Marin Mersenne
Marin Mersenne
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VNIVERSELLE
Nam in
ôcegoconfitebortibi vasispsalmiveritatêtuam:
VNIVERSELLE
CONTENANT LA THEORIE
T LA PRATI Xm E
Ç
/ DE LA MVSIQVE,
ÔûîTest traité de la Nature des Sons, & des Mouuemens, des Consonances,
des Dissonances, des Genres, des Modes, de la Composition, de la
Harmoniques.
A P A R I S,
ruiç.S. aux
" Iacques, Cicognes.
M- DG» XX XVI-
LES CARACTERES DE SONT DE
MVSIQ^VE
de PIERRE BALLARD
l'impreísion Imprimeur delaMufîqueduRoy.
TABLE DES PROPOSITIONS
Vniuerfelie.
Percussion, par lesquelles ie désire que roncommence,à raison que celles des
quatre premiers liures des Consonances y font marquées, qui font fort nota-
blesjà cause des notes & delapratique,& celles qui font à la fin du liure de l'v-
tilité de Tharmonie, lequel on peut faire relier le premier : âpres, dis-je , a-
uoìr fait tout cecy, l'on pourra lire les Propositions íìiiuantes,afin de voir tout
d'vn coup ce qui est contenu dans tous les liures de cet ceuure i quoy que Im-
pencer celles qui donnent moins que ce que l'on attend. Quoy qu'il en soit la
charité' &la bien-veillance des Lecteurs excusera les défauts qui se rencontre-
ront en quelque lieu que ce soit de cet ouurage: il faut seulement remarquer
queie quelquefois quelques mots dans ces Propositions, afin de les
change
rendre plus conformes à mon sens i ioint que le nombre qui manque quelque-
fois aux Propositions des liures , est icy restabli en son entier. Or cette ta-
ble des ce que l'on pourroit désirer dans la Table
Propositions suppléera
des matières, & monstrera le rapport que quelques Propositions gardent
les vnes auec les autres, lors que l'on en verra la citation il pa-
âpres ; comme
roist à la 21. Proposition du premier liure qui fuit, âpres laquelle il y a,
VoyeX^
la 9. de twilitè, &c. parce toutes deux de la mesrae
Proposition qu'elles parlent
chose.
50.
XXVII. Quelles sont les distances, & longueurs de la ligne vocale de l'Echo:
si l'on peut cognoistre le lieu d'où il respond, & de quelle longueur doit
de tant de syllabes que l'on voudra.
estre ladite ligne, pour faire l'Echo 56.
ii. Proportion du tro'siesme liure.
Voye^la
XXVIII. toutes les figures propres pour faire les Echos artifi-
Expliquer
ciels, les sections Conique s, & leurs principales proprietez.59. Ce qui fi
fait dans les Propositions fuiuantes, depuis la z$.iujquà la$i. Proposition duliure
dela Voixy & danslacinquiefme du liure de ívtilité del'harmoniejlesi
Proposition
quelles il faut ioindreacelle-cy.
XXIX. Déterminer si les sons se rompent, c'est à dire s'ils endurent de la re-
fraction , comme la lumière, quand ils passent par des milieux differens.63.
XXX. De combien le son d'vn mesme instrument
est plus graue dans l'eau
de là combien l'air est plus rare que
que dans l'air: & si l'on peut inférer
l'eau. 67. ISoyeX^aufîi la première liure de l'vtilitè.
Propositiondu
XXXI. Si le son aigu est plus agréable, & plus excellent que le graue. 71.
Voye-^ au/Si la troifiefme Proposition du 4. liure de la Composition.
XXXII. Déterminer s'il y a quelque mouuement dans la nature, & ce qui est
nécessaire pour l'establir. 74.
XXXIII. Considérer les mouuemens des corps en gênerai, &lespecedans
le quel ils se font. 76.
XXXIV. Demonstrer si lachorde tendue parvnecheuille, ou par vnpoids,
est esgalement tendue en toutes ses parties ; & si la force qui la bande,com-
muniquepIustost& plus fort son impression aux parties qui en font pro-
ches, qu'à celles qui en sont plus éloignées.
quelle longueur elle doit estre pour faire chacun de ses tours, ou retours
dansvn temps donné. 133.
XV. Donner la manière de faire des & des montres dans le temps
horologes,
d'vne minute d'heure, diuisent le iour, l'heurc, & les minutes en
lesquelles
tant de parties & l'vtilité de ces
égales que l'on voudra, horologcs. 135.
XVI. Expliquer comme les mouuemens circulaires empeschent, ou aydent
deFHarmonieVniueríeile.
pourueu qu'il n'y arriue point d'empeschement. Où son yoid beaucoup de cho-
Trois du Traité
Propositions Mechanique.
I. Estant donné vn plan incliné à l'horizon, & l'angle d'inclination estant con-
neu, trouuer vne puissance, tirant ou poussant
laquelle par vne ligne de di-
rection au plan incliné, soustienne vn poids donné fur vn mesme
parallèle
que deuant cette Proposition
plan.7.2VWz son trouue cinq Axiomes gr vn Scho-
lie, qu'il faut entendre.
II. Quand la ligne de direction vne puissance soustientvn
par laquelle poids
fur vn plan incliné, n est pas
parallèle au mesme plan, l'inclination du plan
estantdonneeôt le poids, trouuer la puissance. 13. Où il faut voir les quatre
Scholies fuiuans.
de THarmonie Vniuerselle.
III. Estant donne vn poids soustenu par deux chordes, ou par deux appuys,
dontla soit donnée, trouuer quelle puissance il faut à chaque chor-
position
de,ouà chaque appuy.21.O ùilfaut ausS'tVoirles neusScholies quisuiuent.
Voyc^la P reface.
l'on^ie/mepage.
I. La vertu motrice de lame, est la principale, Sí la première cause de la Voix
des animaux, & a son siège dans les tendons, i.
II. De tous les muscles du corps ceux de la poitrine & du larynx contribuent
que de dictions
uidu,& s'il y a plus de choses : & ce qui rend vn idiome plus
excellent que l'autre. 72.
L. Déterminer si les sons de la voixpeuuent auoir vne telle conuenance auec
les choses signifiées que l'on puisse former vne langue naturelle. 75.
LI. A sçauoir si ceux qui n'ont point de langue peuuent parler j & si l'on peur.
faire parler les muets, Sc les enseigner à lire & à escrire lorsqu'ils sont
sourds. 77.
LII. Comme l'oreille le son ; ce que c'est que faction de l'ouye ; &
apperçoit
si c'est elle ou l'efprit le son.
qui discerne & cognoist 7p.
si l'oreille
LUI. A sçauoir se trompe plus ou moins souuent que I oeil, ou s'il
se faut plus fier à l'ouye Où les manières de tromper
qu'à la veuë. 1'oreijle,
& de corriger ces erreurs sont 81. & où l'on void XtBenedicite
expliquées.
en vers cxcellens.
diapason ) & qu'il est permis de repeter dans lesdits Chants les mesines no-
tes deux, trois, ou plusieurs fois. 146. Où son void vne table de nombres in^
genieuje&vtile.
XVIII. Déterminer le nombre des Chants qui peuuent estre faits d'vn nom-
bre de notes, lors qu'il y en a de différentes, qui sont semblables, comme
de f Harmonie Vniuerselle;
on met deux foisvr, &deuxfoisre, & deux fois mi, ou quatre íios
quand
•les vncsôv les autres. 148.
le nombre des Chants Ton
XIX. Déterminer que peut faire de tel nombre
dénotes que Ton voudra, en variant les temps, ou la mesure d'vne ou de
ou de toutes les notes. 14p. Oùson Void vn exemple de 2,56. Chants
plusieurs,
notes différentes du Tetrachorde.
faits des quatre
XX. Déterminer en combien de façons différentes deux, ou plusieurs voix
. peuuent chanter vnDuo, ou vne autre piece de Musique. 152.
XXL si Ton peut déterminer est le meilleur Chant, & le plus
Sçauoir quel
; doux de plusieurs Chants par exemple des 24.d'vnTetrachor-
proposez,
de. 154. Lesquels onvoidicy.
XXII. Comme il faut composer les Chansons & les dances, pour estre les
de toutes les possibles: & si l'on peut
plus excellentes disposer les balet«
en telle sorte que Ton apprenne toutes les sciences en dançát, ou en voyant
dancer. 158. OùsonVoidleTe Deumlaudamus mis envers.
XXIII. Expliquer & descrire toutes les espèces d'Airs, de Chants, & de Dan-
ces dont on vse en France, auec les exemples. 163.
XXIV. toutes les de Branles dont on vse maintenant aux
Expliquer espèces
bals & balets. 167.
XXV. Expliquer les Dances & les mouuemens Rythmiques des balets ordi-
naires , & particulièrement laCanarie,laBocanne,laCouranteàlaRoyne,
la Boëmienne,& la Moresque. 170.
XXVI. Déterminer si les Chansons tristes & languissantes font plus agréa-
bles
quelesgayes. 172.
XXVII. tous les mouuemens dont on vse dans les Airs
Expliquer François*
particulièrement dans les Balets, auec vn 5 & quant & les
exemple quant
pieds ou mouuemens Rythmiques. 177.
47.
XII. L'Octaueest la plus douce & puissante de toutes les Consonances, âpres
l Vniíson, encore qu'elle en soit la plus éloignée. 4p.
XIII. les chordes qui sont à l'Octaue se font trembler & sonner;
Pourquoy
combien celles dé TVnisson se font trembler plus fort que celles de l'Octa-
ue : combien celles qui sont touchées tremblent plus fort que celles qui ne
le sont pas : & combien TVnisson est plus doux que l'Octaue. 5 2.
XIV. L'Octauemultipliéeiusqu a Tinfinine son moindre terme."
change point
55.
XVÍ Pourquoy déroutes les Consonances doublees ou il n'y á
multipliées,
que la feule Octaue qui demeure Consonance. 58. Où son void la manière
de multiplier les raisons & accords.
XVI, La première & plus aysee diuision de TOctaue la Quinte, la
produit
Quarte, la Douziesme & la Quinziesme. 60.
XVII. La Quinte, dont la raison est de trois
à deux, est la troifiesme des Con-
sonances : mais
estant doublee ou multipliée elle deuient Dissonance. 60.
XVIIí. Toutes les répliques ou répétitions de la Quinte sont agréables, dont
la première est de trois à vn, 6c la seconde de six à vn, & ainsi des autres,
dont le moindre terme demeure tousiours. II est aussi déterminé de com-
bien la Quinte est moins douce que TOctaue. 61.
XIX. Déterminer si«la Quinte est plus douce & plus agréable que la Douzies-
me. 62.
XX. Déterminer si le Diapente est plus doux & plus
puissant que le Diapasons
6-6.-
XXI. La chorde estant touchée fait trembler celle
qui est à la Quinte, mais el-
le fait trembler plus fort celle qui est à la Douziesme. 67.
XXII. Le Diatessaron est la quatriesme Consonance, dont les sons ont leur
raison de quatre à trois. 67.
XXIII. La Quarte vient de TOctaue ou de la seconde bissection d'vne chorde,
& saraison peut aussi bien estre appellee souz-sesquitierce que sesquitierce.
68.
XXIV. On trouue le Diatessaron sur vne mesme chorde diuisee en sept par-
ties égales, en mettant le cheualct à la quatriesme 69.
partie.
XXV. Déterminer si la Quarte doit estre mise aux nombres desConsonan*
ces. 70.
XXVI. Combien W doux que leDiatessaronj &
Diapente estplus pourquoy,
n'est pas si bon contre la Basse que celuy-là.
celuy-cy 72.
XXVÍI. La Quarte est si stérile ne peut rien produire de bon,
qu'elle ny pai
fa multiplication ny par fa diuision. 74.
XXVIH. LeDiton& viennent de la troifiesme bissection dvnç
Sesquiditon
de FHarmonie Vniucr selle.
expliquez. 12.6.
VIII. Si le Triton la Quarte, que la Quinte ne surpasse le
surpasse dauantage
Semidiapente. 127.
IX. Deux Tierces mineures, qui se peuuent au mesme lieu que le Se-
prendre
, à sçauoir du mi d'e mi la, au/à de b fa, ou de £ mi en F fa, sont
midiapente
maieur : par conséquent el-
plus grandes d'vn comma que la fausse Quinte
les surpassent dauantage le Semidiapente, qu'il ne surpasse le Triton. 128.
tions, & accords ou discords que Ton voudra, lors qu'ils se rencontreront
vis à vis Icsvns des autres. 134.
qu'il n'y a nulle difficulté
XIII. Demonstrer dans IaTheorìe de la Musique, &
ce qui y est se fait par la seule addition, ou soustraction des batte-
que tout
mens d'air : où Ton void en quoy les sons ressemblent à la lumière. 137.
le sommaire de tout ce
qui a esté dit dans leliuredes
XIV. Donner Conso-
nances & des Dissonances. 13p.
VII. L'on peut commencer chaque note de Musique fur chaque degré Dia-
tonic des deux Systèmes precedens,afin de transposer toutes sortes de tons
fur le Clauier de l'Orgue le Diapason,
disposé selon itfi.
de l'Harmonie Vniuersclie.
I. Déterminer si les simples récits, qui se font d'vne seule voix, sont plus
agréables que lors qu'on cháte la mesme chose à ^.ou parties.ip7.
plusieurs
II. Déterminer si la Chanson à trois parties est plus agréable qu a deux. loi.
III. Déterminer si la Basse est le fondement & la principale de la Musi-
partie
que, & pour raisons.
quelles 207.
Expliquer combien il y peut auoir
d'autres de Musique en quoy
*^IV. parties
consiste la Taille, la Hautecontre, & le Dessus, & quelle est la plus ex-
cellente partie des quatre. 211. Corollaire. De la Musique des Platoniciens*
V. Toutes les manières de passer d'vne consonance à l'autre se peuuent rap-
aux principaux
porter mouuemens qui seruent à la composition, asçauoir
au mouuement se fait par degrez semblables
conioint, coniointSjdisioints,
& contraires. ii£.
VI. Quand Tvne des tient l'autre
parties ferme, & continue lemcsine son,
Table des
Propositions
partie peut se mouuoirpartels degrez que Ton voudra, bien qu'ils soient
dissonans, pourueu que Ton nes'arreste pas fur ces degrez dissonans, &:
seulement seruir pour passer aux Consonances. Mais si Tv-
qu'on les fasse
ne des parties discontinue le son, bien qu elle soittousiours à l'Vniflon, en
reprenantle
mesme son, l'autre partie ne peut aller par toutes sortes de
218.
degrez.
VII. Déterminer en gênerai pourquoy tous les passages qui se peuuent faire
d'vne Consonance à vne autre, ne sont pas bons ; & pourquoy les vns sont
jeure en montant, & son dessus fait la Quinte, déterminer quelle est la
meilleure. 243.
XVI. Pourquoy plusieurs passages d'vne Consonance à l'autre ne sont pas
bons, encore qu'ils n'ayent point de mauuaiscs relations internes : & pour-
W'
\. la manière de cognoistré si vne voix est bonne, & les qualitez
Expliquer
quelle doit auoir. 353.
VI la manière dont on vse pour former les voix à la cadence, 8C
Expliquer
pour les rendre capables de chanter toutes sortes
d'Airs. 354. Où l'on voi4
Vn aduertiffementpour les Matstres qui enseignent a chanter.
les particula-
VII. Expliquer les characteres nécessaires pour signifier toutes
risez des Airs que Ton désire reciter auec toute sorte de perfection , & la
manière de bien faire les cadences Ôc les tremblemens. 358.
VIII. Expliquer la méthode de faire de bons chants fur toutes sortes de sujets
6ç de lettres. 360.
IX. pécouurir les industries qui seruent à composer de bons chants.3 62. Où)
l'on Void vnaiuertiffementparticulier ce sujet.
pour
X. Les Aecens sont en si grandnombre qu'il est quasi impossible de les expli-J
quertous. 365.
XI. Les Accents font cognoistré le pays d'où Ton est, 6C quelquefois le tem-
racteres. 36p.
XV. Tous les A ccents des 3. passions ont besoin de neuf characteres differens
à sçauoir de 3. pour les 3. degrez de cholere,& de deux
pour estre marquez,
autres ternaires pour l'amour &C la tristesse. 370.
XVI. Déterminer si ces Accents se peuuent & faire en chantant la
exprimer
Musique. 371.
Monstrer Tvtilité & autres Orateurs tirer
XVII. que les Prédicateurs peuuent
des Accents de chaque passions. 373.
X VIII. La Rythmique establit & règle les mouuemens, leur suitte & leur méV
diminuer & appaiser les pas-
lange pour exciter, augmenter, entretenir,
sions. 374» Oùsan.v.oid 27. exemples des mouuemens ou pieds métriques t
de F Harmonie Vniuerselle.
XIX. Reduire toutes sortes en vers, & expliquer
de mouuemens pour cet ef-
fet la vraye prononciation Françoise des lettres de TAlphabet. 376.
XX. Expliquer toutes les syllabes qui sont longues, communes, ou briefues,
& cn donner des règles pour establîr la Prosodie Françoise. 381.
XXI. Expliquer tout ce qui conuient aux pieds, & aux vers mesurés, & par-
ticulièrement à l'Hexametre & Pentamètre, Dâctiliques, & au Saphique.
S84.
XXII. Expliquer les vers Phaleuces,Iambiques,Trochaïque, Alcmenien,&
Asclepiadeen. 387.
XXIII. Expliquer les Anapestes, Peoniques, Ioniques maieurs & mineurs,
Choriambiqucs,Antispastiques,& autres.
38p.
XXIV. Expliquer les essais que Ton a produit en ce siécle pour establir la Pro-
sodie & îa Poésie Métrique Françoise en faueur dela Musique. 3P3. Où l'on
Void vne Ode d'Horace en
Musique.
XXV. Déterminer la grande multitude des mouuemens qui se font en chan-
geant les temps, ou des notes d'vne messire dont on vse enchantant. 196.
XXVI. Expliquer l'vfage de la variété précédente des mouuemens ou des
temps ;& monstrer que les Praticiens abusent des dictions de ternaire &:
debinaire,lors qu'ils parlent deleursmesures. 3p8.
XXVII. Expliquer la Rythmopoeie, ou la méthode de faire de beaux mou-
uemens pour toutes sortes de suiets. 401. Où l'vn voidvn excellent branle
a mener.
XXVIII. Donner des exemples de toutes sortes de mouuemens des anciens,
& monstrer ceux de nos vers rimez, & ì'art de les trouuer en toutes sor-
tes de vers. 406.
XXIX. Donner des exemples de la diminution & de Tembellissement des
Chants, & Tartde les orner, & embellir. 410. Où son yotd des exemples
des Sieurs Bócfset & Moulinié.
XXX. E xpliquer la manière de chanter les Odes dePindare & d'Horace, & de
rendre les vers François, tant rimez que mesurez, aussi propres pourla
Musique, còmme sont les vers des Poëtes Grecs & Latins. 415-. Où son
voijÊÉkQdede Pindare & vne autre <fìHorace en Musique, &vn autre exem-
que, i.
1
II.Expliquerla matière & la manière dót on faitles chordes des Instrumens.3.
III. Déterminer si Ton a fait les Instrumens Harmoniques à l'imkation des
voix, ou siTon a réglé les interualles des voix par ceux des Instrumens ;&
si TArt peut perfectionner la nature, ou au contraire ; ôc s'il fautiuger des
choses artificielles parles naturelles. 7.
IV. Quel est le plus agréable son de tous les Instrumens , & de quel Instru-
ment Ton doit vser pour régler les interualles Harmoniques, p. Où son
Void le Monochorde de Ptolomce.
V. Demonstrer toutes les diuisions du Monochorde, & conséquemment toin
te la science de la Musique. 16.
VI. Demonstrer que le Monochorde diuisé en 8. parties égales contient tou-
tes les Consonances, ip.
VIL Expliquer la plus simple diuision d'vne chorde, pour luy faire produire
les Consonances, & les degrez Diatoniques. 20.
les interualles,
VIII. Expliquer tant Consonances que Dissonances qui se
aux résidu s de ía chorde
treuuent du Monochorde, âpres que Ton y a mar-
il.
qué les degrez Diatoniques,
ÎX. Expliquer toutes les < onsonances & les Dissonances du Monochorde
plusieurs parties égales j & par consequent que Ton peut diuiser le Diapa-
son en 12. demitons Où Ton a les deux
égaux. moyennes proportionnelles,
la duplication du Cube, & les touches de chaque Instrument en l«urpro-
longueur & grosseur des chordes. 123. Où son void la tablature des sourds.
VIII. Que Ton peut sçauoir lâ grosseur & longueur des chordes fans les me-
surer, & sans les voir, par le moyen des sons. 126.
IX. Asçauoir si Ton peut la grosseur d'vne chorde
cognoistré d'Instrumenr,
sans la comparer auec d'autres chordes. 127,
X. Déterminer si Ton peut accorder le Luth, la Viole, &c. fans
l'Epinette,
vser des sons ou des oreilles, par la seule cognoissançe du diffèrent alon-
des chordes. 118.
gement
XI. Déterminer de combien l'air est plus sec ou p lus humide chaque iour,pai;
le moyen des sons & des chordes. 130.
XII. De quelle & longueur doiuent estre les chordes pour faire des
grosseur
sons agréables, & dont on puiíse iuger à l'oreille : & comme Ton peut sça-
uoir le ton des chordes, lors qu'elles sont trop longues, trop lasches, ou
trop courtes, pour faire des sons qui puissent estre oùis. 134.
XIII. il y a des chordes meilleures les autres furies
Pourquoy lesvnesque
Instrumens : ce qui les rend fausses ; le moyen de cognoistré celle qui doit
de THarmonie Vniuersclie.
sonner le mi eux sur chaque Instrument, & celles qui sont fauflès. 135.
XIV. Combien Ton peut toucher de chordes ou de touches du Clauier de
TEpinettedans Tespace d'vne mesure, ou combien l'on peut faire dénotes
à la mesure ; & si l'Archet va aussi viste sur la viole 3 & si la langue ou la gor-
ge peut en faire autant par ses sredons. 157. Voyez l* +upro[, du liure de sOr-
Vne diminution de 64, notes à la mesure.
gue, auec
XV. Déterminer si Ton peut toucher les chordes des Instrumens ou leurs
touches si viste que Toiiye ne puisse discerner si le son est composé d'autres
sons differens, ou s'il est vnique & continu. 138.
XVI. De quelle vitesse les chordes des Jnstrumens se doiuent mouuoir pour
faire vn son. 140.
X V11. L'on combien de fois
les chordes du Luth', de l'Epinette,
peut sçauoir
de Violes, &c. battent l'air ; ou combien de fois elles tremblent, ou com-
bien elles font détours & de retours durant vn Concert, ôf en tel autre
temps qu'on voudra. 14 o. Où l'on Void z. Tables de la tablature du nombre des
retours. I41 (37*143. & 8. Corollaires fort considérables.
XVIII • L'on chantera les mesines pièces de Musique par tout le mode en mes-
me ton & selon Tintention du Compositeur,pourueu qu'on sçache la nature
du son. Où l'on void vne nouuelle manière de marquer ou battre la mesure. 147.
auec S. Corollaires fort notables. Voyez ausii svnÇiesme prop. du 5. liure de la
Composition.
XIX. L'on peut monter de chordes d'or, d'argent, de leton, & des
l'Epinette
autres métaux, dont les plus peíàns descendent plus bas à cause qu'ils ont
plus de mercure & moins de souphre. 151, Voyezles poids O* les sons de toutes
fortes de métaux. 151.153. &• 154.
XX. la proportion de toutes les parties deTEpinette, & se Con*
Expliquer
struction. 15 6. Voyez encore la 22 .proposition
XXL Expliquer les nouuellesinuentions adioustées aux Epinettes & Clauc-'
cins 160.
XXII. Expliquer U figure des parties de dedans l'Epinette,& ses barrures.rór.
& la méthode de la toucher.
