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Marin Mersenne

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Mersenne, Marin (1588-1648). Harmonie universelle, contenant la théorie et la pratique de la musique, par F. Marin Mersenne,.... 1636.

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HARMONIE

VNIVERSELLE

Nam in
ôcegoconfitebortibi vasispsalmiveritatêtuam:

Israël. Tsdme 70.


Deuspsallamtibiin Cithara,sanctus
H ARM O NIE

VNIVERSELLE

CONTENANT LA THEORIE

T LA PRATI Xm E
Ç

/ DE LA MVSIQVE,

ÔûîTest traité de la Nature des Sons, & des Mouuemens, des Consonances,
des Dissonances, des Genres, des Modes, de la Composition, de la

Voix}des Chants, ÔC de toutes sortes dlnstrumens

Harmoniques.

TarE. MARIN ME^SENNE de VOrdre des Minimes.

A P A R I S,

Chez SEBASTIEN CRAMOISY, ordinaire du


Imprimeur Roy,

ruiç.S. aux
" Iacques, Cicognes.

M- DG» XX XVI-
LES CARACTERES DE SONT DE
MVSIQ^VE
de PIERRE BALLARD
l'impreísion Imprimeur delaMufîqueduRoy.
TABLE DES PROPOSITIONS

des dix-neuf Liures de l'Harmonie

Vniuerfelie.

P K n s au°ir leu la première Préface gencrale, dans laquelle ií


iÉSÉPÌÈfiÊf
fort considérables: celle des six lí—
ìmÊm^^^M y a douze ou treize choses
ures des Consonances, où Ton void sept choses àremarquerj
^^^ferij^É
celle du liure de la Voix, laquelle contient quatre ou cinq cho-
.^^^^yB
&&3r{m*B3% ses excellentes restabluTement
du plus parfaict Idiome:
pour
celle des Instrumcns, où l'on a .tous les differens characteres, & leurs noms,
dont on vse dans les Imprimeries : & celle de ì'Orgue dans laquelle font sup-
de choses appartenantes au ïiure de I'Orgue: & âpres auoif
-pleez beaucoup
les sautes qui font marquées à la fin desdites Préfaces, ou à ía
corrige'toutes
fin du troisiefmeliure des Mouuemens, du septiesme liure des Instrumens de

Percussion, par lesquelles ie désire que roncommence,à raison que celles des
quatre premiers liures des Consonances y font marquées, qui font fort nota-
blesjà cause des notes & delapratique,& celles qui font à la fin du liure de l'v-
tilité de Tharmonie, lequel on peut faire relier le premier : âpres, dis-je , a-
uoìr fait tout cecy, l'on pourra lire les Propositions íìiiuantes,afin de voir tout
d'vn coup ce qui est contenu dans tous les liures de cet ceuure i quoy que Im-

plication ou la preuuede plusieurs Propositions contienne souuent beaucoup


plus quelles ne promettent à leur lecture: de forte qu'elles peuuent reconv-

pencer celles qui donnent moins que ce que l'on attend. Quoy qu'il en soit la
charité' &la bien-veillance des Lecteurs excusera les défauts qui se rencontre-
ront en quelque lieu que ce soit de cet ouurage: il faut seulement remarquer
queie quelquefois quelques mots dans ces Propositions, afin de les
change
rendre plus conformes à mon sens i ioint que le nombre qui manque quelque-
fois aux Propositions des liures , est icy restabli en son entier. Or cette ta-
ble des ce que l'on pourroit désirer dans la Table
Propositions suppléera
des matières, & monstrera le rapport que quelques Propositions gardent
les vnes auec les autres, lors que l'on en verra la citation il pa-
âpres ; comme
roist à la 21. Proposition du premier liure qui fuit, âpres laquelle il y a,
VoyeX^
la 9. de twilitè, &c. parce toutes deux de la mesrae
Proposition qu'elles parlent
chose.

Propositions^, du premier liure de la Nature des Sons.

Voyez premièrement la Préface & la particulière.


generale,
Outre les il y a plusieurs Corollaires
Propositions qui contiennent beaucoup de remar-
ques.
I. Déterminer si le Son se fait auant
qu'il soit receu par l'ouye, & s'il est dif-
fèrent d'auec le mouuement de l'air. Page première.
II. Déterminer comme se fait le mouuement & le Son-, & pourquoy plusieurs
mouuemens font nul Son que nous puissions
quoy que tres-vistes,ne ouyr,
comme sont ceux de roiies tant dans l'eau quedans l'air: & néant-
plusieurs
MT
Table des
Propositions
moins que plusieurs mouuemens fort tardifs font de grands sons. 3.'
III. Déterminer si le Son est le mouuement de l'air exterieur,ou de l'interieur,
est dans les corps qui produisent le son : & s'il ne se peut faire de son
lequel
sans le mouuement de l'vn ou de l'autre. 6.
IV. si le son se peut faire dans le vuide vniuerscl,
Déterminer ou particulier. 8.
V. Expliquer comme se meut l'air, quand son mouuement produit le son, &
ne font point de son. 9.
quels mouuemens
VI. Les sons ont mesme raison entr'eux que les mouuemens de l'air par les-
ils sont produits, n.
quels
VII. comme se fait le son & l'aigu, & ce qui le rend sort ou
Expliquer graue
soible. .11.
du liure de la Voix, où ie
Voye-^ la 16. Proposition parle plus amplement de cecy,
VIII. Le son ne se communique pas dansvn moment, comme fait la lumière,
selontoute soncstenduè,raais dansvn espace de temps. 14. Note^qu'ilfauc
dit de lavitefje du son dans cette
corriger tout ce qui ejl Proposition, /muant ce qui
eftdansla 9. Proposition del'vtilitèdel'harmonie.
IX. Le son ne dépend pas tant des corps,par il est produit, comme la
lesquels
lumière du corps illuminant. 16.
X. Expliquer le son est plus subtil que la lumière, & s'il se reflechit.18.
enquoy
XI. Le son représente la grandeur, & les autres des
qualitez corps par les-
quels il est produit. 19.
XII. Déterminer en quelle proportion se diminuent les sons depuis le lieu où
ils sont produits,iusques à cc qu'ils cessent entièrement. 20.
XIII. Déterminer si le son est plus viste le mouuement des le-
que corps par
quel il est produit, it.
XIV. Déterminer si le son passe à trauers les corps diafanes& &
opaques,
comme il est ay dé ou empesché par toutes sortes de corps.
14.
XV. La sphère de l'estendue du son est d'autant plus est plus fort,
grande,qu'il
quoy que deux ou plusieurs sois ne s'entendent pas de deux ou plusieurs
fois aussi loin que l'vn d'iceux. xy.
XVI. Déterminer si les sons ont toutes sortes de dimensions, à sçauoir la lon-

gueur , la largeur, & la profondeur, & quelles sont les autres


proprietez,
ou circonstances du son. 18.
XVII. Déterminer l'on oyt mieux denuict
pourquoy que de iourj&sil'on
peut sçauoir combien l'air chaud est plus rare que le froid, & de combien il
est plus rare que l'eau. 3 o.
XVIII. Déterminer Ion entend mieux les sons dedehors vne cham-
pourquoy
bre , lors qu'on est dedans, que ceux de dedans, lors qu'on est dehors. 33.
XIX. Déterminer si le son s'entêd mieux de bas en haut
que de haut en bas. 33.
XX. Les sons s'empeschent les vns les autres quand ils se rencontrent. 34.
XXI. Les sons
peuuent seruir pour mesurer la terre, & pour faire sçauoir des
nouuelles de ce qui se fait dans tout le monde, en peu de temps.
3 6. Voye^
la neufiefme de l\tilite de l'harmonie.
Proposition
XXII. L'on peut se seruir des sons de chaque instrument de Musique, &dcs
differens mouuemens leur donne, de toutes
qu'on pour discourir sortes dç
sujets, & pour enseigner les sciences. 39.
XXIII. La force des sons est multipliée par les mouuemens Ry thmiques,& par
la qualité des corps & des coups ils sont produits.
par lesquels 41.
de FHarmonie Vniuerselle.

L'on peut représenter la quadrature du cercle, la duplication du cu-


XXIV.
be , & toutes les choses du monde sujettes à la quantité, par le mcfme mo-
sons.
yen des 41.
XXV. le son est diffèrent de la lumière, & enquoy il luy est sembla-
Enquoy
ble. 44.
XXVI. Comme se sait l'Echo, ou lare flexion des sons. 48. Traité de l'Echo»

50.
XXVII. Quelles sont les distances, & longueurs de la ligne vocale de l'Echo:
si l'on peut cognoistre le lieu d'où il respond, & de quelle longueur doit
de tant de syllabes que l'on voudra.
estre ladite ligne, pour faire l'Echo 56.
ii. Proportion du tro'siesme liure.
Voye^la
XXVIII. toutes les figures propres pour faire les Echos artifi-
Expliquer
ciels, les sections Conique s, & leurs principales proprietez.59. Ce qui fi

fait dans les Propositions fuiuantes, depuis la z$.iujquà la$i. Proposition duliure
dela Voixy & danslacinquiefme du liure de ívtilité del'harmoniejlesi
Proposition
quelles il faut ioindreacelle-cy.
XXIX. Déterminer si les sons se rompent, c'est à dire s'ils endurent de la re-
fraction , comme la lumière, quand ils passent par des milieux differens.63.
XXX. De combien le son d'vn mesme instrument
est plus graue dans l'eau
de là combien l'air est plus rare que
que dans l'air: & si l'on peut inférer
l'eau. 67. ISoyeX^aufîi la première liure de l'vtilitè.
Propositiondu
XXXI. Si le son aigu est plus agréable, & plus excellent que le graue. 71.
Voye-^ au/Si la troifiefme Proposition du 4. liure de la Composition.
XXXII. Déterminer s'il y a quelque mouuement dans la nature, & ce qui est
nécessaire pour l'establir. 74.
XXXIII. Considérer les mouuemens des corps en gênerai, &lespecedans
le quel ils se font. 76.
XXXIV. Demonstrer si lachorde tendue parvnecheuille, ou par vnpoids,
est esgalement tendue en toutes ses parties ; & si la force qui la bande,com-
muniquepIustost& plus fort son impression aux parties qui en font pro-
ches, qu'à celles qui en sont plus éloignées.

zi. du second liure des lAouuemcns,


Propositions

I. la proportion de la vitesse dont les pierres, & les autres


Expliquer corps
pesans descendent vers le centre de la terre \ & monstrer qu'elle est en rai-
son doublee des temps.
fy.Surquoy ì>oye% la 19. Proposition dutroisiefme liure,
& particulièrement son second Corollaire.
II. Si le
poids tombant d'vn eípace donné n'augmentoit plus la vitesse acquise
au dernier point de cet espace, il feroit vn espace double du premier dans
vn temps s'il continuoit fa cheute de la mesme vitesse acquise audit
esgal,
dernier point : d'où l'on infère que la pierre qui tombe passe par tous les
degrez possibles de tardiueté. 8p.
Corollaire l.Du chemin le poids dans la derniere demie seconde minute,
que feroit
en tombant
depuis la surface de la terre iujques à son centre. 91.
Corollaire 11. Monstrer en quel temps tomberoit depuis les Esioiiles, le
vwfpierre
Soleil youlaL une, iufques à la surface, ou au centre de la terre. 91.
III. Déterminer la figure du mouuement des tomberoient
corps pesans qui
Table de s
Propositions
du haut dvne tour, ou d'vnc autre hauteur donnée, supposé que la terre se
mcuue, & fasse chaque iour vne entière reuolution sur son axe. 91 •
IV. Les corps qui descendroient iusques aucentre de la terre ne peuuent dcs-
crire vn demi cercle : où l'on void la ligne qu'ils descriroient, si l'on suppo-
se le mouuement iournalier de la terre. 96.
V. les vtilitez, & les pratiques que l'on peut déduire des Proposi-
Expliquer
tions précédentes, tant pour les Mechaniques, que pour plusieurs autres
choses j & comme l'on peut mesurer toutes sortes de hauteurs par la cheu-
te des poids, &trouuer la cheute dansvn temps donné, ouletempsre-
quand la cheute est donnée. 99.
quis,
VI. Déterminer si les astres sont tombez d'vn mesme lieu par vn mouuement
droit, qui se soit changé dans le circulaire, qu'ils ont maintenant, comme

s'imagine Galilée, & donner la manière de supputer leurs cheutes, leurs


distances, Scieurs mouuemens circulaires. 10j.
VII. Expliquer les mouuemens des poids fur les plans inclinez à l'horizon, &
la proportion de leur vitesse : & examiner si les corps tombans passent par
tous les degrezpossibles de tardiueté. ïo8.
VIII. Demonstter si vn
corps peut descendre par vn plan incliné iusques au
centre dé la terre ; & la manière de descrire vne ligne tellement inclinée,
que le poids pèse tousiours deffiis esgalement eri chaque point. 113.
IX. vne autre manière descrire vn
Expliquer géométrique plus aysce pour
plan d'vne inclination : & examiner la figure du mouuement d'vn
esgale
globe roulant sur vn plan horizontal, & si le roulement est plus viste que
le côulenient. 119.
X. Le plan estant incliné fur l'horizon, donné, d'vn
déterminer la force
angle
le poids donné
fur ledit plan. 12.1. Mais le Traité
qui peut soustenir entier des

Mechaniques adìoust'e a la fin du troisiesme liuresuiuant, détermine beaucoupplus


cxhftement & amplement tout ce à úesujet )& à
(JHÌ appartient plusieurs disficHÌ-
teY
mechaniques.
XI. Déterminer si la vitesse des corps tombans suiuant la raison
s'augmente
de la ligne coupée en moyenne & extrême raison ; où l'on void plusieurs
proprietez de cette section, & la manière de couper cette ligne iusques à
ì'infini. 115. adioustezicy la 18. Proposition du quatriesme liure des Instru-

mens.ity. Sur quoy î Aduertissement mu a la fin ducinquiesme liure de U


voye%
Composition.
XII. Examiner si les tombans tousiours leur vitesse, ou
corps augmentent
s'ils la diminuentj & s'il y a quelque point auquel ils commencent
d'esgalité
à descendre d'vne esgale vitesse. 118.
XIII. de la cheute des corps vers lc centre
Expliquer plusieurs expériences
de la terre par la ligne circulaire. 131.
la boule, qui descend
XIV. combien ou qui monte le quart de
Expliquer par
cercle, va plus viste, & est plus pesante dans vn lieu que dans l'autre, & de

quelle longueur elle doit estre pour faire chacun de ses tours, ou retours
dansvn temps donné. 133.
XV. Donner la manière de faire des & des montres dans le temps
horologes,
d'vne minute d'heure, diuisent le iour, l'heurc, & les minutes en
lesquelles
tant de parties & l'vtilité de ces
égales que l'on voudra, horologcs. 135.
XVI. Expliquer comme les mouuemens circulaires empeschent, ou aydent
deFHarmonieVniueríeile.

les perpendiculaires j& déterminer si la terre se mouuant ietteroit à quar-


tier les corps qui tomberoient, ou qui seroient fur elle. 137.
XVII. Examiner si la terre tournant d'vne vitesse donnée,comme fait vne
les pierres par fa tangente, ou autrement. L'on void
roue, ietteroit icy les
merueilleuscs de l'angle de contingence, & l'examen des rai-
proprietez
sons de Galilée. 141.
XVIII. la différence des se peuuent faire par les
Expliquer proiections qui
différentes vitesses d'vne mesme roue, & de deux, ou plusieurs roues de
diuerscs
grandeurs. 146.
XIX. Déterminer la force de la terre tournant en vingt-quatre heures pour
ietterles pierres, & celle des autres roues. 148.
XX. Si l'on peut demonstrer que le mouuement des corps tombans est simple
& perpendiculaire ; & si le mouuement circulaire de la terre empescheroit
ledit
perpendiculaire, s'il luy est opposé. 150.
XXI. les corps tombans du haut d'vn mas
denauire,ou qu'on iet-
Pourquoy
te en haut, tombent ils fur vn mesme lieu, soit que le nauire se meuue, ou
demeure immobile, & que l'on coure, ou qu'on ne bouge. 153.
XXII. Déterminer si le boulet d'vn canon tiré horizontalement du haut d'vne
tour, arriue à terre au mesme moment qu'vn boulet tombe perpendicu-
lairement du haut de ladite tour. 155.

Propositions 24. du troifiesme liure des Mouuemens,

ï. La raison du nombre des retours de toutes sortes de chordes est inucrse de


leurs longueurs. 157.
II. les différentes vitessesdes parties de chaque tour, & retour des
Expliquer
chordes harmoniques, & la raison de leur diminution. 160*
III. Si les chordes & les autres corps faisans des tours & retours se reposent
aux points de leur reflexion. 163.
IV. la chorde de Luth souuent delà son cents
Pourquoy passe par e, ou fa li-
gne de repos fans
s'y arrester. 165.
V. Déterminer la duree de chaquetour& retour de ladite chorde, &com-
bien elle en fait auant que de se 166. Ce nombre de V. est encore
reposer. repe-
te à la & les autres Vont bien déformais en leur ordre.
Proposition qui suit,
VI. Expliquer la manière dénombrer les tours & retours de chaque chorde
de Luth, de Viole, &c. & où finit la subtilité de l'ceil & de l'ouye. 169.
VII. A quel moment, & en quel lieu des tours ou retours de la chorde se fait
le son, & s'il est
plus aigu au commencement, qu a la fin des tremblemens.
171.
VIII. les autres & les différentes forces de chaque
Expliquer differens, tour,
ou retour des chordes. 172.
IX. Déterminer toutes les raisons de la longueur des corps auec leurs sons.
174.
X. Plusieurs sons differens estant donnez trouuer les cylindres qui les pro-
duisent, & les estant donnez trouuer leurs sons. Von void icy de
cylindres
merueiìleusesobseruations. «75.
XI. D c quelle & grosseur doiuent estre les cylindres
longueur pour faire des
sons dont on
puisse discerner le graue & l'aigu j & pourquoy ils ne gardent
Table des
Propositions
pas la raison des chordes. 177.
XII. Donner la différence des sons faits par les métaux, les bois, & les pier-
res. 181.
XIII. Donner les différentes de toutes les différentes de
pesanteurs eípeces
boisqui ont serui à nos 182.
obseruations.
XIV. L'on peut sçauoir la longueur des chordes, &: la différence de leurs
sons par la différence des poids tendans lesdites chordes 5 & la différence
desdits poids par la différence des sons,& par la longueur des chordes.184.
XV. Déterminer pourquoy il faut vn plus grand poids,ou vne plus
grande
puissance pour mettre la chorde double en longueur à l'Vnisson, que pour
y mettre le double en grosseur ; & si l'Vnisson vne égale tension
tesinoigne
en toutes sortes de chordes. 18p.
XVI. Quelle est la force des chordes & 'es autres parallèles à l'ho-
cylindres
rizon; quelle est la raison de leurs à leurs forces, & quelle est
longueurs
la différence de leurs forces considérées selon les différentes dispositions
que les cylindres, ou parallélépipèdes receuoir. 193.
peuuent
XVII. Le graue des sons est dautant queles vien-
plus grand corpsd'oùils
nent sont moins
cassans, & que leurs parties sont mieux liees ensemble,

pourueu qu'il n'y arriue point d'empeschement. Où son yoid beaucoup de cho-

ses des principes de la Chy mie. 198.


XVIII. La densité & la rareté des corps est, ce semble, cause que leurs sons
sont differens quant au graue & à l'aigu. Où il efi encore parlé des principes de
la Chymìe, & de ceux de la dureté & pesanteur des corps. 201.
XIX. Expliquer les différentes des corps
qualitez qui font le son plus graue,
ou plus aigu, plus clair ou plus sourd, & plus foible ou plus fort,&c. 204.
XX. Expliquer plusieurs particularitcz des corps tombans, & de la vitesse de
leur cheute. 205.
XXI. les mouuemens du poids attaché à vne chorde, & leurs cir-
Expliquer
constances & vtilitez. 108.
XXII. Déterminer les iustes mesures des lignes vocales de l'Echo, & les vtili-
tez que l'on en peut déduire pour la Philosophie & pour les Mechaniques.

XXIII. Expliquer plusieurs circonstances & proprietez des mouuemens tant


naturels que violens, soit obliques ou perpendiculaires; où l'on void l'exa-
men des pensées & des expériences de Galilée fur ce sujet. iu.
XXIV. Expliquer plusieurs conclusions tirées de tout ce troifiesme liure.226.

Trois du Traité
Propositions Mechanique.

I. Estant donné vn plan incliné à l'horizon, & l'angle d'inclination estant con-
neu, trouuer vne puissance, tirant ou poussant
laquelle par vne ligne de di-
rection au plan incliné, soustienne vn poids donné fur vn mesme
parallèle
que deuant cette Proposition
plan.7.2VWz son trouue cinq Axiomes gr vn Scho-
lie, qu'il faut entendre.
II. Quand la ligne de direction vne puissance soustientvn
par laquelle poids
fur vn plan incliné, n est pas
parallèle au mesme plan, l'inclination du plan
estantdonneeôt le poids, trouuer la puissance. 13. Où il faut voir les quatre
Scholies fuiuans.
de THarmonie Vniuerselle.

III. Estant donne vn poids soustenu par deux chordes, ou par deux appuys,
dontla soit donnée, trouuer quelle puissance il faut à chaque chor-
position
de,ouà chaque appuy.21.O ùilfaut ausS'tVoirles neusScholies quisuiuent.

L es cinquante trois Propositions du liure de la Voix.

ont mal mis au titre des


Les Imprimeurs pages 3 desharmonie \niuerselle, iusques à

Voyc^la P reface.
l'on^ie/mepage.
I. La vertu motrice de lame, est la principale, Sí la première cause de la Voix
des animaux, & a son siège dans les tendons, i.
II. De tous les muscles du corps ceux de la poitrine & du larynx contribuent

plus immédiatement à la Voix. 3.


III. La glotte est la cause la plus prochaine de la Voix. 4.
IV. Les muscles, & les nerfs du larynx seruent à former la voix graue & ai-
6.
guë.
V. La voix est le son que faict l'animal le moyen de l'artere vocale, du la-
par
rynx, de la glotte & des autres parties qui contribuent àlaformer,auec
intention de signifier quelque chose. 7.
VI. Les voix des hommes sont aussi différentesque leurs visages, de sorte que
l'on se distinguer par la voix;
peut les vns des autres & establir la Phton-
comme la Physionomie
gonomie,ouPhoniscopie pour les voix, pour les
visages. 8.
VII. La voix des animaux sert pourles passions de lame, mais elle ne
signifier
signifie pas tousiours le tempérament du corps. 8.
VIII. La voix des animaux est nécessaire, & celle des hommes est libre. 10.
IX. La voix est la matière de la parole, & n'y a que le seul home qui parle. 10.
X. Déterminer si Thommepourroit ou chanter s'il n'auoit iamais
parler ouy
de paroles,
ny de sons, n,
XI. Supposé que l'onnourrist des enfans en vnlieu où ils n'entendissent point
parler, à sçauoir de quel idiome ils vscroient pour parler entr'eux. 11.
XII. Déterminer si l'on peut trouuer le meilleur idiome de tous ceux qui peu-
uent exprimer les pensées de l'esprit. 12. Voye^ la 47. Proposition de ce liure.
XIII. Combien l'homme peut faire de sortes de sons auec la bouche,& les
autres de la voix & de la parole.
organes 13.
XIV. Si la nature n'auoit donné les voix qui les passions,à
point expriment
sçauoir si l'on pourroit inuenter les mesmes dont elle vse, ou de plus con-
uenables. 14.
XV. L'on peut chanter la & l'Enharmonique, & faire
Musique Chromatique
le ton maieur & lemineur, & mesme le Comma en tous les endroits où l'on
voudra. 16.
XVI. comme se faict le graue & l'aigudelavoix. Où les questions
Expliquer
d'Aristote fur ce fuietfont expliquées. 17.
XVII. S il est
plus ay se de conduire la voix du son graue à l'aigu, que de l'aigu
au graue. n.
XVIII. A sçauoir
s'il est plus
aysé de chanter par degrez conioints, que par
degrez séparez ou disioints. 27.
XIX. Déterminer si l'on
peut cognoistre asscurément quel est le graue, ou
1
aigu du son que l'on oy t. 27.
Table des
Propositions
XX. L'on peut à bien parler, & prononce r par le moyen de la Mu^-
apprendre
sique. 28.
XXI. comme la voix s'augmente ou s'affoiblit. 25».
Expliquer
XXII. Déterminer si vn seul homme peut chanter deux ou trois diffé-
parties
rentes en mesme temps , & s'il peut monter ou descendre plus haut par
quelque forte d'artifice qu'il ne fait ordinairement. 31.
XXIII. Comme il faut bastir les sales, ou galleries
pour à l'vne des ex*
ouyr
tremitez toutce qui sedità l'autre, bien qu'elles soient fort longues,& que
les voix soient bien foibles : où Ton void la raison du cercle à dont
leìlipse,
les mesures sont expliquées. 32.
XXIV. Comme il faut mesurer l'Ellipse, dont le grand diamètre est égal au
demi diamètre du firmament, & toute autre Ellipse 32.
proposée.
XXV. En quel lieu du plus grand diamètre de l'Ellipse se rencontrent ses fo-
les rayons du son, & de la lumière se réfléchissent, lors
yers ausquels qu'ils
viennent de l'vn ou l'autre desdits foyers. 3 4.
XXVI. Les de l'Ellipse, & Pvn de ses diamètres estant donnez,
deuxfocus
trouuer l'autre diamètre j & ses deux diamètres estant donnez trouuer ses
deux 3 5.
focus.
XXVII. Comme les Architectes doiuent bastir les édifices pour ayder les
sons : où l'on void
que les artisans ne tracent pas l'Ellipse, quaudils deseri-
uent leur Ouale. 35.
XXVIII. Expliquer d'autres manières qui seruent à descrire l'Ellipse. 36.
XIX. Descrire la Parabole pour ramasser les voix en vn mesme lieu. 37.
XXX. Descrire toutes sortes d'Hyperboles pour le mesme suiet. 39.
XXXI. Expliquer les termes des sections Coniques qui peuuent aux seruir
A rchitectes, & qui sont nécessaires pour entendre leurs proprietez. 3p.
XXXII. Par quels organes se font les & les fredons de la Musique.
passages,
40.
XXXIII. A sçauoir si la parole est plus excellente que le chant, & en quoy ils
diffèrent. 41.
XXXIV. A sçauoir si lamethode Françoise de chanter est lameilleure de tou-
tes les possibles. 42.
XXXV. Quels sont les vices de la voix,& si l'on peut faire chanter la Musique
à vne voix mauuaise & inflexible, comme estoit celle de Louys XII. VoytT
la 4.5. Prop. du 6. liure de la Composition, qui donne les qualité^ d'vne bonne Voix.
XXXVI. Les remèdes pour guarir les vices dela voix,& pour la conscruer.45.
XXXVII. Comme l'on peut apprendre à chanter par toutes sortes de degrez
&d'interUallcssansMaistre. 46.
XXXVIII. Comme les oyseaux apprennent à chanter & à parler, & s'ils en

reçoiuent quelque plaisir. 47.


XXXIX. Pourquoy tous les oyseaux ne parlent pas j pourquoy nul animal

quadrupède ne parle ; si leurs voix leur seruent de parole, & s'il y a


moyen
del'entendre. 4p.
XL. Comme le serpent d'Eden, & l'asnesse de Balaan ont parlé, & de quelle
manière parlent Dieu ou les Anges. 53.
XLI. Comme ceux qui contrefont les esprits, & qui semblent estre fort éloi-
lors qu'ils parlent, forment les dictions. 5 4.
gnez
XLII. A sçauoir si les Sibilots precedens offençentDieu, & s'ils doiuent estre
recher*
de FHarmonie Vniuerselle.

recherchez par la Iustice. 55.


De quels mouuemens l'on doit remuer la langue, ou les autres
XLIII. orga-
nes de la parole former les voyelles,les consones
& les syllabes.
pour 56.
XLIV. parlent du nez 3 s'il y a moyen
Pourquoy quelques-vns d'y remédier,
& quels sons l'on peut faire auec le nez. 5p.
XLV. A sçauoir si les differens climats sont cause des différentes voix & ma-
nières de parler. 60.
XLVI. Si l'on le tempérament, les affections & passions des
peut cognoistre
manières de parler,
hommes par la voix, & par les différentes & d'où vient
le Ris. 61.
" de tous les possibles
XLV II. L'on peut inuenter le meilleur idiome : lequel est

icy expliqué. 65.


XLVIII. Combien il y a de dictions & prononçables, soit que l'on
possibles
vsc des lettres Françoises, ou des Grecques, Hébraïques, Chinoises, &c.
Si par conséquent donner tous les idiomes possibles. 70.
XLIX. A sçauoir si l'on doit donner vn seul, ou plusieurs noms à chaque indi-

que de dictions
uidu,& s'il y a plus de choses : & ce qui rend vn idiome plus
excellent que l'autre. 72.
L. Déterminer si les sons de la voixpeuuent auoir vne telle conuenance auec
les choses signifiées que l'on puisse former vne langue naturelle. 75.
LI. A sçauoir si ceux qui n'ont point de langue peuuent parler j & si l'on peur.
faire parler les muets, Sc les enseigner à lire & à escrire lorsqu'ils sont
sourds. 77.
LII. Comme l'oreille le son ; ce que c'est que faction de l'ouye ; &
apperçoit
si c'est elle ou l'efprit le son.
qui discerne & cognoist 7p.
si l'oreille
LUI. A sçauoir se trompe plus ou moins souuent que I oeil, ou s'il
se faut plus fier à l'ouye Où les manières de tromper
qu'à la veuë. 1'oreijle,
& de corriger ces erreurs sont 81. & où l'on void XtBenedicite
expliquées.
en vers cxcellens.

Lesty. du liure des Chants.


Propositions

I. Le Chant, ou l'Air est vne déduction de sons de certains & in-


par degrez
terualles naturels ou artificiels à l'ouye j laquelle la ioye,
agréable signifie
la tristesse, ou quelqu'autre passion par fa mélodie & ses m^juuemens. 8p.
II. Le Chant est vne suitte de sons suiuant les règles
arrangez prescrites par
les Musiciens, on exprime les passions de l'ame, ou celles du
par lesquels
sujet. p2.
III. A quel moment le son commence d'estre Chant. P3.
IV. les espèces ou de Chants
Expliquer d'Airs, dont vsent les Musiciens ; &
donner des exemples des Chants
d'Eglise. P4.
V. A si l'on des
sçauoir peut prescrire règles infaillibles, selon lesquelles on
faíie de bons Chants fur toutes sortes de suiets j & si les Musiciens en ont
quand ils des Airs.
composent P7. Voye^ lesixiesme liure de la Composition
qui sert à cela.
VI. De quelles on doit vscr pour faire de bons
règles Chants : & en les
quoy
sons & les Chants sont semblables aux couleurs. p8.
VII. S'il est possible de le meilleur de tous
composer Chant ceux qui se peu-
5T1T
Table des
Propositions
; & si estant il se peut chanter auectoute la perse «
uent imaginer compose
ction possible. 103.
VIII. La règle ordinaire des Combinations le nombre des Chants
enseigne
faire de tel nombre de sons differens, lors que Ion retient
qui se peuuent
tousiours le mesme nombre, & que l'on ne repete nul son deux, ou plu- .
Combi-
sieurs fois. 107. O ù son void vne table numérique depuis Vn iufqua U
nation de 64.
faire des six notes vulgaires
IX. Donner tous les 72. Chants qui se peuuent
de la Musique vt, re, mi ,fa ,fol >la, ou de six autres notes telles qu'on vou-
dra,en tousiours le mesme nombre de notes enchaquc Chant.no.
prenant
X. Combien l'on peut faire de Chants de tel nombre de notes qu'on voudra,
lors qu'il est permis d'vser de deux, trois, ou quatre notes semblables,&c.
& que l'on retient tousiours le mesme nombre des mesme s notes dont 011

compose ces Chants. 12p. De là vient s Air de faire les Anagrammes Où


son fvoid Vne table numérique de tous les Chants de neuf notes.
XI. Combien l'on peut faire de Chants differens d'vn certain nombre de no-
tes prises dans vn autre nombre plus grand, lors qu'elles sont toutes diffé-

rentes, soit que l'on obscrue Tordre des lieux differens,


ou que l'on n'en
vsc pas ; & lors qu'il est permis de les prendre deux à deux, trois à trois, ou
à quatre, &c. 131. OùsonVoid vne table fort subtile & Vtiley& vne
quatre
autre de laprogrefiion à zt.dont le rejìe e 23 à 64.
Géométrique depuis vn iusques
est en laseiçiesme Proposition.
XII. Combien l'on peut faire de Chants differens d'vn nombre de notes pri-
ses en tel autre nombre que l'on voudra, soit qu'on les prenne toutes diffé-
rentes dansvn mesme nombre, ou toutes semblables •, ou parties différen-
tes & parties semblables. 135.
XIII. Vn Chant estant donné trouuer le rang & Tordre qu'il tient entre tous
les Chants dans vn nombre déterminé de notes. 136.
possibles
XIV. Comme il faut lire toutes les sortes de lettres & de dictions en quelque
ou idiome que ce soit, lors qu'elles sont escrites par nombres, ou
langue,
autres caractères seruans de nombres :& comme Ton peut chanter toutes
sortes d'Airs, & de notes par toutes sortes de nombres donnez.
signifiées
140.
XV. Trouuer le ràng& le lieu d'vn Chant donné de tant dénotes que Ton
voudra, entífe ceux qui peuuent estre faits dvn nombre de notes pri-
égal
ses en vingt-deux. 141.
XVI. Vn nombre estant donné, trouuer le Chant ou la diction qui tient le
mesinerang entre les Chants ou dictions, qui ont vn nombre égal de notes
ou de lettres. 142 Où sonvoid deux tables numériques de la progresiion Géo-
2 celle des Variété^ de dou^e notes
métrique depuis 3 iusques a6\>& prises en 3 6.
XVII. Déterminer le nombre des Chants qui se peuuent faire de tel nombre
dénotes que Ton voudra, lors qu'on les prend dans vn plus grand nombre
dénotes (par exemple, lors qu'on en prend huit dans les 22. notes
du Tris-

diapason ) & qu'il est permis de repeter dans lesdits Chants les mesines no-
tes deux, trois, ou plusieurs fois. 146. Où son void vne table de nombres in^
genieuje&vtile.
XVIII. Déterminer le nombre des Chants qui peuuent estre faits d'vn nom-
bre de notes, lors qu'il y en a de différentes, qui sont semblables, comme
de f Harmonie Vniuerselle;

on met deux foisvr, &deuxfoisre, & deux fois mi, ou quatre íios
quand
•les vncsôv les autres. 148.
le nombre des Chants Ton
XIX. Déterminer que peut faire de tel nombre
dénotes que Ton voudra, en variant les temps, ou la mesure d'vne ou de
ou de toutes les notes. 14p. Oùson Void vn exemple de 2,56. Chants
plusieurs,
notes différentes du Tetrachorde.
faits des quatre
XX. Déterminer en combien de façons différentes deux, ou plusieurs voix
. peuuent chanter vnDuo, ou vne autre piece de Musique. 152.
XXL si Ton peut déterminer est le meilleur Chant, & le plus
Sçauoir quel
; doux de plusieurs Chants par exemple des 24.d'vnTetrachor-
proposez,
de. 154. Lesquels onvoidicy.
XXII. Comme il faut composer les Chansons & les dances, pour estre les
de toutes les possibles: & si l'on peut
plus excellentes disposer les balet«
en telle sorte que Ton apprenne toutes les sciences en dançát, ou en voyant
dancer. 158. OùsonVoidleTe Deumlaudamus mis envers.
XXIII. Expliquer & descrire toutes les espèces d'Airs, de Chants, & de Dan-
ces dont on vse en France, auec les exemples. 163.
XXIV. toutes les de Branles dont on vse maintenant aux
Expliquer espèces
bals & balets. 167.
XXV. Expliquer les Dances & les mouuemens Rythmiques des balets ordi-
naires , & particulièrement laCanarie,laBocanne,laCouranteàlaRoyne,
la Boëmienne,& la Moresque. 170.
XXVI. Déterminer si les Chansons tristes & languissantes font plus agréa-
bles
quelesgayes. 172.
XXVII. tous les mouuemens dont on vse dans les Airs
Expliquer François*
particulièrement dans les Balets, auec vn 5 & quant & les
exemple quant
pieds ou mouuemens Rythmiques. 177.

Propositions 40. du liure des


Consonances.

La Préface contient ou huict choses fort considérables faut lire:&


sept qu'il
la pluspart des Corollaires contiennent excel-
quifuiuentles Propositions plusieurs
lentes moralité^.
I. Déterminer s'il y a des Consonances & Dissonances dans la Musique, &
quelles elles sont. T.
II Déterminer la différence
qui est entre le Son & VVnisson ; & quelle est lo-'
rigine de TVniffon. 5.
III. en quelle manière le Son prend son origine de l'Vnisson.
Expliquer 7.
IV. Déterminer si l'Vnisson est Consonance & plus a-
; & s'il est plus doux
greablequel'Octaue. 10. belles les Pré-
Oùl'onvoidplusieurs moralite%pour
dicateurs & les personnes deuotes.
V. L'Vnisson est la conionction ou Tvnion de deux, ou plusieurs sons, qui se
ressemblent si parfaitement
que l'oreille les reçoit comme vn seul soni&
est la plus de toutes
puissante les Consonances. 23. Voyellesmoralité^
pour éleuer f esprit à Dieu.
VI. la raison
Expliquer & la cause du tremblement des chordes à
qui sont
1 Vnisson. 26.
VoyeX^ d'excellentes eleuatìons
d'esprit
à la deuotion.
VIL
Asçauoirsilaraisond'inegalité.vientdecelled'égalité,&lesConsonan-
- » • .-.. ..... . »r __ _-LIJ #•
Table de s
Propositions
ces de TVnisson, comme de leur origine. 30. Voyez les eleuatìons à Dieu.
VIII. A sçauoir si les moindres raisons, & les moindres interualles Harmoni-

ques Viennent des plus grands, ou au contraire. 34.


IX. Deserminer si l'accord, dont la raison est de deux à vn, est bien nommé
Oéïaue, ou si Ton doit plustost l'appeller autrement, par exemple, Diapa-
son. 3P.
X. Déterminer silaráison de l'Octaue est double, quadruple, ou octuple. 43.'
XI. D'où TOctaue prend son origine, & si elle vient du Son ou de TVnisson.

47.
XII. L'Octaueest la plus douce & puissante de toutes les Consonances, âpres
l Vniíson, encore qu'elle en soit la plus éloignée. 4p.
XIII. les chordes qui sont à l'Octaue se font trembler & sonner;
Pourquoy
combien celles dé TVnisson se font trembler plus fort que celles de l'Octa-
ue : combien celles qui sont touchées tremblent plus fort que celles qui ne
le sont pas : & combien TVnisson est plus doux que l'Octaue. 5 2.
XIV. L'Octauemultipliéeiusqu a Tinfinine son moindre terme."
change point
55.
XVÍ Pourquoy déroutes les Consonances doublees ou il n'y á
multipliées,
que la feule Octaue qui demeure Consonance. 58. Où son void la manière
de multiplier les raisons & accords.
XVI, La première & plus aysee diuision de TOctaue la Quinte, la
produit
Quarte, la Douziesme & la Quinziesme. 60.
XVII. La Quinte, dont la raison est de trois
à deux, est la troifiesme des Con-
sonances : mais
estant doublee ou multipliée elle deuient Dissonance. 60.
XVIIí. Toutes les répliques ou répétitions de la Quinte sont agréables, dont
la première est de trois à vn, 6c la seconde de six à vn, & ainsi des autres,
dont le moindre terme demeure tousiours. II est aussi déterminé de com-
bien la Quinte est moins douce que TOctaue. 61.
XIX. Déterminer si«la Quinte est plus douce & plus agréable que la Douzies-
me. 62.
XX. Déterminer si le Diapente est plus doux & plus
puissant que le Diapasons
6-6.-
XXI. La chorde estant touchée fait trembler celle
qui est à la Quinte, mais el-
le fait trembler plus fort celle qui est à la Douziesme. 67.
XXII. Le Diatessaron est la quatriesme Consonance, dont les sons ont leur
raison de quatre à trois. 67.
XXIII. La Quarte vient de TOctaue ou de la seconde bissection d'vne chorde,
& saraison peut aussi bien estre appellee souz-sesquitierce que sesquitierce.
68.
XXIV. On trouue le Diatessaron sur vne mesme chorde diuisee en sept par-
ties égales, en mettant le cheualct à la quatriesme 69.
partie.
XXV. Déterminer si la Quarte doit estre mise aux nombres desConsonan*
ces. 70.
XXVI. Combien W doux que leDiatessaronj &
Diapente estplus pourquoy,
n'est pas si bon contre la Basse que celuy-là.
celuy-cy 72.
XXVÍI. La Quarte est si stérile ne peut rien produire de bon,
qu'elle ny pai
fa multiplication ny par fa diuision. 74.
XXVIH. LeDiton& viennent de la troifiesme bissection dvnç
Sesquiditon
de FHarmonie Vniucr selle.

chorde, c'est à dire


de la première diuision de la Quinte, car la raison de ce-
est d e cinq à quatre, & de celuy-cy de six à cinq. 75.
luy-là
XXIX. Déterminer si les deux Tierces sont Consonances, Sc
précédentes
combien la maieure est plus douce que la mineure. 76.
XXX. Déterminer si les Tierces & leurs sont douces
Répliques plus que la
& ses répétitions.
Quarte 76.
XXXI. Déterminer si les deux Sextes, dont la maieure est de cinqàtrois,& la
mineure de huit à cinq, sont Consonances. 78.
XXXII. combien les Hexachordes sont ou moins
Expliquer precedens plus
que les Tierces. 7p.
agréables
Corollaire. la Quarte n est pas p bonne contre la Baffe f que les Tierces
Pourquoy
ouïes Sextes. 81.
XXXIII. il n'y a que sept ou huit Consonances. 8i.
Pourquoy simples Voyez
les moralisez-
XXXIV. Déterminer en combien de manières chaque Consonance & raison

peut estre diuisce : comme se trouue le milieu Arithmetic, Harmonie ôc


Géométrie,& sondeurs différences & leurs po.
quelles proprietez.
XXXV. Donner toutes les diuisions Arithmétiques & de tou-
Harmoniques
tes les Consonances qui sont dans Testendue" de quatre Octaues, qui font
la Vingt-neufieíme du Clauier des Epinettes j & toutes les manières de
composer à trois, ou plusieurs autres dont on vse fur cha-
quatre, parties,
que íyllabe. P3.
XXXVI. Demonstrer que la plus douce &la meilleure diuiíîon des Conso-
nances n'est Harmonique, comme Ton a creu iusques à présent, mais
pas
Arithmétique : & que cette diuision est cause de la douceur desdites diui-
sions. P7.
XXXVII. Deux ou plusieurs diuisions d'vne Consonance estant donnees,de-i
terminer combien Tvne est plus douce que l'autre ; & quelle est la meilleu-
re diuision de chaque Consonance, si Ton considère toutes les raisons -
qu
elle peut souffrir selon les loix de la 99,
Musique.
XXXVIII. Expliquer ce que Consonance deílùs ou dessous,'
suppose chaque
pour faire de bons effets, c'est à dire ce qui se présente à l'inaagination
pour
satisfaire parfaitement à lors touche Consonance
l'ouye, qu'on quelque
sur vn Instrument, ou qu'on la sait auec les voix. 102.
XXXIX. Expliquer par les notes, pratiques ce qui a esté monstre
par nom-
bres ; & les vrayes raisons des suppositions. 103.
XL. Donner les termes radicaux des cent premières Consonances & des cin-

quante premières Dissonances. io<5.

Propositions 14. du liure des Dissonances]

I. Déterminer s'il y a des


Dissonances, & si elles font nécessaires à
laMusi-J
que. H3.
II. tous les Demitons & les Dièses, on vse
Expliquer dont dans la Musique
considérée en fa plus
grande perfection. 114.
III. les raisons
Expliquer des simples Dissonances seruent à Ja Musique*
qui
Iio.
IV. Les Dissonances peuuent estre diuisees Amhm.etiquement ,Harmon>
Table des
Propositions
& Géométriquement, aussi bien que les Consonances. 121.
quement
seruent às harmonie, bien queues
Corollaire. Les Dissonances n'y entrent quzpat
accident. 122.
V. Combien le ton mineur & le maieur contiennent de commas, & en quel
est plus grand que neuf commas.
sens on peut dire que le mineur 123.
VI. Déterminer combien TOctaue a de commas. 12 5.

VIL Sila fausse le Triton, & de combien : où de-


Quinte surpasse plusieurs
le genre
grez &interualles qui seruent pour comprendre Diatonic,sont

expliquez. 12.6.
VIII. Si le Triton la Quarte, que la Quinte ne surpasse le
surpasse dauantage
Semidiapente. 127.
IX. Deux Tierces mineures, qui se peuuent au mesme lieu que le Se-
prendre
, à sçauoir du mi d'e mi la, au/à de b fa, ou de £ mi en F fa, sont
midiapente
maieur : par conséquent el-
plus grandes d'vn comma que la fausse Quinte
les surpassent dauantage le Semidiapente, qu'il ne surpasse le Triton. 128.

X. Déterminer si lcsDissonances sont aussi désagréables que les Consonan-


ces sont agréables : oùl'onvoid la douleur est plus sensible qutìì
pourquoy
la volupté. 1x9.
XI. Expliquer les interualles Harmoniques consonans & dissonans qui ne
peuuent s'exprimer par nombres. 132.
XII. De quels endroits les poids doiuent tomber pour faire telles propor-

tions, & accords ou discords que Ton voudra, lors qu'ils se rencontreront
vis à vis Icsvns des autres. 134.
qu'il n'y a nulle difficulté
XIII. Demonstrer dans IaTheorìe de la Musique, &
ce qui y est se fait par la seule addition, ou soustraction des batte-
que tout
mens d'air : où Ton void en quoy les sons ressemblent à la lumière. 137.
le sommaire de tout ce
qui a esté dit dans leliuredes
XIV. Donner Conso-
nances & des Dissonances. 13p.

10. du liure des Genres, & modes Harmoniques.


Propositions Systèmes

I. en quoy consiste le genreDiatonic, ses espèces, & celle dont orì


Expliquer
vse maintenant: en quoy consiste Tesehelle de Aretin, & quels sont
Guy
les Tetrachordes des Grecs. 141.
II. A sçauoir si les degrez Diatoniques sont plus naturels & plus ay fez à.
chanter que ceux du Chromatic & de l'Enharmonic. 147.
III. Les raisons des degrez Diatoniques se peuuent expliquer par la longueur
des chordes, & par le nombre deleurs battemens. L'on void où il faut met-
tre le ton mineur & le maieur. 150.
IV. les Genres Diatonic, Chromatic & Enharmonie si clairement
Expliquer
& s'en
ay sèment
que tous les Musiciens le puissent entendre, seruir dans
leurs 153.
Compositions.
V. de TOctaue Genres susdits.
Expliquer l'vsage qui contient les trois 155.
VI. Expliquer le mesine ou Diapason en le commençant par Cfol vil
Système

VII. L'on peut commencer chaque note de Musique fur chaque degré Dia-
tonic des deux Systèmes precedens,afin de transposer toutes sortes de tons
fur le Clauier de l'Orgue le Diapason,
disposé selon itfi.
de l'Harmonie Vniuersclie.

VIII. Tvtilitédes deux precedens, & 1 de tous


Expliquer Systèmes origine
leurs interualles. 162.

IX. les degrez du Système de 15. chordes & de 24. interualles à


Expliquer
les 3. Genres,suiuant la pensée de Salinas.
TOctaue qui contient 163.
X. Asçauoir s'il manque chorde ou degré dans la figuf e de la prop.
quelque
c,ou dans les Systèmes de la 5. & 6. prop.
précédent &sil'onydoitadiou-
degrez pour perfectionner la Musique. 166. Où l'on VoidsO-
sterquelques
Baue diuisee en 32. sons.

XI. le Système de Fabius Colomna, qu'il diuise en 5p. sons y ou 38.


Expliquer
interualles j & quant & quant le monochorde dont il vse , & toutes ses
diuisions. 167.
XII. le Système le plus simple, & le plus aisé de tous ceux dans
Expliquer
on peut commencer toutes sortes de notes & de pièces de Musi-
lesquels
fur telle chorde ou à tel ton qu'on voudra ; & quant &
que, transposées
quant le Système Enharmonique, ou le mesté des 3. Genres. 170.
XIII. le Genre Diatonic, le Chromatic, & l'Enharmonic , & le
Expliquer
Genre commun des Grecs, dans leur simplicité. 172.
XIV. toutes les espèces de Quartes, de Quintes, & d'Octaues,
Expliquer
dont on peut vser dans le Genre Diatonic. 176.
XV. Que Ton peut establir d'Octaues dans la Musique. 180.
plus de7. espèces
XVI. Expliquer les 12. modes des Praticiens , & monstrer que Ton en peut
mettre 71.» 81.
XVII. Déterminer quels ont esté les modes des anciens. 185.
XVIII. la force& les propriétés de chaque ton, & des modes, &
Expliquer
la manière de connoistre de quel mode ou ton est vn Chant-donnéi& mon-
strer qu'il n'y a que 7. modes ou tons differens. 187.
XIX. Déterminer si Ton peut reduire les tons & les modes au b quarre, &
au b mol ; & monstrer de chanter fans autre muance que celle de ces cteux:
clefs,
propos. du6. Liure de U composition,
ipo. Voyezles deux premières où il

est enseigne à chanter fans muâmes.


XX. Déterminer si les 7. espèces d'Octaues, & les 12. modes se trouuent dans
le Genre & dans l'Enharmonic.
Cromatic, 194.

28. du 4. Liure de la Composition.


Propositions

I. Déterminer si les simples récits, qui se font d'vne seule voix, sont plus
agréables que lors qu'on cháte la mesme chose à ^.ou parties.ip7.
plusieurs
II. Déterminer si la Chanson à trois parties est plus agréable qu a deux. loi.
III. Déterminer si la Basse est le fondement & la principale de la Musi-
partie
que, & pour raisons.
quelles 207.
Expliquer combien il y peut auoir
d'autres de Musique en quoy
*^IV. parties
consiste la Taille, la Hautecontre, & le Dessus, & quelle est la plus ex-
cellente partie des quatre. 211. Corollaire. De la Musique des Platoniciens*
V. Toutes les manières de passer d'vne consonance à l'autre se peuuent rap-
aux principaux
porter mouuemens qui seruent à la composition, asçauoir
au mouuement se fait par degrez semblables
conioint, coniointSjdisioints,
& contraires. ii£.
VI. Quand Tvne des tient l'autre
parties ferme, & continue lemcsine son,
Table des
Propositions
partie peut se mouuoirpartels degrez que Ton voudra, bien qu'ils soient

dissonans, pourueu que Ton nes'arreste pas fur ces degrez dissonans, &:
seulement seruir pour passer aux Consonances. Mais si Tv-
qu'on les fasse
ne des parties discontinue le son, bien qu elle soittousiours à l'Vniflon, en

reprenantle
mesme son, l'autre partie ne peut aller par toutes sortes de
218.
degrez.
VII. Déterminer en gênerai pourquoy tous les passages qui se peuuent faire
d'vne Consonance à vne autre, ne sont pas bons ; & pourquoy les vns sont

plus agréables que !es autres. 21p.


VIII. Comme il faut trouuer toutes les relations tant extérieurs qu'intérieurs,
dans les passages d'vne consonance à l'autre, afin de re-
qui se rencontrent
cherchera raison pourquoy Tvn est bon & l'autre mauuais. 21p.
IX Expliquer deux autres manières qui seruent pour trouuer les relations in-
ternes des passages d'vne Consonance à l'autre. 231.
X. Expliquer en combien de manières on peut passer d'vne consonance à l'au-
tre de différente especepar mouuemens contraires, conioints, ou diíìoints:
où Ton void les passages vsités & non vsités, les bons &c les mauuais. 232.
XI. Déterminer pourquoy les deux derniers passages de la première table,
& le premier de la seconde & troisiesme table sont bons ou mauuais : où
Ton void pourquoy le passage de la Tierce majeure à TVnisson, n'est pas si
bon que celuy de TVnisson à la Tierce maieure. 238.
XII. Déterminer si le troisiesme passage de la première table est bon ; dont on
vse pour passer de la Tierce maieure à TVnisson par le degré Chromatic, &
: & pourquoy
par la Tierce mineure Ton peut passer à telle Consonance

qu'on veut en quittant TVnisson. 240.


XIII. Déterminer si les 4.5.8c 6. passages de la première table on
par lesquels
va de la Quarte à TVnisson,sont permis. 241.
XIV. Déterminer s'il est permis de passer de la Quinte à TVnisson par la 7. Sc
8. manière de la première table. 241.
XV. De 2. manières de laTierce mineure d'aller à TVnisson par mouuemens
semblables disi oints, dont Tvn a fa Basse, qui fait la Quinte en descendant,
& le dessus la Tierce majeure, & l'autre a fa Baffe qui fait-là la Tierce ma-

jeure en montant, & son dessus fait la Quinte, déterminer quelle est la
meilleure. 243.
XVI. Pourquoy plusieurs passages d'vne Consonance à l'autre ne sont pas
bons, encore qu'ils n'ayent point de mauuaiscs relations internes : & pour-

quoy il n'est pas permis de passer de la Tierce majeure à TVnisson, comme


il est permis de passet de TVnisson à laTierce majeure. 244.
XVII. Expliquer la tablature vniuersclie des raisons Harmoniques, dont on
toutes sortes de pièces de Musique à 1.3.4. & tant de par-
peut composer
ties que Ton voudra. 245.
XVIII. 2. autres sortes de tablature seruir pour enten- *
Expliquer qui peuuent
dre la Théorie en chantant. 250.
XIX. Expliquer toutes les espèces decharactercs propres pour chanter la

Musique, & monstrer comme les luiss, Arabes, Arméniens, Samaritains,


& autres nations se peuuent conformer à nostre manière d esc rire & de
chanter la Musique. 251.
XX. Expliquer les figures, & la valeur des notes & autres characteres har-'
de l'Europe. 255. XXI.
moniques
deFHarmonie Vniuersclie.

la manière de chanter toutes sortes de Duos à


XXI. Expliquer simple contre-
point, ou note contre note, & les règles qu'il fautobseruer en cette sorte
256. OùsonVoid$.ou 4. règlesfondamentales de U Com-
décomposition.
position, 256.
XXII. Donner la manière de composer des Duos note contre note : où Ton
void la vraye intelligence des règles de la Composition. 162.
XXIII. Considerertrois autres Duos, & toutcequi estnecessaire pour en
composer tant qu'on voudra.264.
XXIV. Monstrer que Ton peut vser de quelques Dissonances dans les Duos à
& la manière de composer des Trios note contre note.
simple contrepoint,
••
267.
XXV. Donner Tidée
Théorique de TExamen des Trios precedens. 169.
XXVI. Expliquer les autres parties de la Composition, & leurs proprietez,
& comme Ton doit composer à quatre parties. 272.
XXVII. Expliquer la manière de composer à cinq parties note cotre note, &
par conséquent à trois&à quatre parties. 276.
XXVIII. Considérer deux Compositions à six parties, faites par Eustache
k duCaurroy. 27p.

Propositions 11. du 5. liure de la Composition.

I. Expliquer ce qui appartient au contrepoint figuré, & donner des exem-


ples des douze Modes. 283.
II. Expliquer la pratique des Dissonances. Où l'on Void particulièrement les
exemples de la seconde, &• de la neufiesine : Or les Imprimeurs ayant tousiours
manqué depuis la page 191. qu'ils ont mis au lieu 2 91. iusques à la page323. quicom*
mence à estre bien, ie marquer ay les
propositions selon que doiuent estre les nombres^
& non suiuant leur erreur.
III. vne certaine
Expliquer efpece de íyncope Harmonique, que les Prati-
ciens n'appellent pas syncope. 294. Mais le Corollaire de la (.proposition
donne des
exemples des Vrayes syncopes.
IV. Expliquer la pratique du Triton, du Semidiapente, & de la Septieíme
dans les Duos. 15)5.
V. Donner des exemples de toutes les Dissonances dans les Compositions à
3. & 4. voix, & toutes les manières possibles la Quarte. 2p8.
d'employer
VI. Expliquer la pratique des Consonances, & la suitte qu'elles peuuent gar-
der entr'elles pour faire des Compositions agréables. 307.
VII. les fausses relations, dont les Praticiens
Expliquer condamnent Tvsage.
312.
VIII. les Cadences tant parfaites
Expliquer qu'imparfaites, & rompuës,dont
on vse en
Musique. 315.
IX. les & contrefuques,
Expliquer Fuques auec les Guides, Conséquent
ces & & les Canons.
Imitations, 317.
X. Déterminer ce qu'il faut obscruer
pour composer excellemment à$. & 4?
parties. 341.
XI. la manière de
Expliquer régler & battre la mesure de Musique en toutes
sortes de
façons. 324. Voy ezla 18.propofttiondui. liure des Infrumens.
XII. tout ce
Expliquer qui appartient aux Modes & tons des Grecs & des
Table des
Propositions
void les fautes de Timpression du 5. & 6. liures
Modernes. 3*5. Et puis on
auec quelques aducrtissemens fort notables.

de f Art de bien chanter.


