita. Conduis jette au loin ton éclat.
le sacrifice pour le bonheur du maltre qui verse i2. O divin Agni, c’est toi qui nous donnes une
le soma. noble abondance, une force invincible.
i7. Les sages, comme (l’antique) Atharwan , l3. O Agni, Atharwan ’ t’a extrait du Ponch-
agitent (dans l’Aranî) ce sage Agni, qu’ils produi- cara, premier berceau (d’un dieu) qui est partout,
sent faible et rampant à (la fin de) la nuit. qui porte tout.
i8. Nais pour le sacrifice, pour l’offrande sainte, li. Le Richi Dadhyantch é, fils d’Atharwan,
pour la bénédiction (du monde). Amène les Dieux a excité tes feux, ô vainqueur de Vritra, qui bri-
immortels qui grandissent de nos hommages, et ses les villes (aériennes).
fais qu’ils puissent toucher nos holocaustes. 15. Le généreux Pathya t a aussi enflammé
19. 0 Agni. ô maltre de maison, a la face du tes rayons, ô vainqueur intrépide du Dasyou, qui
peuple, nous t’avons fait grand avec le bois du vas dans les cOmbats conquérir les trésors.
bûcher. Que le char de nos sacrifices se trouve 16. Viens, Agni; je veux chanter et répéter tes
surchargé de biens variés et nombreux ! Puis- louanges. Que ces libations augmentent ta grau-
sions-nous sous l’éclat de ton rayon briller pour deur!
le bonheur! 17. Tu donnes à celui que tu favorises une forœ
supérieure; tu établis chez lui ta demeure.
HYMNE KV. 18. 0 toi qui es le protecteur des hommes, que
ton éclat ne blesse point nos yeux. Daigne te
A AcxI. PAR EHAuAvauIA.
plaire à nos cérémonies. I
(Mètre: : Gâyetrf. Anouchtoubh et Trichtoubh.) 19. Qu’il vienne (vers nous), cet Agni, qui
porte (nos holocaustes), qui donne la mort à Vri-
l. 0 Agni, tu es notre prêtre dans tous les sa- tra, qui a versé ses biens sur Divodàsa, qui est
crifices; tu es avec les autres Dieux l’ami des le maltre de la piété.
enfants de Manou. 20. Qu’il nous donne l’opulence; qu’il (nous
2. Avec tes douces langues (de flamme) viens dispense) tous les biens terrestres; invincible,
remplir ton office de sacrificateur. Amène et ho- invulnérable, qu’il triomphe avec grandeur (de
nore les Dieux. ses ennemis).
3. O sage et divin Agni, ô (dieu) plein de force,
tu connais les voies et chemins du sacrifice. i. Nom d’Agni.
4. Je te chante; je te présente pour mon bon- 2. Atharwan est le nom d’un ancien Richi. Voyez
heur la double offrande. J’honore par le sacrifice page 90, col. i, note i. Je pense qu’Alharwan estle nom
particulier donné au prêtre chargé de l’Arauf. et qu’ici
(un dieu) digne d’être honoré.
ce mot est le nom du Bite personnifié par lequel Agni
5. Envoie du haut du ciel à ton serviteur Blin- était formé par le frottement de deux pièces de bois.
Suivant moi, le Pouchcara est l’ouverture pratiquée sur
radwàdja de riches trésors pour prix de ses liba- l’une de ces pièces, et dans laquelle on introduit l’autre.
tions. C’est une espèce de matrice, ou repose Agni. Je remar-
6. Messager immortel, amène ici la race des que que ce vers renferme deux mots qui ont pu dou-
ner lieu à la fable de Dadhyantch : c’est moûrddhan, qui
Dieux, à la voix du sage qui te loue. signifie, tête etvaghan,qui peut avoir le sens de cheval.
7. 0 Agni, les mortels dans leurs invocations 3. Voy. page 90, col. i ,note 2, et page 92, col. i,
pieuses et leurs pompes sacrées , te célèbrent note i. Dadhyantch me semblerait être l’offrande de lait
caille personnifiée sous la forme d’un Richi.
comme un dieu (protecteur). 4. Le commentaire fait un Richi, auquel il donne le
8. Je veux honorer ta magnificence, qui brille nom de Pàthya Vn’chan. Je pense que pàthya, adjectif
à tous les yeux, et que tous les hommes célèbrent formé de pâtiras (boisson), est un nom donné au Richi
qui personnifie la libation, peut-être celle du soma.
avec bonheur, Nous avons vu ailleurs que Vrishan signifie libation.
[Loch vr.] RlG-VÉDA. - SECTION QUATRIÈME. 3l5

2l. 0 Agni, aujourd’hui comme jadis, tu as son éclat divin; qu’elle soit féconde pour notre
couvert d’un voile lumineux l’espace (céleste). famille.
22. 0 mes amis, apportez vos hymnes et vos 37. 0 Agni, enfant de la Force, nous venons
offrandes pour Agni le victorieux. (0 poète) , avec des offrandes et des prières vers (le dieu)
chante et honore (ce dieu) sage. dont la vue nous réjouit.
23. Que dans ses jours qui appartiennent aux 38. OAgni, qui brilles de l’éclat de l’or, nous
enfants de Manon f, apparaisse sur le foyer nous mettons sous ta protection, comme àl’om-
Agni, sacrificateur, prêtre éclairé, messager (di- bre (d’un grand arbre).
vin), porteur de l’holocauste. 39. Terrible comme l’archer, menaçant comme
24. (O dieu) protecteur, honore (Mitra et Va- le taureau aux cornes pointues, ô Agni, tu as
rouna), dont l’œuvre est brillante et royale, les brisé les villes (célestes).
(autres) Adityas, la troupe des Marouts, le Ciel et 40. De même qu’ouporte sur le bras un bracelet,
la Terre. ou bien un jeune nourrisson,de même (les prêtres)
25. 0 immortel Agni, enfant de la Force, ta nous apportent Agni, maltre de nos sacrifices.
vue est pour le mortel indigent une source de 4l. Apportez pour la sainte cérémonie le dieu
biens assurés. des dieux, le plus riche (des seigneurs). Qu’il
26. Que le mortel opulent t’houore aujourd’hui siège sur son trône.
par ses hymnes et se distingue par ses présents. 42. (Cet enfant) qui vient de naître, cet hôte, ce
27. 0 Agni, que les serviteurs qui t’implorent maltre de maison, excitez ses feux; car c’est
l’heureux Djatavédas.
ressentent pendant toute leur vie ta protection.
Qu’ils triomphent de leurs superbes ennemis; 43. O divin Agni, attelle tes excellents coursiers,
oui, que ces superbes ennemis soient terrassés. qui font l’ornement de notre prière.
28. Agni du trait aigu de son rayon perce tout 44. Arrive vers nous ; porte les offrandes du sa-
impie. Agni nous donne la richesse. crifice, et amène lcs dieux pour boire notre soma.
29.0 sage possesseur de tous les biens, accorde- 45. immortel Agni, qui portes (nos holocaustes),
nous une opulence que soutienne la force de la allume tes rayons, et brille d’un éternel éclat.
famille. 0 (dieu) puissant, donne la mort aux 46. Ainsi, que le mortel honore par ses hom-
Rakchasas. mages le divin Agni; qu’il le célèbre dans le sa-
30. O possesseur de tous les biens, préserve- criiice en lui présentant son offrande, et, les
nous du mal, si nous voulions le commettre. mains élevées avec respect, qu’il vénère le pon-
Sauve-nous, ô sage instruit dans la science sacrée. tife qui rend un juste culte a ce qui est dans le
31.0 Agni, délivre-nous du mal; (délivre-nous) ciel et sur la terre.
du méchant qui voudrait notre mort. 47. 0 Agni, nous t’apportons avec notre hymne
32.,0 dieu, que ta langue (brûle et) détruise le un holocauste que la pitié du cœur recommande.
mortel malfaisant qui veut notre perte. Que pour toi les taureaux et les vaches (de la li-
33. 0 puissant Agni, accorde a Bharadwadja bation) donnent la preuve de leur puissance ou de
leur fécondité.
une heureuse protection, une brillante richesse.
34. Qu’il détruise nos ennemis, cet Agni qui 48. Les Dévas ont surtout allumé les feux d’A-
aime nos offrandes et nos hymnes, que nous in- gui, pour qu’il devint l’ennemi terrible de Vritra,
voquons en allumant ses feux resplendissants. pour que sa puissance nous donnât la richesse et
35. Viens t’asseoir sur le trône du sacrifice, au détruisit les Rakchasas.
giron immortel d’ (lia), la mère, et brille comme
le père de ton propre père ’. ,
36. 0 sage Agni, possesseur de tous les biens,
LECTURE SIXIÈME.
dirige cette sainte cérémonie, qui se distingue par
HYMNE I.
1. A la page 300, col. 1. note 1, il est question des
rivoiulionc nâhouchiennes; ici on trouve, par oppo- A mon, PAR uHAnADWAuJA.
sition, les révolutions mànouehiennes, c’est-a-dire les
périodes (yougc’m’) diurnes, pendant lesquelles les en- (lares : Trichtoubh et Dwipadé.)
fants de limon peuvent vaquer aux œuvres saintes.
2. C’estA-dire comme le protecteur du sacrificateur l. Bois le soma que (nous t’offrons), ô terrible
qui l’a produit. lndra. Animé par nos chants, ouvre le vaste pa-
316 INDE. -- cossu; LYRIQUE. [Loch vu]

turage des vaches (célestes). Vainqueur puissant, leurs transports de joie, exaltent (ta gloire); que
tu frappes de ta foudre tous tes ennemis, tels que Poùchan, que Vichnou te préparent cent buffles t
Vritra. magnifiques. Que trois torrents d’enivrantes bois-
2. Bois donc, toi qui aimes nos libations et qui sons coulent pour t’exciter à frapper Vritra.
nous protèges, toi que l’on renomme pour ta 12. La grande onde des rivières était enchalnée;
superbe figure et qui exauces nos prières, toi tu l’as délivrée de sa prison, et lancée en flots
qui portes la foudre et fends les montagnes impétueux. 0 Indra, c’est toi qui as produit ces
(célestes), qui es traîné par deux coursiers courants des régions (célestes), qui as précipité
azurés, O Indra, et accorde-nous .toute espèce de les vagues de cette mer (aérienne).
biens. 13. Que notre prière nouvelle puisse appeler
3. Bois donc, comme autrefois; livre-toi au sur nous les secours de cet Indra qui a t0ut créé,
plaisir, écoute nos prières, et grandis à la faveur grand, terrible, puissant, accompagné d’une
de nos hymnes. Découvre la face du soleil, aug- escorte vaillante, et, avec ses autres belles armes,
mente notre abondance, triomphe de nos enne- balançant son tonnerre!
mis, ô lndra, et envoie-nous les vaches (cé- 14. 0 lndra, donne à nos sages, brillant des
lestes). feux (d’Agni), la force, l’abondance, la renommée,
4. 0 lndra, tu estimes nos offrandes. Que nos la richesse. Que nos seigneurs, ô Indra, obtien-
larges libations coulent en l’honneur d’un (dieu) nent, à la prière de Bharadwàdja, une heureuse
fort et brillant. Que nos breuvages enivrent un famille) 0 lndra, fais-nous des jours sereins.
vainqueur illustre, grand, incomparable. 15. Puisse notre hymne nous donner des droits
5. C’est dans l’ivresse de nos libations que tu aux présents que dispense le dieu! Puissions-
as établi le Soleil et l’Aurore, que tu as déchiré nous vivre cent hivers, entourés de plaisirs et
les épaisses (ténèbres); que tu as, O lndra, im- d’une généreuse lignée!

primé un mouvement a cette grande et lourde


montagne qui enveloppait les vaches (célestes). HYMNE Il.
6. Par ta puissance, par tes œuvres mer-
veilleuses ces vaches ont été fécondées. Tu as A mon, PAR BuAnADWADM.
ouvert les portes de leur pâturage, et, allié avec ("être : Trichtoubh.)
les Angiras, tu les as délivrées de leur vaste
prison. 1. Chante cet lndra dont la force est triom-
7. Ta grande œuvre, O lndra, c’est d’avoir phante, qui, toujours vainqueur, ne peut jamais
étendu la terre, d’avoir, par ta force, consolidé être vaincu, et que tout le monde invoque. Par
l’immensité du ciel. Tu es devenu le soutien tes hymnes relève la grandeur de ce (dieu) in-
de ces deux antiques parents qui ont des dieux domptable, terrible, persévérant, de ce bienfai-
pour fils, de ces deux grandes nourrices du Sa- teur des hommes.
orifice. 2. Guerrier et pacifique, combattant et com-
8. Aussi, quand il fut question de combat, c’est mensal du sacrifice, connu par ses mille proues-
toi, lndra, que les Dieux ont élu pour chef. ses, amené par le bruit (du tonnerre), partisan
Quand l’impie osa les provoquer, c’est lndra de notre soma, couvert de la poussière (des com-
qu’ils ont choisi pour donner le bonheur (au bats), ami des enfants de Manon, incomparable
monde). pour sa force, (tel est Indra).
9. Aussi, quand Indra, qui est la vie de tous les 3. Seul, tu as dompté les Dasyous. Garde les
êtres, tua, dans le nuage oùil étaitendormi, Ahi, sujets de l’Arya, notre maître. O Indra, telle est
qui l’avait insulté, le Ciel même, dans la crainte ta puissance; montre que cette puissance ne
de sa colère, se courba deux fois sous le coup de change pas avec le temps.
sa foudre. Il. Tu es déjà né bien des fois, o robuste (lndra),
10. Car Twachtri, ô dieu grand et terrible, a et je sais quelle est la force d’un (dieu) tel que
fait pour toi ce foudre qui a cent nœuds et mille
pointes. C’est avec cette arme, ô (dieu) qui aimes 1. Le texto semblerait dire que ces buffles sont cuits
le soma, que tu as brisé Ahi , qui avaitla hardiesse (patchet). Je pense que le mot mahicha, qui veut en
de venir t’attaquer.
effet dire buffle, doit être entendu des rayons brûlants
de Poûchan et de Vichnou. Ils sont personnifiés sons la
il. Que les Marouts, que tous les dieux, dans forme de buffles, pour être attelés au char d’lndra.
[Loch vu] suantes. -SECT10N QUATRIÈME. 317

toi quand il attaque et terrasse (son adversaire), l4. 0 dieu le plus sage d’entre les sages, tous
(force) terrible quand il s’agit d’inspirer la ter- les Dévas te célèbrent avec transport pour ta
reur, vigoureuse quand il faut développer de la victoire remportée sur Vritra, quand, pour prix de
vigueur, invincible quand il est question de leurs hymnes, tu envoies la richesse (de la pluie)
vaincre un ennemi. à la race soufirante de tes serviteurs.
5. Que ton antique amitié pour nous subsiste 15. 0 Indra, le Ciel et la Terre et tous les dieux
toujours, (telle qu’autrefois) quand les Angiras immortels reconnaissent ta puissance. 0 (dieu) l
chantaient : a 0 (dieu) qui ébranles ce qui est accoutumé à créer (des choses admirables), fais
inébranlable, frappe "Bala, qui s’empare des ce que tu n’as pas encore fait. Mérite de notre
Ondes; ouvre toutes les portes de sa ville part et des sacrifices et un hymne nouveau.
(céleste). n
6. Il a mérité d’être invoqué dans nos prières, HYMNE Il].
ce (dieu) terrible et puissant, qui poursuit la
A INDRA, un BEARADWADJA.
grande œuvre de la mort de Vritra. Il porte la
foudre dans les combats; et si nous voulons une (litre : Trichtoubh.)
nombreuse famille, c’est toujours lui qu’il faut
invoquer. l. Le grand lndra, tel qu’un seigneur (magni-
7. Avec cette forœ immortelle, qui courbe fique), remplit (les vœux) des mortels ; placé entre
(toute résistance), il protégé la race des enfants deux mondes ’, doué de forces inaltérables, il
de Manon. ll s’élève au-dessus de tout, et il ha- vient à nous, et croit pour la puissance; (son
bite constamment avec la grandeur, la richesse, corps) s’élargit, (ses nobles facultés) grandissent,

la vigueur et la puissance. ’ à mesure que les ministres (du sacrifice) l’hono-


8. lndra, plein de raison et de droiture, se dis- rent.
tingue par sa sagesse. 11a frappé Tchoumouri, 2. Que la Prière s’adresse au grand et superbe
Dhouni, Piprou, Sambara, Souchna 1; il a ébranlé Indra, immortel et armé d’une force invincible.
et détruit leurs villes. (lndra) est toujours jeune : a peine est-il né, que
9. Avec ton tonnerre, que vantent nos louanges, déjà il apparaît dans toute sa grandeur.
et qui s’élance pour déchirer (ton ennemi), monte 3. Viens à nous, et fais que tes larges bras,
sur ton char, o lndra, et va combattre Vritra. puissants, généreux, nous donnent l’abondance.
Prends ta foudre dans ta main droite; 0 (dieu) De même que le pasteur défend son troupeau, de
bienfaiteur, détruis la magie (des Asouras). même, o clément é lndra, défends-nous dans le
10. 0 lndra, de même que le feu brûle le bois combat.
sec, ainsi (brûle et) anéantis le Rakchasa. Avec 4. En votre faveur, et les offrandes à la main,
son arme terrible, grande, pénétrante, le (dieu) nous invoquons ici cet lndra vainqueur avec ses
brise, retentit, et dompte les impies. puissants (auxiliaires); et puissions-nous être
il. O généreux lndra, O enfant de la Force, aussi heureux, aussi respectés, aussi irréprocha-
viens a nous par mille voies, avec la richesse et bles que les chantres antiques!
l’abondance. O dieu partout invoqué, l’impie peut- 5. (Indra), exalté par notre soma, est bienfai-
il prévaloir sur toi, quand tu fends (la une)? sant, généreux. Il est le dispensateur d’une abon-
i2. La grandeur de ce (dieu) libéral, fort, vic- dance fortunée. Que les hymnes et les offrandes
torieux brille au ciel et sur la terre. Il n’a point se rendent vers lui, comme les fleuves coulent a
d’ennemi qui lui soit égal, qui lui soit supérieur. la mer. ’

ll possède toute force, toute sagesse. 6. Héros victorieux, apporte-nous ce qu’il y a


13. Fais aujourd’hui pour (ton serviteur) ici de plus fort, ce qu’il y a de plus brillant (sur la
présent ce que tu as fait pour Coutsa, pour Ayou,
pour Atithigwa. Tu as donné tous les trésors (de i. Ce passage pourrait aussi bien se rapporter au
poëte. La traduction peut être modifiée dans ce sens.
Sambara) conquis par ta foudre, et tu les as sur 2. Comment lndra, le plus élevé des dieux. en par
la terre apportes à Toùrvayana ’. conséquent des éléments, peut-il avoir l’épithète de
Dwt’barhàs (placé entre deum autres)? Il faut supposer
que le poète considère lndra comme placé entre le ciel
I. Noms d’Asouras déjà. connus. et la terre. Voy. page 85, col. 2, note 1.
S. Le commentaire pense que Toûrvayéna est le même 3. Damoiseau, épithète donnée ordinairement à Agni,
que Divodâsa. et que le commentaire rend ici par déntamanar.
318 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. [me vu.)
terre). Que nous inspirions la terreur. 0 (dieu) 2. Olndra, tu aimes notresoma, et parles soins
traîné par deux chevaux azurés, assure-nous, des Dévas tu obtiens cette puissance vitale qui
pour notre bonheur, tout ce qui fait la puissance est en toi comme dans le soleil. C’estalors qu’ac-
parmi les enfants de Manon. compagné de Vichnou, tu donnes la mort à Ahi,
7. O lndra, viens à nous avec les glorieux a Vritra, qui enchaîne les Eaux.
transports de cette ivresse qui te rend invincible 3. Indra est robuste et vaillant, le plus fort
au milieu des combats. Puissions-nous, possédés d’entre les forts; nos louanges augmentent sa
de la même ivresse, te chanter, vainqueurs par gloire, et alors, prenant (son arme), dont il brise
tes secours, et pères d’une heureuse lignée! les villes (célestes), il devient roi de la douce li-
8. 0 lndra, apporte-nous cette force généreuse bation, du soma.
qui conserve, qui augmente, qui défend la ri- la. 0 lndra, les Panis t se sont enfuis avec leurs
chesse. Puissions-nous avec elle et avec tes se- cent (compagnons), et ont cédé au sage Dasoni *
cours vaincre dans les combats tous nos ennemis, leur riche butin. De l’enveloppe magique ou s’en-
qu’ils soient nos parents, ou étrangers à notre fermait I’avare Souchna tes coups ont fait sortir
famille! l’onde nourricière.
9. Que cette force féconde nous arrive de l’oc- 5. Souchna tombe sous les coups de la foudre,
cident ou du septentrion, du midi ou de l’orient. et la vaste magie de ce grand ennemi est déchi-
0 Indra, qu’elle nous arrive de tous les côtés. rée. lndra a fait asseoir avec lui sur son char
Donne-nous l’abondance et la gloire. Coutsa è, auquel il voulait donner la jouissance
10. Par nos prières, et avec les secours puis- du soleil.
sants, o lndra, puissions-nous obtenir un bon- 5. (lndra), prenant le soma enivrant, (s’échappe)
heur appuyé sur une nombreuse famille l Tu es comme l’épervier, et va frapper la tète de l’impie
le maître d’une double opulence l. 0 roi, donne- Namoutchi. Il a sauvé Nàml t, fils de Sapa, au
nous une richesse grande, large, solide. milieu de son sommeil, et l’a heureusement doué
il. Nous implorons ici le secours du céleste de richesse et d’abondance.
lndra, bienfaisant compagnon des Marouts,noble 7. 0 généreux (lndra) , armé de la foudre,
ennemi, vainqueur terrible, toujours croissant en tu as par ta force brisé les villes fortifiées de
vigueur et aimant à prêter sa force. Piprou, qui marchait sur les traces d’Ahi. Tu
12. Héros armé de la foudre, avec ces hommes as fait à ton serviteur Ridjiswan un don impéris-
qui m’appartiennent marche à la conquête d’une sable.
race. superbe. Nous t’invoquons sur la terre pour 8. Ce (dieu), dont les bienfaits sont si dési-
obtenir des fils, des vaches, des eaux (fé- rables, a soumis à Dyotana, comme (des enfants
condesL sont soumis) à leur mère, le merveilleux Vétasou,
l3. O héros invoqué par tout le monde, puis- Dasoni, Toùtoudji, Tougra, Ibha 5.
siens-nous avec ton amitié triompher de nos en- il. Ainsi, l’invincible lndra frappe ses enne-
nemis! l’uissrons-nous, par ton secours, vaincre mis, portant dans sa main la foudre fatale pour
nos adversaires, parents ou étrangers, et nous ré- Vritra. Tel que l’archer sur un char, il pousse les
jouir au sein d’une large opulence! deux coursiers que la Prière a attelés et qui por-
tent le grand lndra.
HYMNE 1V. 10. 0 lndra, fais par ton secours que nous ayons
dans un hymne nouveau (un tributde reconnais-
A INDRA, PAR BHARADWADJA. sance a te payer). Les fils de Poùrou te célèbrent
(item : Trichtoubh .)
par des louanges et des sacrifices. En faveur de
Pouroucoutsa, tu as brisé les sept villes automna-
l. 0 Indra, ô fils de la Force, donne-nous un
(prince) qui, (brillant) comme un soleil, Arya i. Les compagnons de Vritra, de Baie, etc.
2. Ce mot est peut-être une épithète. que le commen-
fart et opulent, devienne dans les combats vain- taire explique par le mot baltoulahavichca.
queur des nations, qui soit riche en présents et 3. Voy. page 239, col. l, note 4.
en terres. et détruise ses ennemis. 4. Nom d’un Richi.
5. Tous ces noms, suivant le commentaire, sont des
noms d’Asouras: ce qui est douteux, car plusieurs, tels
l. Les biens du ciel et de la terre sont a la disposi- que Tougre et Dasoni, sont autrement connus. Dyolana.
tion d’lndra. est le nom d’un prince protégé d’Indra.
[mon vu] RlG-VEDA. - SECTION QUATRIÈME. 319

les i, et tu lui as fait présent de ta conquête. connu par tes exploits et invoqué par tous, ont
il. O lndra, tu as bien voulu jadis être le bien- agi, comme nous aujourd’hui, et sontdevenus tes
faiteur d’Ousanas ’, fils de Cavi. Navavàstwa, son amis. Ainsi ont fait ceux du moyen âge, ainsi
petit-fils, était prisonnier; tu l’as délivré et rendu font les nouveaux. Je viens après eux; daigne
à son grand-père. penser à moi.
l2. O vaillant lndra, tu agites les nuages; tu ü. Ceux qui arrivent après tous les autres, 0
amènes les ondes que possédait Dhouni, et tu les lndra, ne peuvent, en te priant, que répéter tes
lances comme des torrents. C’est ainsi que, for- antiques prouesses, qu’ils ont entendu célébrer.
mant subitement une mer, tu as sauvé heureuse- 0 héros digne de notre culte. nous te proclamons
ment Tourvasa etYadou 3. grand d’après ce que nous dit la renommée.
l3. 0 lndra, voilà tes exploits comme combat- 7. Les forces des Rakchasas se sont développées
tant. Dhouni et Tchoumouri dorment; c’est toi devant toi; soutiens avec fermeté l’attaque de
qui leur as envoyé ce sommeil. Car Dabhlti t avait cette grande armée. (0 dieu) vainqueur, repousse
su te plaire en te versant des libations, en gar- les avec ton tonnerre, ton antique compagnon
nissant de bois le foyer, en te présentant des ho- d’armes. ’
locaustes, des offrandes, des hymnes. 8.0 héros partisan de nos chantres, écoute
l’hymne d’un poète nouveau. Tu aimes l’invoca-
HYMNE V. tion du sacrifice, et tu t’es toujours montré un
bon parent pour nos pères.
A INDIA, PAR IIARADWADJA. 9. (0 Prêtre), fais que nous possédions aujour-
(Mètre : Trichtoubh.)
d’huile secours (le Varouna, de Mitra, d’lndra,
des Marouts, de Poùchan, de Vichnou, d’Agni
l. Héros adorable, un sacrificateur, jaloux d’ob- célèbre par ses œuvres, de Savitri, des Plantes,
tenir tes bienfaits, t’invoque avec des holocaustes des Montagnes (célestes).
et des hymnes. La Louange, la Richesse, la Puis- 10. 0 souverain adorable, ces chantres te célè-
sance viennent avec la Prière au-devant de ce brout par leurs hymnes. Écoute l’invocation de
(dieu) immortel, placé sur son char. ceux qui t’implorent. (Dieu) immortel, il n’est
2. Je connais et je chante cet Indra, que nos personne qui te ressemble.
hymnes doivent exalter, dont nos prières et nos il. Sage enfant de la Force, viens à ma voix
sacrifices augmentent la grandeur, qui de la terre avec tous les (dieux) qui méritent nos hommages,
jusqu’au ciel s’élève avec majesté, en développant
qui aiment nos otl’randes et se servent de la
mille formes magiques. langue d’Agni, qui ont rendu Manon vainqueur
3. Les ténèbres s’étendaient malheureusement; du Dasyou.
avec le soleil il les a dissipées. 0 (dieu) fort et l2. Prudent lndra, aie pitié de nous; ouvre-nous
immortel, les mortels religieux ajoutent à ta les voies, précède-nous dans les bonnes; (défends
splendeur. nous) dans les mauvaises. Apporte-nous l’abon-
A. Où est cet lndra, qui a fait toutes ces cho- dance avec tes (coursiers), larges et infatigables
ses? Quelle nation, quel peuple visite-t-il ? Quel porteurs.
sacrifice aura ta préférence ? Quelle prière, o ln-
dra, quel sacrificateur a pu te plaire? HYMNE V].
5. Les anciens, qui nous ont précédés, o (dieu)
A INDRA. PAR BHAIADWADJA.
t. Saradih. Le commentaire suppOse que ces villes (Hêtre : Trichtoubh.)
appartenaient à l’Asoura Sara. Le nombre sept doit
avoir quelque rapport avec les sept torrents qui sont l. Je chante lndra, qui seul mérite d’être invo-
dans l’automne lancés par lndra.
2. Le texte porte Ousam’ pour Ousanase’. Voy. pour qué par les hommes, roi libéral, juste et fort,
ce personnage d’Ousanas, page 9l, col. 1, note 4. bienfaiteur sage et puissant.
3. Ces princes, poursuivis par un ennemi. passèrent
une rivière à gué, et furent sauvés par un orage subit 2. Nos pères, les anciens Navagwas t, les sept
qui grossit les eaux de cette rivière. sages, ont (jadis) honoré par l’offrande et la prière
4. Nom d’un Richi, protégé contre les Aseuras Dhouni
le (dieu) qui, clément et fort, siégé sur la mon-
et Tchoumouri. Dhouni signifie agitateur : lndra avait
au distique 1213. mémo épithète, que j’ai traduite par
ces mots : tu agiter tu nuages; t. Voy. page 80, col. I, note 6.
320 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Look VL]