XXIII. Expliquer la tablature du Clauecin,& tout ce qui la concerne ,& la
manière d'en bien ioûe r. 162.
X XIV. la figure ,1'accord, Festenduë & Fvsage de la Harpe, tant
Expliquer
simple qu'à 3. rangs , depuis lóy.iufquà 171.
XXV. les figures antiques de la Cithare, du Sistre, & des autres
Expliquer
Instrumens des anciens Grecs & Romains. 172.
XXVI. la figure, l'accord j Testendué* ,1a tablature, & lvsagedu
Expliquer
Psalterion. 173. pag. vers
XXVII. la la matière, les l'accord, &í Tvsage du
Expliquer figure, parties,
Claquebois. 175.
184.
OùsonVoidausiideuxXnflrumensantiques.
V. Expliquer la figure, la fabrique, l'accord & Tvsage de la Viole, ipo. 'auec
vne Cithare antique. ip2.
VI. Déterminer si la chorde par T Archet
touchée fait autant détours & re-]
tours en meíme temps, comme celle qu'on touche du doigt. 19s.
VIL la capacité des Violes dans les Concerts ; la diuision & lai
Expliquer
science de leurs manches ,auec vne fantaisie à 6. parties. ip8.
VIII. la figure, l'accord, & la tablature de la Lyre.
Expliquer 204.
IX. Déterminer pourquoy vne mesme chorde touchée à vuide fait plusieurs
sonsenmefmetemps. 208.
X. Expliquer la figure, ,& Testenduë
l'accord de la Symphonie , & les Epi-]
nettes qui font le jeu de violes.211. Voyez laj. remarque de la première pre-
facegenerale ,& saduertijjement mis âpres la 30. proposition du 7. liure des In-
strumens.
XI. les nouueaux Instrumens à chordes, & l'accord de la Lyre Ita--
Expliquer
lienne. 215.
XII. Expliquer la construction, la figure, & les parties de la trompette ma-
rine , ou à chorde, & la manière d'en iouer. 217.
XIII. les mcrueilleux Phoenomenes de la Trompette marine.'
Expliquer
220.
XIV. Déterminer à quelle puissance des Meehaniques se rapporte la force
des cheuilles dont onbande les chordes des Instrumens. 222.
XV. la manière de diuiser vne chorde ou ligne entant de parties
Expliquer
auec
que Ton voudra l'ouuerture du compas prise à hazard. 223.
XVI. Déterminer si Ton peut les 12. touches du Luth, par le moyen
marquer
dessegmensdela ligne couppée en moyenne & externe raison, comme die
Satinas. 23.4.
les manières
XVII. Examiner pour diuiser le manche
que Zarlin a donné des
Instrumens en U. demitons égaux, par Tinuëtion de 2. ou plusieurs moyen-
nes proportionnelles, ou autrement. 226. Voyez la 4.^ 6- la
remarquede
ale.
première préface gêner
XVIII. les Listrumens de la Chine & des Indes, auec leurs figures^
Expliquer
227.
du 5. liure des Inflrumens.
Propositions
I. Expliquer la nature du vent qui sert à faire sonner les Instrumens à vent^
& si Ton peut vse r d'eau au 1 eu de vent. 225.
II. Expliquer combien il y a d'Efpeces d'Instrumens à vent, & quel est le plus
pour faire la Quarte , puis qu'elle l'auoit desia faicte aux 3. interuaîle.
251.
XV. Expliquer pourquoy la Trompette ne íîipose pas chacun de ses tons
pour l'vnité, &pàr conséquent quelle ne sait pas TOctaue à chaque inter-^
ualle. 253.
XV. Expliquer comme Ton peut ou affoiblir la force de chaque
augmenter r
son de la Trompette, fans en changer le ton. 255. i
XVI. la Trompette & les autres Instrumens à vent ne font
Pourquoy pas
tousiours les interualles dont nous auons parlé : & pourquoy ils font sou-
uient le demiton ou le ton au lieu de TOctaue, de la Quinte, ou de la
Dou^
ziesine, &c. 257.
XVII. Expliquer le Diapason de la Trompette, & la figure & Tvsage de la
Sourdine. 25p.
XVIII. la manière de sonner de la Trompette, & ses
Expliquer sonvsage,
fanfares militaires. 260.
XIX. la tablature & les chansons de la Trompette, notes
Expliquer par ôcpar
nombres. 262.
XX. toutes les circonstances de la Trompette, & son estenduëen
Expliquer
toutes sortes de & ses fanfares militaires. 167. Où son void les
façons,
• tons des Cors de chasse. 269.
XXI. la figure, & Tvsage de la Saquebute.
Expliquer Testenduë, 270.
XXII. la figure du Cornet à bouquin son estenduë, &
Expliquer 5 fa matière,
sonvsage. 27j.
XXIII. d'autres de Cornets, & comme il eníaut sonner
Expliquer figures cr|
perfection, auec vne Fantaisie à y. parties. 274.
XXIV. la figure, & Tvsage du Serpent
Expliquer Testenduë, Harmonique.-
*79.
XXV. le des Serpens, des Trompettes & Saqucbutes
Expliquer Diapason
Table de s
Propositions
aller à toutes sortes de tons, & pour quoy la distance du 3. au4.tr ou^
pour
est plus grande que celle d'entre les autres. 281.
XXVI. Expliquer la Chalemie ou Comemeusc pastorale, & ses parties. 1
282.
XXVII. l'accord,
Expliquer Testenduë & Tvsage de la Chalemie. 285.
XXVIII. Expliquer la figure & les parties de la Musette, & de tous ses chalu-
meaux , & les Tornebouts d'Angleterre. 287.
XIX. Expliquer Testenduë, la tablature, & Tvsage de la Musette , auec sa
chanson. 2pi.
XX. Expliquer la figure, Testenduë, & les parties de la Sourdeline, ou Zanv»
pogne. 2p3#
XXI. Expliquer la figure, Testenduë, la tablature, l'accord, & l'vsage des
grands Hauts-bois. ipj.
1
XXII. Expliquer la figure, la grandeur, Testenduë, & des Bassons,
Tvsage,
Fagots, Courtauts & Ceruelats. 2p8.
XXIII. Donner d'autres figures des mesines Instrumens, & vne Pauanne à 6.'
parties,pour ioùer dessus. 303.
XXIV. Expliquer la figure & Tvsage de la Cornemuse, & des Hauts-bois dé
Poitou. 305. auec vne chanson à3. parties. 3P7.
XXV. Expliquer tous les autres Instrumens à vent, & particulièrement ceux
des Indes. 308.
1
de FHarmonie VniuerseUe.
Orgues. 341.
XVII. Expliquer les différentes soudures, donton peutvscrpour faire des
I. Déterminer le nombre des Instrumens de percussion, & quel est le plus ex-
cellent. 1.
II. Expliquer Tinuention,Tantiquité, les noms, & la bénédiction des Clo-
ches. 1.
III. Expliquer la grandeur,&. la matière dont on
peut faire les Cloches:quelle
est la meilleure matière de toutes, & le son des grandes est plus
pourquoy
graue que celuy des moindres. 3.
IV. Expliquer toutes les parties d'vne Cloche, & la proportion qu'elles doi-'
uent auoir entr'elles pour faire des tons agréables. 5.
V. Expliquer la figure extérieure & Tinterieured'vne Cloche auec les traits
de compas, dont vscntles sondeurs pou faire les moules. 6.
VI. Expliquer la fusion des métaux fans feu, ou auec feu, ceux qui fe sondent
plus aisément, & comme ils s'engendrent en terre. 8.
VIL Quelle doit estre Tespaisseur des Cloches pour faire toutes sortes d'ac-
cords j & quel est le Diapason,ou la Brochette des Fondeurs. 9. Où son
Void leVeritable Diapasondes efpaiffeurs.
VIII. le Diapason des Fondeurs la grandeur des Cloches, &
Expliquer pour
donner le véritable. 13.
IX. Déterminer si les Fondeurs doiuent faire le ton mineur ou le majeur pour
l'accord de deux Cloches. 15.
de THarmonie Vniuerselle.
queurs. 23.
XIV. Déterminer la diffe rence des sons que font les Cloches de meíme gran-
deur, lors qu'elles sont de differens métaux. 24. Oùl'on void la différence des
expériences.
XV UI. Pourquoy vne mesme Cloche fait plusieurs sons differens en mes-
me temps. 1,6,
XIX. Commesc fait le sondes C loches, & de tous les autres Instrumensdc
percussion. 37.
X X. De quelle distance Ton peut oiiir les Cloches , & si le ur son peut estre"
aussi fort que le bruit du canon ou du tonnerre. 4 o.
XXI. Expliquer la figure des Carillons pour faire des Concerts, & lamanie-
re de discourir par leur moyen. 41.
XXII. comme il fautpendre les Clochespour les rendre aisées à sonner, &
de quelles machines on peut vser pour les monter. 43.
X XIII. Expliquer les proprietez naturelles & miraculeuses des Cloches. 46»'
XXIV. Expliquer la matière, le ton & Tvfagcdes Caitagnettes &
lafigure,
des 47.
Cymballes.
XXV la matière, la figure & Tvsa ge de la Rebube ouTrompe.4P?
Expliquer
X>; VI. Expliquer la matière des Tambours , & les termes dont on exprime
routes leurs parties. 51.
XX VII. Quelle doit estre leurs faire vn Concert ensemble à
grandeurs pour
plusieurs parties. 54.
XX VIII. la tablature des Tambours, & leurs différentes bateries?
Expliquer
55-
XXIX. Expliquer la construction des Instrumens composez. 57.
XXX. Donner du traicté des Genres, & des modes de Monsieur
Tabregé
Doni Secrétaire du sacré Consistoire. 58. Voyez t Aduertiffemenu
XXXI. Donner les de
Eloges des hommes illustres en la Théorie & pratique
la Musique. 6. Où Ion wid deux de tvne à 6, j&* f autre à 5./><<r-
pièces Musique,
Table des
Propositions
nés, £i. y 66. auec laverfim du Symbole de S. Athanafe en Vers François. 6$ì\
O* les Erata de tous lesliures qmlsaut corriger, auecquelques aduK,&VnEffap
moraldes Mathématiques.
18. du 8. liure de svtilitê de s Harmonie.
Propositions
I. Qu'il n'y aquasinullescienccou à qui les liures Harmoniques
profession,
precedens ne puissent seruir. 1.
II. Monstrer Tvtilité de THarmonie les Prédicateurs & autres Orateurs?
pour
son Prédicateurs.
4. Où T/oidsix Aduertifsemens pour les
des Prédicateurs
III. Monstrer Tvsage des Mathématiques en faueur , &Iei
moyen d'en tirer des motifs d'humilité.
IV. En quoy THarmonie & les autres parties des Mathématiques peuuent
à la vie spirituelle.
seruir 10. Où son void 4. notables Aduertifsemens.
V. Expliquer les figures & les proprietez des Sections tant pour
Coniques,
les miroirs, que pour les lunettes de longue veuë, & les échos. 28. Où son
Void la manière de mesurer larondeur, O* le demidiametre de la terre, par vne
: & 5. Corollaires
seule obseruation fort remarquables.
VL Expliquer les vtilitaz de THarmonie pour les pour la milices
Ingénieurs,
& pour les canons,dont on void les portées. 37. Voyez 3. Aduertifsemens.
VII. Expliquer plusieurs paradoxes de la vitesse des mouuemens en faueur
des MaistreSjOu Généraux de Tartillerie. 42.
VIII. Que les Roys peuuent tirer de Tvtilité de nos remarques des sons &
des Echos. 44.
IX. Expliquer VvtilitédeTHarmonie pour la Morale & la Politique. 46. auec
Vu Corollaire en faueur des luges &* des Aduocats, &> f Instrument de sHarmo^
nie mondaine.
X. Expliquer les eípeces des raisons, & les termes dont elles doiuent estre
exprimées. 51.
XI. Expliquer les quantitez& raisons incommensurables ou irrationelles/53.'
XII. La raison donnée se continue en faisant le conséquent ait mesme rai-
que
son à vn autreterme,que Tantecedent audit conséquent.
55.
XIII. L'addition des raisons se fait en multipliant Tantecedent de Tvne par
de U
Abrégé Musique speculatiue.
Article I. Le son n'est autre chose qu vn battement d'air, que l'ouye appré-
hende lors en est touchée. Or les deux du
qu'elle principales proprietez
son consistent dans la force & dans les qualitez que nous appelions graue
& Sa force est d'autant est fait
aiçu. plus grande qu'il par vn batement
d'air plus violent : & ce batement est d'autant Ton frappe
plus violent, que
vne plus grande d'air en mesme
quantité temps.
Quant â fa est dautant
grauité,elle plus grande, qu'il se fait par des batemens
plus tardifs ;& par conséquent il est d'autant plus aigu qu'il se fait par des
batemens plus vistes ; par exemple s'il se fait vn son dans vn temps donné
par yo. batemens, & vn autre son en vn temps cc
égal par 100. batemens,
dernier son sera deux fois plus
aigu que le premier.
sons se font ensemble & en mesme temps, on
II. Lorsque deux ou plusieurs
les appelle Cosonans, quand ils s'accordent bien, & qu'ils plaisent à Touye
de sorte qu'ils font des accords d'autat ils ont leur vnion plus
plus doux,qu
estroite & plus grande, comme Ton espreuueà TVnisson, à TOctaue, au
Diapente, &c.
L'Vnisson est Tvnion ou le mestange de deux sons faits parvn nombre égal de
batemens d'air est le mestange
j L'O ctaue de deux sons, dont le plus gráuo
est fait par vnbatement, & le plus aigu par deux ; & le Diapente est le mé-
se fait par deux batemens, & le plus
lange de deux sons, dont le plus graue
aigu par trois.
Toutes les simples Consonances font comprises & expliquées par les 6. pre-'
miers nombres. ik 2.3.4.5, & 6. car TOctaue est d'vn à 2. la Quinte de 2.à 3.
le Ditonoula Tierce majeure de 4. à
laQuarteouleDiâtessaronde3.à4.
5. &lamineurede$.à 6. Or ils représentent le nombre & la comparai-
sonde leurs batemens.
III. L'Octaue est la plus douce de toutes, âpres TVnisson ; parce que ses bate-
s'vnissent ensemble : carie batement du sort
mens plus sounent premier
du batement du son graue, & le second
aigu s'vnit auec la première partie
batement auec la derniere : où bien ses batemens s'vnissent de 2.
partie
&c.
coups en 2. coups : ceux de la Quinte de 3. coups en 3. coups,
Et lors que Tvnion est égale de la part dusonaigu , & inégale de la part du
graue, la Consonance qui vnit également ses sons de la part de Tvn & de
l'autre jèst plus douce : par exemple les batemens de la Quinte s'vnissent de
que le son graue. Mais quand les chordes sont différentes en longueur, 6c
d égaie grosseur & matière, le poidsqui doit faire monter la chorde 2. fois
à TOctaue , doitestreJt£é£apìe, parce que le quadruple met
plus longue
feulement la chorde double à TVnisson de la souzdouble} & puis le qua-
qu'ils font ce chemin dans le temps d vne seconde, íoit que le vent fauo-
rise, où qu'il soit contraire, & que les sons soient forts oufoibles : & que
162. toises sont là mesure des sons réfléchis, puifqu'vne syllabe prononcée
lô plus viste que Ton peut, va frapper la muraille de 81. toises, &
éloignée
puis il reuient à l'oreille dans le temps d'vne seconde minute. Or si le son
se fait par des cercles semblables à ceux qui se font fur l'eau, il est certain
que Témotion de l'air qui porte le son, est 18 7 o. fois plus viste que la mo-
tion de l'eau ; d où Ton peut conclurre que l'air est 1870. fois plus aisé à.
mouuoir, plus liquide, moins résistant & plus leger que l'eau.
L'on trouuera de cét Abrégé auec vne grande multitude
lespreuues d'au-.
tresspeculations,&deplusieursobseruations& expériences dansles ip. li-
ures , & particulièrement dans le Traicté des O bscruations.
F I N.
P RE M I ERE
PREFACE GENERALE
AV LECTEVR
«g^^l^^f
ETTE Préface contient de certaines remarques qui ser-
uiront à Tintelligence de quelques ou de la
5w^^^^^^ propositions,
fuite des liures , qui peut estre telle Ton voudra : &
'^i^^^^^S que
les Imprimeurs n'ont fait suiure les
^/^^^^^^ parce que pas tousiours
nombres au haut des pages, & qu'ils les ont recommencez
I§Ê^S5Ç&§&(B
fois contre mon dessein, comme Ton void au 7. liure des Instru-
plusieurs
la
mens, qui parle des Instrumens de percussion, dont première page de-
uoit estre cotée du nombre 413. ie n'ay pas voulu mettre la table de ces li-
ures, depeur de la rendre de trop difficile à raison des différents cha-
víage,
ractcres,dont il eust fallu vser chaque traité
pour signifier particulier:
il eust fallu vser des 2. premières lettres A, B, C, D, E F,
par exemple,
G & H, pour le traité des sons, des mechaniques, de la voix, de
signifier
la composition, des Instruments, des Instrumens de percussion ,& de Tv-
tilitéde la désire, elle ne soit pas si difficile
TharmoniCj&c.quoyquesion
que Ton ne s'en puisse seruir vtilement : ioint que le liure de Tvtilité
que ie parlcsouuent
propositions > quoy en affirmant: Ton donc
prendra
pour vne narration tout ce que i'ay dit, si Tonne se sent contraint
simple
par les expériences, ou les raisons que i'apporte d'embrasser ce que ie pro-
lors que lc ion par lc mouuement
pose: par exemple, de l'air,
i'expliquc
nullement se coulent
ien'empesche que Ton ne mette des espèces, qui
dansTair comme la chaleur, & en quelque comme lalumiere,
façon quoy
qu'auccdu temps :& quand i'ay ditqu'il y a mesme raison entre les sons,
qu'entre les mouuemens de l'air, ou des chordes ,ie laisse la liberté à cha-
cun de douter si les sonsn'estans aux chordes, leurs rai-
pas homogènes
sons & estre transportées aux sons: Ton
proportions peuuent quoy que si
considère la manière dont ie me fers pour la raiíon de Toctaue,
prouuer
& des autres consonantes ou interualles ne dépendent
harmoniques,dlc
A
nullement de la ou grosseur des chordes,parce que ic n'vse d'au-
longueur,
tre chose des seuls mouuemens, ou batemens d'air ; de forte que s'il y
que
a chose de dcmonstrable dans la Ton ne à mon
quelque Musique, peut,
auec vne meilleure méthode, celle dont ic me fers en
auis,y procéder que
tous les traitez de cet oeuure. Car le nombre des batemens d'air se rrouue
bien chordes, comme dans les cloches tremblent
|>ar tout,austi qu'aux qui
iustement autant de fois les chordes, lors sont à
que qu'elles Tvnissonrpar
fi la chorde faitle son bas, & le plus graue de ma voix
exemple, qui plus
rremble,&batTair4ofois dans le d'vn batement cloche
temps depoux,la
faitTvnifíontremblera 40 fois enmesme
qui temps, soirqu'onla frappe
de marteau, ou la touche seulement du bout du
d'vntoup qu'on doigt,
comme ilarriue à la chorde ausiì
d'vn bien
qui aura Luth,
40 tremble-
mens dans cet de temps, soit qu'on la pince bien fort,ou soit
espace qu'elle
feulement touchée le ou
par pied d'vne mouche, parle vent, comme ie
monstre dans le 3 liure des mouuemens, &dans les 4
premiers
liures des
instrumens.
Il faut remarquer cn 2 lieu qu'il y a beaucoup de choses dans le
pre-
mier liure faut modifier suiuant ce qui est dans lc3,& félonies
qu'il expé-
riences que chacun faire à son loisir j & que Ton peut tirer
peut plusieurs
ie n'ay
conclusions des3 premiers liures, lesquelles pas touchées : par
l'on monstrer flèche estant tirée de dedansvn ba-
exemple, peut qu'vne
est hors ledit
teau paroistra immobile àceluy qui bateau, suppoíé qu'il aille
viste la flèche, lors la tire vers
auííî que qu'on l'Occident,& qu'il va vers
J'OtientiÔÉ semblablement quele boulet d'vn canon tiré sur la terre vers
se remueroit à Tcgard de celuy
TQcjqdlt,ne point qui demeureroit stable,
tandis la terre tourneroit aussi viste versl'Orient, comme il artiucroit
que
si Popinion estoit Or les dernieres du 3
d'Aristarque vraye. propositions
liurç seruent à & à la correction du & du 2, dont il
TinceUigcnce premier
ne faut; en dernier ressort auant que d'auoir leu ledit troisième
pas iuger
du mouuement, auec son traité des mechaniques.
Mais il est bon d'ajouster deux choses à ce hure, la immédia-
premierc
tement dcuantía 4. prop. 165 , à íçauoir Tvn des excellents es-
page que
de çe temps,donnant la raison de la reflexion desarcs, & des autres
prits
considère que tous
les corps nous voyons sont
corps, premièrement que
d'vne certaine matière ne estre veuë, &
remplis tres-subtile, qui peut qui le
de forte
meut tousiours grandement viste, qu'elle passe facilcmentà tra-
uers les porres, ou les petits vuides, de mesme manière
que l'eau d'vne ri-
uiereà trauersles trous d'vne Nasse, ou
d'vnpannier.
En second lieu, les retournent estant ont leurs
que corps qui pliez po-
res tellement lors cette matière subtile ne
disposez qu'on lçsplic,que peut
il arriue
plus si aisement passer
à trauers, q.u'auparauant:d'ou
qu'elle s ef-
force de les remettre en leur arriuer cn
premier estat.Cequi peut plusieurs
: si Ton s'imagine les porcs d'vn arc
façons par exemple, que qui n'est point
bandé font aussi à Tcntrcc Ie bandant on les
larges qu'à lasortie,& qu'en
rend il est certain la matière subtile
pluscstroitsàla sortie, que qui entre
dedans le costé le fait effort en ressortir l'autre co-
par plus large, pour par
sté est si Ton les de cet arc cstoienr
qui plusestroit:& s'imagine que pores
ronds auant en
qu'il fuit plié, &
qu'apresils soient oualc,&que les
parues
de la matière subtile, doiuent à trauers, font aussi rondesjil est
qui passer
euident lors qu'elles se entrer en ces trous elles
que présentent pour ouales,
font effort lesrcndre ronds, & par conséquent redresser l'arc,
pour pour
d'autant Tvn dépend de l'autre. Oril semble les subtils dont
que que corps
il parle se aisement entendre des atomes se
puissent qui meuuentperpe-
tucllemenr.-maisonen Ycrra la démonstration
physiquc,lors qu'il luy plai-
ra la donner.
La seconde doit estre ajoutée à la u. 222. immédiatement
prop. page
deuant. EnA yant 5 lieu. donc fait roullcr
de dans vne
le dc- boule
plomb
micercle L B K, d ont le rayon A B est de 2 pieds 6c 7. & ayant
pouces,
vne autre boule de mesine pesanteur
à vn silet de mesme
longueur,
pendu
ce silet auec sa boule faiti 9 retrours, en mesine
temps que
la boule roulante
dans ledit quart de cercle n'en fait que 18, de sorte la boule
que suspendue
à vne fuselle deuancent tousiours les retours des roulemcns de Tvn de ses
mais au lieu ne va
fois de L vers K, & re-
retours} que 9
qu'elle qu'ellenc
uienrque 9 fois L, en roulant,
de K vers auant que de se reposer au
point
E,elle va du moins 1500. fois de L vers K,&reuient autant de fois de K
versL auant de se B,lors est attachée au filet A B:
que repoíeren qu'elle
où Ton void combien le Ltí K nuist
par plan de bois au retours de labou-
îe qui roûle dessus : car s'il estoit si
parfaitement
rond & poli nel'em-
qu'il
le Ton s'imagine dans Tair,la boule iróitdu
pcfchast pas plus que pian que
moins autant de fois, &ausii haut d'vn costé & d'autre, cn roulant comme
elle fait estant attachée au filet. I'ay dit du moins, parce qu'elle n'auroitpas
Tempcschement
du filet, qui retarde, & empeschevn peu la grandeur des
retoursde la baie. Or lachorde tient la boule B 3
qui suspendue, ayant
&demi en y comprenant Taboulé, fait iustement chacun
pieds delong,
de ses tours cn mesme boule
tempsque l'autre fait chacun de ses roulemens
danslc le rayon est de 2 pieds & 7 pouces, c'est à dire
ccrclc,dont que cha-
tour de son roulement dure vne seconde minute : de sorte les
que que
rayons des cercles du roulement sont en raison doublée des
temps,comme
nous auonsditdes sissellcs, qui tiennent les boules suspendues.