Propositions 34. du 6.liure

I. vne méthodeaisée pour apprendre & enseigner à lire &escrire


Expliquer
de Monsieur des Argues.
la Musique. 332. EUe est de sinuention
II. Expliquer vne autre méthode à chanter & à composer
pour apprendre
des seules lettres de l'Alphabet,fans
sans les notes ordinaires, par le moyen
muances. 342.
III. Expliquer tous les characteres nécessaires pour eserire & composer
aisément toute sorte de Musique, soit pour les voix ou pour toutes sortes

d'instrumens.347. OùsonatoiddeuxcopofitionsdeduCaurroyà j.&aS.par-


ties , note contre note ; e3r* la Main parfaite Harmonique de la Gamme.

IV Apprendre à composer correctement en Musique dans peu de temps,

W'
\. la manière de cognoistré si vne voix est bonne, & les qualitez
Expliquer
quelle doit auoir. 353.
VI la manière dont on vse pour former les voix à la cadence, 8C
Expliquer
pour les rendre capables de chanter toutes sortes
d'Airs. 354. Où l'on voi4
Vn aduertiffementpour les Matstres qui enseignent a chanter.
les particula-
VII. Expliquer les characteres nécessaires pour signifier toutes
risez des Airs que Ton désire reciter auec toute sorte de perfection , & la
manière de bien faire les cadences Ôc les tremblemens. 358.
VIII. Expliquer la méthode de faire de bons chants fur toutes sortes de sujets

6ç de lettres. 360.
IX. pécouurir les industries qui seruent à composer de bons chants.3 62. Où)
l'on Void vnaiuertiffementparticulier ce sujet.
pour
X. Les Aecens sont en si grandnombre qu'il est quasi impossible de les expli-J

quertous. 365.
XI. Les Accents font cognoistré le pays d'où Ton est, 6C quelquefois le tem-

pérament & Thumeur. $66.


XII. L'accent est vne modification de la voix, par laquelle on exprime les pas-
sions de l'ame naturellement ou auec artifice. 366.
XIII. Chaque affection de Tame a ses propres accents, dont elle exprime ses

degrez differens. 367.


XIV. L'on ne peut exprimer les Accents des passions fans de nouueaux cha-

racteres. 36p.
XV. Tous les A ccents des 3. passions ont besoin de neuf characteres differens
à sçauoir de 3. pour les 3. degrez de cholere,& de deux
pour estre marquez,
autres ternaires pour l'amour &C la tristesse. 370.
XVI. Déterminer si ces Accents se peuuent & faire en chantant la
exprimer
Musique. 371.
Monstrer Tvtilité & autres Orateurs tirer
XVII. que les Prédicateurs peuuent
des Accents de chaque passions. 373.
X VIII. La Rythmique establit & règle les mouuemens, leur suitte & leur méV
diminuer & appaiser les pas-
lange pour exciter, augmenter, entretenir,
sions. 374» Oùsan.v.oid 27. exemples des mouuemens ou pieds métriques t
de F Harmonie Vniuerselle.
XIX. Reduire toutes sortes en vers, & expliquer
de mouuemens pour cet ef-
fet la vraye prononciation Françoise des lettres de TAlphabet. 376.
XX. Expliquer toutes les syllabes qui sont longues, communes, ou briefues,
& cn donner des règles pour establîr la Prosodie Françoise. 381.
XXI. Expliquer tout ce qui conuient aux pieds, & aux vers mesurés, & par-
ticulièrement à l'Hexametre & Pentamètre, Dâctiliques, & au Saphique.

S84.
XXII. Expliquer les vers Phaleuces,Iambiques,Trochaïque, Alcmenien,&
Asclepiadeen. 387.
XXIII. Expliquer les Anapestes, Peoniques, Ioniques maieurs & mineurs,

Choriambiqucs,Antispastiques,& autres.
38p.
XXIV. Expliquer les essais que Ton a produit en ce siécle pour establir la Pro-
sodie & îa Poésie Métrique Françoise en faueur dela Musique. 3P3. Où l'on
Void vne Ode d'Horace en
Musique.
XXV. Déterminer la grande multitude des mouuemens qui se font en chan-
geant les temps, ou des notes d'vne messire dont on vse enchantant. 196.
XXVI. Expliquer l'vfage de la variété précédente des mouuemens ou des
temps ;& monstrer que les Praticiens abusent des dictions de ternaire &:
debinaire,lors qu'ils parlent deleursmesures. 3p8.
XXVII. Expliquer la Rythmopoeie, ou la méthode de faire de beaux mou-
uemens pour toutes sortes de suiets. 401. Où l'vn voidvn excellent branle
a mener.
XXVIII. Donner des exemples de toutes sortes de mouuemens des anciens,
& monstrer ceux de nos vers rimez, & ì'art de les trouuer en toutes sor-
tes de vers. 406.
XXIX. Donner des exemples de la diminution & de Tembellissement des

Chants, & Tartde les orner, & embellir. 410. Où son yotd des exemples
des Sieurs Bócfset & Moulinié.
XXX. E xpliquer la manière de chanter les Odes dePindare & d'Horace, & de
rendre les vers François, tant rimez que mesurez, aussi propres pourla
Musique, còmme sont les vers des Poëtes Grecs & Latins. 415-. Où son

voijÊÉkQdede Pindare & vne autre <fìHorace en Musique, &vn autre exem-

ple devers François mesurez.


XXXI. le Modemajeur & le mineur, le tempsparfait & imparfait,
Expliquer
& la prolation parfaite & imparfaite, auec les propres characteres des Pra-
ticiens. 420.
XXXII. la manière de Cháter toutes sortes de mesures sous toutes
Expliquer
sortes de temps, sansvscr des characteres precedens, & proposer ce qui
semble de plus difficile dans la Rythmique des anciens.
413.
XXXIII. Expliquer ce que S. Augustin a de plus particulier dans les six liures
de fa Musique 424. Oùson<voidvne excellente Paraphrasedtt
Rythmique.
Psalme Super fluminaBabylonis, en vers François, & plusieurs remarques pour
nos Vers mesurez.
XXXIV. Déterminer s'il est à propos d'vscrde
quelquvnc des espèces du
Genre Chromatic,ou des Grecs,
Enharmonie pour chanter les vers ri-
mez & mesurez auec autant de perfection comme eux. 438. OùîonVoiâ
l'Otlaue diuisee en 24. Dièses Enharmoniques, 0* les fautes de ce 6. liure, auec
quelques autres qu'il faut toutes corriger auantquede lire ces liures, comme i'ay

desia dit en plusieurs endroits. 1F Isis l)


Table des
Propositions

zo.dui. Liure des lnstmmens.


Propositions

ont mal mis le tiltre de f Harmonie


Où il faut remarquer que les Imprimeurs
aux secondespages à ia cinquiesme.
vniuerfeìle iusques
I. Déterminer combien il y a d'espèces de sons, & d'instrumens de Musi-

que, i.
1
II.Expliquerla matière & la manière dót on faitles chordes des Instrumens.3.
III. Déterminer si Ton a fait les Instrumens Harmoniques à l'imkation des

voix, ou siTon a réglé les interualles des voix par ceux des Instrumens ;&
si TArt peut perfectionner la nature, ou au contraire ; ôc s'il fautiuger des
choses artificielles parles naturelles. 7.
IV. Quel est le plus agréable son de tous les Instrumens , & de quel Instru-
ment Ton doit vser pour régler les interualles Harmoniques, p. Où son
Void le Monochorde de Ptolomce.
V. Demonstrer toutes les diuisions du Monochorde, & conséquemment toin
te la science de la Musique. 16.
VI. Demonstrer que le Monochorde diuisé en 8. parties égales contient tou-
tes les Consonances, ip.
VIL Expliquer la plus simple diuision d'vne chorde, pour luy faire produire
les Consonances, & les degrez Diatoniques. 20.
les interualles,
VIII. Expliquer tant Consonances que Dissonances qui se
aux résidu s de ía chorde
treuuent du Monochorde, âpres que Ton y a mar-
il.
qué les degrez Diatoniques,
ÎX. Expliquer toutes les < onsonances & les Dissonances du Monochorde

parfait, soitquel'on compare toute la chorde aux parties qui


&Systeme
font les degrez Diatoniques , Chromatiques, & Enharmoniques, ou que
l'on compare chaque degré ou se n auec la chorde entière, ou auec son re-
ste. De sorte que le Monochorde & le Système est icy cousi-
Harmonique
deréentoutes les façons qui peuuent seruir à l'Harmonie. 21.
X. Diuiser toutes sortes de chordes,
ou lignes droictes, en autant départies

égales que Ton voudra,fans changer Touuerture du compas p^bwÉrzard.


25 • Voyez encore la 17. proposition du 4. hure qui fuit.
XI. Déterminer le nombre des Aspects, dont les Astres la terre,
regardent
& les Consonances ausquellesils respondent. 27.
XII.Expliquer lafigure d'vn Monochorde particulicr,& toutes ses diuisiós. 32^
XIII. la différence & la distance d'vne Consonance ou Dissonance
Expliquer
à l'autre par le moyen du Monochorde ; & la manière de diuiser vne mesme
chorde moitié par moitié pour faire toutes sortes de Consonances & de
Dissonances. 35.
XIV. Expliquer vn autre Monochorde d'égalité, pour diuiser le manche du
Luth, de la Viole, du Cistre , & de tous les autres Instrumens touchez en
12 demy-tons & Taccord des Epinettcs
égaux,& pour faire le Diapason &
des orgucs.37. 6. &• 7. prop. du 2. liure, & la 9. du 4. liure fuiuansl
Voyezl*
XV. Déterminer combien les interualles de ce Monochorde sont
d'égalité
moindres ou du
plus grands que ceux Monochorde qui fuit les iu-
stes proportions : & si l'oreille en peut les différences.
apperceuoir 3p.
XVI. est la force de toutes sortes de chordes, de quelque
Quelle longueur
de l'Harmonie Vniuerselîe.
ou grosseur qu'elles soient ; & Testenduë de leurs ConSy depuisle
plus graue
au plus aigu: & conséquemment donner le poids nécessaire
'iusques pour
chorde ; & quel est le poids
rompre chaque propolée qui donne vne ég-ale
tension à toutes sortes de chordes, ou différentes tensions selon la raison
donnée, Voyez la 3 prop.
^i.píige^erf. dutraitléMechanique.
XVII. En quelle raisonsc diminuent les retours & tremblemens des chor-
des. 43.
XVIII. Déterminer quelle est la dureté des retours ou tremblemens de cha-
que chorde, & en quelle raison la dureté de Tvneest à celle de l'autre.
45.
XIX. Quelles sont les vtilitez des mouuemens precedens la Médecine,
pour
les Mechaniques, &c. 45. page Vers.
XX. Déterminer les tours & retours de chaque chorde suspendue par vn
bout & libre de l'autre, auquel vn poids est attaché, & combien elle doit"
estre plus ou moins longue pour faire ses retours plus ou moins tardifs, se-
lon la raison donnée. 46.

Propositions 17. du 1. liure des Instrumens.

I. Expliquer la figure, les parties, Taccord, & le tempérament du Luth. 45.


Où l'on vouldeux Inslrumens antiques.
II. Expliquer la construction du Luth & la Pandore : comme il faut les mon-
ter en perfection, & comme Ton peut sçauoir si les chordes sont bonnes.

4p. O » son Void les différentes sortes de noeuds,


III. Expliquer comme il faut diuiser le manche duLuth, & y mettre les tou-
ches pour en iouër en perfection : où Ton void plusieurs des
remarques
chordes, & de la différence de leurs sons. 53.
IV. Expliquer les Genres & les Espèces de Musique , &tout ce que les
Grecs
ont estably de principal dans leur Musique. 56.
V. Que Ton vie du Système d'Aristoxenc fur le Luth,& les autres Instrumens,
& ce qu'il a de défectueux, & d'auantageux. 58.
VI. Expliquer le tempérament du Luth, de la Viole, &c. & monstrer de com-
bien chaque Consonance ou Dissonance est altérée. Où Ton verra les 3.
Genres de Musique dans leur perfection. 62.
VIF Que le ton majeur & mineur, TOctaue, &c. peut-estre diuisé en deux ou

plusieurs parties égales j & par consequent que Ton peut diuiser le Diapa-
son en 12. demitons Où Ton a les deux
égaux. moyennes proportionnelles,
la duplication du Cube, & les touches de chaque Instrument en l«urpro-

prelieu. 65. V0yezla2.26.page.


VIII. Déterminer si le Diatonic qui est en vsage est le Synton de Ptolomée,ou

celuy de Py thagore, d'Architas, ou d? Aristoxene,&c. Où Ton void les dif-


férentes Espèces des 3. Genres. 70.
IX. la manière de toucher le Luth en perfection, & de poser cha-
Expliquer
que main ou doigt comme il faut pour en bien ioùer. 76. Où son void les
conditions a en ioùer, la situation de la main droitte, celle
requises pour apprendre
de la main gauche \ les tremblemens, accents plaintifs tant simples que
,soustirs
composez ,&-les traits de la main gauche.
X. les characteres de la tablature, & plusieurs obseruations
Expliquer par-
ticulières. 82. OùsonVoid 16. remarques ioùer du Luth,
pour tyvferdeson
manche en
perfection.
Table de s
Propositions
XI. la manière d'accorder le Luth en toutes sortes de façons.
Expliquer
85.
1
XII. la tablature du Luth &t ses accords, auec des exemples,
Expliquer
8p.
1
XIII. la figure, les accords, & la tablature de la Mandore. P3.
Expliquer
XIV. Expliquer les figures, l'accord , les tablatures & les batteries de la
Guitcrre. p5.
XV. Expliquer la tablature Espagnole, Italienne, Milanoise, & Françoise de
laGuicerre. 96. pag.vers.
XVI. Expliquer tout ce qui appartient aux Cistres. P7.
XVII. la figure & l'accord du Colachon. 99»
Expliquer

27. Propositions du 3. liure des Instrumens.

I. Expliquer la matière, la figure, l'accord & l'vsage de l'Epinette. 101. Voyez

fa construction dans lait .prop. de ce liure.


II. Expliquer la figure de l'Epinette, & la science du Clauier parfait & im-
parfait 5 & comme il doit estre sait pour ioùer dessus dans la parfaite iustef-
se des Consonances, fans vser du tempérament. 107.
III. Expliquer les parties, le clauier &Testendue du Clauecin, auec
lafigure,
deux Instrumens antiques, no. L'on void aussi vne nouuelle forme d'Epi--
nette vsitée en Italie. 113.
IV. Expliquerlafigure,la matière &lesparties du Manichordionauec tous,
ces 4p. sons, & auec TOctaue diuisée en 25. sons. 115.
V. Expliquer trois sortes de Clauiers ordinaires de l'Epinette, auec les inter-
ualles que Ton peut faire iustes dessus. 117. & ii 8.
VI. De quelle & grosseur doiuent estre les chordes
longueur d'Epinctté
pour rendre vne parfaite Harmonie. 120. Où son Votd deux Tables
numériques
pour ce suiet.
VIL Vn homme sourd
peut accorder le Luth, la Viole, l'Epinette , & les au-
tres instrumens à chorde, & trouuer tels sons qu'il voudra, s'il cognoist la

longueur & grosseur des chordes. 123. Où son void la tablature des sourds.

VIII. Que Ton peut sçauoir lâ grosseur & longueur des chordes fans les me-
surer, & sans les voir, par le moyen des sons. 126.
IX. Asçauoir si Ton peut la grosseur d'vne chorde
cognoistré d'Instrumenr,
sans la comparer auec d'autres chordes. 127,
X. Déterminer si Ton peut accorder le Luth, la Viole, &c. fans
l'Epinette,
vser des sons ou des oreilles, par la seule cognoissançe du diffèrent alon-
des chordes. 118.
gement
XI. Déterminer de combien l'air est plus sec ou p lus humide chaque iour,pai;
le moyen des sons & des chordes. 130.
XII. De quelle & longueur doiuent estre les chordes pour faire des
grosseur
sons agréables, & dont on puiíse iuger à l'oreille : & comme Ton peut sça-
uoir le ton des chordes, lors qu'elles sont trop longues, trop lasches, ou
trop courtes, pour faire des sons qui puissent estre oùis. 134.
XIII. il y a des chordes meilleures les autres furies
Pourquoy lesvnesque
Instrumens : ce qui les rend fausses ; le moyen de cognoistré celle qui doit
de THarmonie Vniuersclie.
sonner le mi eux sur chaque Instrument, & celles qui sont fauflès. 135.
XIV. Combien Ton peut toucher de chordes ou de touches du Clauier de
TEpinettedans Tespace d'vne mesure, ou combien l'on peut faire dénotes
à la mesure ; & si l'Archet va aussi viste sur la viole 3 & si la langue ou la gor-

ge peut en faire autant par ses sredons. 157. Voyez l* +upro[, du liure de sOr-
Vne diminution de 64, notes à la mesure.
gue, auec
XV. Déterminer si Ton peut toucher les chordes des Instrumens ou leurs
touches si viste que Toiiye ne puisse discerner si le son est composé d'autres
sons differens, ou s'il est vnique & continu. 138.
XVI. De quelle vitesse les chordes des Jnstrumens se doiuent mouuoir pour
faire vn son. 140.
X V11. L'on combien de fois
les chordes du Luth', de l'Epinette,
peut sçauoir
de Violes, &c. battent l'air ; ou combien de fois elles tremblent, ou com-
bien elles font détours & de retours durant vn Concert, ôf en tel autre
temps qu'on voudra. 14 o. Où l'on Void z. Tables de la tablature du nombre des
retours. I41 (37*143. & 8. Corollaires fort considérables.
XVIII • L'on chantera les mesines pièces de Musique par tout le mode en mes-
me ton & selon Tintention du Compositeur,pourueu qu'on sçache la nature
du son. Où l'on void vne nouuelle manière de marquer ou battre la mesure. 147.
auec S. Corollaires fort notables. Voyez ausii svnÇiesme prop. du 5. liure de la
Composition.
XIX. L'on peut monter de chordes d'or, d'argent, de leton, & des
l'Epinette
autres métaux, dont les plus peíàns descendent plus bas à cause qu'ils ont
plus de mercure & moins de souphre. 151, Voyezles poids O* les sons de toutes
fortes de métaux. 151.153. &• 154.
XX. la proportion de toutes les parties deTEpinette, & se Con*
Expliquer
struction. 15 6. Voyez encore la 22 .proposition
XXL Expliquer les nouuellesinuentions adioustées aux Epinettes & Clauc-'
cins 160.
XXII. Expliquer U figure des parties de dedans l'Epinette,& ses barrures.rór.
& la méthode de la toucher.
XXIII. Expliquer la tablature du Clauecin,& tout ce qui la concerne ,& la
manière d'en bien ioûe r. 162.
X XIV. la figure ,1'accord, Festenduë & Fvsage de la Harpe, tant
Expliquer
simple qu'à 3. rangs , depuis lóy.iufquà 171.
XXV. les figures antiques de la Cithare, du Sistre, & des autres
Expliquer
Instrumens des anciens Grecs & Romains. 172.
XXVI. la figure, l'accord j Testendué* ,1a tablature, & lvsagedu
Expliquer
Psalterion. 173. pag. vers
XXVII. la la matière, les l'accord, &í Tvsage du
Expliquer figure, parties,
Claquebois. 175.

28. Propositions du 4. liure des Instrumens.

I. Expliquer la figure ,1a matière, les parties, l'accord ,l,estendu'é>& Tvsage


des Violons. 177.
II. Expliquer la manière deioûerdu Violon, & de mettre chaque doigt fur
les endroits de la touche, iouer toutes fortes de piçces,tant par b mol
pour
Table des
Propositions
181.
queparbquarre.
III. Déterminer s'il faut
ajouster vne cinquiesine chorde aux Violons pour y
trouuer toute Testenduë des modes ; & enquoy consiste la perfection de
son beau toucher. 182.
IV. Expliquer la figure & Testenduë de toutes les parties des Violons, & la
manière d'en faire des Concerts, auec vne fantaisie de Musique à 5. parties,

184.
OùsonVoidausiideuxXnflrumensantiques.
V. Expliquer la figure, la fabrique, l'accord & Tvsage de la Viole, ipo. 'auec
vne Cithare antique. ip2.
VI. Déterminer si la chorde par T Archet
touchée fait autant détours & re-]
tours en meíme temps, comme celle qu'on touche du doigt. 19s.
VIL la capacité des Violes dans les Concerts ; la diuision & lai
Expliquer
science de leurs manches ,auec vne fantaisie à 6. parties. ip8.
VIII. la figure, l'accord, & la tablature de la Lyre.
Expliquer 204.
IX. Déterminer pourquoy vne mesme chorde touchée à vuide fait plusieurs

sonsenmefmetemps. 208.
X. Expliquer la figure, ,& Testenduë
l'accord de la Symphonie , & les Epi-]
nettes qui font le jeu de violes.211. Voyez laj. remarque de la première pre-
facegenerale ,& saduertijjement mis âpres la 30. proposition du 7. liure des In-

strumens.
XI. les nouueaux Instrumens à chordes, & l'accord de la Lyre Ita--
Expliquer
lienne. 215.
XII. Expliquer la construction, la figure, & les parties de la trompette ma-
rine , ou à chorde, & la manière d'en iouer. 217.
XIII. les mcrueilleux Phoenomenes de la Trompette marine.'
Expliquer
220.
XIV. Déterminer à quelle puissance des Meehaniques se rapporte la force
des cheuilles dont onbande les chordes des Instrumens. 222.
XV. la manière de diuiser vne chorde ou ligne entant de parties
Expliquer
auec
que Ton voudra l'ouuerture du compas prise à hazard. 223.
XVI. Déterminer si Ton peut les 12. touches du Luth, par le moyen
marquer
dessegmensdela ligne couppée en moyenne & externe raison, comme die
Satinas. 23.4.
les manières
XVII. Examiner pour diuiser le manche
que Zarlin a donné des
Instrumens en U. demitons égaux, par Tinuëtion de 2. ou plusieurs moyen-
nes proportionnelles, ou autrement. 226. Voyez la 4.^ 6- la
remarquede
ale.
première préface gêner
XVIII. les Listrumens de la Chine & des Indes, auec leurs figures^
Expliquer
227.
du 5. liure des Inflrumens.
Propositions

I. Expliquer la nature du vent qui sert à faire sonner les Instrumens à vent^
& si Ton peut vse r d'eau au 1 eu de vent. 225.
II. Expliquer combien il y a d'Efpeces d'Instrumens à vent, & quel est le plus

simple de tous. 22g.


III. Expliquer la figure ,1a matière, & les sons de la seringue ou du sifflet de
Pan. 217.
IV. les chalumeaux à vn ou plusieurs trous. 12p.
Expliquer
y.
de THarmonie Vniuersclie.
V. la figure, Testenduë, & la tablature de la fleuteà trois trous
Expliquer
2JI.
VI. la figure,l'accord , Testenduë, & la tablature du
Expliquer Flajoletì,
232.
VII. le Diapason des Flajolets, & lamaniere d'en sonner en perfe-
Expliquer
ction, auec vn Vaudeuille à &> auec la tablature
4. parties. 234. 0* sestenduë.
de la Fleute à 6. trous. 2 3 5.
VIIÍ. Expliquer la Testenduë, la tablature, & Tvsage des Fleutes dou-
figure,
ces ou à p. trous, auec vne Gauote à 4. parties. 237.6c 240.
IX. Expliquer la figure, Testenduë,& la tablature de la Fleute &
d'Alemand,
du Fifre. 241. auec Texemple d'vn Air de Cour à 4. parties. 244.
X. Expliquer toutes sortes de Trompés & de Cors de chasse >& leur
Fnguî-
cheure. * ,
244.
XI. Expliquer ,1a matière & les parties de la Trompette.
lafigure 247.3^6
sonestenduë. 24p.
XII. Expliquer la Trompette ne peut faire les degrez en bas
pourquoy qu'elle
fait en haut : & pourquoy elle fait TOctaue dans son premier la
interuaîle,
Quinte dans le second, &c. 24p.
XIII. la Trompette ne fait pas la Sexquisexte dans son
Expliquer pourquoy
5. interuaîle j & qu'elle quitte le progrez qu'elle auoitsuiuy iufqu'au 6. ton,

pour faire la Quarte , puis qu'elle l'auoit desia faicte aux 3. interuaîle.
251.
XV. Expliquer pourquoy la Trompette ne íîipose pas chacun de ses tons

pour l'vnité, &pàr conséquent quelle ne sait pas TOctaue à chaque inter-^
ualle. 253.
XV. Expliquer comme Ton peut ou affoiblir la force de chaque
augmenter r
son de la Trompette, fans en changer le ton. 255. i
XVI. la Trompette & les autres Instrumens à vent ne font
Pourquoy pas
tousiours les interualles dont nous auons parlé : & pourquoy ils font sou-
uient le demiton ou le ton au lieu de TOctaue, de la Quinte, ou de la
Dou^
ziesine, &c. 257.
XVII. Expliquer le Diapason de la Trompette, & la figure & Tvsage de la
Sourdine. 25p.
XVIII. la manière de sonner de la Trompette, & ses
Expliquer sonvsage,
fanfares militaires. 260.
XIX. la tablature & les chansons de la Trompette, notes
Expliquer par ôcpar
nombres. 262.
XX. toutes les circonstances de la Trompette, & son estenduëen
Expliquer
toutes sortes de & ses fanfares militaires. 167. Où son void les
façons,
• tons des Cors de chasse. 269.
XXI. la figure, & Tvsage de la Saquebute.
Expliquer Testenduë, 270.
XXII. la figure du Cornet à bouquin son estenduë, &
Expliquer 5 fa matière,
sonvsage. 27j.
XXIII. d'autres de Cornets, & comme il eníaut sonner
Expliquer figures cr|
perfection, auec vne Fantaisie à y. parties. 274.
XXIV. la figure, & Tvsage du Serpent
Expliquer Testenduë, Harmonique.-
*79.
XXV. le des Serpens, des Trompettes & Saqucbutes
Expliquer Diapason
Table de s
Propositions
aller à toutes sortes de tons, & pour quoy la distance du 3. au4.tr ou^
pour
est plus grande que celle d'entre les autres. 281.
XXVI. Expliquer la Chalemie ou Comemeusc pastorale, & ses parties. 1
282.
XXVII. l'accord,
Expliquer Testenduë & Tvsage de la Chalemie. 285.
XXVIII. Expliquer la figure & les parties de la Musette, & de tous ses chalu-
meaux , & les Tornebouts d'Angleterre. 287.
XIX. Expliquer Testenduë, la tablature, & Tvsage de la Musette , auec sa
chanson. 2pi.
XX. Expliquer la figure, Testenduë, & les parties de la Sourdeline, ou Zanv»

pogne. 2p3#
XXI. Expliquer la figure, Testenduë, la tablature, l'accord, & l'vsage des
grands Hauts-bois. ipj.
1
XXII. Expliquer la figure, la grandeur, Testenduë, & des Bassons,
Tvsage,
Fagots, Courtauts & Ceruelats. 2p8.
XXIII. Donner d'autres figures des mesines Instrumens, & vne Pauanne à 6.'
parties,pour ioùer dessus. 303.
XXIV. Expliquer la figure & Tvsage de la Cornemuse, & des Hauts-bois dé
Poitou. 305. auec vne chanson à3. parties. 3P7.
XXV. Expliquer tous les autres Instrumens à vent, & particulièrement ceux
des Indes. 308.

2$. Proportions du 6. liure des


Orgues.

I. ••Expliquer la figure, & les parties des Cabinets 3 op.


d'Orgue.
II. Expliquer la construction de de toutes ses parties. 31a. Voyez
l'Orgue,&
> la 44. proposition.
III. Déterminer le nombre des jeux de
l'Orgue, tant simples que co mposcz.'
.316. Voyezla^i.proposition.
IV. Expliquer la proportion de la & largeur des tuyaux d'Orgue,'
longueur
& la pratique des Facteurs. 318.
V. Quelle doit estre la & la hauteur de la bouche des : & la
longueur tuyaux
largeur & Tefpaisseur des 31p.
languettes.
1
VI. Expliquer la manière de ietter, & le & Testaín,
forger, applatir plomb
pour faire les tuyaux,& de les souder, & de composer la soudure. 321.
la 17. proposition.
Voyez
VII. Expliquer ce que les bouchez & à cheminée ont de particulier.'
tuyaux

VIII. Expliquer la matière, la proportion,& la fabrique des tuyaux à anches,


323.
IX. Comme il faut tailler & construire les Echalottes des anches. 326.
X. Expliquer le Diapason, & la construction des voix humaines. 327.
XI. En combien de
façons on peut hausser ou baisser le ton des tuyaux & des*
anches, fans changer leurs longueurs & leurs Iargeursi & de quels Accor-
dóirsvsent les facteurs. 32p.
XII. Déterminer si Ton
peut faire vn Orgue, dont tous les
tuyaux soient de
mesme hauteur, & en quelle raison doiuent estre leurs
largeurs pour fai-
re tels sons que Ton voudra. 331.
"V-

1
de FHarmonie VniuerseUe.

XIII. En quelle raison les tuyaux


doiuent de mesine grosseur
estre
pour faire
requis :& si Ton peut faire vn Orgue
les interualles dont tous les
tuyaux
soient de mesme grosseur. 333.
XIV. Quelle doit estre la raison de la des tuyaux à leur longueur,
largeur
tous les d'vne ou plusieurs
pour faire degrez Octauesj & donner vn Dia-

pason tre s-iuste. 334.


XV. Expliquer toutes les Espèces de Diapasons,& de Canons ou règles Har-
moniques , dont on peut vser pour perfectionner les Orgues. 338.
XVI. Expliquer le plus aise &í le plus parfait Diapason des Orgues que Ton
se puisse imaginer, lors qu'on vse & que Ton ne veut que
du^mperament,
13. ou2o. marches fur TOctaue ; & laTnaniered'accorder parfaictement les

Orgues. 341.
XVII. Expliquer les différentes soudures, donton peutvscrpour faire des

tuyaux de toutes sortes de métaux. 344.


XVIII. Expl iquer si les tuyaux de différents métaux sont à TVnisson, quand
ils sont égaux en grandeur, & si leurs différentes figures les font changer
de son. 346.
XIX. Expliquer les differens interualles que fontles tuyaux, par le moyen
du vent diffèrent qu'on leur donne. 346.
XX. Expliquer les proprietez particulières de chaque jeu de TOrgue} &

pourquoy l'on n'apperçoit pas les Dissonances de TOrgue. 347.


XXI. SiTon peut adiouster de nouueaux jeux à TOrgue. 348.
X XII. Expliquer la science du Clauier des Orgues, 8c combien il doit auoir
de marches pour comprendre les trois Genres de Musique. 34p.
XXIII. S'il est expédient de changer les Clauiers ordinaires, & en quoy con-
siste Tvsage du Clauier parfait : où Ton void Texplication du Clauier de 27.
& de 32. marches. 353.
XXIV. Expliquer la manière dont se fait le son dans les tuyaux d'Orgue.'
3)8.
XXV. Pourquoy les jeux de TOrgue se desaccordent y & quels jeux y sont
plus suiets à se desaccorder. 35p.
XXVI. S'il saut plus de vent pour faire parler les gráds tuyaux que les moin-'
dres, & en quelle manière les facteurs le mesurent. 360.
XXVII. Pourquoy les grands tuyaux font des sons plus graues que les moin-
dres. 351.
XXVIII. -
Pourquoy 2. ou plusieurs tuyaux tremblent en parlant ensemble,'
lors qu'ils ne sont pas d'accord, & comme se fait le jeu du tambour. 3 62,
XXIX. Expliquer la manière d'accorder les Orgues tant iustes que tempé-
rées. 363. LiJre%lapage383.
XXX. Si Ton peut suppléer la iustessc &la bonté de Torcille accorder
pour
TOrgue, sans vser de Toùie. 3 66.
XXXI. Expliquer 22. simples jeux, & 24. composez de 1,'Orgue, auec les ú}

simples, & les 12. composez de son Positif. 371.


XXXII. Qu'vn Cabinet , ayant seulement 8. simples jeux, peut en
d'Orgue
auoir. 247.
composez & tous differens.
376. Voyelles qui con-
4. Corollaires
tiennent beaucoup de choses notables
pourles proprietezdes jeux & des apeaux.
XXXIII. Expliquer la différente force des poids quipressent les soufflets, sui-^
uant les différentes inclinations de leurs couuercles. les
376. Voyez %*pr&
mieres
propositions du traîné Mechanique. fW ij
Table des
Propositions
XXXIV. la construction, la grandeur, les parties^ les poids, ck: tou-
Expliquer
tes les autres proprietez des soufflets. 377.
XXXV. Expliquer comme il faut construire les jeux
d'Orgue, pour pronon-
cer les voyelles, les consones, & les dictions. 380.
XXXVII. Expliquer la manière de visiter les Orgues, & de connoistre & re-j

parer les fautes des facteurs. 382.


XXXVIII. Expliquer vne méthode vniuersclie pour le Diapason des Instm*

mens,pour la diuision du Monochorde, & du manche des Instrumens} o\t


Ton void vne nouuelle Théorie de, Musique. 384.
XXXIX. Asçauoir si les anciens
o^eu
des Orgues , & remarquer ce quï
^
manque dans ce traicté. 387.
1
XL. Expliquer la tablature de l'Orgue,auec la Musique composée par le
Roy,
& les qualitez. d'vn excellent Organiste. 3po.
XLI. Expliquer les plus grandes diminutions qui se puissent faire fur le Cla-]
uccin,&fur TOrgue. 3P3.
XLII. Pourquoy le tuyaubouché fait deux sons en mesme temps , lesquels
font le Douziesme ensemble 3P5.
1
XLIIL Expliquer la grosseur & largeur des tuyaux, & de leur s bouches, fui-
uant la pratique de ceux qui font les grandes O rgues. 3P8.
XLIV. Expliquer la construction & les parties d'vn grand jeu d'Orgues, &
d'vn petit Cabinet; où Ton verra distinctement & clairement ce qui est plus
confusément &c pi us obscurément dans la 2. proposition. 3pp.
XLV-Entre2. lignes droittes inégales données trouuer2. moyennes propor-
tionnelles, pour diuiser le Diapason des Orgues en 12. demitons égaux.
408. Voyezles 2. Aduertiffemens,

21. Propositions du7.liure des Inf rumens de


percussion,

I. Déterminer le nombre des Instrumens de percussion, & quel est le plus ex-
cellent. 1.
II. Expliquer Tinuention,Tantiquité, les noms, & la bénédiction des Clo-
ches. 1.
III. Expliquer la grandeur,&. la matière dont on
peut faire les Cloches:quelle
est la meilleure matière de toutes, & le son des grandes est plus
pourquoy
graue que celuy des moindres. 3.
IV. Expliquer toutes les parties d'vne Cloche, & la proportion qu'elles doi-'
uent auoir entr'elles pour faire des tons agréables. 5.
V. Expliquer la figure extérieure & Tinterieured'vne Cloche auec les traits
de compas, dont vscntles sondeurs pou faire les moules. 6.
VI. Expliquer la fusion des métaux fans feu, ou auec feu, ceux qui fe sondent
plus aisément, & comme ils s'engendrent en terre. 8.
VIL Quelle doit estre Tespaisseur des Cloches pour faire toutes sortes d'ac-
cords j & quel est le Diapason,ou la Brochette des Fondeurs. 9. Où son
Void leVeritable Diapasondes efpaiffeurs.
VIII. le Diapason des Fondeurs la grandeur des Cloches, &
Expliquer pour
donner le véritable. 13.
IX. Déterminer si les Fondeurs doiuent faire le ton mineur ou le majeur pour
l'accord de deux Cloches. 15.
de THarmonie Vniuerselle.

X. LcspaiiTeur d'vne cloche estant donnée, trouuer


sa grandeur &: son
poids,'
fa pelante ur ou grandeur estant données, trouuer son eípaisseur : Tvne des
choses précédentes estant données, donner le ton de la Cloche \ & ce ton
estant cognu, trouuer son
poids, son bord & fa grandeur. 16.
XI. Trouuer la grandeur ou
solidité d'vne Cloche, par le moyen de l'eau. ip.
XII. Trouuer combien il y a d'estain, de cuiure, ou d'autre métal en toutes
sortes de Cloches i & si les Fondeurs ont suiuylaloyôc la dose qui leur a
esté prescrite. 21.
XIII. Si Ton peut faire des Cloches qui nagent fur l'eau, ou fur les autre s li-

queurs. 23.
XIV. Déterminer la diffe rence des sons que font les Cloches de meíme gran-

deur, lors qu'elles sont de differens métaux. 24. Oùl'on void la différence des

pesanteurs, & des sons de toutes sortes de métaux.


XV. Combien les Cloches de différents métaux doiuent estre plus ou moins
; grandes pour faire TVnisson, ou tel autre interuaîle 26. qu'on voudra.
XVI. Donner la pesanteur de IL. Cloches de differens métaux, & la méthode
vniuerselle pour trouuer la différence de leurs pesanteurs, par le moyen de
Tau ou des autres liqueurs. 18. Où l'on void des tables fort exaólesde la pesan-^
ttu, de toutes sortes de métaux.
XVi í. Expliquer comme Ton peut faire des Cons différents auec vne meíme
Cloche ou mesine verre: & si Ton peut la q uantité deTeau ou du
cognoistré
\'\n qu'ils contiennent parleurs Cons di fferens. 32. Oàl'onvoiddemerueiUeufes

expériences.
XV UI. Pourquoy vne mesme Cloche fait plusieurs sons differens en mes-
me temps. 1,6,
XIX. Commesc fait le sondes C loches, & de tous les autres Instrumensdc

percussion. 37.
X X. De quelle distance Ton peut oiiir les Cloches , & si le ur son peut estre"
aussi fort que le bruit du canon ou du tonnerre. 4 o.
XXI. Expliquer la figure des Carillons pour faire des Concerts, & lamanie-
re de discourir par leur moyen. 41.
XXII. comme il fautpendre les Clochespour les rendre aisées à sonner, &
de quelles machines on peut vser pour les monter. 43.
X XIII. Expliquer les proprietez naturelles & miraculeuses des Cloches. 46»'
XXIV. Expliquer la matière, le ton & Tvfagcdes Caitagnettes &
lafigure,
des 47.
Cymballes.
XXV la matière, la figure & Tvsa ge de la Rebube ouTrompe.4P?
Expliquer
X>; VI. Expliquer la matière des Tambours , & les termes dont on exprime
routes leurs parties. 51.
XX VII. Quelle doit estre leurs faire vn Concert ensemble à
grandeurs pour
plusieurs parties. 54.
XX VIII. la tablature des Tambours, & leurs différentes bateries?
Expliquer
55-
XXIX. Expliquer la construction des Instrumens composez. 57.
XXX. Donner du traicté des Genres, & des modes de Monsieur
Tabregé
Doni Secrétaire du sacré Consistoire. 58. Voyez t Aduertiffemenu
XXXI. Donner les de
Eloges des hommes illustres en la Théorie & pratique
la Musique. 6. Où Ion wid deux de tvne à 6, j&* f autre à 5./><<r-
pièces Musique,
Table des
Propositions
nés, £i. y 66. auec laverfim du Symbole de S. Athanafe en Vers François. 6$ì\
O* les Erata de tous lesliures qmlsaut corriger, auecquelques aduK,&VnEffap
moraldes Mathématiques.
18. du 8. liure de svtilitê de s Harmonie.
Propositions
I. Qu'il n'y aquasinullescienccou à qui les liures Harmoniques
profession,
precedens ne puissent seruir. 1.
II. Monstrer Tvtilité de THarmonie les Prédicateurs & autres Orateurs?
pour
son Prédicateurs.
4. Où T/oidsix Aduertifsemens pour les
des Prédicateurs
III. Monstrer Tvsage des Mathématiques en faueur , &Iei
moyen d'en tirer des motifs d'humilité.
IV. En quoy THarmonie & les autres parties des Mathématiques peuuent
à la vie spirituelle.
seruir 10. Où son void 4. notables Aduertifsemens.
V. Expliquer les figures & les proprietez des Sections tant pour
Coniques,
les miroirs, que pour les lunettes de longue veuë, & les échos. 28. Où son
Void la manière de mesurer larondeur, O* le demidiametre de la terre, par vne
: & 5. Corollaires
seule obseruation fort remarquables.
VL Expliquer les vtilitaz de THarmonie pour les pour la milices
Ingénieurs,
& pour les canons,dont on void les portées. 37. Voyez 3. Aduertifsemens.
VII. Expliquer plusieurs paradoxes de la vitesse des mouuemens en faueur
des MaistreSjOu Généraux de Tartillerie. 42.
VIII. Que les Roys peuuent tirer de Tvtilité de nos remarques des sons &
des Echos. 44.
IX. Expliquer VvtilitédeTHarmonie pour la Morale & la Politique. 46. auec
Vu Corollaire en faueur des luges &* des Aduocats, &> f Instrument de sHarmo^
nie mondaine.
X. Expliquer les eípeces des raisons, & les termes dont elles doiuent estre

exprimées. 51.
XI. Expliquer les quantitez& raisons incommensurables ou irrationelles/53.'
XII. La raison donnée se continue en faisant le conséquent ait mesme rai-
que
son à vn autreterme,que Tantecedent audit conséquent.
55.
XIII. L'addition des raisons se fait en multipliant Tantecedent de Tvne par

celuy de l'autre, & le conséquent par le conséquent, puisque les produits


contiennent vneraisoncompofée des deux adioustées ensemble. 56.
XIV. O n soustrait vne moindre raison d'vne plus grande, en multipliant Tan-
tecedent de Tvne par le conséquent de l'autre, & le conséquent par Tantes
cèdent. 56.
XV. L'on multiplie la raison donnée , en prenant les puissances de lantece-]
dent & du conséquent de Tordre déterminé par le multipliant. 57.
XVI. On diuise la raison donnée en prenant les costez de Tantecedent & du
du degré déterminé par le diuiseur. 58.
conséquent
XVII. d'vne autre manière les précédentes des raisons
Expliquer opérations
par le moyen des lignes. 5p.
XVIII. Si les corps pesons deuiennent d'autant plus légers qu'ils sont plus pro-
ches du centre dela terre, & rechercher en est la raison. 61. Où
quelle
& des de U
sonvoidenfinlessautesdetlmpresiion, remarques différente portée,
des canons.
Fin de la Table des
Propositions.
Premier Adnertiffement.
Ic laisse les tiltres du Traictédes Obscruations 8c Mathémati-
Physiques
tiennent lieu de Propositions
ques ; quoy qu'ils : parce qu'on les void à Totl-
uertureduditTraicté, lequel peut-estre pris pour le 20. liure de cétceuure.
Fautes de la Table précédente corrigées.
Encore que les pages ne soient pas ie les cotte
marquées par nombres,
neantmoins comme si elles auoientdes nombres, afin que Ton en corrige les
sautes qui suiuent : page 3. ligne 2. effacez
mefme.l. 26.lisez s efface pour
sesfcce.
p.5.1.i4.adjoustez,<27',deuant s'il.l. 38. centres pour autres, p. 10.1. 4. âpres
differens,adiou(íezquesonVeut.\.i4..Artipo\\rAir.l.2}.partie.\>. 12.1. 7. pres
deh&n, au nombre, pour à.l. 28. âpres monstrer, adióustcz la ma-
p.15.1.3.^
nière. I.3. pres la fin, âpres aw/0/'»f,adioustez qui. p. 16.1.10. extérieures qu in-
térieures. I.30. lisez de deux manières d'aller de laTierce mineure à t Vnisson. p, 17.
I.7. pres la fin lisez Fugues & Contre fugues, p.io. 1.20. Consonans &• Dissonans,
p. 21.I.8.&P. durée.
Second Aduertifsemens
Ces vuidesm'ont faitnaistre Toccasionde donner vn
pages petit Abrégé
de la Musique Speculatiue, pour ceux qui n'ont pas loisir de lire nos Traitiez
tous entiers. O r il faut encore les fautes afin le Le-
corriger qui suiuent, que
cteur n'aye nul sujet de s'arrester.

Page 147. du second liure des Ch ants ligne 2p. au lieu de la 4.


prop.
lisez le
4. Corollaire de svnziefme proposition.
Liurei. des Instrumens. p. 40. l.i. lisez „', 1.16.^1.2$.^ 1.4. pres de la fin
adioustez vnzero à 15000. p.41.1.2. & 3. effacez depuis à qui
qui sont, iusques
suiuent. 1.7. pres la fin effacez douze-
Liure 6. des Instrumens. p. 364.1.22. pour fastes lisez forts : & puis effacez
le reste iusques àla26. ligne qui commence. Or. 5. lignes pres de la fin , pour
lisez c/o/.p. 365.1.15. & \6. effacez à m%.\. 17. effacez
grésil depuis qui iusques
d'Amilare^ finit sur celle. 1. ip. & 10. effacez depuis de la iusques à de là, & au
lieu de la chorde^ lisez de l'accord.
Liure 7. des Instrumens de percussion, p.2. lisez m$>ui. p. 3.1. i^.vsoient. 1.23.'
«Víp.ii. dans le premier nombre du haut de la 3. colomnede la table adiou-
steZ4alafin pour auoir 1554. p. 17.1.12. escriuez u. ,70 ou n ,'».

de U
Abrégé Musique speculatiue.

Article I. Le son n'est autre chose qu vn battement d'air, que l'ouye appré-
hende lors en est touchée. Or les deux du
qu'elle principales proprietez
son consistent dans la force & dans les qualitez que nous appelions graue
& Sa force est d'autant est fait
aiçu. plus grande qu'il par vn batement
d'air plus violent : & ce batement est d'autant Ton frappe
plus violent, que
vne plus grande d'air en mesme
quantité temps.
Quant â fa est dautant
grauité,elle plus grande, qu'il se fait par des batemens
plus tardifs ;& par conséquent il est d'autant plus aigu qu'il se fait par des
batemens plus vistes ; par exemple s'il se fait vn son dans vn temps donné
par yo. batemens, & vn autre son en vn temps cc
égal par 100. batemens,
dernier son sera deux fois plus
aigu que le premier.
sons se font ensemble & en mesme temps, on
II. Lorsque deux ou plusieurs
les appelle Cosonans, quand ils s'accordent bien, & qu'ils plaisent à Touye

& à Tesprit. Or la raison de ces accords se prend de l'vnion desdits sons,

de sorte qu'ils font des accords d'autat ils ont leur vnion plus
plus doux,qu
estroite & plus grande, comme Ton espreuueà TVnisson, à TOctaue, au

Diapente, &c.
L'Vnisson est Tvnion ou le mestange de deux sons faits parvn nombre égal de
batemens d'air est le mestange
j L'O ctaue de deux sons, dont le plus gráuo
est fait par vnbatement, & le plus aigu par deux ; & le Diapente est le mé-
se fait par deux batemens, & le plus
lange de deux sons, dont le plus graue
aigu par trois.
Toutes les simples Consonances font comprises & expliquées par les 6. pre-'
miers nombres. ik 2.3.4.5, & 6. car TOctaue est d'vn à 2. la Quinte de 2.à 3.
le Ditonoula Tierce majeure de 4. à
laQuarteouleDiâtessaronde3.à4.
5. &lamineurede$.à 6. Or ils représentent le nombre & la comparai-
sonde leurs batemens.
III. L'Octaue est la plus douce de toutes, âpres TVnisson ; parce que ses bate-
s'vnissent ensemble : carie batement du sort
mens plus sounent premier
du batement du son graue, & le second
aigu s'vnit auec la première partie
batement auec la derniere : où bien ses batemens s'vnissent de 2.
partie
&c.
coups en 2. coups : ceux de la Quinte de 3. coups en 3. coups,
Et lors que Tvnion est égale de la part dusonaigu , & inégale de la part du

graue, la Consonance qui vnit également ses sons de la part de Tvn & de
l'autre jèst plus douce : par exemple les batemens de la Quinte s'vnissent de

3. coups en3. coups, à Tégard du son aigu, &: de 2. en 2. à Tégard du graue.'


Mais la Douziesme vnit ses sons à chaque à Tégard du graue : c'est
coup,
elle est plus douce.
pourquoy
IV. le poids ne peut faire monter vne chorde à TOctaue, s'il n'est:
Puisque
quadruple, Ton peut dire que le son aigu de TOctaue est 4. fois plus pesant

que le son graue. Mais quand les chordes sont différentes en longueur, 6c
d égaie grosseur & matière, le poidsqui doit faire monter la chorde 2. fois
à TOctaue , doitestreJt£é£apìe, parce que le quadruple met
plus longue
feulement la chorde double à TVnisson de la souzdouble} & puis le qua-

druple la fait monter à TOctaue.


V. L'on peut dire que23o. toises sont la propre mesure des sons droits ; puis

qu'ils font ce chemin dans le temps d vne seconde, íoit que le vent fauo-

rise, où qu'il soit contraire, & que les sons soient forts oufoibles : & que
162. toises sont là mesure des sons réfléchis, puifqu'vne syllabe prononcée
lô plus viste que Ton peut, va frapper la muraille de 81. toises, &
éloignée
puis il reuient à l'oreille dans le temps d'vne seconde minute. Or si le son
se fait par des cercles semblables à ceux qui se font fur l'eau, il est certain

que Témotion de l'air qui porte le son, est 18 7 o. fois plus viste que la mo-
tion de l'eau ; d où Ton peut conclurre que l'air est 1870. fois plus aisé à.
mouuoir, plus liquide, moins résistant & plus leger que l'eau.
L'on trouuera de cét Abrégé auec vne grande multitude
lespreuues d'au-.
tresspeculations,&deplusieursobseruations& expériences dansles ip. li-
ures , & particulièrement dans le Traicté des O bscruations.

F I N.
P RE M I ERE

PREFACE GENERALE

AV LECTEVR

«g^^l^^f
ETTE Préface contient de certaines remarques qui ser-
uiront à Tintelligence de quelques ou de la
5w^^^^^^ propositions,
fuite des liures , qui peut estre telle Ton voudra : &
'^i^^^^^S que
les Imprimeurs n'ont fait suiure les
^/^^^^^^ parce que pas tousiours
nombres au haut des pages, & qu'ils les ont recommencez
I§Ê^S5Ç&§&(B
fois contre mon dessein, comme Ton void au 7. liure des Instru-
plusieurs
la
mens, qui parle des Instrumens de percussion, dont première page de-
uoit estre cotée du nombre 413. ie n'ay pas voulu mettre la table de ces li-
ures, depeur de la rendre de trop difficile à raison des différents cha-
víage,
ractcres,dont il eust fallu vser chaque traité
pour signifier particulier:
il eust fallu vser des 2. premières lettres A, B, C, D, E F,
par exemple,
G & H, pour le traité des sons, des mechaniques, de la voix, de
signifier
la composition, des Instruments, des Instrumens de percussion ,& de Tv-
tilitéde la désire, elle ne soit pas si difficile
TharmoniCj&c.quoyquesion
que Ton ne s'en puisse seruir vtilement : ioint que le liure de Tvtilité

Prédicateurs, & tous tirer de Thârmonie,supplée en quel-


queles peuuent
que façon ladite table, & que chacun en peut faire vne pour son vsage à
la fin de son
exemplaire.
Or le aduertissement
premier que ie veux donner apres auoir prié lc Le-
cteur de les sautes n'est qu'vnc de ce
corriger deHmprcssion, répétition
que i'ay diten plusieurs autres lieux, sçauoir que ic ne deíìre pas qu'on
croye que ie me persuade d'auoir demonstré ce que ie propose dans les

que ie parlcsouuent
propositions > quoy en affirmant: Ton donc
prendra
pour vne narration tout ce que i'ay dit, si Tonne se sent contraint
simple
par les expériences, ou les raisons que i'apporte d'embrasser ce que ie pro-
lors que lc ion par lc mouuement
pose: par exemple, de l'air,
i'expliquc
nullement se coulent
ien'empesche que Ton ne mette des espèces, qui
dansTair comme la chaleur, & en quelque comme lalumiere,
façon quoy
qu'auccdu temps :& quand i'ay ditqu'il y a mesme raison entre les sons,

qu'entre les mouuemens de l'air, ou des chordes ,ie laisse la liberté à cha-
cun de douter si les sonsn'estans aux chordes, leurs rai-
pas homogènes
sons & estre transportées aux sons: Ton
proportions peuuent quoy que si
considère la manière dont ie me fers pour la raiíon de Toctaue,
prouuer
& des autres consonantes ou interualles ne dépendent
harmoniques,dlc
A
nullement de la ou grosseur des chordes,parce que ic n'vse d'au-
longueur,
tre chose des seuls mouuemens, ou batemens d'air ; de forte que s'il y
que
a chose de dcmonstrable dans la Ton ne à mon
quelque Musique, peut,
auec vne meilleure méthode, celle dont ic me fers en
auis,y procéder que
tous les traitez de cet oeuure. Car le nombre des batemens d'air se rrouue
bien chordes, comme dans les cloches tremblent
|>ar tout,austi qu'aux qui
iustement autant de fois les chordes, lors sont à
que qu'elles Tvnissonrpar
fi la chorde faitle son bas, & le plus graue de ma voix
exemple, qui plus
rremble,&batTair4ofois dans le d'vn batement cloche
temps depoux,la
faitTvnifíontremblera 40 fois enmesme
qui temps, soirqu'onla frappe
de marteau, ou la touche seulement du bout du
d'vntoup qu'on doigt,
comme ilarriue à la chorde ausiì
d'vn bien
qui aura Luth,
40 tremble-
mens dans cet de temps, soit qu'on la pince bien fort,ou soit
espace qu'elle
feulement touchée le ou
par pied d'vne mouche, parle vent, comme ie
monstre dans le 3 liure des mouuemens, &dans les 4
premiers
liures des
instrumens.
Il faut remarquer cn 2 lieu qu'il y a beaucoup de choses dans le
pre-
mier liure faut modifier suiuant ce qui est dans lc3,& félonies
qu'il expé-
riences que chacun faire à son loisir j & que Ton peut tirer
peut plusieurs
ie n'ay
conclusions des3 premiers liures, lesquelles pas touchées : par
l'on monstrer flèche estant tirée de dedansvn ba-
exemple, peut qu'vne
est hors ledit
teau paroistra immobile àceluy qui bateau, suppoíé qu'il aille
viste la flèche, lors la tire vers
auííî que qu'on l'Occident,& qu'il va vers
J'OtientiÔÉ semblablement quele boulet d'vn canon tiré sur la terre vers
se remueroit à Tcgard de celuy
TQcjqdlt,ne point qui demeureroit stable,
tandis la terre tourneroit aussi viste versl'Orient, comme il artiucroit
que
si Popinion estoit Or les dernieres du 3
d'Aristarque vraye. propositions
liurç seruent à & à la correction du & du 2, dont il
TinceUigcnce premier
ne faut; en dernier ressort auant que d'auoir leu ledit troisième
pas iuger
du mouuement, auec son traité des mechaniques.
Mais il est bon d'ajouster deux choses à ce hure, la immédia-
premierc
tement dcuantía 4. prop. 165 , à íçauoir Tvn des excellents es-
page que
de çe temps,donnant la raison de la reflexion desarcs, & des autres
prits
considère que tous
les corps nous voyons sont
corps, premièrement que
d'vne certaine matière ne estre veuë, &
remplis tres-subtile, qui peut qui le
de forte
meut tousiours grandement viste, qu'elle passe facilcmentà tra-
uers les porres, ou les petits vuides, de mesme manière
que l'eau d'vne ri-
uiereà trauersles trous d'vne Nasse, ou
d'vnpannier.
En second lieu, les retournent estant ont leurs
que corps qui pliez po-
res tellement lors cette matière subtile ne
disposez qu'on lçsplic,que peut
il arriue
plus si aisement passer
à trauers, q.u'auparauant:d'ou
qu'elle s ef-
force de les remettre en leur arriuer cn
premier estat.Cequi peut plusieurs
: si Ton s'imagine les porcs d'vn arc
façons par exemple, que qui n'est point
bandé font aussi à Tcntrcc Ie bandant on les
larges qu'à lasortie,& qu'en
rend il est certain la matière subtile
pluscstroitsàla sortie, que qui entre
dedans le costé le fait effort en ressortir l'autre co-
par plus large, pour par
sté est si Ton les de cet arc cstoienr
qui plusestroit:& s'imagine que pores
ronds auant en
qu'il fuit plié, &
qu'apresils soient oualc,&que les
parues
de la matière subtile, doiuent à trauers, font aussi rondesjil est
qui passer
euident lors qu'elles se entrer en ces trous elles
que présentent pour ouales,
font effort lesrcndre ronds, & par conséquent redresser l'arc,
pour pour
d'autant Tvn dépend de l'autre. Oril semble les subtils dont
que que corps
il parle se aisement entendre des atomes se
puissent qui meuuentperpe-
tucllemenr.-maisonen Ycrra la démonstration
physiquc,lors qu'il luy plai-
ra la donner.
La seconde doit estre ajoutée à la u. 222. immédiatement
prop. page
deuant. EnA yant 5 lieu. donc fait roullcr
de dans vne
le dc- boule
plomb
micercle L B K, d ont le rayon A B est de 2 pieds 6c 7. & ayant
pouces,
vne autre boule de mesine pesanteur
à vn silet de mesme
longueur,
pendu
ce silet auec sa boule faiti 9 retrours, en mesine
temps que
la boule roulante
dans ledit quart de cercle n'en fait que 18, de sorte la boule
que suspendue
à vne fuselle deuancent tousiours les retours des roulemcns de Tvn de ses
mais au lieu ne va
fois de L vers K, & re-
retours} que 9
qu'elle qu'ellenc
uienrque 9 fois L, en roulant,
de K vers auant que de se reposer au
point
E,elle va du moins 1500. fois de L vers K,&reuient autant de fois de K
versL auant de se B,lors est attachée au filet A B:
que repoíeren qu'elle
où Ton void combien le Ltí K nuist
par plan de bois au retours de labou-
îe qui roûle dessus : car s'il estoit si
parfaitement
rond & poli nel'em-
qu'il
le Ton s'imagine dans Tair,la boule iróitdu
pcfchast pas plus que pian que
moins autant de fois, &ausii haut d'vn costé & d'autre, cn roulant comme
elle fait estant attachée au filet. I'ay dit du moins, parce qu'elle n'auroitpas
Tempcschement
du filet, qui retarde, & empeschevn peu la grandeur des
retoursde la baie. Or lachorde tient la boule B 3
qui suspendue, ayant
&demi en y comprenant Taboulé, fait iustement chacun
pieds delong,
de ses tours cn mesme boule
tempsque l'autre fait chacun de ses roulemens
danslc le rayon est de 2 pieds & 7 pouces, c'est à dire
ccrclc,dont que cha-
tour de son roulement dure vne seconde minute : de sorte les
que que
rayons des cercles du roulement sont en raison doublée des
temps,comme
nous auonsditdes sissellcs, qui tiennent les boules suspendues.
11 arriue encore vne choie dans Ie nombre des
roulemens,
remarquable
se font fur le bord interne de 2 cribles, de différentes à sca-
qui grandeurs,
uoirque la mesine boule fait autant de tours & retours dans le cribledonc
Ie diamètre est de j pieds deux & dans celuy dont le diamètre n'est
pouces,
qued'vnpied& demi .-par exemple vne boule d'yuoirc bien ronde Ôcbien

polie,de mesme grosseur celle de plomb, fait 20 tours & autant de re-
que
tours dans Tvn & l'autre crible,en les laissant rouler du haut de leurs
quarts
de cercles, mais chaque tour dure vne seconde minute dans lc
qui grand
crible, dure moins fur lc suiuant la raison sous-doublée des temps
petit,
aux
espaces.
D'où Ton conclure les chordes de meíme
peut que harmoniques gros-
seur, mesme matière, & mesme tension font autant de retours les vncs

que les autres , quelque différence qu'il y aytdans leurs


longueurs;
mais
en telle forte la entierc de tous les retours de la courte
que période plus
duredaurant moins est courte, comme cn par-
qu'elle plus i'ay remarqué
lan t des chordes, car il semble les retours de toutes sortes de reflexions
que
se facent la mesme raison : par lors les d'vne clo-
pour exemple, que parties
A ij
chc & vont soutient delà auant
frémissent, deçà que de se rcposer,ce mou-
uement arriue à catiíe de la trop grande impression que chaque partie
& se donne à soy-mesme se remettre dans son lieu natu-
s'imprime pour
la boule qui tombe ou qui est suspendue
rel, comme à vne chorde s'é-

trop fort elle mesme


branle demeurer en son centre dez son
pour premier
retour.
íl faut encore de cercle , à sçauoir LB, &
remarquer que chaque quart
B K estahtdiuisé en 90 parties,quandlabale roule du point L par B vers
K, elle monte premièrement par de là B vers K iusques à 71
degré,dontlè
commence en B, & puis elle retourne vers L iusques à 52 degrez,
premier
de sorte que la première colomne de cette table monstre les degrez de ses
tours de B vers K, & la seconde ses retours de B vers L. Mais les tours
estant comme on les void dans la
supposez
TABLE. table, & comme ils se font en ef-
première
ï n m fet sur les bords du crible, les retours de la
z deuoient suiureles nombres de la 3 co-
7 5* 5*.
colomne,de forte que ce qu'il y a de diffé-
52 42. 41 de
rence vient des surfaces,ou
Tinegalité
4i 35 35 des differens endroits des bords su r
lesquels
35 3° 3* la boule roule. Quoy qu'il cn soit lc Le-
32 28 28
cteur verra s'il tirer con-
28 peut quelque
ij 25 noissance de la diminution des tours & re-
25 I zo 11
tours^ de leur cn considérant ces
21 périodes
16 1 19
36 tours & retours.
19 12 15 Il faut aussi remarquer fur ce que i'ay dit
15 10 11
dans ces Hures de la cheute des , qu'il
11 ío poids
9
y a de l'apparence que les corps pesans ne
10 7 p le cercle
passcroient pas par delà deia terre,
9 5 7 s ils deuenoient d'autant moins
pesans ou
7 4 5
plus légers à mesure qu'ils approchent du-
5 3 4 ilsnc pèsent
ditccntre,dans lequel point.
4 1 3 Parce que Timpctuositc cesseroit, cc sem-
312 à peu, ne trouuant
ble, peu plus le corps
* I I
disposé à la receuoir,à cause de Tabícncc
Mais il est tres-difhcilc ce qui en est, c'est
desapesanteur. d'experimenter
ien'en
pourquoy parle pas dauantage.
En 3 lieu,lapluspart des propositions du liure de la voix méritent des
liures entiers, faire ceux qui auront assez
que pourront d'expériences
confirmer tout cc que Ton peut désirer dans vn tel sujet : mais il
pour
scroit à propos excellens harmoniques fissent,
que quelques philosophes
ou vissent eux-mcfmcs la anatomie du larynx, & de toutes les
parfaite
autres contribuent à la voix, & celle de l'oreille, afin d'exa-
parties qui
miner le mouuement du tympan, des muscles, & des osselets qui font ou

aydentl'ouyc. Caries Médecins ne nous donnent pas assez de lumière fur


cc sujet.