tagne (céleste), sauve (ses amis) et détruit ses HYMNE VIL


ennemis.
3. Nous supplions Indra de nous accorder une A INDRA, PAR BIAIADWADJA
opulence abondante et soutenue par la vaillance (mm : Trichtoubh.)
de nombreux rejetons. 0 (dieu) traîné par deux
coursiers azurés, apporte-nous, pour notre bon- l. 0 Indra, tu mérites d’être mêlé à nos liba-
heur, cette (opulence) fortunée. Qu’elle soit pleine tions de soma, à nos prières, à nos éloges, à nos
et durable. hymnes, lorsque, attelant tes deux coursiers, ô
li. Si jadis tes chantres, o Indra, ont obtenu de magnifique lndra, tu pars, ta foudre dans les bras ;
toi quelque faveur, dis-nous quelle offrande , 2. Ou bien, lorsque, pour plaire à un pieux
quelle part ils t’avaient faite (dans le sacrilice), serviteur, tu vas dans le ciel donner la mort à
o vainqueur indomptable, O bienfaiteur invoqué Vritra et nous conquérir ses dépouilles; ou, quand,
par tous, 6 exterminateur des Asouras! exempt de crainte devant un sacrificateur trem-
5. Le mortel chante lndra; sa prière implore le blant, o lndra, tu terrasses les superbes Dasyous.
(dieu) qui tient la foudre dans sa main, et qui est 3. Qu’lndra boive notre soma; (dieu) terrible,
porté sur son char. Et il voit arriver promptement conduisant et protégeant son chantre; donnant
au-devant de son olfrande ce maître qui donne la au seigneur, qui l’honore par ses libations, un
force, qui fait et embrasse tout. rang distingué, au poète qui le célèbre une riche
6. 0 héros brillant et chanté (par les poètes), fortune.
(Vritra) a grandi par sa puissance magique. Et -’I. Qu’avec ses deux coursiers il vienne à-nos
toi, avec ta (foudre) aux cent nœuds, avec ton sacrifices, armé de la foudre, buvant le soma,
arme aussi rapide que la pensée, tu brises donnant des (troupeaux) de vaches, accordant (à
ses forces, tu renverses ses (villes) inébran- nos vœux) un prince digne de conduire les bom-
lables. mes et chef d’une race puissante, écoutant l’invo-
7. Comme faisaient nos pères, je veux glorifier cation du poète, et flatté de sa louange.
dans un hymne nouveau ce (dieu) fort et antique. 5. Nous apportons l’hommage qu’il peut dési-
Qu’lndra, avec sa force immense, nous transporte rer, a cet Indra qui pour nous produit des œuvres
heureusement au delà (les passages les plus dan- si brillantes. Nous versons le soma,. nous chan-
gereux. tons des hymnes en l’honneur d’indra, et nous
8. Brûle dans les espaces terrestres, dans les voulons que notre culte augmente sa grandeur.
espaces célestes la race malfaisante (de nos enne- 6. 0 lndra, tu as daigné par ta puissance ren-
mis). 0 (dieu) généreux, qu’ils soient consumés dre notre piété fructueuse. Nous mesurons notre
par tes feux. Éclaire la terre et les eaux (pour en reconnaissance sur tes bienfaits. 0 (dieu) qui
chasser) un impie (adversaire). aimes notre soma, nous voulons, la coupe à la
9. Règne sur la race céleste et sur le monde main dans le sacrifice, célébrerta gloire par la
terrestre, o Indra, 0 toi qu’entoure une splendeur louange la plus agréable et la plus fortunée.
immortelle. Prends ta foudre dans ta main droite, 7. Viens avec tes présents visiter notre sacri-
et détruis toutes ces puissances magiques. fice. 0 Indra, bois ce soma auquel a été mêlé le
10. Pour le malheur de notre ennemi, O lndra, lait de la vache. Assieds-toi sur ce gazon du sa-
O toi qui portes la foudre, procure-nous une large crificateur, et donne a ton serviteur une large
et inaltérable félicité. Fais que les haines des Da- place (dans ce monde).
syous servent aux Aryas; que les fils de Nabou- 8. 0 redoutable lndra, livre-toi a tout le plaisir
cha t soient bienveillants pour nous. que ces sacrifices te promettent. 0 lndra, que
il. (Dieu) sage, adorable et invoqué par tous, tous les hommes implorent, ces invocations et
viens à nous avec ces coursiers qui possèdent tous cette prière s’adressent à toi et appellent ton se-
les biens, que l’impie ne saurait vaincre, qu’un cours.
(autre) dieu (ne peutconduire). Viensa moi promp- 9. 0,mes amis , honorez le bienfaisant lndra
tement avec ces (coursiers). par vos libations et vos offrandes. Qu’il daigne
prendre souci de nous. Indra protège celui qui
1. La note i (page 300, col. t) explique ce qu’il faut verse la libation en son honneur.
entendre par ces fils de Naboucha. Ce sont les vapeurs
de la nuit, ou bien les serpents nocturnes, les astres 10. Ainsi, au milieu des libations de soma, ln-
qui serpentent dans le ciel pendant la nuit. dra, roi de la richesse, a été célébré par les Bha-
[me vu] BlG-VÈDA. - SECTION QUATRIÈME. 321

radwadjas. Ou’lndra soit pour son chantre un 9. 0 vainqueur généreux, bois notre soma, et
seigneur (magnifique); qu’il lui accorde toute que ta puissance, aussi grande qu’étendue, nous
espèce de biens. accorde l’abondance et la force; sois toujours
attentif ànous secourir le matin, a midi et le
HYMNE v111. soir.
10. Couvre de ta protection dans le combat
A INDRA, un BBARADWADJA.
celui qui est notre chef, o Indra, et garde-le
(Ultra : Trichtoubh.) contre tout danger. Protège-1e contre l’ennemi et
dans sa maison et dans la foret. Puissions-nous
l. C’est une source de biens (pour nous) que vivre cent hivers, entourés de plaisirs et d’une
l’ivresse d’Indra, accompagnée d’hymnes et de généreuse lignée!
louanges. Car (lndra) aime la libation, il boit le
soma. Maghavan est digne des chants de nos HYMNE 1x.
poètes; il est l’habitant du ciel, le roi de la
Prière, le protecteur immortel. A mon, un susnsnwsnu.
2. Héros vainqueur, sage ami des hommes, (lem : Trichtoubh.)
défenseur puissant, il entend l’invocation du
chantre. Adorable soutien des mortels, partisan l. 0 terrible et robuste lndra, tu peux nous
de nos cérémonies, pour nous récompenser de secourir d’en bas, d’en haut, du milieu (des airs).
nos offrandes et de nos hymnes au milieu du sa- Réunis tous tes efforts en notre faveur; va donner
crifice, il nous distribue l’abondance. la mort a Vritra, et livre-nous généreusement
3. O noble héros, tu es comme l’essieu qui sa dépouille.
soutient les deux roues, et ta grandeur s’élève 2. 0 puissant Indra, aide-nous à repousser les
au-dessus du ciel et de la terre. 0 lndra, que le forces de nos adversaires et la colère de notre
monde implore, les nombreux bienfaits que tu ennemi. En faveur de l’Arya, triomphe de ces
nous accordes sortent de toi tels que les branches diverses troupes qui l’attaquent, et dompte le
d’un arbre (majestueux). Dasyou.
A. 0 (dieu) puissant, tes œuvres sont pour nous 3. 0 lndra, nos parents et les étrangers se sont
une source abondante de bonheur, semblables unis pour être nos ennemis. Affaiblis, détruis
aux mamelles de la vache. 0 lndra, tu as pour leurs forces. Renverse-les du haut de leur puis-
nous attacher a toi des liens que toi seul peux sance.
nouer; ainsi le veau est attaché (à sa mère). Il. Un héros peut bien attaquer un autre héros,
5. Indra se charge aujourd’hui d’une mission, quand tous deux, distingués par leur force et
demain d’une autre; l’une peut être une œuvre leur stature, ils se précipitent au combat, quand
de destruction, l’autre une œuvre de salut. Que ils viennent, la clameur a la bouche, se disputer
Mitra, Varouna, Poùchan accomplissent (avec la possession d’enfants , de petits-enfants, de
lndra) le vœu du père de famille qui nous dirige. vaches, d’eaux ou de champs.
6. 0 lndra, que les ondes de nos sacrifices, que 5. Mais toi, O lndra, il n’est point de héros,
nos hymnes t’amènent comme du haut de la d’ennemi, de vainqueur. de combattant qui pense
montagne. 0 (dieu) que la louange transporte, à te résister. Personne ne lutte contre toi. Tu
nos offrandes et nos éloges s’élancent vers toi surpasses tous les êtres.
avec la même vivacité que les coursiers (se pré- 6. Indra est le maltre de la fortune de ces deux
cipitent) au combat. héros. Si les sages t’invoquent au milieu du
7. Ni les automnes, ni les mois, ni les jours débat, (toi seul décides du sort) de ces rivaux
ne peuvent détruire Indra ; que son corps célé- qui combattent, soit pour repousser un ennemi,
bré par nos chants et par nos hymnes croisse et soit pour conquérir une maison forte en guer-
s’agrandisse.
8. Chanté par nous, il n’est point de force,
point de résistance, point d’audace déployée par
le Dasyou qui puisse le faire fléchir. Les hauteurs
riers. - ’
7. Ainsi les hommes t’appartiennent, é lndra,
et tu les sauves au milieu de leurs terreurs. Pro-
tège, o lndra, les maîtres distingués qui dirigent
d’lndra sont inabordables; ses profondeurs sont (nos sacrifices) et les seigneurs magnifiques qui
immenses. nous gouvernent.
322 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. (un. v1.)
8. 0 adorable lndra, c’est pour soutenir ton tu l’as tué. Tes secours divers ont sauvé Divo-
rang suprême que tu possèdes toutes les vertus. dasa l.
C’est pour donner la mort à Vritra que tu as la 6. Charmé des hommages et des libations de
puissance; c’est pour protéger les hommes avec Dabhlti, O lndra, tu as pour lui endormi Tchou-
les dieux que tu es armé de la force. mouri ’. Tu as donné Râdji 5 a Pithinas, et par
9. Ainsi arrête nos ennemis au milieu des ta puissance tu as d’un coup frappé soixante
combats, O Indra; dompte la méchanceté des mille ennemis.
impies. [Missions-nous, enfants de Bharadwadja 7. O puissant héros. toujours accompagné de
qui te chantons, o lndra, en te présentant nos héros vaillants, puissé:je, avec les seigneurs (nos
offrandes, (puissions-nous) connaître que tu es maîtres), obtenir tout le bien, toute la forceique
un ami sur! tu suis donner aux mortels qui te célèbrent, toi
qui protèges les trois mondes, toi qui en-
chaînes é (la méchanceté de tes ennemis)!
HYMNE X.
8. O adorable lndra, quand nous demandons
A INDRA, PAR BHARADWADJA. tes bienfaits, puissions-nous nous prévaloir avec
(Kerr: :Trichtoubh.)
raison de ton amitié! Que le fils de Pratardana,
lichatrasrl, devienne le vainqueur de ses ennemis
i. Écoute-nous, O lndra. Nous t’invoquons, et le possesseur des plus riches trésors!
nous faisons des libations en ton honneur pour
obtenir l’abondance. Le jour ou les peuples s’as- HYMNE X1.
semblent pour combattre, viens nous prêter ton
redoutable secours. A lNDRA, PAR DuAIlADWADJA.
2. Riche en offrandes, le fils de l’adjinl 4 t’in- (Mètre : Trichtoubh.)
voque pour obtenir l’abondance. Il voit un sau-
l. Qu’a donc fait lndra au milieu de l’ivresse
veur et le maltre de la piété en toi, O Indra,
dont le poing est mortel, quand tu combats pour que lui inspire le soma? Qu’a-t-il fait dans cet
amour qu’il témoigne pour ce breuvage ? Qu’ont
la possession des vaches (célestes), contre les
compagnons de Vritra. obtenu de toi les mortels et autrefois et aujour-
3. Tu as excité Cavi ’ à prendre sa part des d’hui en te dispensant cette agréable (boisson)?
mets (célestes). En faveur de ton serviteur Coutsa, 2. lndra a fait d’heureuses choses au milieu de.
l’ivresse que lui inspire le soma. Il a fait d’heu-
tu as mis Souchna en pièces. Pour plaire à Ati-
thigvva, tu as frappé la tête de (l’Asoura), qui reuses choses dans cet amour qu’il témoigne pour
manque de nerfs 3. ce breuvage. Ils ont obtenu d’heureuses choses et
4. Tu as amené à Vrichabha un grand char de autrefois et aujourd’hui, les mortels qui te dis-
bataille, et tu l’as sauvé après un combat de dix pensent cette agréable (boisson).
jours é. En faveur de Vetasou 5, tu as frappé 3. O magnifique lndra, nous ne connaissons
Tougra. Toudji 6 t’a chanté, o lndra, et tu as point de grandeur, de magnificence comparable à
la tienne. ll n’est rien de supérieur aux bienfaits
fait sa grandeur.
5. O lndra, O héroïque vainqueur, une de tes
(anciens) et nouveaux (que le monde a reçus) de
prouesses est d’avoir déchiré cent mille (ennemis). toi.
Tu as tiré de sa montagne le brigand Sambara, et 4. On connaît la force avec laquelle tu as dé-
truit la race de Varasikha 5; le bruit puissant de
l. C’est le nom de la mère de Bharadwàdja.
ta foudre, o lndra, suffit pour mettre en pièces
2. C’est un Richi, fils de Bhrigou; Bluirgava, dit le le premier (qui se présenta).
commentateur. Ce mot s’emploie pour désigner en gé- 5. lndra a détruit la race de Varasikha, et tu
néral un sage, un poële. as donné (ses dépouilles) au fils de Tchayamàna,
3. Cet Asoura s’appelle Sambara. Atithigwa est un
Richi, dont il a été plusieurs fois question.
4. Le commentaire traduit de cette maniere le mot l. Voy. page ne, col. i. note 9.
Dasadyou, que j’aurais cru un nom propre. 2. Voy. plus haut, hymne tv, distique 13.
5. Nom d’un roi ami d’lndra. Voyez le distique 8. 3. C’est on le nom d’un royaume, ou le nom d’une
hymne n, plus haut. Vétasouy est donne pour un jeune princesse.
Asoura. 4. Icije trouve le mot Nuhouch avec le sens de liga-
6. Le même distique de l’hymne tv site Toultoudji ter.
comme un Asoura. 5. Nom d’un Asoura.
(un. vu.] RIG-VÉDA. - SECTION QUATRIÈME. 323
Abhyàvartlin. Tandis que du côté de l’orient, sur 5. Les Vaches forment Bhaga; les Vaches for-
l’Hariyoùpîyà ’, il frappait les Vritchlvans ’, du ment Indra. Qu’elles viennent donc, elles qui
côté opposé le reste (des enfants de Varasikha) composent le premier des somas. Oui, peuples,
mourait de peur. ces Vaches sont la substance de cet Indra, que
6. 0 lndra, 0 toi que le monde invoque, cent j’appelle de tout mon cœur, de toute mon âme.
trente Vritchlvans, couverts de leurs cuirasses, 6., Et vous, o Vaches, engraissez-vous. Rendez
et attirés par l’espoir du butin, s’avançaient sur beau ce qui est faible et disgracié. Donnez-nous
I’Yavyavatl pour t’attaquer. Ils furent percés (de une heureuse maison, é vous dont la renommée
tes traits), et, tels que des vases inutiles, ils s’en est si belle. Car partout, dans nos assemblées, on
allèrent (à leur perte). célèbre votre abondance.
7. (Indra) a deux coursiers brillants, qui che- 7. (Vaches) fécondes, vous mangez l’herbe la
minent heureusement entre le ciel et la terre, plus grasse, vous buvez l’onde la plus pure. Que
broutant dans les pâturages qui leur plaisent. Il le brigand n’ait sur vous aucun empire; que le
a, en faveur de Srindjaya, quitté Tourvasa, en pécheur superbe n’agite pas autour de vous le
même temps qu’il donnait les Vritchlvans à l’en- trait de Boudra l.
faut de Dévavata é. 8. Que ces Vaches prennent un heureux accrois-
8. Le fils de Tchayamana, le riche prince Abhya- sement. 0 lndra, tu es leur taureau : qu’elles se
varttin m’a donné, o Agni,vingt couples de bœufs trouvent fécondées par ta puissance.
appareillés et attelés a un char. C’est un présent
que les autres princes peuvent difficilement éga-
Ier.
LECTURE SEPTIÈME.
HYMNE XI].

Aux nous (ou "carnes 0), un HYMNE I.


BHARADWADJA.
A INDRÀ, PAR BBARÀDWADIA.
(lem: : Trichtoubh, Djngatf et Anouchtouhh.)
(Maire : Trichtoubh.)
i. Que les Vaches arrivent. Que leur présence
soit heureuse! Qu’elles se placent dans l’étable, l. Vos prêtres ont pour vous cultivé l’amitié
et se plaisent au milieu de nous. Fécondes et d’indra; par leur culte, par leurs chants ils ont
variées pour la forme, qu’elles viennent ici, en capté sa bienveillance. lndra porte la foudre a la
l’honneur d’lndra, nous verser les libations du main, et il est très-libéral. Rendez-vous ce (dieu)
matin. agréable, afin qu’il secoure nos seigneurs.
2. lndra comble de ses bienfaits celui qui cher- 2. Il est monté sur un char d’or; de sa main
che à lui plaire par ses sacrifices. Il lui donne coulent tous les biens qui conviennent à l’homme ;
sans jamais s’épuiser lui-mémo. De jour en jour ses larges bras retiennent les rênes, (qui dirigent)
il augmente l’opulence de son serviteur, et il l’é- dans leur route les chevaux généreux attelés a
tablit dans une forteresse inexpugnable.
3. Ces Vaches sont immortelles; le voleur ne
saurait les enlever; le trait d’un ennemi ne peut
les blesser. Leur pasteur, qui les destine au ser-
son char. *
3. Tes pieds sement les richesses qui ornent (le
monde), O dieu qui te balances (dans les airs) i;
tu es triomphant avec ta foudre, tu es libéral a
vice des Dieux, n’est jamais séparé de ses élèves. cause de ta puissance. Tu revêts ta brillante cui-
4. Elles ne deviennent point la proie d’un cava- rasse, et tu vas, éblouissant les yeux comme le
lier qui fend la poussière (de la plaine). Elles res-
pectent l’homme qui observe les règles saintes. soleil. A
Il. Cependant le soma a été versé, accompagné
du ghrita et des gâteaux d’orge. Les prêtres, avec
Ces Vaches accompagnent le mortel pieux, et
assurent autour de lui sa sécurité. la plus respectueuse dévotion, chantent les hym-
nes, récitent les prières et accomplissent les rites
1. Nom de rivière; peut-eue de ville. sacrés.
2. Nom d’un fils de Varasikha et de ses enfants.
3. Le commentaire dit que l’enfant de Dévavàta est le 1. Roudra. est ici le Dieu qui donne la mort.
mémo qu’Abhyévarttin. 2. C’est la traduction de l’épithète Nritou, qui signi-
4. Ce sont les libations. fie danseur.
324 INDE. -- POÉSIE LYRIQUE. (un. vu.]
5. Ta puissance n’a point de bornes. Le ciel et obtenir des enfants, les eaux du ciel, la jouissance
la terre tremblent devant ta grandeur. Le père du soleil.
de famille, t’invoquant avec les (Marouts), tes 2. 0 Indra, la crainte que tu inspires fait trem-
auxiliaires, se hâte de préparer les libations r de bler la terre et les monts les plus solides. Le ciel
même (le pasteur recherche) pour ses troupeaux et la terre, les montagnes, les forets, tout cequ’il
l’eau (qui doit les rafraîchir). y a de fort frémit sur ton passage. ’
6. Ainsi, que l’adorable et bienfaisant Indra, 3. O Indra, tu as avec Coutsa attaqué Souchna,
(ce dieu) à la face azurée, se montre grand, soit qui enchaînait les Ondes; tu as frappé Couyava
avec ses auxiliaires, soit sans eux. Qu’il appa- dans ta recherche des vaches (célestes); tu as
raisse avec sa force incomparable, et qu’il triom- dans le combat détaché une roue du soleil *-, tu
phe de ses ennemis et des Dasyous. nous as protégé contre l’impie.
a. Tu as brisé les cent villes incomparables de
HYMNE LI. Sambara le Dasyou; é (divin) époux de Satcht, o
(dieu) dont le soma achète la faveur, tu voulais
A INDRA, PAR IHARADWADJA. dans ta sagesse combler de tes biens Divodasa.
(Mètre : Trlchtoubh.) qui t’honorait par ses libations, et Bharadwàdja.
qui t’honorait par ses hymnes.
i. Indra, incomparable et immortel, croît et 5. 0 (dieu) fort et secondé par de fidèles auxi-
augmente ses forces; il distribue ses biens (à ses liaires, monte sur ton char terrible pour le grand
serviteurs). Indra est plus grand que le ciel, plus combat. Héros fameux et engagé dans unelarge
grand que la terre. Le ciel et la terre ne sont cha- voie, viens nous secourir et nous donner de la
cun qu’une moitié de lui-même. gloire aux yeux des hommes.
2. J’adore sa puissance vitale, qui s’étend par-
tout. Ce qu’il fait, personne ne peut le détruire.
HYMNE 1V.
(A lui nous devons que) le soleil chaque jour brille
à nos yeux; son titre de gloire est d’avoir créé A AGN1,PAR sonnerai.
les vastes mondes.
(faire : Trichtoubh.)
3. Ton œuvre admirable, aujourd’hui comme
autrefois, 0 puissant Indra, est d’avoir ouvert l. Ma bouche s’ouvre pour des paroles nou-
une voie aux rivières. Les montagnes (célestes) velles, abondantes, fortunées en l’honneur du
se sont placées comme des dispensatrices de la héros armé de la foudre, grand, fort, agile, intré-
nourriture (humaine). Les cieux se sont par toi pide, objet de toutes les louanges.
couverts de masses compactes. 2. Chanté par les sages (Angiras), il a en leur
4. Oui, c’est la vérité, ô lndra; il n’est point faveur orné avec le soleil les deux grands pa-
de dieu semblable a toi, il n’est point de mortel rents, et fendu la montagne (des Asouras). Il a
plus grand. Tu as frappé Ahi, gardien endormi ouvert le pâturage des vaches (célestes) à la prière
des Ondes, et tu les as précipitées vers la de ses chantres.
mer. 3. Il a par une noble victoire obtenu ces vaches
5. 0 lndra, tu as brisé l’enveloppe compacte du avec les sages qui portent les holocaustes et qui
nuage; tu as ouvert la porte à ces ondes qui se ont sans cesse le genou ployé (devant les dieux).
sont élancées de divers côtés. Tu es le roi du Pour plaire à ses amis, il a, sage aussi bien qu’eux,
monde et des hommes ; tu as fait le soleil, le ciel, avec sa force accoutumée, brisé les forteresses
l’aurore. (des Dasyous).
4. 0 (dieu) généreux, pour récompenser nos
HYMNE Ill. hommages et accomplir le bonheur des mortels,
viens, avec l’abondance, la force, et la fécondité,
A INDRA. PAR soutenu, "1.5 DE sounornA. entendre les hymnes nouveaux de ton chantre.
(une: : Trichtoubh et Sakwarî.) 5. lndra, indomptable vainqueur, rassemble
toutes ses forces, et, lançant ses chevaux, il pré-
l. O Indra, maltre de la richesse, tu es incom-
parable; dans ta main tu tiens les nations. Les l. Voy. page 241, col. i, note l. Cette aventure a en
hommes t’adressent des prières diverses pour lieu en faveur d’Etasa.
(un. vu.) RIG-VEDA. - SECTION QUATRIÈME. 325

cipite les ondes vers la droite ’. Les ondes, pous- 3. Nos œuvres et nos louanges font la gloire
sées par un choc irrésistible, vont chaque jour d’Indra; elles viennent augmenter sa grandeur.
augmenter la masse insurmontable (de la mer). Si cent, si mille chantres célèbrent ce (dieu)digne
de nos éloges, que ce soit pour son plus bel or-
HYMNE V. nement!
4. En ce jour la prière est en l’honneur d’Indra
A INDIA, PAR SOUNDIOTle une espèce de libation, et je m’approche de ce
(Hêtre : Trichtoubh.) (dieu) pareil au soma limpide. De même que les
eaux font le bonheur de l’homme perdu dans le
1.0 généreux Indra, donne-nous un (prince) désert, les invocations et le sacrifice font la joie
qui soit courageux, affable, libéral, qui te plaise
d’lndra. ’
par ses libations, qui, bon cavalier, possède une 5. A la gloire d’lndra j’ai chanté cet hymne ac-
bonne cavalerie, et qui dans les combats sou- compagné de prières. Que dans la grande bataille
tienne l’attaque des ennemis.
avec Vritra lndra soit notre sauveur, et que ce
2. 0 lndra, les mortels, par des hymnes divers, (dieu) partout présent fasse notre bonheur!
t’appellent a leur secours au milieu des batailles.
Tu as avec les sages (Angine) donné la mort aux HYMNE VIL
Panis. Aidé de toi, ton serviteur obtient prompte-
ment la nourriture (du ciel). A INDRA, PAR NANA.
3. Ces deux races ennemies, les Dasyous et les (une : Trichtoubh.)
Aryas, sont également soumises à les coups, é
Indra, o le plus noble des héros. Comme la hache l. Quand auront lieu les rites qui constituent
coupe le bois, tes armes tranchantes déchirent le char (du sacrifice)? Quand, pour prix de nos
(ton adversaire) dans le combat. louanges, nous donneras-tu des milliers de biens?
4. 0 vaillant lndra, par tes puissants secours Quand couvriras-tu notre piété de tes trésors?
augmente notre fortune, toi notre ami, notre sau- Quand rendras-tu nos prières fécondes en riches-
veur, partout présent. Nous demandons tes bien- ses ?
faits, et nous t’appelons au milieu des combats, 2. 0 Indra, quand viendra le moment où, en-
au fort de la mêlée. gageant les uns contre les autres les héros amis
5. 0 lndra, sois notre ami contre l’étranger. de la victoire, tu nous donneras, comme gage de
Sois bon pour nous dans tes rencontres. En chan- ton triomphe, les vaches (célestes) et leur triple
tant tes louanges, en versant des libations, puis- trésor t ? 0 lndra, en nous accordant ces vaches,
sions-nous mériter la protection d’un (dieu) no- tu nous communiques une force merveilleuse.
ble, brillant et sauveur! 3. 0 puissant Indra, quand voudras-tu accorder
à ton chantre la faveur de multiplier pour toi les
HYMNE V1. offrandes (sacrées)? Quand viendras-tu atteler
pour ainsi dire nos prières à ton char? Quand ar-
A INDRA. un sonnonoru. l riveras-tu a nos invocations accompagnées de
(Hêtre : Trichtoubh.)
libations?
4. 0 lndra, comble nos vœux en donnant à ton
l. Vers toi, o lndra, se dirigent d’un commun chantre une opulence abondante en vivres, riche
accord les Hymnes, les Libations, et les puissantes en vaches et en chevaux. Assure aux Bharadwâd jas
Prières. Aujourd’hui comme autrefois, les Louan- une fortune illustre et brillante. Fais que leurs
ges des poètes et leurs Invocations respectueuses vaches soient toujours fécondes.
se réunissent a l’envi autour d’lndra. 5. 0 vaillant Sacra, nous te chantons aujour-
2. Ce (dieu) grand, incomparable, est invoqué, d’hui, toi qui déchires du haut du ciel ton (su-
célébré, loué dans les sacrifices avec le plus vif perbe) ennemi. Que je ne sorte pas sans avoir
empressement; lndra est pour nous tel qu’un char obtenu par toi le lait de la vache (de mon sacri-
magnifique et solide. Qu’il soit par nous chanté lice). 0 (dieu sage), donne aux Angiras le fruitde
avec transport! leurs œuvres saintes.