11 arriue encore vne choie dans Ie nombre des
roulemens,
remarquable
se font fur le bord interne de 2 cribles, de différentes à sca-
qui grandeurs,
uoirque la mesine boule fait autant de tours & retours dans le cribledonc
Ie diamètre est de j pieds deux & dans celuy dont le diamètre n'est
pouces,
qued'vnpied& demi .-par exemple vne boule d'yuoirc bien ronde Ôcbien
polie,de mesme grosseur celle de plomb, fait 20 tours & autant de re-
que
tours dans Tvn & l'autre crible,en les laissant rouler du haut de leurs
quarts
de cercles, mais chaque tour dure vne seconde minute dans lc
qui grand
crible, dure moins fur lc suiuant la raison sous-doublée des temps
petit,
aux
espaces.
D'où Ton conclure les chordes de meíme
peut que harmoniques gros-
seur, mesme matière, & mesme tension font autant de retours les vncs
Quant au Liure des Chants, ic n'ay rien à remarquer que Ic grand vsage
de toutes sortes de rencontres,
qui s'en peut tirer pour tout cc qui depend
fie de combinations,cV:la des noms de deux
gentille remarque Religieux*
Monsieur de Peiresc, Thonneur de toute la Prouence^m'a
que enuoyé,à
F. Saluator Mile,Ôc F. Louis Almerat, donc chacun à dans TÁna*
íçauoir
de son nom, les six v/-, re, mi,fa,sol, /<í,sans changer, aioû-
gramme syllabes,
ter , ny oster aucune lettre. Si Tidentité des Anagrammes
signifioit la
ressemblance du de Thumcur, & des Ton
tempérament esprits, iugeroit
s'aymcroient grandement, & qu'ils symboliseroienten cho-
qu'ils plusieurs
ies', par exemple, qu'ils auroient vne mesine natiuité, &c. mais Ton ne
ces non
trouue pas que Anagrammes, plus que Tidentité des nations, con-
tribuent ou signifient aucune chose dans la vie des hommes. I'aioûte seu-
lement les
71 Q Chants de ces 6 notes,font
que que i'ay donné capables
de Texercice de tous les plus cxccllens Musiciensdu monde, s'ils
entrepren-
nent d'en déterminer lc plus beau, lc meilleur, & le plus ;& puis
agréable
le degré de Tagréement d'vn chacun, & le suiet auquel il est le plus
propre.
L'on peut austi accommoder cette variété aux 6 differens, ou aux 6
temps
valeurs des 6 notes différentes Ton void dans la 20 du 4 Liure
que prop.
4c la Composition, depuis la breue
iusques
à la double crochue ; ou aux 6
premiers nombres, & aux 6 lettres d'vn nom donné, cn faire 720 va-
pour
rietez ou : & si Ton veut voir les 4310 Chants des
Anagrammes composez
8 notes de l'Oòtaue,i'en ay fait vn Volume entier.
En 4 lieu, le traité dcsconsonanccs,des modcs,&de la com-
genrcs,des
seruir à toutes sortes
de personnes, soit pour chanter, ou
position, peut
donner les raisons de tout ce qui arriue dans THarmonie ; de sorte que
pour
ces 4 liures suffisent tous seuls aux Musiciens, fans qu'il soit besoin li-
qu'ils
sent les autres, ceux des Instrumens. Et parce ne sont
excepté qu*ils pas
ipour Tordinaire spirituels,i'y ay inféré beaucoup de considéra-
beaucoup
qui leur
tions, seruir dautant de Liures de deuotion, affin qu'au
peuuent
lieu d'abuser de THarmonie, que Dieu a départie aux hommes pour Je
louer, ils Temploycnt à son honneur, & que ce qui sert à débaucher les
mauuais esprits, éieue les leurs à la des choses diuines, &
contemplation
leur face mériter leCiel.
En y lieu, les Liures des Instrumens donnent de connoissan-
beaucoup
ces, & d'expériences qui ne sont pas dans les autres
c'est pourquoyLiures,il
est à propos de les lire, comme Ton auoiira cn les fucillctant. Orien'ay pas
voulu descrire au long Instrumens les
plusieurs nouucaux,par exemple
ont vn archet fans fin pour faire iouer des concerts entiers de
Epinettcs,qui
Violes, & les les syllabes, aussi bien que les hom-
Orgues qui prononcent
affin les y ont
mes, que facteurs, contribuéinuention, de leur
reçoi-
qui
ucntquelquefruitdeleurslabeurs.il suffit de dire que Ton peut composer
des machines feront attri-
harmoniques , qui plus que la teste parlante
buée à A Ibert lc Grand, & qui rauiront tous ceux qui nc scauent les se-
pas
crets de THarmonie iointsà ceux des mechaniques.
En 6 lieu, ie donne encore du Luth,
icy la manière de diuiser le manche
de la Viole,& des autres instrumens les demi tons egaux,afrm
pour y mettre
que les facteurs puissent accommoder les touches de plusieurs Luths en
fort de & auec vne grande facilite, íans chercher à tastons : or
peu temps,
cette méthode des nombres de la 9 du 4 Liure des Instru-
dépend prop.
mens, ou de la feule colomne du Diapason l'on
première dcsOrgucs,que
void à la 339 du 6 Liure des à sçauoir 1000,944 &c* &e
page Instrumens,
A iji
sorte que si Ton diuisoit vne ligne tirée sur ie Luth, depuis son cheualet ius-
à son sillet, en mille parties,le second nombre 944 donneroit lclicu
ques
de la première touche, & le j,à sçauoir 89i,monstreroit le lieu de la 3: mais
cette diuision est trop & trop difficile à faire, encore
parce que longue,
faite vne fois fur deux règles iointes par les bouts en forme de
qu'estant
elle puisse seruir tousiours-, il surfit de
compas, pour marquer première-
par B, ce que Ton fera en diuiíànt
ment la première touche Tes-
signifiée
le sillet & le cheualet en 50 dont ostées
pace d'entre 3 parties estant
parties,
monstreront le lieu de la première comme
touche, i'ay dit dans la page zot
dcsinstrumés.Gecy'estantfakjsiTonavn de proportio,il faut tel-
compas
la longueur se tronq-
lemcntTouurir,que depuis le sillet iusques au cheualet
ue entre lejó des parries égales des 1 branches,parce que y6 est la différence
de 1000 à 944 :& puis la différence de tous les autres nombres.qui suiuent
à joOjdònneront toutes les autres touches :&si le compas de pro-
iusques
est trop petit, Ton prendra Touuerture du double de 56, à sçauoir
portion
112. Etpourcequc les facteurs n'ont
pointdecescompas pour Tordinaire>
il suffit qu'ils diuisent la moitié d'vne règle en j6 parties,en commençant
en haut, estantiointe auec vne cheuille au bout d'vne autre re-
laquelle
soit aussi diuisée, qui leur donne
gle,qui la liberté de souurir comme vn
ic dis que s'ils ouurenuellement ces 1 rcgles,que Touuerture de
compas,
56 prise auec vn compas commun, donne la
grandeur
de la première tou-
che, Touuerture de $$ donnera la grandeur de la seconde, celle de 49 don-*
nera la 3, & ainsi des autres suiuant la petite Table la pre-
qui suit, dont
mière colomne contient les 13 nombres du diuisé en IL demi-
Diapason
tons egaux par les u nombres,qui u
signifient lignes moyennes propor-
tionnelles entre 1000 & 500, qui donnent les 2 extremitez de TOctaue.
La 2. colomne contient les nombres du compas des facteurs fait des 2 rè-
ils peuuent lc des manches.
gles précédentes, lequel appcllcr Diapason
Or les 11 nombres de la 2 colomne nc sont au»
Table les facteurs tre chose de ceux de la pre-
pour d'in- que les différences
mière ; de sorte qu'il faut tousiours
strumens. laisser les
par le moyen
bien du meflange des métaux de leurs leur fu-
sons,quepar
sion, ou leur fonte.
OrTinstrumentfait de ces corps pourroit seruir de rcglc, de canon, &
de diapason immobile, & infalliblc & pour accorder toutes
pour régler,
les autres sortes d'instrumens, & chaque Cylindre creux, ou plain & massif,
estant porté, ou enuoyé le monde feroit communi-
partout propre pour
le ton de Torguc, de la voix, & des autres Instrumens, & pour faire
quer
chanter vne mesme piece de Musique en mesme ton par tous les Musi-
ciens de la terrc,au lieu des tremblemens de la chorde, dont ie parle dans le
auisdansl'aduertissementdcla44 prop.duliuredel'Orgue,dansle8Coro-
laire de la 9 dui. liure, &dans Taduertiflementdcla4du3.liuredes
prop.
mouucmésjà la fin duquel on void son traité des Mcchanique,scauent aussi
fort bien la théorie, la Pratique de la Musique-,
& mesme quoy que si Ton
vent les de lacomposition,& faire toutes íortesdecom-
apprendre règles
positions à ou figuré il soit à de se faire ensci-
contrepoint simples propos
ceux qui ont vne longe habitude de cette pratique, comme sont
gner par
le sieur Raquette de nostre Dame de Paris, le iieur Vincent, 8c
Organiste
dans Paris,tant à chanter,
plusieurs autres,qui enseignent qu'à composer,
L'onziéme remarque leruira pour enipescher que Toubli n'enscuelisse
les noms de ceux qui ont esté exccllens cn France dans quelque de
partie
il y en aencor Tho-
cetart,dont qui viucnt maintenant;premièrement
mas & Epinette du Roy, â défriché le chemin pour-
Champion Organistes
cc qui concerne &: l'Epinette, fur lesquels il faisoit toutes sortes de
TOrgue
de fugues à Timprouisteùi a esté le plus grand
canons,ou Contraponctistc
de son temps: son fils laques sieur de laChappelle, &Cheua-
Champion
lierde fait voir fa profonde fciencc,& son beau toucher
TOrdreduRoy,à
fur l'Epinette, & ceux qui ont connu la perfection de son jeu Tont admiré,
mais âpres auoir oiiy le Clauecin touché îe sieur de Chanbonniere, son
par
n'en peux exprimer mon sentiment,
fils, lequel porte le mesme no, ie qu'en
disant ne faut plus rien entendre soit qu'on desire les beaux
qu'il âpres,
•chants & les belles de Tharmonie méfiées en scmble,ou la beauté des
parties
mouuemens, lc beau toucher, & la légèreté, & la vitesse de la main iointe à
'
EXTRAICT DVPRIVILEGE DV R£T.
F. MARTIN HÉRISSE'.
LIVRE PREMIER
DE LA NATVRE ET DES
PROPRIETEZ DV SON.
PREMIERE PROPOSITION.
qu'il soit receu dans l'oreille, c'est à dire deuant qu'il soit ouy, &* s'il
PROPOSITION II.
Déterminer comme se f ait le mouuement & le S on > &* d'où vient queplusieurs mouue-
mens tres-vistes e*r tr es-rapides ne font nul Son qui puisse estre ouy, comme sont les
mouuemens de plusieurs roues, £$r d'autres corps quife meuuentdans f air ou
dans l'eau : e> que plusieurs mouuemens tres-petitsfont de grands Sons.
muniquer , ou si les murailles ne sont csbranlées par leSon que fait celuy qui
est enfermé, ou quiestdehors : car fi les parois tremblent, ils
communique-
rontlemouuementde Tair intérieur à Tcxterieur, ou de Texterieur à Tinte-
rieur. Oril n'est pas si difficile que Thomme qui est enfermé entre quatre mu-
railles leur
imprime quelque sorte de mouuement par la force de ía voix, ou
de Son, comme Ton se Timagine : car Tair esmeu,
quelqu'autre quinetrou-
ue point de sortie a de effets, & Texperience fait voir que le Sonsc
grands
diminue d'vne muraille, ou de
beaucoup par Tinterposition quelqu'autre
les
corps solide; lime semble donc qu'il faut conclure que murailles ne trem-
blent pas assez fort quand Ton ne peut ouy r le son : mais ieparleray plus am-
de cette difficulté dans vn autre lieu.
plement
La troisiesme raisonna de force, car nous expérimentons
point que Ton
oy t le son, encore que le vent soit contraire,
& conséquemment
que le mou-
uement de Tair au mouuement Ton
que fait le vent s'oppose que appelle
Son ;& cette contrariété Son peut estre íì grande à raison
qui cmpeíchele
de la violence des vents ou des autres bruits, que Ton ne Toy ra nullement.
Quand deux ou plusieurs hommes parlent en mesme Tair retient
temps,
les impressions qu'il reçoit de chacun d'eux, comme l'eau calme reçoit celles
des pierres iette dedans, car Ton remarque
que Ton qu'elles font des cercles
à peu aux bords,
qui s'estendent
differens, & qui ne sont pour-
peu iusques
tant pas si distincts, ny si remarquables que si Ton iettoit vne seule pierre:
mais la difficulté de ces cercles mérite vn discours particulier. C'estpourla
mesmeraison de deux ou plusieurs
que les voix hommes qui se parlent en
mesme sont plus confuses & moins
temps, intelligibles, que quand ils par-
lent Tvn api es l'autre.
le mouuement
Quanta Tefpacc dans lequel s'estend de Tair ou le Son, il ne
faut pas s'estonner s'il est tres-grand à raison du peu de résistance que fait
comme Ton aux coups d'artillerie,
Tair, expérimente qui Tesineuuent ius-
quesà vingt ou trente lieues ; peut estre mesme que lc mouuement qui se
fait par la collision dedeux à la fin de Tair, c'est à dire ius-
corps vaiuíques
quesau firmament,ou plus haut, s'ils'estend plus haut, comme les cercles
que Ton fait auec les pierres iettées dans Teau vont iuíques aux bords, car il
est aussi facile d'expliquer ce mouuement, comme Ton explique en
quelle
manière vne pierre estant iettée dans TO cean est cause toutes les
que parties
de 1*Océan se remuent, afin la de Teau, que la pierre fait monter
que partie
s'estende restablir
par tout pour TequilibredeTeau, carsiellenes'estendoit
elles seroient les pi us
qu'aux parties voisines, plus hautes
que estoignées, qui
íbrtiroient de leur & ne se balanccroient
équilibre, plus.
Et Ton peut dire que fi l'Ocean couuroit toute la terre, comme il faifoit
eust séparé les eaux d'auecelle,&
auant que Dieu qu'il fust calme, que la pier-
re iettée dedans
qui seroit souzlepole Arctique, feroit des cercles
qui croi-
De la nature, & des du Son.
proprietez $
tousiours à TEquateur, & qui (peut-estre) diminueroient
ssroicnt iusques
mais cette difficulté désire vn autre lieu, &
tousiours iusques àl'Antarrique:
chose arriue dans
que la mesine
nécessaire Tair, se fait dans
puis il n'est pas qui
Teau, d'autant nous ne sommes pas hors de Tair, comme nous sommes
que
hors de Teau.
La derniereobiectionsuppose vne chose fausse, car puis que Ie mouue-
ment & le Son ne sont point différents, le Son est d'autant & plus
plus grand
de sorte
fortquelemouuementdei'airestplusviolent; que toutes&quan-
il faut conclure
tes fois que Ton oyt vn grand son, que le mouuement de Tair
est grand. Mais si Ton considère la grandeur, &laviolencedu mpuuement
effort qui se fait dans Tair, ou dans Ton
par le seul quelqu'autre corps fluide,
Tair soit retenu,
se trompe souuent, d'autant qu'il faut que renfermé,rom-
de deux car s'il est seulement
pu & reflechy par la rencontre corps solides,
d'vn costé, & vne libre issue' de l'autre, il fera peu de bruit,
poussé qu'il ayt
& aux baies
comme il arriue à la flesche d'arquebuses qui se meuuent dans
à leur vitesse,
Tair, & qui ne font pas vn Son proportionne parce que Tair qui
cède souffre de violencéen de celuy qui résiste, & qui ren-
peu comparaison
contre des corps entre lesquels il est renfermé, comme Ton experimenteaux
mouuemens d'vn fouet de chartier,qui fait vn grand bruit à raison du regain
de la chorde enferme Tair.
qui
L'on à Testenduë
peut icy adiouster plusieurs choses qui appartiennent du
Son, que Ton appelle la sphère de son actiuité, & qui sont cause que Ton Ten-
tend de plus loin, comme Ton expérimente aux poutres & aux tuyaux> car
lors que Ton frappe le bout d'vne poutre, ou que Ton parle dans vn le
tuyau,
Son se porte & plus facilement ne feroit fans Tayde de ces
plus loin, qu'il
Mais il faut reseruer ces considérations pour vn autre lieu : car il suffit
corps.
maintenant de conclure, le Son est produit lors que Ie mouuement ex-
que
térieur de Tair arriue au nerfde Touye, c'est à dire à la partie de de
Torgane
les premières atteintes du mouuement de Tair extérieur,
Touye, qui reçoit
les porter à Tesprit qui en fait le iugémentb
pour
Il faut dire la mesme chose de Teau au regard des poissons
qui oycntnos
bruits cercles de Tair vont la surface de Teau,
quandlcs frapper qui fait d'au-
tres cercles à l'oreille du Poisson, comme les cercles de Teau
iusques qui font
du bruit en impriment dans Tair iusques à nos oreilles, lors que nous oyons
le bruit qui se fait dans Teau. Il faut encore conclure n'est
qu'il pas besoin
d'efyeccsintentionelles pour le Son, puis que le mouuement de Tair suffit, &
pour les esleuer à vn degré d'estre plus éminent & plus spirituel,asin
grossier,
auec les Philosophes & que ce que ie
que ien'aye nul diffèrent ordinaires,
ne dépende de nulle opinion, & qu'il soie
diray dans ces liures de Musique
fondé fur la vérité de l'experience& de la raison. Or i'expliqueray plus am-
&
plement & plus exactement la force &lafoiblesseduSon, plusieurs autres
difficultez dansvn autre lieu, car il suffit d'en auoir touché quelque chose
dans ces deux premières dont Tesclaircistement & la solution
Propositions,
de plusieurs Propositions. Mais puis que i'ay dit que le Son n'est
dépendent
autre chose que le mouuement de Tair, il faut voir si cet air est extérieur ou
intérieur aux corps qui produisent le Son ; & s'il est tellement nécessaire
qu'il
en
ne se
puisse
faire de Son fans Tvn des deux,& puis nous expliquerons quel-
le manière il se fair.
COROLLAIRE.
Puis
que
ie désire
que
le Musicien parfait sçachue la Philosophie, & qu'il
doit cognoistré les différentes nos ancestres ont eu de la
imaginations que
natureduSon, afin quel'onn'entamenuldiseoursdeTharmoniedans tou-
dont il ne
tes sortes de compagnies où il se rencontre, puisse rendre raison, il
faut remarquer en fa faueur autresde
que Democrite, Epicure& quelques
leur secte ont estime le Son qui se fait par la rencontre, ou le battement
que
de toutes sortes de corps a'est autre chose qu'vn mouuement, ou vne faillie
sortent des corps
de petits corps composez d'atomes, qui qui font lc Son,
•omme les rayons sortent du Soleil, ou qui sont dans Tair, & qui estant frap-
des s'estendent de tous costez
pez par le
mouuement corps, par les pores, ou
les petits vuides dudit air, iusquesà ce qu'ils ne rencontrent plus de vuide, &
ou atomes la
qu'ils soient arrestez parles petits corpuscules, qui composent
substance de l'air; de sorte que suiuant cette opinion Ton peut
s'imaginer
vne multitude ou d'atomes qui volent dans
grande depetits corps inuisibles,
Tair âpres qu'il a esté battu, & qui vont affecter toutes les oreilles quise ren-
contrent dans leur chemin, afin de leur porter la nouuelle de cc qui s'est
paf-
sé dans Tair, ou dans les corps dont ils sont partis, & dont ils font les ambassa-
deurs , ou les images & les représentations.
PROPOSITION III.
Déterminer pie Son estlemouuementde tair extérieur ou de s intérieur, qui est dans le
de Son sans U mouue-
corps qui produit le Son : & s'ilnese peut faire
ment de l'vn ou de f autre.
PROPOSITION IIII,
qu'il ne se reunisse;
& quant mais nul ne sçauroit faire
qui quant empefche
cette diuision, que celuy dont la force est plus grande que Timpetuosité de
toute la Nature creée,& que Tinclination qu'elle a pour fa coníeruation, à
Ton croit la perpétuelle vnion de toutes ses partie; est nécessaire.
laquelle que
Or il est aussi difficile de sçauoir si le Son dans le vuide
peut estre produit
mais
particulier que dans T vniuersel; parce que le Son suppose le mouue-
ment , il faut premièrement voir íi vn ou plusieurs corps se peuuent mouuoir
dans le vuide : car si ce mouuement n'est pas possible, il faut conclure que le
Son ne s'y peut faire, & parce que cette difficulté n'est pas encore résolue, &
la est problématique, ie dis
que si quelque d'air se
que question quantité
meut de la mesme sorte dansle vuide, que lors qu'elle est iointe auec les au-
tres de Tair, fera du Son, encore
parties qu'elle qu'il ne puisse estre porté à
nulle oreille.-c'est à dire
que son mouuement aura tout ce qui est nécessaire de
son costé, pour estre apperceu de l'oreille souz la qualité de Son : ce que Ton
COROLLAIRE.
PROPOSITION V.
v s viuons dans Tair comme les poissons dans Teau, mais auec cette
NO differencequenousnepouuonssortirhorsdel'air, ny arriuer à fa sur-
face, comme ils font, car ils sautent souuent hors de Teau, ou se tiennent des.
lus, mais nous auons tousiours de mille lieues d'air fur la te-
plus cinquante
ste, car il s'estend à Lune, & peut-estre auFirmament,&
iuíques iuíques par
delà. O r puis que nous ne voyons pas Tair, qui peut estre appelle Teau ou la
mer des hommes & des autres animaux, & qui peut-estre n'est nullement
diffèrent de Teau, qu'en ce qu'il est plus rare & plus leger; il semble
que nous
ne pouuons mieux expliquer ou comprendre la manière dont se meut J air,
il sonne, celle dont íe font les mouuemens de Teau par les
quand que par
& qui labattent auec violence: car il ne faut
corps qui se meuuent dedans,
le mouuement voit fur Teau, lors
pas seulement s'imaginer qu'on fait
qu'elle
en croissant
des cercles qui vont tousiours depuis le lieu où la pierre a esté iet-
tée, qui leur sert de centre, iusques au bord du vaiíseau qui la contient : mais
il faut remarquer si elle fait de semblables mouuemens au fonds, &
iusques
si ces cercles s'estendent dans toute
la profondeur ou la solidité de Teau, com-
me Ton peut conclure tant par les Sons qui se font dans Tair, que par ceux
qui se font dans Teau, car on les oy t eígalement de tous les costez,
quoy qu'il
soit plus mal aysé de Texperimenter dans Teau dans Tair, dans les
que lequel
fuíées & les feux artificiels qui font leur bruit à cent toises de haut y se font es.
gaiement ouy r de tous les costez tant en haut qu'en bas.