Quant au Liure des Chants, ic n'ay rien à remarquer que Ic grand vsage
de toutes sortes de rencontres,
qui s'en peut tirer pour tout cc qui depend
fie de combinations,cV:la des noms de deux
gentille remarque Religieux*
Monsieur de Peiresc, Thonneur de toute la Prouence^m'a
que enuoyé,à
F. Saluator Mile,Ôc F. Louis Almerat, donc chacun à dans TÁna*
íçauoir
de son nom, les six v/-, re, mi,fa,sol, /<í,sans changer, aioû-
gramme syllabes,
ter , ny oster aucune lettre. Si Tidentité des Anagrammes
signifioit la
ressemblance du de Thumcur, & des Ton
tempérament esprits, iugeroit
s'aymcroient grandement, & qu'ils symboliseroienten cho-
qu'ils plusieurs
ies', par exemple, qu'ils auroient vne mesine natiuité, &c. mais Ton ne
ces non
trouue pas que Anagrammes, plus que Tidentité des nations, con-
tribuent ou signifient aucune chose dans la vie des hommes. I'aioûte seu-
lement les
71 Q Chants de ces 6 notes,font
que que i'ay donné capables
de Texercice de tous les plus cxccllens Musiciensdu monde, s'ils
entrepren-
nent d'en déterminer lc plus beau, lc meilleur, & le plus ;& puis
agréable
le degré de Tagréement d'vn chacun, & le suiet auquel il est le plus
propre.
L'on peut austi accommoder cette variété aux 6 differens, ou aux 6
temps
valeurs des 6 notes différentes Ton void dans la 20 du 4 Liure
que prop.
4c la Composition, depuis la breue
iusques
à la double crochue ; ou aux 6

premiers nombres, & aux 6 lettres d'vn nom donné, cn faire 720 va-
pour
rietez ou : & si Ton veut voir les 4310 Chants des
Anagrammes composez
8 notes de l'Oòtaue,i'en ay fait vn Volume entier.
En 4 lieu, le traité dcsconsonanccs,des modcs,&de la com-
genrcs,des
seruir à toutes sortes
de personnes, soit pour chanter, ou
position, peut
donner les raisons de tout ce qui arriue dans THarmonie ; de sorte que
pour
ces 4 liures suffisent tous seuls aux Musiciens, fans qu'il soit besoin li-
qu'ils
sent les autres, ceux des Instrumens. Et parce ne sont
excepté qu*ils pas
ipour Tordinaire spirituels,i'y ay inféré beaucoup de considéra-
beaucoup
qui leur
tions, seruir dautant de Liures de deuotion, affin qu'au
peuuent
lieu d'abuser de THarmonie, que Dieu a départie aux hommes pour Je
louer, ils Temploycnt à son honneur, & que ce qui sert à débaucher les
mauuais esprits, éieue les leurs à la des choses diuines, &
contemplation
leur face mériter leCiel.
En y lieu, les Liures des Instrumens donnent de connoissan-
beaucoup
ces, & d'expériences qui ne sont pas dans les autres
c'est pourquoyLiures,il
est à propos de les lire, comme Ton auoiira cn les fucillctant. Orien'ay pas
voulu descrire au long Instrumens les
plusieurs nouucaux,par exemple
ont vn archet fans fin pour faire iouer des concerts entiers de
Epinettcs,qui
Violes, & les les syllabes, aussi bien que les hom-
Orgues qui prononcent
affin les y ont
mes, que facteurs, contribuéinuention, de leur
reçoi-
qui
ucntquelquefruitdeleurslabeurs.il suffit de dire que Ton peut composer
des machines feront attri-
harmoniques , qui plus que la teste parlante
buée à A Ibert lc Grand, & qui rauiront tous ceux qui nc scauent les se-
pas
crets de THarmonie iointsà ceux des mechaniques.
En 6 lieu, ie donne encore du Luth,
icy la manière de diuiser le manche
de la Viole,& des autres instrumens les demi tons egaux,afrm
pour y mettre
que les facteurs puissent accommoder les touches de plusieurs Luths en
fort de & auec vne grande facilite, íans chercher à tastons : or
peu temps,
cette méthode des nombres de la 9 du 4 Liure des Instru-
dépend prop.
mens, ou de la feule colomne du Diapason l'on
première dcsOrgucs,que
void à la 339 du 6 Liure des à sçauoir 1000,944 &c* &e
page Instrumens,
A iji
sorte que si Ton diuisoit vne ligne tirée sur ie Luth, depuis son cheualet ius-
à son sillet, en mille parties,le second nombre 944 donneroit lclicu
ques
de la première touche, & le j,à sçauoir 89i,monstreroit le lieu de la 3: mais
cette diuision est trop & trop difficile à faire, encore
parce que longue,
faite vne fois fur deux règles iointes par les bouts en forme de
qu'estant
elle puisse seruir tousiours-, il surfit de
compas, pour marquer première-
par B, ce que Ton fera en diuiíànt
ment la première touche Tes-
signifiée
le sillet & le cheualet en 50 dont ostées
pace d'entre 3 parties estant
parties,
monstreront le lieu de la première comme
touche, i'ay dit dans la page zot
dcsinstrumés.Gecy'estantfakjsiTonavn de proportio,il faut tel-
compas
la longueur se tronq-
lemcntTouurir,que depuis le sillet iusques au cheualet
ue entre lejó des parries égales des 1 branches,parce que y6 est la différence
de 1000 à 944 :& puis la différence de tous les autres nombres.qui suiuent
à joOjdònneront toutes les autres touches :&si le compas de pro-
iusques
est trop petit, Ton prendra Touuerture du double de 56, à sçauoir
portion
112. Etpourcequc les facteurs n'ont
pointdecescompas pour Tordinaire>
il suffit qu'ils diuisent la moitié d'vne règle en j6 parties,en commençant
en haut, estantiointe auec vne cheuille au bout d'vne autre re-
laquelle
soit aussi diuisée, qui leur donne
gle,qui la liberté de souurir comme vn
ic dis que s'ils ouurenuellement ces 1 rcgles,que Touuerture de
compas,
56 prise auec vn compas commun, donne la
grandeur
de la première tou-
che, Touuerture de $$ donnera la grandeur de la seconde, celle de 49 don-*
nera la 3, & ainsi des autres suiuant la petite Table la pre-
qui suit, dont
mière colomne contient les 13 nombres du diuisé en IL demi-
Diapason
tons egaux par les u nombres,qui u
signifient lignes moyennes propor-
tionnelles entre 1000 & 500, qui donnent les 2 extremitez de TOctaue.
La 2. colomne contient les nombres du compas des facteurs fait des 2 rè-
ils peuuent lc des manches.
gles précédentes, lequel appcllcr Diapason
Or les 11 nombres de la 2 colomne nc sont au»
Table les facteurs tre chose de ceux de la pre-
pour d'in- que les différences
mière ; de sorte qu'il faut tousiours
strumens. laisser les

rcglcs ouucrtes de mesine façon, & transpor-


1 11
ter les ouuerturcs des onze nombres les vnes
à feauoir
âpres les autres furies manches, Tou-
1000
uerture de j3 pour la 2 touche: car quant à la
56
944
premiereil lafaut marquer comme i'ay dir cy-
891 53
dessus,& ayant donné aubout,ouaux point des
842 49 où j6 se trouuera, Touuerture de la
règles gran-
794 47 deur de la première les nombres
touche, 53,49,
75° 44 &c. donneront les onze autres,si Ton porte ces
708 42 ouucrtures la première touche les vnes
depuis
66% 40 les autres vers lc cheualet, c'est à dire en
apres
630 38 descendant. Et s'il y a quelque facteur qui ne
599 36 en
puisse comprendre cecy,ie luy monstreray
5*i 3Î la Pratique il voudra.
quand
53* 30 Cc que ic feray semblablement enuers tous
500 J 28
ceux qui formerôt quelque difficulté en ce que
dit ailleurs dans tous les traites de 1 Harmonie, ils Ic
rauray pourueuqu
veuillent résoudre às'èn seruir loiicrlc Maistrc du concert de
pour grand
Tvniuers,àTimitation du Prophète Royal, qui nous y exhorte rous par
ce beau verset du 33 Píâlme, Dominummecum, & exaltemus no-
Magnisicate
men eius in idipfum. Tajoûte neantmoins que les nombres proportionnels
de la 14 & 15 prop. du premier, & ceux de la 37 du 6 liure des Instrumens
donnent la diuision des manches beaucoup plus exactement.
En 7 lieu,ie veux sert à iouer de j ou6 Vio-
icydescrircTlnstrumentqui
lc Clauecin,
les cn touchant parce qu'il est fort propre pour les concerts:
i'en aye dans la 12
car bien que parlé prop. du 4, & dans la ^o du 7 Liure des
que Tarchct
Instrumens, il est à propos d'aioûter fans fin a esté icy trouué

que mes Liures


A icuries hommes, tandis se sont imprimés, à sçauoir
par
ie nomme dans i'Auertissement de ladite 30 prop.
par ecluy que &parvn
A llemand, s'est scrui de chordes de boyau dont les extremitez sont
lequel
si bien collces auec de la colle de poisson, semblent estre conti^-
qu'elles
nuées. Orcetarchet est bandé fur deux de bois
petites poulies qui tornent
fur leurs axes,& sont perpendiculaires à TOrizon,comme sont les chordes,
à la façó de celles d'vne il a imité la figure,dc sorte que Ton void
Harpe,dót
à trauers les chordes tous ceux qui sont derrière
Tlnstrument,cc qui lc rend
voir tous ceux qui chantent dans
le concert, & consequem-
propre pour
ment celuy qui bat la mesure. Ce que Ton deuroit obscrucr aux
Orgues,
affin que TOrganiste veist ceux qui chantent dans lc Choeur. Surquoy il cil
bon de remarquer sont mieux
que les Orgues des Eghsesd'Italic disposées
des 2 costcz,qui
que les nostres, cn ce qu'on les void également seruent tous
deux d'ornement & de parade, au lieu qu'on ne void que la face des nostres,
est dans vnechambre,laquelleest située
parce que leur soufflerie derrière,
mais ils mettent leurs soufflets en bas dans vne cauc faite de sorte
exprès,
lc vent est porté vn portcuent fort monte à la faueur
que par long, qui
d'vn au lieu oiì TOrgue est posé entre deux
pilier iusques piliers.
Quant àl'lnstrument qui fait lc concert de Violes, & auquel on peue
le nom d Archiviole, ou tel autre voudra, ecluy que ic descris
imposer qu'on
resonner
n'a point d'autre pour corps qu'vn gros bras
au corps semblable
concaue de la Harpe: & lorsque Tarchet se de bande, soit pour le
change-
ment, ou par la longueur du temps, l'on tire les à droit & à gauche
poulies
par lc moyen des viz, les tiennent attachées contre vne tringle, ou au-
qui
tre morceau de bois.
Cet archet coule fur vne règle de bois traucrse Tínstrumcnt vers lc
qui
bout des marches,auquel on accommode
tellement de petits morceaux
de bois, de lcton, ou de fer, qu'ils pressent les chordes contre Tarchct si tost
qu'on lesabbaisse iouer. Mais lc François a encore mieux réussi que
pour
TA llemand, lc corps de Ion Instrument estant comme
parce que ecluy du
Clauecin,resonne beaucoup mieux, & produit vne si grande Harmonie,
qu'elle laisse de Tadmiration aux auditeurs. Ses poulies ont leursaxes pa-
rallèles & le mouuement
àl'Orizon, qui fait aller Tarchct,n'est compose
que d'vne seule roue, auec vne poulie. Mais il est nécessaire d'attacher vn
morceau de fur
colophone pres deî'vncdcsditcs poulies lesquelles il passe,
aífin
qu'il en íoit frotté : & si Ton craint qu'il soit trop rude, à raison du
continuel attouchement de la Ton tant qu'on
colophone, peut Teloigner
voudra par lc moyen d'vn petit ressort, ou registre, scmblaDlc à ceux dont
A ••••
A ìnj
on vse les ieux du Clauecin,
varier en faueur iedi qu'on les
pour desquels
hausseróu baisser d'vn ton, ou d'vn demi ton, ou de plusieurs, affin
peut
d'en iouer à tous les tons des concerts, comme a fait Tcxccllent facteur de
fur lc Cla-
qui a mis iusques
Florence le Sieur Rameriny, à 5 tons differens

uecin, affin de Taccommoder & de Taiuster au ton de toutes sortes de chats:


ce que Ton fur l'Archiviolc,dont nous parlons
peut faire aussi aysement
maintenant, car si on Taccorde suiuant Tcgalitc des demi tons, qui ont cet
à raison de leur tem-
qu'ils font ouyr vne nouuelle Harmonie,
auantage,
diffèrent de celuy des Epincttes , & des Orgues ordinaires
pérament
aiant 7 ou 8 marches Tordinairc auClauicr,on commencera TVT
plus qu'à
D resolScc. fur telle-touche voudra, fans aucun
deÇ/p/,oùleREde qu'on
de l'accord.
jpreiuçUee
Mais les chordes courtes & plus déliées ne demandent
parce que plus
si Ton veut
que les plus grosses, & les plus longues,
pas de si grands corps
auoir vne Harmonie de T Archiviole, il faut diuiser íà table en 4
parfaite
ou forte
y parties,de que la grandeur dechacuncrcfpondeiustementàla
des chordes, affin d'imiter les différentes des Violes ordi-
grandeur parties
naires : cç qui n'cmpcsehera nullement ne touche toutes les
que Tarchct
cbordcSjdontil doit estre fort proche,affin qu'elles parlent promptement*
Or elles peuuent estre de lcton aussi bien que de boyau, ou bien on peut les
méfiera lès entortiller ensemble, affin de varier THarmonie, & de la rcnr
dre plus charmante & plus douce.
La huitieíme de cette Préface, consiste dans Tcxplication des
remarque
qui ne se desaccordent
Instrumens iamais, il est aysé de compren-
lesquels
dre Liure des Cloches, & par cc que i'ay dit des Cylindres Sonores
parle
dans Ie 3 Liure des Mouuemens : car si Ton dispose 49 Cylindres creux, ou
massifs dans le corps d'vn Clauecin, íuiuant les raisons harmoniques, que
i'ay expliquées cn tant de manières, les marches ces Cylindres,
frapperont
que Ton voudra.
& les feront sonner tant doucement Il est aysé d'y mester
de petits timbres de différente ou cn for-
longueur, grosseur, par exemple
mé desdez, ou doitiers, afin de varier Tharmonic
qui seruent à coudre, en
toutessortes de façons; ces corps d'or, d'ar»
&pourccfujetTonpeutfairc
gent,de lcton, & d'autres matières propres à resonner , pour iouïr auíïì

par le moyen
bien du meflange des métaux de leurs leur fu-
sons,quepar
sion, ou leur fonte.
OrTinstrumentfait de ces corps pourroit seruir de rcglc, de canon, &
de diapason immobile, & infalliblc & pour accorder toutes
pour régler,
les autres sortes d'instrumens, & chaque Cylindre creux, ou plain & massif,
estant porté, ou enuoyé le monde feroit communi-
partout propre pour
le ton de Torguc, de la voix, & des autres Instrumens, & pour faire
quer
chanter vne mesme piece de Musique en mesme ton par tous les Musi-
ciens de la terrc,au lieu des tremblemens de la chorde, dont ie parle dans le

3. liuredes Instrumens, prop.iS.


La neusiéme aux , dont octaue estre
appartient orgues chaque peut
faicte de 13. tuyaux de mesine forte que Ton n'aura de 4.
grosseur,dc que
fortes de dans il est aysé de conclure 13.
grosseurs Torguc,comme parla
du 6 liure de Torguc-, maison ne peut faire Testenduë d'vne octaue
prop.
auec des tuyaux de mesme hauteur, parla 12. propos du mesme liure: or
faut mester les différentes auec les
Texpericnce enseigne qu'il longueurs
faire des tonsagreables,cequi
différentes grosseurs pour peutarriueren
de manières,maisil la meilleure de toutes estcclle
vne infinité fembieque
de la 43. propos, loir libre à chacun
de la 14 ,& puis celle quoy qu'il d'en
rechercher d'autres: au lieu de donner la largeur de la
par exemple, diago-
d'v ne octaue qui alecosté
nale au tuyau qui descend sousceluy duquarré
fa largeur on peut luy donner la de la moyenne proportion-
pour largeur
nelle entre lecosté,& son diamètre, diuisc la raison double en 4.
laquelle
raisons comme ledit diamètre la diuisc cn 2 raisons c'est à
égales, égales,
les grosseursjes les circonfé-
direparla moitiéjdesortcque largeursou
rences de ces-z. tuyaux seroiét en meíme raison le quart de Toctaue, c'est
que
adiré la Tierce mineure de 3 demitons
que composée égaux.
de cette ce
que i'auois
La dixième ajoute oublié dans
remarque préface
du 7. liure des Instrumensjà sçauoir Mauduit a ajouté
Îa3t prop. que laques
la 6 chordes aux violes,qui n'enauoient a le
que cinq auparauant,& qu'il
introduit leur concert en France au lieu d'vne basse de violon,
premier que
Tonsccontentoitdeioindreauecles Haut-bois. Iepourroisencoreaioû-
de ladite commele sieur
rerplusieurscomposiceursexcellensàceux prop.
pour la grande
mérite de louange em-
Moulinié.qui beaucoup peine qu'il
à faire réussir sesconcerts au gré detout Ie monde, &celuy que i'ay
ployé
nommé dans la 40 du 6 liure des orgues, est aussi exact & poli
prop. lequel
cn son contrepoint,quc nul autre que ie connoisse.il y en a plusieurs^utrcs
j'auoislaconnoissanccdeieur de
quimeritcroientdeséloges,si capacité,&
leur vertu, ceux sont maistres de la Musique du Roy,tant
par exemple qui
de celle de fa Chapelle, celle de fa Chambre, comme sont les sieurs Pi-
que
cot, & Formé, & quelques autres, dont ie ne parler que par le récit
peux
que le n'ay ouy de leur Musique. Le sieur de Cousu
d'autruy,pource point
Chanoine de S.Quentin est aussi excellent en ectart, comme il fera paroi-
ces traités, il luy plaira. Or si ie voulois des hom-
strepar quand parler
qui se plaisent
mes de grande naissance , ou qualité, tellement en cette
des Mathématiques, nescauroit, estre, leur rien ensci-
partie qu'on peut
le nom de celuy lc liure de TOrgue, est dédié, ÔC
gner,icrcpctcrois àqui
ajouterois Monsieur Fcrmat Conseiller au Parlement deThouIouze, au-
la remarque
quel icdois qu'il a faite des deux nombres 17296, & iS^-i^dont
refont mutuellement, comme font celles des deux
lespartiesaliquotesíe
nombres, 210, tk 284,& du nombre 6jz, est sousdouble de ses
lequel
comme est le nombre no: & il scait les règles infaillibles,
parties aliquotes,
&Tanalyíc en trouuervnc infinité d'autres semblables. Monsieurdc
pour
Royal honoraire aussi fort
"laCharlonyelugePreuost d'Angoulesme,est
habile dans la pratique & la théorie de cet art, & Monsieur de bcaugrand
Secrétaire tres subtil, desia
duKoy,quia Tcfprit &vniuersel,&dontj'ay
parlécn d'autre lieux de cet oeuure,& le sieur de Roberual,dóti'ayditmon

auisdansl'aduertissementdcla44 prop.duliuredel'Orgue,dansle8Coro-
laire de la 9 dui. liure, &dans Taduertiflementdcla4du3.liuredes
prop.
mouucmésjà la fin duquel on void son traité des Mcchanique,scauent aussi
fort bien la théorie, la Pratique de la Musique-,
& mesme quoy que si Ton
vent les de lacomposition,& faire toutes íortesdecom-
apprendre règles
positions à ou figuré il soit à de se faire ensci-
contrepoint simples propos
ceux qui ont vne longe habitude de cette pratique, comme sont
gner par
le sieur Raquette de nostre Dame de Paris, le iieur Vincent, 8c
Organiste
dans Paris,tant à chanter,
plusieurs autres,qui enseignent qu'à composer,
L'onziéme remarque leruira pour enipescher que Toubli n'enscuelisse
les noms de ceux qui ont esté exccllens cn France dans quelque de
partie
il y en aencor Tho-
cetart,dont qui viucnt maintenant;premièrement
mas & Epinette du Roy, â défriché le chemin pour-
Champion Organistes
cc qui concerne &: l'Epinette, fur lesquels il faisoit toutes sortes de
TOrgue
de fugues à Timprouisteùi a esté le plus grand
canons,ou Contraponctistc
de son temps: son fils laques sieur de laChappelle, &Cheua-
Champion
lierde fait voir fa profonde fciencc,& son beau toucher
TOrdreduRoy,à
fur l'Epinette, & ceux qui ont connu la perfection de son jeu Tont admiré,
mais âpres auoir oiiy le Clauecin touché îe sieur de Chanbonniere, son
par
n'en peux exprimer mon sentiment,
fils, lequel porte le mesme no, ie qu'en
disant ne faut plus rien entendre soit qu'on desire les beaux
qu'il âpres,
•chants & les belles de Tharmonie méfiées en scmble,ou la beauté des
parties
mouuemens, lc beau toucher, & la légèreté, & la vitesse de la main iointe à

peut dire que cet Instrument


vne oreille tres- délicate, de forte qu'on à ren*
contré son dernier Maistre.
Quant à ceux qui ont excelle à jouer du Luth, Ton fait tenir Ic premier
à Vosmeny,& à son frere,à Charles & laques Hcdinton Eseossois, au
rang
Polonois,&à lulianPerichon Parisien, on peut ajouter lesex-
Ausqucls
cellens de Luth maintenant, comme les sieurs Gautier,
joueurs quiviuent
TEnclos, Marandé, &i plusieurs autres, & ceux qui composent de la tabla-
ture pour cet instrument,commc Mezangeau,Vincent,&c.
a esté le plus excellent
PourleCornet,deLiuct pour faire les fanfares,
comme la trompette. le laisse les autres,dont i'ay parlé dans
l'Angloispour
les traité Instrument, afin d'ajourer Demurat n'a
dechaque qu'Antoine
chanter , car il auoit
point
cu de compagnon pour plus de disposition
du monde, à raison de labonté, de la beauté,&: de la iustes-
qu'homme
sc de sa voix. Girard de Beaulicu Basse de la Chambre du Roy, a mieux
chanté &Cornille tant le père que lesils ont quasi laissé le
que nul autre,
à la postérité de pouuoir les égaler.
desespoir
pour conclure
La derniere scruira ce discours par nostre Sau-
remarque
les anciens Chrestiens ont représenté en forme de Pasteur,
ueur,que qui
vne ouaille fur son col, & qui tient vne scryngue, ou fleute
porte pastorale
dans la main droite, comme Ton peut voir dans plusieurs de Roma
figures
à la page 33 i,}ji,3<í9,&c.laquelle est semblable à celle
Soterranea^ar exemple
jliuredes Instrumens. Ils Tont encore re-
que i'cxpliquedansìa3prop.du
qui tient vne Harpe entre lesmains sem-
présenté sousTimage d'Orphée,
blable à Tvne de celles que ie descris dans la 2j prop.du 3liurc:par où ils
estoit venu persuader lc vray culte d'vn
ont voulu signifier que Icsus Christ
seul Dieu aux hommes, au lieu des 36oDieux,ou plustost idoles, qu'Or-
fils de Musee auoit voulu introduire, comme remar-
phée d'Oeage,& perc
Iustin lc Martyr : confesse auec Clément Alexandrin, qu'il
que quoy qu'il
se reconnut les beaux vers qu'ils rapportent,
âpres ;cc qu'ils prouuent par
dans ils exhorte les hommes à se joindre, &s'vnir
lesquels perpétuelle-
ment auec Dicu,auqucl soit tout honneur,& toute sorte de gloire à iamais.
Or puisque tous ceux nommé dans cette Préface otltThonncur
que i'ay
vray ChresticndoittcUement la vie,
d'cstreChrestiens,&qu'vn exptimcr
lesactions& les passions de Ieíus-Christen soy-mesme, que tous ceux qui
le voyent,lc considèrent comme vne mesme chose auec luy,suiuant la cou-
en forme de croix^
qui estendoient
stume des anciens Chrçsticns les mains

lors Ton void fur vne grande multitude descpuU


qu'ilsprioient,comme
chres de la Rome sousterrainc de Bosius j cc que Tertulian par ces
exprime
tcrmes,modulabanturCbristumi & cc que les Prestres font encore la durant

Préface, & lc Canon de la saincte Messe, il est raisonnable qu'ils se compor-


tent comme des Orphées Chrestiens., çn prouoquant leurs auditeurs à
leurs suiurc la raison, &lavertu,&pour
quitter passions dereglécs,pour
se rendre semblables à celuy dont leur salut dépend entièrement. Certes
de Luth, & des autres instru-
c'est vne chose estrange que de mille joueurs
Ton n'en rencontre & à expri-
mens, pas dix qui prennent plaisir àchanter,
mer les Cantiques diuins;& mieux vne centaine de
qui n'ayment jouer
courantes, de sarabandes, ou d'Allemandes, air spirituel : de forte
qu'vn
semble voué tout leur trauail à la vanité, qu'ils enton-
qu'il qu'ils ayent
dans le coeur par les oreilles, comme d'entoftnoirs. rauoùc
nent par autant
à sçauoir
que
ic fuis de l'aduis des plus excellens politiques, que ectte espè-
ce de Musiquc,quiamolist,&cneruc le courage, & qui émousse la pointe
de Tesprit des icunes estre bannie des Republiques, comme
gens,deuroit
toutesies autres choies les bonnes moeurs, dont on vien-
qui corrompent
àboutsi les Magistrats establiísoient desprix, & des hon-
droitaysement
nestes ceux qui pratiqueroient seulement la Musique
recompences pour
Doricnne, & les autres dont nous auons célébrer les
espèces, parlé, pour
de Dieu, & chanter les loixqui seruent à l'instruction des
louanges pour
enfans. Ic m'estonne aussi de ce que si p'eu de Musiciens font estât des
raisons de Tharmonie, que Ton ne void point d'Académie dressée pour ce
toutesies assemblées des concerts se font seulement
sujet,caf pour chanter,
au lieu que de 2 ou 3 heures à cet exercice,plusicurs hon-
que Ton employé
nestes hommes désireraient discou-
qu'on printlamoitiédece temps pour
rir des causes qui rendent les pieecs de la composition agréables, & qui
font que de certaines transitions d'vne consonance àl'autre, &dc certains
de dissonances sont meilleurs les vns que les autres;
meílanges par exemple,
à sçauoir s'il faut éuiter les fausses relations du Triton , ou de la fausse
Quinte,comme font ceux n'osent allcrdu Diton-au de-
qui Diapente par
grez conjoints; pourquoy relatiucs ces font estimées que plus mauuaises
celles des secondcs,& des scpricsmcs. Si la manière du Caur-
décomposer
roy est mcillcure,ou plus charmante que celle de Claudincde z,ou plusieurs
chans donnez telle & telle fuite de conso-
quel est le meilleur: pourquoy
nances donne vne si forte atteinte à Tesprit, & mille autres choses sembla-
bles, qui attireroient les hommes de qualité aux concerts ,& qui seroient
plus capables les ennuis,
de charmer de changer la férocité &labrutalité
des mauuais les concerts
pour les former
temperamens à lavertu,quctous
du monde. Er si Ton y ajoûtoit la considération du Ciel, cn considérant
tous les moyens & la théorie de la Musique
qu'il y a de rendre la pratique,
vtile au salut,& d'en tirer des motifs de dcuotion, Ton pourroit dire qu'elle
contribucroit à Teffet de nostre de forte
prédestination, qu'il n'yauroit
de la meípriser, à raison dès exccllcns de tou-
plus moyen personnages
tes sortes de professions, qui tiendroient à honneur , &à faueur d'assi-
ster aux concerts., dont ils ne sortiroientiamais & dont ils
que meilleurs,
ne se souuiendroient point, soit iour, ou nuit, fans ressentir de particuliers
mouuemens de Tamour de Dieu, & des désirs tres-ardens de la béatitude,
&n'auroient autre chose dans le coeur, &dâris la bouche cc beau
plus que
mot du Royal, meo, ero.
Prophète PsallamDeo quandiu

'
EXTRAICT DVPRIVILEGE DV R£T.

O VIS PAR LA GRACE DE DlEV ROY DE


j£^j|jg^|§&|&
J6 F R,A:N CE ET DE NAVARRE, A.nos amez &
gS|«8
seaux les gens tenâs nos Cours de Parlement de Paris, eyc.
Nî ^V^^^
Nostre cher & bien amé le Perc MARI N M ERSE N NE
W iBÉ/fi^
0 IKBfoìlli Religieux de TOrdre des Minimes de S.François de Paule,
Nous à fait humblement remonstrer a par vn
qu'il long
trauail, les liures intitulés Harmonica, tant cn François qu'en
composé
Latin,cire. Que nous luyauons accordé. Donné à Paris le 13. d'Octo-
bre, Tan de grâce 1629. Et de nostre le Par lc Roy cn
règne vingtième.
son Conseil. PERROCHEL,
Signé,

cède lc Priuilege à SEBASTIEN CRÀMOISY


précédent Impri*
IE meur ordinaire du cc 24. Auril \6$6.
Roy,

F. MARIN MERSENNE Minime.

APPROBATION DES THE OLOGIENS

de l'Ordre des (^Minimes.

de TOrdre des Minimes, atte-


soubs-signez Théologiens
stons auoir leu les liures & traités del'Harmonie
compo- Vniuersille,
NOVS
P. MARIN de nostre Ordre^ dans
ses par le R. MERSENNE Théologien
rien trouué la Foy, moeurs. C'est
lesquels
n'auons contre ny les bonnes
noûs auons mis cette Ic 23. Octobre
pourquoy présente approbation
\C29. en nostre Conucnt de S. François de Paule,prés la Place Royale.
A Paris.
F. FRANÇOIS DE LA NOUE.

F. MARTIN HÉRISSE'.
LIVRE PREMIER

DE LA NATVRE ET DES

PROPRIETEZ DV SON.

PREMIERE PROPOSITION.

DETERMINER SI LE SON SE FAIT DEVANT

qu'il soit receu dans l'oreille, c'est à dire deuant qu'il soit ouy, &* s'il

est diffèrent d auec le mouuement de f air.

'EST vne chose ordinaire de demander au commencement des


I^É^^y),
traitez Ton
fait des sciences, si elles ont quelque véritable
:*Èn^È$& que
•^VOTÌIIIE °iue^ il esi> car CG& Parler
°^)Je<^:> & inutilement, que de ne
sçauoir Ton parle; il est donc à auant que
s|y^|||áj&. pas dequoy propos
•%^^^
de sçauoir si le Son, ou Tobiet de la
passer outre qui est lesuiet,
& de l'ouye, a vn estre réel, & quel il est : car il s'en trouue plusieurs
Musique
n'est rien, s'il n'est entendu, & que c'est vne simple
qui croyent que le Son
de Tair qui ne doit estre Son, s'il n'y a
impression point appellée quelque
oreille d'auec les autres choses; certainement
qui l'entende & quila distingue
ficela est, il faut que l'ouye la nature de Son, comme
luy donne Timagina-
tion & Tentendement donrientl'estre aux pensées & aux fàntos-
imaginaires
mes, que Ton appelle estres de raison. Quantàmon particulier, i'estimequele
Son n'est pas moins réel deuant la lumière^ ou les cou-
qu'il soit entendu,que
leurs , ôc les obietsdes autres sens extérieurs auant qu'ils soient &c
apperceus,
que les Sons ne laisseroient pas d'estre ce qu'ils sont, encore qu'il n'y eust nul-
leoreille. dirois tousiours, bien que i'eusse aduoiié le Son ne
Cequeie que
fust pas diffèrent d'auec le mouuement de Tair.
Toutesfois il semble est autre chose
que le Son que ce mouuement, puis
nous sentons de grands mouuemens d'air, ou d'eau, ou de au-
que quelques
tres semblables ne font de Son, ou qui le font si foib^qu'il
corps, qui point
n'est nullement à la force du mouuement, comme nous expe-
proportionné
rimentonsaux Ton iette dans Tair auec des fondes, aux baies d'ar-
pierres que
quebuses, aux boulets d'artillerie, & en plusieurs autres mouuemens, se
qui
font quand la pluy e & la & quel'eau dVnc riuiere
gcesle tombent, profonde
coule sans faire bruit.
Au il y a de petits mouuemens com-
qui font
contraire, de grands bruits,
me ceux du larynx, de Tepiglotte & de la langue, nous , ou
quand parlons
ceux de Tair, & les autres Neantmoins ie
qui fait sonner les Orgues, Flustes.
n'estime du mouuementdu
pas que le Son soit diffèrent corps, qui frappe le
ou la Membrane car il n'est
pas nécessaire
Tambour, de l'oreille: d'aiouster
vne de la
qualité troiíìeímeespecc, que Ton appelle ordinairement qualité pa-
«WÍ jd'auunt le mouuement de Tair suffit pour tout ce qui se
que expliquer
faic les Sons. Car si tost ce mouuement a frappé la membrane de To-
par que
A
2 Liure Premier
& les esprits le mou-
qui seruent
reille, qui enfermeTair intérieur, à Touye,
uement de Tair extérieur se aux esprics interieurs, soit parle
communique
du petit os qui est pendu au nerf de Touye, fur vn autre
moyen qui frappe
os comme íur vne enclume, ou en quelque autre manière, dontles
petit
Médecins doiuent traiter plus particulièrement.
Quantàladifficulté des mouuemens ne produisent, ce sem-
grands qui
& aux petits mouuemens qui font degrandsSons,
ble, nulSon, Ton peut
dire que Tair n'est pas si agité dans ces grands mouuemens comme Ton pen-
se , car lors que Ton frappe Tair auec vn baston, au ec la main,ou auec les pier-
res , les rlesches, les boulets, &c. il cède facilement, d'autant qu'il n'y a point
de corps de fuir ;mais il reçoit vne plus grande violence par
qui Tempesche
le mouuement & ia résistance des organes, qui seruent à la parole, & à la Mu-
le bruit &
par le mouuement de toute autre sorte de corps, dont
sique, que
le sifflement nes'entend pas de si loin que la parole.
Il faut donc conclure les mouuemens dans
quetous qui se font dans Tair,
estre appeliez Sons; d autant
l'eau, ouailleurs, peuuent qu'il neleur manque
oreilleastez délicate & subtile mes-
qu*vne pour les ouyr ; & Ton peut dire la
me chose du bruit du tonnerre & du canon à 1 d'vn souid,qui
eígard n'apper-
Çoit pas ces grands bruits t car le mouuement, ou le tremblement qu'il sent,
n'estpomtappellé^on, qu'entant qu'il est capable de íe faire sentir aux es-
de manière
prits de Touye : que le Son se peut définir v« mouuement de l'air exté-
rieur ou intérieur
capable destre ouy, i'ay dit, ou delintérieur, à raison des bruits
font au dedans de l'oreille. Mais il est difficile
qui ic de trouuer précisément
ce qui rend le mouuement de Tair capable d'qftre ouy ; car quand ie considè-
re qu'vnechorde de boyau , ou de leton tendue en Tair, & attachée à deux:
murailles auec des cloux ou descheuilles sellées dans lc mur > & touchée du
d'vn archet, ou d'vne > ne fait quasi point de bruit, Ôc qu'estant
doigt, plume
tenduësur les cheualets d'vn
Luth, d'vne Viole, ou d'vne elle fait
Epinette,
& neantmoins
vn grand bruit, que c'est la mcíme percussion de Tair: que le
vent fendu & coupé par Vn morceau de bois semblable àceluydelalumierc
d'vn tuyau de Fluste, ne fait qu'vn & quand il est suiuy du
leger sifflement,
d'vne fluste,
corps qu'il fait vnsi grand bruit, cela méfait conclure que ce qui
rend ce mouuement capable d'estre ouy, n'est autre chose il es-
que quand
branle vne quant ire d'air enfermé capable d'esbranler fa
prison,
& de íecom-
à Tair voisin extérieur àcc qu'il arriue à Torcille.
muniquer iusques
De là vient que les corps qui sont lesplusaëriens, sont aussi les plus refo-
nans, & les plus terrestres & les plus sourds le sont moins >comme
que géné-
ralement le bois est plus résonant Ton les employé
que les métaux , lorsque
pourlestablesdcsinstrumens: & qu'entre les metaux le plomb est le moins
& entre les bois Ie
sapin le plus
resonanr, 6V le plus aérien de tous est
leger
aussi le plus résonant, & le hestre massif & lourd Test moins: & entre les là-
le plus sec & lc
plus deuestu de son humidité' terrestre se trouue le ré-
pins plus
sonant. Or il faut le terme, donton vse cette qua-
remarquer pour exprimer
lité des corps, qui leur fait multiplier la première de Tair à
percussion iusques
la rendre de toucher les sens de Touye, à sçauoir comme
capable résonants,
diroic encore vne fois sonants,
qui les car cette diction exprime le son qui
vientà nostre oreille, lequel n'est pas Ie premier mais Techo
Son, multiplié
le air
depuis premier qui touche la chorde
iusques
à celuy
qui touche Tordl-
Delamtureôc des du Son.
proprietez 3
nous est le Son rendu & renuoyé
le; & ce que appelions Echo, par {'instru-
lc Son, & le réfléchit comme les miroirs réfléchissent la
ment qui multiplie
lumière.
Nous la multiplication du Son par celle de la chaleur
pouuons expliquer
de Tair qui est cfchauffé par vn grand feu, d'autant que comme nous ne sen-

tons pas immédiatement la chaleur du feu, si nous ne le touchons, mais cel-

le de Tair eschauffé : de mesme nulle oreille ne peut sentir autre Son


que celuy
& qui procède du premier. Tout
qui est multiplié, cecy n'empeschc pour-
tant pas que le Son ne puisse estre appelle collision ou battement d'air, que font
les corps dans le milieu lc mouuement, & qui est frappé ou rom-
qui reçoit
ou
pu &diuiíé par les corps qui produisent qui reçoiuent le mouuement,
est cause
puis que cette
collision que nous apperceuons ce mouucmenr,
il altère, ou qu'il meut les eíprits de Touye, la cause peurrece-
quand &que
uoir le nom de son effect.

PROPOSITION II.

Déterminer comme se f ait le mouuement & le S on > &* d'où vient queplusieurs mouue-
mens tres-vistes e*r tr es-rapides ne font nul Son qui puisse estre ouy, comme sont les
mouuemens de plusieurs roues, £$r d'autres corps quife meuuentdans f air ou
dans l'eau : e> que plusieurs mouuemens tres-petitsfont de grands Sons.

seruira aux obiections


E Proposition pour respondre qui se peu-
CETT uent faire contre la précédente > &monstrera pourquoy nous oyons de
où les mouuemens semblent estre fort petits. Ceux
grands Sons, qui disent
du mouuement de Tair apportent
que le Son est diffèrent plusieurs raisons,
dont la première est, que Tob jet de Touye doit estre vne qualité, comme ce-
& que le mouuement est vnobject
luy des autres sens, commun de tous les
les murailles,
que Tair ne peut pénétrer
sens. Laseconde, à trauers
desquel-
les Ton entend le bruit. La troiíìesme, deux hommes
que nepourroientpas
en mesmetemps, à raison
ouyrles paroles qu'ils diroient que l'air ne peutre-
ceuoir deux mouuemens contraires en mesme temps : & qu'il n'y a nulle
ap-
si
que Tair soit meu dansvn espace, comme est celuy dans le-
parence grand
quel Ton entend la voix. La quatriesme, mouuemens
que plusieurs petits
d'air font plus de bruit que de plus grands,
souuent comme i'ay dit au com-
mencement. Mais il est facile de reípondre à ces difficultez, car il suffit
que
Tobiect de sens soit proportionné à Torgane, & à la puissance de ra-
chaque
me des sens,
qui en est touchée par Tentrcmise fans qu'il íoit nécessaire de
Tattacher à la qualité qu'à la quantité: encore
plustost que Ton puisse dire que
le mouuement de Tair, de l'eau, ou de quclqu'autre corps a la qualité de se
faire
ouy r : mais cette considération ne met rien de nouueau au mouuement
de Tair,
qui est aussi bien mouuement fans l'oreille, Ton
que quand suppose
que Tonne
Toreillc,quoy Tappelle pas Son, à ce qu'il ayt le
iusques frappé
tambour de l'oreille, il imprime vn mouuement semblable à soy-meC
auquel
la nature entieredu bien
me, ccqui n'empeschc pas qu'il n'ayt Son, qu'il ne
férue iamais à Torcille.
11 faut donc dire lc Son estant considéré en qualité de Son
que simplement
n est rien de rcel, considération & affection du mouuement,
qu'vnc simple
A ij
4 Liure Premier

Si Ton examine Tobiect Sens, Tontrouuera


des autres qu'ils nesontpasplus
Sons j par exemple Tobiect du goust & du flairer consiste à
qualifiez quelcs
des petks corps qui sortent de Tobjcct que Ton
Teuaporation&àTexalaiíon
du toucher n'est point diffèrent de la quan-
gouste,ou que Ton flaire: Tobject
tité des figures & de leurs proprietez, comme sont le mol, le dur,le poly,&c.
Quant à la seconde raison que Tonmet en auant, Ton ne peut
i'aduoucque
ouyràtrauers les murailles, s'il n'y a point de lieu par où Tair puisse se com-

muniquer , ou si les murailles ne sont csbranlées par leSon que fait celuy qui
est enfermé, ou quiestdehors : car fi les parois tremblent, ils
communique-
rontlemouuementde Tair intérieur à Tcxterieur, ou de Texterieur à Tinte-
rieur. Oril n'est pas si difficile que Thomme qui est enfermé entre quatre mu-
railles leur
imprime quelque sorte de mouuement par la force de ía voix, ou
de Son, comme Ton se Timagine : car Tair esmeu,
quelqu'autre quinetrou-
ue point de sortie a de effets, & Texperience fait voir que le Sonsc
grands
diminue d'vne muraille, ou de
beaucoup par Tinterposition quelqu'autre
les
corps solide; lime semble donc qu'il faut conclure que murailles ne trem-
blent pas assez fort quand Ton ne peut ouy r le son : mais ieparleray plus am-
de cette difficulté dans vn autre lieu.
plement
La troisiesme raisonna de force, car nous expérimentons
point que Ton
oy t le son, encore que le vent soit contraire,
& conséquemment
que le mou-
uement de Tair au mouuement Ton
que fait le vent s'oppose que appelle
Son ;& cette contrariété Son peut estre íì grande à raison
qui cmpeíchele
de la violence des vents ou des autres bruits, que Ton ne Toy ra nullement.
Quand deux ou plusieurs hommes parlent en mesme Tair retient
temps,
les impressions qu'il reçoit de chacun d'eux, comme l'eau calme reçoit celles
des pierres iette dedans, car Ton remarque
que Ton qu'elles font des cercles
à peu aux bords,
qui s'estendent
differens, & qui ne sont pour-
peu iusques
tant pas si distincts, ny si remarquables que si Ton iettoit vne seule pierre:
mais la difficulté de ces cercles mérite vn discours particulier. C'estpourla
mesmeraison de deux ou plusieurs
que les voix hommes qui se parlent en
mesme sont plus confuses & moins
temps, intelligibles, que quand ils par-
lent Tvn api es l'autre.
le mouuement
Quanta Tefpacc dans lequel s'estend de Tair ou le Son, il ne
faut pas s'estonner s'il est tres-grand à raison du peu de résistance que fait
comme Ton aux coups d'artillerie,
Tair, expérimente qui Tesineuuent ius-

quesà vingt ou trente lieues ; peut estre mesme que lc mouuement qui se
fait par la collision dedeux à la fin de Tair, c'est à dire ius-
corps vaiuíques
quesau firmament,ou plus haut, s'ils'estend plus haut, comme les cercles

que Ton fait auec les pierres iettées dans Teau vont iuíques aux bords, car il
est aussi facile d'expliquer ce mouuement, comme Ton explique en
quelle
manière vne pierre estant iettée dans TO cean est cause toutes les
que parties
de 1*Océan se remuent, afin la de Teau, que la pierre fait monter
que partie
s'estende restablir
par tout pour TequilibredeTeau, carsiellenes'estendoit
elles seroient les pi us
qu'aux parties voisines, plus hautes
que estoignées, qui
íbrtiroient de leur & ne se balanccroient
équilibre, plus.
Et Ton peut dire que fi l'Ocean couuroit toute la terre, comme il faifoit
eust séparé les eaux d'auecelle,&
auant que Dieu qu'il fust calme, que la pier-
re iettée dedans
qui seroit souzlepole Arctique, feroit des cercles
qui croi-
De la nature, & des du Son.
proprietez $
tousiours à TEquateur, & qui (peut-estre) diminueroient
ssroicnt iusques
mais cette difficulté désire vn autre lieu, &
tousiours iusques àl'Antarrique:
chose arriue dans
que la mesine
nécessaire Tair, se fait dans
puis il n'est pas qui
Teau, d'autant nous ne sommes pas hors de Tair, comme nous sommes
que
hors de Teau.
La derniereobiectionsuppose vne chose fausse, car puis que Ie mouue-

ment & le Son ne sont point différents, le Son est d'autant & plus
plus grand
de sorte
fortquelemouuementdei'airestplusviolent; que toutes&quan-
il faut conclure
tes fois que Ton oyt vn grand son, que le mouuement de Tair
est grand. Mais si Ton considère la grandeur, &laviolencedu mpuuement
effort qui se fait dans Tair, ou dans Ton
par le seul quelqu'autre corps fluide,
Tair soit retenu,
se trompe souuent, d'autant qu'il faut que renfermé,rom-
de deux car s'il est seulement
pu & reflechy par la rencontre corps solides,
d'vn costé, & vne libre issue' de l'autre, il fera peu de bruit,
poussé qu'il ayt
& aux baies
comme il arriue à la flesche d'arquebuses qui se meuuent dans
à leur vitesse,
Tair, & qui ne font pas vn Son proportionne parce que Tair qui
cède souffre de violencéen de celuy qui résiste, & qui ren-
peu comparaison
contre des corps entre lesquels il est renfermé, comme Ton experimenteaux
mouuemens d'vn fouet de chartier,qui fait vn grand bruit à raison du regain
de la chorde enferme Tair.
qui
L'on à Testenduë
peut icy adiouster plusieurs choses qui appartiennent du
Son, que Ton appelle la sphère de son actiuité, & qui sont cause que Ton Ten-
tend de plus loin, comme Ton expérimente aux poutres & aux tuyaux> car
lors que Ton frappe le bout d'vne poutre, ou que Ton parle dans vn le
tuyau,
Son se porte & plus facilement ne feroit fans Tayde de ces
plus loin, qu'il
Mais il faut reseruer ces considérations pour vn autre lieu : car il suffit
corps.
maintenant de conclure, le Son est produit lors que Ie mouuement ex-
que
térieur de Tair arriue au nerfde Touye, c'est à dire à la partie de de
Torgane
les premières atteintes du mouuement de Tair extérieur,
Touye, qui reçoit
les porter à Tesprit qui en fait le iugémentb
pour
Il faut dire la mesme chose de Teau au regard des poissons
qui oycntnos
bruits cercles de Tair vont la surface de Teau,
quandlcs frapper qui fait d'au-
tres cercles à l'oreille du Poisson, comme les cercles de Teau
iusques qui font
du bruit en impriment dans Tair iusques à nos oreilles, lors que nous oyons
le bruit qui se fait dans Teau. Il faut encore conclure n'est
qu'il pas besoin
d'efyeccsintentionelles pour le Son, puis que le mouuement de Tair suffit, &

que nous íçauons qu'il ne se porte pas en vn moment comme la lumière;


car il n'y a de dire que ces espèces besoin de mouue-
point d'apparence ayent
ment , ou de
temps pour estre portées, puis qu'elles n'ont point de contraire.
C'est ie nc parleray de ces images, ou espèces intentionelles
pourquoy point
des Sons, mais seulement des mouuemens qui nous les fontapprehenderree
vne plus grande clarté & facilité à nos discours, &
qui apportera peut estre
vne plus grande satisfaction au Lecteur.
toutes sortes inten-
Toutesfoisiencveuxpasentierementreietter d'efpeces
tionnelles soit du Son ou des autres obiects, que mettent plusieurs pour es-
tablir vne liaison entre la puissance & Tobiect,
plus délicate que n'est celle qui
se fait des qualitez extérieures matérielles
parle moyen naturelles, & corpo-
relles , comme s'il estoit nécessaire de les deípouiller de-ce qu'elles ont de
•• trop * *
A.
6 Liure Premier

pour les esleuer à vn degré d'estre plus éminent & plus spirituel,asin
grossier,
auec les Philosophes & que ce que ie
que ien'aye nul diffèrent ordinaires,
ne dépende de nulle opinion, & qu'il soie
diray dans ces liures de Musique
fondé fur la vérité de l'experience& de la raison. Or i'expliqueray plus am-
&
plement & plus exactement la force &lafoiblesseduSon, plusieurs autres
difficultez dansvn autre lieu, car il suffit d'en auoir touché quelque chose
dans ces deux premières dont Tesclaircistement & la solution
Propositions,
de plusieurs Propositions. Mais puis que i'ay dit que le Son n'est
dépendent
autre chose que le mouuement de Tair, il faut voir si cet air est extérieur ou
intérieur aux corps qui produisent le Son ; & s'il est tellement nécessaire
qu'il
en
ne se
puisse
faire de Son fans Tvn des deux,& puis nous expliquerons quel-
le manière il se fair.
COROLLAIRE.

Puis
que
ie désire
que
le Musicien parfait sçachue la Philosophie, & qu'il
doit cognoistré les différentes nos ancestres ont eu de la
imaginations que
natureduSon, afin quel'onn'entamenuldiseoursdeTharmoniedans tou-
dont il ne
tes sortes de compagnies où il se rencontre, puisse rendre raison, il
faut remarquer en fa faueur autresde
que Democrite, Epicure& quelques
leur secte ont estime le Son qui se fait par la rencontre, ou le battement
que
de toutes sortes de corps a'est autre chose qu'vn mouuement, ou vne faillie
sortent des corps
de petits corps composez d'atomes, qui qui font lc Son,
•omme les rayons sortent du Soleil, ou qui sont dans Tair, & qui estant frap-
des s'estendent de tous costez
pez par le
mouuement corps, par les pores, ou
les petits vuides dudit air, iusquesà ce qu'ils ne rencontrent plus de vuide, &
ou atomes la
qu'ils soient arrestez parles petits corpuscules, qui composent
substance de l'air; de sorte que suiuant cette opinion Ton peut
s'imaginer
vne multitude ou d'atomes qui volent dans
grande depetits corps inuisibles,
Tair âpres qu'il a esté battu, & qui vont affecter toutes les oreilles quise ren-
contrent dans leur chemin, afin de leur porter la nouuelle de cc qui s'est
paf-
sé dans Tair, ou dans les corps dont ils sont partis, & dont ils font les ambassa-
deurs , ou les images & les représentations.

