1- Définition :
La titrisation est un montage financier qui permet à une entreprise, banque ou institution
financière (le cédant) de réorganiser son actif financier en cédant un portefeuille d’actifs
relativement illiquide et le transformer en titres négociables sur le marché. Pour cela le cédant
crée une entité dédiée à cette opération dite SPV 1. En effet, le cédant vend le portefeuille à cette
entité qui finance cet achat par l’émission de titres représentatifs de ce portefeuille.
La titrisation est l’un des outils de financement structurés les plus utilisés. Le
financement structuré consiste à regrouper des actifs, puis à vendre à des investisseurs des titres
financiers, irrigués par les courants de revenus que produisent ces actifs sous-jacents.
2- Les objectifs de la titrisation/avantages pour le cédant :
a- Accès à une nouvelle source de financement :
Comme l'indique la définition, la titrisation permet alors de transformer le portefeuille
illiquide en des titres liquides, ce qui permet de « vendre » le portefeuille non plus à un
investisseur, mais à une multitude d’investisseurs, c'est-à-dire au marché des capitaux, un marché
d'un grand nombre d'investisseurs présents dans le monde.
Afin de faire se rencontrer cédant et investisseurs, la titrisation obéit à certaines règles de
mise en place et de structuration dont le but est de fournir à tous les acteurs de la transaction une
évaluation transparente des risques, et donc l’établissement d’un prix « juste ».
Par ailleurs, dans la mesure où les investisseurs vont prendre leur décision
d’investissement non pas sur base de la qualité de l'entreprise, mais sur la base de la qualité des
actifs cédés, même une entreprise qui ne serait pas en très bonne situation financière peut lever
des fonds à des conditions raisonnables dans la mesure où elle peut identifier des actifs de qualité
dans son bilan.
b- Transfert de risques :
1 Fonds Commun de Créances au Maroc appelé FPCT : fond de Placement Collectif en Titrisation,
généralement connu dans le monde anglo-saxon sous le nom SPV.
Grâce au mécanisme de la titrisation, le risque de perte associé au portefeuille titrisé se
trouve transféré aux investisseurs. Ainsi, s’il s’avère que le portefeuille est de mauvaise qualité et
si les flux générés sont insuffisants, c'est l'investisseur qui supportera la perte éventuelle.
Cependant, il est rare que la totalité du risque soit transmise aux investisseurs. De
manière générale, certains mécanismes sont mis en place (garanties, surdimensionnement …etc.)
afin de limiter l’impact des risques transférés aux investisseurs.
c- Gestion de bilan :
La titrisation permet de gérer le bilan de l’émetteur. En effet, en remboursant le
portefeuille de créances, le cédant libère des fonds et peut accroître son activité ou générer de
nouveaux actifs tout en gardant son total bilan à un niveau maîtrisé.
La titrisation permet d'améliorer les ratios de liquidité de l'entreprise. Il en est de même
des ratios d'endettement et de solvabilité puisque la titrisation permet le refinancement (libération
du cash) sans alourdir l'endettement.
Par ailleurs, les banques ont utilisé massivement la titrisation comme outil de gestion du
capital réglementaire imposé par le ratio Cooke dans le cadre des recommandations de Bâle I du
Comité de Bâle.
Dans les années 1990, l'aspect de la gestion de bilan a été le moteur le plus important du
développement de la titrisation, permettant aux entreprises et aux banques de faire de véritables
arbitrages réglementaires, tandis qu'une véritable mode de la cession d'actifs provoquait des
dérapages. Aussi, dans les années 2000, les autorités aussi bien comptables que financières ont
mis en place de nouvelles règles, les normes IFRS pour l'ensemble des sociétés et les normes de
Bâle II pour les établissements financiers, qui ont fortement réduit ces possibilités d'arbitrage.
Depuis lors, les aspects de gestion de bilan, au sens comptable, ont fortement diminué, tandis que
les aspects de gestion du bilan réglementaire (ou prudentiel) dans les banques ont été maintenus
mais assainis
3- Les intervenants dans une opération de titrisation :
a- Initiateur :
b- Arrangeur :
c- FPCT/SPV
d- Gestionnaire :
e- Dépositaire :
f- Agence de notation :
g- Investisseurs :
h- Autorité du marché :
i- Rehaussement du crédit :
4- Les actifs éligibles :
Les actifs éligibles aux opérations de titrisation sont recensés au niveau de l’article 16 de
la loi n°119-12 relative à la titrisation et se présentent comme suit :
1 – les créances résultant soit d’un acte déjà intervenu, soit d’un acte à intervenir, que le
montant ou la date d’exigibilité soit ou non encore déterminés ;
2 – les titres de capital, les certificats de sukuk et les titres de créances, dont notamment
les titres de créances négociables régis par la loi n°35- 94 relative à certains titres de créances
négociables, représentant chacun un droit de créance sur l’entité qui les émet, transmissibles par
inscription en compte ou par tradition, à l'exception des titres donnant accès directement ou
indirectement au capital d'une société ;
3 – les biens corporels ou incorporels, immobiliers ou mobiliers et les matières premières.