L'on peut neantmoins en faire Texperiencc dans Teau, car si de plusieurs
qui nagent entre deux eaux, ou font le Tvn fait sonner vne
qui plongeon,
cloche souz Teau, & que tous en oyent le Son,
quoy que les vns ay ent sept
ou huict brasses d'eau fur eux, & les autres seulement vne ou deux, Ton peut
conclure
que lescercles qui sc voyentsur la surface de Teau , se font sembla-
blement dans toute la solidité de Teau, & conséquemment Teau & Tair
que
font des cercles dans lieu de leur profondeur, Ton les bat,ou
chaque lorsque
que Ton les presse assez fort pour faire quelque bruit.
mesme de Tair qui est battue',&
Quelques-vnss'imaginentquela partie
qui fait lc Son, se diuisc en vne infinité de petites parcelles, semblables aux
atomes de Dcmocritc, cn rond
qui s'estendent pour Son de tous
porterie
costez : mais cela n'est & il n'y a nulle raison qui puisse per-
pas nécessaire,
suader que la
partie de Tair qui est frappée, se détache de Tair auquel elle est
io Liure Premier
à vn autre air eíloigné de deux ou trois mille
continue, pour aller se reioindre
pas:il suffit qu'elle esbraníle Tair continu , & qu'elle luy communique le
mesme mouuement a receu, foibíement & auec di-
qu'elle quoy que plus
minution. Car Ton expérimente dans tous les corps
sont continus,
qui que
l'vn ne peut mouuoir, ou attirer Tvne de ses parties, que les autres
pousser,
ne se meuuent semblablement, encore t vne grande différence en-
qu'il y ay
tre lc mouuement des corps qui sont durs & fermes, comme sont les pierres,
les métaux & les bois : & ceux
qui sont mois & fluides, comme sont Tair, Teau
& toutes sortes de liqueurs, d'autant de tirer,de
qu'il n'est pas possible pous-
ser, & de mouuoir vne partie d'vn corps dur que toutes les autres ne se meu-
comme Ton expérimente lors qu'on ou vn baston,
uent, pousse vne pierre,
ne cèdent pas les vnes aux autres, comme font les par-
parce que leurs parties
ties de Tair, dont nulle ne pourroit estre meuë que toute fa solidité ne
partie
se m eust, si Tvne des parties ne cedoit à l'autre.
Or il est tres-difficile d'expliquer commese fait cette cession, & en quelle
manière Tair & Teau se restituent, & reprennent leur repos âpres qu'on les a
& agitez, car sila partie qui est se raréfie, il faut
battus frappée que les autres
pour luy faire place;
se condensent encore ne se ra-
cequiarriueroit, qu'elle
refiastnullement, à raison qu'elle est hors de son lieu natu rel &c ordi-
poussée
c'est pourquoy il est nécessaire car les parties des
naire, que les autres cèdent,
corps ne sc peuuent & chacune a besoin d'vn lieu particulier diffè-
pénétrer,
rent de celuy des autres. Car encore qu'on sc puisse imaginer qu'vne goutte
d'eau estant versée fur vne autre eau s'estend, íàns qu'il íoit besoin
quetou-
tesles autres parties sc meuuent, neantmoins cela ne se peut
faire lors quelle
est adioustée sous la surface de Teau, d'autant qu'il faut que
toutes les parties
supérieures se haussent pour luy faire place; ce qui arriueroit à Tair si on luy
d'autant
adioustoitquelque'nouuellcpartie, qu'il nous cndost&nous en-
ferme ; & parce que la partie de Tair qui est violentée de lieu, c'est à
change
dire q u'elle s'approche,ou du point immobile
s'estoigne que Ton se peut ima-
les espaces imaginaires, ou à Tvn des pôles du monde:
giner dans il faut
que
les parties cèdent
toutes supérieures pour luy faire place, soit qu'elle aille en
haut ou en bas ,& adroit ou à gauche, si ce n'est
que Ton die qu'elle entre
leurs pores : mais nous ne sçauons
dans pas si Tair à des pores, & bien
qu'il en
toute la solidité ou la surface de Tair battu ou ne peut
eust, poussé pas entrer
dans lefdits
pores, que quelques-vns croyent estre vuides de toute sorte de
car ils ne sont pas si grands comme est Tair poussé ou battu.
corps,
11 y a ce semble plus d'apparence de dire les autres parties de Tair se con-
que
densent céder
pour àTimpetuositédelaportie agitée, quoy qu'il soit pres-
de s'imaginer comme se peut faire la compression ou la con-
que impossible
densation des parties de Tair, s'il ne contient du vuide. Mais la difficulté fera
plus aisée, si Ton ne s'amuse point ail vuide, ou à la raréfaction, & à la con-
car Ton peut dire que quand vne Tair a esté
densation: partie de frappée, que
les autres parties voisines succèdent aussi tost cn ía place, & que toute la mas-
se de Tair sc meut, lors de lieu, comme
que Tvne de ses parties change il arri-
ue dans les bains où Ton se laue, dont toute Teau se meut à mouue-
chaque
ment du corps. C'est i'estime que ceux qui sont
pourquoy dans le Ciel
peu-
sc font icy,
uentappeiceuoirlesmouucmensdel'airqui quoy qu'ils soyenc
tres-foibles ils arriuent au Ciel : car si Ton est contraint d'auoiier
quand qu'v-
De la nature & des du Son. ïí
proprietez
d'eau estant meuë au milieu du vaisseau est cause
ne partie que toute Teau se
ne peut-on pas conclure la mesme chose de Tair, qui est vne
meut, pourquoy
d'eau moins est contenue dans le Firmament, ou
espece grossière, laquelle
dans Timmensité de TVniuers comme dans vn est vn
tres-grandvase, qui
de laSagesse & de la puissance de Dieu.
ouuragc digne
'
PROPOSITION VI.
Les Sons ont mesine raison entre eux que les mouuemens de l'air,
par
lesquels ils font produits.
Quant aux autres différences & circonstances du Son, comme est taforre
oulafoiblesse, elles viennent du mesine mouuement de Tair difl\<emmenÊ
affecté: par exemple, de deux d'air, font battues au-
lorsque quantitez qui
tant de fois Tvne l'autre en mesme celle est
que temps, qui plus grande fait
vn plus grand bruit, massif & plusrem-
qui paroist plus gros, plus plein,plus
ply ; de sorte que Ton peut mesurer la grosseur du Son, & dire
qu'il à toutes
sortes de dimensions, comme les corps; d'autant ou qu'il est Ie)
qu'il fuit,
mouuement d'vn corps, à sçauoir de l air, ou des autres dont le mou-
corps,
uement est susceptible du Son : car si la de Tair estfoit
quantité quiestmeu
perite, elle rend le Son délié & mince: si son mouuement ou ses bat^
petit,
temens durent il est s'ils durent
long-temps long, peu il est court, &c.
Dell vient
qu'on peut dired'vne voix foible & petite,
qu'elle ressemble à
vne ligne, ou à vn filet qui n'a point de foustenue, comme Ton dit d'vne li-
gne d'eau qui coule doucement par vn canal ;& que la voix qui estforte &
bien fournie, soit aiguë, est semblable au fil de leton,
quoy qu'elle qui est
seime &dur, &c se soustient de soy-mesine: mais toutes
qui i'expliqueray
ces différences
plus exactement dans la Proposition qui fuit, & dans la 16,
il Liure Premier
comme se sait le Son graue & s aigu, & ce qui le rend fort ou foible,
Expliquer
temens,c est à dire que le petit nombre des secousses 8c tremblemens de Tair:
car ils font d'autant le nombre des battemens est moindre, 8c
plus graues que
parce qu'il n'y a point de Sons graues qu'en comparaison des plus &
aigus,
establir de Son graue,
que Ton ne peut si Ton parle
conséquemment simple-
ment 8c absolument, il faut seulement remarquer que les aigus se font par vn
nombre de battemens ou de tremblemens d'air, 8c qu'il n'y a nul
plus grand
Son aigu qui ne puisse estre graue en comparaison d'vn plus
aigu; comme il
n'y à nul Son graue qui ne puisse estre aigu, s'il est comparé à vn
plus graue.
Cc raisonnement est confirmé des chordes, dont le Son est
par Texperience
d'autant 8c plus aigu,que leurs tremblemens ou leurs tours &
pluspenetrant
retours font plus frequens, soit que Ton vse d'vne chorde ou tres-
tres-grosse
peu ou beaucoup
8c qu'elle meuue d'où il s'enfuit
deliée, d'air; que le Son
ne vient du mouuement,
aigu pas de la vistesse ny lc graue de la tardiueté,
mouuement fois plus tardif fera vn
puis qu'il peut arriuerqu'vn cinquante
Son cinquante fois plus aigu qu'vn autre mouuement cinquante fois plus
viste, comme ie demonstre ailleurs ; d'autant que la chorde d'vn Luth se
meut fois plus visteau commencement de son mouuement,
cinquante qu'el-
ne fait au trois moment
ou quatriesme âpres que Ton la touchée. Où il faut
ie me sers de la diction, vn
remarquer que Moment, pour signifier temps fort
c'est à dire à la 3600.
court, qui est eígal à vne seconde minute d'heure, par-
tie d'vne heure, à vn moment ou à vn tremblement du
laquelle reípond
coeur ou du poux, parce que cette mesure est propre pour les me-
expliquer
sures , & les autres circonstances dela Musique.
La seconde de cette à la force, ou à la foible 1-
partie Proposition appartient
sedu Son, semblablement de Tair, comme i'ay desia dit dans la
qui dépend
Proposition précédente, parce que toutes 8c quantes fois
qu'vne plus gran-
de
De la nature & des du Son.
proprietez 13
de quantité d'air
est frappée auec vne plus grande, ou vne visteísc
esgale quv-
ne moindre le Son est plus grand. Or cette grandeur sc
quantité, peur pren-
dre en trois manières, suiuant les trois dimensions des à lçauoir en
corps,
en large & en elpaisseur.
long,
à la longueur, oh peut dire que de deux chordes en
Quant eígales gros-
seur, celle qui est plus longue & qui neantmoins est à Tvnisson de l'autre, fait
vn Son plus grand en longueur, parce qu'elle frappe d'air, à rai-
d'auantage
son qu'elle en frappe vn plus comme il arriue aux plus longues chor-
long,
des des Tuorbes touchées à vuide, lors que Ton les met à Tvirsson des
Il est la largeur des si ce n'est
plus courtes. plus difficile d'expliquer Sons,
sont plus larges, la superficie des
qu'on die qu'ils quand corps qui battent
Tair sont plus larges: mais cette des corps n'estant pas fans leur soli-
largeur
dité, elle appartient auffi bien
à Teípaisseur des Sons, leur largeur;
qu'à par
vne plus grosse chorde Tair, comme il arriue aux gros-
exemple,quand frappe
ses chordes de Luth, elle bat vne plus grande surface d'air, qu'vne chorde
de mesme mais la solidité de ladite
plus déliée longueur, Tairquircspondà
surface est aussi plus grande, & la solidité tou-
conséquemment accompagne
siours la largeur.
il faut conclure
Orpourreueniràlaforce&àlafoiblesseduSon, qu'elles
ont mesine raison enrri'elles, les quantitez de Tair qui sont battues autant
que
de fois les vnes que les.autres, si les corps sont d'vne meíme matière ; de lorte
que la chorde fois plus d'air en mesine
bat quatee vn Son qua-
qui temps,fâit
tre fois plus & consequemment
que celle qui en bat quatre fois moins,
grand
les chordes des instrurnens sonnent d'autant plus fort qu'elles s'estoîgnent
de leur ligne droite, comme nous demonstrerons ailleurs. II faut
d'auantage
conclure la mesine chose de la Voix, est d'autant plus forte que le
laquelle
poulmonenuoye d'air au larynx.
d'auantage
Mais ie rencontreicy vne difficulté qui consiste à sçauoir
lc Son
pourquoy
d'vne chorde tendue en Tair ne fait pas vn si ouvn si
grand Son, grand bruit,
que quand elle est tendue fur vn instrument: & pourquoy vne chorde de
chanvre tendue fur vn mesine instrument ne fait pas tant de bruit qu'vne
chorde deboyau ou deleton, encore soient toutes à Tvnisson, & es-
qu'elles
gales en grosseur &
longueur, ôíqu elles meuuent autant d'air les
vnesque
les autres. A quoy chorde qui est tendue dans Tair n a
ierespondsquela que
lc t soudainement, à raison
simple Son, qui s'esuanouy qu'il n'y à rien qui le
retienne; 8c que celle qui est tendue íur les instrumens a le Son précédent,
que Ton peut appeller direct, 8c le Son résonant & de reflexion , qui est con-
serué dans le creux de
Tinstrument, & renuoyé par la table qui renforce gran-
dement le Son.Or Ton pourra dans les liures desinstrumens:pour-
expliquer
quoy de plusieurs tables
d'eígale grandeur 8c de mesine, ou de differentema-
les vnes résonnent mieux
que les autres,
tiere, & pourquoy ily adesinstru-
mens plus sourds, 8c d'autres
plus resonans j 8c semblablement pourquoy de
différentes chordes tendues à Tvnisson, les vnes sonnent plus fort que les au-
tres, encore vne esgale d'air d'vne
qu'elles frappent quantité esgale vistesse.
seulement
Iediray icy qu'vne partie de Tair entre dans les pores de la chorde
de chanvre, dont il est battu & que quantité de peiitssila-
plus mollement,
mensqui sont surla superficiede cette chorde, ou plusieurs autres in efgalitez,
rendent le Son
plus foible
plus obscur, plus mol, 8c plus sourd : à quoy Ton
B
14 Liure Premier
de la chorde
peut adiouster que Tair intérieur donne de particulières qualitez
au Son qu'elle fait.
PROPOSITION VIII.
Le Son ne se communique pas dans vn moment, comme fait la lumière,selon toute son
estcnduë, maïs dans Vne efface de temps.
que fur la terre, &c. car les différentes situations apportent de grandes diffé-
rences aux Sons, comme Ton a remarqué au
Siège de la Rochelle, dont voi-
cy les obseruations qui en ont esté faites tres-exactement par Tvn des Capi-
taines.
Lors est en mesine
qu'on Horizon que le lieu d'où Ton rire, 8c qu'il y a vn
vallon entre deux, le coup s'entend mieux
beaucoup que si on estok dans vn
vallon. Vn canon de batterie
ayant estétiréledeuxieíme de Feurier entre six
& sept heures du matin, Ton n'entendit le Son trois secondes le
qu'âpres que
feu y fut mis, quoy le Nordcst lc Son, & que le
temps fust
que apportast se-
1
la nature & de s du Son.
De proprietez ïj
la cause à la grossièreté de Tair de la 8c à la moi-
rain ; dont on rapporte mer,
Et neantmoins Ton entendit le bruit de la mesme
teur de la poudre: piece le
8c deux heures au second
mesme iour, entre vne âpres midy, battement de
cens pas delà. Et à deux heures âpres midy par vn temps clair, le
poux à deux
le Son ,vn fauconneau fut aussi tost ouy de iooo.pasquelafu-
vent portant
méeenfutapperceuë.
le boulet de douze liures, tirant de mil
Le Son d'vne piece portant cinq
vn clair du 8c
cens pas a trois heures âpres midy par temps aydé vent, placée
fur vne courtine fur Teau, fut ouy à deux battemens de poux. Le Son d'vne-'
tirée à cin quante fur Teau, le vent estant à demy conttaire,
mousquetade pas
s'entendit au quatriesme battement, autre
& le temps couuert, quoy qu'vne
tirée de iooo. pas au dessouz du vent, par vn temps sombre 8c
mousquetade
vne heuredeuant le iour, pres de lamer, n'ayepoint esté entendue;
couuert,
mesme à deux que Ton tira à la Rochelle 8c à Iadon,
cequiarriuaen temps
d'oul'on estoit estoigné de 1200. pas.
Or vne mousquetade tirée à cent pas s'entend ordinairement en deux bat-
&Tamorce bien.
temens, pourueu que la poudre prennent
Le Son de la piece qui estoit fur le haut de laTour de la chaifne ne s'enten-
doit à z ooo.pas dans vn fonds,qu'apres le huictiesme battement à deux heu-
clair.
res âpres midy, par vn temps
De 25 00. pas, peu de vent amenant le Son, à trois & quatre heures âpres
n'ont esté ouyes qu'â-
midy, trois ou quatre pièces tant petites que grandes
la sixieíme partie d'vne minute.
pres dix battemens, qui fontpreíque
autres expériences du canon, lors de
l'apporteray plusieurs queie parleray
la force du Son, & de la vistesse du mouuement que font les boulets; car il
variété de la visteíîe du Son, dont les expe-
suffitde remarquer icy la grande
rien ces sont tres-difficiles à iustisier, d'autant que Ton ne peut apperceuoir Ie
feu en plein iour, qui sert de guide la nuit, & que la fumée
que Ton remar-
la flamme. Tair est autre-
que, ne s'apperçoit pas si tost que Quantàlanuit,
ment disposé c'est pourquoy Ton ne peut pas conclure la vistes-
que de iour,
se du Son qui se fait le iour par celle du Son qui se fait la nuit: quoy qu'on
le iour : par exemple, Ton peut îeucr quel-
puiíse vser d'vn autre signe pour
ou quelque autre couleur esclatante, qui se void.de
que piece d'escarlatte,
bien loin. Mais Ton peut icy faire vne obiection contre la définition que i'ay
donnée la première & seconde à sçauoir
du Son, dans Proposition, que s'il
n'est mouuement de Tair, qu'il doit seulement estre ouy lors
qu'vn que ledit
mouuement arriue iusques à l'oreille ; & qu'il n'y a nulle apparence qu'il soit
des corps qui lc produisent
plus viste
que le premier
mouuement par leur
lesdits
battement, & neantmoins que le Son va beaucoup plus viste que
ce que Ton demonstre d'vne chorde de Luth, dont
corps, par le mouuement
les tremblemens ne font pas Teípace d'vn ou deux pieds depuis le commen-
cement à ce qu'elle se repose, Ton en oye le Son de plus de
iusques quoy que
cent pas si tost conclure
qu'on la touchée: d'oùïlfaur, cesemble, que ce Son
qui va si viste, ne peut estre le mouuement de Tair qui est fait par le battement
de la chordc,& vistesse que celle de la chorde,
qui n'a point d'autre puis qu'ils
commencent qu'ils continuent, 8c qu'ils cessent Tvn auec l'autre.
A des es-
quoy Ton peut premièrement respondre que ceux qui mettent
de la troi-
pèces intentionnelles du Son, ou qui croyent qu'il est vne qualité
B ij
i'6 Liure Premier
à résoudre, d'autant
siesmeespece- ont
lahîesmedifficulté que ces espèces
& supposent le mouuement de Tair, & conséquemment el-
accompagnent
les ne peuuent aller plus viste que ce mouuement. Secondement, que Tair
estant tres-aisé à mouuoir à raison de sa fluidité, 8c de son peu de résistance,
lc mouuement.
sc meut beaucoup plus viste que les corps qui luy donnent
Or on peut remarquer la vistesse du mouuement de Tair par le mouuement
des baies d'arquebuses, des boulets de canon, des boules de pas demail, 8c
de plusieurs autres corps qui sont poussez de violence dans Tair, 8c
qui vont
'*
aussi viste, ou plus que le mouuement de Tair que fait la poudre à canon, ou
le maillet : car si la boule qui vole dans Tair arriue aussi viste à celuy qui est es-
de cinq cens pas, comme le Son quefait le maillet : Ton peut dire
loigné que
le Son va aussi viste que la boule ; 8c si la baie d'arquebuse va plus viste, com-
me Ton conclud, lors qu'on voit les oyseaux qui tombent morts de dessus les
branches des arbres , auant qu'on oye le bruit ou le Son du cou p, quoy que
l'oreille soit proche de ladite arquebuse , Ton peut remarquer de combien Ie
mouuement de Tair, qui se fait à la sortie de la poudre, est plus lent que celuy
de la balle. Il faudroit encore examiner si le mouuement de la poudre ou du
est aussi viste que celuy de la balle ou de la boule, 8c supposé
maillet, que ce-
luy qui frappe laissealler le maillet, qui garde quelque temps le mesme mou-
uement qu'il luy donne en frappant, s'il iroitaussi viste que la boule ; ce
que
vne pierre, ou
l'onpeutauffiappliqueraubras,&àlamainquiiette quel-
autre dans car ces
que corps Tair, puis que corps n'ont point d'autre mouue-
ment de lapercussion: il est (cesemble) nécessai-
que celuy qu'ils reçoiuent
re que le maillet célébrasse meuuent du moins aussi viste que les missiles, &
si le maillet le bras, ou si le bras
conséquemment quittoit quittoitle corps,
l'vn & l'autre sc mouueroit quelque temps dans Tair, aussi viste que la boule
ou la pierre : mais cette difficulté sera expliquée dans la 13. Proposition.
Le Son ne dépend pas tant des corps par lesquels il est produit, comme
la lumière du corps lumineux.
car encore
cecy par expérience, que les corps
ILesttres-aysédeprouuer le Son ne tremblent nullement, 8c qu'ils demeurent im-
qui produisent
ceux qui sont si
mobiles, estoignez que lefdits corps cessent plustost de se
mouuoir qu'ils n'entendent Ie Son qu'ils ont fait, ne laissent
pas d'entendre
le Son qui est porté dans Tair, tandis
que les corps qui Tont fait demeurent
immobiles; & bien que le bûcheron se repose, Ton oyt neantmoins le coup
dontiíafrappél'arbreoule bois,parce ne cesse
queTairquiaestéesbranlé,
pas si tost que Ie coup. Il faut pourtant remarquer que le Son ne dure quasi
qu'vn moment, lors que les corpsdcmeurenrimmobiles,commeTon
expé-
rimente fur les instrumens de car si tost que Ton touche &
Musique: qu'on
arreste la chorde du Luth & des Violes auec le n'en oyt plus le Son,
doigt,l'on
parce que Tair esbranlé frappe seulement l'oreille en passant íànss'arrester,la-
quelle n'en peut ay sement les proprietez 8c les circonstances, si
remarquer
elle n'en est frappée plusieurs fois, comme ieprouueray ailleurs.
Quant aux corps lumineux, leur lumière 8c se perd si tost
s'esuanouyt qu'ils
Delanature ôc des du Son. 17
proprietez
ou estcints : de forte ne demeure nulle lumière
sont soustraits qu'il ny pres ny
semble reste de
loin encore qu'il que Ton voye quelque lumiereapres que
l'on a regardé le Soleil, à raison que le nerf optique quia esté affecté ne perd
pas dans vn
moment la disposition, &Talteration qu'il a receuë. Où il faut
verrions tousiours la lumière, ou les autres obiects, si la
remarquer que nous
altération dudit nerf demeuroit tousiours en mesine estât ; ce qui ar-
mesme
riueroitsemblablementàToreille, dont les bruits intérieurs que quelques
vns appellent tintoins, la meuuent 8c Talterent de la mesine íorte que les bruits
des intérieurs Taltereroient. Ce qu'il faut soi-
extérieurs qui sont à Tvnisson
afin d'expliquer la manière dont les Damons nous
gneusement remarquer,
toutes sortes d'obiets tant le iour que la nuit, encore
peuuent représenter
rien de tout ce qui sc void; ce que Ton appelle carilraut
qu'il n'y ait charmer,
seulement altérer le nerf, qui est le principal lens extérieurs, de la
organedes
par la lumière, ou par lesautres
qu'il feroit altéré
mesmemaniere obiects : ce
s'il faut seulement le raréfier ou le condenser: mais
qui est cres-ayse Texpli-
dansvn autre lieu.
querayeecy plus amplement
demeure plus long-temps dans Tair que
OrlaraisonpourlaquelleleSon
âpres que leurs causes sont ostées,
la lumière n'est pas trop ayfée à expliquer,
COROLLAIRE.