PROPOSITION III.

Déterminer pie Son estlemouuementde tair extérieur ou de s intérieur, qui est dans le
de Son sans U mouue-
corps qui produit le Son : & s'ilnese peut faire
ment de l'vn ou de f autre.

B Proposition me semble tres-difficile à raison est


qu'il impossible
CETT de faire les expériences nécessaires pour cesujet, commel'on verra dans
la suitte de ces discours : mais afin de commencer par ce qui est de plus certain
Tair extérieur suffit
&depluseuident. Iedis premièrement que pour faire le
ou battu assez fort, comme il arriue en toutes
Son, pourueu qu'il soit agité
sortes de rencontres, car tous les bruits que font les vents ne sont autre chose
différentes de Tair, qui se peuuent faire en
que les agitations plusieurs maniè-
res , dont chacune désire vn discours Mais parce Ton croit
particulier. que que
toutes sortes de corps enferment & contiennent de Tair dans leurs pores, &
De la nature & des du Son.
proprietez 7

que les Philosophes


ordinaires tiennent que tout corps mixte est
compose
des quatre Elemens, à sçauoir dcla terre, de Teau, de Tair, & du feu, Ton
peut
adiouster Tair enfermé dans le corps fait semblablement vn Son,
que puis
aussi fort le où il est soit
qu'il est agité que corps enfermé, qu'U face vne par-
tie essentielle dudit corps, ou qu'il en remplisse feulement les petites cauirez,
ce mouuement
quel'on appelle pores. Or de Tair interne ne
change pas le
Son quant au graue & à Taigu, mais il le modifie & Taffecte de
quel ques qua-
htez, ou configurations particulières, qui nous font distinguer ie Son d'vn
d'vn autre corps, comme ie diray ailleurs.
corps d'auec celuy
Ienevoy pas neantmoins qu'il
soit necesiaire d'adiouster ce mouuement
les différentes d'autant
pour expliquer qualitezdes Sons, qu'on les peut rap-
aux différentes figures des corps,dont |es vns sont plus ou moins polis
porter
ou raboteux que les autres, encore
que Tceil ou la
main n'en
puissent remar-
les différences; car Texperience fait voir par le moyen des lentilles de
quer
enry stal 6V de verré,&par les miroirs concaues tant Sphériques
que Paraboli-
ques, que les surfaces qui semblent tres-polies & tres-nettes sont inesgales&
de vallées & d'où il arriue
remplies petites montagnes; que les Sons de tou-
tes sortes de corps sont quasi tousiours differens en quelque
chose,quoy
qu'ils soient à Tvnisson, &
qu'ils
soient aussi forts les vns
que
les autres. Ceux
qui disent que Tair intérieur apporte plusieurs différences aux Sons exté-
rieurs , ou qui composent le Son du mouuement de Tair intérieur & de l'ex-
terieur, qui est comme l'image ou le vestement de l'autre, peuuent adiouster
que Teau & le feu, qui sont dans les corps contribuent aussi à la différence
dts Sons, sont susceptibles du
puis que ces deux elemens mouuement, car
ceux qui tiennent que le feu est l'vn des elements qui composent les
corps,
font par leurs maximes de confesser le feu est
obligez que plus mobile que
Tair, & conséquemment qu'il doit pour le m oins vne aussi
apporter grande
différence aux Sons que le mouuement de Tair.
Ils encore dire que les differens Sons
peuuent que fait vne mesme cloche,
ou vne mesme chorde en mesine temps viennent des differens elernens,dont
Tvne & l'autre est composée, & que le Son plus graue & plus matériel
qui
pâroistle plus fort est fait par la terre, le second
par Teau, le troisiesme par
Tair, & lc quatriesme par lc feu : ou s'ils n'ont que trois Sons, comme il arri-
ue le
plus souuent, qu'il faut attribuer le premier à la terre & àl'eau,le second
à Tair, & lc troisiesme au feu ; & cecy
posé ils peuuent dire
que nul corps ne
fè meut
qu'il ne face vn concert de trois ou
quatre parties, dont chacune re-
présente fondement particulier: mais ie ne veux pas m'amusericy à ces con-
sidérations , tant parce que i'estime n'a pas besoin d'autres mouue-
qùeìeSon
mens
que de ceux de Tair extérieur, que parce qu'il se rencontreraplusieurs
autres lieux, où cette estre examinée
opinion pourra plus particulièrement.
Quant au mouuement de Tvn & de l'autre de ces airs, nul nc doute qu'il ne
soit nécessaire, car encore que quclques-vns ce n'est pas Tair
croyent que qui
fàit le Son, mais sont les corps qui fe meuuent dans Tair, neantmoins
que ce
ils auoiient ce
qu'il est nécessaire qu'ils
se meuuent, qui ne peut arriuerque
Tair extérieur, & Tinterieur ne se meuuent si ce n'est que
semblablement,
nous considérions ce mouuement dans le vuide, dont ie parleray ou
âpres,
dansTeau,dontlemouuementfait duSon, comme Ton auec
expérimente
des cloches, dont le Son est dans Tair d'vne D ixies-
plus graue dans Teau
que
A iiij
8 Liure Premier

me maieure ie díray ailleurs.


,comme Car si le seul mouuement de Teau suffit
le Son, lc mouuement de Tair n'est pas absolument nécessaire,
pour produire
dire que Tair intérieur est dans les pores de la cloche fe
qu oy qu'on puisse qui
meut dans Teau, & que c'est luy qui fait le son j ou qu'il faut attribuer le son à
& dont les parties
qui fc meut,
tout le corps de la cloche toutes tremblent,
mais cette difficulté receura de Tefclaircissement de celle qui fuit.

PROPOSITION IIII,

Déterminer si le Son se peut faire dam le Vuide vniuersel, ou particulier.

vs pouuons considérer deux sortes


de vuide, à sçauoir Tvniuerscl&
NO le particulier, dont Ie premier n'est autre chose que la priuation de tous
les corps qui sont au monde, lequel arriueroit siDieucessoitdeconscrucrles
a creez, car il ne demeureroit rien que Teípace où ils sont, que
corps qu'il
l'on appelle ordinairement Ton peut neantmoins considérer vn
imaginaire:
autre vuide vn peu moins vniuersel que leprecedent, àíçauoir le vuide que
Tair ,• lequel estant osté du lieu qu'il a maintenant, soit par vn anéan-
remplit
tissement, ou par transport, laisseroit la concauité du Firmament toute vui-
de d'air. .
Le second vuide
est celuy Ton au mesme lieu d'vne partie
que s'imagine
d'air, lequel ne peut arriuer que par Je moyen d'vne force qui sépare l'air, &

qu'il ne se reunisse;
& quant mais nul ne sçauroit faire
qui quant empefche
cette diuision, que celuy dont la force est plus grande que Timpetuosité de
toute la Nature creée,& que Tinclination qu'elle a pour fa coníeruation, à
Ton croit la perpétuelle vnion de toutes ses partie; est nécessaire.
laquelle que
Or il est aussi difficile de sçauoir si le Son dans le vuide
peut estre produit
mais
particulier que dans T vniuersel; parce que le Son suppose le mouue-
ment , il faut premièrement voir íi vn ou plusieurs corps se peuuent mouuoir
dans le vuide : car si ce mouuement n'est pas possible, il faut conclure que le
Son ne s'y peut faire, & parce que cette difficulté n'est pas encore résolue, &
la est problématique, ie dis
que si quelque d'air se
que question quantité
meut de la mesme sorte dansle vuide, que lors qu'elle est iointe auec les au-
tres de Tair, fera du Son, encore
parties qu'elle qu'il ne puisse estre porté à
nulle oreille.-c'est à dire
que son mouuement aura tout ce qui est nécessaire de
son costé, pour estre apperceu de l'oreille souz la qualité de Son : ce que Ton

peut semblablement dire de Tair intérieur des corps se mouueroient dans


qui
le vuide. O r il n'est pas difficile comment Tair, ou les autres corps
d'expliquer
auoir le mouuement de reflexion, c'est à dire qui est composé de
pourroient
tours & de retours, dans le vuide,car les chordes d'vn Luth mis dans le vuide
estant tirées hors de leur droite trembleroient du moins aussi fort
ligne que
dans Tair, d'autant leur mouuement ne feroit nullement retardé. Mais
que
puis qu'il n'y a point de vuide dans la nature, &> qu'il est peut-estre
impossi-
ble ^jl seffit d'auoir touché cette difficulté, íàns qu'il soit nécessaire d'exami-
ner les autres Ton a coustumedeproposer: si la pierre des-
que par exemple,
cendroit perpendiculairement vers le centre de la terre par le vuide, si les mis-
siles iettez dans le vuide se mouueroient autres,
perpétuellement,& plusieurs
dont nous encore en d'autres lieux.
pourrons parler
De la nature Sc des du Son.
proprietez p

COROLLAIRE.

Il est aysé de conclure nous auons dit iusques à présent,


par ce que quele
Son n'a point d'autre fùiet que Tair extérieur, ou les autres corps fluides, qui
enuironnent les corps sonnants, comme Teau, le vin, ou Tair intérieur
qui
desdits corps: si ce n'est qu'on die le Son est dans toutes les
faitpartie que
du corps, il est produit.
parties par lesquelles

PROPOSITION V.

meut l'air quand son mouuement


Expliquerdequellemanièrese sait du Son, &* qtteh
mouuemens ne font point de Son.

v s viuons dans Tair comme les poissons dans Teau, mais auec cette
NO differencequenousnepouuonssortirhorsdel'air, ny arriuer à fa sur-

face, comme ils font, car ils sautent souuent hors de Teau, ou se tiennent des.

lus, mais nous auons tousiours de mille lieues d'air fur la te-
plus cinquante
ste, car il s'estend à Lune, & peut-estre auFirmament,&
iuíques iuíques par
delà. O r puis que nous ne voyons pas Tair, qui peut estre appelle Teau ou la
mer des hommes & des autres animaux, & qui peut-estre n'est nullement
diffèrent de Teau, qu'en ce qu'il est plus rare & plus leger; il semble
que nous
ne pouuons mieux expliquer ou comprendre la manière dont se meut J air,
il sonne, celle dont íe font les mouuemens de Teau par les
quand que par
& qui labattent auec violence: car il ne faut
corps qui se meuuent dedans,
le mouuement voit fur Teau, lors
pas seulement s'imaginer qu'on fait
qu'elle
en croissant
des cercles qui vont tousiours depuis le lieu où la pierre a esté iet-
tée, qui leur sert de centre, iusques au bord du vaiíseau qui la contient : mais
il faut remarquer si elle fait de semblables mouuemens au fonds, &
iusques
si ces cercles s'estendent dans toute
la profondeur ou la solidité de Teau, com-
me Ton peut conclure tant par les Sons qui se font dans Tair, que par ceux

qui se font dans Teau, car on les oy t eígalement de tous les costez,
quoy qu'il
soit plus mal aysé de Texperimenter dans Teau dans Tair, dans les
que lequel
fuíées & les feux artificiels qui font leur bruit à cent toises de haut y se font es.
gaiement ouy r de tous les costez tant en haut qu'en bas.
L'on peut neantmoins en faire Texperiencc dans Teau, car si de plusieurs

qui nagent entre deux eaux, ou font le Tvn fait sonner vne
qui plongeon,
cloche souz Teau, & que tous en oyent le Son,
quoy que les vns ay ent sept
ou huict brasses d'eau fur eux, & les autres seulement vne ou deux, Ton peut
conclure
que lescercles qui sc voyentsur la surface de Teau , se font sembla-
blement dans toute la solidité de Teau, & conséquemment Teau & Tair
que
font des cercles dans lieu de leur profondeur, Ton les bat,ou
chaque lorsque
que Ton les presse assez fort pour faire quelque bruit.
mesme de Tair qui est battue',&
Quelques-vnss'imaginentquela partie
qui fait lc Son, se diuisc en vne infinité de petites parcelles, semblables aux
atomes de Dcmocritc, cn rond
qui s'estendent pour Son de tous
porterie
costez : mais cela n'est & il n'y a nulle raison qui puisse per-
pas nécessaire,
suader que la
partie de Tair qui est frappée, se détache de Tair auquel elle est
io Liure Premier
à vn autre air eíloigné de deux ou trois mille
continue, pour aller se reioindre
pas:il suffit qu'elle esbraníle Tair continu , & qu'elle luy communique le
mesme mouuement a receu, foibíement & auec di-
qu'elle quoy que plus
minution. Car Ton expérimente dans tous les corps
sont continus,
qui que
l'vn ne peut mouuoir, ou attirer Tvne de ses parties, que les autres
pousser,
ne se meuuent semblablement, encore t vne grande différence en-
qu'il y ay
tre lc mouuement des corps qui sont durs & fermes, comme sont les pierres,
les métaux & les bois : & ceux
qui sont mois & fluides, comme sont Tair, Teau
& toutes sortes de liqueurs, d'autant de tirer,de
qu'il n'est pas possible pous-
ser, & de mouuoir vne partie d'vn corps dur que toutes les autres ne se meu-
comme Ton expérimente lors qu'on ou vn baston,
uent, pousse vne pierre,
ne cèdent pas les vnes aux autres, comme font les par-
parce que leurs parties
ties de Tair, dont nulle ne pourroit estre meuë que toute fa solidité ne
partie
se m eust, si Tvne des parties ne cedoit à l'autre.
Or il est tres-difficile d'expliquer commese fait cette cession, & en quelle
manière Tair & Teau se restituent, & reprennent leur repos âpres qu'on les a
& agitez, car sila partie qui est se raréfie, il faut
battus frappée que les autres
pour luy faire place;
se condensent encore ne se ra-
cequiarriueroit, qu'elle
refiastnullement, à raison qu'elle est hors de son lieu natu rel &c ordi-
poussée
c'est pourquoy il est nécessaire car les parties des
naire, que les autres cèdent,
corps ne sc peuuent & chacune a besoin d'vn lieu particulier diffè-
pénétrer,
rent de celuy des autres. Car encore qu'on sc puisse imaginer qu'vne goutte
d'eau estant versée fur vne autre eau s'estend, íàns qu'il íoit besoin
quetou-
tesles autres parties sc meuuent, neantmoins cela ne se peut
faire lors quelle
est adioustée sous la surface de Teau, d'autant qu'il faut que
toutes les parties

supérieures se haussent pour luy faire place; ce qui arriueroit à Tair si on luy
d'autant
adioustoitquelque'nouuellcpartie, qu'il nous cndost&nous en-
ferme ; & parce que la partie de Tair qui est violentée de lieu, c'est à
change
dire q u'elle s'approche,ou du point immobile
s'estoigne que Ton se peut ima-
les espaces imaginaires, ou à Tvn des pôles du monde:
giner dans il faut
que
les parties cèdent
toutes supérieures pour luy faire place, soit qu'elle aille en
haut ou en bas ,& adroit ou à gauche, si ce n'est
que Ton die qu'elle entre
leurs pores : mais nous ne sçauons
dans pas si Tair à des pores, & bien
qu'il en
toute la solidité ou la surface de Tair battu ou ne peut
eust, poussé pas entrer
dans lefdits
pores, que quelques-vns croyent estre vuides de toute sorte de
car ils ne sont pas si grands comme est Tair poussé ou battu.
corps,
11 y a ce semble plus d'apparence de dire les autres parties de Tair se con-
que
densent céder
pour àTimpetuositédelaportie agitée, quoy qu'il soit pres-
de s'imaginer comme se peut faire la compression ou la con-
que impossible
densation des parties de Tair, s'il ne contient du vuide. Mais la difficulté fera

plus aisée, si Ton ne s'amuse point ail vuide, ou à la raréfaction, & à la con-
car Ton peut dire que quand vne Tair a esté
densation: partie de frappée, que
les autres parties voisines succèdent aussi tost cn ía place, & que toute la mas-
se de Tair sc meut, lors de lieu, comme
que Tvne de ses parties change il arri-
ue dans les bains où Ton se laue, dont toute Teau se meut à mouue-
chaque
ment du corps. C'est i'estime que ceux qui sont
pourquoy dans le Ciel
peu-
sc font icy,
uentappeiceuoirlesmouucmensdel'airqui quoy qu'ils soyenc
tres-foibles ils arriuent au Ciel : car si Ton est contraint d'auoiier
quand qu'v-
De la nature & des du Son. ïí
proprietez
d'eau estant meuë au milieu du vaisseau est cause
ne partie que toute Teau se
ne peut-on pas conclure la mesme chose de Tair, qui est vne
meut, pourquoy
d'eau moins est contenue dans le Firmament, ou
espece grossière, laquelle
dans Timmensité de TVniuers comme dans vn est vn
tres-grandvase, qui
de laSagesse & de la puissance de Dieu.
ouuragc digne

'
PROPOSITION VI.

Les Sons ont mesine raison entre eux que les mouuemens de l'air,
par
lesquels ils font produits.

du Son n'est pas différente


la nature du mouuemenBle l'air, comme i ay
SI dit dans les deux
premières Propositions, il n'est pas necestaire deprou-
tier cette sixiesme, mais parce que plusieurs adioustent vne nouuelle
qua-
lité aux mouuemens , ic dis qu'elle est tousiours véritable, quelque qua-
intentionelle
liré ou espece que Ton veille adiouster, d'autant qu'elle íùit les
différences du mouuemei't de Tair, fait le Son fort ou foible, ou
qui graue
aisu, net ou obscur * iuiuant les differens battemens de Tair, comme Ton ex-
chordes des instrumens, & aux tuyaux dont les Sons
perimenteaux d'orgues,
d'autant plus graues battent moins defois Tair, & d autant
paroissent qu'ils
le battent
plus de fois; de forte
plus aigus qu'ils que si Ton compare deux
d'air efgales ou dont Tvne soit battue fois tandis
quantirez inesgnles, quatre
deux fois. Ton trouuera
que l'autre est battue perpétuellement que le premier
Son fera double de l'autre, & que Tvn aura autant de comme
degrez d'aigu,
Tair, dont il vient, aura esté battu defois :mais iereierue les expériences des
pour le liure des instrumens
chordes à chorde, & celles des
tuyau x pour le li-
ure des Orgues.

Quant aux autres différences & circonstances du Son, comme est taforre
oulafoiblesse, elles viennent du mesine mouuement de Tair difl\<emmenÊ
affecté: par exemple, de deux d'air, font battues au-
lorsque quantitez qui
tant de fois Tvne l'autre en mesme celle est
que temps, qui plus grande fait
vn plus grand bruit, massif & plusrem-
qui paroist plus gros, plus plein,plus
ply ; de sorte que Ton peut mesurer la grosseur du Son, & dire
qu'il à toutes
sortes de dimensions, comme les corps; d'autant ou qu'il est Ie)
qu'il fuit,
mouuement d'vn corps, à sçauoir de l air, ou des autres dont le mou-
corps,
uement est susceptible du Son : car si la de Tair estfoit
quantité quiestmeu
perite, elle rend le Son délié & mince: si son mouuement ou ses bat^
petit,
temens durent il est s'ils durent
long-temps long, peu il est court, &c.
Dell vient
qu'on peut dired'vne voix foible & petite,
qu'elle ressemble à
vne ligne, ou à vn filet qui n'a point de foustenue, comme Ton dit d'vne li-
gne d'eau qui coule doucement par vn canal ;& que la voix qui estforte &
bien fournie, soit aiguë, est semblable au fil de leton,
quoy qu'elle qui est
seime &dur, &c se soustient de soy-mesine: mais toutes
qui i'expliqueray
ces différences
plus exactement dans la Proposition qui fuit, & dans la 16,
il Liure Premier

PROP OSITI ON VII.

comme se sait le Son graue & s aigu, & ce qui le rend fort ou foible,
Expliquer

de ces deux-différences dans la Proposition


que i'aye parlé
ENCORE elles méritent
pourtant d'estre expliquées plus amplement,
précédente,
seruent de fondement à la Musique,
parce qu'elles qui considère plus parti-
culièrement le graue 8c Taigu des Sons, leurs autres qualitez. Mais il faut
que
ces deux termes
icy remarquer vne fois pour toutes, que graue 8c aigu, que
8c bas;
les Grecs appellent&apu & o£ò, signifient que le Son est creux,profond
ou qu'il est haut 8c pointu, s'il est permis d'vscr de ces termes, car la langue

Françoise n'est pas encore si riche 8c si seconde, n'ay e souuent besoin


qu'elle
les termes des Grecs 8c des Latins, ou d'en employer de méta-
d'emprunter
lors qu'elle les sciences: les Latins disent Grauitas 8c acu-
phoriques, explique
men: ôcles Grecs0«/ú'T««&<>i;ó'/»$, la profondeur 8c la hauteur
pour signifier
des Sons; 8c nous pouuonsdire la grauitéduSon, mais nous n'auonspoinc
de diction correlatiue le contraire le Son aigu : car
qui signifie pour exprimer
acuité n'est pas en vfage: c'est pourquoy nous dirons désormais le graue, ou
la 8c Taigu du Son, ( quoy que la légèreté íoit opposée à la grauité, 8c
grauité
Tobtus à Taigu) afin d'accommoder nos discours à Tvsage.
Or il n'y a point d'autre cause de la grauité des Sons , que la rareté des bat-

temens,c est à dire que le petit nombre des secousses 8c tremblemens de Tair:
car ils font d'autant le nombre des battemens est moindre, 8c
plus graues que
parce qu'il n'y a point de Sons graues qu'en comparaison des plus &
aigus,
establir de Son graue,
que Ton ne peut si Ton parle
conséquemment simple-
ment 8c absolument, il faut seulement remarquer que les aigus se font par vn
nombre de battemens ou de tremblemens d'air, 8c qu'il n'y a nul
plus grand
Son aigu qui ne puisse estre graue en comparaison d'vn plus
aigu; comme il
n'y à nul Son graue qui ne puisse estre aigu, s'il est comparé à vn
plus graue.
Cc raisonnement est confirmé des chordes, dont le Son est
par Texperience
d'autant 8c plus aigu,que leurs tremblemens ou leurs tours &
pluspenetrant
retours font plus frequens, soit que Ton vse d'vne chorde ou tres-
tres-grosse
peu ou beaucoup
8c qu'elle meuue d'où il s'enfuit
deliée, d'air; que le Son
ne vient du mouuement,
aigu pas de la vistesse ny lc graue de la tardiueté,
mouuement fois plus tardif fera vn
puis qu'il peut arriuerqu'vn cinquante
Son cinquante fois plus aigu qu'vn autre mouuement cinquante fois plus
viste, comme ie demonstre ailleurs ; d'autant que la chorde d'vn Luth se
meut fois plus visteau commencement de son mouuement,
cinquante qu'el-
ne fait au trois moment
ou quatriesme âpres que Ton la touchée. Où il faut
ie me sers de la diction, vn
remarquer que Moment, pour signifier temps fort
c'est à dire à la 3600.
court, qui est eígal à vne seconde minute d'heure, par-
tie d'vne heure, à vn moment ou à vn tremblement du
laquelle reípond
coeur ou du poux, parce que cette mesure est propre pour les me-
expliquer
sures , & les autres circonstances dela Musique.
La seconde de cette à la force, ou à la foible 1-
partie Proposition appartient
sedu Son, semblablement de Tair, comme i'ay desia dit dans la
qui dépend
Proposition précédente, parce que toutes 8c quantes fois
qu'vne plus gran-
de
De la nature & des du Son.
proprietez 13
de quantité d'air
est frappée auec vne plus grande, ou vne visteísc
esgale quv-
ne moindre le Son est plus grand. Or cette grandeur sc
quantité, peur pren-
dre en trois manières, suiuant les trois dimensions des à lçauoir en
corps,
en large & en elpaisseur.
long,
à la longueur, oh peut dire que de deux chordes en
Quant eígales gros-
seur, celle qui est plus longue & qui neantmoins est à Tvnisson de l'autre, fait
vn Son plus grand en longueur, parce qu'elle frappe d'air, à rai-
d'auantage
son qu'elle en frappe vn plus comme il arriue aux plus longues chor-
long,
des des Tuorbes touchées à vuide, lors que Ton les met à Tvirsson des
Il est la largeur des si ce n'est
plus courtes. plus difficile d'expliquer Sons,
sont plus larges, la superficie des
qu'on die qu'ils quand corps qui battent
Tair sont plus larges: mais cette des corps n'estant pas fans leur soli-
largeur
dité, elle appartient auffi bien
à Teípaisseur des Sons, leur largeur;
qu'à par
vne plus grosse chorde Tair, comme il arriue aux gros-
exemple,quand frappe
ses chordes de Luth, elle bat vne plus grande surface d'air, qu'vne chorde
de mesme mais la solidité de ladite
plus déliée longueur, Tairquircspondà
surface est aussi plus grande, & la solidité tou-
conséquemment accompagne
siours la largeur.
il faut conclure
Orpourreueniràlaforce&àlafoiblesseduSon, qu'elles
ont mesine raison enrri'elles, les quantitez de Tair qui sont battues autant
que
de fois les vnes que les.autres, si les corps sont d'vne meíme matière ; de lorte
que la chorde fois plus d'air en mesine
bat quatee vn Son qua-
qui temps,fâit
tre fois plus & consequemment
que celle qui en bat quatre fois moins,
grand
les chordes des instrurnens sonnent d'autant plus fort qu'elles s'estoîgnent
de leur ligne droite, comme nous demonstrerons ailleurs. II faut
d'auantage
conclure la mesine chose de la Voix, est d'autant plus forte que le
laquelle
poulmonenuoye d'air au larynx.
d'auantage
Mais ie rencontreicy vne difficulté qui consiste à sçauoir
lc Son
pourquoy
d'vne chorde tendue en Tair ne fait pas vn si ouvn si
grand Son, grand bruit,
que quand elle est tendue fur vn instrument: & pourquoy vne chorde de
chanvre tendue fur vn mesine instrument ne fait pas tant de bruit qu'vne
chorde deboyau ou deleton, encore soient toutes à Tvnisson, & es-
qu'elles
gales en grosseur &
longueur, ôíqu elles meuuent autant d'air les
vnesque
les autres. A quoy chorde qui est tendue dans Tair n a
ierespondsquela que
lc t soudainement, à raison
simple Son, qui s'esuanouy qu'il n'y à rien qui le
retienne; 8c que celle qui est tendue íur les instrumens a le Son précédent,

que Ton peut appeller direct, 8c le Son résonant & de reflexion , qui est con-
serué dans le creux de
Tinstrument, & renuoyé par la table qui renforce gran-
dement le Son.Or Ton pourra dans les liures desinstrumens:pour-
expliquer
quoy de plusieurs tables
d'eígale grandeur 8c de mesine, ou de differentema-
les vnes résonnent mieux
que les autres,
tiere, & pourquoy ily adesinstru-
mens plus sourds, 8c d'autres
plus resonans j 8c semblablement pourquoy de
différentes chordes tendues à Tvnisson, les vnes sonnent plus fort que les au-
tres, encore vne esgale d'air d'vne
qu'elles frappent quantité esgale vistesse.
seulement
Iediray icy qu'vne partie de Tair entre dans les pores de la chorde
de chanvre, dont il est battu & que quantité de peiitssila-
plus mollement,
mensqui sont surla superficiede cette chorde, ou plusieurs autres in efgalitez,
rendent le Son
plus foible
plus obscur, plus mol, 8c plus sourd : à quoy Ton
B
14 Liure Premier
de la chorde
peut adiouster que Tair intérieur donne de particulières qualitez
au Son qu'elle fait.
PROPOSITION VIII.

Le Son ne se communique pas dans vn moment, comme fait la lumière,selon toute son
estcnduë, maïs dans Vne efface de temps.

N expérimente les actions


que toutes naturelles ne se font pas dans vn
L'O moment, ny dans vn temps imperceptible, 8c qu'il y en a qui ont besoin
la chaleur ne s'introduit
de temps.car pas dans le sujet s'il n'est disposé deuanr,
8c la lumière s'estend dans toute la íphere de son actiuité dans vn instant, ou
siellea besoin de quelque il est si court
temps, que nous ne pouuons le re-
mais le Son ne peut remplir la sphère de son actiuité
marquer: que dans vn
espace de temps, qui est d'autant plus long que le lieu où scfàitlcSonest
comme Ton expérimente en plusieurs manières, 8c
plusestoignédeToreillc,
particulièrement lors que Ton voit que la hache, ou le maillet du bûcheron
& des autres qui frappent fur quelque corps, a desia frappé deux coups lors
Ton oyt le premier
que coup : ce qui arriue quand on est estoigné de cinq ou
six cens pas, ou
dauantage.
Or il faudroit fairé plusieurs si la tardiuetédu Son
expériences pour sçauoir
suit la grandeur des espaces; par exemple, íi le Son qui est fait à deux mille
ne s'entend
pas loin, que deux secondes minutesapres qu'il a esté fait, &s'il
tousiours vne mesine en ses tardiuetez. Et parce que les
garde proportion
vents & les différentes de Tair portent les Sons
dispositions plus viste ou plus
lentement, Ton ne peut rien establir d'asseuré fur ce sujet : neantmoins si Ton
veut faire les expériences nécessaires, ilfauts'estoigner d'vne demie lieuë, &
faire tirervn cou p de mousquet ou d'artillerie, & puis il faut faire la mesine
chose en s'estoignant d'vne lieuë, 8c le temps
marquer qui se passe depuis que
Ton voit la flamme àce qu'on
iusques oye le coup : ou si Ton veut faire qua-
tre stations, il faut premièrement d'vn quart de lieuë, seconde-
s'eíloigner
ment d'vne demie lieue, 8c puis de trois 8c finalement d'vne lieuë,
quarts,
afin de voir si chacune de ces quatre distances retarderont le Son au-
eígales
tant Tvne que l'autre. *

Or il faut repeter fois cette expérience, 8c particulièrement lors


plusieurs
queleventestfauorable, & contraire, & que
Tair est plein de brouillards &
de vapeurs, ou qu'il est calme, clair &c serain.
En apres il faut obseruer la dif-
férence de la vistesse du Son dans ces différences de temps, & remarquer si
le Son va plus viste de haut en bas,
que de bas cn haut, cn plaine campagne
qu'a trauers les montagnes ou les vallées, fur Teau des riuieres, ou de la mer,

que fur la terre, &c. car les différentes situations apportent de grandes diffé-
rences aux Sons, comme Ton a remarqué au
Siège de la Rochelle, dont voi-
cy les obseruations qui en ont esté faites tres-exactement par Tvn des Capi-
taines.
Lors est en mesine
qu'on Horizon que le lieu d'où Ton rire, 8c qu'il y a vn
vallon entre deux, le coup s'entend mieux
beaucoup que si on estok dans vn
vallon. Vn canon de batterie
ayant estétiréledeuxieíme de Feurier entre six
& sept heures du matin, Ton n'entendit le Son trois secondes le
qu'âpres que
feu y fut mis, quoy le Nordcst lc Son, & que le
temps fust
que apportast se-
1
la nature & de s du Son.
De proprietez ïj
la cause à la grossièreté de Tair de la 8c à la moi-
rain ; dont on rapporte mer,
Et neantmoins Ton entendit le bruit de la mesme
teur de la poudre: piece le
8c deux heures au second
mesme iour, entre vne âpres midy, battement de
cens pas delà. Et à deux heures âpres midy par vn temps clair, le
poux à deux
le Son ,vn fauconneau fut aussi tost ouy de iooo.pasquelafu-
vent portant
méeenfutapperceuë.
le boulet de douze liures, tirant de mil
Le Son d'vne piece portant cinq
vn clair du 8c
cens pas a trois heures âpres midy par temps aydé vent, placée
fur vne courtine fur Teau, fut ouy à deux battemens de poux. Le Son d'vne-'
tirée à cin quante fur Teau, le vent estant à demy conttaire,
mousquetade pas
s'entendit au quatriesme battement, autre
& le temps couuert, quoy qu'vne
tirée de iooo. pas au dessouz du vent, par vn temps sombre 8c
mousquetade
vne heuredeuant le iour, pres de lamer, n'ayepoint esté entendue;
couuert,
mesme à deux que Ton tira à la Rochelle 8c à Iadon,
cequiarriuaen temps
d'oul'on estoit estoigné de 1200. pas.
Or vne mousquetade tirée à cent pas s'entend ordinairement en deux bat-
&Tamorce bien.
temens, pourueu que la poudre prennent
Le Son de la piece qui estoit fur le haut de laTour de la chaifne ne s'enten-
doit à z ooo.pas dans vn fonds,qu'apres le huictiesme battement à deux heu-
clair.
res âpres midy, par vn temps
De 25 00. pas, peu de vent amenant le Son, à trois & quatre heures âpres
n'ont esté ouyes qu'â-
midy, trois ou quatre pièces tant petites que grandes
la sixieíme partie d'vne minute.
pres dix battemens, qui fontpreíque
autres expériences du canon, lors de
l'apporteray plusieurs queie parleray
la force du Son, & de la vistesse du mouuement que font les boulets; car il
variété de la visteíîe du Son, dont les expe-
suffitde remarquer icy la grande
rien ces sont tres-difficiles à iustisier, d'autant que Ton ne peut apperceuoir Ie
feu en plein iour, qui sert de guide la nuit, & que la fumée
que Ton remar-
la flamme. Tair est autre-
que, ne s'apperçoit pas si tost que Quantàlanuit,
ment disposé c'est pourquoy Ton ne peut pas conclure la vistes-
que de iour,
se du Son qui se fait le iour par celle du Son qui se fait la nuit: quoy qu'on
le iour : par exemple, Ton peut îeucr quel-
puiíse vser d'vn autre signe pour
ou quelque autre couleur esclatante, qui se void.de
que piece d'escarlatte,
bien loin. Mais Ton peut icy faire vne obiection contre la définition que i'ay
donnée la première & seconde à sçauoir
du Son, dans Proposition, que s'il
n'est mouuement de Tair, qu'il doit seulement estre ouy lors
qu'vn que ledit
mouuement arriue iusques à l'oreille ; & qu'il n'y a nulle apparence qu'il soit
des corps qui lc produisent
plus viste
que le premier
mouuement par leur
lesdits
battement, & neantmoins que le Son va beaucoup plus viste que
ce que Ton demonstre d'vne chorde de Luth, dont
corps, par le mouuement
les tremblemens ne font pas Teípace d'vn ou deux pieds depuis le commen-
cement à ce qu'elle se repose, Ton en oye le Son de plus de
iusques quoy que
cent pas si tost conclure
qu'on la touchée: d'oùïlfaur, cesemble, que ce Son
qui va si viste, ne peut estre le mouuement de Tair qui est fait par le battement
de la chordc,& vistesse que celle de la chorde,
qui n'a point d'autre puis qu'ils
commencent qu'ils continuent, 8c qu'ils cessent Tvn auec l'autre.
A des es-
quoy Ton peut premièrement respondre que ceux qui mettent
de la troi-
pèces intentionnelles du Son, ou qui croyent qu'il est vne qualité
B ij
i'6 Liure Premier
à résoudre, d'autant
siesmeespece- ont
lahîesmedifficulté que ces espèces
& supposent le mouuement de Tair, & conséquemment el-
accompagnent
les ne peuuent aller plus viste que ce mouuement. Secondement, que Tair
estant tres-aisé à mouuoir à raison de sa fluidité, 8c de son peu de résistance,
lc mouuement.
sc meut beaucoup plus viste que les corps qui luy donnent
Or on peut remarquer la vistesse du mouuement de Tair par le mouuement
des baies d'arquebuses, des boulets de canon, des boules de pas demail, 8c
de plusieurs autres corps qui sont poussez de violence dans Tair, 8c
qui vont
'*
aussi viste, ou plus que le mouuement de Tair que fait la poudre à canon, ou
le maillet : car si la boule qui vole dans Tair arriue aussi viste à celuy qui est es-
de cinq cens pas, comme le Son quefait le maillet : Ton peut dire
loigné que
le Son va aussi viste que la boule ; 8c si la baie d'arquebuse va plus viste, com-
me Ton conclud, lors qu'on voit les oyseaux qui tombent morts de dessus les
branches des arbres , auant qu'on oye le bruit ou le Son du cou p, quoy que
l'oreille soit proche de ladite arquebuse , Ton peut remarquer de combien Ie
mouuement de Tair, qui se fait à la sortie de la poudre, est plus lent que celuy
de la balle. Il faudroit encore examiner si le mouuement de la poudre ou du
est aussi viste que celuy de la balle ou de la boule, 8c supposé
maillet, que ce-
luy qui frappe laissealler le maillet, qui garde quelque temps le mesme mou-
uement qu'il luy donne en frappant, s'il iroitaussi viste que la boule ; ce
que
vne pierre, ou
l'onpeutauffiappliqueraubras,&àlamainquiiette quel-
autre dans car ces
que corps Tair, puis que corps n'ont point d'autre mouue-
ment de lapercussion: il est (cesemble) nécessai-
que celuy qu'ils reçoiuent
re que le maillet célébrasse meuuent du moins aussi viste que les missiles, &
si le maillet le bras, ou si le bras
conséquemment quittoit quittoitle corps,
l'vn & l'autre sc mouueroit quelque temps dans Tair, aussi viste que la boule
ou la pierre : mais cette difficulté sera expliquée dans la 13. Proposition.

PROP OS1TION IX.

Le Son ne dépend pas tant des corps par lesquels il est produit, comme
la lumière du corps lumineux.

car encore
cecy par expérience, que les corps
ILesttres-aysédeprouuer le Son ne tremblent nullement, 8c qu'ils demeurent im-
qui produisent
ceux qui sont si
mobiles, estoignez que lefdits corps cessent plustost de se
mouuoir qu'ils n'entendent Ie Son qu'ils ont fait, ne laissent
pas d'entendre
le Son qui est porté dans Tair, tandis
que les corps qui Tont fait demeurent
immobiles; & bien que le bûcheron se repose, Ton oyt neantmoins le coup
dontiíafrappél'arbreoule bois,parce ne cesse
queTairquiaestéesbranlé,
pas si tost que Ie coup. Il faut pourtant remarquer que le Son ne dure quasi
qu'vn moment, lors que les corpsdcmeurenrimmobiles,commeTon
expé-
rimente fur les instrumens de car si tost que Ton touche &
Musique: qu'on
arreste la chorde du Luth & des Violes auec le n'en oyt plus le Son,
doigt,l'on
parce que Tair esbranlé frappe seulement l'oreille en passant íànss'arrester,la-
quelle n'en peut ay sement les proprietez 8c les circonstances, si
remarquer
elle n'en est frappée plusieurs fois, comme ieprouueray ailleurs.
Quant aux corps lumineux, leur lumière 8c se perd si tost
s'esuanouyt qu'ils
Delanature ôc des du Son. 17
proprietez
ou estcints : de forte ne demeure nulle lumière
sont soustraits qu'il ny pres ny
semble reste de
loin encore qu'il que Ton voye quelque lumiereapres que
l'on a regardé le Soleil, à raison que le nerf optique quia esté affecté ne perd
pas dans vn
moment la disposition, &Talteration qu'il a receuë. Où il faut
verrions tousiours la lumière, ou les autres obiects, si la
remarquer que nous
altération dudit nerf demeuroit tousiours en mesine estât ; ce qui ar-
mesme
riueroitsemblablementàToreille, dont les bruits intérieurs que quelques
vns appellent tintoins, la meuuent 8c Talterent de la mesine íorte que les bruits
des intérieurs Taltereroient. Ce qu'il faut soi-
extérieurs qui sont à Tvnisson
afin d'expliquer la manière dont les Damons nous
gneusement remarquer,
toutes sortes d'obiets tant le iour que la nuit, encore
peuuent représenter
rien de tout ce qui sc void; ce que Ton appelle carilraut
qu'il n'y ait charmer,
seulement altérer le nerf, qui est le principal lens extérieurs, de la
organedes
par la lumière, ou par lesautres
qu'il feroit altéré
mesmemaniere obiects : ce
s'il faut seulement le raréfier ou le condenser: mais
qui est cres-ayse Texpli-
dansvn autre lieu.
querayeecy plus amplement
demeure plus long-temps dans Tair que
OrlaraisonpourlaquelleleSon
âpres que leurs causes sont ostées,
la lumière n'est pas trop ayfée à expliquer,

pas si la lumière ou Tillumination se fait par vn


d'autant que nous ne sçauons
mouuement d'air, comme le Son, pareequenous nepouuons remarquer ce
mouuement à cause de fa vistesse, à raison que nous n'auonspadesens assez
subtil mouuement. L'on neantmoins dire ne
pouriugerdece peut qu'elle
subsister dans Tair íàns
la présence du corps lumineux, pour ce qu'elle
Í>eut attachée comme la pesanteur est attachée aux pierres,
uy est entièrement
a esté fait, parce
mais le Son ne dépend pas des corps dont il qu'il ne leur sert
car son propre à sçauoir Tair, est d'vne diiícrentena-
pas de propriété, sujet,
ture, & se meut long-temps apres lc repos des corps par lesquels il a esté meu
& battu.
Certainement sil'air ne peut estre illuminé que quant & quant il ne soit ra-
réfié, 8c que la raréfactionne puisse arriuer fans le mouuement local; Ton
conclure que Tillumination
peut ou la lumière est vne eípecc de mouuement;
mais la considération de ce sujet appartient
plus particulière àTOptique,
dans laquelle il faut voir si la lumière est Tame de Tair, 8c des autres corps dia-
& si elle peut estre appellèel'ame vniuersclie du monde,
phanes, qui est en
manière semblable à la mort, lors qu'il est priué de ladite lumière.
quelque
A quoy i'adiouste
que si Ton prend Tair pour le corps qui produit le Son,'
que le Son dépend autant de ce
corps, comme la lumière
dépend du Soleil,
puis qu'il n'est autre chose que le mouuement de Tair, 8c que le mouuement
ne peut estre fans le mobile dont il est mouuement.

COROLLAIRE.

Si toutes les choses du monde nous doiuent seruir de degrez pour nous es.
leuerà
que la lumière
Dieu, la dépendance à du corps lumineux,& celle qu'a
leSonde Tair, ne doit pas tenir le dernier rang, puis que ces deux qualitez
nousfontíouuenir que nous dépendons plus de Dieu, qu'elles ne font de
leurs causes ou de leur nous auons la mesme d'illu-
fuiet,&: que obligation
miner & ceux qui ont besoin de nostre 8c de seruir de
d'enseigner secours,
B íij
ï8 Liure Premier

caractères viuans fa grandeur 8c (es louanges, les rayons


pour publier qu'ont
d'illuminer Tair, 8c qu'ont les Sons de tesmoigner le mouuement de leur
cause : mais à Dieu que la liberté que nous auons de satisfaire à cette o-
plcust
dans vne heureuse nécessité
bligationtres-iuste,fust changée qui fist esua-
mal : ce
nouy r Tindifference que Ton à tant au bien qu'au qu'il ne faut pas at-
le Ciel, ou toutes choses s'vniront à leur principe, 8c rentre-
tendre que dans
ront dans leur source 8i dans leur origine.

PROPOSITION X.

le Son est plus subtil


Expliquer enquoy que la lumière, & s'use réfléchit.

est aysé de prouuer Son est plus subtil la lumière,


que le que puis qu'il
IL passe à trauers les corps opaques, car Ton oyt le Son est enfermé dans
qui
desvaisseaux de terre, de plomb, de fer, de bois & de toutes autres íortesde
matières les rayons du Soleil ne puissent y entrer, 8c que
opaques, quoy que
la lumière dedans n'en puisse sortir ; delà vient qu'vne seule
qui est enfermée
fueille de papier mise entre Tceil 8c le Soleil empesche son rayon, mais elle
à trauers 8c pénètre
les murailles, aussi aysé-
n'empefche pas le Son qui passe
les diaphanes,
mentles corps opaques que quoy que les vns 8c les autres di-
minuent íà force 8c fa véhémence. Mais il est difficile de sçauoir la
pourquoy
lumière ne passe, aussi bien que le Son, à trauers les corps opaques: car Ton
n'a pas encore demonstré les pores 8c \es fibres des corps
que diaphanes
soient plus vis à vis les vns des autres que ceux des Opaques; 8c les parties de
l'or> sont du moins aussi que celles du verre. Et puis les pores ne sont
pures
semble donner à la lumière, si Ton n'accorde
pas ce nécessaires pour passage
mesine est vn corps qui ne peut subsister auec vn autre
premièrement quelle
corps dansvn mesme lieu; ce qui est contraire à Texperience, qui fait voir
ou d'vn verre sont toutes remplies
que toutesies d'ynchrystal de lu-
parties
mière qui pénètre tout ce qui est parfaictement diaphane, comme fait Thuy-
le respand sur du papier ou du dont elle ne laisse nulle
qu'on drap, partie
qu'elle n'infecte & n'engraisse.
C'est ce qui a donné sujet à quelques de croire
peut-estre Philosophes que
la lumière n'est autre chose qu'vne huyle tres-claire & ties-subtile, qui s'insi-
nuë dans toutes les illuminées de il faudroit
parties chaque corps : mais qu'ils
la lumière ne laisse point de tache
expliquassent pourquoy ny de vestige
8c pourquoy elle pénètre seulement les corps
âpres íby comme fait Thuyle,
veu que Thuyle aussi ayfément les corps
diaphanes, pénètre opaques que les
diafanes. L'on peut encore dire que le Son est plus vniuersel, à raison qu'il
meut 8c qu'il esbranle toutes sortes de corps, &qu'ilíe porte aussi bien dans
les cachots 8c dans les ténèbres, que dans les lieux
les plus clairs ; mais ie parle-

ray âpres des autres comparaisons qu'il y a du Son à la lumière.


Quanta la reflexion du Son Ton Tapperçoit dans l'Echo des Cloches, des
Voix, & des autres Sons deux, trois, ou quatre fois, &qui
qui refpondent
les Sons se réfléchissent comme la lumière, lors ren-
enseignent que qu'ils
contrent des corps fermes 8c durs,soit diafanes ou
opaques qui leur résistent,
quoy que le rayon du Soleil ne sc réfléchisse que par les corps opaques. Mais
il est difficile d'expliquer raison de ces réflexions, 8c les
lavraye pourquoy
De la nature & des du Son. ïp
proprietez
pas leur action
finissent fur la surface
Sons ou la lumierene desdits corps qui
les cmpeschcnt de passer outre. Si ce n'est que Ton die que ces qualitez
pro-
duites par vn mouuement, semblable à celuy de la proiection des miflìles,

ne peuuent s'arrester iusques à ce que la vertu de proiection 8c d'émission

soitsinie, la lumière 8c les Sons tandis de-


quimeutperpetuellement qu'elle
meure en fa vigueur, 8c qui les fait rejallir 8c réfléchir des
àl'opposite corps
dont elle est empeschée, afin qu'elle recouure d'vn costé ce qu'elle perd Je
l'autre, & qu'elle de la Nature, ne veut ny ne
conseruel'equiìibre qui peut
rien perdre, & qui sc recompense tousiours elle mesme ; quoy que contre
Tinrention de ceux de la tromper & de Tendommager,comme
quis'efforcent
des Mechaniques. Ic traitteray aussi plus amplement
i'ay fait voir en parlant
de l'Echo dans vn autre lieu, car il mérite vn discours particulier.

CORO L LAIRE.

Si Tonvouloit toutes les actions dans l'oreille est plus


rapporter lesquelles
subtile toutes les rencontres
que Toeil, 8c consequemment où le Son est
plus
subtil que la lumière ;il faudroitfaire vn deíhombrement de toutee
que Ton
en tenebres 8c de mût, 8c de toutee
peut ouyr& apprendre qui peut entrer
dans Tesprit par lc moyen de la seule oreille, 8c consequemment il faudroit

quasi transcrire toutes les sciences qui sont dans les liures, & dans Tesprit de
tous les hommes de la terre,pourueu que Ton en exceptastla science des cou-
leurs & de la lumière. Mais cet ceuure comprend autres choses
plusieurs qui
seruent à ce su jer.
PROPOSITION XI.

Le Son neprefinte la grandeur & lesautresqualite%Jlescorps par lesquels il est produis.

monstre la vérité de cette , car la grauité des


Proposition
L'Expérience
Sons íùit la des corps par le moyen il est produit, com-
grandeur desquels
me Ton void aux ou plus chordes des Epinettes, du Luth
plus grosses longues
& des autres instrumens, aux plus gros tuyaux aux
d'Orgues, plus grandes
Cloches, aux plus gran ds Canons, 8c à toutes sortes de De forte que
corps.
Ton
peut conclure que les corps sont tousiours plus grands, lors que le bruit
qu'ils font est plus gros, plus creux, plus graue & plus sourd, comme il ar-
nuéaux flots de la mer,
qui font vn plus gros bruit que ceux des ruisseaux
8c des riuieres. Ce qui arriue semblablement aux
grosses voix qui tesmoi-
gnent la grosseur de Tartere vocale, ou de la grandeur de la glotte, comme ie
monstreray dans le liure de la Voix.
Le Son encore les aunes
représente qualitez des corps qui lerendentplus
clair, ou plus obscur, & plus sourd:
plus net ou plus confus; plus rude ou
plus doux, &c.parce qu'il est tres-dissicile de rencontrer deux corps dont tou-
tes les qualitez soient parfaitement eígales, quoy qu'ils soient de mesme ma-
tière 8c de mesme làvient que le Son peut seruir
grandeunde pour remarquer
bien que les autres sens les es-
ladifferencedetoutessortesdecorps, iugent
gaux, comme Ton expérimente en plusieurs 8c autres
pistoles, quarts d'eícu,
pièces de monnoye, qui sont si cigales en poids, en grandeur, & en figure
quelceilny remarque nulle différence, & neantmoins elles ont leurs Sons
B nij
2 o Liure Premier

differens,car la moindre altération fait changer le Son: 8c bien soient


qu'elles
forgées, battues, fondues, ou iettées en mesme temps, 8c qu'elles soient fai-
tes d'vne mesme il est quasi impossible
matière, si iustes 8c si esga-
de les faire

parties soient aussi efpaisses ou minces,&


les, que toutesies aussi rares ou den-
ses les vnes que les autres. D'où Ton peut conclure que l'oreille remarque
mieux les différences des corps, 8c de leurs dispositions par le moyen du Son,
iouuent nulle différence entre plu-
queTceil&lamainquinerccognoissent
sieurs corps, dont les Sons
de grandes
ont différences : c'est peut-estre la rai-
son pour Dieu à voulu les veritez reuelécs fussent receuës
laquelle que par
d'autant qu'elle est moins suiette à estre deceuë
l'oreille, que Toril :& nous
lisons qu'Iíàac recogneut la vérité par le moyen de l'oreille en se
qu'il perdit
fiant au sens du toucher, lors qu'd dist : Voxquidem, vox lacob ; manus autem,
manus Efau.
L'on la différence
pourroit icy remarquer que les différentes qualitez des

corps apportent aux Sons, mais il vaut mieux en reseruer le discours pour vn
liure particulier, dans lequel nous traitterons de la dureté, de la rareté, 8c des
autres qualitez des corps.

PROPOSITION XII.

Déterminer en quelleproportion les Sons se diminuent depuis le lieu où ils font première-
ment faits iusques a ce qu'ils cessent entièrement.

i s que tous les agens naturels leurs effets en forme decer-


produisent
PV cle ou de sphère, & que la lumière nous peut seruir de modelle pour par-
ler des autres qualitez il faut conclure
naturelles, que le Son s'estend esgale-
ment de tous les costez, comme fait la goutte d'huy le que Ton verse fur vne
fueille de papier ou fur du ou comme les cercles qui se font dans Teau,
drap,
dans laquelle on iette vne pierre, & que le Son se diminué les espaces
quand
Or la surface de ces de la distan-
s'augmentent. espaces est en raison doublée
ce du Son d'auec les
corps par lesquels il a esté premièrement produit,& con-
sequemment le Son se diminue en proportion G eom étriqué, comme ie de-
monstre par cette figure, vne partie de la sphère d'actiuité
qui représente
A repré-
qu il raut donner au Son, dans laquelle
sente le lieu où commence le Son. A H qui est dou-
ble de AD, monstre venu ius-
que le Son estant
ques à E G est plus large, 8c consequemment plus
foible lors qu u eit au point B C, puis que le triangle A h G eit quatre
que
qu'A B C, d'autant-que
fois plus grand toutes les figures semblables sont en
raison doublée deleurscostez ou semblables. C'est pourquoy
homologues
Ton peut dire qu'il est quatre fois plus foible en E G qu'en B C, d'autant que
le conc A E G est huict fois plus grand que le coiìe ABC, les cônes
puis que
semblabí es sont en raison tri plée de leurs bases.
Or il est tres-mal aysé de faire les expériences qui sont nécessaires pour sça-
uoir cette diminution, à raison des différentes dispositions &changemens
de Tair quiempefchela certitude. C'est pourquoy ilfautplustost icy suiurela
raison que Texperience, comme Ton fait en parlant de la lumière. Et parce
dans T se diminue en
que Ton demonstre Optique que la lumière proportion
'
De la nature & des du Son if
proprietez
il ny à nulle raison qui empesche
(reometrique,&qu que cette manière de
diminution neconuienneaux Sons, puis qu'ils s'estendent &se diminuent

que ladite lumière,


aussi naturellement 8c qu'ils agissent fur Touye comme
elle agit fur l'ceil, il est raisonnable de conclure qu'ils sc diminuent en pro-
c'est à dire proportionnellement en espaces
portion géométrique, esgaux.
Mais pour entendre il faut
cettediminution, remarquer que les actions des
causes naturelles se peuuent diminuer en distan-
premièrement eígalement
ces eígales, comme il arriueroit si le feu esehanffoit fois dauantage de
quatre
quatre pas que de íeize, & si fa chaleur se diminuoit tousiours d'vne eígale
en vne esgale distance. O r Ton appelle cette proportion
parcie Arithmétique,
d'autant ses différences font efgales. Secondement elles sc peuuent dimi-
que
minuer en distances comme on dit
inesgalement esgales, quand que la lu-
mière est quatre fois plus foible à 20 pas de la chandelle, qu'à 10 pas : ou eíga-
lement en distances , comme si ladite lumière estoit seulement
inefgales
deux fois plus foible à 40 pas qu'à 10 pas, 8c que les distances s'augmentanc
en raison double, elle ne sc diminuast que par parties En troisiesme
eígales.
lieu elles sepeuuent diminuer proportionnellement par des espaces propor-
tionnels, comme il arriueroit à la lumière si elle se diminuoit en meíme pro-
que les interualles; c'est à dire si à 20, 40, &80
portion géométrique pas el-
le deuenoit
plus foible de 20, de 40, 8c de 8ojÉÉties, qu'elle n'est à 10 pas. Ie
neveux pas adiouster la quatriesme n'a nulle ré-
maniere^jui proportion
glée; d'autant que Ton ne peut en auoir la cognoiíîànee, encore qu'ellepuis-
se conuenir aux Sons,à raison de rous les changemens de Tair.
O r il est aysé de il faut rapporter
iuger à quelle manière celle quei'ay don-
née aux Sons, en Tair soit esgal 8c vniforme, car
supposant que puisqu'elle
fuit la raison des où les Sons, & les distances sont en rai-
plans par passent que
son sousdoublée de leurs plans, leur diminution à la
appartient première
partie de la seconde manière.
Si quelqu'vn auoit l'oreille assez bonne pour discerner dé combien le Son
foible dans toutes sortes de distances, il íèroit
estplusfortouplus aysé de
choisir la vrayediminution, car s'il le trouuoit plus fort de moitié à 20 pas
qu'à 40, & quatre fois plus fort à 10 pas
qu'à 40, la diminution se feroit en
mesine raison que les espaces ; ce qui ne peut, ce scmble,ar-
augmenteroient
riuer, parce que les causes esgales n agiroient pas esgalement, 8c les plus foi-
bles
agiroient plus puissamment que les plus fortes,comme Ton peut demon-
strer par ces deux lignes, dont chacune est diuisce en trois parties esgales.
Car si A représente vn
Son dont la force aye 8 de-
grez , 8c que B en repré-
sente vn autre aye seu-
qui
lement quatre degrez de
force, c'est à dire soit moindre de moitié, lors qu'A se diminuera
qu'il d'vn
degré en chaque espace, B se diminuera semblablement d'vn dans lc
degré
meíme espace, & B n'aura
consequemment que trois degrez, quand A n'en
aura que
íept, 8c quand A n'en
aura que six, B n'en aura
que deux ce qui ne
peutarriuer, parce que les degrez de B doiuent tousiours estre la moitié de
ceux d'A en
chaque espace, 8c neantmoins ils sont triples dans le troisiesme
espace, au lieu
qu'ils deuroient estre sous-doubles, ce que Ton peut aussi âp-
^ï Liure Premier

au quatriesme à tous les autres Mais lors


pliquer &cinquiesme,& espaces.
que les diminutions sont en raison doublée des eíloignemens,il ne s'enfuit
nul inconuenient, car tandis que le Son A qui a huict degrez de force, se di-
minue dans les trois espaces precedensíùiuant ces nombres 8,4,1, le Son B

qui
a
quatre degrez se diminue selon ces nombres 4, t, 1. Or il faut dire la
mesme chose de Taugmentation des Sons, est semblable à la composi-
qui
tion & à la multiplication, comme la diminution est semblable à la diuision.