1. C’esbà-dire vers le midi: c’est de ce côté que se l. C’est, dit le commentaire, le fait, le lait caillé, et
trouve la mer pour les Indiens. le beurre (kchira, dadht’, gin-Ha).
326 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch tu.)

HYMNE Vlll. 5. lndra est l’auteur d’une abondance durable.


Qu’lndra, au bruit de nos chants, sente croître sa
A mon, PAR ruas. splendeur. Qu’lndra soit le glorieux vainqueur
(Ultra : Trichtoubh.) de Vritra. Que ce noble maltre se hâte de nous
combler de ses bienfaits.
l. Oui, ton ivresse est le bonheur du monde;
c’est de toi que viennent les biens terrestres. HYMNE X.
Daigne nous dispenser l’abondance, toi qui parmi
les dieux répands ton influence vitale. A lNDIlA, PAR BHARADWADJA.
2. Les mortels adorent incessamment sa puis- (Mure : Trichtoubh.)
sance; ils célèbrent sa force. Au (dieu) qui en-
chalne ses ennemis, qui les frappe et les terrasse, l. Que le merveilleux lndra boive notre soma;
ils procurent une vigueur nouvelle pour qu’il qu’il réponde à la grande et"brillante invitation
aille donner la mort à Vritra. que nous lui faisons. Dans ce sacrifice, offert en
3. Autour d’Indm se rassemblent pour le servir l’honneur de la race divine, que ce (dieu) libéral
les (Marouts), ses auxiliaires, les Forces aux for- accueille nos offrandes, nos cérémonies, nos
mes mâles, et les cavales (qu’il attelle à son char). hymnes.
Telles que les fleuves vont à la mer, les Prières, 2. Le poète va frapper des accents de son
animées par l’liymne, arrivent près du (dieu) qui hymne les oreilles d’lndra, qui habite loin de
remplit tout. nous. Que notre prière monte vers ce dieu, et le
Il. O lndra, chanté par nous, verse les torrents dispose en notre faveur. ’
de ta superbe et magnifique opulence. Tu es le 3. Pour vous, j’invoque par de solennelles
maître unique et incomparable des nations, le prières l’antique et immortel lndra. Que des fêtes,
roi du monde entier. que des chants aient lieu en son honneur, et que
5. Écoute nos prières, toi qui aimes nos céré- le nom d’lndra anime nes louanges.
monies, et (brilles) comme le soleil. Va conqué- 4.- Que la grandeur d’lndra, formée par le sa-
rir pour nous les trésors de ton ennemi. Chanté crifice et le soma, soit maintenue par nos céré-
d’âge en âge, fais-nous connaître ta force et tes monies, nos chants,nos hymnes, nos prières. par
bienfaits. les aurores, qui succèdent aux nuits, par les
mois, les automnes, les jours.
HYMNE tx. 5. Ce (dieu) grand et terrible, qui naît pour la
force, qui s’accroît d’une manière incomparable
A nous. un IuAaAnwuu. pour la gloire et l’opulence, a Sage, honorons-le
aujourd’hui pour l’encourager a vaincre Vritra.
(Mètre : Trichtoubh.)

l. 0 terrible lndra, que tes coursiers amènent HYMNE XI.


ton char magnifiquement garni. L’Hymne fortuné
t’appelle. Réjouissons-nous aujourd’hui, et puis- A INDRA, PAR BHAIIADWADJA.
sions-nous croître en bonheur! (lare .- Trichtoubh.)
2. Le pur et brillant soma prend place dans le
vase (sacré), et vient rapidement participer à l’œu- t. 0 dieu, bois de cette noble et douce boisson
vre (sainte). Que l’antique lndra, le roi céleste, que nous donne le sage et céleste Soma I, auteur
nous fasse sentir la joie que lui donne le soma. de nos joies, porteur (de nos vœux), compagnon
3. Que ses impétueux coursiers amènent rapi- renommé de la Prière du sage. Donne à ton
dement a nos offrandes le robuste lndra sur son chantre une abondance dont la vache fasse le
(char) aux belles roues; que (dans sa course) il principal ornement.
surpasse l’immortelle (agilité) du vent. 2. Indra vient avec bonheur recevoir (le jus)
Il. Le grand et puissant lndra, (entouré de) nos de nos mortiers et (le lait) des vaches (du sacri-
seigneurs, prend l’holocauste du sacrificateur. fice) z il se méle à nos cérémonies; il s’unit aux
Cet holocauste, O héros armé de la foudre victo- pieux (Angiras); puis il va briser la caverne im-
rieuse, te donne le pouvoir de terrasser l’impie
et de combler tes serviteurs de tes bienfaits. l. Libation personnifiée.
[tout vu.) RIG-VEDA. - SECTION QUATRIÈME. 327

prenable de Bals, et de sa parole puissante ter- de ceux que notre culte honore, o toi qui portes
rasse les Panis. la foudre, viens dans notre demeure, comme les
3. 0 Indra, le soma illumine l’obscurité des vaches (viennent à leur étable).
nuits au moment des deux crépuscules et dans la 2. Bois avec cette langue si belle, si large, qui
saison des libations l. Les (dévas) l’ont pris pour t’a toujours servi à goûter le miel de nos liba-
le héraut des leurs. Il préside à la naissance des tions. Le prétre se présente avec l’holocauste qui
pures Aurores. t’est destiné; é Indra, que ta foudre se dresse pour
4. Il a éclairé de ses rayons (les mondes) obs- conquérir les vaches (célestes).
curs. Il amène les Libations saintes. Il s’avance 3. Ce soma généreux et limpide, qui brille de
avec les chevaux du sacrifice, et du sein du foyer mille couleurs, a été composé pour le généreux
resplendissant il remplit les vœux des humains. lndra. 0 (dieu) sauveur et terrible, que traînent
5. O roi antique, au poète qui te chante donne deux coursiers azurés, bois ce (soma) dont tu as
et des trésors et l’abondance. Accorde à ton toujours été le maître, ce (soma) qui est ta nour-
chantre des ondes, des plantes, des vivres, du riture.
bois, des vaches, des chevaux, des guerriers. 4. O Indra, ce soma est pour le sage qui te plait
une source de richesse et de bonheur. Viens donc
HYMNE XI]. à notre sacrifice, et comble nos vœux ardents.
A INDlA, PAR IHARADWAINA. 5. 0 Indra , nous t’invoquons; viens en ces
lieux. Que ce soma ajoute a l’ornement de ton
le!" : Trichtoubh.)
corps. 0 Satacratou, prends plaisir à nos libations.
l. Bois, lndra; cette (liqueur) est versée pour Protège-nous dans les combats au milieu des na-
exalter ton ivresse. Lance tes deux coursiers. tions.
Daigne écouter nos chants et venir à notre tète.
Donne l’abondance a celui qui t’honore par ses HYMNE XIV.
hymnes et ses sacrifices. A INDBA, PAR BHAIIADWAIHA.
I. t) grand Indra, bois de ce soma que tu as
goûté à ta naissance même. Enivre-toi et agis (mon : Anouchtoubh et Vrihatl.)
avec force. Les prêtres, les vaches, les ondes, le l. (O prêtre), apporte ton offrande au (dieu)sage
mortier, tout a contribué heureusement a former qui la désire, au héros intrépide, impétueux et
ce breuvage qui t’est réservé. bienfaisant.
3. Le feu est allumé; le soma est versé, O Indra; 2. Honorez avec vos libations, avec vos coupes
que les robustes coursiers t’amènent. Je t’invoque remplies de douces liqueurs le victorieux lndra,
avec dévouement. lndra,viens pournotre bonheur. qui aime surtout à boire votre soma.
4. Viens, ô lndra, comme tu es toujours venu, 3. Si vous lui prodiguez les breuvages (pieux)
avec empressement, avec intérêt, et bois notre et les libations, le (dieu) sage veille sur vous. Il
soma. Écoute nos prières. Que ce sacrifice aug- attaque ses ennemis avec plus de courage.
mente et nourrisse ton corps. Il. 0 prêtre, présente donc a ce (dieu) cette li-
5. 0 lndra, que tu sois au ciel ou loin d’ici, bation précieuse. Qu’il nous préserve du mal dont
dans ce monde ou dans un autre, en quelque en- nous menace un ennemi puissant et avide de
droit que tu sois, é dieu qui te réjouis de nos butin.
chants et que tralnent deux coursiers azurés, viens
a notre secours avec les Marouts, et protégé notre HYMNE KV.
sacrifice. - A nous, en IIIABADWADJA.
HYMNE XIII. (Mure r Ouchnih.)
A INDRA, PAR lHAlADWADJ A. l. 0 Indra, nous t’avons versé ce soma, dans
(mon : Anouchtoubh et Vrihau.)
l’ivresse duquel tu as tué Sambara en faveur de
Divodasa. Bois.
I. (Dieu) bon, viens au sacrifice : les breuva- 2. 0 Indra, nous t’avons versé ce soma, dont
ges sont purifiés pour toi. O lndra, O le premier
rendre par l’idée de libations, comme en d’autres pas-
I. Ici se trouve le mot sur-ados, que j’ai cru devoir sages.
328 INDE. - POÉSIE LYRlQUE. (un. vn.]
tu aimes la douce ivresse le matin, à midi et le voyons pas de protecteur tel que toi. On te pro-
soir. Bois. clame comme l’auteur de tout bien.
3. 0 lndra, nous t’avons versé ce soma dans l’i- 11. O généreux lndra, ne nous livre pas à notre
vresse duquel tu as délivré de la caverne les ennemi. Que l’amitié (d’un dieu) aussi opulent ne
vaches célestes. Bois. nous manque jamais. Le monde est plein de ta
li. 0 Indra, nous t’avons versé ce soma, dans puissance. Tue les impies, extermine les mé-
l’ivresse duquel tu possèdes une puissance digne chants.
de toi. Bois. 12. Indra, avec le bruit du tonnerre nous en-
voie, en même temps que les nuages, l’abondance
HYMNE XVI. et de vaches et de chevaux. Tu es, depuis long-
temps, le patron de l’homme pieux. Ne souffre
A INDBA, PAR SAIYOU, FILS DE VRIEASPATI. pas que je sois la victime des riches impies.
(mon a Anouchtoubh, Virst et Trichtoubh.) 13. O prêtre, O héros, présente au grand lndra
tes libations. ll est le roi du monde, et il a grandi
1. 0 magnifique Indra, que ce soma généreux sous l’influence des chants anciens et nouveaux
et puissant soit versé pour toi. O maltre de l’of- des poètes.
frande, livre-toi à une douce ivresse. 14. Dans l’ivresse de notre (soma), le sage Indra
2. 0 fortuné Indra, que cet heureux soma, qui a détruit, avec une force incomparable, les nom-
t’engage à donner la richesse pour prix de la breuses magies de ses ennemis. A ce héros, à la
prière, soit versé pour toi. O maltre de l’offrande, face superbe , donne pour breuvage ce soma,
livre-toi à une douce ivresse. aussi doux que le miel.
3. 0 Indra, que ce soma, qui augmente ta force, 15. Qu’lndra boive le soma que nous lui ver-
qui te donne la victoire, à toi et à tes auxiliaires, sons. Qu’il se livre à la joie et frappe Vritra avec
soit versé pour toi. 0 maltre de l’offrande, livre- sa foudre. Qu’il vienne de la contrée lointaine à
toi à une douce ivresse. notre sacrifice, (dieu) sauveur, trésor de prières,
4. En votre faveur, je chante cet lndra bienfai- patron de l’homme pieux.
sant, maltre de la force, vainqueur du monde, 16. Que cette coupe, remplie pourlndra, puisse
chef adorable et vigilant. lui plaire! Qu’il boive cet immortel (breuvage)!
5. La Prière augmente la grandeur de ce (dieu) Que ce (soma) réjouisse l’âme généreuse du dieu!
maltre de la richesse, toujours victorieuse. 0 Ciel qu’il concoure à vaincre nos ennemis et le mal!
et Terre, que votre divinité reconnaisse la force 17. O magnifique héros, dans ton ivresse (sainte),
(d’Indra), partout présente. donne la mort à nos ennemis, parents ou étran-
6. Faisons de nos hymnes une espèce de lit gers. O Indra, renverse, précipite, terrasse ces
d’honneur pour lndra, (Dieu) sage près duquel hordes insolentes qui te menacent de leurs traits.
s’élèvent les (Marouts), ses compagnons et auxi- 18. 0 magnifique Indra, donne-nous, dans nos
liaires. batailles, de riches et heureuses dépouilles. O ln-
7. (lndra) est un ami qui s’intéresse à son ser- dra, fais que tes serviteurs acquièrent par tes
viteur. Il reçoit nos louanges, il boit (notre soma,) victoires la jouissance des ondes et le bonheur
et comble les Dévas de ses bienfaits. Avec les (Ma- d’une nombreuse famille.
routs, dieux) fermes et rapides, il accepte nos 19. Que tes rapides et généreux coursiers, atte-
offrandes, il protège et sanve ses amis. lés à ton char fécond, retenus par tes rênes fer-
8. Que le sage (Indra) suive la voie du sacrifice tiles, viennent se joindre à nos transports de joie
et boive (notre soma). Que les Dévas le disposent libérale, et t’amènentprès de nous avec ta foudre.
en notre faveur. Glorifié par nos louanges, qu’il 20. 0 généreux Indra, que les Libations joyeu-
découvre à notre vue son aimable forme. ses, humides de ghrita, viennent, telles que des
9. Accorde-nous une brillante puissance. Re- flots abondants, se placer dans le vase (sacré) ; que
pousse les fortes armées de nos ennemis. Aug- pour un (dieu) libéral et bienfaisant, elles appor-
mente notre abondance et nos ressources, et pro- tent le jus extrait des (mortiers) généreux.
tège-nous dans la distribution des richesses. 21. (Dieu) riche, généreux et bon, de toute part
10. O magnifique Indra, traîné par deux cour- éclate ta libéralité, au ciel, sur la terre, dans les
siers azurés, comble-nous de tes bienfaits; ne ondes, dans tous les êtres. Pour toi est versé ce
nous abandonne pas. Parmi les mortels nous ne jus, aussi doux que le miel.
(un. vu.) ale-vans. - SECTION QUATRIÈME. 329

22. Le divin Soma, à peine né, va, compagnon 9. Invincible époux de Satchl, O toi qui portes
d’lndra, surprendre Pani. Il (détruit) la force ma- la foudre, brise la force de nos ennemis, détruis
gique du misérable, et lui enlève et son butin et leur magie.
ses armes. 10. Équitable Indra, maltre des offrandes, nous
23. Soma a fait les Aurores, épouses (du Soleil); t’invoquons, en t’offrant le soma et les mets
(sacrés).
il a au milieu (des airs) allumé les feux de cet
astre. lla pour ce céleste (voyageur), dans trois Il. O toi, qui jadis as été invoqué, qui aujour-
brillantes stations, préparé une triple source d’im- d’huiJ’es encore pour notre plus grand bien,
mortalité. écoute notre prière.
2l. Soma a consolidé le ciel et la terre. Il a at- 12. 0 lndra, puissions-nous, par nos prières,
telé le char dirigé par sept rênes. Entouré des t’aider à conquérir cette abondance féconde, ces
vaches (du sacrifice), il soutient et dirige avec dépouilles célèbres que nous te demandons!
sagesse les dix holocaustes t. 13. O lndra, o héros chanté dans nos hymnes,
sois grand dans ta munificence, vainqueur dans
le combat.
HYMNE XVll.
14. 0 vainqueur des ennemis, nous avons be-
A INDRA, PAR SAIYOU. soin de ton prompt secours: lance rapidement
notre char.
(Mètre: : Géyatri et Anouchtoubh.) 15. O vainqueur habile surtout à conduire le
char de bataille, attaque avec le nôtre ton (su-
t. Qu’il soit notre ami, cet lndra toujoursjeune.
perbe ennemi), et rends-toi maltre de ses dé-
qui est venu de la contrée lointaine diriger heu- pouilles.
reusement Tourvasa et Yadou. 16. Chante donc un (dieu) incomparable, qui
2. Qu’lndra nous donne les biens de l’impie;
veille sur tous les êtres, maltre par sa naissance
qu’il s’arrête près de nous, et qu’il s’empare par
même, et plein d’une forœ généreuse.
la victoire des dépouilles qui peuvent nous con- 17. Protège-nous, o lndra, toi qui es le parent
venir. et l’ami de ceux qui te chantent, toi qui les rends
3. Sa direction est grande : sa bénédiction heureux par ton secours.
fructueuse; ses secours impérissables.
18. 0 (dieu) qui portes la foudre, prends ton
4. Amis, chantez, honorez (le dieu) qu’exaltent
arme pour la perte des Rakchasas, et triomphe
nos prières. Sa sollicitude pour nous est extrême.
de tes ennemis.
5. 0 vainqueur de Vritra, tu es défenseur de 19. J’invoque le (dieu) antique, l’ami, le com-
tous sans distinction. Puissious-nous être comp- pagnon des (hommes) généreux, l’âme du chant,
tés au nombre de tes amis! le héros de nos Rites sacrés.
6. Tu nous délivres de l’ennemi; tu nous for- 20. Seul, il règne sur tous les biens terrestres,
ces de te célébrer par nos hymnes. Les hommes seigneur invincible, digne objet de nos chants.
te chantent comme un héros. 21. O maltre des vaches (célestes), viens avec
7. On trait la vache pour son lait; et moi, tes coursiers, et comble notre vœu, en nous en-
j’appelle par mes chants le (dieu) saint, exalté voyant, comme prix de ta victoire, l’abondance
par l’œuvre sainte, ami (de l’homme pieux) et de vaches et de chevaux.
digne de nos hymnes. 22. Au puissant lndra, si souvent invoqué,
8. Dans les bras de ce héros, qui triomphe des offrez des libations et des chants; que ce soit
.armées, se trouvent placés tous les biens, céles-
pour ce (dieu) vaillant comme (un gras pâturage)
’ tes et terrestres. pour la vache.
23. Quand ce protecteur a entendu nos prières,
1. Cet hymne se termine sur un des manuscrits par
trois distiques qui ne sont qu’un commentaire de la il ne saurait tarder à répandre sur nous ses
dernière expression dasayantra, regardée comme syno- bienfaits.
nyme de dasendriya. On donne de ce mot diverses ex- 24. Ennemi du Dasyou, qu’il se rende au patu-
plications z j’ai pensé que l’auteur faisait allusion a ces
dix espèces d’holocanstes dont il a été question plu- rage qui renferme les vaches du brigand Cou-
sieurs fois. Voy. page. 51, col. 2, note 2 ; page 121, col. 2, vitsa. Que par sa prudence il nous en ouvre les
note 1, et page 176, col. 1, note 5. On pourrait aussi
penser que dasayantm a quelque rapport avec les dia: portes.
doigts qui expriment le jus du soma. 25. O Satacratou, O lndra, que ces chants vien-
i. -- BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE. 2?
POÉSIE LYRIQUE. [Loch vu.)

330 INDE.
nent vers toi comme les (vaches) nourricières
(viennent) vers leur veau.
armé de la foudre, nous te louons pour ta force.
(Ton serviteur) a le désir de la victoire; accorde-
26. Ton amitié est difficile à détruire. O héros, lui un riche butin de vaches et de chevaux.
que ton serviteur désire une vache ou un cheval, 3. Nous invoquons Indra, qui est sage et vain-
tu produis pour lui et cette vache et ce cheval. queur de ses ennemis. 0 maltre des hommes
27. louis donc avec ton grand corps de nos li- pieux, ô (dieu) souverainement libéral et fécond,
bations, et que nous profitions de ton bonheur. fais notre bonheur dans les combats.
Ne laisse pas ton chantre à l’affront. 4. Tu possèdes, pour terrasser tes ennemis,
28. 0 (dieu) que nous honorons par nos chants la vigueur du taureau. Quand tu les combats,
et nos libations, nos hymnes doivent être pour quand tu les réduis en poussière. tu te montres
toi ce que la vache nourricière est pour le veau. digne de nos chants. (Dieu) sauveur, protége-
29. (Dieu) puissant, que vers toi s’élèvent les nous dans le combat; donne-nous des enfants,
hymnes de tes chantres avec les offrandes de tes la (jouissance) des ondes et la (vue) du soleil.
serviteurs dévoués. 5. 0 merveilleux lndra, (dieu) à la face su-
30. 0 lndra, que nos louanges te touchent, ct perbe, à la main armée du tonnerre. apporte-
que ton nom en soit surtout exalté. Comble-nous nous cette abondance pleine, puissante, supérieure
de tes richesses. dont tu remplis le ciel et la terre.
3l. (Que le dieu nommé) Vrivou 4 vienne, tel 6. Roi protecteur, nous t’invoquons entre les
que le large Cakcha * du Gange, se placer sur la Dieux, O toi, auxiliaire formidable, vainqueur
tète grossie des Panis. suprême. Donne-nous une victoire facile sur tous
32. Que les dons de ce Vrivou, aussi rapide les méchants Rakchasas.
que le Veut, tombent sur nous par milliers. 1l 7. L’éclat et la force nécessaires aux enfants
est disposé a glorifier le serviteur libéral en- de Nahoncha t, la nourriture que demandent les
vers lui. cinq espèces d’êtres, enlin tous les actes les plus
33. C’est ainsi que tous nos pères de famille. virils, voila. d lndra, ce que nous attendons
avec les poètes, chantent ce Vrivou, ce seigneur de toi.
qui répand par milliers ses présents (sur la terre). 8. O Maghavan, cette force que tu as déployée
devant les hommes en faveur de Trickchou, de
HYMNE XVllI. Drouhyou. de Poùrou ’, accorde-nous-la, pour
nous faire vaincre nos ennemis au milieu des
A "tous, PAR sauver. combats.
(Hêtre : l’rihulî.)
9. 0 lndra, ton heureuse protection s’étend sur
1. Poètes (dévoués). nous t’invoquons pour ob- les trois mondes et sur les trois saisons a. Daigne
tenir de toi l’abondance. 0 lndra, 0 maltre des nous favoriser, nos Seigneurs et moi. Emploie
hommes pieux, les mortels t’(appcllent) contre pour nous ton arme brillante.
l0. Les ennemis qui désirent s’emparer de nos
leurs ennemis, dans les combats où les portent
leurs coursiers. vaches nous attaquent avec courage. O magnifique
2. 0 admirable lndra, O (dieu) dont le bras est lndra, nous te chantons; sois le gardien de nos
corps, et reste près de nous.
1. Vrioou est un mot de la même famille que Vri- 11. O lndra, fais notre bonheur; conduis-nous
tra : il exprime l’idée de couvrir; ce qui convient au heureusement dans le combat, au moment où
nuage, qui couvre le ciel. Vriveu me semble donc devoir volent dans les airs les traits ailés, a la tète
être une épithète d’lndra considéré dans le nuage qui
aiguë.
fécondela terre et devientla source de tous les biens. Dans
les Lois de Manon, livre X, st. 107, il y aun passage l2. Quand nos héros étendent leurs corps
que le commentateurveut faire rapporter a cet endroit du pour couvrir et défendre leurs pères, alors prête
Rig-Véda. ll y est question de Bharadwâdja qui accepte
plusieurs vaches du charpentier Vridhou. Ce rapproche-
ment ne saurait être exact.
2. Le commentaire ne me donne aucun renseignement 1. Les enfants de Naboucha, suivant le commentaire,
sur ce mot cakcha. Je ne sais si c’est un poisson ou ce sont les humains. Voy. cependant la note 1 de la
toute autre chose. Le seul détail qui me soit donné, c’est page 300, col. 1.
que le cakcha existe dans le lit élevé du Gange (gan- q 2. Ce sont les noms de trois princes anciens, dontle
premier n’a pas encore été nommé.
gâyàh coûté ounnate’ bhauah). Le dictionnaire donne
le motcomme pouvant être un nom de plante, un nom Ï 3. La saison du froid, celle du chaud, et celle des
du buffle. l pluies, sitochnaonrrha.
lima. VIL] IIlG-VÈDA. -- SECTION QUATRIÈME. 33l

à leurs personnes, prête à leur famille un rem- 3. 0 sage lndra, donne-nous une large habita-
pirt inattendu, et repousse leurs ennemis. tion. un jour brillant, un bonheur assuré. (0 dieu)
l3. O lndra, lorsqu’au milieu du choc des ba- fort, puissions-nous reposer dans tes bras, grands,
tailles, ou dans une route inégale, ou sur une larges. protecteurs!
voie tortueuse, tu pousses nos coursiers pareils 9. O magnilique lndra, soutiens-nous sur le
à des éperviers affamés, (viens nous seconder). vaste siège de ton char, traîne par deux excellents
li. Quand (tu pousses ces coursiers) au milieu coursiers. Donne-nous une foule de biens,apporte-
de clameurs terribles, emportés comme des ondes nous la plus riche abondance. Qu’un autre ne
qui se précipitent dans la vallée, et, tels que des fasse point de tort à notre opulence.
oiseaux attachés a leur proie, s’acharnant à la 10. 0 lndra, sois-moi favorable, accepte nos
poursuite des vaches, (alors viens nous seconder). offrandes; de mémé que l’on aiguise la lame d’un
glaive, ainsi que l’on prépare pour toi la prière.
Je m’attache à toi, et t’adresse avec confiance ma
HYMNE XIX.
demande z exauce-la; fais que je sente la puis-
A mon, mu cuves, "Le DE BHAIIADWADJA. sance divine.
(mon h Trichtoubh, Anouchtoubh, Cdyatri, Vrihutî et 11. J’invoque Indra, (le dieu) sauveur et gar-
Djagatî.) dien (des hommes), lndra le héros invoqué juste-
ment dans nos prières, lndra (surnommé) Sacra,
l. Il est doux et piquant, il estlimpidc et agréa- objet de tous nos hommages. Que le magnifique
ble comme le miel, ce (soma) dont s’enivre lndra, lndra nous soit propice!
quand il va déployer dans les combats sa force t2. Qu’lndra, qui possède tous les biens, qui
invincible. est riche et conservateur, nous protégé par ses
2. Il est doux et enivrant, ce (soma) qui en- secours.Qu’il tue nos ennemis; qu’il nous délivre
flamme Indra, quand il attaque Vritra, quand il de toute crainte. Puissions-nous être les maîtres
détruit les armées de Sambara, et ses quatre-vingt- d’une mâle puissance!
dix-neuf corps 1. 13. Puissions-nous éprouver la bienveillance et
3. Le soma excite ma voix; il donne l’essor à l’heureuse amitié d’un (dieu) digne de notre culte l
la Prière qu’il désire. Tel qu’un sage, il crée les Qu’Indra, riche et sauveur, éloigne de nous nos
six larges (choses) î, dont le monde au loin se secrets (ennemis).
constitue. il. Comme les eaux qui viennentde la colline,
4. C’est lui qui a fait la largeur de la terre, la les Prières et les Rites semblent s’unir pour cou-
hauteur du ciel. ll a placé l’essence humide dans rir vers toi, é Indra. 0 (dieu) tonnant, tu confonds
les trois choses l qui nous dispensent une douce en toi, ainsi qu’un vaste domaine, les sacrifices,
liqueur : il a formé l’air. les ondes, les vaches, les libations.
5. Il a créé cet admirable océan (de l’air), pour 15. Qui peut dignement le louer, l’honorer, lui
le lever des pures Aurores. Grand, généreux, et sacrifier, quand on voit chaque jour Maghavan
allié des Marouts, ila fondé le ciel sur une large attaquer-un terrible ennemi? Sous les pieds de ce
base. maltre souverain, les grands sont abaissés et les
6. 0 vaillant Indra, ô vainqueur de .Vritra, petits élevés.