Si toutes les choses du monde nous doiuent seruir de degrez pour nous es.
leuerà
que la lumière
Dieu, la dépendance à du corps lumineux,& celle qu'a
leSonde Tair, ne doit pas tenir le dernier rang, puis que ces deux qualitez
nousfontíouuenir que nous dépendons plus de Dieu, qu'elles ne font de
leurs causes ou de leur nous auons la mesme d'illu-
fuiet,&: que obligation
miner & ceux qui ont besoin de nostre 8c de seruir de
d'enseigner secours,
B íij
ï8 Liure Premier
PROPOSITION X.
CORO L LAIRE.
quasi transcrire toutes les sciences qui sont dans les liures, & dans Tesprit de
tous les hommes de la terre,pourueu que Ton en exceptastla science des cou-
leurs & de la lumière. Mais cet ceuure comprend autres choses
plusieurs qui
seruent à ce su jer.
PROPOSITION XI.
corps apportent aux Sons, mais il vaut mieux en reseruer le discours pour vn
liure particulier, dans lequel nous traitterons de la dureté, de la rareté, 8c des
autres qualitez des corps.
PROPOSITION XII.
Déterminer en quelleproportion les Sons se diminuent depuis le lieu où ils font première-
ment faits iusques a ce qu'ils cessent entièrement.
qui
a
quatre degrez se diminue selon ces nombres 4, t, 1. Or il faut dire la
mesme chose de Taugmentation des Sons, est semblable à la composi-
qui
tion & à la multiplication, comme la diminution est semblable à la diuision.
CORO LLAIRE.
PROPOSITION XIII.
Déterminer fi le Son est plus viste qus le mouuement des corps, par lequel il est
produit.
que le mouuement descorps par qui il est produit. Mais la raison de cette
vitesse du Son,d oit estre prise de la nature de Tair qui va tousiours
plus grande
qu'il endure
d'vne mesme vitesse, violence au commencement, car
quelque
soit que Ton le batte aussi fort comme fait le boulet du canon 8c Ie tonnerre,
ou qu'on le batte aussi foiblement qu'vne chorde de Luth, ou que le
larynx
8c les lèvres, le Son qu'il fait va tousiours de meíme vitesse, tandis que l'air
quiportele Soa demeureefgal; parce que Tair à vne certaine disposition
d'vne esgale vitesse âpres qu'il a esté battu,
pour se mouuoir tousiours com-
me la chorde du Luth, dont les tremblemens tousiours vne esgale
gardent
vitesse, quelque forte impression que Ton puisse apporter à ladite chorde,
tandis qu'elle à vne mesme tension: de sorte que Ton peut appeller cette dis-
position de Tair tension, puis qu'il n'y a rien qui nous serue
dauantage pour
Tvniformité de son mouuement: qu'il semble
expliquer quoy que cette So-
lution enferme vne autre grande difficulté, à sçauoir que les Sons de toutes
les chordesdeuroient estre à Tvnisson les vnes des autres, se font
puisqu'ils
de Tair, 8c que les Sons ont mesme
par vn mouuement efgal raison entre eux
Déterminer file Sonpafse au trauers des corps diaphanes O* opaques, &* comme il est
toutes sortes de corps.
ay de ou empefchépar
qui monstrent que le bruit des corps qui sont enfermez en d'autres
périences
car si Ton enferme vne pierre ou
corps s'entend aysément, quelques autres
PROPOSITION XV,
esté produit, mais il est difficile de cognoistré de combien vn Son est plus
& plusfort autre. Il semble de deux tombent fur
grand qu vn que poids qui
vne cloche, de deux marteaux vne
par exemple qui frappent horologe, que
fois fait vn Son deux fois
celuy qui peí'e deux dauantage plus grand .mais il
est aisé de se tromper en cette matière, car il se peut faire que le poids plus le-
ger
fera vn plus grand Son, s'il est mieux proportionné àla cloche
que le plus
comme dans le liure des Cloches, mais puis qu'il suffit
pelant, iemonstreray
que deux ou plusieurs Sons peuuent estre diminuez,
icy de supposer ou aug-
mentez félon vne raison donnée, & que la grandeur 8c la force du Son suit la
comme
quantitéd'air qui est battue, i'ay desiadit ; i'adiouste qu'il fautque le
Son soit quajtrefois aussi fort pour auoir fa Sphère sensible double, car puis
de la lumière cette & que nousn'auons
que la sphère proportion, rien
garde
de plus sensible & de mieux réglé qu'elle dans la Nature, nous pouuons con-
former la proportion des autres choses à la sienne. C'est pourquoy ic con-
clus que comme il fautioindre chandelles de mesme es-
quatre grosseur pour
clairer aussi fort que Tvne des chandelles quand Ton deux fois aussi
s'eíloigne
loin des quatre que d'vne, qu'il faut semblablement frapper quatre fois au-
tant d'air en meíme temps pour ouyr le Son de deux fois aussi loin; c'est à di-
re que la raison de la force des Sons doit estre doublée de la raison des estoi-
car comme il faut quatre surfaces de flammedont chacune soit es-
gnemens,
à la surface de la flamme de Tvne des chandelles la base
gale pour remplir
d'vn cône double en hauteur d'autant de rayons & de lumière, comme la
base du cône sousdouble en est remplie par vne seule chandelle ; de meíme il
fàut Son qui doit remplir la base du cône double,
que la force du soit
quatre
fois aussi grande que celle du Son qui remplit seulement la base du cône
sousdouble, d'autant ces deux bases sont en raison doublée de la hau-
que
teur de leur cône, comme Ton void dans cette figure, dans ABC
laquelle
le cône illuminé par vne feule chandelle. AEG est le cône double
représente
eh hauteur -, la ligne A D est la hauteur du moindre, & A H est celle du plus
grand.
B C de la base du cône
puis que le diamètre
Or A B C est double du dia-
de la base du conc AEG, que les plans
mètre ou les aires des cercles sont cn
raison doublée de leurs diamètres, 8c le diamètre E G est double du dia-
que
mètre B C, comme Taxe A H est double de Taxe A D, il s'enfuit Taire du
que
F C, & faut qua-
ccrcleEKGestquadrupledeTaireB consequemment qu'il
tre fois autant de rayons de lumière, ou de Son pour la base E K G
remplir
B F G. Mais si la force du simple rayon du Son diminue à
que pour remplir
íà source, il ne suffit pas
proportion qu'elle s'estoignede qu'il soit quatre fois
plus fort en son commencement pour faire vne esgale impression de deux
fois aussi loin : s'il se diminué en mesme
par exemple, proportion que Tes-
pace s'augmente,
il faut conclure qu'il doit estre six fois plus fort en son com-
estre ouy aussi ay sèment de deux fois aussi loin; car puis
mencementpour que
le rayon sonore A H est deux fois aussi
long que le
A D, il fera deux fois plus foible au
rayon point
H, c'est à dire au centre de la base du cône double
en hauteur, qu'il n'est au point D. Or deux adiou-
ítcza fontnx : ce accommoder a toutes sortes depropor-
quatre quel onpeut
tiorts. Et fí Ton veut lumière esclaire deux fois aussi fort de mesmedi-
quVne
Delanature & des du Soli;
proprietez %f.
stance, il faut en mettre ensemble, parce que quatre lumières
quatre esgales
mises ensemble sont continuées soUz vne surface qui est seulement double
prises à part
de la surface d'vne desdites lumières 8c en particulier. Car il faut
considérer la lumière comme vn d'autant n'est iamais fans vn
corps, qu'elle
8c de sujet : mais
corps qui luy sert de véhicule parce que les Sons ne se peu-
uent vnir comme la lumière, elle sert plustost à faire voir leur
pas imperfe-
ou leur irregularité,qu'à faire comprendre leur nature 8c leurs
ction, proprie-
dire en gênerai
tez 5 quoy que
Ton puisse que la force du Son est en raison
ou îousdoublée des distances: c'est à dire
double, qu'il faut qu'il soit quatre
fois plus fort pour estre eígalement ouy d'vne double distance, 8c que le mes-
me Son est quatre fois plus fort lors qu'il est ouy de deux fois plus loin.
à la seconde de la Proposition, elle suppose
Quant partie que les Sons se
font par des corps différents en diuers endroits, 8c parce ne s'vnissent
qu'ils
eux comme vne cause entière, seule 8c totale
pas entre ,8c qu'ils produisent
leurs effets séparément, on ne les oyt pas d'autant plus loin qu'ils sont en plus
nombre, soient tous d'vne forcerce
grand quoy qu'ils esgale qui n'arriuepas
car quatre chandelles esclairent
à la lumière; séparées plus fort vn mesme es-
elles sont vnies ensemble, d'autant ont vne
pace que quand qu'elles plus
demonstre en la Géométrie,
grande C comme
surface Ton puis que quatre
cubes, dont chacun est d'vn pied, ont de surface le cube
beaucoup plus que
les contient tous quatre) 8c qu'elles vnissent aussi bien leurs forces si
qui que
elles estoient toutes iointes ensemble, ce qui n'arriue pas aux Sons.
Or Ton dont vsent ceux
peut icy rapporter plusieurs comparaisons qui ex-
le 52. Problème de Tonziesme, 8c le z. dela 19. Section
pliquent d'Aristote,
8c particulièrement celles des cercles se font dans Teau, dans on
qui laquelle
iette vne, ou plusieurs car encore les cercles soient plus forts,
pierres: que
8c qu'ils au commencement, lors qu'on en iette
paroissent dauantage plu-
sieurs Ton n'en iette , ils ne s'estendent
, que quand qu'vne pas d'autant
le nombre des pierres 8c si sept ouhuictioi-
plus loin que est'plus grand:
leurs ietter vne pierre, elle n'iroit 8.fois plus loin,
gnoient forcespour pas7.ou
elle est iettée seul homme,
que quand par vn quoy que chacun des autres ay t
vne esgale force.
D'où il est ayfc de conclure que Tvnion des forces, dont on parle dans les
est différente del'vnion des Voix, puis que la force des Me-
Mechaniques,
croistautant forces
chaniques par i'vnionde plusieurs distinctes, comme s'il
seule force, les contient toutes. Elle est semblablement
n'y auoit qu'vne qui
différente de Tvnion que font les grains de bled ou de fable pour estre veus
de plus loin tous ensemble Ton ne void chacun d'eux : car Ton
que peut voir
vn monceau de ces grains de deux lieues, quoy que Ton ne puisse voir Tvn
des de cent pas j mais Ton ne les
Sons, ou les voix de plu-
grains peut ouyr
sieurs de deux lieues, encore la voix de chacun
personnes que peustestre
ouye de cent pas, 8c qu'il y ayt vne aussi multitude de voix assem-
grande
blées , que de grains dans ledit monceau.
C'est neantmoins chose asseurée Sons font
que plusieurs eígaux plus de
bruit, 8c sontentendus loin desdits Sons, mais il est difficile
déplus quel'vn
de sçauoir de combien cette distance est plus grande, & de faire les
expérien-
ces
qui sont nécessaires pour décider cette difficulté.
C ij
28 Liure Premier
PROPOSITION xvi:
à sçauoir la longueur,
Déterminer fi les Sonsonttoutessortesde dimensions, lalargeur
la profondeur, 0* quelles sont les autres propriété^, ou les Accidens du Son.
&
parties 8c
des rayons, puis que le Son est d'autant plus aigu qu'il est fait par
vne plus grande multitude de mouuemens considérez en mesme
temps.
encore de ces dimensions au traité des
Mais nous parlerons corps des instru-
mens qui produisent le Son. C'est pourquoy ie viens à ses autres accidens,
qui
sont quasi en aussi nombre les différences extérieures des corps
grand que
lc produisent, dont il y a plusieurs
qui proprietez que Ton n'a pas encore co-
gneu.
Or entre les qualitez du Son, qui toutes dépendent de la manière dont les
pressent, froissent 8c frappent Tair, celles qui donnent le nom aux
corps
clairs,estouffez, &c. sont les
Sonsaspres,aigres,rudes,doux, principales
le graue & l'aigu: car quant aux autres le charactere des
âpres qui portent
ils font produits, Ton ne peut en establir vne science, à
corps, par lesquels
raison vont à Tinsiny : car si la surface d'vn a vn seul
qu'ils presque corps
vn pore dans íà surface, qui ne soit pas dans la surface d'vn autre corps, ils fe-
ront des Sons différents , encore qu'ils soient parfaitement semblables en
d'autant
toutes autres choses, que le pore qui est dans Tvn, est cause que le
autrement Tair que s'il n'auoit ledit pore. Il faut dire la
corps frappe point
mesme chose des petites concauitez, ou éminences se rencontrent dans
qui
plusieurs corps, parce que l'efîect est tousiours diffèrent, quand la cause
ap-
différence en íà production.
porte quelque
Quant à f affrète 8c à t aigreur des Sons, elle vient de de la surfa-
Tinesgalité
ce des corps quifrappent ou qui diuisent l'air, comme il arriue au bruit
qu'on
fait en limant du fer, ou autre métal : car la lime Tair en au-
quelque rompt
tant de parties, comme elle a de grains 8c d'éminences ; & lors que Tair diuiíe
& rompu les esprits du nerf de Touye, il leur imprime son mouue-
frappe
donne autant de mescontentement,
qui leur
ment, comme les saueurs as-
à la 8c comme les surfaces brutes 8c mal
pres langue, rudes, polies au tou-
cher. De là vient la prononciation des vocables cette
que qui signifient qua-
lité a chose de mal plaisant, afin de représenter naïfuement ce qu'el-
quelque
le signifie, comme Ton apperçoit en prononçant {brute, rude, affre ,&c.) à
cause de la lettre R. Mais ie parleray de la prononciation, &dela significa-
tion des dans le liure de la Voix, oùic monstreray s'il
paroles peut y auoir vne
langue naturelle.
La qualité de rude est difficile à expliquer dans les Sons, 8c particulièrement
dans la Voix, d'autant Ton ne void pas comme Tair sc rompt, ou se diui-
que
sc dans le 8c dans la glotte, ou dans le palais 8c dans les autres
larynx parties
de la bouche de ceux qui ont la parole 8c rude. H semble neantmoins
aípre
que toutes ces qualitez qui rendent les Sons mal plaisans, ne sontautre cho-
se que la difformité des mouuemens de Tair, dontleSon est doux, il
quand
mesine
semeutvniformcment; &rude,aípre& aigre, lors qu'en temps il se
meut de deux, ou de plusieu rs façons différentes ; ce que l'on peut prouuer
par le Son de deux ou de plusieurs flustes, ou tuyaux d'Orgues, qui sont vn
peu estoignez de Tvnisson, car encore leurs Sons pris en & sc-
que particulier
parément soient doux 8c agréables, neantmoins ils sont rudes 6V désagréa-
bles quand on les assemble
que leurs mouuemens
j parce diuerse-
frappent
Liure Premier
3©
ment Toreille en mesme 8c la tiraillent d'vn costé 8c d'autre j d'où il
temps,
ou diuiscz contre leur
arriue que les esprits sont dissipez &deschirez, ordre,
leur naturel & leur inclination.
le nerf de Touye,
plus viuement à rai-
Vaigrea. par dessus le m/e qu'il pique
son de la vitesse de ses mouuemens 8c de la diuision deTair plus menue, par-
accom comme il arriue aux Sons
ticulièrement quand la force pagne la vitesse,
qui blessent
eselatans de certains
cornets, 8c autres instruments, To-
tuyaux
reille par leurs Sons trop forts & trop aigus. Mais il n'est pas icy nécessaire de
de ces différences 8c qualitez du Son, d'autant que
parler plus amplement
nous cn dirons encore choses dans les autres Liures.
plusieurs
PROPOSITION XVII.
consequemment plus pesant, ces deux poids ne seront plus en équilibre, car
le morceau de bois estant douze fois plus gros que celuy de plomb, il presse-
ra 8c fera leucr douze fois d'airs il sera d'autant
dauantage consequemment
dans cet air de toute la pesanteur de Tair esgale en
plus leger que dans l'autre,
grandeur audit morceau de bois; s'il faut pieds cubes
par exemple, quatre
d'air pour le bois, 8c que cet air pèse vne once, ledit bois pèsera moins
esgaler
d'vne once dehors ne faisoit dedans, comme Archimede demonstre
qu'il
du traité a fait des corps Solides,
danslaseptiesine Proposition qu'il que Ton
pèse dans les corps liquides ou humides. Mais ieparleray en core de la pesan-
teur de l'air & de Teau dans autres lieux.
plusieurs
De la nature & des du Son:
proprietez 3 j
PROPOSITION XVIII.
Déterminer l'on entend mieux les Sons de dehors, lors que ton est dam VHé
pourquoy
l'on n entend ceux
chambre, que qui sefont dans la chambre quand on est dehors,
qu auec difficulté & souuent auec confusion, parce que le Son de dedans se
réfléchit fois contre les parois de la chambre auant que de sortir, 8c
plusieurs
celuy qui sort en droite ligne est en petite quantité, & a de la peine d'esbran-
ler tou te la masse de Tair de dehors : 8c pu is ceux qui sont dehots, sont le plus
souuent fur vn
plan plus bas que celuy de la chambre, ce
quiempescheque
le Son n'aille droit à eUx. L'on
peut encore considérer plusieurs autres rai-
sons de cet effet, mais des différentes circonstances
parce qu'elles dépendent
du lieu, oùsc fait 8c où s'entend le Son, chacun les pourra trouuer cn consi-
dérant la situation de lieu.
chaque
PROPOSITION XIX.
qui sont en bas, rend Tair plus grossier qui retient mieux la voix, ou qui la
multiplie: quoy que Ton puisse dire au contraire que Tair d'enhaut estant plus
rare & plus espuré, est plus propre la voix.
pour porter
O r il est aysé de sçauoir le lieu d'où Ton entend mieux la voix, poufueu que
Ton n'vse car celuy
point d'artifice, qui sera en mesme plan que le Prédica-
teur ,8c qui se mettra visa visdefa bouche entendra le mieux de tous, suppo-
sé qu'il ayt vne aussi bonne oreille que les autres. Et si Ton veut des dif-
iuger
férents lieux, lors qu'ils feront 8c qu'ils feront vn an-
esgalement efloignez,
auec la
gle efgal ligne droite qui scrt d'axe à la voix & au Son, Ton entendra
reflexion
eígalement, pourueu quela nefauoriscpas plus Tvn que l'autre.
PROPOSITION XX.
L es Sons s'empefehent & nuisent les Vns aux autres, ils se rencontrent.
quand
CY peut estre entendu en plusieurs manières, car vn Son foible & lent
CE se peut rencontrer auec vn Son fort 8c précipité, comme la voix
quand
d'vn homme est foible, ou qu'elle se rencontre auec vne voix forte, ou quand
la voix se rencontre auec semblablement deux ou plusieurs
graue Taiguë;
voix ou graues, foiblcs ou fortes se peuuent rencontrer ; or les voix 8c
aiguës
les Sons s'empesehent les vns les autres en toutes ces manières, comme Ton
peut semblablement
L'oeil estre si remply de lumière, la langue desaueurs,
& le sens du toucher de froid ou de chaud,
que Tceil ne verra point d'autre
chose, la lan gue ne p ourra sentir d'autre sàueur, ny le toucher d'autre obiect:
car tous les sens sont tellement limitez, ne peuuent les bornes
qu'ils passer
leurs sont O r comme il y a des odeurs 8c des sàueurs
qui prescrites. qui se nui-
vnes les autres,
plus les
sent il y a aussi des Sons qui
que s'empeschent plus les
vns que lesautres -, 8c nous pouuons conclure en
gênerai que les Sons grands
cVvehemens nuisent aux Sons foibles 8c petits, ne
dauantage que ceux-cy
nuisent à ceux-là.
Mais il est difficile de sçauoir si les Sons nuisent aux
plus aigus plus aigus
& si les graues nuisent
qu'aux graues, plus aux aigus qu'à eux mesines, si les
Sons vnissons, 8c consonants se nuisent moins les dissonants; si les Sons
que
de différents instruments s'empeschent dauantage que ceux des mesines in-
struments , & par quels Sons la voix est plus ou moins L'on peut
empesehée!
dire à monaduis Sons vnissons sc nuisent le moins detous,
quelcs particuliè-
rement s'ils sontesgaux en force, 8c en toutes autres choses, parce que cette
grande conformité fait qu'ils s'embrassent,s'vnissent 8c semaintiennent plu-
stost ne se destruisent;
qu'ils quoy que Ton puisse dire qu'ils sc nuisent da-
uantage en tant que Ton ne les peut distinguer les vns des autres, à raison de
la vnion
parfaite qu'ils ont ensemble, estant semblables à deux lumières es-
gales, qui sc m estent si parfaitement que Ton ne peut discerner Tvne d'auec
l'autre. L'on dire la mesme chose de deux
chaleurs,deux ou
peut odeurs,
deux sàueurs semblables, 8c mesme de deux amis, si nous passons à la mora-
le ,
qui sont si semblables en leurs actions 8c en leurs volontez, Tami-
quand
tié est tres- parfaite, sem blent
qu'ils quasi vne mesine chose ; de sorte que Ta-
mitiéest cause de Tefgalité, ou de Tidentité, si ce n'est ou Tef-
que Tidentité,
galité soit cause de Tamitié: ce
que
Ton obserue aux Sons
qui fontl'vnisson,
& qui s'vnissent ensemble, 8c vne mesme
parce qu'estant eígaux presque
chose, ils se conseruent & se renforcent mutuellement.
L'on peut encore dire en cette manière que tous les Sons qui font quelque
accord de se nuisent
Musique plus que les dissonans, d'autant
qu'ils
se méf-
ient mieux ensemble, 8c qu'il est plus difficile de les discerner les vns d'auec
les autres, ils sont dissonants
que quand ; car ils s'vnissent tant qu'ils peuuent
& de TOctaue dont ils sont ou de est
s'approchent estoignez, Tvnisson,qui
semblable à Tamitié, est la borne de toutes du mon-
laquelle lqs perfections
de. Mais si Ton
parle de Tempeschement que rcçoiuent les Sons les vns des
entant se combattcnt&
autres, qu'ils qu'ils font contraires, plus ils sont dis-
sonants 8c plus ils offensent 8c Tesprit,
Toreille lequel estant amy de la paix ôC
du repos, de toutes
qui sont causes sortes de biens, a la contrariété & le
combat des Sons en si ce n'est vn esprit qui se plaise au desordre 8c
horreur,
au discord, comme est Tesprit des damnez, qui est dans vn desordre éternel,
8c
qui désire que toutes choses luy soient semblables : delà vient que Ton
croit
que la Musique & ses consonances ne peuuent
desplaire qu'à vn esprit
mal fait 8c comme est celuy qui se laisse trop
desordonné, aysément etftpQr-
Liure Premier
36
ter àlacholercjàla à Tenuie. Or nous verrons dans vn autre
vengeance8c
lieu quelles dissonances font les plus désagréables, ou qui sont les meilleurs
mens, par lesquels Tair est frappé, diuisé, ou rompu en diuerses manières ; ce
fàit que quand il s'aduance d'vn costé le Son, il est empes-
qui pour porter
8c
qui luy vient à la ren contre, qui le retarde
che par vn au tre mouuement ou
Tarreste entièrement, s'il est assez puissant ; ce que Ton expérimente aux
vents contraires, dont le plus fort empesche 8c abbat le moindre, car les cau-
ses naturelles sont contraires font semblables aux ennemis se font la
qui qui
car la plus forte surmonte la plus foible qui luy cède 8c luy obéit: d'où
guerre,
Ton peut conclure le bel ordre dans toutes les créatures, 8c To-
qui sc trouuc
bey ssanec que nous deuons aux puissances Supérieures.
L'on obscruelamesme chose dans les Chceurs, ou Ton chante Toffice Di-
uin à Tvnisson, car les plus fortes voix couurcnt les plus foibles, 8c empef-
ne soient des grosses
ehent qu'elles ouyes ; & le Son des tambours, cloches,
des moulins à tan, ou à papier , 8c généralement toutes sortes de grands
Sons violans foibles 8c plus petits
bruits&de empefehent quehfS» Sons plus
ne soient ouys 8c distinguez.