CORO LLAIRE.

que Ton a supposé dans la Théologie


Lors en quelle la grâce,
proportion
les mentes, & les autres vertus des Iustes il est tres-ayíé d'en
s'augmentent,
faire la supputation, car si la grâce de ceux qui coopèrent de tout leur pou-
uoir s'augmente en proportion en proportion
géométrique, par exemple
double, il faut autant de fois doubler le premier terme, qui signifie ia pre-

qu'il y aura d'actions


mière grâce, : comme si le Iuste coopère vingt fois le
iour auec la grâce de Dieu, il aura à la fin du iour 24390200817170^440000

degrez de grâce, d'autant que ce nombre est le 20. terme de la progression

que Ton peut tousiouts doubler à ce qu'on


double, iusques aye autant de
termes que d'actions. JÈh
Par où les Musiciens combien ils meriteroient, s'ils ne
peuuel^cognoistre
chantoient ny ne ioiioient iamais des instrumens qu'ils ne rapportassent
toutes leurs actions à Thonneur & àl'amourde & consequemment
Dieu,
combien ils multiplient leurs les rapportent à la vanité, ou
pechez,lors qu'ils
les font à mauuaise intention.
qu'ils

PROPOSITION XIII.

Déterminer fi le Son est plus viste qus le mouuement des corps, par lequel il est
produit.

difficulté a desia esté proposée sur la fin de la huictiesme


Propo-
CETTEsition , 8c renuoyée à celle-cy,dans il faut
laquelle premicrement appor-
ter quelques des corps qui leSon, afin que nous ne
expériences produisent
disions rien contre les Phenomens& de la Nature. Or nous ne
Apparences
po.uuons sçau oir plus exactement la vitesse du mouuement
par qui se font les
Sons qu'en considérant celuy des chordes de Luth,ou des autres instrumens,
d'autant qu'il est assez sensible pour estre remarqué, car si Ton tend vne chor-
de de boyau à Tvnisson d'vn tuyau d'Orgue de deux pieds ouuert, il est tres-
certain ne fait pas plus de 150 retours dans Tespace d'vne seconde mi-
qu'elle
nute d'heure, qui dure autant qu'vn battement de coeur ou du c'est à
poux,
dire la 3600. d'vne heure. Secondement il est certain fait as
partie qu'elle
fez de bruit
pour estre ouy e de bien loin, quand elle est tirée d'vne ligne hors
de fa situation ordinaire. En troisiesme lieu on Toyt pour le moins de 100.
pieds de Roy, qui valent zo pas géométriques ou 40 pas communs, tandis
que le poux bat vne fois. Et finalement
Tespace de ses retours diminuent
tousiours depuis le premier, qui est d'vne ligne, iusques au dernier qui n'a
Pas woooooocÓde ligne pour son diamètre, comme ie demonstreray dans le liure
des Instrumens à chorde. D'où il s'enfuit que la chorde ne fait pas Tespace de
Delanatureôc des du Son.
proprietez 23
tandis le poux bat vne fois, 8c que le Son de la chorde arriue
150 lignes, que
chacun est de deux
iuíques à quarante pas, dont pieds &demy de
Roy, &
le Son est plus viste que le mouuement du
consequemment corps par qui il
est produit, car 150 lignes ne font pas treze pieds de Roy.
Et si Ton oste Tespace de la diminution des retours le premier ius-
depuis
ques au 150, on ne trouuera pas seulement six pieds pour tous les mouue-
: or quarante
mens de ladite chorde pas contiennent plus de trois fois six pas,
c'est pourquoy Ton peut conclure que le Son va du moins trois fois plus viste

que le mouuement descorps par qui il est produit. Mais la raison de cette
vitesse du Son,d oit estre prise de la nature de Tair qui va tousiours
plus grande
qu'il endure
d'vne mesme vitesse, violence au commencement, car
quelque
soit que Ton le batte aussi fort comme fait le boulet du canon 8c Ie tonnerre,
ou qu'on le batte aussi foiblement qu'vne chorde de Luth, ou que le
larynx
8c les lèvres, le Son qu'il fait va tousiours de meíme vitesse, tandis que l'air
quiportele Soa demeureefgal; parce que Tair à vne certaine disposition
d'vne esgale vitesse âpres qu'il a esté battu,
pour se mouuoir tousiours com-
me la chorde du Luth, dont les tremblemens tousiours vne esgale
gardent
vitesse, quelque forte impression que Ton puisse apporter à ladite chorde,
tandis qu'elle à vne mesme tension: de sorte que Ton peut appeller cette dis-

position de Tair tension, puis qu'il n'y a rien qui nous serue
dauantage pour
Tvniformité de son mouuement: qu'il semble
expliquer quoy que cette So-
lution enferme vne autre grande difficulté, à sçauoir que les Sons de toutes
les chordesdeuroient estre à Tvnisson les vnes des autres, se font
puisqu'ils
de Tair, 8c que les Sons ont mesme
par vn mouuement efgal raison entre eux

que les mouuemens ils sont produits, comme


par lesquels i'ay dit dans la si-
xiesine Proposition.
ie refponds
Aquoy qu'il ne s'enfuit pas que tous les mouuemens d'air soient
en toutes choses, encore qu'ils soient elgaux en vitesse, & quel'air
esgaux
qui fait ou qui porte le Son aigu est autrement formé, figuré, ou esineu
que
celuy qui fait le Son que les cercles de Tair le Son
graue,soit qui portent aigu,
soient plus fr les vns des autres, ou les secousses
equens& plus pres que petites
de Tair frappent le tympan de Toreille comme la chorde
plus souuent, qui fait
lc Son Tair plus souuent
aigu, frappe que celle qui fait le graue, quoy que les
mouuemens de celle-cy estre beaucoup
puissent plus vistes que ceux de cel-
le-là, comme il arriue lors que Ton compare lc commencement du Son gra-
ue auec la fin de
Taigu, qui peut estre fait par vn mouuement cent fois plus
tardif
que le graue, comme ie monstreray ailleurs.
Il faut donc
remarquer que Taigu du Son ne vient pas du mouuement plus
viste des
corps ou de Tair, mais de la seule fréquence ou vitesse des retours ou
reflexions duditair, ou des corps qui le battent 8c qui le diuisent.
C'estpeut-
Ton dit la est le nombre sonore, parce
estrepourquoy quel'objetde Musique
que le Son est d'autant plus aigu que Tair est battu plus de fois,& quele nom-
bre de ces battemens n'est autre chose que le graue 8c Taigu, 8c Toreille ne
peut iuger du ton qu'elle oy t, si elle n'a esté battue autant de fois de l'air,com-
meil a esté battu de la chorde ou des autres de sorte
corps, qu'on peut dire
que Ta ction de Touye n'est autre chose que le desnombrement des battemens
de 1 air, soit
que Tame les conte íàns que nous Tapperceuions, ou qu'elle sen-
te le nombre
qui la touche: car Platon croid
quelle est vn nombre hatmo-
*4 Liure Premier

mais nous de ce sujet dansvn autre dis-


nique; parlerons plus amplement
cours.
PROPOSITION XIV.

Déterminer file Sonpafse au trauers des corps diaphanes O* opaques, &* comme il est
toutes sortes de corps.
ay de ou empefchépar

cette difficulté comme le Son passe à trauers le


propose pour expliquer
IE bois, les pierres, les métaux & les autres corps, âpres auoir supposé les ex-

qui monstrent que le bruit des corps qui sont enfermez en d'autres
périences
car si Ton enferme vne pierre ou
corps s'entend aysément, quelques autres

corps dans vne phiole de verre, ou dans quelque vaisseau debois,d'estain,


de pierre, ou d'autre 8c qu'on les bouche tellement
matière, que Tair n'en
sortir, on oyt ay sèment le bruit qui sc fait dedans; & si Ton frappe bel-
puisse
lement le bout d'vne poutre sellée dans les deux murailles»d'vne salle, Ton
oyt le coup à l'autre bout de la poutre, quoy que les murailles enferment la

poutre, & qu'elles de dehors d'entrer en la salle, 8c de porter


empefchentTair
le Son à l'autre bout de dehors.
iusques
Or dit dans la seconde est fait dans les lieux
i'ay Proposition que le Son qui
comme entre murailles
enfermez, quatre qui n'ont nulle ouuerture, sc com-
au dehorsparletremblement des murailles qui sont tellement
munique es-
branlées par Tair de dedans , qu'elles impriment vn semblable mouuement à
l'air extérieur qui porte le Son iusques auxoreilles, 8c que si le Son est si foible
ne puisse esbranler les murailles, ou les autres
qu'il corps qui Ie retiennent,
ne peutestre de dehors. Mais parce que plusieurs ne peuuent s'ima-
qu'il ouy
la voix d'vn ou les autres bruits
giner que homme, que Ton oyt à trauers les-
dits corps soient assez puistàns pour les esbranler, Ton peut adiouster
que la
communication du Son interne sc fait par le moyen de Tair
qui est dans les
du bois, du métal, des murailles, 8c des autres corps, à trauers de
pores qui
on oyt le 8c consequemment
Son, que Tair interne des corps est souuent aus-
si aysé à mouuoir que Texterieur, comme Ton expérimente dans les poutres,
dont si Ton frappe le bout si légèrement
que lc Son ne puisse estre ouy dans
Tair qui est libre de la longueur de la poutre, il pourra estre ouy à l'autre bout
de ladite Toreille sera appliquée, soit tres-lon-
poutre,
auquel quoy qu'elle
& qu'elle soit tellement enfermée que Tair extérieur ne puisse porterie
gue,
Son par ses costez. Ce
qui monstre que toutes ses parties ont esté esbranlées
Tair interne contient dans ses pores reçoit le
parleditcoup,ouque qu'elle
mouuement de Texterieur, ou
que le Son est porté par des espèces intention-
toutes sortes de corps comme font les esprits. Mais il fau-
nelles,qui pénètrent
droit si toutes les espèces de bois estant
expérimenter frappées par le bout
les vnes
portent le Son aussi aysément que les autres; 8c si les pierres &les
métaux font la meíme chose, 8c finalement de combien les vns le
portent
plus facilement car si les plus poreuxleporrentplusloin,ou
que les autres,
le rendent
qu'ils soienr plus longs & plus pesans,
plus sensible,' encore il faut
conclure sc meut & fait le Son,
que Tair des pores 8c parce interne
que Tair
fait vne des corps, 8c que Tair de chaque la partie du
partie pore fàit trembler
bois qui sépare vn pore de l'autre (supposé que les pores ne soient pas conti-
& qu'ils soient séparez les vns des autres mem-
par le moyen
nus, de petites
branes,
De la nature & des du Son.
proprietez ì$
& de petits entre-deux de bois ) Ton peut dire les parties
branes, que toutes
des corps sc meuuent, que ce mouuement nesoit sensible
quoy qu'à Toreille
comme il arriue
qui le remarque par leSon qu'elle oyt, semblablement aux
bruits que Ton oyt de loin en mettant Toreille à terre, ou la soignant à quel-
la terre, la touche:
qui soit fiché dans ou qui mais ie par
que coips leray plus
de ces bruirs au discours de la Musique Militaire.
amplement
11 faut neantmoins aduoiier les corps íònt entre & le lieu
que qui Toreille,
où commence le Son,
empefehent les Sons
grandement pour Tordinaire,
commcTon dans lesEgliscs, dont les voûtes confondent &em-
remarque
tellement les Sons, que Ton a de la peine à ouyr les cloches
peschent que Ton
sonne dans les clochers & dans les tours, 8c lors qu'on est enfermé dans vne
chambre entourée de plusieurs maisons, comme il arriue au milieu des gran-
des Villes, Ton n'oyt quasi pas les coups de canon que Ton tire fur les fossez
de la ville ; ce que Ton expérimente semblablement lors que les
montagnes,
ou les rochers cachent le lieu où sc fait le Son. O r il faudroit de
expérimenter
combien chaque corps interposé empeschc plus le Son Tvn que l'autre ,8c si
Teau estant de meíme les
espaisseur que la terre, ou pierres Tempefcheplus ou
moins qu'elles.
Quanta Tayde que les Sons reçoiuentdes corps, Ton n'en peut ce semble
rien déterminer sans faire plusieurs expériences^ quoy que Ton puissedire
en gênerai que tous les corps concaues le renforcent, & le
Taugmentent,
à raison
portent plus loin, qu'ils empefehent que Tair ne sc dissipe, comme
Ton void en toutes sortes de cornets,dont vsent les sourdauts, 8c dans les ca-
naux 8c lieux sousterrains, la voix. Maisie
qui augmentent grandement par-
leray de toutes les manières de renforcer la voix dans plusieurs autres lieuxj
c'est pourquoy i'adiouste seulement icy que la raison de ce renforcement du
Son doit estre
prise de la de Tair esbranlée, 8c con scruée dans les ca-
quantité
uitez de la terre, 8c des autres corps dont on vse pour lésions;
multiplier
les concauitez doiuent estre à la force
quoy que proportionnées que Ton
don ne dés le commencement au Son, qui doit esti e assez grand pour esbran-
ler toute la masse de Tair, 8c pour surmonter tous les autres
empesehemens;
car nos Sons la Sphère
pas retentir
ne font toute de Tair ( quoy qu'il soiç tres-
malaysé,& peut-estre impossible de cognoistré si chaque Son la 8c
remplit,
l'esbranle ) à raison est trop vaste j 8c qu'ils sont trop foibles.
qu'elle
Neantmoins si Ton suppose la grandeur de Tair, & la quantité voix
qu'vne
don née remplit, 8c que les voix esbranlent tousiours vne d'air d'au-
quantité
tant plus grande sont plus sottes, il est ay se de conclure doit
qu'elles quelle
estre la force de la voix pour esbranlei toute la masse de Tair Firma-
iufquesau
comme i'ay monstre
ment, dans la 44 question
Physique.

PROPOSITION XV,

La Sphère sensible du Son est d'autant


plmgrande, qu'il est plus fort & plus grand : mais
deux ou plusieurs Sons ne s'entendent pas de deux ou plusieurs fois „...,

aufii loin que l'vn d'iceux.

Proposition contient deux > dont la première est aisée à


parties
CETTE Testenduë du Son fuit la violence auec laquelle il a
prouuer, puis que
C
26 Liure Premier

esté produit, mais il est difficile de cognoistré de combien vn Son est plus
& plusfort autre. Il semble de deux tombent fur
grand qu vn que poids qui
vne cloche, de deux marteaux vne
par exemple qui frappent horologe, que
fois fait vn Son deux fois
celuy qui peí'e deux dauantage plus grand .mais il
est aisé de se tromper en cette matière, car il se peut faire que le poids plus le-

ger
fera vn plus grand Son, s'il est mieux proportionné àla cloche
que le plus
comme dans le liure des Cloches, mais puis qu'il suffit
pelant, iemonstreray
que deux ou plusieurs Sons peuuent estre diminuez,
icy de supposer ou aug-
mentez félon vne raison donnée, & que la grandeur 8c la force du Son suit la
comme
quantitéd'air qui est battue, i'ay desiadit ; i'adiouste qu'il fautque le
Son soit quajtrefois aussi fort pour auoir fa Sphère sensible double, car puis
de la lumière cette & que nousn'auons
que la sphère proportion, rien
garde
de plus sensible & de mieux réglé qu'elle dans la Nature, nous pouuons con-
former la proportion des autres choses à la sienne. C'est pourquoy ic con-
clus que comme il fautioindre chandelles de mesme es-
quatre grosseur pour
clairer aussi fort que Tvne des chandelles quand Ton deux fois aussi
s'eíloigne
loin des quatre que d'vne, qu'il faut semblablement frapper quatre fois au-
tant d'air en meíme temps pour ouyr le Son de deux fois aussi loin; c'est à di-
re que la raison de la force des Sons doit estre doublée de la raison des estoi-
car comme il faut quatre surfaces de flammedont chacune soit es-
gnemens,
à la surface de la flamme de Tvne des chandelles la base
gale pour remplir
d'vn cône double en hauteur d'autant de rayons & de lumière, comme la
base du cône sousdouble en est remplie par vne seule chandelle ; de meíme il
fàut Son qui doit remplir la base du cône double,
que la force du soit
quatre
fois aussi grande que celle du Son qui remplit seulement la base du cône
sousdouble, d'autant ces deux bases sont en raison doublée de la hau-
que
teur de leur cône, comme Ton void dans cette figure, dans ABC
laquelle
le cône illuminé par vne feule chandelle. AEG est le cône double
représente
eh hauteur -, la ligne A D est la hauteur du moindre, & A H est celle du plus
grand.
B C de la base du cône
puis que le diamètre
Or A B C est double du dia-
de la base du conc AEG, que les plans
mètre ou les aires des cercles sont cn
raison doublée de leurs diamètres, 8c le diamètre E G est double du dia-
que
mètre B C, comme Taxe A H est double de Taxe A D, il s'enfuit Taire du
que
F C, & faut qua-
ccrcleEKGestquadrupledeTaireB consequemment qu'il
tre fois autant de rayons de lumière, ou de Son pour la base E K G
remplir
B F G. Mais si la force du simple rayon du Son diminue à
que pour remplir
íà source, il ne suffit pas
proportion qu'elle s'estoignede qu'il soit quatre fois

plus fort en son commencement pour faire vne esgale impression de deux
fois aussi loin : s'il se diminué en mesme
par exemple, proportion que Tes-
pace s'augmente,
il faut conclure qu'il doit estre six fois plus fort en son com-
estre ouy aussi ay sèment de deux fois aussi loin; car puis
mencementpour que
le rayon sonore A H est deux fois aussi
long que le
A D, il fera deux fois plus foible au
rayon point
H, c'est à dire au centre de la base du cône double
en hauteur, qu'il n'est au point D. Or deux adiou-
ítcza fontnx : ce accommoder a toutes sortes depropor-
quatre quel onpeut
tiorts. Et fí Ton veut lumière esclaire deux fois aussi fort de mesmedi-
quVne
Delanature & des du Soli;
proprietez %f.
stance, il faut en mettre ensemble, parce que quatre lumières
quatre esgales
mises ensemble sont continuées soUz vne surface qui est seulement double
prises à part
de la surface d'vne desdites lumières 8c en particulier. Car il faut
considérer la lumière comme vn d'autant n'est iamais fans vn
corps, qu'elle
8c de sujet : mais
corps qui luy sert de véhicule parce que les Sons ne se peu-
uent vnir comme la lumière, elle sert plustost à faire voir leur
pas imperfe-
ou leur irregularité,qu'à faire comprendre leur nature 8c leurs
ction, proprie-
dire en gênerai
tez 5 quoy que
Ton puisse que la force du Son est en raison
ou îousdoublée des distances: c'est à dire
double, qu'il faut qu'il soit quatre
fois plus fort pour estre eígalement ouy d'vne double distance, 8c que le mes-
me Son est quatre fois plus fort lors qu'il est ouy de deux fois plus loin.
à la seconde de la Proposition, elle suppose
Quant partie que les Sons se
font par des corps différents en diuers endroits, 8c parce ne s'vnissent
qu'ils
eux comme vne cause entière, seule 8c totale
pas entre ,8c qu'ils produisent
leurs effets séparément, on ne les oyt pas d'autant plus loin qu'ils sont en plus
nombre, soient tous d'vne forcerce
grand quoy qu'ils esgale qui n'arriuepas
car quatre chandelles esclairent
à la lumière; séparées plus fort vn mesme es-
elles sont vnies ensemble, d'autant ont vne
pace que quand qu'elles plus
demonstre en la Géométrie,
grande C comme
surface Ton puis que quatre
cubes, dont chacun est d'vn pied, ont de surface le cube
beaucoup plus que
les contient tous quatre) 8c qu'elles vnissent aussi bien leurs forces si
qui que
elles estoient toutes iointes ensemble, ce qui n'arriue pas aux Sons.
Or Ton dont vsent ceux
peut icy rapporter plusieurs comparaisons qui ex-
le 52. Problème de Tonziesme, 8c le z. dela 19. Section
pliquent d'Aristote,
8c particulièrement celles des cercles se font dans Teau, dans on
qui laquelle
iette vne, ou plusieurs car encore les cercles soient plus forts,
pierres: que
8c qu'ils au commencement, lors qu'on en iette
paroissent dauantage plu-
sieurs Ton n'en iette , ils ne s'estendent
, que quand qu'vne pas d'autant
le nombre des pierres 8c si sept ouhuictioi-
plus loin que est'plus grand:
leurs ietter vne pierre, elle n'iroit 8.fois plus loin,
gnoient forcespour pas7.ou
elle est iettée seul homme,
que quand par vn quoy que chacun des autres ay t
vne esgale force.
D'où il est ayfc de conclure que Tvnion des forces, dont on parle dans les
est différente del'vnion des Voix, puis que la force des Me-
Mechaniques,
croistautant forces
chaniques par i'vnionde plusieurs distinctes, comme s'il
seule force, les contient toutes. Elle est semblablement
n'y auoit qu'vne qui
différente de Tvnion que font les grains de bled ou de fable pour estre veus
de plus loin tous ensemble Ton ne void chacun d'eux : car Ton
que peut voir
vn monceau de ces grains de deux lieues, quoy que Ton ne puisse voir Tvn
des de cent pas j mais Ton ne les
Sons, ou les voix de plu-
grains peut ouyr
sieurs de deux lieues, encore la voix de chacun
personnes que peustestre
ouye de cent pas, 8c qu'il y ayt vne aussi multitude de voix assem-
grande
blées , que de grains dans ledit monceau.
C'est neantmoins chose asseurée Sons font
que plusieurs eígaux plus de
bruit, 8c sontentendus loin desdits Sons, mais il est difficile
déplus quel'vn
de sçauoir de combien cette distance est plus grande, & de faire les
expérien-
ces
qui sont nécessaires pour décider cette difficulté.
C ij
28 Liure Premier

PROPOSITION xvi:

à sçauoir la longueur,
Déterminer fi les Sonsonttoutessortesde dimensions, lalargeur
la profondeur, 0* quelles sont les autres propriété^, ou les Accidens du Son.
&

dimensions de la quantité sc rencontrent seule-


CORE que les trois
EN ment dans les corps à proprement Ton peut neantmoins les re-
parler,
dans les accidents lors qu'ils suiuent
marquer corporels, particulièrement
lesdites dimensions, 8c qu'ils frappent différemment les sens, la quan-
quand
tité ou la figure des corps est différente; ce qui arriue aux Sons, comme i'ay
défia remarqué, car ils sont minces & déliez, lors que les corps dont ils sont
sont minces & subtils: mais ils sont gros 8c massifs, quand les corps
produits
font grands & gros, comme Ton expérimente aux chordes desinstrumensa
& aux tuyaux d'Orgues.
qui consiste
Or la première dimension, dans vne simple longueur, ne
estre considérée dans le Son qu'en deux manières, à sçauoir il
peut quand
ou quand il vient d'vn corps fort petit,
dure peu ou long-temps, par exem-
chordes de l'Epinette ; de là
ple des chanterelles du Luth, 8c des moindres
à raison le trenchant
qu'il est subtil
vient comme
qu'il pénètre aysément,
d'vn couteau, 8c pointu comme vne aiguille.
La première manière est lefondement de toutes les mesures, 8c des
temps
donton vse en la Musique, & consequemment dans
&danslaRethorique,
qui varie les temps
la Rythmique des Anciens, en vne grande multitude de
manières, comme iemonstreray ailleurs.

Quant à la largeur du Son, il est plus difficile de Texpliquer, d'autant


que
dans les
nous n'auons point d'instrumens qui consistent largeurs différentes,
de différentes
qui ne soient quant & quant accompagnez profondeur neát-
moins Ton peut dire que le Son est large, le corps d'où il vient est lar-
quand
il est produit.
ge , puis qu'il fuit les affections des corps par lesquels Etpuisle
Son peut estre appelle lors qu'il est plus fort, comme il arriue lors
plus large,
chante en mesine ton vne fois plus fort que l'autre : quoy que cette difc
qu'on
ference à la force du Son.Mais
Ton peut encore trouuer
appartienne plustost
vneautremanierede cette dans Teípaisseur des Sons,
largeur quiconsisteà
estre plus remplis & plus massifs en mesme ce qui arriue lors
ton, que le Des-
sus 8c la Basse chantentà Tvnisson: car le Son de la Basse est beaucoup
plus
massif & plus remply ; ce qui arriue tousiours aux voix des Basses, qui ne
peu-
uent faire Tvnisson auec le Dessus ou auec les autres parties, qu'elles ne soient
8c mieux fournies. Ce se remarque semblablement aux
plus pleines qui
dont la plus grosse a le Son plus large 8c plus plein
chordes, que la moindre,
quoy qu'elles soientà Tvnisson. Or bien qu'on puisse dire que cette qualité
du Son à la profondeur, Ie rend plus massif & plus
appartient puis qu'elle
corpulent, neantmoins l'on rescrue cette profondeur pour expliquer la
gra-
dans la tardiueté du mouuement, & qui est cause
uitéduSon, qui consiste
nous disons fait la Basse,
que que la voix d'vn homme qui estcreuse,basse&
profonde, & qu'il à vnbon creux de voix.
C'est pourquoy Ton le Son profond, ou bas98c haut, ou à
peut appeller aigu,
raison des corps & gros, ou petits & minces ; quoy Ton
quisont grands que
De la nature Sc de s du Son.
proprietez 29
dire que le Son est d'autant plus gros, plus espais, & plus massif > qu*il
puisse
est plus aigu, si Ton mesure cette espaisseur à la multitude des mouuemens,
comme Ton mesure la densité des corps, 8c de la lumière à la multitude des

parties 8c
des rayons, puis que le Son est d'autant plus aigu qu'il est fait par
vne plus grande multitude de mouuemens considérez en mesme
temps.
encore de ces dimensions au traité des
Mais nous parlerons corps des instru-
mens qui produisent le Son. C'est pourquoy ie viens à ses autres accidens,
qui
sont quasi en aussi nombre les différences extérieures des corps
grand que
lc produisent, dont il y a plusieurs
qui proprietez que Ton n'a pas encore co-

gneu.
Or entre les qualitez du Son, qui toutes dépendent de la manière dont les
pressent, froissent 8c frappent Tair, celles qui donnent le nom aux
corps
clairs,estouffez, &c. sont les
Sonsaspres,aigres,rudes,doux, principales
le graue & l'aigu: car quant aux autres le charactere des
âpres qui portent
ils font produits, Ton ne peut en establir vne science, à
corps, par lesquels
raison vont à Tinsiny : car si la surface d'vn a vn seul
qu'ils presque corps
vn pore dans íà surface, qui ne soit pas dans la surface d'vn autre corps, ils fe-
ront des Sons différents , encore qu'ils soient parfaitement semblables en
d'autant
toutes autres choses, que le pore qui est dans Tvn, est cause que le
autrement Tair que s'il n'auoit ledit pore. Il faut dire la
corps frappe point
mesme chose des petites concauitez, ou éminences se rencontrent dans
qui
plusieurs corps, parce que l'efîect est tousiours diffèrent, quand la cause
ap-
différence en íà production.
porte quelque
Quant à f affrète 8c à t aigreur des Sons, elle vient de de la surfa-
Tinesgalité
ce des corps quifrappent ou qui diuisent l'air, comme il arriue au bruit
qu'on
fait en limant du fer, ou autre métal : car la lime Tair en au-
quelque rompt
tant de parties, comme elle a de grains 8c d'éminences ; & lors que Tair diuiíe
& rompu les esprits du nerf de Touye, il leur imprime son mouue-
frappe
donne autant de mescontentement,
qui leur
ment, comme les saueurs as-
à la 8c comme les surfaces brutes 8c mal
pres langue, rudes, polies au tou-
cher. De là vient la prononciation des vocables cette
que qui signifient qua-
lité a chose de mal plaisant, afin de représenter naïfuement ce qu'el-
quelque
le signifie, comme Ton apperçoit en prononçant {brute, rude, affre ,&c.) à
cause de la lettre R. Mais ie parleray de la prononciation, &dela significa-
tion des dans le liure de la Voix, oùic monstreray s'il
paroles peut y auoir vne

langue naturelle.
La qualité de rude est difficile à expliquer dans les Sons, 8c particulièrement
dans la Voix, d'autant Ton ne void pas comme Tair sc rompt, ou se diui-
que
sc dans le 8c dans la glotte, ou dans le palais 8c dans les autres
larynx parties
de la bouche de ceux qui ont la parole 8c rude. H semble neantmoins
aípre
que toutes ces qualitez qui rendent les Sons mal plaisans, ne sontautre cho-
se que la difformité des mouuemens de Tair, dontleSon est doux, il
quand
mesine
semeutvniformcment; &rude,aípre& aigre, lors qu'en temps il se
meut de deux, ou de plusieu rs façons différentes ; ce que l'on peut prouuer
par le Son de deux ou de plusieurs flustes, ou tuyaux d'Orgues, qui sont vn
peu estoignez de Tvnisson, car encore leurs Sons pris en & sc-
que particulier
parément soient doux 8c agréables, neantmoins ils sont rudes 6V désagréa-
bles quand on les assemble
que leurs mouuemens
j parce diuerse-
frappent
Liure Premier

ment Toreille en mesme 8c la tiraillent d'vn costé 8c d'autre j d'où il
temps,
ou diuiscz contre leur
arriue que les esprits sont dissipez &deschirez, ordre,
leur naturel & leur inclination.
le nerf de Touye,
plus viuement à rai-
Vaigrea. par dessus le m/e qu'il pique
son de la vitesse de ses mouuemens 8c de la diuision deTair plus menue, par-
accom comme il arriue aux Sons
ticulièrement quand la force pagne la vitesse,
qui blessent
eselatans de certains
cornets, 8c autres instruments, To-
tuyaux
reille par leurs Sons trop forts & trop aigus. Mais il n'est pas icy nécessaire de
de ces différences 8c qualitez du Son, d'autant que
parler plus amplement
nous cn dirons encore choses dans les autres Liures.
plusieurs

PROPOSITION XVII.

Déterminer mieux de nuìfl que de iour : 0* sis on peut sçauoir


pourquoy s on oyt combien
s air qui est chaud, est plus rare &plus leger que celuy qui efisioid :
& de combien il est plus leger que l'eau.

faut la vérité de Texperience, dont il semble


premièrement supposer
IL que tous demeurent d'accord, asçauoir que Ton entend mieux, plus di-
stinctement, 8c de plus loin les Sons 8c les bruits qui se font denuit, que
ceux qui se font de iour; mais il faudroit dans
premièrement expérimenter
des lieux fort efeartez du bruit, commesontles déserts, íì le Son qu'onyfc-
roit,s'entenderoit de plus loin 8c plus clairement, car la multitude 8c la confu-
sion des bruits differens se font le iour dans
les villes, ou dans les autres
qui
lieux habitez, soit par les hommes, ou par les oyseaux & par d'autres ani-

que Ton puisse distinguer


maux, les Sons aussi facilement de iour
empeschent
que de nuit: d'où Ton peut tirer Tvne des raisons Ton oyt plus
pourquoy
clairementde nuit que de iour. Car Toreille est d'autant moins attentiue à
Son particulier, est plus remplie d'autres Sons, ce qu'elle a
quelque qu'elle
de commun auecl'oeil, voit Tvn des points de son
qui objet d'autantplus
confusément, vneplusgrande multitude en mesmetemps.
qu'ilen
regarde
L'autre raison Aristote dans le 33. Problème de Tonziesme Se-
que rapporte
ction, sc prend de ce que Tceil& les autres sens sont
8c occupezdistraits
par
leurs obiets, tandis qu'il est iour : d'où il arriue n'est pas si capa-
que Toreille
ble d'ouy r, parce la multitude des esprits la nuit,
qui luy seruent sc dissi-
que
pent èV se distribuent aux autres sens pour seruir à leurs actions, car elle est
d'autantmoins à faire ses fonctions a moins d'esprits.
propre qu'elle
Mais il faut voir si toutes choses estantefgales de la part de Toreille ,8c Tair
n'estant pas plus troublé de iour que de nuit (comme il arriueroit peut estre
aux lieux font eíloignez de quatre ou 5 lieues de toutes sortes de bruits)
qui
la nuit seule est cause que Ton entend les Sons plus aysément par quelque
nouuelle de Tair. Anaxagore a creu, au rapport d'Aristote,
disposition que
les rayons du Soleilfont du bruit le iour en esehaussant & cn raréfiant Tair,
8c que ce bruit Toreille d ouy r les autres Sons. Or en-
remplissant Tempesehe
core que cette opinion soit reiettée de plusieurs, elle à neantmoins
quelque
de vérité, si Ton que Tillumination se fasse
apparence suppose par le mouue-
ment, puis que Ton peut considérer le Son par tout où Ton rencontre le mou-
uement; & parce que Ton ne peut demonstrer Tirradiation du Soleil se
que
De la nature Sc des du Son"*
proprietez jt
fasse íàns mouuement, Tonne peut consequemment prouuer ne fait
qu'elle
aucun bruit dans Tair. Quanta la nuit,Tair est destitué desdits rayons, & du

q[rîe les rayons


bruit u'ils faire. Et si Ton adiouste ne font autre cho-
q peuuent
se que de petits corps semblables aux atomes de Democrite 8c d'Epicure,
qui
Tair 8c qui s'insinuent dans les petics vuides
qu'ils y rencontrent,
remplissent
grossier lc iour que la nuit,du-
TonpeutdirequeTairestplusespais&plus
rant laquelle les Sons sc portent à raison du vuide qu'ils y trou-
plus aysément
uent, & qui leur sert de véhicule , 8c de milieu par lequel ils viennent iusques
à Touye.
I'estime neantmoins Tair est plus rare le iour que la nuit,
que
car la lumiè-
re 8c la chaleur le raréfient ,& le froid le reserre & le condense ;& que Ton
le Son s'imprime dans Tair efpais de la nuit, que dans
peut dire que plus fort
Tair rare du iour,comme la lumière fait vne impression plus puissantedans
vn diafane 8c dont les parties sont plus pressées. Or il est
qui est plus dense,
comme Ton demonstre
constant que Tair deuient plus rare par la chaleur,
dans le Thermomètre, ou verre Calendaire, dans lequel Tair sc dilate 8c rem-
il est eschauffé, lors qu'il est refroidy:
plit beaucoup plus d'espace quand que
le verre, comme il semble
sicen'estqueTondicqu'ilensortautantdehors
se restreindre dedans, ou qu'il entre dans Teau qui monte, ou qu'il passe en-
d'eau
tre Teau 8c le verre, comme il arriue aux bouteilles pleines que Ton rcs
Mais il est aysé de conuaincre de faux toutes ces responces, si Ton exa-
pand.
mine dudit Thermomètre, autres semblables. C'est
Texperience &:plusieurs
pourquoy
il faut conclure que Tair est plus efpais
la nuit que le iour, toutes
& quantes fois qu'il fait plus chaud de iour que de nuit, car si Ton compare
vne nuit chaude auec vn iour plus froid -, Tair de cette nuit est plus rare
que
il s'enfuit les Sons plus distin-
celuy dudic iour. D'où que Ton doit entendre
ctement ce iour là que la nuit, si la densité de Tair est cause de ce que Ton oyt
clairement le Son se fait. Mais parce n'est de
plus qui qu'il pas quasi possible
si Tespaisseur de Tair est plus propre fa rareté les
ayder
reçognoistre que pour
Sons ; ie pense la meilleure raison de ce que les Sons s'entendent mieux la
que
nuit que le iour, est que Tesprit n'est pas si distrait la nuit que le iour, 8c qu'il
de là vient que ladouleur des malades
s'occupe plus fort àce qu'il embrasse:
est plus fascheusc ,& plus difficile à supporter la nuit que le iour, parce que
la considération de
la douleur, dont il n'est
Tesprits'attacheseulementà pas
des obiets, comme le iour
diuerty la nuit par la différente multitude qui sem-
ble 8c plus supportable à raison de la visite des amis, 8c
beaucoup plus court,
de Toccupation des autres
sens extérieurs, qui retire Tesprit de la douleur.
La seconde de cette Proposition contient vne tres-grande difficulté,
partie
à sçauoir combien Tair est plus rare 8c plus leger ce que Ton n'a
que Teauj
point encore à présent. Quant à Tair condensé & au raréfié,
cogneu iusques
Ton peut dire raison eux que leurs legere-
que leurs poids ont meíme entre
tez, & Ton vse tellement d'vn Thermomètre,
consequemment que quand
de dedans vne chambre deux fois plusd espace queTair de
queTair remplit
cet air est deux fois plus dcnsc,puis densité d'vn n'est
dehors, que que la corps
autre chose de ses parties dans de
que lors qu'il y a beaucoup peu d'espace,
forte est d'autant a de parties en mesine lieu.
qu'elle plus grande qu'il y plus
estant ie dis combien Teau est plus dense 8c
Cecy posé, que Ton peut trouuer
suit la densité, comme Toa
plus pesante que Tair, d'autant que la pesanteur
C iuj
Liure Premier
32
dans sortes
de corps qui sont d'autant
toutes
expérimente plus pesants qu'ils
sont plus reserrez en eux, & qu'ils ont plus de dans vn espace
parties efgal;
Tor est deux fois plus dense, plus plein 8c plus reíer ré que le fer,
par exemple,
& dix-neuf fois plusdensc que Teau jde là vient qu'il est deux fois plus pesant
8c dix-neuf fois plus pesant que l'autre, & consequemment
quel'vn, qu'il
faudroit dix-neuf fois autant d'eau, 8c deux fois aussi gros de fer que d'or
Et si Tair qui s'estend dans le Thermomètre remplit
pour peser esgalement.
vingt parties, chaque vingtiesme partie sera vingt fois plus
legereque le mes-
me air,lors qu'il sera reduit à vne espace vingt fois moindre par la condensa-
tion. Or Ton trouucra la comparaison de deux airs differens, par exemple
d'vn air froid 8c d'vn air chaud,si Ton prépare deux grandes boettes,ou
caisses de bois fort
dont Tvne puisse estre fermée 8c scellée si iustement
leger,
n'en puisse sortir, 8c n'y puisse entrer : 8c l'autre soittousiours ouuer-
queTair
te, 8c que toutes deux soient de mesme car lors
poids, que Ton les aura pe-
sées dans vn air froid & condensé, comme est celuy de dehors à Thyucr, lors
cet air dans Tvne des
que Ton aura enfermé boettes, si on les ap-
qu'il gele,&
porte dans vne chambre, dont Tair soit deux ou plusieurs fois chaud, 8c
plus
consequemment plus rare, & que Ton les pèse derechef, Ton trouueraque
celle dans laquelle Tair dense 8c froid est enfermé, pèsera dauantage que cel-
le qui est ouuerte, & dont Tair est efgal en rareté à celuy de la chambre.
D'où Ton conclura combien Tvn pesé plus
aysément que l'autre; par exem-
ple si Tair enfermé 8c
pèse vne once dauantage que celuy de la chambre, que
caisse contienne Ton peuc dire que Tair en-
chaque quatre pieds d'air cube,
fermé pèse deux onces, & celuy de la chambre vne once, soppoíequele
Thermoscope démonstre que Tair de ladite chambre est deux fois plus rare,
& consequemment deux rois Et puis Ton
plus leger que celuy de dehors.
la pesanteur de ces deux sortes d'airs à Teau, 8c à tous les autres
peuc comparer
corps tant liquides & mois, que durs ; par exemple, si vn pied cube d'eau pe-
íè po. liures, elle sera 720. fois plus pesante 8c 1440. fois
que Tair de dehors,
plus pesante que celuy de dedans ;& parce que Tor esta Teau comme ipài, il
fera 2736. fois plus pesant que Tair de la chambre.
L'on encore vser d'vn autre
à sçauoir
peut moyen, d'vne grande piece de
bois, qu'il faut mettre en équilibre dans Tair de la chambre,car si le morceau
de plomb est douze fois moindre que le morceau de bois, & que Ton pesc
l'vn & l'autre dans Tair de dehors qui soit deux fois plus froid 8c plus dense, 8c

consequemment plus pesant, ces deux poids ne seront plus en équilibre, car
le morceau de bois estant douze fois plus gros que celuy de plomb, il presse-
ra 8c fera leucr douze fois d'airs il sera d'autant
dauantage consequemment
dans cet air de toute la pesanteur de Tair esgale en
plus leger que dans l'autre,
grandeur audit morceau de bois; s'il faut pieds cubes
par exemple, quatre
d'air pour le bois, 8c que cet air pèse vne once, ledit bois pèsera moins
esgaler
d'vne once dehors ne faisoit dedans, comme Archimede demonstre
qu'il
du traité a fait des corps Solides,
danslaseptiesine Proposition qu'il que Ton
pèse dans les corps liquides ou humides. Mais ieparleray en core de la pesan-
teur de l'air & de Teau dans autres lieux.
plusieurs
De la nature & des du Son:
proprietez 3 j

PROPOSITION XVIII.

Déterminer l'on entend mieux les Sons de dehors, lors que ton est dam VHé
pourquoy
l'on n entend ceux
chambre, que qui sefont dans la chambre quand on est dehors,

chose asseurée& expérimentée que Ton oyt beaucoup plus claire-


les bruits
C'EST ment qui se font dehors lors qu'on est dans vne chambre, ou
soit que Ton ferme ou que Ton ouure les fene-
queTonestenferm&illeurs,
stres, que Ton n'oy tne dehors les bruits
qui
sc font dans la chambre, encore
soient 8c plus forts que ceux de dehors,
qu'ils beaucoup plus grands quisc
font dans vn air libre. C'est pourquoy Aristote propose cette difficulté com-
me vne expérience certaine dans le 37.Problème de i onzieíme
Section,quoy
qu'il y ay t plusieurs particularitez qui ont besoin denouuelles
expériences:
il faudroit combien le bruit, 8c les Sons
par exemple expérimenter que Ton
fait dans les maisons doiuent estre plus grands que ceux de dehors, pour estre
s esgalement, 8c de combien les bruits qui le font dans les chambres
ouy qui
sont de dehors, s'entendent
paralleicsau plan plus ay sèment que ceux qui se
font dans les hautes chambres, 8c dans les autres lieux éminents.
Ton
Or peut dire que le Son du dehors s'entend mieux de dedans,
parce
que Tair qui entre par les fenestres fait plusieurs reflexions & sc renforce,
comme s'il rencontroit lieu propre faire l'Echo dans Tair de la
quelque pour
chambre & auquel il imprime vn plus grand
qu'il esineut, braníle, parce
qu'il ne peut sortir de sa prison qui le renferme j ce qui arriue encore que les
fenestres soient fermées, mais non pas si notablement elles font
que quand
ouuertcs. Il faut pourtant que les bruits de dehors s'entendent
remarquer
d'autant moins que Ton est plus esloigné des fenestres, si
particulièrement
sc fait à quartier vers les coins de la chambre.
Testoignement
Mais quand on est dehors, les bruits de dedans la maison ne s'entendent

qu auec difficulté & souuent auec confusion, parce que le Son de dedans se
réfléchit fois contre les parois de la chambre auant que de sortir, 8c
plusieurs
celuy qui sort en droite ligne est en petite quantité, & a de la peine d'esbran-
ler tou te la masse de Tair de dehors : 8c pu is ceux qui sont dehots, sont le plus
souuent fur vn
plan plus bas que celuy de la chambre, ce
quiempescheque
le Son n'aille droit à eUx. L'on
peut encore considérer plusieurs autres rai-
sons de cet effet, mais des différentes circonstances
parce qu'elles dépendent
du lieu, oùsc fait 8c où s'entend le Son, chacun les pourra trouuer cn consi-
dérant la situation de lieu.
chaque

PROPOSITION XIX.

A sçauoir si le Son s'entend mieux de bas en haut, en basl


que de haut

CORE cette question en supposant la vérité de


qu'Aristote propose
EN Texperience dans le 45. Problème, il faut neantmoins voir si elle est vé-
afin que nous ne cherchions
ritable, pas la raison d'vne chose douteuse. Plu-
sieurs maintiennent
que Ton entend mieux la voix d*vn Prédicateur, ou d'vn
Orateur de bas en haut,
que de haut en bas, lors que Ton cn est efgalejcaw
Liure Premier
34
mais il en faudroit faire plusieurs en des lieux differens,
cstoigné, expériences
en des Eglises, dont les vnes fussent fans voûte, 8c les autres
particulièrement
fussent voûtées ou lambrissées, 8c puis en des lieux defcouuerts, comme il ar-
riue çmand on preseheen plaine afin de voir si celuy feroit
campagne, qui
au haut d'vn arbre entendroit moins que celuy qui feroit fur terre, quand ils
sont eígalement estoignez.
Quant aux Eglises ordinaires, Ton peut dire la voûte 8c plusieurs autres
que
soit de la chaire, ou des murailles réfléchissent lâvoix en bas, ce qui
parties
la rend plus intelligible : mais parce
que les Temples pej^ent estre tellement

disposez qu'ils réfléchiront dauantage la voix en haut qu'en bas, 8c


que Ton
n'apas expérimenté assez exactement si Ton entend tousiours mieux d'vn
lieu bas les Sonsqui sont en haut, Ton ne peut rien conclure d'asseuré en cet-
te matière, si ce n'est
que Ton die que Thaleinc de la pluipart des Auditeurs

qui sont en bas, rend Tair plus grossier qui retient mieux la voix, ou qui la

multiplie: quoy que Ton puisse dire au contraire que Tair d'enhaut estant plus
rare & plus espuré, est plus propre la voix.
pour porter
O r il est aysé de sçauoir le lieu d'où Ton entend mieux la voix, poufueu que
Ton n'vse car celuy
point d'artifice, qui sera en mesme plan que le Prédica-
teur ,8c qui se mettra visa visdefa bouche entendra le mieux de tous, suppo-
sé qu'il ayt vne aussi bonne oreille que les autres. Et si Ton veut des dif-
iuger
férents lieux, lors qu'ils feront 8c qu'ils feront vn an-
esgalement efloignez,
auec la
gle efgal ligne droite qui scrt d'axe à la voix & au Son, Ton entendra
reflexion
eígalement, pourueu quela nefauoriscpas plus Tvn que l'autre.

PROPOSITION XX.

L es Sons s'empefehent & nuisent les Vns aux autres, ils se rencontrent.
quand

CY peut estre entendu en plusieurs manières, car vn Son foible & lent
CE se peut rencontrer auec vn Son fort 8c précipité, comme la voix
quand
d'vn homme est foible, ou qu'elle se rencontre auec vne voix forte, ou quand
la voix se rencontre auec semblablement deux ou plusieurs
graue Taiguë;
voix ou graues, foiblcs ou fortes se peuuent rencontrer ; or les voix 8c
aiguës
les Sons s'empesehent les vns les autres en toutes ces manières, comme Ton

expérimente quand deux ou plusieurs en mesine Quant aux


parlent temps.
différentes lumieres.elles s'aydent ne se nuisent; car si Ton
plustost qu'elles
deux chandelles aux deux bouts d'vne chambre, ou d'vne table, Ton
oppose
void plus clair au milieu des deux, que Ton ne void au mesme lieu 3 si Ton en
ostevne; 8c s'il y auoit vn second Soleil à TOccident sur Thorizon, le
quand
nostre commence à seleuer, nous verrions clair nous ne faisons.
plus que
Neantmoins la rencontre des différentes lumières a quelque chose de sem-
blable à celle des car comme le plus
Sons; grand Son empefche que nous
n'apperceuions le moindre, 8c qu'il de mesme la
qu'il engloutit supprime:
plus grande lumière nous
soustrait Ta moindre, comme Ton expérimente
on allume vne chandelle en plein midy : ce qui arriue semblablement
quand
a tous les obiets des autres sens extérieurs, tellement estre pre-
qui peuuent
8c affectez
uenus par vn de leurs obiets, qu'il ny
à
plus de place pour les au-
r.res, comme Ton
remarque aux odeurs qui font par fois si mauuaiscs, qu'elles
De la nature Sc des du Son
proprietez 35
toutesies bonnes j il y en a semblablement de bonnes sont
empefehent qui
si fortes 8c si excellentes, elles ont pénétré il
que quand iusques àl'odoratj
11e peut estre offensé par les mauuaises, qui
se rencontrent
pendant víè
qu'il
des autres.

peut semblablement
L'oeil estre si remply de lumière, la langue desaueurs,
& le sens du toucher de froid ou de chaud,
que Tceil ne verra point d'autre
chose, la lan gue ne p ourra sentir d'autre sàueur, ny le toucher d'autre obiect:
car tous les sens sont tellement limitez, ne peuuent les bornes
qu'ils passer
leurs sont O r comme il y a des odeurs 8c des sàueurs
qui prescrites. qui se nui-
vnes les autres,
plus les
sent il y a aussi des Sons qui
que s'empeschent plus les
vns que lesautres -, 8c nous pouuons conclure en
gênerai que les Sons grands
cVvehemens nuisent aux Sons foibles 8c petits, ne
dauantage que ceux-cy
nuisent à ceux-là.
Mais il est difficile de sçauoir si les Sons nuisent aux
plus aigus plus aigus
& si les graues nuisent
qu'aux graues, plus aux aigus qu'à eux mesines, si les
Sons vnissons, 8c consonants se nuisent moins les dissonants; si les Sons
que
de différents instruments s'empeschent dauantage que ceux des mesines in-
struments , & par quels Sons la voix est plus ou moins L'on peut
empesehée!
dire à monaduis Sons vnissons sc nuisent le moins detous,
quelcs particuliè-
rement s'ils sontesgaux en force, 8c en toutes autres choses, parce que cette
grande conformité fait qu'ils s'embrassent,s'vnissent 8c semaintiennent plu-
stost ne se destruisent;
qu'ils quoy que Ton puisse dire qu'ils sc nuisent da-

uantage en tant que Ton ne les peut distinguer les vns des autres, à raison de
la vnion
parfaite qu'ils ont ensemble, estant semblables à deux lumières es-
gales, qui sc m estent si parfaitement que Ton ne peut discerner Tvne d'auec
l'autre. L'on dire la mesme chose de deux
chaleurs,deux ou
peut odeurs,
deux sàueurs semblables, 8c mesme de deux amis, si nous passons à la mora-
le ,
qui sont si semblables en leurs actions 8c en leurs volontez, Tami-
quand
tié est tres- parfaite, sem blent
qu'ils quasi vne mesine chose ; de sorte que Ta-
mitiéest cause de Tefgalité, ou de Tidentité, si ce n'est ou Tef-
que Tidentité,
galité soit cause de Tamitié: ce
que
Ton obserue aux Sons
qui fontl'vnisson,
& qui s'vnissent ensemble, 8c vne mesme
parce qu'estant eígaux presque
chose, ils se conseruent & se renforcent mutuellement.
L'on peut encore dire en cette manière que tous les Sons qui font quelque
accord de se nuisent
Musique plus que les dissonans, d'autant
qu'ils
se méf-
ient mieux ensemble, 8c qu'il est plus difficile de les discerner les vns d'auec
les autres, ils sont dissonants
que quand ; car ils s'vnissent tant qu'ils peuuent
& de TOctaue dont ils sont ou de est
s'approchent estoignez, Tvnisson,qui
semblable à Tamitié, est la borne de toutes du mon-
laquelle lqs perfections
de. Mais si Ton
parle de Tempeschement que rcçoiuent les Sons les vns des
entant se combattcnt&
autres, qu'ils qu'ils font contraires, plus ils sont dis-
sonants 8c plus ils offensent 8c Tesprit,
Toreille lequel estant amy de la paix ôC
du repos, de toutes
qui sont causes sortes de biens, a la contrariété & le
combat des Sons en si ce n'est vn esprit qui se plaise au desordre 8c
horreur,
au discord, comme est Tesprit des damnez, qui est dans vn desordre éternel,
8c
qui désire que toutes choses luy soient semblables : delà vient que Ton
croit
que la Musique & ses consonances ne peuuent
desplaire qu'à vn esprit
mal fait 8c comme est celuy qui se laisse trop
desordonné, aysément etftpQr-
Liure Premier
36
ter àlacholercjàla à Tenuie. Or nous verrons dans vn autre
vengeance8c
lieu quelles dissonances font les plus désagréables, ou qui sont les meilleurs

accords. L'on maintenant considérer si les Sons aigus se nuisent plus


peut
ne nuisent aux graues-, c'en soit, c'est chose certaine
qu'ils quoy que qu'vn
Son plus grand 8c plus fort, qu'vn autre Son ne soit
empesche dauantage
si ce n'est que les consonances soient cause du contraire : car Tvnisson,
ouy,
da-
quoy qu'il ayt ses Sons plus foibles que ceux d'vne dissonance, empesche
Ton neles distingue, le difeord n'empesehe la distinction
uantage que que
des siens, comme nous auons desia remarqué. Or la raison de ces empefche-
mens se prend de la différence & contrariété, ou de Tvniformité des mouue-

mens, par lesquels Tair est frappé, diuisé, ou rompu en diuerses manières ; ce
fàit que quand il s'aduance d'vn costé le Son, il est empes-
qui pour porter
8c
qui luy vient à la ren contre, qui le retarde
che par vn au tre mouuement ou
Tarreste entièrement, s'il est assez puissant ; ce que Ton expérimente aux
vents contraires, dont le plus fort empesche 8c abbat le moindre, car les cau-
ses naturelles sont contraires font semblables aux ennemis se font la
qui qui
car la plus forte surmonte la plus foible qui luy cède 8c luy obéit: d'où
guerre,
Ton peut conclure le bel ordre dans toutes les créatures, 8c To-
qui sc trouuc
bey ssanec que nous deuons aux puissances Supérieures.
L'on obscruelamesme chose dans les Chceurs, ou Ton chante Toffice Di-
uin à Tvnisson, car les plus fortes voix couurcnt les plus foibles, 8c empef-
ne soient des grosses
ehent qu'elles ouyes ; & le Son des tambours, cloches,
des moulins à tan, ou à papier , 8c généralement toutes sortes de grands
Sons violans foibles 8c plus petits
bruits&de empefehent quehfS» Sons plus
ne soient ouys 8c distinguez.