viens boire le soma dans notre coupe, et va, pour 16. Héros terrible, on le célèbre comme terras-
nous, conquérir la richesse. Prends part à la li- sant l’un et le remplaçant par un autre. Ennemi
bation de midi, et toi, qui habites la région de des impies, roi du ciel et de la terre, lndra pro-
l’opulence, donne-nous une opulente fortune. tège les mortels enfants de Manon.
7. 0 Indra, toi qui es comme notre chef, jette l7. lndra quitte ses illustres amis, et passe à
les yeux sur nous. Apporte-nous une longue de nouvelles amitiés. Il descend a des gens sans
félicité. Aide-nous a traverser heureusement (les nom, et demeure avec eux de longues années ’.
maux de la vie). Sauve-nous; sois pour nous un 18. Indra se revêt de formes diverses. Cc(monde)
bon, un fortuné conducteur.
1. J’ai rendu le mot saradah par années, d’après le
1 Ailleurs ces corps sont des oilles aériennes. commentaire, qui l’explique par remontrera. J’aurais
2. Ces six choses sont le ciel, la terre, le jour,la nuit, mieux aimé le traduire, commeje l’ai fait déjà plusieurs
les ondes, les plantes. fois, par le mot libation, et j’aurais ditqu’lndra passe
3. Ce sont les plantes, les ondes, les vaches. dans les lima: où il trouve de copieuses libations.
332 lNDE. - POÉSIE LYRIQUE. (un. Vin.)
que vous voyez, c’est lui. lndra se montre sous bille de Varouna. O char divin, tu aimes nos
mille apparences magiques. (A son char) sont at- offrandes; reçois nos holocaustes.
telés mille chevaux. 29. O Tambour compagnon d’indra et des au-
l9. (Quelquefois) il attelle à ce char deux couru tres dieux, retentis au ciel et sur la terre. Que les
siers azures, et il brille tel que Twachtri. Au mi- différents mondes entendent tes sons; et fais fuir
lieu de nos seigneurs assemblés, quel (autre) hé- au loin d’épouvante nos ennemis.
ros peut chaque jour venir s’asseoir ? 30. Retentis, et donne-nous la force et la splen-
20. 0 Dieux, nous sommes arrivés dans une deur. Résonne pour confondre les méchants. 0
région privée de vaches. La pieuse et large Terre Tambour, extermine les Rakchasas. Tu es (comme)
a été dans l’affliction. 0 Vrihaspati, pense à re- le poing d’lndra , sois robuste.
chercher ces vaches. O lndra, en faveur de ton 3l. Viens donc, (0 lndra), et pousse vers nous
chantre, qui est en ce (triste) état, (indique) la les (vaches célestes). Le tambour résonne comme
voie (ou elles seront retrouvées). un signal. Que nos héros s’assemblent avec leurs
21. (lndra), naissant d’un côte (du ciel), chasse chevaux ailés; O Indra, que nos conducteurs de
à travers l’autre moitié les (nuits) noires, qui chars soient vainqueurs.
blanchissent des rayons dujour. lldonne la mort,
au sein même du nuage, aux deux brigands avi-
des de trésors, à Vartchin et à Sambara.
22. 0 lndra, Prastoca t a donné en ton hou- LECTURE HUITIÈME.
neur dix écrins (de joyaux) et dix chevaux. Nous
avons reçu de Divodàsa les trésors de Sambara, HYMNE l.
cédés à Atithigvva.
23. J’ai reçu de Divodâsa dix chevaux, dix A AGNI ET AUTRES DIEUX, PAR SAIYOU.
écrins (de joyaux), dix vêtements avec des provi- (Mares: Vrihntî, Mahavrihatî, Djagatt, Anouchtoubh, Peurs
sions, dix lingots d’or. Ouchnih, Gâyatrî et Achtî.)
24. Aswattha a donné à Pàyou * et aux Athar-
vans dix chars, cent larges vaches. l. En votre nom. j’offre des sacrifices, je chante
25. Le fils de Srindjaya a honoré les Bharad- des hymnes en l’honneur d’Agni. Nous célébrons
wàdjas, en leur faisant de magnifiques présents tous, comme un ami chéri, le (dieu) immortel,
de toute espèce. possesseur de tous les biens.
26. 0 (char) 5 composé d’un bois fort et solide, 2. Nous (chantons) le petit-(ils de l’Offrande. ll
sois notre ami, notre sauveur; sois le compagnon se montre notre ami. Honorons (le dieu) qui se
des héros. Tu es entouré de la dépouille de la charge de notre holocauste. Qu’il soit notre sau-
vache ; sois vigoureux, et que le (guerrier) qui le veur dans les combats, l’auteur de notre fortune,
monte obtienne par la victoire un riche butin. le gardien de notre famille.
27. Honore par ton holocauste ce char, qui porte 3. 0 Agni, tu es grand, libéral, immortel, res-
la foudre d’Indra, qui est fort de toutes les forces plendissant. Entouré de rayons éternels, brille de
du ciel et de la terre, qui renferme la séve vigou- ton éclat merveilleux.
reuse des bois dont il est formé, qui lance autour 4. Par toi les dieux sont honorés. Que tes
de lui les Ondes, et se couvre de la dépouille des œuvres vigoureuses contribuent à leur culte sacré.
vaches (célestes). 0 Agni, viens à nous pour nous secourir. Donne-
28. (Dans ce char se trouvent) la foudre d’ln- uous l’abondance, et prends nos offrandes.
dra, la force des Marouts, le germe de Mitra, l’om- 5. Enfant du Sacrifice, il est soutenu par les
ondes, les mortiers, le bois. Agité avec force par
l. Nom d’un prince, fils de Srindjaya. Le commen-
les prêtres, il naît et brille sur le haut du foyer
tateur a l’air de croire que ce Prasloca porte enCore les de terre.
noms de Divodàsa et d’Aswntlha. 6. Celui qui emplit de son éclat l’air et la terre
2. Pâyou est un fils de Bharadwâdja.
3. L’aposlrophe s’adresse à Vanaspati, qui dans cette va toucher le ciel avec la fumée. Il repousse les
circonstance doit signifier assemblage de pièces de bois. ténèbres; il apparaît au milieu de l’obscurité des
Je suppose qu’il est question allégoriquement du char nuits brillant et généreux; oui, brillant et géné-
d’lndra. Un char composé de pièces de bois est recou-
vert de peaux de vaches. Ces peaux de vaches, dans reux, il (chasse) la noire obscurité.
l’allégorie poétique, représentent les nuages. 7. 0 divin Agni, tes rayons sont larges, ta lu-
’ 333
(Leu. Vlll.] arc-vsns. - SECTION QUATRIÈME.
mière est pure. Allume pour Bharadwàdja, brille honorons par des offrandes de caillé; oui, par de
heureusement pour nous, ô (dieu) toujours jeune larges offrandes de caillé.
et pur; oui, brille, (dieu) éclatant et pur. l9. Tu es supérieur aux mortels, égal aux
8. 0 Agni, tu es le maltre de maison de tous dieux pour la richesse, ô Poùchan. Tu es invo-
les enfants de Manon. Par tes innombrables se- qué dans les combats. Conserve-nous, comme
cours défends contre le mal, pendant cent hivers, par le passé.
celui qui allume tes feux et les chantres qui te 20. 0 Marouts, dignes de nos éloges, o vous
font des offrandes. qui remuez (le monde), que la prière prononcée
9. Admirable dans ta protection, o Agni notre dans le sacrifice, soit par un déca t, soit par un I
soutien, envoie-nous tes trésors. Tu es tel que le simple enfant de Manon, amène heureusement
char qui transporte la richesse. Sois pour nos vos bienfaits.
enfants comme un gué favorable. 2l. Ainsi que les (Marouts), qui, pour leur œu-
10. 0 Agni, prends sous ta protection puis- vre, comme le divin soleil,parcourent le ciel, re-
sante, invincible, et mon fils et mon petit-fils. çoivent notre culte et prennent une force écla-
Écarts loin de nous les colères célestes et les tante, capable de tuer Vritra; oui, une force
maux qui viennent de la part des hommes. merveilleuse, capable de tuer Vritra.
il. Amis, venez par vos louanges fêter la vache 22. Il n’est ne qu’un ciel; il n’est ne qu’une
(du sacrifice). Laissez aller librement l’innocente terre; le lait de Prisni ’ est unique (dans le
nourrice. monde). Il n’est aussi qu’une famille des Marouts ’.
i2. Cette vache a, par sa vertu, produit pour
les Marouts une nourriture immortelle; elle HYMNE Il.
charme par sa douceur ces héros impétueux, et
AUX VISWADÉYAS, un llDJISWAN, rILs
leur donne une force nouvelle dans leur course ne BEARADWADJA.
bienfaisante.
l3. A la voix de Bharadwadja, préparez à la (1mm : Sskwarî et Trichtoubh.)
fois le lait de la vache qui donne t tous les biens,
l. Je chante dans mes hymnes une race mer-
et les mets sacrés, qui procurent toute espèce de
veilleuse, Mitra et Varouna, amis du bonheur.
jouissance.
Que Varouna, Mitra et Agni viennent ici, et nous
14. En votre nom, j’invoque et je chante la
entendent.
(troupe des Marouts), ainsi que le puissant lndra, 2. Les peuples honorent dans leurs cérémonies
Varouna aux magiques apparences, le fortuné le vénérable et brillant Agni, sage dans ses œu-
Aryaman, le magnifique Vichnou.
vres, maître du (Ciel et de la Terre). toujours
15. Avec cette troupe brillante et sonore des jeune, nourrisson de la Lumière, enfant de la
Marouts, (j’invoque) l’invincible Poùchan, pour
Force, hérault du sacrifice.
qu’il envoie aux hommes cent et mille présents,
et qu’il nous découvre des trésors cachés; oui,
3. Le brillant (Agni) a deux tilles de couleur
différente; l’une a pour ornement les étoiles,
qu’il nous découvre des trésors faciles à ac-
quérir.
l’autre le soleil. Apparaissant tour à tour, o pures
(déesses) que nous invoquons, écoutez notre
16. 0 Poùchan, viens à moi; (dieu) brillant, prière.
que ma louange parvienne à ton oreille. Que nos
4. La grande Prière appelle l’opulent Véyou,
ennemis soient exterminés.
qui remplit les chars de son heureuse abondance.
l7. Ne va pas déraciner, comme un arbre, le
O vénérable (déesse), tu es riche en présents;
héros qui t’im plore. Tue (nos adversaires) maudits.
honore le Sage qui s’approche de tes coursiers.
Que notre ennemi n’ait aucune prise sur nous!
5. Le char resplendissant des Aswins, attelé de
Que nous soyons comme l’oiseau qui relève son
chevaux aussi rapides que la pensée, couvre mon
col (abattu)!
corps (de sa lumière). Équitables héros, rendez-
18. Que ton heureuse amitié soit pour nous
comme une cuirasse,6 (dieu) équitable, que nous l. Diva, c’est-à-dire homme distingué, soit comme
prince, soit comme prétre.
t. Le commentateur croit que ce distique renferme 2. C’est-à-dire du Nuage. Prisni est la Prithivl cé-
une apostrophe aux Marouts. Je pense que c’est une in- leste. la mère des Marouts.
vitation aux ministres du sacrifice a faire les deux es- 3. Un des manuscrit donne un dernier distique, que
pèces d’offrandes, la libation et les mets solides. les autres ne reproduisent pas.
33.1 ’
INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [au Vul.l
vous, pour combler nos vœux, près de mon fils 1.3. Donnez-nous une opulence qui remplisse
et de moi. nos désirs, qui nous rende riches en chars, qui
6. 0 Pardjanya t et Vàyou, (dieux) généreux, soit entourée d’une mâle génération, qui nous
envoyez du haut de l’airles ondes que nous dési- permette d’observer le sacrifice. (Donnez-nous)
rons. 0 sages et justes (Marouts), qui affermissez une maison solide, d’où nous puissions vaincre
le monde de votre souffle, donnez au (poète) qui les nations superbes et impies; oui, d’où nous
vous loue le mouvement et la vie. puissions triompher des nations impies.
7. Que la vierge purifiante, l’épouse du Sacri-
lice ’, Samswatl, aux allures diverses, ait part à HYMNE lll.
notre prière. Fétée avec les (autres) femmes (des
Aux VISWADÉVAS, PAR nInJISWAx.
dieux), qu’elle accorde à son chantre une pro-
tection sûre et constante. (Mitre : Trichtoubh.)
8. Que le (prêtre), par ses prières et par ses i. Pour votre bonheur, j’adore et j’invoque la
offrandes, nous amène le dieu de la Clarté, qui
règne sur toutes les voies (du ciel). Que Ponchan
divine Aditi, Varouna, Mitra, Agni, Aryaman,
vainqueur vénérable, Savitri et Bhaga, dieux pro-
exauce nos vœux, et nous envoie ses splendeurs
dorées. tecteurs.
2. 0 brillant Sourya, visite ces Dévas, qui sont
9. Qu’Agni, brillant sacrificateur, honore le
les enfants de Dakcha t, qui resplendissent inno-
glorieux et adorable Twachtri, ce grand dieu qui
cemment, qui appartiennent àdeux mondes î,
mérite nos premiers hommages, qui reçoit l’a-
et qui justes, fortunés, adorables, viennent tou-
bondante offrande, qui se distingue par ses belles
cher l’offrande et ont Agni pour langue.
mains, par ses longs bras, et dont le nom est 3. Ainsi, 0 Ciel et Terre, 0 (dieux) opulents et
invoqué dans toutes les maisons.
bons, accordez-nous votre puissante et large
10. Honore aussi par tes prières, et le matin et
protection. Secondez-nous de votre force; faites
le soir, Roudra, père du monde. Excitée par le notre fortune, et affermissez notre innocence.
poète, invoquons à son tour ce (dieu) noble, 4. invoqués par nous, que les enfants de Rou-
grand, immortel, bienfaisant. dra viennent aujourd’hui nous prêter leur appui
11. Jeunes, sages et adorables Marouts, venez invincible. Que le débat soit petit ou important,
à la voix de votre chantre. Soyez, o héros, tels nous invoquons les divins Marouts.
que les Angiras; croissez , et rajeunissez une 5. Poùchan, qui augmente la fortune de ses
terre 5 désolée.
serviteurs, s’associe aux (Marouts), enfants de la
12. (0 poète), à cette famille forte, rapide, hé-
divine Rodast a. OMarouts, quand vous venez
roïque, apportez la (Louange), comme le pasteur répondre à notre invocation, les êtres tremblent
(amène) le soir son troupeau dans l’étable. (Les
dans leurs diverses demeures.
Marouts) répandent (sur la terre) la famille de 6. 0 poète, célèbre par un hymne nouveau le
leur illustre et sage panégyriste, comme les étoiles grand lndra, digne de nos hommages. Qu’il eu-
au ciel. tende nos prières et nos louanges, et, pour prix
13. 0 Vichnou, qui as divisé le monde en trois de nos chants, qu’ilnous accorde une large abon-
régions pour le bonheur de Manon, puissions- dance.
nous, sous ta protection, jouir de la richesse et 7. Ondes versées par les enfants de Manon t,
voir s’étendre notre famille! soyez une source pure de bonheur pour mon fils
14. Pour prix de nos libations et de nos et mon petit-fils. Vous étés les médecins, les pa-
louanges, qu’Ahirboudhnya, que Parwata, que rents, les mères du monde, soit animé ou inanimé.
Savitri nous accordent l’abondance. Que le sage 8. Que le divin et adorable Savitri, aux mains
Bbaga, touché de notre soma i, nous prodigue d’or, vienne à nous pour nous sauver. Riche en
ses dons et sa richesse.
commentateur entend plutôt des plantes qui sont a
l. Nom du nuage. l’usage de l’homme et que le dieu fait pousser pour lui.
2. Virapatnî. Le commentaire donne de ce mol di- i. C’est un des noms du Sacrifice.
verses explications. 2. Dwidjanman (Dwayorlokàyordjàyamànah).
3. C’est-à-dire Prithivi. Ce mot s’emploie pour l’air 3. Épouse de Roudra, la même que Prisni. Voy. plus
et le ciel. comme pour la. terre. haut, page 293, col. 1, notes l et 4.
4. J’ai entendu de cette manière le mot ochadi, que le 4. C’est-à-dire les libations.
(un. Vin.) RIG-VÉDA. - SECTION QUATRIÈME. 335

présents, ainsi que l’Aurore, il révèle a son ser- l’instant des trois sacrifices, la naissance comme
viteur les trésors (du monde). la disparition des Dieux; il sait quelles sont les
9. O Agni, enfant de la Force, amène aujour- voies des mortels, leurs vertus et leurs fautes.
d’hui les dieux à notre sacrifice. Que je sois tou- 3. En votre nom, je chante les grands gardiens
jours tou favori; qu’avec ton secours je possède du sacrifice, Aditi, Mitra, Varouna, (dieux) nobles
une male puissance. et généreux. J’invoque Aryaman, Bhaga, purs,
lO. Et vous, héros équitables l et sages, arri- opulents, invincibles dans leurs œuvres.
vez tous deux a ma prière; (écoutez) mon in- 4. J’implore, avec toutes les cérémonies du sa-
vocation, et gardez-nous du mal dans le combat, crifice, Aditi, et les vaillants jeunes Adityas,
comme vous avez délivré Atri des grandes ténè- indomptables vainqueurs, maîtres des mortels
bres. pieux, heureux fondateurs de nos fortunes, rois
il. O dieux bienfaisants, nés au ciel et sur la illustres et puissants, habitants du ciel.
terre, dans les eaux, enfants de la Vache (cé- 5. Ciel notre père, Terre notre bonne mère,
leste) ’, soyez bons (pour nous), et donnez-nous Agni notre frère, (dieux) protecteurs *, soyez
une opulence illustre, abondante en aliments bons pour nous. Qu’Aditi et tous les Adityas, ad-
aussi bien qu’en guerriers. mis aux joies du sacrifice, deviennent pour nous
12. Flattés de nos hommages, que Roudra, un rempart assuré.
Saraswatl, Vichnou, Vàyou versent sur nous leurs 6. (Dieux) adorables, ne nous livrez pas au
bienfaits. Que Ribhoukchas, Vàdja, le divin Vidhà- brigand * ni a sa femme: (ne nous abandonnez
tri, Pardjanya et Vàta 3 nous accordent une pas) au méchant. Vous dirigez vous-mêmes nos
nourriture abondante. corps, nos forces, nos paroles.
13. Que le divin Savitri, Bhaga, que l’enfant 7. Ne permettez pas que nous souffrions du pé-
des Ondes é nous conserve et remplisse nos ché d’autrui: (dieux) protecteurs, nous ne vou-
vœux. Que Twachtri avec les Dévas, que le Ciel lons rien faire qui puisse vous déplaire. 0 Viswa-
avec les (dieux), la Terre avec les Mers, viennent, dévas, vous êtes maîtres de tout. Que notre en-
accompagnés des épouses (divines), partager la nemi se nuise à lui-même.
joie du sacrifice. 8. L’adoration a sa force, et j’ai recours à l’a-
14. Qu’Ahirboudhnya, Adja, Ecapàt, la Terre, doration. Elle soutient la terre et le ciel. J’adore
la Mer, que tous les Dieux agrandis par le sacri- les Dieux; l’adoration efface par sa vertu souve-
fice, invoqués, célébrés, chantés dans nos prières, raine le péché que l’on commet. l’ai recours à
loués par les poëles, deviennent nos protecteurs. l’adoration.

15. C’est ainsi que les Bharadwadjas, mes 9. Je vous adore, dieux grands et vénérables,
petits-fils, prodiguent les prières et les chants. qui portez le sacrifice, qui possédez une force
Epouses (divines), et vous tous, (dieux) protec- purifiante, qui siégez dans l’enceinte sacrée,
teurs, invincibles, adorables, recevez nos bom- (dieux) invincibles dont le regard se porte au
mages. loin.
lO. (Dieux) aux belles formes, forts et justes,
HYMNE tv. équitables envers les rois de la parole, Varouna
Mitra, Agni éloignent tous les maux.
Aux vrswsnsvss, un munswsu. il. Qu’lndra, Prithivî, Poùchan, Bhaga, Aditi,
(1mm : Trichtoubh, Ouchnih et Anouchtoubh.) que (les pères des) cinq espèces d’êtres nous sau-
vent ici-bas. Que tous ces (dieux), heureux con-
l. Le grand œil, adoré, invincible, de Mitra et ducteurs, gardiens bienveillants, nous conservent
de Varouna vient d’apparaître. La face pure et et nous protegent de toute leur puissance.
noble de Rita se lève et brille comme l’ornement 12. O Dieux, le fils de Bharadwàdja est arrivé
du ciel.
2. Le Soleil, maltre sage et clairvoyant, connalt
1. Appelés Venus. J’ai pense que cemotn’est qu’une
épithète.

1. Ce distique s’adresse aux Aswins, surnommés 2. Le texte porte le mot vrika, qui signifie loup. Le
Nàsatyas. commentateur explique ce mot par sténo. Je croirais
2. Autrement Prisni, ou la Nue. assez qu’il ne s’agit point ici d’un brigand mortel, mais
3. Nom du Vent. du génie du mal, d’un dragon malfaisant, dont la femme
4. C’est-à-dire Agni. (Vrikà) serait Nirriti.
336 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [un Vin.)
dans l’enceinte sacrée; pieux sacrificateur, il suit et qui s’empresse de venir à notre secours!
le cours de la prière, et, au milieu de la vénéra- 6. Qu’lndra, prompt à nous secourir, que Sa.
ble assemblée, il célèbre, entouré d’offrandes, la raswatl, humide des ondes (du sacrifice) l, que
naissance des dieux. Pardjanya avec les Plantes, que l’admirable
v 13. 0 Agni, écarte loin de nous le méchant en- Agni soit loué et invoqué par nous comme un
père.
nemi, le brigand qui nous poursuit. 0 maltre des
mortels pieux, fais que sa voie soit bien éloignée 7. 0 Viswadévas, arrivez, écoutez mon invoca-
de la nôtre. tion. Asseyez-vous sur ce gazon.
il. 0 Soma, les mortiers t’attendent par amour 8. 0 Viswadévas, venez vers celui qui vous ho-
pour nous. Donne la mort à Papi, qui dévore (le nore avec l’holocauste et les flots du ghrita.
nuage). C’est un brigand l. 9. Que ces (dieux), qui boivent’ le breuvage
15. 0 (dieux) qui avez lndra pour chef, vous d’immortalité, soient cléments pour nous.
êtes généreux et brillants. Soyez nos sauveurs, 10. Que les Viswadévas, agrandis par le
et aplanissez notre voie. sacrifice, viennent avec les Ritous écouter
16. Nous sommes entrés dans cette voie de bon- notre invocation et goûter le lait de nos liba-
heur et d’innocence, d’où sont écartés tous les en- tions.
nemis, où sont réunis tous les biens. il. Qu’lndra, accompagné des Marouts et de
Twachtri, que Mitra et Aryaman aiment nos ho-
HYMNE v. locaustes.
12. 0 sage sacrificateur, 0 Agni, honore la di-
aux vrswsnsvss. un niniiswu. vine famille par de justes et convenables bom-
(lares :Tricbtoubh, GAyatrî et Djagatf.) mages.
13.0 Viswadévas, qui habitez l’air et le ciel,
1. Si je pouvais m’abstenir d’honorer les Dieux (dieux) adorables, qui avez Agni pour langue, écou-
du ciel et de la terre, si je me dispensais du sa- tez ma prière, et réjouissez-vous, assis sur ce
crifice et des œuvres pieuses, je mériterais que gazon.
les nuages (d’lndra) me fissent faute. Le sacrifi- 14. Que les vénérables Viswadévas, que le Ciel
cateur d’Atiyadja ’ serait répréhensible. et la Terre, et le petit-fils des Ondes, entendent
2. O Marouts, que vos traits soient funestes mes vœux. Que vos noms soient invoqués par-
pour celui qui nous insulte ou qui blâme notre tout, et que nous puissions nous réjouir de votre
piété! Que (l’astre) éclatant de lumière brûle cet présence et de vos secours.
ennemi de nos cérémonies! 15. Que ces grands dieux de la terre, du ciel
3. (0 lndra) é, n’es-tu pas le gardien de la et des ondes 3, possesseurs des trésors magiques
chose sainte, notre défenseur contre nos enne- d’Ahi, exaucent nos vœux, et pourvoient chaque
mis? Tu vois que nous sommes en butte au jour à notre existence.
blâme. Envoie à l’adversaire de nos sacrifices un 16. 0 Agni et Pardjanya, également adorables,
trait brûlant. écoutez nos louanges; comblez les vœux que
Il. Que les Aurores présentes me conservent! nous formons dans ce sacrifice. L’un (de vous)
fait naître les aliments, l’autre les mûrit. Donnez-
Que les Rivières, aux flots gonflés, que les Mon-
tagnes solides, que les Pitris, me protègent dans nous une abondance qui nourrisse un grand
nombre d’enfants.
le sacrifice!
17. 0 Viswadévas adorables, pour vous j’ai
5. Puissions-nous toujours être heureusement
étendu le gazon, j’ai allumé le feu (sacré), et je
animés! Puissions-nous voir (longtemps) le lever
vous ai honorés par mon hymne et par mes in-
du soleil! Puissions-nous avoir la faveur du vocations. Réjouissez-vous aujourd’hui de notre
maltre des trésors, (d’Agni), qui porte les Dieux,
sacrifice et de nos holocaustes.
1. lei est le mot Vrt’ka, et l’application qu’on doit en
faire me parait certaine. 1. Le commentateur rappelle, par l’épithète Nadi-
2. C’est, dit le commentateur, un Richi, peut-être fils roûpà, la légende qui fait de Saraswatl une rivière.
de Ridjiswan. 2. Dans le mot soûnavah le commentateur trouve le
g 3. Le commentaire croit que l’apostrophe s’adresse à sons de fils de Pradjàpalt’.
. 0ms. 3. C’est-à-dire de l’air, où sont les nuages.
ÏLm. vru.] RIG-VBDA. - SECTION QUATRIÈME. 337

HYMNE Yl. ver (cet homme) qui nous conduise aux maisons
(ou est renfermé notre bien perdu), et qui nous
A nous", un unsnsnwsuu. les désigne!
3. Le tchacra 1 de Poùchan est toujours fort;
(mon : Câyatrt et Anouchtoubh.)
le fourreau est loin de s’user; le tranchant n’en
l. 0 maltre de la voie (sainte), o Poùchan, nous est jamais émoussé.

te chargeons, comme un char, de prières et 4. Poùchan ne fait aucun mal à celui qui l’ho-
d’offrandes. nore par l’holocauste. Cet homme est le premier
2. Fais que nous ayons pour maltre de maison qu’il favorise de ses dons.
un (homme) bienfaisant, riche en trésors et en 5. Que Poùchan veille sur nos vaches. Que Poù-
guerriers , fortuné , et se distinguant par ses chan conserve nos coursiers. Que Poùchan nous
présents. donne l’abondance.
3. 0 brillant Poùchan, force l’avare a devenir 6. Que Poùchan sauve les vaches de celui qui
généreux; adoucis l’âme de Pani t. l’honore par le sacrifice et la libation, et de nous-
4. 0 (dieu) terrible, ouvre les voies à l’abon- mêmes, qui le glorifions.
dance que nous attendons; donne la mort à nos 7. Que personne n’ose les frapper, ni leur faire
ennemis. Que nos prières se trouvent exaucées. aucun mal, ni les pousser dans le puits. Viens à
5. 0 (dieu) sage, perce avec ton glaive le cœur nous avec des (vaches) magnifiques.
des Panis. Sois vainqueur pour nous. 8. Nous invoquons Poùchan, ce sauveur qui
6. Oui, Poùchan, frappe de ton glaive le cœur sait nous entendre, qui possède des biens solides,
de Pani. Sois vainqueur pour nous. qui est le maltre de la richesse.
7. 0 (dieu) sage, viens et perce le cœur des Pa- 9. O Poùchan, nous sommes tes serviteurs et
nis. Sois vainqueur pour nous. tes chantres. Que nous soyons toujours sauvés!
8. 0 brillant Poùchan, tu portes un glaive qu’ai- 10. Que Poùchan étende dans le ciel sa main
guise le sacrifice ’ ; perce le cœur de cette mè- droite, et qu’il nous remette dans la possession
chante race. du (bien) que nous avons perdu.
9. 0 brillant (Poùchan), nous demandons les
trésors que nous ouvre ton glaive, frappant le sein HYMNE VIII.
de la vache (céleste), et nous distribuantson lait. A POUCHAN, en BHAIIADWADJA.
10. Fais par ta force que notre prière soit pour
nous féconde en vaches, en chevaux, en aliments, (une : Gâyatrt.)
en guerriers. l. 0 brillant enfant des Ondes *, viens t’unir
à ton chantre, et charge-toi de porter notre sa-
HYMNE Vil.