Les Sons, £7* consequemment les voix seruir pour mesurer la terre, &pour
peuuent
de ce qui je passe dalls tout le monde en peu de temps.
faire sçauoir les nouuelles
par tout.
esté prescns L'on aussi faire sçauoir des nouuelles fort prom-
peut
aucclcs canons 8c les arquebuses, non seulement leur bruit, mais
ptement par
aussi
De ïa nature & des du Son.
proprietez 3^
des lettres dans le creux des ou des
aussi en enfermant baies, boulets. L'arc
sert à mesme fin, car la flèche porte la lettre cent ou deux cens 8c le ca-
pas,
mion vne demie lieuë, ou moins selon fa portée 8c fa longueur : quel-
plus
sont scruis de Colombes cet effet, comme Hircius & Bru-
ques-vnssc pour
sus, au rapport de Pline 37. ce que
liureio.chap. Dousa explique parces vers
L'on peut se seruir des Sons de chaque instrument de Musique, & des differens mouuê*
mens que l'on leur donne pour discourir de toutes fortes de suiets, O* pour
les sciences,
enseignerez apprendre
pette.
du Tambour, encore
L'on se peut ausiì seruir que le Son qu'il faitnesoic
des interualles la variété desmouuemens
pas capable harmoniques,car Ryt-
hmiques , dont on à coustume de le battre, peut seruir de characteres j par ex-
Ton peut se seruir des cinq temps du quatriesme mouuement
emple poeoni-
est représenté o u les
que,qui par trois brefues & vne longue o-,pour quatre
lettres A B C D, 8c de la première espece du mesme mouuement,
premières
le précédent u o , pour les quatre lettres
qui est renuersé-u qui suiuent,à sça-
uoir E F G & H ; le mouuement Choriambique dissous, ou Pyrrychianape-
íle, qui est composé de
quatre
mouuemens briefs 8c d'vn
long, peut expri-
mer IK L M N : quelques-vns appellent ce mouuement François, d'autant
les François se seruent ordinairement de ce mouuement ils bat-
que quand
ten&leTambour, comme Ton voiticy o u « o-.OPQRpeuuentestreexpri-
mez parle mouuement mineur, dont les deux premiers mouue-
Ionique
mens sont briefs, 8c les deux derniers sont longs, comme Ton voit icy 0 o —„
Les Suisses s'en seruent ils battent le Tambour. En fin le mouue-
quand
ment dont le premier 8c dernier mouuement est long, 8c le
Choriambique,
second & le troisiesme estbricf,comme Ton voiticy - y u Tal-
-,peutacheuet
en exprimant ces quatre dernieres lettres S T V X. L'on sc peut seruir
phabet
des mesmesmouuemens fur les Cloches, fur les Trompettes-, fur le Luth,fur
la Viole, fur TOrgue & fur les autres instrumens, &lesaccommoderaux
& à toute sorte de signal qui peut estre apperceu
flambeaux, des yeux, des
oreilles, du toucher, de la fantaisie 8c de la raison.
Mais Ton la mesme chose
peut pratiquer plus subtilement en exprimant
tout ce que Ton voudra, tant cn François, qu'en Hebricu, en Grec , en
en Italien, ou en autre sorte de langue,auec Sons, ou mou-
Espagnol, quatre
uemens différents, estre variez cn vingt-quatre manières
qui peuuent pour
seruir de vingt- quatre lettres : car les nombres 1,1,3,4 estant mu ltipliez les
vns par les autres font vingt-quatre différentes conionctions, qui se treuuenc
dans les quatre mouuements susdits, 8c dans chaque de choses
quaternaire
différentes: dont la raison est qu'il se fait autant de changemens en chaque
lieu comme il y a de choses proposées, & que chaque chose peut estre mise
dans chaque rang ou lieu, comme
autantdefois le nombre
prochainement
moindre peut estre changé de fois;de là vient que trois mouuemens
peuuent
auoir six diuers changemens, puis que deux se changent deux fois; car le troi-
siesme estre mis deux fois au commencement, deux fois au milieu, 8c
peut
deux fois à la fin} & si Ton adioustevn mouuement, il setrouue-
quatriesme
ra six f ois au premier lieu, six fois au second, six fois au troisiesme 8c six fois
au quatriesme lieu.
de cës se void dans le tetrachorde Diatonic, vf,
L'exemple changemens
peut exprimer nos lettres: ce qui se peut ausîi
reymijfa, qui vingt-quatre
De la nature & des du Son: 41
proprietez
les quatre notes, ou cadánces de Octaue, ou
faircaucc principales chaque
mode, auec les cadánces du premier mode,
Je chaque par exemple Vt, misiol,
du susdit Tetrachorde, vt, re,mi}fa, frit voir ces
st : voicy Tcxemple qui que
ouacre syllabes, les quatre Sons du Tetrachorde des
qui signifient principa-
les , peuuent estre coniointes en vingt-quatre manières différentes.
. . ,_ . Ces 2,4 changemens monstrent que
Alphabet Harmonique. yQn faire vinet.quatrc chants
différents auec chordes d'vne
quatre
Epinette, quatre tuyaux d'Orgue, ou
autres quatre Sons, fans deux
repeter
fois vn mesme Son '>la Qu in te donne
six chants tous différents : la
vingt
Sexte maieure ou. mineure 7 z o: la Se-
ptiesme5o4o.& l'Octaue 40320^01!
il s'enfuit Ton peut faire des ha-
que
rangues entières auec la feule Quarte
fur le Luth, fur TOrgue, fur les Clo-
ches , fur la Trompette, &c. qu'auec
TOctaue Ton peut exprimer tous les
characteres des Chinois , pourueu
ne surpassent de quarante
pas le nombre mille trois cens vingt : 8c
qu'ils que
toutesies espèces des plantes, des animaux, des mi-
celuy qui cognoistroit
néraux 8c des pierres, pourroit les exprimer 8c toutes les sciences
enseigner
auec toutes sortes d'instrumens de Musique.
Or Ton peut conclure dece discours combien il y a de chants differens dans
Testenduë d'vne double, d'vne ou d'vne Octaue, 8c des
triple, quadruple
à Tinfiny. Ie rcmarqueray seulement
suiuantes iusques que le nombre des
estre trouués dans Sons, oudansvne double
chants, qui peuuent quinze
Octaue; est ex primé par le nombre qui fuit 13075743(58000 ; vn plus
grand
nombrede chants se trouueroit dans l'Octaue, s'il estoit de repeter
permis
deux fois chaque Son. Or il faudroit du moins heures à la
employer vingt
de cette diuersité des chants se peuuent faire dans Testen-
prononciation qui
duë d'vne Octaue: car huictSonsne estre chantez
peuuent que dans Tespa-
ce du temps Ic poux bat deux fois, soppofé batte 66 fois dans vne
que qu'il
minute d'heure: Ton peut áusti mesurer le temps les respirations, si cha-
par
dure cinq battemens de poux,comme Ton croit: car cecy íup-
que respiration
| posé nous respirons treize fois dans vneminute d'heure, 8c dans vne heure
791 fois; mais ieparleray de toutes ces combinations dans le liure des Chants.
PROPOSITION XXIII.
de cette à la
première partie Proposition, qui appartient Rhy tmique,
LA csttres-certaine,car Texperience enseigne que le
SondelaTrompette
ou de instrument animé d'vn mouuementIambique,ou A-
quelqu'autre
pestique touche plus viuement nos esprits, son mouuement est
que quand
D ii;
Liure Premier
42
L'on obserue la mesme chose dans les battemens du tambour, fur
fsondaique.
le mouvement estant obíerué,Ton void marcher les
lequel pyrrbichianapefte
soldats ,8c les suisses marchent sous le mouuement ionique mineur',
François
mais nous parlerons de la Rhytmique 8c des estets qu'ont
plus amplement
les différents mouuemens des Sonsau traité des rhytmes, qui sont communs
à toutes sortes de Sons, 8c consequemment à la voix & à la parole, qui doit a-
les différentes
uoir des mouuemens différents suiuant pasiìons qui nous em-
portent , ou que nous voulons faire paroistre.
De là vient que les mouuemens rhy tmiques sont appeliez Tame 8c la force
du Son, comme les diuerscs de Rhétorique sont TamedeToraison;
figures
le fer ouTacier
car còmmc qui arment Tay mant, multiplient fa force 8c fa vi-
si ce n'est Ton croye qu'ils monstrent leurs forces, qu'ils ne pou-
gueur, que
u oient fans la présence de Tay mant: de mesine le mouuement
expliquer
qui est pressé & leger, c'est à dire qui a plusieurs briefs,
Rythmique, temps
comme sont les Choriambiques dissouz, ou les Pyrrhichianapestes, multi-
la force du Son si sensiblement 8c si puissamment, qu'il seroit difficile de
plie
le croire si Ton ne 1 auoit expérimenté.
La seconde partie se prouue aussi par Texperience, qui monstre va-
qu'vn
se faitde bon celuy donton fait les Cloches,&
metal,commc qu'vn vase d'ar-
gent a le Son 8c plus vif qu'vn vase de plomb.
plus pénétrant Ceux qui ioiïent
de l'Epinette remarquent que les chordes d'or ou d'argent font vn autre ef-
fet que les ordinaires : 8c Ton expérimenter la mesine chosc aux
pourroit
Trompettes d'or,d'argent,d*acier 8c de toutes sortes
de métaux, ou de cornes
8c de bois, afin de remarquer la différence des Sons en toutes sortes de
Trom pettes, de tuyaux de Flûtes 8c de Flageolets.
d'Orgues,
Il faudroit encore expérimenter toutes les espèces de chordes fur les Luths,"
les Violes, les Lyres, & les Harpes, 8c faire ces instruments de toutes sortes
de bois y de cornes 8c de métaux, afin d'obscruer la diuersité des Sons; & si la
caisse d'vn Tambour estoit d'or ou d'argent, & que la peau fustd'vn Ours,
dfvn Tygre, ou d'vn Lyon, le Son du Tambour seroit diffèrent de celuy de
l'ordinaire.
La troisiesine se prouue encore car quand on frap-
partie par Texperience,
pe doucement le Son qui se fait par le coup ne frappe
quelque corps, pas les
8c ne les excite pas si puissamment
esprits auec vne telle force, il
que quand
est plus grand & plus violent: 8c cette violence est quelquesfois si grande,
que le Son fait perdre Touye, priue les auditeurs de raison 8c de iugement,
trouble ou corrompt le vin dans les caues, fait mourir les enfans dans le ven-
tre des mères, & rompt les vitres des maisons, 8cc. comme Ton expérimente
au bruit du tonnerre, de Tartillerie, des cloches, des vents 8c des tempestes.
PROPOSITION XXIV.
gueur
ne sont pas si mauuaises que celles qui sc font par les chordes incom-
mensurables en puissance, sont plus difficiles à compren-
parce que celles-cy
dre que celles-là. Or il estayfé de représenter en cette manière toute la Géo-
mais il est encore
métrie par le moyen des Sons, plus aysé de représenter TA-
les nombres
rithmetique, d'autant que tous sont mesurez par T vnité, 8c con-
ils sont tous commenfurablcs.
sequemment
L'on peut voir au traité du Luth, fur lequel le ton est diuifé en deux demi-
tons, 8c TOctaue en douze demitonseígaux, de combien lés Consonances
&les Dissonances de cette diuision sont différentes de celles suiuent la
qui
des nombres b que j'explique en plusieurs endroits,
proportion harmonique
& de combien lcsSons qui suiuent la proportion Arithmétique sont plus
doux que ceux qui suiuent la Géométrique.
Il est encore bien aysé de conclure que Ton peut représenter toutee qui est
au monde, & consequemment toutes les sciences par le moyen des Sons, car
en poids, en nombre & en mesure,
que toutes choses consistent &que
f)uis
es Sons représentent ces trois proprietez, ils peuuent signifier toutee que
Ton voudra, si Ton en excepte la Métaphysique, qui sépare toutes ses propo-
sitions de la matière sensible & de l'intellectuellc, les eípure à
&qui iusques
tel point qu'elles nous font enuisager lasouueraine beauté de Testre des estres.
D'où il s'enfuit que Ie parfait Musicien peut inuenter des dictions, 8c vne lan-
naturellement les choies, 8c qu'il peut
gue parfaite, qui signifie enseigner
les sciences fans vser d'autre langage que de celuy d'vn Luth, ou de quelque
autre instrument, comme dansvn autre lieu.
iemonstreray plus amplement
Et si auoit Toreille assez bonne 8c assez fçauante, il pourroit dis-
quelqu'vn
cerner 8c recognoistre les proportions de toutes sortes de lignes par le moyen
desSons, & consequemment il pourroit toutes les propositions
expliquer
de la Géométrie en ioiiant de tel instrument ou en chantant,
qu'il voudroit,
pourueu qu'il peust faire de fa voix tout ce qui se peut faire fur les instru-
mens. Mais il n'y a point d'homme qui ayt Toreille assez délicate & subtile
pour ce su jet, si ce n'est le parfait Musicien qui n'a point encore paru.
COROLLAIRE I.
Puis
que nous auons icy parlé de la quadrature du cercle, &deladuplica-
tionducube, il faut remarquer que celle-cy acstétrouuéeparle moyen d'v-
ne ou de deux 8c par Thyperbole 8c Tellipse , qui font les trois
paraboles,
principales sections du cône, 8c qu elle se peut encore trouuer par le cercle:
mais celle-là n'a pas encore esté rencontrée, ou du moins elle n'a pas esté
publiée} quoy que plusieurs en ayent bien & que Molther
approché pres,
D IUJ
44 Liure Premier
COROLLAIRE II.
point.
C'est ainsi les Sons rendent Ie mouuement de Tair sensible, 8c qu'ils
que
nous font des corps nous ne pouuóns co-
remarquer plusieurs qualitez que
:8c si Ton considère bien
que par leur
moyen attentiuement la na-
gnoistré
ture de la lumière, Ton trouuera peut-estre qu'elle n'est autre chose qu'vn
mouuement de Tair, qui porte auec soy Timage de son à
premier moteur,
sçauoir du corps lumineux, pour le rendre sensible à Toeil sous le nom 8c Tap-
de couleur, ou de lumière, comme le Son n'est autre chose
parence quelc
mouuement du meíme air, qui porteauec soy les qualitez de fa cause efficien-
te , à sçauoir des corps qui lc meuuent, dont il nous fait appréhender
Timage
sous le nom&TapparenceduSon. Et comme Ton pourroit dire combien il
y a de pores & de parties brutes, ou polies dans la surface des
corps qui réflé-
chissent la lumière si Ton sçauoit le nombre des rayons réfléchis, 8c la maniè-
re dont chacun s'enfonce 8c s'immerge dans le solide des corps, & sc réfléchit
qui luisent
luë cuite, & à plusieurs autres poissons de nuit. Mais il est bien
difficile de recognoistre à quel point vn corps proposé doit arriuer
iusques
pour estre rendu lumineux.
Quoy qu'il en soit il n'est pas plus aysc de con-
que la lumière
seruerleSon fans le mouuement, fans le corps lumineux ; 8c
Ton ne doit faire nul estât de ce que quelques-vns sc sont vantez de pouuoir
enfermer vn Son, vn chant, &vn concert dansvn coffre, à Touuerture du-
entende le mesme concert qui auoit esté fait long-temps
quel Ton deuant.
L'on peut neantmoins construire des instrumens qui feront toutes sortes de
concerts à la feule ouuerture de quelque trou, 8c au moindre mouuement
Ton fera, comme ie monstreray dans les liures des instrumens.
que
ne sçaitpasla force
4. Comme Ton que doiuent auoir les rayons pour es-
tre de Toril ; de mesme Ton ne combien le mouuement de
apperceus sçaitpas
Tair doit estre viste, ou violent pour faire impression fur'1 oreille, & estre
pour
appréhendé sous la qualité du Son : car encore que nous expérimentions
que
tel ou tel mouuement des corps fait vn Son sensible, neantmoins nous ne re-
Encinquicsme lieu, que l'on oyra aussi bien le Son de loin que de pres, si
De la nature Sc des du Son. A
proprietez
autant de mouuemens d'air par le moyen d'vn miroir, tandis qu
Ton ramasse
semeur, les faire réfléchir au lieu où Toreille se rencontrer:
leditair pour
comme Ton voit aussi clair à la lumière d'vne chandelle de loin
que de pres,
du mesme ou de la refraction des lcntMes»
à raison de lareflexion miroir,
mais nous parlerons de cette ressemblance dans h
plus amplement vingt
quatriesme Proposition.
6. La lumière nous fait remarquer plus sensiblement les proprietez 8c les
des corps, que lc Son, c'est pourquoy elle est plus vtile : de là vient
qualitez
difficile de viure fans la lumière fans le Son :
q u'il est plus que quoy que fi touc
mouuement fait du Son, il soit non feulement difficile, mais entièrement
impossible
de viure fans le Son,puis que la vie ne peut subsister fans mouue-
tambour, Tair intérieur & le nerf de Toreille pour rendre Touye participante
de ce qui se fait audehors, afin que Thomme intérieur attire à soy Texterieur,
8c que le petit monde se serue auec plaisir de tout ce qui est dans le grand,
s't steuer âpres à la cognoissance 8c à Tamour du Créateur
pou r éternel, qui est
la fin de Tvn 8c de l'autre monde.
COROLLAIRE.
Il est aysé detrouuer les autres conuenances& les différences du Son & de
la lumière, si Ton entend ce que i'ay dit dans cette 8c dans les
Proposition,
autres ; c'est i'adiouste seulement que Ton peut s'imaginer
pourquoy que
toutesies créatures sont semblables au mouuement, comme teímoignene
leurs 8c leurs altérations : en fuite Ton peut
changemens perpétuelles dequoy
dire le m onde n'est qu'vn nous sert de parole, 8c de prédi-
que tout Son,qui
tout ce qui est dans le monde
pour nous faire rapporter
cation à celuy qui luy
donne le mouuement, & pour nous aduertir qu'il n'en faut vser qu'à íà gloi-
re, 8c selon íà saincte volonté. Ie laisse plusieurs autres comparaisons de la
lumière, & des couleurs auec les Sons, les consonances 8c les concerts que
i'ay expliqué dans Ie second liure du traité de THarmonie Vniuersclie, dans
la sixiesine du liure des Chants, & en plusieurs autres endroits
Proposition
de cet oeuure, afin de parler de leur réflexion.
PROPOSITION XXVL
pour faire l'Echo, puis que toutes sortes de surfaces peuuent réfléchir le Son;
ce qui sc peut confirmer par les Echo qui se fonr dans les forests 8c dans les
bois par la feule reflexion des
que font les fueilles, les branches, 8c le tronc
arbres, 8c par ceux que font les rochers, les simples murailles, les colomnes
8c les pilliers de pierre, de bois, ou d'autre matière. Mais il est tres-difficile de
& d'expliquer comme se fait la reflexion du
comprendre Sonparlesíuperfi-
clesconcaues, ramassent autant de lumière dans vn seul point, ou dans
qui
vn fort petitespace, comme il en tombe sur elles ; par exem ^le, si la surface
réfléchissante B a C est
parabolique,
elle renuoye toute la lumière qui
tombe sur elle au point e, de sorte que
si elle reçoit iooooo rayons, le point
eles contient tous: d'où il arriue que
le corps Ton met au point e se
que
bruste,ou se fond soudain, à raison
de la grande multitude de lumière
raréfie tellement Tair dudit
qui
î ne peut subsister, 8c qu'il
corps, qu'il
est contraint de céder
| par la dissolu-
ì tion de íes parties
! O r encore de
qu'il soit tres-d i fficile
I s'imaginer comment toute la lumiè-
re qui passe par le plan B C , ( quoy la suppose aussi large
qu'on quele Ciel)
peut estre rassemblée dans vn point, attendu qu'il n'y a nul point dans ladite
surface qui n'en soit couuert 8c rempli, 8c consequemment que ladite lumiè-
re est continue sans aucuns pores 8c fans aucun vuide, 8c que ce rassemble-
ment au e ne se peutfairesans la pénétration d'vne infinité de rayons
point
qui se condensent iusquesà Tinfini, neantmoins il est cerne semble encore
plus difficile de comprendre comment tout lc solide de Tair qui va frapper la
glace a C B, se réfléchit au point e> car Ton
peut dire que h lumière est vn ac-
cident, qui n'est pas tellement déterminé aux
lieux,qu'ilne puisse occuper &
couurir tantost vn plus grand lieu, 8c tantost vn moindre : mais Tair est vn
corps, dont les différentes ne peuuent naturellement se pénétrer : 8c
parties
bien
qu'il eust vne infinité de petits
espaces vuides, neantmoins ilnepeut
comme la lumière. Et Ton n'expérimenta
estrereduitàvnpoint ïamaisque
Tair réfléchi
par vn corps concaue,soit plus efpais dans le point dereflexion
qu'en vn autre si ce n'est que Ton die que Ie Son qui s'entend audit
lieu,
point, de Tair, comme Tardeur de la lumière monstre
tesmoigne Tespaisseur
celle des : ce
rayons que Ton ne peut nullement refpondre, parce que Ton ex-
perimenteroit cette espaisseur de Tair auec la main , car elle seroit beaucoup
plus grande qu'il ne faut pour sc changer en eau, ou
pour
faire creuer les ca-
E
Liure Premier
50
que l'Echo
nons, les cauernes & les rochers. C'est ie conclus ne se
pourquoy
d'air dans
par la reflexion
fait pas dans les lieux concaues de plusieurs parties
vn mesme ou dansvn 8c qu'il esttres-malayféde sçauoit
point, petitefpace,
comme il se fait, si ce n'est Ton explique cette reflexion comme celle des
que
se fait lors va frapper le plan, reuient à Toreille
corps plans, qui que Tair qui
mesme il tombe sur le plan, ou
parle chemin, quand perpendiculairement
lors qu'il le frappe
par lecosté opposé, obliquement.
11 est semblablement difficile comment Tair retient Ie mesme
d'expliquer
font leSon, à
mouuement depuis qu'il a esté meu par les corps qui iusques
tous les retours 8c si c'est le mesme air qui reuient,
qu'il fait en sc réfléchissant}
ou vn autre diffèrent : ce qui a fait résoudre à mettre des ou
plusieurs images,
du Son, afin d'euiterces difficultez& de le
espccesintentionnelles coupper
noeud sont contraints
qu'ils n'ont peu deffaire. Mais puis qu'ils d'aduoiier
suiuent ou accompagnent le mouuement de l'air, dont elles ne petft
qu'elles
uent tellement se détacher n'en imitent la tardiueté, éV les autres
qu'elles
par tout
8c qu'ils rencontrent les
qualitez, mesinesdifficultez,oudeplus
il n'est pas nécessaire d'admettre ces nouueaux 8cestres diminuez
grandes,
intentionnels, soit libre à chacun de s'en seruir dans la recherche,
quoy qu'il
& dans la solution des difficultez. Or il y a trop peu de choses de
cogneuës
l'Echo au ssi certaine
pour en faire vne science que TOptique ; 8c Ton ne peut
cesemblefaire des Echo réfléchissent leSonausiì
portatifs,qui régulière-
ment , comme les miroirs réfléchissent la lumière, ou du moins fart n'en est
c'est pourquoy il suffit de rapporter
pas encore inuenté, quelques obserua-
tions particulières sur ce sujet.
Si quclqu va peut faire des Echo qui refpondent ou vingt
sept, quatorze,
fois, comme font quelques-vns, que Ton a remarqué en Italie, en France &
8c d'autres, dont le dernier
ailleurs, refponde plus fort que le premier, com-
me Ton a remarqué ou quel'on en
quelque-fois: puisse faire qui refpondent
autre chose que ce que Ton dit, par exemple qui refpondent en Espagnol,
Traité de l'Echo.
particulier
prochent.