. PRO POSITION XXL

Les Sons, £7* consequemment les voix seruir pour mesurer la terre, &pour
peuuent
de ce qui je passe dalls tout le monde en peu de temps.
faire sçauoir les nouuelles

E Proposition est tres-fâcile à conceuoir, fi Ton considère le


que
qu'il à besoin
GETT Son n'est pas porté dansvn moment, de temps pour pas-
ser du lieu oùil est fait iusques à Textremité de la sphère de ion actiuité, &
Ton peut sçauoir la distance, dont il peut estre entendu. N ous trouuons
que
vn exemple de cecy dans Cleomedes au liure second, où il dit que le Roy de
Perse auoit des hommes Susc iusques à Athènes, lors fai-
disposé depuis qu'il
soit la guerre dans la Grèce, afin qu'ilfist sçauoir aux Persans ce qui se passoit
danssonarmée. Ces fylessagersestoient sur des lieux éminents, 8cre-
posez
la voix les vns des autres, toutes
que Ton fçauoit
ceuoient tellement sortes de
nouuelles dans Tespace de deux iours, ou de quarante huict heures. Iefçay
manières des nouuelles aussi
que Ton peut vser d'autres pour faire sçauoir
viste que par la voix,car les flambeaux seruir à cela, ce quiestoit íèm-
peuuent
Perses, comme tesinoigne Aristote au liure du
'blablementpratiqué parles
monde 6. oùilditqueCambyses, Xerxes 8c Darius se s'eruoient de
chapitre
flambeaux pour
sçauoir tout ce qui se passoit dans T Asie, commes'ils eussent

par tout.
esté prescns L'on aussi faire sçauoir des nouuelles fort prom-
peut
aucclcs canons 8c les arquebuses, non seulement leur bruit, mais
ptement par
aussi
De ïa nature & des du Son.
proprietez 3^
des lettres dans le creux des ou des
aussi en enfermant baies, boulets. L'arc
sert à mesme fin, car la flèche porte la lettre cent ou deux cens 8c le ca-
pas,
mion vne demie lieuë, ou moins selon fa portée 8c fa longueur : quel-
plus
sont scruis de Colombes cet effet, comme Hircius & Bru-
ques-vnssc pour
sus, au rapport de Pline 37. ce que
liureio.chap. Dousa explique parces vers

Qttid figïl obfidio, quid arecs,


À ut valía profunt per $faûa inu'n
Eunte coeli nuntio ?
Iî veut dire Ton se seruit de Colombes au de Leïden
que Siège pour porter
L'on tient voir cequi
que ceux qui
i les nouuelles. alloient screprescntoitsur
ì les théâtres, ónt donné commencement à ces faits par les Co-lom-
meíîàges
! bes qu'ils portoient dans leur sein, afin de mander à ceux estoient de-
qui
i meurezàlamaison ce qui se faisoit sur le théâtre. Les Nautoniers
d'Egypte
la mesme chose, comme font ceux qui demeurent entre Gaza 8c
>ratiquent
Í£ e Caire, au rapport deBelon& deBoterus. Les Arondelles 8c les Corneilles
aussi porter des lettres, comme Marrhen Roy d'Egypte à fait voir
peuuent
y chez vElian liure 6. des animaux mais ie ne veux pas m'amuser à
chapitrey.
: raconter toutes
les façons dont Ton peut vser, comme du chien , du chat, des
autres bestes 8c des oyseaux pour porter des lettres, afin queiereuienneau
son dont nous parlons maintenant, qui semble auoir quelque auantage par
dessus les autres manières, sinon en vitesse 8c subtilité, du moins à raison
mieux la pensée, on parle ; la Trom-
qu'il explique particulièrement quand
peut auííì íeiuir de parole, mais les coups de canon peuuent estreen-
pette
1 tendus de dont on peut vser pour ceux qui aduertir
beaucoup plus loin,
sont de tontce qui sc passe où Ton est; comme Ton fait aux sièges,
estoignez
. aux batailles, 8c és autres entreprises donner le 8c pour cora-
pour signal,
mander ce au chef de Tarmée. Ie laisse les autres Sons, comme ce-
j qu'il plaist
luy du Tambour, des Arquebuses, des Sifflets & des Cloches, dontl'onse
iii sert dans les Villes en temps de guerre aduertir les corps de gardes du
pour
nombre des hommes
qui paroissentdanslacampagnei
! voudra,
celuy Ton peut Ton
Oriedisqu'auectouscesSons,ouauec que
mesurer les distances de la terre, car sçachant de
distance la Trompet-
quelle
te, ou la Cloche peut estre ouye, Ton cognoistra
combien elle íera
estoignée^
8c l'on peut tellement modérer, adoucir 8c affoiblir les Sons, mesure-
qu'ils
ront telle distance si le Son duTambourest
; que Ton voudra; par exemple,
entendu d'vne Ton pourra lc frapper
? lieuë, si doucement, que Ton ne Ten-
il íèroit d'affoiblir le Son du canon,à
I tendraquedecentpas; plus difficile
raison qu'il ne peut faire du bruit s*il n'y a vne certaine quantité de poudre à
canon ; 8c íi Ton donne trop peu de vent aux Trompettes & aux Cornets, ils
nc pourront sonner. L'on peut trouuer & par raison combien
par expérience
il faut diminuer le vent ou le coup, afin que le Son ne s'entende que d'vnô
distance donnée :8c ceux qui voudront toiser Sons establir
parles pourront
vn art parle de certains dont les vns s'entendront de six
moyen instrumens,
pieds, lesautiesdeió.deioo.de 1000, 8cc.
Or des nouuelles le moyen des Softs, & pour sçauoir la
^ pour enuoyer par
Vitesse de la voix : combien il se passe de minutes,
par exemple depuis que le
Son est d'vne
produit iusques à ce
que
Ton Tcntende lieuë, de demie lieue, de
cent, de
cinquante pas, ou de quelqu'autre espace, il faut faire plusieurs ex-
D
Liure Premier
38
& que
pcriences, celuy qui parle ou qui produit quelque Son, soit veu de ce-
luy quitstcsloigné, cV qu'il fasse quelque signe d'vn baston, ou de la main,
ou en quelqu'autre manière au meíme temps le Son, afin que
qu'il produir
combien il s'est passé de temps depuis
celuy qui en mesure la vitesse cognoisse
le signal donné, ou depuis la production du Son, ce que le Son ayt
iuíquesà
esté ouy est efloigné. ou qui produitleSon
par celuy qui Celuy qui parle,
si l'autre fait paroistre
peut aussi obferuer le temps, par quelque signe le mo-
ment il commence d'ouyrleSon. Mais
Texperience fera plus facile 8c
auquel
si vn ttoisiesine
certaine les signes 8c le temps,
plus remarque parce que celuy
& celuy qui remarque le temps estre empeschez 8c trou-
qui parle, peuuent
blez en parlant, ou en faisant le signe: or il y aura de personnes,
plus &plus
certaine en scia ; car ils pourront conférer leurs obseruations, 8c
Texperience
temps proportionnel entreccux seront en debat.
prendre quelque qui
Le mouuement ou battement du coeur pourra seruir de mesure au temps,
car la rel piration est plus incertaine que le battement du poux,d'autant qu'el-
le dépend de nostre volonté. donc,
dauantage Supposons par exemple, que
le poux naturel bien tempéré batte trois fois auant que Ton oye le Son se
qui
fàit à cinq cens pas de là ; Ton pourra par âpres mesurer vne minute de temps
les diuers battemens du poux, afin de sçauoir combien il faut que le lieu
par
où le Son se fait soit estoignè pour estre ouy dans vne minute d'heure; car si
de cette minute & de la distance, Ton peut conclure
Tonalacognoisiànce
combien il faut de temps pour faire sçauoir des nouuelles par toutlemonde
des Sons, ou de la voix. Iefçay que les diuerscs
moyen de
parie dispositions
Tair, des vents, 8c des lieux de la terre peuuent apporter vne grande variété
en cecy. Mais la différence de cette vitesse est souuent insensible dans Tespace
de cinq cens pas, bien que Ton oye le Son auec plus ou moins de véhémen-
ce scion les vents ou qui ay dent. Ie suppose maintenant
qui nuisent, que Ie
trois fois auant que Ton oye le Son se fait à 500. pas, 8c
poux batte qui qu'il y
ayt 66 battemcnsdvn tel poux dans vne minutedheure; 8c dis que le poux
bat du moins 18 fois auant que Ton oye le Son d'vn canon, d'vne arquebu-
se , d'vnetrompette ,d'vnecloche, d'vn marteau, du tonnerre, ou de
quel-
instrument d'vne lieuë de nous, 8c consequemment
qu'autre estoignè que le
Son qui feroit assez fort pour estre ouy par toute la terre, ne pourroit estre

ouy que dansletempsquele poux batteroit 125)600 fois, c'està diredansvn


iou r en tier 8c huict heures, 43' & presque 42". d'où Ton conclure cora-|
peut
bienilfaudroitdeiourspourouyrvn Son du Pôle à T Arctique,
Antartique
car puis qu'il y à 14000 diamètres de la terre, dont chacun a 12291 lieues, Ton
seroit mille fois autant de temps auant que d'ouyr leSond'vnPole
quatorze
à l'autre, comme Ton seroit auant r par tout le diamètre de la ter-
que de Touy
re: mais le Son ne peut pas durer si long-temps, ny estre si fort qu'il puisse
estre ouy de si loin, si ce n'est que Dieu voulust vn tel Son : ce qu'il
produire
fera peut-estre les Anges sonneront de laTrompette au grand iour du
quand
tous ceux qui seront morts. O r il est nécessaire d'ad-
Iugement pour appeller
iouster le &à se com-
temps que les Messagers employentà parler ensemble,
les nouuelles, 8c de sçauoir combien les postes, ou les stations de
muniquer
la voix sont les vnes des autres: doiuent seulement estre
estoignées lesquelles
six en chaque lieuë.
esioignéesde5oopas,afinqu'ilyenayt
Quant au temps que les se parlent, Ton vne minute
Messagers peut prendre
De la nature Sc des du Sors
proprietez 39
station, afin d'aiouster fois 66 battemens de poux auec
pour chaque quatre
les 18 qui íe font pendant que la voix sc communique par Tespace d'vne lieuë,
de manière bat 84fois auant que Ton sçache la nouuelle d'vne
qucle poux
lieuë.
NOUS ncpouuonsmettredes stations d'vn poleà l'autre, ny faire vnSon
estre entendu de 31074000 qui sontdu
assez fort lieues, Pôle
pour Arctique
àTAntartique; & ce Son ouy que le poux
ne seroit point n'eust battu 57731-
c'est àdire
aooofois, que dans Tespace de 144323 heures, car le nombredes
battemensdu poux diuiíé par 4000, qui est le
nombre des battemens
qu'il
fait dans vne heure, donne lesdites heures, lesquelles estans
diuiséespar 24
donnent 6013 iours, &^, c'est à dire presque demy iour-, or si Ton diuisc ces
6013 iours par 365,1'on aura 16 ans, qui se passeroientauant que d'ouyrdu Pô-
le Arctique le Son qui se feroit 8c outre cela »7$iours&de-
àTAntartique,
Ton ne peut
my, qui restent âpres la diuision , 8c consequemment ouyrle
dans le tour entier du Firmament, de 52 ans 8c 1B iours,
Son que dans Tespace
maisie encore ailleurs de la vitesse du Son.
parleray

PROP OS1TION XXII.

L'on peut se seruir des Sons de chaque instrument de Musique, & des differens mouuê*
mens que l'on leur donne pour discourir de toutes fortes de suiets, O* pour
les sciences,
enseignerez apprendre

est excellente, car elle la manière de dis-


Proposition enseigne
CETTEcourir de toutes choses en ioiiant des instrumens, encore
que celuy qui
les touche, fou muet, car Ton peut discourir áuecvn au-
ouquienoytioùer
tre en ioiiant de TOrgue, de la Trompette, de la Viole, de la Fleute.du Luth
8c des autres instrumens, lans
nul puisse entendre le discours,
que que celuy
le secret, ce qui se peut en plusieurs manières.
qui sçait pratiquer
En premier lit u si le loueur d'instrumens, 8c Tauditeur se seruent d'vne ta-
blature qui contienne toutes les lettres de Talphabet: car chaque Sonexpri-
rncra chaque les trois notes, ou les trois voix
lettre; par exemple, qui se treu-
uent dans G , re,sol, vr, pourront íeruir pour ces trois lettres R, S, V, &c. 8c
Tauditeur ayant son Luth, ou fa tablature deuant les yeux verra clairemenc
les dictions formera le ioiieur auec les Sons de son instrument,
que auquel
i! pourrarefpondre en ioiiant d'vnautre instrument. de Mais il est facile
par-
ler ensemble sans tablature, si Ton vsc des huict ou quinze Sons d'vn mode,

par exemplede ceux du premier, les quinze lettres, &des


pour premières
huict Sons du second mode pour le reste des lettres: ou si les vingt Sons des

vingt articles de Ja main les vingt lettres de nostre al-


harmonique expriment
phabet ; car Ton peut laisser S, Y, 8c K, comme nous dirons ailleurs.
11 y a mille autres fubtilitez 8c industries trouuer
qui se peuuent par le
moyen des Sons ;& deux ou tellement s'accou-
plusieurs personnes peuuent
stumerauxSons des instrumens, qu'ils parleront familièrement de tout cc
fans entendre.
L'on peut encore
qu'ils voudront, que nul les puisse exprimer
des paroles 8c des périodes entières les Sons, car les preludcs,la fuitte des
par
airs 8c des chansons, la déduction des modes 8c du fy sterne ont de la
parfait
ressemblance auec lesoraisons& les harangues, le.
particulièrement quand
D Jj
Liure Premier
4o
Musicien fait les cadences & les passages bien à propos, 8c qu'il scsertdeîa
scion le íùjet qu'il traite. Or cette manière de discourir se peut
Rytmique
dans toute Testenduë des Sons, c'est à dire dans Testenduë de cent
pratiquer
ou deux cens pas & dauantage, cat Ton oyt le Son de la Trompette de beau-
8c consequemment les Sons peuuent seruir de messagers 8c
coup plus loin,
de lettres secrètes, quand celuy à qui Ton veut rescrire n'est efloigné que de
demie lieue ou d'vne lieuë, d'où Ton peut entendre les Cloches ou la Trom-

pette.
du Tambour, encore
L'on se peut ausiì seruir que le Son qu'il faitnesoic
des interualles la variété desmouuemens
pas capable harmoniques,car Ryt-
hmiques , dont on à coustume de le battre, peut seruir de characteres j par ex-
Ton peut se seruir des cinq temps du quatriesme mouuement
emple poeoni-
est représenté o u les
que,qui par trois brefues & vne longue o-,pour quatre
lettres A B C D, 8c de la première espece du mesme mouuement,
premières
le précédent u o , pour les quatre lettres
qui est renuersé-u qui suiuent,à sça-
uoir E F G & H ; le mouuement Choriambique dissous, ou Pyrrychianape-
íle, qui est composé de
quatre
mouuemens briefs 8c d'vn
long, peut expri-
mer IK L M N : quelques-vns appellent ce mouuement François, d'autant
les François se seruent ordinairement de ce mouuement ils bat-
que quand
ten&leTambour, comme Ton voiticy o u « o-.OPQRpeuuentestreexpri-
mez parle mouuement mineur, dont les deux premiers mouue-
Ionique
mens sont briefs, 8c les deux derniers sont longs, comme Ton voit icy 0 o —„
Les Suisses s'en seruent ils battent le Tambour. En fin le mouue-
quand
ment dont le premier 8c dernier mouuement est long, 8c le
Choriambique,
second & le troisiesme estbricf,comme Ton voiticy - y u Tal-
-,peutacheuet
en exprimant ces quatre dernieres lettres S T V X. L'on sc peut seruir
phabet
des mesmesmouuemens fur les Cloches, fur les Trompettes-, fur le Luth,fur
la Viole, fur TOrgue & fur les autres instrumens, &lesaccommoderaux
& à toute sorte de signal qui peut estre apperceu
flambeaux, des yeux, des
oreilles, du toucher, de la fantaisie 8c de la raison.
Mais Ton la mesme chose
peut pratiquer plus subtilement en exprimant
tout ce que Ton voudra, tant cn François, qu'en Hebricu, en Grec , en
en Italien, ou en autre sorte de langue,auec Sons, ou mou-
Espagnol, quatre
uemens différents, estre variez cn vingt-quatre manières
qui peuuent pour
seruir de vingt- quatre lettres : car les nombres 1,1,3,4 estant mu ltipliez les
vns par les autres font vingt-quatre différentes conionctions, qui se treuuenc
dans les quatre mouuements susdits, 8c dans chaque de choses
quaternaire
différentes: dont la raison est qu'il se fait autant de changemens en chaque
lieu comme il y a de choses proposées, & que chaque chose peut estre mise
dans chaque rang ou lieu, comme
autantdefois le nombre
prochainement
moindre peut estre changé de fois;de là vient que trois mouuemens
peuuent
auoir six diuers changemens, puis que deux se changent deux fois; car le troi-
siesme estre mis deux fois au commencement, deux fois au milieu, 8c
peut
deux fois à la fin} & si Ton adioustevn mouuement, il setrouue-
quatriesme
ra six f ois au premier lieu, six fois au second, six fois au troisiesme 8c six fois
au quatriesme lieu.
de cës se void dans le tetrachorde Diatonic, vf,
L'exemple changemens
peut exprimer nos lettres: ce qui se peut ausîi
reymijfa, qui vingt-quatre
De la nature & des du Son: 41
proprietez
les quatre notes, ou cadánces de Octaue, ou
faircaucc principales chaque
mode, auec les cadánces du premier mode,
Je chaque par exemple Vt, misiol,
du susdit Tetrachorde, vt, re,mi}fa, frit voir ces
st : voicy Tcxemple qui que
ouacre syllabes, les quatre Sons du Tetrachorde des
qui signifient principa-
les , peuuent estre coniointes en vingt-quatre manières différentes.
. . ,_ . Ces 2,4 changemens monstrent que
Alphabet Harmonique. yQn faire vinet.quatrc chants
différents auec chordes d'vne
quatre
Epinette, quatre tuyaux d'Orgue, ou
autres quatre Sons, fans deux
repeter
fois vn mesme Son '>la Qu in te donne
six chants tous différents : la
vingt
Sexte maieure ou. mineure 7 z o: la Se-
ptiesme5o4o.& l'Octaue 40320^01!
il s'enfuit Ton peut faire des ha-
que
rangues entières auec la feule Quarte
fur le Luth, fur TOrgue, fur les Clo-
ches , fur la Trompette, &c. qu'auec
TOctaue Ton peut exprimer tous les
characteres des Chinois , pourueu
ne surpassent de quarante
pas le nombre mille trois cens vingt : 8c
qu'ils que
toutesies espèces des plantes, des animaux, des mi-
celuy qui cognoistroit
néraux 8c des pierres, pourroit les exprimer 8c toutes les sciences
enseigner
auec toutes sortes d'instrumens de Musique.
Or Ton peut conclure dece discours combien il y a de chants differens dans
Testenduë d'vne double, d'vne ou d'vne Octaue, 8c des
triple, quadruple
à Tinfiny. Ie rcmarqueray seulement
suiuantes iusques que le nombre des
estre trouués dans Sons, oudansvne double
chants, qui peuuent quinze
Octaue; est ex primé par le nombre qui fuit 13075743(58000 ; vn plus
grand
nombrede chants se trouueroit dans l'Octaue, s'il estoit de repeter
permis
deux fois chaque Son. Or il faudroit du moins heures à la
employer vingt
de cette diuersité des chants se peuuent faire dans Testen-
prononciation qui
duë d'vne Octaue: car huictSonsne estre chantez
peuuent que dans Tespa-
ce du temps Ic poux bat deux fois, soppofé batte 66 fois dans vne
que qu'il
minute d'heure: Ton peut áusti mesurer le temps les respirations, si cha-
par
dure cinq battemens de poux,comme Ton croit: car cecy íup-
que respiration
| posé nous respirons treize fois dans vneminute d'heure, 8c dans vne heure
791 fois; mais ieparleray de toutes ces combinations dans le liure des Chants.

PROPOSITION XXIII.

Sons est multipliée par les diuers mouuemens


Laforcedes Rhytmiques que l'on leur don-
ne, & par la qualité des corps & des coups par lesquels ils font produits.

de cette à la
première partie Proposition, qui appartient Rhy tmique,
LA csttres-certaine,car Texperience enseigne que le
SondelaTrompette
ou de instrument animé d'vn mouuementIambique,ou A-
quelqu'autre
pestique touche plus viuement nos esprits, son mouuement est
que quand
D ii;
Liure Premier
42
L'on obserue la mesme chose dans les battemens du tambour, fur
fsondaique.
le mouvement estant obíerué,Ton void marcher les
lequel pyrrbichianapefte
soldats ,8c les suisses marchent sous le mouuement ionique mineur',
François
mais nous parlerons de la Rhytmique 8c des estets qu'ont
plus amplement
les différents mouuemens des Sonsau traité des rhytmes, qui sont communs
à toutes sortes de Sons, 8c consequemment à la voix & à la parole, qui doit a-
les différentes
uoir des mouuemens différents suiuant pasiìons qui nous em-
portent , ou que nous voulons faire paroistre.
De là vient que les mouuemens rhy tmiques sont appeliez Tame 8c la force
du Son, comme les diuerscs de Rhétorique sont TamedeToraison;
figures
le fer ouTacier
car còmmc qui arment Tay mant, multiplient fa force 8c fa vi-
si ce n'est Ton croye qu'ils monstrent leurs forces, qu'ils ne pou-
gueur, que
u oient fans la présence de Tay mant: de mesine le mouuement
expliquer
qui est pressé & leger, c'est à dire qui a plusieurs briefs,
Rythmique, temps
comme sont les Choriambiques dissouz, ou les Pyrrhichianapestes, multi-
la force du Son si sensiblement 8c si puissamment, qu'il seroit difficile de
plie
le croire si Ton ne 1 auoit expérimenté.
La seconde partie se prouue aussi par Texperience, qui monstre va-
qu'vn
se faitde bon celuy donton fait les Cloches,&
metal,commc qu'vn vase d'ar-
gent a le Son 8c plus vif qu'vn vase de plomb.
plus pénétrant Ceux qui ioiïent
de l'Epinette remarquent que les chordes d'or ou d'argent font vn autre ef-
fet que les ordinaires : 8c Ton expérimenter la mesine chosc aux
pourroit
Trompettes d'or,d'argent,d*acier 8c de toutes sortes
de métaux, ou de cornes
8c de bois, afin de remarquer la différence des Sons en toutes sortes de
Trom pettes, de tuyaux de Flûtes 8c de Flageolets.
d'Orgues,
Il faudroit encore expérimenter toutes les espèces de chordes fur les Luths,"
les Violes, les Lyres, & les Harpes, 8c faire ces instruments de toutes sortes
de bois y de cornes 8c de métaux, afin d'obscruer la diuersité des Sons; & si la
caisse d'vn Tambour estoit d'or ou d'argent, & que la peau fustd'vn Ours,
dfvn Tygre, ou d'vn Lyon, le Son du Tambour seroit diffèrent de celuy de
l'ordinaire.
La troisiesine se prouue encore car quand on frap-
partie par Texperience,
pe doucement le Son qui se fait par le coup ne frappe
quelque corps, pas les
8c ne les excite pas si puissamment
esprits auec vne telle force, il
que quand
est plus grand & plus violent: 8c cette violence est quelquesfois si grande,

que le Son fait perdre Touye, priue les auditeurs de raison 8c de iugement,
trouble ou corrompt le vin dans les caues, fait mourir les enfans dans le ven-
tre des mères, & rompt les vitres des maisons, 8cc. comme Ton expérimente
au bruit du tonnerre, de Tartillerie, des cloches, des vents 8c des tempestes.

PROPOSITION XXIV.

A sçauoir si f on la quadrature du cercle, la duplication du cube, O*,


peut représenter
toutes les choses du monde par le moyen des Sons.

difficulté car si Ton tend


ay fée à résoudre,
est bien deux chordes
CETTE 8c 8c demefme matière, 8c que la longueur
d'cígale grosseur longueur,
de Tvne soit à celle de l'autre, comme le diamètre du cercle a fa circonferen-
T )o la nature & des du Soft. 4$
proprietez
( ,:,OLÌ conìmcîecostédu cube double au costé du souz-double , les Sons des
dite? chordes sontentr'euxcommeles lignes, 8c consequemment elles re-
la quadrature du cercle, &ia duplication du cube. Il faut con-
présenteront
clure la meíme chosede toutes les autres sortes de lignes 8c de corps,
quoy
&irrationels,
qui peuuent
représentez estre par des
qu'incommensurables
si Ton oyt ces Sons ensemble, ils font des
Sonsdemesmeproportion:mais
Dissonances qui seront d'autant plus mauuaises que les chordes-, ou les lignes
les Sons représentent sont plus irrationelles. D'où il arriue que les Disso-
que
nances qui viennent des Sons que font les chordes incómensurables en lon-

gueur
ne sont pas si mauuaises que celles qui sc font par les chordes incom-
mensurables en puissance, sont plus difficiles à compren-
parce que celles-cy
dre que celles-là. Or il estayfé de représenter en cette manière toute la Géo-
mais il est encore
métrie par le moyen des Sons, plus aysé de représenter TA-
les nombres
rithmetique, d'autant que tous sont mesurez par T vnité, 8c con-
ils sont tous commenfurablcs.
sequemment
L'on peut voir au traité du Luth, fur lequel le ton est diuifé en deux demi-
tons, 8c TOctaue en douze demitonseígaux, de combien lés Consonances
&les Dissonances de cette diuision sont différentes de celles suiuent la
qui
des nombres b que j'explique en plusieurs endroits,
proportion harmonique
& de combien lcsSons qui suiuent la proportion Arithmétique sont plus
doux que ceux qui suiuent la Géométrique.
Il est encore bien aysé de conclure que Ton peut représenter toutee qui est
au monde, & consequemment toutes les sciences par le moyen des Sons, car
en poids, en nombre & en mesure,
que toutes choses consistent &que
f)uis
es Sons représentent ces trois proprietez, ils peuuent signifier toutee que
Ton voudra, si Ton en excepte la Métaphysique, qui sépare toutes ses propo-
sitions de la matière sensible & de l'intellectuellc, les eípure à
&qui iusques
tel point qu'elles nous font enuisager lasouueraine beauté de Testre des estres.
D'où il s'enfuit que Ie parfait Musicien peut inuenter des dictions, 8c vne lan-
naturellement les choies, 8c qu'il peut
gue parfaite, qui signifie enseigner
les sciences fans vser d'autre langage que de celuy d'vn Luth, ou de quelque
autre instrument, comme dansvn autre lieu.
iemonstreray plus amplement
Et si auoit Toreille assez bonne 8c assez fçauante, il pourroit dis-
quelqu'vn
cerner 8c recognoistre les proportions de toutes sortes de lignes par le moyen
desSons, & consequemment il pourroit toutes les propositions
expliquer
de la Géométrie en ioiiant de tel instrument ou en chantant,
qu'il voudroit,
pourueu qu'il peust faire de fa voix tout ce qui se peut faire fur les instru-
mens. Mais il n'y a point d'homme qui ayt Toreille assez délicate & subtile
pour ce su jet, si ce n'est le parfait Musicien qui n'a point encore paru.

COROLLAIRE I.

Puis
que nous auons icy parlé de la quadrature du cercle, &deladuplica-
tionducube, il faut remarquer que celle-cy acstétrouuéeparle moyen d'v-
ne ou de deux 8c par Thyperbole 8c Tellipse , qui font les trois
paraboles,
principales sections du cône, 8c qu elle se peut encore trouuer par le cercle:
mais celle-là n'a pas encore esté rencontrée, ou du moins elle n'a pas esté
publiée} quoy que plusieurs en ayent bien & que Molther
approché pres,
D IUJ
44 Liure Premier

estime la véritable de la circonférence a 31415P, lors le dia-


que grandeur que
mètre est de 100000.
A quoy il adiouste la quadrature en termes
que Ton a ceux
plus précis que
d'Archimede, on prend trois fois le diamètre, 8c la cinquieíme
quand par-
tie de la ligne qui souz-tend le quart du cercle, d'autant que la grandeur de
la circonférence, que Ton trouue par cette méthode, est de 314142, qui n'est
différente de celle qu'il croit exacte que de 17, au lieu que la mesure d'Archi-
mede, qui met trois fois
8cl le diamètre dans la circonférence,
manque de
iz6. EtsiTon prend son autre mesure à sçauoir trois fois ledia-
plus précise,
elle manque de 74, c'est à dire fois
metre&vnesurdixpartistanteyi, quatre
dauantage que celle de l'autre méthode qui ne manque que de 17 fur 3141 jp.

COROLLAIRE II.

Si la raison des tremblemens, 011 des retours de la chorde est la mesme


que
celle de la des chordes, comme nous monstrerons dans le liure
longueur qui
il semble que le nombre
fuit, des retours de celle qui est esgale à la diagonale
du quarré,doit estre incommensurable au nombre des retours de celle est
qui
esgaleaucostédti mesme 8c nous donner autant de
quarré, que puissions
nombres irratíonels entr'eux de lignes incommensurables, & conse-
que
quemment que la Musique puisse dauantage quel'Arithmetique, & quelle
à la Géométrie
s'esgale j quoy que Ton puisse respondreque chaque trem-
blement ou retour est vn mouuement, 8c que nul des mouuemens de ces
deux chordes n'est commenfurable 8c rationel,ou du moins
qu'il y cn a deux
qui ne peuuent auoir nulle commune mesure, si ce n'est que Ton la
prenne
de ces mouuemens comme celles des lignes, 8c que Ton die qu'ils
puissance
font commensurables en puissance. Or l'on voir la 34 Question
peutencore
des PhysicomathematiqueSjdans ic monstre si Ton peut establir vne
laquelle
nouuelle science se nomme 8c plusieurs autres diffïcultez
qui Psophologie,
dont ie traite dans cet oeuure, scruiront de cet-
lesquelles pour Tintelligence
te Proposition.
PROPOSITION XXV.

Asçauoir en quoy le Son est de la lumière,& en quoy il luy est


diffèrent semblable.

vs auonsdesia monstre vnes des différences, & des ressem-


quelques
NO blances qui sont entre le Son & la lumière, par exemple que le Son ne
se communique pas envn moment comme la lumière, dans la huictiefmc
ne dépend
Proposition: qu'il pas tant des corps par lesquels il est produit,
comme la lumière du corps lumineux, dans la neufiefme
depéd Proposition:
en le Son est plus ou moins subtil, s'írse réfléchit dans Tair, 8c s'il s'aug-
quoy
mente , ou s'il sc diminue comme elle en d'autres
propositions, de sorte
qu'il
faut sculementicy ce qui a esté obmis.
suppléer
Ic dis donc premièrement
que comme la lumière nous fait paroistre les dis.
ferentescouleurs des corps suiuant les différentes incidences, & reflexions
fait sor leurs surfaces, les Sons font semblablement les diffé-
qu'elle paroistre
rentes des
quaiitez corps, par le moyen du mouuement deTairquitouche
& qui frappe leurs surfaces, 8c que Ton peut dire que les couleurs ne sont au-
De îa nature & des du Son.
proprietez 4J
. tre chose la différente immersion 8c réflexion des comme les
que rayons,
que les différents
Sonsnc font autre chose mouuements de Tair.
2. La lumière est inuisible comme le Son, car nous ne voyons
que des su-
colorées, tant qu'elles leSoleil, ou les au-
perficies qui représentent peuuent
tres corps lumineux j ce que Ton prouue par les glaces des miroirs polis qui
tellementle Soleil qu'il est difficile de le distinguer du vray So-
représentent
leil , 8c si tous les corps estoient eígalement polis, Ton ne verroit autre chose
le Soleil, cn quelque lieu que Ton regardast. Or Ton prouue
que aysément
lumière est inuisible de soy-mesme par celle que Ton ramasse
que la aux
où brustent les miroirs concaues, 8c les lentilles de verre 8c de
points, crystal,
on ne peut nullement voir si elle n'est réfléchie
laquelle par des corps opa-
la rendent Ton peut neantmoins considérer
ques qui visible, furquoy que la
par le miroir
lumière ramassée parabolique dans vn point de Tair n'est pas

n'enuoye nul rayon àTceil* voit la surface du So-


veue, parce qu'elle lequel
leil, lors qu'il se met dans le point illuminé : or Ton
pouuoit aufh bien dire
accident n'est sensible non plus que la lumière j si ce n'estpar le moy-
que nul
en des corps qui soustiennent les accidents, 8c qui leur donnent Testenduë,
ne peuuent auoir le moyendela estant
qu'ils que par quantité,îaquelJe ostée,
reduiroient dans vn point, si l'Autheur de la nature ne
ilsperiroient,ousc
faisoit vn miracle semblable à celuy par lequel il peut mettre 8c conseruer
tous lc ; corps dans vn mesine lieu, 8c reduire tout le monde dans vn mesme

point.
C'est ainsi les Sons rendent Ie mouuement de Tair sensible, 8c qu'ils
que
nous font des corps nous ne pouuóns co-
remarquer plusieurs qualitez que
:8c si Ton considère bien
que par leur
moyen attentiuement la na-
gnoistré
ture de la lumière, Ton trouuera peut-estre qu'elle n'est autre chose qu'vn
mouuement de Tair, qui porte auec soy Timage de son à
premier moteur,
sçauoir du corps lumineux, pour le rendre sensible à Toeil sous le nom 8c Tap-
de couleur, ou de lumière, comme le Son n'est autre chose
parence quelc
mouuement du meíme air, qui porteauec soy les qualitez de fa cause efficien-
te , à sçauoir des corps qui lc meuuent, dont il nous fait appréhender
Timage
sous le nom&TapparenceduSon. Et comme Ton pourroit dire combien il
y a de pores & de parties brutes, ou polies dans la surface des
corps qui réflé-
chissent la lumière si Ton sçauoit le nombre des rayons réfléchis, 8c la maniè-
re dont chacun s'enfonce 8c s'immerge dans le solide des corps, & sc réfléchit

iusques à Toeil : de mesme Ton pourroitsçauoir toutes les de la sur-


ineígalitez
face des corps qui frappent Tair, si Ton sçauoit toutes les proprietez du mou-
uement de Tair qui frappe Toreille sous Tespece du Son.
3. Comme la lumière ne peut estre conseruée sans Tinfluence actuelle du
corps lumineux, de mesme le Son ne peut estre conserué sans le mouuemenc
de Tair. Car
Texperience que César la Gallarapporte dans son liure de la Lu-
à sçauoir les pierres
mière, que calcinées, qui font de la nature dcTarseniccVs
fort à la seconde
(que Galilée
caustiques, luy monstra) estant exposées lu-
mière du Soleil, vne lumière conseruent encore dans
conçoiuent qu'elles
les ténèbres, ne prouue autre chose sinon que lesisites pierres reçoiuentvne
certaine altération 8c disposition de la seconde lumière du Soleil,
qui les rend
propres à illuminer comme vn charbon ardant, ius-
quelque peu detemps,
qui les faiíoit luire. Et peut-estre
quesàcequ'ellesayentperduladiíposition
Liure Premier
4#
a vne semblable vertu de luire si Ton
la disposition sçauoit
que-chaquc corps
comme il arriue au chesne à aux
qu'il requiert pour cela, pourry, Tagaric,
vers luy fans, à Teau de la mer, aux merlans,aux harans, à la raye, 8c à la mo-

qui luisent
luë cuite, & à plusieurs autres poissons de nuit. Mais il est bien
difficile de recognoistre à quel point vn corps proposé doit arriuer
iusques
pour estre rendu lumineux.
Quoy qu'il en soit il n'est pas plus aysc de con-
que la lumière
seruerleSon fans le mouuement, fans le corps lumineux ; 8c
Ton ne doit faire nul estât de ce que quelques-vns sc sont vantez de pouuoir
enfermer vn Son, vn chant, &vn concert dansvn coffre, à Touuerture du-
entende le mesme concert qui auoit esté fait long-temps
quel Ton deuant.
L'on peut neantmoins construire des instrumens qui feront toutes sortes de
concerts à la feule ouuerture de quelque trou, 8c au moindre mouuement
Ton fera, comme ie monstreray dans les liures des instrumens.
que
ne sçaitpasla force
4. Comme Ton que doiuent auoir les rayons pour es-
tre de Toril ; de mesme Ton ne combien le mouuement de
apperceus sçaitpas
Tair doit estre viste, ou violent pour faire impression fur'1 oreille, & estre
pour
appréhendé sous la qualité du Son : car encore que nous expérimentions
que
tel ou tel mouuement des corps fait vn Son sensible, neantmoins nous ne re-

pas les moindres mouuements le Son,


marquons qui font 8c nous ne sça-
se meutTair. aux rayons Ton expérimente
uonspascomme Quant qu'ii en
faut fort peu pour voir, 8c qu'ils suffisent encore soient
qu'ils tres-esloignez
des corps lumineux , comme Ton à ceux des Estoilles, dont ils
remarque
sont estoignez de seize millions, trente mille lieues lors qu'ils entrent dans
Pccil : ce qui n'empesehe pas qu'ils ne soient encore tres forts ; d'oûToncon-
clud que le rayon ne se diminué nullement par la distance, car si Ton auoit
vn miroir assez bon 8c assez grand pour ramasser autant de rayons d'vne cs-
toille dans Tespace d'vne ligne, comme il y a de rayons de Soleil en plein
iour fur vn mesine nous verrions aussi clair à minuit
espace, qu'à midy dans
ce petitespace. Or Ton peut icy considérer que chaque point du corps qui
fait le Son,enuoye des rayons d udit son 8c qu'il la
toutautourdcíoy, remplit
sphère solide de Tair comme fait chaque du
qu'il affecte, point corps lumi-
neux : d'où il s'enfuit que nous receuons des rayons parallèles de ces deux ac-
cidens,& d'autres rayons qui ne sont pas parallèles. Quanta ceux-là, nous
n'en receuons de la largeur de Touye, ou de l'ceil : mais nous en receuons
que
des autres de la entière des corps sonores 8c des lumineux; de forte
largeur
nousseruent
queces rayons beaucoup plus que les parallèles, qui sont en si
petit nombre qu'il n'y a nul miroir qui puisse faire bruster, ou lire par la refle-
xion des seuls rayons du Soleil, & s'il n'y auoit
parallèles que cettepartiedu
Soleil
qui nous esclairast, 8c que tout le reste fust caché, nous ne verrions ia-
mais rien par la force de cette feule ne nullement:
lumicre,laquelle paroistroit
c'est il est nécessaire la
pourquoy que glace d'vn miroir reçoiue les rayons
des autres parties du Soleil les faire bruster: de là vient ne sc ra-
pour qu'ils
massent iamais dans vnscul encore soit
point, que la glace parfaitement pa-
rabolique, & qu'ils font
vn petit cercle: mais il est difficile de sçauoir com-
bien il est nécessaire de du Soleil descouuertes
qu'il y ayt parties pour pouuoir
estre veuës& pour bruster :
quoy qu'il en soit, ie tire vne nouuelle ressem-
blance de la lumière 8c des Sons, 8c dis

Encinquicsme lieu, que l'on oyra aussi bien le Son de loin que de pres, si
De la nature Sc des du Son. A
proprietez
autant de mouuemens d'air par le moyen d'vn miroir, tandis qu
Ton ramasse
semeur, les faire réfléchir au lieu où Toreille se rencontrer:
leditair pour
comme Ton voit aussi clair à la lumière d'vne chandelle de loin
que de pres,
du mesme ou de la refraction des lcntMes»
à raison de lareflexion miroir,
mais nous parlerons de cette ressemblance dans h
plus amplement vingt
quatriesme Proposition.
6. La lumière nous fait remarquer plus sensiblement les proprietez 8c les
des corps, que lc Son, c'est pourquoy elle est plus vtile : de là vient
qualitez
difficile de viure fans la lumière fans le Son :
q u'il est plus que quoy que fi touc
mouuement fait du Son, il soit non feulement difficile, mais entièrement

impossible
de viure fans le Son,puis que la vie ne peut subsister fans mouue-

ment, estre conscruée fans la lumière,comme teímoi


encorequ'clle puisse
la chaleur
gnent les aueugles, pourueu que qui est nécessaire à la vie ne péris-

se pas. Et si la lumière n'est qu'vn mouuement d'air, Ton peut dire


' qu'elle
n'est différente du Son, qu'entant affecte Toeil 8c non Toreille.
qu'elle
Ce qu'il semble à voulu dire dans le second liure de TEneide,
que Virgile
: 8c au liuresixiesme, canes latrareperVmbram,
Tumclariorign'tsauditur Vtfeque
comme si leSon 8c la lumière, 8c Toril 8c Toreille n'estoient meíme
qu'vne
chose. Et Ton remarque au ao. chapitre de TLxode, verset 18. que le peuple
8c le Son des Trompettes,
voy oit la voix de Dieu quoy que cette veuë sc feist
En effet Ton peut dire que Ton voit mieux vne chose lors que
par les oreilles.
Ton en list la description, ou qu'vn homme en parle,
éloquent que si on la
auec les yeux, comme Ton expérimente aux relations, &aux descri-
voyoit
dans les villes, & de celles
que les R oys font
des entrées des Villes,
ptions
des balets 8c de plusieurs autres choses , dont la veuë est souuent moins satis-
faite que Toreille.
en gênerai
De là vient que Ton peut dire que le sens quidescouurevne
multitude de proprietez des corps proposez, ou qui en descou-
plus grande
ure les mesmes merire le nom d'oeil,
proprietez plus clairement ou de veuë,
à raison que parlaveuël'on entend le sens qui defcouure les obiets, & leurs
:8c
plus clairement 8c qui
proprietez que Tesprit qui descouure, comprend
peut receuoir
toutes sortes d'obiers & de proprietez, le nom de tous les sens;
comme il arriue on dit que Ton gouste,
quand que Ton touche, que Ton void
8c que Ton oyt le discours 8c les raisons de
quelqu'vn.
7. íl est difficile de sçauoir si Ie mouuement qui fait la lumière meut Tair
auec plus ou moins de violence ou di-
que celuy quifaitleSon, pourmieux
re, si les corps lumineux le meuuent plus fort que les corps sonores: car
bien que le mouuement du Son paroisse plus fort à Toreille que celuy de la lu-
dont elle n'est pas capable de iuger, Ton peut aussi dire
mière, que le mou-
uement de la lumière à Toeil
plus fort des Sons. Et puis il
paroìst que celuy
ne faut
pas seulement iuger de la violence du mouuement
par l'agitation ex-
car encore le mouuement
que la chaleur
térieure, du feu fait dans la main
que
soit si violent ne le peut souffrir, & qu'il puisse arriuer à tel point
qu'elle qu'il
la entièrement, neantmoins ce mouuement ne paroist
corrompe pasàl'ex-
terieur.
Or le mouuement de la lumière est ce semble subtil des
plus que celuy
8c de
Sons, pénètre plus auant dans la substance Tair,qu'il remplit d'vne cer-
taine semblable à de l'huile tres-subtile & tres-clairc, se meut
liqueur qui
Liure Premier
4.8
de telle sorte
qu'elle affecte Toril 8c le nerf optique, qui commence à descou^
urir tous les obiets extérieurs, si tost que Tair efmeu s'est introduit dans scs
vn semblable mouuement à Tair intérieur de la mem-
pores pour imprimer
brane qUe Ton appelle aranée.
Ce qui arriue aussi à Tair extérieur agité par les Sons , car il va frapper Iè

tambour, Tair intérieur & le nerf de Toreille pour rendre Touye participante
de ce qui se fait audehors, afin que Thomme intérieur attire à soy Texterieur,
8c que le petit monde se serue auec plaisir de tout ce qui est dans le grand,
s't steuer âpres à la cognoissance 8c à Tamour du Créateur
pou r éternel, qui est
la fin de Tvn 8c de l'autre monde.

COROLLAIRE.

Il est aysé detrouuer les autres conuenances& les différences du Son & de
la lumière, si Ton entend ce que i'ay dit dans cette 8c dans les
Proposition,
autres ; c'est i'adiouste seulement que Ton peut s'imaginer
pourquoy que
toutesies créatures sont semblables au mouuement, comme teímoignene
leurs 8c leurs altérations : en fuite Ton peut
changemens perpétuelles dequoy
dire le m onde n'est qu'vn nous sert de parole, 8c de prédi-
que tout Son,qui
tout ce qui est dans le monde
pour nous faire rapporter
cation à celuy qui luy
donne le mouuement, & pour nous aduertir qu'il n'en faut vser qu'à íà gloi-
re, 8c selon íà saincte volonté. Ie laisse plusieurs autres comparaisons de la

lumière, & des couleurs auec les Sons, les consonances 8c les concerts que
i'ay expliqué dans Ie second liure du traité de THarmonie Vniuersclie, dans
la sixiesine du liure des Chants, & en plusieurs autres endroits
Proposition
de cet oeuure, afin de parler de leur réflexion.

PROPOSITION XXVL

comme se fait l'Echo , ou la reflexion des Sons.


Expliquer

Y desia monstre dans la dixiesme que le Son sc réfléchie,


Proposition
I'A c'est il faut seulement icy expliquer comme il sc réfléchit ,'&
pourquoy
comme se fait l'Echo: ce qui seroit tres-aysé si la reflexion
consequemment
des Sons scfaisoit comme celle de la lumiere,que lesGeometres dans
règlent
la Catoptrique suiuant les differentesincidences du rayon tombe íùrìes
qui
corps dont les plans sont droits, concaues& conuexes: mais parce que Tair
est sujetà mouuemens souuent de sc
plusieurs estrangers, qui Tempeschent
en droite la lumière, il n'est
porter ligne, cequin'arriuecesemblepasà pas
régler les Echo aussi infailliblement que les reflexions de la lumiè-
posiiblede
re, quoy qu'il nous en faille seruir pour expliquer celles des Sons.
Car Ton doit tousiours ce
qui est plus constant & mieux
prendre réglé
poury ce qui est plus variable, afin que la rcgle 8c la mesure soie
rapporter
puis que Ton ne peut raisonner
certaine, comme il faut, si Ton n'a
quelque
fur
principe asseuré, 8c quelque pointferme&inesbranlable, lequel le dis-
cours soit appuyé, comme la balance fur son centre, afin d'examiner par la
droite raison tout ce qui tombe sousle discours. le dis donc
premieremene
que le Son se réfléchit selon les
angles
d'incidence qu'il fait fur les corps qui
se rené-'
De la nature & des du Son. 49
proprietez
seretìechissent;parexemple,siIeSonlefaitaupoiiuA,&qu'il XK y
tombe fur la muraille, ou fur le plan D Eau point C,il se refle-
j\ /r*
chira au point B, parce que de reflexion E C B doit estre i %C
Tangle
d'incidence D C A, se L/ \.
efgal àTangle &consequemmcntTEcho
"^
fera au point B, & dans toute la ligne B C.
s*'
ie dis n'est
Secondement pas necesiaire
qu'il que la surface
soit concaue ou creuse, ny que le corps qui réfléchit soit vuide, ou creux

pour faire l'Echo, puis que toutes sortes de surfaces peuuent réfléchir le Son;
ce qui sc peut confirmer par les Echo qui se fonr dans les forests 8c dans les
bois par la feule reflexion des
que font les fueilles, les branches, 8c le tronc

arbres, 8c par ceux que font les rochers, les simples murailles, les colomnes
8c les pilliers de pierre, de bois, ou d'autre matière. Mais il est tres-difficile de
& d'expliquer comme se fait la reflexion du
comprendre Sonparlesíuperfi-
clesconcaues, ramassent autant de lumière dans vn seul point, ou dans
qui
vn fort petitespace, comme il en tombe sur elles ; par exem ^le, si la surface
réfléchissante B a C est
parabolique,
elle renuoye toute la lumière qui
tombe sur elle au point e, de sorte que
si elle reçoit iooooo rayons, le point
eles contient tous: d'où il arriue que
le corps Ton met au point e se
que
bruste,ou se fond soudain, à raison
de la grande multitude de lumière
raréfie tellement Tair dudit
qui
î ne peut subsister, 8c qu'il
corps, qu'il
est contraint de céder
| par la dissolu-
ì tion de íes parties
! O r encore de
qu'il soit tres-d i fficile
I s'imaginer comment toute la lumiè-
re qui passe par le plan B C , ( quoy la suppose aussi large
qu'on quele Ciel)
peut estre rassemblée dans vn point, attendu qu'il n'y a nul point dans ladite
surface qui n'en soit couuert 8c rempli, 8c consequemment que ladite lumiè-
re est continue sans aucuns pores 8c fans aucun vuide, 8c que ce rassemble-
ment au e ne se peutfairesans la pénétration d'vne infinité de rayons
point
qui se condensent iusquesà Tinfini, neantmoins il est cerne semble encore
plus difficile de comprendre comment tout lc solide de Tair qui va frapper la
glace a C B, se réfléchit au point e> car Ton
peut dire que h lumière est vn ac-
cident, qui n'est pas tellement déterminé aux
lieux,qu'ilne puisse occuper &
couurir tantost vn plus grand lieu, 8c tantost vn moindre : mais Tair est vn
corps, dont les différentes ne peuuent naturellement se pénétrer : 8c
parties
bien
qu'il eust vne infinité de petits
espaces vuides, neantmoins ilnepeut
comme la lumière. Et Ton n'expérimenta
estrereduitàvnpoint ïamaisque
Tair réfléchi
par vn corps concaue,soit plus efpais dans le point dereflexion
qu'en vn autre si ce n'est que Ton die que Ie Son qui s'entend audit
lieu,
point, de Tair, comme Tardeur de la lumière monstre
tesmoigne Tespaisseur
celle des : ce
rayons que Ton ne peut nullement refpondre, parce que Ton ex-
perimenteroit cette espaisseur de Tair auec la main , car elle seroit beaucoup
plus grande qu'il ne faut pour sc changer en eau, ou
pour
faire creuer les ca-
E
Liure Premier
50
que l'Echo
nons, les cauernes & les rochers. C'est ie conclus ne se
pourquoy
d'air dans
par la reflexion
fait pas dans les lieux concaues de plusieurs parties
vn mesme ou dansvn 8c qu'il esttres-malayféde sçauoit
point, petitefpace,
comme il se fait, si ce n'est Ton explique cette reflexion comme celle des
que
se fait lors va frapper le plan, reuient à Toreille
corps plans, qui que Tair qui
mesme il tombe sur le plan, ou
parle chemin, quand perpendiculairement
lors qu'il le frappe
par lecosté opposé, obliquement.
11 est semblablement difficile comment Tair retient Ie mesme
d'expliquer
font leSon, à
mouuement depuis qu'il a esté meu par les corps qui iusques
tous les retours 8c si c'est le mesme air qui reuient,
qu'il fait en sc réfléchissant}
ou vn autre diffèrent : ce qui a fait résoudre à mettre des ou
plusieurs images,
du Son, afin d'euiterces difficultez& de le
espccesintentionnelles coupper
noeud sont contraints
qu'ils n'ont peu deffaire. Mais puis qu'ils d'aduoiier
suiuent ou accompagnent le mouuement de l'air, dont elles ne petft
qu'elles
uent tellement se détacher n'en imitent la tardiueté, éV les autres
qu'elles
par tout
8c qu'ils rencontrent les
qualitez, mesinesdifficultez,oudeplus
il n'est pas nécessaire d'admettre ces nouueaux 8cestres diminuez
grandes,
intentionnels, soit libre à chacun de s'en seruir dans la recherche,
quoy qu'il
& dans la solution des difficultez. Or il y a trop peu de choses de
cogneuës
l'Echo au ssi certaine
pour en faire vne science que TOptique ; 8c Ton ne peut
cesemblefaire des Echo réfléchissent leSonausiì
portatifs,qui régulière-
ment , comme les miroirs réfléchissent la lumière, ou du moins fart n'en est
c'est pourquoy il suffit de rapporter
pas encore inuenté, quelques obserua-
tions particulières sur ce sujet.
Si quclqu va peut faire des Echo qui refpondent ou vingt
sept, quatorze,
fois, comme font quelques-vns, que Ton a remarqué en Italie, en France &
8c d'autres, dont le dernier
ailleurs, refponde plus fort que le premier, com-
me Ton a remarqué ou quel'on en
quelque-fois: puisse faire qui refpondent
autre chose que ce que Ton dit, par exemple qui refpondent en Espagnol,

parle en François, ou qui refpondent en vn autre


lorsqueTon ton, par ex-
haute ou plus basse, ou qui refpondent seulement la
cmpleàl'Octaueplus
nuit, ou à midy, ou à certaines heures du iour, comme disent
quelques-vns
en auoir 8c finalement si quelqu'vn trouuc l'art de les
remarqué} disposer
Sons en autant de manières que Ton peut disposer la lumière par le moyen
des différentes 8c du poli que Ton donne à toutes sortes de
figures, corps,
( dont ieparleray dans le liure de la Voix, où ie monstreray comme il faut
descrire 1 ellipse, Thy pcrbole, 8c la parabole réfléchir le Son, & pour
pour
ayder à la voix ) il pourra faire vne nouuelle science des Sons,
que Ton nom-
mera , si Ton wem,Echometrie, ou mesure des Sons : mais ie parîeray encore de
l'Echo 8c de la reflexion, âpres auoir icy donné plusieurs obscruations qu'vn
excellent feist sur Marne Tan 1625.
esprit