A POUCBAI, PAR IIARADWADJA.

(une .- Glyalrl.)

l. O Poùchan, donne-nous la direction d’un


crifice. I
2. Nous invoquons le (dieu) orné d’une aigrette,
qui est pour nous le plus rapide des chars, le
maltre de l’opulence, l’ami de la richesse.
3. O (dieu) brillant, qui as des chèvres pour
coursiers, tu es un torrent de biens, un trésor de
sage, qui nous conduise dans la droite voie, et richesses. Tu es l’ami de ceux qui encouragent la
qui nous indique le bien que nous avons perdu. voix des postes.
2. Favorisés par Poùchan, puissions-nous trou- 4. Nous chantons Poùchan, qui a des chèvres
pour coursiers, qui est riche en aliments, et qui
1. Ce mot, qui signifie avare et marchand, est em- est amoureux de (l’Aurore), sa sœur. I
ployé pour désigner les Asouras, qui prennent les nua.-
5. J’ai invoqué l’époux de la mère 3; que l’a-
ges et veulent les retenir au préjudice des hommes. Je
ne pense pas qu’il puisse être pris d’une manière géné-
rale pour un impie, avare de ses présents. 1. Le tchacra est une espèce d’arme, en forme de
2. L’épithète brahmatchodani a. été traduite d’une disque aiguise sur les bords.
manière qui est moins ordinaire : quem excitat ru sacra, 2. Je traduis ainsi le mot oimoutch, et je crois que ce
et non pas qui cæcum rem socram.Le commentaire entend mot signifie libations. Le commentateur pense qu’il est
le mot brahma avec le sens de nourriture (aunant), et il question du Nuage qui s’ouvre pour donner naissance
dit que le glaive de Poùcban nous envoie la nourriture au Soleil.
(aunage prdrayt’tri). 3. Je suppose que c’est la. vache du sacrifice, ou peut-
338 lNDB. - POÉSIE LYRIQUE. [tent. Vin.)

mant de la sœur l nous entende. Il est le frère 4. Quand le généreux lndra amène les grandes
d’indra et mon ami. Ondes, que Poùchan soit son compagnon.
6. Que les chèvres attelées au char de Poùchan 5. La bienveillance du magnifique Poùchan et
amènent ce dieu qui fait la richesse du d’indra est pour nous comme la branche (d’un
monde. grand arbre qui nous couvre de son ombre).
6. Gomme l’écuyer attache (son coursier) avec
HYMNE 1x. les rênes, nous attachons Poùchan et Indra a
notre cause (par le sacrifice).
A POUCIIAN, PAR BBARADWAIIJA.
(Hêtre: : Gayntrl et Anouchtoubh.) HYMNE X1.
1. Il n’est point de Dieu qui soit loué comme A roucuAN, un nuanAnwanu.
Poùchan par le poète qui le chante en lui offrant
les gâteaux (sacres). (Mètre: : Djagati et Trichtoubh.)

2. Le premier des conducteurs de chars, le l. Adorable Poùchan, tu as deux formes, l’une


maltre de la piété, lndra s’associe avec Poùchan
blanche, l’autre noire. Tu as en ton pouvoir le
pour la perte de ses ennemis. leur et la Nuit, pareil à(l’astre) éclatant de lu-
3. Que le Soleil, le meilleur des écuyers, lance mière. 0 (dieu) rempli d’une douce opulence, tu
son tchacra d’or sur cette vache (céleste) dont le règnes sur toutes les apparences magiques (des
corps se compose de nœuds ’.
nuages). Que, ta munificence se déclare pour
4. 0 (dieu) prudent et secourable, partout cé- nous.
lébré, nous t’invoquons aujourd’hui. Daigne rem-
2. Poùchan, traint- par des chèvres, est le gar-
plir nos vœux. dien des troupeaux; il remplit les maisons des
5. La race (humaine) demande les vaches (ce- trésors de son abondance; il exauce les vœux
lestes); fais que son désir soit satisfait. 0 Poù- (de son serviteur),et domine sur le monde entier.
chan, ta gloire est au loin répandue. Le Dieu lance son trait aigu, et va embrassant
6. Nous implorons ta bénédiction, qui éloigne de son regard l’univers.
le mal et rapproche le bien. (Nous l’appelons) au- 3. 0 Poùchan, sur tes vaisseaux dorés tu tra-
jourd’hui, (comme nous l’appellerons) demain, verses l’océan de l’air,et tu pénètres (la Nue), qui
par tout l’ensemble de nos sacrifices. cherche à séduire i le Soleil; tu as le désir de
créer (pour nous) l’abondance.
HYMNE X. 4. Poùchan est le bon parent du Ciel et de la
Terre, le maltre magnifique de la nourriture
A mon ET roumain. un BHARItDWADJA.
(sainte), (dieu) distingue par sa beauté, que les
(Mètre .- Gâyatri.) Dévas ont formé, et donné à la tille de Sourya,
plein de forœ et d’activité.
1. lnvoquons lndra et Poùchan pour obtenir
leur amitié, leur bénédiction et l’abondance dont HYMNE Xi].
ils disposent.
2. Que l’un des deux vienne s’asseoir pour A mon ET AGI", PAR BHARADWADJA.
boire le soma extrait du pressoir; que l’autre (Hêtre: : Anouchtoubh et Vrihntî.)
prenne un gâteau 3.
3. Des chèvres transportent l’un; l’autre est l. Au milieu des libations, je chante vos ex-
traîné par deux chevaux azurés, et triomphe ploits. Les pères (des Asouras) 1, ennemis des
ainsi de ses ennemis. Dieux, ont été tués par vous. 0 lndra et Agni,
vous vivez.
âtre la Terre : car je ne pense pas devoir admettre l’o- 2. 0 lndra et Agni, votre grandeur est fameuse.
pinion du commentateur, qui regarde la Nuit comme
étant cette mère. La Nuit, précédant le Jour ou le Soleil,
est regardée comme une mère pour lui. l. il m’a semblé que le mot doûli avait ici le sens de
1. C’est-à-dire l’Aurore. messagère d’amour. La Nue absorbe les rayons du soleil
2. Le Nuage, qui a ici pour épithète Farouche,- au préjudice de la Terre. C’est un amour furtif et me.
comme il est personnifié sans le nom de Panama. gitime. dont Poùchan la punit.
3. Ce gâteau porte le nom de carambha, formé d’orge, 2. Traduction du mot pilerait, que le commentaire
de lait caillé on de beurre, ghritamùrah gavasaktouh. traduit par himtacâh en le rapportant aux Maures.
lLect. Vin.) RiG-VEDA. - SECTION QUATRIÈME. 339

Vous avez le même père, vous formez un couple 2. O (lndra) et Agni, vous avez combattu pour
de frères dont les mères sont différentes. recouvrer les Vaches (célestes) , les Ondes, la
3. Vous habitez ensemble le séjour de la liba- Clarté, les Aurores qui nous avaient été enlevées.
tion, vers laquelle vous accourez, comme de ra- 0 Indra, o Agni, portés par de (vigoureux) cour-
pides coursiers arrivent au pâturage. 0 lndra et siers, vous avez découvert les Régions (célestes),
Agni, dieux armés de la foudre, nous vous appe- la Clarté, les belles Aurores, les Ondes, les Vaches
lons à notre secours. (divines).
4. 0 lndra et Agni, O dieux qui grandissez par 3. 0 lndra et Agni, vainqueurs de Vritra, venez
le sacrifice, et qui aimez la gloire, vous approu- avec cette force qui donne la victoire, avec les
vez la louange de celui qui, au milieu des liba- dons (que vous nous destinez). 0 lndra et Agni,
tions, chante en votre honneur un hymne joyeux. comblez-nous des biens les plus beaux, les plus
5. 0 Indra et Agni, quel mortel peut apprécier grands.
votre œuvre divine? Unis sur le même char, vous 4. 0 Indra et Agni, j’invoque des (dieux) dont
y attelez des chevaux de forme différente l. les antiques exploits sont célébrés. Vous ne vou-
6. Olndra et Agni, voici que vient le premier lez pas notre perte.
des êtres animés, (la déesse) qui n’a point de 5. 0 Indra etAgni, nous vous invoquons, (dieux)
pieds ’ (et qui n’a qu’une tète). Elle quitte cette terribleset funestes à vos ennemis. Daignez nous
tète, dont la langue résonne harmonieusement, et favoriser.
se trouve marchant sur trente pieds. 6. 0 (vénérables) Aryas 1, maîtres de la piété,
7. 0 lndra et Agni, les guerriers tendent l’arc vous donnez la mort à vos ennemis, aux lâches
avec leurs bras (nerveux). Ne nous abandonnez (Dasyous), à tous vos adversaires.
pas dans ce conflit, quand il s’agit de conquérir 7. 0 lndra et Agni, que ces louanges vous tou-
les vaches. chent. (Dieux) fortunés, buvez nos libations.
8. 0 lndra et Agni, de cruels ennemis me 8. 0 vaillants lndra et Agni, venez vers votre
brûlent de leurs traits impies. Éloignez leurs ini- serviteur avec vos coursiers que le monde attend
mitiés; retranchez-les (de la vue) du Soleil. avec impatience.
9. 0 Indra et Agni, vous avez des richesses cé- 9. O vaillants lndra et Agni, arrivez à notre sa-
lestes, qui nous procurent tous les plaisirs de crifice pour boire le soma que nous vous versons.
la vie. 10. (O prêtre), fléchis (le dieu) qui de ses rayons
10. 0 lndra et Agni, vous que célèbre notre enveloppe le bûcher, et qui noircit (son sentier)
hymne et qui écoutez nos louanges et nos invo- avec sa langue.
cations, venez au bruit de nos prières boire notre il. Le mortel qui devant le foyer honore la
force d’lndra voit heureusement arriver les ondes

soma. - HYMNE Xlll.


, A nous ET un", PAR unAItAnWAnJA.
(Mètres : Trichtoubh, Glyetrl, Vrihatî et Anouchtoubh.)
qui lui apportent l’abondance.
i2. O lndra et Agni, poussez vers nous les ra-
pides coursiers qui vous portent, et qu’ils nous
versent vos trésors d’abondance.
l3. O lndra et Agni, je vous invoque tous deux;
je veux, par mes libations, obtenir votre opulente
l. Qu’il soit vainqueur de Vritra et jouisse de
faveur. J’implore votre bienfaisance, vous qui
l’abondance, celui qui honore Indra et Agni, fa-
distribuez aux hommes et des aliments et des ri-
meux par leur vigueur, maltres de l’opulence,
chesses.
souverains puissants, et, dans leur puissance, 14. O dieux amis et fortunés, lndra et Agni,
dispensateurs de la force et de la fortune.
venez à nous avec des présents de vaches et de
chevaux. Prouvez que nous avons raison de comp-
t. Ce char est l’année; les chevaux doivent être les
jours, de grandeur différente, ou les diverses révolutions- ter sur votre amitié.
des temps. 15. 0 lndra et Agni, écoutez l’invocation de ce-
2. Voy. page 139, col. 2, note 2. L’Anrore, en dis-
paraissant au bruit de la Prière du matin, se métamor- lui qui vous honore par son sacrifice et ses liba-
phose en trente Mouhoûrttas, on heures, qui composent tions. Venez, arrivez à nos holocaustes, et buvez
la Journée. et sont comme les pieds sur lesquels elle le miel de notre soma.
s’avance. L’Anrore, qui est sa. (été, n’a point de pieds,
pada. Elle n’a qu’une existence éphémère à l’Orient, et
ne marche pas dans le ciel. l. Voy. page si, col. 2, note 2.
310 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [me 1.]
HYMNE x1v. l2. Elle a trois foyers 4, elle est composée de
sept membres î. Elle protège les cinq espèces
A SARASWATI, PAR IHARADWADJA. d’êtres. On l’invoque au milieu des combats.
(Hêtre: : Djagatf, Trichtoubh et Gâyatri.) l3. Elle s’élève par sa grandeur au milieu de
ses sœurs. Ses œuvres puissantes la distinguent
1. Saraswatl a donné à son serviteur Badhrya- parmi les autres. Large, remplie comme un vaste
swa (un fils), Divodàsa, rapide à la course, et di- char, Saraswati mérite la louange du sage.
ligent à remplir son devoir. Elle a frappé à mort 14. 0 Saraswatl, tu nous conduis vers le bien.
I’avare Pani, qui ne pensait qu’à son propre in- Ne nous humilie point. Abreuve-nous du lait (cé-
térêt. Telle est, o Samswasti, ta puissance bien- leste).Conserve nos amitiés de famille, et ne nous
faisante. laisse pas (dans le témoignage de ton estime) une
2. Saraswatl avec sa force. puissante, avec les place inférieure.
torrents de ses ondes t, brise le sommet des
montagnes comme de simples branches. Hono-
rons par nos hymnes et nos œuvres (pieuses),
(appelons) à notre secours (cette déesse) qui va
aux extrémités (du ciel) frapper (les Asouras).
SECTION CINQUIÈME.
3 0 Samswati, terrasse les enfants de l’ennemi
des dieux, de Brisaya, le grand magicien. (0 LECTURE PREMIÈRE.
déesse) entourée d’offrandes, tu as trouvé les
moyens de guérir les mortels. A nos ennemis tu HYMNE l.
as versé du poison.
Aux sswms, PAR BHARADWADJA.
A. 0 divine Saraswatl, gardienne de la Prière et
maltresse de l’Abondance, sauve-nous en pour- (Hêtre : Trichtoubh.)
voyant à notre existence.
5. 0 divine Samswati, (conserve) celui qui t’in- 1. le chante et j’invoque dans mes hymnes les
voque, ainsi qu’Indra, en te présentant l’offrande Aswins, conducteurs du ciel et maîtres du monde.
pour obtenir la mort de Vritra. (Ces dieux) secourables, au lever (de l’aurore),
6. 0 divine Samswati, ô (déesse) entourée des repoussent ces larges (ténèbres) qui, autour de
aliments (sacrés), garde-nous dans les combats. nous, couvrent et bornent la terre.
Ainsi que Poùchan, sois bienfaisante pour nous. 2. Oui, ils viennent à notre sacrifice, et de leurs
7. Ainsi la terrible Saraswati, au char doré, purs rayons ils illustrent les splendeurs de leur
triomphe de Vritra et se réjouit de nos louanges. char. (O dieux), vous ouvrez les plaines infinies
8. Telle qu’un torrent immense, admirable, bril- de l’air, et devant vous fuient comme de légers
lant, impétueux, elle s’en va en murmurant *. (coursiers) les vastes ténèbres (de la nuit).
9. Que Saraswati triomphe de tous nos enne- 3. Venez vers cette maison peu fortunée, o
mis, et, sainte directrice, qu’elle conduise ses (dieux) terribles; (dirigez) vers celui qui vous
autres sœurs 5, comme le Soleil amène les prie vos coursiers aussi rapides que la pensée, et
Jours. empressés à combler nos vœux. Que l’ennemi
10. Ainsi, que Saraswatl, sœur aimable et ho- du mortel votre serviteur succombe autour de
norée parmi les sept sœurs, soit l’objet de nos nous.
hommages. 4. (Dieux toujours) jeunes, vous attelez votre
11. Que Saraswatl, qui remplit de ses rayons char, et vous ornez la prière du jeune (poète) qui
les espaces du ciel, de la terre et de l’air, nous vous chante, apportant avec vous la brillante abon-
protégé contre l’ennemi. dance et l’opulente offrande. Que le sacrificateur 3
antique et bienveillant s’empresse de vous hono-
t. Sarawatl ne me parait pas avoir été considérée rer.
comme une rivière; seulement elle préside aux torrents
des libations versées dans le sacrifice. 5. Je vous invoque dans un hymne nouveau,
2. Voir la note ci-dessus.
3. Ce sont les saintes Prières, épouses des Dieux. Le l. Le commentaire croit qu’il est question des trois
commentateur dit qu’il est ici question des Mesures sur mondes.
lesquelles se chantent les hymnes, à. cause du nombre 2. Ce sont les sept espèces de mètres.
sept mentionné dans le distique qui suit. 3. Ce sacrificateur est Agni lui-mémo.
ILecl. LI Itlu-VEDA. - SECTION CINQUIÈME. 34]

(dieux) anciens et puissants, nobles etsecourables, Dans la prière de notre (poète) vous êtes un objet
comblant (le vos dons variés et brillants le chan- de prédilection.
tre qui célèbre vos louanges. 2. Venez orner nos invocations. Avec nos louan-
6. C’est vous qui, par les voies radieuses de ges vous recevez nos libations. Vous visitez notre
l’air, avez transporté Bhoudjyou l, fils de Tou- demeure, et vous la défendez contre l’attaque de
gra, en le plaçant sur votre char trainé par des tout ennemi, soit extérieur, soit intérieur.
coursiers ailés, après l’avoir relevé du milieu des 3. Les mets de l’offraude ont été présentés en
flots de la mer. votre honneur. Le gazon le plus doux a été étendu.
7. Accourez sur votre char triomphant (au bruit) Votre serviteur, élevant ses mains,vous a adorés.
de nos mortiers. (Dieux) bienfaisants, écoutez Les mortiers, pour vous plaire, ont donné leur
l’invocation de Badhrimatî ’. Dans votre géné- jus onctueux.
rosité vous avez engraissé la vache de Sayou 5 Il. Pour vous Agni se dresse au milieu du sa-
en venant a sa prière, vous qui parcourez le crifice. L’Offrande s’approche avec empressement,
monde. humide du beurre (sacré). Le prêtre, élevant sa
8. Quand le ciel et la terre apparaissent, et que, voix suppliante, accomplit les rites (divins), et
parmi les Dévas comme parmi les mortels, s’élève unit dans un même culte les (dieux) Véri-
une grande agitation, alors, o Adityas, O Vasous, niques.
o fils de Roudra, formez une chaleur qui dévore 5. O (Dieux) riches de tant de biens, la fille du
l’allié des ltakchasas. Soleil 1 se place avec toutes ses splendeurs sur
9. Que Mitra et Varouna du haut des airs pro- votre char bienfaisant. Puissants et merveilleux
tègent celui qui, dans le moment convenable, acteurs ’, vous présidez par votre magie alu
honore ces deux royales (divinités). Qu’en faveur naissance des dieux.
de ce (mortel, ils percent de) leur trait le pesant 6. Vous-mêmes, par vos admirables trésors,
Rakchasa, et même l’enfant d’Anou i doué de la vous ajoutez à la beauté, à la parure de la tille
parole. du Soleil. Ainsi, vos coursiers s’avancent pour
10. Rapprochez de nous votre char brillant et tout embellir, 0 (Dieux) adorables et dignes de
attelé de vigoureux coursiers. et venez dans notre louanges, et la voix (de la Prière)courtau-devant
maison (protéger) notre enfant. Dans votre colère de vous.
secrète, abattez les têtes des ennemis du mortel 7. Que vos coursiers ailes et vigoureux, o (dieux)
(qui vous est dévoué). Véridiques, vous amènent a nos offrandes. Que
il. Venez avec vos attelages, supérieur, inter- votre char, aussi rapide que la pensée, nous ap-
médiaire, inférieur’. 0 (Dieux) riches en présents porte une abondance toujours opulente, toujours
variés, ouvrez à votre chantre les portes d’un pû- conforme à nos désirs.
turage couvert de vaches, et abondant en riches. 8. 0 (Dieux), dont les mains sont pleines de ri-
ses solides. chesses et de présents innombrables, engraissez
pour nous une vache d’une fécondité intarissa-
HYMNE Il. ble. 0 (Dieux) non moins doux que le miel, voici
les poètes qui vous célèbrent; voici des libations,
aux aswrxs, un nuanxowuu. tribut de reconnaissance qui suit vos bienfaits.
(Mètres : Trichtoubh et Écapads.) 9. Ainsi, j’ai reçu de Pouraya 3 deux cavales
légères, de Soumilha cent (vaches), de Pérouca
l. Où sont ces nobles (déités) qu’appellent toutes
des vivres préparés. Sànda m’a donné dix servi-
nos invocations? Notre hymne, accompagné de teurs couverts d’or, beaux, robustes et fidèles.
i’offrande, se présente aujourd’hui devant vous,
10. 0 (dieux) Véridiques, Pouroupanthàs a fait
(dieux) Véridiques, tel qu’un courrier (diligent).
présent de cent, de mille chevaux à votre chantre.
Oui, vaillants héros, ce prince a gratifie votre
1. Voy. page 109, col. 2; page 110,col.2, et alibi.
2. C’est. dit-on, le nom d’une princesse privée de son
enfant. Je croirais assez que c’est plutôt un nom de l’Au- i. C’est-à-dire, l’Aurore.
rare appelant le Soleil. 2. Jetraduis ainsi l’épithète miton, danseur, que nous
3. Voy. page 115, col. Let alibi. avons vue ailleurs attribuée a lndra. Ces dieux au mi-
4. Anou est un des ancêtres du genre humain. lieu des airs ressemblent a un danseur sur un théâtre.
5. Ces attelages correspondent aux trois divisions de 3. c’est un nom de prince, ainsi que les autres qui
l’air.
vont suivre.
Zi’t’.’

INDE. - POÉSIE LYRIQUE. lLecl. LI

chantre Bharadwmlja. Que la mort des Rakchasas cent le moment de l’offrande et du sacrifice, et
soit sa récompense. chassent l’obscurité de la nuit.
il. Puissent les offrandes que nous vous pré- 3. Les Aurores apportent au mortel qui les ho-
sentons devenir prospères pour moi comme pour nore la gloire, la force, l’abondance, la fécondité.
nos seigneurs! Magnifiques (déesses), venez, et accordez à votre
serviteur des richesses, une race vigoureuse, une
HYMNE il]. protection (puissante).
A. (Divines) Aurores, voici le moment de com-
A n’aurions, ne summums. bler de vos dons (l’homme) pieux qui vous aime,
(HEIN : Trichtoubh.) le serviteur qui vous adore, le sage qui vous
chante. Ainsi qu’autrefois, apportez (aujourd’hui
l. Les Aurores se lèvent pour l’ornement (du vos richesses) au (prêtre) qui, comme moi, a des
monde), et apparaissent telles que des vagues louanges pour vous.
brillantes. Riche, opulente et fortunée, (la déesse) à. Aurore qui règnes au sommetdela montagne
ouvre toutes les voies qu’elle rend faciles. (céleste), en ce moment les Angiras i chantent
î. Tu te montres pleine de félicité; tu étends (pour obtenir) que le pâturage de tes vaches (soit
au loin tes splendeurs, tes rayons éclatants se ouvert). Par la prière et l’hymne ils fendent (la
sont emparés du ciel. 0 divine et brillante Au- caverne ténébreuse). Que l’invocation que les
rorc, tu dévoiles ton sein, ct révèles (a nos yeux) hommes adressent aux dieux leur soit prospère!
ta pompeuse magnificence. 6. Fille magnifique du Ciel, brille pour celui
3. Des génisses au poil rougeâtre transportent d’entre nous qui t’honore, comme jadis en faveur
l’heureuse (déesse) qui développe sa grandeur. de l’ancien Bharadwâdja ’. Donne à celui qui te
Telle que le vaillant archer qui repousse ses en- chante une famille opulente et forte. Accorde-
nemis. ou telle qu’un lapide écuyer, elle frappe nous une abondance que célèbre la renommée.
et (poursuit) les ténèbres.
4. Tu traces facilement ta voie sur les monta- HYMNE V.
gnes, dans les lieux inaccessibles; tu traverses
AUX IAHOUTS, PAR BIIARADWADJA.
les airs, parée de tes rayons. 0 tille du Ciel, sur
ton large et beau char apporte-nous la richesse, (Mètre : Trichtoubh.)
et fais-nous jouir de tes dons.
l. L’œil du sage reconnaît une forme unie, re-
5. Puissante Aurore, tes coursiers nous amè- nommée pour son agilité et ses sucs nourriciers;
nent le bonheur. Fais-nous part de tes biens, toi,
(c’est Roudra) 3. Plus près des mortels grossit
tille du Ciel, que nous honorons dans nos invo-
une autre (forme), que remplit un lait abondant;
cations du matin, et dont nous désirons la c’est Prisni, avec sa brillante mamelle.
vue.
2. Tels que des feux resplendissants, les Marouts
6. A ton lever, les oiseaux quittent leur de-
ont apparu deux fois, trois fois plus gros qu’à
meure, ainsi que les hommes qui répandent la
leur naissance. Loin de la poussière (terrestre),
libation. 0 divine Aurore, tu prodigues tes dons
leurs (chars) couverts d’or forment un trésor de
au mortel qui s’approche pour te servir.
force et de fertilité.
3. lls sont fils de Roudra a la semence féconde :
HYMNE lV.
Prisni les a portés dans son sein. Noble mère, qui
A L’anneau, un nuanauwxuu. a conçu de nobles enfants, elle les a enfantés pour
le bonheur (du monde).
("être I Trichtoubh.)
Il. Soit qu’ils viennent avec leur mère, et que,
l. La fille du Ciel vient avec gloire visiter la suspendus entre (la terre et le ciel), ils purifient
race de Manon. Ses rayons brillants percent le les souillures (de l’air), alors que, nourris d’un
sein des nuits, et dispersent au loin les vapeurs
ténébreuses. 1. Voy. page M, col. i, note 7.
2. Ce Bharadwédja doit être différent de l’auteur de.
2. A cette heure les Aurores arrivent sur leur l’hymne.