à la quantité & à la longueur de la ligne vocale de TEcho, ie trouuc
Quant
entendre clairement vn dissyllabe, qu'il faut vingt-cinq à trente
que pour
faut pas que le lieu soit vague,mais renfermé
toises de distance,& qu'il ne par
continuation de muraille, ou fossé, l'en ay rencontré vn autre à cent
quelque
vn peu foible, 8c se ressent recreu de la longueur
pas géométriques qui est
du chemin à trauers les broussailles, les hayes i les vieilles masures, les chau-
questeparturbesdedix, ouvingttesinoinssurlcslieuxdepersonnescurieu-
íes pour Tasseurance de mon dire.
à la qualité, il y en a de fort bien conduits à cinquante pas, il y en a
Quant
defoibles 8c débiles à 80. &100. pas comme estans trop estoignez. Ily en a
son cassé, & qui ressemblent à vn homme dolent & gé-
d'enroiiezquiontle
Ton batlalessiuesurlari-
missant ayant esté frappé de tous costez. Lorsque
uiere, Ton oy tvn Echo de part 8c d'autre dans les istes & les saules, & TEcho
se termine dans vne raze campagne vers vn ruth de marests, au dessus du-
vn peu j & lapluye
quel ily
a vn petit mont, qui leuc le Son 8c qui Taltere
contribue ce changement & a ce desguisement de voix.
quelquesfoisà
L'action n'est tout le reste de ce qu'on
pas moins admirable que pourroit
dire de TEcho, dans laquelle on peut examiner tant la cause efficiente, que
la façon dont ellesc forme, 8c les effets qu'elle peut produire. Quant au pre-
mier , nous ne doutons Thommenesoitla cause de TEcho
point que la voix de
succes-
âpres que Tair des poulmons
articulé, estant sorty dehors, imprime
siuementà vn autre air ce qu'il plaist à Thomme, qui se iouë de cet Elément
aussi bien qu'il fait de tout ce qui est icy bas.
Par où Ton void Ton apprend ce qui appartient
que de chaque Catégorie a
l'Echo: or si Ton considère la Dioptrique & laCatoptrique,Tontrouuera
qui seruent
vne grande conformité de nos lignes d'action à TEcho, tant auec
les corps,
le rayon rompu 8c brisé, qui passe à trauers qu auec la considération
du rayon reflechy. Mais pour faire TEcho ,il faut vne certaine force de voix,
auoir cherché de part & d'autre, reuient d'où elle est partie^
laquelle, âpres
sinon au moins dans le du cercle
par la mesine où^est ce-
ligne vocale, quart
luy qui parle. C'est ce qu'Aristote a voulu en ion second liure de
enseigner
TÂme,oùil le corps réfléchissant comme vn vase creux, est
représente qui
susceptible de tout, ou comme vne balle, estant poussée contre vn
laquelle
de violence
corps solide reuient du costé d'où elle est partie, auec autant qu'il
à celuy d'air que
qui la iette. C'est de ce choc,
plaist & de cette collision pro-
uient le Son, a donné aux Indiens laterreur dont Poliamus
qui Panique, par-
le dans ses
Stratagèmes.
Pausaniasdit à Diane le nom
que les Megareens auoient donné de Gar-
dienne pour ce íuiet: & les Persans la Grèce &leur s'estanc
rauageans pays,
addressez à vn Echo durant vne nuit sombre, creurent que c'estoit l'ennemy
quirespondoiten cris dolents, & attaquèrent rudement vne Roche reson-
nante, sur ayans lancé toute la furie de leurs courages & de leurs
laquelle
ils furent 8c les autres fuy ans à
dards, pris le lendemain 8c emmenez captifs,
Thebes vers Mardonius les effets d'vne Echo, la-
recogneurent trompeuse
à l'autre
quelle donnant de la
peur à Tvn,
donne du plaisir qui s'en fçait bien
ayder,comme pour la Musique, 8c pour bien faire entendre la voix fans beau-
coup crier.
Or cette
voyant collision d'air, Ton peut dire qu'elle endure Î ce qui a si fort
E "j
Liure Premier
54
aux Poctès, ont basty là dessus leurs conceptions touchant TE-
agréé qu'ils
cho, ils Tont appelléc fille de Tair, Nymphe fuyarde, farouche, va-
quand
gabonde la voix, à respondre quand
, moqueuse, desguisant desdaigneuse
on Tinterroge, 8c dolente, ce qui arriue à cause de ladiuersité de
plaintiue
est receuë dans Tair. L'affection particulière de TEcho consi-
Pimpression qui
ste à mieux les syllabes, où sctrouucnt des A 8c des O , que celles où
repeter
se rencontrent E, 18c V, dont la raison est facile à tirer des différentes ouuer-
turcs de la bouche de celuy & qui pousse moins ou d'air
qui prononce, plus
vne fois autre.
qu'vne
Les lieux contribuent à la de ce que nous cher-
beaucoup cognoissance
chons , comme estre les voûtes de piastre, les cabinets qui sont
pourroicnt
au bout des iardins, aux berceaux, aux Eglises retentissantes, aux arcades des
grands ponts qui sont fur les riuicres, aux caues des maisons, 8c aux niches 8c
murailles rescrespies ; les bois remplis de broussailles, les chaumières, les iar-
dins 8c les pallissades, les istes remplies de saules, les prez, 8c les ruts des ma-
rais. menc& dans les iardins & dans les
L'ingenieux Architecte place l'Echo
nature luy présente, comme feist au-
boisjfeseruantdeTaduantagcquela
trefois T Architecte de la galerie ,& des sepe tours de Byzance.
Olympique
Quant aux Poètes ils parlent de TEcho, comme d'vne Nymphe transpor-
tée de desespoir,
qui la fait tourner en montagne se plaignant eua-
qu'ayant
poré son sang parla dureté de courage d'vn Narcisse, elle sent son corps s'en-
durcir en Rocher, 8c son estomachs'eflargir 8c sc voûter en cauerne, n'ayant
que la voix obéissante à la passion d'vn autre, pour tesmoigner ce qu'el-
f)lus
e estoit, & que les hommes la rechercheroient 8c lasuiuroientautant qu'el-
le auoit suiuy 8c couru de se v r fur leseauës, fur
âpres eux, promettant ange
elle feroit iette r & broyer des charmes,
lesquelles qui par leurs accents magi-
8c ceux
ques tourmenteroient son Narcisse, quilauroientmeíprisee.
Que vous semble de ce discours Poétique? Ne sommes nous pas mainte-
nant cn ces termes de voir TEcho retentissante dans les pierres & fur Teau, 8c
d'exercer vne naturelle tous les cernes
que nous faisons,
Magie par 8c par les
allées 8c les venues, les concours 8c lesdestours, & par tant de cris &d'hur-
lemens par lesquels elle tourmente nostre
Hotto& anti-
eíprit.
Capugnano
de Rome, nous en font voir vn bien signalé
quaires pres de fainct Sebastien,
Ou Ton void le tombeau des Metelliens en vne tour ronde
, qui consiste
(comme estoient la plus part de leurs Mausolées J efpaisse de
vingt-quatre
pieds,&nommce Capo di boue, Teste de Boeuf, à raison desZophores,des
restons 8c des représentations bas il y a le Cirque
qui y sont. Plus d'Antonin,
qui estoitanciennementd'estinè pourTexercicc des soldats. En cette vieille
tour vn peu à Tescart, Ton entend vn Echorepete huict fois vne fuite de
qui
paroles, &mefmesvn vers entier distinctement, 8c plusieurs fois confusé-
ment : Ton void encore la place dans on immoloit des Hécatombes,
laquelle
dont le retentissement faisoit croire le sacrifice
plus grand qu'il n'estoit ; à sça-
uoir si ce lieu s'est ainsi ou s'il a esté choisi pour vne plus grande vé-
trouue,
nération & célébration des sacrifices, ou s'il a esté destiné pour la sépulture
deceuxdelamaisondeCrassus, & pour les immortaliser en
quelque façon,
afin que leur nom la postérité, i'en laisse à part,
scmultipliastà lciugement
llestvrayquau logis d'vn particulier l'Echo n'est guere
agréable,
car il fait
entendre bien loin tout ce qui se dit & ce qui se fait j il n'y a qu'aux &
degrez
Delanature & des du Son,
proprietez 55
sales & lieux de plaisance, où Ton doiuc le souhaitter.
aux grandes
aux Eglises, s'il sert pour faire entendre vn ilTintcr-
Quant Prédicateur,
aussi &Timportune íà son reten-
rompt beaucoup entre-coupant parole par
tissement. Dandinus dit qu'il en a ouy vn dans vne maison desdu
champs
Milannois, iusques à vingt fois : Ma jolus de celuy de la salle
qui repete parle
de Pauie, autant de fois qu'il y a de fenestres en ladite salle : mais
qui respond
il seroit à désirer qu'ils en eussent faitìa description la science de
pour ayder
TEcho.
Sainct Clément Alexandrin liure sixiesme
de ses Tapisseries, du
parlant
miracle Dieu feist auec les bruits de Trompettes 8i auec le feu, lors
que qu'il
donna la Loy à Moy sc, 8c disputant contre les incrédules,
allègue quelques
prodiges
tirez de Thistoire naturelle, pour monstrer que l'Autheur de la Na-
ture n'est pas moins puissant que la naturemesine, 8c rapporte
qu'en Angle-
terre il y auoit vne montagne ouuerte par en haut, 8c au dessous vn grand
dans lequel lors que le vent s'entonnoit, on entendoit vn Son de
antre,
timbres harmonieux à la faueur des fouspiraux, 8c sinuoíitez dudit an-
replis
tre. Et en fuite il raconte ce qui sc trouue dans Thistoire des Persans, à sçauoir
dans vne campagne sont tellement situées
qu'il y a trois montagnes rase, qui
de la première, Ton n'entend que des voix confuses
qu'en s'approchant qui
crient 8c qui chamaillent ; à la seconde, le bruit & tintamarre est encore plus
fort 8c plus violent ; & à la troisiesme, Ton n'entend que chants d'allégresse
& de resiouyssanec comme s'ils auoient C'estainsi
vaincu. que Tair selon la
diuersité des suiets forme vne diuersité de prodiges, que Tesprit humain ad-
les causes pour ne les plus admirer.
mire en en recherchant Vous voyez donc
se plaisent aux montagnes, bien que les caucs en ayent
que nos Echo leur
dire qu'elles ne seruent
part, quoy qu'on vueille que de véhicule pour les
porter plus facilement.
Quant au temps dans lequel se forment tes Echo il est diffi-
plus proches,
cile d'en tirer quelque car la Musique n a point dénotes cro-
cognoissance,
chues assez vistes, ny de pauses &fouípirs qui les puissent mesurer. A120. pas
i'en ay trouue vn qui respondoit le mot dans le
géométriques temps d'vne
minute réglée d'vne monstre ; vne autre fois i'ay trouue la mesine raison de
la prononciation à Tinterualle de la répétition entière qu'il y a de seize à
: car lors
qu'il fautscize
vingt instans pour prononcer le mot, il en faut
vingt
autres Tinterualle de la entiere
, iuíques au soir Tair
pour répétition auquel
commence à s'efpaissir, mais quand il y a moins d'arbres, de maisons&de
iardins à trauer fer il reuient
plus viste, comme i'ay expérimenté dans vn Echo
de soixante 8c deseptante pas géométriques.
La partie du iourila plus examiner l'Echo, est le soir íùr Ie So-
propre pour
leil couchant entre
cinq 8c six heures. En Octobre ie le trouue beaucoup
meilleur autre temps, car àmidy &à vne, deux, trois & quatre heures
qu'en
1 air eschaufféest
trop fluet 8c débile ,8c ne fçauroit receuoir aucune impres-
sion de TEcho, 8c s'il resonne ce n'est pas fi bien comme s'il auoitfon
tempé-
rament
peu de corpulence
nécessaire, & quelque : neantmoins k nuit 8c du-
rant les brouillards il n'y a de 1 entendre.
pas moyen
Apres auoir nostre Echo par huict îe rencontre
promené predicaments,
fa différence 8c fa situation de droit à gauche, dans laqucllcil ne réf.
locale,
pond pastousiourssi nettement la ligne vocale
qu'ilfaitpar perpendiculaire:
E iiij
Liure Premier
5<?
de haut en bas ie n'entends si bien que de bas en haut, ou quand ie luy
pas
fuis parallèle.
àl'habitde cet inuisible, il reçoit toute sorte de couucrture, caril
Quant
ne dédaigne les murailles 8c les voûtes & polies, les herbes, les
pas decrespies
saules, les marais, les vieilles masures ,les iardins 8c les fueilles.
PROPOSITION XXVII.
Déterminer les distances & les longueurs de la ligne Vocale de f Echo ; fi son
quelles font
le lieu d'ou il refyond ,&dc
peut cognoistré quelle longueur doit estre ladite
ligne,pour faire s Echo de tant de syllabes que f on Voudra.
Quant aux Echo qui refpondent 2,3,4,8cc. syllabes, il faut qu'ils soient 2,
8c consequemment
3, ou 4 sois plus estoignez, que celuy qui respond levers
entier,
Arma virumque cano Troia qui primm ab oris,
ou quelqu'autre semblable Latin ou François, quia quinze sillabes, soit es.
de trois cens trente
pas géométriques, si Ton donne
soigné vingt-deux pasà
syllabe.Si Ton fàit des Echo portatifs auec des ais, Ton pourra remar-
chaque
ces distances 8c quant 8c quant combien de
quer toutes plus exactement,
fois la voix les peut faire entendre. Blancan ne croit pas qu'ils puissent res-
fois vn mot de deux comme Ton dit que TEcho de Mi-
pond re vingt sillabes,
d'où il s'ensuiuroit
lan respond, lequel on appelle Simonme\ qu'il seroit com-
de vingt Echo différents, 8c que le premier ou le plus proche estant es.
posé
c'est à dire de quarante
soigné de vingt-deux pas géométriques, quatre pas
communs, le dernier seroit estoignè de 880 ou de 1760
pas géométriques,
qui valent pieds de Roy, ou le tiers d'vne lieuë Françoi-
pas communs, 4400
se, ouenuiron -.caria lieuë contient 15000 pieds de Roy, comme i'ay remar-
qué ailleurs.
Neantmoins il n'est nécessaire les distances des différents Echo
pas que
soient si grandes, comme i'ay TEcho de Charanton, qui ra'a res-
remarquéà
pondu dix ou vnze fois, quoy quelcs colomnes qui faisoient ce sembleTE-
les vnes des autres. disent
chpjfussent fort peu estoignées D'autres qu'ils Tont
que Ton doute
Mais parce si les Echo se fai-
Íàitrespondrei8,zo&i6fois.
soient par les seules colomnes (encore rcfponduTent des deux costez,
qu'ils
8c lors que Ton estoit au milieu desdites colomnes) ou par des lieux soubs»
terrains, 8c par des maisons voisines, il est nécessaire défaire vn Echo porta»
Ton estre Testoigneraent des
t.if, par le moyen duquel quel doit
puisse
sçauoir
de syllabes
corps reflechissans pour les faire repeter tel nombre que l'on vou-
dra, ou tant de fois qu'il sera nécessaire pour le contentement des Auditeurs.
Mais il est difficile de trouuer le lieu où TEcho fait paroistre la voix réfléchie,
8c si Toreille Tentend au mesine lieu que Toeil void Timage de son obiect : par
si le Son qui se fait en A, & C, est entendu
exemple, qui va frapper par To-
reille
qui est cn B, comme s'il estoit au point I, où Timage paroist a Tceil,
comme Ton demonstre dans la Catoptrique. Ie ne voy nulle raison nous
qui
doiuçcmpçfcher de discourir d u lieu de Timage des Sons, comme de celuy
des couleurs : c'est pourquoy ie conclus que la voix, que nous appelions TE-^
cho, semble venir de deux fois aussi loin, comme est le lieu où se faitla refle-
xion : par si la voix est
exemple, efloignéede cinquante piedsdu corps réflé-
chissant elle de cent
qu'elle frappe perpendiculairement, paroistra estoignée
pieds par delà Ie corps qui réfléchit la voix.
Et si la voix le corps TEcho paroistra à
frappe ooliquemcnt reflechiíïànt,
1 de la comme Ton void dans la figure précéden-
opposite ligne d'incidence,
te: de là vient
que ceux qui entendent TEcho, s'imaginent que le Son est du
L'on de toutes les déceptions
costéouiin'estpas. pourroit icy parler qui se
f ont
par le moyen de l'Echo, mais il est tres-aysé de les
remarquer, lors que
1 on entend la science des miroirs, à faire les Echo
qui seruent que Ton appel-
le muets, à raison
qu'il n'y a qu'vn seul
point,
d'où Ton puisse jes entendre,
Liure Premier
58
soit si foible
ou
qu'ils
font
ouy r la voix réfléchie, quoy que la directe que
Ton ne la puisse ouy r.
Ce qui arriue lors Ton met Toreille au point du miroir, dans lequel la
que
lumière du Soleil, ou de la chandelle sc ramasse carie Son sc
dauantage, qui
fait dans le lieu où Ton met la chandelle, 8c qui va frapper la glace d'vn mi-
roir concaue sc réfléchit entre la quatre & la cinquiesine du
sphérique, partie
diamètre de la sphère, dont le miroir est vn segment: 8c s'il est Parabolique,
il sc réfléchit à la quatriesme ou costé droit, dont ic par-
partie du Paramètre,
leray dans la Proposition 8c dans le liure de la Voix, où Ton verra la
qui fuit,
manière de faire toutes sortes de corps reflechissans, 8c les termes font
qui
nécessaires c'est pourquoy il n'est pas
pour entendre les sections coniques;
nécessaire de nous estendreicy plus au long fur TEcho, qui nous peut faire
souuenir les parties de nostre doiuent estre des Echo réso-
que toutes corps
nants chanter, 8c pour repeter éternellement les louanges de Dieu,
pour
dontnoussommes le Temple, comme dans la première
TApostre enseigne
Epistre aux Corinthiens, chapitre troisiesme.
COROLLAIRE I.
L'on
peut conclure quelle est la vitesse du Son parles expériences que Ton
fait des Echo, car Ton prononce deux sillabes Tvne âpres l'autre,
aysément
on entend TEcho tandis vne fois, c'est à dire dans
desquelles que le poux bat
le temps d'vne seconde minute. Or la voix fait nonante & six pas géométri-
dans cet espace de temps, d'autant va & reuient deux fois par la
ques qu'elle
est de ou enui-
ligne vocale d'vne sillabe,qui vingt-quatre pas géométriques
ron: 8c consequemment Ton peut dire que le Son fait cent pas géométri-
dans vne seconde minute, 8c deux lieues dans vne minute d'heure, &c.
ques
qui valent
& qu'il feroit le tour de la terre dans soixante heures, deux iours 8C
Mais & plus exactement de cette vitesse
demy. icparleray plus amplement,
dansvn autre lieu.
COROLLAIRE II.
COROLLAIRE III.
mesmeforce, la façon de
par exemple
faire des lunettes 8c fa-
qui cfloignent
cent les obiets austi
paroistre petits
de Thy-
que Ton voudra par le moyen
perbole, &c, parce qu'il sursit d'auoir
touché ce suiet pour donner ouuertu-
reaux Architectes & Ingénieurs, qui
voudront faire leur industrie
paroistre
8c la subtilité de leur art, par les diffe-
rens Echo se faire dans les sales, cours, iardins,
qui peuuent parterres, Egli-
ses ,ôc autres lieux.
de certaines
radioustesculementicyvne figure pour expliquer analogies
se rencontrent dans toutes les sections dont nous auons or elles
qui parlé:
passent
toutes parle point A, qui leur sert de sommet, car A E représente le
naist de la section que fait le plan
cercle equidistant de labaseducone,
qui
Dela nature & des du Son;
proprietez 65
au triangle le plan lors qu'il le
Quant que engendre coupe par le sommet, il
ne paroist pas dans cette figure.
La seconde section A D, dont les deux focus sont re-
auxpointsE& C,
la troisiesme E G est la Parabole,dont nous auons
présente Tellipsc; expliqué
est la-
quelques proprietez. LaquatriesmemarquéeparHI THyperbole,à
l'autre Hyperbole P Q est contreposée, dont les deux centres sont en
quelle
E & T. Or entr'autres de ces sections celles qui concernent la re-
proprietez
8c particulièrement la reflexion
flexion sont excellentes, qui sc fait des rayons
tellement dessus leurs surfaces
tombans connexes, qu'ils iroient passer par le
ou le focus E, car ceux qui tombent en cette façon fur le se ré-
centre, cercle,
tout de meíme venoient de son centre
que s'ils
fléchissent : ceux
qui tombent
vers Tvn des centres de Tellipsc, vers
E, sc réfléchissent comme
par exemple
s'ils venoient du centre E : ceux qui tombent
vers le focus de la E sc
parabole
réfléchissent tous parallèles, d'où Ton tire ce que i'ay dit des lunettes
parabo-
8c ceux qui tombent vers l'vn des centres de THyperboIe,
liques; par exem-
venans du point G, ou M, ouX, &c. vers E,sc
ple les rayons réfléchissent
tous au second centre de THyperboIe T.
Ie laisse plusieurs autres choses que i'ay expliqué dans Ie 16. du 4.'
Chapitre
liure de la Vérité des sciences, dans le 16. de la première par tie du premier, 8c
dans le 6.du second volumecontre les Déistes, 8c dans le premier tome des
Commentaires fur la saincte Escriture; & puis on peut voir leDictionaire
où i'expliquc la raison des noms de section
Harmonique, chaque Conique.
COROLLAIRE.
Lors dit que les miroirs dont i'ay parlé, brusteroient à Tinfi-
qu'on iusques
à vne si grande distance nous sembleroit
ny se doit entendre iusques qu'elle
car ils cesseroient de bruster lors qu'ils commenceroient à
infinie, quitter
à raison ne sont
leur parallélisme sensible, qu'ils pas exactement parallèles,' *
quand ils tombent du centre du soleil fur les glaces des miroirs :8c Ton
peut
déterminer le lieu où ils cesseroient de bruster, ou d'eschauffer, ou de faire
voir les obiets de mesine : ce qu'il faut aussi dire des verres de refra-
grosseur
ction dont nous allons
parler.
PROPOSITION XXIX.
Déterminer fi les Sons se rompent, cest à dire s'ils endurent de la refratfion comme la /#-
miere, ils passent par des milieux
quand differens.
Eau de Puits.
Eau de fontaine.
Inclination. Refraction.
Inclination. Refraction, ij ; Degrez,
50 Degrez.
5-Degrez x; 45d. aï d.
Degrez.
lod. 3id. d. 18 Id.
40
*°d. 15 d.
7\à. 35 d.
*jd. tzd.
,,;d. 30 d.
*°d,, u d. xjd. $vn peu plus;
55 d. 15 d. zod. 8 d.
4° à. l8 d. 15 d. 5îd.
45 d» xi d. lod. 3 id.
5o d. a3d. 3 d. •avnpeumoiûs?
66 Liure Premier
m'a esté enuoyée excel-
Eau de Seine. laquelle par vn
Inclination. Réfraction, lent homme, suiuant les expériences
5 Degrez. zvn peu plus. qu'il a faites dans Teau de fontaine, &
lod. de puits, 8c dans celle de la Seine. Mais
H est certain
quel'on peut faire des verres, & des christaux qui changerons
les rayons du Soleil 8c des autres corps lumineux, comme de la chandelle, en
telles lignes 8c à tel Ton voudra,comme nousauons dit des miroirs*
point que
c'est à dire qui les rendront de parallèles ou diuergeans ,8c s'ils
conuergeans,
se veulent ioindre, ou séparer, ils les changeront en parallèles, ou lesioin-
dront, ou scion la raison donnée : 8c consequem-
sépareront dauantage
ment faire des verres 8c qui
qu'on peut qui brusteront, représenteront lob:
D e la nature & de s du Son:
proprietez 67
iectà telle distance, ou de telle grosseur que Ton voudra. Mais ie ne croy pas
des Sons soient de ces figures des
que les rayons susceptibles par Tindustrie
: car quant aux Anges s'ils disposent des tremblemens de l'air ,com-
hommes
ie ne doute ne puissent faire la mesine chose des
meil leur plaist, pas qu'ils
Sons que de la lumière.