Traité de l'Echo.
particulier

Me ressouuenant de la promesse que ie vous feis en partant de Paris au mois


d'Octobre Tannée 162,5, ie me fuis mis en deuoir de de mon obli-
m'aquitter
à
gation quelque prix que ce soit. Maiscognoissant Thumeurfuyarde, 8c k
difficile accez de TEcho de Tair, fille de ou
Nymphe Iunon,Nayade, Dryade
De la nature & des du Son.
proprietez 51
vous m'excuserez de n'auoir exigé d'elle lc des bois,
Orcade, louage prcz,
maisons8c qu'elle tient. Çar cette mauuaisc dé-
rïuieres,iardins, montagnes
souuent le logis, ou sefaiíòit celer pour dire
bitrice quittoit qu'elle n'y estoit
a fore tourmenté vn mois durant son cteancier,
pas. Ce qui quin'aceííé de la
chercher le matin, à midy, au soir 8c la nuit,en beau 8c mauuais car il
temps,
la tousiours Toccasion de luy Cette víurie-
guettée, efpiant parler. Nymphe
re a des intelligences 8c degrandes dans les bois,
par tout, correspondances
ruts de riuieres,marets, istes ,caues, clochers,rues & continuations
Eglises,
basse-cour de ferme, trous à fumiers au milieu des fer-
demurailles,puits,
mes, pressoirs , 8c cours remplies de muids, canaux, aqueducs, ouurages de
dessous terre, berceaux, voûtes de piastre, masures, comme
grandes places,
8c pastis, arcades des portes 8c des ponts, rochers 8c enceintes des col-
ports
lines & des hautes : ce que i'ay peu apprendrede TEcho est autant
montagnes
que pourroit
faire vn Marinier, qui cherche vn nouueau monde auec íà
dont le tremblement l'asseure
Boussole, dauantage que toutes sortes de
gui-
des qu'il pourroit auoir.
La manière de rechercher la nature de cette image de la voix, est double, à
8c la pratique, ou par la spéculation 8c la Théorie
sçauoir parToperation
La Théorie se prend des trois de à
Philosophique. principes
génération,
de la matière, de la forme, & de la priuation ; ou des quatre causes,
sçauoir
ou des vniuersaux, ou des dix Catégories : La pratique consiste aux pourme-
nades, où deux cailloux frappez Tvn contre l'autre seruent pour le soulage-
ment de la voix, en remarquant les retentissemenssont les
qui préparatifs,
les auant-coureurs, & les fourriers le logis & la demeure de l'Echo.
marquant
Et puis Ton vse d'vn plan géométrique pour tracer la figure des lieux, auec lc
de cinq pieds de Roy : on fuit puis âpres pasàpas ce qu'on
pas Géométrique
cherche en tous les endroits de la Sphère d'actiuité, ou il y a moins, ou plus
de force iusques à ce que Ton paruienne deuant le corps réfléchissant, pour
voir qu'elle est la ligne vocale, à quel point elle commence d'agir, où elle
est plus propre les interualles
finit, quel temps pour TEcho, quels sont de lá
& de la répétition auec vne monstre à la main, ou auec les
prononciation,
tours de bras circulaires, dont on marque la différence des pauses & des in-
terualles. au b o ut du compte
Mais ierecognois qu'il faut vn autre Pan, c'est:
à dire vn homme plus vniuersel que ie ne suis en toute forte d'autres cognois.
sances pour attraper cette fuyarde,
ad falices, gr fe cupit ante videri.
Quasugit
& qui ne sc cognoist pas autrement la pourfuiuant en íà fuite 8c en fa
qu'en
tanière. C'est ce qui me la pourroit faire appeller substance plustost qu'acci-
dent, n'est air re ceu Ti m de telles ou telles
puis qu'elle qu'vn quia pression
lors qu'il pousse
que Thomme
paroles, luy communique de ses poulmons
vn air animé de syllabes articulées.
En effet Tallée& la venue ou tardiue, & Tefclat de Tair brisé par
prompte
vne collision des corps fait assez voir que le Son n'est pas vn simple accident,
mais vne substance, n'est pas tousiours la meíme cn espece mais en
laquelle
genre, puis qu'elle ne rend tousiours le mesme Son, ou le mesme ton.
pas
Car elle l'altere 8c le change souuent à raison de la disposition, 8c de la figure
des istes, des bras de riuieres, des trous de marais, des faux 8c des cam-
petits
herbues le Son, comme le miroir de
pagnes qui desguisent qui est imbu
z Liure Premier
5
8c qui son affection à tous ceux en ap-
quelque couleur, communique qui

prochent.
à la quantité & à la longueur de la ligne vocale de TEcho, ie trouuc
Quant
entendre clairement vn dissyllabe, qu'il faut vingt-cinq à trente
que pour
faut pas que le lieu soit vague,mais renfermé
toises de distance,& qu'il ne par
continuation de muraille, ou fossé, l'en ay rencontré vn autre à cent
quelque
vn peu foible, 8c se ressent recreu de la longueur
pas géométriques qui est
du chemin à trauers les broussailles, les hayes i les vieilles masures, les chau-

mières 8c là fans aucun ordre, les arbres,les pallissades,les iardins,


esparses çà
& la basse-cour des fermes, en fin va aboutir dans vn coindebasti-
lequel
ment bien a de la terre derrière à la moitié de fa hauteur : il
percé, qui iusques
brietuement, distinctement 4,5,6, & septsyllabes & plus,
repete quoy que
comme arma virumque
colintampon, abdenago, samerabaquin, parafaragaramus,
cano.W s'entend de six vingts lors qu'on monte fur des
pas géométriques,
buttes hautes de trois à quatre autrement il est si languissant qu'il en
pieds,
denient muet & qu'il fait le sourd.
Nostre Echometrie a vn auantage qui ne se trouue point ailleurs, ny en
mesme, à sçauoir de passer non seulement à trauers le diaphane,
Toptique
mais aussi à trauers déroutes sortes de corps Celuy-cy est accompa-
opaques.
les premiers selon leur moin-
gné de beaucoup d'autres Echo, qui parlent
dre distance, rien les vns des autres. Quand la voix s'adresse
n'empruntans
selon la
au midy, le bois 8c le logis qui est assez resonnant, commence,&
violence de celuy qui crie par la mesme l'autre de derrière le lo^-
ligne vocale,
la riuiere vn à
gis, qui est celuy de &.des íaules, repete. llyena vingt-cinq
bruit que Ton face,
qui ne dit mot, quelque
toiscsàcosté n'ayant aucune
communication soit en se mettant parallèlement, ou en se voulant croiser.
entre les deux Echo,
visage au Sudouest
Maissil'ontornele l'on en entend
trois où quatre, chacun selon íà portée. H y en a deux qui repete n t
repetant
tout à la fois, fans Ton puisse bien distinguer leurs interualles. 1 ay trouue
que
vnEchoà soixante du long d'vne rue allant donner dans
pas géométriques
vn Clocher haut de huit toises, est de deux àtroisíyllabeSjqu'il
qui prononce
distinctement 8c clairement fans beaucoup de force. Et si Ton renforce la
vn autre dans vn
qui est
voix, on en refucille cn potance deuant
logis basty
vneferme : il y en a vn autre ,dans vn pressoiier, auec vne cour & vn logis
d'vne rue résonante,
couuert de chaume, 8c basty des trois costez proche qui
est de soixante & quatre 8c repete trois ou quatre sylla-
pas géométriques,
bes , pourueu les carl'interualle de la répéti-
qu'on prononce promptement,
tion & de la prononciation est imperceptible.
L'Echo ne consiste que dans vne relation, puis qu'il faut tout au moins
vn autre
deux termes pour
cette
image
de voix: qui auroit plus deloisirque
estendre fur les parallèles de l'Optique 8c de l'Echometrie
moy se pourroit
8c le rapport à l'autre
qu'il y a de Tvne : mais ie
pour faire paroistre Taffinité,
me contente maintenant de me tenir à la pensée d'Aucrroës, nous
pour qui
la nature de l'Echo comme les cercles en Teau
représente qui sont produits
par le moyen car vne eau touche
d'vne l'autre, 8c luy imprime
petite
pierre,
la figure circulaire, à ce qu'ayant rencontré le bort, les cercles retour-
iusques
nent vers l'endroit d'ouils sont partis.Sur cette relation nostreEcho
poussant
demander s'il y a des Echo 8c comme ils sc
plus loin, l'onpcut réciproques,
De la nature & des du Son.
proprietez 53

font, à quoy f laissant vne


plus longue expérience qu'vn aútre en fera) ie
de cent quarante
i'en ay trouue pas géométriques, dont celuy
responds que
de bas en haut estoit plus fort que celuy de haut en bas, quoy qu'au premier
il y eust vn petit bois entredeux 8c vne cour à niches, qui ay doit beau-
logis,
à l'Echo de haut en bas ; ce qui me laisse encore cn doute & m'empefche
coup
de trancher nettement Taffirmatiue, laquelle ie demandcrois vnecn-
pour

questeparturbesdedix, ouvingttesinoinssurlcslieuxdepersonnescurieu-
íes pour Tasseurance de mon dire.
à la qualité, il y en a de fort bien conduits à cinquante pas, il y en a
Quant
defoibles 8c débiles à 80. &100. pas comme estans trop estoignez. Ily en a
son cassé, & qui ressemblent à vn homme dolent & gé-
d'enroiiezquiontle
Ton batlalessiuesurlari-
missant ayant esté frappé de tous costez. Lorsque
uiere, Ton oy tvn Echo de part 8c d'autre dans les istes & les saules, & TEcho
se termine dans vne raze campagne vers vn ruth de marests, au dessus du-
vn peu j & lapluye
quel ily
a vn petit mont, qui leuc le Son 8c qui Taltere
contribue ce changement & a ce desguisement de voix.
quelquesfoisà
L'action n'est tout le reste de ce qu'on
pas moins admirable que pourroit
dire de TEcho, dans laquelle on peut examiner tant la cause efficiente, que
la façon dont ellesc forme, 8c les effets qu'elle peut produire. Quant au pre-
mier , nous ne doutons Thommenesoitla cause de TEcho
point que la voix de
succes-
âpres que Tair des poulmons
articulé, estant sorty dehors, imprime
siuementà vn autre air ce qu'il plaist à Thomme, qui se iouë de cet Elément
aussi bien qu'il fait de tout ce qui est icy bas.
Par où Ton void Ton apprend ce qui appartient
que de chaque Catégorie a
l'Echo: or si Ton considère la Dioptrique & laCatoptrique,Tontrouuera

qui seruent
vne grande conformité de nos lignes d'action à TEcho, tant auec
les corps,
le rayon rompu 8c brisé, qui passe à trauers qu auec la considération
du rayon reflechy. Mais pour faire TEcho ,il faut vne certaine force de voix,
auoir cherché de part & d'autre, reuient d'où elle est partie^
laquelle, âpres
sinon au moins dans le du cercle
par la mesine où^est ce-
ligne vocale, quart
luy qui parle. C'est ce qu'Aristote a voulu en ion second liure de
enseigner
TÂme,oùil le corps réfléchissant comme vn vase creux, est
représente qui
susceptible de tout, ou comme vne balle, estant poussée contre vn
laquelle
de violence
corps solide reuient du costé d'où elle est partie, auec autant qu'il
à celuy d'air que
qui la iette. C'est de ce choc,
plaist & de cette collision pro-
uient le Son, a donné aux Indiens laterreur dont Poliamus
qui Panique, par-
le dans ses
Stratagèmes.
Pausaniasdit à Diane le nom
que les Megareens auoient donné de Gar-
dienne pour ce íuiet: & les Persans la Grèce &leur s'estanc
rauageans pays,
addressez à vn Echo durant vne nuit sombre, creurent que c'estoit l'ennemy
quirespondoiten cris dolents, & attaquèrent rudement vne Roche reson-
nante, sur ayans lancé toute la furie de leurs courages & de leurs
laquelle
ils furent 8c les autres fuy ans à
dards, pris le lendemain 8c emmenez captifs,
Thebes vers Mardonius les effets d'vne Echo, la-
recogneurent trompeuse
à l'autre
quelle donnant de la
peur à Tvn,
donne du plaisir qui s'en fçait bien
ayder,comme pour la Musique, 8c pour bien faire entendre la voix fans beau-

coup crier.
Or cette
voyant collision d'air, Ton peut dire qu'elle endure Î ce qui a si fort
E "j
Liure Premier
54
aux Poctès, ont basty là dessus leurs conceptions touchant TE-
agréé qu'ils
cho, ils Tont appelléc fille de Tair, Nymphe fuyarde, farouche, va-
quand
gabonde la voix, à respondre quand
, moqueuse, desguisant desdaigneuse
on Tinterroge, 8c dolente, ce qui arriue à cause de ladiuersité de
plaintiue
est receuë dans Tair. L'affection particulière de TEcho consi-
Pimpression qui
ste à mieux les syllabes, où sctrouucnt des A 8c des O , que celles où
repeter
se rencontrent E, 18c V, dont la raison est facile à tirer des différentes ouuer-
turcs de la bouche de celuy & qui pousse moins ou d'air
qui prononce, plus
vne fois autre.
qu'vne
Les lieux contribuent à la de ce que nous cher-
beaucoup cognoissance
chons , comme estre les voûtes de piastre, les cabinets qui sont
pourroicnt
au bout des iardins, aux berceaux, aux Eglises retentissantes, aux arcades des

grands ponts qui sont fur les riuicres, aux caues des maisons, 8c aux niches 8c
murailles rescrespies ; les bois remplis de broussailles, les chaumières, les iar-
dins 8c les pallissades, les istes remplies de saules, les prez, 8c les ruts des ma-
rais. menc& dans les iardins & dans les
L'ingenieux Architecte place l'Echo
nature luy présente, comme feist au-
boisjfeseruantdeTaduantagcquela
trefois T Architecte de la galerie ,& des sepe tours de Byzance.
Olympique
Quant aux Poètes ils parlent de TEcho, comme d'vne Nymphe transpor-
tée de desespoir,
qui la fait tourner en montagne se plaignant eua-
qu'ayant
poré son sang parla dureté de courage d'vn Narcisse, elle sent son corps s'en-
durcir en Rocher, 8c son estomachs'eflargir 8c sc voûter en cauerne, n'ayant
que la voix obéissante à la passion d'vn autre, pour tesmoigner ce qu'el-
f)lus
e estoit, & que les hommes la rechercheroient 8c lasuiuroientautant qu'el-
le auoit suiuy 8c couru de se v r fur leseauës, fur
âpres eux, promettant ange
elle feroit iette r & broyer des charmes,
lesquelles qui par leurs accents magi-
8c ceux
ques tourmenteroient son Narcisse, quilauroientmeíprisee.
Que vous semble de ce discours Poétique? Ne sommes nous pas mainte-
nant cn ces termes de voir TEcho retentissante dans les pierres & fur Teau, 8c
d'exercer vne naturelle tous les cernes
que nous faisons,
Magie par 8c par les
allées 8c les venues, les concours 8c lesdestours, & par tant de cris &d'hur-
lemens par lesquels elle tourmente nostre
Hotto& anti-
eíprit.
Capugnano
de Rome, nous en font voir vn bien signalé
quaires pres de fainct Sebastien,
Ou Ton void le tombeau des Metelliens en vne tour ronde
, qui consiste
(comme estoient la plus part de leurs Mausolées J efpaisse de
vingt-quatre
pieds,&nommce Capo di boue, Teste de Boeuf, à raison desZophores,des
restons 8c des représentations bas il y a le Cirque
qui y sont. Plus d'Antonin,
qui estoitanciennementd'estinè pourTexercicc des soldats. En cette vieille
tour vn peu à Tescart, Ton entend vn Echorepete huict fois vne fuite de
qui
paroles, &mefmesvn vers entier distinctement, 8c plusieurs fois confusé-
ment : Ton void encore la place dans on immoloit des Hécatombes,
laquelle
dont le retentissement faisoit croire le sacrifice
plus grand qu'il n'estoit ; à sça-
uoir si ce lieu s'est ainsi ou s'il a esté choisi pour vne plus grande vé-
trouue,
nération & célébration des sacrifices, ou s'il a esté destiné pour la sépulture
deceuxdelamaisondeCrassus, & pour les immortaliser en
quelque façon,
afin que leur nom la postérité, i'en laisse à part,
scmultipliastà lciugement
llestvrayquau logis d'vn particulier l'Echo n'est guere
agréable,
car il fait
entendre bien loin tout ce qui se dit & ce qui se fait j il n'y a qu'aux &
degrez
Delanature & des du Son,
proprietez 55
sales & lieux de plaisance, où Ton doiuc le souhaitter.
aux grandes
aux Eglises, s'il sert pour faire entendre vn ilTintcr-
Quant Prédicateur,
aussi &Timportune íà son reten-
rompt beaucoup entre-coupant parole par
tissement. Dandinus dit qu'il en a ouy vn dans vne maison desdu
champs
Milannois, iusques à vingt fois : Ma jolus de celuy de la salle
qui repete parle
de Pauie, autant de fois qu'il y a de fenestres en ladite salle : mais
qui respond
il seroit à désirer qu'ils en eussent faitìa description la science de
pour ayder
TEcho.
Sainct Clément Alexandrin liure sixiesme
de ses Tapisseries, du
parlant
miracle Dieu feist auec les bruits de Trompettes 8i auec le feu, lors
que qu'il
donna la Loy à Moy sc, 8c disputant contre les incrédules,
allègue quelques
prodiges
tirez de Thistoire naturelle, pour monstrer que l'Autheur de la Na-
ture n'est pas moins puissant que la naturemesine, 8c rapporte
qu'en Angle-
terre il y auoit vne montagne ouuerte par en haut, 8c au dessous vn grand
dans lequel lors que le vent s'entonnoit, on entendoit vn Son de
antre,
timbres harmonieux à la faueur des fouspiraux, 8c sinuoíitez dudit an-
replis
tre. Et en fuite il raconte ce qui sc trouue dans Thistoire des Persans, à sçauoir
dans vne campagne sont tellement situées
qu'il y a trois montagnes rase, qui
de la première, Ton n'entend que des voix confuses
qu'en s'approchant qui
crient 8c qui chamaillent ; à la seconde, le bruit & tintamarre est encore plus
fort 8c plus violent ; & à la troisiesme, Ton n'entend que chants d'allégresse
& de resiouyssanec comme s'ils auoient C'estainsi
vaincu. que Tair selon la
diuersité des suiets forme vne diuersité de prodiges, que Tesprit humain ad-
les causes pour ne les plus admirer.
mire en en recherchant Vous voyez donc
se plaisent aux montagnes, bien que les caucs en ayent
que nos Echo leur
dire qu'elles ne seruent
part, quoy qu'on vueille que de véhicule pour les
porter plus facilement.
Quant au temps dans lequel se forment tes Echo il est diffi-
plus proches,
cile d'en tirer quelque car la Musique n a point dénotes cro-
cognoissance,
chues assez vistes, ny de pauses &fouípirs qui les puissent mesurer. A120. pas
i'en ay trouue vn qui respondoit le mot dans le
géométriques temps d'vne
minute réglée d'vne monstre ; vne autre fois i'ay trouue la mesine raison de
la prononciation à Tinterualle de la répétition entière qu'il y a de seize à
: car lors
qu'il fautscize
vingt instans pour prononcer le mot, il en faut
vingt
autres Tinterualle de la entiere
, iuíques au soir Tair
pour répétition auquel
commence à s'efpaissir, mais quand il y a moins d'arbres, de maisons&de
iardins à trauer fer il reuient
plus viste, comme i'ay expérimenté dans vn Echo
de soixante 8c deseptante pas géométriques.
La partie du iourila plus examiner l'Echo, est le soir íùr Ie So-
propre pour
leil couchant entre
cinq 8c six heures. En Octobre ie le trouue beaucoup
meilleur autre temps, car àmidy &à vne, deux, trois & quatre heures
qu'en
1 air eschaufféest
trop fluet 8c débile ,8c ne fçauroit receuoir aucune impres-
sion de TEcho, 8c s'il resonne ce n'est pas fi bien comme s'il auoitfon
tempé-
rament
peu de corpulence
nécessaire, & quelque : neantmoins k nuit 8c du-
rant les brouillards il n'y a de 1 entendre.
pas moyen
Apres auoir nostre Echo par huict îe rencontre
promené predicaments,
fa différence 8c fa situation de droit à gauche, dans laqucllcil ne réf.
locale,
pond pastousiourssi nettement la ligne vocale
qu'ilfaitpar perpendiculaire:
E iiij
Liure Premier
5<?
de haut en bas ie n'entends si bien que de bas en haut, ou quand ie luy
pas
fuis parallèle.
àl'habitde cet inuisible, il reçoit toute sorte de couucrture, caril
Quant
ne dédaigne les murailles 8c les voûtes & polies, les herbes, les
pas decrespies
saules, les marais, les vieilles masures ,les iardins 8c les fueilles.

O r aprestoute la recherche & la poursuite que i'ay faite de cettefuyarde,


mes peines
rien ne m'en est demeuré pour toutes que son habit.
Voila comme le Créateur adonné vn langage aux bois, aux riuieres &aux
le louer 8c pour le bénir en son admirable
montagnes, pour disposition,
8c la belle symmetrie
dont reíultc l'harmonie rauinante, qui est admirée des

par les autres,


examinée 8c mise en pratique & imitée en tous les chefs-
vns,&
d'ceuures de Tartifice humain.
En cette recherche de TEcho, ie n'ay eu pour toute tirasse, 8c fi-
panneaux
lets , que les lignes géométriques; 8c bien qu'il y ait d'autres luy
pièges qu'on
ie les laisse pour vn autre Pan, c'est à dire pour vne personne
peuttendre,
cres-vniuersclle en toute forte de science ; si nous eussions eu des gens d'vn
mesine dessein, nous eussions mieux examiné les expériences, mais ie
quitte
à vn autre le flambeau 8c pour en faire dauantage.
pour courre,
Verum hacquoniam ífatiis inclusus iniquis
Pratereo, mememoranda rehnquo.
atque alijspost

PROPOSITION XXVII.

Déterminer les distances & les longueurs de la ligne Vocale de f Echo ; fi son
quelles font
le lieu d'ou il refyond ,&dc
peut cognoistré quelle longueur doit estre ladite
ligne,pour faire s Echo de tant de syllabes que f on Voudra.

le Son ne perd nulle de sc force fa reflexion, il .faut diuiser sc


partie par
SI vocale ou sonore en deux parties dont Tvne commence au
ligne égales,
lieu où se fait le Son,& se va terminer au corps qui le réfléchit, 8c l'autre com-
mence au corps réfléchissant, & finit à Toreille qui reçoit TEcho : de sorte
est assez fort pour estre ouy de mille pas en ligne droite, le corps
que si le Son
peut estre estoignè de cinq cens pas: par exemple, si la ligne
qui fait TEcho
vocale entière est d'A à H, lors que le Son rencontrera la surface réfléchissan-
te D E au point C, il se réfléchira iusques au point B : car Tangle d'incidence
A C D est efgal à Tangle dereflexion B C E -, 8c le Son qui vient du point A ne
au point B par vn chemin que par les lignes A C & C B.
peut arriuer plus court
dont la solution
O r il se rencontre difficultez,
icy plusieurs depen d de Tex-
a íçauoir íi le Son qui commence au
perience: par exemple,
point A va plus viste par la ligne d'incidence AC, qu'il ne re-
uient par la ligne de reflexion C B, & de combien il va plus ou
moins viste l'autre, t. Combien il faut du corps
que s'estoigner
a
qui réfléchit pour entendre l'Echo. Blancan remarqué qu'il
faut estre estoignè de vingt-quatre pas géométriques ou enui-
ron, c'est à dire de huict communs pour ouyrles moindres
quarante pas
Echo, ne refpondent seule
queTonappcllemonosyllabes, parce qu'ils qu'vne
syllabe, à raison queles autres reuiennent trop viste à Toreille, & se
syllabes
confondent dans la rencontre font des autres. I'ay neantmoins
qu'elles expe-
De la nature & des du Son. $7
proprietez
vne à vingt-deux
rimenté que TEcho respond syllabe pas géométriques,
mais Ton peut encore faire plusieurs expériences pour accourcir ce chemin.

Quant aux Echo qui refpondent 2,3,4,8cc. syllabes, il faut qu'ils soient 2,
8c consequemment
3, ou 4 sois plus estoignez, que celuy qui respond levers
entier,
Arma virumque cano Troia qui primm ab oris,
ou quelqu'autre semblable Latin ou François, quia quinze sillabes, soit es.
de trois cens trente
pas géométriques, si Ton donne
soigné vingt-deux pasà
syllabe.Si Ton fàit des Echo portatifs auec des ais, Ton pourra remar-
chaque
ces distances 8c quant 8c quant combien de
quer toutes plus exactement,
fois la voix les peut faire entendre. Blancan ne croit pas qu'ils puissent res-
fois vn mot de deux comme Ton dit que TEcho de Mi-
pond re vingt sillabes,
d'où il s'ensuiuroit
lan respond, lequel on appelle Simonme\ qu'il seroit com-
de vingt Echo différents, 8c que le premier ou le plus proche estant es.
posé
c'est à dire de quarante
soigné de vingt-deux pas géométriques, quatre pas
communs, le dernier seroit estoignè de 880 ou de 1760
pas géométriques,
qui valent pieds de Roy, ou le tiers d'vne lieuë Françoi-
pas communs, 4400
se, ouenuiron -.caria lieuë contient 15000 pieds de Roy, comme i'ay remar-
qué ailleurs.
Neantmoins il n'est nécessaire les distances des différents Echo
pas que
soient si grandes, comme i'ay TEcho de Charanton, qui ra'a res-
remarquéà
pondu dix ou vnze fois, quoy quelcs colomnes qui faisoient ce sembleTE-
les vnes des autres. disent
chpjfussent fort peu estoignées D'autres qu'ils Tont
que Ton doute
Mais parce si les Echo se fai-
Íàitrespondrei8,zo&i6fois.
soient par les seules colomnes (encore rcfponduTent des deux costez,
qu'ils
8c lors que Ton estoit au milieu desdites colomnes) ou par des lieux soubs»
terrains, 8c par des maisons voisines, il est nécessaire défaire vn Echo porta»
Ton estre Testoigneraent des
t.if, par le moyen duquel quel doit
puisse
sçauoir
de syllabes
corps reflechissans pour les faire repeter tel nombre que l'on vou-
dra, ou tant de fois qu'il sera nécessaire pour le contentement des Auditeurs.
Mais il est difficile de trouuer le lieu où TEcho fait paroistre la voix réfléchie,
8c si Toreille Tentend au mesine lieu que Toeil void Timage de son obiect : par
si le Son qui se fait en A, & C, est entendu
exemple, qui va frapper par To-
reille
qui est cn B, comme s'il estoit au point I, où Timage paroist a Tceil,
comme Ton demonstre dans la Catoptrique. Ie ne voy nulle raison nous
qui
doiuçcmpçfcher de discourir d u lieu de Timage des Sons, comme de celuy
des couleurs : c'est pourquoy ie conclus que la voix, que nous appelions TE-^
cho, semble venir de deux fois aussi loin, comme est le lieu où se faitla refle-
xion : par si la voix est
exemple, efloignéede cinquante piedsdu corps réflé-
chissant elle de cent
qu'elle frappe perpendiculairement, paroistra estoignée
pieds par delà Ie corps qui réfléchit la voix.
Et si la voix le corps TEcho paroistra à
frappe ooliquemcnt reflechiíïànt,
1 de la comme Ton void dans la figure précéden-
opposite ligne d'incidence,
te: de là vient
que ceux qui entendent TEcho, s'imaginent que le Son est du
L'on de toutes les déceptions
costéouiin'estpas. pourroit icy parler qui se
f ont
par le moyen de l'Echo, mais il est tres-aysé de les
remarquer, lors que
1 on entend la science des miroirs, à faire les Echo
qui seruent que Ton appel-
le muets, à raison
qu'il n'y a qu'vn seul
point,
d'où Ton puisse jes entendre,
Liure Premier
58
soit si foible
ou
qu'ils
font
ouy r la voix réfléchie, quoy que la directe que
Ton ne la puisse ouy r.
Ce qui arriue lors Ton met Toreille au point du miroir, dans lequel la
que
lumière du Soleil, ou de la chandelle sc ramasse carie Son sc
dauantage, qui
fait dans le lieu où Ton met la chandelle, 8c qui va frapper la glace d'vn mi-
roir concaue sc réfléchit entre la quatre & la cinquiesine du
sphérique, partie
diamètre de la sphère, dont le miroir est vn segment: 8c s'il est Parabolique,
il sc réfléchit à la quatriesme ou costé droit, dont ic par-
partie du Paramètre,
leray dans la Proposition 8c dans le liure de la Voix, où Ton verra la
qui fuit,
manière de faire toutes sortes de corps reflechissans, 8c les termes font
qui
nécessaires c'est pourquoy il n'est pas
pour entendre les sections coniques;
nécessaire de nous estendreicy plus au long fur TEcho, qui nous peut faire
souuenir les parties de nostre doiuent estre des Echo réso-
que toutes corps
nants chanter, 8c pour repeter éternellement les louanges de Dieu,
pour
dontnoussommes le Temple, comme dans la première
TApostre enseigne
Epistre aux Corinthiens, chapitre troisiesme.

COROLLAIRE I.

L'on
peut conclure quelle est la vitesse du Son parles expériences que Ton
fait des Echo, car Ton prononce deux sillabes Tvne âpres l'autre,
aysément
on entend TEcho tandis vne fois, c'est à dire dans
desquelles que le poux bat
le temps d'vne seconde minute. Or la voix fait nonante & six pas géométri-
dans cet espace de temps, d'autant va & reuient deux fois par la
ques qu'elle
est de ou enui-
ligne vocale d'vne sillabe,qui vingt-quatre pas géométriques
ron: 8c consequemment Ton peut dire que le Son fait cent pas géométri-
dans vne seconde minute, 8c deux lieues dans vne minute d'heure, &c.
ques
qui valent
& qu'il feroit le tour de la terre dans soixante heures, deux iours 8C
Mais & plus exactement de cette vitesse
demy. icparleray plus amplement,
dansvn autre lieu.
COROLLAIRE II.

L'on encore le Son à la lumière, soit du Soleil, des Estoilles,


peut comparer
ou desautres lumineux, se reflechiroit vne infinité de fois, si
corps laquelle
cllerencontroit du vuide delà le Firmament, c'est à dire s'il n'y auoit plus
par
ou bié elle s'amor-
d'espace par delà les Estoilles,dans lequel elle peust passer,
tir oit pres dudit vuide: car lcSon sc feroit pres du mesme vuide s'esuanoui-
qui
roit ou se reflechiroit, & parce ne peut s'anéantir,
que nulle chose puis que
Taneantissement est aussi difficile
que
la création, il s'enfuit que le Son, 8c la
lumière se reflechiroient du mesine costc de Tespace dans lequel ils ont esté
se reflechiroit
que la lumière
cette différence, vne
produits, quoy qu'auec
infinité de fois, 8c que les reflexions du Son cesseroient bien tost, à raison
esmcu se restablit 8c reprend son repos le plus tost qu'il peut.
queTair
Orles considérer du si Tame
Théologiens Contemplatifs peuuent séparée
ne ttouuoit ne rencontrast
corps point Dieu, 8c qu'elle qu'vn vuide intelle-
ctuel , c'est à dire qu'elle ne rencontrast nul autre estre que soy-mesme, si el-

le feroit vne infinité de reflexions fur soy, comme la lumière


qui
rencontre-
rait le vuide, ou si elle cesseroit de cognoistré. Ie laisse autres í écu-
plusieurs p
De la nature & des du Son;
proprietez jp
lations Ton tirer de cette & des faciliter
que peut Proposition autres, pour
des mystères de la Foy 8c de la Religion.
Tintelligence

COROLLAIRE III.

Ceux de donner la science de TEcho, doiuent déter-


qui entreprendront
miner la manière dont toutes sortes de surfaces réfléchissantes réfléchissent le
Son, les régulières, & demonstrer si le
particulièrement consequemment
lieu de la Voix est apperceu dans Ieconcours où se vont rencontrer les deux
sonores réfléchis, les deux oreilles. Et pour
principaux rayons qui frappent
ce su jet il faut considérer si les Sons gardent
Tegalité d'angles tant d'inciden-
ce, & de reflexion auec le plan réfléchissant,
que ceux d'inclination auec la
du point de Tincidence: s il y a vne du Son,
perpendiculaire perpendiculaire
8c si le plan mené rayon sonore de Tincidence, 8c par celuy de la refle-
parle
xion est la surface de la reflexion, 8c si elle est perpendiculaire à la surface ré-
fléchissante : si la partie de la perpendiculaire du Son entre la surface
comprise
droite réfléchissante, 8c le point où elle est rencontrée rayon sonore
parle
réfléchi est esgale à la partie comprise entre le plan réfléchissant, ôc
prolongé
le lieu où se fait le Son, ou si elle est moindre, quandle plan est sphérique
conuexe, ou plus grande, il est concaue comme il arriue
quand sphérique,
aux du Soleil. Enfin il est nécessaire de considérer dans la reflexion
rayons
des Sons tout ce que Ton a coustume d'establir pour celle de la lumière. Mais
la vie d'vn homme tres-sçauant n'est pas trop longue pour accomplir cette
science, c'est pourquoy il suffit d'en auoir icy touché chose ; à quoy
quelque
i'adiouste ce qui suit des surfaces concaues, 8c conuexes réfléchissantes, afin
auront la commodité de faire les expériences
que ceux necesïàires
qui pour
cette difficulté, la
résoudre augmentent Physique par vne nouuelle cognois.
lance
PROPOSITION XXVIII.

toutes les figures ce


Expliquer propres pour faire des Echo artificiels, qui appartient aux

seclions Coniques, 0* leurs principales propriétés.

que les concaues 8c les Paraboliques ser-


sphériques, puissent
ENCORE
uir à faire des Echo, comme ie monstre dans le liure de la Voix, dans Ie-
la manière de descrire ces deux sections ou lignes, & THy-
queli'explique
perbole, leurs générations 8c leurs la 23. Proposition
vsages, depuis iusques
a la 32. neantmoins le concaue est le plus propre de tous ce
Elliptique pour
suiet,car si l'on fait vne muraille au bout d'vn iardin, comme est celle du iar-
din des suiue la forme de la demie G D C B A F H,
Tuillcries, laquelle Ellipse
ou vne partie d'icelle, D F, il est certain
par exemple
les
que le Son qui se fera au point E,enuoyra rayons
fur la con-
sonoresED,EC,EB,EE&EF glace
D B F, 8c que toutes
caue ces lignes sonantes se ré-
fléchiront au K, puis qu'il est demonstré
point que
les rayons de la lumière font la mesme les lignes ti-
choie, parce que toutes
rées de Tvn des centres de l'Ellipse à l'autre, à sçauoir E D K, E C K, 8cc. sont
Et s'il y auoit vne sale longue décent toises, dont le lambris ou vne
esgales.
6o Liure Premier
de la courbeure eust la figure d'vn costé du costé
partie d'ellipse, par exemple
D F, celuy au point E seroit
entendu de
précédent qui parlcroit aysément
dont Toreille seroit au point K, encore
celuy que la voix fust bien foible, 8c
ne peust rien entendre dans la ligne droite E K,ny mesine dans
que nul autre
le concaue D B F, parce que toutes les lignes vocales se ramassent, 8c s'vnis-
sent seulement au point K.
C seruir
peut aussi pour faire des Echo, si Ton
LaparaboleB* s'imagine
la voix en puisse estre fi estoignee
que
que les lignes vocales,qui tombent sor
saconcauiré imitent les lignes paral-
lèles, ou si Ton vie de plusieurs instru-
mens, par exemple de cinq Trompet-
tes mises aux N, L,G,H,I& K,
points
dont les rayons sonores N O, L^,G a,
H q, 8c 1 r se réfléchiront au point f,ou
se fera TEcho : de sorte que Toreille

qui sera en f oyra parfaitement les sons


des Luths ou des autres instrumens

que Ton touchera aux points N, L, G,


8cc. Quant au ou costé droit
paramètre
a f, il est quadruple de la distance du
sommet de la parabole* à son foyer
e, & est la melure de la puissance
iusques
déroutes les lignes tombent
perpendiculairement de chaque de la
qui point
fur Taxe a G, d'autant que le parallélogramme sous as, 8c
ligne parabolique
fous la partie de Taxe qui est entre le sommet*, & le point par oû passe la li-
lur Taxe,par exemple le parallélogramme a D,
gne perpendiculaire sous<</&
est efgal au quarré de la perpendiculaire B D : ce semblablement à
quiarriue
toutesies autres.
De là vient Ton peut trouuer le paramètre, on a vne
que aysément quand
des lignes perpendiculaires, 8c la parrie de Taxe depuis le sommet iusques à ia
est certain
perpendiculaire, puis qu'il que cette partie de Taxe doit faire vn
de la perpendiculaire; car la troisiesme
parallélogramme csgalau quarré pro-
lali-
portionelledonneralcparametredroit:par exemple sil'onnauoitpas
a mesme raison auec B D,que B D auec D a. D'où
gned/il'ontrouuera qu'elle
inférer qu'il a moyen
l'on peut encore de descrire la portion Ba
parabolique
C, si Ton a lc paramètre , ou Tvne des perpendiculaires ordonnées à Taxe
son sommet à ladite perpendiculaire, puis Ton peut des.
depuis iusques que
crire tant de perpendiculaires que Ton voudra, pour marquer les points par
où la ligne parabolique doit passer.
Enfin la ligne S /,qui touche le conuexe de Iaparaboleau point^monstre
la cause de la reflexion du Son au point e,8c consequemment de tous les au-
tres rayons sonores, leur arriue la mesine chose
parce qu'il qu aceluy-cy,lors
qu'ils font parallèles ; or la cause de ladite reflexion au point e doit estre prise
de la réflexion qui se fait à angles esgaux sur la ligne touchante S f au point
car c'est vne maxime des répercussions
d'incidence^, generale que Tangle
est
efgal à celuy de reflexion,
d'incidence commel'onvoid icy quel'angle/^
e est efgal à Tangle H
qt: desorte que les points qui se rencontrent dans les
surfaces des tant concaues conuexes estre
portions coniques que peuuent
imaginez
De la nature & des du Son: 61
proprietez
comme autant de petits miroirs droits, puis que les lieux où ils doi-
imaginez
les rayons déterminez
uent renuoyer qu'ils reçoiucnt,sont par le moyen des
droites tangentes.
lignes
autres víages
peut encore
La parabole seruir à plusieurs , par exemple à
ceux dont i'ay parlé dans le dernier Corollaire de la Proposition précédente,
comme Ton peut s'imaginer en considérant les figures qui suiuent, dont la
L E la parabole, les rayons,
première signifie qui réfléchit qu'elle reçoit pa-
rallèles, à son focus, lequel ie suppose estre en O , comme Ton void auxra-

VonsME$ ,&KLO: 8c parce que ie mets vn autre petit miroir Paraboli-


tellement les rayons réfléchis
que A B,qui reçoit par
la grande, tous par Ie centre, ou le fo-
qu'ils passent
des deux O, il s'enfuit
cus commun que le concaue
A B renuoyc tous les rayons parallèles C D, G H, I

N, 8c P Q j de sorte que si ces lignes sont vocales,


on entendra aussi bien les Sons des D
quasi points
H N Q, que si Ton estoit proche de ceux
qui par-
lent, touchent le Luth, ou qui sonnent de la
qui
aux points M F R K : & si les lignes ap-
Trompette
à la lumière, la glace A B réfléchissant
partiennent
tous les rayons qu'elle reçoit, par Touuerture du
fond de la glace ST, la lumière 8c le feu
enuoyra
ausiì ardemment aux points D 8c Q iusques a telle
distance Ton voudra, comme elle les reçoit dans elle mesme, puis qu'el-
que
le conserue les mesines rayons en mesine densité, force 8c espaiflèur:mais

puis que nous ne cognoiísons point de matière assez forte résister au


pour
feu , oupourconscrucrson poli, ilscroitplusàproposd'vscrdecetteinuen-
tion pour faire des lunettes de longue veuë, car Toeil posétantloin Ton
que
voudra vers les points D H Q, verroitlcs obiets M F K. aussi clairement
que
s'il en estoit proche,à raison que chaque point desdits obiets enuoyroient au^
tant de ray ons à Toeil, comme il en seroit receu sur la
glace A B.
Mais l'autre
figure qui suit, est plus propre pour faire TEcho, car les Sons

qui Icteront aux points Q, H,M,R, &c.& qui


tomberont comme les lignes QT,
parallèles
MI, M N, 8c R S fur la glace A T
Parabolique
S B, & qui se réfléchiront au fonds K, reven-
dront en F P, comme Ton void, sup-
parallèles
posé que Ton dispose tellement la petite para-
bole C D E,
qu'elle ayt le mesme focus de la
grande K, car le rayon M N par exemple, ou le
rayon H I sc réfléchissant vers le focus K,& ren-
contrant le conuexe de la petite CD
parabole
E, qui les empesche d'aller audit focus, ils sc ré-
fléchissent en F P,oùles Sons faits aux
parallèles
points Q, R, &c. s'entendront fort distincte-
ment, &terontvnexcellentEcho. le veux encore vne autre ma-
expliquer
nière qui scrt pour réfléchirles rayons parallèles, afin
que ceux qui ne pren-
nent nul
plaisir aux Sons, en puissent du moins reccuoir de leur reflexion,ou
de celle de la lumière. Ie dis donc
que la surface conuexe de la
petite parabole
6i Liure Premier

B C estant tornée vers le concaue


de la A K, 8c
plus grande
receuant les rayons D E F G H 1, qui font tombez
paral-
lèles fur A K aux points A N P M L K, &
qui sont réfléchis
au focus commun O de Tvne 8c l'autre les ren-
parabole,
aux points
uoyra parallèles Q R , &c. de la mesine maniè-
re que la moindre dont le concaue est torné vers
parabole
le concaue de la grande,dont nous auons
parlé cy-deuanr.
Mais la petite parabole de la figure
précédente qui tome
son conuexe vers ceux est la plus propre de
qui parlent,
toutes, tant parce qu'on la peut attacher à la
pl'usaylement grande, que parce
Ton perd moins de rayons de la voix.
que
remarquer quel'on peur enuoyer ces rayons
Oùilfautprcmierement pa-
par le moyen
rallèles partout où Ton veut, d'vn miroir droit ou plat : Secon-
dement les lignes courbes suffisent pour entendre tout ce que nous a-
que
uonsdit, encore soient circulaires & non car il suffit
qu'elles paraboliques,
Ton sçache la manière de les descrire. Neantmoins ie conseillerois
que plus-
tost quel'on
vsast decetteinuention pour les miroirs bruílans, ou du moins
Tin fini,
efclairansà parce qu'il est trop difficile d'accommoder ces paraboles
à TEcho, pour lequel l'Ellipse vaut beaucoup mieux: 8c Ton pourroit ren-
contrer quelque matière qui resisteroit au feu par le moyen de Teau quel'on
merteroit dans le concaue de la pecite parabole, afin d'empescher ne
qu'elle
s'eschauffast, comme fait Teau que Ton met lur les chapiteaux des alembics.

peut au ssi faire d'excellentes


L'on lunettes deux paraboles,
par ces qui feront
voiries obiets bien eíloignez fort distinctement, car s'ils sont d'vne
estoignez
lieuë derrière celuy qui regarde dans le miroir C DE, & qui a les yeux en V,

X, il les verra fort clairement, sà teste n'empesche


pourueu que point que
les rayons des obiets tombent fur la grande : ce qui est difficile, si el-
parabole
c'est pourquoy la petite
glace concaue
le n'est bien grande, de Tautrefigure
est plus propre pour faire des lunettes.
Ie laisse milles inuentions qui peuuent faire voir les obiets, & donner mille
.sortesde différentes àla lumic-
figures
re.soit qu'ó vucille eícarter ses rayons,'
ou les ramasser 8c les conscruer en

mesmeforce, la façon de
par exemple
faire des lunettes 8c fa-
qui cfloignent
cent les obiets austi
paroistre petits
de Thy-
que Ton voudra par le moyen
perbole, &c, parce qu'il sursit d'auoir
touché ce suiet pour donner ouuertu-
reaux Architectes & Ingénieurs, qui
voudront faire leur industrie
paroistre
8c la subtilité de leur art, par les diffe-
rens Echo se faire dans les sales, cours, iardins,
qui peuuent parterres, Egli-
ses ,ôc autres lieux.
de certaines
radioustesculementicyvne figure pour expliquer analogies
se rencontrent dans toutes les sections dont nous auons or elles
qui parlé:
passent
toutes parle point A, qui leur sert de sommet, car A E représente le
naist de la section que fait le plan
cercle equidistant de labaseducone,
qui
Dela nature & des du Son;
proprietez 65
au triangle le plan lors qu'il le
Quant que engendre coupe par le sommet, il
ne paroist pas dans cette figure.
La seconde section A D, dont les deux focus sont re-
auxpointsE& C,
la troisiesme E G est la Parabole,dont nous auons
présente Tellipsc; expliqué
est la-
quelques proprietez. LaquatriesmemarquéeparHI THyperbole,à
l'autre Hyperbole P Q est contreposée, dont les deux centres sont en
quelle
E & T. Or entr'autres de ces sections celles qui concernent la re-
proprietez
8c particulièrement la reflexion
flexion sont excellentes, qui sc fait des rayons
tellement dessus leurs surfaces
tombans connexes, qu'ils iroient passer par le
ou le focus E, car ceux qui tombent en cette façon fur le se ré-
centre, cercle,
tout de meíme venoient de son centre
que s'ils
fléchissent : ceux
qui tombent
vers Tvn des centres de Tellipsc, vers
E, sc réfléchissent comme
par exemple
s'ils venoient du centre E : ceux qui tombent
vers le focus de la E sc
parabole
réfléchissent tous parallèles, d'où Ton tire ce que i'ay dit des lunettes
parabo-
8c ceux qui tombent vers l'vn des centres de THyperboIe,
liques; par exem-
venans du point G, ou M, ouX, &c. vers E,sc
ple les rayons réfléchissent
tous au second centre de THyperboIe T.
Ie laisse plusieurs autres choses que i'ay expliqué dans Ie 16. du 4.'
Chapitre
liure de la Vérité des sciences, dans le 16. de la première par tie du premier, 8c
dans le 6.du second volumecontre les Déistes, 8c dans le premier tome des
Commentaires fur la saincte Escriture; & puis on peut voir leDictionaire
où i'expliquc la raison des noms de section
Harmonique, chaque Conique.

COROLLAIRE.

Lors dit que les miroirs dont i'ay parlé, brusteroient à Tinfi-
qu'on iusques
à vne si grande distance nous sembleroit
ny se doit entendre iusques qu'elle
car ils cesseroient de bruster lors qu'ils commenceroient à
infinie, quitter
à raison ne sont
leur parallélisme sensible, qu'ils pas exactement parallèles,' *
quand ils tombent du centre du soleil fur les glaces des miroirs :8c Ton
peut
déterminer le lieu où ils cesseroient de bruster, ou d'eschauffer, ou de faire
voir les obiets de mesine : ce qu'il faut aussi dire des verres de refra-
grosseur
ction dont nous allons
parler.

PROPOSITION XXIX.

Déterminer fi les Sons se rompent, cest à dire s'ils endurent de la refratfion comme la /#-
miere, ils passent par des milieux
quand differens.

T T E difficulté est encore la d'autant


grande que plusprécédente, que
CE les nécessaires pour la résoudre sont plus difficiles à faire,
expériences
quoy que Ton sc puisse seruir de Tair 8c de Teau, qui sont les véhicules 8c les
fuiets communs de la lumière 8c du Son, pour rencontrer ce qu'il faut sçauoir
encesuiet: car si le Son se rompt comme
la lumière, lorsqu'il se fait dans
Teau, ou dans Tair, au lieu où il sc fait, mais
il ne s'entendra
pas plus loin, ou
plus pres, & plus haut, ou plus bas, ou d'vn autre costé, que de celuy où il se
fait. Par si se Son se fait dans Tair au point
exemple, G, & qu'il vienne à la fur-
face de l'eau A
B, la ligne vocale G N, qui se continueroit iusques au point
64 Liure Premier

H par la ligne droite G H si le milieu estoitvniforme, se rompt au point de


son in cidenceN vers la perpendiculaire C D ,Jk va au Doinrl en faisant Tan -
l N D; & parce que limage se ren-
gle de refraction H N I,& Tangle rompu
contre dans la ligne d'incidence continuée, le Son qui se fera au point G, pa-
roistra au point H, au lieu qu'il paroistroit au point S (île milieu estoit vni-
forme. Semblablement si le Son se failoit dans Teau au point 1,& qu'il se rom-
hors de Teau, on Tentendrpit
pist à la surface de Tair au point N, cn sortant
hors du lieu où il sc fait ; car la ligne sonore s'estoigne autant de la perpendi-
culaire C D, en sortant de Teau pour aller dans Tair, comme elle
s'approche
de la mesine elle passe de Tair en Teau, si nous
perpendiculaire, quand suppo-
sons qu'elle obscrue les loix de la refraction.
Ce que i'ay proposé, afin ceux qui auront la commodité de faire les ex-
que
nécessaires pour résoudre cette difficulté, fçachent comme ily faut
périences
Car si Ton d'incidence
procéder. cognoist Tangle que fait le Son fur la surface
du milieu, ou plus rare que celuy son
plus dense, danslcqueTil prend origine,
8c la refraction il sera facile de sçauoir toutesies refractions des
qu'il endure,
autres inclinations de la si elles"fument
ligne vocale, Tanalogie que i'expli-
que dans la figure
qui fuit, doçtt la ligne A B représente la surface de l'eau,ou
la Section commune de Tair 8c de Teau, G 8c E les Sons
signifient qui sefont
dans Tair, l&Kmonstrent les lieux & les points où vont les Sonsrompus,
G NI est la ligne composée de celle de Tincidence,& de celle de la refraction
du Son, qui sè fait en G : comme E K est la ligne composée de Tincidence^
&dela refraction du pointE G N C, ou HN D est Tangle d'incidence que
faitle point G, sur la surface de Teau A B, comme ENC, ou F N D est Tan-

gle de Tincidence du point E.


O ùil faut y a de certains termes nécessaires
remarquer qu'il pour entendre
la réfraction, c'est pourquoy ie les explique par cette figure, dans ie
laquelle
A B représente
que la ligne
suppose la surface de Teau, ou plustost la conion-
, ction i ou la contiguité de Tair & de Teau, où le rayon se rompt : de sorte
que
le rayon sonore G Nlàdeux dont celle de l'air G N s'appelle
parties, rayon
8c celuy dededansl'eau NI rayon derefratlion : de sorte
d'incidence, que G NI
est le rayon :1a surface A B peut estre nommée N
rompu rompante: lepoint
mérite le nom d'incidence 8c de refraction, puis qu'il vnit Tvn 8c l'autre ra-

yon. N M est le rayon IN tiré iusques à M, comme N S est le rayon


rompu
d'incidence G N en S. La C R menée
prolongé iusques ligne par Ie point
d'incidence 8c de refraction N s'appelle comme la
perpendiculaire, ligne qui
tomberoit du point G fur la surface de refraction N B,
perpendiculairement
fe peut nommer de Tobiect,si Ton suppose
perpendiculaire que le Son se fait
au point G, ou perpendiculaire de Touye, si elle est audit point. L'on nom-
me encore le plan qui passe par le rayon d'incidence, & par la perpendicu-
laire , de refraction,
surface derefratlion, parce qu'elle passe aussi par le rayon
8c la refraction
que tout ce qui concerne se fait en elIe.L'angle que fait la per-
C N auec Ie rayon d'incidence G N, s'appelle
pendiculaire angle d'inclination:
le rayon d'incidence & de refraction se nomme
celuy quefont angle de resra-
ilion , 8c celuy auec le rayon de refraction
quefaitla perpendiculaire s'appelle
angle rompu.
Les rayons N H, 8c NI sont nommez raison
diuergents,z qu'ils s'efloignent
tousiours Tvn de l'autre, 8c parce qu'ils en allant vers N,ils sont
s'approchent
De la nature & des du Son?
proprietez 6$
comme ils sont ils
appeliez conuergents, paralleles,quand sonttousioursequi^
il est premièrement
distans. Cecy estant poíé, certain
que le rayon delumie-
re qui tombe perpendiculairement par C N, né se rompt nullement, ce qu'il
faut aussi conclure du rayon vocal. Secondement que le rayon lucide obli-
dans v n milieu
que qui tombe plus efpais, par exemple de Tair en Teau,
s'ap-
proche
dautant plus de la perpendiculaire qu'il est plus oblique, comme il
s'en estoignè en tombant dans vn milieu
dauantage plus rare, par exemple
lors qu'il vient de Teau dans Tair : mais il est difficile de sçauoir la
proportion
des cheutes des rayons d'incidences auec la proportion desrefra-
obliques
ctions:car bien que Maurolyc tienne refraction à mesine raison
que chaque
à chaque inclination, la première refraction à la première inclination
que
donnée, & qu'il ayt efprouué que la refraction qui sc fait dans le chrystal est
àTinclination, ou à Tangle du rayon d'incidence auec la perpendiculaire,
comme trois à huict, font la raison du Diapason c'est adi-
qui Diatessaron,
ré de TO nziefme , d'où il s'ensuiuroit la plus
que grande inclination, qui est
cellcde^o refraction de 33 8c ^neantmoins
degrez,feroítvnc degrez Kepler
a fait d autres
qui monstrent refractions
que les nesont
expériences pas en-
tièrement aux inclinations, en approchent
proportionnelles quoy qu'elles
assez le premier d'inclination au 30,& qu'elles croissent
depuis degré iusques
à 90
qui font
depuis jo iusques vne refraction de 48 degrez.
degrez,
Maispuis Tvn des plus excellens de ce siécle a trouue la vraye
que esprits
des refractions aux ie veux
inclinations, icy en remarquer Tana-
Í>roportion lors aura les
ogie.afin que qu'on trouuéque expériences y refpondent, tous
les lçauansle d en donner la raison & la
prient
science. II a donc trouue y a mesine raison
qu'il
du Sinus G
0,deTangled'incidenceGNO,au
Sinus P Ê,de Tangle d'incidence P N E, que du
Sinus IR, de Tangle au Sinus K
rompu NIR,
Q de Tangle rompu N K Q, ce qu'il demon-
strera danssà il luy Ie
Dioptique, quand plaira.
mets seulement la table des refractions
içy qui
se font dans
Teau, qu'il a supputé lors que lc ra-
yon incident fait vn angle de trente degrez,
&
que son angle de refraction est de n, ou 11 degrez, apres auoir considère
cette table.

Eau de Puits.
Eau de fontaine.
Inclination. Refraction.
Inclination. Refraction, ij ; Degrez,
50 Degrez.
5-Degrez x; 45d. aï d.
Degrez.
lod. 3id. d. 18 Id.
40
*°d. 15 d.
7\à. 35 d.
*jd. tzd.
,,;d. 30 d.
*°d,, u d. xjd. $vn peu plus;
55 d. 15 d. zod. 8 d.
4° à. l8 d. 15 d. 5îd.
45 d» xi d. lod. 3 id.
5o d. a3d. 3 d. •avnpeumoiûs?
66 Liure Premier
m'a esté enuoyée excel-
Eau de Seine. laquelle par vn
Inclination. Réfraction, lent homme, suiuant les expériences

5 Degrez. zvn peu plus. qu'il a faites dans Teau de fontaine, &
lod. de puits, 8c dans celle de la Seine. Mais

15 d. 5;d. la table qui fuit rectifie les


expériences,
r o d. 7 d. dont la première colomne les
signifie
2.) d. 9\d. ou les d'inclination ; la
degrez, angles
30 d. n; d. seconde montre les
angles rompus,
35d. 14 d. lors que le rayon estant incliné de tren-
40 d. 17 d. te degrez, sc
rompt d'onze degrez. La

45 d. 10 d. troisiesme contient les


degrez
de refra-

50 d. 22 d. ction du rayon, dont Tincidence est de


trente 8c l angle rompu de douze.
degrez,
Où il faut remarquer le premier
que rang des
JL -i1- ! ILLIIV ~
nombres de la seconde 8c de la troisiesme colom-
5 1 4?" 7 55'
ne les degrez entiers , 8c que le second
signifie 10 3 3°' 3 5°' ',
rang signifie lesminutes > ce que i'ay voulu expli-
*5 5 i8'.5 47' ^
quer , afin que ceux qui voudront expérimenter ao 7 8' 7 o
si les Sons se rompent, comme la lumiere,dans les 48'
25 9 * 9 51' *,
milieux differens ils passent,sçachent
par où com-
30 II O 12 OO
me il faut examiner les refractions : encore que
les Sons se rompentpeut estre au contraire des ra- 35 n 4 H H l
40 15 16 15 35 o
yons , c'est à dire qu'ils s'esloignent de la ligne
dans vn milieu 45 17' l6 *9 5 i
perpendiculaire plus efpais , 8c
50 20 5 21 44 "4
s'en approchent dans vnmilicu rare, 8c
qu'ils plus
55 22 46 24 35 o
plus délié.
fi quelqu'vn 60 25 l
Or veut establir la Dioptrique des 41 27 38

Sons, il est nécessaire si les deux


d'expérimenter
oreilles oyent le Son dans le rayon de refraction au lieu ou les deux rayons
de Toreille se vont rencontrer auecla du son direct : s'il s'en-
perpendiculaire
tend comme estant plus estoignè, lors qu'il se fait dans Tair, 8c que Toreille
est dans Teau, ou comme estant il se fait dans l'eau & que
plus pres, quand
de plongeons qui puis-
roreillecstdansTairi&pourcefujetilfautscscruir
sent estre astez fouz Teau pour considérer si le mesincSon qu'il
long-temps
entendoit hors de Teau luy semble clair 8c estoignè
plus ou moins fort, quand
il s'enfonce fouz Teau:car à Taigu qui sc fait dans Tair, il sc change dans
quant
l'eau comme iemonstre dansla laisse mille autres con-
Proposition quisuit.Ie
sidérations des Sons,
qui sont nécessaires pour trouuer la refraction laquelle
mérite letrauaildes plus excellons esprits.
COROLLAIRE.

H est certain
quel'on peut faire des verres, & des christaux qui changerons
les rayons du Soleil 8c des autres corps lumineux, comme de la chandelle, en
telles lignes 8c à tel Ton voudra,comme nousauons dit des miroirs*
point que
c'est à dire qui les rendront de parallèles ou diuergeans ,8c s'ils
conuergeans,
se veulent ioindre, ou séparer, ils les changeront en parallèles, ou lesioin-
dront, ou scion la raison donnée : 8c consequem-
sépareront dauantage
ment faire des verres 8c qui
qu'on peut qui brusteront, représenteront lob:
D e la nature & de s du Son:
proprietez 67
iectà telle distance, ou de telle grosseur que Ton voudra. Mais ie ne croy pas
des Sons soient de ces figures des
que les rayons susceptibles par Tindustrie
: car quant aux Anges s'ils disposent des tremblemens de l'air ,com-
hommes
ie ne doute ne puissent faire la mesine chose des
meil leur plaist, pas qu'ils
Sons que de la lumière.

PROPOSITION XXX.

le Son estplus graue dans seau


Déterminer de combien que dans l'air ; &* sifon peut in~
ferer de là de combien l'air est plus rare que L'eau.

est certain Tinstrument sonne dans Tair 8c dans Teau a des Sons
que qui
ÏL differens, & que celuy qu'il a dans
Teau est plus bas d'vneDixiesinemaieu-

re , que celuy sc fait dans Tair, comme toutes les monstrenc


qui expériences
euidemment,lors les fait auec vne cloche, dont lc Son ayant deux de-
qu'on
dans Tair en a cinq dans Teau : ce qui arriue à cause de la densi-
grez de grauité
qui résiste
té, ou grossièreté de Teau, au mouuement du
dauantage corps
qui fait
le Son, ou qui empesche que les parties de la cloche ne tremblent
auíli viste que dans l'air.
Et parce que Taigu 8c le graue du Son dépend du mouuement viste, ou tar-
de véhicule au Son,
qui seruent
difdes corps liquides Ton peut conclure
que
la vitesse du mouuement de Tair est à la viresse du mouuement de Teau f
râpée
comme
cinq à deux,
le mesine instrument, 8c que la rareté de Tair est à
par
celle de Teau comme it) à 8, d'autant que Ton experimentedans tous les au-
tres corps qui produisent le Son, que leurs soliditez sont en raison
triplée de
comme ie diray ailleurs. De là vient que les cloches
leurs Sons, qui font TO-
Tvne de l'autre,
ctaue, sont en raison octuple parce que leurs Sons suiuentla
raison de leurs diamètres, estanttriplée donnela raison de
laquelle octuple
leurs soliditez-.par la raison de la est de
conséquent Dixiesme,qui cinq à deux,
estant donnera celle de itjà 8, qui est vn peu plus grande
triplée que la rai-
son de quinze à vn: ce qui suffit pour faire penser aux bons es-
quindecuple
prits (i Ton peut dire que Teau est seulement quinze fois plus dense que l'air,
8c si les proportions de ces deux
que Ton à rapportées Elemens sont fausses,
comme celle d'Aristote la fait décuple, ou celle des autres la font cen-
qui qui
fait 153 3304682 : de sorte
tuple, &: celle de Kepler qui la que Tair d'vne cham-
bre a douze
qui pieds en tout sens, n'a pas plus de matière qu'vne huictiesine

partie d'vn pouce cube.


le sçay
que l'on choses contre
la Proposition
peut apporter plusieurs que
i'ay expliquée d'eau estant exhalé
:par exemple, qu'vn pouce peut remplir
vne chambre de plusieurs 8c que les vapeursremplissentlelieu d'vne
pieds,
grande quantité d'air, &c. Mais il faut respohdre que
Teau estant raréfiée est

que Tair qui la contraint


pluslegere de monter, ne soit pas si
quoy qu'elle
car les du diaphane ne suiuent densité des
diaphane: qualitez pas la corps. Ie
laisse plusieurs autres obiections en apporter vne plusfortc, 8c plus pro-
pour
a ce sujet
pre que les autres, à sçauoir
que
lc Son d'vne cloche qui a cinq de-
grez de grauité, deuroit estre moins
graue
dans les liqueurs moins pesantes
queTeau; par exemple,lors quel'espritdu vin, qu'on eau divie,c{\:
appelle
& consequemment
plus leger, plus rare que Teau, le Son que la cloche fait
F IIÌJ
r68 Liure Premier

dans celuy là, deuroit estre plus aigu que celuy qu'elle fait dans celle-cy, de
sorte que le Son de Teau de vie fist la Quinte auec celuy de Teau, lors quel©
de celle-cy est au poids de celle-là comme trois à deux.
poids
11 faut dire la mesme chose du Son qui se fait dans Thuile de terébynte, 8c
ou plus pesantes
dans les autres liqueurs plus legeres, que Teau: ce qui n'ar-
riue pas, car le Son demeure quasi tousiours à Tvnisson, & ne se hausse tout
au plus que d vndemiton: ce qui ne répugne pas à cc que i'ay dit, parce que
la peíanteurdel'eau n'est peut-estre raison de seize à à
qu'en triplée quinze
la pesanteur de Teau de vie. Or il est aiíé de faire plusieurs expériences des
Sons en toutes sortes de liqueurs & de milieux, c'est pourquoy ie n'en parle

que la cloche
Tadiouste seulement ne peut sonner dans Thui-
pas dauantage.
le, ny dans le lait, & qu'elle fait vn meíme Son dans le vin 8c dans Teau, ou
du moins la différence n'en est pas sensible.
que

COROLLAIRE I.