beau char, traîné. par des coursiers rougeâtres, 3. Ces mots sont ajoutés pour expliquer le texte.
Bondi-a, c’est l’Air; Prisni, c’est la Nue; ce sont le père
et se parent d’éclatantcs couleurs. Elles annon- et la mère des Marouts. Voy. page 293, col. 2. note 3.
[Le-ct. LI lth-VÈDA. - sacriox CINQUIÈME. 343

lait limpide, pour notre joie ils couvrent leurs dirigent les peuples d’un bras (sur), et sont comme
corps (le mille parures humides; les rênes (du monde).
.3. Soit qu’ils répandent le lait maternel, et mé- 2. 0 Mitra et Varouna, (dieux) aimables et bien-
ritent le nom triomphant de blairent ; soit qu’ils faisants, ma prière s’élance vers vous. Elle vient
promènent leur grande forme rougeâtre, jamais sur le gazon (sacré) avec l’offrande. Donnez-nous
(l’homme) ne doit se lasser d’honorer par ses pré- une maison imprenable, qui nous protège (contre
l’ennemi).
sents ces (dieux) redoutables.
6. Leur force est terrible, leur choc irrésisti- 3. Accourez vers nos hymnes, ô Mitra et Va-
ble; ils joignent par une espèce de chaîne le bain rouna, (dieux) aimables que nous invoquons et que
couple de la Terre et du Ciel. En eux réside la nous comblons d’offrandes. Tels que des travail-
brillante Rodes! l; en eux la force et la splen- leurs appliqués à leur ouvrage, vous conduisez
deur. avec grandeur les (hommes) avides de renommée.
7. 0 Marouts, faites apparaître votre char irré- 4. Aussi rapides que les coursiers, justes et
prochable, qui n’a ni chevaux, ni cocher, ni frein amis de la pureté, ils sont nés au sein d’Aditi.
pour le retenir, ni guides pour le conduire. ll Nobles enfants, elle les a mis au monde pour la
pousse les Ondes, et, marchant entre le Ciel et la terreur d’un ennemi mortel.
Terre, il accomplit (les vœux des mortels). 5. Vous méritez nos éloges; et quand tous les
8. O Marouts, celui que vous gardez dans le dieux, unis dans une joie commune, sentent par
combat ne connaît ni la fuite ni la défaite. Heu- vous croître leur force, quand vous embrassez
reux père de fils, de petits-fils, possesseur de l’immensité du ciel et de la terre, vos rayons
vaches (fécondes), favorisé par les eaux, il s’ou- sont invincibles, insurmontables.
vre par ses libations les pâturages du ciel ’. 6. Chaque jour vous prouvez votre force. Vous
9. Apportez vos hommages divers à la troupe rendez le firmament aussi solide que vous. Le
des Marouts, légère, bruyante et robuste. 0 Agni. dieu, qui est l’ensemble de tous les dieux i, af-
la terre tremble devant ces (dieux) que nous de- fermit les étoiles, et, fort des offrandes d’Ayou,
vons honorer, et dont la force renverse tout ce il étend le ciel et la terre.
qui est fort. 7. Vous étés le soutien du sage, qui veut étan-
lO. Éclatants comme le feu du sacrifice, rapi- cher votre soif dans l’enceinte consacrée au ser-
des comme les rayons d’Agni, dignes de nos hom- vice pieux des Libations. 0 (Dieux) qui faites le
mages comme de braves conquérants, les Marouts bonheur de tous, quand ces jeunes (prêtresses)
sont, de leur nature, invincibles et brillants. vous offrent leur lait, elles sont sûres d’être pré-
il. J’invoqne et j’honore les enfants de Rendre, servées de toute atteinte.
cette cohorte de Marouts aux formes robustes, 8. Un serviteur fidèle vous présente les dons
aux traits resplendissants. En l’honneur d’une du sacrifice; la voix d’un sage (s’élève) vers vous.

famille puissante, (ornement) du Ciel, que les 0 (Dieux) qui vous nourrissez de notre beurre
prières les plus pures, que les libations les plus (sacré), voici le moment de prouver votre gran-
abondantes s’élèvent a l’envi (vers vous), comme deur. Effacez le péché de celui qui vous honore.
de (hautes) montagnes. 9. 0 Mitra et Varouna, on peut être jaloux de
vos œuvres; mais elles ne sauraient périr sous
HYMNE V1. les puissants efforts ni des dieux, ni des mortels
impies, ni même de vos enfants, quelle que soit
A un" ET A VAROUNA, un RHARADWADJA. leur force.
10. D’un côté, les chantres font entendre leurs
Je": : Trichtoubh.)
hymnes; de l’autre, les prêtres récitent leurs
i. (Je viens) au milieu de vous célébrer par mes prières z hâtons-nous de proclamer vos justes
hymnes Mitra et Varouna, les plus grands de tous louanges. Aucun dieu ne saurait lutter de gran-
les (dieux), qui, avec une adresse incomparable. deur avec vous.
il. O Mitra et Varouna, vous arrivez en sau-
1. Dans ce distique se trouve le mot Rodes! avec ses veurs dans nos maisons, et votre appui est iné-
deux significations, signalées page 293, col. i, note A.
2. Suivant le commentaire, il faudrait mettre :ll
s’ouvre par ses victoires les pâturages d’un riche t. Le texte porte le mot Viswadéva, que le commen-
(ennemi). taire tait rapporter au Soleil.
344 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. (Le-ct. 1.]

branlable, quand les Vaches du sacrifice i vien- l’honneur du divin Varouna, de ce roi suprême.
nent se joindre au bienfaisant (Soma), dont la Ce maltre immortel et puissant éclaire avec
marche est droite et (la puissance) victorieuse. splendeur le grand et large couple (du Ciel et de
la Terre).
HYMNE Vll. 10. 0 Indra et Varouna, qui aimez notre soma,
O (Dieux) dont l’œuvre est si ferme, buvez de
A tanna ET VAROUXA, van BHAllADWADJA. cette liqueur enivrante. Votre char semble de lui-
(mm : Trichtoubh.) meme se diriger vers notre sacrifice, où la liba-
tion coule en l’honneur des dieux.
i. 0 lndra et Varouna, en votre honneur le sa- il. 0 généreux lndra et Varouna, goûtez de ce
crifice est préparé; pour le bonheur commun (de généreux soma, plus doux que le miel. Nous
tous les dieux) nous avons étendu le gazon (sa- avons pour vous versé cette liqueur. Placée sur
cré). Puisse (ce sacrifice) nous apporter l’abon- notre gazon (sacré). enivrez-vous.
dance et la prospérité!
2. Soyez pour nous, parmi les dieux que nous HYMNE VIH.
honorons, les plus bienfaisants, parmi les héros
’7’
les plus puissants, parmi les riches les plus gé- A IXDRA, ET VICHNOH PAR BEABADWADJA.
néreux, toujours vaillants, capables de vaincre (Hêtre : Trichtoubh.)
Vritra, et, par le sacrifice, possédant toute la
forœ d’une armée. i. 0 lndra et Vichnou, dans ce sacrifice je vous
3. Chante donc Indra et Varouna, (ces dieux) honore par l’hymne et par l’offrande. Soyez favo-
renommés pour leur force et leur puissance. rables à notre œuvre, et comblez-nous de vos
L’un, par l’éclat de sa foudre, a tué Vritra; l’au- dons, ô vous qui répandez les bienfaits sur votre
tre, dans sa sagesse, compatit à nos malheurs. route.
li. Quand, au milieu des mortels, dieux et 2. 0 Indra et Varouna, vous êtes les pères de
déesses ont tous pris l’accroissement qui leur est toutes nos Prières; devenez les vases où coule
propre, o Indra et Varouna, vous les dominez notre soma. Que nos chants, que nos hymnes,
par votre grandeur. O Ciel et Terre, vous vous que nos louanges s’élèvent vers vous.
distinguez par votre immensité. 3. O Indra et Varouna, maîtres des breuvages
5. 1l est magnifique, opulent et juste, ô lndra enivrants, venez à notre soma, vous qui donnez
et Varouna, celui qui est généreux envers vous. la richesse. Que l’hymne, chanté par nos voix
Par le mérite de ses riches offrandes, que cet suppliantes, soit pour vous une espèce de parfum
homme bienfaisant obtienne une fortune, une fa- onctueux.
mille (dignes d’envie). 4. 0 lndra et Varouna, que vos coursiers, eni-
6. O Indra et Varouna, vous donnez à (l’homme) vrés comme vous (d’une sainte ardeur), et vain-
qui vous offre le sacrifice l’abondance et la ri- queurs de vos ennemis, vous transportent vers
chesse. Que vos présents nous servent à détruire (nous). Aimez toutes nos invocations et nos céré-
nos ennemis. monies. Écoutez ma prière.
7. 0 Indra et Varouna, que cette richesse soit 5. 0 Indra et Vichnou, vous venez vers ces li-
notre salut; et, placée sous une garde divine, bations de soma que nous vous versons avec lar-
qu’elle nous procure une force victorieuse qui gesse. Pour (le bonheur de) notre vie vous avez
dans les combats nous rende maîtres de nos étendu les airs, vous avez développé les mondes.
puissants (ennemis). 6. O lndra et Vichnou, ô vous qui grandissez
8. O Dieux que nous célébrons, lndra et Va- par nos holocaustes, vous étes nos guides dans
rouna, donnez-nous le bonheur de l’opulence; et, la route (sainte) que nous suivons; nous vous
pour prix des chants que nous adressons à une présentons nos offrandes et nos hommages. Ar-
grande et forte (divinité), puissions-nous traverser rosés de notre beurre (sacré), donnez-nous la ri-
les maux (de la vie), comme (on traverse) un chesse; vous étes la mer du (sacrifice) l, le vase
fleuve sur un bateau! , qui contient le soma.
9. Fais donc entendre ta longue prière en 7. O Indra et Vichnou, (dieux) secourables, bu-

l. Les vaches du sacrifice, ce sont les Prières. t. C’est-à-dire le :amoudra.


[looch 1.] RlG-VÉDA. - SECTION CINQUIÈME. 345

vez de ce soma aussi doux que le miel. Contentez pour le bonheur de tous, envoyez-nous la fortune,
votre appétit i. Que nos mets, que nos cérémo- l’abondance, la richesse.
nies vous soient agréables. Écoutez mon invoca-
tion. HYMNE X.
8. Toujours vainqueurs , vous ne connaissez
pas la défaite. Jamais l’un de vous n’a subi cet A SAVITRI, un susnsnwsnu.
affront. Olndra et Vichnou, dans les trois î (mon- (Hum .- Djsgatl et Mamans.)
des) vous avez combattu, et vous avez donné la
liberté à des milliers (de vaches célestes). i. Le divin et généreux Savitri se lève, et tend
ses bras d’or vers le sacrifice. Jeune, sage et ma-
gnifique, il allonge ses mains humides de ghn’ta
HYMNE 1X.
pour le soutien du monde.
au Cil]. n A LA flux. PAR luAnADWADJA. 2. Puissions-nous, par la vertu du divin Sa-
vitri, obtenir une heureuse abondance de biens!
(Hêtre : Djsgatt.)
C’est toi, (Savitri), qui as créé, toi qui animes
i. 0 Ciel et Terre, (dieux) beaux, larges, éten- tous ces êtres, bipèdes ou quadrupèdes.
dus, invulnérables, vous étés le refuge des mon- 3. O Savitri, couvre aujourd’hui notre maison
des; humides d’un beurre (sacré), vous distillez de ta douce et invincible protection. O (Dieu) à
votre miel (savoureux). Quoique séparés, en vous la langue d’or, sois en ce moment notre bien-
circule une semence féconde, et vous remplissez faiteur. Que jamais le pécheur ne soit notre
l’office de Varouna ’. . maltre.
2. 0 Ciel et Terre, bienfaisants et purs, éloignés 4. Que Savitri, le dieu à la main d’or, (sur-
par une espèce de divorce, vous possédez égale- nommé) Damoünas l, se lève à la fin de la nuit.
ment une onde abondante, un lait précieux, un Digne de nos sacrifices, (maltre) à la mâchoire
beurre (divin). Rois de ce monde, répandez sur de fer *, à la langue caressante, il accorde à son
nous la semence qui convient aux enfants de Ma- serviteur une longue félicité.
non. 5. Ainsi qu’un directeur sacré, que Savitri
3. 0 Ciel et Terre, (dieux) intelligents, le mor- agite ses beaux bras d’or. Qu’il escalade les hau-
tel qui vous honore pour obtenir que votre mar- teurs du ciel et de la terre : que de son pied il
che soit droite, voit ses vœux comblés. Sa race foule tout ce qui est grand.
s’augmente. Les germes que vous avez semés, 6. 0 Soleil, donne-nous aujourd’hui le bonheur,
quoique différents, concourent tous au même en- demain le bonheur, chaque jour le bonheur. Par
semble. l’effet de cette prière, que nous obtenions, O dieu,
Il. Un beurre abondantcouvre le Ciel et la Terre, un grand et durable bonheur!
dont il fait la richesse, la beauté, la grandeur.
Larges, étendus, honorés en premier lieu dans le HYMNE XI.
sacrifice, ils sont l’objet des louanges et des of-
A INDRA ET SOIA, PAR BlARADWADJA.
frandes de nos sages.
5. 0 Ciel et Terre, O dieux, qui formez, qui (Hêtre : Trichtoubh.)
distillez, qui répandez un miel précieux, versez-
le sur nous. Que par vous nous obtenions le sa- i. 0 lndra et Soma, votre grandeur l’emporte
crifice, la richesse, la gloire, l’abondance des sur tout : vos prouesses sont les plus éclatantes.
vivres et la force de la famille. C’est vous qui avez donné le Soleil et la clarté
du ciel; c’est vous qui avez tué les Ténèbres et
6. 0 Ciel et Terre, o père, O mère, qui savez
tout, qui vous distinguez par vos œuvres, don- les ennemis (des dieux).
2. 0 Indra et Soma, vous éveillez l’Aurore; vous
nez-nous la force. 0 Ciel et Terre, qui rivalisez
amenez le Soleil avec la Lumière. C’est vous qui
i. Littéralement, remplissez votre ventre.
2. Ce passage peut être aussi une allusion aux trois l. Ce mot est ordinairement une épithète du dieu
pas de Vichnon. Agni. Voy. page 212, col. l, note l. On l’explique ici
3. Le mot Varouna emporte l’idée de couvrir. Le r damamânah. on dandinerais.
commentaire explique ce mot par m’yâmaca, qui veut 2. L’épithéte ayohanouh est comprise par le commen-
dire protuteur, conducteur. tateur comme synonyme de hiranyamayaltanouh.
I. - BIBLIOTHÈQUE lNTERNATIONALB. 23
346 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [me 1.]
avez affermi le Ciel, qui avez étendu la Terre no- 2. 0 Soma et Roudra, détruisez la Maladie qui
tre mère. vient, dans sa marche traîtresse, pénétrer dans
3. 0 lndra et Soma, vous avez donné la mort à notre maison. Repoussez, terrassez Nirriti l. Que
Vritra, à Ahi qui retenait les Ondes. Le Ciel vous le bonheur et l’abondance soient notre par-
a applaudis. Vous avez délivré les eaux des riviè-
res; vous avez étendu toutes les mers.
4. 0 Indra etSoma, vous avez rempli les ma-
melles desséchées des vaches (célestes). Vous
avez brisé les chaînes de ces brillantes prison-
nières.
5. O Indra et Soma, vous pouvez donner une
tage. .
3. D Soma et Roudra, donnez-nous tous les re-
mèdes que demande notre santé. Déliez, chassez
le mal attaché à nos corps.
li. D Soma et Rondra, vous avez des traits ai-
gus, des flèches incisives. Soyez nos sauveurs, et
conservez-nous. Délivrez-nous des liens de Va-
opulence honorable, victorieuse , accompagnée rouna î. Soyez bons. et gardez-nons.
d’une (belle) famille. O (Dieux) terribles, vous ac-
cordez aux hommes une force male et triomphante HYMNE x’iv.

au milieu des batailles.


A AGNI, PAR PAYOU, FILS DE BHAIADWADJA.
HYMNE XI]. (Mètres : Trichtoubh. Djsgatî, Psukti et Anouchtoubb a.)

A son, un BnAnAnwsnu.
i. La forme (d’Agni) apparaît telle qu’un
(Hêtre : Trichtoubh.) nuage t; c’est comme une cuirasse au moment
i. Le premier-né (d’entre les dieux), fils d’An- du combat. Sois triomphant, et que ton corps se
giras l, et surnommé Vrihaspali ’, notre père trouve à l’abri du trait. Que la grandeur de ta
généreux et juste, qui fend les nuages, qui habite cuirasse te protégé.
deux mondes, qui, par l’holocauste, siège sur le 2. Pnissions-nous avec l’arc (d’Agni) obtenir la
- foyer brûlant, fait entendre sa voix dans le ciel victoire et conquérir les vaches (de nos ennemis)!
et sur la terre. Cet arc rend impuissants les vœux (de nos ad-
2. Vrihaspati, invoqué dans le sacrifice, vient, versaires). Puissions-nous avec lui triompher du
en faveur des hommes qui l’implorent, s’asseoir monde entier.
sur un trône. Il tue les Ténèbres, brise les villes 3. Telle qu’une femme qui, embrassant son
(des Asouras), et, puissant dans les combats, triom ami, semble s’approcher pour lui parler à l’oreille,
phe de ses ennemis. la corde de l’arc (d’Agni) s’allonge, et résonne

3. Le divin Vrihaspati a conquis pour nous pour la victoire.


tous les biens; (il nous a ouvert) de grands pa- Il. Ainsi (l’arc et sa corde) viennent se toucher :
turages, remplis de vaches. Vrihaspati encouragé telle l’épouse (s’unit) à son époux, telle la mère

par nos hymnes nous envoie les ondes, et de son (presse) son enfant. Que les deux extrémités de
arme invincible frappe l’ennemi de la clarté. l’arc 5, en se rapprochant, repoussent et tuent
nos ennemis.
HYMNE X111.
1. Déesse du mal. Voy. page 54, col. 2, note 4.
A SCIA ET ROUDRA, PAR BBARADWADJA. 2. Nous avons déjà vu, page 126, col. i, note i, que
Varouna. réputé dieu des ténèbres, est considéré aussi
(Hêtre : Trichtoubh.) comme dien du mal.
3. Ici se termine le sixième llandala, qui porte le
nom de Bharadwadja, et commence le septième, qui est
i. 0 Soma et Roudra, mettez (en nous) la force sons le nom de Vasichtha.
vitale 5 que vous possédez. Que nos offrandes 4. Cet hymne, consacréà Agni, le représente comme
un roi armé pour le combat. Les différentes parties de
fassent votre ornement. Dans nos demeures vous son armure sont célébrées. C’est la cuirasse; c’est-à-
recevez les sept espèces de libations é : soyez- dire. cette couche de libations qui est jetée sur le feu, et
qui l’enveloppe d’une fumée comparée à un nuage. C’est
nous favorables; soyez favorables à tous les êtres,
l’arc avec sa corde ; c’est-a-dire, le brasier qui, sous le
bipèdes ou quadrupèdes. souffle du vent, se rétrécit et s’élargit. C’est la flèche;
c’est-adire, la flamme qui part du foyer et s’amincit en
1. Voy. page 4l, col. 2, nota l. pointe. C’est le carquois ; c’est-à-dire, le foyer, qui réunit
2. Voy. page 95, col. 1, note 4. la masse de la flamme.
3 Acourya. 5. Le mot que porte le texte est ârtm’, qui me semble
4 Saptaratnâni. Voy. page 146, col. 2, note 6. identique avec ârtti, tel que le porte le Dictionnaire de
[Loch L] RlG-VÉDA. -- SECTION CINQUIÈME. 347

à. Le carquois (d’Agni) est le père d’un grand est comme la vache attachée avec ses veaux.
nombre de flèches; ses enfants résonnent en se Dans le lieu où s’empressent à la fois les divers
heurtant contre leurs frères. Le carquois, attaché ministres (du sacrifice), que les flèches (d’Agni)
sur le dos (d’Agni), produit une troupe retentis- s’élancent pour notre protection!
sante qui lui assure le triomphe. y 12. O (flèche) aiguë, protège-nous de tout côté,
6. Assis sur son char t, l’excellent écuyer et couvre nos corps. Que Soma soit notre maltre,
pousse en avant ses coursiers dans la direction qu’Aditi nous donne le bonheur!
qui lui convient. Sa pensée mesure la longueur 13. (Agni a aussi ses coursiers), dont ( les prêtres)
des rênes, qui modèrent leur ardeur. frappent et la tète et la croupe. Directeur de ces
7. Les coursiers s’élancent avec les chars; de sages coursiers,excite-les dansleurs nobles ébats l.
leurs sabots féconds ’ jaillit la lumière; ils ren- 14. Comme un serpent.enveloppe le bras de
dent mille bruits sourds, et de leurs pieds de son corps, (l’arc) avec sa corde entoure la flèche,
devant foulent et terrassent leurs ennemis. et appuyé sur le bras, il porte des coups sûrs.
8. L’holocauste est porté sur son char; là, où Que les flèches intelligentes s’unissent en un
nous apercevons son arc et sa cuirasse, venons faisceau vigoureux et protecteur.
chaque jour nous asseoir; et prés de ce char for- 15. La flèche a une tête de fer, et sa pointe ar-
tuné déployons notre zèle. rache des soupirs. Honneur et adoration à la flèche
9. Les Pitris (ou pères d’Agni) s sont assemblés divine qui va semer les nuages ’l
pour recevoir l’offrande et la douce (libation); 16. 0 (Flèche) meurtrière, aiguisée parla Prière
entourés des mortifications de la pénitence et de sainte, pars avec vigueur. Va attaquer nos enne-
la puissance des rites, grands et profonds, vain- mis, et ne nous livre pas à leur haine.
queurs et invulnérables, doués d’une force par- l7. Dans l’endroit où ces flèches se pressent
faite, environnés d’une troupe (de rayons), et toutes à la fois, telles que de jeunes héros à l’ai-
fameux par la vigueur de leurs traits. grette (éclatante), que Brahmanaspati, qu’Aditi
10. Ces Pitris sont enfants de prêtres t, et ho- nous accorde son secours; oui, qu’elle nous ac-
norés par le soma. 0 Ciel et Terre, (dieux) bien- corde chaque jour son secours.
faisants, soyez-nous propices! Que, grandi par le 18. (O Agni), je couvre tes nerfs d’une cuirasse 3;
sacrifice, Poûcban nous protège contre le mal! que le royal Soma vienne te revêtir de son am-
Que le méchant ne devienne jamais notre maltre! broisie. Que Varouna augmente ta grandeur; que
il. La flèche (d’Agni), garnie d’une plume écla- les Dévas, ô (dieu) vainqueur, te jettent dans une
tante, (ressemble) a l’animal des bois qui menace (sainte) ivresse.
de sa corne. La flamme, qui enfante (ces flèches), 19. Que notre ennemi, qu’il soit notre parent
ou un étranger, soit poursuivi par tousles dieux.
H. Wilson. Or, le sans que ce Dictionnaire donne au mot
("tu est and cf une bow, traduction assez obscure qui Que la Prière sainte soit pour moi une cuirasse.
semblerait plutôt indiquer la pointe, la corne de l’arc.
Je pense qu’il est ici question des deux points qui sont au HYMNE KV.
milieu du bois de l’arc et de la corde, et qui ne s’éloi-
gnent que pour chasser la flèche. A AGI", un "arcures.
l. Nous savons que le char d’un dieu, c’est le feu du
sacrifice, comme ses chevaux, ce sont les rayons qui (Ultra : Vlrât et Trichtoubh t.)
jaillissent du feu.
2. Le texte porte le mot pâm’, qui veut dire main; et l. Les prêtres ont enfanté l’illustre Agni; leurs
nous avons vu que ce mot, quand il s’agissait d’une mains ont extrait du sein de l’Aranl ce (dieu)
divinité resplendissante, était synonyme de rayon.
Comme il est ici question de coursiers, le mot sabot nouveau-venu. ce maltre de maison qui fait briller
remplace le mot main. au loin ses rayons.
3. (les Pin-ù. dit le commentaire, sont les gardiens 2. (Les ministres du sacrifice, appelés) Va-
du char; il ne donne pas d’autre explication. Section l,
lecture vu, hymne xu, il est aussi fait mention de sous 5, ont dans sa demeure établi le resplendis-
Pitrs’s,que le commentateur confond avec les Pitris Agni-
chwdttas. Je pense qu’ici, comme dans le passage cité, 1. Il est évident qu’il est ici question des flammes du
les Paris sont les Feux (Agnayah), pères d’Agni, allumés sacrifice, produites et dirigées par le prêtre.
par la. piété des prêtres, et par conséquent considéré; 2. Pardjanyare’tas, épithète donnée au rayon d’Agni,
comme leurs enfants. Le mot brahmane signifie fils du qui pompe l’eau dont est formé le nuage.
brahman, du prêtre. Les Pitris pourraient être aussi 3. C’est la libation jetée sur le corps d’Agni.
les Dévas Angine et autres, regardes comme les Pères A. Un manuscrit intercale ici un chapitre qui n’est
de quelques-uns des prêtres. qu’un index des Vargas de la première lecture.
a. Voy. la note précédente. 5. Ce mot signifie qui consolide. qui établit. C’est le
348 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. (tact. I.)

saut Agni pour le salut de tous; il réside dans vigoureux et se complaît dans l’hommage de
chaque maison, toujours nouveau, toujours digne l’hymne immortel, qu’il triomphe de tous les
de nos hommages. autres feux.
3. 0 Agni toujours jeune, brille pour nous et 15. Agni nous grd ’e contre le méchant. Qu’il
allume ta flamme éternelle. D’innombrables délivre du mal celui qui allume son foyer. De
coursiers t s’approchent de toi. nobles etgénéreux (sacrificateurs) l’environnent.
4. Dans le lieu où sont assis les nobles mi- 16. Agni est celui que nous avons invoqué
nistres (du sacrifice), les Feux célestes ont uni tant de fois, dont un maltre (de maison), l’holo-
leurs belles et vigoureuses clartés à celles de nos causte à la main, allume les feux, qu’entoure de
feux (terrestres). ses hommages le sacrificateur.
5. 0 puissant Agni, accorde à nos prières une 17. Chefs de famille, nous t’invoquons sans
opulence honorable, que soutienne une belle race cesse, 0 Agni, et avec instance. Nous te présen-
d’enfants et de serviteurs, et que le génie du tons dans le sacrifice les deux genres d’amandes.
mal * ne vienne point renverser. 18. Invincible Agni, charge-toi de porter aux
6. Le sacrificateur généreux qui, le matin et dieux ces magnifiques holocaustes que nous of-
le soir, lève la coupe remplie de la libation, est frons en leur honneur. Que nos (présents) arri-
accueilli par la flamme (d’Agni), riche en trésors. vent jusqu’a eux, et soient agréés.
7. 0 Agni, brûle nos ennemis de ces traits dé- 19. 0 Agni, ne nous livre pas au malheur
vorants dont tu as brûlé Djaroûtha *. Repousse d’être privés d’enfants; ne nous livre pasà la
la Maladie gémissante. pauvreté mal vêtue, à la faim, au Rakchasa.
8. 0 Agni, (dieu) bon et pur, brillant et lumi- Préserve-nous du danger dans nos maisons et
neux, (touché) de nos louanges, protège celui dans la foret.
qui allume tes feux. 20. 0 divin Agni, exauce mes prières, accorde
9. 0 Agni, touché de nos louanges, protège les l’abondance à tes riches (adorateurs). (Prêtres et
mortels pieux et attachés aux Pitris é, qui sou- pères de famille), comble-nous également de tes
vent allument tes feux. dons. (0 Dieux), couvrez-nous toujours de vos
10. Qu’ils triomphent de toute la magie des bénédictions.
Asouras dans les combats livrés à Vritra, ces no- 2l. 0 Agni, objet de nos invocations, enfant
bles héros qui applaudissent à mon œuvre de la Force, charme de notre vue, brille d’une
sainte. heureuse clarté. Tu es à jamais notre enfant t;
11. 0 Agni, nous sommes tes serviteurs. Puis- ne nous brûle pas. Qu’un héros, aussi généreux
sions-nous ignorer la pauvreté! Puissions-nous (que toi), ne se sépare pas de nous.
être environnés d’une race vigoureuse, 0 (Dieu) 22. 0 Agni, ne nous invite pas à allumer ces
domestique, et voir dans nos maisons une heu- feux que préparent les Dévas, pour nous aban-
reuse famille! donner seuls au poids de la peine. Pour l’oubli
12. Quand (Agni), doué de rapides coursiers, d’un dieu tel que toi, o enfant de la Force, que
daigne visiter notre sacrifice, il nous accorde une , nos ennemis ne nous accablent pas.
maison habitée par une nombreuse famille, et 23. 0 brillant Agni, il (devient) riche, le mortel
par une lignée de nobles et vertueux enfants. qui apporte l’holocauste à un immortel (comme
13. Garde-nous, O Agni, contre l’horrible Rak- toi). Quand un maltre suppliant adresse sa prière
chasa; garde-nous contre le méchant, impie et à un dieu puissant, ce (dieu) lui ouvre ses
pécheur. Qu’avec ton secours je puisse vaincre trésors.
les armées (de mes ennemis)! 24. 0 puissant Agni, tu possèdes les plus
14. Dans ce lieu où (Agni), notre enfant, en- grands biens; apporte à tes serviteurs une large
touré de mets et de libations, se pare de rayons abondance, que nous conservions pendant de
longues années, heureux, invulnérables, entourés
nom que l’on donne a une classe de divinités. C’est d’une forte race.
plutôt une classe de prêtres, comme nous l’avons vu
établi pour les Marouts, les Angiras, etc. 25. 0 divin Agni, exauce mes prières; accorde
l. Voy. page 347, col. 2, note 1. Le commentaire dit que l’abondance à tes riches (adorateurs). (Prêtres et
ce sont les holocaustes (havimcht’).
2. Yâtoamâeân.
3. C’estle nom d’un Asoura. l. Allume chaque jour par les prêtres, Agni est leur
é. Voy. page 347, col. 1, note 3. enfant perpétuel.
(cm. 11.] RlG-VÉDA. - SECTION CINQUIÈME. 349