PROPOSITION XXX.
est certain Tinstrument sonne dans Tair 8c dans Teau a des Sons
que qui
ÏL differens, & que celuy qu'il a dans
Teau est plus bas d'vneDixiesinemaieu-
dans celuy là, deuroit estre plus aigu que celuy qu'elle fait dans celle-cy, de
sorte que le Son de Teau de vie fist la Quinte auec celuy de Teau, lors quel©
de celle-cy est au poids de celle-là comme trois à deux.
poids
11 faut dire la mesme chose du Son qui se fait dans Thuile de terébynte, 8c
ou plus pesantes
dans les autres liqueurs plus legeres, que Teau: ce qui n'ar-
riue pas, car le Son demeure quasi tousiours à Tvnisson, & ne se hausse tout
au plus que d vndemiton: ce qui ne répugne pas à cc que i'ay dit, parce que
la peíanteurdel'eau n'est peut-estre raison de seize à à
qu'en triplée quinze
la pesanteur de Teau de vie. Or il est aiíé de faire plusieurs expériences des
Sons en toutes sortes de liqueurs & de milieux, c'est pourquoy ie n'en parle
que la cloche
Tadiouste seulement ne peut sonner dans Thui-
pas dauantage.
le, ny dans le lait, & qu'elle fait vn meíme Son dans le vin 8c dans Teau, ou
du moins la différence n'en est pas sensible.
que
COROLLAIRE I.
L'on la raison de la
peut faire plusieurs autres
expériences pour sçauoir
densité dcl'eau accise de Tair, afinde les comparer auec les précédentes: or
ihscmble à trois manieres,à à cel-
qu elles peuuent toutes se rapporter sçauoir
le dont on vse pour peser Tair, afin deiuger de ía densité par son poids;à Tes-
pace qu'il remplit, 8c à la resistence qu'il fait tant aux rayons des corps lumi-
neux 8c des sonores, mouuemens luy imprime. Quant à la raa-
qu'aux qu'on 1
croyent que íà estàcelle de Teau,
nicredelepeser,quelqucs-vns pesanteur
la pesanteur des corps
comme pesez dans Tair, est à lapeíanteur des mesines
corps pesez dans Teau : par exemple, Tair est plus rare & plu s leger
que que
l'eau en mesme raison que Tor est plus leger dans Teau dans Tair ; & parce
que
Teau est d'vn volume à Tor est quasi vingt fois plus legere, & cò-
que qui efgal
Tor pèse moins d'vne
vingtiesme partie dans Teau
fequemment que que
que Teau seroit presque
dans Tair, il s'ensuiuroit aussi rare que Tair.
Or cette manière n'est pas bonne, car outre à nulie apparence
qu'il n'y que
Teau soit íî rare,il s'eníuiuroit auroit toutes fortes de proportions auec
qu'elle
la rareté de Tair selon les corps differens pèse dans Tair 8c dans Teau,
quel'on
8c qu'il faudroit conclure, qu'il n'y auroit nulle proportion entre la rareté de
Tair & de Teau , quand le corps
qui pèse dans Tair ne pèse point dans Teau:
mais i'ay explique vne meilleure manière de peser Tair dans la
dix-septiesine
Proposition.
La seconde manière considère
les proportions des espaces Tair 8c Teau
que
car si vn pouce cube d'eau peut remplir vne veflie de cent pou-
remplissent,
ces cubes, lors se conuertit en vapeurs, ou en air, il faut dire que Teau
qu'elle
est cent fois plus dense & plus pesante que Tair, soiuant Texperience que Ba-
co dit auoir faite dans son nouuel où il remarque
Organe, page 286, qu'v-
ne partie d'eau de vie estant reduite en vapeur, vne vessie cent fois
remplit
plus grande que ladite partie.
La troisiesme manière consiste dans la proportion des résistances de Tair &
de Teau : or cette résistance se aux rayons de la lu-
remarque premièrement
ont ce semble
plus de peine d'entrer dans Teau
mière, qui que dans Tair;de
là vient qu'ils sc rompent dauantage dans Teau. Ie laisse maintenant les Sons
oyseaux fendent Tair, quoy qu'il n'y ayt nulle apparence qu'ils ay ent dix fois
autant de peine, ou de force que les oyseaux.
COROLLAIRE II.
temps, car ayant fait vn canal de deux ou trois pouces de large 8c de 13 pieds
de haut, la baie de tombe dans Tair dans vne seconde, 8c dans Teau
plomb
en deux secondes & demie ; de sorte qu'elle descendre 80 pieds en
pourroit
Tair, tandis qu'elle descend douze pieds dans Teau. Mais il est difficile de sça-
uoir s'il faut striure les raisons des temps de ces cheutes, ou leur raison
simples
ou triplée la proportion
doublée, pour déterminer desdites densitez.
Lors que la baie de plomb est tellement creusée, qu'elle pesé trois fois
moins que la pleine, elles descendent aussi tost dans Tair Tvne que l'autre,
mais la creuse descend dans Teau dans il faut
cinq secondes. Surquoy remar-
quer que les ne réussir qu'auec des corps spheriques:car
expériences peuuent
les autres les empefehent merueilleusement dans Teau, par exemple
figures
vn descend seulement en 12", 8c vne plaque de plomb de mesine
quadfuple
largeur en 8". Vn parallélogramme quarré
du bois de la Chine
long de demy
8c toutautant de figures
pied&larged'vnpouce,deseenden5"&í, que Ton
peut s'imaginer nastent, ou retardent assez sensiblement le mouuement
dansTeau.
L'on
peut encore considérer la vitesse des mouuemens qui se font des
dans Teau, soit
par leur pesanteur,
corpsdcícendans ou cn d'au tres manicresi
& semblablement de ceux des de Teau, lors
corps enfoncez au fond
iusques
qu ils reuiennent iusquesà fa surface,afin de remarquer si les plus pesons que
1 eau & les plus légers montent en hastant leur vitesse en melme*
descendent,
des mouuemens à sçauoir
qu'ils ont dans Tair, par exemple,
proportion si la
mouëlle de sureau de douze
qui monte du fond du canal pieds de haut, iusl
quesau haut, ayant monté le premier pied dans vn temps donné, monte
quatre pieds dans deux temps, c'est à dire si les corps plus légers que Teau
augmentent leur vitesse en raison doublée, 8c suiuant les racines des
quarrées
temps, comme il arriue à la vitesse des descendent dans Tair,
corps pesansqui
I
Premier
y o Liure
COROLLAIRE III.
COROLLAIRE IV.
L'experience que Tonfait dans Teau pour sçauoir si les Sons sc rompent
comme la lumière, ou au contraire de la lumière, ne peut nous donner assez
d'asseuranec pour conclure ce qui cn est, d'autant le Son qui se fait entre
que
deux eautfparoist si foible que Ton ne
peut, ce semble, en faire d'autre iuge-
ment que celuy que Ton fait de fa foiblessc 8c de& grauité.
O r quand ie dis entre deux eaux, i'entens le Sfcn soient
que les corps qui font
tellemét enuironnez d'eau les touche de tous costez, & tous les points
qu'elle
de leurs surfaces, car s'ils sonnent dans Tair qui est souz Teau ils ne changent
nullement Taigu de leur Son, d'autant que Toreille qui est plongée dans
ou est libre dans Tair entend tousiours le mesme se
Teau, qui aigu du Son qui
fait dans Tair, soit que Tair demeure conioint auec toute la masse de l'autre
air, ou qu'il en soit séparé, comme il arriue lors que Ton plonge vn vaisseau
d'air dans Teau, dans le vin, dans Thuile, dans le lait, ou dans quelque
plain
autre liqueur, ou qu'on Tenfermc entre quatre murailles: d'où il faut con-
*
clure ne change nullement
que Taigu depuis fa première production, quoy
que les autres milieux par où il passe soient differens ; mais Toreille apperçoic
aysément qu'il est plus foible, que si elle Tentendoit dans le mesine air, oùil
a premièrement esté fait.
Quand Toreille est dans Teau, & que le Son sc fait semblablement
plongée
souz Teau, ellel'oyt aussi foiblement comme s'il sc faisoit dans Tair, d'autant
le milieu, dont le mouuement fait apperceuoir le Son, communique
que
De la nature 6c des du Sotù
proprietez 71
à tous les autres milieux tant
ledit mouuement opaques que diafanes par où
il passe, car si quelqu'vn de ces milieux retardoit les secousses, ou les trem-
blemens de Tair, le Son ou plus aigu, ce qui n'arriue
paroistroit plus graue,
iamais.
COROLLAIRE V.
PROPOSITION XXXI.
Asçauoirsi le Son aigu est plus agréable & plus excellent que le graue.
estre décidée
par Texperience 8c par la raison,mais
question peut
CETTEil faut 8c Taigu d'vn mesme
prendre le graue, genre j c'est à dire sur vn
mesme instrument, ou dans les voix humaines, car ce seroit vne autre diffi-
celuy qui fait la Basse, 8c de l'aiguë d'vn enfant, ou de la voix graue &aiguc
d'vne mesine Mais il ne faut pas comparer vne bonne voix auec
personne.
vne mauuaife,car la bonté de la voix graue doit estre esgale à celle de Taiguë,
afin
que la comparaison soit parfaite. 11 faut donc premièrement comparer la
voix d'vn mesme homme afin de sçauoir s'il chante plus agréablement en bas
il a vne
esgale facilité
qu'en haut, quand à chanter Tvn 8c l'autre. Par exem-
ic
ple, suppose que sa voix ayt Testenduë d'vne Octaue sans estreforcée, 8c
génération des animaux en ces termes, «J h-mìí ywmvnf ^ £>*j çóou** H /Sapi/Pau'a»
x) e*7o75 (j.i\t<n TO0a/»w--ra» auwréïai ÍÏÍATÏO».C'est à dire que la voix graue semble
estre la plus généreuse, Son graue est meilleur les Sons aigus des
quele que
concerts ; 8c que les voix graues des chansons sont plus excellentes que les ai-
d'autant la chose les autres est plus parfaite, 8c que la
guës, que qui surpasse
de la voix consiste dans vn excez de grandeur, ™ y^-nhuoi c* ú,n/i>;£. i ií
grauité
@a.pú7Hiúvnpî^Tis, car ce qui est grand est prefcrableà ce qui est petit, comme
vn grand bien est préférable à vn moindre.
Ce par la considération
Ton confirmer dela plus grande force de
que peut
& les parties du corps plus
celuyquiàlavoixplusgrosse, consequemment
en
amples & plus grandes, qui font quelque sorte représentées par la voix,
laquelle en dépend, & qui est comme le miroir de lame & du corps. De là
COROLLAIRE.
Puis
que Ton est contraint d'auoiier qu'il n'y a quasi point de démonstra-
tions dans la ou science des choses naturelles, ie ne doute pas que
Physique,
l'on ne
puisse tenir que les Sons graues font les plus excellents, soit à raison
des plus ou du
grands corps qui les produisent, repos & de l'vnité dont ils
approchent dauantage, ou pour d'autres raisons que l'on (e peut imaginer,
c est il est libre àchacun d'en croire ce qu'il voudra. l'on
pourquoy Surquoy
peut voir d'autres semblables difiScultez que
ie
propose dans la penultieíme
Proposition du liure desChants, & au commencement du liure de la Com-
G
Liure Premier
74
position! Òr puis
qu'il y a grande apparence que le Son n'est autre choie que
le mouuement de l'air, ou des autres corps, il faut maintenant de ce
parler
mouuement, afin d'entendre la nature du Son plus parfaitement.
PROPOSITION XXXII.
D cterminer s'ily a au mouuement dans la nature p&ce qui est nécessaire pour ïestablir,.
corps peíàns qui tombent vers le centre de la terre : & bien que cette imagi-
nation ne soit de grandes difHcultez, comme est celle du rayon
pas exempte
de deux cercles
concentriques, qui se meut tellement par la plus grande cir-
conférence, qu'il semble nécessaire que lesditsrepossoientauíli grands sur
elle que sur lamoindre,neantmoinsquelques-vns persistent dans cette pen-
sée , & ayment mieux mettre des indiuisibles Physiques beaucoup plus
les vns
que les autres, qui puissent
grands changer entièrement de place, ou
seulement en partie dans vn d'embrasser la continuité du mou-
moment,que
uement, ou l'insinité des parties ou des points qui font la longueur de l'espa-
que i'ay me beaucoup mieux suiure l'idée de l'infînité des points ima-
ce:quoy
ginaires, ou des parties, qui font le continu tant dans les lignes que dans le
nousappçrccuons.
en a particulièrement de deux sortes, dont fesvnsnous fcmblenc
Orily
droits, & les autres circulaires ; par exemple il semble les corps qu'on
que
droit vers le centre de la terre, sem-
pefans descendent ôc qu'ils vont
appelle
blablement droit quand on les iette en haut ôc en bas, ou d'vn autrecostéV
Quant aux autres ,ils semblent circulaires, comme l'on remarque au mou-
uement du Soleil & de la Lune : mais parce ôc la
que l'Astronomie Physique
n'ont encore donné de démonstration , pour monstrer si c'est la
point
terre qui tome , ou si c'est le Soleil, ôc que tout ce qui nous est purement
sensible peut estre par l'vn ou l'autre de ces mouuemens , nous
expliqué
ne toucherons cette difficulté íèra nécessaire
qu'entant qu'il pour examiner
rares expériences, dontil est parlé dans Ie liure qui fuit. Il faut feu-
plusieurs
qu'il n'y a ny haut ny bas en ce monde
lement rçmarquer à proprement ôc
ablbluëment parler, puis que cc qui est haut à l'egard de l'vn, est bas à l'egard
nous nous imaginons que nos Antipodes
d'vn^uçre; par exemple sont cn
bas souz nos pieds, & pensent la mesme chose de nous
; Ôc l'on peut dire que
le centre d'vn cercle, ou d'vne est son plus haut lieu, ôc que lacircon-
sphère
ferenceestlc plus bas. Quoy qu'il en soit, il suffit que l'on s'entende lors
qu'on parle, afin que les paroles ne fassent pas comprendre autre chose
que
ce qui est dans l'idce ôc dans & l'on euite toutes les difficultez
l'efprit, que qui
ne viennent des dictions. Mais auant que de
que de la différente intelligence
commencer le second liure, ie veux finir celuy-cy par vne Proposition qui
seruira de passage au troisiesme ceux ne se
liure,pour qui plaisent pas aux dif-
ficultez de la Physique, ôc qui ne veulent ce la
que qui sert précisément pour
afin qu'ilspuissent laisser le second liure sans aucun preiudice, ou
Musique,
De la nature 8c des du Son:
proprietez 77
j de forte cette derniere
que l'on
inconuenient à la
peutioindre Proposition
du troisiesme liure.
première
PROPOSITION XXXIV.
principe.
L'on peut encore dire que si la chorde estoit efgalement tendue en toutes
ses parties, mesme vne chorde de
qu'vne forcetendroitefgalement longue
mille lieues, ôc vne chorde d'vn pied de long, ce qui semble incroyable : ôc
que si la plus longue estoit efgalement tendue' auec vn poids eígal, qu'estant
de fa ligne elle feroit autant de tours ôc de retours
estoignée droite, que la
courte en est ce qui n'arriue
plus qui efgalementestoignée, pas, car la chorde
A B estant tirée en G,est deux fois aussi long-temps à retorner à F que la chor-
de AF, laquelle estanttirée , ou aussi loin que la chorde A B, re-
iusquesàE
nient deux fois & conséquemment deux fois aussi
plus viste, souuentàH,
la chorde A B retorne à F.
que
Neantmoins l'on
dire que les chordes des instrumens font
peut efgale-
ment tendues en toutes leurs parties, d'autant font l'vnisson,
qu'elles quand
l'on met le cheualet au milieu ; ôc que la cheuille, ou le poids peutenuoyer
toure fa force de la chorde
par toutes les parties en rnesme temps, comme faic
le poids quiest au haut d'vne en mesme
lance, qui pesé autant tcmpssurla
d en bas,
qui tient la lance parle bout
main, que fur le bout d'en haut i ôc
comme tait le mouuement l'on àvnbaston en
le poussant, ou
que imprime
cn le tirant, à toutes les parties du baston en
lequel s'imprime efgalement
mesme temps} c'est pourquoyvn mesme poids bande aussi facilement vne
chorde de mille lieues que celle d'vn pied,ce en relpondant
que i'expliqueray
àlacinquiesmeobiection.
EtsiTon obiecte demonstreseulement
que l'vnisson que chaque moitiéde
la chorde est efgalement tendue, à raison les deux exrremitez sont
que efga-
lement bandées, d'autant que le lieu d'enhaut, par où la chorde est attachée,'
fait la mesme impression sur lachorde, que le poids qui la tend, de forte
que
& de l'autre s'assoiblit à proportion du
rimpressiondelvn qu'elle approche
si l'on
milieu j l'on pcutreípondre que prend vne longueur vers le milieu,
l'vne des extremitez,
quifoiteígaleàvneautrelongueurpiisevers que ces
deux longueurs seront bien
à l'vnisson, que les deux cheualets qui derermi-
nerontla du milieu, ne donnent de nouuelle tension à la
longueur point
chorde,& la foustiennent feulement dans la mesme situation où ils la
qu'ils
treuuent: par conséquent la chorde est efgalement tendue en toutes ses par-
ties. Çe que ie demonstre par cette figure,qui
"représente la chorde A B tendue
efgalement
en toutes ses parties : car 11 l'on Ie
suspend
poids E au milieu delachorde AB au point F,
il l'amenera au point G , comme ie
iuíques
Et si l'on diuise la chorde A B en A
suppose.
F ôc F B, Ie mesme E amènera la chorde A F au A
poids point I, & la chorde
orle mesme arta*
HenK,&ainsiconsequemmentiusquesàrinfinii poids
ché à la chorde A B au point F, fait la mesme c'est à dire
chose, qu'il abbaissc
Dela nature & des du Son?
proprietez 75s
à K l, de mesme si l'on l'attachoit
les points L Ôc H iufques que aux points L
l'on voit à la chorde A G, c'est à dire
& H, comme AlF,quipane par Kl,
à vne feule partie dela chorde la tend autant
donc le poids qui est attache en
si on l'attachoit successiuement ôc séparément à.
chaque partie, que haque
dont la raison est que A B résiste autant & deux fois
partie; s'alonge aurant,
elle esttiréedu F àG,quela chorde A F, lors qu'elle est ritéedu
quand point
H à í, &commelachordeAH,quicsttiréedupoint L à K,
point laquelle
deux fois moins que la chorde A F,& quatre fois moins
que la chor-
s'alonge
de A B, quoy qu'elle résiste efgalement.
Car les alongemens des chordes ont mesme raison que leurs ; &
longueurs
il est aussi difficiled'alonger vne chorde de quatre comme
quadruple pieds,
la souz-quadruple d'vn pied. Mais nous dirons dans vn autre lieu combien
des chordes : car il suffit d'auoir
cesalongemensdiminuentla grosseur icy
des instrumens de font
monstre que lea chordes Musique efgalement ten-
dues en toutes leursparties.
obiections l'on apporte contre de cette
Quantaux que légalité tension,
l'on peut reípondrc à la première, la force qui bande la chorde, se com-
que
mesme ; autrement la force
munique à chaque partie en temps quand surpaC
se la résistance de h chorde, elle la romperoit à l'extremité à laquelle on
l'ap-
auant qu'elleeust íàforce au milieu, ou à l'autre extré-
pîique, communiqué
mité . ce qui estco'itraircàrexperience, qui monstre que la chorde est ten-
due en toutes íes pai tics auant qu'elle rompe, quelquegrande que soit la for-
ce que l'on y applique : car la chorde est au(ìi dure à vn bout qu'en l'autre, ÔC
fait vn Son eígal en toutes ses parties quant au graue éV à l'aigu.-
Nous pouuons donc comparer la force du poids,ou de la cheuille
qui ban-
delachorde, au mouuement, au baston, dont nous auons
qui s'imprime
le milieu est aussi tostmeu que lextremiré,à la force
parlé, duquel laquelle
du Soleil, qui illumine
est appliquée : ôc au rayon le diamètre de fa sphère cn
mesme temps.
La seconde obiection sè prend de la rupture des chordes,
qui se fait au lieu
où l'on attache le poids, ou la force : mais cette rupture peut arriuer en ce lieu,
à raison de l'alongementde toutes les parties de la chorde, le rencon-
lequel
tre proche du poids, ou de l'effort que l'on donne à la chorde en la nouant,
ou en la destendanr, ou pour d'autres circonstances se dans
qui remarquent
les disserentes Ce qui ne se rencontre
expériences. pas aux cheuilles qui ten-
dent les chordes fans qu'il soit besoin de les détordre, ou de les nouer. De là
vient se rompent plus souuent vers le cheualet,
qu'elles que pres des cheuil-
les où elles se conseruent mieux. O r l'on peut icy considérer sortes
plusieurs
de tensions, car vne chorde estre tendue auec vne che-
peut premièrement
uille, vn tour, vne vis, ou vn autre instrument, comme il arriue furie Luth,
& fur les autresinstrumens à manches; secondement elle peut estre tendue
ôc tirée par vn à l'vn des bouts, si l'on ten-
poids attaché comme il arriueroit
doit les chordes d'vn Luth, ou d'vne Harpe auec des poids, pour les mettre
d accord ; ce
qui se peut faire par vn sourd, comme ie demonstre dans lc troi-
siesme liure desinstrumens à chordes.
Enrroisieímelieu bandée cn mesme
, la chorde peut estre temps par deux
cheuilles mises aux deux bouts de la chorde, en les tornant toutes deux efga-
lement , ou par deuxpoids attachez aux deux la tirent
bouts, qui efgalement
3
G iiij
8o Liure Premier
par la suspension
chorde d'vn poids au mi-
Quant à la tension que la reçoir
de ses parties,ou auec vn cheualet, i'en aydesia
lieu, ou à quclqu'autre parlé
dans l'explication de la figure suffit pour entendre de com-
précédente, qui
ou par vn cheualet misau milieu,
bien elle est plus tendue par vn poids, que
Mais l'on peut considérer choses dans cette manière de
par vn autre. plusieurs
tension: à sçauoir il faut suspendre au milieu, ou
par exemple, quel poids
pour la tendre
doit estre la hauteur du cheualet autant comme le poids
quel
donné, à l'vn desbouts de la chorde tant perpendiculaire qu'hori-
suspendu
zontale: ce que l'on peut trouucr de la chorde,ôc
par l'esgal alongement plus
de l'autre costéde la chorde efleuéeau milieu
aysemcntparleSondervnou
ou baissée par lc poids ôc par le Son de la mesme chorde, ou
parle cheualet,
ou par tous les deux,
par l'vn des bouts,
d'vne autre csgale tendue soit auec
ou cheuilles > mais cette tension vn discours particulier.
poids requierr
ie responds
Quant à la troisiesme obiection, que rabaissement, qui se fait
au milieu de la chorde, vient de ce qu'elle est plus
plus facilement efloignee
des cheualcts cn ce lieu, nu I autre endroit, car les cheualets
qu'en représen-
tent les de deux leuicrs, d'autant toutes les parties de la chorde
appuys que
font plus ou moins dures à proportion ou moins
quelles s'estoignent plus
desdits cheualets, comme l'on voit à la chorde le
precedente,à laquelle poids
E est attaché ; car il y a mesme raison de la chorde, ou du leuier A F, ou B F à
rabaissement F G, que du leuier AH,& A Là Rabaissement H 1 ôc LK.
C'est il est plus facile de mouuoir la chorde au milieu nul
pourquoy qu'en
autre endroit iôc comme l'on meut le leuier double cn deux fois
longueur
plus facilement de mesme l'on .baisse la chorde double
quclcsouzdouble,
tension deux fois plus ay sèment la souzdouble.
enlongueur, &eígaleen que
S 2 Liure Premier