L'on la raison de la
peut faire plusieurs autres
expériences pour sçauoir
densité dcl'eau accise de Tair, afinde les comparer auec les précédentes: or
ihscmble à trois manieres,à à cel-
qu elles peuuent toutes se rapporter sçauoir
le dont on vse pour peser Tair, afin deiuger de ía densité par son poids;à Tes-

pace qu'il remplit, 8c à la resistence qu'il fait tant aux rayons des corps lumi-
neux 8c des sonores, mouuemens luy imprime. Quant à la raa-
qu'aux qu'on 1
croyent que íà estàcelle de Teau,
nicredelepeser,quelqucs-vns pesanteur
la pesanteur des corps
comme pesez dans Tair, est à lapeíanteur des mesines

corps pesez dans Teau : par exemple, Tair est plus rare & plu s leger
que que
l'eau en mesme raison que Tor est plus leger dans Teau dans Tair ; & parce
que
Teau est d'vn volume à Tor est quasi vingt fois plus legere, & cò-
que qui efgal
Tor pèse moins d'vne
vingtiesme partie dans Teau
fequemment que que
que Teau seroit presque
dans Tair, il s'ensuiuroit aussi rare que Tair.
Or cette manière n'est pas bonne, car outre à nulie apparence
qu'il n'y que
Teau soit íî rare,il s'eníuiuroit auroit toutes fortes de proportions auec
qu'elle
la rareté de Tair selon les corps differens pèse dans Tair 8c dans Teau,
quel'on
8c qu'il faudroit conclure, qu'il n'y auroit nulle proportion entre la rareté de
Tair & de Teau , quand le corps
qui pèse dans Tair ne pèse point dans Teau:
mais i'ay explique vne meilleure manière de peser Tair dans la
dix-septiesine
Proposition.
La seconde manière considère
les proportions des espaces Tair 8c Teau
que
car si vn pouce cube d'eau peut remplir vne veflie de cent pou-
remplissent,
ces cubes, lors se conuertit en vapeurs, ou en air, il faut dire que Teau
qu'elle
est cent fois plus dense & plus pesante que Tair, soiuant Texperience que Ba-
co dit auoir faite dans son nouuel où il remarque
Organe, page 286, qu'v-
ne partie d'eau de vie estant reduite en vapeur, vne vessie cent fois
remplit
plus grande que ladite partie.
La troisiesme manière consiste dans la proportion des résistances de Tair &
de Teau : or cette résistance se aux rayons de la lu-
remarque premièrement
ont ce semble
plus de peine d'entrer dans Teau
mière, qui que dans Tair;de
là vient qu'ils sc rompent dauantage dans Teau. Ie laisse maintenant les Sons

i'ay desia parlé,


dont afin de remarquer l'autre resistence font Tair &
que
De la nature & des du Son:
proprietez 6g
on iette quelque dedans, ou qu'on les ; par exem-
Teau, quand corps frappe
lors que Ton tire vn coup de mousquet dans Tvn 8c l'autre, Tair résiste
ple,
p moins
beaucou que Teau.
Mais il faudrait de combien le coup
va plus viste dans Tair
expérimenter
& supposé que la baie soit portée cens pas de point en
que dans Teau, quatre
blanc dans Tair, combien de pas elle iroit dans Teau. Car si elle va cent fois
Ton peut dire qu'il est cent fois plus rare: si ce n'est
plus loin dans Tair, que
Ton croye qu'il fauttriplerlaraison de ces vitesses pour auoir la différence des
densitcz: car ce seroit assez pour lors que la baie allast dix fois plus loin dans
Tair, dire qu'il est cent fois plus rare que Teau -, quoy que Ton ne puisse
pour
cette densité
pas conclure
assez euidemment par ladite resistence, d'autanc
les poissons fendent Teau aussi viste comme
que Ton expérimente que les

oyseaux fendent Tair, quoy qu'il n'y ayt nulle apparence qu'ils ay ent dix fois
autant de peine, ou de force que les oyseaux.

COROLLAIRE II.

SiTon de la densité de ces deux


iuger de la proportion
peut elemens parle
mouuement des corps pesans quiydescendent, i'adiouste vne obseruation
tres-exacte qui peut seruir à la trouuer,à baie de mousquet
sçauoir qu'vne q ui
descend de treize pieds dans Tair, en deux temps descend dans Teau en cinq

temps, car ayant fait vn canal de deux ou trois pouces de large 8c de 13 pieds
de haut, la baie de tombe dans Tair dans vne seconde, 8c dans Teau
plomb
en deux secondes & demie ; de sorte qu'elle descendre 80 pieds en
pourroit
Tair, tandis qu'elle descend douze pieds dans Teau. Mais il est difficile de sça-
uoir s'il faut striure les raisons des temps de ces cheutes, ou leur raison
simples
ou triplée la proportion
doublée, pour déterminer desdites densitez.
Lors que la baie de plomb est tellement creusée, qu'elle pesé trois fois
moins que la pleine, elles descendent aussi tost dans Tair Tvne que l'autre,
mais la creuse descend dans Teau dans il faut
cinq secondes. Surquoy remar-
quer que les ne réussir qu'auec des corps spheriques:car
expériences peuuent
les autres les empefehent merueilleusement dans Teau, par exemple
figures
vn descend seulement en 12", 8c vne plaque de plomb de mesine
quadfuple
largeur en 8". Vn parallélogramme quarré
du bois de la Chine
long de demy
8c toutautant de figures
pied&larged'vnpouce,deseenden5"&í, que Ton
peut s'imaginer nastent, ou retardent assez sensiblement le mouuement
dansTeau.
L'on
peut encore considérer la vitesse des mouuemens qui se font des
dans Teau, soit
par leur pesanteur,
corpsdcícendans ou cn d'au tres manicresi
& semblablement de ceux des de Teau, lors
corps enfoncez au fond
iusques
qu ils reuiennent iusquesà fa surface,afin de remarquer si les plus pesons que
1 eau & les plus légers montent en hastant leur vitesse en melme*
descendent,
des mouuemens à sçauoir
qu'ils ont dans Tair, par exemple,
proportion si la
mouëlle de sureau de douze
qui monte du fond du canal pieds de haut, iusl
quesau haut, ayant monté le premier pied dans vn temps donné, monte
quatre pieds dans deux temps, c'est à dire si les corps plus légers que Teau
augmentent leur vitesse en raison doublée, 8c suiuant les racines des
quarrées
temps, comme il arriue à la vitesse des descendent dans Tair,
corps pesansqui
I
Premier
y o Liure

dont nous dans le second liure des Mouuemens.Quoy


parlerons amplement
en soit, il est difficile deconclure chose de la densité de Teau8c
qu'il quelque
de Tair, se fait dedans, à raison que Ton rencontre autant
par la descente qui
de différentes les poids sont differens en figure, laquelle
proportions que
nulle différence dans Tair,carvn tombe
n'apporte quasi quadruple quasi aussi
viste qu'vne boule d'or dans Tair, au lieu qu'il est trois fois plus long temps à
tomber dans Teau que ladite boule. Et les pierres qui sont beaucoup plus lé-
aussi viste dans Teau,lors sont en for-
gères que le plomb, descendent qu'elles
me fait la baie de plomb. D'où il est aysé decon-
deparallelogramme,comme
clure les corps doiuent auoir vne mesme tirer quel-
que figure pour pouuoir
que coniecturc de leurs mouuemens.

COROLLAIRE III.

L'on autf es moyens trouuer la proportion


peut s'imaginer plusieurs pour
de ces densitez, par la compression de Teau 8c de Tair, car
particulièrement
si Ton prend deux sphères creuses, ou deux soient tellement fer-
seringues qui
mées qu'il n'en puisse rien sortir, 8c que Tvne soit pleine d'eau,& l'autre d'air,
si Ton estreintlesdeux 8c autres vases à ce
sphères, iusques qu'ils creuent,Ton
verra combien Tair a plus enduré de condensation Teau: par exemple si
que
le vase quile contient a tellement esté pressé auant de se son
que rompre,que
creux ait contenu cent fois moins delieu fust pressé, 8c que le
qu'auant qu'il
creux du vase de Teau se soit seulement diminué d'vne centiesme Ton
partie,
conclura Tair est 99 fois rare l'eau.
que plus que

COROLLAIRE IV.

L'experience que Tonfait dans Teau pour sçauoir si les Sons sc rompent
comme la lumière, ou au contraire de la lumière, ne peut nous donner assez
d'asseuranec pour conclure ce qui cn est, d'autant le Son qui se fait entre
que
deux eautfparoist si foible que Ton ne
peut, ce semble, en faire d'autre iuge-
ment que celuy que Ton fait de fa foiblessc 8c de& grauité.
O r quand ie dis entre deux eaux, i'entens le Sfcn soient
que les corps qui font
tellemét enuironnez d'eau les touche de tous costez, & tous les points
qu'elle
de leurs surfaces, car s'ils sonnent dans Tair qui est souz Teau ils ne changent
nullement Taigu de leur Son, d'autant que Toreille qui est plongée dans
ou est libre dans Tair entend tousiours le mesme se
Teau, qui aigu du Son qui
fait dans Tair, soit que Tair demeure conioint auec toute la masse de l'autre

air, ou qu'il en soit séparé, comme il arriue lors que Ton plonge vn vaisseau
d'air dans Teau, dans le vin, dans Thuile, dans le lait, ou dans quelque
plain
autre liqueur, ou qu'on Tenfermc entre quatre murailles: d'où il faut con-
*
clure ne change nullement
que Taigu depuis fa première production, quoy
que les autres milieux par où il passe soient differens ; mais Toreille apperçoic
aysément qu'il est plus foible, que si elle Tentendoit dans le mesine air, oùil
a premièrement esté fait.
Quand Toreille est dans Teau, & que le Son sc fait semblablement
plongée
souz Teau, ellel'oyt aussi foiblement comme s'il sc faisoit dans Tair, d'autant
le milieu, dont le mouuement fait apperceuoir le Son, communique
que
De la nature 6c des du Sotù
proprietez 71
à tous les autres milieux tant
ledit mouuement opaques que diafanes par où
il passe, car si quelqu'vn de ces milieux retardoit les secousses, ou les trem-
blemens de Tair, le Son ou plus aigu, ce qui n'arriue
paroistroit plus graue,
iamais.
COROLLAIRE V.

SiTonayrttemieuxiugerdelaraisondeladensitédc Teau 8c de Tair par lâ


force des Sons que par leur graue, ou leur aigu, il faut mesurer cette force, a-
fín de sçauoir combien il est plus foible souz Teau que dans l'air,car Ton
pour-
ra dire que Teau est d'autant plus dense que Tair, qu'elle diminué
dauantage
ia force du Son : or parce qu'il est plus aysé de mesurer
Taigu que la force,
i'en ay plustost vse: mais nous dirons encore d'autres choses fur ce suiet dans
les liures des Mouuemens, ce à cettuy-cy.
qui suppléera qui manque

PROPOSITION XXXI.

Asçauoirsi le Son aigu est plus agréable & plus excellent que le graue.

estre décidée
par Texperience 8c par la raison,mais
question peut
CETTEil faut 8c Taigu d'vn mesme
prendre le graue, genre j c'est à dire sur vn
mesme instrument, ou dans les voix humaines, car ce seroit vne autre diffi-

culté, si Ton vouloit faire comparaison de la voix aiguë d'vn homme,& du


son graue d'vne Viole, ou d'vn Luth.
L'on peut donc entendre cette difficulté de la comparaison du Son graue,'
& de Taigu d'vn mesme instrument, du Luth, de la Viole, de
par exemple
ou de Tvn des ieux d'Orgues, ou de la voix humaine: cV la com-
l'Epinette,
paraison des voix sc peut faire en deux manières, à sçauoir de la voix graue de

celuy qui fait la Basse, 8c de l'aiguë d'vn enfant, ou de la voix graue &aiguc
d'vne mesine Mais il ne faut pas comparer vne bonne voix auec
personne.
vne mauuaife,car la bonté de la voix graue doit estre esgale à celle de Taiguë,
afin
que la comparaison soit parfaite. 11 faut donc premièrement comparer la
voix d'vn mesme homme afin de sçauoir s'il chante plus agréablement en bas
il a vne
esgale facilité
qu'en haut, quand à chanter Tvn 8c l'autre. Par exem-
ic
ple, suppose que sa voix ayt Testenduë d'vne Octaue sans estreforcée, 8c

que íà voix moyenne


consequemment estant cn ií puisse facile-
Gresolvt,
mentmonter en O sol vtsa, ou en D la 8c descendre cn Osa Vs, Ton de-
resol,
mande si la voix
Cfa vt sera plus ou moins agréable que la voix C sol vtsa; l'on
peut aussi demander la mesme chose de la voix G resol vt comparée au mesme
celle-là est 8c puis nous com-
graue en comparaison
Csolvtfa,cat de celle-cy:
parerons les voix graues, celles des enfans
oulcsmoyennesdclaTaillcauec
& des Dessus.

Quantaux voix d'vn meíme homme du milieu est la


il semble
que celle
plus naturelle & la plus agréable, & qu'âpres elle celles qui sonr à Taigu sont
du silence,d'au-
plus agréables que celles qui sont en bas, 8c qui approchent
tant
qu'elles tiennent moins du rauque, 6V qu'elles sont d'autant plus viues
& plus ont vne plus grande vitesse dans leurs mouuemens.
esucillées,qu'cllcs
Etcetteraison ne prouue les voix sont plusagrea-
pas seulement que aiguës
oles
que les graues, mais aussi plus agréables que
les moyennes: quoy que?
z Liure Premier
y
ces moyennes la vitesse par leur douceur naturelle.'
puissent recompenser
Neantmoins Aristote tient lc contraire dans le 7. Chapitre du 5. liure de la

génération des animaux en ces termes, «J h-mìí ywmvnf ^ £>*j çóou** H /Sapi/Pau'a»
x) e*7o75 (j.i\t<n TO0a/»w--ra» auwréïai ÍÏÍATÏO».C'est à dire que la voix graue semble
estre la plus généreuse, Son graue est meilleur les Sons aigus des
quele que
concerts ; 8c que les voix graues des chansons sont plus excellentes que les ai-
d'autant la chose les autres est plus parfaite, 8c que la
guës, que qui surpasse
de la voix consiste dans vn excez de grandeur, ™ y^-nhuoi c* ú,n/i>;£. i ií
grauité
@a.pú7Hiúvnpî^Tis, car ce qui est grand est prefcrableà ce qui est petit, comme
vn grand bien est préférable à vn moindre.
Ce par la considération
Ton confirmer dela plus grande force de
que peut
& les parties du corps plus
celuyquiàlavoixplusgrosse, consequemment
en
amples & plus grandes, qui font quelque sorte représentées par la voix,
laquelle en dépend, & qui est comme le miroir de lame & du corps. De là

que les grosscsvoix


vient ont plus de maieste, de poids 8c de force pour im-

primer 8c produire de puissants effets fur les auditeurs, estant semblables au


bruit du ton nerre 8c du canon, qui esbranle & estonne plus fort les murailles
& les hommes, nc font les moindres bruits.
que
Etsi Ton compare vne excellente Basse, comme celle du sieur Moulinié,
auec vn excellent Dessus, comme celuy du sieur Bertaut ,tous deux Chantres
de la Musique du Roy, Ton eo trouuera de plaisir à ouyr
qui prendront plus
la Basse ne faille pas sciure le iugement ou le senti-
que le Dessus: quoy qu'il
mentdes hommes en cette matière, puis qu'il est inconstant comme leur hu-'

meur, 8c quela Basse plaist quelquefois 8c vne autrefois le Dessus


dauantage,
à vn mesine auditeur, selon qu'ilest différemment C'est pourquoy,
disposé.
laissant le diffèrent des hom mes, qui naist des différentes disposi-
iugement
tions du corps,ou de Tesprit, il faut considérer la grauité, ou Taigu du Son
en íoy-mesme, afin de trouuer est lc ou le plus excellent:
quel plusagreablc,
car quant à la force du Son, se graue est le plus fort, quand il est poussé d'vne
force proportionnée, & consequemment il fait vne plus forte impression fur
les corps qui sc rencontrent dans l'estenducdc son action.
Mais parce que ce qui à plus de force n'est pas tousiours le plus agréable;
bruit du tonner-
quoy qu'il soit le plus excellent dans son puis quele
genre,
re, quoy que gr and, fort 8c puissant, 8c par excellent, n'est pas
conséquent
8c qu'il blesse Touye, & cause la surdité, il faut icy distinguer la qua-
agréable,
lité d'excellent, & celle d'agréable dans le Son, 8c voir ce qui le rend agréas
ble, car plus il aura de la qualité qui le rend plaisant, 8c plus il fera
agréable.
Or cc qui lc rend agréable doit estre pris non feulement de ce qu'il à dans

soy, mais de ce qu'il à respectiuement à Toreille, ou à Timagination, qui re-


çoit le plaisir des Sons; & parce que Ton expérimente que
le Son graue ne
vns qu'aux ont des
plaist pas tant aux il faut croire
autres, que les hommes
en eux qui contribuent plus aux plaisirs les vnes que les autres,
dispositions
sont semblables aux diípositions de Todorat & du goust,
lesquelles quifont
ce la faueur
que qui est agréable à Tvn desplaist à l'autre: carlesvns ayment
de l'orange& du citron, 8c lesautreslahaysscnt,ou nc Tay ment &
pas tant;
tel se plaist à flairerTceillet, Todeur du lis 8c de la rose.
qui hayt
C'est pourquoy il faut considérer la disposition & Timagination de Taudi-
bien nous au iugement del'excellcncedu Son,
teur, que layons négligée
n'estant
De la nature & des du Son?
próprietez 73
du meilleur Son considéré
simplement & absolument,
n'estant icy question
la diíFcrence des auditeurs
mais du Son comparéà ; quoy qu'en cette matière
de la plus grande
l'on puisse íuiure le sentiment & l'opinion
multitude, par-
ticulièrement de ceux ont vne bonne oreille. Plusieurs tiennent
qui que le
Son qui est au milieu du graue & de l'aigu, est le plus
agreabledetous,tanc
est moins forcé & qu'il est plus naturel, & plus vigoureux,
parce qu'il que
vn bon tempérament, & donne vn bel air, &vnbeau
parce qu'il signifie
ton au discours.
NeantmoinsTon rencontre vn plus grand nombre d'hommes se plai-
qui
sent dauantage aux Sons moyens ;& nous
aigus qu'aux expérimentons que
les Dessusdes concerts font beaucoup plus agréables que les autres parties, &
rauit l'auditeur,quand il est bien chanté} de forte qu'il sem-
que le seul Dessus
ble que la Composition ay t esté inuentée pour faire trouuer le Dessus excel-
lent , &c pour faire gouster íâ bonté la comparaison des autres parties,
par qui
de l'efclat, comme fait le noir & les autres couleurs
luy donnent obscures
font opposées au blanc. 11faut donc conclure
lors qu'elles que le Son aigu est
le plus agréable, pourueu qu'il ne surpasse pas la capacité de l'oreille, comme
l'on expérimente aux récits des ieunes enfans que l'on ayme mieux ouyr que
nul autre concert, parce que la voix aiguë nous représente l'innocence,la
délicatesse, & la ieunesse des enfans, qui font plus plains de vie, ou plus pro-
chesdela source de la vie, &qui chantent plus délicatement ôc plus douce-
les autres parties, ou parce que le Son
ment que ceux qui chantent aigu flate
Toreille, & reueilledauantage l'esprit.
Car la voix aiguë estant faite par des battemens d'air qui font plus conti-
des autres voix, approche
nus , & moins interrompus que ceux plus prés des
& du silence
ouuragesdelanaturequisonccontinus, s'efloigne dauantage
& du néant que les voix graues: or toutes les créatures lc vuide& Je
fuyent
heant, & chacune ayme i'estre, dontleSon le
aigu participe dauantage que
car ilcdmprend il surpasse autant en degrez
graue, legraue, lequel d'estre,
comme en qualité est comme la forme & la lumière à
d'aigu, lequel l'egard
du graue, est semblable à la matière & aux ténèbres : de là vient
qui que
le Dessus se ioint aux autres il leur vne lumiè-
quand parties, apporte grande
re dont les dans le cceur des auditeurs ; En esset lors
rayons pénètrent iuíques
qu'il chante tout íèul, il paroist comme vn esclat de lumière qui obscurcir les
autres voix precedenees, & qui pénètre au plus profond de la
iufques pensée;
de sorte les autres voix âpres le Dessus,
que si l'on entend & qu'il se taise vn
peu de temps, il semble que l'on quitte
la lumière du Soleil pour rentrer dans
les ténèbres.

COROLLAIRE.

Puis
que Ton est contraint d'auoiier qu'il n'y a quasi point de démonstra-
tions dans la ou science des choses naturelles, ie ne doute pas que
Physique,
l'on ne
puisse tenir que les Sons graues font les plus excellents, soit à raison
des plus ou du
grands corps qui les produisent, repos & de l'vnité dont ils
approchent dauantage, ou pour d'autres raisons que l'on (e peut imaginer,
c est il est libre àchacun d'en croire ce qu'il voudra. l'on
pourquoy Surquoy
peut voir d'autres semblables difiScultez que
ie
propose dans la penultieíme
Proposition du liure desChants, & au commencement du liure de la Com-
G
Liure Premier
74
position! Òr puis
qu'il y a grande apparence que le Son n'est autre choie que
le mouuement de l'air, ou des autres corps, il faut maintenant de ce
parler
mouuement, afin d'entendre la nature du Son plus parfaitement.

PROPOSITION XXXII.

D cterminer s'ily a au mouuement dans la nature p&ce qui est nécessaire pour ïestablir,.

ne parle comme l'on fait dans la


pas icy du mouuement pris en gênerai,
IE Physique, mais seulement du local > qui seul produit les Sons : or bien
qu'il
soit tres-euident differens dans la nature,
qu'il y a plusieurs mouuemens l'on
neantmoins de diíïìcultez contre son existence,
propose beaucoup qui em-
parassent tellement la seule ex-
l'efprit, que l'on est quasi contraint
d'opposer
leur solution: mouuement
que s'il y a du
par exemple, & qu'il
périence pour
loit continu, comme l'on se ['imagine, il s enfuit tortue va aussi viste
qu'vne
moment de temps l'Àigle ne fait pas dauanta-
que l'Aigle, puis qu'à chaque
ge de chemin, que ce qui rcspond à cet indiuisible ; & par conséquent elle ne
iamais atteindre la tortue, d'vn pas, puis
pourra qui fera plus aduancée que
tandis la moitié du pas, la tortue auancera vn peu,
que Vaigle fera & encore

que l'aigle fera la moitié de la moitié,


vn peu, pendant c'est à dire le quart du
C'est à dire que l'efprit
pas, ôcainsi des autres partiesiusqucs à l'infini. hu-
main n'est pas capable de comprendre comme il est possible mouue-
qu'vn
ment continu soit plus tardif qu'vn autre: ce qui a contraint le
Philosophe
Hcspagnol Arriaga dans fa seizieímc dispute Physique, & plusieurs autres,de
dire que latardiuetédu mouuement n'est autre choie de
qu'vne interruption
les sens ne puissent les apperecuoir, sont & qu'ils
plusieurs repos, quoy
que
ou en plus grande que le mouuement
d'autant multitude est
plus longs, plus
lent: par exemple, si le mouuement de la tortue est cent mille fois plus lent
Ie nombre les parties du mouuement
que celuy de l'aigle, des repos d'entre
de l'aigle fera moindre cent mille fois que celuy du mouuement de la tortue:
ce qu'il suppose aussi dans le mouuement naturel des pierres, & des autres

corps peíàns qui tombent vers le centre de la terre : & bien que cette imagi-
nation ne soit de grandes difHcultez, comme est celle du rayon
pas exempte
de deux cercles
concentriques, qui se meut tellement par la plus grande cir-
conférence, qu'il semble nécessaire que lesditsrepossoientauíli grands sur
elle que sur lamoindre,neantmoinsquelques-vns persistent dans cette pen-
sée , & ayment mieux mettre des indiuisibles Physiques beaucoup plus
les vns
que les autres, qui puissent
grands changer entièrement de place, ou
seulement en partie dans vn d'embrasser la continuité du mou-
moment,que
uement, ou l'insinité des parties ou des points qui font la longueur de l'espa-

que i'ay me beaucoup mieux suiure l'idée de l'infînité des points ima-
ce:quoy
ginaires, ou des parties, qui font le continu tant dans les lignes que dans le

que l'aigle fait beaucoup plus de chemin


mouuement, en
asindereípondre
mesme temps, comme il arriue à la partie du rayon plusestoi-
que la tortue,
de son centre.
gnée
Quoy qu'il en soit, il n'est pas besoin de sçauoirla veritede cette manière

pour déterminer ce qui à la vitesle, ou à la tardiueté du mouue-


appartient
suffit de sçauoir
ment, puis qu'il, que la vitesse fait que le mobile passe plus
De la nature & des du Son."
propriétés 7$
vîste en vnmesmc ou qu'il fait plus de chemin
envn
espace, mesmetemps,
dont le mouuement est plus tardif: comme il arriue
que celuy qu'vn corps
est plus rare, quand il remplit vn plus grand &: il
espace, plus espais, quand
cn remplist vn moindre : ce qu'il faut remarquer soigneusement, à raison de
la vitesse qui ressemble en quelque manière a la cleniìté, comme fait la tardi-
ueté à lararefiction, ou au contraire.
aux choses qui sont nécessaires establir le mouuement, il est
Quant pour
fort difficile de les régler, parce que íi l'on prend les lieux disserens à l'esgard

point fixe du monde,


de quelque à l'cgard du Pôle
par exemple Septentrio-
corps se meuue
nal , il rùst pas nécessaire pour changer son lieu,
qu'vn pour-
de sorte que si le lieu du Soleil se prenoit
ueuquelePoJemesmesèmeuue-,
d'auec certains de la terre, il
par sa distance points changeroit delieu, encore
fust stable, & que la terre tornast autour, comme s'imaginent les disci-
qu'il
& par conséquent l'on pourroit dire
ples de Copernic, que le Soleil auroic
vn mouuement. Mais si l'on establit le mouuement de chaque corps à raison
de l'cspace & qu'il remplissoit deuant, &c que l'on s'imagine
qu'il quitte, que
cec espace soit entièrement immobile, il sera aysé de comprendre le
change-
ment de ce lieu, pourueu l'on adiouste qu'il ne sc fait pas dans vn mo-
que
ment, maisdansvn comme plusieurs ensei-
espacede temps, Théologiens
gnent que les esprits de la matière,
séparez par exemple les Anges ôc ies âmes
de lieu, & quitter la France pour se trouuer à
raifonnables^euuent changer
la Chine dans vn instant, c'est à dire fans employer aucun temps-à passer les
Prouinces raison que leurs
qui sont entre la France &c la Chine,à changemens
delieu se peuuent faire par desinstans ce est aylé à com-
interrompus: qui
d'autant fait la mesme chose lors qu'il a la
prendre que l'entendemcnt pensée
de la terre, & immédiatement fans penser à ce
âpres celle des cstoilles, qui est:
entre-deux : mais ie ne de mouuement,'
parle pas maintcnantde cette eípece
à la Physique, & qui ne peut des
qui n'appartient pas proprement produire
Sons, n'y estre les sens.
apperceu par
icy le mouuement local
Cecyposé,ie prends pour l'action par laquelle vn
corps quitte l'espace qu'il occu poit, & passe successiuement à vn autre espace
du précédent : ce
qui est veritable,soit que l'estenduë
estoigné & la
grandeur
du monde soit finie, ou infinie, &c haut ny bas, ny droit ny
qu'il n'yaytny
gauche,ou qu'il yen ayt. H faut ncantmoins adiouster qu'il suffit pour le
mouuement local, que les mesmes parties du corps qui íè meut ne touchent
pas tousiours les mesmes parties de l'espace, encore que lc corps considéré en
son entier ne
qu i le contient, afin que les boules
change pas l'espace qui tor-
nent fur leur axe immobile entre deux , ne soient du»
piuots pas exemptes
mouuement dont nous Or nous n'auons nullement besoin des
parlons.
corps extérieurs ôc comprendrele mouuement local, car
pour expérimenter
bien
qu'il n'y eust qu'vn homme au monde, & que tout le reste fust anéanti,
il sentiroit fort bien le mouuement scs pieds
que feroit fa main depuis iufques
a fa teste, & feroit auec les autres parties de son
celuy qu'il corps : ce qui arri-
ueroit semblablement à vn esprit indiuisible, l'on reduit à vii
que s'imagine
point, lequel apperceuroit son mouuement, quoy qu'il n'y eust nulle autre
chose creée dans la nature : où il faut supposer que le mouuement se
puisse
raire dans les
espaces, que quelques-vns appellent imaginaires,& qu'ils pen-
sent estre de toute ne soient choie
éternité, quoy qu'ils peut-estreaune que
G ij
y S Liure Premier

la puissance Diuine, dont ridée est beaucoup dans nos


plus imparfaitement
du Soleil dans la lumière receuë fur les plans les plus incs-
esprits, quel'image
gaux que l'on puisse s'imaginer. Maisie quitte
ces considérations pour con-
de tous les corps cn gênerai, auant traiter en
sidérer le mouuement que d'en
particulier.
PROPOSITION XXXIII.

motmemens de tous les corps en gênerai, dans


Considérerles &* l'efface lequel ils Je sons.

v s ne pouuons sçauoir si les espaces sont au delà des estoilles sont


qui
NO ny s'ils font vuides, de quelques
finis, ou infinis, ou remplis corps té-
nébreux , ou lucides ; car il se peut faire que l'espace qui contient
la partie vi-

sible du monde depuis la terre iusquesaux estoilles, ne soit que comme vn


à l'egard du reste du monde qui est par delà, & que cette grande partie
point
contienne d'autres estoilles, dont chacune soit cent raille fois plus grosse que
le firmament, car la puissance de Dieu est infiniment plus grande que nostre
& n'y a nulle créature estre comparée auec plus
imagination, qui luy puisse
de raison que celle qui feroit infinie: mais puis qu'il ne nous est pas possible
de sçauoir s'il a fait cette créature, elle est faisable, nous
nymesmesi &que
de ôc des corps que l'on peut s'ima-
n'auons pas plus de cognoissance l'espace
giner au delà du firmament, homme nourri dans vne forest,
que celle qu'vn
d'où il n'a iamais sorti, & qui n'a iamais ouy parler, auroit du flux & reflux de
la mer, il suffit de considérer ce qui nous touche, ôc les mouuemcnsque

nousappçrccuons.
en a particulièrement de deux sortes, dont fesvnsnous fcmblenc
Orily
droits, & les autres circulaires ; par exemple il semble les corps qu'on
que
droit vers le centre de la terre, sem-
pefans descendent ôc qu'ils vont
appelle
blablement droit quand on les iette en haut ôc en bas, ou d'vn autrecostéV
Quant aux autres ,ils semblent circulaires, comme l'on remarque au mou-
uement du Soleil & de la Lune : mais parce ôc la
que l'Astronomie Physique
n'ont encore donné de démonstration , pour monstrer si c'est la
point
terre qui tome , ou si c'est le Soleil, ôc que tout ce qui nous est purement
sensible peut estre par l'vn ou l'autre de ces mouuemens , nous
expliqué
ne toucherons cette difficulté íèra nécessaire
qu'entant qu'il pour examiner
rares expériences, dontil est parlé dans Ie liure qui fuit. Il faut feu-
plusieurs
qu'il n'y a ny haut ny bas en ce monde
lement rçmarquer à proprement ôc
ablbluëment parler, puis que cc qui est haut à l'egard de l'vn, est bas à l'egard
nous nous imaginons que nos Antipodes
d'vn^uçre; par exemple sont cn
bas souz nos pieds, & pensent la mesme chose de nous
; Ôc l'on peut dire que
le centre d'vn cercle, ou d'vne est son plus haut lieu, ôc que lacircon-
sphère
ferenceestlc plus bas. Quoy qu'il en soit, il suffit que l'on s'entende lors

qu'on parle, afin que les paroles ne fassent pas comprendre autre chose
que
ce qui est dans l'idce ôc dans & l'on euite toutes les difficultez
l'efprit, que qui
ne viennent des dictions. Mais auant que de
que de la différente intelligence
commencer le second liure, ie veux finir celuy-cy par vne Proposition qui
seruira de passage au troisiesme ceux ne se
liure,pour qui plaisent pas aux dif-
ficultez de la Physique, ôc qui ne veulent ce la
que qui sert précisément pour
afin qu'ilspuissent laisser le second liure sans aucun preiudice, ou
Musique,
De la nature 8c des du Son:
proprietez 77
j de forte cette derniere
que l'on
inconuenient à la
peutioindre Proposition
du troisiesme liure.
première

PROPOSITION XXXIV.

chorde tendueparïne cheuiìle, ou par v» poids > est efgalemem tendue'


Demonstrerfila
cn toutes ses parties, & (ì la force qui la bande, communique plustojì &plus
aux parties
fort son imprefîion qui en font proches} qu'à celles
quienfont plm efloignées.

est plus difficile à déterminer que plusieurs ne se l'i»


Proposition
CETTEmaginent,car les parties de la chorde tenduè,qui sontplus prés du poids,
ou de lacheuille,íèmblent plus tendues que celles qui en sont plus efloignées
que la force qui bande la chorde, passe par les parties
d'autant dotatelle est
à celles qui en sont plus estoignées,& a d'au-
plus proche,auant que d'arriuer
tant plus de vigueur de son origine.
qu'elleest plus proche
Et nous expérimentons chordes se rompent lordinaire
que les pour aux
sont proches du poids qui les bande ; ce qui arriue ce semble , par-
parties qui
ce qu'elles sont plus tendues en ces lieux là que vers le milieu, où elles ne fc
iamais. A quoy l'on adiouste les chordes cèdent, ôc s'abaissenc
rompent que
Ton voit fur lesin-
plus facilement au milieu nulautre endroit, comme
qu'en
aux chordes dont on vse les batteaux au
strumens,& pour tirer long des ri-
uieres : ces raisons & toutes les autresqui se peuuent icy rapporter, rendent la
font
que les chordes
Proposition difficile, ôc l'on plus faciles à
expérimente
elles font elles sont courtes; & consé-
rompre, quand longues, que quand
endurent vne plus grande tension. En esset, la
quemment qu'elles longueur
des corps est cause ou qu'ils cèdent
agissent
qu'ils plus puissamment, plus fa-
cilement , car si l'on pousse vne pique contre vn autre corps, l'on le renuerso-
ra plus ay sèment,
que si l'on poussoir vnbaston
plus court d'vncesgale gros-
seur, quoy que l'on le poussast d'vne esgale force ; d'où quelques-vns con-
cluent que la force s'augmente à proportion qu'elle s'efloigne
de fa source,
comme l'on à la force des semences qui font foibles à leur com-
remarque
de leurs matri-
mencemenr,&quiaugmententleurvigueurens'efloignant
ces , dans elles estoient renfermées, ôc comme mortifiées.
lesquelles
Et nous vovons dans les que la force est dautant
mechaniques, plus gran-
de de son centre: car si Ton rencontre les bras
qu'elle s'estoigne dauantage
d'vne roue, ou d'vn moulin à vent, ou le mouuement du bras vers la main,
on
expérimente que la force est beaucoup plus grande, qu'à l'essieu, ou au
centre desdites ou vers i'espaule,d'où commence le mouuement du
roues,
bras. A lemouuementd.es ôc desautres mis-
quoy l'onpeut rapporter pierres
siles, ou corps que l'on iette, ont plus de force d'esset quand
lesquels &plus
ils sont ôc qu'ils ont desia fait beaucoup de chemin,
estoignez, que quand ils
sont
prés du bras, de Tare, ou de l'arquebufe, par qui ils sont poussez ; ÔC con-
l'on aux
peut dire que la chorde
séquemment est plus bandée parties qui sont
de la force, en sont plus proches,
efloignées qu'à celles qui puis que les for-
ces s à de leurs
augmentent s'estoignent commence-
proportion qu'elles
inens, corame l'on obserue
qui ne sont que des ruisseaux
aux riuieres, à leurs
iources, ôc mesmes aux bruits naistre le Prouerbe
que l'on semé j ce quiafait
G íij
Liure Premier
7%
de la renommée & du discours, Vires
acquirit eundo : ôi lebruit du canon est
à mille heu oùil commence
pas du canon, : de là vient
plus grand qu'au que
les chordes des instrumens se rompent plussouuent prés du cheualct, qu'au-
d'autant que la cheuille est plus cil jignée
pres du sillet, du cheualet, prés du-
force se trouue nul autre endroit de la chorde,si
quel fa plus grande cet-
qu'en
te force s'augmente comme les autres, à proportion qu'elle s'eíloigns de son,

principe.
L'on peut encore dire que si la chorde estoit efgalement tendue en toutes
ses parties, mesme vne chorde de
qu'vne forcetendroitefgalement longue
mille lieues, ôc vne chorde d'vn pied de long, ce qui semble incroyable : ôc

que si la plus longue estoit efgalement tendue' auec vn poids eígal, qu'estant
de fa ligne elle feroit autant de tours ôc de retours
estoignée droite, que la
courte en est ce qui n'arriue
plus qui efgalementestoignée, pas, car la chorde
A B estant tirée en G,est deux fois aussi long-temps à retorner à F que la chor-
de AF, laquelle estanttirée , ou aussi loin que la chorde A B, re-
iusquesàE
nient deux fois & conséquemment deux fois aussi
plus viste, souuentàH,
la chorde A B retorne à F.
que
Neantmoins l'on
dire que les chordes des instrumens font
peut efgale-
ment tendues en toutes leurs parties, d'autant font l'vnisson,
qu'elles quand
l'on met le cheualet au milieu ; ôc que la cheuille, ou le poids peutenuoyer
toure fa force de la chorde
par toutes les parties en rnesme temps, comme faic
le poids quiest au haut d'vne en mesme
lance, qui pesé autant tcmpssurla
d en bas,
qui tient la lance parle bout
main, que fur le bout d'en haut i ôc
comme tait le mouuement l'on àvnbaston en
le poussant, ou
que imprime
cn le tirant, à toutes les parties du baston en
lequel s'imprime efgalement
mesme temps} c'est pourquoyvn mesme poids bande aussi facilement vne
chorde de mille lieues que celle d'vn pied,ce en relpondant
que i'expliqueray
àlacinquiesmeobiection.
EtsiTon obiecte demonstreseulement
que l'vnisson que chaque moitiéde
la chorde est efgalement tendue, à raison les deux exrremitez sont
que efga-
lement bandées, d'autant que le lieu d'enhaut, par où la chorde est attachée,'
fait la mesme impression sur lachorde, que le poids qui la tend, de forte
que
& de l'autre s'assoiblit à proportion du
rimpressiondelvn qu'elle approche
si l'on
milieu j l'on pcutreípondre que prend vne longueur vers le milieu,
l'vne des extremitez,
quifoiteígaleàvneautrelongueurpiisevers que ces
deux longueurs seront bien
à l'vnisson, que les deux cheualets qui derermi-
nerontla du milieu, ne donnent de nouuelle tension à la
longueur point
chorde,& la foustiennent feulement dans la mesme situation où ils la
qu'ils
treuuent: par conséquent la chorde est efgalement tendue en toutes ses par-
ties. Çe que ie demonstre par cette figure,qui
"représente la chorde A B tendue
efgalement
en toutes ses parties : car 11 l'on Ie
suspend
poids E au milieu delachorde AB au point F,
il l'amenera au point G , comme ie
iuíques
Et si l'on diuise la chorde A B en A
suppose.
F ôc F B, Ie mesme E amènera la chorde A F au A
poids point I, & la chorde
orle mesme arta*
HenK,&ainsiconsequemmentiusquesàrinfinii poids
ché à la chorde A B au point F, fait la mesme c'est à dire
chose, qu'il abbaissc
Dela nature & des du Son?
proprietez 75s
à K l, de mesme si l'on l'attachoit
les points L Ôc H iufques que aux points L
l'on voit à la chorde A G, c'est à dire
& H, comme AlF,quipane par Kl,
à vne feule partie dela chorde la tend autant
donc le poids qui est attache en
si on l'attachoit successiuement ôc séparément à.
chaque partie, que haque
dont la raison est que A B résiste autant & deux fois
partie; s'alonge aurant,
elle esttiréedu F àG,quela chorde A F, lors qu'elle est ritéedu
quand point
H à í, &commelachordeAH,quicsttiréedupoint L à K,
point laquelle
deux fois moins que la chorde A F,& quatre fois moins
que la chor-
s'alonge
de A B, quoy qu'elle résiste efgalement.
Car les alongemens des chordes ont mesme raison que leurs ; &
longueurs
il est aussi difficiled'alonger vne chorde de quatre comme
quadruple pieds,
la souz-quadruple d'vn pied. Mais nous dirons dans vn autre lieu combien
des chordes : car il suffit d'auoir
cesalongemensdiminuentla grosseur icy
des instrumens de font
monstre que lea chordes Musique efgalement ten-
dues en toutes leursparties.
obiections l'on apporte contre de cette
Quantaux que légalité tension,
l'on peut reípondrc à la première, la force qui bande la chorde, se com-
que
mesme ; autrement la force
munique à chaque partie en temps quand surpaC
se la résistance de h chorde, elle la romperoit à l'extremité à laquelle on
l'ap-
auant qu'elleeust íàforce au milieu, ou à l'autre extré-
pîique, communiqué
mité . ce qui estco'itraircàrexperience, qui monstre que la chorde est ten-
due en toutes íes pai tics auant qu'elle rompe, quelquegrande que soit la for-
ce que l'on y applique : car la chorde est au(ìi dure à vn bout qu'en l'autre, ÔC
fait vn Son eígal en toutes ses parties quant au graue éV à l'aigu.-
Nous pouuons donc comparer la force du poids,ou de la cheuille
qui ban-
delachorde, au mouuement, au baston, dont nous auons
qui s'imprime
le milieu est aussi tostmeu que lextremiré,à la force
parlé, duquel laquelle
du Soleil, qui illumine
est appliquée : ôc au rayon le diamètre de fa sphère cn
mesme temps.
La seconde obiection sè prend de la rupture des chordes,
qui se fait au lieu
où l'on attache le poids, ou la force : mais cette rupture peut arriuer en ce lieu,
à raison de l'alongementde toutes les parties de la chorde, le rencon-
lequel
tre proche du poids, ou de l'effort que l'on donne à la chorde en la nouant,
ou en la destendanr, ou pour d'autres circonstances se dans
qui remarquent
les disserentes Ce qui ne se rencontre
expériences. pas aux cheuilles qui ten-
dent les chordes fans qu'il soit besoin de les détordre, ou de les nouer. De là
vient se rompent plus souuent vers le cheualet,
qu'elles que pres des cheuil-
les où elles se conseruent mieux. O r l'on peut icy considérer sortes
plusieurs
de tensions, car vne chorde estre tendue auec vne che-
peut premièrement
uille, vn tour, vne vis, ou vn autre instrument, comme il arriue furie Luth,
& fur les autresinstrumens à manches; secondement elle peut estre tendue
ôc tirée par vn à l'vn des bouts, si l'on ten-
poids attaché comme il arriueroit
doit les chordes d'vn Luth, ou d'vne Harpe auec des poids, pour les mettre
d accord ; ce
qui se peut faire par vn sourd, comme ie demonstre dans lc troi-
siesme liure desinstrumens à chordes.
Enrroisieímelieu bandée cn mesme
, la chorde peut estre temps par deux
cheuilles mises aux deux bouts de la chorde, en les tornant toutes deux efga-
lement , ou par deuxpoids attachez aux deux la tirent
bouts, qui efgalement
3
G iiij
8o Liure Premier

d'vncosté Ôc d'autre. En estant tendue par deux cheuilles,'


quatriesmelicu,
ou attachée d'vn collé au cheualet, & de l'autre à la cheuille, elle peut rece-
uoir vne nouuelle ou en
par vn poids attaché
tension au milieu, quelqu'au-
trc lieu de la chorde tendue horizontalement. Ce qui peut semblablement
elle est bandée attachez aux deux
arriuer, quand par deux poids costez.
L'on en tel point ou partie l'on voudra,
peut enfin la bander que par lc
d'vn cheualet mobile, l'on peut donner toutes fortes de hau-
moyen auquel
teurs, comme l'on expérimente fur le Monochorde; or le cheualet à lc mes-
me essei. en hauflant la chorde, que
le poids en la baissant.

Cecy il faut voir l'effet de ces différentes tensions, afin derespondre


posé,
à la secon de obiection , & premièrement l'esset des deux premières manières
car quand la chorde
qui font
detension, différentes, est ban-
grandement
déeauecvne cheuille, il semble n*a pas plus de peine, &nefouffre
qu'elle pas
le second iour que lc premier, parce que la cheuille ne luy donne
dauantage
nulle nouuelle & la tient seulement en mesme estât; mais
impression, quand
elle est bandée par vn poids elle souffre tousiours, d'autant lc poids
agit que
aussi fort le second
& le centiesme iour le la
que premier:c'est pourquoy
chorde se sòuuent au lieu qu'elle se rompt
rompt prés du poids, prés du che-
ualet , quand elle est tendue par vne cheuille.
D abondant, la chorde est tendue' auec vn poids, si l'on met vn au-
quand
tre milieu, ou
à quelque autre de la chorde laiircr en
poidsau partie pour
bas, comme le poids
E qui est attaché à trois points différents de la chorde
A B, le poids C se hausse &donne liberté au poids E d'abaisser la
précédente
chorde de plus en plus, àce qu'elle se rompe,si le poids E est assez fort
iufques
pour la rompre -, & s'il n'est assez fort, ôc qu'il soit neantmoins plus grand que
le poids C, il l'emporte ôc ostc la chorde de dessus le plan, ou l'appuy fur le-
elle est bandée auec vnecheuille,elle
quel elle estoittenduë Mais quand n'o-
béit au milieu, à ce qu'elle ne puisse plus souffrir d'estre
que iufques alongée,'
d'autant fans céder
que la cheuille tient tousiours au poids
ferme, que l'on
met au milieu, ou à quelqu'autre de la chorde, ou au cheualet a le
point qui
mesme effet en haussant ladite chorde, le poids en Rabaissant.
que
Or toutes les parties de la chorde, qui est montée à vne certaine
iufques
tension, ôc qui demeure cn cet estât, contribuent en souffrant la
efgalement
tension; de sorte se reduisent à de résistance ôc de souf-
qu'elles l'equilibre
france, dans elles demeurent à ce des se des-
lequel iufques quei'vnc parties
vnisse& se sépare d'aucc les autres, ôc soit cause de la dela chorde.
rupture
Neantmoins il ícmble le poids donne vne tension aussi la
que esgaleà
la cheuille, que fa vertu
chorde s'estend aux deux bouts de la chor-
que puis
deen mefmetemps, ny ayant autre distinction, sinon se rompt
qu'elle prés
du poids, ou loin de la cheuille comme l'on croir, rien de
quoy qu'il n'y ayt
car elle se rompt
réglé dans cette matière, assez souuent de la cheuille &
prés
loin du poids. Ce qui arriue toutes &quantcsfois est plus foible
vers
qu'elle
la cheuille, ou loin du poids nul autre lieu : de forte
qu'en qu'ilque i'estime
n'y anulleautre raison de larupturedes chordes cn certains endroits
plustost
autres, sinon sont plus foibles, estant ce semble
qu'aux qu'elles impossible
de trou uer vne chorde dans toutes
qui soit íànsinesgalité ses parties, dont les
vnes sont plus foibles que les autres, soit qu'on la fasse d'airain, de fer , ou
d'autre ou de soye, de chanvre, de boyau, ôcc. comme
métal, i'ay monstre
l
Dela nature & des du Son. 8i
proprietez
au discours de la matière des chordes harmoniques.
Quand elle est efgalement bandée par les deux
costez, plusieurs croyent
par le milieu,
elle scdoit d'autanc que l'impression desdeux che-
qu rompre
uilles ou des deux poids arriue plustost au milieu de la chorde, où elles íe soi-
nul autre endroit; ôc d'autres disent que si elle est efgalement
gnent, qu'en
forte en toures ses parties, ne peut rompre, si elle est efgalement ban-
qu'elle
dée par les deux bouts, autrement se romperoit en vne infinité de par-
qu'elle
a point de raison elle se cn
ties, d'aurant qu'il n'y pourquoy rompeplustost
vn lieu qu'en vn autre. Mais Inexpérience monstre se rompt
qu'elle presque
de ses bouts, comme i'ay dit dans la huictiefme
tousiours par l'vn question
des Préludes de l'Harmonic , si ce n'est qu'elle soir plus foible au milieu
endroits.
qu'auxautres
se rompent les chordes
par où
Neantmoins les lieux tirées différemment
d'en tirer des conclusions cer-
font si peu réglez, qu'il est presque impossible
car l'on expérimente se rompent souuent
raines ôc nécessaires, qu'elles par lc
on s'en sert pour tirer les batteaux fur l'eau,
milieu, quand quoy qu'elles
soient fort laschesen cet endroit, dans lequel il semble soient moins
qu'elles
bandées, si l'on mesure la grandeur de la tension à la dureté de la chorde ;&
cette rupture se fait au milieu à cause du poids de toute la
l'on peut dire que
chorde se ramasse au milieu, ou parce que le milieu trempe plus souuent
qui
&: plus long-temps dans l'eau qui le fait pourrir, Ôc conséquemment qui l'afc-
; mais ie parleray encore de cette rup-
foiblir dauantage que les autres parties
ture en respondant à la troisiesme obiection.

par la suspension
chorde d'vn poids au mi-
Quant à la tension que la reçoir
de ses parties,ou auec vn cheualet, i'en aydesia
lieu, ou à quclqu'autre parlé
dans l'explication de la figure suffit pour entendre de com-
précédente, qui
ou par vn cheualet misau milieu,
bien elle est plus tendue par vn poids, que
Mais l'on peut considérer choses dans cette manière de
par vn autre. plusieurs
tension: à sçauoir il faut suspendre au milieu, ou
par exemple, quel poids
pour la tendre
doit estre la hauteur du cheualet autant comme le poids
quel
donné, à l'vn desbouts de la chorde tant perpendiculaire qu'hori-
suspendu
zontale: ce que l'on peut trouucr de la chorde,ôc
par l'esgal alongement plus
de l'autre costéde la chorde efleuéeau milieu
aysemcntparleSondervnou
ou baissée par lc poids ôc par le Son de la mesme chorde, ou
parle cheualet,
ou par tous les deux,
par l'vn des bouts,
d'vne autre csgale tendue soit auec
ou cheuilles > mais cette tension vn discours particulier.
poids requierr
ie responds
Quant à la troisiesme obiection, que rabaissement, qui se fait
au milieu de la chorde, vient de ce qu'elle est plus
plus facilement efloignee
des cheualcts cn ce lieu, nu I autre endroit, car les cheualets
qu'en représen-
tent les de deux leuicrs, d'autant toutes les parties de la chorde
appuys que
font plus ou moins dures à proportion ou moins
quelles s'estoignent plus
desdits cheualets, comme l'on voit à la chorde le
precedente,à laquelle poids
E est attaché ; car il y a mesme raison de la chorde, ou du leuier A F, ou B F à
rabaissement F G, que du leuier AH,& A Là Rabaissement H 1 ôc LK.
C'est il est plus facile de mouuoir la chorde au milieu nul
pourquoy qu'en
autre endroit iôc comme l'on meut le leuier double cn deux fois
longueur
plus facilement de mesme l'on .baisse la chorde double
quclcsouzdouble,
tension deux fois plus ay sèment la souzdouble.
enlongueur, &eígaleen que
S 2 Liure Premier

O r ces plus abaissemens subsistent tres-bien auec Vesgalc tension


grands
plus facile du plus grand
des parties de la chorde, comme le mouuement le-,
uier subsiste auec la force qu'il a csgale en toutes ses parties, encore qu'elles
résistance lors qu'¬
obéissent auec plus de difficulté, ôc qu'elles fassent plus de
dont ie donneray la raison
poids ou de l'appuy,
elles sont plus prochesdu au
discours de la for ce des cheuilles d u Luth & des autres instrumens à manches,
car cette force se rapporte au leuier.
L'on la chorde
peut aussi considérer le poids de toute qui paroist plus au
milieu autres endroits, d'autant fait vn arc moindre, ou plus
qu'aux qu'elle
au milieu, selon qu'elle est plus ou moins ou tendue, dont lc
grand pesante,
centre íe rencontre dans la ligne, la chorde perpendiculairement
qui coupe
milieu. cet arc, ôc tout ce qui luy appartient dans
par ledit Maisi'expliqueray
vn autre discours, car ie veux maintenant à la quatriesme obie-
respondre
ction , qui consiste à sçauoir si vne chorde est plus se rompt
qui longue, plus
facilement celle qui est plus courte.
que
La quatriesme obiection contient vne contraire aux autres, car son
preuuc
dessein est de monstrer la chorde la plus longue est la plus tendue auec
que
vne au lieu les autres obiections ont esté
faites pour
esgale force, que prou-
uer que la chorde est plus tendue elle est courte. Et la raison consiste à
quand
si la chorde se rompt elle est plus longue,com-
sçauoir plus ay sèment, quand
me il arriue aux exemples qui y font rapportez, ôc qui monstrent ( cescmble)
les font grands, ôc plus ils ont d'effet, & ôc la for-
que plus corps que la vertu
ce qui tire, ou qui pousse est d'autant dauanta-
plus grande qu'elle s'estoigne
ge de son commencement à vncerrain qui borne
terme, la sphère
iufques
d'actiuité, ou la proportion dela force m ouuante
& du corps mobile.
Ce quel'on peut confirmer par les plus longs Canons, qui ont leur portée
& leur faussée plus grande > & par les Sarbatanes,dont vient les enfans pour
flèches
pousser des espingles, ÔC de petites beaucoup plus loin, qu'ils nefont
auec de plus courtes, encore ce semble leur vent, ou leur ha-
qu'ils poussent
leined'vne tant aux longues courtes.
esgale force qu'aux
En effet plus les corps ou qui souffrent sont grands & massifs,'
qui agissent,
& plus ils ont de force pour agir ôc résister, comme l'on expérimente aux
tant fur mer,
grands vaisseaux que fur les riuiercs : car ils frappent beaucoup
plus fort ce qu'ils rencontrent, que ne font les petits bateaux, quoy que les
vns Ôc les autres aillent d'vne vitesse, à raison que la force du vent s'im-
esgale
mieux aux mobiles que toutes
prime parce les
grands corps qu'aux petits,
ôc les qualitez, aux
qui sont communiquées
impressions sont receues
corps,
selon la capacité desdits corps, chacun en receuant feulement autant qu'il luy
en faut ôc qu'il en est capable. C'est pourquoy l'on ne iette pas vn festusi loin

que l'on s'essorce autant à ietter l'vn


qu'vne pierre, quoy que l'autre,d'autant
que la paille & les autres choses, nefont d'vne si grande
pas capables impres-
sion
que
les pesantes: ou parce qu'il y a vne plus grande proportion de la sur-
face de la à sa pcsanteur,que de la surface d'vne de au-
paille pierre,ou
quelqu
tre corps plus pesant auec leur là vient l'air résiste beaucoup
pesanteurjde que
à la superficie n'est forcé
plus de la paille, qu'il par sa pesanteur, au lieu qu'il
est beaucoup des autres à
par la pesanteur résiste
plusforcé corps, qu'il ne
Jcurs surfaces. Ce
qui conclud semblablement pou r la descente naturelle des
vers leur centre.
corps pesants
Dela nature & des du Son? S j
proprietez
A quoy l'on adioustcr pousse beaucoup plus d'air lors que l'on
peut quel'on
! il est d'autant que leleger contient
iettevncorpsleger, que quand pesant,
d'air dans ses pores -, or l'air ne désire pas d'estre remué dans l'air,
plus ny d'e-
streietté d'vn lieu de l'air dans vn autre : ce que l'on expérimente semblable-
ment dans l'eau, car ceux qui nagent entre deux eaux ne peuuentietter vne
d'vn lieu de l'eau dans vn autre
partie d'eau que ttes-difficilement: or nous
ôc viuons tousiours entre deux airs,& l'air n'est peut-estre autre cho-
nageons
se qu'vne eau raréfiée. Mais cette raison de la résistance semble estre contrai-
chorde doit plus résister
re à 1 obiection, puisquela plus longue que la plus
courte, & conséquemment elle sera plus difficile à rompre que la plus courte,
si la résistance de la longueur croist à mesme proportion que les autres effets

susdits, de la force, ou de la source du mouuement, ce qui


qui s'efloignent
est contraire à l'experience.
Certainement il est tres-difficile de résoudre cette difficulté, à
laquelleie
ne reíponds autre chole,sinon ie ne la chorde
se
que croy pas que rompe plus