pères de famille), comble-nous également de tes nos feux soient droits; et, attentifs à nos invo-
dons. Et vous t, secondez-nous toujours de vos cations, soyez, parmi les dieux, les plus bienfai-
bénédictions.
sauts.
8. Que sur ce gazon viennent se placer les trois
déesses : Bhàratl avec les Bhàratis, [la avec les
Dévas, Saraswatl avec les Shraswatas, et Agni avec
LECTURE DEUXIÈME. les enfants de Manon; que tous ils se livrent en-
semble à la joie du sacrifice ’.
HYMNE l. 9. O divin Twachtri, hâte-toi de jeter en nous
ce germe fécond, d’où naîtra un enfant brave,
A AGI", PAR VABICIITBA. robuste, actif, aimant à plaire aux dieux et a faire
retentir le mortier (sacré).
(mm : Trichtoubh.)
10. 0 Vanaspati, honore les dieux. Qu’Agni,
1. 0 Agni, viens aujourd’hui amer notre foyer; sacrificateur, présente l’holocauste. Pontife ami
du sein d’une vénérable fumée lance une large de la justice, comme il connaît l’époque de la
splendeur. Va toucher la voûte céleste, et lutte naissance des dieux, qu’il leur adresse de légi-
avec tes rayons contre ceux du soleil. times hommages.
2. Au milieu de ces Dévas qui, pieux et purs, 11. Tes feux sont allumés, o Agni. Viens ici
maltres de la prière, préparent les deux espèces avec lndra, avec les dieux montés tous sur le
d’holocaustes, nous célébrons par des sacrifices même char. Qu’Aditi, mère d’heureux enfants,
la grandeur de l’adorable Naràsansa ’. que Swàhà , que les dieux immortels se placent
3. Nous voulons, en votre nom, glorifier tou- sur notre gazon et se livrent à la joie.
jours le noble et juste, le fort et intelligent Agni,
messager (placé) entre le ciel et la terre, (établi HYMNE Il.
parmi nous) tel que Manon, prêtant au sacrifice
ses feux allumés par Manon.
A AGI". un "arcures.
4. 0 prêtres, apportez vos offrandes avec un (une : Trichtoubh.)
pieux empressement; arrachez le gazon (sacré). l. Allumez avec joie les feux d’Agni, et chargez
Adorez à genoux, invoquez Agni dont le dos est ce dieu sacrificateur de l’office de messager, ce
arrosé des gouttes du abrita, et honorez-le avec (dieu) qui, établi fermement parmi les mortels.
l’holocauste.
juste, pur, distingué par sa chaleur brûlante, se
5. Que les ministres de l’œuvre sainte, avec nourrit du ghrita (sacré).
leurs prières et leurs cérémonies, ouvrent les 2. En sortant de l’enveloppe qui le couvre, il
portes (de l’enceinte divine), et attellent le char s’élance tel que le coursier qui bondit sur
du Sacrifice. Telles que deux vaches qui lèchent l’herbe. Il dévore (l’holocauste). Ses rayons s’a-
leur veau, telles que des rivières (qui baignent gitent au gré du vent. (0 dieu), ta cuirasse est
la campagne), que les deux libations du matin noire.
répandent leur liqueur onctueuse dans nos as- 3. 0 généreux Agni, tu viens de naître, et tes
semblées.
flammes immortelles se développent La fumée
6. Semblables a la vache nourricière, que les s’élève avec orgueil vers le ciel, pareille a un
deux grandes déesses, l’Aurore et la Nuit, riches messager. 0 Agni, tu t’avances vers ce dieux.
et adorables, viennent pour notre bonheur s’as- 4. Ta force éclate sur (le foyer) de terre, quand
seoir sur notre gazon. tes dents saisissent ta nourriture. Tes feux s’é-
7. Je vous appelle aussi à ce sacrifice, ê vous, lancent ainsi qu’une armée. O (Dieu) brillant, ta
ministres des œuvres saintes de Manon é, couple
sage et possesseur de tous les biens. Faites que 1. Ces idées se retrouvent dans les mêmes termes
sect. ll, lect. vin, hymne xi, st. 8. ll semble que lesDévas.
les Bbératis et les Sérasuatas soient les Rites et les
i. Je suppose que le poële s’adresse aux Dévas, aux Prières personnifiées, et élevés a la dignité de Richi:
prêtres.
divins. Je modifierais peut-être les explications que j’ai
2. Voy. page 48, col. l, note l. déjà. données sur les trois déesses, et, d’après l’étymo-
3. Je pense que ces deux divinités sont celles que dé- logie. je regarderais Bharatl comme présith aux of-
signe la note 9, page 135, col. l. On leur donne les frandes, ne. aux hymnes ou bien aux mets sacrés, et
épithètes du dieu Agni.
Saraswatl aux prières des libations.
350 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Lat IL]
flamme dévore le bois comme elle dévorerait (la mortels. (0 Dieu) puissant, ne nous fais aucun
paille) d’orge. mal. Puissions-nous toujours conserver ta bien-
5. C’est cet Agni toujours jeune, cet hôte bien- vaillance!
veillant, semblable a un rapide coursier, dont on 5. Agni s’est assis au foyer préparé par les Dé-
allume les feux le matin et le soir. Au sein de son vas, et il a par ses œuvres sauvé les Amritas t.
foyer éclate la splendeur de ce (dieu) magnifique, Enfant des plantes et des arbres ’, il soutient tout,
objet de nos invocations. et il est soutenu sur (un foyer) de terre.
6. 0 (Dieu) resplendissant, la forme est magni- 6. Agni est le maltre de l’ambroisie; il est le
fique, quand tu brilles près de nous tel que l’or.. maltre de la richesse. C’est lui qui donne une
Tu résonnes comme le tonnerre qui descend du forte famille. (0 Dieu) puissant, ne souffre pas
ciel, et ta lumière charme les yeux, semblable au que nous, tes serviteurs, nous soyons sans en-
soleil. fants, sans beauté, sans sacrifices.
7. En votre nom, nous honorons Agni par des 7. Puissions-nous être entourés des faveurs du
prières et des offrandes de beurre. Daigne donc, bienveillant (Agni)! Puissions-nous jouir d’une
o Agni, nous conserver par tes splendeurs infi- opulence continuelle! 0 Agni, nous ne sommes
nies. Qu’elles soient pour nous telles que cent pas issus d’une race étrangère et impie. Ne choisis
villes de fer. que la route qui conduit vers nous.
8. Par ces (flammes) que tu sais rendre invin- 8. S’il n’était point du même sang que nous,
cibles en faveur de ton serviteur, par ces prières Agni viendrait en vain chercher nos offrandes
auxquelles tu accordes le bienfait d’une race vi- et nos hommages. Il a des droits à la demeure
goureuse, o fils de la Force, o possesseur de tous que nous lui réservons; qu’il se présente à nous,
les biens, conserve-nous, chantres et chefs de fa- ce (dieu) fort, triomphant, adorable!
mille. 9. O puissant Agni, défends-nous contre notre
9. Quand, pareil a la hache aiguisée, il appa- ennemi et contre sa haine. Que vers toi s’élève un
ralt avec son corps pur et brillant, ce (dieu) saint pur holocauste; que (vers nous descendent) des
et adorable ne sort du sein de l’Aranl que pour richesses innombrables et enviées.
servir aux besoins du sacrifice. 10.0 Agni, brille pour notre bonheur; que
10. O Agni, brille pour notre bonheur. Que nous nous obtenions de toi force et prudence. Que tout
obtenions de toi force et prudence. Que tout réus- réussisse à ceux qui te chantent et à celui qui
sisse à ceux qui te chantent et à celui qui t’ho- t’honore. Et vous, secondez-nous toujours de vos
bénédictions.
nore. Et vous, secondez-nous toujours de vos bé-
nédictions.
HYMNE 1V.
HYMNE tu. A AGI", PAR VASIGII’I’BA.

A AGNI, PAR vastcnsna. (Hétu : Trichtoubh.)

(Hêtre : Trichtoubh.) l. Présentez la prière au puissant Agni, maltre


du ciel et de la terre, (au dieu appelé) Vêswd-
l. Présentez le saint holocauste et la prière à
mira 5, qui, en présence de tous les Amritas qui
Agni, foyer de lumière éclatante, qui avec sagesse
l’ont éveillé, prend un (rapide) accroissement.
pénètre tous les êtres et divins et humains.
2. Agni est l’objet de nos vœux. ll est au ciel
2. Qu’il apparaisse triomphant, ce prudent Agni
et sur la terre; il conduit les Ondes, il féconde
qui, toujours jeune, nalt du sein de l’Aranl, qui
les nuages. Vêswanara illumine la race de Manon,
s’unit au bois, et de sa dent brillante consume
tous les aliments qu’on lui donne.
et grandit avec ses bienfaits.
3. Tremblant devant toi, les noues tribus é ont
3. Les mortels (ont placé) ce dieu éblouissant
sur un trône, et ils ont choisi sa bouche pourlui 1. Les mots Dévas et Amrilas s’appliquent ici aux
confier leurs offrandes. Agni a reçu les présents personnes occupées des sacrifices.
2. Agni a été nourri par le suc des plantes, et s’est
des hommes, et, terrible (pour ses ennemis), a accru aux dépens des branches d’arbre qui composent le
(doucement) brillé pour Ayou. bûcher.
4. Ainsi le sage et prudent Agni vit au milieu 3. Voy. page 78, col. 1, note é.
é. Ce sont les Asouras. couverts de nuages qui obscure
des insensés; l’immortel Agni reste au milieu des cissent l’air.
[Loch 11.] RIG-VÉDA. - SECTION CINQUIÈME. 35l

fui sans tenter le combat et ont abandonné les de la montagne (céleste) l, roi du ciel et de la
aliments qu’elles avaient recueillis. O Agni, o terre. Et moi aussi, je célèbre les exploits anti-
Véswànara, tu as brillé pour Poùrou, et fendu ques d’Agni brisant les villes (célestes).
avec éclat les villes célestes. 3. Agni a dispersé ces Dasyous impies et inso-
1. 0 Agni, o Véswànara, les trois (mondes), la lents, ces Panis sans foi, sans droiture, sans reli-
terre, le ciel, (et l’air), sont ton ouvrage, et s’at- gion; apparaissant à l’orient, il a précipité ces
tachent à ta suite. Par ta lumière tu as étendu sacrilèges.
le ciel et la terre. Tu brilles d’une splendeur 4. Je chante Agni, ce maltre de la richesse, ce
immortelle. héros invincible et’triomphant, dont la force a
5. O Agni, les rapides (Libations) et les Prières, donné, aux nations plongées dans les ténèbres
remplies d’une (sainte) agitation et couvertes de de l’occident, les heureuses lumières de l’orient.
ghn’ta, te recherchent et te suivent, t01, Véswà- 5. Le grand Agni a dompté par ses armes les
nara, maltre des nations, étendard des aurores et formes (magiques des Asouras); il a créé les Au-
des jours, et conducteur d’un char rempli de rores, épouses du (lumineux) Arya ’. Il a vaincu
richesses. ceux qui enchatnaient (les nuages) 3, et par sa
6. 0 Agni, o toi qui fais la gloire de tes amis, puissance il a don né aux hommes leurs dépOuilles
les Vasous ont mis en toi un souffle de vie * : ils 6. Tous les peuples implorant sa bienveillance
se sont plu à orner ta force. Tu as chassé les viennent par leurs œuvres mériter sa protection.
Dasyous; tu as créé pour l’Arya une large lu- Agni Véswànara s’est établi pour notre bonheur
mière. entre le Ciel et la Terre, nosdeux grands parents.
7. 0 possesseur de tous les biens, tu nais 7. Le divin Véswànara, au lever du soleil, nous
aussi, tel que le Vent, dans la région élevée, et donne les biens qui appartiennent au domaine de
tu parcours en maltre (le séjour) des Ondes cé- l’air. Agni nous livre les trésors des régions in-
lestes. Tu enfantes les mondes; tu résonnes (dans férieures et supérieures, de l’air, du ciel et de la
le nuage), et jettes tes présents a ceux que tu as terre.
produits. .
8.0 Agni, o Wéswànara, possesseur de tous HYMNE V1.
les biens, ami de tous les êtres, envoie-nous une A un", un VASICHTHA.
brillante abondance, et augmente ainsi la richesse
et la gloire du mortel (qui t’honore). (Hêtre : Trichtoubh.)
9. 0 Agni, daigne nous accorder, à nous qui i. Pour vous j’invoque dans ma prière le divin,
sommes tes riches (serviteurs), une magnifique le victorieux Agni, rapide comme un coursier.
opulence et une forœ renommée. 0 Agni, o Vés- (Dieu) sage, deviens le messager de notre sacri-
wànara, partage les plaisirs (du sacrifice) avec fice. On sait que de tous les dieux (Agni) est le
les Roudras et les Vasous, et mets le comble à plus clément.
notre bonheur. 2. Viens, Agni, suis avec bonheur la voie qui
t’appartient, et honore les dieux nos amis. Sous
HYMNE V.
les puissants rayons tu fais gémir lehaut (bûcher
A AGI", PAR VABICII’I’IA. qui couvre ton foyer) de terre, et tes dents con-
sument toutes les branches.
(Hêtre : Trichtoubh.) 3. Le sacrifice est tourné du côté de l’orient.
i. Je chante la gloire et les hauts faits d’un roi
1. J’ai rendu ainsi le mot adri, que le commentateur
qui donne la vie *, d’un héros que les nations cé- entend par chantre, dévot (sinh-i. âdûtn’).
lèbrent avec ivresse, d’un (dieu) aussi fort qu’in- 2. Nous avons, page 61, col. 2, note 2, donné le sans
du mot Arya, et nous y avons vu que c’était quelquefois
dra. J’adore et je chante celui qui brise (les villes une épithète d’indra. Ici ce même mot s’applique au
célestes). Soleil, qui est le maltre et l’époux de l’Aurore.
2. (Les prêtres) glorifient le (dieu) sage, éten- 3. Je rencontre ici le mot nahouch, qui signifie
vinions. et qui me semble un synonyme d’Asoura.
dard (du sacrifice), soutien (du monde), flambeau L’Asoura retient l’eau du nuage; Agni délivre cette eau.
a et la donne aux hommes. Le sens que je donne à.
1. Asouryam. Pour le mot Vasous, voy. plus haut, nahouch, dont le commentaire fait un nom de roi, con-
page 347, col. 9, note 5. firmel’explication que j’ai tentée du mot nôhoucha.
2. Amar-a. page 300, col. 1, note 1.
352 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch IL]

Le gazon a été préparé. Agni, (attendu) comme un louanges devons-nous t’entourer? Quels sacrifi-
sacrificateur, est doucement invitéipar nos louan- ces, quels hymnes peuvent t’attirer? 0 (Dieu)
ges. Je m’adresse avec respect à ces vénérables libéral, comment deviendrons-nous maîtres de
mères î d’où tu vas naître, ô (dieu) toujours la richesse et possesseurs d’un opulence du-
jeune et adorable. table?
4. Aussitôt les sages enfants de Manon ont en- 4. Agni est célébré par le sacrificateur, quand,
fanté celui qui va diriger pour eux le char du étendant sa large lumière, il brille comme le
sacrifice. L’heureux maître des peuples, Agni, aux soleil. Hôte divin, il s’est revêtu d’un grand éclat
paroles de miel, (au cœur) droit, est placé sur pour assister Potiron dans les batailles.
son foyer. 5. Nous t’avons présenté de nombreuses offran-
5. Il vient d’arriver, ilest établi dans la maison des. Allume tous tes rayons et sois-nous favora-
de l’homme, environné (de ses serviteurs), cet rable. 0 noble Agni , écoute nos hymnes, et,
Agni qui soutient tout, ce prêtre qui porte (nos content de nos louanges, amplifie ton corps.
offrandes), ce bienfaiteur dont le Ciel et la Terre 6. Que notre prière, accompagnée des deux
augmentent la grandeur, et que le sacrificateur espèces (de libations) î, s’élève en l’honneur
honore. d’Agni, et enfante pour nous des centaines, des
6. Cependant les prêtres, avec leurs holocaus- milliers de biens. Que ses chantres et le chef de
tes, développent toute la suite des prières ’; les famille obtiennent une félicité brillante, exempte
autres, aidés des femmes *, ont paré (l’enceinte de maladies, et défendue contre les Rakchasas.
sacrée) ; quelques-uns (par leurs chants) ont charmé 7. 0 Agni, ô fils de la Force, les Vasichthas
l’oreille des peuples; d’autres ont allumé les feux t’implorent comme maltre de la richesse. Donne-
de mon sacrifice. nous l’abondance, ànous, chantres ou seigneurs.
7. 0 Agni, ô fils de la Force, les Vasichthas Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédic-
t’implorent comme maître de la richesse. Donne- tions.
nous l’abondance, à nous, chantres ou seigneurs.
Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédic- HYMNE VIII.
tions.
A AGI", PAR VASICBTBA.
HYMNE Vil. (Hêtre : Trichtoubh.)
A AGI", PAR YASICITIA. l. L’amant des Aurores’ s’est éveillé a leur
(Mètre : Trichtoubh.)
approche. Le (dieu) sacrificateur, sage et pur, au-
teur de tout bien, élève l’étendard qui dirige les
i.Les feux du royal Agni, du (divin) Arya deux espèces d’êtres a; (il porte) les holocaustes
sont allumés au milieu de nos invocations; sa
face est arrosée de ghrs’ta. Les prêtres assemblés
pour les dieux, et la richesse pour (les hommes)
pieux.
le chantent en lui offrant l’holocauste. Agni a
2. Ce (dieu) puissant, (appelé) Damoûnas, force
brillé avec les Aurores.
2. L’heureux sacrificateur, le magnifique Agni les portes des Panis, et nous ouvre une source
se lève, et sa grandeur est proclamée par Manon.
abondante de biens. Heureux sacrificateur, en fa-
veur des serviteurs qui l’honorent, il apparaît et
Il développe ses rayons; placé sur (le foyer) de
chasse les ténèbres.
terre, le (dieu) dont la trace est noire croit aux
dépens des plantes (qu’il dévore). 3. Fort, sage, magnifique, brillant et solide, il
est pour nous un ami, un hôte bienveillant. Paré
3. 0 Agni, de quelles offrandes, de quelles d’un merveilleux éclat, il resplendit en face des
1. Ce sont les deux pièces de l’Aranl. qui vont sn-
fanter Agni. Le commentateur applique ce passage au 1. Traduction du mot Dwibarhàh, auquel le com-
Ciel et a la Terre. mentaire donne le sans ordinaire de tenantà deus;
2. Mantm. mondes, ou celui de possédant la science et l’œuvre.
3. Je traduis ainsi naryyâh, malgré l’avis du com- 2. Je suppose que l’amant de l’Aurore est le Soleil.
mon taire, qui ne regarde ce mot que comme synonyme Letarte porte le mot djârah, qui signifie corrupteur. et
de "arak, manouchyûh. Dans cette circonstance, la que le commentaire entend par destructeur : le Soleil
maîtresse de la maison intervient avec ses femmes pour par son éclat détruit l’Anrore.
les ornements du sanctuaire. Elles apportent surtout des 3. Suivant le commentaire. ce sont les bipèdes et les
fleurs. quadrupèdes, ou bien les hommes et les dieux.
[me IL] RIG-VEDA. - SECTION CINQUIÈME. 353

Aurores. Enfant des Ondes, il pénètre au milieu sager que les riches (pères de famille) emploient
des branches (du foyer) l. pour honorer les dieux;
1. Pour vous a brillé (le dieu) adorable. et pos-
sesseur de tous les biens; il vient et se confond H YM NE X.
avec les enfants de Manon. Il s’entoure d’un ad-
mirable éclat. Il s’enflamme, et les Vaches (du A son, PAR vasicu’rua.
sacrifice) l’ont éveillé.
(Hem : Trichtoubh.)
5. Viens, ô Agni, (et remplis) ton office de mes-
î. Tu es le grand héraut du sacrifice; les Im-
sager : n’offense pas les dieux. Présente-toi devant
mortels n’éprouvent aucun plaisir sans toi. Arrive
eux avec la troupe pieuse qui les honore. Pour.
avec tous les dieux sur le même char. O Agni,
nous faire obtenir leurs bienfaits, sacrifie à Sa-
raswatl, aux Marouts,aux Aswins, a tous les dieux.
tu es le premier des sacrificateurs; assieds-toi
en ce lieu.
6.0 Agni, ô fils de la Force, les Vasichthas
2. Tu viens pour exercer tes fonctions de mes-
t’implorent comme maître de la richesse. Donne-
sager, et les enfants de Manou, l’holocauste à la
nous l’abondance, a nous, chantres ou seigneurs.
main, t’adressent leurs louanges. O Agni, donne
Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédic-
des jours sereins a celui dont le gazon (sacré) le
tions.
reçoit avec les dieux.
3. Trois fois (par jour) on dépose en toi le trésor
HYMNE 1X.
de la libation, pour te disposer en faveur du mor-
A un", PAR VASICHTHA. tel ton serviteur. Tel que Manon, ô Agni, honore A
les dieux. Sois notre messager et notre défen-
(lare : Trichtoubh.)
seur.
î. Tel que l’amant de l’Aurore, le (dieu) pur et 4. Agni est le maître du large sacrifice; Agni
fécond, lumineux et resplendissant, élargit ses est le (gardien) des holocaustes. Les Vasous ornent
rayons : il développe tous ses feux, et vient à la son œuvre, et les Dévas le prennent pour porter
prière de ses serviteurs. leurs offrandes.
2. Comparable au soleil, Agni a brillé avec l’Au- 5. O Agni, amène les dieux pour qu’ils mangent
rare qui couvre (le ciel). De même que les prêtres l’holocauste. Qu’ils se livrent a la joie avec lndra,
préparent la prière, lui, il apprête le sacrilice. leur chef. Présente notre sacrifice aux dieux ha-
Sage messager, divin bienfaiteur, il vient vers bitants du ciel. Et vous, secondez-nous toujours
les hommes et monte vers les dieux. de vos bénédictions.
3. Les Prières et les Invocations, dans leur désir
du bonheur, s’élèvent vers les dieux et ac- HYMNE xi.
courent vers Agni, maltre des enfants de Manon,
porteur de l’holocauste, hôte agréable et char- A un", un vsstcarux.
mant. (sur: : Trichtoubh.)
Il. O Agni, amène-nous Indra avec les Vasous, l. Venonsavec nos hommages respectueux vers
le juste Roudra avec les Roudras, Aditi, la mère le (dieu) toujours jeune, dont les feux sont allu-
commune, avec les Adityas, le riche Vrihaspati més dans sa demeure, (vers ce dieu) qui brille
avec les vénérables (Dévas) ; et partage avec eux
magnifiquement entre le Ciel et la Terre autour
les plaisirs (du sacrifice). de lui étendus, invoqué par nos prières et heu-
5. Les peuples apportent leurs louanges et leurs reusement accessible.
vœux, au milieu des sacrifices, à cet Agni tou- 2. Agni, possesseur de tous les biens et par sa
jours jeune, a cet heureux sacrificateur. C’est lui grandeur vainqueur de tous les maux, est loué
qui, le matin et le soir ’, est l’infatigable mes- dans son séjour. Qu’il nous conserve, nous chan-
tres ou chefs de maison, contre toute infortune,
1. Nous avons vu ce que cette phrase signifie : Agni, contre toute inimitié.
fortifié par les libations, s’étend vers le bois de son
bûcher, qui l’alimente et l’accrolt. 3. 0 Agni, tu es Varouna, tu es Mitra. Les Va-
2. Je rends ainsi I’épithète Irehapâoân, qui littérale- sichthas par leurs prières te glorifient. Qu’en toi
ment signifie nocttbus prœditus. Les sacrifices ont lieu
pnucipalement a la fin et au commencement des nuits, se trouvent accumulés tous les biens. Et vous.
c’est-a-dire, le matin et le soir. secondez-nous toujours de vos bénédictions.
354 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Loch u.)

arum; xu. 3. Qu’Agni conserve de toute part notre bien.


Qu’il nous garde contre le mal. .
A sont, PAR VASIcurnA. 4. Je chante un hymne nouveau en l’honneur
d’Agni, épervier céleste. Qu’il nous comble de ses
(Hêtre : Trichtoubh.)
riches présents.
î. Apportez vos hymnes et vos prières a Agni, 5. O Agni, au milieu des feux du sacrifice, tes
source de toute pureté, gardien de nos vœux, trésors brillent à la vue; ta richesse ressemble à
vainqueur des Asouras. Je viens, par l’holocauste, celle (d’un père de famille) entouré de ses enfants.
charmer Vêswàuara qui est assis sur le gazon 6. Qu’Agni accoure à la voix de ceux qui disent
(sacré), et disposé à remplir nos souhaits. l’achat; que ce (dieu) pontife et porteur de l’ho-
2. 0 Agni, tu nais, et déjà tu remplis de ta locauste exauce nos prières.
splendeur le ciel et la terre. O Vêswànara, posses- 7. 0 Agni, ô divin maître des nations, nous
seur de tous les biens, par ta grandeur tu délivres t’invoquons par nos vœux, dieu brillant et fort.
les (levas de leur ennemi. .
3. O Agni, à peine es-tu ne, que, maître des
8. Brille nuit et jour; nous allumons tes feux
éclatants. Sois a nous avec toute ta force.
mondes, tu les parcours, comme le pasteur visite 9. Pour obtenir tes présents, les sages viennent
ses troupeaux. O Vêswànara, accorde-nous le fruit t’honorer parleurs œuvres. L’immortelle(Prière) t
de notre œuvre sainte. Et vous, secondez-nous (accourt) vers toi avec ses mille offrandes.
toujours de vos bénédictions. 10. L’immortel et adorable Agni, clair et bril-
lant, exempt de souillure, auteur de toute pureté,
HYMNE X111. met en fuite les Rakchasas.
A AGNI, J’AI VAIICB’I’EA.
il. 0 maître, enfant de la Force, et toi, Bhaga,
apportez-nous la richesse, et donnez-nous l’opu-
(Mares : Vrihstf et Trichtoubh.) lence.
î. Honorons le pur et brillant Agni, le dieu 12. 0 Agni, et vous, divin Savitri, Bhaga et Diti,
accordez-nous une glorieuse famille et l’abondance
possesseur de tous les biens, et, allumant le feu
(sacré), adressons-lui nos invocations et nos ho- de tous biens.
l3. O divin et immortel Agni, garde-nous con-

locaustes. ,
2. 0 vénérable Agni, nous voulons allumer le
feu en ton honneur; nous voulons t’apporter nos
offrandes avec nos louanges. O divin sacrificateur,
tre le mal, et brûle tes ennemis de tes traits dé-
vorants.
M. Protège tes serviteurs, et que ta protection
ô foyer d’une heureuse lumière, nous (t’offrons) soit grande, forte comme le fer, invincible, infinie
le beurre du sacrifice et l’holocauste. ’ dans sa munificence.
3. Viens à nous avec les dieux; (entends) nos 15. (Dieu) indomptable, conserve-nous nuit et
invocations, et sois avec nous quand nous disons jour coutre le mal,nuit et jour contre le méchant.
l’achat 1. Nous voulons être les serviteurs d’un
dieu tel que toi. Et vous, secondez-nous toujours .HYMNE KV.
de vos bénédictions.
Il sont, Pan VASICITHA.
HYMNE XIV.
(Mètre : Vrihatf.)
A AGI", tu! VASICHTHA.
î. En votre nom j’invoque dans ce sacrifice
(Mètre : Gâystri.) l’immortel Agni, le petit-fils de la Force, maître
i. Venez, et déposez l’holocauste dans la bou- intelligent et dévoué, messager de tous les (dieux),
che du (dieu) libéral, qui est notre premier pa- honoré par de riches sacrifices.
2. Il attelle ses deux (coursiers) brillants et
rent. .
2. Pour le bonheur des cinq espèces d’êtres a,
ce maître de maison, sage et jeune, vient s’asseoir
doués de tous les biens. Il accourt à notre prière,
et le Sacrifice, avec ses rites et ses cérémonies,
dans nos demeures. (accueille) le maltre des richesses, le bienfaiteur
des peuples.
1. Exclamation du prêtre qui fait I’offrande.
2. Voy. page 45, col. 1, note 1. 1. Elle porte le nom d’Akcharà.
[un [1.] RIG-VEDA. - SECTION CINQUIÈME. 355

3. Le (dieu) libéral est invoqué, et sa splendeur 2. Qu’on ouvre les portes (de l’enceinte sacrée)
éclate. La fumée s’élève, mêlée de vives lueurs, qui attendent (les dieux). Amène ici ces dieux
et va toucher le ciel. Les prêtres ont allumé les qui aiment (nos offrandes).
feux d’Agui. 3. O Agni, possesseur de tous les biens, viens
1. Ainsi nous te choisissons pour être un glo- avec l’holocauste, honore les dieux, et fais agréer
rieux messager. Amène les dieux au sacrifice. 0 nos sacrifices. *
fils de la Force, accorde-nous tous les biens (que 4. Que le possesseur de tous les biens fasse
peut désirer) un mortel : c’est pour cela que nous agréer nos sacrifices; qu’il honore les dieux, et
venons a toi. réjouisse les Immortels.
5.0 Agni, tu es dans le sacrifice le maître de 5. 0 (Dieu) sage, donne-nous tous les biens.
maison et notre pontife. O (Dieu) sage, magnifi- Que nos prières soient aujourd’hui exaucées.
que et purifiant, remplis ta fonction de prêtre, et 6. O Agni. ô petit-fils de la Force, les Dévas
conduis-nous à la richesse. t’ont constitué le porteur de l’holocauste. ,
6. 0 (Dieu) puissant, accorde a celui qui t’offre 7. Présentons nos offrandes à un dieu tel que
le sacrifice une heureuse opulence; car c’est toi toi. Prends, et donne-nous à ton tour tes pré-
qui donnes l’opulence. Encourage, au milieu de cieuses richesses.
nos cérémonies, et les prêtres et celui qui par
ses louanges exalte ta grandeur. HYMNE XVII.
7. DAgni, objet de nos invocations, que les A tuons. un vsstca’rna.
maîtres (du sacrifice) obtiennent ta bienveillance.
(une :Trlcbtoubh.)
Ces riches conducteurs des peuples ont des trou-
peaux de vaches à donner. l. 0 lndra, les chantres, nos pères, quand ils
8. O (Dieu) puissant dont les oreilles s’abaissent ont eu recours a toi, ont toujours obtenu la for-
pour nous entendre, lia l, le ghrita a la main, tune. En toi se trouvent les vaches nourricières,
siégé dans nos demeures au milieu de l’abondance et les coursiers (rapides). Tu es, pour un servi-
(des offrandes). Protégé-nous contre l’ennemi, teur pieux, la source de tous les biens.
contre le méchant. Accorde-nous ton secours. 2. (Dieu) sage et prudent, tu es entouré de tes
9. O prudent Agni, ta bouche, ta langue agréa- Lueurs comme un roi de ses femmes. 0 Magha-
ble reçoit (nos présents). Apporte-nous la ri- van, fais le bonheur et la fortune de tes servi-
chesse, a nous maîtres (du sacrifice), et fais le teurs, en nous donnant la beauté du corps, des
bonheur de celui qui te présente l’holocauste. vaches, des chevaux.
îO. 0 (Dieu) adorable, défends contre le mal 3. Près de toi arrivent à l’envi les Prières, qui
ceux qui, avec l’espoir d’une grande renommée, honorent et réjouissent les dieux. Que ta richesse
prodiguent les présents de chevaux et de riches- vienne jusqu’à nous par une route facile. 0 Indra,
ses : entoure-les de tes secours protecteurs. puissions-nous obtenir ta bienveifiance et ton se-
il. Le dieu possesseur de tous les biens attend cours!
de vous de copieuses offrandes. Arrosez-le (de A. Tu es comme une vache dans un bon patu-
ghrita); rassasiez-le (de vos mets); Agni se rage, et que Vasichtha a voulu traire. C’est pour
y charge de vos holocaustes. cela qu’il t’a entouré d’hommages. Tu es mon
12. Les Dévas ont institué ce (dieu) sage comme maître, et tout le peuple te dit : a Qu’Indra nous
pontife, comme porteur (des offrandes). Qu’Agni accorde sa bienveillance! r
accorde au peuple, qui le sert et qui l’honore, la 5. Indra a pour Sondes rendu guéables les on-
richesse et l’avantage d’une forte famille. des d’une rivière débordée i. Dignement célébré
par Outcbatha î (son chantre), il s’est déclaré
HYMNE XVl. l’ennemi du superbe Simyou é, qui avait lancé
une imprécation contre les eaux.
A AGI), PAR VASICETHA.
(lares : Trichtoubh et Dwipadê.) page 349, col. 2, note î. Le commentaire croit qu’elle
préside aux mets sacrés, Annadévalà, havirlakcltaud.
î. Que les feux d’Agni s’allument au bois du 1. Le commentaire semble indiquer que cette rivière
s’appelle Paronchni : c’est le nom du nuage.
foyer. Qu’on étende le gazon. 2. Ce mot signifie chantre, stotrs’; suivant le commen-
taire, ce serait un nom commun.
1. lia est une déesse du sacrifice. Voy. plus haut. 3. Je suppose que c’est le nom d’un Asoura.
356 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Luc 11.]

6. L’Yakchou Tourvasa l est venu comme les autour d’un ami déclaré, les nourrissons de Prisni,
poissons attirés (par l’appât); il a voulu conqué- lancés par elle, se sont empressés, pareils à des
rir l’abondance. Les Bbrigous et les Drouhyous coursiers bondissants.
s’élancèrent a l’envi, et, dans leur lutte, (Indra) il. Tel que le prêtre qui, pour le siégé (du sa-
fit triompher son ami. crifice), coupe (vingt et une) tiges de causa, le
7. Les (prêtres), épuisés par la pénitence et royal héros, Indra, pour satisfaire a son désir de
heureux dans leur dévotion, l’hymne pieux a la gloire, immole sur les deux bords (de la Pa-
bouche et la corne (noire a la main) *, après rouchnî) vingt et un (Asouras), et donne l’essor
avoir préparé l’holocauste, ont chanté les louan- aux Marouts l.
ges (d’lndra. Et le dieu) est venu avec les Trit- l2. C’est ainsi que le dieu, qui arme son bras
sous 3 combattre les Asouras. Partageant les de la foudre, frappe le célèbre Cavatcha, et le
plaisirs de l’Arya 1, il a amené les vaches (cé- grand Drouhyou ’ au milieu des eaux. Dans
lestes). cette enceinte (sacrée), ceux qui te sont dévoués
8. Les Asouras insensés ont desséché (le sein) et qui t’aiment se réjouissent (de ta victoire).
d’Aditi 5, et pris (les ondes de) la Paronchnî 6. l3. Aussitôt Indra a renversé toutes leurs for-
La Vache 7 (céleste) grandit, et couvre Prithivl a; teresses, et par sa force a brisé leurs sept villes.
le sage enfant de Tchayamàna 9 reste endormi. Il a donné (à la troupe) des Tritsous l la part des
9. Ils viennentdonc comme à une conquête as- enfants d’Anou f. Puissions-nous (également),
surée, et s’emparent de la Parouchnî. Mais Indra pour prix de notre sacrifice, vaincre le superbe
apparaît. En faveur de Soudas, dans (ce monde Poùrou 5.
de) Manon, il avaincu des ennemis remplis de 14. Les enfants d’Anou et les Drouhyous, qui
jactance et entourés d’une belle famille. avaient désiré les Vaches (célestes) , périrent,
10. Les (Marouts) allaient tels que des génisses malgré leur vaillance, au nombre de douze mifie
sans pasteur, éloignées du pâturage. Rassemblés soixante-six f. Telles sont les prouesses d’Indra
dignes de tous nos éloges.
1. Tourvasa est un ancien roi, dontil adéjà été ques- 15. Ces Tritsous, auxiliaires d’Indra, sont lan-
tion, et ordinairement protégé par Indra, excepté une fois.
Voy. sect. 1V. lect. vi, bym.xt. st. 7. Le mot Yakchouest, cés par lui, comme les ondes qui descendent (de
a ce qu’il parait, un nom de peuple : voy. p. 357, c. 1, n. 3. la montagne). Mais les vils (Asouras), tels que
Le commentaire, expliquant ce passage, rapporte qu’une des marchands intéressés, ont abandonné a Sou-
querelle survint entre Soudàs et Tourvasa, et qu’Indra,
sauvant Soudâs. tua Tourvasa. Dans ce cas les Bhrigous dàs tous les biens qu’ils possédaient 1.
sembleraient avoir été les partisans de Sondes, et les 16. Indra poursuit sur la terre le superbe en-
Drouhyous, ceux de Tourvasa. Suivant une autre ver- nemi de son serviteur, l’impie qui ne le connaît
sion, il paraîtrait que Tourvasa aurait été favorisé dans
un débat entre les Bhrigous et les Drouhyous, ou il n’est pas, et qui est avare d’offrandes. Il écrase de sa
pas question de Soudôs. Je croirais assez que les Bhri- colère les (vaines) colères, et il sait trouver le
gens représentent ici les [mitres du sacrifice, et les
Drouhyous, les Asouras vaincus par l’assistance d’lndra. chemin de la maison (d’un ami).
J’ai laissé è la traduction toute l’ambiguïté du texte. 17. Pour protéger (cet ami), Indra a fait une
2. Le commentateur dit que les prêtres portent a la chose merveilleuse. Avec une chèvre il a donné
main une corne noire pour gratter, coundayanàrtltam
crichnauichânahastàh dtkchitàh. la mort au lion; avec une aiguille il a percé des
3. Le commentateur dit que les Tritsous sont un peu-
ple. Je prends ce mot pour un nom de Marouts. Le 1. Il doit y avoir quelque analogie entre lndra on-
même commentateur dit ailleurs que ce sont les disci- vrant ici le nuage pour former les Marouts. et Indra
ples de Vasichtha. Voy. sect. V, lect. v1, hym. Ill, st. 4. déchith en sept morceaux le fruit que Diti porte dans
1. Le chef de famille, peut-être Tourvasa ou Sondes. son sein.
5. Aditi estla nature dans son ensemble. Le commen- 2. Il paraît que ce sont les noms de deux Asouras.
taire no voit dans ce mot qu’un adjectif, qu’il fait rap- :1. Le texte porte le singulier : à T’y-mou.
porter à la Parouchnl. 4. Ordinairemeut ce sont les hommes. Ce sans sem-
6. La Paronchni est une rivière céleste. blerait ici modifié.
7. C’est-à-dire, le nuage. 5. Apparemment un prince de ce nom. ennemi du sa-
8. Prithiot signifie large; et ce mot, qui s’applique crificateur. Il est possible qu’il y ait ici quelque allusion
ordinairement a la terre, s’emploie aussi pour l’air. a l’histoire antique de l’Inde, ou, parmi les enfants
9. Le texte porte Tchàyamàna, que le commentaire d’Yayàti, il y a un Poùrou, un Drouhyou, un Anou, un
se contente d’interpréter par fils de Tchagamâna, sans Tourvatou.
autre explication. Je suppose que Tchayamàna est un 6. Littéralement, soixante centaines,ss’:c mille soixante-
nom de Vàyou, le Vent, qui amoncelle les vapeurs et six.
en forme le nuage, Parwata ou Pardjanya, qui ainsi 7. Le commentaire, confondant les deux parties de ce
devient son fils. Je fais venir ce mot de tchs’, tchayati, distique, regarde les Tritsous comme de faux amis et
amonceler, ou de tchaya, aller. des mitres.
(un. IL] RlG-VÊDA. -- SECTION CINQUIÈME. 357

colonnes *. Il a donné à Sondes tous les biens.


18. Tes ennemis ont toujours trouvé la mort. HYMNE XVlll.
Dompte aussi le puissant Bhéda ’. 0 lndra, ai- A nous, un VASICBTHA.
guise et lance ta foudre sur celui qui outrage les (Mètre : Trichtoubh.)
mortels empressées à te louer.
19. Que l’Yamouna 5 et les Tritsous révèrent l. Le terrible (lndra), tel qu’un taureau aux
Indra. Pour prix de notre sacrifice, qu’(lndra) cornes pointues, renverse seul la foule de ses en-
donne la mort à Bhéda. Que les Adjas, les Sigrous, nemis. Tu dépouilles la riche maison de l’impie,
les Yakchous t, recueillent (sur le champ de ba- pour donner son bien à ton fidèle serviteur.
taille) les tètes des chevaux (de leurs ennemis), 2. C’est ainsi, O lndra, que tu as dans le combat
comme un hommage (digne d’indra). protégé Coutsa 4 de ton propre corps, quand,
20. O lndra, tes bienfaits, tes présents, anciens pour plaire a ce fils d’Ardjouni, tu as frappé le
et nouveaux, sont comme les Aurores: on ne brigand Souchna et Couyava.
saurait les compter. Tu as donné la mort au su- 3. (Dieu) vainqueur, tu as secouru et protégé
perbe Dévaca; tu as renversé de grands (ennemis), de ta foudre Soudàs, qui t’offrait l’holocauste. Tu
tels que Sambara. as donné un riche domaine à Trasadasyou ’, fils
21. Ceux qui t’ont célébré dans leurs demeures. de Pouroucoutsa, et sauvé Potiron 5 dans ta
et Parasara et Vasichtha, ont par toi mis à mort guerre contre Vritra.
des centaines de Rakchasas. ils estiment l’amitié 4. (O Dieu) fidèle à tes serviteurs, qui, traîné
d’un protecteur tel que toi. Que des jours sereins par deux chevaux azurés, vas donnant la mort,
se lèvent (pour eux et) pour les chefs de fa- tu as, au moment du sacrifice, de concert avec
mille. les Marouts. immolé de nombreux ennemis; tu
22. Voici de Soudàs’, du petit-fils de Déva- as, en faveur de Dabhlti é, vaincu le Dasyou
Tchoumouri et Dhouni.
vàn, deux cents vaches, et deux chars occupés
par les femmes. 0 Agni, je veux faire honneur 5. (0 Dieu) dont la main porte la foudre, et qui
possèdes une infinité de biens, tu as déployé ta
au présent du fils de Pidjavana; et, en qualité
vigueur, quand tu as forcé et brisé les quatre-
de sacrificateur, je chante et fais le tour de ton
foyer. vingt-dix villes (célestes), donnant la mort à
Vritra et à Namoutchi.
23. Sondes, le fils de Pidjavana, m’a donné
quatre (coursiers) au pied solide, au corps élancé, 6. Olndra, voilà les biens dont tu as comblé
Soudàs, ton serviteur, qui te présentait l’holo-
aux signes prospères, et tout couverts d’or. Pour
causte. Pour reconnaitre ta générosité, j’attelle (à
ma gloire, pour le bonheur de ma famille, (ces
ton char) deux coursiers généreux. (Dieu) fort et
coursiers) me transportent, moi et mes en-
puissant, que nos hommages montent jusqu’à toi.
fants.
7. (Dieu) vaillant et porté par des chevaux azu-
24. Sa gloire remplit l’immensité du ciel et de
rés,- nous t’invoquons, assemblés autour de toi.
la terre. Ses bienfaits sont partagés entre les plus
Ne nous livre pas a l’avidité de notre ennemi.
dignes. Il est comme lndra célébré par les sept
fleuves (célestes). Il a dans le combat tué You- Sauve-nous par tes secours bienfaisants. Puis-
dhyâmadhi °. sions-nous être au nombre des chefs de famille
25. Héroïques Marouts , protégez le père de
que tu aimes.
8. Oui, puissions-nous être aimés de toi, O Ma-
Soudàs, de même que Divodàsa. Gardez la maison
ghavan! Puissions-nous, certains de ton heureuse
du fils de Pidjavana. Que sa force soitinvincible,
présence, nous livrer à la joie au milieu de nos
immortelle, magnifique!
demeures! Pour le bonheur de (tes serviteurs,
i. Ce sont sans doute deux proverbes. tel qu’) Atithigwa, soumets à tes lois Tourvasa et
2. On suppose que c’est un prince ennemi du sacri- Yàdwa ’.
ficateur.
3. Rivière, la. Jnmna. 1. Voy. page 239, col. 2, note l.
4. Trois noms de peuples. Yakchou signifie ayant 2. Voy. page HO, col. 1, note il.
le désir de sacrifier : c’est, plus haut, i’épithète de 3. Voy. page 356, col. 2, note 5. (le prince semblait
Tourvasa. devoir être un ennemi d’lndrn.
5. Sondes est fils de Pidjavana et petits-fils de A. Voy. section l, lect. vu, hymne xvm, st. 23, et alibi ;
Dévavsn.
section Il], lecture vI, hymne xu. stance 21. et alibi.
6. Nom d’un ennemi de Sondes. 5. C’est pour me conformer au sans du commentaire
358 une, - POÉSIE LYRIQUE. [heu "LI
9. 0 Maghavan, en te voyant près d’eux, les 5. Son généreux (père) * l’a engendré pour être
prêtres, hérauts du sacrifice, célèbrent tes louan- un généreux combattant. Sa mère l’a enfanté pour
ges, et par leurs invocations ils te demandent le bonheur des hommes. Chef des armées, il com-
les dépouilles des Panis. Rends-nous amitié pour mande aux guerriers; souverain entouré de ses
amitié. sujets, et superbe conquérant des Vaches (céles-
10. O lndra, o le plus grand des guerriers, ces tes).
louanges que t’adressent les prêtres sont un 6. L’homme qui honore ce dieu terrible peut
tribut que nous t’ofi’rons pour obtenir tes bien- être ébranlé; mais il ne périt point. Que le (dieu)
faits. Sois l’ami, le héros, le sauveur de ces gardien du sacrifice, au sein duquel il est ne, et
hommes, et favorise-les dans les combats livrés qui reçoit pour Indra nos holocaustes et nos hom-
a Vritra! mages, habite ici pour notre fortune t.
il. Héroïque lndra, laisse croltre ton (vaste) 7. 0 lndra, le présent qu’un supérieur fait a
corps, deviens-nous secourable, loué par nos son inférieur, que notre frère aîné le fasse a son
hymnes, excité par nos cérémonies. Donne-nous jeune frère. Que l’immortel (Sourya) poursuive
des vivres abondants, et de (riches) maisons. Et au loin sa carrière. Et toi, (Dieu) opulent, apporte-
vous, secondez-nous toujours de vos bénédic- nous les biens les plus variés!
tions. 8. O lndra, O toi qui portes la foudre, prodigue
tes dons a ton ami, à l’homme qui t’honore par
ses hommages. Forts de ta bienveillance, défendus
par un (dieu) protecteur, puissions-nous jouir de
LECTURE TROISIÈME. la plus heureuse abondance!
9. C’est pour toi que l’Hymne prodigue ses
HYMNE l. louanges. 0 Maghavan, le chantre te célèbre. Le
désir de la richesse anime ton serviteur. 0 Sacra,
A mon, un VASICHTIIA. rends-nous possesseurs de l’opulence.
(une : Trichtoubh.) 10. O lndra, donne, et a nous (qui te chantons),
et aux chefs qui t’honorent, une abondance assu-
l. Il est né, (le dieu) terrible et robuste, pour rée. Que ton héraut ait la richesse etla puissance.
accomplir des actes virils, pour servir les hommes, Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédic-
et remplir l’œuvre qui lui est destinée. Le jeune
tions.
lndra vient avec sa puissance dans la demeure
du sacrifice, et nous sauve des dangers, quelque HYMNE il.
grands qu’ils soient.
2. lndra croit, et tue Vritra : héros secourable, A nous, PAR VAslcnflu.
il sauve celui qui le chante; il crée un monde (Hêtre: Trichtoubh.)
pour Sondes, et comble de richesses son ser-
viteur. 1. La divine Libation, mêlée au lait de vache,
3. Combattant redoutable, guerrier vaillant, aété répandue. En elle est né lndra. O (Dieu),
héros belliqueux, de sa nature il est invincible. que tralnent deux chevaux azurés, nous t’éveil-
Le robuste Indra renverse les armées, et donne lons avec nos sacrifices. Écoute nos louanges au
la mort à tous ses ennemis. milieu des joies de la Libation.
4. 0 vigoureux lndra, tu as par ta force étendu 2. Les (prêtres) s’avancent pour le sacrifice; ils
avec grandeur le ciel et la terre. lndra, traîné
par ses coursiers azurés, lance la foudre, et vient 1. Le père d’Indra, suivant le commentaire, est Casyapa;
s’asseoir à nos banquets joyeux. sa mère, c’est Aditi. Je ne sais si cette généalogie
d’lndra est véritablement véridique. Je n’ai pas encore
vu dans les hymnes le nom de Casyapa. Le texte porte
que j’explique ainsi ce passage. Déjà dans l’hymne pré- le mot nichon, et l’on sait que ce nom s’emploie pour
cédent il avait présenté Tourvasa comme ennemi d’lndra. désigner la libation du soma. Le poste ne dit-il pas à
Cependant l’impératif nirisihi peut recevoir une signi- chaque instant que le soma et la louange enfantent lndra,
fication tonte contraire, comme celle d’exciter, en- augmentent sa grandeur, et le fortifient? Suivant moi,
courager. Il est possible de reconnaitre dans le mot ce sont la les véritables père et mère d’lndrs. Voy. la
Yôdwa le nom d’Yadon, frère de Tourvasa. Plus bas, première strophe de l’hymne qui suit.
lecture vu, hymne v, ce même mot se retrouve avec la 2. Le commentateur entend cette phrase d’une manière
synonymie d’Yâdaea, Yadouvomodbhavo. différente.
(Lacs. in.) RlG-VÉDA. - SECTION CINQUIÈME. 359
étendent le gazon. Les glorieux mortiers, a la voix 2. 0 lndra, O toi que tralnent deux chevaux
retentissante, sont apportés de la maison pour la azurés, O maltre de la richesse, enivre-toi de
sainte cérémonie. Généreux compagnons des fidè- cette belle ivresse qui fait ta forœ, et te donne
les, ils se font entendre au loin. la victoire sur tes ennemis.
3. Héroïque Indra, tu as versé les eaux abon- 3. O Maghavan, écoute ma voix. Entends les
dantes assemblées par Ahi. Les Vaches (célestes) éloges que t’adresse Vasichtha. Aime les cérémo-
s’avancent vers toi comme autant de chars. Tous nies de nos sacrifices.
les mondes tremblent de peur. . 4. Écoute le bruit du mortier humide (de soma) :
4. (Dieu) sage et terrible, il apercé de ses traits sois attentif à la prière du prêtre qui t’implore.
tous les ouvrages de ces (Asouras), pour l’utilité Aie pour agréable la pompe de nos cérémonies.
des hommes. Transporté de joie, sa foudre à la 5. (Posté) prudent, je ne puis négliger de
main, le grand lndraa ébranlé et brisé leurs villes. chanter tes triomphes, de célébrer ta force vitale.
5. 0 puissant Indra, les Rakchasas, avec leurs Je loue sans cesse ton nom glorieux.
chaînes et leur magie (perfide), ne sauraientnous 6. Parmi les enfants de Manou, le sage t’honore
nuire. Que le (dieu) triomphe des chefs d’une race par de nombreux sacrifices, par de nombreuses
malfaisante. Que les impies ne viennent point à invocations. 0 Maghavan, ne t’éloigne pas long-
notre sacrifice. temps de nous.
6. O lndra, sois par ta force vainqueur sur la 7. (Noble) héros, j’accumule en ton honneur et
terre. Ta grandeur s’étend au delà des mondes. les sacrifices et les cérémonies. Tu dois être tou-
Par ta puissance tu as donné la mort à Vritra. ’ jours pour les hommes l’objet de leurs invoca-
Aucun ennemi ne peut, dans le combat, venira tions.
bout de toi. 8. 0 merveilleux et terrible Indra, quelles que
7. Les antiques Dévas ont célébré tes hauts soient leurs louanges, elles ne peuvent égaler ta
faits d’une manière digne de ta puissance, digne grandeur, ta force, ta munificence.
de ta force vitale. Indra est bienfaisant et vain- 9. O lndra, les anciens Richis, comme les
queur. Qu’ludra soit invoqué, pour qu’il nous sages nouveaux, ont inventé pour toi des hon-
donne l’abondance. neurs. Que ton amitié nous soit prospère. Etvous,
8. 0 Indra, ton chantre t’appelle à son secours secondez-nous toujours de vos bénédictions.
comme le maître de la prospérité. Tu es pour
nous armé de mille moyens de défense. Sois le HYMNE 1V.
protecteur de l’homme qui t’est dévoué.
A "vous, ne VASICII’I’HA.
9. O Indra, ta grandeur est un garant de ton
triomphe. Tes amis t’adressent de tout côté leurs
(luire : Trichtoubh.)
hommages empressés. Que par ton secours ils
repoussent dans le combat l’attaque de leurs l. Commencez vos cérémonies. 0 Vasichtha,
ennemis; qu’il (écrasent) les formes de leurs glorifie, au milieu du sacrifice, Indra qui crée
persécuteurs. tout par sa puissance. (Qu’il reçoive) la libation
10. O Indra, donne, etàuous (qui te chantons), qu’il désire. Qu’il entende mes invocations. .
et aux chefs qui t’honorent , une abondance 2. O Indra, I’Hymne fait résonner la voix amie
assurée. Que ton héraut ait la richesse et la puis- des Dévas, et l’Offrande règne sur le foyer. En ce
sance. Et vous, secondez-nous toujours de vos moment, la vie n’en est pas une pour les hommes.
bénédictions. Fais-nous traverser tous ces maux.
3. J’attelle deux coursiers a son char qui va
HYMNE IN. conquérir les Vaches (célestes). Que les Rites,
pour lui plaire, se placent près de lui. lndraa
A INDIA, PAR VASICIITEA. étonné par sa grandeur le Ciel et la Terre; il est
(leu-u : Vint et Trichtoubh.) sans rival et triomphe de ses ennemis.
4. Ces Ondes * se sont gonflées telles que des
1. 0 Indra, ô toi que tralnent deux chevaux vaches nourricières. 0 Indra, tes chantres ont
azurés, bois ce soma réjouissant, que t’a versé le
mortier, et qui, tel qu’un coursier bien dressé, l. Je crois qu’il est ici question des libations, qui sont
s’élance des mains du sacrificateur. les Ondes du sacrifice.
360 INDE. - POÉSIE LYRIQUE. [Lect. m.)

fait briller (les feux de) Rita. Viens, comme le


Vent, vers les coursiers que nous t’avons prépa- HYMNE Vl.
rés. C’est à tes œuvres que nous devons l’abon-
A mon, un vsslcnrns.
dance. (Hêtre : Trichtoubh.)
5. Enivre-toi de ces liqueurs, ô puissant Indra,
qui combles de présents ton serviteur. Tu es le l. 0 grand et terrible lndra, quand deux armées
premier des dieux et le plus bienfaisant pour les en viennent aux mains, poussées par une égale
mortels. (Maître) héroïque, livre-toi à la joie dans animosité, que ton secours soit à tes serviteurs,
notre sacrifice. et que (sur nos ennemis) ton bras tombe avec
6. C’est ainsi que les Vasichthas exaltent par éclat. Que ton cœur ne se trompe point de parti.
leurs louanges le généreux Indra, dont le bras 2. 0 Indra, sur la mauvaise route où cheminent
est armé de la foudre. Célébré par nous, qu’il les mortels, frappe les ennemis qui nous atta-
nous donne une forte famille, une multitude de quent. Éloigne de nous les reproches du censeur
vaches. Et vous, secondez-nous toujours de vos qui nous blâme. A pporte-uous une heureuse abon-
bénédictions. dance de biens.
3. 0 (Dieu) doué de beauté, que tes secours, que
HYMNE V. tes bienfaits sans nombre soient le partage de